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Full text of "Documents de la session de la Puissance du Canada-1909 ( Volume 43, no.17, Documents de la session no.32-171)"

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iIBLIOTHÈQUE  DU  PARLEMEN' 


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j,  il 


DOCUMENTS  PARLEMENTAIRES 


VOLUME    1 


7 


DE    LA 


PUISSANCE  DU  CANADA 


SESSION    1908-9 


VOLUME    XI.III 


8-9  Edouard  VII.      Index  Alphabétique  des  Documents  parlementaires. 


A.  1909 


Voir  aussi  la  liste   numérique,   page   5. 


INDEX    ALPHABETIQUE 


DES 


DOCUMENTS  PARLEMENTAIRES 


DU 


PAKLEMENT  DU   CANADA 


PREMIERE  SESSION,  ONZIEME  PARLEMENT,  1909. 


Accise,  revenu  de  F 12 

Acier,  importations  d* 77 

Actionnaires  dans  les  banques  chartrées.  6 

Affaires   des   Sauvages,    rapport   annuel.  27 

Agriculture,   rapport  annuel 15 

Alaska,  frontière  de  F 81 

Alberta,  ressources  naturelles  de  T..    ..  84 

Ail  Red,  ligne  dite 47 

Aluminium,    exportations     et     importa- 
tions         119 

Aphte  contagieuse 82,  82a 

Argent  au  crédit  du  gouvernement..    ..  108 

Arpenteur  en  chef,  rapport  de  F 25b 

Assiniboïa,  rivière 146 

Assurance,  relevé  des 9 

Assurance,  rapport  annuel 8 

Astronome  en  chef,   rapport  de 25a 

Auditeur  général,   rapport  annuel 1 

Aylwin,   Francis  Percival 123 

B 

Baie  Géorgienne,  canal  de  la 19a 

Baie-d'Hudson,   chemin  de  fer  de  la.. 93,  93a 

Banques  chartrées 6 

Banques,    soldes   impayés   dans   les..    ..  7 

Bateaux  à  vapeur,  inspection  des..    ...  23a 

5655 


B— Suite. 

Bibliothèque  du  parlement,  rapport  an- 
nuel   33 

Bilan  du  Canada 66 

Bill  Miner HO 

Bonaventure,  comté  de 138 

Britannique    canadienne,    compagnie    de 

prêt  et  de  placement 92 

Budgets 3  à  5a 

Budget,   discours  du,   1898 109 

C 

Caisses  d'épargnes  de  FEtat 124,  124a 

Calédonia  à  Liverpool,  chemin  de  fer..  118 

Canaux,  statistiques  des 20a 

Canaux,  Carillon  et  Gren ville 98 

Carabines  Ross 136 

Cassels,  Hon.  Juge,  rapport  de  F 38,  38a 

Chambre   des   communes: 

Economie  interne 52 

Elections   générales,    1908 18 

Employés  nommés 80 

Division  de  la  traduction 142 

Chemins  de  fer  et  Canaux,  rapport  an- 
nuel   20 

Chemins  de  fer,  chartes  des 141,  141a 

Chemins   de   fer,    Commission   des,    rap- 
port de  la 20c 

-1 


8-9  Edouard  VII.      Index  Alphabétique  des  Documents  parlementaires. 


A.  1900 


C— Suite. 

Chemins  de  fer,  traverses  des. .  .  .76  à  76b,  120 

Chemins  de  fer,  statistique  des 20b 

Chemins  de  fer,  subventions  à  des..    ..  117 
Chemin  de  fer  Canadien  du  Pacifique: 
Affaires    avec    le    ministère    de    l'In- 
térieur   63a 

Droits  de  circulation   sur   Flnterco- 

lonial 63b,  63e 

Nouvelles  actions 63,  63d 

Terres  vendues 63c 

Chicoutimi,  jetée  de 164,  164a 

Chien  de  mer 131 

Chinois,  taxe  de  capitation 162 

Colclough,  F.  W H6a 

Colombie-Britannique  : 

Bibington,  Thomas 148 

Réserves  des  sauvages 59,  106d 

Terres  fédérales 122 

Commerce 10  à  10/ 

Commerce    et    Navigation,    rapport    an- 
nuel    11 

Commission  de  géographie 21a 

Commission  du  câble  du  Pacifique..    ..  96 

Commission   d'embellissement  d'Ottawa.  57 

Commission  du  service  géodésique.  .145  à  145b 

Comptes    publics,    rapport    annuel..     ..  2 
Conservation  des  richesses  naturelles  de 

l'Amérique  du  Nord 90 

Convention     entre     le     Canada     et     la 

France 101,  102 

Costello,  Thomas,  rapport  de 87 

Coupe  de  bois  1122 68 

Culture  en  Canada,  rapport  sur  la..    ..  156 


Défense  navale  impériale 170 

Dépenses  imprévues '40 

Désaveu  d'une  loi  de  l'Ontario 140 

Directeur  général  vétérinaire 15a 

Dividendes  impayés  dans  les  banques 7 

Dragueur  Induslry 134 

E 

Eaux    internationales 104,  104a 

Echiquier,  règles  de  la  cour  de  1' 48 

Falsification      des     substances      alimen- 

1908 18 

Elections  générales,  1908 18 

Electeurs,  listes  des 95  à  95c 

Emmagasinage  frigorifique 133 


E— Suite. 

Etat-major  impérial 99 

Falsification       des       substances       alimen- 
taires        14 

F 

Fermes  expérimentales 16,  89 

Filatures   de   coton,    conflits   industriels 

dans  les 39 

Flotte  britannique 114 

Forage  pour  l'huile,  etc 75 

France,   convention  entre  le  Canada  et 

la 101,  102 

G 

Gaz,  inspection  du 13 

Gendarmerie  à  cheval 29 

Géographie,  Commission  de 21a 

Géologie,  rapport  de  la  Commission  de.      26 

Gouverneur  général,  mandat  du 43 

Grain  de  semence,  distribution  de. 25c  à  25c,  fe 

Grand  Trunk  Pacific,  Terres  du 69 

Grand  Trunk  Pacific,  à  Ottawa 127 

H 

Hand-Hills,  bureau  de  poste  de 128a 

Homard,  permis  de  pêche  du 185a 

Hôtel  des  Monnaies 71,  71a 

Huile  de  charbon 103 

I 

Immigration,   agents   d' 129   à  129b 

Importations  d'acier 77 

Impressions    et    papeterie    publiques 32 

Industrie  des  lainages  dans  la  Grande- 
Bretagne 87 

Inspections  des  bateaux  à   vapeur..    ..  23a 
lutercolonial  : 

Conseil   d'administration 67c 

Lignes  d'embranchement 67 

Cap  Saint-Ignace 67/,  67// 

Dommages 85c 

Destitutions 67d 

Commis  de  trafic-marchandises..    ..      67c 

Machines-outils  achetés 85 

Comptes  ouverts 67b 

Rapport  du  Conseil  privé 67i 

Sous  le  contrôle  d'une  commission.  67/t 

Clôture  en  fil  métallique 67a 


8-9  Edouard  VII.      Index  Alphabétique  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


Jacobs,  F.  Macdonald 113 

Justice,  rapport  annuel 34 


Kingston,  casernes  de 112 

Kingston,  hôpital  vétérinaire  de 121a 

Kingston,  pénitencier  de 121 


Laberge,  Alphonse 160 

Lac  Saint-Jean,  Société  de  rapatriement 

du 157,  166 

Lacs  Simcoe  et  Couchiching 111b 

Lac  Stony 111a 

Lachute-Mills,   bureau  de  poste  de..    ..      62 
Lainages   dans   la  Grande-Bretagne,   in- 
dustrie des 87 

Laiterie    et    installations    frigorifiques, 

Commission  de  la 15a 

Laterrière,  village  de 171 

Listes  des  électeurs 95  à  95c 

Liste  des  navires 216 

Livraisons  postales 73,  73a 

Loi  des  postes 163 

Logberg  Printing  Co 132,  132a 

Lumière    électrique,    inspection    de    la..      13 


M 


Maladie  des  pieds  et  de  la  bouche 82,  82a 

Manitoba,  bureaux  de  poste  du 128 

Manitoba,  pêcheries  du 116 

Marine,  rapport  annuel 21 

Marine  et  Pêcheries,  système  de  patro- 
nage       51 

Mesures,  inspection  des 13 

Métis,  scrip  des 139 

Mines,  rapport  du  ministère  des 26a 

Milice,  conseil  de  la,  rapport  annuel.. 35,  35a 

Milice,  ordres  généraux  de  la 74 

Monnaie,  hôtel  de  la 71,  71a 


National    Transcontinental,     chemin   de 
fer: 

Contrat,  9370  à  7480 

Constables  de  la  police  fédérale 

Classifications    dans    la    division    de 
l'Est 


46b 
46a 

46/ 


Ht— Suite. 

Rapport  intérimaire 46d 

Personnes  employées 46a,  46Î 

Questions     posées     par     M.     R.     L. 

Borden 46/ 

Rapport  de  Collingwood  Schreiber..      46c 

Rapport  des  Commissaires 46 

Soumission  pour  diverses  sections.46h,  46m 

Traitement  des  employés 46fc 

Têtes  de  lignes  à  Winnipeg 46a 

Travaux  faits 46i 

Navires,  liste  des 21b 

Navires  de  pêche  saisis 126 

Newmarket,  canal  de 94,  94a 

Nord-Ouest,  Loi  d'irrigation  du 60 

Obligations    du    gouvernement..     ..105a,    109a 
Obligations  et  garanties 55 


Olin,  Charles,  rapport  de 96 

Ottawa,     Commission    d'embellissement 

d' 57 

Ottawa,  gare  d' 127 

Otonabee,  rivière 111 


Paiements  faits  par  les  ministères..    ..  130 
Passage   sous  la   voie   à   Kingston-Jonc- 
tion   50 

Pêcheurs,  Union  des,  Nouvelle-Ecosse...  167 

Pêcheries,  rapport  annuel 22 

Pénitenciers,   rapport  annuel 34 

Permis     de     pêcher     avec     des     rets     à 

trappes 165b 

Permis  de  pêche 125 

Permis  de  seiner ,  165 

Poids,  mesures,  etc 13 

Police  fédérale 54 

Poisson*  frais 83 

Porcs  abattus 169 

Ports,  Commission  des 23 

Postes,  contrats  des 149 

Postes,    directeur    général    des,    rapport 

annuel 24 

Prêts  par  le  gouvernement 105  à  105a 

Primes  de  pêche 165b 

Prisonniers,  libération  de 53 

Publications  de  statistiques 147 


Québec,  compagnie  du  pont  de..   .......      64 


5655— le 


8-9  Edouard  VII.      Index  Alphabétique  des  Documents  parlementaires. 


A.  1909 


Recettes  diverses 72 

Remises    sous    l'empire    de    la    Loi    des 

sauvages 79 

Réserves  des  sauvages 100  à  100c 

Revenu   de  l'intérieur,   rapport  annuel.  12 

Rivière  Nation,  Dundas 154 

Royale  gendarmerie  à  cheval  du  Nord- 
Ouest 28 

S 

Saint-Jean,  port  de 137,  137a 

Saint- Jean,  explorations  de  la  rivière..  152 
Saint-Laurent,    tarif    d'assurances    sur 

le 91 

Saisies  par  le  ministère  du  Revenu  de 

l'Intérieur 72,  78a 

Salles  d'armest  construites 144 

Secrétaire  d'Etat,   rapport  annuel  du..  29 
Service   civil: 

Assurance 42 

Bill 49a 

Classifications 49  à  49e 

Examinateurs 31 

Liste 30 

Nominations   et   promotions 58 

Règlements   de   la   Commission..    ..  143 

Réorganisation 58a  à  58; 

Retraite 41 

Service  géodésique,  Commission  de..  145  à  145b 

Service  de  steamers  subventionnés..    ..  10b 

Service  topographique,  division  du..    ..  256 

Soldes  non  réclamés  dans  les  banques..  7 

Soulanges,  quais  de 153 

Statistique  criminelle 17 

Steamers    brise-glaces 115,  161 


Terres  fédérales 61,  70 

Terres  dans  diverses  provinces 106  à  106c 

Terre-Neuve,  admission  de 159 

Traités  et  conventions 10a 

Traités  avec  les  Etats-Unis 86,  88 

Transcontinental,    Commission    du    che- 
min de  fer 46 

Travail,   ministère  du,  rapport  annuel.  36 

Travaux   publics,   rapport   annuel 19 

Travaux  publics  construits 168 

Travaux   publics,   employés  des 49/ 

Travaux  publics,  achats  par  les 135 

U 

Unions  ouvrières 56 

V 

Villas,  lots  de 97 

W 

Weymouth,  bureau  de  poste  de 128b 

Winnipeg  Canada  Posten 155 

Winnipeg  Free  Press 107,  107a 


Yukon : 

Imposition  de  taxes 151 

Ordonnances 44 

Terres  minières 150 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


Voir  aussi  l'index  alphabétique,  page  1. 

DOCUMENTS  PARLEMENTAIRES. 

Arrangés  par  ordre  numérique,  avec  leurs  titres  au  long;  les  dates  auxquelles  ils  ont 
été  ordonnés  et  présentés  aux  deux  Chambres  du  parlement;  le  nom  du  député 
qui  a  demandé  chacun  de  ces  documents,  et  si  l'impression  en  a  été  ordonnée 
ou  non. 

VOLUME  1. 

(Ce  volume  est  relié  en  deux  parties.) 

1.  Rapport  de  l'Auditeur  général  pour  Fexercice  expiré  le  31  mars  1908.  Présenté  le  21 
janvier  1909,  par  Thon.  W.  Paterson;  aussi  le  19  février  1909,  par  Thon.  W.  S.  Fielding; 
aussi  le  23  février  1909,  par  Thon.  W.  Paterson. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires 


VOLUME  2. 

2.  Les  comptes  publics  du  Canada,  pour  Fexercice  expiré  le  31  mars  1908.     Présentés  le  21 

janvier  1909,  par  Fhon.  W.  Paterson. 

Imprimés  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

3.  Budget  des  sommes  requises  pour  le  service  du  Canada  pour  Fexercice  finissant  le  31  mars 

1910.    Présenté  le  1er  février  1909,  par  Fhon.  W.  Paterson. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

4.  Budget  des  sommes  requises  pour  le  service  du  Canada  pour  Fexercice  finissant  le  31  mars 

1909.    Présenté  le  15  mars  1909,  par  Fhon.  W.  S.  Fielding. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

4a.  Le  budget  supplémentaire  additionnel  des  sommes  requises  pour  le  service  du  Canada 
pour  Fannée  finissant  le  31  mars  1909.  Présenté  le  10  mai  1909,  par  Fhon.  W.  S.  Fiel- 
ding  Imprimés  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

5.  Le  budget  supplémentaire  des  sommes  requises  pour  le  service  du  Canada  pour  Fannée 

finissant  le  31  mars  1910.    Présenté  le  10  mai  1909,  par  Fhon.  W.  S.  Fielding. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

5a.  Autre  budget  supplémentaire  des  sommes  requises  pour  le  service  du  Canada  pour  Fannée 
expirant  le  31  mars  1910.    Présenté  le  18  mai,  par  Fhon.  W.  S.  Fielding. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

6.  Liste  des  actionnaires  des  banques  chartrées  au  Canada,  au  31  décembre  1908.     Présentée 

le  13  mai  1909,  par  Fhon.  F.  Oliver. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaire». 

5 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  3. 

7.  Rapport  des  dividendes  restant  impayés,  des  soldes  non  réclamés,  des  traites  et  lettres  de 
change  impayées  dans  les  banques  chartrées  du  Canada,  depuis  cinq  ans  et  plus,  à  la 
date   du    31    décembre    1908. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  4. 

8.  Eapport  du  surintendant  des  assurances  pour  Tannées  finissant  le  31  décembre  1908. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

9.  Relevé    des   états   des    compagnies    d'assurances    au    Canada,    pour    Tannée    finissant  le  31 

décembre  1908 Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  5. 

10.  Rapport  du  ministère  du  Commerce  pour  Texercice  expiré  le  31  mars  1908.  Partie  I.— 
Commerce  canadien.     Présenté  le  27  janvier  1909,  par  Thon.  W.  Patterson. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

10a.  Rapport  du  ministère  du  Commerce.  Partie  II. — Commerce  avec  Tétranger,  et  traités 
et  conventions  pour  Texercice  finissant  le  31  mars  1908.  Présenté  le  5  avril  1909,  par 
sir  Wilfrid  Laurier Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  6. 

10b.  Rapport  du  ministère  du  Commerce.  Partie  III. — Service  de  paquebots  subventionné, 
etc.,  pour  Texercice  terminé  le  31  mars  1908.  Présenté  le  22  mars  1909,  par  sir  Wilfrid 
Laurier Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

11.  Tableaux  du  commerce  et  de  la  navigation  du  Canada,  pour  Texercice  expiré  le  31 
mars  1908.     Présentés  le  21  janvier  1909,  par  Thonorable  M.  Paterson. 

Imprimés  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  7. 

# 

12.  Rapport,   relevés  et   statistiques  du   Revenu   de  TIntérieur   du   Canada,   pour   Texercice 

expiré  le  31  mars  1908.     Partie  I— Accise.     Présentés  le  21  janvier  1909,  par  Thon.  W. 
Paterson Imprimés  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

13.  Inspection  des  poids  et  mesures,  gaz  et  lumière  électrique,  pour  Texercice  terminé  le 

31  mars  1908.    Présenté  le  21  janvier  1909,  par  Thon.  W.  Paterson. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

14.  Kapport  sur  la  falsification  des  substances  alimentaires,  pour  Texercice  terminé  le  31 

mars  1908.    Présenté  le  11  mars  1909,  par  Thon.  W.  Templeman. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

15.  «apport  du  ministre  de  l'Agriculture  du  Canada,  pour  Texercice  expiré  le  31  mars  1908. 

Présenté  le  21  janvier  1909,  par  Thon.  S.  A.  Fisher. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  pailementaires. 
6 


Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  7— Suite. 

15a.  Rapport  du  commissaire  de  l'industrie  laitière  et  Femmagasinage  à  froid,  pour  l'exer- 
cice expiré  le  31  mars  1908.    Présenté  le  21  janvier  1909,  par  Thon.  S.  A.  Fisher. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

lbn  (2;  Happort  du  directeur  général  vétérinaire  et  commissaire  du  bétail,  pour  les  deux 
exercices  finissant  le  31  mars  190S. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  8. 

16.  Rapport  du  directeur,  et  des  officiers  des  fermes  expérimentales  pour  l'exercice  expiré 

le  31  mars  1908.     Présenté  le  31  mars  1909,  par  Thon.  S.  A.  Fisher. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

17.  Statistiques  criminelles  p^ur  Fexercice  expiré  le  30  septembre  1908. 

Imprimées  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

18.  Rapport  de  la  onzième  élection  générale  des  députés  à  la  Chambre  des  communes,  tenue 

le  26e  jour  d'octobre  1908.  .Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  9. 

19.  Rapport    du    ministre    des    Travaux    publics,    pour    l'exercice    expiré    le    31    mars    1908. 
Présenté  le  3  février  1909,  par  l'hon.   W.  Pugsley. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  10. 

19a.  Rapport  sur  les  études  du   canal  à  navires  de  la  baie  Géorgienne,   avec  les  plans  et 
estimations  du  coût,  1909.    Présenté  le  22  janvier  1909,  par  l'hon.  W.  Pugsley. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  11. 

20.  Rapport  du  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  pour  l'exercice  finissant  le  31  mars 
1908.    Présenté  le  19  février  1909,  par  l'hon.  G.  P.  Graham. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

20a.  Statistiques  des  canaux  pour  la  saison  de  navigation  1907. 

Imprimées  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires, 

20b.  Statistiques  des  chemins  de  fer  du  Canada,  pour  l'exercice  finissant  le  30  juin  1908. 
Présentées  le  25  février  1909,  par  l'hon.  G.  P.  Graham. 

Imprimées  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires . 

20c.  Troisième  rapport  de  la  Commission  des  chemins  de  fer  du  Canada  jusqu'au  31  mars 
1907,  pour  l'exercice  expiré  le  31  mars  1908.  Présenté  le  29  janvier  1909,  par  l'hon. 
G.  P.  Graham Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

7 


8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  12. 

21.  Rapport   du    ministère   de    la    Marine   et   des   Pêcheries,    1908.— Marine.     Présenté   le    18 

février  1909,  par  Thon.  L.  P.  Brodeur. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

21a.  Septième    rapport   de   la   Commission   de   géographie    du    Canada   contenant  toutes   les 
décisions  jusqu'au  30  juin  1908.    Présenté  le  22  février  1909,  par  Thon.  L.  P.  Brodeur. 
Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

21b.  Liste  des  navires  inscrits  sur  les  registres  du  Canada,  au  31  décembre  1908,  et  publié 
par  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

22.  Rapport  annuel  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  1908.— Pêcheries.     Présenté 

le  9  février  1909,  par  Thon.  L.  P.  Brodeur. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  13.    • 

23.  Rapport  de  la  Commission  des  ports,  etc. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

23b.  Rapport  du  président  de  la  Commission  d'inspection  des  bateaux  à  vapeur,  1908. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

24.  Rapport  du  ministre  des  Postes,  pour  l'exercice  expiré  le  31  mars  1908.    Présenté  le  21 

janvier  1909,  par  l'hon.  R.  Lemieux. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  14. 

25.  Rapport  du  ministère  de  l'Intérieur,  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908.  Présenté 
le  15  février  1909,  par  l'hon.  F.  Oliver. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

25a.  Rapport  de  l'astronome  en  chef  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1909.  Présenté  le  13 
mai  1909,   par  l'hon.  F.   Oliver. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

25b.  Rapport  annuel  de  la  division  des  arpentages  topographiques,  y  compris  le  rapport  de 
l'arpenteur  en  chef  des  terres  fédérales,  1907-8. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

25c.  Correspondance  et  papiers,  y  compris  un  relevé  financier,  concernant  la  distribution  des 
grains  de  semence  de  1908,  dans  les  provinces  de  la  Saskatchewan  et  d'Alberta 
Présentés  le  28  janvier  1909,  par  l'hon.  F.  Oliver. 

Imprimés  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

25d.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  mars  1909.— Ftat 
faisant  connaître  combien  de  boisseaux  de  blé  de  semence  ont  été  achetés  pour  la  Saskat- 
chewan et  l'Alberta,  pour  la  saison  de  1908;  de  qui  ils  ont  été  achetés,  à  quel  prix,  et 
quel  en  était  le  type;  si  ce  bblé  ainsi  acheté  avait  été  nettoyé  pour  fins  de  semence;  si 
tout  le  blé  ainsi  acheté  a  été  employé  comme  blé  de  semence;  à  qui  il  a  été  vendu  et  à 
quel  prix;  quelle  a  été  la  perte  totale  subie  en  rapport  avec  le  blé  ainsi  acheté.  Pré- 
senté le  15  mars  1909. — M.  Sharpe  (Lisgar) Pas  imprimée. 

8 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  14— Suite. 

25e.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  mars  1909. — Etat 
faisant  connaître  combien  de  boisseau  d'avoine  anglaise  ont  été  achetés  comme  grains  de 
semence  pour  la  Saskatchewan  et  l'Albert  en  1908,  et  à  quel  prix;  si  cette  avoine  a  été 
nettoyée  avant  ou  après  avoir  été  achetée;  si  cette  avoine  a  été  employée  en  entier  pour 
semence;  à  qui  elle  a  été  vendue  et  à  quel  prix;  le  montant  total  perdu  dans  cet  achat 
d'avoine  en  Angleterre,  et  si  des  plaintes  ont  été  faites  contre  la  qualité  de  ce  grain 
de  semence.    Présentée  le  15  mars  1909. — M.  Sharpe  (Lisgar) Pas  imprimée. 


VOLUME  15. 

26.  Rapport  sommaire  de  la  division  des  relevés  géologiques  du  ministère  des  Mines,  pour 

l'année  civile  1908.    Présenté  le  3  mai  1909,  par  Thon.  W.  Templeman. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires . 

26a.  Rapport  sommaire  de  la  division  des  mines  du  ministère  des  Mines,  pour  les  neuf  mois 
terminés  le  31  décembre  1909. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

27.  Rapport  du   département  des  Affaires  des  Sauvages,   pour  l'exercice  expiré  le  31   mars 

1908.     Présenté  le  22  janvier  1909,  par  Thon.  F.  Oliver. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 


VOLUME  16. 

28.  Rapport  de  la  Royale  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest,  1908.     Présenté  le  9  mars 

1909,  par  sir  Wilfrid  Laurier. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

29.  Rapport  du  secrétaire  d'Etat  du  Canada,  pour  l'année  expirée  le  31  décembre  1907  et  les 

trois  premiers  mois  de  l'exercice  1908.    Présenté  le  22  janvier  1909,  par  l'hon.  C.  Murphy. 
Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

30.  Liste  du  service  civil  du  Canada,  1908.    Présentée  le  22  janvier  1909,  par  Thon.  C.  Murphy. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

31.  Rapport  de  Commission  des  examinateurs  du  service  civil,  pour  l'année  terminée  le  31 

décembre  1908 Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

VOLUME  17. 

32.  Rapport   annuel   du   département   de   l'Imprimerie   et   de   la   Papeterie,   pour   l'exercice 

expiré  le  31  mars  1908.    Présenté  le  7  mai  1909,  par  l'hon.  C.  Murphy. 

hnprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

33.  Rapport  des  bibliothécaires  conjoints  du  Parlement,  pour  l'année  1908.     Présenté  le  21 
janvier  1909,  par  l'Orateur Imprimé  pour  les  documents  parlementaires. 

34.  Rapport  du  ministre  de  la  Justice  sur  les  pénitenciers  du  Canada,  pour  l'exercice  expiré 

le  31  mars  1908.     Présenté  le  21  janvier  1909,  par  l'hon.  W.  Paterson. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

35.  Rapport  du  conseil  de  la  milice  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1909.     Présenté  le  9 

mars  1909,  par  sir  Frédéric  Borden. 

Imprime  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 
9 


8-9  Edouard  VIL  Liste  dos  Documenta  parlementaires,  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

*35a.  Mémoire   touchant   les   prévisions   budgétaires   pour   la   milice   et   la   défense,   1909-1910. 
Présenté  le  9  mars  1909,  par  sir  Frederick  Borden. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

36.  Rapport  du  département  du  Travail,  pour  l'exercice  expiré  le  31  mars  1908.      Présenté 

le  21  janvier  1909,  par  l'hon  R.  Lemieux. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  doctiments  parlementaires. 

37.  Rapport  des  explorations  du  canal  de  la  baie  Géorgienne,  avec  plans  et  estimation  du 

t '»ût Voir  n°  19a. 

38.  Rapport  de  Son  Honneur  le  juge  Cassels,  commissaire  chargé  de  faire  une  enquête  sur 

les  affaires  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries.  Présenté  le  22  janvier  1909, 
par  Thon.  L.  P.  Brodeur.  .Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

3Sn.  Minute  d'un  rapport  du  comité  du  Conseil  privé,  approuvé  par  Son  Excellence  le 
Gouverneur  général,  le  29  mars  1909.  Le  comité  du  Conseil  privé  a  pris  en  considération 
un  rapport,  ci-annexé,  daté  le  27  mars  1909,  du  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,, 
touchant  l'enquête  récemment  tenue  par  l'honorable  Walter  Cassels  au  sujet  de  la 
déclaration  contenue  dans  le  rapport  de  la  Commission  du  service  civil,  attaquant  l'inté- 
grité de  certains  fonctionnaires  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  et 
-<>u  mettant  certaines  recommandations  au  sujet  des  fonctionnaires  y  nommés.  Le 
comité  approuvant  le  dit  rapport  et  les  recommandations  qu'il  contient,  le  soumet  à 
l'approbation  de  Votre  Excellence.  Présentée  le  30  mars  1909,  par  Thon.  L.  P.  Brodeur. 
Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

39.  Rapport  de  la  Commission  royale  concernant  les  différends  industriels  dans  les  filatures 

de  coton  de  la  province  de  Québec,  ainsi  que  la  preuve  faite  devant  la  dite  commission. 
Présenté  le  25  janvier  1909,  par  l'hon.  R.  Lemieux. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

40.  Etat  indiquant  les  dépenses  imprévues  du  1er  avril  1908  au  20  janvier  1909,  conformément 

à  la  Loi  des  subsides,  1908.     Présenté  le  26  janvier  1909,  par  l'hon.  W.  Paterson. 

Pas  imprimé. 

41.  Etal  de  toutes  les  pensions  et  allocations  de  retraite  accordées  à  des  employés  du  service 

civil,  donnant  le  nom  et  le  grade  de  chaque  employé  pensionné  ou  mis  à  la  retraite, 
sou  âge,  son  traitement  et  ses  années  de  service,  son  allocation  et  la  cause  de  sa  retraite, 
et  indiquant  si  la  vacance  créée  a  été  remplie  par  promotion  ou  nouvelle  nomination, 
•  I  Le  salaire  du  nouveau  titulaire,  durant  l'année  expirée  le  31  décembre  1908.  Pré- 
senté le  26  janvier  1909,  par  l'hon.  W.  Paterson Pas  imprimé. 

42.  R  élevé   conforme   à    la   clause   de   la   Loi   d'assurance    du    service   civil,    pour    l'exercice 

expiré  le  31  mars  1908.    Présenté  le  26  janvier  1909,  par  l'hon.  W.  Paterson. Pas  imprimé. 

43.  Relevé  des   mandats  du  Gouverneur  général  émis  depuis  la  dernière  session  du  Parle- 

ment,  à  compte  de  l'exercice  1908-1909.  Présenté  le  26  janvier  1909,  par  l'hon.  W. 
Paterson.. Pas  imprimé. 

44.  Ordonnances  du  Territoire  du  Yukon  passés  par  le  conseil  du  Yukon  au  cours  de  l'année 

1908.     Présentées  le  17  janvier  1909,  par  l'hon.  C.  Murphy Pas  imprimées. 

45.  Troisième  rapport  de  la  Commission  des  chemins  de  fer Voir  le  n°  20e. 

46.  Rapport  des  commissaires  du  chemin  de  fer  Transcontinental  pour  l'exercice  expiré  le 

31  mars  1908.     Présenté  le  29  janvier  1909,  par  l'hon.  G.  P.  Graham. 

Imprimé  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 
10 


8-9  Edouard  VIT.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

46a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  février  1909.— Copie 
de  toute  la  correspondance  échangée  entre  Rothwell,  Johnston  et  Stubbs,  avocats,  de 
Winnipeg,  et  le  gouvernement  ou  les  commissaires  du  chemin  de  fer  Transcontinental 
quant  aux  instructions  reçues  par  eux  en  rapport  avec  l'achat,  de  Kerr  et  Matthews, 
des  terrains  pour  tête  de  ligne  à  Winnipeg,  et  quant  aux  services  professionnels  par 
eux  rendus  pour  le  compte  du  gouvernement,  et  la  préparation  des  actes  d'acquisition 
de  la  propriété;  copies  des  mémoires  des  procureurs  pour  frais,  vacations  et  correspon- 
dance en  rapport  avec  cette  transaction;  un  état  faisant  connaître  toute  la  correspon- 
dance échangée  entre  le  gouvernement  et  les  c/ommissairs  du  chemin  de  fer,  et  les 
vendeurs  Kerr  et  Matthews,  à  partir  du  commencement  des  négociations;  et  de  plus, 
quelles  mesures,  s'il  en  est,  ont  été  prises  pour  exproprier  la  propriété  et  pour  en 
faire  déterminer  la  valeur  par  voie  judiciaire.    Présentée  le  4  mars  1909. — M.  Bradbury. 

Pas  imprimée. 

46b.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  2  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  le  décompte  final  relativement  au  contrat  accordé  le  22  août  1906 
à  J.  D.  McArthur  et  Smith  et  Prendible,  sur  le  chemin  de  fer  National  Transconti- 
nental, pour  les  travaux  à  exécuter  entre  la  station  9370  et  9480;  ainsi  que  le  décompte 
final  relativement  au  contrat  accordé  le  21  novembre  1908,  aux  mêmes  entrepreneurs, 
pour  travaux  à  exécuter  entre  la  station  9260  et  la  station  9370.  Présentée  le  11  mars 
1909,  par  M.  Haggart  (Winnipeg) Pas  imprimée. 

46c.  Rapport  de  Collingwood  Schreiber,  ingénieur  en  chef  de  la  division  de  l'ouest  du 
chemin  de  fer  National  Transcontinental.  Présentée  le  15  mars  1909,  par  l'hon.  G.  P. 
Graham Pas  imprimé. 

46d.  Rapport  intérimaire  des  Commissaires  du  chemin  de  fer  Transcontinental,  pour  les 
neuf  mois  expirés  le  31  décembre  1908.  Présenté  le  15  mars  1909,  par  l'hon.  G.  P. 
Graham Pas  imprimé. 

46e.  Etat  des  constables  de  la  police  fédérale  employés  le  long  de  la  ligne  du  chemin  de  fer 
Transcontinental  durant  le  cours  de  l'année  civile  1908.  Présenté  le  23  mars  1909,  par 
l'hon.  A.  B.  Aylesworth Pas  imprimé. 

46/.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909. — Copie  de 
toutes  lettres,  correspondance,  états  et  écrits  entre  la  compagnie  du  Grand-Tronc- 
Pacifique  ou  ses  ingénieurs  ou  agents  et  les  commissaires  du  Transcontinental  ou  leurs 
ingénieurs  ou  agents,  et  entre  les  commissaires  et  leurs  ingénieurs  ou  agents  et  les 
entrepreneurs  ou  sous-entrepreneurs  dans  les  districts  B  et  F  ci-après  mentionnés, 
quant  à  la  classification  ou  la  prétendue  classification  excessive  dans  les  districts  B  et  F 
de  la  division  est  du  Transcontinental,  et  copie  de  tous  estimés,  états,  certificats, 
mémoires,  relevés  ou  écrits  indiquant  la  classification  ou  le  classification  excessive  des 
coupes  et  travaux  dans  les  dits  districts  B  et  F.    Présentée  le  22  avril  1909. — M.  Lennox. 

D"«  imprimée. 

46a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909.— Etat 
donnant  les  noms  de  toutes  les  personnes  nommées  à  une  charge  ou  un  emploi  par  la 
Commission  du  chemin  de  fer  Transcontinental  depuis  sa  création,  et  indiquant  de 
quel  comté  ou  cité  venait  chacune  des  dites  personnes,  la  charge  ou  emploi  de  chacune 
d'elles,  la  date  de  la  nomination,  le  salaire  et  les  allocations  attachées  à  l'emploi, 
l'endroit  ou  le  district  oii  chaque  employé  remplit  ses  fonctions  et  le  montant  total 
payé  chaque  année  pour  les  dits  services  jusqu'à  la  fin  de  décembre  1908.     Présentée  le 

22  avril  1909. — M.Foster Pas  imprimée. 

11 


8-9  Edouard  VIL 


Liste  des  Documents  parlementaires. 


A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

46/i.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars  1909.— Copie  de 
toutes  les  soumissions  reçues  pour  la  construction  des  sections  suivantes  de  la  division 
de  Test  du  chemin  de  fer  National  Transcontinental,  ainsi  que  les  différentes  listes  des 
quantités  estimatives  préparées  par  les  ingénieurs,  et  d'après  lesquelles  les  contrats 
ont  été  adjugés,  les  sections  ci-mentionnées  téant  celles  dont  il  est  fait  mention  dans  la 
réponse  du  ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  donnée  à  la  Chambre  le  13  avril 
1908,  et  qui  est  comme  suit: 

RELEVÉ  N°  1-COMMISSAIRES-DI VISION  DE  L'EST. 


Parcours 
a  partir  de 
Moncton. 


De 

0*00 
50-00 
58-55 

97 'GO 

164-00 

195  80 

256-68 

30974 

459  74 
509-74 

609-74 

654.74 
666  <>7 

B77*7fi 

1,027-95 
1,12775 

1,171-85 

1,334:35 

1,409-35 
1,429-96 
1,667  *80 


Description. 


50  00 
58-55 
97-60 

164-00 

195-80 

256-68 

30974 


459-74 

509-74 
609-74 

654  74 

656-07 
87775 

1.02775 

1,12775 

1,17185 


Nombre 
de 

milles. 


L'estimation 
avec  laquelle 
chacune  de  ses 
entreprises  a 
été  adjugée. 


1,334  35 
1.409*35 

1,42976 

1,557-80 

1,804-66 


Moncton  jusqu'à  près  de  Chipman 

Près  de  Chipman,  vers  l'est,  8 '55  milles. . . 

Prèa  Ge  Chipman,  vers  l'ouest  jusqu'au 
croisement  de  l'Intercolonial     

Croisement  de  l'Intercolonial  jusqu'au 
poteau  milliaire  164 

Poteau  milliaire  164  jusqu'aux  Grandes- 
Chutes   

Grandes-Chutes  à  la  limite  du  Nouveau- 
Brunswick .  .    . 

Limite  du  Nouveau-Brunswick  jusqu'à  150 
milles  à  l'est  du  pont  de  Québec 

fDu  pont  de  Québec  vers  l'est,  150  milles. 

'  Tronçon   du  pont  de  Québec  (non-com- 

t     pris  dans  l'estimation 

Pont  de  Québec  vers  l'ouest,  50  milles 

50  milles  à  l'ouest  du  pont  de  Québec  jus- 
jusqu'à  150  milles  à  l'ouest 

150  milles  à  l'ouest  du  pont  de  Québec 
jusqu'à  près  de  Waymontachène 

Devant  être  compris  dans  cette  entreprise. 

Près  de  Waymontachène  jusqii'à  près  de 
la  rivière  Harricanaw 

Près  de  la  rivière  Harricanaw  jusqu'à  près 
du  raccordent,  du  ch.  de  fer  T.  et  N.O. . 

Du  raccordement  du  ch.  de  fer  T.  et  N.O. 
jusqu'à  100  milles  à  i'ouest 

De  100  milles  à  l'ouest  du  raccordement 
du  ch.  de  fer  T.  et  N.O.  jusqu'à  l'extré- 
mité ouest  du  district   "  D  " 

De  l'extrémité  du  district  "  D"  vers  l'ouest 

De  19^  milles  à  l'ouest  de  la  rivière  à  la 
Vase  vers  l'est 


De  19£  milles  à  l'ouest  de  la  rivière  à  la 
Vase  à  l'extrém.  ouest  du  district  "  E  ". 

De  l'extrémité  ouest  du  district  "  E  "  jus- 
qu'au raccordement  du  lac  Supérieur. . 

Du  raccordement  du  lac  Supérieur  jusqu'à 
la  rive  ouest  de  la  rivière  Rouge 


50 

8 

39 
66 
31 
60 

53 

148 

1 
50 

100 

45 

1 

221 
150 
100 

44 
162 

75 

20 

128 

246 


Date  du 


989,895  90 
289,1.90  62 

767,434  65 

1,898,124  21 

1,646,253  65 

1,385,941  09 

2,337,409  00 

5,011,316  50 

1,489,537  92 

3,807,719  54 


Contrat. 


Achève- 
ment. 


14  mars '07 
23  août  '07 

28  mars '08 

28     .,     '08 


US 

'07 
'08 

9     m     '07 

15  mai    '06 


1:. 


691,073  41 


Pas  adjugée. 
3,986,901  42 
3,936,566  00 

Pas  adjugée. 

2,101,409  88 
Pas  adjugée. 

13,010,393  92 


15 


'OC. 


14  mars  '07 


'07 


1  sept.   '08 
1  août    '08 

1  sept,   '10 

10 

10 

'08 

'10 

'09 

'07 

'07 

'08 


'09 
10 


28     -     '08 


15  mai   '00 


10 


07 


Présentée  le  26  avril  1909.— M.  Lennox. 


.Pas  imprimée. 


46t.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars  1909.— Etat  faisant 
connaître:  (1)  les  diverses  quantiés  d'ouvrages  de  chaque  description  ou  classe  terminés 
par  les  différentes  entrepreneurs,  et  certifiés  exacts  par  les  ingénieurs,  et  payés  "jus- 
qu'au 31  décembre  1908,  sur  les  différentes  sections  de  la  division  de  l'est  du  chemin 
de  fer   National  Transcontinental;    (2)    là  où  les  sections  n'ont  pas  été  terminées,  lea 

12 


8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

différents  états  estimatifs  des  quantités  des  diverses  classes  d'ouvrages  qui  restent  à 
exécuter,  ainsi  que  le  coût  estimatif  du  parachèvement  de  ces  travaux,  calculé  d'après 
les  prix  des  entrepreneurs  inscrits  sur  chaque  soumission.  Présentée  le  26  avril  1909.— 
M.  Lennox Pas  imprimée. 

46;'.  Informations  suivantes  au  sujet  du  chemin  de  fer  National  Transcontinental  en  réponse 
aux  questions  de  M.  R.  L.  Borden,  M. P.  Présentées  (au  Sénat)  le  7  mai  1909,  par  l'hon. 
sir  R.  Cartwright Pas  imprimées. 

46A\  Correspondance  et  rapports  touchant  les  plaintes  au  sujet  de  la  manière  dont  les  tra- 
vailleurs employés  à  la  construction  du  Grand-Tronc-Pacifique  sont  traités  dans  l'hô- 
pital à  Prince-Rupert  ;  et  au  sujet  du  non  paiement  de  justes  réclamations  pour  gages, 
etc.,  sur  la  section  de  Prince-Rupert  du  dit  chemin  de  fer.  Présentés  le  12  mai  1909, 
par  l'hon.  R.  Lemieux Pas  imprimés. 

46/.  Réponse  supplémentaire  au  n°  46g.    Présentée  le  14  mais  1909 Pas  imprimée. 

46m.  Réponse  supplémentaire  au  n°  467i.    Présentée  le  14  mai  1909 Pas  imprimée. 

47.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  25  janvier  1909. — Copies 
de  tous  les  décrets  du  conseil,  correspondance,  rapports  et  autres  documents  et  papiers 
(non  déjà  produits)  en  rapport  avec  la  ligne  communément  désignée  sous  le  nom  de 
AU  Red  Line,  dont  il  est  fait  mention  dans  la  résolution  passée  par  cette  Chambre  le  9 
juillet  1908,  ou  concernant  tout  projet  similaire,  ou  substitution  de  projet  pour  une 
même  fin.    Présentée  le  29  janvier  1909. — M.  Borden  (Halifax) Pas  imprimée. 

48. Règles  et  ordonnances  générales  de  la  cour  de  l'Echiquier  du  Canada,  1909.  Présentées  le 
29  janvier  1909,  par  l'hon.  C.  Murphy Pas  imprimées. 

49.  Classification  des  départements  suivants  du  service  civil  intérieur  à  Ottawa,  par  décret 
du  conseil  du  25  janvier  1909,  à  compter'  lu  1er  septembre  1908,  savoir  Agriculture, 
Auditeur  général,  Douanes,  Finances,  (Surintendant  des  assurances,  secrétaire  du 
Gouverneur  général,  division  des  Sauvages,  Revenu  de  l'intérieur,  Justice,  Travail, 
bibliothèque  du  Parlement,  Marine  et  Pêcheries,  Milice  et  Défense,  Mines,  Postes, 
Conseil  privé,  Imprimerie  et  Papeterie  publiques,  Travaux  pupblics,  Chemins  de  fer, 
Police  à  cheval  du  Nord-Ouest,  secrétaire  d'Etat,  Commerce.  Présentée  le  1er  février, 
par  sir  Wilfrid  Laurier Pas  imprimée. 

49a.  Classification  des  officiers,  commis  et.  employés  de  la  bibliothèque  du  Parlement,  à  la 
date  du  1er  septembre  1908.     Présentée  le  11  mars  1909,  par  sir  Wilfrid  Laurier. 

Pas  imprimée. 

49b.  Classification  et  organisation  des  officiers  et  commis  du  bureau  de  distribution  de  la 
division  des  impressions  du  Parlement,  à  la  date  du  1er  septembre,  lequel  est  comme 
suit:    Présentée  le  11  mars  1909,  par  sir  Wilfrid  Laurier Pas  imprimée. 

49c.  Classification  des  officiers,  commis  et  employés  permanent  de  la  Chambre  des  communes, 
lequel  est  comme  suit:    Présentée  le  11  mars  1909,  par  l'Orateur Pas  imprimée. 

49d.  Organisation  du  personnel  de  la  Chambre  des  communes,  avec  la  classification  des 
divers  officiers,   commis  et  employés.     Présentée  le  11   mars  1909,   par  l'Orateur. 

Pas  imprimée. 

49e.  Classification  du  ministère  de  l'Intérieur  (service  intérieur)  à  Ottawa,  par  décret 
du  conseil  du  1er  février  1909,  «à  compter  du  1er  septembre  1908.    Présentée  le  1er  avril 

1909,  par  l'hon.  F.  Oliver Pas  imprimée. 

13 


v-!»   Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

49/.  Décret  du  conseil  approuvé  le  5  mai  1908,  autorisant  l'emploi  continu  de  certains 
officiers  et  commis  des  divisions  temporaires  du  ministère  des  Travaux  publics. 
Présenté  le  5  avril  1909,  par  l'hon.  W.  Pugsley Pas  imprimé. 

49</.  Tableaux  ayant  rapport  au  bill  du  service  civil.  Présentés  le  19  mai  1909,  par  l'hsn. 
S.   A.  Fisher Pas  imprimes. 

50.  Correspondance,   etc.,    relativement    à  la  construction    d'un     passage  souterrain    de    la 

jonction  du  Grand-Tronc  à  Kingston.  Présentée  le  1er  février  1909,  par  Thon.  G.  P. 
Graham Pas  imprimée. 

51.  Copie  de  la  communication  officielle  adressée  par  le  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêche- 

ries au  Commissaire  Cassels,  au  sujet  de  l'abolition  du  système  de  patronage  dans  le 
ministère  de  la   Marine  et  des  Pêcheries.     Présentée  le  1er  février  1909.— M.  Foster. 

Pas  imprimée. 

52.  Minutes  de  la  Commission  d'économie  interne  de  la  Chambre  des  communes,  conformé- 

ment à  la  règle  9  de  la  Chambre  des  communes,  depuis  le  16  décembre  1907  jusqu'au  H 
juillet  1908,  inclusivement.     Présentée  le  29  janvier  1909,  par  l'Orateur Pas  imprirmée. 

53.  Réponse   à    un   ordre  de   la   Chambre   des   communes,   en  date  du   10  février  1908. — Etat 

indiquant  le  nombre  de  demandes  pour  l'élargissement  de  prisonniers  et  le  nombre  de 
demandes  accordées  depuis  1S96  par  le  ministre  de  la  Justice  avant  l'expiration  de  la 
sentence,  la  durée  de  la  sentence,  la  date  de  la  mise  en  librté,  les  raisons  données  à  cet 
effet  en  autant  qu'elles  peuvent  être  communiquées,  et  le  nom  de  l'avocat  qui  s'est  occupé 
de   l'obtention  de  la  mise   en  liberté.     Présentée  le  2  février   1909.— M.   Foster. 

Pas  imprimée. 

54.  Rapport  du  Commissaire  de  la  police  fédérale  pour  1908.    Présenté  le  2  février  1909,  par 

l'hon.  A.  B.  Aylesv.orth Pas  imprimé. 

55.  Etat    détaillé    des     obligations     et     effets    enregistrés    dans     le    ministère    du    secrétaire 

d'Etat,  depuis  le  dernier  état  du  7  décembre  1907,  soumis  au  Parlement  du  Canada  en 
vertu  de  l'article  32,  chapitre  19,  des  Statuts  Revisés  du  Canada,  1906.  Présenté  le  2 
février  1909,  par  l'hon.  C.  Murphy ' Pas  imprimé. 

56.  Etat  de  demandes  d'enregistrement  en  vertu  de  l'article  33  du  chapitre  125  des  Statuts 

Révisés  du  Canada,  1906,  intitulé:  "Loi  concernant  les  unions  commerciales".  Pré- 
senté le  2  février  1909,  par  l'hon.  C.  Murphy Pas  imprimé. 

57.  Rapport  de  la  Commission  d'embellissement  d'Ottawa  pour  les  neuf  mois  expirés  le  31 

mars  1908.    Présenté  le  9  février  1909,  par  l'hon.  W.  Paterson Pas  imprimé. 

58.  Réponse  partielle  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909.— 

Etat  indiquant  quelles  personnes  ont  été  nommées,  transférées  et  promues,  respective- 
ment, depuis  le  1er  juillet  1908,  dans  les  divers  départements  soumis  à  l'application  de 
la  Loi  du  service  civil  de  1908;  quels  étaient  les  emplois  et  salaires  des  personnes  ainsi 
transférées  et  promues  à  l'époque  du  changement;  quels  sont  les  emplois  et  salaires 
actuels  de  toutes  celles  qui  ont  été  ainsi  nommées,  transférées  ou  promues,  et  lesquels 
de  ces  nominations,  transferts  ou  promotions  ont  été  faits  en  conformité  de  la  loi 
actuelle  du  service  civil.     Présentée  le  5  février  1909. — M.  Foster Pas  imprimée. 

58d.  Réponse  partielle  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février 
1909.— Etat  faisant  connaître  tous  les  décrets  du  conseil,  tous  les  ordres,  règlements  et 
règles  des  départements,  tous  les  projets  de  réorganisation  adoptés  dans  les  différents 
départements,   toutes   les   règles  établies  par  les  Commissaires  du  service  civil  et  tous 

14 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1900 


VOLUME  17— Suite. 

les  autres  ordres,  démarches,  procédures  eu  vertu  ou  eu  conformité  de  la  loi  portant 
modification  de  la  Loi  du  service  civil,  1908.  Présentée  le  8  février  1909.— M.  Bordcn 
(Halifax) Pas  imprimée, 

586.  Réponse  supplémentaire  au  n°  58.     Présentée  le  8  février  1909 Pas  imprirméc. 

58c.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  10  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  le  nombre  de  fonctionnaires  nommés  en  1908  dans  les  divers  départe- 
ments, et  transférés  du  service  extérieur  dans  le  service  intérieur  aux  termes  de  la 
Loi  du  service  civil,  leurs  noms  et  leurs  salaires;  le  nombre  de  ceux  ainsi  ajoutés  dans 
les   divers  départements.     Présentée   le   11   février   1909.— M.   Sharpe   (Ontario). 

Pas  imprimée. 

58d.  Autre  réponse  supplémentaire  au  n°  58.    Présentée  le  11  février  1909..    .  .Pas  imprimée. 

58c.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  2  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  noms  des  85  commis  surnuméraires,  antérieurement  payés  à  même 
le  revenu  casuel,  et  qui  ont  été  classifiés  en  vertu  de  l'article  7  de  la  Loi  du  service 
civil,  depuis  le  1er  septembre  1908,  et  placés  dans  la  3e  division,  subdivision  B;  le  poste 
rempli  par  chacun  d'eux  lors  de  la  classification;  les  appointements  payés,  la  durée 
du  service,  l'âge,  et  quel  examen  a  été  subi;  le  poste  assigné  en  vertu  de  la  classification, 
et  les  appointements  accordés;  les  noms  des  personnes  attachées  au  service  civil  depuis 
le  1er  septembre  1908,  en  vertu  de  Farticle  47  de  la  Loi  du  service  civil,  les  fonctions 
qui  leur  ont  été  assignés,  la.  date  de  leur  nomination  et  les  appointements  accordés. 
Présentée  le  11  février  1909.    M.  Foster Pas  imprimée. 

58/.  Autre  réponse  supplémentaire  au  n°  58.     Présentée  le  18  février  1909..    .  .Pas  imprimée. 

58g.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  février  1909. — 
Copie  des  décrets  du  conseil  en  vertu  desquels  ont  été  accordées  les  augmentations  de 
salaire,  mentionnées  sur  les  pages  556,  557,  558,  559,  560,  561,  563  et  564,  édition  non 
revisée  du  Hansard,  1909.    Présentée  le  23  février  1909. — Mr.  Foster Pas  imprimée. 

58/i.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  noms,  la  date  de  la  première  nomination,  le  poste  et  le  salaire  à 
l'époque  de  l'augmentation,  de  chaque  commis  ou  autre  employé  dans  le  service  exté- 
rieur du  minstère  des  Travaux  publics,  à  Ottawa,  à  qui  une  augmentation  de 
salaire  a  été  accordée  le  ou  après  le  1er  avril  1908,  le  montant  de  telle  augmentation,  la 
date  à  laquelle  l'augmentation  a  été  accordée,  la  date  à  compter  de  laquelle  l'augmen- 
tation a  été  payé;  les  renseignements  identiques  respectivement  quant  aux  départe- 
ments suivants:  Milice  et  Défense,  Marine  et  Pêcheries,  Chemins  de  fer  et  Canaux, 
Douanes,  Revenu  de  l'Intérieur,  Imprimerie  de  l'Etat,  Affaires  des  Sauvages,  Auditeur 
général,  Finances,  Mines,  Postes.    Présentée  le  ?3  février  1909. — M.  Foster.Pas  imprimée. 

58i.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  février  1909. — Copie 
des  décrets  du  conseil  passés  depuis  le  1er  mai  1908  jusqu'au  1er  janvier  1909  autorisant 
des  augmentations  de  salaires  aux  employés  du  ministère  des  Travaux  publics.  Pré- 
sentée le  25  février  1909. — M.  Foster Pas  imprimée. 

58j.  Décrets  du  conseil  attachés  au  document  de  la  session  n°  58ff  ci-annexé  sont  les  seuls 
passés  relativement  aux  augmentations  de  salaires  inscrites  en  détail  dans  les  pages  556, 
557,  558,  559,  560,  561,  563  et  564  des  Débais  non  revisésde  1909.  Les  augmentations  accor- 
dées aux  fonctionnaires  employés  dans  la  division  des  arpentages  l'ont  été  en  confr- 
mité  de  la  Loi  concernant  le  ministère  de  l'Intérieur,  chapitre  54,  articles  6  et  8  des 
Etatus  Revisés  qui  se  rapporte  à  l'emploi  et  au  paiement  d'aides  temporaires,  dans  la 

15 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires-  A.  1909 


VOLUME  17— Suite, 

division  de  l'arpenteur  général,  pour  l'accomplissement  de  services  qui  exigent  des 
connaissances  techniques,  scientifiques  ou  professionnelles.  Les  augmentations  accor- 
dées aux  employés  des  terres  fédérales,  service  extérieur,  terres  des  écoles,  immigration 
et  arpentages  de  frontières  l'ont  été  en  vertu  de  l'autorité  du  ministère.  Présentés 
le  26  février  1909,  par  l'hon.  F.  Oliver Pas  imprimés. 

59.  Copie  des  décrits   du   conseil   publiés  dans   la    Gazette   du   Canada,   et  la   Gazette  de  la 

Colombie-Britannique,  entre  le  1er  décembre  1907  et  le  1er  décembre  1908,  sous  le  régime 
des  dispositions  du  paragraphe  (d)  de  l'article  38  des  Règlements  concernant  Farpentage, 
l'administration,  la  disposition  et  la  gérance  des  terres  publiques  du  Canada,  dans  la 
sone  de  40  milles  des  chemins  de  fer  dans  la  province  de  la  Colombie-Britannique.  Pré- 
sentée le  5  février  1909,  par  Thon.  F.  Oliver Pas  imprimée. 

60.  Etat  sous  l'empire  des  dispositions  de  l'article  57  de  la  Loi  de  l'irrigation,  chapitre  61 

des  Statuts  Revisés  du  Canada,  1906,  copies  de  tous  les  décrets  du  conseil  qui  ont  été 
passés,  ou  des  règlements  qui  ont  été  établis,  ou  des  formules  prescrites,  par  le  ministre 
de  l'Intérieur,  sous  le  régime  de  cette  loi,  et  qui  ont  été  publiés  dans  la  Gazette  du 
Canada,  depuis  la  présentation  au  Parlement  d'un  semblable' état  à  la  dernière  session 
précédente.     Présenté  le  5  février  1909,  par  Thon.  F.  Oliver Pas  imprimé. 

61.  Etat  sous  l'empire  des  dispositions  de  l'article  77  de  la  Loi  des  terres  fédérales,  chapitre 

20  des  Status  de  1908;  de  l'article  5  de  la  Loi  des  arpentages  fédéraux,  chapitre  21  des 
mêmes  statuts;  du  paragraphe  2  de  l'article  13  de  la  Loi  des  réserves  forestières  fédé- 
rales, chapitre  56,  S.R.C.,  1906;  du  paragraphe  3  de  l'article  5  de  la  Loi  du  parc  des 
montagnes  Rocheuses,  chapitre  60,  S.R.C.,  1906;  et  du  paragraphe  2  de  l'article  18  de  la 
Loi  du  Yukon,  chapitre  63,  S.R.C.,  1906, — copies  de  tous  les  décrets  du  conseil,  ordon- 
nances ou  règlements  qui  ont  été  passés  en  vertu  de  quelque  loi  ci-dessus  mentionnée, 
et  qui  ont  été  publiées  dans  la  Gazette  du  Canada,  depuis  la  présentation  au  Parlement 
d'un  état  semblable  à  la  dernière  session  précédente.  Présenté  le  5  février  1909,  par 
l'hon.  F.  Oliver Pas  imprimé. 

62.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  25  janvier  1909.— Copie  de 

toute  correspondance  durant  les  trois  derniers  mois  au  sujet  du  bureau  de  poste  de 
Lachnte-Mills.     Présentée  le  8  février  1909.— M.  Perley Pas  imprimée. 

63.  Décret  du  conseil,  etc.,  au  sujet  de  l'émission  de  50  millions  de  dollars  de  nouveau  stock 

par  la  compagnie  du  chemin  de  fer  du  Pacifique-Canadien.  Présenté  le  8  février  1909, 
par  l'hon.  G.  P.  Graham Pas  imprimé. 

63a.  Etat  donnant  la  correspondance,  arrêtés  du  conseil,  plans  et  papiers,  etc.,  en  tant  que 
le  ministère  de  l'Intérieur  est  concerné  depuis  le  dernier  état  présenté  au  Parlement 
en  vertu  de  la  résolution  du  20  février  1882.  Présenté  le  8  février  1909,  par  l'hon.  F. 
Oliver Pas  imprimé. 

63b.  Correspondance  relativement  au  droit  de  circulation  sur  l'Intercolonial  entre  Saint- 
Jean  et  Halifax  obtenu  par  la  compagnie  du  chemin  de  fer  du  Pacifique  Canadien. 
Présentée  le  8  février  1909,  par  l'hon.  G.  P.  Graham Pas  imprimée. 

63c.  Rapport  des  terres  vendues  par  la  compagnie  du  chemin  de  fer  Canadien  du  Pacifique, 
du  1er  octobre  1907  au  1er  octobre  1908,- ainsi  que  les  noms  des  acquéreurs.  Présenté 
le  15  février  1909,  par  l'hon.  F.  Oliver Pas  imprimé. 

63(/.  Réponse  h  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  février  1909.— Copie 
de  tout  décret  du  conseil  autorisant  la  compagnie  du  chemin  de  fer  du  Pacifique-Cana- 
dien à  augmenter  Bon  capital-actions.    Présentée  le  18  février  1909.— M".  Maclean  (York). 

Pas  imprimée. 
16 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

63e.  Correspondance  ultérieure  quant  à  Foctroi  à  la  compagnie  du  chemin  de  fer  Canadien 
du  Pacifique  de  droits  de  voie  sur  le  chemin  de  fer  Intercolonial  entre  Saint-Jean  et 
Halifax.    Présentée  le  22  février  1909,  par  Thon.  G.  P.  Graham Pas  imprimée. 

64.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909.— Etat 

faisant  connaître  quelles  sommes  d'argent  ont  été  payées  à  chacun  des  divers  action- 
naires de  la  compagnie  du  pont  de  Québec  à  compte  d'actions,  de  boni  et  d'intérêt, 
respectivement;  et  quelles  sommes  sont  encore  à  payer,  et  à  qui.    Présentée  le  8  février 

1909.— M.  Foster Pas  imprimée. 

t 

65.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909. — Etat 

indiquant  comment  on  a  déposé  ((en  détail)  du  crédit  de  $25,000  voté  sous  le  titre  de 
"  Divers  "  pour  les  grains  de  semence  dans  l'Alberta  et  la  Saskatchewan.  Présentée 
le  11  février  1909,  par  l'hon.  F.  Oliver Pas  imprimée. 

66.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  2  janvier   1909.— Etat 

faisant  connaître  les  détails  de  l'actif,  coté  à  $157,483,926.17  dans  le  bilan  du  Canada,  au 
31  décembre  1908.    Présentée  le  11  février  1909.— M.  Ames Pas  imprimée. 

67.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  11  février  1909. — Copie 

du  rapport  des  commissaires  nommés  par  le  gouvernement  afin  de  faire  une  enquête, 
un  examen,  et  de  préparer  un  rapport  sur  les  embranchements  de  voies  ferrées  se 
raccordant  avec  l'Intercolonial ;  aussi,  copie  du  rapport  des  commissaires  nommés  par 
le  gouvernement  de  la  province  du  Nouveau-Brunswick  afin  de  faire  une  enquête,  un 
examen  et  de  préparer  un  rapport  sur  les  embranchements  de  chemins  de  fer  dans  les 
limites  de  la  dite  province  qui  se  raccordent  avec  le  dit  chemin  de  fer  Intercolonial. 
Présentée  le  11  février  1909. — M.  Emmerson. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

67a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  si  le  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  a  demandé  des  sou- 
missions pour  le  clôturage  en  fil  métallique  de  141  milles,  plus  ou  moins,  durant  l'été 
ou  l'automne  de  1908;  si  ces  soumissions  ont  été  demandées  par  annonces  publiques  ou 
par  circulaires;  et  combien  de  soumissions  ont  été  demandées  par  annonces  publiques 
ou  par  circulaires;  et  combien  de  soumissions  ont  été  reçues  et  de  qui;  si  le  contrat  a 
été  donné,  quel  pri  xet  à  qui;  quelle  quantité  de  fil  a  été  acheté  epar  le  susdit  minis- 
tère en  1908,  soit  par  voie  de  soumissions  ou  autrement,  et  quel  en  a  été  le  prix  par 
mille.    Présentée  le  2  mars  1909. — M.  Taylor  (Leeds) Pas  imprimée. 

67b.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909. — Etat 
indiquant,  en  ce  qui  concerne  les  item  suivants  qui  paraissent  dans  les  comptes  publics: 

Chemin  de  fer  Intercolonial,  compte  ouvert $965,418  00 

Embranchement  de  Windsor 180,34 

Chemin  de  fer  de  FIle-du-Prince-Edouard 19,687  00 

(a)  Quelle  proportion  de  ces  montants  représente  des  deniers  dus  au  gouvernement 
depuis  une  date  antérieure  à  la  fin  de  l'exercice  1904-1905;  06)  quelle  partie  du 
montant  ainsi  échu  a  été  dépensée  au  cours  de  chaque  exercice  antérieure  à 
1906-107;  (c)  une  liste  des  item  inclus  (a)  qui  représentent  un  montant  excédant  cent 
dollars,  avec  le  nom  du  débiteur  dans  chaque  cas,  la  date  et  la  nature  du  service. 
Présentée  le  4  mars  1909. — M.  Ames Pas  imprimée. 

67c.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  mars  1909. — Copie  du 
rapport  du  bureau  de  conciliation  en  rapport  avec  les  commis  du  trafic-marchandises  à 

Halifax  et  Saint-Jean,  N.-B.   Présentée  le  23  mars  1909. — M.  Crosby Pas  imprimée. 

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8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

67d.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambrée  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  noms  des  employés  de  l'Intercolonial  destitués  ou  suspendus  au 
cours  de  l'année  1908,  remploi  de  chacun,  la  date  de  la  destitution  ou  de  la  suspension, 
et  le  motif  spécial  allégué  clans  chaque  cas.  Aussi,  les  noms  de  ceux  d'entre  eux  qui 
ont  été  réinstallés  jusqu'à  la  date  du  28  février  1909  et  la  date  de  leur  réinstallation. 
Présentée  le  22  avril  1909.—  M.  Foster Pas  imprimée. 

67e.  Copie  de  l'arrêté  du  conseil  établissant  un  bureau  administratif  des  chemins  de  fer  du 
gouvernement, — le  chemin  de  fer  Intercolonial  et  le  chemin  de  fer  de  l'Ile-du-Prince- 
Edouard,— et  nommant  les  membres  du  dit  bureau.  Présentée  le  26  avril,  par  Thon.  G.  P. 
Graham Pas  imprimée. 

67/.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909 — Copie  de 
toutes  demandes,  correspondance,  soit  par  lettres  ou  télégrammes,  tous  plans  soumis, 
soit  au  ministère  des  Chemins  de  fer,  soit  aux  autorités  du  chemin  de  fer  Interco- 
lonial, et  de  toutes  décisions  prises,  le  tout  relatif  à  l'agrandissement  de  la  gare  du 
chemin  de  fer  Intercolonial,  au  Cap  Saint-Ignace,  ou  à  la  construction  d'une  nouvelle 
gare.    Présentée  le  14  mai  1909.— M.  Roy  (Montmagny) Pas  imprimée. 

67g.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909. — Copie  de 
toute  correspondance,  tous  mémoires,  rapports  et  décisions  prises  relativement  à  la 
construction  d'un  réservoir  d'eau  à  la  gare  du  chemin  de  fer  Intercolonial  au  Cap 
Saint-Ignace,  et  à  l'augmentation  du  coût  à  être  payé  à  la  compagnie  d'aqueduc  four- 
nissant l'eau  aux  engins  circulant  sur  la  voie  du  chemin  de  fer.  Présentée  le  14  avril 
1909. — M.  Roy  (Montmagny) Pas  imprimée. 

67//.  Réponse  à  une  adresse  du  Sénat,  en  date  du  18  mars  1909,  demandant  toute  pétition 
présenté  au  Gouverneur  en  conseil,  demandant  que  le  chemin  de  fer  Intercolonial  soit 
mis  sous  le  contrôle  de  la  Commission  des  chemins  de  fer  du  Canada,  ainsi  que  toute 
correspondance  à  ce  sujet.     Présentée  le  4  mai  1909. — Hon.  sir  Mackenzie  Bowell. 

Pas  imprimée. 

67i.  Copie  certifiée  d'un  rapport  du  comité  du  Conseil  privé,  approuvé  par  Son  Excellence 
le  Gouverneur  général,  le  20  avril  1909,  relatif  au  chemin  de  fer  Intercolonial.  Pré- 
sentée (au  Sénat)  le  30  avril  1909,  par  l'hon.  sir  Richard  Cartwright..    ..Pas  imprimée. 

68.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909.— Pro- 

duction de  toutes  les  demandes  et  soumissions  originales  en  la  possession  du  minis- 
tère de  l'Intérieur  au  sujet  de  la  concession  forestière  n°  1122;  les  dits  papiers  ne 
devant  pas  faire  partie  des  archives  de  cette  Chambre,  mais  devant  être  renvoyés  par 
le  greffier  au  ministère  de  l'Intérieur  après  inspection.  Présentée  le  12  février 
1909.— M.  Campbell Pas  imprimée. 

69.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  1er  février  1909.— Etat 

indiquant  quelles  terres  ont  été  vendues  le  long  de  la  route  du  Grand-Tronc-Pacifique 
pour  des  fins  de  stations,  de  termini  ou  d'emplacements  de  ville,  à  quel  prix  elles  l'ont 
été  et  à  quelles  personnes  ou  corporations.     Présentée  le  12  février  1909.— M.  Foster. 

Pas  imprimée. 

70.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  26  janvier  1909.— Etat 

indiquant,  année  par  année  depuis  1881,  les  dépenses  portées  au  compte  du  capital  sous 
le  chef  de  "  Terres  fédérales  ",  et  un  état  semblable  de  recettes  totales  provenant  de 
ventes  de  terres,  de  terres  houillères,  d'emplacements  de  ville,  etc.,  là  où  le  domaine 
public  a  été  aliéné  permanemment.     Présentée  le   12  février   1909.— M.   Ames. 

Pas  imprimée. 
18 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1900 


VOLUME  17— Suite. 

71.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  1er  février  1909.— Etat 

faisant  connaître  quel  montant  d'or,  d'argent  et  de  cuivre  a  été  monnayé  par  la  branche 
de  la  Monnaie  Royale  en  Canada,  et  de  quel  montant  des  dites  monnaies  n'a-t-on  pas 
disposé  depuis  le  commencement  de  la  frappe  jusqu'au  1er  janvier  1909;  quelle  quantité 
d'argent  à  l'état  brut  a  été  offerte  en  vente  aux  autorités  de  la  Monnaie  Royale  par  des 
mines  canadiennes  en  1908,  et  quelle  quantité  a  été  acceptée;  quelle  raison  le  gouver- 
nement peut-il  donner  pour  ne  pas  avoir  acheté  tout  l'argent  à  l'état  brut  qui  lui  a  été 
offert;  quel  est  le  mode  suivi  pour  décider  de  qui  les  achats  doivent  être  faits;  com- 
bien de  mines  canadiennes  ont  vendu  de  l'argent  au  gouvernement,  quels  sont  les  noms 
des  dites  mines  et  quelle  quantité  a  été  achetée  de  chacune  d'elles.  Présentée  le  12 
février  1908. — M.  Armstrong Pas  imprimée. 

71a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909.— Etat 
indiquant  quel  état  le  coût  total  de  l'Hôtel  Royal  des  Monnaies  au  31  décembre  1908; 
quel  a  été,  pour  Tannée  1908,  le  montant  total  des  dépenses  du  dit  Hôtel  des  Monnaies: 
pour  (a)  additions  et  améliorations,  {b)  entretien,  (c)  salaires,  et  (d)  achat  de  métaux 
de  cuivre,  d'argent  et  d'or,  respectivement;  quel  est  le  montant  des  monnaies  de 
cuivre,  d'argent  et  d'or  frappées  pendant  la  dite  année  ;  quel  a  été  le  profit  net  réalisé 
sur  chaque  espèce  de  monnaie.    Présentée  le  3  lmars  1909. — M.  Foster..  ..Pas  imprirmée. 

72.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  25  janvier  1909.— Etat 

faisant  connaître  les  détails  formant  le  total  de  $699,235.52,  item  inscrit  sous  le  titre 
de  revenus  divers  pour  le  mois  de  décembre  1908.    Présentée  le  12  février  1909. — M.  Ames. 

Pas  imprimée. 

73.  Réponse  à  un   ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  25  janvier  1909. — Etat 

indiquant  toutes  les  livraisons  gratuites  des  malles  établies  ou  autorisées  depuis  le 
30  juin  1908,  dans  les  villes  ou  villages;  toutes  celles  autorisées  ou  établies  depuis  cette 
date;  le  nombre  de  personnes  desservies  par  ce  système  de  livraison  gratuite  dans  la 
localité  ou  route  pour  laquelle  il  a  été  institué;  le  coût  dans  chaque  cas.  Présentée  le 
12  février  1909. — M.  Borden  (Halifax) Pas  imprimée. 

73a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909. — Copie  de 
toute  la  correspondance  et  de  tous  les  mémoires  touchant  la  livraison  de  la  malle 
rurale  dans   la   province  de   l'Alberta.     Présentée   le   17   mai   1909. — M.   McCarthy. 

Pas  imprimée. 

74.  Ordres  généraux   de  la   milice,   émis   entre  le  28  novembre   1907  et  le  31   janvier   1909. 

Présentés  le  15  février  1909,  par  sir  Frederick  Borden Pas  imprimés. 

75.  Réponse  à  un   ordre  de   la   Chambre   des   communes,   en   date   du   8  février   1909. — Etat 

faisant  connaître  comment  a  été  appliqué  le  crédit  de  $35,000,  destiné  à  défrayer  le  coût 
du  forage  pour  huile,  gaz,  charbon,  etc.,  et  octroyé  le  15  juillet  1908;  avec  copie  de  toute 
correspondance,  rapports,  télégrammes,  mémoires,  etc.,  se  rapportant  à  ce  sujet;  plus 
la  mention  du  district  dans  lequel  les  puits  ont  été  forés;  le  coût  et  l'état  actuel  de 
chaque  puits;  et  copie  de  tous  les  contrats  et  soumissions.  Présentée  le  15  février  1909. 
— M.  Armstrong Pas  imprimée. 

76.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  25  janvier  1909. — Etat 

faisant  connaître  (1)  le  nombre  d'accidents  survenus  aux  traverses  à  niveau  de  voies 
ferrées  en  Canada,  durant  la  période  de  cinq  années  antérieures  au  31  mars  1908;  (2) 
les  dates  de  ces  accidents  et  les  endroits  où  ils  sont  arrivés;  (3)  la  cause  présumée  de 
l'accident  en  chaque  cas;  (4)  le  nombre  de  personnes  tuées  en  chaque  cas:  (5)  le  nombre 
de  personnes  blessées  et  la  nature  des  blessures,  en  chaque  cas;  (6)  une  déclaration,  en 
chaque  cas,  faisant  connaître  si  la  traverse  était  suffisamment  protégée  ou  non;  et,  dans 

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8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

le  cas  où  telle  protection  existait,  quelle  en  était  la  nature.     Présentée  le  16  février 
1909.— M.  Lennox Pas  imprimée. 

76a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  10  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  en  combien  de  cas,  depuis  que  la  Commission  des  chemins  de  fer  a 
été  constituée,  elle  a  ordonné  que  Ton  prît  des  moyens  de  protection  aux  traverses  des 
voies  ferrées  sur  les  grands  chemin:  (a)  en  séparant  la  route  et  la  voie  ferrée;  (b) 
par  des  barrières;  (c)  par  d'autres  moyens,  et  quelle  méthode  a  été  adoptée  dans  ces 
cas;  quel  décret  a  été  rendu  quant  à  la  dépense  de  l'ouvrage  ou  du  service  en  chaque 
cas;  sur  quels  points  une  séparation  de  la  route  et  de  la  voie  ferrée  a  été  ordonnée,  et 
à  quel  coût  fixe  ou  estimatif  en  chaque  cas;  en  combien  d'instances  et  quelles  instances, 
les  demandes  ont  été  refusées.    Présentée  le  4  mars  1909. — M.  Lnnox..   .  .Pas  Imprimée. 

76b.  Réponse  à  une  adresse  du  Sénat  en  date  du  25  février  1909,  demandant  copie  de  toutes 
demandes  faites  à  la  Commission  des  chemins  de  fer  par  le  ministre  des  Chemins  de  fer 
en  vertu  de  l'article  28  de  la  Loi  des  chemins  de  fer;  aussi,  copie  de  tous  arrêtés  du 
conseil  rendus  pendant  les  derniers  douze  mois,  concernant  1<js  traverses  à  niveau  des 
routes  publiques  par  les  chemins  de  fer,  les  dates  de  ces  demandes  ou  des  arrêtés  en 
conseil.    Présentée  le  19  mars  1909.— Bon.  M.  Ferguson Pas  imprimée. 

77.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909. — Etat 

indiquant  toutes  les  importantions  en  Canada  de  barres  et  lingots  d'acier,  de  fer  et 
d'acier  laminés,  de  rails  d'acier  et  d'acier  pour  constructions  (par  mois)  depuis  le  31 
mars  1908  jusqu'au  31  janvier  1909,  et  faisant  connaître:  (a)  la  quantité  importée;  (b) 
le  pays  d'importation;  (c)  le  port  d'entrée;  (d)  la  valeur  des  importations,  et  (e)  le 
montant  des  droits  acquittés.     Présentée  le  18  février  1909. — M.  Boyce,  .Pas  imprimée. 

78.  Réponse  à   un   ordre   de   la   Chambre  des   communes,    en   date   du   8   février   1909. — Etat 

faisant  connaître  les  saisies  opérées  par  le  ministère  du  Revenu  de  l'Intérieur, 
c.uvbht  le  cours  des  cinq  dernières  années,  1904  à  1908,  comme  suit:  nombre  de  saisies; 
dates  des  saisies;  par  qui  exécutées;  ce  qui  a  été  saisi;  la  somme  réalisée  à  la  vente 
qui  a  suivi  la  saisie;  si  la  vente  a  été  faite  à  l'enchère  publique  ou  de  gré  à  gré. 
Présentée  le  18  février  1909. — M.  Barr Pas  imprimée. 

78a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  10  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  saisies  opérées  par  le  ministère  des  Douanes  durant  le  cours 
des  cinq  années  de  la  période  1904-1908,  savoir:  le  nombre  de  saisies,  la  date  des  saisies; 
qui  a  opéré  les  saisies;  les  matières  saisies;  chez  qui  la  saisie  a  été  opérée;  la  somme 
réalisée  par  la  vente  des  matières  saisies;  si  les  effets  saisis  ont  été  vendus  à  l'enchère 
publique  ou  de  gré  à  gré.    Présentée  le  11  mars  1909. — M.  Barr.f Pas  imprimée. 

79.  Relevé  des  remises  d'intérêt  faites  en  vertu  du  paragraphe  2  de  l'article  88  de  la  Loi  des 

sauvages,  chapitre  81  des  Statuts  Revisés  du  Canada,  pour  l'exercice  expiré  le  31  mars 
1908.    Présenté  le  18  février  1909,  par  l'hon.  F.  Oliver Pas  imprimé. 

80.  Réponse  à  un   ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  3  février   1909. — Etat 

faisant  connaître  combien  de  commis  sessionnels  et  combien  de  messagers  sessionnels 
ont  été  nommés  à  la  Chambre  des  communes  depuis  1880;  quels  sont  leurs  noms  et 
quelle  est  la  date  de  leurs  nominations;  s'ils  ont -été  nommés  par  la  Commission  de 
l'économie  interne  ou  autrement;  combien  de  commis  sessionnels  et  combien  de  messa- 
gers sessionnels  ont  été  destitués  à  la  Chambre  des  communes  depuis  1880;  quels  sont 
leurs  noms  et  quelle  est  la  date  de  leur  destination;  s'ils  ont  été  destitués  par  la  Com- 
mission de  l'économie  interne  ou  autrement.    Présentée  le  19  février  1909.— M.  Paquet. 

Pas  imprimée. 
20 


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VOLUME  17— Suite. 

81.  Copie  d'un  décret  du  conseil,  du  15  février  1909,  touchant  le  deuxième  rapport  conjoint 

de  la  Commission  chargée  de  déterminer  le  méridien  du  141e  degré  de  longitude  ouest 
(frontière  de  l'Alaska),  et  nommée  en  vertu  du  premier  article  de  la  convention  entre 
la  Grande-Bretagne  et  les  Etats-Unis,  signée  à  Washington  le  21  avril  1906  ;  —aussi 
copie  du  dit  rapport.    Présentée  le  22  février  1909,  par  Thon.  F.  Oliver.  .Pas  imprimée. 

82.  Réponse  à  un  ordre  de   la  Chambre  des   communes,   en   date  du   3  février   1909. — Etat 

faisant  connaître  quelles  mesures  ont  été  prises  par  le  gouvernement  pour  empêcher 
l'introduction  des  aphtes  contagieuses  des  Etats-Unis  en  Canada;  quels  employés  offi- 
ciels ont  été  spécialement  nommés  à  cette  fin,  à  quelles  dates,  quelle  est  la  durée  de  leur 
service  et  quel  est  le  montant  payé  à  chacun  à  titre  de  salaire  ou  de  dépense;  si  tout 
danger  de  contagion  est  passé,  et  si  l'embargo  sur  les  animaux  vivants  venant  des 
Etats-Unis  a  été  levé.    Présentée  le  22  février  1909.— M.  ùn'arpe  (Ontario). Pas  imprimée. 

82a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du* 8  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  quels  états  des  Etats-Unis  ont  été  mis  en  quarantaine,  en  vertu  d'un 
décret  du  conseil,  à  raison  des  aphtes  contagieuses  qui  existent  dans  ces  états  ;  combien 
d'inspecteurs  ont  été  nommés  par  le  gouvernement  pour  empêcher  l'importation  des 
bestiaux  de  ces  états  en  Canada;  à  quels  points  sont  stationnés  ces  inspecteurs;  quels 
émoluments  reçoivent  ces  inspecteurs.  Présentée  le  22  février  1909. — M.  Chisholm 
(Huron) Pas  imprimée. 

83.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre   des   communes,   en  date  du   10  février   1909. — Etat 

indiquant  les  quantités  de  poisson  blanc,  de  doré  et  d'esturgeon  prises,  respectivement, 
en  été  et  en  hiver,  et  leur  valeur,  qui  ont  été  exportées  de  ports  du  Manitoba  aux 
Etats-Unis  pendant  les  années  de  novembre  1893  à  novembre  1908.  Présentée  le  23 
février  1909.— M.  Bradbury Pas  imprimée. 

84.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  •  en  date  du  8  février  1909.— Relevé 

détaillé  de  tous  deniers  reçus  par  le  gouvernement  fédéral  pour  la  vente  de  terres, 
forêts,  mines,  pêcheries  et  autres  ressources  naturelles  dans  la  province  d'Alberta 
le  dernier  exercice.    Présentée  le  23  février  1909.— M.  MacCarthy Pas  imprimée. 

85.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909.— Etat  indi- 

quant de  quelles  personnes  ont  été  achetées  les  machines  à  travailler  le  bois  destinées 
aux  ateliers  de  FIntercolonial,  à  Moncton,  ou  ailleurs,  depuis  le  1er  janvier  1908;  le 
nombre  acheté  de  chaque  personne  ;  le  prix  ;  de  quelles  personnes  ont  été  achetées 
les  machines  à  travailler  le  fer  destinées  aux  ateliers  de  FIntercolonial,  à  Moncton  ou 
ailleurs,  depuis  le  1er  janvier  1908,  et  le  nombre  acheté  de  chaque  personne;  le  prix; 
les  dates  (a)  de  l'achat,  et  (b)  de  la  livraison.    Présentée  le  23  février  1909.— M.  Clare. 

Pas  imprimée. 

85a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909; — Etat 
faisant  connaître  si  on  a  réglé  ou  payé,  entre  1er  juin  et  le  31  décembre  1908,  les 
réclamations  faites  par  quelque  personne,  ou  des  personnes,  dans  la  Nouvelle-Ecosse, 
contre  le  gouvernement  à  la  suite  de  dommages  personnels  ou  de  pertes  d'animaux,  ou 
de  dommages  à  la  propriété,  causé  par  le  chemin  de  fer  Intercolonial;  les  noms  et  les 
adresses  des  réclamants;  la  nature  de  leurs  réclamations,  et  celle  du  règlement  de 
telles  réclamations;  et  la  date  du  règlement  en  chaque  cas.    Présentée  le  26  mars  1909. 

— M.  Rhodes < Pas  imprimée. 

86.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  février  1909— Copie 

de  tous  décrets  du  conseil,  règlements,  rapports,  correspondance,  documents  et  papiers 
se  rapportant   au   divers  traités   du   11   avril    1908   entre   Sa  Majesté   et  les   Etats-Unis 

21 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

d'Amérique,  ou  à  toute  action,  procédure,  nomination,  rapport  ou  autre  matière  prise 
ou  faite  ou  entreprise  en  vertu  des  dits  traités  ou  d'aucuns  d'eux  ou  conformément  à 
ces  traités.    Présentée  le  25  février  1909.— M.  Borden  (Halifax) Pas  imprimée. 

87.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  février  1909.— Copie 

d'un  rapport  de  Thomas  Costello,  officier  spécial  douanier,  sur  la  question  de  l'indus- 
trie des  lainages  dans  la  Grande-Bretagne.    Présentée  le  26  février  1909.— M.  Pater  son. 
Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

88.  Copie  de  la  convention  spéciale  pour  la  soumission  à  des  arbitres  des  question  relatives 

aux  pêcheries  sur  la  côte  nord  de  l'Atlantique,  en  vertu  du  traité  général  d'arbitrage 
conclu  entre  les  Etats-Unis  et  la  Grande-Bretagne  le  4  avril  1908.  Présentée  le  26 
janvier  1909,  par  Thon.  A.  B.  Aylesworth Pas  imprimée. 

89.  Réponse  à   un   ordre  ae  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  22  février   1909.— Etat 

indiquant  combien  de  têtes  de  bétail  se  trouvent  actuellement  dans  les  diverses  fermes 
expérimentales,  et  quelles  sont  les  diverses  espèces  d'animaux;  quelle  est  la  valeur 
estimative  de  chaque  espèce;  à  quoi  servent  ces  animaux;  combien  d'acres  chaqu? 
ferme  comprend;  combien  d'acres  sont  en  culture  sur  chaque  ferme.  Présentée  le  26 
février  1909. — M.  Staples Pas  imprimée. 

90.  Déclaration    de    principes-conférence    pour    la    conservation    des    richesses   naturelles    de 

l'Amérique  du  Nord.     Présentée  le  26  février  1909,  par  F  lion.  S.  A.  Fisher. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

91.  Etat  des  assurances  payées  sur  la  route  du  Saint- Laurent  pour  les   marchandises,   les 

provisions  et  les  grains,  de  1900  à  1907,  tous  deux  inclus.  Présenté  (au  Sénat)  le  28 
janvier  1909,  par  Fhon.  sir  Richard  Cartwright Pas  imprimé. 

92.  Etat  des  affaires  de  la  compagnie  de  prêt  et  de  placement  Britannique-Canadienne   (à 

responsabilité  limitée),  pour  l'année  terminée  le  31  décembre  1908.  Aussi,  une  liste 
des  actionnaires,  pendant  la  même  année,  en  conformité  de  la  Loi  des  compagnies  de 
prêt.     Présenté  (au  Sénat)  le  25  février  1909,  par  Fhon.  Président Pas  imprimé. 

93.  Copie  du  rapport  sur  les  progrès  faits  dans  les  études  du  chemin  de  fer  de  la  Baie- 

d'Hudson,  du  1er  février  1909.    Présentée  le  4  mars  1909.— Hon.  G.  P.  Graham. 

Pas  imprimée. 

93a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  toutes  les  explorations  faites  jusqu'à  ce  jour  en  rapport  avec  le 
chemin  de  fer  de  la  Baie-d'ITudson  projeté.     Présentée  le  8  mars  1909. — M.  Meighen. 

Pas  imprimée. 

94.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909.— Copie 

de  toute  correspondance  et  de  tous  papiers  et  rapports  d'ingénieurs  ou  autres  concer- 
nant l'autorisation  et  la  construction  d'un  canal  entre  le  lac  Simcoe  et  Newmarket,  y 
compris  tous  contrats  passés,  le  montant  d'argent  payé  jusqu'à  présent,  et  le  coût  esti- 
matif des  travaux  lorsque  terminés,  ainsi  que  les  plans  donnant  la  dimension  du 
canal,  et  les  raisons  commerciales  à  l'appui  de  la  construction  de  ces  travaux.  Pré- 
sentée le  4  mars  1909.— M.  Foster Pas  imprimée. 

94a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909.— Etat 
donnant  les  noms  de  ceux  qui  ont  été  chargés  d'évaluer  les  terres  pour  le  droit  de 
passage  relativement  au  canal,  depuis  la  rivière  Holland  jusqu'à  Newmarket,  et 
indiquant  s'ils  avaient  à  remplir  d'autres  fonctions  que  celle  de  l'évaluation  des 
terres;   la   rémunération   accordée   à   chacun   de   ces   évaluateurs;   pendant  combien   de 

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8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

temps  ils  ont  été  employés,  et  à  quelles  conditions;  quelles  propriétés  ils  ont  évaluées; 
quelle  a  été  l'évaluation  en  chaque  cas;  quelle  était  la  superficie  de  chaque  propriété; 
en  combien  de  cas  cette  évaluation  a  été  acceptée  par  les  propriétaires,  avec  mention 
des  noms  de  ces  derniers;  en  combien  de  cad,  cette  évaluation  a  été  rejetée  définitive- 
ment par  les  propriétaires,  avec  mention  des  noms  de  ces  derniers;  en  combien  de  cas 
on  a  procédé  par  voie  d'expropriation,  et  quel  a  été  l'écart  de  chiffre  comparé  avec 
ceux  des  évaluateurs.  Aussi,  indiquant  si  on  a  acquis  le  titre  de  toutes  les  propriétés. 
Présentée  le  31  mars  1909.— M.  Lennox Pas  imprimée. 

95.  Réponse  à  un   ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en   date  du  8  février   1909.— Etat 

donnant  toutes  les  listes  d'électeurs  telles  que  préparées  par  les  énumérateurs  et 
complétées  par  les  sous-ofïiciers-rapporteurs  des  différentes  subdivisions  de  votation 
dans  le  district  électoral  de  Calgary,  dans  la  province  d'Alberta,  et  qui  ont  servi  à  la 
dernière  élection  générale  pour  la  Chambre  des  communes.  Présentée  le  4  mars  1909. — 
M.  McCarthy Ps  imprimée. 

95a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  noms  du  sous-officiers-rapporteur,  du  greffier  du  scrutin,  du  scru- 
tateur ou  agent,  ou  de  toute  autre  personne  qui  a  rempli,  respectivement,  l'une  de  ces 
fonctions,  dans  les  différents  bureaux  de  votation  dans  le  district  électoral  de  Calgary 
lors  de  la  dernière  élection  générale  pour  la  Chambre  des  communes.  Présentée  le  4 
mars  1909. — M.  McCarthy Pas  imprimée. 

95b.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  mars  1909.— Etat 
faisant  connaître,  en  ce  qui  regarde  l'élection  à  la  Chambre  des  communes  qui  a  eu 
lieu  dans  le  comté  de  Montcalm,  le  26  octobre  1908,  et  pour  chaque  bureau  de  votation  : 
(a)  le  nombre  total  de  votes  donnés  en  faveur  de  chaque  candidat;  (b)  le  nombre  total 
de  bons  bulletins;  (c)  le  nombre  de  bulletins  rejetés;  (d)  le  nombre  de  bulletins  gâtés; 
(e)  le  nombre  de  votants  inscrits  sur  les  listes;  (/)  le  nombre  de  bulletins  entre  les 
mains  du  sous-officier-rapporteur  à  l'heure  voulue  pour  le  commencement  de  la  vota- 
tion; (g)  le  nombre  de  bulletins  non  utilisés,  restés  entre  les  mains  du  sous-officier- 
rapporteur  à  la  clôture  de  la  votation;  (h)  le  nom  et  l'adresse  de  l'officier-rapporteur, 
des  sous-officiers-rapporteurs  et  des  greffiers  du  scrutin;  (i)  copie  de  toute  la  corres- 
pondance échangée  entre  le  gouvernement,  ou  l'un  de  ses  fonctionnaires,  et  l'officier- 
rapporteur,  ou  l'un  quelconque  des  sous-officiers-rapporteurs  ou  greffiers  du  scrutin, 
ou  un  candidat,  en  rapport  avec  cette  élection.    Présentée  le  22  mars  1909. — M.  Ames. 

Pas  imprimée. 

95b.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909. — Copie 
de  toutes  listes  de  votants  telles  que  préparées  par  les  énumérateurs,  et  complétées  par 
les  sous-officiers-rapporteurs  pour  les  différents  arrondissements  de  votation  dans  le 
district  électoral  de  Qu'Appelle,  et  qui  ont  servi  à  la  dernière  élection  générale  pour 
les  Communes;  aussi,  état  faisant  connaître  les  limites  des  dits  arrondissements  de 
votation,  ainsi  que  les  noms  des  énumérateurs,  sous-officiers-rapporteurs,  greffier  du 
scrutin,  et  agents  des  candidats  qui  ont  agi  dans  chaque  bureau  de  votation.  Présentée 
le  22  mars  1909. — M.  Lake Pas  imprimée. 

96.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  11  février  1909. — Copie 

du  rapport  de  Charles  Olin  au  ministère  de  l'Intérieur,  relativement  à  son  voyage 
en  Suède,  pour  le  compte  de  ce  ministère  en  1907-1908;  aussi,  copie  de  toute  la  corres- 
pondance concernant  le  choix  que  l'on  a  fait  de  lui  pour  le  dit  voyage,  ou  qui  se 
rapporte  au  dit  voyage  en  quelque  manière  que  ce  soit.  Présentée  le  4  mars  1909. — 
M.  Goodeve Pas  imprimée. 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

97.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,   en  date  du  8  février  1909.— Copie 

de  toutes  demandes  reçues  pour  le  transfert  de  lots  de  villas  dans  la  section  14,  town- 
ship  24,  rang  1,  à  l'ouest  du  5e  méridien,  et  de  toute  correspondance  à  ce  sujet  depuis 
le  10  juin  1908.    Présentée  le  4  mars  1909. — M.  McCarthy Pas  imprimée. 

98.  Réponse   à  un  ordre  dv   la  Chambre  des   communes,   en   date  du  1er   mars   1909. — Etat 

faisant  connaître  quel  a  été,  en  moyenne  le  nombre  d'hommes  employés,  en  quelque 
manière  que  ce  soit,  pour  le  service,  le  maintient  et  les  réparations  du  canal  de 
Carillon  et  Grenville,  durant  chacun  des  mois  suivants;  juillet  et  août  1906  et  1908; 
septembre  et  octobre  1907  et  1908;  quel  est  le  total  de  la  somme  déboursée  pour  gages 
et  salaires,  ainsi  que  la  dépense  totale  de  quelque  nature  que  ce  soit,  relativement  au 
dit  canal,   durant  chacun  de  ces  mois.     Présentée  le  4   mars  1909. — M.  Perley. 

Pas  imprimée. 

99.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  février  1909.— Copie 

des  décrets  du  conseil,  correspondance,  lettres,  dépêches,  mémoires,  communications, 
entre  le  gouvernement  impérial  et  le  gouvernement  canadien  touchant  l'organisation 
d'un  état-major  impérial.     Présentée  le  5  mars  1909.— M.   Talbot. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

ÎOO.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909.— Copie 
de  toute  la  correspondance  échangée  entre  le  département  de  l'arpenteur  général  ou  le 
département  des  Affaires  des  sauvages  et  feu  l'arpenteur  fédéral  Vaughn,  contenant 
les  instructions  concernant  l'arpentage  de  la  paroisse  de  Saint-Pierre,  de  Saint-Clément 
et  de  la  réserve  des  sauvages  de  Saint-Pierre,  ainsi  que  la  correspondance  de  M.  Vaughn, 
etc.;  copie  de  toute  la  correspondance  échangée  entre  le  ministère  de  l'Intérieur  et 
M.  H.  M.  Howell,  commissaire  chargé  de  s'enquérir  des  réclamations  des  sauvages  sur 
la  dite  réserve;  copie  du  rapport  de  M.  Rothwell,  greffier  en  loi  du  ministère  de 
l'Intérieur  sur  les  réclamations  concernant  les  terres  de  la  réserve  Saint-Pierre;  copie 
détaillée  du  compte  do  Fred.  Head  pour  services  rendus  pendant  l'enquête,  et  copie 
des  instructions  qui  lui  ont  été  données  par  le  ministère  de  l'Intérieur  et  des 
Affaires  des  sauvages.    Présentée  le  5  mars  1909. — M.  Bradbury Pas  imprimée. 

10O«.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  février  1909.— Copie 
du  traité  négocié  entre  les  sauvages  de  la  réserve  Saint-Pierre  et  le  gouvernement; 
et  de  toute  la  correspondance,  les  papiers,  les  instructions  et  les  documents  qui  se 
rapportent  à  ce  traité.  "Présentée  le  11  mars  1909. — M.  Bradbury Pas  imprimée. 

100b.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  le  nombre  et  les  noms  de  toutes  les  personnes  qui  avaient  droit  de 
recevoir  et  qui  ont  reçu  des  lettres  patentes  en  vertu  du  traité  négocié  par  M.  H.  M. 
Howell  pour  la  rétrocession  de  la  réserve  de  Saint-Pierre,  dans  le  Manitoba.  Présentée 
le  12  mars  1909. — M.  Bradbury Pas  imprimée. 

100c.  Réponse  supplémentaire  au  n°  100.    Présentée  le  5  avril  1909 Pas  imprimée. 

lOOd.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909.— Copie 
de  toutes  lettres,  papiers  et  correspondance  concernant  le  compte  de  H.  M.  Howell, 
au  sujet  de  l'abandon  de  la  réserve  Saint-Pierre,  et  aussi,  relevé  détaillé  de  ce  compte. 
Présentée  le  27  avril  1909.— M.  Smythe Pas  imprimée. 

lOOe.  Réponse  supplémentaire  au  n°  100.    Présentée  le  19  mai  1909 Pas  imprimée. 

101.  Convention  complémentaire,  concernant  les  relations  commerciales  entre  la  France 
et  le  Canada  conclue  à  Paris  le  23  janvier  1909,  entre  Sa  Majesté  et  le  Président  de  la 

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8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

République  française.    Présentée  le  8  mars  1909,  par  Thon.  W.  S.  Fielding. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

102.  Correspondance  concernant  la  convention  complémentaire  de  commerce  entre  le 
Canada  et  la  France.     Présentée  le  19  mars  1909,  par  Thon.  W.  S.  Fielding. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

103.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  février  1909. — Copie 
de  toute  preuve  et  de  tous  rapports,  correspondance,  et  communications  écrites  échan- 
gées entre  le  département  ou  ses  fonctionnaires  ou  agents  et  le  gouvernement  du 
Manitoba  ou  le  procureur  général  ou  autres  fonctionnaires  ou  agents  de  cette  province 
au  sujet  de  la  qualité  d'huile  de  charbon  vendue  dans  le  Manitoba  et  des  accidents 
qui  y  ont  été  causés  par  l'huile  de  charbon  vendue  dans  le  Manitoba  et  des  accidents 
tachent  aux  enquêtes  faites  récemment  sur  les  causes  des  dits  accidents.  Présentée  le 
8  mars  1909. — M.  Schaffner Pas  imprimée. 

104.  Copie  des  câblegrammes  échangés  entre  Son  Excellence  le  Gouverneur  général  et 
l'honorable  secrétaire  d'Etat  pour  les  colonies  au  sujet  du  traité  relatif  à  la  délimi- 
tation des  eaux  internationales.    Présentée  le  8  mars  1909,  par  sir  Wilfrid  Laurier. 

Pas  imprimée. 

104a.  Traité  international  relatif  aux  eaux  limitrophes,  signé  à  Washington  le  11  janvier 
1909;  (2)  annexe  par  le  Sénat  des  Etats-Unis.  Présenté  le  15  mars  1909,  par  l'hon. 
W.  S.  Fielding Pas  imprimé. 

105.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909.— Etat 
indiquant  le  nombre  et  le  montant  des  emprunts  temporaires  faits  par  le  gouverne- 
ment depuis  le  1er  juillet  1896,  la  banque  ou  corporation  qui  a  fait  le  prêt  les  condi- 
tions  et  le  coût  de  chaque   emprunt.     Présentée  le  9   mars   1909. — M.  Foster. 

Pas  imprimée. 

105a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909. — Etat 
indiquant  le  montant  et  les  conditions  de  chaque  emprunt  permanent  fait  par  le  gou- 
vernement depuis  le  1er  juillet  1896,  la  banque  ou  la  corporation  qui  a  servi  d'intermé- 
diaire; le  coût  de  chacun  pour  (a)  courtage  et  commission;  (b)  timbres;  (c)  services 
légaux  ou  autres,  et  (d)  escomptes,  le  résultat  net  de  chaque  emprunt  et  le  percentage 
d'intérêt  sur  chacun.    Présentée  le  24  mars  1909. — M.  Foster Pas  imprimée. 

105b.  Réponse  supplémentaire  au  n°  105a.    Présentée  le  31  mars  1909 Pas  imprimée. 

105c.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909.— Etat 
faisant  connaître  quelles  dépenses  ont  été  encourues  à  titre  de  (a)  commissions  de 
banque;  (b)  agence  financière;  (c)  courtage,  et  (d)  annonces  par  le  gouvernement  au 
sujet  de  chacun  des  emprunts  suivants,  et  à  qui  ces  différentes  sommes  ont  été 
payées,  savoir: 

£  s.  d. 

1874— Emprunt  prolongé  jusqu'en  1911,  4  p.  100 1,753,830    4  10 

1875-8— Emprunt   garanti    pour   travaux   publics,   4   p.    100..     3,200,000    0    0 

1884— Emprunt,  3£  p.  100 5,000,000    0    0 

1885— Emprunt  canadien,   réduit,   4   p.   100 6,443,136    2    9 

1888— Emprunt  C.C.P.,  garanti  des  terres,  3|  p.  100 3,093,700    0    0 

1908-12— Emprunt,  4  p.  100 1,379,600    0    0 

1908— Emission  de  février,  3è  p.  100 3,000,000    0    0 

1908— Emprunt,  3|  p.  100 5,000,000    0    0 

1908— Emission  d'octobre,  3£  p.  100 5,000,000    0    0 

1909— Emprunt,  3|  p.  100 6,000,000    0    0 

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8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

Payable  en  Canada — 

1883— Emprunt  réduit,  port  à  3*  p.  100 $1,425,800  00 

Fonds  fédéral— 

A,  réduit  en  1897,  3*  p.  100 58,899  00 

B,  réduit  en  1897,  3*  p.  100 325,900  00 

C,  réduit  en  1897,  3£  p.  100 49,066  34 

E,  prolongé,  de  10  ans,  à  compter  du  1er  juillet  1906,  3?  p.  100.  2,500,000  00 

Fonds  fédéral,  émission  de  1891,  3£  p.  100 404,200  00 

3.  $5,000,000,  un  mois,  banque  de  Montréal,  Ottawa,  2  mars  1909;  4  p.  100.    Présentée  le 
6  avril  1909.— M.  Sharpe  (Ontario) Pas  imprimée. 

105J.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909. — Etat 
faisant  connaître,  relativement  au  fonds  d'amortissement  en  rapport  avec  chaque 
emprunt  non  soldé,  formant,  à  la  date  du  31  mars  1908,  partie  de  la  dette  publique 
consolidée:  (a)  durée  de  l'emprunt;  (b)  pourcentage  de  Famortissement ;  (c)  la  somme 
mise  de  côté  chaque  année  (y  compris  les  intérêts  placés  de  nouveau)  ;  (d)  la  somme 
totale  au  crédit  du  fonds  d'amortissement  de  cet  emprunt  particulier,  au  31  mars  1908; 
(e)  la  somme  totale  que  Ton  peut  espérer  être  inscrite  au  crédit  du  fonds  d'amortisse- 
ment à  la  date  de  l'échéance  de  l'emprunt  (et  si  le  fonds  d'amortissement  doit  se 
prolonger  jusqu'à  l'échéance  finale;  (/)  le  percentage  proportionnel  entre  le  fonds 
d'amortissement  servi,  et  ses  accroîts,  et  le  chiffre  nominal  de  l'emprunt  à  la  date  de 
l'échéance.    Présentée  le  6  avril  1909.—  M.  Ames Pas  imprimée. 

105c.  Réponse  supplémentaire  au  n°  105c.    Présentée  le  19  avril  1909 Pas  imprimée. 

105/.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  février  1909.— Copie 
de  tous  les  décrets  du  conseil,  correspondance  et  documents,  y  compris  les  prospectus, 
au  sujet  des  emprunts  négociés  par  le  ministre  des  Finances  du  1er  janvier  1907 
jusqu'à  ce  jour.    Présentée  le  19  avril  1909.— M.  Foster Pas  imprimée. 

105g.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909. — Etat 
indiquant  en  détail  les  obligations  casuelles  ou  nominales  du  gouvernement  du  Canada 
au  1er  janvierl909,  c'est-à-dire  relevé  de  tous  montants  qui  pourraient  être  exigibles,  tel 
que  subventions  de  chemins  de  fer  à  échoir,  emprunts  garantis  par  le  gouvernement, 
déficits  dont  le  paiement  pourrait  être  demandée,  etc.  Présentée  le  1  9avril  1909.— M. 
Ames Pas  imprimée. 

106.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  quelle  est  la  superficie  approximative  des  terres  houillères  et  boi- 
sées, respectivement,  dans  chacune  des  provinces  de  la  Saskatchewan  et  de  l'Alberta: 
(a)  possédées  par  des  particuliers  ou  par  des  compagnies,  et  louées  par  le  gouverne- 
ment à  des  particuliers  ou  à  des  compagnies;  quelle  est  dans  chaque  province  l'éten- 
due approximative  des  terres  sur  lesquelles  se  font  des  opérations  minières  ou  fores- 
tières; quel  est  le  montant  approximatif  des  recettes  perçues  par  le  gouvernement 
entre  le  1er  janvier  1906  et  le  31  décembre  1908  à  compte:  (a)  de  paiements  pour  terres 
houillères;  (b)  droits  régaliens  sur  le  charbon;  (c)  boni  et  loyers  de  terres  boisées; 
(d)  droits  de  coupe;  (e)  terres  à  foin;  (/)  pâturages;  (g)  superficie  d'irrigation  dans 
chacune  des  dites  provinces.    Présentée  le  11  mars  1909. — M.  Lake Pas  imprimée. 

106a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  de  combien  d'acres  on  a  actuellement  disposé  dans  le  Manitoba,  la 
6ées,  respectivement,  dans  chacune  des  provinces  de  la  Saskatchewan  et  d'Alberta: 
et  préemptions;  concessions  aux  chemins  de  fer;  terres  de  la  Baie-d'Hudson ;  concessions 
à  d'autres  corporations  ou  personnes;  terres  de  rebut,  de  marécages  ou  de  montagnes, 

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£-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

impropres  à  la  culture;  superficies  couvertes  par  les  lacs,  y  compris  les  lacs  Winnipeg, 
Winnipegosis,  Manitoba,  Big-Quill,  Little-Quill,  Birch  ou  Beaver;  quelle  est,  en  milles 
carrés,  la  superficie  de  chacune  des  provinces  plus  haut  mentionnées.  Présentée  le  11 
mars  1909.— M.  Hughes Pas  imprimée. 

106b.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909.— Copie 
de  toutes  demandes,  annonces,  soumissions,  baux,  correspondance  et  papiers  de  toute 
nature  concernant  les  concessions  forestières  numéros  1316,  1317,  1318,  1330  à  1336  inclu- 
sivement, et  1360  à  1365  inclusivement.     Présentée  le  30  mars  1909.— M.  Bradbury. 

Pas  imprimée. 

106c.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909. — Copie 
de  toute  correspondance,  communications  écrites  et  documents  adressés  au  ministre 
de  FIntérieur  ou  à  quelque  officier  du  ministère  et  des  réponses  faites  par  le 
ministre  ou  par  quelque  officier  du  ministère  depuis  le  1er  janvier  1905,  concernant 
le  transfert  de  certaines  terres  marécageuses  dans  FEtang-des-Grandes-Herbes,  dans  la 
province  du  Manitoba,  à  Sa  Majesté  le  Roi  Edouard  VII  pour  les  fins  de  la  dite  pro- 
vince.   Présentée  le  30  mars  1909. — M.  Molloy Pas  imprimée. 

106d.  Réponse  supplémentaire  à  an  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars 
1909. — Etat  faisant  connaître,  quant  aux  permis  accordés,  depuis  le  30  juin  1896,  pour 
coupe  de  bois  sur  les  terres  fédérales  dans  la  Colombie-Britannique,  les  noms  et  adresses 
des  concessionnaires,  la  date,  la  durée  et  la  superficie  de  chaque  permis,  et  les  bonis 
reçus.     Présentée  le  5  avril  1909. — M.  Taylor  (New  Westminster) Pas  imprimée. 

106e.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909. — Copie  de 
toute  correspondance,  rapports,  papiers  et  communications  dans  le  bureau  des  terres 
fédérales  à  Prince-Albert  et  dans  le  ministère  de  FIntérieur,  à  Ottawa,  concernant 
la  demande  de  lettres  patentes  pour  le  %  N.-E.,  section  10,  township  47,  rang  1,  à  Fouest 
du  3e  méridien,  faite  par  A.  A.  Strachan,  et  aussi  concernant  Faccomplissement  des 
prescriptions  relatives  aux  homesteads  par  le  dit  Strachan.  Présentée  le  16  avril  1909. 
— M.  Lake Pas  imprimée. 

107.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  le  montant  total  reçu  par  le  Free  Press  de  Winnipeg,  de  tous  les 
départements  du  gouvernement,  du  1er  juillet  1896  au  1er  janvier  1909,  et  le  montant 
reçu  chaque  année.     Prés'entée  le  11  mars  1909.— M.  Herron Pas  imprimée. 

107a.  Réponse  supplémentaire  au  n°  107.    Présentée  le  26  mars  1909 Pas  imprimée. 

108.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  28  janvier  1909.— Relevé 
approximatif  du  montant  total  de  Fargent  déposé  au  crédit  du  gouvernement,  au  der- 
nier jour  de  chaque  mois  durant  la  période  comprise  entre  le  1er  avril  1907  et  le  31 
décembre  1908.    Présentée  le  11  mars  1909.— M.  Ames Pas  imprimée. 

109.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909.— Etat 
complétant  jusqu'à  date  Fénoncé  qui  se  trouve  à  la  page  15  du  discours  du  budget  de 
1898.    Présentée  le  11  mars  1909  —M.  Ames Pas  imprimée. 

109a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909.— Etat 
indiquant  en  détail  les  obligations  casuelles  ou  nominales  du  gouvernement  du  Canada 
au  1er  janvier  1909, — c'est-à-dire,  relevé  d9  tous  montants  qui  pourraient  être  exigibles, 
tel  que  subventions  de  chemins  de  fer  à  échoir,  emprunts  garantis  par  le  gouvernement, 
déficits   dont   le   paiement  pourrait   être   demandé,    etc.      Présentée   le   11   mars   1909.— 

M.  Ames Pas  imprirmée. 

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8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

110.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909.— Copie 
de  toute  correspondance  échangée  entre  le  ministère  de  la  Justice  et  les  officiers  du 
pénitencier  de  New- Westminster  ou  autres  personnes  quelconques,  au  sujet  de  la  visite 
ou  des  visites  projetées  d'agents  de  police  secrète  à  Bill  Miner  durant  son  incarcéra- 
tion dans  le  dit  pénitencier  ;  aussi,  copie  du  rapport  de  l'inspecteur  des  pénitenciers  après 
son  enquête  sur  les  circonstances  se  rapportant  à  Févasion  de  Miner,  et  de  la  preuve 
sur  laquelle  ce  rapport  est  basé;  aussi,  copie  des  télégrammes  expédiés  du  dit  péni- 
tencier au  ministère  de  la  Justice  ou  à  ses  officiers  concernant  l'évasion  de  Miner,  et 
et  copie  de  ces  télégrammes  tels  que  reçus,  et  les  télégrammes  expédiés  et  reçus  en 
réponse  dans  les  deux  semaines  qui  ont  suivi  cette  évasion.  Présentée  le  12  mars  1909. 
— Af.  Taylor  (New-Westminster) Pas  imprimée. 

111.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  si  le  gouvernement  a  indemnisé  quelques  propriétaires  à  la  suite  de 
dommages  causés  par  la  retenue  des  eaux  dans  la  rivière  Otonabee,  entre  Hastings  et 
Peterborough  ;  et  qui  sont  ceux  qui  ont  été  indemnisés,  et  quelles  sommes  leur  ont 
été  payées.    Présentée  le  15  mars  1909. — M.  Sexsmith Pas  imprimée. 

111a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  si  le  gouvernement  a  indemnisé  quelques  propriétaires  voisins  du  lac 
Stoney  à  cause  de  dommages  causés  par  l'exhaussement  du  niveau  de  l'eau,  et  qui  a 
été  indemnisé,  et  quelles  sommes  ont  été  payées.  Présentée  le  15  mars  1909. — M. 
Sexsmith Pas  imprimée. 

1116.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  février  1909. — Etat 
indiquant  quelles  mesures  ont  été  prises  par  le  gouvernement  pour  abaisser  le  niveau 
des  eaux  des  lacs  Simcoe  et  Couchiching;  quels  montants  ont  été  dépensés  à  cette  fin, 
quelles  sont  les  dates  des  déboursés  et  quelles  personnes  surveillent  ces  travaux;  si  le 
gouvernement  a  l'intention  de  prendre  de  nouvelles  mesures  pour  abaisser  le  niveau 
des  eaux  des  dits  lacs  afin  de  rendre  à  la  culture  les  milliers  d'acres  de  terres  culti- 
vables qui  sont  submergées.     Présentée  le  25  mars  1909. — M.  Sharpe  (Ontario). 

Pas  imprimée. 

112.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars  1909. — Production 
des  soumissions  originales  reçues  en  réponse  aux  annonces  demandant  des  soumissions 
pour  l'érection  de  l'édifice,  au  collège  militaire  Royal  de  Kingston,  destiné  à  l'installa- 
tion d'écuries  attachées  aux  casernes.  Aussi,  copie  des  annonces  et  des  journaux  dans 
lesquels  elles  ont  été  publiées, — les  dits  papiers  ne  devant  pas  faire  partie  des 
archives  de  cette  Chambre,  mais  devant  être  renvoyés  par  le  greffier  au  ministère 
des   Travaux    publics   après   examen.     Présentée   le   15   mars   1909. — M.   Edwards. 

Pas  imprimée. 

112a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars  1909.— Produc- 
tion des  soumissions  originales  reçues  en  réponse  aux  annonces  demandant  dès  sou- 
missions pour  l'érection  de  l'hôpital  vétérinaire  à  Kingston.  Aussi,  copie  des  annonces 
et  des  journaux  dans  lesquels  elles  ont  été  publiées,— les  dits  papiers  ne  devant  pas 
faire  partie  des  archives  de  cette  Chambre,  mais  devant  êttre  renvoyés  par  le  greffier 
au  ministère  des  Travaux  publics  après  examen.  Présentée  le  24  mars  1909.— M. 
Edwards Pas  imprimée. 

113.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  février  1909.— Copie 
de  tous  les  documents,  lettres,  télégrammes  et  communications  se  rapportant  à  la 
plainte  et  à  la  sentence  contre  F.  Macdonald  Jacobs,  de  la  réserve  de  Coughnawaga,  et 
de  l'amende  à  lui  imposée,  à  la  suite  de  la  coupe  de  bois  do  chauffage  sur  le  territoire 

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8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

occupé  par  lui  sur  la  réserve, — et  à  la  remise  des  droits  ou  de  Famende.     Présentée  le 
15  mars  1909.— M.  Boyce Pas  imprimée. 

114.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909.— Copie 
de  toute  correspondance,  lettres,  dépêches,  mémoires,  etc.,  échangés  entre  le  gouverne- 
ment impérial  ou  quelqu'un  de  ces  membres  et  le  Gouverneur  général,  le  gouverne- 
ment fédéral  ou  quelqu'un  de  ses  membres,  touchant  ou  concernant  la  question  de  la 
contribution  du  Canada  au  soutien  de  la  flotte  anglaise,  ou  de  Fachat  de  navires  par 
ce  pays  ou  de  Faide  à  donner  à  la  mère-patrie  pour  lui  permettre  de  conserver  la 
maîtrise  des  mers.    Présentée  le  17  mars  1909.— M".  Worthington Pas  imprimée. 

115.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  février  1909.— Copie 
de  tous  rapports,  mémoires,  documents  et  correspondance  en  la  possession  du  gouver- 
nement au  sujet  de  la  mise  à  la  retraite  ou  de  mesures  à  prendre  pour  la  mise  à  la 
retraite  des  officiers  et  des  équipages  des  steamers  d'hiver  ou  steamers  brise-glace 
possédés  par  le  gouvernement  ou  à  son  service.  Présentée  le  17  mars  1909.— M.  War- 
burton Pas  imprimée. 

116.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909. — Copie 
de  toute  correspondance  entre  J.  H.  Davis  et  le  ministère  de  la  Marine  et  des 
Pêcheries  re  Pêcheries  du  Manitoba  et  celui  de  la  Marine  et  des  Pêcheries; 
aussi  copie  de  toutes  pétitions  et  correspondance  échangées  entre  l'Union  des  pêcheurs 
de  Gimli,  Manitoba,  et  le  dit  ministère.     Présentée  le  17  mars  1909.— M.  Bradbury. 

Pas  imprimée. 

116a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909. — Copie 
de  toute  correspondance  ou  pétitions  reçues  de  F.  W.  Colcleuch,  alors  qu'il  était  ins- 
pecteur des  pêcheries  pour  la  Manitoba,  concernant  les  opérations  de  compagnies  com- 
merciales et  autres.    Présentée  le  29  mars  1909. — M.  Bradbury Pas  imprimée. 

117.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909.— Copie 
de  tous  rapports,  correspondance,  états,  reçus,  pièces  justificatives  et  documents  de 
toute  espèce  concernant  l'octroi  et  le  paiement  de  la  subvention  de  chemin  de  fer 
autorisée  par  le  paragraphe  16,  article  1,  chapitre  40,  6-7  Edouard  VIL  Présentée  le 
17  mars  1909. — M.  Ames Pas  imprimée. 

118.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  mars  1909. — Copie 
de  toute  correspondance,  documents  et  papiers  concernant  la  construction  réelle  ou 
projetée  d'une  ligne  ferrée  depuis  un  point  à  ou  près  Caledonia  jusqu'à  Liverpool, 
n'excédant  pas  29  milles,  tel  que  mentionné  dans  les  Statuts  de  1903,  chapitre  57, 
article  23  (d),  et  de  tous  décrets  du  conseil,  rapports,  contrats,  arrangements  et  autres 
papiers  se  rapportant  à  cette  affaire.    Présentée  le  18  mars  1909. — M.  Borden  (Halifax). 

Pas  imprimée. 

119.  Réponse  à  un  ordre  du  Sénat,  en  date  du  3  mars  1909. — Etat  des  importations  d'oxyde 
d'aluminium  pour  les  années  1903,  1904,  1905,  1906,  1907  et  1908,  avec  la  valeur  de  ces 
importations;  aussi,  un  état  indiquant  les  exportations  d'aluminium,  pour  les  mêmes 
années,  avec  leur  valeur.    Présentée  le  10  mars  1909. — Hon.  M.  Domville.Pas  imprimée. 

120.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  le  nombre  de  demandes  faites  aux  Commissaires  des  chemins  de  fer 
aux  fins  d'obtenir  le  privilège  de  faire  traverser  les  voies  ferrées  par  des  fils  de  télé- 
phones et  de  télégraphes  et  par  des  conduites  d'eau  pendant  la  période  comprise  entre 
le  1er  février  1904  et  le  1er  janvier  1908;  le  nombre  total  de  demandes  accordées  pen- 
dant la  dite  période;  le  nombre  total  de  demandes  refusées;  la  date  de  chaque  demande; 

29 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  190& 


VOLUME  17— Suite. 

la  date  h  laquelle  chaque  demande  a  été  accordée;  le  temps  qui  s'est  écoulé  entre  la 
date  de  la  demande  et  son  approbation;  et  le  temps  qui  doit  s'écouler  avant  que  les 
commissaires  puissent  donner  leur  décision.     Présentée  le  23  mars  1909.— M.  Barr. 

Pas  imprimée. 

121.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  les  différents  détails  compris  dans  la  somme  de  $10,646.93  inscrite 
comme  revenu  provenant  du  pénitencier  de  Kingston,  non  compris  la  vente  de  ficelle 
d'engerbage,  à  la  page  L— 36  du  rapport  de  FAuditeur  général,  avec  mention  de  la 
proportion  de  tel  revenu  provenant  des  ventes  faites  aux  fonctionnaires  du  pénitencier, 
des  noms  de  tels  fonctionnaires  et  des  quantités  et  de  la.  nature  des  articles  achetés 
par  eux.    Présentée  le  23  mars  1909.— M.  Barnard Pas  imprimée. 

122.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  mars  1909.— Copie 
de  tous  papiers  et  correspondance  entre  le  gouvernement  fédéral  et  celui  de  la  Colom- 
bie-Britannique au  sujet  de  la  réduction  des  réserves  sauvages  dans  cette  province, 
proportionnément  à  la  décroissance  de  la  population  sauvage  tel  que  prescrit  par 
décret  du  conseil.    Présentée  le  23  mars  1909.— M.  Barnard Pas  imprimée. 

123.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909.— Copie 
de  toute  correspondance,  rapports  et  papiers  de  toute  nature  se  rapportant  à  la 
demande  de  Francis  Percival  Aylwin,  d'Ottawa,  pour  une  certaine  étendue  de  terrain 
dans  la  province  d'Alberta  pour  fins  d'irrigation  ou  touchant  l'octroi  de  sa  demande. 

Présentée  le  23  mars  1909.— M.  Magrath Pas  imprimée. 

124.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars  1909.— Etat 
faisant  connaître  les  montants  déposés  dans  le  département  d'épargne  du  gouvernement 
les  1er  octobre  1889,  1896,  1897  et  1898,  respectivement;  le  nombre  de  fonctionnaires 
employés  à  l'administration  de  ces  fonds  en  1888,  1890,  1898,  1900  et  1908;  et  le  coût  de 
l'administration  de  ces  fonds  au  cours  des  années  1888,  1890,  1898,  1900  et  1908.  Pré- 
sentée le  23  mars  1909. — M.  Sharpe  (Ontario) Pas  imprimée. 

124a.  Réponse  supplémentaire  au  n°  124.     Présentée  le  5  avril  1909 Pas  imprimée. 

125.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909.— Etat 
indiquant  quelles  opérations  (y  compris  les  dépenses)  ont  été  faites  l'an  dernier  en 
vertu  des  permis  de  pêche  accordés  (a)  à  F.  H.  Markey,  de  Montréal,  pour  le  Grand 
Lac  de  l'Esclave,  la  rivière  Nelson  et  autres  rivières;  (b)  à  J.  K.  McKenzie,  de  Selkirk, 
pour  le  Petit  Lac  de  l'Esclave  et  le  lac  Athabaska;  (c)  à  Archie  McNee,  pour  certaines 
parties  de  la  Baie  de  James;  (d)  à  Coffey  et  Merritt,  pour  le  lac  des  Cèdres;  (e)  à  la 
Capital  City  Packing  Co.,  Ltd.,  et  (/)  à  la  Wm.  Hickey  Co.,  Ltd.  Présentée  le  24  mars 
1909.— M.  Bradbury Pas  imprimée. 

126.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  26  janvier  1909.— Etat 
donnant  les  noms  et  le  lieu  d'enregistrement  des  divers  navires  de  pêche  américains 
saisis  par  les  croiseurs  canadiens  pour  pêche  illégale  dans  les  eaux  du  Canada  depuis 
1900,  les  noms  des  cours  devant  lesquelles  ont  été  instituées  des  poursuites  pour 
amendes  ou  confiscations,  la  manière  dont  les  mandats  ont  été  servis  aux  dits  navires 
de  pêche  étrangers  et  devant  quels  tribunaux  les  causes  ont  été  instruites.  Aussi,  état 
indiquant  les  amendes  imposées  ou  les  produits  réalisés  par  la  vente  et  la  manière 
dont  on  a  disposé  des  amendes  ou  du  produit  dans  la  cause  du  Roi  vs  navire  de  pêche 
américain.    Présentée  le  24  mars  1909.— M.  Macdonell Pas  imprimée. 

127.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambra  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909.— Copies 
de  tous  les  décrets  du  conseil,  rapports,  correspondance,  titres,  actes  de  vente,  règle- 

30 


8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

ments,  conditions  et  autres  documents  se  rapportant  à:  (a)  la  cession  ou  la  vente  à  la 
compagnie  du  chemin  de  fer  du  Grand-Tronc  du  Canada  d'une  partie  du  parc  de  la 
Côte  du  Major,  ainsi  dénommé,  pour  remplacement  d'un  hôtel,  ou  se  rapportant  à  Fusage 
ou  les  fins  pour  lesquels  la  dite  cession  a  été  faite  ou  proposée;  (b)  la  cession  ou  la  vente 
à  la  dite  compagnie,  ou  à  la  Ottawa  Railway  Terminais  Company,  ou  à  quelque  per- 
sonne ou  corporation,  de  tout  terrain  dans  ou  près  la  cité  d'Ottawa  pour  les  fins  de 
la  construction  d'une  gare  à  Ottawa,  ou  au  sujet  de  telle  gare,  ou  pour  d'autres 
fins  de  voeis  ferrées.    Présentée  le  24  mars  1909. — M.  Borden  (Halifax).  .Pas  imprimée. 

128.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars  1909.— Etat 
faisant  connaître  combien  de  bureaux  de  poste  ont  été  transférés  dans  la  province  du 
Manitoba  depuis  le  1er  novembre  1908;  quels  étaient  les  précédents  maîtres  de  poste,  et 
quels  sont  les  présents  titulaires,  et  les  noms  des  bureaux  de  poste;  pour  quelles  raisons 
les  transferts  ont  été  faits.    Présentée  le  24  mars  1909. — M.  Roche Pas  imprimée. 

128a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909.— Copie 
de  toutes  demandes,  correspondance,  rapports,  documents  et  papiers  concernant  l'éta- 
blissement et  l'usage  d'un  bureau  de  poste  à  Hand-Hills,  Alberta.  Présentée  le  13 
avril  1909.— M.  Mayrath Pas  imprimée. 

128b.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909.— Copie 
de  toute  correspondance,  pétitions  et  rapports  adressés  au  gouvernement  ou  au 
ministère  des  Postes,  et  de  toute  correspondance  et  ordres  en  découlant  relatifs  au 
changement  du  nom  du  bureau  de  poste  de'  ft  Weymouth  "  en  celui  de  <s  Weymouth- 
nord  "  et  au  changement  du  nom  du  bureau  de  poste  de  "  Weyinouth-Bridge  "  en  celui 
de  Weymouth".    Présentée  le  19  avril  1909. — M.  Jameson Pas  imprimée. 

129.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  noms  et  domiciles  des  divers  ageents  d'immigration  en  Canada 
qui  sont  chargés  de  placer  les  immigrants  à  leur  arrivée  en  Canada;  le  salaire,  ou 
rémunération,  payé  à  chacun  de  ces  agents  reçoivent  un  salaire  fixe,  ou  un  certain 
montant  pour  chaque  immigrant  qu'ils  ont  placé.  Présentée  le  25  mars  1909. — M. 
Macdonell Pas  imprimé. 

129a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  noms  et  domiciles  des  divers  inspecteurs  d'immigrants  employés 
par  le  gouvernement;  le  salaire  ou  émolument  payé  à  chacun  de  ces  inspecteurs  pen- 
dant l'exercice  1908  et  jusqu'au  1er  février  1909;  le  mode  de  paiement  et  s'ils 
reçoivent  un  salaire  fixe  ou  un  certain  montant  pour  chaque  immigrant.  Présentée  le 
25  mars  1909. — M.  Herron Pas  imprimée. 

1296.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  10  février  1909. — Copie 
de  toute  correspondance,  rapports,  documents  entre  le  ministère  de  l'Intérieur  et 
les  agents  d'immigration  aux  Etats-Unis,  et  entr  le  ministère  de  l'Intérieur  et  les 
sociétés  de  colonisation,  depuis  le  1er  janvier  1908.  Présentée  le  30  mars  1909. — M. 
Paquet Pas  imprimée. 

130.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  mars  1909. — Etat 
indiquant  quelles  sommes  ont  été  payées,  durant  le  cours  des  années  1903-1904,  1905- 
1906  et  1907-1908  par  les  différents  ministères  suivants:  (a)  Marine  et  Pêcheries, 
(b)  Chemins  de  fer  et  des  Canaux,  (c)  Douanes,  (d)  Postes,  (e)  Milice  et  Défense,  et 
(/)  Travaux  publics  aux  personnes,  maisons  et  compagnies  qui  suivent:  The  Willson 
Gas  Buoys  Company,  The  Canadian  Fog  Signal  Company,  James  Murphy,  William  R. 
Blakiston,  James  Holliday,  Allison  Davie,  J.  B.  Côté,  Adolphe  Huot,  Joseph  Samson, 
Samson  et  Filion,  E.  Pelletier,  Napoléon  Thérien,  Sévérin  Martel,  Misaël  Thibodeau, 

31 


S-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

Edouard  Bélanger  et  Cie,  Marier  et  Tremblay,  Terreau  et  Racine,  Rock  City  Tobacco 
Company,  J.  M.  Martineau,  Geo.  Marchand,  Jean  Drolet,  Elie  Amyot,  Charles  A. 
Parent,  A.  N.  Melvin,  W.  G.  Robertson,  Wm.  Robertson  es  Co.,  Howell  &  Co.,  St.  John 
Iron  Works,  Charles  McDonald,  John  A.  Moore,  Wm.  J.  Vroom,  John  A.  McAvity, 
McAvity  Bros.,  George  McAvity,  Patrick  J.  Mooney,  Poison  Bros,  ou  Poison  Iron 
Works,  Merwin  &  Co.,  F.  L.  Brooks  &  Co.,  F.  S.  Brooks,  Safety  Company,  Submarine 
Company,  Wm.  J.  Allen,  M.  Willard.    Présentée  le  25  mars  1909.— M.  Sharpe  (Ontario). 

Pas  imprimée. 

131.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  25  janvier  1909. — Etat 
indiquant,  en  ce  qui  concerne  chaque  établissement  pour  la  réduction  du  chien  de  mer 
construit  par  ou  pour  le  gouvernement  ou  maintenu  en  tout  ou  en  partie  par  le  gou- 
vernement: (a)  le  coût  de  la  construction;  (b)  le  coût  de  l'entretien,  (c)  le  site;  (d)  la 
quantité  de  chien  de  mer  réduite  dans  ces  établissements  chaque  année;  (e)  le  mon- 
tant réalisé  chaque  année  par  la  vente  ou  autre  disposition  des  produits.  Présentée  le 
25  mars  1909. — M.  Borden  (Halifax) ..   .  .Pas  imprimée. 

132.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909. — Etat 
faisant  connaître  la  somme  payée  par  le  gouvernement,  en  y  comprenant  toutes  les 
divisions  du  service,  depuis  le  1er  janvier  1907  jusqu'au  1er  janvier  1909,  à  la  compa- 
gnie d'imprimerie  Logberg,  de  Winnipeg.     Présentée  le  26  mars  1909. — M.  Bradbury. 

Pas  imprimée. 

132a.  Réponse  supplémentaire  au  n°  132.    Présentée  le  6  avril  1909 Pas  imprimée. 

133.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909. — Etat 
indiquant  la  quantité  des  différents  produits  suivants  expédiés  dans  la  Grande-Bretagne 
ou  dans  d'autres  pays,  en  emmagasinage  frigorifique,  ou  dans  des  compartiments  à  air 
réfrigéré,  durant  les  années  1907  et  1908,  savoir:  pommes,  barils  ou  autres  colis:  poires, 
barils  ou  autre  colis;  prunes,  barils  ou  autres  colis;  tomates,  barils  ou  autre  colis; 
raisins,  barils  ou  autres  colis;  viandes,  fraîches,  livres;  volailles,  poisson,  beurre, 
œufs,  fromage;  dans  quels  pays  ils  ont  été  expédiés,  et  en  quelle  condition  ils  se  trou- 
vaient en  arrivant  à  destination;  la  méthode  frigorifique  la  plus  utilisée  sur  les 
vapeurs  qui  transportent  de  tels  produits.     Présentée  le  26  mars  1909. — M.  Sproule. 

Pas  imprimée. 

134.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  10  février  1909.— Copie 
de  toute  correspondance,  télégrammes,  documents,  rapports  et  évaluations  d'officiers  ou 
d'experts,  décrets  du  conseil,  etc.,  en  rapport  avec  l'achat,  le  déplacement  et  la  répara- 
tion de  la  drague  Industry,  et  de  certaines  parties  d'icelles,  y  compris  le  chaland,  les 

chaudières,  et  autres  parties.    Présentée  le  29  mars  1909. — M.  Foster Pas  imprimée. 

135.  Copie  d'une  lettre  envoyée  à  tous  les  fonctionnaires  du  ministère  des  Travaux 
publics,  chargé  d'acheter  des  matériaux  et  des  fournitures,  et  d'en  certifier  les 
comptes,  dans  les  différentes  divisions  relevant  de  l'architecte  en  chef,  de  l'ingénieur 
en  chef  et  du  surintendant  des  lignes  télégraphiques.  Présentée  le  31  mars  1909,  par 
l'hon.  W.  Pugsley Pas  imprimée. . 

136.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  si  la  carabine  Ross,  marques  I  et  II  ou  tout  autre  modèle  de  cara- 
bine Ross  ont  été  employés  pour  l'escouade  canadienne  de  tir  de  Bisley,  l'an  dernier, 
dans  les  concours  de  tir  réguliers;  si  une  carabine  Ross  quelconque  a  été  employée 
dans  les  concours  de  Bisley,  réguliers  ou  non,  par  quelque  membre  de  l'escouade  cana- 
dienne ou  par  quelque  tireur  prenant  part  aux  concours;  le  nom  du  tireur,  et  s'il 
était  à  l'emploi  de  la  compagnie  Ross;  la  nature  de  cette  carabine  et  quoi  elle  diffère 

32 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  11 -Suite. 

des  marques  I  et  II  quant  à  la  longueur  du  canon  et  aux  accessoires  de  précision  tels 
qu'anémomètres,  hausses  à  crans  de  mire  spliériques  ou  annulaires,  niveaux  à  esprit 
de  vin,  etc.  ;  si  cette  carabine  est  faite  pour  le  service  ou  pour  le  tir  à  la  cible,  et  si 
elle  sera  adoptée  par  le  gouvernement  pour  la  milice;  si  cette  carabine  a  été  fabriquée 
en  entier  dans  la  manufacture  Ross  à  Québec.  Présentée  le  1er  avril  1909. — M.  Wor- 
thington Pas  imprimée. 

137.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  10  février  1909.— Copie 
de  toute  correspondance,  papiers,  rapports,  estimations,  décrets  du  conseil,  etc., 
concernant  les  études  et  forages,  ainsi  que  les  demandes  de  soumissions  pour  dragage 
et  creusage  dans  le  port  de  Saint-Jean  et  la  baie  Courtney,  ou  Tune  ou  Fautre  de  ces 
localité,  au  cours  de  Tannée  1908.  Aussi,  copie  des  annonces,  les  noms  des  journaux 
qui  les  ont  publiés,  les  soumissions  reçues  et  les  dates,  les  noms  des  soumissionnaires 
et  le  montant  stipulé  dans  chaque  soumissions  acceptées,  le  dépôt  demandé  et  le  nom  de 
la  banque  où  ce  dépôt  a  été  fait.     Présentée  le  6  avril  1909. — M.  Daniel.  .Pas  imprimée. 

137a.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  10  février  1909. — Copie 
de  toute  correspondance,  papiers,  décrets  du  conseil,  annonces,  soumissions,  contrats, 
etc.,  etc.,  en  rapport  avec  le  dragage  dans  le  havre  de  Saint-Jean,  N.-B.  (mentionnant 
la  superficie  draguée)  exécuté  par  Gershen  B.  Mayes,  la  Dominion  Dredge  Co.,  John 
Moore  ou  autres  personnes,  durant  le  cours  des  années  1904,  1905,  1906,  1907  et  1908;  la 
quantité  de  matières  draguées  en  vertu  de  chaque  contrat  ;  les  sommes  payées  à  chaque 
entrepreneur  ;  la  date  de  chaque  paiements  et  à  qui  fait.  Présentée  le  11  mai  1909. — 
M.  Daniel Pas  imprimée. 

138.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  février  1909. — Etat 
faisant  connaître:  1.  La  somme  totale  dépensée  au  chef  de  travaux  publics  par  ce 
gouvernement  dans  le  comté  de  Bonaventure  avant  les  élections  générales  de  1900. 
2.  La  somme  totale  dépensée  par  le  gouvernement  dans  ce  comté:  (a)pour  travaux 
publics,  et  (b)  pour  venir  en  aide  aux  chemins  de  fer  et  aux  autres  entreprises  depuis 
la  dite  élection  générale,  ainsi  que  la  somme  additionnelle  estimative  requise;  (a) 
pour  compléter  ces  travaux  publics,  et  (b)  pour  faire  face  aux  subventions  ou  octrois 
à  Feffet  d'aider  les  chemins  de  fer  ou  autres  entreprises.  3.  Les  divers  travaux  publics 
entrepris  par  le  gouvernement  dans  ce  comté  entre  l'élection  générale  de  1896  et  celle 
de  1900;  les  dates  auxquelles  ces  différents  travaux  ont  été  entrepris,  s'ils  ont  été 
adjugés  à  la  suite  d'avis  public,  de  soumission,  par  voie  de  contrat  ou  autrement,  et 
les  sommes  respectives  dépensées  pour  ces  travaux  avant  l'élection  de  1900.  4.  Lesquels 
de  ces  différents  travaux  ont  été  complétés,  et  lesquels  d'entre  eux  n'étaient  pas  encore 
terminés  à  la  date  de  l'élection  de  1900.  5.  Les  sommes  respectives  dépensées  pour 
terminer  ou  en  vue  de  terminer  ces  travaux  depuis  l'élection  de  1900,  ainsi  que  les 
dates  de  telles  dépenses.  6.  Les  différents  travaux  publics  entrepris  et  exécutés  par  le 
gouvernement,  dans  le  dit  comté,  depuis  l'élection  générale  de  1900;  les  dates  aux- 
quelles les  dits  différents  travaux  ont  été  inaugurés  ou  commencés;  les  sommes  respec- 
tives dépensées  pour  ces  travaux,  et  la  somme  estimative  requise  pour  compléter  ceux 
de  ces  travaux  qui  ne  sont  pas  encore  terminés;  mentionnant  si  ces  travaux  ont  été 
exécutés  à  la  suite  de  soumissions  et  par  voie  de  contrat  ou  autrement.  7.  Les  sommes 
octroyées  par  le  gouvernement,  à  titre  de  subvention,  aux  chemins  de  fer  et  autres 
entreprises,  dans  le  dit  comté,  depuis  l'élection  générale  de  1900;  les  sommes  payées  en 
vertu  de  ces  octrois,  et  les  sommes  probables  requises  pour  faire  face  aux  paiements 
futurs.  8.  Les  travaux  publics  commencés  et  les  obligations  financières  contractées,  et 
les  deniers  dépensés  pour  travaux  publics  dans  les  limites  de  la  dite  division  de  Bona- 
venture au  cours  du  mois  d'octobre  dernier.     Présentée  le  13  avril  1909. — M.  Lennox. 

Pas  imprimée. 
5655—3 


8-9  Edouard  VÎT.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1900 


VOLUME  17— Suite. 

139.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  mars  1909.— Etat 
faisant  connaître  les  noms  et  domiciles  de  tous  les  métis  vivant  dans  les  Etats-Unis 
qui  ont  reçu  du  scrip  depuis  janvier  1902,  et  les  noms  des  personnes  auxquelles  le  dit 
scrip  a  été  expédié  ou  livré.     Présentée  le  13  avril  1909. — M.  Bradbury.. Pas  imprimée. 

140.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  mars  1909. — Copie 
de  toute  correspondance  et  de  tous  décrets  du  conseil,  papiers  et  documents  concernant 
le  désaveu  ou  la  demande  de  désaveu  d'une  loi  de  la  législature  de  la  province  d'On- 
tario, intitulé:  "An  Act  rcspecting  Cobalt  Lake  and  Kerr  Lake",  chapitre  15  des 
Statuts  de  1907.    Présentée  le  13  avril  1909.— M.  Clarke  (Essex) Pas  imprimée. 

141.  Réponse  à    un   ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  15  février  1909.— Etat 

it  connaître  le  nombre  total  de  milles  de  chemins  de  fer  dont  la  construction  a  été 
autorisée  en  vertu  de  chartes  accordées  par  le  Parlement  fédéral,  durant  la  période 
écoulée  de  1888  à  1908,  inclusivement,  non  compris  les  compagnies  du  Grand-Tronc,  du 
Canadien-Pacifique,  du  Canadian-Northern  et  du  Grand-Tronc-Pacifique.  Abstraction 
faite  des  compagnies  ci-dessus  nommées,  le  nombre  de  milles  effectivement  construits  en 
vertu  des  dites  chartes.  Le  nombre  de  compagnies  ainsi  incorporées.  Combien  d'entre 
elles  ont  réellement  construit  -une  partie  quelconque  des  lignes  ainsi  autorisées.  Le 
nombre  de  ces  chartes  tombées  en  déchéance.  Le  nombre  de  ces  compagnies  à  qui  on  a 
accordé  un  prolongement  de  délai  de  construction.  Le  nombre  de  celles  à  qui  on  a 
accordé  deux  prolongements  de  cette  sorte;  et  le  nombre  de  celles  qui  ont  obtenu  trois 
prolongements  de  cette  natuie,  ou  plus.     Présentée  le  19  avril  1909.— M.  Middlebro. 

Pas  imprimée. 

141a.  Réponse  a  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  17  février  1909. — Liste 
des  chartes  de  chemins  de  fer  accordées  depuis  le  1er  janvier  1900  autres  que  celles  du 
Grand-Tronc,  du  Grand-Tronc-Pacifique,  du  Canadian-Northern,  et  du  Pacifique-Cana- 
dien, et  indiquant  celles  dont  les  pouvoirs  sont  périmés,  la  longueur  de  chacune  des 
lignes  et  embranchements  projetés,  les  dates  des  chartes  et  des  renouvellements,  s'il  en 
est,  la  longueur  totale  en  milles  construite  et  le  capital  social  autorisé,  souscrit  et.  payé. 
Présentée  le  19  avril  1909.— M.  Magrath. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

142.  Réponse  a  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  1er  mars  1909. — Etat 
indiquant  à  quel  travail  le  bureau  de  traduction  des  Communes  est  tenu;  le  nombre 

traducteurs  permanents  employés  dans  cette  branche;  la  totalité  des  salaires 
payés  à  ces  traducteurs;  les  documents,  rapports  et  autres  pièces  qui  ont  été  traduits 
dans  ce  bureau,  dans  les  dernirs  douze  mois, — cet  état  ne  devant  pas  comprendre  les 
pages  déjà  traduites  l'année  précédente  et,  répétées  pour  les  besoins  du  rapport,  ni 
non  plus  les  tableaux  déjà  faits  et  traduits  et  répétés  pour  les  besoins  du  rapport,  ni 
non  plus  les  tableaux  déjà  faits  et  traduits  et  répétés  de  même  pour  compléter  ces  rap- 
ports et  documents  qui  ont  été  traduits  en  dernier  lieu;  la  totalité  des  pages  traduites 
par  les  traducteurs  permanents;  le  nombre  de  personnes  en  dehors  de  ce  bureau  de 
traduction  auxquelles  on  a  également  donné  du  travail  de  traduction;  le  coût  de  ce 
travail  extérieur,  et  le  nombre  de  pages  traduites  de  ce  chef;  si  la  traduction  des 
livres  bleus  et  autres  pièces,  moins  le  Hansard,  est  faite  dans  certains  ministères 
autres  que  le  bureau  de  traduction  des  Communes,  et  quels  sont  ces  ministères. 
Présenté  le  19  avril  1909.— M.  Boyer Pas  imprimée. 

143.  Copie  certifiée  d'un  rapport  du  comité  du  Conseil  privé,  approuvé  par  Son  Excellence 
le  Gouverneur  général  le  19  avril  1909.— Règlements  de  la  Commission  du  service  civil 
touchant  l'admission  et  l'avancement  dans  le  service.  Présentée  le  20  avril  1909,  par 
rhon  C.  Murphy Pas  imprimée. 

34 


8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

144.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  25  janvier  1909. — Etat 
indiquant  toutes  les  salles  d'armes  construites  depuis  juillet  1896,  ainsi  que  le  site,  le 
coût,  la  superficie,  l^s  fonctionnaires  attachés  à  chacune,  la  dépenses  annuelle  de  chaque 
salle  d'armes  répartie  sous  les  chapitres  d'entretien,  réparations,  améliorations,  exten- 
sion et  salaires,  et  le  nombre  de  volontaires  faisant  actuellement  usage  des  dites  salles 
d'armes  et  dans  quelle  mesure,  chaque  année.     Présentée  le  20  avril  1909. — M.  Foster. 

Pas  imprimée. 

145.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909.— Copie 
de  toute  la  .correspondance,  de  tous  les  rapports,  documents,  décrets  du  conseil  en  la 
possession  du  gouvernement  se  rapportant  à  l'établissement  d'une  commission  du 
service  d'explorations  géodésiques  du  Canada.  Présentée  le  20  avril  1909. — M.  Maclean 
(Lunenburg) Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires. 

145a.  Réponse  supplémentaire  au  n°  145.     Présentée  le  27  avril  1909. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires . 

145b.  Deuxième  réponse  supplémentaire  au   n°   145.     Présentée  le  28  avril  1909. 

Imprimée  pour  la  distribution  et  les  documents  parlementaires . 

146.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,,  en  date  du  17  février  1909— Copie 
de  toute  correspondance  concernant  les  améliorations  opérées  dans  la  rivière  Assini- 
boine  près  de  Portage-la-Prairie  en  septembre  et  octobre  1908,  et  de  tous  papiers, 
pièces  justificatives,  ordres,  résolutions,  chèques  retournés,  etc.,  se  rapportant  en 
quelqiie  manière  aux  dits  travaux  et  à  leur  exécution.  Présentée  le  22  avril  1909. — 
M.  Staples Pas  imprimée. 

147.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  25  janvier  1909. — Etat 
faisant  connaître  les  diverses  publications  statistiques  et  renseignements  spéciaux 
fournis  par  les  divers  départements  du  gouvernement,  le  nombre  de  pages  de  chacune, 
le  nombre  et  le  coût  de  chacune  pour  l'année  1908,  le  nombre  de  personnes  employées  à 
leur  préparation  et  le  salaire  de  chaque  personne  ainsi  employée;  le  nombre  d'employés 
spéciaux  chargés  de  travaux  de  gravures  et  de  vignettes  qui  ornent  ces  publications  et 

•  leurs  salaires  et  dépenses  y  compris  le  travail  et  les  appareils;  la  maison  ou  compagnie 
d'imprimerie  qui  ont  imprimé  ces  publications  et  le  montant  payé  dans  chaque  cas 
pour  l'impression  et  la  reliure.  L'état  ci-dessus  ne  devant  pas  inclure  les  rapports 
réguliers  des  départements,  mais  devant  être  fait  de  manière  à  indiquer  le  nom  de 
chaque  publication  statistique  ou  spéciale,  le  nombre  de  chaque  publication  imprimée 
et  le  nombre  de  pages  de  chacune,  ainsi  que  le  nombre  de  fonctionnaires  employés  à  la 
préparation  de  la  publication,  le  coût  total  de  chacune  et  le  coût  total  de  toutes  ces 
publications  pour  l'année  1908.    Présentée  le  22  avril  1909. — M.  Foster Pas  imprimée. 

148.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909. — Copie 
de  toute  correspondance  échangée  entre  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries 
et  toute  personne  ou  toutes  personnes  au  sujet  de  la  résiliation  du  certificat  de  Thomas 
Beddington,  ou  l'enlèvement  de  son  nom  de  la  liste  des  pilotes  licenciés  pour  le  port  de 
Victoria,  C.-B.    Présentée  le  22  avril  1909.— M.  Barnard Pas  imprimée. 

149.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  Communes,  en  date  du  8  février  1909.— Etat 
faisant  connaître  si  on  a  renouvelé,  sans  demande  de  soumissions,  quelques-uns  des 
contrats  pour  le  transport  de  la  malle  qui  doivent  expirer  dans  le  cours  du  mois 
d'avril  1909;  où  sont  situés  les  parcours,  le  prix  du  contrat,  le  nom  du  courrier  et:  le 
lieu  de  sa  résidence.     Présentée  le  27  avril  1909. — M.  Armstrong Pas  imprimée. 

35 


8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


'Wn8—ll  ELMÛIOA 

150.  Copie  d'une  ordonnance  concernant  l'enquête  et  la  décision  relatives  aux  différends 
survenus  au  sujet  des  terrains  miniers  du  Territoire  du  Yukon.  Présentée  (au  Sénat) 
le  5  mai  1909,  par  Thon,  sir  Richard  Cartwright Pas  imprimée. 

151.  Copie  d'une  ordonnance  imposant  une  taxe  sur  l'aie,  le  porter,  la  bière  et  le  lager 
importés  dans  le  Territoire  du  Yukon.  Présentée  (au  Sénat)  le  5  mai  1909,  par  Thon, 
sir  Richard  Cartwright Pas  imprimée. 

152.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  11  février  1909.— Copie 
de  toute  correspondance,  comptes,  rapports  et  autres  papiers  reçus  par  le  ministère 
des  Travaux  publics  de  A.  Edgar  Ilanson,  E.  T.  P.  Shewan  ou  autres  personnes  ou 
personnes  concernant  1  exploration  du  chenal  de  la  rivière  St.  John,  entre  Frédéricton 
et  Woodstock,  et  de  toutes  lettres,  instructions,  etc.,  du  ministère  adressée  à  ce 
sujet  aux   personnes  susmentionnées.     Présentée   le   7   mai   1909.— M.    Crochet. 

Pas  imprimée. 

153.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909. — Copie 
de  tout  décret  du  conseil  édictant  qu'il  serait  fait  des  réparations  sur  différents  quais 
dans  le  comté  de  Soulanges.  Copie  de  toute  correspondance,  rapports,  comptes  et 
listes  de  paie  se  rapportant  à  l'évolution  de  ces  travaux,  le  paiement  d'iceux  et  la 
liste  des  noms  de  tous  ceu  xqui  ont  été  engagés  comme  journaliers  ou  autrement  au 
sujet  de  ces  travaux;  copie  de  toutes  lettres,  rapports,  recommandations  qui  ont 
pu  être  échangés  entre  le  gouvernement  et  toutes  autres  personnes  relativement  au 
choix  des  hommes  à  être  engagés  à  ces  travaux  et  ceux  auxquels  on  devait  refuser  de 
l'emploi;  copie  du  rapport  des  comptes  produits  par  M.  Alfred  Bissonnette,  contre- 
maître au  quai  Saint-Zotique,  et  M.  Trefflé  Poirier,  contremaître  aux  quais  du  canal 
et  du  fleuve  Saint-Laurent,  dans  la  paroisse  des  Cèdres,,  et  de  ceux  de  M.  Isaïe  Lalonde, 
fils  d'Albert,  cultivateur  de  Saint-Zotique;  copie  des  comptes  de  fourniture  de  bois,  fer, 
ciment,  sable  et  pierre  employés  à  la  construction  de  ces  dits  quais,  et  aussi  l'état  des 
matériaux  achetés  comme  susdits,  payés  par  le  ministère,  et  qui  ne  sont  pas  em- 
ployés parce  qu'ils  ont  été  jugés  impropres  à  la  construction  de  ces  quais.  Présentée 
le  11  mai  1909. — M.  Lortie Pas  imprimée. 

154.  Réponse  à  une  adresse  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  février  1909.— Copie 
de  toute  correspondance  et  de  tous  décrets  du  conseil,  papiers  et  autres  documents 
entre  le  gouvernement  ou  quelqu'un  de  ses  membres  et  toute  personne  ou  personnes  se 
rattachant  en  quelque  manière  au  dragage  de  la  rivière  Nation  qui  arrose  les  townships 
de  Mathilda  et  de  Winchester,  dans  le  comté  de  Dundas,  depuis  1904.  Présentée  le  11 
mai  1909.— M.  Broder Pas  imprimée. 

155.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909. — Etat 
faisant  connaître  la  somme  payée  par  le  gouvernement  au  Canada  Posten,  de  Winnipeg, 
durant  le  cours  des  années  1907  et  1908.     Présentée  le  12  mai  1909.— M.  Bradbury. 

Pas  imprimée. 

156.  Agriculture  en  Canada. — Rapport  de  la  Commission  des  agriculteurs  écossais  sur 
l'agriculture  en  Canada,  1908.     Présentée  le  12  mai  1909,  par  l'hon.  F.  Oliver. 

Pas  imprimé. 

157.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909.— Copie 
de  toute  correspondance  et  rapports  concernant  la  Société  de  Colonisation  et  de  Rapa- 
triement   du    Lac    Saint-Jean    depuis   900   jusqu'à    cette   date;   et  a  t   détaillé   des   deniers 

-  à  cette  société,  e!  de  la  manière  donl   ils  ont  été  dépensés  entre  les  mêmes  dates. 

Présentée  le  H  mai  1909.     .1/.  Girard Pas  imprimée. 

36 


8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

158.  Réponse  à  une  adresse  du  Sénat  en  date  dn  19  mars  1909,  demandant  copie  de  la 
correspondance  et  des  documents  de  la  Commission  du  câble  du  Pacifique  relativement 
à  l'exploitation  et  aux  recettes  du  câble  du  Pacifique  et  tous  renseignements  concernant 
un  câble  de  l'Atlantique  possédé  par  l'Etat  et  les  câbles  de  l'empire  en  général.  Pré- 
sentée le  13  mais  1909. — Hon.  M.  Belcourt Pas  imprimée. 

159.  Réponse  à  une  adresse  du  Sénat  en  date  du  29  avril  1909,  demandant  une  copie  de 
toute  la  correspondance  échangée  entre  l'honorable  sir  Frederick  Borden,  ministre  de 
la  Milice  et  de  la  Défense,  M.  Crowe  et  autres,  relativement  à  l'admission  de  Terre- 
Neuve  dans  le  Dominion  comme  province  du  Canada.  Présentée  le  13  mai  1909. — 
Hon.  sir  Mackenzie  Bowell Pas  imprimée. 

160.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909. — Copie  de 
tous  documents,  plaintes,  correspondances  et  décisions  prises  relatifs  à  un  contrat  de 
bail  passé  entre  Alphonse  Laberge,  bailleur,  et  le  gouvernement  du  Canada,  preneur, 
en  date  du  20  juillet  1904.     Présentée  le  14  mai  1909. — M.  Roy  (Montmagny). 

Pas  imprimée. 

161.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  22  mars  1909. — Copie 
de  toute  correspondance,  soumissions  et  documents  se  rapportant  à  la  construction  d'un 
steamer  brise-glaca  pour  le  détroit  de  Northumberland  par  MM.  Vickers,  Sons  and 
Maxim,  et  aussi,  à  la  construction  d'un  steamer  pour  le  service  des  phares  et  des 
bouées  sur  les  grands  lacs  par  MM.  Swan,  Hunter  et  Wigham  Richardson.  Présentée 
le  15  mai  1909. — M.  Currie  (Simcoe) Pas  imprimée. 

162.  Décret  du  conseil  autorisant  dans  certains  cas  l'exemption  du  paiement  de  la  taxe  de 
capitation  sur  les  Chinois.     Présenté  le  17  mai  1909,  par  sir  Wilfrid  Laurier. 

Pas  imprimé. 

163.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  3  mars  1909. — Etat 
faisant  connaître,  quant  aux  poursuites,  intentées  depuis  1896,  pour  transgression  de 
la  Loi  des  postes,  la  nature  de  chaque  infraction,  le  lieu  de  résidence  de  la  personne 
incriminée,  le  résultat  de  chaque  poursuite,  et  l'amende  imposée.  Présentée  le  17  mai 
1909.— M.  Taylor  (New  Westminster) Pas  imprimée. 

164.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909.— Copie  de 
tous  rapports,  devis,  offres,  soumissions,  contrats,  modifications  de  contrat,  correspon- 
dance et  documents  de  quelque  nature  que  ce  soit  relativement  au  contrat  de  Thadée 
Desbiens  pour  un  prolongement  au  quai  de  Chicoutimi  ;  mêmes  documents,  au  sujet  du 
contrat  de  la  General  Construction  Co.,  pour  ouvrage  exécuté  par  la  drague  Algonquine 
à  ou  près  de  ce  quai.    Présentée  le  18  mai  1909.— M.  Ames Pas  imprimée. 

164a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909.— Copie 
de  toutes  pétitions,  rapports,  devis,  offres,  soumissions,  contrats  ou  papiers  de  tous 
genres  se  rapportant  à  la  jetée  de  protection  à  la  rivière  du  Moulin,  près  de  Chicou- 
timi, comté  de  Saguenay,  province  de  Québec.     Présentée  le  19  mai  1909. — M.  Ames. 

Pas  imprimée. 

165.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909.— Etat 
indiquant  le  nombre  de  permis  de  pêcher  avec  des  rets  dans  les  eaux  de  la  côte  du 
Pacifique  actuellement  en  vigueur;  les  noms  des  porteurs  de  permis;  la  superficie 
attribuée  à  chaque  porteur  de  permis;  le  nombre  de  ces  permis  exploités  par  les  con- 
cessionnaires primitifs,  et  le  nombre  de  ceux  exploités  par  des  aubains.  Présentée  le 
18  mais  1909.— M.  Cowan Pas  imprimée. 

37 


8-9  Edouard  VII.  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

165a.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909.— Etat 
indiquant  le  nombre  de  permis  pour  la  pêche  et  la  mise  en  conserves  du  homard  sur 
le  littoral  de  nie-du-Prince-Edouard,  mis  par  le  gouvernement  fédéral  du  1er  janvier 
1904  à  cette  date,  et  à  qui.  Les  noms  des  personnes  ou  corporations  qui  ont  demandé, 
depuis  le  1er  janvier  1904,  des  permis  de  pêche  et  de  mise  en  conserves  du  homard  dans 
la  dite  province.  Le  nombre  de  nouveaux  permis  oui  seront  probablement  émis  par  le 
gouvernement  cette  année.    Présentée  le  18  mai  1909.— M.  Fraser Pas  imprimée. 

165o.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  5  avril  1909.— Etat 
faisant  connaître  les  noms  de  toutes  les  personnes  résidant  dans  la  ville  de  Liverpool, 
Nouvelle-Ecosse,  ou  dans  ses  environs,  qui  ont  reçu  des  primes  de  pêche  dans  le  cours 
de  l'année  1908;  ainsi  que  les  noms  de  toutes  les  personnes  résidant  dans  les  mêmes 
localités,  et  à  qui  on  a  accordé,  en  1908,  des  permis  de  pêcher  avec  des  rets  à  trappes, 
et  les  sommes  que  chacune  d'elles  a  payées  pour  tel  permis.  Présentée  le  19  mai  1909. — 
M.  Crosby Pas  imprirmée. 

166.  Réponse  à  une  adresse  du  Sénat  en  date  du  18  mars  1909,  demandant  copie  de  toutes 
accusations,  plaintes  faites  par  M.  Joseph  Girard  ou  autres  au  premier  ministre  ou  à 
tout  membre  du  gouvernement  contre  la  Société  de  colonisation  du  Lac  Saint-Jean. 
Présentée  le  18  mai  1909. — Bon.  M.  Tessier Pas  imprimée. 

167.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  8  mars  1909. — Copie 
de  toutes  correspondance  et  communications  écrites,  et  documents,  reçus  du  grand 
secrétaire,  ou  de  l'un  quelconque  des  autres  officiers  de  l'Union  des  pêcheurs  de  la  Nou- 
velle-Ecosse, ou  de  l'une  quelconque  des  branches  ou  succursales  de  la  dite  union,  par 
le  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  ou  l'un  quelconque  des  fonctionnaires  du  dit 
ministère;  ainsi  que  des  réponses  ou  communications  envoyées  par  le  ministre,  ou 
l'un  quelconque  des  fonctionnaires  du  ministère,  depuis  le  1er  janvier  1907.  Pré- 
sentée le  19  mai  1909. — M.  Borden  (Halifax) Pas  imprimée. 

168.  Réponse  à  un  ordre  de  la  Chambre  des  communes,  en  date  du  13  janvier  1908.— Etat 
faisant  connaître  tous  les  quais,  les  jetées,  les  brise-lames  et  les  autres  travaux  publics 
de  même  nature  qui  ont  été  construits  aux  frais  du  Canada  depuis  le  1er  janvier  1897, 
ou  pour  lesquels  des  fonds  publics  ont  été  votés  ou  affectés  depuis  cette  date,  men- 
tionnant la  somme  dépensée  ou  affectée  pour  chaque  ouvrage;  le  coût  total  de  chaque 
ouvrage,  le  coût  total  de'stimation  dans  chaque/cas,  là  où  l'ouvrage  n'est  pas  encore 
terminé;  le  nom  de  l'endroit  où  se  trouve  tel  ouvrage;  le  coût  annuel  de  l'entretien  et 
du  maintien  <le  chaque  tel  ouvrage,  et  le  montant  du  revenu  actuel  provenant  de  tel 
ouvrage,    dans    chaque    cas.     Présentée    le    19    mai    1909. — M.    Borden    (Halifax). 

Pas  imprimée. 

169.  Réponse   à  un  ordre  de  la   Chambre  des  communes,   en  date  du  8  février  909.— Etat 

nt  connaître  combien  de  porcs  ont  été  abattus  chaque  mois,  entre  le  1er  novembre 
1907  et,  le  1er  novembre  1908,  inclusivement,  par  les  établissements  suivants:  The  Laing 
Packing  and  Pro.  Co.,  Ltd.,  Montréal;  The  Collingwood  Pack.  Co.,  Lt.,  Collingwood ; 
The  William  Davis  Co.,  Ltd.,  Harriston ;  The  Geo.  Matthews  Co.,  Ltd.,  Hull;  The  Geo. 
Matthews  Co.,  Ltd.,  Brantford;  The  Geo.  Matthews  Co.,  Ltd.,  Peterborough ;  The 
Whyte  Pack.  Co.,  Ltd.,  Stratford;  The  Canadian  Pack.  Co.„  Ltd.,  London;  quel  a  été 
le  nombre  des  porcs  condamnés  (y  compris  les  intestins)  pendant  la  même  période. 
Présentée  le  19  mai  1909.— M.  Beattie Pas  imprimée. 

170.  <  'npic  <!<•  la  correspondance  échangée  entre  le  gouvernement  canadien  et  le  gouver- 
nement britannique  au  sujet  de  la  défense  navale  de  l'empire.  Présentée  le  19  mai 
1909,  par  sir  \\ "ilfrid  Laurier Pas  imprimée. 

38 


8-9  Edouard  VIL  Liste  des  Documents  parlementaires.  A.  1909 


VOLUME  17— Suite. 

171.  Réponse  à  un  ordre  du  Sénat  en  date  du  12  mai  1909,  demandant  copies  des  requêtes, 
lettres  et  télégrammes  envoyés  par  les  citoyens  de  la  paroisse  ou  du  canton  et  du 
village  de  Laterrière,  comté  de  Chicoutimi,  demandant  des  subsides  pour  la  compagnie 
de  chemin  de  fer  de  la  Baie  des  Ha  !  Ha  !  ou  toute  autre  compagnie  qui  bâtirait  un 
chemin  de  fer  de  Jonquières  ou  près  de  là,  à  aller  à  Saint-Alphonse.  Présentée  le  19  mai 
1909. — Hon.  M.  Choquette Pas  imprimée. 


39 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  32 


A.  1909 


DEPAETEMENT 


DE3 


IMPRESSIONS  Eï  01  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


RAPPORT    ANNUEL 


POUR    I /EXERCICE    TERMINE    LE    31    MARS    1908 


IMPRIME  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 

IMPRIMÉ  PAR  C.   H.   PARMELEE,    IMPRIMEUR  DE    8 A   TRÈS    EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 

1909 
[N°  32—1909]. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  32  A.  1909 


A  Son  Excellence  le  Très  Honorable  Sir  Albert  Henry  George,  comte  Grey,  vicomte 
Ilowick,  baron  Grey  de  Ilowick,  dans  le  comté  de  Northumberland,  dans  la  pairie 
du  Royaume  Uni  et  baronnet  ;  Chevalier  Gvxnd -Croix  de  V ordre  très  distingué  de 
Saint-Michel  et  de  Saint- George,  etc.,  etc.,  Gouverneur  général  du  Canada. 


Plaise  à  Votre  Excellence  : 

Le  soussigné  a  l'honneur  de  présenter  à  Votre  Excellence  le  rapport  annuel  du 
Département  des  impressions  et  de  la  papeterie  publiques  pour  l'exercice  clos  le  31 
mars  1908. 

Le  tout  respectueusement  soumis, 

CHARLES  MURPHY, 

Secrétaire  d'Etat. 
Ottawa,  janvier  1909. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  87  A.  1909 


département  des  impressions  et  de  la  papeterie  publiques. 
Bureau  de  l'Imprimeur  du  Roi  et  Contrôleur  de  la  papeterie. 

Ottawa,  janvier  1909. 

A  l'honorable  Charles  Murphy,  C.  R.,  M.  P., 

Secrétaire  d'Etat. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  présenter  le  rapport  annuel  ordinaire  de  ce  dé- 
partement. Ce  rapport  couvre  une  période  de  douze  mois — du  1er  avril  1907  au  31 
mars  1908 — soit  l'exercice  aujourd'hui  établi  par  la  loi.  Comme  d'habitude  les  trans- 
actions des  trois  divisions  distinctes  qui  composent  le  département  pendant  la  période 
sont  énoncées  en  détail  dans  les  rapports  ci-annexés  du  comptable,  du  surintendant  des 
impressions  et  de  celui  de  la  papeterie  respectivement. 

Le  travail  du  bureau  des  impressions  continue  à  augmenter.  Il  est  cependant  ira- 
possible  d'établir  une  comparaison  avec  l'exercice  qui  a  immédiatement  précédé  celui-ci, 
lequel  n'a  été  que  de  ceuf  mois.  Il  faut  pour  cette  comparaison  un  exercice  normal  de 
douze  mois.  Même  alors  faudrait-il  tenir  compte  du  changement  récent  dans  la  loi  des 
douanes,  d'après  lequel  les  droits  sont  maintenant  perçus  sur  tous  les  articles,  les  impor- 
tations à  l'usage  des  bureaux  de  l'Etat  n'en  étant  plus  exemptes.  Cela  concerne  parti- 
culièrement la  division  de  la  papeterie  et  augmente  d'autant  le  coût  des  articles  importés. 
L'accroissement  des  affaires  de  cette  division  est  parfaitement  démontré  par  le  tableau 
qui  se  trouve  à  la  page  41.  Si  l'on  prend  pour  terme  de  comparaison  le  premier  exercice 
complet  avant  celui  de  neuf  mois,  on  verra  que  si  la  valeur  totale  des  marchandises  dis- 
tribuées par  la  division  en  1905-6  a  été  de  $444.515,  elle  s'est  élevée  à  $580,027  en 
1907-8.  Cependant  le  volume  de  ces  marchandises  plus  encore  que  leur  valeur  nous 
fera  voir  cette  augmentation.  Le  nombre  de  colis  expédiés  par  la  poste,  pendant  les 
deux  exercices  comparés,  a  augmenté  de  29,653  à  45,628,  et  de  1,182  à  3,129  pour  ceux 
transportés  par  chemin  de  fer. 

L'accroissement  des  affaires  de  la  division  des  impressions  se  manifeste  à  l'observa- 
teur le  moins  attentif.  Presque  tous  les  ministères  de  l'Etat  publient  maintenant  nombre 
de  bulletins  et  autres  rapports  spéciaux  de  toutes  sortes  et  plus  ou  moins  volumineux. 
Les  sessions  du  parlement  sont  plus  longues  et  les  Débais  des  Communes  qui  ne  formaient 
autrefois,  qu'un  seul  volume  se  composent  maintenant  de  cinq,  six  et  ont  même  été  une 
fois  de  sept  volumes.  Tout  cela  nécessite  plus  d'espace,  mais,  comme  je  le  faisais  remar- 
quer dans  mon  dernier  rapport,  la  nouvelle  chambre  ne  pouvait  servir  avant  qu'on  se  fut 
procuré  une  force  motrice  plus  considérable  et  beaucoup  de  nouvelles  machines  perfection- 
nées. L'agrandissement  de  la  salle  des  presses  a  permis  d'y  installer  six  nouvelles  presses. 

Pendant  le  dernier  exercice  on  s'est  principalement  occupé  à  agrandir  et  à  perfec- 
tionner la  division  de  la  reliure.  Depuis  son  établissement  le  bureau  de  reliure  s'est 
toujours  ressenti  du  peu  d'espace  qui  lui  avait  été  réparti.  L'augmentation  du  nombre 
des  machines  à  composer  n'a  jamais  pu  compenser  l'insuffisance  d'espace  ou  des  machines 


vi   DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
propres  à  la  reliure.  Les  feuilles  non  pliées  s'amoncelaient  sur  les  planchers,  embarras- 
sant tout  nouvel  ouvrage  et  ne  permettant  de  terminer  le  plus  ancien  que  bien  lente- 
ment. Il  faut  de  toute  nécessité  que  chaque  publication  passe  par  le  bureau  de  la 
reliure  avant  d'être  prête  pour  la  disttibution,  et  comme  le  travail  de  la  reliure  était 
limite,  il  se  produi-ait  une  accumulation  dont  se  ressentait  l'institution  entière.  L'on 
a  donc  en  grande  partie  consacré  l'espace  obtenu  à  y  installer  une  salle  de  roliure  des 
brochures  parfaitement  outillée,  et  dans  laquelle  l'on  pourrait  disposer  d'une  masse 
considérable  d'ouvrage  avec  une  plus  grande  célérité.  Il  fallait  d'abord  se  défaire 
entièrement  de  l'ennuyeux  et  coûteux  procédé  de  plier  à  la  main.  Le  bureau  de  reliure 
possédait  bien  quelques  plieuses  mécaniques,  mais  c'étaient  des  machines  antiques  et  de 
capacité  restreinte.  On  a  installé  quatre  nouvelles  plieu-es  mécaniques  du  plus  récent 
modèle,  auxquelles  on  a  attaché  des  machines  alimentaires  fonctionnant  automatique- 
ment. Grâce  à  ces  machines  il  est  maintenant  possible  de  plier  chaque  jour  tout  ce 
qui  vient  des  presses,  en  sorte  que  les  piles  de  feuilles  ne  peuvent  plus  s'accumuler  et 
causer  du  retard.  On  a  également  installé  un  plus  grand  nombre  de  tables  à  assembler 
et  de  machines  à  brocher  et  à  coudre  les  livres  et  ajouté  des  rogneuses  perfectionnées  et 
une  très  bonne  machine  à  couvrir  les  brochures.  D'autres  machines  à  empaqueter  et  à 
presser  ont  été  également  installées  en  sorte  que  l'on  peut  maintenant  accomplir  le 
brochage  des  livres  avec  toute  la  célérité  possible.  Par  suite  tout  le  travail  occasionné 
par  la  session  du  parlement  a  été  de  beaucoup  facilité,  et  la  grande  amélioration  s'est 
manifestée  à  mesure  que  les  nouvelles  machines  ont  fonctionné. 

Le  bureau  de  reliure  des  impressions  typographiques  a  été  aussi  agrandi  et  pourvu 
de  nouvelles  machines  perfectionnées,  de  celles  particulièrement  qui  facilitent  la  reliure 
eu  toile.  On  s'est  procuré  une  coupeuse  de  toile,  des  machines  pour  faire  et  encoller  les 
couverts  ce  qui  a  permis  avec  la  machine  à  arrondir  et  à  endosser  les  livres,  achetés  il  y 
a  trois  ans,  de  révolutionner  la  production  toute  entière  des  volumes  reliés  en  toile. 
D'autres  machines  perfectionnées  ont  été  également  installées  dans  le  bureau,  en  sorte 
qu'il  est  aujourd'hui  parfaitement  outillé. 

La  reliure  des  gros  livres  en  blanc  et  des  livres  imprimés  en  cuir  doit  encore  se 
faire  en  grande  partie  à  la  main.  Cependant  l'on  n'a  pas  manqué  d'acheter  toute  nou- 
velle machine  qui  pouvait  accélérer  la  production,  améliorant  ainsi  de  beaucoup  la 
valeur  du  bureau  de  reliure.  De  plus  en  faisant  de  l'espace  pour  les  machines  à  régler 
et  en  séparant  la  division  du  réglage  du  reste  du  bureau  de  reliure,  l'on  a  opéré  un 
changement  qui  s'imposait.  La  salle  dans  laquelle  l'on  fabrique  les  enveloppes  timbrées 
et  où  se  fait  le  timbrage  a  été  également  agrandie  et  l'installation  de  nouvelles  machines 
a  permis  d'en  augmenter  la  production.  Cette  salle  est  spacieuse  et  convenable  et 
séparée  des  autres  chambres  du  bureau  de  la  reliure. 

L'installation  de  tant  de  nouvelles  machine^  et  le  plus  grand  espace  occupé  nécessi- 
tent naturellement  une  force  motrice  plus  considérable,  et,  comme  je  le  mentionnais 
dans  mon  dernier  rapport,  l'on  a  profité  de  l'occasion  pour  adopter  l'électricité  comme 
pouvoir  moteur.  Toutefois  la  force  motrice  à  vapeur  n'a  pas  été  mise  de  côté,  et  si 
beaucoup  des  machines  et  la  plupart  des  presses  fonctionnent  encore  par  la  vapeur, 
toutes  les  nouvelles  machines  sont  actionnées  par  des  moteurs  distincts  du  modèle  le  plus 
récent  et  adoptés  dans  les  établissements  importants  des  grandes  villes.  Plusieurs  fois 
dans  le  cours  de   l'année  l'on  s'est  bien  trouvé  de  posséder  cette  double  s  »urce  de  force 


RAPPORT  DE  L'IMPRIMEUR  DU  ROI  vii 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  87 

motrice,  car  dans   les   occasions   où   le  pouvoir  électrique  a  fait  défaut,  le  bureau  a  pu 
autrement  exécuter  l'ouvrage  qu'il  fallait  accomplir  incessamment. 

L'impression  des  listes  des  votants  à  l'élection  de  1908  a  été  l'ouvrage  le  plus  nota- 
ble exécuté  depuis  la  publication  de  mon  dernier  r  ipport.  La  période  de  la  durée  du 
parlement  aux  termes  de  la  loi  ne  devait  pas  expirer  avant  une  autre  année,  et  jusqu'au 
moment  de  la  proclamation  de  la  dissolution,  on  ignorait  s'il  y  aurait  ou  non  une  élec- 
tion en  1908.  D'après  la  loi  actuelle  les  listes  doivent  être  entièrement  refaites  à  cha- 
que élection,  car  l'utilisation  ou  non  de  toutes  listes  dépend  entièrement  du  jour  auquel 
peut  être  fixé  la  nomination  des  candidats,  et  le  changement  d'un  jour  peut  avoir  l'effet  de 
mettre  de  côté  les  listes  de  toute  une  province.  Il  était  donc  très  incertain  s'il  y  aurait 
une  élection  ou  quand  elle  aurait  lieu. 

D'autre  part,  il  était  évident  que  lorsque  le  travail  nous  serait  demandé  nous  n'au- 
rions que  très  peu  de  temps  pour  l'accomplir,  et  cependant  c'était  inutile  de  préparer,  à 
grand  frais,  un  tas  de  listes  dont  on  pourrait  n'avoir  jamais  besoin.  Nous  avons  cepen- 
dant paré  à  l'éventualité  en  employant  un  petit  personnel  de  correcteurs  expérimentés  à 
compter  et  à  numéroter  les  noms  des  listes  originales  et  à  les  préparer  pour  les  composi- 
teurs de  façon  à  pouvoir  immédiatement  en  commencer  l'impression  dès  que  le  mot  se- 
rait donné.  Nous  avons  également  préparé  d'avance  les  feuillets  et  tout  ce  qu'il  fallait 
pour  pouvoir  vérifier  exactement  les  liste?,  en  y  consacrant  le  temps  suffisant  pour  faire 
l'ouvrage  convenablement.  En  conséquence  l'impression  des  listes  s'est  poursuivie  avec 
une  grande  rapidité  après  avoir  été  commencée.  L'augmentation  du  nombre  des  noms 
comparativement  à  celui  de  1904  a  été  de  205,872.  Le  nombre  des  bureaux  de  vota- 
tion  s'est  accru  de  2,004  et  le  nombre  de  pages  de  2,955.  Il  faut  préparer  toutes  les  listes 
de  suffrage  universel  pour  Ontario,  mais  d'un  autre  côté  il  n'y  a  pas  de  listes  à  imprimer 
pour  l'Ue-du-Prince-Edouard,  l'Alberta,  la  Saskatchewan  et  le  Yukon.  Pour  terminer 
l'ouvrage  dans  le  temps  prescrit  nous  avons  dû,  comme  à  de  précédentes  élections,  re- 
quérir l'aide  des  plus  grands  établissements  d'imprimerie  de  Toronto  et  de  Montréal.  Et 
l'on  a  envoyé  dans  chacune  de  ces  villes  quelques  correcteurs  d'expérience  attachés  à  la 
division  du  cens  électoral  du  bureau  de  l'Imprimeur  du  Roi.  Sept  établissements  de 
Montréal  et  dix  de  Toronto  ont  été  employés.  La  principale  partie  du  travail  envoyé 
au  dehors  a  été  faite  à  Toronto  avec  beaucoup  de  célérité  et  d'exactitude. 

La  préparation  des  listes  a  commencé  le  10  août  1908,  et  les  listes  principales 
étaient  complétées  le  30  septembre.  Après  cette  date  l'on  a  fait  les  listes  de  suffrage 
universel  provincial  ainsi  qu'un  certain  nombre  de  listes  supplémentaires  expédiées  au 
bureau  jusqu'au  moment  de  l'élection.  Dix-huit  linotypes  en  moyenne  avec  personnel 
double  ont  travaillé  jour  et  nuit  à  ces  listes  dans  le  bureau. 

En  omettant  l'Ile-du-Prince-Edouard,  l'Alberta,  la  Saskatchewan  et  le  Yukon,  qui 
n'ont  point  de  listes  de  votants  imprimées,  le  nombre  total  des  noms  a  été  de  1,461,793, 
celui  des  bureaux  de  votation  de  9,781  et  celui  des  pages  de  11,451.  Les  listes  ont  été 
expédiées  par  la  poste  en  697  colis  recommandés,  avec  lettres  d'avis,  et  il  n'a  pas  été 
reçu  de  plaintes  qu'on  avait  fait  erreur. 

L'Imprimeur  du  Roi  est  également  tenu  d'envoyer  les  bulletins  de  vote  à  tous  les 
officiers-rapporteurs  du  Dominion.  Pour  prévenir  des  erreurs,  ces  bulletins  sont  en  partie 
imprimés  au  bureau,  et  il  ne  reste  à  remplir  dans  l'endroit  que  le  lieu,  la  date  et  les 
noms  des  candidats.     Ces  bulletins  ont  été  expédiés  par  la  poste  dans  265  sacs  scellés  et 


viii      DEPARTI:  M  EXT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

recommandés,  et  Ton  a  aussi  envoyé  à  chaque  officier- rapporteur  une  lettre  d'avis  conte- 
nant un  modèle  de  bulletin.     Tout  cela  a  été  fait  sans  une  seule  erreur. 

Division  de  l'audition. 

Les  totaux  pour  l'exercice  actuel  sont  comme  suit.     Les  détails  sont  compris  dans 
les  tabieaux  du  rapport  du  comptable  : — 

Montant  de  comptes  d'annonces  audités $141,200  45 

"         des  comptes  de  lithographie  et  impression 241,003  53 

"         des  comptes  du  chemin  de  fer  Intercolonial. .  . .        97,624  20 

Le  nombre  des  comptes  d'annonces  examinés  fut  de  8,001. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

S.  E.  DAWSON, 
Imprimeur  du  Roi  et  contrôleur  de  la  papeterie. 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  32 


A.  1909 


DIVISION  DE  LA  COMPTABILITÉ. 

Ottawa,  septembre  1908. 
S.  E.  Dawson.,  C.M.G.,  Lit.  D. 

Imprimeur  du  roi  et  contrôleur  de  la  papeterie. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  le  rapport  suivant  sur  les  opérations 
de  cette  division  du  département,  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

L'état  général  ci-dessous  des  recettes  et  des  déboursés  de  l'exercice  indique  l'en- 
semble des  opérations  financières  départementales.  A  la  suite  viennent  les  états  détaillés 
ordinaires. 

RECETTES  ET  DÉBOURSÉS. 

État  des  recettes  et  des  déboursés  pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 


Recettes. 


Gouvernement  civil — 

Appointements 

Dépenses  contingentes 

Nettoyage 

Lettre  de  crédit  — 

Gazette  du  Canada,  crédit 

Distribution  des  documents  parle- 
mentaires, crédit 

Matériel,  crédit   

Refonte  des  lois — 

Impression  des  statuts  revisés,  ver- 
sion française,  crédit h 

Impression  du  code  criminel,  version 
française,  crédit 

Impression,  reliure  et  distribution  des 
lois 

Impressions  diverses,  crédit 

Loi  du  cens  électoral,  crédit 

Compte  d'avance  de  l'impr.  du  roi  . . . 

Fonds  de  papeterie 

Lettres  de  change  — 

Sterling — Importations  de  papeterie. 
ii  t.  de  fourn.  de  rel. 

Revenu  général  — 

Publications  parlementaires  ;  ven- 
tes aux  ministères  et  au  parle- 
ment      

Publications  parlementaires,  toutes 
autres  ventes    

Gazette  du  Canada  :  ventes,  abonne- 
ments et  annonces 

Listes  électorales  :  ventes 

Recettes  casuelles  :  ventes  de  papier 
de  rebut,  etc 

Impressions  exécutées  pour  les  minis- 
tères et  le  parlement 

Pap.  employé  pour  les  impr.  ci-dessus. 

Lithographie,  timbrage,  etc 

Papeterie,   livres,    etc,    fournis    aux 

ministères  et  au  parlement 

Remboursements — 

Matériel 

Dépenses  contingentes,  gouv.  civil. . . 

Compte  d'avance  de  l'impr.  du  roi. . 
i>  ii  h  m       . . . . 

Tobfti 


Montant. 


44,750  00 
5,600  00 
3,500  00 

10,000  00 

1,300  00 
37,000  00 


8,000  00 

2,000  00 

10,000  00 

55,000  00 

40,000  00 

854,542  21 

548,319  50 

56,010  01 

170  78 


6,844  93 

9,469  56 

9,234  66 
13  78 

920  59 

438,089  00 
211,159  75 
241,003  53 

580,027  75 

700  00 
2  85 

388  72 
163  60 


3,164,211  22 


Déboursés. 


Gouvernement  civil — 

Appointements 

Dépenses  contingentes 

Nettoyage 

Divers — 

Gazette  du  Canada,  impr.,  pap.,  etc. 

Distribution    de    documents   parle- 
mentaires   

Matériel 

Refonte  des  lois— 

Impression  des  statuts  revisés,  ver- 
sion française 

Impression  du  code  criminel,  version 
française 

Lois  :  impression,  reliure  et  distri- 
bution  

Impressions  diverses      

Lois  du  cens  électoral  ;  impression, 
salaires,  etc , 

Compte  d'avance  de  l'impr,  du  roi. . 

Approvisionnement     de     papeterie, 
achats,  salaires,  etc 

Gouvernement  du  Canada — Déposé 
au  crédit  du  receveur  général 

Balance  non  employée  des  crédits, 
savoir  : — 

Gouvernement  civil — 

Appointements 

Dépenses  contingentes 

Nettoyage 

Loi  du  cens  électoral 

Impression  des  statuts  revisés,  ver- 
sion française 

Impression  du  code  criminel,  version 
française 

Matériel  . .    . .  , 

Distribution    de  documents    parle 
mentaires  . . . . . 

Diverses  impressions , 


Total. 


Montant. 


$       c. 

43,141  66 
5,319  68 
3,126  91 

10,000  00 

1,294  86 
36,998  37 


7,998  50 

1,168  32 

10,000  00 
54,959  21 

•  7,051  28 
854,712  99 

604,329  51 

1,488,018  72 


1,608  34 

280  32 

373  09 

32,948  72 

1  50 

831  68 
1  63 


5  14 
40  79 


3,164,211  22 


32—1 


2  DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
GAZETTE  DU  CANADA. 

Suit  un  état  détaillé  des  déboursés  et  des  recettes  du  journal  officiel  pendant  l'exer- 
cice clos  le  31  mars  1908. 

RECETTES. 

Annonces  et  ventes $     8,482  51 

Abonnements 762  15 


$     9,234  66 


DÉBOURSÉS. 

Papier  employé $  1,805  72 

Impression  et  distribution 7,484  48 

Traduction,  etc 709  80 


$     0,000  00 


Le  tirage  de  la  dernière  semaine  de  mars  a  été  de  1,825  exemplaires,  dont  200  ont  été 
expédiés  aux  abonnés  et  le  reste  gratuitement  aux  juges,  services  publics,  échanger,  etc. 

Etat  des  recettes  et  des  déboursés  de  la  Gazette  du  Canada  depuis  l'année  1875 
jusqu'à  l'exercice  clos  le  31  mars  1908,  inclusivement. 


te 

DÉBOURSÉS. 

Recettes. 

'S  c 

0,   3 

Exem- 
plaires 
gratuits. 

Aux 
abon- 
nés. 

Papier. 

Impression 

et 
distribution. 

Traduc- 
tion. 

Abonne- 
ments. 

Annonces, 

Pertes. 

Gain. 

$     c. 

$     c. 

$    c. 

$    c. 

$     c. 

$     c. 

$    c. 

1875 

1,077 

85 

1,177  17 

2,414  00 

242  80 

242  80 

843  74 

2,636  13 

1876 

1,049 

88 

1,195  98 

2,301  51 

184  80 

241  80 

578  41 

2,836  11 

1877 

1,084 

81 

1,292  25 

2,323  45 

141  89 

224  75 

681  62 

2,743  13 

1878 

1,108 

79 

1,016  65 

2,139  48 

125  80 

268  40 

683  47 

2,318  53 

1879 

1,115 

85 

1,195  21 

2,203  81 

123  90 

246  50 

739  82 

2,613  00 

1880 

1,17D 

70 

1,208  48 

2,357  81 

123  90 

243  90 

865  38 

2,538  09 

1881 

1,215 

68 

1,197  38 

2,132  20 

147  40 

353  65 

1,028  04 

2,085  29 

1882 

1,238 

92 

1,360  61 

2,261  85 

197  60 

378  44 

2,706  28 

735  34 

1883 

1,250 

109 

1,414  24 

2,181  48 

215  30 

367  25 

2,181  53 

1,262  24 

1884 

1,290 

85 

1,428  16 

2,219  00 

148  24 

414  67 

6,658  12 

1,727  48 

1885 

1,321 

69 

1,404  76 

2,243  43 

169  45 

2*9  35 

1,264  65 

2,263  14 

1886 

1.318 

77 

1,683  88 

2,241  65 

62  20 

290  70 

2,020  82 

1,676  21 

1887 

1,366 

84 

1,797  22 

2,537  79 

3*9  10 

321  40 

2,831  04 

1,571  66 

..    . 

1888 

1,369 

81 

2,164  85 

2,933  57 

349  80 

316  85 

2,909  72 

2,231  15 

1889 

1,367 

83 

1,883  80 

2,859  19 

103  00 

308  60 

4,637  49 

1890 

1,429 

71 

1,758  50 

3,128  36 

204  00 

487  95 

2,777  03 

1,825  88 

29  47 

1891 

1,436 

84 

1,492  62 

2,060  55 

211  85 

324  18 

3,309  61 

331  70 

1892 

1,439 

86 

1,480  79 

2,069  36 

188  98 

313  47 

3,436  32 

1893 

1,426 

1,418 

84 

82 

1,485  71 
1,183  66 

2,826  07 
2,485  08 

240  54 
265  n 

306  50 
298  73 

3,612  37 
3,545  87 

11  26 

1894 

89  24 

366  65 

1895 

1,425 

1,428 

75 
72 

1,153  87 
1,129  52 

2,704  36 
3,997  00 

232  50 
256  75 

281  65 
276  65 

4,015  64 
4,673  69 

1896 

206  56 

1897 

1,428 

72 

1,229  52 

3,003  51 

245  40 

298  55 

4,992  94 

559  07 

1898 

1,438 

87 

1,450  21 

3,803  11 

337  10 

312  70 

5,574  40 

913  51 

1899 

1,486 

59 

940  43 

3,273  01 

255  30 

329  65 

3,948  65 

190  14 

296  73 

1900 

1,529 
1,528 

96 

97 

1,092  72. 
1,349  79 

3,640  17 

4,287  81 

289  50 
256  60 

350  00 
329  65 

4,679  98 
4,370  82 

1901 

1,173  73 

7  5» 

1902 

1,553 

97 

1,430  89 

3,758  22 

284  00 

361  80 

4,451  39 

759  92 

1903 

1,545 

105 

1,315  56 

3,999  78 

253  60 

371  85 

5,667  65 

1904 

1,559 

116 

1,427  48 

4,368  81 

309  80 

430  40 

4,523  25 

1,152  44  ' 

470  56 

1905 

1,573 

177 

1,684  85 

6,125  57 

364  80 

604  12 

6,997  50 

573  60 

1906 

1,559 

191 

1,629  58 

6,909  57 

460  85 

750  00 

7,644  35 

605  65 

*1907 

1,616 

184 

1,322  63 

4,248  17 

329  20 

524  27 

6,821  20 

1,445  47 

fl908 

1,625 

200 

1,805  72 

7,484  48 

709  80 

762  15 

8,472  51 

765  34 

Jusqu'au  31  mars   1907.     t.Tusqu'au31  mars  1908. 


RAPPORT  DU  COMPTABLE 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

STATUTS. 

Détails  de  la  dépense  de  ce  chef  :  — 

Papier 

Impressions 

Reliure    

Distribution,  etc 


1,359  14 

3,0<fcl  21 

5,123  37 

486  28 


%      10,000  00 

Les  détails  de  la  distribution,  du  tirage,  etc.,  sont  contenus  dans  les  tableaux 
annexés  au  rapport  du  surintendant  de  la  papeterie. 

IMPRESSIONS  ET  RELIURE. 

Vous  trouverez  aux  états  tabulaires  A,  B,  et  C  ci-joints,  le  montant  des  comptes 
contre  les  ministères,  la  Chambre  des  Communes  et  le  Sénat,  p«ur  impressions,  reliure, 
lithographie,  timbrage,  etc. 

Je  mets  à  la  suite — tableaux  D  et  E — des  relevés  comparatif  pour  les  cinq  derniers 
exercices  de  1903-04  à  1907-08,  concernant  les  impressions  et  la  papeterie. 

ANNONCES. 

La  dépense  totale,  certifiée  par  cette  division,  pour  les  annonces  officielles,  pendant 
l'exercice  clos  le  31  mars  1908,  s'est  élevée  à  $141,200.4p,  dont  les  détails  sont  donnés  au 
tableau  F.  Comme  les  ministères  particuliers  pour  lesquels  sont  publiées  les  annonces 
paient  eux  mêmes  leurs  comptes  de  ce  chef,  les  montants  ne  figurent  point  dans  l'état 
des  recettes  et  déboursés  de  cette  division-ci. 

Le  nombre  des  comptes  d'annonces  examinés  a  été  de  8,001  ;  celui  des  circulaires 
publiées,  de  6,830.     La  correspondance  s'y  rattachant  a  de  plus  été  considérable. 

Suit  un  relevé  du  montant  total  des  comptes  d'annonces  vérifiés  par  ce  bureau  de 
1876  à  l'exercice  clos  le  31  mars  1908,  inclusivement. 

Années  civiles. 


1876 $  12,529  27 

1877 12,751  56 

1878 :...  20,583  77 

1879 29,676  60 

1880 63,092  50 

1881 30,015  44 

1882 50,605  71 

1883 30,149  31 

1884 39,401  48 

1885 33,782  53 

1886 25,102  83 

1887 ,.  ...  48,596  03 

1888 44,520  30 

1889 35,939  47 

1890 26,102  48 

1891 27,519  59 

1892 24,819  54 

1893 26,704  27 

1894 26,423  22 

32- 


1895 ,...$  27,424  68 

1896   30,760  76 

1897 35,138  54 

1898  (6  mois  au  30 

juin  1898) 16,312  58 

Exercices. 

1898-1899 27,699  72 

1899-1900 46,317  74 

1900-1901 50,790  40 

1901-1902 53,850  75 

1902-1903   ....  41,078  02 

1903-1904 57,898  72 

1904-1905, 102,848  11 

1905-1906   ...,  107,812  56 
1906-1907(31  mars)  89,329  77 

1907-1908   ....  141,200  45 


H 


4  DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
COMPTE  D'AVANCES  DE  L'IMPRIMEUR  DU  ROI. 

Etat  de  situation  au  31  mars  dernier: — 

Dépense  de  l'exercice    $    854,712  99 

Balance  du  crédit  reportée  de  l'année  précédente 69,858  24 

$    784,854  75 
Balance  du  crédit  à  reporter  à  1908  09    95,397  53 

Imputé  aux  ministères  et  au 

Parlement $    880,252  28 


TABLEAU   A. 

Coût  comparatif  des  impressions  départementales  et  parlementaires,  par  service, 
pendant  les  exercices  clos  en  juin  1906,  et  le  31  mars  1908. 


Ministère. 


Agriculture 

Auditeur-général 

Douanes 

Ministères,  en  général 

Cour  de  l'échiquier 

Finances 

Secrétaire  du  gouverneur  général 

Affaires  indiennes 

Revenu  de  l'intérieur 

Division  des  assurances 

Chemin  de  fer  Int^rcolonial 

Intérieur 

Justice 

Travail     

Bibliothèque  du  parlement.       

Marine  et  Pêcheries 

Milice  et  Défence 

Mines 

Impressions  diverses 

Parlement 

Pénitenciers   

Poste 

Conseil  privé 

Impressions  et  papeterie  publiques. . . 

Travaux  publics 

Chemins  de  fer  et  Canaux   

Gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest. 

Secrétariat  d'Ktat 

Sénat  du  Canada 

Cour  Suprême 

Commerce 


Totaux , 


Impressions  et  reliure. 


1906-1907.  1907-1908. 


9         c. 

58,730  15 

374  47 

12,832  78 

55  74 

397  82 

8,440  59 

615  62 

4,619  56 

7,040  77 

3,017  48 

678  08 

49,207  S5 

713  65 

10,403  15 

1,155  56 

Î0.354  17 

10,591  61 

19,009  25 

28,113  32 

142,949  16 

1,021  33 

24,305  21 

607  17 

44,820  62 

5,159  50 

6,572  18 

1,368  22 

1,480  48 

6,975  65 

471  38 

4,221  95 

460,304  57 


-S 


c. 


37,729  57 

576  41 

10,200  31 

16  59 

1,024  87 

3,682  08 

392  10 

2,174  84 

7,816  91 

3,567  84 

575  44 

16,752  48 

778  54 

1,933  48 

1,873  66 

8,003  01 

17,416  61 

8,503  66 

35,831  78 

180,294  83 

1,266  74 

28,998  61 

686  59 

31,455  60 

8,486  09 

3,885  83 

1,191  23 

1,311  55 

6,302  81 

665  08 

4,693  86 


Papier  employé. 


1906-1907.   1907-1908 


428,089  00 


11,381  31 

335  01 

9,008  21 

13  36 

92  55 

3,655  77 

462  36 

1,487  62 

3,308  02 

642  39 

2,197  89 

9,726  65 

460  60 

899  5i> 

51  77 

3,090  50 

5,813  42 

1,203  28 

6,238  23 

17,199  82 

358  95 

16,550  70 

722  92 

9,74.3  41 

2,303  24 

2,591  82 

1,064  29 

537  90 

416  03 

123  80 

1,377  36 


1 13,108  77 


22,020  98 

405  04 

15,840  96 

30  30 

155  02 

2,159  24 

915  02 

1,574  11 

6,130  65 

925  67 

2,877  38 

18,473  45 

844  20 

1,502  65 

107  89 

10,540  75 

13,844  67 

2,854  07 

13,639  88 

28,908  84 

419  55 

35,224  94 

404  22 

12,181  19 

10,504  81 

4,042  13 

1,237  15 

778  58 

341  93 

181  80 

2,092  68 

211,159  75 


RAPPORT  DU  COMPTABLE 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 


TABLEAU  B. 


Coût  des  impressions  départementales  et  parlementaires,  etc.,  par  trimestre,  pendant 
les  exercices  clos  le  30  juin  1906  et  le  31  mars  1908. 


Trimestres. 

Impression  < 

ît  papeterie. 

Papier  employé. 

1906-1907. 

1907-1908. 

1906-1907. 

1907-1908. 

Trimestre  clos  le  30  juin 

$       c. 

$       c. 

65.401  98 

98,986  64 

76,531  94 

187,168  44 

S       c. 

$  c. 
29,719  53 

m              30  septembre 

ii              31  décembre 

h               31  mars 

94,513  14 
132,111  75 
239,679  68 

27,713  86 

31.696  99 

53.697  92 

47,281  99 
61,010  03 
73,048  20 

Totaux 

466,304  57 

428,089  00 

113,108  77 

211,159  75 

TABLEAU  C. 
Coût  des  ouvrages  de  lithographie,  impressions,  timbrage,  gravures,  etc.,  commandés  par 
l'entremise  du  département  des  impressions  et  de  la  papeterie  publiques,  pendant 
l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 


Ministère. 


Agriculture 

Auditeur  général  

Douanes 

Ministères  en  général . . . .- 

Cour  d'échiquier 

Finances 

Secrétaire  du  gouverneur  général 

Affaires  indiennes 

Revenu  de  l'Intérieur 

Division  des  assurances , 

Chemin  de  fer  intercolonial 

Intérieur 

Justice 

Travail 

Bibliothèque  du  parlement 

Marine  et  Pêcheries 

Milice  et  Défence 

Mines 

Impressions  diverses 

Parlement 

Pénitenciers 

Postes 

Conseil  privé 

Impressions  et  papeterie  publiques. .    . 

Travaux  publics 

Chemins  de  fer  et  Canaux 

Gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest. 

Secrétariat  d'Etat 

Sénat 

Cour  suprême 

Commerce 


Total 


Mon 'an  t. 


51,142  98 

199  24 

8,333  36 

28  00 

42  50 

565  63 

239  00 

269  34 

2,896  07 

23  84 

1,291  03 

58,469  43 

198  09 

16,864  91 

18  15 

12,265  24 

5,914  13 

20,577  65 

5,487  55 

13,821  10 

22  37 

30,397  76 

35  15 

1,481  93 

2,666  86 

3,634  19 

1,685  77 

77  65 

280  28 

32  38 

2,041  95 

241,003  53 

DEPARTEilEXT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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Ministères. 

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8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  32  A.  1909 


DIVISION  DES  IMPRESSIONS. 

Ottawa,  janvier  1909. 

S.  E.  Dawson,  C.M.G.,  Lit.  D. 

Imprimeur  du  Roi,  etc.,  etc. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  adresser  le  rapport  des  impressions  exécutées 
par  cette  division,  de  documents  présentés  au  parlement  dans  la  session  de  1907-08, 
ainsi  que  l'ouvrage  fait  pour  les  ministères,  pendant  l'exercice  clos  le  31  mars  1908,  le 
tout  mis  en  tableaux  sous  les  titres  suivants  : — 

1.  Rapports  annuels. 

2.  Rapports  supplémentaires. 

3.  Impressions  courantes  du  parlement. 

4.  Débats  de  la  Chambre  des  Communes  et  du  Sénat. 

5.  Lois. 

6.  Brochures  et  livres. 

7.  Gazette  du  Canada. 

8.  Listes  électorales. 

9.  Impressions  typographiques  départementales. 

10.  Etat  récapitulatif  pour  les  douze  mois. 

11.  Planches  contenues  dans  les  rapports  annuels  et  supplémentaires. 
12    Reliure. 

13.  Etat  récapitulatif  des  livres  reliés  pour  les  douze  mois. 

14.  Perforation,  numérotage  et  emballage. 

15.  Confection  des  blocs-notes. 

16.  Etat  récapitulatif  des  blocs-notes  pour  les  douze  mois. 

17.  Manufacture,  impression  et  timbrage  d'enveloppes  affranchies  du   bureau   des 

postes. 

18.  Timbrage  d'en-têtes  de  billets,  de  lettres  et  d'enveloppes. 

Respectueusement  soumis, 

W.  McMAHON. 

Surintendant  de  la  division  des  impressions. 


10 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Tableau  n°  1. — Rappoits  annuels  présentés  au  Parlement,  session  1907-08. 


Titre  du  document. 


Quatrième  session— Dixième  parlement. 

Falsi  H  cation  des  substances  alimentaires, /anglais, 
part.  III,rapp.  du  Rev.  de  l'Intérieur. . .  t  français 

Agriculture {français 

Rapport  de  l'Auditeur  général {franco 

Actionnaires  des  banques I  français 

Rapport  des  examinateurs  du  service  civil,  j  figeais 

Liste  du  service  civil {fonçais 

Statistiques  criminelles {français 

Budget  du  Canada,  1908 {fonçais 

h        supplémentaire,  1908.  {^^ 

..  m        autre,  supplémentaire, /anglais. 

1908 (.français 

h  h        autre,  supplémentaire, /anglais. 

1908 t  français 

Fermes  expérimentales {  a^?; 

Rapport  des  pêcheries {*%£& 

Affaires  indiennes {g«J 

Revenu  de  l'Intérieur— Part.  I,  Accise...  ■  {  fraSvca.? » 

^^r {^£ 

Relevé  des  assurances {français 

Rapport  complet  des  assurances j  an£iais 

Rapport  du  Travail {français 

Bibliothèque    du     parlement— Catalogue  /  anglais, 
supplémentaire (  français 

Rapport  de  la  Marine (  anglais. 

I.  français 

Rapport  de  la  Milice  (anglais. 

t  français 

Gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest j  an&lats- 

Rapport  des  pénitenciers  (Justice) j  an£lais- 

Rapport  du  directeur  général  des  Postes.    /an£la1?- 

Comptes  publics /anglais. 

t  français 

Impressions  publiques  et  papeterie -|  an£lais- 

Travaux  publics (anglais. 

i  français 

Chemins  de  fer  et  Canaux (anglais. 

t  français 

Commission  des  chemins  de  fer    (anglais. 

t  français 

A  reporter 


Nombre 
d'exem- 
plaires . 


3,635 
1,000 
4,120 

890 
5,585 
1,285 
3,485 

730 
4,535 

830 
4,385 

875 

4,325 

3,835 

735 
3,835 

835 
4,335 

835 
3,835 

835 

53,610 

14,980 

3,635 

940 
3,810 

762 
3,855 

990 
3,610 

950 
8,210 

740 
3,185 
1,090 
7,610 

990 


500 

3,610 

845 
3,810 

940 
3,610 

765 
3,200 

795 
3,735 

795 
3,610 

790 
3,285 
1,200 
3,835 

940 
3,935 

800 
3,725 
1,000 


Nombre 

de 
pages. 


209,442 


160 
160 
128 
122 
2,058 
2,072 
644 
644 
104 
104 
316 
320 

338 

96 

96 

1 

1 

1 

1 

16 

16 

432 

450 

456 

456 

662 

176 

208 

208 

480 

486 

76 

76 

932 

932 

170 

168 

90 

168 
168 
48 
48 
231 
248 
208 
208 
592 
592 
266 
266 
74 
74 
512 
512 
412 
408 
148 
148 


19,167 


Distribution. 


Parle- 
ment. 


2,235 

485 
2,235 

480 
2,485 

485 
2,235 

480 
2,235 

480 
2,435 

475 

2,710 

2,435 

485 
2,435 

485 
2,435 

485 
2,435 

485 
2,735 

720 
2,235 

480 
2,235 

480 
2,230 

480 
2,235 

485 
2,235 

480 
2,235 

480 
2,235 

480 

500 

2,235 

485 
2,435 

480 
2,235 

475 
2,035 

485 
2,435 

480 
2,235 

480 
2,235 

485 
2,460 

480 
2,335 

485 
2,325 

485 


81,530 


Minis- 
tères. 


500 
250 

1,000 
150 

2,000 
500 
350 

ÏJ350 


600 
100 

500 

450 

50 
450 

50 
950 

50 
450 

50 

50,«MX) 

14,000 

500 

200 

700 

12 
750 
250 
500 
200 
5,000 

"50 

350 

4,500 

250 


500 
100 
500 
200 
500 

35 
300 

50 
400 

50 
500 

50 
200 
500 
500 
200 
700 

50 
500 
250 


Réserve 


50 

15 

25 

10 

250 

50 

50 

10 

100 

100 

500 

50 

15 

100 
50 

100 
50 

100 
50 

100 
50 
25 
10 
50 
10 
25 
10 
25 
10 
25 
15 

125 
10 
50 
10 
25 
10 


Ex.  re- 
liés, doc. 

parle- 
ra en  t'res 


9H,147|       2,645 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Tableau  n°  1. — Rapports  annuels  présentés  au  Parlement,  session  de  1907-08. — Fin. 


Titre  du  document. 


QUATRIÈME   SESSION,    DIXIEME  PARLEMENT— Fin. 

Report 

Secrétariat  d'Etat 

Coinmiss.  du  ch.  de  fer  transcontinental  . .  1 1 ^cais 

c— {S^L 

Commerce  et  navigation {  ggjjj?; 

Soldes  non  réclamés  dans  les  banques.   . . .  -{ f^ca^s 

Poids,  mesures,   éclairage— Partie   III  du /anglais. 

rapport  du  Revenu  de  l'Intérieur (français 

Totaux   


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


209,442 

3,610 
3,585 
1,295 
9,770 
1,880 
3,925 
785 

[    4,085 

3,610 
990 

242,977 


Nombre 

de 

pages 


19,167 

604 

32 

32 

1,154 

1,156 

804 

804 

666 

72 
72 

24,563 


Distribution. 


Parle- 
ment. 


Minis- 
tères. 


81,530 

2,235 
2,210 

545 
4,770 

950 
2,475 

475 

2,710 

2,235 

480 

100,615 


93,147 

500 
500 
500 
3,200 
400 
50C 
50 

225 

500 
250 

99,772 


Réserve 


2,645 

25 
25 


100 
20 

100 
10 

50 

25 
10 

3,010 


Ex.  re- 
liés, doc. 

parle- 
mentes 


31,765 

850 
850 
250 
1,700 
500 
850 
250 

1,100 

850 
250 

39,215 


12 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Tableau  n°  2. — Rapports  supplémentaires,  session  de  1907-08. 


Titre  du  document. 


Statistique  des  canaux {  ™£™is 

(  anglais. 
\  français 


Rapport  des  commissaires  du  havre. 


Rapp.  des  comm.  des  territoir.  du  Yukon.  j  fi^L^is 


Rapport  de  la  division  des  mines. 
Retour  des  élections  partielles . . 


/  anglais . 
'  "\  français . 

/  anglais . 
'  *  "  I  français 

Liste  maritime (îïïfe 

(.  français . 

Commis,  des  routes  d'eau  internationales .  -J  f  ^cais 

Rapport  de  la  commission  d'assurance l  an*>  ai?  ' 

Témoignage  devant  le  comité  permanent  de  l'agri- 
cult.  et  de  la  colonisât,  par  les  empl.  de  la  station 
agronomique  (publications  distinctes). 

D'W.Staunde» {-££ 

Prof.  John  Macoun (££&. 

Hih«ste™rt {S£$i. 

J.A.Ruddick  (anglais. 

(.français. 

C.E.Saunders  janglais. 

(.français. 

A.McXeil janglais. 

(.  français . 

Dr  James  Fletcher (anglais. 

(français. 

Félix  Charlan (anglais. 

(.  français . 

J.  W.  Robertson (anglais. 

(.français. 

G.  H.  Clarke (anglais. 

I  français . 

Dr  J.  G.  Rutherford. .  ". {  anSlai?  ■ 

(.  français . 

D.  Horn,  Grain  Standards -[  an8lai?  • 

(.  français . 

Tabac,  culture,  séchage,  etc /anglais. 

Croisière  du  Neptune 

Correspondance  et  mémoire,   convention /anglais. 

franco-canadienne \  français . 

Rapport  du  commissaire  de  la  laiterie (anglais. 

Tableaux  des  territoires  du  N.-O.,  1906 . . .  -f  anglais- 

'  \  français . 

Statistique  des  chemins  de  fer (anglais. 

(.  français . 

Inspection  des  bateaux  à  vapeur (anglais. 

(.  français . 


(anglais. 
'  \ français. 


Statistiques  vs  compagnies  de  steamers 

Conférence  coloniale  1907 

Réclamations  chinoise  et  japonaise— Rap-/  anglais, 
port  des  commissaires 1  français . 

Transport  canadien (anglais. 

(.  français . 


A  reporter 428,250 


Nombre 

Nombre 

d'exem- 
plaires. 

de 
pages. 

3,520 

170 

740 

170 

3,410 

168 

840 

168 

4,135 

32 

730 

32 

5,610 

140 

1,185 

140 

}    3,760 

32 

}    4,340 

438 

4,325 

8 

985 

8 

6,950 

208 

800 

224 

15,025 

36 

4,975 

32 

15,000 

32 

5,000 

32 

15,000 

20 

5,000 

20 

15,000 

30 

5,000 

30 

15,025 

10 

4,975 

10 

15,000 

26 

5,000 

28 

30,025 

32 

9,975 

36 

14,975 

14 

5,025 

14 

30,025 

28 

9,975 

30 

15,025 

18 

4,975 

18 

15,015 

90 

5,005 

86 

15,005 

118 

4,995 

120 

15,025 

84 

4,975 

84 

4,985 

478 

4,085 

32 

735 

36 

23,585 

180 

15,885 

192 

8,185 

232 

735 

232 

3,935 

140 

735 

136 

3,610 

84 

930 

84 

4,710 

122 

740 

120 

3,585 

644 

5,085 

40 

735 

42 

3,685 

96 

955 

96 

428,250 

6,002 

Parle- 
ment. 


2,335 

480 
2,235 

480 
2,235 

480 
2,235 

475 

2,610 

2,715 

2,475 
485 

4,90<> 
550 


12,675 

4,225 
13,500 

4,500 
13,500 

4,500 
12,750 

4,250 
12,775 

4,225 
12,750 

4,250 
27,025 

8,975 
12,675 

4,225 
26,175 

8,725 
12,775 

4,225 
12,765 

4,255 
12,755 

4,245 
13,525 

4,475 

2,335 

3,235 
485 

2,735 
635 

2,235 
485 

2,335 
485 

2,235 
475 

2,235 
480 

2,485 

2,235 
485 

2.235 
480 


Distribution. 


Minis- 
tères. 


300 

"3Ô6 

100 

1,000 


2,500 
450 

50 

500 

500 

250 

1,000 

250 


2,250 

750 
1,500 

500 
1,500 

500 
2,250 

750 
2,250 

750 
2,250 

750 
3,000 
1,000 
2,300 

800 
3.850 
1,250 
2,250 

750 
2,250 

750 
2,250 

750 
1,500 

600 
2,550 


Réserve 


20,000 

15,000 

5,000 


700 


500 

200 

1,600 


2,000 


500 
200 


94,650 


25 

500 

200 


100 


100 


100 


50 


25 

5 

25 

10 

250 


100 
25 


Ex.  re- 
liés, doc. 
parlem. 


RAPPORT  DU  SURINTENDAXT  DE  LA  PAPETERIE 


13 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 
Tableau  n°  2. — Relevé  des  impressions  courantes  du  Parlement,  session  de  1907-8. 


Titré  du  document. 


Report 


Commerce  de  grain— Comm.  royale  sur  le  -[  * JJJ^ç^ 

Canal  de  la  baie  Géorgienne— Service  géodétique . . . . 
Traité  re  Frontière  et  pêcheries  interna- /anglais. 

tionales \  français . 

Canal  de  la  baie  Géorgienne 

Rappore  sur  l'immigration  venant  d'Orient 

et  des  Indes 

Rapport  intérimaire  sur  exercices  de  la  f  anglais. 

milice .      ..\ français. 

Enquête  du  ministère  de  la  marine— Partie  I 

Trafic  de  l'opium  au  Canada— Suppression  du   ..... 

(  fLTl  &  1  fL\  S 

Arpentages  topographiques {français. 

Bulletins  du  Commerce  : — 

Avril  1907 

Mai  1907 

Juin  1907 

Juillet  1907 

Août  1907 

Septembre  1907 

Octobre  1907 

Novembre  1907 

Décembre  1907 

Janvier  1908 

Février  1908 

Mars  1908 . 

Commerce  et  Navigation,  états  mensuels  non  re- 
visés : — 

Avril  1907 

Mai  1907 

Juin  1907 

Juillet  1907 

Août  1907 

Septembre  1907 

Octobre  1907 

Novembre  1937 

Décembre  1907 , 

Janvier  1908 

Février  1908 

Mars  1908 


Totaux 


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


Nombre 

de 

pages. 


428,250 

4,050 

790 

5,185 

3,175 

725 
5,285 

5,610 
2,735 
685 
2,500 
4,085 
7,610 
1,000 

3,340 
3,340 
3,340 
3,340 
3,335 
3,340 
3,290 
3,290 
3,390 
3,590 
3,390 
3,390 


2,890 
2,890 
2,890 
2,890 
2,890 
2,890 
2,890 
2,740 
2,740 
2,740 
2,740 
2,740 

545,990 


6,002 

40 
42 
162 
12 
16 
80 

12 

18 

20 

346 

14 

356 

362 

180 
176 
168 
154 
212 
176 
176 
186 
186 
18S 
160 
188 


Distribution. 


Parle- 
ment. 


Minis- 
tères. 


424 
424 
424 
416 
424 
424 
424 
424 
424 
424 
424 
424 

12,562 


313,720 

2,200 
540 

3,235 

2,325 
475 

2,435 

2,235 
2,235 

485 
2,500 
2,235 
2,235 

490 

2,240 
2,240 
2,240 

2,240 
2,235 
2,240 
2,190 
2,190 
2,190 
2,190 
2,190 
2,190 


2,240 
2,240 
2,240 
2,210 
2,240 
2,240 
2,240 
2,090 
2,090 
2,090 
2,090 
2,090 

363,475 


94,650 

1,000 

' i,CÔ6 


2,000 

2,500 
500 
200 


Ré- 


1,000 

4,500 

250 

1,100 
1,100 
1,100 
1,100 
1,100 
1,100 
1,100 
1,100 
1,200 
1,400 
1,200 
1,200 


450 
450 
450 
450 
450 
440 
450 
450 
450 
450 
450 
450 

126,800 


1,680 


100 


25 


200 
200 
200 
200 
200 
200 
200 
200 
200 
200 
200 
200 

4,240 


Exemp. 
reliés, 
doc. 

parlem. 


18,200 

850 
250 
850 
850 
250 
850 

850 


850 
850 
250 


24,900 


14         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Tableau  n°  3. — Rélevé  des  impressions  courantes  du  Parlement,  session  de  1907-8. 


Titre  du  document. 


Nombre  Nombre 


d'exem- 
plaires. 


Quatrième  session,  dixième  parlement. 

Procès-verbaux {français 

-d  il  A-  i  «anglais 

Bulletin {français 

Procès-verbaux  du  Sénat {lançais 

Bills  d'intérêt  public  (Communes) |  français 

Bills  d'intérêt  public  (Sénat) {fonçais 

Bills  d'intérêt  privé  (Communes) I  \r^n^\s 

Bills  d'intérêt  privé  (Sénat) {lançais 

Bills  en  3e  lecture  (Communes) \  f-^^ais 

Bills  en  3e  lecture  (Sénat) {francs 

Réponses  (pour  distribution  et  pour  insertion  aux  docu-j anglais. 

ments  parlementaires,  ou  pour  l'une  et  l'autre) \  français 

Causes  de  divorce  (400  exemplaires  pour  chacune  des  8  causes) 

Journaux — 

Chambre  des  Communes {  £^g 

Annexe  n°  5. — Accusations  du  major  Hodgins 

h        n°  6. — Enquête  sur  le  pont  de  Québec — Vol.   I 

ii  »  ii  m  Vol.  II 

S-t (£*!& 

Totaux 


de 


2,431 
481 
606 
17(5 

1,951 
336 

2,285 
5'  »5 

2,285 
505 
890 
255 
890 
255 
410 
130 
535 
180 
17,795 
725 

3,200 


900 

250 

3,185 

7,765 

7,365 

900 

250 


57,501 


1,538 

1,538 

2.712 

2,814 

1,1!  8 

1,172 

5  2 

470 

84 

84 

214 

180 

116 

120 

621 

520 

224 

231 

217 

16 

190 


680 
664 
488 
208 
634 
584 
584 


Distribution. 


Parle- 
ment. 


18,673 


2.231 
411 
666 
176 

1,951 
336 

2,285 
505 

2,285 
505 
890 
255 
890 
255 
410 
130 
535 
180 
16,945 
475 

3,200 


Exempl. 

reliés, 

doc. 

parlem. 


2,335 
6,915 
6,515 


51,281 


200 
70 


850 
250 


900 
250 
850 
850 
850 
900 
250 


6,220 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


15 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Tableau  n°  4., — Etat  relatif  aux  Débats  de  la  Chambre  des  Communes  et  du 

Sénat,  1907-8. 


Nombre 
d'exem- 
plaire. 

Nombre 

de 
pages. 

Distribution. 

Chamb. 
desCom- 
munes. 

Sénat. 

Reliés. 

Ré- 
serve. 

QUATRIEME   SESSION,    lOme   PARLEMENT. 

Chambre  des  Communes — 

Débats  édition  quotidienne  (texte  anglais) 

1,125 

2,841 

507 

10,800 

154 

2,420 

30 

210 

400,998 

6,999 

7,087 

7,182 

292 

1,857 
1,740 
1,950 
1,858 

1,670 

875 

2,076 

332 

10,800 

250 

640 
150 

125 

m                ii        (français) 

Index  hebdomadaire  aux  Débats  revisés 

25 

Sénat— 

139 

1,860 
30 

5ÔÔ 

25 

60 

h      en  volumes  (anglais) 

h      édition  quotidienne  (français)  

h      en  volumes  (français) 

205 

Exemplaires  supplémentaires  de  discours,  etc., 
tirage  sur  demandes  de  députés  et  de  sénate's. 

Totaux 

419,085 

30,635 

14,083 

2,129 

1,495 

490 

Tableau  n°  5. — Impressions,  etc.,  des  statuts,  1906-7. 


Titre  du  document. 

Nombre 

de 
volumes. 

Nombre 

de 

pages. 

Réserve. 

STATUTS. 

6-7  Edouard  VII. — Sme  session,  10me  parlement. 

Volumel... {££& 

Volume*..... ...{«*£. 

Chapitres  distincts,  lois  d'intérêts  public  et  prive  (reunis)  

6,000 

1,550 

5,300 

900 

54,450 

68,200 

550 
564 

358 
378 
578 

6,000 

1,550 

5,300 

900 

54,450 

Totaux 

2,428 

68,200 

16         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Tableau  n°  6. — Relevé  des  travaux  d'impression  de  brochures  et  de  livres  divers 
exécutés  durant  l'exercice  expirant  le  31  mars  1908  (exemplaires  et  pages  réunis). 


Description. 


Ministère  de  V Agriculture — 

Canadien  Patent  Office  Record  (14  éditions) 

Index  au  Patent  Record,  1906 

1907  

Annuaires  statistique  du  Canada,  1906  (anglais) 

..  t.  h  (français) 

Beurre  de  crème  douce  (français) 

Rapport  de  la  convent.  de  l'assoc.  de  laiterie  à  Huntingdon. 

Loi  des  brevets  (français) 

Règlements  et  formules,  bureau  des  brevets 

Eau  dans  le  beurre 

Subventions  pour  entrepôts  figorifiques  (anglais) 

ii  n  n  (français) 

Règlements  de  quarantaine . 

Races  principale?  de  porcs  (français) 

Récolte  de  la  crème  pour  beurre 

Coopération  pour  la  mise  en  vente  des  pommes  (anglais). . 

Fabrication  du  beurre  sur  la  ferme  (anglais) , 

n  n  n      (français) 

Loi  concernant  la  santé  publique  (français) 

Coopération  pour  la  mise  en  vente  des  pommes  (français). 

Emballage  des  pommes 

Loi  concernant  l'inspection  des  grains  de  semence,  des 

Statuts  revisés  avec  ex plication 

Règlements  re  Inspection  des  viandes 

Rap.  du  secret,  de  l'assoc. des  prod.de  gr.de  sem.  canad.  (f.) 

n  (angl.) 

Rapport  de  la  récolte  des  fruits  n°  2 

,.      n°4 

Fruit  et  emballage  des  fruits  (français)   

Consommation  (anglais) 

n  (français) 

Rap.  de  la  concur.  pour  moissons  du  grain  de  sem.  sur  pied. 

Recensement— Fabricants  du  Canada  1906  

Chapitre  134  Statuts  revisés,  1906 

Rapport  de  la  récolte  des  fruits  n°  5 

Loi  des  marques  de  coin. et  dessin  et  loi  conc.  la  mar.de  bois 

Meilleures  vaches  laitières     

Marques  de  commerce,  droits  d'auteur  (français) 

Grain  de  semence 

Maladie  des  bestiaux  de  Pictou — Rapport  sur 

Rapport  sur  l'épreuve  des  vaches  (français) 

Loi  des  droits  d'auteurs 

Production  du  bacon  (anglais) 

Les  fermes  et  récoltes 

Epreuve  de  germination,  Rapport  sur  les 

Grain  de  semences,  maïs  des  champs  et  blé  d'Inde  (angl.) 
n  n  (français) 

Recensement  d'Ontario,  Québec  et  des  prov.  maritimes . . 

L'industrie  laitière 

Culture  des  pommes  (français) 

Récolte  1907  (anglais)   

..        (français) 

La  Silo  Stave  (anglais) 

n  (français)    

Sol  alcalin  (anglais) 

(français) 

Alfalfa 


A  éditeur  yénéral — 

Index  au  bill  des  subsides,  1907 

Chapitre  24— Loi  du  revenu  et  de  l'audition, 


A  reporter, 


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


14,800 

î,200 

1,200 

11,000 

2,000 

4,000 

4,000 

1,000 

5,000 

4,000 

10,000 

10,000 

4,200 

8,000 

15,000 

15,000 

20,000 

10,000 

500 

4,000 

15,000 

20,000 
1,000 
8,000 
2,000 
8,000 
8,000 

20,000 

20,000 
5,000 

12,000 

10,000 

200 

8,000 

5,000 

20,000 
5,000 

10,000 
2,000 

20,000 
6,000 

10,000 
1,000 

60,000 

20,000 
5,000 
5,000 
6,000 
4,000 

50,000 

14,000 
5,000 
3,000 

18,000 
3,000 
3,000 


250 
100 


Nombre 

de 

pages. 


3,972 
82 
88 
564 
568 
16 
48 
24 
33 
12 
12 
12 
32 
32 
16 
28 
16 
16 
20 
28 
36 

12 
24 
32 
32 
12 

8 

12 
16 
16 
20 
136 

2 

8 
24 
64 
24 
16 
20 
66 
32 
66 

8 
32 
34 
32 
60 
16 
80 
44 
48 
16 
16 
12 
12 


40 


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


557,100 


350 


557,450 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


17 


DOC.  PARLEMENTAJRE  No  32 

Taijleau  n°  6. — Relevé  des  travaux  d'impression  de  brochures  et  de  livres  divers  exécutés 
durant  l'exercice  expirant  le  31  mars  1908  (exemplaires  et  pages  réunis) — Suite. 


Description. 


Report . 


Greffier  de  la  Couronne  en  chancellerie — 
Index  à  la  loi  des  élections  fédérales. 
Loi  des  élections  et  index 


Douanes — 

Loi  des  douanes 

Liste  des  ports  et  ports  second,  et  des  stations  prévent. 

Liste  des  formules 

Rapport  financier 

Traité  franco-canadien 

Bulletin  des  évaluateurs  n°  260. 


Finances — 

Bill  des  subsides.. 


Autres  budgets  supplémentaires 

Report  des  compagnies  de  prêt. . . .  .^ 

Partie  G,  paginée  en  nombres  romains 

Bill  des  assurances  (brouillon) . .    . 

Rapport  concernant  le  traité  franco-canadien . 

Mémoire  re  traité  franco-canadien 

Bill  des  assurances  n°  42 

Exposé  financier  (anglais) 

m  ti         (français) 


Commission  des  études  géologiques — 

Index  général  des  volumes  de  I  à  XVI 

Val.  des  grav.  auri.  du  creek  Klondike  et  des  col.  (anglais). . 
ii  h  ii  (français). 

District  Similkameen  avec  carte  (anglais) 

m  ii  (français) 

Vallée  Telkwa  avec  carte  (anglais) 

m  m  (français) 

Pigments  minéraux  du  Canada  (français) 

Rapport  préliminaire  sur  New-Westminster  et  Nanaïmo 

(anglais) 

Rapport  préliminaire  sur  New- Westminster  et  Nanaïmo 

(français)  

Plantes  tertiaires  de  la  Colombie- Britannique 

Explorations  en  Nouvelle-Ecosse 

Productions  minérales  du  Canada 


Chambre  des  Communes — 

Loi  proposée  re  assurances  (anglais) 

Index  aux  Procès- verbaux  (anglais) 

ii  »  (français) 

Listes  des  députés  de  la  chambre  des  Communes. 

Arpentages  des  terres  fédérales,  Bill  n°  9     

Listes  des  comités 

Loi  des  élections  fédérales,  Bill  n°  80 


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


Affaires  des  Sauvages — 

Partie  J,  Rapport  de  l'auditeur  général..     

Rapport  concernant  les  écoles  des  sauvages 

Règlements  concernant  les  terres  des  sauvages 

Chapitre  81  re  sauvages  (anglais) 

h  n  (français) 

Documents  et  correspondance  échangée  entre  les  gouver 
ments  du  Canada  et  de  la  Colombie-Britannique 

Revenu  de  l'Intérieur — 
Bulletins  :— (Anglais). 

Conserves  alimentaires  (n°  132) 

Beurré  (n°  138) 


A  reporter. 


1,000 
3,500 


5,000 
2,000 
1,500 
100 
500 
5.000 


250 
250 
500 
275 

3,800 

5,100 
500 

1,000 

100 

20,000 

5,000 


2,500 
4,000 

750 
4,000 

750 
4,000 

750 

250 

4,000 

250 
1,500 
1,000 
3,000 


2,900 

244 

85 

2,500 

1,000 

750 

600 


500 

1,000 

200 

500 

50 

1,000 


2,500 
2,500 


Nombre 

de 
Pages. 


124 
128 


90 
48 
16 
156 
48 
16 


72 

112 

163 

188 

156 

80 

48 

40 

72 

32 

34 


1,028 
36 
40 
44 
44 
28 
28 
40 

56 

56 

168 

16 

16 


134 
24 
18 
72 
74 

24 


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


557,450 


4.500 


14,100 


36,775 


26,750 


8,079 


3,250 


655,904 


Nombre 
de 


>,787 


252 


374 


997 


1,600 


280 


346 


10,672 


32—2 


18         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Tableau  n°  6. — Relevé  des  travaux  d'impression  de  brochures  et  de  livres  divers  exécutés 
durant  l'exrcice  expirant  le  31  mars  1908  (exemplaires  et  pages  réunis) — Suite. 


Description. 


Report . 


Revenu  de  l'Intérieur— Fin. 

Bulletins  : — (Anglais) — Suite. 

Engrais  type  (n°  134) ...    

Liqueurs  spiritueuses  (n°  135) 

Essences  d'amandes  (n°  136) 

Cannelle  moulue  (n°  138) 

(  îingembre  moulu  (n°  137) 

Engrais  tels  que  vendus  (n°139) 

Lait  (No.  142) 

Crème  de  tartre  (n°  143) 

Lait  condensé  (n°  144) 

Miel  vaporisé  (n°  145) 

Saindoux  (n°  147) 

Drogues  (n°  146) .- 

Miel  (n°148) 

Bulletins  : — (Français) 

Engrais  types  (n°  134)  

Engrais  tels  que  vendus  (n°  139) 

Sirop  d'érable  (n°  141) 

(n°140) 

Circulaire  G — 770 

Circulaire  G— 310 

Liste  des  bulletins 

Loi  du  gaz  et  règlements  concernant  le  gaz . 


Intérieur — 

Certains  documents  re  terres  des  Doukhobors 

Règlements  concernant  l'exploitation  des  mines  de  houille 

Sommaire  des  règlements  re  Terres  fédérales 

Règlements  concernant  l'examen  des  arpenteurs  fédéraux . 
Adresses  présentées  au  gouverneur  général  et  les  réponses 

à  ces  adresses 

Loi  des  placers  du  Yukon 

Extrait  du  code  criminel  et  de  la  loi  des  chemins  de  fer. 

M.  Plaskett— Extrait  du  rapport  de  l'astronome 

M.  Stewart  m  m  h  

M.  Macara  .,  „  ■ 

Brochure  re  Territoire  du  Yukon 

Sommaires  des  règlements,  et  décisions  du  ministère  re 

levées  fédérales 

Bois  et  forêts— Extrait  du  rapport  de  l'Intérieur,  1906-7. 

Immigration  "  »  M 

Annexe  n°2  des  Bois  et  forêts — Extrait  du  rapport  de 

l'Intérieur,  1906-7  

Parc  des  Montagnes  Rocheuses  du  Canada — Extrait  du 

rapport  de  1 intérieur,  1906-7 

Directeurs  des  mines— Extrait  du  rapport  de  l'Intérieur, 

1906-7 ! 

Rapport  de   M.  Stewart  s;  r  l'immigration — Extrait  du 

rapport  de  l'Intérieur,  1906-7 

Canada' s  Fertile  Northland 

Rapport  re  Territoire  du  Yukon 

Vente  de  terres  des  Doukhobors 

Décisions  géographiques,  juillet  et  octobre  1907 

Terrains  des  écoles  à  vendre 

Résolutions  re  Territoire  du  Yukon  et  somm.  des  règlem. . 

Décisions  géographiques,  novembre  1907   

Terrains  houillers  de  l'Alberta  et  de  la  Saskatchewan 

Rapport  sur  l'irrigation,  1906-7  ainsi  qu'annexe  A  et  B. . . 

Extrait  du  rapport  sur  l'irrigation,  1906-7,  annexe  B 

Modification  à  la  loi  concernant  l'irriga.  (brouillon de  loi). 
Règlements  concernant  les  permis  annuels  de  couper  du 

bois  sur  les  terres 

Correspondance  et  documents  re  grain  de  semence 

A  reporter 


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


2,500 
2,500 
2,500 
2,500 
2,500 
2,500 
2,500 
2,500 
3,000 
3,000 
3,000 
3,000 
3,500 

500 
500 
500 
500 
800 
2,500 
1,000 
500 


1,000 

4,000 

1,000 

500 

10,000 
3,000 
200 
200 
200 
200 
2,000 

25,000 

2,000 

500 

1,000 

2,000 

1,000 

500 

11,000 

2,000 

2,000 

200 
1,500 
4,000 

200 
1,000 
2,000 
1,000 

700 

4,000 
1,000 


Nombre 

de 
Pages. 


32 

8 

8 

24 

192 
24 
8 
68 
12 
24 

216 

16 

48 

136 

28 

26 

40 

12 

148 

64 

12 

8 

8 

20 
4 
16 
90 
48 
10 

20 
40 


Nombre 
d'exem- 
plaires. 


655,904 


47,300 


Nombre 

de 
Pages. 


10,672 


554 


782,104 


12,600 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


19 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Tableau  n°  6. — Relevé   des    travaux   d'impressions  de  brochures    et    de    livres   divers 
exécutés  durant  l'exercice  expirant  le  31  mars  1908  (exemplaires  et  pages  réunis). 


Nombre 

Nombre 

Nombre 

Nombre 

Description. 

d'exem- 

de 

d'exem- 

de 

plaires. 

pages. 

plaires. 

pages. 

Report .... 

782,104 

12,600 

Intérieur — Fin. 

Règlements  concernant  les  réserves  forestières 

3,000 

10 

Plantation  des  arbres 

20,000 

20 

Rapport  concernant  le  grain  de  semence 

700 

8 

Règlements  concernant  les  examens  des  arpenteurs  fédér. 

1,000 

24 

Règlements  concernant  les  homesteads,  territ.  du  Yukon. 

2,000 

8 

111,600 

1,486 

Justice  — 

Mémoire  re  Loi  de  l'Amérique  Britannique  du  Nord 

100 

288 

Législation  provinciale,  1904-6  (anglais) 

500 

200 

Rapport  de  la  cour  de  l'échiquier,  n°  4,  vol.  X 

1,000 

90 

n.  1,  vol.  XI 

1,000 

112 

2,60o 

690 

Travail — 

Convention— United  Mine-  and  Pacific CoalCo.  d'Alberta 

4,000 

16 

Commission  chargée  de  s'enquérir  des  heures  de   travail 

des  employés  de  téléphone 

Rapport  sur  l'immigration  d'Orient 

5,000 

112 

1,500 

56 

10,500 

184 

Revue  mensuelle  de  la  température  (12  éditions) 

13,200 

144 

Règlements  généraux  des  pêcheries  (2  éditions) 

5,000 

12 

il            des  pêcheries  pour  Ontario 

1,000 

8 

ii                                ii                Québec 

1,000 

12 

m                               ii                la  Colombie-Britannique.. 

2,000 

12 

Qualités  exigées  des  inspecteurs-adjoints 

100 

8 

Liste  des  phares  en  Canada,  1906 

1,300 

288 

500 

88 

ii              n                n            partie  de  la  côte  du  Pacifique 

400 

24 

Règlements  du  pilotage  pour  le  district  de  Montréal 

250 

20 

Rapport  de  la  Commission  des  pêcheries  p.  la  Col.-Britan. 

1,500 

112 

Réel.  conc.  les  examens  des  capit.  et  seconds  (français).  .. 

500 

64 

Instructions  aux  otficiers  des  pêcheries  (anglais) 

500 
100 

32 
32 

n                    ii                    n                (français) 

Régi.  gén.  des  pêcheries,  extraits  de  la  Gazette  du  Canada 

2,000 

20 

Tables  des  marées  pour  la  côte  de  l'est   . . 

3,500 

52 

Règlements  du  service  de  sauvetage  du  Canada 

600 

16 

Tableaux  météorologiques,  1905,  partie  VII 

50 

20 

Pisciculture  (anglais) ... 

250 

40 

n            (français) .... 

100 

200 
500 

56 
32 
36 

Musée  des  pêcheries  du  Canada 

Rapports  spéciaux  (anglais) 

n                .1        (français) 

Rapp.  de  la  Comm.  sur  les  pêcheries,  de  la  B.  -Géorgienne 

100 

34 

1,200 

60 

Liste  des  décisions  dn  conseil  géographique 

200 
1,200 

8 
418 

Tableaux  météorologiques,  1906 

Tables  des  marées  pour  la  côte  de  l'est  du  Canada,  1909. . 

4,000 

56 

Index  aux  avis  aux  marins 

800 
3,500 

24 
36 

Tables  des  marées  p.  la  côte  du  Pacifique  du  Canada,  1908 

Routier  pour  les  grands  lacs 

500 

12 

46,050 

1,776 

Milice  et  Défense — 

Ordres  généraux  de  la  milice,  publiés  régulier,  (anglais). . 

101,150 

436 

n                        m                        ,i                   (français).. 

14,350 

412 

Procès- verbaux  du  conseil  de  la  milice   (hebdomadaires). . 

1,000 

358 

Liste  trimestrielle  de  la  milice  (4  éditions)  

11,150 

1,504 

Livre  22  de  la  milice— Instructions  aux  cuisiniers 

1,500 

24 

Mémoire  des  instructions  relatives  aux  camps 

500 

60 

Avantages  des  armées  permanentes  

Notes  choisies  relativement  au  camp  (français) 

500 

20 

500 

12 

Instructions  pour  la  pratique  en  gagnant  la  mer 

300 

56 

Instructions  pour  rendre  compte  du   matériel  d'artillerie . 

500 

8 

Guide  de  la  carabine  Ross,  1907 

5,000 

30 

A  reporter 

1,006,804 

18,240 

32-21 


20    DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Tableau  n°  6. — Relevé  des  travaux  d'impressions  de  brochures  et  de  livres  divers; 
exécutés  durant  l'exercice  expirant  le  31  mars  1908  (exemplaires  et  pages  réunis) — 
Suite. 


Description. 

Nombre 
d'exem- 
plaires. 

Nombre 

de 
pages. 

Nombre 
d'exem- 
plaires. 

Nombre 

de 
pages. 

Report  ....    

1,006,804 

i 
149,185 

130,123 

61,420 

2,350 
1,300 

18,240 

Milice  et  Défense— Tin. 
Manuel  d'exercices  p.  la  grosse  artillerie  de  camp. — Canada 

Sommaire  des  instructions,  1907 

Partie  Q,  rapport  de  l'Auditeur  général 

1,500 
300 
50 
500 
100 
H0 
400 
500 
500 
300 

2,450 
350 

2,500 

25 

600 

500 

500 

1,000 

600 

48 
32 

120 

32 

8 

8 

26 

340 
70 
12 
16 
16 
66 
2* 
58 
48 

52 

12 

176 

Raport  re  admission  au  collège  militaire  royal 

Ordre  général  156 

Ordres  généraux  146-155 

Pratique  d'artillerie— Petawawa 

Exercices  d'infanterie  et  manuel  d'exercices 

Ordres  permanents — Corps  d'ar'illerie  canadien 

Rapport  des  visiteurs,  collège  militaire  royal 

Index  aux  ordres  généraux  (anglais) 

ii            it             h          (français) 

Mémoire  pour  les  camps  d'instruction 

Index  aux  procès- verbaux  du  conseil  de  la  milice 

Instructions  pour  la  pratique  

Ordres  permanents  ponr  la  forteresse  à  Halifax  . . 
Ordres  permanents  pour  le  service  du  corps  canadien  per- 
manent   

Instructions  pour  le  choix  des  emplacements,  etc 

Règlements  p.  le  service  de  l'artillerie  canadienne,  partie  I. 

4,08 

Postes— 

Guide  postal  officiel,  1908  (anglais) 

ii            h            h          (français) 

Supplément  trimestriel  du  guide  postal  (anglais) 

14,758 

2,500 

56,575 

9,800 

40 

225 

3,600 

375 

150 

200 

33,500 

8,400 

716 
748 
60 
60 
10 
40 
204 
16 
44 

22 
160 
160 

ii                    h                    m                 (français).. . . 

Catalogue  des  articles  en  magasin 

Instructions  aux  courriers  de  la  malle  sur  ch.  de  f.  (français) 
Liste  des  trains-poste,  n°8 114  à  116 

Instructions  aux  facteurs  (français) 

Catalogue  des  articles  en  magasin 

Instructions  pour  la  gouverne  des  commis  de  la  division  des 

Circulaire  mensuelle  relative  aux  mandats  de  poste  (anglais) 
"                        M                   h                    h                 (français) 

2,246 

Impressions  et  papeterie  publiqws — 

Guide  postal  officiel,  1908  (anglais)   

»            h            h          (français) 

Supplément  trimestriel  du  guide  postal  (anglais) 

1,000 
100 

1,800 
350 

5,000 

2,000 

250 

50 

250 

100 

400 

20 

43,800 

6,300 

716 

748 
48 
48 
132 
208 
48 
32 

24 
64 

20 

36 

2,116 

744 

"                    ii                       h                 (français) 

Tarif  des  douanes   

Commission  royale  au  sujet  de  l'assurance  sur  la  vie 

Liste  des  prix  des  statuts 

Rapport  confidentiel  spécial 

Extrait  de  la  preuve  devant  le  comité  des  comptes  publics 

le  5  mars 

Extrait  des  Débats  revisés  du  6  mars 

Liste  des  effets  en  magasin 

Index  aux  statuts 

Lois  diverses  réimprimées  (anglais) 

>•                      »              (français) 

4,984 

Travaux  publics — 
Catalogue  de  la  galerie  nationale  des  arts  

2,000 
100 
250 

36 

72 
64 

Service  télégraphique,  extrait  du  rapport  annuel 

"                m              règlements 

172 

Chemins  de  fer  et  Canaux- 
Règlements  des  canaux  (anglais) 

•:                   h            (français) 

1,000 
300 

32 

32 

64 

A  reporter 

1,214,132 

26,870 

RAPPORT  DU  SURINTEXDAXT  DE  LA  PAPETERIE 


21 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Tableau  n°  6. — Relevé  des  travaux  d'impression  de  brochures  et  de  livres   divers  exé- 
cutés durant  l'exercice  expirant  le  31  mars  1908  (exemplaires  et  pages  réunis.) — Fin. 


Description. 

Nombre 
d'exem- 
plaires . 

Nombre 

de 

pages. 

Nombre 
d'exem- 
plaires. 

Nombre 

de 
pag  es. 

Reporté 

20 
32 

1,214,132 
300 

11,950 

137,600 

26,870 
52 

Secrétariat  cVEtat — 

Sommaire  des  compagnies  établies  par  chartes,  1898-1906. 
Liste  des  journaux .    . . 

50 
250 

Sénat  - 

Liste  des  sénateurs . .   . .    

h                h 

300 
500 
200 
800 
7,000 
3,000 
150 

16 
12 

18 

18 

88 

104 

6 

Pensions  des  vieillards,  discours,  (français) 

Dominion  Power  Development  Company,  Bill  H 

262 

Commerce — 

Rapport  et  index  hebdomadaire 

132,850 

250 

2,750 

200 

50 

500 

1,000 

838 

2 

280 

2 

24 

48 

40 

Tarif  des  principaux  pays 

Paiement  des  primes  sur  la  ficelle  d'engerbage  et  la  corde. 
Instructions  aux  fonctionnaires  canadiens  du  commerce . . 

Rapport  de  la  Commission  Royale  sur  le  grain 

1,234 

1,363,982 

28,414 

Tableau  N°.  7. — Impression,  etc.,  de  la  Gazette  du  Canada,  vol.  XLL,  1907-8. 


Titre. 

Moyenne  de 
l'édition 
annuelle . 

Nombre 

de  pages  du 

volume. 

Distribution  hebdo- 
madaire. 

Par  l'impri- 
meur du  Roi. 

Par 

voie  postale. 

Gazette  du  Canada 

102,400 

3,030 

50 

1,750 

Tableau  No.  8. — Impression  des  listes  électorales,  1907-8. 


Nombre 
d'ex- 
emplaires. 

Nombre 

de 

pages. 

Dix-huit  demandes ^ 

1,620 

750 

DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Tableau  n°  9. — Impressions  typographiques  exécutées  pour  les  ministères  du  1er 
avril   1907,  au  31  mars   1908. 


Département. 

Avril. 

Mai. 

Ju 

N. 

Enve- 
loppes. 

Exem- 
plaires . 

Enve- 
loppes. 

Exem- 
plaires. 

Enve- 
loppes. 

Exem- 
plaires. 

330,000 
2,000 

"  3b|6ôô 

2,000 

107,526 

7,700 

250 

857,830 

76,562 

1,050 

950 

23,070 

67,616 

409,930 

23,910 

26,000 

25,950 
8,250 

"200 

21,500 

3,000 

12,000 

3,000 

5,000 

3,000 

100,000 

585,585 
4,410 

75,000 

199,623 

370 

Greffier  de  la  Couronne  en  chanc. 

Douanes 

Finances     # 

Commission  des  études  géologiq . 
Gouverneur  général 

136,875 
13,840 

60,000 
5,000 

39,335 
3,110 

200 

5,400 

5,000 

66,200 

500 

60 

4,690 

16,730 

164,785 

12,550 

5,200 

61,675 

85,810 

58,655 

1,197,320 

3,250 
25,575 
17,830 
39,630 

1,000 
34,275 

2,565 
19,100 

570 

500 

5,200 
7,000 
5,500 

1,370 

22,625 

100,105 

Justice .    

10,025 

50,500 
85,000 

262,250 

67,500 

260,601 

17,329 

3,906,300 

540 

16,350 

46,330 

38,840 

5,000 

36,950 

9,416 

3,415 

48,000 
75,000 

111,920 

Milice  et  Défense 

Parlement,  chambre  du 

Postes 

92,910 
325 

203,200 

248,000 

2,376,833 

Impress.  et  papeterie  publiques.. 

Travaux  publics ...... 

Cemins  de  fer  et  Canaux 

16,045 
308,600 

15,000 
17,000 
62,500 

5,000 
12,000 

28,433 

45,980 

27,886 

200 

31,000 

5,000 

10,000 

34,000 

500 
13,000 

3,000 

63,000 

23,775 

Commission   du    chemin   de  fer 
Transcontinental 

100 

Totaux 

1,226,695 

5,984,965 

---"551,6GC 

>-    2,491,980 

559,200 

3,122,425 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DES  IMPRESSIONS  23 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Tableau  n°  9. — Impressions  typographiques  exécutées    pour  les  ministères,  etc. — Suite. 


Département. 

Juillet. 

Août. 

Septembre. 

Enve- 
loppes. 

Exem- 
plaires. 

Enve- 
loppes. 

Exem- 
plaires. 

Enve- 
loppes. 

Exem- 
plaires. 

5,000 

68,219 

13,500 

71,450 

35,300 

107,170 
100 

Greffier  de  la  Couronne  en  chanc. 

2,000 

18,575 
82,740 

10,000 

228,190 

60,641 

10,170 

8,600 

8,800 

65,605 

447,649 

13,065 

166,155 
42,820 

Finance 

3,000 

23,000 

Commission  des  études  géologiq  . 

31,750 
60 

1,000 
3,950 

50 

3,405 

249,360 

253,565 

7,550 

200 

18,905 

128,500 

5,250 

439,705 

100 

93,100 

140,885 

32,280 

4.920 

29,625 

2,500 

5,500 

250 

2,500 

3,000 

113,000 

11,700 

Affaires  indiennes 

21,300 

78,360 

422,290 
139,060 

104,000 

11,000 
2,000 

16,000 
114,500 

11,666 
500 

4^666 

1,000 

Justice  *. 

10,490 
75 

Bibliothèque  du  parlement  

16,000 

56,000 

3,000 

180,000 

76,050 

139,675 

95,140 

375 

1,696,360 

49,756 

74,386 

34,705 

6,000 

8,000 

4,285 

13,950 

22C 

41,535 

106,460 

6,550 

516,370 

1,350 

8,480 

35,175 

37,770 

5,000 

77,045 

200 

Milice  et  Défense 

Parlement,  chambre  du.    

Postes 

679,750 

H322 
4,000 

Impressions  et  papeterie  publiq. . 

Travaux  publics 

Chemins  de  fer  et  canaux 

Commission  des  chemins  de  fer. . 

2,600 
4,000 

3,000 

11,000 

1,500 

60,000 

Commerce 

7,000 

5,000 

Commission    du  chemin    de  fer 
Transcontinental 

Totaux 

388,550 

1,584,904 

943,572 

3,040,027 

306,600 

1,839,265 

24         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Tableau  n°  9. — Impressions  typographiques   exécutées  pour  les  ministères,  etc. — Suite. 


Département. 


Agriculture 

Auditeur  général 

Greffier  de  la  couronne  en  chanc 

Douanes 

Finances 

Commission  des  études  géologiq 

Gouverneur  général 

Affaires  indiennes 

Revenu  de  l'Intérieur  

Intérieur 

Justice 

Bibliothèque  du  parlement 

Marine  et  Pêcheries 

Milice  et  Défense 

Parlement,  chambres  du 

Postes. 

Conseil  privé 

Impressions  et  papeterie  publiq. 

Travaux  publics 

Chemins  de  fer  et  Canaux 

Commission  des  chemins  de  fer. 
Gendarmerie  à  cheval  du  N.-O. 

Secrétariat  d'Etat 

Commerce 

Commission  du    chemin  de  fer 
Transcontinental 


Octobre. 


Enve- 
loppes. 


80,000 
1,000 


81,300 
3,500 


12,500 
5,000 

44,000 
3,500 


10,500 


124,400 


7,000 

202,975 

3,500 


1,700 
6,000 


Totaux 


586,875 


Exem- 
plaires. 


126,013 

10,500 

3,600 

220,295 

48,190 

4,000 

736 

6,625 

90,080 

196,080 

11,660 


483,930 

178,105 

9,792 

384,400 

85 

141,857 

2,549,575 

19,310 

15,000 

17,300 

27,260 

25,375 


4,569,768 


Novembre. 


Enve- 
loppes 


127,000 


15,000 
4,400 


500 

51,000 

18,000 

6,000 


73,250 

15,000 

1,250 

394,421 


11,750 

35,700 

403,000 


6,000 


1,162,271 


Exem- 
plaires. 


164,809 

3,635 

2,500 

505,350 

25,395 

500 

1,697 

8,900 

78,910 

129,645 

11,450 

2,800 

529,475 

35,400 

26,435 

2,460,503 

6,804 

37,829 

23,985 

18,500 

10,920 

35,500 

13,200 

22,000 

200 


4,156,342 


DÉCEMBRE. 


Enve- 
loppes. 


110,000 
5,000 


15,000 
6,000 


500 

2,800 

25,000 

214,250 

1,000 


21,000 

50,600 

3,650 

364,500 


250 

500 

5,000 

1,200 

'  500 
2,500 


829,250 


Exem- 
plaires. 


74,800 

5,300 

1,400 

871,215 

13,040 

75 

1,554 

17,710 

6,870 

50,790 

.  22,000 


81,430 

163,820 

28,554 

2,946,926 


10,200 
44,439 

2,365 
14,000 
11,150 

4,312 
10,175 


4,382,125 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DES  IMPRESSIONS  25 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 
Tableau  n°  9. — Impressions  typographiques  exécutés  pour  les  ministères,    etc. — Fin. 


Département. 


A  griculture 

Auditeur  général 

Greffier  de  la  couronne  en  chanc . 

Douanes 

Finances 

Etudes  géologiques 

Gouverneur  général 

Affaires  indiennes 

Revenu  de  l'Intérieur 

Intérieur 

Justice 

Bibliothèque  du  parlement 

Marine  et  Pêcheries ...  .    . 

Milice  et  Défense 

Parlement,  chambre  du 

Bureau  de  postes 

Conseil  privé 

Impressions  et  papeter.  publiques 

Travaux  publics.   

Chemins  de  fer  et  Canaux 

Commission  des  ch.  de  f.,  bur.  de 
Gendarmerie  à  cheval  du  N.-O. 

Secrétariat  d'Etat 

Commerce 

Commission   du   chemin   de  fer 
Transcontinental 


Totaux. 


Janvier. 


Enveloppes 


6,400 


*Oj 


40,000 


14,000 

52,000 

11,000 

2,000 

5,000 

48,725 

25,000 

500 

299,925 

4,000 


Exemplai- 
res. 


752,710 
75 


822,530 

61,300 

25,000 

1,835 

7,100 

172,340 

143,170 

10,687 


5,350 
168,000 


500 
52,000 


805,000 


221,070 

270,300 

19,654 

4,491,592 

2,500 

99,912 

26,565 

29,145 

8,450 

27,660 

13,000 

1,500 


7,208,095 


FÉVRIER. 


Enveloppes 


3,000 
3,000 


Exemplai- 
res. 


5,000 

13,000 

7,000 

1,000 

750 


107,590 
2,000 


57,500 
20,000 


376,875 


15,000 
18,550 
20,375 


6,000 


656,640 


152,736 

150 

13,400 

603,390 

67,235 

2,450 

4,145 

10,575 

232,400 

247,495 

11,360 

500 

145,720 

358,140 

45,889 

2,551,354 


17,795 
96,490 
19,150 
11,100 
32,315 
5,300 
28,100 


4,651,189 


Mars. 


Enveloppes 


Exemplai- 


739,000 


2,000 

400 

10,000 

500 

1,000 


6,000 

74,000 

1,000 

1,000 

6,000 

10,000 

1,500 

366,200 


1,000 

46,550 

166,500 


30,000 
500 
500 


1,463,650 


92,434 

7,200 

5,090 

483,670 

41,875 

3,800 

315 

550 

190,755 

273,825 

21,865 

555 

33,561 

146,175 

83,553 

4,085,459 


1,219,325 

136,350 

23,310 

2,000 

152,300 

6,900 

6,000 


7,016,867 


26 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Tableau  n°  10. — Tableau  récapitulatif  des  impressions  typographiques  pour  l'exercice. 


Mois. 

Enveloppes. 

Exemplaires 

Avril     

1,226,695 
551,600 
559,200 
388,550 
943,572 
306,600 
586,875 

1,162,271 
829,250 
805,000 
656,640 

1,463,650 

5,984,665 
2,491,980 
3,122,425 
1,584,904 
3,040,027 
1,839,265 
4,569,768 
4,156,342 
4,382,125 

Mai 

Août 

Septembre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 

7,208,095 

Février 

4,651,189 
7,016,867 

Totaux 

5,503,686 

50,047,952 

Tableau  n°  11. — Etat  indiquant  le  nombre  des  planches  contenues  dans  les  rapports 
annuels  et  supplémentaires  pour  l'exercice. 


Titre  du  document. 


Agriculture 

Croisière  du  Neptune 

Fermes  expérimentales 

Intérieur 

Gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest 

Témoignage  de  J.    W.   Robertson,    comité    d'Agriculture  et  de 

Colonisation 

Réserves  du  Dominion,  au  nord  de  l'Alberta— Rapport  du  comité 

spécial  

Totaux 


Nombre 

de 
planches. 


2 
65 

10 

2 

13 


99 


Nombre 
d 'exemplai- 
res anglais 
et  français. 


5,010 
4,9^5 
68,590 
4,460 
4,375 

40,000 

1,175 


128,595 


Total. 


10,020 
324,025 

685,900 

8,920 

56,875 

240,000 

1,175 


1,326,915 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DES  IMPRESSIONS 


27 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 


o 


O) 

Oh 


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G 

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DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 


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30        DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Tableau  n°  13. — Tableau  récapitulatif  des  volumes  reliés  pour  l'exercice. 


Mois. 

Veau. 

Basane. 

Mouton. 

Cuir 
fendu. 

Percaline. 

Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

712 
688 
877 
347 
945 
800 
1,107 
825 
637 
908 
573 
550 

779 

466 
390 
596 
339 
341 
197 
247 
637 
904 
380 
596 

13 

12 

9 

5 

7,160 

101 

5 

6 

8 

33 

11 

602 

1,335 
1,123 
2,669 
1,054 
2,446 

205 
1,017 
1,486 

916 
2,393 
1,085 

155 

2,052 
3,051 
5,157 
10,083 
1,086 

Septembre 

2,027 

10,595 

6,073 

5,771 

Octobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 

Février 

10,684 
3,289 
2,152 

Mars 

Totaux 

8,969 

5,872 

7,965 

15,884 

62,025 

Tableau  n°  14. — Tableau  de  la  perforation,  du  numérotage  et  de  l'empaquetage 

pendant  l'exercice  1907-1908. 


Mois. 

Perforation. 

Numéro- 
tage. 

Paquets. 

A  vril , .... 

188,800 
158,400 
241,250 
300,300 
129,750 
75,350 
232,350 
135,500 
358,000 
324,450 
450,350 
241,950 

300,900 
522,700 
446,100 
362,350 
218,250 
283,950 
274,500 
308,700 
1,324,550 
351,450 
607,150 
430,700 

7,308 
9,047 
7,254 
5,115 
6,713 
2,487 
6,667 
4,343 
4,055 
7,599 
10,999 
6,076 

Mai 

Juin 

Juillet. 

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre 

Décembre 

Janvier 

Février „ 

Mars 

Totaux 

2,836,450 

5,431,300 

77,663 

Nombre  de  cartes  et  plans  montés 

Total  en  pieds  carrés,  7,388. 


1,691. 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE  31 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Tableau  n°  15. — Blocs-notes  confectionnés  pendant  l'exercice  1907-8. 


Département. 

1907. 

1908. 

A.vril. 

Mai. 

Juin . 

Juil. 

Août. 

Sept. 

Oct. 

Nov. 

Dec. 

Jan. 

Fév. 

Mar. 

Postes .... 

120 

115 
26 

30 
400 

130 

190 



118 
500 

578 

117 
640 

5 

50 

130 

12 

2,500 

105 

12 
105 

1,500 

728 
275 

490 
120 

80 

2,500 

Impressions  et  papete- 
rie publiques 

Agriculture 

450 

500 
2 

625 

50 

140 

Auditeur  général 

Douanes 

Finances 

Marine  et  Pêcheries  . , 

80 

10 
110 
270 
216 

2 
24 

700 

11 
40 

80 

12 

12 

90 

300 

172 

56 
24 
40 
50 

95 

599 

6 

50 

36 

750 

40 
50 

500 
398 

Gouverneur  général 

Affaires  indiennes 

Revenu  de  l'Intérieur.. 

50 

300 
72 

100 
70 

200 

200 

125 

50 

75 

50 

24 



818 

160 

300 

24 

Intérieur 

Justice.. 

50 

54 

600 

62 

60 

100 

263 

35 

100 

275 
100 

Gendarmerie  à  cheval 
du  Nord-Ouest 

Conseil  privé 

Travaux  publics ...... 

Che.  de  fer  et  Canaux. . 

67 
120 

12 

20 

162 

54 

20 

59 

77 

175 

95 

300 

367 

24 

80 

846 
30 

Secrétariat  d  Etat 

Ch.  des  Communes .... 

20 

25 

155 

100 

1 

Sénat ... 

10          2fi 

Bibliothèque  du   parle- 
ment   

15 
9 

Commission  des  études 
géologiques 

40 

45 

80 

30 
.40 

40 

80 

Milice  et  Défense 

Commerce 

Travail 

340 
60 

.    95 

150 

400 
110 

150 

80 

610 
270 

Totaux 

1,347 

941 

801 

2,235    1.022 

943 

2,675 

1,851 

3,436 

4,583 

2,393 

5,743 

DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


Tableau  n°  16. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
-Nombre  total  des  block-notes  confectionnés  dans  les  douze  mois. 


Mois. 

Quantité. 

Avril 

1,347 
941 

Mai.       

Juin     

801 

Juilllet 

2,235 

1,022 

943 

Août 

Septembre 

Octobre  .   . . 

2,675 
1,851 
3,436 

Novembre  . .   . 

Décembre — 

Janvier 

4,583 
2,393 
5,743 

Février 

Mars - 

Totaux 

27,770 

Tableau  No.    17. — Fabrication,  impression  et  timbrage  des  enveloppes  postales  affran- 
chies, du  1er  avril  1907  au  31  mars  1908. 


Désignation. 


Enveloppes  (1  cent) 

..  (2  cents) 

Totaux 


Quantité 
fabriquée. 


451,000 
2,554,000 

3,005,000 


Quantité 
timbrée. 


451,000 
2,554,000 

3,005,000 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DES  IMPRESSIONS 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 


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8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  32  A.  1909 


DIVISION  DE  LA  PAPETERIE. 

Ottawa,  janvier  1909. 
M.  S.  E.  Dawson,  C.M.G.,  Lit.  D. 

Imprimeur  du  Roi  et  contrôleur  de  la  papeterie. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  présenter  l'état  de  compte  général  de  cette  divi- 
sion pour  l'exercice  du  1er  avril  1907  au  31  mars  1908,  savoir  : — 

Valeur  des  fournitures  reportées  le  1er  avril  1907 $    175,619  90 

Valeur  des  fournitures  reçues  du  1er  avril  1907  au  31  mars 

1908 : 588,786  87 

Gages,  etc.,  débités  au  fonds  de  la  papeterie. 15,542  64 

Balance,  profits ........  1,646  43 

$    781,595  84 

Fournitures  livrées  aux  ministères,  service  intérieur    $    101,624  10 

"  "  extérieur 262,309  92 

Compte  d'ouvrage  de  l'imprimeur   du  Roi,  division  des  im- 
pressions        216,093  73 

Valeur  du  fonds   en   mains    au    31  mars  1908,  par  inven- 
taire        201,568  09 

$    781,595  84 


32-3J 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
L'Etat  comparatif  "C"  accuse  les  augmentations  suivantes,  savoir  : — 


Agriculture   

Douanes 

Commerce 

Finances 

Division  des  assurances 

Monnaie  Royale 

Frais  d'administration 

Bureau  du  gouverneur  général 

Hôtel  du  gouvernement 

Revenu  de  l'Intérieur 

Justice 

Solliciteur  général 

Pénitencier  de  Kingston 

m  Saint- Vincent-de-Paul . . 

ii  la  Colombie- Britannique. 

Cour  suprême 

Cour  de  l'échiquier 

Police  fédérale 

Marine  et  Pêcheries 

Milice  et  Défense 

Conseil  privé 

Travaux  publics ... 

Chemins  de  fer  et  Canaux 

Commission  de?  chemins  de  fer 

Chemin  de  fer  intercolonial 

Postes 

Travail 

Secrétariat  d'état 

Haut-commissaire  pour  le  Canada 

Examinateurs  du  service  civil 

Impressions  et  papeterie  publiques  

Compte  pour  ouvrage  de  livres 

Mines 

Intérieur 

Immigration 

Affaires  indiennes 

Fourniture  d'écoles 

Ministères  en  général 

Bibliothèque  du  parlement 

Bureau  de  l'auditeur  général 

Sénat.    

Chambre  des  Communes 


L'état  comparatif  accuse  aussi  les  diminutions  suivantes,  savoir  : — 

Justice— Pénitencier  de  Dorchester 

m  h  du  Manitoba 

Prison  de  Régina 

Greffier  de  la  couronne  en  chancellerie 

Chemin  de  fer  transcontinental 

Impressions  et  papeterie  publiques 

Division  des  mines 

Gouvernement  du  Nord-Ouest 

Commissaire  du  Yukon . .    

Affaires  indiennes 

Gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest 


Intérieur. 


1,726  85 
266  00 
504  00 

1,267  67 


245  53 

215  80 

40  35 

289  97 

529  08 


2,949  61 
1,300  89 
458  79 
1,327  59 
2,072  55 


5,720  65 

872  31 

418  27 

5  71 

0  27 


3,370  10 
3,481  07 


166  87 
ï^  03 


28,430  06 


27  22 
"3Ô'67 


117  52 


175  41 


Extérieur. 


$      c. 

4,889  15 

5,447  44 

665  20 

694  15 
1,722  41 
23 


1,470  10 

362  89 

165  82 

312  59 

72  53 

291  98 

97  88 

68  40 

5,370  94 

5,334  22 

6,414  27 

3,762  95 

462  48 

14,348  69. 

15,632  93 


3,381  65 
95,785  08 

2,954  03 

1,938  45 

766  25 

1,756  54 

129  98 

3,920  29 
14,280  31 


192,522  64 


63  90 
114  44 

191  82 

4,274  06 

2,730  21 
194  21 
545  34 

2,227  90 

10,341  88 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


37 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

A. — Etat  des  fournitures  reçues  et  livrées,  par  mois,  pendant  l'exercice  clos 

le  31  mars  1908. 


Marchandi 
Sterling. 

SES  REÇUES. 

Cours 
canadien. 

Fournitures 

livrées. 

1907. 

Avril 

Mai 

Juin 

£     s.     d. 

741  18    7 
1,174  18    9 
1,005  15    8 

706  16    9 
1,210  12    1 
1,294    6  11 
3,923    6    3 

423  17    3 

522    7    3 

152    4  11 
203    5    8 
149    8    3 

$        c. 

39,385  00 
42,133  55 
59,132  99 
46,979  41 
42,406  28 
35,613  59 
38,390  08 
51,305  68 
67,038  82 

33,176  36 
41,137  26 
36,077  84 

$        c. 

38,169  94 
44,128  70 
47,223  79 

Juillet .    

Août 

Septembre 

Octobre 

Novembre  ...    

Décembre 

1908. 

Janvier 

Février 

Mars 

45,661  31 
43,103  08 
47,559  78 
67,045  63 
53,945  62 
55,649  74 

49,641  01 
38,374  62 
49,524  53 

Payé  en  cours  canadien ... 

Payé  en  sterling 

532,776  86 
56,010  01 

11,508  18    4 

Total  des  dépenses 

588,786  87 

175,619  90 

15,542  64 

1,646  43 

Valeur  du  fonds  de  papeterie,  reporté  au  1er  avril  1907 

Salaires  portés  au  compte  du  fonds  de  la  papeterie 

Balance  des  profits   

Total  des  livraisons  de  fournitures 

580,027  75 

201,568  09 

781,595  84 

781,595  84 

DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

B. — Etat  de  la  valeur  des  fournitures  livrés  au  service  civil,  du  1er  avril  1907 

au  31  mars  1908. 


Département. 

Fournitures  livrées 

du  1er  avril  1907  au  31 

mars  1908. 

Service 
intérieur. 

Service 
extérieur. 

9       c 

7,383  22 
1,239  83 
1,151  27 
2,812  30 

3      c. 
10,710  50 

Douanes 

Commerce 

Finances   

m        Assurances 

m        Frais  d'administration 

16,248  02 
862  11 

1,012  14 

495  15 

h        Monnaie  royale 

1,722  41 

593  08 
648  47 

2,776  62 
572  47 

Hôtel  du  gouvernement 

Justice 

h      solliciteur  général 

n      pénitencier  de  Kingston ■ 

734  06 

508  73 

h                 M        de  Saint-Vincent-de-Paul. 

642  71 

m                  n        de  Dorchester     

134  93 

n                  n        du  Manitoba 

142  82 

n                 n        de  New-Westminster , 

205  51 

n                  n        d'Alberta 

113  03 

m      cour  suprême 

1,124  09 

214  05 

n      police  fédérale 

"l'.35i'76" 
7,855  76 
3,205  09 
1,512  41 
55  84 
3,986  18 
4,334  96 

171  20 

Revenu  de  l'Intérieur 

Marine  et  Pêcheries ....  i . . . 

3,461  06 
14,775  53 
23,600  22 

Milice  et  Défense 

Conseil  privé 

ii            greffier  de  la  couronne  en  chancellerie 

Travaux  publics 

Chemins  de  fer  et  canaux 

17,280  11 
6,405  93 

n                     commission  des  chemins  de  fer 

3,668  56 

n                     commission  du  ch.  de  fer  ranscontinenttal 

8,458  77 

ii                     chemin  de  fer  intercolonial.. 

29,668  98 

Postes 

Travail 

Secrétariat  d'Etat 

14,704  89 

1,851  47 

1,434  23 

86  43 

59  91 

1,678  09 

36,371  13 

n                Haut-commissaire  pour  le  Canada  à  Londres 

n               examinateurs  du  service  civil 

Impressions  et  papeterie  publiques 

5,479  11 

"                              ii               compte  d'ouvrage  de  livres 

216,093  73 

Intérieur 

33,555  55 

n        terres  fédérales 

10,145  4Œ 
4,960  17 

n        immigration 

Mines 

3,370  10 
2^456  iè* 

Division  des  mines     

735  95 

Affaires  indiennes 

n               fournitures  d'école 

2,546  84 
5,438  04 

Ministères  en  général 

Bibliothèque  du  parlement 

511  05 

354  25 

Auditeur  général 

2,436  96 

Gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest 

3,108  21 

Sénat 

11,894  32 
38,915  88 

Chambre  des  Communes 

Fonds  en  mains,  par  inventaire,  le  31  mars  1908 . 

101,624  10 

478,403  65 
101,624  10 

580,027  75 
201,568  09 

781,595  84 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 


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40         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


41 


DOC, 
D.— 


PARLEMENTAIRE  No  32 


Etat  comparatif  des  opérations  de  la  papeterie  depuis  1886-7  (époque  à  laquelle 
la  direction  en  fut  confiée  à  l'Imprimeur  du  Roi)  jusqu'à  1907-08. 


Papiers  et 

Paquets 

Paquets 

enveloppes 

Exercice. 

Fournitures 
reçues. 

Fournitures 
livrées. 

Demandes 

Lettres 
reçues 

Lettres 
expédiées. 

et  caisses 

"  expédiés 

par  voie 

postale. 

et  caisses 

expédiés 

par  voie 

ferrée. 

fournis  à  la 
division   des 
impressions 

pour  les 
travaux. 

$       c. 

$       c. 

$       c. 

1886-7 

128,463  16 

132,313  88 

10,297 

948 

3,243 

4,389 

102 

64,528  18 

1887-8 

183,731  61 

186,832  56 

11,251 

958 

3,712 

3,733 

168 

65,264  38 

1888-9 

192,101  36 

185,895  04 

11,591 

1,174 

4,020 

3,979 

185 

87,384  95 

1889-90. . . . 

180,747  41 

176,273  58 

13,708 

1,411 

5,939 

3,330 

244 

88,651  46 

1890-1 

185,089  29 

193,035  51 

15,220 

1,547 

6,483 

3,967 

463 

92,994  87 

1891-2 

218,495  69 

219,749  90 

17,694 

1,827 

6,711 

4,728 

1,794 

118,964  74 

1892-3 

228,100  38 

225,401  37 

17,855 

2,403 

6,869 

5,317 

2,118 

118,983  22 

1893-4 

191,838  69 

205,873  33 

16,901 

2,488 

6,951 

6,153 

2,111 

101,315  59 

1894-5 

190,840  65 

195,769  83 

17,857 

3,404 

8,178 

5,883 

2,017 

97,100  88 

1895-6 

197,592  91 

199,538  62 

18,899 

3,675 

9,132 

6,730 

1,469 

98,045  34 

1896-7 

205,051  35 

214,061  82 

20,756 

3,804 

9,406 

9,244 

1,122 

93,114  84 

1897-8 

230,497  06 

225,116  44 

21,772 

5,367 

11,457 

12,521 

1,170 

117,312  10 

1898-9 

218,088  17 

236,988  62 

21,047 

4,640 

13,059 

11,343 

1,217 

113,706  19 

1899-1900. . 

237,017  96 

252,100  23 

21,928 

5,983 

13.277 

14,129 

1,060 

110,049  48 

1900-1 

302,766  26 

301,495  95 

23;  227 

6,856 

13,689 

16,382 

1,038 

142,421  20 

1901-2 

296,721  64 

288,782  90 

23,086 

6,204 

15,292 

15,191 

805 

115,597  91 

1902-3 

280,414  42 

303,160  80 

23,148 

6,707 

15,360 

16,288 

412 

122,530  50 

1903-4 

353,810  93 

352,993  61 

25,752 

8,539 

19,289 

21,263 

689 

140,772  33 

1904-5 

438,232  96 

427, 7$3  74 

28,003 

8,439 

19,229 

22,822 

1,102 

162,787  26 

1905-6..... 

9  mois . . 

1906-7.   ... 

463,388  0H 

444,515  73 

28,808 

7,851 

18,459 

29,653 

1,182 

157,823  76 

390,043  40 

369,592  34 

22,355 

6,979 

15,363 

27,403 

661 

120,308  65 

1907-8. . . . 

588,786  87 

580,027  75 

31,818 

11,007 

23,115 

45,628 

3,129 

216,093  73 

42    DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

E. — Distribution  des  Stat  .ts  du  Canada;  7  Edouard  VIT,   troisième  session,  dixième 
parlement  1907,  texte  anglais  et  français,  demi-reliure  en  mouton. 


A  qui  distribués. 


Son  Excellence  le  gouverneur  général .    . 

Honorables  membres  du  cabinet 

t.  sénateurs 

Membres  de  la  Chambre  des  Communes, 


Total . 


Départements. 
Juges,  greffier  et  bureaux,  cour  suprême . 


cour  de  l'échiquier . 

Rédacteur  légiste,  Sénat 

ii  et  adjoints,  Chambre  des  Communes. . . . 

Bureaux,  Sénat 

h        Chambre  des  Communes     . .      

Bibliothèque  du  parlement . . 

Ministère     

"         de  la  Justice,  pour  les  agents 

Greffier  de  la  couronne  en  chancellerie 


Total . 


Volumes  1  et  2. 


Anglais.         Français 


3 

32 
128 
517 


680 


9 
2 

1 
3 

6 

9 

60 

85 

75 

1 

251 


8 

14 

104 


126 


4 
10 
16 

1 

35 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


43 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Distribution  des  Statuts,   1907 — Suite. 


A  qui  distribués. 

Volume  1. 

Volumes  1  et  2. 

Anglais. 

Français. 

Anglais. 

Français. 

Province  d'Ontario. 
Oou  vernement  provincial 

17 

22 

4 

19 

48 

25 

139 

43 

2 

45 

45 

62 

20 

•    48 

9 

287 

419 

Honorable  juges,  haute  cour 

Greffiers  des  cours 

Archivistes,  Osgoode  Hall 

Juges,  cours  de  comté 

Juges  puisnés,  cours  de  comté 

Magistrats  de  police 

Shérifs 

Procureurs  des  cours  de  comté 

Greffiers  de  la  paix 

m        des  cours  de  comté 

Régistrateurs 

Bibliothèques  et  collèges 

2 

Associations  d'hommes  de  loi 

Maires  de  villes 

Corporations  de  cités,  villes  et  comtés 

Journaux 

3 

Municipalités 

500 

Total 

500 

1,276 

5 

Province  de  Québec. 
Gouvernement  provincial 

7 
6 

37 
2 
6 

14 
1 
3 
7 
5 
4 
7 
4 

15 

12 
6 

19 
2 

19 
1 
1 
1 

43 

17 

Honorable  juges,  banc  du  roi 

6 

ti              h        cour  supérieure 

37 

Juge  et  greffier,  cour  de  vice-amirauté 

2 

Chambres  des  j  uges 

6 

Bibliothèques  des  avocats 

14 

Le  commissaire  d'extradition 

1 

Juges  et  greffiers,  sessions  de  la  paix   

3 

Recorders  et  greffiers 

7 

Magistrats  stipendiaires 

13 

Shérifs 

18 

Protonotaires 

15 

Greffiers  de  la  paix 

4 

Régistrateurs 

53 

Universités  et  collèges 

16 

Maires  des  cités  

6 

Corporations  des  cités,  villes  et  comtés 

68 

Commissaires  de  port 

Juge»  et  greffiers,  cours  de  circuit 

55 

Greffier,  cour  de  district 

1 

Greffier  de  la  couronne,  Montréal 

Le  Conseil  d'hygiène 



1 
1 

Journaux 

59 

Municipalités 

190 

645 

Total 

190 

645 

218 

413 

44         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Distribution  des  Statuts,  1907 — Suite. 


A  qui  distribués. 


Province  de  la  Nouvelle- Ecosse. 


Gouvernement  provincial  

Juges,  cour  suprême 

"      cour  de  comté 

ii      cour  de  probation 

•   n      et  régistraire,  cour  de  vice-amirauté. 

Protonotaires 

Chambres  des  juges.   

Shérifs 

Greffiers,  cours  de  comtés 

Corporations  des  cités,  villes  et  comtés . . 

Maires  des  cités 

Bibliothèques  et  collèges 

Commissaires  de  port 

Magistrats  de  police 

Magistrats  stipendiâmes 

Journaux 


Total . 


Province  du  Nouveau-Brunswick. 


Gouvernement  provincial 

Juges,  cour  suprême 

n      cour  de  comté 

n      cour  inférieure 

n      et  régistraire,  cour  de  vice-amirauté 

Chambres  des  juges 

Greffier,  cour  suprême 

ii        cour  de  comté . .    

n        cour  de  circuit 

Maires  des  cités 

Magistrats  de  police 

Magistrats  stipendiâmes 

Régistrateurs 

Shérifs 

Corporation  de  cité,  ville  et  comté 

Bibliothèques  et  collèges 

Journaux 


Total, 


Province  de  V  Ile-du-P  rince- Edouard. 


Gouvernement  provincial 

Juges,  cour  suprême   

n      cour  de  comté 

Magistrats  stipendiâmes 

Protonotaires 

Shérifs 

Chambres  des  juges   

Régistraires 

Greffiers  de  cours  de  comtés.. . 

Maires  des  cités 

Corporations  de  villes  et  cités . 

Greffier  de  la  couronna 

Société  de  loi 

Journaux 


Total. 


Volumes  1  et  2. 


Anglais.         Français. 


16 

7 
7 

20 

2 

18 

1 

18 

20 

34 

1 

7 

1 

2 

4 

55 


213 


16 

7 
7 

10 

2 

1 

1 

10 

7 

2 

6 

4 

15 

14 

20 

5 

33 


165 


14 
3 
3 
0 
3 
3 
1 
1 
3 
1 
3 
1 
2 

11 

55 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


45 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Distribution  des  Statuts,  1907 — Suite. 


A  qui  distribués. 


Province  de  la   Colombie- Britannique. 


Gouvernement  provincial. . . 

Juges,    cour  suprême 

ti  ii      comté 

Greffier,  cour  de  comté 

Chambres  des  juges 

Maires  des  cités 

Régistrateurs 

Corporation  de  cité  et  comté. 

Magistrats  de  police 

Magistrats  stipendiantes 

Shérifs 

Bibliothèques  et  collèges .... 
Journeaux 


Total. 


Province  du  Manitoba. 


Gouvernement  provincial 
Juges,    banc  du  roi  

h      cour  d'appel 

ii      cour  de  comté 

Greffier,  cour  de  comté . . . 

Magistrats  de  police 

Shérifs 


Régistrateurs 

Protonotaire . 

Bibliothèque  des  juges  . 
Maire  et  greffier  de  cité . 
Bibliothèque  et  collèges. 
Journeaux 


Total 


Province  d'Alberta. 


Gouvernement  provincial . 
Juges,  cour  suprême .... 

Greffier,  m  

Shérifs 

Régistrateurs 

Bibliothèques 

Journeaux 

Corporation  de  cité 

Magistrats  de  police 


Total 


Volumes  1  et  2. 


Anglais.         Français. 


12 

7 

12 

13 

1 

1 

1 

3 

3 

9 

24 

6 

9 

44 

134 

1 

14 

1 

3 

1 

4 

5 

1 

15 

21 

1 

5 

4 

1 

1 

1 

2 

3 

l 

74 

2 

46 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Distribution  des  Statuts,   1907 — Suite. 


A  qui  distribués. 


Province  de  Saskatchcwan 

Gouvernement  provincial 

Juges,   cour   suprême 

Greffiers,  m  

Shérifs 

Régistrateurs 

Bibliothèques 

Journaux 

Corporation  de  cité 

Magistrats  de  police 

Total 

District  du  Yukon. 

Commissaires 

Juges 

Officier  commandant 

Shérifs 

Greffiers  de  la  cour 

Fonctionnaires 

Journaux 

Total 


Volumes  1  et  2. 


Englais.         Français 


13 
4 
4 
3 
3 
3 

63 
] 
1 

85 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Distribution  des  Statuts,   1907 — Suite. 
Liste  n°  2,  reliure  en  veau. 


47 


A  qui  distribués. 


Son  Excellence  le  gouverneur  général.. .    

Leurs  Honneurs  les  lieutenants-gouverneurs  

Secrétaire  des  colonies 

Registraire  général. 

Les  ministres  du  cabinet 

Conseillers  privés  n'y  ayant  pas  autrement  droit 

Greffier  du  conseil  privé .  .    

Officiers  du  conseil  privé  (demi- veau) 

Les  sous-ministres  »  

Juges  et  registraires,  cour  suprême 

Bibliothèque  et  chambres  des  luges,  cour  suprême. . . 

Juge  et  registraire,  cour  de  l'échiquier 

Archiviste,  Secrétariat  d'Etat 

h  ministère  de  l'Agriculture   

Bibliothécaire  du  Parlement 

Greffier  du  Sénat 

i.        de  la  Chambre  des  Communes 

Président  du  Sénat .    . 

,,         de  la  Chambre  des  Communes 

Adjoint  du  greffier  de  la  Chambre  des  Communes. . . 

Rédacteur  légiste  de  la  Chambre  des  Communes 

Adjoint  du  rédacteur  légiste,  Chambre  des  Communes 

Rédacteur  légiste  du  Sénat 

Secrétaire  du  greffier,  Chambre  des  Communes 

Honorables  Sénateurs 

Bibliothèques  législatives 

Corps  religieux 

Gouvernement  britannique 

"  British  Muséum  "... 

Agence  canadienne  à  Paris  ...    .    

Etats-Unis,  Secrétariat  d'état 

h  procureur  général.  .    

n  bibliothèque  du  Congrès 

Ministère  des  Affaires  étrangères 

Préfet  de  la  Propagande 

Collège  Canadien,  Rome 

Gouvernement  coloniaux 

"  Canadian  Law  Library  ",  Londres 

"British  Library  of  Political  Science",  Londres 

"Society  of  Comparative  Législation ", Londres 

„  „  m  Paris 

Légation  britannique,  Washington 

Consuls  étrangers 


Totaux. 


Volume  1. 


Anglais. 


Fran- 
çais. 


Volume  2. 


Anglais. 


Fran- 
çais. 


Volumes  1  et  2. 


Anglais. 


<;:; 


286 


Fran- 
çais. 


48         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  El   DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Distribution  des  Statuts,  1907 — Fiu. 
RECAPITULATION. 


A  qui  distribués». 

Volume  1. 

Volume  2. 

Volumes  1  et  2. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Demi-reliure  en  mouton. 

680 

251 

1,276 

218 

213 

165 

55 

134 

149 

68 

85 

31 

848 

9 

3 

4,185 

286 
9 

4,480 

763 
55 

5,298 

126 

Liste  départementale 

36 

505 
190 

5 

ii         de  Québec 

645 

413 

1 

4 

h         de  l'Iie-du- Prince-Edouard 

2 

m         de  la  Colombie-Britannique 

1 

8 

1 

1 

District  du  Yukon 

4 

695 
2 

645 

1 

598 

Reliure  pleine  en  veau. 
Liste  n°  2 

2 

1 

87 

1 

697 
3 

646 

4 

2 

689 

En  réserve — Demi-reliure,  mouton 

197 

"          Pleine  reliure,  veau 

lo 

700 

650 

2 

1 

899 

RAPPORT  IJC  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


49 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

F. — Distribution  et  ventes  de  Statuts  révisés»    1886,  etc. 


Reliure. 

En  réserve 

au  1er  juillet 

1907. 

Ventes 
au  comptant. 

Commandes 

du  secrétaire 

d'Etat. 

Commandes 
du  conseil. 

Distribution 
totale. 

En  réserve 

au    31     mars 

1908. 

m 
'S 

fi 
< 

0Q 

r 

2* 
S 
s 

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.  '3 
s  «* 

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fi 

< 

00 

2* 

< 

fil 

là 

< 

73 

,    "S 

C  & 
E 

Pleine  reliure,  mouton. 

616 

156 

61 

107 
96 
41 

616 

155 

61 

107 

Demi-reliure,  veau. . . . 
Pleine      m            u 

1 

96 
41 

ACTES  NON  REVOQUES  DES  PROVINCES  ET  DU  CANADA,  1887. 


Pleine  reliure,  mouton. 
Demi-reliure,  veau 
Pleine      »  »     . . . 


422 

200 
101 


107 
100 

58 


422 
199 
101 


107 
100 

58 


CODE  CRIMINEL,  1892. 


Demi-reliure,  mouton 


787 

787 

CODE   CRIMINEL,  1906. 


Ddmi-reliure,    mouton.  13,000    425    . . . 


13 


1,600 


2,038 


11,962 


32—4 


50 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Distribution  des  Statuts  revisés  du  Canada,   1906.     Reliés  en  toile.     Liste  n°  1. 


A  qui  distribués. 


Son  Excellence  le  gouverneur  général . . 

Ministres  du  cabinet 

Honorables  sénateurs 

Membres  de  la  Chambre  des  Communes . 


Total 


Ministères. 


Sous-chefs 

Juges  et  greffier,  cour  suprême 

Bibliothèque  n  

ii  des  juges,   cour  suprême 

Chambres  »  n  

Juge  et  régistraire,  cour  de  l'échiquier 

Président,  Sénat 

m         Chambre  des  Communes ...    . 

Greffier,  Sénat 

n        Chambre  des  Communes .    

Rédacteur  légiste,  Chambre  des  Communes 

n  adjoint,  Chambre  des  Communes. 

Rédacteur  légiste,  Sénat   

Bibliothécaires  du  parlement 

Commissaires  pour  la  revision  (5  chacun) 

Bureaux,  Sénat 

n        Chambre  des  Communes 

Greffier,  conseil  privé 

Archiviste,  secrétariat  d'état. 

t.  ministère  de  l'Agriculture  . ,    . .   

Bibliothèque  du  parlement 

Ministère  de  la  Justice  pour  les  agents 

Commissaires,  police  fédérale 

Royale  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest 

Greffier  de  la  couronne  en  chancellerie 

Commission  des  chemins  de  fer     


Total. 


Anglais. 


Français. 


2 

15 

3 

151 

21 

401 

50 

569 

74 

18 

7 

2 

6 

1 

2 

3 

2 

1 

1 

1 

_ 

1 

1 

1 

1 

1 

2 

2 

39 

1 

4 

2 

6 

3 

1 

1 

1 

1 

1 

1 

95 

10 

75 

6 

20 

1 

1 

2 

298 

26 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Distribution  des  Statutes,  1906 — Suite. 


51 


A  qui  distribués. 


Gouvernement  provincial 

Honorables  juges 

Greffiers  des  cours 

Juges,  cours  de  comté 

Juges  puinés,  cours  de  comté 

Juge  et  registraire,  cours  d'amirauté. 

Procureurs  des  cours  de  comté  n'y  ayant  pas  droit  autrement 

Magistrats  stipendiaires 

Shérifs 

Fonctionnaires,  Osgoode  Hall 

Greffiers  de  lu  paix , 

Associations  d'hommes  de  loi 
Greffiers  des  cours  de  comtés 
Corporations  de  cités,  villes  et  comtés 
Bibliothèques  et  collèges 


Gouvernement  provincial 
Honorable  juges,  banc  du  roi 

n  cour  supérieure 

Juge  et  greffier,  cour  d'amirauté 
Juges,  cours  de  circuit 
Bibliothèques  des  avocats 
Juges  et  greffiers,  sessions  de  la  paix 
Magistrats  stipendiaires 

Recorders 

Shérifs 

Protonotaires 

Greffiers  de  la  paix... . 

Universités  et  collèges 

Corporations  des  cités,  villes  et  comtés 

Commissaires  du  port 

Le  conseil  d'hygiène, 

Greffier  des  cours  de  circuit 

ii  ii  district 

ii      de  la  couronne 
Chambres  des  juges 


Gouvernement  provincial 
Juges,  cour  suprême.. 

h        cour  du  comté 

h        cour  de  probation 

m        et  registraire,  cour  d'amirauté 
Chambres  des  juges 

Shérifs 

Protonotaires  . . . 
Greffiers,  cours  de  comtés. 
Corporations  des  cités,  villes  et  comtés 
Bibliothèques  d'universités 
Commissaire  de  port 
Magistrats  de  police. 
Magistrats  stipendiaires 


Totaux 


32—4J 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Distribution  des  Statuts,  1906 — Suite. 


A  qui  distribués. 


Province  du  Nouveau- Brunswick. 


Gouvernement  provincial 

Juges,  cour  suprême 

Greffier,  >■        

Juge  et  registraire,  cour  de  vice-amirauté 

Juges,  court  de  comté . . 

Corporations  aes  cités,  villes  et  comtés 

Shérifs 

Greffiers,  cours  de  comtés,  qui  n'y  ont  pas  droit  autrement, 
ii  circuit  ii  h 

Magistrats  stipendiaires .... 

Magistrats  de  police 

Universités  et  bibliothèques 

Greffiers  de  la  paix 


Total 


He-du- Prince- Edouard. 


Gouvernement  provincial 

Juges,  cour  suprême 

ii  m    de  comté 

Magistrats  stipendiaires 

Protonotaires 

Shérifs . .     

Greffiers  de  cours  de  comtés   ...      

Bibliothèques 

Corporations  de  cité  ville  et  comté 

Greffier  de  la  couronne   ) 

Chambres  des  juges 


Total 


Colomb  ie- Britannique. 


Gouvernement  provincial 

Juges,  cour  suprême 

m      cour  de  comté 

h  puinés,  cour  de  comté. 
Greffiers,  cour  suprême 

h         cour  de  comté  

Corporations  de  villes  et  cités . 

Magistrats  stipendiaires 

Magistrats  de  police 

Bibliothèques 

Shérifs 

Greffier  de  la  paix 


Total. 


Manitoba. 


Gouvernement  provincial . . . 
Juges,   banc  du  roi 

»        cour  d'appel 

ii        cour  de  comté 

Shérifs 

Magistrats  de  police ........ 

Greffiers  de  cours  de  comtés . 

Protonotaire 

Corporation  de  ville 

Bibliothèques 

Registraire,  cour  d'appel 


Totals. 


Englais. 


12 

6 

2 

2 

7 

25 

15 

11 

8 

6 

8 

5 

4 


111 


39 


103 


12 
3 
3 

7 
5 

21 
15 
1 
1 
4 
1 

73 


Frençais. 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


53 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Distribution  des  Statuts,  1906 — Suite. 


A  qui  distribués. 


Province  d'Alberta. 


Gouvernement  provincial , 

Juges,  cour  suprême 

Greffiers        m  

Juges,  cour  de  district  . . 

Shérifs 

Magistrats  de  police 

Bibliothèques 


Français. 


Total , 


Province  de  Saskatchewan. 


Gouvernement  provincial . 

Juges,  cour  suprême 

Greffiers         m  

Shérifs 


Bibliothèques . 
Le  régistraire 


32 


Totaux . 


District  du  Yukon. 


Gouvernement 

Juges,  cour  suprême . 
Greffiers        n 
Shérif 


Magistrats  de  police 


Total. 


34 


24 
3 
2 

1 
1 

31 


"  British  Muséum  " 

Le  haut  commissaire  pour  le  Canada 

Agence  canadienne  à  Paris 

"  Canadian  Law  Library  ",  Londres 

Etats-Unis,  secrétaire  d'état   

ii  procureur  général 

h  bibliothèque  du  Congrès 

Légation  britannique,  Washington 

Préfet  de  al  Propagande,  Rome 

Collège  canadien 

Consuls  étrangers 

Conseillers  privés  (n'y  ayant  pas  autrement  droit) 

Secrétaire  des  colonies,  Angleterre 

"  Inns  of  Court  Libraries  " 

"  Library  of  the  Law  Society  " 

Greffier  du  conseil  privé  impérial 

Bibliothèques  des  universités  d'Oxford  et  Cambridge. 

Totaux 


33 


54 


DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Distribution  des  Statuts,  1906 — Fin. 


A  qui  distribués. 


Reliés  en  veau— Liste  n°  î. 

Son  Excellence  le  Gouverneur-général 
Les  honorables  ministres  du  cabinet 

.1  sénateurs 

Les  membres  de  la  Chambre  des  Communes  (demi-veau), 
Les  juges  et  le  registraire,  cour  suprême 

n  cour  de  l'échiquier 

Le  président,  Sénat 

,,  Chambre  des  Communes 

Le  greffier  du  Sénat 

ii  de  la  Chambre  des  Communes  . 

Le  rédacteur  légiste  du  Sénat  

ii  de  la  Chambre  des  Communes 

Les  commissaires  de  la  revision 

Greffier  du  conseil  privé 


Total . 


RECAPITULATION. 


Reliure  en  toile. 


Parlement  du  Canada 

Liste  départementale 

Province  d'Ontario 

de  Québec 

de  la  Nouvelle-Ecosse , 

du  Nouveau-Brunswick 

de  l'Ile-du-Prince-ftdouard  . 

de  la  Colombie- Britannique. 

du  Manitoba 

de  l'Alberta 

de  la  Saskatchewan 

District  du  Yukon 

Ventes   

Par  décret  du  conseil 

Par  décret  du  secrétaire  d'état. 

Perdus  par  la  poste 


Reliure  pleine  en  veau. 


Liste  n°  2 

Par  décret  du  conseil 

Par  ordre  du  secrétaire  d'état. 
Ventes  encaissées .... 


En  réserve— Reliure,  toile 

h  Reliure  pleine,  veau 


Quantités  totales  commandées. 


569 

298 

748 

140 

175 

111 

39 

103 

73 

32 

34 

31 

2,080 

23 

36 

20 


4,512 


268 

2 

4 

10 


4,796 

1,488 

216 


74 

26 
2 

290 


2 

1 

129 
3 


539 
47 


6,500 


586 

861 

53 


1.500 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


55 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

G. — Distribution  des  Statuts  annuels  du  Canada. 


En  magasin 
le  1er  avril  1907. 

Expédiés. 

En  magasin  le 
31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Actes  et  ordonnances,  Bas -Canada, 
Tables            i.                       n 
Edits              n                       n      (3  vc 
Index  des  Statuts,  Haut-Canada, 

1845 

22 
22 

297 

1 

22 

1845 

22 

,1s.)  1854 

97 

"56" 
50 

200 

1856 

50 
50 

Bas            .,                 1856 

Table  des  Statuts       n             i, 
Statuts  revisés,  Haut             n 

1856 

50 

50 

1843 

24 
24 

24 

24 

•i               Bas                m                  1845 

20 
35 

20 

Statuts  refondus  du  Canada, 

»                  du  Haut-Canada, 

1859 

35 

1859 

17 

199 

59 

6 

17 

199 

59 

6 

n                 du  Bas          n                 1859 

Statuts,  province  du  Canada,                   1851 

„                   •       „                  lrept..     1852-53 

50 
49 
47 
49 
48 
48 
49 
48 
48 
49 
49 
49 
49 
49 
49 
49 
49 
49 
100 
100 

""97" 
100 
12 

100 

100 

100 
100 

16 
100 
100 
100 
100 

100 

100 

50 

49 

ii                          ..                 2e  pt 
n                          n                 Ire  p 

1852-53 

47 

t..     1854-55 

96 

96 

95 

96 

94 

96 

96 

95 

91 

95 

94 

94 

95 

95 

94 

200 

200 

200 

200 

200 

15 

200 

200 

200 

200 

96 

96 

95 

96 

94 

96 

95 

95 

90 

94 

94 

94 

95 

95 

94 

195 

195 

193 

195 

195 

15 

195 

195 

195 

195 

49 

2ept„      1854-55 

1856 

48 

48 

1857 

49 

1858 

48 

1859 

48 

1860 

1861 

1 

49 

49 

1862 

lrept.,     1863 

„                         „                 2e  pt.,      1863 

1 
1 

49 
49 
49 

1864 

49 

lrept.,     1865 

2e  pt.,       1865 

1866 

49 

49 

49 

ii                      Dominion,                      1867 

1868 

1869 

1870 

1871......... 

n                          m      reliure  en  veau.  1871 ........ 

5 
5 

7 
5 
5 

100 
100 

"97" 
100 

12 

n                          n              vols.  1 
h                          n    (veau)        n 

Il                                                            H                                                  II 

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ii                            ii               vols.  1 

ti                                       n                                 Vf 

1872 

1873 

1874 

et  2,  1875 

1875 

5 

5 
5 
5 

100 
100 
100 
100 
16 

1876 

1877 

1878 

1879 

1880 

1881 

)1.  2,  1882 

et  2,  1882 

200 
200 
61 
194 
200 
200 
200 

5 
5 
5 
5 
5 
5 

195 
195 
56 
189 
195 
195 
200 

100 
100 
100 
100 
100 
100 

100 
100 

100 

1883 

100 

,1.  2.  1883 

200 
200 
16 
200 
43 
22 
29 

200 
195 
16 
195 
43 
17 
29 

""56" 
186 

30 
190 
185 

12 
197 
187 

vols.  Iet2,  1884 

..             (veau)     ..       1884 

100 

11 

100 
5 

100 
3 

140 

5 

100 

11 

n                           n             vols.  1 
ii                           i'          (veau) 

ii                           n          (veau) 
n                          n             vols.  1 
n                               n                          vc 

et  2,  1885 

1885 

5 

100 
5 

1886 

1886 

et  2,  1887 

5 

100 
3 

3 

137 

1    2.  1887 

PO 

189 
45 
197 
192 
12 
205 
192 

ti                            n              vols.  1 

Il                                     II 

n                          ii          (veau) 

et  2,  18S8 

1889 

1890 

1891 

1891 

1892 

1893 

1894 

200 

145 

122 

143 

12 

134 

11 

16 

3 
15 

7 
7 

3 

8 
4 
1 

197 
137 
118 
142 
12 

8 

7 

2 

132 
11 
16 

56         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Distribution  des  Statuts  annuels  du  Canada. — Fin. 


Titre. 

En  magasin 
le  1er  avril  1907. 

Expédiés. 

En  magasin  le 
31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Statuts,  Dominion,  vols.  1  et  2,  1895 

Ire  session               h            1896 

2e  session                 u          *1896 

57 
190 

44 

9 

3 

7 

1 
9 

54 
183 

43 

,,            1897  .                   

40 
22 

65 
131 

29 
140 

33 
219 

47 
230 

41 
240 

53 
275 

48 
306 

02 



79 

60 
110 
111 

14 
121 

14 
130 

16 
146 

10 

146 

7 

171 

13 
162 

13 

40 
4 
8 

11 

7 
7 
2 
2 

"iè" 

57 
120 

29 
127 

33 
214 

47 
215 

41 
221 

53 
256 

47 
254 

52 

72 

1898  . .              

53 

1899... 

108 

1900. . . 

109 

.     ,,                         u            1900(veau) 

„            1901   

14 

14 

2 

119 

1901  (veau)...... 

1902 

1902 (veau) 

14 

14 

3 

127 
16 

1903 

1903 (veau) 

1904 

..             1905 

15 

2 

144 
10- 

19 

2 

144 

"î 

52 
10 

4 
2 

6 

1 

167 

1905 (veau) 

11 

190(5 

1900 (veau) 

156 

12 

Relié  avec  1897. 


RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


57 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

H. — Ventes  de  rapports  des  ministères, 


Titre. 

En  magasin 
au  1er  avril  1907 . 

Ventes. 

En  magasin 
au  31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Angh  U. 

Fran- 
çais. 

Agriculture — 

Statistiques  mortuaires,  1886 

„          1890 

14 
9 
14 
14 
17 
25 
25 
13 
25 
20 
20 
24 
14 
24 
14 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
6 
47 
35 
..  ..„. 

14 
13 
13 
13 

14 
9 
14 
14 
17 
25 
25 
13 
25 
20 
20 
24 
14 
24 
14 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
6 
25 
25 

1891 

„          1892 

„          1893 

1894 

1898 

1889 

1890 

1891 

1892 

1893 

1894 

1895 

1896 

1897 

1898 

1899 

1900 

1901 

Rapport  du  ministre,  1886 ... 

1888 

1889 

1890 

"ié" 

"  24" 
9 
10 
15 
10 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
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1897 

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23 
25 
25 

2 
18 
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20 
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19 
21 
21 
23 

15 
15 

1899 

1900 

15 
15 

1901 

1902 

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15 
15 
15 
15 

1905 

1906 

1907 

15 
15 
15 

Archives,  1886 

5 

5 
39 
14 
12 
13 
12 

5 
12 

9 

17 
17 
14 
16 
19 

5 

5 
25 
14 
12 
13 
12 

5 
12 

9 

17 
17 
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16 
19 

15 

1887 

1888 

1889 

1890 

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24 
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5 

1892 

15 

1893 

15 

1894  

15 

1895 

1896 



25 
15 

1897  

1898 

15 
15 

h    1899  et  suppléments . 

1900 

15 

15 

1901 

15 

1902 

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18 
12 
23 

15 

1903 

15 

1904 

1905 

1906 / 

13 
27 

58         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

m  8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ventes  de  rapports  des  ministères — Suite. 


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rs  1908. 

Anglais. 

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çais. 

Anglais. 

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çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Agriculture — Suite. 

Fermes  expérimentales,  1889 

1890 

42 
3 
39 
19 
17 
25 
20 
22 
24 
23 
48 
21 
22 
20 
14 
14 
24 
25 
25 
9 
134 

25 
10 
15 
15 
15 
15 

5 
13 
15 
15 
15 
14 
15 
14 
10 
10 
15 
15 
15 
15 

9 

2 
15 
15 
10 
12 
10 
18 
15 
48 
23 
47 
20 

9 

17 

25 
3 
25 
19 
17 
25 
20 
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23 
25 
21 
22 
20 
14 
14 
23 
25 
23 

25 
10 

1891 

1892 

14 

15 
15 

1893 

15 

1894 

„                     1895 

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1896 

13 

1897 

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15 

1898 

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15 
15 

1900 

1901 

14 

15 

1902 

14 

1903 

10 

1904   

10 

1905 

1906 

1 

15 

15 

Beurre  et  i 
"Volaille  et 
«Commissai 

1907 

2 

9 

134 

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15 

re  de  laiterie,    1891 

2 

1892 

23 
15 
20 

4 
3 

23 

15 

20 

4 

3 

15 

1893 

15 

1897 . . , 

10 

statistiq.,  1886 

12 

1889 

10 

1894 

18 

1895 

15 
36 
45 
23 

15 
24 

45 
23 

15 

1896 

12 

25 

23 

1898  .. 

23 

1901 

1902 

47 

20 

1904 

2 

25 
50 
4 
48 
56 
14 
85 
89 
93 
13 

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48 
46 
30 
20 

2 

7 

31 

9 

.                 1905 

18 
19 

4 
48 
56 

9 

85 
89 
93 
13 

Recenseme 

1.906 

nt  du  Canada  vol.  2. 1891 

3.  1891 

4,1891 

1,1901 

2.  1901 

5 

m                       3,  1901 ... 

4.  1901    

Rapport  de  l'an 

diteur  général,  1887 

1888 

1889 

8 
35 
25 
15 
25 
25 

6 
20 
11 
14 
15 
15 
24 
22 
23 
24 
12 
15 
15 
15 

8 

23 
23 
21 

20 

25 
25 
25 
30 
20 

15 

1890 

25 

1891 

1892 

15 
25 

1893 

1894..: 

25 

6 

1895 

20 

1896 

1897 

43 
59 

36 

7 
8 

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125 
125 

18 
34 

25 
25 
36 

7 
8 

11 
14 

1898 

15 

1899 

1900 

1901 

15 
24 
22 

1902 

5 

16 

23 

1903 

24 

12 

1905 

""93" 
103 

18 

32 

122 

15 

1906 

1907 

15 
15 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


59 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Ventes  de  rapports  des  ministères- 


■Suite. 


TSft-o 

En  magasin  au 
1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin  au 
31  mars  1908. 

Anglais. 

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Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

JDouanes— 

Commerce  e 

t  navigation,  1888 

1889 

1890 

1891 

93 
■•••  —  ■ 

49 
47 
23 
9 
24 
24 
24 
25 
25 
25 
25 
24 
25 
24 
25 
15 
14 
15 
15 
15 

68 

24 
22 

25 

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25 
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1892 

1893 

67 

71 

121 

115 

117 

66 

72 

69 

32 

69 

4 

30 
18 
15 
18 
100 

8 

98 
68 
97 
94 
93 
84 
82 
73 
85 
86 
89 
89 
78 
96 
45 
42 
36 
25 
21 
25 

9 

9 
5 

48 

8 

41 

48 

6 

4 

23 

16 

28 

16 

16 

22 

19 

15 

19 

18 

12 

2 

6 

42 

46 
96 
90 
92 
41 
47 
44 

25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
32 
25 
3 
27 
14 
10 

24 
24 

1894 

24 

1895 

25 
25 
25 
25 
24 
25 

1896 

1897 :... 

,         1898 

1899... 

1900 

1901 

1902 

1903 

43 

1 
3 
4 
5 

18 

78 

24 

25 
15 
14 
15 
15 

1904 

1905.  

1906 

Tinances — 

Comptes  nu 

1907 

blics,  1887  

22 

8 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
89 
25 
25 
25 
41 
35 
17 
20 
17 

9 

9 

5 
25 

8 
25 
25 

6 

4 
23 
16 
28 
16 
16 
22 
19 
15 
19 
14 

9 

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15 

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1888 

1889 

25 
48 
25 
25 
25 
25 
25 
14 
15 
15 
15 
14 
15 
15 
15 
14 
14 
15 
15 
15 

73 
43 

72 

69 

68 

59 

57 

48 

60 

61 

64 

64 

53 

71 

20 

1 

1 

8 

1 

8 

25 
48 
25 
25 
25 
25 
25 
14 
15 
15 
15 
14 
15 
15 
15 
14 
14 
15 
15 
15 

1890 

1891 

1892 

1893 

1894 

1895 

1896 

1897 

1898 

1899... 

1900 

1901 

1902 

1903 

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1905 

1906 

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a  1907...  v. 

e  orêts  et  sociétés  de  constr. .  1887 . . 

1892.. 

1894.. 

1897.. 
1898.. 

23 

Rapp.  des  as 

1900.. 
surances,  1889 

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25 
8 
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13 
15 
25 
25 
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18 
15 
10 
15 
14 

16 
23 

1890 

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1891 

1892 

6 

25 

1893 

8 

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9 

1895 

13 

1896 

15 

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25 

1898 

25 

1899 

1900 

1901 

1902 

1903 

14 

18 

4 
3 
2 
4 

15 
10 
15 
14 

1904 j 

60         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
V  ENTES    DE    RAPPORTS    DES    MINISTÈRES Suite. 


Titre. 

En  magasin  au 
1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin  au 
31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Finances — Fin. 

18 
50 
11 
25 
25 

10 
15 

18 
36 
11 
25 
25 
6 
6 
10 
10 
25 
23 
23 
35 
25 
25 
25 
25 
25 
14 
19 
10 
20 
20 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
23 
8 
16 
20 
20 

10 

1906.. 
Liste  des  actionnaires  de  banq. 

,  1887 

14 

15 

1888 

1889 

1890 

1891 

6 

6 
10 
10 
40 
34 
34 
47 
96 
132 
89 
77 
32 
14 
19 
10 
50 
50 
25 
40 
54 
38 
37 
35 
87 
85 
87 
88 
74 
23 

8 

16 
50 
50 

1892 

1893 

1894  .. 

15 
11 
11 
22 

71 

107 

64 

52 

7 

1895  

1896  

1897 

1898 

1899 . . . 

1900... 

1901 . . 

» 

1902 

1903 

1904 

1905 

ii 
Balances  non  réclamées,  1891 . . 

1906 

1907 

30 
30 

1893  .. 

iè 

29 
13 
12 
10 
62 
60 
62 
63 
49 

1894 

1895 



1896... 

1897 

1898 

1899 

1900 

1901 

1902 

1903.. 

1904... 

1905... 

1906.. 



10 

30 
30 

1907 

Commission  des  études  géologiques- 
Rapport  sommaire,    1890 

10 

1891...... 

13 

13 

9 

8 

12 

20 

34 

17 

19 

15 

11 

14 

25 

25 

25 

50 

50 

9 

9 

12 

100 

96 

13 

13 

9 

8 

12 

20 

34 

17 

19 

15 

11 

14 

23 

21 

22 

25 

25 

9 

9 

12 
25 
25 

1892 

1894 

10 
10 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
10 
10 
10 
10 

"24" 

10 

5 

10 
10 

1895 

1896 

15 
15 

1897 

15 

1898 

15 

1899     

15 

1900 

15 

1901 

10 

1902   

10 

1903     . . 

"2" 

4 

3 
25 
25 

"i-i" 

10 

1905 

10 

1906 

1907 

Haut  Commissaire,    1888 

1889 

10 

1890 

10 

1891  

5 

Affaires  indiennes — 

Rapport  du  surintendant,    1887 

1888 

12 
49 

75 
71 

24" 

12 

1889 

25 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


61 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Ventes  de  rapports  des  ministères — Suite. 


En  magasin  au 
1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin  au 
31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Affaires  indienne 
Rapport  du 

s— Fin. 

surintendant,  1890 

1891 

,          1892 

49 
9 
22 
37 
47 
47 
48 
47 
49 
43 
5 
21 
48 
21 
20 
23 
25 
25 

19 
49 
48 
49 
20 
24 
93 
46 
21 
22 
5 
22 
21 

25 
10 
9 
15 
15 
25 
25 
25 
25 
25 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 

24 

25 
9 

22 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
25 
5 
21 
25 
21 
20 
23 
24 
24 

19 
25 
25 
25 
19 
24 
25 
25 
21 
22 
5 
22 
21 

25 

10 

9 

1893 

12 
22 

22 
23 
22 
24 
18 

15 

,          1894 

15 

,         1895 

25 

1896 

f   25 

1897 

25 

1898 

25 

,         1899 

25 

1900 

,         1901 

15 

15 

1902 

23 

15 

1903 

15 

1904 

15 

,          1905 

15 

1906 

i 

15 

Revenu  de  l'Inté 
Rapport  du  r 

1907 

rieur — 

ninistre 1887  

15 

1888  

19 
23 
25 
10 
14 

8 
15 
15 
15 

9 
14 
15 
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15 
15 
15 
10 

"  iô" 

15 

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14 
15 
10 
10 
10 
10 
10 
10 

25 
5 
5 

24 

23 

24 

1 

19 

1889 

23 

1890 

25 

1891 

1892 

10 
14 

1893.... 

1894 

1895 

68 
21 

8 
15 
15 

1896  

1897.  .. 

15 

9 

des 

1898 

14 

1899 

1900 

15 

14 

1901 

20 
25 
25 
13 

9 
15 
25 
48 
49 
10 
12 
22 
47 
46 

4 

46 
48 
25 
23 
14 

6 

22 
20 
75 
24 
25 
25 

50 

9 

15 

20 
25 
22 
12 

8 
15 
20 
20 
20 
10 
12 
20 
20 
20 

4 
20 
20 
20 
20 
14 

6 
20 
20 
15 
20 
20 
25 

25 

9 

15 

15 

1902 

....  „. 

1 
1 

28 
29 

15 

1903 

1904 

1905 

1906  

15 
10 

iô 

Falsification 

1907 

subst.  alim .  1888 

1889 

15 
....... 

1890 

1891 

5 

5 

1892 

2 
27 
26 

14 

1893 

1894 

14 
15 

1895 

1896 

1897 

1898 

1899 

15 

26 

28  ■ 
5 
3 

25 
25 
15 
14 

1900 

14 

1901 

15 

1902 

1903 

1904 

2 

10 
10 
10 

1905 

4 

5 

10 

1906  

10 

1907 

10 

Inspection  des  po 
et  du  gaz 

ii 

ids  et  mesures 

1889 

„      1890 

25 

10 

15 
5 

1891 

5 

DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Ventes  de  rapports  des  ministères — Suite. 


En  magasin  au 
1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  ma; 
31  mar 

Anglais. 

rasin  au 
s  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Fran- 
çais. 

Inspection  des  poids  et  mesures 

et  du  gaz 1892 

25 
24 
24 
24 
25 

14 
15 
14 
14 
15 
10 
14 
10 
14 
15 
10 
10 
10 
10 
10 

25 
24 
24 
24 
25. 

14 

1893 

1894 

1895 

1896 

1897 

15 
14 
14 

15 

10 

1898 

24 
22 
15 
22 
23 
23 
24 
24 
24 

10 
47 
96 

8 
18 
83 
20 
20 
43 
43 
47 
46 
48 
22 
46 
45 
36 
21 

9 

25 
25 

2 
25 

20 
24 
24 
24 
14 
14 
13 
8 

24 
22 

15 
22 
23 
23 
24 
24 
24 

10 
25 
25 

8 
18 
25 
20 
20 
23 
23 
25 
25 
25 
22 
25 
25 
25 
20 

7 
20 
23 

14 

1899 

1900 

1901 

1902 

„      1903 

10 

14 

15 

10 
10 

1904 

1905 

10 
10 

1906 

10 

Intérieur — 

Rapport  du  ministre 1887 

1888 

1889 

1890 

'"22" 

4 

5 

8 

15 
10 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 

"iô" 

22 
71 

'■'*22" 
4 

1891  

5 

1892 

1893 

58 

8 
15 

1894 

10 

1895 

1896 

1897  

1898  

1899 

1900 

20 
20 
22 
21 
23 

'.y.'.:::: 

15 
15 
15 
15 
15 
15 

Rapp. 

Justice — 
Rappo 

1901..   

21 
20 
11 
1 
2 
5 
2 
2 
6 

15 

1902 

1903 

15 
15 

1904 

1905 

15 

15 

1906 

.•            1907 

15 

15 

de  l'arpent.  général,1905 

,,      1906  

19 

20 
24 
24 
24 
14 
14 
13 
8 

10 

rt  du  ministre 1887 

1888 

24 

9 

10 

24 

9 

1890 

10 

1891 

10 

10 

10 

7 

10 
15 
15 
14 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 

10 

1893 

10 

1894 

1895 

10 

7 

1896 

7 
19 
20 
20 
23 
23 
25 
12 
25 
25 
25 
25 

9 
45 

7 

19 
20 
20 
23 
23 
25 
11 
24 
24 
23 
23 

9 
40 

10 

1897 ... 

15 

1898 

15 

1899 

14 

1900 

15 

Marine — 
Rapport 

1901 

15 

1902 

1903 

1904 

1905 

1906 

15 

1 
1 
1 
2 
2 

15 
15 
15 
15 

1907.. . 

du  ministre 1887 

15 

1388 

5 

DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 


63 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Ventes  des  rapports  des  ministères — Suite. 


Titra 

En  magasin  au 
1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin 
au  31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Marine — I 
Rappo 

'in. 

45 
2 
27 
93 
12 
20 
21 
16 
4 

24 

5 

40 
2 
27 
40 
12 
20 
21 
16 
4 

24 

1890 

1891 

1892 

5 
10 
15 
10 
15 
15 
15 
15 
12 

8 
15 
15 

"iô' 

10 
15 

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9 
5 
10 
15 
10 
15 
15 
23 
15 
15 
13 
15 
15 

"iô" 

10 
15 
15 

5 

53 

10 

1893 

15 

1894 

10 

15 

1896 



15 

1897 

1898 

15 

15 

1899 

1900 

14 
13 
10 
10 
36 
15 
10 
23 
25 

47 
3 
4 

20 
90 

14 

13 

10 

9 

36 
15 
10 
16 
24 

40 

2 

4 

20 

40 

12 

8 

1901   

15 

1902 

1903 

1904... 

1 

1 

15 

iô 

Pêcheries- 
Rapport 

1905 

h       *                        1906 

1907 

■•y 
1 

7 
1 

10 
15 

du  ministre 1888 

1889  

„                               1890 

9" 

9 

1891 

1892 

1893 

5 

50 

10 
15 

1894 

1895 

41 
24 
33 
37 
42 
37 
12 

8 
36 
29 
38 
13 
18 
50 
12 
50 
50 

3 

8 
14 
21 
16 

7 

24 
24 

"49" 
4 
26 
15 
23 
24 
24 
24 
25 
25 
25 
25 

1 

i' 

12 

17 
12 

40 
24 
32 
25 
25 
25 
12 

8 
36 
28 
38 
13 

9 
17 
12 
25 
25 

3 

8 
14 
21 
16 

7 
24 
24 

10 
15 

1896 

„                              1897  

15 
23 

1898 

15 

1899 

15 

1900  

13 

15 

1902 

15 

1903 

1904 

1 

iô  ' 

1905 

1906 

1907 

Service  de  la  orotection  des  nêcheries.  1 887 

"   "9" 
33 

10 
15 
15 

Relevé 
Indust 

1888  .... 

1889  . . . 
des  pêches    188y 

25 

25 

1890 

1891 

1892 

Ï5 

15 

rie  de  la  pêche  en  Ontario,  1892 

h                     dans  la  Col. -Brit..  1902 

Industrie  de  la  pêche  du  hareng 

23 

9 

15 

23 

m                   du  homard    

9 

Décoloration  des  homards  en  conserves 

15 

Inspection  des  bateaux  à  vaneur.  1889 

24 

25 
4 
26 
15 
23 
24 
24 
24 
25 
25 
25 
25 

1890 

1891 

""iô" 

15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 

1892 

1893 

1894 

10 

15 
15 

1895 

1896 



15 

15 

n       .    1897 

1898  

15 
15 

1899     

1900 

15 

15 

64 


RAPPORT  DU  SURINTEND  \\T  DE  LA  PAPETERIE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Ventes  de  rapports  des  MINISTERES — Suite. 


En  magasin 
au  1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin 
au  31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Pêcheries — Fin. 

Inspection  de  bateaux  à  vapeur. 

.1901  

1902 

25 
25 
47 
68 
6 
10 
32 
39 
16 
15 
25 

40 
66 

15 
15 

25 
25 
25 
25 

6 
10 
25 
25 
16 

8 
23 

20 
20 

15 

25 

List  of  â 

Ihippinff,  1892. . . 

22 
43 

,                1895...                         

,                1898 

1901 

1902 

,                1903 

7 
14 

1904 

1905 

5 

5 
25 
15 
15 
15 
25 
15 
15 
14 
15 
15 
15 
15 
15 
10 
10 
15 
10 
25 

"h" 

5 

10 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
10 
10 
10 
10 

"26  " 
19 
20 
10 
14 
13 
14 
14 
14 

7 

20 
46 

Milice  et  Dé 
Rapport 

1906 

"en  se — 

du  ministre ....  1888 

1889 

1890 

"'25' 

5 

1891  .. 

5 

1892... 
1893... 

5 
9 
12 
44 
36 
11 
8 
47 
19 
22 
21 
15 
21 
13 
25 
25 
50 
48 
49 
9 
9 
13 
15 
23 
12 
12 
S 
21 
16 
19 
25 
22 
17 
19 
15 
25 
25 

494 
23 
20 
16 
40 
10 
33 
12 
8 
13 

15 

5 
9 
12 
25 
25 
11 
8 
25 
19 
22 
21 
15 
21 
13 
17 
24 
20 
25 
25 
9 
9 
8 
15 
12 
12 
12 
3 
16 
11 
19 
25 
17 
11 
13 
15 
14 
13 

10 
15 

1894   .. 
1895... 

15 

19 
11 

"ih" 

15 

1896  . 

1897  .. 

10 
15 

1898  .. 

15 

1899  . 

22 

14 

1900     . 

15 

1901 . . . 

15 

19.^2.. 

15 

■ 

15 

Ministère  de^ 

1904... 

15 

1905... 

10 

1906... 
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8 

1 

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23 

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10 
15 
10 

Gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Oue 

st,  1888 ... 

1889 

1890 

1891 

1892 

1893 

1894 

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1896 

1897 

1898  

1899 

1900 

1901 

1902 

1903 

1904 

1905  

1906 

1907 

10 

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15 

15 

5 
6 
6 

15 
15 
10 
10 

Bureau  de  poste- 
Guide  postal.  1907 

11 
12 

494 

10 
10 

Rapport 

du  ministre,     1888  . . 

10 

23 
20 
16 
25 
10 
25 
12 
8 
13 

10 

1889... 

19 

1890  .. 

1891  .. 

1892... 

20 

15 

....  ^ 

10 
14 

1893.. 
1894   .. 
1895 . . . 

13 
14 

14 

1896 ... 

14 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


65 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Ventes  de  rapports  des  ministères — Suite. 


En  magasin 

au 

1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin 

au 
31  mars  1908. 

Anglais. 

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38 
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21 
31 

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Anglais. 

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Anglais. 

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6 

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25 
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21 
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Postes — Fin. 

Rapport    du    ministre,  1897 

1898 

15 
25 
14 
14 
15 
15 
12 
15 
15 
15 
15 

25 

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15 
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15 
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Impressions  et  papeterie  put 
Rapport  de  l'imprimeur  c 

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1899 

1900 

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1901 

1902 

15 
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1903 

1904  

12 
15 

1905 

15 

1906 

14 

50 

25 
12 
24 
25 
49 
50 
50 
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14 
15 

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25 
12 
24 
25 
49 
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50 
50 

15 

1907 ... 

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lu  roi,  1888 

15 
25 

1889 

25 

1890 

25 

1891 

25 

1892 

25 

1893 

1894 

1895 

25 
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25 

1896 

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1898 

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1899 

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22 

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64 

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25 
25 
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25 
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19 

18 

17 

6 

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103 

113 

21 

55 

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63 

3 

27 

25 

1901   

1902 

25 
25 

1903 

1904 

1905 

25 

15 
15 

1906 

15 

Débats  (Hansard)  Sénat,  1891 

1892  

189.-5 

15 

h 
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1894 

1895 

1896 — Ire  session 

1896— 2e        „        

1897 

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1899 

1900 .... 

1901 

1902 

1903 

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1906 

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26 
39 

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1 
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1 
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1 
1 
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1 
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1 

1872 

1875 

1876 

1877 

1878 

1880 

1881 

1882 

1883     

1884 

1885  

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1886     

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1 

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1888 

9 

32—5 


66         DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA   PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Ventes  de  rapports  des  ministères — Suite. 


En  magasin 

au 

1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin 

au 
31  mars  1908. 

Anglais. 

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Anglais. 

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Impressions  e 

Débats  [H. 
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II 
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II 

Economie 
Comniissi 

t  papeterie  publiques — Fin. 

insard)Ch.  des  Corn.,  1889 

1890 

70 
108 
65 
60 
60 
54 
46 
32 
52 
46 
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50 
39 
30 
72 
30 
16 
58 
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25 
129 
166 
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21 
28 
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100 

54 
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48 
49 
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49 
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19 
23 
18 
22 
23 
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45 
12 
22 
23 
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100 
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16 
14 
15 
14 
18 

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22 

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105 

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25 

100 
166 
166 

21 

28 

88 
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54 
54 

1891 

1892 

1893 

1894 

1895 

m           1896 — Ire  session 
„           1897  

48 
49 
49 
49 
49 
19 
23 

1898 

18 

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22 

1900 

1901 

1902 

1903     . 

1904 

1905 . 

1906 

„           1907  

23 
21 

21 
22 
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10 
21 
23 

•  sociale 

on  royale  du  service  civil,  1892 

lh  la  commission  du  travail 

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Commission  de  la  vente  des  boissons 

100 

Législation  fédérale  et  provinciale,  1867-1895.. 

1890-1898.. 

1899-1900.. 

Happort 

Cana 

Code  civi 

Index  an: 
Code  de  j 
Rapporta 

Bill  remé 

sur  les  questions  seigneuriales,    Bas- 
rta,  3  vol.,  1856 

99 

99 

,  Cas-Canada,  3  vols 

1%6 

25 
249 
250 
249 
36 
79 
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170 
500 

40 
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22 
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25 
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10 
10 
15 
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20 
15 
14 
14 
15 
13 
15 
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10 
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50 
49 
25 

49 

50 
249 

11 

54 

23    . 

70 
175 

15 
15 

dytique  du  code  civil,  1S67 

>rocédure  civil,  Bas-Canada,  1867. 

des  élections,  1896 

1900 

25 

25 

100 

100 

325 

25 
25 
22 

8 

diateur,  débat  sur  le — Partie  1 

Commissi 

..       2 

on  royale  sur  les  assurances 

""25 

Travaux  publ 
Happort 

ics— 

du    ministre,   1888 

25 

1889 

24 

1890 

1891  Ire  partie 

1891  2e        .,      

25 
5 
5 

1892 

1893 

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7 
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15 

, 

10 

1894 

10 

1895 

15 

, 

1896 

18 
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23 
22 
20 
24 
17 
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21 
22 
25 
25 

95 
92 
39 

18 
20 
23 
22 
20 
24 
11 
41 
21 
22 
12 

25 

1897 

20 

1898 

15 

1899 

1900  

1901 

1902  

1903 

1904 

14 

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15 

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13 
15 

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10 

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1905 

1906 

13 

10 
10 

1907 

Chemins  de  U 
Rapport 

;r  et  canaux — 

du    ministre,  1888  

1889 

70            25 
67            24 
14      

25 
25 
25 

25 
25 

1890 

25 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


67 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

Ventes  de  rapports  des  ministères — Suite. 


Titre. 

En  magasin 

au 

1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin 

au 
31  mars  1908. 

Anglais. 

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Anglais. 

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çais. 

Anglais. 

Fran- 
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Chemins  de  fer  et  canaux — Fin. 

Rapport  du  ministre,  1891 

7 
5 

10 
10 
25 
15 
25 
25 
24 
25 
25 
25 
25 
15 
15 
15 
15 
15 

7 
5 

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17 
10 

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15 

10 

1892 

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1893 

25 

1894 

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17 
10 

9 

2 
33 
15 

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18 

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1895  .. 

25 

1890 

25 

1897 

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1898 

1899 

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25 
25 

1900 

25 

1901 

25 

1902 

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1904  

1905 

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15 
15 

15 
15 

1900 

15 

1907 

9 
47 
74 

15 

Statistiques  des  chemins  de  fer,  1888 

1889   

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15 

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1892 

1905  

1900. .... 

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15 
15 

Statistiques  des  canaux,    1889 

1890 

„                                  1891 

24 
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5 
15 
15 
15 
15 

24 

5 

5 

1892 

15 

1905 

1900 

1907 

Secrétariat  d'Etat — 

Rapport  du  ministre,   1887 

15 

15 
15 

1888 

25 
24 
4 
4 
14 
4 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
15 
10 
10 
10 

25 

1889 

24 

„                    1890 

4 

1891.. 

4 

1892     

14 

„                    1893 

12 
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24 
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25 
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23 
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23 
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1894 

15 

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15 

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15 

1900     . 

15 

1901 . . 

15 

1902 

1903..    . 

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1 

1 
1 

15 
15 

1904 

1905 

1900 

Liste  du  service  civil,  1885 

10 
10 
10 

1880 

1887 

1888  

1889   

1890  

1891 

1892 

1893  .. 

„                     1894  

„                     1895  . .                 

189G 

23 

23 

DEPARTEMENT  DES  IMPRESSIONS  ET  DE  LA  PAPETERIE  PUBLIQUES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Ventes  de  rapports  des  ministères-  Fin. 


En  magasin 

au 
1er  avril  1907. 

Ventes. 

En  magasin 

au 
31  mars  1908. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

Fran- 
çais. 

Anglais. 

3 
10 

Fran- 
çais. 

Secrétariat  d'Etat—  Fin. 

Liste  du  service  ni  vil.  1897 

3 
10 

24 

"  è' 

20 

24 

1809 

1900  ... 

6 

1901 

1902 

1903 

,                      1904 

"è" 

20 
25 
48 
29 
600 

20 

9 
20 
23 

48 
20 
61 

"332" 
455 

25 
25 
25 
25 

• 

2 

1005 

1906     

1007 

du  service  civil,  1904 

Examinateurs 

25 

48 

83 

100 

50 
25 
15 
15 
15 
23 
23 
23 
15 
24 
15 
15 
15 
10 
10 
25 

539 

"l86" 
545 

62 
23 
16 
22 

17" 

17 
26 

35 

25 
31 

Commerce — 
Rapport  c 

1905 

518 
1000 

87 
48 
41 
47 

66 

1906 

74 

u  ministre,  1893 

1891 

15 

25 

1895 

1896 

15 
15 

1897 

15 

1898 

23 

1899 

37 
45 
11 
35 
27 
45 
12 
20 
25 
29 

12 

20 

25 
25 
11 
25 
27 
45 
11 
10 
19 
29 

23 

1900 

23 

1901 

1902  

15 

10 

24 

1903 

1904  

15 

15 

Mission  en 

1905 

1906 

1907 

Australie 

1 

10 
6 

15 
10 
10 
25 

Nous  donnons  ci  dessous  une  liste  complète  avec  les  prix  des  volumes  des  "  Débats'' 
parlementaires  qui  ont  été  publiés.  Il  faut  remarquer  qu'il  n'existe  que  des  comptes 
rendus  analytiques  pour  les  trois  premières  années,  et  que,  jusqu'à  1880,  la  publication 
des  débats  est  passée  par  plusieurs  mains.  Le  système  actuel  a  été  inauguré  à  la  session 
de  1881. 

DÉBATS  PARLEMENTAIRES. 


Chambre  des  Communns. 

Anglais. 

Débats,  1867,  non  publiés. 
1868 
1869 

1870,  édition  épuisée.    • 

1871,  reliés S  4  00 

1872         „  4  00 

1873,  non  publiés. 
1874 

1875,  reliés   7  00 

1876,  brochés 5  00 

1877,  reliés  7  00 

1878       m     7  00 

1878,  reliés 5  00 

1879,  édition  épuisée. 

1880,  reliés 7  00 

1881      m       7  00 


Chambre  des  Communes. 

Anglais. 

Débats,  1882,  brochés $5  00 

1883  i,         5  00 

1884  ,,         5  00 

1885  ..         5  00 

1885,  reliés 7  00 

1886  m      7  00 

1886,  brochés 5  00 

1887  u         5  00 

1887,  reliés 7  00 

1888  u      7  00 

1880,  brochés 5  00 

5  00 

5  00 

5  00 

5  00 

5  00 


1890 

1891 

1892 

1893 

1804 

RAPPORT  DU  SURINTENDANT  DE  LA  PAPETERIE 


69 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  32 

DÉBATS     PARLEMENTAIRES — Fin. 


Chambre  des  Communes. 

Anglais. 

Débats,  1895,  brochés $  5  00 

1896        n        Ire  session 5  00 

1896  n        2e        t.       édition  épuisée. 

1897  ii  5  00 

1898  m  

1899        

1900  „  

1901  „        

1902  „        

1903  „        

1)04  

1906  .,        

1907  ..        

1908  „  _ 

durant  la  session,  édition  revisée 

n  n        quotidienne 


SÉNAT. 

Anglais. 


5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
5  00 
3  00 


ats,  1891, 

brochés 

$  4  00 

1892 

„ 

3  00 

1893 

ti    

3  00 

1894 

,, 

3  00 

1895 

„ 

3  00 

1896 
1896 

i   Ire  session 

3  00 

2e    n   

3  00 

1897 

i, 

3  00 

1898 
1899 

, 

3  00 

, 

3  00 

1900 

••   1901 

1902 

3  00 

,    3  00 

....  3  00 

1903 

3  00 

1904 

3  00 

1905 

....   3  00 

1906 
1907 

3  00 

3  00 

1908 
•   durant  h 

3  00 

i  session 

3  00 

Chambre  des  Communes. 

Français. 

Débats,  1867,  non  publiés. 
1868 
1869 
1870 
1871 
1872 
1873 
1874 

1875,  brochés .$  5  00 

1876,  édition  épuisée. 

1877,  brochés .  : 5  00 

1878    , 5  00 

1879,  reliés 7  00 

1880  „      7  00 

1881  „      7  00 

1882,  brochés 5  00 

1883  , 5  00 

1883,  reliés 7  00 

1884  ,.      7  00 

1884,  brochés 5  00 

1885  „ 5  00 

1886  .,    5  00 

1886,  reliés , 7  00 

1887  .!        7  00 

1887,  brochés 5  00 

1888,  reliés 7  00 

1889,  brochés 5  00 

1890    5  00 

1891  .,     ,...  5  00 

1892  m    5  00 

1893  „    5  00 

1894  „    5  00 

1895  „    5  00 

1896  n    Ire  session 5  00 

1896  „    2e   „   ,..  ..  5  00 

1897  ..    5  00 

1898  „    5  00 

1899  , 5  00 

1900  , 5  00 

1901  „    5  00 

1902  , 5  00 

1903 5  00 

1904  m    5  00 

1905  n    5  00 

1906  .,    5  00 

1907  n    5  00 

1908  n    5  00 

durant  la  session 5  00 


La  dépense  des  ministères  accusent  une  augmentation  de  $210,435.41,  comparée  à 
celle  de  1906-7,  voir  l'état  'C;  cette  différence  s'explique  par  la  comparaison  à  faire 
entre  le  présent  exercice  et  les  neuf  mois  de  1906-7,  le  changement  dans  l'exercice  de 
juillet  à  avril  ayant  produit  ce  résultat.  Pendant  l'exercice,  le  nombre  des  demandes 
adressées  au  bureau  s'est  élevé  à  31*848;  il  a  été  reçu  11,007  lettres,  et  il  en  a  été 
envoyées  par  la  malle  23,115  ;  paquets  envoyés  par  la  malle,  45,628  ;  paquets  et  caisses 
expédiés  par  chemin  der  fer,  3,129. 

F.  GOULDTHRITE, 

Surintendant  de  la  papeterie. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  33  A.  1909 

RAPPORT  DES  BIBLIOTHÉCAIRES  DU  PARLEMENT 

(33) 

A  l'honorable  Orateur  de  la  Chambre  des  Communes, 

Les  Bibliothécaires  du  Parlement  ont  l'honneur  de  soumettre  leur  rapport  pour 
Tannée  1908  comme  suit  : — 

A  raison  de  la  courte  durée  des  vacances  il  n'y  a  que  peu  de  faits  marquants  à 
noter. 

Nous  avons  fait  de  grands  efforts  pour  obvier  aux  inconvénients  résultant  de 
l'encombrement  qui  existe  dans  certaines  sections. 

Les  volumes  composant  l'index  au  catalogue  ont  subi  une  nouvelle  division  et  ont 
été  agrandis,  ce  qui  a  nécessité  une  dépense  considérable. 

Durant  les  vacances,  le  département  des  Travaux  publics  a  remplacé  les  vieilles 
fenêtres  de  la  bibliothèque  par  de  nouvelles  et  il  s'est  occupé  aussi  d'améliorer  la 
ventilation.  Il  résulte  de  ces  changements  une  amélioration  au  point  de  vue  de  la 
lumière  et  du  renouvellement  de  l'air. 

H  a  été  fait  des  additions  considérables  à  la  bibliothèque  dans  le  champ  de  toutes 
les  connaissances  humaines.  Grâce  à  cet  accroissement,  on  trouve  aujourd'hui  sur 
nos  rayons  les  ouvrages  les  plus  récents  sur  l'économie  politique,  la  science  sociale, 
l'histoire  du  monde  et  aussi  d'anciens  ouvrages  sur  l'Amérique  et  la  science  dans  tous 
ses  développements. 

L'intérêt  considérable  que  tout  le  Canada  a  porté  à  la  célébration  du  troisième 
centenaire  de  la  fondation  de  Québec  et  au  plan  des  champs  de  bataille  a  induit  les 
bibliothécaires  à  faire  une  collection  des  documents  littéraires  et  historiques  publiés 
relativement  à  ces  fêtes  qui  ont  eu  du  retentissement  mondial. 

Les  bibliothécaires  avaient  été  mis,  l'année  dernière,  sous  l'impression  qu'une 
partie  de  l'annexe  de  la  Chambre  des  communes  serait  mise  à  leur  disposition  pour  y 
placer  en  sûreté  les  collections  de  livres  moins  souvent  consultés  que  les  ouvrages  de 
droit  constitutionnel,  et  de  droit  public,  constamment  en  usage.  Mais  lorsque  le  temps 
fut  venu  d'assigner  les  différentes  pièces  de  l'édifice  à  leur  fin  spéciale,  aucun  espace 
ne  fut  trouvé  disponible  pour  la  bibliothèque. 

Les  bibliothécaires  sont  en  conséquence  forcés  de  parler  encore  de  l'encombrement 
de  l'institution.  Si  cet  état  de  choses  se  prolongeait  encore  quelque  temps,  il  s'en 
suivrait  une  grande  confusion.  Les  rayons  sont  encombrés  d'une  façon  excessive  dans 
chaque  section,  les  livres  étant  placés  en  rangées  de  deux — et  même  de  trois — sur  chaque 
rayon.  De  là  de  grandes  difficultés  lorsqu'il  s'agit  de  trouver  un  livre  dans  un  tel 
encombrement,  et  avec  une  lumière  défectueuse.  Il  est  à  espérer  que  le  nouveau 
Parlement  votera  le  crédit  nécessaire  pour  mettre  à  exécution  le  plan  suggéré  par 
l'architecte  en  chef  dans  le  but  de  nous  donner  plus  d'espace. 

Les  bibliothécaires  croient  de  leur  devoir,  à  l'ouverture  d'un  nouveau  Parlement, 
d'attirer  l'attention  des  membres  des  deux  Chambres  sur  l'importance  qu'il  y  a  pour 
eux  de  remettre  les  livres  empruntés,  lorsqu'on  les  leur  réclame.  Tout  délai  dans  cette 
matière  est  de  nature  à  causer  des  ennuis  à  leurs  collègues  qui  ont  besoin  des  volumes 

33—1 


2  RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
absents.  Une  triste  expérience  nous  a  fait  voir  que  notre  collection  nationale  a  subi 
des  pertes  sérieuses  dans  le  passé,  à  raison  de  négligence  de  la  part  de  certains  membres 
qui,  ayant  emprunté  des  livres  pour  les  passer  à  des  amis,  ont  perdu  ces  volumes  de  vue, 
après  un  certain  temps.  Un  grand  nombre  d'ouvrages  ainsi  empruntés  n'ont  pas  encore 
été  rendus. 

A  raison  de  l'ouverture  du  nouveau  Parlement,  les  bibliothécaires  croient  oppor- 
tun de  réimprimer  ici,  pour  l'information  des  Chambres,  le  rapport  d'un  sous-comité 
du  comité  mixte  de  la  Bibliothèque  adopté  à  la  session  de  1892  : — 

«  Le  sous-comité  chargé  d'examiner  les  règlements  concernant  l'usage  des  livres 
de  la  bibliothèque  par  les  membres  du  Parlement,  pendant  la  session,  a  l'honneur  de 
faire  rapport  comme  suit: — 

«  Le  sous-comité  est  d'avis  que  les  livres  suivants,  savoir  : — 

«  1.  Débats  du  parlement  impérial. 

«  2.  Rapports  sur  les  lois. 

«  3.  Revues  légales. 

«  4.  Débats  du  Canada  et  des  colonies. 

«  5.  Les  papiers  parlementaires  de  la  Grande-Bretagne. 

«  6.  Les  Statuts  du  Canada  et  des  provinces. 

«  7.  Ouvrages  sur  la  pratique  et  le  gouvernement  parlementaire. 

«  8.  Compilations  statistiques. 

«  9.  Les  papiers  du  congrès  des  Etats-Unis  et  autres  ouvrages  similaires  qui  sont 
constamment  en  usage  parmi  les  députés,  ne  devraient  pas  être  emportés  de  la  biblio- 
thèque, sauf  pendant  un  débat  et  durant  une  séance  de  l'une  ou  l'autre  Chambre,  et 
qu'il  soit  enjoint  aux  bibliothécaires  de  s'assurer  de  la  rentrée  de  ces  livres  à  la  fin  de 
la  séance  de  la  Chambre. 

«  Votre  comité  est  d'opinion  que  les  règles  générales  actuellement  en  vigueur, 
concernant  l'usage  de  la  bibliothèque  par  les  députés  sont  suffisamment  explicites,  sauf 
l'exception  ci-dessus. 

«  Toutefois  votre  comité  considère  qu'il  est  opportun  que  l'attention  des  députés 
soit  attirée,  sur  ces  règlements  et  qu'ils  devraient  exercer  leurs  privilèges,  en  tenant 
compte  des  intérêts  de  la  bibliothèque,  et  des  besoins  de  leurs  collègues,  en  ce  qui 
concerne  le  nombre  de  livres  pris  en  une  fois  et  la  durée  pendant  laquelle  ils  les 
gardent.» 

Les  bibliothécaires  regrettent  que,  vu  le  temps  qui  s'est  écoulé  depuis  1892  et 
l'indifférence  de  la  part  des  députés,  ces  règlements  très  nécessaires  ont  été  quelque 
peu  négligés.  Il  en  est  résulté  un  double  inconvénient  pour  la  bibliothèque  et  pour 
les  membres  du  Parlement. 

Les  bibliothécaires  recommandent  ces  règlements  à  la  considération  des  membres 
des  deux  Chambres.    A  eux  de  les  mettre  en  pratique. 

Le  catalogue  annuel  est  entre  les  mains  de  l'imprimeur  du  Roi  depuis  assez  long- 
temps et  sera  distribué  dès  qu'il  sera  reçu. 

La  liste  des  dons  faits  à  la  bibliothèque  s'y  trouve  annexée  au  présent  rapport. 
Le  tout  respectueusement  soumis. 

A.  D.  DeCELLES,  B.G. 
MARTIN  J.  GRIFFIN,  B.P. 
Bibliothèque  du  Parlement, 
20  janvier  1909. 


RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  33 


LISTE  DES  DONS  FAITS  A  LA  BIBLIOTHEQUE  DIT  PARLEMENT. 

Par  l'auteur,  R.  Caldwell,  Ecr,  Australie: 

The  German  Band  and  the  Moraine  Minstrels.     Brochure,  1908. 

Par  V auteur,  Charles  W.  Colby,  Ecr,  Montréal: 

Canadian  Types  of  the  Old  Régime,  1608-1698.     8vo.  N.Y.,  1908. 

Par  l'auteur,  James  H.  Coyne,  Ecr,  B.A.,  Saint-Thomas  : 
A  Century  of  Achievement. 
Richard  Maurice  Bucke;  A  Sketch. 
The  Country  of  thé  Neutrals.    Brochures. 

Par  l'auteur,  G.  W.  Cole,  Ecr,  Riverside,  Conn.,  E.U.: 
A  Bibliography  of  Bermuda. 

Par  J.  G.  Foley,  Ecr,  greffier  de  la  couronne  en  chancellerie  : 
Statuts  du  Canada,  de  1859  à  1866.     11  vols. 
Recensement  du  Canada,  1868-1891.     5  vol. 

Débats  de  la  Confédération,  1865.     (Version  française  et  anglaise.) 
Débats  du  Sénat  1890-1907. 
Statistical  Record,  1888. 
Canada  Year-Book,  1905. 
Statistical  Year-Book,  1886-1901.     16  vols. 
British  Columbia  Statutes,  1875. 
Manitoba  Journals  1892-1900.    5  vols. 
Manitoba  Statutes,  1883-1903.     10  vols. 
Northwest  Territories  Census,  1885. 
Nova  Scotia  Statutes,  1872-1877.    4  vols. 
Ontario  Statutes,  1874-1899.    7  vols. 
Prince  Edward  Island,  1875-1879. 

Québec  Journals,  1900.  •  * 

Québec  Sessional  Papers,  1888. 
Statuts  de  Québec  (anglais),  1867  à  1906.    37  vols.;  (français)  1868-1906.    37  vols. 

Par  l'auteur,  T.  C.  Keefer,  Ecr,  CE.,  C.M.G.,  Ottawa: 
Les  brochures  suivantes  : — 
Montréal  and  Ottawa,  1854. 
Philosophy  of  Railroads,  1871. 

Free  Trade:  Protection  and  Reciprocity,  from  the  Canals  of  Canada,  1876. 
The  Canadian  Pacific  Railway.    An  Address.    1888. 
The  Canals  of  Canada,  1894. 
Ice  Floods  and  Winter  Navigation  of  the  Lower  St.  Lawrence,  1898. 

Par  l'auteur,  Geo.  E.  Murphy,  Ecr,  shérif,  Moosomin: 

Extraits  dactylographiés  de  son  journal  d'officier  du   train  des   équipages  de  la 
colonne  de  Battleford  lors  de  l'insurrection  du  Nord-Ouest,  1885.     Folio. 

Par  l'auteur,  J.  B.  Peaslee,  Ecr,  A.B.,  L.L.D.,  Cincinnati: 

Occasional  Verses  and  Sacred  Songs.     Thoughts  and  Expériences  in  and  out  of 
School,  1900. 

33—lf 


4  RAPPORT  DES  lit IlUOTHEC AIRES  DU  PARLEMENT 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Par  Vautour.  Francis  A,.   Stnifi/,  Ecr.,  Elizabethtown,  N.-Y.: 

The  Critiçs  Versus  Shakespeare.    A  Bricf  for  the  Défendant.    19J)7. 

Par  l'auteur,  B.  E.  Walker,  Ecr.  Toronto: 
Addresses: — 

Abnormal    Features    of    American    Banking.      To    Canadian    Club  ;     Canadian 

Bankers'  Association  at  dinner  of  Michigan  Bankers'  Association. 
Banking  in  Canada. 

Relations  of  Banking  to  Business  Enterprise. 
Fire  Insurance. 
Canadian  Crédit  and  Enterprise. 

Par  l'Association  Historique  Américaine: 
Rapport  annuel,  1906. 

Par  l'Association  des  Banquiers  Américains  : 
Délibérations,  1907. 

Par  l'Asociation  des  Médecins  Américains: 
Transactions.    Vol.  22. 

Par  la  Société  Américaine  des  Surintendants  de  l'Ecole  d'entraînement  des  Infirmiers: 
Rapport,  1908. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Baltimore: 
Rapport,  1907. 

Par  la  ville  de  Birmingham,  Angleterre  : 
Rapports  financiers  de  la  ville,  1907-8. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Bombay: 
Rapport,  1906. 

Par  la  Chambfe  de  Commerce  de  Boston: 
Rapport;  1906-07. 

Par  V Association  des  Marchands  de  Boston: 
Rapport  de  la  32ième  assemblée  annuelle. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  l'Association  de  l'Est  de  la  Colombie-Britannique  : 
Convention  annuelle  1908. 

Par  le  Bureau  d'Ethnologie  Américaine: 
Bulletin  N°  34. 

Par  la  Banque  de  Commerce  Canadienne  : 
Chartes  et  Rapports  annuels.  1867-1907. 

Par  l'Exposition  Nationale  Canadienne,  Toronto: 
Six  médailles  de  bronze. 

De  la  Chambre  de  Commerce  de  Chicago: 
Rapport,  1907. 

Du  chemin  de  fer  Chicago,  Milwaukee  et  Saint-Paul  : 
Rapports,  1907,  1908. 


RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  33 

Par  la  bibliothèque  de  l'Université  Cornell: 
Petrarch's  Treatise  and  list  of  éditions. 

Bibliographical   Notes.      Books   printed    in   Ireland,    1578-1884,   a   supplément    to 
British  Muséum  Catalogue. 

Par  les  exécuteurs  testamentaires* de  M.  James  Coolidge  Carter: 

Law;  its  Origin,  Growth  and  Functions  par  feu  le  Dr  Carter,  1907. 

Par  la  Governors'  Staff  Association  of  Connecticut  (Hartford)  : 
Report  of  2nd  Biennial  Meeting, 
lst  Company  Governor's  Horse  Guard.     History  of,  1778-1907.     Brochures. 

Par  la  Compagnie  des  Couteliers  de  York,  Angleterre: 

Leader  R.  E.  History  of  the  Cutlers'  Company.     Folio,  190G. 

Par  la  bibliothèque  John  Crearer,  Chicago,  IlL: 
Rapport,  1907. 

Par  la  Cie  du  chemin  de  fer  Delaware,  Lachawanna  and  Western: 
Rapport  annuel,  1907. 

Par  la  ville  de  Halifax,  N.-E.  : 
Rapports  annuels,  1904-6. 

Par  l'Université  Harvard: 
Catalogue  1907-8. 
Registre  officiel,  1908. 

Du  conseil  de  comté  de  London: 
Rapport  du  conseil  1906-7. 

Par  la  ville  de  London,  Ontario  : 
Minutes  of  Council,  1907. 

Par  l'Université  McGill: 

Annual  Calendar,  1907-8,  1908-9. 

Par  la  Société  Historique  du  Maine: 
Documentary  History.     Vols.  9-12. 
York  Deeds.    Vol.  16. 
Collestions  3rd  S.    Vols.  1,  2. 

Par  le  Bureau  des  Statistiques  du  Maryland: 
Rapport,  1907. 

Par  l'Université  de  Melbourne,  Australie: 
Calendrier,  1908. 

Par  la  Société  Historique  du  Montana: 
Constitutions.    Vols.  4,  5. 
Farmers'  Institute  1904-6. 

Par  la  ville  de  Montréal: 
Rapport  annuel,  1906. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Montréal: 
Rapport,  1907. 


6  RAPPORT  DES  lif  HLIOTHEC AIRES  DU  PARLEMENT 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Par  la  National  Tax  Association,  E.U.: 
Proceedings  lst  Congress,  1907. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  New-York: 
Rapport,  1907-8. 

Par  le  New-York  Produce  Exchange: 
Rapport  statistique,  1907. 
Rapport,  1907-8. 

Par  la  Cie  du  chemin  de  fer  Northern-Pacific  : 
Rapport,  1907-8. 

Par  la  ville  d'Ottawa: 

Règlements,  de  1897  à  1907. 

Procès-verbaux  du  Conseil,  de  1898  à  1907. 

Rapports  des  Départements,  1897,  1899,  1901,  190.5,  190(5. 

Rapport  de  l'ingénieur  de  la  ville,  1907. 

Par  l'Université  de  la  Pensylvanie: 
Catalogue,  1907-8. 

Par  la  Société  Géographique  de  Philadelphie: 
Heilprin,  An  Eruption  of  Pelée.    Illustrated. 
The  Phenomena  and  Conséquences.     Folio.     1908. 

Par  le  Conseil  d'Hygiène  de  Québec: 

Rapports  annuels  (anglais  et  français),  1895-6-7,  1903-4,  190G. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Québec: 
Rapport  sur  1907.    12  exemplaires. 

Par  la  Royal  Ilumane  Society: 
Rapport,  1907. 

Par  le  Collège  Militaire  Royal  du  Canada: 
Proceedings  1906. 

Par  la  ville  de  Saint-Jean,  N.-B.: 
Rapport  de  l'auditeur,  1906-07. 

Par  le  St.  Lonis  Trade  and  Commerce  Board: 
Rapport,  1907. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  San-Francisco: 

Rapport  1907-8. 

» 

Par  le  Merchants'  Exchange  de  San-Francisco  : 
Rapports,  1905-1908. 

Par  le  Smithsonian  Institute: 

Watson   S.   S.   Levés  Commereiales  Y  Martimas  de  la  America   Lavîna.     5  vols. 
1907. 

Par  l'Université  de  Toronto: 
Calendrier,  1907-8. 


RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  33 
Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Toronto: 
Rapport,  1907. 

Par  V United  States  Steel  Corporation: 
Rapport,  1907. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Vancouver  : 
Rapport  -1907-8. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Victoria,  C.-B.: 
Rapports,  1905,  1907. 

Par  la  Chambre  de  Commerce  de  Winnipeg  : 
Rapport,  1908. 

Par  la  State  Historical  Society  of  Wisconsin: 
Rapport,  1907. 

Par  lejGouvernement  d'Alberta: 

Statuts,  1908. 
Journaux,  1908. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Etat  Australien: 

Actes  1907-8. 
Livres  bleus,  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  des  Lucayes: 

Lois,  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Barbade: 
"Lois,  1906-7;  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  du  Brésil: 

Rapports  annuels  des  ministères,  1906.     3  vols. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Colombie-Britannique: 

Statuts,  1908. 

Documents  de  la  Session,  1907-8. 
Journaux,  1906-7. 
Gazette  Officielle,  1908. 
Suprême  Court  Rules,  1906. 
County  Court  Rules,  1905. 

The  Emigrant  Soldiers'   Gazette  and  Cape  Horn  Chroniche   (Account  of  Royal 
Engineers  on  Duty  in  Colony,  1855-63). 

Par  le  Gouvernement  du  Cap  de  Bonne-Espérance  : 

Actes  1907. 

Council  Reports  of  Committees  1907. 

Minutes,  1907. 

Asembly  Votes  1907. 

Annexures,  1907. 

Reports  of  Committees,  1907. 


8  RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Par  le  Gouvernement  du  Connecticut: 
Spécial  Laws,  1907. 
Senate  Journal,  1907. 
House  Journal,  1907. 
Public  Documents,  190C. 
State  Register,  1908. 
Law  Reports.    Vol.  79,  80. 
Labour  Bulletin,  1908. 
Practice  Book,  1908. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Allemagne: 

Documents  Parlementaires,  1903-1907.    10  vols. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Grenade: 
Administration  Reports,  1906.  • 
Livres  bleus,  1907. 
Hand-Book,  1908. 

Par  le  Gouvernement  impérial: 

Statuts,  1907.  a 

Commons  and  Lords  Current  Blue-Books,  1907-8. 
Hansard,  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Inde: 
Bombay  Code,  1897. 
Coorg  Code,  1908. 
Eastern  Bengal  and  Assram  Code,  1907. 

Par  le  Gouvernement  de  VIndiana: 
Law  Reports.    Voll.  39. 
Senate  Journals,  1907. 
House  Journals,  1907. 
Departmental  Reports,  1905-6.    11  vols. 
Législative  Manual,  1907. 
Documentary  Journal,  1906. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Jamaïque:  # 

Handbook,  1908. 
Livre  bleu,  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  du  Japon: 

Annuaire  financière  et  économique,  1908. 

Par  le  Gouvernement  du  Kansas: 
Law,  1908. 

Senate  Journal,  1907  et  1908. 
House  Journal,  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  du  Maine: 
Senate  Documents,  1907. 
House  Documents,  1907. 
Public  Documents,  19078. 
Maine  Register,  1908-9. 

Par  le  Gouvernement  de  Malte  : 
Actes  et  Ordonnances,  1907. 


RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  33 

Par  le  Gouvernement  du  Manitoba: 
Statuts,  1908. 
Gazette  spéciale,  1908. 
Journaux  et  Documents  de  la  Session,  1908. 

Par  le  Gouvernement  du  Massachusetts: 
•Acts,  1908. 
Senate  Journals,  1908. 
House  Journals,  1908. 
Law  Eeports,  194,  195,  196,  197. 
Acts  of  the  Province  of  Massachusetts  Bay.    Vol.  14,  15,  1747-1756. 

Par  le  Gouvernement  de  Vile  Maurice: 
Acts,  1907,  1899,  1905,  1907. 
Local  Acts,  1899,  1905,  1907. 
Laws  Extra  Session,  1899,  1900,  1907,  1908. 
Senate  Journal,  1899,  1901,  1902,  1905,  1907. 
House  Journal,  1899,  1901,  1903,  1905,  1907. 

Par  le  Gouvernement  du  Minnesota: 
Law  Keports.    Vols.  102,  103. 

Par  le  Gouvernement  du  Montana: 
Senate  Journal,  1907. 
House  Journal,  1907. 
Report  Public  Instruction,  1905-6. 
Contribution  to  Historical  Society.    Vol.  6. 

Par  le  Gouvernement  du  Natal: 
Actes,  1907. 

Par  le  Gouvernement  du  Nébrasha: 
Senate  Journal,  1905  1907. 
House  Journal,  1905,  1907. 
Public  Documents,  1905-6. 

Par  le  Gouvernement  du  N  ouv  eau-Brun  swich  : 
Laws,  1907-8. 

Assembly  Journals,  1907-8. 
Royal  Gazette,  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  de  Terre-Neuve: 
Lois,  1908. 

Par  le  Gouvernement  du  New-Jersey: 
Lois,  1908. 

Senate  Journal,  1907-8. 
Assembly  Minutes,  1907. 
Documents  Législatifs,  1906.     5  vol. 
Archives  Reports.    Vols.  26,  27. 
Insurance  Acts,  1906. 
Public  Library  Commission,  1908. 
Mackay  &  Newman's  New  Jersey  Digest,  1898-1907. 
Labour  Statistics  Report,  1907. 


10  RAPPORT  DES  Bl  HUOTHEC AIRES  DU  PARLEMENT 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Par  le  Gouvernement  de  la  Nouvelle  Galles  du  Sud: 

Statuts,  1907. 

Council  Journals,  1906,  1907. 

Assembly  Journals,  1906,  1907. 

Parliainentary  Papers,  1907. 

Débats,  1907,  1908. 

Officiai  Year-Book,  1905,  1906. 

Statistical  Register,  1906. 

Par  le  Gouvernement  de  New-York: 

Laws,  1907-8. 

Consolidated  Laws,  1907.    Report  bound.    7  vols. 

Law  Reports,  187,  188,  191. 

Appellate  Reports,  116,  118,  123,  124. 

University  of  New  York  Muséum  Reports,  1903  à  1908.    19  vols. 

State  Library  Report,  1904-1906. 

Education  Report,  1907-8. 

Education  Department.    Bowier  Manuscripts. 

Forest,  Fish  and  Game  Report,  1902-3. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Nouvelle-Zélande: 

Statutes,  1907. 
Council  Journals,  &c,  1907. 
Statistics  Report,  1906. 
Geological  Survey  Bulletin,  1908. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Nouvelle-Ecosse: 

Lois,  1908. 

Journaux  du  Conseil,  1907. 

Journaux  de  l'Assemblée,  1907. 

Débats,  1908. 

Gazette  Officielle,  1908. 

Par  le  Gouvernement  de  VOhio: 

Lois,  1908. 

Senate  Journal,  1906. 

House  Journal,  1906. 

Executive  Documents,  1906. 

Department  Reports,  1906-7. 

Geographical  Annals.     Vol.  3.     1906,  1908. 

Miscellaneous  Reports,  en  brochure,  1907-08. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Ontario: 

Statuts,  1908. 

Journaux,  1908. 

Documents  de  la  Session,  1907,  1908. 

Gazette  Officielle,  1908. 


RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  33 

Par  le  Gouvernement  de  la  Pensylvanie: 

Laws,  1907. 

Senate  Journal,  1907. 

House  Journal,  1907. 

Statute  at  Large,  1785,1787. 

SmulPs  Législative  Handbook,  1907,  1908. 

Archives.    6th  Séries.    7  vols. 

State  Keports.    Vols.  218,  220. 

Superior  Court  Reports.    Vol.  34. 

Par  le  Gouvernement  de  VIle-du-Prince-Edouard : 

Statuts,  1908. 
Journaux,  1906,  1907. 

Par  le  Gouvernement  de  Québec: 

Statuts,  1908. 

Journaux,  1908. 

Documents  de  la  Session,  1907. 

Gazette  Officielle,  1908. 

Par  le  Gouvernement  du  Queensland: 

Actes,  1907,  1908. 
Débats.    Vols.  99-101. 

Par  le  Gouvernement  de  Sainte-Lucie  : 

Administration  Reports,  1906. 
Livre  bleu,  1907. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Sashatchewan: 

Statutes,  1908. 
Journaux,  1907. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Australie  Méridionale: 

Council  Debates,  1907. 
Assembly  Debates,  1907. 
Proceedings  of  Parliament,  1907. 

Par  le  Gouvernement  de  la  Jamaïque: 

Acts,  1907. 

Journals  and  Papers,  1907. 
Index  to  Statutes,  1820-1907. 
Walch's  Almanac,  1908. 

Par  le  Gouvernement  du  Transvaal : 

Statuts,  1907. 
Livres  bleues,  1907-8. 

Par  le  Gouvernement  de  Trinidad  et  de  Tcibago: 
Livre  bleu,  1907-8. 


12  RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Par  Je  Gouvernement  des  Etats-Unis  : 

Senate  Journals,  1907-8. 

Senate  Reports,  1906-7.    8  vols. 

Senate  Documents,  1906-7.    25  vols. 

Iiouse  Documents,  1905-6.    14  vols.    1906-7.    44  vols. 

American  Ephemeris  and  Nautical  Magazine. 

Abridgment  of  U.  S.  Documents,  1907. 

Army  Transport  Service  Régulations,  1908. 

Atlantic  Coast  Pilot,  1908. 

Architect  Government  Report,  1908. 

Attorney  General  ;   Digest  of  Opinions,  1881-1906. 

Census  Report,  Manufacturer,  1905. 

Census  Report,  Mortality  Statistics,  1906. 

Census  Report,  Transportation  by  Water,  1906. 

Court  of  Claims  Report.    Vol.  42. 

Congressional  Record.    Vol.  42. 

Commerce  and  Navigation  Report,  1907. 

Consular  Trade  Reports,  1907. 

Coast  Geodetic  Survey,  1908. 

Custom  Laws,  1908. 

Drill  Régulations,  Hospital  Cups,  1908. 

Field  Service  Régulations,  1905. 

Interior  Annual  Report,  1906-7. 

International  Code  of  Signais,  1907. 

Librarian  of  Congress  Report,  1907. 

Life  Saving  Service  Report,  1907. 

Military  Laws. 

Military  Régulations,  1908. 

Mint  Annual  Report,  1907. 

National  Bank  Décisions,  1908. 

National  Board  of  Trade  Report,  1908. 

Navigation,  Report  of  Commissioner,  1907. 

Officiai  Register,  1907. 

Post  Office  Department.    Business  Method  of,  1905.    Report  of  a  Commission. 

Public  Lands.    Décision  of  the  Department  of  the  Interior  on.    Vol.  36. 

Railway  Statistics  of  1906. 

Signal  Corps  Régulations,  &c,  1907. 

Statistical  Abstract,  1907. 

Treasury  Décisions.    Vol.  14. 

War  Department  Report.    Vol.  5. 

Par  le  Gouvernement  du  Vermont: 

Senate  Journal,  1906. 
House  Journal,  1906. 
Law  Reports.    Vol.  80. 
Documents  Publics,  1907-8. 
Vermont,  the  Green  Mountain  State. 

Par  le  Gouvernement  de  Victoria: 

Actes,  1907. 

Votes,  Proceedings  and  Papers,  1907. 

Débats.    Vols.  116-118. 


RAPPORT  DES  BIBLIOTHECAIRES  DU  PARLEMENT  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  33 

Par  le  Gouvernement  de  la  Virginie: 

Journals  of  the  House  of  Burgesses,  1758-1761,  1761-1765. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Etat  de  Washington: 
Law  Reports.    Vol.  45. 

Par  le  Gouvernement  de  l'Australie  Occidentale: 

Votes  and  Proceedings,  1907. 
Débats.    Vol.    31. 

Par  le  Gouvernement  du  YuTcon: 
Ordonnances,  1908. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


RAPPORT 


DU 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


SUR   LES 


PENITENCIERS  DU  CANADA 


POUR 


L'EXERCICE  TERMINE  LE  31  MARS 


1908 


IMPRIME  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 
IMPRIMÉ  PAR  C.  H.  PARMELEE,   IMPRIMEUR   DE  SA  TRÈS  EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 

190 

[N°  34— 1909.] 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT   PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


A  Son  Excellence  le  Très  honorable  sir  Albert  Henry  Ùeorge,  comte  de  Grey,  vicomte 
Howick,  baron  Grey  de  Howick,  dans  le  comté  de  Northumberland,  dans  la  pairie 
du  Royaume-Uni  et  baronnet;  chevalier  Grand' croix  de  l'ordre  très  distingué  de 
Saint-Michel  et  de  Saint-George,  etc.,  etc.,  Gouverneur  général  du  Canada. 


Plaise  à  Votre  Excellence: 

J'ai  l'honneur  de  soumettre  à  Votre  Excellence  le  rapport  annuel  des  inspec- 
teursMes  pénitenciers  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

J'ai  l'honneur  d'être, 

De  Votre  Excellence, 

Le  très  obéissant  serviteur, 

A.  B.  AYLESWORTH, 

Ministre  de  la  Justice. 
Ministère  de  la  Justice, 

Ottawa,  12  janvier  1909. 


m 


8-9  EDOUARD  VI 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


A.   1909 


TAËLE  DES  MATIÈRES. 


PAGES. 
1—8 


Rapport  des  inspecteurs 

Annexe  A. — Rapport  de  l'agent  fédéral  de  la  libération  anticipée 9 — 16 

B. — Rapports  des  directeurs 17 — 28 

"     C. — Rapports  des  médecins 29 — 44 

"     D. — Rapports  des  chapelains 45 — 56 

"     E. — Rapports  des  maîtres  d'école 57 — 64 

"     F. — Rapports  des  directrices 65 — 69 

u     G. — Statisques  criminelles 71 — 126 

"     H. — Statisques  du  travail 127 — 131 

I.— Coût  par  tête 133—136 

J. — Relevés  des  recettes 137 — 141 

K. — Relevés  des  dépenses 143 — 188 

u     L.— Liste  des  employés 189—198 

"     M.— Rapports  sur  les  fermes 199—209 

11    N. — Rapports  des  pénitentciers  du  Yukon 211 — 224 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


RAPPORT   ANNUEL 


DES 


Inspecteurs  des  Pénitenciers 


POUR 


L'EXERCICE   1907-8 


TRADUCTION. 

A  l'honorable 

A.  B.  Aylesworth,  C.R., 

Ministre  de  la  Justice. 

Monsieur, — Nous  avons  Phonneur  de  présenter  les  rapports  et  les  statistiques 
relatifs  au  fonctionnement  des  péntienciers  en  Canada,  pour  l'exercice  clos  le  31 
mars  1908. 

Les  tableaux  suivants  ne  comprennent  pas  les  statistiques  se  rapportant  aux 
pénitenciers  du  Yukon,  qui  sont  sous  le  contrôle  et  la  surveillance  de  la  gendarmerie 
à  cheval  des  Territoires  du  Nord-Ouest. 

POPULATION. 

La  moyenne  quotidienne  de  la  population  des  pénitenciers  pour  les  cinq  der- 
nières années  a  été  comme  suit: — 

1903-4 1,286 

1904-5 1,359 

1905-6 1,407 

1906-7 1,433 

1907-8 1,418 

Bien  que  la  moyenne  quotidienne  de  la  population  soit  moins  élevée  que  celle  de 
l'an  dernier,  le  nombre  des  détenus  est,  à  la  fin  de  l'année,  plus  grand  qu'il  n'était 
à  son  commencement,  ainsi  qu'il  est  démontré  dans  le  tableau  suivant: — 
34-1 


MINISTERE[DEiLA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MOUVEMENT    DES    DETENUS. 


Kingston   St.-Vincent-de-Paul. 

Dorchester. 

Manitoba. 

Colombie- 
Britannique 

Alberta. 

To- 
taux 

Sous  verrous    le    1er 
avril  1907 

Reçue  : 

Des  prisons 

Des  établissements 

458 
169 

402 
172 

194 

118 
2 

175 
41 

137 
84 

57 
46 

1,423 

630 
2 

Annulation  de  per- 



1 

11 

76 
53 
9 
6 
2 
2 

1 
1 
1 

1 

2 

2 

116 

45 

5 

2 

1 
17 
4 
1 
1 
1 

15 

Liberea  : 

Expiration    de    la 

35 

36 

5 

43 
40 
3 
2 
3 
5 

1 

31 

24 

3 

2 

303 

Libérat'n  anticipée 

216 
29 

Décès 

1                               2 

15 

Déportation 

2 
6 

1 

9 

1 

14 

Aliéné    lors  de     la 

réception 

Ordre  du  tribunal 

2 

2 

3 
1 

6 

o 

Sous  verrous    le    31 
m...rl0a.  .8  9s 

488 

401 

235 

120 

152 

80 

1,476 

ETAT   COMPARATIF  ^DES    ELARGISSEMENTS    PAR    LIBERATION    ANTICIPEE,   PAR  GRACE, 

DÉCÈS  ET  EVASION. 


Libération 
anticipée 

Grâce. 

Décès. 

Evasion. 

1899-0 

71 
122 
157 
113 
122 
126 
179 
157 
215 

70 
36 
43 
35 
31 
50 
36 
29 
29 

22 
25 
14 
16 
23 
11 
17 
12 
14 

1900-1 

1 

1901-2 

1902-3 

1903-4 

1 

1904-5 

*3 

1905-6 

1906-7 

Î2 
1 

1907-8 

6 

♦Un  repris. 
ÎToue  deux  repris. 

L'augmentation  du  nombre  des  libérations  anticipées  se  trouve  entièrement 
justifiée  par  les  résultats,  comme  on  peut  le  constater  dans  le  rapport  de  l'agent 
fédéral  qui  a  le  contrôle  de  ce  département     (Voir  Annexe  "A".) 

Le  fait  qu'il  y  a  eu  un  nombre  inusité  d'évasions  est  beaucoup  à  déplorer. 
Toutes  ont  eu  lieu  au  pénétencier  de  la  Colombie-Britannique,  et  sont  dues  à  un 
manque  général  de  discipline  et  de  soumission  aux  règlements  de  la  prison.  Le 
personnel  du  pénitencier  a  été  réorganisé,  et  plusieurs  tentatives  subséquentes  de 
mutinerie  et  d'évasion  ont  été  déjouées.  La  tendance  de  certains  officiers  à  agir 
d'après  leur  propre  jugement,  au  mépris  des  règles  établies,  qui  ont  été  consacrées 
par  des  années  d'expérience,  amène  invariablement  des  résultats  désastreux.  L'of- 
ficier supérieur  qui   néglige  les  instructions  et  les  règlements  qu'il  doit  suivre  ne 


RAPPORT  DES  INSPECTEURS  DES  PENITENCIERS  3 

DOC.   PARLEMENTAIRE,    No   34. 

saurait  se  faire  obéir  de  subordonnés  qui  croient  naturellement  avoir  le  même 
droit  d'exercer  leur  propre  jugement  dans  l'accomplissement  de  leurs  devoirs. 
N'est  bon  commandant  que  celui  qui  a  d'abord  appris  à  obéir. 

HABITUDES  MORALES. 

Les  habitudes  des  détenus,  avant  leur  condamnation,  sont  données  comme 
suit: — 

Abstèmes 255  ou  17  pour  100. 

Tempérants 718  ou  49  pour  100. 

Intempérants 503  ou  34  pour  100. 

Il  a  été  prétendu  par  ceux  qui  ont  commenté  des  rapports  antérieurs,  que  le 
nombre  des  abstèmes  était  surfait,  et  que  celui  des  intempérants  était  manifeste- 
ment amoindri.  Il  n'y  a  aucun  doute  que  dans  plusieurs  cas  l'usage  des  boissons 
enivrantes  fait  que  les  individus  perdent  tout  contrôle  sur  eux-mêmes, [et  est  la  cause 
des  crimes  qui  sont  commis;  mais,  d'après  notre  expérience,  les  forçats  cherchent 
à  attribuer  leur  faute  aux  boissons  enivrantes  ou  à  quelque  autre  cause  plutôt  qu'à 
l'instinct  criminel;  et  c'est  notre  avis  que  les  chiffres  donnés  ci-haut  ne  sont  aucu- 
nement sujets  à  une  critique  de  ce  genre.  Les  criminels  dangereux  font,  en  général, 
un  usage  modéré  des  liqueurs  enivrantes.  Pour  réussir  dans  le  crime,  comme  dans 
toute  autre  chose,  il  faut  garder  le  contrôle  absolu  de  ses  faclutés  mentales  et  phy- 
siques. 

DEGRÉ  D'ÉDUCATION. 

Nombre  de  détenus  qui  savent  lire  et  écrire.  1,214  ou  82  pour  100. 
Nombre  de  détenus  qui  savent  lire  seule- 
ment        57  ou    4  pour  100. 

Nombre  de  détenus  absolument  illetrés.  . .     205  ou  14  pour  100. 

En  autant  que  la  chose  est  compatible  avec  l'administration  d'une  institution 
de  ce  genre,  il  y  a  des  écoles  dans  chaque  pénitencier.  Des  classes  se  tiennent 
durant  une  partie  de  l'heure  libre  du  midi,  et  l'on  distribue  dans  les  cellules  tout  ce 
qui  est  nécessaire  à  ceux  qui  désirent  profiter  du  privilège  d'étudier  le  soir.  De 
cette  façon,  des  détenus  ambitieux  et  travailleurs  parviennent  à  se  procurer  ce 
qu'ils  n'avaient  pu  avoir,  dans  leur  enfance,  de  la  part  de  leurs  parents  ou  de  leurs 
tuteurs.  On  ne  se  fait  guère  une  idée  de  ce  que  le  crime  est  en  grande  partie  dû  au 
manque  d'éducation. 

Le  principal  devoir  des  officiers  supérieurs  d'une  prison  est  de  voir  à  l'exé- 
cution de  la  sentence  telle  qu'elle  a  été  prononcée;  mais  on  a  trouvé  qu'il  est  à 
propos  de  donner  en  même  temps  un  enseignement  mental,  moral  et  manuel,  qui 
n'intervienne  en  aucune  façon  avec  l'application  des  travaux  forcés,  et  oui  mettra 
le  condamné  plus  en  état  de  gagner  sa  vie  à  sa  sortie  de  prison. 

Age. 

Moins  de  20  ans 181 

Plus  de  20  et  moins  de  30 630 

"   30      "      40 372 

*      40      "      50  163 

"   50      "      60 95 

u      60  ans 35 


34— H 


1,476 


4  MINISTERE2DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  Vil,  A.  1909 

Le  nombre  des  forçats  de  moins  de  20  ans  est  proportionnellement  plus  grand 
dans  les  provinces  de  l'Est  que  dans  celles  de  l'Ouest.  A  Dorchester,  le  percentage 
et  de  19  pour  100;  à  Saint- Vincent  de  Paul,  de  17  pour  100,  tandis  que  dans  le 
Manitoba  il  n'est  que  de  3.3  pour  100.  D'après  ces  chiffres,  il  semblerait  que  les 
autorités  judiciaires  du  Manitoba  comprennent  plus  parfaitement  que  le  milieu 
pénitentiaire  est  préjudiciable  aux  jeunes  délinquants. 

pats  d'origine. 

(Nationalité.) 

Sujets  britanniques: 

Canada 890 

Grande-Bretagne  et  Irlande 239 

Autres  pays  britanniques 18 


Etrangers: 

Etats-Unis 155 

Italie 43 

Russie 23 

Autriche-Hongrie * 21 

Allemagne 20 

Chine 16 

Danemark 14 

France ' 13 

Suède 6 

Turquie 4 

Japon 4 

Autres  pays  étrangers 10 


1,147 


329 


1,476 

"^  Le^forçatsYTorigine  canadienne  sont  dans  la  proportion  de  soixante  pour  cent; 
ceux  de3  Iles  Britanniques,  seize  pour  cent,  et  ceux  des  Etats-Unis,  dix  pour  cent. 
L'augmentation  la  plus  marquée  en  ces  dernières  années  est  dans  le  nombre  des 
forçats  italiens. 

CROYANCE     RELIGIEUSE. 

Catholique  romaine 691 

Eglise  d'Angleterre 319 

Méthodiste 151 

Presbytérienne 145 

Baptiste 66 

Luthérienne 43 

Autres  sectes  chrétiennes 13 

Bouddhiste 17 

Juive 8 

Mormone 2 

Unitarienne 1 

Sany  croyance  religieuse 20 


1,476 


RAPPORT  DES  INSPECTEURS  DES  PENITENCIERS 
DOC.   PARLEMENTAIRE,    No   34. 

ETAT    FINANCIER. 


Kingston 

St-Vincent-de-Paul... . 

Dorchester 

Manitoba 

Colombie-Britannique 
Alberta 


Dépenses 
brutes. 


202,487.99 
114,725.95 
75,790.33 
64,397.28 
71,079.29 
55,581.08 


Recettes. 


Dépenses 
nettes. 


58,984.44 
3,299.52 
3,428.24 
4,581.34 
2,644.91 

10,617.60 


$  584,061.92    $  83,556.05    $  500,505.87 


143,503.55 
111,426.43 
72,362.09 
58,915.94 
68,434.38 
44,963.48 


ETAT  COMPARATIF  DE  LA  DEPENSE  NETTE. 


1904-5. 

1905-6. 

1906-7 . 
(9  mois.) 

1907-8. 

$  103,646.79 
99,855.94 
57,286.17 
64,506.30 
48,475.62 

$  130,950.58 
87,452.13 
58,447.14 
72,923.58 
61,252.21 

$  71,059.90 
89,324.60 
42,083.72 
47,797.68 
41,063.56 
36,085.35 

$  143,503.55 

111 ,426.43 

72,362.09 

Manitoba 

59,815.94 
68  434.38 

44,963.48 

$  373,770.82 

$  411,025.64 

$  327,414.81 

$  500,505.87 

1,359 

1,407 

1,433 

1,418 

ÉTAT  COMPARATIF  DU  COUT   PAR  TETE. 


Personnel    

Entretien  des  détenus 

Frais'd' élargissement 

Frais  généraux 

Industries 

Terrains,  bâtisses  et  entretien] 
Divers 

A'  déduire  pour  revenu 

Coût  net  par  tête 


Kingston. 


169.81 

58.76 

5.64 

32.89 

111.15 

11.90 

1.63 


391.78 
127.40 


S  264.38 


St-Vincent- 
de-Paul. 


159.85 

50.80 

6.61 

48.97 

12.33 

9.21 

1.69 


289 . 46 
8.42 


$  281.04 


Dorchester. 


$  203.10 
59.15 
5.64 
42.45 
17.01 
39.14 
2.44 


368.92 
16.25 


$  352.67 


Manitoba. 


$  248.14 
58.34 
17.52 
72.64 
16.18 
23.44 
5.87 


442.13 
32.73 


$  409.40 


Colombie- 
Britanni- 
que. 


257 . 20 
55.16 
8.34 
61.52 
21.70 
84.42 
24.01 


512.35 
18.62 


$  493.73 


Alberta. 


333 . 29 

90.28 

8.72 

61.72 

29.57 

244.68 
20.51 


788.77 
151.69 


S  637.08 


COUT  PAR  TÊTE  PENDANT  LES  CINQ  DERNIÈRES  ANNÉES. 


1904. 

1905. 

1906. 

1907. 
(9  mois.) 

1908. 

Kineston 

$  186.45 
288.98 
231.97 
347 . 56 
462.49 

$  209.45 
272.20 
228.15 
356.97 
411.44 

$  269.44 
253 . 23 
254.91 
360.87 
393.63 

$  220.58 
226.52 
206.70 
244.00 
326.99 
980.39 

3  264.38 

St-Vincent-de-Paul 

281.04 

Dorchester 

352  67 

Manitoba 

409 . 40 

Colombie-Britannique 

493  73 

Alberta 

637.08 

MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Coût  réel — 

Valeur  des  provisions  en  magasin  le  31  mars  1907.$  154,021.00 
Dépenses  brutes,  1907-8 584,062.00 

A  déduire — 

En  magasin  le  31  mars  1908. .  ; . $  185,584 

Valeur  approximative  du  travail  péni- 
tentiaire appliqué  à  la  production  du 

revenu  et  du  capital 75 ,  000 

260,584.00 

Coût  réel  net 477,499.00 

Coût  par  tête 336.74 

Coût  quotidien,  par  tête .92 

RELEVÉ    SOMMAIRE. 


1904-5. 

'  i 

1905-6. 

1906-7. 
(9  mois.) 

1907-8. 

Dépense  brute 

Dépense  nette 

$  429,537.63 
373,770.82 
334,878.00 

$  485,894.54 

411,025.64 

397,803.00 

282.73 

0.77 

$  411,776.04 

327,414.81 

387,295.00 

270.27 

0.99 

$  584,061.92 
$  500,505.87 

Coût  réel 

477,499.00 

Coût  par  tête 

246.41 
0.67 

336.74 

Coût  par  tête,  par  jour 

0.92 

<4 

Mayenne    de    la    population    quoti- 
dienne   

1,350 

1,407 

1,433 

1,418 

Respectueusement  soumis, 

DOUGLAS  STEWART, 
G.  W.  DAWSON, 

Inspecteurs. 


Ottawa,  13  juillet  1908. 


RAPPORT  DES  INSPECTEURS  DESiPENITENCIERS 
DOC.   PARLEMENTAIRE,   No  34. 


(Annexe  au  rapport  des  inspecteurs.) 

Ottawa,*  17    juin    1908. 

Aux  Inspecteurs  des  Pénitenciers, 
Ottawa. 

Messieurs, — J'ai  l'honneur  de  faire  rapport  des  divers  travaux  exécutés  dans 
les  pénitenciers  durant  l'année  finissant  le  31  mars  1908. 

Au  pénitencier  de  Kingston,  l'éclairage  de  l'aile  cellulaire  du  sud  a  été  consi- 
dérablement amélioré  au  moyen  du  remplacement  des  anciennes  fenêtres,  qui 
étaient  petites,  par  de  longues  fenêtres  semblables  à  celles  qui  se  trouvent  dans  les 
autres  ailes  cellulaires.  Des  réparations  ont  été  faites  à  la  porte  d'entrée  et  sur 
plusieurs  centaines  de  pieds  du  mur  d'enceinte.  Le  quai,  qui  avait  été  endom- 
magé par  la  glace  dans  une  tempête  l'hiver  dernier,  a  aussi  été  réparé. 

A  Saint- Vincent-de-Paul,  on  a  donné  plus  d'efficacité  au  pouvoir  moteur  en 
construisant,  pour  la  chambre  des  chaudières  à  vapeur,  une  cheminée  de  quatre- 
vingt-douze  (92)  pieds  de  hauteur.  Elle  est  faite  de  briques  préparées  par  les  for- 
çats. Une  partie  de  la  dernière  section  de  la  bâtisse  de  l'industrie  a  été  complétée 
et  préparée  pour  servir  à  l'emmagasinage  de  la  glace.  Le  reste  sera  terminé  de 
honne  heure  l'automne  prochain.  La  bâtisse  de  l'industrie  fut  commencée  en 
1900.  Elle  mesure  620  pieds  de  longueur,  40  pieds  de  largeur,  sur  deux  étages,  et 
est  solidement  construite  de  pierre  taillée.  Ce  sont  les  forçats  qui  ont  tiré  cette 
pierre  de  la  carrière,  l'ont  taillée  et  en  ont  fait  la  construction  des  murs.  Un  abat- 
toir dans  la  porcherie,  et  une  aile  pouvant  abriter  deux  cents  porcs,  ont  été  cons- 
truits de  briques  faites  dans  l'établissement,  sur  des  fondations  de  pierre  et  de  béton. 
Une  quantité  de  pierre  a  été  extraite  de  la  carrière  et  préparée  pour  la  construction 
du  nouvel  hôpital. 

A  Dorchester,  les  troisième  et  quatrième  sections  de  la  bâtisse  de  l'industrie 
ont  été  complétées.  Les  forgerons  et  les  mécaniciens  occupent  le  rez-de-chaussée 
de  l'aile  nord,  et  les  charpentiers  sont  dans  l'étage  au-dessus.  La  buanderie,  la 
salle  de  rechange  et  les  bains  à  douches  sont  au  rez-de-chaussée  de  l'aile  sud,  les 
tailleurs  et  les  cordonniers  occupant  l'étage  au-dessus.  Entre  ces  ailes,  il  y  a  un 
vestibule  de  trente  pieds  par  cinquante  pieds,  avec  escalier  et  couloir  donnant 
accès  aux  ateliers  qui  se  trouvent  dans  les  étages  supérieurs.  Les  bureaux  du  sous- 
directeur  et  dufgardien  en  chef  ont  été  terminés.  Ils  sont  situés  au  premier  étage 
et  ont  vue  sur  la  cour  en  avant  de  la  bâtisse  de  l'industrie.  La  cinquième  section 
est  un  voie  de  construction.  Les  magasins  se  trouveront  dans  cette  section.  De 
fortes  murailles  à  l'épreuve  du"feu  la  séparent  des  ateliers. 

Un  système  de  téléphone  particulier  a  été  disposé  pour  permettre  de  commu- 
niquer avec  les  différents  départements  de  la  prison,  et  l'on  est  à  placer  des  fils  pour 
l'éclairage  par  l'électricité.  Des  réparations  ont  été  faites  aux  maisonnettes  des 
officiers. 

Au  pénitencier  du  Manitoba,  les  ateliers  des  charpentiers,  des  tailleurs  et  des 
cordonniers  ont  été  transportés  dans  la  nouvelle  bâtisse  de  l'industrie.  On  a  fait 
les  excavations  et  posé  les  fondations  de  la  deuxième  section  de  la  bâtisse  de  l'in- 
dustrie. 

Le  chemin  de  ceinture  du  nord  a  été  mis  en  pente  douce  à  partir  du  village 
Stony-Mountain  jusqu'à  celui  de  l'est.  Les  travaux  d'excavation  et  de  déblaie 
ment  du  chemin  depuis  le  village  et  en  bas  du  coteau  jusqu'à  notre  ligne  de  l'oues 


8  MINISTEREÏDEJLA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ont  progressé  considérablement.  Ce  chemin  est  ouvert  pour  remplacer  celui  qui 
passe  par  la  réserve  et  qui  sera  fermé  dès  que  le  nouveau  sera  terminé.  Les  mai- 
sonnettes des  officiers  ont  été  recouvertes  de  bardeau  neuf  et  l'habitation  du  di- 
recteur a  été  réparée.  Les  puits  qui  fournissent  Peau  à  la  prison  ont  été  nettoyés  et 
creusés. 

Au  pénitencier  de  la  Colombie-Britannique,  la  première  section  de  la  bâtisse 
de  l'industrie  à  été  aménagée  pour  les  forgerons,  les  mécaniciens,  les  tailleurs  et  les 
cordonniers,  la  buanderie,  la  salle  de  rechange  et  la  chambre  de^bain.  Les  ateliers 
donnent  sur  un  vestibule.  De  forts  grillages  protègent  toutes  les  fenêtres  et  les 
portes.  Quand  ils  sont  au  travail,  les  forçats  se  trouvent  mis  sans  verrous  par  le 
garde  qui  est  dans  le  vestibule.  L'atelier  des  tailleurs  de  pierre  est  prêt  à  être 
occupé,  et  l'écurie,  la  grange,  la  remise  pour  les  voitures  et  les  caveaux  pour  les 
racines  seront  complétés  dans  le  cours  de  l'été.  Les  constructions  en  bois  qui  ser- 
vaient autrefois  d'ateliers  seront  démolies  l'automne  prochain. 

Les  quartiers  du  sous-directeur  subissent  actuellement  certains  travaux  pour 
donner  plus  d'espace  aux  magasins,  et  permettre  d'ouvrir  une  salle  d'étude  et  un 
hôpital  dont  on  a  grandement  besoin.  Le  sous-directeur  occupera  la  maison  qui  se 
trouve  sur  le  terrain  dont  on  a  fait  récemment  l'acquisition. 

Les  maisonnettes  des  officiers  et  l'habitation  du  directeur  ont  toutes  été  re- 
mises à  neuf.  Quatre  cents  cordes  de  bois  ont  été  coupées  dans  notre  île  du  lac 
Pitt  et  transportées  à  la  prison.  On  a  cuit  environ  un  demi-million  de  briques.  Les 
palissades  ont  été  consolidées,  et  le  nouveau  chemin  qui  conduit  de  la  prison  à  la  rue 
Oolumbia  a  été  mis  en  pente  douce. 

Au  pénitencier  d'Alberta,  une  allonge  à  la  bâtisse  principale  a  été  commencée 
et  construite  jusqu'au  deuxième  étage.  Les  murs  sont  faits  de  briques  préparées 
et  cuites  dans  l'établissement;  les  planchers,  les  poutres  et  les  poteaux  d'appui  sont 
en  béton  sur  acier,  premier  ouvrage  de  ce  genre  fait  dans  la  province.  Un  tram- 
way a  été  construit  sur  un  parcours  de  1,500  pieds,  à  partir  de  la  briqueterie  jusqu'à 
la  rivière  Saskatchewan.  Il  sert  au  transport  de  la  terre  à  briques,  du  sable  de  la 
vallée  et  du  gravier  tiré  du  lit  de  la  rivière  deux  cents  pieds  plus  bas.  Trente  acres 
de  terre  ont  été  défrichées  et  clôturées.  Les  briqueteries  ont  été  préparées,  et  plu- 
sieurs centaines  de  mille  briques  y  ont  été  faites  pour  servir  à  la  construction*  de 
l'édifice  central,  vers  lequel  convergeront  les  ailes  cellulaires. 

Les  forçats,  en  général,  prennent  beaucoup  d'intérêt  à  leur  travail.  Grâce  à 
l'instruction  qui  leur  est  donnée  en  prison,  plusieurs  d'entre  eux  deviennent  des 
ouvriers  habiles,  et  au  moment  de  leur  élargissement  ils  sont  en  position  de  gagner 
de  bons  gages.  J'en  connais  plusieurs  qui  ne  savaient  rien  d'aucun  métier  lorsqu'ils 
nous  sont  arrivés,  et  qui  à  leur  sortie  de  la  prison  ont  trouvé  de  l'emploi  constant 
en  poursuivant  le  métier  qu'ils  y  avait  appris. 

E.  J.  ADAMS, 

Architecte. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


ANNEXE  A. 


RAPPORT  DE  L'AGENT  FEDERAL  DE  LA  LIBERATION  ANTICIPEE. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


Bureau  fédéral  de  la  Libération  anticipée, 
Ottawa,   5  juin   1908. 

L'honorable  A.   B.   Aylesworth,   C.R., 
Ministre  de  la  Justice, 
Ottawa. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  le  rapport  concernant  le  sys- 
tème de  la  libération  anticipée  pour  l'année  finissant  le  31  mars  1908. 

PÉNITENCIERS. 

Nombre  de  prisonniers  libérés  sous  condition  de  Kingston 53 

St- Vincent-de-Paul  . .  45 

Dorchester 36 

Manitoba 40 

"                              "                       Colombie-Britannique  24 

Alberta 17 

215 


ÉCOLES   PROVINCIALES,   PRISONS   ET  ÉTABLISSEMENTS  DE  RÉFORME. 

Nombre  de  prisonniers  libérés  sous  condition  aux   établissements   de 

réforme 17 

"  "  des  prisons.  .  . 69 

des  écoles 100 

186 

Total  des  prisonniers  libérés  sous  condition  dans  le  cours  de  l'année  1907-8  401 

ANNULATIONS. 

Nombre  des  permis  annulés  pour  non-exécution  des  conditions  de  la 

libération 15 

Nombres  des  permis  révoqués  par  suite  de  condamnations  subséqeun- 

tes  durant  l'année 6 

Total  des  permis  annulés  durant  l' année 21 

Statistiques  du  système  de  la  libération  anticipée,  depuis  ses  commencements 
en  1899  jusqu'au  31  mars  1908. 

Nombre  total  des  libérations  anticipées  accordées  depuis  1899  jus- 
qu'au 31  mars  1908 2,046 

PÉNITENCIERS. 

Libérations  anticipées  accordées  à  des  détenus  dans  les  pénitenciers, 

depuis  1899  jusqu'au  31  mars  1908 1,271 

m  M    ■ 

ÉTABLISSEMENTS     DE  |  RÉFORME,      PRISONS     ET     GEOLES     PROVINCIALES. 

Nombre  total  de  libérations  anticipées  accordées  à  des  détenus  dans 

les  institutions  ci-haut,  depuis  1899  jusqu'au  31  mars  1908....       775 

Grand  total 2,046 

11 


12  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ANNULTAIONS. 

Total  des  permis  annulés  pour  non-exécutéion  des  conditions  de  la 

libération 92 

Total  des  permis  révoqués  par  suite  de  condamnations  subséquen- 
tes          35 

Total 127 

SITUATION   ACTUELLE. 

Nombre  des  prisonniers  qui  ont  purgé  leur  sentence  durant  libéra- 
tion conditionnelle,  depuis  1899  jusqu'  au  31  mars  1908 1 ,  135 

Nombre  de  prisonniers  libérés  sous  condition   et   qui  font  encore 

rapport  aux  autorités 784 

Nombre  de  permis  annulés  pour  non-exécution  des  conditions 92 

Nombre  de  permis  révoqués  par  suite  de  condamnations  subséquen- 
tes           35 

Total 2,046 

Les  chiffres  ci-haut  sont  extraits  du  rapport  du  commissaire  de  police  de  la 
Puissance. 

Dans  le  cours  de  Tannée  dernière,  j'ai  visité  16  fois  les  divers  pénitenciers, 
j'ai  fait  rapport  sur  211  cas,  j'ai  eu  des  entretiens  avec  467  prisonniers,  et  j'ai  pro- 
curé de  l'emploi  et  des  relations  amicales  à  un  grand  nombre  de  ceux  qui  ont  été 
libérés  sous  condition.  J'ai  aussi  exercé  une  surveillance  sympathique  sur  les 
prisonniers  libérés,  et  je  les  ai  encouragés  de  toute  manière  pour  leur  aider  à  se 
réhabiliter  et  à  revenir  de  bons  citoyens.     Les  résultats  sont  tout  à  fait  satisfaisants. 

J'ai  aussi  visité  un  nombre  de  geôles,  établissements,  prisons  de  districts  et 
écoles  d'industrie,  et  j'ai  fait  rapport  au  ministre  sur  les  demandes  de  clémence 
formulées  par  les  prisonniers.  Je  me  suis  aussi  intéressé  à  ceux  d'entre  les  détenus 
de  ces  institutions  qui  ont  été  libérés  sous  condition,  et  je  les  ai  encouragés  à  se 
conformer  aux  conditions  de  la  libération  anticipée.^    '    ;    |T  ':   ^f  J*-*  |7T 

Le  tableau  synoptique  des  permis  accordés  cette  année  accuse  une  augmenta- 
tion de  116  sur  toute  autre  année  depuis  la  mise  en  opération  du  système  de  libéra- 
tion anticipée,  et,  naturellement,  les  annulations  ont  aussi  quelque  peu  augmenté. 

Je  désire  faire  mention  des  services  précieux  rendus  à  ce  s}^stème  par  les  chefs 
de  police  et  les  shérifs  qui  ont  reçu  les  rapports  mensuels  des  prisonniers  libères 
sous  condition,  et  qui  ont  encouragé  ces  derniers  à  être  soumis  aux  lois.  Je  men- 
tionnerai aussi  les  diverses  sociétés  de  bienfaisance  qui  s'occupent  des  prisons,  de 
même  que  les  nombreux  patrons  ou  amis  qui  ont  procuré  de  l'emploi  aux  prison- 
niers, à  l'heure  critique  de  leur  élargissement  conditionnel,  et  qui  les  ont  ainsi 
aidés  dans  le  temps  où  ils  avaient  le  plus  besoin  de  secours. 

Je  me  permets  respectueusement  de  conseiller  à  chaque  gouvernement  pro- 
vincial de  nommer  un  officier  chargé  d'exercer  une  surveillance  plus  complète  sur 
les  prisonniers  des  geôles  et  prisons  provinciales  après  qu'ils  ont  été  libérés  sous 
condition.  Je  trouve  que  le  travail  que  j'ai  à  faire  auprès  des  détenus  dans  les 
pénitenciers  absorbe  tous  mes  instants  et  toute  mon  énergie,  et  que  je  ne  puis 
donner  aux  institutions  provinciales  P attention  qu'il  faudrait  pour  que  le  système 
de  la  libération  anticipée  rendit  tous  les  bienfaits  que  l'on  peut  attendre  de  son 
application  aux  institutions  provinciales. 

Tout  regrettable  qu'il  soit  que  des  prisonniers  libérés  sous  condition  retombent 
dans  le  crime,  il  n'est  guère  possible  d'espérer  qu'aucun  d'entre  eux  ne  succombe 
à  la  tentation  de  reprendre  son  ancienne  vie.     Il  n'y  a  là  aucune  preuve  que  ceux 


RAPPORT  DE  L'AGENT  FEDERAL  DE  LA  LIBERATION  ANTICIPEE  13 

DOC.   PARLEMENTAIRE,    No   34. 

qui  sont  retombés  eussent  été  meilleurs  par  la  suite  s'ils  avaient  purgé  toute  leur 
sentence,  car  les  statistiques  établissent  que  le  nombre  de  ceux  qui  sont  renvoyés 
aux  pénitenciers  pour  offenses  commises  après  leur  élargissement  définitif  est  beau- 
coup plus  grand  que  de  ceux  à  qui  cela  arrive  pendant  leur  libération  condi- 
tionnelle. Le  système  de  la  libération  anticipée  fait  contracter  au  prisonnier  une 
obligation  envers  la  loi,  le  porte  à  bien  faire  et  tend  à  le  réhabiliter;  tandis  que 
celui  qui  à  purgé  toute  sa  sentence  s'imagine  ne  rien  devoir  à  qui  que  ce  soit,  et, 
comme  le  criminel  récidiviste,  il  considère  que  sa  mise  en  liberté  lui  donne  le  droit 
de  reprendre  la  carrière  du  crime. 

Le  criminel  récidiviste  est  la  grande  plaie  de  la  société.  C'est  celui  qui, 
retournant  en  prison  une  demi-douzaine  de  fois  ou  plus  souvent  encore,  se  trouve 
à  y  subir  une  condammation  à  vie,  par  périodes  marquées.  Dans  certains  pays 
du  continent,  un  criminel  qui  a  été  envoyé  en  prison  deux  ou  trois  fois  est  compté 
pour  un  récidiviste;  tandis  que  sous  le  système  allemand  il  suffit  de  répéter  une 
fois  la  faute  pour  mériter  le  titre.  La  question  est  de 'savoir  si,  dans  l'exercice  de 
la  clémence,  il  faut  entendre  par  récidiviste  le  criminel  général,  qui  commet  ses 
infractions  en  une  variété  de  crimes,  ou  celui  qui  n'opère  que  d'une  seule  manière — 
deux  types  dans  la  profession, — ou  celui  qui  succombe  à  la  tentation  accidentelle- 
ment ou  par  occasion.  Le  criminel  récidiviste  est  généralement  le  prisonnier  qui 
se  conduit  le  mieux  lorsqu'il  est  sous  verrous,  bien  qu'il  soit  le  plus  dangereux  à 
mettre  en  liberté. 

Il  ne  faut  pas  séparer  la  manière  de  traiter  le  prisonnier  libéré  de  la  grande  et 
importante  question  de  l'administration  de  la  prison.  Si  un  homme  retourne  en 
prison  une  deuxième  ou  troisième  fois,  c'est  peut-être  parce  que,  lorsqu'il  en  est 
sorti,  il  n'était  pas  encore  assez  bien  préparé  à  reparaître  dans  la  société  et  à  s'y 
bien  conduire,  ou  parce  que  la  société  n'était  pas  suffisamment  renseignée  pour  le 
recevoir.  Les  deux  points  sont  essentiels,  si  l'on  veut  que  le  système  de  la  libéra- 
tion anticipée  réussisse.  Si,  pendant  sa  détention,  un  prisonnier  a  appris  un 
métier — ce  qui  constitue  la  base  de  toute  réforme, — il  n'est  pas  difficile  de  trouver 
pour  lui,  à  sa  sortie,  un  emploi  convenable;  mais  s'il  sort  de  prison  sans  que  les 
principes  de  l'activité  industrielle  lui  aient  été  inculqués,  il  est  difficile  de  dire  lequel 
est  le  plus  embarrassé,  le  prisonnier  qui  demande  à  travailler,  ou  la  personne  qui 
serait  disposée  à  lui  donner  un  emploi.  C'est  lorsque  ces  conditions  se  rencontrent 
que  le  système  de  la  libération  anticipée  fait  preuve  d'utilité;  car  nous  nous  tenons 
près  de  celui  qui  cherche  à  se  réhabiliter,  sachant  que  le  libéré  sous  condition,  dans 
les  efforts  qu'il  fait  pour  recouvrer  ce  qu'il  a  perdu  comme  citoyen,  est  en  butte  à 
l'apathie  et  quelquefois  à  la  malveillance  de  la  société,  qui  est  prompte  à  lui  re- 
procher la  moindre  faiblesse,  et  tient  trop  rarement  compte  des  bonnes  intentions 
qui  peuvent  se  trouver  en  lui.  Il  fait  plaisir  de  constater  que  des  centaines  d'in- 
dividus ont  été  ainsi  aidés  par  le  système  de  la  libération  anticipée,  et  qu'ils  sont 
devenus  des  membres  utiles  de  la  société. 

Il  n'est  nullement  besoin  de  faire  la  comparaison  des  systèmes  pénitentiaires 
des  anciens  temps  avec  ceux  d'aujourd'hui;  la  différence  est  évidente,  et  il  a  été 
démontré  que  nos  systèmes  actuels  sont  de  beaucoup  supérieurs.  Néanmoins, 
malgré  qu'il  en  soit  ainsi,  il  faut  admettre  que  la  détention,  à  l'heure  qu'il  est,  pré- 
sente certains  dangers  d'un  caractère  spécifique  ou  général,  qui,  par  leur  nombre 
et  leur  importance,  suffisent  pour  que  l'on  ait  raison  de  chercher  à  empêcher — en 
autant  que  la  chose  est  compatible  avec  le  fonctionnement  de  la  loi  et  le  maintien 
de  l'ordre  public — tout  emprisonnement  pour  une  légère  ou  première  offense, 
pourvu  que  la  nature  du  délit  ne  soit  pas  trop  grave  dans  son  aspect,  comme  dans 
les  effets  qu'il  peut  avoir  sur  la  société. 

Une  sentence  suspendue  aura  l'effet  désiré  chez  plusieurs  de  ceux  qui  en  sont  à 
leur  première  offense,  et  l'on  devrait  contraindre  le  délinquant  à  faire  réparation 
autant  que  possible,  et  le  maintenir  dans  l'obligation  de  suivre  les  règles  de  con- 
duite en  honneur  là  où  l'offense  a  été  commise. 


14  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  châtiments  infligés  aux  transgresseurs  de  la  loi  ne  sont,  au  point  de  vue 
de  la  répression,  guère  moins  embarrassants  que  les  délits  eux-mêmes.  Chaque 
crime  a  son  caractère  propre  et  est  accompagné  de  circonstances  qui  tiennent  à  la 
personnalité  du  délinquant  et  font  de  son  offense  un  cas  particulier.  La  punition 
basée  sur  le  crime  lui-même  n'atteindra  pas  le  but  de  la  justice,  et  n'opérera  pas  la 
réforme  que  l'on  a  en  vue.  En  imposant  un  châtiment,  on  devrait  considérer  le 
caractère  du  coupable,  indépendamment  de  sa  faute,  tout  en  tenant  un  juste  compte 
de  la  gravité  et  des  effets  de  l'offense  commise.  L'homme,  non  plus  que  l'Etat, 
n'a  pu  trouver  le  moyen  de  reprimer  les  transgressions  de  la  loi  sans  avoir  recours 
aux  châtiments,  et  il  est  douteux  que  l'humanité  puisse  jamais  atteindre  ce  point 
de  perfection. 

Les  formes  générales  de  châtiment  dont  on  se  sert  actuellement  dans  les  pays 
civilisés  sont  au  nombre  de  quatre:  la  fustigation,  l'imposition  d'une  amende, 
l'emprisonnement  et  la  mort.  La  première  et  la  dernière  de  ces  peines  agissent 
comme  moyens  de  répression  du  crime.  Il  est  difficile  de  déterminer  exactement 
l'effet  que  peut  avoir  l'imposition  d'une  amende  sur  un  individu,  ou  son  utilité 
dans  l'administration  de  la  loi  et  la  répression  du  crime.  L'imposition  d'une 
amende  à  un  pauvre  ivrogne  jette  sa  famille  dans  la  misère,  et  ajoute  encore  à 
l'horreur  et  à  la  honte  de  sa  déplorable  existence,  en  privant  souvent  du  nécessaire 
la  femme  et  les  enfants  dont  il  est  le  soutien.  J'ai  suivi  depuis  des  années  ce  qui 
se  passe  dans  les  cours  de  justice,  et  je  n'y  ai  découvert  aucun  traitement  préventif  ou 
réparateur  qui  soit  applicable  à  l'ivrogne  invétéré.  Ce  qu'il  lui  faut  est  un  traite- 
ment pathologique  spécial,  dans  un  lieu  exprès,  d'après  les  principes  mis  aujour- 
d'hui en  usage  dans  le  traitement  des  maladies  contagieuses  dans  un  hôpital  isolé. 
L'imposition  d'une  amende  produit  sans  doute,  en  certains  cas,  l'effet  désiré; 
mais  c'est  l'exception,  et  non  la  règle. 

L'emprisonnement  laisse  à  celui  qui  le  subit  une  marque  indélébile.  C'est 
une  flétrissure  qui  subsiste  encore  après  que  la  sentence  a  été  purgée,  et  qui  est 
pire  que  le  châtiment  même.  Même  après  que  la  justice  est  satisfaite  et  qu'elle 
intervient  pour  dire  " C'est  assez!"  le  châtiment  continue  encore  sous  la 
forme  du  reproche.  Ni  la  pénitence,  ni  le  pardon,  ni  la  conduite  exemplaire  ne 
peuvent  faire  disparaître  la  tache.  Je  voudrais  que  ce  fait  fût  mieux  compris  et 
pesé  par  ceux  qui  sont  tentés  d'entrer  dans  la  carrière  du  crime;  la  pensée  seule  des 
conséquences  terribles  et  de  la  flétrissure  ineffaçable  qui  les  attendent  en  arrêterait 
assurément  un  grand  nombre  sur  le  bord  de  l'abîme.  Le  sentiment  public  peut 
bien  se  rendre  jusqu'à  dire  à  quelques-uns:  '  '  Nous  pardonnons",  mais  il  ne  saurait 
"oublier".  Le  prisonnier  peut  trouver  quelques  adoucissements  à  sa  peine 
physique;  il  n'en  a  pas  pour  ce  qui  est  attaché  à  son  nom. 

Il  a  été  démontré  qu'une  discipline  saine  et  sévère  durant  la  détention  donne 
au  prisonnier  un  caractère  viril  et  un  empire  sur  lui-même  qui  lui  sont  très  utiles 
par  la  suite,  une  fois  qu'il  a  résolu  de  se  réformer.  Il  est  clairement  prouvé  que 
tous  les  prisonniers  ne  sont  pas  des  criminels;  que  même  des  criminels  de  vieille 
date,  qui  ont  contracté  des  habitudes  de  vice,  peuvent  se  réformer:  que  le  traite- 
ment moderne  des  prisonniers  est  basé  sur  la  présomption  qu'ils  peuvent  être  réfor- 
més; qu'ils  peuvent  l'être  par  les  mêmes  moyens  qui  rendent  meilleurs  les  êtres  plus 
fortunés  qui  ne  sont  pas  dans  les  prisons,  et  que  l'on  peut  en  toute  sûreté  accorder 
une  libération  anticipée  conditionnelle  à  beaucoup  de  prisonniers  qui  cherchent  à 
se  réformer,  avec  les  secours  de  la  civilisation,  de  l'éducation  et  de  la  religion. 
L'habitude  du  crime  est  ordinairement  attribuée  à  des  penchants  innés;  mais  elle 
est  souvent  due  à  la  faiblesse  de  caractère,  aux  insuccès,  aux  découragements  qui 
surviennent  à  la  suite  d'efforts  infructueux  pour  se  réhabiliter,  et  à  l'indifférence — 
pour  ne  pas  dire  la  malveillance — de  ceux  parmi  lesquels  le  malheureux  a  commis  sa 
première  faute. 

L'attitude  des  anciens  concitoyens  d'un  forçat  à  sa  sortie  de  prison  provient  des 
mêmes  malentendus  qui  rendent  si  difficile  la  tâche  de  pourvoir  à  son  existence. 


RAPPORT  DE  L'AGENT  FEDERAL  DE  LA  LIBERATION  ANTICIPEE         15 
DOC.   PARLEMENTAIRE,   No  34. 

J'ai  vu  un  temps  même  où  l'Eglise  regardait  d'un  mauvais  oeil  celui  qui  avait  une 
fois  endossé  la  livrée  de  la  prison,  et  cela  même  après  qu'il  avait  tenu  une  conduite 
irréprochable  pendant  des  mois,  et  quelquefois  des  années,  après  sa  mise  en  liberté. 
Le  besoin  du  moment  n'est  pas  tant  d'inventer  des  moyens  de  secourir  directe- 
ment le  prisonnier  libéré,  sous  condition  ou  autrement,  que  d'inculquer  au  public 
les  sentiments  qu'il  doit  avoir  envers  lui,  et  de  faire  en  sorte  que  celui  qui  a  tombé 
puisse  se  relever  et  trouver  sa  subsistance  ailleurs  que  dans  les  aumônes  particu- 
lières et  les  institutions  de  charité.  Un  emploi  dans  un  milieu  sympathique  est  ce 
qu'il  faut  trouver  pour  lui.  ^ 

Dans  sa  "République  idéale"  Platon  nous  dit  que  la  meilleure  chose  que  l'Etat 
puisse  faire,  c'est  de  réformer  le  criminel;  mais,  pendent  des  siècles  après  Platon,  le 
monde  a  été  trop  cruel  pour  prêter  attention  à  sa  doctrine.  Tout  étrange  que  pa- 
raisse la  chose,  il  a  fallu  attendre  au  dix-huitième  sicèle  pour  songer  à  réformer  les 
prisons.  Ceux  qui  s'occupent  de  cette  question  humanitaire  devront  toujours 
beaucoup  de  reconnaissance  à  Clément  XI,  qui  a  institué  la  prison  de  St-Michel 
pour  la  réforme  de  la  jeunesse,  et  ils  s'inspireront,  comme  l'a  fait  le  fameux  Howard, 
de  la  lecture  de  l'inscription  qui  est  au-dessus  de  la  porte  de  cette  antique  prison: 
"Il  n'est  guère  utile  de  punir  le  criminel  si  l'on  ne  s'occupe  pas  de  le  réformer  par 
l'éducation".  C'est  dans  ce  même  siècle  que  le  comte  Villain  XIV  fonda  son 
pénitencier  de  Gand,  institution  qui  fit  surgir  plusieurs  des  questions  vitales  de  la 
réforme  des  prisons  dont  le  fonctionnement  est  si  satisfaisant  de  nos  jours.  Quel- 
ques-uns des  idéals  de  ce  grand  réformateur,  énoncés  il  y  a  plus  de  deux  cents  ans, 
se  sont  réalisés  dans  les  systèmes  de  réforme  maintenant  en  usage  chez  les  nations 
civilisées:  "La  réforme  est  le  principal  but  qu'il  faut  atteindre";  "abréviation 
de  la  peine";  "enseignement  des  travaux  manuels  comme  moyen  de  gagner 
honnêtement  sa  vie";  "discipline  de  la  prison";  "respect  des  lois" ;" enseigne- 
ment industriel  des  enfants  portés  aux  habitudes  de  vagabondage,  ou  qui  sont  en 
danger  de  tomber  d'une  autre  façon  dans  le  crime."  Pour  donner  suite  à  ces 
idéals,  des  réformateurs  tels  que  Howard,  Elizabeth  Fry  et  plusieurs  autres  ont 
consacré  leur  vie  à  secourir  les  dévoyés  et  à  préparer  un  traitement  humain  et  effi- 
cace pour  ceux  qui  sont  placés  dans  les  maisons  de  correction. 

Un  des  points  les  plus  sombres  et  les  plus  pathétiques  de  l'histoire  du  monde 
est  au  sujet  du  traitement  de  ceux  qui  se  sont  laissés  aller  au  crime.  La  question 
de  la  réforme  du  criminel  est  rarement  discutée;  mais,  pour  trouver  une  justifica- 
tion à  l'attitude  de  la  société,  nous  entendons  généralement  tout  ce  qui  peut  se 
dire  d'un  côté,  et  ce  côté  est  opposé  à  celui  de  mon  client.  Avec  ses  notions  théo- 
logiques, son  faux  enseignement,  ses  cruelles  pratiques,  la  société  a  rendu  très  fa- 
cile pour  l'homme  de  s'écarter  du  droit  chemin,  et  difficile — oui,  très  difficile — pres- 
que impossible  pour  lui  d'y  retourner  et  y  refaire  son  nom.  L£  société  entretient 
une  multitude  d'écoles  du  crime,  où  les  enfants  sont  le  moins  capables  de  résister  à 
la  tentation;  puis,  hors  des  institutions  qu'elle  crée,  elle  traîne  sa  victime  devant 
un  tribunal,  de  là  à  une  prison,  qui  souvent  est  uns  sentier  du  vice,  d'où  rarement 
l'enfant  sort  sans  avoir  contracté  les  germes  du  crime,  qu'il  n'y  avait  point  ap- 
portés. Enfin  la  société  rend  la  liberté  au  jeune  homme  après  que,  généralement 
à  la  suite  d'une  première  offense,  il  a  purgé  une  condammation;  il  est  marqué 
d'infamie,  et  les  seuls  compagnons  qu'il  trouve  sympathiques  ou  qui  consentent  à 
le  recevoir  sont  des  êtres  marqués  comme  lui.  Alors  les  autres  membres  de  la 
société  se  rendent  pieusement  dans  le  lieu  saint  pour  remercier  la  bonne  et  toute 
sage  Providence  de  ne  pas  les  avoir  faits  comme  ce  mécréant;  ils  ont,  eux,  fait 
leur  devoir  en  punissant  le  crime  et  en  envoyant  le  coupable  au  diable. 

Les  instincts  criminels  se  font  voir  de  bonne  heure.  Les  premiers  délits  sont 
commis  généralement  pendant  la  jeunesse.  Le  criminel  est  alors  encore  un  enfant 
par  les  années,  le  jugement  ou  le  contrôle  qu'il  possède  sur  lui-même,  au  point  de 
vue  moral.  Il  n'est  pas  cette  brute  puissante  ou  sournoise  des  romans  populaires, 
dont  la  grossièreté  même  explique  la  tendance  criminelle;  les  statistiques  du  sys- 


16  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

tème  anthropologique  nous  le  représente  de  petite  stature  et  de  faible  vitalité.  Il 
est  criminel,  non  pas  parce  qu'il  est  fort,  mais  parce  qu'il  est  faible.  C'est  un  être 
incomplet,  non  un  déclassé  par  excès.  C'est  une  suspension  du  développement, 
et  non  sa  croissance  trop  rapide,  qui  est  la  cause  de  cette  criminalité  précoce.  Le 
crime,  de  même  que  l'insanité,  est  allié  à  certaines  conditions  anormales  bien  con- 
nues, physiques  et  psychologiques.  Devant  la  pensée  et  les  connaissances  mo- 
dernes, le  criminel  apparaît  comme  un  enfant  prévaricateur,  dont  l'état  requiert  un 
traitement  spécial.  Le  vieux  principe  qui  veut  que  le  châtiment  ne  soit  qu'une 
vengeance  s'efface  rapidement  devant  la  saine  et  plus  humaine  conception  qui 
voit  dans  la  punition  la  protection  de  la  société  et  la  réhabilitation  du  coupable. 
C'est  un  fait  reconnu  qu'on  ne  saurait  faire  un  bon  d'un  méchant  par  la  seule  appli- 
cation de  la  torture  et  des  châtiments;  et  les  avocats  de  la  répression  des  actes  bru- 
taux par  des  méthodes  brutales  seront,  aux  yeux  des  générations  futures,  dans  la 
même  position  où  se  trouvent  pour  nous  ceux  qui,  il  y  a  un  siècle,  envoyaient  con- 
sciencieusement un  adolescent  à  la  potence  pour  le  vol  d'un  chelin.  Le  grand 
Howard,  bon  autant  qu'il  était  grand,  disait,  sur  son  lit  de  mort,  en  1789:  "Dé- 
posez-moi promptement  dans  la  terre,  mettez  un  cadran  solaire  sur  ma  tombe,  et 
laissez-moi  dans  l'oubli."  Comme  tous  les  réformateurs  des  prisons,  Howard  fut 
incompris  de  ses  concitoyens  et  des  autorités  de  son  temps,  et  son  œuvre  ne  fut 
jamais  appréciée  comme  elle  le  méritait;  cependant,  les  vies  comme  la  sienne  ne 
sauraient  être  perdues,  car  le  bien  subsistera  toujours.  Le  bien  qui  se  fait  dans 
une  génération  se  transmet  silencieusement  dans  les  cercles  plus  grands  de  la 
génération  suivante.  Les  ombres  projetées  sur  le  cadran  de  la  tombe  de  Howard 
marquent  une  meilleure  heure  pour  les  deshérités  et  les  dévoyés  du  genre  humain. 
Rien  ne  saurait  arrêter  les  progrès  de  la  science,  car  le  monde  se  meut  dans  la  direc- 
tion du  soloil  levant.  Les  ombres  sont  encore  des  bienfaits  du  soleil;  soyons 
heureux  de  les  avoir  de  même  que  ses  rayons,  en  attendant  l'heure  éclatante  de  ce 
milieu  du  jour  où  dans  la  grande  famille  du  Tout-Puissant,  il  n'y  aura  plus  de 
criminels.  Le  réformateur  de  la  prison  qui  réussit  à  faire  germer  des  idées  pra- 
tiques est  un  messager  du  bien,  dont  chaque  pas  s'appuie  sur  le  témoignage  du  passé, 
qui  suit  la  voie  du  progrès  universel,  depuis  la  vie  nomade  jusqu'  à  la  vie  organisée,  de 
la  barbarie  à  la  civilisation,  du  crime,  de  l'ignorance  et  de  la  bestialité  à  une  régéné- 
ration universelle,  des  ténèbres  épaisses  du  désespoir  au  triomphe  définitif  de  toutes 
les  saimes  aspirations,  alors  que  le  mal  disparaîtra,  que  la  vérité  triomphera,  que 
le  crime  sera  anéanti,  que  les  préceptes  de  la  sagesse,  éternellement  obéis,  auront 
apporté  au  monde  le  bonheur  et  le  contentement  cherchés  par  l'humanité  à 
travers  les  âges.  Mais  ce  jour  semble  encore  éloigné,  si  nous  considérons  la  somme 
de  criminalité  qui  règne  dans  notre  vaste  pays.  Lorsqu'une  feuille  tombe  et 
meurt,  elle  va  se  mêler  à  la  poussière;  lorsque  la  mousse  se  dessèche,  elle  disparaît 
aussi;  tout  dans  la  nature  périt  et  s'efface.  Il  doit  en  être  ainsi  dans  la  vie  hu- 
maine. Les  mille  imperfections  qui  y  surviennent,  ne  devrions-nous  pas  pareille- 
ment les  ensevelir  dans  l'oubli?  Dans  le  cours  de  mes  travaux,  je  trouve  toujours 
préférable  d'envisager  ce  qui  est  pur,  beau  et  réconfortant,  et  les  perfections  aux- 
quelles il  est  permis  d'aspirer  en  ce  monde.  Il  est  mal  pour  l'homme  de  ne  regarder 
que  soi-même  ou  ses  voisins  ou  la  société,  et  d'avoir  toujours  sous  les  yeux  le  côté  des 
errements  et  des  faiblesses,  de  la  lâcheté  et  de  l'imperfection,  de  la  méchanceté  et 
de  la  corruption  qu'il  y  a  dans  l'humanité.  Ces  choses  se  voient  toujours  assez 
tôt,  et  parfois  trop  souvent  pour  notre  bien.  Je  demande  que  l'on  se  place  au- 
dessus  des  erreurs  causées  par  la  dépravation  du  cœur  humain,  et  que,  autant  que 
possible,  l'on  ne  regarde  l'homme  qu'à  la  lumière  de  la  saine  et  noble  raison. 

Respectueusement  soumis, 

W.  P.  ARCHIBALD, 
Agent  fédéral  de  la  libération  anticipée. 


8-9  EDOUARD  Vil  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


ANNEXE    B. 


RAPPORTS  DES  DIRECTEURS 


17 


8-9  EDOUARD  VU  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


KINGSTON. 

Pénitencier    de    Kingston,    23    mai  1908. 

Messieurs, — J'ai  l'honneur  de  vous  transmettre  les  rapports,  relevés  et  ta- 
bleaux statistiques  des  divers  départements  du  pénitencier  de  Kingston  pour 
l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

J.  M.  PLATT, 

Directeur 0 
Aux  Inspecteurs  des  Pénitenciers,  Ottawa. 

SAINT- VINCENT-DE-PAUL. 

Saint-Vincent-de-Paul,     16    avril     1908. 
Aux  Inspecteurs  des  Pénitenciers, 
Ottawa. 
[Chers  messieurs, — J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  cinquième  rapport 
annuel,  finissant  le  31  mars  1908,  avec  les  relevés  statistiques  ordinaires  des  diffé- 
rents départements  du  pénitencier. 

Nombre  de  forçats  restant  à  minuit  le  31  mars  1907.  . .  402 
Reçus  durant  l'année 170 

572 

Libérés  par  expiration  de  peine 116 

"  grâce 5 

"  anticipation 45 

"         transfèrement 2 

décès 1 

"  déportation 2 

171 

Restant  le  31  mars  1908 401 

Libération  sous  conditions. — Le  nombre  des  forçats  libérés  sous  condition 
durant  l'année  est  de  45,  dont  4  ont  dû  revenir  au  pénitencier  pour  n'avoir  pas 
observé  les  conditions  du  permis.  Par  conséquent,  41  de  ces  libérés  sous  condition 
sont  actuellement  en  liberté. 

Le  petit  nombre  de  ceux  qui  sont  retournés  est  une  preuve  indiscutable  de 
l'efficacité  de  la  nouvelle  loi  de  libération  anticipée. 

Discipline. — La  conduite  et  l'industrie  des  forçats  durant  l'année  ont  été  des 
plus  satisfaisants;  la  plupart  des  hommes  ont  été  très  attentifs  à  leur  travail.  Ceux 
qui  sont  jeunes  ont  profité  des  connaissances  de  ceux  qui  sont  experts  dans  les 
métiers,  ainsi  que  des  enseignements  donnés  par  l'officier  instructeur  dans  chaque 
branche.  La  conduite  durant  la  nuit  a  été  excellente,  aucun  bruit  ou  désordre 
quelconque  ne  s'étant  produit  en  aucun  temps.  Ce  n'est  qu'à  de  rares  occasions 
qu'il  a  été  fait  rapport  d'inconduite  pendant  la  nuit.  Le  personnel  des  gardiens 
de  nuit,  sous  l'habile  direction  du  surveillant  en  chef,  a  été  très  actif  et  attentif 
à  ses  devoirs. 

La  surveillance  complète  exercée  durant  toute  la  nuit  est  une  des  raisons  pour 
lesquelles  le  bon  ordre  existe  en  tout  temps.  L'industrie  des  forçats  et  le  maintien 
de  la  discipline  parmi  eux  durant  le  jour  ont  aussi  été  fort  satisfaisants.     Les  rap- 

19 


20  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  190» 

ports  de  désobéissance  ont  été  moins  nombreux,  et  les  punitions  moins  sévères  que 
d'habitude,  ce  qui  indique  que,  en  général,  les  offenses  n'avaient  rien  de  grave;  et  je 
n'hésite  pas  à  dire  que,  au  point  de  vue  de  l'observation  de  la  discipline,  il  serait 
impossible  d'obtenir  de  meilleurs  résultats. 

Salles  des  chaudières  et  de  la  machine  à  vapeur. — Nous  avons  placé  dans  l'une 
de  ces  salles  deux  nouvelles  chaudières  à  vapeur,  afin  de  ne  pas  être  obligés  àe  sur- 
chauffer les  deux  autres  qui  y  ont  été  mises  en  1901.  Les  dernières  sont  tenues 
prêtes  à  servir  dans  le  cas  où  un  accident  surviendrait  aux  autres.  Les  quatre  sont 
en  bon  ordre  et  donnent  complète  satisfaction.  Nous  avons  remplacé  la  vieille  che- 
minée, qui  ne  suffisait  plus  à  nos  besoins,  par  une  belle  neuve  de  forme  octogonale, 
de  105  pieds  de  hauteur,  10  pieds  de  diamètre,  avec  une  base  en  pierre  taillée  de 
20  pieds  de  hauteur.  Le  mécanicien  est  très  satisfait  des  services  qu'elle  rend. 
Dans  la  salle  de  la  machine,  le  plancher  de  bois  a  été  remplacé  par  du  béton.  La 
machine  à  vapeur,  la  dynamo  et  le  matériel  sont  en  parfait  ordre  et  donnent  toute 
satisfaction. 

Ferme. — La  récolte  a  été  un  peu  plus  satisfaisante  que  celle  de  l'année  précéden- 
te; mais,  en  somme,  les  résultats  laissent  encore  beaucoup  à  désirer.  La  récolte  du 
foin  a  été  moins  bonne  que  celle  de  l'an  dernier;  l'avoine,  l'orge  et  le  sarrasin  ont 
donné  un  meilleur  rendement,  et  les  pommes  de  terre  aussi.  La  récolte  des  lé- 
gumes a  été  très  satisfaisante;  tout  de  même,  elle  n'a  pas  encore  été  ce  qu'elle 
aurait  dû  être. 

Il  nous  a  fallu  acheter  pendant  l'année  une  quantité  considérable  de  produits 
de  la  ferme  pour  répondre  à  nos  besoins.  Il  est  à  espérer  que  la  récolte  de  l'année 
présente  sera  plus  satisfaisante;  la  terre  est  bien  préparée,  bien  fumée  et  en  ex- 
cellente condition  pour  recevoir  les  plants.  Si  la  température  est  favorable,  nous 
devrions  obtenir,  cette  année,  d'excellents  résultats. 

Carrière. — Comme  il  va  falloir  une  grande  quantité  de  pierre  pour  donner  de 
l'emploi  constant  aux  trente  tailleurs  de  pierre,  le  travail  sera  repris  à  la  crarière 
le  15  du  mois  courant. 

On  s'est  servi  de  pierre  de  taille  ou  de  moellon  bosselé  pour  tous  les  travaux 
de  construction  qui  ont  été  faits  ici.  Cette  pierre  est  extraite  de  notre  carrière  et 
préparée  par  les  forçats,  qui  l'emploient  aussi  eux-mêmes  sous  la  direction  d'un 
instructeur  compétent.  On  ne  saurait  croire  quel  montant  de  profit  revient  au 
gouvernement  de  l'exploitation  de  cette  carrière,  qui  est  sa  propriété.  C'est  une  des 
carrières  les  plus  productives  de  la  province,  et  la  pierre  qu'on  en  extrait  est  de  la 
meilleure  qualité.  Toute  la  pierre  employée  dans  la  construction  des  bâtisses  du 
pénitencier,  comme  dans  celle  du  mur  d'enceinte,  vient  de  cette  carrière,  et  il  en 
reste  encore  assez  pour  tout  besoin  d'ici  à  plusieurs  années. 

Manufacture  de  la  brique. — A  cause  du  grand  nombre  d'autres  ouvrages  qu'il 
a  fallu  faire  durant  l'année,  il  a  été  impossible  de  trouver  le  temps  de  manufacturer 
de  la  brique.  Heureusement,  nous  en  avions,  de  la  saison  précédente,  en  quantité 
suffisante  pour  répondre  à  nos  besions.  Cette  année  nous  avons  pris  des  mesures 
pour  en  manufacturer  une  quantité  aussi  grande  que  possible.  Malgré  que  le  ma- 
tériel soit  placé  dans  un  endroit  désavantageux,  nous  avons  une  grande  quantité 
de  terre  glaise  qui  a  été  préparée  l'automne  dernier.  Si  la  température  le  permet, 
je  crois  que  nous  pourrons  faire  plusieurs  centaines  de  mille  briques  durant  la 
saison. 

Logements  du  gouvernement. — L'intérieur  des  bâtisses  du  gouvernement,  occu- 
pées par  des  membres  du  personnel  de  la  prison,  a  tout  été  examiné  et  renouvelé. 
Les  bâtisses  sont  maintenant  en  bon  ordre  et  sont  très  confortables.  Aussitôt  que 
la  température  le  permettra,  les  réparations  y  seront  faites  à  l'extérieur.  Les  vieux 
porches,  qui  sont  en  ruines,  seront  enlevés,  et  une  galerie  sera  construite  le  long 
de  la  bâtisse,  avec  divisions  pour  chaque  logement.  Tout  le  bois  qui  doit  entrer 
dans  ces  ouvrages  a  été  préparé  durant  l'hiver. 


RAPPORTS  DES  DIRECTEURS  21 

DOC.    PARLEMENTAIRE,    No   34. 

Nouvelles  bâtisses. — Les  travaux  de  construction  qui  ont  été  complétés  durant 
Tannée  sont  très  considérables,  tant  en  construction  elle-même  qu'en  préparation 
des  matériaux  qui  y  sont  entrés.  Il  faut  se  rendre  sur  les  lieux  pour  se  faire  une  idée 
du  travail  qui  a  été  fait.  C'est  une  des  années  où  il  s'en  est  le  plus  accompli.  Les 
hommes  ont  commencé  à  travailler  de  bonne  heure  le  printemps,  et  n'ont  cessé  que 
très  tard  dans  l'automne.  Un  travail  très  considérable  a  été  fait  à  l'habitation  du 
sous-directeur.  Les  tuyaux  d'égout  y  étaient  en  très  mauvaise  condition,  ce  qui, 
de  l'avis  du  médecin,  était  un  véritable  danger  pour  la  santé.  Tous  les  anciens 
tuyaux  de  grès  ont  été  enlevés  et  remplacés  par  un  conduit  de  métal.  Tout  le  sous- 
sol  a  été  cimenté,  et  de  nouveaux  planchers  en  bois  dur  ont  été  posés.  Le  papier- 
tenture  et  la  peinture  ont  été  renouvelés  partout.  Le  logement  est  maintenant  sur 
un  pied  moderne  et  offre  tout  le  confort  désirable.  Les  ouvrages  en  pierre  de  la 
partie  supérieure,  à  l'extérieur,  ainsi  que  la  corniche,  ont  été  réparés  ou  renouvelés. 
Une  véranda  a  été  construite  aux  premier  et  deuxième  étages,  avec  une  serre 
chaude  en  dessous.     L'appareil  de  chauffage  sera  placé  cet  automne. 

La  nouvelle  véranda,  d'un  très  joli  dessin,  est  d'un  très  bel  aspect  et  fait  hon- 
neur à  l'architecte  du  département. 

Pendant  l'été,  une  nouvelle  glacière  a  été  construite  en  pierre  de  taille,  30 
pieds  de  profondeur  sur  23  pieds  de  largeur  et  28  de  hauteur.  On  pourra  y  emma- 
gasiner toute  la  glace  qu'il  faut  pour  l'usage  du  pénitencier.  La  nécessité  de  cette 
glacière  se  faisait  grandement  sentir,  pour  remplacer  l'ancienne  qui  a  été  construite 
il  y  a  des  années  et  qui  tombait  en  ruines. 

Tout  à  côté  de  la  glacière  a  été  construite  une  partie  considérable  de  la  remise 
pour  les  voitures.  Cette  bâtisse  est  également  en  pierre  de  taille  et  elle  est  destinée 
à  recevoir  les  voitures  de  la  ferme  et  les  instruments  aratoires.  Le  reste  de  la  pierre 
qu'il  faudra  pour  cette  construction  a  été  taillé  et  préparé  durant  l'hiver,  en  sorte 
que  les  travaux  seront  continués  dès  que  la  température  le  permettra.  Nous  avons 
aussi  construit  une  bonne  partie  de  la  nouvelle  porcherie,  dont  124  pieds,  sur  le 
total  de  225  pieds,  ont  été  complètement  finis  et  occupés  durant  l'hiver.  Le  reste 
sera  terminé  de  bonne  heure  ce  printemps.  Cette  bâtisse  est  construite  en  briques 
manufacturées  au  pénitencier  par  les  forçats,  et  posées  aussi  par  eux.  Si  nous 
avions  été  obligés  d'acheter  cette  quantité  de  brique,  la  dépense  eût  été  considé- 
rable. 

Travaux  en  général. — A  ces  travaux  qui  ont  été  exécutés  durant  l'annnée  il  y 
a  à  ajouter  une  quantité  d'autres  ouvrages  qui  ont  aussi  été  faits,  tels  que:  répara- 
tions à  la  salle  d'école  et  à  la  sacristie  de  la  chapelle  protestante;  abat-jour  aux 
fenêtres  des  ateliers  des  machinistes  et  des  forgerons;  améliorations  à  l'atelier  des 
charpentiers;  boyaux  à  incendie  et  appareils  placés  dans  le  vestibule  des  ateliers, 
dans  la  salle  du  geôlier  et  dans  l'hôpital;  un  mille  de  chemin  de  tramway  réparé 
jusqu'à  la  carrière,  aux  nouvelles  pièces  de  traverse;  quatre  nouvelles  voitures  de 
tramway;  chèvres  de  construction  réparées;  toutes  les  cheminées  du  pénitencier 
réparées;  toits  des  bâtisses  réparés  et  peinturés,  et  jointoiement  de  la  pierre  des 
murs  commencé.  Dans  le  dôme,  le  plancher  vitré  a  été  réparé  et  une  palissade  de 
cuivre  a  été  placée;  les  angles  des  murs  ont  été  consolidés  au  moyen  de  tirants  de 
fer. 

Nouvel  hôpital. — Nous  nous  proposons  de  commencer,  aussitôt  que  la  tempé- 
rature le  permettra,  à  poser  les  fondations  du  nouvel  hôpital.  Cet  édifice  sera  en 
pierre  bosselée  sur  une  fondation  de  pierre  de  taille,  dont  une  partie  a  été  préparée 
durant  l'hiver.  Il  mesurera  101  pieds  de  longueur  par  52  de  largeur  et  35  de  hau- 
teur; l'entresol  aura  douze  pieds  de  hauteur,  et  les  deux  autres  étages  onze  pieds 
chacun.  Dans  l'entresol  se  trouveront  le  compartiment  pour  le  charbon  et  la  four- 
naise, une  salle  qui  servira  de  chambre  mortuaire  dans  les  cas  de  décès  parmi  nos 
infortunés,  en  attendant  que  le  cadavre  soit  reclamé  par  la  famille  ou  les  amis  du 
défunt.  Après  quarante-huit  heures,  s'il  n'est  pas  réclamé,  il  sera  inhumé  dans  la 
partie  du  cimetière  paroissial  spécialement    réservée  pour  les  forçats.      Au    pre- 


22 


MIXISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

mier  étage  seront  les  cellules  pour  les  malades,  avec  bains,  et  dans  une  autre  cham- 
bre se  trouvera  un  bain  pour  les  membres  du  personnel  de  l'hôpital;  il  y  aura  aussi 
la  cuisine,  l'officine  du  médecin  et  la  pharmacie,  et  tout  auprès  il  y  aura  unegalerie  où 
l'on  pourra  prendre  des  bains  de  soleil.  Au  second  étage,  encore  des  cellules 
pour  les  malades,  avec  corridor.  Entre  l'aile  de  l'est  de  la  prison  et  l'hôpital,  il  y 
aura  un  passage  couvert,  long  de  18  pieds,  qui  communiquera  de  l'hôpital  à  la 
rotonde  de  façon  à  permettre  de  faire  le  transfèrement  des  détenus  que  la  maladie 
pourrait  surprendre  durant  la  nuit  ou  le  jour,  de  leurs  cellules  à  l'hôpital,  sans  sortir 
de  la  bâtisse.  Lorsqu'il  sera  terminé,  cet  hôpital  sera  certainement  un  des  mieux 
faits  sur  les  principes  modernes,  et  les  malades  y  trouveront  tout  le  confort  et  le 
meilleur  traitement  possibles. 

En  terminant,  je  désire  exprimer  mes  plus  sincères  remerciements  aux  ins- 
pecteurs pour  leur  courtoisie  et  l'aide  qu'ils  m'ont  donnée  en  tout  temps.  J'ai  aussi 
des  remerciements  à  faire  au  sous-directeur  et  au  gardien  en  chef  pour  leur  bien- 
veillant concours.  Je  remercie  pareillement  chacun  des  membres  du  personnel 
pour  le  dévouement  et  le  respect  qu'ils  ont  eus  pour  moi  dans  l'accomplissement  de 
mes  devoirs. 

OSCAR  BEAUCHAMP, 

Directeur. 


•  RAPPORT  SlDESfDlRECT  EU  RS  23 

DOC.   PARLEMENTAIRE,    No   34. 


DORCHESTER. 

Dorchester,  N.  B.,  12  mai  1908. 
Aux  Inspecteurs  des  Pénitenciers, 
Ottawa. 

Messieurs, — J'ai  l'honneur  de  présenter  mon  rapport  annuel,  comprenant  les 
statistiques  et  les  relevés  habituels  des  différents  départements  du  pénitencier  de 
Dorchester,  pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

Le  relevé  suivant  marque  le  déplacement  des  détenus  durant  l'année:— 

Il  restait  dans  notre  prison,  à  minuit  le  31  mars  1907,  182  hommes  et  12 
femmes,  en  tout  194. 

Reçus  depuis  lors — Des  prisons  communes,  110  hommes  et  8  femmes;  et  des 
établissements  de  réforme,  2  hommes;  total,  314. 

Ont  été  libérés — Par  expiration  de  la  peine,  30  hommes  et  5  femmes;  par 
anticipation,  36  hommes;  par  grâce,  5  hommes;  par  déportation,  1  homme;  et  il  y 
a  eu  2  décès  parmi  les  hommes;  faisant  un  total  de  79;  laissant  sous  verrous,  le  31 
mars  1908,  220  hommes  et  15  femmes,  en  tout  235. 

La  moyenne  quotidienne  a  été  de  211. 

En  général  la  santé  des  prisonniers  a  été  bonne. 

La  conduite  des  prisonniers  a  été  généralement  bonne,  et  la  discipline  bien 
maintenue. 

Il  n'y  a  pas  eu  de  tentative  d'évasion. 

Les  chapelains  et  autres  officiers  ont  accompli  leurs  devoirs  avec  un  zèle  et  une 
fidélité  des  plus  louables. 

Les  différentes  industries  ont  été  poussées  avec  vigueur. 

Les  opérations  de  la  ferme  ont  été  assez  fructueuses.  Il  y  a  eu  une  bonne 
récolte  de  pommes  de  terre;  les  autres  légumes  sont  assez  bien  venus. 

L'été  et  l'automne  ont  été  excessivement  pluvieux,  ce  qui  a  rendu  difficile  la 
mise  en  grange  du  foin  et  du  grain  en  bonne  condition,  et  a  beaucoup  augmenté 
le  coût  du  travail. 

La  sixième  section  de  la  nouvelle  bâtisse  en  pierre  à  deux  étages  a  été  terminée 
l'automne  dernier ,et  elle  sera,  dans  quelques  semaines,  prête  à  servir  de  département 
pour  les  magasins.  Les  cinq  autres  sections  ont  été  munies  d'appareils  de  chauffage 
et  autres,  et  servent  à  l'heure  qu'il  est  aux  diverses  industries,  où  il  y  a  confort,  fa- 
cilité de  travail  et  sûreté.  Les  vieilles  bâtisses  en  bois  auparavant  occupées  par  ces 
industries,  ainsi  que  l'ancienne  scierie,  ont  été  démolies,  et  le  bois  en  a  été  employé 
dans  les  nouvelles  constructions  et  pour  les  réparations  faites  aux  logements  dans  le 
quartier  des  officiers. 

Durant  l'hiver  de  la  pierre  a  été  extraite  de  la  carrière  et  préparée  pour  la  sep- 
tième section,  qui  sera  construite  dans  le  cours  de  la  prochaine  saison. 

J.  A.  KIRK, 

Directeur. 


34  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  Vil,  A.  1909 


Aux  Inspecteurs  de  Pénitenciers, 
Ottawa. 


MANITOBA. 

Stony-Mountain,  28  avril  1908. 


Messieurs. — J'ai  l'honneur  de  présenter  mon  rapport,  avec  les  statistiques  et 
les  relevés  relatifs  à  ce  pénitencier,  pour  l'exercice  clos  le  31  mars  190S. 

Nombre  de  détenus,  à  minuit  le  31  mars  1907 175 

Reçus  depuis — 

Des  prisons  communes 41 

Par  révocation  de  permis 1 

42 


21, 

Libérés — 

Par  expiration  de  la  peine 44 

"  grâce 3 

"    anticipation 40 

"    déportation 3 

"    décès 2      • 

u    transierement  à  Kingston 4 

"    Renvoyé  (souffrant  de  folie  lorsque  reçu) ...  .        1 

97 

Restant,  à  minuit,  31  mars  1908 120 

La  moyenne  quotidienne  pendant  l'année  a  été  de  140,  contre  191  l'année  pré- 
cédente. 

Le  travail  exécuté  durant  l'année  qui  vient  de  finir  a  été  considérable  et  satis- 
faisant. Comme  je  l'ai  dit  dans  mon  dernier  rapport  annuel,  la  nouvelle  aile 
ajoutée  à  la  prison  a  été  complétée  et  occupée  le  23  avril  1907.  La  nouvelle  bâtisse 
des  ateliers  a  été  subséquemment  débarrassée  des  cellules  temporaires  qu'on 
y  avait  placées,  la  partie  supérieure  a  été  préparée  pour  servir  d'atelier  aux  tailleurs 
et  aux  cordonniers,  et  la  partie  inférieure  pour  les  charpentiers. 

Les  excavations  pour  l'agrandissement  de  la  bâtisse  des  ateliers  ont  été  reprises 
de  bonne  heure  dans  l'année,  ce  qui  a  permis  de  terminer  les  fondations  avant  les 
temps  froids.  Les  charpentiers  ont  aussi  terminé  les  cadres  et  châssis  pour  cette 
bâtisse,  dont  la  construction  va  être  continuée  dans  la  présente  saison. 

Les  quartiers  occupés  par  les  officiers,  à  l'exception  de  ceux  du  directeur,  du 
60us-directeur  et  du  chapelain,  ont  été  recouverts  de  bardeau  dans  le  cours  de  l'an- 
née, et  un  hangar  a  été  construit  en  arrière  des  quartiers  de  l'instructeur  en  chef  de 
métiers.  Le  conservatoire  contigu  au  bureau  du  sous-directeur  a  été  enlevé  et  rem- 
placé par  une  fenêtre  en  saillie,  et  les  vieux  châssis  ont  été  employés  pour  faire  une 
véranda  fermée  le  long  du  mur  de  l'est  de  l'hôpital,  pour  l'usage  des  tuberculeux  et 
autres  malades  qui  ont  besoin  de  chaleur  et  de  rayons  de  soleil.  La  cheminée  de 
l'hôpital  s'était  tellement  détériorée  qu'il  était  à  craindre  qu'elle  ne  communiquât  le 
feu  à  la  bâtisse;  on  l'a  démolie  et  on  en  a  fait  une  autre.  Les  travaux  du  chemin, 
qui  longe  notre  mur  d'enceinte  du  nord,  et  qui,  lorsqu'il  sera  terminé,  éloignera 
de  la  réserve  le  passage  des  voitures  du  public,  avancent  rapidement.  On  est  à  ré- 
parer complètement  l'habitation  autrefois  occupée  par  le  directeur.      Les  murs  en 


RAPPORTS  DESIDIRECTEURS  25 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

ont  été  jointoyé^,  lattes  et  plâtrés;  le  plancher  du  sous-sol  a  été  cimenté;  un  nouvel 
appareil  de  chauffage  a  été  placé,  et  d'autres  changements  de  moindre  importance 
ont  été  faits,  ce  qui  va  rendre  la  bâtisse  tout  à  fait  solide  et  confortable.  La  maison 
récemment  occupée  par  le  chapelain  protestant  a  subi  d'importantes  réparations. 

Le  département  des  mécaniciens  a  été  très  occupé  durant  Tannée.  En  outre 
du  travail  ordinaire,  les  ouvrages  suivants  ont  été  faits:  enlever  les  tuyaux  des  cinq 
puits,  pour  les  nettoyer,  et  les  remettre  en  place;  réparer  la  pompe  dans  la  chambre 
de  chauffe,  poser  un  nouveau  conduit  aspirateur  et  des  cuirs  aux  valves;  faire  des 
améliorations  dans  l'hôpital;  y  placer  un  nouveau  tuyau  d'égout,  cabinets  d'aisance, 
dalots,  bain,  évier,  etc.;  poser  conduits  d'eau  chaude  et  d'eau  froide;  couvrir  la 
chaudière  dans  le  soubassement  de  l'hôpital;  remplacer  la  cuvette  dans  la  biblio- 
thèque; y  mettre  de  nouveaux  conduits;  percer  dans  la  pierre  au  delà  de  2,500  trous 
pour  barrières  et  grillage;  faire  des  grilles  pour  54  fenêtres  des  nouveaux  ateliers; 
dans  l'habitation  du  directeur,  enlever  l'ancien  appareil  de  chauffage,  les  tuyaux,  la 
fournaise,  etc;  poser  de  nouvelles  conduites  d'eau  dans  toute  la  maison;  ouvrir  le 
drainage,  et  en  nettoyer  les  tuyaux;  mettre  une  nouvelle  fournaise  et  un  appareil 
à  eau  chaude  dans  la  maison  du  directeur;  remplacer  toutes  les  conduites  d'eau 
(chaude  et  froide);  faire  travaux  de  plomberie,  etc.;  poser  tuyau  ventilateur  jus- 
qu'au toit,  etc.;  enlever  radiateurs  de  l'habitation  du  chapelain. 

Le  travail  à  faire  aux  autres  constructions  ayant  été  considérable,  on  n'a  pu 
donner  que  peu  de  temps  aux  réparations  du  mur  d'enceinte  depuis  quatre  ans. 

On  verra  par  le  rapport  de  l'instructeur  de  la  ferme  que  les  récoltes  n'ont  pas 
été  très  abondantes  dans  la  saison  de  1907.  A  cause  du  printemps  extraordinai- 
rement  tardif,  les  semailles  n'ont  commencé  qu'au  milieu  de  mai;  mais,  malgré  ce 
désavantage  et  les  temps  de  sécheresse  et  de  pluie,  nou^  avons  récolté  2,000  bois- 
seaux d'avoine  (un  champ  de  25  acres  ayant,  à  lui  seul,  donné  100  boisseaux  à 
l'acre)  ;  2,000  boisseaux  d'orge;  100  tonnes  de  foin;  3,800  1  oisseaux  de  pommes  de 
terre,  et  1,000  choux,  en  outre  des  autres  légumes.  La  récolte  des  pommes  de  terre 
a  été  exceptionnellement  bonne,  ayant  donné  autant  que  300  boisseaux  à  l'acre. 

Durant  l'exercice  de  1907-8,  le  rendement  de  la  ferme  en  animaux  a  été  consi- 
dérable et  profitable.  Nous  avons  fourni  à  la  prison,  pour  les  rations  des  forçats, 
6,858  liv.  de  bœuf,  et  nous  en  avons  vendu  2,520  liv.,  à  des  clients.  Tout  le  lard 
pour  les  prisonniers  est  venu  de  la  ferme,  et  nous  en  avons  vendu  à  des  clients 
4,773  liv.,  en  outre  de  12,245  liv.,  de  porcs  vivants. 

A  part  le  lard,  nous  pourrions  aisément  produire  tout  le  bœuf  nécessaire  à  la 
prison,  ce  qui  diminuerait  considérablement  le  coût  des  rations.  Néanmoins, 
pour  tenter  la  chose,  il  nous  faudrait  plus  d'espace  en  étables,  comme  je  l'ai  de- 
mandé il  y  a  quelques  années. 

L'atelier  des  tailleurs  a  fait,  en  outre  de  beaucoup  de  travaux  de  réparations, 
un  grand  nombre  de  vêtements,  etc.,  durant  l'année,  principalement  des  uniformes 
d'officiers  et  de  détenus,  des  vêtements  pour  les  prisonniers  libérés,  des  salopettes, 
des  chemises,  des  serviettes  et  de  la  literie,  de  même  que  des  vêtements  de  prison- 
niers pour  d'autres  institutions. 

L'atelier  des  cordonniers  a  eu  aussi  du  travail  à  faire  tout  le  temps. 

Le  département  de  l'économe  a  été  conduit  d'une  manière  parfaite;  son  chef 
ne  s'est  épargné  aucune  peine  pour  maintenir  la  discipline  dans  toute  son  exactitude, 
ce  qui  lui  mérite  des  louanges. 

Je  me  permets  de  suggérer  certains  changements  au  sujet  des  prisonniers 
condamnés  à  la  peine  du  fouet  par  le  tribunal.  Je  suis  convaincu  que,  pour  que  les 
fins  de  la  justice  fussent  atteintes,  elle  devrait  être  administrée,  aussitôt  que  pos- 
sible après  le  prononcé  de  la  sentence  dans  la  prison  commune  la  plus  rapprochée  du 
lieu  où  le  crime  a  été  commis,  non  dans  le  pénitencier,  longtemps  après  que  le  pri- 
sonnier a  été  incarcéré,  et  par  des  officiers  ne  connaissant  rien  des  faits  qui  se  sont 
passés. 


2ô  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Je  crois  qu'il  serait  très  à  propos  que  l'on  donnât  à  tous  les  directeurs  de  péni- 
tenciers plus  de  détails  sur  le  caractère  et  les  antécédents  des  condamnés,  de  même 
que  sur  la  nature  de  l'offense  qu'ils  ont  commise.  Rien  de  cela  ne  se  fait  actuellement 
quand  le  prisonnier  est  envoyé  au  pénitencier,  dont  le  directeur,  le  plus  souvent, 
ne  reçoit  pour  instruction  que  les  mots:  "John  Smith  ayant  été  déclaré  coupable  de 
vol,  la  sentence  suivante  a  été  prononcée,  etc." 

Le  système  de  la  libération  anticipée  semble  donner  toute  satisfaction.  Qua- 
rante forçats  ont  été  libérés  sous  condition  de  ce  pénitencier  durant  la  dernier 
exercice.  Cent  trente-neuf  l'ont  été  depuis  que  le  système  de  la  libération  anticipée 
a  été  mis  en  pratique  il  y  a  neuf  ans;  et  de  ce  nombre  un  seul  permis  a  été  révoqué 
et  son  détenteur  est  revenu  purger  le  reste  de  sa  peine. 

A  peu  d'exceptions  près,  la  conduite  et  le  travail  des  forçats  ont  été  très  bons, 
ce  qui  est  dû  en  grande  partie  à  l'exemple  donné  par  mes  officiers.  L'obéissance  et 
le  respect  forment  une  partie  si  essentielle  des  devoirs  quotidiens  du  personnel  que 
je  ne  saurais  trop  fortement  appuyer  sur  l'importance  qu'il  y  a  de  ne  choisir,  pour  la 
prison,  que  les  meilleurs  hommes.  Je  suis  heureux  d'avoir,  en  somme,  un  personnel 
loyal,  actif  et  de  bonne  volonté;  quelques-uns  de  ses  membres  méritent  d'avancer 
en  grade,  et  j'espère  que.  lorsque  viendra  le  temps  des  récompenses,  ils  ne  s^ont 
pas  oubliés. 

A.  G.   1RV1NE, 

Directeur. 


RAPPORTS  DES  DIRECTEURS  27 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Sapperton,  22  avril  1908. 

Messieurs, — J'ai  l'honneur  de  présenter  mon  premier  rapport  en  ma  qualité 
de  directeur  de  ce  pénitencier. 

Les  relevés  et  les  rapports  des  officiers,  que  je  transmets  ci- joints,  donnent 
les  renseignements  complets  relativement  à  la  conduite  et  au  travail  des  forçats, 
et  un  exposé  sommaire  des  transactions  dans  tous  nos  départements,  excepté  ce 
qui  concerne  les  travaux  de  construction,  dont  il  sera  question  dans  le  rapport 
général  de  l'architecte.  En  cela,  les  travaux  à  l'extérieur  ont  fait  plus  de  progrès 
que  ceux  de  l'intérieur,  d'abord  parce  que  la  température  très  douce  que  nous 
avons  eue  durant  l'hiver  permettait  de  travailler  dehors,  et  aussi  parce  qu'il  y  a 
très  peu  d'ouvriers  au  nombre  de  nos  détenus.  Nous  avons,  néanmoins,  pu  dé- 
ménager les  tailleurs,  cordonniers,  forgerons,  charpentiers  et  peintres,  des  anciens 
ateliers  construits  en  bois,  dans  la  nouvelle  bâtisse  industrielle,  ce  qui,  non  seule- 
ment ajoute  à  la  sécurité  de  la  prison,  mais  place  les  prisonniers  et  leurs  instructeurs 
dans  des  conditions  plus  salubres  et  plus  commodes. 

Le  nombre  des  prisonniers  reçus  à  ce  pénitencier  dans  le  cours  de  l'année  ex- 
cède de  38  celui  en  moyenne  des  neuf  années  précédentes,  et  de  25  le  plus  grand 
nombre  de  ceux  reçus  en  aucune  de  ces  années.  Comme  cette  augmentation  est 
évidemment  la  conséquence  de  l'immigration  provoquée  par  la  construction  des 
chemins  de  fer,  et  autres  travaux  pour  le  développement  de  la  province,  il  est  à 
craindre  que  la  criminatilé  n'augmente  encore  au  lieu  de.  diminuer.  En  pré- 
vision de  cela,  le  travail  en  améliorations  destinées  à  augmenter  la  capacité  et  la 
sécurité  de  la  prison  a  été  poussé  autant  que  possible,  et,  jusqu'à  un  certain  point, 
aux  dépens  du  travail  qui  nous  rapporte  des  revenus. 

Nos  livres  démontrent  que  tous  les  comptes  de  l'année  contre  le  pénitencier 
ont  été  certifiés  afin  qu'ils  soient  payés,  et  que  tous  les  montants  dus  au  péniten- 
cier ont  été  reçus. 

La  bonne  fortune  que  j'ai  eue  d'être  aidé  par  l'inspecteur  Dawson  pendant 
quelques  jours  après  mon  entrée  en  fonctions,  a  continué  de  me  favoriser  dans  la 
personne  de  chacun  des  officiers,  qui  m'ont  prêté  leur  concours  bienveillant  dans 
l'accomplissement  de  mes  devoirs,  et  sur  le  compte  desquels  je  n'ai  que  des  louan- 
ges à  faire. 

JOHN  C.  BROWN, 

Directeur. 
Aux  Inspecteurs  des  Pénitenciers,  Ottawa. 


28  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ALBERTA. 

Edmonton,  Alta.,  16  avril  1908. 


Aux  Inspecteurs  des  Pénitenciers, 
Ottawa. 


Messieurs, — -J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  annuel,  comprenant 
les  relevés  des  divers  départements  du  pénitencier  d'Alberta,  avec  les  tableaux 
statistiques  complets  des  opérations  de  l'institution  pendant  les  douze  mois  écoulés 
jusqu'au  31   mars   1908. 

Durant  l'année,  des  améliorations  considérables  ont  été  faites.  De  ce  nombre 
sont:  une  allonge  à  la  bâtisse  principale,  de  50  pieds  par  30  pieds,  avec  un  grand 
four  pour  cuire  le  pain;  plâtrage,  peinturage  et  finissage  de  la  bâtisse  principale, 
qui  offre  maintenant  un  magnifique  coup  d'ceil;  préparation  d'une  briqueterie, 
dans  laquelle  nous  avons  déjà  réussi  à  cuire  une  fournée  d'environ  cinquante  mille 
briques;  construction  d'une  ligne  de  tramway  jusqu'à  la  rivière,  neuf  cents  pieds, 
avec  une  chute  d'au  delà  de  deux  cents  pieds,  pour  le  transport  du  gravier  et  du 
sable  pour  le  béton,  et  de  la  terre  glaise  pour  la  brique. 

Environ  cinq  cents  verges  cubes  de  gravier  et  de  sable  ont  été  transportées, 
mises  à  l'abri  et  préparées  pour  les  travaux  de  cet  été.  On  a  placé  dans  la  cour  une 
bonne  provision  de  bois  pour  la  cuisson  de  la  brique.  On  a  défriché  environ  vingt 
acres  de  terre. 

Le  rendement  de  la  ferme  a  été  excellent.  Nous  avons  récolté  des  pommes  de 
terre,  des  navets  et  autres  légumes  en  assez  grande  quantité  pour  subvenir  aux 
besoins  du  pénitencier.  Nous  avons  fait  aussi  une  bonne  récolte  de  foin  vert  pour 
les  chevaux,  et  s'il  nous  faut  en  acheter  ce  ne  sera  qu'une  très  petite  quantité. 

Tout  ce  travail  a  été  fait  par  les  forçats. 

Il  n'est  arrivé  aucun  accident  pendant  l'année,  et  la  santé  des  prisonniers  a  été 
bonne. 

J'ai  le  plaisir  de  dire  qu'il  n'y  a  pas  eu  d'évasions,  et  que  la  discipline  de  l'in- 
stitution a  été  bien  observée. 

Le  sous-directeur  mérite  des  éloges  pour  la  surveillance  constante  et  infati- 
gable qu'il  a  exercée;  les  officiers  qui  sont  sous  ses  ordres  en  méritent  aussi  pour 
avoir  maintenu  la  discipline  et  obtenu  le  meilleur  travail  de  ceux  qu'ils  condui- 
saient; la  directrice  pour  le  bon  ordre  qui  règne  dans  ses  quartiers,  et  l'excellent 
travail  qui  y  a  été  fait. 

Je  regrette  de  dire  que  quelques-uns  de  nos  bons  officiers  ont  abandonné  le 
service  pour  entrer  dans  la  police  de  la  ville,  qui  paie  de  meilleurs  gages. 

M.  McCAULEY, 

Directeur. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


ANNEXE     C. 


RAPPORTS  DES  MEDECINS 


29 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


KINGSTON. 
Au  Directeurs 

Selon  la  coutume  et  conformément  à  la  loi,  je  vous  transmets  ci -joint  le  rap- 
port annuel  ordinaire  jldes  opérations  du  département  médical  du  pénitencier  de 
Kingston  pour  Y  année  ^finissant  le  31  mars  1908. 

Durant  l'année  il  y  a  eu  beaucoup  de  maladie  parmi  les  prisonniers;  mais  à 
part  deux  patients  souffrant  de  tuberculose,  l'un  desquels  a  obtenu  sa  grâce  à 
cause  de  la  gravité  de  son  cas,  et  quelques  accès  de  fièvre,  il  n'y  a  à  faire  rapport 
d'aucune  maladie  contagieuse.  Comme  d'habitude,  la  liste  des  maladies  est 
grossie  par  plusieurs 'Jcas  de  pneumonie  qui  sont  survenus  parmi  les  officiers  ainsi 
que  parmi  les  prisonniers.  On  a  pris  la  partie  sage  d'accorder  la  liberté  à  ceux 
d'entre Jes  détenus  jmaladesjdont  le  cas  était  incurable  et  approchait  du  dénoue- 
ment fatal.  Il  est  à  remarquer  que,  bien  que  les  cas  de  tuberculose  soient  ordi- 
nairement nombreux  dans  les  institutions,  nous  avons  été  relativement  exempts  de 
cette  maladie. 

La  prison  a  généralement  été  tenue  en  état  de  propreté  et  dans  une  bonne 
condition  sanitaire.  ]Avec  ce  but  en  vue,  une  forte  escouade  de  détenus  est  choisie 
pour  faire  ce  travail  important.  Des  désinfectants  ont  été  employés  copieusement 
tous  les  jours  pour  ce  travail,  et  tout  endroit  accessible  où  des  germes  nocifs  pou- 
vaient se  fixer  a  été  nettoyé  avec  soin.  La  destruction  de  ces  omniprésents  organ- 
ismes végétaux  empêche  que  la  maladie  se  propage;  tandis  que  la  négligence  d'ob- 
server les  règles,  même  les  plus  simples,  de  l'hygiène  a  été  la  cause  de  la  perte  de 
milliers  de  vies  chaque  année.  Et,  de  nos  jours,  où  la  civilisation  avance  si  ra- 
pidement, les  progrès  de  la  science  médicale  ne  tendent  pas  seulement  à  com- 
battre les  maladies,  mais  à  prolonger  la  vie. 

Les  appareils  de  ventilation  et  de  chauffage  dans  les  dortoirs,  les  ateliers  et  les 
autres  parties  de  la  prison  ont  donné  entière  satisfaction,  et  les  prisonniers  ont  été 
dans  un  état  confortable,  relativement  à  ces  deux  points  importants  de  leur  bien- 
être  physique. 

Les  tuyaux  de  drainage  ont  été  posés  avec  grand  soin,  et  ils  ont  été  tenus  dans 
un  état  de  propreté  qui  ne  laissait  échapper  aucune  émanation  nuisible  à  la  santé 
des  prisonniers. 

L'eau  potable  a  été  analysée  pendant  l'année,  et  elle  a  été  trouvée  exempte  de 
toutes  matières  organiques  ou  délétères.  Sous  le  rapport  de  cet  article  si  im- 
portant et  si  nécessaire  à]la  santé,  l'institution  se  trouve  particulièrement  favorisée. 

Il  y  a  eu  la  somme  ordinaire  de  maladie  parmi  les  officiers,  plusieurs  desquels 
ont  été  longtemps  dans  l'incapacité  de  reprendre  le  service.  Malheureusement, 
à  cause  de  maladies  fgraves  et  incurables,  quatre  d'entre  eux,  prévoyant  qu'ils  ne 
redeviendraient  jamais  capables  de  remplir  les  devoirs  de  leur  charge,  ont  été  obli- 
gés d'abandonner  le  service,  après  avoir  été  longtemps  malades.  Deux  officiers 
ont  souffert  de  l'appendicite,  et  deux  de  la  fièvre  typhoïde,  durant  l'année.  C'est 
avec  beaucoup  de  regret  que  je  fais  rapport  du  décès  de  l'inspecteur  Young,  qui  est 
mort  d'une  complication  de  maladies,  après  avoir  été  deux  semaines  au  lit.  Aucun 
officier  n'était  plus  estimé  que  lui. 

Six  prisonniers  sont  morts  dans  le  cours  de  l'année.  C'est  le  plus  petit  nombre 
de  décès  que  nous  ayons  eus  depuis  plusieurs  années.  La  plupart  d'entre  eux 
étaient  dans  un  état  physiaue  dé]âbr^  à  la  suite  des  ^régularités  de  ^ur  vie  d'au- 
trefois. 

SI 


32  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

L'hôpital  a  été  renouvelé  pendant  l'année;  il  est  tenu  en  état  de  propretéfet 
est  toujours  préparé  pour  la  réception  des  malades.  Ceux-ci  sont  soignés  avec 
assiduité,  et  les  prescriptions  sont  suivies  à  la  lettre  par  ceux  qui  ont  à  s'en  occuper, 
ce  qui  souvent  nécessite  un  travail  ardu.  Aider  la  nature  est  tout  ce  que  peut 
faire  le  médecin,  quelque  éminent  qu'il  soit. 

Quartier  des  aliénés.— Ce  quartier  a  toujours  une  belle  apparence,  et  il  est  tenu 
dans  un  état  parfaitement  sanitaire.  Ceux  qui  en  ont  la  garde  ne  se  sont  épargné 
aucune  peine  pour  bien  remplir  leur  devoir.  Le  sj^stème  de  chauffage  y  a  bien 
fonctionné,  et  les  malades  ont  eu  tout  le  confort  désirable. 

Quartier  des  Jemmes. — Il  y  a  eu,  dans  ce  quartier,  plus  de  maladie  quelles 
années  précédentes;  mais,  en  général,  les  détenues  y  sont  en  bonne  santé.  La 
directrice  et  son  assistante  tiennent  ce  département  en  excellent  état. 

Accident. — Un  prisonnier  s'est  fait  accidentellement  crever  un  œil  par  une 
pierre.     C'est  le  seul  accident  arrivé  durant  l'année. 

Les  rapports  habituels  du  surveillant  de  l'hôpital  vous  sont  transmis  ci-joints. 

DANIEL  PHELAN,  M.D., 

Médecin. 


ÉTAT   DES   DÉPENSES   POUR   DROGUES    ET   MÉDICAMENTS. 


Médicaments  en  mains  le  31  mars  1907 $  292.56 

Drogues  et  médicaments  achetés 485.00 

$  777.56 

Médicaments  en  mains  le  31  mars  1908 295.64 

Reçu  pour  remèdes  fournis  aux  officiers 122.88 

418.52 

Dépense  nette  pour  drogues $  359.04 

Coût  par  tête .77£ 


RAPPORTS  DES  MEDECINS 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

Malades  traités  à  l'hôpital  'du  31  mars  1907  au  31 


33 


1908. 


Restant. 

Admis. 

Totaux. 

Décédés. 

Renvoyés. 

Restant. 

Abcès 

10 
3 

82 
2 
2 
1 

10 
3 

82 
2 
2 

1 
1 

19 
6 
7 
1 

2$ 

21 
1 
1 
5 
1 
3 
2 
1 
2 
1 
3 
1 
1 
7 
4 

16 
1 
1 
1 

24 

15 
1 
1 
1 
1 

18 
9 
1 
1 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
7 
2 
1 
1 
1 
1 

10 
1 
1 

43 
2 
7 
1 
1 
4 
1 
1 
9 
1 
2 
4 

16 
2 

10 
3 

79 
2 
2 

3 

Bubons 

Brûlures • 

Cancer 

1 

Chorée » 

1 

1 

19 
6 
7 
1 
28 
21 
1 
1 
5 
1 
3 
2 
1 
1 
1 
3 
1 
1 
7 
3 
15 
1 
1 
1 
24 
14 
1 
1 
1 

19 
6 

7 

1 

25 

21 

1 

1 

4 

1 

2 

1 

1 

2 

1 

3 

1 

1 

6 

4 

16 

1 

1 

1 

22 

15 

Débilité 

3 

Diarrhée 

Epilepsie 

1 

Epist  axis 

1 

Fièvre 

1 

1 

Furoncle 

Hémophilie 

Hémoptysie 

1 

Hémorrhoïdes 

1 

Indigestion 

2 

Influenza 

1 

Blessure  à  l'œil 

1 

Insomnie 

1 

1 

1 

18 

9 

1 
1 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
7 
2 
1 
1 
1 
1 
7 
1 
1 

42 
2 
5 
1 
1 
3 
1 
1 
9 
1 
1 
4 

16 
2 

Jaunisse 

Laryngite 

1 

Lumbago 

17 
9 

1 
1 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
7 
2 
1 

Rachitisme 

Mastoïdite 

Mélancolie 

Migraine 

Myalgie 

Névralgie 

Ulcères  aux  ongles 

Ophthalmie 

Orchite 

Paralysie 

1 

1 

1 
9 

Pleurésie 

Pneumonie 

1 

1 

1 

2 

Prostatite 

Rétention  d'urine 

1 

40 

2 

7 
1 
1 
4 
1 
1 
9 
1 
1 
4 
15 
2 

Rhumatisme 

3 

1 

Septicémie 

Sclérotite    

2 

Entorse 

Stomatite 

Rétrécissement 

1 

Syncope 

Ver  solitaire 

Amygdalite 

Torticolis 

Tuberculosis 

1 

1 

Vaccine 

1 

Blessures 

15 

418 

433 

4 

410 

19 

34—2 


34  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  Vil,  A.  1909 

TABLEAU    DES    DÉCÈS   A  L'HOPITAL. 


Noms. 

Age. 

Maladies. 

Date 

de 

l'admission. 

Décès. 

Nationalité. 

Nombre 

de 

jours  à 

l'hôpital. 

19 
40 
45 

.     1907. 

23  juin  

18  mai 

29  nov 

1907 

14  juillet  . . 
25  octobre 
20  déc 

E.-U.  A 

Irlande 

Italie 

21 

Tuberculose 

Fièvre 

160 

21 

Forçats  détenus  dans  l'asile  des  aliénés  du  pénitencier,  du  1er  avril  1907  au  31  mars  1908. 


Distribution. 

Hommes. 

Femmes. 

Total. 

23 

20 
2 
4 

23 

Admis  depuis  cette  date — 

20 

2 

4 

49 

49 

Renvoyés — 

11 
8 
3 

11 

8 

Décédés 

3 

27 

27 

MORTALITE. 


No. 

No.   du   reg. 

Age. 

Date  du  décès. 

Durée  de  la  démence. 

Cause  immédiate  de  la  mort. 

D 

655 
245 
290 

31 
24 
25 

29  avril  1907 

D 
E 

21  juillet  1907 

2    mars  1908 

5  ans,  291  jours 

1  an,  235  jours 

Paralysie. 
Epilepsie. 

RAPPORTS  DESjMEDECINS 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


36 


SAINT- VINCENT-DE-PAUL. 

Saint- Vincent-de-Paul,  1er  avril  1908. 


Au  Directeur: 


J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  mon  rapport  annuel  pour  l'exercice  1907-08. 
Rien  de  bien  important  n'est  arrivé  dans  le  département  médical  durant  l'année. 
Un  seul  forçat  a  été  sérieusement  malade  de  la  fièvre  typhoïde  pendant  plusieurs 
jours.  Le  madade  a  été  immédiatement  transporté  dans  une  salle  isolée;  et,  au 
bout  de  quatre  mois,  il  a  repris  le  travail. 


PATIENTS   TRAITÉS   A    L'HOPITAL. 


Maladies. 

No. 

Maladies. 

No. 

Abcès 

1 
1 
3 
1 
1 
3 
3 
3 
6 
9 
1 

R 

3 

1 

2 

Bronchite 

1 

Cancer 

3 

Colite 

1 

Contusions 

1 

1 

Dépression 

4 

Diarrhée 

1 

Fracture  de  côte 

DÉCÈS. 

Le  forçat  Adélard  Demers  est  mort,  dans  le  cours  de  l'année,  d'hypertrophie 
du  cœur. 

8,761  consultations  ont  été  données  aux  officiers  et  aux  forçats. 

TRANSFÉRÉS,    ÉTANT   ALIÉNÉS. 

Sanford  Commission  et  Joseph  Déchesne. 

AD.  ALLAIRE,  M.A., 

Médecin. 

Rapport  du  gardien  de  l'hôpital,  pour  l'année  finissant  le  31  mars  1908. 

Médicaments  en  mains  le  31  mars  1907 $  197.83 

1  *  achetés  durant  l'année    284 .  57 

$  482.40 

"  vendus   aux    officiers    durant 

l'année $     31.21 

1  '  en  mains    192. 97 

$  224.18 

Dépense  nette  pour  drogues $  258 .  22 

Coût  par  tête    0 .  48 

D.  O'SHEA, 

1er  Infirmier. 
34-2* 


36 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


Au  Directeur: 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


DORCHESTER. 

Dorchester,  1er  avril  1908. 


J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  annuel,  pour  l'année  finissant  le  31 
mars  1908. 


CAS   TEAITES  AU    DISPENSAIRE. 


Maladies. 

Restant. 

Admis. 

Renvoyés. 

Restant. 

4 

37 

3 

15 

5 

8 

12 

35 

47 

6 

59 

22 

28 

75 

68 

12 

12 

75 

12 

10 

6 

7 

6 

16 

12 

30 

15 

4 

37 

3 

15 

5 

8 

12 

35 

48 

ô 

59 

23 

30 

77 

69 

12 

11 

75 

12 

10 

4 

7 

6 

17 

12 

30 

18 

1 

1 

1 
2 
2 

1 

Toux 

Débilité 

1 

2 

1 

3 

1 

Epilepsie 

1 

13 

25 

60 

18 

7 

1 

8 

33 

2 

50 

13 

32 

6 

4 

123 

25 

2 

3 

37 

1 

13 

25 

61 

19 

6 

1 

8 

30 

2 

51 

14 

32 

6 

4 

123 

25 

1 

1 
1 

Ophthalmie 

Otite 

1 

Rhumatisme 

3 

Mal  <1"  ■xoriz.f 

1 

l 

Stomatite 

Amvgdalite    <    

1 
3 

36 

1 

| 

RAPPORTS  DES  MEDECINS 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

CAS    TRAITÉS   A  L 'HOPITAL. 


37 


Maladies. 

Restant. 

Admis. 

Totaux. 

Renvoyés. 

Décédés. 

Restant. 

2 

2 
4 

1 

1 
1 
1 
1 
2 
1 
2 
1 

2 
3 

Débilité 

3 

1 

1 



2 

1 

« 

1 

1 

1 

1 

5 

12 

17 

12 

2 

3 

ÉTAT    DES    DÉPENSES    POUR    DROGUES    ET    MÉDICAMENTS. 

En  mains  le  31  mars  1907    %  233.97 

Drogues  et  médicaments  achetés 195. 15 

$  429.12 

A  déduire — 

Drogues  en  mains  le  31  mars  1908 $  226.52 

Reçu  pour  médicaments  fourmis  aux  officiers       59.25 

$  285.77 

Dépense  nette  pour  médicaments $  143 .  35 

Coût  par  tête    .68 

E.  T.  GAUDET,  M.A., 

Médecin, 


38  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA. 

MONTAGNE-DE-PlERRE,    M  AN.,    8    avril    1908. 


Au  Directeur 


J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  mon  rapport  pour  Tannée  finissant  le  31 
mars  1908. 

Dans  tout  le  cours  de  l'année  la  santé  des  détenus  a  été  très  bonne.  A  l'ex- 
ception de  quelques  cas  de  fièvre  typhoïde  et  de  phtisie,  nous  n'avons  pas  eu  de 
maladies  graves. 

Il  y  a  eu  deux  décès,  dus  tous  deux  à  la  phtisie.  Trois  forçats  sont  tombés  en 
démence,  et  deux  l'étaient  à  leur  arrivée  au  pénitencier.     Il  n'y  a  pas  eu  d'accidents. 

Durant  l'année,  j'ai  vacciné  tous  les  forçats  qui  ne  l'avaient  pas  été  depuis 
cinq  ans. 

La  santé  des  officiers  a  été  très  satisfaisante.  Le  nombre  de  jours  d'absence 
pour  cause  de  maladie  a  été  de  188;  l'an  dernier,  le  nombre  de  jours  était  de  234. 

Les  rapports  ordinaires  sont  ci-annexés.  P) 

R.  W.  NEILL,  M.D., 

Médecin. 


ÉTAT  DES  DÉPENSES  POUR  DROGUES  ET  MÊDICAMENTS.J 

En  mains  le  31  mars  1907    $  207.25 

Drogues  et  médicaments  achetés 136 .  32 

$  343.57 

En  mains  le  31  mars  1908    185.82 

$  157.75 

Drogues  rejetées $     14.60 

Drogues  aux  écuries,  etc    7. 75     185.82 

Médicaments  vendus  aux  officiers 42 .  53 

$    58.88 

Dépense  nette  pendent  année    $     98 .  87 

Coût  par  tête    .71 


RAPPORTS  DES±MEDECINS 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


39 


CAS   TRAITES   A    DISPENSAIRE. 


Maladies. 


Adéoite 

Abcès 

Acné,  rosacée 

Anémie 

Etat  bilieux 

Furoncles 

Meurtrissures 

Orchite 

Mal  de  Bright 

Catarrhe  (nasal) 

Catarrhe  (des  oreilles).  .. 
Gerçures  aux  mains  .... 

Rhumes 

Coliques 

Constipation 

Crampes 

Cors 

Cystite 

Phtisie 

Engelures 

Diarrhée 

Endocardite 

Epilepsie 

Eczéma 

Engelures 

Blennorrhée 

Calculs 

Gonorrhée 

Céphalalgie 

Hémorroïdes 

Hémorragie  des  poumons 

Varicelle 

Indigestion 

Influenza 


No. 


2 
2 

11 

11 
3 
2 
9 
2 
5 

10 

18 
5 
264 
2 
194 
3 
4 

23 
1 
1 

44 
1 
2 

41 
1 
3 
8 
3 

29 

10 

1 

1 

105 

12 


Maladies. 


Insomnie 

Herbe  à  la  puce 

Lumbago 

Paludisme 

Névralgie 

Ophthalmie 

Laryngite 

Palpitation 

Douleurs,  indéfinies. . .  . 

Ruptures 

Rhumatisme,  chronique 

Sciatique 

Entorses 

Taies  sur  l'œil 

Séborrhée 

Syphilis 

Dents  extraites 

Odontalgie 

Adénite  tuberculeuse  .  . 

Amygdalite 

Torticolis 

Ulcères 

Veines  variqueuses  .... 

Verrues 

Ténia 

Vers 

Blessures  


No. 


6 
1 

28 
3 
6 

24 
9 
2 

15 
2 

28 
2 

12 
2 
1 

16 

14 

22 
1 

24 
1 

15 
1 
5 
2 
3 
7 


40 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


CAS  TRAITÉS  A    L'HÔPITAL. 


Maladies. 

Restant. 

Admis. 

Renvoyés.. 

Décédés. 

Restant. 

1 

2 
2 
3 
2 
1 
4 
3 
2 
42 
2 
2 
12 
17 
1 
1 
2 
1 
1 
6 

2 

2 

3 

2 

1 

4 

4 

2 

37 

2 

2 

12 

17 

1 

1 

Phtisie                   

2 

2 

1 
2 
1 

1 

0 

1 
8 
5 
21 
7 
1 
2 
1 
5 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
2 
7 
1 
1 
3 
6 
4 
1 
3 
2 
5 

1 

8 

5 

22 

7 
1 
2 
1 
5 
2 

i 

1 

1 
1 

1 
1 
2 
7 

1 
3 
6 
3 
1 
3 
2 
5 
1 
1 
6 

Ténia 

Ulcères 

Varices 

1 

Vue  faible 

1 

Blessures  

6 

RAPPORTS  DES  MEDECINS 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


41 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

New-Westminster,   1er  avril   1908. 
Au  Directeur, 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  présenter  mon  rapport  annuel  pour  l'exercice 
finissant  le  31  mars  1908. 

L'année  ne  présente  rien  d'extraordinaire.  La  santé  des  détenus  a  été  géné- 
ralement bonne,  bien  que  deux  décès  soient  survenus,  comme  on  le  verra  dans 
le  tableau  ci-joint.  Le  forçat  qui,  l'an  dernier,  s'est  laissé  choir  d'une  galerie  a  pris 
un  peu  de  mieux,  et  il  est  sorti  de  l'hôpital  en  aussi  bon  état  de  rétablissement  qu'il 
pourra  jamais  l'être.     Il  peut  faire  de  légers  travaux  dans  la  bâtisse  de  l'aile. 

W.  A.  De  WOLF  SMITH,  M.D., 

Médecin. 


DÉCÈS  DURANT  L' ANNÉE, 


Nom. 

Age. 

Maladie. 

Date  de 
l'admission. 

Date  de 

la  mort. 

Nationalité. 

Jours  à 
l'hôpital. 

35 
37 

1907. 
10  juin 

1908. 
23  jan 

10  juin 

1908. 
18fév 

Anglais 

Indien 

1 

St.  Paul,  George 

Tuberculose 

27 

CAS  TRAITES  A  L  HOPITAL. 


Maladies. 

Restant. 

Admis. 

Totaux. 

Renvoyés. 

Décédés. 

Restant. 

Abcès 

2 
1 

1 
3 
1 
1 
1 
1 
2 

2 

2 
4 

2 

1 

Adénite 

Asthme 

1 

Rhumes 

3 

Constipation 

Côtes  fracturées 

Gingivite 

Céphalalgie 

Indigestion 

1 

Chute 

1 

Lumbago 

1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
2 
4 

Névralgie 

Orchite 

Douleur  dans  le  dos 

Orteil  blessé 

Ptyalisme 

Tuberculose 

1 

- 

Ulcères 

2 
4 

Vaccine 

Total 

1 

26 

27 

24 

2 

j 

Nombre  de  jours  passés  à  l'hôpital, 458. 


42 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
CAS   TRAITÉS    EN    DEHORS    DE    L'HOPITAL. 


Maladies. 


Abcès 

Anorexie 

Adénite 

Asthme 

Acné 

Etat  bilieux 

Bronchite 

Furoncles 

Conjonctivite 

Rhumes 

Constipation 

Toux 

Cors 

Coryza 

Coliques 

Contusion  de  l'œil 

Diarrhée 

Eczéma 

Erésipèle 

Mal  d'oreilles 

Fracture  de  côtes  . 

Gingivite 

Gonorrhée 

Céphalalgie 

Hernie 

Hémorroïdes 

Indigestion 

Insomnie 


Nombre. 


1 

16 
3 
3 
2 

16 
3 
1 
2 

63 
253 

36 
3 

15 
3 
1 

24 
8 
1 
2 
1 
4 
2 

24 
3 
7 

56 
7 


Maladies. 


Lumbago 

Névralgie 

Otorrhée 

Psoriasis 

Douleur  dans  la  poitrine 
Douleur  dans  l'abdomen 

Douleur  dans  le  dos 

Phtiriasis 

Rnumatisme 

Entorses 

Synovie 

Spermatorrhée 

Rétrécissement 

Torticolis 

Mal  de  gorge 

Mal  d'yeux 

Odontalgie 

Dents  extraites 

Tumeur 

Ulcères 

Vaccine 

Varicocèle 

Vue  faible 

Blessure  au  nez 

Blessure  à  la  main 

Blessure  au  doigt 

Total 


Nombre. 


9 

11 
2 
1 

12 
4 

24 
2 

39 
3 
2 
1 
1 
1 

15 
1 

11 

22 
1 
8 
4 
1 

13 
1 
2 
3 

754 


Nombre  d'ordonnances  remplies. 


ÉTAT    DES    DEPENSES    POUR    DROGUES    ET    MÉDICAMENTS. 


Valeur  des  médicamnts  en  mains  le  1er  avril  1907 $  211.49 

Valeur  "des  médicaments  achetés,  1907-08 158. 12 

$  369.61 

Reçu  pour  médicaments  fournis  aux  officiers 19.37 

Valeur  des  médicaments  en  mains  le  31  mars  1908 243 .  07     262 .  44 

Dépenses  nette  pour  drogues $  107. 17 

Coût  par  tête .75 


RAPPORTS  DES  MEDECINS 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


43 


ALBERTA. 


Edmonton,  31  mars  1908. 


Au  Directeur: 


J'ai  l'honneur  de  faire  rapport  pour  Tannée  finissant  le  31  mars  1908.  La 
santé  des  prisonniers  a  été  bonne,  et  Y  institution  a  été  exempte  de  toute  maladie 
épidémique  et  contagieuse. 

Il  n'y  a  pas  eu  d'accidents  graves.  Un  condamné  à  perpétuité,  âgé  de  73  ans, 
est  mort  de  pneumonie. 

La  condition  sanitaire  de  l'institution  est  satisfaisante. 

La  santé  des  officiers  a  été  beaucoup  meilleure  que  l'an  dernier,  la  tempéra- 
ture ayant  été  beaucoup  plus  favorable.  Le  nombre  de  jours  d'absence  des  offi- 
ciers pour  cause  de  maladie  est  de  33. 

Quarante-cinq  ordonnances  ont  été  fournies  aux  officiers,  et  584  ont  été  rem- 
plies pour  les  prisonniers. 

Les  officiers  ont  payé  $8.20  pour  médicaments.  Les  drogues  fournies  aux  pri- 
sonniers se  montent  à  $67.62. 

ALEX.    FORIN. 

Médecin. 


CAS   TRAITES    EN    PRISON. 


Maladies. 

Nombre. 

Maladies. 

Nombre . 

1 

2 

3 

1 

1 

26 

2 

81 

2 

14 

3 

3 

1 

4 

2 

1 

62 

6 

1 

2 

13 

2 

27 

34 

10 

13 

8 

Otite 

2 

Abcès 

1 

1 

Acné 

2 

Brûlures 

3 

7 

Catarrhe,  nasal 

Pneumonie 

1 

Constipation 

1 

Conjonctivite 

3 
3 

Gerçures  aux  mains 

Cvstite 

4 

Céphalalgie 

6 

Coliques 

26 

Coriza 

1 
4 

Pansement  de  bras  vacciné 

Dysménorrhée 

3 

25 

13 

1 

3 

12 

Diarrhée 

Eczéma 

Goitre 

Hémorroïdes 

Indisposition 

Insomnie 

2 

5 

Indigestion 

Grippe 

Lumbago 

Total 

Néphrite 

463 

Névralgie 

44  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  Vil,  A.  1909 

Drogues,  instruments,  etc.,  en  mains  le  31  mars  1907 .  .$  15G.73 
Drogues,  instruments,  etc.,  achetés  durant  l'année.  .  .  .      182.79 

$  339.52 

Drogues  fournies  aux  prisonniers  durant  l'année 67.62 

Drogues  vendues  aux  officiers  durant  l'année 8.20 

75.82 

Drogues,  instruments,  etc.,  en  mains  le  31  mars  1908.  .  .  %  263.70 

Coût  par  tête .96 


8-9  EDOUARD  Vil  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No 34  A.  1909 


ANNEXE    D. 


RAPPORTS  DES  CHAPELAINS 


46 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


KINGSTON. 

Portsmouth,    20    avril    1908. 
Au  Directeur: 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  présenter  mon  cinquième  rapport,  en  ma  qua- 
lité de  chapelain  protestant  du  pénitencier  de  Kingston. 

Le  31  mars,  il  y  avait  sous  mon  ministère  327  prisonniers,  dont  324  hommes 
et  3  femmes,  répartis  comme  suit,  d'après  leurs  croyances  religieuses: — 

Eglise  d'Angleterre 131 

Méthodistes 80 

Presbytériens 62 

Baptistes 22 

Luthériens 18 

Juifs 5 

Eglise  catholique  grecque 2 

Armée  du  Salut 2 

Adventistes 

Quaker 

Disciple 

Congréganiste 

Sans  aucune  croyance 

Total 327 

Dans  le  cours  de  Tan  dernier,  plusieurs  membres  du  clergé,  ainsi  que  des  laïcs, 
ont  assisté  à  nos  exercices  religieux,  et  ont  prononcé  d'excellents  discours  et  des 
allocutions  qui  nous  ont  réjouis  et  ont  fait  un  grand  bien.  Deux  de  ces  visiteurs 
était  l'évêque  d'Algoma  et  le  professeur  Dupuis,  de  Queen's  Collège.  A  ma  de- 
mande, ce  dernier  a  bien  voulu,  faisant  allusion  aux  tableaux  de  peinture  qui  ornent 
la  chapelle,  parler  de  l'art  comme  moyen  de  s'instruire  et  de  se  rapprocher  de  Dieu. 
L'allocution  a  beaucoup  intéressé  les  auditeurs.  Plusieurs  messieurs  de  la  ville 
ont  aussi  pris  part  à  nos  chants  religieux. 

L'attention  du  public  a  souvent  été  attirée  sur  le  cas  des  jeunes  criminels,  dont 
il  y  a  environ  une  quarantaine  dans  cette  prison,  et  qui  ont  moins  de  vingt  ans. 
La  question  du  traitement  à  leur  faire  subir  est  un  problème  difficile  qui  cause 
beaucoup  d'inquiétude.  Je  suis  chaque  jour  en  contact  avec  quelques-uns  de  ces 
jeunes  garçons;  et  il  est  pénible  de  constater  qu'un  certain  nombre,  à  mesure  qu'ils 
se  familiarisent  avec  ce  qui  les  entoure,  perdent  peu  à  peu  tout  sentiment  de  tristesse, 
de  crainte  et  de  honte.  Cela  vient,  jusqu'à  un  certain  point,  de  ce  qu'ils  se  trou- 
vent en  compagnie  d'hommes  dont  le  cœur  est  moins  tendre,  et  la  nature  plus  cor- 
rompue que  les  leurs.  Car  ces  jeunes  garçons  recherchent  la  compagnie  des  vieux 
et  s'y  complaisent;  et  l'on  sait  que  quelques-uns  de  ces  vieux  prennent  plaisir  à 
corrompre  l'esprit  des  jeunes.  Permettez-moi  de  dire  que  j' approuvera  proposition 
souvent  débattue,  qui  veut  qu'une  institution,  différant  à  la  fois  de  celle  de  Mimico 
et  du  pénitencier, — qui  tiendrait  à  peu  près  le  milieu  entre  les  deux, — serait  ce  qu'il 
faudrait  pour  y  placer  et  corriger  la  jeunesse  criminelle. 

Les  exercices  religieux  ont  eu  lieu  régulièrement  les  dimanches  et  jours  de  fêtes, 
de  même  que  l'école  de  la  semaine,  et  les  malades  ont  été  visités  constamment. 

A.  W.  COOKE, 

Chapelain  protestant. 
47 


48]  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Portsmouth,  20  avril   1908. 
M.  Jno.  M.  Platt, 

Directeur,  Pénitencier  de  Kingston. 

Monsieur, — Conformément  à  la  coutume  de  vous  faire  un  rapport  concernant 
ce  qui  regarde  la  chapelle,  je  vous  soumets  ici  mon  dixième  rapport,  en  ma  qualité 
de  chapelain  catholique  du  pénitencier  de  Kingston,  pour  Tannée  qui  vient  de  finir. 

Je  trouve  que  le  registre  de  notre  chapelle  montre  que  nous  avons  pour  adhé- 
rents à  la  foi  catholique  146  hommes  et  9  femmes,  c'est-à-dire  7  hommes  de  plus 
que  l'année  dernière. 

Les  choses  se  sont  passées  de  la  manière  satisfaisante  ordinaire,  dans  ce  qui 
concerne  la  direction  de  la  chapelle  et  l'accomplissement  des  devoirs  qui  s'y  rat- 
tachent. 

Les  exercices  religieux  ont  eu  lieu,  les  dimanches  et  les  jours  de  fêtes,  à  8.45 
heures  du  matin  et  à  1.45  heures  de  l'après-midi,  durant  toute  l'année. 

La  tenue  exemplaire  des  officiers  de  l'institution  durant  les  exercices  religieux 
a  grandement  contribué  à  rendre  profitables  les  enseignements  donnés  par  le  chape- 
lain aux  prisonniers,  pour  leur  avancement  moral.  A  ces  officiers  et  à  ceux  que  je 
suis  venu  en  contract  dans  l'accomplissement  de  nos  devoirs  j'offre  l'expression  de 
ma  très  sincère  reconnaissance  pour  toutes  leurs  bontés  à  mon  égard. 

M.  McDONALD, 

Chapelain  catholique  romain. 


SAINT- VINCENT-DE-PAUL. 

Saint- Vincent-de-Paul,    31    mars    1908. 

Au  Directeur: — 

J'ai  l'honneur  de  vous  transmettre  mon  rapport  annuel,  concernant  la  chapelle 
catholique  romaine,  pour  l'année  finissant  aujourd'hui  même. 

Trois  cent  dix-neuf  hommes  représentaient,  il  y  a  un  an,  la  population  catho- 
lique romaine  de  ce  pénitencier;  aujourd'hui  321  sont  inscrits  dans  le  registre. 

Dans  le  cours  de  l'année,  127  nous  sont  venus  des  différentes  cours  de  justice 
de  la  province;  90  ont  été  mis  en  liberté;  1  est  mort;  2  ont  été  transférés  à  Kings- 
ton; 4  ont  été  graciés;  et  28  ont  bénéficié  du  système  de  la  libération  anticipée. 

Les  prisonniers  montrent  plus  de  recueillement  et  de  piété  dans  notre  cha- 
pelle depuis  qu'elle  a  été  restaurée. 

Le  chant  est  bon  et  parfois  artistique.  Le  nombre  des  confessions  et  des  com- 
munions augmente,  ce  qui  est  dû  à  l'apostolat  le  plus  efficace  qui  soit  ici,  le  bon 
exemple  donné  par  ceux  qui  font  partie  de  la  maison. 

Permettez-moi,  monsieur,  d'exprimer  mes  sincères  remerciements  pour  les 
travaux  qui  ont  été  faits  dans  notre  chapelle,  et  pour  ceux  que  nos  ouvriers  font 
actuellement  dans  la  sacristie. 

Je  vous  offre,  monsieur,  toute  ma  reconnaissance,  ainsi  qu'à  ceux  qui  m'ont 
aidé  dans  l'accomplissement  de  mes  devoirs. 

G.  O.  HAREL,  prêtre, 

Chapelain  catholique  romain. 


RAPPORTS  DES  CHAPELAINS  49 

DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 

Saint- Vincent    de    Paul,    1er    avril    1908. 

M.  A.  0.  Beauchamp,  directeur: 

Monsieur, — En  ma  qualité  de  chapelain  protestant  de- cette  institution,  j'ai 
Phonneur  de  présenter  mon  treizième  rapport,  pour  Tannée  finissant  le  31  mars  1908. 

La  conduite  des  hommes  dans  la  chapelle  continue  d'être  bonne,  et  j'ai  le  plai- 
sir de  constater  que  le  nombre  augmente  de  ceux  qui  se  tiennent  agenouillés  durant 
les  prières.  Tout  en  cherchant  à  rendre  cette  pratique  générale,  je  tiens  à  ce  que 
la  chose  ne  se  fasse  que  de  bonne  volonté.  Un  prisonnier  a  été  baptisé  et  un  autre 
suit  les  instructions  préparatoires  au  baptême.  Il  y  a  eu  une  légère  augmentation 
dans  le  nombre  des  communiants,  et  des  lettres  qui  me  sont  venues  de  quelques-uns 
des  forçats  rendus  à  la  liberté  m'encouragent  à  continuer  mon  œuvre. 

Je  voudrais  que  les  bienfaits  de  l'enseignement  scolaire  fussent  mis  à  la  portée 
d'un  plus  grand  nombre  de  ceux  qui  désirent  en  profiter. 

La  bibliothèque  a  une  bonne  vogue,  et  elle  aide  d'une  façon  importante,  j'en 
suis  persuadé,  au  maintien  de  la  discipline. 

Mouvement  des  détenus  durant  l'année: — 

Restant,  le  31  mars  1907 78  . 

Reçus  depuis  cette  date 36 

114 

Libérés 19 

Sous  permis 14 

Graciés 2 

Déporté 1 

36 

Restant,  le  31  mars  1908 78 

Croyances  des  36  prisonniers  reçus  durant  l'année: — 

Eglise  d'Angleterre,  20;  presbytériens,  9;    baptistes,  2;    luthé- 
riens, 2;  méthodiste.  1;  universaliste,  1;    sans  dénomination, 

1 36 

Pays  d'origine: — 

Canada,  20;  Angleterre,  4;  Ecosse,  2;  Irlande,  1;  E.-U.  A.,  3; 
France,  1;  Allemagne,  3;  Nouvelle-Zélande,  1;  Jamaïque,  1.     36 

Sans  mettre  en  oubli  que  '  '  le  devoir  du  chapelain  est  de  voir  aux  besoins  spi- 
rituels de  ceux  qui  lui  sont  confiés",  je  puis,  néanmoins,  dire  que  l'accomplissement 
de  ce  devoir  est  souvent  rendu  difficile,  comme,  par  exemple,  lorsqu'il  y  a  à  visiter 
des  malades  dans  des  cellules  de  punition,  tandis  que  ce  devrait  être  à  l'hôpital. 
Je  ne  crois  pas,  non  plus,  dépasser  les  limites  assignées  au  chapelain  en  exprimant 
l'opinion  que  l'hôpital  n'existe  pas  exclusivement  pour  le  bénéfice  des  incurables 
ou  des  moribonds. 

Je  ne  saurais  terminer  ce  rapport  sans  faire  mention  de  l'empressement  et  de  la 
libéralité  avec  lesquels  l'Association  de  Secours  pour  les  Prisonniers  a  toujours  ré- 
pondu à  mon  appel  chaque  fois  que  j'ai  demandé  de  l'aide  pour  un  prisonnier  libéré. 

Je  demeure, 
Votre  très  obéissant, 

J.  ROLLIT, 

Chapelain  protestant. 


50  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


DORCHESTER. 

Dorchester,  N.  B.,  31  mars  1908. 
Au  Directeur: 

En  qualité  de  chapelain  protestant  du  pénitencier  de  Dorchester,  j'ai  l'honneur 
mon  rapport  pour  l'année  finissant  le  31  mars  1908. 

Le  registre,  qui  a  été  tenu  avec  soin,  renferme  les  statistiques  suivantes: — 

Sous  verrous  le  31  mars  1907 119 

Sous  verrous  le  31  mars  1908 141 

De  ce  nombre,  onze  sont  des  femmes 11 

Nombre  total  de  prisonniers  reçus  durant  l'année 74 

Libérés  par  expiration  de  peine 25 

Libérés  sous  condition 22 

Gracié 1 

Déporté 1 

Décédé  dans  le  cours  de  l'année 1 

Ci-après  est  l'enregistrement  complet,  par  ordre  de  croyance  re- 
ligieuse:— 

Eglise  d'Angleterre :  . .  . .  66 

Baptistes 33 

Presbytériens 20 

Méthodistes 20 

Luthérien 1 

Méthodiste  épiscopalien 1 


141 

On  verra  par  les  chiffres  ci-haut  que  j'ai  eu  sous  mon  ministère  durant  l'année 
un  total  de  193  prisonniers. 

Les  exercices  religieux  ont  eu  lieu  régulièrement  toute  l'année.  La  mort  a 
frappé  une  fois  dans  nos  rangs.  Le  défunt  a  été  enterré  dans  le  cimetière  du  péni- 
tencier, mais  non  sans  que  des  recherches  aient  été  faites  pour  trouver  de  ses  par- 
ents. 

Deux  importantes  visites  ont  grandement  augmenté  le  plaisir  de  mon  labeur 
durant  l'année.  Le  2  septembre,  le  très  révérend  J.  A.  Richardson,  D.D.,  lord 
Evêque  du  Nouveau-Brunswick,  a,  sur  l'invitation  du  chapelain,  visité  l'institution 
et  administré  le  sacrement  de  confirmation  à  un  détenu.  Lundi,  le  17  février, 
nous  eûmes  la  visite  distinguée  du  commissaire  Coombs  et  du  colonel  Pugmire, 
de  l'Armée  du  Salut. 

En  ces  deux  occasions,  des  discours  remarquables  ont  été  prononcés,  et  d'ex- 
cellents exercices  religieux  ont  eu  lieu  en  présence  de  tous  les  prisonniers  protestants. 

Deux  cérémonies  de  communion  ont  eu  lieu,  et  le  baptême  a  été  administré 
deux  fois. 

J'ai  le  plaisir  de  dire  que  la  discipline  est  maintenue  à  un  haut  point  d'excel- 
lence, et  que  la  tenue  des  prisonniers,  durant  les  offices  religieux,  est  éminemment 
satisfaisante. 

Dans  les  efforts  constants  que  j'ai  à  faire,  j'ai  été  puissamment  secondé  et 
beaucoup  encouragé  par  votre  bienveillance  et  votre  zélé  ardent,  ainsi  que  ceux 
du  sous-directeur,  des  directrices  et  de  tout  le  personnel. 

Il  faut  aussi  mentionner  le  dévouement  de  notre  excellent  organiste. 

BYRON  H.  THOMAS. 

Chapelain  protestant. 


RAPPORT SIDES  CHAPELAINS  51 

DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 

Dorchester,  N.  B.,  31  mars  1908. 
Au  Directeur: — 

J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  mon  rapport  annuel  pour  l'exercice  terminé 
le!  31  mars  1908,  date  à  laquelle  nous  avions  90  hommes  et  4  femmes  en  prison, 
grand  total  de  94,  contre  75  qu'il  y  avait  dans  mon  dernier  rapport. 

Permettez-moi  d'exprimer  de  nouveau  la  satisfaction  que  j'ai  de  pouvoir 
accomplir  les  devoirs  de  ma  charge  avec  tant  de  joie  et  de  consolation,  grâce,  sans 
doute,  d'un  côté,  aux  bienfaits  du  Tout-Puissant,  et  de  l'autre,  grâce  aussi  à  la  bien- 
veillance et  à  l'esprit  chrétien  de  ceux  qui  se  joignent  à  moi  dans  le  travail  qu'il  y  a 
à  faire. 

Dieu  soit  loué  !  Nous  sommes  bénis  d'une  discipline  remarquablement  bonne 
parmi  les  détenus. 

L'école  fait  de  l'excellente  besogne.  Les  bibliothèques  sont  bien  tenues.  Le 
chœur  de  chant  rend  les  morceaux  durant  l'office  divin  d'une  manière  ofhcace  et 
édifiante. 

A  la  chapelle,  où  je  rencontre  les  prisonniers,  soit  durant  les  classes  de  cathé- 
chisme  dans  la  semaine,  ou  à  la  messe  le  dimanche,  leur  conduite  est,  en  général, 
digne  de  louanges. 

J'imagine  que  c'est  un  compliment  inaccoutumé,  en  faveur  de  ces  pauvres  dé- 
tenus, que  de  dire  que,  durant  mes  vingt  ans  de  ministère  parmi  eux,  je  n'ai  jamais 
eu  à  me  plaindre  de  qui  que  ce  soit  pour  mauvaise  conduite. 

Il  n'y  a  rien  d'extraordinaire  à  consigner  au  rapport,  si  ce  n'est  la  mort  de  l'un 
de  mes  administrés,  arrivée  en  mai  dernier. 

J'apprécie  hautement  la  courtoisie  et  la  bienveillance  des  officiers  à  mon  égard. 

A.  H.  CORMIER,  prêtre. 

Chapelain  catholique  romain. 


52  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA. 

Montagne-de-pierre,  10  avril  1908. 
Au  Directeur: 

Monsieur, — En  soumettant  mon  présent  premier  rapport,  en  qualité  de  chape- 
lain protestant,  je  désire  mentionner  la  perte  causée  à  cette  institution  par  le 
décès  de  mon  prédécesseur,  le  révérend  F.  M.  Finn. 

Sa  longue  expérience  et  la  grande  connaissance  qu'il  possédait  de  la  vie  hu- 
maine le  rendaient  parfaitement  apte  à  remplir  les  fonctions  qu'il  a  exercées  si  long- 
temps et  d'une  si  excellente  manière.  Ses  avis  paternels  et  ses  sages  paroles  res- 
teront longtemps  dans  le  souvenir  de  ceux  qui  en  ont  profité. 

Ma  propre  expérience  de  chapelain  a  été  si  courte  jusqu'ici  —  elle  ne  date  que 
du  mois  de  décembre — que  je  ne  suis  guère  préparé  à  signaler,  dans  le  présent  rap- 
port, autre  chose  que  mon  étonnement  de  voir  l'ardeur  avec  laquelle  plusieurs  des 
détenus  recherchent  l'enseignement  religieux,  et  le  désir  sincère  qu'ils  ont  de 
modifier  leur  vie. 

J'espère  que  j'aurai  la  satisfaction  de  les  aider  à  atteindre  ce  noble  but. 

Je  vous  remercie,  ainsi  que  les  officiers,  de  l'aide  qui  m'a  été  donnée  pour  faire 
de  cette  institution  un  lieu  de  bienfaisante  réforme. 

Prisonniers,  suivant  registre,  le  31  mars  1907 117 

Reçus  pendant  l'année   32 

149 

Libérés: — 

Par  expiration  de  peine 33 

Par  grâce 3 

Sous  condition    27 

Par  décès 1 

Par  transfèrement  à  Kingston 2 

66 

Restant,  suivant  registre,  le  1er  avril  1908 83 

Croyances  religieuses,  suivant  déclaration  des  prisonniers  à  leur  entrée: — 

Eglise  d'Angleterre    36 

Presbytériens    16 

Méthodistes 14 

Luthériens 9 

Baptistes 4 

Unitarien 1 

Disciple    1 

Incroyants 2 

83 

Abstêmes 13 

Tempérants 45 

Intempérants    25 

83 

S.  W.  L.  STEWART, 

Chapelain  protestant. 


RAPPORTS*DES  CHAPELAINS  53 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

Saint-Boniface,  7  avril  1908. 

Au  Directeur: 

J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  mon  rapport  annuel. 

Je  n'ai  aucune  remarque^ particulière  à  faire  au  sujet  de  ceux  qui  sont  confiés 
à  mes  soins. 

ARTHUR  BELIVEAU,  prêtre, 

Chapelain  catholique  romain. 


54  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

New-Westminister,  1er  avril  1908. 
Au  Directeur: 

En  qualité  de  chapelain  protestant  de  ce  pénitencier,  j'ai  l'honneur  de  pré- 
senter mon  rapport  pour  l'année  terminée  le  31  mars  1908. 

Prisonniers  restant  le  31  mars  1907    90 

Prisonniers  reçus  pendant  l'année 55 

Total  sous  mon  ministère  durant  l'année 145 

Libérés 22 

Libérés  sous  condition 17 

Graciés 3 

Libérés  par  ordonnance  du  tribunal  1 

Evadés 4 

47 

Total  des  prisonniers  confiés  à  mes  soins,  le  31  mars 

1908 98 

Croyances  religieuses: — 

Eglise  d'Angleterre    26 

Méthodistes 22 

Bouddhistes    17 

Presbytériens    15 

Luthériens 6 

Baptistes 5 

Juif 1 

Adventiste  du  Septième  Jour 1 

Incroyants 5 

Total    98 

Relativement  aux  prisonniers  reçus  depuis  mon  dernier  rapport,  seize  sont  des 
abstêmes,  dix-sept  sont  tempérants,  et  vingt  et  un  sont  intempérants. 

Il  y  a  onze  jeunes  gens  de  moins  de  vingt  et  un  ans,  et  au  moins  neuf  d'entre 
eux  en  sont  à  leur  première  offense.  Il  y  a  des  cas  qui  attirent  fortement  l'atten- 
tion, et  je  ne  puis  m'empêcher  de  souhaiter  hautement  que  le  moment  arrive  bien- 
tôt où  l'on  aura  découvert  le  moyen  de  les  traiter  convenablement. 

Sans  parler  des  Orientaux,  je  trouve  que,  dans  un  cas,  l'influence  du  milieu 
a  été  très  bonne;  dans  vingt  cas,  bonne;  dans  onze,  assez  bonne;  dans  six,  mé- 
diocre; dans  cinq,  mauvaise;  et  dans  cinq,  absolument  nulle. 

Les  offices  religieux  ont  eu  lieu  régulièrement,  et  la  conduite  des  hommes  à  la 
chapelle  a  été  bonne.  Mon  travail  personnel  parmi  les  détenus  est  une  source  de 
grande  satisfaction  pour  moi.  Ce  n'est  qu'en  conversant  avec  ces  gens  que  l'on 
découvre  tout  ce  que  l'on  peut  retirer  de  profit  de  ce  travail.  Il  ne  s'agit  parfois 
que  d'une  parole  jetée  au  hasard,  et  les  exemples  ne  manquent  pas  où  cette  parole 
a  agi  comme  un  ressort  et  fait  ouvrir  un  cœur. 

Dans  tout  homme  il  y  a  une  étincelle  divine;  il  n'y  a  qu'à  trouver  le  moyen 
d'en  attiser  la  flamme.  Il  faut  parfois  attendre  longtemps  pour  récolter.  Notre 
devoir  est  de  jeter  la  semence.     La  moisson  est  entre  les  mains  de  Dieu. 

Je  prends  ici  occasion  de  vous  exprimer,  ainsi  qu'au  sous-directeur  et  à  tous 
les  officiers,  ma  reconnaissance  pour  votre  courtoisie  et  votre  bienveillance. 

ALBERT  EDWARD  VERT, 

Chapelain  protestant. 


RAPPORTS  DES  CHAPELAINS  55 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

?2  avril  1908. 

Au  Directeur: 

Monsieur, — Ayant  rempli  les  fonctions  de  chapelain  catholique  du  pénitencier 
pendant  la  plus  grande  partie  de  l'année,  à  cause  du  mauvais  état  de  santé  du  ré- 
vérend Fr.  Peytavin,  je  vous  transmets  le  rapport  pour  Tannée  terminée  le  31 
mars. 

Le  nombre  des  prisonniers  inscrits  dans  le  registre  du  chapelain  catholique  est 
actuellement  de  53.  Ce  qu'il  y  a  de  plus  remarquable  chez  ceux  qui  arrivent  au 
pénitencier,  c'est  leur  peu  de  connaissances  en  matière  religieuse.  Des  53  qui  sont 
actuellement  confiés  à  mon  ministère,  j'en  trouve  à  peine  six  ou  sept  qui  étaient 
des  catholiques  pratiquants  avant  d'entrer  ici.  (Par  catholiques  pratiquants, 
j'entends  ceux  qui  vont  à  l'église  et  s'approchent  des  sacrements.)  Plus  de  vingt 
n'étaient  catholiques  que  de  nom  et  n'avaient  jamais  reçu  d'instruction  religieuse, 
et  le  reste  avaient  complètement  déserté  l'église  depuis  deux  jusqu'à  dix  ans. 

A  l'heure  qu'il  est,  je  compte  un  peu  plus  de  la  moitié  du  nombre  des  prison- 
niers qui  reçoivent  les  sacraments,  et  un  certain  nombre  d'autres  demandent  à 
être  instruits  des  vérités  de  la  religion. 

L'attention  durant  les  offices  est  très  bonne,  à  quelques  exceptions  près.  Le 
chœur  de  chant  est  faible,  les  bonnes  voix  faisant  défaut  dans  la  congrégation. 

En  terminant,  je  dois  dire  que  la  plupart  des  prisonniers  tirent  un  grand  bien 
de  leur  fréquentation  de  la  chapelle  à  l'heure  des  offices,  et  qu'ils  essaient  de  s'amé- 
liorer; les  exceptions  sur  ce  point  se  trouvent  plutôt  parmi  les  plus  jeunes  et  ceux 
qui  n'ont  jamais  eu  d'instruction  religieuse. 

Je  dois  aussi  remercier  les  officiers  de  la  bienveillance  et  de  la  courtoisie  qu'ils 
ont  eues  pour  moi. 

E.  LAMBOT,  O.M.I., 
Chapelain  catholique  romain  par  int 


56  M  IXISTEREiDE  \LA\J  USTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ALBERT  A. 

Edmonton,  9  avril  1908. 
Au  Directeur: 

En  qualité  de  chapelain  protestant  du  pénitencier  d'Alberta,  j'ai  l'honneur  de 
vous  présenter  mon  rapport  annuel  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

A  la  clôture  du  dernier  exercice,  il  y  avait  au  pénitencier  trente-huit  prisonniers 
protestants.  Trente  ont  été  admis  pendant  l'année,  dix-neuf  ont  été  libérés,  un 
est  mort,  et  un  catholique  romain — qui  s'était  dit  protestant  à  son  arrivée — a 
demandé,  dans  le  cours  de  l'année,  à  être  remis  sous  la  direction  de  son  église. 
Il  a  été  fait  grâce  à  sa  demande.  Cela  nous  a  laissé,  à  la  clôture  de  l'année,  avec 
quarante-sept,   dont  trois  femmes. 

Des  exercices  religieux  pour  les  hommes  ont  eu  lieu  régulièrement  tous  les 
dimanches  matin;  et,  durant  la  semaine,  des  visites  ont  été  faites  à  tous  les  pri- 
sonniers qui  en  ont  manifesté  le  désir.  Un  office  de  courte  durée  a  aussi  eu  lieu 
durant  la  semaine  pour  les  prisonnières.  En  toutes  occasions,  l'intérêt  et  l'atten- 
tion des  assistants  ont  été  remarquables,  et  quelques-uns  ont  parlé  du  bien  que 
les  offices  et  les  visites  leur  avaient  fait. 

Une  chapelle  convenablement  préparée  nous  aiderait  beaucoup  dans  notre 
œuvre,  rendrait  les  exercices  plus  attrayants,  et  leur  donnerait  peut-être  plus 
d'efficacité. 

Il  y  a  une  bonne  bibliothèque  contenant  environ  sept  cents  volumes  choisis 
avec  soin.     Cela  est  hautement  apprécié  par  les  détenus,  qui  en  font  leur  profit. 

En  terminant,  je  dois  remercier  le  directeur,  le  sous-directeur,  la  directrice 
et  tous  les  autres  officiers,  des  attentions  et  de  la  courtoisie  dont  j'ai  été  l'objet  de 
leur  part  dans  l'accomplissement  de  mes  devoirs  de  chapelain. 

D.  G.  McQUEEN, 

Chapelain  protestant. 


Edmonton,  9  avril  1908. 
Au  Directeur: 

En  ma  qualité  de  remplaçant  du  chapelain  catholique  romain  du  pénitencier 
de  l'Alberta,  j'ai  l'honneur  de  présenter  le  rapport  annuel  pour  l'exercice  clos  le 
31  mars  1908. 

Les  offices  religieux  ont  eu  lien,  durant  l'année,  deux  fois  les  dimanches  et  les 
jours  de  fêtes.  La  conduite  des  prisonniers  pendant  ces  offices,  et  leur  attention 
au  sermon,  ont  été  tout  ce  que  l'on  pouvait  désirer.  La  plupart  d'entre  eux  ont 
accompli  leurs  devoirs  religieux  plusieurs  fois  pendant  l'année.  C'est  un  signe 
du  progrès  de  leur  réforme.  Leur  piété  se  révèle  certainement  dans  leur  manière 
de  chanter  et  de  prier.  Ils  sont  tous  reconnaissants  pour  les  visites  particulières 
que  je  leur  fais.  Ils  ont  été  beaucoup  réjouis  et  encouragés  par  les  deux  visites 
que  Sa  Grandeur  Mgr  Légal,  de  Saint-Albert,  leur  a  faites  durant  l'année. 

Tous,  sans  exception,  font  des  louanges  des  bons  traitements  dont  ils  sont 
l'objet  de  la  part  des  officiers. 

En  terminant,  je  désire  vous  remercier,  ainsi  que  le  sous-directeur  et  les  offi- 
ciers, de  la  courtoisie  que  vous  avez  eue  pour  moi  et  des  services  que  vous  m'avez 
rendus  dans  l'accomplissement  de  mon  devoir. 

ALPH.  DESMARAIS,  ptre.,  O.M.I., 

Chapelain  catholique  romain  par  int. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


ANNEXE    E. 


RAPPORTS  DES  MAITRES  D'ECOLE 


57 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


A.  1909 


KINGSTON. 

Kingston,  Ont.,  1er  avril  1908. 

Au  Directeur: 

J'ai  l'honneur  de  transmettre  mon  treizième  rapport  annuel  concernant 
l'école  de  ce  pénitencier,  pour  l'année  finissant  le  31  mars  1908. 

Le  nombre  total  de  ceux  qui  ont  suivi  les  classes  pendant  l'année  est  de 
soixante  et  quatre.  De  ce  nombre,  vingt-trois  sont  sortis  capables  de  lire^et 
d'écrire,  et  possèdent  une  bonne  connaissance  des  règles  élémentaires  de  l'arith- 
métique; six  sont  partis,  leur  peine  étant  expirée. 

L'école  est  actuellement  fréquentée  par  trente-cinq  prisonniers.  Les  études 
de  ceux-ci  se  divisent  comme  ci-après. 

Lecture  dans  la  partie  I    15 

Lecture  dans  la  partie  II    8 

Lecture  dans  le  deuxième  livre,  et  écriture  8 

Lecture  dans  le  troisième  livre,  écriture  et  arithmétique 4 

L'école  a  été  dirigée  par  l'assistant,  M.  Begg;  d'une  manière  très  satisfaisante. 
Les  élèves  ont  fait  de  bons  progrès.  La  conduite  et  la  discipline  ont  été  tout^ce 
que  l'on  pouvait  désirer  de  mieux. 

W.  A.  GUNN, 

Maître  d'école. 


RAPPORT   SUR   LA    BIBLIOTHÈQUE. 


Nombre  total 
de  volumes 

dans  la 
bibliothèque 

Valûmes 
ajoutés 
durant 
l'année. 

Moyenne  des 
détenus  qui 

lisent 
les  livres. 

Nombre  de 

livres  prêtés 

durant 

l'anhée. 

Bibliothèque  générale 

3,950 
350 
355 

150 

472 
147 
122 

24,544 

Bibliothèque  protestante 

7,351 
6,122 

Bibliothèque  catholique  romaine 

Total 

4,655 

150 

741 

38,017 

100  volumes  reliés  de  magazines  ont  été  condamnés  et  rejetés. 


60  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


SAINT- VINCENT-DE-PAUL. 

31  mars  1908 


Au  Directeur: 


J'ai  l'honneur  de  vous  présenter  mon  deuxième  rapport  annuel  sur  l'école 
française  du   pénitencier,  pour  l'année  finissant  aujourd'hui  même. 

Pendant  l'année,  vingt-cinq  élèves  ont  été  inscrits  et  classés,  comme  suit: 

Huit  étudiant  le  premier  livre  et  l'écriture 

Cinq,  le  deuxième  livre,  l'arithmétique  et  l'écriture; 

Quatre,  le  troisième  livre,  l'arithmétique  et  l'écriture; 

Trois,  le  quatrième  livre,  l'arithmétique  et  l'écriture; 

Six  suivent  le  cours  français  de  Fasquell. 

Des  livres,  ardoises,  crayons  et  cahiers  ont  été  fournis  par  le  maître  d'anglais 
et]par  moi-même  à  cent  trente-neuf  détenus,  afin  qu'ils  puissent  étudier  dans  leurs 
cellules. 

Les  classes  ont  été  régulièrement  suivies,  et  la  conduite  des  élèves  a  été  des 
plus  satisfaisantes. 

Je  remercie  mes  supérieurs  de  l'aide  qu'ils  m'ont  donnée  dans  l'accomplisse- 
ment de  mes  devoirs. 

G.  J.  RENEAULT, 
Maître  d'école  de  langue  fran  çaise. 


31  mars  1908. 
Au  Directeur: 

J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  mon  rapport  sur  l'école  anglaise  de  ce  péni- 
tencier, pour  l'exercice  de  1907-1908. 

Pendant  l'année,  trente-trois  élèves  ont  été  admis  et  répartis  comme  suit: 

Quatorze  dans  le  troisième  livre,  l'orthographe  et  l'arithmétique. 

Neuf  dans  le  deuxième  livre,  l'orthographe  et  l'arithmétique. 

Huit  dans  le  premier  livre,  l'orthographe  et  l'arithmétique. 

Deux  dans  le  premier  livre  seulement. 

Des  livres,  ardoises,  crayons  et  cahiers  ont  été  donnés  par  le  maître  de  fran- 
çais et  par  moi-même  à  cent  trente-neuf  détenus,  pour  leur  permettre  d'étudier 
dans  leurs  cellules. 

Je  désire  remercier  mes  supérieurs  de  l'aide  qu'ils  m'ont  donnée  dans  l'accom- 
plissement de  mes  devoirs. 

A.  O'SHEA, 
Maître  d'école  de  langue  anglaise. 

Pvapport  sur  la  bibliothèque,  année  finissant  le  31  mars  1908: 

Nombre  de  volumes  dans  la  bibliothèque 3,881 

Nombre  de  volumes  ajoutés  pendant  l'année. 86 

Nombre  de  prisonniers  qui  ont  lu  des  livres 370 

Nombre  de  livres  prêtés  pendant  l'année 29,240 

A.  O'SHEA, 

Bibliothécaire. 


RAPPORTS  DESf MAITRES  D'ECOLE 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


61 


DORCHESTER. 

Dorchester,  N.-B.,  1er  avril  1908. 
Au  Directeur: 

J'ai  l'honneur  de  soumettre^mon  rapport  annuel  sur  l'école  et  la  bibliothèque 
de  ce  pénitencier,  pour  l'année  finissant  le  31  mars  1908. 

Au  commencement  de  l'année,  les  classes  ont  été  suivies  par  quarante-deux 
élèves. 

Le  nombre  actuel  des  élèves  est  de  quarante-quatre,  répartis  comme  suit: 

Lecture,  écriture  et  arithmétique 20 

Lecture  et  écriture 12 

Lecture  seulement 12 

Cinq  élèves  lisent  dans  le  cinquième  livre  anglais,  dix  dans  le  quatrième,  neuf 
dans  le  troisième,  cinq  dans  le  deuxième,  cinq  dans  le  premier,  et  dix  dans  l'alpha- 
bet. 

J'ai  le  plaisir  de  dire  que  de  bons  progrès  ont  été  faits  par  les  élèves,  et  que  leur 
conduite  a  été  très  satisfaisante. 

En  terminant,  je  remercie  sincèrement  mes  supérieurs  de  l'aide  qu'ils  m'ont 
donnée  dans  l'accomplissement  de  mes  devoirs. 

G.  B.  PAPINEAU, 

Maître  d'école. 


RAPPORT    SUR    LA    BIBLIOTHÈQUE. 


Nombre  total 

de  volumes 

dans  la 

bibliothèque . 

Nombre 

de  volumes 

ajoutés 

durant 

l'année 

Moyenne 

des  prisonniers 

qui  ont  lu 

des 

livres. 

Nombre  de 

livres 

prêtés  durant 

l'année. 

Bibliothèque  générale 

960 
165 
112 

221 

185 
28 
26 

19  240 

Bibliothèque   catholique  romaine 

728 

676 

Total 

1,237 

20  644 

62 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA. 

Montagne-de-pierre,  3rmars  1908. 

Au  Directeur  : 

J'ai  l'honneur  de  soumette  mon  premier  rapport  annuel  concernant  l'école  de 
cette  institution,  pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

Des  16  élèves  inscrits  durant  l'année,  5  étaient  Galiciens,  4  métis  français,^ 
Allemands,  1  Russe,  2  Canadiens  français  et  1  Grec. 

Les  élèves  suivant  les  classes  à  la  fin  de  l'année  étaient  au  nombre  de  neuf, 
répartis  ainsi: 

Premier  livre,  partie  II     3 

Deuxième  livre,  partie  I,  et  arithmétique   3 

Deuxième  livre,  partie  II,  et  arithmétique    3 

Des  livres  et  des  ardoises  sont  fournis  actuellement  à  quatre  vingt-cinq  prison- 
niers, pour  leur  permettre  d'étudier  dans  leurs  cellules. 

J'ai  le  plaisir  de  dire  que  la  plupart  des  élèves  font  de  bons  progrès,  et  que  leur 
conduite  et  leur  attention  à  l'école  sont  très  satisfaisantes. 

Pour  terminer,  je  vous  remercie  sincèrement,  ainsi  que  mes  autres  supérieurs, 
de  l'aide  qui  m'a  été  donnée  dans  l'accomplissement  de  mes  devoirs. 

J.  H.  DAIGNAULT, 

Maître  d'école. 


RAPPORT    SUR   LA   BIBLIOTHÈQUE. 


Nombre 

de 
volumes. 

Ajoutésdu- 
rant  l'année. 

Nombre  de 

détenus  qui 

lisent  des  livres. 

Circulation. 

Bibliothèque  générale 

930 
96 
38 

15 

151 

8,067 

catholique  romaine 

"            protestante 

1,064 

15 

151 

8,067 

RAPPORTS  :DES  MAITRES  D'ECOLE 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


63 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Sapperton,  31  mars  1908. 

Au  Directeur: 

J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  annuel  concernant  l'école  de  ce 
pénitencier,  pour  l'exercice  finissant  le  31  mars  1908. 

Q  Au  commencement  de  l'année,  les  classes  ont  été  suivies  par  dix-neuf  élèves. 
Le  nombre  des  nouveaux  inscrits  durant  l'année  est  de  vingt.  Treize  sont  partis, 
ce'qui  laisse  actuellement  un  total  de  vingt-six  à  l'école,  répartis  comme  suit: 

Arithmétique,  orthographe  et  écriture  4 

Arithmétique  et  orthographe  5 

1er  cours  d'épellation    6 

2ème  cours  d'épellation    3 

2ème  livre 4 

3ème  livre ■  1 

4ème  livre 3 

26 

Des  ardoises  et  des  livres  sont  fournis  à  soixante  et  treize  prisonniers,  afin  de 
leur  permettre  d'étudier  dans  leurs  cellules.  La  plupart  des  étudiants  font  de  bons 
progrès,  et  leur  conduite  a  été  très  satisfaisante. 

En  terminant,  j'offre  mes  remerciements  à  mes  supérieurs  pour  l'aide  qu'ils 
m'ont  donnée  dans  l'accomplissement  de  mes  devoirs. 

F.  STEWART, 

Maître  d'école. 


RAPPORT    SUR   LA    BIBLIOTHÈQUE. 


Nombre  de 

volumes  dans 

la  bibliothèque. 

Nombre  de 
volumes  ajoutés 
'  durant  l'année. 

Nombre  de 

prisonniers 

lisant  des  livres. 

Circulation. 

Bibliothèque  générale 

1,356 

214 

208 

62 

72 

128 
3 
8 

13,602 

protestante 

68 

1 

190 

Officiers 

La  bibliothèque  générale  reçoit  aussi,  chaque  mois,  dix  (10)  exemplaires  de 
magazines,  qui  sont  mis  à  la  disposition  des  prisonniers,  comme  les  livres.  Au 
bout  de  quelques  mais,  ces  magazines  sont  réliés  et  placés  avec  les  autres  volumes 
de  la  bibliothèque. 

Les  magazines  non  reliés  n'apparaissent  pas  dans  les  chiffres  ci-haut. 

F.  STEWART, 

Bibliothécaire. 


64  MIXISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ALBERTA. 

Edmonton,  31  mars  1908. 

Au  Directeur: 

J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  concernent  l'école  de  cette  institu- 
tion, pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908: 

20  élèves  ont  été  inscrits,  comme  suit: 

Partie  I    10 

Partie  II    4 

Deuxième  livre 6 

Les  matières  ensignées  sont:  la  lecture,  l'écriture,  l'orthographe  et  l'arithmé- 
tique. 

Les  élèves  semblent  prendre  intérêt  à  leur  étude  et  être  disposés  à  apprendre; 
leur  conduite  a  été  exemplaire. 

Je  dois  des  remerciements  à  mes  supérieurs  pour  l'aide  qu'il  m'ont  donnée. 

SYDNEY  J.  TRUSCOTT, 

Maître  d'école. 


8-9  EDOUARD  VII  DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34.  A.  1909 


ANNEXE  F. 


RAPPORTS  DES  DIRECTRICES 


65 

34—3 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


A.  1909 


KINGSTON. 


31    mars    1908. 
M.  le  Directeur. 

En  soumettant  mon  rapport  annuel  sur  le  département  des  femmes  du  péni- 
tencier pour  Tannée  finissant  le  31  mars  1908,  j'ai  le  plaisir  de  dire  que  tout  ce 
qui  concerne  ce  département  est  dans  un  état  très  satisfaisant. 


Durant  l'année,  le  nombre  des  prisonnières  a  été  comme  suit: — 

Sous  verrous  le  31  mars  1907 

Reçues  des  prisons  communes 4 

"      des  autres  pénitenciers 2 


Libérées  depuis  cette  date: — 

Par  expiration  de  peine 

"    remise  de  peine. .". 

Sous  condition 

Par  transfèrement  à  l'asile 

"    décès 

"    ordonnance  du  ministère  de  la  justice. 

"    déportation 


14 
6 


20 


Restant  à  minuit  le  31  mars  1908. 


8 
12 


RELEVÉ  DU  TRAVAIL  FAIT  PAR  LES  PRISONNIÈRES. 


Nombre 
d'articles. 

Equivalent 
en  jours. 

Valeur  de 
la  journée. 

Montant. 

Totale 

131 
1,061 

Pour  les  hommes. 

Chemises  de  nuit 

Essuie-mains 

131 
88 

984 

149 
93 
30 
10 

104 

1,275 

18 

6 

20 
20 

$  cts. 

26.20 

17.60 

196.80 

29.80 

18.60 

6.00 

2.00 

20.80 

72.00 

$    cts. 

492 

Paires  de  chaussettes 

1,784 

Mouchoirs 

374 

Draps  de  lit 

276 

Taies  d'oreillers 

154 

389  80 

Pour  les  femmes. 

Conf.  des  vêtem.,  blanch.,  cuisine,  nettoyage,  etc.  . 
Vêtements  pour  prisonnières  libérées 

3 

255.00 
3.60 
1.20 

1 

Vêtements  pour  le  pénitencier  d'Alberta 

259.80 

3649.80 

34—3* 


R.  A.  FAHEY, 

Directrice. 


67 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


DORCHESTER. 


Dorchester,  3    avril    1908. 


M.  le  Directeur, — 


J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  mon  rapport  annuel  pour  l'exercice  clos  le 
31  mars  1908. 

Le  31*mars  1907,  il  y  avait  douze  prisonnières  dans  le  pénétencier;  depuis 
cette  date,^huit  ont  été  reçues  et  cinq  ont  été  remises  en  liberté,  ce  qui  laisse  actuel- 
lement quinze  prisonnières  dans  rétablissement. 

Le  travail  des  femmes  a  été  très  satisfaisant  et  leur  conduite  assez  bonne. 

E.  McMAHON, 

Directrice. 


RELEVÉ  DU  TRAVAIL  FAIT  PAR  LES  PRISONNIÈRES. 


Nombre 
d'articles. 

Equivalent 
en  jours. 

Valeur  de 
la  journée. 

Montant. 

Total. 

469 

Pour  les  hommes. 

386 
619 

97 

25 
5 

30 

non 

$  cts. 

20 
20 
20 
20 
20 
20 
20 

20 

$  cts. 

77.20 
123.80 

19.40 
5.00 
1.00 
6.00 

22.19 

S  cts. 

4,353 
86 

395 

• 

Pour  les  femmes. 
Confection  de  vêtements,    blanchiss.,  cuisine,  etc.  . 

1272.P 
861 

172.20 

254.59 
172.20 

$426.79 

RAPPORTS  DES  DIRECTRICES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


69 


ALBERTA. 


Edmonton,    1er   avril    1908. 


M.  le  Directeur. 


J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  sur  la  prison  des  femmes  pour  l'an- 
née finissant  le  31  mars  1908. 

Durant  Tannée,  trois  nouvelles  prisonnières  sont  arrivées  dans  mon  départe- 
ment. Je  suis  heureuse  de  dire  que  le  travail  et  la  conduite  des  détenues  ont  été 
très  bons. 

G.  L.  STEDMAN, 

Directrice. 


RELEVÉ  DU  TRAVAIL  FAIT  PAR  LES  PRISONNIÈRES 


Nombre 
d'articles. 

Equivalent 
en  jours. 

Valeur  de 
la  journée. 

Montant. 

Total. 

133 

Pour  les  hommes. 

33 
24 

2 

} 

9 

3 

3 

31 

357 

$  cts. 

20 
20 
20 
20 
20 
20 

20 
20 
20 

20 

$  cts. 

6.60 

4.80 

40 

10 

10 

1.80 

$  cts. 

23 

144 

6 

1 

142 

Travail  sur  commande. 

4 

60 
60 

75 

$13.80 

6 

3 

Pour  les  femmes. 
Confection  de  vêtem.,  blanchissage,    nettoyage,  etc. 

71.40 

1.95 
71.40 

$87.15 

8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


ANNEXE     G. 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 


71 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


A.  1909 


MOUVEMENT     DES     PRISONNIERS. 

KINGSTON. 


— 

Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Hommes. 

Femmes. 

Total. 

444 
175 

14 
6 

458 

Reçus  depuis — 

168 
6 
1 

74 

8 
52 

5 
2 

1 

1 

2 

4 

170 

10 

1 

76 

9 

53 

1 
6 
2 

1 
1 
2 

Des  autres  pénitenciers 

Révocation  de  permis 

181 

2 

1 
1 
1 
1 

Libérés  depuis — 

Par  expiration  de  la  peine 

619 
143 

20 

8 

639 

Par  libération  anticipée 

Renvoyé  (.dément  à  son  entrée'» .... 

Par  transfert  à  un  autre  pénitencier 

1 

1 

Par  déportation 

151 

Restant  à  minuit  les  31  mars  1908 

476 

12 

488 

SAINT-VINCENT-DE-PAUL. 


Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Grand  totai. 

Restant  à  minuit  le  31  mars  1907. 

402 

174 

168 
2 

4 

170     !                         4 

116 
5 
45 
2 
1 
2 

4 

576 

Libérés  durant  l'année — 

175 

Graciés 

Par  libération  anticipée 

Par  décès 

Par  transfert 

171 

4 

175 

Restant  à  minuit  le  31  mars  1908 

... 

401 

73 


74 


MIMSTEHE  DE  LA  JUSTICE 


D0RCHE8TER. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Restant  à  minuit  le  31  mars  1907 

Reçus  depuis — 

182 

110 
2 

12 
8 

194 

118 
2 

294 

74 

20 
5 

314 

Libérés  depuis — 

Par  expiration  de  la  peine 

30 
36 

5 

5      ! 

1 
2 

79 

220 

15 

235 

MANITOBA. 

Restant  à  minuit  31  mars  1907 175 

Reçus  depuis — 

Des  prisons  communes 41 

Révocation  de  permis 1 

24 

Libérés  depuis — ■ 

Par  expiration  de  la  peine 44 

"    remise  de  la  peine 3 

"    libération  anticipée 40 

"    déportation 3 

"    décès 2 

"    transfèrement 4 

"    Dément  à  son  entrée 1 

97 

Restant  à  minuit  31  mars  1908 *120 

*  Ce  nombre  comprend  un  aliéné  détenu  dans  l'asile  de  Selkirk. 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


75 


Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Grand  total. 

137 
83 

31 

3 

24 

6 
2 
2 

137 

84 

Reçus  depuis — 

1 

1 

221 

Libérés  depuis — 

69 

68 

1 

69 

Restant  à  minuit  le  31  mars  1908 

152 

ALBERT  A. 


Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Hommes. 

Femmes. 

rotai. 

57 
45 

Reçus  depuis — 

45 
0 

1 
2 

46 
2 

3 

1 

17 

4 

1 

1 
1 

0 
0 
0 
0 
0 
0 

1 

17 

4 

1 

1 
1 

Libérés  depuis — 

102 
25 

3 
0 

10o 

Par  déportation 

Par  décès 

25 

Restant  à  minuit  le  31  mars  1908 

77 

3 

80 

76 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


77 


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MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


79 


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MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 

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81 


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82 


M IX I STERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


STATISTIQUES  CRIMINELLES. 

KINGSTON 


Réforme 

Prison 

Prison 

Geôle  de 

Pénitencier. 

Provinciale. 

étrangère. 

Provinciale. 

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Détenus  subissant 

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10    409 

21 

21 

6 

6 

65 

65 

5 

5 

M 

2ème  . 
3ème  . 
4ème  . 
5ème  . 

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18 

7 
1 

1 
1 

52 

18 

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a 

476 

12 

488 

22 

22 

6 

6 

101 

101 

7 

7 

ST.  VINCENT-DE-PAUL 


Détenus  subissant 

1ère  .  . 
2ème  . 
3ème  . 
4ème  . 
5ème  . 
6ème  . 
7ème  . 

287 

68 

32 

10 

3 

1 

287 

68 

32 

10 

3 

1 

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33 

8 
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1 

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2 

1 

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38 

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2 

401 

401 

33 

33 

11 

11 

2 

2J   184 

....j     184 

RECAPITULATION. 

Détenus  subissant  leur  1ère    condamnation  au  pénitencier  287 

2ème                            ■  68 

3ème                            "  32 

4ème                            "  10 

"                     5ème                           -  3 

6ème                            "  1 

Total 401 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

DORCHESTER 


83 


Prisons 

Réformes 

Prisons 

Geôle  de 

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Pénitenc 

iers. 

étrangères. 

Provinciales. 

Provinciales. 

comté. 

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Détenus  subissant 

1ère  .  . 

167 

14 

181 

2 

2 

16 

16 

4 

4 

38 

3 

41 

a 

2ème  . 
3ème  . 
4ème  . 
5ème  . 
6ème  . 
7ème  . 
14ème. 

45 
5 
2 
1 

1 

46 
5 
2 

1 

1 

1 

33 
9 
1 
2 
1 
1 
1 

86 

4 

7 

37 

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220 

15 

235 

2 

.... 

2 

16 

16 

5 

5 

93 

MANITOBA 


1ère  .  . 
2ème  . 
3ème  . 
4ème  . 

101 

15 
3 

1 

120 

101 
15 
3 

1 

120 

6 

6 

8 
1 

8 

1 

3 
3 

3 

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6 

6 

9 

9 

6 

6 

COLOMBIE-BRITANNIQUE 


1ère  .  . 
2ème  . 
3ème  . 

138 

12 

2 

138 

12 

2 

2 
1 

2 
1 

8 

8 

m 

m 

m 

152 

152 

3 

3 

8 

8 

ALBERTA 


Détenus  subissant 

1ère  .  . 
2ème  . 

73 

4 

3 

76 

4 

3 

3 

1 

1 

18 

1 

19 

« 

77 

3 

80 

3 

3 

1 

1 

18 

1 

1n 



84 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Réincarcérations. 


Nom. 

C   o 

Crime. 

Lieu  de  la 
condamnation. 

Date  de  la 
condamnation. 

Durée. 

î 
î 

2 
2 
1 

1 

1 

2 
1 
2 
1 
1 
2 
3 
1 
1 
1 
1 
1 
1 

Blessures  avec  un  couteau 

Voies  de  faits   et  blessures 

Vol 

Peterborough 

Hamilton 

Ottawa 

25  avril        1907 

14  juin         1907 
17  juillet     1907 
17  juillet     1907 
1er  août       1907 

15  août        1907 

9  sept.          1907 

8  octobre     1907 
7  octobre     1907 

29  octobre  1907 

9  nov.          1907 
3  déc.           1907 

30  déc.         1907 
19  déc.         1907 

24  déc.         1907 
2  janvier     1908 
17  janvier    1908 

10  mars       1908 

25  mars       1908 
22  sept.        190 

Wm.  Edmonstone 

2*    ■ 
2*    " 
2*    - 

4      " 

Vol 

Giovanni     Tatevo      alias 

Blessures    avec     un    couteau     et 
révocation  de  permis 

Attentat  à  la  pudeur  et  révocation 

3      " 

Bracebridge 

Stratford 

Chatham 

Pembroke 

11  mois 
3  jours. 

Clyde  N.  Johnson 

Faux 

9  jours. 
C.  de  fouet 

7      " 

Vol 

5      " 

5      " 

Recel 

Hamilton 

Hamilton 

4      " 

5      " 

4       " 

Saut-Ste-Marie.. . . 

Woodstock 

Toronto 

2\    " 

5      " 

Geo.  Chambers 

Vol  avec  effraction 

Vie. 

Vol 

Peterborough 

Henry  Shafer 

Effraction  et  vol 

15      ■ 

Chatham  (1905).  . 

3      ■ 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE    No  34. 


85 


ST.  VINCENT-DE-PAUL. 


Nom. 


Asselin,  Arthur 

Bériault,  Gustave 

Béland,  David 

Barrette,  Adélard 

Brière,  Napoléon 

Caron,  Napoléon 

Chénier,  Urgèle 

Collette,        Alexis,        alias 

Beauséjour 

Chevalier,  Arthur 

Davidson,  Frank  J 

Dawson,  William 

Duquette,  Joseph 

Desrosiers,  François-Xav.. 


Descarreaux,  Albert 

Evans,  James 

Gauthier,  Anthyme 

Gordon,  Andrew 

Gosselin,  Alfred 

Hazelton,  Robert 

Lafranche,  Pierre 

Lamarche,  Henri 

Léveillé,  Louis 

Labrie,  François 

Ladurantaye,  Ferdinand . . 

Lépine,  Joseph 

Latter,  William 

Lavoie.John,  alias  Lécuyer 

Muldoon,  James 

Mal  boeuf,  Alphonse 

Mercier,  Joseph- Antoine. .  . 

Molleur,  Jules  E 

McCleave,  Arthur 

McGlade,  John 

Panneton,  André 


Paquette,  Arthur.. 

Ross,  Alfred 

Stevens,  Walter  J . 
Vermette,  Louis. . . 
Valois,  Joseph .... 
Whitford,  William. 


C  c 

g. 2 


Crime. 


Bris  de  magasin 

Bris  de  magasin 

Vol 

Vol  de  cheval 

Vol 

Vol  de  cheval 

Vol 

Vol  dans  une  maison 

Vol 

Voies  de  faits  graves 

Bris  de  maison  de  banque 

Bris  de  magasin 

Vol 

Vol 

Bris  de  magasin 

Bris  de  magasin  et  vol 

Bris  de  magasin 

Vol 

Bris  de  magasin 

Faux 

Vol 

Bris  de  magasin 

Vol  par  un  serviteur 

Blessures  avec  intention   de  blés 

ser  gravement 

Vol 

Faux  prétextes 

Vol 

Indécence  grossière 

Vol 


Lieu  de  la 
condamnation. 


Montréal 

Montréal 

Québec 

Montréal 

Montréal 

Richelieu 

Montréal 

Québec 

Terrebonne...  . 
Bedford 

Montréal 

St-François.. . 
Montréal 

Ottawa 

Montréal 

Bedford 

Montréal 

Trois-Rivières 
Montréal 


Date  de  la 
condamnation, 


23  avril 
23  avril 
27  août 

12  sept. 
27  fév. 
2  avril 
17  mai 

25  sept. 
27  fév., 

13  mai 
15  juillet 
11  nov. 
13  déc. 


31  déc. 
29  août 
24  juin 
31  fée. 
20  fév. 
24  sept. 
23  avril 
23  avril 
3  sept. 

1  octobre 
7  nov. 

19  nov. 
11  fév. 
15  fév. 

2  juillet 
23  juillet 
31  déc. 
14  janvier 

11  fév. 

12  mars 


1907 
1907 
1907 
1907 
1908 
1907 
1907 

1907 
1908 
1907 
1907 
1907 
1907 


1907 
1907 
1907 
1907 
1908 
1907 
1907 
1907 
1907 
1907 
1907 
1907 
1908 
1908 
1907 
1907 
1907 
1908 
1908 
1908 


16  janvier  1899 
13  mars  1908 
21  nov 


6  août 
23  avril 
25  mai 
19  déc. 


1907 
1907 
1907 
1905 
1905 


Durée 


4  ans. 
6  " 

3  " 

5  " 

3  " 

6  ■ 
2i    " 

2 
3 
3 
2 
2 
7 

1  mois 
20  jours. 

4  ans. 
3  " 

2  " 

6  " 

3  " 
10  " 

2  " 

3  ■ 

3  " 
2  " 

7  " 
6  " 

4  " 
2  " 

2  " 

3  " 
3  " 

2  " 

3  " 

5  " 

15  " 

2  " 

2  ■ 

5  " 

5  " 

4  " 
2  " 


86 


MIXISTERE  DE  LA  JUSTICE 


DORCHE8TER. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Nom. 


David  McDonald 

Nicholas    McCarthy,    alias 

Lawless 

Thomas  F.  Dolan 

Chas.  Smith 

Donald  F.  Kennedy 


Walter  Farmsworth 

Henry  Beals 

Donald  McGinnis 

John    Canson    alias    John 

Brent 

Frank  Biwers 

James   Riley    alias   James 

Carter 

Joseph  Carr 

James  Connors 

Frank  Hodgson 


Ernest  Riley 

John  Scanlan 

Chas.  E.  Elderkin. 
William  Waldron. 
Harry  Dryden... . 

Joseph  Naves, 

Félix  Polimino.... 
Cornélius  Conway . 


es  a 
«  o 
.S '3 

2  s 


Crime. 


Résistance  à  la  police 

Résistance  à  la  police 

Inceste 

Vol 

Enlèvement 


Recel  d'objets  volés 

Vol  de  cheval,  voiture  et  harnais. 
Tuer  une  jument 


Effraction  et  vol, 
Vol 


Voies  de  fait  et  blessures 
Vol   


Obtention  d'argent  sous  de  fausses 

représentations 

Vol  avec  violence 

Vol 

Bris  de  prison 

Voies  de  fait  et  blessures 

Vol 

Effraction  et  vol 

Coup  de  feu  avec  intent.  de  blesser 
Effraction  et  vol 


Lieu  de  la 
condamnation. 


Date  de  la 
condamnation. 


Halifax,  N.-E.. 

Halifax,  N.:E.. 
Shelburn,  N.-E 
St-Jean,  N.-B... 
Comté  KingN.-B. 

Co.  Charlotte,  N.B 
Comté,  King  N.-E 
Inverness,  N.-E .  . 

Restigouche,  N.B 
Halifax,  N.-E .... 


"  N.-E. 
St-JeanN.-E.. 
Halifax    . . . . 


"      N.-E. .  . . 

"      N.-E. . . . 

"      N.-E 

Digby,   N.-E 

Halifax,  N.-E... 
Amherst,  N.-E.., 

Sydney,  N.-E 

Sydney,  N.-E 

Ristigouche,  N.E 


2  avril 

2  avril 
19  juin 

25  mai 

26  juin 

26  juillet 
29  juillet 
23  août 

28  août 

15  août 

26  sept. 
6  nov. 
21  nov. 

14  nov. 
21  nov. 
5déc. 

16  déc. 
19  déc. 
23  déc. 
28  jan. 
26  fév. 
2  mars 


1907 

1907 
1907 
1907 
1907 

1907 
1907 
1907 

1907 
1907 

1907 
1907 
1907 


1907 
1907 
1907 
1907 
1907 
1907 
1908 
1908J 
1908^  3 


Durée. 


2   ans. 

2  " 
14      " 

5  " 

3  " 

6  mois. 
2   ans. 


MANITOBA. 


Nom 

•■V 

le 

O     O 

Crime 

Lieu  de  la 
condamnation. 

Date  de  la 
condamnation. 

Durée. 

Alphonse  Marcette 

1 
1 
1 

1 
1 
1 

2 
2 

1 
1 
1 
3 

1 
1 
2 

1 
1 
1 

1 

Vol 

Winnipeg 

26  otcobre  1906 
1er  nov.       1906 

12  nov.         1906 
16  mars        1907 
1er  nov.       1906 

13  sept.        1904 
31  mai          1905 
13  mars        1905 

6  avril          1905 
3  août           1905 

7  mai            1906 

12  mars        1908 
9  octobre     1905 
25  juin         1906 
24  avril        1906 

13  octobre  1906 
Î0  août        1907 
3  juin           1907 
3  sept.          1907 

Bris  de  magasin  avec  intent.  d.  vol 
Vol   de    cheval,    incendie    et  tuer 

5      * 

14      " 

M.  M.  Mjtchell 

Faux  et  mise  en  circulation 

Winnipeg 

Moosomin 

3*    " 

7       " 

7      " 

Bris  de  magasin  et  vol 

Bris  de  magasin  et  vol 

Vol 

5      " 

W.  Morrison 

T.  C.  Collins 

Winnipeg 

u 
<< 

M 

5      " 
5      " 

5      " 

E.  E.  Larsen 

Vol  et  obtention  de  signature  sous 
de  fausses  représentations  . .  . 

Bris  de  magasin 

Faux  et  mise  en  circulation 

Vol 

Bris  de  magasin  et   vol 

Vol  avec  violence 

Bris  de  magasin  et  vol 

Vol  de  cheval 

4      " 

T.  W.  Brown 

7       " 
14       " 

J.  F.  Black 

Winnipeg 

5      " 

W.  Smith  alias  Casey 

3      ■ 

Winnipeg 

3 

E.  P  S.  Hoover... 

2      " 

J.  W.  Scott 

Winnipeg 

3      " 

F.  Hamlin 

2  a 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE 


87 


Nom. 

2  a 

ri   O 
o  •!£ 

G   b5 

Crime. 

Lieu  de  la 
condamnation. 

Date  de  la 
condamnation. 

Durée. 

Alex  ou  Charley    

1 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
2 
1 

Vancouver 

New-Westminster 
Vancouver  

u 

12  nov.         1894 
31  oct.          1904 
24  oct.          1905 

24  oct.         1905 

13  mai         1903 
2  octobre     1906 
9  octobre     1906 
23  octobre  1906 

25  mars       1907 
5  fév.            1907 
20  mai          1907 

20   ans 

Ah  Fook 

5      " 

Vol 

5      " 

Thompson,  A.  L 

5 

Viol 

10      " 

Vancouver 

Vernon 

New-Westminster 
Vancouver  

Vie. 

Bris  de  maison  et  vol 

Spuzzum,  Jimmy 

Viol 

Vie. 

Vol 

Wah  Sing 

En  possession  de  choses  défendues 
Effraction  et  vol 

5      " 

3      " 

ALBERTA. 


Nom 

4 

s  S 

<sj   O 

•S  g 

Crime 

Lieu  de  la 
condamnation . 

Date  de  la 

condamnation. 

Durée 

Clyde  Maitland  alias  Chas. 

1 

1 

Vol 

Wetaskiwin,  Alta. 
Mooseomin,  Sask. 

12  déc.         1907 
5  mars         1908 

David  A.  Clark 

3      " 

MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


LIEU  DE  LA  CONDAMNATION. 


KINGSTON. 


District  d'Algoma 

Brant 

Bruce . 

Carleton 

Dufferin 

Elgin 

Essex 

Frontenac 

Grey 

Haldimand 

Hastings 

Kent 

Lambton 

Lanark 

Leeds  et  Grenville 

Lennox  et  Addington 

Lincoln 

Middlesex 

District  de  Manitoulin 

Muskoka 

District  de  Nipissingue 

Norfolk 

Northumberland  et  Durham , 

Ontario 

Oxford 

Parry-Sound 

Peel 

Perth 

Peterborough 

Prince-Edward 


Hom- 
mes. 


17 
7 
1 

16 
1 
6 

19 
7 
9 
8 

12 

15 
9 
5 
3 
9 
4 

34 
2 
4 
6 
1 
3 
5 

19 

10 


Fem- 
mes. 


Total 


17 

7 

1 

16 

1 

6 

19 

7 

9 

8 

12 

16 

9 

5 

3 

9 

4 

34 
2 
4 
6 
1 
3 
5 
20 
10 
1 
9 
8 
3 


District  de  la  Rivière  La- Pluie  . 

Renf  rew 

Simcoe 

Stormont,  Dundas  et  Glengarry. 

Sudbury 

District  de  la  Baie-du-Tonnerre. . 

Victoria 

Waterloo 

Welland 

Wellington 

Wentworth 

York 

Lytton,  C.-B 

Montréal,  Que , 

Pontiac,  Que , 

Brandon 

Winnipeg 

Amherst,  N.-E 

Halifax,  N.-E 

Golden,  C.-B 

New- Westminster,  C.-B 

Dawson-City,  T.  Y 

Fredericton,  N.-B 

Beauharnois,  Que 

Antignoish,  N.-E 

Truro,  N.-E 

Montmagny,  Que 

Québec, 

Régina,  Sask 


Hom- 
mes. 


Total. 


10 
5 
3 
7 
9 
13 
2 
13 
9 
5 
27 
94 
1 
4 
1 
2 
5 
1 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 


Fem- 
mes. 


476 


Total. 


12 


10 
5 
3 

7 
9 

13 
2 

13 
9 
5 

27 

97 
1 
9 
1 
2 
7 
1 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 
1 


488 


ST-VINCENT-DE-PA.U  L. 


Comté  ou  district. 

Hommes 

Comté  ou  district. 

Hommes 

Beauharnois 

6 
1 
15 
5 
2 
4 
1 
2 
270 
9 

6 

21 

Bedford 

1 

Iberville 

5 

Joliette 

2 

24 

Fort-Macleod,  Alberta 

11 

Montmagny 

5 

7 

Ottawa 

4 

Total 

401 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

DORCHESTER. 


Province. 


Novelle-Ecosse 


Comté. 


Antigonish. . 
Annapolis . . . 
Colchester.. . 
Cumberland . 
Cap-Breton. 

Digby 

Hants 

Halifax 

Guysboro . . . 
Inverness.... 

King 

Lunenburg.. 
Pictou 


Shelburne . 
Yarmouth . 


00 

a 

a 

m 
V 

a 
a 

3 

M 

r4* 

S 

1 

1 

6 

6 

10 

10 

10 

1 

11 

41 

5 

46 

4 

1 

5 

1 

3 

1 

58 

55 

2 

2 

6 

6 

3 

3 

5 

1 

6 

7 

7 

2 

2 

5 

12 

5 
169 

157 

ii  Province. 


■ 


Nou  v.-Brunswick. 


Ile-P.E. 


Totaux  par 
provinces . 


Comté.^ 


Carleton 

Charlotte 

Gloucester 

King 

Kent 

Madawaska 

Northumberland 

Queen 

St-John. 

Sunbury 

Ristigouche 

Victoria 

Westmoreland . . 
York 


Queen . 


Nouv .-Ecosse...  . 
Nouv.-Brunswick 
Ile-P.-E 


Total. 


57 


157 
57 


220 


15 


169 
6 
6 

235 


MANITOBA. 


District. 


Manitoba — 

Winnipeg 

Brandon 

Portage-la- Prairie 
Morden 

Saskatchewan — . 

Régina 

Maple-Creek 

Mooseomin 

Prince- Albert 

Whitewood 

Red-Deer 


Nom- 
bre. 


District. 


Alberta — 

Calgary 

Macleod 

Wetaskiwin 

Ft-Saskatchewan 

Territoire  du  Nord-Ouest 

Norway-House 

Total 


Nom- 
bre. 


i:o 


90 


MLXI  STERE  DE  LA  JUSTICE 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


District 

Nom- 
bre. 

District 

Nom- 
bre. 

3 

7 
2 

5     I 
9 

1     1 
1 

i   ! 

8 

Nanalmo 

5 

Nelson 

New- Westminster 

7 

12 

Revelstoke 

Kossland 

Vernon 

Vancouver 

Victoria 

Total 

5 

1 

8 

60 

Golden 

17 

* 

152 

ALBERTA. 


Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Province  d'Alberta — 

17 
13 
9 
2 
2 
4 
2 

z: 

17 
14 
9 
2 
2 
4 
2 

Province  de  Saskatchewan — 

10 
4 
4 
4 
3 
2 
1 

10 

4 

Maple-Creek 

4 

4 

Red-Deer 

3 

2 

1 

Total,  Saskatchewan . . 
Total 

Total,  Alberta 

49 

i 

i 
i 

50 

1 

1 

28 

28 

Revelstoke,  C.-B 

2 

2 



77 

3 

80 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


W 


CRIMES  COMMIS. 


KINGSTON. 


Crime. 


Enlèvement 

d'une  fille  de  moins  de  16  ans 

et  rap.  char,  avec  une  fille  de  mns  de  14 

Voies  de  fait  avec  circonst.  aggravantes. 

Aider  à  commette  viol 

Incendie 

"        et  faux 

"         bris  de  magasin,  vol   et  évasions 

"        et  vol 

Voies  de  fait 

"        et  blessures 

"        sur  officier  de  la  paix 

"        et  vol 


"        vol  et  coups  de  feu -.  . 

"        avec  intention  de  meurtre.  .  .  . 

"        avec  intention  de  viol 

"        avec  intention  de  vol 

"  avec  intention  de  vol,  coups  de 
feu  et  évasion 

"  avec  intention  de  blesser  gra- 
vement   

"        et  blessures 

Tentative  de  sodomie 

"        de  détruire  chaudières  à  vap .  . 

"        d'effraction 

"  de  violer  une  fille  de  moins  de 
14  ans 

"        de  meurtre 

"        de  meurtre  et  vol  de  cheval 

"        de  meurtre  et  viol 


"        de  viol 

"        de  vol 

"        de  vol  et  coups  de  feu 

"        d'incendier  une  prison 

Bigamie 

"        et  vol 

Chantage 

Effraction  et  vol 

Bris  de  prison 

Effraction  et  vol 

Apporter  objets  volés  en  Canada 

Sodomie 

Vol  avec  effraction 

"  et  rapports  charnels .  . 

"  et  évasion 

"  et  bris  de  maison 

"        larcin  et  viol 

"        effraction  et  recel 

et  vol .  . .    

Viol  d'une  fille  de  4  ans 

5  ans 

moins  de  14  ans 

Explosion  pouvant  mettre  vie  en  danger 

Contrefaçon 

Viol  d'une  enfant  de  moins  de   14  ans.  . 

Destruction  de  propriété  privée 

Evasion  de  la  prison 

Faux  prétextes 

Faux 

"      et  mise  en  circulation 

Fraude,  faux  et  vol 

Indécence  grossière 


1 

I 

2 

1 

1 

1 

2 

1 

1 

9 

y 

2 

i 

1 

-1 

2 

] 

5 
4 
1 
5 

1 

1 
1 
1 

1 

] 

] 
] 

] 

2 
2 
1 
1 

1 

1 
4 
1 

1 

* 

1 
1 
1 

4 
2 
1 
1 
2 
1 
1 
9 

38 
1 
2 
1 
2 
2 

14 
1 
1 
6 
3 
2 
1 
1 
1 
4 

14 
8 
1 
2 

] 

Crime. 


Possession  d'outils  de  cambrioleur  et 
d'explosifs,  et  faux 

Possession  de  fausse  monna  e 

Possession  de  revolver,  et  voies  de  fait 
avec  intention  de  vol 

Vol  de  grand  chemin 

Vol  de  cheval 

Vol  de  cneval  et  bris  de  prison 

"  bris  et  vol 

"  et  vol 


Bris  de    maison 

"  et  de  magasin 

"  et  possession  d'explosifs 

vol  et  recel 

et  vol 

"              vol   et   possession  d'ex- 
plosifs  

Inceste 

Inceste,  et    rapports    charnels    avec  fille, 

de  moins  de  14  ans 

Inceste,  bris  de  maison  et  vol | 

Attentat  à  la  pudeur I 

"  et  rapports  charnels  avecj 

fille  de  moins  de  14  ans 

Attentat  à  la  pudeur  et  vol 

Homocide  involontaire | 

Vol , 

Fabrication  de  faux  documents 

Fausse  entrée  et  vol 

Faux  rapport 

Faire  et  signer  faux  rapport 

Homicide 

Meurtre 

Mettre  obstacles  sur  chemin  de  fer .... 
Obtention  d'argent  au  moyen  de  fausses 

représentations 

Parjure 

Viol 

Recel  d'objets  volés 


. 


"  et  évasion 

Résistance  à  la  police,  évasion  et  coups 

de  feu 

Vol 


et  attentat  à  la  pudeur. 

larcin  et  menaces 

avec  violence 


Vol  de  moutons 

Coups  de  feu  et  blessures  graves 

"  avec  intention 

"  "  et     éva- 

sion .... 

"  "  de  blesser. 

u  "  de  meurtre 

"  "  "    etc 


Bris  de  magasin . 


vol  et  évasion  . . 

et  vol 

vol  et  évasion .  . 
incendie  et  faux 


Sodomie , 
Vol 


1 

1 
1 
1 
2 
1  , 

ï 

16| 

18!, 

1. 


1. 
12 
3  . 


1 

1 
2  , 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


Kingston   (Suite) 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Crimes 

S 

a 
a 

o 

? 
S 

Crimes 

« 

a 
a 

o 

oo 
Cn 

"3 
1 

1 
2 
1 
6 
1 
5 
46 

4 

1 

i 

7 

â\ 

i 

2 
1 
1 
1 
1 
2 

1 
1 
1 

1 
4 
3 

3 

1 
3 

1 

1 
1 

1 
3 

12 

3 

1 

"          et  vol 

1 

"          avec  intention  de  nuire 

"          avec  intent.,  effraction  et  vol 
"          avec  int.  de  rendre  infirme .  . 

"          avec  intent.  de  meurtre 

"          avec  intent.  et  bris  de  maga- 

3 

Vol...                        

1 

2 

1 

1 
2 

1 

1 
2 

1 
1 
1 
1 
1 
4 
3 

1 

1 

3 

Total 

"    sur  la  personne  avec  violence 

Rapports  charnels  avec  une  femme  .... 

Déterminer  volontairement  une  explos  . 

4 

476 

88 

Crime. 

Nom- 
bre. 

Crime. 

Nom- 
bre. 

Voies  de  fait  avec  circonstances  aggravantes . . . 

6 

22 

5 

3 

1 

1 
2 
3 

1 
6 
1 
8 
2 
1 
1 
9 
1 

1 
3 
1 
1 
10 
2 
7 
9 
9 

'! 

i 
1 
1 

Inceste  et  vol 

1 

2 

Tentative  de  meurtre 

6 

Intention  de  viol  d'une  fille  de  moins  de  14  ans 

3 

Tentative  de  viol 

1 

Tentative  d'inceste 

15 

Tentative  de  vol  en  crochetant  serrure 

8 

Tentative  de  vol 

1 

Voies  de  fait  et  vol 

Obtention  de  marc,  sous  de  fausses  représent .  . 

1 

Voies  de  fait  avec  intention  de  voler  et  port  illé- 

1 

gal  d'arme 

Viol 

2 

Voies  de  fait  et  intention  de  vol  sur  la  personne 

Vol 

5 

Incendie  et  vol 

g 

Inceneie 

1 

Bris  de  maison  habitée  avec  intention  de  vol. .  . 

Bris  de  prison 

Bris  de  maison  de  banque 

Coup  de  feu  avec  intention  de  défigurer 

Vol  avec  violence  et  port  illégal  d'arme 

1 

1 

18 

Effraction 

49 

Sodomie 

1 

Forcer  quelqu'un  à  se  départir  d'un  document 

Vol  et  dommage 

1 

précieux 

5 

Faux  et  mise  en  circulation 

Vol 

1 

Faux 

1 

Faux  et  vol 

15 

Faux 

1 

Fausses  représentations 

2 

Indécence  grossière 

2 

Bris  de  maison  habitée 

Vol 

107 

Bris  de  maison  et  vol 

Coups  de  feu  avec  intention  de  blesser 

2 

Vol  de  cheval 

1 

Vol  de  cheval  et  évasion 

1 

Vol  de  grand  chemin 

4 

Inceste  et  évasion 

Total 

Inceste  et  viol 

401 

STA  TISTIQ  UES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 

DORCHESTER. 


93 


Rapt 

Incendie 

Incendie,    effraction   et   vol,    dommage    à   des 

pommiers 

Voies  de  fait  et  blessures  corporelles 

"       et  blessures 

"       et  vol 

"       et  tentative  de  viol 

"       avec  intention  d'infliger  blessures  graves 

"       et  résistance  à  la  police 

Tentative  de  viol 

"  de   viol   d'une   fille   de   moins  de  14 

ans 

"        d'effraction 

Effraction 

et  vol 

"         et  incendie 

"         et  recel  de  marchandises  volées . .  . 

"         et  tentative  de  viol 

et  vol 

Bigamie 

Acte  de  violence  et  vol 

Faux 


Indécence  grossière 

Effraction  et  viol 

En  possession  de  faux  billets 

Rapports  charnels  avec  fille  de  moins  de  14  ans 

Bris  de  maison  et  larcin 

Inceste 

Rapports     illicites    avec     fille     chaste    jusque 

là 

Attentat  à  la  pudeur 

"        à  la  pudeur  d'une  jeune  fille 

Blessures  graves 

Bris  de  prison 

Meurtre 

Larcin 

u      et  tentative  de  viol 

Bless.  infligées  malicieusement  à  des  bestiaux .  . 

Dommage  avec  malice 

Homicide 


Meurtre 

Obt.  d'argent  sous  de  fausses  représentations .  . 

Placer  des  obstacles  sur  chemin  de  fer 

Parjure 

Viol 

Rapt  et  rapp.  charnels  avec  fille  de  moins  de  14 

Refus  de  pourvoir  à  son  enfant 

Vol 

Recel  de  marchandises  volées 

Recel  d'argent 

Vol 

"   sur  chemin  de  fer  Intercolonial 

"   et  recel  de  marchandises 

"  de  cheval,  voiture  et  harnais 

"   voies  de  fait 

"   et  tentative  de  bris  de  maison 

"   et  blessures 

"   avec  violence 

"   et  résistance  à  la  police 

Coup  de  feu  avec  intention 

"  "  "  de  meurtre 

Bris  de  magasin  et  vol  de  bestiaux 

Vol 

"  sur  la  personne 

"   et  faux 

"   et  voies  de  fait  graves , 

"   et  évasion  de  prison , 

"   de  sac  aux  lettres  contenant  de  l'argent. . .  . 

Emission  de  billets  de  banque  forgés 

Blessures  graves 

Dommage  dans  une  église 

Blessures  et  vol 

Résistance  à  la  police 

Blessures  graves 

Morsure 

Blessures,  bris  de  prison  et  voies  de  fait 

Blessures  avec  intention 

Total 


2 
1 

1 
2 
3 

1 
1 

3 

1 
43 
2 
1 
2 
1 
1 
2 
1 
1 
2 
1 
1 
33 
1 
1 
1 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
3 
1 
1 
1 
2 


235 


MANITOBA. 


Crime. 

Nom- 
bre. 

Crime. 

Nom- 
bre. 

Incendie 

2 
1 
1 

1 
1 
1 
1 
1 
1 
2 
1 
1 

1 
1 
1 
3 
1 
8 
9 
4 
3 
1 
1 
8 

2 

Incendie,  tuer  un  cheval  et  vol  de  cheval 

Voies  de  fait  avec  intention 

Obt.  d'argent  sous  de  fausses  représentations .  . 

3 

1 

Tentative  de  viol 

Recel  de  marchandises  sachant  qu'elles  étaient 

"          de  vol  sur  la  personne 

1 

"          de  meurtre 

Garder  en  sa  possession  des  marchand,  volées.. 

1 

Bigamie 

2 

Bestialité 

Viol 

3 

Bestialité  avec  une  jument 

Vol 

3 

Effraction 

1 

"        et  bris  de  maison  habitée 

2 

Vol  de  bestiaux 

1 

Dommage   causé  volontairement  à  la  propriété 

Bris  de  magasin  et  vol 

18 

et  tentative  d'évasion 

1 

Conspiration  pour  commettre  fraude 

1 

Rapports  charnels  avec  fille  de  moins  de  14  ans 

"    de  lettre  à  la  poste 

1 

Faux 

Vol 

16 

■      et  vol  de  cheval 

1 

"      et  mise  en  circulation 

2 

Vol  de  cheval 

"    et  obt.  d'arg.  sous  de  fausses  représentât  .  . 

1 

Bris  de  maison  et  vol 

2 

Inceste 

2 

Total 

Intention  de  meurtre 

120 

Homicide 

94 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


Crime. 

Nombre 

Crime. 

Nombie 

Poison  administré  avec  intention  de  meurtre. .  . 

i 

i 
i 

3 

1 
1 
1 
1 
1 
22 
6 
1 
1 
1 
1 
6 
6 
1 
3 
1 
1 
1 

jHomicide 

8 

8 

!Obt.  d'arg.  sous  de  fausses  représentations 

|Déplacement  d'aiguille  sur  chemin  de  fer 

En  possession  de  marchandises  volées 

2 

1 

Voies  de  fait  et  blessures  corporelles  graves. . . . 

2 

3 

Tentative  de  viol 

Vol 

6 

Viol 

6 

Vol  avec  violence 

3 

"         de  tirer  coup  de  feu  avec  intention. .  . 

Vol  et  sodomie 

1 

Vol  de  malle-poste 

2 

Vol 

?2 

5 

Vol  et  voies  de  fait 

1 

Rapports  charnels  avec  fille  de  moins  de  14  ans 

Vol 

8 

Vol  et  violence 

Emission  de  document  faux 

Total 

152 

Attentat  à  la  pudeur 

Crime. 

a 

o 

w 

S 

a 

2 

2 
2 
1 
1 
8 
1 
2 
1 
1 
4 
3 
1 
21 

Crime. 

a 

o 

W 

r® 

fc 

1 
fi 

Tentative  de  meurtre 

Homicide 

1 
2 
3 
1 
1 
1 
3 
2 
12 

1 

1 
2 

i 

i 

2 
1 
1 
8 
1 
2 
1 
1 
4 
3 
1 
21 

2 

Voies  de  fait  et  vol 

Obt.  de  march.  sous  de  fausses  représ. 
Placer  obstacles  sur  chemin  de  fer ...  . 

3 

Incendie 

Effraction  et  vol 

1 

1 

Sodomie 

Viol 

3 

Sodomie  et  viol 

Coups  de  feu  avec  intention 

2 

Bigamie 

Vol 

13 

Vol  de  bestiaux 

1 

Faux 

1 

Faux  et  bris  de  prison 

Vol,  faux  et  mise  en  circulation 

Vol  de  cheval 

2 

Total 

77 

3 

80 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


95 


DUREE  DE  LA  CONDAMNATION. 


KINGSTON. 


Condamnation. 


Deux  ans 

Plus  de  deux  ans  et  moins  de  3 . 

Trois  ans 

Plus  de  trois  ans  et  moins  de  4. . 

Quatre  ans 

Plus  de  quatre  ans  et  moins  de  5 

Cinq  ans 

Plus  de  cinq  ans  et  moins  de  six 

Six  ans 

Plus  de  six  ans  et  moins  de  sept 

Sept  ans 

Plus  de  sept  ans  et  moins  de  8 . . 

Huit  ans 

Neuf  ans 


Hom- 
mes. 


47 

19 

108 

3 
45 

1 
90 

5 
11 

2 
41 

2 

7 

1 


Fem- 
mes. 


Total. 


51 

20 

110 

3 

47 
1 

91 
5 

11 
2 

43 
2 
7 
1 


Condamnation 


Dix  ans 

Onze  ans 

Douze  ans 

Quatorze  ans 

Quatorze  ans  et  six  mois . 

Quinze  ans 

Seize  ans 

Dix-huit  ans 

Vingt  ans 

Vingt-un  ans 

Vingt-deux  ans 

Vingt-trois  ans 

Pour  la  vie 


Hom- 
mes. 


Total 476 


Fem- 
mes. 


12 


Total. 


26 


488 


ST.-VINCENT-DE-PAUL. 


Condamnation. 


Deux  ans 

Plus  de  deux  ans  et  moins  de  trois. 

Trois  ans 

Plus  de  trois  ans  et  moins  de  quatre 

Quatre  ans 

Plus  de  quatre  ans  et  moins  de  cinq 

Cinq  ans 

Plus  de  cinq  ans  et  moins  de  six ... . 

Six  ans 

Plus  de  six  ans  et  moins  de  sept. .  . . 

Sept  ans 

Huit  ans 

Neus  ans 


Hom- 
mes. 


101 
6 

95 
4 

43 
3 

55 
2 
9 
4 

22 
4 
1 


Comdamnation 


Plus  de  neuf  ans  et  moins  de  dix 

Dix  ans 

Douze  ans 

Treize  ans 

Quatorze  ans ■ 

Quinze  ans 

Seize  ans 

Vingt  ans 

Plus  de  vingt  ans  et  moins  de  vingt-cinq 

Vingt-cinq  ans 

Pour  la  vie 

Total 


Hom- 
mes. 


401 


DORCHESTER. 


Condamnation. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Condamnation 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes 

Total 

Neuf  mois   et   vingt-sept    jours 

1 
59 

4 
50 

3 
22 

"é 

5 

1 
1 
2 

1 
65 

4 
55 

3 
23 

3^ 

1 
1 

2 
1 

12 
5 
1 
1 
9 
1 
3 
1 
1 
3 
5 

12 

(prisonnier  militaire) 

5 

Deux  ans 

1 

Deux  ans  et  un  mois 

Plus  de  neuf  ans  et  moins  de  dix 

1 

Deux  ans  et  six  mois 

9 

Trois  an^ 

1 

Trois  ans  et  six  mois 

3 

Quatre  ans 

1 

Quatre  ans  et  un  mois 

1 

Cinq  ans 

33 
1 
1 

2 

1 

3 

Cinq  ans  et  six  mois 

Pour  la  vie 

5 

Total 

Six  ans 

220 

15 

235 

Six  ans  et  six  mois 

96 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VIL  A.  1909 


Condamnation. 

Nombre 

Condamnation 

Nom- 
bre 

15 

1 
3 
1 

28 
2 
9 
1 

31 
1 

12 

Huit  ans 

2 

Dix  ans 

1 

Deux  ans  et  six  mois 

Douze  ans 

1 

Quatorze  ans 

3 

Trois  ans 

Quinze  ans 

3 

Vingt  ans 

3 

1 

Perpétuité 

Ï2 

Total 

Cinq  ans  et  trois  mois 

120 

Sept  ans 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Condamnation 


Deux  ans 

Plus  de  deux  ans  et  moins  de  trois  ans. . 

Trois  ans 

Plus  de  trois  ans  et  moins  de  quatre  ans 

Quatre  ans 

Cinq  ans 

Plus  de  cinq  ans  et  moins  de  six  ans. . . . 

Six  ans 

Plus  de  six  ans  et  moins  de  sept  ans .... 
Sept  ans   


Dix  ans 

Quinze  ans 

Dix-sept  ans.  . . 

Vingt  ans 

Vingt  et  un  ans 
Vingt-cinq  ans. 
Perpétuité 

Total.. 


8 
2 
1 
4 
2 
1 
13 


152 


Condamnation. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes, 

Total. 

Deux  ans 

22 

20 
10 
13 

1 
1 

1 
1 

1 

23 

1 

21 

10 

13 

1 

1 

Plus  de  deux  ans  et  moins  de  3 . 
Trois  ans 

Quatre  ans 

Cinq  ans 

Six  ans 

Plus  de  six  ans  et  moins  de  cinq 

Condamnation 


Sept  ans 

Dix  ans 

Quatorze  ans.. 
Perpétuité .... 

Total 


Hom- 


77 


Fem- 


Total 


80 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


97 


OCCUPATIONS. 

KINGSTON. 


Occuqation. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

2 

1 
1 
1 

8 
2 
2 

7 
1 

5 
1 
1 
2 

1 

3 

1 

9 

1 

2 
18 

1 

2 

7 

1 

2 
13 

1 

1 

2 

1 

1 

3 

3 

1 
43 
14 

1 

1 

1 

1 

3 

2 

3 

1 

1 

1 
157 

Occuqation. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

2 

1 
1 
1 
1 
8 
2 
2 
7 
1 
5 
1 
1 
2 
1 
3 
1 
9 
1 
2 

18 
1 
2 
7 
1 
2 

13 
1 
1 

2 
"3 

Facteur 

1 
2 
1 
1 

14 
2 
1 
2 
6 
1 
2 
1 
7 
5 

10 
2 
1 
1 
2 
1 
1 
4 
3 
1 
7 
1 
1 
1 
1 

1 
6 

1 
2 

Cantonnier 

Lithographe 

1 

Marchand  de  bois 

1 

14 

2 

"         machinistes 

Qérant  Co .  de  prêt 

1 

2 

6 

1 

Const.  de  moulins 

2 
1 

7 

Pas  d'occupation 

6 

10 
2 

Poseurs  de  papier  de  tenture .... 

1 

Accordeur  de  piano 

1 

2 
l 

1 

4 

Emp.  de  ch.  de  fer 

3 

1 

7 

1 

1 

1 

Fab.  de  noyaux  d'escalier 

1 

6 

1 
1 
3 
3 

1 
43 
14 
1 
1 
1 
1 
3 
2 

7 
1 
4 
2 
8 
1 
1 
6 
1 
13 
1 
5 
1 
1 
3 
1 
1 
2 

7 

Soldat 

1 

Poseur  d'appareils  à  vapeur.  .  .  . 

4 

2 

g 

1 

Aide-arpenteur 

1 

Q 

1 

13 

Valet 

1 

5 

1 

1 

1 

1 

1 

157 

1 

3 

1 

Tricoteur                 

1 

2 

Total 

476 

12 

488 

34—4 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8T  -VINCENT-DE-PAUL. 


8-9  EDOUARD  VIL  A.  1909 


Occupation. 


Architecte 

Comptables 

Artiste 

Teneur  de  livres 

Forgerons 

Relieurs 

Bouchers 

Barbiers 

Commis  de  bars , 

Serre-frein 

Finisseurs  sur  cuivre . . 

Boulangers 

Commis  de  banque. . . 

Courtier 

Chaudronniers 

Commis 

Chimiste 

Commis  aux  douanes  . 

Charretiers 

Charpentiers 

Cuisinier 

Bouvier 

Cigariers 

Constable 

Chef  de  police 

Carrossiers 

Travaillant  au  ciment. 

Fromager 

Dentiste 

Docteur 

Conducteur 

Décorateur 

Electriciens 

Mécanicien 

Cultivateurs 

Garçons  de  ferme  .... 

Pêcheur 

Fourreur 


Hom- 


5 
1 
4 
3 
3 
8 
8 
3 
2 
2 
3 
2 
1 
2 
13 


22 


Occupation. 


Chauffeurs 

Instructeur  (épreuve  du  feu).  .  . 

Souffleur  de  verre 

Selliers 

Cond.  de  chevaux 

Hôtelier 

Tricoteur 

Blanchisseur 

Tailleurs  de  cuir 

Lithographe 

Journaliers 

Machinistes 

Mouleurs 

Employés  de  fabriques 

Maçons 

Agent  de  journaux 

Sans  occupation 

Peintres 

Imprimeurs 

Plombiers 

Plâtrier 

Commis  B.  P 

Cantonnier 

Employé  de  chemin  de  fer 

Matelots 

Cordonniers 

Tailleurs  de  pierre 

Sténographe 

Aiguilleurs 

Poseur  d'appareils  à  eau  chaude. 

Coffretier 

Voyageurs 

Ferblantiers 

Tailleurs 

Négociants 

Garçons  de  table 

Horloger 


Hom- 
mes. 


Total. 


5 
1 

1 
2 
2 
1 
1 
1 
2 
1 
130 
8 
3 
2 
2 
1 
3 

14 
4 
6 
1 
1 
1 
1 
2 

15 
7 
1 
2 
7 
1 
2 
8 

11 
3 
3 
1 

401 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

DORCHESTER. 


99 


Occupation. 


Agents 

Commis  de  buvette . . 

Barbiers 

Forgeronss  

Chaudronniers 

Briquetiers 

Briqueteurs 

Bouchers 

Constructeur  de  pont 

Charpentiers 

Commis 

Cuisiniers 

Chimistes 

Confiseurs 

Pharmacien 

Domestiques 

Electriciens 

Mécaniciens 

Pêcheurs 

Pompier 

Cultivateurs 

Ménagères 

Palefreniers 

Ouvriers  en  fer 


Hom- 
mes. 


Fem- 
mes. 


Total. 


Occupation. 


Bûcherons 

Journaliers 

Serruriers 

Employé  de  ch.  de  fer 

Mineurs 

Employé  de  moulin  . . 

Magistrats 

Maçons 

Mouleurs 

Journaliste 

Peintres 

Carillonneurs 

Photographes 

Matelots 

Cordonniers 

Tailleurs  de  pierre  . . . 

Tailleurs 

Ferblantier 

Préfileeurs 

Horlogers 

Total 


Hom- 

Fem- 

mes. 

mes. 

1 

94 

1 

1 

9 

1 

1 

2 

1 

1 

10 

1 

1 

11 

5 

6 

4 

1 

1 

1 

220 

15 

Total. 


10 


235 


MANITOBA 


Occupation. 

Nombre 

2 

Comptable 

1 

1 

Barbier 

2 

1 

1 

Teneur  de  livres 

1 

1 

Cuisinier 

1 

13 

Commis 

4 

Dentiste 

1 

1 

Mécanicien-électricien 

Cultivateurs 

1 

5 

Sellier 

1 

Journaliste 

1 

Journaliers 

42 

Machinistes 

3 

Mineur 

1 

Fabricant  de  nattes 

Imprimeurs 

1 

2 

Occupation. 


Nombre 


Pressier 

Peintres 

Eleveur  de  bestiaux 

Cordonnier 

Peintre  d'enseignes 

Ajusteur  de  tuyaux  à  vapeur. . . 

Maitre  d'école 

Tailleur  de  pierre 

Aiguilleur 

Maçon 

Tailleur 

Conducteur  d'attelages 

Tanneur  

Ferblantier 

Traducteur 

Télégraphiste 

Garçons  de  table 

Sans  occupation  (sauvages,  etc.) 


Total 120 


34—4* 


100 


MIXIS    ERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Occupation. 

Nombre 

Occupation. 

Nombre 

53 

8 
4 
14 
3 
3 
5 
2 
4 
3 
6 
2 
1 
1 
3 
2 
4 
1 
1 
1 
1 

1 

Fleuriste 

Instituteur 

Bûcherons 

2 

Comptable 

Commis  d'hôtel 

Forgeron 

Teneurs  de  livres 

Garçons  de  table 

3 

Employé  de  chemin  de  fer 

Blanchisseur 

Ebéniste 

IPlâtrier.  : 

Tailleur  de  pierre 

Valet  d'écurie 

Tailleurs                                                           

Roulier 

Aiguilleur 

Imprimeur 

Total 

152 

ALBERTA. 


Occupation. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Occupation. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Forgeron 

2 

1 
1 
1 
1 

2 

2 

7 
4 
4 
2 
9 
1 

16 

! 

2 
1 
1 
1 
2 
6 
2 
2 
4 
2 
1 

1 

1 

2 

Maçon 

Machiniste 

1 

1 

Hommes  d'affaires 

1 

Boulanger 

Peintre 

2 

('<>n<t  mcteur  de  ponts 

1       

2 

Boucher  

6 

Bouvier 

2 

Cuisinier 

3 

4 
2 
9 

1 

1 

16 

Conducteur  d'attelage 

4 

Charpentier 

2 

Mécanicien 

1 

Cultivateur 

1 

Hôtelier 

Sans  occupation 

| 

1 

2 

Journalier 

77 

3 

80 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


101 


NATIONALITE. 

KINGSTON 


— 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 



Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

285 

60 

41 

21 

19 

10 

7 

6 

3 

11 

6 

1 

2 
3 

291 

61 

41 

23 

19 

10 

7 

6 

6 

11 

Suède 

2 
2 
2 
2 

1 
1 
1 
1 
1 

2 

2 

2 

Etats  Unis     

2 

Total 

476 

12 

488 

ST.-VINCENT-DE-PAUL. 


Hom- 
mes. 

Hom- 
mes. 

31 
2 
312 
17 
3 
9 
4 

9 

8 

1 

Anglais 

4 

1 

Total 

Allemands 

401 

DORCHESTER. 


Syrie 

Canada  

Danemark . . , 
Angleterre. . 

France 

Irlande 

Italie 

Terre-Neuve, 


Hom- 

Fem- 

Total. 

mes. 

mes. 

2 

2 

152 

14 

166 

2 

2 

18 

18 

1 

1 

4 

1 

5 

9 

9 

7 

7 

Hom- 
mes.. 

Fem- 
mes. 

1 
1 
1 
18 
4 

Suède 

Total 

220 

15 

Total 


1 
1 
1 
18 
4 

235 


102 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA. 


V.                                    ..... 

Hom- 
mes. 

37 

24 

5 

8 
19 
1 
5 
3 



Hom- 
mes. 

Danemark 

4 

10 

1 

Italie 

Pays  de  Galles 

2 

Total 

120 

Russie 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


— 

Hom- 
mes. 



Hom- 
mes. 

1 
1 
2 

52 

15 
1 

19 
5 

29 
1 

Italie 

4 

Australie 

5 

4 

Canada 

1 

2 

Danemark 

8 

Suède  

2 

Total .    '. 

152 

Hollande 

ALBERTA. 


— 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 



Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Canada 

31 

11 

4 

5 

16 

2 

1 
.... 

32 

11 

4 

17 

2     ! 

Autriche 

4 
1 
3 

1 

4 

1 

3 

1 

Etats-Unis 

Total 

Italie 

77 

3 

80 

AGE. 

KINGSTON. 


Age. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Age. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Moins  de  20  ans 

39 

217 

116 

52 

32 

2 
3 
4 
2 

41 

220 

120 

54 

32 

Plus  de  60  ans  et  moins  de 70.  .  . 
"       70  ans 

15 
5 

1 

16 

Plus  de  20  ans  et  moins  de  30.  . 

5 

"30                "                40 

Totaux 

■       40                "                50.. 

476 

12 

488 

50                "                60.. 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


103 


ST.-V1NCENT-DE-PAUL. 


»     Age. 

Hom- 
mes. 

Age 

Hom- 
mes. 

as 

170 
85 

51 

24 

60                 "               70 

3 

"        30        "            "           40 

Total 

"        40        "            "           50 

401 

DORCHESTER. 


Age. 


Moins  de  20  ans 
De  20  à  30  ans. 
De  30  à  40  ans. 
De  40  à  50  ans. 
De  50  à   60  ans. 


Hom- 
mes. 


40 

99 
47 
18 
12 


Fem- 
mes.     Total. 


46 

103 

52 

18 
12 


Age 


De  60  à   70  ans 
De  70  à   80  ans 

Total  .  . 


Hom- 
mes. 


220 


Fem- 
mes. 


15 


Total 


235 


MANITOBA. 


Age. 

Nom- 
bre. 

Age 

N  om- 
bie. 

4 
45 
48 
12 

8 

Plus  de    20  ans  et  moins  de  30  ans 

60              "                70 

3 

30            "           "        40     " 

Total 

"          40            "            "        50      "       

120 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Age. 

Nom- 
bre. 

Age 

Nom- 
bre 

Moins  de  20  ans 

11 
45 
56 
22 
15 

2 

Plus    de    20  ans  et  moins  de  30  ans 

70              "                80 

1 

"          30                 "               40      " 

Total 

40                "              50     "    

152 

50                "              60     "    

Age. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Age. 

Hom- 
mes. 

Fem- 
mes. 

Total. 

Moins  de  20  ans 

10 
46 
10 

1 
1 
1 

11 

47 
11 

Plus  de  40  ans  et  moins  de  50.  . 
50                 "               60.. 
60                 "               70.. 

Total 

6 

4 
1 

0 
0 
0 

6 

Plus  de  20  ans  et  moins  de  30. .  . 
30                 ■               40. .  . 

4 
1 

77 

3 

80 

104 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


EDUCATION. 


KINGSTON. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Hommes. 

Femmes. 

Total. 

394 
10 

72 

9 

403 

10 

3 

75 

Total     .                    

47(> 

12 

488 

ST..VINCENT-DK-PAUL. 


No. 


Ne  pouvant  ni  lire  ni  écrire 
Pouvant  lire  seulement. .  .  . 
Pouvant  lire  et  écrire 

Total 


59 

19 

323 

401 


DORCHESTER. 




Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Pouvant  lire  et  écrire .    

179 
17 
24 

9 
1 
5 

188 

18 

29 

Total 

220 

15 

235 

MANITOBA. 

Nom- 
bre. 

Lisant  et  écrivant  l'anglais 

74 

"                     "              et  le  français 

9 

"                     "              et  l'allemand 

6 

"              et  le  hongrois 

1 

"              et  le  danois 

5 

"              et  le  russe 

Lisant  et  écrivant  le  grec  seulement 

"                 l'italien  seulement 

"                 l'allemand  seulement 

2 

"                 le  chinois  seulement 

"                 le  français  seulement.  .  . 

* 

"                 le  polonais  seulement  .  . 
"                 le  suédois  seulement. .  . 

"                 le  russe  seulement 

le  danois  seulement 

Lisant  seulement  l'anglais      

■                le  galicien 

6 

Ne  pouvant  ni  lire  ni  écrire 

7 

Total 

12o 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


105 


Pouvant  lire  et  écrire 

Pouvant  lire  seulement .  .  . 
Ne  sachant  ni  lire  ni  écrire 

Total 


Nom- 
bre. 


126 

1 

25 


152 


ALBERT  A.. 


Hommes 

Femmes 

Total. 

65 

10 

2 

3 

68 

10 

2 

Total 

77 

3 

80 

HABITUDES     MORALES. 


KINGSTON. 


Hommes 

Fem 

mes 

Total. 

136 
188 
152 

2 
8 
2 

138 

166 

154 

Total 

476 

12 

488 

ST. -VINCENT-DE-PAUL. 


Horrinf 


Abstèmes.  .  . 
Tempérants. 
Intempérants 


Total, 


4 
220 

177 

^01 


DORCHESTER. 


II 

animes 

! 

Femmes 

Total. 

Abstemes 

52 

114 

54 

3 

(           7 
5 

55 

Tempérants 

121 

Intempérants 

59 

Total 

220 

15 

235 

10(3 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MAMTOBA. 


Abstraies 

Tempérants. 
Intempérants. 


Total, 


Nom- 
bre. 


19 
,72 
29 

120 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


ALBEKTA. 

Hommes 

Femmes 

Total. 

21 
46 
10 

3 

24 

46 

10 

Total 

77 

3 

80 

ETAT    CIVIL. 


KINGSTON. 




Hommes 

Femmes 

Total. 

Mariée 

153 

318 

5 

7 
5 

160 

Célibataires 

323 

5 

Total 

476 

12 

488 

si 

-VINCENT-DE-PAUL. 



Hommes 

Mariés 

110 

Célibataires . 

276 

Veufs 

15 

Total 

401 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 

DORCHESTER. 


107 


Célibataires . 

Mariés 

Veufs 


Total, 


Hommes  Femmes       Total. 


156 
54 
10 


220 


164 
60 
11 

235 


MANITOBA. 


Célibataires, 

Mariés 

Veufs 


Total. 


Nombre. 


lkO 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Nombre. 


Célibataires . 

Mandés 

Veufs 


Total. 


109 
36 

7 


152 


Hommes 

Femmes. 

Total. 

Mariés 

21 

50 

6 

2 
1 

23 

Célibataires 

51 

Veufs 

6 

Total 

77 

3 

80 

108 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


KACES. 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


KINGSTON. 

Hommes 

Femmes 
12 

Total. 

460 

4 

12 

472 

4 

12 

Total 

476 

12 

488 

ST. -VINCENT-DE-PAUL. 

Hom- 
mes. 

399 

2 

Total 

401 

DOHCH ESTER. 

Hommes. 

Femmes 

Total. 

Blancs  .... 

192 
28 

8                 200 

Noirs 

6                    34 

Sauvages 

1                       1 

Total 

220 

15                  235 

MANITOBA. 

Nom- 
bre. 

Blancs  .... 

106 

Noirs 

2 

S  luvages 

4 

Métis   

7 

Mongoliens 

1 

Total 

120 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Nom- 
bre. 

Blancs 

1M 
1! 

s 

Sauvages  

Métis 

Noirs 

3 

19 

152 

Mongoliens 

Total 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


109 


• 

Hommes 

Femmes 

Total. 

66 
5 
5 

1 

3 

69 

5 

Métis 

5 

1 

Total 

77 

3 

80 

Détenus  graciés. 

KINGSTON. 


Noms. 

Crime. 

Lieu  de  la  condamnation. 

Vol 

Charlottetown,  I.  P.-E. 

Violation  des  règlements  de  en.  de  fer 

Guelph. 

Welland. 

Vol  avec  effraction  et  attentat  d'évasion  .... 
Vol 

Nellie  Thurston 

Montréal,  Que. 

Vol 

Vol 

ST  -VINCENT-DE-PAUL. 


Noms. 

Crime. 

Lieu  de  la  condamnation. 

Bedford. 

Vol  par  un  serviteur 

DORCHESTEE 


Noms. 

Crime. 

Date  de  la  libé 

ration. 

Lieu  de  la 
condamnation. 

Alexander  McDougall 

Rapports  charnels   avec    une 
fille  de  moins  de  14  ans. 

11  juin 

18  décembre... 

7  janvier 

9  mars 

29  février 

..1907 
..1907 
. . 1908 
. . 1908 
. . 1908 

William  Delve 

Sydney,  N.-E. 
Halifax,  N.-E. 

James  Barnes 

Tentative  de  sodomie 

Vol 

Halifax,  N.-E. 

Chas.  Furanti 

Ristigouche,  N.-E. 
Ristigouche,  N.-E. 

110 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOB^. 


Nom. 

Crime. 

Où  condamné. 

E.  H.  C.  Jones 

Winnipeg. 
Winnipeg. 
Régina. 

J.  Cox 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Nom. 


Crime. 


Hamilton,  Wm 

Woo  Wai 

Lai  Ping 


Blessures  illicites 

Parjure 

Parjure 


Où  condamné. 


Victoria. 

Vancouver. 

Vancouver. 


Nom. 


George  H.  "Robinson 

Alfred  D.  Corden 

Thomas  Jackson  alias  Green  Grass 

Bull 

George  Oneshruk 


Vol,  faux  et  émission 

Voler  paire  de  chevaux,  harnais  et  chariot 

Vol 

Vol 


Où  condamné. 


Régina,  Sask. 
Régina,  Sask. 

Macleod,  Alta. 
Macleod,  Alta. 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE  No  34. 


111 


Libération  anticipée. 


KINGSTON. 


Albert  Goodall 
Geo.  W.  Paradis 
R.  W.  Mitchell.. 

Joseph  Bone 

Fallis  Dimerlo.. . 
Stephen  Lumley. 
Burton  Shore.. . . 
John  Kuntzie. . .  . 

Louis  Kirby 

Noah  Bigman 
George  Walker... 
Hiram  Alexander 
Louis  Cave 


Faux jSarnia. 

Vol i  London. 

Vol Belleville. 

Vol  à  domicile Stratford. 

Infliger  des  blessures [Toronto. 

Parjure Sarnia. 

Vol  de  chevaux St-Thomas. 


Tentative  de  viol,  vol  avec  effraction 

Vol  sur  convoi  de  marchandises 

Vol  avec  effraction 

Vol 

Vol  avec  effraction 

Faux 

Charles  McDonald J  Inflig.  blessures  avec  int.  et  vol  avec  effraction  . 

Ewen  M.  Allan |  Faux 


Stratford. 
Fort- William. 
Parry  Sound. 
Lindsay. 
St-Thomas. 
Toronto. 
Toronto. 
'Lindsay. 


Léonard  Karn Larcin ;  Woodstock. 

Geo.  Richardson j  Inceste jSaut-Ste-Marie. 

John  Elkerton Bigamie JGuelph. 

T.  Popovici Faux l  North-Bay. 

John  Steen Vol  avec  effraction Toronto. 

William  Richards Obt.  march.  sous  de  faux  prétextes  et  émission) 

de  faux  documents St-Thomas. 

Joseph  Galarneau Vol  et  infliger  des  blessures North-Bay. 

Albert  H.  Bailey Incendie  prémidité  et  parjure .  Woodstock. 

Matthew  J.  Simms Vol 'St-Thomas. 

Delbert  Bottrell Refus  de  supporter  sa  femme London. 

Tony  Comas Vol Fort-William. 

G.  Betterell Vol Fort-William. 

Frances  Nowell Receler  marchandises  volées Woodstock. 

A.  Yerk Faux [North-Bay. 

William  A.  Wells Rapports  charnels  avec  fille  en  dessous  de  14  ans  Hamilton. 

William  Moran Vol  avec  effraction Sudbury. 

Wilmot  Brown Bigamie ;North-Bay. 

Jonn  Hanna Vol  avec  effraction Brampton. 

Arza  Johnson Vol  de  chevavx jBrockville. 

George  Slack Voies  de  fait  avec  intention  de  voler Toronto. 

John  Chapman Vol  avec  effraction Cayuga. 

W.  A.  Cameron Tentative  d'émission  de  faux  chèques North-Bay. 

Godfrai  Matti Rapport  charnels  avec  fille  en  dessous  de  14  ans  Sudbury. 

W.  J.  Brislin Voies    de    fait    causant    blessures    et    coup  de; 

|     feu  avec  intention Berlin. 

George  Bouchard Faux I  Ottawa. 

Benjamin  Riddle Tentative  de  viol  sur  fille  en  dessous  de  14  ans.  Hamilton. 

Patrick  McAuliffe Homicide Peterborough. 

G.  Licastre j  Voies  de  fait  graves  sur  la  personne (North-Bay. 

N.  A.  Bealson iVol  de  chevaux,  etc Pembroke. 

John  D.  Currie ;Vol iLondon. 

Stanley  Drapeau iVol  avec  effraction  et  coup  de  feu j  Kingston. 

James  Russell 'Vol  avec  effraction North-Bay. 

John  A.  Campbell Inceste I  Perth. 


Geo.  W.  Smith. 

Roy  Scott 

Treffle  Bigras. .  . 
George  Rowley. 
George  Jacobs . . 


Voies  de  fait  et  vol Toronto. 

Vol  avec  effraction St-Thomas. 

Emission  de  faux  documents North-Bay. 

Vol,  faux,  parjure St-Thomas. 

Rapp.  charnels  avec  fille  en  dessous  de  14  ans.  .  Berlin. 

i 


112 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


BT.-VINCENT-DE-PA.UL. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Nom 


Crime. 


Lieu  de  la  condamnation. 


Blackburn,  Fred 

Bouchard,  Joseph 

Blanchette,  William 

Bouchard,  Joseph 

Biggins,  Charles 

Clarke,  W.  E.  N 

Caporak  Rocco 

Coates,  Sydney 

Cyr,  Henri 

Croît,  Alphonse,  jne 

Dubois,  Onésime 

Duquette,  Joseph 

Day,  Charles 

Gaudreau,  Noël 

Gonne ville,  Arthur 

Gareau,  Louis  R 

Jolivet,  Emile 

Julien,  Joseph  Alfred 

Joly,  Evangéliste 

Jones,  Frank 

Kordonsky,  Moses 

Latter,  James 

Loiselle,  William 

La  vigne,  Philippe 

Lirnlan,  Nelson 

Lemieux,  Joseph 

Lamontagne,  Joseph 

Martin,  John  George 

Mitchell,  James 

Marien,  Wilfrid 

McDonald,  Hugh 

Neil,  Robert 

Pool,  John  E 

Plante,  Charles 

Philipps,  Norman 

Pichette,  Henri 

Roy,  Delphis 

Savard,  Adélard 

Smith,  Frank 

Smith,  Robert 

Stokoe  De,  Harry 

Therrien,  Joseph 

Viau,  Frank 

Valois,  Joseph 

Vaillancourt,    Arthur,    alias   Vin 
cenzo  Nucci 


Vol 

Bris  de  magasin  et  vol . 
Bris  de  maison  et  vol. . 
Bris  de  magasin  et  vol . 
Bris  de  magasin  et  vol . 
Fausses  représentations . 

Homicide 

Effraction 

Vol  sur  la  personne 
Vol 


Incendie  et  vol 

Bris  de  magasin  et  vol , 
Bris  de  magasin  et  vol , 

Incendie 

Bris  de  magasin 

Bigamie 

Vol 


Bris  de  magasin  et  vol . 

Vol 

Vol 


Recel  de  marchandises . 

Vol 

Incendie 

Bris  de  magasin 

Bris  de  maison  et  viol. 

Bris  de  magasin 

Vol 


Vol  de  cheval 

Vol 

Bris  de  magasin  et  vol. 
Vol 


Fausses  représentations 

Faux 

Vol 


Vol 

Bris  de  magasin  et  vol . 
Vol 


Vol  avec  circonstances  aggravantes. 

Bris  de  maison 

Bris  de  maison  et  vol 

Vol 


Vol 

Vol  de  cheval , 
Effraction.. .  . 


Montréal. 

Iberville. 

StF-rançois. 

Québec. 

St- François. 

Montréal. 

Montréal. 

Montréal. 

Montréal. 

St-François. 

Ottawa. 

St- François. 

Montréal. 

Québec. 

Montréal. 

Montréal. 

Québec. 

St-François. 

Montréal. 

Québec. 

Québec. 

Montréal. 

Arthabaska. 

Montréal. 

Bedford. 

Montréal. 

Québec. 

Régina. 

Québec. 

Iberville. 

Québec. 

Québec. 

St-François. 

Montréal. 

Montréal. 

Iberville. 

Québec. 

Montréal. 

Montréal. 

St-François. 

Québec. 

Québec. 

St-François. 

Montréal. 


Bris  de  magasin  et  tentative  d'éaasion. 


Montréal. 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


113 


DORCHESTER. 


Nom. 


James  J  ohnson 

Blair  Wright 

Horace  Charbonneau .... 

Charles  Bennett 

Henry  Boutelier 

John  Sardy 

James  Sultz 

Albert  Hébert 

William  Chittick 

James  A.  Callaghan 

John  Jas.  Meyers 

Thomas  O'Toole 

James  Neary 

Alex.  Howell 

Chas.  Clerick 

Wm.  Hy.  Mason 

Harry  Dryam 

Peter  Jackson 

Arthur  Burnley 

Jacques  Simmoneau 

Valdemer  Larsen 

Thomas  A.  Brown  ...... 

William  Stevens 

James  Alevard 

James  Fitzpatrick 

William  Calder 

William  La  vigne 

Philéas  Plourde 

Harry  De  forest  Stoddard 

James  Buchanan 

John  Noonan 

Reginald  Noble 

Michael  Berrio 

Parker  McConaghy 

Arthur  McGee 

William  Mahoney 


Crime. 


Evasion  et  incendie 

Viol 

Homicide 

Incendie 

Homicide 

Faux 

Trouvé  en  possession  de  bil.  forgé; 

Faux 

Effraction  et  vol 

Tentative  de  viol 

Effraction  et  vol 

Effraction  et  vol 

Vol 


Effraction  et  vol 

Vol 

Voies  de  fait  et  blessures  graves . 
Vol 


Effraction  et  vol 

Obtention  d'argent  sous  de  fausses 

représentations 

Vol 


Bris  de  prison .  .  . 

Effraction 

Tentative  de  viol . 


Parjure  et  évasion 

Vol,  voies  de  fait  et  évasion, 

Effraction  et  vol 

Evasion  d'une  prison 

Vol .  .    


Recel  de  marchandises  volées  .... 

Blessures  corporelles  graves 

Voies  de  fait  et  blessures  graves .  . 

Rapports    charnels   avec    fille    de 

moins  de  14  ans.    


Vol, 


Date  de  la 
condamnation. 


1  avril 

11  octobre 

24  octobre 
5  février 
7  juillet 

10  janvier 
27  décembre 

2  août 
18  août 

4  décembre 

23  février 

4  avril 

12  mars 
17  avril 
26  avril 

9  mai 
22  mai 

25  juin 

30  mai 

10  juillet 

24  juillet 

31  août 
31  août 

17  septembre 

22  sept. 

3  octobre 
15  octobre 

26  octobre 
20  octobre 

5  nov. 
24  janvier 

11  février 

22  mai 
22  mai 
31  mai 


1890. 
1902. 
1902. 
1904. 
1904. 
1905. 
1904.. 
1905. 
1905. 
1905. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 

1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906 

1906  ! 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1906. 
1907. 
1907. 

1907. 
1907. 
1907 


Làeu  de  la  condamnation 


Dorchester,  N.-B. 

Truro,  N.-E. 
Sydney,  N.-E. 
Halifax,  N.-E. 
Halifax,  N.-E. 
Ristigouche,  N.-B. 
Sydney,  N.-E. 
Madawaska  Co. 
Halifax,  N.-E. 
Sydney,  N.-E. 
St-Jean,  N.-B. 
Newcastle,  N.-B. 
Halifax,  N.-E. 


Comté  de  Charlotte  N.-B. 

Dorchester,  N.-B. 

Co  mté  de  King,  N.-B. 

Halifax,  N.-F. 
Gloucester,  N.-B. 
St-Jean,  N.-B. 
Amherst,  N.-E. 

Co.N  orthumberland.N.B. 

Yarmouth,  N.-E. 
Co.  de  Gloucester,  N.-B. 
Co.  de  Gloucester,  N.-B. 
Lunenburg,  N.-E. 
Halifax,  N.-E. 
Sydney,  N.-E. 
Halifax,  N.-E. 
Hampton,  N.-B. 

Co.  de  York,  N.-B. 

St-Jean,  N.-B. 


114 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Nom. 

Crime. 

Lieu  de  la  condamnation. 

Faux  et  mise  en  circulation 

Winnipeg. 
Régina 

Winnipeg. 

Lethbridge. 

Winnipeg. 

Edmonton. 

Maple-Creek. 

Régina. 

Macleod. 

Medicine-Hat. 

Winnipeg. 

Calgary. 

Pincer-Creek. 

Calgary. 

Winnipeg. 

Edmonton. 

Edmonton. 

Macleod. 

Lethbridge. 

Calgary. 

Winnipeg. 

Morden. 
Winnipeg. 

Moosemin. . 

Winnipeg. 

Medicine-Hat. 

Winnipeg. 

Edmonton. 

Winnipeg. 

Portage-la-Prairie. 
Winnipeg. 

M 

Obtention  d'arg.  sous  défausses  représentations 

M    Sutherland 

E   W    Kelt 

Vol 

F   C    Powell 

Présentât,  d'un  choque  sachant 

qu'il  était  forgé. 

R   C   Cvnar     

Homicide 

C   Smith  alias  Kelly 

Bris  de  magasin  et  vol 

J   Golx»l 

Vol  de  cheval 

13   Wilkie                   

Vol  sur  le  C.  P.  C 

M    Mader 

Vol  de  cheval 

S.  H.  Evans 

Obtention  d'arg  sous  de  fausses 
Vol 

représentations 

G    H    Pender  . .          

Vol  d'argent 

S    Braniff                

■             

Vol 

G    Swartz                

'  '  Hungry  Crow" 

P   Levitch                     

W.  Cummings 

H.  Grant     

Vol  de  cheval 

A.  Ashley 

Vol 

Vol  de  marchandises 

C.  H.  Roske 

P.  Bertrand        

Conspiration  pour  commettre  acte  illégal 

Voies  de  fait  graves 

H.  Haie  . .                       

Incendie 

Vol 

Wm.  Proctor 

Conspiration  pour  commettre  acte  illégal 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


115 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Nom. 

Crime. 

Lieu  de  la  condamnation. 

Vol 

New-Westminster. 

Coup  de  feu  avec  intention 

Atlin. 

Nelson. 

Wilson   H 

Vol 

Kamloops 

McMillan   G.  H 

Dawson. 

Harria  C   R 

Vancouver. 

Franke   0.  P 

Dawson. 

Viol 

Vernon. 

Destruction  de  bétail 

Lytton. 

Y  ung  T   .            

Johnson,  C.  P 

Homicide 

Revelstoke. 

Revelstoke. 

Clarke,  P.  J 

Refus  de  pourvoir  à  la  subsistance  de  sa  femme. 

Nelson. 

Victoria... 

Kelly   Dan.  C 

Voies  de  fait  et  blessures  graves 

Vol 

Vancouver. 

Young  Théo.  P. . . 

Vol.  .                              

Nielaon,  W 

Télesphore  Couturier...  . 

George  W.  McLean 

Charles  Burkhardt 

John  Jones 

Charles  McLaughlin, 

Charles  H.  Huddlestone 

A.  F.  Scott 

D.  A.  Clark 

Alexander  Brass 

Frank  R.  Wilson 

William  Kerr 

Tom  Spotted  Bull 

Albert  Williams 

George  Coleman 

Iwan  Marianki 

Jacob  Kendel 

Owen  E.  Williams 


Crime. 


Lieu  de  la  condamnation. 


Vol  de  cheval 

Aider  au  suicide  d'une  femme 

Vol  de  cheval 

Placer  obstacles  sur  voie  ferrée 

Vol  de  cheval 

Faux  et  présentation 

Vol  de  cheval 

Vol  de  cheval 

Viol 

Obtention  d'arg.  sous  de  fausses  représentations 

Effraction,  vol  et  évasion  de  prison 

Tuer  un  veau 

Mise  de  faux  en  circulation 

Incendie 

Effraction 

Mise  de  faux  en  circulation 

Vol  de  bestiaux 


Fort-Saskatchewan,  Altî 
Edmonton,  Alta. 
Edmonton,  Alta. 
Moosemin,  Sask. 
Calgary,  Alta. 
Régina,  Sask. 
Lethbridge,  Alta. 
Moosemin,  Sask. 
Moosemin,  Sask. 
Macleod,  Alta. 
Edmonton,  Alta. 
Lethbridge,  Alta. 
Macleod,  Alta. 
Medicine-Hat,  Alta. 
Edmonton,  Alta. 
Moosemin,  Sask. 
Red-Deer,  Alta. 


116 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Décès. 

KINGSTON. 


Nom. 

Crime. 

Lieu  de  la  condamnation. 

Charles  H.  Carter 

Faux 

Kingston 

Vol 

Homicide 

Sherbrooke,  Que. 

BT-VINCENT-DE-PATJL. 


Nom. 

Crime.               ^ 

Lieu  de  la  condamnation. 

Vol 

DORCH>  8TER. 


Nom. 

Crime. 

Lieu  de  la  condamnation. 

Ayant  des  explosifs  en  sa  possession 

Effraction  et  vol 

Truro   N  -E 

Joseph  Davis 

Nom. 

Crime. 

Lieu  de  la  comdamnation. 

'  '  Wally  Bear" 

Viol 

Port  age-La-Prairie . 

COLOMBIE-BRITANNIQT7E. 

Nom. 


John  Ross 

George  St.  Paul. 


Crime. 


Faux. .  . 
Meurtre 


Lieu  de  la  condamnation. 


New-  Westminster. 
Kamloops. 


ALBEHTA. 


Nom. 

Crime. 

Lieu  de  la  condamnation. 

Régina,  Sask. 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


117 


Détenus  envoyés  au  département  des  aliénés. 


KINGSTON. 


Date 

de 

l'admission. 

D'où  reçus. 

En  quel  état  renvoyés 

1   ^ 

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NOMS 

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o    C 

*    £ 

03 
u 

73 

«g 

O 

o 

Q 

Observations 

1907. 
1   Farrell,  John 5              avril .  . 

i 

1 

2  Burke,  F.  W 

16              avril.. 
30              avril .  . 

j 

1 

1" 

3  Moore,  James 

| 

1 

"                         "2           juillet.  . 

.  .     1.  . 

4  Conroy,  James 22               mai .  . 

1 

5  Slaughter,  James 24               juin.  . 

1 

6  Ross,  Wm J24                "     .. 

1 
1 

7  Britson,  Fred 25                 " 

8  Phillips,  Henry 28                "     .  . 

1 

1 

15         octobre.  . 

9  McDonald,  John 8           juillet.. 

1 
1 
1 

10  Solomon,  Usep 8           juillet .  . 

1 

11   Milestein,  Joseph 

20               "       .  . 

1 

12  Benda,  Herman 

13  Audette   Jean 

4  août . . 

5  octobre.  . 
19    novembre.  . 

1 

14  Carey,  Geo.  F 

1 

15  Hogan,  Frank    !  13     décembre .  . 

1 
1 

1 14    fév.,  1908.. 

16  Langton,  Arthur 22     décembre.  . 

1 

1 
1 

17  Gillis,  Alfred 

1908. 

6         janvier.  . 

6         janvier 
15         janvier.  . 
21         janvier.  . 

i 

i 
i 

18  Gouge,  Wm 

1 

Incurable. 

19  McLeod,  James 

1 
1 

20  Deschênes,  Joseph 

1 

1 

21  Commission,  Sanford 

21         janvier.  . 

1 

22  Richardson,  Robert 

6          février.  . 

i 

i 
i 

1 

23  Gravelle,  Arthur 8          février.  . 

1 

24  Course v,  Thomas 16             mars.  . 

1                " 

25  King,  Edward :  .  .  .  .  21             mars.  . 

1 
1 

1                " 

26  Webb,  Levi 

1                " 

23 

2 

4 

8 

9 

12 

118 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


Liste  des  détenus  aliénés. 


Nom. 

Date  de 
l'admission 

Renvo- 
yés 
guéris. 

Capables  de 
reprendre 
le  travail 

Décédés. 

Restant  sous 

traitement 

le  31  mars 

1907 

Observations. 

1907. 

1 

16     avril.. 
30     avril .  . 

1 

1 

2  juillet.  . 
22       mai . . 

1 

1 

1 

24  "     .  . 

25  "     .  . 
28         "     .  . 

1 

1 

1 

Phillips,  Henry 

8  juillet.  . 

1 

8  juillet.  . 

1 
1 

1 

13  Carey   Geo.  F 

19      nov. .  . 
13       déo... 

1 

1 

1 

14    fév.,  08 
1908. 

15  Gillis   Alfred 

1 

16  Gouge,  Wm 

6      jan. .. 

1 

1 

18  Richardson,  Robert 

6      fév. .  . 
8      fév. .  . 

1 

1 
1 

8 

8 

!             7 

ST-VINCENT-DE-PAUL. 


Nom. 


Commission,  Sanford. 
Deschênes,  Joseph...  . 


Crimp. 


Mettre  obstacles  sur  voie  ferr. 
Homicide 


Condamna- 
tion. 


Trois  ans .  . 
Pour  la  vie 


Observations. 


Transféré  à  Kingston  le  20  jan.  08. 
Transféré  à  KingstoD  le  20  jan.  08. 


DORCHESTER. 

Aucun. 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


119 


MANITOBA. 


Nom. 


Jo*.  Milestein. 


Arthur  Langton. 
Edward  King. . . 


Crime. 


Condam- 
nation. 


Coupjde  feu  avecjintention  de 

B^blesser 

Faux  etfprésentation 

Meurtre 


Trois  ans.  . 
Trois  ans.  . 
Pour  la  vie 


Obesrvations. 


TransféréJ  à  Kingston  17  juillet  1S07. 
Transféré  à'.'Kingtson  19|{déc.  {1907. 
Transféré  r  à^Kingston   19/mars,   1C08. 


COI-OMB1E-BRITANN1QLK. 

Aucun. 


ALliERTA. 


Nom. 

Crime. 

Condam- 
nation. 

Observations. 

Levi  Webb 

Trois  ans.  . 

Transférera   Kingston    16[mais     1S08. 



120 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


PUNITIONS 


KINGSTON. 


Au  cachot,  au  pain  et  à  l'eau 

Dans  la  cellule  de  punition,  au  pain  et  à  l'eau 

Envoyé  à  la  prison  d'isolement 

Rations  réduites 

Privation  de  lumière  dans  la  cellule 
Privation  de  livres  de  la  bibliothèque 

Privation  du  privilège  d'écrire 

Diminution  de  grade 

Punitions  corporelles 

Enchainé  à  la  porte  de  la  cellule  durant  les  heures  de  travail 
Annulation  de  la  remise  du  temps 


Nombre 

de  prisonniers 

puni3. 


21 
164 

3 
32 
44 
20 

2 
29 

2 

1 
251 


Nombre  de  prisonniers  qui  ont  reçu  une  ou  plusieurs  punitions. 
Nombre  de  prisonniers  qui  n'ont  reçu  aucune  punitions 


Nombre  de  prisonniers  durant  l'année 


307 
332 


639 


bT-VINCF.NT-DF-PAUL. 


Genre  de  punitions. 


Application  de  douches 

Annulation  de  la  remise  de  temps- 

Privation  de  livres  de  la  bibliothèque 

Privation  d'écrire  pendant   cinq  mois 

Privation  de  lit 

Au  cachot 

Dans  les  cellules  de  punitions 

Dans  les  cellules  de  punition,  au  pain  et  à  l'eau. 
Enchaînés  à  la  porte  de  la  cellule 


Nombre. 


3 

376 

5 

1 

493 

64 

73 

114 

2 


Prisonniers  punis  durant  l'année 

Prisonniers  qui  n'ont  pas  été  punis  durant  l'année 


297 
275 


Prisonniers  durant  l'année 53ô 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 

UOUCHESTER. 


121 


Punitions. 


Cellule  obscure,  au  pain  et  à  l'eau 

Cellule  obscure,  enchaîné  à  la  porte  de  la  cellule  durant  heures  de  travail. 

Au  pain  et  à  l'eau 

Annulation  de  la  remise  du  temps 

Privés  de  livres 

Privés  de  lumière 

Chausser  la  botte  Orégon 


Nombre  de 

fois 
administrées. 


8 
159 
106 

4 

1 
2 


Nombre 
de 
prisonniers 
punis. 


46 
8 
73 
50 
4 
1 
2 


Nombre  de  prisonniers  punis 

Nombre  de  prisonniers  qui  n'ont  pas  été  punis 


115 
199 


Nombre  total    de  prisonniers  durant  l'année 314 


MANITOBA. 


Punition. 


Au  pain  et  à  l'eau  et  lit  dur 

Au  pain  et  à  l'eau,  lit  dur,  dans  les  cellules  de  punition,  les  mains  enchaî- 
nés à  la  porte  de  la  cellule  durant  les  heures  de  travail 

Au  pain  et  à  l'eau  et  lit  dur  (21  repas  consécutifs)  et  chausser  la  botte 
Orégon  pendant  trois  mois 

Punitions  corporelles 

Annulation  de  la  remise  du  temps 


Nombre  de 

fois 

administrées. 


Nombre 

de 

prisonniers 

punis. 


13 

12 

1 
2 

78 


Nombre  de  prisonniers  punis 

Nombre  de  prisonniers  qui  n'ont  pas  été  punis.. , 


63 
181 


Nombre  des  prisonniers  durant  l'année 244 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Au  pain  et  à  l'eau 

Dans  la  cellule  obscure 

Rations  réduites 

Annulation  de  remise  du  temps 

Chausser  la  botte  Orégon 

Porter  chaînes 

Cellule  d'isolement 

Perte  des  privilèges 


Nombre  de 

fois 

administrées. 


59 
16 
8 
19 
2 
2 
2 
7 


Nombre  de  prisonniers  punis 

Nombre  de  prisonniers  qui  n'ont  pas  été  punis 


54 
167 


Nombre  total  des  prisonniers  aurant  l'année 221 


122 


MIXISTERE  DE  LAIJUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Nombre. 


Cellule  obscure,  au  pain  et  à  l'eau 

Cellule  de  punition,  au  pain  et  à  l'eau  et  lit  dur. 

annulation  de  la  remise  du  temps 

Enohatnéfl  à  la  porte  de  la  cellule 

Chausser  la  botte  Orégon 

Privation  <le  l'école 

Rations  réduites 

Punitions  corporelles 

Lit  dur 


30 

4ô 
17 
L9 
2 
2 
4 
l 
2 


Nombre  de  prisonniers  punis 34 

Nombre  de  prisonniers  qui  n'ont  pas  été  punis 71 

m  — 

Nombre  total  des  prisonniers  durant  l'année 105 


DISTRIBUTION   DES   PRISONNIERS. 


KINGSTON. 


Où  employé-. 

Nom- 
bre. 

34 
26 
24 
13 
17 
20 
12 
25 
26 
6 
3 

Où  employés. 

Nom- 
bre. 

Asile  (patients,  et  infiimiers) 

45 

Ferblantberie,  peinturage  et  imprimerie 

6 

Boulangerie  et  cuisine 

26 

Chambre  de  toilette 

20 

Atelier  des  charpentiers 

Tailler  de  la  pierre 

34 

Division  des  mécaniciens 

75 

Prison  des  femmes 

36 

Ferme,  jardins  et  écuries 

35 

Hôpital  (patients  et  infirmiers) 

5 

Buanderie 

Maçonnerie 

Total 

488 

ST.    VINCENT-DE-PAUL. 


Où  employés 

Nom- 
bre. 

Salle  du  gardien 

2 
21 

8 

2 
31 
33 

6 
24 
20 
19 
19 

7 
16 
19 
26 

Cuisine  et  boulangerie 

Hôpital 

Ecole  et  bibliothèque 

Chambre  de  toilette 

Dortoirs 

Cour 

Atelier  des  charpentiers 

"        des  tailleurs 

des  cordonniers 

"        des  forgerons 

"        des  mécaniciens 

"        des  maçons 

Carrière 

Tafllage  de  pierre 

Où  employés 


Cassage  de  pierre  et  sciage  de  bois 

Ferblanterie 

Ferme 

Porcherie 

Ecuries ^ 

Division  des  mécaniciens 

électriciens 

Chambre  de  la  machine  à  vapeur. 

Porte  d'entrée 

Travaux  d'excavation 

"        de  drainage 

Bureaux 

Cellules  de  punition 

Total 


Nom- 
bre. 


44 
7 

17 
5 

10 
8 
1 
7 
1 

23 
6 
4 

15 

401 


STATISTIQUES  CRIMINELLES 


123 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


DORCHESTER. 


Comment  employés. 


Boulangerie  et  cuisine., 

Barbiers 

Chambre  de  chauffe.  .  . 

Forge 

Atelier  de  menuiserie  . . 
Atelier  de  cordonnerie  . 
Atelier  des  mécaniciens 
Atelier  des  tailleurs .... 

Buanderie 

Maçon 

Ferme 

Ecurie  de  la  ferme  .... 
Ecurie  de  la  prison 


Nom- 
bre. 


Comment  employés. 


Porcherie 

Gardien , 

Infirmier 

Hôpital 

Ailes  des  cellules. . 

Bibliothèque 

Amas  de  pierre  .  . 
Tailleurs  de  pierre 
Scieurs  de  bois. . .  . 

Cnauffeur 

Prison  des  femmes 

Total 


MANITOBA. 


Atelier  de  menuiserie 

Réparations  au  logis  du  directeur 

Cassage  de  pierre 

Peinturage  de  la  prison 

Atelier  des  tailleurs 

Atelier  de  cordonnerie 

Prison 

Patients  à  l'hôpital 

Infirmiers 

Chapelles  et  salles 

Terrains 

Toilette 


Buanderie  et  chambre  de  toilette 

Ferme  et  écurie 

Salle  principale 

Mécaniciens 

Atelier  de  mécanique 

Ferblantier 

Forge 

Cuisine  et  boulangerie 

Asile  de  Selkirk  (aliéné)  

Total 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Boulangerie 

Forgerons 

Charpentiers 

Atelier  de  cordonnerie 

Atelier  des  tailleurs 

Nouveaux  ateliers  (bâtiments). 
Nouveaux  ateliers  (excavation) 

Ferme 

Patients  à  l'hôpital 

Infirmier 

Magasin 

Cuisine 

Cellules 


Aile 

Salles 

Bureaux 

Chapelle 

Messager  et  bibliothécaire 
Entretien  des  chemins.  . . 
Excavation  pour  magasin 

Nouveaux  chemins 

Atelier  de  réparation 

Buanderie 

Total 


Maçons , 

Briqueterie 

Atelier  de  menuiserie . . . 
Atelier  des  tailleurs 
Atelier  de  cordonnerie  . 

Forge. . 

Cuisine 

Nettoyeurs  et  buanderie 


Ferme 

Tramway 

Commis 

Sous  punition 

Hôpital 

Prison  des  femmes 

Total 


124 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ACCIDENTS 


KINGSTON. 

Date. 

Nom. 

Où  employé. 

Nature  de  l'accident. 

Cause  de  l'ccident. 

Jours  à 
l'hôpital. 

1907. 

3  août 

Ryckman,  Fred 

Nnughtou,  Andrew.... 

Ficelle  d'engerb.  . 
Amas  de  pierre . .  . 

Fracture    du     radius    du 

bras  gauche 

Blessure  à  l'œil 

Chute 

53 

1?4  octobre.  .  .  . 

Fr.  par  une  pierre 

175 

ST.-V1NCENT-DE-PAUL. 

- 

Aucun. 

DORCH  hSTER. 

Aucun. 

MANITOBA. 

Aucun. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

Aucun. 

ALBBRiA. 

Au  cun. 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


125 


CROYANCES. 

KINGSTON. 


Hommes       Femmes. 


Catholiaues  romains 
Eglise  d'Angleterre. 

Méthodistes 

Presbytériens 

Baptistes 

Luthériens 

Juifs 

Grecs  Catholiques . . , 
Armée  du  Salut. .  . . 

Adventiste 

Trembleur 

Disciples 

Congregationaliste  . 

Sans  religion 

Inconnue  (fous)  . . . 


146 

130 

78 

62 

22 

18 

5 

2 

2 

1 

1 

l 

1 

1 


476 


12 


Total. 


155 

131 

80 

62 

22 

18 

5 

2 

2 


6 

488 


ST-VINCENT-DE-PAUL. 


Nombre. 

321 

42 

21 

Méthodistes 

4 

Luthériens 

4 

3 

Baptistes 

2 

Universaliste 

1 

Mormon 

1 

Juifs 

2 

Total 

401 

DORCHESTER. 


Nombre. 


Catholiques  romains 

94 

Eglise  d'Angleterre 

66 

Baptistes 

33 

Presbytériens 

20 

Méthodistes 

20 

Luthérien 

1 

Méthodiste  épiscopalien 

1 

Total 

235 

126 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA. 


Eglise  d'Angleterre 

Catholiques  romains 

Presbytériens 

Méthodistes 

Luthériens 

Baptistes 

Unitarien , 

Disciple 

Sans  religion 

Total 


120 


COLOMBIE-BRITANNIQUE.  \ 


Nombre. 

Catholiques  romains... 

54 

Eglise  d'Angleterre 

26 

Méthodistes 

22 

Presbytériens 

15 

Baptistes 

5 

Luthériens 

6 

Adventistes 

1 

Juif 

1 

Bouddhistes 

17 

5 

Total 

152 

ALBERTA. 


Hommes. 

Femmes. 

Total. 

Catholiques  romain.. 

30 

17 

11 

10 

4 

1 

1 

3 

1 

30 

Eglise  d'Angleterre 

18 

Méthodistes 

11 

Presbytériens 

1 
1 

11 

Luthériens 

5 

Mormon 

Congregationaliste 

1 

Sans  religion 

3 

77 

3 

80 

8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


ANNEXE    H. 


STATISTIQUES  DU  TRAVAIL 


127 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT   PARLEMENTAIRE  No  34 


A.   1909 


STATISTIQUES  DU  TRAVAIL. 

KINGSTON. 


Départements. 


Boulanger 

Ficalle 

Forgeron 

Charpentier 

Salle  de  rechange  et  buanderie. 

Mécaniciens 

Ferme  et  écuries 

Hôpital 

Maçon 

Imprimerie 

Prison  d'isolement 

Carrière 

Cordonnerie 

Econome  et  cuisine 

Tailleurs  de  pierre 

Tas  de  pierre,  bois  et  charbon .  . 

Bureaux 

Ouvrage  de  tailleur 

Ferblantiers  et  peintres 

Aile  et  cellules 

Prison  des  femmes 


Total . . 


Jours. 


,941 
,324 
,061 
,685 
,064 
,076 
,818 
,536 
,822 
658 
305 
,406 
,672 
,436 
,961 
,356 
,150 
,230 
,404 
,832 
,888 


Taux. 


126,633 


$     cts. 

0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  20 


Montant. 


S     cts. 

582  38 
2,197  28 
2,418  45 
1,705  58 
1,819  28 
1,822  95 
2,345  56 

760  80 

546  68 

197  45 
91  63 
2,521  95 
1,701  84 
1,631  03 
2,688  41 
7,306  89 

645  15 
3,069  12 

421  35 
2,649  81 

577  60 


37,701  19 


ST.  VINCENT-DE-PAUL. 


1,398 

610 

602 

921 

307 

138 

347 

7,112 

852 

6,484 

5,858 

5,781 

1,227 

7,879 

5,995 

5,582 

8,596 

7,181 

2,001 

5,128 

9,226 

8,942 

4,223 

1,259 

1  315 

0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
n  5n 

419  40 

Infirmiers 

183  00 

Bibliothèque 

180  60 

Messagers 

276  30 

92  10 

Ornementation  des  terrains 

41   40 

Relieure 

104  10 

Excavation 

2,133  60 

Charretiers 

255  60 

Maçons 

1 ,945  20 
1,757  40 

Econome 

1 ,734  30 

Boulangerie 

368  lo 
2,363  70 

Charpentiers 

Tailleurs .... 

1,798  50 

1,674  60 

2,578  80 

Mécaniciens 

2,154  30 

Ferblantiers 

600  30 

Forgerons 

1 , 538  40 

Casseurs  de  pierre 

2,767  80 

Dortoirs 

Ferme 

2,682  60 
1,267  05 

Porcherie 

377  85 

Ecuries 

394  50 
1 ,708  20 

Carrière ... 

5  694              n  an 

Briqueterie 

267 

0  30 

80   10 

Travaux  d'égout 

579 

286 

3,824 

0  30 
0  30 
n  -ac\ 

173  70 

Département  de  l'électricité 

Emploi  général 

85  80 
1,147   2o 

' 

109,615 

32,884  50 

G.  S.  MALEPATtT,  Comptable 

129 

OSCAR  BEJ 

HJCHAMP, 

34- 

Gouverneur 

-5 

130 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


DORCHESTER. 


Départements. 


Boulangerie  et  cuisine 

Forge 

Salle  des  barbiers 

Chambre  de  chauffe 

Charpentiers 

Ailes  des  cellules 

Coupe  de  taillis 

"      de  poteaux  p.  téléphone .  . . 

"      de  bois  forestiers 

Coupe  de  la  glace 

Déblai  pour  fondations  des  ateliers 

Posage  de  fils  électriques 

Ateliers  des  mécaniciens 

Ferme 

Ecuries  de  la  ferme  et  porcherie.. 

Nivellement  des  terrains 

Infirmier 

Bibliothèque 

Buanderie 

Chargement  de  trains 

Déplacement  de  bâtiments 

Maçon 

Réparation  de  chemins 

aux  habitations 

"  à  la  palissade 

Atelier  de  cordonnerie 

Tailleur  de  pierre ? 

Egouts 

Tas  de  pierre 

Sciage  de  bois  dans  la  cour 

Scierie 

Atelier  des  tailleurs 

Démolition  de  vieux  bâtiments . .  . 

Déchargement  du  charbon 

Aqueduc 

Carrière 

Cour 

Prison  des  femmes 


Jours. 

Taux. 

Montant. 

S     cts. 

$     cts. 

3,077 

0  30 

923  10 

1,573 

0  30 

471  90 

617 

0  30 

185  10 

955 

0  30 

286  50 

3,877 

0  30 

1,163  10 

4,445 

0  30 

1,333  50 

251 

0  30 

75  30 

9 

0  30 

2  70 

352 

0  30 

lOi  60 

54 

0  30 

16  20 

1,028 

0  30 

308  40 

102 

0  30 

30  60 

2,335 

0  30 

700  50 

3,605 

0  30 

1,081  50 

3,902 

0  30 

1,170  60 

32 

0  30 

9  60 

162 

0  30 

48  60 

303 

0  30 

90  90 

1,916 

0  30 

574  80 

75 

0  30 

22  50 

67 

0  30 

20  10 

4,461 

0  30 

1,338  30 

187 

0  30 

56  10 

204 

0  30 

61   20 

93 

0  30 

27  90 

1,491 

0  30 

447  30 

7,563 

0?30 

2,268  90 

887 

0  30 

266  10 

4,196 

0  30 

1,258  80 

160 

0  30 

48  00 

460 

0  30 

138  00 

3,372 

0  30 

1,011  60 

854 

0  30 

256  20 

93 

0  30 

27  90 

287 

0  30 

86  10 

2,163 

0  30 

648  90 

1,031 

0  30 

309  30 

2,134 

0  20 

426  79 

58,380 

17,300  89 

MANITOBA. 

2,177 

624 

4,603 

1,576 

2,470 

5,364 

4,110 

2,266 

495 

1,537 

308 

135 

154 

702 

978 

2,158 

4,750 

420 

2,827 

211 

398 

78 

354 

403 

0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 

653  25 

187  20 

1,380  90 

472  80 

741   15 

1,609  20 

1,233  15 

679  80 

148  65 

461   10 

Hôpital 

92  40 

Clients 

40  60 

Reliure 

46  20 

Gardiens  de  sall°  principale  et  bureau 

210  60 

Gardiens  de  chapelle  et  d'hôpital 

293  40 

647  40 

1,425  00 

Salle  des  barbiers    

126  00 

Cassage  de  pierre 

848  10 

63  30 

Transport  de  colis 

119  40 

23  40 

Pour  faire  de  nouveaux  chemins 

106  20 

Equipe  pour  divers  travaux 

120  90 

Total 

39,100 

11,730  10 

STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOCUMENT   PARLEMENTAIRE  No  34 

COLOMBIE-BRITANNIQUE 


131 


Départements. 


Bureaux 

Boulange  rie 

Forge 

Briqueterie 

Charpentier 

Chapelles 

Bureau  du  sous-  directeur 

Ferme ...!.. 

Clôtures 

Salles 

Hôpital 

Introduction  de  l'eau  d;^  l'aqueduc  de  la  ville 

Buanderie,  salle  des  réparations  et  salle  des  barbiers. 

Bibliothèque 

Entretien  des  bâtisses    (prison) 

"  (environs) 

"  des  chemins 

Nouveaux  chemins 

Nouveaux  ateliers 

Te  rains  d'ornementation 

Carrière 

Cordonnerie 

Economat  (cuisine) 

Garde-magasin 

Atelier  des  tailleurs 

Service  d'eau 

Aile 


Ile  Wright   (carrière) 


Total. 


Jours. 

Taux. 

Mont-nt. 

$  cts. 

$  cts. 

428 

0  30 

128  55 

914 

0  30 

274  35 

1,916 

0  30 

574  80 

3,650 

0  30 

1,095  15 

2,675 

0  30 

802  65 

288 

0  30 

86  40 

151 

0  30 

45  45 

4,228 

0  30 

1,268  55 

179 

0  30 

53  85 

306 

0  30 

91  95 

303 

0  30 

91  05 

143 

0  30 

43  05 

2,747 

0  30 

824  10 

305 

0  30 

91  50 

497 

0  30 

149  25 

495 

0  30 

148  65 

403 

0  30 

121  05 

502 

0  30 

150  60 

6,496 

0  30 

1,948  80 

49 

0  30 

149  70 

312 

0  30 

93  60 

2,448 

0  30 

734  40 

1,610 

0  30 

483  00 

304 

0  30 

91  20 

3,574 

0  30 

1,072  20 

81 

0  30 

24  30 

1,586 

0  30 

475  95 

940 

0  30 

282  15 

37,987 

11,396  25 

ALBERTA. 


Maçons 

Mécanicien  et  forgeron 

Charpentier 

Briqueterie 

Tailleur 

Cordonnier 

Econome 

Commis 

Nivellement  du  terrain,  fossoyage  et  charriage 
Tramway,  terre  à  briques,   sable  et  gravier 

Blanchissage,  ailes  et  cellules 

Prison  des  femmes 

Totil 


,704 
,322 
,776 
,621 
,807 
,321 
834 
616 
,466 
,086 
,794 
435 


19,785 


0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  30 
0  20 


1,111  35 
386  60 
532  95 
486  30 
542  25 
396  45 
250  20 
184  80 
439  95 
32Ô  80 

1,138  20 
87  15 

5,N92  (0 


34— 5  i 


ANNEXE  I. 


COUT  PAR  TETE 


133 


134 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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STATISTIQUES  CRIMINELLES 
DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


135 


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136 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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2,316 

2,081 

146 

383 

297 

2,118 

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ANNEXE     J. 


RECETTES 


137 


8-9  EDOUARD  VI 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


A.   1909 


RECETTES. 

KINGSTON. 


Revenu — 

Ficelle  d'engerbage.. . . 
Atelier  des  tailleurs. . .  . 

Cordonnerie 

Atelier  des  charpentiers 

"       des  forgerons . . 

Fi  rblanterie  et  peinture 

Maçons , 

Tailleurs  de  pierre .... 

Tas  de  pierre 

Mécanicien 

Boulangerie 

Métier  à  tisser 

Imprimerie 

Ferme 

Approvisionnements. .  . 

Cuisine 

Hôpital 

Prison  des  femmes.  .  .  . 

Salle  de  rechange 

Manufacture  de  balais. 
Loyer 

Revenu  casuel — 

Barils  à  huile 

Guenilles 

Ferraille 

Vieux  tuyaux 

Divers  vieux  articles .  .  , 


$     cts. 

47,862  29 
2,579  20 
862  48 
525  59 
618  05 
267  02 
28  02 
315  73 
555  51 

1  38 
270  06 

81  57 
149  74 
3,402  41 
190  26 
121  24 
119  46 

72  00 

2  27 
286  94 
198  00 


$  cts. 


10  70 
17  00 
410  77 
20  82 
15  93 


58,509  22 


475  22 


58,984  44 


ST-V1NCENT-DE-PAUL. 


Revenu — 

S         cts. 

460  56 

445  11 

176  31 

416  73 

21  36 

14  75 

11  87 

10  80 

550  35 

3  72 

21 

83  00 

30  28 
50 

324  59 
92  19 

31  21 
449  28 

$         cts. 

Briqueterie 

Service  d 'eau 

Economat 

Hôpital 

3,122  82 

213 
63 

50 
20 

Revenu  casuel — 

Vieux  chevaux  (6) 

Divers  vieux  articles 

276  70 

3,299  52 

139 


140 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


DORCHESTER. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Revenu — 

Cordonnier 

Tailleur 

Menuisier 

Forgeron 

Tailleur  de  pierre 

Mécanicien 

Maçon 

Ferme 

Département  des  femmes? 

Approvisionnements 

Infirmier 

Hôpital 

Scierie 

Buanderie 

Journalier 

Loyer 

Eau 


Revenu  casuel — 

Manteau  de  cheminée  et  grillage  condamnés  . 
Machineries  " 

Chevaux  (2)  " 

Bois  de  rebut 

Divers  petit  articles  condamnés 

Acompte  inpayé,  houille 


cts. 

132  93 
116  14 

71   11 

4  55 

17  68 

133  83 

21  13 
683  16 

22  09 
287  46 
166  32 

59  75 

31  77 

60 

8  85 

,457  03 

21   50 


3,235  90 


MANITOBA. 


Revenu — 

Ferme 

$         cts. 

2,166  57 

1,043  00 

168  21 

108  36 

203  91 

7  37 

10  98 

40 

56  63 

25 

35 

41  20 

42  03 
540  58 

$      cts. 

Loyer 

Menuisier 

Tailleur 

Ferblantier 

Forgeron 

Mécanicien 

Maçon 

Buanderie 

Journalier 

Hôpital 

Econome 

ndamnés    

4,389  84 

Revenu  casuel — 

Poteaux  de  téléphone  ce 

19  50 

12  00 

160  00 

Tubes  de  chaudières 

Chevaux  (3) 

« 

191  50 

4,581  34 

RECETTES 


141 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


COLOMBIE-BRITANN  IQUE. 


Revenu  — 

Econome 

Boulangerie 

Forgeron 

Menuisier 

Cordonnier 

Tailleur 

Ferme 

Approvisionnements 

Hôpital 

Loyers 

Revenu,  casuel — 

Chevaux  condemnées 

Meubles  "        

Armes  de  police  "        

Pompe  "        

Vente  de  vacnes 

Remboursement  de  frais  de  transport  de  forçats 


cts. 
200  30 
392  40 

27  72 
296  00 
163  53 

45  41 
173  56 
226  42 

20  57 
687  00 


25  00 
125  87 

60  53 

42  50 
140  00 

18  10 


$  Jets. 


2.232  91 


412  00 


2,644  91 


ALBERTA. 


Revenu — 

Econome 

Hôpital 

Cordonnier 

Tailleur 

Forgeron 

Menuisier 

Approvisionnements 

Ferme 

Prison  des  femmes 

Revenu  casuel — 

Vente  de  chevaux 

Ch.  de  fer  C.N.  pour  droit  de  trav.  la  réserve 


cts. 

192  30 

8  55 

56  17 

89  67 

20  25 

48  16 

16  72 

8  42 

2  36 


175  00 
10,000  00 


442  60 


10,175  00 


10,617  60 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


ANNEXE    K. 


DEPENSES 


143 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT   PARLEMENTAIRE  No  34 

KINGSTON. 


A.   1S09 


Personnel. 
Salaires. 

Directeur,  12  m 

Médecin,  12  m 

Aumôniers  12  m.,    à  $1,200 

Comptable,  1,  12  m 

Mécanicien,  1,  12  m 

Commis  de  bureau  du  direct.,  1,  12  m. 

Garde-magasin,  1,  12  m 

Aide-garde-magasin,  1,  12  m 

Econome  et  boulanger,  1,  12  m 

Aide  économe,  1,  12  m 

Surv.  de  l'hôpital,  1,  12  m 

Sous-surv.  de  l'hôpital,  1,  12  m 

Directrice,  1,  12m 

Sous-directrice,  1,  12  m 

Electricien,  1,  12  m 

Aide-électricien,  1,  12   m 

Aide-mécanicien,  1,  12  m 

Messager,  1,  12  m 

Chauffeurs,  2,  12  m.,  à  $600.00 

1er  instructeur  de  métiers,  1,  12  m 

Surv.  fil  d'engerbage,   1,  12  m 

Aide  "  1,  12  m 

Instructeurs  de  métiers,  4,  12  m.,  à  $800. 

Instructeurs  de  métiers  4,  12  m.,  à  $800, 
périodes  interrompues 

Aide-agriculteurr  1,  12  m 

Gardiens  d'écuries,  3,  12  m.,  à  $600 

Sous-directeur,  1 ,  12  m 

Geôlier,  1,  12  m 

1er  gardien  de  nuit,  1,  12  m.,  à  $800, 
moins  déduction 

Gardiens,   6,  12  m.,  à  $700 

2,  12  m.,  à  $700,  moins  déduc- 
tions   

Gardiens,  7,  12  m.,  à  $700,  périodes 
interrompues 

Gardien,  1,12  m.,  moins  déductions 

Gardiens,  3,  périodes  interrompues 

Gardes,  16,  12  m.,  à  $600 

22,  12  m.,  à  $600,  moins  déduc- 
tions  

6,  à  $600,  périodes  interromp . . 

Gardes  temporaires 


Mail 


Allocation  de  retraite 

T.  Moore 

J.  Shannahan 

S.  J.  Gréer 

M.  P.  Reid 


Uniformes 

Composition  pour  cuir,  37|  îbs  .  . 
Boutons,  dorés,  20*  grosses 

barils,  1  doz . 

Vernis  à  chaussures,  18  douz 

Insignes  pour  casquettes,  25  douz 
Bandes  "  .  7  douz. 

Boucles  à  pantalonss,  3  grosses  .  . 

Toile,  300  verges 

Casquettes,  personne,  12 

Bonnets,  loup  marin,  34 

mouton  de  Perse,  9  . .  . . 


$  cts 

. 

2,600 

00 

2,400 

00 

2,400 

00 

1,700 

00 

1,200 

00 

900 

00 

1,000 

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700 

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1,000 

00 

700  00 

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600 

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450 

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1,200 

00 

1,000 

00 

1,200 

00 

800 

00 

3,200 

00 

2,336 

58 

700 

00 

1,800  00 

1,500  00 

1,000 

00 

780 

58 

4,200 

00 

1,390 

48 

1,955 

43 

648 

20 

859 

71 

9,600 

00 

13,057 

69 

13,057 

69 

2,164 

35 

1,706  38 

71,249 

40 

3 

61 

71,245 

79 

2,025  66 

118  75 

510 

05 

399 

68 

3,054 

14 

2 

26 

63 

06 

1 

00 

21 

60 

52  50 

7 

70 

54 

46 

00 

10 

00 

85 

00 

108  00 

Uniformes—  Fin. 


Visières  de  casquettes,  8  doz 

Cordonnet,  2  verges 

Couronnes,  3  paires 

Coton,  1 10  verges 

Ciment  à  conduites,  1  gai , 

Coton  chambré,  118£  verges 

Vernis,  Boston,  5  gai 

Etoffe  à  robe,  1 2  verges 

Coton  (duck),  50  verges 

Oeillets,  3  boîtes 

Ratine,  105  verges 

Feutre  à  chaussure,  181iv 

Gants,  4  paires 

Agrafes,  2  grosses 

Chapeaux,  6^2  douz 

Etoffe  de  crin,  48£  verges 

Toile  écrue,  148  verges 

Ardasse  1  liv • 

Agrafes,  bottines,  2  boîtes 

Cuir,  veau  canadien,  228  tbs 

"     veau  de  Russie,  283  liv 

"      veau  verni,  2  peaux 

"      veau  (box),  100|  liv 

"      veau  français,  18i  liv 

"     veau  (willow),  10  liv 

"      à  brides,  4£  .liv 

"     Dongola,  12$  pieds 

"     à  semelle,  750  liv 

"     à  courroie,  56J  liv 

"     à  trépointes,  28$  liv 

Batiste  à  manches,  237  verges 

Doublures  mohair,  73i  verges 

"         satinette,  220  verges 

Lacets,  4  grosses 

Toile  à  corset,  46$  verges 

Mitaines,  93  paires 

Clous  à  chaussures,  155  liv 

Etoffe  à  pardessus,  4  verges 

Doublure  ouatée,  95i  verges 

Chevilles  à  chaussures,  $  boiss 

Mouton  de  Perse  pour  habits,  bordure 

Tissu  caoutchouté,  3  liv 

Serge    bleue,  330^  verges 

"      khaki,  3272  verges 

Feutre  à  chaussures,  18  feuilles 

Etoiles,  3  paires 

Soie  à  boutonnière,  4  Ibs 

"      machine,  6  .liv 

2  liv 

Centures  de  travail,  9  douz 

Garnitures  pour  costumes  des  directrices 

Fil  de  coton,  2\  grosses 

"    de  lin,  36  liv 

"    à  ligneul,  11  liv 

Drap  à  tuniques,  5$  verges 

Etoffe  à  doublure,  78$  verges 

Garnitures 

Ouate,  3  ballots 

Galon  à  chaussures,  1  grosse 

Cire,  10  liv 

Droits  de  douanes 

Entrées  de  douanes 

Fret  et  messageries 


cts. 


20  00 

20 

3  00 

4  40 

1  25 

18  96 

3  75 

10  68 

7  50 

69 

105  00 

19  80 

5  00 

70 

89  84 

13  10 

26  64 

5  00 

90 

118  81 

90  56 

6  50 

30  08 

20  99 

3  20 

9  03 

4  37 

180  00 

13  06 

11  97 

48  83 

23  44 

110  00 

5  30 

8  37 

93  00 

7  75 

14  00 

33  34 

53 

42  00 

3  75 

493  72 

376  91 

19  80 

,  3  00 

32  00 

48  00 

10  00 

9  90 

3  68 

11  45 

32  40 

13  00 

17  88 

39  25 

5  05 

15  70 

1  50 

1  00 

19  73 

50 

22  82 

2,790  24 


145 


140 


MIXISTEIÎE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


KINGSTON  —  .S  uite. 


Ordù 

Pommes  tapées,  330  Ibs    , 
fraîches,  2  barils. . , 

Bœuf,  8,407  liv 

Beurre,  1,538$  liv 

Poudre  à  levain,  30  liv. . . . 

Soude  ù  levain,  12  liv 

Fromage,  592  liv 

Raisins  de  Corinthe,  187  liv 
Ami. Ion  de  mais,  80  liv  . 
Légunu  s  en  bottes,  8  doux 

Cannelle,  10  liv 

Clou  de  girofle,  A  liv 

Anis,  £  liv 

Café,  30  liv 

<  teufs,  :mo  doux 

Essences,  2  doui 

Poisson  frais,  l.<>40  liv 

salé,  1  bari] 

Figues,  2,172  liv 

Gingembre,  1 1  liv 

Confitures,  84  liv 

Saindoux,  1,108  liv 

liucades,  è  liv 

Oignons,  87  liv 

Citrons,  19  douz 

Lait,  366  gai 

Moutarde,  16  liv 

Marmelade,  2  liv 

Macaroni,  36  liv 

Menthe,  1  boîte 

Pruneaux,  250  liv 

Potirons,  24  boîtes 

Raisins,  368*  liv 

Sucre  granulé,  900  liv 

Sagou,  1  liv 

Sauge,  4  boîtes 

Tapioca,  50  liv 


Entretien  des  prisonniers. 


Rations. 

Bœuf,  112,  387  liv 

(  )rze  mondée,  3,080  liv 

Bacon,  18,818  liv 

Haricots,  25,600  liv 

Choux,  1,642  liv 

Fleur,  2,778  sacs 

Hareng,  31  barils 

Saindoux,  490  liv 

Lait  écrémé,    76,900    liv 

Mélasse,  531  gai 

Pois,  cassés,  4,325  liv 

Pommes  de  terre,  1,194  cacs.  . 

Poivre,  391  liv 

Conserves  au  vinaigre,  180  gai 

Riz,  1,120  liv 

Avoine  moulue,  30,964  liv 

Sucre,  39,785  liv 

Sel,  fin,  35  barils 

Bel,  gros,  700  liv 

Suif  en  branches,  8  barils 

Vinaigre,  302  gai 

Thé,  1,313  liv 


• 

S   Ct  8 

9  00 

5  00 

498  51 

370  63 

16  20 

24  ' 

76  96 

13  09 

4  80 

8  80 

3  00 

20 

20 

4  20 

69  20 

1  20 

104  00  , 

8  00 

12  39 

1  43 

8  40 

141  04 

15 

6  09 

2  85 

58  56  j 

3  20 

30 

5  40 

10 

13  75 

1  80 

25  80 

39  60 

10 

40 

3  50 

1,518  09 



6,640  37 

62  84 

2,128  61 

719  42 

32  84 

5,712  90 

155  00 

62  95 

192  25 

186  78 

103  25 

1,197  54 

66  47 

80  00 

354  80 

788  88 

1,531  72 

47  25 

3  50 

10  80 

54  36 

210  08 


Entretien  des  prisonniers. — Suite. 

Rations. — Suite. 

Navets,  2,239  liv 

Oignons,  915  liv 

Levain,  314  liv 

Extras  de  Noôl 

Transport  et  voiturage 

Mcins  remise; sur  dépenses 


Vêtements  des  prisonniers. 

Boutons  de  pantalons,  97  grosses 

d'habits,  13î  grosses 

Tavelle,  6  grosses 

Boucles,  12  grosses 

Noir  à  chaussures,  5  gai 

Bottes  en  caoutchouc,  13  paires 

Coton,  1,191  vgs 

Cotonnade,  176  vgs 

Toile,  "duck",  110  vgs 

Denim,  2,053  vgs 

Coton  à  chemises,  3,244  verges 

Agrafes,  m,  11 

Chapeaux  de  paille,  45  douz 

Cuir,  à  semelle,  3,852*  liv 

"    à  empeigne,  379  liv 

"    peaux    de  mouton,  16  liv 

"    peaux  de  mouton,  1  douz 

"    roussâtre,  5  douz 

"    fendu,  113  3-4  pds 

Lacets  de  cuir.  40  grosses 

Toile,  100  vgs 

Moleskine 

Pointes  à  chaussures,  95  liv 

"  "      zinc,  60  liv 

Huile  de  pied  de  bœuf,  20  gai 

Etoffe  pour  prisonniers,  l,693f  vgs.  .  . 

Chevilles  à  chaussures,  5  boiss 

Rivets  à  chaussures,  100  liv 

Cravates  de  laine,  9  douz 

Fil  de  chanvre,  11  liv 

"    à  ligneul,  20  liv 

"    de  coton,  2i  grs 

Broquettes  à  chaussures,  15  liv 

Suif,  25  liv 

Sous-vêtements,  139  douz  de  complets 

Cire  à  chaussures,  5  liv 

Laine  filée 

Fret  et  messageries 

Emballage 

Moins  remise  sur  dépenses 


Hôpital 

Beurre,  283  3-4  liv 

Biscuits,  80*  liv 

Ouate,  2  liv 

Fleur  de  maïs,  80  liv 

Drogues  et  médicaments 

Oeufs,  263  douz 

Essences,  5  douz 


8     cts 

11   20 

9  15 

94  20 

82  48 

201  05 

20,740  69 

97  27 


20,643 

42 

10 

28 

4 

40 

2 

76 

2 

16 

2 

00 

45 

50 

170 

15 

31 

68 

19 

25 

410 

60 

437 

95 

4 

95 

50  47 

930 

48 

162  96 

7 

20 

3 

49 

55  00 

14  78 

36  00 

30  00 

29  62 

4  75 

7 

80 

18  00 

1,227 

22 

5 

25 

15  80 

15  75 

99  90 

16 

00 

11 

50 

2 

25 

2 

00 

780 

50 

50 

566  0( 

19 

17 

8  00 

5,262  07 

41 

69 

5,220  38 


68  70 

8  90 

16 

4  80 

488  00 

52  76 

3  00 


DEPENSES 


147 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 

KINGSTON—  Suite. 


Entretien  des  prisonniers. — Suite. 


Hôpital. — Suite. 


Saindoux,  25  liv 

Citrons,  1  douz 

Graine  de  lin  moulue,  50  liv . 

Lait,  2,058  gai 

Muscade,  liv 

Oranges,  1  douz 

Réparation    de  lunettes 

Sucre,  100  liv 

Tapioca,  290  liv 

Tabac,  165  liv 

Whiskey,  2  gai 

Fret 


Frais  de  libération. 
Mise  en  liberté,    vêtements   et   allocations 

Boutons  de  faux  cols,  2  grosses 

"      de  gilet,  12  grosses 

Bretelles,  11  douz 

Soie  à  boutonnière,  2  liv 

Toile  d'emballage,  447  vgs 

Faux  cols,  3  1-12  douz 

Vêtements,  1  complet — 

Ciment,  1  gai 

Blouses  de  femmes,  5 

Etoffe  à  robe,  30  3-4  vgs 

Flanelle,  union,  60  vgs 

grise,  7  vgs 

Gants,  3  7-12  douz 

Chapeaux  pour  hommes,  9  douz 

"      de  femmes,  5 

Mouchoirs,  10  douz 

Coton  croisé,  160  vgs 

Cuir,  veau  canadien,  269  liv 

"    à  semelle,  250  lbs 

Lacets,  1  grosse 

Chemises,  20£  douz 

Batiste  croisée,  268  vgs 

Bas,  1 2  paires 

Soie  à  boutonnières,  1  liv 

Satinade,  245  vgs 

Cravates,  11  douz 

Tweed,  905  vgs 

Sous-vêtements,  24  douz  de  complets. .  . 

Laine  filée,  6  liv 

Tret  et  messageries 

Billets  de  passage  et  allocations 

Transfèrement 

Enterrements 


3 

18 

15 

1 

00 

329 

44 

30 

30 

1 

00 

4 

40 

20  30 

75 

62 

6 

00 

3 

81 

1,071 

73 

60 

2  76 

13  00 

9  00 

39  05 

2  75 

7  00 

1  25 

12  50 

10  77 

6  90 

88 

10  80 

40  50 

7  50 

6  00 

12  08 

171  60  1 

60  00 

1  35 

63  00 

23  59 

2  40 

8  00 

24  50 

11  00 

253  40 

95  00 

3  00 

1  90 

1,694  80 

2,596  88 

40  25 

24  25 

Dépenses  générales. 
Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau. 

Charbon,  anthracite,  297  194°  tonnes . . . 

"         poussier,  1912  13°  tonnes 

Pétrole,  496  »»  gai 

Verres  de  lampes,  extérieurs,  \  douz. .  . 

"  "  intérieur,  1  douz  

"  lanterne,  1  douz 

Allumettes,  20  boîtes 

Mica 

"      pâte,  1  pinte 

Lampes  électriques,  450 

Mèche  de  lampe,  1  pièce 

"      à  poêle,  4 

Entrées  de  douane 

Droits  de  douane 

Bois  mou,  9  3-4  cordes 

Emballage 

Transport 

Charbons  

Moins  remise 


Entretien  des  édifices. 

Alabastine,  95  liv 

Garniture  d'amiante,  8  sacs 

Aluminum,  4  pds  carrés 

Peinture  d'aluminium,  1  pinte 

Boucles,  24 

Boulons  de  voitures,  1,100 

Robinets,  2  douz 

Feuille  de  cuivre,  4^  liv 

Bronze,  poudre,  4  paquets 

Embranhcements  et  têtes 

Dés,    3 

Briques  à  poêle,  32 

Bouilloire  et  support,  1 

Zincs  à  batterie  électrique,  100 

Supports  et  rosettes,  24 

Couleurs,  assorties,  892  liv 

Cordon  flexible,  100  pieds 

Fontes,  pièces  assorties,  7,136^  lbs.. 

Ciment,  24  barils 

Joints,  1 

"      6 

Isoloirs     porcelaine,  300 

Croix,  6 

Chlorure  de  chaux,  50  liv 

Corde,  CF.,  324  pieds 

Disques,  Jenkins,  72 

Coudes,  11  douz 

Emeri,  3  liv 

Têtes  de  foulons,  4  douz 

Collerettes  6 

Briques  réfractaires,  4,023 

Verre  de  cathédrale,  3  pieds,  *  pouce 

"      à  vitre,  4 

"      boîtes,  25 

Colle  forte,  212  liv 


1,528  59 

4,741  90 

70  59 

4  43 

1  70 
75 

2  46 
4  50 
2  25 

92  00 

1  30 
20 

2  75 
890  52 

39  00 

3  09 
1  10 

14  50 

7,401  63 

4  50 

7,397  13 


6  65 
12  00 

1  60 
1  50 
1  80 

7  84 

18  00 

1  85 
60 

2  40 
39  60 

1  68 

2  24 
21  10 

4  50 
6  00 

47  52 

3  75 
294  59 

48  00 
65 

15  00 
12  90 

6  30 

2  50 

3  56 
10  08 

16  79 
15 

2  00 

15  20 

120  69 

15  95 

1  30 
87  50 

19  08 


us 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


KINGSTON  — Nu  i7e. 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


\)\  l'i  NS]  B  GÉNÉRALES — Suite. 

Entretien  deê  (difices — Suite. 


Tentures  à  ressort,  3  paires. .  , 

"  "        1  douz. . .. 

Boyau,  50  pieds  et  manchons. 

à  incendie,  300  pieds. 

"         raccords,  1  doz 

Fer  en  barres,  5,068  liv 

Tôle  galvanisée,  1,308  liv 

Isoloirs,  taquets,  50 

Laque  brune,  5  gai 

Créosote,  396  gai 

Clefs,  2 


Bois,  chêne,  2,646  pieds 

orme,  6,073  pieds 

pin,  23,595  pieds 

proche,  10,005  pieds 

Blanc  de  plomb,  4,000  liv 

Serrure,  pupitre,  1 

Ca>ienas,  2 

Serrures  à  mortaise 

Ouvrage 

Clous  à  toiture,  30  liv 

"      fil  de  fer,  600  liv 

"       à  river,  15  liv 

Lance,   1 

Huile  bouillie,  1824  gai 

Tampon,  2 

Tuyau  de  plomb,  215  liv 

Poudre  à  polir,  200  liv 

Rivets,  30  liv 

Savon,  buanderie,  12,734  liv  . 

figue,  4,925  liv 

Soude,  21,325  liv 

Sapolio,  54  douz 

Vis  à  bois,  30  grosses 

"    à  tête,  6  douz 

"    d'assemblage,  128 

Acier,  machine,  185  liv 

Douilles,  électriques,  100 

Abat-jour,  9 

"  supports,  36 

Tiges,  24 

Ammoniaque,  100  liv 

Services,  gardien  des  terrains. 

Graines  de  fleur 

"        de  gazon 

Acier,  68  liv 

Tés 


Papier  de  toilette,  30  boîtes 

Térébenthine,  139  gai 

Papier  à  mouches,  2  bottes 

Galon  collant,  37  liv 

Robinets,  2 

Soupape  de  réduction,  1 

"  sphérique,  1 

Vernis,  5  gai 

Câble  en  fil  de  fer,  300  pieds 

Fil  fusible,  4  liv 

"    R.C.,  2,116  .pieds 

"    W.C.,  1,044  pieds 

"    tresse,  50  pieds 

Rondelles,   236 

20  liv 

"  boyau  à  incendie,  3f\  douz. 

"  Weather  strip,"  206  pieds 

Papier  à  tenture,  58  pièces 

bordure,  87  verges 

Droits  de  douane 


45 

1  43 

16  00 

120  00 

23  40 

118  87 

59  40 

1  73 

3  00 
347  20 

20 
105  84 
151  82 
894  66 
225  12 
280  00 

50 

4  60 

2  55 
40 

1  13 
15  90 

59 

75 

114  94 

2  16 
18  28 
40-00 

1  92 

468  40 

253  60 

218  50 

59  40 

4  44 
1  62 
1   18 

5  27 
15  25 

3  02 

1  47 

2  40 
12  50 
90  00 

3  70 
1  74 

9  52 
14  67 

190  33 
136  39 

1  00 
35  78 

89 

65  00 

17  40 

10  00 

12  00 

3  00 

25  04 

7  83 

7  50 

2  50 

1  06 

3  42 

2  27 

10  38 

4  20 
7  93 


DÉPENSES  GÉNÉRALES Suite. 

Entretien  des  édifices — Suite 

Entrées  de  douane 

Voiturage 

Emballage 

Fret  et  messageries 

Moins  remise 


Entretien  des  machines. 


Cuir  pour  courroie,  775  pieds 

Composition  pour  chaudière,  469  liv.  .  . 

Inspection  des  chaudières 

Tubes  de  chaudières,  2,624  pieds 

Réparations  à  chaudières 

Brosses  en  fil  de  fer,  2 

Tampons  de  caoutchouc,  100 

Fontes,  cuivre,  87i  liv 

fer,  2,565  liv 

Argile  réfractaire,  11,142  liv 

Pentures,  1  paire 

Sole  de  fourneauv,  1 

Godets,  2 

Métal  à  anti-friction,  106  liv 

Collerette,  1 

Pièces  forgées,  2 

Grattoirs  pour  tubes,  2 

Nettoyeur  de  tubes 

Briques  réfractaires,  1,000 

Devant  de  fournaise 

Indicateurs  du  niveau  d'eau,  1  douz  . . 

Graisse  à  machines,  215  liv 

Barres  de  grille.  1 

Grille  de  fournaise,  1 

Godets,  6 

Boyau  à  vapeur,  30  pieds 

Cuir  à  lacets,  11  liv 

Main-d'œuvre 

Graisseur,  réparé 

Mica,  3  t  liv 

Huile  à  machine,  223.22  gai 

181.50  gai 

"      à  cylindre,  158  gai 

"      Lepage,  1  pinte 

Garniture  (spirales),  37t*  liv 

™  plombagine,  67  liv 

"  "  rainbow,"  50}  liv 

"  "  garlock,"  46TV  liv 

"  amiante,  15  liv 

"  en  feuille,  5|  liv 

Pyromètre,  réparé 

Poulies,    3 

S.S.,  2 

Plombagine,  5  liv 

Réparations  à  manivelle 

Rivets,  41  liv 

Acier,  5  pcs 

Glissières,  3 

Soude,  8  liv 

Abon.  à  "  Engineering  Review  " 

Nettoyeur  de  tubes,  1 

Soupape  de  contre-pression,  1 

Déchets  de  coton  à  machine,  1,127  liv 

Fil  de  laiton  à  ressort,  20  liv 


50 

75 

2  36 

55  49 


5,175  41 


20 


5,175  21 


277  43 
140  70 
36  68 
512  32 
198  00 
1  60 

5  82 
34  90 
90  61 
66  85 

70 
10  64 

1  30 
26  50 

2  64 
4  00 

3  90 

19  85 
30  00 

12  00 

1  86 
17  20 
87  50 

95 

6  10 
10  20 

8  25 
78  75 

2  85 

7  00 
82  65 
45  39 
47  45 

90 
26  39 
23  45 
40  40 
28  65 

6  75 

4  60 

3  50 

13  05 

20  48 
1  25 

45 
3  90 

8  00 
40  00 

78 

7  25 
1  40 

19  80 
114  56 

8  00 


DEPEXSES 


14$ 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 


KINGSTON—  Su  de. 


DÉPENSES  GÉNÉRALES Cont. 

Entretien  des  édifices — Con^. 

Droits  de  douane 

Entrées  de  douane 

Transport 


Chapelles. 

Bougies,  18  liv 

Charbon  de  bois,  2  boîtes... 

Entretien  de  chapelle 

Catéchismes,  2  douz 

Livres  de  chant,  2  douz 

Chapelets,  5  douz 

Lampions,  12  boîtes 

Cierges,  3  boîtes 

Huile  d'olive,  2  gai 

Scapulaires,  5  douz 

Livres  de  prières,  7  douz. . . , 

Encens,  1  boîte 

Papier  de  musique,  3  mains 
Emoluments  des  organistes . 

Vin  de  messe 

Décorations 

Transport 


Ecoles. 

Cahiers,  3  douz 

Ardoises,  £  douz 

Crayons,  2  boîtes 


Bibliothèque. 
Abonn.  à  journaux  et  magazines. 


Dépenses  de  bureau. 

Cadrans  d'horloges,  4  boîtes 

Primes  sur  cautionnement  des  officiers 

Réparations  de  dactylographe 

Compte  de  papeterie 

Compte  d'impressions 

' 'Guide  de  l'acheteur" 

Encre,  noire,,  15  gai 

rouge,  3  douz 

Télégrammes 

Timbres-poste 

Cammunications  téléphoniques , 

longue  distance 

Emballage 

Transport 


28 

20 

50 

4 

36 

2,279 

21 

9 

00 

60 

31 

00 

1 

00 

14 

40 

6  00 

1 

20 

75 

6 

00 

3 

00 

24 

72 

1 

00 

80 

50  00 

4 

00 

1 

00 

90 

155 

37 

4 

80 

36 

34 

5 

50 

75 

55 

16 

00 

24 

00 

9  00 

268 

73 

373 

50 

5  00 

19 

50 

2 

25 

19 

94 

160 

00 

193 

00 

18  65 

2 

50 

30 

42 

1,142 

49 

Industries. 

Ferme. 

Brosses  à  cheval,  2  douz 

8on,  i  tonne 

Brosse  pour  la  glace 

Poudres  de  condition,  10 

Vernis  à  harnais,  6  pintes 

Cheval,  1 

Couverte  de  cheval,  1 

Houes,  6 

Réparations  à  instruments  aratoires 

Engrais 

Fourches  à  engrais,  i  douz 

Presser  de  la  paille 

Socs  de  charrue,  20 

Vert  de  Paris,  50  liv 

Potasse,  2  liv 

Râteaux,  £  douz 

Graines,  assorties 

Services  de  vétérinaire 

Battage  de  grain 

Pesage  de  porcs 

Transport 

Emballage 


Ateliers. 

Alênes,  assorties 

Haches,  6 

Acide  oxalique,  2  liv 

Essieux 

Herminettes,   2 

Alun 

Benzine,  15  gai 

Galon  d  or,  48  vgs 

Pinceaux,  à  badigeon,  3  douz 

"  plats,  1  douz 

"  à  vernis,  2  douz 

Brosses  à  tubes,  1 

Pinceau  à  découper 

Blanchissoirs,  1  douz 

Outils  de  vitriers,  1  douz 

Boutons  de  culottes,  12  grosses.  .. 

Boutons  dorés,  18i  douz 

Drap  de  castor,  221t  vgs   

Boucles,  2  douz 

"  à  gilet,  1  grosse 

"  à  ceinture,  1  grosse.  . . . 

Boutons,  assortis,  8  grosses 

Carton  de  Bristol,  934  feuilles .... 

Bleu  à  laver,  35  liv 

Borax,  90  liv 

Bottes,  3  paires 

Millet  à  balais,  11  ballots 

Poulies,    doubles,  6 

"        simples,  3 

"        et  palan,  1 

Soufflet,  1 

Cire,  10  liv 

Soies  de  cochon,  1  liv 

Bronze,  3  paquets 

Charbon,  2  tonnes 

"  poussier,  2,07916M  tonnes 
Couleurs,  37  liv 


5 

43 

12 

75 

1 

00 

1 

50 

3 

00 

140  00 

2 

50 

2  00 

11 

25 

5 

45 

7 

40 

17 

19 

5 

10 

17 

50 

20 

2 

40 

102 

78 

30 

25 

85  00 

1 

85 

70 

40 

455  65 


8  95 

4  50 

20 

2  13 

4  00 

10 

4  50 

12  00 

25  20 

8  40 

6  60 

1   20 

55 

8  40 

1  98 

1  08 
48  82 

608  10 
17 

2  10 
6  00 
4  17 

18  68 
4  90 

3  60 
2  25 

168  90 
15  30 

2  30 

12  00 
75 

3  50 
6  50 

45 

13  84 
,157  79 

6  65 


150 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


KINGSTON— Suite. 


Industries — Suite. 


Ateliers — Suite. 


Fontes,  cuivre,  lôMiv 

bronze,  2  liv 

■      malléable,  3,234  liv 

"      fer,  1,003  liv 

Craie,  pour  tailleurs,  12  boîtes 

an  morceaux,  20  lbs 

Compas,  1  doux 

Renards,  2  douz 

Carton,  300  feuilles 

Liquide  pour  nettoyer  métaux 

Ciment,  cuir,  2  douz 

Nettoyage  de  puits 

Coton  à  fromage,  109  vgs 

Charbon  de  bois,  75  boise 

Toile.  300  Vga 

Chaîne,  39  liv 

38  liv 

Ressorts  en  spirale,  5 

Forets,  assortis.  104 

Mandrin,  1 

Coton,  croisé,  514  vgs 

Toile,  54£  vgs 

Etouffoir,  1 

Teintures  '  '  Diamond",  2  paquets 

Bâtons  d'émeri,  1  grosse 

Fleur  d'émeri,  654  liv 

Roues  d'émeri,  18 

Rouleaux  d'émeri,  3  douz 

Œillets,  18 

Limes,  assortis,  15  douz 

Fusée 

Viroles,  165  lbs 

Attaches,  8  douz 

Flanelle,  290  vgs 

Gazoline,  45  gai 

Glycérine,  2£  liv 

Meule  à  aiguiser,  220  liv 

Verre,  vitres,  4 

Colle,  212  liv 

Galon  à  chaussures,  1  grosse 

Glycérine,  2  liv 

Marteaux,  de  cordonniers,  1  douz.  . . . 
Manches  d'alênes,  5  douz 

"        de  marteau  de  forge,  31  douz. 

"        de  pioches,  7  douz 

"        de  haches,  1  douz 

de  marteaux,  6  douz 

"        de  balais,  1,350 

"        de  pelles,  2  douz 

Fers  à  cheval,  300  liv 

Lames  de  planes,  %  gr 

Polissoirs  de  talons,  1  jeu 

Chapeaux  de  feutre,  98 

Mouchoirs  de  soie,  9^  douz 

Manchons  pour  boyau  à  incendie,  1 .  . 

Ardasse  1  liv 

Toile  de  Hollande,  97  3-4  vgr 

Tissu  de  crin,    50Î  vgs 

Fer,  assorti,  8,057  liv 

"    étamé,  488  liv 

Tôle  galvanisée,  184  liv 

Fer  forgé,  4,974  liv 

"    de  Russie,  544  liv 

Encre  à  brunir,  5  gai 

à  jointoiement,  6  liv 

Drap  italien,  76  liv 

Couteaux,  cordonnerie,  2  douz 

1  douz 


S  cts. 

6  20 

80 

247  14 

55  16 

3  84 

30 

2  00 

2  50 

6  00 

4  50 

1  80 

1  00 

4  36 

13  50 

46  50 

1  50 

3  46 

6  25 

23  07 

10  00 

51  40 

8  17 

15 

20 

1  65 

37  75 

80  36 

15  84 

4  14 

23  84 

9  00 

66  00 

80 

145  00 

13  50 

50 

4  40 

1  00 

19  08 

1  50 

40 

4  50 

2  30 

69  75 

25  40 

4  25 

5  62 

30  37 

7  56 

13  50 

2  25 

1  50 

98  00 

109  00 

25 

5  00 

16  62 

13  64 

210  09 

58  56 

8  19 

106  94 

75  50 

2  00 

2  40 

39  90 

2  80 

2  00 

Industries — Suite. 
Ateliers — Suite. 


Rainettes  de  maréchal- ferrant,  3. . . . 

Couteaux  de  boucher,  1 

Poignées,  1  grosse 

Doublure,  pour  manches,  62  vgs 

"        pour  habits,  120  3-4  vgs. . . 

Drap  italien,  128  3-4  vgs 

Cuir  à  trépointe,  51  liv 

"    Dongola,  27*  pds 

"    veau  (box)  94  3-4  liv 

"    à  lacets,  8i  lbs 

"    à  empeignes,  102  liv 

"    peaux  de  mouton,  1  douz 

"    canadien  (Kip),  60  liv 

"    à  brides,  36  liv 

"    veau  français,  126  liv 

"    grenelé,  21 H  liv 

"    à  courroie,  77i  pds 

"    à  semelle,  500  liv 

"    à  harnais,  54  liv 

"    veau  canadien,  67  liv 

Lacets  de  lin,  5  grosses 

Bois,  chêne,  1,654  pieds 

"      tilleul,  1,857  pds 

pin,  4,040  pds 

"      noyer  dur,  396  pds 

"       frêne,  490  pds 

"      orme,  815  pds 

Tondeuse,  réparations 

Barreaux  de  fer  pour  échelles,  6. .  .    . 

Noir  de  fumée,  10  liv 

Lignes  pour  maçons,  1  douz 

Galons-mesures,  2  douz 

Maillets,  2  douz 

Alcool  méthylique,  1  pinte 

Clous,  fil  de  fer,  3  barils 

"      à  ferrer  chevaux,  35  liv 

"      rivets,  10  liv 

"      à  chaussures,  50  liv 

"      à  finir,  18  lbs 

Pinces  coupantes,  2  paires 

Aiguilles,  210  papiers 

"        à  machine,  35  douz 

"        à  tricoter,  machine,  288  douz 

Noix  ex.,  10  liv 

Huile  cubaine,  6  pintes 

Huile  de  blanc  de  baleine,  1  gai 

Poudre  à  miner,  4  barils 

Papier  à  impressions,  93  rames 

manille,  6  rouleaux 

125  liv 

"      sablé,  1  rame 

Tubes  emporte-pièce,  £  gr 

Pignons,  2 

1 

Crayons  de  charpentiers,  2  douz 

Ceinture,  1 

Pincesr,  2  paires 

Fers  de  varlope,  i  douz 

Pioches,  pour  glaise,  i  douz 

Plâtre  de  Paris,  1  baril 

Bourrure,  35  vgs 

Machine  à  rhabillage   1  : 

Epingles,  4  douz 

Rivets,  598  liv 

"      étamés,  4  lbs 

Râpes  de  maréchal,  i  douz 


89 

2  0( 

55 

11 

78 

27 

77 

64 

37 

21 

42 

8  09 

28 

43 

6 

19 

43 

80 

5 

51 

39 

00 

15 

12 

118 

44 

30 

62 

17 

77 

120 

00 

16 

20 

20 

10 

2 

50 

66 

56 

46 

42 

119 

63 

39 

60 

39 

60 

14 

70 

20  37 

60 

1 

20 

1 

10 

90 

1 

38 

27 

00 

38 

9 

05 

3 

95 

50 

4 

10 

1 

39 

3 

10 

5 

25 

7 

00 

4 

32 

1 

20 

5 

10 

2 

00 

9 

20 

240 

96 

19  08 

3 

75 

4 

65 

90 

50 

10 

1 

72 

60 

1 

00 

1 

61 

2 

50 

2 

25 

12 

25 

35  00 

1 

80 

29 

46 

70 

3 

13 

DEPENSES 


151 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


KINGSTON—  Suite. 


Industries — Su  ite. 


Ateliers — Suite. 


Râpes,  cordonnerie,  3  douz 

Pieds  de-roi,  2  douz 

Tissu  caoutchouté,  2  liv 

Acier,  barrière,  64,631  liv 

"       Diamond,  47  liv 

à  outils,  216  liv 

à  machine,  811  liv 

"      à  6  pans,  283  liv 

à  lien,  70  liv I 

laminé,  464  liv 

tige,  150  liv 

à  bandages,  116  liv 

"       oct,  633  liv 

Vis,  à  bois,  10  grosses 

"   de  pression,  185 

Vis,  machine 

Ecopes,  3  3-4  douz 

Empois,  43  liv 

Eponges,  2  douz 

Soie  à  boutonnière,  3  liv 

"      à  machine,  3  liv 

à  coudre,  2  liv 

Rouets  de  poulie,  2 

Pelles,  2  douz 

Crampes,    15  liv 

Lame 

Couteau,  machine  à  fendre,  1 

Cisailles 

Chaussettes,  9  douz 

Graisseurs 

Machine  à  coudre,  parties  de 

Scies 

Abonnement  à  journaux  industriels  . . 

Encollage,  (or)  1  chopine 

Batiste  croisée,  64  vgs 

Galon,  2  grosses 

Broquettes,  cuivre,  1,000 

"         coupées,  60i  paquets 

"         à  chaussures,  40  liv 

Truelles  à  jointoiement,  14  

Fil  coton,  3  grosses 

"     chanvre,  48  liv 

"     à  ligneul,  6  liv 

Térébenthine,  43  gai 

Tarauds,  à  main,  1  jeu 

Fer-blanc,  IXX,  7  boîtes 

Etain,  saumon,  59  liv 

Ferblanc,  Canada,  8  boîtes 

Etain,  28^  liv 

Table  pour  machine  à  forer 

Caractères  d'imp,  10  liv 

Ficelle,  à  balais,  51  liv 

Etoupe  filée,  627  liv 

Thermomètres,  2 

Galon,  1  grosse 

Crampons,  2  boîtes 

Etoffe,  277  vgs • 

Ués,  30 

Ficelle,  3  pelottes 

Robinets,  3 

Suif,  25  liv 

Vernis,  5£  gai 

Cire  à  chaussures,  20  liv 

Fil  de  fer,  355i  liv 

"  à  balais,  123  liv 

Tissu  de  fil  de  fer,  1 25  vgs 

Fil  d'acier,  à  ressorts,  1,838  liv 

de  cuivre,  1 13  1  iv 


7  05 

8  80 

2  50 

512  85 

6  58 

34  86 

23  47 

40  19 

2  10 

14  95 

5  25 

3  19 

88  62 

1  38 

2  26 

1  66 

40  50 

3  44 

80 

17  00 

24  00 

16  00 

5  20 

14  40 

2  25 

5  50 

2  75 

2  50 

27  00 

1  20 

18  95 

1  70 

19  40 

30 

16  00 

92 

75 

1  31 

6  00 

5  60 

15  30 

44  00 

4  80 

42  14 

2  33 

45  50 

26  89 

23  45 

12  83 

15  00 

5  14 

11  16 

114  60 

70 

45 

4  00 

193  90 

60 

24 

75 

2  13 

11  50 

2  00 

9  63 

8  54 

2  50 

141  77 

9  61 

iNDUSTRIKb — Suite. 
Ateliers — Suite. 

Fil  de  fer,  bobine 

"  à  tuyau 

"  à  tamis 

Clef  anglaise,  1 

parties 

Soudure,  75  liv 

Mèches,  lampe,  4  douz 

Roues,  parties  de 

Rondelles  de  fer,  50  liv 

Roulettes,  6 

Bois  de  chauffage,  21  cordes. 

Ouate,  2  ballots 

Entrées  de  douane 

Droits  de  douane 

Emballage 

Transport 

Moins  remise 


Ficelle  d'engerbage. 


Annonces  dans  journaux 

Tabliers,  caoutchouc,  4 

Sacs  à  ficelle,  13,027 

Anneaux  pour  machine  à  pelotonner,  8 

9  7-8    liv 

Courroie,  178+  pds 

Agrafes  pour  courroies,  100 

Attaches  pour  courroies,  200 

Réparations  à  courroies, 

Charbon,  poussier  631  1320  tonnes 

Alluchons,  15 

Fontes,  poulies,  518  liv 

Volant  pour  machine 

Dégras,  2,088  liv 

Echange •. 

Engrenages,  5 

Roues  d  engrenage,  1 

Poulies  d'engrenage,  12 

Graisse,  25  liv 

Chanvre  de  Manille,  515,276  liv 

Agave,   137,944  liv 

Ciseaux,  12 

Couteaux  de  bouchers,  *  douz 

Machine,  parties  de 

Huile,  lourde,  23 H  gai 

"      à  cordage,  10,079  gai 

"      à  machine,  41  gai 

82  gai 

Papier,  3,360  liv 

Alluchons  de  poulies,   15 

Poulies  d'assemblage,  2 

Timbres-poste 

Eponge,  graisse  10  liv 

Chapes  de  poulie,  2 

Bouchons  à  vis,  2  douz 

Boulons  de  voiture,  1  douz 

Tendeur  à  vis 

Bobines,  264 

Télégrammes 

Frais  de  voyage 

Clous  à  coffre 


05 

35 

1 

39 

1 

85 

5 

80 

7 

50 

20 

4 

85 

2 

66 

60 

94 

50 

10 

50 

1 

25 

217 

54 

1 

50 

294 

85 

15,763 

56 

32 

14 

15,731 


39 


14  24 

40  09 

956  95 

9  75 

7  41 
187  86 

5  50 

5  40 

9  00 

.778  12 

1  50 
25  90 

245  00 
66  39 

2  95 
50 

5  15 

3  00 
5  00 

,334  50 

,466  03 

72  00 

2  07 

8  64 
32  91 

,089  86 
10  25 

20  48 
95  76 

3  75 
5  00 

90  00 

90 

2  00 

72 

48 

,050  00 

21  12 
81  85 

286  80 
51 


152 


MIXISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


KINGSTON— Suite. 


Industries — Suite. 

Ficelle  d'engerbage — Suite. 

Droits  de  douane 

Entrées  de  douane 

Transport 


Matériel. 

Fournitures. 

Coton  croisé,  2,329  verges. . 

Lit  et  sommier 

Couvertures,  laine,  200  .... 
Feutre,  1,500  pieds  carrés.. 
Savon  de  Marseille,  3,632  liv 

Savon  à  barbe,  30  liv 

Toile  à  nappe,  5  verges 

S?rviettes  de  table,  2  douz . . 

Coutil,  321J  verges 

Toile  à  châssis,  6§  verges... 
Transport 


Ustensiles  et  véhicules. 

Munitions,  2,300  cartoucnes 

Brosses  à  évier,  10  douz 

Blaireaux  de  barbiers,  1  douz 

Brosses  à  ongles,  12  douz 

Vaisselle 

Epingles  à  linge,  6  douz 

Horloges,  réparées 

Ressorts  de  tondeuse 

Entonnoir  en  verre,  1 

Robinets,  2 

Poêle  à  frire,  1 

Pots  pour  fleurs 

Lunettes 

Tondeuses,   2 

"  parties  de , 

Niveau , 

Pots,  10*  douz 

Souricières,  1J  douz , 

Four  à  cuire,  parties  de 

Boyau  à  incendie  et  accessoires,  150  pds 

Bouilloires,  3 

Couteaux  de  boucher,  8 

"'  de  cuisine,  1 

"  à  peler  et  protecteurs 

Cadenas,  1  douz 

Assiettes 

Couteaux  à  peler  pommes  de  terre,  13. .  . 

Rasoirs,  réparés,  10 

■  de  sûreté,  1 

Carabines,  4 

Piège  à  rats,   1 

Fourneau  de  cuisine,  1 


218  00 

4  25 

3,038  99 

57,306  58 

279  48 

6  50 

405  00 

82  50 

306  60 

10  50 

2  45 

4  00 

62  75 

4  43 

6  71 

1,170  92 

| 

26  40 

3  00 

2  31 

3  60 

11  75 

25 

3  85 

84 

15 

95 

35 

20  29 

2  40 

15  00 

70 

3  75 

15  80 

94 

6  80 

31  35 

3  25 

3  58 

1  25 

4  20 

6  00 

72 

8  25 

2  50 

1  75 

102  00 

15 

138  00 

Matériel — Suite. 


Ustensiles  et  véhicules — Suite. 


Cuillers  de  table,  1  grosse. 

Robe  de  traîneau,  1 

Indicateur  de  vitesse,  1 . . 

Thermomètres,  4 

Baril  à  vinaigre,  1 

Voitures,  parties  de 

Planches  à  laver 

Droits  de  douane 

Entrées  de  douane 

Transport 


Terrains  et  édifices. 


Boulons,  machine,  1  grosse 

"         chaîne,  9  douz 

Ciment,  128  barils 

Fonte,  2,636  liv 

Vitres,  22  boîtes , 

Pentures,  30  douz , 

Fer,  1,999  liv 

Bois  de  charpente,  5,687  pieds...  , 

Plomb  en  saumon,  4,657  liv , 

Main-d'oeuvre,  32  heures 

Poteaux  de  cèdre,  100 

Piquets,  1,000 

Mastic,  908  liv 

Rivets,  80  liv 

Vis,  machine,  3  grosses 

"    pour  bois,  20  grosses 

Sable,  168§  verges 

Crampes,  100  liv 

Poulies  à  cnâssis,  18  douz 

Corde  à  châssis,  40  liv 

Acier,  3,788  liv 

Tissu  de  fil  de  fer,  35  pieds  carrés. 

Fil  de  fer  à  clôtures,  635  liv 

Transport 

Voiturage 


Divers. 

Annonces  dans  journaux. 

Dépenses  de  voyage — 
Personnel  du  pénitencier 
Personnel  du  ministère.. 


Dépense   spéciale. 
Exercice  de  tir,  carabine  et  revolver  (prix) 


3 

50 

10 

00 

3 

00 

70 

2 

25 

33 

98 

75 

5 

60 

50 

9 

79 

492 

20 

1  75 
22  50 

256  00 

105  36 

79  20 

29  70 

45  98 

902  92 

260  79 

8  00 
20  00 

17  28 
16  34 

5  15 
4  05 
3  12 

189  06 
3  25 

6  30 
14  00 

119  32 

2  45 

18  42 
2  60 

9  45 


2,142  99 


328  05 


124  55 
250  00 


702  60 


50  00 


202,487  99 


DEPENSES 


153 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


J\lINUttlUJN. 

RÉCAPITULATION. 

Personnel — 

$ 

74,299 
4,308 

cts. 

93 
33 

$     cts 

78,608  26 

Entretien  des  prisonniers — 

20,643 
6,292 

42 
11 

26,935  53 

Frais  de  libération  — 

Vêtements  et  allocations 

2,596 
64 

88 
50 

2,661  38 

Dépenses  générales — 

7,397  13 

7,454  42 

236  42 

1,142  49 

Dépenses  de  bureaux _ 

16,230  46 

Industries — 

455  65 
15,731  42 
57,306  58 

Ficelle  d'engerbage 

73,493  65 

Matériel — 

1,170 

492 

2,142 

92 
20 
99 

Utensiles  et  véhicules 

3,806  11 

Divers — 

Annonces  de  journaux  et  frais  de  voyage 
Dépense  spéciales 

702 
50 

60 
00 

752  60 

Total 

202  487  99 

131 


MIXISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  Vil,  A.   1203 


8T- VINCENT-DE-PAUL. 


Personnel. 


Appointements. 


Directeur,  1  an 

M     l.'cin,   1  an 

Comptable,  1  an 

Aumôniers,  2  à  $1,200,  1  an 

Mécaniciens,  1  à  SI. 000,  10  mois 

Econome  et  boulanger,  1  an 

Commis  du  directeur,  etc.,  1  an 

Aide  de  l'économe,  1  an 

Garde  magasin,  10  28-30  mois 

Aide-garde  magasin,  1  an 

Surveillant  de  l'hôpital,  etc.,  1  an 

Electricien,  1  an 

Chauffeurs,  2,  1  an,  moins  dédeutions. . 

Messager,  1  an 

Garde-barriere,  et  armurier,  1  an 

1er  instructeur  de  métiers,  1  an 

Instructeurs  de  métiers,  8  à  800 

périodes  interromp. . 

Gardiens  d'écurie,  2  à  $600 

Sous-directeur,  1  an 

Geôlier  en  chef,  1  an 

1er  gardien,  1  an 

Gardiens,  7  à  $700,  1  an 

Gardiens,  5  à  $650,  1  an 

là  $650  moins  déduct 

Gardes,  23  à  $600.,  1  an 

"       10  à  $600,  périodes  interrompues 
Gardes  temporaires,  3  à  $500  périodes  ..  j 


Total. 


Allocations  de  retraite. 
N.  Charbonneau 


Uniformes. 


Benzine,  £  gai 

Boutons  dorés,  10  grosses 

"  à  pantalons,  6  grosses 

"  habits,  3  grosses 

Boucles,  6  grosses 

Bougran,  10  vgs 

Soie  à  boutonnières,  2  liv 

Insignes  de  casquettes,  16  douz 

Coton,  300  vgs 

Coton,  200  vgs 

Couronnes,  2  seulement 

Croix,  dorées,  2  seulement 

Toile,  202*  vgs 

Noir  à  chaussures,  1  gai 

Toile  brune,  146i  vgs 

Feutre,  3  vgs 

Ratine,  103V  vgs 

Sitinade,  1 19  vgs 

Gants,  12  paires 

Soutache,  1 2  vgs 

Loup  marin,  18  peaux 

Agrafes,  8  m 

Ardasse  4  liv 

Talons  et  semelles,  caoutchouc,  1  pr. 

Drap  italien,  94£  vgs 

Toile,  92V  vgs 

Cuir  à  semelles,  300  liv 

trépointe,  37   liv 


S  cts. 


2,400  00 
1.600  00 


1  ,*vv   uu 
2,400  00 

S33  32 

1 ,000  00 

1,000  00 

700  00 

759  68 

700  00 

900  00 

800  00 

1,172  42 

600  00 

700  00 

1,000  00 

6,400 

760  00 

1,200  00 

1,500  00 

1,200  00 

800  00 

4,900  00 

3,250  00 

647  25 

13,800  00 

3,838  17 

746  44 

57,007  28 

2,631  92 

20 

24  28 

60 

9  90 

90 

2  00 

9  60 

32  93 

12  00 

23  00 

1  83 

1  50 

43  84 

75 

73  13 

1  65 

103  25 

53  55 

15  00 

4  20 

99  00 

3  60 

20  00 

1  10 

39  22 

14  76 

72  00 

15  54 

Personnel. — Suite. 
Uniformes. — Suite. 


Cuir  à  empeignes,  41 A  liv 

"      Dongola,  30i  liv 

Dongola  18  3-4  pds 

veau  canadien,  28*  pieds . 

veau  canadien,  149|  lbs. . 

Mouton  de  Perse.  3  peaux 

Mitaines,  62  paires 

Etoiles,  4  seulement 

Batiste  à  manches,  124|  vgs. . . 
Batiste  croisée  noire,  164*.  vgs. 

Noir  à  chaussures,  4  gai 

Vernis  à  chaussures,  2  gai 

Agrafes,  1  douz 

Serge,  449  vgs 

Ceintures,  6  douz 

Soie  à  boutonnière,  2  3-4  liv. . . 

Fil  de  chanvre,  10  liv 

Soie  à  machine  à  coudre,  6  liv. 

Ouate,  1,200  vgs 

Ganse  à  chaussures,  7  pouces .  . 

Tasse,  1  seulement 

Transport 


Ordinaire. 

Pommes  tapées,  100  liv. .  . 

Soude  à  levain,  30  liv 

Soude  à  levain,  1  boîte 

Beurre,  818  liv 

Bœuf,  3,112  lbs 

Poudre  à  levain,  9  liv 

Clou  de  girofle,  5  liv 

Raisins  de  Corinthe,  10  liv 

Blé  dTnde,  sec,  40  liv 

Curry,  5  liv 

Essence  de  citron,  1  lb . . . . 
"  de  vanille,  lb 

Œufs,  248  douz 

Poisson,  désossé,  112  liv... 

"        morue,  222  liv 

"        merluche,  264|  liv, 

Gingembre  moulu,  10  liv.. 

Moutarde,  4  pots 

Mouton,  100  liv 

Lait,  210  gai 

Muscade,  1  liv 

Raisins,  140  liv 


Entretien  des  prisonniers. 

Rations. 

Pommes  (extras  de  Noël) 

Orge  mondée,  12  sacs 

Haricots,  1 1 ,530  liv 

Bœuf,  55,195  liv 

Carottes,  10  1-3  boiss 

Poisson  désossé,  140  liv 

Fleur,  2,060  sacs 

Saindoux,  2,51 2  liv 

Mouton,  872  liv 

Mélasse,  1,805  gai 


20 

75 

9 

83 

7 

50 

11 

40 

94 

00 

30  00 

62 

00 

3 

80 

12 

27 

11 

93 

1 

60 

1 

50 

15 

578 

91 

5 

76 

16 

50 

22  00 

28 

80 

21 

00 

2 

10 

25 

10 

40 

1,631 

78 

10 

00 

90 

05 

212 

68 

174 

27 

1 

60 

1 

10 

75 

1 

60 

2 

50 

1 

10 

90 

67 

00 

7 

56 

14  31 

18 

50 

2 

15 

2  88 

6 

00 

42 

28 

30 

11 

20 

579 

63 

26  25 

28  80 

336  90 

3,090  91 

7  75 

9  45 

4,354  00 

314  01 

40  32 

577  60 


DEPENSES 


155 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


sT-viNCENT-nn-PAtL — Suite. 


Rations. — Suite. 

Lait,  (extras  de  Noël),  10  gai 

Avoine  moulue,  3,870  liv 

Oignons,  770  liv 

Poivre  blanc,  500  liv 

Pommes  de  terre,  17  030  liv. 

Lard,  82  barils 

Riz,  2,000  liv 

Sel,  gros,  17,900  liv 

Pois  cassés,  5,880  liv 

Sucre,  7,138  liv 

Navets,  24  saes 

Thé,  1,222  liv 

Vinaigre,  21 ,640  gai 

Levain,  208  liv 

Transport 

Moins  remise 


Y  déments  des  prisonniers. 


Boucles,  vernies,  1  grosse 

Boutons,  agate,  22  grosses 

de  corne,  blancs,  30  grosses. 

à  pantalons,  54  grosses 

"        pour  habits,  24  grosses 

Coton,  220  vgs 

Drap  à  carreaux,  1,557*    vgs 

Cachemire,  vg 

Denim.  4,383  vgs 

Flanellette,  250  vgs 

Chapeaux  de  paille,  40  douz 

Cariset,  438*  vgs 

Cuir  à  empeignes,  55  liv 

mouton,  162  liv 

veau  canadien,  307  liv 

vache  fendue,  333  liv 

à  semelles,  3084,  liv 

à  t répointe,  90  liv 

marsouin,  35i  liv 

Clous  de  fer,  90  liv 

hongrois,  65  liv 

Huile  de  pied  de  bœuf,  20  gai 

Chevilles  à  chaussures,  3  toiss 

Rivets,  65  liv 

Coton  rayé,  à  chemises,  1,32H  vgs.. 

Galon,  12  grosses 

Broquettes,  à  chaussures,  15  liv. . . . 

Fil  àligneul,  72  liv 

"    de  chanvre,  48  liv 

de  coton,  16  grosses 

Sous-vêtements,  127  douz 

Cire  à  chaussures,  20  liv 

Laine  filée,  600  liv 

Droits  de  douane 

Emballage 

Transport 


2  00 

106 

43 

23 

10 

115 

00 

234 

16 

1,927 

00 

64  00 

98 

45 

161 

70 

249 

84 

23 

40 

179 

52 

51 

51 

62 

40 

13 

79 

12,098 

29 

48  63 

12,049 

66 

Moins  remise  (dimin) 


1 

32  i 

2 

20 

4 

50  1 

5 

40  ; 

9 

60 

8 

80 

1,413 

43  i 

26  ; 

918  83  i 

37 

50 

48  00 

87 

50 

260 

85 

72 

90 

205 

69 

89  91 

740 

16 

37 

80 

52 

88 

4  95 

6  50 

18  00 

3 

15 

5 

20 

171 

76 

4 

80  ! 

2 

25 

57 

60 

15 

84 

61 

92 

571 

50 

2 

40 

300  00 

3 

50 

3 

20 

12  72 

5,242  82 

890 

79 

4,352  03 

Entretien  des  prisonniers. 

Mc'cicaments    et    réconfortants. 

Pommes,  1  sac 

Biscuits  (soude),  3  boîtes 

Bananes 

Poudre  à  levain,  5  liv 

Beurre,  942  liv 

Cacao,  3  hoîtes 

Café,  50  liv 

Fleur  de  maïs,  3  lbs 

Raisins  de  Corinthe,  3  liv 

Drogues  diverses 9 

Œufs,  61  douz 

Citrons,  1  douz 

Alcool  méthylique,  5  gai 

Lait,  764*  gai 

Muscade,  5  liv 

Oranges,  1  douz 

Services  professionnels 

Raisins,  6  liv 

Lunettes,  spéciales,  1  paire 

Epices,  5  paquets 

Vin  de  Xérès,  1  gai 

Tabac,  86  liv 

Tomates,  7  boîtes 

Tapioca,  2  liv 

Bandage,  1 

Transport 


Vêtements    et  allocations  de  mise   en 
liberté. 

Frais  de  transport  et  allocations  (168). 

Bretelles,  1  grosse 

Boucles,  12  grosses 

Coton,  132  vgs 

Coton  croisé,  101  vgs 

Toile  française,  300  vgs 

Œillets,  30  m 

Satinade,  426  vgs 

Flanelle,  1,292  vgs 

Gants,  5  douz  paires 

Mouchoirs,  12  douz 

Chapeaux  de  feutre,  18  douz 

Cuir,  buffle,  244*  liv 

104*  liv 

"    à  semelle,  300  liv 

Doublure,  309*  vgs 

Rivets  d'acier,  50  liv 

Cravates,  12  douz 

Tweed,  877  vgs 

Fil  à  machine,  15  liv 

Ouate,  1  ballot 

Transport 


1    25 


20 

1 

25 

244 

92 

20 

12 

50 

30 

44 

349 

13 

15 

40 

30 

10 

50 

152 

91 

1 

50 

20 

35 

00 

78 

5 

00 

25 

4  00 

38  71 

88 

20 

44 

15 

67 

892 

83 

Tran8Jèrements. 


Dépenses  pour  transport  (6). 
Fret  et  messageries 


1,078  75 

13  20 

1  80 

5  28 

11  61 
23  25 

6  60 
46  86 

142  12 

12  50 
4  80 

76  50 

39  12 

16  68 

72  00 

30  56 

4  00 

13  20 
236  79 

13  50 

5  25 
1  00 

1,855  37 


157  00 
2  20 


159  20 


lot) 


MIXISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ST.  VINCENT-DE-PAUL— Suite. 


DÉPENSES  GÉNÉRALES. 

Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau 

Brûleurs,  lampe,  2  douz 

Douilles,  125 

Batteries,  parties  de 

Bois  de  chauffage,  132 i  cordes , 

Charbon,  poussier,  3,922,440  liv 

dur,  1871312  tonnes 

Pétrole,  140  gai 

Charbons,  ronds,  12 

"  électro,  500 

Supports  pour  charbons,  arc,  12.  .  .  . 

Lampes  électriques,  6 

612 

Globes,  intérieur,  216 

Fil  conducteur,  3T\?  liv 

Bobines  de  résistance,  6 

Boîtes,  etc 

Transport 

Moins  remise 


Entretien  des  édifices. 

Acide  muriatique,  50  liv 

Supports,  6 

Bronze,   2  liv 

Cuivre,  1  liv 

Bronze  liquide,  i  gai 

Briques    réfractaires,  7,000 

Bouts,  1$  doz 

Targettes,  5  doz 

Boulons,  4,000 

"  à  bandages,  100 

Raccords,  8 

Borax,  200  liv 

Métal  à  anti-friction,  100  liv 

Têtes  de  tuyau  d'embranchement,  4. 

Bol  de  cabinet,  1 

Fontes,  2,916  liv 

Siège  et  couvercle  cabinet,  1 

Ciment,  158  barils 

Couronnements,  84 

"  de  cheminée,  132  liv 

Croix,  fer  malléable,  24 

Corde,  200  pieds 

"      coton,  200  verges 

Leviers  pour  cellules,  6 

Couleurs,  46  gai 

"      581  liv 

Supports  pour  lampes  électriques,  20. 

Abat-jour,  2 

Emeri,  80  liv 

Joints  glissants,  2 

Coudes,  cuivre,  1  doz 

"        24  douz 

Collerettes,  fer  malléable,  50 

Gardes,  12 

Colle,  100  liv 

Vit  res  cannelé,  8 

"      25  boîtes 

Crochets,  6  douz 

Lance  pour  boyau,  1 

Pentures  de  volets,  1  douz 

"        diverses,  38  douz 

Boyau  d'arrosage,  100  pds 


1  95 

6  00 

7  52 

730  20 

7,050  85 

1,219  76 

23  80 

3  00 

25  00 

10  80 

22  50 

108  88 

79  92 

1  53 

4  50 

2  40 

25  30 

9,323  91 

24  74 

9,299  17 

2  00 

30 

5  00 

1  25 

75 

172  90 

1  01 

8  84 

26  92 

18 

4  94 

9  50 

20  00 

1  95 

3  75 

158  57 

1  85 

297  50 

3  27 

36  96 

4  00 

6  50 

6  50 

6  00 

21  90 

120  83 

55  90 

50 

4  00 

18  50 

1  30 

31  71 

9  75 

2  30 

9  00 

8  18 

80  55 

1  20 

88 

77 

17  62 

14  25 

DÉPENSES  GÉNÉRALES. Suite. 

Entretien  des  édifices. 

Boyau  à  incendie,  350  pieds 

"        à  vapeur,  20  pieds 

Fer,  2.686  liv 

"      Suédois,  50  liv 

"      de  Russie,  8  liv 

Tôle,  165  liv 

Fer  pour  rouleau,  89  liv 

"    carré,  386  liv 

"    à  lien,  2,571  liv 

"    rond,  362  liv 

"    2,667  liv 

Clé  de  cadenas,  l 

Clé  anglaise,  1 

Batigeon,  625  liv 

Douilles  a  clefs,  56 

Boutons  porcelaine,  112 

"        de  portes,  1  douz 

"        de  volets,  1  douz 

"        à  mortaise,  1  douz 

Plomb,  saumon,  354  liv 

Blanc  de  plomb,  3,500  liv 

Rouge  du  plomb,  150  liv 

Lessive,  concentrée,  60  douz.  ... .  . 

Serrures  de  prison  et  clefs,  4 

"        de  buffet,  2  douz 

"        à  mortaise,  1£  douz 

"        cadenas,  9 

"        de  tiroir,  6 

Loquets,  8 

Boutons  de  cnâssis,  6  douz 

Bois,   41,876  pieds 

"      de  dimension,  13  pièces 

"      tilleul,  2,000  pieds 

"      épinette,  4,000  pieds 

"      pin,  9,000  pieds 

Ecrous,  200  liv 

"      2  douz 

Clous  à  moulures,  25  liv 

"      fil  de  fer,  34  boîtes 

200  liv 

"      1  boîte 

Ornements,  en  cuivre,  14 

Bouchons,  72 

"  de  bain,  1 

12 

Tuyau  d'acier,  630  liv 

"      de  fer,  384  pieds 

Pommade  Putz,  87 $  douz 

Parties  de  poêle 

Poignées  de  tiroirs,  1  grosse 

Poulies,  1  douz 

Papier,  sablé,  3  rames 

"  goudronné,  11  verges 

Rivets,  912 

Anneaux  pour  portes,  \  douz 

Mousse,  139  liv 

Soudure,  10  liv 

Corde  à  châssis,  10£  liv 

Evier  étamé,  1   

Savon,  12,096  liv 

Crampes  de  fer,  10  liv 

Acier,  machine,  90  liv 

"       1,643  Ibs 

"      trempé,  1 19  liv 

Vis,  de  pression,  2 

"  assorties.  ,253  grosses 

à  billots,  50 

Commutateurs  à  ressort,  12 

Laque,  10  gai 


288  75 

13  19 
72  52 

2  05 
84 

4  46 

2  63 
10  42 
71  66 

9  77 

75  46 

78 

1  00 
28  13 

7  84 
90 

1  20 

30 

1  10 

19  82 

252  00 

14  25 
38  40 
43  33 

8  25 

9  02 
1  47 

90 

4  67 

1  00 

,376  38 

142  40 

60  00 

80  00 

225  00 

10  70 

72 

1  25 
91  20 

6  65 

2  47 
13  44 

1  24 
15 

1  80 
56  82 
99  12 
40  38 

4  50 

2  00 
50 

13  53 

2  20 

45  96 

15 

5  16 

2  20 

3  68 
9  18 

483  84 
2  00 
2  66 

45  18 

10  17 
75 

43  64 
1  25 
1  92 

31  00 


DEPEXSES 


157 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


ST.-VINCENT-DE-PAUL— Suite. 


DÉPENSES    GÉNÉRALES. Suite. 

Entretien  des    édifices. —  Suite. 

Œillets,  1  grosse 

■Sable  de  moulage,  420  liv 

Encollage,   25  liv 

Ecrans,  27 

Abat-jour,  12 

Tés,  96 

Térébenthine,  8717  gai 

Réservoir,  pin,  1 

Fer-blanc,  19  boîtes 

Broquettes  coupées,  1  boîte 

2douz 

Papier  à  toilette,  30  boîtes 

Trappe,  1 

Galon,  Grimshaw,  10  liv 

"        caoutchouté,  5  liv 

Joints  de  cuivre,  6 

Joints,  6  douz 

Vernis,  46  gai 

Composition  pour  souder,  30  liv  . 

Blanc,  1,047  îbs 

Tissu  de  fil  de  fer,  £  vg 

Fil  de  fer  galvanizé,  270  liv 

Fil  de  fer  R.C.,  1,118  pds 

"      500  pds 

Régulateur  d'eau  dans  chaudière,  1 

Rondelles,  1 15  liv 

Papier-tenture,  148  pièces 

bordure,  162  verges 

Voiturage 

Emballage,  etc 

Transport 

Moins  remise .  .  '  ' 


Entretien  des  machines. 

Ammoniaque,  50  liv , 

Coussinets,  12 

Dés,  300 

Zinc,  pour  batteries,  5  douz 

Composition  pour  chaudières  à  vapeur, 

470  liv 

Boucles,  8 

"        2  douz 

Batteries  sèches,  48 

Cuir  à  courroie,  500  pds , 

Joints,   caoutchouc 

Robinets,  cuivre,  2  douz 

Indicateur  de  niveau  d'eau,  £  douz 

Robinets,  i  douz 

Fontes  3,991  liv 

Brosses  à  charbons,  12 

Nettoyeur  de  tuyau 

Briques  réfractaires,  1  jeu 

Argile  réfractaire,  3  tonnes 

Graisse,  125  liv 

Graphite,  5  liv 

Tubes  indicateurs,   4  douz 

Barres  de  grilles,  2  jeux , 

4,300  liv 

Grille,  1 

Calorifères,  100 , 

Lances  en  cuivre  pour  boyaux  à  incendie 


40 

1 

26 

75 

129 

75 

3 

25 

47 

49 

89 

71 

3 

25 

124 

75 

25 

54 

193 

44 

7 

25 

9 

00 

2 

75 

1 

41 

10 

05 

53 

75 

2 

10 

6 

29 

21 

12  08 

21 

34 

3 

25 

209 

50 

8 

62 

19 

75 

11 

05 

2  00 

2 

45 

129 

51 

6,197 

33 

6 

51 

6,190 

82 

5  00 

50 

12  53 

3  75 
51  70 

8  00 

1  91 

12  00 
192  00 

2  00 
2  00 
2  50 

66 
219  51 

1  41 

2  25 

3  00 
27  00 

13  00 
50 

1  72 

7  64 

172  40 

3  90 

32  00 

10  95 


DÉPENSES  GÉNÉRALES Suite. 

Entretien  des  machines — Suite. 

Godets  à  huile,  6 

Huile  de  lin,  175  gai 

à  machine  354$  gai 

"      à  cylindre,  285  gai 

"      à  dynamo,  45  gai 

"      d'olive,  1  gai 

Tuyau  de  cuivre,  29£  liv 

Garniture,  en  feuilles,    122  liv 

"  noyau,  22liv 

"  élastique,  3J  liv 

"  en  spirales,  87  liv 

"  d'amiante,  5  ilv 

"  Rainbow,  14  liv 

"  plate,  15i  liv. 

"  caoutchouc,  3J  liv 

Parties  de  machine 

Réparations  à  machine 

Engrenage  pour  pompe,  2 

Nettoyeurs  de  tubes 

Sièges  de  soupape  Jenkins,  60 

Disques  de  soupape,  Jenkins,  60.  .    . 

Soupapes  sphériques,  cuivre.  6 

"  "      Jenkins,   10  douz. 

"       1 

Rondelles,  tube3  indicateurs,  4  douz 

176  liv 

Zinc  Leclanche,  10  douz 

Emballage,  etc 

Voiturage 

Transport 


Chapelles,    école  et    bibliothèque. 

Toile  à  reliure,  99£  vgs 

Cahiers,  1 2  douz 

Abécédaires,  4  douz 

Dictionnaires,  4A  douz 

Craie,  3  boîtes 

Entretien  de  chapelle 

Satinade,   10  vgs 

Hosties,  1,200 

Huile,  5  gai 

Emoluments  de  2  organistes,  1  an ...  . 
Inpressions  de  mémos  pour  chœur.  .  .. 

Enregistrement  de  décès 

Abonnements  à  journaux  et  magazines 

Vin,   2  bouteilles 

Cierges,  75  liv 

Emballage 

Transport 


Dépenses  de   bureau. 

Poinçons  de  surveillant 

Cadrans 

Timbres-poste 

Prime  sur  cautionnement  des  officiers. . 

Impressions  diverses 

Réparations  à  machine  pour  numéroter 

Papeterie 

Abonnement  à  journaux 

Téléphones,  1  an 


10  80 
116  25 

89  39 
108  30 

22  50 
1  70 
9  35 

30  50 
9  90 
1  69 

48  83 
1  75 

12  01 
4  73 
1  07 

3  07 
53  50 

140  00 

11  88 

4  20 

5  52 
1  76 

124  74 

6  75 

1  40 

12  19 

7  50 
5  35 

2  50 
38  16 

1,677  12 


22  02 
8  40 
8  32 

19  90 
90 

51  00 

2  50 

2  72 

4  25 

100  00 

1  04 

2  00 
18  25 

1  10 
31  25 

2  25 

3  40 

279  30 


2  00 

8  00 

101  28 

24  00 

400  37 

2  25 

350  00 

17  00 

40  00 


158 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1S0& 


ST -VINCENT-DE- PAUL— Suite. 


DÉPENSES  GÉNÉRALES. Suite 

l'ipenses   de   bureau. — Suite. 

Communications  téléphoniques 

Télégrammes 

Transport 

Moins  remise 


Industries. 


45 
13 
17 

75 
71 
92 

1,022 
1 

28 
48 

1,020 

80 

Ferme. 


Sarrasin,  1 ,470  liv 

Orge,  25  sacs 

Ficelle  d'engerbage,  200  liv  .  . 

Boucles  2  grosses 

Boulons,  14 

Mors  de  bride,  6 

Son,  1  tonne 

Crampons,  "Neversilp,"  100  . 

Huile  de  ricin,  5  liv 

Maïs,  8,125  liv 

Etrilles,  1  douz 

Trèfle,  30  lbs 

Fourches  à  engrais,  £  douz. . . 

Pâture,  blé,  667  boiss 

Eurêka,  20  tonnes. . . 

Tondeuse 

Fers  à  cheval,  100  liv 

Clous,  fers  à  cheval,  1  boîte. . . 

Cirage  à  harnais 

Foin,  5710  tonnes 

Chevaux,  2 

Couteaux,  2 

Cuir  à  harnais,  106  liv 

à  collier,  27  3-4    

Graine  de  lin,  10  liv 

Engrais,  15  wagons 

Avoine,  53  sacs 

Parties  de  machines 

Pommes  de  terre,  95  3-4  sacs. 

Pois,  25  sacs 

Vert  de  Paris,  100  liv 

Câble  manille,  27  liv 

Réparations  à  machines 

Défricheuse,  1 

Savon  mou 

Pierres  à  faulx,  3  douz 

Paille,  1010  tonnes 

Graines  de  semence,  55  liv. . . . 

Manches  de  faulx,  i  douz 

Courroie,  Pitman 

Crampons  d'acier,  51  liv 

Tréfile  rouge,  1  sac 

Vernis  à  cuir,  1  douz 

Services  de  vétérinaire 

Boîtes  de  roues,  *  douz 

Fil  de  fer,  galvanisé,  1,000  liv. 

Fouet 

Transport 


Moins  remise. 


26  13 

37  50 

23  00 

1  00 

1  10 

75 

23  40 

3  35 

50 

101  56 

2  00 

5  70 

4  95 

396  20 

480  00 

1  38 

3  75 

2  28 

2  00 

112  77 

485  00 

50 

31  80 

4  17 

35 

240  00 

63  60 

12  65 

47  80 

62  50 

27  25 

4  32 

21  40 

13  50 

5  00 

1  80 

73  48 

15  00 

3  09 

20 

1  58 

6  50 

1  20 

27  00 

10  00 

28  50 

2  50 

6  23 

2,426  24 

1  02 

2,425  22 

Industries. — Suite. 

Ateliers. — Suite. 

Alênes,  8  grosses 

"         2  grosses 

Manches  d'alênes,  1  douz 

Soies  de  porc,  1  liv 

Mèches  diverses,  6  douz 

Couteau  à  beurre 

Oreilles  de  seaux,  50  liv 

Machine  à  ébarber,  1 

Pinceaux,  12  douz 

Cire,  10  lbs 

Boulons,  à  poêles,  300 

"      à  voiture,  1,400 

Vilebrequin 

Plieur,  1 

Craie,  pour  tailleurs,  8  boîtes.  .  . 

"      rouge,  25  liv 

Charbon  de  bois,  100  sacs 

Tôle  du  Canada,  9  boîtes 

Fontes,  78  liv 

Crampe,  1 

Compas,  I 

Creusets,  60  liv 

Couleurs,  20  gai 

20  lbs 

Charbon,  de  forge,  78,440  liv 

Carton,  100  feuilles 

Forets,  en  spirale,  19£  douz 

"      coniques,  30 

"      32 

Poignées,  i  douz 

Filières,  4 

Toile,    10  vgs 

Pose-œilets,  Monitor,  1 

Grattoir,  1 

Papier  d'émerl,  %  rame 

Roues  d'émeri,  8 

Courroies  d'émeri,  1  douz 

Poudre  d'émeri,  20  liv 

Flanelle  verte,  1  verge 

Fusée,  500  pieds 

Limes  assorties,  37  2-3  douz 

Verre,  200  pieds 

Diamant,  1 

Gazoline,  10  gai 

Gomme  adragante,  1  liv 

Clous  à  talons,  1  grosse 

Marteau,  1 

à  pied  de  biche,  1  douz 

Manches,  20*  douz 

"  d'alênes,  6  douz 

Radiateurs,  8 

Pentures  à   ressort,  1  douz 

Machine  à  cercler,  1 

Galon  de  jute,  72  vgs 

Couteaux  de  cordonniers,  2  douz. 

"  de  bouchers,  2 

"  à  mastic,  6 

"  à  refendre,  1 

"  de  poche,  2 

de  raboteuse,  2 

Cuir  à  semelles,  40  liv 

"      veau  français,  27  liv 

"    Dongola,  30}  liv 

"    à  grenelé,  25  3-4  pds 

Niveaux,  7 . .  .'. 

Bois  de  sciage,  2,000  liv 

Formes,  1 2  paires 

Cintres  de  tour,  2 


9  00 
30 

1  25- 

6  50 
£1  02 

4  50 
8  00 

11  2& 

17  69 
4  50 

65 

12  27 

2  00 
60 

4  80 

5  00 

20  00 
25  65^ 

5  66 

17 

2  50 

13  20* 
8  70 

7  00 
235  32- 

18  00 
115  83 

27  15 

25  41 

45. 

18  20 

1  80 

21  00 
42: 

8  91 
43  10 

1  65 

1  95 
60 

2  63 
102  32- 

7  50 
4  50- 

4  00 
50 

1  44 
55 

5  25 
12  45 

3  60 
38  00> 

1  80 
10  00 

1  65- 

2  70 
1  95 

74 

3  00 
1   50 

6  48- 
96  00 
31  86 
12  00 

4  89 
10  55- 

150  00 

4  80- 

10  00- 


RELEVES  DES  DEPEXSES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


159 


ST.-VINCENT-DE-PALL— Suite. 


Industries. — Suite. 
Ateliers. — Suite. 


Serrure,  1 

Fer,  598  liv 

"    demi-rond,  300  liv 

Lignes  de  maçons,  5  liv 

Chevilles,  jeux,  1  douz 

Pinces  coupantes,  1 

Aiguilles,  assorties,  32  papiers 

"      707 

"           4s  grosses. . . . 
Huile,  1  gai 

saindoux,   5  gai 

cubaine,  6  boîtes 

Acide  oxalique,  2  liv 

Ciseaux,  3  paires 

Emporte-pièce,  ovale  3 

à  clou,  3 

à  œillet,  1 

Varlopes,  6 

Pierre  ponce,  10  liv 

Crayons  de  charpentiers,  6  douz.  .  .  . 

Papier  à  plan,  1  rouleau 

"      à  imprimer  bleu,  6  rouleaux.  .  . 

à  dessein,  1   rouleau 

Fers  de  rabot,  Stanley,  2 

Anneaux  de  caoutchouc,  6 

Réparations 

Tripoli  anglais,  3  liv 

Ciment,  caoutchouc,  5  boîtes 

Pieds-de-roi,   3  douz 

Règle,  machine,  1 

Caoutchouc,  112*  liv 

Racine  de  riz,  50  liv 

Plaque,  1 

Tournevis,  3 

Vis,  20  grosses 

Vis  de  presion,  24 

Papier  sablé,  2*  rames 

Limer,  scie,  1 

Cire  à  chaussures,  25  liv 

Rainette 

Abonnements  à  journaux  industriels. 

Acier  trempé,  1329,  liv 

Scie  à  ruban,  100  pieds 

Passe-part out,  2 

Limes  à  couteau,  4  oncess 

Machines  à  coudre,  2 

Parties  de  machine  à  coudre 

Pinces,  4 

Pelles,  8  douz 

Soudure,  argent,  2  douz 

Attaches,  à  ressort,  vernissées,  2*  gr 

Cisailles,  2  paires 

Taraud,  1 

machine,  1 

Etain,  lingot,  114  liv 

Fer-blanc,  XX,  4  boîtes 

Térébenthine,  87*  gai 

Broquettes,  coupées,  6  douz 

Truelles,  1*  douz 

Fil,  à  reliure,  3  liv 

Fer  en  denter,    1 

Vernis,  5  gai 

Roue,  1 

Composition  à  soudure,  60  liv 

Clefs  anglaises,     2 

1 

4 

Fil  métallique,  479  liv 


30 

16  15 

10  50 

2  00 

85 

1  50 

4  60 

7  83 

8  29 
1  25 


4  00 
3  00 

20 

1  89 

90 

30 

5  00 
14  49 

1  00 
1  26 
3  10 
3  54 
18  90 

1  75 
09 

24  98 
30 

3  00 
14  04 

45 
23  11 

13  00 

14  93 
90 

2  89 
36 

10  39 
60 

4  15 
25 

14  00 

105  38 

14  55 

20 

3  05 
75  00 

1  13 
9  40 


66  60 

2  30 

1  25 

16  75 

35 

55 

57  00 

25  00 

90  05 

2  30 

10  28 

3  38 

25 

6  25 

1  10 

4  95 

7  80 

T  38 

1  65 

12  rs 

Industries. — Suite. 

Ateliers.— Suite. 

Timbres-poste 

Emballage,  etc 

Transport 


Matériel. 

Fournitures. 

Epingles  de  cuivre  1  liv 

Couvertures  de  laine,  200 

Roulettes,  6  jeux 

Tapis,  134*  vgs 

Toile,  542*  vgs 

Crochets,  pour  chapeaux.  6  douz 
Savon,  de  Marseille,  1,136*  liv.  . 

"        à  barbe,  40  liv 

"        de  toilette,  24  douz 

Satin  rouge,  15  vgs 

Serviettes,  2  douz 

Transport 


Ustensils  et  véhicules. 

Soufflet  à  main,  1 

Pinceaux,  2*  douz 

Balais,  4 

"      50  douz 

Briques  à  couteaux,  2  douz. .  . 
Bouilloire,  fer  galvanisé,  1  . . . 

Oreilles  de  seaux,  43  liv 

Tamis  de  cuivre,  5  pieds 

Ressorts  de  tondeuse,  1  douz . 
Tasses  et  "soucoupes,  2*  douz. 
Toile  à  essuie-mains,  500  vgs . 

Balais  automatique,  1 

Peignes,  2*  grosses 

Cartouches,  2,000 

Laque  du  Japon,  10  liv 

Horloge  réparée,  1 

Tarre,  1 

Plumeaux,  3 

Inspection  de  balances 

Tôle  galvanisée,  1,068  liv 

Fer  de  Russie,  217  liv 

Cuir  vernis,  7  pieds 

Pots  à  barbe,  4 

"  "      *  douz 

Bois,  pin.  4  pièces 

Poêle    à  frire,  1 

Pot ,  acier,  1 

Assiettes,  3*  douz 

Pearline,  6  boîtes 

Caoutchouc,  361  liv 

Rasoirs,  1  douz 

Rivets,,  10  m 

Bandage  de  roue,  acier,  70  liv. 

Balance,  1 

Eponges,  2  liv 

Cuillers,  1  1-12  grosse 

Ciseaux  de  coiffeur,  1  paire.    .  . 

Robinet  de  bois,  1 

Frr-1  'anc,  12  boîtes 


49 
2  £0 

29  41 


2,028  38 


1 

25 

405 

00 

54 

168 

13 

168 

18 

1 

67 

85 

24 

14 

00 

6 

00 

2 

25 

80 

4 

91 

857 

97 

50 

10  90 

7  00 

112  50 

80 

88 

6  88 

90 

1  00 

2  02 
76  35 

2  50 

10  55 

43  50 

1  70 

2  00 
25 

3  00 
14  75 

44  32 
22  68 

2  25 
50 
35 

20  00 

35 

1  30 

3  30 
22  80 
36  81 

11  00 
1  98 
1  71 
5  95 
5  00 
5  05 

80 

25 

79  50 


160 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ST.-VINCENT-DE-PAUL— Suite. 


M  \  t  khi  kl. — Suite. 
Ustensiles  et  véhiculé* — Suite. 

Verre,  l   douz 

Vernis,    1  gai 

Fil  métallique,  poli,  296  liv 

de  ferblantier  245  liv 
galvanisé,  1,038  liv. 

Roues  de  tramway,  4,950  liv 

Coussin,  1 

Petits  balais,    1  douz 

Emballage 

Transports 


Terrains,  édifices  et  murs  d'enceinte. 

Dés,  12 

Boucles,  6è  liv 

Verrous,  12  douz 

Briques  réfractaires,  4M 

Poteaux  de  cèdre,  204 

Ciment,  307  barils 

Argile,  America,  6  tonnes 

Fontes,  306  liv 

Coudes,  25è  liv 

Pentures,  24  paires 

Pôle  galvanisée,  4,482  liv 

Main-d'œuvre,  2  heures 

Bois  de  construction,  64,532  pds 

Bouchons  galvanisés,  12 

Papier,  195  rouleaux 

Tuyau  d'égout,  5  pièces 

galvanisé,  793  t*  pds 

"        galvanisé,  165  liv 

Rivets,  spéciaux,  722  liv 

Acier,  laminé,  1,632  liv 

doux,  1,776  liv 

Coupe  de  cet  acier 


75 

2 

10 

7 

10 

6 

83 

37 

88 

173 

25 

80 

1 

20 

10 

31 

87 

825 

76 

64 

1  27 

12  60 

105  80 

40  80 

567  95 

54  00 

12  24 

3  40 

6  76 

190  49 

1  00 
1,733  66 

33 
234  00 
10  80 
105  61 
16  43 
30  69 
44  88 
48  84 

2  50 


Matériel. — Suite. 

Terrains,  édifices  et  murs  d 'enceinte — Suite. 

Acier,  en  barres,  48,551  liv 

Carvelle,  896  liv 

Siphons,  5 

Sable,  60  tonnes 

"  1  wagon 

Sciure,  460  sacs 

Tés,  11*  liv 

Traverses,  chemin  de  fer,  cèdre,  1,094. .  . 

Soupapes  sphériques»,  6 

Soupapes  d'arrêt,  3 

Emballage 

Transport 


Divers. 
Annonces  et  voyages. 


Annonces 

Voyages,  fonctionnaires  du  département 
''  employés  du  pénitencier 


Dépenses  spéciales. 


Services  professionnels 

"  d'encanteur 

Location  de  voie  de  garage .... 
Tir,  carabine  et  revolver  (prix) 
Frais  de  voyage  de  témoins 
Rétribution  de  témoins 


4,074  70 
30  46 
15  00 
24  00 
8  00 
13  89 

1  53 
502  20 

10   13 

2  96 
20 

390  70 

8.298  46 


147  92 
277  59 
152  85 

578  36 


5  00 

5  00 
11  54 
50  00 

6  50 
6  85 


84  89 


DEPENSES 
DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 

fcT-VINCENÏ-DE-PAUL. Fin. 

Récapitulation. 

Personnel — 

Appointements  et  allocations  de  retraite 

Uniformes  et  ordinaire 

Entretien  des  -prisonniers — 

Rations 

Vêtements  et  médicaments 

Frais  de  libération — 

Vêtements  et  allocations 

Transfèrement  et  inhumation 

Dépenses  générales — 

Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau 

Entretien  des  édi.  ces  et  des  machines 

Chapelles,  écoles  et  bibliithèque 

Dépenses  de  bureau 

Industries — 

Ferme 

Ateliers 

Ma'êriel — 

Fournitures , 

Ustensiles  et  véhicules , 

Terrain,  édifices  et  murs  d'enceinte , 

Divers — 

Annonces  et  frais  de  voyage , 

Dépenses  spéciales 

Total 


161 


59,639  2C 
2.211  41 


12,049  66 
5,244  86 


1,855  37 
159  20 


9,299  17 

7,867  94 

279  30 

1,020  80 


2,425  22 
2,028  38 


825  761 
8.298  46 


578  36 
84  89 


$     61,850  61 


17,294  52 


2,014  57 


18,467  21 


4,453  60 


9,982  19 
663  25 


$  114.725  95 


34—6 


1(52 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


DORCHESTER 


Personnel. 

Appointements  et  salaires. 

Directeur,  12m 

Médecin,  périodes  interrompues,  à  $1,500 

Comptable,  12m 

Aumôniers,  2,  12  m 

Garde-magasin  et  sec.  du  directeur  12  m, 

Econome  et  boulanger,  12  m 

Mécanicien,  12m 

Infirmier,  etc.,   12m 

Directrice,  12  m 

Sous-directrice,  12m 

Messager,  12  m 

Chauffeur,  12  m 

Instructeurs  de  métiers,  6  à  $800,  12  m. 
2  at  $800,  moins  dé- 
duction   

Gardiens  d'écuries,  2,  à  $600,  12  m 

Sous-directeur,  12  m 

Gardien  en  chef,  12m 

1er  gardien,   12  m 

Gardiens,  2,  à  $650,  12  m 

Gardiens,  4  à  $700,  12  m 

Gardes,   17,  à  $600,  12  m 

"          3  à  *600,  périodes  interromp 
Employés  temporaires 


Allocation  de  retraite. 
Wm.  Hogan 


Uniformes. 

Boutons,  8  grosses 

Bonnets,  mouton  de  Perse,  6 

"  loup  marde,  6 

Insignes  pour  bonnets,   2  doz 

Mentonnières,  4  douz : 

Insignes  pour  collets  d'habits,  2 

Visières,  4  douz 

Couronnes 

Toile,  165  verges 

Toile,  96  verges 

Droits  de  douane 

Etoffe  à  robe  (directrices)  12  vgs 

Ratine,  120  vgs 

Gants,  40  paires , 

Toile  de  Hollande,  lOlf  verges 

Chapeaux,  4$  douz 

Drap  italien,  183J  vgs 

Cuir,  2  côtés 

Doublure,  182  vgs 

Lacets,  1  grosse 

Molleton,  6J  vgs 

Mitaines,  9  paires 

Olivettes,  2  douz 

Batiste  pour  poches  d'habits,  103  vgs 

Peaux  de  mouton  de  Perse,  9 

Imperméable,  1 

Serge,   150  vgs 

khaki,  346?  vgs 

Batiste  croisse,  216  vgs, 

Drap  éearlate,  6i  vgs 

Ceint ures,  4  douz 


$  cts. 


2,200  00 

1,322  58 

1,200  00 

1,899  98 

800  00 

900  00 

1,000  00 

900  00 

600  00 

450  00 

600  00 

600  00 

4,800  00 

1,590  70 

1,200  00 

1,500  00 

900  00 

800  00 

1,300  00 

2,800  00 

10,200  00 

654  84 

388  38 


38,606  48 


2,077  76 


24  90 
58  10 
18  00 

8  40 

1  60 
59 

10  00 

9  04 

26  40 
36  25 
13  35 
12  00 

120  00 
41  70 

18  32 
68  67 
89  06 

11  00 
49  00 

4  00 

27  56 
9  00 

2  50 

19  87 
81  50 
16  50 

213  00 

456  38 

22  78 

21   13 

6  00 


Personnel — Suite. 
Uniformes — Suite. 


Tweed,  36  vgs 

Soie  à  coudre,  3  liv. . 
Empeignes,  97  paires. 

Ouate,,  2  ballots 

Transport 


Ordinaire. 

Pommes  tapées,  300  liv . 
Poudre  à  levain,  1  douz. 

Beurre,  772  liv 

Café,  15  liv 

Œufs,  10  douz 

Gingembre,  10  liv 

Saindoux,  250  liv 

Oignons,  125  liv 

Pommes  de  terre,  6  bois . 

Poivre,  20  liv 

Raisins,  184  liv 

Sucre,  1,838  liv 

Moins  remise 


Entretien  des    prisonniers. 

Rations. 

Orge  mondée,   588  liv... 

Bœuf,  28,565  liv 

Poisson  désossé,  6,400  liv 

frais,  400  liv 

Haricots,  6,300  liv 

Farine  de  maïs,  4,900  liv 

Extras  de  Noël 

Fleur,  820  bris 

Hareng,  25  bris 

Saindoux,  150  liv 

Mélasse,  1,696  gai 

Moutarde,  5  liv 

Moutons,  557  liv 

Avoine  moulue,  10,480  liv 

Poivre,  20  tt>s , 

Pommes  de  terre,  102  minots 

Pois  cassés,  2,940  liv .    , 

Oignons,  1,363  liv 

Riz,  1,120  liv , 

Sel,  9,634  liv 

Thé,  485  liv 

Vinaigre,  21   gai 

Levain,  327  liv 

Transport 


36  00 

16  40 

147  25 

11  00 

8  83 


1,716  08 


30  64 

5  40 

186  82 

2  80 

1  90 

2  40 
32  50 

3  75 

4  20 
4  40 
7  98 

83  44 


366  23 
14  00 


352  23 


14  70 

2,107  89 

256  00 

16  00 

189  00 

85  75 

50  22 

3,398  25 

127  00 

18  50 

556  84 

1  10 

40  38 

326  27 

4  40 

71  40 
83  73 
44  21 
36  40 

72  08 
77  60 

5  25 
114  45 
183  47 


7,880  89 


DEPENSES 


183 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


DORCHESTER— Suite: 


Entretien  des  prisonniers. — Suite. 


Vêtements. 


Bottes  de  caoutchouc,  6  paires 

Boutons,  assortis,  188  vgs 

Coton,  288  vgs 

Denim,  418  vgs 

Flanelle,  187  vgs 

Toile,  204  vgs 

Galatea  553  vgs 

Chapeaux,  100 

Mouchoirs,  2  douz 

Encre  à  imprimer,  10  liv 

Cuir  à  empeignes,  115  liv 

"      à  semelles,  600  liv 

Lacets,  2  grosses 

Mocassins,  1  douz 

Tweed  à  vêtements  de  prisonniers  1,191  v 

Rivets,  pour  chaussures,  30  liv 

Coton  à  chemises,  492  vgs 

Peaux  de  moutons,  64£  liv 

Sous-vêtements,  120^  douz 

Transport 


Hôpital. 

Biscuits,  38£  liv 

Drogues , 

Œufs,  1  douz 

Soins  médicaux 

Bandages,  4 


Frais  de  libération. 


Vêtements  et  allocations. 


Galon  1 2  vgs 

Bordure,  4£  vgs 

Toile  300  vgs 

Coton,  59  vgs 

Habhs  de  femmes,  4 

Etoffe  à  robe,  24  vgs 

Sat  inade,  56  vgs 

Gants,  4  paires 

Mouchoirs,  24  douz 

Chapeaux  de  femmes,  4 

d'hommes,  3  douz. . 

Doublure,  90  vgs 

Cravates,  5  douz 

Batiste  croisée,  413  3-4  vgs. . . 

Satine,  178  vgs 

Tweed,  807  3-4  vgs 

Gilets  de  dessous,  4 

Sous-vetements,  1  10-12  dooz. 

Matinée,  1 

Transport  et  allocations  (77). . 


Inhumations. 
Garnitures  de  cerceuils 


24  00 

8  16 
51  84 
83  60 

21  51 
61  20 
74  66 

12  00 

9  40 
2  50 

50  60 

132  00 

4  00 

19  00 

1,080  84 

2  25 

61  50 

13  95 
542  25 

22  20 


2,277 

46 

2  31 

331 

12 

16 

312  42 

4 

90 

650 

91 

0 

96 

23 

24 

00 

6 

65 

13 

75 

6 

90 

5 

60 

1 

05 

9 

80 

5  00 

11 

00 

9 

86 

5 

2f, 

31 

56 

17 

80 

229 

41 

1 

20 

8 

25 

1 

25 

615  80 

1,005  32 

Dépenses  générales. 


Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau. 


Lumière  électrique 

Houille,  1.7686»  tonnes 

Pétrole,  3,511*  gai 

Globes  de  lampe,  2  douz 

Cheminées  de  lampe,  94  1-3  douz. 

Brûleurs,   19  douz 

Mèches  de  lampe,  *  grosses 

12  vgs 

Collets   de  lampes,  1  grosse , 

Transport 

Allumettes.  5  caisses 


13  11 


Moins  remise. 


Entretien  des  édifices. 


Alabastine,  200  liv 

Composition  antiseptique,  128  gai 

Benzine,  10  gai 

Courbes,  5 

Pinceaux,  10  douz 

Mine  de  plomb,  1  grosse 

Droits  de  douane 

Ciment,  200  liv 

Chlorure  de  chaux,  50  liv 

Fontes,  258  liv 

Conduite,  120  pds 

Tuyau  d'égoût,  200  pds 

Toile,  106  vgs 

Emeri,  5  liv 

Papier  goudronné,  518  liv 

Limes,  3  douz 

Porte  de  fourneau,  1 

Gazoline,  5  gai 

Verre  à  vitres,  10  caisses 

Soupape  sphérique,  1 

Pentures,  4  douz 

Poil  à  mortier,  450  liv 

Grille,  1 

Huile  à  finir  25  gai 

Tuyan  de  fer,  3,894  liv 

Fer,  assorti,  4,746  liv 

Laque,  du  Japon  5  gai 

Huile  de  lin,  82  gai 

Etoupe,  50  liv 

Plâtre,  12  barils 

Poix,  1 2  barils 

Poix,  1,745  liv 

Compos.  pour  polir  les  métaux,  100  liv. 

Pommade  Putz,  4  douz 

Peinture,  50  liv 

"       135  gai 

Papier  à  toiture,  15  rouleaux 

Boutons  à  tiroirs,  2  douz 

Rivets,  2  liv 

Filières,  2 

Savon,  1,900  liv 

Laque,  2  gai 

Vis,  200  grosses 

Tuiles,  300 

Sapolio,  1  boîte 

Soude,  5,080  liv 

Poutres  métalliques,  2 


5  75 

4,612  81 

659  20 

9  00 

57   12 

13  30 

75 

1  20 

2  25 
39  44 
21  00 

5,421  82 
122  94 

5,298  88 


13  75 
147  20 

5  00 

4  37 
9  90 

1  60 

5  10 

2  00 

2  50 

14  24 
18  60 
45  46 
34  98 

50 
11  65 

3  90 
2  35 

5  40 
39  00 

90 

4  38 
13  50 

6  39 
37  50 

87  61 
176  63 

4  50 
48  51 

2  00 
21  40 
54  08 

15  71 
20  00 

8  67 

6  25 
236  25 

7  50 

2  40 
1  00 

100  00 

88  75 
6  50 

20  51 

21  75 

3  00 
50  40 
53  20 


164 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


DORCHESTER— Suite. 


DÉPEN8E8    GÉNÉRALES — Suite. 

Entretien   des  édifices — Suite. 

Ammoniaque,  5  liv 

Batteries,  téléphone,  10 

Papier  goudronné,  100  roui 

Varnis,  12  gai 

Fil  métallique,   125  liv 

Conduite  pour  l'eau,  2,203  liv. .  . . 

Papier-teinture    et  posage 

Blanc  de  plomb,  1,200  liv 

Transport 

Moins  remise 


Entretien  des  machines. 

Inspection  de  chaudières 

Déchets  de  coton,  215  lbs 

Huile  à  machine,  79£  gai 

Garniture,  1  liv 


Chapelles,  écoles  et  bibliothèque. 

Garniture  d'autel 

|  Livres,  bibliothèque 

Bibles,   10è  douz 

Droits  de  douane  sur  livres 

Pot  à  colle,  1 

Emoluments  d'organistes 

Abonnement  à  magazines 

Accorder  orgue 

Transport 


Dépenses  de  bureau. 

Cadrans  d'horloge,  1  boîte 

Droits  de  douane 

Prime  sur  cautionnement  des  officiers. . . 

Timbres-poste 

Impressions 

Papeterie 

Abonnement  à  journaux 

Communications  téléphoniques 

"     longue  distance 

Télégrammes 

Transport 


Industries. 

Ferme. 

Anneaux  pour  taureaux,  1 . . 

Etrilles,  1  douz 

Bestiaux  en  fourrière 

Fontes 

Bourrures  de  colliers  1  douz 

Brosses  à  cheval,  2  douz 

Paniers,  2  douz 


90 
6  00 

121  05 

23  00 

3  31 

55  08 

391  65 
90  00 

222  59 


2,380  37 
34  00 

2,346  37 

36  66 

13  33 

23  85 

1  00 

74  84 

55  79 

56  02 

57  30 

14  00 

85 

125  00 

7  20 

8  00 

5  11 

329  27 

8  00 

2  40 

24  00 

82  00 

90  65 

125  46 

50  20 

45  00 

6  30 

18  24 

20  84 

473  09 

25 
1  50 
6  30 
23  61 
6  00 
6  02 
4  56 


Industries — Suite. 

Ferme. — Suite. 

Fourches,  2  douz 

Engrais,  3  tonnes 

Chevaux,  2 

Boyau,  18  pds 

Couvertes  de  cheval,  8 , 

Râteaux  à  foin,   1  ch 

Harnais  double,  1 

Moissonneuse,  1 , 

Avoine,  1,195  boiss 

Vert  de  Paris,  50  liv 

Chaudrons,  50  gai.,  2 

Plantes 

Faulx,  1  douz 

Coussins  de  selles,  2 

Bêches,  1  douz 

Graines  de  semence, 

Soufre,  112  liv 

Dépenses  de  voyage 

Vitriol,  100  liv 

Fouet,   1 

Transport 


Ateliers 


Alênes,  assorties,  4j 

Boucles,  3  grosses 

Boulons,  assortis,  1,000 

Pinceaux,  assortis,  16£  douz. . . . 

Sièges  de  robinets,  10  douz 

Encre  à  brunir,  3  douz 

Crayons  de  charpentiers,  5  douz 

Peaux  de  veau,  90  liv 

Coton,  1,089*  vgs 

Couleurs,  27  liv 

Droits  de  douane 

Fontes,  66  liv 

Mèche  de  chandelle,  10  liv 

Pinces,  1 

Cuivre,  7  liv 

Craie,  6  boîtes 

Cotonnade,  103£  vgs 

Toile,  106^  vgs 

Manches  de  fourches,  1  douz.  .  . 

Fusées,  3  bobines 

Godet,  1 

Limes,  7  douz 

Verre  à  vitres,  7  boîtes 

Gasoline,  12  gai 

Colle,  100  liv 

Galatea,  333 î  vgs 

Agrafes  de  bottines,  2  boîtes.  . . 

Marteaux,  1  douz 

Houes,  i  douz 

Fer,  assorti,  3,934  liv 

Injecteur  de  chaudière,  1 

Laque,  5  gai 

Niveaux  à  bulle  d'air,  3 

Lacets,  $  grosse 

Loquets,  4  douz 

Serrures,  4/î  douz 

Cuir  à  empeignes,  469  liv 

"  semelles,  2,438  liv 

Formes,  2  paires 

Noir  de  fumée,  25  liv 

Pinces  pour  tour,  12 


16  78 
99  00 

460  00 

3  24 
23  50 
22  00 
58  00 
60  45 

618  38 
15  00 

6  76 

1  40 

7  65 

2  00 

17  00 
87  15 

4  48 
28  75 
10  00 

1  00 
13  46 


1,604  24 


3  35 
1  40 
5  67 

66  25 
1  00 

4  50 
1  10 

67  51 
113  96 

5  22 

1  90 

2  56 

2  15 

6  30 

3  50 

1  92 
18  63 
18  59 

2  96 
1  95 

60 
13  74 
24  85 

8  10 

9  25 
45  06 

1  00 

5  25 

3  75 
121  63 

10  80 

4  50 

6  15 

2  00 
4  40 
6  49 

206  36 

569  12 

50 

2  19 

16  35 


DEPENSES 


165 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


DO  RCHESTER— Suite . 


Industries — Suite . 


Ateliers — Suite . 


Miroir,   1 

Clous  à  chaussures,  95  liv .*. 

de  fil  de  fer,  25  liv 

Pinces,   1  douz 

Clous  à  fer  à  cheval,  50  liv 

Aiguilles  assorties 

Mastic,  401  liv 

Cadenas,  le  douz 

Poudre  à  miner,  4  barils 

Emporte-pièce,  1 

Coupe-tuyau,  1 

Pommade  Putz,   1  douz 

Etain  en  saumon,  116£  liv 

Terre  de  Sienne,  50  liv 

Pieds-de-roi,  2  pds,  2}?  douz 

Ciment  de  caoutchouc,  i  douz 

Rivets,  6  liv 

Pelles  3  douz 

Manches  de  pelles,  1  douz 

Galon  d'acier,  1 

Abonnement  à  journaux  d'industrie. 

Ressorts  pour  machines  à  coudre .  . . 

Equerres,  2  douz 

Tourne-vis,  1 

Tuyau  d'égout,  6  pds 

Vernis  à  chaussures,  1  gai 

Huile  à  machine  à  coudre,  1  gai. . .  . 

Fenderie  1 

Tiges  d'acier,  1  grosse 

Talc,  5  liv 

Robinet,  1 

Broquettes,  20  liv 

Ciseaux  de  taileur,  2  paires 

Truelles,  £  douz 

Fil,  assorti,  30  liv 

Fer-blanc,  6  boîtes 

Térébenthine,   47§  douz 

Dés,  5  douz 

Fil,   5  grosses 

Soie  à.  boutonnière,  5  liv 

Poêle,  pour  tailleur,  1 

Etau,  1 

Fil  métallique,   256  liv 

Tamis  en  fil  métallique,  30  pds 

Clefs  anglaises,  2 

Blanc  de  plomb,  500  liv 

Craie,  336  liv 

Ouate,  1  ballot 

Emballage 

Transport 


Matériel. 

Machineries 

Ciment,  1  sac 

Machines  l.et  fondation. 

8oufflets,  4 

Transport 


5  00 

8  45 
2  38 
2  00 

4  80 

10  00 

9  62 
9  50 

11  00 

2  10 

5  25 
4  00 

58  25 

3  00 
16  10 

50 

46 

21   84 

2  96 

3  00 
24  00 

60 

14  72 

50 


48 

1 

25 

90 

6 

00 

1 

50 

50 

-45 

2 

00 

2  48 

7 

50 

27 

00 

33 

75 

47 

67 

66 

25 

50 

29 

50 

25  00 

10 

50 

6 

75 

2 

16 

1 

56 

37 

50 

3 

02 

5 

50 

2 

55 

26  76 

Matériel. — Suite. 


Fournitures. — Suite. 

Couvertures  de  laine,  50  paires 
Noir  à  chaussures,  2  douz.  . . . 

Savon  de  barbiers,  20  liv 

Tapis,  391  vgs 

Coton,  181  vgs 

Moule 

Chaises  de  bureau,  2 

Savon  de  Marseille,  782  liv . .   . 

Toile,  310*  vgs 

Pupitre,  1 

Miroir,  1 

Serviettes,  2  douz 

Toile  à  serviettes,  428  vgs 

Transport 


Usteniles  et  véhicules. 


1,920  98 


1  50 

475  00 

91 

77 

25 

568 

52 

Manchons  d'essieu,  50 

Bras  d'essieux,  1  jeu 

Mine  de  plomb,  4  douz 

Bolais,  20  douz 

Fusils  de  bouchers,  2 

Couteaux  de  bouchers,  i  douz. 

Pierres  à  aiguiser,  6  douz 

Droits  de  douane 

Cartouches,  10  m 

Tasses  et  soucoupes,  2  douz.  . 
Verres  de  lanternes,  3  douz.  .  . 

Grasseurs,  1  douz 

Plats,  1  douz 

Assiettes,  3  douz 

Pompe,  1 

Rasoirs,  1  douz 

Fourneau  de  cuisine,  1 

Jantes,  4  paires 

Horloges,  réparations 

Balances . 

Pelles,  3  douz 

Manchons  d'arbre,  6  paires. .  . . 

Blaireaux,  1  douz 

Cuillères,  20  douz 

Brosses  à  souliers,  2  douz 

Brosses  à  plancher,  10  douz. .  . 

Pelles,  i  douz 

Raies  de  roues,  4  jeux 

§Fer-blanc,  6  boîtes 

Etain,  57  liv 

Cuves,  6 

Transport 


Terrains,  édifices  et  service  d'eau. 

Alabastine,  16  liv 

F'entrage  d'amiante,   1,674  pds .... 

Acide  muria  tique,  120  liv 

Ciment  d'amiante,  100  liv 

Métal  à  anti-friction,  25 

Têtes  d'embranchement,  48 

Boulons,  3  douz 

Dés  97 

Courbes,  3 


101  25 

2  00 

8  00 

39  50 

21  72 

96 

25  00 

74  29 

93  15 

50  00 

2  50 

4  90 

46  44 

8  76 


478  47 


2  08 

3  35 
53 

45  00 

2  00 

3  24 
2  70 

53  10 
177  01 

2  10 
1  44 

3  25 

1  30 

3  70 
6  50 

11  00 
102  00 

18  00 

2  50 
5  75 

38  02 

1  80 

2  76 
5  33 

4  90 
8  00 

12  00 
20  00 
36  00 
28  50 

7  50 

8  91 


620  27 


6  90 

181  71 

5  00 

1  50 
5  00 

142  60 

2  34 
5  80 
1  27 


166 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


DORCHESTER— Suite . 


Matériel — Suite. 

Terrains,  édifices,   etc. — Suite. 

Ciment,  355  bris 

Séperateur  Curtis,  1 

Fontes,  3,248  liv 

Joints,  24 

Robinets,  1  douz 

Email,  5  gai 

Coudes,  assortis,  430 

Croix,  2 

Posage  d'appareil  de  lumière  électrique 

Services  d'électricien 

Collerettes  pour  planchers,  16 

Fusée,  3  paquets 

Vitres,  20  boîtes 

Moyeux,  D.D.,  10 

Pentures,  2*  douz 

Clous,  24  barils 

Fer  en  barres  ,  660  liv 

Tôle  galvanisée,  3,378  liv   

"     524  liv 

Isoloirs,  50    

Bois  de  construction,  19,806  pds 

Serrures   2  douz 

Avis  légaux, 

Terrain,  4  acres 

Chaux,  300  barils 

Toiture  métalligue,  10,568  pds , 

"       80  carrés 

Tuyau,    10,137  liv 

547|  pds 

Poudre,  5  barils 

Poulies  de  châssis,   22  douz 

Plomb  en  feuilles,  597  liv 

Papier  goudronné,  40  rouleaux 

Tuyau    galvanisé,  816£  pds 

Mastic,  396  liv 

Plomb  en  saumon,  302  liv 

Services  d'arpenteur 

Vis,  etc 

Tuyau  d'égoût,  125  pieds 

Nettoyeurs,  15 

Sable,  133  tombereaux 

Vis,  111  grosses 

Corde  à  châssis,   10  liv 


869 

75 

44 

75 

82 

44 

6 

24 

2 

76 

15  00 

50 

77 

68 

1,247 

81 

121 

20 

2 

56 

1 

90 

65  00 

3  00 

10 

12 

69 

75 

19 

80 

172 

28 

15  72 

2 

50 

277 

13 

12 

18 

80 

21 

350  00 

349 

50 

316  40 

250 

92 

1,105  73 

31 

20 

13 

75 

5 

50 

43 

28 

20 

50 

78  09 

9 

50 

12 

84 

17 

50 

2 

10 

25  00 

5 

25 

26  60 

25  38 

3 

50 

Matériel. — Suite. 

Terrains,  édifices,  etc. — Suite. 

Tés,  123 

Pièges,  8 

Téléphone,  pose  dèappareils  de 

Tés,  et  Y,  20 

Dépenses  de  voyage 

Joints,  assortis,  16 

Sièges,  diverss,  91 

Ventilateurs,  2 

Sièges  de  soupape,  48 

Fil  métallique,  pour  téléphone,  8,000  pds 

95  liv 

Calibre  pour  fil  de  fer,   1 

Ocre  jaune,  100  liv 

Transport 

Moins  remise 


Divers. 

Annonces . .    

Dépenses  de  voyage — 

Officiers  du  pénitencier 

Fonctionnaires  du  département 


Dépense  spéciale. 

Récompense  pour  reprise  de  prisonniers 

Avis  légaux 

Tir  à  la  carabine  et  au  revolver  (.prix.) . 


24  71 

13  32 

196  00 

14  00 

19  03 

3  30 

213  40 

36  00 

8  76 

120  00 

5  23 

2  50 

2  00 

157  79 

7,034  25 

52  99 

6,981  26 

166  09 


126  72 
139  39 


432  20 


20  00 
11  70 
50  00 

81  70 

DEPENSES 


167 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


DOKCHK6TER. Fin. 


RECAPITUA.TION. 


Personnel — 

Appointments,  salaires  et  allocations  de  retraite .  . , 

%     40,684  24 
2,068  31 

42,752  55 

Entretien   des  -prisonniers — 

7,880  89 
2,928  37 

10,809  26 

Frais  det  libération — 

Vêtements  et  allocations 

1,005  32 
13  11 

1,018  43 

Dépenses  générales — 

Chauffage,  éclairage  et  serviee  d'eau 

5,298  88 

2,421  21 

329  27 

473  09 

Chapelles,  écoles  et  bibliothèque 

8,522145 

Ferme 

1,604  24 
1,920  98 

3,525  22 

Matériel — 

Machines 

568  52 

478  47 

620  27 

6,981  26 

Fournitures 

Terrain,  édifices  et  murs  d'enceinte 

8,648  52 

Divers — 

Annonces  et  voyages 

432  20 
81  70 

Dépenses  spéciales 

513  90 

Total 

$     75,790  33 

168 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA. 


Personnel. 

Appointements. 

Directeur,  1,  12  m 

Médecin,  1,  12  m 

Aumônier     1,  12m 

"  périodes  interrompues 

Comptable  et  garde-magasin,  11  m 

Garde-magasin,  1  m 

Econome,  12  m 

Surveillant  de  l'hôpital,  périodes  inter. . 

Mécanicien,  12m 

Instructeur  en  chef  de  métiers,  12  m. . . 
Instructeurs  de  métiers,  3,  à  $800,  12  m 
Instructeurs  de  métiers,  1,  périodes  int. 

Sous-directeur,  1,  12  m 

1er  gardien 

Gardiens,  2,  à  $800,  12  m 

Gardes,  16,  à  $700,  12  m 

Gardes,  6,  périodes  interrompues 

Employés  temporaires 


Allocations  de  retraite. 

Rev.  F.  M.  Finn 

F.  Bainbridge , 

J .  O.  Beaupré , 


*  Uniformes. 

Drap  de  castor,  10  verges 

Boutons,  2  bo  îtes 

Boutons  barils,  $  grosse 

"        d'habits  1  grosse 

"        de  gilet,  1  grosse , 

Casquettes  d'ordonnance,  3  douz. 
Bonnets,  mouton  de  Perse,  3.  .  .  . 

Cordonan,  1 10  pieds 

Manteaux  courts,  1  douz 

Toile,  48i  verges 

Couronnes,  2  douz.  paires 

Satinade,  283 1-  verges 

Chapeaux  d'ordonnance,  2  i\  doz 

Tissu  de  cuir,  100  verges 

Agrafes,  1  grosse 

Drap  italien,  6  verges 

Batiste  à  manches,  3  verges..  . . 
Cuir,  20?  liv 

"      veau  canadien,  liv90 

"      à  semelles,  202  liv 

Mitaines,  1  paire 

Peaux  d'orignal,  2 

Peaux  de  mouton  de  Perse,   12.  . 

Bourrure,  20  verges 

Coutil  à  Corset,    183 \ 

Batiste  croisée,  451  verges 

Serge,    khaki,  202f  verges 

Serge,  bleue,  140  $  verges 

Drap  écarlate,  5  verges 

Coutil,  36  verges 

Soie  à  machine,  2  liv 

"     à  boutonnières,  1  liv 

Timbres-poste 

Transport 


$  cts. 


2,200  00 

1,500 

00 

1,000  00 

583 

31 

1,375 

00 

75 

00 

900 

00 

791 

38 

1,000 

00 

1,000 

00 

2,400  00 

563 

24 

1,500 

00 

900 

00 

1,600 

00 

11,200  00 

2,064  03 

636 

93 

31,288  89 

562 

49 

58  33 

1,494  37 

2,115 

19 

42  50 
3  25 

1  05 

3  30 

2  10 
46  80 
36  00 
19  80 
42  00 

6  10 

14  70 

28  33 

44  30 

27  50 

22 

6  00 

1   26 

9  35 

68  60 

52  52 

1  25 
16  00 

108  00 

9  00 

31  55 

30  53 

233  02 

209  86 

13  75 

8  64 

16  00 

4  50 
11 

2  25 

1,140  14 


Personnel — Suite . 

Ordinaire. 

Pommes,  20  liv 

Abricots,  3  liv 

Soude  à  levain,  1  liv , 

Poudre  à  levain,  5  liv 

Beurre,  328  liv 

Bœuf,  1,768  liv 

Mais,  11  boîtes 

Morue,  13  liv 

Fromage,  14$  liv 

Sauce  piquante,  2  boîtes 

Café,  12  liv 

Fleur  de  maïs,  24  paquets 

Raisins  de  Corinthe,  13  liv ... . 

Essences,  6  bouteilles 

Poudre  d'œufs,  15  boîtes 

Œufs,  31  douz 

Hareng,  2  boîtes 

Confitures,  10  pots 

Moutarde,  1  liv 

Malta  Vita,  3  paquets 

Marmelade,  28  liv 

Oignons,  301iv 

Pêches,  séchées,  3  liv 

Pois,  7  boîtes 

Pruneaux,  17  liv 

Conserves  au  vinaigre,  1  flacon 

Poires,  sèches,  4  liv 

Raisins,  16  liv 

Saumon,  11  boîtes 

Sauce,  3  bouteilles 

Sugar,  450  liv 

Tapioca,  11  liv 

Tomates,  32  boîtes 

Thé,  22  liv 

Vinaigre,  5  gai 

Transport 


Entretien  des  prisonnniers. 


Rations. 

Haricots,  1,352  liv 

Bœuf,  31,797  liv 

Ext  ras  de  Noël 

Poisson,  1,224  liv 

Fleur,  620  sacs 

Moutarde,  10  liv 

Mélasse,    131rV  gai 

Poivre,  25  îbs 

Pois,  cassés,  600  liv ...  . 
Avoine  moulue,  2,880  liv 

Riz,  896  liv 

Sucre,  3,106  liv 

Sel,  4,200  liv 

Thé,  440  liv 

Vinaigre,  57  gai 

Levain,  78  liv 

Emballage 

Transpport 


1  20 

75 

10 

90 

62  64 

123  76 

1  10 

1  30 

2  64 
30 

4  80 
1  68 
1  30 


3  00 
2  25 
7  52 

30 

4  00 
30 
40 

2  40 

1  50 

45 

70 

1  75 

35 

70 

1  98 

1  65 

1  05 


22  50 
1  00 
4  59 
8  80 
1  50 

15  39 


286  55 


47  32 

2,225  79 

21  46 

30  60 

961  00 

2  50 
65  55 

8  00 
18  00 
86  40 
40  32 
150  58 
37  80 
67  20 
17  10 
30  24 

4  50 
10  22 

3,824  58 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


DEPENSES 


MANITOBA— Suite. 


Entretien  des  prisonniers. — Suite. 

Habillement. 

Galon  élastique  à  bretelles,  116  verges 

Boutons  de  culottes,  20  grosses 

"  d'agate,  10  grosses 

Coton,  5,855}  verges 

Toile,  368è  verges 

Galatea,  l,009è  verges 

Chapeaux  de  paille,  10  douz 

Coton  croisé,  90  verges 

Cuir,  vache,  202  liv 

"     à  gunelé,  48  liv 

"     à  mocassin,  154£  liv 

"     à  semelle,  900  liv 

Peaux  d'orignal,  8 

Drap  de  prison,  440}  verges 

Fil,  5  grosses 

Laine  filée,  561  liv 

Sous-vêtements,  80  douz 

Emballage 

Transport 


Hôpital. 


Bovril,  1  bouteille 

Bananes,  \  douz , 

Biscuits,  12£  liv 

Beurre,  174fc  liv 

Thermomètres,  2 

Fleur  de  maïs,  24  paquets 

Médicaments 

Œufs,  15  douz 

Graine  de  lin,  3  boiss 

Confitures,  2  boîtes 

Entretien  d'un  prisonnier  aliéné. 

Moustiquaire,  5  verges 

Marmelade,  2  liv 

Sucre,  50  tbs 

Instruments  de  chirurgie 

Oranges,  1*  douz 

Tube  caoutchouc,  10  verges 

Sagou,  3  liv 

Tabac,  50  liv 

Tapioca,  2  liv 

Transport 


Frais  de  libération. 

Vêtements  et  allocations. 

Transport  et  allocations,  90 

Boutons  de  gilets,  3  grosses. . .  . 
de  faux-cols,  15  douz. .  . 

Eaux-cols,  9  douz 

Toile,  250  verges 

Casquettes,  2  douz 

Batinade,  150  verges 

Chapeaux,  3jf  douz 

Mouchoirs,  8  douz 

Cuir,  veau  canadien,  20  liv.  .  .  . 

à  semelles,  76  liv 

Mitaines,  6  paires 

Boutons,  5  douz 

Chemises,  1  \  douz 

Batiste  croisée,  3321  verges 

Coutil  à  corset,  100  verges , 


13  98 
1  85 

1  00 
275  76 

66  62 
126  19 

15  00 
8  16 

90  90 

23  04 

61  80 
222  64 

72  00 
328  74 

19  50 
275  07 
407  50 

2  25 
28  02 


2,040  02 

35 

15 

1 

25 

31 

41 

1 

00 

1 

68 

180 

30 

2 

92 

3 

90 

60 

350 

25 

50 

35 

2 

50 

25 

55 

60 

1 

18 

30 

5 

60 

20 

21 

46 

632 

05 

1,33 


57 
1  35  I 

90 
8  95  ; 
20  00 
12  00 

15  00  |l 

18  45 

3  20    | 

16  00 

19  76 
1  80 

80 
7  75 
26  58    | 

17  50    i 


Frais  ee  libération — Suite. 

Vêtements  et  allocations. — Suite. 

Tweed,  450  verges 

Cravates,  9§  douz 

Laine  filée,  20  liv 

Sous- vêtements,  5  douz 

Moins  remise 


Transferements. 

Transfèrement  à  Kingston  de  3   prison 

niers  aliénés 

Transfèr.  d'une  prisonnière  à  Edmonton 


Moins  remise , 


Dépenses  générales. 

Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau 

Bois  de  chauffage,  15  cordes 

Pétrole,  2,383i  gai 

Chandelles,  36  liv 

Charbon,  mou,  7081600  tonnes 

dur,  79U0°  tonnes 

Verres  de  lanterne,  3  douz 

Brûleurs,  9  douz 

Cheminées  de  lampes,  42  douz 

Mèches,  4  grosses 

Allumettes,  4 
Huile,  9  gai.. 

Moins  remise . 


Entretien  des  édifices. 


Beige,  30  verges 

Boulons,  600 

Blanchissoirs,  6  douz 

Impressions  sur  papier  blanc  .  . 

Métal  antifriction,  11  liv 

Couplets,  acier,  3  paires 

Pierre  bleue,  12  liv 

Altérations  au  bain 

Bouilloires,  pour  cuisine,  2 

Joints,  24  liv 

Chlorure  de  chaux,  598  liv 
Nettoyage  et  creusage  de  puits. 

Droits  de  douane 

Couleurs,  assorties,  37  liv 

Coudes,  1  douz 

Papier  d'émeri,  15  mains 

Enduit,  25  liv 

Fumigation 

Colle,  249  liv 

Calorifères,   2 

Poil  à  mortier,  5  ballots 

Poudre  insecticide,  3  liv 


112  71 
12  20 
10  00 
24  00 


1,664  52 
2  35 


1,662  17 


781  05 
137  20 


918  25 
178  05 


740  20 


61  50 

500  86 

4  68 

3,908  48 

733  24 

1  95 

7  35 

26  70 

2  10 

2  40 

6  55 

5,255  81 

95  14 

5,160  67 

22  50 

2  35 

23  39 

95 

1  26 

2  95 

2  64 

10  00 

12  70 

1  38 

29  90 

357  50 

6  80 

18  80 

96 

11  75 

4  00 

5  00 

39  84 

24  00 

4  50 

1  50 

170 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


MANITOBA— Suite. 


DÉPENSE    GÉNÉRALES. Suite. 

Entretien  des  édifices — Suite. 


Glace,  120  tonnes 

Boutons  de  porte  à  mortaise,  1  douz.. 

,  1  douz 

Chaux,  150  boiss 

Serrures,  1  douz 

"  à  mortaise,  £  douz 

armoire,  1  douz 

Blanc  de  plomb,  2,000  liv 

Lesssive,  22  douz 

Souricières,  4 

Huile  de  lin,  90?  gai 

Lattes,  12  M 

Bois  de  sciage,  22,246  pds 

Mastic,  100  liv 

Pommade  Putz  ,  38  douz 

Tuyau  à  vapeur,  20è  pds 

Parties  de  calorifère 

Poignées  de  tiroirs,  1    douz 

Bouchon*,  4 

Réparations  à  appareil  de  sonnerie. . . . 

Oxyde  de  fer,  100  lbs 

Location  de  terrain  pour  magasin. .  .  . 

Corde  à  châssis,  15  liv 

Bardeaux,  100  m 

Graines  de  fleurs 

Savon  de  buanderie,  3,540  liv 

Empois,  25  lbs 

Vis,  2  grosses 

Cheminées,  4 

Réparations  au  téléphone 

Térébenthine,  44  gai 

Etain  en  lingot,  55  liv 

Papier  de  toilette,  400  paquets 

Blanc  de  céruse,  5,625  liv 

Soude  à  laver,  2,418  liv. 

Emballage 

Transport 


Moins  remise . 


Entretien  des  machines. 

Garniture  d'amiante,  3  liv 

Inspection  de  chaudière 

Tubes  de  chaudière,  52.  ........ 

Composition  à  chaudière,  887  liv. 

Fontes,  assorties 

Sulfate  de  euivre,  5  liv 

Sulfate  de  fer,  40  liv 

Argile  réf ractaire,  5  sacs 

Barres  de  grilles,  1,080  liv 

Tubes  indicateurs,  3  douz 

Injecteur,  1 

Enveloppes  de  graisseur 

Garniture  en  caoutchouc,  9  liv... 

Huile  à  machine,  40  gai 

"      à  cylindre,  57  gai 

Parties  de  machine 

Bagues  métalliques 

Soupape  sphérique,  1 

Soupapes  d'arrêt,  2s 

Emballage 

Transport 


110  00 

3  66 

1   25 

45  00 

1  83 

2  48 
95 

160  00 

22  00 

20 

70  24 

106  00 

1,110  89 

2  50 

13  00 

10  91 

1  25 
38 
28 

30  40 

2  50 
1  00 

3  29 
385  00 

4  75 
194  70 

1  50 
22 

17  40 
24  36 
50  16 
26  68 
28  80 
70  31 
48  36 

2  25 
72  75 


3,211  92 
5  07 


3,206  85 


90 

36  66 

112  32 

88  70 

3  24 
60 

1  20 
10  00 
43  20 

60 

12  00 

70 

4  05 
14  80 
57  00 
43  30 

5  00 

2  25 

3  10 

4  20 
2  44 


446  26 


DÉPENSES  GÉNÉRALES. Suite. 

Chapelles,  écoles  et   bibliothèque. 

Livres  de  chant,  1  douz 

Coton  à  reliure,  15  vgs 

Livres  de  cantiques 

Livres  d'école 

Emoluments  de  l'organiste 

Recueils  de  psaumes,  1  douz 

Livre  de  prières,  1   

Carton,  72  feuilles 

Cuir  à  reliure,  3  peaux 

Blanchissage,  linge  de  chapelle 

Abonnement  à  magazines 

Huile  de  sanctuaire,  5  gai 

Lampe  de  sanctuaire, 

Transport 

**W»:'        -     rr- 

■--■»--        ><''* 

SrW,  '    '    '      - 

~-  *?P  Dépenses  de  bureau. 

Papeterie 

Impression , 

Prime  sur  cautionnement  des  officiers 

Téléphone,  longue  distance. — 

Télégrammes 

Timbres-poste 

Abonnement  à  journaux 

Transport 


Industries. 

Ferme. 

Graisse  à  essieux,  6  douz 

Fouets,  2 

Son,  1  tonne 

Verrat,  1 

Chanîes  à  vaches,  1  douz 

Toile,  2  rouleaux 

Déboursés  re  robes  de  traîneau  volées 

Fourches  à  foin,  1  douz 

Semeuse  de  graine  de  gazon,  1 

Herse 

Remède  pour  chevaux 

Tampons  pour  sabots  de  cheval,  3  prs 

Clous  de  fers  à  cheval,  30  liv 

Gants  de  moissonneurs,  ^  douz 

Ferrage  de  chevaux,  43  heures 

Ficelle  d'engerbage,  250  liv 

Parties  de  machines, 

Pommes  de  terre,  50  sacs 

Vert;de  Paris,  27  liv 

Réparations  à  moulin  à  vent 

Crampes,  60  liv 

Grafes  à  ressort,  \  grosse 

Graines  de  semence 

Coussins,  6 

Battage  du  grain 

Frais  de  voyage 

Services  de  vétérinaire 

Emballage 

Transport 


4  20 

3  05 

9  25 

10  20 

50  00 

10  80 

3  50 
10  20 

4  05 
3  21 

16  63 

6  50 

75 

1  60 


133 

94 

84 

32 

178  06 

24 

00 

2 

78 

37 

11 

46 

00 

27 

00 

19 

52 

418  79 

6 

60 

2 

00 

18 

00 

15 

00 

2 

18 

10  00 

10 

00 

4 

80 

9 

00 

35 

00 

1 

00 

3 

75 

6 

33 

1 

75 

19 

30 

30 

00 

8 

37 

45 

00 

8 

91 

6  35 

2  01 

75 

310 

96 

7 

50 

156 

21 

8 

95 

24 

00 

1 

60 

28  35 

783 

67 

DEPENSES 


171 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


MANITOBA— Suite. 


Industries. — Suite. 


Ateliers. 


Acide  oxalique,  2  lbs 

Acide  muriatique,  11  lbs 

Ammoniaque,  2  gai 

Alênes,  1  grosse 

Pinceaux,  assortis,  12  douz 

Boulons,  poêle,  600 

"  machine,  300 

"  voitures,  1,550 

Mèches  de  vrilles,  2  douz 

Dés,  3  douz 

Boucles,  6  grosses 

Boutons,  32  grosses 

Métal  anîifriction,  10  liv 

Cuivre  étamé,  17  liv 

Joints 

Craie  de  tailleur,  6  boîtes 

Charbon  de  forge,  2  tonnes 

Charbon  de  bois,  51  boiss 

Couleurs,  91  liv 

Bois  de  chauffage,  épinette,  56  cardes.. 
"  "  peuplier,  65  cordes.. 

Ciseaux,  2  douz 

Vernis  à  chaussures,  2  douz 

40  liv 

Coussinets  de  filière,  2 

Œillets,  5  m 

Coudes,  14i  liv 

Papier  d'émeri,  20  mains 

Papier  goudronné  en  feuille,  2  douz  . .  . 

Feutre,  fausse  semelle,  9  3-4  liv 

Limes,  assorties,  13£  douz 

Colle  blanche,  48  liv 

Poil  à  enduit,  5  ballots 

Pioches  à  mortier,  i  douz 

Manches  de  marteau,  12  douz 

hache,  55£  douz 

Fers  à  cheval,  50  liv 

Huile  à  finir,  5  gai 

Laque  du  Japon,  15  gai 

Fer  en  barres,  910  liv 

Tôle  galvanisée,  1,311  liv 

Cuir  de  kangarou,  59^  liv 

"    d'Espagne,  105£  liv 

"    peaux  de  mouton,  57£  liv 

Serrures  de  pupitre,  £  douz 

Niveaux  à  bulle  d'air,  2 

Coutil  à  corset,  96  vgs 

Bois  de  construction,  6,157  pds 

Peau  verte,  1 

Peaux  d'original,  2 

Lignes  de  maçon,  5 

Ecrous,  à  6  pans,  21  liv 

Aiguilles,  machine  à  coudre,  5  grosses. . 
à  tricoter,  machine,  2  grosses 

à  coudre,  48    papiers 

Clous  de  fers  à  cheval,  50  liv 

fil  de  fer,  3  barils 

'     de  fer,  30  liv 

"    à  moulures,  15  liv 

Etoupe,  25  liv 

Huile  de  lin,  40  3-4  gai 

Mastic,  353  liv 

Oreilles  de  seaux  20  liv 

Joints  pour  pompe,  2  liv 

Papier  goudronné,  24  rouleaux 

Coupe  de  papier  goudronné,  2  rouleaux. 

Feutre  à  bourrure,  65  verges 

Tuyau  de  fer,  200}  pds 

Plombagine,  5  liv 


50 

1  10 

2  41 

2  00 
50  10 

1  68 

3  69 
13  39 

1  20 
90 
90 

5  40 
1  60 

4  85 

1  00 
3  54 

22  00 

12  78 
10  22 

302  40 
266  50 

13  37 

5  00 
8  00 

2  35 

3  75 

1  41 
17  62 

2  40 
10  73 

15  93 

7  68 

4  75 
1  88 

6  93 

6  66 

3  00 

5  60 

8  55 
20  18 
59  00 
24  99 

31  65 

6  33 
6  25 
1  35 

13  44 
401  92 

4  00 
12  00 

42 
1  63 

8  80 

1  20 
96 

6  15 

9  15 

2  10 
1  55 
1  25 

32  20 
8  85 
4  40 

52 

16  56 

3  50 
19  50 
10  85 

25 


Industries. — Suite. 

Ateliers. — Suite. 

Poudre  à  miner,  10  barillets 

Réducteurs,  3  3-4  lbs 

Râpes,  à  bois,  \  douz 

Résine,  5  liv 

Rivets  de  cuivre,  30  liv 

"      d'acier,  40  liv 

"      brogues,  4  liv 

Fer  à  souder,  4  liv 

Rainette,  1 

Machine  à  coudre,  1 

Navette  pour  machine  à  coudre. . 
Scies  pour  couper  métaux,  1  douz . . 

Laque,  1  gai 

Pelles,  1  1-6  douz 

Corde  à  châssis,  10  liv 

Papier  sablé,  1  rame 

Abonnement  à  journaux  d'industrie 

Vis,  à  œillet  1  grosse 

Vis,  74  grosses 

Ammoniaque,  5  liv 

Serge,  20  verges 

Trappe,  1 

Soie  à  machine,  12  liv 

"        à  boutonnières,  10  liv 

"       à  coudre,  2  liv 

Fil,  assorti,  36  liv 

Galons  de  tailleur,  1  douz 

Tissu  caoutcnouté,  3  liv 

Etain,  113£  lbs 

Fer-blanc,  \\  boîte 

Fer-blanc,  Canada,  6  boîtes 

Broquettes,  48  paquets 

Clés  anglaises,  2 

Parties  de  clés  anglaises 

Ouate,  2  ballots 

Fil  métallique,  acier,  93  liv 

"      fer,  189  liv 

Cire  à  chaussures,  2  grosses 

"      d'abeilles,  4  lbs 

Rondelles,  coupe.de 

Vernis,  1  gai 

Etau  à  tuyau,  1 

Emballage 

Transport 


2,188  54 

Matériel. 
Machines. 

123  10 

Poulie,  1. 

3  25 

Transport 

83 

127  18 

Fournitures. 
Tapis,  114  vgs 

237  60 

Fonds  de  chaises,  20 

3  80 

Savon  de  Marseille,  74  liv 

9  36 

"        de  barbier,  18£  liv 

8  96 
15 

Pots,  2 

45 

Prélart  4  pièces 

10  80 

Toile  à  serviettes,  285  vgs 

34  20 

Coutil,  549  vgs 

107  06 

1  87 

30  00 

58 

2  34 

20 

12  00 

4  00 

4  00 

1  64 
33 

95  00 
55 
28 

2  75 
19  19 

3  50 

4  29 
3  00 

08 
14  54 

70 
29  90 

2  80 
90  00 
45  00 
19  00 
51   28 

65 

3  00 
55  05 
21  75 
21  40 

1  32 

3  55 

2  71 
10  00 

4  21 
6  05 
1  85 
1  60 

88 
1  65 

19  25 
9  75 

42  20 


414  25 


172 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA— Suite. 


Matkkiki.. — Suite 

Utensiles  et  véhicule». 

Balais,  12  ilouz 

Br  ques  à  couteaux,  1  douz 

Brosses  à  planchera,  12  douz 

Poêle  de  cuisine,  1 

Peignes,  5  douz 

Tasses  et  soucoupes,  1  douz 

Cartouches,  4M 

Cadrans  d'horloges,   600 

Tondeuses 

Serrures,  Yale,  1  douz 

Souricière,  i  douz 

Réparations  à  l'appareil  du  téléphone 
à  horloge  électricque. .  .  . 

Poêle,  buanderie 

Scies  de  boucher,  2 

Blaireaux,  i  douz 

Ciseaux,  3  paires 

Pelles  à  feu,  1 

Poucettes,  1  paire 

Thermomètres,  6 

Petits  balais,  1   douz 

Transport 


Terrain,  édifices  et  murs  d'enceinte. 

Enveloppe  d'amiante  pour  chaud.,  5001iv 

Accessoires  de  chambre  de  bain 

Bain,  1 

Impressions  de  plans 

Courbes,  47 

Lits,  128 

Conduites  en  T  et  en  Y.,  4 

Bouilloire,  service  d'eau,  1 

"  fourneau  de  cuisine,  1 

Fontes,  19 

Robinets,  7 

Latrines,  2 

Garde- rboe,  2 

Ciment,  25  barils 

à  foyer,  12  liv 

"  en  sacs,  1,450 

Joints,  36 

Loquets  d'armoires,  4  douz 

Pentures,  portes,  1  jeu 

Boutons  de  portes,  2  douz 

Coudes,  172 

Plaques  sur  plancher,  31 

Verre,  200  pieds 

"        poli  2  pièces 

Argile  réfractaire,  1,000  liv 

Virole  de  réduction,  1 

"  de  cuivre,  4 

"  plaques,  3 

Moyeux  doubles,  2 

Pentures,  6  paires 

Fer  en  barre,  10,553  liv 

"       à  cornière,  1,160  liv 

Tôle  galvanisée,  892  liv 

Expanseur  1 

Réservoir  de  calorifère  1 .  ., 

Espagnolettes,  9  douz 

Serrures  S.D.,  1 

■        à  mortaise,  2  douz 

"        porte  principale,  1 


27  00 

1  25 

7  20 

13  50 

5  50 

90 

66  00 

8  00 

5  00 

13  63 

60 

11  40 

6  10 

10  25 

2  97 

15 

2  11 

15 

5  00 

2  70 

1  60 

133  06 

324  07 

7  50 
3  50 

23  00 

3  98 

14  59 

577  93 

3  13 
145  75 

40  00 

16  00 

6  38 

1  25 
82  50 
77  50 

96 
14  50 

2  43 

5  00 

4  00 
4  30 

19  65 

2  09 
16  07 

9  00 

10  00 

30 

1  00 
95 
36 

3  00 
296  27 

34  80 

40  14 

50 

43  00 

6  75 

3  15 

8  70 

4  12 


Matériel. — Suite- 
Terrains,  édifices,  etc.,  etc. — Suite 

Chaux,  795  boirs 

Plomb,  en  saumon  de    1,002   liv 

Bois  de  construction,  66,601  pieds.  .  . 

Cabinet  de  toilette,  1 

Cuve  à  laver,  1 

Huile  de  naphte,  i  gai 

Clous,  fil  de  fer  35  barils 

Retraits,  3 

Poudre  à  miner,  22  barillets 

Papier  goudronné,  48  rouleaux 

Têtes  de  tuyauy,  3 

Tuyau  de  fer,  3,131TT2  pieds 

324  liv 

"      d'acier,  2,546  liv 

"      de  drainage,  120  pieds 

"      médium,  15  pds 

"      puits,  92  pieds 

"      J.  longueur 

Cercle  de  tuyau,  1 

Poulies,  à  châssis,  20  douz 

Radiateurs,  17 

Réducteurs,  4 

Bardeaux,  100  M 

Evier,  1 

Sable,  100  verges 

Acier,   1,510  liv 

"      en  feuille,  558  liv 

Trappes,  6 

1 

Tés,  75 

Réservoir,  expanseur,  1 

Soupapes  d'arrêt,  38 

"        oscillante  1 

"        à  eau  chaude,  10 

"        d'aspiration,  20 

Vernis,  £  gai 

Tuyaux  en  Y,  7 

Water-closet,  1 

Poids  pour  châssis,  3,005  liv 

Emballage 

Transport 


Divers. 

Annonces 

Dépenses  de  voyage 

Officiers  du  pénitencier 

Fonctionnaires  du  département 


Dépenses  spéciales. 


Payé  au  lieu  de  taxes  scolaires 

Alloc.  p.  perte  d'effets  appart.  aux  pris 


187  50 

65  13 
2,813  74 

19  50 
25  50 

1  50 
81   15 

2  45 

66  00 
33   12 

1  87 

238  08 

28  08 

120  94 

37  60 

4  05 

92  00 

79 

1   11 

19  00 

332  90 

1   59 

410  00 

1  50 
25  00 
54  36 
19  53 

8  74 

80 

15  09 

3  75 
125  52 

3  75 
14  42 

2  92 
2  00 

10  33 

19  25 

85  64 

2  40 

128  52 

6,641   17 


48  40 


307  45 
205  00 


560  40 


250  00 
11  70 


261  70 


64,397  28 


DEPENSES 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


173 


MANITOBA. 


>Fii 


RECAPITULATION. 


Personnel — 

Appointements  et  allocations  de  retraite. 
Uniformes  et  ordinaire 


Entretien  des  prisonniers — 

Rations 

Vêtements  et  médicaments 


Frais  de  libération — 

Vêtements  et  allocations 

Transfèrements  et  inhumations , 


Dépenses  générales — 

Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau 
Entretien  des  édifices  et  machines.  . 
Chapelles,  écoles  et  bibliothèque 
Dépenses  de  bureau 


Industries — 
Ferme.. 
Ateliers 


Matériel — 

Machines 

Fournitures 

Ustensiles  et  véhicules 

Terrain,  édifices  et  murs  d'enceinte 


Divers — 

Annonces  et  frais  de  voyage , 
Dépenses  spéciales 


Total 


$     33,404 
1,426 

08 
69 

3,824 
2,672 

58 

07 

1,662 

740 

17 

20 

5,160  67 

3,653  11 

133  94 

418  79 

783  67 

2,188  54 

127  18 

414  25 

324  07 

6,641  17 

560 
261 

40 
70 

$  34,830  77 
6,496  65 
2,402  37 

9,366  51 
2,972121 

7,506  67 

822  10 
$     64,397  25 


174 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


COLOMBIE-BRITANNIQUE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Personnel. 

Appointements. 
Directeur,  Whyte,  6  m.  à  septembre. . . 
"  Brown,  depuis  26  novembre. 

Aumôniers,  2  à  $1,00,  12  m 

Médecin,  21  m 

Comptable,   12m 

Garde-magasin,  12  m 

Econome 

Surveillant 

Surveillant  de  l'hôpital  à  900  pér.  int. . . 
Instructeurs  en  chef  des  métiers,  12  m. 
Instructeurs,  5  à  $800,  12  m 

là  $800,  9  m 

et  mécanicien,  à  $1,000,  3  m 

Sous-directeur,  Bourke,7  m 

Sous-directeur,  Carroll,  depuis  3  déc 

1er.  gardien  à  $900,  périodes  int 

<  ianlien  à  $700,  périodes  int 

(  la  rdiens,  3  à  $800,  périodes  int 

Cardes,  2  à  $700,  12  m 

(  lardes,  à  $700,  périodes  inter 

Employés  temporaires 


1,099  98 
763  88 


Moins  remise. 


Allocations  de  retraite. 

Jno.  McNiven 

H.  McKee 

R.  Atkins 

J.  C.  Whyte 

A.  A.  Bourke 

B.  Bur 

A.  McNeil 


Uniformes. 

Noir  à  souliers,  1  douz 

Boucles  à  panta  on,  200 

Insignes,  pour  collet  d'habit,  4 

"  pour  casquettes  40 . . . 

Boutons  dorés,  18  grosses 

Imperméable,  1 

Drap  italien,  48  3-4  vgs 

Tissu  de  crin,  52  vgs 

Drap  imperméable,  49  vgs 

"      khaki,  125  3-4  vgs 

Toile,  100  vgs 

Couronnes,  8 

Golon  élastique,  $  vg 

Gants,  25  paires 

Chapeaux, ;3  douz 

Doublure  de  manches,  99  vgs. 
Cuir  à  tn' pointe,  17  liv 

"     à  grenelé,  46  pds 

"    veau" canadien,  53$  liv.  . . . 

"    veau  français,  29  3-4  liv. . 

"    kip,  19  1-3  liv 

"    à  semelles,  356  liv 

"    kangarou,  24^  pds 

Mine  de  plomb,  12  douz 

Etoiles,  7 

Batiste  croisée,  101  3-4  vgs 

Soie  à  coudre,  2  douz 

Droits  de  douane 

Emballage 

Transport , 


2,000  00 

1.50C 

00 

1,200  00 

90C 

00 

900  00 

892  74 

1,000  00 

4,000  00 

599 

93 

250 

06 

875  00 

491 

93 

750 

00 

375 

00 

1,609 

29 

1,400  00 

4,288 

78 

2,660 

26 

27,556 

85 

40 

59 

27,516 

26 

1,033  33 

1,517 

34 

1,166  66 

1,529 

82 

279 

23 

1,254 

44  | 

643 

46 

7,424 

28 

80 

80 

2  00 

17 

05 

58 

57 

15 

00 

34 

13 

13 

00 

87 

75 

144 

04 

15 

75 

3 

75 

50 

26 

00  i 

43 

80  | 

17 

82 

8 

50 

6 

85 

28 

48 

38 

68 

12 

57 

96 

75 

10 

91 

80 

3 

00  J 

13 

19 

19 

86 

12 

08 

85 

14 

23  jj 

747 

51 

Personnel. — Suite. 
Ordinaire. 


Bacon,  19  3-4  liv 

Poudre  à  levau  5  liv 

Biscuits,  8  liv , 

Beurre,  650  liv , 

Bœuf,  3,941  liv 

Fleur  de  maïs,  12  paquets 

Café,  30  liv 

Raisins  de  Corinthe,  10  liv. . . 

Fromage,  40$  liv 

Crème,  condensée,  1  boîte. .  ;  . 

"  1  bouteille 

|   Œeufs,  40  douz 

I  Essences,  3  bouteilles 

Thoment,  1  paquet 

Poisson  frais,  378  liv 

Fruits,  12  douz  de  bottes 

Fleur  Graham,  1$  baril 

Gingembre,  1  liv 

Jambon,  4  liv 

Macaroni,  2  liv 

Lait  condensé  8$  douz 

"       145  gai 

Moutarde,  12  liv 

Muscade,  40  liv 

Poivre,  40  liv 

Raisins,  5  liv 

Soude,  18  lbs 

Epices,  1$  liv 

Saumon,  1  boîte 

Sagou,  $  liv 

Sucre,  700  liv 

Sauce,  4  bouteilles 

Sardines,  4J  douz 

Thé,  91  liv 

Légumes,  conserves,  10$  douz. 

Levain,  2  douz 

Transport 


Entretien  des  prisonniers. 

Rations. 

Pommes  tapées,  700  liv 

Poudre  à  levain,  10  liv 

Haricots,  1,344  liv 

Orge  mondée,  247  liv 

Bœuf,  21,234  liv 

Extras  de  Noël 

Bœuf  salé,  1  baril 

Farine  de  maïs  950  liv 

Poisson,  7,123  liv 

Fleur,  760  sacs 

Entretien  de  prisonnier  dans  geôle 

Oignons,  100  liv 

Saindoux,  255  liv 

Lard,  250  liv 

Pommes  de  terre,  80  boîss 

Pommes  de  terre,  2  tonnes 

Pruneaux,  1,700  liv 

Conserves  au  -vinagre,  2  gai 

Poivre,   145  liv 

Avoine  moulue,  1,530  liv 

Biz,  918$  liv 

Suif,  11  liv 

Saumon  en  boîtes,  6  douz 

Sel,  4,300  liv 


3  56 

75 

1  00 

144  32 

236  46 

78 

6  25 

1  00 

7  17 

15 

13 

10  25 

1  75 

20 

39  65 

27  72 

9  50 

15 

1  60 

25 

12  60 

58  05 

4  80 

19 

5  60 

60 

1  58 

35 

15 

15 

59  25 

1  70 

6  00 

25  25 

16  10 

1  20 

11  17 

677  38 

67  50 
1  50 

94  02 

7  41 
,574  52 

11  45 

16  00 

21  38 

490  29 

,589  00 

5  00 

5  50 

35  70 

31  25 
90  25 

102  50 

95  85 
50 

29  00 
53  55 

32  14 
1  00 

8  25 
31   50 


DEPENSES 


175 


DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


COLUMBI A-BRITAN  NIQUE— Su  ite . 


Entketien  des  prisonniers. — Suite. 

Rations. 

Sirop,  6,188  liv 

Sucre,  4,400  liv 

Thé,  470  l.iv 

Vinaigre,  45  gai 

Levain,  124  liv 

Transport 


Vêtements. 

Bottes  de  caoutchouc,  12  paires, 

Boutons  de  corne,  12  grosses 

Drap  de  prison,  622  vgs 

Coton,  192  vgs 

Toile  à  essuie-mains,  313i  vgs. . . 

Toile,  10H  vgs 

Denim,  1,109  3-8  vgs 

Coutil,  120  ygs 

Chapeaux  de  paille,  6  douz 

Lacets,  2  grosses 

Cuir  à  empeignes,  53£  liv 

"    buffle,  62*  lbs 

"    kip,  38  2-3  liv 

"    commandes,  347  liv 

"    à  semelles,  375  liv 

Sous-vêtements,  40  douz 

Laine  filée,  250  liv 

Transport 


Hôpital. 


Fioles,  1 

Fleur  de  maïs,  2  liv 

Drogues 

Œufs,   5£  douz 

Extrait  de  bœuf,   2  bouteilles.  .  . 
Entretien  de  prisonniers  aliénés 

Fruits,  en  boîtes,  2  douz 

Sucre  granulé,  5  liv 

Stéthoscope,  1 

Lunettes,  2  douz 


Frais  de  libération. 

Vêtements  et  allocations. 

Transport  et  allocations,  58 

Toile,  100  vgs 

Flanelle  grise,  139  vgs 

Satinade,  104  vgs 

Cuir,  à  t  répointe,  8^  lbs 

"    d'Espagne,  10H  pds 

"    grenelé,  45  3  pds 

"    à  semelles,  209  lbs 

"    jaune,  188  3-4  pds 

Chapeaux,  1  douz 

Batiste  croisée,  108  3-4  vgs 

Soie  à  coudre.  2  douz 


154  70 

198  00 

75  20 

13  50 

37  80 

193  30 


5,067  56 


51  00 

1  80 

564  46 

18  24 

36  06 

25  38 

221   67 

12  00 

9  00 

7  00 

25  15 

10  94 

25  13 

90  22 

98  08 

180  00 

125  00 

75  40 


1,576  53 


5 

50 

26 

146 

83 

1 

37 

1 

80 

128 

56 

55 

30 

3 

10 

7 

00 

295 

27 

671  50 

8  00 

16  00 

10  40 

4  25 

25  31 

6  84 

56  61 

43  36 

4  75 

9  79 

20  00 

876  81 

Frais  de  libération. 


Transj  èrement . 


Transf  èrement  d'une  prisonnière  à  Altj 
Moins  remise  de  dépenses 


DÉPENSES  GÉNÉRALES. 

Chaxiffage,  éclairage  et  service  d'eau. 

Charbon,  485  tonnes 

Pétrole,  114è  gai 

Raccordement  avec  service  d'eau 

Lampes  électriques,  100 

Compte  d'éclairage 

Compteur,  loyer 

Allumettes,  2  boîtes 

Service  d'eau 


Entretien  des  édifices  et  machines. 


Acide  muréatique,  i  liv 

Etoffe,  45  vgs 

Courroie,  81  pieds 

Lacet  à  courroie,  2^  liv 

Batteries,  1  10-12  douz 

Dés,  213 

Pinceaux,  plats,  H  douz 

"  à  goudron  £  douz 

"  à  badigeon,  £  douz. . 

Poulies  de  bois,  16 

Briques  à  couteaux,  3  douz 

Poutres,  T.  161  liv.— 

Robinets,  15 

Supports,  12 

Cuivre,  12  liv 

Courbes,  2 

Boulons  à  poêle,  2£  douz 

Bouilloire,  1 

Bain,  1 

"      soupape  de  trop-plein 

Corde  non  cond.,  303  pds 

Joints,  12 

Coton  à  auvent,  15  vgs 

Couleurs,  assorties 

Fontes,  de  cuivre 

de  fer 

Taquets,  200 

Chapeaux,  24 

Chaine,  50  pieds 

"      62  3-4  liv 

Peaux  de  chamois,  3 

Roulettes,  6  jeux 

Mordaches,  6 

Corde  à  ling  métallique,  200  pds . 

Robinet,  1 

Charge  pour  lumière  instantanée. 

Disques,  18 

Œillets,  3  douz 

Emeri,  10  liv 

Coudes,  51 

Papier  à  mouches,  6  boîtes 

Foyer 

Argile  réfractoire,  300  lbs 

Graisseur 

Collerettes,  6 


200  00 
15  75 


184  25 


2,691  56 

34  35 

16  65. 

19  50 

576  57 

16  50 

3  50 

291  81 


3,650  44 


1  00 
20  25 
51  50 

3  18 
9  25 

2  85 
45  00 

3  00  j 

4  25 
10  16 

1  20 
8  86 

12  60 

2  00 

1  00 

4  00 
60 

18  50 
45  00 

2  75 

5  77 
1  20 

5  25 
122  70 

13  00 
106  50 

4  00 

6  50 

5  00 

6  37 
2  25 

90 

2  10 

1  0O 

4  50 

60 

4  65 

45 

1  50 

19  98 

4  50 

10  00 

4  50 

1  00 

6  00 


176 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


COLOMBIE-BRITANN IQUE— Suite 


DÉPENSES    GÉNÉRALES Suite. 

Entretien  des  édifices  et 
machines — Suite . 

Meule  à  aiguiser,  60  liv 

Gazoline,  210  gai 

Vit  res,  6 

Granité  liquide,  5fc  gai 

Grille,  1 

Peut ures,  5  V  douz 

Glace,  1.715  liv 

Fer  en  barres,  4,983  liv 

Tôle  galvanisée,  1,786  liv 

Fer  à  lien,  429  liv 

Joints  isolateurs,  6 

Laque,  20  gai 

Clefs,   1  douz 

Poignées,  7  douz 

Main-d'œuvre,  7  heures 

Lessive,  384  boîtes 

Bois  de  construction,  49,877  pieds. . . 

Blanc  de  plomb,  3,100  liv 

Plomb,  rouge  de  100  liv 

"       en  saumon,  95  liv 

Serrures  (cadenas),  13 

"      à  palâtre  36 

"      d'armoire  12 

"      à  mortaise  6 

Posage  de  serrures 

Anneaux  d'assemblage  2   douz 

Bol  de  cabinet  de  toilette,  1 

Plafond  métallique 

Compteur  électrique 

Inspection  du  compteur 

Alcool  méthylique,  1  gai 

Construction  de  cheminée 

Matériel  pour  "Pott's  Disentregator's 

Tarauds,  20  liv 

carrés,  40  liv 

noirs,  100  liv 

Clous  à  tête  plate,  2  liv 

à  moulure,  40  liv 

"      fil  de  fer,  10  barillets 

10  liv 

à  finir,  }  barillets 

"       à  finir,  5  liv 

"      coupés,  16  barillets 

Huile  à  machine,  7  gai    

1  boite 

"    de  lin,  179  »°  gai 

"    à  machine,  143  gai 

"    à  cylindre,  47i  gai 

"    anglaise,  1  bidon 

"    à  signaux,  1  gai 

"    crue,  1  gai 

"    de  ricin,  5  gai 

"    de  rose  blanche,  5  gai 

"    à  moteur,  5  gai 

Parties  de  machines 

Pâte,  1  douz 

Garniture,   rainbow,  6£  liv 

talc,  H  liv 

"  caoutchouc,  36  liv 

Boutons  avertisseurs,  10 

Plâtre  de  Paris,  1  baril 

Pierre  ponce,    1  liv 

Bouchons,  97 

Tuyau  de  fer,  2ô9§  pieds 

"  "1  morceau 

"      de  poêle,  64  feuilles 

"      pour  le  bain 

Rosettes,  195 


1  80 
68  33 
21  50 
19  80 

9  00 

13  17 

8  57 

167  06 

89  98 

13  59 
5  40 

11  60 
3  00 

2  90 

5  25 
30  72 

,192  41 
258  50 

8  00 

6  65 
48  00 
19  90 

1  25 

1  50 

1  88 

60 

12  25 
119  33 

14  65 

1  25 

3  50 
59  63 

107  75 

2  40 
5  20 

10  00 
41 

3  99 
32  90 

2  00 
99 
75 

62  55 
5  05 

4  00 
147  44 

54  70 
25  17 

4  00 
1  50 
1  00 

3  00 

5  00 

5  00 

9  20 

6  00 

5  20 
1  22 

18  00 
1  65 

4  75 
25 

6  32 
117  04 

3  00 
10  00 

1  85 
28  17 


DÉPENSES  GÉNÉRALES Suite. 

Entretien  des  édifices  et 
machines — Suite . 

Rivets,  15  liv 

Anneaux  de  cuivre,  3  douz 

Poison  pour  les  rats,  2  boîtes 

Câble  métallique,  50  pieds 

"      chanvre,  550  liv 

Résine,  30  liv 

Réparations  à  machine 

Tolets,  2  paires 

Engrenages 

Appareils  à  douches,  15 

Engrenage,  1 

Abat- jour  6,563 

Supports,  1  douz 

Targettes,  2  douz 

Corde  à  châssis,  26£  liv 

Poulies  à  châssis,  10  douz 

Vis  à  bois.  105  grosses 

Vis  à  billots,  24 

Crampes,  £  liv 

Sapolio,  6  paquets 

Bardeaux,  100  M 

Vis  à  œillet  l  grosse 

Soude,  280  liv 

Savon,  buanderie,  2,716  liv 

Laque,  1  gai 

Eviers,  3 

Sel  ammoniaque,  5  liv 

Douilles  à  clefs,  200 

Commutateurs,  37 

Transformateur,  1 

Goudron,  2  barils 

Galon,  friction,  5  liv 

Térébenthine,  77  gai 

Tés,  16 

Trappes,  3 

Papier  de  toilette,  500  paquets 

Plaques,  2 

Joint  s,  8 

Vernis,  32  gai 

Soupapes  sphériques,  23 

Rondelles,  8  liv 

"  pour  tubes  indicateurs,  4  douz 

Blanc  de  plomb,  1,378  liv 

Cire  à  plancher,  12  boîtes 

Fil  métallique,  assorti,  6,833  pieds 

Papier-tenture,  749  pièces 

"      bordure,  148  verges 

Droits  de  douane 

Zinc,  30  liv 

Emballage 

Transport 


Chapelles,  école  et  bibliothèque 

Emoluments  des  organistes 

Catéchismes,  2  douz 

Chants  sacrés,  livres,  7 

Livres  chinois,  6 

Arithmétiques,  6 

Transport 

Abonn.  à  journaux  et  magazines. . . 


3  07 

45 

40 

2  50 

66  00 

1  50 

25  50 

60 

45  00 

22  50 

1  25 

6  60 

45 

4  00 

13  25 

5  00 

64  59 

1  20 

10 

75 

250  00 

50 

7  00 

124  33 

4  00 

23  00 

1  50 

28  00 

18  82 

38  50 

19  00 

2  35 

72  60 

10  00 

6  75 

31  75 

4  50 

3  50 

57  35 

82  90 

1  40 

1  55 

27  56 

7  20 

136  64 

212  07 

13  60 

20  00 

3  75 

5  10 

36  58 

5,022  10 

100 

00 

1 

39 

7 

25 

6 

30 

3 

60 

1 

50 

23 

75 

143  79 


DEPENSES 


177 


DOC   PARLEMENTAIRE   No  3* 


COLOMBIE-BRITANNIQUE— Suite 


DÉPENSES  GÉNÉRALES Suite. 

Dépenses  de  bureau — Suite. 

Cadrans  d'horloge,  1,000 

Droits  de  douane  sur  cadrans 

Impressions 

Papeterie 

Serrure  de  coffre,  1 

Timbres-poste 

Boîte  postale,  loyer 

clef 

Télégrammes 

Communications  téléphoniques 

Carte  géographique 

Prime  sur  cautionnement  des  officiers 
Transport 


Industries. 


Graisse  à  essieux,  4  douz 

Essieux,  2 

Mors  de  bride,  2 

Son,  6,010  liv 

Sulfate  de  cuivre,  10  liv 

Balais,  i  douz 

Boucles,  traits,  \\  douz 

Huile  de  ricin,  £  gai 

Colliers  de  cheval,  3 

Etrilles,  1  douz 

Bourrure  de  collier,  1 

Bouilloire,  1 

Fusée,  200  vgs 

Engrais  chimique,  1  tonne .... 

Grain 

Huile  à  harnais,  2  douz 

Cochons,  14 

Moyeux,  1  paire 

Remèdes  pour  chevaux 

Fers  à  cheval,  50  liv 

Fourches,  h  douz 

Manches,  3  douz 

Chaudrons,  2 

Bandage  de  genou,  caoutchouc . 

Serrure,   Yale,  6 

Cuir  à  harnais,  131  liv 

"      Penetang,  58  liv 

Engrais,  418  tombereaux 

Fer,  450  li\ 

Bois,  chêne,  311  pds 

Avoine,  31,870  liv 

Pois,   1,010  liv 

Poudre,   2  caisses 

Parties  de  machine 

Cordage,  3k  liv 

Jantes,  2  jeux 

Rais,   1  jeu 


Graines  de  semence 

Selgemme,  40  liv 

Grafes  à  ressort,  4  douz 

Pierre  à  faulx,  6 

Ficelle  d'engerbage,  100  liv 

Comp.  pour  arrosage  d'arbres,  2  gai. 

Service  de  vétérinaire 

Blé,  250  liv 

Rondelles,  1  douz 

Emballage 

Transport 


8  00 

2  80 

302  67 

174  76 

50 

10  00 

5  00 

50 

89  88 

120  22 

8  50 

24  00 

46  82 


793  65 


6  50 

4  50 
85 

68  10 
1  20 

6  00 
3  60 

63 

20  00 

1  05 

1  00 

30  00 

1  30 

42  00 

99  00 

5  50 
125  00 

10  00 

1  90 
3  00 
3  38 

7  02 
36  00 

5  00 

12  00 
49  78 
15  66 

209  00 

13  95 
62  20 

488  68 

25  25 

15  00 

7  50 

77 

28  00 

11  00 
24  40 
46  93 

50 

3  20 
60 

12  00 

2  00 

4  00 

5  00 
15 
25 

3  00 


1,523  35 


In  dtjstries  .  — Suite. 
Ateliers. 


Alênes,  7  grosses 

Paniers,  2    

Fausses  équerres,  2 

Pinceaux,  2 

Encre  à  chaussures,  5  gai 

Boucles,  3g 

Vilebrequins, 

Mèches  de  tarières,  6  douz 

Emporte-pièce  ,  1 

Soies  de  sanglier,  £  liv 

Cirage,  Boston,  2  gai 

Cirage,  1  douz 

Clefs,  1  douz 

Compas,  1  douz 

Ciment,  cuir,  1  douz 

"  caoutchouc,  2  douz 

Charbon  de  forge,  5203  tonnes , 

Ciseaux,  tour,  2 , 

"  à  bois,  4§  douz , 

Craie,  1  grosse , 

Tranchets  pour  le  cuir,  1  paire , 

Coussinets  de  filière,  11 , 

Forets,  coniques,   5 

Roues  d'émeri,  polissoir  12 , 

"      polissoir 

Courroies  pour  roues  d'émeri,   2  douz, 

Toile  d'émeri,  8  mains 

Œillets,   5  M 

Etau  de  forgerons 

Feutre,  1  morceau 

Limes,  assorties 

Fusée,   500  pds 

Gomme  arabique,  2  liv 

Estropes,  1  jeux 

Clous  de  fers  à  cheval,  20  liv 

Fers  à  cheval,  200  liv 

Marteaux  de  cordonniers,  1  douz 

"  à  pied  de  biche,  1  douz. . .  , 

Crochets,  5  M      

Manches  d'alênes,  6  douz 

Manches,  22  douz 

Petites  lampes,  6 

Tranchets,  6£  douz 

Plomb,  saumon,  124  Ibs 

Saindoux,  1 70  liv 

Bois  de  construction,  570  pds 

Cuir,  verni,  2  pds 

"      peaux  de  mouton,  113  liv 

Niveaux,  2 

Manganèse,  18f  liv 

Maillet,  1 

Noix,  200  Ibs 

Pinces,  1  paire 

Clous  à  chaussures,  81  liv 

"      de  cuivre,  21  liv 

"      à  cannelure,    5  liv 

"      Hongrois,  25  liv 

"      H.S.,  5  liv 

Aiguilles  de  sellier,   3  paquets 

"  14£  douz.  de  papiers 

"  machine  à  coudre 

Huile,  2  gai 

"      à  machine  à  coudre 

Graisseurs,  2 

Rabot,  ordinaire,   1 

rifflard,  1 

Fers  de  rabot 

Coupe-tuyau,    13 

Location  de  chaland 


1  00 

75 

8  79 

2  25 

3  55 

1  91 

21  23 

10 

5  00 

3  00 

1  25 

50 

2  00 

95 

5  00 

102  02 

40 

21  23 

1  50 

75 

33  00 

6  75 

37  05 

1  50 

3  20 

7  02 

1  50 

7  55 

75 

39  83 

3  25 

60 

2  50 

3  00 

12  00 

6  25 

6  00 

2  50 

3  40 

46  03 

6  00 

22  50 

8  68 

23  80 

43  66 

1  00 

49  15 

3  50 

2  81 

4  00 

19  75 

7  00 

7  20 

9  45 

60 

3  00 

75 

30 

3  35 

11  10 

7  00 

1  80 

40 

65 

40 

1  92 

7  60 

161  83 

178 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


COLOMBIE-BRITANNIQUE— Suite 


Industries. — Suite. 
Ateliers. — Suite. 


Rivets  de  cuivre,  9  liv 

à  chaussures,  5  liv 

Règle  d'architecte,  1 

Pieds-de-roi,  ^  douz 

Poulies,  tourillons  2 

Parties  de  machine  à  tricoter.  . 
"  à  coudre .  .  . 

Réparations  à  foret 

Touage  et  fret 

Râpes,  chaursures,  1  douz 

Agrafes  à  ressort,  3  douz 

Tournevis,  2 

Equerres,  2 

Victor 

V ris  «le  pression,  18 

Soudure  d'argent,  1-J-  once 

Papier  sablé,  27  m  ins 

Scies  assorties 

Pinces  de  tourneur,  1  paire  .  .  . 

Rais,  2  douz 

Planes,  6 

Ciseaux,  2  paires 

Eponges,    3   douz 

Bâtons,    (2) 

Abonn.  à  Tailor  and  Cutter. . . . 

Truelles,  2  douz 

Dés,  i  grosse 

Broquettes,  8  boîtes 

Fil  à  ligneul,  29  liv 

coudre,  7  grosses 

Soie  à  machine 

Fil  à  machine  2  2-3  douz 

2  pelotes. . . 

"    de  chanvre,  21  liv 

Galons,  1£  douz 

Tissu  caoutchouté,  2  pièces 

Suif,  10  liv 

Embauchoir,  1 

Etain,  25  liv 

Mèches  de  lampes,  5 

Rondelles,  40  liv 

Galon,  à  chaussures,  24  vgs. . . . 
Cirage  à  chaussures,  20  liv  ...  . 

Cire  d'abeilles,  10  liv 

Tissu,  fil  métallique,  300  pds. . . 
1  rouleau. 

Clefs  anglaises 

Zinc,  12  liv 

Droits  de  douane 

Transport 


Matériel. 

Machines . 

Poulies,  6 

Courroie,  899  pds 

Extracteur,  1 

Machine 

Pompe  à  double  effet,  ls. . .  . 

Pendants,  16 

Joints 

Colliers  de  sûreté,  16 

Arbre  de  couche,  1,057  pieds 

Machine  à  laver,  I 

Fontes 

Poulies  fixes,  3 


4  95 

3  75 

50 

3  90 

20 

9  28 

2  00 

1  50 

105  00 

2  50 

2  15 

1  60 

1  15 

45 

18  00 

1  50 

7  99 

41  40 

2  00 

10  80 

5  75 

2  00 

75 

50 

3  00 

27  00 

54 

2  43 

26  47 

43  80 

48  00 

6  26 

1  80 

35  90 

5  50 

1  90 

60 

1  00 

12  50 

50 

3  78 

72 

2  00 

4  00 

10  50 

8  82 

3  25 

1  80 

6  62 

17  49 

1,332  86 

120  00 

524  28 

142  50 

480  00 

82  30 

283  50 

16  90 

11  76 

53  29 

348  65 

39  90 

13  50 


Matéri  el. — Suite. 

Machines. — Suite. 

Poulies,  folles,  3 

"      fer  solide,  25 

Supports  pour  poulies  ci-haut . 
Robotense  et  assembleu  se ... . 

Couteau  et  meule 

Scie,  1 

(  luide  pour  scie  à  ruban,  1 . . . . 

Tour  pour  le  bois,  1 

Supports  pour  courroie  "6",  2 

Meule  d'émeri  double ,  1 

Arbre  de  couche 

Cuir  à  lacets 

Bois  de  construction,  1,200  liv 
Transport 


Fournitures. 

Peignes,  15  grosses 

Horloge,  1 

Chaises,  10 

Matelas,  1 

Oreillers,  1  paire 

Réparations  à  horloge. . . . 
Soucoupes,  agate,  1  douz. 

Savon  à  barbe,  20  liv 

"      de  Marseille,  550  liv 
Serviettes,  1  douz 


Ustensils  et  véhicules. 

Boîtes  d  essieux,  4 

Seaux  en  tôle  galvanisée,  2\  douz 

Balais,  1 2  douz 

Casserol,  9 

Blaireaux,  à  barbe,  11 

Pinceaux  plats,  6  douz 

Blanchissoirs,  2  douz 

Pinceaux  à  badigeon,  £  douz . 

"      23 

Bidon  à  huile,  1 

Tondeuses,  cheveux,  4 

Carabines,  12 

Cartouches,  5,000  m 

8  boîtes 

Fontes  pour  fourneau  de  cuisine,  272  liv 

Droits  de  douane  sur  carabines 

Plats,  assortis 

Fourchettes,  9  douz 

Meule  à  aguiser,  264  liv 

(accessoires)  3 

Verres  de  lanternes,  1  douz 

Manches,  de  vadrouilles,  1  douz 

Tôle  galvanisée,  155  liv 

Tarre,  1 

Graisseur,  1 

Chaloupe  à  moteur 

Seaux,  2  3-4  douz 

Casseroles,  3 

Pots,  2 

Réparations  à  fers 

â  revolver 

à  horloge 

Rênes,  4 

Revolvers,  24 

Rasoirs.  6 


13  50 

133  47 

18  50 

320  00 

12  00 

90  00 

9  00 

75  00 

84  00 

25  00 

11  00 

6  30 

25  80 

170  46 


3,110 

61 

9  90 

1 

50 

6 

50 

9 

50 

3 

50 

1 

00 

1 

05 

7 

00 

44 

16 

4 

00 

88 

11 

11  00 

12  00 
27  00 
16  50 

1  10 
63  00 

5  23 

6  09 
14  94 

25 

20  00 

139  92 

107  75 

6  00 

27  20 

137  70 

6  35 
5  25 

7  26 
45  00 

1  50 

3  00 
10  85 

1  50 

1  00 
363  00 

13  80 

2  30 
70 

2  25 

1  50 

2  50 

4  00 
325  20 

7  50 


DEPENSES 


179 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE— Suite 


Matériel. — Suite. 

Ustensiles  et  véhicules. — Suite. 

Raies  de  roues,  1  jeu 

Cuillers,  6  douz 

Pelles,  9  douz 

Boîtes  à  saumon,    3   douz 

Plateau,  1 

Théières,  3 

Moules  à  galettes,  2 

Voltmètre 

Petits  balais,  16  douz 

Roues,  spéciales,  4 

Transport 


Terrains,    édifices  et  murs  d'enceinte. 

Impressions  sur  papier  bleu 

Courbes,  15 

Ciment,  343$  barils 

Chaîne  à  châssis,  1,500  pieds 

Fontes,  1,900  liv 

Gazotine,  125i  gai 

Vitres,  3  boîtes 

Appareil  de  chauffage,  1 

Cannelé,  477  liv 

Fer  en  barres,  7,410  liv 

Chaux,  1 17  barils 

Bois  de  construction,  54,613  pieds 

Plomb,  en  saumon,  121  lbs 

Blanc  de  plomb,  100  liv 

Serrures,  6 

Serrures  de  prison,  avec  clefs,  7 

Retraits,  2 

Tuyau  de  décharge,  110  pds 

Tuyau  de  plomb,  24£  pds 

"      noir,  10,465  pds 

"      d'égout,  250  pds 

"      vitrifié    110  pds 


2 

50 

1 

50 

108 

23 

2 

52 

1 

50 

2 

90 

60 

S  0( 

21 

60 

60  00 

15 

58 

1,625  07 

2 

78 

6 

48 

965  90 

30  00 

49 

40 

38 

28 

41 

00 

270  00 

26 

24 

232 

35 

204 

75 

1,158 

00 

8 

47 

9 

50 

6 

00 

50 

85 

3 

70 

32 

30 

2  08 

1,124 

54 

64 

20 

23 

10 

Matériel, — Suite. 

Terrains,  édifices,    etc. — Suite. 

Bouchons  de  cheminées,  6 

Poulies  en  bois,  3 

Papier  goudronné,  50  rouleaux 

Acier,  machine,  2,010  liv 

Poulies  de  châssis,  18  1-3  douz 

Poignées,  18  1-3  douz 

Appareils  sanitaires  dans  nouveaux  ate 
"        à  vapeur  dans  nouveaux  atelier 

Trappe,  1 

Touage  du  lac  Pit,  12  voyages 

Tés,  4 

Tuiles,  400  pieds 

Goudron,  8  barils 

Tissu  métallique,  50  pds 

Tuyaux  en  Y,  3 

Emballage 

Transport 


Divers. 


Annonces 

Frais  de  voyage,  fonct,  du  département. , 

"  officiers  du  pénitencier 

Billets  de  chemin  de  fer 


Dépenses  spéciales. 

Rétribution  de  témoins 

Dommages  causés  par  attelage 

Dépenses  légales 

Dépenses  re  évasions 

Compte  de  dentiste 


11  40 

6  97 

50  00 

82  41 

6  42 

6  42 

477  57 

573  47 

1  75 
145  00 

4  26 
16  00 
74  00 

4  95 

2  97 
40 

197  87 

6,011  78 


41  35 

530  38 

157  20 

8  50 

737  43 


2  00 
26  55 

34  85 
2,575  85 

35  00 

2,674  25 


180 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. Fin. 


RECAPITULATION. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Personnel — 

Appointements,  salaires  et  allocation  de  retraite 
Uniformes  et  ordinaire 

Entretien  des  prisonniers — 

Rations 

Vêtements  et  médicaments 

Frais  de  libération — 

Vêtements  et  allocations 

Transfèrements  et  inhumations 

Dépenses  générales — 

Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau 

Entretien  des  édifices  et  des  machines 

Chapelles,  écoles  et  bibliothèque , 

Dépenses  de  bureau 

Industries — 

Ferme 

Ateliers 

Matériel  de  la  prison — 

Machines , 

Fournitures 

Ustensiles  et  véhicules , 

Terrain,  édifices  et  murs  d'enceinte 

Divers — 

Annonces  et  frais  de  voyages , 

Dépenses  spéciales 

Total 


34,940  54 
1.424  89 


5,067  56 
1,871  80 


876  81 
184  25 


3,650  44 

5,022  10 

143  79 

793  65 


1,523  35 
1,332  86 


3,110  61 

88  11 

1,625  07 

6,011  78 


737  43 
2,674  25 


$  36,365  43 
6, 939^36 
1,061106 

9,609  98 
2,856  21 

10,835157 

3,411  68 
71,079  29 


DEPENSES 


181 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


ALBERTA 


Personnel. 

Appointements  et  salaires.  * 

Directeur,  12  m 

Sous-directeur,  12m 

Médecin,  12  m 

Comptable,  12m 

Aumôniers,  2  à  $800,  12  m 

Directrice,  12  m 

Instructeur  de  métiers  et  maçon,    12  m. 

Mécanicien  et  forgeron,  12  m 

Econome  et  boulanger,  12m 

Sur.  de  l'hôpital  et  sec.  du  directeur 

Instructeurs,    2  à  $800,  12  m 

"  1  période  interrompue 

1er  gardien,  12  m ." 

Gardien,  1 1  m 

Gardiens,  2,  périodes  interrompues 

Garde,    1,  12m 

Gardes,  4,  périodes  interrompues 

Employés  temporaires 


Uniformes. 

Insignes,  4  douz 

Boutons,  dorés,  4  grosses 

Noir  à  chaussures,  13  douz 

Bougran,  f  verge 

Soutache,  12  verges 

Canevas  français,  275  verges 

Drap,  4  verges 

Coton,    108  verges 

Bonnets   d'ordonnances,  4 

Casquette,  1 

Bonnets  mouton  de  Perse 

"       loup  marin,  2 

"       khaki  3 

Visières,  3  doz 

Réparations 

Couronnes  dorées,  4 

Feutre,  "  Dolge,"  48  liv 

Gants,  21  paires 

Chapeaux,  feutre,  30 

Clous  à  talons,  1  douz 

Agrafes  à  chaussures,  2  M 

Drap  italien,  149  verges 

Feutre  à  fausses  semelles,  7£  liv.  . 

Coutil,  54  verges 

Khaki,  125  verges 

Cuir,  veau  canadien,  146  tbs 

veau  français,  26+  ïbs 

rouge,  veau,  42  tbs 

dongola,  44  pieds 

"      de  Cordoue,  91i  pieds 

Doublure  de  manches,    32^  verges 

"  mohair,  32  verges 

Toile,  147  verges 

Lacets  de  chaussures,  1  grosse. . . . 

Pardessus,  17 

Ouate,  1  ballot 

Tissu  caoutchouté,  2  liv 

Lacets  jaunes,  1  grosse 

Batiste  croisée,  231  verges 

Soie  à  machine,  4  liv 

"    à  boutonnières,  2  liv 

■    à  chaussures,  5  liv 

Drap  écarlate,  3  verges 


2,200  00 

1,500  00 

1,200  00 

1,200  00 

1,600  00 

500  00 

1,000  00 

1 ,000  00 

900  00 

900  00 

1,600  00 

580  65 

900  00 

687  50 

700  00 

700  00 

827  94 

4,158  11 

22,154  20 

8  40 

16  20 

13  65 

20 

1  20 

27  25 

13  00 

4  32 

26  25 

1  00 

11  62 

5  00 

10  50 

3  75 

7  00 

4  00 

55  20 

21  75 

41  49 

25 

2  00 

74  98 

8  25 

4  05 

143  75 

118  52 

35  78 

42  00 

11  00 

22  81 

5  20 

8  00 

17  64 

9  00 

354  53 

12  60 

1  90 

1  50 

29  51 

32  00 

9  00 

25  00 

9  75 

Personnel — Suite. 

U  nif  ormes — Suite. 

Bandes  ceintures,  3  douz...., 

Etoiles  dorées,  6  paires 

Fil  de  lin,  1  liv 

Galon,  1,000  verges 

Imperméable,  1 

Cirage  à  chaussures,  i  grosse  . 

Droits  de  douane 

Emballage 

Transport 

Moins  remise , 


Ordinaire. 

Beurre,  510    liv 

Moutarde,  5  liv 

Lait,  243£  gai 

Sucre,  granulé,  800  liv .  . 
Vinaigre,  1  gai 


Entretien  des  prisonniers 

Rations 

Pommes,  tapées,  850  liv 

Haricots,  1,765  liv 

Bœuf,  31,949  liv 

Pain,  53,968  liv 

Orge  mondée,  50  liv 

Poudre  à  levain,  3  liv 

Carottes,  85  liv 

Choux,  105  liv 

Farine  de  maïs,  900  liv 

Fleur,  296  liv 

Poisson,  16^  douz 

169  liv 

Mélasse,  1  gai 

Oignons,  435  liv 

Pommes  de  terre,  24  boiss 

Pois  cassées,  1,096  liv 

Lard,  1,851  liv 

Poivre,  69  liv 

Pruneaux,  150  liv 

Avoine  moulue,  1,680  liv 

Riz,  800  liv 

Sucre,  2,200  liv 

Sel,  1,750  liv    

Thé,  251  liv 

Navets,  476  liv 

Extras  de  Noël 

Transport 


3  00 

6  00 

85 

6  00 

15  00 

24 

10  15 

2  91 

17  43 


1,312  38 
3  74 


1,308  64 


142  70 

2  50 

70  60 

46  00 

90 

262  70 


117 

00 

70 

60 

2,038 

23 

1,778 

49 

2  0( 

54 

3 

40 

7 

35 

27 

00 

9 

65 

33 

33 

13 

95 

90 

29 

40 

12  00 

43 

84 

223  01 

25 

35 

15 

00 

50 

40 

40 

00 

121 

00 

22 

70 

40 

70 

18 

42 

13 

90 

12 

39 

4,770 

55 

182 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


ALBERTA.— Suite. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Entretien  des  prisonniers. — Suite. 

Vêlements  de  prison 

Boutons  de  culottes,  32  grosess 

"        de  chemise,  12  grosses 

"        d  habit ,  1  grosse 

Boucles  de  pantalons ,  6  grosses 

"      de  souliers,  30  douz 

"      de  bretelles,  3  grosses 

Bottes,  1  paire 

Drap  de  prison,  574fc  vgs 

Cotonnade,  120  vgs 

Denim,  448  vgs 

Toile,  125i  vgs 

Galon  élastique,  à  bretelles,  300  vgs 

Flanelle,  50*  vgs 

Coton  ouaté,  1 24£  vgs 

Flanellette,  3*  vgs 

Gants,  7  douz 

Coton  rayé  à  chemise,  567  vgs 

Chapeaux,  10  douz 

Epingles  à  cheveux,  10  paquets 

Feutre  à  fausses  semelles,  7\  liv 

Cuir  à  semelle 

u      à  empeignes,  433  liv 

"      grenelé,  31  liv 

"      mocassins,   210  liv 

"      à  trépointe,  63  liv 

"      à  gros  grain,  22i  liv 

Toile,  2\  vgs 

Linon,  1  vg 

Mitaines,  39  paires 

Clous  à  chaussures,  40  liv 

Costume  pour  prisonnière 

Rivets  de  chaussures,  116  liv 

Chausettes,  3  douz 

Broquettes  à  chaussures,  5  liv 

Chaussures  de  femme,  1  paire 

FI  de  coton,  30^  liv 

Galon,  3  douz 

Broquettes  à  chaussures,  14  grs 

Sous-vêtements,  46  douz  de  complets. .  . 

Laine  filée,  170  liv 

Emballage 

Transport 

Moins  remise 


Hôpital. 

Fleur  de  maïs,  83  liv 

Drogues 

Œufs,  3  douz 

Fleur,  12£  liv 

Lait,  25  gai 

Epingles  à  ressort,  1  douz 

Tapioca,  2  liv 

Tabac,  2  V  liv 

Frais,  salle  d'opération... 
Services  professionnels. . . 


4 

25 

1 

20 

90 

90 

6  3( 

3 

00 

1 

50 

445 

99 

21 

60 

89 

60 

24 

67 

36  00 

12 

63 

10 

58 

40 

11 

40 

77 

09 

12 

50 

50 

4 

71 

317 

35 

198  47 

13 

95 

88 

20 

31 

50 

3 

78 

63 

30 

19 

50 

2 

40 

7 

11 

24 

53 

11 

25 

68 

1 

50 

14 

82 

2 

40 

2 

55 

207 

00 

85 

00 

1 

25 

57 

42 

1,857 

37 

16 

56 

1,840 

81 

8  30 

227  91 

90 

50 

8  40 
05 
25 

1  90 

5  00 
30  00 


283  21 


Frais  de  libération. 

Vêtements. 

Bottes,  1  paire 

Boutons  de  faux-cols,  10  douz . 

Faux-cols,  3  douz 

Flanelle,  45  yds 

Mitaines,  1  paire 

Chemises,  25 

Cravates,  3  douz 

Bretelles,  1  paire , 

Tweed,  1 15  vgs 


Frais  de  voyage  des  prisonniers. 


Allocations  à  25  hommes 

Transp.  des  hom.  à  station  de  Strathcona 


Transfèrements  et  inhumations.  .  . 

DÉPENSES  GÉNÉRALES. 


Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau. 


Charbon,  679 im  tonnes 

Lampes,  7 

Mèches  de  lampe,  1  douz.. 

Compte  de  l'éclairage 

Allumettes,  4  grosses 

Fusées,  10 

Compte  du  service  de  l'eau 

Poser  compteur 

Poteaux,  3 

Monis  remise 


Entretien  des  édifices. 

Amiante ,  2  liv 

Peinture  d'aluminium,  1  pinte 

Boulons  à  poêles,  1  douz 

Bien  à  laver,  7  paquets 

Robinets,  3 

Liquide  pour  nettoyer 

Poignée,  porte 

Accessoires  d'appareil  électrique 

Coudes,  ^2 

Papier  d'émeri,  35*  mains 

Vitres,  3 

Grilles,  poêle,2 

Colle  blanche,  20  liv 

Boyau  d'arrosage,  100  pds 

"         à  incendie  et  accessoires,  500  pds 

Lance  pour  boyau 

Calorifère 

Crochets,  armoire,  1  douz 


2  00 
60 

2  85 
5   18 

50 
10  40 

3  75 
25 

28  77 


54  30 


351  05 
7  00 


358  05 


254  05 


1,843  83 

3  50 

10 

466  77 

2  30 

3  00 
255  27 

1  00 
21  25 

2,597  02 
14  96 

2.582  06 


30 

1  50 

05 

70 

3  30 
65 
35 

5  49 

4  36 
22  29 

4  20 

1   50 

4  40 

17  50 

544  75 

1  00 

19  75 

10 


DEPENSES 


183 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


ALBERTA.— Suite. 


DÉPENSES  GÉNÉRALES. Suite. 


Entretien  des  édifices. — Suite. 


Fer,  en  barres,  464  liv 

Glace,  20  1-5  tonnes 

Kreso,  44  gai 

Clefs,  1  douz 

Cadenas,  6 

Noir  de  fumé,  1  liv 

Plomb,  rouge  de  5  liv 

Potasse,  551  lbs 

Peinture,  émail,  p  pintes 

"  voiture,  1  liv 

"  aluminum,  1  gai 

Tuyau  de  poêle,  55  feuilles 

"  conique,   1 , 

"  coude,    1 

"  galvanisé,  11 1^  liv 

"  accessoires 

Papier  de  toilette,  1  douz  paquets 

2  caisses 

Potasse,  100  liv 

Pâte  à  polir,  1  boîte 

Réparations  à  conduite  d'eau 

Rivets,  1  liv 

Horloge  réparée 

Grilles,  pour  poêle 

Fontes  pour  poêle 

Mine  de  plomb,  £  grosse 

Savon,  2,063  liv 

Crochets  à  vis,  2  douz 

Agrafes  à  ressort,  2 

Acier,  232  liv 

Sapolio,  4  douz 

Ammoniaque,  liv 

Soudes,  à  laver,  100  liv 

Chaîne 

Vis,  à  bois,  4  grosses 

Tés,  6 

Vernis,  10£  gai 

Soupape,  à  tiroir 

Teinture,  pour  bois,  2  pintes 

Blanc  de  céruse,  674  liv 

Fil  électrique,  232*  liv 

Zinc,  6  pieds 

Emballage 

Transport 


Moins  remise. 


Entretien  des  machines. 

Tubes  indicateurs,  1 

Robinet  de  cuivre,   1 

Huile  à  machine,  47  gai 

à  cylindre,  8  gai 

Chiffon  de  coton,  50  liv 


Chapelles,  école  et  bibliothèque 

Livres  d'hymnes,  4*  douz 

Livres  de  prières,  3  douz 

Bibles,  1  douz 


18  44 

18  70 

49  25 

50 

4  90 

20 

45 

34  44 

2  00 

75 

4  00 

8  25 

20 

25 

18  68 

1  90 

1  00 

12  70 

6  00 

25 

32  60 


25 

25 

7 

30 

5 

15 

1 

25 

106 

75 

40 

1 

00 

13 

92 

6  00 

20 

3 

00 

65 

5 

00 

2 

10 

14 

75 

5 

00 

1 

00 

20 

22 

22 

85 

1 

20 

1 

00 

52 

24 

1,119 

13 

23 

1,118 

90 

15 

50 

17 

86 

7 

50 

6 

25 

32 

26 

22  56 

16 

20 

8 

16 

DÉPENSES  GÉNÉRALES. Suite. 

Chapelles,  école  et  bibliothèque. — Suite. 

Récits  bibliques,  2 

Livres  de  lecture,  1  douz 

Cahiers,  3 

Brosses  à  tableau  noir, 

Crayons,  2  boîtes 

Livres,  bibliothèque,  217 

Transport 


Dépenses  de  bureau. 

Posage  de  serrure 

Encre,  1  bouteille 

Prime  sur  cautionnement  des  officiers . 

Cadrans,  1  boîte 

Location  de  boîte  postale 

Compte  d'imprimerie 

Compte  de  papeterie 

Formules 

Abonnements  à  journaux  et  magazines 

Livres  de  bureau 

Timbres-poste 

Location  d'appareil  téléphonique 

Transport 

Télégrammes 


Industries. 

Ferme. 

Haches,  1  douz 

Graisse  pour  essieux,  6  boîtes 

Son,  1,800  liv 

Etrille,  1 

Sangles,  2 , 

Fourches  à  foin,  3 

Traits  et  palonniers 

Cheval,  1 

Foin,  l18»0  tonnes 

Manches  de  houes,  2 

Boucles  de  harnais,  36  douz.. 

Cirage  à  harnais,  1  boîte 

Chaîne  à  billot,  1 

Bois  de  construction,  122  pds 

Pioches,  3 

Avoine,  83  3-4  boiss 

Huile  de  ricin,  1  pinte 

"      Eldorado,  1  pinte 

"      de  lin,  I  pinte 

Râteaux  de  jardin,  6 

Corde,  £  liv 

Râteaux  de  champ,  2 

Graines  de  semence 

Manches  de  faux,  4 

Faux,  4 

Pierres  à  faux,  6 

Poudre  brevetée,  2  paquets. . . 

Services  de  vétérinaire 

Timon  de  chariot.  1 


10  80 

2  60 

30 

30 

60 

120  92 

36  64 


225  08 


50 

20 

24  00 

2  00 
6  00 

173  57 

50  69 

6  94 

12  00 

3  30 

24  57 
34  85 

25  63 
23  08 


387  33 


9  15 

60 

17  15 

25 

2  50 

2  45 
60  00 

225  00 

29  75 

40 

3  60 
35 

2  00 

3  36 
1  80 

29  81 
45 
15 
35 

4  50 
15 
50 

22  03 

3  60 

3  40 

50 

1  00 

2  00 
1  75 


428  55 


184 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VIL  A.  1909 


ALBERTA.— Suite. 


Industries — Suite. 
Atelier  t. 

Alênes,  coudre,   2  grosses 

"  cheviller,  1  grosse 

u  harnais,  1  grosse 

"  2  grosses 

Acide  carbolique,  £  gai 

"      oxalique,  3  fbs 

"      muriatique,  2  pintes , 

Alcool,  1  chopine 

Mèches  de  tarière,  6 

Vilebrequin,  1 

Billot,  1 

Pinceaux,  $  doz 

"  à  vernis,  5 

"  à  peinture,  12 

■  à  plat,  2 

"  badigeon,  3 

Boutons  à  pantalons,  \0\  grosses. 

■  habits  et  gilet,  10  grosses 

Dès,  9 

Mèches  d'outils,  1 , 

Boulons,  voiture,  ,  1,950 

Poinçons,  1  douz 

Coupe-boutonnière,  1 

Trusquin,  1 

Fers  à  polir,  3 

Pointes,  6  liv 

Arrêts  d'établi,  1 

Soies  de  sanglier,  £  liv 

Borax,  5  liv 

Lames,  £  douz 

Plaque  de  chaudière,  68  liv 

Métal  antifriction,  18  liv 

Bougran 

Terre  d'ombre,  1  liv 

Charbon  de  forge,  3199  tonnes 

Grattoirs,  2 

Loquets  d'armoîre,  12 

Craie,  2  boîtes 

Roulettes,  1  jeu 

Ciment  à  chaussures,  3  douz 

"        caoutchouc,  4}  pintes 

"        chaussures,  1  pinte 

Sergent,  menuisier  1 

Compas  d'épaisseur  5 

Pinces,  2  

rChaîne,  5*  liv 

Denim,  14  verges 

Toile,  19  verges 

Poiemées  de  tiroirs,  1   douz 

Mèches  de  foret,  3 

Forets,  3 

"        en  spirales 

Mèches  de  vilebrequin 

Compas  à  vis,  3 

Papier  d'émeri,  2\  douz 

Courroies  d'émeri,  1  douz 

Rôdeurs  "         1  doz 

Roue  "         

Mèche  variable,  1 

Coudes,  2  douz 

Œillets,  1  M 

Elastique  à  chausssures,  5  verges. . 

Epingles,  1  douz 

Divers  accessoires 

Limes  assorties,  5  douz 

Robinet  1 

Gazoline,  9  gai 

Pot  à  colle.  1 


3  00 

85 

2  00 

50 

90 

45 

1  10 

20 

2  00 

4  50 

1  25 

90 

2  00 

3  75 

1  50 

7  25 

1  10 

3  50 

72 

10 

34  16 

60 

65 

1  00 

2  00 

90 

45 

60 

45 

75 

5  10 

3  24 

1  50 

15 

58  98 

60 

1  80 

1  50 

20 

3  60 

2  60 

90 

7  50 

3  00 

1  92 

79 

3  50 

2  50 

60 

6  00 

1  90 

45 

25 

1  10 

88 

1  50 

10  00 

1  25 

1  50 

5  07 

3  75 

2  10 

50 

3  05 

21  83 

45 

4  65 

1  00 

Industries — Suite. 

Atelier  s — Suite. 

Gomme  adragante,  1$  liv 

Colle,  2  liv 

Graphite,  1  liv 

Anneaux,  16  douz 

Meule  à  aiguiser,  1 

"        accessoires 

Fers  à  cheval,  37  liv 

Crochets,  2  jeux 

Agrafes,  à  chaussures,  1  M 

Agrafes,  et  œillets,  1  douz 

"         1  douz 

Crochets,  à  vis,  21  douz 

"      cuivre,  6  douz 

Agrafes,  et  œillets  4  douz 

Marteaux,  9 

Lances  de  boyau,  3 

Polissoirs  de  talons,  1 

Tranchets  pour  talons,  2 , 

Pentures  cuivre,  1  douz 

fer;  9J  douz 

T,  11 

longues,  6 

"  à  crochets,  8 

Manches,  de  marteaux,  l\  douz 

"  de  marteaux  de  forge,  1  douz 

"  de  haches,  2  douz 

de  pioche,  6  douz 

"        £  douz 

1 

de  limes,  §  douz 

Fer  en  barres,  4,829  liv 

Feuillard,  2,314  liv 

Tôle  galvanisée,  1,236  liv 

Fer  étamé,  33  liv 

Encre  à  brunir,  2  douz 

Fers-tige,  4 

"      épaule,  3 

Chaîne,  50  pieds 

Palans,  2 

Machine  à  tricoter,  1 

Couteaux,  cordonnier,  2  douz 

2 

Oreilles  de  casseroles,  6  liv 

Cuir,  kangarou,  30-J  pieds 

"  peau  de  mouton,  57  i  pieds 

"  marsouin,  12J  pieds 

Blanc  de  plomb.  25  liv T  . 

Serrure  de  coffre,  1 

"        à  mortaise,  1 

"        de  tiroir,  1  douz 

Cuivre  mince,  2J  verges 

Formes,  36  paires 

Poinçons  à  montage,  1 

Loquets  de  porte,  2 

Plomb  en  saumon,  83  ft»s 

Lignes,  maçon,  17 

Niveaux  à  bulle,  2 

Lignes  de  charpentiers,  4 

Bois  de  construction,  6,199  pieds 

Maillets,  de  charpentiers,  2 

"        de  ferblantiers,  2 

Pioches,  3 

Boîte  à  couper  onglets,  1 

Machine  à  mortaiser,  1 

Ecrous,  assortis,  87  liv 

Aiguilles,  à  machines  730 

"  à  tricoter,  5 

"    à  coutures  2|  grosses 


1  50 
30 
35 

1  60 

2  60 
65 

2  22 

1  80 

85 

25 

20 

1  25 
75 
10 

5  10 

4  00 

50 

2  00 
2  10 

31  80 
25 
90 
80 

2  40 

3  00 
7  25 

13  80 

2  50 

65 

60 

187  25 

93  57 

93  27 


62 

00 

80 

05 

70 

10 

45  50 

2  90 

5  00 

1  68 

12  92 

5  73 

6  38 

2  25 
70 
75 

4  20 

2  92 

19  20 

80 

30 

6  00 

2  80 

2  75 

1  00 
290  99 

50 
40 

2  25 
16  50 
25  00 

8  70 

13  66 
25 

3  65 


DEPENSES 


185 


DOC.   PARLEMENTAIRE   No  34. 


ALBERT  A— Suite. 


Indu  stri  es — Suite. 
Atelier» — Suite. 


Aiguilles  à  coudre,  50  papiers 

Clous,  6 

Clous,  cuivre,  \  liv 

"      à  cheval,  15  liv 

Huile  à  machine,  9  gai 

"      "Trois  dans  un",  1  bouteille. 

"     crue,    2  gai 

"     de  blanc  ne  baleine,  H  gai... 

Teinture  à  l'huile  1  gai 

Bitons  pour  huile,  3 

Pierre  à  huile 

Teinture  à  l'huile,  2  gai 

Tuyau  de  fer,  125£  pds 

Papier  pour  tailleurs,  2  roui 

Papier  sablé,  10  mains 

Varlopes,  3 

Fer  de  varlope,  1 

Poulies,  1  douz 

Poignées  de  tiroir,  \  douz 

Garniture,  Garlock,  1|  liv 

Poinçon,  à  courroie,    1 

Pâte  parisienne,  5  bouteilles 

Tenailles,  4  paires 

Modèle,  1 

Crayons  de  charpentiers,  6  douz. . 

Pieds-de-roi,  2  pds,  \\  douz 

Rivets,  assortis 

Rivets 

Râpes,  cordonniers,  1  douz 

Seie  à  chantourner,  1 

"     K.  S.,  1 

Egohïne,  1 

Scie  à  guichet,  1 

"      pour  couper  les  métaux,   6. . . 

Boulons,  voiture,  50 

Vis,  bois,  79      

Vis  d'établi,  1 

Acier  à  ressort,  1\\  liv 

"      en  barres,  168  liv 

"      fondu  43  liv 

"      octogone,  26  îbs 

Banc  de  sellier,  1 

Assembleurs,  1  paire 

\  Machines  à  coudre,  2 

Peaux  de  mouton,   21£  liv 

Soudure,  3H  liv 

Fer  à  souder,  1 

Ciseaux,   2  paires 

Pelles,  1  douz 

Tournevis,   1 

Embauchoirs,  4 

Tranchets,  2 s 

Abonnement  à  journal  de  métiers. 

Fendeur,  1 

Navettes,  2 

Laque,  1  liv 

Broquettes,  2 

Fil  de  chanvre,  17j}  liv 

"  coton,  5  grosses 

"    à  ligneul,  18  liv 

Galons  de  tailleur,  6 

Dés  à  coudre,  2\  dou 

Fers  à  repasser,  2 

Galon,  1  douz 

Maillet  de  ferblantier,   1 

Equerre  en  T,  1 '. 

Tés,  tôle  galvanisé.e 

Emporte-pièce,  à  chaussures,  2  . . 


1  25 

90 

60 

2  25 

10  45 

25 

3  70 

3  00 

55 

1  75 

1  50 

1  00 

9  50 

2  00 

2  50 

21  00 

40 

1  25 

35 

94 

15 

1  45 

2  25 

10 

1  32 

4  45 

3  25 

35 

2  40 

2  75 

1  00 

2  25 

1  25 

50 

1  00 

24  82 

85 

2  94 

12  78 

6  45 

3  90 

3  00 

1  35 

89  60 

2  15 

9  45 

75 

1  50 

9  90 

40 

4  00 

2  00 

3  00 

9  00 

1  50 

1  25 

10 

20  40 

25  50 

16  00 

62 

60 

4  40 

30 

25 

1  25 

2  22 

1  00 


Industries — Suite. 
Ateliers — Suite . 

Truelle,  1 

Taraud,  1 

Tuyau  taraudé,  1 

Pinces  à  chaîne, 

Fer-blanc,   4  feuilles 

Tôle  du  Canada,  24  feuilles. 

Fil  métallique,  galvanisé,  2  liv. 

"    de  fer,  5  liv 

"    de  cuivre,  \\  .iv 

"    de  fer,  4  liv 

"    métallique,  52  liv   

"    à  ressort,  50  liv 

"    métallique,  1  bobine 

Tissu  métallique,  45  pds 

Teinture,  pour  bois,  1  gai 

Cire  d'abeilles,  4  liv 

"      à  chussures,  4  grosses 

Couteau  à  trépointes  1 

Roues,  cordonniers 

"       à  chevilles 

Découpeur  de  rondelles 

Rondelles  pour  boyau,   \  douz. . 

Rondelles,  fer,  33  liv 

Clef  anglaise,  1 

Zinc,  102^  liv 

Emballage 

Transport 


Matériel. 

Nouvelle  machine. 

Briques,  8,250 

Outillage  de  briqueterie 

Roue,   1 

Briques  réfractaire»,   1,100... 
Argile  réfractaire,  1,200  liv.  .  , 

Boyau  vapeur,  8è  pds 

Bois,  28  pds 

Cuir  à  lacets,  lf  liv , 

Soupapes 

Transport 


Fournitures  de  la  prison. 

Coton,  186|  vgs 

Chaise,  1 

Coutil,  121$  vgs 

Pavillon  1 

Toile,  96$  vgs 

Linoléum,  175  vgs 

Posage  de  linoléum 

Miroirs,  5 

Tringles  pour  marches 

Papier-feutre,  200  vgs 

Savon  à  barbe,  14  liv 

Savon  de  toilette,  6^  liv 

Coton  à  draps,  232  vgs 

Galon,  4  pièces 


90 
45 
75 
6  75 
75 

2  88 
10 
25 
30 
20 
35 
42 
10 
75 
00 
60 
80 
75 

3  05 
45 

1  25 
10 

3  30 

50 

12  82 

75 

6  07 

1,625  68 


99  00 

3,250  00 

10  00 

110  00 

42  00 

4  00 

3  44 

1  50 

2  20 
161  85 

3,683  99 


17  74 
2  00 

12  18 

10  00 

28  95 
236  25 

17  50 
1  70 
4  00 

16  00 
7  05 
1  40 

27  84 
20 


186 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ALBE  RT  A— Suite. 


Matériel. — Suite. 

Fournitures. — Suite. 

Coutil,  109  3-4  vgs 

Bandes  de  zinc,  5 

Moins  remise 


Ustensilse. 

Chaudière  pour  la  cendre,  1 

Petits  balais,  3 

Balais,  millet,  15è  douz 

"      brosse,  1 

"      automatique,  1 

Brosses  à  cheveux,  8 

"         à  hardes,  1 

"        à  plancher,  1 

"        à  chaussures,  6 

Casseroles  pour  le  pain,  20 

Barils,  5 

Briques  à  couteaux,  3 

Brouettes,  acier  5 

Poulie  coupée,  1 

"        simple,  1 

Bouilloire  pour  le  linge,  1 

Corbeilles  à  pain,  3 

Nettoyeur,  1 

Tondeuse,  cheveux,  1 

Roues  et  essieux  de  voiture,  1  jeu 

Peignes,  8 

Horloge  réparée 

Plats,  assortis 

Dévidoir  pour  boyau 

Fers,  à  repass 

Cadenas,  4 

Lampe  pour  pupitre,  1 

Robinet,  pour  mélasse,  1 

Vadrouilles  3 

Mesure,  1 ." 

Souricières,  1  douz 

Miroirs,  2 

Bidons  pour  l'huile,  3 

Graisseurs,  1 

Beau  à  ordures,  1 

Ecraseur  de  pommes  de  terre,  1 . . 

Cuir  à  repasser  les  rasoirs,  1 

Toile,  caoutchoutée 

Revolver,  1 

Balances,  3 

Pelles,  1  douz 

Grandes  pelles 

Salières,  2^  douz 

Plaques  découpées,  2 

Menottes  d'acier,  2  paires 

Arrosoir,  1 

Cuiller.  1 

Divers  ustensiles  de  cuisine 

Thermomètres,  14 

Cuves,  tôle  galvanisée,  3 

Téléphones,  2 

Planches  à  laver  3 

Tordeuses,  3 

Machine  à  laver,  1 

Fil  de  téléphone,  35  liv 

Petits  balais 

Roues  de  brouettes.  5 


21  41 
7  50 


411  72 
52 


411  20 


2  50 
30 
42  90 
2  00 
1  25 
4  45 
1  00 
1  00 

1  75 
9  00 

2  25 
40 

40  00 
2  50 
2  00 
1  75 
6  90 
80 

1  50 
11  00 

2  70 
1  25 

20  55 
50  00 


1  75 
1  60 

4  00 
50 

1  50 

1  25 

50 

70 

85 

1  50 

1  75 

10 

1  00 

2  00 
15  00 
41  00 
22  60 

3  «0 
1  50 
1  60 

18  00 
40 
15 

5  00 

14  65 

4  05 
12  00 

1  50 

15  25 

2  25 

1  75 

2  50 
20  50 


Matériel. — Suite. 

Ustensiles. — Suite. 

Droits  de  douane 

Emballage 

Transport 


Edifices. 


Alasbatine,  4  paquets 

Briques,  44,000 

Dés,  22 

Impressions  sur  papier  bleu,  4 

Courbes,  3 

Robinets,  2 

Chaîne  1 

Couchettes,  94 

Batteries,  6 

Sonnettes,  2 

Four 

Boutons,  vernis,  1  gr 

Supports,  4 

Fontes,  920  liv 

Ciment,  403  barils 

Chaîne,  28  pieds 

"      à  châssis,  500  pieds 

Couleurs,  25  liv 

Croisillons,  6 

Joints,  5 

Nettoyeurs 

Corde   à  châssis,  23£1iv 

Cabinet  d'aisance 

Bouchons,  5 

Porte,  1 

Pentures,  3 

Coudes,  36 

Briques,  réfractaires,  700 

Argile  réfracta  ire,  1  tonne 

Colle,  50  liv 

Minéral  gris,  430  liv 

Gravier,  546  vgs 

Pentures,  132  paires 

Poil,  pour  enduits,  14  boiss 

Taraud,  double,  1 

Borne-fontaine 

Lance,  pour  boyau,  1 

Fer  en  barres,  6,688£  liv' . 

Tôle  galvanisée,  166  liv 

Tôle  galvanisée,  cannelée  8  9-10  carrés. 

Pose  d'appareil  d'éclairage 

Laque,  du  Japon  20  gai 

Poignées,  24 

Douilbs  à  clef,  1 

Blanc  de  plomb,  1,400  liv 

Plomb,  en  saumon,  142  lbs 

Rognures  de  plomb,  10  lbs 

Cadenas,  2  douz 

Posage  d'une  serrure 

Serrures  Yale,  prison,  1 

Serrures  et  poignées,  porte,  3 

Serrure  à  mortaise  1 

Bois  de  construction,  100,549  pds 

Chaux,  545  56-60  boiss 

Main-d'œuvre 

Lattes,  33  m 

Terrain,  1 1  £  aersse 

Services  d'avocat 


5 

40] 

1 

50 

10 

86 

429 

81 

1  60 
530  70 

4  05 
3  30 

2  55 

2  00 
50 

435  66 

3  00 
1  50 

24  00 
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4  00 
46  00 

1,707  34 

3  00 

22  50 

3  40 

1  20 

98 

75 

10  45 

35  75 

73 

3  75 

3  00 
17  61 
70  00 
70  00 

9  80 

16  12 

356  25 

15  65 

4  30 
50 

38  85 

1   15 

253  61 

14  32 

46  45 

178  45 

13  10 

48 

50 

128  00 

10  41 

1  00 

12  00 

1  75 

20  60 

30  00 

50 

3,147  88 

299  13 

6  78 

189  75 

1,376  83 

40  35 


DEPENSES 


187 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


ALBERTA— Suite. 


Matériel. — Suile. 

Edifices. — Suite. 

Noir  de  fumée,  5  liv 

Moulure,  200  pieds. 

Clous,  40  barilltes 

"      à  toiture,  5  liv 

"      à  finir,  1  liv 

Ecrous,  3£  liv 

Huile  bouillie,  90  30  gai 

"      crue,  886  gai 

"      de  lin,  89  gai 

"      à  machine ,  46 

Teinture  à  l'huile,  2  pintes 

Retrait,  1    

Papier  goudronné,  6  rouleaux... 

Peinture,  455  liv 

Tuyau,  de  vidange,  180 

"      de  fer,  398  pds 

"      d'acier,  1,535  pds 

"      tôle  galvan.  51  pds,  2  pcs 

"      en  té 

Bouchons,  20 

Robinets, 

Supports  de  tuyau,  6 

Poulies  de  châssis,  2 

Poix,  3  tonnes 

Boutons  de  sonnettes,  2 

Poulies,  coulisses,  2 

"      de  châssis,  2  douz 

Mastic,  25  liv 

Plâtre  de  Paris,  6  barils 

Galets  pour  porte  de  grange. . . . 

Faîtes  de  toiture,   12  liv 

Douilles,  de  réduction  1 

Faîtes,  20  pieds 

Matériel  à  toiture,  4  rouleaux  . 

Vis,  8  grosses 

Sable.  42  grs 

Laque,  1  gai 

Soudure,  2$  liv 

Robinets  d'arrêt,  3 

Evier  et  accessoires 

Sciage  de  bois  de  charpente 

Crampes,  25  liv 

Renforts  d'acier 


1  80 

163  80 

24 

15 

42 

60 

78  08 

74  30 

80  10 

21  62 

90 

1  75 

6  90 

24  80 

93  15 

119  62 

51  57 

4  80 

75 

7  00 

30 

45 

1  75 

114  00 

50 

40 

2  00 

1  13 

31  50 

1  75 

1  40 

60 

2  50 

15  90 

3  10 

78  00 

4  25 

80 

3  20 

13  04 

5  76 

1  25 

760  00 

Matériel. — Suite. 

Edifices. — Suite . 

Pendants  pour  châssis,  150. .  .  . 

Bardeaux,  7  m 

Châssis,  8 

Sel,  288*  liv 

Boutons  électriques,  6 

Térébenthine,  112  gai   

Tuyaux,  en  T  et  Y,  2 

Voie,  58  pds 

Cuivre,  2 

Taraud,  mère,  1 

Tés,  27 

Trappes,  3 

Joints,  2 

Soupape,  à  tiroir  5   

Soupapes  sphériques 

Blanc  de  céruse,  80  liv 

Fil  métallique,  assorti 

Poids,  pour  châssis,  1,296  liv.  . 

Tuyaux  en  Y,  3 

Transport 


Divers. 

Annonces 

Dépenses  de  voyage: 

Officiers  du  pénitencier 

Fonctionnaire    du  département 


Dépenses  spéciales. 

Habitation  du  directeur,  allocation. .  . 
Frais  de  trans.  de  ficelle  d'en,  (remb.) 
Réparation  de  jambe  artificielle 

Moins  remise 


50 

26  25 

37  60 

3  75 

3  00 

140  58 

2  40 

5  90 

2  20 

1  50 
16  95 

5  60 
13  70 
24  95 

5  10 

2  40 
121  89 

51  84 

5  15 

460  92 


11,933  69 


88  62 


182  50 
456  05 


727 

17 

680 

1,967 
28 

00 
63 
85 

2,676 
1,967 

48 
63 

708 

85 

188 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ALBERTA. Fin. 


RECAPITULATION. 


Personnel — 

Appointements,  salaires  et  allocations 
Uniformes  et  ordinaire 

Entretien  des  prisonniers — 

Rations 

Vêtements  et  médicaments 

Frais  de  libération — 

Vêtements  et  allocations 

Transf èrements  et  inhumations , 

Dépenses  générales — 

Chauffage,  éclairage  et  service  d'eau.  . 
Entretien  des  édifices  et  des  machines 

Chapelles,  écoles  et  bibliothèque 

Dépenses  de  bureau 

Industries — 

Ferme 

Ateliers 

Matériel— 

Machines 

Fournitures 

Usensiles  et  véhicules 

Terrain,  édifices  et  murs  d'enceinte .  . . 

Divers — 

Annonces  et  frais  de  voyage 

Dépenses  spéciales 

Total 


$  22,154  20 
1,571  34 


4,770  55 
2,124  02 


412  35 
254  05 


2,582  06 

1,151  16 

225  08 

387  33 


428  55 
1,625  68 


3,683  99 

411  20 

429  81 

11,933  69 


727  17 
708  85 


X  23,725  54 


6,894  57 


666  40 


4,345  63 


2,054  23 


16,  458  69 


1,436  02 
$  55,581  08 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.   1909 


ANNEXE    L. 


LISTE  DES  EMPLOYES 


189 


190 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


•Il 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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LISTES  DES  EMPLOYES 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


191 


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8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


ANNEXE  M. 


RAPPORTS  SUR  LES  FERMES 


199 


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MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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RAPPORTS  SUR  LES  FERMES 


201 


DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


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202  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


SAINT-VINCENT-DE-PAUL. 

Saint- Vincent-de-Paul,  2  avril  1908. 

M.  le  Directeur. 

J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  ci-joint  le  rapport  annuel  des  opérations  de'la 
ferme  pour  l'année  terminée  le  31  mars  1908. 

J'ai  le  plaisir  de  dire  que  toutes  nos  récoltes  ont  été  très  bonnes  cette  an- 
née, particulièrement  eelle  des  légumes.  Elles  ont  été  aussi  bonnes,  sinon  meil- 
leures, que  celles  obtenues  dans  aucune  autre  partie  du  district.  En  outre  de  ce  qui 
a  servi  à  l'alimentation  du  pénitencier,  une  grande  quantité  des  produits  a  été  ven- 
due aux  employés.  L'achat  d'engrais  a  été  d'une  bonne  utilité,  et  j'ai  confiance 
qu'avant  longtemps  notre  établissement  sera  devenu  une  ferme  modèle. 

Il  y  aura  à  faire,  durant  l'année  qui  commence,  beaucoup  de  travail  aux  clôtures, 
qui  sont  dans  un  état  délabré. 

La  nouvelle  porcherie  donne  satisfaction,  et  j'espère  que  la  construction'de 
l'autre  aile  va  se  continuer  cette  année. 

Je  désire  vous  remercier  personnellement  des  bons  avis  et  de  l'aide  bienveil- 
lante que  vous  m'avez  donnés  en  tout  temps  dans  le  cours  de  l'année. 

T.  J.  BYRNE, 

Instructeur  de  la  ferme. 


RAPPORTS  SUR  LES  FERMES 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


203 


PRODUITS  DE  LA  FERME. 


Institution. 

Lard,  29,862*  liv.,  à  8c    : 

Pommes  de  terre,  635  3-4  sacs,  à  .50 

724|  sacs,  à  .60 

Navets,  112pqts.,  à  .02 

1114-5  boiss.,  à  .25 

Betteraves,  37  paquets,  à  .02 

19*  boiss.,  à  .25 

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Echalottes,  275  paquets,  à  .02 

Carottes,  386  paquets,  à  .02 

37  11-12  boiss.,  à  .25 

35  1-3  boiss.  à  .40 

Oignons,  500  paquets,  à  .02 

■        73  4-5  boiss.,  à  .50 '. 

19  23-50  boiss.,  à  .75 

Choux,  3,198  têtes,  à  .02 

"        1,400  têtes,  à  .03 

Tomates,  212  paniers,  à  .20 

Panais,  8  1-6  boiss.,  à  .40 

Laitue,  10  douz.,  à  .10 

Pommes  de  terre  à  la  boulangerie,  34  1-8  sacs,  à  .50 

56*  sacs,  à  .60 

Paille  à  la  glacière,  2  1-10  tonnes,  à  $4.70 


Porcherie. 

Paille,  29  63-100  tonnes,  à  $4.70 

Moulée,  17  7-8  tonnes,  à  $20.00 

Navets,  6  tonnes,  à  $4.00 

Betteraves  fourragères,  7  tonnes,  $4.00 

Avoine,  10,700  liv.,  à  .01 

Orge,  281  2-3  sacs,  à  .80 

8arrasin,  74  1-6  sacs,  à  .80 


Ecuries. 

Foin,  80  79-100  tonnes,  à  $9.00 

Paille,  10  79-100  tonnes,  à  $4.70 

Avoine,  37,040  liv.,  à  .01 


$  cts. 

2,389  00 
317  87 
434  52 

2  24 
27  96 

74 
4.82 

3  33 
5  50 
7  72 
9  49 

14  13 

10  00 

36  90 

14  59 

63  96 

42  00 

42  40 

3  27 

1  00 

17  06 

33  90 

9  87 


139  26 

335  95 

24  00 

28  00] 

107  00] 

225  26] 

59  33 


727  11 

50  92 

370  40 


Aux  pratiques. 

Sarrasin,  5  sacs,  à  .83 '. 

Avoine,  6  boiss.,  à  .47 '. 

Orge,  123  liv.,  à  .01* 

Vert  de  Paris,  3*  lbs 

Betteraves,  2*  boiss.,  à  .40 

8  boiss.,  à  .30 

Navets,  35*  boiss.,  à  .25 

Oignons,  6  3-8  boiss.,  à  .75 

14  boiss.,  à  .50 

Carottes,  6*  boiss.,  à  .40 

12  boiss.,  à  .30 

Panais,  15  boiss.,  à  .40 

Plants  de  légumes 

Porc  (têtes  et  pieds),  1,251  liv.,  à  .05 

Travail  (cheval).  4*  jours,  à  .70 > 

Verrats,  2  à  $20.25  et  $7.00 

Montant  total  des  produits  de  la  ferme $     5,649  50 


4  15 

2  62 

1  46 

1  02 

1  00 

2  40 

8  87 

4  78 

7  00 

2  60 

3  60 

6  00 

6  50 

7  60 

3  15 

27  25 

204 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


Compte     général. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Dt. 

En  mains  le  30  mars  1907 

Graines  de  semence,  instruments  aratoires, 

porcs,  nourriture,  etc 

Travail    d'ateliers,     pour    les     étables,    les 

champs  et  la  porcherie 

Travail  de  forçats:  ferme,  4,223è  jours  à  30c 
"  écurie,  1,315  jour  à  30c. 
"        porcherie,    1,259*   jours 

à  30c 

Déchets  de  cuisine  pour  la  porcherie 

Macadam  pour  chemins  sur  la  ferme 

Mouture  de  grain 

Sel 

Salaire  de  l'instructeur 

Salaire  du  gardien  de  l'écurie 


$     4,003  36 
1,848  45 


487 

44 

267 

05 

394 

50 

377 

85 

140 

78 

14 

20 

42  00 

39 

91 

800  00 

600 

00 

$10,015  54 


Av. 

Porc,  29,862*  liv.  à  8c 

Pommes  de  terre,  635  3-4  sacs  à  50c 

724}  sacs  à  60c 

Navets,  112  paquets  à  2c 

112*  boiss.  à  25c 

Betteraves,  37  paquets  à  2c 

19i  boiss.  à  25c 

8  1-3  boiss.  à  40c 

Echalottes,  275  paquets  à  2c 

Carottes,  386  paquets  à  2c 

37{  J  boiss.  à  25c 

35  1-3  boiss.  à  40c 

Oignons,  500  paquets  à  2c 

73  4-5  boiss.  à  50c 

19  23-50  boiss.  à  75c 

Choux,  3,198  têtes  à  2c 

1,400  têtes  à  3c 

Tomates,  212  paniers  à  20c 

Panais,  8  1-6  boiss.  à  40c 

Laitue,  10  douz.  à  10c 

Pommes  de  terre  à  la  boulangerie.  34 1-8  sacs 

à  50c 

Pommes  de  terre  à  la  boulangerie,  563  sacs 

à  60c 

Paille  à  la  glacière,  2  1-10  tonnes  à  $4.70. . 

Ventes  aux  pratiques,  etc 

Engrais  à  divers  départements 

2,418  3-4  jours  de  travail  de  cheval  pour 

divers  départements  à  70c 

1,924  13-30  jours  de  travail  de  forçats  pour 

divers  départements  à  30c 

150  liv.  graisse  à  essieux  à  20c 

80  tombereaux  de  sable  aux  maçons  à  10c. 

En  mains  le  31  mars  1908 

Balance 


$  2 


389  00 
317  87 
434  55 

2  24 
28  13 

74 

4  82 

3  33 

5  50 
7  72 
9  48 

14  13 
10  00 
36  90 
14  60 
63  96 
42  00 
42  40 
3  27 
1  00 

17  06 

33  90 

9  87 


$  3,492  47 

90 

00 

4  00 

1,693 

13 

577 

43 

30 

00 

8 

00 

3,143 

60 

976 

91 

$  10,015  54 


T.  J. 


BYRNE, 

Instructeur  de  la  ferme. 


DORCHESTER. 


M.  le  Directeur — 

J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  pour  l'année  terminée  le  31  mars  1908. 

La  température  ayant  été  favorable  durant  la  première  partie  de  la  saison  passée 
nous  avons  pu  faire  les  semailles  et  les  plantations  au  bon  temps  et  dans  les  condi- 
tions voulues.  Néanmoins,  la  température  pluvieuse  qu'il  a  fait  par  la  suite  a  nui 
à  la  croissance  ou  à  la  rentrée  des  récoltes. 

Le  grain  a  été  beaucoup  avarié  par  les  pluies  torrentielles,  qui  l'ont  empêché 
mûrir  et  ont  rendu  la  terre  si  molle  qu'ils  nous  a  fallu  faire  la  moisson  avec  la  faux 
au  lieu  de  nous  servir  de  la  moissonneuse. 

La  récolte  du  foin  a  été  moyenne,  mais  une  partie  en  a  été  endommagée  par  la 
pluie.  Celle  des  racines  a  été  au-dessous  de  la  moyenne,  à  l'exception  des  pommes 
de  terre,  qui  ont  été  assez  abondantes.  La  température  excessivement  pluvieuse 
durant  la  saison  a  nécessité  beaucoup  plus  de  travail  et  augmenté  considérable- 
ment la  dépense.  Quatre  acres  de  nouvelle  terre  ont  été  défrichées,  labourées  et  en- 
semencées. Nous  avons  hiverné  89  têtes  de  bétail  et  en  avons  actuellement  89  en 
notre  possession. 

A.  T.  HICKS, 

Instructeur  de  la  ferme. 


RAPPORTS  SUR  LES  FERMES 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


205 


QUANTITE  ET  VALEUR  DES  PRODUITS. 


219 

60 

3,063 

3,577 

276 

38 

233 

74 

47 

147 

12 

2,027 

167 

60 

5,782 

11,091 

1,334 

3,800^ 

8,507 

79 


tonnes  de  foin  anglais,  à  $10.00 $2, 190  00 

gros  foin,  à  $6.00 360  00 

boiss.  de  pommes  de  terre,  à  50c 1 ,531  50 

navets  à  20c 715  40 

"        betteraves  foum  gères,  à  25c 68  75 

"        carottes  blanches,  à  30c , 11  40 

"        carottes  rouges,  à  40c 93  20 

"        betteraves  rouges,  à  40c 29  60 

panais,  à  40c 18  80 

"        choux  à  5c 7  35 

douz.  de  pieds  de  céleri,  à  25c 3  00 

boiss.   d'avoine,  à  60c 1,216  20 

d'orge,  à  70c 116  90 

de  sarrasin,  à  60c 36  00 

pintes  de  lait,  fourni  à  la  prison  et  à  diverses  pratiques  202  28 

liv.  de  bœuf,  vendu  aux  pratiques  et  fourni  à  la  prison.  791  52 

liv.  de  peaux  de  bœuf 74  25 

liv.  de  porc,  vendu  à  diverses  pratiques.  .  .• 374  44 

liv.  de  porc,  fourni  à  la  prison 675  09 

petits  cochons  vendus  à  diverses  pratiques 229  50 


$  8,718  18 


Compte  de  la  ferme. 


Dt. 

En  mains,  le  31  mars  1907 |$ 

Déchets  de  cuisine  à  la  parcherie .... 

Compte  de  médicaments 

Avoine,  890*  boiss.  à  50c 

303  25-34  boiss.  à  57c 

Orge  de  semence,  13  boiss.  à  $1.10..  . . 
Graine    de  trèfle  rouge,  250  liv.  à  17£c    .  I 

de  mil,  300  liv.  à  7c 

de  fleurs 

Engrais  chimique,  3  tonnes  à  $33.00 

1  paire  de  chevaux 

Harnais  pour  paire  de  chevaux 

Traits  et  access.    "  "  

1  râteau  mécanique  à  foin 

1  moissonneuse 

15  sacs  fleur  (rejetés) | 

Sulfate  de  cuivre,  100  liv.  à  10c 

Vert  de  Paris,  50  liv.  à  30c 

!  "umitures  prises  aux  magasins 

Réparations  de  harnais 

Compte  de  forgeron 

de  charpentier 

Main-d'œuvre  aux  écuries  et  à  la  porcherie, 

3,738  journées  à  30c 

Travail  sur  la  ferme,  3,988  3-4  jours  à  30c. 

Salaires  de  2  gardes  à  $600 

S ..laire  de  l'instructeur 


$  10 

,635  65 

75 

.86 

1 

20 

445 

25 

173 

13 

14 

30 

43 

75 

21 

00 

9 

70 

99 

00 

460 

00 

47 

00 

11 

00 

22  00 

48  00 

15 

00 

10 

00 

15  00 

187 

29 

39 

35 

247 

84 

44 

97 

1 

,121 

40 

1 

,196 

63 

1 

,200 

00 

800  00 

$  16 

,984 

32 

Av. 
Produits  fournis  à  la  prison — 

Pommes  de  terre,  59,655  liv 

Navets,  27,213  liv 

Carottes,    8,003  liv 

Panais,  1,501  liv 

Betteraves,  673  liv 

Choux,  147  têtes 

Céleri,  2  douz 

Paille,  3,855  liv 

Bœuf,  10,660  liv 

Porc,  8,507  liv 

Lait,  4,981  pintes 

Produits  vendus  aux  pratiques — 

Légumes 

Bœuf 

Porc 

Petits  cochons,  79 

Peaux  vertes,  1,334  liv 

Service  de  taureaux,  31 

"        de  verrats,  6 

Lait,  801  pintes 

Chevaux,  1  paire 

Travail  de  chevaux  pour  pratiques .  .  . 

Divers  item 

Travail  pour  d'autres  départements — 

Travail  de  forçats,  1,983  3-4  jrs.  à  30c 

"      de  chevaux,  1,903*  à  70c 

"      de  bœuf,  415*  jours  à  35c. .  .  . 

Améliorations  de  la  ferme 

Cheval  pour  messager,  313  jours  à  70c 

Graines  pour  parterres 

En  mains 

Balance 


506  07 

98^06 

55-  28 

9^83 

4,81 

7;  35 

>50 

9  64 

758  74 

675109 

173  09 

44  14 

32  78 

347  44 

229  50 

74  25 

31  00 

3  00 

29  19 

50  00 

21    15 

37  51 

595  13 

1,332  45 

145  43 

39  05 

219   10 

9  70 

11,185  12 

259  92 

$  16,984  32 


A.  T.  HICKS, 

Instructeur  de  la  ferme. 


206  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MANITOBA. 

Montagne-de-Pierre,  Man.,  13  avril  'o8. 

M.  le  Directeur — 

Monsieur: — J'ai  l'honneur  de  soumettre  le  rapport  annuel  des  opérations 
de  la  ferme  pour  l'année  finissant  le  31  mars  1908. 

Avoine,  3,000  boiss.  ;  orge,  2,000  boiss.  ;  pommes  de  terre,  3,800  boiss.  ; 
navets,  300  boiss.  ;  carottes,  100  boiss.  ;  betteraves,  40  boiss.  ;  100  tonnes  de 
foin;  1,000  choux,  et  autres  légumes  récoltés  dans  le  jardin. 

La  saison  de  1907  n'a  pas  été  très  bonne  pour  les  récoltes.  Les  semailles  n'ont 
pas  commencé  avant  le  milieu  de  mai,  et  la  température  est  ensuite  restée  très 
sèche  jusqu'au  milieu  de  juillet;  puis  nous  avons  eu  un  temps  pluvieux  qui  a  duré 
jusqu'en  septembre.  Notre  récolte  de  pommes  de  terre  a  été  excellente,  plus  de 
300  boisseaux  à  l'acre.  Les  récoltes  d'orge  et  d'avoine  ont  à  peine  atteint  la  moy- 
enne, à  l'exception  d'un  champ  de  25  acres,  dont  le  rendement  a  été  de  plus  de 
100  boisseaux  d'avoine  à  l'acre. 

Nous  avons  hiverné  non  animaux  sans  subir  aucune  perte,  et  j'ai  aussi  le  plaisir 
de  dire  que  nous  n'avons  pas  perdu  de  chevaux  depuis  que  nous  avons  mis  le  puits 
en  bon  état  de  service,  au  moyen  de  tuyaux  qui  atteignent  le  roc,  et  d'un  remplis- 
sage d'argile  qui  empêche  les  eaux  de  surface  de  pénétrer  à  l'intérieur. 

Respectueusement  soumis, 

W.   R.   GRAHAME, 

Instructeur  de  la  ferme. 


RAPPORTS  SUR  LES  FERMES 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


20? 


Relevé  des  opérations  de  la  ferme. 


Inventaire,  1er  avril  1907. . 
Garde-magasin — 

Ferrage  de  chevaux 

Graines  de  semence,  ferme  et 

jardin 

1  tonne  de  son 

1  verrat 

Battage  de  5,207  bois.de  grain 

à3c 

6  paires  de  gants  de  moissonn 

1  doz.  fourches  à  foin 

Crampes  en  fil  métallique. . . 

2  fouets 

1  herse  à  disques 

250  liv.  ficelle  d'engerbage  à 

12c 

Vert  de  Paris 

Services  de  vétérinaire . 
Réparations  de  machines  et 

d'instruments    aratoires. .  . 
12  cordes  d'épinette  rouge  à 

$5.40 


Forgeron — 

Répar.  et  ferrage  de  chevaux 


Charpentier — 
Réparations 


Comptable — 

Transport  d'effets . 

Econome — 

Déchets  de  cuisine 
1  baril  de  sel 


Cordonnier — 
Réparations , 


Mécanicien — 

Réparations   et    mouture    de 
grain 


Maçon —  , 

2  boiss.  de  chaux  à  25c. 


Travail  de  forçats — 
4,1104  jours  à  30c, 


$  12  50 

355  96 

1800 

15  00 

156  22 

1  75 

4  80 

2  01 

2  00 

35  00 

30  00 

8  91 

25  00 

$8,319 


77  05 
64  80 


45  36 


48  87 


37  10 


49  23 
2  52 


16  23 


35  56 


50 


1,233  15 


Parte . 


Econome  — 

1,278  3-4  gai.  lait  à  20c 

544  liv.  porc  à  84e 

544  liv.      "    à  9c 

589  liv.      "    à  8c 

4214  bv.    "    à  74c 

1.976  liv.   "    à  7c 

6,858  liv.  bœuf  à  7c 

2,796  liv.  choux  à  4c 

1,264  liv.  légumes  à  4c 

178  liv.  oignons  à    le 

78  boiss.  p.  de  terre  à  60c. 


444 
45* 
371 
554 
102 
19* 
32 


à  50c . 

à  40c. 

à  30c . 

navets  à  30c .... 

"       à  15c.  . . . 

betteraves  à  30c. 

carottes  à  30c . . . 


809  99 


45  36 


48  87 


37  10 


51  75 


16  23 


35  56 


50 


1,233  15 


4  cœurs  et  langues  à  25. 

[Ventes  aux  pratigues — 
425  gai.  lait  à  20c 


pom.  de  terre  à  75c, 

à  60c 

à  40c 

à  35c. 

"  à  30c 

orge  à  40c 

"       à  50c... 

avoine  à  40c 

à  50c 

betteraves 

carottes  à  30c 

navets  à  30c 

à  25c 

.  porc   à  7  3-4  c. ... 


8  boiss. 
4* 

35  " 
707  " 
'357Ï  " 
1064  " 
93  ï  " 
76 

364      " 
1 
7 

134     " 
2 
4,520  liv 

7,100  liv.      "       à  5c 

123  liv.  peaux  vertes  à  3c. 
716  liv.  "  à  5c. 

7,290  liv.  foin  à  12.00 

1,000  liv.     "     à  $10.00... 
6,325  liv.      "    à  $6.00..    .  . 

2,520  liv.  bœuf  à  10c 

821  liv.  porc  à  10c 

934  liv.     "     à  9c 

162  liv.     "     à  84c 

478*  liv.  "     à  8c 

180  liv.     "     à  74c 

2,1984  liv.  porc  à  7c 

585  liv.  choux  à  le 

160  liv.  rhubarbe  à  4c 

140  liv.  oignons  à  le 

Service  d'attelage 

12  cœurs  et  langues  à  25c.  .  . 

1  cerf 

9  serviceg  de  verrats  à  75c. .  . 
9  "  taureau  à  1.00, 

Seiage  de  bois 

4  jours  travail  de  forçat  à  30ç 

2  génisses 

3  chevaux  réformés. 


$10,598  31 


255  75 

46  24 
48  96 

47  12 
31  62 

138  32 

480  06 

13  98 

6  32 

1  78 

46  80 

22  25 

18  20 

111  30 

16  65 

15  30 

5  78 

9  60 

1  00 


85  00 

6  00 

2  70 

14  00 

247  45 

107  33 

42  60 
46  63 
30  40 
18  25 

30 

2  10 

4  05 
50 

350  29 
355  00 

3  69 
35  80 

43  74 

5  00 
18  98 

252  00 
82  10 
84  06 
13  77 
38  26 
13  70 

153  90 

5  85 

1  40 
60  12 

3  00 
12  50 

6  75 
9  00 

2  00 
l  20 

35  00 
160  00 


1,317.03 


2,355  22 


Parte  I $    3,672  25 


208 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Revleé  des  opérations  de  la  ferme — Suite. 


Report 


Salaire  de  l'instructeur  de  la 

'        ferme 

Balance,  profits  et  pertes. . .  . 


800  00 
1,218  55 


12,616  86 


Report 

Charpentier — 

Poteaux  de  cèdre  et  fil  met 


Mécanicien — 

78  liv.  suif  à  7c 

5  liv.  fil  métallique  à  10c. . 


Maçon — 

209*  jours  service  d'attelage 

à  $1.40 

239  jours  travail  de  forçats  à 

30c 


Garde-magasin — 

610  3-4  jours  service  d'atte- 
lage à  $1.40 

770J  jours  travail  de  forçats 
à  30c 

10  charretées  de  paille  à  $1.00 

10  tuiles  eu  ciment 

Cheval  de  patrouille,  180  jours 
à  70c 


Par  inventaire,  31  mars  1908. 


20 

15 

5 

46 
50 

293  30 
71  70 


855  05 

231  15 
10  00 
16  52 

126  00 


20  15 


5  96 


365  00 


238  72 
314  78 


$      12,616  86 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Sapperton,    31    mars    1908. 

M.  le  Directeur — 

J'ai  l'honneur  de  soumettre  le  rapport  des  opérations  de  la  ferme  pour  l'année 
finissant  le  31  mars  1908. 

Les  récoltes  de  l'an  dernier  ont  en  grande  partie  atteint  la  moyenne.  La  ré- 
colte des  pommes  de  terre  a  été  très  bonne  vraiment,  et  je  crois  que  nous  en  aurons 
assez  pour  nos  besoins  jusqu'à  la  récolte  prochaine. 

A  cause  du  grand  nombre  de  constructions  qui  se  font  ici,  il  nous  a  été  impos- 
sible de  défricher  et  mettre  du  nouveau  terrain  en  culture.  Une  partie  de  notre 
ancien  terrain,  que  nous  avions  autrefois  sous  culture,  a  été  utilisée  pour  l'érection  de 
bâtisses,  et  avant  longtemps  il  nous  faudra  défricher  et  préparer  pour  l'ensemence- 
ment le  nouveau  terrain  qui  se  trouve  en  arrière  de  notre  propriété. 

Je  regrette  de  dire  que,  sans  que  nous  puissions  nous  en  expliquer  la  cause, 
le  rendement  en  petits  cochons  l'année  dernière  a  été  beaucoup  moindre  que  ce  que 
nous  attendions,  ce  qui  nous  a  obligés  d'acheter  quatorze  porcs.  J'espère  que  nous 
aurons  meilleur  succès  l'an  prochain. 

Respectueusement  soumis, 

R.  DYNES, 

Instructeur  de  la  ferme. 


RAPPORTS  SUR  LES  FERMES 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 

PRODUITS  DE  LA  FERME,  1907-08. 


209 


18  tonnes  de  foin,  à  $15.00 $  270  00 

60J          "        pommes  de  terre,  à  $16.00 968  00 

25£          "        carottes,  à  $7.50 189  37 

5  2-5          "        navets,  à  $6.00, 32  40 

2  1-20          "        betteraves,  à  $15.00 30  75 

3-5          "        panais,  à  $15.00 9  00 

2  1-40          "        pois,  à  $30.00 60  75 

2  13-20          "        avoine,  à  $25.00 66  25 

571  liv.  oignons,  à  l^c 7  14 

4,698      "    choux,  à  3-5c 28  07 

348      "    poireaux,  à  1  Je 4  35 

81      "    rhubarbe,  à  Je 41 

165      "    laitue  à  *c 82 

7,218      «    porc,  à8ic 613  48 

437J  gai.  lait  à  20c 87  50 

4  vaches  (vendues) 140  00 

1  vieille  jument  (vendue) 25  00 

Total $  2,533  29 


COLOMBIE-BRITANNIQUE. 


Dt. 

En  mains  le  31  mars  1907 

Avoine,  30,090  liv 

Son,  8,398  liv 

Engrais  chimique,  2,000  liv. . 

Forgerons,  réparations 

Charpentiers,      "  

Cordonniers,        "  

Pommes  de  terre  de  semence. 
Divers    grains   et    graines  de 

semence 

Avoine,   mil,  trèfle    rouge    et 

pois  de  semence 

Engrais,  390  charges 

Grains  de  brasserie,  210  char. 

Drogues 

Services  professionnels 

Indemnité     pour    dommages 

causés  accidentellement.. 

14  porcs 

2  chaudrons  (60  gai.) 

Déchets  de  cuisine 

Travail    de    forçats,     4,228* 

jours  à  30c 

Fournitures  diverses 

Salaire  de  l'instructeur  de  la 
ferme 


432  43 

91  98 

45  00 

136  30 

154  52 

101  48 

102  50 

22  73 

50  00 

195  00 

105  00 

76 

4  00 

26  55 

125  00 

36  00 

49  91 

,268  55 
154  51 


4,838  15 


,102  22 
800  00 


8,740  37 


Av. 

Econome — 

Pommes  de  terre,  51,704  liv. 

Pois,  2,982  liv 

Carottes,  3,395  liv 

Navets,  3,470  liv 

Oignons,  495  liv 

Choux,  4,678  liv 

Betteraves,  1,869  liv 

Rhubarbe,  81  liv 

Panais,  2,105  liv 

Poireaux,  348  liv 

Laitue,  165  liv 

Porc,  7,218  liv 

Lait,  158*  gais 


Hôpital — 
Lait,  61  gai. 


Diverses  pratiques — 

Lait,  218  gais 

Paille,  200  liv 

Charraiage 

Travail  de  forçats,  146  jours. 

1  veau 

4  vaches 

1  vieux  cheval  (réformé) 

Trav.  de  forçats  fourni  à  d'autres 
départements,  935  jours. .  . 

Trav.  de  cheval  fourni  à  d'autres 
départements,  1,375*  jours. 


En  mains  le  31  mars  1908. 
Balance 


413 

63 

44 

74 

13 

61 

10 

41 

7 

44 

28  07 

14  02 

41 

15 

78 

4 

35 

82 

613 

48 

31 

70 

12  20 

43  60 

50 

70 

23 

43 

80 

15 

43 

140  00 

25  00 

280 

50 

962  85 

$1,198  46 


12  20 


338*56 


1,243  35 

4,985  85 

961  95 


$      8,740  37 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34  A.  1909 


ANNEXE    N. 


PENITENCIERS   DU  YUKON 


211 


8-9  EDOUARD  VII  DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34.  A.  1909 


Dawson,     T.Y.,     30    juin     1908. 

L'honorable 

Ministre  de  la  Justice, 
Ottawa,  Ont. 

Monsieur, — En  ma  qualité  d'inspecteur  des  pénitenciers  du  Territoire  du 
Yukon,  j'ai  l'honneur  de  soumettre  ci-joint  le  rapport  annuel  pour  l'année  finissant 
le  30  juin  1908,  ainsi  que  les  rapports  des  directeurs  à  Dawson  et  à  Whitehorse. 

Les  corps  de  garde  de  la  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest  en  ces  endroits  ser- 
vent de  pénitenciers,  et  les  commandants  des  divisions  B  et  H.  qui  ont  respective- 
ment leurs  quartiers  à  Dawson  et  à  Whitehorse,  en  sont  les  directeurs,  tandis  que 
les  sous-officiers  et  les  gendarmes  de  ces  deux  divisions  remplissent  les  fonctions  de 
geôliers  et  de  gardiens. 

Les  conditions  sanitaires  des  prisons,  ainsi  que  la  santé  des  détenus,  sont  sous 
la  surveillance  des  médecins  de  la  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest. 

Jusqu'à  un  mois  ou  deux  passés,  le  Yukon  a  été  particulièrement  exempt  de 
crimes,  et  le  nombre  de  prisonniers  sous  notre  garde  a  été  moins  considérable  que 
jamais. 

Ce  printemps,  néanmoins,  il  nous  est  arrivé  tout  un  nombre  d'individus  peu  re- 
commandables  de  Juneau,  Douglas,  Fairbanks  et  des  villes  du  littoral  du  Pacifique. 
La  grande  grève  des  mineurs  de  Treadwell,  sur  l'île  Douglas,  qui  a  nécessité  l'envoi 
de  troupes  des  Etats-Unis  pour  maintenir  Tordre  et  faire  observer  la  loi,  a  été  cause 
qu'un  grand  nombre  de  Slaves,  Finlandais  et  autres  se  sont  enfuis  de  ces  endroits 
et  que  des  centaines  d'entre  eux  sont  venus  au  Yukon.  Ces  hommes,  du  moins  un 
grand  nombre,  n'ayant  pas  d'argent,  ont  parcouru  la  route  à  pied  en  mendiant  ou  sont 
descendus  par  la  rivière  en  petits  bateaux.  Ils  ne  parlent  ni  ne  comprennent  la  lan- 
gue anglaise.  Ils  ont  d'abord  réussi  à  obtenir  de  l'emploi  de  la  "  Yukon  Gold  Co.," 
mais  un  grand  nombre  n'entre  eux  ont  été  renvoyés  la  semaine  dernière  parce 
qu'ils  ne  comprenaient  pas  l'anglais  et  n'obéissaient  pas  aux  ordres  qui  leur  étaient 
donnés  pendant  leur  travail.  Ces  individus  sont  très  imprévoyants  et  dépensent 
tout  leur  argent  à  boire  ou  au  jeu;  en  sorte  que,  comme  il  y  en  a  actuellement  des 
centaines  qui  sont  sans  emploi,  il  est  difficile  de  dire  au  juste  ce  qui  surviendra  par- 
.mi  eux  durant  l'hiver. 

Et  puis,  la  fermeture  soudaine  des  salles  de  danse  et  des  maisons  de  jeu  à  Fair- 
banks et  dans  d'autres  villes  de  l'Alaska,  ordonnée  par  le  juge  Reid,  a  eu  pour  effet 
de  jeter  sur  notre  territoire  une  foule  de  joueurs,  de  prostituées  et  de  leurs  amis. 

C'est  grand  dommage  que  la  loi  concernant  l'immigration  ne  soit  pas  en  vi- 
gueur au  Yukon.  Nous  avons  eu  ici  deux  aliénés  qui  sont  venus  récemment  de 
l'Alaska,  et  tous  deux  ont  dû  être  mis  immédiatement  sous  traitement.  L'un  est 
mort  et  l'autre  a  été  envoyé  à  New- Westminster. 

Les  instigateurs  de  la  grève  de  l'an  dernier  à  Fairbanks,  qui  furent  chassés  de 
l'Alaska  après  y  avoir  subi  une  condamnation  à  la  prison,  sont  venus  à  Dawson  et  ont 
déjà  commencé  à  y  créer  du  trouble. 

Quant  aux  prostituées,  aux  femmes  des  salles  de  danse  et  aux  joueurs,  ils  sont 
venus,  comme  je  l'ai  dit,  depuis  que  la  campagne  en  faveur  de  la  morale  s'est  fait 
sentir  dans  quelques-unes  des  cités  du  littoral  du  Pacifique  et  dans  les  villes  de  l'Alas- 
ka. Ces  gens  comprennent  qu'ils  sont  mieux  ici,  où  l'on  ne  peut  les  atteindre  aussi 
promptement  que  dans  les  Etats-Nnis.  Lorsque  le  nouveau  juge  se  rendit  à  Valdez, 
Fairbanks,  Eagle  et  dans  d'autres  parties  de  son  district,  il  ne  perdit  aucun  temps 
à  recueillir  des  preuves  et  à  poursuivre  ces  gens.  Il  ferma  sommairement  les  salles 
de  danse  et  de  jeu,  et  donna  à  ceux  qui  les  fréquentaient,  ainsi  qu'aux  prostituées, 

213 


2U  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

un  certain  délai  pour  se  préparer  à  s'en  aller.  Cette  mesure  énergique  a  eu  pour 
effet  de  les  chasser  vers  le  Yukon. 

Le  8  du  mois  courant,  un  meurtre  des  plus  prémédités  a  eu  lieu  à  environ  douze 
milles  en  bas  de  Selkirk,  la  victime  étant  un  Suédois  américain  du  nom  de  David 
Bergman,  et  l'assassin  présumé  un  nommé  Ned  Elfors.  Ces  deux  individus,  accom- 
pagnés d'une  jeune  homme,  se  rendaient  de  Seattle  à  Dawson  et  avaient  quitté 
Whitehorse  dans  une  petite  embarcation  pour  descendre  la  rivière  Yukon.  A  la 
date  mentionnée,  Bergman,  sur  la  demande  d' Elfors,  partit  avec  ce  dernier,  soi- 
disant  pour  aller  faire  la  chasse  à  l'ours.  Quelques  heures  plus  tard,  Elfors  revint 
au  camp  et  demanda  à  Anderson  d'aller  lui  aider  à  transporter  la  viande  d'ours  au 
camp.  En  se  rendant  à  l'endroit  où  devait  se  trouver  l'ours  abattu,  Elfors  tira  sur 
Anderson  et  l'atteignit  au  côté  droit  du  visage.  Anderson  se  retourna,  sauta  sur 
Elfors,  le  terrassa  et  parvient  à  prendre  la  fuite.  Il  arriva  presque  épuisé  à  Selkirk, 
où  il  raconta  les  faits  à  la  police.  Un  constable  se  mit  à  la  poursuite  du  meurtrier 
dans  un  canot,  et  deux  jours  plus  tard  Elfors  était  arrêté.  Quelques  jours  après,  le 
cadavre  de  Bergman  fut  découvert,  avec  cinq  balles  dans  la  tête  et  une  dans  le  cou. 
Elfors  a  été  condamné  à  subir  son  procès  sur  la  double  accusation  de  meurtre  et  de 
tentative  de  meurtre.  A  l'enquête  du  coroner,  sur  le  cadavre  de  Bergman,  le  jury 
déclara  dans  son  verdict  que  le  défunt  était  mort  des  suites  de  blessures  à  la  tête 
causées  par  une  arme  à  feu,  les  dites  blessures  ayant  été  infligées  par  Ned  Elfors. 

Un  audacieux  attentat  a  été  commis  ces  jours  derniers  à  Pennington,  entre 
Whitehorse  et  Skagway,  alors  que  trois  hommes  masqués  en  ont  arrêté  un  autre 
et  lui  ont  volé  une  somme  d'environ  quatre  cents  piastres.  Aucune  trace  des  au- 
teurs de  cet  attentat  n'a  encore  été  découverte,  et  l'on  présume  qu'ils  ont  traversé 
Skagway  et  se  sont  rendus  à  la  côte. 

J'ai  fait  l'inspection  du  pénitencier  de  Whitehorse  deux  fois  l'année  dernière, 
et  cinq  fois  celle  du  pénitencier  de  Dawson.  Les  détenus  n'ont  porté  aucune  plainte. 

Il  n'y  a  pas  eu,  cette  année  de  condamnation  aux  travaux  forcés;  1  forçat  a 
été  libéré,  sa  peine  étant  expirée,  1  a  été  remis  en  liberté  conditionnellement,  et  1 
troisième,  tombé  en  démence,  a  été  transféré  à  New- Westminster. 

Il  n'y  a  eu  ni  évaisons  ni  tentatives  d'évasion.  La  santé  a  été  bonne,  et  en 
général  la  conduite  a  été  bonne  aussi. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 
Votre  obéissant  serviteur, 

Z.  T.  WOOD, 
Sous-commissaire,  commandant  les  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest,  Ter- 
ritoire du  Yukon,  et  inspecteur  des  pénitenciers  du  Territoire  du  Yukon. 

DAWSON. 

Dawson,  T. Y.,   1er  juillet  1908. 
M.  l'Inspecteur  des  pénitenciers  du 

Territoire  du  Yukon,  Dawson,  T. Y. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  faire  rapport  comme  suit  concernant  les  pri- 
sonniers enfermés  dans  le  pénitencier  de  Dawson  durant  les  douze  mois  finissant  le 
30  juin  1908. 

BATIMENT. 

Le  corps  de  garde  de  la  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest  sert  encore  à  la 
détention  des  forçats,  prisonniers  ordinaires  et  autres.  Les  forçats  sont,  autant 
que  possible,  tenus  séparément  des  autres  prisonniers. 

Le  bâtiment,  qui  est  construit  de  bois  rond,  a  servi  à  cette  fin  depuis  l'établisse- 
ment du  camp,  et  il  exige  une  attention  et  des  réparations  constantes. 


PENITENCIERS  DU  YUKON  215 

DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  34 

VÊTEMENTS 

Les  vêtements,  fournis  par  nos  magasins,  sont  d'excellente  qualité  et  du  genre 
le  plus  convenable. 

CONDUITE. 

La  conduite  des  prisonniers  a  été  généralement  très  bonne,  quelques  infrac- 
tions aux  règlements  ayant  seulement  été  portées  à  ma  connaissance. 

SANTÉ. 

Un  forçat,  n°.  43,  D.  T.  McGoldrick,  condamné  pour  faux,  est  devenu  fou  et  a 
été  transféré  à  New- Westminster.  Un  autre  aliéné,  du  nom  de  Oscar  Browne,  est 
mort  environ  quatre  ou  cinq  jours  après  avoir  été  enfermé.  En  dehors  de  cela, 
il  n'y  a  eu  aucun  cas  grave  de  maladie. 

INSPECTIONS. 

Le  pénitencier  à  été  inspecté  par  vous-même  et  a  reçu  chaque  jour  la  visite  du 
directeur  ou  de  ses  officiers.  Tout  a  été  trouvé  en  bon  ordre  et  il  n'y  a  eu  que  quel- 
ques plaintes  de  formulées. 

RATIONS. 

La  nourriture  fournie  aux  prisonniers  est  de  la  meilleure  qualité,  en  quantité 
suffisante  et  préparée  dans  la  cuisine  de  la  division. 

PERSONNEL. 

Le  personnel  consiste  en  un  prévôt,  une  escorte  et  des  gardiens  de  nuit  qui  ont  à 
surveiller  tous  les  prisonniers. 

L'escorte  est  choisie  tous  les  jours  parmi  les  hommes  de  service  dans  le  poste 
qui  sont  disponibles  pour  ces  fonctions. 

La  garde  de  nuit  se  compose  de  trois  hommes  chargés  de  ce  service  d'une  ma- 
nière permanente. 

Le  prévôt  occupe  un  emploi  permanent  auquel  est  attaché  une  grande 
responsabilité,  et  qui  demande  de  l'habileté  et  des  connaissances  au-dessus  de  la 
moyenne.  Cet  emploi  a  été  rempli  l'an  dernier  par  le  maréchal  des  logis  Smith  d'une 
manière  très  satisfaisante. 

Sept  hommes  sont  employés  dans  les  deux  équipes  de  jour  et  de  nuit,  quatre 
le  jour  et  trois  la  nuit. 

Un  soin  tout  particulier  doit  être  pris  des  aliénés  qui  peuvent  se  trouver  sous 
notre  garde.  Il  faut  parfois  les  services  constants  de  deux  hommes  avec  l'aide 
d'autres  pour  surveiller  ces  malheureux. 

Il  n'y  a  pas  actuellement  de  forçats  incarcérés  chez  nous. 

TRAVAIL. 

Les  forçats  et  les  prisonniers  ordinaires  sont  employés  à  divers  travaux  dans 
nos  quartiers  et  aux  alentours.  En  hiver  ils  ont  à  scier  et  fendre  du  bois  et  à  enlever 
la  neige  des  trottoirs,  et  en  été  ils  travaillent  à  l'entretien  des  terrains  et  des  bâti- 
ments. 

Nous  avons  à  l'heure  qu'il  est  un  si  petit  nombre  de  prisonniers  qu'il  est  par- 
fois difficile  de  faire  faire  les  travaux  nécessaires. 

La  matière  à  lire  est  fournie  par  la  gendarmerie  du  Nord-Ouest. 


216 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


J'annexe  au  présent  rapport  un  relevé  succinct  des  prisonniers  actuellement 
sous  notre  surveillance  ou  qui  l'ont  été  dans  le  cours  de  l'année,  ainsi  qu'un  rap- 
port du  médecin  auxiliaire  Thompson. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 
R.  A.  WROUGHTON,  inspecteur, 
Commandant  de  la  division  B,  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest, 
directeur  du  pénitencier  de  la  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest 
à  Dawson,  T.  Y. 


Dawson,  T.Y.,   30  juin   1908. 

L'officier  commandant, 

Division  B,  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest, 
Dawson,  T. Y. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  annuel  sur  les  cas  de 
maladie  qui  sont  survenus  dans  ce  pénitencier  durant  l'année  finissant  le 
30  juin  1908. 

Il  n'y  a  eu  que  très  peu  de  maladie  durant  l'année,  et  rien  d'un  caractère 
grave,  à  l'exception  du  cas  du  forçat  n°  43  (McGoldrick),  tombé  en  démence  le  12 
juillet;  il  est  devenu  graduellement  plus  malade  et  a  été  transféré,  le  18  septembre 
1907,  à  l'asile  de  Westminster. 

Les  autres  cas  ont  été  de  peu  d'importance.  Vous  trouverez  ci-après  une  liste 
des  cas  qui  ont  été  sous  traitement. 

J'ai  l'honneur  d'être,   monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

W.  E.  THOMPSON, 

Médecin  auxiliaire. 


Rapport  annuel  des  maladies  traitées  au  pénitencier  de  Dawson,  Y.  T. 

- 

Maladies. 

Nombre 
de 
cas. 

Observations. 

Etat  bilieux .      

2 

Rétabli. 

Coliques 

Rétabli. 

Foie  congestionné 

Rétabli. 

Echauffaison 

Rétabli. 

Insanité 

Grippe 

Rétabli. 

Entorse _ 

Rétabli. 

W.  E.  THOMPSON, 

Médecin  Suppléant. 


PENITENCIERS  DU  YUKON 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  34. 


217 


PRISON  DE  LA  GENDARMERIE  A  CHEVAL  DU  NORD-OUEST. 

Dawson,    T.Y.,    1er   juillet    1908. 

L'officier  commandant, 

Division  B,  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest,  Dawson,  T. Y. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  soumettre  ci-après  le  relevé  des  prisonniers 
écroués  durant  l'année  finissant  le  30  juin  1908: — 


Crimes  et  offenses. 

Années  de 
condamnation. 

Totaux. 

3 

2 

1 
1 

1 

Faux 

1 

1 

1 

Totaux 

2 

1 

3 

Le  relevé  ci-haut  comprend  1  détenu  dont  la  peine  est  expirée,  1  transféré 
à  New- Westminster  en  état  de  démence  et  1  libéré  sous  condition.  Il  n'y  a  pas  ici 
de  forçats  à  l'heure  qu'il  est. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

G.  SMITH,  maréchal  des  logis, 
Prévôt. 


GENDARMERIE  A  CHEVAL  DU  NORD-OUEST. 

Prisonniers  enfermés  dans  la  prison  de  la  police  à  cheval  du  Nord-Ouest  à  Dawson,  T.  Y.,  le  1er  jour  de 
juillet  1907;  reçus  durant  l'année;  libérés  durant  l'année,  et  ceux  restant  sous  verrous  le  30  juin  1908. 


Forçats. 

Sous  verrous  le  1er  juillet  1907 

3 

Libéré,  expiration  de  la  peine 

1 

sous  condit  ion 

1 

Transféré  à  New  Westminster  (aliéné) 

1 

Total 

3 

3 

218 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Prisonniers  ordinaires. 


8ous  verrons  le  1er  juillet  1907 

Reçus  durant  l'année 

Libéré,  expiration  de  la  peine 

condamnation  annulée 

"        paiement  d'une  amende  ou  sentence  suspendue. 

"        sous  cautionnement , 

"        sous  cautionnement  personnel 

Libérés  par  le  tribunal 

Renvoyé  à  l'Alaska 

Interdit 

Sous  verrous  le  30  juin  1908 


Total, 


128 


134 


24 
1 

45 

33 
6 

15 
1 


134 


Aliénés. 

8 

Transférés  à  New- Westminster 

? 

Décédé  en  prison 

1 

Total 

8 

8 

RECAPITULATION. 


Emprisonnés. 

Libérés,  etc. 

Sous  verrous. 

Forçats 

3 

134 

8 

3 

126 
8 

Prisonniers  ordinaires 

8 

Aliénés 

Total 

145 

137 

8 

Crime. — (Forçats.) 

Nombre. 

Vol  de  poudre  d'or 

1 

Faux 

1 

Vol  sur  la  personne 

1 

Total 

3 

Crime.- 

— (Prisonniers  ordinaires.) 

Nombre. 

Vol  sur  la  personne 

2 

Voies  de  fait 

5 

Résistance  à  la  police 

2 

Vol 

11 

Ivresse  et  tumulte 

5 

Ivresse,   loi   concernant  les  Sauvages 

6 

Désobéissance  au  tribunal 

1 

Total 

31 

PENITENCIERS  DU  YUKON 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


219 


Emprisonnes  en  attendant  procès. 

1 

1 

Total 

2 

DUREE  DE  LA  CONDAMNATION. 


Forçats. 

Prisonniers  ordinaires. 

3  ans  S.  P 

2 
1 

lan  T.  F 

1 

2  ans  S.  P 

6  mois  T.  F 

6 

4  mois  T.  F .  . 

1 

Total 

3 
2 

3  mois  T.  F 

5 

2  mois  T.  F 

3 

1  mois  T.  F 

6 

50  jours  T.  F 

1 

30  jours  T.  F 

3 

15  jours  T.  F 

4 

10  jours  T.  F 

1 

Total .... 

31 

RECAPITULATION. 


Forçats 

Prisonniers  (prison  commune) 
Condamnés  à  subir  procès. . . . 

Total 


36 


NATIONALITE. 


Forçats. 

Aliénés. 

Prisonniers  ordinaires. 

Autrichiens . 

1 

1 

1 

Américains. 

3 

H 

Canadiens .  . 

1 

a 

Ecossais . . . 

1 

3 

Irlandais — 

Français — 

Dalmates — 

Allemands — 

Norvégiens — 

Indiens — 

Italiens — 

Totaux 3 


1 
1 
1 
2 
2 
8 
2 

31 


Finlandais  russes  (condamnés  à  subir  procès") ...  .2. 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Liste  des  forçats  détenus  dans  la  prison  de  la  R.  G.  du  N.-O.  à 


Date 

de 

l'entrée. 

Nom. 

Crime. 

condamnation. 

Date 
de  la 
Condam- 
nation. 

Par  qui  condamné. 

1905. 

12  juillet 

1906 
7  sept 

Krastel,  Joseph 

McGoldvick,  D.  T... 
McDonald,  Walter.. 

Vol  de  poudre  d'or! 

Faux 

3  ans  S.  P 

3  ans  S.  P 

2  ans  S.  P 

1905 
13  juillet 

1906 

7     sept. 

Juge  Craig. 

1907 
15  mars  .... 

Vol  sur  la  personne 

1907 
15    mars 

Juge  Macaulay. 

CROYANCE  RELIGIEUSE. 


Forçats. 

Aliènes. 

Prisonniers  ordinaires. 

2 

9 

1 

1 

1 

2 

4 

1 

4 

1 

2 

8 

3 

Totaux 3 

8 

31 

Catholiques  romains  (condamnés  à  subir  procès) ...  .2. 


HABITUDES  MORALES. 


Forçats. 


Tempérants 3 

Intempérants 


Totaux 3 


Aliénés. 


Prisonniers  ordinaires. 


31 


Tempérants  (condamnés  à  subir  procès^ ...  .2. 


PENITENCIERS  DU  YUKON 
DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 


221 


Dawson,  T.  Y.,  durant  l'année  finissant  le  30  juin  1908. 


Sait  lire  ou  é*crire 
ou  lire  et  écrire. 

Nationalité. 

vu    . 
P.  <n 

a  a 

®  3 

a 

m 

VU 

E 

-S 

o 

Tempérants. 

Croyance 
religieuse. 

Occupation. 

Observations. 

Sait    lire    et    écrire 

Autrichien . .  . 
Américain  . . . 

Oui 
Oui 

Oui 

Catholique  rom. 
Catholique  rom. 
Anglican 

Mineur 

Avocat 

Journalier  . .  . 

13  janvier  1908;  libéré, 

Sait  lire  l'anglais. .  . 

expiration  de  la  peine 
18   sept.    1907;    trans- 

féré à  l'asile  de  New- 
Westminster. 

9  mai  1908;  libéré  sous 

condition. 

ETAT  CIVIL. 


Forçats. 

Aliénés. 

Prisonniers    ordinaires. 

2 

1 

fi 

1 

7 

?4 

Veufs 

? 

Totaux 

3 

8 

31 

Célibataires  devant  subir  procès ....  2. 


SEXE. 


Forçats. 

Aliénés. 

Prisonniers    ordinaires. 

Hommes 

3 

7 

28 

Femmes 

1 

3 

Totaux 

3 

8 

31 

Hommes  devant  subir  procès ....  2. 


ETHNOLOGIE. 


Forçats. 

Aliénés. 

Prisonniers  ordinaires. 

Race  blanche .  .   3 

7 

23 

rouge 

. .  3 

noire 

.    1 

Totaux 3 

8 

31 

Blancs  devant  subir  procès ...    2. 


MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


WHITE-HORSE. 

White-Horse,   30   juin    1908. 

A  M.  l'Inspecteur  des  pénitenciers, 
Dawson,  T. Y. 

Monsieur. — En  ma  qualité  de  diretceur  du  pénitencier  et  de  la  prison  com- 
mune de  White-Horse,  j'ai  l'honneur  de  soumettre  mon  rapport  annuel  pour  l'an- 
née finissant  le  30  juin  1908. 

Le  corps  de  garde  de  la  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest  à  ce  poste  sert  à  la 
fois  de  pénitencier  et  de  prison  commune. 

Le  local  est  disposé  pauvrement,  sans  cloisons  de  séparation.  Les  forçats,  les 
prisonniers  ordinaires  et  ceux  qui  attendent  leur  procès  sont  tous  logés  dans  les 
mêmes  compartiments. 

Le  local  des  prisonnières  est  vraiment  pitoyable,  n'étant  séparé  que  par  des 
pièces  de  bois  brut,  peu  propres  à  empêcher  les  indiscrétions. 

Les  conditions  sanitaires  sont  aussi  bonnes  que  peuvent  les  rendre  une  atten- 
tion et  une  surveillance  constantes. 

Il  ne  nous  est  venu  aucun  prisonnier  de  pénitenciers  durant  l'année,  la  con- 
damnation la  p^s  forte  ayant  été  de  douze  mois  aux  T.  F.  dans  un  cas  de  vol. 

La  population  de  ce  district  est  à  peu  près  au  même  chiffre  que  l'an  dernier, 
mais  l'on  s'attend  à  ce  qu'elle  soit  beaucoup  augmentée  lorsque  l'embranchement 
de  chemin  de  fer  conduisant  aux  mines  de  cuivre  sera  complété,  et  lorsque  ces  mi- 
nes seront  exploitées.     Notre  local  actuel  sera  alors  tout  à  fait  insuffisant. 

Tous  les  vêtements  ont  été  fournis  par  nos  magasins,  et  les  provisions  de  bou- 
che ont  été  de  bonne  qualité,  les  rations  étant  suivant  les  règlements. 

La  conduite  des  prisonniers  durant  l'année  a  été  bonne,  aucune  infraction  sé- 
rieuse aux  règles  de  la  discipline  n'étant  survenue. 

La  santé  des  prisonniers  a  été  bonne,  les  seuls  traitements  qu'on  ait  eu  à  don- 
ner étant  du  domaine  de  la  chirurgie. 

Le  maréchal  des  logis  chef  Evans  a  rempli  les  fonctions  de  prévôt  d'une  ma- 
nière très  satisfaisante,  avec  l'aide  des  escortes  durant  le  jour  et  du  sous-officier  ou 
du  gendarme  de  service  durant  la  nuit. 

W  Lq  pénitencier  a  été  inspecté  chaque  jour  par  un  officier  et  le  médecin,  et  une 
fois  la  semaine  par  l'officier  commandant  en  qualité  de  directeur,  et  chaque  fois  on  a 
demandé  aux  détenus  s'ils  avaient  des  plaintes  à  faire. 

Je  vous  transmets  ci-joint  les  statistiques  ordinaires. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 
Votre  obéissant  serviteur, 

A.  G.  SNYDER,  surintendant, 
Commandant  la  division  H, 
Directeur  du  pénitencier  de  White-Horse. 


PENITENCIERS  DU  YUKON  223 

DOC.  PARLEMENTAIRE   No  34. 

Prisonniers  sous  verrous  dans  de  corps  de  garde  de  la  gendarmerie  à  cheval 
du  Nord-Ouest,  à  White-Horse  le  1er  juillet  1907,  ceux  reçus  durant  Tannée,  ceux 
libérés  durant  l'année,  et  ceux -restant  incarcérés  le  30  juin  1908. 

Sous  verrous,  1er  juillet  1907 3 

Reçus  durant  Tannée 69 

Total 72 

Libérés  sur  paiement  de  Tamende,  ou  la  condamnation  étant 

suspendue 62 

Libérés  à  Texpiation  de  la  peine 7 

Total 69 

Restant  sous  verrous  le  30  juin  1908 3 

DURÉE  DE  LA  CONDAMNATION. 

1  an  aux  travaux  forcés 3 

7  mois  aux  travaux  forcés 1 

6  mois  aux  travaux  forcés 1 

2  mois  aux  travaux  forcés 2 

30  jours  aux  travaux  forcés 3 

Total 10 

NATIONALITÉ. 

Anglais 1 

Canadiens 2 

Américains 1 

Irlandais ' 2 

Indiens 3 

Suédois 1 

Total 10 

CRIME. 

Vol 2 

Ivresse 3 

Fraude 1 

Voies  de  fait 1 

Vente  de  boisson  aux  sauvages 2 

Menace  avec  arme  à  feu 1 

Total 10 

CROYANCE  RELIGIEUSE. 

Protestants 6 

Catholiques  romains 3 

Païen 1 

Total  10 


224  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

HABITUDES  MORALES. 

Tempérants 8 

Intempérants 2 

Total 10 

ETAT  CIVIL. 

Célibataires 9 

Marié 1 

Total 10 

ETHNOLOGIE. 

Race  blanche 7 

Race  rouge 3 

Total 10 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35  A.  1909 


RAPPORT 


DU 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  DD  CANADA 


POUR 


1/ EXERCICE  CLOS  LE  31  MARS 


1908 


IMPRIMÉ  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 

IMPRIMÉ  PAR  0.  H.  PARMELEE,  IMPRIMEUR  DE  SA  TRES  EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 

1909 
[No  35 — 1909.1 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35  A.   1909 


,1  Son  Excellence  le  Très  honorable  sir  Albert  Henry  George,  comte  Grey,  vicomte 
Howick,  baron  Grey  de  Ilowicle,  dans  le  comté  de  Norlhumberland,  dans  la  pairie 
du  Royaume-Uni,  baronnet;  chevalier  grand' croix  de  l'ordre  très  distingué  de 
Saint-Michel  et  Saint-Georges,  etc.,  gouverneur  général  du  Canada  et  commanditai 
en  chef  du  Dominion. 


Plaise  à  Votre  Excellence  : 

Le  soussigné  a  l'honneur  de  présenter  à  Votre  Excellence  le  rapport  du  Conseil  de 
la  milice  pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

Respectueusement  soumis, 

F.  W.  BORDEN, 

Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 
Ottawa,  10  janvier  1909. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35  A.  1909 


TABLE  DES  MATIÈRES 
A 

Paragraphes. 

armement,  artillerie  de  campagne 102-104 

grosse  artillerie 105   loi 

"           défenses  fixes 108 

fusil  Eoss 100-110 

"            munitions  d'infanterie 111 

"            comité  des  armes  portatives 112 

inspection  technique  du  matériel  et  des  munitions ll-'i    L15 

Appendices,  ('numération  des L33 

Arsenal  fédéral,  rapport  du  directeur  de  1"  (Voir  Appendice  D,  page  48). 

B 

Bâtiments  militaires  et  magasins  d'artillerie 100 

Brevets,  commissions  et 90 

c 

Cadets,  corps  de  (organisations  scolaires) . 47 

(  lasemement,  matériel  de 101 

(  îollège  militaire  royal 86 

rapport  de  la  commission  d'inspection  (Voir  Appendice 
C,  page  37). 

rapport  du  commandant  (Voir  Appendice  B,  page  34). 

Commission  dans  l'armée  impériale 91 

Commissions  et  brevets 90 

Conférence  impériale 2 

Corps  de  signaleurs 40-41 

D 

Défense,  mobilisation  et .   .  .  11-19 

Dépense 122-132 

Dressage  physique  dans  les  écoles 99 

E 

Ecole  canadienne  de  tir 87-88 

Ecoles,  dressage  physique  dans  les 99 


6  MINISTERE  DE  LA   MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Paragraphes. 
Ecoles  d'instructions,  certificats  délivrés 89 

Etal  d'effectif,  situation  de  la  troupe  permanente  au  31  mars  1908 68 

Etal  financier  (Voir  pages  23  et  24). 

Etats  majors,  changements , 71 

G 

Génie,  services  du 110 

H 

Sommes  et  chevaux  instruits  on  camp 126 

I 

[nspecteur  général,  rapport  de  Y  (Voir  Appendice  E,  page  00). 

[nstru<  tion,  généralités 77-84 

"  en  Angleterre 85 

écoles  d' 89 

Instruction  annuelle,  saison  de  1909  (Voir  Appendice  E,  page  59). 

L 

Levé  des  plans,  service  du 23 

M 

Magasins  d'artillerie,  bâtiments  militaires  et 100 

Matériel  de  casernement 101 

Médailles 92 

Milice  active  (antre  que  la  troupe  permanente),  effectif 09 

"                                          "                                 organisation.  .   . 70 

Mobilisation  et  défense 11-19 

o 

Organisations  scolaires  (ou  corps  de  cadets) 93-98 

P 

Propriétés  militaires 120 

terrains  acquis. 121 

R 

Règlements 72-76 

Renseignements,  service  des 20-22 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  7 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

S 

Paragraphes. 

Santé,  services  de  (Voir  Appendice  A,  page  27). 

Service  du  levé  des  plans 23-28 

"         des  renseignements 20-22 

Services  de  santé  (Voir  Santé). 

"         du  génie 116 

Signaleurs,  corps  de 40-41 

Sociétés  de  tir 35-37 

Suffisance 42-40 

Système  militaire 6-10 

T 

Télégraphie  optique,  instruction 38-39 

"                    corps  de  signaleurs 40-41 

Terrains  acquis 121 

Tir 29-34 

"   école  canadienne  de _ 87-88 

"   sociétés  de 35-37 

Troupe  permanente,  généralités 48-53 

"                    direction  d'artillerie 54-55 

"                    intendance  militaire 56 

"                    garnison  d'Esquimalt 57 

"                   effectifs  et  recrutement 58-67 


3-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35  A.  1909 


RAPPORT   ANNUEL 


DU 


CONSEIL   DE  LA   MILICE 


EXERCICE   CLOS   LE   31   MARS    1908 


1.  Le  présent  rapport,  qui  embrasse  la  période  de  l'exercice  1907-8,  comprend  le 
*'  résumé  "  annuel  des  travaux  de  la  milice,  à  l'exception  des  exercices  faits  au  cours 
de  la  période  en  question.  Les  résultats  de  ces  exercices,  avec  les  observations  du  con- 
:-eil  de  la  milice  à  leur  sujet,  ont  été  publiés  sous  la  forme  d'un  rapport  provisoire  qui 
est  annexé  au  présent  pour  servir  de  renseignement.     (Appendice  E.) 

CONFERENCE  IMPERIALE. 

2.  Des  questions  de  grande  importance  concernant  le  système  militaire  du  Ca- 
nada ont  été  discutées  à  la  conférence  impériale  tenue  à  Londres  dans  le  printemps  de 
1907.  Les  procès-verbaux  des  délibérations  ont  été  publiés,  de  même  que  les  mémoires 
présentés  à  la  conférence. 

3.  Quatre  de  ces  mémoires  ont  été  offerts  à  la  discussion  par  le  conseil  de  la  mi- 
lice. C'étaient  des  documents  d'un  intérêt  exceptionnel,  traitant  de  la  défense  mili- 
taire sous  les  rubriques  suivantes: — 

(a)  Les  conditions  stratégiques  de  l'empire  au  point  de  vue  militaire; 
(h)  La  possibilité  d'assimiler  l'organisation  de  guerre  par  tout  l'empire; 

(c)  Modèles  et  approvisionnements  d'équipement  et  de  matériel  pour  les  troupes 
coloniales; 

(d)  L'opportunité,  pour  les  gouvernements  coloniaux,  de  donner  leurs  comman- 
des d'artillerie,  et  particulièrement  d'armes  et  de  mutions,  par  l'intermédiaire  du 
War  Office. 

4.  Il  est  bon  de  consigner  ici  que  la  proposition  suivante  a  été  adoptée  à  l'una- 
nimité : — 

"  Que  cette  conférence  accueille  et  approuve  cordialement  l'exposition  des  prin- 
cipes généraux  incorporés  dans  l'exposé  du  ministre  de  la  guerre,  et,  sans  vouloir  en- 
gager aucun  des  gouvernements  représentés,  reconnaît  et  affirme  le  besoin  de  dévelop- 
per, pour  le  service  de  l'empire,  un  grand  état-major  choisi  parmi  les  troupes  de  l'em- 
I'ire  dans  leur  ensemble,  lequel  étudiera  la  science  militaire  dans  toutes  ses  branches, 
recueillera  des  renseignements  militaires  et  les  communiquera  aux  différents  gouver- 
nements, se  chargera  de  préparer  des  plans  de  défense  sur  un  principe  commun,  et, 
sans  s'immiscer  du  tout  dans  les  questions  se  rapportant  au  commandement  et  à  l'ad- 
ministration, devra,  à  la  demande  des  gouvernements  respectifs,  délibérer  sur  l'ins- 
truction, l'éducation  et  l'organisation  de  guerre  des  forces  militaires  de  la  Couronne 
dans  chaque  partie  de  l'empire." 

5.  Le  chef  d'état-major  général  accompagnait  l'honorable  ministre,  et  à  des  réu- 
nions sans  caractère  officiel  tenues  aux  bureaux  de  la  guerre  il  a  pu  être  discuté  et 
Téglé  des  questions  qui  étaient  en  suspens  depuis  longtemps. 

35—1 


2  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
SYSTEME  MILITAIRE. 

6.  Il  n'a  été  introduit  aucun  changement  important  dans  le  système  de  milice  du 
Canada  pendant  la  période  qui  fait  l'objet  du  présent  rapport. 

7.  L'organisation  du  13e  district  militaire  a  été  mise  à  effet  par  la  nomination  du 
lieutenant-colonel  et  colonel  honoraire  S.-B.  Steele,  C.B.,  M.O.V.,  au  commandement. 

8.  Dans  les  différends  districts  et  circonscriptions  la  décentralisation  a  été  éten- 
due à  l'administration  des  services  du  génie. 

9.  Par  application  du  système  de  l'échange  d'officiers  entre  la  mère-patrie  et  les 
possessions  d'outre-mer,  le  commandement  de  la  5e  brigade  d'infanterie  à  Aldershot, 
Angleterre,  a  été  offert  par  le  conseil  de  l'armée  au  général  de  brigade  W.-D.  Otter, 
C.O.V.,  C.B.  Mais  comme  on  avait  besoin  de  lui  au  Canada,  cette  offre,  bien  que  fort 
appréciée,  dut  être  refusée. 

10.  En  exécution  de  la  convention  conclue  avec  les  gouvernements  de  l'Inde  et 
d'Australie,  pour  un  échange  d'officiers,  les  mutations  suivantes  ont  eu  lieu,  savoir: — 
Permission  a  été  donnée  au  lieutenant-colonel  O.  B.  F.  S.  Shore,  O.S.E.,  de  l'armée 
des  Indes,  de  rester  au  Canada  une  deuxième  année,  sa  place  aux  Indes  étant  prise 
par  le  lieutenant  W.  H.  P.  Elkins,  de  l'artillerie  royale  canadienne,  et  le  capitaine  J. 
II.  Elmsley,  du  Royal  dragons  canadiens,  qui  avait  été  nommé  à  la  suite  de  l'armée 
des  Indes,  a  repris  le  service  dans  son  régiment. 

Le  lieutenant  J.  H.  MacBrien,  du  Royal  dragons  canadiens,  est  allé  en  Australie 
pour  être  nommé  à  la  suite  des  troupes  permanentes  australiennes,  pendant  que  le 
'lieutenant  O.  K.  Griffiths,  de  l'artillerie  royale  australiennee,  le  remplace  au  Canada; 
et  le  lieutenant  E.  E.  Clairmonte,  de  l'artillerie  royale  canadienne,  est  revenu  d'Aus- 
tralie. 

MOBILISATION  ET  DEFENSE. 

11.  On  a  profité  de  la  visite  de  la  Ire  escadre  de  croiseurs  à  Halifax,  N.-E.,  pour 
obtenir  l'opinion  d'un  marin  expert  sur  certaines  choses  se  rapportant  à  la  défense  de 
cette  place  forte,  et  nous  avons  des  grâces  à  rendre  au  capitaine  sir  Robert  Arbuthnot, 
Bart,  M.O.Y.,  du  vaisseau  de  Sa  Majesté  le  Hamphire,  pour  un  très  utile  rapport  ré- 
digé sous  sa  direction. 

12.  Les  questions  se  rapportant  à  la  situation  militaire  tant  chez  nous  qu'à 
l'étranger  ont  été  attentivement  étudiées;  le  plan  général  de  défense  a  été  en  partie 
modifié,  et  l'affectation  des  unités  aux  services  de  campagne  et  de  place  a  été  revisée 
et  rendue  conforme  aux  usages  du  jour. 

13.  Il  a  été  prêté  une  attention  particulière  à  la  mobilisation,  qui  est  le  procédé 
par  lequel  on  fait  passer  une  force  armée  du  pied  de  paix  à  un  pied  de  guerre.  Le 
problème  à  résoudre  est  comment  préparer  pour  la  campagne,  à  bref  délai,  une  pre- 
mière ligne  d'environ  100,000  hommes,  et  comment  lever,  instruire  et  équiper  en 
même  temps  une  seconde  ligne  de  la  même  force  numérique  ou  à  peu  près.  Il  y  a 
encore  beaucoup  de  difficultés  à  surmonter  avant  qu'on  puisse  arriver  à  une  solution 
satisfaisante. 

14.  Par  exemple,  la  milice  vient  d'entrer  dans  une  période  de  réarmement,  qui, 
parce  que  c'est  une  période  de  faiblesse,  devrait  être  franchie  en  toute  hâte.  D'un 
autre  côté,  les  frais  de  réarmement  sont  considérables  et  il  faudrait  en  répartir  le 
poids  sur  un  certain  laps  de  temps.  Il  est  parfois  impossible  d'éviter  des  conditions 
qui  militent  les  uns  contre  les  autres. 

15.  Et  puis,  la  première  ligne  est  de  composition  défectueuse,  en  ce  qu'elle  ne 
comprend  pas  la  proportion  voulue  d'unités  combattantes  et  de  services  auxiliaires,  et 
elle  est  faible  tant  en  artillerie  qu'en  génie.  Il  ne  peut  être  immédiatement  remédié 
à  ces  défauts,  mais  dans  la  détermination  d'une  future  politique  on  n'oublie  pas  qu'ils 
existent. 

16.  Mais  peut-être  la  plus  urgente  des  présentes  nécessités  serait-elle  de  rassem- 
bler et  tenir  prêt  l'équipement  supplémentaire  dont  les  troupes  de  première  ligne  au- 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  3 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

raient  besoin  en  recevant  un  ordre  de  mobilisation;  et  il  faut  non  seulement  que  cet 
-  équipement  de  mobilisation,"  comme  on  l'appelle,  soit  servi,  mais  que  la  distribu- 
tion en  soit  décentralisée. 

1 7.  On  est  à  prendre  des  mesures  dans  la  direction  voulue,  mais  le  retard  est  iné- 
vitable. En  attendant  il  serait  mal  de  celer  le  fait  que  la  marche  de  la  mobilisation 
serait  entravée  par  des  difficultés  se  rapportant  à  la  mise  en  service  de  l'équipement,  et 
que  bien  que  le  temps  pût  être  une  considération  d'importance  vitale,  il  s'écoulerait 
un  long  intervalle  avant  que  même  des  troupes  de  première  ligne  pussent  être  prêtes 
à  entrer  en  campagne. 

18.  De  plus,  les  responsabilités  militaires  de  la  nation  augmentent,  et  leur  accrois- 
sement ne  saurait  être  arrêté.  A  cause  des  étonnants  développements  qui  ont  eu  lieu 
dans  les  quatre  provinces  de  l'ouest,  quelque  chose  de  mieux  qu'un  système  d'organi- 
sations isolées  devient  de  plus  en  plus  nécessaire,  et  dans  le  but  d'augmenter  les 
troupes  de  milice  dans  cette  partie  du  pays,  le  plan  esquissé  dans  un  mémoire  préparé 
par  les  membres  militaires  du  conseil  de  la  milice  en  1905  et  soumis  au  parlement  dans 
la  session  de  cette  année-là,  a  été  soigneusement  suivi,  bien  que,  pour  des  raisons 
financières  et  autres,  le  développement  ait  été  plus  lent  qu'on  ne  s'y  attendait. 

19.  Bref,  il  reste  beaucoup  à  faire — plus  qu'il  n'est  possible  de  faire  à  présent. 
Mais  bien  que  les  progrès  n'aient  pas  été  aussi  rapides  qu'il  pourrait  sembler  désira- 
ble à  un  point  de  vue  purement  militaire,  ils  ont  néanmoins  été  sûrs,  solides  et  sou- 
tenus. 

SERVICE  DES  RENSEIGNEMENTS. 

20.  Aux  renseignements  tirés  des  sources  ordinaires  ont  été  ajoutés  d'utiles  rap- 
ports reçus  de  temps  à  autre  des  officiers  des  sections  de  guides,  dont  le  service,  pen- 
dant l'année,  a  été  très  satisfaisant. 

21.  Il  a  été  mis  une  table  des  matières  aux  renseignements  reçus;  l'Intelligence 
Diary  a  été  publié  tous  les  mois,  et  la  situation  ordinaire  des  ressources  navales!  et 
militaires  du  Dominion  a  été  comme  d'habitude  transmise  au  comité  de  la  défense 
impériale. 

22.  Il  a  été  fait  des  efforts  particuliers  pour  déterminer  les  moyens  de  fabrication 
du  Canada  relativement  aux  objets  qu'il  faudrait  pour  l'usage  et  le  maintien  d'une 
armée  en  campagne,  non  seulement  pour  l'utilité  du  Dominion,  mais  dans  le  but  de 
faire  connaître  aux  autorités  impériales  les  ressources  matérielles  sur  lesquelles  l'em- 
pire pourrait  compter  dans  le  cas  d'une  grande  guerre. 

SERVICE  DU  LEVE  DES  PLANS. 

23.  Sur  le  terrain,  les  travaux  du  service  du  levé  des  plans  pendant  l'année  ont 
consisté  en  topographie,  en  lignes  tirées  à  la  lunette  méridienne  et  au  niveau,  et  en 
triangulation.     Le  travail  de  compilation  et  de  réduction  a  été  fait  au  bureau. 

24.  Dans  les  alentours  de  Toronto  et  de  Montréal  la  topographie  de  4,100  milles 
carrés  de  pays  a  été  achevée.  Ce  travail  a  été  exécuté,  sous  la  direction  d'un  lieute- 
nant d'état-major,  par  deux  employés  permanents  et  sept  sous-officiers  et  hommes  em- 
pruntés pour  cela  au  génie  royal.  Un  élève  du  collège  militaire  royal  y  a  aussi  été 
employé  à  partir  du  jour  où  le  collège  a  fermé  ses  portes  pour  les  vacances. 

25.  Il  a  été  tiré  170  milles  de  lignes  à  la  lunette  méridienne,  ce  qui  a  complété  les 
travaux  préliminaires  nécessaires  dans  la  zone  de  pays  entre  Hamilton  et  Détroit,  de 
sorte  que  l'on  pourra  maintenant  faire  le  levé  topographique  de  cette  zone  quand  on 
voudra. 

26.  Pendant  l'année  il  a  été  tiré  3,182  milles  de  lignes  au  niveau  relativement  à 
la  topographie,  et  la  brigade  à  l'œuvre  dans  les  Cantons  de  l'Est  a  fait  une  triangula- 
tion de  Montréal  à  Sherbrooke. 

27.  Il  a  été  achevé  neuf  nouvelles  feuilles  de  la  série  régulière  de  cartes  géogra- 
phiques, et  il  en  a  été  lithographie  trois  autres. 

es— n 


4  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

28.  En  outre  des  travaux  réguliers  de  compilation  et  de  réduction,  il  a  été  fait, 
pour  diverses  fins,  un  grand  nombre  de  cartes  de  manœuvres,  de  copies  de  plans  et 
d'impression  photographiques  sur  papier  bleu. 

TIE. 

29.  Pendant  l'année  il  a  été  généralement  remarqué  que  le  tir  était  goûté  davan- 
tage. Officiers  et  hommes  se  sont  mieux  rendu  compte  qu'une  suffisante  connais- 
sance du  fusil  était  aussi  essentielle  à  la  valeur  d'un  corps  qu'aucune  autre  branche 
d'instruction,  sinon  plus. 

30.  Autorisation  a  été  donnée  de  servir  gratuitement  des  appareils  dits  sub-target 
rifle  machines  aux  sociétés  de  tir  et  organisations  scolaires,  et  il  en  a  été  fait  des  dis- 
tributions. Ces  machines  ont  aussi  été  utilisées  sur  une  grande  échelle  par  la  milice 
en  générale,  qui  les  a  appréciées  d'une  façon  plus  marquée.  Des  recrues,  qui  n'étaient 
pas  capables  de  toucher  la  cible  à  100  verges,  ont  pu,  après  un  court  exercice  avec  ces 
machines,  obtenir  de  louables  résultats  à  des  portées  beaucoup  plus  grandes. 

31.  Le  besoin  de  salles  d'armes  de  compagnies  où  puisse  se  faire  l'instruction  du 
tir  au  moyen  de  machines  ad  hoc  et  de  cartouches  réduites,  avant  que  les  hommes  ail- 
lent au  camp,  se  fait  sentir  d'une  manière  urgente. 

32.  En  mars  1907  il  a  été  promulgué  des  règlements  exigeant  une  mesure  moyenne 
de  suffisance  en  tir  avant  que  des  hommes  pussent  toucher  la  surpaye,  et  le  résultat  a 
été  éminemment  satisfaisant  au  point  de  vue  de  l'instruction.  Tous  les  moyens  possi- 
bles d'apprendre  à  se  servir  du  fusil  et  à  pointer  ont  été  mis  à  la  disposition  de  la  mi- 
lice, y  compris,  le  plus  souvent,  un  nombre  suffisant  d'instructeurs  reconnus  aptes. 
Lorsque  des  hommes  n'ont  pas  réussi  à  se  faire  reconnaître  aptes,  la  faute  en  était 
Hargement  attribuable  à  leurs  propres  officiers  et  à  eux-mêmes. 

33.  L'emploi  d'hommes  de  la  troupe  permanente  comme  marqueurs  et  teneurs  de 
registres  a  tout  à  fait  justifié  la  dépense.  Très  souvent  ces  hommes,  en  même  temps 
qu'ils  remplissaient  ces  fonctions,  étaient  aussi  de  très  utiles  instructeurs. 

34.  Dans  les  camps  d'exercice  il  a  été  donné  plus  d'instruction  de  tir  préliminaire 
systématique  qu'auparavant.  Ceci  a  été  fait  sans  augmenter  considérablement  la  dé- 
pense, et  l'on  croit  qu'il  a  été  obtenu  une  plus  grande  somme  de  suffisance,  bien  qu'on 
ne  puisse  pas  dire  que  l'instruction  du  tir  soit  encore  entièrement  satisfaisante.  Un 
certain  nombre  d'unités  autorisées  à  faire  les  exercices  à  leurs  chef-lieux  de  comman- 
dement ou  dépôts  n'ont  virtuellement  pas  pratiqué  le  tir,  à  cause  du  manque  d'instal- 
lations propres  à  cela. 

SOCIÉTÉS  DE   TIR. 

35.  Le  nombre  des  sociétés  de  tir  et  celui  de  leurs  membres  ont  beaucoup  aug- 
menté.    En  voici  le  relevé: — 

Nombre.  Membres. 

Sociétés  de  tir  militaires 130  14,870 

"  civiles 367  22,718 


497  37,588 

36.  Les  chiffres  qui  précèdent  accusent  une  augmentation  de  80  sociétés  militaires 
et  de  23  sociétés  civiles,  avec  un  accroissement  de  3,584  membres. 

37.  Ces  sociétés  ont  été  inspectées  avec  soin,  et,  en  somme,  elles  font  de  bonne 
besogne. 

TELEGKAPHIE  OPTIQUE. 

INSTRUCTION. 

38.  Les  classes  de  télégraphie  optique  de  garnison  ont  été  bien  suivies  et  ont  ac- 
cusé de  bons  résultats.  Il  a  été  accordé  des  certificats  à  247  officiers,  sous-officiers  et 
.hommes.     Ce  nombre  excède  de  beaucoup  celui  de  toute  année  précédente. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

39.  Grâce  à  l'instruction  pratique  donnée  à  Petawâwa,  les  télégraphistes  signa- 
leurs de  la  troupe  permanente  ont  montré  plus  de  confiance  et  d'initiative  à  l'inspec- 
tion annuelle.  Il  reste  tout  de  même  considérablement  de  progrès  à  faire,  et  cela  ne 
peuj  être  accompli  que  par  le  zèle  des  commandants  d'unités,  qui  sont  responsables  du 
progrès  dans  ce  service  militaire  comme  dans  tout  autre. 

CORPS  DES  SIGNALEURS. 

40.  L'autorisation  de  nouveaux  effectifs  de  télégraphie  optique  (ordre  général  n° 
58,  IDOT)  a  eu  l'effet  de  donner  plus  de  permanence  et  de  valeur  aux  sections  de  signa- 
it urs,  et  c'est  un  grand  progrès  sur  l'ancienne  coutume  d'emprunter  des  sujets  aux 
compagnies.  Depuis  l'autorisation  en  question,  20  officiers  ont  été  nommés  lieute- 
nants télégraphistes,  et  vers  la  fin  de  l'année  1909  toutes  les  unités  par  tout  le  Canada 
devraient  être  organisées  et  équipées. 

41.  Tous  les  officiers  du,  corps  de  signaleurs,  à  une  exception  près,  sont  reconnus 
aptes,  et  la  majorité  des  sous-officiers  et  hommes  des  sections  de  district  ont  des  cer- 
tificats; c'est  très  satisfaisant.  Le  haut  degré  de  valeur  atteint  par  ce  corps  et  l'ex- 
cellente besogne  que  ses  membres  ont  faite  en  exerçant  la  milice  aux  camps  d'instruc- 
tion montrent  clairement  que  des  troupes  volontaires,  imbues  de  l'esprit  qu'il  faut, 
peuvent  atteindre,  en  service  technique  et  scientifique,  un  "  standard  "  qui  ferait 
honneur  à  des  troupes  permanentes. 

SUFFISANCE. 

Troupe  permanente. 

42.  En  ce  qui  concerne  la  suffisance  générale  des  différentes  unités  de  la  troupe 
permanente  en  télégraphie  optique,  le  Royal  chasseurs  canadiens  à  cheval,  la  batterie 
A  de  l'artillerie  royale  canadienne  à  cheval,  la  3e  compagnie  de  l'artillerie  royale 
canadienne  de  forteresse  et  la  compagnie  I  du  Royal  Canadien  ont  pris  le  premier 
rang  dans  leurs  armes  respectives. 

Artillerie. 

43.  Les  points  accordés  pour  la  télégraphie  optique  dans  le  concours  de  suffisance 
générale  a  été  le  stimulant  d'une  vive  et  saine  rivalité  entre  les  unités  d'artillerie. 
La  batterie  n°  3,  2e  régiment  de  l'artillerie  Canadienne,  de  Montréal,  s'est  placée  au 
premier  rang;  la  13e  batterie  montée  de  l'artillerie  Canadienne,  de  Winnipeg,  Man., 
a  pris  le  deuxième,  et  la  Ire  compagnie  du  3e  régiment  de  l'artillerie  Canadienne, 
de  Saint-Jean,  N.-B.,  le  troisième. 

Corps  de  signaleurs. 

44.  La  3e  section,  de  Kingston,  Ont.,  a  pris  le  premier  rang  parmi  les  sections 
de  district  ;  la  12e,  de  Charlottetown,  a  pris  le  deuxième,  et  la  8e  de  Saint- Jean,  1ST.-B., 
le  troisième. 

Corps  urbains  et  corps  ruraux. 

45.  Le  77e  Wentworth  (un  corps  rural)  a  pris  de  nouveau  la  première  place  sur 
la  liste;  le  8e  Royal  chasseurs  a  pris  la  deuxième  et  le  QQe  fusiliers  Princesse  Louise, 
la  troisième. 

46.  Les  corps  ruraux  en, général  ont  accusé  considérablement  de  progrès  sur  les 
années  précédentes,  et,  aux  différents  camps,  les  corps  suivants  ont  été  premiers  et 
seconds,  respectivement,  dans  l'ordre  nommé,  savoir: — 

A  Niagara,  Ont.  :  le  77e  Wentworth  et  le  25e  régiment. 

A  Kingston,  Ont.  :  le  5e  dragons  de  la  garde  Princesse  Louie  et  le  47e  Frontenac. 
A  Granby,  P.Q.:  le  7e  hussards  et  le  13e  dragons  légers  Ecossais. 
A  Trois-Rivière,  P.Q.  :  le  64e  Chateauguay  et  Beauharnois  et  le  80e  Nicolet. 
A  London,  Ont.  :  le  30e  chasseurs  à  pied  Wellington  et  le  26e  d'infanterie  légère 
Middlesex. 

A  Lévis,  P.Q.  :  le  92e,  de  Dorchester,  et  le  61e   régiment  de  Montmagny. 


6  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

A  Sussex,  N.-B.  :  le  74e  Brunswick  Rangers  et  le  67e  d'infanterie  légère  Carleton. 

A  Brighton,  I.-P.-E.  :  le  82e  d'infanterie  légère  Abegweit. 

Aldershot,  N.-C:  le  78e  highlandera  de  Colchester,  liants  et  Pictou,  et  le  69e 
régiment  d'Anna  polis. 

Petewawa,  Ont.  :  le  56e  chasseurs  à  pied  Lisgar,  de  Grenville,  et  le  42e  régiment 
de  Lanark  et  Renfrew. 

CORPS  DE  CADETS,  OU  ORGANISATIONS  SCOLAIRES. 

47.  La  section  de  signaleurs  des  cadets  du  Mont  Saint-Louis,  Montréal,  mérite 
une  mention  spéciale.  Les  St.  Andrews'  Highland  Cadets,  de  Kingston,  sont  à  s'or- 
ganiser, et  deux  membres  de  ce  corps  ont  des  certificats. 

TROUPE  PERMANENTE. 

GÉNÉRALITÉS. 

48.  Les  différentes  unités  de  la  troupe  permanente  ont  été  sur  un  pied  de  suffi- 
sance général  en  ce  qui  concerne  l'administration,  tandis  qu'en  fait  de  force  numé- 
rique elles  se  sont  bien  maintenues  au  chiffre  autorisé. 

49.  Les  écoles  royales  d'instruction  ont  en  général  été  bien  fréquentées,  et  le 
programme  d"études  prescrit  a  été  efficacement  réalisé. 

59.  Malheureusement,  il  semble  y  avoir  de  la  part  des  officiers  qui  suivent  les 
cours  une  inclination  à  abréger  autant  que  possible  les  périodes  d'instruction,  et  à 
recourir,  quand  ils  le  peuvent,  aux  écoles  provisoires  de  chefs-lieux  d'état-major.  C'est 
très  regrettable,  attendu  que  la  pratique  de  leurs  devoirs  est  absolument  nécessaire 
aux  officiers  s'ils  veulent  acquériï  de  l'expérience  et  des  aptitudes  pour  le  service 
militaire. 

51.  L'organisation  d'une  unité  permanente  en  école  royale  d'instruction  dans  le 
13e  district  militaire  a  été  décidée  et  sera  effectuée  aussitôt  que  les  conditions  finan- 
cières le  permettront. 

52.  La  discipline  de  la  troupe  permanente,  prise  dans  son  ensemble,  a  été  satis- 
faisante; le  crime  de  désertion  et  les  autres  délits,  en  général,  ont  très  considérable- 
menl  diminué  pendant  les  douze  mois  qui  font  le  sujet  du  présent  rapport. 

53.  Des  rapports  confidentiels  semblables  à  ceux  soumis  sur  tous  les  officiers  de 
l'armée  impériale  sont  maintenant  faits  tous  les  ans  sur  les  officiers  de  la  troupe  per- 
manente, en  outre  de  rapports  plus  rigoureux  sur  tous  les  jeunes  officiers  à  la  fin  de 
leurs  première,  deuxième  et  troisième  années  de  service.  Vu  que  toute  observation 
défavorable  doit  être  communiquée  personnellement  à  l'officier  qui  en  fait  le  sujet,  ces 
rapports  servent  à  une  fin  utile  en  avertissant  les  officiers  de  leurs  imperfections  et  leur 
fournissant  par  là  l'occasion  de  s'amender. 

DIRECTION  D'ARTILLERIE. 

54.  En  décembre  1907  le  directeur  de  l'habillement  et  de  l'équipement  a  été  dési- 
gné  pour  remplir,  en  outre  de  ses  fonctions  comme  tel,  celles  de  directeur  du  maté- 
riel; vu  que  les  prévisions  budgétaires  pour  le  matériel  d'artillerie,  du  génie  et  autre 
sont  préparées  par  différentes  divisions  du  ministère,  il  est  à  propos  que  les  instruc- 
tions spéciales  pour  la  mise  en  service  et  l'entretien  de  ce  matériel  par  le  personnel 
de  la  direction  d'artillerie  passent  par  les  mains  d'un  seul  officier  au  quartier  général. 

55.  Généralement  parlant,  officiers  et  hommes  de  ce  corps  ne  savent  pas  au  juste 
comment  doit  fonctionner  un  dépôt  d'artillerie;  mais  depuis  la  publication  de  l'ordre 
n°  16,  de  janvier  1908,  décentralisant  jusqu'à  un  certain  point  le  service  d'artillerie, 
officiera  comme  hommes  font  des  progrès  soutenus  dans  leur  besogne,  et  quand  les 
règlements  concernants  l'équipement,  etc.,  actuellement  en  cours  de  compilation,  se- 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

front  publiés,  ces  progrès  devraient  aller  considérablement  plus  vite.  Il  faut  remar- 
quer, toutefois,  qu'une  direction  d'artillerie  parfaitement  organisée  est  une  affaire  de 
lente  formation;  par  exemple,  dans  le  cas  de  la  direction  d'artillerie  dans  l'armée  im- 
périale, il  est  posé  en  principe  qu'un  officier  doit  avoir  quatre  ans  de  service  au  mo- 
ment où  il  entre  dans  le  corps,  après  quoi  il  reste  sept  ans  stagiaire  avant  que  sa  muta- 
tion soit  définitivement  approuvée. 

SECTION  DE  L'INTENDANCE  MILITAIRE  PERMANENTE. 

52.  Le  service  des  différents  détachements  permanents  a  été  bien  maintenu.  A 
mesure  qu'ils  acquièrent  plus  de  connaissances  leur  utilité  augmente  d'autant. 

GARNISON   D'ESQUIMALT. 

57.  La  garnison  d'Esquimalt  a  accompli  ses  services  d'une  excellente  manière,  eu 
égard  à  la  faiblesse  numérique  des  unités  à  ce  poste  militaire. 

EFFECTIFS    ET   RECRUTEMENT. 

58.  Pendant  l'exercice  financier  clos  le  31  mars  1908,  24  officiers  ont  été  nommés 
r.ux  différentes  armes  de  la  troupe  permanente,  comme  suit: — 

Cavalerie 3 

Artillerie.  .  .  « 3 

Génie , 2 

Infanterie 5 

Section  de  l'intendance  militaire  canadienne  permanente 3 

Personnel  permanent  du  service  de  santé 2 

Personnel  de  la  direction  d'artillerie  canadienne 5 

Personnel  du  service  de  la  solde  canadien 1 

59.  La  composition  des  différentes  unités  de  la  troupe  permanente  a  été  promul- 
guée en  août  1907. 

60.  L'effectif  des  unités  de  la  troupe  permanente  en  garnison  à  Halifax,  bien 
qu'assez  nombreux  pour  assurer  la  défense  de  cette  forteresse,  est  néanmoins  considé 
rablement  au-dessous  de  ce  qu'il  était  quand  la  garnison  se  composait  de  troupes  im- 
périales. Cette  réduction  numérique  a  pu  être  faite  parce  que  la  garnison  canadienne 
était,  pour  ainsi  dire  chez  elle  sur  son  propre  sol,  et,  par  conséquent,  pouvait,  mieux 
que  les  troupes  impériales,  exercer  et  utiliser  les  corps  locaux  de  la  milice  active, 
pour  s'en  renforcer  au  premier  avis. 

61.  P«r  conséquent,  en  même  temps  que  la  réduction  numérique  a  été  à  la  fois 
faite  avec  raison  au  point  de  vue  de  l'économie  et  d'une  manière  justifiable  en  ce  qui 
concerne  le  suffisant  maintien  de  la  forteresse,  elle  fait  qu'il  est  absolument  nécessaire 
que  les  unités  de  la  troupe  permanente  en  garnison  à  Halifax  soient  en  tout  temps 
tenues  au  grand  complet,  car  nos  soldats  y  ont  à  faire  presque  le  même  nombre  de  ser- 
vices que  leurs  prédécesseurs.  Ces  services  étant  suffisants  pour  occuper  tout  le  temps 
des  troupes  en  garnison  lorsqu'elles  sont  au  complet  toute  diminution  du  nombre  des 
hommes  impose  un  rude  effort  à  ceux  qui  restent.  Le  même  raisonnement  s'applique, 
avec  plus  de  force  encore,  à  Esquimalt. 

62.  11  faut  donc  absolument  maintenir  le  présent  effectif  de  la  troupe  perma- 
nente affecté  au  service  dé  place.  A  moins  que  le  Canada  ne  faiblisse  à  son  engage- 
ment vis-à-vis  le  reste  de  l'empire  de  maintenir  sur  un  pied  de  suffisance  la  forteresse 
confiée  à  sa  garde — chose  qu'on  ne  saurait  imaginer — tout  déficit  dans  les  rangs  de 
cette  troupe  ne  pourrait  être  comblé  qu'en  retirant  des  officiers  et  des  hommes  des 
effectifs  présentement  autorisés  pour  des  écoles  d'instruction. 

63.  Il  faut  toujours  se  rappeler  que  le  principal  objet  de  l'existence  de  la  troupe 
permanente  est  l'instruction  de  la  milice  active.     Et  cependant  l'on  n'a  jamais  pu, 


8  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

avec  L'argent  voté  par  le  parlement,  maintenir  les  écoles  d'instruction  sur  un  pied 
suffisant  pour  donner  l'instruction  qu'il  fallait  aux  officiers  et  hommes  de  la  milice 
active.  Par  exemple,  il  est  évidemment  impraticable,  avec  un  effectif  de  80  hommes 
de  tous  grades  à  une  école  d'infanterie  ou  de  90  à  une  école  de  cavalerie,  d'enseigner 
d'une  manière  satisfaisante  à  un  officier  supérieur  de  la  milice  active  comment  en- 
traîner et  manier  un  bataillon  ou  régiment  de  plus  de  400  hommes  du  pied  de  paix, 
qui,  en  temps  de  guerre,  serait  d'au  moins  50  pour  100  plus  nombreux  encore.  Dans 
les  conditions  actuelles  il  ne  peut  guère  rien  s'accomplir  de  satisfaisant,  même  en  fait 
d'exercice  au  cordeau.  Si,  donc,  pour  maintenir  la  garnison  d'Halifax  dans  un  état 
satisfaisant,  conformément  à  notre  engagement  vis-à-vis  des  autorités  impériales,  il 
est  nécessaire  de  tirer  plus  d'hommes  des  unités  qui  forment  les  écoles  d'instruction, 
cela  ne  pourra  qu'avoir  l'effet  de  supprimer  presque  ces  dernières.  En  tout  cas  elles 
ne  sauraient  être  alors  rien  moins  qu'insuffisantes. 

04.  Il  est  clair  qu'il  faut  maintenir  les  garnisons  de  nos  forteresses.  Il  l'est  pa- 
reillement que,  pour  l'administration  voulue  de  la  milice  dans  son  ensemble,  et  afin 
de  lui  permettre  d'entrer  en  campagne,  au  besoin,  les  corps  administratifs  qui  coûtent 
à  peu  près  le  tiers  du  montant  entier  dépensé  pour  la  troupe  permanente,  doivent  être 
maintenus  aussi.  Ces  corps  existent  pour  l'utilité  et  l'avantage  de  la  milice  en  géné- 
ral, afin  de  subvenir  à  ses  besoins  de  subsistances  militaires,  d'effets  d'habillements, 
de  transport,  de  service  de  santé  et  de  munitions  de  guerre  quand  elle  entre  en  acti- 
vité, et  doivent  être  maintenus,  que  l'on  garde  ou  non  une  troupe  permanente  de  ligne 
pour  des  fins  d'instruction,  attendu  qu'ils  sont  essentiels  à  l'organisation  d'une  force 
armée. 

65.  Comme  il  est  impossible  soit  de  réduire  les  garnisons  d'Halifax,  de  Québec  et 
d'Esquimalt,  soit  de  diminuer  les  corps  administratifs,  le  seul  moyen  de  permettre  à 
la  troupe  permanente  d'accomplir  d'une  manière  satisfaisante,  son  principal  devoir 
d'instruire  la  milice  est  d'augmenter  les  effectifs  de  manière  à  ce  qu'une  compagnie 
d'infanterie  puisse  atteindre  sa  force  numérique  voulue  d'au  moins  100  hommes,  un 
escadron  de  cavalerie  compter  120  hommes,  et  une  batterie  d'artillerie  n'avoir  pas 
moins  de  140  hommes. 

66.  Le  présent  effectif  de  chaque  batterie  d'artillerie  à  cheval  n'est  que  que  de  113 
hommes;  celui  de  chaque  escadron  de  cavalerie,  de  90  hommes,  et  celui  d'une  compa- 
gnie d'infanterie,  de  80.  Il  est  vraiment  étonnant  que  des  unités  d'un  si  faible  effec- 
tif, et  isolées  comme  un  grand  nombre  d'entre  elles  le  sont,  puissent  jamais  faire  leurs 
services.  Et  cependant  le  public  s'attend  à  ce  qu'elles  soient  tenues  dans  un  état  de 
suffisance  et  d'entraînement  tel  qu'elles  puissent  être  rassemblées  à  un  moment  d'a- 
vis, soit  en  aide  à  l'autorité  civile,  soit  pour  une  cérémonie  comme  la  célébration  du 
troisième  centenaire  de  la  fondation  de  Québec,  soit  pour  des  grandes  manœuvres, 
comme  à  Petawawa,  sans  tomber  trop  'au-dessous  du  standard  établi  par  les  troupes  ré- 
gulières de  l'empire,  qui  ont  l'avantage  sous  tout  rapport. 

67.  Le  conseil  de  la  milice  estime  que  si  seulement  le  parlement  comprenait 
comme  il  faut  ces  faits,  les  objections  souvent  élevées  contre  toute  augmentation  de 
dépense  pour  la  troupe  permanente  disparaîtraient  en  grande  partie. 


ETAT  D'EFFECTIF. 

68.  Le  tableau  suivant  montre  la  situation  numérique  de  la  troupe  permanente 
au  31  mars  1908  :— 


CONSEIL  DE  LA  MILICE 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 


NOMB.  TOTAL 
DE   S.-OFF. 
BREV.,   DE 

sous-off.  et 
d'hommes 
de  service. 

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Royal  dragons  canadiens 

Royal  chasseurs  canadiens  à  cheval. 

Artillerie  royale  canadienne  à  che- 
val—1  s.-off.  et  un  s.-off.-brev. 
empruntés  à  l'armée  impériale. . . 

Artillerie  royale  canadienne  de  for- 
ter. — Y  comp.  3  s.-off.  empruntés 

Génie  royal  canadien 

Régiment  royal  canadien — Y  com- 
pris 2  sous-off.  brev.  et  1  sous-off. 
empruntés 

Section  permanente  de  l'intendant 
militaire  canadien 

Personnel  perm.  du  service  de  santé 

Personnel  de  la  direction  d'artillerie 

Personnel  du  service  de  la  solde 

Section  de  secrétaires  d'état-major. 

Section  des  guides. 

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10  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

MILICE   ACTIVE   (AUTRE  QUE  LA  TROUPE  PERMANENTE). 

EFFECTIF. 

69.  Les  effectifs  pour  la  milice  active  autre  que  la  troupe  permanente  ont  été 
sanctionnés  dana  les  premiers  jours  d'avril  1907,  et  les  changements  suivants  ont  eu 
lieu  au  cours  de  l'année,  savoir: — 

Cavalerie — 

1 1  a  été  organisé  trois  escadrons  dans  le  comté  d'Oxford. 

Il  a  été  ajouté  un  escadron  de  plus  au  12e  dragons  du  Manitoba,  avec  dépôt  à 
Reston,  Manitoba. 

Le  18e  chasseurs  à  cheval  (4  escadrons)  a  été  organisé,  avec  un  escadron  déjà 
approuvé  comme  noyau. 

La  cavalerie  légère  de  la  Saskatchewan  (2  escadrons)  a  été  organisée,  avec  dépôts 
à  Saskatoon,  Sask.,  et  à  Lloydminster,  Sask. 

Il  a  été  organisé  trois  escadrons  indépendants  des  chasseurs  canadiens  à  cheval, 
avec  dépôts  à  Estevan,  Carnduff  et  Carlyle,  Man. 

Les  escadrons  A,  B,  C  et  E  des  chasseurs  canadiens  à  cheval  ont  été  organisés 
sous  le  nom  de  19e  chasseurs  à  cheval  d'Alberta. 

Artillerie — 

La  25e  batterie  d'artillerie  canadienne  montée  a  été  organisée  à  Lethbridge. 
Infanterie — ■ 

Le  22e  régiment,  de  Woodstock,  Ont.,  a  été  réorganisé  comme  régiment  de  quatre 
compagnies  (corps  urbains). 
Services  de  santé — 

Les  Ille,  Vie  et  XlIIe  ambulances  ont  été  organisées  comme  ambulances  de  ca- 
valerie. 

ORGANISATION. 

70.  En  conséquence  du  surcroît  de  services  qui  retombe  sur  les  chefs  de  corps,  il 
est  question  d'avoir  des  adjudants-majors  et  des  sergents-majors  pour  prêter  assis- 
tance dans  l'administration  des  plus  grosses  unités  de  la  milice  active. 

ETATS-MAJORS. 

71.  Les  changements  suivants  dans  les  états-majors  du  quartier  général,  de  cir- 
conscription et  de  district  ont  eu  lieu  pendant  la  période  qu'embrasse  le  présent  rap- 
port, savoir: — 

Quartier  général — 

Le  général  de  brigade  lord  Aylmer,  inspecteur  général,  a  été  mis  à  la  retraite 
avec  pension.  Il  a  été  remplacé  par  le  colonel  B.  H.  Vidal,  adjudant  général,  mais 
c'est  avec  grand  regret  que  le  conseil  de  la  milice  a  à  consigner  la  mort  de  cet  officier 
arrivée  en  mars  1908,  quelques  mois  après  qu'il  fut  entré  dans  l'exercice  de  ses  nou- 
velles fonctions.     C'est  une  sérieuse  perte  pour  la  milice. 

Le  colonel  F.  L.  Lessard,  C.-B.,  A.D.C.,  a  été  nommé  adjudant  général  en  rem- 
placement du  colonel  B.  H.  Vidal. 

Le  major  G.  S.  Maunsel,  du  génie  royal  canadien,  directeur-adjoint  des  services 
du  génie,  a  été  nommé  directeur  des  services  du  génie  en  remplacement  du  lieutenant- 
colonel  Paul  Weatherbe,  nommé  au  commandant  du  génie  royal  canadien  à  Halifax, 
et  a  été  remplacé  lui-même,  comme  adjoint,  par  le  capitaine  P.  IL  Erench.  Lorsque 
celui-ci  a  quitté  l'emploi  de  directeur-adjoint  en  mars  1908,  à  la  fin  de  son  temps  de 


COXSEIL  DE  LA  MILICE  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

service  avec  les  troupes  canadiennes,  le  capitaine  M.  St.  L.  Simon,  du  génie  royal  cana- 
dien, a  été  nommé  à  cette  vacance  pour  deux  ans. 

Le  major  H.  C.  Thacker,  de  l'artillerie  royale  canadienne,  a  été  nommé  directeur 
de  l'artillerie  en  remplacement  du  colonel  R.  W.  Rutherford,  de  l'artillerie  royale  cana- 
dienne, lors  de  la  nomination  de  celui-ci  au  commencement  de  l'école  royale  d'artillerie 
et  inspecteur  d'artillerie  en  remplacement  du  colonel  I.  F.  Wilson,  qui  a  été  mis  à  la 
retraite  avec  pension. 

Le  major  D.  I.  V.  Eaton,  de  l'artillerie  royale  canadienne,  a  quitté  l'emploi  de 
directeur-adjoint  des  opérations  et  des  services  d'état-major,  et  a  été  nommé  à  l'emploi 
vacant  de  directeur  de  l'éducation  militaire.     Son  ancienne  position  est  restée  vacante. 

Le  major  C.  F.  Winter,  des  gardes  à  pied  du  gouverneur  général  et  du  personnel 
civil  du  chef  d'état-major  général,  a  été  nommé  adjudant  général  adjoint. 

Les  lieutenants-colonels  I.  B.  Donaldson,  directeur  de  l'habillement  et  de  l'équipe- 
ment, et  V.  B.  Rivers,  spécialement  employé,  et  le  lieutenant-colonel  titulaire  R.  Cart- 
wright,  C.M.G.,  adjudant  général-  adjoint  pour  l'instruction  du  tir,  ont  été  mis  à  la 
retraite  avec  pension. 

Le  lieutenant-colonel  R.  K.  Scott,  O.S.E.,  A.O.D.,  emprunté  à  l'armée  impériale 
pour  une  période  de  deux  ans,  a  été  nommé  directeur  de  l'habillement  et  de  l'équipe- 
ment en  remplacement  du  lieutenant-colonel  I.  B.  Donaldson,  et  aussi  directeur  du 
matériel. 

Le  capitaine  honoraire  W.  Hallick,  A.O.D.,  emprunté  à  l'armée  impériale,  a  été 
nommé  commissaire  de  l'artillerie  de  service  au  quartier  général. 

Circonscription  de  l'ouest  d'Ontario — 

Le  capitaine  W.  B.  Lindsay,  du  génie  royal  canadien,  a  été  désigné  pour  remplir 
les  fonctions  d'officier  du  génie  de  la  circonscription. 

Circonscription  de  l'est  d'Ontario — 

Le  lieutenant-colonel  titulaire  V.  A.  S.  Williams,  A.D.C.,  du  Royal  dragons  cana- 
diens, a  quitté  l'emploi  de  chef  d'état-major  pour  l'est  d'Ontario,  et  le  lieutenant-colonel 
titulaire  T.  D.  R.  Ilemming,  du  Royal  Canadien,  a  été  nommé  à  sa  place. 

Circonscription  de  Québec — 

Le  major  A.  d'Orsonnens,  de  la  réserve  d'officiers,  a  résigné  l'emploi  d'adjudant 
d'état-major  de  district  intérimaire  pour  le  7e  district  militaire. 

Le  capitaine  à  brevet  W.  L.  de  M.  Carey,  du  génie  royal,  emprunté  à  l'armée 
impériale  pour  une  période  de  deux  ans,  a  été  nommé  au  génie  royal  canadien  et 
désigné  pour  remplir  les  fonctions  d'officier  du  génie  de  la  circonscription. 
Circonscription  des  provinces  maritimes — 

Le  lieutenant-colonel  M.  Maclaren,  du  personnel  du  service  de  santé  militaire,  a 
été  nommé  directeur  du  service  de  santé  pour  le  8e  district  militaire,  en  remplacement 
du  lieutenant-colonel  J.  E.  March,  décédé. 

Le  lieutenant-colonel  titulaire  G.  H.  Ogilvy,  de  l'artillerie  royale  canadienne,  a 
été  nommé  adjudant  d'état-major  de  district  pour  le  8e  district  militaire,  en  rempla- 
cement du  capital  S.  P.  Layborn,  changé  de  corps. 

Le  colonel  à  brevet  J.  D.  Irving,  chef  d'état-major  pour  la  circonscription  des 
provinces  maritimes,  a  été  mis  à  la  retraite  avec  pension,  et  le  capitaine  D.  S.  Mclnnes, 
O.S.E.,  du  génie  royal,  qui  a  quitté  l'emploi  d'aide-adjudant  général  adjoint  pour  la 
circonscription  des  provinces  maritimes,  a  été  nommé  à  sa  place,  pour  achever  sa 
période  de  service  auprès  du  gouvernement  canadien;  le  major  A.  H.  Macdonell, 
O.S.E.,  du  régiment  Royal  Canadien,  a  quitté  l'emploi  d'aide-adjudant  général  adjoint 
pour  la  circonscription  des  provinces  maritimes  et  a  été  nommé  aide-quartier-maître 
général  adjoint  en  remplacement  du  capitaine  D.  S.  Mclnnes,  O.S.E.,  et  le  capitaine 
C.  H.  Hill,  du  régiment  Royal  Canadien,  a  été  nommé  aide-adjudant  général  adjoint 
(temporaire)  à  sa  place.. 


12  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Le  major  G.  LaF.  Foster,  a  été  nommé  directeur-intérimaire  du  service  de  santé 
pour  la  circonscription  des  provinces  maritimes  et  directeur  du  service  de  santé  pour 
le  9e  district  militaire,  en  remplacement  du  lieutenant-colonel  G.  C.  Jones,  du  service 
de  santé  militaire  permanent,  nommé  directeur  général  des  services  de  santé. 
18e  district  militaire — 

Le  lieutenant-colonel  S.  B.  Steelc,  C.B.,  M.O.V.,  a  été  nommé  commandant  du 
district  lors  de  son  organisation. 

REGLEMENTS. 

72.  Dans  le  mois  de  février  a  été  commencé  la  publication  d'une  brochure  (com- 
munément appelée  "Tableau  des  modifications"),  à  être  publiée  tous  les  mois  avec  les 
ordres  généraux,  spécifiant  les  modifications  des  munitions  et  du  matériel  de  guerre. 
Ce  tableau  canadien  résume  les  modifications  détaillées  dans  la  British  List  que  le 
quartier  général  de  la  milice  peut  juger  à  propos  d'appliquer  à  l'équipement  canadien, 
et  fournit,  le  moyen  d'adopter  dans  le  service,  sous  une  nomenclature  universelle,  tout 
nouveau  modèle  de  matériel  canadien.  C'est  un  prompt  moyen  d'instruire  tous  les 
intéressés  sur  la  réparation,  l'échange  ou  l'élimination  de  tout  matériel  militaire. 

73.  Des  règlements  pour  les  services  du  génie  ont  été  préparés  pendant  l'année  et 
sont  actuellement  en  cours  de  publication,  ce  qui  fournira  à  tous  les  officiers  de  cette 
arme  une  méthode  précise  d'exécution  des  services  du  génie. 

74.  Il  a  été  publié  une  brochure  sur  le  choix  des  emplacements  des  champs  de  tir 
et  leur  construction.  Cette  brochure  contient  d'amples  renseignements  à  l'usage  de 
tout  officier  désigné  pour  faire  un  rapport  sur  l'emplacement  projeté  d'un  champ  de 
tir,  et  a  été  trouvé  inappréciable. 

75.  Pendant  l'année  on  a  commencé  à  préparer  des  règlements  sur  l'équipement, 
etc.,  et  ce  travail  est  bien  avancé. 

76.  La  revision  des  "  Ordonnances  et  Règlements  de  la  milice  du  Canada  "  est 
encore  en  cours. 

INSTRUCTION. 

GÉNÉRALITÉS. 

77.  Il  a  été  tenu  des  écoles  provisoires  d'instruction  comme  suit: 
Cavalerie. — Barrie,  Ont.;  Grenfell,  Sask. ;  Edmonton,  Alta.;  Régina,  Sask. 
Artillerie. — Cobourg,  Ont.;  Montréal,  P.Q. ;  Lévis,  P.Q. 

Infanterie. — Belleville,  Ont;  Brockville,  Ont.;  Goderich,  Ont.;  Montréal,  P.Q. ; 
Québec,  P.Q. ;  Sainte-Catherine,  Ont;  Saint-Thomas,  Ont;  Stratford,  Ont;  Wood- 
stock,  Ont,;  Moncton,  N.-B. 

Intendance  militaire  canadienne. — Québec,  P.Q.  ;  Winnipeg,  Man. 

Télégraphie  optique. — Il  a  été  tenu  des  classes  pour  les  troupes  de  garnison  à 
Saint- Jean,  N.-B.  ;  à  Halifax,  N.-E.  ;  à  Peterboro,  Ont.  ;  à  Brantford,  Ont.  ;  à  Kingston, 
Ont.  ;  à  Sainte-Catherine,  Ont.  ;  à  Montréal,  P.Q.  ;  à  Winnipeg,  Man.  ;  à  Toronto,  Ont, 
et  à  Québec,  P.Q. 

78.  Le  cours  d'état-major  d'artillerie,  à  l'école  royale  d'artillerie,  qui  a  commencé 
le  1er  janvier  1908,  a  été  suivi  par  8  officiers  et  14  sous-officiers. 

79.  Un  cours  pour  six  officiers  de  la  direction  d'artillerie,  commencé  en  février 
1908,  a  été  tenu  à  l'école  royale  d'artillerie,  Québec;  aussi  un  cours  pour  ouvriers 
d'artillerie. 

80.  Afin  de  se  procurer  des  sous-officiers  instructeurs  du  régiment  Royal  Cana- 
dien, aptes  à  donner  l'instruction  en  français  aux  unités  de  la  milice  stationnées  dans 
la  province  de  Québec,  il  a  été  commencé  un  cours  vers  la  fin  de  l'année,  dans  l'espoir 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

qu'à  la  conclusion  de  ce  cours  un  nombre  suffisant  de  sous-officiers  du  régiment  se  trou- 
veraient utilisables  pour  le  service  en  question,  et  qu'en  conséquence  il  ne  serait  pas 
nécessaire  de  sortir  du  pays  pour  trouver  des  hommes  aptes  à  donner  l'instruction  en 
français. 

81.  Au  cours  de  l'année,  7  officiers  de  la  milice  active  ont  été  attachés  à  des  unités 
de  la  troupe  permanente  pour  y  faire  le  service  et  un  cours  de  longue  durée  dans  le  but 
de  passer  l'examen  d'aptitudes  pour  des  commissions  dans  la  troupe. 

82.  Les  résultats  des  examens  de  promotion  de  l'armée  impériale  qui  ont  eu  lieu 
(ii  mai  et  novembre  1907  sont  les  suivantes: — 

A  l'examen  de  mai,  sur  16  officiers  de  la  troupe  permanente  qui  se  sont  présentés, 
11  ont  réussi  et  5  ont  échoué  (3  dans  une  matière  et  2  dans  plus  d'une).  Ont  subi 
l'examen  sur  la  matière  d'artillerie  "e"  20  officiers  de  l'artillerie  royale  canadienne 
dont  19  ont  réussi  et  un  a  échoué. 

A  l'examen  de  novembre  se  sont  présentés  20  officiers,  dont  14  ont  réussi  et  6  ont 
échoué. 

Ont  subi  l'examen  sur  la  matière  "  e  "  11  officiers  de  l'artillerie  royale  canadienne 
dont  7  ont  réussi  et  4  ont  échoué. 

83.  Il  ne  s'est  présenté  qu'un  seul  candidat  à  l'examen  littéraire  tenu  en  mai 
1907  par  le  bureau  des  examinateurs  du  service  civil,  mais  celui-là  l'a  passé  avec  suc- 
rés ;  à  l'examen  d'octobre  se  sont  présentés  5  candidats,  dont  2  seulement  l'ont  passé. 

84.  Dans  le  printemps  de  1907,  dix  officiers  ont  suivi,  au  collège  militaire  royal, 
":a  partie  obligatoire  du  "  cours  de  longae  durée  ",  et  sur  ce  nombre  8  ont  passé  l'exa- 
men. Etaient  aussi  présents  au  cours  5  officiers  de  la  troupe  permanente  qui  se  pré- 
paraient à  l'examen  de  promotion.  Dans  l'automne  de  1907  étaient  présents  au  col- 
lège militaire  royal  4  officiers  dont  3  ont  passé  l'examen,  et  en  outre  il  y  avait  3  offi- 
ciers de  la  troupe  permanente  qui  se  préparaient  à  l'examen  de  promotion. 

INSTRUCTION  EN  ANGLETERRE. 

85.  Les  officiers  suivants  ont  passé  par  un  cours  d'instruction  en  Angleterre,  sa- 
voir : — 

A  l'école  d'état-major,  ou  école  supérieure  de  guerre — 

Le  capitaine  P.  E.  Thacker,  du  Royal  chasseurs  canadiens  à  cheval,  et 
Le  capitaine  H.  Kemmis-Betty,  du  régiment  Royal  Canadien. 

Ecole  d'artillerie  (Ordnance  Collège) — 

Le  major  S.  S.  Weatherbie,  de  la  direction  d'artillerie,  et 
Le  capitaine  M.  C.  Gillin,  de  la  direction  d'artillerie. 

Cours  d'état-major  d'artillerie — 

Le  capitaine  E.  de  B.  Panet,  de  l'artillerie  royale  canadienne,  et 
Le  capitaine  J.  E.  Mills,  aussi  de  l'artillerie  royale  canadieime. 

Cours  du  génie  militaire — 

Le  lieutenant  P.  Benoit,  du  génie  royal  canadien,  et 

Le  lieutenant  T.  V.  Anderson,  aussi  du  génie  royal  canadien. 

Ecole  de  tir  de  Hythe — 

Le  major  R.  A.  Helmer,  aide-adjudant  général-adjoint  pour  le  tir. 

Royal  Army  Médical  Collège — 

Le  lieutenant-colonel  G.  La  F.  Eoster,  le  major  F.  L.  Vaux  et  le  major  L.  Drum, 
du  personnel  permanent  du  service  de  santé,  ont  suivi  un  cours  d'instruction  de  quatre 
mois  au  dépôt  du  Royal  Army  Médical  Collège,  allant  ensuite  à  ce  dernier  pour  y 
Miivre  le  cours  supérieur  d'hygiène. 


14  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

COLLÈGE    MILITAIRE   ROYAL. 

86.  En  mai  1907  se  sont  présentés  à  l'examen  d'admission  au  collège  militaire 
royal  38  candidats  dont  32  l'ont  passé  avec  succès.  Pour  les  rapports  du  commandant 
du  collège  et  de  la  commission  d'inspection,  voir  les  appendices  B  et  C,  respective- 
ment. 

ÉCOLE  CANADIENNE  DE  TIR. 

87.  Pour  différentes  raisons  le  cours  d'été  de  1907  a  été  supprimé.  Toutefois,  il 
a  été  commencé  le  5  septembre  un  très  florissant  cours  d'automne  qu'ont  suivi  18  offi- 
ciers et  27  sous-officiers,  dont  10  ont  obtenu  des  certificats  avec  distinction  et  33  des 
certificats  ordinaires  de  tir.  Le  standard  de  capacité  et  suffisance  requis  a  été  ample- 
ment maintenu  et  les  résultats  ont  fait  honneur  aux  officiers  et  sous-officiers  qui  les 
ont  obtenus. 

88.  Règle  générale,  il  est  difficile  aux  officiers  de  la  milice  de  suivre  un  cours  de 
tir  durant  six  semaines,  et  l'on  est  à  étudier  le  projet  d'instituer  un  cours  abrégé  de 
trois  semaines  dans  lequel  seraient  enseignées  les  matières  nécessaires  pour  se  rendre 
apte  à  exercer  les  fonctions  d'instructeur  de  tir,  ce  qui  permettrait  de  le  suivre  à  des 
officiers  de  la  milice  que  leurs  affaires  empêchent  de  s'absenter  durant  toute  la  période 
du  cours  complet. 

ÉCOLES  D'INSTRUCTION. 

89.  Le  tableau  qui  suit  montre  le  nombre  de  certificats  délivrés  dans  le  cours  de 
l'année  : — 


CONSEIL  DE  LA  MILICE 


15 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 


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16  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
COMMISSIONS  ET  BREVETS. 

90.  Le  nombre  des  commissions  dans  la  milice  active  délivrées  pendant  la  période 
qu'embrasse  le  présent  rapport  s'est  élevé  à  621,  et  celui  des  brevets  délivrés  à  des 
sous-officiers  reconnus  particulièrement  aptes  s'est  élevé  à  39. 

COMMISSIONS  DANS  L'ARMEE  IMPERIALE. 

91.  Dans  le  cours  de  l'exercice  1907  il  a  été  accordé  des  commissions  dans  l'ar- 
mée impériale  à  trois  gradués  du  collège  militaire  royale. 

MEDAILLES. 

92.  L'état  qui  suit  montre  le  nombre  et  la  sorte  de  médailles  distribuées  dans 
l'année  : — 

Troupes  auxiliaires  coloniales  décorations  d'officiers 49 

Long  service 130 

Long  service  et  bonne  conduite  (troupe  permanente.) 5 

Service  général 33 

Soulèvement  dans  le  Nord-Ouest,  1885 1 

ORGANISATIONS   SCOLAIRES   (OU  CORPS  DE  CADETS). 

93.  L'intérêt  général  porté  au  mouvement  des  organisations  scolaires  et  l'aumen- 
tation  soutenue  du  nombre  des  corps  dont  la  formation  a  été  annoncée  dans  la  Gazette 
se  sont  accentués  pendant  l'année.  Le  31  mars  1908  il  y  avait  sous  la  direction  et 
surveillance  du  département  145  corps  de  cadets  formant  210  compagnies  et  com- 
prenant plus  de  9,000  garçonnets  enrôlés.  La  majorité  de  ceux-ci  étaient  des  écoliers 
et  leur  valeur  variait  grandement,  selon  que  le  directeur  ou  les  professeurs  étaient 
ou  n'étaient  pas  sympathiques,  et  suivant  les  installations  de  tir  de  la  localité.  Beau- 
coup d'écoles  ont  aménagé  des  stands  de  tir  réduit,  et  toutes  peuvent  demander  et 
obtenir  quatre  fusils  de  guerre  pour  l'instruction  du  tir,  avec,  en  outre,  un  appareil 
ou  mécanisme  de  précision  et  de  correction  du  tir  dit  sub-target  rifle  machine,  ainsi 
que  déjà  mentionné  dans  un  précédent  paragraphe.  Le  fait  que  les  cadets  de  l'école 
de  latin  ou  high  school  de  Dundas,  Ont.,  aient  réussi  à  se  placer  à  la  tête  de  tous  les 
cadets  du  Canada  deux  ans  de  suite  dans  le  concours  de  la  ligne  de  tir  canadienne, 
ainsi  qu'à  obtenir  une  si  forte  représentations  dans  l'équipe  du  Dominion  du  Canada 
pour  le  concours  interimpérial  du  "  Trophée  de  lord  Roberts  ",  1908,  est  une  illus- 
tration pratique  des  avantages  de  la  pratique  du  tir  avec  l'appareil  en  question  et  de 
l'instruction  préliminaire  du  tir. 

94.  Comme  pépinières  d'officiers  et  de  sous-officiers  pour  la  milice,  les  corps  de 
cadets  sont  d'une  grande  utilité,  pour  ne  rien  dire  des  autres  avantages  importants 
que  retire  notre  jeunesse  de  l'enseignement  de  la  discipline  et  de  l'ordre,  aussi  bien  que 
du  développement  physique  produit  par  l'instruction  pratique  et  l'exercice. 

95.  Il  y  a  lieu  d'examiner  si  le  temps  n'est  pas  venu  d'accorder  une  aide  plus  sub- 
stantielle aux  corps  de  cadets.  Actuellement  la  seule  aide  donnée  est  la  mise  en 
service  d'un  équipement  très  restreint,  et  la  distribution  de  50  cartouches  réduites,  par 
tête,  aux  corps  qui  ont  des  installations  de  tir  réduit,  avec  l'inspection  annuelle. 

96.  Le  choix  d'une  arme  qui  convienne  mieux  aux  cadets  s'impose.  La  plupart 
des  fusils  qu'on  leur  sert  sont  trop  lourds  pour  la  majorité  d'entre  eux,  et  il  n'est 
pas  possible  de  se  servir  de  la  baïonnette  avec  le  Snider  transformé.  Le  besoin  d'une 
arme  plus  légère  pouvant  servir  au  tir  réduit  et  de  stand,  et  à  laquelle  puisse  s'adapter 
une  baïonnette,  se  fait  sentir  d'une  manière  urgente. 

97.  Au  cours  de  l'année  il  a  été  formé  23  corps  de  cadets,  et  il  en  a  été  réformé  7. 

98.  Il  est  question  de  nommer  des  inspecteurs  de  corps  de  cadets,  attendu  qu'il 
n'y  a  pas  de  doute  que  pour  encourager  encore  davantage  ces  organisations  et  les 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  17 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

sociétés  de  tir  et  accroître  leur  valeur  il  sera  nécessaire  de  nommer,  dans  les  circons- 
criptions où  ces  corps  et  sociétés  sont  le  plus  nombreux,  des  officiers  dont  le  principal 
devoir  sera  de  s'occuper  de  toutes  questions  les  concernant  et  qui  seront  responsables 
de  leur  suffisance  et  de  leur  inspection. 

DRESSAGE  PHYSIQUE  DANS  LES  ECOLES. 

99.  Au  cours  de  l'année  il  a  été  entamé  des  négociations  avec  le  département  de 
l'éducation  de  la  Nouvelle-Ecosse  en  vue  de  l'établissement  d'un  système  de  dressage 
physique  dans  les  écoles  de  cette  province,  et  l'on  espère  d'arriver  bientôt  à  une  entente 
avec  le  département  pour  qu'il  coopère  à  cette  œuvre  avec  les  autorités  provinciales. 
On  estime  que  notre  jeunesse  retirera  de  très  grands  avantages  d'un  pareil  système 
de  dressage  physique. 

BATIMENTS  MILITAIRES  ET  MAGASINS  D'ARTILLERIE. 

101.  H  est  essentiel  à  la  valeur  des  troupes  de  défence  du  pays  qu'il  soit  établi  des 
magasins  appropriés  dans  chaque  district  militaire,  et  c'est  une  question  de  pure  éco- 
nomie que  de  suffisants  magasins  soient  disponibles  pour  la  garde  du  coûteux  assorti- 
ment d'articles  tenus  par  la  direction  d'artillerie.  Le  dépôt  de  Montréal  est  un  exem- 
ple frappant  de  ce  besoin.  On  espère  que  dans  un  avenir  rapproché  il  sera  possible 
de  procurer  ces  magasins  à  la  milice. 

MATERIEL  DE  CASERNEMENT. 

101.  On  projette  d'ouvrir  des  magasins  de  troupe  aux  différents  dépôts  où  il  y  a 
des  détachements  de  l'intendance  militaire  afin  de  faciliter  l'échange  de  matériel  de 
casernement. 

ARMEMENT. 

ARTILLERIE   DE   CAMPAGNE. 

102.  La  commande  de  pièces  de  18  à  tir  rapide,  faite  à  MM.  Vickers,  Sons  and 
Maxim,  Limited,  est  presque  remplie. 

103.  A  la  fin  de  la  période  qu'embrasse  le  présent  rapport  les  avant-trains  et  les 
prolonges  étaient  encore  en  cours  de  fabrication  aux  ateliers  de  la  Ottawa  Car  Com- 
pany, Limited,  mais  cette  dernière  poussait  les  travaux  activement. 

104.  On  espère  qu'il  sera  possible  de  placer  d'autres  commandes  de  pièces  à  tir 
rapide  pour  faciliter  le  réarmement  de  toute  l'artillerie  montée. 

GROSSE  ARTILLERIE. 

105.  Il  n'a  pas  été  fait  de  livraison  des  canons  de  60  se  chargeant  par  la  culasse, 
mais  cette  livraison  devait  commencer  avec  l'ouverture  de  la  navigation  à  Québec,  en 
1908.     Une  partie  considérable  des  munitions  pour  ces  pièces  est  déjà  dans  le  pays. 

106.  La  fabrication  des  avant-trains  de  canons  de  60  se  poursuit  aux  ateliers  de  la 
Ottawa  Car  Company. 

107.  Il  a  été  nommé  un  compétent  inspecteur  de  voitures  pour  faire  l'inspection 
nécessaire  au  cours  de  la  fabrication. 

DÉFENSES  FIXES. 

108.  Il  n'a  été  fait  aucun  changement  dans  l'armement  des  fortifications  perma- 
nentes depuis  le  dernier  rapport. 

35—2 


18  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
FUSIL   ROSS. 

109.  La  fourniture  de  fusils  Ross  n'a  pas  subi  de  ralentissement.  Il  a  été  mis  en 
service  un  grand  nombre  de  ces  armes  pour  les  camps  d'instruction.  La  méthode 
d'inspection  a  été  systématisée  davantage. 

110.  La  question  d'une  baïonnette  a  été  étudiée  et  il  en  a  été  soumis  un  modèle  qui, 
croit-on,  se  trouvera  satisfaisant. 

MUNITIONS   D'INFANTERIE. 

111.  Il  est  agréable  de  noter  que  la  réserve  de  cartouches  d'armes  à  feu  portatives 
continue  à  s'accroître  d'une  manière  importante.  La  qualité  des  munitions  fabriquées 
à  l'arsenal  fédéral  continue  à  donner  satisfaction.  Pour  le  rapport  du  directeur  de 
l'arsenal  fédéral,  voir  l'appendice  D. 

COMITÉ  DES  ARMES   PORTATIVES. 

112.  Le  premier  pas  vers  la  formation  d'un  comité  permanent  des  armes  porta- 
tives a  été  fait,  et  l'on  espère  que  de  la  création  de  ce  corps  découlera  un  grand  avan- 
tage. 

INSPECTION  TECHNIQUE  DU  MATÉRIEL  ET  DES  MUNITIONS. 

113.  Avec  la  construction  dé  plus  en  plus  compliquée  des  bouches  à  feu  moderne 
et  de  l'équipage  d'artillerie  en  général,  une  inspection  annuelle  à  fond  du  "  matériel  " 
affecté  aux  défenses  et  confié  aux  unités  devient  d'une  importance  croissante.  Non 
seulement  devient-il  nécessaire  d'inspecter  l'équipage  d'artillerie  en  ce  qui  concerne 
sa  suffisance  technique,  mais  il  faut  aussi  y  apporter  de  temps  à  autre  des  modifica- 
tions pour  le  tenir  à  la  hauteur  des  modèles  du  jour.  Il  faut,  par  conséquent,  qu'une 
tournée  d'un  ine-jecteur  de  machines  d'artillerie  et  d'ouvriers  d'artillerie  vienne  à  être 
regardée  comme  partie  du  programme  annuel,  et  il  a  été  arrangé  une  tournée  de  cette 
nature  pour  visiter  certaines  batteries  de  campagne.  Pour  ce  qui  est  de  la  grosse 
artillerie,  on  s'attend  à  ce  qu'il  soit  fait  beaucoup  d'améliorations  au  matériel  pen- 
dant qu'il  sera  à  Petawawa,  et  surtout  à  ce  que  les  grands  patins  soient  mi  a  aux 
affûts. 

114.  Il  est  questions  de  prendre  des  mesures  en  vue  d'une  inspection  annuelle  des 
gargousses.  Jusqu'à  présent  il  n'a  été  possible  de  faire  cette  inspection  qu'à  Halifax, 
N.-E.,  mais  à  mesure  qu'un  plus  grand  nombre  d'inspecteurs  deviendront  disponibles 
d'autres  garnisons  seront  visitées. 

115.  Une  inspection  annuelle,  par  des  armuriers,  des  armes  portatives  confiées 
aux  différentes  unités  par  tout  le  pays,  est,  dans  son  genre,  aussi  importante  que  l'ins- 
pection du  "  matériel  "  d'artillerie,  et  l'on  espère  qu'avant  longtemps  il  pourra  être 
fait  des  progrès  dans  cette  direction. 

SERVICES  DU  GENIE. 

116.  Il  a  été  pris  une  importante  part  à  la  décentralisation  des  services  du  génie. 
Aussitôt  que  le  parlement  eut  approuvé  et  voté  la  prévision  budgétaire  pour  ces  ser- 
vices, il  a  été  préparé,  au  quartier  général  de  la  milice,  un  bordereau  montrant  quels 
ouvrages  devaient  être  exécutés  par  le  génie  royal  canadien,  ou  sous  sa  surveillance, 
dans  chaque  circonscription  ou  district  indépendant,  avec  la  dépense  d'argent  auto- 
risée pour  chacun.  A  chaque  commandant  de  circonscription  ou  de  district  il  fut  en- 
voyé un  extrait  de  la  partie  du  bordereau  qui  se  rapportait  à  son  commandement,  et 
autorisation  lui  fut  donnée  de  procéder  à  l'exécution  des  différents  ouvrages  dans 
l'ordre  et  aux  époques  qui  pourraient  lui  sembler  le  mieux  pour  le  service  public.  Il 
lut  de  plus  autorisé  à  consacrer  les  économies  qui  pourraient  être  faites  à  l'exécution 
de  toutes  réparations  urgentes  ou  imprévues  qui  pourraient  s'imposer,  quitte  à  obtenir 
l'approbation  du  quartier  général  dans  chaque  cas,  et  se  guidant  sur  les  règlements 
pour  les  services  du  génie  quant  à  la  manière  de  dépenser  l'argent. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

117.  Il  a  été  adopté  un  nouveau  modèle  de  rapport  provisoire  qui  fournit  un  état 
exact  de  la  dépense  à  la  fin  de  chaque  mois.  Cela  est  trouvé  d'une  grande  utilité  tant 
au  quartier  général  que  dans  les  bureaux  du  génie  de  circonscription  et  de  district, 
qui  peuvent  ainsi  surveiller  de  près  la  dépense. 

118.  La  surveillance  des  travaux  militaires  est  maintenant  exercée,  dans  une 
grande  mesure,  par  des  piqueurs  militaires  sous  les  ordres  d'officiers  de  division.  La 
surveillance  de  l'établissement  des  champs  de  tir  est  généralement  faite  par  des  direc- 
teurs civils  temporaires  des  travaux,  employés  seulement  jusqu'à  ce  que  l'ouvrage  soit 
achevé. 

119.  Dans  les  différentes  circonscriptions  et  les  différents  districts  les  travaux  se 
rattachant  à  l'établissement  de  champs  de  tir,  à  l'alimentation  d'eau,  à  l'assainissement, 
aux  fortifications,  aux  réparations  de  casernes,  etc.,  ont  été  exécutés  d'une  manière 
satisfaisante  par  le  génie  royal  canadien. 

PKOPEIETES  MILITAIEES. 

120.  Pendant  l'exercice  clos  le  31  mars  1908,  les  loyers  provenant  de  propriétés 
militaires  se  sont  élevés  aux  montants  suivants,  savoir: 

1er  district  militaire — Chef -lieu  d'état-major,  London,  Ont $      73  00 

2e         "  "  "  "               Toronto,  Ont 581  25 

3e         "  "  "  "               Kingston,  Ont 506  54 

4e        "  "  "  "               Ottawa,  Ont 201  00 

5e  et  6e  "  «  "             Montréal,  P.Q 343  50 

7e        "  "  "  «              Québec,  P.Q 1,389  40 

8e        "  "  "  "  Saint- Jean,   N.-B....  168  00 

9e        "  "  "  "              Halifax,  N.-E 73  67 

lie        "  "  «  •<              Victoria,  C.-B 505  00 

12e        "  «  "  "  Charlottetown,  I.-P.-E  5  87 


$3,847  23 

TERRAINS    ACQUIS. 

121.  Dans  le  cours  de  l'exercice  les  terrains  suivants  ont  été  acquis,  savoir: 
Fernie,  C.-B. — 

Le  gouvernement  de  la  province  de  la  Colombie-Britannique  a,  par  acte  de  trans- 
port, cédé  gratuitement  à  la  Couronne  un  emplacement  pour  une  salle  d'exercice  à  cet 
endroit,  à  la  condition,  toutefois,  que  si  en  quelque  temps  que  ce  soit  la  Couronne  n'a 
pes  besoin  de  cette  propriété  pour  des  fins  militaires  celle-ci  fera  retour  à  la  province. 

Fort-William,  Ont. — 

Il  a  été  acheté,  au  prix  de  $10,000,  un  emplacement  pour  un  champ  de  tir  à  l'usage 
des  troupes  des  environs  de  Fort- William  et  de  Port- Arthur.  Cette  propriété,  qui  fait 
partie  d'une  réserve  indienne  et  dont  la  contenance,  est  de  cent  acres,  est  située  près  de 
Fort-William  et  de  Port- Arthur,  c'est-à-dire,  à  2  milles  de  la  première  de  ces  localités 
et  à  5  de  la  seconde.  Il  y  a  aussi,  en  outre  du  terrain  qu'il  faut  pour  le  champ  de  tir, 
assez  d'espace  pour  un  champ  de  manœuvre  local  et  une  caserne,  si  une  unité  de  la 
troupe  permanente  était  jamais  stationnée  dans  la  localité. 

Nelson,  C.-B.— 

Un  emplacement  pour  un  champ  de  tir.  La  contenance  de  ce  terrain  est  d'environ 
85  acres.  L'achat  en  a  été  consommé  pour  la  plus  grande  partie  dans  le  cours  de 
1  année,  mais  à  la  fin  de  l'exercice  il  restait  encore  à  acquérir  deux  petites  propriétés 
appartenant  à  des  Chinois  qui  ont  refusé  d'accepter  les  offres  du  département.  Ces 
deux  propriétés  ont  été  acquises  depuis.     Le  coût  total  sera  d'environ  $4,560. 

35— % 


20  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Edmonton,  Alta. — 

Pour  la  somme  de  $32,000,  il  a  été  acheté,  dans  le  voisinage  d'Edmonton,  212  acres 
de  terre  destinées  à  l'établissement  d'un  champ  de  tir  pour  Edmonton  et  Strathcona. 

Amherst,  N.-E. — 

Environ  210  acres  de  terre  ont  été  acquises  dans  le  voisinage  d' Amherst,  au  prix 
de  $3,905,  pour  servir  à  l'établissement  de  champs  de  tir.  Tous  les  propriétaires  de  ce 
terrain,  à  une  exception  près  (la  succession  Dornan)  ont  accepté  les  proposition  du 
gouvernement,  Seule  la  succession  Dornan  n'a  pas  voulu  accepter  le  prix  offert,  de 
sorte  que  sa  propriété  a  dû  être  acquise  par  voie  d'expropriation. 

Broclc ville. — 

Au  prix  de  $10,000,  il  a  été  acheté,  pendant  l'année,  100  acres  de  terre  qui  servi- 
ront d'emplacement  à  un  champ  de  tir  à  Brockville,  et  il  se  poursuit  des  négociations 
pour  l'acquisition  de  quelque  terrain  de  plus  en  arrière  des  buttes,  afin  d'assurer  une 
sécurité  absolue. 
Kingston,  Ont. — 

Pour  la  somme  de  $5,389,  il  a  été  acheté  ici,  pendant  l'année,  deux  lopins  de  terre 
faisant  partie  de  l'emplacement  de  champ  de  tir  projeté.  Il  a  été  rencontré  beaucoup 
de  difficulté  dans  l'acquisition  des  différentes  propriétés  dont  se  compose  cet  emplace- 
ment, et  à  la  fin  de  la  période  qu'embrasse  le  présent  rapport  seuls  les  propriétaires  des 
deux  lopins  de  terre  susdits  avaient  accepté  les  propositions  du  gouvernement,  les  autres 
persistant  à  demander  des  prix  que  l'on  considère  exorbitants. 
Springhill,  N.-E. — 

Une  parcelle  de  terrain  contiguë  à  la  salle  d'exercice  de  Springhill  et  en  la  posses- 
sion du  comité  du  93e  régiment  a  été  transportée  gratuitement  par  ce  comité  à  la  Cou- 
ronne comme  prolongement  du  présent  emplacement  de  salle  d'exercice,  à  la  condition 
que  le  département  entoure  ce  terrain  d'une  clôturer — ce  qu'il  a  fait. 
Campement  de  Petawawa. — 

L'acquisition  des  différents  terrains,  dont  se  compose  l'emplacement  du  camp  de 
Petawawa,  a  bien  marché  pendant  l'année;  il  a  été  acquis  36  propriétés  de  plus,  conte- 
nant 5,023  acres,  au  prix  de  $33,959.67,  honoraires  d'hommes  de  loi  compris,  soit  à 
raison  de  $6.76  l'acre — faisant,  en  tout,  au  31  mars  1908,  114  propriétés,  de  la  conte- 
nance de  17,398  acres,  au  prix  collectif  de  $134,099.92,  soit  à  raison  de  $7.70  l'acre. 
Il  reste  encore  quelques  propriétaires  à  désintéresser,  et  dans  une  dizaine  de  cas  le 
ministère  pourra  être  forcé  de  recourir  à  l'expropriation,  vu  que  les  gens  persistent 
à  refuser  d'en  venir  à  des  conditions  raisonnables,  bien  que  le  ministère  ait  de  toute 
manière  essayé  de  répondre  à  leurs  désirs.  Les  prix  qu'ils  demandent  sont  si  extrava- 
gants et  excèdent  tellement  l'évaluation  faite  par  les  propres  estimateurs  du  minis- 
tère, ainsi  que  celle  d'un  expert  désintéressé  spécialement  employé  pour  cela,  que  les 
propositions  de  ces  gens  ne  sauraient  être  écoutées.  Exception  faite  de  ces  quelques 
cas,  l'acquisition  du  terrain  dont  il  est  besoin  a  progressé  d'une  manière  satisfaisante. 
Niagara. — 

Pour  la  somme  de  $36,500  il  a  été  acheté  environ  380  acres  de  terre  pour  agrandir 
ie  terrain  de  campement  de  Niagara. 
Lévis. — 

Au  cours  de  l'année  la  cour  d'Echiquier  a  rendu  une  décision  dans  le  cas  de  l'ac- 
quisition d'une  parcelle  de  terrain  en  arrière  des  buttes  du  champ  de  tir  de  Lévis,  qui 
avait  été  acquise  par  voie  d'expropriation;  au  vendeur,  qui  avait  demandé  $2,500  pour 
le  terrain  et  $300  d'indemnité,  le  tribunal  a  alloué  $1,100,  avec  intérêt  à  compter  de 
la  date  à  laquelle  la  Couronne  est  entrée  en  possession. 
Terrain  de  campement  et  champ  de  tir  d 'Aider shot. — 

Le  litige  relatif  à  l'acquisition  de  cette  propriété  a  enfin  été  clos.  Le  vendeur, 
qui  avait  interjeté  appel  du  jugement  de  la  cour  de  l'Echiquier  à  la  cour  Suprême 


CONSEIL  DE  LA  MILICE 


21 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

a  perdu  sa  cause,  ce  dernier  tribunal  admettant  le  contre-appel  de  la  Couronne  et 
réduisant  le  montant  du  jugement  à  la  somme  offerte  en  premier  lieu  par  la  Cou- 
ronne, avec  intérêt,  savoir:  $14,665.25. 

Cobourg,  Ont. — 

La  salle  d'armes  de  Cobourg  ayant  besoin  d'être  agrandie,  il  a  été  acheté  un 
morceau  de  terrain  y  attenant  au  prix  de  $1,050,  et  pour  compenser  le  montant  ainsi 
dépensé,  35  acres  de  l'emplacement  du  champ  de  tir  de  la  localité,  dont  on  n'avait  pas 
besoin,  ont  été  vendues  pour  $2,345. 

DEPENSE. 

122.  La  dépense  pour  l'exercice  1907-8  s'est  élevée  à  $6,796,088,  dont  $1,297,905 
ont  été  imputés  sur  le  capital. 

123.  C'est  le  plus  gros  montant  qui  ait  jamais  été  dépensé  dans  une  année  et  il 
excède  de  près  de  $47,000  les  prévisions  budgétaires  pour  1908-09.  Si  la  population 
était  de  6,500,000  en  1907-08,  la  dépense  par  tête  a  légèrement  excédé  $1. 

124.  La  troupe  permanente,  dont  l'effectif  s'est  maintenu  à  3,100  hommes  de 
tous  grades  en  moyenne,  a  coûté,  en  solde,  $1,401,398,  qui,  avec  ce  qui  a  été  dépensé 
(ii  munitions  de  bouche,  combustible,  éclairage,  rementes,  fourrage,  etc.,  )et  pour 
l'habillement,  ont  porté  le  total  de  la  solde  et  de  l'entretien  à  $1,951,385,  dont  à  peu 
près  la  moitié  a  été  pour  les  garnisons  d'Halifax  et  d'Esquimalt.  En  outre  il  a  été 
dépensé  environ  $50,000  pour  instruire  1,305  hommes  de  tous  grades,  avec  320  che- 
vaux à  Petawawa  durant  une  période  de  six  semaines, 

125.  La  période  d'instruction  annuelle  a  coûté  $1,084,^99.  Il  a  été  instruit  44- 
727  hommes  de  tous  grades,  avec  7,732  chevaux,  troupe  permanente  comprise. 

126.  Le  tableau  qui  suit  montre  les  nombres  instruits  à  chaque  camp  et  aux  chefs- 
lieu  d'état-major  respectifs,  ainsi  que  le  coût  en  solde,  transport  et  approvisionnements 
et  toutes  autres  dépenses  s'y  rattachant: — 


Camp  de  London 

de  Niagara . 

de  Barriefield 

de  district  de  Petawawa 

d'artillerie  n 

de  Granby 

de  Lévis. . 

de  Trois-Rivières , 

de  Sussex 

de  Charlottetown 

d'artillerie  d'Aldershot 

de  district  » 

de  Winnipeg 

de  Calgary . 

de  Macauïay  Plains,  C.  -B 

Petawawa,  troupe  permanente 

UeMcNabs,  «  

Corps  auz  chefs-lieux  d'état-major  ou  de  commandement 

Nombre  totaux  instruits,  et  solde ....    

Approvisionnements  de  campement 

Transfert  et  fret 

Grandes  manœuvres,  voitures  à  roues  et  autres  dépenses . 


Hommes  de 
tous  grades. 


Dépense  totale. 


2,326 

5,240 

2,412 

1,106 

1,163 

1,793 

2,606 

1,687 

2,400 

942 

439 

3,371 

819 

648 

280 

1,305 

427 

15,157 


44,121 


Chevaux. 


86 

1,149 

659 

62 

759 

1,443 

144 

86 
494 

90 
196 
417 
619 
556 


320 
652* 


7,732 


Dépense. 


$ 

34,227 
86,605 
44,054 
18,734 
50,383 
43,104 
39,779 
25,345 
40,495 
16,314 

8,786 
48,656 
20,052 
16,495 

6,424 
16,277 

5,171 
195,876 


716,777 

124,872 

230,209 

12,641 


1,084,499 


22 


MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 


&-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

127.  Le  relevé  qui  suit  montre  les  nombres  instruits  et  la  dépense  pour  chaque 
année  d'exercice  depuis  1904-5.  On  remarquera  que  le  nombre  total  instruit  en  1907-8 
a  excédé  de  33  pour  100  celui  de  1904-5  : — 


— 

Officiers. 

S0U8- 

officicrs. 

Hommes. 

Total. 

Chevaux. 

Coût  total. 

1904-5 

1905-6 : 

1906-7  (9  mois) 

1907-8 

2,610 
2,919 
2,423 
3,365 

7,789 
8,103 
6,584 
9,615 

23,475 
28,168 
23,877 
31,141 

33,874 
39,100 
32,884 
44,121 

5,032 
6,777 
4,621 
7.732 

699,724 

809,924 

809,924 

1,084,499 

128.  Le  relevé  suivant  montre  les  nombres  d'hommes  qui  ont  touché  la  solde  de 
suffisance  ou  surpaye  chaque  année  depuis  1904-05,  avec  le  montant  payé: — 


1904-5 

1905-6 

1906-7  (9  mois) 
1907-8 


Recrues. 


12,413 

13,540 

9,032 

13,104 


Hommes 
ayant  déjà 
eu  une  pério- 
de d'ins- 
truction. 


5,413 
6,290 
5,542 
6,473 


Hommes 
ayant  déjà 
eu  deux  pé- 
riodes d'ins- 
truction ou 
plus. 


9,486 
14,725 
13,181 
17,451 


Montant  de 

solde  de 

suffisance. 


113,432 
155,428 
129,665 
167,929 


129.  La  dépense  imputable  sur  le  compte  du  capital  s'est  élevée  à  $1,297,905,  le 
montant  ordinaire.  Sur  ce  montant  $703,750  ont  passé  pour  des  munitions  d'artillerie 
et  du  matériel  de  guerre,  achetés  principalement  en  Angleterre;  $214,143  pour  des 
fusils  Ross;  $92,570  pour  de  la  sellerie;  $57,098  pour  des  effets  d'habillement  de 
réserve;  $155,344  pour  des  terrains  et  des  champs  de  tir  et  $75,000  pour  la  fabrica- 
tion de  munitions  de  réserve  à  l'arsenal  fédéral. 

130.  La  dépense  faite  sous  le  couvert  des  crédits  moins  élevés  a  aussi  été  plus 
forte  que  d'habitude,  ainsi  qu'on  le  verra  en  consultant  l'état  imprimé  à  la  page  24 
du  présent  rapport,  qui  montre  les  montants  dépensés  sous  le  couvert  des  différents 
crédits  votés  pour  chaque  exercice  financier  depuis  1898-09. 

131.  En  avril  1907  il  a  été  commencé  une  vérification  systématique  et  approfondie 
du  contenu  des  magasins.  Des  commissions  nommées  pour  cela  ont  fait  un  inven- 
taire de  tous  les  articles  enmagasinés,  comme  base  sur  laquelle  partir,  et  maintenant 
tous  les  articles  qui  entrent  dans  les  magasins  ou  qui  en  sortent  sont  portés  au  débit 
ou  au  crédit,  selon  le  cas,  de  l'officier  préposé,  qui  est  tenu  de  produire  une  pièce 
comptable  pour  chaque  article  mis  en  service. 

132.  Ce  système  a  été  étendu  aux  unités  de  milice,  de  sorte  qu'il  est  correcte- 
ment rendu  compte  de  tous  les  articles  achetés  jusqu'à  ce  qu'ils  soient  déclarés  hors 
de  service  par  une  commission  d'inspection,  après  quoi  ils  sont  anéantis,  ou,  s'ils 
valent  quelque  chose,  vendus  aux  enchères  publiques.. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE 


23 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

ETAT  FINANCIER  POUR  L'EXERCICE  CLOS  LE  31  MARS  1908. 


Dépense,  1907-8.     (1er  avril  1907  au  31  mars  1908.) 


Par  la  loi — 

Traitement  du  chef  d'état-major  général,  de  l'inspecteur  général,  de  l'adjudant  général, 

du  quartier-maître  général,  et  du  grand-maître  de  l'artillerie 

Par  les  Chambres — 

Solde  des  états-majors  de  la  troupe  permanente  de  la  milice  active,  suppléments  compris 

Levé  de  plans  militaires 

Exercices  annuels 

Appointements,  salaires  et  gages  des  employés  civils. 

Entretien  des  propriétés  militaires 

Services  du  génie 

Matériel  de  guerre  et  autre ......    

it        accepté  du  gouvernement  britannique 

Effets  d'habillement  et  de  petit  équipement  

Vivres,  approvisionnements  et  chevaux  de  remonte 

Transport  et  fret.      . . . 

Subventions  et  aide  aux  sociétés  de  tir,  corps  de  musique,  etc 

Dépenses  diverses  et  imprévues 

Collège  militaire  royal  du  Canada 

Arsenal  fédéral 

Bibliothèque  du  ministère 

Gratification  au  sergent-major  Birtles,  C.  M.  R : 

m  aux  sous-officiers  et  hommes  de  la  dirrection  d'artillerie  atteints  par  la 

limite  d'âge  et  libérés  du  service 

Munitions  pour  concours  d'artillerie  lors  de  la  visite  de  l'équipe  anglaise 

Droits  de  douane 

Grève  de  Buckingham — aide  à  l'autorité  civile 

ti        tramways,  Hamilton— aide  à  l'autorité  civile 

Crédit  spécial  à  la  société  fédérale  du  tir  des  bouches  à  feu  p.  recevoir  l'équipe  angl. . . 

Compte  de  capital — Bouches  à  feu,  armes,  munitions,  champs   de   tir,  terrains,  réserve 

d'effets  d'habillement,  d'équipement,  etc 

ii  m  Fabrication  de  munitions  de  réserve  à  l'arsenal  fédéral 


Total. 


Pensions. 
Par  la  loi — 

Pensions,  milice— Rébellion,  1885,  etc 

"  n  Invasion  fénienne,  etc 

Par  les  Chambres- 
Pensions,  milice — Haut-Canada,  révolte  de  1837-38. 


Dépensé. 


21,000  00 


1,653, 
23, 

1,084, 

98, 

70, 

325, 

294, 

260, 

399, 

424, 

109, 

49, 

69, 

92, 

341, 


731  35 
715  65 
499  45 
979  21 
061  96 
912  92 
200  38 
000  00 
918  92 
986  61 
979  72 
277  50 
212  31 
145  24 
082  98 
968  23 
453  13 


23,426  06 

2,000  00 

143,621  91 

400  47 

9  60 

5,000  00 

1,222,904  65 
75,000  00 


6,796,088  25 


16,283  29 
1,934  90 

160  00 




' 

Total 

38,359  38 

Recettes,  1907-08.     (1er  avril  1907  au  31  mars  1908.) 

$        c. 

$         c. 

Revenu  casuel 

1,173  74 

Munitions,  effets  d'habillement  et  d'équipement 

22,370  47 

4,230  10 

13,208  72 

Loyers 

Divers 

39,809  29 
23,209  34 

Collège  militaire  royal  du  Canada 

Loi  des  pensions,  1901 .      

19,596  26 

83,788  63 

24 


MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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CONSEIL  DE  LA  MILICE 


25 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 


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26 


MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


APPENDICES. 

133.  Sont  annexés  les  rapports  suivants: — 

Kapport  du  directeur  général  des  services  de  santé,  pour  l'exercice  1907-08.  Ap- 
pendice A. 

Rapport  du  commandant  du  collège  militaire  royal,  pour  l'exercice  1907-08.  Ap- 
pendice B. 

Rapport  de  la  commission  d'inspection,  collège  militaire  royal,  1908.  Appendice  C. 

Rapport  du  directeur  de  l'arsenal  fédéral,  1907-08.     Appendice  D. 

Rapport  provisoire  du  conseil  de  la  milice  sur  la  période  d'instruction  annuelle 
pour  la  saison  de  1907,  avec  le  rapport  de  l'inspecteur  général  pour  l'année  civile 
1907.     Appendice  E. 

E.  F.  JARVIS, 

Secrétaire  du  conseil  de  la  milice. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  27 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

ANNEXE  A. 

Ottawa,  30  novembre  1908. 
Du  directeur  général  des  services  de  santé, 

A  l'adjudant  général  de  la  milice  canadienne. 
Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  faire  le  rapport  qui  suit  sur  les  services  de  santé 
pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

Dans  le  rapport  provisoire  du  conseil  de  la  milice  a  été  examinée  et  expliquée  la 
question  de  l'instruction  de  la  milice  active. 

ORGANISATION  SANITAIRE. 

2.  La  principale  particularité  du  service  de  santé  pendant  l'année  a  été  l'insis- 
tence  continuelle  sur  la  très  haute  importance  de  l'organisation  sanitaire  et  des  me- 
sures de  précaution  en  ce  qui  concerne  la  maladie. 

3.  La  publication  d'un  ordre  rendant  les  commandants  d'unités  responsables  de 
l'organisation  sanitaire  a  eu  l'effet  de  frapper  de  l'importance  de  cette  particularité 
de  la  vie  militaire  tous  les  grades  et  toutes  les  branches  du  service.  Le  médecin  est 
le  conseiller,  mais  le  commandant  est  le  chef  responsable  et  il  ne  peut  jamais  se  dé- 
charger de  cette  responsabilité  sur  qui  que  ce  soit. 

4.  Le  projet  complet  d'organisation  sanitaire  a  été  réalisé  avec  succès  dans  tous 
ses  droits  à  Aldershot,  N.-E. 

5.  A  tous  les  quartiers  de  troupe  ou  garnisons  il  a  été  tenus  des  cours  d'organisa- 
tion sanitaire  militaire  que  tous  les  officiers  de  la  troupe  permanente  on;t  suivis.  Il  a 
été  publié  un  excellent  manuel  d'organisation  sanitaire,  et  il  a  aussi  été  donné  des 
instructions  pour  qu'il  fût  volontairement  tenu  des  cours  de  leçons  sur  l'organisation 
sanitaire  en  camp  à  tous  les  chefs-lieux  de  commandement  avant  la  mobilisation  pour 
les  fêtes  du  tricentenaire  de  Québec. 

DÉPÔTS   DE    MÉDICAMENTS. 

6.  Un  des  plus  importants  changements  effectués  au  cours  de  l'année  a  été  l'éta- 
blissement d'un  dépôt  central  de  médicaments  à  Ottawa,  avec  des  dépôts  de  circons- 
cription et  de  district  aux  différents  chefs-lieux  d'état-major.  Tous  articles  d'équipe- 
ment technique  sont  maintenant  à  la  disposition  du  service  de  santé  au  lieu  de  la  di- 
rection d'artillerie,  et  c'est  pour  le  mieux. 

PERSONNEL   PERMANENT  DU   SERVICE  DE   SANTE. 

7.  L'organisation  de  ce  personnel  a  été  continuée,  par  la  nomination  de  deux  ca- 
pitaines et  de  deux  sœurs  hospitalières.  Celles-ci  ont  été  désignées  pour  servir  à  Qué- 
bec après  avoir  fait  un  cours  préparatoire  à  Halifax. 

8.  La  formation  professionnelle  des  officiers  du  personnel  permanent  du  service 
de  santé  a  eu  pour  objectif  de  faire  d'eux  des  administrateurs  capables  et  de  bons  offi- 
ciers du  personnel  "  sanitaire  ". 

9.  Le  personnel  a  été  envoyé  pour  la  première  fois  à  Petawawa,  où  il  s'est  acquitté 
de  ses  devoirs  d'une  manière  satisfaisante. 

PERSONNEL  DU  SERVICE  DE  SANTÉ   MILITAIRE. 

10.  Toutes  les  ambulances  ont  fait  leur  période  d'instruction  annuelle,  à  l'excep- 
tion des  ambulances  de  cavalerie  n°  VI  et  n°  XIII,  qui  sont  en  cours  de  réorganisa- 
tion. L'ambulance  n°  XVI,  de  Winnipeg,  s'est  exercée  pour  la  première  fois  et  a  été 
l'objet  d'un  rapport  flatteur. 

SERVICES  DE  SANTE  DE  CORPS. 

11.  Le  principal  service  du  médecin  de  corps  en  camp  est  celui  d'un  officier  de 
santé  de  corps.  Ceci  a  été  gravé  dans  l'esprit  de  tous  les  intéressés,  et  il  en  est  résul- 
té du  bien.  Tous  les  médecins  de  corps  devraient  aller  au  camp,  vu  que  ceux  d'unités 
urbaines  ne  reçoivent  d'instruction   dans  aucun  service.     L'absorption  graduelle  des 


28 


MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

médecins  de  corps  dans  le  personnel  du  service  de  santé  militaire  et  l'affectation  de 
jeunes  médecins  de  corps  à  des  unités  pour  un  court  espace  de  temps,  voilà  une  me- 
sure que  je  recommande  très  fortement. 

BÂTIMENTS   MILITAIRES. 

12.  J'ai  fait  un  soigneux  examen  de  tous  les  bâtiments  à  chaque  quartier  de 
troupe,  excepté  Winnipeg  et  Esquimalt,  et  je  regrette  de  n'en  pouvoir  parler  favora- 
blement, car,  exception  faite  de  la  caserne  Wolseley,  à  London,  et  de  quelques  bâti- 
ments neufs  à  Halifax,  on  ne  s'en  contente  que  faute  de  mieux.  La  politique  a  été  de 
faire  le  mieux  possible  avec  de  vieux  bâtiments  qu'on  a  laissés  aller  en  ruines.  Le  ré- 
sultat est  ce  à  quoi  il  fallait  s'attendre:  des  bâtiments  qui  ne  conviennent  "ni  à  ce 
temps  ni  à  ce  climat.  Le  besoin  de  casernes  modernes  et  salubres  se  fait  sentir  d'une 
manière  urgente;  surtout  à  Kingston  et  à  Toronto. 

SANTÉ  DES  TROUPES. 

13.  Les  efforts  faits  pour  rendre  les  camps  salubres  portent  déjà  des  fruits  dans 
la  réduction  du  nombre  de  malades  admis  aux  hôpitaux. 

14.  Il  s'est  produit  quelques  cas  de  maladies  infectieuses,  y  compris  un  cas  de 
petite  vérole  à  Kingston,  mais  les  mesures  prises  ont  été  telles  qu'aucune  de  ces  ma- 
ladies n'a  pu  se  propager. 

LÉSIONS. 

15.  Grâce  aux  règlements  qui  ont  été  publiés  relativement  aux  lésions,  les  récla- 
mations ont  pu  être  promptement  et  équitablement  réglées.  Si,  toutefois,  les  officiers 
commandants  veillaient  à  ce  que  ces  règlements  fussent  appliqués  dès  le  commence- 
ment, le  résultat  serait  encore  plus  satisfaisant. 

TROUPE  PERMANENTE. 

16.  Comme  l'indique  le  rapport  statistique  ci-joint,  la  troupe  permanente  a  joui 
d'une  excellente  santé. 

RAPPORT  STATISTIQUE 

Liste  des  cas  de  maladies  traités  dans  les  hôpitaux  de  garnisons  pendant  l'exercice 

clos  le  31  mars  1908. 


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Fièvre  intermittente 

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Amblyopie 

214 

2 

CONSEIL  DE  LA  MILICE 


29 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

RAPPORT  STATISTIQUE— Suite.  * 

Liste  des  cas  de  maladies  traités  dans  les  hôpitaux  de  garnison  pendant  l'exerciee 


clos  le  31 

mars 

1908 

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Maladies. 

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Accumulation  de  cire  Ext. 

2 

Appendicite 

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10 

17 

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Bubon   

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10 

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1025 

652 

1012 

1078 

737 

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676,652 

1190 

1075 

544 

81 

1102 

1157 

1110 

1219 

1034 

1065 

1168 

1142 

1219 

1075 

1219 

1056 

1055 

1083 

166 

166 

Néprite  chro.  ou  mal.  bright 

2 

2 
6 
1 
1 

Brûlure 

Kyste 

1 
1 
1 
1 
1 

Contusion  (testicule) 

n          (côté) 

Colique      

Kyste  (paupière) 

Contusion  de  la  figure 

n         du  dos 

4 

3 

2 
1 

8 

3 

2 

2 

n         de  l'œil 

1 
4 

1 

n          de  la  jambe 

1 

31 

5 

3 

'"2 
1 
1 

18 

n          de  l'abdomen.. . . 

n          parois  de  l'estom 
n          du  genou 

1 

i 
i 

2 

4 

n          de  la  jambe 

Plaie  contuse 

..... 

1 

4 

Contusion 

"Y 

"2 

""l 

9 
3 

"-2 

Conjonctivite  

ii            aiguë 

1 

Circoncision 

1 

"ï 

Congestion  du  foie  

571 

571a 

541 

339a 

277 
676 
982 

9 

6 

305 

540 

908 

1209 

1210 

908 

276 

1005 

973 

499 

298 

10 

i 

i 

...  ^. 

"3 

"'4' 

Constipation 

3 

3 

Catarrhe 

Coryza  (aiguë) 

12 

1 

Cystite  (chronique)   

Cors 

1 

2 
5 
1 
1 
14 

Vaccine 

1 

1 

Maladie  de  cœur 

Diarrhée 

Luxation  de  l'épaule 

13 

1 
1 

5 

2 

2 
1 

2 

3 

2 

Epaule  disloquée 

1 

Dislocation  du  radius 

1 

•i            de  l'épaule 

1 

1 

1 
1 

Surdité 

Dermatose  seborrhoeica .... 

Dermatose 

1 
3 

"  i 

1 
1 

Dyspepsie 

Dilation  du  cœur 

Diphthérie 

2 

30 


MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
RAPPORT   STATISTIQUE— Suite. 
Liste  des  cas  de  maladies  traités  dans  les  hôpitaux  de  garnison  pendant  l'exercice  clos 

le  31  mars  1908. 


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Hôpitaux  de 

Maladies. 

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450 
94d 
951 

1 

3 

2 

Dysenterie 

1 
...... 

962 

13 

124a 

124b 

545 

959 

960 

15a 

84 

1025 

1229 

950 

965 

550 

1057 

1057 

1057 

1145 

1230 

1202 

1105 

1057 

969 

1079 

1117 

37 
550 
475 

20 
489a 
489 

1151 
1218b 
941 
510 
694 
1011 
971 
528 
133 
297 
571 
101 
172 
952 
676 
436 
512 
903 
265 

277 
439 
432 

4 
5 
3 

2 

2 

..... 

i 

2 

1 

"'i' 
"ï 

3 
2 

1 

2 

Fièvre  entérique 

Kpilepsie 

1 
1 

2 

"i 

'  "i" 

2 

"Y 
4 

Erysipèle     

Effets  de  corps  étrangers.. . . 
h      de  la  chaleur 

2 

...  . 

"'2' 

Fracture 

Pied  plat     

2 

Furoncle     

1 

Fistule  à  l'anus 

1 

Fracture  (humérus) 

2 
2 

1 

h        (tibia  et  péroné). . . 

m        (phalange) 

Côte  franturée   .    

Fracture  du  péroné 

i 

i 

1 

2 

"1 
3 
1 

1 

1 

""i" 

1 

"ï 

ii        de  la  clavicule. . . . 

h        du  nez , . . . . 

il        de  la  mâchoire. . . . 
Congélation   

'  "i" 

"3 

h           (pieds) 

2 

Corps  étrangers  dans  la  con- 
jonctive  

Fièvre  rhumatismale 

'  è 

1 





Fistule  à  l'anus 

i 
ii 

4 

Amygdalite  falliculeuse  .... 

"'& 

"iè 

"s 

"'26 

Gonorrhée 

Gastrite 

1 
1 

59 

9 

1 

3 

5 

m       aiguë 

Blennhorree 

1 

Plaie  d'arme  à  feu 

1 

1 
1 

Ganglion   

Gastralgie 

3 
1 

"2 
5 

Hémoglobinurie 

Hy  péndrose 

1 

2 

6 

■'"2 

Harpes 

2 

Hernie  inguinale   

i 

i 

1 

1 

Hystérie   

Hypertrophie  du  cœur 

1 
1 

Hypérémie  du  foie 

Hémorrhagie  du  cerveau.. .  . 

1 
1 
2 
2 
4 
4 
1 
3 

1 
1 
2 

Inflammation  de  la  cornée. . 

h            du  tissu  conn. . 

.... 

h           delà  vessie 

h           de  la  bouche. . . 

h            d'intestins  .... 

m            delà  jon.du  jen 

m           de  l'oreille. . . . 

h           des  parties  mol- 
les du  nez.  .  . 

h           des  mâchoires . 

n           des  lèvres 



CONSEIL  DE  LA  MILICE 


31 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

RAPPORT  STATISTIQUE— Suite. 
Liste  des  cas  de  maladies  traités  dans  les  hôpitaux  de  garnison   pendant  l'exercice  clos 

le  31  mars  1908. 


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Hôpitaux  de. 

Maladie. 

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885 

575 

475 

475b 

486 

943 

568 

720  &  20 

1 

14 
61 

h        h      des  testicules. 

2 
10 

1 

11 
3 
1 

1 

h        n      des  amygdales. 

11 

1 

16 

h        n      de  la  bouche. . 

1 

ii        ii      du  foie , 

1 

m        n      desgl.  lymph. 
des  testic  et 
gonorrhée  . . 

n        n      de  laiae 

1 

2 
3 
2 
1 

•i        n      de  l'estomac. . 

489 
339 
259 
605 
963 
147 
21 
339a 
436 
499 

8 

23 
2 

n        n      du  larynx. 

n        n      de  l'oreille  ext. 

3 
1 

Glandes  du  cou  enflammées . 

4 

1 

11 

3 

14 

Impétigo  contagieux 

Aliénation  mentale 

4 
1 

28 

Influenza  

"'32' 

15 

10 

12 

2 

84 

48 

il 

G-landes  enflammées 

1 



Indigestion 

2 

3 

3 

3 

9 

Lésions 

1 

Inflammation  des  amygdales 
Mal  au  dos 

475b 
1158 
1220 
1221 
1221b 

17 

2 

1 
1 

Mal  à  la  janbe 

Mal  au  genou 

3 

Onyxis 

2 

Plaie  par  incision 

1177 
690 
963 
575 
171 

3 

Incontinence  d'urine 

1 

Impétigo  contagieux 

Jaunisse  

1 

5 



1 

l 

Kératite 

3 

Lacération  de  la  main 

3 

ii          de  la  figure 

"*79 
339 
931 

21 

1038 

931 

25 

28 

26 
146 
651 
131 
220 

86 
951 
1023 
757 
271 
110e 
885b 
885 

32 
556a 

32 

2 

Lipome.    

1 

Laryngite 

1 

2 
2 

Lumbago    

2 

1 
5 

...... 

10 

2 

La  grippe 

]  )échirure 

Myalgie 

11 
3 

10 

1 
16 

25 
3 
2 

8 

3 

1 

Fièvre  paludéenne 

2 

Parotidite 

"iô* 

3 

Rougeole 

2 

3 
3 

l 

Mélancolie 

Néphrite  aiguë  

1 
1 

Névralgie  trifaciale 

1 

2 

1 

4 

1 

15 

n         du  globe  de  l'œil. . 

1 

3 

Névrite 

"i 
1 

1 



Orteille  chevauchante 

Onychie 

1 

7 

2 
4 
1 

Otite  aiguë . 

Paralysie 

3 

2 

Péritonite 

1 

Périostite  tibiale 

1 

"  2 
1 

Pneumonie 

"ï 

2 
1 

1 

Hémorroïdes 

1 

1 
3 

1 

'""9' 

1 

Pneumonie  lobaire 

1 

32  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

RAPPORT  STATISTIQUE.—  Suite. 

Liste  des  cas  de  maladies  traités  dans  les  hôpitaux  de  garnison  pendant  l'exercice  clos 

le  31  mars  1908. 


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Hôpitaux  de 

Maladies. 

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Pyrexie  d'origine  incertaine 
Piqûre     

34 

1041 

425a 

419 

974 

1024 

727 

115 

1197 

1197 

1222 

1222 

483a 

1 

1 

.. 

i 

2 

5 

1 

Paronychie . 

1 

1 
1 

Maladie  pédiculaire 

Blessures  empoison,  au  bras 

3 
1 
4 
2 

il                ii        au  pied. . 
h                m        à  l'orteil. 

Pharyngite 

Empoisonnement  (ptomaïne 

1 

6 

6 

495 
37 
37 
1172 
277 
929 
1066 
606 
1030b 
971 
1025b 
473 
125a 
82b 
42 
42b 
1061 
1158 
903 
712a 
712b 
475 
473 
1220 
1220 
1196 
1196 
1070 
1196 
1061 
42b 
42a 
931a 
903-1 
1015a 
904 
38 
736 
39 
241 
42 
44 
82 

44 
44 

i 

1 

4 

i 

Fièvre  rhumatismale 

1 

1 

4 

9 

1 

Rupture  de  muscle 

Effort 

1 

""2 

1 
1 
2 

1 
3 

Mal  de  gorge 

Echaudure  (avant-bras) 

Gale  . . 

' 

1 

9 

13 

2 
15 

7 

2 

5 

17 

Syphilis  secondaire 

1 

Synovite  

10 
1 
3 

Rétrécissement  (traumatiq.) 
Rétrécissement  (organique). 
Mal  de  gorge 

4 

34 

5 

4 
3 

Eoulure  au  genou 

2 

i 

5 
2 

3 
8 

"  iè 

1 

"4e 

m        au  coude-pied 

2 

h        du  poignet 

h        du  coude-pied 

Syphilis .    ... 

29 

1 

1 

i 

3 

1 

3 

Torticolis 

i 
i 

Synovie  (genou) 

Sycose 

1 

1 

Raideur  de  la  j'ture  du  coud 
Fièvre  scarlatine 

1 
5 
3 
1 
1 

Chancre  mou   

Septicémie 

Orgelet 

Foulure  de  la  cuisse 

1 
1 

Tour  de  reins 

Taenia  Trichophytina 

Tuberculose  d.  glandes  lym- 

phathiques  de  l'aine 

Tuberculose  pulmonaire 

1 

1 

""2 

'"2 

CONSEIL  DE  LA  MILICE 


33 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

RAPPOKT  STATISTIQUE— Suite. 

Liste  des  cas  de  maladies  traités  dans  les  hôpitaux  de  garnison  pendant  l'exercice  clos 

le  31  mars  1908. 


Restant  à  l'hôpital . 
Opérés . 


RECAPITULATION. 

87 

40 

Congédiés  par  le  conseil  médical  19 

Autrement  congédiés 3 

Décédés ;    14 

Renvoyés  au  service 2,203 

Entrés  à  l'hôpital 2,241 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 


8 

3 

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Hôpitaux  de 

Maladies. 

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465 

(43) 

475 

707 

340 

732 

516a 

340 

172 

i 

3 

3 

4 

2 

Ulcération  du  larynx 

Ulcère  du  pénis 

"i" 

1 

3 
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1 

ii          de  la  cornée  .... 

Ulcère 

1 

Piqû.  d'insectes  venina.. . . 

1 

Varicocèle 

752 

i 

Ulcère  variqueux 

1 

Varice 

329 
293 

1 

1 
2 

Maladie  val.  du  cœur  .... 

Vaccination 

1 

Dartres  vénériennes 

20 
981 

1 

i 

i 
i 

2 



2 

Blessures  sec.  (1)  A 

(1)B 

(1)F 

3* 

1 

Blessure  à  la  jambe 

ii        au  pied 

1222 

1222 

1197 

1077 

1077 

1197 

1111 

1244a 

1113 

1085 

2 

i2 
35 

h        à  la  main 

1 

h        au  genou 

h        an  doigt  (infectée) 

1 
1 

1 
2 
1 

h        à  la  paupière 

Bless.  d'arme  à  feu  à  plomb. 

1 

2 

Blessure 

12 

Restant  à  l'hôpital 

14 
6 

""3 

9 

5 

2 

1 

15 
6 

3 

6 
2 

1 

37 

15 
13 

■"4 

1 

Opérés 

3 

1 

2 

Congédiés  p.  la  commission 
médicale 

Autrement  congédiés 

Décédé  hors  del'hôp.  (poison 
Décédés 

1 

7 
821 
821 

1 
120 
121 

1 
124 
125 

1 

250 
268 

1 
253 
249 

"50* 
56 

2 

227 

229 

Renvoyés  au  service 

136 
145 

170 
174 

52 

Entrés  pendant  l'année 

53 

G.  C.  JONES,  lieutenant-colonel, 
Directeur  général  des  services  de  santé. 
35—3 


34  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA   DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ANNEXE  B. 

Kingston,  Ont.,  2  juin  1908. 

Le  commandant  du  collège  militaire  royal, 

Au  secréaire  du  conseil  de  la  milice,  à  Oitaiva. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  faire  le  rapport  qui  suit  pour  l'exercice  clos  le  30 
juin  1908. 

SITUATION  NUMÉRIQUE. 

1.  En  septembre  1907  le  nombre  des  élèves  inscrits  était  de  85.  Deux  se  sont  re- 
tirés depuis,  et  j'ai  le  regret  d'avoir  à  dire  qu'il  en  est  mort  un  en  mai  dernier — ► 
l'élève  George  Wright  Jackson,  de  la  2e  classe. 

2.  Par  conséquent,  l'effectif  est  présentement  de  82.  Dix-neuf  élèves  quittent  le 
collège  ce  mois-ci,  et  38  candidats  ont  passé  l'examen  d'entrée,  sur  un  total  de  é7  qui 
ont  concouru. 

CONDUITE   ET   DISCIPLINE. 

3.  La  conduite  et  la  discipline  des  élèves  ont  été  bonnes. 

EXAMENS. 

4.  Le  résultat  des  examens  a  été  plus  satisfaisant  que  pour  l'une  ou  l'autre  des 
deux  dernières  années. 

MANŒUVRES  ET  EXERCICES. 

5.  Le  standard  normal  a  été,  je  considère,  plus  que  maintenu.  Les  élèves  ont 
plus  de  goût  pour  le  tir,  et  plusieurs  d'entre  eux  sont  en  train  de  devenir  d'excellents 
tireurs. 

CHANGEMENTS  DANS  LE  PERSONNEL. 

6.  En  avril  dernier  le  lieutenant  O.  T.  Macklem  a  pris  place  dans  les  rangs  du 
personnel  à  titre  d'instructeur  en  génie  civil. 

7.  Je  regrette  extrêmement  que  le  collège  perde  les  services  du  major  N.  A.  W. 
Scott,  de  la  Royal  Marine  Light  Infantry,  dont  la  période  d'emploi  est  expirée.  Je 
considérerai  le  collège  très  heureux  s'il  trouve  à  le  remplacer  par  un  instructeur  aussi 
capable. 

DIPLÔMÉS    "AVEC   DISTINCTION." 

8.  Ont  été  diplômés  "  avec  distinction  "  le  sergent-major  de  bataillon  C.  E.  Cari 
son  et  les  sergents-majors  de  compagnie  K.  C.  C.  Taylor  et  E.  Bristol. 

Diplômés. 

Ont  obtenu  des  diplômes  les  sergents-majors  de  compagnie  A.  H.  Gibson  et  G. 
A.  R.  Spain,  les  sergents  D.  Bell-Irving,  A.  V.  Tremaine,  L.  O.  R.  Dozois,  H.  H.  Don- 
nolly  et  W.  D.  Adams,  les  caporaux  H.  O.  Lawson,  J.  A.  Keefer,  W.  T.  MacFarlane 
et  C.  J.  Swift,  les  élèves  T.  E.  Morrison,  D.  W.  B.  Walker  et  H.  G.  C'ochrane  et  le 
caporal  G.  E.  H.  Hilliard. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  35 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

9.  Les  élèves  dont  les  noms  suivent  ont  été  recommandés  pour  des  commissions, 
savoir  : 

Le  sergent-major  de  bataillon  C.  F.  Carson,  dans  le  génie  royal. 

Le  sergent-major  de  compagnie  G.  A.  R.  Spain  dans  l'artillerie  royale  montée. 

Le  caporal  J.  A.  Keefer  dans  le  génie  royale  canadien,  et 

Le  sergent  A.  V.  Tremaine  dans  l'artillerie  royale  canadienne. 


PRIX   ANNUELS. 

10.  Les  prix  du  collège  gagnés  dans  le  cours  de  l'année  ont  été  décernés,  ainsi  :  La 
médaille  d'or  au  sergent-major  de  bataillon  C.  F.  Carson,  la  médaille  d'argent  au 
sergent-major  de  compagnie  E.  Bristol  et  la  médaille  de  bronze  au  sergent-major  de 
compagnie  K.  C.  C.  Taylor. 

L'épée  d'honneur  (pour  bonne  conduite,  discipline  et  manœuvres)  a  été  décernée 
au  sergent-major  de  bataillon  C.  F.  Carson. 

11.  Les  prix  de  classe,  pour  le  plus  haut  nombre  de  points  dans  chaque  classe,  ont 
été  décernés  ainsi:  Dans  la  1ère  classe  au  sergent-major  de  compagnie  K.  C.  C. 
Taylor;  dans  la  2e  classe  au  sergent  D.  A.  White,  et  dans  la  3e  classe  à  l'élève  E.  O.; 
Wheeler. 

12.  Le  binocle  offert  par  les  gradués  du  collège,  de  1880  à  1885  et  présentement 
dans  le  service  impérial,  à  l'élève  entrant  dans  la  carrière  militaire  et  faisant  le  plus 
haut  nombre  de  points  dans  les  matières  militaires,  a  été  gagné  par  le  sergent-major 
de  bataillon  C.  F.  Carson. 

13.  Les  prix  de  matières,  pour  le  plus  haut  nombre  de  points  dans  les  différentes 
matières,  ont  été  décernés  ainsi: 

Ire  classe,  Génie  militaire — Sergent  D.  Bell-Irving; 

Ire  "  Tactique  et  reconnaissance — Serg.-major  de  compagnie  E.  Bristol; 

Ire  "  Physique— Sergent-major  de  compagnie  K.  C.  C.  Taylor; 

Ire  "  Chimie — Sergent-major  de  compagnie  K.  C.  C.  Taylor; 

Ire  "  Levé  de  plans — Sergent-major  de  compagnie  K.  C.  C.  Taylor; 

Ire  "  Génie  civil — Sergent-major  de  compagnie  K.  C.  C.  Taylor; 

Ire  "  Français — Sergent  L.  O.  H.  Dozois  ; 

Ire  "  Manœuvres,  exercices,  etc. — Serg.-major  de  bataillon  C.  F.  Carson; 

Ire  "  Conduite — Sergent-major  de  compagnie  A.  H.  Gibson; 

2e  "  Administration  et  législation  militaires — Sergent  D.  A.  White; 

2e  "  Mathématiques  et  mécanique — L'élève  W.  S.  Lawrence; 

2e  "  Dessin  géométral  et  du  génie — Sergent  C.  E.  Read; 

2e  "  Croquis  militaire,  etc. — L'élève  W.  H.  Weller; 

3e  "  Anglais— L'élève  A.  P.  O.  Meredith; 

3e  "  Français — L'élève  H.  H.  Lawson. 

14.  Dans  le  concours  de  patrouille  à  cheval  Dundonald,  c'est  la  première  équipe  de 
la  compagnie  C  qui  a  remporté  la  palme. 

15.  L'écusson  offert  en  concours  par  l'honorable  ministre  de  la  Milice,  pour  le 
tir  du  revolver,  a  été  gagné  par  le  sergent  L.  O.  R.  Dozois. 

16.  La  coupe  offerte  en  concours  d'équitation  par  le  major  G.  R.  Hooper,  a  été 
gagnée  par  le  sergent-major  de  compagnie  G.  A.  R.  Spain. 

17.  La  coupe  offerte  par  le  capitaine  E.  C.  Hamilton,  pour  l'enlèvement  d'un 
piquet  de  tente  à  la  pointe  de  la  lame,  a  été  gagnée  par  l'élève  D.  W.  R.  Walker. 

18.  Les  coupes  du  gouvernement  d'Ontario  pour  le  meilleur  tireur  de  chaque  classe 
dans  le  concours  de  tir  annuel,  ont  été  décernées  ainsi:  Dans  la  première  classe,  au 
sergent  W.  T.  MacFarlane;  dans  la  2e  classe,  au  sergent  D.  A.  White,  et  dans  la  3e 
classe,  à  l'élève  G.  G.  Chisholm. 

35— 3* 


36  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

19.  Les  coupes  du  gouvernement  de  Québec  pour  les  trois  élèves  faisant  le  plus 
grand  nombre  de  ncints  à  200,  500  et  600  verges,  au  concours  de  tir  du  fusil  qui  a  eu 
lieu  le  19  juin,  ont  été  gagnées  par  les  messieurs  suivants,  savoir:  Dans  la  Ire  classe, 
par  le  sergent  D.  A.  White;  dans  la  2e  classe,  par  l'élève  L.  C.  Goodeve,  et  dans  la  3e 
classe,  par  l'élève  T.  D.  J.  Ringwood. 

20.  Les  coupes  offertes  par  le  lieutenant-colonel  E.  F.  Wurtele,  de  la  réserve  d'offi- 
ciers, pour  le  meilleur  gymnaste  dans  chaque  chose,  ont  été  décernées  ainsi:  Dans  la 
Ire  classe,  au  sergent-major  de  bataillon  C.  F.  Carson;  dans  la  2e  classe,  au  caporal 
J.  C.  Bail,  et  dans  la  3e  classe,  à  l'élève  A.  B.  McEwen. 

21.  Dans  le  concours  de  gymnastique  entre  compagnies,  la  coupe  offerte  par  le 
major  N.  A.  W.  Scott,  du  collège  militaire  royal,  a  été  gagnée  par  la  compagnie  B. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 
Votre  obéissant  serviteur, 

E.  E.  TAYLOR,  lieutenant- colonel, 

Commandant  du  collège  militaire  royal. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  37 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 


ANNEXE  C. 

RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  D'INSPECTION  DU  COLLEGE  MILITAIRE 

ROYAL,  1908. 
Au  secrétaire  du 

Conseil  de  la  milice. 

Je  transmets,  ci-joint,  le  rapport  de  la  commission  d'inspection  du  collège  mili- 
taire royal  qui  a  siégé  en  mai  dernier. 

W.  D.  OTTER,  général  de  hrigade, 

Président  de  la  commission  d'inspection. 
Ottawa,  14  août  1908. 

RAPPORT. 

La  commission  s'est  réunie  au  collège  militaire  royal,  Kingston,  Ont.,  le  27  mai 
1908,  à  10  heures  du  matin. 

PRÉSENTS. 

Président. — Le  général  de  brigade  W.  D.  Otter,  C.O.V.,  C.B.,  chef  d'état-major 
général  de  la  milice  canadienne,  Ottawa. 

Membres. — M.   C.   E.  W.   Dodwell,  membre  de  la   société  des   ingénieurs  civils 
Halifax,  N.-E. 
Le   révérend   professeur   C.    P.    Choquette,   professeur   au   collège   de 
Saint-Hyacinthe,  P.Q. 

Faisant  fonctions  de  secrétaire. — La  major  C.  F.  Winter,  aide-adjoint  général 
état-major  du  quartier  général,   Ottawa. 

Le  lieutenant-colonel  E.  F.  Taylor,  commandant  du  collège,  a  assisté  aux  séances 
de  la  commission. 

Le  colonel  E.  Fiset,  O.S.E.,  sous-chef  du  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 
Ottawa,  l'un  des  membres  de  la  commission,  a  été  empêché  de  prendre  part  à  ces 
travaux  par  le  poids  des  affaires  administratives. 

Le  colonel  T.  D.  B.  Evans,  C.B.,  A.D.C.,  commandant  du  10e  district  militaire, 
Winnipeg,  Man.,  a  été  retardé  par  un  accident  de  chemin  de  fer  qui  l'a  empêché  d'être 
présent  le  premier  jour. 

La  commission  décida  de  suivre  la  manière  de  procéder  adoptée  en  1906  et  1907, 
et  après  une  inspection  à  fond  des  différents  départements,  bâtiments,  etc.,  de  consi- 
gner les  résultats  de  ses  investigations,  avec  ses  recommandations,  sous  les  rubriques 
correspondantes,  savoir  : 

(a)  Admission  au  collège  et  cours  d'instruction. 

(b)  Personnel  et  administration. 

(c)  Place  et  bâtiments  du  collège. 

A  midi,  le  28  mai,  le  colonel  T.  D.  B.  Evans,  C.B.,  A.D.C.,  l'un  des  membres 
absents  à  la  première  séance,  rallia  la  commission,  qui  le  reste  du  temps  eut  le  bénéfice 
de  sa  coopération.  Les  27,  28  et  29  mai  la  commission  fit  investigation  approfondie 
de  la  gestion  du  collège,  de  son  programme  d'études,  de  tous  bâtiments,  accessoires  et 
appareils,  et  le  30  tint  une  séance  finale  pour  s'entendre  sur  son  rapport. 

La  commission  a  beaucoup  regretté  l'absence  forcée  du  colonel  Fiset,  dont  la 
coopération  aurait  été  d'une  grande  aide  et  utilité. 


38  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
(a)  ADMISSION  AU  COLLEGE  ET  COURS  D'INSTRUCTION. 

PRÉFÉRENCE  AUX  FILS   D'OFFICIERS  DE   LA  MILICE. 

1.  La  question  de  l'opportunité  d'accorder  une  préférence  aux  fils  d'officiers  de  la 
milice,  fut  de  nouveau  mise  devant  la  commission,  qui,  à  l'unanimité,  appuya  les 
recommandations  des  commissions  de  1906  et  de  1907,  à  savoir  :  que  réduire  les  dépenses 
des  élèves  fils  d'officiers  d'un  mérite  éprouvé  serait  reconnaître  un  peu  les  grands 
services  que  beaucoup  de  ceux-ci  rendront  gratuitement  au  pays  et  tendrait  à  établir 
et  entretenir  plus  de  sympathie  avec  le  collège. 

GRADUÉS  SERVANT  DANS  LA  MILICE. 

Service  dans  la  milice  active. 

2.  La  commission  exprime  de  nouveau  le  regret  qu'un  plus  grand  nombre  de  gra- 
dués du  collège  n'entrent  pas  dans  la  milice  active,  dinstincte  de  la  troupe  perma- 
nente. Elle  considère  que  l'instruction  et  l'expérience  acquises  au  collège  seraient  de 
la  plus  grande  utilité  pour  la  milice  et  que  la  nomination  d'ex-élèves  encouragerait  et 
aiderait  de  bien  des  manières  les  unités  de  la  milice  active. 

3.  Le  commandant  lut  une  correspondance  qui  avait  été  échangée  à  ce  sujet  entre 
lui  et  l'adjudant-général.  Celui-ci  avait  mis  en  doute  lo'pportunité  de  nommer  des 
gradués  à  des  corps  de  la  milice  active  dans  les  environs  de  leurs  foyers  domestiques 
et  était  d'avis  que  cela  serait  souvent  impraticable,  étant  donné  qu'un  si  grand  nombre 
des  gradués  trouvaient  de  l'emploi  loin  de  chez  eux.  Il  recommandait  plutôt  que  le 
gradué  sortant  du  collège  eût  le  privilège  de  pouvoir  entrer  dans  le  corps  de  milice 
qui  fût  le  plus  à  sa  convenance.  La  commission  partagea  cet  avis,  et  elle  recomman- 
derait à  la  considération  de  l'honorable  ministre  en  conseil  de  la  milice,  l'opportunité 
de  nommer  les  élèves  gradués  aux  unités  de  la  milice  active,  au  lieu  de  les  nommer, 
comme  à  présent,  à  la  réserve  d'officiers. 

Service  dans  la  troupe  permanente. 

4.  A  l'avis  de  la  commission  il  est  grandement  désirable  qu'il  soit  offert  aux  gra- 
dués quelque  encouragement  à  entrer  dans  la  troupe  permanente  de  la  milice  du 
Canada,  et  elle  recommande  en  conséquence  la  remise  suivante  de  contribution  aux 
élèves  qui,  à  l'époque  où  ils  seront  gradués,  entreront  dans  la  troupe  permanente  en 
qualité  d'officiers,  savoir: 

(1)  Après  un  an  de  service  dans  la  troupe  permanente,  un  remboursement  de 
$100 

(2)  Après  deux  ans  de  service  dans  la  troupe  permanente,  un  remboursement 
de  $100. 

(3)  Après  trois  ans  de  service  dans  la  troupe  permanente,  s'ils  sont  reconnus 
aptes  à  occuper  le  grade  de  capitaine,  un  remboursement  de  $100. 

5.  Comme  alternattive  de  la  proposition  qui  précède,  il  est  suggéré  que  les  $300 
pourraient  être  remboursés  d'un  seul  coup,  à  la  fin  de  la  période  de  trois  ans,  pourvu 
que  l'officier  gradué  eût  passé  l'examen  d'aptitude  pour  le  grade  de  capitaine. 

6.  Un  rapport  favorable  de  l'officier  commandant  du  gradué  devrait  être  une  con- 
dition sine  qua  non  de  tout  et  chaque  remboursement. 

EXAMENS  D'ENTRÉE. 

7.  Dans  le  rapport  de  la  commission  d'inspection  pour  1907  il  est  consigné  que  les 
recommandations  faites  l'année  précédente  quant  au  nombre  de  points  exigé  pour 
l'admission   avaient   été   adoptées   à   l'égard   des   mathématiques   dans   le   programme 


COXSEIL  BELA.  MILICE  39 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

d'études  projeté  pour  1908,  mais  non  pour  l'anglais,  la  géographie,  l'histoire  et  le 
français.  La  différence  était  intentionnelle,  attendu,  expliqua  le  commandant,  qu'on 
désirait  comprendre  à  fond  les  effets  de  l'élévation  du  standard  en  mathématiques 
avant  d'appliquer  un  pareil  changement  aux  autres  matières. 

8.  La  commission  est  d'avis  que  l'idée  du  commandant  est  saine,  et  qu'il  ne  devrait 
pas  être  fait  de  changement  avant  que  le  résultat  de  l'essai  du  présent  système,  rela- 
tivement aux  mathématiques,  ait  été  constaté. 

9.  Elle  recommanderait  que  le  changement  du  nombre  réglementaire  de  points 
exigé  pour  le  français,  l'histoire,  l'anglais  et  la  géographie  fût  différé  une  autre  année 
avant  que  le  minimum  de  points  voulu  soit  augmenté. 

DURÉE  DU  COURS  DU  COLLÈGE. 

10.  La  durée  du  cours  du  collège  a  été  discutée  et  considérée  à  la  lumière  d'une 
autre  année  d'expérience.  Ainsi  que  le  rapporta  la  commission  de  l'année  dernière, 
les  réponses  reçues  des  parents  ou  tuteurs  des  élèves  alors  au  collège,  quant  à  l'oppor- 
tunité de  prolonger  le  cours  à  quatre  ans  furent  en  grande  majorité  en  faveur  de  la 
prolongation.  Mais  comme  il  est  bon  d'avoir  l'avis  des  parents  ou  tuteurs  de  plus 
d'une  liste  annuelle  d'élèves,  il  n'a  pas  jugé  opportun  de  faire  de  recommandations  à 
présent.  Les  membres  de  la  commission  eux-mêmes  sont  convaincus  des  avantagées 
de  la  prolongation  du  cours,  dans  le  cas  où  cela  se  trouverait  praticable. 

PROGRAMME    D'ÉTUDES. — REPARTITION    DU    TEMPS. 

11.  Le  commandant  exposa  que  la  répartition  du  temps  entre  les  différentes 
matières  paraissait  donner  de  bons  résultats.  Une  nouvelle  matière  avait  été  ajoutée 
au  programme  d'études,  savoir  :  "  l'instruction  sur  les  premiers  secours  à  donner  aux 
blessés,  les  bandages,  etc.",  matière  dans  laquelle  il  est  fait  un  examen  et  attribué  des 
points.  La  commission  approuve  cette  addition  et  regarde  comme  satisfaisante  la 
répartition  du  temps  entre  les  différentes  matières  du  programme. 


(b)   PERSONNEL  ET  ADMINISTRATION  INTERIEURE. 

PRÉSENCE. 

12.  Le  commandant  rapporta  que  le  présent  cours  avait  commencé,  en  septembre 
1907,  avec  85  élèves.  Depuis  cette  date  un  élève  était  mort,  un  autre  avait  été  retiré, 
et  un  trosième  avait  été  congédié,  de  sorte  qu'il  en  restait  82  d'inscrits  sur  les  registres 
du  collège.  Les  19  élèves  de  la  première  classe  seront  vraisemblablement  gradués  en 
juin  (le  mois  prochain)  et  l'on  compte  sur  40  nouveaux  élèves  pour  la  prochaine  ouver- 
ture, en  septembre,  ce  qui  portera  le  nombre  à  bien  près  du  maximum  pour  lequel  il 
soit  possible  de  trouver  de  la  place  à  présent. 

13.  La  mort  de  l'élève  dont  il  vient  d'être  fait  mention — G.  W.  Jackson — est  résul- 
tée des  suites  d'un  accident  dont  la  commission  croit  que  les  autorités  du  collège  ne 
sont  aucunement  responsables. 

PERSONNEL  ET  CONTESTATIONS   PHYSIQUES. 

Manœuvre. 

14.  Les  élèves  ont  été  inspectés  à  l'appel  d'exercice  et  vus  à  la  manœuvre  d'infan- 
terie sous  les  ordres  de  leurs  sous-officiers.  L'aspect  et  la  fermeté  de  tous  étaient  très 
remarquables  et  leurs  mouvements  fort  dignes  d"éloge,  les  sous-officiers  se  montrant 
capables  de  commander. 


40  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Gymnase. 

15.  La  majorité  des  élèves  ont  aussi  été  vus  en  classe  dans  le  gymnase,  où  la  com- 
mission a  été  frappée  de  l'aspect  physique  de  tous  sans  distinction  de  grade,  ainsi  que 
de  la  "  prestesse  "  et  de  la  précision  avec  laquelle  les  différents  exercices  ont  été  exécutés. 
La  commission  sent  que  l'excellence  de  ce  spectacle  l'autorise  à  dire  qu'une  grande 
partie  de  l'honneur  en  revient  à  l'instructeur  de  gymnastique,  le  major  Scott,  R.L.M.T., 
et  à  son  aide,  le  sergent-major  Keith 

Pontage. 

16.  La  commission  a  vu  la  deuxième  classe  travailler,  sur  le  terrain,  à  la  construc- 
tion de  chemin  de  fer  .et  de  pont,  et  la  troisième  dessiner  en  classe  d'après  du  matériel 
d'artillerie. 

Equitation. 

17.  Elle  a  aussi  vu  la  troisième  classe,  montée  sur  des  chevaux  fournis  par  l'artil- 
lerie royale  canadienne  à  cheval,  faire  des  exercices  d'équitation  sur  la  place  du  collège. 

Tenue. 

18.  La  tenue  et  la  conduite  des  élèves  en  toutes  occasions,  ainsi  que  le  goût  qu'ils 
paraissaient  prendre  à  la  matière  ou  tâche  du  moment,  ont  fait  une  impression  favo- 
rable sur  la  commission. 

Plaintes. 

19.  La  commission  a  convoqué  devant  elle  deux  élèves  représentatifs  de  chaque 
classe,  les  a  interrogés  relativement  aux  conditions  régnantes — les  invitant  à  formuler 
des  plaintes  s'ils  en  avaient  à  faire  à  quelque  sujet,  et  leur  a  demandé  s'ils  avaient 
des  représentations  à  faire  à  la  commission. 

20.  Tous  répondirent  que  l'ordinaire  en  général  était  satisfaisant,  mais  que  parfois 
le  lait  avait  mauvais  goût,  par  suite  de  la  pasteurisation  à  laquelle  il  était  soumis  par 
ordre  du  ministère. 

21.  On  s'est  plaint  aussi  que  la  qualité  de  l'étoffe  (serge  blanche)  fournie  pour  les 
pantalons  de  récréation  était  inférieure  et  que  le  prix  exigé  pour  les  bottines  ($6) 
était  excessif.  Ces  deux  sujets  sont  traités  sous  la  rubrique  de  "Habillement"  (au 
paragraphe  24). 

22.  La  commission  recommande  qu'à  l'occasion  le  lait  fourni  soit  éprouvé  tel 
qu'envoyé  à  la  table  par  les  chefs  d'ordinaire,  ainsi  que  lorsqu'on  le  reçoit  du  four- 
nisseur. 

Constatations  physiques. 

23.  Les  constatations  suivantes  du  développement  physique  que  les  élèves  de  la 
3e  classe,  entrés  au  collège  en  septembre  1907,  avaient  atteint  après  neuf  mois  de 
séjour,  offrent  de  l'intérêt.  Avec  une  situation  numérique  de  31  élèves,  le  médecin  a 
noté  les  moyennes  suivantes,  savoir 

Age  moyen — 18  ans  et  2  mois. 
Taille  moyenne — 5  pieds  8i  pouces. 
Poitrine,  gonflée — 36f  pouces. 
Poitrine,  non  gonflée — 32  pouces. 
Développement  de  poitrine  moyen — lf  pouce. 

La  commission  regarde  cela  comme  un  excellent  résultat  et  une  bonne  preuve  de 
la  valeur  d'un  exercice  physique  régulier  et  systématique. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  41 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

HABILLEMENT. 

24.  Il  n'a  pas  été  fait  de  plainte  sérieuse  au  sujet  de  l'habillement,  et  les  uniformes 
fournis  paraissaient  bien  aller  aux  élèves,  être  élégants  d'aspect  et  satisfaisants.  Les 
vestes  de  serge  durent  plus  longtemps  qu'autrefois.  On  s'est  plaint  de  la  qualité  de 
l'étoffe  fournie  pour  les  pantalons  de  récréation  et  aussi  du  cuir  dont  étaient  faites  les 
bottines  des  élèves.     Le  prix  que  les  élèves  paient  leurs  bottines  ($6)  paraît  très  élevé. 

Discipline. 

26.  La  commission  a  scruté  à  fond  la  question  du  maintien  de  la  discipline  et  du 
système  pénal,  au  sujet  desquels,  du  reste,  il  n'a  pas  été  fait  de  plaintes.  Le  comman- 
dant rapporta  que  la  discipline  était  très  satisfaisante  et  qu'il  avait  reçu  beaucoup 
d'aide  des  anciens  élèves  sous  ce  rapport. 

27.  La  commission  s'est  spécialement  enquise  du  commandant  et  des  professeurs, 
aussi  bien  que  des  élèves  eux-mêmes,  s'il  se  faisait  des  brimades  ou  si  des  élèves  étaient 
les  souffre-douleur  des  autres,  mais  ii  ne  paraît  y  avoir  de  preuve  qu'aucune  de  ces 
coutumes  soit  maintenant  en  honneur  au  collège.  Le  commandant  dit  qu'il  avait  reçu, 
de  personnes  intéressées  à  la  prospérité  du  collège,  des  lettres  affirmant  que  la  disci- 
pline, les  manières  et  la  conduite  des  élèves  étaient  dignes  de  louange.  Un  des  mem- 
bres de  la  commission  déclara  qu'il  avait  entendu  dire  qu'il  existait  un  sentiment  de 
malaise  et  d'hostilité  entre  la  première  classe  et  la  classe  cadette,  mais  cela  a  été  nié 
par  des  représentants  des  trois  classes. 

ALIMENTATION  D'EAU. 

28.  Relativement  à  l'alimentation  d'eau  au  collège,  le  commandant  exposa  qu'il 
était  arrivé  une  fois,  l'automne  précédent,  que  l'eau  fût  mauvaise,  mais  qu'autrement 
l'alimentation  d'eau  filtrée  n'avait  pas  fait  défaut.  Présentement  l'alimentation  d'eau 
est  regardée  comme  très  satisfaisante,  les  rapports  de  l'examen  bactériologique  pério- 
dique la  montrant  exempte  de  contamination. 

29.  La  commission  a  visité  le  château  d'eau  et  inspecté  les  filtres;  elle  a  aussi  vu 
laver  ceux-ci.  Tout  lui  a  paru  être  en  bon  état.  Un  élève  s'est  plaint  que  l'on  faisait 
encore  bouillir  l'eau  à  boire,  et  que,  par  conséquent,  elle  était  désagréable  au  goût. 
Etant  donnée  l'efficacité  de  l'appareil  de  filtrage,  il  ne  semblerait  pas  être  nécessaire  de 
maintenir  la  précaution  de  faire  bouillir  l'eau  potable  à  l'usage  du  collège. 

30.  A  l'égard  de  la  défectueuse  alimentation  d'eau  en  dehors  de  l'enceinte  inté- 
rieure de  la  place  du  collège — chose  que  la  commission  a  signalée  dans  ses  deux  der- 
niers rapports,  la  condition  reste  la  même  qu'avant,  c'est-à-dire  que  le  service  est  tout 
à  fait  insuffisant.  Le  commandant  exposera  qu'il  avait  fait  rapport  de  la  chose  au 
quartier  général,  avec  recommandation  d'y  porter  remède,  mais  que  tant  qu'il  ne  se- 
rait pas  affecté  de  fonds  au  prolongement  des  conduites  d'eau,  il  n'y  avait  rien  à  faire. 

31.  La  commission  recommande  fortement  que  le  projet  de  prolongement  de  la 
distribution  d'eau  jusqu'à  l'enceinte  extérieure  soit  mis  à  exécution  pendant  les  va- 
cances d'été,  de  sorte  que  l'ouvrage  soit  achevé  à  la  réouverture  du  collège  en  sep- 
tembre.    L'insuffisance  d'eau  implique  encore  de  graves  dangers  en  cas  d'incendie. 

ÉTAT  SANITAIRE. 

32.  La  commission  a  visité  l'infirmerie  du  collège  et  l'a  trouvée  en  excellent  état. 
Lors  de  la  visite  de  la  commission  il  n'y  avait  pas  de  malades  à  l'infirmerie,  tout  ce 
qu'il  y  avait  eu  à  traiter  depuis  quelque  temps  étant  quelques  légères  indispositions. 

SANTÉ  DES  ÉLÈVES. 

33.  En  général  la  santé  des  élèves  a  été  meilleure  que  l'année  dernière,  et  celle 
dos  employés  a  été  bonne  aussi.  Il  ne  s'est  produit  aucun  cas  de  maladie  grave  de- 
puis quelques  mois. 


42  MINISTERE  DE  LA   Ml  LU  'E  ET  DE  LA  Dl 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
FOURNITURE  DE  LAIT. 

34.  Le  commandant  rapporta  que  la  fourniture  de  lait,  à  laquelle  on  s'en  est  pris 
de  la  mauvaise  santé  des  élèves  il  y  a  environ  deux  ans,  était  maintenant  très  satis- 
faisante, et  que  tous  les  jours  le  lait  était  stérilisé.  Ainsi  qu'il  l'a  été  dit  dans  un 
précédent  paragraphe,  on  s'est  plaint  que  ce  procédé  laissait  au  lait  un  goût  désa- 
gréable. 

35.  La  commission  considère  que  la  pasteurisation  du  lait  devrait  être  faite  de 
manière  à  faire  disparaître  ce  sujet  de  plainte.  L'appareil  est  temporairement  ins- 
tallé dans  le  sous-sol  de  l'infirmerie,  mais  le  nouveau  local  qu'on  est  actuellement  à 
préparer  pour  l'y  mettre  devrait  être  achevé  le  plus  tôt  possible.  (Voir  paragraphe 
G3.) 

PERSONNEL  SUPÉRIEUR. 

36.  La  nomination  d'un  quartier-maître,  par  suite  de  la  recommandation  de  la 
commission  il  y  a  deux  ans,  a  été  d'une  grande  utilité.  Tous  les  membres  du  person- 
nel supérieur  paraissent  être  capables  et  s'acquitter  de  leurs  devoirs  respectifs  d'une 
manière  très  satisfaisante. 

Le  commandant  dit  qu'il  était  bien  appuyé  par  tous  ses  officiers. 

PERSONNEL  SUBALTERNE. 

37.  En  employant  un  clairon  de  l'artillerie  royale  canadienne  montée,  on  a  remé- 
dié au  manque  d'un  bon  clairon  pour  sonner  les  appels  des  élèves.  En  réalité  le  pré- 
sent système  est  une  réduction  de  deux  clairons  à  un,  arrangement  de  la  durabilité 
duquel  doute  la  commission. 

38.  Le  professeur  de  physique  et  de  chimie  demanda  la  nomination  d'un  aide  qui 
puisse  manier  l'appareil  dont  il  a  charge  et  en  avoir  soin. 

39.  Il  fut  suggéré  par  le  commandant  que  le  garçon  de  table,  qui  est  chargé  de  la 
stérilisation  du  lait,  pourrait  aussi  être  capable  de  faire  le  travail  nécessaire  dans  la 
classe  de  physique  et  de  chimie. 

40.  Le  commandant  dit  qu'autorisation  avait  été  reçue  de  prendre  un  domestique 
de  plus,  si  les  crédits  du  collège  le  permettaient. 

41.  La  commission  est  d'avis  qu'il  devrait  être  ajouté  au  personnel  subalterne  un 
employé  de  plus  qui  puisse  faire  le  travail  relatif  à  la  stérilisation  du  lait  et  avoir 
soin  de  l'appareil  et  des  instruments  chimiques.  La  commission  recommande  aussi 
qu'il  soit  ajouté  un  homme  subalterne,  dans  la  personne  d'un  canonnier  instruit  de 
l'artillerie  royale  canadienne  montée,  pour  prendre  spécialement  soin  des  canons  et 
du  matériel  d'artillerie.  Comme  il  l'est  dit  au  paragraphe  concernant  cette  matière, 
les  nombreuses  bouches  à  feu  et  leurs  parties  assez  compliquées  (par  exemple,  la  pièce 
de  4.7",  un  nouveau  canon  de  18,  outre  le  canon  de  3"  à  tir  rapide  et  la  mitrailleuse 
Maxim)  ont  besoin  qu'un  homme  en  ait  constamment  soin.  Cette  recommandation 
implique  simplement  les  frais  représentés  par  la  solde  supplémentaire  d'un  canonnier, 
savoir  2  cents  par  jour. 

PENSIONS. 

42.  Il  a  été  reçu  des  membres  du  personnel  civil  du  collège  une  pétition  deman- 
dant qu'il  soit  établi  un  système  de  retraite  pour  le  personnel  civil,  tant  supérieur  que 
subalterne.  La  commission  est  fortement  d'avis  que  pareille  mesure  serait  avanta- 
geuse pour  le  collège  et  rehausserait  la  valeur  de  cette  institution  en  faisant  recher- 
cher davantage  les  emplois  de  professeurs  et  les  nominations  à  d'autres  postes..  Il 
serait  aussi  plus  facile  de  mettre  à  la  retraite  les  officiers  et  autres  employés  trop  âgés 
et  insuffisants.  La  commission  recommande  que  la  pétition  en  question,  ci-annexée 
comme  appendice  A*,  soit  regardée  d'un  bon  œil  par  le  ministre  et  le  conseil  de  la 
milice. 


CONSEIL  DE  LA   MILICE  43 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

RÉMUNÉRATION  DU    PERSONNEL    SUPERIEUR. 

43.  Les  professeurs  civils  représentèrent  qu'un  remaniement  plus  équitable  des 
appointements  s'imposait,  étant  donné  que  la  vie  coûte  beaucoup  plus  cher  mainte- 
nant et  que  les  échelles  de  rémunération  ont  été  augmentées  dans  les  principales  uni- 
versités du  pays. 

44.  Des  demandes  déterminées  furent  reçues  du  professeur  de  mathématiques 
ainsi  que  des  professeurs  d'anglais  et  de  français,  respectivement. 

45.  M.  H.  J.  Dawson,  professeur  adjoint  de  mathématiques,  demanda  a  être  traité, 
quant  aux  appointements,  sur  le  même  pied  que  les  professeurs  adjoints  de  génie  ci- 
vil, de  levé  des  plans  et  de  topographie  militaire,  qui  touchent  maintenant  de  $1,500  à 
$1,800  par  années,  tandis  qu'il  a  servi  7^  ans  à  la  rémunération  de  $1,200  à  $1,500,  et 
qu'il  ne  touche  actuellement  que  ce  qui  est  payé  aux  débutants  dans  d'autres  emplois. 
($1,500).     Sa  demande  est  annexée  au  présent  rapport  comme  appendice  B.* 

46.  La  commission  est  pénétrée  de  la  justice  de  sa  demande,  comme  aussi  de  celles 
faites  par  les  professeurs  d'anglais  et  de  français,  respectivement.  Elle  est  d'avis  que 
le  temps  est  venu  où  un  remaniement  est  non  seulement  mérité  par  les  particuliers 
intéressés,  mais  aussi  propre  à  rehausser  la  valeur  et  solidité  du  collège,  puisque,  dans 
le  cas  où  il  se  produirait  des  vacances  il  faudrait  accorder  à  de  nouveaux  hommes  les 
mêmes  échelles  de  rémunération  que  celles  maintenant  demandées  par  des  professeurs 
qui  servent  depuis  longtemps  et  sont  accoutumés  aux  élèves. 

47.  La  commission  recommande  fortement: 

(a)  Que  la  question  de  la  rémunération  des  professeurs  civils  du  personnel  soit 

attentivement  étudiée  par  l'honorable  ministre  et  les  membres  du  conseil 
de  la  milice,  à  la  lumière  des  présentes  échelles  d'appointements  adoptées 
aux  universités  McGill  et  de  Toronto. 

(b)  Que  les  appointements  des  professeurs  d'anglais  et  de  français  soient  rema- 

niés de  manière  à  varier  de  $1,500  à  $1,800  par  année,  au  lieu  de  $1,200  à 
$1,500  comme  à  présent. 

(c)  Que  le  professeur  adjoint  de  mathématiques  soit  placés,  quant  aux  appointe- 

ments, sur  le  même  pied  que  les  professeurs  adjoints  de  génie  civil,  de 
levé  des  plans  et  de  topographie  militaire,  savoir:  $1,500  à  $1,800. 

48.  Bien  que  le  commandant  et  les  professeurs  militaires  n'aient  pas  demandé 
que  leurs  positions  respectives  soient  améliorées,  la  commission  est  d'avis  que  la 
charge  de  commandant  du  collège  militaire  royal  mérite  une  considération  spéciale  de 
la  part  du  ministère.  Les  appointements  de  cet  important  emploi  sont  les  mêmes 
aujourd'hui  que  lors  de  l'établissement  du  collège,  il  y  a  30  ans,  bien  que  le  coût  de  la 
vie  ait  augmenté  de  près  de  40  pour  100  depuis  ce  temps-là.  Le  commandant  a  à 
répondre  à  beaucoup  d'appels,  et  il  devrait  être  soutenu,  en  fait  de  rémunération,  de 
manière  à  lui  permettre  d'y  répondre  avec  dignité  et  une  générosité  convenant  à  la 
position.  La  commission  considère  qu'une  augmentation  de  25  pour  100  dans  les 
appointements  du  commandant  ne  serait  pas  plus  que  ce  que  justifie  l'accroissement 
du  coût  de  la  vie,  etc.,  attendu  que  la  présente  échelle  de  rémunération  a  été  fixée  en 
1878,  et  recommande  que  ceci  soit  favorablement  pris  en  considération. 

RÉCRÉATION   DES   ÉLÈVES. 

49.  Ainsi  que  recommandé  dans  de  précédents  rapports,  la  commission  est  d'avis 
qu'il  devrait  être  établi  de  meilleurs  moyens  de  récréation  pour  l'hiver.  Les  élèves  font 
amplement  usage  du  gymnase,  mais  il  leur  faut  en  outre  des  amusements  hors  des 
murs  du  colège,  et  il  devrait  être  construit  un  bâtiment  pouvant  servir  de  patinoir  et 
de  salle  d'exercice.  Surtout  est-il  besoin  d'un  pavillon  où  faire  l'exercice  par  les 
mauvais  temps.    La  commission  recommande  donc  qu'il  soit  bientôt  pourvu  à  la  cons- 

*Cet  appendice  n'a  pas  été  imprimé. 


44  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

truction  du  bâtiment  nécessaire,  afin  que,  si  c'est  possible,  il  soit  prêt  pour  l'hiver 
prochain. 

HANGAR   ET  ARMEMENT   D'ARTILLERIE. 

50.  La  commission  a  visité  le  hangar  et  minutieusement  inspecté  l'artillerie.  Tout 
a  été  trouvé  dans  un  état  raisonnablement  satisfaisant,  bien  qu'il  fût  évident  qu'avec  la 
diversité  et  le  nombre  des  bouches  à  feu  le  besoin  d'un  préposé  spécial  pour  les  nettoyer, 
les  huiler,  etc.,  s'imposait.  Le  ministère  a  considérablement  amélioré  l'armement 
d'artillerie  en  munissant  le  collège  d'une  des  nouvelles  pièces  de  campagne  impériales 
de  18,  qui  procureront  aux  élèves  l'avantage  d'une  instruction  tout  à  fait  moderne  en 
artillerie  de  campagne,  tandis  que  les  canons  de  4-7  pouces  et  de  3  pouces  à  tir  rapide 
leur  offrent  tout  ce  qu'il  faut  pour  le  service  de  place. 

51.  Il  faut  de  menus  accessoires,  tels  que  la  hausse  automatique  et  des  cams  pour 
le  canon  de  4-7  pouces,  bien  que  la  commission  ait  été  informée  que  marché  a  été  fait 
pour  la  fourniture  de  ces  articles. 

52.  La  commission  recommanderait  que  le  canon  de  4-7  pouces,  actuellement  dans 
un  hangar  en  arrière  du  dortoir,  soit  monté  dans  le  fort  Frédéric,  vu  que  cela  serait 
plus  commode  pour  les  fins  d'exercice  et  d'instruction. 

ÉQUIPEMENT    DU    GENIE. 

53.  Les  pontons  et  bateaux  nécessaires  pour  l'instruction  en  construction  de  pont, 
recommandés  dans  le  rapport  de  la  commission  pour  1907,  ont  été  fournis,  mais  le  pro- 
fesseur de  génie  militaire  a  demandé  instamment  un  des  nouveaux  bateaux  articulés 
Burton  (modèle  James),  vu  qu'ils  sont  plus  d'actualité.  La  commission  partage  son 
avis  là-dessus. 

(c)  PLACE  ET  BATIMENTS  DIT  COLLEGE. 

PLACE. 

54.  La  commission  désire  attirer  l'attention  du  conseil  de  la  milice  sur  la  nécessité 
d'améliorer  les  dépendances  du  collège.  Le  collège  militaire  royal  du  Canada  devrait 
être  un  lieu  qui  fasse  une  bonne  impression  aux  visiteurs,  et  la  commission  ne  peut 
pas  dire  qu'il  en  soit  présentement  ainsi. 

55.  Les  réparations  le  long  du  bord  de  la  baie  Navy,  recommandées  dans  les  deux 
derniers  rapports,  n'ont  pas  encore  été  faites,  et  la  commission  réitère  sa  recommanda- 
tion qu'il  soit  élevé  un  solide  mur  de  béton  tout  le  long  du  water  front  en  arrière  du 
dortoir,  sur  une  distance  d'environ  800  à  900  pieds.  Lors  de  sa  visite,  l'eau  excessive- 
ment haute  du  lac  Ontario  inondait  la  plupart  des  quais  et  des  débarcadères,  avec  leurs 
remises  à  embarcations  et  bâtiments  de  service,  et  une  grande  partie  de  l'avant-terre 
était  en  mauvais  état.  Un  mur  comme  celui  qui  est  recommandé  servirait  de  brise- 
lames  et  empêcherait  l'affouillement  du  water  front,  etc.,  en  même  temps  qu'il  offri- 
rait un  abri  aux  bateaux,  cutters,  etc.,  du  collège. 

50.  La  commission  attire  aussi  l'attention  sur  le  délabrement  des  hangars  à  embar- 
cations, qui  maintenant  sont  non  seulement  presque  impropres  à  leurs  fins,  mais  aussi 
fort  laids.  La  construction  de  bâtiments  appropriés  ne  coûterait  pas  bien  cher,  et  ce 
serait  le  moyen  de  conserver  les  bateaux  du  collège,  qui,  présentement,  sont  si  peu 
protégés  qu'ils  exigent  tous  les  ans  une  forte  dépense  en  frais  de  réparation.  La  com- 
mission soumet  que  le  soin  de  la  place  et  des  bâtiments  devrait  recevoir  plus  d'attention 
de  la  part  du  gouvernement,  dans  les  intérêts  de  la  réputation  du  collège  auprès  du 
public  en  général. 

*Cet  appendice  n  a  pas  été  imprimé. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  45 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

CHAMP  DE  TIR. 

57.  Le  champ  de  tir,  qui  a  été  trouvé  convenable  et  sûr,  est  utilisé  par  les  élèves 
et  parfois  par  le  14e  chasseurs  à  pied  du  Prince  de  Galles,  en  attendant  qu'il  en  soit 
acquis  un  autre  pour  la  milice  locale. 

GYMNASE. 

58.  Le  gymnase  a  été  visité  et  trouvé  en  excellent  état,  avec  son  équipement  des 
plus  modernes  et  des  plus  complets.  L'appareil  de  précision  et  de  correction  de  tir  du 
fusil  (sub  target  gun)  recommandé  l'année  dernière  a  été  procuré  au  collège  et  est 
maintenant  en  service,  mais  la  commission  a  remarqué  avec  regret  qu'il  n'était  pas 
ajusté  comme  il  faut  lors  de  son  inspection. 

LOGEMENTS   DES   EMPLOYES   SUBALTERNES. 

59.  La  commission  a  remarqué  avec  grande  satisfaction  qu'il  avait  été  pris  des 
mesures  pour  construire  de  nouveaux  logements  pour  les  employés  subalternes  du 
personnel  civil.  Ces  logements  consisteront  en  deux  rangées  de  8  maisons  chacune, 
qui  étaient  en  cours  de  construction  lors  de  la  visite  de  la  commission.  Il  est  entendu 
que  lorsqu'elles  seront  achevées  les  vieux  bâtiments  seront  démolis  et  enlevés,  chose 
qui  relèvera  beaucoup  un  côté  de  la  place  du  collège. 

ÉCURIES. 

60.  Les  écuries  neuves  sont  dans,  le  même  état  que  l'année  dernière  et  ne  pour- 
ront être  utilisées  que  lorsqu'il  sera  établi  des  logements  pour  les  hommes  qui  auront 
soin  des  chevaux.  La  commission  est  informée  qu'on  est  à  prendre  des  mesures  pour 
remédier  à  ce  défaut. 

BÂTIMENTS    DE    SERVICE. 

61.  La  commission  a  inspecté  les  différents  bâtiments  de  services  du  collège,  et, 
en  somme,  les  a  trouvés  dans  un  état  généralement  bon. 

DORTOIR. 

62.  Le  dortoir  a  été  visité  et  trouvé  en  bon  état.  Il  y  a  été  installé  un  nouveau 
système  de  ventilation  qui  paraît  fonctionner  d'une  manière  satisfaisante.  Les  plan- 
chers en  bois  mou  qui  avaient  besoin  d'être  renouvelés  l'année  dernière  ont  été  rem- 
placés par  des  planchers  en  bois  dur  dans  l'été  de  1907.  Personne  ne  s'est  plaint  de 
la  température  des  chambre  l'hiver  dernier.     Les  planchers  des  lavoirs  ont  été  bétonnés. 

BÂTIMENT    PRINCIPAL.  ; 

63.  Le  bâtiment  principal  a  été  inspecté  et  trouvé  en  assez  bon  état,  de  même  que 
le  logement  du  chef  d'ordinaire,  la  cuisine,  les  garde-manger  etS  les  installations  fri- 
gorifiques. 

64.  La  commission  a  aussi  vu  un  nouveau  système  de  stérilisation  du  lait.  II 
n'est  pas  encore  en  état  de  fonctionnement,  parce  que  l'appareil  réfrigérant  n'est  pas 
encore  installé.  La  commission  insisterait  sur  l'achèvement  immédiat  de  cet  impor- 
tant accessoire. 

65.  L'attention  de  la  commission  a  été  appelée  sur  la  possibilité  d'agrandir  la 
salle  de  dessin  en  modifiant  une  partie  de  l'attique  dans  le  bâtiment  principal,  et 
elle  recommanderait  que  le  commandant  fût  autorisé  à  soumettre  une  estimation  du 
coût  de  l'ouvrage,  pour  que  le  conseil  de  la  milice  en  délibère. 


46  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
PROTECTION    CONTRE    LE    FEU. 

66.  La  commission  a  fait  sonner  l'alarme  d'incendie  à  l'improviste,  et  la  vivacité 
avec  laquelle  officiers  et  élèves  se  sont  précipités  à  leurs  postes  respectifs  lui  a  paru 
digne  des  plus  grands  éloges.  Les  boyaux  et  l'appareil  à  incendie  paraissaient  être 
en  bon  état,  et  plusieurs  jets  d'eau  furent  lancés  à  une  bonne  hauteur  en  très  peu 
de  temps  après  que  l'alarme  eût  été  sonnée.  Le  commandant  a  invité  le  quartier 
général  à  examiner  attentivement  dans  son  ensemble  la  question  de  la  protection  du 
collège  contre  le  feu,  et  particulièrement  des  bâtiments  de  l'enceinte  extérieure,  at- 
tendu que  la  protection  en  dehors  de  l'enceinte  principale  ou  intérieure  est  entièrement 
insuffisante.  Etant  donné  le  danger  en  cas  d'incendie,  la  commission  presserait  le 
ministère  d'agir  le  plus  tôt  posible.  Elle  recommande  aussi  de  procurer  au  collège 
quelques  longues  échelles  au  moyen  desquelles  les  étages  supérieurs  du  bâtiment  prin- 
cipal puissent  être  atteints  de  l'extérieur.  Il  devrait  lui  être  fourni  aussi  un  cer- 
tain nombre  d'extincteurs  portatifs  du  modèle  le  plus  récent  et  le  plus  perfectionné. 

VOYAGE  À  OTTAWA — VISITE  DE  SÉNATEURS  ET  DE  DEPUTES. 

G7.  La  commission  réitère  sa  recommandation  de  l'année  dernière  relativement 
à  l'opportunité  d'attirer  davantage  l'attention  des  membres  du  parlement,  des  minis- 
tres de  la  Couronne  et  autres  fonctionnaires  d'Ottawa  sur  l'œuvre  du  collège,  et  elle 
recommanderait  que  les  élèves  fissent  un  voyage  à  la  capitale  pendant  la  session,  si 
c'est  possible.  Si  cela  était  jugé  impraticable,  il  pourrait  être  possible  de  faire  en 
sorte  qu'un  certain  nombre  de  sénateurs  et  de  députés  se  rendent  à  Kingston  et  là 
voient  les  élèves  à  l'œuvre  et  à  l'exercice.  De  cette  manière  beaucoup  de  ce  qui  se 
fait  au  collège  militaire  royal,  dont  nos  législateurs  sont  peu  informés,  deviendrait 
mieux  connu  et  serait  plus  apprécié. 


CONCLUSION. 

68.  Pour  clore  ce  rapport,  la  commission  désire  consigner  son  appréciation  de 
l'aide  que  le  commandant  et  le  personnel  lui  ont  prêtée  en  facilitant  ses  diverses  ins- 
pections et  investigations. 

69.  La  commission  a  trouvé  le  collège  généralement  dans  un  état  de  suffisance, 
le  cours  d'études  judicieusement  tracé  et  destiné  à  douer  un  jeune  homme  non  seule- 
ment des  principales  connaissances  nécessaires  pour  réussir  dans  presque  n'importe 
quelle  carrière,  mais  de  la  confiance  en  ses  propres  forces,  du  respect  de  soi-même  et 
d'un  bon  physique.  Le  personnel  de  professeurs  et  d'instructeurs,  tant  militaire  que 
civil,  lui  a  paru  suffisant  et  tout  à  fait  capable,  s'acquittant  de  ses  devoirs  avec  zèle 
et  consciencieusement. 

70.  Les  différentes  recommandations  faites  dans  le  présent  rapport  ne  visent  qu'à 
donner  plus  de  valeur  à  une  institution  nationale  dont  les  gradués  ont,  tant  comme 
soldats  que  comme  ingénieurs,  jeté  du  lustre  sur  leur  pays  dans  beaucoup  de  parties 
de  l'empire  et  du  monde. 

71.  La  commission  profite  de  cette  occasion  d'appeler  l'attention  du  conseil  de 
la  milice  et  du  gouvernement  sur  le  fait  qu'avant  longtemps  le  collège  militaire  royal 
devra  prendre  plus  d'importance  par  suite  de  ce  que  les  troupes  impériales  ont  été 
retirées  du  pays  et  de  ce  que  le  gouvernement  canadien  s'est  chargé  de  la  défense  na- 
tionale. Il  n'est  pas  improbable  que  lorsque  notre  population  aura  doublé  il  pourra 
être  jugé  à  propos  de  le  transformer  en  une  école  militaire,  purement  et  exclusivement, 
comme  celles  de  Sandhurst  et  de  West-Point.  A  la  commission  il  paraît  plus  que 
probable  que  dans  un  avenir  rapproché  le  nombre  de3  jeunes  gens  qui  demanderont 
à  être  admis  augmentera  tellement  qu'il  faudra  trouver  le  moyen  d'en  loger  davantage. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  47 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

72.  Le  collège  militaire  royal  est  à  la  fois  une  admirable  institution  et  un  hon- 
neur pour  le  Dominion,  et,  suivant  une  voie  moyenne  entre  la  parcimonie  et  l'extrava- 
gance, il  devrait  être  soutenu  et  maintenu  d'une  manière  digne  également  du  bien 
qu'il  fait  et  de  son  haut  rang  parmi  les  collèges  canadiens. 

Respectueusement  soumis, 

W.  D.  OTTEE,  Général  de  brigade, 

Chef  d'état-major  général. 

T.   D.   B.   EVANS,    Colonel, 

Commandant  du  10e  district  militaire. 

C.  E.   W.  DODWELL, 

Ingénieur  dirigeant,  dépt  des  travaux  publics,  Halifax,  N.-E. 

C.  P.  CROQUETTE, 

Supérieur  du  collège  de  Saint- Hyacinthe. 

CHARLES  F.  WINTER,  major, 

Aide-adjudant-général   adjoint,   secrétaire   intérimaire. 

Kingston,  Ont., 

30  mai  1908. 


48  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

APPENDICE    D. 

KAPPORT  DU  DIRECTEUR  DE  L'ARSENAL  FEDERAL. 

Québec,  7  janvier  1909. 
A  l'honorable 

Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Monsieur  le  ministre, — J'ai  l'honneur  de  faire  le  rapport  qui  suit  sur  les  opéra- 
tions de  cet  établissement  pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

2.  Ci-suit  un  relevé  des  crédits  votés  par  le  parlement  et  de  la  dépense  faite  pen- 
dant l'exercice: — 

Montant  des  allocations  pour,  l'exercice  clos  le  31  mars 

1908 $416,000  00 

Montants  remboursés 11,344  46 

Montant  au  crédit  de  l'allocation,  31  mars  1907 4,615  31 

$431,959  77 

Montant  des  dépenses  pour  l'exercice  clos  le  31  mars 

1908 $431,890  38 

Montant  en  caisse  au  crédit  des  allocations,  le  31  mars 

1908 69  39 

.  $431,959  77 


EMPLOYES    ET    BORDEREAU    DE    PAYE. 

3.  Nombre  moyen  d'employés,  362.  Montant  total  des  appointements,  salaires  et 
gages  payés,  $131,923.87. 

QUALITE  DES  PRODUITS  DE   LA  CARTOUCHERIE. 

3.  La  lettre  suivante  montre  que  la  qualité  de  nos  produits  est  loin  d'avoir 
baissé  : — 

Ottawa,  9  septembre  1908. 
Cher  colonel  Gaudet, 

Maintenant  que  le  concours  de  la  société  fédérale  de  tir  du  fusil  est  fini,  je  vous 
écris  avec  beaucoup  de  plaisir  pour  vous  dire  que  du  commencement  à  la  fin  de  oe 
concours  je  n'ai  pas  reçu  une  seule  plainte  au  sujet  des  munitions.  Cela  en  dit  long 
sur  l'excellence  des  cartouches  cette  année,  car  je  ne  me  rappelle  pas  que  la  même 
chose  soit  arrivée  dans  les  25  ans  depuis  lesquels  j'assiste  à  des  tirs  fédéraux.  Les 
résultats  en  points  ont  été  élevés  et  tout  s'est  passé  d'une  manière  très  satisfaisante. 
J'ai  pensé  qu'il  n'était  que  juste  de  vous  écrire  tout  de  suite  pour  vous  faire  savoir 
combien  le  produit  de  l'arsenal  a  été  apprécié,  chose  que  prouve  l'absence  complète  de 
plaintes. 

A  vous  sincèrement, 

CHARLES  F.  WINTER,  major, 
Secrétaire  de  la  S.F.T. 
Au  lieutenant-colonel  F.  M.  Gaudet, 

Directeur  de  l'arsenal  fédéral. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  49 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

AGRANDISSEMENTS  ET  ADDITIONS. 

5.  Il  s'est  produit  des  retards  considérables  dans  la  construction  du  nouveau  bâti- 
ment (magasin  et  bureaux),  et  l'on  est  en  instance  auprès  du  ministère  des  Tra- 
vaux publics  pour  qu'il  hâte  l'achèvement  de  cet  ouvrage.  Il  a  été  élevé  un  nouveau 
bâtiment  pour  y  installer  l'outillage  à  gaz,  et  l'on  espère  que  ce  matériel  sera  sous  peu 
mis  en  fonctionnement.  On  projette  de  substituer  le  gaz  à  la  houille  et  au  coke  dans 
\f-  chauffage  de  tous  les  fourneaux,  produisant  ainsi  de  meilleurs  articles  et  en  rédui- 
sant le  prix  de  revient.  Il  a  été  installé  des  générateurs  électriques  fournissant  une 
augmentation  de  force  motrice  de  100  chevaux.  Les  machines  achetées  pour  la  fabri- 
cation d'étuis  de  cartouches  de  canons  à  tir  rapide,  et  il  a  été  fait  de  satisfaisants 
progrès  dans  la  fabrication  d'outils  et  de  cylindres  vérificateurs  ou  calibres. 

SYSTÈME   DE   COMPTABILITE. 

6.  Pendant  que  j'étais  à  Woolwich  l'hiver  dernier,  j'ai  eu  occasion  d'examiner  les 
méthodes  de  comptabilité  en  usage  dans  les  arsenaux  impériaux,  et  nous  sommes  à 
modifier  notre  système  en  conséquence,  autant  que  les  circonstances  le  permettent, 
afin  que  le  prix  de  revient  puisse  être  déterminé  par  des  moyens  semblables,  et  aussi 
offrir  une  comparaison  plus  exacte. 

PRIX  DE  REVIENT. 

7.  Ainsi  que  prévu  l'année  dernière,  le  prix  de  revient  a  considérablement  aug- 
menté, avec  celui  des  matières  premières.  Les  gages  aussi  ont  monté,  et  par  suite  de 
changements  apportés  au  tarif  nos  frais  ont  encore  été  accrus  par  le  fait  qu'il  nous  a 
fallu  acquitter  des  droits  de  douane  jusqu'à  concurrence  de  $7,189.57,  ainsi  que  le 
montre  le  bilan  sommaire  ci-joint.  Dans  la  fabrication  du  cupro-nickel  il  a  été  ren- 
contré des  obstacles  qui  ont  causé  des  pertes  parfois  considérables.  La  fabrication  de 
cet  alliage  présente  de  grandes  difficultés,  et  le  sujet  reçoit  une  sérieuse  attention. 

RECOMMANDATIONS. 

8.  La  fabrication  d'étuis  de  cartouches  d'armes  à  tir  rapide  rend  nécessaire  de 
trouver  plus  d'espace  dans  l'atelier  où  l'outillage  a  été  installé.  On  projette  de  dé- 
placer les  menuisiers  et  les  faiseurs  de  modèles,  pour  lesquels  le  besoin  d'un  bâtiment 
tout  près  de  l'arsenal  se  fait  sentir  d'une  manière  très  pressante. 


ETATS. 

9.  Sont  respectueusement  soumis  les  états  qui  suivent: — 


35-  4 


50 


MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
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CONSEIL  DE  LA  MILICE 


51 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

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52  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

RELEVÉ  DES  DEPENSES  INDIRECTES,  1907-08. 

Dépenses  à  l'égard  des  services  suivants,  non  imputables  directement  sur  les  commandes  : — 

Appointements  et  salaires  du  personnel ...$  20,016  72 

Force  motrice,  chauffage  et  éclairage — 

Gages .9    3,142  19 

Matériaux 7,362  46 

10,504  65 


Entretien  des  bâtiments 5,734  95 

Alimentation  d'eau 1,500  00 

Enlèvement  de  la  neipe 500  00 

Frais  de  déplacement 728  88 

Papeterie  et  frais  de  port 3^3  10 

Téléphone 89  00 

Frais  divers 8,425  93 

Du  compte  du  capital — 

5%  de  dépréciation  sur  les  bâtiments ?..  $     6,826  44 

10%  m  h       machinées 10,615  98 


20%  „  „        ................!......!         '802  18 


18,244  60 


$  66,067  83 
A  déduire— Montants  pris  en  atténuation  des  dépenses  indirectes  : 

Règlement  de  compte 286  55 


Total  net $  65,781  28 

Nota. — Ce  montant,  ainsi  que  la  dépense  indirecte  de  chaque  fabrique,  a  été  réparti  comme  pourcent 
général  sur  le  travail  direct,  dans  chaque  fabrique  ainsi  qu'indiqué  ci-après. 

Pourcents  généraux  sur  le  travail  direct,  pour  l'exercice  1907-08— 

Atelier 7282 

Cartoucherie 7299 

Fabrique  d'obrs 8908 

Laminoir 105*28 

Fonderie 17267 

Taux  moyen 10657 


CONSEIL  DE  LA  MILICE 


53 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 


Caisses  à  munitions  d'infanterie,  spéciales ... 

n  it  ii  ii         réparées 

m  m  n  U.  G.,  n        

„  u  ii  tir  réduit  ou  à  blanc 

„  m  ii  n  n  réparées.. 

Boîtes  obturatrices,  cousinets  disques,  pièces  de  15  et  12 

Caisses  à  projectiles,  obus  à  balles,  can.  de  12  C.C.  ou  à  T.R 

,,                 m                        ii                  n                n               répar. . 
Cartouches  à  balles,  armes  portatives,  '303"  cordite,  modèle  VI . . . 
»                            n                       m                  tir  réduit,  mo- 
dèle II 

Cartou.  à  blanc,  armes  potatives,  '303",  poudre  noire,  modèle  III  . 

M  u  n      cordite,  modèle  V 

Gargousses,  pc    de  12,  6  qtx — cul.,  12^  onces  cordite,  cal.   5, 

modèle  II .... 

Enveloppes,  garg.,  toile,  pc  de  12— 6  qtx — cul.,  12^  onces  cordite, 

modèle  I 

Boites  à  cordite,  100  liv.,  modèle  I,  réparations  seulement 

m  n  m  coût  primitif 

Leviers,  de  siège,  7  pds 

n       pointus  n°  1,  5  pds  6  pcs,  bois,  avec  pointe  en  fer.    ... 

n       14  pds,  bois,  pointe  en  biseau 

,.       12  pds,     ..          .,  ..     

Matériel  d'artilerie — Réparations  diverses 

Rampons,  œil  d'obus,  U.  G.  avec  anneau,  modèle  I 

n         transformés 

Fusil  Ross,  inspection 

Roui,  de  manœuvre:  7  pds,  12  pcs  diamètre,  chêne,  cerclés  de  fer. . 
u  8     n    12  "  n  n 

m  6    n    12  n  orme 

m  6     .i      6  n  u    

n  3     n      6  n  n    

.     n  2    n      8  n  chêne,  cerclés  de  fer. . 

Obus  non  chargés,  pc  de  12,  culasse  ou  tir  rap. ,  modèle  VII 

n     chargés  n  m  h  

Gamelles  individuelles,  cavalerie 

n  n  infanterie 

Tubes,  étoupilles,  cordite,  6  pcs 

Coins,  chêne,  18  pcs 


Quantité. 


5,533 

356 

2,635 

1,000 

159 

20 

2,293 

2,139 

9,000,300 

500,000 
685,000 
315,000 

12,034 

11,034 

96 

96 

208 

3 

20 

6 


17,584 
10,5*7 


1 

30 

12 

31 

16 

12,504 

11,580 

1,608 

15,639 

6 

2 


Prix. 


26 

26 

69 

54 

45 

9  77 

1  04 

25 

35  76 

4  17 
16  15 
14  22 

46 

4  71 
36 

4  40 
84 

6  01 

5  31 
3  36 


9  73 
5  41 


24  32 


64 
12 
68 
50 
31 
51 
22 
72 
49  32 
1  70 


chacune 


1,000 


chacune 

100 
chacune 


100 


chacune 


Coût. 


1,477  35 

94  54 

1,831  13 

546  20 

72  53 

195  47 

2,384  06 

536  17 

321,879  19 

2,085  61 

11,065  33 

4,479  61 

5,609  60 

520  70 
34  65 

422  48 

174  81 
18  04 

106  38 
70  30 

326  55 
1,711  84 

570  38 

869  78 

194  60 
26  57 

109  46 

25  54 

21  20 

40  00 

41,456  04 

40,708  58 

355  90 
11,291  96 

295  94 
37  60 

451,596  09 


J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 


F.  M.  GAUDET,  lieutenant- colonel,  A.RJC, 

Directeur  de  l'arsenal  fédéral. 


S-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35  A.  1909 


APPENDICE    E. 


RAPPORT  PROVISOIRE  DU  CONSEIL  DE  LA  MILICE 


DU 


ca^jst  a.d^ 


SUR 


L'INSTRUCTION  DEILA  MILICE  PENDANT  LA  SAISON  DE  1907 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35  A.  1909 


A  Son  Excellence  le  Très  honorable  sir  Albert  Henry  George,  comte  de  Grey,  vicomte 
Howick,  baron  Grey  de  Howick,  dans  le  comté  de  Northumberland,  dans  la  pairie 
du  Royaume-Uni  et  baronnet;  chevalier  Grand' croix  de  l'ordre  très  distingué  de 
Saint-Michel  et  de  Saint-George,  etc.,  etc.,  Gouverneur  général  du  Canada. 

Plaise  à  Votre  Excellence: 

Le  soussigné  a  l'honneur  de  présenter  à  Votre  Excellence,  au  sujet  de  l'instruction 
de  la  milice  du  Canada  pendant  l'année  1907,  un  rapport  provisoire  à  être  incorporé 
plus  tard  dans  le  rapport  du  conseil  de  la  milice  pour  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

Respectueusement  soumis, 


F.  W.  BOEDEN, 

Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 


Ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 
Ottawa,  1er  avril  1908. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35  A.  1909 


AVANT-PROPOS. 

1.  En  même  temps  que  le  service  de  la  milice  trouve  des  avantages  dans  le  nou- 
veau système  par  lequel  l'année  administrative  finit  le  31  mars,  au  lieu  d'expirer  le 
>jQ  juin  comme  autrefois,  ce  nouvel  ordre  de  choses  implique  l'inconvénient  que  si  le 
rapport  sur  les  manœuvres  faites  dans  les  camps  d'été  est  retardé  jusqu'à  ce  que  le 
rapport  officiel  suivant  du  ministère  de  la  Milice  soit  présenté  au  parlement,  les  obser- 
vations émises  auront  perdu  beaucoup  de  leur  valeur.  Par  exemple,  le  rapport  sur  les 
exercices  faits  dans  l'été  de  1907  devrait,  dans  l'ordre  ordinaire,  faire  partie  du 
rapport  au  parlement  sur  l'année  financière  expirant  au  31  mars  1908,  lequel  rapport 
ne  pourra  guère  être  publié  avant  le  mois  de  novembre  prochain,  au  plus  tôt.  Dans  ce 
temps-là,  non  seulement  les  exercices  faisant  le  sujet  du  rapport  seront  finis  virtuelle- 
ment depuis  quinze  mois,  mais  il  se  sera  écoulé  une  autre  période  d'instruction — celle 
de  1908,  et  toutes  observations  faites  sur  la  première  auraient  évidemment  perdu  leur 
force. 

2.  Il  a  par  conséquent  été  décidé  de  publier,  avant  le  rapport  annuel  régulier  du 
ministère  de  la  Milice,  le  rapport  provisoire  suivant,  qui  porte  spécialement  sur  l'en- 
traînement annuel  de  la  milice  et  le  travail  fait  dans  les  camps  annuels  pendant  la 
période  d'instruction  de  1907. 

CAMPS  ANNUELS. 

3.  Comme  les  années  précédentes  il  a  été  publié  un  aide-mémoire  spécial  pour  les 
camps  d'instruction,  pour  la  gouverne  des  troupes  convoquées  en  1907.  Ce  manuel  a 
été  rendu  plus  complet  qu'auparavant  et  modifié  sur  des  points  où  l'expérience  avait 
démontré  que  c'était  à  propos. 

4.  A  l'égard  de  l'instruction  et  de  la  répartition  du  temps,  il  a  été  donné  plus  de 
latitude  aux  commandants  de  camps,  en  même  temps  qu'il  a  été  porté  plus  d'attention 
au  tir  et  à  l'exercice  de  l'appréciation  des  distances.  L'aide-mémoire  a  généralement 
été  suivi  et  a  donné  satisfaction.  En  somme,  l'administration  des  camps  a  été  bien 
faites.  Les  dates  fixées  pour  les  campements  dans  les  différents  districts  ont  corres- 
pondu à  celles  de  l'année  précédente,  et  ont  paru  être  généralement  convenables.  On 
espère  que  l'habitude  d'avoir  le  rassemblement  dans  chaque  district  virtuellement  à  la 
même  date  chaque  été  sera  maintenant  acceptée  comme  une  règle  générale,  de  manière 
que  tous  les  corps  convoqués  puissent  savoir,  même  avant  que  soit  publié  l'ordre  auto- 
risant les  campements,  à  quelles  dates  ils  seront  dans  le  cas  de  se  porter  au  rendez- 
vous. 

5.  Les  nombres  présents  aux  camps  annuels,  bien  qu'égaux  en  chiffres  effectifs,  ne 
se  sont  pas  élevés  à  la  haute  proportion  atteinte  en  1906,  mais  étant  donné  le  grand 
développement  du  commerce  par  tout  le  pays,  et  la  demande  de  main-d'œuvre  qui  s'en 
est  suivie,  la  présence  a  certainement  été  bonne,  et  même  meilleure  que  les  années 
précédentes. 

6.  Les  règlements  exigeant  qu'il  soit  soumis  des  copies  des  contrôles  nominatifs  à 
l'état-major  de  district  quelques  jours  avant  le  camp  sont  encore  mal  vus  des  chefs  de 
corps,  qui  disent  que  cela  les  empêche  d'amener  un  grand  complet  au  camp.  Il  a  été 
fait  des  efforts  pour  supprimer  toutes  les  restrictions  que  l'on  pouvait  raisonnablement 


60  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

estimer  de  nature  à  entraver  de  quelque  manière  que  ce  soit  le  recrutement,  en  même 
temps  qu'une  grande  latitude  quant  aux  nombres  enrôlés  a  été  laissée  aux  chefs 
d'escadrons,  de  batteries  et  de  compagnies.  Il  y  a  peu  de  doute  qu'en  tendant  à  empê- 
cher qu'il  ne  soit  amené  de  mauvais  hommes  au  camp,  ces  règlements  sont,  en  somme, 
avantageux,  encore  que  ce  soit,  peut-être,  au  prix  de  quelque  inconvénient. 

7.  Pour  les  exercices  annuels  de  1907,  il  a  été  établi  de  nouveaux  règlements  à 
l'égard  de  la  surpaye  ou  solde  de  suffisance.  A  ceux  précédemment  en  vigueur  on 
reprochait  qu'ils  n'offraient  pas  de  garantie  que  l'homme  touchant  la  surpaye  serait  un 
bon  soldat,  dans  le  sens  d'être  au  fait  de  ses  devoirs.  Les  nouveaux  règlements  ont 
imposé  des  conditions  qui  exigeaient,  en  termes  généraux,  que  tous  les  hommes,  à  peu 
d'exceptions  près  attinssent  un  certain  degré  minimum  de  force — au  tir  du  fusil  dans 
la  cavalerie  et  l'infanterie,  en  manœuvres  et  entraînement  dans  l'artillerie,  et  une 
connaissance  correspondante  de  leur  service  particulier  dans  les  autres  armes.  Les 
chefs  de  corps  ont  dû  certifier  que  leurs  sous-officers  étaient  au  courant  de  leurs 
devoirs  comme  tels. 

8.  L'imposition  de  ces  obligations  a  donné  des  résultats  qui  promettent,  et  a  indu- 
bitablement contribué  à  élever  le  standard  du  tir  du  fusil  et  de  l'instruction  militaire 
en  général.  Ces  règlements  ont  sans  doute  été  éludés  en  certains  cas,  mais  en  somme 
ils  ont  été  observés  et  la  plupart  des  hommes  se  sont  rendus  suffisamment  aptes.  Il  y  a 
eu  des  officiers  de  compagnie  qui  n'ont  pas  compris  qu'il  était  de  leur  devoir  de  veiller 
à  ce  que  les  hommes  placés  sous  leurs  ordres  eussent  toutes  les  chances  de  se  faire 
reconnaître  aptes.  C'est  au  commandant  de  compagnie  de  donner  le  bon  exemple  en 
devenant  lui-même  bon  tireur,  en  aidant  à  instruire  ses  hommes,  et  en  veillant  à  ce 
que  chaque  homme  ait  les  moyens  voulus  de  se  faire  reconnaître  apte.  Les  officiers 
qui  ont  manqué  de  se  rendre  compte  de  leur  responsabilité  sont  heureusement  peu 
nombreux. 

9.  Il  y  a  encore  insuffisance  d'officiers  subalternes  aptes  et  de  chefs  de  section 
possédant  les  qualités  requises,  ce  qui  est  beaucoup  à  regretter.  Les  officiers  non 
encore  en  règle  ne  paraissent  pas  profiter  des  occasions  spéciales  qui  leur  sont  données 
de  se  rendre  aptes  pendant  qu'ils  sont  au  camp. 

10.  Il  y  a  lieu  de  consigner  de  nouveau  ici  la  conviction  du  conseil  de  la  milice 
qu'ausstôt  que  les  finances  le  permettront  la  période  d'instruction  de  la  milice  devrait 
être  prolongée.  On  ne  saurait  s'attendre  à  ce  que  les  hommes  apprennent  même  les 
éléments  du  service  en  12  jours. 

1.  Comme  l'année  dernière,  l'Union  Chrétienne  des  Jeunes  Gens  a  fait  d'excel- 
lente besogne  dans  les  différents  camps,  et  par  ses  efforts  elle  a  beaucoup  contribué  au 
bien-être  des  troupes.  Le  conseil  de  la  milice  désire  consigner  sa  vive  appréciation  de 
cette  œuvre. 

TERRAINS  DE  CAMPEMENT. 

PETAWAWA. 

12.  L'adaptation  du  terrain  de  campement  central  de  Petcwawa  aux  croissants 
besoins  des  troupes  a  fait  beaucoup  de  progrès,  et  le  génie  royal  canadien  a  fait  d'ex- 
cellente besogne  sous  ce  rapport.  L'acquisition  des  propriétés  comprises  dans  la  zone 
du  camp  a  fait  de  considérables  et  satisfaisants  progrès.  Ces  biens-fonds  ont  été 
acquis  par  accord  entre  les  propriétaires  et  le  ministère  sans  recours  à  l'expropria- 
tion.   Il  reste  encore  quelques  propriétés  à  acquérir. 

13.  L'alimentation  d'eau  a  été  grandement  développée,  et,  comme  l'année  dernière, 
l'eau  s'est  trouvée  être  d'excellente  qualité  et  entièrement  exempte  de  contamination. 
Pendant  que  la  troupe  permanente  occupait  le  camp,  dans  le  mois  d'août,  plusieurs  cas 
de  fièvre  entérique  firent  leur  apparition.  Ils  ne  se  propagèrent  pas  dans  le  camp,  et 
une  enquête  à  fond  démontra  que,  selon  toute  probabilité,  ils  étaient  dus  à  du  lait 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  61 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

impur,  acheté  dans  le  voisinage.     Il  sera  pris  des  précautions  spéciales  pour  parer  à 
ce  danger  dans  les  futurs  camps. 

14.  Il  est  grandement  à  désirer  qu'il  soit  installé  un  système  complet  d'égouts  pour 
la  partie  permanente  du  terrain  de  campement.  Il  a  été  tracé  des  plans  de  cet  assai- 
nissement, dont  on  projette  de  commencer  les  travaux  bientôt. 

15.  Les  champs  de  tir  d'artillerie  existants  sont  satisfaisants,  mais  ils  offrent  cet 
inconvénient  que  le  tir  des  bouches  à  feu  et  celui  du  fusil  ne  peuvent  être  exécutés 
sans  danger  en  même  temps.  De  plus,  les  batteries  de  campagne  qui  pratiquent  à 
Petawawa  commencent  à  connaître  trop  bien  le  terrain.  Il  faut  en  conséquence  des 
polygones,  et  il  a  été  pris  des  mesures  pour  les  ouvrir  à  l'ouest  du  chemin  de  fer. 

16.  Deux  grands  besoins  du  camp  sont  qu'il  faut  mieux  pourvoir  à  la  récréation 
des  hommes  après  les  heures  de  travail  et  empêcher  la  poussière.  Certaines  étendues 
de  terrain  ont  en  conséquence  été  réservées  comme  cours  de  récréation,  et  une  considé- 
rable portion  de  l'espace  occupé  par  les  tentes  a  été  ensemencé  d'herbe. 

17.  Les  troupes  qui  se  servent  de  ce  terrain  de  campement  ont  eu  beaucoup  à  se 
plaindre  du  service  de  chemin  de  fer,  ainsi  que  des  nombreux  retards  éprouvés  en 
route.  Ces  derniers  étaient  principalement  attribuables  aux  imperfections  de  la  direc- 
tion du  chemin  de  fer,  et  il  est  à  regretter  que  les  représentations  faites  aux  autorités 
de  ce  chemin  n'aient  pu  assurer  d'amélioration  appréciable.  Lin  prolongement  consi- 
dérable de  l'installation  de  voies  de  service  dans  le  camp  est  projeté. 

CAMPS    EN    GÉNÉRAL. 

J.8.  L'insuffisance  d'installations  de  tir  se  fait  encore  sentir  à  quelques  camps. 
Des  difficultés  d'expropriation  ont  empêché  que  le  champ  de  tir  choisi  près  de  Kingston 
ne  fût  prêt  en  1907,  pour  les  troupes  convoquées,  qui  ont  en  conséquence  dû  faire  tout 
leurs  cours  avec  des  cartouches  réduites. 

19.  Les  terrains  militaires  disponibles  pour  les  fins  d'instruction  à  Niagara  et  à 
London  sont  encore  tout  à  fait  insuffisants  pour  les  troupes  qui  s'assemblent  là.  On 
est  en  train  d'acquérir  plus  de  terrain  à  Niagara,  de  sorte  que-  l'utilité  de  cet  historique 
campement  sera  beaucoup  plus  grande  pour  l'instruction  de  la  milice. 

20.  Les  troupes  du  4e  district  militaire  ont  fait  leurs  exercices  à  Petawawa.  A 
cause  du  printemps  tardif,  toutefois,  le  travail  de  préparation  du  camp  a  été  sérieuse- 
ment retardé,  de  sorte  que  le  terrain  de  campement  a  été  un  peu  encombré,  et  le  bien- 
être  des  troupes  en  a  souffert.  Il  n'en  sera  pas  ainsi  à  l'avenir.  La  brigade  de  cava- 
lerie des  township  de  l'Est  a  campé  à  Granby,  cette  année,  principalement  à  cause  du 
champ  de  tir  qu'il  y  a  là.  Abstraction  faite  de  cet  avantage,  l'emplacement  disponible 
offrait  trop  peu  d'espace  pour  les  manœuvres  de  cavalerie,  et  le  service  de  chemin  de 
fer  ne  saurait  être  décrit  autrement  que  comme  médiocre. 

21.  A  Trois-Rivières  le  terrain  de  campement  et  le  champ  de  tir  sont  raisonnable- 
ment satisfaisants.  LTne  partie  du  premier  a  cependant  été  retranchée  par  des 
clôtures,  et  les  broussailles  croissent  rapidement.     Attention  est  prêtée  à  ces  choses. 

22.  A  Lévis,  le  creux  qu'il  y  avait  autrefois  au  milieu  du  terrain  de  campement  a 
été  comblé,  au  grand  avantage  du  camp.  Jusqu'ici,  le  camp  à  cet  endroit  a  toujours 
été  dressé  sur  une  trop  petite  surface,  ce  qui  a  eu  pour  résultat  un  fâcheux  encombre- 
ment. L'intention  était  qu'en  1907  les  tentes  couvrissent  une  surface  beaucoup  plus 
grande  qu'auparavant,  et  il  fut  défriché  du  terrain  de  plus  pour  les  fins  de  manœuvre, 
afin  de  compenser  la  diminution  du  terrain  d'exercice  en  face  des  tentes.  Mais  les 
officiers  commandants  ne  se  soucièrent  pas  de  conduire  leurs  hommes  au  delà  des 
limites  du  camp  pour  l'exercice,  de  sorte  que  le  champ  de  manœuvre  se  trouva  beau- 
coup encombré  et  que  l'entraînement  des  troupes  en  souffrit.  Le  ministère  a  consi- 
dérablement de  terrain  dans  le  voisinage,  et  il  sera  probablement  nécessaire  de 
reprendre  une  partie  de  celui  qui  est  présentement  sans  bail,  ou,  du  moins,  d'obtenir 
le  droit  de  manœuvrer  dessus  pendant  la  période  de  campement. 


62  MINISTERE  1>E  LA  MILICE  ET  DE  LA   DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

23.  A  Sussex,  on  a  beaucoup  amélioré  le  terrain  de  campement  en  le  débroussail- 
lant et  l'aplanissant.  Il  est  encore  petit  pour  le  nombre  d'hommes  qui  y  campent. 
Le  nouveau  champ  de  tir  a  été  d'un  grand  avantage. 

24.  A  Aldershot,  le  terrain  de  campement  a  été,  comme  Tannée  dernière,  un  excel- 
lent emplacement,  qui  continuera  à  s'améliorer,  à  mesure  que  ce  terrain  sera  peu  à 
peu  défriché.  Plus  tard  il  faudra  aussi  là  plus  d'espace,  et  le  ministère  devrait 
acquérir  le  terrain  non  défriché  attenant  au  dit  terrain  de  campement. 

INSTRUCTION— MILICE  ACTIVE. 

RENSEIGNEMENTS    GÉNÉRAUX. 

25.  Le  cours  d'instruction  pour  la  milice  active  a  été  plus  amplement  réalisé  dans 
l'été  de  1907  que  probablement  jamais  avant.  Dans  l'établissement  du  plan  d'instruc- 
tion, l'attention  s'est  portée  presque  exclusivement  sur  les  parties  essentielles  des 
manuels  d'exercice,  omettant  tous  mouvements  qui  n'étaient  pas  généralement  utiles 
en  campagne.  Ce  système  a  bien  fonctionné,  et  son  résultat  a  été  de  faire  porter  plus 
d'attention  aux  vrais  objets  de  l'exercice. 

26.  Pendant  la  saison,  18  régiments  et  un  escadron  de  cavalerie,  53  régiments 
d'infanterie  ruraux,  24  batteries  d'artillerie  de  campagne,  3  compagnies  de  campagne 
du  génie,  11  compagnies  d'intendance  militaire  et  15  ambulances  ont  été  exercés  en 
camp.  Des  corps  urbains,  40  régiments  ont  été  instruits  à  leurs  dépôts  respectifs.  Les 
hommes  prennent  de  plus  en  plus  goût  à  l'instruction  du  tir  et  au  tir  à  la  cible. 
Excepté  au  camp  de  Kingston,  toutes  les  troupes  convoquées  ont  pratiqué  le  tir  avec 
des  cartouches  réglementaires.  Les  chefs  de  corps  en  général  ont  reconnu  l'importance 
d'une  instruction  systématique  et  ont  de  toute  manière  secondé  l'état-major  de  camp. 
L'exercice  de  l'appréciation  des  distances  a  été  effectué.  Parce  qu'elle  y  a  porté  plus 
d'attention,  la  milice  a  fait  beaucoup  de  progrès  dans  l'instruction  du  tir. 

27.  Il  a  été  largement  fait  usage  d'appareils  de  tir  dit  subtarget  g  uns  et  de  stands 
pour  l'instruction  des  recrues  et  des  mauvais  tireurs,  et  ce  avec  d'excellents  résultats. 

28.  Le  point  faible  de  la  milice  est  toujours  le  manque  d'officiers  qui  soient  des 
conducteurs  d'hommes.  Il  est  à  observer  que  le  type  d'hommes  dans  les  rangs  est 
généralement  élevé.  Il  a  beaucoup  d'intelligence  et  d'aptitude  pour  le  service  militaire, 
mais  trop  souvent  ses  officiers  et  sous-officiers  ne  sont  pas  également  aptes  à  le  conduire. 
Cependant,  il  a  pu  être  observé  à  cet  égard,  cette  année,  quelque  amélioration  sur  les 
conditions  de  l'année  dernière.  C'est  largement  sur  la  reconnaissance,  par  les  officiers 
d'escadron  et  de  batterie,  du  fait  qu'eux  seuls  sont  responsables  à  l'instruction  de  leurs 
corps  que  doit  reposer  toute  véritable  suffisance. 

CAVALERIE. 

29.  Le  service  de  la  cavalerie  a  accusé  un  progrès  marqué  pendant  la  période  en 
question.  Le  programme  distinct  d'instruction  pour  les  hommes  de  Ire  et  de  2e  années 
a  été  suivi  de  près  et  avec  de  satisfaisants  résultats.  L'instruction  du  tir  et  l'exercice 
de  l'appréciation  des  distances  ont  été  effectués  avec  zèle  et  intelligence,  et  les  officiers 
d'artillerie  en  général  commencent  à  porter  beaucoup  d'intérêt  à  cette  importante 
partie  de  l'instruction  d'une  cavalerie  moderne.  Le  service  des  éclaireurs  et  des  recon- 
naissances a  accusé  un  progrès  sur  celui  de  l'année  dernière,  mais  le  besoin  de  pratique 
se  fait  encore  beaucoup  sentir. 

30.  L'état  des  armes  et  de  la  sellerie  laissait  beaucoup  à  désirer,  et  la  3e  brigade 
de  cavalerie  n'avait  pas  apporté  de  forges  de  campagne  au  camp.  C'est  une  grave 
erreur.  Aucun  régiment  de  cavalerie  qui  ne  peut  ferrer  ses  propres  chevaux  n'est  en 
état  d'entrer  en  campagne. 

31.  Les  chevaux  amenés  au  camp  étaient  à  peu  près  de  la  même  qualité  que 
l'année  précédente.     Il  reste  encore  des  progrès  à  faire  sous  ce  rapport. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  63 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

32.  Le  nombre  des  officiers  qui  se  sont  absentés  de  l'instruction  a  été  moins  grand, 
mais  il  y  en  a  eu  encore  beaucoup  trop  qui  n'étaient  pas  présents  le  jour  de  l'inspection. 

33.  Douze  jours  sont  une  période  trop  courte  pour  l'instruction  des  troupes 
montées.  S'il  ne  peut  être  autorisé  une  plus  longue  période  d'instruction  générale- 
ment, celle  de  la  cavalerie  devrait  être  portée  aux  Ift  jours  accordés  à  l'artillerie. 

ARTILLERIE. 

34.  Les  avantages  tirés  du  camp  d'instruction  central  de  Petawawa  se  manifestent 
dans  le  progrès  de  toutes  les  batteries  et  compagnies  d'artillerie  qui  se  sont  exercées  ou 
ont  pratiqué  leur  tir  là  dans  les  trois  dernières  années.  Dans  l'été  de  1907,  5  brigades 
et  1  batterie  d'artillerie  de  campagne  ont  fait  tous  leurs  exercices  à  Petawawa,  où  le 
personnel  de  l'école  d'artillerie  leur  a  été  d'une  grande  aide.  L'instruction  en  artillerie 
est  devenue  peu  à  peu  d'un  caractère  très  compliqué,  et  sans  de  bons  polygones  régle- 
mentaires comme  ceux  de  Petawawa,  la  valeur  de  cette  arme  reste  problématique. 
L'effet  du  feu,  seul,  est  le  but  et  l'objet  de  l'artillerie,  et  il  y  a  progrès  considérable 
sous  ce  rapport.  Cette  année,  il  a  été  fait  usage  du  téléphone  avec  succès  sur  le 
champ  des  opérations. 

35.  En  même  temps  que  la  discipline  du  feu  s'améliore  rapidement,  il  ne  semble 
pas  y  avoir  le  même  progrès  en  mobilité,  qui  est  aussi  d'une  haute  importance.  L'équi- 
lation  était  généralement  très  passable,  mais  il  s'en  fallait  en  beaucoup  de  cas  que  la 
manœuvre  fût  aussi  bonne,  ce  qui  montre  le  besoin  de  plus  de  pratique  en  terrain 
inégal. 

36.  En  1907,  l'artillerie  était  pourvue  de  chevaux  un  peu  meilleurs  que  l'année 
précédente,  à  l'exception  des  batteries  de  la  Nouvelle-Ecosse,  qui  ont  encore  de  la 
peine  à  trouver  des  bêtes  convenables. 

37.  Un  important  besoin  de  l'arme  de  l'artillerie  est  une  meilleure  instruction  des 
chefs  de  batteries  dans  le  réglage  du  tir  et  la  manière  d'obtenir  l'effet  du  feu.  Le 
réglage  du  tir  se  fait  généralement  trop  lentement.  Il  pourrait  être  avantageusement 
porté  plus  d'attention  à  l'entraînement  des  pointeurs,  des  poseurs  de  fusées  et  des 
téléphonistes.  Les  quatre  jours  d'instruction  de  plus  accordés  à  l'artillerie  ont  eu  de 
précieux  résultats. 

GÉNIE. 

38.  Les  compagnies  du  génie  de  la  milice  active  ont  uniformément  bien  travaillé. 
Plus  même  que  les  autres  armes,  elles  souffrent  de  la  difficulté  d'avoir  beaucoup  à 
apprendre,  et  trop  peu  de  temps  dans  lequel  le  faire.  Le  temps  qu'elles  ont  est  encore 
abrégé  par  la  nécessité  de  dépaqueter,  vérifier  et  rempaqueter  leur  matériel. 

39.  Il  se  manifeste  une  tendance  à  trop  employer  les  compagnies  du  génie  à  des 
travaux  se  rapportant  plutôt  au  campement  qu'à  leur  propre  entraînement  spécial. 
Ii  faut  se  rappeler  que  les  hommes  du  génie  ne  sont  pas  des  ouvriers  chargés  d'exéenter 
des  travaux  de  construction  en  camp,  bien  que,  naturellement,  il  soit  permis  de  les 
utiliser  en  cas  d'urgence.  Us  sont  envoyés  au  camp  pour  être  instruits  dans  les  ser- 
vices du  génie  en  campagne,  et  l'on  ne  devrait  pas  les  priver  d'apprendre  ces  services. 

40.  La  bonne  besogne  faite  par  la  compagnie  d'élèves  du  génie  de  Dalhousie  rela- 
tivement à  la  mobilisation  annuelle  de  la  garnison  d'Halifax  mérite  un  mot  d'éloge. 

INFANTERIE. 

41.  L'infanterie  fait  des  progrès  en  instruction,  mais  il  lui  reste  encore  beaucoup 
à  apprendre.  Le  point  essentiel  de  toute  instruction  d'infanterie  est  le  développement 
du  pouvoir  de  "  mener  "  chez  les  officiers,  de  la  discipline,  de  la  confiance  en  soi-même 
et  l'intelligent  usage  du  fusil  chez  les  hommes. 

42.  A  mesure  que  les  commandants  de  camp  se  sont  plus  accoutumés  à  la  méthode 
d  instruction  moderne,  il  a  été  trouvé  possible  de  leur  laisser  plus  de  discrétion  dans  la 


64  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

répartition  du  temps  entre  les  différentes  matières  du  programme.  La  liberté  d'action 
ainsi  laissée  a  eu  un  bon  effet,  surtout  quand  les  chefs  de  brigades  étaient  à  la  hauteur 
de  leur  tâche. 

43.  La  surpaye  a  été  le  moyen  d'inspirer  à  tous  plus  de  goût  pour  le  tir  du  fusil, 
et  a  par  là  grandement  contribué  à  la  suffisance.  Les  officiers  de  compagnies  ont  été 
encouragés  à  tirer  avec  ces  dernières  et  à  prêter  leur  aide  aux  hommes.  Tous  les 
officiers  de  compagnies  devraient  savoir  comment  montrer  à  leurs  hommes  à  tirer  et 
être  eux-mêmes  capables  d'obtenir,  au  moins,  un  raisonnable  résultat  en  points  aux 
cibles. 

Les  services  d'avant-garde,  d'éclairage  et  d'avant-poste  ont  comme  d'habitude  été 
trop  peu  pratiqués  par  l'infanterie. 

Pour  ce  qui  est  de  l'équipement,  la  tenue  de  l'infanterie  mérite  attention.  S'il 
était  possible  d'introduire  la  tenue  réglementaire  pour  tous  les  corps  ruraux,  ce  serait 
un  avantage  positif.  Les  officiers  de  compagnies  devraient  faire  plus  attention  à  la 
qualité  de  chaussures  que  les  hommes  apportent  au  camp.  Il  n'y  a  probablement  pas 
un  corps  dans  le  pays  qui  pourrait  faire  huit  jours  de  marche  avec  les  bottines  que 
portaient  les  hommes. 

44.  Des  bataillons  composés  d'éléments  empruntés  à  des  corps  urbains  ont  pris 
part  aux  campements  dans  Ontario-ouest  et  dans  la  Nouvelle-Ecosse,  et  ce  au  grand 
avantage  de  leur  valeur  au  dehors.  C'est  dommage  que  plus  de  corps  urbains  ne 
profitent  pas  de  ces  occasions. 

4£.  Afin  de  donner  aux  officiers  de  la  milice  active  toute  facilité  de  se  faire  recon- 
naître aptes  à  occuper  leurs  grades,  des  écoles  provisoires  ont  été  autorisées  pendant 
l'année,  aux  endroits  suivants,  savoir  : 

Woodstock,  Montréal,  Cobourg, 

Stratford,  Saint-Thomas,  Québec, 

Goderich,  Belleville,  Winnipeg, 

Barrie,  Edmonton,  Grenfell, 

Régina,  Toronto,  Sainte-Catherine. 

En  outre,  il  a  été  tenu  des  cours  d'instruction  pour  les  officiers  provisoires  à  tous 
les  camps  où  des  officiers  ont  voulu  se  présenter.  Mais  en  général  quelques  officiers 
seulement  s'étaient  donné  la  peine  d'étudier  d'avance,  de  sorte  que  beaucoup  ont 
échoué. 

SERVICES   ADMINISTRATIFS. 

46.  A  peu  d'exceptions  près,  les  unités  appartenant  à  ces  services  ont  bien  tra- 
vaillé et  ont  donné  satisfaction.  Dans  ces  petites  unités,  l'officier  commandant  est 
tout,  et  c'est  de  lui  principalement  que  dépend  le  succès  ou  l'insuccès  de  l'unité  dans 
l'accomplissement  de  sa  tâche.  Les  résultats  obtenus  en  camp  ont  généralement  été 
dignes  d'éloge,  et  l'habitude  de  laisser  la  section  de  l'intendance  se  charger  d'abattre 
les  animaux  de  boucherie  et  de  boulanger  devrait  être  développée  autant  que  possible. 
Le  service  de  la  solde  a  été  de  beaucoup  d'utilité  en  facilitant  la  préparation  des  borde- 
reaux de  solde  des  troupes,  ainsi  que  la  prestation  de  la  paye  et  de  la  surpaye,  et  en 
empêchant  des  frais  non  autorisés. 

GRANDES    MANŒUVRES. 

47.  Des  grandes  manœuvres  ont  été  faites  avec  succès  à  plusieurs  camps,  notam- 
ment à  celui  de  Niagara,  mais  ailleurs  le  meilleur  usage  n'a  guère  été  fait  de  l'occa- 
sion, principalement  à  cause  du  manque  d'expérience  de  la  part  des  commandants  de 
camps  et  de  leur  état-major.  A  certains  camps,  aussi,  le  manque  de  terrain  utilisable 
a  empêché  qu'il  ne  fût  fait  de  ces  manœuvres.  Ainsi  que  l'observation  en  a  été  faite 
l'année  dernière,  les  difficultés  mises  au  jour  à  ces  exercices  montrent  le  nécessité  de 
fournir  aux  officiers  les  plus  élevés  en  grade  l'occasion  de  dresser  des  plans  de  grandes 
manœuvres  et  de  pratiquer  le  maniement  des  troupes. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE 


65 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 


CORPS  URBAINS. 


48.  Ainsi  que  la  remarque  en  a  déjà  été  faite,  il  est  à  regretter  que  si  peu  de 
corps  urbains  profitent  de  l'occasion  de  composer  des  bataillons  pour  aller  passer 
quelques  jours  au  camp.  Les  observations  faites  à  l'égard  de  l'instruction  des  corps 
ruraux  s'appliquent  généralement  aux  corps  urbains,  quoique  les  officiers  de  corps 
urbains  soient  généralement  plus  au  fait  de  leur  service  de  cérémonie.  Des  grandes 
manœuvres  ont  été  faites  avec  succès  par  certains  corps  urbains  le  Jour  d'actions  de 
grâces,  surtout  dans  la  Dundas- Valley,  près  de  Toronto,  où  virtuellement  tous  les 
corps  urbains  du  2e  district  militaire  ont  pris  part  à  ces  exercices.  Les  corps  urbains 
d'Halifax  ont  aussi  sorti  pour  la  mobilisation  annuelle  de  cette  forteresse  et  ont  fait 
d'excellente  besogne,  montrant  une  louable  ardeur  avec  une  bonne  connaissance  du 
terrain. 

Il  est  regrettable  que  les  grandes  manœuvres  projetées  pour  Montréal  aient  dû  être 
abandonnées  à  cause  du  mauvais  temps,  et  qu'à  Ottawa  les  corps  urbains  n'aient  pu 
réunir  assez  d'hommes  pour  avoir  un  exercice  à  feu. 

49. — Etat  montrant  le  nombre  des  officiers  et  hommes  de  la  milice  active  instruits 

dans  le  cours  de  l' annee  1907. 


Camps  de  district. 

London 

Niagara 

Kingston 

Petawawa   

Trois-Rivières 

Granby    

Lévis 

Sussex 

Aldershot  

Winnipeg  et  Balgonie . . . 
Esquimalt,  5e  rég.,  A.  C. 

Charlottetown 

Calgary 


Chefs-lieux  d'état-major. 

Circonscription  0.0  . . 
O.E... 

h  Québec. 

h  prov.  m 

10e  district  militaire  . . . 
Ile 


Effectif 

Instruits. 

Non  instru 

Officiers 

S.-off.  et 
hommes 

Che- 
vaux. 

Officiers 

S.-off  et 
hommes 

Che- 
vaux. 

Officiers 

S.-off.  et 
hommes 

282 

2,999 

166 

200 

2,056 

86 

82 

943 

570 

5,965 

1,479 

406 

4,358 

1,127 

164 

1,607 

291 

2,828 

910 

224 

2,034 

657 

67 

794 

222 

2,959 

967 

157 

2,112 

821 

65 

847 

199 

2,061 

137 

119 

1,568 

86 

80 

493 

198 

2,051 

1,612 

134 

1,587 

1,443 

64 

464 

289 

3,236 

217 

216 

2,331 

144 

73 

905 

216 

2,387 

563 

173 

2,153 

494 

43 

234 

359 

3,878 

829 

287 

3,356 

613 

72 

522 

110 

999 

854 

86 

733 

619 

24 

266 

24 

350 

3 

19 

261 

5 

89 

78 

864 

92 

73 

861 

90 

5 

3 

88 

729 

686 

70 

578 

556 

18 

151 

2,926 

31,306 

8,515 

2,164 

23,988 

6,736 

762 

7,318 

386 

4,6^6 

93 

314 

4,392 

92 

72 

284 

206 

2,431 

107 

177 

2,106 

94 

29 

325 

403 

4,769 

565 

336 

4,398 

434 

97 

371 

154 

2,012 

23 

124 

1,669 

21 

30 

343 

60 

667 

10 

43 

526 

5 

17 

141 

54 

645 

5 

50 

496 

5 

4 

149 

4,189 

46,506 

9,318 

3,178 

37,575 

7,387 

1,011 

8,931 

Che- 
vaux. 


80 
352 
253 
146 

51 
169 

73 

69 

216 

235 

3 

2 

130 

1,779 


1 

13 

131 

2 

5 


1,931 


INSTRUCTION— TROUPE  PERMANENTE. 

50.  Dans  le  rapport  de  l'année  dernière,  il  a  été  observé  que  la  valeur  de  la 
troupe  permanente  y  gagnerait  beaucoup  s'il  pouvait  être  réservé  une  période  déter- 
minée pour  une  instruction  plus  avancée  des  unités  elles-mêmes,  et  le  regret  a  été 
exprimé  qu'il  avait  été  trouvé  impraticable,  en  1906,  de  les  assembler  pour  cela  à 
Petawawa.  Jusqu'ici,  il  leur  a  été  demandé  d'instruire  les  unités  de  la  milice  active 
dans  les  hautes  branches  de  la  science  militaire  sans  qu'elles  aient  eu  d'occasion  de 

35—5 


66  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

les  étudier  elle-même  pratiquement.  Etant  donné  ces  désavantages,  les  résultats 
obtenus  ont  été  très  dignes  d'éloge,  mais  il  n'y  a  guère  lieu  d'être  surpris  que  la 
troupe  permanente  soil  parfois  restée  au-dessous  de  ce  qui  était  attendu  d'elle. 

51.  En  1907,  le  conseil  de  la  milice  s'est  trouvé  en  mesure  d'assembler  virtuelle- 
ment toutes  les  unités  mobiles  de  la  troupe  permanente  à  Petawawa  pour  l'instruction. 
C'était  la  première  fois  dans  leur  histoire  que  les  différentes  armes. et  unités  de  cette 
troupe  avaient  eu  occasion  de  travailler  ensemble,  et  ainsi  d'apprendre  leur  métier,  non 
seulement  comme  armes  distinctes  du  service,  mais  comme  parties  constituantes  d'une 
force  militaire  organisée.  Dans  un  sens  militaire,  il  est  impossible  d'estimer  trop  haut 
la  valeur  de  cette  instruction,  dont  les  troupes  intéressées  ont  amplement  profité. 

52.  Les  unités  assemblées  furent  les  escadrons  "A"  et  "B"  du  Royal  dragons 
canadiens,  les  batteries  "  A  "  et  "  B  "  de  l'artillerie  royale  canadienne  à  cheval,  une 
grosse  batterie  d'artillerie  royale  canadienne  de  place,  la  2e  compagnie  du  génie  royal 
canadien,  un  bataillion  (8  compagnies)  du  régiment  Royal  Canadien,  ainsi  que  des 
détachements  du  personnel  permanent  du  service  de  santë,  de  la  section  permanente 
de  Pintendwance  militaire  et  du  personnel  de  la  direction  d'artillerie. 

53.  Le  premier  objet  visé  était  de  permettre  aux  unités  de  compléter  leurs  exer- 
cices annuels  d'escadron,  de  batterie  ou  de  compagnie  sur  un  terrain  propre  à  une 
instruction  moderne,  chose  qui,  par  malheur,  ne  se  rencontrait  à  aucune  de  leurs 
propres  stations.  Le  second  objet  était  de  faire  suivre  cette  instruction  individuelle 
d'un  cours  de  manœuvres  combinées  et  de  manœuvres  de  campagne  plus  avancé  qu'il 
n'avait  été  possible  de  leur  donner  jusque-là.  Un  escadron  du  Eoyal  dragons  cana- 
diens et  une  batterie  de  l'artillerie  royale  canadienne  à  cheval  se  sont  portés  au  camp 
à  pied,  acquérant  ainsi  une  utile  expérience.  A  cause  de  leur  éloignement,  et  du  trop 
long  temps  que  cela  aurait  par  conséquent  pris,  les  autres,  unités  n'ont  pas  pu  en  faire 
autant. 

54.  Le  cours  d'instruction  comprenait: 

(1)  Service  de  sûreté:  avant-gardes  et  arrière-gardes  de  jour  et  de  nuit,  dans  des 
conditions  de  guerre;  campements  et  bivouacs. 

(2)  Reconnaissances  et  éclairage  par  la  cavalerie  et  l'infanterie. 

(3)  Convois  et  marches. 

(4)  Discipline  du  feu  et  manœuvres  d'ensemble  de  toutes  armes. 

(5)  Feux  de  guerre,  toutes  armes. 

55.  Il  n'est  pas  douteux  que  cette  instruction  a  été  couronnée  d'un  succès  marqué 
et  qu'elle  a  rehaussé  sensiblement  la  valeur  de  toutes  les  armes  de  la  milice.  Il  a  été 
fait  preuve  de  beaucoup  d'ardeur  et  d'intérêt  dans  les  mouvements  de  campagne,  qui 
ont  mis  les  différentes  armes  à  même  d'étudier  les  méthodes  d'opération  et  les  systèmes 
d'organisation  les  unes  des  autres,  et  de  réfléchir  aux  meilleurs  moyens  d'obtenir  une 
coopération  mutuelle  dans  le  service  en  campagne. 

56.  Le  Royal  dragons  canadiens  se  composait  d'hommes  doués  d'un  bon  physique, 
intelligents  et  bien  montés.  Il  s'est  bien  tiré  d'affaire,  malgré  l'inconvénient  d'un 
effectif  faible  et  le  manque  de  terrain  de  manœuvres  à  ses  dépôts.  L'importance  de 
l'art  de  bien  monter  à  cheval  n'a  guère  été  assez  apprécié,  peut-être. 

57.  La  distance  sera  toujours  un  obstacle  à  ce  que  le  Royal  chasseurs  canadiens  à 
cheval  soit  instruit  avec  d'autres  unités  de  la  troupe  permanente.  Toutefois,. l'escadron 
a  fait  de  bon  progrès  pendant  l'année  et  a  exécuté  des  manœuvres  utiles. 

58.  L'artillerie  royale  canadienne  à  cheval  a  accusé  de  grands  progrès  sur  l'année 
précédente.  Elle  était  pourvue  de  bons  chevaux  et  pour  la  première  fois  les  deux 
batteries  ont  eu  l'occasion  d'opérer  comme  brigade.  Naturellement,  il  s'est  produit 
quelques  erreurs,  mais  il  a  aussi  été  fait  un  progrès  réel.  Le  tir  des  bouches  à  feu, 
exécuté  dans  des  conditions  de  guerre,  a  aussi  accusé  des  progrès  marqués,  tout  en 
trahissant  une  légère  tendance  à  des  méthodes  trop  réfléchies. 

59.  L'artillerie  royale  canadienne  de  forteresse  (batterie  lourde)  a  fait  d'excel- 
lente besogne  tant  pour  sa  propre  instruction  que  pour  celle  des  grosses  batteries  de  la 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  67 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

milice  active.     Les  compagnies  d'artillerie  de  côte  d'Halifax  ont  fait  preuve  d'une 
grande  ardeur  et  d'un  progrès  marqué  dans  la  connaissance  de  leur  important  service. 

60.  A  Petawawa,  le  génie  royal  canadien  a  nécessairement  été  employé  principale- 
ment au  développement  du  camp,  vu  que  le  main-d'œuvre  civile  était  difficile  à  obtenir, 
et  à  cause  de  cela  il  n'a  pas  pu  profiter  amplement  de  la  présence  des  autres  armes  au 
camp  pour  pratiquer  des  manœuvres  combinées.  Toutefois,  il  a  été  appelé  à  prendre 
part  à  des  opérations  de  campagne  combinées  chaque  fois  que  cela  était  possible.  Il 
était  organisé  comme  compagnie  complète,  et  il  a  fait  son  service  avec  zèle  et  intelli- 
gence. 

61.  Le  génie  royal  canadien  d'Halifax  a  passé  par  un  cours  complet  d'instruction 
pendant  l'été,  et  son  service — lors  de  la  mobilisation  expérimentale  du  1er  novembre — 
surtout  relativement  à  l'installation  de  lumières  électriques,  a  eu  d'excellents  résultats. 

62.  Le  régiment  Royal  Canadien,  qui  généralement  souiïre  plus  que  tout  autre 
corps  de  la  troupe  permanente  d'être  divisé  en  détachements,  a  grandement  profité  de 
l'instruction  qu'il  a  reçue  à  Petawawa,  où,  pour  la  première  fois  depuis  1894  et  la 
seconde  fois  dans  son  histoire,  le  régiment  a  été  rassemblé  puis  exercé  comme  unité 
complète. 

63.  Les  hommes  étaient  d'un  bon  physique,  fermes  sous  les  armes  et  bien  exercés; 
les  sous-officiers  étaient  généralement  intelligents  et  bien  choisis.  Les  officiers,  à 
quelques  remarquables  exceptions  près,  n'étaient  pas  proportionnément  tout  à  fait 
aussi  capables,  et  montrent  quelque  disposition  à  regarder  les  manœvres  comme  une 
peine  inutile.  Toutefois,  à  mesure  que  marcha  le  travail  et  lorsqu'on  commença  à  y 
prendre  réellement  goût,  ces  messieurs  ne  tardèrent  pas  à  atteindre  un  satisfaisant 
degré  de  suffisance. 

64.  L'instruction  des  sections  administratives — personnel  permanent  du  service  de 
santé,  section  de  l'intendance  militaire  canadienne  et  personnel  de  la  direction  d'artil- 
lerie— diffère  jusqu'à  un  certain  point  de  celle  des  armes  combattantes  du  service,  en 
ce  que  l'accomplissement  de  leurs  devoirs  ordinaires  en  temps  de  paix  est  en  lui-même 
pour  le  temps  de  guerre,  une  instruction  plus  pratique  que  ce  ne  peut  être  le  cas  chez 
les  autres  armes. 

65.  Le  service  fait  par  toutes  ces  sections  a  été  uniformément  bon,  et  leur  orga- 
nisation a  fait  de  satisfaisants  progrès,  plus  spécialement  chez  le  personnel  de  la  direc- 
tion d'artillerie.  Dans  tous  les  corps  d'administration,  toutefois,  on  peut  encore  re- 
marquer une  inclinaison  à  considérer  leurs  intérêts  distincts  de  ceux  du  reste  du  ser- 
vice, au  lieu  de  les  regarder  comme  ne  différant  en  rien  d'eux. 

66.  L'organisation  du  service  de  la  solde  a  fait  des  progrès,  et  ce  personnel  a  fait 
beaucoup  de'  travail  utile  en  mettant  du  système  dans  les  arrangements  de  paye,  en 
examinant  des  comptes  qu'il  n'avait  pas  été  précédemment  possible  de  vérifier,  et, 
généralement,  en  assurant  la  promptitude  dans  les  paiements  et  en  empêchant  du 
gaspillage. 

TELEGRAPHIE  PAR  SIGNAUX. 

67.  Pendant  la  saison  de  1907,  l'instruction  en  télégraphie  optique  a  été  donnée 
avec  succès  par  l'état-major  télégraphiste  et  le  corps  de  signaleurs. 

68.  A  une  exception  près,  tous  les  officiers  du  corps  de  signaleurs  ont  passé  l'exa- 
men voulu,  et  la  plupart  des  sous-officiers  et  hommes  des  sections  de  district  possèdent 
des  certificats. 

69.  Les  classes  de  télégraphie  optique  de  place  ont  été  bien  suivies,  et  le  nombre 
des  certificats  délivrés  a  de  beaucoup  excédé  celui  des  années  précédentes. 

70.  Les  nouveaux  effectifs  de  télégraphie  optique  autorisés  par  l'ordre  général  58 
de  1907  ont  déjà  l'effet  de  donner  une  plus  grande  permanence  aux  sections  de  signa- 
leurs, avec  l'accroissement  de  suffisance  qui  s'en  suit. 

71.  L'instruction  pratique  donnée  aux  télégraphistes  signaleurs  des  unités  perma- 
nentes à  Petawawa  a  eu  d'excellents  résultats.     Reconnaissance  a  été  faite  du  pays 


68  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

dans  un  périmètre  de  plusieurs  milles,  et  communication  établie  entre  différents  points 
de  ce  territoire.  Mais  il  reste  encore  des  progrès  à  faire  à  la  télégraphie  optique  de 
ces  corps,  dont  les  chefs  devraient  faire  attention  à  cela. 

72.  Relativement  à  la  suffisance  générale  en  télégraphie  optique  dans  la  troupe 
permanente,  les  corps  suivants  occupent  le  premier  rang  dans  leurs  armes  respectives, 
savoir  :  le  Royal  chasseurs  canadiens  à  cheval,  la  batterie  "  A  "  de  l'artillerie  royale 
canadienne  à  cheval,  la  3e  compagnie  de  l'artillerie  de  forteresse  et  la  compagnie  "  I  " 
du  régiment  Royal  Canadien. 

73.  Dans  la  milice  active,  le  77e  Wentworth  (corps  rural)  s'est  de  nouveau  placé 
au  premier  rang  pour  la  suffisance  générale  en  télégraphie  optique,  le  Royal  chasseurs 
à  pied  au  deuxième,  et  le  66e  fusiliers  Princesse  Louise  au  troisième. 

74.  Des  corps  de  signaleurs,  la  3e  section  (de  Kingston)  est  la  première,  et  la  12e 
(de  Charlottetown)  est  la  seconde. 

75.  En  ce  qui  concerne  la  télégraphie  optique  de  l'artillerie,  les  points  décernés 
pour  cela  dans  le  concours  de  suffisance  ont  été  un  grand  stimulant  de  progrès  dans 
cette  très  importante  branche  de  service  d'artillerie.  La  2e  batterie  du  2e  régiment 
(Montréal)  d'artillerie  canadienne  est  au  premier  rang,  la  13e  (Winnipeg)  batterie  de 
campagne  au  deuxième,  et  la  Ire  compagnie  du  3e  régiment  (Nouveau-Bnmswick) 
d'artillerie  canadienne  au  troisième. 

76.  Les  corps  ruraux  ont  fait  preuve  de  progrès  considérables  en  télégraphie  par 
signaux  de  sémaphore.  Ceux  dont  les  noms  suivent  ont  remporté  la  palme  à  leurs 
camps  respectifs,  savoir: 

Au  camp  de  Niagara le  77e  Wentworth; 

"  Kingston.  ...    le  55e  dragons  de  la  garde  Princesse  Louise; 

"  Granby le  7e  hussards; 

"  Trois-Rivières.  le  64e  Châteauguay  et  Beauharnois; 

"  London le  30e  chasseurs  à  pied  Wellington; 

"  Lévis,  P.Q.  .   .  le  92e  Dorchester; 

"  Sussex,  N.-B. .  le  74e  rangers  de  Brunswick; 

Charlottetown.  le  82e  d'infanterie  légère  Abegwait; 
"  Aldershot. .   ..  le  78e  highlanders  ; 

Petawawa.  ...  le  56e  chasseurs  Lisgar,  de  Grenville. 

77.  La  section  des  signaleurs  du  corps  de  cadets  du  Mont  Sftint-Louis,  Montréal, 
mérite  une  mention  spéciale.  On  espère  que  d'autres  organisations  scolaires  suivront 
l'exemple  donné  par  ce  corps. 

INSTRUCTION  DU  TIR. 

78.  A  l'école  de  tir  de  Rockliiïe,  les  cours  ordinaires  ont  été  dirigés  avec  zèle  par 
le  personnel  enseignant  et  au  grand  avantage  des  officiers  et  des  hommes  qui  les  ont 
suivis.  Il  est  encore  à  regretter  que  plus  de  corps  de  la  milice  active  ne  puissent 
envoyer  des  officiers  faire  un  cours  à  cette  école.  Le  fait  de  pouvoir  disposer  des 
services  d'un  officier  spécialement  formé  ne  profite  pas  peu  au  tir  d'un  corps. 

79.  Il  a  été  très  généralement  fait  usage  d'appareils  de  tir  dits  suhtargets  guns  et 
de  cartouches  réduites,  tant  à  l'école  qu'à  tous  les  camps,  pour  l'instruction  des  re- 
crues et  des  mauvais  tireurs,  et  ce  avec  le  plus  grand  avantage. 

APPENDICE. 

80.  On  trouvera  ci-joint  le  rapport  de  l'inspecteur  général  pour  l'année  expirée 
le  31  décembre  1907. 

E.  F.  JARVIS, 

Secrétaire  du  conseil  de  la  milice. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  69 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE. 

Ottawa,  16  novembre  1907. 
L'inspecteur  général  de  la  milice  canadienne 

Au  secrétaire  du  conseil  de  la  Milice. 
Monsieur, 

1.  J'ai  l'honneur  de  rapporter,  pour  l'instruction  de  l'honorable  ministre  du  con- 
seil de  la  Milice,  que  j'ai  quitté  les  fonctions  d'ajudant  général  le  15  avril  et  assumé 
celles  d'inspecteur  général  le  1er  mai  de  la  présente  année. 

2.  Je  pense  que  c'est  l'habitude  du  conseil  de  l'armée,  en  Angleterre,  de  traiter  le 
rapport  de  l'inspecteur  général  comme  document  confidentiel,  pour  l'instruction  du 
conseil  seulement. 

3.  Depuis  l'établissement  d'un  conseil  en  Canada,  cependant,  les  rapports  de  l'ins- 
pecteur général  ont  fait  partie  du  rapport  annuel  de  la  Milice. 

4.  Supposant  qu'il  en  sera  encore  ainsi  à  l'avenir,  j'ai  pris  le  parti,  à  la  fin  de 
l'inspection,  d'envoyer  au  conseil  un  rapport  sur  cette  inspection. 

5.  Il  doit  être  évident  que  pour  avoir  quelque  valeur  il  faut  que  les  rapports  d'un 
inspecteur  général  attirent  l'attent:on  sur  les  défectuosités  et  imperfections  tant  du 
personnel  que  du  matériel,  l'état  des  fortifications  et  de  l'armement,  etc.,  toutes  choses 
qu'il  importe  également  de  ne  pas  publier  pour  l'instruction  du  public  en  général,  et 
peut-être  pour  l'édification  d'autres  forces  militaires,  bien  qu'il  importe  grandement 
de  les  signaler  à  l'attention  du  conseil.  Je  bornerai  par  conséquent  le  présent  rapport 
— général,  puis-je  dire — aux  choses  qui  peuvent  être  rendues  publiques  sans  que  l'inté- 
rêt du  service  en  souffre,  maintenant  que  toutes  les  autres  ont  été  passées  en  revue 
dans  les  rapports  précédemment  mentionnés. 

TROUPE   PERMANENTE. 

6.  J'ai  inspecté  les  différentes  unités  permanentes  et  les  écoles  d'instruction 
fondées  dessus,  autres  que  celles  de  Winnipeg.  d'Esquimalt,  et  la  batterie  "  B  "  de 
l'artillerie  royale  canadienne  à  cheval,  avec  les  troupes  formant  la  garnison  d'Halifax, 
ainsi  que  les  fortifications  et  l'armement  de  cette  ville.  Comme  le  résultat  de  ces 
inspections  a  fait  le  sujet  de  rapports  confidentiels  spéciaux  au  conseil,  il  n'en  sera 
dit  que  peu  de  mots  ici. 

7.  A  une  exception  près,  j'ai  trouvé  les  différentes  imités  en  suffisant  état;  mais 
une  trop  forte  partie  de  l'instruction  dans  les  écoles,  en  certains  cas,  était  laissée  à  des 
sous-officiers,  tandis  que  les  officiers  en  prenaient  trop  peu  à  leur  charge.  Très  peu 
d'officiers  et  de  sous-officiers  de  la  milice  les  fréquentaient,  et  il  est  évident  que,  pour 
quelque  raison,  les  officiers  de  la  milice  ne  profitent  pas  dans  une  bien  grande  mesure 
des  moyens  d'instruction  qui  leur  sont  offerts  aux  écoles  des  différentes  armes.  Je  dois 
dire  que,  par  exception,  ces  remarques  ne  s'appliquent  pas  à  l'école  d'infanterie  de 
Québec,  qui  était  en  train  d'instruire  un  très  grand  nombre  d'officiers  et  de  sous- 
officiers. 

8.  Corps  et  écoles  étaient  entravés  par  la  grande  difficulté  d'obtenir  des  recrues  et 
par  le  grand  nombre  de  désertions  et  de  dégagements  à  prix  d'argent,  ces  causes  les 
réduisant  tous  au-dessous  de  l'effectif  autorisé,  et  les  mettant  dans  le  nécessité  d'em- 
ployer à  l'instruction  des  recrues  un  nombre  proportionnel  excessif  de  sous-officiers  qui 
autrement  auraient  pu  l'être  à  celle  de  la  milice  active. 

9.  La  difficulté  d'obtenir  des  recrues  et  l'énorme  nombre  de  désertions  doivent  être 
attribués  à  d'autres  causes  que  la  question  de  solde,  vu  que  le  soldat  canadien  est  celui 
qui.  de  tous  les  soldats  du  monde,  reçoit  la  plus  forte  paie  en  s'enrôlant,  soit  $15  par 
mois,  contre  $13  dans  l'armée  des  Etats-Unis.  Cependant,  l'état  de  choses  dans  le 
marché  de  la  main-d'œuvre  subit  présentement  un  si  grand  changement,  et  est  dans  le 
cas  d'en  subir  un  tellement  plus  grand  dans  un  avenir  rapproché,  que  d'ici  à  quelques 
années  je  ne  m'attends  à  aucune  difficulté  de  trouver  un  nombre  suffisant  d'hommes 
robustes  pour  remplir  les  rangs  de  la  troupe  permanente. 


70  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

10.  Si  l'on  veut  que  ces  corps  justifient  la  raison  principale  de  leur  existence,  qui 
est  d'instruire  la  milice  active,  il  semblerait  être  nécessaire  d'augmenter  considérable- 
ment le  nombre  des  sous-officiers  instructeurs  y  attachés  afin  d'avoir  constamment  sous 
la  main  un  nombre  suffisant  d'instructeurs  capables  pour  l'instruction  de  la  milice  tant 
dans  les  camps  qu'aux  différents  chefs-lieux  de  commandement  ou  d'état-major. 

11.  A  mon  inspection  de  l'école  d'infanterie  de  Québec,  je  n'ai  trouvé  que  deux 
instructeurs  capables  de  donner  correctement  l'instruction  en  français,  pour  toute  la 
milice  de  langue  française  de  la  province. 

ÉCOLE  DE  TIR. 

12.  J'ai  inspecté  l'école  de  tir  et  constaté  que  le  commandant  par  intérim,  son 
adjudant  et  un  personnel  de  sous-officiers  instructeurs  capables  y  faisaient  d'excel- 
lente besogne. 

ARMES   ET   ÉQUIPEMENT. 

14.  En  ce  qui  concerne  la  cavalerie,  les  armes  et  l'équipement  ne  peuvent,  je  crois, 
être  considérés  satisfaisants.  Deux  des  principaux  devoirs  de  la  cavalerie  sont  l'éclai- 
rage et  la  poursuite.  Pour  bien  faire  ces  services,  il  faut  souvent  aller  à  toute  vitesse 
par  un  pays  âpre  et  accidenté.  Comme  la  cavalerie  est  équipée  à  l'heure  qu'il  est,  c'est 
tout  simplement  impossible.  A  l'appui  de  mon  opinion,  je  citerai  les  lignes  suivantes 
dues  à  la  plume  de  cet  écrivain  allemand  bien  connu,  le  major  Black,  de  l'état-major 
général  allemand:  "La  cavalerie  n'aura  jamais  grand  succès  avec  ses  fusils,  mais 
seulement,  à  cheval,  en  utilisant  sa  grande  vitesse,  etc."  Puis  encore:  "Si,  à  Mars- 
la-Tour,  la  cavalerie  de  Von  Bredow  avait  eu  un  fusil  à  longue  portée  et  avait  mis 
pied  à  terre  pour  tirer,  elle  aurait  à  peine  arrêté  un  seul  régiment  d'infanterie,  tandis 
que,  par  sa  soi-disant  chevauchée  de  la  mort  elle  a  arrêté  la  marche  en  avant  d'une 
armée,  et  Von  Moltke  appelle  cela  le  plus  grand  combat  de  cavalerie  de  la  guerre." 

15.  Non  seulement  pour  les  corps  permanents,  mais  pour  toute  la  cavalerie,  le 
sabre  et  le  mousqueton,  ou  le  sabre  avec  le  pistolet,  sembleraient  des  armes  beaucoup 
plus  convenables  que  le  long  fusil  dont  ils  sont  présentement  armés. 

1G.  Il  y  a  manque  d'uniformité  dans  les  selles,  les  morts  de  bride,  etc.,  qui,  à  mon 
avis,  devraient  tous  être  d'un  unique  modèle.  La  coiffure  de  grande  tenue  est  proba- 
blement, à  l'exception  du  chapeau  Albert,  la  plus  hideuse  coiffure  qui  ait  jamais  été 
servie  à  des  soldats.  Un  casque  élégant  orné  d'un  plumet  semblerait  être  une  coiffure 
plus  convenable. 

17.  Relativement  à  l'artillerie,  le  rapport*  de  l'inspecteur  de  cette  arme  annexé 
au  présent  traite  amplement  de  toutes  choses  se  rapportant  à  son  armement  et  équipe- 
ment, et  ceux  des  autres  armes  ne  demandent  pas  d'observations  spéciales  ici. 

MANŒUVRES    COMBINEES. 

19.  Pour  la  première  fois  depuis  leur  formation,  toutes  les  différentes  armes  de  la 
troupe  permanente  ont  eu  le  très  grand  avantage  d'être  exercés  ensemble  dans  le  camp 
d'instruction  de  Petawawa,  et  d'exécuter,  pour  la  première  fois  dans  leur  histoire,  les 
manœuvres  combinées  de  toutes  armes  dans  une  série  d'exercices  tactiques  sous  la 
surveillance  d'un  état-major  soigneusement  choisi  et  capable.  Le  résultat  de  pareilles 
manœuvres  est  si  frappant  qu'il  est  à  espérer  qu'on  en  fera  tous  les  ans,  à  l'avenir. 

MILICE  ACTIVE. 

19.  Par  arrangement,  le  chef  d'état-major  général  a  inspecté  le  camp  de  cavalerie 
à  Granby,  ainsi  que  les  camps  de  Petawawa,  de  Trois-Rivières  et  de  Lévis.  Les  résul- 
tats de  ces  nspections  ont  été  soumis  de  temps  à  autre  au  conseil  de  la  Milice. 

20.  J'ai  inspecté  les  camps  de  London,  de  Niagara,  de  Kingston,  de  Sussex,  de 
Charlottetown  et  d'Aldershot,  et,  à  une  exception  près,  peut-être,  j'ai  trouvé  ces  camps 
des  modèles  de  propreté  et  de  bon  ordre,  les  dispositions  sanitaires  et  les  mesures  de 


'Non  imprimé. 


CONSEIL  DE  LA  MILICE  71 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35 

police  excellentes,  et  les  cantines  conduites  en  stricte  conformité  des  règlements;  je 
n'ai  pas  eu  connaissance  d'un  seul  cas  d'ivresse. 

21.  Les  instructions  établies  par  le  conseil  pour  l'exercice  ont  été  strictement 
suivies,  autant  que  l'état  de  l'atmosphère  l'a  permis,  et  le  résultat  a  été  fort  satis- 
faisant, eu  égard  à  la  courte  période  qui  peut  être  réellement  consacrée  à  l'instruction 
dans  un  camp  qui  ne  dure  que  12  jours.  Si  l'on  déduit  le  jour  de  l'arrivée,  celui  du 
départ  et  un  dimanche,  sans  rien  retrancher  pour  cause  de  mauvais  temps,  il  ne  reste 
que  9  jours  pour  l'instruction  effective  du  soldat. 

22.  A  l'exception  des  troupes  des  provinces  maritimes,  tous  les  corps  étaient  numé- 
riquement très  faibles  et  avaient  dans  leurs  rangs  beaucoup  trop  de  recrues,  ou 
hommes  de  première  année,  dont  la  proportion  était  de  75  pour  100  dans  l'Ontario,  et 
de  30  à  40  pour  100  dans  les  autres  provinces.  Très  souvent  le  physique  était  mé- 
diocre, et  les  rangs  comptaient  beaucoup  de  jeunes  gens  n'ayant  apparemment  pas  l'âge 
prescrit. 

23.  Le  déficit  en  membres  et  l'énorme  proportion  de  recrues  étaient  attribués  par 
les  chefs  de  corps  à  l'émigration  de  grand  nombre  de  jeunes  gens  des  vieilles  provinces 
vers  le  nord-ouest,  et  à  la  grande  demande  de  la  main-d'œuvre;  mais,  part  largement 
faite  de  ces  deux  raisons,  il  semble  inconcevable  que  50  à  75  pour  100  d'un  corps 
disparaissent  entre  la  période  d'instruction  de  1906  et  celle  de  1907,  et  je  crois  qu'il  est 
impossible  d'arriver  à  une  autre  conclusion  qu'une  grande  partie  du  déficit  est  due  à  la 
répugnance  qu'ont  les  capitaines  de  compagnies  à  faire  observer  la  loi  et  à  forcer  les 
hommes  dont  les  noms  figurent  sur  les  contrôles  de  se  rendre  à  l'appel. 

24.  Il  s'en  manque  que  cet  état  de  choses  soit  aussi  général  dans  les  provinces 
maritimes,  où  le  physique  des  hommes  est  meilleur  et  les  rangs  mieux  remplis  ;  là,  il  y 
a  moins  de  jeunes  garçons  dans  les  rangs,  et,  en  certains  endroits,  les  rangs  de  la  cava- 
lerie pourraient  être  remplis  deux  fois.  Il  semblerait  presque  que  le  service  soit  plus 
populaire  dans  l'est  que  dans  l'ouest  des  vieilles  provinces  du  Canada. 

25.  La  grande  utilité  de  cette  récente  addition  à  la  troupe,  l'intendance  militaire, 
était  très  apparente  à  tous  les  camps  que  j'ai  inspectés,  et  à  l'un  de  ces  derniers  (celui 
d'Aldershot,  N.-E.)  l'entier  approvisionnement  en  vivres,  de  même  que  tout  le  trans- 
port nécessaire,  a  été  fait  d'une  manière  satisfaisante  par  ce  corps. 

26.  Les  camps  d'instruction  de  l'Ouest  canadien  ont  été  assemblées  à  Winnipeg  et 
à  Calgary.  Le  premier  a  été  inspecté  par  l'officier  de  district  commandant  le  10e 
district  militaire,  et  le  dernier  par  l'officier  de  district  commandant  le  13e  district 
récemment  créé.     Les  rapports  de  ces  deux  officiers  sont  forts  satisfaisants. 

ETAT  DE  PREPARATION  POUR  LA  GUERRE. 

27.  LTn  des  devoirs  prescrits  à  l'inspecteur  général  est  de  faire  un  rapport  sur  l'état 
de  préparation  des  forces  militaires  du  Dominion  pour  la  guerre,  l'objet  de  l'instruc- 
tion de  toutes  troupes  étant  de  les  rendre  propres  au  métier  réel  des  armes.  J'ai  en 
conséquence  tâché  de  m'assurer  autant  que  possible,  non  seulement  du  présent  état 
réel  des  troupes,  mais  d'arriver  à  la  somme  d'instruction  supplémentaire  qu'il  leur 
faudrait  pour  pouvoir  entrer  en  campagne  avec  une  chance  moyenne  de  succès  contre 
les  troupes  disciplinées  d'une  nation  civilisée.  Il  peut  être  considéré  qu'en  le  faisant 
j'empiète  sur  les  fonctions  d'un  autre  officier.  J'espère,  cependant,  que  tel  n'est  pas  le 
cas,  attendu  que  je  m'efforce  de  faire  un  rapport  non  sur  la  méthode  d'instruction, 
ruais  sur  le  résultat  de  l'instruction,  et  je  pense  que  les  périodes  de  temps  suivantes 
seront  trouvées  justes.  Je  présume,  comme  de  raison,  que  nous  avons  sous  la  main 
tous  les  effets  d'habillement  et  d'équipement  et  toutes  les  armes  nécessaires,  et  que  les 
rangs  de  tous  les  corps  sont  portés  au  plein  pied  de  guerre  par  enrôlement  volontaire 
ou  par  tirage,  ou  par  une  combinaison  des  deux,  et  que,  les  rangs  ayant  été  ainsi 
complétés,  les  hommes  sont  soigneusement  exercés  par  des  instructeurs  capables,  dans 
des  camps  d'instruction,  pendant  les  périodes  suivantes,  savoir: — 

(1)   La  cavalerie — 

Yn  mois  à  90  jours; 


72  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

(2)  L'artillerie,  de  campagne  et  de  place — 

De  10  à  30  jours; 

(3)  Les  corps  d'infanterie  clans  les  grandes  villes — 

De  7  à  30  jours  ;  et 

(4)  Toute  autre  infanterie — 

De  30  à  90  jours. 

28.  L'histoire  enseigne  que  des  armées  de  recrues,  conduites  par  des  vétérans  et 
ayant  des  militaires  expérimentés  pour  officiers  font  d'excellentes  machines  de  combat, 
à  preuve  de  quoi  je  citerai  les  campagnes  de  1813  et  1814  de  Napoléon  (il  est  vrai 
qu'elles  finirent  désastreusement  peur  l'empire,  mais  ce  résultat  fut  dû  non  pas  à  des 
défauts  ou  imperfections  désarmées  françaises,  mais  à  d'autres  causes  que  connaissent 
bien  ceux  qui  s'adonnent  à  l'étude  de  l'histoire)  et  aussi  la  campagne  de  Waterloo, 
dans  laquelle  l'armée  anglaise  était  composée  en  grande  partie  de  recrues  et  de  déta- 
chements de  la  milice  encadrés  par  des  vétérans  de  la  guerre  d'Espagne.  D'un  autre 
côté,  de-  années  composées  d'hommes  inexpérimentés  conduits  par  des  officiers  sans 
expérience  eux  aussi  ne  valent  rien  comme  organisations  de  combat. 

29.  Des  hommes,  individuellement  braves,  massés  en  corps  indisciplinés,  sous  des 
chefs  inexpérimentés,  sont  sans  courage  et  deviennent  de  simples  animaux  frappés  de 
terreur,  cherchant  leur  salut  dans  la  fuite. 

30.  Comme  exemple  de  ce  qui  précède,  je  citerai  les  remarques  du  général  Sher- 
man  sur  les  troupes  engagées  dans  la  première  invasion  de  la  confédération  du  Sud, 
qui  se  termina  par  la  désastreuse  (pour  elle)  bataille  de  BuH's-Run,  lesquelles  dites 
troupes  avaient  toutes  eu  de  00  à  90  jours  d'instruction  dans  un  camp  de  manœuvres: 
••  Nous  avions  une  bonne  organisation,  de  bons,  hommes,  mais  pas  de  cohésion,  pas  de 
discipline  réelle,  pas  de  respect  de  l'autorité,  pas  de  connaissance  réelle  de  la  guerre." 

31.  De  fait,  cela  prit  deux  ans  avant  que  les  armées  du  Nord  eussent  atteint  un 
tel  état  qu'elles  pussent  être  classées  comme  troupes  disciplinées  et  suffisantes. 

32.  Le  sang  et  l'argent  prodigués  dans  ces  deux  années  furent  le  prix  du  manque 
de  préparation  au  début  de  la  guerre,  en  1861. 

33.  Les  conditions  existant  dans  les  deux  pays — le  Canada  et  les  Etats-Unis — 
sont  tellement  semblables  qu'il  sera  bon  de  se  prémunir  à  temps  contre  un  état  de 
choses  comme  celui  que  décrit  Sherman.  Si  nos  troupes  étaient  effectivement  appelées 
à  l'activité  demain,  est-ce  que  quelqu'une  des  observations  de  Sherman  leur  serait 
applicable  l 

.'54.  La  proposition  de  rendre  l'instruction  militaire  obligatoire  dans  les  écoles 
publiques,  comme  moyen  de  défense  nationale,  est,  naturellement,  un  excellent  projet, 
mais  il  faudrait  qu'il  fût  enseignée  plus  que  le  tir  du  fusil  et  la  manœuvre.  Il  ne  suffit 
pas  qu'un  homme  soit  un  bon  tireur  et  fort  en  exercice;  pour  en  faire  un  bon  soldat 
il  faut  lui  enseigner  la  discipline  et  le  respect  de  l'autorité.  Une  armée  dans  les  rangs 
de  laquelle  on  n'a  pas  fait  pénétrer  ces  deux  choses  s'écroulera  certainement  en  guerre, 
cl  c'esl  parce  que  ses  soldats  possédaient  ces  deux  qualités  à  un  éminent  degré  qu'une 
nation  c«;niparativement  obscure  et  inconnue  a  récemment  pu  s'élever  d'un  bond  au 
rang  des  puissances  militaires  et  navales  de  premier  ordre. 

'!•"..  Si  l'on  inspirait  profondément  à  nos  jeunes  gens  le  principe  de  l'obéissance  et 
le  respect  de  l'autorité,  avec  l'adresse  au  tir  du  fusil  et  une  bonne  connaissance  de  la' 
manœuvre,  ce  serait  un  grand  pas  de  fait  vers  la  solution  du  problème  de  la  défense 
nationale. 

36.  On  trouvera  ci-inclus,  marqués  d'un  A,  d'un  B  et  d'un  C,  les  rapports*  des 
inspecteurs  de  la  cavalerie,  de  l'artillerie  et  du  génie,  avec  un  rapport  sur  l'état  de  la 
section  de  l'intendance  militaire  par  l'officier  qui  dirige  ce  service. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

B.  H.  VIDAL, 
Général  de  brigade,  inspecteur  général. 

*Xon  imurimés. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35a 


A.  1909 


MILICE  ET  DEFENSE 


MEMOIRE 


CONCERNANT  LE 


BUDGET  DE  DÉPENSES  POUR  1909-1910 


(Y  COMPRIS  LE  BUDGET  SUPPLÉMENTAIRE  POUR  1908-1909 
À  ÊTRE  DÉPOSÉ—VOIR  PARAGRAPHE  6.) 


IMPRIME  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 
IMPRIMÉ  PAR  C.  H.  PARMELEE,  IMPRIMEUR  DE  SA  TRÈS  EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 

1910 
[N°  35a.— 1910.] 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  35a  A.  1909 


MILICE   ET   DÉFENSE 


MEMOIRE  CONCERNANT  LE  BUDGET  DE  DEPENSES  POUR  1909-1910  (Y 
COMPRIS  LE  BUDGET  SUPPLEMENTAIRE  POUR  1908-1909  A  ETRE 
DEPOSE— VOIR  PARAGRAPHE  6.) 


1.  Comme  tous  les  autres  départements  du  service  public,  le  département  de  la 
Milice  et  de  la  Défense  s'est  trouvé  forcé  par  les  circonstances  de  préparer  ces  crédits 
pour  l'exercice  1909  d'après  les  restrictions  que  lui  impose  la  réduction  des  recettes  de 
l'Etat. 

2.  Bien  que  nous  espérons  que  la  gêne  financière  actuelle  ne  soit  que  passagère, 
néanmoins,  nous  avons  cru  qu'il  était  sage  de  prévoir  la  possibilité  de  sa  continuation. 
C'est  pourquoi  le  ministre  de  la  Milice  a  cru  à  propos  de  donner  plus  d'explications 
que  d'habitude,  sur  les  crédits  de  la  milice,  dans  le  présent  mémoire. 

3.  Un  fait  qui,  probablement,  a  échappé  à  l'attention  d'un  nombre  assez  considé- 
rable de  membres  du  Parlement,  et  qu'ont  sans  doute  ignoré  ceux  qui  critiquent  dans 
les  journaux  le  département  de  la  Milice,  c'est  que  ce  département  ayant  pris  la  res- 
ponsabilité de  pourvoir  entièrement  dans  son  budget,  à  la  défense  d'Halifax  et  d'Es- 
quimalt,  c'est-à-dire  depuis  l'exercice  1907-1908  inclusivement,  les  dépenses  de  cette 
administration  n'ont  pas  augmenté,  mais  au  contraire,  accusent  une  diminution. 

4.  Cette  assertion  est  facile  à  établir  par  le  tableau  suivant,  qui  donne  un  détail 
des  crédits  que  le  Parlement  a  votés  pour  les  différents  services,  à  commencer  ^vec 
l'exercice  1904-1905  et  terminant  avec  l'exercice  1909-10.  L'on  se  rappellera  que  de 
l'exercice  1904-1905  date  le  régime  de  la  réorganisation  de  la  milice.  Le  conseil  de 
la  milice  fut  institué  dans  le  mois  de  novembre  1904,  et  ce  n'est  que  le  30  juin  1905 
que  la  réorganisation  de  notre  état-major  et  de  notre  système  administratif,  basé  sur 
le  mode  en  usage  dans  l'armée  impériale,  fut  complètement  effectuée. 

5.  Au  cours  de  l'exercice  1905-1906,  l'Etat  prit  la  responsabilité  de  pourvoir  à  la 
défense  d'Halifax  et  d'Esquimalt,  et  nous  cbmmençâmes  à  prendre  possession  de  ces 
places  fortifiées  des  mains  des  autorités  impériales.  Le  transfert  fut  virtuellement 
complété  au  cours  de  l'exercice  1906-1907  (un  exercice  de  neuf  mois  seulement),  et 
l'effet  complet  de  cette  mesure  sur  les  recettes  de  l'Etat,  au  point  de  vue  financier,  y 
compris  la  quittance  de  toutes  les  obligations  du  gouvernement  impérial  en  vertu  de 
la  convention,  apparut  pour  la  première  fois  dans  le  budget  du  département  pour  1907- 
1908,  et  il  y  fut  prévu. 

35a— le 


MINISTERE  DE  LA   MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Sen 


Exercices  annuels 

Accoutrements  et  nécessaires 

Contingents   

Droits  de  douane 

Défense  d'Esquimalt 

Arsenal  fédéral 

Services  du  génie 

Subventions  aux  associations 

Entret.  des  propriétés  du  département. 

Solde  et  allocations — 

Personnel  de  l'état-major  général 

Personnel  Jes  états-majors  du  district 

et  de  commandement 

Troupe  permanente 

Milice  active  attachée  pour  le  service 
Allocations  à  la  milice  active   

Gardes  d'honneur,  etc 

Montant  de  la  solde  et  des  allocations 


Impressions  et  papeterie 

Approvisionnement  et  fournitures. 

Collège  Militaire  Royal 

Traitements  et  gages 

Service  topographique 

Transport  et  fret 

Approvisionnements  de  guerre   .    . 
Crédits  divers 


L904-5. 


G99,724 

179,943 

10,440 


Paie  de  1'  I.  G.  et  autres 

Eonds  du  capital- Armes,  munitions, etc. 

Total 


109,987 

150,503 

205,800 

49,100 

49,854 

40,519 

45,551 

477,571 

42,552 

50,7(30 

8,!)11 


077,864 


24,511 
105,190 

80,478 
64,984 
11,240 
54,783 
'  74,708 
21,240 


2,636,445 

14,699 

1,299,964 


3,951,108 


1905-6. 


809,924 

429,727 

14,191 


179,256 

215,037 

254,427 

45,825 

50,523 

46,991 

73,110 

1,055,099 

42,593 

122,864 

5,829 


1,318,495 


25,805 

463,668 

86,243 

72,003 

15,518 

84,856 

174,980 

2,046 


4,272,524 

21,600 

1,299,870 


5,594,000 


Neuf 

mois 

1900-7. 


924,3 

274,510 
13,694 
71,803 


224,401 

275,  £  87 

45,240 

38,433 

33,782 

64,234 

845,504 

27,913 

44,235 

4,543 


1,020,211 


26,306 
274,fc41 

68,897 
67,063 
17,760 
54,965 
124,912 
8,401 


3,331,504 

16,200 

975,283 


4,322,987 


1907  8. 


$ 

1,084,499 

399,919 

21,643 

143,622 


Votés, 
1908-9. 


341,083 

325,913 

49,278 

70,062 

58,797 

77,271 

1,401,271 

40,127 

70,239 

6,025 


1,653,739 


47,570 

424,987 

92,145 

98,979 

23,716 

109,980 

*554,200 

35,257 


5,476,583 

21,600 

1,297,905 


6,796,088 


1,305,000 

450,000 

31,000 

115,000 


290,000 

310, 8]  2 

55,000 

75,000 

60,923 

83,077 

1,378,000 

42,000 

100,000 

6.000 


1,670,000 


45,000 
430,000 
108,500 
100.000 

30,000 

112,500 

285,000 

8,803 


5,427,675 

21,600 

1,300,000 


6,749,275 


Requis, 
1909-10. 


800,000 

375,' 00 

25,000 

1(0,000 


300,000 

275,000 

55,000 

75,000 

60,923 

83,077 

1,350,000 

44,000 

102,000 

6,000 


1,040,000 


40,000 

400,000 

96,000 

80,000 

25,000 

100,000 

335,000 

4,550 

4,791,550 

21,600 

2,300,000 


6,113,000 


*  Y  compris  $200,000  pour  payer  les  troupes  impériales,  t  Y  compris  $250,000  pour  les 
approvisionnements  et  fournitures  laissées  par  les  troupes  impériales. 

Note. — Les  montants  indiqués  dans  Favant-dernière  colonne,  comme  ayant  été  votés  en 
1903-1909,  donnent  les  totaux  des  divers  crédits  votés  après  la  revision,  conformément  aux 
crédits  supplémentaires  de  1908-1909  à  être  déposés. 

Ces  crédits  supplémentaires  n'ajouteront  pas  au  budget,  mais  réduiront  de  $85,000  le  crédit 
affecté  aux  droits  de  douane,  de  $60,000  le  crédit  affecté  à  Farsenal  fédéral,  de  $90,000  le  crédit 
affecté  aux  services  du  génie,  de  $65,000  le  crédit  affecté  aux  approvisionnements  de  guerre, 
mais  ils  augmenteront  le  crédit  affecté  aux  exercices  annuels  de  $105,000,  de  $170,000  celui  de 
la  solde  et  des  allocations,  de  $12,500  celui  du  Collège  royal  militaire,  de  $12,500  celui  des 
transports,  le  total  des  augmentations  compensant  celui  des  réductions. 

6.  Le  tableau  qui  précède  donne  en  détail  les  crédits  votés  chaque  année,  et  montre 
en  conséquence  l'effet  de  la  prise  de  possession  des  fortifications  d'Halifax  et  d'Esqui- 
malt au  point  de  vue  financier,  mais  il  faut  tout  de  même  remarquer  que  ce  n'est 
qu'aujourd'hui  que  se  fait  sentir  en  son  entier  l'effet  du  changement  dans  le  mode 
d'administration  inauguré  en  1904-1905.  Le  mode  en  usage  avant  cette  date  rendait 
excessivement  difficile  le  calcul  exact,  dans  le  budget  des  dépenses  de  chaque  exercice, 
du  montant  qui  serait  requis  pour  faire  face  aux  différents  services,  de  la  milice  au 
cours  de  l'exercice.  Il  est  possible,  avec  notre  nouvelle  méthode  ,de  contrôler  et  de 
vérifier  beaucoup  plus  étroitement  les  dépenses. 

On  voit  l'effet  du  changement  dans  les  faits  suivants:  Les  crédits  supplémen- 
taires, de  1906-1907  (pour  neuf  mois  seulement)  pour  réajuster  ceux  de  1908-1909, 
ne  sont  pas  une  somme  additionnelle,  mais  un  simple  réajustement  des  sommes  déjà 
votées.  Dans  les  crédits  d.e  1909-1910,  le  seul  item  au  sujet  duquel  on  ne  pourra 
peut-être  pas  s'exempter  de  demander  un  crédit  supplémentaire,  est  celui  des  exercices 


BUDGET  DE  DEPENSE  POUR  1009-10  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35a 

annuels.  Il  est  évident  que  la  somme  requise  pour  les  exercices  annuels  de  la  milice 
active,  dépend  du  nombre  précis  d'hommes  qui  se  présentent  pour  faire  les  exercices. 
Il  est  évident  également  que  la  politique  du  département  doit  être  d'inciter  autant  de 
soldats  que  possible  à  faire  l'exercice  chaque  année.  Il  est  conséquemment  imprati- 
cable de  calculer  exactement  la  somme  qui  sera  requise,  tant  que  nous  ne  connaîtrons 
pas  exactement  le  nombre  d'hommes  qui  se  présenteront  pour  faire  les  exercices  ordi- 
naires des  exercices  annuels,  malgré  toutes  les  précautions  que  l'on  peut  prendre  pour 
ne  pas  dépasser  la  somme  votée,  et  bien  que  l'on  se  propose  d'adopter  pour  l'exercice 
1909-1910,  certaines  mesures  qui  devraient  avoir  pour  résultat  une  économie  substan- 
tielle, comparée  aux  budgets  précédents,  il  sera  nécessaire,  néanmoins,  de  demander 
quelques  crédits  supplémentaires. 

7.  On  verra  par  le  tableau  "A"  ci-dessus  que  les  principales  augmentations,  depuis 
1904-1905,  se  sont  produites  dans  les  item  suivants: 

Exercices  annuels:  habillements  et  effets  d'équipement  nécessaires;  droits  de 
douane,  arsenal  fédéral;  service  du  génie;  propriétés  militaires;  état-major  et  com- 
mandants de  district;  paie  de  la  force  permanente;  allocation  pour  la  milice  active; 
provisions  et  approvisionnements;  transports  et  magasins  militaires. 

8.  Un  examen  de  ces  item  nous  montre  que  l'augmentation  dans  le  coût  des  exer- 
cices annuels  a  été  due  simplement,  premièrement  à  l'augmentation  considérable  dans 
le  nombre  des  soldats  qui  ont  suivi  les  exercices  annuels;  secondement,  à  la  paie 
d'après  la  valeur;  troisièmement,  à  l'addition  de  quatre  jours  supplémentaires  d'exer- 
cices pour  l'artillerie.  Il  est  bon,  cependant,  de  remarquer  que  dans  la  somme  requise 
pour  les  exercices  annuels  de  l'année  courante  1908-1909,  savoir:  $1,305,000,  il  y  a 
environ  $230,000  dont  la  dépense  a  été  causée  directement  par  le  transport  à  Québec, 
pour  les  fêtes  du  troisième  centenaire,  en  1908,  de  10,000  à  11,000  miliciens,  qui 
auraient  exécuté  leurs  exercices  annuels  ailleurs  et  ont  été  ajoutés  aux  2,000  hommes 
de  troupe  appartenant  au  commandement  de  Québec,  et  qui  ont  fait  leurs  exercices 
annuels  tous  ensemble.  Si  ces  $230,000  étaient  déduits  de  ce  crédit,  car  cette  dépense 
n'appartient  pas  réellement  aux  exercices  annuels,  la  dépense  totale  pour  les  exercices 
de  1908-1909  ne  serait  plus  que  de  $1,075,000. 

L'augmentation  continue  dans  le  nombre  de  volontaires  qui,  chaque  année,  suivent 
les  exercices,  est  très  consolante.  En  1895-96,  19,000  soldats  seulement  et  1,125  che- 
vaux, ont  pris  part  au  exercices  annuels;  en  1898,  25,296  hommes  et  2,478  chevaux; 
en  1903-1904,  32,500  hommes  et  7,892  chevaux,  tandis  qu'en  1908-1909,  il  n'y  a  pas  eu 
moins  de  47,500  soldats  et  officiers,  et  8,500  chevaux  qui  ont  pris  part  aux  exercices. 

9.  On  voit  par  ce  qui  précède,  supposant  que  le  même  nombre  de  soldats  de  la 
milice  active  prenne  part  aux  exercices  de  1909-1910,  et  aux  même  camps,  il  y  aurait, 
dans  ce  crédit,  un  découvert  de  $215,000  environ.  Mais  dans  un  but  d'économie  on 
se  propose,  pendant  la  prochaine  saison  des  exercices,  de  faire  exercer  certains  corps 
de  la  milice  active,  non  pas  dans  les  campements  régionaux,  mais  chaque  corps  à  son 
chef-lieu  respectif,  plus  spécialement  les  corps  qui  sont  plus  éloignés  du  terrain  de 
Campement  où  ils  ont  habitude  de  se  rendre  et  dont  le  transport,  conséquemment  coûte 
plus  cher.  Personne  ne  met  en  doute  les  avantages  qu'on  retire  d'exercer  plusieurs 
troupes  ensemble  sur  de  vastes  terrains  de  campement.  Les  soldats  voient  comment 
d'autres  corps  font  l'exercice;  ils  peuvent  faire  usage  des  champs  de  tir  et  obtenir  une 
meilleure  instruction  militaire;  il  se  développe  parmi  eux  un  esprit  d'émulation  qui  a 
pour  résultat  de  produire  une  amélioration  générale.  D'un  autre  côté,  la  parade,  de 
temps  à  autre,  des  régiments  locaux  dans;  leur  propre  localité,  tend  à  encourager  le 
recrutement  et  à  développer  un  orgueil  local.  On  fera,  cette  année,  l'expérience  des 
exercices  locaux,  afin  de  voir  quel  résultat  on  aura. 

On  empêchera  certains  corps  qui  sont  présentement  un  peu  désorganisés  de  venir 
Va  camp,  tant  qu'ils  n'auront  pas  donné  la  preuve  qu'ils  sont  en  état  de  profiter  de 
1  instruction  qu'on  y  donne;  on  prendra  aussi  des  mesures  pour  que  chaque  corps  ne 
■oit  composé  que  d'hommes  capables  de  prendre  part  aux  exercices.     Ces  différent» 


6  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

mesures,  jointes  à  d'autres  économies  que  l'on  a  en  vue,  devraient  maintenir  la  dépense 
dans  les  limites  de  ce  crédit. 

10.  Au  sujet  des  habillements  et  effets  d'équipement  nécessaires,  il  est  évident  que 
bien  que  la  dépense  varie  dans  une  certaine  mesure  d'une  année  à  l'autre,  l'augmen- 
tation générale  dans  le  nombre  des  miliciens  et  de  ceux  qui  prennent  part  aux  exer- 
cices fait  monter  ou  baisser  la  dépense. 

11.  L'augmentation  dans  les  droits  de  douane  peut  être  mise  de  côté,  vu  que  c'est 
simplement  un  échange  d'argent  entre  un  ministère  et  un  autre. 

12.  L'augmentation  du  crédit  pour  l'arsenal  fédéral  est  due  au  besoin  plus  grand 
de  munitions  pour  les  fusils,  et  au  fait  que  l'arsenal  fabrique  maintenant  des  boulets 
de  12  livres,  que  nous  achetions  auparavant  en  Angleterre. 

13.  L'augmentation  dans  le  service  du  génie  vient  de  l'entretien  des  propriétés 
militaires  qui  sont  aujourd'hui  en  plus  grand  nombre,  spécialement  l'entretien  des 
champs  de  tir  et  des  terrains  de  campement,  et  aussi  aux  soins  et  à  l'attention  supplé- 
mentaires que  l'on  donne  maintenant  aux  édifices  militaires  ;  on  les  répare  aussitôt  que 
la  chose  est  nécessaire,  au  lieu  de  les  laisser  se  détériorer  comme  auparavant,  lorsque 
l'on  retardait  les  réparations  jusqu'au  moment  où  l'on  ne  pouvait  plus  se  dispenser  de 
les  faire,  système  que  le  département  s'était  vu  obligé  d'adopter  à  cause  de  l'effectif 
restreint  du  corps  de  génie. 

14.  L'une  des  augmentations  dans  les  crédits  de  la  milice  qui  ont  été  le  plus  criti- 
quées en  certains  quartiers  est  celle  des  états-majors  généraux  et  de  districts,  qui  s'est 
élevée  de  $92,000  environ  qu'elle  était  en  1904-1905  à  $144,000  pour  le  présent  exercice. 
Ce  fait  s'explique  par  les  conditions  qui  existaient  avant  1905.  Le  personnel  qui  repo- 
sait sur  un  système  depuis  longtemps  décrépit  n'avait  jamais  été  remodelé  pour  se 
conformer  aux  conditions  modernes,  et  n'avait  ni  l'effectif  nécessaire,  ni  la  formation 
propre.  Plusieurs  commandants  généraux  avaient  insisté  sur  l'absolue  nécessité  d'avoir 
un  nombreux  état-major  d'expérience  et  à  plusieurs  reprises  avaient  insisté  sur  la 
nécessité  de  donner  aux  troupes  qui  ne  pouvaient  faire  les  exercices  que  pendant  un 
court  espace  de  temps,  des  instructeurs  choisis  parmi  des  officiers  formés.  Comme 
résultat  de  l'insuffisance  numérique  du  personnel,  presque  tous  les  règlements  étaient 
tombés  en  désuétude,  et  bien  que  l'on  connût  le  gaspillage  qui  se  faisait  on  ne  pouvait 
y  mettre  fin.  Il  était  absolument  impossible  de  répondre  promptement  à  la  correspon- 
dance qui  s'accumulait  aux  états-majors  généraux,  et  dans  les  commandements  de 
districts;  un  très  grand  nombre  de  questions  concernant  les  exercices,  l'équipement  et 
l'organisation  des  troupes  demandaient  à  être  réglées,  mais  on  ne  pouvait  seulement 
pas  les  étudier. 

15.  L'augmentation  en  question  dans  le  personnel  des  états-majors  et  commande- 
ments de  districts,  est  le  résultat  de  la  réforme  qui  était  devenue  nécessaire.  Il  était 
évident  qu'aucune  milice  n'yant  que  le  petit  nombre  d'officiers  que  la  nôtre  avait 
avant  1905,  ne  pourrait  jamais  entrer  en  campagne,  et  ce  qui  est  plus  difficile  et  plus 
important,  faire  face  à  l'enremi,  et  lorsque  le  départ  des  troupes  impériales  d'Halifax 
et  d'Esquimalt  nous  a  privés  des  officiers  d'état-major,  sur  lesquels  nous  prenions  dans 
les  cas  de  besoin  le  cas  devint  plus  urgent.  Les  officiers  d'état-ma;fr>rt  étaient  trop  peu 
nombreux  pour  remplir  leurs  fonctions  d'une  façon  régulière,  encore  moins  d'adopter 
les  règles  en  vigueur  dans  l'armée  impériale,  bien  qu'il  fût'  évidemment  absolument 
nécessaire,  si  les  troupes  canadiennes  devaient  jamais  être  appelées  à  combattre  côte 
à  côte  avec  les  troupes  impériales  dans  un  cas  de  grand  danger  national,  dans  le  cas, 
par  exemple,  où  l'intégrité  du  territoire  canadien  serait  menacée,  que  nos  troupes 
fussent  organisées  de  la  même  façon  et  suivant  les  mêmes  règlements  que  l'armée 
impériale.  Il  a  donc  fallu  en  même  temps  que  l'organisation  du  conseil  militaire  et 
de3  états-majors  généraux  entreprendre  de  changer  le  mode  de  travail  dans  les  divers 
commandements  de  districts.  Le  travail  s'y  fait  maintenant  d'après  une  méthode 
identique  à  celle  suivie  par  l'armée  impériale,  la  seule  différence  entre  les  deux  est  due 
chez  nous  à  ce  que  l'effectif  de  notre  milice  est  moindre. 


BUDGET  DE  DEPENSE  POUR  1909-10  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35a 

Il  ne  peut  y  avoir  de  doute  que  cette  augmentation  de  dépenses,  qui  est  faite,  il 
faut  bien  se  le  rappeler,  presque  entièrement  dans  les  intérêts  de  la  milice  active,  prise 
comme  corps  distinct  de  la  force  permanente,  a  été  pleinement  justifiée  par  la  valeur 
que  cette  milice  a  atteinte  et  qui  lui  permettra  d'entrer  en  campagne  si  c'était  néces- 
saire. 

Il  est  peut-être  bon  de  noter  que  dans  ce  crédit  sont  comprises  plusieurs  dépenses 
qui  dans  les  budgets  précédents  apparaissaient  sous  d'autres  titres.  Par  exemple, 
plusieurs  fonctions  qui  autrefois  aux  camps  d'exercices  annuels  étaient  remplis  par 
des  officiers  temporaires,  lesquels  étaient  payés  sur  les  sommes  votées  pour  les  exercices 
annuels;  ces  officiers  faisaient  de  leur  mieux,  mais  n'en  connaissaient  guère  plus  que 
les  soldats  auxquels  ils  étaient  supposés  enseigner.  Outre  cela,  tous  les  payeurs  et 
les  commis  dans  les  districts  militaires  étaient  des  civils,  qui  étaient  payés  sur  les 
sommes  votées  pour  le  service  civil,  mais  qui  ont  été  remplacés  depuis  par  des  mili- 
taires, qui  seront  obligés  d'entrer  en  campagne  en  cas  de  guerre,  tandis  que  les  autres 
ne  l'étaient  pas. 

16.  Un  point  que  les  critiques  de  l'augmentation  dans  le  nombre  des  officiers  d'état- 
major  ont  toujours  oublié,  est  que  dans  le  cas  où  le  pays  aurait  besoin  de  mettre  un 
grand  nombre  de  soldats  en  campagne,  les  cadres  des  différents  corps  de  la  milice  active 
seraient  immédiatement  remplis  par  des  hommes  nouveaux,  et  les  unités  passeraient  de 
l'état  de  squelette  en  temps  de  paix,  à  l'effectif  nécessaire  en  temps  de  service  actif. 

17.  Ainsi  un  bataillon  d'infanterie  serait  porté  de  400  à  1,000  hommes  de  tous 
grades.  Un  régiment  de  cavalerie  de  320  à  600  hommes  de  tous  grades,  et  il  en  serait 
ainsi  des  autres  armes.  Le  résultat  serait  que  les  cadres  de  la  milice  actuelle,  au  lieu 
de  ne  compter  que  57,000  hommes,  comme  dans  les  temps  ordinaires,  atteindraient  un 
total  d'environ  100,000  hommes. 

18.  Il  est  évident  qu'un  nombre  raisonnable  d'officiers  bien  disciplinés  est  absolu- 
ment nécessaire,  si- l'on  veut  qu'un  corps  de  milice  comme  le  nôtre  soit  bien  discipliné, 
et  que  se  borner  à  maintenir  juste  le  minimum  nécessaire  en  temps  de  paix  serait  le 
meilleur  moyen  à  prendre  pour  que  tout  aille  de  travers  lorsque  le  temps  viendra  de 
mettre  en  campagne  toute  la  milice.  Voilà  pourquoi  tous  les  commandants  généraux 
au  Canada  pendant  les  dernières  dix-sept  années,  ont,  sans  exception,  insisté  sur  la 
nécessité  d'augmenter  l'effectif  de  nos  états-majors. 

19.  En  1904,  à  part  quatre  lieutenants  d'état-major  employés  à  des  travaux  topo- 
graphiques militaires,  le  personnel  se  composait  de  9  officiers.  Le  premier  janvier  1909, 
à  part  trois  lieutenants  employés  à  des  travaux  topogrpahiques,  le  personnel  était  de  51, 
ce  qui  comprenait  tous  les  officiers  des  états-majors  et  des  commandements  de  districts. 
Comme  l'effectif  de  la  milice,  y  compris  la  force  permanente,  s'est  élevé  dans  l'inter- 
valle, de  47,423  à  57,718,  et  que  le  service  des  garnisons  à  Halifax  et  à  Esquimalt  a 
nécessité  au  moins  trois  nouveaux  officiers,  on  verra  que  l'augmentation  de  l'effectif  des 
états-majors  a  été  proportionnée  bien  juste  à  l'augmentation  totale  de  la  milice. 

20.  Le  crédit  suivant  de  certaine  importance  qui  a  augmenté  depuis  1904-1905,  • 
est  la  paie  de  la  force  permanente,  qui  de  $477,571  qu'elle  était  en  1904-1905,  s'est 
élevée  à  $1,401,271  en  1907-1908,  et  à  $1,378,000  pour  l'exercice  courant,  mais  qui  sera 
de  $1,350,000  pour  l'exercice  1909-1910. 

21.  Cette  augmentation  est  due  entièrement  à  trois  causes:  (a)  l'augmentation 
de  paye  accordée  à  tous  les  officiers,  sous-officiers  et  soldats  de  ces  corps  en  1904-1905, 
mais  votée  en  partie  seulement,  dans  le  budget  de  cet  exercice-là,  l'expérience  a  prouvé 
que  cette  augmentation  était  absolument  nécessaire  pour  maintenir  l'effectif  au  chiffre 
voulu;  (b)  l'augmentation  d'effectif  de  la  force  permanente  rendue  nécessaire  par  le 
transfert  des  forteresses  d'Halifax  et  Esquimalt  au  gouvernement  du  Canada,  et  la 
nécessité  d'y  placer  des  garnisons. 

Le  nombre  additionnel  d'officiers  et  soldats  requis  pour  ces  garnisons  est  d'environ 
1,500,  à  part  certaines  autres  additions  devenues  nécessaires  à  d'autres  endroits,  afin 
d'être  en  état  de  fournir  des  remplaçants,  ce  qui  porte  l'effectif  à  environ  1,600  hommes 


8  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

de  tous  grades.  On  remarquera  que  nos  garnisons  sont  beaucoup  plus  petites  que 
celles  que  le  gouvernement  impérial  tenait  à  Halifax  et  à  Esquimalt,  et  pour  le 
maintien  desquelles  il  dépensait  $1,750,000;  (c)  augmentation  des  effectifs  du  génie 
et  des  services  auxiliaires,  tels  que  le  corps  d'intendance,  le  corps  de  santé,  le  corps  de 
l'artillerie  et  celui  des  payeurs,  augmentation  nécessaire  pour  suffire  au  service  de 
l'effectif  plus  nombreux  de  la  milice  active,  tant  pour  l'instruction  que  pour  obtenir 
la  valeur  nécessaire  en  temps  de  guerre. 

22.  Afin  que  le  corps  permanent  pût  avoir  toute  l'efficacité  voulue,  il  a  fallu 
l'élever  à  3,311  hommes  de  tous  rangs  pour  1908-09,  mais  il  a  été  impossible  de  porter 
les  fonds  nécessaires  au  budget  et  l'effectif  fut  en  conséquence  abaissé  à  environ  3,000 
hommes  de  tous  rangs.  Pour  1909-10,  l'effectif  provisoire  est  de  nouveau  abaissé  à 
2,905,  soit  une  réduction  de  solde,  etc.,  de  $51,000  pour  1907-08,  et  $28,000  pour  1908-09. 

23.  La  situation  de  l'effectif  permanent  en  regard  de  la  milice  active  a  été  mal 
comprise,  soit  au  Parlement  et  en  dehors,  et  il  serait  peut-être,  par  conséquent,  dési- 
rable d'en  exposer  les  devoirs  un  peu  plus  au  long. 

24.  L'effectif  permanent  existe  pour  quatre  objets: 

(1)  Prêter  appui  au  pouvoir  civil  advenant  qu'il  y  ait  des  troubles  d'ordre  exté- 
rieur. 

(2)  L'instruction  de  la  milice  active. 

(3)  Fournir  des  garnisons  aux  places  fortes  du  Canada;  Halifax,  Québec,  Esqui- 
malt. 

(4)  L'équipement,  l'approvisionnement,  le  transport,  etc.,  de  la  milice  active  quand 
elle  entre  en  camapgne. 

25.  Pour  ce  qui  est  du  premier  objet,  c'est  là  un  devoir  partagé  avec  le  reste  de 
l'effectif  militaire  auquel  il  appartient,  bien  que,  depuis  -peu,  ces  charges  aient  incombé 
presque  entièrement  à  ce  dernier  effectif. 

26.  En  ce  qui  concerne  l'instruction  de  la  milice  active,  il  est  évident  que  c'est 
là  un  devoir  de  la  plus  grande  importance,  et  l'effectif  permanent  est  le  premier  à  le 
reconnaître  lui-même.  La  grande  difficulté  est  que,  par  suite  de  la  grande  étendue 
du  pays,  il  faut  répartir  les  hommes  dans  un  grand  nombre  de  stations  détachées,  et 
où  le  petit  nombre  d'hommes  disponibles,  les  différentes  unités  se  sont  trouvées  néces- 
sairement être  si  faibles  qu'il  leur  a  été  très  difficile  de  se  décharger  de  leurs  devoirs 
dans  la  manière  et  dans  l'étendue  que  l'on  attendait. 

27.  Ainsi,  par  exemple,  on  fait  appel  à  une  compagnie  d'infanterie  ou  à  un  esca- 
dron de  cavalerie,  s'élevant  en  tout  à  moins  de  100  hommes,  pour  s'occuper  non  seule- 
ment des  divers  c'étails  qui  constituent  pour  ainsi  dire  l'éconbmie  interne  d'une  maison 
militaire,  pour  l'avantage  des  officiers  et  des  hommes  de  la  milice  active,  mais  on 
exige  aussi  qu'ils  instruisent  ces  derniers  de  telle  sorte  que  ceux-ci  puissent  à  leur 
tour  instruire  les  miliciens  de  leur  région  dans  tous  les  devoirs  dévolus  à  un  régiment 
de  cavalerie  ou  d'infanterie  respectivement,  y  compris  le  commandement  de  ces  corps, 
devoirs  que  cette  compagnie  ou  cet  escadron  même  n'a  jamais  été  en  mesure  d'exercer. 
La  milice  en  général  ne  se  rend  peut-être  pas  compte  à  quel  point  il  est  difficile  pour 
un  officier,  qui  n'a  jamais  eu  lui-même  le  commandement  d'une  centaine  d'hommes, 
de  montrer  à  un  autre  officier  comment  s'y  prendre  pour  commander  et  tenir  en  main, 
disons  un  régiment,  qui  en  temps  de  guerre  comprendrait  1,000  hommes  pour  l'infan- 
terie et  600  hommes  pour  la  cavalerie,  et  qui  en  temps  de  paix  s'élèverait  à  300  ou  400 
hommes.  Mais  c'est  là  cependant  la  tâche  que  l'officier  de  l'effectif  permanent  est  forcé 
d'entreprendre. 

28.  La  milice  active  a  toujours  désiré  recevoir  un  supplément  d'instruction  mili- 
taire, et  surtout  a  toujours  désiré  que  cette  instruction  lui  fût  plus  accessible.  On  en 
a  la  preuve  par  les  nombreuses  demandes  faites  pour  des  écoles  provisoires  dans  des 
localités  centrales.  Et  il  est  évident  qu'il  doit  être  souvent  très  difficile  à  un  homme 
occupé,  qui  pourrait  cependant  devenir  un  officier  de  mérite,  de  trouver  le  temps 
nécessaire  pour  se  rendre  dans  un  endroit  éloigné  afin  d'y  recevoir  son   instruction 


BUDGET  DE  DEPENSE  POUR  1909-10  9 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35a 

militaire.     Les  unités  permanentes  ont  fait  tous  leurs  efforts  afin  de  faire  disparaître 
cette  difficulté. 

29.  Il  est  donc  évident  que  cette  partie  de  l'effectif  permanent,  qui  est  maintenue 
pour  des  fins  d'instruction,  ne  peut  pas  être  réduite  si  on  veut  que  ses  devoirs  soient 
remplis  de  façon  satisfaisante.  Au  contraire,  il  faudrait  plutôt  en  augmenter  le 
nombre. 

30.  En  ce  qui  concerne  les  garnisons  des  places  fortes  déjà  nommées,  il  ne  faut 
pas  oublier  que  le  Canada,  en  1905,  s'est  engagé  vis-à-vis  le  gouvernement  impérial  à 
assumer  la  responsabilité  de  la  défense  d'Halifax  et  d'Esquimalt,  savoir,  1,600  sur 
3,000,  est  employée  à  cette  fin  seulement.  Naturellement,  les  troupes  de  ces  garni- 
sons sont  aussi  utilisées  pour  l'instruction  des  corps  avoisinants  de  la  milice  active. 
A  venir  jusqu'à  présent,  il  n'y  a  aucune  indication  que  le  pays  désire  se  départir  de 
l'attitude  prise  à  cet  égard. 

31.  En  ce  qui  concerne  le  quatrième  objet,  il  est  évident  que  si  la  milice,  en  son 
entier,  avait  à  entrer  en  campagne,  il  faudrait  élever  à  un  chiffre  encore  beaucoup 
plus  considérable  les  services  chargés  de  l'équipement,  de  l'approvisionnement,  du 
transport  et  de  la  solde  des  troupes,  ainsi  que  les  services  d'ambulance.  Parmi  ces 
services,  le  corps  d'artillerie  qui  est  chargé  de  l'équipement  et  le  corps  des  payeurs  qui 
est  chargé  de  la  solde,  ne  sont  pas  représentés  dans  les  rangs  de  la  milice  active.  Et 
les  unités  de  la  milice  active  des  autres  services,  bien  que  leur  tâche  ait  toujours  été 
accomplie  de  fa.çon  très  satisfaisante,  ne  manqueront  certainement  pas  d'admettre  que 
leur  nombre  est  absolument  insuffisant.  Afin  de  faire  face  à  cela  ,1'intendance  de 
l'armée  permanente,  le  service  ambulancier  de  l'armée  permanente  et  les  corps  d'artil- 
lerie et  des  payeurs  devront  être  tenus  à  leur  plus  haut  degré  d'effectif. 

32.  En  dehors  de  tout  cela,  il  y  a  des  devoirs  à  la  charge  d'une  armée  en  campagne 
qui  n'existent  pas  en  temps  de  paix,  et  qui  ne  peuvent  être  remplis  que  par  des  soldats 
entraînés.  Ainsi,  par  exemple,  il  y  a  la  police  militaire,  soit  à  pied  ou  à  cheval,  l'orga- 
nisation des  dépôts  et  l'instruction  des  recrues,  les  dépôts  de  remontes,  les  conducteurs 
et  ainsi  de  suite. 

33.  Des  raisons  suffisantes  ont  été  données  pour  démontrer  que  ce  serait  une  faute 
de  réduire  le  chiffre  de  l'effectif  permanent.  En  dehors  des  additions  faites  aux  garni- 
sons d'Halifax  et  d'Esquimalt,  et  afin  de  faire  face  aux  besoins  du  service  de  la  milice 
active,  il  n'y  a  eu  pour  ainsi  dire  aucune  augmentation  depuis  plusieurs  années. 

34.  Le  même  malentendu  existe  au  sujet  du  coût  réel  de  l'effectif  permanent 
comme  au  sujet  de  ses  devoirs.  C'est  l'habitude  des  critiques  hostiles,  surtout  ceux 
qui  écrivent  dans  les  journaux,  de  citer  tout  le  crédit  voté  pour  solde  et  allocations 
comme  étant  applicable  seulement  à  l'effectif  permanent,  ou  à  l'état-major  et  à  l'effectif 
du  corps  permanent,  et  aucunement  à  la  milice  active. 

35.  Si  on  veut  bien  se  reporter  au  crédit  détaillé  dans  le  tableau,  on  s'aperçoit  au 
premier  coup-d'œil  que,  sur  le  montant  entier  de  $1,646,000,  il  n'y  a  pas  moins  de 
$1"»2,000  qui  sont  payables  exclusivement  à  la  milice  active,  et  qu'il  y  a  en  outre 
$144,000,  représentant  le  coût  de  l'état-major  permanent,  dont  la  plus  grande  partie 
est  absorbée  pour  les  besoins  de  la  milice  active.  Les  districts  militaires  4,  5,  12  et  13 
ne  contiennent  aucune  unité  permanente.  Là  même  où  des  unités  permanentes  sont 
an— i  stationnées  dans  le  même  district,  des  officiers  d'état-major  d'expérience  rappor- 
tent qu'au  moins  les  trois  cinquièmes  du  travail  qui  passe  entre  leurs  mains,  ont  trait 
à  des  questions  concernant  la  milice  active  et  n'ayant  aucune  relation  avec  l'effectif 
permanent. 

36.  Ces  deux  sommes  déduites  du  total,  $1,350,000  représentent  le  total  de  la  solde 
et  des  allocations  des  corps  permanents. 

37.  Mais  les  critiques  persistent  à  ignorer,  que  les  services  à  départements,  comme 
on  les  appelle,  c'est-à-dire  l'intendance  de  l'armée  permanente,  le  service  ambulancier 
m  l'armée  permanente,  les  corps  canadiens,  les  corps  à  solde  de  l'armée,  les  commis 


10  il  IXI  HT  ERE  DE  Là    UUJCE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

militaires  de  l'état-major,  sont  surtout  destinés  à  répondre  aux  exigences  de  la  milice 
active,  et  ces  corps  réunis  coûtent  au  moins  $350,000  par  année. 

38.  En  tenant  compte  de  ces  points,  l'on  verra  que,  à  part  les  augmentations  prove- 
nant de  la  nécessité  de  tenir  une  garnison  à  Halifax  et  à  Esquimalt,  l'augmentation  de 
l'effectif  permanent  n'est  pas  aussi  marquée  que  celle  de  la  milice  active  qu'il  est  obligé 
d'instruire  et  de  contribuer  autrement  à  maintenir. 

39.  Les  articles  suivants  du  crédit  ont  trait  à  la  solde  des  officiers  et  des  hommes 
de  la  milice  active  attachés  à  la  milice  pour  des  fins  d'instructions,  et  aux  allocations 
de  la  milice  active.  Ils  accusent  tous  deux  des  augmentations,  augmentations  consi- 
dérables dans  le  dernier,  résultant  d'augmentations  faites  il  y  a  deux  ans  dans  les 
allocations  relatives  aux  soins  des  armes,  à  l'enseignement  de  l'exercice,  etc. 

40.  L'augmentation  du  crédit  re^tif  aux  approvisionnements  et  fournitures  est 
presque  entièrement  due  à  l'augmentation  de  l'effectif  permanent,  et  elle  y  est  propor- 
tionnée. 

41.  L'article  des  salaires  et  gages  accuse  une  augmentation  directement  due  à 
l'augmentation  du  nombre  des  propriétés  militaires,  d'édifices  et  de  champs  de  tir  sous 
soin. 

42.  Le  crédit  relatif  au  transport  et  au  fret,  est  un  de  ceux  auxquels  depuis  plu- 
sieurs années  l'on  a  fréquemment  et  peut-être  inévitablement,  attaché  moins  d'impor- 
tance qu'il  ne  le  méritait.  Cela  a  eu  pour  effet  de  faire  payer  à  même  le  crédit  de 
l'année  suivante,  plusieurs  dettes  contractées  pendant  l'année  courante.  Toutefois, 
cela  était  dû  en  partie  à  ce  que  les  grandes  compagnies  de  transport  attendent  souvent, 
pour  envoyer  leurs  états  de  compte,  que  les  crédits  concernant  l'exercice  auquel  ces 
comptes  se  rapportent,  soient  devenus  caducs. 

43.  On  pense  maintenant  qu'il  n'y  aura  plus  d'arrérages  et  que  les  mêmes  diffi- 
cultés ne  se  représenteront  plus.  L'augmentation  est  encore  due  à  ce  que  le  transport 
de  l'équipement,  des  marchandises,  etc,  fournis  aux  corps  de  la  milice  active  et  aux 
garnisons  permanentes  a  augmenté. 

44.  La  dernière  augmentation  du  crédit  imputable  sur  le  revenu,  est  celle  qui 
se  rapporte  aux  provisions  de  guerre,  et  est  pour  ainsi  dire  entièrement  due  au  trans- 
port opéré  à  Halifax  et  à  Esquimalt  et  à  l'augmentation  du  nombre  d'hommes  faisant 
partie  de  la  milice  active.  Il  serait  évidemment  absurde  de  maintenir  des  troupes  sans 
pourvoir  à  leur  équipement  et  sans  leur  fournir  les  armes  et  munitions  de  guerre 
convenables. 

45.  Au  sujet  des  augmentations  auxquelles  il  a  été  fait  allusion,  il  ne  faudrait  pas 
oublier  que,  dans  presque  tous  les  cas,  elles  proviennent  plus  ou  moins  de  ce  que  le 
travail,  en  général,  est  de  mieux  en  mieux  rétribué  et  à  ce  que,  au  Canada,  les  choses 
nécessaires  à  la  vie  coûtent  cher. 

46.  Il  est  à  propos  de  dire  un  mot  du  crédit  imputable  sur  le  capital.  Ce  crédit 
est  devenu  nécessaire  parce  qu'il  faut  armer  la  troupe  de  canons  et  de  carabines  nou- 
veau modèle,  chose  qui  ne  saurait  être  différé  davantage,  parce  qu'il  faut  acheter  des 
fusils,  des  champs  de  tir,  des  terrains  où  établir  des  camps,  et  parce  qu'il  faut  créer 
une  réserve  d'habillements,  de  harnachements  ,d'équipement,  etc.,  pour  les  nouvelles 
troupes  qu'il  faudrait  mobiliser  en  cas  d'urgence. 

47.  Le  réarmement  est  coûteux,  mais  absolument  nécessaire.  On  y  procède  à 
l'heure  qu'il  est  et  il  faudrait  l'achever  et  opérer  la  transaction  aussi  tôt  que  possible; 
mais  il  n'est  pas  probable  que  nous  puissions  nous  dispenser  de  cette  partie  du  crédit, 
d'ici  à  plusieurs  années. 

48.  Nous  croyons  que  la  Chambre  jugera  bon  que  ce  mémoire  se  termine  par  un 
résumé  de  notre  situation  au  point  de  vue  militaire,  telle  qu'elle  se  présente  au  Gou- 
vernement. 

49.  La  députation  se  souviendra  que,  dans  plusieurs  circonstances,  il  a  été  déclaré 
que,  dans  l'opinion  du  Gouvernement,  notre  idéal,  au  point  de  vue  de  la  défense  du 
pays,  devrait  résider  dans  la  possibilité  de  mettre  en  campagne,  une  armée  de  100,000 


BUDGET  DE  DEPENSE  POUR  1909-10  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35a 

hommes,  convenablement  organisée  et  équipée  tout  en  ayant  l'équipement  et  l'outillage 
nécessaires  pour  lever  une  autre  armée  de  100,000  hommes  et  la  faire  marcher  au  second 
plan.  Cette  manière  de  voir  a  apparemment  rencontré  l'approbation  de  la  Chambre; 
à  tout  événement,  elle  n'a  pas  été  ouvertement  combattue. 

50.  La  Chambre  sera  probablement  heureuse  d'apprendre  comment  se  composera 
cette  première  armée  de  100,000  hommes,  comment  elle  sera  organisée  et  jusqu'à  quel 
point  elle  répondra  aux  conditions  auxquelles  une  force  armée  doit  répondre. 

51.  Déduction  faite  des  troupes  qu'il  faudrait  tenir  en  garnison  à  des  postes 
comme  Québec,  Halifax  et  Esquimalt,  afin  de  garder  certains  points  importants  et  de 
remplir  d'autres  devoirs,  il  reste  à  mettre  en  campagne  pour  la  défense  active  du  pays 
un  effectif  total  d'environ  90,000  hommes,  dont  80,000  se  retrouvent  aujourd'hui  à  l'est 
des  grands  lacs  et  10,000  à  l'ouest. 

52.  Conformément  à  l'entente  intervenue  entre  les  représentants  de  toutes  les 
colonies  autonomes,  à  la  Conférence  impériale  de  1907,  toutes  les  forces  de  l'empire 
devraient  être  organisées  autant  que  possible  d'après  le  même  mode  qui  a  présidé  à 
l'organisation  de  cette  armée  de  90,000  hommes  en  divisions  et  en  brigades,  laquelle, 
sauf  les  modifications  résultant  des  conditions  particulières  où  se  trouve  le  Canada, 
ressemble  beaucoup  à  d'autres  qui  se  retrouvent  dans  l'armée  impériale. 

53.  Il  est  peut-être  à  propos  de  rappeler  que  l'organisation  d'une  armée  a  deux 
principaux  objets:  premièrement,  de  mettre  le  corps  entier,  muni  également  d'armes, 
de  cavalerie,  d'artillerie  et  d'infanterie,  en  état  de  travailler  à  l'unisson  à  exécuter  les 
ordres  du  commandant,  et  ensuite,  de  le  mettre  en  état  de  se  ravitailler,  de  se  trans- 
porter où  il  faudra,  de  lui  fournir  des  munitions  de  guerre,  des  traitements  médicaux, 
et  de  le  payer,  afin  de  lui  conserver  la  plus  grande  efficacité  comme  élément  de  combat, 
ce  dernier  point  étant  le  plus  difficile  des  deux  à  atteindre. 

54.  Dans  l'Ouest,  la  troupe  s'est  développée  si  rapidement  que  l'organisation 
n'était  pas  encore  terminée. 

55.  Mais  dans  l'Est  les  80,000  hommes  Composant  l'amiée  ont  été  organisés  en 
six  divisions  et  en  trois  brigades  de  cavalerie. 

56.  Un  effectif  de  cette  force  ainsi  organisé  devrait  se  composer  de  60,000  hommes 
d'infanterie,  de  7,000  hommes  de  cavalerie,  de  15,000  hommes  d'artillerie  et  de  3,000 
ingénieurs  ;  ou,  en  d'autres  termes,  il  devrait  comprendre  64  bataillons  d'infanterie, 
12  régiments  de  cavalerie,  69  batteries  d'artillerie  avec  276  canons,  et  18  compagnies 
d'ingénieurs,  en  sus  du  nombre  requis  d'unités  de  l'intendance  et  du  service  ambu- 
lancier de  l'armée. 

Malheureusement,  bien  que  nous  ayons  le  nombre  régulier  d'unités  d'infanterie  et 
de  cavalerie,  nous  n'avons  actuellement  que  31  batteries  d'artillerie  avec  124  canons 
et  quatre  compagnies  de  génie,  et  le  service  de  l'intendance  et  celui  du  corps  de  santé 
sont  quelque  peu  insuffisants. 

57.  L'artillerie  est  une  arme  si  difficile  à  équiper  que  ses  progrès,  bien  que  consi- 
dérables dans  les  dernières  années,  ont  été  nécessairement  un  peu  lents  et  ne  peuvent 
être  poursuivis  que  par  degrés  ;  pourtant  un  nombre  suffisant  de  canons  sont  nécessaires 
spécialement  pour  des  troupes  formées  de  citoyens  soldats. 

58.  Pour  le  corps  de  génie,  le  Canada  a  dans  sa  grande  organisation  de  télégraphe, 
de  téléphone  et  de  chemins  de  fer,  et  dans  les  grandes  entreprises  forestières,  une 
abondance  d'hommes  admirablement  entraînés  pour  les  travaux  du  génie.  Comme  le 
pays  possède  une  vraie  réserve  pour  cette  arme,  avec  ses  diplômés  du  Collège  militaire, 
qui  forment  aussi  une  réserve  pour  les  officiers  de  génie,  on  s'est  donné  plus  de  peine 
jusqu'ici  pour  équiper  et  instruire  les  autres  unités  que  le  corps  du  génie. 

59.  Il  est  pourtant  nécessaire  que  l'organisation  des  unités  additionnelles  soit 
poussée  à  mesure  que  le  besoin  s'en  fait  sentir. 

60.  En  ce  qui  concerne  les  appointements  des  troupes,  en  armes  et  munitions  de 
guerre,  on  peut  dire  que  nous  avons  assez  de  canons  pour  le  nombre  de  batteries  en 


12  MINISTERE  DE  LA  MILICE  ET  DE  LA  DEFENSE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1903 

existence  et  que,  à  mesure  que  se  poursuit  l'armement  nouveau  avec  des  canons  de  18, 
il  y  aura  plus  de  canons  disponibles  pour  armer  les  batteries  additionnelles. 

61.  On  peut  ajouter  que,  pour  le  moment,  nous  n'avons  pas  un  nombre  suffisant 
d'armes  portatives  ni  une  réserve  convenable  de  munitions.  Maish  à  ce  sujet,  la  situa- 
tion s'améliore  de  jour  en  jour. 

62.  Une  question  importante  est  l'approvisionnement  des  munitions  de  guerre  qui 
comprend  les  munitions  pioprement  dites  et  l'équipement  militaire  en  tous  genres. 
Il  en  faut  beaucoup  et  ce  serait  une  erreur  de  croire  qu'on  peut  facilement  s'en  pro- 
curer ou  en  improviser  au  moment  d'une  mobilisation.  De  plus,  pour  éviter  la  con- 
fusion et  le  délai  qui  se  produiraient  autrement,  cet  approvisionnement  doit  être 
décentralisé  de  telle  façon  que  chaque  unité,  étant  convoquée  sous  les  armes,  trouve- 
rait son  équipement. 

63.  Mais  l'équipement  en  vue  de  la  mobilisation,  même  pour  les  troupes  de  pre- 
mière ligne,  est  encore  loin  d'être  complet;  il  est  difficile  à  ce  propos  de  pourvoir  à  sa 
décentralisation,  par  suite  du  manque  de  locaux  pour  l'emmagasinage;  quant  aux 
troupes  de  seconde  ligne,  les  lacunes  sont  naturellement  plus  considérables. 

64.  Tout  ce  qui  peut  être  dit,  c'est  que  des  efforts  constants  sont  faits,  en  vue 
d'avoir  ces  approvisionnements,  aussi  des  équipements  pour  une  grande  partie  des 
troupes  sont  déjà  en  magasin,  bien  que  le  ministre  de  la  Milice  devra  encore  attendre 
quelque  temps  avant  de  pouvoir  dire  que  nous  possédons  un  équipement  presque 
complet  pour  mettre  100,000  hommes  en  première  ligne. 

65.  Il  est  à  craindre  que  la  mobilisation  soit  encore  arrêtée  par  les  difficultés  qui 
se  soulèveraient  pour  la  fourniture  des  voitures  et  des  chevaux,  spécialement  des 
chevaux  de  selle. 

66.  Quant  aux  chariots  de  transport,  on  a  fait  à  ce  sujet  un  travail  utile,  et  un 
certain  nombre  de  véhicules  ont  été  enregistrés — spécialement  dans  certaines  régions 
de  l'Ontario,  où  les  propriétaires  se  sont  dévoués  par  patriotisme — mais,  jusqu'à 
maintenant,  il  n'a  pas  été  possible  d'introduire  aucun  système  général  ou  suffisant 
d'enregistrement  pour  les  transports  ou  pour  la  remonte.  Les  propriétaires  ont  des 
inquiétudes  au  sujet  des  suites  que  peut  avoir  l'enregistrement;  l'enregistrement  coûte 
de  l'argent,  et  l'argent  est  nécessaire  pour  d'autres  services  plus  urgents. 

67.  Pour  les  chevaux  de  cavalerie,  la  situation  est  particulièrement  difficile,  car  il 
n'y  a  pas  de  doute  que  le  nombre  des  chevaux  de  selle  qui  existent  dans  l'est  du  Canada 
va  en  diminuant.  Cette  question  sera  étudiée,  mais  dans  l'intervalle,  les  troupes 
montées  devront  faire  comme  actuellement,  du  mieux  qu'elles  pourront,  pour  se  pro- 
curer les  chevaux  disponibles. 

68.  Telle  est,  en  général,  la  situation  actuelle  de  nos  forces  militaires.  Etant 
donné  la  nécessité  de  trouver  de  l'argent  pour  développer  le  Canada,  il  n'a  pas  été 
possible  de  disposer  d'assez  d'argent  pour  subvenir  aux  besoins  de  la  milice,  pour 
activer  les  progrès  du  développement  de  nos  troupes  aussi  rapidement  qu'on  aurait  pu 
le  désirer.  On  peut  dire  en  vérité  que,  jusqu'à  ce  qu'un  corps  d'officiers  ait  été  instruit 
et  mis  en  état  d'organiser  et  d'instruire  d'une  manière  efficace  les  forces  militaires, 
il  n'est  pas  à  désirer  de  créer  ces  forces  trop  rapidement. 

69.  Il  reste  pourtant  beaucoup  à  faire  en  vue  de  perfectionner  nos  troupes  de 
première  ligne,  plus  qu'il  ne  nous  l'est  possible  en  raison  de  notre  situation  financière — 
et  rien  n'a  encore  été  entrepris  pour  l'organisation  de  nos  troupes  de  réserve  de  seconde 
ligne.  Mais  les  points  faibles  sont  connus  ;  on  sait  où  il  faut  diriger  les  efforts,  et  bien 
que  le  progrès  ne  soit  pas  aussi  rapide  qu'il  serait  à  désirer,  au  point  de  vue  militaire, 
il  y  a  pourtant  une  amélioration  générale,  et  il  n'y  a  aucun  doute  que  les  forces 
militaires  que  le  Canada  pourrait  mettre  sur  pied,  en  cas  d'urgence,  et,  ce  qui  est 
encore  plus  pratique,  pourrait  nourrir  et  entretenir  étant  en  bonnes  conditions,  ont 
augmenté  énormément  pendant  les  années  dernières. 

70.  Pour  résoudre  les  questions  sur  lesquelles  On  a  voulu  attirer  l'attention  par  le 
présent  mémoire,  on  peut  dire: 


BUDGET  DE  DEPENSE  POUR  1909-10  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  35a 

(a)  Que  la  dépense  pour  le  service  de  la  milice,  durant  l'exercice  1908-09,  a 
diminué  de  $46,813,  comparativement  à  celui  de  1907-08,  pendant  lequel  a  été  ressenti 
pour  la  première  fois  l'effet  financier  du  transfert  d'Halifax  et  d'Esquimalt,  tandis  que 
les  crédits  pour  1909-10  témoignent  d'une  diminution  plus  considérable  de  $636,275. 

(b)  Que  si  la  dépense  des  exercices  annuels  pour  la  milice  active  s'est  élevée  de 
$699,724  en  1904-05,  à  $1,075,000  (sans  y  comprendre  le  coût  des  fêtes  de  Québec)  en 
1908-09,  et  est  évaluée  pour  l'exercice  1909-10  à  $860,000,  l'augmentation  de  la  dépense 
est  suivie  d'une  augmentation  dans  le  nombre  des  hommes  et  des  chevaux  exercés  :  soit 
de  32,000  hommes  et  7,892  chevaux  en  1903-04,  à  47,0000  hommes  et  8,500  chevaux  en 
1908-09. 

(c)  Que  les  augmentations  des  crédits  pour  l'habillement,  les  provisions  et  les 
vivres,  le  transport  des  hommes  et  des  marchandises,  et  les  magasins  militaires,  sont 
une  conséquence  directe  de  l'augmentation  des  hommes  de  la  milice  active  et  de  la  force 
permanente  amenée  dans  ce  dernier  cas  par  les  garnisons  d'Halifax  et  d'Esquimalt,  et 
aussi  à  des  besoins  additionnels  de  la  milice  active. 

(d)  Que  les  augmentations  dans  les  crédits  pour  les  services  du  génie  et  l'entre- 
tien des  propriétés  militaires  sont  dues  directement  à  l'augmentation  du  nombre  des 
champs  de  tir  au  fusil  de  guerre,  aux  constructions  et  aux  propriétés  qui  sont  admi- 
nistrées par  le  département  de  la  Milice. 

(e)  Que  l'augmentation  du  nombre  de  l'état-major  permanent  de  la  milice  aux 
quartiers  généraux  et  aux  districts  et  commandements  militaires,  a  été  d'accord  avec 
les  vues  de  tous  les  officiers  généraux  qui  ont  servi  au  Canada  depuis  dix-sept  ans 
passés,  et  nous  a  été  imposée  par  le  rappel  des  troupes  impériales  d'Esquimalt  et 
d'Halifax,  étant  de  plus  absolument  nécessaire  si  la  milice  doit  être  mise  sur  un  pied 
tel  qu'elle  pourra  entrer  en  campagne  et  s'y  maintenir  par  elle-même;  enfin,  elle  est 
proportionnelle  à  l'augmentation  qui  s'est  produite  dans  la  milice. 

(/)  Que  l'augmentation  dans  l'entretien  de  la  troupe  permanente  (sans  compter 
la  haute  paye  accordée  en  1904)  est  produite  par  les  additions  de  ses  casernements 
nécessités  par  l'obligation  de  pourvoir  au  logement  des  garnisons  d'Halifax  et  d'Esqui- 
malt, quand  elles  ont  été  transférées,  à  l'obligation  de  pourvoir  à  l'entretien  dans  de 
grands  établissements  de  milice  active,  et  à  l'organisation  des  services  auxiliaires 
nécessaires  pour  permettre  à  la  milice,  dans  son  ensemble,  d'entrer  en  campagne. 

Que  depuis,  il  n'y  a  pas  de  diminution  possible  dans  la  troupe  permanente  sans 
affaiblir  sérieusement  les  garnisons  d'Halifax  et  d'Esquimalt  (ce  qui  serait  contraire 
aux  engagements  pris  par  le  Canada  envers  l'empire)  ou  ce  qui  rendrait  la  troupe 
incapable  de  remplir  ses  devoirs,  d'instruire  la  milice  active  et  de  l'organiser  de 
manière  à  lui  permettre  d'entrer  en  campagne  en  cas  de  besoin. 

Que,  de  plus,  la  dépense  de  la  troupe  permanente  est  moindre  de  $51,000  pour  solde 
et  allocation,  de  ce  qu'elle  était  en  1907-1908. 

(g)  Que  les  crédits  au  compte  capital  sont  indispensables,  si  la  milice  doit  être 
convenablement  armée  pour  la  guerre,  et  les  champs  de  tir  doivent  continuer  à  être 
entretenus,  et  que  ces  crédits  seront  nécessaires  pour  encore  plusieurs  années  à  venir. 

71.  Finalement,  un  court  résumé  de  la  situation  militaires  actuelle  a  été  donné  par 
lequel  on  constatera  que  le  département  de  la  Milice  a  eu  en  vue  d'arriver  à  atteindre 
le  modèle  accepté  par  le  Parlement,  pour  rendre  capable  la  milice  entière  d'entrer  en 
campagne  dans  des  conditions  de  supériorité  telles  que  les  habitants  du  Canada  peuvent 
se  sentir  en  sûreté  en  lui  confiant  la -sécurité  de  la  nation. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  36  A.  1909 


RAPPORT 


DU 


MINISTERE  DU  TEAVAIL 


POUR 


L'EXERCICE   1907-1908 


IMPRIMÉ  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 

IMPRIME  PAR  C.  H.  PARMELEE,  IMPRIMEUR  DE  SA  TRÈS  EXCELLENTE 

MAJESTE  LE  ROI 

1909 
[No  36—1909.] 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  36 


A.  190» 


A  Son  Excellence  le  Très  honorable  sir  Albert  Henry  George,  comte  Grey,  cheva- 
lier grand-croix  de  Saint-Michel  et  de  Saint-Georges,  etc..  Gouverneur  général 
du  Canada. 

Plaise  à  Votre  Excellence  : 

Le  soussigné  a  l'honneur  de  soumettre  à  Votre  Excellence  le  rapport  suivant 
du  sous-ministre  sur  le  travail  accompli  par  le  ministère  du  Travail  du  Canada  pour? 
l'exercice  terminé  le  31  mars  1908,  lequel  vous  est  respectueusement  soumis. 

KODOLPHE  LEMIEUX. 

Ministre  du  Travail, 

Ministère  du  Travail, 

Ottawa,  1er  septembre  1908. 


36— U 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  36  A.  1909 


TABLE  DES  MATIERES 

Page 

Introduction , 7 

I.  La  Gazette  du  Travail , 13 

II.  Loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907 47 

III.  Loi  de  la  Conciliation  et  du  Travail ,  .  .       88 

IV.  Immigration  orientale. — A.  Cause  des  émeutes  qui  ont  eu  lieu  à  Van- 

couver, au  mois  de  septembre  1907 .       95 

V.  Immigration  orientale. — B.  Mission  du  ministre  du  Travail  au  Japon 
pour  conférer  avec  les  autorités  japonnaises  sur  la  question  de  l'émi- 
gration du  Japon  au  Canada ■      99 

VI.  Immigration   orientale. — C.  Le   sous-ministre   du    Travail   nommé   com- 
missaire pour  s'enquérir  des  pertes  subies  par  les  Japonais  lors  des 

émeutes  anti-asiatiques   qui  eurent   lieu   à  Vancouver 103 

VIL  Immigration  orientale. — D.  Le  sous-ministre  du  Travail  nommé  com- 
missaire  pour  s'enquérir   des   méthodes   pour   engager   les   ouvriers 

orientaux  à  émigrer  au  Canada , 106 

VIII.  Immigration  orientale. — E.  Mission  du  sous-ministre  du  Travail  en 
Angleterre  pour  conférer  avec  les  autorités  britanniques  au  sujet 
de   l'émigration    au   Canada   des   asiatiques   et   principalement   des 

Indous v 118 

IX.  Immigration  orientale. — F.  Enquête  tenue  par  le  sous-ministre  du  Tra- 
vail par  commission  royale  pour  déterminer  les  pertes  subies  par  les 

Chinois  lors  des  émeutes  anti-asiatiques 120 

X.  Rapport  de  la  Commisson  royale  nommée  pour  s'enquérir  des  diffé- 
rends entre  la  Compagnie  de  téléphone  Bell  et  ses  employés  à  To- 
ronto  , 121 

XL  Les  justes   salaires  en   ce   qui  concerne   les   travaux  publics   adjugés   à 

l'entreprise .  .  .    .  .     137 

XII.  Loi  relative  aux  ouvriers  étrangers 156 

XIII.  Grèves  et  contre-grèves  survenues  au  Canada  pendant  l'année  1907,  avec 
statistiques  comparatives  pour  les  années  de  1901  à  1907,  inclu- 
sivement  i 160 

XIV.  Accidents  industriels  en  Canada  pour  l'année  1907,  avec  compilation 
des  statistiques  des  années  1904,  1905  et  1906,  pour  servir  de  com- 
paraison      182 

XV.  La  bibliothèque  du  département 195 

XVI.  La  circulation  de  la  Gazette  du  Travail 217 

KVII.  La  distribution  de  la  Gazette  du  Travail  et  des  autres  publications..  .     220 

VXIII.  Recettes  et  dépenses 223 

XIX.  Demandes  de  renseignements,  correspondance  et  autre  travail  adminis- 
tratif. ., .    -225 

Annexe  contenant  un  compte  rendu  des  procédures  de  l'année,  sous  l'autorité  de 
la  "  Loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907  "  et  Rapports 
officiels  des  procédures  judiciaires  résultant  de  poursuites  intentées  pour 
infractions  de  la  loi 231 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  36  A.  1909 


RAPPORT 


DU 


SOUS-MINISTRE  DU  TRAVAIL 


POUB 


L'EXERCICE  SE  TERMINANT  LE  31  MARS 

1908 


Ministère  du  Travail, 

Ottawa,  27  acrât  190Q. 

A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux,  LL.D.,  C.R.,  M.P., 

Ministre  du  Travail. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  le  rapport  du  travail  accompli  par 
le  ministère  du  Travail  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

L'œuvre  du  ministère  du  Travail  a  acquis  une  notable  importance  pendant  cette 
période.  Par  la  nature  même  de  ses  fonctions,  ce  ministère  s'est  trouvé,  dans  le  passé, 
mêlé  à  un  grand  nombre  des  problèmes  fondamentaux  de  notre  monde  social,  mais 
jamais  il  n'a  été  appelé  à  s'occuper  de  questions  plus  graves'  et  plus  complexes  que 
pendant  l'exercice  qui  vient  de  se  terminer. 

En  premier  lieu,  il  a  fallu  qu'il  s'occupât  de  la  mise  en  vigueur  de  la  loi  des 
enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  adoptée  vers  la  fin  du  dernier  exercice; 
cette  mesure,  en  l'obligeant  à  suivre  d'encore  plus  près  le  problème  si  étendu 
d-3s  conflits  industriels,  a  de  beaucoup  ajouté  au  poids  de  ses  responasbilités. 

Puis,  le  ministère  a,  au  cours  de  l'année,  été  chargé  de  plusieurs  missions  et 
enquêtes  relatives  à  l'immigration  des  orientaux,  question  qui  fut  pendant  quelque 
temps  incommode  et  même  menaçante. 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  le  public  se  rend  compte  beaucoup  mieux  qu'au  début 
ilf  l'importance  du  travail  qu'accomplit  ce  ministère,  et  du  jrôle  qu'il  est  appelé  à 
jouer  dans  la  vie  économique  du  Canada. 

Il  est  malheureusement  indéniable  que  pendant  la  période  qu'embrasse  le  présent 
rapport,  la  prospérité  sans  exemple  dont  le  Canada  avait  joui  depuis  plusieurs  années 
ne  s'est  pas  maintenue.  La  gène  financière  aux  Etats-Unis,  la  dépression  commer- 
ciale si  profonde  et  si  généralement  ressentie  ont  eu  leur  contre-coup  au  Canada, 
et  dans  toutes  les  branches  de   l'activité  industrielle  il  y  a  eu  ralentissement.     La 

7 


8  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

main-d'œuvre,  en  si  grande  demande  depuis  près  d'une  décade,  s'est  vue  tout  à  coup 
menacée  de  chômage,  et  l'hiver  dernier,  dans  plusieurs  parties  du  Canada,  beaucoup 
d'ouvriers  se  sont  trouvés  sans  travail.  Heureusement,  aux  approches  du  printemps, 
l'on  a  pu  constater  une  amélioration  très  marquée, 'et  avec  l'été  la  perspective  d'une 
abondante  récolte  et  l'immigration  en  nombre  aussi  grand  que  par  le  passé  de  cul- 
tivateurs à  l'aise  venant  des  Etats-Unis,  ont  accentué  encore  davantage  la  renaissance 
de  l'activité  économique.  Aussi  y  a-t-il  lieu  d'espérer  qu'au  moment  de  la  récolte, 
tout  aura  remonté  au  niveau  d'avant  la  crise.  Par  suite  de  la  tension  économique 
du  commencement  de  l'année,  le  gouvernement  a  dû  chercher  à  éliminer  les  immi- 
grants les  moins  désirables;  dans  ce  but,  on  a  porté  temporairement  de  $25  à  $50  la 
somme  d'argent  que  doit  posséder  chaque  immigrant  à  son  entrée  dans  le  pays. 
L'immigration  européenne  s'est  trouvée,  en  conséquence,  notablement  diminuée,  et 
l'on  croit  d'autre  part  que  les  nouveaux  citoyens  établis  au  Canada  sont  d'une  classe 
supérieure.  Les  immigrants  venant  des  Etats-Unis,  bien  différents  de  ceux  d'Europe, 
ne  sont  pas  tombés  sous  le  coup  de  ce  règlement. 

Les  travaux  de  construction  des  chemins  de  fer  Transcontinental  National  et 
Grand- Tronc-Pacifique,  et  des  nombreux  embranchements  du  Pacifique-Canadien  et 
de  beaucoup  d'autres  voies  ferrées  qui  se  sont  poursuivis  pendant  l'année,  ont  puis- 
samment contribué  à  atténuer  dans  notre  pays  les  effets  de  la  crise  commerciale. 

L'échelle  des  salaires  a  été  constamment  en  hausse  dans  presque  toutes  les  indus- 
tries jusqu'au  moment  de  la  crise,  vers  la  fin  de  l'été  de  1907;  depuis  lors  la  tendance 
a  été  à  la  baisse,  sauf  pour  quelques  industries,  niais  l'activité  renaissante  a  enrayé  ce 
mouvement  au  printemps  de  1908.  Le  coiût  de  la  vie  a  continué  à  augmenter  jusqu'au 
moment  dû  l'activité  industrielle  a  atteint  son  plus  haut  point;  avec  la  crise,  il  s'est 
produit  un  temps  d'arrêt,  cependant  les  prix  n'ont  point  fléchi,  et  dans  certains  cas, 
nonobstant  les  conditions  défavorables,  ils  se  sont  encore  élevés  pendant  l'hiver. 

La  grève  des  mineurs  de  la  Compagnie  houillerie  de  la  Passe  du  Nid-de-Corbeau, 
à  Fernie  et  à  Michel,  Colombie-Britannique,  et  celle  des  employés  de  la  Compagnie 
houillère  et  de  chemin  de  fer  de  Cumberland,  à  Springhill,  Nouvelle- 
Ecosse,  sont  les  différends  industriels  les  plus  sérieux  qui  se  soient  pro- 
duits au  cours  de  l'année.  La  grève  de  l'ouest  a  éclaté  en  avril,  et  elle  a 
duré  trois  semaines;  plusieurs  milliers  d'hommes  employés  dans  la  Colombie-Britan- 
nique orientale  et  dans  l'Alberta  y  ont  pris  part.  Elle  a  été  réglée  grâce  à  l'interven- 
tion du  sous-ministre  du  Travail,  et  le  règlement  a  été  officiellement  soumis  au  premier 
conseil  de  conciliation  et  d'enquête  établi  en  vertu  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de 
différends  industriels,  laquelle  était  entrée  en  vigueur  quelques  semaines  auparavant  et 
dont  les  intéressés  n'avaient  pas  encore  acquis  une  connaissance  suffisante.  Le  public, 
se  souvenant  de  la  désastreuse  disette  de  houille  qui  avait  résulté  de  la  grève  prolongée 
aux  mines  de  Lethbridge,  en  1906,  redoutait  des  conséquences  analogues  de  la  grève  de 
Fernie.  Le  règlement  à  l'amiable  intervenu  au  commencement  de  mai  a  mis  fin  à 
cette  inquiétude,  et  l'accord  entre  patrons  et  ouvriers  est  valable  jusqu'au  31  mars  1909. 
Quant  à  la  grève  à  Springhill,  Nouvelle-Ecosse,  le  différend  a  été  soumis  à  un  conseil 
de  conciliation  et  d'enquête  comme  le  prescrit  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  diffé- 
rends industriels,  mais  les  employés  ont  refusé  d'accepter  les  recommandations  de  ce 
conseil  et  ont  déclaré  une  grève  qui  s'est  prolongée  du  1er  août  au  31  octobre.  Us  ont 
ak>rs  repris  le  travail  aux  conditions  recommandées  par  le  conseil.    Cette  dernière  grève 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  9 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

a  eu  pour  effet  de  rendre  la  houille  assez  rare  dans  la  Nouvelle-Ecosse,  mais  elle  n'a 

pas  eu  d'influence  sérieuse  sur  la  situation  industrielle  générale  de  cette  province. 

La  hausse  constante  du  coût  de  la  vie  pendant  la  première  partie  de  l'année  et  la 
rareté  de  la  main-d'œuvre  ont  donné  lieu  à  la  liaus3e  des  salaires  dans  presque  toutes 
les  industries;  d'autre  part,  la  crise  subite  qui  s'est  produite  dans  les  derniers  mois  de 
l'année,  sans  une  baisse  correspondante  dans  les  prix  des  choses  nécessaires  à  la  vie,  la 
fermeture  temporaire  d'une  foule  d'établissements,  la  diminution  des  salaires  ou  la 
tendance  à  les  diminuer,  devaient  naturellement  rendre  nombreux  les  différends  indus- 
triels. Aussi  est-il  certain  que  le  nombre  des  grèves  et  des  contre-grèves  aurait  dépassé 
de  beaucoup  la  moyenne  de  plusieurs  des  années  passées  si  les  différends  n'avaient  pas 
été  réglés  sans  éclat  et  sans  qu'on  ait  recours  aux  grèves  ou  aux  contre-grèves,  suivant 
les  dispositions  de  cette  nouvelle  loi  du  travail.  Malgré  tout,  les  conflits  ont  été  plus 
nombreux  que  par  le  passé,  les  grèves  et  les  contre-grèves  ont  augmenté  en  nombre, 
ainsi  que  les  journées  de  travail  perdues  par  les  employés. 

La  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels  a  reçu  la  sanction  royale 
le  22  mars  907;  elle  a  donc  été  en  vigueur  pendant  l'exercice  tout  entier,  et  on  l'a  appli- 
qué avec  un  succès  qui  promet  bien  pour  l'avenir.  Grâce  à  cette  loi,  les  grèves  et  les 
contre-grèves  ont  été  pratiquement  supprimées  dans  une  catégorie  des  plus  importantes 
de  différends  industriels.  Les  conditions  économiques  que  nous  venons  d'esquisser  ont 
do.iné  ieu  à  de  nombreux  différends  relatifs  aux  salaires  et  aux  conditions  du  travail 
entre  patrons  et  ouvriers  sur  les  chemins  de  fer,  dans  les  houillères  et  dans  d'autres 
industries  d'une  utilité  publique.  Dans  un  grand  nombre  de  ces  cas,  les  conséquences 
menaçaient  d'être  excessivement  sérieuses;  or,  chaque  fois  qu'on  a  soumis  ces  différends 
à  l'influence  ou  aux  dispositions  directes  de  la  loi  des  enquêtes,  on  a  réussi  à  éviter  une 
grève  ou  une  contre-grève,  excepté  dans  le  cas  des  mineurs  de  Springhill,  Nouvelle- 
Ecosse.  Il  est  à  remarquer  que  les  grèves  de  l'année  ne  présentent  aucuns  de  ces 
caractères  violents  et  déplorables  qui  accompagnent  trop  souvent  les  luttes  indus- 
trielles. L'on  ne  cite  aucun  cas  de  désordre  ou  de  perte  de  vie,  et  le  public  en  général 
aussi  bien  que  les  classes  ouvrières  ont  pu  éviter  les  privations  et  les  souffrances  de  la 
nature  de  celles  qui  ont  résulté  de  la  disette  de  charbon  causée  par  la  grève  de  Leth- 
bridge  l'année  précédente.  Les  résultat?  de  cette  loi  pendant  l'année  semblent  donc 
aussi  satisfaisants  et  même  plus  importants  qu'on  était  en  droit  de  l'espérer.  Il  ne 
faut  pas  oublier  que  cette  loi  n'entreprend  pas  de  régler  "tous"  les  différends  indus- 
triels, mais  seulement  cl'  "aider"  à  prévenir,  ou  à  régler  ceux  qui  touchent  de  très  près 
à  l'intérêt  public,  et  à  ce  point  de  vue  elle  répond  entièrement  aux  intentions  de  ses 
auteur.--.  Il  y  a  lieu  de  croire  qu'avec  le  temps  la  loi  sera  mieux  connue  et  comprise 
et  que  son  succès  deviendra  plus  remarquable. 

Il  est  de  plus  en  preuve  qu'outre  l'action  directe  et  l'influence  évidente  de  la  loi 
des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  sa  seule  existence  dans  les  statuts 
du  Canada  a,  dans  bien  des  cas,  impressionné  assez  fortement  les  patrons  et  les  em- 
ployés pour  les  contraindre,  en  quelque  sorte,  à  des  règlements  à  l'amiable.  Plusieurs 
résultats  de  ce  genre  sont  parvenus  accidentellement  à  la  connaissance  du  ministère, 
mais  il  y  a  lieu  de  croire  que  dans  bien  d'autres  cas  l'influence  passive  de  la  loi  s'est 
fait  sentir  sans  que  le  ministère  en  ait  eu  connaissance. 

Naturellement,    l'administration    de   loi    des    enquêtes    en    matière    de    différends 


10  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

industriels  a  de  beaucoup  ajouté  à  l'ouvrage  du  ministère;  elle  a  souvent  donné  lieu  à 
l'exercice  de  fonctions  quasi-judiciaires,  et  la  correspondance  qui  s'y  rattache  com- 
prend plusieurs  milliers  de  lettres  d'une  nature  toute  particulière  et  requiérant  beau- 
coup de  promptitude  et  de  soin  dans  leur  rédaction. 

La  loi  des  conquêtes  en  matière  de  différends  industriels  a  été  suivie  avec  un  vif 
intérêt  en  dehors  du  Canada.  Des  personnes  distinguées  résidant  à  l'étranger  ont 
écrit  pour  demander  des  renseignements,  et  ces  demandes  ont  entraîné  une  correspon- 
dance volumineuse  et  importante.  Malgré  ce  surcroît  de  travail,  le  personnel  du 
ministère  n'a  pas  été  augmenté,  et  la  plupart  des  employés  ont  constamment  prolongé 
leur  travail  après  les  heures  de  bureau,  car  autrement  ils  n'auraient  pas  pu  accom- 
plir leur  besogne.     Il  est  maintenant  indispensable  de  nommer  de  nouveaux  employés. 

Au  cours  du  présent  rapport,  l'on  trouvera  certaines  observations  générales  sur 
le  fonctionnement  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels.  De  plus, 
on  publie  un  rapport  officiel  sur  chaque  différend  soumis  à  l'enquête,  ainsi  que  le 
veut  l'article  29.  Avant  de  quitter  ce  sujet,  il  convient  de  faire  remarquer  que  la 
statistique  des  grèves  et  des  contre-grèves  publiée  dans  le  présent  rapport,  comprend 
l'année  astronomique  1907,  dont  une  partie  avant  la  loi  des  enquêtes,  laquelle  n'est 
entrée  en  vigueur  que  le  21  mars  1907,  et  dont  l'existence  paraît  n'avoir  été  générale- 
ment connue  dans  le  pays  que  plusieurs  mois  plus  tard.  L'on  constatera  en  exami- 
nant la  statistique  des  grèves  et  des  contre-grèves  publiée  dans  le  rapport,  que  la  pro- 
portion des  conflits,  et  naturellement  aussi  des  pertes  qu'ils  comportent  dans  les  in- 
dustries d'une  nature  publique,  est  faible  relativement  à  ceux  qui  se  produisent  dans 
les  industries  d'une  nature  privée.  Il  est  peut-être  opportun  de  mentionner  ici,  sans 
exprimer  d'opinion,  la  proposition  adoptée  par  le  Congrès  des  métiers  et  du  travail 
du  Canada  à  sa  réunion  annuelle  tenue  à  Winnipeg  en  septembre  dernier,  laquelle 
demande  que  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels  s'applique  à 
toutes  les  industries,  et  non  pas  seulement  à  celles  qui  sont  d'une  nature  publique. 

Ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit,  la  question  de  l'immigration  des  Orientaux,  a 
donné  lieu  à  plusieurs  missions  et  enquêtes  importantes,  au  cours  de  l'année.  L'aug- 
mentation de  l'immigration  venant  de  l'Orient  a  provoqué,  entre  autres  conséquences, 
des  désordres  dans  la  ville  de  Vancouver  en  septembre  dernier;  les  manifestants  se 
sont  attaqués  aux  propriétés  des  résidants  chinois  et  japonais,  et  il  en  a  résulté  les 
cinq  missions  ou  enquêtes  que  voici: — 

1.  Mission  de  l'honorable  ministre  du  Travail  au  Japon  pour  discuter  avec 
le  gouvernement  japonais  la  question  de  l'immigration  japonaise  au  Canada. 

2.  Enquête  faite  par  le  sous-ministre  du  Travail,  en  qualité  de  commissaire 
royal,  sur  les  pertes  encourues  par  la  population  japonaise  de  Vancouver  à  l'occa- 
sion des  désordres  anti-asiatiques  qui  se  sont  produits  dans  cette  ville  en  septem- 
bre dernier. 

3.  Enquête  faite  par  le  sous-ministre  du  Travail,  en  qualité  de  commis- 
saire royal,  sur  les  démarches  faites  pour  attirer  au  Canada  les  ouvriers  de  l'Asie. 

4.  Mission  du  sous-ministre  du  Travail  en  Angleterre  pour  s'entendre  avec 
les  autorités  britanniques  au  sujet  de  l'émigration  des  Orientaux,  et  en  particu- 
lier de  ceux  des  Indes,  au  Canada. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

5.  Enquête  faite  par  le  sous-ministre  du  Travail,  en  qualité  de  commissaire 
royal,  sur  les  pertes  subies  par  les  Chinois  habitant  la  ville  de  Vancouver  à  l'oc- 
casion des  désordres  anti-asiatiques  qui  se  sont  produits  dans  cette  ville  au 
cours  de  septembre  dernier. 

Il  est  inutile  de  s'étendre  sur  l'importance  vitale  pour  le  Canada,  et  même  pour 
l'univers  de  cette  question  de  l'immigration  des  Orientaux.  Elle  préoccupait  vive- 
ment l'opinion  canadienne,  particulièrement  dans  la  Colombie-Britannique,  dès  avant 
les  désordres  de  Vancouver,  et  tes  manifestations  analogues  qui  se  sont  produites 
du  côté  américain  de  la  frontière  prouvent  que  le  même  sentiment  existe  dans  les  Etats 
limitrophes  de  la  République.  Les  diverses  missions  et  enquêtes  dirigées  par  le  mi- 
nistère du  Travail  ont  eu  pour  effet  de  restreindre  immédiatement  cette  immigra- 
tion et  de  convaincre  te  peuple  canadien  que  ses  intérêts  seraient  protégés  de  ce  côté. 

Trois  de  ces  missions  se  sont  terminées  au  cours  de  l'exercice,  et  le  présent 
rapport  en  contient  les  comptes  rendus  détaillés.  Quant  à  la  première,  celle  du  mi- 
nistre du  Travail  au  Japon,  les  documents  publiés  indiquent  qu'elle  a  abouti  à  un 
accord  en  vertu  duquel  le  Japon  consent  à  restreindre  l'immigration  au  Canada  de 
ses  nationaux  à  un  chiffre  satisfaisant  pour  le  Canada,  et  que  les  négociations  lais- 
sent intacte  la  bonne  entente  entre  les  deux  peuples  et  n'obscurcissent  en  aucune 
façon  la  perspective  d'un  développement  vaste  et  réciproquement  profitable  de  leurs 
relations  commerciales. 

La  second/3  mission,  l'enquête  faite  par  le  sous-ministre  du  Travail  sur  les  pertes 
encourues  par  les  Japonais,  au  cours  des  émeutes  à  Vancouver,  en  septembre  dernier, 
est  relatéee  au  long  dans  le  rapport.  L'indemnité  accordée  aux  victimes  a  été  approu- 
vée par  le  représentant  officiel  du  gouvernement  du  Japon,  lequel  a  reconnu  dans 
l'action  si  prompte  des  autorités  canadiennes  le  désir  de  traiter  les  questions  inter- 
nationales en  toute  justice  et  en  tout  honneur. 

L'enquête  du  sous-ministre  sur  les  démarches  faites  pour  attirer  au  Canada  les 
ouvriers  de  l'Asie  a  dévoilé  des  faits  qui  ont  facilité  notablement  l'accord  avec  le  Ja- 
pon, en  même  temps  qu'ils  ont  éclairé  le  public  sur  toute  cette  question  de  l'immigra- 
tion des  Orientaux  et  sur  les  manœuvres  qui  y  ont  donné  lieu. 

Le  compte  rendu  de  la  mission  du  sous-ministre  en  Angleterre  n'a  pas  été  présenté 
au  cours  de  l'exercice  que  comprend  le  présent  rapport.  Nous  pouvons  cependant 
dès  maintenant  dire,  en  anticipant  quelque  peu,  que  le  résultat  indique  qu'en  s'enten- 
dant  en  temps  utile  avec  les  autorités  britanniques,  on  a  pu  mettre  fin  pratiquement  à 
l'immigration  des  Hindous.  Ce  résultat,  si  désirable  au  point  de  vue  canadien  et  qui 
l'est  à  peine  moins  au  point  de  vue  des  Indes,  a  été  atteint  grâce  à  l'appui  et  à  la  co- 
opération de  la  Grande-Bretagne,  qui  a  vu  dans  la  démarche  faite  par  le  Canada  la 
preuve  qu'elle  entendait,  tout  en  protégeant  ses  propres  intérêts,  ne  pas  méconnaître 
ceux  de  l'empire  en  général. 

La  dernière  démarche  résultant  de  cette  affaire  est  l'enquête  faite  en  mai  et  juin 
derniers  par  le  sous-ministre  sur  les  réclamations  des  Chinois  habitant  Vancouver  pour 
compensation  des  pertes  subies  au  cours  des  émeutes  de  septembre.  Devançant  ici 
encore  la  publication  du  rapport,  qui  n'a  pu,  naturellement,  être  présenté  au  cours  du 
dernier  exercice,  bien  que  la  commission  soit  en  date  de  cette  année-là,  l'on  peut  dire 
que,  de  même  que  pour  les  victimes  japonaises,  les  intéressés  ainsi  que  le  représen- 


12  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

tant  officiel  du  gouvernement  chinois  sont  satisfaits  du  règlement,  et  qu'ils  y  trouvent 
une  nouvelle  preuve  du  désir  des  autorités  canadiennes  de  traiter  les  questions  interna- 
tionales en  toute  justice  et  en   tout  honneur. 

Ces  diverses  missions  et  enquêtes  ont  naturellement  beaucoup  ajouté  au  travail  du 
ministère,  et  en  particulier  à  celui  du  sous-ministre,  qui  a  dû  s'absenter  pendant  une 
grande  partie  de  l'année. 

Dans  les  autres  branches  le  travail  de  l'année  n'offre  guère  de  changement  très 
appréciable.  La  Gazette  du  Travail,  par  suite  de  la  publication  mensuelle  des  procé- 
dures relevant  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  est  devenue 
un  peu  plus  volumineuse.  Au  commencement  de  la  présente  année,  un  état  important 
préparé  pour  la  Chambre  des  communes,  sur  le  fonctionnement  de  la  loi  des  enquêtes,  a 
donné  beaucoup  de  travail  additionnel  au  personnel.  Ce  relevé  a  été  publié  plus  tard 
dans  la  Gazette  du  Travail  et  il  se  trouve  dans  le  présent  rapport,  avec  les  renseigne- 
ments les  plus  récents  jusqu'à  la  date  de  sa  dernière  publication.  L'on  trouvera  aussi 
dans  la  Gazette  du  'Travail  le  compte  rendu  des  missions  et  des  enquêtes  dont  nous 
venons  de  parler. 

Un  projet  de  loi  ayant  trait  aux  associations  coopératives  et  plaçant  de  telles 
associations  sous  la  surveillance  du  ministre  du  Travail,  a  été  présenté  par  celui- 
ci  à  la  Chambre  des  communes,  ou  il  a  été  adopté  en  troisième  délibération.  Au 
Sénat,  cette  mesure,  adoptée  en  deuxième  délibération,  a  été  renvoyée  au  comité  des 
Banques,  dont  le  rapport  défavorable  a  été  confirmé  par  cette  Chambre,  après  la  clôture 
de  l'exercice.  La  correspondance  du  ministère  indique  que  dans  toutes  les  parties 
du  pays  l'on  s'intéresse  à  cette  mesure  ainsi  qu'au  principe  de  la  coopération,  et  les 
demandes  de  renseignements  à  ce  sujet  ont  ajouté  notablement  à  la  besogne  adminis- 
trative. Plusieurs  centaines  d'exemplaires  du  rapport  du  comité  spécial  de  la  Chambre 
des  communes  sur  le  projet  de  loi  relatif  aux  associations  coopératives  rédigé  pendant 
la  session  du  parlement  de  1906-1907  ont  été  distribuées  par  l'entremise  du  ministère 
du  Travail. 

Il  y  a  augmentation  considérable  dans  le  travail  fait  au  cours  de  l'année  par  la 
division  des  salaires  équitables. 

Les  correspondants  de  la  Gazette  du  Travail,  lesquels  ne  font  pas  partie  du  per- 
sonnel permanent  du  ministère,  dont  la  résidence  est  à  Ottawa,  étaient  au  nombre  de 
46  cà  la  fin  de  l'année. 

Pendant  l'année  on  a  nommé  le  nouveau  correspondant  que  voici  : 

Elugh  Peat,  correspondant  à  Régina,  Saskatchewan,  et  les  environs. 

On  a  fait  les  changements  que  voici  dans  le  personnel  des  correspondants  : 

Joseph  Ryan  remplace  John  Ryan,  décédé,  à  Trois-Rivières,  Québec. 

Hewlett  Green  remplace  Ernest  Green,  démissionnaire,  comme  correspondant  aux 
Chutes-Niagara,  Ontario. 

R.  F.  Gofton  remplace  H.  Peters,  démissionnaire,  comme  correspondant  à  Berlin, 
Ontario. 

M.  W.  N.  McElerehan  remplace  R.  J.  Parkinson,  démissionnaire,  comme  corres- 
pondant à  Woodstock,  Ontario. 

Théo.  Desbrisay,  correspondant  à  Chatham,  Nouveau-Brunswick,  est  décédé,  et 
n'avait  pas  été  remplacé  à  la  fin  de  l'exercice. 

Le  personnel  du  ministère  est  resté  le  même  pendant  l'année,  sans  changements  ni 
nominations  nouvelles. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


I.  LA  GAZETTE  DU  TRAVAIL. 

* 
La  Gazette  du  Travail,  organe  officiel  du  ministère,  a  été  publié  mensuellement  en 

français  et  en  anglais,  comme  par  le  passé.  La  nature  générale  de  son  contenu  est  à 
peu  près  le  même  que  Tannée  dernière,  sauf  pour  ce  qui  est  des  détails  relatifs  à 
l'administration  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  dont  la 
publication,  à  partir  de  mars  1907,  a  augmenté  la  matière  à  lire  dans  plusieurs 
numéros.  Les  articles  de  fonds  de  ces  divers  numéros  se  sont  composés  surtout,  comme 
auparavant,  d'une  revue  d'ensemble  des  conditions  industrielles  et  ouvrières  existant 
au  Canada  pendant  le  mois  précédent,  basée  en  partie  sur  les  rapports  des  correspon- 
dants du  ministère  résidant  dans  les  diverses  villes  du  Canada.  Ces  rapports  ont  aussi 
été  publiés  au  long.  On  a  aussi  publié  tous  les  mois  des  articles  sur  l'immigration  et 
la  colonisation,  sur  les  différends  industriels,  les  accidents  industriels,  les  récents 
accords  industriels,  et  sur  les  décisions  judiciaires  les  plus  récentes  intéressant  le 
travail.  De  temps  en  temps  on  a  fait  paraître  des  articles  spéciaux  donnant  les  résul- 
tats d'enquêtes  conduites  par  le  ministère  ou  relatifs  aux  événements  importants;  plus 
de  soixante-dix  de  ces  articles  ont  paru  au  cours  de  l'année. 

SOMMAIRE  MENSUEL  DES  CONDITIONS  INDUSTRIELLES  ET  OUVRIÈRES. 

Ainsi  que  nous  venons  de  le  dire,  le  premier  article  de  chaque  numéro  de  la 
Gazette  du  Travail  comprend,  comme  par  le  passé,  une  revue  générale  des  événements 
courants  dans  le  monde  industriel  et  ouvrier.  Son  but  est  d'indiquer  sous  une  forme 
concise  mais  suffisante  la  nature  et  la  portée  de  l'activité  industrielle,  et  le  travail  qui 
s'offre  de  mois  en  mois  tant  pour  les  artisans  que  pour  les  journaliers.  Le  premier 
paiagraphe  résume  la  situation  industrielle  en  indiquant  le?  faits  importants  servant 
à  établir  la  tendance  générale  des  marchés.  Suivent  des  relevés  du  mouvement  des 
salaires,  le  coût  de  la  vie  par  l'analyse  des  prix  des  principales  denrées,  et  les  interrup- 
tions de  l'industrie  causées  par  les  grèves,  les  contre-grèves,  les  incendies,  la  tempé- 
rature, etc.  L'on  donne  ensuite  en  détail  la  revue  de  divers  métiers  et  industries,  y 
compris  l'agriculture,  la  pêche,  les  industries  du  bois  et  des  mines,  la  fabrication,  la 
construction  des  voies  ferrées,  les  transports,  les  métiers  du  bâtiment,  des  métaux,  la 
mécanique,  la  construction  des  navires,  la  menuiserie  et  l'industrie  du  meuble,  l'impri- 
merie et  les  métiers  s'y  rattachant,  les  industries  du  vêtement  et  du  cuir,  l'industrie 
textile,  les  aliments  et  le  tabac,  enfin  tout  ce  qui  touche  aux  artisans  et  aux  journaliers. 
On  y  ajoute  la  dernière  statistique  sur  le  commerce  intérieur  et  extérieur  et  le  revenu 
public.  Dans  une  suite  de  notes  ajoutées  à  l'article,  on  traite  de  certaines  questions 
industrielles  et  ouvrières  importantes  qui  n'entrent  pas  dans  le  cadre  général,  comme, 
par  exemple,  de  l'instruction  technique,  du  socialisme  municipal,  des  restrictions  appor- 
tées au  commerce,  des  commissions  royales,  etc. 

Afin  de  résumer  aussi  clairement  que  possible  les  renseignements  recueillis  par  le 
ministère,  on  insère  un  tableau  donnant  la  condition  exacte  des  divers  métiers  et  indus- 
tries du  Canada.     Ce  tableau  sert  à  deux  fins:  il  donne  une  idée  exacte  de  l'état  où  se 


14  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

trouve  chaque  groupement  de  métiers  et  aussi  du  travail  qui  attend  l'ouvrier  dans  les 
différentes  villes. 

Les  renseignements  que  l'on  donne  dans  l'article  et  dans  le  tableau  viennent  de 
sources  diverses.  On  parcourt  avec  soin  chaque  jour  les  journaux  et  les  feuilles  com- 
merciales, on  découpe  tout  ce  qui  regarde  l'industrie  et  le  travail,  et  cette  matière 
sert,  après  vérification,  à  la  composition  de  l'article.  On  résume  aussi  avec  soin  les 
rapports  mensuels  des  correspondants  du  ministère,  lesquels  doivent  donner  de  temps 
en  temps  des  renseignements  spéciaux  sur  ce  qui  se  passe  clans  leurs  localités  respec- 
tives. Enfin  l'on  s'adresse  aux  personnes  et  organisations  s'occupant  particulièrement 
des  questions  ouvrières,  et  les  réponses  qu'ils  donnent  trouvent  aussi  place  dans 
l'article. 

Remarquons  à  ce  propos  que  bien  que  cet  article  soit  entièrement  de  la  nature 
d'une  chronique  industrielle  et  ouvrière,  l'on  s'attache  spécialement  en  la  compilant  à 
accentuer  les  tendances  et  les  développements  qui  peuvent  offrir  quelque  indication  de 
la  condition  probable  du  marché  ouvrier  pour  quelque  temps  à  venir.  L'on  fera  ressortir, 
par  exemple,  de  mois  en  mois,  les  progrès  de  la  colonisation  dans  le  Canada  oriental  et 
les  perspectives  agricoles;  ces  faits,  importants  par  eux-mêmes,  ayant  en  outre  une 
influence  immédiate  sur  une  foule  d'industries  et  de  métiers  dans  le  pays  tout  entier. 
De  même,  les  divers  contrats  signés  pour  la  construction  des  voies  ferrées,  particulière- 
ment du  Transcontinental-National,  ont  été  soigneusement  analysés  au  cours  de  l'année 
à  cause  de  leur  importance  et  de  l'effet  qu'ils  peuvent  avoir  sur  les  conditions  ouvrières. 

RAPPORTS  DE  CORRESPONDANTS  LOCAUX. 

Après  la  revue  générale  l'on  publie  chaque  mois  les  rapports  des  correspondants  du 
ministère  dans  les  divers  centres  industriels  du  pays.  Ces  rapports  suivent  un  plan 
uniforme  fit  traitent  (1°)  de  la  condition  générale  du  marché  du  travail,  (2°)  de  l'état 
des  industries  locales,  (3°)  des  salaires  dans  les  différents  métiers,  (4°)  de  l'état  général 
de  la  région  environnante.  Le  ministère  échange  beaucoup  de  lettres  avec  ses  corres- 
pondants au  sujet  de  la  préparation  de  leurs  rapports,  et  cherche  à  se  procurer  des 
renseignements  exacts  et  complets.  De  temps  à  autre  on  leur  demande  de  contrôler 
les  nouvelles  publiées  dans  les  journaux.  D'autre  part,  les  renseignements  fournis  par 
les  correspondants  quant  aux  changements  dans  les  salaires  et  les  heures  de  travail, 
l'établissement  de  nouvelles  industries,  l'organisation  d'unions  ouvrières,  d'associations 
de  patrons,  etc.,  servent  continuellement  de  base  à  de  nouvelles  demandes  de  renseigne- 
ments auprès  des  personnes  ou  des  associations  en  cause.  Le  ministère  échange  ainsi 
avec  ses  correspondants  plus  de  dix-huit  cents  lettres  par  année. 

LOI   DES    ENQUÊTES   EN    MATIÈRES   DE   DIFFERENDS   INDUSTRIELS,    1907. 

L'article  29  de  la  loi  ci-dessus  décrète  que  pour  l'information  du  Parlement  et  du 
public,  les  rapports  et  les  recommandations  de  tout  conseil  de  conciliation  et  d'enquête 
établi  en  vertu  de  la  loi  pour  le  règlement  des  différends  industriels,  ainsi  que  les 
rapports  des  minorités,  seront  publiés  sans  délai  dans  la  Gazette  du  Travail.  Cette  loi 
ayant  été  très  souvent  appliquée  dans  le  règlement  des  conflits  ouvriers,  on  a  dû  consa- 
crer chaque  mois  un  espace  considérable  dans  la  Gazette  à  la  publication  des  demandes 
faites  pour  l'établissement  de  conseils  et  des  procédures  qui  s'en  sont  suivies.    On  s'est 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  15 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

aussi  conformé  aux  prescriptions  de  la  loi  en  publiant  les  rapports  des  différents  con- 
seils, les  faisant  accompagner  dans  bien  des  cas  d'une  courte  explication  des  procé- 
dures et  de  la  décision. 

Dans  le  numéro  qui  a  suivi  l'adoption  de  la  loi  des  enquêtes,  on  a  publié  une  étude 
complète  sur  cette  mesure,  expliquant  en  détail  son  origine,  son  but,  son  mode  de  fonc- 
tionnement, sa  sanction,  etc.  Dans  une  annexe  au  même  numéro  on  a  donné  le  texte 
de  la  loi. 

Au  cours  du  mois  d'avril,  bien  que  les  dispositions  de  la  loi  fussent  encore  impor- 
faitement  connues  dans  bien  des  parties  du  Canada,  on  a  reçu  trois  demandes  pour 
l'établissement  des  conseils  de  conciliation  et  d'enquête  qu'elle  comporte.  La  livraison 
de  mai  1907  de  la  Gazette  du  Travail  les  contient  au  complet.  Ensuite,  et  jusqu'à  la 
fin  de  l'exercice,  le  mois  d'octobre  seul  n'a  pas  apporté  de  demandes;  le  plus  grand 
nombre  est  arrivé  en  novembre,  et  les  mois  de  mai,  de  septembre  et  de  décembre  ont 
apporté  chacun  cinq  demandes.  Voici  une  liste  complète  des  demandes  reçues  au 
cours  de  l'année  et  publiées  dans  la  Gazette  du  Travail: 

1.  Cumberland  Railway  and  Coal  Company,  Springhill,  N.-E. 

2.  Western  Coal  Operators'  Association. 

3.  Mécaniciens  à  l'emploi  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc. 

4.  Employés  de  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company,  Springhill,  N.-E. 

5.  Shipping  Fédération  of  Canada,  Montréal. 

6.  Union    locale   n°    373,   International   Longshoremen    and   Marine    Transport 

Workers,  Montréal. 
7.  Union  régionale  n°   18,   United  Mine   Workers  of  America,  au  nom  des  em- 
ployés de  la  Alberta  Railway  and  Irrigation  Company,  Lethbridge,  Alta. 

8.  Agents  et  compagnies  de  steamers  faisant  affaires  à  Halifax,  N.-E. 

9.  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  du  Canada  à  propos  d'un  différend 
avec  ses  ingénieurs  mécaniciens. 

10.  Employés  de  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company,  Springhill,  N.-E. 
(Seconde  demande.) 

11.  Employés  de  la  Compagnie  de  Filatures  de  Coton  de  Montréal,  Valleyfield, 

Que. 

12.  Employés  de  la  Canadian  Mining  and  Smelting  Company,  Moyie,  C.-B. 
.  13.  Employés  de  la  Hillcrest  Coal  and  Coke  Company,  Hillcrest,  Alta. 

14.  Employés  des  mines  de  Hosmer,  Hosmer,  C.-B. 

15.  Télégraphistes  à  l'emploi  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  du  Pacifique. 

16.  Employés  de  la  Duggan  Huntrods  Company,  Taber,  Alta. 

17.  Employés  de  la  Canada  West  Coal  and  Coke  Company,  Taber,  Alta. 

18.  Employés  de  la  Domestic  Coal  Company,  Taber,  Alta. 

19.  Employés  de  la  Strathcona  Coal  Company,  Edmonton,  Alta. 

20.  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  du  Canada,  au  sujet  d'un  différend 
avec  ses  télégraphistes. 

21.  Employés  de  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company,  Springhill,  N.-E. 
(Troisième  demande.) 

22.  Compagnie  de  chemin  de  fer  du  Pacifique  au  sujet  d'un  différend  avec  les 
employés  sur  ses  lignes  de  l'ouest. 

23.  Employés  de  la  Compagnie  McKinley-Darragh,  Cobalt,  Ont. 

24.  Mécaniciens,  chauffeurs  et  journaliers  à  l'emploi  de  la  Compagnie  de  chemin 

de  fer  Canadian-Northem. 

25.  Camionniers  à  l'emploi  de  la  compagnie  de  chemin  de  fer  Grand-Tronc  du 
Canada. 


16  DEPARTEMENT  DV  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.   1909 

26.  Employés  de  la  Temiscaming  and  Hudson  Bay  Mining  Company,  Cobalt,  Ont. 

27.  Employés  de  la  Dominion  Coal  Company,  Dominion,  N.-E. 

28.  Employés   des   Hamilton    Street   Ilailway   Company,   Hamilton   and   Dundas 
Raiïway  Company  et  Hamilton  and  Burlington  Radial  Railway  Company. 

29.  Messieurs   oJhn    Mardi,   John     Howells    et     Stevens    Frères,   exploitant    des 
houillères  à  Woodpecker,  Alta. 

Outre  ces  demandes,  on  en  a  reçu  deux  autres  pour  l'établissement  de  conseils  de 
conciliation,  de  médiation  et  d'enquête,  d'après  les  dispositions  gouvernant  les  différends 
survenus  sur  les  voies  fefrrées  dans  la  lo,i  de  la  conciliation  et  du  travail  (chap.  96, 
S.R.O.,  1906)  et  de  l'article  5  de  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  industriels, 
1907.  Plusieurs  demandes  ont  été  faites  dans  des  cas  où  il  s'agissait  d'industries 
n'entrant  pas  dans  la  catégorie  de  celles  d'utilité  publique,  mais  les  autres  parties  au 
différend  ayant  refusé  d'y  adhérer,  on  a  dû  en  rester  là,  aux  termes  de  la  loi.  Les  cir- 
constances ont  cependant  été  relatées  dans  la  Gazette  du  Travail. 


LISTES  DES  RAPPORTS  PUBLIES. 

La  Gazette  du  Travail  a  publié  au  cours  de  l'exercice,  le  texte  intégral  des 
rapports  suivants  faits  par  les  conseils  constitués  en  vertu  de  la  loi,  avec  un  précis  de 
leurs  procédures,  comprenant  dans  la  plupart  des  cas  les  accords  formels  résultant  du 
recours  à  la  conciliation: 

1.  {Gazette   du   Travail,  juin,    p.     1388.)     Rapport    de    l'honorable   sir   William 

JMulock,  président  du  conseil  établi  pour  s'enquérir  du  différend  entre  la 
]Yestern  Coal  Operdtors'  Association  et  ses  employés.  On  a  aussi  publié  le 
rapport  de  M.  W.  L.  Mackenzie  King,  sous-ministre  du  Travail,  qui  a  conduit, 
à  Fernie,  C.-B.,  les  négociations  préliminaires  qui  ont  donné  lieu  au  règle- 
ment, ainsi  que  le  texte  complet  de  l'accord.  On  trouvera  également  dans 
la  Gazette  du  Travail  de  juillet  le  texte  du  discours  prononcé  à  Fernie 
par  sir  William  Mulock,  le  6  mai,  jour  de  la  signature  de  l'accord;  ce  discours 
offre  de  l'intérêt,  parce  qu'il  ne  traite  pas  seulement  de  l'accord,  mais  de  la 
situation  industrielle  en  général. 

2.  {Gazette  du   Travail,  juin  1907,  p.  1406.)      Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  entre  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et 
ses  mécaniciens.  Ce  rapport  contient  le  texte  d'un  accord  signé  en  présence  du 
conseil  et  la  correspondance  échangée  entre  le  ministre  du  Travail  et  le  prési- 
dent de  ce  conseil. 

3.  {Gazette  du  Travail,  juillet  1907,  p.  57.)     Rapport  du  conseil    nommé    pour 

s'occuper  du  différend  entre  les  chargeurs  de  navires  et  les  armateurs  de 
Montréal,   Que. 

4.  {Gazette  du  Travail,  août  1907,  p.  175.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour  s'oc- 

cuper d'un  différend  a  Springhill,  N.-E.  Le  rapport  de  la  minorité  est  aussi 
publié  au  long. 

5.  {Gazette  du  Travail,  septembre  1907,  p.  292.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  entre  la  Compagnie  du  Grand-Tronc  et  les  ingénieurs 
mécaniciens.  On  publie  aussi  le  texte  de  l'accord  conclu  en  présence  du 
conseil  et  qui  est  valable  pour  trois  ans. 

6.  {Gazette  du  Travail,  octobre  1907,  p.  408.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  entre  la  Montréal  Cotton  Company  et  ses  employés  à 
Valleyfield,  Que. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  17 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

7.  (Gazette  du  Travail,  novembre  1907,  p.  537.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  de  la  Compagnie  du  Pacifique  et  ses  télégraphistes. 
On  y  trouvera  aussi  le  texte  d'un  accord  intervenu  en  présence  du  conseil. 
Le  conseil  a  subséquemment  interprété  certaines  parties  de  cet  accord,  et  son 
opinion  se    trouve  dans  un  autre  numéro  de  la  Gazette  du  Travail. 

8.  (Gazette  du  Travail,  novembre  1907,  p.  542.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  d'un  différend  aux  mines  de  Hosmer,  C.-B. 

9.  (Gazette  du  Travail,  décembre  1907,  p.  679.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  à  Iiillcrest,  Alta.  Le  texte  du  rapport  de  la  minorité 
est  aussi  publié. 

10.  (Gazette  du  Travail,  décembre  1907,  p.  686.)  Rapport  du  second  conseil  nom- 
mé pour  s'occuper  des  différends  existant  à  Springhill,  N.-E.  La  cause  de 
ces  différends  et  les  procédures  du  premier  conseil  ont  été  publiées  dans  la 
Gazette  du  Travail  de  septembre,  octobre,  novembre  et  décembre. 

11.  (Gazette  du  Travail,  janvier  1908,  p.  792.)  Rapport  du  conseil  nommé  pour 
s'occuper  du  différend  des  mines  de   Saint-Eugène,  Moyie,  C.-B. 

12.  (Gazette  du  Travail,  janvier  1908,  p.  796.)  Rapport  du  conseil  nommé  pour 
s'occuper  des  différends  entre  la  Canada  West  Coal  and  Coke  Company  et  ses 
employés. 

14.  (Gazette  du  Travail,  janvier  1908,  p.  802.)  Rapport  du  conseil  nommé  pour 
s'occuper  du  différend  entre  la  Strathcona  Coal  Company  de  Strathcona, 
Alberta,  et  ses  employés. 

15.  (Gazette  du  Travail,  janvier  1908,  p.  805).     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  entre  la  Compagnie  du  Pacifique  et  certains  de  ses 
employés  de  l'ouest. 

16.  (Gazette  du  Travail,  février  1908,  p.  938.)  Rapport  du  conseil  nommé  pour 
s'occuper  du  différend  entre  la  Compagnie  McKinley-Rarragh  et  ses  em- 
ployés. 

17.  (Gazette  du  Travail,  février  1908,  p.  939.)  Rapport  du  conseil  nommé  pour 
s'occuper  du  différend  entre  la  Pioneer  Lodge  No.  1,  Provincial  Workman 
Association  et  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company,  de  Springhill, 
N.-E.     Ce  rapport  contient  le  texte  d'un  projet  d'accord. 

18.  (Gazette  du  Travail,  février  1908,  p.  951.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et 
ses  télégraphistes. 

19.  (Gazette  du  Travail,  février  1908,  p.  954.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'enquérir  du  différend  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Canadian- 
Northern  et  certains  de  ses  mécaniciens,  chauffeurs  et  autres  employés. 

20.  (Gazette  du  Travail,  mars  1908,  p.  1077.)     Rapport  du  conseil  nommé  pour 

s'occuper  du  différend  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et 
ses  employés. 

21.  (Gazette  du  Travail,  mars  1908,  p.  1078.)  Rapport  du  conseil  nommé  pour 
s'occuper  des  différends  entre  la  Temiscaming  and  Hudson  Bay  Mining  Com- 
pany, Cobalt,  Ont.,  et  certains  de  ses  employés. 

Outre  les  rapports  ci-dessus,  il  a  paru  au  mois  de  juin,  page  1415,  un  compte  rendu 
du  règlement  du  différend  à  Lethbridgc,  Alberta,  entre  Y  Alberta  Railway  and  Irrigation 
Company  et  ses  employés  ;  on  avait  demandé  la  nomination  d'un  conseil,  mais  on  en 
(  Bt  venu  à  une  entente  avant  le  choix  des  conseillers.  De  même  aussi, 
dans  deux  articles  spéciaux,  on  a  expliqué  le  règlement  d'un  différend  entre 
les  chargeurs  de  navires  et  les  armateurs  d'Halifax,  N.-E.,  effectué  grâce  à  la 
médiation  du  ministère  après  la  demande  faite  par  l'une  des  parties  d'un  conseil  de 
conciliation.      Une   difficulté   survenue   entre   le   chemin   de   fer   Intercolonial   et   ses 

36—2 


18  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

employés  à  Halifax  a  été  soumise  à  l'action  de  la  loi  de  la  conciliation  et  du  travail  au 
cours  du  mois  de  juillet,  et  le  rapport  du  conseil  de  conciliation  a  été  publié  dans  le 
numéro  de  septembre,  page  289.  Un  différend  ayant  surgi  aux  mines  d'argent  de 
Cobalt,  le  secrétaire  du  ministère  s'est  rendu  sur  les  lieux  pour  s'informer  de  la  cause 
et  de  la  nature  du  différend,  expliquer  comment  la  loi  pouvait  s'appliquer,  et  offrir  les 
bons  offices  du  ministère  pour  obtenir  un  règlement.  La  Gazette  du  Travail  a  publié 
le  compte  rendu  de  ces  négociations  dans  son  numéro  du  mois  d'août,  page  181. 

La  Gazette  du  Travail  a  aussi  publié  des  articles  spéciaux  sur  plusieurs  poursuites 
découlant  de  la  loi.  Dans  les  numéros  de  juin  et  de  juillet  1907,  aux  pages  14,  18  et  60, 
l'on  trouvera  le  rapport  de  la  poursuite  intentée  par  la  Texada  Steel  Company  contre 
ses  employés  à  Marble-Bay,  C.-B.,  ainsi  que  le  compte  rendu  du  règlement  de  la  grève 
qui  a  eu  lieu.  En  octobre  1907  on  a  rendu  compte  d'une  condamnation  prononcée  en 
vertu  de  la  clause  pénale  de  la  loi  à  Cobalt,  Ontario.  Cette  condamnation  a  été  main- 
tenue en  appel  sous  une  forme  modifiée.  Ce  jugement  était  le  premier  découlant  de  la 
loi  prononcé  par  les  cours  supérieures.  On  a  donné  le  texte  intégral  dans  le  numéro  de 
mars  1908,  page  1093.  Dans  le  numéro  de  décembre,  page  689,  on  s'est  occupé  spéciale- 
ment d'une  infraction  à  la.  loi  commise  dans  l'Alberta.  Dans  le  numéro  de  janvier 
1908,  page  809,  on  a  donné  le  compte  rendu  d'un  jugement  prononcé  par  la  cour  du 
recorder,  à  Montréal,  Que.,  traitant  de  la  procédure  en  vertu  de  la  loi  dans  une  grève 
des  chargeurs  de  navires  de  cette  ville. 

On  a  publié  au  cours  de  l'année  plusieurs  articles  d'une  nature  générale  sur  le 
fonctionnement  de  la  loi.  Dans  la  Gazette  du  Travail  de  novembre,  page  544,  on  a 
publié  l'opinion  de  M.  Duncan  McCormick,  C.R.,  qui  a  fait  partie  d'un  conseil  de 
conciliation  en  vertu  de  la  loi.  Dans  le  numéro  de  mars,  page  1081,  on  a  publié  un 
rapport  fait  au  Parlement  sur  les  procédures  prises  en  vertu  de  la  loi  depuis  sa  mise 
en  vigueur.  Le  texte  d'une  interpellation  au  Parlement  sur  le  même  sujet  et  la  réponse 
de  l'honorable  ministre  du  Travail  se  trouvent  dans  le  même  numéro,  page  1093. 

CHANGEMENT  DANS  LES  TAUX  DES  SALAIRES  ET  LES  HEURES  DE  TRAVAIL. 

Le  ministère  a  continué  a  publié  pendant  l'année  une  statistique  détaillée  des 
changements  dans  les  taux  du  salaire  et  des  heures  du  travail  au  Canada.  Ainsi  que 
nous  l'avons  déjà  dit,  le  premier  article  de  chaque  livraison  de  la  Gazette  mentionne 
brièvement  les  principaux  changements  du  mois  précédent.  Le  temps  pour  recueillir 
les  renseignements  pour  le  résumé  mensuel  étant  nécessairement  limité,  on  a  publié  les 
détails  dans  une  suite  d'articles  industriels.  Ces  articles  se  composent  surtout  de 
tableaux  statistiques  où  l'on  donne  en  détail  tous  les  changements  dont  le  ministère  a 
eu  connaissance,  les  métiers  et  le  nombre  des  employés  dans  chacun  qui  s'y  trouvait 
intéressés,  la  nature  exacte  du  changement,  la  localité  où  elle  s'est  produite,  les  causes 
qui  y  ont  donné  lieu,  et  l'effet  du  changement  sur  le  montant  général  des  salaires  heb- 
domadaires. 

Accompagnant  ces  tableaux  se  trouve  une  analyse  de  l'effet  général  des  change- 
ments dans  les  divers  métiers  et  industries,  et  une  revue  de  la  condition  économique 
pendant  la  période  dont  il  s'agit.  Outre  ces  états  trimestriels,  la  Gazette  du  Travail 
de  mars  1908  contenait  un  article  explicatif  du  mouvement  des  salaires  en  général 
du  Canada  pendant  l'année  1907,  et  un  autre  article  donnant  les  augmentations  de 
salaires  accordées  par  les  divers  ministères  aux  ouvriers  à  leur  emploi. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Pendant  les  premiers  dix  mois  de  1907,  la  tendance  à  la  hausse  des  salaires  a  été 
plus  accentuée  qu'en  tout  autre  temps  depuis  1903.  La  crise  financière  et  industrielle 
qui  s'est  fait  sentir  pendant  le  dernier  semestre  de  l'exercice  à  donné  lieu  à  un 
mouvement  de  baisse.  Dans  le  premier  semestre  on  a  noté  environ  33  changements, 
dont  26  hausses  de  salaires  et  6  diminutions  des  heures  de  travail;  les  autres  compor- 
taient une  baisse  dans  les  salaires  accompagnée  de  diminution  dans  les  heures  de  tra- 
vail. Environ  6,000  employés  des  Western  Fuel  Company  et  Wellington  Goal  Mining 
Company,  île  de  Vancouver,  ont  obtenu  des  augmentations,  ainsi  que  plusieurs  mil- 
liers d'hommes  employés  à  la  coupe  du  bois  dans  la  Colombie-Britannique,  et  les 
serrefreins  à  l'emploi  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  du  Pacifique  ont  obtenu  une 
nouvelle  échelle  de  prix.  Les  employés  des  tramways  de  Montréal,  au  nombre  de  2,000, 
ont  obtenu  des  augmentations  à  partir  du  premier  janvier.  Pendant  le  second  semes- 
tre, le  mouvement  ascendant  s'est  encore  accentué,  bien  que  le  nombre  des  augmen- 
tations d'un  effet  immédiat  soit  moindre  que  pendant  que  le  second  semestre  de  1903, 
la  période  la  plus  active  que  l'on  connaisse  depuis  que  l'on  recueille  des  statistiques  de 
cette  nature  au  Canada.  Cependant,  dans  le  second  semestre  de  1907,  le  nombre 
des  ouvriers  intéressés  était  plus  considérable,  car  la  plupart  des  changements  s'appli- 
quaient à  des  groupements  nombreux.  Les  employés  des  chemins  de  fer,  au  nombre 
de  17,000,  ont  bénéficié  de  la  hausse,  et  dans  les  industries  textiles  et  du  bâtiment 
9,000  et  7,000  ouvriers  respectivement  s'y  trouvaient  intéressés.  Les  houilleurs  de  la 
Colombie-Britannique,  au  nombre  de  4,000,  les  flotteurs  et  les  employés  des  scieries 
dans  la  province  d'Ontario,  au  nombre  de  10,000,  ont  vu  augmenter  leurs  salaires.  Il 
en  a  été  de  même  pour  les  journaliers  dans  toutes  les  parties  du  pays.  D'autres 
groupements  importants  ont  bénéficié  de  la  hausse  pendant  ce  semestre;  les  employés 
de»  tramways,  à  Toronto,  au  nombre  de  1,400;  les  boulangers  de  Toronto,  1,000;  les 
charroyeurs  de  houille  et  les  mouleurs,  à  Montréal;  les  chargeurs  de  navires,  à  Hali- 
fax, au  nombre  de  500,  et  les  mineurs  métallifères  de  la  Colombie-Britannique,  au 
nombre  de  1,000.  La  hausse  s'est  maintenue,  mais  moins  prononcée,  pendant  le  trois- 
ième trimestre  de  l'année;  on  a  noté  pendant  cette  période  53  changements,  dont  39 
comportant  augmentation  des  salaires  et  8  diminution  des  heures,  contre  4  diminutions 
dans  les  salaires  et  dans  les  heures  et  deux  diminutions  des  salaires.  Les  employés 
de  chemins  de  fer  et  de  tramways,  au  nombre  de  3,400  et  de  1,986  respectivement,  ont 
obtenu  de  meilleurs  salaires;  les  mineurs,  au  nombre  de  2,500,  et  2,388  ouvriers  typo- 
graphiques jouissent  d'un/3  échelle  de  salaires  plus  satisfaisante.  Au  cours  du  qua- 
trième semestre  on  a  enregistré  plusieurs  augmentations  importantes,  mais  la  ten- 
dance était  à  la  baisse.  Dans  bien  des  endroits  les  salaires  des  journaliers  ont 
baissé  de  20  ou  25  pour  100,  et  dans  les  scieries  la  baisse  a  varié  de  $5  à  $10 
par  mois.  Il  en  a  été  de  même  pour  les  artisans  les  moins  habiles  dans  l'industrie 
manufacturière,  sp?cialement  dans  l'Ontario.  La  baisse  s'est  aussi  étendue  aux  mines 
métallifères  de  la  Colombie-Britannique  et  aux  exploitations  de  mica  dans  la  pro- 
vince de  Québec.  D'autre  part,  pour  lo<a  p.mnlovés  des  voies  ferrées,  la  hausse  si  re- 
marquable des  semestres  précédents  s'est  maintenue;  les  employés  des  gares  et  les  ai- 
guilleurs des  chemins  de  fer  Grand-Tronc  et  les  camionneurs  et  télégraphistes  du 
Pacifique-Canadien  ont  obtenus  de  meilleurs  salaires.  Le  tableau  suivant,  qui  consti- 
tue une  analyse  des  divers  changements  survenus  pendant  l'année  dans  les  diverses 

36— 2} 


20 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

industries  et  les  groupements  de  métiers,  est  extrait  de  la  revue  annuelle  des  change- 
ments de  salaires  publiée  dans  la  Gazette  du  Travail  de  mars  1908.  Poussant  plus 
loin  l'analyse,  nous  trouvons  dans  le  même  article  un  tableau  indiquant  les  'augmen- 
tations dans  les  métiers  du  bâtiment  que  nous  reproduisons  également. 


Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  Vlll,  R.  A.  nc 


TABLEAU  INDIQUANT,  PAR  GROUPEMENTS  D'INDUSTRIES  ET  DE  METIERS,  LES 
RESULTATS  APPROXIMATIFS  DES  CHANGEMENTS  DANS  LES  SALAIRES  ET 
LES  HEURES  DE  TRAVAIL  PARMI  LES  ARTISANS  DU  CANADA,  SUIVANT  LES 
RENSEIGNEMENTS    FOURNIS    AU    MINISTERE    DU    TRAVAIL    AU    COURS    DE 

L'ANNEE  1907*. 


Groupements  d'industries 
et  de  métiers. 

Nombre 
d'artisans 

intéressés. 

Augmentation 

totale  des 

salaires 

hebdomadaires 

Diminution 

totale  des 

salaires 

hebdomadaires 

Augmentation 

totale 

hebdomadaire 

des  heures  de 

travail. 

Diminution 

totale 

hebdomadaire 

des  heures  de 

travail. 

Industrie  du  bois 

2,100 
16,580 

8,724 

2,339 
4SI 

2,648 

303 

370 

9,863 

1,430 

2,881 

22,245 

5,686 

386 

1,631 

38 

$4,200 

$10,900  00 
1,706  75 

2,825  50 

113  75 

249  00 

501  50 

355  45 

8,225  00 

1,480  00 

3,238  00 

21,500  00 

5,786  00 

400 

8,105 
1,850 

Métallurgie,  mécanique  et  con- 

Métiers  du  bois 

1,405 

14,697 

ii          du  cuir . 

90 

Aliments  et  tabacs 

750 

Transports,  en  général 

Employés  de  chemins  de  fer 

h          de  tramways 

7,290 

213  00 
19  00 

*I1  ne  faut  pas  croire  que  le  tableau  ci-dessus  présente  une  statistique  complète  de 
tous  les  changements  survenus  dans  les  salaires  et  les  heures  de  travail  au  Canada  pendant 
Tannée  1907.  Il  y  en  a  sans  doute  un  grand  nombre  dont  le  ministère  n'a  pas  eu  connais- 
sance. Ce  tableau  est  cependant  exact  en  ce  qu'il  donne  une  idée  juste  du  mouvement  des 
salaires  pendant  l'année  1907. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  21 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

AUGMENTATION  DES  SALAIRES  DANS  LES  METIERS  DU  BATIMENT,  1907. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tadleaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  2. 

TABLEAU  INDIQUANT  LES  RESULTATS  APPROXIMATIFS  DES  CHANGEMENTS 
DANS  LES  SALAIRES  ET  LES  HEURES  DU  TRAVAIL  POUR  LES  EMPLOYES  DES 
METIERS  DU  BATIMENT  AU  CANADA,  SUIVANT  LES  RENSEIGNEMENTS 
FOURNIS  AU   MINISTERE  DU  TRAVAIL  AU  COURS  DE  L'ANNEE  1908.* 


Métier. 

Nombre 
d 'artisans 
intéressés. 

Augmentation 

totale  des 

salaires 

hebdomadaires 

Diminution 

totale  des 

salaires 

hebdomadaires 

Augmentation 

totale 

hebdomadaire 

des  heures  de 

travail. 

Diminution 

totale 

hebdomadaire 

des  heures  de 

travail. 

Tailleurs  de  pierre  et  de  granit. 

330 
2,350 

407 
35 

150 
2,850 
1,440 
1,162 

$  425  00 
3,570  00 
1,025  75 

"4i2'50" 

6,284  00 
2,157  50 
1,831  75 

3,840 
165 

$36.25 

760 

Peintres 

Plusieurs  centaines  d'ouvriers  à  l'emploi  des  divers  ministères  du  gouvernement 
fédéral  ont  obtenu  des  augmentations  de  salaires;  celles-ci  représentent  une  somme 
annuelle  de  $250,000  pour  le  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  et  de  $160,000 
pour  celui  des  Douanes;  dans  les  autres  ministères  les  sommes  additionnelles 
ainsi  payées,  bien  que  moins  élevées,  sont  encore  considérables. 


LES   DIFFERENDS   OUVRIERS. 

L'article  mensuel  de  la  Gazette  du  Travail  traitant  des  grèvts  et  des  contre- 
grèves  au  Canada  a  été  continué  sans  beaucoup  de  changement  dans  sa  forme  et  dans 
sa  portée.  Chaque  article  contient  un  tableau  statistique  donnant  en  détail  le  nom- 
bre «les  employés  intéressés,  la  localité,  la  cause,  la  durée  et  le  résultat  du  différend. 
On  distingue  dans  le  tableau  les  différends  survenus  dans  le  mois  et  ceux  qui  exis- 
taient précédemment.  Accompagnant  le  tableau  se  trouve  une  brève  description  de 
chaque  différend.  Afin  de  faire  voir  d'un  coup  d'œil  la  portée  entière  de  ce  tableau 
détaillé,  on  a  donné  chaque  mois  de  brèves  analyses  statistiques,  où  les  différends  sont 
dassifiés  suivant  les  métiers,  les  provinces,  les  causes,  les  modes  de  règlement,  les  ré- 
sultats, avec  une  estimation  approximative  du  nombre  d'ouvriers  intéressés  et  du 
nombre  de  journées  de  travail  perdues. 

En  janvier  1908,  la  Gazette  du  Travail  a  publié  une  analyse  et  une  revue  des 
Conflits  ouvriers  survenus  pendant  l'année  1907.  Cet  article  indiquait  une  légère 
augmentation  dans  les  conflits  ouvriers  au  Canada,  comparativement  à  l'année  précé- 
dente. Ces  conflits  étaient  au  nombre  de  149  en  1907,  contre  138  en  1906.  Les  em- 
ployés intéressés  étaient  au  nombre  d'environ  34,694  en  1907,  contre  26,014  en  1906. 
Les  journées  de  travail  perdues  ont  été  de  613,986  en  1907  et  de  489,775  en  1906. 


22  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ACCIDENTS    DU    TRAVAIL. 

La  statistique  des  accidents  du  travail  recueillie  par  le  ministère  comprend  tous 
ceux  dont  ont  été  victimes  des  ouvriers  au  Canada  et  qui  ont  causé  la  mort,  la  muti- 
lation, ou  autres  blessures  entraînant  l'incapacité  complète  ou  partielle.  La  Gazette  du 
Travail  publie  tous  les  mois  un  article  descriptif  basé  sur  cette  statistique,  avec  une 
analyse  des  accidents  du  mois  classifiés  suivant  les  industries  auxquelles  travaillaient 
les  victimes,  et  des  comparaisons  avec  le  mois  précédent  et  le  mois  correspondant  de 
l'année  précédente.  Dans  chaque  catégorie,  autant  que  possible,  on  a  donné  l'âge  des 
victimes.  Accompagnant  l'article  se  trouve  un  autre  tableau  donnant  les  accidents 
entraînant  la  mort  qui  sont  survenus  pendant  le  mois,  classifiés  suivant  les  indus- 
tries et  les  métiers,  avec  des  détails  quant  aux  localités,  aux  dates,  aux  causes  et  à  la 
nature  de  chaque  accident.  Ces  détails  viennent  des  correspondants  de  la  Gazette, 
des  inspecteurs  des  fabriques  et  des  mines,  du  secrétaire  du  bureau  des  chemins  de 
fer,  des  conseils  municipaux  et  autres  autorités  d'Ontario.  La  branche  du  minis- 
tère qui  s'occupe  des  découpures  de  journaux  fournit  aussi  une  foule  de  détails 
authentiques  et  extrêmement  utiles.  Nous  publions  ailleurs  dans  le  présent  rapport 
une  analyse  complète  des  données  obtenues  par  le  ministère  sur  les  accidents  du  tra- 
vail en  1907. 

IMMIGRATION  ET  COLONISATION. 

Parmi  les  traits  caractéristiques  les  plus  importants  affectant  le  mouvement  éco- 
nomique et  industriel  du  Canada  depuis  plusieurs  années  il  faut  citer  l'immigration 
très  nombreuse  venue  de  la  Grande-Bretagne  et  des  Etats-Unis,  et  la  colonisation 
cxtraordinairement  rapide  des  provinces  du  Nord-Ouest.  Afin  de  pouvoir  fournir 
les  statistiques  les  plus  récentes  au  sujet  de  ce  mouvement,  l'on  a  conclu  en  1904 
avec  le  ministère  de  l'Intérieur  un  arrangement  par  lequel  un  état  mensuel  donnant 
le  nombre  des  immigrants  débarqués,  le  nombre  de  lots  agricoles  concédés,  en  men- 
tionnant la  nationalité  des  concessionnaires  et  l'étendue  des  terrains  concédés,  est 
préparé  pour  publication  dans  la  Gazette  du  Travail*  Pour  compléter  ces  rensei- 
gnements, on  publie  les  ventes  de  terres  faites  par  les  compagnies  de  chemins  de  fer 
et  autres  faisant  affaires  dans  l'ouest  canadien,  donnant  ainsi  un  tableau  complet  des 
progrès  de  la  colonisation  dans  les  parties  nouvelles  du  Canada.  L'on  tient  compte 
aussi  de  certains  renseignements  statistiques  publiés  par  le  Board  of  Trade  de  la 
Grande-Bretagne  sur  le  mouvement  migratoire  vers  l'Amérique  Britannique  du  Nord. 
Dans  une  suite  de  notes  ajoutées  à  l'article,  on  traite  de  divers  sujets  se  rapportant  à 
l'immigration:  des  immigrés  envoyés  par  l'Armée  du  Salut,  par  la  Church  Army  et 
autres  agences  cherchant  à  placer  des  prolétaires  aux  colonies,  des  démarches  des  so- 
ciétés d'immigration  et  de  colonisation,  de  la  distribution  des  immigrants,  etc.,  etc. 

L'immigration  totale  au  Canada  pendant  l'année  1907  a  été  de  277,- 
376  personnes,  dont  220,825  débarquées  aux  ports  de  mer  et  56,551  venues  des 
Etats-Unis.  En  1896,  les  immigrants  étaient  au  nombre  de  215,912,  dont  152,130  dé- 
barqués aux  ports  de  mer  et  63,782  venus  des  Etats-Unis.  L'immigration  de  1907  dé- 
passe donc  de  28  pour  100  celle  de  1906.     Cette  augmentation  est  entièrement  dans 


*  Le    rapport    du    ministère    du    Travail      pour   l'exercice   se  terminant   le  30   juin    1905 
(page  18)  explique  en  détail  la  nature  des  renseignements  ainsi  fournis. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  23 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

l'immigration  européenne,  car  celle  venant  des  Etats-Unis  a  diminué  de  11  pour 
100.  Il  y  a  diminution  de  12,598  dans  le  nombre  de  concessions  de  lots  agricoles  pen- 
dant l'année  1907  comparée  à  l'année  précédente,  la  diminution  s'étendant  à  tous  les 
mois  de  l'année,  excepté  le  mois  de  décembre,  où  il  y  a  augmentation  sur  le  mois 
correspondant  de  l'année  précédente. 

Un  nombre  considérable  d'immigrants  venus  de  l'Orient  sont  débarqués  dans  nos 
ports  du  Pacifique  pendant  l'été  de  1907;  cela  a  donné  lieu  à  une  agitation  anti- 
asiatique et  à  des  émeutes  sérieuses  le  7  septembre  et  les  jours  suivants  à  Vancou- 
ver, Colombie-Britannique.  La  Gazette  du  Travail  s'est  occupée  de  cette  question,  et 
a  publié  en  octobre  les  lettres  du  premier  ministre  du  Canada,  du  consul  général  du 
Japon  et  du  maire  de  Vancouver  à  ce  sujet.  Il  a  été  décidé  par  le  gouvernement  que 
l'honorable  Rodolphe  Lemieux,  ministre  du  Travail,  irait  au  Japon  à  titre  d'envoyé 
spécial,  pour  discuter  avec  le  gouvernement  japonais  la  question  de  l'immigration  de 
ses  nationaux  au  Canada.  En  novembre  et  en  janvier  la  Gazette  du  Travail  a  an- 
noncé et  a  commenté  cet  événement,  et  en  février  elle  publiait  la  déclaration  faite 
par  le  ministre  à  la  Chambre  des  Communes  relativement  à  sa  mission. 

Par  décret  en  date  du  12  octobre,  M.  W.  L.  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-minis- 
tre du  Travail,  a  été  nommé  par  commission  royale  pour  s'enquérir  des  pertes  et  des 
dommages  subis  par  la  population  japonaise  de  Vancouver  à  l'occasion  des  émeutes 
dont  nous  avons  déjà  parlé.  Le  texte  du  décret  et  le  compte  rendu  des  démarches  du 
sous-ministre  ont  été  publiés  dans  la  Gazette  eu  Travail  de  novembre  1907.  L'enquête 
faite  par  le  sous-ministre  ayant  révélé  l'existence  de  tout  un  système  de  la  part  de 
certaines  agences  d'embauchage  pour  attirer  au  Canada  l'émigration  japonaise,  M. 
King  fut  chargé,  par  une  autre  commission  royale,  de  s'enquérir  des  démarches  que 
l'on  faisait  pour  attirer  les  Orientaux  au  Canada,  et  le  compte  rendu  de  cette  en- 
quête se  trouve  aussi  au  long  dans  la  Gazette.  Les  conclusions  du  sous-ministre  du 
Travail  quant  aux  pertes  des  Japonais  à  Vancouver  sont  contenues  dans  la  Gazette 
du  Travail  de  décembre  1907,  et  dans  le  numéro  de  février  on  traite  au  long  des 
moyens  par  lesquels  on  a  induit  les  Orientaux  à  venir  au  Canada. 

Dans  les  numéros  de  la  Gazette  de  février  et  de  mars  il  est  question  de  certains 
décrets  en  conseil  dus  à  l'initiative  du  ministère  de  l'Intérieur,  dans  le  but  de  mieux 
réglementer  l'immigration.  L'un  de  ces  décrets  avait  pour  but  d'empêcher  les  agences 
charitables  et  autres  existant  dans  la  Grande-Bretagne  et  échappant  à  la  surveillance 
de  la  branche  canadienne  de  l'immigration,  d'envoyer  au  Canada  des  sujets  peu  dési- 
rables. Ce  décret  porte  qu'après  le  15  avril  1908  il  est  interdit  à  toute  personne  dont 
le  passage  a  été  payé  en  tout  ou  en  partie  par  une  organisation  de  charité  ou  à  même 
les  fonds  publics  de  débarquer  au  Canada,  si  elle  n'a  d'abord  obtenu,  dans  les  soixante 
jours,  l'autorisation  écrite  du  sous-directeur  de  l'immigration  canadienne  à  Lon- 
dres. Le  second  décret  interdit  le  débarquement  de  tout  immigrant  qui  ne  vient  pas 
directement,  et  sans  avoir  interrompu  son  voyage,  du  lieu  de  sa  naissance  ou  de  son 
domicile  régulier,  sur  billet  acheté  en  cet  endroit. 

Le  premier  article  de  la  Gazette  du  Travail  de  janvier  traite  spécialement  d'un 
règlement  adopté  par  la  branche  de  l'immigration  du  ministère  de  l'Intérieur  du  Ca- 
nada, avertissant  les  immigrants  que  jusqu'au  15  février  suivant  chacun  d'entre  eux 
devrait  posséder  $50  en  débarquant,  et  après  le  1er  avril  $25,  outre  leurs  frais  de 
voyage  jusqu'à  l'intérieur  du  pays,  à  moins  qu'ils  n'aient  démontré    à  la  satisfaction 


24  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

des  proposés  à  l'immigration  dans  les  ports  canadiens  qu'ils  avaient  soit  un  emploi 
assuré,  soit  des  amis  qui  se  chargeraient  de  leur  entretien.  Un  autre  décret  rendu  en 
mars  prolongeait  l'effet  du  décret  précédent  jusqu'au  31  décembre  1908,  en  ce  qui  re- 
garde le  minimum  de  $25,  exigé  pour  chaque  immigrant  à  son  entrée  dans  le  pays. 

Dans  la  Gazelle  de  décembre  1907,  on  rendait  compte  de  l'établissement  et  des 
opérations  de  la  British  Weîcome  League,  de  Toronto. 

Pendant  le  mois  d'août,  on  a  dénoncé  au  ministère  du  Travail  certaines  préten- 
dues violations  de  la  Mer  chant  s'  Shipping  Act  du  Royaume-Uni,  tel  que  modifié  en 
1906,  par  laquelle  est  coupable  d'un  délit  quiconque  obtiendra  par  de  fausses  repré- 
sentations, l'émigration  d'habitants  de  la  Grande-Bretagne.  L'honorable  ministre  du 
Travail,  après  enquête,  a  soumis  à  Son  Excellence  en  conseil  un  mémoire  qui  a  été 
agréé  et  transmis  au  ministère  des  Colonies.  La  Gazette  du  Travail  d'octobre  1907  a 
rendu  compte  de  cet  incident.  Ajoutons  qu'au  mois  d'avril,  la  Gazette  contenait  un 
article  spécial  sur  la  mission  du  sous-ministre  du  Travail  en  Angleterre,  dont  le  résul- 
tat a  été  l'adoption  par  le  Parlement  impérial  des  mesures  législatives  dont  il  a  été 
question.* 

ACCORDS  INDUSTRIELS  RECENTS. 

A  partir  de  septembre  1906,  le  ministère  a  publié  de  temps  à  autre  dans  la 
Gazette  du  Travail  les  accords  les  plus  importants  intervenus  entre  patrons  et  em- 
ployés des  divers  métiers  et  industries  au  Canada.  Dès  avant  cette  époque  on  s'était 
efforcé,  lorsque  cela  était  possible,  d'obtenir  des  copies  d'accords  de  ce  genre,  et  on  a 
cru  que  leur  publication  ajouterait  encore  à  leur  valeur.  Non  seulement  ces  accords 
contiennent  beaucoup  de  renseignements  précis  et  détaillés,  mais  ils  constituent  un 
guide  pratique  pour  l'établissement  des  taux  et  le  règlement  des  différends.  Voici  une 
liste  des  divers  accords  publiés  dans  la  Gazette  du  Travail  pendant  la  dernière  année 
sous  Pen-tête  :     "  Accords  industriels  "  : — 

1.  Accord  entre  les  brasseurs  de  Guelph,  Ont.,  et  l'union  locale  n°  300,  United 
Brewery  Worhers  of  America. 

2.  Accord  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  les 
serre-freins  de  ses  lignes  de  l'Est;   en  vigueur  du  1er  janvier  1907. 

3.  Accord  entre  La  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  les 
serre-freins  de  ses  lignes  de  l'Ouest;   en  vigueur  du  1er  décembre  1906. 

4.  Accord  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  les 
ingénieurs-mécaniciens  de  ses  divisions  Centrale  et  du  Pacifique;  en  vigueur 
du  1er  avril  1907. 

5.  Accord  entre  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  Québec-Central  et  ses  mécani- 

ciens et  chauffeurs. 

6.  Accord  entre  la  Fédéral  Labour  Union  du  Canada,  n°  8,  Medicine-Hat,  Alta, 

et  ses  employés. 

7.  Accord  entre  la  Ottawa  Builders'  Association  et  la  International  Bricklayers 
Union,  No.  7,  et  International  Stone  Masons,  No.  IJf,  d'Ottawa. 

8.  Accord  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  ses  can- 
tonniers;  en  vigueur  depuis  avril  1907  sur  les  lignes  de  l'Ouest,  depuis  le 

1er  mai  1907  sur  celles  de  l'Est. 


*Le  compte  rendu  complet  de  la  mission  du  sous-ministre  du  Travail  paraît  à  la  page 
du   rapport   du   ministère   pour   Fexercice   pre  nant  fin  le  31  mars  1907 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  25 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

9.  Accord  entre  la  Alberta  Railway  and  Irrigation  Company  et  les  houilleurs  à 
son  emploi. 

10.  Accord  entre  la  Builders'  Labourers'  Protective   Union,  No.  Jf,  d'Ottawa,  et 

certains  entrepreneurs  et  patrons  de  cette  ville. 

11.  Accord  entre  la  Hôtel  and  Restaurant  Employées  International  Alliance,  à 
Victoria,  C.-B.,  et  les  propriétaires  d'établissements  dans  cette  ville. 

12.  Taux  des  salaires  des  wagonniers  des  divisions  Centrale  et  Occidnetale  du 
réseau  du  Pacifique;   en  vigueur  du  1er  avril  1907. 

13.  Accord  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  de  Toronto  et  ses  employés. 

14.  Accord  entre  les  constructeurs  et  les  unions  des  briqueteurs  et  des  maçons  de 
London,  Ont. 

15.  Accord  entre  les  alliances  typographiques  de  Toronto,  Ont. 

16.  Accord  entre  les  maîtres-plombiers  et  les  compagnons  et  apprentis  plombiers 

et  ajusteurs,  à  Calgary,  Alta. 

17.  Accord  entre  les  alliances  typographiques  de  Montréal,  Que. 

18.  Accord  entre  les   chemins   de   fer  Intercolonial   et   Ile-du-Prince-Edouard   et 
leurs  cantonniers;  en  vigueur  du  1er  avril  1907. 

19.  Echelle  de  prix  convenue  entre  les  maîtres-imprimeurs  de  Québec,  P.Q.,  et 
l'union  typographique  internationale  n°  302,  Québec. 

20.  Echelle  de  prix  et  règlements  gouvernant  le  service  des  chauffeurs  sur  la  divi- 

sion centrale  du  réseau  du  Pacifique;   en  vigueur  du  1er  avril  1907. 

21.  Accord  entre  les  maîtres-imprimeurs  de  Guelph,  Ont.,  et  l'union  typographique 
internationale  n°  391,  de  Guelph:  en  vigueur  du  1er  octobre  1907. 

22.  Accord  entre  la  Western  Fuel  Company,  de  Nanaïmo,  C.-B.,  et  ses  employés; 

en  vigueur  du  1er  octobre  1907. 

On  remarquera  que  la  liste  ci-dessus  ne  comprend  pas  les  accords  effectués  sous 
la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  lesquels  ont  été  publiés 
dans  la  Gazette  du  Travail  avec  les  rapports  des  procédures  des  conseils  nommés  con- 
formément à  ses  dispositions. 

DEMANDES   D'EMPLOI. 

Conformément  à  la  pratique  inaugurée  en  1906,  on  a  publié  sous  des  en-têtes  sépa- 
rés dans  plusieurs  numéros  de  la  Gazette  au  .cours  de  d'exercice,  les  cas  où  cer- 
tains patrons  ou  compagnies  particulières  demandent  des  ouvriers  ;  ces  renseignements, 
provenaient  généralement  de  communications  reçues  de  la  part  d'entrepreneurs  ou 
d'autres  personnes  employant  un  grand  nombre  d'ouvriers.  L'année  précédente,  le 
ministère  a  plusieurs  fois  communiqué  avec  des  employeurs  qui,  d'après  les  jour- 
naux, avaient  besoin  d'ouvriers.  Au  cours  du  printemps  et  de  l'été,  on  a  publié  à  plu- 
sieurs reprises  des  renseignements  sur  la  rareté  de  la  main-d'œuvre  aux  chantiers  et 
aux  mines,  à  la  construction  des  voies  ferrées  et  des  navires  et  dans  les  manufactures. 

ENQUÊTES    SPÉCIALES   FAITES   PAR   LE    MINISTÈRE. 

Entre  autres  enquêtes  faites  par  le  ministère  du  Travail  et  dont  les  résultats  ont 
été  publiés  dans  la  Gazette  du  Travail  au  cours  de  l'année,  mentionnons  les  sui- 
vantes: sur  le  nombre  et  la  nature  des  organisations  ouvrières  existant  actuellement 
RU  Canada  ;  sur  le  nombre  des  organisations  ouvrières  formées  et  dissoutes  au  Canada 
au  cours  de  l'annêa  1907;  sur  la  législation  canadienne  relative  aux  responsabilités  légales 
des  artisans  et  autres  employés;  sur  la  législation  canadienne  quant  au  travail  des 
femmes  et  des  enfants;  sur  l'administration  de  la  loi  du  dimanche  de  1906  dans  les 


26  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

diverses  provinces;  sur  l'approvisionnement  de  combustible  dans  la  province  de  Sas- 
katchewan;  sur  les  taux  des  salaires  et  les  heures  de  travail  dans  les  métiers  du  bâti- 
ment au  Canada;    sur  les  sans-travail  pendant  l'hiver  3907-08. 

LE    NOMBRE    ET    LA    CLASSIFICATION    DES    UNIONS    OUVRIERES    AU    CANADA. 

Dans  des  annexes  à  la  Gazette  du  travail  des  mois  de  mars,  avril,  mai  et  juin,  le 
ministère  a  publié  une  liste  des  organisations  ouvrières  du  Canada,  aussi  complète 
que  possible  d'après  les  renseignements  à  sa  disposition  au  moment  de  cette  publica- 
tion. On  donne  le  lieu  et  le  nom  de  chaque  organisation,  le  nombre  de  ses  membres, 
le  nom  et  l'adresse  de  son  secrétaire.  On  a  cru  aussi  qu'il  serait  utile  de  donner 
une  analyse  des  renseignements  contenus  dans  cette  liste;  cette  analyse  devait  en 
effet  jeter  une  nouvelle  lumière  sur  les  tendances  de}  l'organisation  du  travail  au 
Canada  à  l'heure  actuelle,  surtout  quant  à  l'étendue  de  l'organisation  dans  les  divers 
métiers,  la  distribution  de  ces  organisations  dans  Les  diverses  provinces  et  les  villes 
les  plus  importantes,  et  faire  voir  jusqu'à  quel  point  les  unions  ouvrières  canadiennes 
sont  affiliées  à  des  associations  centrales  nationales  ou  internationales. 

Dans  un  article  spécial  qui  a  paru  dans  la  Gazette  du  Travail  de  juillet  1907,  on 
donne  une  revue  statistique  de  cette  liste  afin  de  rendre  encore  plus  clairs  les  ren- 
seignements qu'elle  contint.  L'article  indique,  entre  autres  choses,  le  nombre  de  con- 
grès et  d'associations  nationales  au  Canada,  avec  leurs  affiliations  respectives,  le  nom- 
bre de  conseils  du  travail  et  de  fédérations  d'unions  ouvrières  dans  chaque  province, 
le  nombre  total  des  unions  ouvrières  appartenant  à  des  organisations  nationales  ou 
internationales  ayant  des  ramifications  au  Canada,  le  tout  par  provinces  et  par  grou- 
pements de  métiers. 

D'après  cette  statistique,  il  appert  que  le  nombre  total  d'organisations  ouvrières 
existant  au  Canada  était  de  1,681,  y  compris  8  congrès,  5  associations  nationales  ac- 
cordant des  chartes,  49  conseils  des  métiers  et  du  travail,  31  fédérations  d'unions 
ouvrières,  et  1,593  unions  ouvrières  ou  autres  associations  locales  d'employés.  Voici 
comment  se  subdivisent,  par  provinces,  les  conseils  des  métiers  et  du  travail  du 
Canada. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  3. 

TABLEAU  INDIQUANT  LE  NOMBRE  DES    CONSEILS    DU    TRAVAIL    EXISTANT    AU 

CANADA  DURANT  L'ANNEE  1907. 


Province. 

Nombre. 

Nouvelle-Ecosse ...     

3 

Nouveau-Brunswick 

2 

Ile-du-Prince-Edouard 

1 

Québec .... 

5 

Ontario 

Manitoba 

24 

s 

Alberta 

4 

Saskatchewan 

2 

Colombie-Britannique 

5 

Total 

49 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  27 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Trente-neuf  de  ces  conseils  étaient  affiliés  au  conseil  des  métiers  et  du  travail 
du  Canada,  trois  au  conseil  national  des  métiers  et  du  travail,  les  autres  restant 
indépendants.  Il  y  avait  31  fédérations  d'unions  ouvrières,  dont  15  dans  les  métiers 
du  bâtiment,  4  s/3  réclamant  des  métiers  typographiques,  2  de  la  fédération  des  mé- 
caniciens, et  2  de  la  fédération  des  ouvriers  du  vêtement. 

Les  1,593  unions  ouvrières  ou  organisations  locales  d'employés,  au  Canada,  se 
subdivisaient  comme  suit,  par  provinces  : 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  4. 

TABLEAU  INDIQUANT,  PAR  PROVINCES,  LE  NOMBRE  TOTAL  D'UNIONS  OUVRIE- 
RES OU  D'ORGANISATIONS  D'EMPLOYES  AU  CANADA  A  LA  FIN  DE  L'ANNEE 

1907. 


Nom  de  la  province. 


Nouvelle-Ecosse    

Nouveau- Brunswick.    . 
Ue-du- Prince-Edouard . 

Québec 

Ontario 

Manitoba 

Saskatchewan 

Alberta 

Colombie-Britannique . 
Ynkon  


Total. 


Nombre 
d'organisations. 


123 

70 

6 

256 

752 
89 
31 
84 

175 
7 


1,593 


Des  123  organisations  existant  dans  la  Nouvelle-Ecosse,  24  ont  teur  siège  à  Hali- 
fax et  13  à  Sydney.  A  l'Ile-Prince-Edouard,  sur  un  total  de  6  unions,  Charlotte- 
town  en  possède  6.  Saint-Jean  possède  29  unions  et  Moncton  11,  sur  un  total  det  70 
dans  le  Nouveau-Brunswick.  Dans  la  province  d/3  Québec,  sur  256  organisations, 
Montréal  possède  114  unions  et  Québec  50.  Ontario  compte  756  unions,  dont  133  à 
Toronto,  63  à  Hamilton,  42  à  Ottawa  et  41  à  London.  A  Winnipeg  il  y  a  63  organi- 
sations ouvrières  sur  89  dans  tout  le  Manitoba.  Dans  la  province  de  SaskatcheVan 
il  y  a  31  organisations,  dont  11  à  Moosejaw.  L' Alberta  possède  84  organisations 
ouvrières,  dont  34  à  Calgary  et  18  à  Edmonton.  La  Colombie-Britannique  pos- 
sède 175  unions  ouvrières,  dont  54  à  Vancouver  et  32  à  Victoria.  Le  territoire  du 
Yukon  possède  7  organisations,  dont  6  à  Dawson.  Nous  constatons  donc  que  Toronto 
avec  133,  Montréal  avec  144,  Hamilton  et  Winnipeg  avec  63  chacune,  Vancouver  et 
Québec  avec  54  et  50  respectivement,  sont  les  villes  du  Canada  qui  possèdent  le  plus 
grand  nombre  d'unions  ouvrières. 

Des  1,593  unions  locales,  1,346  étaient  affiliés  à  des  organisations  centrales  d'un 
caractère  international.  Le  tableau  suivant  contient  une  liste  complète  des  diverses 
organisations  internationales  ayant  des  ramifications  au  Canada;  on  les  donne  par 
groupements  d'industries  et  de  métiers,  en  indiquant  le  nombre  d'unions  se  rattachant 
aux  organisations  centrales  dans  chaque  province. 


28 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  5. 
TABLEAUX  INDIQUANT,   PAR  PROVINCES  ET  PAR  GROUPEMENTS  DE  METIERS, 
LES  UNIONS  OUVRIERES  DU  CANADA    AEFILIEES    AUX    ORGANISATIONS    IN- 
TER  NATIONALE  S. 

INDUSTRIE  MINIERE. 


Unions . 

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49 

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16 

1 

1 

2 

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9 

Total  .                        



- 

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INDUSTRIES  DU  BATIMENT. 


Unions. 

Pu 

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30 
12 
28 
1 
6 
17 

13 
12 
1 
1 
1 
1 
4 
G 
1 

134 

2 
2 
3 
1 
1 
2 

2 

2 

1 

4 

1 

.... 

3 
3 
6 
2 

1 

2 

2 

2 

2 
4 

7 
1 
1 

2 

2 
2 

1 

48 

Amalgamated  Society  of  Carpenters  and  Joiners 

United  Brotherhood  of  Carpenters  and  Joiners 

26 

5 

Operative  Plasterers'  Inter.  Association .... 

1 
2 

2 
5 
2 

10 

Bro.  of  Painters,  Decorators  and  Paperhangers  of  Am. . . 

i 
i 

w 

United  Asso.  of  Plumbers,  Steamfitters  and  Steamfitters' 
Helpers 

2? 

*>3 

Granité  Cutters'  Inter.  Asso 

Inter.  Asso.  of  Marble  Workers. 

i 

i 

6 
1 

i 

3 
3 

4c 

1 

Inter.  Ceramic,  Mosaic  and  Encaustic  Tile  Layers 

2 

1 

2 

1 

24 

22 

10 

International  Labourers'  Union 

i 

13 

2 
5 

13 

Inter.  Union  of  Elevator  Constructors 

Total . .           

16 

7 

1 
966 

MÉTAUX,  MÉCANIQUE  ET  CONSTRUCTION  DES  NAVIRES. 


Unions. 

H 

fc 

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PQ 

3 

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4 
6 

1 
4 
2 

1 

1 

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O 

20 

20 

2 

9 
4 
3 

8 
2 

11 
5 
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3 

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1 
3 
2 
3 

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2 

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2 
1 

2 

PQ 
O 

3 
4 
3 
3 

1 

"ï 

3 
ê 

Iron  Moulders'  Union  of  North  America. . .    

International  Asso.  of  Mechanics 

3 

1 

2 

l 

2 

33 
40 

International  Bro.  of  Blacksmiths 

10 

Bro.  of  Boilermakers  and  Iron  Ship  Builders 

Inter.  Asso.  of  Bridge  and  Structural  Iron  Workers 

1 

24 

8 

Inter.  Union  of  Hor.^eshoers  of  the  U.  S.  and  Canada 

Amal.  Sheet  Métal  Workers'  Inter.  Asso 

1 

1 
1 

— 

Y 

6 
15 

Jewelery  Workers'  Union  of  America 

2 

Métal   Polishers,    Buffers,    Platers  and   Brass    Workers' 
Union  of  N.  A 

1 

t 

2 
1 

.... 

"è' 

12 

Inter.  Bro.  of  Electiical  Workers  of  America 

1 

16 

Stovemounters'  International  Union 

3 

Sawsmiths'  National  Union 

3 

Inter.  Bro.  of  Foundry  Employées 

i 
i 

1 

Amalgamated  Society  of  Engineers 

Inter.  Union  of  Steam  Engineers 

2 

7 
5 
2 
5 

1 

109 

"2 

10 

7 

Inter.  Bro.  of  Stationary  Firemen    

2 

4 

Marine  Firemen,  Oilers  and  WaterTenders  Inter.  Union. 

1 
8 

i 

i 

26 

6 

National  Union  of  Shipwrights,  Joiners  and  Caulkers  of 
America 

3 

Total 

12 

23 

15 

1 

9 

203 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


29 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

MÉTIERS  DU  BOIS  ET  DES  MEUBLES. 


Unions. 

H 
ti 

h- 1 

8 

-M 

CI 

O 

9 
4 
5 
4 
1 
8 

31 

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ai 

ce 

«2 

3 

PQ 
O 

"os 

+3 

e2 

17 

Carriage  &  Waggon  Workers'  International  Union 

î 

n 

1 

1 

7 

fi 

1 

International  Piano  &  Organ  Makers'  Union  of  America. 
Total   

î 

9 

fi 

2 

43 

MÉTIERS  TYPOGRAPHIQUES. 


Unions. 

H 
ti 

Ph 

4-J 

O 

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02 

ce 

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PQ 

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o 

H 

1 

3 
1 

4 
2 

19 
6 
4 
3 
1 
1 
3 

37 

3 

1 

3 

1 
1 

5 

2 

39 

International  Printing  Pressmen's  Union 

International  Steréotypers'  and  Electrotypers'  Union. . . . 

13 
4 

3 

1 

2 

International  Steel  &  Copper  Plate  Printers'  Union 

1 

International  Brotherhood  of  Bookbinders 

1 

5 

1 
8 

1 
5 

2 
9 

8 

Total 

1 

3 

2 

70 

MÉTIERS  DU  VÊTEMENT. 


Unions. 

H 
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PQ 

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C? 

1 

2 
1 

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30 
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1 
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2 

51 

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2 

PQ 
O 

6 

2 

c 

1 

41 

2 

18 

United  Cloth  Hat  &  Cap  Makers  of  North  America   .... 

?! 

United  Hatters  of  North  America  

1 

International  Boot  and  Shoe  Workers'  Union 

1 

2 

1 

7 

9 

International  Fur  Workers'  Union 

3 

Total 

1 

3 

2 

2 

8 

74 

PREPARATION  DES  ALIMENTS  ET  DES  TABACS. 


Unions. 

« 
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Ph 

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PQ 
5 

-6 

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8 

1 
5 
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3 

26 

i 
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02 

5 

PQ 

d 
1 

15 

4a 

O 

H 

Journeymen  Bakers'  &  Confectioners'  Inter.  Union 

1 

11 

Amalgamated  Méat    Cutters  &   Butchers'    Workers    of 
North  America 

1 

International  Union  of  United  Brewery  Workers 

i 
i 

"4" 

6 

Cigarmakers'  International  Union  of  America 

1 

3 

2 

?0 

Tobacco  Workers'  International  Union 

3 

Total 

1 

4 

3 

2 

5 

41 

30 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


SERVICE  DES  VOIES  FERRÉES.  (*) 


Unions. 


Order  of  Railway  Conductors 

Brotherhood  of  Locomotive  Engineers , . . . . 

Brotherhood  of  Locomotive  Firemen 

Brotherhood  of  Railway  Trainmen 

Brotherhood  of  Railway  Freight  &  Baggagemen  . 

Order  of  Railway  Telegraphers 

Brotherhood  of  Railway  Clerks 

Brotherhood  of  Maintenance  of  Way  Employées . 
Brotherhood  of  Railway  Carmen 

Total 


Pm 

M 

PQ 

G» 

O 

g 

02 

oj 
3 

b 

2 
5 
4 
6 
2 
3 
2 
3 
2 

29 

1 

2 
4 

2 

4 
4 

5 
4 
2 
2 
11 
2 

36 

4 
9 
9 

6 
4 

1 

19 
31 
27 
29 
3 
5 

2 
3 
3 

3 

1 

1 
1 
2 

2 
2 

2 
2 

4 
4 
4 
6 

14 

6 

53 

29 
14 

157 

11 
3 

25 

9 

1 

15 

6 
2 

16 

13 
4 

35 

36 
59 
54 
59 
13 
12 
5 
98 
34 

370 


*Outre  les  unions  énumérées  dans  ce  tableau,  il  existe  une  union  des  employés  de  chemins  de  fer  dans 
l'Ile-du-Prince-Edouard,  une  union  d'aiguilleurs  dans  Ontario,  et  une  union  des  employés  des  entrepôts  de 
voies  ferrées  au  Manitoba. 


MÉTIERS  DU  CUIR. 


Unions. 

H 
fc 

PQ 
525 

c 
O 

s 

3 

4 

3 

PQ 

b 

Travellers'  Goods  and  Novelty  Leather  Workers'  Inter- 
national Union  of  America 

î 
î 
î 

3 

1 
6 
2 

9 

? 

United  Brotherhood  of  Leather  Workers  on  Horse  Goods. 

1 

1 

2 

11 

Amalgamated  Leather  Workers'  Union  of  America 

3 

Total 

1 

1 

2 

16 

MÉTIERS  DIVERS. 


Unions. 


Journeym^n  Barbers'  International  Union 

International  Broommakers'  Union 

United  Brotherhood  of  Papermakers  of  America 

Shirt  Waist  &  Laundry  Workers'  International  Union. . . 
International  Paving  Cutters'  Union  of  the  United  States 

and  Canada 

Glass  Bottle  Blowers'  Association  of  the  United  States 

and  Canada 

Amalgamated  Inter.  Asso.  of  Flint  Glass  Workers.    . . 

Federated  Asso.  of  Letter  Carriers 

Commercial  Telegraphers'  Union  of  America 

Inside  Elevator  Employées 

International  Union  of  Textile  Workers  of  America 

Hôtel  and  Restaurant  Employées'  International  Alliance 

and  Bartenders'  Inter.  League  of  America 

Retail  Clerks'  International  Protective  Association 

American  Fédération  of  Musicians 

Theatrical  Stage  Employées'  International  Alliance 


Total. 


•+3 

a 
O 

18 
4 
2 
2 

i 

1 

00 

08 

«a 

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2 

PQ 
O 

4 

1 

1 

3 

1 
6 
2 

1 
2 

13 
6 

8 
5 

73 

'Y 

"i' 

2 

1 

i 

3 

1 
1 

i 

1 
1 

13 

3 

2 

5 

4 
2 
10 
6 
1 
2 

18 

7 

12 

7 

111 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  31 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

ORGANISATIONS  OUVRIÈRES  AU   CANADA,  EN   1907. 

L'article  dont  il  est  question  ci-dessus  traite  des  conditions  qui  existaient  au  Ca- 
nada dans  les  premiers  mois  de  1907.  Pour  compléter  ces  renseignements,  la  Gazette 
de  février  1908  donnait  une  statistique  des  diverses  organisations  ouvrières  formées 
et  dissoutes  au  Canada  pendant  l'année  précédente.  L'article  se  rapprochait  par  sa 
forme  et  sa  portée  aux  revues  similaires  déjà  publiées.  On  donnait,  pour  chaque 
organisation,  le  lieu  et  la  date  de  sa  formation  et  autres  renseignements,  y  compris, 
pour  les  unions  dissoutes,  les  causes  de  leur  dissolution.  Cette  statistique  était 
compilée  d'après  des  renseignements  recueillis  par  le  ministère  dans  les  journaux  quo- 
tidiens et  les  feuilles  commerciales,  des  différentes  organisations  ouvrières  et  d'autres 
sources.  Chaque  renseignement  était  soigneusement  contrôlé  en  s'adressant  aux  se- 
crétaires ou  aux  arganisations  des  unions  ouvrières,  aux  correspondants  de  la  Gazette 
du  Travail,  ou  à  d'autres  personnes  en  mesure  de  pouvoir  fournir  des  données  exactes. 

D'après  les  renseignements  parvenus  au  ministère  du  Travail,  le  nombre  total 
des  organisations  ouvrières  formées  au  Canada  pendant  l'année  1907  a  été  de  232, 
et  58  ont  été  dissoutes,  ce  qui  porte  à  174  l'augmentation  pendant  l'année. 
En  faisant  la  comparaison  avec  les  années  précédentes  l'on  constate  un  accroissement 
marqué  dans  l'activité  organisatrice.  En  1906  on  a  formé  154  organisations  et  85 
ont  été  dissoutes,  soit  une  augmentation  de  69  seulement.  En  1905,  le  nombre  des 
unions  a  diminué  de  2  de  103  étant  formées  contre  105  dissoutes.  En  1904,  les  unions 
ont  augmenté  en  nombre  de  44.  C'est  en  1903  que  l'organisation  ouvrière  a  été  la 
plus  active  depuis  que  le  ministère  recueille  des  statistiques;  cette  année-là  on  cons- 
tate la  formation  de  275  organisations  ouvrières,  contre  54  dissolutions,  soit  une  aug- 
mentation nette  de  221. 

Le  tableau  suivant,  détaché  de  cet  article,  indique,  par  industries  et  par  métiers, 
le  nombre  d'organisations  ouvrières  et  dissoutes  pendant  les  années  1903,  1904,  1905, 
1906  et  1907  respectivement: — 


32 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  6. 

TABLEAU  INDIQUANT,  PAR  GROUPEMENTS  D'INDUSTRIES  ET  DE  METIERS,  LE 
NOMBRE  D'ORGANISATIONS  OUVRIERES  FORMEES  ET  DISSOUTES  AU  CA- 
NADA PENDANT  LES  ANNEES  1903,  1904,  1905,  1906  ET  1907. 


Groupes 

d'industrie?  et 

de  métiers. 

1903. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

ce 

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55 
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■ 

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En 

tn 

CD 

3 
O 
co 

co 

5 

Agriculture 

Pêche 

13 
1 

1 

1 

5 

12 

5 
18 
•    14 
2 
3 
6 

"i  ' 

1 

Coupe  du  bois 

13 
48 
42 
14 

5 
3 

2 
4 
6 
2 
4 
2 
2 

14 

35 

25 

1 

9 

20 

1 

4 

25 

12 

13. 

1 

3 

3 
22 

11 
54 
12 

7 
2 

1 
13 
13 

8 
2 
4 

2 

7 

44 

18 

2 

5 

7 

3 

11 

1 

19 
41 
43 
2 
9 
8 
1 

11 
6 

8 

51 

2 

5 

17 

5 

3 

2 

Bâtiment 

Métaux 

Bois 

Typographie 

Confections 

6 

13 
2 
3 
4 

Cuir.... 

1 

3 

Aliments  et  tabacs. . 
Employés   d'hôtel  et 

9 

2 

* 

t 

1 

8 

11 

10 

2 

11 

7 

4 

Employés    de     voies 

""fil" 

32 
20 

8 

20 

Employés    de    tram- 
ways..   .      ..... 

Transports  en  généi  al 
Divers 

1 

21 

14 

5 

5 

18 

14 

7 


18 
0 
4 

2 

50 
1 
2 

1 

19 

13 

4 

8 

18 

13 

2 

2 

"-3 

Journaliers 

Conseils   des  métiers 
et  du  travail 

275 

54 

148 

104 

103 

105 

154 

85 

232 

58 

*  Classifiés  avec  "aliments  et  tabacs"  en  1903,  1904,  1905  et  1906. 
t  Classifiés  sous  "transports  en  général"  en  1903,  1904,  1905  et  1906. 

L'article  contenant  en  outre  un  tableau  indiquant  le  nombre  de  chartes  émises 
et  retirées  pendant  l'année  au  Canada  par  les  principales  organisations  internatio- 
nales. 

LÉGISLATION  OUVRIÈRE  AU   CANADA. 

Une  série  d'articles  traitant  de  la  législation  ouvrière  au  Canada,  commencée 
peu  après  la  formation  du  ministère  en  1900*,  a  été  continuée  l'an  dernier  ;  on  y  trou- 
vera une  analyse  détaillée  de  la  législation  ouvrière  des  différentes  provinces  quant 
au  privilège  des  ouvriers  et  employés  pour  le  paiement  des  salaires.  Ces  articles  for- 
ment la  suite  naturelle  de  deux  autres  études  publiées  dans  le  volume  précédent  de  h 
Gazette  du  Travail  sur  la  législation  relative  aux  maîtres  et  aux  serviteurs  et  à  la  pro- 
tection des  salaires  des  ouvriers.  Dans  le  premier  de  ces  articles  on  exposait  les  obli- 
gations  des  employeurs  quant  au  prompt  paiement  des  gages;  le  second  traitait  des 
diverses  lois  spéciales  décrétées  dans  le  but  d'assurer  le  paiement  des  salaires.    L'effet 


*Dans  le  rapport  annuel  du  ministère  pour  Tannée    1907,     pages    29     et    30,     on    explique 
la  nature  et  la  portée  de  cette  série  d'articles 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  33 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

de  la  loi  rendant  privilégiée  la  créance  d<es  ouvriers  est  d'accorder  à  ceux-ci,  outre  les 
droits  et  privilèges  décrits  dans  les  articles  dont  nous  venons  de  parler,  un  privilège 
spécifique  jusqu'à  concurrence  du  montant  qui  leur  est  dû  pour  leur  travail  et  pour 
les  matériaux  qu'ils  ont  fournis  sur  la  valeur  de  la  propriété  où  le  travail  a  été  fait  ou 
les  matériaux  dépensés.  L'article  a  paru  en  trois  livraisons,  et  la  liste  suivante  des 
sous-titres  donnera  une  idée  de  sa  portée  générale:  définition  et  expression;  l'origine 
et  la  nature  du  privilège  de  l'artisan;  la  mise  de  côté  des  lois  de  privilège;  la  saisie 
en  vertu  du  privilège  de  l'artisan;  le  montant  du  prvilège;  la  protection  des  proprié- 
taires; rang  privilégié  des  créances  des  artisans;  garantie  additionnelle  du  privilège 
des  artisans;  renseignements  à  la  disposition  d.es  détenteurs  du  privilège;  l'enregistre- 
ment du  privilège  de  l'artisan;  l'expiration  du  privilège;  la  radiation  du  privilège;  la 
consolidation  du  privilège;  la  transmission  du  privilège;  le  paiement  des  gages  des 
bûcherons  dans  l'Alberta  et  la  Colombie-Britannique;  le  privilège  des  artisans  sur 
les  meubles;  la  mise  en  vigueur  de  la  loi  dans  les  diverses  provinces;  la  soumission 
des  différends  à  l'arbitrage;  les  formalités.  L'article  ne  s'occupait  pas  de  la  législa- 
tion relative  aux  privilège  de  certaines  classes  particulières  d'employés,  tels  que 
pêcheurs,  bûcherons,  bijoutiers,  batteurs  fin  grange,  etc.,  dont  il  sera  question  plus 
tard  dans  la  Gazette  du  Travail. 

TRAVAIL  DES   FEMMES   ET   DES   ENFANTS. 

Depuis  quelque  temps  et  par  suite  des  demandes  nombreuses  qu'on  lui  adresse  à 
ce  sujet,  le  ministère  s'intéresse  tout  spécialement  à  la  question  du  travail  des  fem- 
mes et  des  enfants.  Afin  d'expliquer  aussi  clairement  que  possible  les  diverses  dispo- 
sitions de  la  loi  canadienne  pour  la  protection  des  femmes  et  des  enfants  employés, 
la  Gazette  du  Travail  de  mars  1908  a  publié  un  article  spécial,  analysant  brièvement 
mais  suffisamment  cette  législation.  La  loi  s'occupe  surtout  du  travail  des  enfants  et 
des  femmes  dans  les  fabriques  et  les  ateliers,  les  charbonnages  et  les  mines  métalli- 
fères. Pour  chacune  de  ces  industries  on  a  décrété  des  dispositions  spéciales.  L'ar- 
ticle résume  donc  la  législation  des  différentes  provinces  sous  les  rubriques  suivantes: 

I.  Législation  relative  au  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  fabri- 
ques. 

IL  Législation  relative  au  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  ate- 
liers. 

III.  Législation  relative  au  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  mines. 

IV.  Mesures   diverses  et  législation    pendante    ayant    trait    au    labeur    des 
femmes  et  des  enfants. 

Afin  de  faciliter  la  comparaison  entre  la  loi  dans  les  différentes  provinces,  on  a 
préparé  des  tableaux  ou  l'on  a  placé  en  regard  les  principales  dispositions  des  diverses 
lois  provinciales  relatives  à  l'emploi  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  fabriques,  les 
ateliers  et  tes  mines.  On  a  aussi  relevé  certaines  dispositions  relatives  à  la  mise  en 
vigueur  de  ces  lois  et  aux  projets  de  loi  en  cours  de  préparation  au  moment  ou  l'article 
a  été  écrit.  Une  législation  d'un  caractère  plus  général  pour  la  protection  des  fem- 
mes et  des  enfants  a  aussi  été  étudié,  mais  les  lois  en  question  ne  s'occupant  pas 
du  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  la  vie  industrielle,  en  la  distinguant  de  la 

36—3 


34  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

vie  sociale  en  général,  on  a  dû  leur  consacrer  un  espace  plus  restreint.  Il  faut  en 
excepter  toutefois  les  diverses  lois  provinciales  relatives  à  l'instruction  obligatoire, 
cette  législation  étant  de  la  plus  haute  importance  en  ce  qui  regard/3  la  mise  en  vi- 
gueur des  lois  gouvernant  les  fabriques  et  les  ateliers. 

En  février  1907,  la  législature  d'Ontario  nomma  un  comité  spécial  pour  s'en- 
quérir du  fonctionnement  de  la  loi  de  cette  province  relative  au  travail  des  enfants. 
La  Gazette  du  Travail  du  mois  d'avril  1907  a  publié  un  résumé  de  la  preuve  recueillie 
par  le  comité  et  de  ses  recommandations. 

MISE  EN  VIGUEUR  DE  LA  LOI  DU  DIMANCHE,  1906- 

Dans  la  loi  du  dimanche,  adoptée  à  la  session  de  1906  et  mise  en  vigueur  le  1er 
mars  190*7,  on  a  inséré  des  clauses  portant  qu'aucune  de  ses  dispositions  ne  pourrait 
avoir  l'effet  d'abroger  ou  de  modifier  en  aucune  façon  les  dispositions  des  lois  provin- 
ciales sur  l'observance  du  dimanche,  et  qu.e  l'on  ne  pourrait  intenter  aucune  poursuite 
ou  procédure  pour  punir  ceux  qui  pourraient  la  violer  sans  le.  consentement  du  procu- 
reur général  de  la  province  où  l'on  prétend  que  l'offense  a  été  commise.  A  un  moment 
de  la  mise  en  vigueur  de  la  loi,  les  procureur-généraux  de  certaines  des  provinces  ont 
expliqué  à  ceux  qui  sont  immédiatement  chargés  de  l'administration  de  la  loi  crimi- 
nelle l'attitude  qu'ils  entendaient  prendre  dans  le  cas  où  l'on  voudrait  intenter  des 
poursuites  en  vertu  de  cette  loi.  La  Gazette  du  Travail  de  juillet  1907  contient  une 
courte  description  des  mesures  prises  à  ce  sujet  dans  les  différentes  provinces  d'après 
les  renseignements  fournis  par  les  bureaux  des  divers  procureurs  généraux.  Dans  la 
Nouvelle-Ecosse,  le  Nouveau-Brunswick,  l'Ile-du-Prince-Edouard,  la  Saskatchewan 
et  l'Alberta,  les  procureurs  généraux  ont  annoncé  dans  des  termes  différents  qu'ils 
consentiraient  aux  poursuites  intentés  en  vertu  de  cette  loi.  Dans  les  provinces  de 
Québec  et  du  Manitoba,  les  procureurs  généraux  n'ont  fait  aucune  démarche;  la  pre- 
mière de  ces  deux  provinces  avait,  avant  la  mise  en  vigueur  de  la  loi  fédérale,  adopté 
une  loi  relative  au  travail  du  dimanche.  Dans  l'Ontarioi,  on  a  déclaré  que  chaque  de- 
mande, de  poursuite  serait  étudiée  séparément,  La  Colombie-Britannique  a  annoncé 
qu'elle  ne  permettrait  pas  de  poursuites  en  vertu  de  la  loi  du  dimanche. 

l'approvisionnement  de  combustible  dans  la  saskatchewan. 

Afin  d'empêcher  une  disette  de  charbon  comme  celle  qui  s'est  produite  pendant  l'hi- 
ver de  1906-7  dans  la  province  de  Saskatchewan,  et  qui  était  causée  en  partie  par  la 
grève  aux  mines  de  Lethbridge,  mais  aussi  par  suite  des  moyens  de  transport  insuffi- 
sants dont  disposent  les  compagnies  de  chemins  de  fer,  le  gouvernement  de  cette  pro- 
vince a  cherché  à  induire  les  colons,  pendant  l'été  de  1907,  à  se  procurer  leur  entière 
provision  de  combustible  dès  avant  le  commencement  de  l'hiver.  A  cette  fin,  le  mi- 
nistre de  l'Agriculture  de  la  province  de  Saskatchewan  a  écrit  aux  principales  com- 
pagnies houillères  du  Canada  occidental  leur  demandant  quel  délai  elles  seraient  dis- 
posées à  accorder  pour  le  paiement  à  ceux  qui  achèteraient  immédiatement  leur  char- 
bon. Les  réponses  ont  reçu  toute  la  publicité  possible  par  la  voie  des  journaux,  et  le 
gouvernement  a  fourni  tous  les  autres  renseignements  dont  il  disposait  relative- 
ment à  la  question  du  charbon.  Au  mois  de  septembre,  par  exemple,  les  journaux 
publiaient  sous  le  titre    "Achetez  votre  charbon  maintenant",  le  résumé  des  réponses 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  35 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

dont  nous  venons  de  parler.  Plus  tard,  le  gouvernement  a  pris  des  mesures  pour 
faire  exploiter  une  houillère  dans  la  région  du  lac  de  l'Aigle,  afin  d'approvisionner 
les  colons  de  cette  localité.  Cette  discussion  d'une  question  de  si  haute  importance  a 
mis  le  public  en  éveil,  et  les  compagnies  de  voies  ferrées  ont  fait  tout  en  leur  pouvoir 
pour  fournir  les  wagons  nécessaires  au  transport  de;  la  houille.  L'hiver  de  1907-8  ayant 
été  exceptionnellement  doux,  on  a  peu  ou  point  souffert  du  manque  de  combustible. 
La  Gazette  du  Travail,  numéros  d'août  et  d'octobre  1907,  contient  le  texte  intégral 
de  toutes  les  communications,  déclarations,  etc.,  du  gouvernement  de  la  Saskatchewan, 
dont  nous  venons  de  parler,  avec  des  notes  expliquant  la  situation  et  la  nature  de 
l'action  du  gouvernement. 

SALAIRES  ET  HEURES  DE  TRAVAIL  DANS   LES   METIERS   DU   BATIMENT. 

Un  tableau  statistique  du  taux  des  salaires  et  les  heures  de  travail  dans  les  mé- 
tiers du  bâtiment  au  cours  des  années  1908  et  1907  a  paru  dans  la  Gazette  du  Travail 
de  décembre  1907.  Ce  sont  les  préposés  au  service  des  justes  salaires  qui  ont  préparé 
cette  statistique  d'après  les  renseignements  recueillis  par  eux  dans  les  différentes  lo- 
calités ou  ils  travaillent.  Les  taux  mentionnés  au  tableau  sont  ceux  payés  par  les 
entrepreneurs  aux  ouvriers  compétents,  et  généralement  acceptés  comme  le  salaire  cou- 
rant au  moment  où  le  fonctionnaire  a  visité  la  localité.  Pour  les  endroits  visités  en 
1906,  mais  non  en  1907,  on  a  donné  les  salaires  de  1906.  On  a  fait  en  sorte  que 
le  tableau  comprenne  tous  les  centres  industriels  les  plus  importants  dans  les  diffé- 
rentes provinces.  Ils  sont  placés  dans  le  tableau  par  provinces  et  en  trois  groupe- 
ments. Le  groupement  A  représente  les  endroits  où  la  population  dépasse  10,000 
âmes;  le  groupement  B  ceux  où  la  population  varie  de  5,000  à  10,000;  le  groupement 
C  comprend  les  endroits  de  moins  de  5,000  âmes.  Le  tableau  donne  un  idée  d'ensem- 
ble des  variations  de  salaires,  pour  les  industries  du  bâtiment,  dans  les  différentes  pro- 
vinces, et  des  différences  des  taux  entre  les  différentes  catégories  d'ouvriers. 

LE    CHÔMAGE    PENDANT    L'HIVER    1907-08. 

Avec  le  froid  des  dernières  semaines  de  novembre,  il  y  a  ordinairement  diminu- 
tion considérable  du  travail  en  général  au  Canada.  Les  métiers  au  dehors  par- 
ticulièrement en  souffrent  beaucoup;  cependant  la  coupe  du  bois  dans  Ontario  et  les 
provinces  de  l'est,  l'enlèvement  de  la  neige,  et  la  récolte  de  la  glace  occupent  un  grand 
nombre  de  bras.  En  définitive,  cependant,  il  reste  toujours  pendant  les  mois  d'hiver 
un  grand  nombre  d'hommes,  surtout  parmi  les  journaliers,  dont  l'emploi  n'est  pas 
stable. 

Au  cours  de  l'hiver  dernier,  par  suite  surtout  des  conditions  financières  défavo- 
rables, le  nombre  d'ouvriers  temporairement  sans  travail  s'est  trouvé,  en  certains  en- 
droits, plus  grand  que  depuis  plusieurs  années  passées.  Les  journaux  ont  donné  beau- 
coup d'attention  à  cette  situation.  Dans  le  but  de  fournir  des  renseignements  au- 
thentiques à  ce  sujet,  afin  de  faciliter  la  distribution  du  travail  et  de  renseigner  les 
immigrants,  on  a  prié  les  correspondants  de  la  Gazette  du  Travail  résidant  dans  les 
différentes  villes  du  Canada,  de  transmettre  pendant  le  mois  de  janvier,  outre  leur 
rapport  ordinaire,  une  liste  des  sans-travail  de  l'endroit,  s'il  y  en  avait;  ils  devaient 
indiquer  les  causes  du  chômage,  à  part  celles  résultant  naturellement  de  la  saison,  et 

36— Si 


36  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

les  mesures  prises  pour  procurer  de  l'emploi  à  ceux  qui  en  avaient  besoin.  Ces  rap- 
ports spéciaux  des  correspondants  ont  été  publiés  dans  la  Gazette  du  Travail,  numéro 
de  février  1908,  sous  un  en-tête  spécial  et  avec  un  article  résumant  brièvement  la  si- 
tuation. 

On  a  constaté  que  le  chômage  était  plus  ou  moins  répandu  suivant  les  localités, 
mais  que  l'on  pouvait  distinguer  certains  caractères  généraux  importants.  Dans  les 
provinces  maritimes,  le  travail  était  aussi  abondant  que  de  coutume,  sauf  pour  l'in- 
dustrie de  la  coupe  du  bois;  dans  certaines  parties  du  Nouveau-Brunswick  et  de  l'Ile- 
du-Prince-Edouard,  il  régnait  même  une  activité  inusitée.  Québec  et  l'Ontario  orien- 
tal offraient  moins  de  travail  que  l'année  précédente,  mus  le  chômage  ciait  bion  loin 
d'être  général.  Ce  mal  se  faisait  sentir  le  plus  vivement  à  l'ouest  de  Peterborough 
et  au  sud  de  la  baie  Géorgienne,  dans  l'Ontario  et  dans  la  Colombie-Britannique.  Dans 
les  provinces  de  l'ouest  le  nombre  d'ouvriers*  était  plus  considérable  qu'en  1906-07, 
mais  par  suite  d'un  hiver  peu  rigoureux  les  travaux  en  plein  air  avaient  pu  se  prolon- 
ger beaucoup  plus  longtemps  que  d'habitude.  Le  chômage  qui  se  faisait  sentir  était 
uniquement  attribuable  à  la  crise  financière,  laquelle  causait  le  retrait  des  capitaux 
et  un  ralentissement  dans  la  production  vers  le  commencement  de  novembre,  surtout 
dans  l'industrie  manufacturière  et  coupe  du  bois.  "L'industrie  charbonnière  dans 
l"île  de  Vancouver  s'était  aussi  ralentie  dans  des  circonstances  que  l'on  pourrait  re- 
garder comme  exceptionnelles.  D'autre  part,  la  construction  des  voies  ferrées  a  été 
particulièrement  active  pour  la  saison,  et  dans  Québec  et  dans  l'est  d'Ontario  l'en- 
lèvement de  la  neige  a  occupé  beaucoup  de  bras.  Dans  un  grand  nombre  de  muni- 
cipalités on  a  poursuivi  bien  des  travaux  qui  auraient  dû,  dans  une  saison  ordinaire, 
cesser  avec  l'hiver.  L'on  faisait  remarquer  en  terminant  que  la  prospérité  indus- 
trielle, particulièrement  celle  de  l'industrie  manufacturière,  qui  se  prolongeait  de- 
puis plusieurs  années  au  Canada,  avait  permis  aux  employés  de  se  pourvoir  contre  les 
inconvénients  du  chômage  beaucoup  mieux  que  dans  les  circonstances  ordinaires. 

AUTRES   ARTICLES   SPECIAUX. 

On  a  encore  traité  des  sujets  suivants  dans  des  articles  spéciaux: — 

A.  Lois  décrétées  pendant  l'année  1907  par  le  parlement  fédéral  et  les  différente 
législatures  sur  les  questions  industrielles  et  ouvrières. 

Sous  ce  titre  on  a  publié  les  neuf  articles  suivants  : — 

1.  Lois  fédérales. — Dans  l'article  traitant  des  lois  décrétées  par  le  parlement  fé- 
déral pendant  la  session  de  1907,  on  analysait  les  suivantes:  loi  établissant  un  fonds 
afin  de  servir  des  pensions  de  retraite  aux  employés  des  chemins  de  fer  Intercolonial 
et  de  Hle-du-Prince-Edouard  ;  loi  pour  la  protection  des  salaires  des  ouvriers  tra- 
vaillant à  la  construction  du  chemin  de  fer  Transcontinental  National;  loi  pour  la 
construction  et  le  maintien  des  entrepôts  frigorifiques;  loi  modifiant  les  lois  de  l'im- 
migration; loi  destinée  à  maintenir  la  paix  dans  le  voisinage  des  travaux  publics;  loi 
revisant  les  impôts  douaniers  dans  le  but  d'empêcher  les  combinaisons  et  les  conspira- 
tions tendant  à  restreindre  la  liberté  commerciale;  loi  modifiant  la  loi  relative  aux 
vaisseaux  marchands  en  ce  qui  touche  aux  délits  que  commettent  les  marins  et  les 
apprentis,  et  à  l'inspection  des  bateaux   à  vapeur;   loi   établissant  un  ministère  des 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  37 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Mines  ;  loi  autorisant  le  paiement  de  primes  sur  la  ficelle  d'engerbage,  le  fer  et  l'acier 
manufacturés  au  Canada.  On  a  aussi  donné  un  résumé  des  diverses  lois  de  la  ses- 
sion relatives  aux  voies  ferrées  et  une  revue  générale  de  la  législation.  Ainsi  que 
nous  l'avons  déjà  dit,  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  sanc- 
tionnée le  22  mars,  a  fait  le  sujet  d'un  article  spécial.  On  a  aussi  résumé  briève- 
ment les  principales  mesures  ouvrières  présentées  sans  être  adoptées.1 

La  Gazette  de  mars  1908  donnait  des  détails  au  sujet  de  la  loi  fédérale  adoptée 
par  le  parlement  le  12  février  autorisant  un  emprunt  de  $2,850,000  à  être  consacrés  à 
Rachat  de  grains  de  semence  pour  les  colons  occupant  des  homesteads  dans  les  pro- 
vinces de  Saskatchewan  et  d'Alberta. 

2.  Lois  de  la  Nouvelle-Ecosse. — Au  cours  de  l'année  1907,  la  Gazette  a  fait  la  re- 
vue des  lois  suivantes  adoptées  par  la  législatures  de  la  Nouvelle-Ecosse: — Plusieurs 
amendements  à  la  loi  gouvernant  les  houillères,  dans  le  but  de  mieux  protéger  les 
employés,  et  ayant  trait  tout  spécialement  à  l'usage  de  lampes  améliorées  à  l'intérieur 
des  mines  et  à  l'emploi  de  mécaniciens  expérimentés;  une  loi  établissant  dans  la  pro- 
vince un  système  d'instruction  technique;  une  loi  modifiant  la  loi  existante  quant  à 
la  déduction  des  salaires  des  honoraires  de  médecins;  une  loi  nommant  un  secrétaire 
provincial  des  industries  et  de  l'immigration;  une  loi  autorisant  la  nomination  d'une 
commission  pour  examiner  et  faire  rapport  sur  un  projet  de  pension  aux  vieillards; 
loi  relative  au  travail  du  dimanche;  une  loi  quant  au  prix  de  la  lumière  et  de  l'éner- 
gie électrique;  mesures  diverses.2 

3.  Lois  du  Nouveau-BrunswicJc. — La  Gazette  du  Travail  s'est  occupée,  au  cours 
de  l'année  1907,  des  lois  de  cette  province  que  voici: — loi  pour  l'organisation  et  la 
constitution  en  corporation  des  unions  de  pêcheurs;  loi  modifiant  la  législation  rela- 
tive aux  dommages  subis  par  les  ouvriers;  loi  pour  améliorer  la  condition  des  mi- 
neurs; diverses  lois  pour  encourager  l'agriculture;  loi  pour  encourager  la  fabrication 
de  l'amidon  extrait  des  pommes  de  terre;  loi  relative  à  l'exploitation  des  téléphones 
par  le  gouvernement.3 

4.  Lois  de  Québec. — Les  questions  étudiées  par  la  législature  de  Québec  pendant 
l'année  1907  et  dont  s'est  occupée  la  Gazette  du  Travail  sont  la  protection  des  femmes 
et  des  enfants  dans  les  établissements  industriels;  l'inspection  des  chaudières;  la  pré- 
vention de&  accidents  du  travail  ;  le  travail  du  dimanche  ;  les  associations  coopératives  ; 
l'imposition  des  compagnies,  sociétés,  etc.;  les  droits  de  coupe  de  bois  et  autres.4 

5.  Lois  d'Ontario. — La  législature  d'Ontario,  à  sa  session  de  1907,  a  adopté  des 
lois  relatives  aux  examens  des  ingénieurs  mécaniciens  ;  à  la  constitution  d'une  com- 
mission d'énergie  hydro-électrique;  pour  encourager  la  fonte  et  l'affinage  des  métaux; 
diverses  lois  touchant  aux  services  publics,  à  la  pêche,  l'immigration,  la  coopération, 
etc.     Toutes  sont  étudiées  en  détail  dans  la  Gazette  du  Travail* 

6.  Lois  du  Manitoba. — La  protection  des  enfants,  l'établissement  de  dépôts  mu- 
nicipaux de  bois  et  de  charbon,  la  réglementation  du  système  des  téléphones  munici- 

1  Voir  Gazette  du  Travail,  avril  1907,  page    1118,  et  mai  1907,  page  1248. 
-  Voir  Gazette  du  Travail,  juillet  1907,  page-  70. 

3  Voir  Gazette  du  Travail,  août  1907,  page  186. 

4  Voir  Gazette  du  Travail,  iuin  1907,  page  1384. 

5  Voir  Gazette  du  Travail,  décembre  1907,  page  690. 


38  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
paux,  l'établissement  d'un  système  de  téléphones  et  de  télégraphes  d'Etat,  la  ferme- 
ture de  bonne  heure  des  pharmacies,  et  diverses  questions  relatives  aux  voies  ferrées, 
ont  occupé  la  législature  du  Manitoba  au  cours  de  l'année  1907,  et  la  Gazette  du  Tra- 
vail en  a  fait  part  à  ses  lecteurs.0 

7.  Lois  de  la  Saskatchewan. — Les  lois  de  la  législature  de  la  Saskatchewan  dont  la 
Gazette  a  donné  l'analyse  sont:  une  loi  relative  au  privilège  des  artisans;  une  loi 
imposant  certaines  corporations,  et  autres  mesures.7 

8.  Lois  de  l'Alberta. — La  législation  ouvrière  de  l'année  comprend  une  loi  des 
chemins  de  fer,  une  loi  pour  l'inspection  des  chaudières,  une  loi  pour  la  destruction 
des  mauvaises  herbes,  une  loi  d'industrie  laitière,  une  loi  imposant  les  corporations.8 

9.  Lois  de  la  Colombie-Britannique. — Parmi  les  lois  adoptées  par  la  législature 
de  cette  province  en  1907,  les  suivantes  intéressent  spécialement  le  travail:  établisse- 
ment de  la  journée  de  huit  heures  dans  les  fonderies,  la  fermeture  de  bonne  heure, 
l'établissement  du  couvre-feu,  une  modification  à  la  loi  sur  le  privilège  des  artisans, 
diverses  lois  pour  la  protection  du  bois  de  commerce,  l'émission  de  permis  aux  commer- 
çants, et  l'imposition  des  entreprises  industrielles.9 

En  outre,  on  a  publié  en  août  1907  un  article  spécial  traitant  de  la  Workmen's 
Compensation  Act  décrété  par  le  parlement  du  Royaume-Uni  en  1906  et  mis  en 
vigueur  le  1er  juillet  1907.  Cette  loi  ne  place  pas  moins  de  6,000,000  de  personnes 
sous  un  régime  législatif  qui  leur  accorde  compensation  pour  les  accidents  dont  elles 
peuvent  être  victimes. 

B.  Disposition  relative  au  juste  salaire. — Se  rattachant  à  la  législation  fédérale 
touchant  au  travail,  l'on  trouve  un  décret  du  conseil  fédéral  du  mois  d'août  dont  le 
but  est  de  donner  son  entier  effet  à  la  disposition  relative  au  juste  salaire  adoptée  en 
mars  1900.  Ce  décret  porte  que  l'échelle  des  salaires  préparée  par  les  fonctionnaires 
du  ministère  du  Travail  sera  affiché  bien  en  évidence  à  l'endroit  où  se  poursuivent  les 
travaux,  et  que  les  livres  et  autres  documents  où  sont  inscrits  les  paiements  faits  par 
l'entrepreneur  en  vertu  de  cette  disposition  devront  être  soumis  à  l'inspection  des 
préposées  au  service  des  justes  salaires.  En  septembre  1907,  dans  un  article  spécial, 
la  Gazette  du  Travail  donne  le  texte  du  décret  et  des  recommandations  du  sous-mi- 
nistre du  Travail  sur  lesquelles  il  se  fonde. 

C.  Comité  spécial  de  la  Chambre  des  Communes  sur  la  coopération. — Pendant 
les  mois  de  février  et  de  mars  1907,  un  comité  spécial  de  la  Chambre  des  Communes 
a  recueilli  des  données  sur  la  coopération  au  Canada.  L'honorable  Rodolphe  Le- 
mieux,  ministre  du  Travail,  était  le  président  du  comité,  et  la  question  a  été  soumise 
sous  la  forme  d'un  projet  de  loi  intitulé:  "Loi  relative  aux  sociétés  industrielles  et 
coopératives",  dont  le  but  était  de  créer  et  d'organiser  des  sociétés  industrielles  et 
coopératives  parmi  les  classes  agricoles  et  ouvrières  au  Canada.  Cette  mesure  n'a 
pas  été  présentée  pendant  cette  session,  mais  elle  l'a  été  à  la  session  suivante.  On  a 
recueilli  une  foule  de  renseignements  très  importants  et  très  intéressants.  La 
Gazette  du  Travail  de  mai  1907  a  donné  une  analyse  de  la  preuve  entendue  par  ce 
comité. 

0  Voir  Gazette  du  Travail,  mai  1907,  page  1258. 

7  Voir  Gazette  du  Travail,  novembre  1907,  page  548. 

8  Voir  Gazette  du  Travail,  novembre  1907,  page  545. 

9  Voir  Gazette  du  Travail,  août  1907,  page  184. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  39 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

D.  Législation  internationale  du  travail. — Au  cours  du  mois  de  mai  1907,  le  Con- 
seil privé  a  transmis  au  ministère  du  Travail  deux  dépêches  envoyées  à  Son  Excel- 
lence le  gouverneur  général  par  le  secrétaire  d'Etat  des  Colonies.  L'une  de  ces  dé- 
pêches concernait  la  conférence  internationale  pour  la  réglementation  du  travail  tenue 
en  Suisse  pendant  le  mois  de  septembre  1906  et  contenant  le  texte  de  la  convention 
internationale  interdisant  le  travail  de  nuit  pour  les  femmes  et  l'usage  du  phosphore 
■jaune  dans  la  manufacture  des  allumettes.  La  seconde  avait  trait  à  une  adresse  à 
la  Chambre  des  Communes  impériale  quant  au  travail  obligatoire  des  noirs.  Dans 
le  numéro  de  juillet  1907,  la  Gazette  du  Travail  s'est  occupée  de  ces  dépêches. 

E.  La  loi  des  viandes  et  Ses  aliments  en  conserves,  1901. — La  loi  relative  à  l'ins- 
pection des  viandes  et  des  aliments  en  conserve  dont  nous  avons  parlé  plus  haut,  a 
été  mise  en  vigueur  en  septembre,  les  règlements  ayant  été  publiés  le  mois  précédent, 
l.a  (lazette  du  Travail,  numéro  d'octobre,  parle  de  ces  règlements  et  de  la  nomination 
des  inspecteurs. 

F.  Fond  de  prévoyance  des  employés  du  chemin  de  fer  Inter colonial. — La  loi  dé- 
crétée par  le  parlement  fédéral  établissant  un  fonds  destiné  au  service  d'une  pension 
viagère  aux  employés  en  retraite  des  chemins  de  fer  Intercolonial  et  de  l'Ile-du- 
Prince-Edouard,  a  été  mise  en  vigueur  peu  après  sa  sanction,  bien  que  tous  les  dé- 
tails de  l'organisation  de  ce  fonds  ne  fussent  pas  alors  complètement  terminés.  Un 
article  expliquant  les  progrès  accomplis  jusqu'en  septembre  1907  a  paru  dans  la  Ga- 
tette  du  Travail  d'octobre  suivant.  L'article  donnait  le  nombre  des  employés  contri- 
buant à  ce  fonds,  le  montant  mensuel  des  contributions,  et  le  nombre  des  employés  mis 
8  la  retraite  depuis  la  mise  en  vigueur  de  la  loi. 

9.  Le  service  des  pensions  sur  le  Grand-Tronc. — En  vertu  d'une  loi  fédérale  adop- 
tée en  1907,  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  du  Canada  a  obtenu  la  per- 
mission d'établir  un  fonds  de  pension  pour  l'avantage  de  ses  employés  ayant  pris  leur 
retraite.  Conformément  à  cette  loi,  les  directeurs  ont  mis  à  part  la  somme  de 
£40,000,  premier  versement  du  capital  requis  pour  le  paiement  de  ces  pensions.  Plus 
tard  l'on  a  publié  des  règlements  dont  l'effet  commençait  à  partir  du  1er  janvier  1908. 
On  les  a  publiés  dans  la  Gazette  du  Travail  de  février  1908. 

II.  Exploitation  des  téléphones  par  l'Etat  dans  le  Canada  occidental. — Depuis 
deux  années  passées  un  mouvement  se  propage  rapidement  dans  le  Canada  occidental, 
comprenant  les  provinces  du  Manitoba,  de  Saskatchewan  et  d'Alberta,  en  faveur  de 
l'établissement  et  de  l'exploitation  des  téléphones  par  les  gouvernem^tfrùpu  les  muni- 
cipalités. Dans  deux  de  ces  provinces,  l'Alberta  eif  le  Manitoba,  des  lois  autorisant  la 
construction  de  téléphones  de  l'Etat  ont  été  décrétées  dès  1906.  Dans  la  Gazette  du 
Travail  de  décembre  1907  on  expliquait  les  mesures  prises  pour  donner  à  ces  lois  un 
effet  pratique,  surtout  dans  le  but  de  faciliter  le  travail  législatif  de  la  provinœ  de 
Saskatchewan,  si  elle  jugeait  à  propos  de  suivre  dans  cette  voie.  En  février  1907,  la 
Gazette  faisait  part  à  ses  lecteurs  de  l'achat  des  intérêts  de  la  Compagnie  de  téléphone 
Bell  au  Manitoba  par  le  gouvernement  provincial. 

I.  L'instruction  technique  en  Nouvelle-Ecosse. — La  Gazette  du  Travail  de  no- 
vembre 1907  donnait  un  compte  rendu  des  mesures  prises  par  le  gouvernement  de  la 
Nouvelle-Ecosse  pour  mettre  en  vigueur  la  loi  décrétée  en  1907,  établissant  dans  la 


40  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
province  un  système  d'instruction  technique.  C'est  le  professeur  Fred.  H.  Sexton, 
directeur  de  l'instruction  technique  et  du  collège  technique  de  la  Nouvelle-Ecosse  qui 
a  bien  voulu  fournir  les  explications  et  les  détails. 

J.  Pensions  aux  vieillards  en  Nouvelle-Ecosse. — Une  commission  nommée  con- 
formément à  la  loi  de  la  législature  de  la  Nouvelle-Ecosse  en  1907,  concernant  les 
pensions  aux  vieillards  et  les  sociétés  de  secours  pour  les  mineurs,  a  transmis  son 
rapport  le  7  février  1908.  La  Gazette  du  Travail  de  novembre  1907  a  publié  en  ar- 
ticle spécial  sur  l'organisation  du  ministère  des  Industries  et  de  l'Immigration  de 
la  Xouvelle-Ecosse  en  vertu  de  la  loi  de  1907. 

L.  Conditions  ouvrières  dans  les  houillères  de  l'Alberta. — Le  17  mai  1907,  le 
gouvernement  de  la  province  d'Alberta  nommait  une  commission  pour  s'enquérir  des 
questions  relatives  à  la  production  de  la  houille  dans  la  province,  y  compris  les  rap- 
ports entre  employeurs  et  employés,  les  causes  de  leurs  différends,  la  meilleure  et  la 
plus  juste  manière  d'y  mettre  fin,  et  la  condition  générale  du  travail  dans  cette  indus- 
trie. La  Gazette  du  Travail  de  septembre  1907  a  publié  le  rapport  des  commissaires, 
lequel  s'occupe  de  la  situation  dans  tous  ses  détails. 

M.  Réunions  importantes  des  congrès  des  métiers  et  du  travail,  de  l'association 
des  manufacturiers  et  d'autres  corps  publics. — La  Gazette  du  Travail  a  publié  des 
rapports  spéciaux  sur  les  réunions  suivantes: — Vingt-troisième  convention  annuelle 
du  congrès  des  métiers  et  du  travail  du  Canada  tenue  à  Winnipeg,  Manitoba,  en 
septembre;  cinquième  convention  annuelle  du  congrès  national  des  métiers  et  du 
travail  du  Canada,  tenue  à  Glace-Bay,  N.-E.,  en  septembre;  vingt-sixième  conven- 
tion annuelle  de  l'association  des  manufacturiers  canadiens,  tenue  à  Toronto,  Ont.,  en 
septembre;  convention  annuelle  du  congrès  des  unions  ouvrières  de  la  Grande-Bre- 
tagne, tenue  à  Bath,  Angleterre,  en  septembre;  troisième  convention  annuelle  de 
l'union  des  pêcheurs  de  la  Nouvelle-Ecosse,  tenue  à  Halifax,  N.-E.,  en  septembre;  con- 
vention annuelle  de  l'association  régionale  n°  6,  Western  Fédération  of  Miners, 
tenue  à  Greenwood,  C.-B.,  en  janvier  1908;  convention  annuelle  de  l'association  fo- 
restière canadienne,  tenue  à  Ottawa  en  mars  1907;  septième  convention  annuelle  de 
l'association  des  municipalités  canadiennes,  tenue  à  Fort-William  et  à  Port-Arthur, 
Ont.,  en  août  1907.  La  Gazette  du  Travail  a  aussi  publié  un  rapport  spécial  de  l'en- 
trevue des  représentants  du  congrès  des  métiers  et  du  travail  du  Canada  avec  le  gou- 
vernement canadien  en  jenvier  1908. 

N.  Désp-^"  {lu  pont  de  Québec. — La  Gazette  de  septembre  1907  a  publié  un  rap- 
port spécial  sur  le  désastre  qui  s'est  produit  au  pont  d'acier  en  construction  sur  le 
Saint-Laurent  à  environ  huit  milles  en  amont  de  Québec. 

O.  La  médaille  Edouard  décernée  au  courage. — Au  cours  du  mois  de  janvier  1908, 
Son  Excellence  le  Gouverneur  général  a  reçu  une  dépêche  l'informant  qu'il  avait  plu 
à.  Sa  Majesté  le  Roi  d'instituer  une  médaille  appelée  la  médaille  Edouard,  afin  de  pou- 
voir distinguer  par  une  marque  de  faveur  royale  les  actes  d'héroïsme  accomplis  par 
les  mineurs,  carriers  et  autres  qui  risquent  leur  vie  pour  sauver  ceux  qui  se  trouvent 
en  danger  dans  les  mines  ou  les  houillères  des  domaines  de  Sa  Majesté.  La  Gazette 
du  Travail  de  février  1908  donne  une  description  de  la  médaille  et  des  conditions  atta- 
chées à  cette  décoration.    La  Gazette  de  mars  1908  annonce  qu'il  a  plu  à  Sa  Majesté 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  41 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

d'accorder  à  mademoiselle  J.  Lamb,  de  Newcastle-on-Tyne,  Angleterre,  la  médaille 
Edouard  de  première  classe  en  reconnaissance  de  l'héroïsme  de  son  frère  feu  George 
H.  Lamb,  lequel  s'est  sacrifié  dans  un  effort  pour  sauver  cinq  hommes  lors  de  l'incendie 
qui  a  éclaté  dans  la  houillère  de  la  Strathcona  Coal  Company,  à  Strathcona,  Alberta. 

P.  Assurance  des  employés  municipaux,  à  Winnipeg,  Manitoba. — La  Gazette  du 
Travail,  numéro  de  mai  1907,  a  publié  un  article  spécial  traitant  d'un  arrangement  en 
vertu  duquel  les  ouvriers  à  l'emploi  de  la  municipalité  de  Winnipeg  se  trouvent  assu- 
rés contre  les  accidents  qui  leur  arrivent  au  cours  de  leur  travail. 

Q.  Règlements  en  vertu  de  la  loi  de  conciliation. — La  Gazette  du  Travail  de  mai 
1907  contient  un  rapport  détaillé  du  règlement  d'une  grève  des  tisserands  de  Canton- 
Chambly,  Que.,  grâce  à  l'aimable  intervention  du  ministère  en  vertu  de  la  loi  de 
conciliation. 

R.  Arbitrage  industriel  à  Toronto,  Ontario. — En  vertu  d'un  accord  entre  la  To- 
ronto Railway  Company  et  ses  employés,  les  différends  entre  cette  compagnie  et  les 
personnes  à  son  emploi  seront  désormais  réglés  par  conciliation  ;ou  arbitrage.  Un 
compte  rendu  du  règlement  par  arbitrage  d'un  de  ces  différends  ainsi  que  le  texte  de 
la  sentence  des  arbitres  a  paru  dans  la  Gazette  du  Travail  de  janvier  1908. 

S. — La  Caisse  populaire  (coopérative)  de  Lévis. — La  Gazette  du  Travail,  dans  son 
numéro  de  mars  1908,  a  analysé  le  septième  rapport  annuel  du  comité  exécutif  de  la 
Caisse  populaire  de  Lévis,  Québec,  pour  l'année  se  terminant  le  30  novembre  1907. 

T. — En  janvier,  la  Gazette  a  publié  l'ordinaire  Revue  des  conditions  industrielles 
et  ouvrières  au  Canada  pour  l'année  écoulée.  Cet  article  contient  des  données  con- 
cises et  complètes  sous  les  en-têtes  qui  suivent:  résumé  général;  salaire  et  heures  de 
travail;  coût  de  la  vie;  immigration  et  colonisation;  interruptions  à  l'insdustrie; 
état  des  industries  et  métiers  que  voici:  agriculture,  pêche,  coupe  du  bois,  mines, 
manufactures,  construction  de  voies  ferrées;  transports  en  général,  bâtiment,  métaux, 
mécanique  et  construction  des  navires;  métiers  du  bois  et  du  meuble,  typographie, 
vêtement,  aliments  et  tabacs,  cuir,  métiers  divers,  journaliers;  le  commerce  et  le  reve- 
nu du  Canada;  les  démarches  faites  par  les  organisations  ouvrières,  les  employeurs, 
les  associations,  etc.;  les  commissions  royales;  la  législation,  les  décisions  judiciaires, 
et  notes. 

IL  Au  cours  de  1907  et  sous  des  en-têtes  séparés  on  traite  brièvement  des  opéra- 
tions des  banques  et  des  montants  payés  en  'primes  pour  la  fabrication  du  fer  et  de 
l'acier. 

ANALYSES    SPÉCIALES. 

On  a  analysé  dans  des  articles  spéciaux  le  contenu  d'un  grand  nombre  de  publi- 
cations reçues  au  ministère  et  qui  semblaient  offrir  un  intérêt  particulier  au  point  de 
vue  ouvrier  et  industriel.     Voici  une  liste  des  publications  ainsi  étudiées: — 

1.  Rapport  de  la  commission  royale  nommée  en  février  1907  pour  s'enquérir  d'un 
différend  entre  la  Compagnie  de  téléphone  Bell  et  ses  employés  à  Toronto  au  sujet  des 
salaires  et  des  heures  de  travail.  M.  W.  L.  Mackenzie  King,  CM. G.,  sous-ministre  du 
Travail,  était  le  président  de  cette  commission,  et  le  rapport  des  commissaires,  préparé 


42  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

au  ministère  du  Travail  et  présenté  le  12  septembre  1907,  a  été  analysé  dans  le  numéro 
subséquent  de  la  Gazette. 

2.  Quatre  rapports  publiés  au  cours  de  l'année  par  la  branche  du  recensement  et 
de  la  statistique  du  ministère  de  l'Agriculture  sur  l'industrie  manufacturière  au  Ca- 
nada ont  fait  le  sujet  d'articles  séparés.  Ces  rapports  s'occupent  respectivement  de 
la  croissance  de  l'industrie  manufacturière  au  Canada  de  1907  à  1906,  telle  qu'indi- 
quée par  la  valeur  des  produits  pendant  les  années  en  question;  les  branches  les  plus 
importantes  de  l'industrie;  le  nombre  des  ouvriers  et  le  montant  payé  en  salaires  dans 
l'industrie  manufacturière  au  Canada  en  1905,  comparée  à  l'année  1900;  le  capital 
engagé  dans  l'industrie  en  1900  et  en  1905,  respectivement. 

3.  Le  1er  septembre  1905,  la  Saskatchewan  et  l'Alberta  devinrent  des  provinces  du 
Canada,  et  le  24  juin  de  l'année  suivante  on  a  fait  le  recensement  de  ces  nouvelles 
provinces  et  du  Manitoba.  La  Gazette  du  Travail  de  juillet  1907  a  publié  une  analyse 
des  résultats  du  recensement,  lesquels  montrent  sous  un  jour  fort  intéressant  le  déve- 
loppement industriel  de  cette  partie  du  Canada  pendant  les  cinq  premières  années  du 
siècle. 

4.  La  Gazette  de  mai  1907  donne  l'analyse  d'un  bulletin  du  recensement  du  Ca- 
nada donnant  les  salaires  des  ouvriers  dans  les  diverses  occupations  au  Canada,  d'après 
les  renseignements  fournis  par  le  recensement  de  1901. 

5.  Dans  la  Gazette  du  mois  d'août  1907,  on  donne  l'analyse  des  résultats  d'une 
enquête  très  complète  faite  à  Ottawa,  par  un  comité  spécial  de  l'Association  du  service 
civil,  sur  la  tendance  ascendante  du  coût  de  la  vie  durant  la  précédente  décade.  Cette 
enquête  démontre  que  le  coût  de  la  vie  a  augmenté  de  28  à  34  pour  100. 

G.  Un  livret  publié  par  le  sous-comité  industriel  de  la  Factory  League  contenant 
un  sommaire  des  lois  des  fabriques  et  des  ateliers  dans  les  pays  britanniques  a  fait  le 
sujet  d'une  analyse  dans  la  Gazette  du  Travail  de  mars  1908. 

7.  On  a  publié  dans  la  Gazette  de  janvier  1908  une  analyse  spéciale  de  l'assu- 
rance chez  un  grand  nombre  d'organisations  ouvrières  d'Ontario,  telle  que  donnée  au 
rapport  de  l'inspecteur  provincial  des  assurances  et  le  registraire  des  sociétés  frater- 
nelles en  ce  qui  regarde  ces  sociétés  pendant  l'anée  1906. 

8.  Deux  rapports  consulaires  relatifs  aux  conditions  industrielles  en  Allemagne  et 
contenant  des  détails  intéressants  quant  au  prix  des  vivres  en  ce  pays  ont  paru 
en  résumé  dans  la  Gazette  du  Travail  de  décembre  1907. 

9.  Dans  la  Gazette  du  Travail  de  janvier  1908,  on  donne  l'analyse  du  septième 
rapport  annuel  du  ministère  du  Travail  du  Canada  pour  l'année  se  terminant  le  31 
mars  1907. 

ANALYSE   DES    LIVRES   BLEUS   ET   DES   RAPPORTS   OFFICIELS. 

Outre  les  publications  mentionnées  ci-dessus,  un  grand  nombre  de  livres  bleus  et 
de  rapports  officiels  contenant  des  renseignements  utiles  au  point  de  vue  de  l'industrie 
et  du -travail  ont,  comme  les  années  passées,  dans  chaque  numéro  de  la  Gazette,  subi 
l'analyse  sous  le  titre  général  "  Rapports  dés  ministères  et  des  bureaux  ".  Nous  don- 
nons ci-après  une  liste  complète  de  ces  rapports,  classifiés  suivant  les  gouvernements 
qui  les  ont  publiés.  On  remarquera  que  parmi  les  documents  ainsi  analysés  21  sont 
publiés  par  le  gouvernement  du  Canada;  19  par  les  différentes  provinces  du  Canada; 
15  par  la  Grande-Bretagne;  3  par  la  Nouvelle-Zélande;  2  par  la  Nouvelle-Galles  du 
Sud,  et  18  par  les  gouvernements  tant  fédéral  que  des  Etats  dans  la  république  voisine. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  43 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

CANADA. 

1.  Sommaire  de  la  production  minérale  au  Canada  en  1906;  commission  géologique 

du  Canada,  division  des  mines. 

2.  Rapport  du  ministère  du  Commerce  pour  l'exercice  1906,  Ile  partie:  Commerce 

des  divers  pays,  traités  et  conventions. 

3.  Statistique  àes  chemins  de  fer  du  Canada  pour  l'année  se  terminant  le  30  juin 

1906. 

4.  Discours  prononcés  au  Sénat  du  Canada  pendant  la  troisième  session  du  dixième 

parlement,  6  et  7  Edouard  VII,  1906-7,  relatives  aux  pensions  des  vieillards. 

5.  Etats  et  statistiques  des  revenus  de    l'intérieur    du    Canada    pour   l'exercice  se 

terminant  le  31  mars  1907. 

6.  Ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux;    statistique  des  canaux  pour  la  saison 

de  navigation  1906. 

7.  Statistique  du  commerce  et  de  la  navigation  du  Canada  pour  l'exercice  se  termi- 

nant le  31  mars  1907. 

8.  Rapport  du  ministère  des  Postes  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1907. 

9.  Rapport  annuel  du  ministère  des   Chemins   de  fer  et   Canaux  du   Canada  pour 

l'exercice  terminé  le  31  mars  1907. 

10.  Rapport  du  surintendant  des  assurances  au  Canada  pour  l'année  se  terminant  le 

31  décembre  1906. 

11.  Rapport  du   ministre   de  l'Agriculture  pour   l'exercice  se  terminant   le   31   mars 

1907. 

12.  Rapport  annuel  du  ministère  de  l'Intérieur  du  Canada  pour  l'exercice  se  termi- 

nant le  31  mars  1907. 

13.  Rapports  des  commissaires  des  ports  de   Toronto,   Québec,   Trois-Rivières,  Belle- 

ville,  Sydney-Nord  et  Montréal;  des  certificats  de  pilotage  des  capitaines  et 
seconds;  des  maîtres  de  ports  et  autres  fonctionnaires  du  même  genre; 
rapports  sur  les  naufrages  et  accidents  survenus  en  mer,  la  plupart  jus- 
qu'au 31  décembre  1906. 

14.  Rapport  du  ministre  de  la  Justice  sur  les  pénitenciers  du  Canada  pour  l'exercice 

se  terminant  le  31  mars  1907. 

15.  Quarantième  rapport  annuel  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  1907. 

16.  Rapport  annuel  du  ministère  des  Affaires  des  Sauvages  du  Canada  pour  l'exercice 

se  terminant  le  31  mars  1907. 

17.  Rapport   du   ministre   des    Travaux   publics   pour   l'exercice    se   terminant   le   31 

mars  1907. 

18.  Statistique  des  chemins  de  fer  du  Canada  pour  l'année  se  terminant  le  30  juin 

1907. 

19.  Rapport  abrégé  de  la  Commission  géologique  du  Canada  pour  l'année  1907. 

20.  Rapport  de  la  Commission  royale  sur  le  commerce  des  grains  au  Canada,  1906. 

21.  Rapports   du    Commissaire    de   l'industrie   laitière    et   des    entrepôts   firgorifiques 

pour  l'exercice  se  terminant  le  31  mars  1907. 

NOUVELLE-ECOSSE. 

L  Rapport  du  ministère  des  Mines,  Nouvelle-Ecosse,  pour  l'année  se  terminant  le 
30  septembre  1906. 

NOUVEAU-BRUNSWICK. 

1.  Rapport   du   ministère   de   l'Agriculture   de   la   province   du   Nouveau-Brunswick, 
1906. 


44  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
ONTARIO.  . 

1.  Septième  rapport  annuel  du  bureau  du   Travail  de  la  province  d'Ontario   pour 

l'année  finissant  le  31  décembre  1906. 

2.  Rapport  du  bureau  des  Mines,  partie  I,  1906. 

3.  Rapport  du  bureau  des  Mines,  partie  II,  1906. 

4.  Trente-deuxième  rapport  annuel  du  Collège  agricole  et  de  la  Station  agronomique 

d'Ontario,  1906. 

5.  Rapport  des  inspecteurs  de  fabriques,  Ontario,  1906. 

6.  Trente-unième  rapport  annuel  des  commissaires  du  parc  Queen-Victoria,  Niagara- 

Falls,  1906. 

7.  Rapport  du  bureau  des  Mines,  1906. 

S.  Septième  rapport  du  bureau  du  Travail,  Ontario,  1906. 

9.  Quatorzième  rapport  sur  les  enfants  négligés  ou  dépendants,  Ontario,  1907. 

10.  Commission  hydro-électrique  d'Ontario,  cinquième  rapport   (région  de  la  rivière 

La-Pluie),  1907. 

11.  Rapport  du  ministre  des  Terres,  Forêts  et  Mines,  Ontario,  1906. 

12.  Vingt-unième  rapport  annuel  de  la  Ontario  Agricfullural  and  Expérimental  Union, 

1906. 

13.  Rapport  annuel  de  l'Association  laitière  d'Ontario,  1906. 

14.  Le  Sanitary  Journal,  organe  du  conseil  d'hygiène  d'Ontario,  parties  III  et  IV  du 

vingt-cinquième  rapport  annuel,  1906. 

15.  Seizième  rapport  annuel  du  bureau  des  Mines  d'Ontario,  partie  I,  1907. 

COLOMBIE-BRITANNIQUE. 

I.  Rapport   du   commissaire   des  pêcheries   de   la   Colombie-Britannique   pour  l'année 

1906. 
2.  Rapport   annuel  du  ministre   des   Mines,   Colombie-Britannique,   pour  l'année   se 
terminant  le  31  décembre  1906. 

GRANDE-BRETAGNE. 

1.  Résumé  statistique  de  l'empire  britannique  en  France  et  en  Belgique  et  conseil 
industriel  des  femmes. 
3.  Rapport  final  du  comité  chargé  de  s'enquérir  des  conséquences  économiques  pro- 
bables de  la  limite  de  huit  heures  dans  la  journée  de  travail  des  houilleurs. 
Partie  I,  rapport  et  annexes,  1907. 

4.  Tableaux  statistiques  relatifs  aux  pensions  de  vieillesse,  avec  mémoire  prélimi- 

naire, 1907. 

5.  Rapport  du  comité  nommé  par  le  gouvernement  des  Indes  en  décembre  1906  pour 

s'enquérir  de  la   condition  des   ouvriers  dans  les   établissements   textiles   de 
l'Inde. 

6.  Bulletin  de  l'office  international  du  travail,  vol.  I. 

7.  Rapport  général  du  Board  of  Trade  sur  les  accidents  de  chemins  de  fer  dans  le 

Royaume-Uni  pendant  l'année  1906. 

8.  Sixième  rapport  du  Board  of  Trade  sur  les  procédures  prises  en  vertu  de  la  loi 

de  conciliation  (différends  ouvriers)  pour  1905-07. 

9.  Rapport  sur  les  grèves,  les  contre-grèves  et  les  conseils  de  conciliation  et  d'arbi- 

trage dans  le  Royaume-Uni,  1906. 
10.  Rapports  du  Chief  Regitsrar  of  Friendly  Societies  pour  l'année  se  terminant  le 
31  décembre  1907.     Partie  A. 

II.  Douzième  rapport  annuel  lu  Chief  Registrar  of  Friendly  Societies  sur  les  procé- 

dures prises   en   vertu   de  la   Building   Societies   Act;   avec   un   résumé   des 
comptes  et  de  la  statistique  de  ces  sociétés  pendant  l'année  1906.     Partie  I. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  45 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

12.  Rapport  général  et  statistique  des  mines  et  des  carrières,  1906.     Partie  II. 

13.  Rapport  sur  les  règlements  des  conseils  volontaires  de  conciliation  et  d'arbitrage, 

1907. 

14.  Rapport  sur  les  changements  survenus  dans  le  taux  des  salaires  et  les  heures  de 

travail  dans  le  Royaume-Uni  en  1906. 

15.  Rapport  d'une  enquête  du  Board  of  Trade  sur  la  condition  de  la  classe  ouvrière, 

les  loyers,  les  prix  courants,  du  détail,  le  taux  ordinaire  des  salaires  pour  les 
différentes  catégories  d'ouvriers  et  d'artisans  dans  les  principales  villes  in- 
dustrielles du  Royaume-Uni,  1908. 

ETATS-UNIS. 

1.  Vingt-deuxième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  statistique  ouvrière  de  l'Etat  du 

Connecticut,  pour  l'année  se  terminant  le  30  novembre  1906. 

2.  Quinzième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  statistique  et  des  renseignements  du 

Maryland,  1907. 

3.  Vingt-neuvième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  statistique  ouvrière  et  des  indus- 

tries du  New-Jersey  pour  l'année  se  terminant  le  31  octobre  1906. 

4.  Neuvième  rapport  annuel  du  bureau  du  travail  et  de  la  statistique  industrielle 

pour  l'Etat  de  la  Virginie,  1906. 

5.  Rapport  annuel  du  conseil  de  conciliation  et  d'arbitrage  de  l'Etat  du  Massachu- 

setts du  New-Jersey  pour  l'année  se  terminant  le  31  décembre  1906. 

6.  Cinquième  rapport  bi-annuel  du  bureau  de  la  statistique  ouvrière  et  de  l'inspec- 

tion des  fabriques  de  l'Etat  de  Washington,  1905-06. 

7.  Chronologie  ouvrière  et  industrielle  de  l'Etat  du  Massachusetts  pour  l'année  se 

terminant  le  30  septembre  1906. 

8.  Treizième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  statitique  ouvrière  de  l'Ohio,  1906. 

9.  Douzième  rapport  bi-annuel  du  bureau  du  travail  et  de  la  statistique  industrielle 

de  l'Etat  du  Wisconsin,  1905-6. 

10.  Vingtième  rapport  annuel  du  bureau  du  travail  et  des  impressions  de  l'Etat  de 

la  Caroline  du  Nord,  1906. 

11.  Dixième  rapport  bi-annuel  du  bureau  du  travail  de  l'Etat  du  Minnesota,  1905-06. 

12.  Branche  du  commerce  et  du  travail,  bureau  du  recensement,  Washington,  D.C. 

Statistique  du  travail  des  femmes,  1907. 

13.  Trente-septième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  statistique  ouvrière  du  Massa- 

chusetts, 1906. 

14.  Bulletin  du  bureau  du  travail  n°  71,  juillet  1907,  Washington,  D.C. 

15.  Vingt-cinquième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  statistique  ouvrière  de  l'Ulinois, 

1906;  aussi,  huitième  rapport  annuel  du  Free  Engagement  Office  de  l'Ulinois, 
pour  l'année  finissant  le  30  septembre  1906. 

16.  Dixième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  statistique  ouvrière  et   industrielle  de 

l'Etat  de  la  Virginie,  1907. 

17.  Rapport  annuel  du  C  ommissioner  of  Corporations  pour  l'année  se  terminant  le 

30  juin  1907. 

Le  ministère  a  reçu  au  cours  de  l'année  171  autres  rapports  dont  la  Gazette  du 
Travail  a  parlé,  mais  sans  en  faire  l'analyse. 

DÉCISIONS    JUDICIAIRES    RELATIVES    AU    TRAVAIL. 

Comme  les  années  précédentes,  chaque  numéro  de  la  Gazette  du  Travail  pendant 
l'exercice  terminé  le  31  mars  1908  contenait  le  compte  rendu  des  diverses  déci- 
sions judiciaires  touchant  directement  ou  indirectement  au  travail  au  Canada.  On 
a  rapporté  ainsi  319  décisions,  donnant  dans  chaque  cas  les  points  les  plus  impor- 


46  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

tants,  la  nature  et  l'effet  de  la  décision,  le  tribunal  où  l'affaire  a  été  jugée,  le  temps 
et  le  lieu  de  la  décision,  les  noms  du  juge,  du  demandeur  et  du  défendeur.  On  a 
aussi  donné  le  résumé  de  plusieurs  décisions  des  tribunaux  du  Royaume-Uni  et  des 
Etats-Unis,  de  nature  à  intéresser  le  public  industriel  du  Canada. 

Parmi  les  sujets  ainsi  traités,  mentionnons  les  suivants:  contraventions  à  la  loi 
du  travail  des  aubains;  conventions  commerciales  illégales;  violation  de  la  loi  des 
fabriques;  violation  de  la  loi  du  dimanche;  dommages-intérêts  accordés  aux  ouvriers 
pour  blessures  reçues  au  cours  de  leur  travail;  non-paiement  de  salaires;  injuste  ren- 
voi; mise  en  vigueur  du  privilège  de  l'artisan;  violations  de  la  loi  relative  à  la 
bouëtte;  engagement  des  salaires  pour  dettes;  fausses  représentations  faites  à  des 
immigrants;  négligence  coupable;  heures  de  travail;  intimidation;  divulgation  de 
secrets  professionnels;  rapports  entre  maîtres  et  serviteurs;  désertion;  violation  de 
la  loi  relative  aux  boulangeries;  marques  de  fabrique  des  unions  ouvrières;  falsifica- 
tion des  produits  alimentaires;  molestation  des  ouvriers:  influence  indue  sur  les  em- 
ployés; désordres;  usage  frauduleux  des  marques  de  commerce;  violation  de  conven- 
tions; mise  en  interdit  de  certains  ouvriers  par  les  patrons;  échafaudage  défectueux; 
validité  des  engagements;  responsabilité  des  agents;  boycottage;  usage  frauduleux 
de  la  poste;  validité  des  règlements  de  fermeture  de  bonne  heure,  etc.,  etc. 

Un  grand  nombre  de  poursuites  intentées  contre  des  employés  de  chemins  de  fer 
à  la  suite  d'accidents  survenus  sur  les  voies  ferrées  au  Canada  ont  été  suivies  de 
point  en  point,  et  les  décisions  résumées  dans  la  Gazette  du  Travail. 

TABLEAUX    DES    JUSTES    SALAIRES    DANS    LES    ENTREPRISES    PUBLIQUES. 

La  Gazette  du  Travail  contient  chaque  mois  un  tableau  des  justes  salaires  pré- 
paré par  les  fonctionnaires  du  ministère  tel  qu'inséré  dans  les  contrats  consentis  par 
les  divers  ministères  du  gouvernement  au  cours  du  mois  précédent. 


RAPPORT  DU  ZOUS-MINISTRE  47 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


II.— LOI  DES  ENQUETES  EN  MATIERE  DE  DIFFERENDS  INDUSTRIELS, 

1907. 

L'année  dont  il  est  question  dans  le  présent  rapport  correspond  pratiquement  à 
l'inauguration  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  la- 
quelle a  reçu  la.  sanction  royale  le  22  mars  1907,  quelques  jours  après  la  fin  du  der- 
nier exercice.  Le  ministère  du  Travail  a  été  chargé  d'administrer  cette  loi,  et 
les  diverses  procédures  auxquelles  elle  a  donné  lieu  sont  mentionnées  de  mois  en  mois 
dans  la  Gazette  du  Travail..  Le  présent  rapport  en  contient  le  compte  rendu  pfficiel, 
ainsi  que  le  prescrit  l'article  29  de  la  loi.  Il  convient  peut-être  cependant  d'ajouter 
à  ce  compte  rendu  des  procédures  certains  commentaires  sur  le  fonctionnement  de  la 
loi  basés  sur  l'expérience  acquise  pendant  l'année;  puis,  la  question  générale  du 
règlement  des  différends  industriels  étant  de  suprême  importance  pour  le  public  en 
général,  il  ne  sera  pas  hors  de  propos  d'examiner  brièvement  ce  que  le  ministère  a  fait 
sous  ce  rapport,  et  de  jeter  un  coup  d'œil  sur  l'évolution  de  la  législation  dans  d'au- 
tres pays. 

En  l'année  1900,  au  moment-  ou.  il  décrétait  l'établissement  d'un  ministère  du 
Travail,  le  gouvernement  adoptait  une  loi  de  conciliation  basée  sur  une  mesure  ana- 
logue existant  dans  la  Grande-Bretagne.  Cette  loi  permit  au  ministère  d'intervenir 
avec  avantage  dans  un  grand  nombre  de  différends  industriels.  Cette  intervention  a 
eu  lieu  cependant  par  l'initiative  personnelle  du  sous-ministre,  et  pas  par  l'entre- 
mise de  conseils  de  conciliation,  ainsi  que  cela  se  faisait  la  plupart  du  temps  d'après 
la  loi  anglaise.  Plusieurs  différends  ont  sans  doute  été  réglés  à  l'amiable  de  cette 
manière,  et  d'autres  encore  auraient  pu  l'être,  mais  il  pouvait  évidemment  surgir  bien 
des  circonstances  où  l'intervention  d'un  seul  fonctionnaire  serait  impossible  ou  insuffi- 
sante, et  cela  seul,  sans  chercher  plus  loin,  aurait  rendu  naturel  et  désirable  un  plus 
ample  développement  de  la  loi  de  1900.  Il  est  inutile  d'expliquer  qu'un  des  buts  prin- 
cipaux de  la  loi  de  conciliation  est  d'obtenir  le  règlement  des  différends  industriels 
avant  qu'ils  ne  dégénèrent  en  ruptures,  et,  lorsque  cela  devient  impossible,  d'aider  à 
faire  cesser  promptement  le  conflit.  Il  ne  saurait  y  avoir  divergence  quant  à  l'impor- 
tance de  ce  but;  mais  l'on  ne  s'accorde  guère  dans  les  différents  pays  sur  les  moyens 
d'y  arriver.  Chacun  a  adopté  un  remède  différent,  et  nous  nous  trouvons  en  présence 
de  conseils  de  conciliation,  de  conseils  d'experts,  de  conseils  d'arbitrage,  d'échelles 
fixes  de  salaires,  de  l'arbitrage  obligatoire,  et  bien  d'autres  moyens  encore,  visant  tous 
un  même  idéal,  la  paix  industrielle. 

EFFORTS  LÉGISLATIFS  À  L'ÉTRANGER. 

La  première  tentative  législative  sérieuse  pour  résoudre  le  problême  des  diffé- 
rends industriels  a  été  faite  en  France,  où  l'on  a  constitué,  il  y  a  un  siècle,  par  le  code 
Napoléon,  les  conseils  de  prud'hommes  ou  d'experts.  Ce  système,  avec  des  modifica- 
tions graduelles,  a  été  adopté  généralement  non  seulement  en  France,  mais  aussi  en 
Allemagne,  en  Belgique  et  dans  d'autres  pays  continentaux.     Ce  système  des  conseils 


48  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

est  simple  et  peu  dispendieux,  mais  son  champ  est  limité.  Les  conseils  se  composent 
réellement  de  deux  comités;  le  premier  est  un  conseil  de  conciliation  devant  lequel  les 
parties  comparaissent  avec  leurs  témoins  et  leurs  avocats;  ce  comité  est  autorisé  à 
se  procurer  les  documents  et  autres  pièces  relatives  à  la  cause.  Si  ce  comité  ne  réus- 
sit pas  à  effectuer  un  règlement,  la  question  est  soumise  à  un  comité  de  jugement,  qui 
délibère  avec  beaucoup  de  la  formalité  et  presque  toute  l'autorité  d'un  tribunal  régu- 
lier. Un  grand  nombre  de  causes  sont  soumises  à  ces  conseils.  En  général,  moins 
de  la  moitié  des  affaires  se  règlent  à  l'amiable,  et  sont,  par  conséquent,  déférées  au 
comité  de  jugement. 

Avec  la  croissance  des  grandes  villes  et  la  tendance  à  s'organiser  que  l'on  remar- 
que chez  les  employeurs  et  les  employés,  les  conseils  des  prud'hommes  se  sont  trouvés 
dans  l'impossibilité  de  régler  les  différends  industriels  les  plus  vastes  et  n'ont  pas 
réussi  à  empêcher  les  grandes  grèves  dans  les  pays  continentaux.  En  France,  il  y  a 
quelques  années,  on  a  virtuellement  reconnu  leur  insuffisance  pour  ce  qui  est  des 
questions  les  plus  importantes,  en  décrétant  une  loi  générale  de  conciliation  et  d'ar- 
bitrage. 

On  a  fait  bien  des  tentatives  tendant  à  introduire  un  système  de  conciliation  et 
d'arbitrage  pour  le  règlement  des  différends  dans  les  principales  industries  en  Angle- 
terre. Après  bien  des  mécomptes  un  conseil  de  conciliation  s'est  constitué  en  1860 
pour  les  industries  de  la  bonneterie  et  de  la  dentellerie  à  Nothingham.  En  1865,  un 
conseil  du  même  genre  a  été  établi  pour  les  métiers  du  bâtiment  à  Wolverhampton  ; 
les  industries  du  fer  dans  le  nord  de  l'Angleterre  ont  suivi  le  même  exemple  en  1869, 
et  le  système  s'est  graduellemnt  étendu  aux  autres  industries. 

Aux  Etats-Unis  la  même  évolution  se  poursuit;  beaucoup  d'Etats  ont  des  minis- 
tères ou  des  bureaux  du  travail  avec  des  conseils  d'arbitrage  permanents,  ou  bien  on 
pourvoit  aux  moyens  de  les  constituer  au  cas  de  besoin.  Nulle  part  cependant,  jus- 
qu'à présent,  ni  sur  le  continent  d'Europe,  ni  en  Angleterre,  ni  aux  Etats-Unis  a-t-on 
décrété  l'arbitrage  obligatoire.  Toutes  les  procédures  et  démarches  ont  été  volon- 
taires, et  l'on  ne  s'est  jamais  départi  du  principe  fondamental  de  la  conciliation.  La 
conciliation  est  en  effet  le  système  de  la  discussion  libre,  sans  entraves,  et  à  tout 
prendre,  amicale  du  différend  à  régler,  et  qu'elle  que  puisse  être  la  modification  défi- 
nitive des  conseils  de  prud'hommes,  il  est  évident  que  la  discussion  libre  et  complète 
entre  les  parties  restera  toujours  le  meilleur  moyen  d'en  arriver  à  une  entente.  Dans 
la  grande  majorité  des  cas,  heureusement,  lorsqu'un  système  repose  sur  l'échange  des 
opinions  d'homme  à  homme,  les  probabilités  sont  en  faveur  d'une  entente  entre  em- 
ployeurs et  employés. 

Le  procédé  de  l'arbitrage  volontaire  indique  ordinairement  que  les  moyens  de 
conciliation  n'ayant  pas  fait  naître  une  entente,  les  parties  ont  décidé  de  confier  à 
un  tiers  le  règlement  de  leur  différend.  Dans  les  pays  où  l'industrie  est  depuis  long- 
temps établie,  on  a  constaté  que  les  différends  de  moindre  importance  se  règlent  plus 
souvent  par  la  conciliation  et  par  l'entremise  de  conseils  composes  d'employeurs  et 
d'employés,  mais  que  les  différends  plus  graves,  tel  que,  par  exemple,  le  taux  général 
des  salaires,  qui  est,  naturellement,  le  point  capital  du  problème  industriel,  doivent 
en  général  être  soumis  à  l'arbitrage. 


R APPORT  DU  SOUS-MINISTRE  49 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

QUAND   LA   CONCILIATION  ÉCHOUE. 

Il  faut  bien  se  rappeler  cependant  que  tous  ces  moyens  de  régler  les  différends 
industriels  sont  entièrement  volontaires  et  supposent  de  la  part  des  intéressés  le  désir 
de  s'entendre  en  se  consultant,  et  au  besoin  en  cédant  quelque  chose  de  part  et  d'autre, 
plutôt  que  de  recourir  au  moyen  plus  rigoureux  de  la  réduction  par  la  famine,  de  la 
guerre  industrielle  sous  forme  de  grèves  et  contre-grèves.  Le  problème  industriel 
devient  vraiment  grave  lorsque  les  parties  se  refusent  également  à  la  conciliation  et 
à  l'arbitrage.  Il  est  toujours  difficile,  en  de  telles  circonstances,  de  bien  mesurer  le 
devoir  de  l'Etat.  Dans  tous  les  pays,  à  une  ou  deux  exceptions  près,  le  législateur 
s'est  contenté  d'établir  un  mécanisme  aussi  simple  et  efficace  que  possible  tendant  à 
promouvoir  la  conciliation  ou  l'arbitrage  volontaire.  Les  pays  faisant  exception  à 
cette  règle  sont  les  colonies  britanniques  de  la  Nouvelle-Zélande,  de  la  Nouvelle-Galles 
du  Sud  et  de  l'Australie  occidentale,  ou  depuis  plusieurs  années  l'on  applique  des  lois 
dites  "  de  l'arbitrage  obligatoire  "  ;  ces  lois  déclarent  absolument  illégales  les  grèves 
et  les  contre-grèves  de  toutes  espèces,  et  établissent  des  conseils  et  des  tribunaux  pour 
régler  obligatoirement  les  différends  industriels. 

Il  serait  inutile  d'entreprendre  d'examiner  ici  la  question  sous  tous  ses  aspects 
ou  de  se  prononcer  catégoriquement  en  faveur  d'un  système  de  préférence  à  un  autre. 
Le  problème  des  différends  industriels  est  profondément  ancré  dans  l'organisme  indus- 
triel, presque  aussi  profondément  que  le  problème  de  la  misère,  plus  grave  et  plus  sai- 
sissant encore;  les  deux  sont  intimement  liés,  ils  tendent  à  le  devenir  davantage 
avec  la  complication  croissante  de  la  vie  'intensive  moderne.  Nous  pouvons  être  con- 
vaincu qu'en  pareille  matière  la  paix  n'est  accessible  par  aucune  route  bien  tracée.  Ce 
n'est  qu'en  usant  constamment  d'indulgence,  de  patience  et  de  prudence  que  l'on  arri- 
vera à  maintenir  une  entente  à  peu  près  possible;  et  cette  entente  ne  saurait  se  main- 
tenir sans  de  fréquents  conflits  dégénérant  parfois  en  combats.  Il  faut  admettre  que 
dans  le  monde  industriel,  comme  partout  aileurs  sur  cette  terre,  la  nature  humaine 
et  les  conditions  où  elle  existe  ne  nous  permettront  jamais  d'atteindre  l'idéal,  bien 
que,  en  profitant  des  avantages  et  des  améliorations  que  nous  procureront  une  civili- 
sation qui  va  se  perfectionnant,  nous  puissions  espérer  de  nous  en  rapprocher. 

Il  est  vrai  que  cette  manière  de  traiter  un  grand  problème  mondial  est  plutôt 
pratique  qu'héroïque,  mais  la  philosophie  nous  enseigne  que  le  grand  art  du  gouver- 
nement repose  sur  des  compromis.  "  Tout  gouvernement  ",  a  dit  Edmund  Burke,  dans 
son  sélèbre  discours  sur  la  réconciliation  avec  l'Amérique,  "  tout  avantage,  jouissance 
ou  vertu  dont  profitent  les  hommes,  tout  acte  de  prudence  même  repose  sur  un  com- 
promis; nous  pesons  les  inconvénients,  nous  cédons  de  part  et  d'autre,  nous  abandon- 
nons certains  droits  afin  de  pouvoir  jouir  en  paix  des  autres.  L'homme  agit  suivant 
ses  intérêts  et  non  pas  en  se  laissant  guider  par  les  raisonnements  métaphysiques." 
Et  M.  John  Morley  (maintenant  lord  Morley),  dans  son  fameux  essai  sur  les  compro- 
mis, approuve  en  ces  termes  la  doctrine  de  Burke  :  "  Poursuivre  la  perfection  logique 
c'est  indiquer  que  l'on  ignore  la  composition  du  corps  social  que  l'homme  politique 
est  appelé  à  gouverner.  Dédaigner  tout  ce  qui  ne  comporte  pas  un  changement  radi- 
cal dans  la  pensée  ou  dans  les  institutions,  c'est  de  l'engouement.  Vouloir  opérer  trop 
fréquemment  de  tels  changements,  même  lorsque  la  chose  est  possible,  c'est  de  la 
témérité." 

36-4 


50  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

M.  Morley  dit  encore  :  "  De  cette  manière  donc  un  compromis  peut  signifier  non 
pas  l'acceptation  d'une  demi-réforme  parce  que  l'on  ne  croit  pas  encore  le  moment 
arrivé  où  l'on  puisse  insister  sur  une  réforme  complète,  ou  encore  l'acceptation  finale 
de  la  demi-mesure  en  abandonnant  virtuellement  tout  espoir  et  tout  effort  vers  le  pro- 
grès; c'est  alors  un  acte  réactionnaire  qui  ne  fait  qu'augmenter  la  distance  qu'il  fau- 
dra ensuite  parcourir.  Dans  l'un  et  dans  l'autre  cas  la  petite  réforme  peut  devenir 
l'ennemie  de  la  grande.  Mais  une  juste  conception  de  la  méthode  politique  basée  sur 
une  expérience  bien  comprise  des  conditions  sociales  comportant  en  même  temps  l'ordre 
et  le  progrès,  porte  le  sage  conservateur  à  accepter  de  légers  changements,  de  peur 
qu'il  ne  lui  arrive  quelque  chose  de  plus  désagréable  et  le  sage  innovateur  à  accepter 
une  légère  amélioration  tout  en  travaillant  sans  cesse  pour  en  obtenir  de  plus  impor- 
tants. Ce  qui  importe  pour  chacun  d'eux  c'est  de  ne  pas  perdre  de  vue  son  idéal,  c'est 
de  s'occuper  des  détails  au  point  de  vue  de  l'ensemble,  de  ne  pas  permettre  que  la 
grandeur  apparente  de  ce  qui  est  rapprochée  lui  fasse  oublier  les  véritables  proportions 
des  choses  plus  lointaines.  Si  la  lenteur  du  progrès  nous  semble  intolérable,  nous 
pouvons  nous  consoler  en  regardant  le  passé.  Les  gens  se  rendent  rarement  compte 
de  la  longueur  énorme  de  temps  qui  doit  s'écouler  entre  chaque  changement  dans  les 
idées  des  hommes."  j 

UNE  VOIE   MÉDIANE   ET   DÉSIRABLE. 

Nous  souvenant  d'une  part  de  la  nécessité  de  réduire  au  minimum  le  conflit  indus- 
triel, et  reconnaissant  d'autre  part  la  fertilité  de  cette  législation  qui  prétend  régé- 
nérer la  société  humaine  sinon  la  nature  même  de  l'homme,  nous  avons  choisi  une 
voie  médiane  qui  conduit  cependant  à  un  réel  progrès.  La  conciliation  et  l'arbitrage 
volontaire  sont  évidemment  insuffisants  lorsque  les  parties  désirent  combattre.  Les 
grèves  nombreuses  qui  se  sont  produites  dans  les  grands  pays  industriels  nonobstant 
les  efforts  des  conseils  de  conciliation  et  d'arbitrage  volontaire  sont  la  preuve  de  l'in- 
suffisance de  ce  système  pour  résoudre  le  problème. 

La  seule  alternative  qu'on  ait  trouvé  par  le  passé  à  la  conciliation  c'est  l'arbitrage 
obligatoire.  Ce  système,  nous  l'avons  dit,  est  en  vigueur  dans  certains  Etats  austra- 
liens. En  tant  que  législation  sociale  expérimentale,  l'arbitrage  obligatoire  dans  ces 
pays  a  vivement  intéressé  les  sociologues,  mais  il  semble  douteux  que  cette  loi  ait  fait 
faire  à  la  question  un  progrès  réel.  Depuis  qu'elle  est  en  vigueur,  dans  les  contrées 
où  elle  s'applique,  les  prix  ont  été  constamment  en  hausse  ainsi  que  les  salaires,  de 
sorte  que  les  enquêtes  dans  les  différends  industriels  ont  généralement  donné  lieu  à 
une  augmentation  des  salaires  des  ouvriers.  Malgré  tout,  de  nombreuses  grèves  ont 
éclaté,  et  on  a  constaté  qu'il  était  bien  difficile,  pour  ne  pas  dire  impossible,  d'infliger 
la  pénalité  prescrite  par  la  loi.  Cette  expérience  de  l'arbitrage  obligatoire  est  trop 
limitée  quant  au  temps  et  aux  lieux,  elle  est  d'un  caractère  trop  exceptionnel  pour 
être  décisive  pour  nous,  étant  donné  surtout  notre  grand  éloignement.  Il  est  impos- 
sible de  constater  avec  assez  de  précision  jusqu'à  quel  point  la  clause  obligatoire  que 
contient  la  loi  a  pu  empêcher  les  conflits  industriels.  En  attendant,  il  n'est  que  juste 
de  faire  remarquer  que  dans  la  Nouvelle-Galles  du  Sud,  où  la  loi  de  1907  interdisant 
les  grèves  a  atteint,  en  1908,  la  limite  de  sa  durée,  qui  était  de  sept  années,  on  a  dé- 
crété une  nouvelle  loi  ouvrière  renouvelant  l'interdiction  absolue  des  grèves  et  des 
contre-grèves,  et  que  dans  la  Nouvelle-Zélande  on  est  à  discuter  en  ce  moment  des 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  51 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36  i 

mesures  draconiennes  d'une  portée  très  étendue  dans  le  but  de  pouvoir  infliger  une 
punition  à  tous  ceux  qui  refuseront  de  se  soumettre  aux  sentences  arbitrales — c'est 
une  preuve  de  l'insuffisance  de  la  législation  antérieure  sous  ce  rapport  et  de  la  diffi- 
culté extrême  qu'on  éprouve  à  infliger  la  pénalité  qu'elle  comporte.  Il  ne  faut  pas 
oublier,  en  étudiant  le  fonctionnement  de  ces  lois  en  Australie  et  en  Nouvelle-Zé- 
lande, que  ces  pays  sont  particulièrement  indépendants  et  même  isolés  en  matière 
industrielle,  et  que  leur  situation  sous  ce  rapport  diffère  absolument  de  celle  des  pays 
européens  et  américains,  où  règne  la  plus  vive  concurrence. 

Que  la  suppression  absolue  des  grèves  et  contre-grèves  soit  ou  non  définitivement 
possible,  il  existe  néanmoins  une  opinion  bien  arrêtée  qu'une  législation  prohibitive 
de  cette  nature  est  peu  compatible  avec  le  concept  raisonnable  de  la  liberté  individuelle, 
et  qu'on  devrait  éviter  d'y  recourir,  puisqu'il  y  a  lieu  d'espérer  qu'avec  des  mesures 
moins  sévères  l'on  pourra  obtenir  d'aussi  bons,  voir  même  de  meilleurs  résultats. 

l'intérêt  de  la  collectivité. 

Souvenons-nous  que  les  différends  industriels  se  présentent  sous  deux  aspects 
pour  le  public  en  général;  dans  le  premier  cas,  le  grand  public  n'est  qu'indirectement 
intéressé;  dans  le  second  cas  il  l'est  directement.  La  grève  qui  éclate  dans  une  fila- 
ture ou  dans  une  fabrique  de  chaussures  n'intéresse  le  typographe,  le  plombier  ou 
l'avocat  qu'en  autant  qu'il  peut  en  résulter  un  effet  déprimant  dans  une  région  par- 
ticulière; d'autre  part,  une  grève  de  tramways  cause  des  inconvénients  et  des  dom- 
mages à  la  population  entière  d'une  ville  et  peut  occasionner  des  souffrances  réelles 
à  bien  des  gens  qui  ne  participent  pas  au  différend;  une  grève  de  charbonniers,  d'em- 
ployés de  chemins  de  fer  ou  de  télégraphe  peut  plonger  dans  la  confusion  et  le  désas- 
tre  toute  une  région,  un  pays  tout  entier. 

La  distinction  à  faire  c'est  que  dans  le  premier  cas  il  s'agit  d'une  entreprise  par- 
ticulière; dans  le  second  cas  nous  avons  affaire  à  une  catégorie  d'industries  dont  l'ex- 
ploitation ne  saurait  être  suspendue  sans  nuire  à  l'intérêt  du  public,  qui  de  plus  en 
plus  en  dépend.  On  peut  classifier  sommairement  dans  cette  catégorie  les  houil- 
lères, les  compagnies  de  transport  et  de  communication,  toutes  les  exploitations  enfin 
que  l'on  désigne  aujourd'hui  sous  le  nom  de  "  services  publics  ".  Il  est  évident  que 
s'il  est  une  circonstance  où  le  public  a  le  droit  d'exercer  une  certaine  pression  légis- 
lative dans  le  règlement  des  difféernds  industriels,  c'est  lorsque  l'intérêt  public  est  di- 
rectement menacée,  comme,  par  exemple,  par  la  suspension,  1,  d'un  système  de  tram- 
ways obligeant  les  citoyens  d'une  ville  à  parcourir  de  longues  distances  à  pied;  2,  d'un 
système  de  téléphone  dérangeant  les  dipositions  commerciales  et  sociales  d'une  ville; 
3,  d'un  système  d'éclairage  électrique  qui  plonge  toute  une  ville  dans  l'obscurité  après 
le  concher  du  soleil;  4,  de  toute  branche  de  l'industrie  des  transports  pouvant  inter- 
rompre le  service  régulier  des  trains  et  des  bateaux;  5,  d'un  système  de  télégraphe 
menaçant  les  intérêts  commerciaux  et  peut-être  la  vie  et  la  propriété  d'un  grand  nom- 
bre de  citoyens;  6,  des  exploitations  houillères  menaçant  d'une  disette  de  combustible 
toute  une  région;  7,  d'une  mine  de  cuivre  ou  de  fer,  privant  de  matière  première  des 
industries  sans  nombre  et  causant  une  perturbation  générale  dans  le  commerce. 

Il  est  vrai  qu'un  différend  survenant  dans  toute  industrie,  qu'elle  entre  ou  non 
dans  la  catégorie  des  services  publics,  offre  toujours  un  aspect  sérieux  pour  les  parti- 
cipants et  pour  ceux  qui  en  dépendent,  et  peut  toujours,  aussi  longtemps  que  la  conci- 

36— 4i 


52  DÉPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

liation  demeure  inefficace,  prendre  une  tournure  malheureuse  ou  même  tragique;  ce- 
pendant, il  est  facile  de  constater  que  l'intérêt  public  dans  les  différends  qui  se  pro- 
duisent dans  les  industries  d'une  nature  publique  est  bien  plus  vital  et  immédiat  que 
dans  les  autres  cas,  et  une  mesure  tendant  à  empêcher  ou  à  diminuer  les  grèves  dans 
les  industries  d'utilité  publique  doit  être  regardée  comme  étant  plus  désirable  et  plus 
efficaee  qu'une  loi  interdisant  absolument  les  grèves  et  les  contre-grèves. 

PREMIER    CONCEPT    DE    LA    LOI   CANADIENNE. 

Passant  des  raisonnements  généraux  à  l'expérience  et  aux  besoins  particuliers 
du  Canada,  nous  constatons  que  pendant  l'hiver  1906-7  le  pays  a  ressenti  les  maux 
que  peuvent  résulter  d'une  grève  dans  une  industrie  d'utilité  publique.,  Pendant 
neuf  mois  de  l'année  1906  une  grève  s'est  maintenue  aux  houillères  de  Lethbridge, 
Alberta,  lesquelles  fournissent  le  combustible  à  une  région  considérable  dans  les 
plaines  de  l'ouest,  et  la  grève  s'étant  prolongée  jusqu'aux  premiers  mois  de  l'hiver, 
on  a  commencé  à  craindre  sérieusement  une  disette  de  combustible.  Finalement,  à 
la  demande  urgente  de  l'honorable  M.  Walter  Scott,  premier  ministre  de  la  Saskatche- 
wan,  le  ministère  du  Travail  est  intervenu  et  M.  W.  L.  Mackenzie  King,  sous-ministre 
du  Travail,  est  parti  pour  Lethbridge  afin  de  négocier  dans  l'intérêt  public  entre 
les  parties.  M.  King,  après  d'assez  longues  négociations,  a  réussi  à  obtenir  une  en- 
tente entre  la  compagnie  et  ses  employés,  la  situation  alarmante  relativement  au 
combustible  ayant  influencé  cette  décision  de  part  et  d'autre.  Au  commencement  de 
décembre,  on  a  repris  le  travail  aux  houillères,  et  l'importance  de  cette  décision  a  été 
suffisamment  démontrée  quelques  mois  plus  tard,  alors  que  par  suite  de  la  longue  sus- 
pension des  travaux,  de  l'augmentation  rapide  de  la  population  et  d'un  hiver  excep- 
tionnellement rigoureux,  la  province  de  Saskatchewan  et  une  partie  de  l' Alberta  ont 
souffert  d'une  disette  de  charbon.  Dans  bien  des  endroits  la  situation  s'est  trouvée 
pénible  pendant  l'hiver  1906-7,  mais  elle  l'aurait  été  bien  davantage  si  les  représen- 
tations du  sous-ministre  et  la  pression  de  l'opinion  publique  n'avaient  pas  abouti  à 
un  règlement. 

Dans  un  rapport  au  parlement  sur  le  résultat  de  sa  médiation  à  Lethbridge,  le 
sous-ministre  a  parlé  de  la  sérieuse  menace  que  constitue  pour  la  société  des  grèves 
de  cette  nature.     M.  King  dit  à  ce  sujet: — ■ 

"  Si  l'on  tient  compte  du  fait  que  c'est  la  société  organisée  qui  rend  possible  l'ex- 
ploitation des  mines  au  profit  de  ceux  qui  s'occupent  de  cette  industrie,  il  faut  con- 
venir que  la  société  a  le  droit  d'exiger  de  ceux-ci  l'accomplissement  de  certains  de- 
voirs sociaux  et  même  d'user  de  contrainte  si  cela  devient  nécessaire.  Dans  toute 
société  civilisée  il  est  interdit  d'exercer  des  droits  particuliers  au  détriment  de  la 
chose  publique.  Il  est  évident  qu'aucun  droit  dont  peuvent  se  réclamer  des  particu- 
liers ne  saurait  obliger  les  habitants  d'une  province  à  subir  une  disette  de  combusti- 
ble en  plein  hiver  lorsqu'il  y  a  de  la  houille  dans  la  mine  et  des  ouvriers  et  des  capi- 
taux pour  l'en  extraire.  Les  parties  à  un  différend  doivent,  dans  ces  conditions,  s'ils 
ne  peuvent  s'entendre  à  l'amiable,  subir  l'arbitrage  que  leur  imposera  l'Etat  ou  faire 
place  à  d'autres. 

"  Ce  que  je  connais  de  l'Ouest  canadien  me  porte  à  croire  que  les  différends  mi- 
niers qui  se  sont  produits  cette  année  dans  la  région  pourront  éclater  de  nouveau,  si 
l'attitude  des  parties  à  l'égard  les  uns  des  autres  ne  subit  point  des  modifications  qui 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  53 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

ne  me  semblent  pas  probables,  à  moins  que  l'Etat,  soit  an  fédéral,  soit  an  provincial,  ne 
décrète  une  loi  les  forçant  de  soumettre  à  un  tribunal  impartial  tout  différend  qu'ils 
n'auront  pas  su  régler  à  l'amiable  et  qui  peut  donner  lieu  à  des  grèves  ou  à  des  contre- 
grèves. 

Parlant  de  la  loi  de  la  conciliation  décrétée  par  le  Parlement  du  Canada  en  1900, 
M.  King  a  fait  remarquer  que  c'était  là  "  une  mesure  conciliatrice  ne  contenant  aucun 
élément  obligatoire";  quant  à  la  loi  de  1903  relative  aux  différends  industriels  en 
matière  de  chemins  de  fer,  il  a  ajouté  que  "  dans  le  cas  d'une  grève  ou  d'une  contre- 
grève  projetée  ou  déclarée  sur  un  chemin  de  fer,  le  gouvernement,  par  l'entremise  du 
ministre  du  Travail,  a  le  droit  d'exiger  une  enquête  sous  serment  sur  les  causes  de  ce 
différend".  Le  sous-ministre,  dans  ses  commentaires,  insistait  sur  ce  fait  que  "depuis 
la  mise  en  vigueur  de  cette  dernière  loi  il  ne  s'était  pas  produit  sur  les  chemins  de 
fer  du  Canada  une  seule  grève  ou  contre-grève  d'une  importance  ou  d'une  durée  suffi- 
saute  pour  interrompre  le  service  régulier  des  courriers,  des  voyageurs  et  des  marchan- 
dises, ou  pour  menacer  la  sécurité  du  personnel  des  trains,  et  que  dans  une  cir- 
roustance  notamment  o:ù  on  l'a  invoquée,  la  loi  a  eu  pour  effet  d'empêcher  une  grève 
sérieuse  et  générale  sur  le  réseau  qui  vient  en  second  lieu  par  ordre  d'importance  au 
Canada  ". 

LES   RECOMMANDATIONS   DU    SOUS-MINISTRE. 

Le  sous-ministre  terminait  son  rapport  sur  le  différend  de  Lethbridge  en  soumet- 
tant la  recommandation  que  voici  : — 

"  Le  but  que  se  proposait  le  Parlement  en  décrétant  la  loi  de  la  conciliation  et 
celle  relative  aux  différends  sur  les  chemins  de  fer,  pourrait,  ce  me  semble,  être  atteint 
par  une  loi,  applicable  aux  grèves  et  aux  contre-grèves  dans  les  houillères,  se  rapprochant 
par  ses  dispositions  de  la  loi  relative  aux  différends  sur  les  voies  ferrées  déjà  en  vigueur. 
La  houille  étant  dans  notre  pays  un  produit  de  première  nécessité,  non  seulement  au 
point  de  vue  des  exploitations  industrielles  et  des  transports,  mais  aussi,  comme  le 
preuvent  de  récents  événements,  de  celui  de  la  vie  et  du  bonheur  de  la  population, 
il  s'en  suit  que  s'il  est  possible  de  rédiger  une  loi  qui,  sans  empiéter  sur  les  droits 
reconnus  des  employeurs  et  des  employés,  protège  néanmoins  le  public,  et  puisse  em- 
pêcher les  grèves  et  les  contre-grèves  dans  les  houillères,  l'Etat  serait  justifiable  de  la 
décréter.  Il  semble  qu'on  pourrait  atteindre  ce  but,  au  moins  en  partie,  en  déclarant, 
comme  dans  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  voies  ferrées,  que  tout  différend  sera 
renvoyé  à  un  conseil  ayant  le  pouvoir  de  faire  enquête  et  d'entendre  les  témoins  sous 
serment,  en  déclarant  de  plus  peut-être  que  cette  enquête  ne  sera  pas  volontaire  mais 
obligatoire,  et  qu'en  attendant  la  décision  du  conseil  il  sera  interdit  aux  parties,  sous 
peine  d'amende,  de  recourir  à  la  grève  ou  à  la  contre-grève. 

Me  basant  donc  sur  l'expérience  du  passé  et  sur  la  situation  présente,  je  désire 
respectueusement  recommander  qu'une  mesure  de  ce  genre  ou  toute  autre  ayant  pour 
but  de  prévenir  les  malheurs  dont  ce  pays  a  été  témoin  depuis  quelques  mois  et  de 
promouvoir  la  paix  industrielle  et  l'intérêt  public  en  général,  soit  soumise  à  une  date 
prochaine,  à  l'attention  du  Parlement," 

H  est  peut-être  à  propos  de  faire  remarquer  ici  que  le  nombre  de  différends  indus- 
triels se  produisant  dans  les  industries  de  la  catégorie  des  services  publics  est  très 
considérable.     Si  l'on  examine  ce  qui  se  passait  six  années  avant  la  nouvelle  législa- 


M  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

tion  recommandée  par  le  sous-ministre  du  Travail,  c'est-à-dire  à  l'époque  d/3  la  fon- 
dation du  ministère  du  Travail  et  des  premières  compilations  de  la  statistique  ou- 
vrière, on  constate  que  des  142,027  personnes  participant  aux  grèves,  au  Canada,  un 
tiers  appartenait  aux  professions  entrant  de  l'aveu  général  dans  la  catégorie  des  ser- 
vices publics,  c'est-à-dire  les  mines,  les  transports,  les  tramways,  le  téléphone  et  le 
télégraphe.  La  proportion  des  différends  ayant  trait  aux  services  publics  était  rela- 
tivement faible,  100  sur  un  total  de  715,  mais  le  nombre  des  ouvriers  intéressés  dans 
chacun  d'eux  était  beaucoup  plus  grand  que  dans  les  différends  survenus  dans  les 
autres  industries,  de  telle  sorte  que  les  conflits  dans  les  industries  des  services  publics 
réaffectaient  pas  moins  de  47,397  ouvriers.  Il  va  sans  dire  que  de  telles  interruptions 
à  la  routine  ordinaire  de  la  vie  industrielle  ne  sauraient  se  produire  sans  les  plus  gra- 
ves conséquences  pour  tous  les  intéressés. 

LA   NOUVELLE    LOI   DECRETEE    PAR    LE    PARLEMENT    CANADIEN. 

Yn  projet  de  loi  basé  sur  la  recommandation  du  sous-ministre  fut  sou- 
mis par  le  ministre  du  Travail  au  cours  de  la  session  1906-7;  approuvé  par  les  cteux 
Chambres,  et  reçut  la  sanction  royale  le  22  mars  1907. 

Une  des  clauses  de  la  mesure,  ainsi  qu.e  l'indique  les  citations  que  nous  avons  faites 
de  la  recommandation  ci-dessus,  décrète  que  toute  grève  ou  contre-grève  dans  une 
mine  ou  autre  industrie  d'utilité  publique  sera  illégale  jusqu'à  ce  qu'une  enquête  ait 
eu  lieu  sur  le  différend  et  tous  les  efforts  raisonnables  tentés  pour  mettre  les  parties 
d'accord. 

Il  suffira  sans  doute  d'expliquer  brièvement  la  procédure  que  prescrit  la  nouvelle 
toi.  Le  conseil  chargé  de  l'enquête  obligatoire  se  compose  de  trois  personnes;  chaque 
partie  au  différend  en  recommande  une  qui  est  nommée  par  le  ministre  du  Travail, 
la  troisième  est  recommandée  par  les  deux  premières;  lorsque  celles-ci  ne  peuvent 
s'entendre,  le  troisième  conseiller  est  choisi  et  nommé  par  le  ministre.  Si  l'une  des 
parties  néglige  de  désigner  un  représentant  au  conseil  dans  les  cinq  jours  après  en 
avoir  été  requis  par  le  ministre,  ou  dans  tel  délai  supplémentaire  que  celui-ci  jugera 
à  propos  d'accorder  pour  raison  valable,  le  ministre  lui-même  doit  alors  faire  la  nomi- 
nation nécessaire,  bien  qu'il  soit  évident  que  dans  un  tel  cas  les  éléments  nécessaires 
à  la  conciliation  font  défaut.  La  loi  exige  un  avis  de  trente  jours  tant  de  la  part  du 
patron  que  des  employés  avant  que  l'on  puisse  introduire  un  changement  quelconque 
dans  les  salaires  ou  dans  les  conditions  générales  du  travail.  Il  faut  bien  remarquer 
que  la  sentence  du  conseil  ne  lie  pas  les  parties  à  moins  qu'elles  y  consentent.  Une 
fois  l'enquête  terminée,  les  parties  restent  libres  de  faire  ce  qui  leur  plaît,  à  moins 
qu'elles  n'aient  au  préalable  consenti  à  accepter  la  décision  du  conseil;  et  si  les  efforts 
du  conseil  n'ont  pas  réussi  à  amener  une  entente  ou  à  améliorer  les  relations  entre 
les  parties,  celles-ci  restent  libres  de  recourir  aux  moyens  primitifs  et  incommodes  des 
grèves  et  des  contre-grèves,  si  elles  le  désirent. 

Il  y  a,  on  le  voit,  une  distinction  radicale  entre  la  loi  canadienne  et  celle  de  l'ar- 
bitrage obligatoire  en  vigueur  dans  les  Etats  australiens  et  en  Nouvelle-Zélande.  La 
conciliation  reste  encore  le  moyen  principal  de  la  loi  canadienne,  mais  aucune  suspen- 
sion légale  du  travail  ne  peut  avoir  lieu  dans  cette  catégorie  d'industries  à  moins 
qu'elle  ne  soit  précédée  d'une  enquête  obligatoire  .  On  peut  dire  qu'il  est  peut-être 
aussi  difficile  d'établir  une  enquête  obligatoire  avant  une  grève  que  de  faire  exécuter 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  55 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

la  sentence  arbitrale  après  enquête,  et  qu'il  est  inutile  d'entreprendre  l'une  ou  l'autre. 
L'argument  n'est  pas  sans  valeur,  mais  l'avantage  reste  du  côté  de  la  loi  canadienne. 
Lorsque  les  parties  à  un  différend  désirent  réellement  éviter  un  conflit  sérieux,  la  loi 
canadienne  offre  un  moyen  excellent  pour  faciliter  l'entente.  Même  lorsqu'une  seule 
partie  est  disposée  à  être  raisonnable,  il  est  probable  que  la  loi  lui  en  facilitera  les 
voies.  Si  de  part  et  d'autre  on  est  absolument  déraisonnable,  il  n'est  pas  probable  que 
la  loi  canadienne,  pas  plus  d'ailleurs  qu'aucune  autre,  ne  puisse  conduire  à  un  règle- 
ment à  l'amiable,  mais  en  ce  cas  l'enquête  qu'elle  prescrit  offre  au  moins  l'avantage 
de  faire  connaître  les  faits  et  de  permettre  au  public  de  juger  qui  est  en  faute  dans 
une  situation  industrielle  qui  menace  son  bien-être.  Cependant,  la  proportion  des 
personnes  absolument  déraisonnables  parmi  les  gens  qui  travaillent  soit  comme  pa- 
trons, soit  comme  ouvriers,  est  très  limitée.  On  a  constaté  que  presque  sans  excep- 
tion les  membres  des  organisations  ouvrières  supérieures  sont  disposés  à  s'en  tenir 
aux  termes  de  la  loi  en  autant  qu'elle  leur  prescrit  d'attendre  le  résultat  d'une  enquête 

FONCTIONNEMENT  DE  LA  LOI  DURANT  SA  PREMIERE  ANNEE  D'EXISTENCE. 

Si  nous  étudions  le  fonctionnement  de  la  loi  durant  sa  première  année  d'exis- 
tence, nous  constatons  qu'il  s'est  produit  35  recours  conformément  à  ses  dispositions, 
c'est-à-dire  que  dans  35  différends  industriels,  les  représentants  d'une  partie  ou  de 
l'autre  ont  déclaré  que  si  l'affaire  ne  se  réglait  pas  par  l'action  d'un  conseil,  il  en  ré- 
sulterait une  grève  ou  une  contre-grève.  Le  nombre  d'hommes  participant  à  ces  di- 
vers différends  n'était  pas  moindre  que  25,000  ou  30,000,  et  le  capital  engagé  s'éle- 
vait à  plusieurs  millions  de  dollars.  jCes  différents,  à  une  exception  près,  se  sont 
produits  dans  des  min'es  ou  (autres  services  publics,  les  seuls  du  reste  auxquels  la 
loi  s'applique  directement.  Les  demandes  sont  venues  surtout  des  exploitations  mi- 
nières et  des  chemins  de  fer.  Les  tramways,  les  chargeurs  de  navires  et  les  mines 
métalliques  étaient  cependant  aussi  représentés.  Il  n'a  pas  été  nécessaire  de  nommer 
un  conseil  dans  tous  les  cas.  Il  est  arrivé  plusieurs  fois  que  le  seul  fait  qu'un  con- 
seil allait  être  nommé  pour  faire  enquête  sur  le  différend  et  que  les  résultats  de  son 
enquête  seraient  livrés  au  public — et  c'est  là  un  des  principaux  moyens  d'action  de 
cette  loi — a  suffit  pour  déterminer  un  compromis  et  à  donner  lieu  à  un  accord  avant 
la  complète  organisation  du  conseil.  Il  est  manifeste  que  dans  ces  cas  l'accord  est 
dû  à  l'action  de  la  loi,  bien  que  l'on  n'ait  eu  à  faire  fonctionner  qu'une  seul  de  se3 
rouages.  Il  faut  remarquer  aussi  qu'il  existe  ce  qu'on  pourrait  appeler  l'influence 
silencieuse  et  passive  de  la  loi,  car  sa  seule  existence  dans  nos  statuts  est  un  puissant 
levier  qui  donne  souvent  lieu  au  règlement  de  différends  dès  leurs  premières  phases. 
Dans  certains  cas,  le  ministère  a  reçu  de  précieux  témoignages  de  l'efficacité  de  la 
loi  sous  ce  rapport,  et  puisque,  d'après  la  nature  même  de  ces  questions,  il  est  fort 
difficile  d'obtenir  des  renseignements,  il  est  raisonnable  de  supposer  que  cette  in- 
fluence s'est  fait  sentir  dans  d'autres  cas  dont  le  gouvernement  n'a  pas  eu  connais- 
sance. Pendant  l'année,  vingt  conseils  ont  été  constitués  et  ont  fait  rapport;  huit  de 
ceux-ci  avaient  trait  aux  employés  des  voies  ferrées,  deux  aux  chargeurs  de  navires, 
un  aux  employés  des  mines  métalliques,  et  les  autres  aux  houillères.  Nous  pouvons 
constater  avec  satisfaction  qu'une  grève  n'a  eu  lieu  après  le  rapport  du  conseil  que 
dans  un  seul  cas,  et  que  dans  ce  cas  même,  après  un  chômage  de  treize  semaines,  les 
ouvriers  ont  repris  le  travail  aux  conditions  recommandées  par  le  conseil. 


56  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  est  impossible  de  dire  jusqu'à  quel  point  le  mal  se  serait  développé  sans  l'exis- 
tence de  la  présente  loi;  mais  en  prenant  comme  exemple  un  cas  particulier,  celui 
de  la  Dominion  Coal  Company,  de  Sydney,  Cap-Breton,  et  de  ses  employés,  au  nom- 
bre de  7,000  hommes,  où  un/}  solution  à  l'amiable  était  d'une  importance  vitale  pour 
toute  la  région,  il  paraît  certain  que  sans  la  présente  loi  une  grève  désastreuse  aurait 
eu  lieu.  Si  ces  ouvriers  s'étaient  mis  en  grève  pendant  un  mois  seulement,  ils  au- 
raient perdu  en  salaires  seuls,  près  d'un  demi-million  de  dollars.  Si  d'autre  part 
nous  nous  rappelons  que  le  coût  total  de  la  mise  en  vigueur  de  la  loi  pendant  la  pre- 
mière année,  y  compris  les  traitements  des  présidents  et  des  membres  des  conseils,  les 
frais  de  voyage,  de  témoins,  de  télégrammes,  etc.,  a  été  de  moins  de  $20,000,  l'on  s'a- 
percevra que  le  pays  n'a  pas  payé  cher  ce  bienfait.  Ajoutons  qu'il  en  a  coûté  £75,000, 
soit  $375,000,  à  Victoria,  un  des  Etats  /australiens,  pour  mettre  en  vigueur  la  loi  dite 
Wages  Boards  Act. 

A  l'exception  de  l'Ile-du-Prince-Edouard,  chaque  provinœ  a  contribué  sa  part  de 
différends,  sans  tenir  compte  du  fait  que  la  plupart  des  demandes  concernaient  des 
chemins  de  fer  intéressés  qui  traversaient  plusieurs  provinces. 

Il  faut  remarquer  que  bien  que  la  loi  ne  s'applique  directement  qu'aux  services 
publics,  elle  contient  néanmoins  une  clause  d'après  laquelle  elle  devient  applicable 
aux  différends  survenant  dans  d'autres  industries,  si  toutes  les  parties  y  consentent. 
Ce  cas  ne  s'est  présenté  qu'une  seule  fois  pendant  l'année;  la  difficulté  s'est  présentée 
aux  filatures  de  la  Montréal  Cotton  Mills,  de  Valleyfield,  Québec;  elle  a  été  réglée 
d'une  manière  satisfaisante,  et  il  est  permis  d'espérer  que  lorsque  la  loi  sera  mieux 
comprise,  les  industries  autres  que  celles  d'utilité  publique  en  profiteront  pour  obte- 
nir le  règlement  de  leurs  différends.  Ajoutons  à  l'appui  de  cette  dernière  considéra- 
tion que  le  congrès  fédéral  des  métiers  et  du  travail,  à  sa  réunion  annuelle  qui  a  eu 
lieu  à  Winnipeg  en  septembre  dernier,  a  consacré  à  cette  mesure  une  attention  con- 
sidérable, et  que  tout  en  proposant  plusieurs  changements  quant  aux  détails,  il  l'ap- 
prouve dans  son  ensemble,  et  a  adopté  une  proposition  demandant  au  gouvernement 
fédéral  de  l'appliquer  à  tous  les  genres  d'industries. 

Il  y  a  donc  lieu  de  croire  que  pendant  la  première  année  de  sa  mise  en  vigueur 
cette  loi  a  été  un  bienfait  pour  le  monde  industriel;  il  est  probable  aussi  que  lors- 
qu'elle sera  mieux  connue  et  comprise  du  public  et  qu'on  aura  appris  par  l'expérience 
à  bien  appliquer  ses  dispositions,  les  résultats  seront  encore  plus  satisfaisants.  De 
temps  à  autre,  on  a  quelque  peu  critiqué  la  procédure  que  prescrit  cette  loi;  les  pa- 
trons et  les  représentants  des  organisations  ouvrières  ont  écrit  de  nombreuses  lettres 
où  ils  discutent  la  mesure  à  fond,  en  proposant  parfois  des  modifications  visant  des 
améliorations.  Toutes  ces  propositions  ont  été  soigneusement  notées  afin  de  pouvoir 
servir  lors  de  la  revision,  laquelle  n'aura  lieu  qu'après  que  la  loi  aura  fonctionné  pen- 
dant quelques  années  encore  et  que  l'on  aura  acquis  une  plus  grande  expérience. 

LES    ÉTRANGERS    COMME    LES    CANADIENS    S'INTERESSENT   À   CETTE    LOT. 

Il  est  inutile  de  dire  que  l'application  de  cette  loi  a  de  beaucoup  augmenté  les 
•devoirs  et  les   responsabilités   du  ministère  du   Travail.     La  besogne   administrative 
résultant  de  la  loi  peut  se  subdiviser  ainsi:     1.  Correspondance  avec  les  parties  à  un 
différend  au  sujet  de  l'établissement  d'un  conseil  et  du  choix  de  ses  membres;  2.  Cor- 
respondance avec  les  membres  d'un  conseil  au  sujet  d'un  troisième  collègue  ou  prési- 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  57 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

dent  du  conseil;  3.  Correspondance  avec  le  président  d'un  conseil  au  sujet  de  la  pro- 
cédure à  suivre,  y  compris  des  copies  de  la  demande,  de  la  réponse  et  des  autres  pièces 
que  possèdent  le  ministère  et  qui  sont  essentielles  à  l'enquête;  4.  Préparation  et  envoi 
des  rapports  faits  par  le  conseil  aux  parties  en  cause.  Il  faut  y  ajouter  la  correspon- 
dance que  nécessite  les  nombreuses  demandes  d'exemplaires  de  la  loi,  de  formules  et 
de  renseignements. 

Dans  le  cours  des  procédures  de  chaque  conseil,  il  survient  fréquemment  des 
questions  exigeant  la  plus  grande  attention  et  entraînant  une  correspondance  de 
nature  très  délicate;  de  telle  sorte  que  la  constitution  d'un  seul  conseil  peut  quelque- 
fois donner  lieu  à  des  centaines  de  lettres  et  de  télégrammes,  et  il  est  constant  que 
ces  constitutions  de  conseils  ont,  dans  leur  ensemble,  exigé  un  échange  de  communi- 
cations diverses  au  nombre  de  plusieurs  milliers  entre  le  ministère  et  le  public. 

Ce  qui  est  digne  d'une  attention  spéciale,  en  parlant  de  cette  partie  du  travail  du 
ministère  pendant  l'année,  c'est  le  grand  intérêt  que  manifestent  pour  la  loi  des  en- 
quêtes en  matières  de  différends  industriels,  non  seulement  un  grand  nombre  d.e  Cana- 
diens distingués,  mais  aussi  des  fonctionnaires,  publicistes,  sociologues,  employeurs 
et  représentants  d'organisations  ouvrières  à  l'étranger  et  particulièrement  aux  Etats- 
Unis.  La  nouvelle  loi  a  été  commentée  dans  divers  articles  de  journaux  et  de  revues, 
non  seulement  au  Canada  mais  aussi  aux  Etats-Unis  et  dans  la  Grande-Bretagne, 
dont  le  plus  remarquable  peut-être  est  de  la  plume  du  Dr  Charles  Eliot,  le  distingué 
président  de  l'université  de  Harvard,  dans  McClures  Magazine,  numéro  de  décembre 
1907.  D'autres  articles  ont  paru  dans  la  North  American  Review,  le  Literary  Digest, 
le  Journal  of  Political  Economy,  etc.,  et  toute  cette  publicité  a  eu  pour  effet  d'inté- 
resser vivement  le  public  à  la  législation  ouvrière  canadienne  et  particulièrement  à 
la  loi  nouvelle.  Le  Dr  Eliot,  président  de  Harvard,  dans  un  discours  prononcé  au 
banquet  de  la  National  Civic  Fédération  de  New- York,  le  16  décembre  1907,  a  donné 
à  cette  mesure  une  chaleureuse  approbation,  et  ses  paroles  à  ce  sujet  sont  ainsi  repro- 
duite dans  le  Harvard  Bulletin  du  8  janvier  1908  :  "  Il  y  a  neuf  mois  il  m'a  été  donné 
d'étudier  la  meilleure  loi  qui  ait  jamais  été  décrétée  en  ce  monde  dans  le  but  de  pro- 
mouvoir la  paix  industrielle,  c'est  la  loi  canadienne  du  22  mars  1907  dite  loi  des 
enquêtes  en  matière  de  différends  industriels". 

M.  Roosevelt,  président  des  Etats-Unis,  s'est  aussi  intéressé  personnellement  à 
la  mesure  canadienne,  et  au  cours  d'un  séjour  qu'il  a  fait  à  Washington  au  commen- 
cement de  la  présente  année,  le  sous-ministre  du  Travail,  M.  W.  L.  Mackenzie  King, 
a  eu  l'honneur  de  conférer  avec  le  président,  à  sa  demande,  sur  le  fonctionnement  de 
la  loi.  Plus  tard  le  président  Roosevelt  a  envoyé  au  Canada  un  commissaire  spécial 
en  la  personne  du  Dr  Victor  S.  Clark,  un  sociologue,  auteur  très  connu,  qui  s'est  en- 
quis  personnellement  sur  le  fonctionnement  de  la  loi  canadienne,  voyageant  pour 
cela  d'un  bout  à  l'autre  du  pays,  assistant  aux  travaux  des  divers  conseils  établis  en 
vertu  de  la  loi,  afin  de  pouvoir  juger  par  lui-même  de  sa  valeur.  Le  rapport  du  Dr 
Clark  n'a  pas  encore  été  publié,  mais  dans  sa  correspondance  avec  le  ministère,  il 
montré  favorablement  impressionné.* 

*Le  rapport  du  Dr  Clark  a  téé  publié  dans  le  bulletin  bi-mensuel  de  l'office  du  Travail 
des  Etats-Unis  et  occupe  huit  pages.  Voici  sa  conclusion:  "  En  tant  Qu'on  peut  en  juger  par 
l'expérience  d'une  seule  année,  la  loi  des  enquêtes  atteint  le  principal  but  pour  lequel  on  l'a 
décrétév  c'est-à-dire  celui  d'empêcher  les  grèves  et  les  contre-grèves  dans  les  industries  de  la 
catégorie  des  services  publics. 


58  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  autorités  des  Etats  de  l'Ohio,  de  la  Californie  et  du  Kentucky  ont  écrit  au 
ministère  qu'une  mesure  se  rapprochant  de  la  loi  canadienne  serait  présentée  immé- 
diatement dans  leurs  législatures  respectives.  On  a  écrit  dans  le  même  sens  de  la 
colonie  du  Transvaal,  Afrique  du  sud. 

Outre  le  Dr  Victor  S.  Clark,  d'autres  visiteurs  distingués  se  sont  enquis  person- 
nellement quant  au  fonctionnement  de  la  loi,  entre  autres  Son  Excellence  M.  E.  C. 
Creel,  ambassadeur  du  Mexique  aux  Etats-Unis,  et  M.  Ernest  Aves,  commissaire 
spécial  chargé  par  le  gouvernement  britannique  de  s'enquérir  au  sujet  du  fonction- 
nement de  l'arbitrage  industriel  dans  les  différents  pays;  c'est  un  auteur  distingué 
occupant  une  place  importante  dans  le  monde  sociologue  de  la  Grande-Bretagne.  En 
quittant  l'Angleterre  M.  Aves  n'avait  pas  l'intention  de  s'occuper  de  cette  loi,  car  elle 
r.'existait  pas  encore,  mais  il  a  dû  le  faire  par  suite  de  la  réputation  que  cette  légis- 
lation s'était  acquise  en  dehors  du  Canada  et  dont  il  a  eu  connaissance.  Des  publi- 
cistes  et  des  fonctionnaires  représentant  la  Hollande,  l'Allemagne,  la  Erance  et  la 
Belgique  se  sont  aussi  enquis  personnellement  à  ce  sujet. 

QUELQUES   DEMANDES   DE   RENSEIGNEMENTS. 

Il  sera  intéressant  de  jeter  un  coup  d'œil  rapide  sur  les  plus  importantes  deman- 
des de  renseignements  venues  du  dehors.  On  remarquera  que  la  liste  parcourt  toute 
l'échelle  sociale,  depuis  les  grands  industriels  jusqu'aux  enfants  des  écoles  publiques 
de  l'ouest  des  Etats-Unis  désirant  se  renseigner  pour  des  joutes  oratoires  publiques. 
Les  commissaires  du  travail  des  Etats-Unis  et  de  la  Grande-Bretagne,  gouverneurs 
des  Etats  de  l'Union,  magistrats  américains,  membres  du  Congrès,  avocats,  journa- 
listes, philanthropes,  représentants  d'unions  ouvrières,  sont  au  nombre  âe  ces  corres- 
pondants, dont  les  plus  importants  sont  mentionnés  dans  la  liste  ci-dessous,  liste  d'au- 
tant plus  importante  qu'elle  ne  comprend  que  la  première  année  du  fonctionnement 
de  la  loi.  Cette  correspondance,  bien  qu'elle  ne  soit  pas  comprise  dans  les  différentes 
catégories  de  besogne  administrative  résultant  de  la  mise  en  vigueur  de  la  loi,  néces- 
site naturellement  beaucoup  de  temps  et  d'attention. 

1.  Le  premier  ministre  Botha  et  l'honorable  H.   Warrington   Smyth,   secrétaire  des 

mines  de  la  colonie  du  Transvaal,  Afrique  du  sud.  Ils  se  sont  enquis  de  la 
législation  ouvrière  du  Canada  en  général,  particulièrement  en  ce  qui  re- 
garde les  différends  industriels.  Ces  renseignements  leur  ayant  été  commu- 
niqués, le  gouvernement  du  Tranvaal  a  fait  part  au  ministère  du  Travail  de 
son  intention  probable  de  soumettre  à  la  législature  une  loi  se  rapprochant 
de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels. 

2.  M.  Marcus  M.  Marks,  un  des  neuf  membres  de  la  commission  de  la  paix  indus- 

trielle du  prix  Nobel  nommée  par  le  président  Roosevelt,  et  président  du 
comité  de  conciliation  de  la  Civic  Fédération,  de  New- York.  M.  Marks  dési- 
rait obtenir  les  renseignements  les  plus  complets. 

3.  Conseil  d'arbitrage  de  l'Etat  de  l'Ohio.     On  a  reçu  des  rapports  favorables  sur  le 

fonctionnement  de  la  loi  et  l'on  demande  les  plus  amples  détails. 

4.  M.  J.  S.  Larke,  commissaire  du  commerce  du  Canada,  à  Sydney,  Nouvelle-Galles 

du  Sud.  M.  Larke  a  lui-même  aidé  à  faire  connaître  la  loi  canadienne  dans 
cet  Etat,  et  il  demande  de  plus  amples  renseignements,  déclarant  qu'une  loi 
basée  sur  la  mesure  canadienne  sera  probablement  adoptée  dans  cette  partie 
de  l'Australie. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  59 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

5.  La  commission  des  bibliothèques  publiques  du  Wisconsin.     La  commission  oragnise 

un  bureau  de  renseignements  sur  les  lois  ouvrières  des  différents  pays  et  dé- 
sire obtenir  des  renseignements  sur  la  loi  canadienne. 

6.  Conseil  d'arbitrage  de  l'Etat  du  Michigan. 

7.  Bureau  de  rédaction  du  journal  American  Industries,  organe  de  l'Association  na- 

tionale des  manufacturiers. 

8.  Ecole  publique  Columbus,  de  Columbus,  Montana.     Les  renseignements  obtenus 

serviront  dans  un  débat  public. 

9.  M.  II.  C.  Metcalf,  branche  des  sciences  politiques,  collège  Tuft,  Mass. 

10.  L'honorable  Oscar  Strauss,  secrétaire  du  ministère  du  Commerce  et  du  Travail, 

Washington,  D.C. 

11.  M.  G.  A.  Garratt,  membre  de  l'Assemblée  générale  de  l'Ohio. 

12.  M.  F.  F.  Prentiss,  président  de  la  Cleveland  Twist  Drill  Cà.,  Cleveland,  Ohio. 

13.  M.  Charles  P.  Neill,  commissaire  du  Commerce  et  du  Travail,  Washington,  D.C. 

14.  Fédération  du  travail  de  l'Ohio.     On  annonce  qu'une  loi  presque  entièrement  sem- 

blable sera  soumise  à  la  législature  de  l'Ohio. 

15.  Commissioner   of   Charities  and   Correction,   Etat   d'Oklahoma.     Le   commissaire 

déclaré  que  les  renseignements  fournis  par  le  ministère  du  Travail  ont  été  de 
la  plus  grande  utilité  dans  les  débats  du  Sénat  et  de  la  Chambre  des  Repré- 
sentants de  cet  Etat. 

16.  M.  Geo.  D.  Waterous,  membre  de  l'Assemblée  du  Connecticut;  il  désire  soumettre 

à  la  législature  de  l'Etat  une  mesure  semblable. 

17.  M.  H.  C.  Hunter,  avocat  et  procureur,  secrétaire  de  la  International  Métal  Trades 

Association  of  the  United  States. 

18.  Signor  Guido  Rossatti,  du  consulat  d'Italie,  New- York. 

19.  M.  A.  W.  Donnelly,  agent  commercial  canadien  dans  la  ville  de  Mexico.     M.  Don- 

nelly  écrit  à  la  demande  du  vice-président  du  chemin  de  fer  Central  du 
Mexique. 

20.  M.  H.  S.  Crisp,  ouvrier,  Decatur,  Illinois. 

21.  M.  M.  J.  Furber,  avocat,  Cleveland,  Ohio. 

22.  M.  H.  A.  Marks,  secrétaire  de  la  loge  locale  des  Chevaliers  du  travail,  Washing- 

ton, D.C. 

23.  M.  R.  N.  Brown,-  éditeur  du  Seattle  Post. 

24.  M.  D.  M.  Parry,  président  de  la  Parry  Manufacturing  Go.,  une  des  plus  grandes 

entreprises  industrielles  d'Indianapolis,  Indiana. 
25^  Le  secrétaire  de  la  International  Métal  Trades  Association  of  the  United  States, 
branche  de  Toledo. 

26.  M.  James  Burke,  commissaire  de  la  Montana  Coal  Operators  Association,  Helena, 

Montana. 

27.  M.  M.  V.  Stone,  gérant  de  la  Beamish  Bros.  Bag  Co.,  Boston,  Mass. 

28.  M.  W.  R.  Ellis,  chef  de  la  publicité  au  Boston  Herald. 

29.  M.  M.  A.  Mattanson;  il  se  servira  de  ces  renseignements  pour  faire  rapport  à  la 

branche  de  l'économie  politique,  université  de  Chicago. 

30.  M.  Carrol  D.  Wright,  président  du  collège  Clark,  Worcester,  Mass.;  il  a  entendu 

dire  que  cette  loi  est  la  meilleure  en  Amérique. 

31.  M.  F.  Fitton,  Johannesburg,  Afrique  du  Sud;  il  a  lu  une  analyse  de  la  loi  dans 

la  North  American  Reviiew. 

32.  M.  G.  W.  Purcell,  commissaire  du  Travail,  Indiana. 

33.  M.  S.  M.  Davis,  procureur  du  district  comté  d'Orange,  Californie;  il  désire  ces  ren- 

seignements afin  de  rédiger  une  loi  analogue  pour  le  règlement  des  différends 
ouvriers  dans  la  Californie. 

34.  L'honorable  Louis  H.  Winch,  juge  de  la  cour  de  circuit  de  l'Ohio,  qui  a  connue 

la  loi  par  M.  Eliot,  président  de  Harvard. 


60  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

35.  M.  G.  W.   Trayer,  président  de  la  Illinois  Coal  Operators'  Association;  il  a  lu 

l'article  de  M.  Eliot  dans  la  revue  McClure,  et  désire  obtenir  un  exemplaire 
de  la  loi  afin  de  faciliter  le  règlement  des  différends  entre  les  propriétaires 
des  charbonnages  et  les  mineurs. 

36.  M.  Chas.  Gettemy,  chef  du  bureau  de  la  statistique  ouvrière,  Massachusetts. 

37.  L'honorable  A.  Wilson,  gouverneur  du  Kentucky;  il  a  lu  une  analyse  de  la  me- 

sure dans  le  Liierary  Digest. 

38.  M.  J.  P.  Wangcr,  membre  du  Congrès  des  Etats-Unis,  de  la  Pensylvanie. 
89.  M.  M.  J.  Riggs,  gérant  de  la  American  Bridge  Company,  Toledo,  Ohio. 

40.  M.   Bernard   F.    Supple,   secrétaire   du   conseil   de   conciliation   et   d'arbitrage   de 

l'Etat  du  Massachusetts. 

41.  Professeur  F.  G.  Peabody,  président  de  la  branche  de  l'Ethique  sociale,  univer- 

sité de  Harvard. 

42.  M.  J.  A.  Gorman,  Cambridge,  Mass.,  secrétaire  de  la  Fédération  of  State,  City 

and  Town  Employées'  Union. 

43.  M.  Andrew  Furnseth,  secrétaire  de  l'union  des  marins  du  Pacifique. 

44.  M.    F .  H.    McLeod,    Londres,    Angleterre,    commissaire    du    travail    du    British 

Board  of  Trade. 

45.  M.  A.  G.  McKay,  président  du  Public  Committee  of  the  International  Temple  of 

Labour  Association,  N.-Y. 

46.  M.  Wesley  Russell,  secrétaire-trésorier  général  de  l'Union  des  voyageurs  de  com- 

merce d'Amérique. 

47.  M.  H.  J.  Straub,  gérant  de  la  Coal  Trade  Company  et  éditeur  du  Coal  Trade  Bul- 

letin. 
4S.  M.  W.  J.  Beecher,  avocat,  Great-Falls,  Montana;  il  dit  que  les  gens  de  son  Etat 
se  demandent  s'ils  ne  pourraient  pas  adopter  une  législation  semblable. 

49.  M.  C.  F.  Hubbard,  commissaire  du  travail  de  l'Etat  de  Washington.     Il  dit  :  "  Je 

crois  que  cette  loi  est  bonne  ". 

50.  M.  Roland  F.   Falconer,   secrétaire  de  la  branche   d'économie   industrielle   de  la 

National  Civic  Fédération,  de  New- York;  il  dit  que  la  mesure  a  été  discutée 
à  une  récente  réunion  de  la  National  Civic  Fédération  et  qu'on  s'y  intéresse 
vivement. 

RÉSUMÉ  DES  DIFFÉRENDS  SOUMIS  À  L'ACTION  DE  LA  LOI  PENDANT  L'ANNEE. 

On  trouvera  dans  une  annexe  au  présent  rapport  des  détails  complets  sur  les 
différends  industriels  dont  le  règlement  a  été  confié  à  des  conseils  de  conciliation  et 
d'enquête  conformément  aux  dispositions  de  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  diffé- 
rends industriels,  de  1907,  mais  nous  croyons  être  utile  au  lecteur  en  donnant  aussi 
un  résumé  de  chaque  cas. 

La  loi,  on  le  sait,  a  reçu  la  sanction  royale  le  22  mars  1907.  Au  mois  d'avril  sui- 
vant, le  ministre  du  Travail  a  reçu  trois  demandes  pour  la  formation  de  conseils)  de 
conciliation  et  d'enquête  conformément  à  la  loi.  La  première  est  venue  de  la  Cum- 
berland  Railway  and  Coal  Company,  de  Springhill,  Nouvelle-Ecosse.  Dans  ce  cas, 
une  difficulté  s'était  élevée  entre  les  mineurs  eux-mêmes  quant  aux  titres  des  mem- 
bres de  la  Provincial  Workmens  Association,  de  laquelle  la  compagnie  se  disait  désin- 
téressée. Les  mineurs  se  sont  mis  en  grève  dans  les  premiers  jours  d'avril  en  atten- 
dant le  règlement  du  différend,  et  la  compagnie  a  immédiatement  demandé  la  forma- 
tion d'un  conseil  conformément  à  la  loi.  Il  paraît  que  les  hommes  s'étaient  mis  ei 
grève  croyant  que  la  loi  nouvelle  ne  s'appliquait  pas  à  la  Nouvelle-Ecosse.  Us  n'a- 
vaient pas  eu  l'intention  de  violfer  la  loi,  affirmait-on,  et  dès  qu'ils  ont  compris  qu'elle 
s'appliquait  à  la  Nouvelle-Ecosse  comme  aux  autres  provinces  du  Canada,  ils  se  sont 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  61 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

sur-le-champ  remis  à  l'ouvrage.  Le  8  avril,  le  jour  même  de  la  demande  formelle 
d'un  conseil,  le  ministre  du  Travail  a  reçu  un  télégramme  annonçant  la  reprise  de 
l'ouvrage,  et  le  gérant  général  de  la  compagnie,  M.  J.  K.  Cowans,  dans  un  autre  télé- 
gramme, exprimait  l'opinion  des  patrons  sur  la  loi  des  enquêtes,  dans  la  phrase  très 
nette  que  voici:  "  C'est  la  meilleure  qui  ait  été  faite,  et  si  on  l'applique  sagement  elle 
protégera  les  intérêts  miniers  et  industriels  du  Canada."  Dans  les  circonstances  on 
a  cru  devoir  retirer  la  demande  d'un  conseil,  mais  il  est  évident  que  c'est  l'influence 
de  la  nouvelle  loi  qui  a  amené  le  règlement  du  différend. 

La  seconde  demande  est  arrivée  le  9  avril,  de  la  part  das  employés  de  la  Canada 
West  Goal  and  Colce  Company,  de  Taber,  Alberta,  mais  elle  n'a  pas  donné  lieu  à  la 
formation  d'un  conseil;  un  fonctionnaire  du  ministère  s'est  reudu  à  Taber  au  moment 
où  le  différend  est  survenu;  en  expliquant  la  loi  et  d'autre  manière  il  a  pu  déterminer 
un  règlement  à  l'amiable. 

Le  9  avril  encore,  on  a  fait  une  demande  de  la  part  des  différentes  compagnies  for- 
mant la  Western  Codl  Operators'  Association,  laquelle  se  compose  des  principaux  pro- 
priétaires de  charbonnages  de  la  Colombie  Orientale  et  d/3  l'Alberta,  y  compris  les 
importants  charbonnages  de  la  Compagnie  Crow's-Nest  à  Fernie  et  à  Michel,  Colom- 
bie-Britannique. Ici  encore  le  différend  a  suivi  de  près  la  sanction  de  la  loi  et  les 
employés  s'étaient  mis  en  grève  avant  d'avoir  pu  en  connaître  les  dispositions.  M. 
W.  L.  Mackenzie  King,  sous-ministre  du  Travail,  se  rendit  en  toute  hâte  à  Fernie, 
Colombie-Britannique,  pour  expliquer  la  loi  et  aider,  d'une  manière  générale,  à  déter- 
miner le  règlement  d'un  différend  qui  pouvait  en  se  prolongeant  embarrasser  sérieuse- 
ment les  transports  et  les  intérêts  manufacturiers  du  Canada  occidental.  Un  conseil 
de  conciliation  et  d'enquête  a  été  promptement  constitué  sous  la  présidence  du  juge 
en  chef  sir  William  Mulock,  autrefois  ministre  du  Travail  au  Canada.  Avant  la  réu- 
nion du  conseil,  le  sous-ministre  du  Travail  a  pu  négocier  un  accord  s'étendant  à 
toutes  les  questions  en  litige  et  pour  une  période  de  deux  années.  Le  désir  des  parties 
d'éviter  une  enquête  a  de  beaucoup  facilité  ses  négociations.  Plusieurs  milliers  d'hom- 
mes participaient  à  ce  conflit. 

La  quatrième  demande  d'un  conseil  est  parvenue  au  ministère  le  20  avril,  de  la 
part  des  mécaniciens  à  l'emploi  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  du 
Canada.  La  loi  allait  Lv  ê+re  mi«e  en  uivre  peur  la  première  fois,  et  il  est  satisfaisant 
de  pouvoir  déclarer  que  le  résultat  de  cette  première  épreuve  constitue  une  victoire 
signalée  pour  le  principe  de  la  mesure.  Les  autorités  du  Grand-Tronc  parurent  au 
début  hésiter  à  participer  aux  procédures  établies  par  la  loi,  insistant  que  l'action  des 
hommes  en  invoquant  cette  intervention  était  prématurée.  M.  C.  M.  Hays,  le  gérant 
général,  finit  cependant  par  accepter  cordialement  l'esprit  de  la  loi.  Un  conseil  fut 
constitué,  la  Compagnie  du  Grand-Tronc  désignant  M.  Wallace  Nesbitt,  CE.,  et  les 
mécaniciens,  M.  J.  G.  O'Donoghue.  Ces  deux  messieurs  n'aj^ant  pu  s'accorder  sur  le 
choix  d'un  troisième  conseiller  dans  le  délai  de  cinq  jours  fixé  par  la  loi,  le  ministre 
du  Travail  désigna  et  nomma  le  professeur  Adam  Shortt,  de  l'Université  Queens, 
troisième  conseiller  et  président  du  conseil.  Le  conseil  se  réunit  les  16,  17  et  18  mai, 
et  bien  que  le  différend  portât  sur  des  questions  épineuses  et  compliquées,  telles  que 
le  taux  des  salaires,  les  heures  d'ouvrage,  le  travail  et  le  salaire  supplémentaires,  le 
nombre  et  la  condition  des  apprentis,  l'emploi  d'ouvriers  qui  s'étaient  mis  en  grève  ou 
<pu  avaient  été  renvoyés — quelques-uns  d'entre  eux  depuis  plus  de  deux  ans,  et  le  prin- 


62  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

cipe  général  de  la  reconnaissance  de  l'union,  cependant,  au  bout  de  la  troisième  jour- 
née tout  était  fini,  et  un  accord  conclu,  pour  une  période  d'un  an,  qui  paraissait  plaire 
également  à  la  compagnie  et  aux  hommes.  Dans  sa  lettre  au  ministre  sur  les  procé- 
dures du  conseil,  le  professeur  Shortt  conclut  ainsi  :  "  Il  semble  difficile  de  dire  laquelle 
des  deux  parties  était  la  mieux  satisfaite  du  caractère  des  procédures  et  de  l'efficacité 
de  la  nouvelle  loi  ;  tout  le  monde  savait  qu'elle  était  à  l'épreuve,  mais  tous  admettent 
que  cette  épreuve  s'est  terminée  par  un  succès.  Un  différend  ouvrier  important  et 
compliqué  de  querelles  durant  depuis  deux  ans  et  s'envenimant  avec  les  années,  a  été 
réglé  à  la  satisfactiton  des  deux  parties  sans  qu'il  en  coûte  une  journée  d'ouvrage  aux 
hommes  ni  un  dollar  à  la  compagnie,  et  surtout  sans  le  moindre  dérangement  dans  le 
service  public."  S'il  fallait  d'autres  preuves  de  l'opinion  des  intéressés  sur  le  fonc- 
tionnement satisfaisant  de  la  loi,  on  les  trouverait  dans  les  entrevues  accordées  au 
Hamilton  Herald  par  MM.  Walter  Nesbitt  et  J.  G.  O'Donoghue,  membres  du  conseil, 
où  ils  expriment  leur  chaleureuse  approbation  de  la  nouvelle  loi  et  de  ses  résultats. 

Au  cours  du  mois  de  mai,  on  a  reçu  plusieurs  demandes.  La  première  est  venue 
de  la  Pioneer  Lodge,  No.  1,  Provincial  WorJcmen's  Association,  au  nom  des  employés 
de  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company,  de  Springhill.  Cette  compagnie  est 
celle  qui  avait  en  premier  lieu  invoqué  l'action  de  la  loi  après  son  adoption.  C'était 
maintenant  le  corps  des  employés  qui  l'invoquait  à  son  tour  dans  un  différend  d'autre 
nature.  Le  ministre  du  Travail  constitua  un  conseil,  et  les  conseillers  désignés  par  les 
parties  désignèrent  comme  président  l'honorable  juge  Graham,  de  la  cour  Suprême  du 
Nouveau-Brunswick.  L'enquête  eut  lieu  au  cours  du  mois  de  mai  et  l'on  interrogea 
plusieurs  témoins.  Le  rapport  fut  soumis  au  commencement  de  juillet,  mais  cette 
fois  il  ne  fut  pas  unanime  et  le  conseiller  désigné  par  les  employés  fit  un  rapport  sé- 
paré. Le  rapport  du  conseil  donnait  gain  de  cause  aux  ouvriers  sur  un  des  points  en 
litige,  mais  sur  l'autre  point,  portant  sur  le  paiement  de  la  pierre  de  carrières  locales 
employée  pour  la  construction  de  piliers,  leur  prétention  ne  fut  pas  soutenue.  Les 
ouvriers  refusèrent  d'accepter  cette  décision,  et  le  premier  août  ils  se  mirent  en  grève. 
Cependant,  les  deux  parties  s'étaient  strictement  conformées  à  la  loi  en  soumettant 
leur  différend  à  l'enquête  et  en  s'efforçant  de  s'entendre  avant  de  recourir  à  d'autres 
moyens.  La  grève  dura  du  1er  août  au  31  octobre,  alors  que  les  ouvriers  reprirent 
l'ouvrage  aux  conditions  posées  par  le  conseil.  Il  y  a  lieu  de  croire  que  la  publicité 
qu'on  a  donnée  à  la  cause  du  différend,  grâce  à  l'influence  de  la  nouvelle  loi,  a  produit 
quelque  avantage  en  permettant  aux  parties  de  mieux  comprendre  leurs  prétentions 
respectives.  Dans  ce  cas,  la  loi  n'a  pas  pas  manqué  son  effet,  elle  n'est  pas  restée  lettre 
morte;  elle  n'a  pu,  il  est  vrai,  empêcher  une  grève,  mais  elle  a  permis  aux  parties  de 
régler  leur  différend  sans  malentendus  et  en  connaissance  de  cause. 

Le  15  mai,  la  Shipping  Fédération  of  Canada,  dont  le  siège  est  à  Montréal,  a 
demandé  la  constitution  d'un  conseil.  La  demande  a  été  faite  une  journée  ou  deux 
après  que  les  ouvriers  du  port  de  Montréal  se  fussent  mis  en  grève;  apparemment 
ils  n'avaient  pas  compris  la  nature  de  la  loi  ou  ne  savaient  pas  que  cette  mesure  en- 
core nouvelle  s'appliquait  directement  à  leur  industrie.  Le  conflit  se  prolongea  pen- 
dant plusieurs  jours;  les  hommes  refusant  de  travailler  et  les  intérêts  du  port  de 
Montréal  étant  sérieusement  menacés,  les  membres  de  la  fédération  (engagèrent  de  nou- 
veaux employés  pour  remplacer  les  anciens  et  retirèrent  leur  demande.  En  atten- 
dant, M.  F.  A.  Acland,  secrétaire  du  ministère  du  Travail,  avait  réussi  à  induire  les 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  63 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

ouvriers  à  se  conformer  à  l'esprit  de  la  loi,  à  retourner  au  travail  et  à  soumettre 
leur  différend  avec  les  armateurs  à  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête.  Après 
une  grève  d'une  semaine  les  hommes  reprirent  l'ouvrage  et  demandèrent  au  ministre 
de  constituer  un  conseil.  Les  représentants  des  deux  parties  désignèrent  pour  leur 
président  Sa  Grandeur  Mgr  Bruchési,  archevêque  de  Montréal,  qui  fut  nommé.  Dans 
ce  cas,  la  sentence  du  conseil  fut  unanime,  mais  l'union  refusa  formellement  de  l'ac- 
cepter. Malgré  ce  refus,  environ  1,800  sur  les  2,300  employés  de  la  Shipping  Fédér- 
ation retournèrent  individuellement  à  l'ouvrage  aux  conditions  recommandées  par  le 
conseil,  et  tout  rentra  dans  l'ordre  jusqu'à  la  fin  âe  l'année.  Ajoutons  qu'une  année 
plus  tard,  la  décision  du  conseil,  quelque  peu  modifiée  grâce  à  l'intervention  du  mi- 
nistre du  Travail,  devint  de  nouveau  la  base  d'un  accord  entre  les  mêmes  parties  pour 
toute  la  saison.* 

Le  27  mai,  certains  des  employés  de  la  Alberta  Railway  and  Irrigation  Company, 
de  Lethbridge,  Alta,  demandèrent  la  constitution  d'un  conseil.  Le  ministre  se  dis- 
posait à  agir  conformément  à  la  loi,  lorsque  le  sous-ministre  du  Travail  reçut  le  télé- 
gramme suivant: 

Lethbridge,  Alta,  5  juin  1907. 

Accord  satisfaisant  signé  aujourd'hui  avec  Y  Alberta  Railway  and  Irrigation 
Company.     Un  conseil  n'est  plus  nécessaire,  grâce  à  la  loi  des  enquêtes.  Félicitations. 

(Signé)     F.  H.  Sherman, 
Président,  District  n°  18,  W.M.W.  of  A. 

Il  est  clair  que  dans  ce  cas  encore,  bien  que  le  conseil  n'ait  pas  été  constitué, 
l'accord  est  dû  exclusivement  à  l'influence  de  la  nouvelle  loi  et  aux  moyens  qu'elle 
offre  de  rapprocher  les  patrons  et  les  ouvriers  dans  des  circonstances  qui  n'existaient 
pas  auparavant.  M.  Sherman  est  le  président  régional  d'une  vaste  organisation  ou- 
vrière internationale,  et  l'un  des  chefs  ouvriers  reconnus  du  Canada  occidental;  ses 
paroles  sont  donc  un  témoignage  important  en  faveur  de  l'efficacité  et  de  l'excellence 
de  la  nouvelle  organisation. 

A  la  date  du  31  mai,  les  armateurs  de  Halifax,  Nouvelle-Ecosse,  demandèrent 
la  constitution  d'un  conseil.  Ici  encore,  comme  à  Montréal,  les  ouvriers  du  port 
s'étaient  mis  en  grève  à  la  suite  d'un  différend  avec  leurs  patrons  à  propos  de  salaires. 
M.  Victor  Dubreuil,  un  des  préposés  aux  justes  salaires  du  ministère  du  Travail,  fut 
envoyé  à  Halifax  pour  leur  expliquer  la  loi.  En  attendant,  les  armateurs  ayant  de- 
mandé au  ministre  du  Travail  de  constituer  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête, 
celui-ci  se  disposait  à  faire  droit  à  leur  demande,  lorsqu'il  apprit  que  les  parties 
étaient  tombées  d'accord  grâce  à  l'intervention  amicale  du  représentant  du  ministère 
du  Travail,  de  sorte  qu'un/3  enquête  devenait  inutile.  Ici,  comme  dans  les  cas  analo- 
gues précédents,  l'influence  de  la  loi  fut  directe  et  considérable. 

Vers  la  fin  de  juin  une  demande  fut  envoyée  au  ministre  dans  un  différend  entre 
le  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et  ses  ingénieurs  mécaniciens.  Le  professeur  Shortt 
fut  de  nouveau  appelé  à  la  présidence  du  conseil,  et  comme  dans  le  cas  des  mécani- 
ciens d'usine,  les  parties  ten  vinrent  à  un  accord  satisfaisant,  avec  cet  avantage  en 
plus  qu'on  s'engageait  de  part  et  d'autre  pour  trois  ans  au  lieu  d'une  année.     Les 

•Voir  Gazette  du  Travail,  njai  1908,  p.  1347. 


64  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

questions  à  décider  étaient  extrêmement  difficiles  et  compliquées,  la  grève  qui  mena- 
çait aurait  entièrement  paralysé  un  vaste  réseau  et  causé  un  tort  immense  aux  inté- 
rêts économiques  du  pays. 

Au  cours  du  mois  de  juillet,  les  employés  de  la  Cumberïand  Railway  and  Coal 
Company  demandèrent  la  constitution  d'un  nouveau  conseil.  Dans  ce  cas,  le  prési- 
dent du  conseil  fut  le  juge  de  comté  Patterson,  de  New-Glasgow,  Nouvelle-Ecosse. 
Avant  la  fin  de  l'enquête  la  grève  fut  déclarée,  la  sentence  du  premier  conseil  n'ayant 
pas  été  acceptée.  Sur  ce,  le  nouveau  conseil  suspendit  ses  séances,  mais  il  les  reprit 
peu  après,  termina  son  enquête  et  fit  rapport  au  ministère.  A  partir  de  la  déclaration 
de  la  grève,  la  compagnie  se  désintéressa  des  procédures  et  le  rapport  du  second 
conseil  ne  changea  rien  à  la  situation. 

Les  employés  des  cours  du  chemin  de  fer  Intercolonial  à  Halifax,  N.-E.,  se  sont 
mis  en  grève  pendant  quelques  jours  au  mois  de  juillet,  mais  constatant  qu'ils  se 
trouvaient  sous  la  juridiction  de  la  loi,  ils  ont  repris  l'ouvrage,  laissant  à  un  conseil 
In  tâche  de  faire  enquête  sur  leurs  réclamations.  Etant  employés  d'un  chemin  de 
fer,  ils  pouvaient  choisir  entre  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  indus- 
triels de  1907,  et  la  loi  de  conciliation  et  du  travail  relative  aux  employés  de  voies 
ferrées,  laquelle  offre  certaines  légères  variantes.  Il  en  est  résulté  un  accord  accepté 
à  l'unanimité  par  les  ouvriers,  et  dont  ont  bénéficié  non  seulement  les  ouvriers  de  Ha- 
lifax mais  aussi  ceux  de  Saint-Jean,  N.-B. 

Le  26  août  on  a  demandé  un  conseil  de  la  part  des  employés  de  laMontreal  Cot- 
ton  Company,  à  Valleyfield,  Que.  Environ  2,000  ouvriers  s'étaient  mis  en  grève, 
mais  M.  F.  A.  Acland,  secrétaire  du  ministère,  s'étant  rendu  à  Valleyfield,  persuada 
aux  ouvriers,  au  bout  de  quelques  jours,  de  retourner  à  l'ouvrage  et  de  confier  leurs 
intérêts  à  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  établi  en  vertu  de  la  loi  des  enquêtes 
de  1907,  la  compagnie  intéressée  y  ayant  préalablement  consenti. 

C'est  là  un  triomphe  spécial  pour  le  principe  de  la  loi  de  conciliation,  étant  donné 
que  les  employés  des  filatures  de  coton  ne  travaillaient  pas  dans  une  industrie  d'utilité 
publique,  qu'ils  ne  tombaient  pas  directement  sous  l'empire  des  dispositions  du  sta- 
tut, et  qu'ils  n'étaient  par  conséquent  nullement  restreints  quant  à  la  déclaration  et, 
à  la  continuation  de  la  grève.  On  a  là  une  preuve  frappante  de  l'influence  et  de 
l'élasticité  de  cette  loi,  et  il  n'y  a  pas  de  doute  que  la  portée  du  statut  serait  considé- 
rablement élargie  si  l'on  y  mettait  de  part  et  d'autre  un  peu  de  bonne  volonté.  La 
commission,  dont  l'honorable  juge  Eortin,  de  la  cour  supérieure  de  la  province  de 
Québec,  fut  nommé  le  président,  réussit  non  seulement  à  régler  tous  les  points  en  dis- 
pute, mais  encore  à  assurer  l'établissement  d'un  comité  permanent  de  conciliation 
auquel  l'on  convint  de  soumettre  tous  les  différends  qui  s'élèveraient  par  la  suite 
entre  la  compagnie  et  ses  employés,  sauf  ceux  qui  se  rapporteraient  à  une  augmenta- 
tion ou  à  une  diminution  générale  des  salaires.  La  sentence  de  la  commission  fut 
rendue  le  20  septembre,  et  c'est  le  premier  cas  où  les  dispositions  de  la  loi  de  concilia- 
tion aient  été  suivies  pour  régler  un  différend  industriel  auquel  elles  ne  s'appliquaient 
pas  directement. 

Le  5  septembre,  les  télégraphistes  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique- 
Canadien,  au  nombre  de  1,650,  demandèrent  que  fût  constituée  une  commission 
de  conciliation  et  d'enquête  à  laquelle  seraient  soumis  divers  griefs,  qui,  s'ils  n'avaient 
pas  été  réglés,  auraient  sans  doute  amené  une  grève  dont  les  intérêts  commerciaux  du 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  65 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

pays  auraient  beaucoup  souffert.  Une  commission  fut  dûment  constituée,  les  deux 
membres  nommés  sur  la  recommandation  des  parties  intéressées  ayant  été  MM.  Wil- 
liam Nesbitt,  conseil  du  Roi,  recommandé  par  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Paci- 
fique-Canadien, et  J.  G.  O'Donoghue,  recommandé  par  les  télégraphistes,  c'est-à- 
dire  ceux-là  même  qui  avaient  déjà  agi  comme  arbitres,  avec  le  professeur  Shortt 
connue  président,  lors  du  différend  survenu  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer 
Grand-Tronc  et  ses  machinistes.  Sur  la  recommandation  de  ces  messieurs,  le  profes- 
seur Shortt  fut  de  nouveau  nommé  président,  et  la  commission,  après  avoir  déployé 
d'énergiques  efforts,  réussit  à  effectuer  un  arrangement  qui  fut  signé  devant  elle,  et 
c'est  ainsi  qu'une  grève  fut  évitée. 

Le  11  novembre,  les  employés  de  la  Canadian  Consolidated  Mining  and  Smelting 
Company,  au  nombre  de  350  à  400,  qui  travaillaient  à  la  mine  de  Saint-Eugène,  à 
Moyie,  C.-B.,  demandèrent  qu'une  commission  de  conciliation  fût  constituée.  L'on  se 
rendit  à  leur  demande.  Après  avoir  fait  une  enquête  minutieuse  sur  l'industrie  de  la 
fonte  des  minerais  dans  la  Colombie-Britannique  et  dans  la  région  adjacente  des 
Etats-Unis,  la  commission  présenta  un  rapport  unanime  où  étaient  formulées  diverses 
recommandations  pour  le  règlement  du  différend  qui  était  survenu.  Ces  recomman- 
dations, bien  qu'elles  n'aient  pas  été  formellement  acceptées  de  part  et  d'autre,  ont  eu 
pour  résultat  d'amener  une  entente  entre  la  compagnie  et  ses  employés,  et  une  grève 
a  été  ainsi  évitée. 

Le  16  septembre,  l'on  reçut  des  employés  de  la  mine  Hosm.er,  à  Hosmer,  C.-B.,  une 
requête  où  ils  demandaient  que  les  salaires,  les  heures  de  travail,  etc.,  fussent  régle- 
mentés. Une  commission  de  conciliation  fut  dûment  constituée  et  le  juge  Wilson  fut 
de  nouveau  nommé  président.  Un  rapport  unanime  fut  présenté  par  les  membres  de 
la  commission.  Aucun  arrangement  ne  fut  signé  devant  la  commission,  mais  les  par- 
ties firent  subséquemment  savoir  au  département  qu'elles  en  étaient  arrivées  à  une 
entente  en  se  basant  sur  l'enquête  qui  avait  été  faite.  Environ  100  mineurs  étaient 
intéressés  dans  cette  affaire. 

Le  18  septembre,  les  employés  de  la  ŒLillcrest  Coal  and  Colce  Company,  à  Hillcrest, 
Alberta,  demandèrent  qu'une  commission  de  conciliation  fût  nommée.  Une  commis- 
sion fut  dûment  constituée  et  l'honorable  C.  W.  Eisher,  le  président  de  l'Assemblée 
législative  de  l'Alberta,  en  fut  nommé  le  président.  Le  membre  de  la  commission  qui 
représentait  les  employés  de  la  compagnie  ne  voulut  pas  accepter  la  manière  de  voir 
de  ses  collègues  et  présenta  un  rapport  séparé,  mais  l'on  apprit  plus  tard  que  les  parties 
en  étaient  arrivées  à  une  entente  basée  sur  les  constatation?  'aites  au  cours  de  l'en- 
quête qui  avait  été  tenue.     Environ  70  mineurs  étaient  intéressés  dans  cette  affaire. 

Le  31  octobre,  le  département  reçut  des  employés  de  trois  compagnies  de  Taber, 
Alberta,  savoir,  de  la  Canada  West  Coal  and  Colce  Company,  de  la  Domestic  Coal 
Company  et  de  la  Duggan-Huntrods  Company,  des  demandes  pour  la  nomination  de 
commissions  d'arbitrage.  Trois  commissions  séparées  furent  constituées,  et  comme 
les  différends  étaient  identiques  dans  tous  ces  cas,  le  même  président  fut  nommé  pour 
les  trois  commissions,  savoir,  l'honorable  juge  Stuart,  de  Calgary,  Alberta.  L'on  en 
arriva  à  une  entente  dans  chaque  cas. 

Le  6  novembre,  une  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  d'arbitrage 
fut  reçue  des  employés  de  la  Compagnie  de  houillères  de  Strathcona,  à  Strathcona, 

36—5 


66  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Alberta.  Le  différend  était  de  même  nature  que  celui  qui  était  survenu  à  Taber.  M. 
Geo.  S.  Montgomery,  d'Edmonton,  fut  nommé  président  de  la  commission  sur  la 
recommandation  des  deux  autres  membres  déjà  nommés.  Ici  encore  un  arrangement 
fut  conclu  entre  les  parties  à  la  suite  de  l'enquête  qui  fut  tenue.  Le  président  de  la 
commission  écrivit  au  département  une  lettre  dans  laquelle  il  disait  que  la  loi  de  con- 
ciliation était  très  utile  pour  le  règlement  des  différends  industriels. 

Le  16  novembre,  le  département  reçut  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer 
Grand- Tronc  une  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  d'arbitrage  pour 
régler  les  différends  qui  étaient  survenus  entre  elle  et  ses  télégraphistes.  Ces  diffé- 
rends étaient  de  même  nature  que  ceux  qui  s'étaient  élevés  entre  la  Compagnie  du 
chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  ses  télégraphistes,  et  la  commission  qui  fut 
constituée  était  identique  à  celle  qui  avait  réussi  à  effectuer  un  règlement  dans  ce 
cas-là.  Elle  était  composée  du  professeur  Shortt,  président,  et  de  MM.  Wallace  Nes- 
bitt,  conseil  du  Koi,  et  J.  G.  O'Donoghue.  Les  intérêts  de  300  travailleurs  étaient 
en  jeu.  Comme  dans  le  cas  des  télégraphistes  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer 
Pacifique-Canadien,  une  désastreuse  grève  était  à  craindre  si  l'on  n'en  arrivait  pas 
à  une  entente.  La  commission  commença  immédiatement  son  enquête.  Elle  siégea 
à  Montréal  et  à  Toronto.     Les  parties  finirent  par  s'entendne  sur  tous  les  points. 

Le  18  novembre,  le  département  reçut  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Paci- 
que-Canadien  une  demande  pour  la  nomination  d'un/?  commission  d'arbitrage 
pour  le  règlement  des  différends  qui  étaient  survenus  entre  cette  compagnie  et  les 
wagonniers  employés  sur  ses  lignes  d/9  l'Ouest.  Les  intérêts  de  1,215  travail- 
leurs, paraît-il,  étaient  en  jeu,  et  les  différends  portaient  sur  les  salaires  et  sur  divers 
autres  points.  Une  commission  fut  dûment  constituée.  Voici  quels  en  étaient  les 
membres:  M.  J.  II.  McVetty,  de  Vancouver,  C.-B.,  recommandé  par  les  employés  inté- 
ressés; M.  A.  M.  Nanton,  de  Winnipeg,  Manitoba,  recommandé  par  la  compagnie,  et 
le  professeur  Odlum,  de  Vancouver,  C.-B.,  recommandé  par  les  deux  autres  membres. 
Aucun  arrangement  formel  ne  fut  conclu  devant  la  commission  dans  ce  cas-ci,  mais 
la  commission  fit  certaines  recommandations  unanimes  au  département,  recommanda- 
tions qui  furent  subséquemment  acceptées  de  part  et  d'autre,  ce  qui  mit  fin  au  conflit. 

Une  autre  demande  de  la  part  de  la  Loge  Pioneer,  P.W.A.,  représentant  les  em- 
ployés de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillères  de  Cumberland,  pour  la 
nomination  d'une  commission  d'arbitrage,  fut  reçue  au  nom  de  ces  employés.  Les  dif- 
férends portaient  sur  (1)  le  paiement  de  la  pierre  entrant  dans  la  construction  des 
piliers,  (2)  l'adoption  d'une  échelle  générale  de  salaires  pour  les  mineurs  travaillant 
à  l'abatage  du  charbon  de  leurs  contremaîtres,  et  (3)  le  changement  apporté  au  mode 
'de  paiement  du  minéral  extrait.  Le  ministre  constitua  une  commission,  et  M.  R.  B. 
Murray,  de  Springhill,  N.-E.,  en  fut  nommé  membre  sur  la  recommandation  des  em- 
ployés intéressés.  La  compagnie  ayant  négligé  de  recommander  quelqu'un  pour  la 
représenter  dans  la  commission,  le  ministre  nomma  M.  Hiram  Donkin,  de  Halifax, 
N.-E.,  sous-ministre  des  Mines  de  la  Nouvelle-Ecosse,  qui,  d'après  le  statut  (article 
8,  paragraphe  2),  "fut  censé  être  nommé  sur  la  recommandation"  de  la  partie  qui  ne 
s'était  pas  exécutée  dans  le  délai  de  5  jours  fixé  dans  le  statut.  Son  Honneur  le  juge 
Patterson,  de  New-Glasgow,  N.-E.,  fut,  sur  la  recommandation  des  deux  autres  mem- 
bres, nommé  tiers-arbitre  et  président  de  la  commission.     La  commission  fit  un  rap- 


:     i  RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  67 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

port  unanime  et  sa  sentence  fut  acceptée  par  les  employés.  La  compagnie  garda  la 
même  attitude.    Il  n'y  eut  pas  de  grève,  cependant. 

Au  cours  du  mois  de  décembre,  le  département  reçut  des  officiers  de  l'union  des 
mineurs  de  Cobalt  une  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  d'arbitrage 
pour  le  règlement  des  différends  qui  s'étaient  élevés  entre  la  compagnie  de  mines 
McKinley-Darragh,  de  Cobalt,  Ontario,  et  ses  employés.  Ces  différends  portaient  sur 
une  réduction  des  salaires,  qui  devait  prendre  effet  le  15  décembre,  l'avis  annonçant 
cette  réduction  ayant  été  affiché  le  15  novembre.  Le  professeur  Short  fut  nommé 
président  de  la  commission  qui  fut  constituée  et  un  rapport  unanime  fut  présenté. 
Aucun  arrangement  formel  ne  fut  conclu  devant  la  commission,  mais  l'on  donna  à 
entendre  au  département  qu'un  règlement  avait  été  effectué  d'après  les  recommanda- 
tions faites  par  la  commission  et  il  n'y  eut  pas  de  grève. 

Un  important  différend  qui  a  été  arbitré  au  cours  du  mois  de  décembre  est  celui 
yui  s'éleva  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  "  Canadian-Northern  "  et  les  chauf- 
feurs, les  mécaniciens  et  les  palefreniers  à  son  service,  au  nombre  de  359.  Ce  dif- 
férend portait  sur  les  relations  /entre  l'union  et  la  compagnie  et  avait  eu  pour  origine 
certaines  difficultés  avec  la  confrérie  des  mécaniciens  de  locomotives  qui  existaient  de- 
puis longtemps  et  qui  n'avaient  pu  être  réglées  entre  les  officiers  internationaux.  La 
commission  d'arbitrage,  dont  le  professeur  Shortt  était  le  président,  réussit  à  amener 
une  entente  entre  les  parties,  et  le  président  reçut  les  félicitation  des  officiers  inter- 
nationaux. 

Le  9  janvier,  une  demande  fut  reçue  pour  la  nomination  d'un/5  commission  d'ar- 
bitrage pour  régler  un  différend  qui  était  survenu  entre  la  compagnie  du  Témiscamin- 
gue  et  de  la  Baie  d'Hudson,  et  les  employés  de  cette  compagnie  (au  nombre  de  50) 
qui  travaillaient  dans  une  mine  d'argent  à  Cobalt.  La  commission  qui  fut  nommé 
rendit  une  sentence  unanime,  qui  fut  acceptée  par  les  mineurs,  mais  non  pas  par  la 
compagnie.  Il  n'y  eut  pas  de  grève,  cependant.  C'est  le  professeur  S.  J.  McLean, 
de  Toronto,  qui  agit  comme  président  dans  ce  cas-ci. 

Au  commencement  du  mois  de  janvier,  une  demande  pour  la  nomination  d'une 
commission  d'arbitrage  fut  reçue  des  wagonniers  au  service  de  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer  Grand-Tronc,  au  nombre  de  800.  Une  commission  fut  ^consti- 
tuée sous  la  présidence  du  professeur  Shortt.  L'on  réussit  à  mettre  les  parties  d'ac- 
cord. 

Un  des  différends  les  plus  importants  qui  aient  été  arbitrés  sous  l'empire  de  la 
loi  de  conciliation  durant  la  première  année  de  son  existence  est  celui  qui  s'éleva 
entre  la  Compagnie  de  houillères  Dominiooi,  de  Dominion,  C.-B.,  et  ses  employés,  au 
nombre  de  7,090.  La  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  d'arbitrage  fut 
reçue  au  département  le  29  janvier  1908.  Le  différend  portait  sur  la  révocation  d'un 
arrangement  qui  avait  été  fait,  et  l'industrie  houillère  dans  une  grande  partie  de  la 
Nouvelle-Ecosse  était  sérieusement  menacée.  Les  deux  parties  se  présentèrent  de- 
vant la  commission,  qui  avait  été  constituée  avec  peu  d'espoir  d'en  arriver  à  un  ré- 
sultat pratique.  La  commission  était  encore  une  fois  présidée  par  le  professeur  Shortt, 
qui,  cependant,  ne  consentit  à  accepter  la  présidence  que  sur  les  instances  du 
ministre  du  Travail,  les  fonctions  d'arbitre  que  le  professeur  avait  remplies  en 
maintes  occasions  l'ayant  forcé  de  négliger  ses   autres  defvoirs.     Le  principe  de  la 

36— 5i  * 


68  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

loi  de  conciliation  triompha  et  un  immense  désastre  pour  les  industries  de  la  Nou- 
velle-Ecosse fut  conjuré.  Un  arrangement  pour  un  terme  2  ans  fut  conclu  devant 
la  commission  le  13  mars,  et  le  rapport  de  la  commission  fut  reçu  au  département  le 
23  du  môme  mois.  Avec  les  7,000  employés,  et  en  supposant  que  chaque  famille 
compte  quatre  membres  on  moyenne,  le  nombre  des  personnes  directement  intéressées 
dans  ce  conflit  était  de  28,000,  sans  parler  des  ouvriers  employés  dans  les  industries 
où  l'on  se  sert  de  houille  et  de  tous  ceux  en  général  que  fait  vivre  l'industrie  houil- 
U  re. 

Le  31  janvier,  le  département  reçut  "tv<»  demande  nonr  la  nomination  d'une  corn- 
mission  d'arbitrage  pour  régler  un  différend  survenu  entre  la  Compagnie  de  tramways 
de  Hamilton  et  ses  employés.  Ce  différend  portait  principalement  sur  la  manière 
dont  la  compagnie  traitait  les  membres  de  l'union  à  son  service,  ceux-ci  prétendant 
qu'ils  n'étaient  pas  mis  sur  un  pied  d'égalité  avec  les  autres  employés.  Une  com- 
mission fut  constituée,  et  le  juge  Monck,  juge  du  comté  de  Wentworth,  en  fut  nommé 
le  président.  La  majorité  des  membres  de  la  commission  approuvèrent  l'attitude 
prise  par  la  compagnie,  tandis  que  M.  J.  G.  O'Donoghue,  le  membre  de  la  commission 
nommée  sur  la  recommandation  des  employés,  jugea  que  les  griefs  de  ces  derniers 
étaient  fondés.  Malgré  cette  divergence  d'opinion,  il  y  a  tout  lieu  die  croire  que, 
grâce  à  l'enquête  minutieuse  qui  a  été  faite  par  la  commission  et  à  la  publicité  don- 
née à  toute  cette  affaire,  les  relations  de  la  compagnie  avec  ses  employés  sont  deve- 
nues plus  cordiales.    Dans  tous  les  cas,  il  n'y  a  pas  eu  de  grève. 

Au  mois  de  mars  1908,  une  demande  fut  reçue  pour  la  nomination  d'une  com- 
mission d'arbitres  pour  régler  le  différend  qui  était  survenu  entre  les  compagnies 
de  navigation  faisant  le  service  sur  les  grands  lacs  et  leurs  employés.  Dans  ce  cas-ci, 
la  Dominion  Marine  Assqciation,  qui  avait  été  en  cause  comme  patron,  prétendit 
qu'elle  ne  pouvait  être  considée  comme  employeur  d'après  l'esprit  du  statut,  et 
refusa  par  conséquent  de  recommander  quelqu'un  comme  arbitre.  Malgré  cela,  le 
ministre  constitua  une  commission  sous  la  présidence)  (du  professeur  Shortt,  et  le 
différend  fut  réglé,  la  Dominion  Marine  Association  ayant  fini  par  coopérer  (cor- 
dialement avec  les  arbitres  pour  en  arriver  à  une  entente. 

Au  mois  de  février,  une  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  d'arbi- 
trage fut  reçue  des  propriétaires  de  plusieurs  houillères  peu  importantes  situées  à 
Woodpecker,  Alberta.  Dans  ce  cas-ci,  la  majorité  des  membres  de  la  commission 
qui  fut  constituée  recommandèrent  qu'une  certaine  échelle  de  salaires  fût  adoptée, 
mais  comme  les  mines,  par  suite  du  manque  de  commandes,  avaient  été  fermées 
dans  l'intervalle,  antérieurement  à  l'enquête,  il  ne  s'ensuivit  aucun  résultat  pratique. 

Vers  la  fin  du  mois  de  mars,  des  demandes  pour  la  nomination  de  commissions 
d'arbitrage  furent  reçues  des  propriétaires  de  deux  houillères  de  peu  d'impor- 
tance situées  dans  la  province  de  Saskatchewan,  et  une  autre  demande 
du  même  genre  fut  faite  par  les  employés  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houil- 
lère de  Cumbcrland.     Ces  demandes  étaient  à  l'étude  à  la  clôture  de  l'exercice. 

Tel  est  le  bilan  de  l'année.  Trente-cinq  différends  en  tout  ont  été  arbitrés  sous 
J'empire  de  la  loi  de  conciliation,  et  dans  un  cas  seulement  une  enquête  devant  une 
commission  a  été  suivie  d'une  grève.  Il  est  souvent  arrivé  que  la  commission  a  été 
formée  et  l'enquête  faite  dans  l'espace  de  pas  plus  d'un  mois  de  la  viate  de  la  récep- 
tion de  la  demande,  et  lorsqu'un  plus  long  délai  était  nécessaire  il  a  été  généralement 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  69 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

convenu  entre  les  parties  qu'il  ne  serait  rien  fait,  dans  l'intervalle,  de  nature  à  léser 
les  intérêts  de  qui  que  ce  soit.  En  comparant  la  date  de  la  réception  de  la  demande 
avec  la  date  de  la  réception  du  rapport, — datfcs  qui  sont  indiquées  dans  les  tableau 
ci-joint  montrant  les  résultats  obtenus  par  l'application  de  la  loi  de  conciliation — 
il  ne  faut  pas  oublier  que  dans  plusieurs  cas  un  arrangement  a  été  effectué  entre 
les  parties  quelques  jours  ou  quelques  semaines  avant  que  le  rapport  officiel  des 
arbitres  soit  parvenu  au  département. 

POURSUITES   INTENTÉES. 

Il  y  a  eu,  durant  l'année,  plusieurs  poursuites  pour  violation  des  dispositions  de 
la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels.  La  première  fut  intentée 
par  une  compagnie  exploitant  une  mine  de  cuivre  à  Van-Anda,  île  Texada,  C.-B.  Les 
ouvriers  qui  travaillaient  dans  cette  mine  s'étaient  mis  en  grève,  et  la  compagnie,  se 
basant  sur  l'article  56  du  statut,  qui  dit  qu'il  est  illégal  pour  un  employé  de  se 
mettre  en  grève  et  pour  un  patron  de  déclarer  une  contre-grève  au  sujet  d'un  différend 
avant  que  ce  dernier  ait  été  soumis  à  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête,  les  accusa 
d'avoir  enfreint  la  loi.  Il  fut  prouvé  devant  le  tribunal  qu'il  y  avait  eu  malentendu 
de  part  et  d'autre,  et  que  les  employés  de  la  compagnie  n'avaient  pas  eu  l'intention 
de  violer  le  statut.  Le  magistrat,  après  avoir  entendu  quelques  témoins,  donna  aux 
parties  en  cause  l'occasion  de  régler  l'affaire  hors  de  cour,  et  les  grévistes  profitèrent 
de  cette  occasion  pour  mettre  fin  au  litige.  Un  compromis  fut  effectué.  Les  grévistes 
se  remirent  immédiatement  à  l'ojuvrage,  et  une  échelle  de  salaires  satisfaisante  pour 
les  deux  parties  fut  adoptée. 

Une  poursuite  fût  aussi  intentée  à  Cobalt  contre  un  mineur  que  l'on  accusait 
d'avoir  enfreint  la  section  60,  qui  dit  que  "  toute  personne  qui  incite,  encourage  ou 
aide  ",  etc.  Le  défendeur,  qui  était  le  président  de  la  branche  locale  de  l'union,  fut 
déclaré  coupable  par  le  magistrat  de  police  de  Cobalt  et  condamné  à  une  amende  de 
$500,  plus  les  frais,  et,  à  défaut  du  paiement  de  l'amende,  à  6  mois  d'emprisonnement. 
Appel  de  ce  jugement  fut  interjeté  à  la  cour  supérieure  d'Ontario  et  la  sentence  fut 
modifiée  en  une  amende  de  $500  plus  les  frais  ou  3  mois  d'emprisonnement.  Le  mi- 
neur en  question  ne  fut  pas,  cependant,  appelé  à  subir  la  peine  prononcée  contre  lui. 

La  Compagnie  de  houillères  de  Galbraith  fut  poursuivie  pour  avoir  fermé  ses 
mines  pendant  qu'une  enquête  se  poursuivait  devant  une  commission  d'arbitres.  Elle 
tut  condamnée,  en  vertu  de  l'article  67,  à  une  amende  de  $200.  Ici,  encore,  un  appel 
fut  interjeté,  mais  aucune  décision  n'avait  été  rendue  à  la  clôture  de  l'exercice.* 

L'on  trouvera  ci-annexée  une  liste  complète  des  décisions  rendues  dans  ces  cas. 

RELEVE    DES    DIFFÉRENDS    SOUMIS    À   DES    COMMISSIONS    D'ARBITRAGE    EN    VERTU    DE    LA    LOI    DE 

CONCILIATION. 

Jeudi,  le  27  février,  le  ministre  du  Travail  déposa  devant  la  Chambre  des  Com- 
munes un  relevé  des  différends  soumis  à  des  commissions  d'arbitrage  sous  l'empire  de 
la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  industriels,  1907,  depuis  la  date  de  sa 
mise  en  vigueur.  Les  renseignements  contenus  dans  ce  relevé  furent  fournis  confor- 
mément à  une  motion  qu'avait  présentée  M.  Ralph  Smith,  député,  et  qui  avait  été 
adoptée  par  la  Chambre  le  12  décembre.     Il  s'agissait  d'indiquer: — 

1.  Le  nombre  des  différends  arbitrés  sous  l'empire  de  la  loi  des  enquêtes  en  ma- 
tière de  différends  industriels,  1907,  jusqu'au  1er  décembre  1907. 

2.  Les  dates  où  les  diverses  demandes  pour  la  nomination  de  commissions  de  con- 
ciliation avaient  été  reçues. 

*La  sentence  fut  confirmée  plus  tard  par  la  cour  Suprême  de  FAlberta. 


70 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


f  8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"3.  Les  noms  des  parties  intéressées  dans  les  divers  différends. 

4.  Qui  avait  fait  la  demande  dans  chaque  cas. 

5.  L'endroit  où  le  différend  était  survenu  dans  chaque  cas. 

6.  Le  nombre  des  personnes  affectées. 

7.  La  nature  du  différend  dans  chaque  cas. 

8.  Les  noms  des  membres  de  chacune  des  commissions  de  conciliation  qui  avaient 
été  constituées. 

9.  La  date  où  chacune  des  commissions  d'arbitrage  avait  été  constituée. 

10.  Quand  ces  commissions  avaient  siégé. 

11.  Résultat  auquel  l'on  en  était  arrivé  dans  chaque  cas. 

Le  relevé  donnant  ces  détails  fut  produit  devant  le  Parlement  le  26  février,  les 
renseignements  demandés  ayant  été  fournis  jusqu'au  15  février.  Il  est  reproduit 
ci-dessus,  mais  l'on  y  a  ajouté  les  arbitrages  qui  ont  eu  lieu  depuis  cette  dernière  date 
jusqu'à  la  clôture  de  l'exercice. 

LOI    DES    ENQUETES    EN    MATIERE    DE   DIFFERENDS    INDUSTRIELS, 

.      1907. 


Demandes  concernant  des  différends  dans  les  industries  minières  et  les 
industries  d'utilité  publique. 

Demandes     concernant 
des  différends  dans  les 
industries  autres  que 
les  industries  minières 
et  les  industries  d'uti- 
lité publique. 

1 

Nombre 
total  de 
différends 
arbitrés. 

35 

Concernant  les  mines  et  les  fonderies. 
22 

Comcernant  les  moyens 

de  transport  et  de 

communication. 

12 

Différends  soumis  à  des 
commissions  d'ar  b  i  - 
trage  du  consentement 
des  parties  en  vertu  de 
l'art.  163  de  la  loi  des 
enquêtes   en  matières 
dediffér.indust.,1907. 

1 

35 

Houillères 
18* 

Mines 
métallifères. 

4 

Chemins 
de  fer. 

8t 

Navires. 
3 

Tram- 
ways. 

1 

Grèves  évitées  ou 
qui  ont  pris  fin.. 

Grèves    non  évi- 
tées ou  qui  n'ont 
pas  pris  fin. 

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*  Dans  le  cas  de  3  de  ces  demandes,  les  différends  ont  été  réglés  avant  qu'une  commission  de  concilia- 
tion ait  été  constituée. 

f  Les  commissions  d'arbitrage,  quant  aux  employés  de  chemins  de  fer,  se  répartissent  comme  suit 
mécaniciens  de  locomotive,  1  ;  machinistes,  1  ;  wagonniers,  2  ;  chauffeurs  et  mécaniciens,  1  chargeurs, 
1  ;  télégraphistes,  2. 

**  A  la  clôture  de  l'exercice,  6  demandes  pour  la  nomination  de  commissions  d'arbitrage  étaient  encore 
pendantes,  savoir  :  4  dans  le  cas  d'une  compagnie  houillère  ;  1  dans  le  cas  d'une  compagnie  de  navigation, 
et  1  dans  le  cas  d'une  compagnie  de  tramways. 

ft  Une  grève  seulement  est  survenue  après  l'arbitrage,  mais  dans  ce  cas-ci  une  seconde  commission 
nommée  pour  s'enquérir  d'autres  différends  entre  les  mêmes  parties  t-iégeait  lorsque  la  grève  fut  déclarée. 
Dans  un  autre  cas  où  la  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  d'arbitrage  fut  retirée,  il  n'est  pas 
tenu  compte  du  fait  qu'une  grève  fut  évitée.  Ces  deux  cas  expliquent  la  différence  de  deux  entre  les  chif- 
fres dans  le  corps  de  la  colonne  et  ceux  au  haut  de  celle-ci. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


71 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


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DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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Le  26  mai,   les  employés  se 
mirent  en  grève.      Ils  igno- 
raient, paraît-il,  les  disposi- 
tions du  statut.  M.  V.  Du- 
breuil, fonction,  du  départe- 
ment chargé  de  voir  à  ce  (pie 
les  ouvriers    reçoivent  des 
salaires  équitables,    fut  en- 
voyé à   Halifax   pour  leur 
expliquer  les  dispositions  de 
la  loi.    A  la  suite  des  expli- 
cations données  une  deman- 
de fut  faite  pour  la  nomina- 
tion d'une  commiss.  d'arbi- 
tres,   et  pendant    que  l'on 
était  à  constituer  une  com- 
mission, le  différend  fut  ré- 
glé à  l'amiable,  M.  Dubreuil 
ayant  agi  comme  concilia- 
teur. L'on  mit  ainsi  fin  à  la 
grève  sans  qu'il  ait  été  né- 
cessaire d'instituer  une  com- 
mission.- 

Le  rapport  de  la  commission 
n'avait   pas  été   reçu   à   la 
clôture  de  l'exercice. 

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Noms  des  membres 
de  la  commission. 
(Pr.  )  Président  ; 

(P.)  Patron  ; 
(E.)  Employés. 

James  Hall  (P)... 
Philip  King  (E) 

Prof.      A.     Shortt 

(Pr).ft 
Jas.   Stewart  (V)  + 
John  A.  Flett(E) 

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Concernant     les 
salaires.    Aug- 
mentation de  5 
sous  par  heure 
demandés    par 
les  emplovés  ; 
2\  sous  offerts 
par  les  compa- 
gnies, mais  re- 
fusés. 

Concernant      les 
salaires,  etc. 

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Localité. 
Halifax,  N.-E.. 

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Kingston,  Ont., 
et     ports     des 
Grands  Lacs. . 

Qui  a  fait 

la 
demande. 

Patrons. . . 
Employés.. 

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tion    et    Lake    Seamen's 
Union . 

Date 
de  la  ré- 
ception 
de  la  de- 
mande. 

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DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


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82  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
COMMUNICATIONS,    ETC.,    CONCERNANT    LA    LOI    RELATIVE    AUX    DIFFÉRENDS    INDUSTRIELS. 

Les  articles  de  journaux,  les  déclarations  faites  au  public,  les  entrevues,  etc.,  con- 
cernant le  principe  et  la  mise  en  application  de  la  loi  relative  aux  différends  indus- 
triels, ont  été  soigneusement  découpés  et  déposés  aux  archives  pour  référence.  L'on  a 
cru  devoir  insérer  dans  le  présent  rapport  quelques-unes  des  nombreuses  communica- 
toins  qui  ont  été  reçues  au  département  à  ce  sujet. 

" Board  of  Trade",  de  Montréal. 

Le  ministre  a  reçu  la  lettre  suivante  du  secrétaire  du  Board  of  Trade,  de  Mont- 
réal : — 

"Montréal  Board  of  Trade", 

Montréal,  10  avril  1907. 
L'honorable  R  Lemieux, 

Ministre  du  Travail, 
Ottawa. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  faire  savoir  qu'à  l'assemblée  du  conseil 
de  cette  association  tenue  ce  jour,  j'ai  reçu  instruction  de  vous  présenter  ses  féli- 
citations pour  les  heureux  résultats  qu'a  déjà  donnés  la  mise  en  application  de 
la  loi  que  vous  avez  fait  adopter  à  la  présente  session  du  Parlement  afin  da  prévenir 
et  de  faire  cesser  les  grèves  et  les  contre-grèves  dans  les  mines  et  les  industries 
d'utilité  publique. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

GEO.  HADKILL, 

Secrétaire. 

Lettre  d'un  ancien  membre  d'une  commission  de  conciliation. 

Le  ministre  a  reçu  la  lettre  suivante  de  M.  J.  G.  O'Donoghue,  de  Toronto.  M. 
O'Donoghue  avait,  peu  de  temps  avant  d'écrire  cette  lettre,  agi  comme  membre  de  la 
commission  de  conciliation  et  d'enquête  chargée  de  régler  le  différend  survenu  entre 
la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et  ses  machinistes.  M.  O'Donoghue 
a  été  subséquemment  appelé  à  agir  comme  membre  de  plusieurs  commissions  de  con- 
ciliation, ayant  été  dans  chaque  cas  nommé  sur  la  recommandation  des  employés  inté- 
ressés : — 

Toronto,  Ontario,  21  mai  1907. 
L'honorable  E.  Lemieux, 

Ministre  du  Travail, 
Ottawa. 

Cher  monsieur  Lemieux, — L'article  ci-inclus,  que  j'ai  découpé  du  Herald, 
de  Ilamilton,  vous  intéressera  sans  doute.  Je  l'ai  envoyé  à  un  rédacteur  da  ce 
journal,  qui  m'avait  demandé  ce  que  je  pensais  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière 
de  différends  industriels,  1907.  Je  dois  vous  dire  que  les  chefs  ouvriers  approu- 
vent fortement  cette  loi.  Elle  a  été  mise  à  une  dure  épreuve  lors  de  l'arbitrage 
qui  a  eu  lieu  au  sujet  du  différend  qui  s'était  élevé  entre  la  Compagnie  du  che- 
min de  fer  Grand-Tronc  et  ses  machinistes,  mais  l'on  ne  pouvait  souhaiter  un 
résultat  plus  heureux  que  celui  qui  a  suivi  sa  mise  en  application  dans  ce  cas-là. 
Tous  les  intéressés  ont  été  très  satisfaits  de  la  manière  dont  la  difficulté  avait  été 
résolue,  et  le  représentant  des  employés  a  déclaré  qu'il  était  heureux  et  fier  de  voir 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  83 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

que  les  machinistes  avaient  été  les  premiers  à  se  prévaloir  de  la  loi  en  question. 
M.  Charles  M.  Hays,  le  gérant  général  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc,  a  fait 
remarquer  que  le  succès  que  l'on  avait  obtenu  confirmait  l'opinion  qu'il  avait 
émise  il  y  a  déjà  très  longtemps,  à  savoir,  que  si  Les  parties  se  rencontraient  face 
à  face  et  discutaient  ensemble  leurs  différends,  il  y  aurait  moins  de  grèves  et 
moins  de  contre-grèves. 

Votre  tout  dévoué, 

J.  G.  O'DONOGHUK 

(L'article  dont  il  est  question  dans  cette  lettre  était  un  exposé  élaboré  des  vues 
de  M.  O'Donoghue  concernant  la  loi  de  conciliation.) 

Ce  que  pensent  de  la  loi  de  conciliation  les  associations  ouvrières. 

Suit  un  extrait  du  rapport  du  comité  exécutif  du  Congrès  des  Métiers  et  du 
Travail,  présenté  à  la  convention  annuelle  de  cette  association  tenue  à  Winnipeg, 
Manitoba,  au  mois  de  septembre  1907: — 

Votre  exécutif,  après  mûre  délibération,  a  approuvé  le  principe  du  bill.  Les 
ouvriers  syndiqués  s'abstiennent  de  se  mettre  en  grève  lorsqu'il  peuvent  .obtenir 
le  redressement  de  leurs  griefs  sans  recourir  à  cette  mesure  extrême.  La  grève 
est  notre  dernière  ressource,  et  comme  le  bill  reconnaissait  aux  ouvriers  le  droit 
de  se  mettre  en  grève  et  qu'il  leur  permettait  d'exposer  leurs  griefs  et  de  faire 
valoir  leurs  droits,  nous  ne  pouvions  pas  faire  autrement  que  de  l'appuyer.  Et 
les  ouvriers  syndiqués  savent  fort  bien  que  lorsque  surviennent  d'importants  con- 
flits industriels  le  public  a  un  grand  intérêt  non  seulement  dans  le  résultat  que 
l'on  veut  obtenir  mais  encore  dans  les  moyens  adoptés  pour  arriver  à  ce  résultat. 
Le  moins  que  le  public  puisse  exiger,  c'est  de  connaître  la  nature  des  différends 
qui  s'élèvent  afin  de  pouvoir  juger  de  quel  côté  sont  les  torts.  Or  le  bill  pour- 
voit à  cela. 

Votre  exécutif  croit  que  l'on  doit  faire  des  vœux  pour  que  vienne  bientôt  le 
jour  où  patrons  et  ouvriers  pourront  se  présenter  en  toute  confiance  devant  un 
tribunal  impartial  pour  discuter  et  régler  leurs  différends.  Par  le  passé,  nous  ne 
pouvions  pas  faire  valoir  nos  droits,  ce  qui  nous  mettait  dans  une  position  très 
défavorable.  La  nouvelle  loi  a  déjà  été  mise  à  l'épreuve  lors  du  différend  survenu 
entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et  ses  machinistes,  et  la 
manière  dont  cette  difficulté  a  été  résolue  a  pleinement  satisfait  tous  les  intéres- 
sés. L'arbitrage,  dans  ce  cas-là,  n'a  duré  que  3  jours,  de  sorte  que  les  objections 
de  ceux  qui  croyaient  que  les  atermoîments  que  rendait  possibles  la  procédure 
établie  par  le  bill  empêcheraient  d'en  arriver  à  aucun  résultat  pratique  n'ont  plus 
leur  raison  d'être. 

La  résolution  suivante  a  été  adoptée  par  le  Congrès  des  Métiers  et  du  Travail 
réuni  en  convention: —  e 

Attendu  que  les  ouvriers  syndiqués  ont  à  maintes  reprises  désapprouvé  les 
grèves,  excepté  comme  dernière  ressource,  dans  les  conflits  industriels;  attendu 
que,  lorsque  surviennent  des  différends  entre  patrons  et  ouvriers,  l'on  ne  doit  pas 
considérer  seulement  ^es  intérêts  des  parties  en  cause,  mais  que  le  public  a  des 
droits  qu'il  faut  respecter  et  dont  il  faut  tenir  compte;  attendu  que  le  bill  Le- 
mieux  est  destiné  à  empêcher  les  grèves  et  contre-grèves  jusqu'à  ce  qu'une  en- 
quête publique  ait  été  faite  au  sujet  des  différends  qui  existent;  attendu  que  les 
ouvriers  syndiqués  ont  toujours  été  disposés  à  soumettre  leurs  griefs  à  des  arbi- 
tres, confiants  qu'ils  étaient  dans  la  justice  de  leurs  réclamations;  qu'il  soit  ré- 
solu: que  ce  Congrès  des  Métiers  et  du  Travail  du  Canada  approuve  le  bill  Le- 
mieux,  qui  consacre  le  principe  de  l'arbitrage  et  de  la  conciliation,  que  les  ouvriers 
syndiqués  ont  constamment  cherché  à  faire  prévaloir. 

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84  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Lettre  d'un  Américain. 

Suit  un  extrait  d'une  lettre,  en  date  du  30  juin  1907,  que  l'on  a  reçue  de  M.  A. 
M.  Houston  ,de  DesMoines,  Iowa,  grand  secrétaire  et  trésorier  de  l'Ordre  des  Expédi- 
teurs de  trains  de  l'Amérique: — 

Nous,  qui  habitons  les  Etats-Unis,  approuvons  fortement  votre  loi  relative 
aux  conflits  industriels,  et  nous  sommes  convaincus  que  son  application  aura 
d'heureux  résultats  tant  pour  les  patrons  que  pour  les  employés. 

Depuis  très  longtemps,  nous  avons  essayé,  mais  en  vain,  de  faire  adopter  une 
loi  du  même  genre  par  nos  représentants  au  Congrès. 

Chose  que  vous  ignorez  peut-être,  les  ouvriers,  aux  Etats-Unis,  sont  tous  op- 
posés aux  grèves;  ils  sont  prêts  à  se  soumettre  à  tout  plutôt  que  de  recourir  à 
la  grève;  mais,  d'un  autre  côté,  c'est  la  seule  ressource  qu'ils  aient  pour  obte- 
nir le  redressement  de  leurs  griefs. 

Principes  de  la  loi  discutés. 

Le  ministre  a  reçu  la  lettre  suivante  de  M.  Duncan  McCormick,  conseil  du  roi, 
de  Montréal.  M.  McCormick  a  agi  comme  membre  de  la  commission  de  conciliation 
et  d'enquête  à  laquelle  a  été  soumis,  au  mois  de  septembre  1907,  le  différend  qui  était 
survenu  entre  la  Compagnie  des  Filatures  du  coton  de  Montréal  et  ses  employés, 
ayant  été  nommé  sur  la  recommandation  de  la  compagnie.  Ce  conflit  se  rattachait 
à  une  industrie  à  laquelle  la  loi  de  conciliation  ne  s'appliquait  pas,  strictement  par- 
lant, et  il  ne  fut  arbitré  sous  l'empire  de  cette  loi  que  du  consentement  des  deux  par- 
ties intéressées.  A  la  suite  de  l'enquête  qui  fut  faite  par  la  commission,  l'on  en  vint 
à  une  entente  sur  tous  les  points: — 

Edifice  de  i/ Alliance,  107  rue  Saint- Jacques, 

Montréal,  17  octobre  1907. 

Cher  monsieur, — Le  différend  entre  la  Montréal  Cotton  Company  et  ses  em- 
ployés ayant  été  réglé  à  la  satisfaction  des  intéressés  au  moyen  de  l'arbitrage 
prévu  dans  la  loi  que  le  parlement  a  récemment  adoptée  et  à  laquelle  votre  nom 
est  maintenant  si  intimement  lié,  il  sera  peut-être  intéressant  pour  vous  de  savoir 
combien  j'ai  été  frappé,  comme  membre  de  la  commission  de  conciliation  et  d'en- 
quête, de  l'efficacité  et  de  la  praticabilité  de  cette  loi. 

Sans  entrer  dans  des  technicalités  et  des  détails,  je  dois  vous  dire  que  le 
trait  le  plus  remarquable  de  cette  mesure  législative  est,  d'après  moi,  l'esprit  de 
justice  et  d'équité  dans  lequel  elle  a  été  conçue. 

La  liberté  dans  l'ordre  et  un  respect  inaltérable  pour  la  loi,  avec  un  respect 
indélébile  pour  les  droits  des  individus  est,  comme  le  dit  M.  John  Morley  dans 
son  essai  sur  "Les  compromis",  de  l'essence  même  de  la  justice  idéale  dans  un 
Etat  démocratique.  Et,  comme  le  fait  remarquer  Morley  dans  le  même  essai, 
"le  droit  de  penser  librement  et  d'agir  indépendamment,  d'user  de  son  intelli- 
gence sans  une  crainte  excessive  de  l'autorité,  est  un  principe  qui  est  maintenant 
accepté,  dans  une  plus  ou  moins  large  mesure,  par  toutes  les  écoles  de  penseurs 
qui  ont  la  moindre  chance  de  commander  l'avenir." 

C'est  évidemment  sur  ces  principes  qu'est  fondée  la  loi  des  enquêtes  en  ma- 
tière de  différends  industriels,  et  les  excellents  résultats  qui  ont  déjà  été  obtenus 
attestent  la  sagesse  et  la  clairvoyance  de  ce  philosophe  et  homme  d'Etat  distin- 
gué. 

Comme  aucune  procédure  rigoureuse  n'est  suivie,  chaque  partie  peut  exposer 
en  toute  liberté,  sans  entrave,  les  raisons  qu'elle  a  à  invoquer  à  l'appui  de  ses  pré- 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  85 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

tentions,  et  cela  même  tend  à  la  conciliation  et  porte  les  parties  en  cause  à  faire 
des  concessions  mutuelles.  Quelque  étrange  que  cela  puisse  paraître,  l'élasticité 
même  de  la  loi  en  assure  l'efficacité. 

Avec  des  hommes  dont  le  tempérament  les  rend  aptes  à  régler  des  différends, 
l'absence  de  tout  élément  arbitraire  dans  les  moyens  employés  pour  amener  une 
entente  favorise  sans  aucun  doute  la  conclusion  d'un  arrangement  à  l'amiable. 
En  terminant,  je  n'ai  aucune  hésitation  à  dire  que  cette  loi  (bien  qu'il  peut 
y  être  fait  plus  tard  de  légères  modifications)  est,  somme  toute,  très  effective  et 
tout  à  fait  propre  à  éliminer  tout  froissement  entre  le  capital  et  le  travail  dans 
le  futur  développement  industriel  du  pays. 

Vous  félicitant  d'avoir  fait  adopter  une  loi  aussi  bienfaisante, 

Je  demeure, 

Votre  tout  dévoué, 

DUNCAN  McCORMICK. 
L'honorable  R.  Lemieux, 

Ministre  du  Travail,  Ottawa. 

Opinion  d'un  ouvrier. 

La  lettre  suivante  a  été  reçue  de  M.  E.  Rogers,  d'Ottawa,  président  de  l'union 
des  préposés  aux  wagons.  C'est  à  la  demande  de  M.  Rogers  qu'une  commission  de 
conciliation  et  d'enquête  fut  constituée  au  mois  de  janvier  1908  pour  régler  le  diffé- 
rend survenu  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et  ses  wagonniers. 
A  la  suite  de  l'enquête  qui  fut  faite  par  la  commission,  l'on  en  vint  à  une  entente  sur 
tous  les  points: — 

160  rue  Cambridge,  Ottawa,  Ont. 

28  février  1908. 

Cher  Monsieur, — En  réponse  à  votre  lettre,  par  laquelle  vous  me  demandez 
ce  que  je  pense  de  la  loi  de  conciliation,  je  dois  vous  dire  que  cette  loi  facilite 
beaucoup  le  règlement  des  différends  entre  patrons  et  ouvriers;  mais  je  crois  qu'il 
serait  préférable  qu'il  y  eût  5  arbitres,  au  lieu  de  3 — deux  choisis  par  la  compa- 
gnie, deux  nommés  par  les  employés  et  le  5e  (le  président)  nommé  par  les  4  autres 
membres. 

Votre  tout  dévoué, 

E.  ROGERS, 
Président  de  l'union  des  wagonniers. 

Opinion  d'un  chef  ouvrier  de  l'Ouest. 

Le  ministre  a  reçu  la  lettre  suivante  de  M.  F.  H.  Sherman,  président  de  l'union 
des  Mineurs  d'Amérique  pour  le  district  n°  18,  qui  comprend  presque  toutes  les  mi- 
nes de  l'Alberta  et  de  la  région  orientale  de  la  Colombie-Britannique.  M.  Sherman 
a  agi  comme  membre  de  plusieurs  commissions  d'arbitrage,  ayant  été  nommé  dans 
chaque  cas  sur  la  recommandation  des  employés.  C'est  un  des  hommes  les  plus  mar- 
quants parmi  les  ouvriers  de  l'Ouest: — 

Minot,  près  de  Taber,  Alberta,  16  décembre  1907. 

L'honorable  Ministre  du  Travail, 
Ottawa. 

Cher  monsieur, — Il  me  fait  plaisir  d'annoncer  à  votre  département  que  les 
griefs  des  employés  des  compagnies  dites  Canada  West  Coal  Company,  DomestiG 


86  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Company  et  Duggan  Huntrods  Company,  de  Taber,  Alberta,  ont  été  redressés  à 
la  satisfaction  de  tous  les  intéressés.  Ce  résultat  est  dû  à  l'intervention  des  com- 
missions d'arbitrage  que  vous  avez  nommées  sous  l'empire  de  la  loi  des  enquêtes 
en  matière  de  différends  industriels,  1907.  Des  arrangements  ont  été  signés  par 
les  parties  respectives  le  6  et  le  7  décembre.  D'après  ces  arrangements,  les  con- 
ditions de  travail  sont  améliorées  et  les  salaires  sont  augmentés  de  5  à  17i  pour 
100.  L'application  de  la  loi  relative  aux  différends  industriels,  jointe  au 
tact  déployé  par  le  juge  Stuart,  de  Calgary,  en  sa  qualité  de  président  des 
commissions  de  conciliation,  a  empêché  une  grève  qui  aurait  pu  avoir  de  graves 
conséquences.  Ces  arbitrages  tendent  incontestablement  à  la  conciliation.  Per- 
mettez-moi maintenant  de  vous  indiquer  les  modifications  qui,  d'après  moi,  de- 
vraient être  apportées  à  la  loi  afin  de  la  rendre  plus  effective.  (Suit  un  exposé 
des  modifications  proposées.)         ***** 

Je  pars  pour  Strathcona  ce  soir  et  j'espère  pouvoir,  avec  l'aide  des  membres 
de  la  commission,  effectuer  un  règlement  satisfaisant. 

Je  vous  présente  mes  meilleurs  souhaits  et  je  demeure, 

Votre  dévoué  serviteur, 

F.  H.  SHERMAN, 
Président  de  l'Union  des  Mineurs  d'Amérique  pour  le  district  n°  18. 

Opinions  d'anciens  présidents  de  commissions  de  conciliation. 

Suit  un  extrait  d'une  lettre  que  le  ministre  a  reçue  de  M.  George  S.  Montgomery, 
d'Edmonton,  Alberta.  M.  Montgomery  a  agi  comme  membre  de  la  commission  de  con- 
ciliation et  d'enquête  qui  fut  constituée  au  mois  de  décembre  1907  pour  régler  le  dif- 
férend entre  la  Compagnie  de  houillères  d' Alberta  et  ses  employés,  ayant  été  choisi 
sur  la  recommandation  conjointe  des  membres  de  la  commission  antérieurement  nom- 
mée. Comme  on  le  verra  par  le  passage  de  la  lettre  de  M.  Montgomery  ci-dessous  cité, 
l'enquête  faite  par  la  commission  a  'eu  pour  résultat  une  entente  entre  les  parties  sur 
tous  les  points  sur  lesquels  portait  le  différend: — 

Compagnie  de  houillères  d' Alberta,  à  responsabilité  limitée, 

Edmonton,  Alberta,  23  décembre  1907, 

*  *  *  *  Bien  que  la  commission  n'ait  pas  été  appelée  à  faire  une 
enquête  minutieuse  sur  le  différend  entre  les  parties,  il  n'y  a  pas  de  doute  que  le 
fait  seul  d'avoir  nommé  une  commission  d'arbitrage  ait  beaucoup  contribué  à  ame- 
ner une  réconciliation  et  un  compromis  entre  la  compagnie  et  ses  employés. 

Les  membres  de  la  commission  sont  unanimes  à  dire  que  la  loi  que  vous  avez 
fait  adopter  est  très  sage. 

L'on  trouvera  ci-dessous  un  extrait  d'une  lettre  que  le  ministre  a  reçue  du  profes- 
seur Odlum,  de  Vancouver,  C.-B.  Le  professeur  Odlum  a  agi  comme  président  de  la 
commission  de  conciliation  et  d'enquête  qui  fut  constituée  au  mois  de  novembre  1907 
pour  régler  le  différend  survenu  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Ca- 
nadien et  les  préposés  aux  wagons  employés  sur  ses  lignes  de  l'Ouest,  ayant  été 
choisi  sur  la  recommandation  conjointe  des  deux  membres  de  la  commission  nommée 
en  premier  lieu.  A  la  suite  de  l'enquête  faite  par  la  commission,  les  parties  en  sont 
arrivées  à  une  entente  sur  tous  les  points  sur  lesquels  il  y  avait  désaccord: — 

22  avril  1908. 
*     *       Pendant    plusieurs    années    j'avais    étudié    les    problèmes    ouvriers 
dans  la  Nouvelle-Zélande,  en  Australie  et  ailleurs,  et  j'en  étais  venu  à  la  conclu- 


RAPPORT  DU  S0U8-MINISTRE  8Y 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

sion  qu'il  serait  à  propos  que  le  Canada  adoptât  des  lois  semblables  à  celles  qui 
existent  dans  ces  pays  et  qui  tendent  à  résoudre  ces  problèmes.  Je  n'ai  cessé,  en 
ces  dernières  années,  tant  dans  des  assemblées  publiques  que  dans  la  presse,  d'in- 
sister sur  les  avantages  que  l'on  retirerait  d'une  pareille  législation.  Et  lorsque 
fut  adoptée  la  loi  sous  l'empire  de  laquelle  notre  commission  de  conciliation  a 
été  nommée  et  a  réglé  le  différend  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Paci- 
fique-Canadien et  ses  employés,  j'ai  été  enchanté  de  la  chose,  car  je  savais  que 
c'était  une  loi  sage,  juste  et  équitable. 

Je  considère  la  loi  Lemieux,  comme  on  l'appelle  populairement,  comme  le  fon- 
dement sur  lequel  un  système  permanent  de  législation  pourra  être  établi.  Pres- 
que toutes  les  critiques  dont  elle  a  été  l'objet  étaient  d'une  nature  politique  et 
factice  ou  ont  été  faites  par  les  hommes  extrêmes  dans  les  deux  camps,  par 
les  hommes  que  cette  loi  était  destinée  à  mettre  en  relations  plus  intimes.  La 
loi  en  question  (bien  qu'il  faille  peut-être  y  faire  quelques  modifications  plus 
tard)  est  une  des  plus  complètes  et  des  plus  pratiques  parmi  toutes  celles  que 
j'ai  examinées;  et  ses  dispositions  sont  manifestement  impartiales. 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


III.— LOI  DE  LA  CONCILIATION  ET  DU  TRAVAIL. 

L'intervention  du  département  du  Travail  sous  l'empire  des  dispositions  de  la 
loi  de  la  conciliation  et  du  travail  a  été  sollicitée  une  fois  au  cours  de  l'année,  savoir 
lors  de  la  grève  des  ouvriers  employés  dans  les  Filatures  de  laine  du  Richelieu,  à 
Chambly-Canton,  province  de  Québec,  au  mois  d'avril,  le  différend  ayant  été  réglé 
d'une  manière  satisfaisante.  L'addition  à  notre  législation  de  la  loi  des  enquêtes  en 
matière  de  différends  industriels,  et  l'influence  de  cette  mesure  ainsi  que  les  bons  ré- 
sultats qu'elle  a  donnés  expliquent  jusqu'à  un  certain  point  pourquoi  la  loi  antérieure 
n'a  pas  été  plus  souvent  appliquée.  Dans  le  cas  de  la  grève  à  Chambly-Canton,  la  loi 
des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels  n'existait  que  depuis  quelques  jours, 
et  les  employés  qui  étaient  familiers  avec  la  procédure  établie  par  le  statut  antérieur 
concernant  la  conciliation  ont  préféré  faire  vider  leurs  différends  sous  l'empire  de  ce 
statut. 

La  nouvelle  loi,  dont  il  est  parlé  dans  un  chapitre  précédent  du  présent  rapport, 
ne  s'applique  qu'aux  mines  et  aux  industries  d'utilité  publique,  mais  les  parties  entre 
qui  s'élève  un  différend  dans  quelque  industrie  que  ce  soit  peuvent,  de  consentement 
mutuel,  s'en  prévaloir.  A  une  seule  exeption  près,  les  grèves  et  les  contre-grèves  qui 
sont  survenues  durant  l'année  ont  résulté  de  différends  qui  n'avaient  pas  été  arbitrés 
de  cette  manière.  Si  les  parties  entre  qui  ces  différends  se  sont  produits  s'étaient  pré- 
values de  la  nouvelle  loi  ou  de  la  loi  antérieure  relative  à  la  conciliation,  il  n'y  a  pas 
de  doute  que  des  arrangements  satisfaisants  auraient  été  conclus  dans  la  grande  ma- 
jorité des  cas,  comme  cela  est  arrivé  pour  tous  les  différends  (à  l'exception  d'un  seul) 
qui  ont  été  arbitrés  sous  l'empire  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  in- 
dustriels. 

L'on  faisait  remarquer  dans  le  dernier  rapport  annuel  que,  lors  de  la  révision 
des  statuts  en  1906,  la  loi  de  conciliation  adoptée  en  1900  et  la  loi  relative  aux  diffé- 
rends ouvriers  sur  les  chemins  de  fer  adoptée  en  1903,  avaient  été  fusionnées  sous  le 
titre  de  "Loi  de  conciliation  et  du  travail".  Il  y  a  donc  lieu  de  mentionner  ici  les  diffé- 
rends qui  sont  survenus  durant  l'année  entre  les  compagnies  de  chemins  de  fer  et 
leurs  employés.  Heureusement,  il  n'y  a  eu  ni  grève  ni  contre-grève  dans  aucune 
branche  importante  de  l'industrie  des  chemins  de  fer,  bien  que  pas  moins  de  8  diffé- 
rends, affectant  les  télégraphistes,  les  préposés  aux  wagons,  les  mécaniciens  de  loco- 
motives, les  machinistes  et  les  chargeurs  de  marchandises,  aient  été  arbitrés  au 
cours  de  l'année.  Dans  le  cas  des  chargeurs  de  marchandises,  une  grève,  qui  dura 
quelques  jours,  précéda  l'arbitrage,  et  c'est  là  la  seule  grève  qui  soit  survenue  durant 
l'année  sur  les  chemins  de  fer,  et  il  n'y  a  eu  aucune  contre-grève.  Les  chargeurs 
de  marchandises  étaient  ceux  employés  à  Halifax  sur  le  chemin  de  fer  Intercolonial. 
Un  des  articles  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels  porte  que 
"  lorsqu'il  s'agit  d'un  différend  entre  une  compagnie  de  chemin  de  fer  et  ses  employés, 
le  différend  peut  être  traité,  pour  les  fins  de  conciliation  et  d'enquête,  en  conformité 
des  dispositions  de  la  loi   de  la  conciliation  et  du  travail  concernant  les  différends 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  89 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

relatifs  au  travail  sur  les  chemins  de  fer".  Cet  article  fut  inséré  dans  la  loi  à 
la  suite  des  représentations  faites  par  les  représentants  d'un  grand  nombre  d'employés 
de  chemins  de  fer,  qui  prétendaient  que  la  procédure  établie  par  le  statut  antérieur 
était  plus  commode  et  plus  expéditive,  bien  que  l'on  n'ait  pas  admis  qu'il  en  était 
ainsi.  Les  griefs  des  chargeurs  de  marchandises  furent  donc  soumis  à  une  commis- 
sion d'arbitres  nommée  sous  le  régime  de  la  loi  de  la  conciliation  et  du  travail.  Dans 
le  cas  de  chacun  des  autres  différends  dans  lesquels  les  employés  des  chemins  de  fer 
étaient  intéressés,  l'arbitrage  a  eu  lieu  en  conformité  des  dispositions  de  la  nouvelle 
loi.  Dans  tous  les  cas,  il  a  été  effectué  des  arrangements  satisfaisants,  dont  la  na- 
ture est  indiquée  dans  la  partie  du  présent  rapport  consacrée  à  la  loi  des  enquêtes 
en  matière  de  différends  industriels. 

Indépendamment  des  Tlîfférends  qui  ont  été  arbitrés  sous  le  régime  de  la  loi  des 
enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  l'intervention  amicale  du  département 
a  été  sollicitée  en  42  occasions  depuis  l'adoption  de  la  loi  de  conciliation,  c'est-à-dire 
depuis  le  mois  de  Juillet  1900.  Dans  ce  chiffre  n'est  pas  compris,  naturellement,  l'im- 
portant règlement  des  différends  qui  sont  survenus  durant  l'année  entre  les  tisse- 
rands de  Valleyfield,  province  de  Québec,  et  leurs  patrons,  et  qui  donnèrent  lieu  à 
une  grève,  bien  que  les  bons  offices  du  département  aient  été  sollicités  et  prêtés  pour 
expliquer  aux  intéressés  les  dispositions  de  la  loi  et  pour  amener  une  entente. 

Le  tableau  suivant  indique,  par  années,  le  nombre  des  cas  où  le  département  du 
Travail  est  intervenu  sous  le  régime  de  la  loi  de  conciliation: — 

1900-1 5 

1901-2, , 11 

1902-3 13 

1903-4 4 

1904-5 1 

1905-6..  ? 5 

1906-7 2 

1907-8 1 


42 

Suit  un  exposé  des  circonstances  dans  lesquelles  le  département  est  intervenu 
pour  mettre  fin  à  la  grève  des  employés  de  la  manufacture  de  laines  de  Richelieu. 

COMMENT   i/ON   A   MIS   FIN   À   LA  GREVE   DES   OUVRIERS   EMPLOYES   DANS    LA    MANUFACTURE   DE 

LAINAGES  DE  RICHELIEU. 

Une  majorité  des  ouvriers  employés  dans  la  manufacture  de  lainages  de  S.  T. 
Willett,  à  Chambly-Canton,  province  de  Québec,  se  mirent  en  grève  lundi,  le  1er 
avril.  Le  lendemain,  le  ministre  du  Travail  reçut  le  télégramme  suivant  de  M.  L.  A. 
Girard,  secrétaire  général  de  la  Fédération  des  Tisserands  du  Canada: 

"Les  employés  de  la  manufacture  Willett,  à  Chambly-Canton,  ont  cessé  de  tra- 
vailler aujourd'hui.  Us  demandent  que  le  gouvernement  intervienne  ou  qu'il  nomme 
une  commission  d'arbitres." 

Le  1er  avril,  le  ministre  avait  reçu  de  M.  Girard,  une  lettre  en  date  du  29  mars, 
où  il  était  dit  qu'une  branche  de  l'union  des  tisserands  du  Canada  avait  été  récem- 


90  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ment  établie  à  Chambly-Canton,  qu'un  des  employés  qui  était  au  service  de  la  maison 
depuis  23  ans  avait  été  congédié  parce  qu'il  avait  accepté  la  charge  de  président  de 
la  branche  locale  de  l'union,  et  que  les  autres  employés  avaient  décidé  de  demander 
que  cet  employé  fût  réintégré,  faute  de  quoi  ils  se  mettraient  en  grève.  M.  Girard 
ajoutait  qu'il  était  allé  à  Chambly-Canton  le  23  mars,  et  qu'il  avait  écrit  à  M.  Willett 
le  même  jour  pour  lui  demander  de  lui  accorder  une  courte  entrevue,  mais  qu'il  n'a- 
vait reçu  aucune  réponse.  Il  avait,  cependant,  fait  tout  en  son  pouvoir  pour  calmer 
les  esprits,  et,  dans  l'intérêt  de  la  paix,  l'employé  qui  avait  été  destitué  avait  cherché 
de  l'ouvrage  ailleurs.  Les  employés  avaient  continué  à  travailler  et  paraissaient 
bien  disposés.  M.  Girard  ajoutait  qu'une  veuve  qui  était  au  service  de  la  maison 
depuis  6  ans  avait  été  destituée  le  27  mars  parce  qu'elle  avait  consenti  à  faire  partie 
du  comité  d'administration  de  l'union  locale.  La  population  de  Chambly-Canton, 
disait-il,  était  très  montée  et  une  assemblée  publique  allait  être  tenue  samedi  soir,  le 
30  mars,  pour  discuter  la  situation;  et  il  demandait  au  département  de  l'aider  à  régler 
le  différend. 

Avant,  cpendant,  que  le  département  ait  pu  prendre  aucunes  mesures  pour 
mettre  fin  au  conflit,  l'on  reçut  le  télégramme  ci-dessus  cité,  annonçant  que  les  em- 
ployés s'étaient  mis  en  grève  et  demandant  au  département  d'intervenir. 

Intervention  du  département. 
En  réponse,  le  ministre  <du  Travail  envoya  le  télégramme  suivant  à  M.  Girard  : — 

J'ai  reçu  votre  lettre  et  votre  télégramme.  J'ai  donné  instruction  à  M.  Du- 
breuil,  de  ce  département,  de  faire  un  rapport  détaillé  sur  la  situation.  Il  quittera 
Ottawa  demain  matin  et  sera  à  Chambly  demain  soir. 

Le  3  avril,  le  ministre  envoya  la  lettre  suivante  à  M.  S.  T.  Willett  et  une  lettre 
semblable  à  M.  Girard: — 

Cher  monsieur, — Les  employés  de  votre  manufacture  qui  se  sont  mis  en  grève  à 
la  suite  d'un  différend  survenu  entre  eux  et  leurs  patrons  ont!  demandé  au  gouverne- 
ment d'intervenir  pour  mettre  fin  au  conflit.  Conformément  à  leur  demande,  j'ai 
donné  instruction  à  M.  Victor  Dubreuil,  un  des  fonctionnaires  du  département  du 
Travail,  de  se  rendre  imédiatement  à  Chambly-Canton  pour  conférer  avec  les  par- 
ties et  me  mettre  ensuite  au  courant  des  faits. 

Il  est  possible  que  M.  Dubreuil,  pendant  son  séjour  à  Chambly-Canton,  soit  en 
mesure  d'aider  les  parties  à  effectuer  un  règlement  à  l'amiable  des  différends  qui  se 
sont  produits.  Si  vous  croyez  qu'il  peut  vous  être  utile  à  cet  égard,  js  suis  sûr  qu'ils 
se  fera  un  plaisir  de  vous  prêter  son  concours. 

Votre  tout  dévoué,  \ 

KODOLPHE  LEMIEUX, 

Ministre  du  Travail. 
M.  S.  T.  Willett, 

Manufacturier, 
Chambly-Canton,  Québec. 

M.  Dubreuil  arriva  à  Chambly-Canton  dans  la  soirée  du  3  avril,  et  lorsqu'il 
offrit  la  médiation  du  département  du  travail  les  parties  se  montrèrent  dispoéses  à 
l'accepter  comme  conciliateur.  M.  Dubreuil  présenta  à  M.  Willett  l'exposé  des  griefs 
qui  avait  été  rédigé  par  les  employés,  mais  M.  Willett  déclara  qu'il  était  fermement 
décidé  à  n'accorder  aucune  augmentation  de  salaires.  ' 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  91 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Il  n'y  avait  aucune  stipulation  quant  à  un  changement  dans  les  heures  de  travail, 
qui  étaient  les  mêmes  que  celles  dans  les  autres  établissements  du  même  genre  dans 
la  province  de  Québec,  savoir,  de  6:45  heures  du  matin  à  midi  et  de  midi  et  demi  à 
6  heures  de  l'après-midi  le  lundi,  le  mardi,  le  mercredi,  le  jeudi  et  le  vendredi, 
et  de  6 :45  heures  à  1  heure  de  l'après-midi  le  samedi,  soit  un  total  de  60  heures  par 
semaine.  A  la  suite  des  représentations  qui  lui  furent  faites  par  M.  Dubreuil,  M. 
Willett  consentit  à  réintégrer  la  femme  qui  avait  été  congédiée,  et  le  président  de 
l'union  locale,  dont  la  destitution  avait  été  la  cause  première  du  froissement  qui  exis- 
tait, ayant  annoncé  qu'il  ne  désirait  pas  reprendre  son  poste,  deux  des  griefs  formu- 
lés se  trouvaient  ainsi  à  disparaître. 

M.  Willett,  au  cours  d'une  conversation  qu'il  eut  avec  le  représentant  du  départe- 
ment, '  déclara  que  certaines  réparations  et  améliorations  dont  la  manufacture  avait 
besoin  et  sur  lesquelles  portait  un  des  griefs  étaient  en  voie  d'exécution.  M.  Du- 
breuil proposa  à  M.  Willett  de  soumettre  la  question  des  salaires  à  une  commission 
d'arbitrage,  mais  ce  dernier  ne  voulut  pas  consentir  à  cela.  Cependant,  les  em- 
ployés promirent  samedi,  le  6  avril,  de  se  remettre  à  l'ouvrage  le  lundi  suivant,  bien 
que,  lorsqu'ils  promirent  cela,  ils  aient  paru  être  sous  l'impression  que  la  question  des 
salaires  serait  arbitrée. 

NÉGOCIATIONS  ENTAMEES  EN  VUE  D'EN  ARRIVER  À  UN  ARRANGEMENT. 

Comme  l'affaire  tramait  .en  longueur,  l'on  décida  d'envoyer  un  deuxième  repré- 
sentant du  département  à  Chambly  afin  de  hâter  le  règlement  des  différends,  et  le 
secrétaire  du  département,  M.  F.  A.  Acland,  quitta  Ottawa  dimanche  après-midi, 
le  7  avril,  pour  se  rendre  à  Chambly,  où  il  arriva  lundi,  le  8  avril. 

Comme  il  avait  été  entendu  le  samedi  précédent,  les  employés  se  remirent1  à  tra- 
vailler lundi,  le  8  avril,  à  6 :45  heures  du  matin.  Il  y  avait  dans  le  momnt  86  em- 
ployés en  grève  (hommes  et  femmes),  tandis  que  50  à  60  ouvriers  travaillaient  régu- 
lièrement dans  la  manufacture.  Le  surintendant  était  disposé  à  réintégrer  les  an- 
ciens employés  à  l'exception  de  4.  Il  prétendit  que  ces  4  employés  avaient  été  rem- 
placés par  d'autres  pendant  la  suspension  des  travaux,  et  qu'il  était  impossible  de  leur 
rendre  leurs  anciennes  places,  du  moins  pour  le  moment,  ou  de  leur  donner  aucun 
ouvrage.  Sur  ces  entrefaites,  tous  les  employés  qui  s'étaient  mis  en  grève  la  pre- 
mière fois  cessèrent  de  nouveau  de  travailler. 

Les  fonctionnaires  du  département  continuèrent  à  déployer  tous  leurs  efforts  pour 
amener  une  entente  entre  les  parties.  Au  cours  de  la  matinée  ils  conférèrent  avec 
le  comité  des  grévistes  et  se  firent  remettre  par  eux  la  déclaration  suivante,  où  ils  se 
déclaraient  prêts  à  reprendre  leurs  postes  en  attendant  que  la  question  des  salaires 
eût  été  arbitrée,  les  autres  points  dans  la  liste  des  griefs  ayant  été  réglés  ou  aban- 
donnés. Nous,  soussignés,  membres  du  comité  des  employés  de  la  manufacture  de 
S.  T.  Willett,  actuellement  en  grève,  consentons  à  soumettre  nos  griefs  à  une  com- 
mission d'arbitrage  constituée  comme  suit:  un  des  arbitres  devant  être  nommé  par  le 
propriétaire  de  la  manufacture,  un  par  nous  et  le  troisième  (tiers-arbitre)  devant 
être  choisi  par  les  deux  autres,  la  décision  de  cette  commission  devant  être  finale. 

Nous  consentons  à  nous  remettre  au  travail  en  attendant  que  les  arbitres  aient 
rendu  leur  sentence,  et  nous  promettons  de  ne  rien  faire  de  nature  à  entraver  le  fonc- 
tionnement régulier  de  la  manufacture. 


92  DE  PARTE  M  EXT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

De  plus,  nous  nous  engageons  à  accepter,  sans  aucune  restriction,  la  décision  qui 
sera  rendue  par  les  arbitres. 

Pour  le  comité 
Témoins 


Le  secrétaire  du  département,  M.  Acland,  fît  part  à  M.  Willett  de  la  proposition 
des  grévistes,  mais  ce  dernier 'ne  voulut  pas  consentir  à  soumettre  la  question  des 
salaires  à  une  commission  d'arbitrage.  Il  prétendit  qu'il  n'avait  fait  aucun  bénéfice 
depuis  3  ans  et  qu'il  lui  était  impossible  de  promettre  qu'il  augmenterait  les  salaires 
de  ses  ouvriers.  M.  Willett  fit  remarquer  que,  d'après  le  mémoire  qui  lui  avait  été 
remis,  l'on  demandait  dans  beaucoup  de  cas  une  augmentation  de  50  pour  100  et 
même  plus  sur  les  salaires  alors  payés.  Sa  manufacture,  ajouta-t-il,  avait  été  établie 
il  y  a  audelài  de  60  ans,  et  c'était  la  première  fois  qu'un  différend  s'était  produit  entre 
lui  et  ses  employés.  Il  attribua  la  difficulté  qui  était  survenue  à  l'introduction  de 
l'unionisme  parmi  les  employés. 

Afin  qu'il  n'y  eût  aucun  doute  quant  à  l'attitude  prise  par  M.  Willett  relative- 
ment à  la  question  des  salaires,  le  secrétaire  du  département  écrivit  à  ce  dernier  la 
lettre  suivante: — ■ 

Chambly-Canton,  8  avril  1907. 

Monsieur, — J'ai  reçu  instruction  de  l'honorable  ministre  du  Travail  de  lui 
faire  un  rapport  sur  le  différend  qui  est  survenu  entre  vous  et  un  certain  nombre 
de  vos  employés  et  qui  a  eu  pour  résultat  la  grève  qui  existe  actuellement,  et  de 
vous  offrir  la  médiation  du  département  du  Travail  pour  régler  ce  différend. 

Vos  employés  et  vous-même  avez  accepté  les  bons  offices  du  département,  et 
comme  j'ai  reçu  instruction  du  ministre  de  faire  tous  mes  efforts  pour  amener 
une  entente  entre  les  parties,  je  vous  envoie  sous  ce  pli  copie  d'une  déclara- 
tion signée  par  vos  employés  et  par  laquelle  ils  consentent  à  soumettre  leurs  griefs 
à  une  commission  d'arbitres,  qui  devra  être  nommée  de  la  manière  qui  y  est  indi- 
quée, et  s'engagent  à  se  remettre  au  travail  et  à  accepter  sans  restriction  la  déci- 
sion qui  sera  rendue  par  les  arbitres. 

Je  vous  prierais  de  me  dire  le  plus  tôt  possible  si  vous  êtes  consentant  à 
soumettre  le  différend  qui  s'est  élevé  à  une  commission  d'arbitres,  et  si  vous  ne 
pouvez  pas  accepter  cette  proposition,  je  vous  serais  obligé  si  vous  vouliez  bien 
m'indiquer  un  autre  moyen  qui,  d'après  vous,  faciliterait  le  règlement  de  ce  diffé- 
rend. 

Votre  obéissant  serviteur, 

F.  A.  ACLAND, 
Secrétaire  du  département  du  Travail. 

M.  Acland  reçut  de  M.  Willett  la  lettre  suivante  en  réponse  à  sa  communica- 
tion:— 

Manufacture  de  lainages  de  Richelieu. 

Chambly-Canton,  P.-Q.,  9  avril  1907. 
F.  A.  Acland, 

Secrétaire  du  département  du  Travail. 
Cher  Monsieur, — J'ai  reçu  votre  lettre  du  8  courant,  et  je  regrette  de  vons 
dire  que  je  ne  vois  pas  de  raison  pour  revenir  sur  la  décision  que  j'ai  prise  et 
que  je  vous  ai  fait  connaître  hier. 

Votre  obéissant  serviteur, 

S.  T.  WILLETT. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  93 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

M.  Wilfrid  Paquette,  président  général  de  la  Fédération  des  Tisserands  du  Ca- 
nada, se  rendit  à  Chambly  lundi  soir,  le  8  avril,  et  des  discours  furent  prononcés  par 
lui  ainsi  que  par  le  secrétaire  général  Girard  et  d'autres  personnes  à  une  assemblée 
des  employés  tenue  le  même  soir  à  l'hôtel  de  ville.  Les  fonctionnaires  du  département 
adressèrent  aussi  la  parole  et  expliquèrent  la  situation.  Mardi,  le  9,  à  midi,  M.  Acland 
eut  une  autre  entrevue  avec  M.  Willett,  et  qui  demanda  de  reprendre  les  4  employés 
qui  avaient  été  remplacés,  la  question  des  salaires  devant  être  laissée  en  suspens  pour 
le  moment. 

A  la  suite  de  cette  entrevue,  M.  Willett  consentit  à  reprendre  à  son  service  trois 
des  quatre  employés  en  question.  Le  4e  employé  n'était  pas,  paraît-il,  un  ouvrier  régu- 
lier de  l'établissement;  c'était  un  charretier  à  qui  l'on  avait  donné  de  l'ouvrage  depuis 
quelques  mois  et  qui  serait  sans  aucun  doute  réengagé  lors  de  l'ouverture  du  canal. 
Quant  à  cet  employé,  M.  Willett  promit  qu'il  lui  donnerait  de  l'ouvrage  dans  la  ma- 
nufacture (s'il  le  désirait)  aussitôt  qu'on  pourrait  lui  trouver  nne  place  convenable. 
M.  Willett  promit  aussi  qu'il  n'userait  pas  de  représailles  contre  les  employés  qui 
s'étaient  mis  en  grève  dans  le  cas  où  ils  se  remettraient  au  travail;  mais  il  fit  remar- 
quer qu'il  ne  serait  pas  convenable  pour  les  employés  de  continuer  à  porter  les  insi- 
gnes de  grévistes  après  que  la  grève  aurait  pris  fin,  et  surtout  de  porter  ces  insignes 
dans  la  manufacture.  Il  devait  être  bien  "entendu,  ajouta-t-il,  que  les  questions  se 
rattachant  à  l'unionisme  ne  seraient  jamais  discutées  dans  l'enceinte  de  la  manufac- 
ture. 

Quant  à  la  question  des  salaires,  M.  Willett  demeura  inflexible,  mais  il  fit  remar- 
quer que  tout  individu  à  son  service  serait  toujours  libre  de  présenter  au  contremaî- 
tre de  son  département  une  demande  d'augmentation  de  salaire. 

Les  grévistes  .tinrent  une  autre  assemblée  le  mardi  soir.  Les  fonctionnaires  du 
département  assistèrent  à  cette  assemblée;  ils  firent  connaître  aux  grévistes  le  résul- 
tat de  leur  entrevue  avec  M.  Willett,  et  leur  soumirent  une  base  d'arrangement  qui 
paraissait  être  la  seule  possible  dans  les  circonstances.  Ils  se  retirèrent  ensuite  et 
attendirent  la  décision  de  l'assemb/lée.  A  11  heures,  on  leur  fit  savoir  que  les  gré- 
vistes se  remettraient  au  travail  le  lendemain  matin.  Le  secrétaire  du  département 
se  rendit  chez  M.  Willett  à  11  heures  du  soir  et  lui  annonça  la  chose.  Mercredi  ma- 
tin, le  10  avril,  tous  les  employés  (à  l'exception  de  celui  dont  il  est  parlé  plus  haut) 
se  remirent  au  travail  et  furent  réintégrés  dans  leurs  anciennes  places.  Phis  tard 
dans  la  journée,  M.  Willett  consentit  à  congédier  les  détectives  spéciaux  qui  avaient 
été  engagés  pour  protéger  la  manufacture  pendant  la  grève,  vu  que  l'on  n'avait  plus 
besoin  de  leurs  services  et  que  leur  présence  aurait  pu  finir  par  irriter  les  employés. 
Les  détectives  quittèrent  la  ville  par  le  train  de  l'après-midi. 

Dans  la  matinée  du  10  avril,  le  ministre  du  Travail  reçut  le  télégramme  suivant 
de  M.  Girard,  secrétaire  de  la  Fédération  des  Tisserands: — 

Grève  à  Chambly- Canton  terminée  à  la  satisfaction  des  deux  parties.  Les 
ouvriers  vous  remercient  sincèrement  pour  l'aide  que  vous  leur  avez  prêtée  et  pour 
la  sympathie  que  vous  leur  avez  témoignée. 


94 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  95 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


IV.— IMMIGRATION    ORIENTALE— A.  CAUSE    DES    EMEUTES    QUI    ONT 
EU  LIEU  A  VANCOUVER  AU  MOIS  DE  SEPTEMBRE  1907. 

Durant  l'année,  la  question  de  l'immigration  orientale  a  été  le  sujet  de  vives  dis- 
cussions au  Canada,  et  le  département  du  Travail  a  été  appelé  à  remplir  à  ce  sujet 
d'importantes  missions  et  à  faire  plusieurs  enquêtes. 

Antérieurement  à  l'année  qui  vient  de  s'écouler,  le  seul  pays  de  l'orient  pour  le- 
quel le  Canada  avait  établi  des  règlements  spéciaux,  plus  sévères  que  ceux  s'appli- 
quant  aux  immigrants  en  général,  était  la  Chine,  les  Chinois  immigrant  dans  notre 
pays  ayant  été  frappés,  en  1900,  d'une  taxe  de  $100  par  tête,  taxe  qui  fut  portée  à 
$500  en  1904.  Il  avait  été  entendu  dès  1900  que  les  autorités  du  Japon  restrein- 
draient l'immigration  des  Japonais  au  Canada;  et  le  fait  est  que  l'immigration  ja- 
ponaise au  Canada  pendant  les  années  qui  suivirent  a  été  insignifiante.  Dans  le 
cas  de  l'Inde,  la  3me  grande  division  du  monde  oriental,  il  y  avait  eu  antérieurement 
à  l'année  1907  peu  au  point  d'immigration,  et  il  n'existait  aucune  raison  pour  l'éta- 
blissement de  règlements  spéciaux. 

L'effet  du  nouveau  mouvement  migratoire  de  la  part  des  races  orientales,  qui 
a  attiré  beaucoup  l'attention  dans  ces  dernières  années,  s'est  fait  sentir  tout  d'abord, 
dans  ce  continent,  sur  la  côte  du  Pacifique,  des  deux  côtés  de  la  frontière.  Le  doux 
climat  de  ces  régions  a  toujours  porté  l'immigrant  oriental  à  aller  se  fixer  de  préfé- 
rence dans  les  Etats  ou  les  provinces  baignés  par  l'océan  occidental.  A  l'issue  de  la 
guerre  russo-japonaise,  une  subite  augmentation  de  l'immigration  aux  Etats-Unis 
et  les  demandes  instantes  faites  par  les  Japonais  résidant  dans  la  Californie  pour 
qu'ils  fussent  mis  sur  un  pied  d'égalité  avec  les  Américains  quant  à  l'enseignement 
de  leurs  enfants  éveillèrent  l'intérêt  public,  provoquèrent  même  une  certaine  in- 
quiétude, et  furent  l'objet  de  longues  négociations  entre  le  gouvernement  des  deux 
pays.  Relativement  à  l'attitude  des  Etats-Unis  concernant  l'immigration  des  autres 
races  orientales,  nous  ferons  remarquer  que  l'immigration  chinoise  aux  Etats-Unis 
avait  été  prohibée,  tandis  qu'un  grand  nombre  de  Hindous  étaient  allés  récemment 
s'établir  dans  les  Etats  maritimes  de  la  république  voisine. 

L'effet  de  ce  mouvement  migratoire  s'est  aussi  fait  sentir  au  Canada,  principa- 
lement dans  la  Colombie-Britannique.  L'on  comprendra  mieux  la  situation  en  met- 
tant en  contraste  la  population  presque  fabuleuse  de  l'Orient  avec  le  petit  groupe  de 
blancs  représentent  la  civilisation  chrétienne  sur  notre  côte  du  Pacifique.  Il  y  a  en 
Orient  800,000,000  d'âmes;  dans  la  Colombie-Britannique  il  y  en  a  200,000,  avec  déjà 
presque  autant  d'Orientaux  que  de  blancs  parmi  les  adultes,  la  plupart  de  ces  der- 
niers étant  des  Chinois  qui  sont  venus  s'établir  dans  le  pays  avant  que  la  capitation 
ait  été  augmentée. 

Si  l'on  consulte  les  statistiques  de  l'immigration  orientale  pour  ces  dernières 
années,  l'on  constatera  que  le  nombre  total  de  Japonais  qui  habitaient  le  Canada  en  1901 
était  de  4,674,  presque  tous  établis  dans  la  Colombie-Britannique.  Au  commence- 
ment de  l'année  1907  les  Japonais  étaient  au  nombre  de  7,500.     Pendant  cette  année- 


96  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

là  l'immigration  a  beaucoup  augmenté;  pendant  les  10  mois  expirés  en  octobre  4,429 
Japonais  sont  venus  au  Canada,  non  compris  ceux  qui  se  sont  rendus  aux  Etats-Unis 
en  passant  par  un  port  canadien.  Sur  ce  nombre,  cependant,  il  a  été  subséquemment 
constaté  que  beaucoup  plus  de  la  moitié  venaient  de  Hawaï  et  non  du  Japon. 

Les  chiffres  en  ce  qui  concerne  les  Hindous  sont  moins  frappants,  mais  il  ne 
faut  pas  oublier  que  l'immigration  de  l'Inde  au  Canada  a  été  à  peu  près  nulle  jus- 
qu'en 1906.  Durant  l'exercice  expiré  le  30  juin  1906,  387  Hindous  ont  immigré  au 
Canada,  contre  45  l'année  précédente.  L'année  suivante,  le  nombre  des  immigrants 
qui  nous  sont  arrivés  de  l'Inde  a  été  de  2,124,  et  il  y  a  encore  eu  augmentation  en 
1907-08. 

La  taxe  de  $500  imposée  en  1904  a  eu  pour  effet  de  maintenir  l'immigration  de 
la  Chine  à  un  chiffre  nominal  pendant  plusieurs  années,  le  nombre  de  ceux  qui  ont 
payé  la  taxe  du  1er  janvier  1904,  date  où  la  loi  établissant  cette  taxe  est  entrée  en 
vigueur,  au  30  juin  1907,  ayant  été  de  121.  L'année  suivante,  cependant,  le  nombre 
des  immigrants  chinois  a  considérablement  augmenté;  pendant  les  9  mois  expirés  le 
31  mars  1908  le  nombre  de  ceux  qui  ont  immigré  de  la  Chine  au  Canada  a  été  de 
1,482. 

Il  y  a  eu  une  augmentation  tout  aussi  notable  dans x  le  nombre  des  immigrants 
qui  nous  sont  arrivés  du  Japon,  et,  pour  la  premièro  fois,  l'on  a  pu  voir  un  bon  nom- 
bre-de  Hindous  dans  les  rues  des  villes  de  la  Colombie-Britannique.  Le  nombre  des 
immigrants  qui  sont  venus  de  l'Inde,  quoique  insignifiant  si  on  le  compare  aux  four- 
millantes populations  des  pays  de  l'Orient,  a  été  relativement  considérable,  et  il  n'est 
pas  par  conséquent  surprenant  qu'il  se  soit  produit  une  véritable  panique. 

ÉMEUTES  À  VANCOUVER,  C.-B. 

L'animosité  envers  ces  immigrants  se  manifesta  tout  d'abord  aux  Etats-Unis 
vers  le  commencement  de  septembre,  alors  que  dans  la  ville  de  Bellingham,  dans 
l'Etat  de  Washington,  tout  près  de  la  frontière,  l'on  se  souleva  contre  des  ouvriers 
hindous,  qui  furent  battus  et  chassés  de  la  ville.  L'agitation  et  l'excitation  que  causa 
cet  incident  de  ce  côté-ci  de  la  frontière,  accentuées  par  l'immigration  toujours 
croissante  des  Orientaux  dans  la  Colombie-Britannique,  provoquèrent  des 
émeutes  sérieuses  dans  la  ville  de  Vancouver  le  7  septembre  et  les  jours  suivants, 
émeutes  au  cours  desquelles  les  Japonais  et  les  Chinois  résidant  dans  cette  ville  su- 
birent des  dommages  considérables  dans  leurs  biens  et  leurs  intérêts  commerciaux. 
Des  télégrammes  relatifs  à  ces  émeutes  et  à  la  cause  qui  les  avait  provoquées  furent 
immédiatement  échangés  entre  le  premier  ministre  du  Canada  et  le  maire  de  Van- 
couver; en  même  temps  le  premier  ministre  télégraphia  à  l'ambassadeur  anglais  à 
Tokio  qu'il  regrettait  vivement  ce  qui  s'était  passé;  et  M.  W.  D.  Scott,  surintendant 
de  l'immigration,  fut  chargé  par  le  gouvernement  fédéral  de  s'enquérir  des  faits  se 
rattachant  à  cette  affaire. 

Le  congrès  des  métiers  et  du  travail  du  Canada,  qui  siégeait  alors  à  Winnipeg, 
transmit  par  télégramme  au  premier  ministre  une  résolution  où  étaient  exprimées 
les  vues  du  congrès  relativement  à  l'immigration  orientale,  et  dans  laquelle  l'on  insis- 
tait pour  que  des  mesures  immédiates  fussent  prises  pour  restreindre  l'immigration 
des  Japonais  à  un  chiffre  nominal.  Sir  Wilfrid  Laurier  répondit  quil  ne  serait  pas 
sage  d'agir  précipitamment,  mais  qu'une  enquête  minutieuse  serait  faite  à  ce  sujet. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  97 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Dans  l'intervalle,  de  nombreuses  réclamations  furent  présentées  au  gouverne- 
ment fédéral  au  nom  des  Japonais  et  des  Chinois  résidant  à  Vancouver  pour  dom- 
mages soufferts  lors  des  émeutes  du  7  septembre  et  du  12  octobre.  M.  W.  L.  Mac- 
kenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail,  fut,  par  arrêté  de  l'exécuitf,  nommé 
commissaire  pour  s'enquérir  des  pertes  subies  par  les  Japonais  en  ces  circonstances. 
L'enquête  fut  tenue  immédiatement,  et  les  diverses  réclamations  présentées  à  la  com- 
mission furent  réglées  pour  la  somme  de  $9,036. 

MISSION  DU  MINISTRE  AU  JAPON. 

Le  17  septembre,  l'honorable  Kodolphe  Lemieux,  ministre  du  Travail,  fut  nom- 
mé envoyé  spécial  au  Japon  pour  discuter  avec  les  autorités  japonaises  la  question 
de  l'émigration  du  Japon  au  Canada.  Le  ministre  du  Travail,  accompagné  de  M. 
Joseph  Pope,  C.M.G.,  sous-secrétaire  d'Etat,  s'embarqua  pour  Tokio  le  30  octobre. 
Pendant  son  séjour  dans  cette  ville,  le  ministre  eut  plusieurs  conférences  avec  les  au- 
torités du  Japon,  et  réussit  à  faire  un  arrangement  pour  la  restriction  volontaire,  par 
le  Japon,  de  l'immigration  de  ce  pays  au  Canada,  arrangement  qui  fut  accepté  par  le 
gouvernement  fédéral  et  qui  fut  expliqué  aux  députés  par  le  ministre  du  Travail  dans 
un  discours  qu'il  prononça  devant  la  Chambre  des  Communes  le  21  janvier. 

AUTRES  ENQUÊTES   TENUES   PAR  LE  SOUS-MINISTRE   DU 'TRAVAIL. 

Le  sous-ministre  du  Travail,  qui  avait  dans  l'intervalle  terminé  son  enquête  au 
sujet  des  pertes  subies  par  les  Japonais  à  Vancouver,  fut,  le  S  novembre  (alors  qu'il 
était  encore  à  Vancouver),  nommé  commissaire  pour  s'enquérir  des  méthodes  que 
l'on  employait  pour  engager  les  ouvriers  orientaux  à  émigrer  au  Canada.  L'enquête 
qu'il  fit  à  ce  sujet  et  au  cours  de  laquelle  des  faits  importants  relativement  à  la 
question  de  l'immigration  orientale  furent  mis  en  lumière,  >dura  du  11  au  30  novem- 
bre, et  un  rapport  élaboré  sur  cette  question,  soumis  par  le  sous-ministre,  fut  dépose 
devant  la  Chambre  des  Communes  le  30  janvier  1908. 

Le  2  mars,  le  sous-ministre  du  Travail  fut  de  nouveau  nommé  commissaire  pour 
conférer  avec  les  membres  du  gouvernement  britannique  sur  la  question  de  l'immi- 
gration de  l'Inde  au  Canada.  M.  Mackenzie  King  s'embarqua  pour  l'Angleterre  le  6 
mars,  et  pendant  son  séjour  dans  ce  pays  il  discuta  cette  question  avec  les  ministres 
anglais  spécialement  intéressés,  savoir,  lord  Elgin,  ministre  des  colonies,  M.  John 
Morley  (maintenant  lord  Morley),  ministre  des  Indes,  et  sir  Edward  Grey,  ministre 
des  Affaires  étrangères.  Il  réussit  à  faire  à  ce  sujet  un  arrangement  tout  aussi  satis- 
faisant que  celui  qui  avait  été  effectué  dans  le  cas  du  Japon. 

H  restait  une  autre  enquête  à  faire  au  sujet  des  émeutes  qui  avaient  eu  lieu  le 
7  septembre,  car  les  Chinois  résidant  à  Vancouver  avaient  aussi  subi  des  dommages 
en  cette  circonstance.  Le  7  mars  1908,  le  sous-ministre  du  Travail  fut  nommé  com- 
missaire pour  déterminer  les  indemnités  à  accorder  aux  réclamants.  M.  Mackenzie 
King  était,  lors  j  de  sa  nomination,  en  route  pour  l'Angleterre,  où  il  allait  remplir  la 
mission  qui  lui  avait  été  confiée  relativement  à  la  question  âa  l'immigration  de  l'Inde 
au  Canada,  et  il  lui  fut  par  conséquent  impossible  de  faire  cette  enquête  durant  l'exer- 
cice. L'enquête  fut  'commencée  le  25  mai  et  se  termina  le  13  juin,  les  réclamations 
ayant  été  réglées  pour  la  somme  de  $25,990. 

36—7 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Le  sous-ministre  du  Travail,  ayant  été  subséquemment  appelé  à  remplir  diverses 
missions  et  à  tenir  des  enquêtes  au  sujet  de  la  question  de  l'immigration  orientale, 
ne  put  rédiger  son  rapport  relativement  aux  pertes  subies  par  les  Japonais  à  Van- 
couver avant  la  clôture  de  l'exercice,  c'est  pourquoi  ce  rapport  ne  figure  pas  dans  le 
présent  volume. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


V.— IMMIGRATION  ORIENTALE.— B.  MISSION  DU  MINISTRE  DU  TRA- 
VAIL AU  JAPON  POUR  CONFERER  AVEC  LES  AUTORITES  JAPO- 
NAISES SUR  LA  QUESTION  DE  L'EMIGRATION  DU  JAPON  AU  CA- 
NADA. 

Le  13  octobre,  Son  Excellence  le  Gouverneur  général  approuva  l'arrêté  de  l'exé- 
cutif suivant,  nommant  l'honorable  ministre  du  Travail  envoyé  spécial  au  Japon  pour 
conférer  avec  les  autorités  de  ce  pays  sur  la  question  d'immigration  : — 

Vu  les  regrettables  événements  qui  sont  survenus  récemment  dans  la  pro- 
vince de  la  Colombie-Britannique  par  suite  de  la  forte  augmentation  dans  le 
nombre  des  ouvriers  orientaux  qui  ont  émigré  dans  cette  province,  et  vu  qu'il 
existe  un  traité  de  paix  et  de  commerce  entre  Sa  Majesté  le  roi  et  Sa  Majesté 
l'empereur  du  Japon  depuis  l'année  1894,  et  que  le  Canada  est  devenu  partie  à 
ce  traité  il  y  a  moins  de  deux  ans,  le  Très  honorable  sir  Wilfrid  Laurier  recom- 
mande que  l'honorable  Rodolphe  Lemieux,  ministre  des  Postes  et  du  Travail, 
se  rende  immédiatement  au  Japon  pour  discuter  la  situation  avec  l'am- 
bassadeur de  Sa  Majesté  le  roi  à  Tokio  et  les  autorités  japonaises,  et  pour  prier 
celles-ci  de  bien  vouloir  prendre  les  mesures  voulues  pour  que  soit  évité  à  l'avenir 
tout  ce  qui  serait  de  nature  à  troubler  les  relations  amicales  qui,  depuis  l'exis- 
tence du  dit  traité,  ont  existé  entre  les  sujets  de  Sa  Majesté  le  roi  au  Canada 
et  les  sujets  de  Sa  Majesté  l'empereur  du  Japon. 

Le  ministre  du  Travail,  accompagné  de  M.  Joseph  Pope,  C.M.G.,  sous-secrétaire 
d'Etat,  partit  pour  Vancouver  dans  la  soirée  du  23  octobre,  et  s'embarqua  pour  le  Ja- 
pon à  bord  du  paquebot  Empress  of  China,  arrivant  à  Tokio  le  13  novembre. 

Le  ministre  du  Travail  et  le  sous-secrétaire  d'Etat  étaient  de  retour  à  Ottawa 
le  10  janvier,  et  l'arrangement  fait  par  le  ministre  pour  la  restriction  de  l'immigra- 
tion japonaise  au  Canada  ayant  été  approuvé  par  le  gouvernement  fédéral,  le  ministre 
du  Travail  fît  devant  la  Chambre,  lundi  le  21  janvier,  une  déclaration  où  il  indiqua 
la  nature  et  le  résultat  des  négociations  qui  avaient  été  entamées. 

RAPPORT   DU    MINISTRE. 

Le  ministre  commença  par  lire  l'arrêté  de  l'exécutif  relatif  à  sa  nomination 
comme  envoyé  spécial. 

Il  parla  ensuite  de  la  commission  nommée,  en  1884,  pour  étudier  la  question 
de  l'immigration  orientale  et  de  la  taxe  de  $50  imposée  par  le  gouvernement  du  jour 
(conformément  aux  recommandations  faites  par  cette  commission)  sur  les  Chinois 
entrant  dans  le  Canada.  Cette  taxe  fut  doublée  en  1900,  et,  comme  l'agitation  et  l'ex- 
citation contre  les  ouvriers  asiatiques  se  continuaient,  l'on  institua  une  deuxième 
commission,  qui  fit  les  recommandations  suivantes: — 

Vos  commissaires  sont  d'avis  que  l'immigration  d'ouvriers  .chinois  au  Canada 
devrait  être  prohibée  à  l'avenir; 

Que  le  moyen  le  plus  pratique  et  le  plus  effectif  d'atteindre  ce  but  est  de 
faire  un  traité  avec  la  Chine  et  d'adopter  une  loi  sévère; 

Que,  en  attendant,  la  capitation  devrait  être  augmentée  à  $500. 

Conformément  à  ces  recommandations,  la  taxe  fut  portée  à  $500. 

36—71 


100  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Relativement  à  l'immigration  japonaise  au  Canada,  le  ministre  déclara  qu'il  n'y 
avait  pas  de  doute  qu'à  l'époque  où  fut  nommée  la  deuxième  commission  (1900),  il 
existait  entre  les  autorités  japonaises  et  le  gouvernement  fédéral  une  entente  tacite 
que  le  courant  d'immigration  du  Japon  serait  réglé  par  les  gouverneurs  des  diverses 
préfectures  de  manière  à  ne  pas  excéder  un  chiffre  raisonnable.  Le  ministre  dit  quel- 
ques mots  sur  les  révolutions  sociales  et  politiques  qui  avaient  marqué  le  progrès  du 
Japon  en  ces  dernières  années,  puis  il  expliqua  dans  quelle  situation  se  trouvait  le 
Canada  par  suite  du  traité  que  la  Grande-Bretagne  avait  faite  avec  le  Japon  en  1894. 
Tl  s'étendit  ensuite  longuement  sur  la  correspondance  se  rattachant  à  l'entente  tacite 
existant  avec  le  Japon  relativement  à  la  restriction  de  l'immigration.  Passant  aux 
négociations  qui  avaient  été  récemment  entamées,  le  ministre  dit  qu'il  était  arrivé  à 
Tokio  le  14  novembre  et  qu'il  s'était  immédiatement  rendu  à  l'ambassade  anglaise. 
L'ambassadeur  anglais,  sir  Claude  Macdonald,  avait  été  chargé  par  le  ministère  des 
Affaires  étrangères,  à  Londres,  de  présenter  les  lettres  de  créance  du  ministre  du 
Travail  à  Son  Excellence  le  comte  Hayashi,  ministre  des  Affaires  étrangères  du  Japon, 
ce  qui  avait  été  fait.  Il  fut  convenu  que,  pour  les  négociations,  les  deux,pays  seraient 
représentés  comme  suit:  le  Japon  par  Son  Excellence  le  comte  Hayashi,  ministre  des 
Affaires  étrangères,  et  le  baron  Chinda,  vice-ministre  des  Affaires  étrangères,  et  M. 
Ishii,  directeur  du  Bureau  de  Commerce;  le  Canada  par  Son  Excellence  sir  Claude 
Macdonald,  ambassadeur  anglais;  l'honorable  E.  O.  Lindley,  secrétaire  de  l'ambassade 
anglaise;  le  ministre  du  Travail  et  M.  Joseph  Pope,  sous-secrétaire  d'Etat  du  Canada. 
Le  ministre,  dans  cette  partie  de  son  discours,  fit  remarquer  que  le  Canada  devait 
être  reconnaissant  à  sir  Claude  Macdonald  pour  la  part  active  qu'il  avait  prise  aux 
négociations.  L'ambassadeur  avait  été  présent  à  toutes  les  conférences  et  n'avait 
épargné  aucun  effort  pour  mener  les  négociations  à  bonne  fin.  Le  ministre  ajouta 
qu'il  avait  reçu  de  M.  Lindley  et  de  M.  Pope  toute  l'aide  qu'une  longue  expérience 
et  une  parfaite  connaissance  des  points  qu'il  s'agissait  de  discuter  les  mettaient  en 
mesure  de  lui  prêter.  Les  autorités  japonaises,  particulièrement  le  ministre  des  Af- 
faires étrangères,  s'étaient  montrées  très  courtoises  à  son  égard,  et  il  avait  trouvé 
dans  le  comte  Hayashi  un  ami  du  Canada  et  de  la  Grande-Bretagne,  animé  du  sin- 
cère désir  de  faire  un  arrangement  qui  serait  mutuellement  avantageux  et  également 
honorable  pour  les  deux  pays. 

ASSURANCE   OFFICIELLE    DU    JAPON. 

Le  ministre  dit  qu'il  n'était  pas  libre  de  divulguer  ce  qui  s'était  passé  aux  con- 
férences non  plus  que  le  contenu  des  documents  d'une  nature  confidentielle,  mais  l'as- 
surance écrite  qu'il  avait  reçue  du  ministre  des  Affaires  étrangères  du  Japon,  que 
le  Japon  restreindrait  à  l'avenir  son  émigration  au  Canada,  était,  ajouta-t-il,  la  meil- 
leure preuve  que  le  nouvel  arrangement  reposait  sur  une  base  satisfaisante  et  perma- 
nente.    L'assurance  écrite  en  question  se  lisait  comme  suit: — 

Tokio,  23  décembre  1907. 

Monsieur  le  Ministre, — En  réponse  à  votre  note  de  cette  date,  j'ai  l'honneur 
de  vous  dire  que  bien  que  le  traité  existant  entre  le  Canada  et  le  Japon  garantisse 
absolument  aux  sujets  japonais  la  pleine  liberté  d'entrer,  de  voyager  et  de  résider 
dans  n'importe  quelle  partie  de  la  confédération  du  Canada,  cependant  ce  n'est 
pas  l'intention  du  gouvernement   impérial  d'insister  sur  la  complète  jouissance 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  101 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

des  droits  et  privilèges  garantis  par  ce  traité  lorsqu'il  sera  préférable  de  ne  pas 
s'en  prévaloir  à  cause  des  conditions  spéciales  qui  pourront  régner  au  Canada 
de  temps  à  autre. 

Vu  les  événements  qui  sont  récemment  survenus  dans  la  Colombie-Britanni- 
que, le  gouvernement  impérial  a  décidé  de  prendre  des  mesures  effectives  pour 
restreindre  l'émigration  au  Canada.  Dans  la  mise  en  pratique  de  la  politique 
qu'il  entend  suivre  à  l'avenir,  le  gouvernement  impérial  tiendra  compte  des  condi- 
tions locales  existant  au  Canada,  et  s'efforcera  de  se  rendre  aux  désirs  du  gouver- 
nement canadien  en  tant  que  cela  sera  compatible  avec  l'esprit  du  traité  et  la 
dignité  de  l'Etat. 

Bien  que,  comme  vous  le  dites  dans  votre  note,  je  n'aie  pas  agréé  toutes  les 
propositions  que  vous  m'avez  faites  au  nom  du  gouvernement  du  Canada,  j'aime 
à  croire  que  vous  trouverez,  dans  la  teneur  même  de  la  présente  lettre,  une  preuve 
du  sincère  désir  du  gouvernement  impérial  de  maintenir,  par  tous  les  moyens  en 
son  pouvoir,  les  relations  cordiales  qui  existent  entre  nos  deux  pays.  Les  confé- 
rences que  nous  avons  eues  ensemble  ont  montré  que  nous  voulions  fermement 
que  rien  ne  troublât  la  paix  et  l'harmonie  entre  le  Canada  et  le  Japon,  et  j'ajou- 
terai que  je  vous  sais  beaucoup  gré  de  vos  explications,  franches  et  nettes,  con- 
cernant l'attitude  et  les  désirs  de  votre  gouvernement. 

J'ai  l'honneur  d'être,  etc., 

TADUSA   HAYASHI. 

L'honorable   Kodolphe   Lemieux, 

Directeur  général  des  Postes  et  ministre  du  Travail  du  Canada, 

Tokio. 

Le  ministre  dit  que,  d'après  lui,  le  ministre  des  Affaires  étrangères  du  Japon 
donnait  au  Canada,  dans  cette  lettre,  l'assurance  officielle  que  le  gouvernement  impé- 
rial prendrait  des  mesures  effectives  pour  restreindre  l'émigration  du  Japon.  Durant 
les  conférences  sur  cette  question,  des  règlements  sévères,  accompagnés  d'instructions 
adressées  aux  gouverneurs  locaux  et  aux  consuls  du  Canada,  avaient  été  adoptés.  Le 
ministre  assura  la  Chambre  que  l'ambassadeur  anglais  et  lui-même  étaient  persuadés 
que  ces  règlements  étaient  suffisants  pour  permettre  d'atteindre  le  but  auquel  l'on 
visait,  et  qu'ils  seraient  loyalement  appliqués  par  le  ministère  des  Affaires  étrangères 
à  Tokio. 

Le  ministre  fit  remarquer  que,  comme  résultat  des  négociations,  toute  émigration 
d'ouvriers  engagés  par  contrat  (y  compris  les  artisans)  était  maintenant  prohibée,  à 
moins  qu'ils  ne  viennent  dans  le  pays  à  la  demande  du  gouvernement  canadien.  Cela 
voulait  dire,  ajouta  le  ministre,  que  les  compagnies  comme  la  Canadian  Nippon 
Supply  Co.  ne  pourraient  plus  à  l'avenir  coopérer  avec  les  compagnies  d'émigration 
du  Japon  pour  envoyer  au  Canada  des  ouvriers  engagés  par  contrat.  Les  étudiants, 
les  marchands  et  les  touristes  venant  du  Japon  continueraient,  comme  par  le  passé,  à 
jouir  du  privilège  d'entrer  librement  dans  notre  pays. 

ÉMIGRATION  DE  HAWAÏ. 

Quant  à  l'émigration  de  Hawaï,  le  ministre  annonça  que  cette  question  avait 
été  réglée.  Le  gouvernement  japonais  avait  admis  qu'il  n'avait  aucune  juridiction 
et  aucun  contrôle  sur  ceux  qui  émigraient  de  Honolulu  au  Canada,  mais  la  loi  du 
Canada  relative  aux  ouvriers  étrangers  défendait  de  faire  venir  des  Etats-Unis  des 
ouvriers  engagés  par  contrat.     Hawaï  était  une  possession  américaine,  et  par  consé- 


102  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
quent  cette  loi  s'y  appliquait.  Si  les  dispositions  du  statut  n'étaient  pas  suffisantes 
pour  faire  face  à  la  situation,  elles  pourraient  être  modifiées.  La  loi  relative  aux 
ouvriers  étrangers,  fit  remarquer  le  ministre,  n'aurait  peut-être  pas  besoin  d'être 
modifiée,  vu  le  récent  arrêté  de  l'exécutif  défendant  aux  immigrants  d'entrer  en 
Canada  à  moins  qu'ils  ne  viennent  directement  de  leur  pays  natal  ou  du  pays 
où  ils  jouissaient  du  droit  de  cité,  et  avec  des  billets  de  passage  directs  achetés 
avant  leur  départ  de  leur  pays  natal  ou  du  pays  où  ils  jouissaient  du  droit  de  cité. 
Ce  règlement  s'applique  aux  ports  de  l'Atlantique  et  du  Pacifique  et  à  tous  les  pays 
sans  aucune  distinction.  Cet  arrêté  de  l'exécutil  empêche  les  Hindous  d'émigrer  de 
Hong  Kong  ou  de  Shanghai  au  Canada,  et  les  Japonais  d'émigrer  des  îles  Hawaï  dans 
notre  pays.  Avec  l'émigration  du  Japon  sévèrement  réglementée  et  l'émigration  de 
Hawaï  complètement  prohibée,  le  ministre  crut  pouvoir  annoncer  que  toutes  causes 
de  difficultés  et  de  conflits  se  trouvaient  éliminées.  Quant  à  la  propagande  faite  par 
les  compagnies  d'émigration  opérant  au  Japon,  le  ministre  des  Affaires  étrangères  du 
Japon  lui  avait  fait  savoir  officiellement  à  sa  dernière  entrevue  et  l'avait  autorisé  à 
déclarer  devant  le  parlement  canadien  qu'il  (le  comte  Hayashi)  avait  virtuellement 
supprimé  ces  compagnies  au  Japon.  Il  y  avait  17  de  ces  compagnies.  Le  dépôt  exigé 
par  le  gouvernement  avait  été  tellement  augmenté  que  trois  seulement  d'entre  elles 
avaient  pu  continuer  leurs  opérations.  Le  comte  Hayashi  avait  dit  à  une  délégation 
d'actionnaires  de  ces  compagnies  qu'à  l'avenir  les  hauts  intérêts  diplomatiques  pas- 
seraient avant  les  intérêts  des  immigrants.  Le  comte  avait  de  plus  déclaré  au  ministre 
que  les  trois  compagnies  qui  restaient  au  Japon  étaient  spécialement  subventionnées 
pour  diriger  les  émigrants,  non  pas  vers  le  Canada  et  les  Etats-Unis,  mais  vers  la 
Mandchourie  et  la  Corée,  et  qu'à  l'avenir  elles  seraient  empêchées  par  des  règlements 
spéciaux  d'envoyer  des  émigrants  au  Canada  et  aux  Etats-Unis. 

L'assurance  donnée  par  le  comte  Hayashi,  au  nom  de  son  gouvernement,  était, 
dit  le  ministre,  un  engagement  solennel  que  le  Canada  était  tenu  d'accepter  de  bonne 
foi.     Le  fait  qu'elle  avait  été  donnée  spontanément  liait  encore  davantage  le  Japon. 

La  question  de  l'immigration  orientale  au  Canada  fut  de  nouveau  discutée  lundi, 
le  28  janvier,  sur  un  amendement  à  la  motion  pour  que  la  Chambre  se  formât  en  co- 
mité des  subsides. 

DÉCLARATION  OFFICIELLE   FAITE  PAR  LE  COMTE   HAYASHI  DEVANT   LA  DIETE   JAPONAISE. 

Des  câblogrammes  transmis  de  Tokio  aux  journaux,  en  date  du  28  janvier, 
disaient  que  le  comte  Hayashi  avait,  le  soir  précédent,  en  réponse  à  des  interpellations 
dans  la  Chambre  basse  de  la  diète,  parlé  longuement  de  la  politique  étrangère  du  gou- 
vernement, et  incidemment  des  négociations  avec  le  Canada.  Il  avait  annoncé  que  la 
question  de  l'émigration  au  Canada  avait  été  définitivement  réglée. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  103 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


VI.— IMMIGRATION  ORIENTALE.— C.  SOUS-MINISTRE  DU  TRAVAIL 
NOMME  COMMISSAIRE  POUR  S'ENQUERIR  DES  PERTES  SU- 
BIES PAR  LES  JAPONAIS  LORS  DES  EMEUTES  ANTI-ASIATI- 
QUES QUI  EURENT  LIEU  A  VANCOUVER. 

Le  12  octobre,  par  arrêté  de  l'exécutif  en  date  du  27  septembre  1907,  W.  William 
Lyon  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail,  fut  nommé  commissaire 
pour  s'enquérir  des  pertes  subies  par  les  Japonais  résidant  à  Vancouver  lors  des 
émeutes  qui  eurent  lieu  dans  cette  ville  au  mois  de  septembre  1907.  L'arrêté  de 
l'exécutif  se  lisait  comme  suit: — 

Vu  un  mémoire,  en  date  du  27  septembre  1907,  de  l'honorable  secrétaire 
d'Etat,  dans  lequel  ce  dernier  dit  que  M.  T.  Nosse,  consul  général  du  Japon  au 
Canada  lui  avait  fait  savoir  qu'il  avait  reçu  du  ministre  des  Affaires  étrangères 
du  Japon  un  câblogramme  attirant  son  attention  sur  les  pertes  et  les  dommages 
subis  par  les  Japonais  résidant  à  Vancouver  lors  des  émeutes  qui  eurent  lieu 
dans  cette  ville  au  commencement  de  septembre  1907,  et  exprimant  l'espoir  que, 
vu  les  relations  cordiales  qui  existent  entre  le  Japon  et  le  Canada,  le  gouverne- 
ment canadien  réglerait  l'affaire  sans  l'intervention  du  gouvernement  britanni- 
que et  sans  passer  par  les  voies  diplomatiques  ordinaires. 

Le  ministre  recommande  par  conséquent  que  les  pertes  subies  par  le  Japo- 
nais en  cette  circonstance  soient  déterminées  pour  que  le  montant  en  soit  ensuite 
payé,  et  que  M.  Wm.  Lyon  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail, 
soit  nommé  commissaire  en  vertu  de  la  loi  des  enquêtes,  chapitre  104  des  Statuts 
revisés,  pour  s'enquérir  des  dommages  soufferts  par  les  Japonais  résidant  à  Van- 
couver lors  des  émeutes  qui  eurent  lieu  dans  cette  ville  au  mois  de  septembre  der- 
nier.   Le  tout  soumis  à  l'approbation  de  Son  Excellence. 

Les  réclamations  faites  au  nom  des  Japonais  résidant  à  Vancouver  s'élevaient 
à  près  de  $14,000,  dont  à  peu  près  $2,500  étaient  pour  bris  de  châssis,  la  balance  étant 
presque  entièrement  pour  pertes  subies  par  suite  de  la  fermeture,  durant  plusieurs 
jours,  des  magasins  tenus  par  des  Japonais. 

M.  Mackenzie  King  quitta  Ottawa  lundi,  le  14  octobre,  et  arriva  à  Vancouver 
dimanche,  le  20  octobre.  Il  commença  l'enquête  qu'il  avait  été  chargé  de  faire  lundi, 
le  21  octobre.  M.  F.  W.  Giddens,  du  département  du  Travail,  fut  nommé  secrétaire 
et  sténographe  de  la  commission,  et  M.  Howard  G.  Duncan,  avocat  de  Vancouver, 
représentait  le  gouvernement  japonais.  Cinquante-sept  réclamations  furent  pré- 
sentées. 

Au  cours  de  l'enquête,  le  commissaire  apprit  que  des  agences  de  placement  à  Van- 
couver et  au  Japon  avaient  tout  un  système  organisé  pour  activer  l'immigration 
d'ouvriers  japonais  au  Canada.  M.  Duncan,  l'avocat  du  gouvernement  japonais,  s'op- 
posa à  ce  que  M.  King  s'enquît  de  la  chose,  vu  que  cela,  prétendit-il,  était  en  dehors 
des  pouvoirs  dont  l'investissait  sa  commission.  M.  King  fît  remarquer  que  c'était 
là  une  question  très  importante  et  il  ajouta  qu'il  serait  peut-être  nécessaire  de  recom- 
mander la  nomination  d'une  commission  spéciale  pour  faire  une  enquête  à  ce  sujet. 


104  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Le  8  novembre,  le  commissaire  envoya  le  télégramme  suivant  à  l'honorable  secré- 
taire d'Etat: — 

L'honorable  R.  W.  Scott, 

Secrétaire  d'Etat, 

Ottawa,  Ont. 

Les  réclamations  présentées  par  les  Japonais  pour  les  pertes  qu'ils  avaient 
subies  s'élevaient  à  $13,576.25.  A  la  suite  de  l'enquête  qui  a  été  faite,  j'ai  es- 
timé ces  pertes  à  $9,036,  montant  que  je  considère  juste  et  raisonnable.  Le  con- 
sulat japonais  n'a  présenté  aucun  compte  pour  les  sommes  qu'il  a  payées  à  ceux 
qui  ont  estimé  les  dommages  et  à  l'avocat  dont  il  a 'retenu  les  services.  Comme 
le  soin  apporté  dans  le  dressement  des  états  estimatifs  des  dommages  et  des  récla- 
mations et  la  présence  de  l'avocat  représentant  le  gouvernement  japonais  m'ont 
beaucoup  facilité  ma  tâche,  l'on  devrait,  à  mon  avis,  rembourser  au  consulat 
japonais  le  montant  qu'il  a  dépensé  de  ce  chef,  et  je  recommande  par  conséquent 
que,  en  sus  du  paiement  du  montant  des  pertes  subies  par  les  Japonais  résidant  à 
Vancouvejr,  l'on  rembourse  au  consulat  japonais  la  somme  de  $1,600  qu'il  a  dé- 
pensée pour  le  dressement  des  états  estimatifs  des  dommages  et  des  réclamations 
et  qu'on  lui  alloue  la  somme  de  $1,000  pour  les  honoraires  de  son  avocat.  Je  re- 
commande en  outre  que  l'on  rembourse  aux  réclamants  la  somme  de  $139  qu'ils 
ont  payéei  pour  l'attestation  de  leurs  réclamations.  j 

W.  L.  MACKENZIE  KING, 

Commissaire. 

Le  paiement  des  sommes  susmentionnées  fut  autorisé  par  un  arrêté  de  l'exécu- 
tif, et  le  15  novembre  M.  King  envoya  un  chèque  de  $1,600  au  conseil  du  Japon,  aveo 
la  lettre  suivante: —  i 

"  Cher  monsieur, — Au  nom  du  gouvernement  du  Canada,  j'ai  l'honneur  de 
vous  transmettre  sous  ce  pli  un  chèque;  au  montant  de  '$1,600,  payable  à  l'ordre  du 
consul  de  Sa  Majesté  l'empereur  du  Japon,  ce  chèque  représentant  une  allocation 
de  $1,000  pour  honoraires  d'avocat  et  le  remboursement  de  la  somme  de  $600  que 
le  consulat  japonais  a  dépensée  pour  l'estimation  des  pertes  subies  par  la  popula- 
tion japonaise  lors  des  récentes  émeutes  qui  ont  eu  lieu  dans  la  ville  de  Vancou- 
ver" pour  le  dressement  des  réclamations  faites  de  ce  chef  et  pour  la  présentation 
de  celles-ci  devant  la  commission  royale  nommée  pour  s'enquérir  de  ces  pertes. 

"  Le  consulat  japonais  à  Vancouver  n'a  présenté  aucun  compte  pour  les  dé- 
penses qu'avaient  nécessitées  l'évaluation  des  dommages  soufferts  en  cette  cir- 
constance et  le  dressement  des  réclamations,  ni  pour  les  honoraires  de  l'avocat  qui 
représentait  le  gouvernement  japonais  devant  la  commission.  Lorsque,  en  ma 
qualité  de  commissaire  nommé  pour  faire  une  enquête  en  vue  de  déterminer  les 
pertes  subies  par  les  Japonais  résidant  à  Vancouver,  je  vous  ai  demandé  de  me 
transmettre  un  état  des  sommes  déboursées  par  le  consulat  japonais,  vous  m'avez 
répondu  que  ce  n'était  pas  votre  intention  ni  votre  désir  de  vous  faire  rembourser 
par  le  gouvernement  canadien  les  dépenses  qui  avaient  été  faites  pour  le  dres- 
sement et  la  présentation  des  réclamations  des  Japonais. 

"Comme  vous  le  savez,  le  soin  apporté  dans  l'estimation  des  pertes  subies 
et  dans  le  dressement  des  réclamations,  et  la  présence  de  l'avocat  que  vous  aviez 
engagé,  m'ont  beaucoup  facilité  ma  tâche,  et  c'est  là,  aux  yeux  du  gouvernement 
du  Canada,  une  raison  suffisante  pour  que  les  sommes  que  vous  avez  dépensées 
vous  soient  remboursées.  J'aime  à  croire,  par  conséquent,  que  vous  voudrez 
bien  accepter  le  chèque  ci-inclus. 

"Le  gouvernement  a  aussi,  par  arrêté  de  l'exécutif,  autorisé  le  paiement  d'une 
somme  de  $9,036  comme  indemnité  pour  les  pertes  subies  par  les  Japonais  lors 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  105 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

des  récentes  émeutes,  ainsi  que  le  remboursement  de*  la  somme  de  $139  dépensée 
par  les  réclamants  pour  l'attestation  de  leurs  réclamations.  Je  suis  actuelle- 
ment à  préparer  des  chèques  pour  les  sommes  allouées  aux  divers  indemnitaires. 
J'espère  pouvoir  remettre  ces  chèques  aux  réclamants  demain  dans  le  courant  de 
la  journée. 

"J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

"  Votre  obéissant  serviteur, 

"W.  L.  MACKENZIE  KING, 

"  Commissaire. 

H  M.  KlSHIRO  MORIKAWA, 

"  Consul  de  Sa  Majesté  l'empereur  du  Japon, 
"Vancouver,  C.-B." 

Le  19  novembre,  le)  chèque  fut  renvoyé  par  le  consul  du  japon  avec  la  lettre 
suivante  : — 

"Consulat  de  Sa  Majesté  l'empereur  du  Japon, 

"Vancouver,  C.-B.,  19  novembre  1907. 

"Monsieur, — Permettez-moi  de  vous  remercier,  au  nom  de  mon  gouverne- 
ment, de  votre  lettre  du  15  courant,  contenant  un  chèque  de  $1,600  pour  les 
dépenses  incidentes  que  nous  avons  dû  faire  pour  la  protection  des  intérêts  des 
Japonais  ayant  subi  des  pex*tes  lors  des  regrettables  émeutes  qui  eurent  lieu  le 
7  septembre,  et  m'annonçant  que  le  gouvernement  canadien  avait  alloué  une 
somme  de  $9,036  comme  indemnité  pour  les  dommages  soufferts  par  mes  compa* 
triotes  en  cette  circonstance,  et  avait  décidé  de  rembourser  aux  réclamants  ce 
qu'ils  avaient  dépensé  pour  l'attestation  de  leurs  réclamations. 

"Mon  gouvernement  est  parfaitement  satisfait  (comme  le  sont,  j'en  suis  sûr, 
tous  les  réclamants)  du  résultat  de  votre  enquête.  Si  vous  voulez  me  permettre 
de  faire  une  observation  personnelle,  je  vous  dirai  que  l'impartialité  et  l'esprit 
de  justice  dont  vous  avez  fait  preuve  dans  cette  affaire  ont  beaucoup  contribué 
à  -rassurer  mes  compatriotes  qui  habitent  votre  pays,  et  à  les  convaincre  que  le 
gouvernement  canadien  et  le  peuple  du  Canada  sont  bien  déterminés  à  sévir 
contre  ceux  qui  se  permettent  de  violer  les  lois  ordinaires  qui  règlent  les  rapports 
entre  les  individus,  et  les  lois  plus  larges  qui  ont  pour  objet  de  maintenir  la  paix 
et  la  concorde  entre  les  nations. 

"Tout  en  appréciant  les  honorables  motifs  qui  ont  engagé  votre  gouverne- 
ment à  m' envoyer  un  chèque  de  $1,600,  je  regrette  de  vous  dire  qu'il  est  impossi- 
ble à  mon  gouvernement  d'accepter  une  rémunération  pour  avoir  protégé  les 
intérêts  des  sujets  du  Japon.  C'est  là  l'unique  raison  pour  laquelle  je  crois  devoir 
vous  renvoyer  ce  chèque., 

6  Je  vous  prie  de  remercier  votre  gouvernement,  on  mon  nom,  pour  ce  géné- 
reux procédé  de  sa  part,  et  nul  doute  que  cela  aura  pour  effet  de  rendre  encore 
r»lus  cordiales  les  relations  qui  existent  entre  nos  deux  pays. 

"  Je  demeure,  monsieur, 

"  Votre  obéissant  serviteur, 

"  K.  MOKIKAWA, 
"  Consul  de  Sa  Majesté  V empereur  du  Japon. 


106  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


VIL— IMMIGRATION.— D.  SOUS-MINISTRE  DU  TRAVAIL  NOMME  COM- 
MISSAIRE POUR  S'ENQUERIR  DES  METHODES  POUR  ENGAGER 
LES  OUVRIERS  ORIENTAUX  A  EMIGRER  AU  CANADA. 

M.  W.  L.  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail,  fut  nommé,  le 
5  novembre,  commissaire  pour  s'enquérir  des  méthodes  employées  pour  engager  les 
ouvriers  orientaux  à  émigrer  au  Canada.  L'arrêté  de  l'exécutif  par  lequel  la  com- 
mission était  constituée  se  lisait  comme  suit: — 

Après  avoir  pris  connaissance  d'un  mémoire  du  secrétaire  d'Etat,  en  data 
du  4  novembre  1907,  où  ce  dernier  demande  que — vu  les  regrettables  événements 
qui  sont  survenus  récemment  dans  la  Colombie-Britannique  par  suite  de  la  forte 
augmentation  dans  le  nombre  des  ouvriers  orientaux  qui  ont  émigré  dans  cette 
province — M.  W.  L.  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail,  soit 
nommé  commissaire  en  vertu  de  la  loi  des  enquêtes,  chapitre  104  des  Statuts 
revisés  du  Canada,  pour  s'enquérir  des  méthodes  employées  pour  engager  les  ou- 
vriers orientaux  à  émigrer  au  Canada  cette  année,  le  comité  recommande  que 
cette  demande  du  secrétaire  d'Etat  soit  approuvée. 

La  première  séance  de  la  commission  fut  tenue  le  11  novembre,  à  l'hôter  de  ville, 
Vancouver.  M.  F.  W.  Giddens,  du  département  du  Travail,  agissait  comme  secrétaire 
de  la  commission,  et  M.  F.  Evans,  de  Vancouver,  comme  sténographe.  M.  Charles 
Wilson,  conseil  du  roi,  représentait  le  gouvernement  de  la  province  de  la  Colombie- 
Britannique. 

L'on  consacra  les  deux  premiers  jours  de  l'enquête  à  interroger  les  immigrants 
chinois  qui  venaient  d'arriver  à  Vancouver  à  bord  du  paquebot  Empress  of  India. 
Dans  presque  tous  les  cas  il  fut  établi  que  le  prix  de  passage  et  le  montant  de  la 
capitation  avaient  été  avancés  par  les  parents  et  des  amis  demeurant  au  Canada  avec 
lesquels  les  immigrants  se  proposaient  de  travailler.  Les  immigrants  s'étaient  déci- 
dés à  venir  au  Canada  à  cause  des  hauts  salaires  qui,  leur  avait-on  dit,  étaient  payés 
dans  notre  pays,  et  plusieurs  ont  déclaré  qu'ils  se  proposaient  de  retourner  en  Chine 
lorsqu'ils  auraient  fait  assez  d'argent.  Il  n'a  pas  été  prouvé  que  des  Chinois  avaient 
été  embauchés  par  les  agences  de  placement.  Un  témoin,  qui  représentait  une  société 
de  marchands  chinois,  a  déclaré  qu'il  avait  passé  avec  des  fabricants  de  conserves 
un  contrat  en  vertu  duquel  on  lui  payait  une  certaine  somme  pour  chaque  caisse  de 
poisson  paqué,  en  retour  de  quoi  il  fournissait  tous  les  ans  de  80  à  100  paqueurs,  à 
qui  il  payait  pas  moins  de  $65  par  mois. 

Un  employé  de  la  Canadian  Nippon  Supply  Company  a  dit  que  cette  compagnie 
avait  fourni  des  ouvriers  japonais  à  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Canadien-Paci- 
fique et  à  la  British  Columbia  Général  Contract  Company.  Le  30  novembre,  à  la  der- 
nière séance  de  la  commission,  furent  produites  des  copies  des  contrats  passés  entre 
la  Canadian  Nippon  Supply  Co.  et  6  corporations,  en  vertu  desquels  cette  compagnie 
s'engageait  à  fournir  un  certain  nombre  d'ouvriers  moyennant  une  somme  fixe  par 
homme,  à  même  laquelle  les  salaires  de  ces  ouvriers  devaient  être  payés.  Les  parties 
à  ces  contrats  étaient  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien,  la  Compa- 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  107 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

gnie  de  houillères  de  Wellington,  la  British  Columbia  General  Contract  Co.,  Mac- 
donald,  Gzowski  et  Cie,  et  deux  propriétaires  de  scieries. 

Quelques  Hindous  que  l'on  avait  décidé  de  déporter  furent  interrogés  à  Victoria, 
C.-B.,  devant  le  commissaire,  le  27  novembre.  Un  de  leurs  compatriotes  s'était  fait 
donner  par  eux,  paraît-il,  des  sommes  d'argent  en  disant  que  c'était  pour  faire  des 
cadeaux  aux  fonctionnaires  de  la  douane  et  du  département  de  l'immigration,  qui  leur 
rendraient  ensuite  leur  liberté.  Cet  individu  s'était  pourvu  par  bref  d'hdbeas  corpus. 
et  avait  été  élargi.  D'après  les  instructions  reçues  du  commissaire,  il  fut  subséquem- 
ment  arrêté  par  la  police  et  traduit  devant  les  tribunaux  pour  répondre  à  l'accusation 
d'avoir  obtenu  de  l'argent  sous  de  fausses  représentations.  Plusieurs  des  Hindous 
ont  dit  qu'ils  s'étaient  décidés  à  émigrer  au  Canada  après  avoir  lu  dans  les  journaux 
que  ce  pays  offrait  de  brillantes  perspectives  aux  immigrants.  D'autres  témoins  qui 
comparurent  plus  tard  devant  la  commission  ont  déclaré  que  le  Dr  Davichand,  un 
indigène  de  l'Inde,  avait  amené  un  grand  nombre  d'ouvriers  hindous  au  Canada,  et 
qu'après  leur  avoir  procuré  de  l'ouvrage  il  avait  exigé  d'eux  $1  par  mois  pour  ses 
services. 

L'enquête  s'est  terminée  le  30  novembre.  Le  compte  rendu  de  ce  qui  s'est  fait 
se  trouve  dans  la  Gazéttte  du  Travail,  numéro  de  décembre.  M.  Mackenzie  King 
quitta  Vancouver  le  5  décembre,  et  après  avoir  passé  quelques  jours  à  San-Francisco, 
Californie,  où  il  fit  une  courte  enquête  sur  les  conditions  qui  existaient  à  cet  endroit 
relativement  à  l'immigration  orientale,  il  partit  pour  Ottawa,  où  il  arriva  le  17  dé- 
cembre. 

RAPPORT   DU   COMMISSAAIRE. 

La  première  partie  du  rapport  de  M.  King  sur  l'enquête  qu'il  fit  en  vertu  d'une 
commission  royale  en  date  du  5  novembre  1907,  au  sujet  des  méthodes  employées 
pour  engager  les  ouvriers  orientaux  à  immigrer  au  Canada,  cette  année,  fut  déposée 
devant  la  Chambre  des  communes  le  20  janvier.  Ce  rapport,  qui  renfermait  55  pages 
imprimées,  se  rapportait  exclusivement  à  l'immigration  du  Japon,  le  commissaire  don- 
nant à  entendre,  dans  l'introduction,  qu'il  allait,  pour  l'étude  de  la  question  de  l'im- 
migration orientale  en  général,  diviser  son  rapport  en  trois  parties,  traitant  respec- 
tivement de  l'immigration  du  Japon,  de  l'Inde  et  de  la  Chine. 

La  commission  siégea  sans  interruption  du  11  au  30  novembre.  Cent  un  té- 
moins furent  interrogés,  soit  27  Japonais,  15  Hindous,  35  Chinois  et  24  autres  per- 
sonnes. 

Les  témoins  furent  interrogés  par  le  commissaire;  celui-ci  permit  cependant  aux 
avocats  du  gouvernement  de  la  Colombie-Britannique  et  de  la  ville  de  Vancouver 
de  leur  poser  des  questions,  et  leur  accorda  le  droit  de  faire  assigner  toute  personne 
qu'ils   désireraient   entendre   devant   la  commission. 

Le  commissaire  indique  en  premier  lieu  le  nombre  des  immigrants  qui  sont  arri- 
vés au  Canada  depuis  le  commencement  de  l'année  dernière  jusqu'à  la  fin  d'octobre. 
Il  donne  les  chiffres  dans  un  tableau  au  sujet  duquel  il  fait  les  observations  suivantes  : 
"L'on  verra  que  durant  les  10  mois  expirés  en  octobre  1907,  les  paquebots  de  la  Com- 
pagnie du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  ont  amené  au  Canada  11,440  Orien- 
taux en  tout,  dont  8,125  étaient  des  Japonais,  2,047  des  Hindous  et  1,266  des  Chinois. 
Ce  sont  là  les  totaux.    Ils  embrassent  tous  les  immigrants  qui  sont  venus  au  Canada, 


108  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
y  compris  ceux  à  qui  Ton  n'a  pas  permis  de  débarquer  dans  le  pays,  ceux  qui  furent 
subséquemment  déportés,  ceux  qui  résidaient  au  Canada  antérieurement,  et  ceux 
qui  ont  été  admis  plus  tard  aux  Etats-Unis.  Ces  totaux  excèdent,  naturellement,  de 
beaucoup  le  nombre  des  immigrants  proprement  dits  et  ne  ooivent  pas  être  confondus 
avec    eux  ". 

Le  premier  des  huit  chapitres  que  renferme  le  rapport  est  consacré  à  l'application 
des  règlements  régissant  l'émigration  au  Japon.  Le  commissaire  fait  remarquer 
que,  grâce  à  un  système  d'enquêtes  parfaitement  organisé,  le  gouvernement  connaît 
les  antécédents  de  chaque  individu  dans  l'empire.  Aucun  citoyen  ne  peut  obtenir  un 
passeport  sans  la  permission  du  ministère  des  Affaires  étrangères,  et  personne  ne  peut 
émigrer  sans  un  passeport. 

Dans  le  2e  chapitre,  le  commissaire  parle  des  immigrants  qui  nous  sont  arrivés 
durant  les  années  antérieures  à  1907.  Il  montre  que  le  nombre  total  des  Japonais  qui 
résidaient  en  Canada  lors  du  recensement  de  1901  était  de  4,674,  dont  4,515 
étaient  établis  dans  la  Colombie-Britannique.  Les  succursales  du  département  d'im- 
migration, à  Vancouver  et  à  Victoria,  ne  furent  ouvertes  qu'en  juillet  1904,  et  il 
n'y  a  pas  de  statistique  officielle  pour  la  période  de  temps  comprise  entre  le  mois 
de  janvier  1901  et  le  mois  de  juillet  1904;  il  n'y  a  pas  de  doute  cependant  Ique  le 
nombre  des  immigrants  japonais  a  été  peu  considérable  pendant  cette  période. 

Durant  l'exercice  1905-6,  il  y  a  eu  en  tout  1,922  immigrants,  et  pendant  les  9 
mois  (juillet  à  mars)  de  l'exercice  1906-7,  de  2,042;  sur  ce  dernier  nombre  607  sont 
arrivés  durant  les  mois  de  janvier  à  mars  inclusivement,  ce  qui  laisserait  1,435  im- 
migrants pour  les  6  derniers  mois  de  1906.  Se  basant  sur  ces  chiffres,  le  commis- 
saire dit  qu'il  est  convaincu  que  le  nombre  total  des  Japonais  résidant  dans  la  Co- 
lombie-Britannique au  commencement  de  l'année  1907  était  d'à  peu  près  7,500. 

Dans  le  chapitre  III,  le  commissaire  parle  des  immigrants  qui  nous  sont  arrivés 
du  Japon  en  1907,  et  il  indique,  dans  un  tableau,  les  pays  d'où  venaient  ces  immi- 
grants et  les  classes  auxquelles  ils  appartenaient  respectivement.    Voici  ce  tableau: — 

CLASSIFICATION   DES    JAPONAIS    QUI    SONT   ARRIVES    À   DES    PORTS    CANADIENS    DURANT   LES   DIX 

MOIS    EXPIRÉS    EN    OCTOBRE    1907. 

Nombre  total  des  Japonais  qui  sont  arrivés,  8,125 — 

(i)  rejetés 77 

(ii)  admis  aux  Etats-Unis 3,619 

(iii)  nombre  de  ceux  qui  sont  restés  au  Canada ,  .  .  4,429 

(i)  venant  des  îles  Hawaï 2,779 

(ii)  venant  du  Mexique 9 

(iii)  venant  du   Japon    (directement) 1,641 

(i)  envoyés  au  Canada  en  vertu  de  contrats  avec  la  Com- 
pagnie d'émigration  de  Tokio 900 

(ii)  immigrants  se  proposant  de  s'établir  aux  Etats-Unis 
rejetés  par  les  fonctionnaires  du  département  de  l'immi- 
gration de  ce  pays,  et  à  qui  l'on  a  permis  de  rester  au 

Canada i  151 

(iii)  personnes  résidant  au   Canada  antérieurement 300 

(iv)  autres  classes 290 

(iii)  personnes  résidant  au  Canada  antérieurement  (approx.)  300 
(ii)  parents  et  amis  de  Japonais  établis  au  Canada  admis 

sur  certificats  du  consul  japonais   (approx.) 190 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  109 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Dans  le  chapitre  IV,  le  commissaire  parle  de  la  manière  dont  les  Japonais  rési- 
dant dans  la  Colombie-Britannique  gagnent  généralement  leur  vie,  et  il  cite  sur  ce 
point  le  rapport  de  la  commission  royale  nommée  en  1902,  voulant  ainsi  établir  que 
très  peu  parmi  les  ouvriers  employés  dans  le  temps  sur  le  chemin  de  fer  Pacifique- 
Canadien  dans  la  Colombie-Britannique  étaient  des  Japonais;  le  fait  est  qu'il  n'y 
en  avait  qu'environ  300  sur  les  5,000  hommes  travaillant  dans  toute  la  division. 

En  1907,  dit  le  commissaire,  le  nombre  des  Japonais  employés  en  vertu  de  con- 
trats, sur  le  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  était  de  1,130.  "C'est",  ajoute  le 
commissaire,  "à  l'époque  où  l'on  a  commencé  à  employer  des  Japonais  aux  travaux 
de  chemins  de  fer  que  la  Canadian  Nippon  Supply  Co.  s'est  mise  à  importer  des 
journaliers  japonais  au  Canada."  Le  commissaire  indique  ensuite  les  méthodes 
employées  autrefois  par  les  compagnies  de  chemins  de  fer  américaines  pour  se  pro- 
curer la  main-d'œuvre  japonaise,  et  il  parle  de  M.  S.  Gotoh,  le  pourvoyeur  de  main- 
d'œuvre,  qui  avait  passé  des  contrats  pour  fournir  les  manœuvres  dont  on  aurait  be- 
soin sur  divers  chemins  de  fer  américains,  et  qui,  en  1901,  avait  fait  avec  la  Compa- 
gnie du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  un  traité  dans  le  même  sens,  à  la  suite 
duquel  il  avait  ouvert  un  bureau  à  Vancouver. 

ORGANISATION    DE    LA    "  CANADIAN    NIPPON    SUPPLY    COMPANY  ". 

Au  Canada,  M.  Gotoh  n'eut  pas  autant  de  facilité  qu'aux  Etats-Unis  à  procurer 
à  ceux  qui  s'adressaient  à  lui  des  ouvriers  japonais.  La  difficulté  qu'il  eut  à  exécuter 
son  contrat  avec  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  amena  l'or- 
ganisation de  la  Canadian  Nippon  Supply  Company.  Dans  les  témoignages  ren- 
dus devant  la  commission  par  les  membres  de  cette  compagnie,  l'on  remarque,  dit  le 
commissaire,  "une  indifférence  et  une  ignorance  étranges  quant  à  la  nature  et  à 
l'étendue  des  opérations  de  la  compagnie,  même  de  la  part  de  ses  principaux  fonction- 
naires ".  En  même  temps,  il  était  évident  que  la  compagnie  en  question  avait  été 
formée  pour  deux  objets:  (1)  fournir  des  ouvriers  aux  entrepreneurs  et  aux  compa- 
gnies— cette  partie  des  opérations  devant  être  sous  la  direction  de  M.  Gotoh;  (2) 
fournir  des  approvisionnements  aux  ouvriers,  cette  partie  des  opérations  devant  être 
sous  la  direction  de  M.  Yoshi. 

Divers  témoignages  ont  démontré  les  relations  existant  entre  les  compagnies 
d'émigration  du  Japon  et  la  Canadian  Nippon  Supply  Co.  Le  commissaire,  qui 
avait  jugé  nécessaire  d'examiner  personnellement  les  livres  et  les  registres  de  cette 
dernière  compagnie,  fut  aidé  en  cela  par  MM.  Gotoh  et  Yoshi,  qui  se  mirent  à  son 
entière  disposition  pour  lui  faciliter  sa  tâche.  M.  Yoshi,  avant  d'entrer  dans  la 
Canadian  Nippon  Supply  Co.,  avait  agi  comme  consul  du  Japon  à  Vancouver. 
"M.  Gotoh  et  M.  Yoshi",  dit  le  commissaire,  "paraissent  avoir  mûrement  considéré 
l'avenir  probable  de  la  nouvelle  entreprise  avant  que  M.  Yoshi  ait  donné  sa  démis- 
sion comme  consul  du  Japon  à  Vancouver.  Ils  demandèrent,  notamment,  à  diverses 
personnes  si  elles  consentiraient  à  employer  des  ouvriers  japonais  et  à  les  constituer 
leurs  seuls  pourvoyeurs  dans  le  cas  où  ils  pourraient  leur  fournir  ces  ouvriers  en  nom- 
bre suffisant.  Grâce  aux  relations  de  M.  Gotoh  avec  la  Compagnie  du  chemin  de  fer 
Pacifique-Canadien,  la  nouvelle  compagnie,  une  fois  qu'elle  fut  constituée,  avait 
un  contrat  assez  important  pour  assurer  son  existence  pour  un  temps  indéfini.     Des 


110  DEPARTE  M  EXT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
négociations  furent  aussi  entamées  avec  M.  James  Dunsmuir,  le  président  de  la  Com- 
pagnie de  houillères  de  Wellington,  pour  faire  venir  des  mineurs  du  Japon,  et  elles 
réussirent  tellement  qu'avant  même  sa  constitution  en  corporation,  la  nouvelle  com- 
pagnie avait  l'assurance  d'un  contrat  avec  cette  compagnie.  Enfin,  l'on  comptait 
avoir  sous  peu  la  clientèle  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc." 

Relativement  à  cette  dernière  compagnie  de  chemin  de  fer,  la  lettre  suivante  fut 
reçue  par  M.  Gotoh  de  feu  M.  E.  G.  Russell,  l'ex-agent  de  la  Compagnie  du  chemin 
de  fer  Grand-Tronc-Pacifique  dans  l'Ouest: — 

Chemin  de  fer  du  Grand-Tronc-Pacifique. 

Vancouver,  C.-B.,  10  décembre  1906. 
M.  S.  Gotoh, 

Japonais, 

Vancouver,  C.-B. 
Cher  monsieur, — En  réponse  à  la  demande  verbale  que  vous  m'avez  faite  récem- 
ment au  sujet  de  la  main-d'œuvre  japonaise  requise  pour  travaux  de  chemins  de  fer 
et  autres  dans  la  région  septentrionale  de  la  Colombie-Britannique,  je  dois  vous  dire 
qu'il  faudra  certainement  5,000  ouvriers,  et  que  le  salaire  payé  à  ces  ouvriers  sera 
sans  doute  de  $1.50  par  jour. 

Vous  n'auriez  aucune  difficulté  à  obtenir  5,000  acres  de  terre  pour  des  fins  da 
culture  (mais  non  pour  des  fins  de  spéculation)  à  un  prix  n'excédant  pas  $12  l'acre. 

L'on  est  prêt  à  vous  accorder  le  droit  exclusif  de  fournir  la  main-d'œuvre  japo- 
naise dont  on  aura  besoin  (en  autant  que  cela  sera  légal)  dès  qu'une  compagnie 
en  mesure  de  remplir  tes  obligations  qu'elle  aurait  assumées  à  cet  égard  aura  été 
formée  et  aussi  longtemps  que  cette  compagnie  nous  fournira  des  ouvriers  laborieux, 
qui  se  conduiront  en  bons  citoyens. 

Votre  tout  dévoué,, 

E.  G.  RUSSELL. 

NÉGOCIATIONS    DE    LA    COMPAGNIE    AU    JAPON. 

"L'expérience  de  M.  Gotoh",  dit  le  commissaire,  "lui  a  enseigné  que  l'on  ne  pou- 
vait pas  obtenir  suffisamment  d'ouvriers  japonais  au  Canada,  et  il  lui  a  semblé  évident 
que  pour  pouvoir- remplir  ses  contrats  la  nouvelle  compagnie  aurait  à  faire  venir  des 
ouvriers  du  Japon.  Quelles  raisons  M.  Yoshi  et  M.  Gotoh  avaient-ils  de  croire  qu'ils 
pourraient  recruter  des  ouvriers  au  Japon  en  dépit  de  la  décision  prise  par  le  gou- 
vernement japonais  de  restreindre  l'émigration  au  Canada,  c'est  là  un  point  sur  lequel 
les  témoignages  rendus  devant  la  commission  jettent  un  peu  de  lumière.  Le  fait  est  que 
lorsque  la  Canadian  Nippon  Supply  Company  fut  formée,  une  politique  de  res- 
triction existait.  C'est  le  premier  obstacle  que  la  compagnie  rencontra  lorsqu'elle 
entama  des  négociations  au  Japon  pour  l'envoi  d'ouvriers  dans  notre  pays.  M.  Go- 
toh et  M.  Yoshi  se  rendirent  tous  deux  au  Japon  après  que  la  compagnie  eût  été  for- 
mée, et  c'est  pendant  qu'ils  étaient  là  qu'une  nouvelle  exception  fut  faite  à  la  prohi- 
bition plus  ou  moins  absolue  qui  avait  existé  jusque-là.  Il  fut  décrété  qu'à  l'avenir 
les  compagnies  d'émigration  pourraient  envoyer  au  Canada  des  ouvriers  engagés  par 
contrat;  selon  toute  apparence  les  règlements  furent  ainsi  modifiés  à  la  demande  de9 
compagnies  d'émigration  du  Japon." 

"  Que  cette  modification  ait  été  apportée  aux  règlements  à  la  suite  des  représenta- 
tions faites  au  gouvernement  japonais  par  les  compagnies  d'émigration  du  Japon, 
appuyées  par  M.  Yoshi  et  M.  Gotoh,  ou  en  conformité  d'une  nouvelle  politique  adoptée 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  111 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

par  le  ministère  des  Affaires  étrangères  du  Japon  et  que  M.  Yoshi  et  M.  Gotoh  con- 
naissaient au  moment  où  ils  négociaient  avec  des  compagnies  canadiennes  pour  leur 
fournir  des  ouvriers  japonais  en  grand  nombre,  c'est  ce  qu'il  est  impossible  de  dire. 
Dans  tous  les  cas,  il  est  difficile  de  croire  que  deux  hommes  aussi  expérimentés  se 
seraient  lancés  dans  une  entreprise  dont  le  succès  dépendait  de  leur  faculté  de  re- 
cruter des  ouvriers  au  Japon  sans  être  certains  qu'ils  pourraient  se  procurer  des 
ouvriers.  D'un  autre  côté,  il  ne  faut  pas  oublier  qu'ils  avaient  de  puissants  intérêts 
canadiens  derrière  eux  lorsqu'ils  se  rendirent  au  Japon,  qu'ils  avaient  en  leur  pos- 
session des  documents  qui  indiquaient  le  besoin  de  main-d'œuvre  japonaise  dans  notre 
pays  et  le  désir  d'obtenir  cette  main-d'œuvre,  qu'ils  étaient  en  mesure  de  donner  l'as- 
surance que  les  ouvriers  qui  seraient  recrutés  auraient  immédiatement  de  l'ouvrage,  et 
qu'ils  étaient  en  position  d'invoquer  des  noms  qui,  pour  les  hommes  d'Etat  japonais, 
auraient  beaucoup  de  poids  et  de  prestige.  En  justice  pour  le  Japon,  et  vu  le  préjugé 
qui  a  été  joulevé  contre  son  peuple  dans  certains  milieux  par  suite  de  la  forte  et 
subite  augmentation  dans  le  nombre  des  Japonais  immigrant  au  Canada,  je  dois 
faire  remarquer  que  la  clause  des  règlements  établis  au  mois  d'avril  dernier,  qui  per- 
mettait aux  compagnies  d'émigration  d'envoyer  des  ouvriers  au  Canada,  ne  devait 
être  applicable  qu'en  autant  que  la  bonne  foi  des  patrons  pour  qui  ces  ouvriers 
étaient  engagés  aurait  été  préalablement  attestée  par  le  consul  résidant  au  Canada." 
Le  commissaire  parle  ensuite  longuement  (en  citant  de  nombreux  extraits  des  témoi- 
gnages rendus)  des  négociations  entamées  au  Japon  par  les  directeurs  de  la  Canadian 
Nippon  Supply  Company. 

Un  contrat  fut  passé  avec  la  Compagnie  d'Emigration  de  Tokio  en  vertu  duquel 
cette  dernière  devait  envoyer  des  ouvriers  au  Canada.  Une  succursale  de  la 
Canadian  Nippon  Supply  Co.  fut  établie  à  Yokohama  afin  de  faciliter  les  négocia- 
tions avec  les  marchands  et  d'autres  personnes  au  Japon.  Toutes  les  difficultés 
furent  finalement  aplanies,  et  le  15  mai  1907  le  premier  contingent  de  Japonais  en- 
voyé par  la  Compagnie  d'Emigration  de  Tokio  à  la  Canadian  Nippon  Supply  Corn- 
pany  quitta  Yokohama  à  bord  du  Kagi  Maru.  Les  dates  des  divers  envois,  le  nom- 
bre des  émigrants  dans  chaque  cas,  les  dates  de  leur  arrivée  au  Canada,  et  le  nom- 
bre des  ouvriers  décrits  comme  "ouvriers  ordinaires"  et  de  ceux  désignés  comme 
"mineurs",  sont  indiqués  dans  le  rapport.  Le  nombre  des  envois  a  été  de  15,  et  le 
nombre  total  des  immigrants  qui  ont  été  ainsi  amenés  dans  le  pays  a  été  dé  856,  dont 
135  furent  classés  comme  mineurs. 

Le  rapport  contient  un  état  soigneusement  classifié,  dressé  par  le  commissaire 
d'après  les  documents  en  la  possession  de  la  Canadian  Nippon  i  Supply  Co.,  indi- 
quant le  nombre  des  ouvriers  au  service  de  cette  compagnie  au  mois  d'octobre  1907, 
ainsi  que  les  endroits  où  ces  ouvriers  résidaient  immédiatement  avant  leur  engage- 
ment. "  Par  la  classification  ci-dessus",  dit  le  commissaire,  "  l'on  verra  qu'à  la  fin  du 
mois  d'octobre  le  nombre  des  ouvriers  fournis  par  la  Canadian  Nippon  Supply  Co. 
était  de  1,468,  dont  la  plupart  étaient  employés  sur  le  chemin  de  fer  Pacifique-Cana- 
dien. 871  de  ces  ouvriers  étaient  venus  directement  du  Japon,  étant  du  nombre  de 
ceux  qui  avaient  été  envoyés  par  la  Compagnie  d'Emigration  de  Tokio  et  à  qui  l'on 
avait  donné  de  l'ouvrage  jusqu'au  23  du  mois;  139  étaient  du  nombre  des  Japonais 
venus  de  Hawaï,  6  venaient  des  Etats-Unis,  et  156  avaient  résidé  au  Canada  antérieu- 
rement.   Le  lieu  de  résidence  antérieur  de  296  de  ces  immigrants  était  inconnu. 


112  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

CONTRATS    DE    LA    "CANADIAN    NIPPON    SUPPLY    COMPANY". 

Le  contrat  que  M.  Gotoh  avait  fait  pour  fournir  de  la  main-d'œuvre  à  la  Com- 
pagnie du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  fut  transféré  à  la  Canadian  Nippon 
Supply  Co.  lors  de  la  formation  de  cette  compagnie.  Au  mois  de  juin  1907,  un  nou- 
veau contrat  fut  passé  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  la 
Canadian  Nippon  Supply  Company  pour  une  période  de  5  ans."  Les  procédés  de 
cette  dernière  compagnie  envers  les  ouvriers  qu'elle  recrutait  sont  commentés  au 
long  dans  le  rapport,  le  commissaire  faisant  remarquer  que  la  compagnie  paraît  avoir 
traité  les  ouvriers  à  son  service  avec  justice  et  équité,  et  que  les  prix  qu'elle  exigea 
pour  ses  services  paraissent  avoir  été  tout  à  fait  raisonnables."  A  l'exception  du 
taux  des  salaires  stipulés,  les  clauses  du  nouveau  contrat,  comme  l'expliqua  M.  Go- 
toh, étaient  les  mêmes  que  celles  des  contrats  antérieurs.  Les  salaires  à  payer  en 
vertu  de  ce  contrat  variaient  de  $1.35  à  $1.65  par  jour,  suivant  le  travail  que  l'on  était 
appelé  à  faire. 

Le  15  avril  1907,  M.  F.  F.  Burteed,  surintendant  général  du  chemin  de  fer  Paci- 
fique-Canadien pour  la  division  du  Pacifique,  écrivit  à  M.  Gotoh  que  le  nombre  d'ou- 
vriers dont  il  aurait  besoin,  tous  les  ans,  varierait  de  500,  à  2,000. 

"Le  contrat  passé  avec  la  Compagnie  des  Houillères  de  Wellington",  dit  le  com- 
missaire," est  daté  du  31  janvier,  et  est  pour  une  période  de  5  ans.  D'après  ce  contrat, 
500  mineurs  japonais,  25  manœuvres,  6  mouleurs,  6  machinistes  et  2  menuisiers  doi- 
vent être  fournis  sous  six  mois  de  la  date  de  sa  passation.  Le  taux  des  salaires  sti- 
pulés varie  de  $1.35  à  $1.55  par  jour  pour  les  manœuvres  et  de  $1.50  à  $1.90  par  jour 
pour  les  mineurs  et  les  ouvriers  de  métier.  Les  ouvriers  employés  sous  terre  devaient 
travailler  8  heures  par  jour  et  les  ouvriers  employés  à  la  surface  10  heures  par  jour. 
Après  que  chaque  mineur  aurait  travaillé  pendant  un  mois  dans  la  houillère,  la  Ca- 
nadian Nippon  Supply  Company  devait  recevoir  pour  ses  services  $5  pour  chaque  mi- 
neur fourni.  Dans  le  cas  où  une  grève  éclaterait,  la  Canadian  Nippon  Supply  Com- 
pany devait  faire  tout  en  son  pouvoir  pour  empêcher  les  mineurs  engagés  par  son  en- 
tremise de  se  joindre  aux  grévistes,  et  dans  le  cas  où  quelques-uns  de  ces  mineurs  se 
mettraient  en  grève  la  Compagnie  de  Houillères  pouvait  mettre  immédiatement  fin 
au  contrat  ou  bien  cesser  d'employer  les  grévistes. 

"  M.  Gotoh  a  dit  qu'il  avait  engagé  135  mineurs,  mais  qu'il  n'avait  pu  en  fournir 
que  40,  vu  que  les  hommes,  après  leur  débarquement  au  Canada,  lui  avaient  déclaré 
qu'ils  préféraient  travailler  sur  les  chemins  de  fer,  et  qu'il  n'avait  aucun  moyen  de  les 
forcer  de  travailler  dans  les  mines.  Se  voyant  dans  l'impossibilité  d'exécuter  son  con- 
trat, il  l'avait  annulé.  M..  Gotoh  ne  fournissait  plus  de  mineurs  au  moment  où  il 
donna  sa  déposition. 

"Ce  sont  là  les  seuls  contrats  dont  les  duplicata  paraissent  avoir  été  envoyés 
au  Japon." 

CHEMIN  DE  FER  GRAND-TRONC-PACIFIQUE  ET  AFFLUENCE  DES  IMMIGRANTS. 

Dans  le  chapitre  V,  le  commissaire  examine  la  question  de  savoir  s'il  y  avait  lieu 
d'attribuer  à  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Pacifique  l'affluence 
des  immigrants  japonais.  L'on  avait  donné  à  entendre  au  commissaire  qu'une  en- 
quête démontrerait  que  cette  compagnie  était  dans  une  large  mesure  responsable  de 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  113 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

la  recrudescence  de  l'immigration  orientale.  A  l'exception,  cependant,  de  la  lettre 
de  feu  M.  Kussell,  citée  ci-dessus,  le  commissaire  n'a  trouvé  rien  tendant  à  indiquer 
que  la  compagnie  en  question  avait  l'intention  de  passer  un  contrat  pour  l'importation 
d'ouvriers  japonais.  "  Il  a  été  prouvé  ",  dit  le  commissaire,  "  que  plusieurs  tentatives 
avaient  été  faites  par  la  Canadian  Nippon  Supply  Company  et  diverses  personnes  pour 
passer  avec  la  Compagnie  du  Grand-Tronc-Pacifique  des  contrats  en  vertu  desquels  on 
lui  aurait  fourni  la  main-d'œuvre  dont  elle  avait  besoin  pour  ses  travaux  de  construc- 
tion, mais  que  toutes  ces  tentatives  avaient  échoué.  M.  Gotoh  a  franchement  admis 
qu'il  ne  croyait  pas  que  la  lettre  de  M.  Russell  fût  un  contrat,  mais  qu'il  avait  tout 
de  même  essayé,  pendant  qu'il  était  au  Japon,  de  créer  l'impression  que  c'était  un  vé- 
ritable contrat,  afin  de  pouvoir  recruter  plus  facilement  des  ouvriers  dans  ce  pays. 
Le  gouvernement  japonais  s'était,  cependant,  renseigné  auprès  de  M.  Morikawa,  son 
consul  à  Vancouver,  et  avait  appris  de  lui  qu'il  n'y  avait  aucun  contrat.  Et  il  paraî- 
trait que,  au  mois  de  juillet  dernier,  le  ministère  des  Affaires  étrangères  donna  avi3 
public  qu'il  n'existait  aucun  contrat  de  ce  genre. 

"Il  paraît  être  clairement  démontré",  ajoute  le  commissaire,  "que  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer  Grand- Tronc-Pacifique  n'est  nullement  responsable  de  la  forte 
augmentation  qui  s'est  récemment  produite  dans  le  nombre  des  immigrants  orien- 
taux." 

IMMIGRANTS  JAPONAIS  VENUS  DE  HAWAÏ. 

Dans  le  6ème  chapitre,  le  commissaire  parle  des  immigrants  japonais  venus  de 
Hawaii.  Après  avoir  décrit  la  nature  de  l'association  sous  le  nom  de  "  Association 
des  Planteurs  de  Hawaï",  et  avoir  dit  quelques  mots  sur  la  pression  exercée  par  cette 
association,  de  concert  avec  la  "  Ligue  d'exclusion  des  asiatiques  ",  à  San-Francisco, 
pour  faire  adopter  les  lois  relatives  à  l'immigration  actuellement  en  vigueur  aux 
Etats-Unis,  le  commissaire  fait  remarquer  "  qu'un  des  Japonais  qui  ont  rendu  témoi- 
gnage devant  la  commission  a  déclaré  que  l'influence  de  l'Association  des  Planteurs 
se  faisait  sentir  aujourd'hui  même  dans  la  Colombie-Britannique.  Cela  est  hors 
de  doute,  car  c'est  au  moment  même  où  l'Association  des  Planteurs  cherchait  à  faire 
réduire  les  salaires  des  ouvriers  japonais  résidant  dans  les  îles  Hawaï  que  les  Japo- 
nais établis  dans  ces  îles,  effrayés  de  l'agitation  suscitée  contre  eux,  commencèrent 
à.  émigrer  en  grand  nombre  dans  la  Colombie-Britannique." 

Le  commissaire  donne  ensuite  les  statistiques  relatives  à  l'émigration  des  îles 
Hawaï  au  Canada  pour  les  10  premiers  mois  de  l'année  1907,  statistiques  par  les- 
quelles il  appert  que  pendant  cette  période  de  temps  il  nous  est  arrivé  de  ces  îles  2,779 
immigrant,  dont  1,444  sont  venus  au  Canada  pendant  le  mois  de  juillet.  "C'est  pendant 
Tété",  dit  le  commissaire,  "  à  l'arrivée  dans  le  port  de  Vancouver  de  Y  Amiral  Jaure- 
quiberry,  et  surtout  à  l'arrivée,  plus  tard,  du  Kumeric  et  de  YIndiana,  que  les  ci- 
toyens de  Vancouver  virent  débarquer  sur  leurs  quais  une  multitude  d'individus 
étrangers,  qu'il  fut  impossible  de  loger  dans  l'enceinte  de  la  ville.  C'est  alors  que  les 
plus  indifférents  devinrent  alarmés  et  que  tout  le  monde  se  mit  à  réfléchir  sur  les  con- 
séquences que  pourrait  avoir  une  immigration  illimitée  d'Orientaux."  Parlant  de 
l'émigration  du  Japon  aux  îles  Hawaï,  le  commissaire  dit  que  50,000  à  60,000  Japo- 
nais sont  allés  se  fixer  dans  ces  îles,  ayant  remplacé  pour  la  plupart  les   indigènes 

36—8 


114  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
employés  sur  les  plantations,  mais  récemment,  et  surtout  depuis  la  guerre,  cette  im- 
migration a  été  restreinte,  et  les  Japonais  résidant  à  Hawaï  ont  demandé  une  aug- 
mentation de  salaire.  Les  planteurs  essayèrent  de  résoudre  cette  difficulté  en  impor- 
tant des  ouvriers  portugais.  C'est  alors  que  commença  l'agitation  qui  eut  pour  ré- 
sultat l'exode  des  Japonais  He  Hawaï  vers  le  Canada.  1/ 'Amiral  Jaurequiberry, 
qui  avait  amené  des  ouvriers  portugais  des  îles  Canaries  à  Hawaï,  fut  affrété  par  les 
Japonais  tenant  des  maisons  de  pension  à  Honolulu  pour  transporter  des  Japonais  de 
Hawaï  à  Vancouver,  et  amena  à  ce  port  241  immigrants  japonais. 

Le  Dr  Munro,  l'inspecteur  médical  du  port,  exigea,  conformément  aux  règlements 
d'immigration,  que  chacun  des  immigrants  déposât  entre  ses  mains  la  somme  de  $25, 
et  comme  150  d'entre  eux  n'avaient  pas  cette  somme  sur  eux,  il  allait  refuser  de  les 
admettre,  lorsque  l'Union  des  Maîtres  de  Maisons  de  Pension  Japonais  à  Vancouver 
avança  un  montant  de  $3,000  comme  garantie  que  les  Japonais  ne  deviendraient  pas 
une  charge  publique.  "  Cela  fut  accepté  par  le  Dr  Munro  ",  dit  le  commissaire,  "  à  la 
condition  qu'on  lui  remît  plus  tard  un  écrit  montrant  que  ces  immigrants  avaient 
obtenu  de  l'ouvrage,  et  indiquant  les  endroits  où  ils  étaient  employés."  Le  steamer 
Kumeric  arriva  peu  après  à  Vancouver  avec  1,189  Japonais  venant  de  Hawaï.  Dans 
ce  cas-ci,  la  Compagnie  Théodore  Davis,  de  Honolulu,  qui  avait  affrété  le  steamer,  dé- 
posa une  somme  suffisante  pour  faire  face  aux  exigences  de  la  situation.  Une  somme 
de  $25  pour  chaque  immigrant  fut  envoyée  par  traite  à  l'agent  des  affréteurs  à  Van- 
couver, qui  l'encaissa  et  la  remit  à  qui  de  droit.  Théodore  Davis  écrivit  au  capitaine 
du  steamer,  lui  disant  que  largent  avait  été  transmis  de  cette  manière  afin  d'em- 
pêcher qu'il  ne  fût  gaspillé  par  les  passagers  au  jeu  de  cartes  pendant  le  voyage.  Cette 
lettre  fut  montrée  au  Dr  Munro,  qui  ne  trouva  dans  le  moment  rien  à  redire  à  ce 
mode  de  procéder.  "L'on  apprit  plus  tard",  dit  le  commissaire,  "que  tout  cela  n'était 
qu'une  feinte,  que  l'argent  apartenait  réellement  aux  affréteurs,  et  que  M.  Maruyama, 
qui  accompagnait  les  immigrants  se  proposait  de  le  réclamer  après  que  tous  auraient 
débarqué."  Comme  diverses  dépenses  devaient  être  faites  pour  loger  tant  de  monde, 
M.  Morikawa,  le  consul  japonais  à  Vancouver,  obtint  le  consentement  des  immigrants 
à  ce  qu'il  gardât  l'argent  comme  fidéicommissaire  jusqu'à  ce  que  tous  eussent  trouvé 
un  logement  convenable,  et  envoya  un  fonctionnaire  du  consulat  chercher  les  fonds. 
Ce  plan  fut  cependant  déjoué  par  le  Dr  Munro,  et  la  plupart  des  immigrants  débar- 
quèrent avec  les  $25  dans  leurs  poches.  La  compagnie  de  Honolulu  qui  avait  affrété 
ce  steamer  et  avancé  les  fonds  nécessaires  perdit  beaucoup  dans  cette  affaire. 

Le  commissaire  dit  que  la  Canadian  Nippon  Supply  Co.  fit  tout  en  son  pouvoir 
pour  empêcher  l'immigration  de  Hawaï,  jugeant  qu'une  subite  affluence  de  Japonais 
ferait  du  tort  à  son  entreprise.  M.  Moriwaka,  le  consul  du  Japon  à  Vancouver,  fit 
aussi  tous  ses  efforts  pour  endiguer  le  flot  de  l'immigration,  mais  il  ne  réussit  pas. 
Il  envoya  à  ce  sujet  plusieurs  câblogrammes  au  consul  du  Japon  à  Honolulu. 

"Il  est  vrai",  dit  le  commissaire  à  la  fin  de  ce  chapitre,  "que  tous  les  immigrants 
venus  de  Hawaï  étaient  pourvus  de  passeports  (plusieurs  de  passeports  délivrés  par, 
le  ministère  des  Affaires  étrangères  du  Japon  au  cours  de  la  présente  année),  mais 
c'étaient  des  passeports  pour  Hawài  ou  Hawaï  seulement.  Une  fois  rendu  à  Hawaï, 
les  porteurs  de  ces  passeports  échappaient  à  la  juridiction  du  Japon;  en  venant  au 
Canada,  il  paraît  raisonnable  de  supposer  qu'ils  agissaient  contrairement  au  désir  des 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  115 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

autorités  qui  leur  avaient  donné  la  permission  d'émigrer.  C'est  là  la  conclusion  a 
laquelle  l'on  doit  en  venir  logiquement,  mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai  (et  c'est  là 
un  fait  très  significatif)  que  quelque  soit  le  pouvoir  du  Japon  de  contrôler  l'émigra- 
tion de  ses  propres  rives,  ce  pouvoir  finit  lorsque  la  limite  territoriale  a  été  franchie." 

AUTRES  PAYS  D'OÙ  SONT  VENUS  DES  IMMIGRANTS  JAPONAIS. 

Dans  le  chapitre  VIII,  le  commissaire  nous  parle  des  Japonais  qui  sont  arrivés 
de  pays  autres  que  les  îles  Hawaï  et  le  Japon.  "Vr^y  les  dix  premiers  mois  de  l'an- 
née 1907",  dit  le  commissaire,  "voici  quel  a  été  le  mouvement  de  l'immigration  japo- 
nais dans  la  Colombie-Britannique  :  2.770  immigrants  venus  de  Hawaï,  900  envoyés 
par  la  Compagnie  d'Emigration  de  Tokio,  3,619  se  proposant  de  s'établir  aux  Etats- 
Unis  et  admis  dans  ce  pays,  77  rejetés.  Sept  cent  cinquante  de  ces  immigrants 
seulement  sont  restés  dans  le  pays,  et  l'on  peut  raisonnablement  supposer  que  sur  ce 
nombre  300  au  moins  étaient  des  Japonais  résidant  antérieurement  au  Canada,  et  100 
des  marchands,  officiers,  étudiants,  et  des  voyageurs  japonais  qui  sont  venus  dans  le 
cours  ordinaire  des  choses.  Quant  aux  9  immigrants  venant  du  Mexique,  tout  ce 
que  l'on  peut  dire,  c'est  que  c'est  là  le  nombre  des  Japonais  qui  nous  sont  arrivés  de 
ce  pays.  Il  reste  à  considérer  les  190  Japonais  qui  avaient  obtenu  des  passeports  de 
leur  gouvernement,  sur  certificats  du  consul  au  Canada,  attestant  quils  étaient  des 
parents  ou  amis  des  Japonais  résidant  au  Canada,  et  les  151  qui  émigrèrent  dans  l'in- 
tention d'aller  s'établir  aux  Etats-Unis,  qui  furent  rejetés  par  les  fonctionnaires  du 
département  de  l'immigration  des  Etats-Unis  et  à  qui  l'on  permit  de  rester  au  Canada. 
Quant  aux  190  immigrants  à  qui  des  passeports  furent  délivrés,  il  y  a  peu  de  chose 
à  dire,  mais  leur  faible  nombre  décèle  la  circonspection  exercée  par  les  consults  au 
Canada  et  par  le  ministère  des  Affaires  étrangères  du  Japon.  Relativement  aux  151 
Japonais  que  l'on  refusa  d'admettre  aux  Etats-Unis,  mais  qui  obtinrent  la  permission 
de  rester  au  Canada,  il  est  peut-être  nécessaire  de  dire  un  mot  ou  deux." 

Le  commissaire  fait  remarquer  que  parmi  les  Japonais  qui  se  sont  fixés  au  Ca- 
nada il  s'en  trouvait  plusieurs  qui  avaient  été  considérés  comme  inadmissibles  aux 
Etats-Unis  par  les  fonctionnaires  américains  postés  aux  ports  de  départ  au  Japon  et 
qui  s'étaient  embarqués  pour  le  Canada  avec  l'intention  de  se  rendre  subséquemment 
lux  Etats-Unis.  Après  avoir  été  rejetés  par  les  fonctionnaires  du  département  de  l'im- 
migration des  Etats-Unis  postés  aux  ports  canadiens,  ces  immigrants  furent  mis  sous 
la  garde  des  fonctionnaires  canadiens  "qui,  lorsque  la  maladie  n'était  que  bénigne, 
leur  permirent  d'aller  se  faire  soigner  à  l'hôpital  de  détention,  où  Us  furent  traités; 
et  une  fois  qu'ils  furent  guéris  on  leur  donna  la  permission  de  rester  au  Canada". 
Le  traitement,  dans  ces  cas,  a  été  donné  aux  frais  des  compagnies  qui  avaient  amené 
les  immigrants  au  Canada. 

CONCLUSIONS   AUXQUELLES   EN   EST   ARRIVÉ   LE    COMMISSAIRE. 

Dans  le  dernier  chapitre,  le  commissaire  indique  les  conclusions  auxquelles  il  en 
est  arrivé  à  la  suite  de  l'enquête  qu'il  avait  tenue.  Il  fait  remarquer  qu'il  existe  très 
peu  de  statistiques  concernant  les  Japonais  qui  ont  immigré  dans  la  Colombie-Bri- 
tannique par  le  passé,  de  sorte  qu'il  est  impossible  de  dire  exactement  combien  parmi 
ceux  qui  sont  venus  au  Canada  au  cours  de  l'année  dernière  résidaient  antérieure- 

36— 8i 


116  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
ment  dans  le  pays,  et  qu'il  est  aussi  impossible  de  dire  combien  de  Japonais  avaient 
des  passeports  pour  le  Canada,  combien  pour  les  Etats-Unis  et  combien  pour  Hawaï. 
Depuis  quelques  mois  un  registre  permettant  de  constater  cela  est  tenu  à  un  port, 
mais  non  aux  autres.  Le  commissaire  ne  désire  nullement  blâmer  les  fonctionnaires 
du  département  de  l'immigration,  qui,  dit-il  "paraissent  avoir  bien  et  fidèlement  rem- 
pli leurs  devoirs",  mais  il  ajoute:  "je  recommanderais  respectueusement  que  l'on 
attache  plus  d'importance  aux  devoirs  que  sont  appelés  à  remplir  les  fonctionnaires 
du  département  de  l'immigration,  et  que  le  personnel,  à  chaque  port,  soit  augmenté 
de  manière  à  pouvoir  répondre  à  toutes  les  exigences  du  service". 

"La  coutume  suivie  jusqu'ici  de  traiter  les  immigrants  malades",  dit  le  commis- 
saire, "pourrait,  je  crois,  être  discontinuée  sans  grave  inconvénient,  sauf  dans  des  cas 
exceptionnels;  cela  porterait  les  compagnies  de  navigation  à  prendre  plus  de  précau- 
tions et  allégerait  un  peu  la  tâche  de  nos  propres  fonctionnaires.  Il  semblerait  rai- 
sonnable, aussi,  que  les  Japonais  munis  de  passeports  pour  les  Etats-Unis  fussent 
tenus  de  se  faire  examiner  par  les  fonctionnaires  américains  avant  de  l'être  par  nos 
propres  fonctionnaires;  lorsqu'ils  seraient  rejetés  par  les  fonctionnaires  américains, 
ils  devraient  être  considérés  comme  inadmissibles  au  Canada  ipso  facto,  et  on  ne  de- 
vrait pas  leur  permettre  de  débarquer  dans  le  pays." 

Voici  ce  que  dit  le  commissaire  au  sujet  de  l'immigration  japonaise  en  général: 

"Si  l'enquête  a  révélé  quelque  chose,  c'est  que  le  gouvernement  japonais  n'a  per- 
mis qu'aux  gens  des  classes  suivantes  d'émigrer  au  Canada  l'année  dernière: 

"(1)  Marchands,  officiers,  étudiants  et  voyageurs,  au  nombre  d'environ  100. 

"(2)  Japonais  résidant  antérieurement  au  Canada. 

"(3)  Parents  ou  "amis  des  Japonais  résidant  au  Canada,  et  seulement  lorsque 
le  consul  du  Japon  avait  certifié  que  l'on  avait  besoin  d'eux  et  qu'à  leur  arrivée  ils 
auraient  immédiatement  de  l'ouvrage  ou  trouveraient  un  foyer.  Le  nombre  des  im- 
migrants de  cette  classe  a  été  approximativement  de  190. 

"(4)  Ouvriers  engagés  en  vertu  d'un  contrat  régulier  passé  avec  une  compagnie 
ou  corporation  canadienne,  dont  la  bonne  foi  avait  été  attestée  par  le  consul  résidant, 
un  duplicata  du  contrat  ayant  été  préalablement  déposé  au  ministère  des  Affaires 
étrangères  du  Japon  et  approuvé  par  ce  ministère.  L'émigration  de  gens  de  cette 
catégorie  n'a  été  permise  que  depuis  le  mois  d'avril  dernier. 

"Quant  à  l'immigration  de  Hawaï,  le  gouvernement  japonais  n'a  eu  rien  à  y  voir. 

"Si  l'émigration  de  Japonais  de  Hawaï  et  des  autres  pays  n'étant  pas  sous  la 
juridiction  du  Japon  était  complètement  prohibée,  si  l'on  mettait  fin  à  l'émigration 
d'ouvriers  engagés  par  contrat,  et  si  l'on  apportait  dans  l'octroi  de  passeports  la 
même  circonspection  que  l'on  a  exercée  l'année  dernière,  le  nombre  des  Japonais 
qui  immigreraient  au  Canada  serait  si  peu  considérable  qu'il  n'y  aurait  nullement 
lieu  de  s'alarmer  de  la  chose.  D'un  autre  côté,  à  moins  que  des  mesures  effectives 
ne  soient  prises  pour  prohiber  absolument  toute  émigration  des  îles  Hawaï  et  l'im- 
portation d'ouvriers  du  Japon,  il  est  tout  probable  que  le  nombre  des  Japonais  qui  nous 
arriveront  de  ces  îles  dépassera  de  beaucoup,  d'ici  à  quelques  mois,  le  chiffre  de  l'an- 
née dernière,  et  que  la  Canadian  Nippon  Supply  Co.  et  les  autres  compagnies  de 
ce  genre  nous  amèneront  plus  d'immigrants  qu'il  n'en  est  jamais  venu  jusqu'ici  au  Ca- 
nada.    Je  recommanderais  respectueusement,  non  seulement  dans  l'intérêt  des  habi- 


I 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  117 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

tants  de  la  Colombie-Britannique,  mais  dans  l'intérêt  de  tout  le  Canada,  que  l'on  étudie 
immédiatement  cette  question  et  que  l'on  adopte  les  mesures  voulues  pour  que  l'immi- 
gration des  Japonais  des  pays  qui  ne  sont  pas  sous  la  juridiction  du  Japon  soit  abso- 
lument interdite  et  pour  que  le  nombre  de  ceux  qui  nous  arriveront  du  Japon  direc- 
tement ne  dépasse  pas  un  chiffre  raisonnable." 

Le  commissaire  termine  en  disant  qu'il  est  très  reconnaissant  aux  avocats  et  aux 
fonctionnaires  qui  l'ont  aidé  dans  son  enquête. 

La  partie  du  rapport  se  rattachant  à  l'immigration  de  la  Chine  et  de  l'Inde  n'était 
pas  terminée  à  la  clôture  de  l'exercice. 


118  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


VIII.— IMMIGRATION  ORIENTALE.  —  E.  MISSION  DU  SOUS-MINISTRE 
DU  TRAVAIL  EN  ANGLETERRE  POUR  CONFERER  AVEC  LES 
AUTORITES  BRITANNIQUES  AU  SUJET  DE  L'EMIGRATION  AU 
CANADA  DES  ASIATIQUES,  ET  PRINCIPALEMENT  DES  HIN- 
DOUS. 

Au  mois  de  mars  1908,  M.  W.  L.  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du 
Travail,  fut  chargé  par  le  gouvernement  du  Canada  de  se  rendre  en  Angleterre  pour 
conférer  avec  les  membres  du  gouvernement  britannique  au  sujet  de  l'émigration 
des  Hindous  au  Canada.  Le  rapport  du  comité  du  Conseil  Privé  confiant  cette  mis- 
sion à  M.  King,  et  tel  qu'approuvé  par  Son  Excellence  le  Gouverneur  général  le  2 
mars  1908,  se  lit  comme  suit: — 

Un  mémoire  en  date  du  2  mars  1908,  du  Très  honorable  sir  Wilfrid  Laurier, 
où  ce  dernier  fait  remarquer  que,  malgré  les  règlements  pour  la  restriction  de 
l'immigration  des  Orientaux,  certaines  classes  d'immigrants,  notamment  des  Hin- 
dous, viennent  au  Canada  dans  des  circonstances  qui  pourront  nécesciter  un  refu3 
de  les  admettre  sur  nos  rives; 

Que  l'expérience  a  démontré  que  les  immigrants  de  cette  classe,  habitués 
qu'ils  sont  à  la  douceur  d'un  climat  tropical,  ne  conviennent* pas  du  tout  au  Ca- 
nada, et  que,  vu  qu'il  leur  est  impossible  de  se  faire  à  un  milieu  tout  différent, 
ils  s'exposent  à  subir  beaucoup  de  souffrances  et  de  privations;  que,  d'un  autre 
côté,  si  l'on  permettait  que  cette  immigration  prenne  un  développement  tant  soit 
peu  considérable,  il  en  résulterait  une  perturbation  sérieuse  dans  les  conditions 
industrielles  et  économiques  en  certaines  parties  du  pays,  principalement  dans  la 
province  de  la  Colombie-Britannique; 

Qu'une  restriction  effective  de  l'immigration  de  l'Inde  est  par  conséquent 
nécessaire,  autant  dans  l'intérêt  des  Hindous  eux-mêmes  que  dans  l'intérêt  des 
Canadiens  ; 

Que,  de  plus,  la  question  de  l'immigration  des  Orientaux  intéresse  le  Ca- 
nada au  premier  chef,  et  que  cette  question,  en  autant  qu'elle  affecte  les  rela- 
tions du  Canada  avec  les  sujets  britanniques  qui  habitent  l'Inde,  implique  des 
considérations  de  la  plus  haute  importance  non  seulement  pour  le  Canada  mais 
pour  tout  l'Empire  britannique; 

Qu'il  est  à  désirer  que  les  autorités  de  la  Grande-Bretagne  et  celles  du 
Canada  discutent  à  fond  cette  importante  question,  et  que  les  gouvernements  des 
deux  pays  en  viennent  à  une  entente  formelle  à  ce  sujet. 

M.  W.  L.  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail,  a  récemment 
fait  une  enquête  minutieuse,  par  commission  royale,  pour  découvrir  ce  qui  avait 
pu  pousser  les  ouvriers  orientaux  à  venir  au  Canada,  et  comme  il  est  parfaite- 
ment au  courant  de  la  question,  sir  Wilfrid  Laurier  est  d'avis  qu'en  l'envoyant 
en  Angleterre  pour  conférer  avec  les  autorités  du  ministère  des  Colonies  et  du 
ministère  de  l'Inde  et  autres  départements  qui  sont  intéressés  dans  la  chose,  l'on 
en  arrivera  à  un  résultat  plus  pratique  et  plus  satisfaisant  que  si  l'on  procédait 
par  correspondance. 

Sir  Wilfrid  Laurier  recommande  par  conséquent  que  M.  King  soit  chargé 
de  conférer  avec  les  autorités  britanniques  au  sujet  de  l'immigration  des  Orien- 
taux, particulièrement  des  Hindous,  et  que,  dans  ce  but,  il  se  rende  immédiate- 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  119 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

ment  en  Angleterre.    M.  King  devra,  à  son  retour  au  Canada,  faire  connaître  au 
gouverneur  en  conseil  le  résultat  de  sa  conférence  avec  les  autorités  britannique. 

Le  tout  soumis  à  l'approbation  de  Son  Excellence. 

M.  King  quitta  Ottawa  le  5  mars  et  s'embarqua  pour  l'Angleterre  à  Saint-Jean, 
N.-B.,  à  bord  du  paquebot  Empress  of  Ireland,  vendredi,  le  6  mars.  Il  arriva  à  Lon- 
dres samedi,  14  mars.  Le  lundi  suivant,  M.  King  se  rendit  au  bureau  du  Très 
honorable  lord  Strathcona  et  Mount-Royal,  le  haut  commissaire  du  Canada,  et  on 
lui  fit  savoir  que  Sa  Seigneurie  avait  déjà  fait  des  arrangements  pour  qu'il  pût  se 
présenter  immédiatement  au  ministère  des  Colonies.  Le  lendemain,  M.  King  fut 
reçu  par  le  Très  honorable  comte  d'Elgin  et  de  Kincardine,  ministre  des  Colonies,  qui 
le  présenta  au  cours  même  de  la  semaine  au  Très  honorable  John  Morley,  ministre 
d^s  Indes,  et  au  Très  honorable  sir  Edward  Grey,  ministre  des  Affaires  étrangères, 
avec  lesquels  il  eut  des  entrevues.  Ces  entrevues  furent  suivies  d'autres  entrevues 
avec  lord  Elgin,  M.  Morley  et  sir  Edward  Grey,  qui  eurent  lieu  durant  les  trois  se- 
maines suivantes,  et  de  conférences  avec  différents  fonctionnaires  des  ministères  des 
Colonies,  des  Indes  et  des  Affaires  étrangères.  Les  ministres  anglais  s'intéressèrent 
vivement  à  l'objet  de  la  mission  de  M.  King,  et  les  représentations  qui  furent  faites 
au  nom  du  peuple  du  Canada  furent  écoutées  attentivement  et  discutées  à  fond. 
Malgré  que  le  Parlement  fût  en  session  et  qu'ils  fussent  très  occupés,  les  ministres 
consacrèrent  une  si  grande  partie  de  leur  temps  à  cette  affaire  qu'il  fut  possible,  dans 
l'espace  de  4  semaines,  d'en  arriver  à  une  entente  satisfaisante.  La  position  où  se 
trouve  le  Canada  en  ce  qui  concerne  l'immigration  de  l'Incta  est  parfaitement  com- 
prise à  Londres,  et  il  n'y  a  pas  de  doute  que  l'on  prendra  des  mesures  propres  à 
restreindre  cette  immigration  et  l'empêcher  de  prendre  des  proportions  qui  seraient 
contraires  aux  intérêts  dse  indigènes  de  ce  pays  et  du  peuple  du  Canada. 

Le  rapport  officiel  du  commissaire  au  sujet  de  sa  mission  n'a  été  présenté  au 
Parlement  qu'après  la  clôture  de  l'exercice.* 


M.   King  était  de  retour   à   Ottawa   le  25   uviil,   et   le  rapport   concernant   sa  mission   a 
été  déposé  devant  la  Chambre  des  communes  au  commencement  du  mois  de  mai. 


120 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


IX.- 


-IMMIGRATION  ORIENTALE.— F.  ENQUETE  TENUE  PAR  LE  SOUS- 
MINISTRE  DU  TRAVAIL  POUR  DETERMINER  LES  PERTES  SU- 
BIES PAR  LES  CHINOIS  RESIDANT  A  VANCOUVER  LORS  DES 

EMEUTES  ANTIASIATIQUES. 


Par  arrêté  de  l'exécutif  en  date  du  7  septembre,  M.  W.  L.  Mackenzie  King, 
C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail,  fut  chargé,  par  commission  royale,  de  s'enquérir 
des  pertes  subies  par  les  Chinois  résidant  à  Vancouver  lors  des  émeutes  qui  eurent 
lieu  dans  cette  ville  au  mois  de  septembre  1907. 

M.  King  ne  put  s'acquitter  de  cette  tâche  pendant  l'exercice,  ayant  été  chargé 
de  se  rendre  en  Angleterre  pour  conférer  avec  les  autorités  britanniques  au  sujet  de 
l'immigration  au  Canada  des  Orientaux  et  particulièrement  des  Hindous. 

L'enquête  fut  tenue  à  Vancouver,  C.-B.,  aux  mois  de  mai  et  de  juin  1908.  Les 
réclamations  furent  examinées  et  réglées  pour  la  somme  de  $25,990,  une  somme  addi- 
tionnelle de  $1,000  ayant  été  allouée  aux  réclamants  pour  les  honorairse  de  leur 
avocat. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  121 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


X.— RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE  NOMMEE  POUR  S'ENQUE- 
RIR DES  DIFFERENDS  ENTRE  LA  COMPAGNIE  DE  TELE- 
PHONE BELL  ET  SES  EMPLOYEES  A  TORONTO. 

Le  dernier  rapport  annuel  du  département  contenait  un  long  exposé  des  circons- 
tances dans  lesquelles  une  commission  royale  avait  été  nommée  pour  tenir  une  en- 
quête au  sujet  des  différends  survenus  entre  la  Compagnie  de  téléphone  Bell  et  ses 
employées  à  Toronto.  Cette  commission  était  composée  de  M.  W.  L.  Mackenzie  King, 
C.M.G.,  sous-ministre  du  Travail,  et  de  Son  Honneur  le  juge  Winchester,  de  Toronto. 
On  se  rappellera  qu'une  enquête  fut  ordonnée  après  que  les  téléphonistes,  à  Toronto, 
se  furent  mises  en  grève.  Les  difficultés  commencèrent  le  24  janvier  1907,  alors  que 
furent  affichés  dans  les  bureaux  de  la  Compagnie  Bell,  à  Toronto,  des  avis  où  il  était 
dit  que  l'essai  du  système  de  5  heures  de  travail  par  jour  n'avait  pas  réussi  et  que  l'on 
avait  décidé  de  revenir  à  l'ancien  système  de  8  heures.  Dans  ces  avis  étaient  aussi 
indiqués  les  salaires  qui  seraient  payés  à  l'avenir. 

Plusieurs  des  téléphonistes  prétendirent  que  le  changement  que  l'on  voulait  faire 
exigerait  de  leur  part  une  tension  de  nerfs  telle  qu'elles  ne  pourraient  la  subir  sans 
compromettre  sérieusement  leur  santé.  Elles  ajoutèrent  que  l'augmentation  des  sa- 
laires n'était  pas  du  tout  proportionnée  au  nombre  d'heures  de  travail  exigé.  Une 
grève  étant  imminente,  le  30  janvier  le  maire  de  Toronto  télégraphia  au  département 
pour  lui  demander  d'intervenir.  Le  ministre  du  Travail  pria  M.  Mackenzie  King,  le 
sous-ministre  du  Travail,  de  se  rendre  à  Toronto  et  d'offrir  les  bons  officices  du  dé- 
partement afin  de  prévenir  la  grève  qui  menaçait  d'éclater  et  d'effectuer  un  règle- 
ment à  l'amiable  des  différends  survenus  entre  la  compagnie  et  ses  téléphonistes.  M. 
King  arriva  à  Toronto  le  31  janvier  et  entama  immédiatement  des  négociations  avec 
les  deux  parties;  mais  dans  l'intervalle  les  téléphonistes,  qui  n'avaient  réussi  à  obte- 
nir aucune  concession  de  la  compagnie,  avaient  décidé  de  se  mettre  en  grève  le  1er 
février,  et  environ  400  téléphonistes,  surveillantes  et  monitrices,  cessèrent  par  consé- 
quent de  travailler  ce  jour-là.  Les  employées,  par  résolution  adoptée  à  une  assem- 
blée tenue  le  1er  février,  demandèrent  au  ministre  du  Travail  de  nommer  une  com- 
mission d'enquête  à  laquelle  seraient  soumis  leurs  griefs,  promettant  de  retourner  à 
l'ouvrage  et  de  continuer  à  travailler  en  attendant  le  résultat  de  l'enquête.  Le  sous- 
ministre  du  Travail,  après  s'être  mis  au  fait  des  circonstances,  recommanda  la  nomi- 
nation d'une  commission  royale  pour  s'enquérir  des  différends  survenus  entre  la  com- 
pagnie et  ses  employées.  Suivant  sa  recommandation,  une  commission  royale,  consti- 
tuée comme  il  est  dit  plus  haut,  fut  nommée  le  2  février.  Les  commissaires  se  mirent 
immédiatement  à  l'œuvre.  Lundi,  le  4  février,  les  grévistes  qui, — afin  d'éviter  au 
public  les  inconvénients  qui  seraient  résultés  d'une  suspension  du  service  télépho- 
nique,— avaient  promis  de  se  remettre  au  travail  dans  le  cas  où  le  ministre  du  Tra- 
vail ferait  faire  une  enquête  au  sujet  de  leurs  différends  avec  la  compagnie,  offrirent 
leurs  services  à  celle-ci  et  furent  presque  toutes  réengagées,  de  sorte  que  la  grève  sa 
trouvait  virtuellement  finie. 


122  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Le  rapport  des  commissaires  nommés  pour  s'enquérir  des  griefs  des  téléphonistes 
a  été  publié  par  le  département  du  Travail  le  12  septembre  1908. 

Le  rapport  de  la  commission  est  sous  forme  de  livre  bleu  et  contient  102  pages. 
Les  commissaires,  après  avoir  indiqué  la  nature  du  différend  dont  ils  avaient  été 
chargés  de  s'enquérir,  passent  en  revue  les  témoignages  rendus  au  cours  de  l'enquête. 
Ils  examinent  la  question  sous  les  aspects  suivants:  (i)  comparaison  entre  les  sa- 
laires payés  et  le  coût  de  la  vie;  (ii)  durée  et  intensité  du  travail  imposé;  (iii)  mé- 
thodes de  travail  et  éléments  de  la  tension  nerveuse;  (iv)  opinions  de  médecins  mar- 
quants produites  devant  la  commission;  (v)  comparaison  entre  le  système  d'heures  de 
travail  tel  que  proposé  losque  le  différend  s'est  élevé  et  le  système  tel  que  revisé  de- 
vant la  commission  et  rendu  acceptable  aux  représentants  des  employées.  Le  dernier 
chapitre  du  rapport  contient  les  recommandations  des  commissaires,  qui  peuvent  sa 
résumer  comme  suit: 

(i)  Nomination  d'une  commission  de  médecins  experts  pour  constater 
l'effet  que  le  travail  que  font  les  téléphonistes  exerce  sur  la  constitution  de 
celles-ci. 

(ii)  Adoption  d'un  nouveau  système  de  G  heures  de  travail  par  jour,  le 
temps  consacré  au  travail  et  les  relâches  devant  être  distribués  sur  une  période 
totale  de  à  8|  heures. 

(iii)  Défense  absolue  d/3  travailler  en  dehors  des  heures  régulières. 

(iv)  Aucune  femme  ou  fille  ne  devrait  être  employée  comme  téléphoniste 
avant  d'avoir  atteint  l'âge  de  19  ans. 

(v)  Aucune  femme  ou  fille  ne  devrait  être  engagée  comme  téléphoniste 
avant  d'avoir  subi  un  examen  médical  quant  à  son  état  de  santé,  particulière- 
ment quant  à  son  système  nerveux,  à  sa  gorge,  à  ses  poumons,  à  sa  vue,  à  son 
ouie  et  à  sa  tendance  à  la  tuberculose. 

(vi)  Changement  dans  le  mécanisme  des  appareils  employés  et  dans  le  mo- 
dèle des  sièges,  de  manière  a  assurer  plus  de  confort  aux  téléphonistes. 

(vii)  Amélioration  des  moyens  de  ventilation  dans  la  salle  où  travaillant 
les  téléphonistes. 

(viii)  Application  aux  compagnies  de  téléphone  des  lois  criminelles  concer- 
nant les  nouvelles  malhonnêtement  obtenues  ou  divulguées  par  les  téléphonistes 
ou  les  autres  fonctionnaires  des  compagnies  de  télégraphe. 

(ix)  Création  cnine  commission  permanente  de  coneilliation,  composée  de 
représentants  de  la  compagnie  et  des  téléphonistes,  à  laquelle  seraient  soumis  lea 
différends  qui  s'élèveraient,  avec  appel  aux  hauts  fonctionnaires  de  la  compagnie 
dans  le  cas  où  cette  commission  n'aurait  pas  réussi  à  amener  une  entente  entre 
les  parties. 

En  omettant  ce  qui  se  rapporte  au  différend  même  sur  lequel  a  porté  l'enquête, 
nous  croyons  devoir  citer  les  principaux  passages  du  rapport  de  la  commission  qui 
s'appliquent  d'une  manière  générale  à  l'occupation  dans  laquelle  sont  engagées  les 
téléphonistes. 

SALAIRES,  BÉNÉFICES  ET  COÛT  DE  LA  VIE. 

Dans  le  chapitre  111  du  rapport,  les  commissaires  étudient  la  question  des  sa- 
laires: la  rémunération  accordée  aux  téléphonistes  est-elle  proportionnée  aux  béné- 
fices de  la  compagnie  et  au  coût  de  la  vie?  Ils  appuient  particulièrement  sur  les  rai- 
sons données  par  le  gérant  local  pour  justifier  l'augmentation  dans  le  nombre  des 
heures  de  travail  de  5  à  8,  et  sur  les  déclarations  faites  par  M.  J.  A.  T.  Baldwin 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  123 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

quant  à  l'inefficacité  du  service,  eta  ils  citent  à  ce  sujet  ce  qu'a  dit  M.  Hammond  V. 
Hayes,  le  chef  de  la  compagnie  de  téléphone  et  de  télégraphe  américaine,  à  savoir 
que  "le  système  doit  ère  jugé  au  point  de  vue  des  frais  d'exploitation,  du  service 
fourni  et  de  la  facilité  de  se  procurer  des  téléphonistes".  Voici  ce  que  disent  les 
commissaires  sur  ce  dernier  point: 

"Que  l'on  ait  envisagé  la  question  à  ces  points  de  vue,  c'est  ce  qui  est  évident. 
On  avait  de  la  difficulté  à  se  procurer  des  téléphonistes  à  cause  des  bas  salaires  payés, 
et  par  conséquent  le  service  était  défectueux.  Pour  pouvoir  se  procurer  des  télépho- 
nistes et  améliorer  le  service,  il  fallait  augmenter  les  salaires  et  rendre  le  travail  à 
faire  moins  intensif,  ce  qui  signifiait  une  augmentation  dans  le  nombre  des  télépho- 
nistes. La  surélévation  des  salaires  et  l'augmentation  dans  le  nombre  des  télépho 
îûstes  signifiaient  un  accroissement  des  dépenses;  donc,  au  point  de  vue  des  frais 
d'exploitation,  pour  compenser  l'accroissement  des  dépenses  il  était  nécessaire  d'aug- 
menter le  nombre  des  heures  de  travail  par  jour. 

Si  la  compagnie  s'était  intéressée  à  la  santé  de  ses  téléphonistes,  elle  n'aurait 
certainement  pas  permis  qu'elles  continuassent  à  faire  un  travail  aussi  intensif  après 
que  les  mauvais  effets  de  ce  surménage  furent  devenus  apparents,  et  elle  ne  leur  au- 
rait pas  non  plus  imposé  10  heures  de  travail  certains  jours,  alors  qu'elle  savait  que 
les  5  heures  de  travail  consécutives,  avec  l'intensité  qui  caractérisait  le  service  à  To- 
ronto, étaient  préjudiciables  à  la  santé  de  ses  employées. 

Dans  la  lettre  du  gérant  local,  recommandant  que  le  système  fût  changé,  ainsi 
que  dans  les  autres  communications  et  dans  les  rapports  qui  furent  déposés  de- 
vant la  commission,  l'on  ne  trouve  rien  indiquant  que  la  santé  et  le  bien-être  des 
téléphonistes  comptaient  pour  quelque  chose,  sauf  lorsqu'on  fut  obligé,  pour  ainsi 
dire,  de  considérer  la  chose  en  examinant  les  trois  éléments  commerciaux  susmen- 
tionnés; frais  d'exploitation,  service  à  donner  et  possibilité  de  se  procurer  des 
téléphonistes. 

11  ne  s'agissait  pas  de  protéger  la  santé  des  tléphonistes  ;  il  s'agissait,  comme 
l'a  dit  M.  Dunstan  d'une  manière  si  concice,  "de  choisir  entre  divers  maux",  eh 
envisageant  la  chose  au  point  de  vue  commercial. 

Etant  donnés  ces  faits  et  prenant  en  considération  les  circonstances  qui  exis- 
taient alors,  et  vu  que  l'on  n'a  pas  attendu  pour  faire  le  changement  que 
la  nouvelle  installation  fût  terminée  et  ce  qui  a  transpiré  à  la  conférence 
qui  eut  lieu  à  Montréal,  nous  sommes  forcés  de  croire  que  ce  n'est  pas  tant  pour  des 
considérations  humanitaires  que  pour  des  raisons  d'une  nature  commerciale  que  la 
compagnie  a  décidé  de  substituer  au  système  de  5  heures  de  travail  le  système  qu'elle 
chercha  à  imposer  le  1er  février.  Ce  qui  nous  confirmé,  dans  cette  conviction,  c'est 
que  la  compagnie  ne  paraît  pas  avoir  considéré  d'autre  alternative,  pour  remédier  aux 
défectuosités  du  service  sous  le  système  de  5  heures,  que  d'exiger  8  heures  de  travail 
par  jour.  Si,  comme  on  l'a  prétendu,  la  compagnie  voulait,  en  changeant  le  système 
suivi  jusqu'alors,  faire  cesser  le  surmenage  que  comportait  le,  régime  de  5  heures, 
ce  but  aurait  été  mieux  atteint  (si  les  considération  humanitaires  avaient  prévalu) 
par  une  augmentation  dans»  le  nombre  des  téléphonistes  et  par  un  allégement  du 
fardeau  que  chaque  téléphoniste  avait  à  porter.  De  plus,  il  y  avait  comme  alterna- 
tives différents  changements  dans  la  durée  du  travail  à  faire,  et  dans  les  relâches  qui 
auraient  pu  être  effectués  sur  une  base  moins  onéreuse  que  celle  du  système  de  8 
heures. 

Que  des  considérations  d'une  nature  commerciale  plutôt  que  le  désir  de  protéger- 
la  santé  des  téléphonistes  aient  poussé  la  compagnie  à  faire  le  changement  qui  a  été 
effectué,  c'est  ce  qui  apptert  clairement  non  seulement  par  les  témoignages  qui  ont 
été  rendus,  mais  encore  par  les  documents  qui  ont  été  produits  devant  la  commission. 
M.  Dunstan  a  formellement  admis  qu'il  était  impossible  de  se  procurer  des  télé' 
phonisties  à  cause  de  la  modicité  des  salaires  payés. 


124 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Malgré  le  taux  pou  élevé  des  salaires  payés  aux  employées  avant  que  le  système 
ait  été  changé,  les  téléphonistes  ont  été  unanimes  à  dire  que  c'était  à  cause  de  l'aug- 
mentation dans  le  nombre  des  heures  de  travail,  et  non  pas  parce  qu'elles  considéraient 
que  la  rémunération  qui  leur  était  accordée  était  insuffisante,  qu'elles  ont  protesté 
contre  le  nouveau  système  et  se  sont  finalement  mises  en  grèvte.  Lo  gérant  de  la 
compagnie  a  prétendu,  et  les  téléphonistes  ont  admis,  qu'avec  le  salaire  payé  sous 
l'ancien  système  il  était  impossible  pour  une  femme  n'ayant  pas  d'autres  moyens 
d'existence  de  subvenir  à  ses  besoins.  La  bonne  foi  des  téléphonistes  en  protestant 
contre  une  innovation  qui  leur  assurait  une  plus  forte  rétribution  pour  leurs  services 
ne  saurait  être  mise  en  doute. 


ECHELLES  DE  SALAIRES  COMPAREES. 

Les  commissaires  examinent  ensuite  les  échelles  de  salaires  sous  les  systèmes 
d'heures  de  travail  respectifs  et  indiquent  dans  quelle  mesure  les  téléphonistes  ont  pu, 
sous  le  système  d'heures  plus  courtes,  grossir  leur  salaire  en  faisant  du  travail  sup- 
plémientaire. 

A  raison  de  26  jours  ouvrables  dans  le  mois,  et  en  faisant  52  heures  de  travail 
supplémentaire  chaque  mois,  une  téléphoniste  pouvait  ajouter  à  son  salaire  régulier 
$7.20  pendant  les  6  premiers  mois  de  son  service,  $8  entre  le  6e  et  le  18e  mois,  $9  du 
18e  au  30e  mois  et  $10  par  la  suite.  Sous  le  système  de  8  heures  de  travail  par  jour, 
il  n'y  avait  plus  de  travail  supplémentaire,  mais  le  salaire  mensuiel  était  augmenté. 
Sous  le  nouveau  système,  comme  l'ont  compris  les  téléphonistes  au  début,  l'augmen- 
tation dans  le  nombre  d'heures  de  travail  était  de  78,  mais  sous  le  système  tel  que 
revisé  devant  la  commission  l'augmentation  réelle  était  de  52  heures  dans  le  cas  des 
téléphonistes  travaillant  pendant  les  hjeures  régulières.  Pour  les  commençantes  qui 
relayent  tes  autres  pendant  leurs  6  premiers  mois  de  service,  l'augmentation  dans  le 
nombre  des  Heures  de  travail  ne  serait  que  de  6  heures;  pour  les  employées  de  cette 
dernière  catégorie,  cependant,  la  journée  est  plus  rompue,  les  heures  de  travail  étant 
à  des  intervalles  moins  réguliers  et  les  intermissions  plus  fréquentes  ou  plus 
longues. 

"  L'on  verra  par  le  tableau  ci-dessous,  disent  les  commissaires,  ce  que  signifiait 
le  changement  de  systèrrte: — 


Système  de  5  heures 
plus  travail  supplémentaire. 

Total. 

Système  de 
8  heures. 

Différence. 

là    6  mois  $18.00  plus  $7. 20  par  mois .. 

6  .,  12    ,.       20.00    „      8.00        «        

$  c. 

25  20 
28  00 
28  00 
31  50 
31  50 
35  00 
35  00 

$    c. 

20  00 
22  50 
25  00 
25  00 
27  50 
27  50 
30  00 

$     c. 

5  20 
5  50 

12  m  18    .,        20.00    n      8.00 

3  00 

18  .,  24     ,.        22.50    n      9.00        „        

24  „  30    h        22.50    „      9.00        ,.        

6  50 
4  00 

30  .,  36    „        25.00    „    10.00        ..          

36 en  montant  25.00    „     10.00        .. 

7  50 
5  00 

Voici  les  observations  que  font  les  commissaires  à  ce  sujet: — 

11  II  n'est  donc  pas  surprenant  que  les  téléphonistes  qui  n'avaient  pour  vivre  que 
le  salaire  qu'elles  recevaient  de  la  compagnie  «t  qui  avaient  besoin  d'un  peu  de  loisirs 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  125 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

pour  travailler  pour  elles-mêmes  aient  préféré  l'ancien  système  malgré  l'ardu  tra- 
vail supplémentaire  qu'il  comportait,  et  que  les  téléphonistes  qui  demeuraient  chez 
leurs  parents  et  qui  n'avaient  besoin  de  gagner  que  juste  assez  pour  suppléer  à  l'in- 
suffisance du  budget  de  la  famille  et  pour  subvenir  à  leurs  besoins  personnels  aient 
considéré  que  le  système  de  8  heures  de  travail  par  jour  leur  imposait  de  trop  grands 
sacrifices,  en  dépit  <h  l'augmentation  de  salaire  qu'il  leur  assurait. 

Il  est  vrai  que  le  changement  qui  avait  été  fait  représentait  une  dépense 
additionnelle  de  $1,300  par  mois.  .C'est  du  moins  ce  que  l'on  a  prétendu, 'et  nous 
sommes  portés  à  le  croire.  Mais  il  fallait  améliorer  le  service,  et  c'est  ce  que 
l'on  avait  en  vue  en  changeant  le  système.  Il  est  tout  probable  que  les  abonnés 
ont  profité  de  cela,  tandis  que  la  compagnie  et  ses  employés  sacrifiaient  mutuelle- 
ment quelque  chose,  ou  encore  la  compagnie  et  ses  abonnés  ont  pu  profiter  de 
la  chose,  tandis  que  les  téléphonistes  étaient  placées  dans  une  situation  pire  finan- 
cièrement parlant.  Etant  donné  que  le  chiffre  des  affaires  de  la  compagnie  aug- 
mentait constamment,  les  dépenses  devaient  logiquement  augmenter  en  même 
temps,  mais  cela  ne  signifiait  pas  nécessairement  un  accroissement  des  frais  d'ex- 
ploitation par  chaque  abonné  et  une  diminution  dans  les  bénéfices  nets. 

D'un  autre  côté,  il  ne  faut  pas  oublier  qu'un  petit  nombre^  seulement  parmi 
les  téléphonistes  devaient  profiter  des  avantages  qu'offrait  le  nouveau  système. 
L'on  remarquera  que  sous  l'ancien  système  le  plus  haut  salaire  était  de  $25  par 
mois  au  bout  de  2J  ans.  Sous  le  nouveau  système  les  téléphonistes  devaient  re- 
cevoir $27.50  au  bout  de  2  ans  et  $30  au  bout  de  3  ans.  Il  a  été  prouvé  que  la 
période  de  temps  pendant  laquelle  la  généralité  des  téléphonistes  restent  au  ser.- 
vice  de  la  compagnie  ne  dépassait  pas  2£  ou  3  ans  au  plus.  Diverses  raisons  ont 
été  données  pour  expliquer  cela. 

QUESTION   ENVISAGÉE   AU    POINT   DE    VUE   DE   LA    SANTE   DES    TELEPHONISTES    ET    DES    SALAIRES 

PAYÉS. 

Après  avoir  cité  les  parties  des  dépositions  des  fonctionnaires  de  la  compagnie 
portant  sur  la  question  de  la  santé  des  téléphonistes  et  sur  la  question  des  salaires, 
comparés  avec  les  bénéfices  de  la  compagnie,  les  commissaires  font  les  observations 
suivantes: — 

Nous  avons  cité  ces  passages  des  dépositions  des  fonctionnaires  de  la  com- 
pagnie parce  que,  d'après  nous,  l'on  ne  saurait  examiner  trop  à  fond  (si  l'on 
veut  que  l'harmonie  et  la  concorde  régnent  entre  patrons  et  employés)  le  rap- 
port qu'il  y  a  entre  les  salaires  et  les  bénéfices,  surtout  dans  le  cas  d'une  com- 
pagnie qui  jouit  d'un  privilège  public,  qui  exploite  un  service  public  et  qui  pos- 
sède, par  la  nature  même  des  choses,  du  consentement  exprès  ou  tacite  du  pu- 
blic, un  monopole  complet  ou  limité.  L'on  a  prétendu  qu'il  y  avait  58  ou  60 
compagnies  concurrentes.  C'est  possible,  mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai  qu'en 
la  ville  de  Toronto  et  dans  d'autres  localités  du  Canada  desservies  par  la  Compa- 
gnie de  Téléphone  Bell,  cette  compagnie  a  un  monopole  complet  et  absolu.  Elle 
jouit  de  ce  monopole  du  consentement  du  public.  Qu'on  lui  laisse  ainsi  le  champ 
libre  pour  des  motifs  d'intérêt  matériel  et  non  pour  des  raisons  de  sympathie, 
cela  importe  peu.  Dans  tous  les  cas,  la  ville  de  Toronto  est  desservie  par  une 
seule  compagnie  de  téléphone — la  Compagnie  de  Téléphone  '  Bell — et  ceux  qui 
veulent  se  servir  de  téléphone  sont  obligées  de  payer  à  cette  compagnie,  bon  gré 
mal  gré,  les  prix  qu'elle  exige.  Si  l'on  envisage  la  question  à  ce  point  de  vue 
(et  c'est  ainsi,  à  notre  avis,  qu'il  faut  l'envisager  en  ce  qui  concerne  les  services 
d'utilité  publique  où  il  existe  un  monopole  ou  un  quasi-monople),  il  faudra  ad- 
mettre que  le  public  est  justifiable  d'exiger  de  cette  compagnie,  qui  n'a  à  subir 
aucune  concurrence,  qu'elle  s'occupe  du  bien-être  de  ses  employés.     Etant  donné 


126  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

que  les  citoyens  de  Toronto  ont  renoncé,  volontairement  ou  involontairement,  à 
leur  droit  de  choisir  entre  plusieurs  compagnies  concurrentes  et  de  donner  leur 
clientèle  à  celle  qui  leur  paraîtrait  mieux  observer  les  règles  de  la  justice  et  de 
l'équité,  ils  sont  non  seulement  recevables,  mais  encore  il  est  de  leur  devoir  d'in- 
sister pour  que  la  compagnie  qui  monopolise  le  service  téléphonique  dans  leur  ville 
traite  s-es  employés  (hommes  et  femmes)  d'une  manière  équitable,  qu'elle  leur 
paie  des  salaires  en  rapport  avec  le  travail  qu'ils  accomplissent.  La  Compagnie 
de  Téléphone  Bell,  en  profitant  de  la  pénurie  des  femmes  et  des  jeunes  filles  qui 
sont  entrées  à  son  service,  en  leur  payant  des  salaires  avec  lesquels  elles  n'au- 
raient pu  vivre  si  leurs  parents  ne  leur  étaient  venus  en  aide  ou  s'ils  n'avaient 
eu  d'autres  ressources,  a  indûment  grossi  ses  bénéfices,  et  il  nous  semble  qu'elle 
devrait  se  faire  un  point  d'honneur  de  réparer  maintenant  cette  injustice. 

Que  la  compagnie  ait  ainsi  économisé  beaucoup  d'argent,  c'est  ce  qui  res- 
sort de  l'admission  faite  par  son  propre  gérant  que  les  salaires  payés  n'étaient 
pas  suffisants  pour  couvrir  le  coût  de  la  pension  et  de  l'habillement,  malgré  que 
les  téléphonistes  fussent  obligées  de  travailler  dans  des  conditions  qui  étaient 
absolument  préjudiciables  à  leur  santé.  Il  peut  se  faire  qu'un  pareil  état  de 
choses  soit  perdu  de  vue  au  milieu  des  problèmes  complexes  qui  se  présentent 
dans  l'industrie  et  le  commerce  modernes,  ou  que  l'on  n'y  trouve  rien  à  redire 
parce  que  c'est  conforme  à  l'usage  reçu,  mais  ce  n'est  pas  là  une  raison  pour  que 
la  chose  ne  soit  pas  signalée  et  pour  qu'il  n'y  soit  pas  remédié  dans  l'intérêt  pu- 
blic. Indépendamment  de  la  question  de  justice  et  de  la  question  du  maintien 
de  relations  cordiales  entre  patrons  et  employés,  nous  croyons  que  les  capita- 
listes à  l'esprit  droit  hésiteraient  à  accepter,  sous  forme  de  dividendes,  des  béné- 
fices qui  auraient  été  réalisés  aux  dépens  de  la  santé  et  du  bien-être  de  ceux  qui 
auraient  contribué  à  les  créer.  Et  cela  nous  amène  à  exprimer  l'opinion  que, 
dans  l'intérêt  des  actionnaires,  des  employés  et  du  public  en  général,  la  plus 
grande  publicité  possible  devrait  être  donnée  aux  méthodes  suivies,  dans  l'admi- 
nistration de  leurs  affaires,  par  les  compagnies  exploitant  des  services  d'utilité 
publique  du  genre  de  celui  que  monopolise  la  Compagnie  de  Téléphone  Bell  à  To- 
ronto. Il  est  à  présumer  que  l'opinion  publique  protégerait  ceux  qui  servent  le 
public,  et  il  n'y  a  pas-  de  doute  que  les  intérêts  des  capitalistes  tout  ocmme  ceux 
des  employés  seraient  sauvegardés. 

DURÉE  ET  INTENSITÉ  DU  TRAVAIL. 

Dans  le  chapitre  IV,  les  commissaires  étudient  la  question  de  la  durée  et  de  l'in- 
tensité du  travail.  Ils  indiquent  la  somme  d'ouvrage  exigée  en  réalité  de  chaque 
employée  sous  le  système  de  5  heures  de  travail  par  jour,  et  ils  examinent  les  motifs 
pour  lesquels  la  compagnie  a  cru  devoir  substituer  à  ce  système  celui  de  8  heures, 
qui  a  été  adopté  le  1er  février,  et  les  raisons  que  pouvaient  avoir  les  téléphonistes 
pour  s'opposer  à  ce  changement.  Après  avoir  passé  en  revue  les  témoignages  rendus 
sur  ces  points,  les  commissaires  disent: — 

Pour  résumer  ce  que  nous  venons  de  dire,  le  système  de  5  heures  n'était 
qu'un  leurre.  Ce  système  était  simplement  la  base  d'un  arrangement  d'après 
lequel  les  employées  étaient  obligées  de  travailler,  plusieurs  jours  par  mois,  pen- 
dant 7  ou  6£  heures  au  salaire  fixé  pour  5  heures  de  travail;  de  travailler  certains 
autres  jours  pendant  10  heures  à  un  salaire  exactement  double  de  celui  fixé 
pour  5  heures  de  travail;  de  donner  leurs  services  en  tout  temps,  sans  aucune 
rémunération,  pendant  15  minutes  additionnelles  avant  ou  après  la  période  de  5 
heures,  et,  dans  un  cas  au  moins,  de  travailler,  sous  peine  de  destitution,  sans 
aucune  rétribution,  plusieurs  heures  chaque  jour,  durant  un  espace  de  deux  se- 
maines ou  plus. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  127 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Les  commissaires  parlent  ensuite  de  l'intensité  du  service,  de  la  fiévreuse  acti- 
vité avec  laquelle  le  travail  se  fait  sous  le  système  de  5  heures,  et  pour  bien  faire 
comprendre  ce  côté  de  la  question,  ils  indiquent  la  nature  des  devoirs  qu'une  télépho- 
niste est  appelée  à  remplir,  décrivant  d'une  manière  générale  comment  les  divers 
abonnés  sont  mis  en  communication,  et  citent  des  statistiques  montrant  le  nombre 
des  appels  auxquels  il  a  été  répondu,  par  heure,  pendant  une  période  de  temps  don- 
née, à  Toronto  et  à  Montréal,  statistiques  qui  accusent  une  différence,  par  télépho- 
niste, entre  Toronto  et  Montréal,  de  570  appels  par  jour  de  10  heures',  ou  une  diffé- 
rence de  57  appels  par  heure,  soit  un  excédent,  pour  Toronto,  d'au-delà  de  35  pour  100 
dans  le  nombre  des  appels  auxquels  chaque  téléphoniste  aurait  répondu. 

MÉTHODES  DE  TRAVAIL  DISCUTEES. 

Les  méthodes  suivies  pour  permettre  aux  téléphonistes  de  suffire  à  la  tâche  qui 
leur  est  imposée  sont  indiquées  dans  le  chapitre  V,  qui  est  consacré  à  l'étude  des  mé- 
thodes de  travail  et  des  éléments  de  la  tension  nerveuse.  Le  système  par  lequel  une 
téléphoniste  doit  non  seulement  s'occuper  de  ses  propres  subdivisions,  mais  encore 
aider  les  téléphonistes  préposées  aux  subdivisions  adjacentes,  de  chaque  côté,  lorsque 
celles-ci  ne  peuvent  répondre  seules  à  tous  les  appels,  est  expliqué,  et  voici  les  obser- 
vations que  les  commissaires  font  à  ce  sujet: 

Par  conséquent,  le  peu  de  repos  que  pourrait  avoir  une  téléphoniste  dans 
l'une  des  divisions  par  suite  du  ralentissement  dans  les  appels  sur  les  lignes  aux- 
quelles elle  est  préposée  lui  est,  en  partie,  enlevé  à  cause  de  l'aide  qu'il  lui  faut 
donner  à  ses  voisines.  Il  est  à  remarquer  que,  sous  ce  système,  ce  sont  les  télé- 
phonistes les  plus  habiles  et  les  plus  expérimentées  qui  sont  appelées  le  plus  sou- 
vent à  prêter  assistance  à  leurs  compagnes.  Il  paraîtrait  que  quand  les  appels  se 
succèdent  avec  rapidité  la  tendance  est  de  mettre  les  téléphonistes  à  contribution 
au  maximum  de  leur  énergie  et  de  leur  endurance. 

Voici  maintenant  ce  que  disent  les  commissaires  au  sujet  de  la  surveillance 
exercée  sur  les  téléphonistes  : 

Les  surveillantes  font  la  navette  en  arrière  des  téléphonistes  et  voient  à  ce 
qu'elles  s'acquittent  bien  de  leur  tâche;  elles  les  aident  aussi  au  besoin.  Les  télé- 
phonistes ont  admis  que  l'assistance  que  leur  prêtaient  les  surveillantes  leur  faci- 
litait beaucoup  leur  besogne.  D'un  autre  côté,  l'on  a  prétendu  que  la  présence 
de  ces  monitrices  énervait  les  employées,  surtout  lorsqu'elles  n'étaient  pas  sym- 
pathiques aux  téléphonistes.  Par  exemple,  une  des  surveillantes  a  déclaré  qu'elle 
considérait  de  son  devoir  de  dire  constamment  aux  filles:  "Dépêchez-vous;  dépê- 
chez-vous", afin  qu'elles  donnassent  toute  l'attention  voulue  à  leur  travail. 

L'on  explique  que  la  lueur  d'une  petite  lampe  donne  à  la  téléphoniste  le  signal 
d'un  appel,  que  plusieurs  lampes  s'allumant  simultanément  indiquent  que  plusieurs 
appels  ont  été  faits  de  différents  points  au  même  moment,  et  que  si  un  abonné  ne  re- 
çoit pas  une  prompte  réponse  et  s'impatiente  et  manifeste  son  impatience  en  faisant 
jouer  le  crochet  de  son  récepteur,  comme  cela  se  fait  ordinairement,  il  se  produit  une 
lueur  et  une  éclipse  alternativement,  la  lampe  s'éteignant  chaque  fois  que  le  crochet 
est  abaissé  et  se  rallumant  chaque  fois  qu'il  remonte.  De  plus,  un  bruit  sec,  saccadé, 
pénètre  dans  l'oreille  de  la  téléphoniste  chaque  fois  que  le  crochet  du  récepteur  est 
mis  en  mouvement. 


128  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Voici  ce  que  disent  les  commissaires  à  ce  sujet: 

Quelquos-uues  des  téléphonistes  ont  prétendu  que  la  lueur  de  ces  lampes 
faisait  du  tort  à  leur  vue,  et  que  le  bruit  saccadé  qui  se  produisait  lorsqu'on' fai- 
sait jouer  le  crochet  du  récepteur  affectait  leur  ouïe,  mais  surtout  que  l'impa- 
tience des  abonnés  qui  se  manifestait  par  la  lueur  intermittente  de  la  lampe 
lorsque  les  appels  arrivaient  avec  trop  de  rapidité  pour  qu'on  pût  y  répondre  sur- 
le-champ  produisait  une  excitation  nerveuse  chez  elles,  principalement  chez  celles 
qui  avaient  à  cœur  de  bien  remplir  leurs  devoirs.  Le  bruit  sec  qui  frappait 
l'oreille  lorsqu'on  faisait  claquer  l'instrument,  ce  qui  arrivait  quelquefois  lorsque 
les  communications  n'étaient  pas  établies  promptement  ou  lorsqu'une  télépho- 
niste se  trompait  de  numéro,  aggravait  encore  la  chose. 

Une  autre  cause  d'énervement,  congénère  jusqu'à  un  certain  point,  quoique 
peut-être  plus  grave  pour  une  nature  sensitive,  se  rencontre  dans  les  paroles 
dures,  les  injures  même  qu'adressent  quelquefois  aux  téléphonistes  les  abonnés 
qui  perdent  patience  lorsqu'on  tarde  quelque  peu  à  leur  répondre. 

Les  téléphonistes  sont,  de  plus,  exposées  à  subir  des  chocs.  Il  ressort  des 
témoignages  rendus  devant  la  commission  que  les  accidents  de  ce  genre  sont 
rares  sur  les  lignes  locales,  mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai  que  la  possibilité  de 
pareils  accidents  doit  être  presque  constamment  présente  dans  l'esprit  de  chaque 
téléphoniste,  et  ce  qui  a  été  dit  quant  aux  chocs  que  reçoivent  les  téléphonistes 
préposées  aux  lignes  de  téléphones  à  grande  distance  donne  une  idée  des  risques 
inévitables  que  courent  les  jeunes  filles  engagées  dans  cette  occupation. 

TENSION   À  LAQUELLE    SONT   SOUMIS   LES   SENS. 

Après  avoir  cité  différents  passages  des  dépositions  portant  sur  ces  points,  les 
commissaires  parlent  de  la  tension  à  laquelle  sont  soumis  certains  sens  chez  les  télé- 
phonistes, et  voici  les  observations  qu'ils  font  à  ce  sujet: 

Le  fait  que  différents  sens  sont  tous  mis  en  activité  en  même  temps  est  ce 
qui  distingue,  peut-être  plus  que  toute  autre  chose,  le  métier  de  téléphoniste  de 
tout  autre  métier  exercé  par  des  femmes.  Dans  la  plupart  des  emplois  qu'occu- 
pent les  femmes,  c'est  principalement  l'énergie  physique  qui  est  dépensée  dans  le 
travail  que  l'on  fait,  comme,  par  exemple,  dans  le  cas  des  filles  employées  dans  les 
manufactures  ou  dans  les  magasins.  Dans  aucune  autre  occupation  les  sens  de 
l'ouïe,  de  la  parole  et  de  la  vue  ne  paraissent  être  mis  en  jeu  simultanément  au 
même  degré  et  être  aussi  constamment  en  éveil.  Même  dans  la  télégraphie  et 
la  dactylographie,  dont  ont  parlé  quelques-uns  des  témoins  qui  ont  été  entendus 
devant  la  commission,  il  y  a  une  différence.  La  sténographe  est  obligée  de  se 
servir  des  sens  de  l'ouïe  et  de  la  vue,  mais  non  pas  de  celui  de  la  parole.  Dans  la 
dactylographie,  le  sens  de  la  vue  est  seul  mis  en  jeu.  De  même  dans  la  télégra- 
phie, un  télégraphiste,  en  transmettant  un  mesage,  n'a  pas  à  parler  ni  écouter 
et,  en  recevant  une  dépêche,  il  n'a  pas  besoin  de  se  servir  de  son  organe  vocal. 
Au  contraire,  dans  la  téléphonie,  il  y  a  tension  simultanée  de  différents  sens,  et 
c'est  ce  trait  caractéristique,  résultant  de  la  combinaison  d'une  force  nouvelle 
avec  une  série  de  nouvelles  inventions,  qui  distingue  l'emploi  exercé  par  une  télé- 
phoniste des  autres  occupations  avec  lesquelles  il  pourrait  autrement  être  com- 
paré, et  dont  il  faut  tenir  compte  lorsqu'il  s'agit  d'examiner  la  question  des 
heures  de  travail  et  de  déterminer  si  le  travail  que  comporte  cet  emploi  convient 
à  des  femmes.  Dans  les  autres  métiers  exercés  par  des  femmes,  la  tension  porte 
principalement  sur  le  système  physique,  tandis  que  dans  le  travail  qu'ont  à  faire 
les  téléphonistes  ce  n'est  pas  tant  le  système  physique  que  le  système  nerveux  et 
mental  qui  s'épuise.  „ 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  129 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

TEMOIGNAGES   RENDUS   PAR   LES    MEDECINS. 

Le  chapitre  VI  contient  un  résumé  des  témoignages  rendus  par  26  médecins,  dont 
6  ont  été  assignés  à  la  demande  des  parties  intéressées  et  les  autres  à  la  demande 
des  commissaires.  Ces  médecins  appartenaient  à  la  faculté  de  médecine  de  l'univer- 
sité de  Toronto  et  étaient  sans  exception,  comme  le  disent  les  commissaires,  du  nom- 
bre des  membries  les  plus  marquants  de  la  profession  pratiquant  à  Toronto.  Voici 
les  noms  des  médecins  qui  ont  été  entendus  devant  la  commission: — Dr  Murray  Mac- 
Farlane,  Dr  William  Britton,  Dr  Alexander  Davidson,  Dr  Charles  Sheard,  Dr  Wil- 
liam Oldright,  Dr  Walter  McKeown,  Dr  James  Forfar,  Dr  James  Anderson,  Dr 
William  H.  Alexander,  Dr  Gideon  Silverthorn,  Dr  Richard  A.  Reeve,  Dr  John  F. 
Uren,  Dr  G.  Herbert  Burnham,  Dr  Charles  Trow,  Dr  William  B.  Thistle,  Dr  William 
P.  Caven,  Dr  Charles  R.  Clark,  Dr  J.  M.  McCallum,  Dr  Jamfes  M.  Foster,  Dr  Robert 
Dwyer,  Dr  John  Noble,  Dr.  Alexander  McPhedran,  Dr  Alexander  Primrose,  Dr  A.  R. 
Pyne,  Dr  Alton  Garratt,  Dr  Campbell  Meyers. 

Afin  qu'une  étude  approfondie  des  matières  sur  lesquelles  l'on  désirait  spéciale- 
ment avoir  une  opinion  pût  être  préalablement  faite,  un  mémoire  où  l'on  demandait 
à  être  éclairé  sur  les  points  suivants  fut  ternis  à  chaque  témoin  avant  son  interroga- 
toire : 

L'effet— 

(a)  Sous  le  système  de  5  heures  de  travail — haute  tension. 

(b)  Sous  le  système  de  5  heures  <3e  travail — basse  tension. 

(c)  Sous  le  système  de  8  heures  de  travail — haute  tension. 

(d)  Sous  le  système  de  8  heures  ée  travail — basse  tention. 

Sur — 

1.  Le  nerf   optique — par  les   lampes — en   cherchant   les   lignes   à   mettre   en 

communication. 

2.  Le  nerf  auditif — par  suite  des  appels»,  du  bourdonnement,  des  chocs,  etc. 

3.  Les  organes  vocaux — en  répétant  continuellement  des  numéros. 

4.  Le  système  physique — long  espace  de  temps  pendant  lequel  l'on  restie  as- 

sis, coiffure,  corsage,  extension  des  bras,  etc. 

5.  Système    nerveux — par    suite   des    causes    ci-dessus    agissant    ensemble    et 

continuellement. 

Si  l'effet  que  tout  cela  produisait  était  accentué  par  la  présence  de  monitrices,  de 
surveillants,  etc.,  et  par  les  plaintes  faites  par  les  abonnés,  etc. 

Les  médecins  qui  ont  rendu  témoignage  se  sont  presque  tous  accordés  à  dire  que 
les  téléphonistes  étaient  soumises  à  une  forte  tension  nerveuse  pendant  tout  le  temps 
qu'elles  travaillaient,  que,  étant  donné  que  les  téléphonistes  étaient  généralement  des 
jeunes  filles  âgées  de  17,  18  ou  19  ans,  cette  tension  des  nerfs  tendait  à  produire  de 
mauvais  effets  chez  elles,  et  qu'après  quelques  années  consacrées  au  service  de  la  com- 
pagnie, lorsque  ces  jeunies  filles  se  mariaient  ou  quittaient  le  service  de  la  compagnie 
pour  une  raison  ou  pour  une  autre,  "elles  n'étaient  pas  aptes  à  remplir  les  devoirs  de 
leur  état.  Elles  devenaient  nerveuses,  et  avaient  des  enfants  nerveux,  au  grand  dés- 
avantage de  la  société  ".  L'on  a  exprimé  l'opinion  que  la  nature  du  travail 
qu'elle  était  appelée  à  faire  rendait  une  téléphoniste  impropre  à  devenir  une  épouse 
et  une  mère,  et  que  le  travail  qui  était  fait  dans  de  pareilles  conditions  préparait  la 
voie  à  l'aliénation  mentale,  à  l'épilepsie  et  aux  maladies  nerveuses.     Plusieurs  méde- 

36—9 


130  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
cins  ont  dit  qu'il  était  du  devoir  de  l'Etat  d'étudier  toute  la  question  et  d'établir  des 
règlements  tendant  à  protéger  les  téléphonistes. 

EFFET  DU  CHANGEMENT  OU  DE  LA  REVISION  DU   SYSTEME. 

Dans  le  chapitre  VII,  les  commissaires  examinent  te  système  d'heures  de  travail 
que  la  compagnie  voulait  imposer  et  qui  devait  prendre  effet  le  1er  février,  ainsi  que 
le  système  tel  que  révisé  devant  la  commission,  et  pariant  de  l'attitude  qu'à  prise  la 
compagnie  à  cet  égard. 

CONCLUSIONS  AUXQUELLES  LES  COMMISSAIRES  EN  SONT  ARRIVES  ET  LEURS  RECOMMANDATIONS. 

Dans  le  8me  et  dernier  chapitre  du  rapport  sont  énoncées  les  conclusions  aux- 
quelles les  commissaires  en  sont  arrivés  et  les  recommandations  qu'ils  ont  cru  devoir 
faire. 

Nous  avons,  disent  les  commissaires,  exprimé  dans  le  présent  rapport  des 
opinions  sur  la  plupart  des  questions  qui  ont  été  soulevées  au  cours  de  l'enquête; 
il  ne  nous  reste  qu'à  faire  connaître  les  conclusions  auxquelles  nous  en  sommes 
arrivés  et  de  faire  les  recommandations  qui  semblent  s'imposer  dans  les  circons- 
tances. 

Le  changement  dans  l'échelle  des  salaires  et  dans  le  système  des  heures^  de 
travail  que  la  Compagnie  de  Téléphone  Bell  voulut  effectuer  à  Toronto  le  1er 
février  (changement  auquel  les  téléphonistes  s'opposèrent  et  qui  donna  lieu  à 
une  grève)  a  été  fait,  croyons-nous,  dans  des  conditions  qui,  au  sus  de  la  com- 
pagnie elle-même,  étaient  défavorables  et  de  nature  à  provoquer  un  'conflit. 
C'était  substituer  à  un  régime  que  l'on  savait  être  oppressif  et  condamnable  au 
point  de  vue  hygiénique  un  régime  qui,  de  l'aveu  même,  '  du  gérant  de  la  com- 
pagnie, était  une  alternative  "dans  un  choix  de  divers  maux".  Si  le  nouveau 
système  avait  été  subséquemment  appliqué  de  la  manière  que  l'on  paraît  avoir 
eu  tout  d'abord  dans  l'idée,  il  aurait  été  d'après  nous,  aussi  oppressif  et  aussi 
préjudiciable  à  la  santé  des  téléphonistes  que  l'ancien  système,  tandis  que,  au 
point  de  vue  financier,  il  s'en  serait  suivi  pour  les  téléphonistes  une  diminution 
de  gains.  Le  changement  a  été  fait,  croyons-nous,  pour  des  motifs  d'économie 
et  afin  d'améliorer  le  service,  mais  sans  égard  pour  la  santé  et  le  bien-être  des 
employées.  La  compagnie  avait  constaté  que  son  service  était  défectueux;  or, 
cela  était  dû,  d'après  ses  fonctionnaires  et  ses  experts,  au  surmenage  auquel  ses 
employées  étaient  assujetties  et  à  la  modicité  'des  salaires  payés, — le  travail  im- 
posé étant,  au  dire  du  gérant  local,  "  extrêmement  intensif  ",  et  la  rémunération 
accordée  n'étant  pas  suffisante  pour  permettre  aux  téléphonistes  "  de  gagner  assez 
pour  payer  leur  pension  et  pour  se  vêtir".  Une  augmentation  des  salaires  s'im- 
posait, car  sans  cela  l'on  n'aurait  pu  trouver  de  téléphonistes,  et  sans  télépho- 
nistes le  service  ne  pouvait  se  faire. 

Pour  compenser  le  surcroît  de  dépenses  occasionné  par  l'augmentation  des 
salaires,  l'on  forçait  les  téléphonistes  de  travailler  plus  longtemps  chaque  jour — 
la  proportion  d'augmentation  dans  le  nombre  des  heures  de  travail  excédant  de 
beaucoup  la  proportion  d'augmentation  dans  le  taux  des  salaires.  La  compagnie 
essaya  d'effectuer  le  changement  sur  le  plus  court  avis  possible,  et  il  y  a  tout 
lieu  de  croire  qu'elle  voulait  profiter  de  la  pénurie  de  ses  employées  pour  faire 
accepter  le  nouveau  régime;  étant  donné  que  plusieurs  des  téléphonistes  devaient 
nécessairement  travailler  pour  vivre,  une  menace  de  destitution,  a-t-on  supposé, 
suffirait  pour  empêcher  toute  résistance  générale  ou  prolongée.  Vu  l'attitude 
prise  par  la  compagnie  envers  ses  employées,  qui  croyaient  savoir  où  l'on  voulait 
en  venir,  et  vu  les  efforts  faits  pour  régler  le  différend,  une  grève  était  inévitable 
dans  les  circonstances;  et  il  n'y  a  pas  de  doute  que  la  compagnie  précipita  la 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  131 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

grève  en  forçant  les  téléphonistes  de  s'engager  par  écrit  à  accepter  le  nouveau 
régime  sous  peine  de  destitution. 

Comme  les  téléphonistes  connaissaient  parfaitement  les  conditions  qui  exis- 
taient antérieurement  au  changement  qui  fut  effectué  et  qu'elles  avaient  lieu 
de  croire  qu'on  leur  imposerait  un  travail  encore  plus  ardu  sous  le  système  de  8 
heures,  elles  étaient,  d'après  nous,  tout  à  fait  justifiables  de  se  plaindre  de  la 
chose  au  département  du  Travail,  par  l'entremise  du  maire  de  Toronto,  et  de  faire 
qu'il  leur  serait  physiquement  impossible  de  résister  au  surmenage  auquel  on 
voulait  les  assujettir.  A  ce  sujet,  il  nous  suffira  de  dire  que  la  compagnie  a  ad- 
mis devant  la  commission  que  les  téléphonistes  n'avaient  pas  été  suffisamment 
renseignées  quant  à  ses  intentions  lors  du  changement  qui  fut  fait,  et  qu'elles 
avaient  le  droit  de  protester  dans  les  circonstances.  De  plus,  il  est  à  remarquer 
que  le  tableau  qui  fut  produit  devant  la  commisison  le  13  février,  tout  favorable 
qu'il  fût  comparé  aux  prévisions  des  téléphonistes,  a  été  de  nouveau  modifié  à  la 
suite  des  témoignages  rendus  par  les  médecins — la  période  de  temps  à  consacrer 
au  travail  ayant  été  raccourcie  de  20  minutes  et  la  durée  des  relâches  prolongée 
d'autant. 

Dans  ce  tableau  le  temps  à  consacrer  au  travail  sous  le  système  de  8  heures 
était  fixé  à  7  heures  et  20  minutes,  et  il  était  pourvu  à  des  relâches,  dans  la  ma- 
tinée et  l'après-midi,  de  20  minutes  chacune,  ce  qui  était  bien  différent  d'un  sys- 
tème de  8  heures,  basé  sur  deux  tâches  consécutives  de  4  heures  chacune,  sans 
relâches,  comme  l'ont  compris  tout  d'abord  les  téléphonistes.  Il  y  a  contradic- 
tion dans  les  témoignages  quant  à  la  manière  dont  la  compagnie  se  proposait 
d'appliquer  le  système  de  8  heures  qu'elle  voulait  établir;  comme  ce  point  n'a 
plus  d'importance,  il  nous  suffira  de  dire  que,  à  notre  avis,  les  téléphonistes  avaient 
des  motifs  raisonnables  pour  supposer  que  leur  sort  ne  serait  nullement  amélioré 
sous  le  nouveau  régime. 

SURMENAGE  AUQUEL  SONT  ASSUJETTIES  LES  TÉLÉPHONISTE. 

Il  faut  tout  d'abord  remarquer  que  la  plupart  des  personnes  employées 
comme  téléphonistes  sont  des  jeunes  filles  âgées  de  17  à  23  ans,  que  les  per- 
sonnes de  ces  âges  sont  préférées  aux  autres  à  cause  de  la  plus  grande  facilité 
avec  laquelle  elles  apprennent  le  métier  et  acquièrent  de  la  dextérité,  que  c'est 
à  ces  âges-là  que  le  système  nerveux  et  le  système  physique  d'une  femme  sont  le 
plus  sensibles  au  surmenage  et  le  plus  susceptibles  d'être  ébranlés,  et  qu'une  dé- 
bilitation  des  facultés  à  cette  époque  de  la  vie  peut  avoir  des  conséquences  plus 
graves  que  si  elle  se  produisait  à  un  âge  plus  avancé.  De  plus,  l'effet  qu'exerce 
sur  la  postérité  la  ruine  ou  l'affaiblissement  de  la  constitution  chez  une  femme 
est  un  autre  point  très  important  à  considérer. 

Le  travail  que  font  les  téléphonistes  ne  paraît  pas  être  de  nature  à  rendre 
une  femme  propre  à  exercer  un  autre  métier;  or,  la  moyenne  du  temps  consacré 
par  une  téléphoniste  au  service  de  la  compagnie  varie  de  2  à  3  ans,  et  les  jeunes 
filles  sont  généralement  engagées  au  moment  où  elles  sont  le  plus  aptes  à  appren- 
dre avec  avantage  le  métier  qui  doit  les  mettre  en  mesure  de  gagner  leur  vie. 

En  deuxième  lieu,  la  tâche  qu'a  à  remplir,  chaque  jour,  une  téléphoniste  oc- 
casionne une  forte  tension  sur  le  système  nerveux.  Quelques-uns  des  médecins 
ont  prétendu  que  ce  n'était  pas  un  emploi  qui  convenait  à  une  femme,  même 
lorsqu'il  n'y  avait  pas  de  surmenage.  Les  facultés  sont  constamment  tenues  en 
alerte.  Plusieurs  sens  sont  soumis  à  une  haute  tension,  et  le  système  mental  est 
plus  ou  moins  affecté.  La  tension  est  en  proportion  de  l'énergie  neuveuse,  et  le 
degré  d'épuisement  de  l'énergie  nerveuse  dépend  de  la  durée  et  de  l'intensité  du 
travail  qui  est  fait.  Le  métier  de  téléphoniste  diffère  en  cela  de  la  plupart  des 
autres  emplois  exercés  par  des  femmes,  où  la  tension  porte  principalement  sur  le 

36— 9* 


132  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

système  physique.  Par  conséquent,  les  comparaisons  avec  les  autres  occupations 
sont  de  nature  à  induire  en  erreur. 

Les  sens  de  la  vue,  de  l'ouïe  et  de  la  parole  sont  constamment  et  simultané- 
ment mis  en  jeu;  lorsqu'il  ne  sont  pas  mis  en  activité  ils  ne  se  reposent  pas, 
puisqu'ils  sont  nécessairement  sur  l'alerte.  La  tension  physique,  sauf  l'obligation 
de  se  tenir  continuellement  dans  la  même  position  pendant  une  longue  période  de 
temps,  et  d'étendre  les  bras  lorsque  les  tableaux  de  distribution  sont  de  grande 
dimension  ou  qu'il  faut  aider  ses  voisines,  n'est  pas  considérable,  et  jusqu'à  un 
certain  point,  aide  à  atténuer  l'effet  de  la  tension  nerveuse;  mais  là  encore  il  ne 
faut  pas  dépasser  certaines  bornes.  Le  danger  d'être  foudroyé  par  des  chocs,  les 
paroles  dures  et  injurieuses  prononcées  par  les  abonnés,  l'irritation  causée  par 
la  lueur  intermittente  des  lampes  décelant  l'impatience  des  abonnés,  les  bruits 
secs  et  saccadés  qui  frappent  l'oreille  lorsqu'on  fait  jouer  le  crochet  du  récepteur, 
la  difficulté  d'établir  les  communications  lorsque  plusieurs  appels  arrivent  à  la 
fois,  tout  cela  tend  à  énerver  une  téléphoniste,  et  ce  sont  là  des  facteurs  plus  ou 
moins  absents  des  autres  occupations  dans  lesquelles  des  femmes  sont  engagées. 

En  troisième  lieu,  la  manière  dont  le  service  se  fait  dans  les  localités  où  il 
y  a  un  grand  nombre  d'abonnés  accentue  encore  la  tension  des  nerfs,  qui,  dans 
presque  tous  les  cas,  est  considérable."  Les  frais  d'exploitation,  le  service  à  four- 
nir et  la  facilité  de  se  procurer  des  téléphonistes"  sont,  croyons-nous,  les  princi- 
paux sinon  les  seuls  facteurs  qui  entrent  en  ligne  de  compte.  Le  facteur  en  der- 
nier lieu  mentionné — la  facilité  de  se  procurer  des  téléphonistes — se  réduit  à  une 
question  de  salaires,  car  peu  de  femmes  connaissent,  avant  d'avoir  été  quelque 
temps  au  service  d'une  compagnie  de  téléphone,  la  vraie  nature  de  la  tâche  à 
remplir.  Les  heures  de  travail  sont  aussi  un  facteur,  mais  elles  sont  en  rapport 
avec  les  salaires  payés  et  n'ont  qu'une  importance  secondaire.  Le  chiffre  des  sa- 
laires étant  déterminé  par  les  taux  courants,  les  frais  d'exploitation  et  le  service 
à  fournir  règlent  les  conditions  dans  lesquelles  les  téléphonistes  sont  obligées  de 
travailler,  et  cela  amène  l'adoption  de  méthodes  par  lesquelles  un  maximum  de 
travail  puisse  être  obtenu  à  un  minimum  de  dépenses.  Ici  entrent  tous  les  élé- 
ments tendant  à  l'économie  et  qui  créent  un  surmenage,  tels  que  double  travail, 
travail  supplémentaire,  services  non  rémunérés,  travail  par  équipes,  haute  ten- 
sion, etc.,  éléments  dont  nous  avons  parlé  au  long  dans  le  présent  rapport;  tout 
cela  est,  il  est  vrai,  circonscrit  dans  certaines  bornes,  mais  il  y  a  à  peine  un  point 
où  la  santé  et  le  bien-être  des  téléphonistes  ne  viennent  pas  en  conflit  direct  avec 
le  motif  de  gain  qui  est  plus  ou  moins  inhérent  à  toute  entreprise  commerciale. 

Il  appert  par  les  témoignages  rendus  devant  la  commission  que  non  seule- 
ment la  Compagnie  de  Téléphone  Bell  ne  s'est  guère  préoccupée  du  bien-être  de 
ses  téléphonistes,  à  Toronto,  mais  que  de  plus  elle  a  délibérément  permis  qu'elles 
continuassent  à  travailler  dans  des  conditions  absolument  préjudiciables  à  leur 
santé.  Nous  croyons  que  lorsqu'il  s'agit  de  choisir  entre  les  intérêts  pécuniaires 
d'une  grande  corporation  et  la  santé  de  jeunes  filles,  la  cupidité  devrait  céder  le 
pas  aux  sentiments  humanitaires.  Les  témoignages  qui  ont  été  rendus  devant 
nous  et  les  faits  qui  nous  ont  été  exposés  tendent  à  démontrer  que  c'est  là  une 
question  dont  la  solution  ne  saurait  être  prudemment  laissée  à  la  discrétion  de* 
parties  intéressées  et  qu'il  faudrait  que  le  Parlement  intervînt. 

A  cause,  peut-être,  de  l'introduction  relativement  récente  des  procédés  indus- 
triels comme  ceux  employés  dans  la  téléphonie,  où  la  force  motrice  est  l'électri- 
cité et  où  tous  les  intruments  et  appareils  qui  ont  été  inventés  étaient  de  nature 
à  accentuer  la  tension  du  système  nerveux  en  augmentant  la  rapidité  des  opéra- 
tions, l'on  n'a  donné  jusqu'ici  que  peu  d'attention  aux  effets  pernicieux  qui  pour- 
raient résulter  de  ces  innovations  sur  la  constitution  des  employées  et  sur  leur 
progéniture.  Le  problème,  considéré  à  ce  point  de  vue,  est  plutôt  médical  qu'é- 
conomique, et  par  conséquent  c'est  à  des  médecins  experts  qu'il  faudrait  deman- 
der de  donner  leur  opinion  sur  ce  point. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  133 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

NOMINATION    D'UNE    COMMISSION    DE    MEDECINS    RECOMMANDEE. 

Comme  le  nombre  des  jeunes  filles  au  service  des  compagnies  de  téléphone 
est  déjà  considérable  et  va  en  augmentant  tous  les  ans,  et  comme  c'est  le  système 
nerveux  plutôt  que  le  système  physique  qui  demande  une  attention  spéciale,  nous 
croyons  que  les  intérêts  en  jeu  sont  assez  graves  pour  justifier  la  nomination 
d'une  commission  de  médecins  experts,  qui  serait  chargée  d'examiner  plus  parti- 
culièrement ce  côté-là  de  la  question,  et  nous  recommnadons  qu'une  commission 
de  ce  genre  soit  immédiatement  instituée  et  qu'une  loi,  basée  sur  les  conclusions 
auxquelles  l'on  en  arrivera,  soit  adoptée  par  le  Parlement. 

Tout  en  étant  d'opinion  que  la  question  des  restrictions  à  imposer  quant  aux 
femmes  occupant  des  emplois  de  cette  nature  devrait  être  l'objet  d'une  enquête 
minutieuse  de  la  part  de  médecins  experts,  nous  croyons  que  les  témoignages 
qui  ont  été  rendus  devant  nous  montrent  clairement  qu'il  est  nécessaire  de  modi- 
fier, sur  certains  points,  les  conditions  dans  lesquelles  ces  emplois  sont  exercés 
actuellement,  et  qu'ils  sont  amplement  suffisants  pour  justifier  les  recommanda- 
tions que  nous  allons  faire. 

Le  gérant  local  de  la  compagnie  a  dit  que  "  c'est  le  surmenage  qui  tue  ",  et 
que  le  fait  d'imposer  à  des  jeunes  filles  un  travail  au-dessus  de  leurs  forces  de- 
vrait être  un  crime  aux  yeux  de  la  loi  comme  c'est  un  crime  contre  la  nature 
elle-même.  Nous  sommes  entièrement  de  son  avis.  D'un  autre  côté,  il  est  diffi- 
cile de  voir  comment  l'Etat  pourrait  effectivement  réglementer  la  chose.  Heu- 
reusement, le  problème  peut  être  résolu,  au  moins  en  partie,  d'une  autre  manière. 
L'efficacité  du  service  est  une  chose  qu'une  compagnie,  dans  son  propre  intérêt, 
est  obligée  de  sauvegarder;  or,  il  a  été  constaté  que  le  surmenage  des  employées 
a  pour  résultat  de  rendre  le  service  défectueux.  Même  d'après  la  manière  de 
voir  de  la  compagnie,  c'est  essentiellement  (pour  nous  servir  des  termes  d'un  de 
ses  experts)  "  une  question  de  service  plutôt  qu'une  question  de  travail  ".  "  Je 
me  suis  souvent  demandé  ",  écrivait  M.  Hamond  V.  Hayes,  l'ingénieur  en  chef 
de  la  Compagnie  de  Téléphone  et  de  Télégraphe  Américaine,  à  Boston,  qui  fit  un 
rapport  à  ce  sujet  à  la  demande  de  la  Compagnie  de  Téléphone  Bell,  "  Je  me  suis 
souvent  demandé  si  une  téléphoniste,  sous  un  régime  de  5  heures  de  travail  par 
jour,  a  plus  d'endurance  que  si  elle  travaille  pendant  8  heures  et  donne 
un  service  absolument  équivalent.  Il  y  a  un  point  important  à  consi- 
dérer à  ce  sujet,  et  c'est  que  le  travail  doit  être  réglé  de  façon  à  laisser  un  peu 
de  loisirs  dans  chaque  heure,  afin  que,  aux  moments  où  les  appels  se  multiplie- 
ront, l'on  puisse  y  répondre  d'une  manière  satisfaisante." 

Sous  le  système  de  5  heures,  tel  qu'appliqué  par  la  compagnie,  l'on  paraît 
s'être  appliqué  à  déterminer  "  le  point  de  rupture  "  et  à  imposer  à  chaque  télé- 
phoniste un  travail  qui  s'en  approchât  le  plus  possible.  L'expérience,  cependant, 
a  démontré  que  ce  qui  était  "le  point  de  rupture"  pour  la  téléphoniste  était  aussi 
le  "  point  de  rupture  "  pour  le  service,  et  l'on  décida  par  conséquent  de  faire  un 
changement.  Parce  que,  comme  le  dit  M.  Hommond  V.  Hayes,  "le  travail  doit  être 
réglé  de  façon  à  laisser  un  peu  de  loisirs  dans  chaque  heure,  afin  que,  aux  moments 
où  les  appels  se  multiplient,  l'on  puisse  y  répondre  d'une  manière  satisfaisante". 
Or,  il  peut  arriver  que  les  loisirs  jugés  suffisants  pour  permettre  de  faire  face 
aux  exigences  du  service  soient  aussi  suffisants  pour  protéger  la  santé  des  em- 
ployées; d'un  autre  côté,  il  peut  se  faire  que  ces  loisirs  soient,  pour  des  motifs 
d'économie,  circonscrits  dans  des  limites  aussi  étroites  que  possible.  A  moins, 
donc,  que  le  nombre  des  communications  à  établir  en  un  espace  de  temps  donné, 
ne  soit  arbitrairement  fixé  (nous  ne  savons  trop  comment  on  pourrait  le  faire), 
il  faudrait  limiter  la  période  de  temps  pendant  laquelle  une  téléphoniste  pour- 
rait travailler  sans  interruption  et  fixer  la  somme  totale  de  travail  qu'il  lui  serait 
permis  d'accomplir  en  une  journée  ou  une  semaine;  en  d'autres  termes,  il  fau- 


184  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

cirait  pourvoir  à  des  intermissions  et  à  des  relâches  et  limiter  le  nombre  total  des 
heures  d'ouvrage. 

Le  fait  de  travailler  sans  répit  pendant  une  période  de  temps  tant  soit  peu 
longue  est,  croyons-nous,  préjudiciable  à  la  santé  de  la  téléphoniste.  Il  est  pré- 
férable, à  notre  avis,  de  couper  le  travail  avec  des  intermissions  et  des  relâches 
plutôt  que  de  le  faire  tout  d'une  haleine.  Nous  ne  pouvons  que  condamner  très 
fortement  le  système  de  5  heures  tel  qu'on  le  mettait  en  pratique,  système  sous 
lequel  l'on  travaillait  pendant  5  heures  consécutives  sans  prendre  aucun  repos. 
Il  a  été  clairement  démontré  que  5  heures  de  travail  ininterrompu  causaient  un 
surmenage  qui  était  tout  à  fait  préjudiciable  à  la  santé  des  téléphonistes. 

La  longueur  des  périodes  de  travail  et  de  relâche  devrait  être  basée  sur  le 
nombre  total  des  heures  d'ouvrage  fixé  pour  la  journée.  La  majorité  des_méde- 
cins  ont  exprimé  l'opinion  qu'une  journée  de  travail  de  5  heures,  divisée  en  deux 
périodes  de  2£  heures  chacune,  avec  une  intermission  d'au  moins  une  heure  pour 
le  dîner,  était  préférable  à  tout  autre  régime.  Les  périodes  de  2£  heures  ont  été 
concédées  dans  ce  cas-ci  à  cause  de  la  longueur  considérable  de  la  partie  de  la 
journée  où  l'on  avait  peu  à  faire  et  de  la  meilleure  occasion  qui  s'oiïrait  ainsi  de 
réparer  ses  forces.  Lorsqu'il  n'y  a  pas  de  ralentissement  dans  le  service,  il  de- 
vrait y  avoir,  croyons-nous,  une  relâche  de  durée  suffisante  au  moins  après  chaque 
période  de  2  heures  d'ouvrage,  et  nous  sommes  d'avis  qu'une  téléphoniste  ne  de- 
vrait pas  être  tenue  de  travailler  plus  de  1£  à  1|  heures  sans  interruption  lors- 
qu'une somme  de  travail  tant  soit  peu  considérable  doit  être  accomplie  au  cours 
d'une  journée. 

LONGUEUR  DE  LA  JOURNÉE  DE  TRAVAIL. 

La  durée  des  relâches  devrait  être  basée  sur  la  somme  de  travail  précédant 
et  suivant  la  période  de  repos.  Les  médecins  qui  ont  été  entendus  devant  la 
commission  se  sont  accordés  à  dire  que  plus  les  répits  sont  longs  le  mieux  c'est, 
et  que  des  relâches  de  moins  de  15  ou  20  minutes  seraient  insuffisantes. 

D'après  l'arrangement  fait  devant  la  commission,  le  nombre  total  des  heures 
de  travail  a  été  fixé  à  7,  réparties  sur  une  période  de  9  heures,  divisée  comme 
suit  :  2  heures  de  travail,  £  heure  de  relâche,  1^  heure  de  travail,  1  heure  de  relâ- 
che, 2  heures  de  travail,  £  heure  de  relâche  et  1£  heure  de  travail.  Les  relâches 
auxquelles  pourvoit  cet  arrangement  sont,  croyons-nous,  suffisantes.  D'un  autre 
côté,  la  longueur  totale  de  la  journée  de  travail  est,  tout  considéré,  encore  trop 
longue,  à  notre  avis.  D'après  nous,  une  journée  de  6  heures  de  travail,  distri- 
buées sur  un/3  période  de  8  à  8|  heures,  est  bien  assez  longue  pour  une  télépho- 
niste. Nous  croyons  que  les  médecins  seraient  en  faveur  d'une  journée  encore 
plus  courte,  et  il  n'y  a  pas  de  doute  qu'ils  seraient  unanimes  à  dire  qu'une  télé- 
phoniste ne  pourrait  travailler  plus  longtemps  que  cela  sans  compromettre  sa 
santé.  Si  ce  système  était  adopté,  les  périodes  de  travail  ne  devraient  pas  excé- 
der le  heure  à  la  fois,  et  dans  ce  cas  la  durée  des  r.elâches  pourrait  être  fixée  à 
20  minutes,  et  l'intermission,  pour  celles  qui  le  désiraient,  pourrait  être  de  2  heures 
ou  1$  heure  au  lieu  d'une  heure.  Cela  permettrait  aux  téléphonistes  qui  demeurent 
loin  d'aller  prendre  leurs  repas  chez  elles  au  lieu  de  les  apporter  avec  elles 
ou  d'aller  manger  au  restaurant.  Cela  ôterait  de  plus  aux  téléphonistes  la 
tentation  (lorsqu'il  n'y  a  pas  de  cours  ou  de  salles  de  récréation)  de  consacrer 
leurs  loisirs  à  magasiner  ou  à  se  promener  sur  la  rue,  tandis  qu'avec  la  durée  du 
travail  raccourcie,  les  relâches  plus  courtes  suffiraient  amplement,  pour  se  repo- 
ser. La  journée  de  travail  excéderait  ainsi  de  1  heure  celle  d'une  institutrice,  et 
l'on  travaillerait  6  jours  au  lieu  de  5  chaque  semaine.  La  tension  nerveuse 
est  plus  forte,  croyons-nous,  dans  la  téléphonie  que  dans  l'enseignement,  et  il  est 
à  peu  près  généralement  admis  que  les  heures  de  travail  des  institutrices  sont  bien 
assez  longues  si  l'on  considère  la  tâche  qu'elles  ont  à  remplir.     De  plus,  avec  ce 


RAPPORT  DU  S0US-MI1ST[STRE  135 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

raccourcissement  de  la  journée  de  travail  et  des  relâches  judicieusement  distri- 
buées, nous  sommes  d'avis  qu'il  devrait  y  avoir  en  tout  temps  des  employées  de 
réserve  prêtes  à  relever  les  téléphonistes  qui  auraient  besoin  de  repos  et  à  faire 
face  à  toute  éventualité,  comme  l'ont  fortement  recommandé  presque  tous  les  mé- 
decins. Nous  recommandons  qu'un  système  basé  sur  les  suggestions  que  nous 
venons  de  faire  soit  immédiatement  adopté  par  la  compagnie,  à  Toronto. 
Quelleque  soit  la  longueur  de  la  journée  de  travail,  tout  travail  supplémen- 
taire, croyons-nous,  devrait  être  prohibé,  et  la  coutume  suivie  jusqu'ici  de 
forcer  les  téléphonistes  de  travailler  pendant  une  fraction  d'heure  avant  ou 
après  les  heures  régulières,  avec  ou  (comme  la  chose  se  pratique  à  Toronto)  sans 
rétribution. 

Dans  la  plupart  des  emplois  occupés'  par  des  femmes,  et  où  les  salaires  sont 
payés  au  mois  ou  à  la  semaine,  comme  par  exemple  dans  le  cas  de  la  généralité 
des  filles  employées  dans  les  manufactures,  dans  les  magasins  ou  dans  les  bu- 
reaux comme  sténographes,  l'on  ne  travaille  pas  le  dimanche.  De  plus,  il  est 
d'usage  d'accorder  aux  filles  ou  aux  femmes  exerçant  ces  emplois  un  demi-jour 
de  congé  par  semaine.  La  Compagnie  de  Téléphone  Bell  ne  semble  pas  avoir  suivi 
cette  coutume,  à  Toronto,  et  il  paraîtrait  que  des  téléphonistes  ont  travaillé 
quelquefois  le  dimanche  et  ont  reçu  pour  cela  une  rénumération  additionnelle. 
Nous  sommes  d'avis  qu'il  devrait  être  défendu  de  travailler  7  jours  par  semaine 
et  qu'il  ne  devrait  être  permis,  dans  aucun  cas,  à  une  téléphoniste  qui  a  travaillé 
6  jours,  de  se  remettre  à  l'ouvrage  avant  d'avoir  pris  au  moins  24  heures  de  repos. 
Nous  croyons,  aussi,  qu'un  demi -jour  de  congé  est,  sous  tous  rapports,  aussi  dési- 
rable et  aussi  nécessaire  que  dans  les  autres  occupations. 

C'est  avec  regret  qu'en  examinant  les  pièces  produites  devant  la  commission 
nous  avons  trouvé  un  rapport  d'un  des  fonctionnaires  de  la  compagnie,  recom- 
mandant que  l'on  cessât  d'accorder  aux  employées  15  jours  de  vacances  tous  les 
ans.  Il  nous  a  fait  plaisir  d'aprendre  que  cette  recommandation  n'avait  pas  été 
suivie,  et  que  le  gérant  local  et  le  surintendant  général  s'étaient  fortement  oppo- 
sés à  ce  que  l'on  en  agît  ainsi. 

Nous  croyons  qu'il  devrait  être  défendu  d'engager  une  jeune  fille  comme 
téléphoniste  avant  qu'elle  ait  atteint  l'âge  de  19  ans.  Nous  sommes  aussi  d'avis 
que  toute  femme  ou  jeune  fille  désirant  entrer  au  service  d'une  compagnie  de 
téléphone,  devrait  être  tenue  de  subir  préalablement  un  examen  médical  quant  à 
son  état  de  santé,  particulièrement  quant  à  son  système  nerveux,  à  sa  gorge,  à  ses 
poumons,  à  son  ouïe,  à  sa  vue  et  à  sa  tendance  à  la  tuberculose.  Cela  a  été  forte- 
ment recommandé  par  les  médecins  qui  ont  été  entendus.  Nous  attirerons  enfin 
l'attention  de  la  compagnie  sur  les  points  suivants,  auxquels  quelques-uns  des 
médecins  ont  attaché  beaucoup  d'importance:  réagencement  du  tableau  de  dis- 
tribution de  manière  qu'il  ne  soit  plus  nécessaire  d'étendre  beaucoup  les  bras; 
perfectionnement  des  appareils  d'éclairage  dont  on  se  sert  pour  découvrir  les  nu- 
méros; stérilisation  de  l'embouchure  employée  par  les  téléphonistes  tous  les  jours, 
au  lieu  d'une  fois  les  2  ou  3  mois,  et  mise  à  la  disposition  de  chaque  télépho- 
niste d'une  coiffure  pour  son  usage  exclusif;  remplacement  des  sièges  actuels 
par  d'autres  plus  confortables  et  disposés  de  manière  que  les  téléphonistes  puis- 
sent se  lever  de  temps  à  autre  et  se  tenir  debout;  amélioration  du  système  de  ven- 
tilation dans  la  salle  où  travaillent  les  téléphonistes. 

TÉLÉPHONISTES   ÉCOUTANT  LES   CONVERSATIONS. 

Au  cours  de  l'enquête  a  été  révélé  le  fait  qu'il  y  avait  à  la  station  de  corres- 
pondance principale  une  table  ou  pupitre  où  une  téléphoniste  pouvait,  en  opérant 
un  raccordement  avec  une  ligne  quelconque,  écouter  les  conversations  qui  avaient 
lieu  sur  cette  ligne.  L'on  a  prétendu  que  cette  table  n'était  employée  que  pour 
s'assurer  si  les  téléphones  installés  dans  des  maisons  servaient  à  des  fins  commer- 


136  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ciales,  pour  constater  les  défectuosités  du  service  et  pour  voir  comment  les  télé- 
phonistes répondaient  aux  appels,  si  elles  établissaient  ou  rompaient  les  commu- 
munications  trop  lentement,  si  elles  se  trompaient  de  numéros,  en  un  mot,  enfin, 
pour  constater  comment  le  service  se  faisait.  M.  Dunstan  a  déclaré  que  les  con- 
versations n'étaient  jamais  écoutées  pour  des  fins  illégitimes.  Il  n'en  est  pas 
moins  vrai  que  ceux  qui  conversaient  ensemble  ignoraient  qu'on  les  écoutait  et 
qu'on  prenait  note  de  ce  qu'ils  disaient. 

On  choisissait  pour  cette  besogne  des  téléphonistes  expérimentées,  capables 
de  découvrir  facilement  les  défectuosités  qui  existaient.  Ces  téléphonistes 
n'avaient  à  s'occuper  que  de  1  à  10  lignes  par  jour,  tandis  que  les  autres  avaient 
à  desservir  une  moyenne  de  100  lignes  chacune;  elles  étaient  spécialement  char- 
gées d'écouter  les  conversations  et  de  les  consigner,  et  les  autres  téléphonistes,  si 
elles  étaient  attentives  à  leur  travail,  n'avaient  pas  le  temps  d'écouter.  Il  a  été 
prouvé  que  les  téléphonistes  pouvaient  entendre  et  entendaient  de  fait  ce  qui  se 
disait  sur  des  lignes  autres  que  celles  qui  leur  avaient  été  assignées  par  M.  Maw, 
et  que  les  conversations  entendues  de  cette  façon  étaient  répétées  parmi  les  em- 
ployées. M.  Maw  a  déclaré  qu'il  avait  entendu  dire  que  des  gens  s'étaient  plaints 
qu'on  avait  écouté  leurs-  conversations,  mais  qu'il  n'avait  pu  vérifier  la  chose,  bien 
qu'il  eût  fait  une  minutieuse  enquête.  Malgré  que  ce  fait  là  soit  une  partie  im- 
portante du  service  téléphonique,  le  système  de  5  heures  n'y  était  pas  appliqué. 

Les  commissaires  citent  ensuite  ce  qu'a  dit  sur  ce  point  M.  Maw,  inspecteur 
du  service  à  Toronto,  et  ils  ajoutent  : — 

Comme  il  a  été  admis  que  des  renseignements  avaient  été  obtenus  au  moyen 
des  conversations  par  téléphone  qui  avaient  été  écoutées,  nous  recommandons  que 
l'on  applique  aux  compagnies  de  téléphone  les  lois  criminelles  concernant  les  nou- 
velles malhonnêtement  obtenues  ou  divulguées  par  les  télégraphistes  et  les  autres 
employés  des  compagnies  de  télégraphe. 

Les  commissaires  terminent  leur  rapport  comme  suit  : — 

CRÉATION   D'UNE   COMMISSION   PERMANENTE   DE   CONCILIATION   RECOMMANDEE. 

Nous  dirons,  en  terminant,  que  nous  croyons  que  plusieurs  des  difficultés  in- 
hérentes à  l'exploitation  d'un  vaste  service  téléphonique  pourraient  être  surmon- 
tées et  que  les  relations  entre  la  compagnie  et  ses  employés  deviendraient  plus 
harmonieuses  si  une  commission  permanente  de  conciliation,  composée  de  repré- 
sentants de  la  compagnie  et  des  téléphonistes,  était  constituée,  commission  à  la- 
quelle seraient  soumises,  à  des  époques  fixes,  toutes  les  questions  se  rapportant 
aux  heures  de  travail,  aux  relâches,  au  travail  supplémentaire,  à  la  discipline,  etc.,. 
avec  appel  aux  hauts  fonctionnaires  de  la  compagnie  lorsque  cette  commission 
n'aurait  pas  réussi  à  amener  une  entente  entre  les  parties. 

Les  témoignages  qui  ont  été  rendus  et  les  observations  que  nous  avons  faites 
se  rapportent  principalement  à  la  station  de  téléphone  principale  de  Toronto,  où 
le  travail  à  faire  est  beaucoup  plus  ardu  qu'aux  stations  secondaires  et,  croyons- 
nous,  plus  ardu  qu'aux  stations  dans  les  autres  villes  du  Canada. 

Le  rapport  est  signé  par  W.  L.  Mackenzie  King  et  John  Winchester  et  porte  la 
date  du  27  août  1907. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  137 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XI.— LES  JUSTES  SALAIRES  EN  CE  QUI  CONCERNE  LES  TRAVAUX  PU- 
BLICS ADJUGES  A  L'ENTREPRISE. 

Durant  Tannée,  il  a  été  dressé  par  les  fonctionnaires  du  département  préposés  à 
cette  branche  du  service  222  listes  de  justes  salaires,  ce  qui  représente  une  forte  aug- 
mentation sur  le  chiffre  de  l'année  précédente,  même  si  l'on  tient  compte  du  fait  que 
l'exercice  antérieur  ne  couvrait  que  9  mois,  le  nombre  de  listes  préparées  en  1906-7 
ayant  été  de  150.  Sur  ces  222  listes  de  justes  salaires,  95  ont  été  dressées  pour  le  mi- 
nistère des  Travaux  publics,  93  pour  le  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  23 
pour  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  et  11  pour  le  ministère  de  la  Milice 
et  de  la  Défense;  et  une  comparaison,  par  départements,  entre  les  chiffres  de  l'année 
1907-8  et  les  chiffres  de  l'année  précédente,  montre  qu'il  y  a  eu  augmentation  dans 
tous  les  ministères. 

La  résolution  sur  laquelle  l'on  se  base  pour  exiger  des  entrepreneurs  de  travaux 
publics  qu'ils  paient  des  salaires  équitables  à  leurs  ouvriers  a  été  adoptée  par  la 
Chambre  des  Communes  en  1900,  et  se  lit  comme  suit: — 

M.  Mulock. — Qu'il  soit  résolu — "Que  dans  toutes  les  entreprises  adjugées 
par  le  gouvernement  il  sera  fixé  des  conditions  qui  mettront  fin  aux  abus  prove- 
nant de  la  sous-adjudication  de  ces  entreprises,  et  qu'on  devra  faire  tous  les 
efforts  pour  garantir  le  paiement  des  salaires  ayant  généralement  cours  dans  tous 
les  métiers  pour  des  ouvriers  compétents  dans  la  région  où  les  travaux  seront 
exécutés;  et  cette  Chambre  approuve  cordialement  cette  politique  et  croit  qu'il  est 
du  devoir  du  gouvernement  de  prendre  des  mesures  pour  la  mettre  immédiate- 
ment en  pratique.' 

"  Il  est  déclaré  par  les  présentes  que  les  travaux  auxquels  cette  politique  doit 
s'appliquer  comprennent  non  seulement  ceux  adjugés  par  le  gouvernement  direc- 
tement, mais  aussi,  en  autant  que  la  chose  sera  possible,  tous  travaux  pour  les- 
quels on  aura  accordé  une  subvention  à  même  les  deniers  publics." 

La  méthode  employée  pour  mettre  cette  résolution  en  application  consiste  à  in- 
sérer dans  les  divers  contrats  pour  travaux  publics  que  font  exécuter  les  différents 
ministères  des  listes  de  justes  salaires,  dressées  par  les  fonctionnaires  du  départe- 
ment du  Travail  nommés  à  cette  fin.  Ces  fonctionnaires  visitent  les  diverses  par- 
ties du  pays  aussi  souvent  qu'il  est  nécessaire  afin  de  connaître  les  salaires  payés  et 
le  nombre  d'heures  de  travail,  par  jour,  imposé  dans  les  différentes  classes  de  main- 
d'œuvre.  Des  visites  spéciales  sont  faites,  au  besoin,  à  l'endroit  où  travaillent  les  ou- 
vriers dont  il  s'agit  de  fixer  les  salaires,  mais  afin  de  limiter  les  dépenses,  un  seul 
voyage  est  fait  pour  déterminer  le  taux  des  salaires  à  payer  dans  plusieurs  localités 
lorsque  cela  suffit.  Les  renseignements  recueillis  au  cours  des  enquêtes  que  l'on  fait 
par  tout  le  pays  sont  classifiés  avec  soin  dans  le  département  et  ont  très  utiles  pour 
le  dressement  des  tableaux  qui  sont  publiés  de  temps  à  autre  dans  la  Gazette  du  Tra- 
vail, et  lorsqu'il  s'agit  de  répondre  aux  représentants  des  employés  et  des  syndicats 
ouvriers  qui  demandent  des  renseignements  quant  à  la  main-d'œuvre  dans  telle  ou  telle 
partie  du  Canada.  Par  suite  de  soudains  et  d'importants  changements  dans  les  con- 
ditions économiques,  il  y  a  eu,  l'année  dernière,  plus  de  ces  demandes  de  renseigne- 


138  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
ments  que  par  le  passé.  Le  public  s'est  intéressé  plus  que  jamais  à  cette  branche  du 
service,  et  des  explications  détaillées  relativement  à  la  manière  dont  on  procède  et  au 
travail  accompli  ont  été  fournies  à  un  grand  nombre  de  correspondants.  Le  départe- 
ment a  aussi  fait  faire  des  enquêtes  d'une  grande  importance  pour  se  procurer  les 
renseignements  dont  avaient  besoin  d'autres  départements  de  l'administration  ou  des 
corps  publics  au  Canada  ou  ailleurs.  Voici  quelques-uns  des  cas  où  des  enquêtes  ont 
été  faites  et  des  renseignements  ont  été  fournis  de  cette  manière:  renseignements 
quant  au  taux  des  salaires  payés  et  au  coût  de  la  vie  au  Canada  fournis,  à  la  demande 
de  M.  Gompers,  président  de  la  Fédération  Américaine  du  Travail,  à  M.  G.  A.  Batten, 
de  l'université  de  Washington  et  Lee,  Lexington,  Virginie;  correspondance  avec  un 
employé  du  chemin  de  fer  Midland  du  Canada  concernant  une  réclamation  pour 
salaire;  renseignements  quant  aux  salaires  payés  et  au  coût  de  la  vie  au  Canada  four- 
nis à  des  élèves  d'un  lycée  à  Brooklyn,  N.-Y.,  pour  servir  dans  un  débat  sur  la  réci- 
procité; renseignements  quant  au  taux  des  salaires  payés  aux  artisans  et  aux  manœu- 
vres dans  la  Colombie-Britannique  fournis  à  la  Compagnie  Manufacturière  Nicholls, 
Montréal;  renseignements  concernant  les  salaires  payés  aux  ouvriers  travaillant  dans 
les  mines  d'asbeste  fournis  à  Construction,  un  journal  de  Toronto;  renseignements 
concernant  les  salaires  payés  aux  ouvriers  exerçant  divers  métiers,  particulièrement 
aux  typographes,  aux  relieurs  et  aux  graveurs,  fournis  au  Typothetae  de  Winnipeg; 
renseignements  quant  aux  changements  dans  les  heures  de  travail  et  le  taux  des  sa- 
laires fournis  à  M.  J.  J.  Cassidey,  rédacteur  du  Canadian  Manufacturer,  de  Toronto; 
renseignements  quant  aux  salaires  payés  dans  différents  centres  du  Canada  et  quant 
au  coût  de  la  vie,  fournis  à  M.  A.  D.  Gunn,  de  Sydney,  Nouvelles-Galles  du  Sud; 
renseignements  concernant  les  salaires  payés  aux  télégrapistes  dans  la  Colombie- 
Britannique,  fournis  à  M.  R.  P.  Menzies,  de  l'université  Queen;  renseignements 
concernant  les  salaires  payés  au  Canada  et  au  sujet  de  nos  exploitations  industrielles, 
fournis  au  rédacteur  du  Canada,  un  journal  de  Londres;  renseignements  concernant 
les  salaires  payés  aux  artisans  et  aux  manœuvres  au  Canada,  fournis  à  M.  P»  Mte- 
Kraney,  de  Stettler,  Alberta,  etc. 

Le  nombre  total  des  listes  de  justes  salaires  dressées  par  le  département  du  Tra- 
vail depuis  qu'il  a  été  établi,  c'est-à-dire  depuis  1900,  se  chiffre  par  1,157,  dont  pres- 
que la  moitié  ont  été  préparées  pour  le  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  et  au 
delà  d'un  tiers  pour  le  ministère  des  travaux  publics.  Durant  l'année,  divers  articles 
ont  été  fournis  au  ministère  des  Postes  pour  un  montant  de  $187,844.  Des  stipula- 
tions destinées  à  protéger  les  intérêts  des  ouvriers  ont  été  insérées  dans  les  contrats 
passés  avec  ceux  de  qui  on  a  acheté  ces  articles  après  avoir  été  approuvées  par  le  dé- 
partement du  Travail.  Les  entrepreneurs  pour  ces  fournitures  ont  dû  soumettre  une 
liste  des  salaires  qu'ils  entendaient  payer  aux  ouvriers  qui  seraient  employés  à  con- 
fectionner les  articles  en  question  dans  le  cas  où  leur  soumission  serait  acceptée,  et 
ont  dû  aussi  déclarer  combien  d'heures  de  travail  par  jour  ils  exigeraient  de  ces  ou- 
vriers. Les  entreprises  les  plus  importantes  adjugées  durant  l'année  par  le  ministère 
des  Postes  ont  été  les  suivantes:  fourniture  de  sacs  à  lettres,  $64,357.39;  confection 
et  fourniture  d'uniformes  officiels,  $36,268.58;  réparation  des  sceaux  des  bureaux 
de  poste  et  confection  de  nouveaux  sceaux,  $23,113;  réparation  des  sacs  à  lettres, 
$15,046.54;  réparation  des  serrures  des  sacs  à  lettres  et  fourniture  de  ferrures  pour 
sacs  à  lettres,  $13,420.95;  fourniture  de  boîtes  à  lettres  portatives  et  réparation  des 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


139 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

réceptacles  pour  colis,  des  boîtes  portatives  en  ferblanc  et  des  boîtes  en  ferblanc  pour 
les  courriers  sur  le  chemins  de  fer,  $11,257.58.  Dans  ces  entreprises  et  les  autres 
adjugées  par  le  ministère  des  Postes,  lorsque  le  département  du  Travail  a  considéré 
comme  injustes  les  salaires  et  les  heures  de  travail  mentionnés  par  le  soumissionnaire, 
on  a  fait  connaître  à  ce  dernier  ce  qui  semblait  le  juste  minimum  pour  le  travail  à 
faire,  en  l'avertissant  que  sa  soumission  serait  rejetée  à  moins  qu'il  n'acceptât  le 
minimum  ainsi  indiqué. 

Le  département  a  raison  de  croire  que  le  public  en  général  apprécie  les  efforts 
qu'il  déploie  pour  assurer  aux  ouvriers  une  rétribution  équitable  pour  leur  travail. 
Au  cours  de  l'année,  la  ville  de  Winnipeg,  Manitoba,  a  établi  des  règlements  pour 
obliger  les  entrepreneurs  de  travaux  municipaux  de  payer  de  justes  salaires  à  leurs 
Parlement  fédéral  et  qui  sont  basés  sur  le  principe  de  la  résolution  adoptée  par  le 
parlement  fédéral  et  qui  sont  mis  en  application  d'après  le  même  système  que  celui 
suivi  par  le  département  du  Travail.  Le  gouvernement  de  la  province  de  Québec 
s'est  fait  donner  tous  les  renseignements  voulus  au  sujet  des  rouages  de  cette 
branche  du  service  public,  et  comme  on  le  disait  dans  le  rapport  annuel  précédent, 
le  gouvernement  provincial  du  Manitoba  a  définitivement  adopté  le  principe  des 
justes  salaires  et  a  nommé  un  fonctionnaire  pour  appliquer  les  règlements  fondés  sur 
»ce  principe. 

Les  tableaux  ci-dessous  indiquent  (1)  h  nombre,  par  provinces,  des  listes  de 
justes  salaires  préparées  par  le  ministère  du  Travail  pendant  l'exercice  1907-8,  et  (2) 
le  nombre  des  listes  de  justes  salaires  préparés  chaque  année  depuis  que  le  ministère 
du  Travail  a  été  établi,  c'est-à-dire  depuis  1900: — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,   V   III,   R.   A.,   n°   8. 

TABLEAU  STATISTIQUE  INDIQUANT,  PAR  PROVINCES,  LES  LISTES  DE  "JUSTES 
SALAIRES"  PREPAREES  PAR  LE  MINISTERE  DU  TRAVAIL  POUR  LES  AUTRES 
MINISTERES  PENDANT  L'EXERCICE  CLOS  LE  31  MARS  1908. 


Ministères. 

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22 

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26 

27 

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29 

15 

6 

5 

4 

6 

3 

3 
1 

95 
93 
23 

Milice  et  Défense 

1 

11 

Total 

54 

34 

6 

55 

55 

4 

7 

7 

222 

*  Deux  listes  préparées  sans  mention  de  la  localité. 


140 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
ENTREPRISES   ADJUGEES    SOUS   LE   REGIME   DES    LISTES   DE   JUSTES   SALAIRES   EN   1907-8. 

L'on  donne  ci-après  sous  forme  de  tableaux  les  entreprises  adjugées  par  les  diffé- 
rents ministères,  pour  lesquelles  les  officiers  du  service  des  justes  salaires  du  ministère 
du  Travail  ont  préparé  des  listes  pendant  l'exercice  clos  le  31  mars  1908;  ces  tableaux 
indiquent  aussi  la  nature  des  travaux,  le  lieu  où  ils  devaient  être  exécutés,  la  date  ou 
l'entreprise  a  été  adjugée,  le  montant  de  l'entreprise,  la  page  et  la  livraison  de  la 
Gazette  du  Travail  où  sont  publiées  ces  listes. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  9. 

TABLEAU  STATISTIQUE  DES  LISTES  DE  "JUSTES  SALAIRES"  PREPAREES  CHAQUE 
ANNEE  PAR  LE  MINISTERE  DU  TRAVAIL  POUR  LES  AUTRES  MINISTERES 
PENDANT  LA  PERIODE  DE  JUILLET  1900  A  MARS  1908  INCLUSIVEMENT. 


- 

1900-1 

1901-2 

1902-3 

1903-4 

1904-5 

1905-6 

1906-7 

1907-8 

Totale 

Ministère  des  Travaux  publics 

n         des  Chemins  de  fer  et  Canaux . . . 
m          de  la  Marine  et  des  Pêcheries .... 

63 

13 

1 
17 

11 
50 
12 

116 

89 
18 

72 

153 

21 

2 

41 

95 
8 
3 

53 

84 

10 

3 

95 
93 
23 
11 

464 
565 
109 

Autres  ministères  

19 

Total   .                          

63 

31 

73 

223 

248 

147 

150 

222 

1,157 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


141 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


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DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


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DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  '  147 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

CONTRATS   DANS   LESQUELS   EL  A    ETE  INSERE   UNE   CLAUSE  GENERALE   STIPULANT   LE   PAIEMENT 

DE   JUSTES    SALAIRES. 

En  sus  des  listes  de  salaires  ci-dessus,  la  clause  suivante  a  été,  sur  la  recomman- 
dation du  ministère  du  Travail,  insérée  dans  plusieurs  contrats  passés  entre  le  minis- 
tère des  Chemins  de  fer  et  Canaux  et  divers  entrepreneurs,  afin  de  protéger  les  ou- 
vriers : — 

Il  sera  payé  à  tous  les  artisans,  manœuvres  et  autres  personnes  employés  aux 
travaux  mentionnés  dans  le  présent  contrat  le  salaire  généralement  accepté  comme 
courant  pour  les  ouvriers  compétents  dans  la  localité  où  les  travaux  sont  exécu- 
tés, et  s'il  n'y  a  pas  de  salaire  courant  dans  cette  localité,  alors  un  salaire  équita- 
ble et  raisonnable,  et  les  dits  artisans,  manœuvres  et  autres  personnes  ne. seront 
pas  tenus  de  travailler  plus  longtemps,  chaque  jour,  qu'il  n'est  d'usage  dans  la 
localité  où  se  font  les  travaux,  sauf  pour  la  protection  de  la  vie  et  de  la  propriété 
et  dans  d'autres  cas  de  force  majeure.  Dans  le  cas  où  il  s'élèverait  une  contes- 
tation quant  à  la  question  de  savoir  ce  qui  doit  être  considéré  comme  salaire  cou- 
rant ou  comme  un  salaire  équitable  et  raisonnable  ou  quant  à  la  question  de  sa- 
voir ce  que  l'on  doit  prendre  pour  durée  du  travail  de  chaque  jour  établie  par 
l'usage,  la  chose  sera  déterminée  par  le  ministre  du  Travail,  dont  la  décision  sera 
finale. 

Ces  stipulations  s'appliqueront  aux  personnes  qui  auront  droit  d'être  rétri- 
buées pour  l'usage  ou  le  louage  de  chevaux  ou  d'attelages,  et  la  rémunération  à  ac- 
corder à  ces  personnes  sera  fixée  de  la  même  manière  que  si  les  deniers  qui  leur 
sont  dans  leur  étaient  payables  comme  salaire. 

Dans  le  cas  où  l'entrepreneur  négligerait  de  payer  une  somme  quelconque 
due,  comme  salaire,  à  un  artisan,  manœuvre  ou  autre  personne  employé  aux  dits 
travaux,  et  qu'une  réclamation  pour  cette  somme  serait  produite  au  bureau  du 
ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  appuyjée  d'une  preuve  jugée  satis- 
faisante par  le  ministre,  celui-ci  pourra  payer  cette  réclamation  à  même  tous  de- 
niers payables  en  vertu  du  présent  contrat,  et  les  montants  ainsi  payés  seront 
considérés  comme  des  paiements  faits  à  l'entrepreneur. 

Voici  les  contrats  dans  lesquels  a  été  insérée  la  clause  ci-dessus: — 

Peinturage  dans  les  districts  numéros  1,  2  et  3,  chemin  de  fer  Intercolonial;  date 
du  contrat,  27  décembre  1907;  montant  de  l'entreprise,  suivant  liste. 

Peinturage  dans  le  district  n°  4,  chemin  de  fer  Intercolonial;  date  du  contrat,  27 
décembre  1907;  montant  de  l'entreprise,  suivant  liste. 

Peinturage  dans  les  districts  numéros  5,  6,  8,  9  et  15,  chemin  de  fer  Intercolo- 
nial; date  du  contrat,  9  janvier  1908;  montant  de  l'entreprise,  suivant  liste. 

Peinturage  dans  le  district  n°  13 — de  New-Glasgow  à  Mulgrave,  et  dans  le  dis- 
trict n°  12 — de  Stellarton  à  Oxford- Junction,  chemin  de  fer  Intercolonial;  date  du 
contrat,  17  janvier  1908  ;  montant  de  l'entreprise,  la  verge  carrée,  bâtiments,  12c.  ; 
ponts,  10c. 

Peinturage  dans  le  district  n°  13 — de  New-Glasgow  à  Mulgrave  et  dans  le  dis- 
trict n°  14 — de  la  Pointe-Tupper  à  Sydney — chemin  de  fer  Intercolonial;  date  du 
contrat,  8  janvier  1908;  montant  de  l'entreprise,  la  verge  carrée,  bâtiments,  12c; 
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DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1939 


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150 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII.  A.  R.  No.  14. 

FOURNITURES  LIVRÉES  AU  MINISTÈRE  DES  POSTES,  À  L'ENTREPRISE  OU  AUTRE- 
MENT, PENDANT  L'EXERCICE  CLOS  LE  31  MARS  1908  À  DES  CONDITIONS  DESTI- 
NÉES À  PROTÉGER  LES  PERSONNES  EMPLOYÉES  À  LES  CONFECTIONNER,  ET 
APPROUVÉES  PAR  LE  MINISTÈRE  DU  TRAVAIL. 


Nature  de  la  commande. 


Nontant 

de  la 

commande. 


Fabrication  et  réparation  de  timbres  à  dater,  et  autres  timbres  et  sceaux  en  cuivre 

Fabrication  et  réparation  de  timbres  en  caoutchouc  et  autres  timbres  à  main 

Matériel  à  timbrer,  y  compris  la  confection  et  la  réparation  de  tampons  à  encre,  boîtes  en 

bois  et  encre  à  timbrer  et  à  oblitérer 

Fabrication  et  réparation  de  balances  pour  bureaux  de  poste 

Confection  de  sacs  aux  lettres 

Réparation  de  sacs  aux  lettres 

Réparation  de  serrures  et  fourniture  d'appareils  et  d'accessoires  pour  sacs  aux  lettres 

Fourniture  de  boîtes  aux  lettres  portatives,  réparation  de  boîtes  pour  colis  postaux,  boîtes 

portatives  en  ferblanc  pour  l'usage  des  courriers  sur  chemins  de  fer 

Commandes  diverses  pour  matériel  postal 

Confection  et  fourniture  d'uniformes  officiels 


Total. 


7,810  77 
734  05 

15,472  60 
23,113  00 
64,357  39 
15,046  54 
13,420  85 

11,257  58 

363  10 

36,268  56 


187,844  44 


ENQUETES  AU   SUJET   DES   PLAINTES   FAITES  A  CAUSE  DE   LA  VIOLATION   DES   CLAUSES   INSEREES 
DANS  LES  CONTRATS  POUR  ENTREPRISES  PUBLIQUES  EN  VUE  DE  PROTEGER  LES  OUVRIERS. 

Le  30  août  1907,  l'on  mit  à  effet,  par  un  arrêté  de  l'exécutif,  deux  recommanda- 
tions qui  avaient  été  faites  dans  les  rapports  précédentes  du  ministère  du  Travail, 
concernant  (1)  l'affichage  dans  un  endroit  bien  visible,  sur  le  lieu  des  travaux  pu- 
blics en  voie  d'exécution,  de  la  liste  des  salaires  insérée  dans  les  contrats  pour  la  pro- 
tection des  ouvriers  employés,  et  (2)  l'inscription  par  les  entrepreneurs  dans  des  ca- 
hiers ad  hoc  des  paiements  faits  aux  ouvriers  à  leur  service,  ces  cahiers  pouvant  être 
examinés  en  tout  temps  par  les  fonctionnaires  préposés  à  la  fixation  des  justes  sa- 
laires.    Suit  le  texte  même  de  cet  arrêté  de  l'exécutif: — 

Afin  que  l'on  puisse  mieux  atteindre  le  but  auquel  vise  la  résolution  relative 
aux  salaires  des  ouvriers  qui  a  été  adoptée  par  la  Chambre  des  Communes  du 
Canada  au  mois  de  mars  1900  et  qui  se  lit  comme  suit  :  "  Que  dans  toutes  les  en- 
treprises adjugées  par  le  gouvernement  il  sera  fixé  des  conditions  qui  mettront 
fin  aux  abus  provenant  de  la  sous-adjudication  de  ces  entreprises,  et  qu'on  devra 
faire  tous  les  efforts  pour  garantir  le  paiement  des  salaires  ayant  généralement 
cours  dans  tous  les  métiers  pour  des  ouvriers  compétents  dans  la  région  où  les 
travaux  seront  exécutés,  et  cette  Chambre  approuve  cordialement  cette  politique 
et  croit  qu'il  est  du  devoir  du  gouvernement  de  prendre  des  mesures  pour  la 
mettre  imédiatement  en  pratique. 

Il  est  déclaré  par  les  présentes  que  les  travaux  auxquels  cette  politique  doit 
s'appliquer  comprennent  non  seulement  ceux  adjugés  par  le  gouvernement  direc- 
tement, mais  aussi,  en  autant  que  la  chose  sera  possible,  tous  travaux  pour  les- 
quels on  aura  accordé  une  subvention  à  même  les  deniers  publics: — le  Gouver- 
neur général  en  conseil  décrète  par  les  présentes  qu'à  l'avenir  tous  les  contrats 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  151 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

pour  entreprises  publiques  auxquelles  s'appliquent  la  dite  résolution  devront  con- 
tenir les  clauses  suivantes: — 

1.  Les  entrepreneurs  devront  afficher  dans  un  endroit  bien  visible,  sur  le  lieu 
des  travaux  publics  en  voie  d'exécution,  la  liste  des  salaires  insérée  dans  leurs 
contrats  pour  la  protection  des  ouvriers  employés. 

2.  I>es  entrepreneurs  devront  inscrire  dans  des  cahiers  ad  hoc  les  montants 
qu'ils  auront  payés  aux  ouvriers  à  leur  service,  et  ces  cahiers  pourront  être  exa- 
minés par  les  fonctionnaires  de  l'Etat  chargés  de  fixer  les  justes  salaires  toutes 
les  fois  que  le  ministre  du  Travail  le  jugera  à  propos. 

(Signé)     RODOLPHE  BOUDREAU, 

Greffier  du  Conseil  Privé. 

Avec  ces  sauvegardes  additionnelles  pour  les  ouvriers  employés  par  des  entrepre- 
neurs à  des  travaux  publics,  l'application  de  la  résolution  a  été  beaucoup  simplifiée. 

Pendant  le  dernier  exercice,  le  ministère  du  Travail  a  reçu  de  différentes  sources 
11  plaintes  à  cause  de  la  violation  des  clauses  tendant  à  protéger  les  ouvriers  insérées 
dans  les  contrats  pour  entreprises  publiques.  Neuf  de  ces  plaintes  ont  fait  l'objet, 
d'une  enquête  de  la  part  des  fonctionnaires  chargés  de  fixer  les  justes  salaires.  Les 
griefs  énoncés  dans  les  deux  autres  plaintes  furent  redressés  d'une  manière  satisfai- 
sante par  les  entrepreneurs,  après  que  les  faits,  tels  qu'exposés  au  ministère,  leur  eu- 
rent été  communiqués.  Toutes  ces  plaintes  se  rapportaient  au  prétendu  non-paiement 
des  salaires  courants  ;  dans  deux  des  plaintes  on  alléguait  que  l'entrepreneur  faisait 
travailler  ses  ouvriers  trop  longtemps,  chaque  jour,  tandis  que  dans  une  autre  l'on 
prétendait  que  l'entrepreneur  employait  des  ouvriers  ordinaires  pour  faire  un  travail 
qui  aurait  dû  être  confié  à  des  ouvriers  en  fer,  les  hommes  ainsi  employés  recevant  le 
salaire  des  ouvriers  ordinaires  au  lieu  du  salaire  fixé  dans  la  liste  annexée  au  contrat 
pour  les  ouvriers  en  fer.  Il  restait  encore  à  s'enquérir  d'une  plainte  à  la  clôture  de 
l'exercice. 

La  première  plainte  qui  soit  parvenue  au  ministère  durant  l'exercice  a  été  celle 
des  tailleurs  de  pierre  employés  à  la  construction  d'un  bureau  de  poste  à  Medicino- 
Hat,  Alberta.  Ces  ouvriers  prétendaient  qu'on  ne  leur  payait  pas  les  salaires  cou- 
rants, et  qu'on  les  forçait  de  travailler  10  heures  par  jour,  alors  qu'il  n'était  d'usage 
dans  la  localité  de  ne  faire  travailler  les  ouvriers  que  8  heures  chaque  jour.  Après 
que  l'on  eût  fait  part  de  ces  griefs  aux  entrepreneurs,  ceux-ci  en  vinrent  à  une  entente 
avec  leurs  ouvriers. 

Une  autre  plainte  fut  reçue  de  2  manœuvres  employés  à  la  construction  d'un  bâti- 
ment près  de  la  caserne  de  Fort-Isborne,  dans  la  ville  de  Winnipeg,  Manitoba.  Ces 
ouvriers  alléguaient  qu'ils  ne  recevaient  pas  le  salaire  fixé  dans  la  liste  annexée  au  con- 
trat. L'on  se  mit  en  communication  avec  les  entrepreneurs  et  ceux-ci  consentirent  à 
payer  à  leurs  ouvriers  le  salaire  auquel  ils  avaient  droit. 

Plusieurs  des  plaintes  venaient  d'ouvriers  employés  comme  manœuvres 
et  qui,  prétendaient-ils  étaient  payés  par  les  entrepreneurs  au  taux  fixé  pour  le3 
ouvriers  ordinaires  dans  les  listes  annexées  aux  contrats.  Parmi  ces  plaintes,  deux 
se  rapportaient  à  l'entreprise  pour  la  construction  d'un  bâtiment  à  Fort-Osborne, 
Winnipeg,  Manitoba;  deux  à  l'entreprise  pour  la  construction  d'un  bureau  de  poste  à 
Saint-Boniface;  une  à  l'entreprise  pour  la  construction  d'un  bureau  de  poste  à  Win- 
nipeg, section  nord,  et  une  à  l'entreprise  pour  la  construction  d'une  salle  d'armes  à 


152  DEPARTE  M  EXT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Hamilton.  Une  de  ces  plaintes  portait  sur  trois  entreprises,  savoir,  la  construction 
(1)  d'un  bâtiment  près  de  la  caserne  de  Fort-Osborne,  (2)  d'un  bureau  de  poste  à 
Winnipeg  (section  nord),  et  (3)  d'un  bureau  de  poste  à  Saint-Boniface.  Un  des 
fonctionnaires  du  département  fut  chargé  de  s'enquérir  de  cette  plainte,  mais  les  par- 
ties intéressessées  ayant  négligé  de  se  présenter  pour  faire  valoir  leurs  droits,  une 
enquête  ne  put  être  faite.  Deux  autres  plaintes,  l'une  se  rattachant  à  la  construction 
du  bureau  de  poste  de  Saint-Boniface  et  l'autre  à  la  construction  du  bâtiment  sus- 
mentionné près  de  la  caserne  de  Fort-Osborne,  furent  retirées,  les  entrepreneurs  ayant 
consenti  à  payer  les  sommes  réclamées  par  leurs  ouvriers.  En  ce  qui  concerne  la 
plainte  faite  contre  l'entrepreneur  pour  la  construction  d'une  salle  d'armes  à  Hamil- 
ton, Ontario,  l'enquête  tenue  par  un  des  fonctionnaires  chargés  de  fixer  les  justes 
salaires  a  démontré  que  les  réclamations  de  5  ouvriers,  se  chiffrant  par  $127.55,  étaient 
fondées;  un  rapport  a  été  fait  en  conséquence  au  ministère  intéressé,  et  les  sommes 
dues  furent  subséquemment  payées  par  l'entrepreneur,  sauf  dans  le  cas  d'un  des  ré- 
clamants, qui  ne  put,  paraît-il,  être  trouvé. 

Une  enquête  au  sujet  de  la  plainte  faite  contre  l'entrepreneur  pour  la  construc- 
tion d'entrepôts,  etc.,  au  terminus  du  chemin  de  fer  Intercolonial  à  Halifax,  N.-E.,  a 
démontré  qu'il  revenait  une  somme  de  $10.50  à  un  ouvrier.  L'entrepreneur  paya  sub- 
séquemment cette  somme  au  réclamant. 

Relativement  à  la  plainte  faite  contre  l'entrepreneur  pour  la  construction  d'en- 
trepôts à  farine  sur  le  chemin  de  fer  Intercolonial  à  Saint- Jean,  N.-B.,  le  fonction- 
naire chargé  de  s'enquérir  de  la  chose  réussit  à  effectuer  un  règlement  satisfaisant 
entre  l'entrepreneur  et  les  réclamants. 

L'on  se  plaignit  que  les  entrepreneurs  pour  la  construction  de  deux  chalans 
à  clapet  à  Victoria,  C.-B.,  ne  payaient  pas  aux  charpentiers  de  navires  le  sa- 
laire courant  dans  la  localité  et  ne  se  conformaient  pas  à  la  coutume  suivie  dans  le 
port  quant  aux  heures  de  travail.  Une  enquête  faite  par  un  des  fonctionnaires  char- 
gés de  fixer  les  justes  salaires  a  démontré  que  cette  plainte  n'était  pas  fondée.  Rela- 
tivement à  la  plainte  faite  contre  les  entrepreneurs  pour  la  construction  d'un  bureau 
de  poste,  à  Montréal,  par  certains  menuisiers  et  tailleurs  de  pierre,  qui  prétendaient 
qu'ils  ne  recevaient  pas  les  salaires  fixés  dans  la  liste  annexée  au  contrat,  un  des  fonc- 
tionnaires du  département  tint  une  enquête  et  fit  ensuite  un  rapport  où  il  disait  que 
les  entrepreneurs  avaient  consenti  à  régler  les  réclamations  de  deux  menuisiers  pour 
la  somme  de  $3.15  et  celle  d'un  tailleur  de  pierre  pour  la  somme  de  $8.25.  Ce  règle- 
ment fut  jugé  satisfaisant. 

Une  autre  plainte  venue  de  Montréal  est  celle  qui  fut  faite  contre  l'entrepreneur 
pour  la  taille  de  seuils  de  buse  pour  l'écluse  de  Manny  sur  le  canal  Lachine.  Le 
plaignant  alléguait  qu'on  ne  lui  payait  pas  le  salaire  fixé  dans  le  contrat  pour  les  tail- 
leurs de  pierre.  Le  fonctionnaire  du  département  chargé  de  s'enquérir  de  la  chose  fit 
un  rapport  où  il  disait  qu'une  somme  de  $8.20  était  due  au  réclamant,  soit  la  diffé- 
rence entre  le  montant  qu'il  avait  reçu  et  le  montant  qu'il  aurait  dû  toucher  d'après 
les  conditions  stipulées  au  contrat.  Il  recommandait  de  plus  que  cette  somme  fût  dé- 
duite des  deniers  dus  aux  entreprenurs  et  remise  au  plaignant. 

L'autre  plainte  fut  faite  contre  certaines  maisons  d'Ottawa  avec  lesquelles  le 
ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense  avait  passé  des  contrats  pour  la  fourniture 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  153 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

de  ceinturons  en  cuir,  de  fourreaux  pour  baïonnettes,  de  jambières,  de  selles  et  de 
brides.  Les  ouvriers  employés  à  la  fabrication  de  ces  articles  ne  recevaient  pas,  pa- 
raît-il, des  salaires  justes  et  équitables.  L'enquête  au  sujet  de  cette  affaire  n'était  pas 
terminée  à  la  clôture  de  l'exercice. 

Chaque  fois  qu'une  plainte  a  été  faite  au  département  du  Travail,  on  l'a  com- 
muniquée immédiatement  au  ministère  intéressé,  et,  à  la  demande  de  celui-ci,  une 
enquête  a  été  tenue  par  un  des  fonctionnaires  chargés  de  fixer  les  justes  salaires,  dont 
le  rapport,  après  avoir  été  soumis  au  ministre  du  Travail,  a  été  transmis,  avec  les 
recommandations  du  département  du  Travail,  au  ministère  qui  avait  adjugé  l'entre- 
prise sur  laquelle  portait  la  plainte  qui  avait  été  faite. 

D'après  ce  que  l'on  a  pu  constater,  les  entrepreneurs,  règle  générale,  sont  dispo- 
sés à  traiter  leurs  ouvriers  avec  justice  et  équité,  comme  l'atteste  du  reste  le  petit 
nombre  de  plaintes  durant  l'année  à  cause  de  la  violation  des  clauses  insérés  dans 
leurs  contrats  pour  la  protection  des  ouvriers. 

Le  tableau  ci-contre  indique  les  enquêtes  qui  ont  été  faites  par  les  fonctionnaires 
chargés  de  fixer  les  justes  salaires  au  sujet  des  plaintes  reçues  au  département,  pen- 
dant l'exercice  clos  le  31  mars  1909,  avec  mention,  dans  chaque  cas,  de  la  nature  des 
réclamations  présentées,  du  ministère  intéressé  et  du  résultat  de  l'intervention  du 
département. 


154 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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RAPPORT  DU  SOUS-MIMSTRE 


155 


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156  DEPARTEMENT  D.U  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


XII— LOI  RELATIVE  AUX  OUVRIERS  ETRANGERS. 

Le  département  a  continué  à  recevoir  durant  l'année  de  nombreuses  demandas 
de  renseignements  quant  au  mode  de  procéder  pour  faire  punir  ceux  qui  enfreignent 
la  loi  relative  aux  ouvriers  étrangers.  Les  modifications  apportées  à  cette  loi  depuis 
son  adoption  ont  été  indiquées  dans  Le  rapport  précédent.  Maintenant  n'importe  qui 
peut  intenter  une  poursuite  pour  contravention  au  statut  du  consentement  du  pro- 
cureur général  de  la  (province  où  le  délit  a  été  commis  ou  avec  l'autorisation  d'un 
juge.  La  loi  a  été  modifiée  à  la  suite  des  représentations  faites  par  plusieurs  per- 
sonnes, qui  prétendaient  que  le  fait  d'exiger  le  consentement  du  procureur  général 
du  Canada  avant  qu'une  poursuite  pût  être  intentée  rendait  le  statut  inefïectif,  et 
qu'il  était  préférable  de  permettre  à  ceux  qui  étaient  intéressés  à  intenter  une  pour- 
suite de  procéder  devant  les  tribunaux  locaux  sans  avoir  à  s'adresser  aux  autorités 
fédérale^. 

Le  grand  nombre  de  demandes  de  renseignements  reçues  durant  l'année  quant 
à  la  procédure  à  suivre  pour  faire  punir  ceux  qui  violent  la  loi  relative  aux  aubains 
montre  que  le  public  ne  comprend  pas  encore  parfaitement  bien  cette  loi.  La  cor- 
respondance} échangée  à  ce  sujet  a  été  très  volumineuse. 

Chose  à  laquelle  l'on  ne  s'attendait  guère,  le  département  a  reçu  de  certains  in- 
dustriels américains  des  lettres  où  ils  demandaient  que  notre  loi  concernant  les 
aubains  fût  appliquée  contre  des  fabricants  de  conserves  d'Ontario,  qui,  prétendaient- 
ils,  avaient  importé  de  la  main-d'œuvre  des  Etats-Unis,  à  leur  détriment.  L'on  s'est 
contenté  d'expliquer  la  loi  à  ceux  qui  se  sont  plaints  de  cela. 

Suit  un  sommaire  des  poursuites  intentées  durant  l'année,  sous  l'empire  de  la 
loi  qui  fait  le  sujet  du  présent  chapitre. 

QUESTION  DE   RESPONSABILITÉ. 

La  Compagnie  de  Distilleries  Corby  appela  du  jugement  qui  r.vaiJ  été  rendu  contre 
elle  par  le  magistrat  de  police  de  Belleville  sur  11  .accusations  (voir  Gazette  du 
Travail,  numéro  de  janvier  1907).  Cette  compagnie  avait  été  accusée  par  l'Union 
des  Chaudronniers  Canadiens  d'avoir  enfreint  la  loi  en  important  plusieurs  chaudron- 
niers. Elle  allégua,  dans  son  plaidoyer,  que  l'entreprise  qui  avait  nécessité  l'engage- 
ment de  ces  chaudronniers  avait  été  adjugée  à  la  Compagnie  de  Chaudronnerie  d'An- 
sonia,  et  que  cette  dernière  compagnie  était  seule  responsable  de  la  violation  de  la  loi. 
Après  avoir  pris  l'affaire  en  délibéré,  le  magistrat  de  police  décida  que  la  Compagnie 
de  Distilleries  Corby  était  responsable  et  la  condamna  à  une  amende  de  $50,  plus  les 
frais,  sur  chacune  des  11  accusations  qui  avaient  été  portées  contre  elle.  Appel  fut 
interjeté  de  ce  jugement  devant  le  juge  de  comté,  qui  cassa  10  condamnations  sur 
les  11  qui  avaient  été  prononcées. 

La  condamnation  qui  fut  confirmée  se  rapportait  à  l'engagement  d'un  nommé 
Hiett,  un  constructeur  de  moulins.  La  Compagnie  Corby  avait  chargé  un  de  ses  em- 
ployés, du  nom  de  Cohen,  de  s'assurer  les  services  de  Hiett,  qui  demeurait  à  Peoria, 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  157 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Illinois,  E.-U.A.,  et,  après  échange  de  télégrammes  entre  Cohen  et  Hiett,  ce  dernier 
se  rendit  à  Corbyville  et  se  mit  à  travailler  pour  la  compagnie.  On  lui  remboursa  ses 
dépenses  et  on  lui  accorda  le  salaire  qu'il  demandait.  Le  juge  de  la  cour  de  comté 
considéra  que  c'était  là  une  violation  flagrante  de  la  loi. 

Quant  à  deux  autres  des  accusations  qui  avaient  été  portées,  il  avait  été  prouvé 
que  les  deux  ouvriers  dont  il  s'agissait  avaient  été  engagés  au  Canada.  Quelque 
temps  après  leur  engagement,  ces  ouvriers  firent  remarquer  à  la  compagnie  que  les 
patrons  dans  ce  genre  d'industrie  avaient  l'habitude  de  payer  les  frais  de  déplace- 
ment de  leurs  employés.  La  compagnie  leur  remboursa  alors  leur  dépenses  de  voyage, 
non  pas  parce  qu'elle  se  croyait  obligée  de  le  faire,  mais  à  titre  de  gratification.  Le 
juge  conclut  des  témoignages  qui  avaient  été  rendus  que  ces  deux  ouvriers,  qui  étaient 
des  étrangers,  n'étaient  pas  venus  au  Canada  avec  l'entente  ou  sur  la  promesse  que 
leurs  frais  de  déplacement  seraient  payés,  et  que  par  conséquent  le  remobursement 
de  leurs  dépenses  de  voyage  ne  constituait  pas  un  délit  d'après  l'esprit  du  statut,  et  il 
cassa  les  condamnations  dans  ces  deux  cas. 

Quant  aux  huit  autres  condamnations  dont  appel  avait  été  interjeté,  voici  dans 
quelles  circonstances  les  ouvriers  que  l'on  prétendait  avoir  été  illégalement  embau- 
chés avaient  été  engagés.  La  Compagnie  de  Chaudronnerie  d'Ansonia,  qui  avait  son 
siège  à  Cincinnati,  Ohio,  passa  un  contrat  avec  la  Compagnie  de  Distilleries  Corby 
pour  l'établissement  d'une  nouvelle  distillerie  pour  cette  dernière  compagnie,  les  tra- 
vaux à  faire  consistant  en  ouvrages  de  chaudronnerie  d'un  genre  nouveau  et  très 
compliqués.  La  Compagnie  d'Ansonia  devait  fournir  tous  les  matériaux  et  faire  tous 
les  travaux.  Il  n'y  avait  dans  le  contrat  aucune  clause  indiquant  où  la  compagnie 
devait  prendre  ses  ouvriers.  Le  fait  est  qu'il  n'était  pas  fait  du  tout  mention  de  la 
main-d'œuvre.  La  Compagnie  Ansonia  envoya,  de  temps  à  autre,  des  ouvriers  qui 
étaient  régulièrement  à  son  service  pour  faire  les  ouvrages  de  chaudronnerie  qu'elle 
avait  entrepris.  A  la  demande  de  cette  compagnie  et  afin  d'obliger  celle-ci,  la  Com- 
pagnie Corby  payait  les  frais  de  déplacement  et  la  pension  des  ouvriers  après  qu'ils 
s'étaient  mis  au  travail,  mais  les  sommes  déboursées  de  ce  chef  étaient  débitées  à  la 
compagnie  américaine.  D'après  le  magistrat  de  police,  la  Compagnie  Ansonia  agis- 
sait comme  l'agent  de  la  Compagnie  Corby  lorsqu'elle  envoyait  ses  ouvriers  faire  les 
ouvrages  que  comportait  le  contrat  qu'elle  avait*  passé.  Le  juge  de  comté  a  prétendu 
qu'il  n'y  avait  rien  dans  la  preuve  justifiant  cette  manière  de  voir,  les  ouvriers  étant 
employés  par  la  Compagnie  Ansonia  et  payés  par  elle.  Il  a  aussi  prétendu  que  la  loi 
ne  défendait  pas  de  passer  un  contrat  avec  une  compagnie  étrangère,  et  que,  dans  l'es- 
pèce, la  Compagnie  Corby  n'avait  pas  à  se  préoccuper  de  la  question  de  savoir  d'oiù 
venait  la  main-d'œuvre.  Si  l'entrepreneur  étranger  viole  la  loi,  qu'on  le  cite  devant 
un  magistrat,  et  s'il  est  prouvé  qu'il  emploie  des  aubains,  ceux-ci  seront  déportés. 
Le  juge  a  aussi  fait  remarquer  que  des  artisans  experts  comme  ceux  qu'il  fallait  pour 
faire  les  ouvrages  que  la  Compagnie  Ansonia  avait  entrepris  ne  pouvaient  être  trou- 
vés nulle  part  au  Canada,  et  que  pour  cette  raison  la  loi  ne  s'appliquait  pas  à  ce  cas- 
là.  Il  cassa  par  conséquent  les  8  condamnations  qui  avaient  été  prononcées  en  ce 
qui  concernait  les  chaudronniers. 

(Le  Roi  contre  la  Compagnie  de  Distilleries  Corby;  30  mars  1907;  Fralick,  juge 
de  comté.,1)' 


158  DEPARTEMENT  DV  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
COMPAGNIE    CONDAMNÉE   À   L'AMENDE   À   BLIND-RIVER,   ONTARIO. 

Une  condamnation  sous  l'empire  du  statut  relatif  aux  aubains  fut  prononcée  le 
26  juin,  à  Blind-River,  Ont.,  contre  la  Spanish  Mills  Company,  par  M.  T.  E.  Williams, 
de  Thessalon,  Ont.,  magistrat  de  police.  Une  poursuite  avait  été  intentée  contre 
cette  compagnie  par  M.  B.  M.  Wylie,  d'Echo-Bay,  Ont.,  et  l'enquête  qui  fut  faite  dé- 
montra qu'une  infraction  à  la  loi  avait  été  commise  le  21  avril  1906,  alors  que  la 
compagnie  avait  payé  d'avance  les  frais  de  déplacement  d'un  ouvrier  étranger  qu'elle 
avait  engagé  par  contrat  pour  travailler  dans  ses  moulins.  Vu  le  long  espace  de 
temps  qui  s'était  écoulé  depuis  que  le  délit  avait  été  commis,  et  étant  donné  que 
c'était  la  première  accusation  de  cette  nature  qui  avait  été  portée  dans  le  district,  M. 
Williams  imposa  le  minimum  de  la  peine,  savoir,  une  amende  de  $50,  plus  les  frais. 
M.  Wylie,  le  dénonciateur,  ayant,  conformément  à  l'article  11  du  statut,  demandé 
qu'on  lui  remît  une  partie  de  l'amende  imposée,  le  ministre  du  Travail  recommanda 
que  la  proportion  maximum  de  50  pour  100,  exigible  dans  les  circonstances,  fût  payée 
à  M.  AVylie,  ce  qui  fut  fait  subséquemment  par  l'entremise  du  département  du  Tra- 
vail. 

(Le  Roi  contre  la  Spanish  Mills  Co.,  26  juin  1907;  T.  E.  Williams,  magistrat  de 
police,  Thessalon.) 


LOI    INAPPLICABLE    A    UNE    INDUSTRIE    NOUVELLE. 


Deux  poursuites  furent  intentées  sous  l'empire  du  même  statut,  au  mois  de  sep- 
tembre, devant  la  cour  des  sessions  spéciales  à  Montréal,  par  M.  Gustave  Francq,  pré- 
sident du  Conseil  des  métiers  et  du  travail  de  Montréal,  et  7  actions  pénales  de  $1,000 
chacune  furent  prises  par  le  même  plaignant  devant  la  cour  Supérieure,  contre  la 
Dominion  Car  and  Foundry  Company  et  ses  fonctionnaires. 

La  compagnie  plaida  que  la  fabrication  de  wagons  d'acier  était  une  industrie 
nouvelle  au  Canada,  et  que  des  ouvriers  experts  pour  cette  industrie  ne  pouvaient  être 
obtenus  dans  notre  pays,  et  que,  par  conséquent,  elle  échappait  aux  dispositions  du 
statut,  obligée  qu'elle  avait  été  de  faire  venir  des  Etats-Unis  des  constructeurs  de  wa- 
gons d'acier  ayant  la  compétence  voulue. 

Après  avoir  pris  l'affaire  en  délibéré,  le  juge  Choquet  donna  raison  à  la  compa- 
gnie. La  fabrication  de  wagons  d'acier  était,  en  effet,  dit-il,  une  industrie  nouvelle 
au  Canada,  et  la  compagnie  avait  annoncé  dans  les  journaux  de  Montréal  et  s'était 
adressé  à  ses  fonctionnaires  pour  obtenir  des  ouvriers  experts  en  la  matière,  mais  elle 
n'avait  pu  en  trouver.  Le  savant  juge  fit  remarquer  que  la  loi  défendait,  il  est  vrai, 
l'importation  et  l'emploi  d'étrangers,  afin  de  protéger  les  ouvriers  canadiens,  mais 
que  son  application  ne  devait  pas  être  étendue  au  point  de  gêner  aucune  industrie 
nouvelle  établie  au  Canada  et  exigeant  l'emploi  d'artisans  experts,  et  il  n'avait  pas 
été  prouvé  qu'aucun  ouvrier  canadien  versé  dans  ce  genre  de  travail  avait  été  empê- 
ché d'obtenir  de  l'ouvrage. 

(Francq  contre  la  Dominion  Car  and  Foundry  Co.,  25  septembre  1907;  Choquet, 
juge.) 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  159 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

CAS  où  l'on  n'avait  donné  à  un  ouvrier  étranger  aucune  garantie  qu'il  aurait  de 

l'ouvrage. 

M.  Fred.  Armstrong  fut  accusé  devant  la  cour  de  police,  à  Toronto,  d'avoir  en- 
freint la  loi  en  faisant  venir  B.  M.  Johnson,  de  Philadelphie,  à  Toronto,  dans  le  but 
de  le  faire  travailler  pour  le  compte  de  la  maison  W.  J.  McGuire,  qui  avait  besoin 
d'ouvriers,  vu  la  grève  des  plombiers.  Le  jeune  homme  fut  engagj  par  un  agent  aux 
Etats-Unis  et  on  lui  paya  ses  frais  de  transport  au  Canada. , 

L'avocat  d' Armstrong  admit  que  la  loi  défendait  de  faire  venir  au  Canada  des 
ouvriers  étrangers  engagés  par  contrat,  mais  il  produisit  un  document  signé  par 
Johnson  et  par  lequel  celui-ci  consentait  à  aller  à  Toronto  sans  qu'on  lui  garantit 
qu'il  aurait  de  l'ouvrage.  Le  document  se  lisait  comme  suit:  "En  réponse  à  une 
annonce,  l'on  me  fit  savoir  qu'il  y  avait  une  grève  parmi  les  plombiers  et  les  poseurs 
d'appareils  à  vapeur  dans  la  ville  de  Toronto,  Canada,  et  que  je  pourrais  obtenir  de 
l'ouvrage  en  m'adressant  à  l'Association  des  Patrons,  à  cet  endroit,  mais  qu'il  ne  se- 
rait fait  avec  moi  aucun  contrat  par  lequel  l'on  me  garantirait  que  j'aurais  de  l'ou- 
vrage. Comme  je  suis  sans  ressources,  l'on  m'a  avancé  mes  frais  de  déplacement; 
mais  je  quitte  cette  ville  de  mon  propre  mouvement,  dans  le  but  de  chercher  de  l'ou- 
vrage ". 

Sur  production  de  ce  document  et  comme  il  était  évident  qu'aucun  contrat  d'en- 
gagement n'avait  été  passé  avant  le  départ  de  cet  ouvrier  des  Etats-Unis,  le  magis- 
trat de  police  débouta  le  demandeur  .  de  sa  poursuite,  vu  qu'il  n'y  avait  aucun  contrat 
d'engagement,  explicite  ou  implicite,  et  que  par  conséquent  le  statut  ne  s'appliquait 
pas  à  ce  cas-là. 

(Le  Koi  contre  Armstrong;  27  septembre  1907;  Denison,  magistrat  de  police.) 

QUESTION  DE  SAVOIR  SI  LE  CONTRAT  QUI  AVAIT  ÉTÉ  PASSÉ  ÉTAIT  LEGAL  OU  NON. 

Un  ouvrier  du  nom  de  Glaistal  intenta  une  action  au  montant  de  $54  contre  la 
Consolidated  Chah  Company  devant  la  cour  de  comté,  à  Toronto.  Le  demandeur,  au 
cours  de  sa  déposition,  déclara  qu'il  avait  été  engagé  à  New- York  par  la  compagnie 
pour  un  an  à  raison  de  $18  par  semaine;  qu'on  l'avait  fait  venir  au  Canada  et  qu'a- 
près avoir  travaillé  pour  la  compagnie  pendant  quelque  temps,  il  avait  été  congédié. 
La  compagnie,  tout  en  niant  que  le  défendeur  eût  été  engagé  à  New-York,  fit  remar- 
quer que,  en  supposant  que  ce  que  disait  le  demandeur  fût  vrai,  le  contrat  en  vertu 
duquel  la  poursuite  était  basée  était  illégal  d'après  la  loi  relative  aux  aubains.  Après 
quelques  pourparlers,  au  cours  desquels  l'avocat  de  la  compagnie  déclara  qu'il  avait 
offert  $30  au  demandeur,  somme  que  ce  dernier  avait  refusé  d'accepter,  dans  l'espoir 
qu'il  obtiendrait  la  moitié  de  l'amende  qui  serait  imposée  à  la  suite  de  la  poursuite 
qu'il  se  proposait  d'intenter  contre  la  compagnie  devant  la  cour  de  police  pour  infrac- 
tion au  statut,  l'affaire  fut  réglée  par  l'acceptation  de  la  part  du  demandeur  des  $30 
qui  lui  avaient  été  offert*. 

(Glaistal  contre  Consolidated  Chah  Co.j  8  février  1908;  Morson,  juge.) 


160  DEPARTEMENT  DO  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XIII.-- GREVES  ET  CONTRE-GREVES  SURVENUES  AU  CANADA  PEN- 
DANT L'ANNEE  1907,  AVEC  STATISTIQUES  COMPARATIVES 
POUR  LES  ANNEES  1901  A  1907  INCLUSIVEMENT. 

Durant  l'année  1907,  151  conflits  industriels  se  sont  produits  au  Canada,  soit  une 
augmentation  de  12  comparativement  à  l'année  1906.  Cinq  de  ces  conflits  avaient 
pris  naissance  l'année  précédente.  Il  y  a  17  conflits  de  plus  qu'en  1905  et  47  de  plus 
qu'en  1904.  Il  y  en  a  eu  moins,  cependant,  qu'en  1903,  année  où  160  grèves  et  contre- 
grèves  sont  survenues  au  Canada,  le  plus  grand  nombre  qui  ait  été  signalé  au  dépar- 
tement du  Travail. 

Bien  que  le  nombre  des  grèves  et  des  contre-grèves  ait  été  plus  considérable 
qu'en  aucune  des  trois  années  précédentes,  les  conséquences  qui  en  sont  résultées  ont 
été  moins  sérieuses  pour  le  public  en  général,  et  aucun  acte  de  violence  n'a  été  signalé 
au  cours  des  grèves  et  des  contre-grèves  qui  sont  survenues  durant  l'année.  Un  con- 
flit seulement  (une  grève  des  mineurs  à  Springhill,  N.-E.,  qui  dura  3  mois)  a  .produit 
des  effets  qui  se  sont  fait  sentir  en  dehors  de  la  localité  directement  affectée,  la  sus- 
pension des  opérations  dans  ce  cas-là  ayant  causé  une  disette  temporaire  de  houille 
dans  les  Provinces  maritimes. 

En  sus  du  conflit  qui  éclata  à  Springhill,  N.-E.,  il  y  eut  deux  autres  grèves,  une 
clans  la  région  méridionale  de  l'Alberta  et  la  Colombie-Britannique,  et  l'autre  à 
Cobalt,  Ontario.  La  première  de  ces  grèves,  qui  commença  le  16  avril  et  dans  laquelle 
étaient  intéressés  7  compagnies  et  environ  3,450  ouvriers,  se  termina  le  7  mai,  alors 
que  les  différends  qui  y  avaient  donné  lieu  et  qui  portaient  sur  la  question  des  sa- 
laires et  des  heures  de  travail  furent  réglés  par  la  médiation  du  sous-ministre  du  Tra- 
vail. Les  ouvriers  employés  dans  les  mines  d'argent  de  Cobalt,  Ontario,  se  mirent  en 
grève  le  8  juillet  à  cause  du  refus  des  patrons  d'augmenter  leurs  salaires  et  de  leur 
faire  certaines  concessions  en  vue  d'alléger  leur  labeur.  Cette  grève  affecta  tout 
d'abord  environ  30  compagnies  et  3,000  mineurs.  Des  arrangements  à  l'amiable 
furent  faits,  cependant,  au  bout  de  peu  de  temps  avec  la  plupart  des  compagnies,  et 
plusieurs  des  grévistes  se  remirent  à  l'ouvrage.  Les  autres  patrons  remplacèrent 
graduellement  les  grévistes  par  d'autres  mineurs,  et  au  mois  de  septembre  tout  était 
rentré  dans  l'ordre. 

Les  travaux  de  construction  furent  entravés  à  Toronto,  Ontario,  par  suite  d'une 
grève  générale  des  plombiers,  qui  commença  le  15  mai  et  dans  laquelle  environ 
500  employés  et  104  constructeurs  étaient  intéressés.  Des  arrangements  à  l'amiable 
furent  presque  immédiatement  faits  avec  tous  les  constructeurs  importants,  à  l'excep- 
tion de  6,  qui  remplacèrent  les  grévistes  par  d'autres  ouvriers.  Bien  que  ce  conflit 
n'ait  pas  formellement  pris  fin  durant  l'année,  au  mois  de  novembre  les  choses  en 
étaient  revenues  à  leur  état  normal.  Une  grève  générale  des  menuisiers,  dans  laquelle 
étaient  intéressés  environ  900  ouvriers,  interrompit  le  bâtiment,  à  Vancouver,  C.-B., 
du  1er  avril  au  4  mai.  Cette  grève  eut  pour  origine  une  demande  d'augmentation  de 
salaires  et  se  termina  par  un  compromis.     A  Ottawa,  Ontario,  les  travaux  de  cons- 


L'APPORT  DU  SOUS-MINISTRE  161 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

truction  furent  retardés  du  1er  au  27  mai  par  une  grève  de  550  maçons  en  pierre  et 
en  brique,  qui  exigeaient  une  augmentation  de  salaire.  Un  compromis  fut  affectué 
à  la  suite  de  négociations  entre  les  parties  intéressées.  Une  grève  de  maçons  en  bri- 
que éclata  aussi  à  Winnipeg,  Manitoba;  cette  grève,  dans  laquelle  étaient  intéressés 
1,100  maçons,  dura  du  1er  au  22  juillet,  les  patrons  et  les  employés  ayant  fini  par  en 
venir  à  une  entente  relativement  aux  salaires  et  aux  heures  de  travail. 

Le  principal  conflit  dans  les  industries  se  rattachant  à  la  fabrication  des  objets  en 
métal  a  été  la  grève  de  750  machinistes  employés  par  50  propriétaires  d'usines  à 
Toronto,  Ont.,  qui  commença  le  8  juin.  A  la  fin  de  ce  mois-là,  à  peu  près  350  gré- 
vistes avaient  repris  leurs  postes,  leur  demande  pour  une  réduction  dans  le  nombre 
des  heures  de  travail  ayant  été  accordée.  Deux  mois  après,  les  autres  patrons,  à 
l'exception  de  G,  avaient  fait  à  leurs  ouvriers  la  même  concession.  Au  mois  de  sep- 
tembre, les  patrons  qui  avaient  refusé  de  faire  droit  à  la  demande  de  leurs  employés 
pour  le  raccourcissement  de  la  journée  de  travail  annoncèrent  qu'ils  avaient  rem- 
placé les  grévistes  par  d'autres  ouvriers.  Une  grève  de  189  chaudronniers  et  aides- 
ehaudi'Dnniers,  qui  exigeaient  une  augmentation  de  salaires,  causa  la  suspension  de 
tous  les  travaux  de  construction  d'une  cale  de  radoub  à  Halifax,  .-E.,  à  partir  du  25 
septembre  jusqu'à  la  fin  de  l'année. 

Le  principal  conflit  dans  la  tisseranderie  a  été  la  grève  de  2,200  ouvriers  employés 
dans  les  filatures  de  coton  à  Valleyfield,  P.Q.,  qui  cessèrent  de  travailler  le  14  d'août, 
leur  demande  pour  une  augmentation  de  salaires  ayant  été  rejetée.  Le  24  d'août, 
un  compromis  fut  effectué  par  la  médiation  du  secrétaire  du  ministère  du  Travail, 
M.  F.  A.  Ackland. 

Dans  les  industries  de  transport,  il  y  a  eu  deux  grèves  de  débardeurs,  une  à 
Montréal  et  l'autre  à  Halifax.  Ces  deux  conflits,  qui  portaient  sur  une  question  de 
salaires,  ont  été  réglés  grâce  à  l'intervention  des  fonctionnaires  du  ministère  du 
Travail  et  à  la  mise  en  application  de  la  loi  relative  aux  différends  industriels  adoptée 
au  mois  de  mars  1907. 

La  grève  qui  eut  lieu  à  Montréal  et  dans  laquelle  environ  1,600  débardeurs  et  17 
compagnies  d'armateurs  étaient  intéressés,  dura  du  13  au  21  mai.  L'affaire  fut  réglée 
par  conciliation  sous  l'empire  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  indus- 
triel^,  1907,  l'on  reconnut  que  les  griefs  des  employés  étaient  fondés.  La  grève  des 
débardeurs  à  Saint-Jean,  N.-B.,  dans  laquelle  environ  1,000  ouvriers  étaient  intéressés, 
dura  du  22  novembre  au  4  décembre,  alors  que  les  parties  en  sont  venus  à  une  entente 
à  la  suite  de  négociations. 

IMPORTANCE   DES   GREVES. 

L'année  dernière,  il  y  a  eu  proportionnellement  plus  de  grèves  au  Canada  qu'en 
aucune  des  6  années  précédentes,  leur  nombre  ayant  été  de  13,  affectant  1,000  per- 
sonnes ou  plus,  sur  146  différends  survenus  durant  l'année,  comparativement  à  6  sur 
104  en  1901,  2  sur  ,123  en  1902,  10  sur  160  en  1903,  5  sur  103  en  1904,  4  sur  87  en 
1905  et  5  sur  138  en  1906.  Dans  chacune  des  87  grèves  il  y  avait  moins  de  100  em- 
ployés qui  y  étaient  intéressés. 

Le  nombre  des  employés  affectés  par  les  grèves  qui  ont  eu  lieu  durant  l'année 
1907  a  été  de  34,972,  comparativement  à  26,014  en  yl906,  16,329  en  1905  et  15,665  en 
1904.  Environ  820  compagnies  ou  établissements  étaient  intéressés  dans  ces  grèves, 
comparativement  à  1,043  en  1906. 

36—11 


162  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
PERTE   DE    TEMPS    EN    JOURS    D'OUVRAGE. 

Quoiqu'il  ne  soit  pas  possible  d'établir  une  statistique  exacte,  en  raison  de  la 
complexité  de  quelques-uns  des  différends,  comme,  par  exemple,  lorsque  les  employés 
retournent  à  l'ouvrage  individuellement  à  intervalles  irréguliers,  ou  abandonnent  la 
lutte  en  cherchant  de  l'ouvrage  dans  d'autres  endroits,  une  estimation  approximative 
démontre  que  613,986  jours  ouvriers  ont  été  perdus  en  1907  par  suite  de  différends 
industriels.  La  plus  grande  perte  de  temps  a  eu  lieu  au  mois  d'août,  alors  qu'on  a 
perdu  99,860  journées  d'ouvrage.  La  perte  de  temps  pour  1906  est  représentée,  ap- 
proximativement, par  490,400  jours  ouvriers;  en  1905  elle  a  été  estimée  à  284,140 
jours,  et  en  1904,  à  278,956. 

INDUSTRIES  AFFECTÉES  PAR  LES  CONFLITS  INDUSTRIELS. 

Comme  toutes  les  années  précédentes  depuis  1901,  à  l'exception  de  1902,  les  con- 
flits industriels  ont  été  plus  nombreux  dans  l'industrie  du  bâtiment  que  dans  toute 
autre  industrie,  soit  45  grèves  ou  contre-grèves  sur  un  total  de  146.  Viennent  ensuite 
l'industrie  de  la  fabrication  des  objets  en  métal  et  celle  des  confections,  dans  cha- 
cune desquelles  il  y  a  eu  17  grèves.  Dans  l'industrie  minière  il  y  a  eu  14  grèves,  et 
dans  l'industrie  du  transport  il  y  en  a  eu  aussi  14.  Aucune  grève  n'a  été  signalée 
dans  l'industrie  agricole,  et  une  grève  seulement  est  survenue  dans  les  industries  se 
rattachant  à  la  fabrication  des  conserves  alimentaires  et  du  tabac. 

LOCALITÉS    AFFECTÉES   PAR    LES  /CONFLITS    INDUSTRIELS. 

Sur  les  146  grèves  et  contre-grèves  qui  ont  eu  lieu  en  1907,  71  se  sont  produites 
dans  la  province  d'Ontario,  soit  près  de  la  moitié  du  nombre  total.  Il  y  a  eu  29 
grèves  et  contre-grèves  dans  la  province  de  Québec,  12  dans  la  Nouvelle-Ecosse  et  11 
dans  la  Colombie-Britannique.  Aucune  grève  ou  contre-grève  n'a  été  signalée  dans 
l'Ile-du-Prince-Edouard,  et  une  grève  seulement  est  survenue  dans  la  province  de 
Saskatchewan.  Au  cours  des  7  années  pendant  lesquelles  le  ministère  du  Travail  a 
compilé  des  statistiques  relativement  aux  conflits  industriels,  il  y  a  eu  417  grèves  et 
contre-grèves  dans  la  province  d'Ontario  sur  un  total  de  861  pour  tout  le  Canada, 
et  pendant  la  même  période  de  temps  il  y  en  a  eu  187  dans  la  province  de  Québec. 

CAUSES  DES  CONFLITS  INDUSTRIELS. 

La  question  des  salaires  a  été  la  cause  de  87  grèves  en  1907;  dans  65  cas  c'est 
là  la  seule  question  qui  ait  été  soulevée.  Trois  grèves  seulement  ont  eu  lieu  parce 
que  les  salaires  avaient  été  réduits.  L'affiliation  des  employés  aux  unions  ouvrières  a 
donné  lieu  à  29  grèves;  dans  18  cas  les  ouvriers  s'opposaient  à  l'emploi  de  non-union- 
istes. La  question  des  heures  de  travail  a  été  la  cause  de  24  grèves;  dans  11  cas  l'on 
exigeait  une  diminution  du  nombre  des  heures  de  travail,  et  dans  2  autres  cas  l'on 
s'opposait,  à  ce  que  le  nombre  des  heures  de  travail  fût  augmenté.  Deux  grèves  de 
solidarité  seulement  ont  eu  lieu. 

MODES   DE  RÈGLEMENT. 

Sur  les  151  conflits  industriels  ,survenus  pendant  l'année  1907,  6Q  ont  été  réglés 
à  la  suite  de  négociations  entre  les  parties  intéressées.  Dans  26  cas,  les  patrons  ont 
pu  remplacer  les  grévistes  par  d'autres  ouvriers,  et  dans  26  autres  cas  les  grévistes  se 
sont  remis  à  travailler  aux  conditions  posées  par  les  patrons.     Dans  4  cas  les  diffé- 

*  On  ne  parle  là  que  des  différends  qui  ont  pour  résultat  une  grève  ou  une  contre- 
grève  ;  ce  chiffre  ne  comprend  pas,  par  exemple ,  les  différends  qui  ont  été  soumis  à  des  com- 
missions d'arbitres  sous  le  régime  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  indus- 
triels et  qui  ont  été  réglés  à  l'amiable  sous  l'empire  de  cette  loi,  les  grèves  ou  contre- 
grèves  qui  étaient  imminentes  ayant  été  ainsi    conjurées. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  163 

CCC.  PARLEMENTAIRE  Ko  35 

rends  ont  été  soumis  à  des  commissions  d'arbitres,  et  dans  7  cas  ils  ont  été  réglés  par 
la  conciliation.  La  loi  dflë  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  qui 
est  entrée  en  vigueur  le  22  mars,  a  beaucoup  contribué,  directement  ou  indirecte- 
ment, à  mettre  fin  à  6  grèvps  à  ces  conditions  satisfaisantes  pour  les  deux  parties  et 
à  amener  un  règlement  à  l'amiable  des  différends  dans  de  nombreux  cas  où  il  y  aurait 
eu  autrement,  selon  toute  probabilité,  une  grève  ou  une  contre-grève. 

Durant  les  années  1901  à  1907,  inclusivement,  sur  873  différends  industriels, 
416  ont  été  réglés  à  la  suite  de  négociations  entre  les  parties  intéressées,  148  par  l'ac- 
ceptation de  la  part  des  grévistes  des  conditions  posées  par  le  patron,  118  par  le  rem- 
placement des  employés  qui  s'étaient  mis  en  grève,  44  par  la  conciliation  et  28  par 
arbitrage. 

RÉSULTATS    DES    DIFFICULTES. 

Des  151  difficultés  ouvrières  qui  existaient  en  1907,  57  ont  été  réglées  en  faveur 
des  patrons,  33  en  faveur  des  employés,  et  39  par  concessions  de  part  et  d'autre.  Dans 
trois  cas,  les  employés  ont  gagné  leur  cause  en  partie;  quelques  patrons  se  sont  ren- 
dus aux  réclamations  des  ouvriers,  alors  que  d'autres  ont  refusé  d'accéder  à  leurs  de- 
mandes. Dans  trois  autres  cas  les  patrons  n'étaient  pas  directement  intéressés,  car 
les  points  en  litige  ne  concernaient  que  différentes  catégories  d'ouvriers.  Parmi  les 
1C  difficultés  qui  restaient,  4  existaient  à  la  fin  de  l'année,  et  12  se  sont  terminées  sans 
résultats  définitifs,  à  savoir:  l'extinction  de  la  cause  qui  avait  donné  origine  à  la  diffi- 
culté, ou  emploi  fourni  ailleurs  aux  ouvriers  qui  s'y  trouvaient  impliqués. 

Des  845  difficultés  ouvrières  qui  ont  existé  durant  les  sept  années  dernières,  294 
ent  été  réglées  en  faveur  des  patrons,  252  en  faveur  des  ouvriers  et  206  par  compro- 
mis.   Les  ouvriers  ont  eu  gain  de  cause  partiel  en  quinze  cas. 

RÉSULTATS    DES    DIFFICULTÉS    CLASSIFIÉES    DIAPRES    LEURS    CATÉGORIES. 

Une  classification  des  résultats  des  difficultés  ouvrières,  selon  leurs  causes,  dé- 
montre que,  sur  65  qui  ont  eu  pour  seul  motif  une  demande  de  gages  plus  élevés,  17 
ont  été  réglées  en  faveur  des  patrons,  20  en  faveur  des  ouvriers,  et  22  autres  après 
concessions  de  part  et  d'autre.  De  celles  qui  restaient,  deux  n'étaient  pas  résolues  à 
l'expiration  de  l'année,  et  la  solution  de  quatre  autres  n'étaient  pas  définitive  ou  res- 
tait inconnue.  Dans  toutes  les  difficultés  concernant  les  gages  ou  les  heures  de  tra- 
vail, les  patrons  ont  eu  gain  de  cause  en  30  cas  et  les  employés  28  fois,  et  36  ont 
été  réglées  sur  concessions  de  part  et  d'autre.  Parmi  25  difficultés  ouvrières  où  l'in- 
gérence de  l'unionisme  ouvrier  était  un  des  agents,  les  patrons  ont  eu  raison  18  fois 
et  les  ouvriers  2  fois;  en  deux  autres  cas  les  différends  ont  été  réglées  par  compro- 
mis. Les  patrons  n'étaient  pas  directement  intéressés  dans  les  trois  difficultés  qui  res- 
taient. Durant  l'année  deux  grèves  seulement,  par  sympathie,  ont  eu  lieu,  et  dans  les 
deux  cas  les  patrons  ont  gagné  leur  cause. 

Dans  les  tableaux  et  les  cartes  qui  suivent  sont  indiquées  les  difficultés  ouvrières 
de  1907,  avec  comparaisons  statistiques  des  sept  dernières  années,  classifiées  sous  diffé- 
rents titres. 

Le  tableau  suivant  renferme  une  liste  de  toutes  les  difficultés  ouvrières  du  Ca- 
nada durant  Panne  1907;  cette  liste  est  arrangée  selon  les  industries  et  les  métiers, 
elle  indique  pour  chaque  difficulté  l'occupation  des  ouvriers  qui  y  étaient'  concernés, 
les  localités  où  ces  différends  ont  existé,  leurs  causes  principales,  leur  mode  de  règle- 
ment, leur  résultat  soit  en  faveur  des  patrons,  soit  en  faveur  des  ouvriers,  soit  par 
compromis,  la  date  de  leur  commencement  ou  de  leur  fin,  le  nombre  approximatif  des 
établissements  et  des  ouvriers  y  compris,  et  la  perte  approximative  de  temps  en  jours 
de  travail,  en  autant  qu'il  a  été  possible  de  le  savoir. 

36—111 


164 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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172 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
NOMBRE  ET  IMPORTANCE  DES   DIFFICULTÉS   OUVRIÈRES. 

Le  tableau  qui  suit  indique  par  mois  le  nombre  et  l'importance  des  difficultés  ou- 
vrières qui  ont  commencé  durant  l'année  civile. 

Dépau  '     e    r  du  Travail, 
Tableaux  statistiques  VIII,  série  R.,  n°  17. 
TABLEAUX  INDIQUANT  L'IMPORTANCE  DES  DIFFICULTES  OUVRIÈRES  AU  CANADA, 
DURANT  L'ANNÉE  CIVILE  1907,  CLASSIFIÉES  PAR  MOIS  SELON  LE  NOMBRE 
D'EMPLOYÉS  Y  COMPRIS. 


Importance. 

Nombre  des  difficultés. 

Jan. 

Fév. 

Mars 

Avril. 

Mai. 

Juin. 

|        ! 

.Juil.     Août    Sept. 

1            i 

Oct. 

Nov. 

Dec. 

Total. 

2,000  et  plus 

1 
2 
1 

1 
2 
2 
6 
5 
7 
1 

"i 

3 

"Y 

7 
6 
5 
5 

2 

3 

3 
2 
2 
4 
3 
3 

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1            1  ' 

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2 

1 

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1 

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3 

1,000  à  2,000... 
500  à  1,000  . . 

1 

1 

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7 

3'JO  à       500    . 

2 

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2 

*2 

1 

9 

200  à      300  . . 

100  à       200  . . 

50  à      100  . . 

25  à        50  . . 

0  à         25  . . 

Inconnue  

..... 
1 

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3 
3 

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7 

1 

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2  j         2 

7 
18 
28 
28 
31 

5 

Total 

8 

3 

8 

28 

31          20 

15  |       12           8 

7 

3 

3 

146 

Le  diagramme  n°  1,  en  regard  de  la  page  176,  donne  un  aperçu  des  variations 
d'un  mois  à  l'autre  du  nombre  de  personnes  impliquées  dans  les  difficultés  ouvrières 
durant  chaque  année  de  1901  à  1907  inclusivement. 

Le  tableau  qui  suit  indique  l'importance  des  difficultés  ouvrières  qui  ont  existé 
durant  chacune  des  sept  dernières  années,  selon  le  nombre  de  personnes  qui  y  ont  été 

impliquées: — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques  VIII,  série  R.,  n°  18. 
TABLEAU  INDIQUANT  L'IMPORTANCE  DES  DIFFICULTÉS  OUVRIÈRES  AU  CANADA, 
SELON  LE  NOMBRE  DE  PERSONNES  QUI  Y  ÉTAIENT  IMPLIQUÉES  DURANT  LES 
ANNÉES  1901,  1902,  1903,  1904,  1905,  1906  ET  1907. 


Importance. 

Année. 

1901 

1902 

1903 

1904 

1905 

1906 

1907 

2,000  et  plus 

1,000  à  2, 000 

3 

3 

5 

5 

4 

4 

14 

24 

31 

11 

2 

1 

8 

7 

*15 

21 

28 

37 

4 

5 

5 
10 

9 

18 
23 
19 
34 
36 

1 

2 

3 

2 

9 

2 

10 

15 

23 

35 

2 

4' 

5 
4 
4 
15 
17 
17 
21 

1 

4 

6 

6 

15 

13 

29 

32 

30 

1 

3 

10 

500  à  1,000 

300  à   .500  

200  à    300 

100  à     200 

50  à     100 

25  à       50 

7 
9 
7 

18 
28 
28 

6  à       25 

31 

Inconnue 

5 

Total   

104 

123 

160 

103 

87 

138 

146 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  173 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Le  tableati  suivant  indique  le  nombre  approximatif  d'employés  impliques  dans  les 
difficultés  ouvrières  durant  chaque  mois  de  1907: — 

DÉPARTEMENT  DU  TRAVAIL,   CANADA, 

Tableaux  statistiques  VIII,  série  R.,  n°  19. 
NOMBRE  TOTAL  D'EMPLOYÉS  IMPLIQUÉS  DANS  LES  DIFFICULTÉS  OUVRIÈRES  W 
CANADA  QUI  ONT  COMMENCÉ  DURANT  L ANNÉE  1907. 


Mois. 

Directe- 
ment. 

Indirecte- 
ment. 

Total. 

Janvier 

867 
1,035 
1,208 
7,218 
5,002 
3,534 
4,048 
3,507 

670 
1,437 
1,058 

277 

3 

35" 

1,427 

295 
406 
700 
784 
300 
1.161 

870 
1,035 

Mars     

1,243 

Avril 

Mai 

8,645 

5,297 
3,940 

4,748 
4,291 

Juillet 

Août 

Septembre 

970 

Octobre     

Novembre 

Décembre 

2,598 

],058 

277 

Total 

29,861 

5,111 

34,972 

Les  chiffres  donnés  ci-dessus  montrent  que  c'était  durant  le  mois  d'avril  que  le 
plus  grand  nombre  d'employés  ont  été  impliques  dans  les  difficultés  ouvrières;  vien- 
nent ensuite  les  mois  de  mai,  juillet  et  août  respectivement. 

Le  tableau  suivant  indique  approximativement  le  nombre  de  raisons  sociales  ou 
d'établissements  affectés  par  les  difficultés  ouvrières  durant  l'année: — 

DÉP\RTEMENT   DU   TRAVAIL,    CANADA, 

Tableaux  statistiques  VIII,  série  R.,  n°  19. 
NOMBRE  APPROXIMATIF  DE  RAISONS  SOCIALES  OU  D  ÉTABLISSEMENTS  AFFECTES 
PAR  LES  DIFFICULTÉS  OUVRIÈRES  AU  CANADA  QUI  ONT  COMMENCÉ  DURANT 
L  ANNÉE  1907. 


Mois. 

Nombre  de  fois  affectés. 

Total. 

Directe- 
ment. 

Indirecte- 
ment. 

Janvier   . 

19 

3 

12 

174 

321 

79 

109 

14 

18 

20 

lt 

3 

19 

Février 

3 

Mars 

12 

Avril 

Mai 

10 
6 

1S4 
327 

Juin 

79 

Juillet 

17 

1 

'  126 

Août 

15 

Septembre 

Octobre 

18 
20 

Novembre 

14 

Decen  bre 

3 

Total 

786 

34 

820 

Comme  on  peut  le  constater,  c'est  pendant  le  mois  de  mai  que  l'on  compte  le 
plus  grand  nombre  d'employés  impliqués,  les  mois  qui  viennent  ensuite  sont  avril  et 
juillet. 


174 


DEPARTEMENT  1)1    TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
DIFFICULTÉS    PAR    MOIS. 

Comme  le  démontrent  les  tableaux  qui  précèdent,  c'est  pendant  le  mois  de  mai 
qu'on  constate 'le  plus  grand  nombre  de  difficultés  ouvrières,  puis  suivent  les  mois 
d'avril  et  de  juin,  second  et  troisième  respectivement.  Le  tableau  qui  suit  indique 
que  durant  les  sept  dernières  années  c'était  l'ordre  de  fréquence. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques  VIII,  série  E.,  n°    21. 

TABLEAU    INDIQUANT   LES    DIFFICULTÉS   OUVRIÈRES    AU   CANADA,    PAR  MOIS, 
DURANT  LES  ANNÉES  1901,  1902,  1903,  1904,  1905,  1900  ET  1907. 


Mois. 

Nombre  de  difficultés. 

1901 

1902 

1903 

1904 

1905 

1996 

1907 

Total. 

7 

3 

13 

12 

23 
14 
5 
5 
5 
7 
3 

104 

8 

5 

12 

20 

27 

18 

7 

6 

9 

4 

7 

6 

12 

22 

23 

29 

23 

15 

11 

7 

6 

3 

3 

9 
5 
9 

20 
23 
9 
6 
6 
3 
8 
2 
3 

G 

4 

6 

8 

11 

12 

13 

8 

9 

3 

3 

4 

12 
6 
8 

13 

28 

14 

8 

17 

15 

3 

12 

2 

8 

3 

H 

28 

31 

20 

15 

12 

8 

7 

3 

3 

56 

Février 

38 

Mars 

Avril  

Mai 

Juin 

78 
124 
156 
119 

Juillet 

78 

Août 

65 

Septembre 

56 

Octobre 

36 

37 

Décembre 

18 

Total 

123 

160 

103 

87 

138 

146 

861 

Le  diagramme  n°  2  qui  suit  la  page  176  indique  la  variation  du  nombre  total  des 
difficultés  qui  ont  existé  d'un  mois  à  l'autre  durant  les  années  de  1901  à  1907  inclu- 
sivement. 

NOMBRE  DE  DIFFICULTES  SELON   LES   INDUSTRIES   ET   LES   METIERS   AFFECTES. 

Le  tableau  suivant  indique  le  nombre  de  difficultés  ouvrières  dans  les  diverses 
industries  et  métiers  par  mois  durant  l'année  1907: — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  22. 
TABLEAU   INDIQUANT   LES   DIFFICULTES   INDUSTRIELLES   PAR   INDUSTRIES   ET 
METIERS,  AU  CANADA,  DURANT  L'ANNEE  1907. 


Nombre  de  disputes. 

Métiers. 

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1-3 

1 

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0 

4 

Total. 

Agriculture 

Pêche 

1 
1 
1 

3 
3 

"2 

1 

1 

Bois 

1 
1 

16 
3 

ï 

1 
1 

3 

Mines 

i 

i 

2 

1 

4 

10 
2 

1 
1 

1 

2 
3 
1 
1 
1 
3 

1 

2 

2 

14 

Bâtiment 

1 
2 

1 

1 

45 

Métaux  et  construction  de  navires 

17 

Travail  du  bois 

i 

3 

Tissus 

2 
1 

"3 

"2 

6 

Habillement 

3 

1 

17 

Préparat'n  des  denrées  alimen.  et  du  tabac 

1 

Cuir 

2 

1 

2 

5 

Imprimerie  et  reliure 

1 

2 

Transport . 

Journaliers 

1 

3 
3 

1 

28 

7 

1 

31 

6 

1 
1 

20 

1 

18 

1 

7 

Divers 

1 

8 

1 

1 

1 

7 

3 

8 

Total   

15 

12 

8 

7 

3 

3 

146 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


175 


Le  tableau  suivant  indique  approximativement  le  nombre  d'employés  affectés  par 
les  difficultés  ouvrières  durant  1907,  selon  leurs  métiers  et  leurs  industries  respec- 
tives. 

MlNISTÈRB    DU    TRAVAIL,    CANADA, 

Tableaux  statistiques,  VIII,  11.  A.  n°  23. 
DIFFICULTES  OUVRIERES  DURANT  1907,  SELON  LES  INDUSTRIES  ET  LES  METIERS. 


Industrie  ou  métier. 

Nombre  approximaxif  d'employés. 

Pêche 

Bois 

125 
453 

13,150 

Bâtiment 

5,588 

Métaux 

2,282 

Travail  de  bois  ....    

274 

Tissus  

3,397 

2,278 

47 

Cuir 

316 

Transport  général 

4,237 

Di  vers 

834 

Journaliers 

2,053. 

Total 

35,034 

De  ce  qui  précède,  on  peut  voir  que  le  plus  grand  nombre  d'employés  impliqués 
dans  les  difficultés  des  métiers  ou  des  industries  se  trouvait  parmi  les  mineurs,  au 
chiffre  de  13,150  hommes.  Les  métiers  du  bâtiment  viennent  en  second  lieu  avec 
5,588  impliqués,  et  l'industrie  du  transport  général  vient  en  troisième  lieu,  4,237  per- 
sonnes y  étant  impliquées. 

Dans  le  tableau  suivant  on  fait  une  comparaison  du  nombre  des  difficultés  ou- 
vrières durant  les  sept  dernières  années,  compilées  selon  les  industries  et  les  métiers. 
On  voit  que  sur  un  nombre  de  861  difficultés,  208  sont  dues  aux  métiers  du  bâtiment, 
138  aux  métiers  des  métaux  et  79  à  ceux  de  l'habillement. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  24. 

TABLEAU  INDIQUANT  LES  DIFFICULTES  INDUSTRIELLES  PAR  INDUSTRIES  ET 
METIERS  AU  CANADA  DURANT  LES  ANNEES  1901,  1902,  1903,  1904,  1905,  1906  ET 
1907. 


Nombre  de  difficultés. 

1901 

1902 

1903 

1904 

1905 

1906 

1907 

Total. 

Agriculture 

2 
19 
13 

2 

1 
11 

4 

"\ 

1 
12 

"2" 
9 

2 

Bâtiment  

Métaux _ 

Travail  et  exploitation  du  bois.  . . 
Tissus 

H 

23 

4 

6 

10 

9 
1 
2 
4 
5 
5 
2 
11 
8 

28 

31 

10 

1 

9 

10 
3 
3 
4 
4 
3 
1 
6 

10 

44 

17 
9 
5 

11 

G 
4 
3 

18 
4 
9 
1 
9 

20 

29 
10 

3 

3 
12 

11 
1 
5 
2 

""è'* 

2 

3 

10 

29 

21 

12 

4 

9 

8 
3 
6 

14 
1 

13 
1 

12 
5 

45 

17 
6 
6 

17 

1 
5 
2 

15 
3 

14 
1 
7 
7 

208 

138 

46 

26 

Habillement 

79 

Préparation    des    substances    ali- 
mentaires et  du  tabac 

49 

Cuir 

17 

Imprimerie  et  reliure 

Transport ... 

Débardeurs 

Mines 

28 
61 
18 
62 

Pêche 

g 

Journaliers 

50 

Divers  

69 

Total 

104 

123 

160 

103 

87 

13S 

146 

861 

176 


DEPARTEMEST  DV   TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

DIFFICULTÉS    PAR    LOCALITES    IMPLIQUEES. 

Le  tableau  suivant  indique  le  nombre  des  difficultés  ouvrières  dans  les  différentes 
provinces  du  Canada,  disposées  suivant  les  mois  dans  lesquels  elles  ont  commencé: — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  25. 
TABLEAU    INDIQUANT    LES    DIFFICULTES    OUVRIERES    AU    CANADA,    PAR    PRO- 
VINCES, DURANT  I/ANNEE  1907. 


Provinces. 

Nombre  de  difficultés 

Oct. 

Nov. 

Dec. 

Jan. 

Fév. 

Mars. 

Avril. 

Mai. 

Juin. 

juin. 

Août. 

Sept. 

Total. 

Nouv. -Ecosse  . . 

1 

1 

1 

1 

3 

2 

1 

2 

12 

Ile  -  du  -  Prince- 

0 

N. -Brunswick. . 
Québec 

1 
2 
3 
1 

1 

1 

1 

5 

15 

2 

8 

18 

2 

"4' 

10 

1 

2 

7 

1 

"4 

4 

1 

""i' 

3 

"i" 

i 

""i" 

3 

1 

1 

"i" 

'"2 

1 

8 
29 

Ontario 

Manitoba 

1 

5 

71 
6 

Saskatchewan. . 

1 

Alberta 

1 

1 
4 

1* 

2 

1 

6 

Colombie-  B  r  i  - 
tamiique 

1 

3 

2 

i 

11 

Plu*  d'une  pro- 
vince  ixnpli 
quée 

U 

2 

Total 

8 

3 

8 

28 

31 

20 

15 

12 

8 

7 

3 

3 

146 

*Cette  difficulté  a  existé  en  Alberta  et  dans  la  Colombie-Britannique.        t  Cette  difficulté  a  existé 
dans  Québec,  Ontario  et  Manitoba. 

Le  nombre  des  difficultés  qui  ont  existé  dans  chaque  province  durant  les  sept 
dernières  années  est  indiqué  ci-dessous,  et  l'on  voit  que,  sur  un  nombre  total  de  861 
difficultés,  417  ont  existé  dans  Ontario  et  187  dans  Québec  : — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques,  VIII,  R.  A.  n°  26. 
TABLEAU  INDIQUANT  LES  DIFFICULTES  OUVRIERES  AU  CANADA,  SUIVANT  LES 
PROVINCES  PENDANT  LES  ANNEES  1901,  1902,  1903,  1904,  1905,  1906  ET  1907. 


Localité. 

Nombre  de  difficultés. 

1901. 

1902. 

1903. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

Total. 

Nouvelle-Ecosse 

5 

12 
2 

7 

20 
65 

8 

7 

7 

7 

11 

12 

61 

Ile-du-Prince  Edouard 

2 

Nouveau-Brunswick 

3 
29 
53 

3 

7 

33 
83 

1 

2 

31 

52 

4 

5 
21 
32 

9 

8 
24 
61 

9 

8 
29 
71 

6 

1 
6 
11 
2§ 

146 

40 

Québec 

Ontario 

187 
417 

Manitoba 

40 

Saskatchewan 

1 

Alberta 

l 

5 
24 

1 
4 

2f 

103 

2 

10 

n 

S7 



13 
12 

138 

28 

Colombia-Britannique       

Plus  d'une  province  impliquée. .  . 

10 
1* 

79 
6 



Total 

104 

123. 

160 

861 

*Cette  difficulté  a  existé  dans  toutes  les  provinces  du  Canada,  à  l'exception  de  l'Ile-du-Prince-Edouard. 
t  La  première  difficulté  a  existé  dans  Ontario,  le  Manitoba,  la  Saskatchewan  et  PAlberta  ;  la  seconde  com- 
prenait les  mêmes  provinces  plus  la  Colombie-Britannique.  X  Cette  difficulté  a  existé  dans  Québec  et 
dans  Ontario.  §  Une  difficulté  a  pris  naissance  dans  Québec,  Ontario  et  le  Manitoba,  et  l'autre  dans 
l'Alberta  et  la  Colombie-Britannique. 


Department  of  Labour,  Canada. 
Statistical  Chabt.VIII,  A.  R.  No.  1 

CHART  SHOWING  BY  MONTH9  NUMBER  OF  EMPLOYEES  INVOLVED  IN  TRADE 
DISPUTES  IN  CANADA  DURING  1901  TO  1907  INCLUSIVE. 


JAN 

FEB.       MARCH 

APRIL 

MAY 

JUNE 

JULY 

AUG. 

SEPT 

0CT 

N0V 

DEC 

15,500 

15,000 

14,500 

14,000 

13,500 

13,000 

12,500 

12,000 

11,500 

11,000 

10,500 

10,000 

9,500 

9,000 

8,500 

8,000 

7,500 

7,000 

6,500 

6,000 

5,500 

5,000 

4,500 

4,000 

3,500 

3,000 

2,500 

2,000 

1,500 

1,000 

500 

0 

|\ 

/\ 

A    \ 

\    \ 

/      V 

f       \ 

/ 

/ 

i   a 

7 

/ 

7 

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\      \ 

xl 

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rm^^^ 

V  \ 

^ 

t 

i 

\ 

1 

~~* 

^^s 

A 

f 

i 1 

i 

1901 


1904 


1902 
1903 


1905 
1906 
1907 


Department  of  Labour,  Canada. 
Statistical  Chart,  VIII,  A.  R.  No.  2 

CHART  SHOWING  THE  NUMBER  OF  TRADE  DISPUTES  BY  MONTHS  IN  CANADA 
DURING  THE  YEARS  1901  TO  1907  INCLUSIVE. 


N9  0F 
DISPUTES 

JAN. 

FEB. 

MARCH 

APRIL 

MAY    i   JUNE 

JULY 

AUG 

SEPT 

OCT 

NOV        DEC 

51 

50 
49 
48 
47 
46 
45 
44 
43 
42 
41 
40 
39 
38 
37 
36 
35 
34 
33 
32 
31 
30 
29 
28 
27 
26 
25 
24 
23 
22 
21 
20 
19 
18 
17 
16 
15 
14 
13 
12 
11 
10 
9 
8 
7 
6 
5 

' 



/     r 

M            \ 

\     \ 

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~~J7Z 

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-^ 

/l 

f^s 

^^V. 

1/  1/  ^ 

j^v^^ 

! 
i 

1901 
1902 
1903 


1904 
1905 
1906 
1907 


Department  of  Labour,  Canada. 
Statistical  Chart,  VIII,  A.  R.  No.  3 

CHART  SHOWING  LOSS  OF  TIME  IN  WORKING  DAYS  THROUGH  TRADE  DISPUTES 
BY  MONTHS  DURING  THE  YEARS  1901  TO  1906. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


177 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

PERTE  DE  TEMPS  EN  JOURS  DE  TRAVAIL. 

Le  tableau  suivant  indique  le  nombre  de  jours  de  travail  calculés  perdus  par  les 

employés  par  suite  des  difficultés  ouvrières  durant  chaque  mois  de  1907: — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques.  VIII,  R.  A.  n°  27. 

TABLEAU  INDIQUANT  LA  PERTE  DE  TEMPS  EN  JOURS  DE  TRAVAIL  POUR  LES 
OUVRIERS,  PAR  SUITE  DES  DIFFICULTES  AU  CANADA,  PAR  MOIS,  EN  1907. 


Mois. 

Perte  en  jours  de  travail 

12,144 

18,876 

Février 

11,106 

89,150 

Mai 

88,675 

58,600 

Juillet 

31,100 

Août 

99,860 

Septembre 

61,075 

Octobre 

63,350 

Novembre 

19,275 

Décembi  e 

10,775 

Total 

613,986 

Le  diagramme  n°  3,  à  la  suite  de  la  page  176,  indique  la  variation  de  mois  en 
mois  du  nombre  des  jours  de  travail  perdus  durant  chacune  des  années  de  1901  à  1907, 
inclusivement. 

Le  tableau  suivant  indique  la  perte  approximative  de  temps  pour  les  employés 
par  suite  des  disputes  ouvrières  durant  l'année,  classifîées  suivant  les  diverses  indus- 
tries et  métiers  où  elles  ont  existé. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  28. 

TABLEAU  INDIQUANT  LA  PERTE  APPROXIMATIVE  DE  TEMPS  POUR  LES  EM- 
PLOYES, PAR  SUITE  DES  DIFFICULTES  OUVRIERES,  AU  CANADA,  DURANT 
L'ANNEE  1907,  CLASSIFIEES  SUIVANT  LES  METIERS  IMPLIQUES. 


Industrie  ou  métier. 


Pêche .    . 

Bois 

Mines 

Bâtiments 

Métaux  et  construction  de  navires . 

Travail  du  bois 

Imprimerie  et  reliure 

Tissus 


Habillement 

Préparation  des  substances  alimentaires  et  du  tabac. 

Cuir 

Transport  général 

Divers 

Journaliers 


Total 


Perte  ap- 
proximative 

en  jours 
de  travail. 


1,000 

6,081 

203,949 

184,763 

92,118 

6,401 

201 

31,287 

32,445 

1,128 

2,430 

34,122 

12,421 

5,550 

613,986 


36—12 


178 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Vu  qu'il  est  difficile  de  calculer  la  perte  de  temps  dans  ces  grèves  générales,  car 
les  conditions  varient  de  jour  en  jour  par  le  retour  à  l'ouvrage  des  employés,  soit  in- 
dividuellement, soit  en  petits  groupes,  les  chiffres  donnés  ci-haut  ne  doivent  être  ac- 
ceptés que  d'une  manière  approximative.  On  peut  dire  qu'une  erreur  de  8  pour  100 
ne  serait  pas  exagérée.  A  prendre  les  chiffres  comme  ils  sont,  on  voit  que  la  plus 
grande  perte  provient  de  l'industrie  minière,  elle  est  de  204,000  jours,  due,  en  grande 
partie,  aux  deux  grèves  dans  les  houillères  de  Springhill,  N.-E.,  et  dans  celles  de 
TAlberta  et  de  la  Colombie-Britannique.  Les  métiers  du  bâtiment  viennent  en  second 
lieu,  avec  une  perte  d'environ  184,763  jours.  Une  grève  générale  des  plombiers  de 
Toronto  a  fait  perdre  80,000  jours  de  travail.  Les  seules  industries  gravement  at- 
teintes durant  l'année  furent  celles  des  métaux  et  de  la  construction  des  navires  qui 
causèrent  la  perte  de  92,118  jours.  Une  grève  de  machinistes  à  Toronto  a  fait  per- 
dre 38,000  jours  de  travail. 

CAUSES   DES   DIFFICULTÉS. 

Les  principales  causes  des  difficultés  qui  eurent  lieu  en  1907  sont  indiquées  dans 
le  tableau  suivant,  disposées  suivant  les  mois  dans  lesquels  elles  ont  commencé. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  29. 

TABLEAU  ENUMERANT  LES  CAUSES  DES  DIFFICULTES  OUVRIERES  AU  CANADA, 
DURANT  L'ANNEE  1907. 


Causes. 

Nombre  de  difficultés. 

> 
a 
ce 

> 

X 

< 

'S 
22 

12 

1 
2 

2 

'3 
ha 

5 

O 
< 

2 

m 

4 

O 

O 

1 
1 

2 

> 

o 

1 

'i' 

6 

fl 
1 

1 

• 

2 
1 

4 

11 

65 

Contre  la  réduction  des  salaires 

3 

Pour  la  diminution  du  nombre  d'heures  .    . 
Pour  l'augmentation  des  gages  et  la  dimi- 
nution des  heures    

1 

1 
4 

2 

1 
3 

1 

1 

1 

1 
2 

1 

1 

1 

1 

11 

8 

Pour  l'augmentation  des  gages  et  les  ateliers 

1 

4 

Pour  l'augmentation  des  gages  et  d'autres 
changements 

2 
3 

"2 

1 

4 

Contre  l'augmentation  de  nombre  d'heures 

1 
1 

2 
1 

2 

3 

16 

Contre  l'emploi  de  non-unionistes 

1 

2 

Contre  l'emploi  de  personnes  autres  que  des 

1 
1 

i 

4 

Contre  le  renvoi  d'employés    

2 

2 

6 

Difficultés  entre  les  unions  dans  lesquelles 

i 

"i" 

1 

1 

1 

1 
1 

1 

3 

Contre  les  conditions  de  l'emploi 

1 
1 

2 

1 

1 

i 

5 

?, 

Contre  le  renvoi  d'employés  et  la  reconnais- 

1 

Pour  l'augmentation  des  gages  et  la  dimi- 
nution du  nombre  d'heures  et  les  ateliers 

1 

1 

Pour  l'augmentation  des  gages  et  contre  le 

1 

1 

1 

2 

Pour  l'augmentation  des  gages  et  la  recon- 

2 

1 

3 

Pour  la  diminution  des  heures  et  des  ate- 

1 

1 
8 

t 
7 

3 

3 

2 

Total 

8 

3 

28 

31 

20 

15 

12 

8 

146 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


179 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Le  tableau  suivant  indique  le  nombre  de  difficultés  survenues  durant  les  sept  der- 
nières années,  classifiées  selon  les  causes  qui  les  ont  amenées: — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  30. 

TABLEAU  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  DIFFICULTES   OUVRIERES  AU  CANADA, 
EN  1901,  1902,  1903,  1904,  1905,  1906  ET  1907,  RESPECTIVEMENT. 


Causes. 

Nombre  de 

difficultés. 

1901 

1902 

1903 

1904 

1905 

1906 

1907 

Total . 

48 

10 

1 

5 

13 

54 
7 

7 

14 

8 

5 

5 

29 

12 

60 

7 
8 

18 

13 
5 
5 

10 
29 

36 

7 
3 

8 

16 
4 
4 
3 

21 

30 
8 
3 

4 

9 
8 
1 
1 
23 

55 
3 

7 

7 

13 
3 
5 
2 

43 

65 

3 

11 

8 

20 
5 
3 
2 

29 

348 

Contre  une  réduction  de  salaire. . 

Diminution  des  heures . .    .    . 

Augmentation  de  salaire  et  dimi- 
nution d'heures 

Contre  l'emploi  de  certaines  per- 
sonnes     

Contre  les  conditions  d'emploi  . . . 

45 

40 

64 

92 
30 
23 

47 

Divers 

16 
93 

173 

Total 

121 

155 

102 

87 

138 

146 

842 

METHODES   DE   REGLEMENT. 

Le  tableau  suivant  indique  les  méthodes  de  règlement  des  difficultées  ouvrières 

qui  ont  eu  lieu  au  cours  de  1907: — 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  31. 

TABLEAU   INDIQUANT   LES   METHODES   DE   REGLEMENT   DES   DIFFICULTES    OU- 
VRIERES AU  CANADA  EN  1907. 


Nombre 

de  difficultés. 

ù 

I 

û 

<D 

> 

> 
< 

'3 

'B 

1-5 

->3 

'B 

<3 
O 
< 

1 
1 
1 

2 

4 

o 

O 

1 

> 

o 

P 

'es 

O 

Arbitrage 

1 
1 
1 

1 

1 

10 

1 
1 

4 

Conciliation 

2 
2 
3 

5 

2 

12 

4 

4 

1 
1 

7 

Négociations  entre  les  parties  intéressées . . 
Remplacement  des  hommes 

3 

2 

1 

2 
2 

1 

7 
4 

3 

3 
4 

1 

3 
2 

6 

2 
2 

1 

66 
26 

Retour    à    l'ouvrage    aux    conditions    des 
patrons  (sans  pourparlers) 

?6 

Demandes    des    grévistes    accordées   (sans 
pourparlets) 

1 
1 

"*4 

7 

2 

Retour  à  l'ouv.  sans  le  concours  des  patrons. 

1 

1 

1 
1 

21 

5 

Emploi  trouvé  par  les   grévistes  dans  un 
autre  endroit , 

1 
5 

3 

Conditions  indéfinies,  non  réglées  ou  incon. 

1 
25 

3 
17 

9 

1 
9 

3 
15 

1? 

Total 

6 

4 

6 

16 

33 

151 

36— 12i 


180 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Une  comparaison  des  méthodes  de  règlement  des  difficultés  ouvrières  depuis  1901 
jusqu'à  1907  est  donnée  ci-après. 


Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n( 


32. 


TABLEAU  INDIQUANT  LES  METHODES  DE  REGLEMENT  DES  DIFFICULTES  OU- 
VRIERES EN  CANADA  AU  COURS  DES  ANNEES  1901,  1902,  1903,  1904,  1905,  1906  ET 
1907. 


Méthodes. 

Nombre  de  difficultés. 

1901 

1902 

1903 

1904 

1905 

1906 

1907 

Total. 

Arbitrage 

Conciliation 

5 
6 

55 
13 

13 

6 

5 

73 

12 

20 

6 
14 

77 
15 

26 

19 

4 
5 

37 
10 

25 

7 

à' 

41 
24 

10 

5 

3 
4 

67 
18 

28 

3 

4 

3 
9 

4 

7 

66 
26 

26 

2 

5 

3 
12 

28 
44 

Négociation  entre  les  parties  in- 
téressées  

416 

Remplacement  des  hommes 

Retour  à  l'ouvrage  aux  conditions 

des  patrons  sans  négociations . . 
Demandes  des  grévistes  accordées 

(sans  pourparlers) 

118 

148 

36 

Retour  à  l'ouvrage,  sans  le  con- 
cours des  patrons- 

9 

Les  grévistes  ayant  trouvé  du  tra- 
vail ailleurs 

6 

Indéfinies  ou  non  réglées 

12 

5 

12 
1 

13 
2 

2 

65 

Non  signalées 

3 

Total 

104 

121 

170 

103 

85 

139 

151 

873 

Le  tableau  suivant  indique  les  résultats  des  difficultés  ouvrières  en  1907,  selon 
les  mois  au  cours  desquels  elles  ont  été  réglées. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  33. 

TABLEAU  INDIQUANT  LES  RESULTATS  DES  DIFFICULTES  OUVRIERES  AU  CANADA 
POUR  L'ANNEE  1907. 


Résultats. 

Nombre  de  difficultés. 

ù 

'> 

a 

1-3 

û 

05 

'S 
> 

s 

a 

> 
< 

8 
2 
5 

'5 

9 

4 

16 

à 
'5 

8 

10 

3 

1 

'3 

■-5 

2 

5 

7 

<3 
o 

< 

6 

1 
1 

t 

m 

-5 
1 
2 

1 

9 

-ta 
O 

O 

10 

2 

1 

1 

... 

15 

> 

o 

3 

1 

4 

o 

"i 

i 

'ëa 

En  faveur  des  patrons  

3 

2 

1 

"*2 
2 

3 

2 

57 

En  faveur  des  employés 

33 

Réglées  par  compromis 

39 

Avec  succès  partiel  des  employés 

3 

Sans  change.,  sans  le  concours  des 

patrons . 
es 

.... 

1 

1 

"i 

5 

i 

4 

7 

3 

Indéfinies,  non  réglées  ou  inconnu 

3 
32 

3 

25 

3 

17 

1 
9 

16 

Total 

6 

4 

6 

16 

151 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


181 


Les  résultats  des  difficultés  survenues  en  Canada  au  cours  des  sept  dernières  an- 
nées sont  donnés  dans  le  tableau  qui  suit: — 

DÉPARTEMENT  DU   TRAVAIL,    CANADA. 

Tableaux  statistiques  VIII,  série  R.  A.  n°  34. 

TABLEAU  INDIQUANT  LES  RÉSULTATS  DES  DIFFICULTÉS  OUVRIÈRES  EN  CANADA 
POUR  LES  ANNÉES  1901,  1902,  1903,  1904,  1905,  1906  ET  1907. 


Résultats. 

Nombre  de  difficultés. 

1901. 

1902. 

1903. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

To- 
taux. 

En  faveur  des  patrons 

En  faveur  des  employés 

Réglées  par  compromis 

40 
39 
22 

35 
46 
33 

46 
45 
40 

34 
24 

28 
6 

'"9' 

37 
24 
15 

"ï 
10 

45 
41 
23 

6 
3 

22 

57 
33 
39 
3 
3 
16 

294 

252 

206 

15 

Sans  changements  (sans  le  concours  des  patrons)  . . 

4 

io' 

7 
71 

Total 

101 

118 

147 

101 

87 

140 

151 

845 

Le  tableau  suivant  contient  une  analyse  des  causes  principales  des  difficultés  ou- 
vrières en  Canada  survenues  en  1907  et  classées  selon  leurs  résultats. 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  35. 

TABLEAUX  STATISTIQUES  INDIQUANT  LES  CAUSES  ET  LES  RESULTATS  DES  DIF- 
FICULTES OUVRIERES  AU  CANADA,  POUR  L'ANNEE  1907. 


Causes. 

m 
<v 

fi   ce 

il 

C  A 

3    >> 
©   O 

5 -a 

M-     g 
fi     ® 

fi  . 

Succès  partiel 
des    grévis- 
tes. 

Indéfinies, 
non   réglées 
ou    cond  i  t. 
inconnues. 

Sans    change- 
ment pour 
les  patrons. 

*ë3 

Pour  augmentation  de  salaire 

Contre  la  réduction  de  salaire     .....    . .    

Pour  la  diminution  des  heures   

Pour  l'augmentation  de  salaire  et  la  diminution  d'heures . 
Pour  l'augment'on  des  salaires  et  la  reconnaiss.  de  l'union 

17 

"4" 
1 
2 
2 

20 
1 
4 

22 

-    1 

2 

6 

1 

6 

1 
1 
1 

65 

3 

11 

8 
3 

Pour  l'augment.  des  salaires  et  la  fermeture  des  boutiques 
Pour  l'augment.  des  salaires  et  contre  le  renvoi  d'employés 

1 

1 

4 

2 
2 

2 

Pour  1  augmentation  de  salaires  et  autres  changements. . . 

2 

1  • 

"i" 

4 

Contre  l'augmentation  des  heures 

2 

Difficultés  entre  unions  sans  le  concours  des  patrons 

1 

1 

Pour  la  diminution  des  heures  et  contre  l'emploi  de  non- 
unionistes  

1 

1 

Pour  la  diminution  des  heures,  la  reconnaissance  de  l'union 
et  autres  changements   

1 

"1" 

1 

1 

Pour  la  reconnaissance  de  l'union 

2 

10 
3 

1 
1 
3 

"Y 

"i 

1 
1 

■"2" 

3 

Contre  l'emploi  de  non-unionnistes 

Contre  l'emploi  de  personnes  autres  que  des  non  unionistes. 

16 
4 

Pour  la  reconnaissance  de  l'union  et  contre  le  renvoi 
d'employés  ...    

1 

Pour  l'aug.  de  sal'res,  la  diminut.  des  h.  et  la  ferm.  d.  atel'rs 

1 

Contre  le  renvoi  d'employés 

2 

1 
1 

1 

6 

Non-paiement  de  salaires 

1 

Contre  les  conditions  du  travail 

4 

5 

Sympathie 

2 
1 

2 

Non  classées 

1 

2 

52 

33 

39 

3 

16 

3 

146 

182  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XIV.— ACCIDENTS  INDUSTRIELS  EN  CANADA  POUR  L'ANNEE  1907, 
AVEC  COMPILATION  DES  STATISTIQUES  DES  ANNEES  1904,  1905 
ET  1906,  PIUD  SERVIR  DE  COMPARAISON. 

Les  statistiques  relatives  aux  accidents  industriels  compilées  par  le  département 
du  Travail  au  cours  de  l'année  1907  indiquent  une  augmentation  considérable  dans 
le  nombre  des  accidents  rapportés,  tel  que  comparé  à  celui  de  l'année  précédente.  Il 
y  a  eu  rapport,  en  1907,  de  4,105  accidents  fatals  et  autres,  contre  3,852  en  1906. 
L'augmentation  est  due  presque  entièrement  aux  accidents  fatals,  dont  le  nombre  a 
été  de  1,358  en  1907,  contre  1,107  en  1906.  Cette  augmentation  du  nombre  des  acci- 
dents fatals  est  sans  doute  partiellement  due  à  l'activité  croissante  de  l'industrie  en 
général  au  cours  de  l'année,  et  à  l'augmentation  qui  en  a  résulté  dans  le  nombre  des 
employés  dans  les  différentes  branches. 

Relativement  au  rapport  mensuel  des  accidents  fatals  publié  ci-après,  on  peut  re- 
marquer que  le  nombre  en  a  été  plus  considérable  au  cours  des  mois  de  mai  à  novem- 
bre, inclusivement,  que  durant  les  autres  mois  de  l'année,  car  ces  mois  sont  ceux 
où  il  y  a  le  plus  d'activité  industrielle  en  Canada.  Au  cours  de  la  période  en  ques- 
tion il  y  a  eu  798  accidents. 

La  branche  d'industrie  où  il  est  arrivé  le  plus  d'accidents  fatals  aux  employés  en 
1907  est  celle  du  service  des  chemins  de  fer.  Il  y  a  eu  chez  cette  classe  d'employés 
au  moins  342  pertes  de  vie  durant  l'année  écoulée,  et  337  personnes  ont  été  victimes 
d'accidents  plus  ou  moins  graves.  Malgré  que  le  nombre  des  accidents  d'une  nature 
non  fatale  soit  plus  grand  dans  l'industrie  des  métaux  que  dans  celle  des  chemins  de 
fer,  le  rapport  des  accidents  individuels  du  département  indique  que  les  accidents 
dont  les  employés  de  chemins  de  fer  ont  été  victimes  sont  d'une  nature  plus  grave 
que  ceux  de  presque  toutes  les  autres  branches  d'industrie.  Si  les  rapports  relatifs 
aux  navigateurs  et  aux  employés  de  transport  en  général  sont  compris  parmi  la  classe 
plus  haut  citée,  il  sera  prouvé  que  plus  d'un  tiers  des  accidents  fatals  de  l'année  ont 
été  subis  par  des  employés  du  transport. 

L'agriculture  vient  en  second  lieu  dans  la  liste  des  mortalités,  209  agriculteurs 
ont  perdu  la  vie  durant  l'année  au  cours  de  leur,  travail. 

En  troisième  lieu  arrive  l'exploitation  minière,  qui  compte  181  décès  par  acci- 
dents. En  quatrième  lieu  les  métiers  des  métaux,  154  morts  accidentelles,  et  l'exploi- 
tation forestière,  qui  occupe  la  cinquième  place,  compte  129  pertes  de  vie. 

A  la  suite  des  métiers  des  métaux  et  des  emplois  du  transport,  le  plus  grand  nom- 
bre des  cas  d'invalidation  se  trouve  dans  les  industries  agricoles  et  minières,  le  chiffre 
des  blessés  étant  de  295  et  226  respectivement.  Dans  les  métiers  du  bâtiment  le 
chiffre  s'élève  à  211;  on  en  compte  154  parmi  les  journaliers;  le  travail  du  bois  et 
l'exploitation  forestière  forment,  séparément,  un  nombre  de  138  accidents.  La  seule 
industrie  qui  n'ait  pas  à  enregistrer  d'accidents  suivis  de  pertes  de  vie  est  celle  du 
cuir,  c'est  elle  aussi  qui  compte  le  moins  d'accidents  non  suivis  de  décès,  à  savoir,  3. 
Dans  les  deux  métiers  de  l'imprimerie  et  du  vêtement,  on  ne  compte  qu'une  perte  de 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  183 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

vie  accidentelle;  le  chiffre  des  autres  accidents  est  presque  le  même  dans  les  deux,  23 
et  24  respectivement.  On  trouvera  des  renseignements  plus  complets  dans  les  ta- 
bleaux statistiques  donnés  plus  loin. 

La  comparaison  des  chiffres  énumérant  le  nombre  des  accidents  suivis  de  pertes 
de  vie,  dans  les  différents  groupes,  durant  1907  et  1906,  révèle  une  grande  augmenta- 
tion dans  les  industries  agricoles  et  minières  et  les  métiers  des  métaux.  Cependant, 
l'augmentation  des  accidents  ayant  causé  la  mort  atteint  le  chiffre  le  plus  élevé  dans 
le  service  des  chemins  de  fer,  soit  90  de  plus  en  1907  qu'en  1906.  Cette  augmenta- 
tion est  due,  en  partie,  à  la  grande  activité  du  trafic  et  à  la  construction  de  chemins 
de  fer  durant  l'année.  Le  nombre  d'accidents  n'ayant  pas  causé  des  pertes  de  vie  est 
demeuré  le  même,  approximativement,  qu'en  1906  dans  le  service  des  chemins  de  fer, 
mais  ce  chiffre  a  augmenté  dans  les  industries  agricoles  et  minières.  On  constate 
une  diminution  d'accidents  causant  la  mort  dans  les  métiers  de  la  préparation  des 
denrées  alimentaires  et  du  tabac,  parmi  les  employés  de  navigation  et  les  journaliers; 
il  y  a  également  diminution  du  nombre  des  accidents  non  suivis  de  pertes  de  vie 
dans  l'exploitation  des  forêts,  dans  les  tissus,  le  cuir,  les  denrées  alimentaires,  la  pré- 
paration du  tabac  et  les  divers  métiers.  Un  fait  digne  de  remarque,  c'est  que  le  nom- 
bre des  pertes  de  vie  et  des  blessés  dans  les  métiers  du  bâtiment,  en  1907,  est  moindre 
qu'en  1906.  En  l'année  1906,  59  ouvriers  ont  été  tués  et  272  blessés  dans  ces  métiers, 
tandis  que  le  nombre  des  pertes  de  vie  en  1907  était  de  33  et  celui  des  blessés  de  211. 
Cette  diminution  est  d'autant  plus  remarquable  qu'en  1907  les  travaux  de  construc- 
tion étaient  plus  actifs  qu'en  1906. 

Les  tableaux  indiqués  plus  loin  spécifiant  les  causes  précises  des  accidents  soit 
en  pertes  de  vie,  soit  autrement,  dans  les  nombreuses  industries  ou  groupes  de  mé- 
tiers, sont  d'une  importance  toute  particulière,  car  ils  indiquent  d'une  manière  plus 
ou  moins  définie  les  moyens  à  prendre  pour  les  prévenir.  Ces  tableaux  démontrent 
que  c'est  aux  traverses  à  niveau  des  chemins  de  fer  que  l'on  compte  le  plus  grand 
nombre  de  personnes  tuées  dans  l'industrie  agricole.  En  1907,  33  cultivateurs  ont 
été  frappés  et  tués  par  les  trains.  Dans  l'industrie  de  la  pêche,  des  17  personnes 
mortes  accidentellement,  16  se  sont  noyées.  Parmi  les  hommes  employés  aux  exploita- 
tions de  bois  et  au  travail  des  scieries,  et  parmi  ceux  de  la  navigation,  les  totaux  des 
noyés  sont  de  44  et  de  62  respectivement.  Les  explosions  ont  causé  le  plus  de  pertes 
de  vie  parmi  les  mineurs,  le  chiffre  des  tués  s'élevant  à  53,  celui  des  blessés  à  67. 
Dans  les  métiers  du  bâtiment,  sur  le  nombre  d'accidents  signalés,  25  des  33  pertes 
de  vie  et  145  des  211  blessures  sont  dues  à  des  chutes  de  différents  genres.  Dans  les 
métiers  des  métaux,  la  chute  du  pont  de  Québec  a  causé  la  mort  de  63  hommes;  16 
personnes  ont  été  foudroyées  par  des  chocs  électriques,  15  ont  été  tuées  par  des  ma- 
chines et  des  courroies.  Les  machines  et  les  courroies  ont  égalenfènt  causé  la  mort 
de  5  des  8  personnes  signalées  tuées  dans  les  métiers  du  bois,  3  des  18  dans  ceux  de  la 
préparation  des  denrées  alimentaires  et  des  tabacs,  et  1  des  3  dans  les  métiers  des 
tissua.  Les  seules  pertes  de  vie  signalées  dans  les  métiers  de  l'imprimerie  et  du  vête- 
ment étaient  causées  par  les  accidents  survenus  aux  ascenseurs.  Dans  le  service  des 
chemins  de  fer  au  moins  106  ont  été  écrasés  par  des  trains,  42  ont  été  frappés  et  tués 
par  les  locomotives,  37  ont  été  écrasés  par  tamponnement,  33  tués  entre  les  wa- 
gons et  30  par  les  locomotives,  les  wagons,  etc.,  par  des  déraillements.  Le  danger 
qui  menace  ceux  qui  manipulent  les  explosifs  employés  dans  la  construction  des  voies 


184  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
ferrées  est  rendu  évident  par  le  grand  nombre  d'hommes  qui  ont  été  tués  ou  blessés 
de  ce  chef  en  1907;  les  pertes  de  vie  étant  de  51  et  les  blessés  de  .49.  On  a  signalé 
aussi  11  morts  causées  par  des  explosions  dans  les  métiers  divers.  Ce  qui  rend  grave 
la  nature  des  accidents  de  chemins  de  fer,  c'est  que  le  nombre  des  pertes  de  vie  dé- 
passe celui  des  autres  accidents;  on  peut  dire  que  l'on  constate  le  même  résultat  dans 
les  accidents  dus  à  la  navigation;  dans  les  autres  branches  de  la  série  c'est  le  con- 
dans  les  incendies.  Parmi  les  journaliers,  on  a  signalé,  sur  un  total  de  34  morts  ac- 
chutes  de  voitures  et  9  se  sont  noyés.  Deux  employés  municipaux  ont  perdu  la  vie 
dans  les  incendies.  Parmi  les  journaliers,  on  a  signalé,  par  un  total  de  34  morts  ac- 
cidentelles, 14  causées  par  la  chute  de  matériaux,  et  que  sur  154  blessés  82  cas  graves 
sont  dus  à  la  même  cause,  et  8  morts  sont  dues  à  des  chutes. 

Le  travail  de  recueil  et  de  publication  des  statistiques  concernant  les  accidents 
industriels  a  été  commencé  en  l'année  1904,  et  les  tableaux  qui  suivent  sont  préparés 
d'après  les  renseignements  recueillis  jusqu'à  la  fin  de  l'année  dernière.  On  recueille 
les  statistiques  dans  les  rapports  qui  paraissent  dans  la  presse  au  Canada,  après  qu'ils 
ont  été  soigneusement  vérifiés,  ainsi  que  dans  les  rapports  que  fournissent 
les  correspondants  de  la  Gazette  du  Travail  et  les  inspecteurs  de  manufac- 
tures et  de  mines  des  diverses  provinces;  le  bureau  des  commissaires  des  chemins  de 
fer  du  Canada,  le  Municipal  and  Raïlway  Board  of  Ontario  et  divers  individus  four-, 
nissent  aussi  des  renseignements  à  ce  sujet.  On  ne  rapporte  que  les  accidents  sur- 
venus durant  le  temps  du  travail  et  qui  causent  soit  la  mort  soit  des  blessures  graves. 
On  fait  tout  ce  qui  est  possible  pour  rendre  les  rapports  aussi  complets  et  exacts  que 
possible,  mais  on  ne  prétend  pas  que  tout  y  soit  compris.  On  croit,  cependant,  que 
ces  rapports  sont  bien  exacts  et  qu'ils  signalent  les  principaux  éléments  de  danger  qui 
menacent  les  employés  dans  leurs  occupations  respectives. 

Une  série  de  diagrammes  indiquant  par  mois  les  variations  du  nombre  des  morts 
accidentelles  survenues  dans  les  métiers  où  le  chiffre  dépasse  vingt  durant  l'année  est 
ajoutée  aux  tableaux  statistiques. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


185 


Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  36. 

TABLEAU  STATISTIQUE  DES  ACCIDENTS  INDUSTRIELS  FATALS  QUI  ONT  EU  LIEU 

AU  CANADA   EN  1907. 


Métiers  ou  industries. 

Nombre  de  décès  par  mois. 

à 

1-3 

i 

> 

< 

'S 

à 

"B 
1-3 

'3 

■C5 
O 
< 

0) 

m 

O 

O 

24 

"é 

13 

7 
14 

1 

0 

23 

2 

10 

13 

6 
8 

c5 

21 
1 

11 
17 

2 
7 
3 

Total . 

5 

2 

4 

18 

1 
2 

12 
2 

7 

11 
2 
6 

21 

18 

10 
2 

14 

12 

6 

9 

16 

5 

32 

24 

2 
16 

18 

'12 
16 

2 
8 
1 

19 

1 

5 

15 

"69 
1 

1 

22 
2 
7 

19 
3 
5 
2 

209 

Chasse  et  pêche 

Coupe  du  bois 

Mines ,    

Métiers  du  bâtiment 

Métiers  des  métaux 

17 

11 

8 
1 
9 

8 

15 
1 

1 

129 

181 

33 

154 

8 

Imprimerie 



1 

Confections 

1 

1 

Tissus 

1 

1 

2 

5 

3 

2 

1 

3 

1 

4 

1 

18 

23 
3 
2 

"2 
63 

30 

2 
3 

"è 
4 

84 

20 
1 
3 

"è 

4 

83 

25 
5 
4 

.... 
5 
2 

85 

20 

7 
2 

... 

"s 

2 

95 

29 
16 

8 
1 

5 

7 

161 

27 

" 

2 

14 

I 

129 

34 
10 
6 
1 
6 
2 

20 

11 
4 
2 
1 

2 

40 

12 

9 

51 

13 

4 

23 

7 
0 

342 

Navigation 

100 
55 

Employés  civiques 

Métiers  divers 

Journaliers    

6 

5 
6 

7 
4 

3 

62 

34 

Total 

171 

100 

143 

142 

97 

1,353 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  37. 

TABLEAU  STATISTIQUE  DES  ACCIDENTS     INDUSTRIELS    NON    FATALS    ARRIVES 

AU  CANADA  EN  1907. 


Nombre  d'accidents  par  mois. 


Métiers  ou  industries. 

eS 
1-5 

> 

-<x> 

u 

> 
< 

'3 

1-3 

"3 
Ha 

-0 

O 
< 

+3 

W 

0 

O 

> 

0 

0 
Q 

Total . 

Agriculture 

Chasse  et  pêche 

16 

24 

1 

11 

10 

7 

28 
7 
4 
2 
6 
5 

20 

23 

23 
3 
11 
11 
16 
33 
12 

"2 

2 
4 

23 

26 

27 

36 

31 

25 

21 

295 
4 

Coupe  du  bois 

10 

22 

15 

49 

9 

3 

1 

11 
10 

7 
41 

8 
1 
5 

"3 
1 

30 
6 

19 
9 
9 
8 

188 

15 
26 
12 
41 

8 

1 
1 
4 

7 

18 

23 

32 

70 

16 

1 

2 

2 

4 

12 

19 

31 

53 

12 

2 

2 

4 

9 

8 

18 

12 

64 

13 

1 

4 

3 

8 

10 

27 
18 
40 
11 

1 

"3 

6 

1 

31 

10 

16 

1 

10 

17 

244 

14 
23 
30 

58 
13 

4 

1 
5 
8 

10 

20 

23 

37 

14 

3 

2 

7 

13 

7 

17 

8 

50 

15 

2 

2 

5 

1 

1 

27 

"ii 

11 
10 

7 

138 

Mines 

Métiers  du  bâtiment 

Métiers  des  métaux 

Métiers  du  bois 

Imprimerie 

Confections 

226 
211 
570 
138 
23 
24 

Industries  textiles 

41 

Aliments  et  tabacs 

Cuirs 

6 

73 
3 

Chemins  de  fer 

22 

1 
10 
11 
13 

7 

195 

26 

3 

8 

18 

11 

S 

174 

17 
4 

16 
3 

19 

11 

208 

30 

11 

10 

4 

8 
16 

196 

26 

13 

20 

4 

13 
12 

279 

25 
10 
21 
7 
19 
15 

267 

42 
3 

20 

8 

21 

18 

270 

35 
6 

29 
2 

23 

24 

306 

26 
7 

12 
3 

12 

16 

230 

337 

Navigation 

74 

Transports  en  général %. .. 

Employés  civiques . 

Métiers  divers 

193 

80 
168 

Journaliers 

154 

Total 

195 

2,752 

186 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ministère  du  Travail,  Canada, 
Tableaux  statistiques    VIII,  R.  A.  n°  38. 

TABLEAU    INDIQUANT    LES    CAUSES    DES    ACCIDENTS   ARRIVES    AU   COURS    DES 
DES  ANNEES  1904,  1905,  1906  ET  1907— Suite. 

agriculture. 


Causes  des  accidents. 

Tués. 

Blessés 

1904 

1905 

1906 

1907 

1904 

1905 

19  J6 

1907 

Frappés  et  écrasés  par  des  trains 

Blessés  par  des  bestiaux 

26 
18 
14 
3 
8 
5 
4 
7 
4 
1 
1 
2 
1 

"  9 

19 
18 
27 
21 
14 
13 
2 
3 

'"$ 
1 
5 

23 

29 

11 

4 

16 

27 

1 

7 
1 

33 
19 

iô' 

14 
24 

•••y 

7 
25 

19 
24 

6 
18 
10 

7 

10 
41 
54 
23 
43 
22 
6 

7 

45 

9 

2 

78 
62 

13 
44 

Chutes  de  voitures ...                                 

Ecrasés  par  des  voitures 

6 

Blessés  par  machines  ou  outils 

61 

Chute  de  fenils,  granges  ou  meules 

Blessés  en  érigeant  des  granges 

73 

Frappés  par  la  foudre 

2 
2 

18 

1 

3 

Par  suite  des  intempéries  et  du  froid   

Chutes  d'arbres 

'"  3 

10 

1 

3 

3 

10 

2 

11 
10 

3 
5 
4 

4 

21 

En  coupant  du  bois 

En  pratiquant  des  excavations 

En  minant 

En  démolissant  des  granges 

5 

8 

10 

18 

3 

1 
8 

2 

1 
13 
28 
1 
3 
7 
2 
2 
1 

Par  suite  de  feu  dans  les  prairies 

Noyés 

Accidents  de  voiture 

28 

Frappés  par  un  wagon 

Etouffé  par  un  éboulement 

Blessé  par  la  chute  d'autres  matériaux 

Blessé  par  des  outils 

15 

6 

Piqué  par  des  abeilles ..... 

1 

Insolation 

1 

Accidents  de  fusil. . . 

1 
1 

1 

Non  classifîés ...             

1 

Total   

103 

132 

159 

209 

121 

241 

236 

295 

PÊCHE    ET    CHASSE. 


Noyés, 

16 

13 

15 

16 

Pris  dans  un  piège  à  ours. . . 

1 

Attaqué  par  un  orignal 

1 

Blessé  dans  des  chûtes 

2 
1 

Blessé  en  se  frappant  sur  un  crochet  à  glace 

En  butte  aux  intempéries,  froid,  etc 

1 

4 

Total 

16 

13 

15 

17 

1 

1 

3 

4 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


187 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

TABLEAUX  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  ACCIDENTS  QUI  ONT  EU  LIEU  AU  COURS 
DES  ANNEES  1904,  1905,  1906  ET  1907— Suite. 

INDUSTRIE   FORESTIÈRE   ET   SCIAGE   DU    BOIS. 


Causes  des  accidents. 

Tués. 

Blessés . 

1904 

1905 

1906 

1907 

1904 

1905 

1906 

1907 

Chutes  d'arbres r 

Frappés  par  des  billes 

Explosion  de  dynamite 

17 
4 
1 

22 

14 
4 

2 

13 

2 

'"2 
8 
2 

25 
9 
5 

30 
1 
3 
3 
7 
2 

20 

11 

2 

44 

■"4" 

4 
12 

3 
6 

15 
13 

15 
7 
6 

9 

10 

5 

Noyés  

Gelés 

2 

2 

4 

5 

11 

36 

2 

34 

""ï 

"2 

"l7 

8 
15 
33 

8 

20 

1 

2 

9 
3 
9 

8 
9 

88 

1 

Tombés  entre  des  billes   

Ecrasés  par  wagons  de  chemin  de  fer 

Frappés  par  éclats  de  bois  projetés  des  scies 

Chutes  de  pièces  de  bois 

1 
3 
5 

8 
■'*2 

4 

Blessés  par  des  machines 

3 

6 
4 
1 

1 

ï 

8 

10 
6 

1 

26 

18 

79 

Explosions  de  chaudières 

Blessés  par  des  scies  

Rupture  de  roues  d'émeri 

1 

5 

"l 

Ecrasé  entre  des  wagons 

Bris  d'une  machine 

1 
2 

Pris  dans  éboulement  de  vase 

2 

1 
1 
2 

1 
1 

14 

8 

Armes  à  feu 

Chutes  en  général   .    

Ecrasé  par  un  tombereau 

Tué  par  un  ours 

Chute  de  matériaux 

18 

Tué  Dar  la  foudre 

1 

Non  classifiées 

1 

Total 

69 

75 

119 

129 

120 

lc5 

156 

138 

Explosions  dans  les  mines 

33 

3 

8 

8 

14 

11 

1 
0 

3 
5 

1 

15 
1 
5 
2 

19 
16 

3 

2 
2 
1 
2 

2 

20 

13 
16 
32 

7 

7 

53 

"è 
25 
10 
11 

4 
8 

11 

13 

3 

6 

18 
12 

10 

"*1 
6 

2 
2 

39 
5 

8 

7 

26 

18 

10 
12 

42 

67 

Cartouches  de  dynamite 

Chute  dans  des  puits  de  mine 

9 

14 

9 

57 

16 

14 

1 

Frappés  par  des  wagons,  etc 

Ecoulements  de  pierres  et  de  terre 

26 

5 

Chute  de  charbon     

20 

Ecrasés    entre  wagons,  entre  wagons  et  murs  des 
galeries  par  les  poutres  de  soutènement,  etc.  . . 

Machines,  courroies,  etc 

Chutes  d'échafaudages,  etc 

Chutes  diverses 

17 
15 

"   '4' 

11 
3 

29 
2 
2 

16 

6 

Ecrasés  sous  wagons 

Chutes  de  pièces  de  bois 

4 
2 

1 
1 

2 
60 

Ecroulement  de  galeries   

Asphyxiés 

5 

Noyés ...    . 

2 

6 

2 

Eboulement  de  neige 

3 
1 

Coup  de  pied  d'un  mulet 

2 

Blessés  par  des  matières  explosives   . . . 

1 
3 

1 

Blessés  par  choc  électrique , 



1 
2 

1 



Maladies  h  la  suite  d'exposition  aux  intempéries.  . . 

Pris  dans  un  "  bump  " 

Non  classifiées 

"13 

2 

33 

4 

Total 

103 

70 

119 

181 

117 

135 

167 

226 

188 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

TABLEAUX  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  ACCIDENTS  QUI  ONT  EU  LIEU  AU  COURS 
DES  ANNEES  1904,  1905,  1906  ET  1907— Suite. 

BÂTIMENT. 


Causes  des  accidents. 

Tués. 

Blessés. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

13 
5 
2 
2 

9 

20 

4 

8 

5 
2 

23 

38 

48 
78 
1 
9 
5 
1 

"  2i' 

•  15 

3 

2 

*    ,*3 

1 

"n" 

2 

30 
45 

17 

26 

h              d'édifices,  de  murs,  etc 

10 

14 

12 

2 

6 

13 
1 
2 
2 
2 

2 

1 
i 

7 
109 
1 
3 
13 
5 

Chutes  diverses 

1 
4 
3 
1 

2 

3 
4 
3 

"i" 

25 
3 
1 
1 

1 

18 
2 
1 

"l 

102 

n        pièces  de  bois 

3 
3 

1 

2 
2 
3 

2 

1 
1 

20 

1 
1 
3 

26 

2 

2 
1 

1 

4 

2 

6 

17 

""2 
1 
4 

20 

1 
3 
2 
2 

1 

Blessés  par  des  morceaux  de  bois  projetés  delà  scie. 

1 

1 

1 

1 

3 

1 

Total   

43 

46 

59 

33 

138 

201 

262 

211 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


189 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

TABLEAUX  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  ACCIDENTS  QUI  ONT  EU  LIEU  AU  COURS 
DES  ANNEES  1904,  1S05,  1906  ET  1907— Suite. 

MÉTIERS   DES    MÉTAUX. 


Causes  des  accidents. 

Tués. 

Blessés. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

Blessés  par  machines,  courroies,  etc 

m      par  des  outils 

12 
3 
9 

1 
5 

8 

'"7 

1 

14 

1 

7 
1 
1 

"'2' 
2 

15 

"  21 
1 

16 
6 

"ii' 

"  i* 

108 

15 

92 

55 

11 

14 

9 

11 

6 

2 

11 

22 

4 

3 

14 

1 

2 

6 

7 

6 

2 

9 

147 
7 

63 

40 

13 

6 

22 

2 

3 

5 

5 

14 

9 

5 

5 

10 

251 

94 
52 
8 
6 
25 
15 

"i 

201 
6 

Chutes  de  matériaux 

129 

Blessés  par  du  métal  chauffé  ou  en  fusion 

31 

h      par  choc  électrique 

5 
4 

9 
2 
4 
4 
3 
4 
1 
2 
2 
5 

11 
1 
5 

S 
1 
2 

5 
2 
3 

1 

10 

h      par  ascenseurs 

15 

Tombés  des  échafaudages,  etc 

102 

h      de  poteaux , 

h      de  diverses  constructions 

40 

1 

4 

7 

33 

"2 

Explosions  de  chaudières 

2 

4 

Frappés  par  pièces  de  bois,  poteaux,  etc 

Blessés  par  des  scies 

16 

h    par  des  instruments  tranchants 

4 
3 

7 

h    par  des  marteaux  pilons 

1 

ii    par  des  marteaux 

1 

Asphyxiés 

1 

1 

1 

1 
5 

1 

Echaudés  par  l'eau,  par  la  vapeur,  etc 

4 
1 
6 

26 
5 
2 
1 
1 
1 
1 
1 
2 
1 

3 

1 
4 
3 

Blessés  par  l'électricité   

m    par  explosions  de  gaz,  de  poudre,  etc 

Ecrasés  par  machines  à  comprimer 

1 

4 

24 

2 

1 

44 

Ecrasés  par  wagons 

3 

1 

5 

7 

Frappés  par  pièces  de  bois  projetées  d'une  scie. . . . 

h        h    un  levier 

1 

h        h    un  crochet 

i 

2 
4 
2 

1 
1 

Ecrasés  par  poutre  d'acier 

h      par  autres  matériaux 

1 

3 

Blessés  par  des  chaînes 

h     par  un  coin 

Ecrasé  par  un  camion 

Noyés 

2 

2 

9 

3 

Blessés  par  meule  à  affûter 

1 

Blessés  par  laminoirs ,    

3 

Blessés  par  des  bestiaux 

2 

3 

2 

Insolation  en  réparant  une  chaudière 

1 

Blessure  d'arme  à  feu 

1 

Tombé  mort  en  ferrant  un  cheval 

1 
5 

63 

Accident  de  chemin  de  fer 

2 

Effondrement  du  pont  de  Québec 

Non  classifiées 

1 

2 

35 

1 

Total 

74 

56 

68 

154 

490 

424 

562 

570 

190 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

TABLEAUX  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  ACCIDENTS  QUI  ONT  EU  LIEU  AU  COURS 
DES  ANNEES  1904,  1905,  1906  ET  1907— Suite. 

MÉTIERS     DU    BOIS. 


Causes  des  accidents. 

Tués. 

Blessés. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

Blessés  par  machines,  courroies,  etc 

3 

1 

3 
2 
2 

3 

1 

1 

1 

2 
1 

1 

5 

46 
45 

7 
1 
2 
10 
6 
6 
4 
3 
3 
3 
2 
3 
1 

28 
46 

6 
1 
4 
6 
15 
9 
5 
2 
2 
2 

118 
3 

123 

Blessés  par  pièces  de  bois  projetées  par  scie,  rabo- 

8 

Echaudés  par  de  l'eau  bouillante 

Blessés  par  ascenseurs 

2 

1 

1 

m     par  machines  à  découper 

m     par  raboteuses 

.,     par  machines  à  assembler 

n     par  des  couteaux 

"     par  disques 

Chute  de  pièces  de  bois 

1 

3 

2 

5 

1 

2 

2 
3 

6 
1 

4 

'"5 

1 

2 

7 

2 

Totaux 

12 

8 

4 

8 

154 

140 

133 

138 

IMPRIMERIE. 


5 
3 
1 

8 
4 
1 
3 
1 
1 
1 

17 

20 

Blessés  par  des  couteaux 

1 

1 

3 

Totaux 

1 

1 

9 

19 

17 

23 

CONFECTIONS. 


Blessés  par  ascenseurs  ou  monte-charge 

1 

2 

2 

1 

4 

6 

1 

21 
1 
2 
1 
1 
1 
2 

4 
...... 

1 

Ruade  de  cheval 

1 

1 

8 
4 

2 

18 

n     par  calandre : 

n     par  machines  à  comprimer 

m     en  tombant   

1 
2 

1 

1 

n     par  la  chute  de  matériaux 

3 

Explosion  de  gaz  acétylène 

Usage  imprudent  du  nitrate  de  potasse. . . . 

Causes  diverses 

2 

3 

Totaux 

3 

3 

2 

1 

21 

36 

19 

24 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


191 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

TABLEAUX  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  ACCIDENTS  QUI  ONT  EU  LIEU  AU  COURS 
DES  ANNEES  1904,  1905,  1906  ET  1907— Suite. 

TISSUS. 


Causes  des  accidents. 

Tués. 

Blessés. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

Blessés  par  machines,  courroies,  etc 

2 

1 

1 

13 

2 
1 

1 
1 

1 

13 
5 
2 
1 

1 
2 
1 
1 
2 

41 

29 

Blessés  par  un  fuseau 

*"i 

Tombés  d'un  édifice 

1 

1 

1 

Effondrement  d'un  édifice 

1 

Blessés  par  banc  d'étirage 

Ecrasé  par  un  train  .• 

1 

î 

2 

1 
3 

3 

8 

1 

2 

2 

Totaux 

3 

2 

3 

3 

23 

30 

46 

41 

SUBSTANCES    ALIMENTAIRES    ET    TABACS. 


Blessés  par  des  machines,  des  courroies,  etc 

1 

"2 

5 

3 

1 

12 
0 
1 
9 
2 

23 
10 
3 
6 
4 
2 
6 
4 
1 
2 
2 
2 
2 
9 

27 
2 

22 

2 

3 
1 
1 

4 

14 

17 

1 
1 

1 

3 

4 
3 

2 

10 

3 

1 
1 

"l 

1 

"'3' 

1 
1 

2 

Chute  de  marchandises  dans  l'entrepôt,  etc 

7 

2 

2 

1 
3 
2 

2 
1 

7 

12 

3 

1 

2 

1 
1 

1 

3 
1 

7 

12 

1 

13 

Totaux 

6 

9 

20 

18 

55 

76 

79 

74 

Blessés  par  machines,  courroies,  etc 

1 

4 
2 

2 

1 

6 

11 

2 

Tombés 

1 

I 

2 

1 

1 

3 

Totaux 

2 

6 

3 

4 

•7 

13 

3 

192 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

TABLEAUX  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  ACCIDENTS  QUI  ONT  EU  LIEU  AU  COURS 
DES  ANNEES  1904,  1905,  1906  ET  1907— Suite. 

CHEMINS    DE    FER. 


Causes  des  accidents. 


Frappés  par  des  locomotives 

Tamponnements 

Déraillements 

En  accouplant  des  wagons 

En  tombant  d'un  train  ou  d'une  voiture 

Ecrasés  en  tombant  d'un  train . 

Pris  dans  un  rail  de  croisement  et  écrasé 

Ecrasés  par  des  trains 

Explosions  de  chaudières  

h  dynamite 

Ecrasés  entre  les  wagons,  les  locomotives,  etc 

Ecrasés  dans  les  hangars,  les  ateliers,  etc 

Frappés  en  se  penchant  hors  d'une  voiture  en  mouv, 

Chute  de  neige  ou  de  rochers 

Choc  électrique 

Par  la  chute  de  marchandises  

h  n      pièces  métalliques 

Chutes  diverses 

Par  des  outils 

Par  des  machines,  des  courroies,  etc 

Par  un  ascenseur 

Noyés 

Asphyxiés  par  la  gazoline 

Frappés  par  la  foudre 

Egaré  dans  la  prairie  et  mort  de  froid 

Brûlés  vifs 

Insolation 

Non  classifiées  


Totaux. 


Tués. 


I 
1904.  1905.  1806.  1907 


10 
273 


8 
215 


14 


252 


17 


106 

2 

51 

33 


342 


1904.  1905.  1906.  1907 


30 


342 


331 


68 


323 


52 


44 

2 

49 

58 

"b 

4(5 


337 


NAVIGATION. 


Causes  des  accidents. 

Tués. 
1906. 

Blessés. 

1905. 

1907. 

1905. 

1906. 

1907. 

Noyés 

Chute  de  matériaux   

Pris  dans  une  haussière 

101 

92 
3 

62 
5 

20 

1 
20 
14 

24 

19 

Tombés  à  fond  de  cale,  etc 

Explosion  de  gaz,  etc   

Frappés  par  une  machine 

8 
8 
2 

9 
1 
3 

1 

"i* 

17 
1 

2 

6* 

5 

18 
5 

30 

12 

m          des  marchandises 

5 
14 
11 

6 

m          des  grues,  etc 

4 
1 
1 

1 

Incendie  en  mer 

4 

Morts  de  froid 

Choc  électrique ■ 

î 

2 
2 

1 
1 

Blessés  par  des  machines 

1 

6 

Ecrasés  entre  quai  et  vaisseau 

1 

Armes  à  feu 

1 

Frappé  par  une  épave 

1 
1 

Par  suite  des  intempéries 

6 

1 

rson  classinees 

3 

Totaux 

128 

117 

100 

85 

61 

74 

*En  1904,  ce  groupement  était  réuni  à  celui  des  transports  en  général. 


Department  of  Labour,  Canada. 
Statistical.  Chart,  VIII,  A.  R.  Np.  4 

DIAGRAMS  SHOWING  NUMBER  OF  FATAL  ACCIDENTS  BY  MONTHS  IN  VARIOUS 
TRADES  AND  INDUSTRIES  THROUGHOUT  THE  PERIOD  1904  TO  1906. 
Agriculture 


30 

25 

20 

15 

10 

5 

0 


JAN. 

FEB 

MARCH 

APRIL 

MAY 

JUNE 

JULY 

AUG. 

SEPT. 

OCT 

NOV. 

DEC. 

^^^^" 

-J^V 

i 

/ 

\\ 

X 

M=^ 

£     j* 

35 
30 
25 
20 
15 
10 
5 


LUMBERING 


STATI8TICAJL   Chart,  VIII,   A.   R.   No.   5 


-rf^f1 

^^fc_ — 

y^ 

^ 

Mining 


Statistical  Chart,  VIII,  A.  R.  No.  6 


Department  of  Labour,  Canada. 
Statibtical  Chart,  VIII,  A.  R.  No,  7 

DIAGRAMS  SHOWING  NUMBER  OF  FATAL  ACCIDENTS  BY  MONTHS  IN  VARIOUS 
TRADES  AND  INDUSTRIES  THROUGHOUT  THE  PERIOD  1904  TO  1906. 
Building  Trades 


20 

15 

10 

5 

0 


JAN. 

FEB 

MARCH 

APRIL 

MAY 

JUNE 

JULY 

AUG. 

SEPT. 

OCT 

NOV 

DEC. 

" 

^r— ^^^ 

S^*      ., 

"~.      — 

"—  "■*«%*. 

_ 1 

■ 

Métal  Trades 


Stattstical  Chart,  VIII,  A.  R.  No. 


20 

15 

10 

5 

0 


Unskill 

ed  Labour 

Statistical  Chart.  VIII,  A.  R.  No.  9 

Sï>^ 

_  ,  .'. 

K«^   -£» 

■■  . 

1904 
1905 
1906 
1907 


Department  of  Laboub,  Canada. 
Statistical  Chart,  VIII,  A.  R.  No.  10 

DIAGRAMS  SHOWING  NUMBER  OF  FATAL  ACCIDENTS  BY  MONTHS  IN  VARIOUS 
TRADES  AND  INDUSTRIES  THROUGHOUT  THE  PERIOD  1904  TO  1906. 
Railway  Service. 

40 

35 

30 

25 

20 

15 

10 


JAN. 

FEB 

MARCH 

APRIL 

MAY 

JUNE 

JULY 

AUG. 

SEPT. 

OCT 

NOV. 

DtC. 

^V 

35 


30 


25 


20 


15 


10 


Navigation* 


Statistical  Chart,  VIII,  A.  R.  No.  11 


H 

— ^ 

^ 

♦Classified  with  General  Transport  in  1904. 


35 
30 
25 
20 
15 
10 


General  Transport* 

Statistical  Chart,  VIII,  A.  R. 

No.  12 



^= 

1904 
1905 
1906 
1907- 


♦Including  Navigation  in  1904. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 


193 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

TABLEAUX  INDIQUANT  LES  CAUSES  DES  ACCIDENTS  QUI  ONT  EU  LIEU  AU  COURS 
DES  ANNEES  1904,  1C05,  1906  ET  1907— Suite. 

TRANSPORT    GENERAL. 


Causes  des  accidents. 


Noyés 

Tombés  d'un  navire 

Tombés  de  voiture 

Tombés  de  voiture  et  écrasés 

Tombés  d'un  échafaudage   

Tombés  d'un  édifice 

Chutes  diverses 

Ecrasés  entre  bateau  et  quai - 

Blessés  par  des  monte-charge  ou  des  ascenseurs . 

Explosions  de  mines 

Frappés  par  des  trains 

Ecrasés  par  des  trains  ou  des  wagons . 

Ecrasés  par  des  voitures 

Frappés  par  des  tramways 

Frappés  par  des  pièces  de  bois,  etc 

Frappés  par  des  camions  chargés 

Frappés  par  des  seaux 

Blessés  par  des  machines,  courroies,  etc 

Frappés  par  des  marchandises 

Eboulement  de  houille 

Ecrasés  entre  wagons  et  camions 

Eboulement  de  terre 

Déraillements 

Blessés  par  des  chevaux   

Intempéries 

Ecrasés  entre  wagons  et  hangar 

Frappés  par  la  foudre 

Chute  de  pièces  métalliques 

Frappés  par  des  voitures 

Echaudés 

Pris  dans  une  haussière  ou  une  chaîne 

Incendie  sur  un  vaisseau 

Frappés  par  une  poulie 

Frappés  par  des  briques 

Tamponnements    

Accidents  de  voiture 

Choc  électrique 

Non  classifiées 


Total 


Tués 


1904.  1905.  1906.  1907. 


103 


20 


140 


45 


55 


10 


1904.    1905.     1906.    1907 


168 


20 


234 


50 


19 


178 


28 
11 


193 


EMPLOYES 

CIVIQUES 

t* 

Service  des  incendies 

1905. 

4 
2 

1906. 
1 

1907. 

2 
1 

1905. 

53 

10 

3 

5 

1906. 

43 
6 

5 

7 

1907. 
29 

Chute  de  matériaux 

27 

Rencontre  entre  voiture  de  police  et  tramway . 

6 

En  arrêtant  des  prisonniers 

1 

En  soulevant  un  pavé 

1 

1 

Dans  un  ascenseur 

1 

2 

1 
1 
1 

Frappés  par  une  locomotive 

2 
1 

2 

Asphyxiés 

Explosion  de  gaz 

1 

10 

Ecrasés  par  des  voitures 

2 

Blessés  par  des  animaux ... 

2 

Blessé  par  des  outils 

1 

Noyé    

1 

1 

Choc  électrique 

5 

Total 

7 

6 

72 

66 

80 

*Ne  formant  un  groupement  séparé  que  depuis  1905. 

36—13 


194 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


METIERS    DIVERS. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Causes  des  l'accidents. 

Tués. 

Blessés. 

1904. 

1905. 

1900. 

1907. 

1904. 

1905. 

1906. 

1907. 

Mines,  explosions  de  dynamite,  etc 

Autres  explosions 

7 
3 

5 

5 

2 

20 

3 

"Y 
î 
î 

7 

1 

"  i 

16 

1 

4 

2 
2 

••y 

6 
2 

11 

"-5 
3 
4 
1 

2 

2 
4 

26 
8 
4 

17 
16 
3 
13 
11 
27 
1 

18 
9 
9 

48 
8 

13 
5 
1 

'"iè' 

19 
22 

30 

Blessés  par  des  machines,  des  courroies,  etc 

4 
4 

1 
1 
3 

75 
4 
5 

1 

"l 
56 

48 
2 

Tombés  de  voiture 

Tombés  d'édifices 

9 
5 

Ecroulement  d'édifices. . .             

Tombés  des  échafaudages 

1 
1 
9 

7 
1 
5 
3 

1 

"'4' 
1 

1 

'"s 

2 
2 
3 

1 

Chutes  diverses 

Miasmes  délétères 

4 
3 

"l 
3 

2 

21 

Blessés  dans  des  incendies 

Chutes  de  pièces  de  bois 

Noyés 

Blessés  par  des  chevaux 

3 

6 

11 

5 
9 

5 

1 

5 
4 
4 

4 

6 

Eboulements 

Electricité...    .                                    

Intempéries 

1 

1 

2 
1 
1 
2 
2 

"i 

1 

-    5 
9 

1 

2 

1 

Chute  de  matériaux 

"30 

"là' 

27 

30 

Non  classifiées 

"è 

"Y 

Total 

41 

71 

56 

62 

178 

159 

226 

168 

JOURNALIERS. 


Tombés  d'édifices .... 

4 

1 

'"  2 
5 

"4' 
1 

1 
2 

2 

1 
4 
7 
1 
5 
2 
1 
7 
2 
1 
2 
16 

2 
1 
4 

"è" 
1 

..... 

'"7 

1 

io 

"  i 
"1 

1 

7 

14 
1 
4 

"i 

1 

*  4 
1 

8 
6 

12 
3 
7 

13 
1 
5 
9 

"iè 

3 

8 

7 

2 
13 

1 
21 
35 

5 
10 

5 

3 

10 
12 

2 

"i5 

"iè 
25 

'    '50 
8 
3 

1 

Tombés  d'échafaudages 

Chute  de  pièces  de  bois  

Tombés  de  voiture 

Autres  chutes 

Frappés  par  des  pierres,  des  briques,  etc 

Blessés  par  des  monte-charge  ou  ascenseurs 

Eboulements  de  terre.     .    .    , 

Blessés  par  des  grues 

2 

22 

82 

4 

2 

Noyés    



7 
13 

Mines,  explosions  de  dynamite,  etc 

Blessés  par  des  machines,  des  courroies,  etc 

Frappés  par  des  pièces  métalliques 

5 
17 

Ecroulement  d'\in  édifice 

Accidents  de  chemins  de  fer 

Ecrasés  par  des  voitures ... 

Intempéries  ...     

5 
2 
1 
5 
4 
3 
1 

11 
6 

Blessés  par  des  outils 

1 

Blessés  par  des  bestiaux ... 

1 

Asphyxiés  par  le  gaz  . .  . 

Choc  électrique 

3 

Non  classifiées 

10 

6 

29 

2 

Total 

30 

57 

43 

34 

119 

143 

142 

154 

RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  195 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XV.— LA  BIBLIOTHEQUE  DU  DEPARTEMENT. 

Le  travail  dans  la  bibliothèque  du  département  s'est  poursuivie  comme  les  an- 
nées précédentes.  La  bibliothèque  s'est  enrichie  de  beaucoup  de  nouveaux  livres  et 
brochures  ayant  principalement  trait  aux  questions  industrielles  d'un  intérêt  spécial 
pour  les  Canadiens  à  l'époque  actuelle,  et  l'on  a  fait  des  efforts  pour  établir  des  rap- 
ports plus  intimes  avec  le  mouvement  industriel  et  social  d'autres  pays.  Le  départe- 
ment a  reçu  régulièrement  cent  vingt-cinq  revues,  qui,  pour  la  plupart,  sont  publiées 
par  des  organisations  du  travail  tant  aux  Etats-Unis  qu'au  Canada.  On  a  continué 
le  cataloguement  des  livres  et  brochures,  et  le  nombre  total  des  cartes  de  catalogue  de 
la  bibliothèque  générale  du  département  était  à  la  fin  de  l'exercice  d'environ  8,500. 

Il  a  été  pris  des  mesures  pour  échanger  des  publications  avec  le  United  States 
Bureau  of  Corporations,  avec  le  ministère  du  Travail  de  la  république  Argentine,  le 
bureau  de  la  Statistique  de  Wiesbaden,  et  avec  les  édieurs  des  périodiques  suivants: 
Saskatchewan  Lahours  Realm,  Bailroad  Employée,  The  Train  Dispatcher,  The 
American  Pressman,  The  Trades  TJnionist,  (Vancouver,  C.-B.),  L'Ouvrier,  The  South 
African  Typographical  Journal  et  The  Canadian  Dairyman. 

Le  département  est  redevable  au  secrétaire  du  ministère  du  Travail  de  la  Nou- 
velle-Zélande ainsi  qu'au  directeur  du  Travail  de  la  Nouvelle-Galles  du  Sud  des  exem- 
plaires des  lois  relatives  au  travail  décrétées  par  leur  gouvernement  respectif. 

Grâce  à  la  bienveillance  des  personnes  intéressées,  la  collection  des  contrats  in- 
dustriels en  vigueur  au  Canada  commencée  l'année  dernière  a  été  considérablement 
augmentée.  Ces  contrats  ont  été  publiés  dans  la  Gazette  du  Travail  au  fur  et  à  me- 
sure qu'on  les  a  reçus. 

On  publie  plus  bas  un  catalogue  des  rapports  des  ministères  et  des  autres  publi- 
cations se  rattachant  aux  conditions  de  l'industrie  et  du  travail  ainsi  que  des  jour- 
naux de  commerce  et  du  travail  reçus  au  cours  de  l'exercice. 


36— 13i 


196  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


CATALOGUE    DES    RAPPORTS    ET    AUTRES    DOCUMENTS    AJOUTES    A    LA 

BIBLIOTHEQUE  DU  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL  AU  COURS 

DE  L'EXERCICE  TERMINE  LE  31  MARS  1908. 

Ire  Partie. — Publications  des  ministères  du  Travail  et  des  bureaux  de  la 

Statistique  ouvrière. 

CANADA. 

Gouvernement  fédéral, 
publications  du  département  du  travail  et  du  gouvernement  fédéral. 

(a)  Journal  mensuel. 

La  "Gazette  du  Travail" — le  journal  officiel  du  département  du  Travail,  publié  tous 
les  mois: 

Year. 
Vol.  VII.,  n°  10  à  vol.  VIII  n°  9  d'avril  1907  à  mars 1908 

(b)  Rapport  annuel. 
Septième   rapport   ^nnuel   du   département  du   Travail 1906-1907 

(c)  Rapports  spéciaux. 

Rapport  de  la  Commission  royale  sur  le  différend  concernant  les 
heures  d'emploi  entre  la  Bell  Téléphone  Co.,  du  Canada,  à  resp. 
limitée.,  et  ses  employées  à  Toronto,  Ontario 1907 

Réponse  au  Parlement  au  sujet  de  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de 
différends  industriels,  1907.  Compte  rendu  des  procédures  sous 
l'empire  de  la  loi,  du  22  mars  1907  au  15  février 1908 

Gouvernement  des  provinces. 

ministère  des  travaux  publics  et  du  travail  de  québec. 

Rapport  annuel. 

Rapport  général  du  ministre  des  Travaux  publics  et  du  Travail  de  la 

province  de  Québec  pour  l'exercice  expiré  le  30  juin 1907 

BUREAU    DU    TRAVAIL    D'ONTARIO. 

Rapport  annuel. 

Septième  rapport  annuel  du  Bureau  du  Travail  pour  Tannée  terminée 

le  31  décembre 1906 

Huitième  rapport  annuel  du  Bureau  du  Travail  pour  l'année  terminée 

le  31  décembre 1908 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  197 

DOC.  PARLEMENTAIRE  Nq  36 

ROYAUME-UNI. 

(a)  Journal  mensuel. 

"The  Labour  Gazette" — Journal    du    ministère    du    Travail  dû  "  Board    of    Trade  ", 
publié  tous  les  mois: 

Volume  15,  d'avril  à  décembre 1907 

Volume  10,  de  janvier  à  mars 1908 

(b)  Rapports  annuels  et  spéciaux. 

Changements  dans  les  gages  et  les  heures  de  travail,  Royaume-Uni: 

Quatorzième  rapport 1906 

Grèves  et  contre-grèves: 

Dix-neuvième  rapport 1906 

Statistique  du  travail: 

Treizième  reilevé  annuel 1905-1906 

Conciliation: 

Sixième  rapport  des  procédures  sous  l'empire  de  la  loi  de  la  concilia- 
tion  (différends  industriels),   1906,  pour 1905-1907 

Report   on  Rules  of   Voluntary   Conciliation   and  Arbitration  Boards 

and  Joint  Committies 1907 

Associations  industrielles  : 

Almanach  d'adresses  des  associations  industrielles  du  Royaume-Uni.  .     1907 

ETATS-UNIS. 

GOUVERNEMENT   FEDERAL. 

PUBLICATIONS    DU    MINISTERE    DU    TRAVAIL    ET    DU    COMMERCE,    WASHINGTON,    D.C. 

BUREAU  DE  TRAVAIL. 

Journal  bi-mensuel. 

Bulletin  du  ministère  du  Travail,  Washington: 

Volume  12,  de  mai  à  novembre 1907 

Volume  13,  janvier  et  mars 1908 

GOUVERNEMENTS     D'ÉTATS. 
PUBLICATIONS    DES    BUREAUX    DE    LA    STATISTIQUE    DU    TRAVAIL. 

Idaho — Bureau  d'immigration,  du  Travail  et  de  la  Statistique. 

Troisième  rapport  biennal  de  l'Etat  d'Idaho 1905-1906 

Illinois — Bureau  de  la  Statistique  du  travail: 

Vingt-cinquième  rapport  annuel  sur  la  houille  et  huitième  rapport  an- 
nuel des  Illinois  Free  Employment  Offices 1906 


198  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Maine: 

Lois  du  travail  du  Maine 1908 

Maryïand — Bureau  de.  la  Statistique  et  des  Renseignements  : 

Seizième  rapport  annuel 1997 

Massachusetts — Bureau  de  la  Statistique  et  du  Travail: 

*  (a)  Journal  mensuel. 

Labour  Bulletin  of  the  C ommonwealth  of  Massachusetts  : 

D'avril  1907-8  à  mars 1908 

(b)  Rapports  annuels  et  spéciaux: 
Rapport  annuel — 

Trente-septième  rapport  annuel 1906 

Occasions  industrielles — 

Occasions   industrielles  dont   il  n'a  pas   encore  été    tirées    partie    au 

Massachusetts   (extrait  du  rapport  annuel) 190G 

Manufactures — 

Statistique  des  manufactures  (extrait  du  rapport  annuel) 1906 

Travail  et  chronologie  industrielle  (extrait  du  rapport  annuel) 1906 

Grèves  et  contre-grèves — 

Grèves  et  contre-grèves  du  Massachusetts  (extrait  du  rapport  annuel)     1906 
Bureaux  de  l'Etat  pour  obtention  gratuite  d'emploi  {State  Free  Employ- 
ment  Offices) — 

Premier  rapport  annuel  pour  l'exercice  terminé  le  30  novembre 1907 

Conciliation  et  arbitrage — 

Vingt-unième  rapport  annuel  du  Conseil  de  conciliation  et  d'arbitrage 

de  l'Etat 1906 

Minnesota — Bureau  du  travail: 
Rapport  biennal — 

Dixième  rapport  biennal 1905-1906 

NébrasTca — Bureau  du  Travail  et  de  la  Statistique  industrielle: 

Bulletin  n°  11 1907 

New-York — Ministère  du  Travail: 
Journal  trimestriel — 

New-York  Labour  Bulletin  (trimestriel) — de  juin  1907  à  mars 1908 

Rapports  annuels — 

Vingt-quatrième  rapport  annuel  du  bureau  de  la  Statistique  du  travail     1906 
Sixième  rapport  général.     Inspection  des  fabriques,  médiation  et  ar- 
bitrage      1906 

Caroline  du  Nord — Bureau  du  Travail  et  des  Impression: 

VingtièmJe  rapport  annuel 1906 

Ohio — Bureau  de  la  Statistique  du  Travail: 
Rapport  annuel — 

Trentième  rapport  annuel 1906 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  199 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Virginie — Bureau  du  Travail  et  de  la  Statistique  industrielle: 

Rapport  annuel — 

Dixième  rapport  annuel 1907 

Washington — Bureau  de  la  Statistique  du  travail  et  d'Inspection: 

Cinquième  rapport  biennal 1905-1906 

Wisconsin — Bureau  du  Travail  et  de  la  Statistique'  industrielle  : 

Kapport  biennal. 

Douzième  rapport  biennal 1905-1906 

REPUBLIQUE  ARGENTINE. 

Publications  du  ministère  national  du  Travail: 

Boletin  del  Departmento  Nacionel  del  Trabajo,  numéros  1  à  4,  juin 

1907  à  mars 1908 

Informe  sobre  la  reglementacion  del  Trabajo  de  les  Mujeres  y  Ninos. 

AUTRICHE. 

Die  Arbeitseinstellungen  und  Aussperrungen  in  Iesterreich,  wâhrend 

des  Jahres 1906 

Sociale  Rundschau,  8  Jahrgang,  numéros  4  à  12 1906 

"  9        «  "  1  à  3 1908 

Bericht  liber  die  Tâtigkeit  des  K.K.    Arbeitsstatistischen    Amtes    im 

Handelsministerium  wâhrend  des  Jahres 1906 

Arbeitszeitverlangerungen   (iiberstunden)   im    Jahres    1906,    dans  Fa- 

bricksmàszigen-betrieben 1907 

Die  Arbeitszeit  in  der  Eabricks-betrieben  Oesterreichs 1907 

BELGIQUE. 

PUBLICATIONS   DE   i/OFFICE   DU   TRAVAIL. 

(a)  Journal  mensuel. 

Revue  du  Travail  (d'avril  à  décembre) 1907 

"  (de  janvier  à  mars) 1908 

(b)  Rapports  annuels  et  spéciaux. 

Annuaire  de  la  législation  du  travail,  tables  décennales  des  volumes 

I  à  X 1907 

Rapport  annuel  de  l'Inspection  du  Travail 1906 

Statistique  des  Grèves  en  Belgique 1901-1905 

Fabrication  et  Travail  du  Verre 1907 

Rapport  sur  les  Unions  ProfessioneHes  pendant  les  années  1902-1904.  .     1907 


200  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
FRANCE. 

PUBLICATIONS     DU     MINISTERE     DU     COMMERCE,   DE   i/lNDUSTRIE,   DES    POSTES     ET     DES     TÉLÉ- 
GRAPHES. 

(a)  Journal  mensuel. 

Bulletin  de  l'Office  du  Travail  (numéros  4  à  12) 1907 

Bulletin  de  l'Office  du  Travail  (numéros  1  à  3) 1908 

(b)  Rapports  annuels  et  spéciaux. 

Annuaire  Statistique,  vingt-sixième  volume 1906 

Statistique  annuelle  des  institutions  d'assistance,  année 1905 

Rapports  spéciaux — 

Album  Graphique  de  la  Statistique  Générale  de  la  France 1907 

Résultats  Statistiques  du  Recensement  Général  de  la  Population  effec- 
tué le  24  mars  1901,  Tome  V 1907 

ALLEMAGNE. 

Publications  du  "Kaiserliche  Statistische  Amt" : 

Reichs-Arbeitsblatt,  v.  Jahgang  nr  4-12  ;  vi.  Jahgang  nr  1-3 .  .    .  .    .  .   1907-8 

Protokolle    ûber    Verhandlungen   des    Beirats    fur    Arbeiterstatistik.  1907 

Erhebung  iiber  die  Arbeitszeit  Binnenschiffahrts-Gewerbe 1907 

Bericht  iiber  die  Tâtigkeit  des  K.   K.   Arbeitsstatistischen   amtes   im 

Handelsministerium  wàhrend 1906 

Die  Fortschritte   der   amtlichen    Arbeitstatistik    in    der    Wichtigsten 

Staaten,  Zweiter  Teil ' 1908 

Erhebung  iiber  die  Wirkungen  des  Handwerkergesetzes 1908 

HOLLANDE. 

Publications  du  "Bureau  central  Voor  de  Statistich"  : 

Werkstakingen  en  Uitsluitengen  in  Nederland  gedurende 1906 

ITALIE. 

Publication  du  "TJfficio  del  Lavoro"  : 

Bolletino   dell'ufficio   del   Lavoro.      Vol.      VII,    mars-décembre    1906. 

Vol.  VIII.,  janvier  et  février 1907 

L'Opéra  compiuto  delFufficio  e  del  consiglio  superiore  del  Lavoro  del  1 

luglio  1905,  el  31  dicembre 1906 

Statistice  degli  scioperi  avenuti  in  Italie  nell'anno 1904 

Lavatori  délie  Moniere-Parte  Prime 1908 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  201 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

NOUVELLE-GALLES  DU  SUD. 
Rapports  annuels — 

Ministère  du  Travail  et  de  l'Industrie: — 

Premier  rapport  annuel  du  directeur  du  Travail  pour  l'exercice  ter- 
miné le  30  juin ,  .  .     1906 

Rapport  sur  l'application  des  lois  concernant  les  fabriques  et  les  ate- 
liers, les  lois  concernant  la  fermeture  à  bonne  heure;  la  loi  dite 
Shearers  Accommodation,  etc.,  etc.,  au  cours  de 1906 

Rapports  et  registres  concernant  V arbitrage  industriel: 

Vol.  V.,  1906,  vol.  VI.,  parties  1,  2 1907 

QUEENSLAND. 

Rapports  annuels — 

Bureau  du  Travail  et  de  Secours  de  l'Etat: 

Rapport  du  préposé  de  ce  bureau  pour 1904 

AUSTRALIE  OCCIDENTALE. 

Rapport  annuel — 
Bureau  du  Travail  de  l'Etat: — 

Huitième  rapport  annuel  du  directeur  pour , 1905 

NOUVELLE-ZELANDE. 

Ministère  du  Travail: 

(a)  Journal  mensuel. 

Journal  du  ministère  du  Travail,  vol.  16  (d'avril  à  décembre) 1907 

"  "  vol.    17    (de   janvier    à    mars) 1908 

(b)  Rapports  annuels. 

Seizième  rapport  annuel,  d'avril  1906  à  mars  1907 .,   .  .    .  .     1907 

Rapport  sur  les  logements  des  ouvriers 1907 

(c)  Autres  publications. 

Ministère  du  Travail  de  la  Nouvelle-Zélande  : — 

Son  organisation  et  son  œuvre h  . .    .  .     1907 

Liste  des  articles  exposés  par  le  ministère  du  Travail  à  l'exposition 

internationale  de  Christchurch,  de  novembre  1906  à  avril  1907.  .     1907 


202  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


2e   PARTIE.— AUTRES  PUBLICATIONS   CONCERNANT  LE  TRAVAIL. 

(Les  journaux  du  commerce  et  du  travail  exceptés.) 
CANADA. 

I. — PUBLICATIONS    DE    L'ÉTAT. 

(a)  Publications  du  gouvernement  fédéral. 

Ministère  des  Mines,  division  de  la  Commission  géologique: — 

Rapport  annuel,  section  des  mines,  pour , 1905 

Rapport  sommaire  de  l'année 1907 

Rapport  sur  le  bassin  de  houille  Cascade,  Alberta 1907 

Les  chutes  Niagara 1905-6 

Diverses  autres  publications  officielles: — 

Canadian  Patent  Office  Record,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Rapport  du  comité  permanent  de  l'agriculture  et  de  la  colonisation.  .1906-7 

Statuts  du  Canada )  . .   . .     1907 

Rapport  du  ministère  du  Commerce — 

Ire   partie. — 'Commerce    du    Canada    pendant    l'exercice    expiré    le    31 

mars ; 1907 

2e  partie. — Commerce  des  pays  étrangers  et  traités  et  conventions  pen- 
dant l'exercice ^ 1906 

2e  partie. — Commerce  des  pays  étrangers  et  traités  et  conventions  pen- 
dant l'exercice 1907 

Supplément  et  statistiques  du  trafic  des  steamers  jusqu'au  31  dé- 
cembre 1907,  et  prévisions  pour  l'exercice 1908-9 

Statistique  des  chemins  de  fer  du  Canada  pour  l'exercice  terminé  le 

30  juin 1906 

Statistique  des  chemins  de  fer  du  Canada  pour  l'exercice  terminé  le 

30  juin 1907 

Rapport  sur  l'immigration.     2e  partie.     Rapport  annuel  du  ministère 

de  l'Intérieur .■ 1906 

Rapport  de  l'arpenteur  général  des  terres  fédérales  pour  l'exercice  ter- 
miné le  30  juin 1906 

Rentes  viagères  pour  le  vieil  âge — Discours  prononcés  au  Sénat  du  Ca- 
nada au  cours  de  la  troisième  session  du  dixième  parlement,  6-7 
Edouard  VII 1906-7 

Rapport,  relevés  et  statistiques  du  Revenu  de  l'Intérieur  du  Canada — 
Ire  partie. — Accise. 
2e  partie. — Inspection  des  poids  et  mesures,  du  gaz  et  de  la  lumière 

électrique  pendant  les  neuf  mois  terminés  le  31  mars 1907 

3e  partie. — Falsification  des   substances   alimentaires. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  203 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Tableaux  du  commerce  et  de  la  navigation  du  Canada  pour  les  neuf 

mois  de  l'exercice  terminé  le  31  mars 1907 

Rapport  du  directeur  des  assurances  pour  l'année  terminée  le  31  dé- 
cembre      1906 

Rapport  du  ministère  de  l'Agriculture  pour  l'exercice  terminé  le  31 

mars 1907 

Rapport  annuel  du  ministère  des  Chemins  de    fer    et    Canaux    pour 

l'exercice  du  1er  juillet  1906  au  31  mars 1907 

Convention  relative  aux  relations  commerciales  entre  le  Canada  et  la 

France 1907 

Comptes  publics  pour  l'exercice  de  neuf  mois  terminé  le  31  mars.  .    .  .     1907 

Rapports  du  comité  des  comptes  publics,  session  de 1907 

Rapport  annuel  du  département  des  Affaires  des  Sauvages  pour  l'exer- 
cice terminé  le  31  mars 1907 

Rapport  du  ministère  de  la  Justice  au  sujet  des  pénitenciers  du  Ca- 
nada pour  les  neuf  mois  terminés  le  31  mars 1907 

Rapports  des  commissaires  de  port  et  de  l'administration  du  pilotage, 

etc.,  jusqu'à  décembre r     1906 

Rapport  du  ministère  des  Travaux  publics  pour  l'exercice  terminé  le 

31  mars : 1907 

Rapport  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries — Marine 1907 

—Pêcheries 1907 

Rapport  de  l'inspection  des  bateaux  à  vapeur — Supplément  au  rapport 

du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries ,  . .     1907 

Rapport  du  commissaire  de  la  laiterie  et  du  service  frigorifique  pour 

l'exercice  terminé  le  31  mars 1907 

Rapport  de  la  royale  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest ,     1907 

Deuxième  rapport  du  Conseil  des  commissaires  de  chemins  de  fer  du 

Canada  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars 1907 

Recensement  de  la  population  et  agriculture  des  provinces  du  Nord- 
Ouest,  Manitoba,  Saskatchewan,  Alberta 1906 

Rapport  de  la  Commission  royale  sur  le  commerce  de  grain  du  Ca- 
nada      1906 

Rapport  du  Conseil  de  la  milice  du  Canada  pour  les  trois  mois  termi- 
nés le  31  mars 1907 

Rapport  du  directeur  de  la  sylviculture.     Partie  IX.     Rapport  annuel 

du  ministère  de  l'Intérieur , 1907 

(b)  Publications  des  gouvernements  provinciaux. 
Nouvelle-Ecosse  : 

Débats  et  procès-verbaux  du  Conseil  législatif.  ... 1907 

Rapport  annuel  du  ministère  des  Mines  pour  l'exercice  terminé  le  30 

septembre 1906 

Statuts  publics,  7  Edouard  VII 1907 

Rapport  des  chemins  de  fer  subventionnés  et  autres  travaux  publics 
dans  la  province  de  la  Nouvelle-Ecosse,  pour  l'exercice  terminé  le 
30  septembre 1907 


204  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Rapport  annuel  du  surintendant  de  l'éducation  et  des  écoles  publi- 
ques de  la  Nouvelle-Ecosse  pour  l'exercice  terminé  le  31  juillet. .     1907 

Rapport  du  ministère  des  Mines  pour  l'exercice  terminé  le  30  sep- 
tembre      1907 

Septième  rapport  annuel  sur  les  institutions  pénales  de  la  Nouvelle- 
Ecosse 1907 

Rapport  concernant   les   charités    publiques    pour    l'exercice    terminé 

le  30  septembre 1907 

No  u  veau-Brunswich  : 

Rapport  annuel  du  Commissaire  de  l'agriculture  pour 1906 

Actes  de  l'Assemblée  législative 1907 

Québec: 

Rapport  de  la  Commission  de  la  colonisation  et  des  travaux  publics, 
contenant  les  rapports  des  inspecteurs  de  manufactures  et  d'éta- 
blissements industriels 1907 

Statuts  de  Québec,  7  Edouard  VII 1907 

Ontario: 

Statuts 1907 

Dix-neuvième  rapport  annuel  des  inspecteurs  de  manufactures  pour. .  1906 
Annexe   au   dix-neuvième   rapport   des    inspecteurs  .  de    manufactures 

pour .  1906 

Rapports  annuels  des  associations  de  l'industrie  laitière  pour 1906 

Trente-deuxième  rapport  annuel  du  collège  d'agriculture  d'Ontario  et 

de  la  ferme  expérimentale  pour 1906 

Trente-troisième  rapport  annuel  du  collège  d'agriculture  d'Ontario  et 

de  la  ferme  expérimentale  pour 1907 

Rapport  annuel  de  l'association  d'agriculture  pour "  1906 

Trente-huitième  rapport  annuel  de  la  société  d'entomologie 1907 

Rapport  de  l'inspection  des  permis  pour  la  vente  de  liqueurs   spiri- 

tueuses  pour ^ 1907 

Quatrième  rapport  annuel  du  bureau  des  archives  pour .  1906 

Trente-septième   rapport   annuel   de  l'Association   des   producteurs   de 

fruits  d'Ontario 1906 

Vingt-huitième  rapport  annuel  de  la  Ontario  Agricultural  and  Ex- 
périmental Union 1906 

Vingt-neuvième  rapport  de  la  Ontario  Agricultural  and  Expérimental 

Union 1907 

Rapport  annuel  du  ministère  des  Terres,  Forêts  et  Mines,  pour.  .    .  .  1906 

Rapport  du  Bureau  des  Mines,  vol.  15,  partie  II .  .  1906 

The  Sanitary  Journal  of  the  Provincial  Board  of  Health,  parties  III 

et  IV  du  25e  rapport  annuel 1906 

Rapport  de  la  Commission  royale  sur  l'Université  de  Toronto 1906 

Les  fruits  d'Ontario 1906 

Rapport  de  la  Commission  des  livres  de  texte 1907 

Deuxième  rapport  annuel  de  l'Institut  de  la  volaille 1906-7 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  205 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Deuxième  rapport  annuel  de  l'Association  des  producteurs  de  légumes.  1906 

Etats  des  corporations  de  prêts  pour 1906 

Rapport  annuel  des  sociétés  d'agriculture 1907 

Rapports  annuels  des  associations  de  l'élève  du  bétail  dans  Ontario  pour 

1906  et 1907 

Rapport  annuel  du  Bureau  des  industries,  parties  I,  II,  III,  pour.  .   .  .  1906 

Rapport  annuel  des  Farmers'  Institutes  d'Ontario  pour 1906 

Rapport  annuel  des  Farmers'  Institutes  d'Ontario 1907 

Rapport  du  comité  spécial  sur  le  travail  des  prisonniers 1908 

Douzième  rapport  annuel  sur  les  améliorations  des  voies  publiques  dans 

Ontario.  . 1908 

Rapport  du  comité  sur  le  travail  des  enfants 1907 

Rapport  de  la  Commission  sur  les  méthodes  suivies  dans  les  soins  et 

traitement  des  aliénés 1908 

Manuel  à  l'usage  des  Women's  Institutes 1907 

Comptes  publics  pour 1907 

Prévisions  budgétaires  de  la  province  d'Ontario  pour  l'exercice  terminé 

le  31  décembre 1907 

Prévisions  budgétaires  de  la  province  d'Ontario  pour  l'exercice  terminé 

le  31  décembre 1908 

Rapport  de  la  Commission  du  gibier  en  Ontario  pour 1906 

Vingt-unième  rapport   annuel  des   Commissaires   du  Parc  des   Chutes 

de  Niagara  Reine  Victoria  pour 1906 

Cinquième  rapport  annuel  de  la  Commission  du  chemin  de  fer  du  Té- 

miscamingue  et  de  l'Ontario  du  Nord  jusqu'au  31  décembre.  .    .  .  1906 

Rapport  du  ministre  de  l'Instruction  publique,  Partie  II,  pour 1906 

Huron  Village  Sites,  par  Andrew  Hunter,  M.A.,  soit  une  annexe  au 

rapport  du  ministre  de  l'Instruction  publique  pour  l'année 1906 

Onzième  rapport  annuel  sur  les  améliorations  des  voies  publiques.  .   .  .  1907 

Douzième  rapport  annuel  sur  les  amélorations  des  voies  publiques.  .   .  .  1908 

Rapport  de  l'enquête  spéciale  sur  l'élevage  des  chevaux  en  Ontario. .  1906 

Bureau  des  industries,  Bulletin  municipal  n°  1 1907 

Bulletin  des  récoltes  n°  96 1907 

Premier  rapport  annuel  des  sociétés  d'horticulture  d'Ontario  pour  l'an- 
née   1906 

Rapport  des  Womens  Institutes  de  la  province  d'Ontario 1907 

Manuel  à  l'usage  des  Women's  Institutes  dans  Ontario 1907 

Rapport  annuel  d'archéologie 1906 

Rapport   annuel  de  l'inspecteur  des   bureaux   d'enregistrement  pour.  .  1906 

Rapport  du  secrétaire  et  du  registraire  de  la  province  d'Ontario  pour.  .  1906 
Université  de  Toronto — Rapport  du  Conseil  des  gouverneurs  pour  l'ex- 

ervice  terminé  le  30  juin 1907 

Recette  et  déboursés  du  chemin  de  fer  de  Témiscamingue  et  de  l'Onta- 
rio du  Nord  à  compte  de  la  construction  pour 1907 


206  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
L'arbitrage   des   comptes   indéterminés   du   Canada    et    des    provinces 
d'Ontario  et  de  Québec.    Dix-neuvième  décision  en  date  du  6  jan- 
vier  ; 1908 

Trente-huitième  rapport  annuel  de  l'inspecteur  des  prisons  et  des  insti- 
tutions publiques  de  charité,  etc.    de  la  province  d'Intario,  pour 

l'exercice  terminé  le  30  septembre 1907 

Trente-neuvième  rapport   annuel   de  l'inspecteur   des    prisons    et    des 
institutions  publiques  de  charité  sur  les  asiles  d'aliénés,   etc.   de 
la  province  d'Ontario,  pour  l'exercice  terminé  le  30  septembre.  .     1906 
Quatorzième  rapport   du  directeur  des  asiles  des  enfants   abandonnés 

pour 1906 

Rapport  concernant  l'enregistrement  des  naissances,  mariages  et  décès 

pour  l'année  terminée  le  31  décembre 1905 

Rapport  du  bureau  des  Mines,  vol.  XVI,  partie  1 1907 

Rapport   de  l'inspecteur   des   sociétés   d'assurances   et  de   secours  mu- 
tuels pour  l'année 1906 

Manitoba: 

Statuts 1907 

Rapport  de  l'Association  des  éleveurs  de  bétail,  de  chevaux,  de  mou- 
tons et  de  cochons,  de  l'Association  de  la   laiterie    du    Manitoba, 

pour  l'année 1906 

Journaux  et  documents  de  l'Assemblée  législative 1907 

Saskatchewan  : 

Journaux — Première    session    de  la.  première    Assemblée    législative..     1906 

Statuts 1907 

Comptes  publics  pour  les  exercices 1905-1906-7 

Rapports   du   ministère  des   Travaux  publics     pour    les    quatre   mois 
terminés  le  31   décembre  1905,   et  les  quatorze  mois   terminés  le 

28  février 1907 

Albert  a: 

Rapport  annuel  du  ministère  de  l'Instruction  publique 1906 

Rapport  annuel  du  ministère  de  l'Agriculture 1905-6 

Lois  publiques  et  privées 1908 

Rapport  du  commissaire  en  chef  des  Terres  et    des    Travaux    publics 

pour  l'exercice 1905-6 

Trente-quatrième  rapport  annuel  du  registraire  général,  extrait.  .    .  .     1906 

Guide  officiel  de  l'Aberta 1907 

Colombie- Britannique  : 

Comptes  publics  pour  l'exercice  terminé  le  30  juin 1907 

Rapport  annuel  sur  l'hôpital  public  des  aliénés  pour.  .   . 1906 

Rapport  annuel  du  ministère  des  Mines  pour 1906 

Prévisions  budgétaires  pour  l'exercice  terminé  le  30  juin 1908 

Rapport  des  commissaires  des  pêcheries  pour 1906 

Rapport  annuel  du  ministère  des   Travaux  publics 1906 

Statuts 1906-1907 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  207 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

II. — AUTRES    PUBLICATIONS    CANADIENNES. 

Publications  contenant  des  statistiques  ou  des  renseignements  concernant  les 

ressources  et  les  conditions    industrielles    commerciales    et    ouvrières    du 

Canada  : 

Canaâian  Almanac 1908 

Rapports  du  Board  of  Trade: 

Vingtième  rapport  annuel  du  Board  of  Trade  de  Vancouver.  .    .  .1906-1907 

Publications  des  unions  et  autres  organisations  ouvrières: 

Labour  Day  Annual,  Ottawa 1907 

Procès-verbaux  de  la  vingt-troisième  convention  du  Congrès  des  mé- 
tiers et  du  travail  du  Canada,  Winnipeg,  septembre 1907 

Procès-verbaux  de  la  cinquième  convention  annuelle  du  Congrès  natio- 
nal des  métiers  et  du  travail,  Glace-Bay,  N.-E.,  septembre.  .    .  .     1907 

Autres  publications: 

Vingtième  rapport  annuel  du  Protestant  Home  for  the  Aged,  Ottawa, 

pour  l'année  terminée  le  30  septembre 1907 

ROYAUME-UNI. 

I. PUBLICATIONS  DU  GOUVERNEMENT. 

Publications  du  Home  Office: 

Mines  et  carrières.     Rapport  général  et  statistique — 

Partie  IL— Travail 1906 

Rapport  des  inspecteurs  de  mines  pour ,     1906 

Rapports  du  comité  de  la  journée  de  huit  heures  des  mineurs 1907 

Rapport  du  comité  départemental  au  sujet  de  l'indemnité  pour  maladie 

contractée  dans  les  fabriques,  preuve 1907 

Deuxième  rapport  du  comité  départemental  sur  la  ventilation  des  fa- 
briques et  ateliers.     Partie  IL     Annexe 1907 

Statistique  des  procédures  intentées  pendant  l'année  sous  le  régime 
des  lois  Worlcmens  Compensation  Acts,  1897  et  1900  et  Em- 
ployers'  Lidbility  Act  1880 1906 

Rapports  du  registraire  en  chef  des  sociétés  de  secours  mutuels: 

Rapports  annuels,  partie  A,  B,  C,  pour 1906 

Rapports  annuels,  partie  A,  annexe  (N)  pour.  .    .  ., 1909 

Onzième  rapport  annuel  sur  les  sociétés  de  construction,  part.  I  et  II 

pour  l'année 1905 

Douzième  rapport   annuel   sur  les   sociétés  de  construction,   partie  I, 

pour  l'année 1906 

Publications  du  département  du  Commerce  du  Board  of  Trade: — 

The  Board  of  Trade  Journal  (hebdomadaire)  d'avril  1907  à  mars.  .   .  .     1908 
Statistique  relative  aux  différentes  colonies,  possessions  et  protectorats 

de  la  Grande-Bretagne  pour  chaque  année,  de  1891  à  1905 1907 


208  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Statistique  relative  à  l'empire  britannique  pour  chaque  année,  de  1891 

à  1905,  troisième  numéro , 1907 

Statistique  relative  à  l'empire  britannique  pour  chaque  année,  de  1892 

à  1906,  quatrième  numéro 1908 

Statistique  relative  aux  pays  étrangers  pour  chaque  année,  de  1896  à 

1903-4 1907 

Statistique  relative  aux  pays  étrangers  pour  chaque  année,  de  1895  à 

1904-5 1907 

Statistique  relative  au  Royaume-Uni  pour  chacune  des  quinze  der- 
nières années,  de  1892  à  1906 1907 

Publications  du  département  des  Chemins  de  fer  du  Board  of  Trade: 

Relevé  des  employés  de  chemins  de  fer  (heures  de  travail) 1907 

Rapport  général  du  Board  of  Trade  au  sujet  des  accidents  survenus  sur 

les  chemins  de  fer  du  Royaume-Uni  au  cours  de  l'année 1906 

Rapports  du  comité  départemental  sur  le  contrôle  du  pesage  dans  les 
carrières  de  craie  et  les  ouvrages  en  ciment  et  dans  les  carrières  de 
pierres  à  chaux  et  les  fours  à  chaux 1908 

Publications  du  département  des  Douanes: 

Tableau  sommaire  et  détaillé  indiquant  les  pays  de  consignations  des 

importations  et  les  pays  de  destination  dernière  des  exportations.     1907 

Publications  de  la  Chambre  des  Communes: 

Index  et  sommaire  de  la  preuve  au  rapport  et  rapport  spécial  du  co- 
mité permanent  sur  le  Ilousing  of  the  Working  Classes  Acts 
Amendment  Bill 1907 

Rapport  du  comité  spécial  sur  le  Homework,  ainsi  que  les  procès-ver- 
baux du  comité,  la  preuve  et  l'annexe 1907 

Copie  des  tableaux  statistiques  concernant  l'émigration  et  l'immigra- 
tion de  et  au  Royaume-Uni  en  l'année 1906 

Autres  publications  officielles: 

Trente-cinquième   rapport   annuel   du   Local    Government   Board.  .    .  .1905-6 
Rapport  du  Local  Government  Board  pour  l'Ecosse  quant  aux  actes  des 
comités  de  détresse  en  Ecosse,  depuis  la  date  de  leur  nomination 

jusqu'au  16  mai 1906 

Rapport  du  Local  Government  Board  pour  l'Ecosse  quant  aux  actes 

du  comité  de  détresse  en  Ecosse,  pour  l'année  terminée  le  15  mai.     1907 
Documents  relatifs  à  une  fédération  des  colonies  sud-africaines.  .    .  .     1907 

Rapport  du  comité  des  fabriques  et  ateliers  de  l'Etat t  . .     1907 

Rapport  annuel  du  commerce  du  Royaume-Uni  avec  les  pays  étran- 
gers et  les  possessions  britanniques,   1906,   comparativement   aux 

quatre  années  précédentes,  vol.  1 1907 

Preuve  faite  devant  le  comité  chargé  d'examiner  si  le  Post-Office  de- 
vrait fournir  des  facilités  d'assurance  en  vertu  des  Workmens 
Compensation  Acts 1907 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  209 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Rapport  du  comité  du  travail  dans  les  fabriques  de  tissus  nommé  par 
le  gouvernement  de  l'Inde  en  décembre  1906  afin  de  connaître  les 
conditions  du  travail  des  fabriques  dans  l'Inde,  et  annexes.  .    .  .     1907 

Statistique  des  différentes  colonies,  possessions  et  protectorats  britan- 
niques pour  chaque  année,  de  1892  à 1906 

II. — AUTRES  PUBLICATIONS. 

Publications  des  unions  et  autres  organisations  ouvrières: 
Womens  Industrial  Council — 

Lois  sur  le  travail  des  femmes  en  France 1907 

Lois  sur  le  travail  des  femmes  en  Allemagne . .     1907 

Parti  ouvrier — 

Rapport  de  la  huitième  conférence  annuelle  et  rapport  des  conférences 

spéciales  sur  l'inoccupation  et  les  pensions  pour  le  vieil  âge.  .    . .     1908 

Autres  publications: 

Bureau  du  travail  international — 

Bulletin,  vol.  1 1906 

ETATS-UNIS. 

I. — PUBLICATIONS  OFFICIELLES. 

(a)  Le  gouvernement  fédéral. 

Bulletins  du  ministère  de  l'Agriculture.  .    .  . 1905-1906 

Crop  Reporter  publié  tous  les  mois  sous  l'autorité   du  secrétaire  de 

l'Agriculture,  du  1er  avril  1907  à  mars 1908 

Rapport  du  comité  sur  les  banques  et  la  monnaie  de  la  Chambre  des 
représentants  ,au  sujet  de  l'émission  et  du  rachat  des  billets  de 
crédit  garantis  de  la  National  Bank 

Bureau  du  recensement  : 

Statistique  des  femmes  qui  travaillent 1907 

Bureau  des  corporations  :  hh 

Rapport  annuel  du  commissaire  des  corps  constitués 1907 

Loi  du  commerce  entre  Etats,  selon  que  modifiée  par  la  loi  du  29  juin 

1906 1906 

Rapport  du  commissaire  des  corps  constitués  sur  l'industrie  du  pé- 
trole, Partie  I. — Situation  de  la.  Standard  OU  Company  dans  l'in- 
dustrie du  pétrole 1907 

Rapport  du  commissaire  des  corps  constitués  sur  le  transport  du  pé- 
trole      1906 

Rapport  du  commissaire  des  corps  constitués  sur  l'industrie  du  bœuf.     1905 
Réponse   du  commissaire   des   corps   constitués   aux   allégations   de   la 

Standard  OU  Company,  30  décembre 1907 

36—14 


210  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

(b)  Gouvernements  d'Etats. 
Massachusetts: 

Rapport  annuel  du  bureau  d'arbitrage  et  de  la  conciliation  de  l'Etat 

pour 1907 

Rapport  annuel  de  la  police  du  district 1907 

Autres  publications': 

Vingt-unième  convention  annuelle  de  l'Association  internationale  des 
inspecteurs  de  fabriques,  tenue  à  Hartford..  Connecticut,  les  4,  5 

et  6  juin 1907 

Société  nationale  pour  l'avancement  de  l'instruction  industrielle,  Bul- 
letins 2,  3,  4 1907 

FRANCE. 

Publications  du  Musée  Social: 

Annales,  Revues  mensuelles,  numéros  4  à  12,  numéros  1  à  3 1908 

Mémoires  et  Documents,  supplément  aux  annales,  numéros  4  à  12,  1907, 

numéros  1  à  3 1908 

Publications  de  la  Caisse  d'Epargne  et  de  Prévoyance  des  Bouches  du  Rhône:, 

Rapport  et  Comptes  Rendus  pendant  l'année 1906 

Publications  de  l'Association  Internationale  pour  la  protection  égale 
des  Travailleurs  :  Compte  Rendu  de  la  Quatrième  Assemblée  Géné- 
rale du  Comité  de  "  l'Association  Internationale  pour  la  Protec- 
tion légale  des  Travailleurs,  tenue  à  Genève,  septembre 1906 

ALLEMAGNE. 

Statistische  Manets  berichte  der  Stadt  Weisbaden.     I  Jahrgang.  .    .  .     1907 

NOUVELLE-GALLES  DU  SUD. 
Lois  sur  le  travail 1907 

NOUVELLE-ZELANDE. 

Règlements   sous  l'empire  de  la  loi   The    Workers   Compensation  for 

Accidents,  1900 1901 

ITALIE. 

Commissariat  de  l'Emigration: 

Bolletino  dell'Emigrazione,  12,  13,  14,  16,  17,  18 1907 

Commission  parlamentare  d'Inchi.este  sulle  minceri  délie   Sardegna 

Relazione  prelimineri 1907 

ESPAGNE. 

Publications  de  l'Institut  des  réformes  sociales: 

Boletin  del  Institudo  de  Reformas  Sociales,  17  avril  1907  à  mars.  .   .  .     1908 
Informe  acerce  de  la  Fabrica  y  de  las  Obreros  di  Mieres  por  D.  Julio 

Puyol  y  Alonzo 1907 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  211 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Museos  de  Higiene  y  Seguridad  del  Trabajo,  description  de  las  mes 
Importentes  de  Europe,  por  José  Marvé  y  Meyer,  Jeîe  de  la  sec- 

cion 1907 

Resumen  de  les  Trabajos  del  Instituto  desde  so  constitucion  definitiva    1907 

Congressos  Sociales  en  1906 1907 

Proyecto  de  Ley  sobre  Casas  Baratas 1907 

Legislacion  del  Trabajo 1907 

Bibliografia  de  Revistas.     Articulas  sobre  cuestiones  sociales  publicedos 

en  1900,  afio  I : 1907 


Troisième  partie — Journaux  commerciaux  et  ouvriers. 

Advance   advocate.     Organe   officiel   de   la   International   Brotherhood 

oi  Maintenance  of  Way  Employées.     Vol.  XVI,  numéros  4  à  12; 

XVII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars , 1908 

Amalgamatel  Sheet  Métal  Workers'  Journal,  vol.  XIII,  numéros  4  à  12  ; 

vol.  XIV,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907,  à  mars 1908 

American  Federationist.     Vol.  XIV,  numéros  4  à  12  ;  vol.  XV,  numéros 

1  à  3,  d'avril  1907    à  mars 1908 

American  Industries.     Vol.  V,  numéro  4  à  vol,  VII,  numéro  3,  d'avril 

1907   à  mars 1908 

American  Pnessman.     Vol.   XVIII,   numéros   1   et   2,   décembre   1907, 

janvier 1908 

Blacksmiths'  Journal.     Vol.  VIII,  numéros  4  à  12;  vol.  IX,  numéros 

1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Boilermakers'  and  Shipbuilders'  Journal.     Vol.  XIX,  numéros  4  à  12; 

vol.  XX,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Bookbinder,  International.  Vol.  VIII,  numéros  4  à  12;  vol.  IX,  nu- 
méros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Bookseller  and  Stationer.     Vol.  XXIII,  numéros  4  à  12;  vol.  XXIV, 

numéros  1  à  3,  d'avril  à  mars 1908 

Brewery  Workers,  Journal.     Du  6  avril  1907  au  28  mars 1908 

Bricklayer  and  Mason.     Vol.  X,  numéros  4  à  12;  vol  XI,  numéros  1 

à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Bridgemen's  Magazine.     Vol.  V,  numéro  9  à  vol.  VI,  numéro  8,  d'avril 

1906  à  mars 1907 

Broom  Maker.     Vol.  VIII,  numéros  6  à  12;  vol.  IX,  numéros  1  à  5, 

d'avril  1907  à  mars 1908 

Canada   Lumberman.     Vol.   XXVII,   numéros  4   à  12;   vol.   XXVIII, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Architect  and  Builder.     Vol.  XX,  numéros    4    à    12;    vol. 

XXI,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Baker  and  Confectioner.     Vol.  XIX,  numéros  4  à  12;  vol. 

XX,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

36— 14£ 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Canadian  Dairyman.     Vol.  XXVI,  numéro  1  à  vol.  XXVII,  numéro 

13,  de  janvier  1907  à  mars 1908 

Canadian  Dry  Goods  Review.     Vol.  XVII,  numéros  4  à  12;  vol.  XVII, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Electrical  News.     Vol.  XVII,  numéros  4  à  12;  vol.  XVIII, 

numéros  1  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Engineer.     Vol.  XIV,  numéros  4  à  12;  vol.  XV,  numéros 

1  à  3,  d'avril  1907  à  mars . .     1908 

Canadian  Grocer.     Vol.  XXII,  numéro  4  à  vol.  XXIV,    numéro    3, 

d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Journal  of  Commerce.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Journal  of  Fabrics.     Vol.  XXIV,    numéros    4    à    12;    vol. 

XXV,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Life  and  Resources.     Vol.  V,  numéros  4  à  12;  vol  VI,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Machinery.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Manufacturer,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Mining  Review.     Vol.  XXVI,  numéros  4  à  12;  vol  XXVII, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Canadian  Municipal  Journal.     Vol.  III,  numéros  4  à  12;  vol.  IV,  nu- 
méros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Carpenter,  The.     Vol.  XXVII,  numéros  4  à  12;  vol.  XXVIII,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Carpenters'   and   Joiners'   Monthly  Report,   d'avril   1907   à  mars. .    . .     1908 

Cigar  Makers'  Officiai  Journal,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Coast  Seamen's  Journal,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Commercial  Intelligence,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Commercial  Telegraphers'  Journal.     Vol.  V,  numéros  4  à  12;  vol.  VI, 

numéros  1  à  3,  d'avril  à  mars 1908 

Coopers'  International  Journal.     Vol    XVI,    numéros    4    à    12;    vol. 

XVII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Dun's  Review,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Electrical  Worker.    Vol.  VII,  numéro  6  à  vol.  VIII,  numéro  5,  d'avril 

1907  à  mars 1908 

Fileur,  Le.     Vol.  I,  numéros  8  et  9 1907 

Fishing  Gazette,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Garment  Workers'  Weekly  Bulletin,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Granité  Cutters'  Journal,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Hardware  and  Métal,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Iiod  Carriers  and  Building  Labourers'  Journal.     Vol.  IV,  numéros  4  à 

12;  vol.  V,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Horseshoers'  Monthly  Magazine.     Vol.  IX,  numéros  4  à  12;   vol.  X, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Industrial  Banner,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Industrial  Canada.     Vol.  VII,  numéro  8;  vol.  VIII,  numéro  7,  d'avril 

1907  à  mars 1908 


*  RAPPORT  DU  SOUS-MIXISTRE  213 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Insurance  and  Financial  Review.    Vol.  III,  numéros  4  à  12;  vol.  IV, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

International  Musician.     Vol.  VIII,  numéros  4  à  12;  vol.  IV,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

International  Steam  Engineer.    Vol.  X,  numéros  4  à  12;  vol.  XI,  nu- 
méros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Iron  Moulders'  Journal.     Vol.  XLIII,  numéros  4  à  12;  vol.  XLIV, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Journal  des  Correspondances,  Organe  Officiel  des  Syndicats  du  Parti 

Ouvrier  Belge,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Journal  of  the  Knights  of  Labour,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Labour  Co-partnership.     Vol.  XIII,  numéros  4  à  12  :  vol.  XIV,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Labourers'  Journal.    Numéros  38  à  49,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Lather,  The.     Vol.  VII,  numéros  4  à  12;  vol.  VIII,  numéros  1  à  3, 

d'avril  1907  à  mars 1908 

Leather  Workers  on  Horse  Goods  Journal.     Vol  IX,  numéros  8  à  12; 

vol.  X,  numéros  1  à  7,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Locomotive   Engineers'   Journal.     Vol.   XLI,  numéros  4    à    12;    vol. 

XLII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Locomotive  Firemen  and  Enginemen's  Magazine.     Vol.  XLII,  numé- 
ros 4  à  6;  vol.  XLIII,  vol.  XLIV,  numéros  1  à  12,  1907,  à  mars. .     1908 

L'Ouvrier.    Vol.  I,  numéros  1  à  13,  du  19  janvier  au  12  avril 1908 

Machinists'  Monthly  Journal.     Vol.  XIX,  numéros  4  à  12;  vol.  XX, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Marine   Review.     Vol.    XXXV,   numéros   4   à   6;    vol.    XXXVI;    vol. 

XXXVII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Maritime  Mining  Record.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Méat    Cutters'     (Amalgamated)     and     Butcher     Workmen's    Journal, 

d'avril  1907  à  mars 1908 

Métal  Polishers  and  Buffers'  Journal.     Vol.  XVI,  numéros  4  à  12;  vol. 

XVII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Miners'  Magazine,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Mine  Workers'   (United)   Journal,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Mixer   and   Server.     Vol.   XVI,   numéros   4   à   12;   vol.   XVII,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Monetary  Times  and  Trade  Review,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Moniteur  des  Syndicats  Ouvriers,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Montréal  Municipal  Gazette,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Motorman  and  Conductor.     Vol  XV,  n°  2,  à  vol.  XVI,  n°   1,  d'avril 

1907  à  mars 1908 

National  Builder.     Vol.  XLIV,  numéros  4  à  6;  vol.  XLV,  vol.  XLVI, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Open  Shop,  The.     Vol.  VII,  numéros  4  à  12;  vol.  VIII,  numéros  1  à 

3,  d'avril  1907  à  mars , 1008 


214  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Pacific  Lumber  Trade  Journal.     Vol  XII,  n°  12;  vol.  XIII,  numéros 

1  à  11,  d'avril  à  novembre 1907 

Painters',  Decorators'  and  Paperhangers'  Journal.     Vol.  XXI,  numé- 
ros 4  à  12;  voL  XXII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1903 

Pattern  Makers'  Journal.     Vol.  XVI,  numéros  4  à  12;  vol.  XVII,  nu- 
méros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars ,  .  .   .  .     1903 

Piano  and  Organ  Workers'  Journal.     Vol.  IX,  numéros  4  à  12;  vol. 

X,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1903 

Plumbers,  G  as  and  Steamfitters'  Journal.     Vol.  XII,  numéros  4  à  12; 

vol.  XIII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars .   .  .     1908 

Printer  and  Publisher.     Vol.  XVI,  numéros  4  à  12;  vol.  XVII,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Railroad  Employée.     Vol.  VII,  numéros  1  à  3,  de  janvier  à  mars.  .   .  .     1908 

Railroad  Freight  and  Baggageman.     Vol.  V,  n°   8,  à  vol.   7,  d'avril 

1907  à  mars 1908 

Railroad  Telegrapher.     Vol.  XXIà,  numéros  4  à  12;  vol.  XX,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Railway  Age,  d'avril  1907  à  mars ■ ., 1908 

Railway  Carmen's  Journal.     Vol.  XII,  numéros  4  à  12;  vol.  XIII,  nu- 
méros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars , 1908 

Railway  Clerk.     Vol.  VI,  numéros  4  à  12;  vol.  VII,  numéros  1  à  3, 

d'avril  1907  à  mars 1908 

Railway  and  Locomotive  Engineering.     Vol.  XX,  numéros  4  à  12; 

vol.  XX,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars , 1908 

Railway  and  Marine  World,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Railway  Conductor.     Vol.  XXIV,  numéros  4  à  12;  vol.  XXV,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars ,     1908 

Retail  Clerks'  International  Advocate.     Vol.  XIV,  numéros  4  à   12; 

vol    XV,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars ,  .  .    . .     1908 

Review — National  Founders'  Association,  d'avril  1907  à  mars.  .    ....     1908 

Saskatchewan  Labour's  Realm.     Vol.  I,  numéros  1  à  35,  du  31  mai  au 

27  mars 1908 

Shoe  and  Leather  Journal.     Vol  XX,  numéros  4  à  12;  vol.  XXI,  nu- 
méros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars ,  y  . .     1908 

Shoe  Workers'  Journal.     Vol.  VIII,  numéros  4  à  12;  vol.  IX,  numéros 

1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

South  African  Typographical  Journal,  de  juillet  1907  à  février.  .    .  .     1908 

Stereotypers'   and  Electrotypers'  Journal.     Vol.   II,  numéros  4   à  12; 

vol.  III,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars .   .  .     1908 

Stonecutters'  Journal.     Vol.  XXI,  numéros  4  à  12;  vol.  XXII,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Stove  Mounters'  Journal.     Vol.  XII,  numéros  4  à  12;  vol.  XIII,  nu- 
méros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Switchmen's  Union  Journal.     Vol.  IX,  numéros  6  à  12;  vol.  X,  numé- 
ros 1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  215 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Tailor,  The.     Vol.  XVII,  numéros  9  à  12  ;  vol.  XVIII,  numéros  1  à  3, 

d'avril  1907  à  mars 1908 

Tobacco  Worker,  The.     Vol.  XI,  numéros  4  à  12;  vol.  XII,  numéros  1 

à  3,  d'avril  1907  à  mars. 1908 

Trades  Unionist  (Vancouver,  C.-B.).     Vol.  III,  numéros  1  à  3,  janvier 

à  mars 1908 

Train  Despatcher.  Vol.  III,  numéros  1  à  6;  de  septembre  1907  à  jan- 
vier 1908 1908 

Typographical  Journal.     Vol.  XXX,  numéros  4  à  6;  vol.  XXXI,  1  à 

6;  vol.  XXXII,  numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Voice,  The.     Vol.  XIV,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Western  Clarion,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Woodworker,  International.     Vol.  XVII,  numéros  4  à  12;  vol.  XVIII, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1906  à  mars 1908 

Women's  Trade  Union  Eeview,  d'avril  1907  à  mars 1908 

AUTRES   PÉRIODIQUES. 

American  Economie  Association   (publications  de  1'),  de  mai  1907  à 

février , 1908 

American  Journal  of  Sociology.     Vol.  XII,  n°   6,  à  vol.  XIII,  n°   5, 

de  mai  1907  à  mars 1908 

Among  the  Deep  Sea  Fishers.     D'avril  1907  à  mars .    .  .  1908 

Annals   of  the   American   Academy   of   Political   and   Social   Science. 

Vol.  XXVIII,  numéros  4  à  6;  vol.  XXIX,  n°  3;  vol.  XXX;  vol. 

XXXI,  numéros  1,  2,  de  mai  1907  à  mars 1908 

Canadian  Municipal  Journal,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Charities  and  Commons,  d'avril  1907  à  mars 1908 

Co-operative  News.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Economie   Review.     Vol.    XVII,   numéros   2    à   4;    vol.    XVII,   n°    1, 

d'avril  1907  à  janvier , 1908 

Economist.     Janvier  à  mars 1908 

Factory  Inspecter,  The.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Industrial  Canada.     D'avril  1907  à  mars. 1908 

Journal  of  Political  Economy.     Vol.  XV,  numéros  4  à  12;  vol.  XVI, 

numéros  1  à  3,  d'avril  1907  à  mars 1980 

Labour  Co-partnership.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Lend-a-hand  Record.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Literary  Digest.     D'avril  1907  à  mars 1908 

L'Union  Co-operative.     D'avril  1907  à  mars .  1908 

National  Civic  Fédération  Review,  D'avril  1907  à  mars 1908 

Outlook,  The.     D'avril  1907  à  mars 1908 

Political  Science  Quarterly.     Vol.  XXII,  n°   2,  à  vol.  XXIII,  n°   1, 

de  juin  1902  à  mars 1908 

Public  Opinion.     D'avril  1907  à  mars 1903 


216  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Quarterly  Journal  of  Economies.     Vol  XXI,  n°   3,  à  vol.  XXII,  n° 

2,  de  mai  1907  à  février 1908 

Quarterly  Keview.     Numéros  411  à  414,  d'avril  1907  à  janvier 1908 

Royal  Statistical  Society,  Journal  of.     Vol.  LXX,  parties  2  à  4;  vol. 

LXXI,  partie  1,  de  juin  1907  à  mars 1908 

Social  Service.     D'avril  1907  à  mars ■ 1908 

Toilers  of  the  Deep.     D'avril  1907  à  mars ■ 1908 

Women's  Industrial  News  (Quarterly).     De  juin  1907  à  mars 1908 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


217 


XII.    LA   CIRCULATION   DE   LA   "GAZETTE   DU   TRAVAIL". 

La  Gazette  du  Travail  est  publiée  en  français  et  en  anglais,  ce  qui  exige  la  tenue 
de  registres  distincts,  de  listes  de  malles  séparées,  et  l'impression  de  tout  avis  et  la 
correction  de  toutes  les  épreuves  dans  les  deux  langues.  La  circulation  de  la  Gazette 
ayant  augmenté  considérablement,  il  y  a  eu  une  augmentation  correspondante  du 
travail  sous  forme  d'entrées,  pour  envoyer  les  comptes  d'abonnements,  accuser  .récep- 
tion, expédier  les  blancs  de  renouvellement,  préparer  les  listes  de  malles,  changer  les 
adresses  des  abonnés,  etc.,  etc.  En  sus  d'expédier  la  Gazette  aux  abonnés  réguliers,  un 
certain  nombre  d'exemplaires  échantillons  ont  aussi  été  envoyés  par  le  département. 

Relativement  à  la  circulation  de  la  Gazette  du  Travail  pour  les  douze  mois  ter- 
minés le  31  mars  1908,  il  a  été  reçu  et  l'on  a  accusé  réception  de  6,069  lettres,  dont 
5,368  avaient  trait  aux  abonnements  à  la  Gazette  du  Travail,  331  à  des  demandes  de 
changements  d'adresse  des  abonnés,  et  370  à  d'autres  questions  concernant  cette 
branche  du  service. 

Pendant  la  même  période  24,962  colis  postaux  ont  été  expédiés  par  cette  branche 
du  service,  soit  21,752  lettres  renfermant  des  avis,  factures  ou  reçus  d'abonnements, 
796  autres  communications  se  rattachant  à  la  circulation  de  la  Gazette  et  1,831 
paquets. 

Durant  l'exercice  1907-1908  la  moyenne  du  tirage  mensuel  de  la  Gazette  du 
Travail  a  été  de  12,487  exemplaires,  chiffre  qui  se  répartit  en  ceux  de  8,358  pour  les 
abonnements  payés,  *  et  de  4,129  pour  les  personnes  inscrites  sur  la  liste  des  échanges 
et  de  la  distribution  gratuite.  L'augmentation  dans  le  nombre  des  abonnés  payants 
sur  l'année  dernière  a  été  de  1,000,  tandis  que  la  liste  des  échanges  et  la  liste  gratuite 
ont  été  chargées  de  215  noms  de  plus,  ce  qui  fait  une  augmentation  totale  de  1,215. 

Les  chiffres  suivants  font  voir  le  tirage  total  tel  qu'il  était  le  dernier  jour  de 
chacun  des  exercices  depuis  1900  jusqu'à  1908: 


TABLEAU  INDIQUANT  LA   CIRCULATION  DE   LA   "GAZETTE   DU  TRAVAIL"   A   LA 
CLOTURE  DE  CHAQUE  EXERCICE  DEPUIS  1900  JUSQU'A  1908  INCLUSIVEMENT. 


Année. 

Abonnements 
annuels. 

Distribution 

gratuite 
et  échanges. 

Circulation 
totale. 

1900-1 

4,394 
5,648 
7,748 
7,361 
6,645 
8,547 
8,033 

2,150 
2,722 
3,046 
2,553 
3,717 
3,987 
4,105 

6,912 

8,370 

10,794 

1901-2 

1902-3 

190.4-4 

10,914 

1904-5 

10,362 
10,534 
12,138 

1905-6 

1900-7 

1907-8 

*Le  nombre  d'abonnés  ayant  payé  à  la  clôture  de  l'exercice,  le  31   mars,  était  de  9,033. 
Voir  le.  tableau  qui  suit. 


218  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Tableau  indiquant  le  nombre  des  abonnés  payants  à  la  clôture  de  l'exercice,  le 
31  mars  1908:— 

Nouvelle-Ecosse 1,088 

Nouveau-Brunswick 464 

Ile-du-Prince-Edouard 34 

Québec 2,195 

Ontario 3,291 

Manitoba 375 

Saskatchewan 455 

Alberta 370 

Colombie-Britannique 630 

Les  Territoires 4 

Empire  Britannique   (à  part  le  Canada) 43 

Pays  étrangers 84 

Total 9,033 

LISTES  GRATUITES  ET  DES  ÉCHANGES. 

Comme  échanges  sont  comprises  les  Gazettes  envoyées  aux  départements  publics 
des  gouvernements,  tant  fédéraux  que  provinciaux,  dans  ce  pays  et  d'autres,  et  aux 
propriétaires  de  journaux  industriels  et  de  journaux  ouvriers  contre  leurs  publica- 
tions. Sur  la  liste  gratuite  sont  compris  les  exemplaires  distribués  aux  membres  des 
deux  chambres  du  Parlement,  aux  agents  commerciaux,  bibliothèques  publiques, 
chambres  de  commerce,  bibliothèques  d'institutions  d'éducation,  journaux  locaux,  et 
aux  officiers  d'organisations  fournissant  de  temps  à  autre  des  renseignements  deman- 
dés par  le  département.  Le  résumé  suivant  fera  voir  le  nombre  des  exemplaires  expé- 
diés tous  les  mois  par  la  poste  à  titre  d'échange  et  la  liste  gratuite: — 

Listes  âes  échanges. 


Départements  de  gouvernements  (comprenant  fédéral,  pro- 
vinciaux, britannique  et  gouvernements  étrangers  et 
leurs  employés) 416 

Journaux  du  commerce  et  du  travail 158 

Liste  gratuite. 

Bibliothèques  publiques  et  bibliothèques  d'institutions  d'édu- 

tion 110 

Députés ". 214 

Sénateurs 87 

(  îhambres  de  commerce 220 

Journaux 899 

Organisations  ouvrières — 

Nouvelle-Ecosse 139 


RAPPORT  DU  S0US-MINI8TRE  219 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Nouveau-Brunswick 71 

Ile-du-Prince-Edouard 8 

Québec   (2  exemplaires,  anglais  et  français)    .  .         588 

Ontario 817 

Saskatchewan 51 

Alberta 110 

Les  Territoires 7 

Colombie-Britannique 199 

2,084 

Correspondants   (trois  exemplaires  à  chacun) 132 

Total -1,320 


220  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XVII.— LA    DISTRIBUTION    DE    LA    GAZETTE    DU    TRAVAIL    ET    DES 

AUTRES  PUBLICATIONS. 

Le  département  du  Travail  expédie  de  ses  bureaux  par  la  poste  la  Gazette  du 
Travail.  Pour  bien  accomplir  ce  service,  il  faut  que  l'on  prépare  une  liste  d'entrée, 
qu'on  la  revise  sans  cesse  et  que  l'on  expédie,  tous  les  mois,  des  exemplaires  aux  per- 
sonnes dont  l'adresse  s'y  trouve.  Le  département,  dans  le  but  d'accélérer  la  distri- 
bution de  la  Gazette,  fait  trier  et  placer  dans  des  sacs  duement  étiquetés  les  exem- 
plaires destinés  aux  différentes  localités  du  Dominion,  et  de  cette  façon  non  seule- 
ment l'on  sauve  du  temps  mais  on  diminue  de  beaucoup  la  besogne  des  employés  du 
bureau  de  poste  de  la  ville. 

Outre  les  exemplaires  de  la  Gazette  envoyés  régulièrement  chaque  mois  par  la 
poste  aux  abonnés,  ou  en  échange  de  diverses  publications,  il  en  est  envoyé  beaucoup 
d'autres  de  temps  en  temps  à  titre  de  spécimens.  On  expédie  également  par  la  poste 
de  jour  en  jour  des  exemplaires  détachés  à  ceux  qui  en  font  la  demande,  ou  en  même 
temps  que  les  réponses  données  par  le  département  aux  demandes  de  renseignements 
sur  des  sujets  qui  peuvent  avoir  été  traités  en  entier  ou  en  partie  dans  la  Gazette  du 
Travail.  Le  département  n'a  pas  seulement  à  faire  de  cette  manière  la  distribution 
des  Jiuméros  courants  de  la  Gazette,  mais  il  doit  au^si  garder  en  réserve  pour  la  même 
fin  un  certain  nombre  de  tous  les  exemplaires  qui  ont  paru. 

Durant  l'exercice  1907-8  il  a  été  distribué  157,711  exemplaires,  dont  131,283  en 
anglais  et  26,428  en  français  oies  numéros  contenus  dans  les  volumes  VII,  VIII  de  la 
Gazette  du  Travail,  ainsi  que  7,725  exemplaires  anglais  et  606  français  des  numéros 
de  la  Gazette  des  années  précédentes,  donnant  pour  l'exercice  une  distribution  totale 
de  166,042  exemplaires,  ou  en  moyenne  une  distribution  mensuelle  de  13,837. 

Outre  les  numéros  de  la  Gazette  du  Travail  qui  ont  été  ainsi  distribués  le  dépar- 
tement a  expédié  par  la  poste  185  exemplaires  des  volumes  reliés  de  la  Gazette  du 
Travail,  4,735  exemplaires  du  rapport  annuel  du  département,  43  exemplaires  du  rap- 
port de  la  commission  royale  nommée  pour  s'enquérir  de  la  cause  des  différends  in- 
dustriels à  la  Colombie-Britannique  et  des  témoignages  qui  l'accompagnent,  27  exem- 
plaires du  rapport  de  la  commission  royale  nommée  pour  faire  une  enquête  sur  le 
prétendu  emploi  des  étrangers  par  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Paci- 
fique et  des  témoignages  qui  l'accompagnent,  29  exemplaires  du  rapport  de  la  com- 
mission royale  nommée  pour  s'enquérir  de  l'emploi  d'étrangers  par  la  Compagnie  du 
chemin  de  fer  Père-Marquette  et  des  témoignages  qui  l'accompagnent,  21  exemplaires 
du  rapport  de  la  commission  royale  nommée  pour  s'enquérir  de  l'affluence  des  travail- 
leurs italiens  à  Montréal  et  des  prétendues  méthodes  frauduleuses  des  agences  de 
placement,  24  exemplaires  d'un  rapport  sur  les  méthodes  pour  la  fourniture  d'habille- 
ments adjugés  par  l'Etat,  2,481  rapports  de  la  commission  royale  nommée  pour  s'en- 
quérir d'un  différend  entre  la  Compagnie  de  Téléphone  Bell  et  ses  employés  à  Toronto, 
546  rapports  de  la  commission  royale  sur  les  méthodes  adoptées  afin  de  faire  venir  au 
Canada  la  main-d'œuvre  orientale,  20  exemplaires  de  l'article  sur  les  représentations 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  221 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

frauduleuses  pour  engager  les  imprimeurs  anglais  à  se  rendre  à  Winnipeg,  140  exem- 
plaires de  la  loi  de  la  conciliation  et  du  travail,  500  exemplaires  d'une  réponse  au 
Parlement  concernant  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  industriels,  1907, 
18  exemplaires  de  l'article  sur  la  grève  des  mineurs  à  Lethbridge,  Alberta,  2,500  exem- 
plaires du  rapport  du  comité  permanent  de  la  Chambre  des  Communes  auquel  a  été 
renvoyé  le  bill  n°  2  re  les  sociétés  coopératives,  8,386  exemplaires  de  l'index  au  volume 
VIII  de  la  Gazette  du  Travail.  Il  faut  ajouter  à  la  distribution  de  ces  différents  rap- 
ports, etc.,  les  communications  sous  forme  de  lettres  circulaires  se  rapportant  aux 
enquêtes  faites  par  le  département,  et  diverses  publications  de  différentes  sortes  en- 
voyées par  la  poste  au  chiffre  de  5,329,  formant  un  total  de  191,456  communications 
distinctes  ou  publications  déposées  à  la  poste  par  le  département,  sous  la  direction  de 
la  division  de  la  distribution,  sans  compter  la  correspondance  des  autres  branches  du 
département  au  cours  de  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

Le  tableau  suivant  est  préparé  de  manière  à  indiquer  le  nombre  et  la  nature  des 
publications  expédiées,  chaque  mois,  par  le  service  de  la  distribution  au  cours  de 
l'exercice  1907-8  :— 


222 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  223 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XVIIL— RECETTES  ET  DEPENSES. 

Les  recettes  du  département  proviennent  de  la  vente  de  la  Gazette  du  Travail, 
dont  l'abonnement  est  de  20  contins  par  année.  Les  exemplaires  s'achètent  au  taux 
de  3  centins  chacun,  ou  de  20  centins  la  douzaine.  Les  volumes  reliés  de  la  Gazette 
se  vendent  à  75  centins  le  volume. 

Le  relevé  suivant  des  recettes  provenant  des  abonnements  de  même  que  de  la 
vente  des  exemplaires  et  des  volumes  reliés  de  la  Gazette  au  cours  de  l'exercice  1907-8 
démontre  que  l'Etat  a  retiré  de  cette  source  un  bénéfice  net  de  $1,536,87. 

Relevé  des  recettes  du  département  du  Travail  au  cours  de  l'exercice  terminé  le  81 

mars  1908. 

Abonnements  à  la  Gazette  du  Travail 1,523  25 

Vente  d'emplaires  détachés  et  de  volumes  reliés 76  03 

Montant  reçu  pour  abonnements  à  la  Gazette  du  Travail 
le  30  juin  1907,  qui  a  été  retenu  en  attendant  qu'on  ait 
pu  établir  l'identité  de  ceux  qui  l'avaient  payé  et  qui 
est  maintenant  versé  dans  la  caisse  comme  il  n'a  pas 
été  réclamé 4  30 


A   DEDUIRE. 

Commission  sur  abonnements $50  71 

Droits  payés  pour  bons  de  poste  transmettant  les 
sommes  dues  à  titre  de  commission  sur  abon- 
nements          0  70 

■  $     51  41 

Les  déboursés  du  département  au  cours  de  l'exercice  1907-8,  à  part  les  montants 
spécialement  inscrits  pour  couvrir  les  frais  de  la  commission  royale  chargée  de  s'en- 
quérir (1)  Ses  pertes  et  dommages  subis  par  la  population  japonaise  de  Vancouver, 
C.-B.,  lors  de  l'émeute  antiasiatique  dans  cette  ville  en  septembre  1907;  (2)  sur 
les  méthodes  employées  pour  .faire  venir  la  main-d'œuvre  orientale  au  Canada,  se  sont 
élevés  à  $54,615.01.  Dans  cette  somme  se  trouvent  compris  les  appointements  du 
personnel,  ceux  des  correspondants  de  la  Gazette  du  Travail,  les  frais  d'impression, 
de  reliure  et  d'envoi  par  la  poste  de  la  Gazette  du  Travail,  et  tous  autres  frais  d'im- 
pressions du  département,  le  compte  de  la  papeterie,  les  frais  de  voyages  des  préposés 
aux  gages  raisonnables  pour  préparer  les  listes  des  gages  annexés  aux  contrats  passés 
par  le  gouvernement,  les  frais  de  l'enquête  sur  les  prétendues  violations  de  conditions, 
L'achat  des  livres  pour  la  bibliothèque,  et  toutes  les  autres  dépenses  du  département. 
L'administration  de  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  industriels  de  1907 


224  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
a  occasionné  une  dépense  spéciale  s'élevant  à  $19,233.39,  qui  a  été  couverte  par  un 
crédit  spécial  du  Parlement. 

La  dépense  de  la  commission  royale  dont  il  est  question  plus  haut  a  été  comme 
suit:  dans  le  cas  de  l'enquête  sur  les  pertes  et  dommages  subis  par  les  Japonais  de 
Vancouver,  C.-B.,  durant  l'émeute  de  septembre  1907,  de  $652.19,  et  dans  le  cas  de 
l'enquête  sur  les  méthodes  employées  pour  faire  venir  au  Canada  des  émigrants 
d'Orient,  de  $1,048.45. 

Outre  le  montant  qui  précède  le  ministère  des  Finances  avait  payé  $9,175  en 
réclamations  de  la  part  de  Japonais  qui  avaient  été  réglées  avant  la  nomination  de  la 
commission. 


RAPPORT  DU  S0US-MINI8TRE  225 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XIX.— DEMANDES     DE     RENSEIGNEMENTS,     CORRESPONDANCE     ET 
AUTRE  TRAVAIL  ADMINISTRATIF. 

Occasion  m'a  été  donnée  en  traitant  du  travail  des  différentes  divisions  du  dé- 
partement de  parler  de  l'augmentation  considérable  constatée  durant  l'année  dan3 
plusieurs  cas  de  correspondance  résultant  des  demandes  de  renseignements  sur  divers 
sujets.  C'est  ainsi  que  j'ai  mentionné  très  au  long  la  grande  quantité  de  correspon- 
dance qui  nous  a  valu  l'intérêt  manifesté  dans  la  Grande-Bretagne  et  dans  diverses 
colonies  britanniques  ainsi  qu'aux  Etats-Unis  et  dans  d'autres  pays  étrangers  rela- 
tivement à  la  nature  et  à  l'application  de  la  loi  des  enquêtes  en  matières  des  diffé- 
rends industriels,  de  1907,  et  j'ai  également  parlé  des  nombreuses  demandes  de  ren- 
seignements se  rapportant  à  des  sujets  du  ressort  spécial  de  la  division  des  gages  rai- 
sonnables. Cela  ne  comprend  que  deux  des  nombreux  sujets  qui  ont  fait  l'objet  d'une 
forte  correspondance  durant  l'année.  Des  renseignements  ont  été  fournis  sur  une 
grande  variété  d'autres  questions  à  des  correspondants  de  toutes  les  parties  du  Ca- 
nada et  de  beaucoup  d'endroits  de  l'univers.  Les  questions  posées  n'étaient  pas  tou- 
jours strictement  du  ressort  du  département,  mais  chaque  fois  qu'elles  ne  se  ratta- 
chaient pas  manifestement  à  des  affaires  d'un  autre  ministère,  on  a  toujours  répondu 
le  mieux  possible,  et  il  a  fallu  quelque  fois  pour  cela  faire  beaucoup  de  recherches 
très  minutieuses.  Quelques-uns  des  sujets  sur  lesquels  on  s'est  enquis  sont  indiqués 
dans  l'état  ci-annexé,  et  en  le  parcourant  on  verra  la  nature  générale  des  questions 
posées.  Comme  on  a  reçu  des  centaines  de  ces  demandes  de  renseignements  et  qu'on 
y  a  répondu  pendant  l'année,  on  comprendra  facilement  toute  l'importance  qu'a  prise 
la  division  qui  s'occupe  de  la  diffusion  des  renseignements.  Le  public  en  général,  tant 
au  Canada  qu'ailleurs,  paraît  de  plus  en  plus  enclin  à  prendre  le  département  du 
Travail  pour  un  bureau  général  de  renseignements  non  seulement  à  l'égard  des  ma- 
tières qui  concernent  expressément  la  législation  sur  le  travail  et  les  conditions  de  la 
main-d'œuvre,  mais  pour  toutes  les  questions  de  mouvement  économique  et  de  ré- 
forme morale. 

Dans  les  circonstances  énoncées  plus  haut  l'on  a  fourni  des  renseignements  du- 
rant l'année  dans  les  cas  suivants  entre  bon  nombre  d'autres:  au  conseil  général  de 
France,  au  sujet  des  sociétés  de  secours  mutuels  du  Canada  ;  à  l'Association  des  Fac- 
teurs, de  London,  Ont.,  au  sujet  de  la  Commission  du  service  civil;  à  l'Association 
fédérale  des  maîtres  plombiers,  Ottawa,  relativement  à  la  statistique  de  la  produc- 
tion des  articles  de  plomberie  et  servant  aux  installations  sanitaires;  à  l'Association 
britannique  de  la  législation  ouvrière,  de  Londres,  Angleterre,  au  sujet  de  la  législa- 
tion ouvrière  du  Canada;  à  la  Annuity  Company  of  Canada,  concernant  le  nombre 
des  employés  des  manufactures  au  Canada;  à  la  Détroit  Typographical  Union,  de 
Détroit,  Michigan,  au  sujet  de  l'insertion  des  listes  de  gages  raisonnables  dans  les 
contrats,  ainsi  que  concernant  la  clause  d'une  journée  de  huit  heures  dans  les  con- 
trats de  l'Etat;  au  Conseil  des  Métiers  et  du  Travail,  de  Calgary,  Alberta,  au  sujet 
du  travail  des  enfants,  aussi  concernant  les  lois  des  fabriques;  à  YUniversity  Society, 

36—15 


226  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

de  New- York,  N.-Y.,  concernant  le  capital  placé  dans  les  manufactures  de  Saint- 
Jean,  N.-B.;  à  l'Université  de  Toronto,  Toronto,  concernant  le  travail  dans  son 
aspect  hygiénique;  à  la  Fairbanks-Morse  Manufacturing  Co.,  de  Toronto,  au  sujet  du 
travail  des  enfants  et  des  apprentis  ;  à  la  National  Civic  Fédération,  de  New- York,  au 
sujet  du  règlement  du  conflit  dans  les  mines  de  houille  de  Lethbrige,  Alberta;  à 
YIngersol  Foundry  Company,  d'Ingersol,  au  sujet  du  différend  avec  les  mineurs  à  Fer- 
me, C.-B.;  à  la  Wellington  Colliery  Company,  Victoria,  C.-B.,  au  sujet  des  mines  de 
houille  de  la  Nouvelle-Ecosse;  à  Y  Action  Populaire,  Rheims,  France,  envoi  des  pu- 
blications du  département;  au  Federated  Council  of  Building  T rades,  Toronto,  sur 
les  lois  adoptées  afin  de  prévenir  les  fausses  représentations  aux  immigrants;  au  Con- 
seil des  Métiers  et  du  Travail,  de  Victoria,  relativement  à  l'immigration  japonaise; 
aux  Textile  Workers  of  Canada,  sur  la  constitution  en  corporation  des  mineurs;  à  la 
Y  Impérial  Statistical  Bureau  d'Allemagne,  concernant  l'œuvre  du  département  ainsi 
que  l'envoi  de  publications;  au  professeur  Magrini  Effen,  Turin,  Italie,  envoi  des  pu- 
blications du  département;  au  Kaisertiches  Statistischesant,  Berlin,  Allemagne,  con- 
cernant les  règlements  hygiéniques  des  corps  publics  pour  la  protection  des  person- 
nes employées  aux  travaux  adjugés  par  soumission;  à  la  South  African  Typographi- 
cal  Union,  de  Johaunesburg,  A.S.,  concernant  l'immigration;  aussi  demande  d'exem- 
plaires de  la  loi  du  travail  des  aubains;  au  directeur  du  travail  de  Paris,  France, 
envoi  de  publications  du  département;  au  département  du  Travail,  Londres,  Angle- 
terre, demande  d'exemplaires  du  rapport  concernant  les  sociétés  industrielles  du  co- 
mité spécial  de  la  Chambre  des  communes;  à  la  National  Téléphone  Company,  à 
resp.  lim.  de  Londres,  Angleterre,  renseignements  concernant  les  réseaux  du  téléphone 
au  Canada;  au  Conseil  Général  de  la  République  Argentine,  demande  de  la  Gazette 
du  Travail;  au  Conseil  des  Etats-Unis  de  Pris,  France,  demande  de  la  Gazette  du 
Travail;  à  E.  A.  Baer,  Genève,  Suisse,  sur  les  occasions  d'emploi  dans  les  hôtels;  à 
M.  J.  W.  Daniel,  M.P.,  demande  d'un  exemplaire  des  règlements,  et  renseignements 
sur  les  règlements  adoptés  par  l'Australie  et  la  Nouvelle-Zélande  au  sujet  de  l'immi- 
gration japonaise,  etc.,  etc.,  etc. 

Outre  les  innombrables  questions  comme  celles  qui  précèdent  qui  lui  ont  été  po- 
sées, le  département  a  également  reçu  pendant  l'année  un  très  grand  nombre  de  de- 
mandes d'exemplaires  des  lois  se  rattachant  plus  ou  moins  à  son  œuvre;  comme,  par 
exemple,  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  industriels,  la  loi  de  la  conci- 
liation et  du  travail,  la  loi  du  travail  des  aubains,  la  loi  de  l'observance  du  dimanche, 
etc.,  ainsi  que  des  exemplaires  des  rapports  spéciaux  et  des  ministères  et  autres  docu- 
ments et  publications  pouvant  être  distribués,  y  compris  le  rapport  annuel  du  dépar- 
tement du  Travail,  les  numéros  de  la  Gazette  du  Travail,  le  rapport  du  comité  spé- 
cial de  la  Chambre  des  Communes  auquel  a  été  renvoyé  le  bill  concernant  les  sociétés 
coopératives;  le  rapport  de  M.  W.  L.  Mackenzie  King,  C.M.G.,  sous-ministre  du  Tra- 
vail, au  sujet  du  règlement  de  la  grève  des  mineurs  de  houille  à  Lethbridge,  Alberta, 
le  rapport  de  la  commission  royale  sur  le  différend  entre  la  Compagnie  de  téléphone 
Bell  et  ses  employées,  à  Toronto,  le  rapport  du  sous-ministre  du  Travail  sur  les  mé- 
thodes employés  afin  d'engager  les  Orientaux  à  émigrer  au  Canada,  etc.,  etc.,  etc.  De 
plus,  le  département  a  expédié,  sans  attendre  de  demandes  à  cet  effet,  tous  les  rap- 
ports spéciaux  préparés  dans  le  bureau,  ou  qu'on  lui  avait  confiés  pour  les  distribuer, 
à  des  personnes  ou  institutions  que  cela  pouvait,  croyait-on,  spécialement  intéresser. 


RAPPORT  DU  SOUS-MINISTRE  227 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Plusieurs  relevés  importants  ont  été  préparés  durant  l'année  pour  le  Parlement 
fédéral  et  d'autres  en  réponse  à  des  demandes  de  renseignements  reçues  des  autorités 
impériales.  L'augmentation  dans  le  volume  de  la  Gazette  du  Travail  et  les  publica- 
tions de  divers  rapports  ont  entraîné  naturellement  une  augmentation  considérable 
correspondante  dans  le  coût  de  la  Gazette  et  dans  le  travail  des  commis  non  seule- 
ment pour  rédiger  les  articles  du  journal  mais  aussi  pour  corriger  les  épreuves  et  pré- 
parer l'index  du  volume  courant. 

En  terminant  ce  rapport,  je  désire  exprimer  mon  appréciation  de  la  fidélité  avec 
laquelle  les  membres  du  personnel  presque  sans  exception  ont  accompli  leurs  fonc- 
tions respectives.  Toutes  les  ressources  du  département  ont  été  fortement  mises  à 
contribution  pendant  l'exercice  1906-7,  et  la  période  à  vu  un  accroissement  dans  la 
somme  du  travail  qui  ne  s'était  manifesté  en  aucune  autre  année  antérieure  depuis 
la  création  du  département.  Sans  le  bon  vouloir  dont  chaque  fonctionnaire  en  parti- 
culier a  fait  preuve  pour  faire  face  aux  exigences  du  service  en  y  subordonnant  ses 
plaisirs  et  ses  intérêts  personnels,  il  n'eut  pas  été  possible  d'accomplir  si  heureusement 
le  surcroît  de  besogne.  Les  proportions  qu'a  pris  notre  service  sont  si  considérables 
qu'il  y  a  nécessité  urgente  d'accroître  le  personnel,  et  cela  en  justice  pour  les  membres 
actuels  qui  le  composent,  pour  le  public  et  dans  l'intérêt  du  service  lui-même.  Je  re- 
commande donc  très  respectueusement  qu'on  s'occupe  de  cette  question  avec  soin  le 
plus  tôt  possible. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

W.  L.  MACKENZIE  KING, 

Sons-ministre  du  Travail. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  36  A.  1909 


ANNEXE    AU    RAPPORT   ANNUEL 


DU 


MINISTERE    DU    TRAVAIL 


POUR 


L'EXERCICE    CLOS    LE     31    MARS     1908 


COMPTE   RENDU   DÈS   PROCÉDURES   DE  L'ANNÉE,  SOUS  L'AUTORITÉ 

DE  LA  "LOI  DES  ENQUÊTES  EN  MATIÈRE  DE  DIFFÉRENDS 

INDUSTRIELS,  1907." 


ET 


RAPPORTS   OFFICIELS   DES   PROCÉDURES   JUDICIAIRES  RÉSULTANT 
DE   POURSUITES   INTENTÉES   POUR   PRÉTENDUES      . 
INFRACTIONS  A  LA  LOI. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  36  A.  1909 


LOI  DES  ENQUETES  EN  MATIERE  DE  DIFFERENDS  INDUSTRIELS,    1907. 


Si-suit  un  compte  rendu  des  procédures  sous  l'autorité  de  la  "  Loi  des'  en- 
quêtes en  matière  de  différends  industriels  "  pendant  l'exercice  clos  le  31  mars  1908, 
y  compris  les  rapports  complets  des  procédures  préliminaires  et  des  circonstances  se 
rattachant  à  toute  application  de  la  loi;  le  texte  de  tous  rapports  des  conseils  de  con- 
ciliation et  d'enquête  établis  en  vertu  de  la  loi,  des  rapports  de  la  minorité  des  mem- 
bres de  chaque  conseil,  des  conventions  conclues  devant  ces  conseils,  et  des  comptes 
rendus  officiels  des  procédures  judiciaires  venues  à  la  connaissance  du  ministère.  Ces 
renseignements  sont  publiés  dans  le  rapport  annuel  du  ministère  en  conformité  de 
l'article  29  de  la  "Loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907  ",  qui  se 
lit  comme  suit: — 

Pour  le  renseignement  du  Parlement  et  du  public,  le  rapport  et  la  recomman- 
dation du  conseil,  et  tout  rapport  de  minorité,  doivent  être  sans  délai  publiés  dans 
la  Gazette  du  Travail,  et  -être  inclus  dans  le  rapport  annuel  du  département  du 
Travail  au  Gouverneur  général. 

I.— DEMANDE  DE  LA  CUMBERLAND  BAILWAY  AND  COAL  COMPANY, 
DE  SPRINGHILL,  N.-E.— REGLEMENT  EFFECTUE  SANS  L'ETABLIS- 
SEMENT D'UN  CONSEIL. 

La  première  demande  sous  l'autorité  de  la  "  Loi  des  enquêtes  en  matière  de  diffé- 
rend industriels,  1907  ",  a  été  reçue  par  le  département  du  Travail  le  8  avril,  et 
venait  de  la  Cumberïand  Railway  and  Coal  Co.,  Limited,  de  Springhill,  N.-E.  La 
demande  donnait  les  détails  suivants  : — 

1.  Les  parties  au  différend  sont  la  Cumberïand  Railway  and  Coal  Company, 
Limited,  et  les  membres  de  la  Pioneer  Lodge  and  Mechanics'  Lodge,  divisions  de 
la  Provincial   Workmen's  Association,  de  la  Nouvelle-Ecosse. 

2.  La  nature  et  la  cause  du  différend  sont  les  suivantes  :  Les  membres  des 
deux  loges  de  la  Provincial  Worlcmens  Association  (de  Springhill),  une  union 
ouvrière  sous  l'autorité  de  la  loi,  demandent  que  tous  les  employés  de  la  compa- 
gnie deviennent  membres  de  ces  organisations.  Us  se  sont  mis  en  grève  parce 
qu'ils  sont  à  l'emploi  de  personnes  qui  ne  sont  pas  membres  de  ces  organisations 
et  refusent  d'en  faire  partie.  En  d'autres  termes,  l'union  insiste  pour  avoir  un 
"  atelier  fermé  ".  La  compagnie  ne  fait  aucune  distinction,  pour  donner  de 
l'emploi,  entre  les  hommes  qui  sont  membres  de  l'union  et  ceux  qui  n'en  font  pas 
partie. 

3.  Le  nombre  approxmatif  des  personnes  affectées  ou  qui  peuvent  être  affec- 
tées par  le  différend  est  de  dix-sept  cents. 

4.  La  Cumberïand  Railway  and  Coal  Company,  Limited,  n'a  pu  convaincre 
les  hommes  de  reprendre  l'ouvrage.     Elle  est  sans  pouvoir  en  la  matière. 

La  déclaration  statutaire,  signée  par  M.  J.  R.  Cowans,  directeur  général  de  la 
compagnie,  datée  à  Halifax  le  4  avril,  énonce  qu'une  grève  a  été  déclarée  à  Spring- 
hill par  les  membres  de  la  loge  ci-dessus  mentionnée,  et  que,  à  défaut  d'un  règlement 


232  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

par  le  ministre,  sous  l'autorité  de  la  "  Loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  indus- 
triels, 1907  ",  la  grève  sera  continuée. 

Cependant,  à  la  date  à  laquelle  la  demande  et  la  déclaration  ci-dessus  ont  été 
reçues,  le  8  avril,  la  dépêche  qui  suit  a  été  adressée  au  ministre  du  Travail  par  la 
direction  de  la  Cumberland  Bailway  and  Coal  Company: — 

"  J'ai  le  plaisir  de  vous  annoncer  que  tous  les  hommes  employés  aux  char- 
bonnages de  Springhill  ont  repris  l'ouvrage.  A  leur  retour,  il  n'a  pas  été  ques- 
tion d'atelier  ouvert  ou  d'atelier  fermé.  Dans  les  circonstances,  il  ne  sera  pas 
nécessaire  de  prendre  en  considération  ultérieure  la  demande  de  renvoi  soumise 
par  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company." 

A  la  même  date,  le  département  reçut  de  M.  J.  E.  Cowans,  directeur  général  de 
la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company,  la  dépêche  suivante  relativement  à  la 
loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907: — 

"  Cette  loi  est  encore  la  meilleure,  et  si  elle  est  justement  mise  en  vigueur 
elle  sauvegardera  les  intérêts  industriels  et  miniers  du  Canada". 

Ces  dépêches  furent  lues  par  le  ministre  du  Travail  dans  la  Chambre  des  Com- 
munes le  8  avril.  Sous  les  circonstances,  on  n'insista  pas  davantage  sur  l'établisse- 
ment du  conseil. 

Il  paraît  que  les  hommes,  en  suspendant  le  travail  dans  les  mines  de  Springhill, 
avaient  été  sous  l'impression  que  la  nouvelle  loi  ne  s'appliquait  pas  à  la  province  de 
la  Nouvelle-Ecosse.  Ils  n'avaient  pas  eu  l'intention,  prétendaient-ils,  d'enfreindre 
les  dispositions  de  la  loi;  et  lorsqu'ils  reçurent  l'assurance,  comme  résultat  des  ren- 
seignements demandés  au  département  du  Travail,  que  la  Nouvelle-Ecosse  tombait 
sous  l'autorité  de  la  loi,  de  même  que  toute  autre  province  du  Canada,  ils  retournè- 
rent à  l'ouvrage  sans  plus  tarder.  Quelques  jours  après,  conformément  aux  rapports 
fournis  au  département,  ceux  qui  ne  formaient  pas  partie  de  l'union  furent  persua- 
dés de  joindre  l'Association  Provinciale  des  Ouvriers,  et  l'objet  des  sociétaires  fut 
ainsi  obtenu. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  233 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


IL— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  CANADA  WEST  COAL  AND  COKE 
COMPANY,  DE  TABER,  ALTA.— REGLEMENT  EFFECTUE  SANS 
L'ETABLISSEMENT  D'UN  CONSEIL. 

Le  9  avril,  le  département  reçut  une  demande  de  la  part  des  employés  de  la 
Canada  West  and  Coke  Company,  de  Taber,  Alta.  Dans  cette  affaire,  le  dépar- 
tement avait  reçu,  le  1er  avril,  une  dépêche  de  la  part  des  employés  de  la  compagnie 
l'informant  qu'une  grève  avait  été  déclarée  contrairement  aux  termes  de  la  loi,  et 
demandant  au  département  de  mettre  à  exécution  les  dispositions  de  cette  loi.  Une 
réponse  fut  envoyée  expliquant  la  procédure  pour  la  mise  en  vigueur  de  la  loi,  et  une 
dépêche  fut  adressée  à  la  compagnie  attirant  l'attention  à  la  loi  et  aux  dispositions 
déclarant  une  grève  ou  une  contre-grève  illégale  sans  enquête  préliminaire.  Après 
l'échange  de  divers  télégrammes  entre  le  département  et  les  parties  respectivement 
concernées,  le  département,  le  9  avril,  reçut  une  lettre  de  la  compagnie,  en  date  du  5 
avril,  dans  laquelle  le  directeur  général  de  la  compagnie  disait  ce  qui  suit:  "Dès  que 
j'ai  été  informé  de  la  nature  de  la  nouvelle  loi  qui  se  rapporte  aux  matières  que  nous 
discutons  actuellement,  j'ai  notifié  les  hommes  que  la  mine  était  ouverte.  Ils 
sont  maintenant  au  travail".  Le  gérant  général  s'occupa  de  demander  au  nom  de  la 
compagnie  l'établissement  d'un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  en  vertu  de  la  loi. 
La  question  en  contestation  fut  déclarée  être  le  nombre  des  heures  de  travail  par 
jour.  Les  hommes  prétendent  que  la  compagnie  avait  entrepris  d'établir  une  journée 
de  huit  heures  lé  1er  avril,  tandis  que  la  compagnie  soutenait  qu'elle  tombait  sous 
l'effet  d'un  règlement  qui  permettait  une  journée  de  travail  de  dix  heures.  La  de- 
mande venant  de  la  compagnie  n'étant  pas  faite  en  due  forme,  la  compagnie  ne  con- 
naissant évidemment  pas  à  fond  les  dispositions  de  la  loi,  qui  n'avait  reçu  la  sanc- 
tion royale  que  quelques  jours  auparavant  (le  22  mars),  le  département  écrivit  une 
lettre  indiquant  les  diverses  omissions  et  le  manquement  aux  termes  de  la  loi. 

•Tandis  que  les  lettres  s'échangeaient,  M.  J.  D.  McNiven,  l'un  des  fonctionnaires 
du  département  des  justes  gages,  se  trouvant  dans  le  voisinage  de  Taber,  Alta.,  dans 
l'accomplissement  de  ses  devoirs  réguliers,  reçut  instruction  du  département  de  prê- 
ter toute  l'aide  possible  en  expliquant  la  loi  et  autrement  en  vue  d'effectuer  un  règle- 
ment de  la  question  en  contestation.  En  partie  par  les  efforts  de  M.  McNiven,  un 
règlement  fut  effectué  sans  l'établissement  d'un  conseil,  ce  qui  permit  de  continuer  le 
travail  à  compter  du  8  avril  à  des  conditions  satisfaisantes  pour  les  deux  parties.  En- 
viron 100  hommes  se  trouvaient  concernés  dans  ce  différend. 


234 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


III.— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DES  WESTERN  COAL  OPERATORS— 
CESSATION  DES  TRAVAUX  PAR  SUITE  D'UN  APPARENT  MAL- 
ENTENDU—LE SOUS-MINISTRE  ENVOYE  SUR  LA  SCENE  DU 
DIFFEREND— LE  CONSEIL  DE  CONCILIATION  ET  D'ENQUETE 
ETABLI— REGLEMENT  DU  DIFFEREND— RAPPORTS  DU  SOUS- 
MINISTRE  ET  DU  CONSEIL  DE  CONCILIATION  ET  D'ENQUETE. 

Du  9  au  15  avril,  le  département  a  reçu  des  demandes  de  la  part  des  employés 
des  sept  compagnies  minières  de  houille  comprises  dans  la  Western  Coal  Operators' 
Association,  et  aussi  des  diverses  compagnie  concernées. 

Le  différend  en  cette  affaire  concernait  plusieurs  mille  hommes  et  a  créé  une 
anxiété  publique  considérable  relativement  à  l'approvisionnement  de  combustible  des 
provinces  de  l'Ouest.  Il  est  par  conséquent  désirable  d'exposer  assez  au  long  les  cir- 
constances qui  ont  donné  naissance  à  cette  discussion. 

En  décembre  1906,  sept  compagnies  de  charbonnages  dans  la  Colombie-Britan- 
nique-sud et  dans  l'Alberta  ont  formé  ce  qui  est  connu  sous  le  nom  de  The 
Western  Coal  Operators'  Association;  l'objet  de  cette  association  était  la  pro- 
tection, par  l'action  combinée  de  ses  membres,  de  leurs  intérêts  dans  les 
conventions  de  gages,  les  prix,  et  les  autres  matières  d'intérêt  mutuel.  Le 
district  couvert  par  ces  compagnies  comprend  une  portion  considérable  de  la  par- 
tie-sud de  la  province  d'Alberta  et  de  la  partie  sud-est  de  la  Colombie-Britannique. 
Les  différentes  propriétés  minières  sont  situées  le  long  de  la  route  du  chemin  de  fer 
de  la  Passe  du  Nid-de-Corbeau  et  le  long  d'une  partie  de  la  ligne  principale  du  che- 
min de  fer  Pacifique-Canadien,  aux  endroits  suivants:  Coal-Creek,  Fernie,  Michel, 
Coleman,  Bellevue,  Lille,  Frank,  Lundbreck,  Cannore  et  Bankhead.  De  ces  localités 
Coal  Creek,  qui  est  située  près  de  Fernie,  est  la  plus  éloignée  au  sud-ouest,  et  se 
trouve  sur  la  ligne  du  chemin  de  fer  de  la  Passe  du  Nid-de-Corbeau.  Les  autres  cam- 
pements le  long  de  cette  ligne  de  chemin  de  fer  et  leur  distance  de  Fernie  sont: 
Michel,  distance  de  24  milles  ;  Coleman,  46  milles  ;  Bellevue  et  Lille,  49  milles  ;  Frank, 
52  milles,  et  Lundbreck,  QQ  milles.  Le  campement  situé  le  plus  au  nord-ouest,  sur  la 
ligne  principale  du  Pacifique-Canadien, 'est  Bankhead,  à  environ  280  milles  de  Fernie 
et  70  milles  de  Calgary.     Canmore  est  à  quelques  milles  à  l'est  de  Bankhead. 

Ci-snit  un  état  indiquant  la  situation  des  mines  et  les  compagnies  houillères,  et 
le  nombre  des  hommes  employés  en  avril  1907  : — 


Nom  de  la  compagnie 

Localité. 

Nombre  d'hom- 
mes  employés  (*). 

TCoal-Creek 

Crow's-Nest-Pass  Coal  Co.,  Ltd 

\  Fernie 

1700 

[Michel,  C.-B 

International  Coal  &  Coke  Co.,  Ltd 

Coleman,  Alta 

375 

West  Canadian  Coliieries,  Ltd 

Lille  et  Bellevue,  Alta. . . 

350 
300 

The  Breckenridge  &  Lund  Coal  Co.,  Ltd 

The  H.  W.  McNeill  Coal  Co.,  Ltd 

Lundbreck,  Alta 

125  (**) 
300 

The  Pacific  Coal  Co  ,  Ltd 

Total 

Bankhead,  Alta. 

300 
3450 

(*)  D'après  chiffres  fournis  par  les  compagnies. 

(**)  D'après  chiffres  fournis  par  les  hommes— non  donnés  dans  l'état  des  compagnies. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  235 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Sauf  une  ou  deux  exceptions  importantes,  notablement  YAlberta  Railway  and 
Irrigation  Company,  à  Lethbridge,  Alta,  et  la  Canada  West  Coal  and  Coke  Company, 
Limited,  à  Tabor,  Alta,  les  compagnies  ci-dessus  mentionnées,  comprenant  la 
Western  Coal  Operators'  Association,  constituent  toutes  les  propriétés  minières  de 
houille  importantes  dans  cette  partie  de  l'Ouest  du  Canada.  Elles  fournissent,  avec 
les  compagnies  nommées,  la  majeure  partie  de  la  houille  employée  pour  les  fins  domes- 
tiques et  autres  dans  les  provinces  d'Alberta  et  de  Saskatchewan,  et  celle  employée 
pour  le  transport,  la  fonte  des  métaux  et  les  autres  industries  dans  le  sud  de  la  Co- 
lombie-Britannique. Elles  exportent  aussi  de  grandes  quantités  de  houille.  Le  che- 
min de  fer  Pacifique-Canadien  et  d'autres  chemins  de  fer  de  l'ouest  du  Canada  dé- 
pendent en  grande  partie  de  ces  mines  pour  leur  approvisionnement  de  combustible; 
il  en  est  de  même  des  autres  compagnies  minières  et  de  hauts-fourneaux  dans  la 
Colombie-Britannique.  Il  s'en  suit  que  la  cessation  des  opérations  minières  à  quel- 
qu'un de  ces  campements,  et  en  particulier  aux  campements  les  plus  importants,  peu- 
vent créer  un  embarras  grave  et  très  répandu  au  transport  et  aux  intérêts  des  affaires 
du  pays,  tout  en  causant  des  privations  pour  des  milliers  de  familles. 

Dans  les  divers  campements  ci-dessus  mentionnés  la  plupart  des  mineurs,  à 
l'époque  de  ce  différend,  étaient  membres  d'unions  locales  comprenant  une  partie  du 
district  n°  8  de  la  United  Mine  Workers  d'Amérique. 

Toutes  les  compagnies  comprises  dans  la  Western  Coal  Operators'  Association 
avaient  des  arrangements  avec  ceux  de  leurs  employés  qui  étaient  membres  de  la  United 
Mine  Workers.  Ces  arrangements  expiraient  le  1er  avril  1907.  Il  en  résulta  que  les 
diverses  compagnies  et  les  représentants  de  leurs  employés  se  sont  réunis  en  une 
conférence  à  Calgary,  Alta,  pendant  le  mois  de  mars,  et  qu'ils  ont  passé  la  majeure 
partie  de  ce  mois  à  s'efforcer  d'en  venir  à  une  convention  mutuelle  qui  produirait 
un  certain  degré  d'uniformité  dans  les  taux  et  les  conditions  qui  seraient  établis  dans 
les  différentes  mines.  Les  procédures  à  ces  conférences  ont  été  conduites  privément, 
toutes  les  matières  d'intérêt  mutuel  entre  les  parties  étant  débattues  au  long.  Il  est 
admis  par  chacune  des  parties  que,  en  différents  temps  pendant  la  conférence  on  ne 
put  en  arriver  à  un  arrangement.  La  conférence  fut  close  à  la  fin  du  mois,  sans  que 
l'on  ait  pu  arriver  au  but  pour  lequel  elle  avait  été  convoquée.  Telle  était  la  posi- 
tion le  premier  avril. 

La  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels  reçut  la  sanction  royale 
le  22  mars.  L'existence  de  cette  mesure  était  connue  des  chefs  des  deux  côtés  à  la 
conférence  ;.  mais  il  est  douteux  que  la  majorité  des  membres,  et  de  fait  plus  d'un  ou 
deux  d'entre  eux,  connût  les  dispositions  exactes  et  les  détails  de  la  loi.  L'objet  gé- 
néral, cependant,  en  était  connu;  et  avant  que  la  conférence  à  Calgary  ne  prit  fin  il 
fut  compris,  tant  par  les  exploitants  que  par  les  fonctionnaires  de  l'union,  que  si 
Ton  n'arrivait  pas  à  un  règlement  on  demanderait  au  département  du  Travail  de 
nommer  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  sous  l'autorité  de  la  nouvelle  loi,  que 
la  loi  serait  respectée,  et  que  nulle  grève  ne  serait  déclarée  que  lorsque  le  conseil  ainsi 
nommé  aurait  eu  l'occasion  d'étudier  à  fond  les  différends  et  de  donner  une  décision. 
Si  cette  loi  n'eut  pas  fait  partie  des  statuts,  les  fonctionnaires  de  l'union  ont  dé- 
claré que,  la  conférence  n'ayant  pu  en  arriver  à  un  arrangement,  les  contrats  en  exis- 
tence étant  expirés,  une  grève  aurait  été  immédiatement  déclarée  le  1er  avril. 


236  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

d'enquête. 

Le  9  avril,  le  registraire  des  conseils  de  conciliation  et  d'enquête  au  département 
du  Travail  reçut  une  demande  de  la  part  des  employés  de  la  Crow's  Nest  Pass  Coal 
Company,  signée  par  le  président  et  le  secrétaire  du  district  n°  18  de  la  United  Mine 
WorJcers  d'Amérique,  pour  la  nomination  d'un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête 
chargé  de  s'enquérir  d'un  différend  entre  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company  et  ses 
employés.  Cette  demande,  généralement  parlant,  était  rédigée  dans  la  forme  exigée 
par  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  industriels,  quant  à  la  manière  dans 
laquelle  une  demande  de  nomination  d'un  conseil  doit  être  transmise  au  département, 
et  elle  était  accompagnée  par  la  déclaration  statutaire  requise  par  la  loi,  à  l'effet  que 
le  règlement  des  différends  entre  les  parties  faisant  défaut,  ou  la  question  n'ayant  pas 
été  renvoyée  au  conseil  de  conciliation  et  d'enquête,  une  grève  serait  déclarée,  et  que 
l'autorisation  nécessaire  pour  déclarer  cette  grève  avait  été  obtenue.  La  demande  et 
la  déclaration  l'accompagnant  se  lisent  comme  suit: — 

\Demande.~\ 

IN  RE  LA  LOI  DES  ENQUETES  EN  MATIERE  DE  DIFFERENDS  INDUS- 
TRIELS, 1907. 

et 

IN  RE  différends  entre  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited,  exerçant  ses 
opérations  à  Fernie,  Coal-Creek  et  Michel,  province  de  la  Colombie-Britannique — 

et 

Les  employés  de  la  dite  compagnie, 

A  Thonorable 

Ministre  du  Travail. 

La  demande  des  employés  de  la  compagnie  ci-dessus  vous  est  faite  par  les  pré- 
sentes de  nommer  un  conseil  de  conciliation  en  vertu  des  dispositions  de 
la  loi  ci-dessus  mentionnée,  dans  le  but  de  procéder  conformément  à  la  dite  loi  en  la 
matière  ci-dessus  mentionnée. 

1.  Les  parties  au  différend  sont  la  Crow's  Ne&t  Pass  Coal  Company,  Limited, 
ci-dessus  mentionnée,  et  ses  employés. 

2.  La  nature  et  la  cause  du  différend  sont  que  la  dite  compagnie  et  ses  employés 
ne  peuvent  arriver  à  un  arrangement  définissant  les  conditions  du  travail,  les  gages 
à  être  payés,  et  les  matières  touchant  l'emploi  de  ses  employés  par  la  dite  compagnie; 
que  les-  réclamations  ou  les  demandes  faites  par  les  employés  auprès  de  la  dite  compa- 
gnie, auxquelles  il  est  pris  exception,  sont  les  suivantes:  que  toutes  les  conventions, 
conditions  et  heures  de  travail,  et  les  taux  de  gages  existant  antérieurement  au  31 
mars  dernier  aux  mines  de  la  dite  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited,  seront 
renouvelés  à  une  avance  de  dix  pour  cent,  sur  tous  les  dits  taux,  avec  un  minimum  de 
gages  de  $2.50  par  jour  pour  tout  travail  à  l'extérieur,  et  que  tous  les  gages  seront 
payés  toutes  les  deux  semaines. 

3.  Le  nombre  approximatif  des  personnes  dont  les  intérêts  sont  en  jeu  dans  le 
différend  ou  peuvent  le  devenir  est  de  dix-huit  cents. 

4.  Que,  en  commençant  le  4e  jour  de  mars  dernier,  la  dite  compagnie,  de  concert 
avec  d'autres  exploiteurs  de  mines,  et  les  représentants  des  dits  employés,  de  concert 
avec  les  représentants  d'employés  de  mines  de  la  province  de  la  Colombie-Britanni- 
que, se  sont  réunies  en  conférence  mutuelle  à  Calgary,  dans  la  province  ci-dessus 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  237 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

mentionnée,  et  ont  continué  la  conférence  pendant  plusieurs  jours,  la  dernière  réu- 
nion des  parties  ayant  lieu  le  premier  jour  d'avril  courant;  mais  que,  nonobstant  plu- 
sieurs réunions  entre  les  parties,  elle,  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited, 
et  ses  employés  n'ont  pu  arriver  à  aucun  arrangement,  et  qu'il  n'y  a  maintenant  au- 
cun arrangement  entre  eux,  celui  qui  existait  ayant  pris  fin  le  31e  jour  de  mars  der- 
nier. 

5.  Que  Louis  Philippe  Eckstein,  de  la  cité  de  Fernie,  province  de  la  Colombie- 
Britannique,  avocat,  est  disposé  et  prêt  à  agir  et  désire  agir  à  titre  de  membre  du  con- 
seil de  conciliation  représentant  les  employés  au  nom  desquels  cette  demande  est 
faite. 

6.  Que  les  personnes  qui  signent  cette  demande  occupent  les  positions  mention- 
nées après  leurs  noms  respectifs  et  forment  le  conseil  exécutif  du  district  n°  18  de  la 
United  Mine  Worhers  d'Amérique,  et  sont  régulièrement  autorisés  à  agir  au  nom 
des  employés  de  la  dite  compagnie  appartenant  aux  unions  locales  affiliées  au  dit  dis- 
trict numéro  18. 

Datée  ce  5e  jour  d'avril,  A.D.  1907. 

(Signé)        F.  H.  SHERMAN, 

Président,  district  n°  18,  U.M.W.A 

(Signé)         J.  A.  McDONALD, 

Secrétaire-trésorier,  district  n°  18,  U.M.W.A. 

[Déclaration. .] 

Canada, 

Province  de  la  Colombie-Britannique, 
Cité  de  Fernie. 

In  re  différends  entre  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited,  exerçant  ses 
opérations  à  Fernie,  Coal-Creek  et  Michel,  province  de  la  Colombie-Britannique,  et 
les  employés  de  la  dite  compagnie. 

Je,  Frank  H.  Sherman,  de  la  cité  de  Fernie,  province  de  la  Colombie-Britan- 
nique, mineur,  déclare  solennellement: — 

1.  Que  je  suis  le  président  du  district  n°  18  de  la  United  Mine  Worhers  d'Amé- 
rique. 

2.  Que  le  dit  district  n°  18  a  juridiction  sur  les  unions  locales  de  mineurs  à  Fer- 
nie et  à  Michel,  respectivement,  lesquelles  unions  locales  sont  des  unions  subordon- 
nées au  dit  district  n°  18,  et  que  le  dit  district  n°  18  a  aussi  juridiction  sur  les  em- 
ployés de  la  compagnie  ci-dessus  mentionnée  qui  font  partie  des  dites  unions  locales, 
et  que  le  dit  district  n°  18  est  revêtu  de  l'autorité  nécessaire  pour  agir  en  l'affaire  ci- 
dessus  mentionnée. 

3.  Que,  au  meilleur  de  ma  connaissance  et  croyance,  si  les  différends  entre  les 
parties  ci-dessus  mentionnées  ne  se  règlent  ou  ne  sont  soumis  par  l'honorable  ministre 
du  Travail  à  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  sous  le  régime  de  la  loi  ci-dessus 
mentionnée,  il  y  aura  une  grève  de  déclarée,  et  que  l'autorisation  nécessaire  pour  la 
déclaration  de  cette  grève  a  été  obtenue  et  que  j'ai  maintenant  l'autorisation  de  dé- 
clarer cette  grève. 

Et  je  fais  cette  déclaration  la  croyant  consciencieusement  vraie,  et  sachant  qu'elle 
a  la  même  force  et  le  même  effet  que  si  elle  était  faite  sous  serment  et  sous  l'autorité 
de  la  loi  de  la  preuve  en  Canada,  1893. 
Déclaration    faite    devant    moi, 
en  la  cité    de    Fernie,    pro- 
vince  de    la    Colombie-Bri-   \  (Signé)  FRANK  H.   SHERMAN. 
tannique,  ce    5e   jour  d'avril,   | 
A.D.    1907.                              J 

(Signé)         J.   S.   T.   ALEXANDER, 
Commissaire  pour  recevoir  les  afjîdavits    dans    les    limites    de    la 
Colombie-Britannique. 


238  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
LES  DEUX  PARTIES   FONT  LA  DEMANDE. 

La  demande  fut  déposée  à  la  poste  à  Fernie  le  5  avril,  et  elle  parvint  au  ministre 
du  Travail  le  matin  du  9  du  même  mois.  Des  demandes  semblables  furent  reçues  le 
même  jour  de  la  part  des  employés  de  la  Canadian- American  Coaland  Coke  Company, 
de  Y  International  Coal  and  Coke  Company  et  des  West  Canadian  Collieries.  Le  15 
avril,  des  demandes  furent  reçues  de  la  part  des  employés  de  la  Breckenridge  and 
Lund  Coal  Company,  de  la  H.  W.  McNeill  Coal  Company,  et  de  la  Pacific  Coal  Com- 
pany. Toutes  les  demandes  étaient  rédigées  de  la  même  manière  et  au  même  effet.  Sur 
réception  de  la  première  demande,  le  ministre  du  Travail  décida  de  prendre  immédia- 
tement des  mesures  pour  constituer  des  conseils  de  conciliation  et  d'enquête  auxquels 
pourraient  être  renvoyées  les  affaires  en  contestation,  et  le  télégramme  ci-dessous,  qui 
fut  complété  par  une  lettre,  fut  adressé  au  président  de  la  District  Union  par  le  regis- 
traire  des  conseils  de  conciliation  et  d'enquête.  La  même  chose  fut  faite  par  rapport 
aux  autres  demandes. 

Ottawa,  9  avril  1907. 
F.  H.  Sherman, 

Prés.  District  Union  No.  18,  U.M.W.A., 
Fernie,  C.-B. 

Le  département  a  reçu  aujourd'hui  une  demande  pour  la  nomination  d'un 
conseil  de  conciliation  et  d'enquête  relativement  à  des  différends  entre  les  com- 
pagnies suivantes  et  leurs  employés  : — La  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  la 
Canadian- American  Coal  and  Coke  Company,  ^International  Coal  and  Coke 
Company,  les  West  Canadian  Collieries.  Le  ministre  du  Travail  me  charge  de 
dire  qu'il  a  décidé  de  nommer  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  auquel  les 
différends  pourront  être  renvoyés  sous  le  plus  court  délai  possible  en  conformité 
des  dispositions  de  la  loi. 

W.  L.  MACKENZIE  KING, 
Sous-minis)tre  du  Travail  et  registraire  des  conseils  de 
conciliation  et  d'enquête. 

Des  télégrammes  furent  envoyés  par  le  ministre  du  Travail  aux  gérants  des  com- 
pagnies dont  les  employés  avaient  demandé  un  conseil,  notifiant  les  compagnies  de 
la  réception  des  demandes  et  les  priant  de  recommander  le  nom  d'une  personne  dis- 
posée et  prête  à  agir  à  titre  de  membre  du  conseil  qui  devait  être  institué. 

Ci-suit  une  copie  de  la  lettre  adressée  à  ce  sujet  par  le  ministre  au  gérant  géné- 
ral de.  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company.  Des  lettres  semblables  furent  adressées 
aux  gérants  des  autres  compagnies: — 

DÉPARTEMENT    DU    TRAVAIL,    CANADA, 

Ottawa,  9  avril  1907. 

Monsieur, 

In  re  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  et  in  re 
différends  entre  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited,  exerçant  ses 
opérations  à  Fernie,  Coal-Creek  et  Michel,  province  de  la  Colombie-Britan- 
nique, et  les  employés  de  la  dite  compagnie. 

J'ai  reçu  aujourd'hui  une  demande  selon  la  formule  prescrite,  faite  au  nom 
des  employés  en  la  matière  ci-dessus,  pour  la  nomination  d'un  conseil  de  conci- 
liation et  d'enquête  en  vertu  des  dispositions  de  la  loi  ci-dessus  mentionnée 
dans  le  but  de  procéder  en  conformité  de  la  dite  loi  dans  la  matière  ci-dessus  ; 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  239 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

j'ai  reçu  des  demandes  semblables  à  propos  de  différends  identiques  touchant, 
outre  votre  propre  compagnie,  les  compagnies  suivantes  et  leurs  employés: — La 
Canadian  Coal  and  Coke  Company,  Frank,  Alta;  V International  Coal  and  Cotce 
Company,  Coleman,  Alta;  et  les  West  Canadian  Collieries,  exerçant  des  opéra- 
tions à  Lille  et  Bellevue,  Alta, 

Sur  réception  de  ces  demandes,  je  vous  ai  télégraphié  comme  suit: — 
"  J'ai  reçu  aujourd'hui  une  demande  pour  la  nomination  d'un  conseil  de  conci- 
liation et  d'enquête  sous  l'autorité  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  diffé- 
rends industriels,   1907,   auquel  pourra   être  renvoyé  un  différend   entre   les 
compagnies  suivantes  et  leurs  employés: — La   Crow's  Nest  Pass  Coal  Com- 
pany, la  Canadian- American  Coal  and  Coke  Company,  Y  International  Coal 
and  Coke  Company,  et  les  West  Canadian  Collieries. 
"  Comme     les     différends     sont     identiques     dans     le     cas     des     diverses     com- 
pagnies nommées,  il  semblerait  désirable  que  les  questions  soient  soumises  à 
un  seul  conseil,  pourvu   que  les  parties   intéressées   y  consentent.     Veuillez 
m'informer  par  dépêche  si  votre  compagnie  acceptera  un  semblable  arrange- 
ment." 
"  J'écris  pour  demander  à  votre  compagnie  de  recommander  le  nom  d'une  per- 
sonne disposée  et  prête  à  agir  à  titre  de  membre  de  ce  conseil." 
J'ai  décidé  d'établir  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête   auquel  pourra 
être  renvoyé  le  différend  ci-dessus  mentionné;  et  conformément  à  l'article  8  de 
la  loi   (dont  je  vous  transmets  un  exemplaire),  je  prie  respectueusement  votre 
compagnie  de  recommander  le  nom  d'une  personne  disposée  et  prête   à  agir   à 
titre  de  membre  du  conseil  qui  sera  nommé.  - 

Afin  que  le  conseil  puisse  être  nommé  aussi  promptement  que  possible,  je 
vous  serais  reconnaissant  si  vous  aviez  l'obligeance  de  me  faire   connaître  par 
télégraphe  le  nom  de  la  personne  que  vous  pourriez  décider  de  recommander. 
J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

(Signé)        RODOLPHE  LEMIEUX, 

Ministre  du  Travail. 
Au  Gérant  général, 

Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited, 
Fernie,  C.-B. 

Le  10  avril,  le  télégramme  suivant,  venant  de  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company, 
fut  reçu  par  le  ministre  du  Travail: — 

Télégramme. 

Fernie,  C.-B.,  10  avril. 
Rodolphe  Lemieux, 

Ottawa. 
Votre  télégramme  du  neuf  reçu  le  dix.  La  demande  des  employés  de  cette 
compagnie  pour  conseil  de  conciliation  est  irrégulière  en  vertu  de  l'article  seize, 
paragraphe  trois,  et  la  personne  nommée  est  incapable  en  vertu  de  l'article  onze. 
Ces  raisons  sont  données  dans  notre  réponse,  qui  devrait  vous  parvenir  aujour- 
d'hui. Des  procédures  irrégulières  peuvent  invalider  toute  l'affaire.  Notre  de- 
mande pour  un  conseil,  laquelle  est  régulière,  devrait  vous  parvenir  vendredi;  de 
même  des  demandes  semblables  de  six  autres  compagnies,  basées  sur  notre  de- 
mande. Toutes  les  sept  compagnies  accepteront  un  seul  conseil.  Suis  autorisé 
à  le  dire.  Nous  nous  conformerons  au  statut  recommandant  membre  du  conseil 
pour  représenter  cette  compagnie.  Notre  M.  Lindsay  espère  être  à  Ottawa  lundi 
prochain. 

CROW'S  NEST  PASS  COAL  COMPANY. 


240  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
D'après  ce  télégramme,  il  semblerait  que  lorsqu'une  copie  de  la  demande  pour  un 
conseil  de  conciliation  et  d'enquête  et  la  déclaration  qui  l'accompagnait  ont  été  reçues 
par  le  gérant  général  de  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  le  gérant  général  s'arrêta 
à  l'avis  que  les  exigences  de  la  loi  n'avaient  pas  été  régulièrement  observées  et  que 
les  procédures  ainsi  prises  pouvaient  être  invalidées  en  conséquence;  et  alors  la  com- 
pagnie, en  son  propre  nom,  entreprit  de  faire  une  demande  pour  la  nomination  d'un 
conseil,  et  cette  demande  fut  accompagnée  d'une  déclaration  au  désir  de  la  loi.  Il 
semblerait  que,  dans  ces  négociations,  les  différentes  compagnies  comprenant  la 
Western  Coal  Operators'  Association  étaient  convenues  d'adopter  un  cours  commun 
d'action  et,  par  suite  de  cette  convention,  des  demandes  et  déclarations  semblables 
furent  subséquemment  reçues  des  autres  compagnies,  lorsque  leurs  employés  avaient 
déjà  envoyé  leur  demande  au  département.  A  l'égard  de  ces  demandes,  le  ministre 
répondit  que  les  différends  mentionnés  par  les  compagnies  paraissaient  être  les  mêmes 
que  ceux  mentionnés  dans  les  demandes  faites  par  les  employés;  et  comme  il  avait 
déjà  décidé  de  renvoyer  ces  différends  devant  un  conseil,  pour  la  constitution  duquel 
des  démarches  avaient  déjà  été  faites,  il  n'était  pas  nécessaire  de  prendre  d'autre 
mesure. 

Le  11  avril,  la  réponse  de  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company  à  la  demande  faite 
au  nom  de  ces  employés  fut  reçue.  Elle  est  donnée  ci-dessous.  Des  réponses  sem- 
blables furent  envoyées  par  les  autres  compagnies. 


RÉPONSE  DE  LA  "  CROW'S  NEST  PASS  COAL  COMPANY,  LIMITED  ". 

A  la  demande  de  leurs  employés  à  l'honorable  ministre  du  Travail,  le  priant 
de  renvoyer  un  différend  prétendu  à  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  sous 
l'autorité  de  la  "  Loi  des  enquêtes  en  matière  des  différends  industriels,  1907  ". 
La  dite  compagnie  déclare: — 

1.  La  requête  fait  entendre  qu'elle  est  la  requête  des  employés  de  la  compa- 
gnie. Puisqu'il  en  est  ainsi,  la  demande  faite  en  leur  nom  par  le  président  et  le 
secrétaire  du  district  18,  U.M.W.A.,  est  irrégulière.  Il  y  a  deux  unions  locales, 
dont  sont  membres  quelques-uns,  mais  nullement  tous  ceux  des  employés  de  la 
compagnie,  savoir,  l'union  locale  Gladstone  et  l'union  locale  Michel;  mais  aucun 
des  officiers  de  ces  unions  n'ont  fait  de  demandes.  De  plus,  comme  plusieurs 
employés  ne  sont  pas  membres  d'une  union  ouvrière,  la  demande  faite  en  vertu 
de  l'article  16,  paragraphe  4  de  la  dite  loi,  doit  être  signée  par  deux  d'entre  eux 
dûment  autorisés  par  un  vote  au  scrutin  de  la  majorité  des  employés  présents  à 
une  assemblée  convoquée  par  avis  d'au  moins  trois  jours  dans  le  but  d'en  déli- 
bérer. 

Ni  le  dit  Frank  H.  Sherman,  ni  le  dit  J.  A.  Macdonald  n'est  employé  de  la 
dite  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited;  aucune  assemblée  n'a  été  convo- 
quée ou  tenue  par  avis  de  trois  jours,  à  laquelle  par  un  vote  au  scrutin  de  la  ma- 
jorité des  employés,  il  a  été  décidé  de  faire  cette  demande  ou  une  autre,  ou  à  la- 
quelle quelqu'un  ait  donné  l'autorisation  de  signer  une  demande  sur  le  dit  renvoi. 

2.  Aucune  réclamation  ou  demande,  telle  que  celle  exposée  au  paragraphe  2 
de  la  déclaration  qu'accompagne  la  dite  requête,  n'a  été  faite  à  la  compagnie  au 
nom  des  employés  de  cete  compagnie,  ou,  si  cette  demande  a  été  faite,  elle  a  été 
formellement  retirée  par  les  personnes  qui  l'ont  faite. 

3.  Aucun  avis  des  '  changements  projetés  touchant  les  conditions  d'emploi  à 
l'égard  des  gages  ou  des  heures,  spécifiant  quels  seraient  ces  changements,  n'a 
été  donné  à  la  compagnie  par  ses  employés  ou  par  qui  que  ce  soit  en  leur  nom. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  241 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

4.  Louis  Philippe  Eckstein,  avocat,  a  un  intérêt  pécuniaire  direct  dans  le 
règlement  du  différend  que  l'on  désire  renvoyer  devant  le  conseil  projeté.  Il  est 
avocat,  en  Colombie-Britannique,  de  l'union  locale  Gladstone,  et  dans  les  procé- 
dures actuelles,  il  agit  en  qualité  d'avocat  pour  les  United  Mine  Workers  d'Amé- 
rique, district  18,  ainsi  que  le  démontre  la  correspondance  échangée  entre  lui  en 
cette  qualité  et  le  gérant  général  de  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited, 
en  date  du  5  et  du  6  avril,  époque  de  la  dite  demande.  Une  copie  conforme  de 
cette  correspondance  est  annexée  aux  présentes  et  marquée  comme  pièce  A. 

5.  La  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited,  dit  que  le  différend  qui 
existe  entre  elle  et  ses  employés  est  incorrectement  exposé  dans  la  déclaration 
annexée  à  leur  demande;  que  la  compagnie  demande  des  conditions  uniformes, 
les  taux  et  gages  de  contrat  sur  ce  champ  de  rivalités  entraînant  des  diminutions 
dans  les  dits  taux  et  gages,  et  que  les  employés  ont  refusé  de  les  accepter,  mais 
que  la  compagnie  insiste  que  cette  règle  de  conduite  règne  entre  elle  et  ses  em- 
ployés. 

6.  La  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited,  donnera  immédiatement  à 
ses  employés  l'avis  d'un  changement  projeté  touchant  les  conditions  d'emploi  et 
de  travail  relativement  aux  gages  et  aux  heures;  et  si  la  demande  de  ses  em- 
ployés pour  un  renvoi  sous  l'autorité  de  la  dite  loi  est  accordée,  la  Crow's  Nest 
Pass  Coal  Company,  Limited,  demande  instamment  qu'il  lui  soit  permis  de  pré- 
senter sur  le  dit  renvoi  sa  réclamation  à  l'égard  des  dits  changements. 

Datée  à  Fernie,  le  6  avril,  A.D.  1907. 

The  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited. 

(Signé)         G.  G.  S.  LINDSEY, 

Gérant  général. 


CONSTITUTION   D  UN   CONSEIL. 

On  remarquera,  par  la  réponse  faite  par  les  compagnies  à  la  demande  des  em- 
ployés, qu'on  s'est  opposé  à  la  nomination  de  M.  Louis  Phillippe  Eckstein  en  qualité 
de  membre  du  conseil,  en  vertu  de  l'article  11  de  la  loi,  qui  établit  que  "n'agira  en 
qualité  de  membre  d'un  conseil  nulle  personne  qui  a  quelque  intérêt  pécuniaire  direct 
dans  l'issue  d'un  différend  dont  est  saisi  le  conseil".  Cette  objection  a  été  prise  en 
considération  par  le  ministre  du  Travail,  mais  comme  il  parut  au  ministre  que  M. 
Eckstein  n'était  pas  frappé  d'incapacité,  la  recommandation  des  employés  fut  accep- 
tée et  M.  Eckstein  nommé  membre  du  conseil. 

Le  15  avril  les  compagnies,  à  l'exception  des  West  Canadian  Collieries,  Limited, 
nommèrent  M.  C.  E.  S.  Whiteside  comme  leur  représentant  au  conseil.  M.  White- 
side  étant  le  gérant  général  de  l'une  des  compagnies  concernées,  et  les  différends  pa- 
raissant être  les  mêmes  dans  le  cas  de  chaque  compagnie,  le  ministre  pensa  que  M. 
Whiteside  était  incapable  d'agir  en  qualité  de  membre  du  conseil  en  vertu  de  l'article 
ci-dessus  cité  de  la  loi.  On  accorda  aux  compagnies  un  autre  délai  de  vingt- 
quatre  heures  pour  nommer  un  autre  membre  du  conseil.  M.  J.  L.  Parker,  du  Lee 
Lake  Ranch,  fut  alors  nommé  à  titre  de  membre  du  conseil  par  les  compagnies  sui- 
vantes: la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited;  V International  Coal  and  Coke 
Company,  Limited;  la  Canadian- American  Coal  and  Coke  Company,  et  les  West 
Canadian  Collieries,  Limited;  M.  Frank  B.   Smith,  d'Edmonton,  par  la  H.   W.  Mc- 

36—16 


242  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Neill  Coal  Company,  Limited;  la  Pacific  Coal  Company,  Limited,  et  la  Breckenridge 
and  Land  Company,  Limited.* 

Les  membres  du  conseil  ainsi  choisis  n'ayant  pu  s'entendre  sur  le  choix  d'un 
troisième  membre,  le  ministre  du  Travail,  le  22  avril,  nomma  l'honrable  sir  William 
Mullock,  C.C.M.G.,  juge  en  chef  de  la  division  de  l'Echiquier  de  la  Haute  cour  do 
justice  d'Ontario,  ex-directeur  général  des  Postes  et  ex-ministre  du  Travail,  à  titre 
de  président  du  conseil. 

Sir  William  Mullock  quitta  Toronto  pour  Fernie  aussitôt  après  sa  nomination, 
vu  qu'il  pouvait  ajourner  ses  devoirs  judiciaires,  et  il  arriva  à  Fernie  le  matin  du  30 
avril.     Le  conseil  fut  convoqué  immédiatement. 

CESSATION    DES    OPERATIONS    MINIÈRES. 

Comme  il  a  été  déjà  dit,  la  convention  conclue  entre  les  diverses  compagnies, 
comprenant  la  Western  Coal  Operators'  Association  et  ses  employés,  a  pris  fin  le  1er 
avril.  La  conférence  de  Calgary,  qui  s'était  réunie  dans  le  but  d'effectuer  un  nouvel 
arrangement,  avait  terminé  ses  séances  à  cette  date,  sans  avoir  conclu  la  convention 
désirée.  Les  demandes  pour  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  furent  adressées  de 
Fernie  au  nom  des  employés  le  ou  vers  le  5  avril,  et  furent  reçues  le  ou  vers  le  9  avril. 
Objection  à  la  validité  de  ces  demandes  fut  faite  par  la  compagnie  le  jour  et  les  jours 
immédiatement  suivant,  et  de  nouvelles  demandes  furent  adressées  par  la  malle. 
Objection  fut  aussi  faite  par  les  compagnies  à  la  même  époque  à  la  nomination  de 
la  personne  choisie  par  les  employés  en  qualité  de  membre  du  conseil,  et  les  compa- 
gnies subséquemment  recommandèrent  une  personne  que  le  ministre  fut  obligé  de 
refuser  comme  étant  incapable  en  vertu  des  dispositions  de  la  loi.  Quelques-unes 
des  compagnies,  au  moment  de  faire  leur  demande,  avaient  donné  avis  d'un  projet  de 
réduction  de  gages,  qui  fut  affiché  subséquemment  dans  le  voisinage  immédiat  de 
leurs  mines.  Cet  avis  avait  été  affiché  en  conformité  des  dispositions  de  la  loi  rela- 
tive aux  changements  projetés  dans  la  condition  des  gages.  Un  certain  nombre  des 
employés  prétendirent  qu'ils  n'avaient  pas  compris  de  la  sorte  l'objet  des  compagnies. 
De  fait,  on  allégua  que  les  avis  avaient  été  considérés  par  quelques-uns  comme  une 
déclaration  d'hostilités.  Le  jour  même  de  l'affichage  des  avis,  une  circulaire  fut  en- 
voyée par  des  officiers  du  conseil  exécutif  de  district  aux  officiers  et  membres  des 
unions  locales,  laquelle  circulaire  était  de  nature  à  soulever  la  défiance  contre  les  ré- 
sultats possibles  qui  pourraient  être  effectués  par  un  renvoi  du  différend  à  un  conseil 
de  conciliation  et  d'enquête.  Ces  faits  et  ces  circonstances,  avec  le  soupçon  qu'ils 
aidaient  à  faire  naître  dans  les  esprits  des  parties  paraissent,  avec  peut-être  d'autres 
causes  additionnelles  qui  ne  sont  pas  encore  connues,  avoir  créé  dans  les  esprits  des 

*  La  Western  Coal  Operators'  Association  comprend,  comme  il  Fa  été  dit,  les  sept  compa- 
gnies ci-dessus  mentionnées.  Pour  se  conformer  strictement  aux  dispositions  de  la  loi,  il 
était  nécessaire  de  nommer  un  conseil  séparé  pour  traiter  des  différends  entre 
chaque  compagnie  et  ses  employés.  Comme,  cependant,  les  demandes  exposant  les  différends 
indiquaient  que  les  points  à  prendre  en  considération  étaient  semblables  dans  le  cas  de 
plusieurs  compagnies,  on  se  proposa  de  consolider  subséquemment  les  conseils,  si  possible, 
avec  le  consentement  des  parties.  Les  mineurs,  on  le  remarquera,  nommèrent  la  même  per- 
sonne comme  représentant  à  chacun  des  conseils.  Quatre  des  compagnies  convinrent  d'un 
seul  représentant  et  les  trois  autres  en  choisi  rent  un  autre.  Le  gouvernement  nomma  la 
même  personne  comme  président  de  chaque  conseil.  Par  simple  convenance,  dans  le  cours  de 
cet  article,  on  parle  des  différents  conseils  comme  d'un  seul  conseil.  Strictement  parlant, 
dans  bien  des  cas,  le  renvoi  devrait  se  faire  aux  différents  conseils  séparés. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  243 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

employés  de  quelques-unes  des  compagnies  une  répugnance  à  continuer  plus  longtemps 
à  travailler.  Le  lundi,  15  avril,  quelques  employés  de  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Com- 
pany abandonnèrent  le  travail.  D'autres  employés  de  la  même  compagnie  suivirent 
leur  exemple  le  lendemain,  comme  le  firent  aussi  des  employés  de  Y  International  Coal 
and  Coke  Company  de  Coleman.  Le  18  avril,  les  employés  des  West  Canadian  Col- 
lieries,  de  Bellevue  et  Lille,  et  les  employés  de  la  Canadian- American  Coal  and  Coke 
Company,  de  Frank,  abandonnèrent  l'ouvrage,  et  pendant  les  deux  ou  trois  jours  sui- 
vants le  travail  cessa  aussi  aux  mines  de  Bankhead,  Canmore  et  Lundbreck. 

Dès  le  commencement,  les  fonctionnaires  de  la  United  Mine  Workers  prétendirent 
que  cette  cessation  d'emploi  n'était  pas  le  résultat  d'une  entente  de  se  mettre  en  grève. 
On  déclara  que  les  hommes  avaient  agi  contre  les  désirs  et  en  révolte  contre  l'au- 
torité des  unions  auxquelles  ils  appartenaient.  Le  fait  était,  néanmoins,  que,  dans  la 
semaine  commençant  dimanche  le  21,  le  travail  à  pratiquement  toutes  les  mines  ap- 
partenant aux  compagnies  qui  comprennent  la  Western  Coal  Operators'  Association 
avait  cessé. 

LE    SOUS-MINISTRE    DU    TRAVAIL    ENVOYE    À    FERNIE. 

L'insuccès  des  parties  d'obtenir  une  conclusion  satisfaisante  à  la  conférence  de 
Calgary  avait  préparé  le  public  à  la  possibilité  d'une  grève  sérieuse  et  prolongée.  Les 
privations  et  les  misères  occasionnées  par  la  famine  de  combustible  de  l'hiver  passé 
qui  résultait,  en  partie,  de  la  grève  de  Lethbridge,  étaient  encore  dans  la  mémoire  pu- 
blique. On  croyait  généralement  que  l'approvisionnement  de  houille  répondait  à 
peine  à  la  demande  du  temps;  pour  cette  raison,  les  hommes  dans  la  Passe  du  Nid- 
de-Corbeau  n'avaient  pas  arrêté  les  opérations  minières  depuis  plus  d'un  jour  lorsque 
l'alarme  générale  se  répandit  dans  toute  la  région.  Plusieurs  chambres  de  commerce 
des  principaux  endroits  dans  l'ouest  commencèrent  à  adopter  des  résolutions  pétition- 
nant le  gouvernement  à  l'égard  de  la  situation;  ces  résolutions  furent  dues  en  Parle- 
ment et  publiées  dans  toute  la  presse.  La  résolution  suivante  fut  transmise  au  mi- 
nistre du  Travail  par  la  chambre  de  commerce  de  Calgary,  le  16  avril: — 

"  La  chambre  de  commerce  de  Calgary  presse  fortement  le  conseil  de  conci- 
liation d'agir  immédiatement  au  sujet  du  mécontentement  des  mineurs.  Le 
trafic  des  marchandises  a  complètement  cessé,  le  trafic  des  voyageurs  cessera  dans 
quelques  jours.  Les  mineurs  abandonnent  le  travail  en  grand  nombre,  bien 
qu'aucune  grève  ne  soit  apparemment  annoncée  d'une  manière  officielle.  La  produc- 
tion de  la  houille  a  pratiquement  cessé,  les  fabriques  ferment  leurs  portes,  la 
situation  dans  l'ouest  du  Canada  est  la  plus  grave  rapportée  dans  l'histoire.  Nous 
demandons  votre  coopération  pour  prévenir  la  démoralisation  fatale  des  affaires 
de  l'Ouest. 

Lorsque  ce  message  fut  envoyé,  un  petit  nombre  de  mineurs  seulement  avait 
cessé  de  travailler.  A  mesure  que  les  hommes  des  autres  campements  abandonnaient 
le  travail,  des  prophéties  fraîches  d'un  désastre  menaçant  étaient  mises  en  circula- 
tion partout  par  les  dépêches  qui  paraissaient  chaque  jour  dans  les  journaux,  et  à  la 
fin  de  la  semaine  dans  laquelle  la  cessation  des  opérations  avait  commencé,  on  avait 
une  situation  bien  proche  de  la  panique.  C'est  dans  ces  circonstances  que  le  ministre 
du  Travail  décida  d'envoyer  immédiatement  le  sous-ministre  dans  l'Ouest,  en  vue  de 
fournir  au  gouvernement  un  rapport  exact  des  conditions  réelles,  et  de  prêter  ses 
bons  offices  de  toute  manière  que  permettrait  l'occasion  afin  d'assurer  la  reprise  im- 

36— 16* 


244  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
médiate  des  travaux  pendant  l'enquête  par  le  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  que 
l'on  était  à  constituer,  ou  un  règlement  des  différends  dans  l'intervalle,  si  cela  était 
possible.     M.  King,  sous-ministre,  quitta  Ottawa  le  19  avril  et  arriva  à  Fernie  le  23. 

RAPPORT*  DU    SOUS-MINISTRE. 

La  nature  et  les  résultats  des  efforts  de  M.  King  pendant  son  séjour  à  Fernie  se 
verront  dans  le  rapport  sur  sa  mission  fait  au  ministre  du  Travail,  et  qui  se  lit 
comme  suit: — 

Ottawa,  23  mai  1907. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux,  C.R.,  M.P., 
Ministre  du  Travail,  Ottawa. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  présenter  le  rapport  suivant  sur  la  nature  et  le  ré- 
sultat des  négociations  conduites  pendant  mon  séjour  à  Fernie,  C.-B.,  en  vue  d'effectuer 
un  règlement  des  différends  entre  les  compagnies  comprenant  la  Western  Coal 
Operators'  Association,  et  les  mineurs  à  l'emploi  de  ces  compagnies,  et  sur  la  situa- 
tion généralement. 

Agissant  d'après  vos  instructions,  je  quittai  Ottawa  vers  minuit,  le  19  avril,  et 
j'arrivai  à  Fernie  mardi,  le  23,  à  5  heures  p.m.  J'ai  constaté  que  le  travail  avait 
complètement  cessé  dans  toutes  les  mines  exploitées  par  les  compagnies  comprenant 
la  Western  Coal  Operators'  Association,  et  qu'une  conférence  était  tenue  à  Fernie 
entre  les  exploitants  et  les  fonctionnaires  de  l'union  des  United  Mine  Worhers  d'Amé- 
rique, laquelle  conférence,  on  l'espérait,  pouvait  avoir  comme  résultat  un  arrange- 
ment entre  les  parties.  J'ai  rencontré  au  début  M.  Eckstein  et  M.  T.  L.  Parker,  qui 
avaient  été  nommés  membres  du  conseil  de  conciliation  et  d'enquête,  et  je  leur  an- 
nonçai, comme  aux  parties  au  différend,  la  nomination  de  sir  William  Mulock  en 
qualité  de  président  du  conseil.  J'ai  expliqué  aux  parties  que  sir  William  arriverait 
probablement  à  Fernie  au  commencement  de  la  semaine  suivante,  et  que  le  conseil 
procéderait  immédiatement  à  l'enquête. 

Je  compris  que  mon  premier  devoir  était  de  faire  connaître  à  toutes  les  parties 
les  dispositions  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  et  à  cette 
fin,  je  me  mis  en  rapport  avec  les  fonctionnaires  des  unions,  qui  me  demandèrent 
d'expliquer  la  loi  en  détail  au  conseil  du  district,  à  une  assemblée  que  nous  convo- 
quâmes pour  9  heures  le  mercredi  matin.  A  cette  assemblée,  les  membres  du  conseil 
me  donnèrent  l'assurance  qu'ils  désiraient  que  les  dispositions  de  la  loi  fussent  pleine- 
ment respectées.  Ils  donnèrent  diverses  raisons  pour  lesquelles  les  hommes  avaient 
abandonné  l'ouvrage,  et  prétendirent  que,  en  tant  que  la  loi  était  concernée,  c'était 
l'ignorance  plutôt  que  le  mépris  de  ses  dispositions  qui  était  responsable  de  leur  ma- 
nière d'agir.  Comme  preuve  de  l'attitude  du  conseil  de  district  vis-à-vis  la  loi,  les 
membres  me  déclarèrent  que  l'union  n'avait  pas  approuvé  une  grève  et  avait  positive- 
ment refusé  d'accorder  les  bénéfices  de  la  grève  aux  hommes  qui  avaient  abandonné 
leur  travail.  Les  membres  du  conseil  affirmèrent  qu'ils  désiraient  que  la  lettre  de  la 
loi  fut  strictement  observée,  et  à  cette  fin  ils  suggérèrent  de  convoquer  une  assemblée 
générale  des  mineurs  résidant  à  Fernie  et  à  Coal-Creek,  à  laquelle  j'expliquerais  à 
fond  aux  hommes  les  dispositions  de  la  loi,  les  membres  du  conseil  promettant  de 
faire  tout  en  leur  pouvoir  de  leur  côté  pour  faire  retourner  les  hommes  immédiate- 
ment à  l'ouvrage  pendant  une  enquête  en  vertu  de  la  loi. 

La  question  se  présenta  naturellement  de  savoir  s'il  serait  mieux  d'ajour- 
ner la  conférence  pour  permettre  aux  fonctionnaires  de  l'union  de  rencontrer  les 
hommes,  ou  de  laisser  continuer  ses  séances  sans  les  interrompre  en  vue  d'effectuer 
un  règlement.  Je  considérais  qu'un  règlement  par  les  parties  elles-mêmes,  si  on  pou- 
vait y  arriver,  serait  le  résultat  le  plus  satisfaisant  qu'on  pourrait  obtenir.  Comme 
il  y  avait  toute  raison  d'espérer,  et  de  bons  motifs  de  croire  que  la  conférence  arrive- 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  245 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

rait  à  cette  fin,  je  conclus  que,  au  lieu  de  tenter  de  persuader  les  employés  de  retour- 
ner immédiatement  à  l'ouvrage,  conformémement  aux  dispositions  de  la  loi,  il  serait 
plus  dans  l'intérêt  public  de  permettre  aux  représentants  des  deux  côtés  de  continuer 
leurs  négociations.  En  recevant  du  conseil  exécutif  l'assurance  que  les  procédures 
de  la  conférence  ne  dureraient  pas  plus  de  deux  jours,  et  que,  si  on  n'arrivait  pas  d'ici 
là  à  un  arrangement,  le  conseil  emploierait  son  énergie  à  faire  retourner  les  hommes 
au  travail  pendant  une  enquête,  je  décidai  de  remettre  encore  et  d'attendre  le  résultat 
de  la  conférence. 

Le  mercredi  soir,  on  crut  généralement  qu'on  en  était  venu  à  un  arrangement. 
Le  jeudi  matin,  cependant,  il  arriva  que,  mise  par  écrit,  la  convention  intervenue 
entre  les  parties  n'était  pas  ce  que  chacun  avait  compris  des  représentations  verbales 
de  la  veill.  Les  négociations  furent  soudainement  arrêtées,  et  il  sembla  que,  après 
tout,  les  deux  parties  étaient  plus  éloignées  l'un  de  l'autre  qu'elles  ne  l'avaient  jamais 
été  depuis  le  commencement  des  négociations. 

GRANDE  ASSEMBLÉE   À   FERNIE. 

Une  grande  assemblée  des  mineurs  fut  convoquée  pour  l'après-midi  de  ce  jour,  le  25. 
Elle  fut  présidée  par  M.  Lancaster,  président  de  la  Gladstone  Lodge,  dont  sont  mem- 
bres les  mineurs  de  Coal-Creek  et  de  Fernie.  A  cette  assemblée,  des  discours  furent 
prononcés  par  M.  T.  L.  Lewis,  vice-président  des  United  Mine  Workers  d'Amérique; 
M.  F.  H.  Sherman,  président  du  district  n°  18,  U.M.W.A.;  l'honorable  W.  H.  Cushing, 
ministre  des  Mines  et  Travaux  publics  de  la  province  d'Alberta,  et  moi-même.  Mes 
observations  furent  restreintes  à  une  explication  des  dispositions  de  la  loi,  de  sa  por- 
tée sur  la  situation  du  moment,  et  des  raisons  qui  amenèrent  l'adoption  de  la  mesure. 
Cette  assemblée  était  une  assemblée  publique,  et  un  grand  nombre  de  mineurs  y  assis- 
tèrent. Dans  la  soirée,  une  assemblée  fut  tenue  à  huis  clos  pour  prendre  le  vote  sur 
la  question  de  savoir  si  les  travaux  devaient  ou  non  être  repris  pendant  une  enquête 
faite  par  le  conseil.  Entre  l'assemblée  publique  tenue  durant  l'après-midi  et  l'assem- 
blée du  soir,  je  reçus  la  lettre  suivante  de  la  part  des  exploitants,  et  je  la  transmis  aux 
fonctionnaires  de  l'union  : — 

M.  W.  L.  Mackenzie  King, 

Sous-ministre  du  Travail, 
Fernie,  C.-B. 

Fernie,  25  avril  1907. 
Cher  monsieur  : — 

Nous  avons  l'honneur  de  vous  dire  que  nous  convenons,  par  les  (pré- 
sentes, de  réintégrer  immédiatement  dans  leur  emploi  respectif  tous  les  travail- 
leurs qui  ont  suspendu  l'ouvrage  depuis  le  1er  avril,  et  que  le  travail  sera  fait 
aux  prix,  gages  et  conditions  d'emploi  qui  étaient  en  existence  dans  et  près  les 
diverses  mines  avant  le  1er  avril  1907;  les  hommes  continueront  à  travailler  à 
ces  conditions  jusqu'à  ce  que  le  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  nommé  sous 
l'autorité  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels  ait  fait  une 
enquête  sur  les  mérites  du  différend  entre  les  diverses  compagnies  comprenant 
la  Western  Coal  Operators'  Association  et  les  employés  de  ces  compagnies. 
Sincèrement  à  vous, 

The   Western  Coal  Operators'  Association. 
(Signé)       G.  G.  S.  LINDSEY, 

Président. 

Cette  lettre  fut  écrite  à  ma  suggestion  afin  qu'il  ne  put  y  avoir  aucun  malen- 
tendu quant  à  l'attitude  respective  des  parties  au  cas  où  l'ouvrage  serait  repris,  plus 
particulièrement  comme  il  y  avait  quelque  malentendu  au  sujet  des  taux  et  condi- 


246  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


lions  fixés,  les  anciens  arrangements  ayant  expiré  le  1er  avril,  et  de  nouveaux  n'ayant 
pas  été  pris. 

LA  REPRISE  DES  TRAVEAUX  EST  VOTEE  À  i/UNANIMITÉ  DES  VOIX. 

A  l'assemblée  de  l'union,  dans  la  soirée,  on  prit  un  vote  et  il  fut  décidé  à  l'una- 
nimité que  les  hommes  retourneraient  à  l'ouvrage  et  attendraient  la  décision  du  con- 
seil d'enquête.  Lorsque  j'appris  le  résultat  de  cette  assemblée,  je  vous  trans- 
mis la  dépêche  télégraphique  suivante,  basée  sur  la  décision  de  l'assemblée  et  sur  les 
représentations  qui  m'ont  été  faites  par  le  conseil  exécutif  au  sujet  du  résultat  pro- 
bable du  vote  qui  serait  pris  dans  les  autres  campements: — 

Fernie,  C.-B.,  25  avril  1907. 
L'hon.  Eodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail,  Ottawa,  Ont. 

Les  exploitants  de  mines  et  le  constil  exécutif  de  l'unoin  de  district  ont  été 
continuellement  en  conférence  depuis  mardi,  avec  l'espoir  d'effectuer  un  règle- 
ment des  différends  entre  les  différentes  compagnies  dans  ce  district  et  leurs  em- 
ployés pour  éviter  le  renvoi  au  conseil  de  conciliation  et  d'enquête.  Il  a  été  an- 
noncé à  midi  aujourd'hui  que  cette  conférence  n'avait  pas  réussi  à  effectuer  un 
règlement.  A  mon  arrivée,  mardi  soir,  les  fonctionnaires  de  l'union  vinrent  me 
demander  de  rencontrer  le  conseil  exécutif  de  l'union  de  district  à  9  heures  du 
matin,  hier.  Le  conseil  déclara  qu'il  n'y  avait  eu  aucune  intention  de  violer  la 
loi;  que  les  hommes  s'étaient  mépris  sur  l'objet  des  avis  affichés;  ne  connaissant 
pas  la  loi,  ou  la  protection  qu'elle  offrait  contre  tout  changement  dans  les  gages 
avant  ou  pendant  l'enquête,  ils  avaient  abandonné  l'ouvrage  de  leur  propre  mou- 
vement et  sans  autorisation  des  fonctionnaires  de  l'union,  qui  avaient  refusé  de 
sanctionner  une  grève.  Ils  m'ont  donné  l'assurance  que,  le  conseil  de  concilia- 
tion et  d'enquête  ayant  été  constitué,  si  l'arrangement  n'était  promptement  fait 
comme  résultat  de  la  conférence  commune,  ils  prendraient  de  suite  des  mesures 
pour  assurer  le  retour  des  hommes  au  travail  pendant  l'enquête.  Ayant'  cette 
assurance,  je  pensai  qu'il  était  à  propos  de  ne  pas  compromettre  le  résultat  de  la 
conférence  commune  en  faisant  arrêter  ces  procédures  même  temporairement, 
afin  de  permettre  aux  fonctionnaires  de  l'union  de  rencontrer  les  hommes.  Il 
fut  entendu,  cependant,  que  la  conférence  ne  serait  pas  prolongée  au  delà  d'au- 
jourd'hui sans  que  la  situation  soit  pleinement  expliquée.  La  conférence  n'ayant 
pas  réussi  à  effectuer  un  règlement,  une  assemblée  générale  des  mineurs  de  Fer- 
me fut  convoquée  cet  après-midi,  à  laquelle,  à  la  demande  des  fonctionnaires  de 
l'union,  j'ai  expliqué  aux  hommes  la  nature  et  les  dispositions  de  la  loi  des  en- 
quêtes en  matière  de  différends  industriels. 

Ce  soir,  une  assemblée  de  l'union  locale  a  été  tenue,  et  j'ai  depuis  été  informé 
par  M.  Sherman,  président  de  district,  qu'il  a  été  décidé  à  l'unanimité  que  les 
hommes  retournerait  à  l'ouvrage  de  suite  et  continueraient  de  travailler  en  atten- 
dant le  renvoi  des  différends  sous  l'autorité  de  la  loi.  Les  membres  du  conseil  de 
district  ont  pris  des  arrangements  pour  faire  des  assemblées  à  d'autres  campements 
miniers  où  il  y  a  des  hommes  qui  ont  quitté  l'ouvrage,  et  il  partiront  immédiate- 
ment pour  expliquer  la  situation  et  la  loi  aux  ouvriers.  Aussitôt  qu  la  majorité 
des  membres  de  district  auront  décidé  de  retourner  au  travail,  le  conseil  exécutif 
donnera  des  instructions  à  tous  les  mineurs  du  district  de  retourner  immédiate- 
ment au  travail.  Le  président  Sherman  m'informe  que  samedi  il  devrait  y  avoir 
reprise  4u  travail  dans  toutes  les  mines. 

(Signé)        W.  L.  MACKE-NZIE  KING. 

Au  moment  où  je  vous  envoyais  cette  dépêche,  M.  Sherman  vous  adressait  aussi 
celle  qui  suit: — 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  217 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Fernie,  C.-ii.,  25  avril  1907. 
L'hon.  Kodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail,  Ottawa. 
La  cessation  du  travail  produite  résultant  de  méprise  au  sujet  de  la  loi  des 
différends  industriels.  L'exécutif  du  district  n'ayant  pu  s'entendre  avec  les  ex- 
ploitants a  décidé  de  recommander  aux  mineurs  de  reprendre  le  travail  immé- 
diatement. Ce  conseil  a  été  accepté  par  les  hommes  de  Fernie.  J'ai  raison  de 
croire  que  les  opérations  seront  reprises  à  toutes  les  mines  de  ce  district,  aussitôt 
que  possible.  Kenverrons  tous  nos  différends  au  conseil  d'enquête,  croyant  que 
votre  gouvernement  veut  voir  justice  rendue  à  toutes  parties. 

(Signé)         F.  II.  SHERMAN. 

Le  vote  sur  la  reprise  immédiate  des  travaux  pendant  une  enquête  par  un  conseil 
de  conciliation  fut  pris  aux  autres  campements  le  jour  suivant  et  fut  connu  le  sa- 
medi, 27.  Le  résultat  de  ce  vote,  cependant,  fut  presque  le  contraire  de  ce  que  le  con- 
seil exécutif  avait  espéré.  Le  vote,  d'abord,  a  été  faible,  mais  il  indiquait  clairement 
les  sentiments  des  mineurs  dans  tout  le  district.  Les  chiffres,  publiés  plus  tard, 
étaient  comme  suit  : — 


— 

Pour. 

Contre. 

7 

3 

7 
14 
54 
67 
39 

5 

"  700 1'" 

126 

Canmore 

Lille 

101 
97 

64 

63 

111 

Lundbreck 

19 

Hillcrest 

22 

Bellevue  (approximatif) 

Fernie  (approximatif) 

100 

Les  membres  de  l'union  Gladstone  ont  prétendu  que  leur  décision  de  retourner 
au  travail  avait  été  conditionnelle,  une  majorité  des  membres  du  district  votant  en 
faveur  d'une  reprise  immédiate  du  travail;  le  vote  aux  autres  campements  étant  ce 
qu'il  a  été,  on  a  compris  que  cela  signifiait  que  le  district  n'était  pas  en  faveur  d'une 
reprise  immédiate  du  travail;  il  a  en  conséquence  été  décidé  que  les  mineurs  de  Coal- 
Creek  et  de  Fernie,  malgré  leur  vote,  resteraient  dehors,  comme  ceux  des  autres  cam- 
pements dans  le  district. 

SIGNIFICATION   DU   RÉSULTAT   DU  VOTE. 

Le  résultat  du  vote  dans  les  divers  campements  sur  la  question  de  reprendre  les 
travaux  pendant  une  enquête  par  le  conseil,  est  instructif  à  propos  de  l'attitude 
d'alors  des  mineurs  au  sujet  de  la  loi.  A  Fernie,  où  la  mesure  a  été  expliquée  à  fond, 
lé  vote,  comme  on  l'a  déclaré,  a  été  en  faveur  de  l'obéissance  aux  dispositions  de  la 
loi.  Fernie,  en  outre,  était  le  siège  du  malaise,  et  le  sentiment  de  malaise  était  plus 
fort  en  cet  endroit  que  dans  d'autres  parties  du  district.  Après  l'assemblée  de  la  loge 
Gladstone,  le  vendredi  soir,  les  fonctionnaires  qui  étaient  membres  du  conseil  du  dis- 
trict partirent  immédiatement  pour  les  campements  où  ils  pouvaient  arriver.  Ils  ont 
fait  tous  les  efforts  pour  persuader  les  hommes  de  retourner  immédiatement  à  l'ouvrage; 
mais,  à  l'exception  d'un  campement,  leurs  efforts  furent  inutiles.  Canmore  et  Bank- 
Bankhead  étant  à  une  distance  de  Fernie  de  deux  cent  cinquante  à  trois  cents  milles, 
il  était  impossible  à  un  fonctionnaire  quelconque  du  conseil  de  district  de  s'y  rendre, 
soit  pour  expliquer  la  portée  de  la  loi,  soit  pour  exprimer  aux  membres  des  unions  les 


248  DEPARTEMENT  DU  T  RAT  AIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

désirs  du  conseil  exécutif.  Les  membres  durent  être  informés  de  ces  désirs  par  télé- 
graphe. Dans  quelques-uns  des  campements,  la  grande  proportion  des  mineurs  est 
composée  d'étrangers,  et  il  est  certain  que  jusqu'au  jour  de  la  prise  du  vote  plusieurs 
d'entre  eux  ne  connaissaient  pas  l'existence  de  la  loi;  il  est  douteux  qu'une  propor- 
tion quelconque  des  membres  dans  les  campemnts  éloignés  eût  rien  comme  une  con- 
naissance vraie  de  ses  dispositions  exactes.  De  plus,  à  l'un  des  campements  au  moins, 
l'animosité  personnelle  de  certains  fonctionnaires  contre  d'autres  fonctionnaires  expli- 
que pourquoi  le  vote  fut  ainsi.  En  autant  que  les  résultats  réels  démontrèrent  quelle 
était  la  situation,  il  semblerait  que  là  où  la  loi  était  comprise  il  y  avait  une  bonne 
volonté  apparente  pour  le  respect  de  ses  prescriptions;  mais  là  où  la  loi  était,  soit 
complètement  inconnue,  soit  imparfaitement  comprise,  on  se  laissait  guider  par  d'au- 
tres faits  et  d'autres  circonstances.  L'opinion  que  je  me  suis  formée  dans  le  temps, 
et  qui  s'est  confirmée  à  mesure  que  j'ai  discuté  la  situation  depuis,  tant  avec  les  opé- 
rateurs qu'avec  les s  mineurs,  est  que,  si  l'existence  et  la  portée  de  la  loi  eussent  été 
parfaitement  connues  et  bien  comprises,  il  n'y  aurait  pas  eu  cessation  d'opérations  au 
début,  et  le  vote  sur  la  reprise  des  travaux  pendant  enquête  n'aurait  pas  non  plus 
donné  le  même  résultat,  même  après  une  cessation  d'opérations. 

CONCILIATION  ET   MEDIATION. 

Le  vote  sur  la  reprise  des  travaux  aux  campements  éloignés  a  été  pris  l'après- 
midi  et  le  soir  du  vendredi,  le  26.  Dès  samedi,  les  rapports  reçus  indiquaient  claire- 
ment que  le  vote  avait  été  contraire  aux  désirs  de  l'exécutif,  et  il  paraissait  alors  qu'il 
y  avait  peu  de  chose  à  faire,  sinon  d'attendre  la  réunion  du  conseil  et  le  résultat  de 
son  enquête.  Sir  William  Mulock  avait  télégraphié  qu'il  arriverait  à  Ferme  mardi,  le 
30.  Il  était  bien  évident  que  les  procédures  devant  le  conseil  prendraient  quelque  temps. 
Dans  l'intervalle  la  situation,  en  ce  que  le  pays  était  concerné,  devenait  d'heure  en 
heure  plus  tendue.  L'approvisionnement  de  houille  menaçait  d'être  bientôt  épuisé. 
Déjà  les  compagnies  de  chemins  de  fer  de  la  Colombie-Britannique  et  de  l'Alberta  re- 
fusèrent certaines  classes  de  chargements.  On  croyait  que  leurs  approvisionnements 
de  houille,  en  certains  endroits,  étaient  bien  appauvris.  On  apprit  que  quelques-unes 
des  fonderies  dans  le  district  extrême  étaient  en  parties  formées  à  cause  du  manque 
de  houille,  et  qu'elles  devaient  fermer  complètement  à  moins  que  les  opérations  mi- 
nières ne  fussent  reprises  immédiatement.  D'autres  industries  étaient  pareillement 
menacées,  et  dans  tout  le  district  il  existait  un  état  d'alarme  générale;  ce  sentiment 
était  entretenu  par  la  nature  des  dépêches  qui  paraissaient  chaque  jour  dans  la  presse. 

Dans  ces  circonstances,  je  crus  de  mon  devoir,  et  dans  l'intérêt  public,  de  faire 
de  nouveaux  efforts  pour  amener  une  reprise  immédiate  des  travaux.  Vu  le  vote  qui 
avait  été  pris,  je  savais  qu'on  ne  pouvait  y  arriver  qu'en  préparant  un  règlement  des 
difficultés  et  en  obtenant  un  arrangement  par  écrit  entre  les  parties.  D'après  ce  que 
j'avais  observé  et  appris  à  Fernie,  je  croyais  que,  comme  question  de  fait,  la  difficulté 
d'effectuer  un  règlement  n'était  pas  tant  la  question  de  termes  et  conditions  que  celle 
de  faire  cesser  la  défiance  et  le  soupçon  qui  existaient  entre  les  parties.  Je  savais  de 
plus,  que  tout  en  prétendant  le  contraire  ni  les  uns  ni  les  autres  n'étaient  particu- 
lièrement désireux  d'avoir  une  enquête  du  gouvernement.  Il  était  évidemment  de 
l'intérêt  des  deux  d'avoir  un  règlement  immédiat  si  l'on  pouvait  y  arriver,  et  je  déci- 
dai en  conséquence  de  voir  si  je  ne  pourrais  le  faire  en  offrant  mes  services  comme 
conciliateur.  Je  vis  les  principaux  représentants  des  deux  côtés,  et  je  leur  demandai 
si  mes  services  seraient  acceptables.  On  m'assura  qu'ils  le  seraient  et  que,  bien 
qu'une  enquête  pourrait  servir  les  intérêts  des  deux  parties  en  aidant  à  tirer  au  clair 
nombre  de  questions  qui  étaient  des  motifs  de  soupçons  ou  de  faux  rapports,  un  règle- 
ment immédiat  était  à  propos  dans  l'intérêt  public  et  dans  celui  des  parties  elles- 
mêmes.  J'employai  le  dimanche  et  le  lundi,  les  28  et  29  avril,  respectivement,  en 
négociations  avec  les  chefs  des  deux  côtés.  Dès  lundi  après-midi,  le  principe  d'un 
arrangement  était  établi;  cet  arrangement  ayant  été  rédigé  dans  la  forme  d'un  docu- 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL 


249 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

ment  écrit  et  des  copies  fournies  à  chacune  des  parties,  j'obtins  des  parties  respectives 
un  engagement  verbal  à  l'effet  que  ses  dispositions  étaient  acceptables  aux  membres 
de  la  Western  Coal  Operators'  Association  et  au  conseil  exécutif  de  district  des 
United  Mine  Workers..  Le  conseil  exécutif,  bien  que  prêt  à  recommander  l'accepta- 
tion de  cet  arrangement,  refusait  cependant  de  le  signer  avant  d'en  soumettre  d'abord 
les  dispositions  à  un  vote  de  référendum  des  unions  concernées.  Je  fus  informé  par 
tous  les  membres  du  conseil  qu'ils  n'avaient  aucun  doute  à  l'égard  de  l'acceptation 
finale  de  l'arrangement  par  les  unions,  et  il  fut  en  conséquence  décidé  qu'un  vote 
général  serait  pris.  C'est  alors  que  je  vous  transmis  la  dépêche  télégraphique  sui- 
vante : — 

Fernie,  C.-B.,  29  avril  1907. 
L'hon.  Kodolphe  Lemieux,  M.P., 
Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont.,  Can. 
Suis  heureux  de  pouvoir  vous  informer  que,  comme  résultat  de  négociations 
entre  les  parties  pendant  les  deux  ou  trois  jours  derniers,  les  grandes  lignes  d'un 
arrangement  ont  été  établies  par  conciliation  de  manière  à  le  rendre  acceptable 
aux  mineurs  des  sept  compagnies  comprenant  la  Western  Coal  Operators'  As- 
sociation et  au  conseil  exécutif  de  district  de  la  United  Mine  Workers'  Associa- 
tion. L'exécutif  de  district  s'est  engagé  à  fortement  recommander  cet  arrange- 
ment pour  l'acceptation  par  les  hommes  à  toutes  les  mines.  Un  vote  général 
sera  pris  jeudi  de  cette  semaine.  Dans  l'intervalle,  les  séances  du  conseil  de  con- 
ciliation et  d'enquête,  qui  devaient  commencer  demain,  resteront  ajournées, 
nées. 

W.  L.  MACKENZIE  KING. 

ARRANGEMENT  ACCEPTÉ. 

Des  assemblées  des  unions  furent  convoquées  à  tous  les  campements,  et  des  mem- 
bres de  l'exécutif  partirent  immédiatement  pour  les  différentes  localités  avec  des  co- 
pies de  l'arrangement  pour  en  expliquer  pleinement  les  dispositions  aux  hommes.  Le 
résultat  de  la  votation  fut  connu  le  soir  du  jour  où  le  vote  a  été  pris,  mais  les 
chiffres  exacts  n'en  furent  annoncés  que  samedi  après-midi;  des  rapports  de  tous  les 
campements  avaient  alors  été  reçus  à  Eernie.  Lorsque  le  résultat  fut  annoncé,  les 
chiffres  indiquaient  que  le  district  comme  corps  avait  voté  en  faveur  de  l'acceptation 
de  l'arrangement  par  une  majorité  de  377  sur  un  vote  total  de  1871.  Le  vote  pris  aux 
différents  campements  était  comme  suit: — 


Campement. 

Pour. 

Contre. 

Bellevue 

38 

50 

25 

93 

34 

190 

91 

68 

139 

393 

16 

Frank 

77 

Hillcrest . . . 

1 

Lille 

17 

Lundbreck 

Coleman 

20 
32 

Bankhead 

33 

Canmore .... 
Michel . . . 

53 
294 

Fernie 

201 

Total 

1,121 

744 

Le  résultat  du  vote  ayant  été  annoncé  publiquement,  l'arrangement  fut  signé  par 
les  opérateurs  le  samedi  après-midi,  mai  4.    Les  membres  du  conseil  exécutif  ne  vou- 


250  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

lurent  pas  signer  avant  que  tous  les  membres  du  conseil  fussent  présents;  en  consé- 
quence, l'arrangement  ne  fut  signé  par  les  fonctionnaires  de  l'union  que  le  lundi 
matin  suivant.  L'arrangement  ayant  été  signé  par  les  deux  parties,  je  vous  télégra- 
phiai comme  suit: — 

Fernie,  C.-B.,  6  mai  1907. 
L'hon.  Rodolphe  Lemieux,  M.P., 
Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont.,  Canada. 

Suis  heureux  de  vous  informer  que  l'arrangement  conclu  entre  l'exécutif  des 
United  Mine  Workers  et  les  opérateurs,  comme  résultat  de  procédures  de  concilia- 
tion mardi  dernier,  a  été  approuvé  par  une  majorité  de  377  sur 
un  vote  total  de  1871  dans  les  différents  campements  miniers;  les  opéra- 
teurs ont  signé  l'arrangement  durant  l'après-midi.  Tous  les  membres  du  con- 
seil exécutif  des  United  Mine  Workers  se  sont  réunis  en  conférence  ce  matin  et 
ont  autorisé  leurs  officiers  à  signer.  Ils  sont  venus  à  ma  chambre  à  l'hôtel  et 
ont  ajouté  leurs  signatures  à  l'arrangement.  Le  président  de  district  Sherman 
m'informe  que  le  conseil  a  donné  des  instructions  pour  que  les  hommes  retour- 
nent à  l'ouvrage  immédiatement.  Toutes  les  mines  dans  le  district  devraient 
être  en  exploitation  demain.  Le  conseil  de  conciliation  se  réunira  cet  après-midi 
pour  recevoir  des  parties  que  leurs  différends  ont  été  réglés  d'une  façon  satisfai- 
sante, et  qu'un  contrat  a  été  signé  fixant  les  conditions  pour  deux  ans.  * 

W.  L.  MACKENZIE-KING. 

Le  conseil  exécutif  a  immédiatement  notifié  tous  les  campements  qu'un  arrange- 
ment avait  été  conclu  et  ont  requis  que  le  travail  soit  repris  immédiatement  dans 
toutes  les  mines.  Conformément  à  ces  instructions,  le  travail  a  été%repris  le  lende- 
main dans  la  plupart  des  mines.  A  un  ou  deux  campements  il  y  a  eu  des  retards 
pour  une  cause  ou  une  autre;  mais  dans  le  cours  de  quelques  jours,  l'ouvrage  avait 
été  presque  généralement  repris  dans  tout  le  district.* 

LA   BASE   DU    REGLEMENT. 

Annexé  à  ce  rapport  se  trouve  une  copie  de  l'arrangement  entre  la  Western  Coal 
Operators'  Association  et  les  employés  des  compagnies  comprenant  cette  association, 
représentés  par  les  United  Mine  Workers  d'Amérique,  district  n°  18.  On  remarquera 
que  l'arrangement  est  pour  une  période  de  deux  ans,  du  1er  avril  1907  au  31 
mars  1909,  inclusivement;  qu'il  continue  en  vigueur  les  arrangements  existant  entre 
les  différentes  compagnies  comprenant  la  Western  Coal  Operators'  Association,  anté- 
rieurement au  1er  avril  1907,  avec  modifications  et  additions,  comme  résultat  de  quoi 
le  nouvel  arrangement  a  été  fait.  Le  plus  important  en  ce  sens  est  la  clause  fournis- 
sant le  moyen  pour  le  règlement  des  différends  locaux  et  généraux  qui  pourraient 
s'élever  entre  les  parties  pendant  la  durée  du  nouvel  arrangement.  Cette  clause 
accepte  en  totalité  les  principe  de  conciliation  et  d'arbitrage,  et  établit  un  conseil 
permanent  composé  de  représentants  des  deux  parties,  devant  lequel  les  différends 
pourront  être  portés  pour  règlement  final  dans  le  cas  où  ce  règlement  ne  pourrait  être 
fait  par  les  parties  concernées  de  plus  près.  Des  augmentations  importantes  des 
gages  sont  fixées,  savoir,  5  pour  100  aux  taux  miniers  de  contrat  aux  mines  suivantes  : 
n°  9,  Coal-Creek,  n°  3,  Michel,  Lundbreck  et  Canmore;  dans  les  gages  payés  pour  le 
travail  en  dehors,  une  augmentation  de  25  cents  par  jour  à  tous  les  taux  de  $2,  et  une 
augmentation  de  5  pour  100  à  tous  les  taux  de  $2.50  et  plus.  Une  augmentation  de 
25  cents  par  jour  a  été  accordée  aux  charretiers,  hommes  veillant  au  câbles  de  remor- 
que et  aux  conducteurs  de  monte-charge  dans  toutes  les  mines.  A  Bankhead,  Canmore, 
Lundbreck  et  Lille,  une  augmentation  de  5  pour  100  a  été  accordée  à  tous  les  autres 
charroyeurs  et  à  ceux  qui  travaillent  au  charbon,  l'augmentation  étant  donnée  à  cause 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  251 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

des  heures  de  travail  plus  longues  à  ces  mines.  Le  contrat  contient  une  disposition 
importante  à  l'effet  que  rien  dans  l'acte  ne  sera  compris  comme  pouvant  donner  des 
motifs  contre  l'adoption  d'une  loi  concernant  les  heures  de  travail  dans  la  province 
d'Alberta;  aussi  que  les  taux  à  l'annexe  du  contrat  sont  les  taux  minimum  payés,  et 
que  là  où  des  taux  plus  élevés  ont  été  en  vigueur  il  n'y  aura  pas  de  réductions.  Au 
sujet  du  travail  nouveau,  lorsqu'il  se  présentera  et  que  le  prix  n'est  pas  fixé  dans  le 
règlement,  sur  la  demande  de  la  compagnie  ou  celle  des  mineurs,  le  comité  commun 
de  la  Western  Coal  Operators'  Association  et  le  district  n°  78  des  United  Mine 
Worlcers  d'Amérique  se  réuniront  dans  les  trente  jours  après  cette  demande  et  fixe- 
ront un  prix.  Dans  l'intervalle,  et  jusqu'à  ce  que  ce  prix  ait  été  arrangé,  tous  les 
hommes  seront  payés  sur  l'échelle  des  gages  de  jour. 

L'arrangement  signé  ne  contient  aucune  mention  de  la  question  de  distinction, 
qui  est  importante  dans  toutes  les  négociations.  Cependant,  il  a  été  distinctement 
entendu  et  convenu  entre  les  parties  qu'il  ne  devait  pas  y  avoir  de  distinction  de  la 
part  des  compagnies  contre  les  unionnistes,  ni  de  la  part  de  ceux-ci  contre  les  non- 
unionistes,  et  le  règlement  obtenu  a  été  basé  sur  cette  entente. 

REVUE  DES   CAUSES  DE   DESORDRE. 

Vu  le  fait  qu'on  en  est  arrivé  à  un  règlement  entre  la  Western  Coal  Operators* 
Association  et  les  employés  des  différentes  compagnie  qu'elle  comprend,  et  il  est  pour 
toute  raison  désirable  que  rien  ne  soit  maintenant  dit  ou  fait  qui  puisse  tendre  à  faire 
revivre  les  sujets  de  controverse  qui  n'ont  pas  ajouté  qu'un  peu  d'amertume  et  d'ani- 
mosité  aux  relations  malheureuses  qui  ont  existé  pendant  quelque  temps  entre  les  pa- 
trons et  employés  concernés  dans  ces  affaires.  Une  explication  de  la  situation  et  la 
justice  pour  les  parties  elles-mêmes  demandent,  cependant,  que  ceux  qui  ont  aidé  à 
amener  la  cessation  des  opérations  minières  qui  a  duré  quelque  temps  ne  soient  pas 
absolument  ignorés.  L'attitude  des  compagnies  à  l'égard  de  la  demande  dos  hommes, 
et  l'attitude  de  certains  fonctionnaires  de  l'union  à  l'égard  des  compagnies  sont,  à 
mon  avis,  les  agents  qui  ont  principalement  contribué*  à  la  cessation  des  opérations 
aux  mines,  avant  une  enquête  par  un  conseil  exigée  par  la  loi.  La  défiance  de  cha- 
cune des  parties  de  la  bonne  foi  et  de  l'objet  de  l'autre,  qui  a  été  en  partie  le  début 
des  différends  depuis  des  mois,  et  qui  ont  été  rendus  plus  sérieux  par  ce  qui  est  arrivé 
au  cours  des  récentes  négociations,  est  au  fond  de  toute  l'affaire.  Ce  manque  de  con- 
fiance dans  la  sincérité  l'un  de  l'autre  s'est  révélé  de  la  manière  la  plus  évidente  par 
le  soupçon  avec  lequel  les  chefs  des  parties  respectives  ont  envisagé  les  vues  et  les 
actes  de  l'un  et  l'autre. 

Il  est  vrai  que  la  demande  au  ministre  du  Travail  d'un  conseil  de  conciliation 
et  la  déclaration  qui  l'accompagnait  faites  au  nom  des  employés  laissent  croire  qu'elles 
ne  sont  pas  techniquement  correctes  dans  tous  les  détails,  et  que  la  loi,  dans  quelques 
uns  de  ses  détails  en  rapport  avec  ces  questions,  peut  n'avoir  pas  été  strictement 
observée.  Il  est  vrai  aussi  que  chacune  des  parties  savait  que,  à  moins  qu'un  règle- 
ment put  être  effectué  par  un  conseil  nommé  sous  l'autorité  de  la  loi,  une  grève  était 
inévitable;  qu'il  était  désirable,  en  conséquence,  que  tous  les  moyens  devaient  être 
pris  pour  s'assurer  que  l'établissement  d'un  conseil  ne  devait  pas  échouer  par 
suite  d'un  manque  d'obéissance  aux  prescriptions  de  la  loi  dans  leur  plénitude. 
Les  gérants  des  différentes  compagnies  concernées,  s'ils  croyaient  réellement  que,  pour 
une  erreur  technique  ou  une  irrégularité  qu'ils  avait  remarquée,  un  conseil  ne  pou- 
vait être  nommé,  ou  que  ses  procédures  pouvaient  être  invalidées,  avaient  raison  de 
prendre  toutes  les  précautions  pour  assurer  la  nomination  du  conseil.  De  plus,  si 
c'était  leur  intention  de  réduire,  le  10  mai,  l'échelle  des  gages  alors  existante,  et  de 
déclarer  une  contre-grève  au  cas  où  leurs  termes  ne  seraient  pas  acceptés  à  cette  date, 
ou  qu'un  règlement  sur  quelqu'autre  base  ne  serait  pas  effectué  dans  l'intervalle,  il  était 
nécessaire,  pour  se  conformer  aux  prescriptions  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de 
différends  industriels,  que  trente  jours  d'avis  au  moins  de  ce  changement  fut  donné; 


252  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

et  l'affichage  de  l'avis  à  l'entrée  des  mines,  dans  ces  circonstances,  eût  été  une  par- 
faite ligne  de  conduite  à  suivre.  Cependant,  la  question  qui  se  soulève  naturellement 
est  de  savoir  si,  les  faits  étant  ce  qu'ils  étaient,  les  compagnies  étaient  réellement  jus- 
tifiables de  croire  qu'un  conseil  ne  serait  pas  nommé  ou  que  ses  procédures  seraient 
invalidées  de  quelque  façon.  Le  télégramme  envoyé  au  ministre  du  Travail,  infor- 
mant le  ministre  que  la  demande  des  employés  était  considérée  comme  irrégulière  et 
qu'une  autre  demande  serait  de  suite  envoyée  par  les  patrons,  fut  reçu  en  réponse  à 
une  dépêche  envoyée  par  le  ministre  du  Travail  demandant  aux  compagnies  de 
nommer  une  personne  pour  agir  à  titre  de  membre  du  conseil.  La  dépêche  du  mi- 
nistre, de  plus,  indiquait  très  clairement  que  c'était  l'intention  du  gouvernement 
d'établir  un  conseil  aussi  promptement  que  possible,  et  son  désir  de  faciliter  et  de 
hâter  l'établissement  de  ce  conseil  autant  que  possible.  La  conférence  avait  ajourné 
sine  die  pour  permettre  un  renvoi  immédiat  à  un  conseil  que  les  mineurs  eux-mêmes 
avaient  déjà  demandé.  La  nature  critique  de  la  situation  était  connue  de  tous.  L'in- 
tention du  gouvernement  était  évidente.  On  pouvait  raisonnablement  présumer  que 
tout  défaut  de  forme  ou  toute  irégularité  technique  serait  suffisamment  couverte 
par  l'article  65  de  la  loi,  qui  se  lit  comme  suit: — 

"Nulle  procédure  sous  le  régime  de  la  présente  loi  n'est  tenue  pour  invalide 
pour  cause  de  défaut  de  forme  ou  d'irrégularité  technique." 

Tout  considéré,  il  semblerait,  par  conséquent,  que  l'attitude  des  compagnies  à 
3 'égard  des  demandes  des  employés  pour  la  nomination  d'un  conseil,  bien  qu'elle  peut 
avoir  été  convenable,  au  point  de  vue  légal,  était,  au  point  de  vue  des  conditions  exis- 
tantes, très  inutile;  et,  bien  que  ce  ne  fut  pas  leur  intention  sans  doute,  elle  n'a  servi 
qu'à  aider  une  grève  qu'il  était  désirable  d'éviter  à  tous  les  points  de  vue,  et  à  fournir 
aux  employés  de  quleques-unes  des  mines  ce  que  les  uns  disent  être  la  vrai  cause,  les 
autres  le  prétexte,  de  la  cessation  de  l'ouvrage  qui  s'est  produite  subséquemment  à 
l'affichage  des  avis  et  antérieurement  à  l'établissement  du  conseil. 

Le  8  avril,  le  jour  où  les  avis  ont  été  affichés,  la  lettre  circulaire  suivante  fut 
adressée  par  les  officiers  de  district  des  United  Mine  Workers  aux  employés  des  diffé- 
î entes  compagnies  comprenant  la  Western  Coal  Operators'  Association: 

Fernte,  C.-B.,  8  avril  1907. 
Aux  officiers  et  aux  membres  des  unions  locales  du  district  n°  18,  .U.M.W.A. 

Salut  : 

Le  conseil  exécutif  de  district  a  décidé  d'ordonner  qu'un  vote  soit  pris  im- 
médiatement par  toutes  les  unions  locales  "pour  ou  contre"  une  grève  générale 
dans  ce  district.  Le  gouvernement  fédéral  a  refusé  de  mettre  la  loi  des  différends 
industriels,  1907,  en  vigueur  contre  la  Canada  West  Coal  and  Coke  Company,  de 
Taber,  qui  a  renvoyé  nos  hommes  les  2  et  3  avril.  Nous  avons  demandé  au  mi- 
nistre du  Travail  la  nomination  d'un  conseil  d'enquête.  Déjà  les  compagnies  de 
houille  emploient  toutes  sortes  d'objections  légales  techniques  afin  de  retarder 
l'enquête.  Nous  ne  voyons  pas  de  probabilité  que  ce  soi-disant  conseil  d'enquête 
fasse  son  rapport  avant  des  mois.  Dans  l'intervalle,  nous  ne  pouvons  vous  dire 
à  quels  termes  et  conditions  vous  travaillez.  Vous  devez  vous  fier  à  l'honneur  de 
vos  patrons. 

Envoyez  le  résultat  de  la  votation,  sur  la  formule  ci-incluse, ,  à  F.  H.  Sher- 
man,  Fernie,  C.-B.,  pas  plus  tard  que  le  13  avril  1907. 

A  vous  fraternellement, 

F.  H.  SHERMAN, 

Président. 

J.  A.  McDONALD, 

Sec.-trés.,  district  n°  18,  U.M.W.A. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  253 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

On  ne  peut  pas  dire  que  les  circonstances  dans  lesquelles  elle  a  été  envoyée  auto- 
risaient ou  justifiaient  cette  circulaire.  Elle  est  trompeuse  et  malicieuse,  et  donnait 
aux  compagnies  des  raisons  apparentes,  sinon  bien  fondées,  pour  prétendre  que  la  ces- 
sation du  travail  par  les  mineurs,  se  produisant  de  cette  manière  et  à  cette  époque, 
n'était  pas  due  tant  à  l'action  des  compagnies  qu'aux  méthodes  adoptées  par  ceux  qui 
désiraient  amener  une  cessation  du  travail  aux  mines. 

QUELQUES  CONCLUSIONS. 

Si  le  soupçon  et  les  personnalités  n'eussent  pas  joué  une  si  grande  part  dans  les 
négociations  entre  les  parties,  on  aurait  pu,  je  crois,  arriver  à  un  arrangement  sans 
cessation  des  opérations  minières  et  sans  la  nomination  d'un  conseil  de  conciliation  et 
d'enquête.  Quand  j'arrivai  à  Fernie  et  commençai  à  étudier  la  cause  du  différend, 
il  me  sembla  que  le  soupçon  était  partout,  que  la  passion  et  le  préjudice  l'emportaient 
sur  l'argumentation,  que  la  méfiance  avait  remplacé  la  raison.  Chaque  côté  était  deve- 
nu soupçonneux  de  l'autre  au  point  qu'il  n'existait  plus  entre  eux  la  moindre  confiance. 
Chacun  cherchait  dans  les  actions  de  l'autre  la  preuve  de  menées  perfides  qui  pouvaient 
fortifier  les  barrières  qui  les  séparaient  déjà,  plutôt  que  l'existence  de  motifs  ou  d'ac- 
tions qui  les  auraient  pu  rapprocher.  J'étais  heureusement  en  position  de  pouvoir 
voir  les  deux  côtés  de  la  question  du  point  de  vue  des  parties  respectives;  je  pouvais 
étudier  les  questions  d'après  leur  mérite,  sans  perdre  de  vue  le  point  principal  par 
préjudices  ou  antipathies  purement  personnels,  tels  que  peut  souvent  en  faire  naître 
un  différend  industriel.  Mes  efforts  consistèrent  entièrement  à  rétablir  la  confiance 
entre  les  parties,  et  ce  que  je  considère  encore  plus  satisfaisant  que  l'arrangement 
effectué,  j'obtins  en  partie  le  but  désiré. 

Cette  confiance  mutuelle,  les  opérateurs  et  les  chefs  ouvriers  devraient  tout  faire 
en  leur  pouvoir  pour  la  cultiver.  La  valeur  de  toute  convention  dépendra  toujours. 
de  l'esprit  qui  remplit  l'intention  des  parties.  Si  les  exploiteurs  de  mines  et  les  mi- 
neurs sont  vrais  au  meilleur  d'eux-mêmes,  il  devrait  y  avoir  une  grande  prespérité 
individuelle  pour  tous  ceux  qui  sont  engagés  dans  les  industries  minières  témoins  des 
troubles  récents.  Qu'il  existe  actuellement  un  désir  sincère  de  cultiver  cet  esprit  de 
confiance  mutuelle,  on  ne  peut  en  douter,  je  crois.  Les  parties  réalisent  qu'ils  ne  peu- 
vent négliger  ce  sentiment  sans  être  faux  à  leurs  propres  intérêts  mutuels  et  sans 
faire  en  même  temps  un  tort  irréparable  aux  intérêts  du  pays. 

En  terminant,  je  dirai  que  si  le  pays,  dans  ce  cas-ci,  a  été  sauvé  d'une  lutte  in- 
dustrielle longue  et  désastreuse,  il  le  doit  à  la  loi  adoptée  récemment.  En  premier 
lieu,  elle  empêche  les  actions  précipitées;  ensuite,  en  donnant  les  moyens  de  faire  une 
enquête  minutieuse,  elle  force  les  parties  à  exercer  un  degré  de  patience  et  de  modéra- 
tion qui,  autrement,  feraient  entièrement  défaut.  De  plus,  les  deux  côtés  ont  reconnu 
sincèrement  l'obligation  due  par  chacun  au  public.  L'esprit  avec  lequel  chaque  par- 
tie a  répondu  à  cette  conception  du  devoir  public  me  porte  à  croire  que  le  pays  peut 
espérer,  avec  un  certain  degré  de  confiance,  une  période  de  paix  industrielle;  en  au- 
tant, cependant,  que  les  parties  au  dernier  différend  peuvent  avoir  en  leur  main  le 
pouvoir  de  contrôler  l'exécution  de  l'engagement  qu'ils  ont  conclu. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 
(Signé)        W.  L.  MACKENZIE  KING, 

Sous-ministre  du  Travail. 


RAPPORT    DU    CONSEIL    DE    CONCILIATION. 

Le  rapport  suivant  des  procédures  des  conseils  de  conciliation  et  d'enquête  nom- 
més sous  l'autorité  de  la  loi  a  été  reçu  par  le  ministre  du  Travail: — 


254  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Toronto,  28  mai  1907. 

L'honorable  R  Lemieux, 

Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont.,  Can. 

Dans  l'affaire  des  conseils  de  conciliation  et  d'enquête  à  l'égard  de  certains  diffé- 
rends entre  la  Crow's  Neèt  Pass  Coal  Company,  Limited,  YInternational  Coal  and 
CoJce  Company,  Limited,  les  West  Canadian  Colliers,  Limited,  la  Canadian- American 
Coal  and  Coke  Company,  Limited,  la  Brechenridge  and  Lund  Coal  Company,  Limited, 
la  H.  W.  McNeill  Coal  Company  et  la  Pacific  Coal  Company,  et  les  employés  des  dites 
compagnies. 

J'ai  l'honneur  de  déclarer  que  les  conseils  se  sont  réunis  la  première  fois  le  30 
avril  1907,  en  la  ville  de  Fernie,  C.-B.,  tous  les  membres  des  conseils  étant  présents, 
et  les  divers  membres  des  conseils  ayant  été  informés  que  les  parties  aux  différends 
étaient  engagés  dans  un  effort  pour  régler  leurs  différends  et  qu'une  proposition  à 
cet  effet  devait  être  soumise  aux  mineurs  le  2  mai,  les  membres  n'ont  pas  jugé  qu'il 
était  à  propos  de  procéder  alors  à  l'examen  du  sujet  du  renvoi,  et  ils  ajournèrent 
pour  se  réunir  de  nouveau  le  3  mai;  que,  le  3  mai,  les  membres  se  réunirent  de  nou- 
veau, tous  étant  présents;  mais  il  fut  alors  compris  que  la  votation  par  les  mineurs, 
sur  le  règlement  projeté  n'avait  pas  encore  été  rendue  publique,  et  les  conseils  n'a- 
vaient pas  été  informés  si  un  règlement  avait  été  effectué;  cependant  les  différents 
membres  des  conseils  avaient  reçu  un  avis  à  l'effet  qu'il  y  avait  progrès  dans  la  direc- 
tion d'un  règlement.  En  conséquence,  les  conseils  s'ajournèrent  pour  se  réunir  à 
l'appel  du  président.  Le  4  mai,  les  conseils  se  réunirent  de  nouveau,  tous  les  mem- 
bres étant  présents.  Les  divers  membres  firent  entendre  que,  d'après  renseignement 
reçu  par  eux,  un  projet  d'arrangement  entre  les  diverses  parties  aux  différends  avait 
été  exécuté  par  les  opérateurs  et  était  sous  considération  des  employés  avant  son 
exécution  de  leur  part.  Sur  ce,  les  membres  décidèrent  d'ajourner  de  nouveau,  pour 
se  réunir  à  l'appel  du  président.  Le  6  mai,  les  conseils  se  réunirent  de  nouveau.  En 
cette  occasion,  M.  Stockett  comparut  au  nom  de  YOperators'  Association,  et  M:  Sher- 
man  au  nom  des  employés.  M.  Stockett  lut  alors  et  remit  aux  conseils  le  document 
suivant  : — 

"DECLARATION  DES  OPERATEURS. 

"  Au  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  nommé  pour  régler  les  différends 
entre  les  compagnies  de  houille  et  leurs  employés  dans  le  di'strict  de  la  Passe  du 
Nid-de-Corbeaù  de  la  Colombie-Britannique  et  de  l'Alberta-est. 

"  Le  26  avril,  après  quelques  négociations,  il  devint  évident  quil  y  avait 
certains  points  en  contestation  entre  les  opérateurs  et  les  mineurs  qu'en  confé- 
rence commune  ils  ne  pouvaient  régler. 

"  A  ce  moment,  le  sous-ministre  du  Travail,  M.  Mackenzie  King,  prêta  ses 
bons  offices  aux  deux  côtés,  et  le  29  il  soumit  un  arrangement  qui  réglait  si  effec- 
tivement ces  contestations  qu'il  fut  accepté  par  toutes  les  parties  au  différend, 
subordonnément  à  sa  ratification  par  un  vote  général  des  mineurs. 

"Ce  vote  fut  pris  dans  toutes  les  mines  le  2  mai,  et  les  opérateurs  furent  in- 
formés que  l'arrangement  était  approuvé.  En  conséquence,  vu  ce  résultat,  il  ne 
sera  pas  nécessaire  de  demander  au  conseil  de  conciliation  de  commencer  ses  tra- 
vaux, les  parties  étant  d'accord. 

"Les  opérateurs  désirent  très  cordialement  remercier  l'honorable  sir  Wm 
Mulock,  C.C.M.G.,  juge  en  chef  de  la  division  de  l'échiquier  de  la  haute  cour  de 
justice  d'Ontario,  pour  sa  réponse  à  l'appel  du  devoir  et  son  sacrifice  de  confort^ 
personnel  en  venant  si  loin  pour  aider  au  règlement  de  ce  différend;  ils  désirent 
aussi  reconnaître  l'excellent  travail  et  les  bons  offices  de  M.  Mackenzie  King, 
sous-ministre  du  Travail  dans  le  règlement  des  différends." 

"Daté  à  Eernie,  C.-B.,  le  3  mai  1907. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  255 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

"  Ceci  est  signé  de  la  part  de  tontes  les  compagnies  de  houille  parties  à  ce  dif- 
férend par  la 

Western  Coal  Operators'  Association, 

G.  G.  S.    LWDSEY, 

Président. 

0.  E.  S.  WHITESIDE, 

Sous-secrétaire. 

M.  Sherman,  pour  les  employés,  fît  rapport  qu'ils  avaient  approuvé  l'arrangement, 
et  que  les  fonctionnaires  régulièrement  autorisés  l'avaient  exécuté.  Il  a  exprimé  sa 
satisfaction  du  fait  que  les  parties  avaient  réglé  elles-mêmes  leurs  différends,  et  dé- 
clara que  M.  Mackenzie  King  avait  été  d'un  secours  précieux  en  rapprochant  les  par- 
ties et  en  aidant  au  règlement;  que  des  instructions  avaient  été  données  aux  hommes 
de  retourner  à  l'ouvrage,  et  que  les  ouvriers  avaient  vu  avec  plaisir  l'établissement 
des  conseils  et  qu'ils  saluaient  leur  venue  à  Fernie.     • 

Vu  le  règlement  ainsi  effectué,  les  membres  n'ont  pas  cru  nécessaire  de  prêter  le 
serment  d'office  et  de  procéder  plus  loin  dans  les  affaires  qui  leur  étaient  référées. 

(Signé)         W.  MULOCK, 

Président. 


TEXTE   DE   L'ACTE   D'ARRANGEMENT. 

Ci-suit  le  texte  au  long  de  l'arrangement: — 
Il  est  convenu  par  les  présentes: — 

Entre  la  Western  Coal  Operators'  Association  (se  composant  de  la  Pacific 
Coal  Company,  Limited,  la  H.  W.  McNeill  Company,  Limited,  la  BrecJcenridge 
and  Lund  Company,  Limited,  les  West  Canadian  Collieries,  Limited,  la  Canadian- 
American  Coal  and  Coke  Company,  Limited,  V International  Coal  and  Coke 
Company,  Limited,  et  la  Crow's  Nest  Pass  Coal  Company,  Limited,  d'une  part, 
et  les  employés  des  dites  compagnies,  représentés  par  les  United  Mine  Workers 
d'Amérique,  district  n°  78,  d'autre  part;  que  les  arrangements  existant  avant  le 
1er  avril  1907,  concernant  les  dispositions  générales  et  les  échelles  de  prix  et 
gages  inscrits  au  contrat  gouverneront  les  parties  aux  présentes  pour  la  période 
de  deux  ans  commençant  le  1er  avril  1907  et  expirant  le  31  mars  1909,  en  autant 
qu'ils  peuvent  ne  pas  être  modifiés  ou  affectés  par  les  dispositions  du  présent  ar- 
rangement ;  il  est  entendu  et  convenu  que  les  parties  aux  présentes  se  réuniront  en 
conférence  soixante  jours  avant  l'expiration  du  présent  arrangement  pour  en  dis- 
cuter le  renouvellement.  Le  présent  arrangement  s'étend  à  toutes  les  mines, 
fours  à  coke  et  machineries  du  dehors  exploités  par  les  compagnies,  et  toutes  per- 
sonnes acceptant  de  l'emploi  à  ces  mines  consentent  à  se  soumettre  aux  règles 
et  règlements  qui  suivent: — 

RÈGLEMENT  DES   DIFFERENDS   LOCAUX   ET   GENERAUX. 

(a)  Dans  le  cas  où  des  différends  ou  des  griefs  se  produisent  sous  le  présent 
arrangement  ou  sous  tout  arrangement  local  fait  en  rapport  à  icelui,  soit  que 
l'on  prétende  que  le  différend  ou  le  grief  a  été  produit  par  la  compagnie  ou  par 
toute  personne  ou  toutes  personnes  employées  ou  par  les  hommes  en  totalité, 
alors  les  parties  s'efforceront  de  régler  l'affaire  ainsi  qu'il  est  ci-après  prévu. 
Mais  avant  que  des  différends  ou  griefs  soient  soumis  au  comité  des  puits,  la  per- 
sonne ou  les  personnes  qui  sera  ou  seront  touchée  ou  touchées  s'efforceront,  par 
demande  personnelle  au  chef  du  puits,  de  régler  l'affaire,  et  dans  le  cas  où  elles 
viendraient  à  s'entendre,  leur  décision  sera  finale. 


256  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


(b)  Dans  le  cas  où  un  différend  local  se  produirait  dans  une  mine  et  qu'il 
n'y  aurait  pas  entente  entre  le  chef  du  puits  et  un  employé,  le  comité  des  puits  et 
le  surintendant  des  mines  s'efforceront  de  régler  l'affaire,  et,  s'ils  viennent  à  s'en- 
tendre, leur  décision  sera  finale. 

(c)  Dans  le  cas  où  le  comité  des  puits  et  le  surintendant  des  mines  ne  réussi- 
raient pas  à  régler  un  différend  qui  aurait  été  renvoyé  devant  eux,  aussi  bien  que 
dans  le  cas  où  tout  autre  différend  se  produirait,  la  matière  en  contestation  sera 
portée  devant  le  surintendant  général  ou  gérant  général  de  la  compagnie  et  les 
officiers  du  district  n°  18,  U.M.W.A.,  pour  règlement,  et,  s'ils  s'entendent,  leur 
décision  sera  finale.  S'ils  ne  réussissent  pas  à  s'entendre,  le  différend  sera  ren- 
voyé à  un  comité  commun  pour  règlement,  le  dit  comité  devant  se  composer  de 
trois  opérateurs  nommés  par  la  Western  Coal  Operators'  Association,  et  de  trois 
mineurs  nommés  par  le  district  n°  18,  des  U.M.W.A.  S'ils  s'entendent,  leur  dé- 
cision liera  les  deux  parties.  Une  majorité  du  comité  entier  doit  voter  en  faveur 
de  toute  action  avant  qu'elle  puisse  être  déclaréee  adoptée.  Dans  le  cas  où  l'on 
ne  pourrait  s'entendre,  le  comité  s'efforcera  de  choisir  un  président  indépendant,  et 
dans  le  cas  où  on  ne  pourrait  s'entendre  sur  le  choix  d'un  président  indépendant, 
on  demandera  au  ministre  du  Travail  de  nommer  ce  président;  la  décision  du  co- 
mité ainsi  constitué  liera  les  deux  parties.  Le  comité  commun,  lorsqu'il  sera 
nécessaire,  se  réunira  le  second  lundi  de  chaque  mois. 

{d)  Dans  l'intervalle,  et  dans  tous  les  cas,  pendant  qu'on  est  à  faire  l'en- 
quête sur  les  différends  pour  les  régler,  les  mineurs,  les  journaliers  de  mine  et 
toutes  autres  parties  concernées  doivent  continuer  à  travailler  pendant  l'enquête 
et  jusqu'à  ce  qu'une  décision  finale  ait  été  rendue;  mais  lorsque  le  mineur,  le 
journalier  ou  les  journaliers  de  mine  ont  été  renvoyés  par  la  compagnie,  ils  ne 
doivent  pas  rester  à  l'emploi  de  la  compagnie  pendant  que  se  fait  l'enquête  sur 
leur  différend  pour  le  régler.  Si  la  réclamation  est  faite  dans  les  cinq  jours  de 
la  date  où  un  homme  a  été  renvoyé  injustement,  la  cause  sera  entendue  d'après 
cet  article,  et  s'il  est  établi  qu'il  a  été  traité  injustement,  il  sera  réinstallé.  S'il 
est  fait  une  réclamation  pour  temps  perdu,  dans  les  cas  suivis  de  réintégration, 
il  sera  laissé  au  comité  commun  de  décider  quel  montant,  s'il  en  est,  doit  être 
payé. 

(e)  Une  violation  de  cet  arrangement  par  l'une  des  personnes  qui  y  sont  par- 
tie ne  peut  l'annuler,  au  contraire,  il  reste  en  pleine  force  et  effet.  L'intention 
de  ce  paragraphe  n'est  pas,  cependant,  de  priver  les  hommes  de  suspendre  le  travail 
après  le  règlement  final  effectué  en  la  manière  ici  prévue  si  un  opérateur  refuse 
d'être  lié  par  une  décision  contre  lui  en  vertu  de  cet  article. 


NOUVEAU  TRAVAIL. 

Lorsqu'il  se  présente  un  nouveau  travail  dont  le  prix  n'a  pas  été  prévu  par 
cet  arrangement,  à  la  demande  de  la  compagnie  ou  du  mineur,  le  comité  com- 
mun de  la  Western  Coal  Operators'  Association  et  le  district  n°  18  des  United 
Mine  Workers  d'Amérique  doivent  se  réunir  dans  les  soixante  jours  après  la  dite 
demandé  et  convenir  d'un  prix.  Dans  l'intervalle  et  jusqu'à  ce  que  ce  prix  ait  été 
fixé,  tous  les  hommes  seront  payés  d'après  l'échelle  des  gages  de  jour. 


HEURES  DE  TRAVAIL. 

Il  est  entendu  que  rien  ici  contenu  ne  sera  censé  donner  aucune  raison 
contre  l'adoption  de  lois  concernant  les  heures  de  travail  dans  la  province  d'Al- 
berta. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  257 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

CREUSEMENT    DES    MINES    À    ^ENTREPRISE. 

Il  sera  ajouté  une  augmentation  de  5  pour  100  sur  les  taux  de  creusement  à 
l'entreprise  aux  mines  suivantes:  n°  9,  Coal-Creek;  n°  9,  Michel,  Lundbreck  et 
Canmore.     (Voir  Annexe  A.) 

TRAVAIL   EXTÉRIEUR. 

Il  sera  ajouté  une  augmentation  de  vingt-cinq  cents  par  jour  à  tous  les  taux 
de  $2,  et  une  augmentation  de  5  pour  100  à  tous  les  taux  de  $2.50  et  plus.  (Voir 
Annexe  B.) 

TRAVAIL  INTÉRIEUR. 

Il  sera  ajouté  une  augmentation  de  25  cents  par  jour  aux  charretiers,  sur- 
veillants du  câble  de  remorque  et  préposés  aux  monte-charges.  (Voir  Annexe  C.) 

A  Bankhead,  Canmore,  Lundbreck  et  Lille  il  sera  ajouté  une  augmentation 
de  5  pour  100  à  tous  autres  employés  au  transport  et  à  ceux  qui  ont  manier  la 
houille,  cette  augmentation  étant  donnée  à  cause  des  heures  plus  longues  de  tra- 
vail à  ces  mines.     (Voir  Annexe  D.) 


ANNEXE  A. 

TAUX   DE   CREUSEMENT. 

Coal-Creek,  mine  n°  9. 
52£  cents  par  grosse  tonne. 

Michel,  mine  n°  S. 
57|  cents  par  grosse  tonne. 

Mine  Lundbreck. 

Passages  principaux  et  contre-passages,  63  cents  par  verge  cube. 
Travail  d'angle,  57|  par  verge  cube. 

Mine  Canmore. 

Couche  n°  1 — 

Maintenages,  $5.77£  par  verge  linéaire. 

Piliers,  $6.50  par  verge  linéaire. 

Caisses  de  puits,  $2.62^  par  verge  linéaire. 

Couche  n°  2— 

Maintenages,  $1.05  par  verge  linéaire  pour  chaque  pied  dense. 

Piliers,  $1.31|  par  verge  linéaire  pour  chaque,  pied  dense. 

Caisse  de  puits,  52|  cents  par  verge  linéaire  pour  chaque  pied  dense. 

Couche  n°  3— 

Maintenages,  $1.05  par  verge  linéaire. 

Piliers,  $1.31|  par  verge  linéaire. 

Caisse  de  puits,  52£  cents  par  verge  linéaire. 

Couche  n°  4 — 

Maintenages,  $6.30  parw  verge  linéaire. 
Piliers,  $6.30  par  verge  linéaire. 
Caisses  de  puits,  $3.15  par  verge  linéaire. 

36—17 


258 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ANNEXE  B. 

Par  jour. 

Homme  au  fond $2.62£ 

Trieurs  d'ardoise,  garçons 1.25 

"                   hommes 2.25 

Hommes  chargés  de  huiler  les  wagonnets 2.25 

Garçons  chargés  de  huiler  les  wagonnets 1.50 

Marqueur,  garçons 1.25 

Charretiers 2.62£ 

Forgerons 3.67è 

"           aides 2.62£ 

Charpentiers 3.67£ 

"           aides 2.62£ 

Bâtiment  des  moteurs,  mécaniciens 3.67£ 

3.15 

Hommes  au  puits  d'aérage 2.62£ 

Elévateur,  mécanicien 2.89 

Câble  de  remorque,  mécaniciens 3  36 

3.67£ 

Wagon  couvert,  chargeur,  mécanicien 3.15 

Wagon  à  bascule,  mécanicien 3.15 

Mécanicien  de  locomotive   (extérieur) 3.15 

"                    "            aide  ou  aiguilleur 2.75 

Chauffeurs 2.62£ 

3.67è 

Préposés  aux  wagons  de  chemin  de  fer 2.36 

Wagons  à  bascule  (homme) 2.62£ 

"                 (garçons) 1.50 

Réparateurs  de  wagons 3.15 

Mécanicien  du  concasseur 3.15 

Chauffeur,  ventilateur .    .  .  3.15 

Lampiste  (suivant  le  nombre  de  lampes  et  l'habileté 

de  l'homme $2.25  à  3.15 

Lampiste 2.25  à  2.62^ 

Machiniste 3.15  à  3.67è 

aide 2.62i 

Chargé  des  cendres 2.25 

2.62è 

Nettoyeur  (homme) 2.62 £ 

Atteleur  (homme) 2.25 

"          (garçon) 1.50 

Graisseur  du  concasseur 2.62£ 

Graisseur  ou  nettoyeur 2.62£ 

Trieur  (chef) 2.62£ 

Constructeur,  boisage  (homme) 3.15 

Pelleteurs  de  wagons 2.62£ 

Plateforme  du  concasseur  (chef) 2.62£ 

(hommes) 2.36 

Crible  du  concasseur  (homme) 2.25 

Banc  de  roc 2.25 

Banc  de  vase 2.25 

Finisseur 2.25 

Tout  autre  travail  extérieur 2.25 


Heures. 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
12 

8 
12 

8 

8 
10 
10 
10 
10 
10 

8 
12 
10 
10 
10 
10 
10 
12 

12 
8 
10 
10 
10 
12 
12 
10 
10 
11 
11 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 
10 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  2 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

fours  À  coke  (ruche). 

Nivellement  et  tirage   (charge  6£  tonnes) $1.00 

Nivellement  et  tirage  (charge  5  tonnes) 0.80 

Charger  les  wagons  (plus  de  200  tonnes  par  mois) 0.17 

Charger  les  wagons  (moins  de  200  par  mois) 0.16 

Mécaniciens  des  moteurs 2.89 

Hommes  en  charge  des  moteurs 2.89 

Hommes  en  charge  des  trucks 2.25 

Plâtriers 2.25 

Charretiers  et  nettoyeurs 2.25 

Autres  journaliers  (10  heures) 2.25 

Toutes  les  charges,  fortes  ou  faibles,  à  la  discrétion  du  surintendant  du  four 
coke. 

FOURS   À   COKE   BELGES. 

Mécanicien  de  sonnette $3.15 

Charges 2.62è 

Piqueurs 2.62^ 

Traîneurs 2.62Î 

Chargeurs 2.36 

BRIQUETTES. 

Mécanicien $3.67£  12 

Fabricant  de  briquettes; 3.78  12 

aide 3.15  12 

Homme  chargé  de  faire  fondre  le  goudron 2.62^  12 

Journalier 2.62^  12 


ANNEXE  C. 

Charretiers $2.75  8 

"           endroits  humides 3.00  8 

Préposé  aux  monte-charges $2.75  à  3.00  8 

Conducteurs  du  câble 2.75  8 

de  remorque 3.00  8 


ANNEXE  D. 

Atteleurs  (hommes) $2.62£  8 

"         (garçons) 1.57£  8 

Pousseurs 2.62£  8 

Chargeurs 2.62£  8 

Bocardeurs 2.62|  8 

Mécaniciens  de  locomotive 2.89  8 

Aiguilleurs  de  locomotive 2.62£  8 

Chargé  de  la  cage 2.62£  8 

"                dans  le  puits 3.00  8 

Les   taux   fixés   en   vertu   de   cet    arrangement    doivent   être   les   taux   minimum 

payés,  mais  rien  dans  cet  arrangement  ne  sera  censé  empêcher  la  compagnie  de  payer 
des  taux  plus  élevés  si  elle  le  désire. 

36— 17è 


260  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  est  aussi  entendu  que  là  où  des  prix  plus  élevés  ont  été  en  cours,  il  n'y 
aura  pas  de  réduction. 

En  foi  de  quoi,  les  parties  aux  présentes  ont  signé  par  leurs  officiers  dûment 
autorisés,  ce  quatrième  jour  de  mai  1907. 

THE   WESTERN  COAL   OPERATORS'  ASSOCIATION, 

(Signé)     G.   G.   S.   Lindsey, 

Président. 
Lewis   Stockett, 

Vice-président. 
O.  E.  S.  Whiteside, 

Sous-secrétaire. 

THE  PACIFIC  COAL  CO.,  LIMITED , 

(Signé)     Lewis  Stockett, 

Gérant  général. 

THE  H.  W.  McNEILL  COAL  CO.,  LIMITED, 

(Signé)     W.  F.  McNeill, 

Vice-président. 

THE  BRECKENRIDGE  AND  LUND  COAL  CO.,  LIMITED, 

(Signé)     John  Breckenridge, 

Président. 

THE  WEST  CANADIAN  COLLIERIES,  LIMITED, 

(Signé)     O.  E.  S.  Whiteside, 

Gérant  général. 

THE  CANADIAN  AMERICAN  COAL  &  COKE  CO.,  LIMITED, 

(Signé)     S.  M.  Moore, 

Gérant  général. 

THE  INTERNATIONAL  COAL  OND  COKE  CO.,  LIMITED, 

(Signé)     H.  N.  Galer, 

Vice-président. 

THE  CROW'S  NEST  PASS  COAL  CO.,  LIMITED, 

(Signé)     G.  G.  S.  Lindsey, 

Gérant  général. 

THE  UNITED  MINE  WORKERS  OF  AMERICA,  DISTRICT  18, 

(Signé)     F.  H.  Sherman, 

Président. 

John  R.  Galvin, 
J.  A.  .McDonald, 

Secrétaire. 
Peter  Patterson, 
Membre  du  conseil  international. 

Témoin: — Quant  à  toutes  les    signatures    autres    que    celle  du  président  de  la 
Breckenridge  and  Lund  Coal  Company,  Limited. 

(Signé)     W.  L.  Mackenzie  Ejng. 

Témoin: — Quant  à  la  signature  de  la  Breckenridge  and  Lund  Coal  Co.,  Limited. 

(Signé)     Lewis  Stockett. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  261 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

LE   MINISTRE  NOMME   LE   PRÉSIDENT   DU   COMITE   DES   DIFFERENDS. 

Le  9  septembre,  le  ministre  du  Travail  reçut  une  communication  disant  que  le 
comité  commun  de  la  Western  Coal  Operators'  Association  et  les  employés  de  l'asso- 
ciation n'avaient  pas  réussi  à  s'entendre  sur  certaines  questions,  et  l'on  demandait  au 
ministre  de  nommer  un  président  de  ce  comité,  ainsi  que  prévu  par  la  clause  (c)  de 
l'arrangement.  Cette  partie  de  l'arrangement  en  question  a  rapport  au  règlement 
de  différends  ou  de  griefs  naissant  sous  l'arrangement  ou  sous  tout  arrangement  local 
en  découlant,  et  se  lit  comme  suit: — 

"Dans  le  cas  où  un  différend  se  produirait  dans  une  mine  et  qu'il  n'y  aurait 
pes  entente  entre  le  chef  du  puits  et  un  employé,  le  comité  des  puits  et  le  surin- 
tendant des  mines  s'efforceront  de  régler  l'affaire,  et  s'ils  viennent  à  s'entendre 
leur  décision  sera  finale." 

La  clause  (c)  de  l'arrangement  en  vertu  de  laquelle  on  demanda  au  ministre  de 
nommer  le  président  d'un  comité  commun  se  lit  comme  suit: — 

(c)  Dans  le  cas  où  le  comité  des  puits  et  le  surintendant  des  mines  ne  réus- 
siraient pas  à  régler  un  différend  qui  aurait  été  renvoyé  devant  eux,  aussi  bien  que 
dans  le  cas  où  tout  autre  différend  se  produirait,  la  matière  en  contestation  sera 
portée  devant  le  surintendant  général  ou  le  gérant  général  de  la  compagnie  et  les 
officiers  du  district  n°  18,  U.M.W.A.,  pour  règlement,  et  s'ils  s'entendent  leur  dé- 
cision sera  finale.  S'ils  ne  réussissent  pas  à  s'entendre,  le  différend  sera  ren- 
voyé à  un  comité  commun,  le  dit  comité  devant  se  composer  de  trois  opérateurs 
nommés  par  la  Western  Coal  Operators'  Association,  et  par  trois  mineurs  nom- 
més par  le  district  n°  18  ,des  U.M.W.A.  S'ils  s'entendent,  leur  décision  liera  les 
deux  parties.  Une  majorité  du  comité  entier  doit  voter  en  faveur  de  toute  ac- 
tion avant  qu'elle  puisse  être  déclarée  adoptée.  Dans  le  cas  où  l'on  ne  pourrait 
s'entendre,  le  comité  s'efforcera  de  choisir  un  président  indépendant,  et  dans  le 
cas  où  on  ne  pourrait  s'entendre  sur  le  choix  d'un  président  indépendant,  on  de- 
mandera au  ministre  du  Travail  de  nommer  ce  président;  la  décision  du  comité 
ainsi  constitué  liera  les  deux  parties.  Le  comité  commun,  lorsqu'il  sera  néces- 
saire, se  réunira  le  second  lundi  de  chaque  mois. 

Le  18  septembre,  le  ministre  nomma  le  révérend  Hugh  R.  Grant,  de  Fernie,  pré- 
sident du  comité  commun. 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


IV.— KEQUETE  DES  MACHINISTES  A  L'EMPLOI  DE  LA  COMPAGNIE  DIT 
GRAND-TRONC  DU  CANADA— ARRANGEMENT  CONCLU— LETTRES 
ECHANGEES  ENTRE  LE  PRESIDENT  DU  BUREAU  ET  LE  MINISTRE 
DU  TRAVAIL. 

Le  20  avril  le  ministère  reçut  une  requête  de  certains  machinistes  à  l'emploi  de 
la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  à  Montréal,  à  Turcot,  à  Ottawa,  à 
Toionto  et  à  Stratford,  demandant  l'institution  d'un  bureau  de  conciliation  et  d'en- 
quête sous  l'empire  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels  de  1907. 

La  requête  était  accompagnée  de  l'exposé  et  de  la  déclaration  statutaire  voulus  par 
la  loi,  ainsi  que  d'un  énoncé  circonstancié  des  demandes  faites  au  nom  des  machinistes 
à  l'endroit  des  règlements  et  des  taux  de  gages  applicables  au  service  des  machinistes 
et  des  apprentis  machinistes  sur  toutes  les  lignes  du  réseau  du  Grand-Tronc. 

Le  nombre  approximatif  des  hommes  atteints  par  le  litige  était  porté  à  400. 

La  requête  étant  suivant  les  formes  voulues,  un  bureau  fut  constitué  par  la  nomi- 
nation de  M.  Alex.  H.  Champion,  de  Toronto,  choisi  par  les  machinistes,  et  de  M.  Wal- 
lace  Nesbitt,  C.R.,  de  Toronto,  choisi  "par  la  Compagnie  du  Grand-Tronc,  et  ces  mes- 
sieurs n'ayant  pu  s'entendre  sur  le  choix  d'une  troisième  personne  comme  président 
du  bureau,  le  ministre  du  Travail  nomma  le  professeur  Adam  Shortt,  de  l'université 
Queen  à  cette  position.  Subséquemment,  le  8  mai,  M.  Champion  s'étant  retiré  du 
bureau,  M.  J.  G.  O'Donoghue,  de  Toronto,  fut  choisi  par  les  employés.  Le  bureau 
se  réunit  à  Montréal  les  16,  17  et  18  mai,  et  termina  ses  délibérations  dans  la  soirée 
de  cette  dernière  date  en  arrivant  à  un  arrangement  qui  fut  accepté  et  signé  par  les 
deux  parties  en  litige,  et  déclaré  valable  pour  une  année  à  compter  du  1er  mai  1907. 
Le  rapport  officiel  du  président  du  bureau  au  ministre  du  Travail  était  en  date  du  20 
mai,  de  sorte  que  toutes  les  procédures  en  vertu  de  la  loi,  de  la  réception  de  la 
requête  par  le  ministre  le  20  avril  à  la  réception  de  la  sentence  du  bureau,  ont  pris 
précisément  un  mois.  Les  délibérations  du  bureau  ont  été  soigneusement  suivies  par 
des  représentants  des  deux  parties  en  litige.  M.  C.  M.  Hayes,  gérant  général  du 
Grand-Tronc,  M.  E.  H.  Eitzhugh,  troisième  vice-président  du  Grand-Tronc,  et  M. 
W.  D.  Robb,  surintendant  du  service  de  la  traction,  représentaient  les  inté- 
rêts de  la  compagnie,  et  M.  Alex.  H.  Champion,  vice-président  de  l'association  inter- 
nationale des  machinistes  et  M.  W.  T.  Y.  Lee,  avocat  de  l'association  au  Canada,  sur- 
veillaient les  intérêts  des  ouvriers.  Tous  ces  messieurs  nommés*ont  assisté  à  chaque 
séance  du  bureau. 

Les  questions  en  litige  embrassaient  nombre  d'aspects  typiques  de  divergences  in- 
dustrielles, y  compris  le  taux  des  salaires,  les  heures  de  travail  la  nuit  et  le  jour,  le 
travail  supplémentaire  quant  aux  heures  et  aux  gages,  la  classification  des  hommes, 
le  nombre  et  la  qualité  des  apprentis,  l'avancement  des  aides,  etc.,  la  réintégration  des 
hommes  en  grève,  dont  quelques-uns  étaient  privés  de  travail  depuis  plus  de  deux 
ans,  et  la  reconnaissance  générale  de  l'union.  Plusieurs  représentants  des  ouvriers 
comparurent,  mais  les  témoignages  n'ont  pas  été  officiellement  consignés.  A  mesure 
que  l'enquête  suivait  sa  marche,  des  concessions  ont  été  faites  et  par  la  compagnie  et 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  263 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

par  les  ouvriers,  et  on  arriva  finalement  à  un  arrangement  qui  reçut  l'approbation 
cordiale  des  deux  parties. 

RAPPORT   DU  BUREAU   ET   TEXTE   DE    ^ARRANGEMENT   CONCLU. 

Le  rapport  officiel  du  bureau  se  lit  comme  suit: — 

Nous,  Adam  Shortt,  professeur,  J".  G.  O'Donoghue  et  Wallace  Nesbitt,  membres 
du  bureau  de  conciliation,  nommés  sous  l'empire  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur 
les  litiges  industriels,  1907,  au  sujet  d'un  litige  entre  les  machinistes  à  l'emploi  de  la 
Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc,  avons  l'honneur  de  faire  rapport  que 
nous  nous  sommes  réunis  le  16  mai  dans  la  salle  des  directeurs,  au  bureau  principal 
du  Grand-Tronc,  en  la  ville  de  Montréal,  que  nous  avons  continué  à  siéger  les  16,  17 
et  18  mai,  et  que  nous  avons  entendu  les  parties  à  fond.  Nous  avons  trouvé  justes  et 
raisonnables  les  règlements  d'atelier  du  Grand-Tronc,  soumis  aux  modifications  qui 
ont  été  arrêtées,  lesquels  règlements  sont  annexés  aux  présentes.  Le  bordereau  de  paye 
promulgué  par  le  Grand-Tronc,  et  ci-annexé,  a  aussi  été  débattu  et  jugé,  dans  toutes 
les  circonstances,  juste  et  raisonnable.  Et  notre  sentence  arbitrale  est  que  ces  règle- 
ments et  bordereau  de  paye  soient  les  règlements  de  bordereau  de  paye  qui  régiront 
les  parties  pendant  le  terme  d'une  année  à  compter  du  premier  mai  1907. 

(Signé)         ADAM  SHORTT,  président. 
WALLACE    NESBITT. 
J.  G.  O'DONOGHUE. 

Nous  acceptons  la  susdite  sentence. 

(Signé  au  nom  des  machinistes)         F.  FOSTER, 

GEORGE  BOAZ, 
GEO.  E.  BANCROFT, 
R.  D.  PEVERLEY, 

Le  chemin  de  fer  Grand-Tronc, 

Par  CHAS.  M.  HAYS,  2e  V.-P.  et  G.G. 

RESEAU  DU  CHEMIN  DE  FER  GRAND-TRONC— ARRANGEMENT. 

RÈGLES  ET  RÈGLEMENTS  À  OBSERVER  PAR  TOUS  LES  OUVRIERS  DES  ATELIERS  DE  LA  FORCE 

MOTRICE   ET   DES   WAGONS. 

Règle  1.  Condition  d'engagement. 

Nul  ouvrier  ne  sera  permanemment  employé  sans  un  certificat  de  bonne  con- 
duite de  son  dernier  patron  et  sans  subir  non  plus  l'examen  de  médecins  requis 
pour  l'admettre  dans  la  Société  d'Assurance  et  de  Secours,  société  dont  il  devient 
nécessairement  membre  en  entrant  dans  le  service. 

Règle  2.  Entrée. 

Les  ouvriers  doivent  entrer  dans  les  chantiers  et  ateliers,  et  les  quitter  par 
les  lieux  seuls  qui  pourront  être  désignés. 

Règle  8.  Jetons  de  présence. 

Chaque  ouvrier  est  requis  de  recevoir  du  pointeur  un  jeton  portant  son  nu- 
méro chaque  fois  qu'il  entre  dans  les  chantiers,  et  de  déposer  ce  jeton  chaque  fois 
qu'il  sort.     Personne  ne  peut  déposer  un  autre  jeton  que  le  sien  propre. 

Règle  Jf.    Signaux  du  commencement  et  de  la  fin  du  travail. 

La  cloche  ou  le  sifflet  sera  le  signal  pour  commencer  ou  quitter  le  travail. 
Tous  les  ouvriers  devront  être  à  leurs  places  prêts  à  commencer  le  travail  lorsque 
le  signal  sonne,  et  ne  doivent  pas  se  préparer  à  quitter  le  travail  avant  qu'il  sonne 
à  l'heure  voulue. 


264  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  heures  de  travail  régulières  pour  les  ouvriers  de  l'atelier  des  réparations 
seront  comme  suit: — De  7  heures  du  matin  à  midi,  et  de  1  heure  de  l'après-midi 
à  6  heures  du  soir,  les  lundis,  mardis,  mercredis,  jeudis  et  vendredis;  et  les  same- 
dis, de  7  heures  du  matin  à  midi.     Temps  étalon. 

Lorsque  les  circonstances  nécessiteront  de  changer  ces  heures,  avis  en  sera 
affiché  dans  le  bureau  du  pointeur. 

Règle  5.     Admission  tardive. 

Dans  des  cas  exceptionnels  on  pourra  laisser  entrer  les  ouvriers  et  leur  per- 
mettre de  commencer  le  travail  durant  les  premières  cinq  minutes  après  que  le 
signal  aura  été  donné,  mais  même  alors  seulement  sur  production  d'un  ordre 
écrit  du  contremaître  voulu;  les  ouvriers  qui  ne  se  conformeront  pas  à  cette  règle 
ne  pourront  commencer  à  travailler  que  deux  heures  après  l'heure  réglementaire 
du  matin. 

Règle  6.     Temps  supplémentaire. 

Le  travail  supplémentaire  se  calculera  à  raison  d'une  heure  et  demie  par 
heure  de  6  heures  du  soir  à  6  heures  du  matin  et  le  dimanche;  le  dimanche  ou 
lorsque  le  nuit  entière  est  employée,  il  sera  accordé  une  heure  pour  les  repas  sans 
déduction. 

Cette  règle  ne  s'applique  qu'aux  machinistes  et  à  leurs  aides,  classés  comme 
tels  dans  ou  hors  des  ateliers,  et  qui  travaillent  ordinairement  dans  les  équipes 
de  10  heures,  mais  il  ne  sera  pas  accordé  de  temps  supplémentaire  tant  qu'une 
journée  ou  une  nuit  complète  de  travail  n'aura  pas  été  faite. 

Les  réparateurs  de  wagons  qui  travaillent  dans  les  ateliers  sont  classés  comme 
machinistes,  mais  les  examinateurs  de  wagons,  les  graisseurs,  les  nettoyeurs,  les 
nettoyeurs  de  locomotives,  les  préposés  à  la  table-tournante  des  locomotives,  les 
nettoyeurs  de  chaudières,  les  allumeurs,  les  balayeurs  et  les  gardiens,  ainsi  que 
tous  les  journaliers  et  autres  (à  l'exception  de  ce  qui  est  dit  plus  haut)  qui  tra- 
vaillent dans  des  équipes  de  10  ou  12  heures,  ne  tombent  pas  sous  le  coup  de  cette 
règle  pour  ce  qui  est  du  temps  supplémentaire,  ils  ne  sont  payés  que  pour  les 
heures  de  travail  réellement  fait. 

Dans  le  cas  d'accidents  sur  la  voie  et  de  secours  à  donner,  tous  les  hommes 
employés  à  ce  service,  que  ce  soient  des  ouvriers  ou  non,  seront  payés  conformé- 
ment à  la  présente  règle,  et  si  les  hommes  de  nuit  sont  appelés,  leur  temps  sup- 
plémentaire commencera  à  6  heures  du  matin. 

Si  les  machinistes  et  leurs  aides  employés  au  travail  de  jour  régulier  sont 
appelés  la  nuit  à  faire  du  travail  après  les  heures  réglementaires,  le  temps  mini- 
mum qui  sera  accordé  sera  de  2  heures  jusqu'à  minuit;  et  s'ils  sont  appelés  après 
minuit  3  heures  seront  le  temps  minimum. 

Si  les  ouvriers  ou  leurs  aides  étaient  expédiés  loin  de  leur  domicile  pour  tra- 
vailler temporairement  à  tout  autre  endroit,  ils  seront  payés  au  taux  régulier  de 
leur  salaire  à  l'atelier,  et  ils  seront  aussi  payés  sans  déduction  à  compter  de 
l'heure  qu'ils  ont  été  appelés,  et  en  sus  ils  toucheront  une  indemnité  pour  leurs 
dépenses  de  $1  par  jour  pendant  leur  absence. 

Règle  7.    Apprentis. 

Tous  les  apprentis  qui  sont  employés  seront  engagés  conformément  aux  règles 
de  la  compagnie;  et  ils  seront  régis  quant  au  temps  supplémentaire,  etc.,  par  les 
mêmes  règles  que  les  ouvriers. 

Règle  8.     Entreprise. 

Tous  les  employés  seront  tenus  de  faire  leur  travail  à  la  tâche  lorsque  la 
compagnie  le  désirera.  Nul  ouvrier  qui  accepte  du  travail  à  la  tâche  n'emploira 
ou  ne  démettra  d'homme. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  265 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Règle  9.     Jours  de  fêtes. 

Les  jours  suivants  seront  observés  comme  jours  de  fêtes  : — 

En  Canada.  Aux  Etats-Unis. 

Le  premier  de  Pan.  Le  premier  de  l'an. 

Le  Vendredi  Saint.  La  fête  anniversaire  de  Washington. 

La  fête  Victoria.  Le  Mémorial  Day. 

La  fête  de  la  Confédération.  La  fête  de  l'indépendance. 

La  fête  du  Travail.  La  fête  du  Travail. 

Le  jour  d'actions  de  grâce.  Le  jour  d'actions  de  grâce. 

La  Noël.  La  Noël. 

Le  travail  durant  ces  jours  sera  calculé  comme  temps  supplémentaire. 

Règle  10.     Avancement. 

Les  employés  qui  par  leur  bonne  conduite  générale,  l'attention  minutieuse 
qu'ils  apportent  à  leur  travail  et  leur- fidélité  à  remplir  leur  devoir,  et  qui  accu- 
sent une  compétence  à  assumer  une  plus  grande  responsabilité,  seront  considérés 
comme  dignes  d'avancement. 

Les  jeunes  gens  qui  ont  eu  quelque  expérience  seront  employés  comme  ap- 
prentis (improvers) ,  et  après  un  service  suffisant,  de  même  qu'après  avoir  fait 
preuve  des  qualités  requises,  ils  pourront  être  faits  ouvriers  compagnons.  Les  jour- 
naliers et  les  aides  d'ouvriers  pourront  aussi  être  promus  à  la  classe  des  machi- 
nistes ou  mécaniciens  compagnons,  après  un  service  suffisant  et  avoir  fait  preuve 
des  qualités  requises,  mais  non  au  détriment  d'autres  employés  qui,  occupant 
peut-être  ces  emplois,  remplissent  avec  satisfaction  leurs  devoirs.  Le  contremaître 
en  sera  le  juge. 

Règle  11.     Obéissance  aux  instructions. 

Tous  les  employés  obéiront  promptement  toutes  les  instructions  données  par 
la  personne  directement  en  charge.  Les  griefs,  réels  ou  imaginaires,  devront 
prendre  la  forme  d'une  plainte  dont  on  devra  s'occuper  en  temps  voulu,  mais  cela 
ne  justifiera  pas  le  refus  d'obéir  aux  instructions.  Les  griefs  pourront  être  pré- 
sentés au  supérieur  immédiat  en  charge,  et  s'ils  ne  sont  pas  réglés  d'une  façon 
satisfaisante  l'employé  pourra  choisir  un  autre  employé  du  même  service  pour 
assister  à  plus  ample  enquête  et  parler  en  son  nom,  s'il  le  désire. 

Règle  12.    Réduction  des  dépenses. 

Lorsqu'une  réduction  de  dépenses  devient  nécessaire,  une  réduction  du  nom- 
bre d'heures  de  travail  sera  faite  de  préférence,  si  les  intérêts  de  la  compagnie  le 
permettent,  ou  le  personnel  pourra  être  réduit  selon  qu'on  le  jugera  de  l'intérêt 
de  la  compagnie. 

Règle  13.     Recommandation  quant  au  temps  de  service. 

Des  recommandations  quant  au  temps  de  service  seront  données  sur  demande 
aux  employés  qui  quittent  leur  emploi. 

Règle  11^.    Défense  d'entrer  dans  d'autres  ateliers. 

Nul  ouvrier  ne  devra  entrer  dans  un  atelier  dans  lequel  il  n'est  pas  habituel- 
lement employé,  à  moins  que  ce  ne  soit  par  ordre  de  son  contremaître. 

Règle  15.     Outils  particuliers. 

Chaque  ouvrier  doit  se  munir  des  outils  ordinaires  de  son  métier. 

Règle  16.     Atelier  des  outils  personnels. 

Chaque  ouvrier  est  tenu  de  voir  à  ce  que  les  outils  qui  lui  sont  fournis  pour 
son  usage  régulier  portent  les  initiales  de  la  compagnie  et  sa  propre  marque  par- 


266  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ticulière.  11  sera  tenu  responsable  de  tout  ce  qui  manquera  ainsi  que  de  tous 
les  outils  d'autres  ouvriers  qu'on  trouvera  en  sa  possession.  On  doit  éviter  d'em- 
prunter ou  de  prêter  des  outils. 

Lorsque  nécessaire,  les  contremaîtres  remplaceront  les  outils  usés  ou  fourni- 
ront d'autres  outils  sur  demande. 

On  ne  doit  pas  faire  ou  réparer  d'outils  sans  la  permission  du  contreaître 
compétent. 

Règle  17.     Atelier  général  d'outils. 

On  pourra  se  procurer  de  ceux  qui  en  ont  la  charge  des  tarauds,  des  filières, 
des  alésoirs,  des  trusquins,  des  gabarits,  des  lames  ou  des  outils  spéciaux,  mais 
ils  devront  être  rapportés  à  la  fin  de  chaque  jour  ou  dès  qu'on  en  aura  fini.  Les 
hommes  qui  se  servent  de  ces  outils  seront  responsables  de  leur  perte  ou  des  dé- 
fauts non  constatés  au  moment  où  ils  les  ont  reçus. 

Règle  18. — Serrures  et  clefs. 

Les  clefs  et  les  serrures  de  boîtes,  de  tiroirs  ou  d'armoires  fournis  par  la  com- 
pagnie seront  tenues  en  bon  état,  et  les  clefs  perdues  seront  remplacées  par  ceux 
qui  les  auront  perdues  ou  à  leurs  dépens. 

Règle  19.   Imperfections  au  matériel. 

Les  imperfections  du  matériel  qu'on  travaille  doivent  être  immédiatement 
signalées  au  contremaître. 

Règle  21.  Ramasser  les  vieux  matériaux. 

Le  vieux  cuivre  et  le  vieux  laiton  doivent  être  ramassés  tous  les  jours  et  dé- 
posés dans  le  lieu  indiqué  pour  cela,  sous  les  instrucions  du  contremaître  com- 
pétent. 

Règle  22.  L'emploi  des  graissages. 

Il  ne  sera  employé  que  les  graissages  spéciaux  fournis  à  l'atelier  pour  les  ma- 
chines, et  il  ne  sera  pas  employé  d'huile  à  moins  que  des  instructions  spéciales  ne 
soient  données  à  cette  fin.  L'emploi  d'huile  pour  se  laver  les  mains  est  stricte- 
ment défendu. 

Règle  23.  L'emploi  des  dessins  et  patrons. 

Nul  ouvrage  nouveau  ne  sera  fait  sans  dessins  ou  patron,  et  toutes  les  répa- 
rations devront  être  faites  conformément  aux  types  existants,  à  moins  que  des 
changements  ne  soient  autorisés. 

Règle  21+.  Pointage  du  temps. 

Les  ouvriers,  lorsqu'il  en  seront  requis,  devront  fournir  aux  pointeurs  tous 
les  détails  qui  se  rapportent  au  travail  qu'ils  font. 

Règle  25.  Défense  de  fumer. 

Il  est  strictement  défendu  de  fumer  sur  la  propriété  de  la  compagnie.  Les 
ouvriers  qui  se  servent  de  feux  de  foyer,  de  fourneaux,  de  chandelles,  de  gaz  ou 
d'autres  lumières  artificielles,  devront  voir  à  ce  que  feux  et  lumières  soient 
éteints  avant  de  quitter  le  travail,  alors  que  toutes  les  souffleries  et  les  registres 
doivent  être  fermés. 

Règle  26.  Matières  inflammables.        , 

Les  déchets  huileux,  les  raclures  de  peinture  et  toute  matière  inflammable  de 
ce  genre  seront  brûlés  tous  les  jours,  et  ils  doivent  ou  être  mis  dans  la  boîte  de 
fer  à  cette  fin  ou  mis  dans  un  lieu  bien  en  vue  où  pourra  les  voir  l'homme  qui  les 
ramasse.  Les  déchets  huileux  et  les  raclures  de  peinture  ne  doivent  sous  aucun 
prétexte  être  laissés  sous  les  bancs,  ou  dans  des  boîtes  de  bois,  dans  des  tiroirs  ou 
des  armoires.  Les  salopettes  des  ouvriers  ne  doivent  pas  être  roulées,  mais  bien  sus- 
pendues librement  lorsqu'on  ne  s'en  sert  pas. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  267 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Règle  27.  Les  liqueurs  enivrantes  sont  défendues. 

L'usage  des  liqueurs  enivrantes  sur  la  propriété  de  la  compagnie  est  stricte- 
ment défendu. 

Règle  28.  Dommages  aux  machines. 

L'ouvrier  qui,  par  incurie  ou  négligence,  détériore  une  machine  ou  tout  autre 
article,  sera  tenu  de  payer  la  somme  des  dommages. 

Règle  29.  Laissez-passer. 

Nul  ouvrier  ne  pourra  quitter  durant  les  heures  de  travail  sans  un  laissez- 
passer  signé  par  le  contremaître,  de  même  que  personne  ne  pourra  emporter  au 
dehors  des  matériaux,  des  outils,  etc.,  a  moins  d'un  ordre  spécial.  Tous  les  lais- 
sez-passer doivent  être  remis  au  gardien  de  la  barrière  ou  au  pointeur. 

Règle  30.  Absence  du  travail. 

Les  ouvriers  qui  s'absentent  sans  permission  devront  promptement  envoyer 
une  note  d'explication  à  leur  contremaître.  Les  hommes  attachés  au  fonctionne- 
ment des  trains  doivent  demander  la  permission  avant  de  s'absenter,  ou  s'ils 
sont  malades,  avertir  leur  contremaître  immédiatement. 

Règle  31.  L'admission  des  étrangers. 

Les  étrangers  ne  sont  admis  dans  les  chantiers  que  sur  un  laissez-passer 
signé  soit  par  le  surintendant  du  service  de  la  force  motrice,  soit  par  le  surinten- 
dant du  service  des  wagons,  soit  par  le  machiniste-chef  ou  par  le  maître  construc- 
teur des  wagons. 

Il  est  du  devoir  des  gardiens  de  demander  respectueusement  aux  étrangers 
s'ils  sont  porteurs  des  laissez-passer  voulus. 

Règle  32.  Les  gardiens. 

Nul  gardien  ne  quittera  son  poste  avant  d'être  relevé  par  son  successeur. 
Règle  33.  L'abandon  du  service. 

Tout  ouvrier  pourra  quitter  le  service  de  la  compagnie  ou  peut  être 
être  requis  de  le  faire  à  un  jour  d'avis,  et  il  ne  sera  payé  qu'après  qu'il  aura 
remis  à  son  contremaître  les  outils  ou  autres  choses  propriété  de  la  compagnie 
qu'il  pourra  avoir  en  sa  possession,  et  même  alors  que  pour  le  temps  consacré  au 
travail.  La  somme  réservée  pour  combler  les  pertes  ou  ce  qui  manquent  sera  re- 
tenue à  même  les  derniers  qui  lui  sont  dus. 
Règle  3J+.  Le  contremaître  doit  voir  à  ce  que  les  règles  soient  mises  en  vigueur. 

Le  contremaître  de  chaque  service  sera  tenu  responsable  de  la  rigoureuse 
mise  en  vigueur  de  ces  règles. 

Règle  35.  Infraction  de  la  discipline. 

Les  violations  ou  infractions  de  quelqu'une  de  ces  règles  rendent  le  coupable 
passible  d'une  destitution  ou  d'une  suspension  immédiate. 

Règle  36.  Les  prélèvements  et  contributions  pour  la  Société    d'Assurance    et    de 
Secours. 
Tous   les  prélèvements   et   contributions   pour  la   Société  d'Assurance  et  de 
Secours,  ainsi  que  toutes  les  amendes  pour  infraction  aux  règles  16  eu  25  inclu- 
sivement seront  déduits  des  salaires  dus. 

Règle  37.  Les  listes  de  souscription  sont  défendues. 

Comme  la  Société  d'Assurance  et  de  Secours  pourvoit  raisonnablement  aux 
besoins  des  ouvriers  malades  ou  dans  les  cas  de  décès,  on  ne  doit  pas  faire  circu- 
ler de  listes  de  souscription. 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Règle  38.  Les  assemblées. 

Nulle  assemblée  quelconque  ne  sera  tenue  dans  les  ateliers  ou  sur  la  proprié- 
té de  la  compagnie  sans  permission. 

Tout  employé  autrefois  au  service  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand- 
Tronc  sera  requis  au  service  aussitôt  que  possible,  pourvu  que  le  dit  employé  en 
fasse  la  demande  dans  les  60  jours.  On  pourra  en  appeler  à  la  décision  finale  de 
M.  W.  D.  Robb  ou  de  M.  E.  H.  Fitzhugh  de  tout  refus  d'emploi  que  l'on  croira 
reposer  sur  des  préjugés  personnels  ou  sur  toute  autre  raison  insuffisante. 

Les  employés  qui  quittent  le  service  recevront  leur  salaire  le  plus  tôt  pos- 
sible. 

FORMULE  DE  CONTRAT  D'APPRENTISSAGE  MODIFIEE  DE  LA  COMPAGNIE. 

Art.  2. 

(b)  Que  le  dit  mineur,  au  cours  du  dit  terme,  ne  fera  pas  partie  ou  ne  de- 
viendra pas  membre  d'une  compagnie  de  pompiers,  sauf  telles  compagnies  de 
pompiers  que  la  compagnie  peut  le  requérir  de  joindre  par  écrit,  ou  de  toute 
société  qui  prétend  ou  tente  de  contrôler  de  quelque  façon  ses  actes  ou  son  travail 
contrairement  aux  conditions  de  ce  contrat  d'apprentissage. 

RESEAU  DU  CHEMIN  DE  FER  GRAND-TRONC. 

SERVICE   DE   LA   FORCE   MOTRICE. 

ÉTAT  COMPARATIF  DES  TAUX  MINIMUM  ET  MAXIMUM  DE  SALAIRES  PRESENTS  ET  PROPOSES  DES 
MACHINISTES,   DES   MÉCANICIENS   ET  DES  APPRENTIS. 

(Lignes  en  Canada.) 


Métiers. 


Machinistes 


Mécaniciens 


Apprentis. 


Ateliers  et  rotondes. 


I  Ateliers  : 
*Montréal 
Ottawa  . . . 
Toronto  . . 
Stratford  . 


Rotondes  : 

Est2à7dists 

*Ottawa  30  à  32e  dists, 

*Nord  8  à  14e  dists. . .    

Centre  15,  16,  20  à  24e  dists. 
Centre  et  Sud  17  à  19e  dists. . 


Ateliers: 
*Montréal 
Toronto  .. 
Stratford  . 


1ère  année 

2e 

3e 

3e 

5e         » 


Présent. 


Minimum.      Maximum. 


10 
17 
15 

16 
18 


•25 
•25 
•25 
•23 
•24 


19 
16 
16 


Présent. 

05 
06 
07 
08 
12.5 


Proposé. 


Minimum.      Maximum. 


17 
13 

■1!) 
20 


12 
19 
16 
16 

20 


•27 
•26 
•25 
•25 
•25 


Proposé. 

06 
10 
12 
15 
17 


*  Les  taux  proposés  pour  les  machinistes   et  les  mécaniciens  ne  sont  pas  encore  mis  en  vi 
gueur  à  Montréal,  Toronto  et  Ottawa. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  269 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

LETTRES   DU    PRESIDENT   DU   BUREAU. 

Le  ministre  du  Travail  a  reçu  du  professeur  Shortt  la  lettre  suivante,  qui  traite 
des  délibérations  du  bureau  et  commente  sans  formalités  les  résultats. 

Kingston,  Ont.,  31  mai  1907. 
L'hon.  M.  Rodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail,  Ottawa. 
Cher  Monsieur, 

Ayant  transmis  mon  rapport  officiel  sur  le  règlement  du  litige  entre  le 
G.T.  et  ses  machinistes,  j'ai  cru  que  vous  recevriez  peut-être  avec  intérêt  quel- 
ques brefs  renseignements  non  revêtus  d'un  caractère  officiel  sur  la  nature  de 
l'affaire  et  le  fonctionnement  de  la  nouvelle  loi  à  laquelle  naturellement  vient  si 
intimement  s'attacher  votre  nom.  Le  point  en  litige  embrassait  presque  tous 
les  aspects  typiques  du  problème  du  travail,  tels  que  le  taux  des  salaires,  les 
heures  de  travail,  y  compris  le  travail  de  nuit  et  de  jour,  le  temps  supplémen- 
taire et  quant  aux  heures  et  quant  à  la  solde,  la  classification  des  hommes,  le 
nombre  et  la  qualité  des  apprentis,  l'avancement  des  aides,  etc.,  la  réintégration 
des  hommes  en  grève,  dont  quelques-uns  chôment  depuis  plus  de  deux  ans,  et  la 
reconnaissance  générale  des  unions.  L'intérêt  qu'a  manifesté  le  Grand-Tronc 
a  été  suffisamment  établi  par  le  fait  que  M.  Hays,  M.  Fitzhugh  et  M.  Robb  ont 
assisté  tout  le  temps  aux  séances  du  bureau,  étant  particulièrement  intéressés, 
comme  l'a  déclaré  M.  Hays  à  la  clôture  du  litige,  au  fonctionnement  de  la  nou- 
velle loi.  Les  ouvriers  étaient  aussi  très  bien  représentés  par  des  délégués  pris 
parmi  leurs  rangs,  leurs  officiers  et  par  un  avocat. 

Après  l'ouverture  du  litige  d'une  façon  générale,  on  a  cru  que  si 
des  représentants  des  deux  parties  pouvaient  se  réunir  entre  eux,  nombre  de 
questions  secondaires  dans  un  horizon  aussi  vaste  pourraient  se  régler,  facilitant 
ainsi  les  délibérations  du  bureau  au  complet.  Je  croyais  la  chose  d'autant  plus 
probable  que  les  fonctionnaires  du  chemin  de  fer,  dans  leur  réponse  à  la  requête 
demandant  un  bureau  d'enquête,  déclarèrent  que  le  litige  aurait  pu  se 
régler  si  les  hommes  n'avaient  pas  été  aussi  impatients.  Toutefois,  après  une 
conférence  d'une  demi-journée,  on  constata  qu'il  n'y  avait  pas  eu  de  progrès,  de 
sorte  que  le  bureau  dut  s'enquérir  de  tous  les  points  en  litige. 

J'ai  eu,  semble-t-il,  la  bonne  fortune  de  gagner  la  confiance  des  deux  parties 
en  litige,  et  mes  collègues,  bien  que  nommés  par  des  intérêts  opposés,  ont  fait- 
preuve  d'un  parfait  esprit  de  justice  sous  tous  rapports.  Dans  tout  le  cours  des 
délibérations  il  n'y  a  pas  eu  de  tentative  de  régler  les  différends  d'après  le  prin- 
cipe facile  mais  démoralisant  qui  consiste  à  "  partager  le  différend  "  ;  au  contraire, 
l'on  a  tenu  à  décider  de  chaque  chose  selon  son  mérite.  Ceci  a  paru  grandir  consi- 
dérablement la  confiance  mutuelle,  et  les  choses  devinrent  de  plus  en  plus  faciles 
à  mesure  que  nous  avançâmes,  jusqu'à  ce  qu'enfin  il  devint  évident  qu'on  arrive- 
rait à  un  règlement  final  si  on  avait  tout  simplement  la  patience  de  couvrir  tout 
le  terrain.  Le  tact  admirable  et  l'esprit  de  justice  évident  de  M.  Hays,  pour 
le  Grand-Tronc,  et  les  hauts  sentiments  dont  a  fait  preuve  M.  Lee,  avocat  des 
machinistes,  ont  largement  contribué  à  créer  une  confiance  mutuelle  et  à  ins- 
pirer chez  leur  partisans  respectifs  un  esprit  d'entente.  Le  samedi  soir  tout 
était  pratiquement  réglé,  sauf  le  règlement  des  taux  minimums  des  salaires. 
Après  beaucoup  de  débat,  surtout  sur  la  question  de  savoir  comment  les  avances 
proposées  par  le  Grand-Tronc  s'appliqueraient  aux  individus,  suivant  le  conseil  de 
MM.  O'Donoghue  et  Lee,  les  hommes  convinrent  d'accepter  les  offres  du  chemin 
de  fer  et  tout  fut  réglé.  Les  concessions  mutuelles  devinrent  à  l'ordre  du  jour, 
et  il  semblait  difficile  de  dire  laquelle  des  parties  était  la  plus  satisfaite  de  la 
nature  des  délibérations  et  de  l'efficacité  de  la  nouvelle  loi,  dont  au  dire  de  tous 
on  faisait  l'épreuve,  et  qui,  de  l'aveu  de  toutes  les  parties,  a  été  couronnée  de 


270  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

succès.  Un  litige  important  et  complexe  du  travail,  entraînant  avec  lui  des 
rancunes  vieilles  de  plus  de  deux  ans  et  que  l'âge  n'améliorait  pas,  se  réglait  à  la 
satisfaction  des  deux  parties,  sans  la  perte  d'un  jour  de  travail  pour  les  hommes 
ou  d'un  dollar  pour  la  compagnie,  et  par-dessus  tout  sans  gêne  pour  le  service 
public. 

Ainsi,  le  but  de  la  loi  Lemieux  a  été  atteint. 

Votre  très  sincère, 

ADAM  SHORTT. 

RÉPONSE    DU    MINISTRE. 

Ottawa,  22  mai  1907. 
Mon  cher  professeur  Shortt: — 

Je  dois  accuser  réception  de  votre  communication  du  20  mai,  contenant  co- 
pie du  rapport  et  de  la  sentence  officielle  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête 
constitué  en  vertu  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  1907, 
en  rapport  avec  le  litige  en  question,  et  contenant  copies  et  originaux  de  divers 
documents  mentionnés  dans  le  rapport  et  y  annexés.  Je  remarque  que  vous  avez 
aussi  énuméré  les  différentes  séances  du  bureau,  et  que  tous  les  membres  du  bu- 
reau ont  assisté  à  chaque  séance  régulière,  et  de  plus  que  les  comptes  en  rapport 
avec  le  bureau  seront  transmis  avec  les  pièces  justificatives  en  temps  voulu. 

J'ai  aussi  reçu  votre  seconde  lettre  du  21  mai,  dans  laquelle  vous  parlez  du 
travail  du  bureau,  vous  donnez  les  grandes  lignes  de  la  procédure  que  vous  avez 
suivie,  et  vous  faites  voir  l'attitude  des  parties  respectives  au  litige. 

J'ai  suivi  avec  soin  les  délibérations  du  bureau  et  j'ai  lu  avec  un  intérêt  par- 
ticulier l'arrangement  auquel  on  est  arrivé.  C'est  la  première  épreuve  réelle  du 
fonctionnement  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  1907, 
et  je  crois  que  cette  épreuve  offre  un  excellent  exemple  de  ce  que  la  loi  peut 
accomplir  dans  le  règlement  des  litiges  industriels  lorsque  les  parties  au  litige 
veulent  être  raisonnables  et  modérées  dans  leurs  attitudes  respectives. 

La  requête  demandant  la  nomination  d'un  bureau  dans  l'espèce  a  été  reçue 
le  20  avril.  Votre  propre  rapport  qui  accompagnait  l'arrangement  conclu  porte 
la  date  du  20  mai,  de  sorte  qu'un  mois  s'est  exactement  écoulé  depuis  la  date  de 
la  première  procédure  qui  a  donné  lieu  à  la  nomination  du  bureau  jusqu'à  la  fin 
de  ses  travaux.  C'est  je  pense  la  meilleure  preuve  possible  du  zèle,  du  tact  et  de 
l'habileté  avec  lesquels  les  délibérations  du  bureau  ont  été  conduites,  et  je  dois 
vous  féliciter  très  sincèrement  sur  les  excellents  résultats  obtenus  dans  si  peu 
de  temps.  Le  fait  que  la  sentence  a  été  acceptée  par  les  deux  parties  et  rendue 
obligatoire  pour  une  période  d'un  année  sera  un  autre  exemple  de  l'efficacité  de 
la  loi  quand  on  l'emploie  à  bon  escient.  La  manière  d'agir  du  bureau  de  même  que 
sa  sentence,  et  l'acceptation  sans  réserve  qu'en  ont  faite  les  deux  parties,  seront,  j'en 
suis  convaincu,  la  marque  d'un  progrès  distinct  dans  le  règlement  des  litiges  in- 
dustriels dans  ce  pays,  de  même  qu'un  exemple  qui  éclairera  la  marche  à  suivre 
dans  toutes  les  applications  de  la  loi.  Je  sais  qu'une  grosse  part  du  succès  obte- 
nu dans  l'espèce  est  dû  à  votre  présidence  du  bureau,  et  je  me  félicite  d'avoir  pu 
m'assurer  de  vos  services,  et  je  vous  remercie  de  nouveau  d'avoir  accepter  si  vo- 
lontiers cette  tâche  difficile. 
Croyez-moi,  mon  cher  professeur  Shortt, 

Votre  très  sincère, 

RODOLPHE  LEMIEUX, 

Ministre  du  Travail. 
M.  le  Professeur  Adam  Shortt, 

Président  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  dans  l'affaire  de  la  Compa- 
gnie du  Grand-Tronc  et  certains  machinistes  à  l'emploi  de  la  Compagnie, 
Queen's  University,  Kingston,  Ont. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  271 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


V.— KEQUETE  DES  EMPLOYES  DE  LA  CUMBERLAND  RAILWAY  AND 
GOAL  COldPANY,  SPRINGHILL,  N.-E.— BUREAU  CONSTITUE— SEN- 
TENCE DU  BUREAU  PAS  UNANIME— RAPPORT  DE  LA  MINORITE 
PRESENTE— RETOUR  EVENTUEL  DES  HOMMES  AU  TRAVAIL  SUR 
LES  RECOMMANDATIONS  DU  BUREAU. 

Le  8  mai  le  ministre  du  Travail  reçut  de  la  Pioneer  Lodge  N°  1,  de  l'Association 
Provinciale  des  ouvriers,  représentant  les  employés  de  la  Cumberland  Railway  and 
Coal  Company,  à  responsabilité  limitée,  une  requête  demandant  la  nomination  d'un 
bureau  de  conciliation  et  d'enquête.  La  requête  exposait  qu'il  existait  deux  sujets 
de  dispute  entre  les  ouvriers  et  la  compagnie,  et  que  le  nombre  de  personnes  qui  de- 
vaient être  atteintes  était  de  dix-sept  cent. 

Les  sujets  de  dispute  étaient  énoncés  comme  suit: — 

1.  Trois  équipes  d'hommes,  une  équipe  comprenant  deux  hommes,  chaque 
équipe  travaillant  à  des  tâches  vis  à  vis  l'une  de  l'autre,  reçurent  instruction  de 
faire  un  croisement  à  travers  une  contre-galerie  abandonnée  et  écroulée,  ouvrage 
qui  peut  se  donner  à  l'entreprise  en  vertu  d'un  arrangement  entre  patron  et  em- 
ployé. Dans  le  cas  actuel  du  puits  n°  14  de  la  mine  n°  3,  il  n'a  pas  été  passé  de 
contrat,  mais  les  hommes  reçurent  instruction  du  gérant  de  l'intérieur  "d'exécuter 
le  travail  et  de  faire  de  leur  mieux,  il  fallait  traverser  l'endroit  et  ils  pouvaient  le 
faire  tout  aussi  bien  que  d'autres".  Les  hommes  comprirent  qu'ils  allaient  conti- 
nuer et  terminer  cette  tâche  particulière  pour  pas  moins  que  le  salaire  ordinaire, 
savoir:  $2  par  jour,  plus  22  pour  100.  La  besogne  à  faire  était  très  difficile, 
excessivement  dangereuse,  et  demandait  une  somme  inusitée  d'un  travail  inusité, 
et  il  fallut  dix  jours  aux  trois  équipes  pour  faire  le  croisement.  Les  hommes 
reçurent  pour  ce  travail  une  somme  calculée  au  taux  de  $1.01^  par  jour,  plus  22 
pour  100,  tandis  qu'on  réclame  maintenant  en  leur  nom  le  taux  minimum  de  $2 
par  jour,  plus  22  pour  100. 

2.  La  nature  et  la  cause  du  second  différend  entre  les  dites  parties  se  trou- 
vent au  sujet  de  la  "  pierre  locale  ".  Dans  les  années  passées  la  coutume  de 
cette  houillère  était  de  payer  les  ouvriers  pour  toute  la  pierre  trouvée  dans  le 
charbon  dans  le  travail  des  piliers,  d'une  épaisseur  de  quatre  pouces  et  plus. 
Cette  "  pierre  locale  "  se  trouve  maintenant  dans  les  piliers  de  la  galerie  de  2,600 
pieds  de  la  mine  n°  3,  et  lorsque  cette  pierre  est  d'une  épaisseur  de  quatre  pouces 
et  plus,  on  réclame  et  on  a  réclamé  pour  les  ouvriers  un  paiement  ou  une  indem- 
nité pour  telle  pierre  lorsque,  dans  le  travail  des  piliers,  elle  est  d'une  épaisseur 
de  quatre  pouces  et  plus. 

Le  12  mai,  le  ministère  du  Travail  reçut  l'exposé  de  la  Cumberland  Railway  and 
Coal  Company  en  réponse  à  l'exposé  produit  avec  la  requête.  La  compa- 
gnie s'inscrivit  généralement  contre  l'exposé  des  hommes  relativement  aux  points  en 
litige,  et  déclara  qu'en  vue  de  "l'augmentation  considérable  des  salaires  accordée 
récemment",  l'on  ne  devait  pas  accorder  une  augmentation  aux  hommes.  Les  listes 
des  salaires  payés  aujourd'hui  et  autrefois  furent  soumises  dans  certains  détails,  et  la 
défense  alléguait  qu'on  avait  averti  les  hommes  que  "  pendant  les  derniers  quinze 
mois  la  compagnie  avait  continué  son  exploitation  tout  en  faisant  une  perte  très  con- 
sidérable", et  que  la  compagnie  était  prête  à  le  prouver  au  tribunal. 


272  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Le  ministre  du  Travail  nomma  MM.  R.  B.  Murray  et  P.  S.  Archibald  comme 
commissaires  choisis  respectivement  par  les  employés  et  les  patrons,  et  ces  deux  mes- 
sieurs s'entendirent  sur  le  choix  de  l'honorable  M.  Graham,  juge  de  la  cour  suprême 
de  la  Nouvelle-Ecosse,  comme  troisième  membre  et  président  du  bureau.  M.  le  juge 
Graham  accepta  la  nomination  et  fut  dûment  nommé  par  le  ministre  du  Travail. 
Le  bureau  se  réunit  le  23  mai,  à  Springhill,  N.-E.,  et  procéda  à  s'enquérir  des  diffé- 
rends. Plusieurs  représentants  de  la  compagnie  étaient  présents,  y  compris  le  gérant 
général,  M.  Y.  K.  Cowans,  et  l'avocat  de  la  compagnie,  M.  Hector  Mclnnes.  Pour  les 
hommes  il  y  avait  plusieurs  représentants  de  la  Pioneer  Lodge  N°  1  de  l'A.  R.  O., 
ainsi  que  le  grand  secrétaire  Moffat,  le  grand  sous-secrétaire  Moss,  et  l'ex-grand  maître 
D.  Blue,  de  l'Association  Provinciale  des  Ouvriers.  Des  témoignages  furent  enten- 
dus à  l'appui  des  réclamations  des  hommes.  Comme  on  s'objecta  à  la  présence  d'avo- 
cats, il  n'en  fut  pas  entendu  d'un  côté  ou  de  l'autre.  Le  bureau  siégea  de  nouveau  le 
24  mai  à  Springhill.  A  la  demande  d'un  représentant  de  la  Pioneer  Lodge,  A.  P.  O., 
les  représentants  de  la  compagnie  dans  le  litige  désignés,  et  D.  Stewart,  sous-gérant, 
M.  Hargraves,  gérant  des  mines,  et  W.  D.  Matthews,  sous-gérant  des  mines,  furent 
choisis.     Les  séances  subséquentes  du  bureau  eurent  lieu  à  Thurso  et  à  Halifax. 

INTERPRÉTATION   D'UN  ARTICLE  DE   LA  LOI. 

Au  cours  de  l'enquête,  on  demanda  au  ministre  du  Travail  d'interpréter  un  arti- 
cle de  la  loi  qui  touchait  au  second  point  en  litige,  et  les  télégrammes  qui  suivent 
furent  échangés: — 

Springhill-Mines,  25  mai. 
L'hon.  Rodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail,  Ottawa. 
Re  requête  demandant  une  enquête  entre  la  Pioneer  Lodge  et  la  Cumber- 
land  Railway  and  Coal  Company.  La  loge  désire  avoir  une  interprétation  de 
l'article  21  de  la  loi.  Certains  membres  du  bureau  prétendent  qu'il  n'y  a  que  six 
hommes  intéressés  dans  le  cas  actuel,  soit  l'affaire  de  la  contre-galerie,  conséquem- 
ment,  le  bureau  n'a  pas  de  juridiction.  La  loge  prétend  que  la  requête  ayant 
été  formulée  par  une  union  ouvrière  sous  l'empire  de  la  loi,  si  l'affaire  n'était  pas 
l'objet  d'une  enquête  dix-sept  cents  hommes  seraient  atteints,  conséquemment  l'ar- 
ticle ne  s'applique  pas.     Réponse  immédiate  respectueusement  demandée. 

WILLIAN  WATKINS, 

Sec.  Pioneer  Lodge  No.  1,  P.W.A. 

Le  ministre  répondit  comme  suit: — 

Ottawa,  27  mai  1907. 
William  Watkins, 

Secrétaire,  Pioneer  Lodge  No.  1,  P.W.A., 

Springhill-Mines,  N.-E. 
Mon  interprétation  de  l'intention  de  l'article  21  de  la  loi  relative  aux  en- 
quêtes sur  les  litiges  industriels  est  que  si  le  nombre  d'employés  directement  ou 
indirectement  atteints  par  un  litige  est  de  dix  ou  plus,  le  litige  peut  être  soumis 
au  bureau,  bien  que  les  personnes  auxquelles  il  peut  se  rapporter  directement 
soit  en  nombre  moins  que  dix.  Si  par  le  fait  de  ne  pas  arriver  à  un  règlement 
relativement  à  une  affaire  qui  n'intéresse  directement  que  six  hommes  il  se  trouve 
probablement  que  dix  ou  plus  sont  immédiatement  ou  subséquemment  atteints,  la 
référence  de  ce  litige  tombe,  à  mon  avis,  sous  le  coup  de  la  loi. 

(Signé)        RODOLPHE  LEMIEUX, 

Ministre  du  Travail. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  273 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Le  bureau  fît  rapport  au  ministre  le  5  juillet,  ce  rapport  était  accompagné  d'un 
rapport  de  la  minorité,  M.  K.  B.  Murray,  membre  du  bureau  recommandé  par  les 
hommes.  Le  rapport  du  tribunal  se  prononce  en  faveur  des  hommes  quant  au  pre- 
mier sujet  des  litiges  tels  qu'énoncés  plus  haut,  et  contre  les  hommes  quant  au  second, 
à  savoir,  le  sujet  qui  se  rapporte  à  la  pierre  locale  dans  les  piliers. 

Le  ministère  transmit  des  copies  du  rapport  du  bureau  et  du  rapport  de  la  mino- 
rité aux  parties  intéressées,  et  le  18  juillet  il  recevait  de  la  part  des  employés  une 
lettre  disant  qu'ils  refusaient  d'accepter  la  sentence  du  bureau  quant  "à  la  pierre  des 
piliers  ".  Subséquemment,  le  ministère  était  informé  qu'à  une  réunion  de  la  Pioneer 
Lodge  No.  13  P.W.A.,  les  hommes  avaient  adopté  une  résolution  se  déclarant  libres  de 
se  mettre  en  grève  après  le  1er  août,  comme  conséquence  de  leur  refus  d'accepter  la 
sentence  du  tribunal  quant  "  à  la  pierre  des  piliers  ". 

La  grève  annoncée  par  la  résolution  susdite  fut  déclarée  et  elle  dura  du  1er  août 
au  31  octobre.  Au  cours  du  mois  d'octobre,  à  la  suite  des  efforts  faits  par  plusieurs 
hommes  publics  de  la  Nouvelle-Ecosse,  une  conférence  eut  lieu  entre  certains  repré- 
sentants des  employés  et  l'honorable  juge  Graham  ;  à  cette  conférence  le  juge  Graham 
fit  certaines  déclarations  verbales  dans  le  but  d'aider  aux  hommes  à  interpréter  le 
rapport  et  les  recommandations  de  la  majorité  du  bureau.  Subséquemment,  le  juge 
Graham,  en  date  du  15  octobre,  adressa  aux  hommes  un  mémoire  dans  le  même  sens, 
et  le  21  octobre  le  ministère  en  recevait  une  copie.  Le  24  octobre,  le  ministère  rece- 
vait un  autre  mémoire  du  juge  Graham  sur  le  sujet,  et  des  copies  en  furent  transmises 
aux  parties  intéressées.  Après  différentes  démarches  du  ministère  dans  le  but  d'ar- 
river, si  possible,  a  référer  à  un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête,  les  questions  qui 
restaient  en  litige  entre  la  compagnie  et  ses  employés,  les  hommes  reprirent  le  tra- 
vail le  31  octobre  aux  conditions  recommandées  dans  le  rapport  du  bureau. 

La  sentence  du  bureau  ainsi  que  le  rapport  de  la  minorité,  celui  de  M.  R.  B. 
Murray,  et  la  lettre  du  président  du  bureau  qui  les  accompagnait,  étaient  ainsi  con- 
çus:— 

LETTRE   DU    PRESIDENT. 

Halifax,  5  juillet  1907. 
Monsieur, — 

J'ai  l'honneur  de  vous  transmettre  le  rapport  de  la  majorité  du  bureau 
de  conciliation  et  d'enquête,  nommé  dans  l'affaire  de  la  Cumberland  Railway  and 
Coal  Company  et  ses  employés.  M.  Murray,  le  commissaire  nommé  par  les  em- 
ployés, transmet  un  rapport  de  la  minorité. 

Je  regrette  beaucoup  qu'il  y  ait  eu  une  divergence  d'opinion  dans  le  bureau. 
J'ai  l'honneur  d'être, 

Votre  obéissant  serviteur, 

(Signé)        WALLACE  GRAHAM. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail,  Ottawa. 

SENTENCE    DU    BUREAU. 

Dans  l'affaire  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  et  de  la 
Cumberland  Raihvay  and  Coal  Company,  à  responsabilité  limitée  (patron), 
et  certains  employés  de  la  dite  compagnie  (employés). 

Rapport  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  sur  l'affaire  susdite. 

Le  bureau,  composé  de  MM.  R.  B.  Murray  et  Peter  S.  Archibald,  et  de  M.  le 
juge  Graham,  président,  se  réunit,  conformément  à  un  avis  donné  par  le  prési- 

36—18 


274  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 

dent  aux  intéressés,  le  23e  jour  de  mai  1907,  à  10  heures  de  l'avant-midi,  dans  une 
salle  publique,  à  Springhill,  le  lieu  du  différend  entre  les  susdites  parties,  et 
ayant  prêté  le  serment  d'office,  procéda  à  l'instruction  de  l'affaire. 

Le  président  passa  une  heure  à  chercher  à  savoir  si  le  différend  ne  pouvait 
pas  s'arranger  sans  enquête,  débattant  la  question  avec  les  représentants  des  em- 
ployés ainsi  qu'avec  l'avocat  de  la  compagnie. 

Les  représentants  des  employés  n'avaient  pas  été  revêtus  du  pouvoir  d'ar- 
ranger l'affaire  par  la  Pioneer  Lodge  No.  1}  dont  les  employés  sont  membres,  et 
ils  n'étaient  prêts  qu'à  procéder  à  l'enquête  par  témoins. 

Les  délibérations  étant  ouvertes,  il  fut  officiellement  annoncé  que  si  les  par- 
ties convenaient  de  régler  leur  différend  sans  une  enquête  formelle,  elles  pou- 
vaient s'en  prévaloir  en  tout  temps,  et  l'article  22  de  la  loi  fut  expliqué.  On  at- 
tira également  l'attention  des  parties  sur  l'article  62  de  la  loi,  qui  leur  permettait 
de  soumettre  le  différend  à  un  arbitrage  devant  le  bureau,  mais  l'offre  ne  fut  pas 
acceptée. 

Les  employés  étaient  représentés  par  trois  des  leurs  qui  ont  très  bien  conduit 
la  cause,  à  l'aide  évidemment  d'un  exposé  bien  soigné  du  témoignage  de  chaque 
témoin.     La  compagnie  était  représentée  par  trois  personnes  de  son  personnel. 

Le  président  regrette  que  dans  une  cause  se  résumant  à  un  fait  contesté  il  y 
a  eu  peu  de  contre-interrogatoire,  pratiquement  aucun  de  la  part  de  la  compa- 
gnie, et  par  conséquent  il  est  possible  que  tous  les  faits  ne  sont  pas  portés  à  la 
connaissance  du  bureau.  Les  employés  n'avaient  pas  d'avocat,  et  ils  se  sont  objec- 
tés en  vertu  de  la  loi  à  ce  que  l'avocat  de  la  compagnie  prît  part  au  débat. 

Le  bureau  siégea  jusqu'après  6  heures  du  soir,  sauf  un  bref  ajournement  à 
midi  et  une  suspension  d'une  heure  dans  l'après-midi  pour  la  commodité  des  té- 
moins. Il  siégea  aussi  de  10  heures  du  matin,  le  24,  jusqu'après  4  heures  de 
l'après-midi,  y  compris  l'ajournement  ordinaire  à  midi.  Douze  témoins  furent 
entendus  pour  les  employés  et  cinq  pour  la  compagnie.  Le  bureau  s'ajourna 
alors  à  Truro,  pour  examiner  la  cause  et  faire  rapport. 

Le  bureau  se  réunit  le  29  mai  à  Truro  et  siégea  de  10  heures  du  matin  à  2 
heures  de  l'après-midi,  y  compris  une  heure  d'ajournement  à  midi;  et  constatant 
qu'il  était  nécessaire  d'entendre  d'autres  témoignages,  il  se  réunit  le  3  juillet  à 
Springhill,  où  il  entendit  des  témoignages  ce  jour-là  de  10  heures  du  matin  à  5 
heures  de  l'après-midi,  y  compris  un  ajournement  à  midi;  et  il  se  réunit  le  5  juil- 
let à  9  heures  du  matin  pour  délibérer  et  faire  un  rapport. 

Les  deux  points  en  litige  sont  énoncés  dans  la  requête  ou  plainte  des  em- 
ployés et  dans  la  réplique  de  la  couronne,  document  qui  a  été  transmis  par  le 
ministère  du  Travail  et  qui  est  renvoyé  sous  ce  pli,  et  aussi  dans  les  témoignages; 
mais  l'on  se  propose  de  les  traiter  plus  particulièrement. 

1.  Relativement  à  la  demande  d'une  compensation  additionnelle  pour  le  tra- 
vail de  six  hommes  dans  le  puits  14-  (\o  la  galerie  de  2.600  pieds  pour  croiser  une 
contre-galerie  abandonnée  et  effondrée,  il  a  été  prouvé  que  le  travail  était  difficile  et 
dangereux  et  qu'il  nécessita  une  perte  de  temps  pour  éviter  les  pierres  qui  tom- 
baient; de  plus,  que  l'étendue  des  travaux  était  plus  considérable  que  d'ordinaire 
et  qu'il  fallait  plus  d'étayement. 

C'était  un  travail  exceptionnel,  et  la  somme  accordée  par  M.  McSaveny,  le 
gérant  intérieur,  n'était  pas  suffisante.  Le  bureau  recommande  que  cette  somme 
soit  augmentée  de  soixante-douze  6%oo  dollars.  Il  peut  se  faire  que  ce  total 
dépassera  ce  que  le  travail  aurait  coûté  s'il  y  avait  eu  un  contrat  spécial.  Les 
hommes  ont  peut-être  agi  comme  s'ils  devaient  être  rénumérés  d'après  le  temps 
consacré  au  travail,  et  l'administration  était  guidée  par  la  théorie  que  le  travail 
devait  être  rémunéré  d'après  le  mesurage  et  une  indemnité  additionnelle,  et  elle 
fit  probablement  ses  calculs  en  conséquence.  Ceci  ne  doit  pas  être  pris  comme 
précédent  quant  au  mode  de  calculer  la  compensation  pour  un  travail  de  cette 
nature. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  275 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

C'était  en  réalité  une  chose  qui  devait  faire  l'objet  d'un  contrat  spécial,  le 
cas  étant  exceptionnel,  comme  le  prouvent  les  hommes.  Quant  au  différend,  il 
est  probable  que  Hargraves  et  McSaveny  avaient  raison  (ils  avaient  certaine- 
ment raison  dans  le  sens  de  la  loi)  en  enlevant  à  Hall  et  Héron  la  tâche  à  laquelle 
ils  travaillaient  (à  moins  qu'il  y  eût  erreur  dans  la  constatation),  sur  la  plainte 
que  fit  Morris  à  Hargraves  et  à  McSaveny  ;  il  est  aussi  probable  que  les  deux  hom- 
mes mentionnés  en  premier  lieu  furent  la  cause  de  la  lenteur  des  travaux,  et  le 
comité  à  probablement  erré  en  demandant  la  réintégration.  Le  comité  a  pu 
naturellement,  consacré  plus  de  temps  à  s'enquérir  de  la  plainte  que  ne  pouvait 
raisonnablement  le  faire  Hargraves  ou  McSaveny.  Celui-ci  jure  "  qu'il  a  fallu 
quatre  heures  à  deux  hommes  pour  transporter  cinq  pièces  de  bois  sur  une  dis- 
tance de  90  pieds",  et  plus  d'une  fois  il  se  plaignit  aux  hommes  de  leur  ouvrage. 
Puis  probablement  que  Hargraves,  en  réintégrant  les  hommes  à  la  demande 
du  comité  tout  en  les  avertissant  qu'ils  n'auraient  pas  de  taux  spéciaux,  a  com- 
mis une  erreur  de  jugement.  Mais  il  a  pu  croire  plus  sage  de  céder  dans  cette 
mesure.  Et  les  hommes  et  le  comité,  quand  ils  furent  avertis  qu'ils  feraient  le 
travail  sans  indemnité,  ont  probablement  erré  en  croyant  qu'ils  avaient  le  droit  de 
continuer,  même  de  croiser  la  contre-galerie,  comme  s'il  y  avait  eu  un  contrat  spé- 
cial ou  comme  s'ils  devaient  être  payés  à  la  journée.  Mais  le  comité  se  présente 
maintenant  (  du  moins  c'est  ce  que  fait  M.  Hodge)  et  dit  qu'ils  ont  compris  que 
l'avertissement  de  M.  Hargraves  ne  s'appliquait  qu'au  travail  dans  la  contre-gale- 
rie. C'est  ce  qu'ils  ont  compris.  Mais  le  fait  est  que  les  deux  parties  auraient  dû 
chercher  à  faire  un  contrat  spécial  au  lieu  de  chacune  procéder  à  son  choix. 

A  la  fin  M.  McSaveny  leur  accorda  $1  par  pied  pour  la  pierre  et  ajouta  cin- 
quante pour  cent  à  cause  de  la  nature  exceptionnelle  du  travail,  mais  il  n'a  pro- 
bablement pas  ajouté  assez  pour  ce  travail  exceptionnel. 

L'on  a  soulevé  l'objection  que  moins  de  dix  employés  étaient  intéressés 
dans  cette  demande  de  compensation  pour  six  hommes.  Mais  le  litige  semble 
plus  vaste  que  la  question  de  compensation.  Qu'il  tombe  ou  non  sous  le  coup  de 
la  loi,  la  compagnie  acceptera  sans  doute  la  recommandation  du  bureau. 

Pour  résumer,  les  six  hommes  devraient  toucher  la  somme  précédemment 
indiquée,  et  c'est  ce  qui  est  recommandé. 

PIERRE   LOCALE. 

Le  19  avril  1890  il  fut  fait  entre  un  nommé  H.  Swift,  représentant  la  Cum- 
oerland  Railway  and  Coal  Company,  à  responsabilité  limitée,  et  un  nommé  A.  D. 
Ferguson,  représentant  les  employés  membres  de  la  Pioneer  Lodge,  un  arrange- 
ment qui  stipulait  entre  autres  chose  ce  qui  suit: — 

"Il  est  convenu  que  dans  les  lieux  étroits  le  prix  de  la  pierre  sera  calculé  an 
taux  de  cinq  cents  le  pouce."  Cet  article  de  l'arrangement  n'offre  pas  de  matière 
à  controverse.  Mais  celui-ci  en  offre:  "Il  est  convenu  que  pour  la  pierre  de 
piliers,  lorsque  la  pierre  dépasse  quatre  pouces  en  un,  deux  ou  trois  lits,  le  prix 
sera  calculé  au  taux  de  quatre  cents  le  pouce.  Ceci  doit  être  calculé  d'après  le 
prix  à  la  boîte".  Il  est  évident  qu'il  y  a  des  difficultés  à  calculer  la  compensa- 
tion si  non  à  mesuré  la  pierre.  M.  Matthews  a  fait  voir  les  difficultés  par  des 
diagrammes  qu'il  expliqua,  et  il  fit  voir  comment  ce  mode  de  calculer  l'indemnité 
pour  la  pierre  donnait  lieu  à  des  différends. 

Il  paraît  qu'après  que  ce  système  de  calcul  de  la  compensation  pour  la  pierre 
eut  été  mis  à  l'épreuve  pendant  quelque  temps,  il  fut  abondonné  à  cause  des  diffi- 
cultés en  question,  mais  le  principe  de  l'arrangement  ne  fut  pas  abandonné.  Au 
lieu  de  calculer  la  compensation  pour  la  pierre  en  mesurant  au  pouce  et  en  ajou- 
tant cela  au  prix  à  la  boîte  pour  miner  la  houille,  on  adopta  un  taux  moyen,  à  sa- 
voir, une  indemnité  de  deux  cents  la  boîte  pour  la  manutention  de  la  pierre.     On 

36— 18* 


276  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

pris  huit  pouces  comme  largeur  moyenne  du  lit  et  dans  l'ouvrage  de  piliers,  et 
cette  quantité,  au  taux  de  quatre  cents,  s'élève  à  environ  deux  cents  la  boîte.  Le 
calcul  se  trouve  dans  le  témoignage  de  Mathews  et  il  n'est  pas  contesté.  Deux 
cents  furent  adoptés  au  prix  ordinaire  de  la  boîte.  Mathews  a  juré  que  cet  arran- 
gement avait  été  fait  avec  un  comité  et  cela  n'est  pas  nié.  Ce  système  existe 
depuis  des  années,  et  dans  l'ouvrage  de  piliers  la  pierre  n'a  pas  été  mesurée. 

La  chose  a  aussi  ses  désavantages.  Si  la  pierre  était  exactement  uniforme,  ou 
si  l'exportation  pouvait  se  faire  de  façon  à  ce  que  chaque  employé  eut  à  manier 
une  quantité  proportionnelle  de  pierre,  tous  seraient,  sans  doute,  satisfaits.  Il  y 
a  une  autre  difficulté;  le  prix  de  la  boîte  pour  l'extraction  de  la  houille  (indépen- 
damment de  cette  question  de  pierre)  varie  parfois.  Les  employés  peuvent,  à 
cause  de  l'épaisseur  de  la  veine,  faire  de  meilleures  gages,  et  puis,  l'administra- 
tion peut  diminuer  le  prix.  Si  c'est  autrement  et  que  la  houille  devienne  plus 
dure  à  miner,  les  employés  peuvent  demander  un  taux  plus  élevé.  A  cause  de  ces 
variations,  il  est  probable  que  les  ouvriers  peuvent  se  trouver  dans  la  confusion 
quant  à  savoir  si  les  deux  cents  par  boîte  de  pierre  sont  réellement  inclus  dans  le 
prix  courant  de  la  boîte. 

En  tant  qu'on  a  pu  le  constater  dans  le  passé,  les  deux  cents  ont  été  ajoutées 
ou  inclus  dans  le  prix. 

Lorsque  les  employés  ont  gagné  cet  arrangement,  et  cela  rien  qu'après  une 
grande  grève,  on  ne  peut  guère  s'imaginer  qu'ils  ont  manié  de  la  pierre  sans  com- 
pensation. Us  surveillent  de  trop  près  et  avec  raison  leurs  droits  pour  que  cela 
arrive.  Qu'on  ait  rencontré  de  la  pierre,  la  preuve  le  démontre,  particulièrement 
le  témoignage  de  Mathews  et  les  extraits  des  livres  de  la  compagnie. 

Les  extraits  de  1  à  7  inclusivement,  des  livres  de  la  compagnie,  annexés  au 
témoignage  de  W.  D.  Mathews,  démontrent  que  dans  des  lieux  étroits  (ce  qui 
s'élève  de  20  à  25  pour  100  de  toute  la  veine)  les  hommes  ont  extrait  de  la  pierre 
à  différentes  périodes  de  1891  à  aujourd'hui.  Il  est  aussi  démontré  que  de  la 
pierre  a  été  extraite  dans  différentes  parties  de  la  mine,  comme  le  font  voir  les 
extraits  des  livres,  à  savoir: — 

Les  galeries  de  800  et  1,300  pieds  est  et  ouest,  descenderie  n°  3,  1891,  la  gale- 
rie de  1900  pieds  est  et  ouest,  descenderie  n°  1,  différents  mois  en  1892  et  1893, 

Les  galeries  de  1,300  pieds  et  de  1,900  pieds  est  et  ouest,  descenderie  n°  3, 
différents  mois  en  1892  et  1893. 

Les  galeries  de  800  et  de  1,300  pieds,  est  et  ouest,  descenderie  n°  3,  1893, 
numéros  1  et  2  balance  de  galerie  de  1,900  pieds,  ouest.  Descenderie  n°  3,  galerie 
de  2,600  pieds,  différents  mois  en  1904;  galeries  de  800  et  de  1,300  pieds,  descen- 
derie n°  3,  d'un  bout  de  l'année  à  l'autre  en  1894.  La  galerie  de  2,600  pieds,  veine 
du  haut,  descenderie  n°  3  est,  d'un  bout  de  l'année  à  l'autre  en  1904. 

La  galerie  de  3,200  pieds  est,  veine  du  bas,  d'un  bout  de  l'année  à  l'autre  en 
1904. 

La  galerie  de  2,400  pieds,  veine  de  l'ouest,  descenderie  n°  2,  certains  mois  en 
1904,  et  aussi  en  décembre  1900. 

La  pierre  dans  les  lieux  étroits  est  mesurée  et  payée  au  pouce.  Il  en  est 
ainsi  tenu  compte. 

Mathews,  dans  son  témoignage,  dit: — 

"  D'après  les  plans  et  les  livres  la  position  des  hommes  peut  être  indiquée, 
de  sorte  que  d'après  le  mesurage  de  la  pierre  dans  les  lieux  étroits  on  peut  cons- 
tater quelle  était  l'épaisseur  de  la  pierre  dans  le  travail  de  piliers." 

Plus  tard  il  dit:— 

"Q.  Chaque  fois  que  dans  ces  listes  de  prix  on  rencontre  une  indemnité  pour 
de  la  pierre  dans  les  lieux  étroits,  la  même  étendue  de  pierre  se  trouve  dans  les  pi- 
liers voisins,  d'une  épaisseur  correspondante? 

K.  Oui. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  277 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Q.  De  sorte  qu'étant  donné  un  point  sur  le  plan,  où  l'on  a  accordé  une  com- 
pensation pour  de  la  pierre  extraite  dans  un  lieu  étroit,  vous  pouvez  dire  combien 
de  pierre  on  doit  accorder  dans  un  ouvrage  de  pilier  voisin? 

R.  Oui,  monsieur.     Naturellement  le  mesurage  varie  parfois. 

Q.  De  sorte  que  vous  avez  donné  dans  vos  listes  de  prix  ici — je  trouve  de  4  à 
6  pouces  de  pierre — les  chiffres  qui  se  trouvent  dans  vos  listes  de  prix  sont  des 
chiffres  que  vous  obtenez  des  mesurages  que  l'on  a  faits  de  la  pierre  dans  les  lieux 
étroits  ? 

R  Oui. 

Q.  Nous  pouvons  être  sûrs  que  ces  chiffres  proviennent  de  la  pierre  de  lieux 
étroits  ? 

R  Oui. 

Les  listes  A,  B,  C  et  D,  et  les  listes  subséquentes  de  la  pièce  n°  32,  ten- 
dent à  démontrer  que  de  grandes  quantités  de  pierre  ont  été  extraites  des  ou- 
vrages de  pilier,  et  donnent  l'épaisseur  de  la  pierre  et  le  taux  des  gages  gagnés 
par  les  différents  hommes  qui  ont  fait  le  travail. 

Il  est  de  plus  prouvé  par  les  témoignages  que  durant  cette  période  la  pierre 
de  piliers  n'a  pas  été  mesurée  ou  payée  de  cette  façon. 

La  conclusion  à  tirer  est  très  forte,  quasi  irrésistible,  à  savoir,  que  les  hommes 
étaient  rémunérés  pour  la  pierre  extraite  des  ouvrages  de  piliers  au  prix  moyen 
de  2  cents  la  boîte,  après  que  cet  arrangement  eût  été  fait.  Ou  ceci  est  vrai  ou 
ils  n'étaient  pas  du  tout  rémunérés,  ce  qui  est  hors  de  question. 

Les  deux  cents  étaient  toujours  là,  mais  le  taux  par  boîte  pour  l'extraction 
de  la  houille  peut  avoir  varié. 

M.  Moffat  a  prouvé  que  la  demande  en  a  été  faite  par  un  comité  en  avril 
1904,  et  que  la  chose  a  été  consignée  comme  suit: — 

"  La  pierre  des  piliers  sera  payée  COMME  AUTREFOIS,  quatre  cents  le 
pouce  ",  peut  signifier  que  les  employés  croyaient  dans  le  temps  qu'ils  ne  rece- 
vaient pas  d'indemnité  conforme  à  l'arrangement,  ou  qu'ils  cherchaient  à  reve- 
nir au  mesurage  de  la  pierre  de  pilier  au  pouce  et  à  s'assurer  de  la  compensation 
de  cette  façon  plutôt  que  de  prendre  la  moyenne  de  huit  pouces  et  deux  cents 
la  boîte  d'indemnité.  Mais  quelle  qu'en  ait  été  la  signification,  la  preuve  ne  dé- 
montre pas  que  l'on  se  soit  jamais  écarté  du  taux  de  deux  cents.  Et  la  chose 
semble  avoir  été  acceptée  dans  la  suite.  Ceci  doit  se  déduire  aussi  du  cahier  des 
taux  compilés  par  M.  Moffatt.  Voir  page  5  au  sujet  de  la  compagnie.  Bien 
qu'il  donne  un  taux  spécial  pour  la  pierre  des  lieux  étroits,  il  n'en  donne  pas  d'a- 
près mesure  pour  la  pierre  d'ouvrages  de  pilier,  ce  qui  démontre  que  ce  taux  de 
29  à  43  cents  la  boîte  inclut  la  compensation  de  2  cents  la  boîte  pour  la  pierre- 
Personne  ne  connaissait  mieux  que  M.  Moffatt  l'arrangement  du  19  août  1890, 
quant  à  l'indemnité  pour  la  pierre  de  pilier.  Mais  en  faisant  son  travail  de  com- 
pilation il  semble  avoir  pris  comme  acquis  que  cet  item  était  fusionné  avec  le 
taux  de  l'extraction  de  la  houille  qu'il  a  donné. 

La  déclaration  de  M.  Hargreaves  sur  laquelle  on  s'appuie  pour  expliquer  l'ab- 
sence d'inscriptions  dans  les  livres  de  la  compagnie,  indiquant  le  paiement  de  la 
pierre  à  la  mesure,  à  savoir,  que  les  hommes  avaient  des  contrats  démontre  réelle- 
ment la  vérité  de  l'idée  que  le  TAUX  pour  l'extraction  de  la  houille  comprenait 
une  compensation  pour  la  pierre.  Lorsque  le  taux  fut  fixé  avec  les  hommes, 
comme  il  le  fut  par  arrangement,  les  deux  cents  la  boîte  ont  été  pris  comme  ac- 
quis. 

Il  dit:— 

"  Q.  Avez-vous  absolument  mis  de  côté  cet  arrangement?  (à  savoir,  l'arran- 
gement du  19  août  1890.) 

R.  Il  n'y  avait  pas  d'arrangement  mentionné  relativement  aux  puits  de  1,300 
pieds,  ces  travaux  furent  pris  à  l'entreprise,  et  chaque  équipe  d'hommes  qui  a 
pris  le  contrat  nommait  ses  propres  hommes. 


278  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Q.  Le  tout  était-il  donné  à  l'entreprise? 

R.  Une  bonne  partie. 

La  compagnie,  dans  sa  réponse  à  la  demande  au  sujet  de  la  pierre  locale, 
formula  une  seconde  réponse  en  sus  de  celle  que  l'on  vient  de  commenter,  à  savoir, 
qu'il  y  avait  un  arrangement  spécial  qui  portait  obstacle  à  la  demande  d'une 
autre  augmentation  pour  la  pierre.     Voici: — 

"  2.  La  compagnie  dit  que  la  présente  requête  demandant  le  paiement  de  la 
pierre  dans  les  ouvrages  de  pilier  est  une  rupture  de  l'arrangement  précis  fait 
entre  l'administration  et  les  hommes.  Un  arrangement  fut  fait  il  y  a  environ 
deux  ans  en  vertu  duquel  la  somme  de  trente-huit  cents  la  boîte  devait  être  payée 
pour  les  ouvrages  de  pilier  au-dessus  de  la  galerie  de  2,600  pieds  jusqu'à  la  sortie  à 
partir  à  peu  près  du  puits  n°  35  jusqu'au  fond.  Cet  arrangement  devrait  être 
maintenu  jusqu'à  ce  que  tous  les  piliers  soient  faits  dans  cette  galerie. 

Un  arrangement  semblable  fut  fait  pour  les  ouvrages  de  pilier  sur  la  galerie 
de  3,200  pieds  à  partir  du  puits  n°  9  jusqu'au  fond,  pour  la  somme  de  trente-six 
cents  la  boîte.  Lorsque  ces  taux  furent  fixés,  compensation  a  été  faite  dans  le 
prix  à  la  boîte  pour  la  pierre  de  pilier. 

Malheureusement  il  y  a,  quant  à  cette  réponse,  conflit  dans  les  témoignages. 

Premièrement,  quant  à  la  galerie  de  2,600  pieds. 

Le  taux  par  boîte  pour  les  ouvrages  de  pilier  avait  été  de  36  cents. 

Pour  le  puits  n°  35  une  demande  de  quatre  cents  par  boîte  de  plus  fut  faite. 
Ceci  amena  l'administration  à  arrêter  les  travaux  dans  ce  puits.  Sur  ce  un  comité 
s'aboucha  avec  l'administration  et  l'on  tenta  de  faire  un  arrangement  spécial  au 
sujet  duquel  le  litige  existe.  On  convint  de  38  cents  non  seulement  pour  le  puits 
n°  35,  prétend  l'administration,  mais  du  puits  n°  35  jusqu'au  fond,  et  il  est  cer- 
tain que  cette  question  fut  débattue.  Les  employés  prétendent  de  leur  côté  que 
l'arrangement  ne  fut  conclu  que  pour  le  puits  n°  35,  et  que  tout  le  reste  jusqu'au 
fond  fut  laissé  sans  arrangement. 

Relativement  à  la  galerie  de  3,200  pieds,  il  existe  un  conflit  semblable  à  l'en- 
droit ou  un  arrangement  verbal  fait  entre  un  comité  des  employés  et  l'administra- 
tion, à  savoir,  si  un  taux  de  36  cents  la  boîte  ne  s'appliquait  qu'au  n°  9  et  que 
le  reste  était  laissé  sans  arrangement  comme  le  prétendent  les  employés,  ou,  si 
cela  s'appliquait  aussi  au  n°  9  jusqu'au  fond,  comme  le  prétend  la  compagnie. 

Il  semble  inutile  de  décider  du  conflit  qui  existe  dans  la  preuve  à  ce  sujet. 

La  compagnie  paraît  ne  s'être  appuyée  sur  cette  question  qu'à  titre,  tout 
simplement,  de  supplément  à  sa  réponse  principale,  et  il  a  été  constaté  que  cette 
réponse  principale  était  appuyée  par  la  preuve. 

Conclusion:  l'arrangement  du  19  août  1890,  qui  pourvoit  à  une  compensa- 
tion pour  la  pierre  des  piliers,  tel  que  modifié  par  l'arrangement  verbal  subsé- 
quemment  accepté  depuis  longtemps,  comportant  que  le  calcul  de  la  compensation 
pour  la  pierre  devait  être  fait  en  adoptant  une  largeur  moyenne  de  8  pouces, 
quand  il  y  avait  de  la  pierre  dépassant  4  pouces,  et  accordant  un  taux  régulier  de 
deux  cents  la  boîte,  n'a  pas  été  enfreint  par  la  compagnie,  et  la  dite  modification 
ne  l'a  pas  été  non  plus,  mais  le  tout  est  mis  en  vigueur. 

La  demande  et  la  prétention  des  employés  quant  à  la  pierre  locale  devraient 
être  renvoyées. 

Inclus  se  trouvent  les  témoignages,  les  pièces  produites  et  les  plans  employés 
dans  cette  cause. 

Respectueusement  soumis, 

(Signé)       WALLACE  GRAHAM, 
Springhill,  Président. 

4  juillet  1907.  (Signé)       PETER    S.    ARCHIBALD. 

A  l'honorable  M.  Rodolphe  Lemieux, 
Ministre  du  Travail, 
Ottawa. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  279 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

RAPPORT  DE  LA  MINORITÉ. 

Le  rapport  de  la  minorité  présenté  au  ministre  du  Travail  par  M.  R.  B.  Murray, 

se  lit  comme  suit: — 

Springhill,  18  juillet  1907. 
A  l'honorable  M.  Rodolphe  Lemieux, 
Ministre  du  Travail, 
Ottawa. 
Monsieur, 

Dans  l'affaire  de  la  requête  de  la  Pioneer  Lodge  No.  1,  P.W.A.,  demandant 
de  soumettre  les  deux  litiges  pendants  entre  la  dite  loge  et  la  Cumberland  Rail- 
way  and  Coal  Company  à  un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  sous  l'empire 
de  la  "loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  de  1907".  Le  soussi- 
gné ayant  été  nommé  membre  de  ce  bureau  sur  la  recommandation  des  employés, 
soumet  respectueusement  le  rapport  qui  suit: — 

I. — l'affaire  de  la  contre-galerie. 

Dans  l'opinion  du  soussigné,  il  y  a  eu  une  preuve  suffisante  soumise  au  bu- 
reau pour  démontrer  qu'il  n'y  avait  pas  eu  de  contrat  de  passé  pour  cet  ouvrage 
en  particulier,  et  les  six  hommes  intéressés  ont  déclaré  sous  serment  qu'ils  étaient 
sous  l'impression,  attendu  qu'aucun  des  fonctionnaires  de  la  compagnie  ne  leur 
avait  fait  entendre  autre  chose,  que  le  taux  de  solde  pour  le  croisement  de  la 
contre-galerie  serait  le  même  que  pour  la  houille  plus  bas,  à  savoir,  $2,  plus  22 
pour  10  par  jour.  Ils  ont  été  payés  au  prix  de  contrat,  qui,  d'après  la  preuve, 
leur  a  rapporté  net  $1,01J  plus  22  pour  100.  Tenant  compte  de  la  nature  spé- 
ciale, exceptionnelle  et  hasardeuse  de  cet  ouvrage,  comme  l'ont  révélé  les  témoi- 
gnages des  hommes  intéressés,  ainsi  que  les  témoins  Seaman  Terris,  D.  C. 
Matheson  et  William  Hodge,  et,  dans  une  certaine  mesure,  du  gérant  intérieur 
McSaveny,  et  prenant  également  en  considération  l'absence  d'un  contrat  préala- 
ble, le  soussigné  est  d'avis  que  ce  "  travail  mort  "  soit  payé  au  taux  de  solde  qui 
existe  à  Springhill  pour  les  mineurs  quand  ils  sont  à  la  tâche,  soit  $2  plus  22  pour 
100. 

Je  recommande  donc  qu'on  accorde  et  qu'on  remette  aux  six  hommes  inté- 
ressés, dans  la  proportion  des  tâches  qu'ils  ont  respectivement  exécutées,  la  somme 
de  $72.60.  Cette  somme,  ajoutée  à  ce  qu'ils  ont  déjà  touché,  porterait  leur  solde 
pour  leurs  travaux  dans  la  contre-galerie  à  $2  plus  22  pour  100  par  jour,  ce  qui 
est  le  chiffre  que  la  loge  a  primitivement  demandé  pour  eux. 

La  compagnie  ayant  prétendu  que  le  bureau,  à  l'endroit  de  l'affaire  susdite, 
n'avait  pas,  aux  termes  de  la  loi,  le  pouvoir  de  l'instruire,  le  soussigné  est  d'avis, 
sous  l'empire  de  l'article  21  de  la  loi,  que  si  par  le  fait  de  ne  pas  arriver  à  un 
règlement  entre  patrons  et  ouvriers,  relativement  à  une  affaire  qui  n'intéresse 
directement  que  les  six  hommes,  il  se  trouve  que  probablement  dix  ou  plus  sont 
immédiatement  ou  subséquemment  atteints,  la  référence  de  ce  litige  tombe, 
de  l'avis  du  soussigné,  très  justement  sous  le  coup  de  la  loi. 

11^ — l'affaire  de  la  pierre  locale. 

Cette  affaire  est  d'une  vaste  importance,  et  c'est  avec  regret  que  le  soussigné 
ne  peut  consigner  le  fait  que  les  membres  du  bureau  ont  pu  en  venir  à  une  décision 
unanime  à  son  égard.  La  preuve  apportée  dans  l'affaire  était  variée,  volumi- 
neuse et  contradictoire.  Un  fait  fondamental  se  dégage  d'une  façon  marquée, 
c'est-à-dire  l'arangement  Fielding,  ainsi  appelé,  conclu  entre  la  compagnie  et  la 
loge  au  mois  d'août  1890.  Dans  cet  arrangement  il  est  "convenu"  entre  autres 
chose  "  qu'en  matière  de  pierre  de  pilier  lorsque  et  tant  que  la  pierre  dépasse 


280  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

quatre  pouces  dans  un,  deux  et  deux,  ou  trois  et  un  lits,  l'ouvrage  sera  payé  au 
taux  de  4  cents  le  pouce". 

Il  paraît  que  peu  de  temps  après  la  compagnie  prétendit  qu'il  était  difficile  de 
mesurer  la  pierre,  et  M.  Swift,  le  gérant  d'alors  accorda  aux  hommes  travaillant 
dans  ce  qui  était  connu  sous  le  nom  de  descenderie-est,  un  équivalent  de  2  cents 
pour  chaque  boîte  de  charbon. 

Il  paraît  de  plus  qu'après  que  la  soi-disante  descenderie  est  fut  pratique- 
ment abandonnée  et  que  le  montage  du  charbon  eut  cessé  dans  ce  lieu,  la  question 
du  paiement  de  la  pierre  des  piliers  ne  fut  pas  soulevée  avant  aujourd'hui,  atten- 
du qu'on  prétend  au  nom  des  employés  qu'à  l'exception  peut-être  de  quelques  cas 
isolés,  il  n'a  pas  été  extrait  de  pierre  de  pilier  dans  les  galeries  en  exploitation. 

La  preuve  démontre  et  la  chose  est  admise  par  les  deux  parties  en  litige,  que 
dans  les  piliers  du  côté  ouest  des  galeries  de  2,600  pieds  et  de  3,200  pieds  dans  la 
descenderie  n°  3  à  une  certaine  distance,  la  compagnie  a  eu  pour  coutume  de  ne 
prendre  que  la  couche  supérieure  de  la  houille,  laissant  là  le  lit  de  pierre  qui 
existait  vers  le  milieu  de  la  veine  pour  servir  de  pavé;  la  couche  ou  veine  infé- 
rieure pour  servir  de  pavé;  la  couche  ou  veine  inférieure  de  houille  des  piliers 
intérieurs  de  ces  galeries  n'a  pas  été  extraite. 

Travaillant  dans  le  sens  du  fond  de  la  descenderie,  la  veine  inférieure  en 
question  est  devenue  plus  dure  et  d'une  meilleure  qualité.  Pour  cette  raison  et 
pour  d'autres  la  compagnie  fit  extraire  toute  .la  hauteur  de  la  veine,  y  compris  le 
lit  de  pierre.  Cette  pierre  se  trouve  dans  tous  les  piliers  du  côté  ouest  de  la  des- 
cenderie n°  3,  dans  les  galeries  de  2,600,  3,200  et  3,800,  augmentant  en  épaisseur 
à  mesure  qu'elle  approche  le  fond  de  la  descenderie  principale;  du  côté  est  de  la 
descenderie  la  pierre  est  d'une  telle  hauteur  qu'il  faut  travailler  la  houille  en  deux 
veines  séparées. 

En  résumé,  le  différend  entre  les  deux  parties  a  surgi  parce  que  le  patron 
a  ordonné  d'extraire  de  certains  arrondissements  toute  la  hauteur  de  la  veine,  y 
compris  le  lit  de  pierre  dans  tous  les  piliers  des  galeries  de  2,60  et  3,200  pour  un 
certain  prix  et  cela  jusqu'au  fond.  Ces  arrondissements  et  ces  prix  étaient,  pour 
la  galerie  de  2,600  à  partir  du  puits  n°  35,  38  cents  Ja  boîte,  et  dans  la  galerie  de 
3,200  à  partir  du  puits  n°  9,  36  cents  la  boîte,  la  compagnie  prétendant  que  ces 
prix,  soit  38  cents  et  36  cents  respectivement  pour  les  arrondissements  nommés, 
avaient  été  convenus  entre  elle  et  les  employés,  et  qu'ils  comprenaient  l'extraction 
de  la  pierre  des  piliers. 

A  cette  prétention  les  employés  donnent  une  dénégation  catégorique  et  main- 
tiennent que  les  prix  de  38  cents  et  de  36  cents  la  boîte  dans  les  galeries  de  2,600 
et  de  3,200  pieds  ne  s'appliquaient  qu'à  certains  arrondissements,  c'est-à-dire  38 
cents  pour  les  piliers  au-delà  du  puits  35  dans  la  galerie  de  2,600  pieds  et  36 
cents  pour  les  piliers  au  delà  du  puits  35  dans  la  galerie  de  2,600  pieds,  et  36 
prix  pour  tous  les  piliers  de  ces  galeries  à  partir  des  puits  nommés  jusqu'au  fond 
devaient  être  laissés  en  suspens.  Comme  on  n'avait  jamais  avant  extrait  de  la 
pierre  de  pilier  de  ces  galeries,  il  ne  fut  pas  question  de  l'affaire,  et  dans  l'arran- 
gement dont  parle  la  compagnie  et  où  ces  prix  furent  fixés,  la  pierre  locale  n'a 
pas  été  mentionnée. 

Dans  le  but  d'arriver  à  bien  comprendre  cette  affaire,  il!  faut  se  poser  deux 
questions  : — 

1.  La  compagnie  est-elle  encore  tenue,  par  l'arrangement  Fielding,  à  payer 
pour  la  pierre  locale  dans  l'ouvrage  de  pilier? 

2.  La  compagnie  paie-t-elle  pour  cette  pierre  locale? 

La  première  question  peut  se  régler  bien  vite  à  l'aide  de  la  décision  unanime 
du  bureau  et  de  l'admission  de  la  compagnie,  lesquels  déclarent  que  l'arrange- 
ment Fielding,  ainsi  appelé,  est  encore  en  pleine  vigueur.  S'il  en  est  ainsi,  la 
conclusion  est  toute  naturelle,  à  savoir,  que  la  pierre  de  pilier  sera  payée  d'après 
la  base  mentionnée  dans  cet  arrangement. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  281 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Quant  à  la  seconde  question,  la  preuve  semble  indiquer  deux  faits: — 

(a)  Pendant  un  certain  temps,  et  lorsqu'il  y  avait  de  la  pierre  dans  les  pi- 
liers de  la  descenderie  est,  cette  pierre,  sous  l'administration  de  M.  Swift,  était 
payée  de  deux  manières  et  à  différents  prix.  John  Fletcher,  l'un  des  témoins  de 
la  compagnie,  a  déposé  qu'il  a  été  payé  pour  la  pierre  de  son  pilier  l'équivalent 
de  2  cents  pour  chaque  boîte  de  houille,  et  dans  son  contre-interrogatoire  on  lui 
demanda  quelle  était  l'épaisseur  de  la  pierre  de  son  pilier,  et  il  répondit:  "8 
pouces  ".  Fletcher  dit  qu'après  il  travailla  dans  la  descenderie  du  nord,  mais 
qu'il  n'y  trouva  pas  de  pierre  et  qu'il  n'a  été  payé  pour  la  pierre  que  dans  la  des- 
cenderie de  l'est  où  elle  existait. 

D'un  autre  côté,  D.  C.  Matheson  et  Edgar  Harrison,  témoins  de  la  loge,  ont 
clairement  déclaré  que  lorsqu'ils  ont  été  payés  pour  la  pierre  de  piliers,  on  com- 
mença par  la  mesurer,  puis  ils  touchèrent  l'équivalent  de  ce  mesurage,  soit  de  2£ 
et  3  cents  la  boîte. 

(b)  Au  cours  du  témoignage  rendu  le  23  mai  par  W.  D.  Matthews,  sous- 
gérant,  il  dit  à  un  endroit:  "d'après  ce  que  je  me  rappelle,  les  hommes  n'ont  en 
aucun  temps  demandé  comme  corps  une  augmentation  de  prix  de  la  boîte,  parce 
que  la  pierre  locale  était  plus  embarrassante  que  lorsque  le  prix  était  fixé.  La 
pierre  n'a  jamais  été  prise  en  considération."  Puis  il  dit  encore:  "Depuis  1890, 
alors  que  fut  conclu  l'arrangement  entre  M.  Swift  et  la  loge,  les  galeries  de  1,300 
pieds,  de  1,900  pieds  et  de  2,600  pieds,  ainsi  que  les  galeries  de  3,200  pieds  et  de 
3,800  pieds,  ont  été  exploitées  et  il  n'a  rien  été  accordé  pour  la  pierre  locale  de 
quelqu'une  de  ces  galeries  soit  sous  forme  de  prix  définis  par  boîte  ou  sous  forme 
de  mesurage  d'ouvrage  de  piliers".  Et  plus  loin  il  dit:  "et,  depuis  cette  époque 
(1890),  dans  tous  les  débats  au  sujet  des  prix,  la  question  de  la  manutention  de 
la  pierre  de  pilier  n'a  jamais  été  mentionnée  et  la  chose  n'a  jamais  été  payée." 

M.  Hargreaves,  le  gérant  de  la  compagnie,  déclare  entre  autre  choses  dans 
son  témoignage  :  "  dans  le  règlement  du  prix  de  l'ouvrage  de  pilier,  la  pierre  n'a 
jamais  été  prise  en  considération." 

La  compagnie  a  déposé  devant  le  bureau  une  somme  considérable  de  preuve 
à  l'appui  sous  forme  de  listes,  de  livres  et  d'états,  et  a  essayé  d'établir  par  ces  do- 
cuments que  cette  pierre  de  pilier  avait  toujours  été  payée,  même  dans  de  grands 
arrondissements  et  pendant  longtemps,  là  où  elle  n'existait  pas. 

En  présence  d'un  désaccord  aussi  marqué  entre  les  témoignages  des  parties 
au  litige,  après  mûre  considération  des  faits,  le  soussigné  se  croit  justifiable  de 
mettre  en  doute  le  plaidoyer  de  la  compagnie,  à  savoir  que  l'augmentation  de  2 
cents  établie  par  M.  Swift  en  1890  au  lieu  du  mesurage  de  la  pierre  de  pilier  est 
restée  en  vigueur  et  a  été  payée  pendant  ce  grand  nombre  d'années,  particulière- 
ment dans  ces  parties  considérables  des  différentes  mines  où  la  pierre  n'existait 
pas.  Il  est  impossible  de  croire  qu'une  corporation  d'affaire  comme  la  compagnie 
sous  la  direction  d'un  homme  de  l'habilité  marquée  de  M.  Cowan,  continue  de 
payer  de  l'argent  d'année  en  année  sous  forme  d'indemnité  pour  de  la  pierre  qui 
n'existait  pas  ou  lorsque  paiement  pour  cette  pierre  n'a  jamais  été  demandé  dans 
ces  années  dernières  par  quelqu'un  des  employés. 

Vu  ce  qui  précède,  le  soussigné,  animé  d'un  esprit  de  justice,  est  d'avis  que  la 
compagnie  ne  verse  aucun  argent  pour  la  pierre  locale  de  pilier  de  la  mine  n°  3, 
et  que  l'on  ne  se  conforme  pas  à  l'esprit  de  l'arrangement  Eielding. 

Le  soussigné  ne  peut  s'empêcher  de  rappeler  aux  deux  partis  en  litige  que  la 
prospérité  de  la  société  dépend  presque  totalement  des  relations  qui  existent  entre 
elles;  si  elles  font  en  sorte  de  s'entendre  et  de  travailler  en  harmonie,  leurs  pro- 
pres intérêts  et  les  intérêts  de  milliers  d'autres  qui  comptent  sur  elles  en  béné- 
ficieront, mais  la  continuation  des  luttes  ouvrières  qui  ont  si  fréquemment  milité 
contre  Springhill  dans  le  passé  contribuera  à  détruire  le  stabilité  de  la  ville. 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Le  soussigné  espère  sincèrement  que  la  sentence  du  bureau  dans  les  causes 
qui  ont  fait  l'objet  de  l'enquête  sera  volontiers  reçue  et  acceptée  par  les  parties 
intéressées. 


(Signé)         R.  B.  MURRAY. 


Springhill,  4  juillet. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  283 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


VI.— REQUETE  DES  DEBARDEURS  DE  MONTREAL^-INSTITUTION  D'UN 
BUREAU— LA  REFERENCE  SOUS  L'EMPIRE  DE  LA  LOI  PRECEDEE 
D'UNE  COURTE  CESSATION  DE  L'OUVRAGE. 

Le  25  mai  le  ministère  reçut  de  la  part  des  débardeurs  de  Montréal  une  requête 
demandant  l'institution  d'un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  pour  le  règlement 
de  différends  entre  les  Débardeurs  et  les  Ouvriers  de  Transport  Maritime  d'Amérique, 
Union  locale,  n°  373,  et  la  Fédération  Maritime  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer 
Pacifique-Canadien.  La  requête  était  signée  par  MM.  John  Ryan  et  William  Mans- 
field,  respectivement  président  et  secrétaire  de  l'Union  locale  n°  373,  et  elle  déclarait 
que  l'Union  représentait  1,200  hommes  sur  le  total  de  1,600  débardeurs  employés  dans 
le  port  de  Montréal.  Le  différend  avait  trait  aux  gages  ;  les  hommes  demandaient  une 
augmentation  de  5  cents  de  l'heure,  jour  et  nuit  sur  le  prix  existant  de  25  cents  de 
l'heure  et  30  cents  de  l'heure  la  nuit.  Le  ministre  du  Travail  ayant  décidé  d'instituer 
un  bureau,  nomma  comme  membres  de  ce  bureau  M.  Joseph  Ainey,  choix  des  hom- 
mes, et  M.  G.  W.  Stephens,  choix  des  compagnies  de  steamers.  MM.  Ainey  et 
Stephens  recommandèrent  collectivement  Sa  Grandeur  Mgr  l'Archevêque  Bruchesi 
comme  troisième  membre  et  président  du  bureau,  et  le  10  juin  Sa  Grandeur  fut  dû- 
ment nommé  président  du  bureau. 

On  doit  faire  remarquer  qu'antérieurement  à  l'institution  du  bureau  il  y  avait 
eu  une  grève  de  quelques  jours  de  durée  qui  avait  nécessité  certaines  démarches  de 
la  part  du  ministère  du  Travail.  Le  14  mai,  le  ministère  reçut  du  secrétaire  de  la  Fé- 
dération Maritime  du  Canada,  un  télégramme  disant  que  les  débardeurs  s'étaient  mis 
en  grève  la  veille  au  soir  et  que  les  différentes  compagnies  maritimes  transmettaient 
des  requêtes  demandant  l'institution  d'un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  aux 
termes  de  la  loi  relative  aux  litiges  industriels,  1907.  Le  15  mai,  le  ministère  reçut 
la  requête  de  la  Fédération  Maritime  du  Canada;  cette  requête  disait  que  les  lignes 
de  steamers  suivantes  étaient  les  patrons  intéressés  dans  le  litige,  savoir:  les  lignes 
Allan,  Donaldson,  Thomson,  Lord,  Dominion,  Leyland.  Hamburg-American,  Man- 
chester, Sud-Africaine,  Mexicaine,  Black  Diamond,  Ilead,  Holme,  Nova  Scotia  Steel 
&  Coal  Co.,  et  la  Compagnie  de  navigation  de  Québec;  tandis  que  l'autre  partie  au 
litige  était  indiquée  comme  étant  les  débardeurs  du  port  de  Montréal.  Les  requérants 
déclaraient  que  le  lundi,  13  courant,  à  11:30  de  l'avant-midi,  la  lettre  suivante  avait 
été  présentée  à  la  Fédération  avec  prière  de  donner  une  réponse  pour  6  heures  du 
soir  : — 

Montréal,  13  mai  1907. 
Messieurs  : — 

Comme  nous  sommes  nommés  pour  nous  aboucher  avec  les  compagnies  de 
navigation  pour  demander  une  augmentation  de  salaire  de  cinq  cents  de  l'heure 
jour  et  nuit,  et  que  nous  représentons  un  corps  des  débardeurs  du  port  de  Mon- 
tréal, nous  avons  l'honneur  de  vous  représenter  que  nous  faisons  cette  demande 
à  cause  de  l'augmentation  du  prix  de  revient  de  l'existence. 


284  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Nous  sommes  prêts  à  signer  un  contrat  pour  cette  saison  pour  garantir  qu'il 
n'y  aura  pas  de  difficulté  à  l'automne  à  ces  taux. 

Hors  cette  demande  nous  ne  serons  pas  responsable  des  actes  des  hommes. 
Nous   espérons   que   vous   prendrez   cette    demande   en   considération.     Nous 
sommes  autorisés  à  demander  une  réponse  avant  6  heures  ce  soir. 
Nous  avons  l'honneur  d'être, 
Vos  serviteurs, 
LES  MEMBRES  DU  COMITE  EXECUTIF, 
201    rue    des    Commissaires, 

Tel.  Bell  Main  1332. 

La  requête  disait  que  les  gens  qui  avaient  présenté  cette  lettre  agissaient  en 
contravention  d'un  arrangement  écrit  alors  en  vigueur  entre  les  compagnies  maritimes 
et  les  débardeurs,  et  qu'on  avait  recommandé  aux  débardeurs  de  bien  examiner  leur 
position  et  de  ne  pas  agir  à  la  hâte.  La  requête  ajoutait:  "Cet  avis  ne  fut  pas 
toutefois  suivi  et  une  grève  fut  inaugurée  vers  les  7  heures  du  soir  le  13  mai.  Depuis 
lors  un  très  grand  nombre  de  débardeurs  ont  cessé  de  travailler,  et  certains  d'entre 
eux  ont  gêné  et  intimidé  d'autres  hommes  de  la  même  catégorie  qui  voulaient  tra- 
vailler." On  déclarait  qu'environ  1,500  débardeurs  et  les  intérêts  du  transport  et 
de  l'industrie  du  pays  étaient  atteints  par  le  litige.  La  requête  était  accompagnée 
des  déclarations  statutaires  voulues  par  la  loi.  Une  copie  de  l'arrangement  entre  les 
compagnies  de  navigation  et  les  débardeurs,  mentionné  dans  la  requête,  fut  produite 
avec  la  requête  comme  Annexe"  B  ".  Le  dit  arrangement  énonçait  les  conditions 
auxquelles  les  débardeurs  continueraient  à  travailler  à  compter  de  la  date  de  l'arran- 
gement, savoir,  le  11  mai  1903,  et  stipulait  que  l'arrangement  resterait  en  vigueur 
jusqu'à  ce  qu'un  mois  d'avis  ait  été  donné  par  écrit  par  une  partie  à  l'autre  de  son 
désir  de  le  modifier,  de  l'amender  ou  de  l'abroger,  mais  cet  avis  ne  devait  pas  être 
donné  entre  les  mois  de  février  et  de  décembre  de  chaque  année.  Le  taux  des  salaires 
nommé  dans  l'arrangement  était  de  25  cents  de  l'heure  pour  le  travail  de  jour,  et  de 
30  cents  pour  le  travail  de  nuit,  et  la  demande  faite  aujourd'hui  par  les  hommes 
comporte  une  augmentation  de  cinq  cents  de  l'heure  le  jour  et  la  nuit  sur  les  taux 
payés  sous  l'empire  de  l'arrangement. 

Le  ministère  reçut  le  15  du  mois,  du  secrétaire  de  la  Fédération  Maritime,  des 
télégrammes  disant  que  copies  de  la  demande  avaient  été  signifiées  au  président  et 
au  secrétaire  de  l'Union  Internationale  des  Débardeurs,  ainsi  qu'à  dix  des  employés 
qui  avaient  cessé  de  travailler. 

Le  greffier  intérimaire  adressa  un  télégramme  à  chacune  des  parties  ainsi  indi- 
quées, disant  que  le  ministre  avait  l'intention  d'instituer  un  bureau  en  réponse  à  la 
requête  reçue,  et  priant  les  officiers  de  l'organisation  de  nommer  sans  retard  un  mem- 
bre du  bureau  et  d'exercer  leur  influence  dans  l'intervalle  pour  amener  les  hommes  à 
retourner  immédiatement  au  travail.  Sur  ordre  du  ministre  le  greffier  intérimaire 
adressa  à  chacune  des  mêmes  personnes  une  lettre  qui  contenait  un  exemplaire  de  la 
loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels.  La  lettre  du  greffier  intérimaire 
se  terminait  par  les  remarques  qui  suivent: — 

"  Le  ministre  désire  que  je  vous  dise  qu'il  comprend  que  la  nouveauté  de 
la  loi  a  probablement  empêché  les  débardeurs  de  Montréal  d'en  connaître  les  dis- 
positions, et  il  est  assuré  que,  sans  cela,  l'ouvrage  n'aurait  pas  cessé,  comme  la 
chose  est  arrivée,  avant  qu'il  y  ait  eu  une  enquête. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  285 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

"  Comme  le  dit  le  télégramme  transmis  en  date  l'aujourd'hui,  1/3  ministre 
me  donne  instruction  de  vons  prier  d'exercer  votre  meilleure  influence  pour 
obtenir  que  les  hommes  retournent  immédiatement  au  travail,  pendant  que  l'enquête 
se  fera  devant  le  bureau,  comme  le  veut  la  loi,  et,  de  plus,  de  vous  donner  l'assu- 
rance que  la  plus  grande  diligence  possible  sera  faite  pour  la  nomination  d'un 
bureau  aux  fins  d'une  enquête." 

Dans  le  but  d'aider  à  la  réalisation  d'un  règlement  du  différend,  le  ministre  du 
Travail  décida  aussi  d'expédier  à  Montréal  le  secrtéaire  du  ministère,  M.  F.  A. 
Acland,  qui,  en  l'absence  du  sous-ministre  du  Travail  relativement  aux  différends  qui 
existaient  dans  le  temps  dans  les  houillères  de  la  Colombie-Britannique  et  de  l'Al- 
berta,  remplissait  les  fonctions  de  sous-ministre.  M.  Acland  avait  instruction  d'ex- 
pliquer aux  débardeurs  les  dispositions  de  la  loi  relative  aux  litiges  industriels,  1907, 
et  de  tâcher  de  persuader  aux  hommes  de  se  conformer  aux  dispositions  de  la  loi  et 
de  reprendre  l'ouvrage  pendant  l'enquête  que  ferait  le  bureau  qui  allait  être  nommé, 
et  généralement  parlant  de  faire  tout  en  son  pouvoir  pour  la  conciliation  des  parties 
contestantes. 

M.  Acland  arriva  à  Montréal  le  16  mai  au  matin,  et  se  mit  immédiatement  en 
communication  avec  la  Fédération  Maritime  et  le  comité  des  hommes,  le  président  de 
ce  comité,  M.  John  Ryan,  président  de  l'Union  locale  des  Débardeurs  Internationaux 
et  des  Travailleurs  du  Transport  Maritime  d'Amérique.  Après  une  conférence  avec 
les  parties  respectives,  il  devint  évident  aux  yeux  du  représentant  du  ministère  que 
les  hommes  n'avaient  qu'imparfaitement  compris  la  nouvelle  loi,  et  que,  vu  que  les 
hommes  avaient  cessé  de  travailler  par  ignorance  des  dispositions  de  cette  loi  il  était 
extrêmement  difficile,  en  présence  de  la  crise,  à  les  amener  à  reprendre  immédiate- 
ment le  travail  et  à  attendre  un  règlement  de  leurs  griefs  par  une  commission  insti- 
tuée sous  l'empire  de  la  loi.  Dans  ces  circonstances,  et  comme  la  perte  pour  le  port 
de  Montréal  durant  chaque  jour  où  les  hommes  s'abstenaient  de  travailler  était  très 
considérable,  M.  Acland  crut  désirable  de  tâcher  de  trouver  une  base  de  conciliation. 
Il  ménagea  d'abord  une  réunion  entre  le  comité  des  hommes  et  la  Fédération  Mari- 
lime.  L'assemblée  eut  lieu  à  2  heures  de  l'après-midi,  16  mai,  au  bureau  de  la  Fédé- 
ration; M.  Acland  y  assistait.  M.  W.  D.  McNicoll,  1er  vice-président  de  la  Compa- 
gnie du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  était  aussi  présent  pour  représenter  les  in- 
térêts de  sa  compagnie. 

Le  résultat  de  la  conférence  fut  que  les  employés  firent  deux  propositions,  la  pre- 
mière concédant,  comme  alternative  d'un  arbitrage,  une  augmentation  immédiate  de 
2£  cents  de  l'heure  à  la  condition  que  les  hommes  retournassent  immédiatement  à 
l'ouvrage;  la  seconde,  concédant  l'augmentation  immédiate  de  2£  cents  de  l'heure  et 
offrant  de  s'en  remettre  aux  dispositions  de  la  loi  pour  le  règlement  du  reste  de  la 
réclamation.  M.  Acland  fut  invité  par  les  hommes  à  porter  la  parole  aux  assemblées 
où  les  propositions  respectives  furent  mises  à  l'étude,  et  chaque  fois  il  expliqua  les 
dispositions  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  de  1907,  et  la 
portée  de  cette  loi  quant  au  litige  actuel.  M.  A.  Verville,  M.P.,  M.  Joseph  Ainey  et 
M.  George  Washington  Stephens,  député  à  la  législature,  et  président  de  la  commis- 
sion du  port  de  Montréal,  adressèrent  également  la  parole  à  différentes  assemblées  des 
hommes,  et  essayèrent  d'arriver  à  un  règlement  de  la  difficulté.  M.  Acland  réussit 
éventuellement  à  convaincre  le  comité  des  hommes  des  avantages  qu'il  y  avait  à  suivre 


286  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
la  marche  tracée  par  la  loi,  mais  le  comité  fit  observer  que,  bien  qu'il  réalisa  lui-même 
la  chose,  il  ne  pouvait  entreprendre  de  convertir  tout  d'un  coup  la  masse  des  hommes 
à  cette  manière  de  voir. 

LA   DEMANDE    DE   LA    FEDERATION    EST   RETIREE. 

Dans  l'intervalle,  le  samedi,  18  mai,  la  Fédération  Maritime  du  Canada  annulait 
toutes  les  propositions  faites  aux  hommes  et  transmettait  au  ministre  du  Travail  un 
télégramme  par  lequel  elle  retirait  sa  requête  demandant  l'institution  d'un  bureau, 
et  dans  une  lettre  en  date  du  22  mai  elle  donnait  les  raisons  pourquoi  elle  en  avait 
agi  ainsi.  Ces  raisons  sont  énoncées  d'une  manière  concise  dans  l'extrait  que  voici 
de  la  lettre  en  question: — 

En  présence  de  la  situation  et  surtout  à  cause  du  fait  que  les  débardeurs  ne 
sont  pas  revenus  au  travail,  et  qu'ils  sont  encore  en  grève  malgré  les  dispositions 
de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  de  1907   (bien  que  les 

hommes  persistent  à  déclarer  qu'ils  ne  sont  pas  en  grève,  et  vu  que  les  deux 
offres  susmentionnées  de  la  Fédération  Maritime  et  de  la  compagnie  du  chemin 
de  fer  Pacifique-Canadien  ont  été  refusées  par  les  débardeurs,  et  de  plus,  vu 
qu'il  est  devenu  nécessaire  d'employer  d'autres  hommes  et  d'entrer  en  arrange- 
ment pour  engager  d'autres  hommes,  il  a  été  décidé  de  vous  télégraphier  ainsi 
qu'au  greffier  pour  nous  désister  de  la  demande  d'un  bureau  de  conciliation 
et  d'enquête,  et  de  vous  écrire  ainsi  qu'au  greffier  pour  confirmer  les  télégrammes, 
ce  qui  a  été  fait. 

AVANCES    DE   LA    PART   DES    HOMMES. 

Le  dimanche,  19  mai,  comme  résultat  d'une  réunion  de  la  branche  locale  de 
l'Union  Internationale,  la  lettre  qui  suit  fut  adressée  à  M.  Acland: — 

Montréal,  19  novembre  1907. 
Monsieur  : — 

Au  nom  de  la  branche  locale  n°  373  de  l'Union  Internationale  des  Débar- 
deurs et  des  Travailleurs  Maritimes  et  de  Transport  d'Amérique,  nous  soussi- 
gnés, vous  autorisons  à  informer  la  Fédération  Maritime  du  Canada  et  le  chemin 
de  fer  Pacifique-Canadien,  que  les  dits  débardeurs,  ayant  eu  le  temps  d'exa- 
miner à  fond  l'offre  du  17  mai  1907,  de  la  Fédération  Maritime,  d'une  augmenta- 
tion de  2£  cents  par  heure  de  travail,  le  jour  et  la  nuit,  et  de  la  référence  à  l'ar- 
bitrage de  la  demande  d'une  augmentation  de  2£  cents  par  heure  aux  conditions 
proposées,  sont  disposés  à  accepter  la  dite  offre  si  la  Fédération  et  la  Compa- 
gnie du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  sont  encore  prêtes  à  concéder  ces 
conditions. 

Les  débardeurs  consentent  à  retourner  au  travail  à  ces  conditions  le  lundi, 
20  mai,  à  1  heure  de  l'après-midi,  pourvu  que  ceux  qui  ont  cessé  de  travailler  ne 
soient  pas  l'objet  d'une  distinction  défavorable. 

(Signé)       JOHN  RYAN,  président  du  comité. 

WILLIAM  MANSFIELD,  un  des  mem- 
bres du  comité. 

Une  réunion  de  la  Fédération  Maritime  fut  immédiatement  tenue  à  l'hôtel 
Windsor  pour  examiner  la  lettre,  et  à  la  sortie,  M.  Acland  fut  verbalement  informé 
que  la  Fédération  Maritime  n'avait  pas  fait  son  offre  aux  membres  de  l'union  et 
qu'elle  ne  pouvait  donner  suite  à  une  communication  signée  au  nom  de  l'union. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  287 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Les  lundi  et  mardi,  20  et  21  mai,  les  hommes  manisfestaient  plus  de  dispositions 
à  adopter  la  procédure  que  leur  offrait  la  loi,  et  M.  Acland  était  informé  par  les  repré- 
sentants des  hommes,  le  mardi  après-midi,  que  les  hommes  avaient  décidé  de  retourner 
immédiatement  au  travail  et  que,  comme  la  Fédération  Maritime  avait  retiré  sa  de- 
mande de  l'institution  d'un  bureau,  ils  allaient  eux-mêmes  demander  l'institution  de 
ce  bureau  pour  régler  le  différend  entre  eux  et  les  armateurs.  Dans  l'intervalle  la 
Fédération  avait  lancée  une  nouvelle  liste  de  prix  par  laquelle  elle  offrait  une  aug- 
mentation de  2£  cents  de  l'heure  à  tout  venant,  et  les  hommes  en  retournant  au  tra- 
vail pouvaient  profiter  eux-mêmes  de  cette  augmentation.  En  conséquence,  les 
hommes,  après  une  suspension  du  travail  pendant  une  semaine  retournèrent  à  leurs 
travaux  le  mardi  soir,  21  mai,  en  tant  qu'on  put  trouver  de  l'ouvrage  pour  eux. 

La  requête  des  hommes  fut  régulièrement  reçue,  et  le  bureau  institué  comme  il 
est  dit  plus  haut;  le  bureau  procéda  immédiatement  à  s'enquérir  du  différend,  sié- 
geant l'avant-midi  et  l'après-midi  pendant  plusieurs  jours.  Les  séances  des  11,  12  et 
13  juin  furent  totalement  consacrées  à  l'audition  des  témoins  des  parties  intéressées. 
Les  témoins  entendus  furent,  John  Kyan,  président  de  la  branche  locale  373  de 
l'Union  Internationale  des  Débardeurs  et  des  Travailleurs  de  Transport  Maritime; 
George  Poliquin,  secrétaire-trésorier  de  la  branche  locale  373  de  l'Union  Interna- 
tionale des  Débardeurs  et  des  Travailleurs  de  Transport  Maritime;  James  Sandilands, 
débardeur,  et  Thomas  Robb,  gérant  et  secrétaire  de  la  Fédération  Maritime  du 
Canada. 

l'offre  des  armateurs  rendue  obligatoire  par  la  sentence  arbitrale. 

Au  cours  des  séances  du  bureau,  le  ministère  reçut  la  lettre  qui  suit  des  compa- 
gnies maritimes  intéressées  dans  le  litige: — 

(copie.) 

"  Le  greffier,  11  juin  1907. 

Bureau  de  Conciliation  et  d'Enquête, 
Ministère  du  Travail, 
Ottawa,  Ont. 
Monsieur, — 

Relativement  au  bureau  de  conciliation  re  le  différend  des  débardeurs,  j'ai 
instruction  de  la  ligne  Allan,  des  lignes  de  steamers  du  Pacifique-Canadien,  de 
la  ligne  Donaldson,  de  la  ligne  Thomson,  de  la  ligne  Lord,  de  la  ligne  Dominion, 
de  la  ligne  Leyland,  de  la  ligne  Hambourg- Américaine,  de  la  ligne  Sud- Africaine, 
'  de  la  ligne  Mexicaine,  de  la  ligne  Brack  Diamond,  de  la  ligne  Head,  de  la  ligne 
Holme,  de  la  Compagnie  de  Navigation  de  Québec,  de  F  .A.  Routh  et  Cie  et  la 
Nova  Scotia  Steel  and  Coal  Co.,  de  vous  transmettre  sous  la  signature  des  repré- 
sentants des  susdites  lignes  un  arrangement  conformément  à  l'article  62  de  la 
loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels  de  1907. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

(Signé)         THOMAS  BOBB, 

Secrétaire. 


288  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
(COPIE  du  document  inclus.) 
"  Le  Greffier, 

Bureau  de  Conciliation  et  d'Enquête, 
Ottawa,  Ont. 
Monsieur, — 

Les  soussignés  déclarent  qu'ils  se  considèrent  liés  par  la  recommandation  du 
bureau  durant  la  présente  saison  de  navigation  sur  le  Saint-Laurent  (1907),  (la 
dite  saison  devant  être  réputée  durer  jusqu'à  ce  que  le  dernier  navire  ait  quitté  le 
port  de  Montréal),  tout  comme  si  cette  recommandation  était  une  sentence  d'ar- 
bitres tel  que  le  pourvoit  l'article  62  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges 
industriels,  de  1907,  pourvu  que  les  requérants  déposent  immédiatement  entro 
les  mains  du  greffier  un  arrangement  écrit  dont  l'effet  sera  également  obligatoire. 

Ligne  Allan (Signé)  H.  et  A.  Allan. 

Lignes  de  steamers  du  Pacifique-Canadien. .  "  D.  McNicoll,  vice-président. 

Ligne  Donaldson "  La  Cie  Robert  Reford  (à  resp.  limitée). 

Thompson "  William  Gear,   vice-président. 

"      Lord " 

"      Dominion . 

"      Leyland "  James  Thom,  gérant. 

"      Hambourg-Américaine "                  "           "           " 

Sud-Africaine "  Cie  Elder-Dempster. 

"      Mexicaine "  A.  F.  Cook. 

"      Black  Diamond "  T.  G.  Watt,  agent. 

"      Head "  McLean,  Kennedy  et  Cie. 

"      Holme "  Wm.  R.  Eakin. 

Cie  de  strs  de  Québec "  J.  G.  Brock  et  Cie,  agents. 

F.  A.  Routh  et  Cie..    ..' "  Nova  Scotia  Steel  &  Coal  Co.   (à  resp. 

limitée). 

Nova  Scotia  Steel  &  Co "  F.  A.  Routh  et  Cie,  agents. 

En  réponse  à  cette  communication  des  lettres  furent  addressées  par  le  ministère 
à  chacune  des  parties  au  litige,  en  leur  faisant  remarquer  qu'il  était  à  désirer  que 
chaque  partie  se  considérât  liée  par  la  sentence  du  bureau,  et  insistant  sur  le  fait 
qu'il  serait  beaucoup  de  l'intérêt  des  parties  comme  du  port  de  Montréal  généralement, 
que  l'arrangement  auquel  on  aboutirait  couvrît,  si  possible,  une  période  d'années  afin 
qu'un  différend  comme  celui  qui  faisait  l'objet  de  l'enquête  ne  se  renouvelât  pas  d'an- 
née en  année. 

Recommandation  âkt  bureau. 

Le  ministère  reçut,  le  17  juin,  le  rapport  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête, 
qui  se  lit  comme  suit: — 

Montréal,  14  juin  1907. 
A  l'honorable  M.  Eodolphe  Lemieux, 
Ministre  du  Travail 

Ottawa,  Ont. 
Monsieur, 

Nous  avons  l'honneur  de  vous  informer  qu'ayant  été  nommés  pour  nous  en- 
quérir, en  vertu  des  dispositions  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges 
industriels,  de  1907,  du  différend  survenu  entre  la  branche  n°  373,  de  l'Union 
Internationale  des  Débardeurs  et  des  Travailleurs  de  Transport  d'Amérique,  et  la 
Fédération  Maritime  et  la  Compagnie  de  steamers  du  Pacifique-Canadien,  à  l'en- 
droit d'une  augmentation  de  2£  cents  de  l'heure,  jour  et  nuit,  ce  qui  porte  le 
salaire  de  jour  à  30  cents  de  l'heure  et  celui  de  nuit  à  35  cents  de  l'heure,  nous 
avons  présenté  le  rapport  unanime  qui  suit: — 

1.  Notre  premier  effort  fut  de  persuader  les  parties  en  litige  de  se  considé- 
rer liées  par  la  décision  à  laquelle  le  bureau  arriverait  après  un  examen  sérieux  et 
impartial  des  faits. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  289 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Les  débardeurs  refusèrent  absolument  de  se  considérer  liés. 

Les  agents  maritimes  consentiront  à  se  considérer  liés,  mais  seulement  jus- 
qu'à la  fin  de  la  présente  saison. 

Nous  avons  donc  dû  nous  restreindre  à  la  mission  de  conciliation  et  d'en- 
quête, en  en  conséquence  des  témoins  furent  appelés  des  deux  côtés  et  furent  en- 
tendus. Les  séances  du  bureau  commencèrent  le  mardi,  11  courant,  et  se  conti- 
nuèrent de  jour  en  jour,  l'avant-midi  et  l'après-midi,  pendant  trois  jours  qui 
furent  complètement  occupés  à  entendre  la  preuve  des  parties  intéressées. 
Annexées  à  ce  rapport,  nous  vous  transmettons  des  copies  attestées  des  témoi- 
gnages rendus. 

Après  avoir  séparément  entendu  les  témoignages  de  chaque  partie,  une  con- 
férence collective  eut  lieu  dans  le  but  d'arriver  à  une  entente  mutuelle. 

Dans  la  lettre  que  le  sous-ministre  du  Travail  adressait  le  7  juin  1907  au 
président,  Sa  Grandeur  Mgr  l'Archevêque  de  Montréal,  le  ministre  dit  qu'il 
espère  que  le  bureau  essaiera  non  seulement  d'effectuer  un  règlement  des  diffé- 
rends de  l'heure  présente,  mais  qu'il  pourra  arranger  les  choses  entre  les  parties 
de  façon  que  le  règlement  qu'on  fera  sera,  de  consentement  mutuel,  réputé  régir 
les  choses  entre  les  différentes  compagnies  maritimes  et  leurs  employés  dans  le 
port  de  Montréal    pour  plusieurs  années  à  venir. 

La  réalisation  d'un  règlement  durable  embrassant  un  certain  nombre  d'an- 
nées a  été  l'idée  dominante  qui  a  inspiré  les  efforts  du  bureau  dès  le  début,  et  à 
l'assemblée  collective  des  parties  dont  il  a  été  précédemment  question,  tous  les 
moyens  possibles  furent  employés  pour  opérer  un  règlement  pour  un  terme  de  5 
ans,  assurant  ainsi  la  stabilité  à  notre  commerce  national  et  la  paix  et  la  tran- 
quillité aux  affaires  d'importation  et  d'exportation  du  pays  par  le  port  de  Montréal. 

Les  débardeurs  étaient  disposés  à  signer  un  arrangement  de  cinq  années 
pourvu  que  leurs  demandes  fussent  satisfaites  au  complet.  Les  agents  maritimes 
ne  voulaient  pas  signer  un  arrangement  pour  plus  que  deux  ans  aux  taux  actuels. 

2.  Le  bureau  proposa  l'échelle  suivante  qui  était  considérée  comme  étant  une 
base  de  compromis  juste  et  équitable. 

Jour  Nuit. 

1907,  le  reste  de  la  saison 28c.  de  Fheure.  33c.  de  l'heure. 

1908  "  "  29c.      "      "  34c.      "      " 

1909  "  "  30c.      "      "  35c.      "      " 

1910  "  "  30c.      "      "  35c.      "      " 

1911  "  "  30c.      "      "  35c.      "      " 

Cette  proposition  du  bureau  ne  fut  acceptée  ni  par  l'une  ni  par  l'autre  des 
parties. 

La  situation  étant  ainsi,  il  ne  restait  rien  autre  chose  à  faire  au  bureau  que 
de  procéder  à  l'examen  de  la  cause  et  à  formuler  ses  recommandations  sur  le  mé- 
rite des  faits  soumis. 

3.  (a)  Le  bureau  constate  que  la  cause  des  présentes  difficultés  est  en  grande 
partie  due  au  manque  de  tact  et  de  considération  dont  les  parties  ont  fait  preuve 
dans  leurs  rapports  entre  elles. 

(b)  La  preuve  offerte  pour  prouver  que  les  gages  dans  le  port  de  Mont- 
réal étaient  "  injustes,  déraisonnables  et  insuffisants  pour  pourvoir  aux  néces- 
sités de  la  vie  ",  était  restreinte  et  elle  n'a  pas  paru  absolument  concluante. 

(c)  Que  la  nature  du  travail  était  intermittente,  ardue  et  assez  hasardeuse, 
justifiant  une  augmentation  raisonnable  des  gages  sur  ceux  qui  sont  payés  à 
la  main-d'œuvre  inhabile  d'autres  métiers;  ceci  fut  prouvé. 

(d)  Que  les  débardeurs  ont  de  bonne  foi  respecté  pendant  quatre  ans  l'arran- 
gement conclu  en  1903. 

(e)   Que  d'autres  branches  de  la  main-d'œuvre   inhabile  n'étaient  pas  payées   à 
un  prix  aussi  élevé. 

(/)  Que  les  débardeurs  subissent  des  pertes  à  cause  de  l'irrégularité  de  l'ou- 
vrage qu'ils  font,  et  parce  que  les  armateurs  importent  des  hommes  de  l'étranger 

36—19 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

(g)  Que  les  armateurs  subissent  des  pertes  et  des  embarras  parce  que  les 
hommes  quittent  l'ouvrage  à  l'automne  pour  s'engager  dans  d'autres  occupations 
pendant  l'hiver,  ce  qui  met  en  danger  les  affaires  maritimes  durant  les  dernières 
semaines  de  la  navigation  et  force  les  armateurs  à  importer  des  hommes  de  l'é- 
tranger. 

(h)  Qu'il  faut  aux  hommes,  une  fois  la  saison  terminée,  se  trouver  de  l'em- 
ploi ailleurs  aux  usines  à  gaz,  au  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien,  au  Grand- 
Tronc,  dans  les  exploitations  forestières,  etc. 

(i)  Que  le  coût  de  la  vie  a  augmenté  suffisamment  au  cours  des  quatre  der- 
nières années  pour  justifier  un  nouvel  arrangement  de  l'échelle  des  prix. 

(k)  Que  les  compagnies  de  navigation  ont  accordé  aux  débardeurs  durant 
le  mois  de  mai  1907  une  augmentation  de  2£  cents  de  l'heure,  jour  et  nuit,  ce  qui 
est  égal  à  une  augmentation  de  10  pour  100  sur  les  gages  payées  durant  les  quatre 
années  antérieures. 

Après  mûre  considération  de  tous  les  faits,  le  bureau,  animé  d'un  esprit  de 
justice  et  dans  le  but  d'obtenir  la  paix  et  l'harmonie,  recommande  respectueuse 
ment  : — 

Que  l'augmentation  de  10  pour  100,  soit  2£  cents  de  l'heure,  le  jour  et  la 
nuit,  que  les  compagnies  maritimes  ont  déjà  accordée  aux  débardeurs,  reste  le 
taux  pour  la  saison  actuel. 

Mais  vu  l'importance  qu'il  y  a  pour  les  armateurs  à  ce  qu'ils  puissent  sans 
interruption  se  procurer  la  main-d'œuvre  jusqu'à  la  clôture  de  la  navigation,  et 
pour  protéger  l'intérêt  public  et  pour  donner  aux  débardeurs  une  nouvelle  raison 
de  remplir  ces  conditions,  le  bureau  recomande  qu'un  supplément  de  2£  cents  de 
l'heure  en  sus  des  gages  payés  au  taux  actuel,  soit  payé  par  les  armateurs  aux 
débardeurs. 

Le  dit  supplément  sera  payé  à  tous  les  débardeurs  employés  par  les  compagnies 
maritimes  à  compter  du  jour  de  l'engagement  de  chaque  homme,  mais  dans  aucun 
cas  le  supplément  ne  prendra  effet  avant  le  1er  juillet  1907.  La  signification  de 
cette  recommandation  est  que  tous  les  hommes  qui  s'engagent  à  travailler  pour 
les  compagnies  maritimes  après  le  1er  juillet  et  continuent  de  le  faire  jusqu'à  la 
clôture  de  la  navigation,  auront  droit  à  ces  gages  supplémentaires. 

Nous  recommandons  de  plus  que  pour  la  saison  de  1908,  30  cents  de  l'heure 
soient  payés  pour  le  travail  du  jour  et  35  pour  le  travail  de  nuit;  et  qu'il  soit 
conclu  entre  les  parties  un  arrangement  à  cet  effet  qui  aura  force  de  loi  jusqu'à 
la  fin  de  la  saison  de  1908,  et  tout  changement  quant  à  l'avenir  devra  s'opérer 
entre  le  1er  jour  de  décembre  1908  et  le  1er  jour  de  mars  1909  au  moyen  d'un 
avis  écrit  que  devront  donner  l'une  et  l'autre  parties. 

Le  bureau  ne  peut  s'empêcher  de  rappeler  aux  deux  parties  que  la  suprématie 
de  notre  commerce  national  dépend  uniquement  de  la  confiance  qu'inspire  aa 
stabilité.  Eviter  les  obstructions  au  flot  national  du  commerce  dans  le  port  de 
Montréal  signifie  la  continuation  de  la  prospérité  pour  les  industries. 

Le  bureau  espère  donc  que  ses  recommandations  seront  acceptées  comme 
étant  le  fruit  d'une  étude  approfondie  de  la  situation  qu'ont  révélée  les  faits  en 
preuve,  que  les  parties  à  ce  litige  seront  amenées  à  accepter  ces  recommandations 
dans  le  même  esprit  qu'elles  sont  données,  et  que  leur  acceptation  par  les  deux 
parties  aboutira  à  un  échange  de  bons  sentiments,  à  des  relations  animées  de  l'es- 
prit de  justice,  et  à  une  longue  prospérité  pour  tous  les  intéressés. 
Le  tout  respectu sèment  soumis, 

(Signé)     PAUL  BRUCHESI, 

Archevêque  de  Montréal. 
(Signé)     GEORGE  W.  STEPHENS, 
JOSEPH  AINEY. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  291 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Une  copie  du  rapport  reçu  par  le  ministre  fut  immédiatement  transmise  à  cha- 
cune des  parties  au  litige,  avec  une  lettre  les  priant  de  dire  si  les  recommandations 
contenues  dans  le  rapport  seraient  acceptées  comme  base  de  règlement. 

Le  25  juin  le  ministère  reçut  de  M.  William  Mansfield,  secrétaire  de  la  bran- 
che locale  n°  373  de  l'Union  Internationale  des  Débardeurs  et  des  Travailleurs  de 
Transport  d'Amérique,  refusant  au  nom  des  membres  de  l'union  d'accepter  la  sen- 
tence, et  le  27  juin  on  recevait,  des  représentants  des  compagnies  maritimes,  une 
communication  qui  renvoyait  à  leur  lettre  antérieure,  par  laquelle  ils  offraient  de  se 
considérer  liés  par  les  recommandations  du  bureau  pourvu  que  l'autre  partie  en  fit 
autant,  et  que  par  conséquent  leur  attitude  serait  guidée  par  celle  des  hommes. 

AVIS  AFFICHÉ  PAR  LES  COMPAGNIES   MARITIMES. 

Subséquemment  l'avis  qui  suit,  imprimé  en  anglais  et  en  français,  fut  affiché  par 
les  compagnies  maritimes: — 

AVIS    AUX   DÉBARDEURS    DU    PORT    DE    MONTRÉAL. 

A  compter  du  1er  juillet  1907,  et  dans  le  but  de  donner  présentement  effet 
à  la  décision  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  sur  la  question  des  gages  des 
débardeurs  dans  le  port  de  Montréal,  les  lignes  maritimes  soussignées,  en  sus  des 
taux  actuels  payés  aux  débardeurs,  donneront  aux  débardeurs  qui  inscriront  leurs 
noms  et  adresses  au  bureau  du  quai  des  lignes  qui  les  emploient,  et  qui  sont  prêts 
à  travailler  pour  les  soussignés  quand  requis  de  le  faire,  à  compter  du  1er  juillet 
jusqu'à  ce  que  le  dernier  vapeur  de  la  saison  de  1907  quitte  le  port,  un  boni  de 
deux  cents  et  demi  (2£)  pour  chaque  heure  qu'ils  travailleront  après  le  1er 
juillet  jusqu'à  la  clôture  de  la  navigation,  1907.  Le  dit  boni  sera  payé  sur  de- 
mande par  les  lignes  par  lesquelles  ils  auront  été  employés  entre  le  départ  du 
dernier  steamer  et  avant  le  mois  de  décembre  1907. 
Ligne  Allan,  H.  et  A.  Allan. 
La  Compagnie  de  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien — Lignes  de  steamers  de 

l'Atlantique,  par  D.  McNicoll,  vice-président. 
Ligne  Donaldson. 

"       Thomson,  La  Compagnie  Robert  Reford  (à  resp.  limitée). 

"       Lord,  William  I.   Gear,  vice-président   (et  les  steamers  de  l'extérieur 

qui  lui  sont  consignés). 
"       Dominion. 

"       Leland,  Jas.  Thom,  gérant. 
"       Hambourg-Américaine. 

"       Sud- Africaine,  Elder-Dempster  et  Compagnie. 
"       Mexicaine,  par  A.  E.  Cook. 

"       Furness,  Whithy  et   Compagnie   (àresp.  limitée). 
"       de  Manchester,  par  J.  R.  Binning,  gérant. 
"      Black  Diamond,  T.  G.  Watt,  agent. 
"       Head,  McLean,  Kennedy  et  Compagnie. 
"       Holme,  P.  pro.  Wm.  R.  Eakin. 
Compagnie  de  steamers  de  Québec,  J.  G.  Brock  et  Compagnie,  agents. 
F.  A.  Routh  et  Compagnie. 
Nova  Scotia  Steel  and  Goal  Company,  F.  A.  Routh  et  Compagnie. 

L'arrangement  que  les  hommes  étaient  appelés  à  signer  se  lisait  comme  suit: — 

Nous,  soussignés,  convenons  de  travailler  pour  les  susdites  lignes  de  steamers 
en  qualité  de  débardeurs  dans  le  port  de  Montréal  lorsqu'elles  nous  en  donneront 

36— 19* 


292  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

avis,  à  compter  du  1er  juillet,  saison  de  1907,  jusqu'à  ce  que  le  dernier  steamer 
quitte  le  port  de  Montréal,  saison  de  1907,  aux  taux  énoncés  au  verso  de  la  pré- 
sente, à  la  condition  que  nous  recevrons  à  la  fin  de  la  saison  après  le  départ  du 
dernier  steamer  de  Montréal  une  somme  supplémentaire  de  deu  xcents  et  demi 
(2^)  de  l'heure  pour  chaque  heure  de  travail  faite  par  nous  pour  les  susdites 
lignes,  et  nous  convenons  de  plus  de  leur  donner  avis  de  tout  changement  de  nos 
adresses  de  domicile.  Les  dits  paiements  seront  faits  par  les  lignes  de  steamers 
pour  le  compte  desquelles  ils  auront  travailler  sur  demande  après  le  départ  du 
dernier  steamer,  mais  avant  le  5  décembre  1907. 

Les  taux  convenus  et  énoncés  au  verso  du  susdit  document  indiquant  une  aug- 
mentation de  2£  cents  de  l'heure  en  sus  des  taux  en  vigueur  au  commencement  de  la 
saison  et  à  part  le  supplément  obtenu  aux  conditions  nommées. 

Ce  contrat  fut  signé  par  un  très  grand  nombre  d'hommes. 

DÉCISION  JUDICIAIRE  RÉSULTANT  DU  RÈGLEMENT. 

Il  est  à  propos  de  mentionner  ici  la  décision  judiciaire  qui  a  été  subséquemment 
rendue  dans  un  procès  auquel  le  règlement  avait  donné  lieu. 

Un  certain  nombre  d'hommes  qu'on  a  porté  à  environ  200,  qui  n'avaient  pas  signé 
l'arrangement  avec  les  différentes  compagnies,  prétendirent  à  la  fin  de  la  saison  qu'ils 
avaient  droit  au  supplément,  et  un  procès  fut  intenté  contre  l'une  des  compagnies 
intéressées  devant  le  recorder  Weir,  à  Montréal,  le  23  décembre. 

En  rendant  son  jugement,  le  recorder  dit:  "Le  plaignant,  qui  est  un  débardeur, 
réclame  en  justice  le  recouvrement  de  cinq  dollars  de  la  défenderesse  et  déclare  que  le 
montant  est  dû  à  titre  de  reliquat  de  gages  pour  du  travail  fait  à  Montréal  durant  la 
saison  de  1907  à  2£  cents  supplémentaires  de  l'heure  pour  200  heures,  tel  que  décidé 
par  sentence  arbitrale  le  14  juin  1907,  sous  l'empire  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur 
les  litiges  industriels,  de  1907,  et  promis  par  les  défenderesses  et  accepté  par  le  plai- 
gnant. En  d'autres  mots  l'action  cherche  à  mettre  en  vigueur  un  arrangement  ami- 
cal fait  en  vertu  d'un  statut  spécial  qui  a  pour  objet  le  règlement  des  différends  in- 
dustriels. Si  je  consulte  le  statut  en  question  je  trouve  l'important  article  qui  suit, 
article  64:  "Nul  tribunal  du  Dominion  du  Canada,  ou  d'une  province  ou  d'un  terri- 
toire du  Canada,  n'aura  le  pouvoir  de  reviser  ou  de  mettre  en  vigueur  ou  d' admettra 
en  preuve  un  rapport  d'un  bureau,  ou  un  témoignage  ou  quelqu'une  des  délibérations 
en  rapport  avec  un  bureau  contre  qui  que  ce  soit  ou  dans  quelque  but  que  ce  soit,  sauf 
le  cas  où  cette  personne  est  poursuivie  pour  parjure".  Il  semblerait  d'après  les  préten- 
tions du  plaignant  qu'on  est  arrivé  à  une  base  de  règlement  qui  n'a  pas  été  pleine- 
ment mis  en  vigueur,  et  ce  tribunal  est  maintenant  invité  à  s'enquérir  en  même 
temps  à  le  mettre  en  vigueur,  non  pas  du  contrat  primitif  entre  les  parties,  mais  de 
l'arrangement  amical  même.  Or  l'article  que  j'ai  cité  le  défend  expressément.  La 
loi  semble  considérer  comme  inconvenant,  et  le  défend  certainement,  le  fait  que  le 
règlement  d'un  différend  opéré  sous  l'empire  de  ses  dispositions  devient  subséquem- 
ment l'objet  d'un  litige  contentieux.  Le  plaignant  a  peut-être  des  droits  qu'il  peut 
encore  conserver  d'après  son  contrat  primitif  et  qui  peuvent  être  déterminés  par  les 
tiibunaux  compétents.  Je  suis  d'avis  de  débouter  le  plaignant  de  son  action  comme 
étant  illégale  à  sa  face,  mais  je  lui  réserve  son  recours  aux  termes  du  contrat  primitif 
intervenu  entre  lui  et  la  défenderesse,  si  tel  recours  existe." 

(Martin  vs  la  Cie  du  ch.  de  f.  Canadien  du    Pacifique;    décembre    1907;   Weir,    Recorder.) 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


VII.— REQUETE  DES  EMPLOYES  DE  LA  COMPAGNIE  DE  CHEMIN  DE 
FER  ET  D'IRRIGATION  D'ALBERTA— REGLEMENT  EFFECTUE 
AVANT  L'INSTITUTION  D'UN  BUREAU  DE  CONCILIATION. 

Le  27  mai  le  ministère  reçut  de  la  part  des  employés  de  la  Compagnie  de  chemin 
de  fer  et  d'irrigation  de  l'Alberta,  ces  employés  étant  des  mineurs,  une  requête  deman- 
dant l'institution  d'un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  pour  le  règlement  d'un 
différend  avec  la  compagnie.  La  nature  du  différend,  disait  la  requête,  était  le  re- 
fus de  la  dite  compagnie  de  concéder  certaines  demandes  relatives  aux  gages  et  aux 
conditions  de  travail  telles  qu'exposées  à  un  document  annexé,  et  le  nombre  de  per- 
sonnes atteintes  par  le  différend  était  porté  à  environ  400,  en  y  ajoutant  la  population 
des  provinces  d'Alberta  et  de  la  Saskatchewan.  Le  document  relatait  les  dispositions 
générales  et  donnait  l'échelle  des  prix  du  contrat  et  des  gages  à  la  journée  qui 
devait  régir  les  mines  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  d'irrigation  d'Al- 
berta pendant  une  période  commençant  le  1er  juin  1907  et  se  terminant  le  31  mars 
1909.  Le  document  proposait  un  plan  pour  le  règlement  des  différends  du- 
rant l'existence  de  l'arrangement,  demandait  la  reconnaissance  entière  de  l'Union  des 
Mineurs  Unis  de  l'Amérique,  le  système  de  "pointage",  la  concession  de  huit  heures 
de  bord  à  bord,  nommait  une  augmentation  des  taux  à  payer  pour  diverses  catégories 
de  travail,  et  indiquait  d'autres  conditions  auxquelles  l'ouvrage  devait  être  exécuté. 
Le  document  déclarait  aussi  que  la  compagnie  avait  refusé  de  négocier  avec  un  co- 
mité des  employés  parce  qu'elle  ne  voulait  pas  négocier  ou  traiter  avec  des  fonction- 
naires de  l'union;  et  que  le  gérant  de  la  compagnie  avait  refusé,  par  lettre,  de  recon- 
naître les  requérants  comme  membres  de  l'Union  des  Mineurs  Unis  d'Amérique,  et 
d'en  rencontrer  les  fonctionnaires  dans  le  but  de  négocier  un  arrangement.  La  re- 
quête déclarait  de  plus  que  les  requérants  étaient  membres  de  l'organisation  connue 
sous  le  nom  de  "  Mineurs  Unis  d'Amérique  "  et  qu'ils  constituaient  l'union  locale 
57.4,  étant  dans  la  juridiction  du  district  n°  18  de  la  dite  organisation.  La  requête 
était  signée  par  John  R.  Galvin  et  John  A.  Macdonald.  M.  F.  H.  Sherman,  mineur, 
de  Fernie,  fut  choisi  par  les  requérants  comme  membre  du  bureau  dont  on  deman- 
j3a.it  l'institution. 

Le  ministre  du  Travail  décida  d'instituer  xùi  bureau  de  conciliation  et  d'enquête 
et  en  donna  avis  aux  parties  intéressées.  La  correspondance  télégraphique  qui  suit 
indiquera  la  position  prise  par  les  parties  respectives  et  l'attitude  du  gouvernement 
dans  l'affaire: — 

(Télégramme.) 
John  R,  Galvin, 

Lethbridge,  Alt  a.  , 
Requête  demandant  institution  d'un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  au 
sujet  de  différend  entre  employés  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  d'irrigation 
d'Alberta  et  la  dite  compagnie  reçu  aujourd'hui.      Ministre  du  Travail  a  décidé 
de  nommer  un  bureau  qui  sera  institué  aussi  vite  que  possible. 

W.  L.  MACKENZIE  KTNG, 
Sous-ministre  du  Travail  et  greffier  des  bureaux  de 
conciliation  et  d'enquête. 


294  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
(Télégramme.) 

Ottawa,  27  mai  1907. 
Au  Gérant  général  de  la 

Compagnie  de  chemin  de  fer  et  d'irrigation  d'Alberta, 

Lethbridge,  Alta. 
Le  ministre  du  Travail  a  reçu  une  requête  demandant  la  nomination  d'un 
bureau  de  conciliation  et  d'enquête  auquel  peut  être  référé  le  différend  entre 
votre  compagnie  et  ses  employés.  Le  ministre  a  décidé  de  nommer  un  bureau  et 
m'a  donné  instruction  de  prier  votre  compagnie  de  recommander  le  nom  d'une 
personne  disposée  et  prête  à  remplir  les  fonctions  de  membre  de  ce  bureau.  La 
recommandation  doit  être  faite,  suivant  les  dispositions  de  la  loi,  dans  les  cinq 
jours. 

W.  L.  MACKENZIE  KING, 
Sous-ministre  du  Travail  et  greffier  des  bureaux  de  concilia- 
tion et  d'enquête. 


Winnipeg,  Man.,  30  mai  1907. 
L'honorable  Ministre  du  Travail, 
Ottawa,  Ont.,  Canada. 
Relativement  à  la  nomination  que  l'on  propose  de  faire  d'un  bureau  sous 
l'empire  de  la  loi  relative  aux  litiges  industriels,  la  Compagnie  de  chemin  de  fer 
et  d'irrigation  d'Alberta  a  l'honneur  de  protester  respectueusement  contre  la  for- 
mation d'un  bureau,  attendu  qu'il  n'y  a  pas  de  question  en  litige  entre  la  com- 
pagnie et  ses  employés,  et  qu'il  est  clair  que,  dans  l'intention  des  dispositions  de 
la  loi,  la  question  de  la  reconnaissance  de  l'union  ne  doit  pas  faire  l'objet  des 
délibérations  de  tel  bureau,  et  qu'il  n'est  pas  formulé  de  plainte  quant  à  quelque 
distinction  ou  préférence  d'emploi  aux  termes  de  la  loi.  Nombre  de  nos  em- 
ployés ne  font  pas  partie  de  l'union,  et  tous  les  employés  sont  sur  un  pied  d'éga- 
lité absolue,  conformément  à  un  arrangement  de  novembre  dernier,  arrangement 
qui  contient  des  dispositions  expresses  à  ce  sujet  et  pourvoit  à  ce  que  la  compa- 
gnie ou  les  employés  ne  fassent  pas  de  préférence  entre  un  employé  ou  des  em- 
ployés qui  sont  ou  ne  sont  pas  membres  de  telle  organisation.  Nous  regrettons  que 
vous  ayez  donné  suite  à  la  requête  qui  a  été  faite  et,  ce,  avant  d'entendre  notre 
version;  et  nous  répétons  respectueusement  notre  objection  au  choix  de  M.  Sher- 
man,  parce  qu'il  est  partie  intéressée  et  parce  qu'aussi  il  n'a  pas  surgi  de  ques- 
tion qui  tombe  sous  le  coup  de  l'esprit  ou  de  la  lettre  de  la  loi.  Nous  demande- 
rions que  cette  affaire  soit  reconsidérée  et  que  la  nomination  que  l'on  propose 
d'un  bureau  soit  refusée.  La  compagnie  est  prête  maintenant,  comme  elle  l'a 
toujours  été,  de  s'aboucher  avec  un  comité  de  ses  employés  et  de  débattre  avec 
lui,  aux  fins  d'arriver  à  un  arrangement  amical,  tout  grief  qu'on  prétendrait 
exister  relativement  aux  conditions  d'emploi.  Les  choses  étant  ainsi,  je  ne  vois 
pas  comment  un  bureau  peut  être  nommé  avant  que  nos  employés  exposent  et 
débattent  leur  soi-disants  griefs  avec  la  compagnie. 

A.  -M.  NANTON, 

Directeur  gérant. 

RÉPONSE    DU    MINISTRE. 

Ottawa,  31  mai  1907. 
A.  M.  Nanton, 

Directeur  gérant  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  d'irrigation  d'Alberta, 

Winnipeg,  Alta. 
Reçu  votre  télégramme  protestant  contre  la  nomination  d'un  bureau  de  con- 
ciliation et  d'enquête  pour  s'enquérir  du  différend  entre  votre  compagnie  et  vos 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  295 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

employés  à  Lethbridge.  Vous  prétendez  qu'il  n'y  a  pas  de  question  en  litige. 
La  requête  reçue  de  la  part  des  employés  affirme  le  contraire,  et  déclare  qu'un 
nombre  de  choses,  y  compris  les  gages,  les  heures  et  d'autres  conditions  d'emploi 
sont  des  questions  au  sujet  desquelles  il  y  a  litige.  D'après  votre  dépêche  et  la 
demande  reçue,  il  est  bien  évident  qu'il  y  a  une  différence  d'opinion  entre  les 
parties  en  ce  que  la  dispute  existe  ou  n'existe  pas,  et  cela,  d'après  l'expérience, 
donne  par  soi-même  une  raison  suffisante  pour  la  création  immédiate  d'une  com- 
mission devant  laquelle  les  parties  puissent  exposer  leurs  griefs  et  dont  les  bons 
offices  pourront  amener  une  entente  et  éclairer  le  public  sur  tous  les  faits  de  la 
situation.  Les  ouvriers  ont  joint  à  leur  demande  une  déclaration  statutaire 
représentant  que,  dans  le  cas  où  l'on  n'arriverait  pas  à  régler  cette  dispute 
entre  votre  compagnie  et  ses  employés,  ou  bien  que  l'on  ne  soumit  pas  le  différend 
à  une  commission  d'arbitrage,  une  grève  serait  déclarée,  les  droits  nécessaires 
pour  la  déclarer  ayant  été  obtenus.  Dans  ces  circonstances,  le  public,  j'en  suis 
sûr,  cherchera  immédiatement  à  créer  une  commission  devant  laquelle  le  diffé- 
rend puisse  être  réglé,  ce  qui  éviterait  une  grève,  et  j'espère  aussi  que  le  gouver- 
nement pourra  compter  sur  votre  compagnie  pour  faciliter  la  création  de  cette 
commission  et  lui  aider  dans  la  poursuite  de  son  enquête. 

KODOLPHE  LEMIEUX, 

Ministre  du  Travail. 

LA   COMPAGNIE   S'OPPOSE   ENCORE   À   UNE   COMMISSION. 

Winnipeg,  Man.,  31  mai  1907. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 
Ministre  du  Travail., 

Ottawa,  Ont.,  Canada. 
J'ai  reçu  votre  dépêche.  La  voie  que  vous  proposez  de  prendre  détruira,  d'a- 
près nous,  le  but  que  l'acte  avait  en  vue.  On  m'avise  que  l'acte  n'a  jamais  eu 
l'intention  de  s'appliquer  à  la  simple  question  de  reconnaissance  des  unions  ou- 
vrières. Nous  sommes  satisfaits  que  vous  vouliez  bien  donner  des  avis  pour  que 
toutes  les  plaintes  faites  à  l'heure  qu'il  est  soient  d'abord  présentées  à  la  compa- 
gnie par  une  délégation  de  ses  employés,  et  je  promets  que  la  compagnie  les  con- 
sidérera. La  création  d'une  commission  d'arbitrage  ôterait  maintenant  à  la  com- 
pagnie l'occasion  de  discuter  et  de  régler  à  l'amiable  la  situation  avec  ses  em- 
ployés unionistes  et  non-unionistes.  La  compagnie  désire  avoir  des  relations 
amicales  avec  ses  employés,  et  croit  que  ce  serait  une  grave  injustice  à  lui  faire 
que  de  lui  ôter,  par  l'intervention  d'une  commission,  l'occasion  de  discuter  et  de 
mettre  fin  à  cette  situation. 

A.  M.  NANTON, 

Directeur  gérant. 

LA    CRÉATION    D'UNE    COMMISSION    NE    SERA    PAS    UN    OBSTACLE    À    LA    BONNE    ENTENTE. 

Ottawa,  1er  juin  1907. 
A.  M.  Nanton, 

Directeur  gérant,  Alberta  Railway  and  Irrigation  Co., 
Winnipeg,  Man.,  Canada. 

La  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels  ne  me  donne  aucune 
autorité  d'agir,  ainsi  que  vous  le  dites  dans  votre  dépêche  que  je  viens  de  rece- 
voir. Une  commission  n'empêcherait  nullement  votre  compagnie  de  discuter  et 
de  régler  à  l'amiable  le  différend  qui  existe  entre  elle  et  ses  employés.  Si  un  ac- 
cord peut  être  fait  avant  que  la  commisoisn  soit  convoquée,  tel  que  dans  le  cas  de 
la  dispute  récente  entre  les  membres  de  l'association   Western  Coal  Operators  et 


296  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

leurs  employés  de  la  Colombie-Britannique  méridionale  et  de  l'Alberta,  elle  ne 
sera  pas  appelée  à  agir.  Si  le  gouvernement  n'était  pas  informé,  de  la  part  de 
votre  compagnie  ainsi  que  de  celle  de  ses  employés,  que  le  différend  a  été  réglé, 
la  commission  serait  convoquée  et  agirait  selon  les  dispositions  de  la  loi. 

RODOLPHE  LEMIEUX, 

Ministre  du  Travail. 

ON   EST   ARRIVÉ   À      S'ENTENDRE. 

Le  ministre  du  Travail  procédait  à  la  formation  de  la  commission  quand  il  reçut 
de  M.  Sherman,  un  des  membres  de  ^cette  commission,  le  télégramme  suivant  : — 

"  Accord  satisfaisant  signé  aujourd'hui  avec  la  Alberta  Railway  and  Irriga- 
tion Co.  Commission  inutile  maintenant  grâce  à  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur 
les  litiges  industriels.     Félicitations. 

E.  H.  SHERMAN." 

Yu  les  circonstances,  la  commission  ne  fut  pas  continuée,  le  but  de  l'acte  ayant 
été  atteint.  Il  n'en  est  pas  moins  évident,  d'après  le  télégramme  de  M.  Sherman,  que 
le  prompt  règlement  du  différend,  sans  troubler  le  moins  du  monde  l'industrie  en 
question,  est  dû  tout  entier  à  l'influence  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges 
industriels,  de  1907,  qui  causa  le  rapprochement  de  sparties,  et  partant  le  règlement 
de  leur  différend. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


VIII.— DEMANDE  DES  COMPAGNIES  DE  NAVIGATION  FAISANT  AF- 
FAIKES  A  HALIFAX  CONCERNANT  LES  DEBARDEURS  A  LEUR  SER- 
VICE—ACCORD CONCLU  ALORS  QUE  LA  COMMISSON  N'ETAIT  QUE 
PARTIELLEMENET  NOMMEE. 

Le  31  mai,  le  ministère  reçut  des  représentants  de  certaines  compagnies  de  navi- 
gation en  affaires  à  Halifax,  N.-E.,  une  demande  pour  la  création  d'une  commission 
d'arbitrage  pour  régler  le  différend  existant  entre  ces  compagnies  et  les  débardeurs. 
Les  compagnies  nommées  dans  la  demande  étaient  les  suivantes:  Furness,  Withy  et 
Cie,  Pickford  et  Black,  A.  G.  Jones  et  Cie,  H.  L.  Chipman  et  S.  Cunard  et  Cie.  La 
cause  du  différend  était  les  gages  des  hommes,  ceux-ci  demandaient  25  cents  de  l'heure 
le  jour  et  30  cents  de  l'heure  la  nuit;  c'était  une  augmentation  de  5  cents  de  l'heure, 
dans  chaque  cas,  sur  les  gages  accordés  jusqu'ici.  Le  nombre  des  employés  affectés 
par  la  dispute  était  estimé  à  500.  M.  James  Hall  fut  nommé  membre  de  la  commis- 
sion. 

Il  va  falloir  établir  les  circonstances  qui  ont  causé  cette  demande.  Le  23  mai, 
les  journaux  avaient  dit  que  les  débardeurs  de  Halifax  menaçaient  de  se  mettre  en 
grève  à  cause  d'une  dispute  avec  les  compagnies  de  navigation,  au  sujet  de  leurs 
gages.  Le  ministre  du  Travail,  croyant  que  les  débardeurs  n'avaient  pas  été  infor- 
més des  dispositions  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  envoya 
à  Halifax  M.  Dubreuil,  un  employé  du  ministère,  avec  les  instructions  de  conférer 
aussitôt  avec  les  chefs  des  débardeurs  et  de  leur  expliquer  l'étendue  et  le  but  de  la  loi 
récemment  passée  et  sa  portée  sur  la  grève  menacée.  M.  Dubreuil  arriva  à  Halifax 
le  25  mai  au  soir  et  se  mit  immédiatement  en  communication  avec  les  ouvriers.  Jus- 
qu'à ce  moment-là  ceux-ci  n'avaient  pas  été  initiés  à  la  teneur  de  la  loi  relative  aux 
enquêtes  sur  les  litiges  industriels,  de  1907,  leurs  chefs  leur  ayant  dit  qu'ils  igno- 
raient complètement  son  existence  et  ses  dispositions.  M.  Dubreuil  se  présenta  à  une 
réunion  des  ouvriers  le  dimanche,  26  mai,  expliqua  les  dispositions  de  la  loi,  et  pressa 
les  ouvriers  de  demander  une  commission.  Néanmoins,  ceux-ci  déclarèrent  qu'ils 
avaient  décidé  de  se  mettre  en  grève  en  attendant  le  règlement  de  leurs  demandes  par 
les  armateurs,  et  qu'ils  cesseraient  de  travailler  à  minuit,  le  26  mai,  ce  qu'ils  firent. 

M.  Dubreuil  continua  d'exercer  les  bons  offices  du  ministère,  de  servir  d'intermé- 
diaire entre  les  parties  par  leur  consentement  mutuel,  dans  le  but  d'effectuer  un  règle- 
ment. Le  28  mai,  les  compagnies  de  navigation  décidèrent  de  s'adresser  au  ministère 
du  Travail  pour  la  nomination  d'une  commission  d'arbitrage  et  d'envoyer  la  demande 
tel  qu'il  est  dit  ci-dessus. 

M.  Dubreuil  convoqua  une  réunion  des  armateurs  et  d'un  comité  représentant 
les  débardeurs;  elle  eut  lieu  le  29  mai,  et  à  cette  réunion  les  deux  parties  annoncèrent 
que  si  elles  avaient  eu  connaissance  du  caractère  général  de  la  loi  relative  aux  en- 
quêtes sur  les  litiges  industriels  de  1907,  au  début  du  différend,  la  grève  aurait  été 
prévenue,  car  les  ouvriers  avaient  quitté  leur  travail  ignorant  l'existence  de  la  loi. 
Pourtant,  leurs  représentants  avancèrent  que  ce  serait  difficile  de  démontrer  aux  gré- 
vistes l'avantage  qu'ils  auraient  à  soumettre  leurs  griefs  à  une  commission.     Le  mi- 


298  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
nistre  décida,  vu  les  circonstances,  de  former  une  commission,  et  sur  la  recommanda- 
tion des  compagnies  nomma  M.  James  Hall,  s  Les  employés  n'ayant  recommandé 
personne,  suivant  la  requête  du  ministre,  M.  Philip  Ring,  secrétaire  du  conseil  des 
métiers  et  du  travail  (Trades  and  Labour),  de  Halifax,  fut  nommé  par  le  ministre 
d'après  la  teneur  de  la  loi  (art.  8,  par.  11),  et  MM.  Hall  et  Ring  se  mirent  en  confé- 
rence en  vue  de  faire  la  recommandation  mutuelle  d'un  troisième  membre  de  la  com- 
mission. Avant  que  ces  messieurs  se  fussent  entendus  usr  ce  point  le  ministre 
reçut  d'eux-mêmes  une  dépêche  lui  annonçant  que  la  grève  était  terminée.  Voici  la 
teneur  de  la  dépêche: — ■ 

Halifax,  N.-E.,  4  juin  1907. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 

Ottawa,  Ont.,  Canada. 

Beaucoup  plaisir  aviser  grève  a  été  réglée  par  intervention  de  M.  Dubreuil, 
conséquemment  ne  jugez  pas  nécessaire  nomination  président  et  troisième  per- 
sonne.    Envoie  rapport. 

(Signé)     JAMES    HALL, 
PRILIP  RING 

On  reçut  également  d'autres  lettres  du  secrétaire  de  l'Association  des  débardeurs 
de  Halifax  et  du  maire  de  cette  ville,  lettres  qui  exprimaient  la  reconnaissance  des 
efforts  sincèrement  appréciés  que  le  ministère  avait  faits  pour  amener  le  règlement 
du  différend.     Voici  ces  lettres  respectives: — 

Halifax,  N.-E.,  10  juin  1907. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont.,  Canada. 

Monsieur, — Je  suis  chargé  par  l'Association  des  débardeurs  de  Halifax  de 
vous  adresser  les  remerciements  de  ses  membres  pour  l'aide  que  votre  ministère 
leur  a  rendue  dans  le  différend  qu'ils  avaient  avec  les  armateurs  de  ce  port. 

Votre  représentant,  M.  Dubreuil,  agissant  comme  médiateur,  a  provoqué  la 
réunion  des  deux  parties,  et  de  cette  conférence  est  sorti  le  règlement  définitif  de 
la  dispute. 

J'ai  l'honneur  d'être, 

Respectueusement  à  vous, 

(Signé)     M.  COOLEN, 

Secrétaire. 

cabinet  du  maire. 

Halifax,  N.-E.,  28  juin  1907. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont.,  Canada. 

Monsieur, — Veuillez  m'excuser  de  ne  pas  avoir  accusé  réception  plutôt 
de  votre  dépêche  du  26  dernier  concernant  la  grève  des  débardeurs  de  Halifax. 
Mon  retard  étant  dû  à  ce  que  la  dépêche  a  été  égarée,  je  crois  qu'il  n'est  pas  en- 
core trop  tard  pour  vous  remercier  de  votre  intérêt  à  la  question  et  de  vous  féli- 
citer de  la  satisfaction  que  donne  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  in- 
dustriels de  la  dernière  session. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  299 

OOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

La  grève  des  débardeurs  de  ce  port  ayant  été  réglée  depuis  quelque  temps, 
je  n'ai  donc  plus  rien  à  ajouter  à  ma  lettre. 

A  vous  fidèlement, 

(Signé)     K.  T.  MacILREITH, 

Maire. 

RAPPORT  DE  L'OFFICIER  DU   MINISTERE. 

Voici  le  rapport  de  M.  Dubreuil  au  sous-ministre  sur  la  cause  du  différend: — 

RAPPORT  AU    SOUS-MINISTRE  DU   TRAVAIL  SUR  LE  DIFFEREND  ENTRE  LES  DÉBARDEURS 
ET   LES   COMPAGNIES  DE  NAVIGATION   DE   HALIFAX. 

Ottawa,  8  juin  1907. 
M.  W.  L.  Mackenzie  King, 
Sous-ministre  du  Travail, 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  un  rapport  de  la  discussion 
qui  a  amené  le  règlement  du  différend  mentionné  ci-dessus.  Suivant  vos  ins- 
tructions du  23  mai,  j'ai  quitté  Ottawa  vendredi  le  24  mai  à  8.30  heures  du  ma- 
tin et  suis  arrivé  à  Halifax  le  25  au  soir.  Je  me  suis  mis  immédiatement  en 
communication  avec  M.  James  Martin,  le  représentant  des  débardeurs  de  Hali- 
fax, et  lui  ai  dit  que  le  désir  du  ministre  du  Trayail,  dans  la  difficulté  qui  exis- 
tait, d'après  les  journaux,  entre  les  compagnies  de  navigatinn  et  les  débardeurs, 
devrait  être  soumise,  selon  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels 
de  1907,  à  une  commission  d'arbitrage  pour  que  les  risques  que  court  l'industrie 
affectée  puissent  être  évités  autant  que  possible.  M.  Martin  m'informa  qu'une 
assemblée  générale  des  débardeurs  devait  avoir  lieu  le  dimanche  26  mai  à  deux 
heures  et  demie,  et  que  j'aurais  là  une  occasion  d'expliquer  dans  toute  son  éten- 
due la  nature  de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels  de  1907,  et 
que  l'on  me  fournirait  des  détails  concernant  les  griefs  des  ouvriers  et  la  nature 
précise  de  leur  demande  aux  compagnies  de  navigation.  Une  assemblée  générale 
eut  donc  lieu  le  26  mai,  et  j'y  pris  la  parole  pour  expliquer  l'acte  de  1907.  Je  mon- 
trai son  application  à  la  dispute  et  pressai  les  ouvriers  de  demander  au  ministre 
du  Travail  une  commission  d'arbitrage  pour  lui  soumettre  leur  différend.  Plu- 
sieurs des  chefs  importants  du  travail  de  la  ville  les  pressèrent  aussi  de 
suivre  cet  avis.  Les  ouvriers  assurèrent  qu'ils  avaient  ignoré  jusqu'à  ce  moment 
là  l'existence  d'une  loi  pouvant  s'appliquer  à  leur  différend,  que  les  choses 
étaient  trop  avancées  pour  changer  leur  cours,  et  après  un  long  débat  ils  réso- 
lurent de  quitter  le  travail  à  minuit  et  ils  nommèrent  un  comité  pour  surveiller 
leurs  intérêts  pendant  la  suspension  du  travail.  James  Martin  fut  élu  président 
et  Michael  Coolen  secrétaire. 

Voici  l'exposé  des  griefs: 

Le  15  et  le  17  mai  respectivement,  les  débardeurs  avaient  adressé  par  écrit 
aux  armateurs  de  Halifax  des  demandes  dans  lesquelles  ils  priaient  ces  derniers 
d'augmenter  leurs  gages  actuels  de  20  cents  de  l'heure  pour  le  travail  de  jour  et 
de  25  cents  de  l'heure  pour  le  travail  de  nuit  à  25  cents  de  l'heure  pour  le  tra- 
vail de  jour  et  30  cents  de  l'heure  pour  le  travail  de  nuit,  y  compris  temps  double 
pour  les  dimanches,  pour  la  fête  du  Travail  et  le  jour  de  Noël  à  partir  de  6 
heures  du  soir  précédent.  On  demandait  une  réponse  dans  un  délai  se  termi- 
nant le  27  mai,  et  on  faisait  sentir  que  dans  le  cas  où  l'on  ne  recevrait  pas  de  ré- 
ponse ou  bien  que  l'augmentation  serait  refusée,  les  ouvriers  considéreraient  la 
question  de  cesser  le  travail.  Les  gages  pour  lesquels  ils  travaillaient  étaient 
basés  sur  un  accord  fait  en  1902  et  signé  des  deux  parties  intéressées  dans  la  dis- 
pute actuelle.    Le  26  mai  on  n'avait  pas  encore  reçu  de  répense  aux  demandes. 


300  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Le  lundi,  27  mai,  à  une  réunion  des  armateurs  et  agents  maritimes  on  me 
pria,  et  j'y  consentis,  de  servir  de  médiateur  pendant  le  différend,  et  la  résolu- 
tion suivante  ayant  été  adoptée,  je  fus  invité  à  soumettre  l'offre  y  contenue  à  la 
réunion  des  débardeurs  ce  même  soir. 

Halifax,  N.-E.,  27  mai  1907. 

A  une  réunion  des  armateurs  et  agents  maritimes,  dans  les  bureaux  de  MM. 
Pickford  et  Black,  tenue  le  27  mai  1907  et  à  laquelle  étaient  présents  les  sui- 
vants : 

M  James  Morrow,  représentant  la  ligne  Allan, 

J.  E.  deWolfe,  représentant  la  Compagnie  C.P.C. 

W.  H.  Piers,  représentant  la  Compagnie  Furness  Withy, 

Le  capitaine  Harrison,  représentant  la  Compagnie  Furness  Withy, 

J.  L.  Chapman,  représentant  la  ligne  Plant, 

G.  S.  Campbell,  représentant  la  ligne  Red  Cross, 

A  E.  Jones,  représentant  la  ligne  Dominion, 

W.  A.  Black,  représentant  Pickford  et  Black, 

Geo.  W.  C.  Hensley,  représentant  la  Compagnie  S. S.  limitée. 

La  résolution  suivante  fut  adoptée  à  l'unanimité: — 

Nous  accordons  aux  débardeurs  une  augmentation  de  gages  de  deux  cents  et 
demi  par  heure  le  jour  et  la  nuit  sujette  à  toutes  les  conditions  de  la  convention 
faite  avec  eux  et  signée  le  11  avril  1902. 

A  8  heures  du  soir  le  27  mai  les  débardeurs  se  réunirent  de  nouveau  pour 
considérer  l'offre  faite  par  la  résolution  "ci-dessus.  Cette  offre  fut  refusée,  et  ils 
adoptèrent  une  résolution  pour  soumettre  aux  armateurs  une  nouvelle  demande. 
Cette  résolution,  qu'ils  me  prièrent  de  présenter  aux  armateurs,  est  la  suivante  : — 

Halifax,  N.-E.,  27  mai  1907. 

A  une  réunion  des  débardeurs  tenue  à  la  date  ci-dessus,  nous  avons  décidé 
de  soumettre  la  proposition  suivante  aux  représentants  des  compagnies  de  navi- 
gation : — 

Qu'on  nous  paie  25  cents  de  l'heure  pour  le  travail  de  jour,  30  cents  de  l'heure 
pour  le  travail  de  nuit,  ainsi  que  temps  double  pour  les  dimanches,  la  fête  du  Tra- 
vail et  le  jour  de  Noël. 

Dans  leur  première  demande  ces  ouvriers  avaient  spécifié  que  le  temps  double 
des  dimanches,  du  jour  de  Noël  et  de  la  fête  du  Travail  commençât  la  veille  à 
partir  de  6  heures  du  soir;  dans  la  nouvelle  demande  ils  ne  parlaient  pas  du  mo- 
ment ou  le  temps  double  devait  commencer. 

Le- lundi,  28  mai,  j'asistai  à  une  réunion  des  représentants  des  compagnies, 
et  j'informai  ceux  d'entre  eux  qui  étaient  présents  que  les  ouvriers  refusaient  leur 
offre  d'une  augmentation  de  deux  cents  et  demi  par  heure.  Je  leur  dis  l'urgence 
qu'il  y  avait  pour  les  compagnies  de  s'entendre  dans  le  but  de  s'en  rapporter  à  la 
loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels  de  1907,  qu'elles  devraient  de- 
mander au  ministre  du  Travail  de  nommer  une  commission  d'arbitrage.  Les  re- 
présentants s'accordèrent  à  faire  cette  démarche  et  télégraphièrent  aussitôt  au 
ministère  du  Travail  pour  annoncer  leur  intention.  Ils  recommandèrent  M. 
James  Hall  pour  être  membre  de  la  commission.  Je  prévins  en  même  temps  le 
président  des  débardeurs  de  la  démarche  des  représentants  des  compagnies  de 
navigation,  et  le  pressai  d'en  faire  une  semblable  en  faveur  de  ses  compagnons. 
Le  soir  j'ass'istai  à  une  réunion  des  débardeurs  et  leur  expliquai  la  détermination 
que  les  représentants  des  compagnies  avaient  prise,  et  les  invitai  à  en  faire  autant. 

Le  29  mai,  je  réussis  à  organiser  une  réunion  des  deux  parties  dans  le  but 
de  discuter  les  propositions  respectivement  soumises.  Une  aimable  discussion 
eut  lieu,  et  l'une  et  l'autre  parties  admirent  que,  si  elles  avaient  connu  la  portée 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  301 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

de  la  loi  relative  aux  enquêtes  sur  les  litiges  industriels  de  1907,  avant  la  dispute, 
la  grève  eût  été  prévenue  ;  cependant,  les  ouvriers  firent  remarquer  que,  où  en  était 
le  litige,  la  reprise  du  travail  pourrait  nuire  à  leur  demande  et  empêcher  qu'elle 
ne  fût  pleinement  accordée. 

Le  30  mai,  à  une  réunion  des  représentants  des  compagnies,  M.  A.  G.  Jones, 
l'agent  de  la  Canada  and  Jamaica  S.8.  Co.  fut  autorisé  à  signer  avec  les  ou- 
vriers une  convention  par  laquelle  sa  compagnie  accordait  à  ses  employés  l'aug- 
mentation de  cinq  cents  de  l'heure  pour  un  an. 

Le  31  mai,  après  une  entrevue  avec  les  représentants  des  compagnies,  ils  me 
chargèrent  d'offrir  aux  débardeurs  25  cents  de  l'heure  pour  le  travail  de  jour  et 
de  nuit;  ceux-ci  refusèrent  encore  cette  nouvelle  offre.  Je  continuai  néanmoins 
d'exercer  les  bons  offices  du  ministère,  et  pendant  ce  temps,  deux  autres  compa- 
gnies acceptèrent  les  conditions  des  ouvriers,  et  comme  ces  derniers  n'avaient  re- 
commandé personne  pour  les  représenter  devant  la  commission  d'arbitrage  que  le 
ministre  avait  décidé  de  nommer  M.  Philip  Ring,  secrétaire  du  Trades  and  La- 
bour Council,  fut  nommé  par  le  ministre  d'après  la  teneur  de  l'acte.  M.  James 
Hall,  qui  avait  été  nommé  sur  la  recommandation  des  représentants  des  compa- 
gnies de  navigation,  et  M.  Ring  se  mirent  à  conférer  en  vue  de  s'entendre  pour 
recommander  au  ministre  une  troisième  personne  pour  être  membre  et  président 
de  la  commission. 

Le  4  juin,  les  représentants  m'invitèrent  à  assister  à  leur  réunion,  et  après 
la  longue  discussion  qu'ils  y  eurent,  ils  m'informèrent  que  celles  des  compagnies 
qui  avaient  jusqu'ici  refusé  d'accepter  les  conditions  des  débardeurs  s'étaient 
enfin  décidées  à  les  accepter  dans  le  but  de  terminer  la  grève.  La  souffrance  de 
plusieurs  paquebots  qui  se  trouvaient  dans  le  fort  fut,  dit-on,  la  cause  de  cette 
détermination.  Le  comité  des  débardeurs  fut  invité  à  se  réunir  aux  représen- 
tants des  compagnies  pour  signer  la  convention  nouvelle  qui  suit: — 
Convention  faite  ce  jour entre îigne  de  pa- 
quebots, et  James  Martin,  président,  et  Michael  Coolen,  secrétaire  de  l'Association 
des  débardeurs  d'Halifax. 

A  partir  de  ce  jour  le  taux  des  gages  pour  le  travail  sur  les  paquebots  sera 
de  25  cents  de  l'heure  pour  le  travail  du  jour  et  30  cents  de  l'heure  pour  le  tra- 
vail de  nuit.  Temps  double  sera  payé  pour  le  travail  du  dimanche,  du  jour  de 
Noël  et  de  la  fête  du  Travail. 

Cette  convention  n'engage  les  deux  parties  que  pour  un  an  de  cette  date. 

Les  débardeurs  reprirent  donc  leur  travail  le  5  juin.     Sept  compagnies  de 
navigation  et  500  débardeurs  environ  furent  affectés  par  cette  grève. 
J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

(Signé)         VICTOR  DUBREUIL. 


302  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


IX.— DEMANDE  DE  LA  COMPAGNIE  DU  CHEMIN  DE  EER  GRAND- 
TRONC  CONCERNANT  LES  MECANICIENS,  LEURS  EMPLOYES- 
COMMISSION  NOMMEE  ET  ARRANGEMENT  CONCLU  POUR  UNE 
PERIODE  DE  TROIS  ANS. 

Le  27  juin  le  ministère  reçut  de  M.  W.  D.  Robb,  surintendant  de  la  traction  du 
chemin  de  fer  Grand-Tronc,  une  demande  en  faveur  de  la  compagnie  susnommée  pour 
la  nomination  d'une  commission  d'arbitrage  afin  de  lui  soumettre  un  différend  sur- 
venu entre  la  compagnie  et  les  mécaniciens  employés  sur  ses  lignes.  D'après  les  cal- 
culs qui  accompagnaient  la  demande,  on  estimait  approximativement  à  1,300  le  nom- 
bre de  personnes  affectées  par  la  dispute  "  et  auxquelles  le  public  ne  s'intéressait  nul- 
lement ".  Cette  dispute  se  rapportait  aux  règles  qui  régissent  l'emploi,  les  fonctions 
et  les  gages  des  mécaniciens,  et  avec  la  demande  il  y  avait  deux  annexes,  l'une  marquée 
"A",  représentant  les  conditions  en  vigueur  au  sujet  des  questions  en  litige  depuis 
le  1er  avril  1905,  et  qui  furent  déterminées  et  approuvées  par  une  commission  d'arbi- 
trage nommée  en  vertu  d'un  arrangement  entre  les  parties  à  la  préente  dispute  en 
date  du  24  février  1905  ;  l'autre,  marquée  "B",  donnant  les  changements  et  les  modifi- 
cations de  la  dite  annexe  (autres  que  ceux  sur  lesquels  on  était  arrivé  à  s'entendre), 
que  demandaient  les  mécaniciens  et  que  la  compagnie  ne  pouvait  facilement  accorder. 
La  teneur  de  la  demande  se  poursuivait  en  établissant  que  les  sujets  de  la  dispute 
avaient  été  la  cause  de  conférences  répétées,  en  effet,  presque  journellement  depuis  le 
1er  avril  entre  M.  W.  D.  Robb,  le  représentant  de  la  compagnie,  et  le  comité  choisi 
par  les  mécaniciens.  Ces  conférences  avaient  amené  une  entente  sur  certains  points 
en  dispute  à  l'origine,  mais  malgré  celles-ci  et  d'autres  entre  M.  Charles  M.  Hayes, 
second  vice-président  et  directeur  général  de  la  compagnie,  et  M.  E.  H.  Fitzhugh, 
troisième  vice-président,  d'un  côté,  et  le  comité  des  mécaniciens  de  l'autre,  auxquelles 
les  mêmes  questions  furent  discutées,  il  avait  été  impossible  d'en  arriver  à  une  entente 
complète  et  finale,  et  les  sujets  de  la  dispute  restaient  encore  irrésolus. 

Le  ministre  du  Travail,  après  considération,  ayant  décidé  de  nommer  une  com- 
mission à  laquelle  le  différend  serait  soumis,  en  instruisit  les  employés,  et  il  reçut,  le  10 
juillet,  de  leur  part,  une  note  en  réponse  à  celle  de  la  compagnie.  La  note  était  ac- 
compagnée d'une  troisième  annexe  marquée  "C"  qui,  on  l'a  dit,  établissait  tout  au 
long  les  prétentions  et  les  griefs  des  mécaniciens.  Il  a  été  également  dit,  de  plus, 
que  les  affaires  communiquées  au  ministère  par  la  Compagnie  du  Grand-Tronc  comme 
ayant  été  réglées,  l'avaient  été  seulement  sous  la  réserve  des  mécaniciens  que  tous 
les  articles  de  l'annexe  "B"  au  moment  où  elle  fut  présentée  à  la  compagnie  par  les 
^employés,  étaient  acceptés  tels  qu'ils  y  étaient  rédigés.  La  note  était  signée  de  MM. 
D.  Cameron,  président;  John  Battley,  vice-président;  et  J.  S.  Johnson,  secrétaire  et 
trésorier  de  l'association  comprenant  les  mécaniciens  du  réseau  de  chemin  de  fer 
G  rand-Tronc.  i 

La  Compagnie  du  Grand-Tronc  désigna  M.  Wallace  Nesbitt,  C.R.,  de  Toronto,  et 
les  mécaniciens  M.  John  Cardell,  de  Calgary,  Alta,  pour  membres  respectifs  de  la 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  303 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

commission,  et  ces  messieurs  ayant  été  nommés  par  le  ministre  et  n'ayant  pas  réussi, 
dans  le  délai  prescrit  par  l'acte,  à  trouver  un  troisième  membre  pour  servir  de  prési- 
dent, le  ministre  du  Travail  nomma  d'office  le  professeur  Adam  Shortt,  de  Kingston, 
Ont.,  comme  tel. 

La  commission  commença  son  enquête  à  Montréal  le  23  juillet,  et  le  16 
août  elle  envoya  au  ministère  du  Travail  le  résultat  de  ses  recherches.  Le  rapport 
était  accompagné  d'une  convention  faite  devant  la  commission,  signée  des  représen- 
tants des  deux  parties;  elle  régissait  l'emploi,  les  fonctions  et  le  salaire  des  méca- 
niciens du  réseau  de  la  Compagnie  du  Grand-Tronc,  et  annulait  tout  règlement  anté- 
rieur. La  convention  était  faite  pour  3  ans  à  partir  du  1er  août  1907,  et  pouvait  con- 
tinuer d'année  en  année  sous  réserve  de  la  reviser  ou  d'y  mettre  fin. 

Les  signataires  de  cete  convention  étaient,  pour  la  compagnie,  MM.  Charles  M. 
Hays,  second  vice-président  et  directeur  général,  et  W.  D.  Robb,  surintendant  de  la 
traction,  et  pour  les  employés,  MM.  D.  C.  Cameron,  J.  Battley  et  J.  S.  Johnson. 

Le  rapport  de  la  commission  d'arbitrage  était  signé  du  professeur  Adam  Shortt, 
président,  et  de  M.  J.  Cardell,  membre  de  la  commission  nommé  sur  la  recommanda- 
tion des  employés.  M.  Nesbitt,  membre  de  la  commission,  nommé  sur  la  recommanda- 
tion de  la  Compagnie  du  Grand-Tronc,  fut  empêché  d'assister  aux  réunions  finales  de 
la  commission,  mais  on  comprit  sans  hésitation  qu'il  approuvait  la  teneur  du  règle- 
ment. Le  différend,  comme  on  le  verra  par  le  texte  du  document,  comprenait  nom- 
bre de  questions  confuses  et  difficiles  qui  justifient  le  temps  prolongé  que  l'on  mit 
pour  en  venir  à  une  entente  mutuelle. 

Voici  le  rapport  de  la  commission  d'arbitrage: 

RAPPORT   DE  LA  COMMISSION. 

Kingston,  Ont.,  15  août  1907. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 

Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont. 

Monsieur, — Comme  président  de  la  commission  d'arbitrage  nommée  pour 
régler  le  différend  survenu  entre  le  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et  ses  méca- 
niciens, je  dois  vous  faire  rapport  qu'un  règlement  définitif  du  différend  fut  effec- 
tué le  13  août.  Le  mémorandum  ci-inclus  des  règlements  et  des  taux  de  rémuné- 
ration applicables  à  tout  le  réseau  du  Grand-Tronc  fut  accepté  et  signé  des  deux 
parties,  et  doit  rester  en  vigueur  pour  trois  ans  à  partir  du  1er  août  1907. 

En  vertu  de  l'article  54  de  la  loi  des  différends  industriels,  j'ai  l'honneur  de 
faire  rapport  que,  immédiatement  après  avoir  été  nommé  président  de  la  commis- 
sion d'arbitrage,  je  me  mis  en  communication  avec  les  deux  parties  en  litige.  Je 
me  rendis  à  Montréal  le  21  juillet;  le  lendemain  je  terminai  des  arrangements 
pour  la  première  réunion  de  la  commission;  le  mardi,  23  juillet,  à  10  heures  du 
matin,  aux  bureaux  de  la  compagnie  du  Grand-Tronc,  dans  la  salle  du  conseil,  que 
M.  Hays  fut  assez  bon  de  mettre  à  notre  service  pour  la  réunion  de  la  commission. 
La  première  séance  eut  lieu,  selon  les  arrangements  faits,  à  10  heures  du  matin, 
le  23  juillet,  et  à  laquelle  assistaient  les  membres  de  la  commission,  l'honorable 
Walace  Nesbitt,  conseiller  du  roi,  représentant  la  Compagnie  du  Grand-Tronc, 
M.  John  Cardell,  représentant  les  mécaniciens,  et  moi,  comme  président.  Les 
messsieurs  suivants  étaient  également  présents:  M.  Chas.  M.  Hays,  M.  E.  H. 
Fitzhugh  et  M.  W.  D.  Robb,  pour  la  compagnie,  et  MM.  D.  Cameron,  J.  Battley 
et  J.  S.  Johnson  pour  les  employés. 


304  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


M.  Nesbitt  ayant  reçu  une  note  que  sa  présence  était  urgente  à  Sidney,  C.-B., 
pour  un  procès  entre  les  compagnies  Dominion  Steel  et  Dominion  Goal,  il  se 
trouva  dans  l'impossibilité  de  rester  plus  de  deux  jours  à  Montréal.  En  prolon- 
geant nos  séances  nous  nous  efforçâmes  de  terminer  le  travail  que  nous  avions 
devant  nous  dans  ce  délai,  et  nous  étions,  en  effet,  arrivés  à  une  entente  provisoire 
sur  tous  les  sujets  en  discussions,  excepté  sur  celui  des  gages,  lorsque  la  commis- 
sion ajourna  ses  séances  le  24  juillet.  A  la  requête  du  Grand-Tronc,  on  convint 
d'attendre  le  retour  de  M.  Nesbitt  si  ce  retour  devait  s'effectuer  dans  un  délai  rai- 
sonnable. Avant  de  quiter  Montréal,  je  fis  remarquer  aux  représentants  des  mé- 
caniciens que  si  suivant  les  articles  23  et  24  de  la  loi  des  enquêtes  sur  les  diffé- 
rends industriels  de  1907,  un  règlement  des  gages  pouvait  se  faire  pendant  cette 
suspension  des  séances  de  la  commission,  il  serait  bienvenu.  Après  plusieurs 
entrevues  entre  les  représentants  des  employés  et  MM.  Hays  et  Robb,  M.  Hays 
offrit  une  augmentation  substantielle  des  gages  existants  pour  une  durée  de  3 
ans.  Cette  offre  fut  enfin  acceptée  des  représentants  des  mécaniciens  et  l'accord 
se  trouva  ainsi  complet.  Ayant  été  instruit  de  l'entente  sur  les  gages,  je  retour- 
nai à  Montréal  le  11  août  ;  M.  Cardell,  qui  habite  Calgary,  était  resté  à  Montréal 
dans  l'intervalle,  mais  M.  Nesbitt  se  trouvait  toujours  incapable  de  quitter  Sidney. 
Le  lundi,  12  août,  les  séances  de  la  commission  furent  reprises,  l'arrangement  des 
parties  fut  mis  sous  des  formes  définitives,  et  le  lendemain,  le  13  août,  il  fut 
signé,  pour  la  Compagnie  du  Grand-Tronc  par  MM.  Hays  et  Robb,  et  par  MM. 
Cameron,  Battley  et  Johnson  pour  les  mécaniciens,  et  je  le  signai  ainsi  que  M. 
Cardell  pour  la  commission  d'arbitrage. 

De  plus,  ainsi  que  le  demande  l'acte,  je  vous  envoie  les  comptes  certifiés  des 
dépenses  de  la  commision. 

J'ai  l'honneur  d'être, 

Sincèrement  à  vous, 

(Signé)        ADAM  SHORTT, 
Président  de  la  commission  d'arbitrage  pour  le  différend  de  la  Compagnie 

du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  avec  ses  mécaniciens. 


TEXTE  DE  L  ARRANGEMENT. 

Voici  le  texte  de  l'arrangement  conclu  devant  la  commission: 

RÉSEAU    DES    CHEMINS    DE    FER    GRAND-TRONC — TRACTION. 

Règlements 

Qui  régissent  l'emploi,  les  fonctions  et  les  gages  des  mécaniciens.  En  vi- 
gueur du  1er  août  1907  au  1er  août  1910,  et  ensuite  d'année  en  année,  sous  réserve 
de  révision  ou  de  cessation.  (Annule  les  précédents.)  Au  bureau  du  surinten- 
dant de  la  traction  à  Montréal,  P.Q. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

TAUX  DE  PARCOURS. 


305 


Taux  par 

mille. 

Districts. 

Trains  de  plein  parcours. 

Voyageurs,  mixte  et  charrue  à  neige. 

Locomotives. 

Trains  omnibus. 
Locomotives. 

cyl.  18" 
et  au-des- 
sous. 

cyl.  19" 

et 

au-dessus. 

Conso- 
lidation. 

cyl.  18" 
et  au-des- 
sous. 

$  4.15 

4.00 
4.00 
4  35 
4.35 

cyl.  19" 

et 

au-dessus. 

1 

2-4-5-6-7-11-12-15-16-17-18-19-20- 

30 

3-8-9-10-13-14-21-22-23-24-31-32- 
25  (G.  T.  W.)-26 

$  3.50 

3.25 
3.20 
3.70 
3.55 

$  3.75 

3.50 
3.50 
3.95 
3.95 

$  3.95 

3.70 
3.70 
4.10 
4.10 

$  4.10 

3  90 
3.90 
4.15 
4.15 

$  4  30 

4.10 
4.10 
4.50 

25  (C.  S.  &  M. )  27-28-9 

4.50 

On  accordera  100  milles  pour  les  parcours  (trains  omnibus)  de  100  ou  de  moins  de  100  milles.     Retard 
après  11  heures. 


TAUX,  CONSTRUCTION  ET  SECOURS  EN  CAS  D'ACCIDENT. 


Districts. 

Taux  par  heure. 
Locomotives. 

cyl.  18" 
et  au-dessous. 

cyl.  19" 
et  au-dessous. 

Consolidation. 

Lignes  à  l'est  de  Détroit  et  de  la  rivière  St- Clair ...... 

Lignes  à  l'ouest  de  Détroit  et  de  la  rivière  St-Clair. . . 

$0.35 
.37 

$0.37 
.39 

$0.39 
.41 

TAUX  POUR  CHANGEMENTS  DE  VOIE. 


Gares  ou  districts. 

Taux  par  heure. 

Premier   district 

Chicago  et  Buffalo 

$0.33 
.37 

Autres  stations  des  Etats-Unis 

Toutes  les  gares  du  Canada 

.33 
.31 

36—20 


306 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


TAUX  SPÉCIAUX  DE  PARCOURS. 


Marchandises. 

Omnibus. 

Entre 

i 

> 

Cyl. 
de  loc. 
au- 
des- 
sous 
de  18" 

Cyl. 

de  loc. 
au- 
des- 
sous 

de  18" 

Cyl. 
de  loc. 

19" 
et  au- 
dessus 

Loco. 
Cons. 

Cyl. 

de  loc. 
au- 
des- 
sous 

de  18" 

Cyl. 

de  loc. 
au- 
des- 
sous 

de  18" 

Cyl. 
de  loc' 
de  19' 
et  au- 
dessus 

Division  de  Vcst  : 
St-Hyacinthe  et  Montréal  et  retour 

Division  centrale  : 
Toronto  et  Niagara-Falls  via  Hamilton. . . 

Hamilton  et  Niagara-Falls  et  retour 

Hamilton  et  Toronto  et  retour 

71 

83 
88 
78 
75 

156 
00 

120 

106 

106 

2.52 

2.95 
2.95 
2.95 

5^90* 

3.10 
5.99 

3.16 
5.99 

3.18 
6.06 

3.18 

2  98 
5.96 

4.69 
4.69 

3.04 
6.03 

4.69 
4.69 

Hamilton  et  London  via  Harrisburg 

Palmerston  et  Brantford  et  retour 

3.04 

London  et  Sarnia  et  retour x 

Division  de  Vouest  : 
Durand  et  Bay-City x 

6.08 
4.79 

4.79 

x  Retard  si  moins  que  8  milles  à  l'heure. 

TAUX  ET  PARCOURS  SPÉCIFIÉS. 


Localité. 


Division  de  Vest  : 

Embranchement  de  Norway 

h  de  Lewiston,  aller  et  retour 

Victoriaville  et  débarcadère  Doucet 

Jonction  de  Henimingford  et  St-Isidore 

Montréal  et  St-Paul 

Division  d'Ottawa  : 

Embranchement  de  Hawkesbury 

m  Rockland 

Division  du  nord  : 

Madoc  et  Belleville 

Coboconck  Lindsay 

Haliburton  et  Lindsay 

Lindsay  et  Port-Hope 

Sutton  ou  Pt.  -Jackson  et  Toronto 

Penetang  et  Allandale  et  Barrie , 

Collingwood  et  Beeton 

Peterboro  et  Lakefield 

Galt,  Berlin  et  Waterloo 

Embranchement  d'Elmira 

Petrolia,  Wyoming  et  Glencoe .    

Stanford,  Ste-Marie  et  London 

Pt-Colborne  et  Pt-Dalhousie 

Pt-Dalhousie  et  Pt-Colborne 

Brantford,  Harrisburg  et  Tilsonburg 

Tilsonburg,  Harrisburg  et  St-George 

Embranchement  de  Pt.-Rowan . . . 

ti  Durham 

Wiarton  et  Parkhead 

London  et  Wingham 

Wingham  et  London :    

Wingham  et  London 

Southampton  et  Palmerston  et  retour  (1). . . 
.    »  «  .,        (2)... 

Kincardine  et  Palmerston  et  retour  (1). . . . . 

"        (2) 

Division  de  l'ouest: 

Détroit  et  Port-Huron 

Pprt-Huron  et  Détroit 


Servi 


Voyag.  et  march. 

m 

Mixte. 

Voyag.  et  march. 


Voyag.  et  mixte. 


Voyag.  et  mixte. 
Mixte. 


Voyag.  et  mixte. 


Voyag.  et  march. 

Voy.  et  mar.  omnib. 

Voyag.  et  mixte. 


Voyageurs. 

March.,  omnibus. 
Voyag.  et  mixte. 


March.,  omnibus. 


Taux  par 
mois. 


100.00 

.75 

100.00 

95.00 

105.00 

100.00 
100.00 

101. Oo 
90.00 
95.00 
90.00 
95.00 
138  00 
143.00 
95.00 
125.00 
125.00 
145.00 
110.00 
105.00 
105.00 
108.00 
105.00 
105.00 
100.00 
115.00 
115.00 
115.00 
110.00 
100.00 
100.00 
115.00 
115.00 

no. oo 

110.00 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  307 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

PARCOURS  DES   TRAINS    À  VIDE. 

1.  Les  taux  des  trains  de  voyageurs  en  vigueur  dans  le  district  régiront. 

2.  Si  elles  sont  employées  pour  un  autre  service  pendant  le  parcours,  le  temps 
sera  payé  aux  taux  qui  régissent  la  classe  du  service  exécuté. 

SERVICE   DES   LOCOMOTIVES    PILOTES   OU   AUXILIAIRES. 

1.  Le  service  exclusif  des  locomotives  pilotes  ou  auxiliaires  sera  payé  aux  taux 
du  parcours  ordinaire. 

2.  Les  mécaniciens  de  service  sur  une  locomotive  pilote  ou  auxiliaire  et  qui  fe- 
ront aussi  le  garage,  seront  payés  au  taux  de  ce  travail  en  vigueur  à  la  gare  à  partir 
de  laquelle  le  travail  sera  fait. 

PETITS  PARCOURS  DES  TETES  DE  LIGNE. 

1.  Les  petits  parcours,  aller  et  retour,  de  50  milles  ou  moins,  seront  comptés  pour 
50  milles  et  payés  au  taux  ordinaire  de  la  classe  du  travail  exécuté;  tout  service  sup- 
plémentaire fait  le  même  jour  sera  payé  selon  le  temps  employé. 

2.  Les  petits  parcours,  aller  et  retour,  continuation  des  parcours  réguliers,  seront 
payés  selon  la  distance  parcourue  ou  le  temps  employé  au  taux  en  vigueur  pour  la 
classe  du  service  fait,  mais  les  employés  qui  seront  retenus  30  minutes  pour  un  voyage 
aller  et  retour  spécial,  ne  faisant  pas  partie  de  leur  travail  ordinaire,  seront  indemni- 
sés pour  le  temps  ainsi  employé. 

SERVICE  DE  CONSTRUCTION  ET  DE   SECOURS. 

Quand  un  voyage,  simple  ou  aller  et  retour,  excède  50  milles,  l'indemnité  sera 
calculée  d'après  le  distance  et  le  temps  employé  au  taux  de  la  classe  du  service  exé- 
cuté. Le  temps  passé  à  placer  les  wagons  aux  fosses  à  gravier  sera  considéré  dis- 
tinct de  tels  voyages  et  sera  payé  à  l'heure. 

RETARDS. 

1.  Pour  tous  les  trains  de  voyageurs,  non  autrement  spécifiés,  le  retard  sera 
payé  selon  le  temps  employé  à  faire  le  voyage,  et  en  plus  du  temps  nécessaire  qu'il 
faudrait  pour  faire  le  voyage  entier  à  une  vitesse  moyenne  de  15  milles  à  l'heure. 

2.  Pour  tous  les  parcours  de  trains  directs  de  marchandises,  de  trains  mixtes  et 
de  charrue  à  neige,  non  autrement  spécifiés,  le  retard  sera  payé  selon  le  temps 
employé  à  faire  le  voyage,  en  plus  du  temps  nécessaire  qu'il  faudrait  pour  faire  le 
voyage  entier  à  une  vitesse  moyenne  de  10  milles  à  l'heure. 

3.  Pour  tous  les  trains  de  marchandises  faisant  un  parcours  de  plus  de  100  milles, 
non  autrement  spécifiés,  le  retard  sera  payé  selon  le  temps  employé  à  faire  le  par- 
cours, et  en  plus  selon  le  temps  nécessaire  qu'il  faudrait  pour  faire  le  parcours  entier 
à  une  vitesse  moyenne  de  9  milles  à  l'heure. 

4.  La  retard  sera  calculé  à  partir  du  moment  où  un  train  a  reçu  l'ordre  de  quitter 
son  point  de  départ  jusqu'à  celui  où  son  arrivée  a  été  enregistrée  à  sa  destination. 

5.  Une  fraction  d'heure,  30  minutes  ou  moins  sera  comptée  pour  une  heure. 

6.  Les  délais  aux  têtes  de  ligne  dans  le  service  de  la  ligne,  avant  le  départ,  doi- 
vent être  rapportés  sur  une  feuille  séparée  et  seront  payés  au  taux  des  retards.     Les 

36—20| 


308  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
délais  de  moins  d'une  heure  et  demie  (1  heure  30  minutes)  ne  seront  pas  comptés. 
Le  temps  ainsi  occupé  sera  déduit  du  retard  gagné  pendant  le  parcours. 

7.  Les  délais  aux  têtes  de  lignes  dans  le  service  de  la  ligne  après  l'arrivée  doivent- 
être  rapportés  sur  une  feuille  séparée  et  seront  payés  au  taux  des  retards.  Les  dé- 
lais de  moins  de  45  minutes  ne  seront  pas  comptés.  Ceux  de  plus  d'une  heure  et 
demie  (1  heure  et  30  minutes)  compteront  pour  2  heures.  Le  délai  au  point  de  desti- 
nation commence  quand  un  train  est  inscrit  à  son  arrivée  et  quand  la  locomotive  est 
rendue  à  la  remise. 

8.  Le  retard  sera  payé  selon  la  classe  du  service  exécuté  et  au  taux  du  parcours, 
basé  sur  la  limite  de  la  vitesse. 

TAUX   DE   DIVERS   SERVICES. 

1.  Les  mécaniciens  faisant  fonction  de  pilotes  recevront  le  taux  accordé  à  la  classe 
du  service  exécuté. 

2.  Le  service  volontaire  autorisé  pour  les  affaires  de  la  compagnie  sera  payé  la 
moitié  du  taux  des  voyageurs  pour  le  district  parcouru. 

3.  Les  mécaniciens  désignés  pour  faire  des  parcours  spéciaux  seront  payés  en  sus 
pour  le  travail  fait  en  dehors  du  parcours  ordinaire,  et  pour  le  travail  fait  soit  avant 
soit  après  leurs  heures  de  service,  aux  taux  accordés  pour  la  classe  du  service  exé- 
cuté, et  s'ils  ne  font  pas  un  mois  complet,  ils  seront  payés  au  pro  rata  de  la  durée  du 
service. 

4.  Les  heures  d'usine,  y  compris  celles  pendant  lesquelles  un  mécanicien  fait 
fonction  de  gardien,  seront  payées  au  taux  de  $3  par  jour  de  10  heures;  5  heures  ou 
moins  seront  payées  pour  une  demi- journée  plus  de  5  heures  et  moins  de  10  seront 
payées  pour  une  journée. 

5.  La  surveillance  de  locomotives  sous  pression  ou  à  la  remorque  sera  payée  au 
taux  de  30  cents  par  jour. 

6.  Quand  un  mécanicien  est  appelé  et  qu'on  lui  supprime  25  milles  sur  son  par- 
cours, le  taux  du  voyage  ordinaire  lui  sera  accordé  s'il  n'a  pas  été  arrêté  avant  de 
quitfter  sa  demeure. 

Ayant  quitté  sa  demeure  il  aura  droit  à  un  billet  de  parcours,  et  devra  s'ins- 
crire sur  le  livre  de  présence,  mais  si  on  peut  lui  trouver  d'autre  travail,  il  sera 
employé  et  son  indemnité  sera  calculée  à  partir  du  temps  où  il  a  été  appelé  au  taux 
accordé  à  la  classe  du  service  qu'il  fera. 

Y.  Aux  stations  où  il  n'y  a  pas  de  personnel  spécial,  les  mécaniciens  seront  payés 
30  cents  pour  tourner  et  remiser  les  locomotives,  le  jour  et  la  nuit. 

8.  Les  mécaniciens  qui  assisteront  aux  tribunaux  ou  à  une  enquête  de  coroner 
sur  des  causes  légales  pour  la  compagnie,  auront  $4  par  24  heures  ou  partie  de  24 
heures,  pour  compenser  leur  temps  perdu. 

Quand  un  tel  service  se  fera  un  jour  où  le  travail  ordinaire  est  aussi  exécuté, 
l'indemnité  sera  calculée  au  prorata  du  temps  ainsi  occupé;  quand  un  tel  service  se 
fera  un  jour  de  repos,  l'indemnité  entière  sera  accordée.  Il  sera  accordé  des  frais  au 
taux  de  $2  par  24  heures  pour  le  temps  pendant  lequel  le  mécanicien  aura  été  absent 
de  la  gare  de  l'endroit  où  il  demeure.  L'indemnité  accordée  aux  témoins  par  la  oour 
i-pvit  ndra  à  la  compagnie. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  309 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

9.  Les  mécaniciens  employés  au  service  des  changements  de  voie  auront  une 
heure  pour  leur  repas,  entre  la  cinquième  et  la  septième  heures  de  leurs  fonctions. 
S'il  n'est  pas  possible  de  leur  donner  cette  heure  pour  leurs  repas  entre  les  heures 
nommées,  elle  leur  sera  payée.     Ils  auront  20  minutes  pour  la  collation. 

10.  Les  mécaniciens  seront  payés  30  cents  de  l'heure  pour  le  chauffage  autorisé 
des  trains  aux  points  terminus;  une  fraction  d'heure,  30  minutes  ou  moins,  ne  sera 
pas  comptée. 

11.  Les  mécaniciens  ayant  l'ordre  de  quitter  Niagara-Falls,  Ont.,  une  heure 
avant  l'heure  ordinaire  du  départ  du  train  de  Suspension-Bridge,  N.-Y.,  seront  payés 
25  cents  de  l'heure;  il  ne  sera  pas  accordé  plus  d'une  heure. 

12.  Les  mécaniciens,  quand  ils  seront  requis  par  la  compagnie  d'apprendre  la 
route,  seront  payés  pour  la  distance  apprise.  Ceci  ne  s'applique  pas  aux  mécaniciens 
nouvellement  employés  ou  promus  qui  apprennent  la  route  sur  leur  propre  temps. 

13.  Un  taux  de  parcours  sera  accordé  aux  trains  omnibus  faisant  la  navette  entre 
Dearing  et  Portland,  Turcot  et  Bonaventure,  London-est  et  London,  et  Elsdon  et 
Chicago. 

RÈGLEMENTS    GENERAUX. 

1.  Le  taux  d'un  parcours  sera  calculé  d'après  les  taux  de  parcours  des  trains. 

2.  Quand  les  mécaniciens,  dont  la  rémunération  est  basée  sur  la  distance,  sont 
obligés  de  dédoubler  un  train  à  cause  de  son  tonnage  qui  excède  la  capacité  de  la  loco- 
motive, ou  d'aller  faire  provision  d'eau  ou  de  charbon,  une  telle  distance  sera  payée  à 
un  taux  spécifié  pour  le  district  sur  un  retard  gagné. 

3.  Les  mécaniciens  pris  sur  des  trains  en  marche  pour  aider  d'autres  trains  seront 
rémunérés  au  même  taux  que  celui  du  train  secouru;  le  temps  ainsi  fait  sera  déduit 
de  tout  retard  gagné. 

à.  Le  mécanicien  de  la  locomotive  sur  le  pont  International,  Fort-Erié,  sera 
payé  au  taux  du  service  des  changements  de  voie. 

5.  Quand  on  n'accorde  pas  de  temps  les  billets  seront  renvoyés  au  contremaître 
des  mécaniciens,  lequel  avisera  par  écrit  le  mécanicien  pourquoi  il  n'a  pas  été  accordé 
de  temps. 

6.  Une  liste  d'ancienneté  sera  placardée  au  commencement  de  chaque  année  à 
chaque  station  de  locomotives. 

7.  Quand  on  calculera  le  travail  fait  à  l'heure,  30  minutes  ou  moins  ne  seront 
pas  comptées,  au-dessus  de  30  minutes    on  comptera  une  heure. 

8.  Quand  les  mécaniciens  rendent  les  locomotives  ou  sont  retenus  à  des  stations 
étrangères,  si,  dans  un  délai  de  12  heures  ils  n'ont  pas  une  locomotive  pour  leur  retour, 
on  leur  fournira  une  feuille  de  route  et  un  laissez-passer  pour  rentrer  chez  eux. 

9.  Les  mécaniciens  affectés  au  service  des  changements  de  voie  dans  la  gare  se- 
ront payés  5  heures  pour  le  service  fait  pendant  moins  de  5  heures,  et  10  heures  pour 
celui  qui  a  duré  plus  de  5  heures  jusqu'à  10  heures. 

10.  Les  mécaniciens  de  locomotives  de  route  seront  payés  aux  taux  du  service 
des  changements  de  voie  quand  il  leur  faudra  se  garer  pour  plus  de  30  minutes  à  une 
tête  de  ligne  avant  ou  après  l'heure  de  départ  du  train  appelé,  ou  après  l'heure  à 
laquelle  le  train  est  arrivé  et  enregistré. 


310  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
DISTRIBUTION    DU    SERVICE. 

1.  Les  mécaniciens  et  locomotives  de  plein  parcours,  non  désignés  à  des  parcours 
préférés  de  marchandises,  seront  engagés  à  tour  de  rôle  dans  le  district  auquel  ils 
appartiennent,  autant  que  cela  sera  praticable  dans  le  service  auquel  ils  sont  affectés. 

2.  Les  mécaniciens  conduisant  les  locomotives  des  gares  alterneront  de  quinze 
jours  en  quinze  jours  leur  service  de  jour  et  leur  service  de  nuit. 

3.  Le  travail  de  réserve  se  fera  par  des  mécaniciens  de  réserve  à  tour  de  rôle,  s'ils 
sont  compétents  pour  le  service  à  faire.  Si,  par  un  service  ininterrompu,  des  méca- 
niciens de  réserve  ne  peuvent  pas  faire  15  journées  par  mois,  la  liste  de  réserve  sera 
réduite  en  mettant  chauffeurs  les  jeunes  mécaniciens  dans  le  service. 

4.  Sur  la  demande  du  mécanicien  ayant  droit  à  un  parcours,  des  vacances  tem- 
poraires de  10  jours  ou  plus  sur  des  parcours  réguliers  seront  remplies  par  un  ancien 
mécanicien  ayant  l'expérience  du  service  des  marchandises. 

5.  La  liste  de  réserve  sera  affichée,  le  devoir  des  mécaniciens  de  réserve  étant  de 
la  surveiller  continuellement  et  de  se  tenir  prêts  pour  le  service  en  tout  temps,  à 
moins  qu'ils  n'aient  reçu  permission  de  s'absenter. 

6.  Les  mécaniciens  de  réserve  qui  ne  seront  pas  chez  eux  quand  on  les  appellera 
perdront  leur  tour,  qui  tombera  à  la  fin  de  la  liste. 

7.  Les  mécaniciens  affectés  à  des  parcours  réguliers  recevront  régulièrement  des 
locomotives  pour  faire  ces  parcours;  où  le  service  le  demandera,  les  locomotives  et  les 
mécaniciens  seront  employés  selon  le  besoin. 

APPELS. 

1.  Les  mécaniciens  devront  répondre  promptement  à  l'appel  du  service.  Un 
grief  réel  ou  imaginaire  devra  s'exprimer  sous  forme  de  plainte,  pour  qu'on  puisse 
faire  une  enquête  et  s'en  occuper  en  temps  convenable,  mais  il  ne  justifiera  pas  le  re- 
fus de  suivre  les  instructions. 

2.  Un  employé  affecté  aux  appels  se  tiendra  aux  stations  où  il  est  nécessaire  de 
faire  rendre  les  mécaniciens. 

3.  Les  mécaniciens  seront  demandés  à  leur  résidence  ordinaire  enregistrée  et  au- 
tant que  possible  2  heures  avant  l'heure  de  départ  du  train.  Chaque  mécanicien  ap- 
pelé devra  s'inscrire  au  livre  d'appel,  qui  montrera  l'heure  d'appel  et  celle  du  départ 
du  train  pour  lequel  il  a  été  demandé. 

4.  La  limite  de  la  distance  pour  l'appel  n'excédera  pas  un  mille,  excepté  dans  le 
cas  où  cette  règle  serait  une  rigueur  pour  les  mécaniciens  qui,  en  ce  moment,  demeu- 
rent en  dehors  de  la  limite. 

5.  Les  mécaniciens  qui  sont  affectés  à  des  parcours  réguliers  ne  seront  pas  appe- 
lés pour  des  trains  qui  partent  entre  7  heures  du  matin  et  8  heures  du  soir.  Si  le 
contremaître  de  service  l'exige,  les  mécaniciens  qui  arriveront  après  8  heures  du  soir 
seront  appelés  pour  un  parcours  ordinaire  et  partiront  à  8  heures  du  matin. 

REPOS. 

Les  mécaniciens,  après  un  service  continu  de  12  heures  ou  plus,  pourront  avoir 
un  repos  de  8  heures  avant  qu'ils  soient  de  nouveau  appelés,  excepté  dans  un  cas  de 
nécessité. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  311 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

CONGÉ. 

Les  congés  devront  être  obtenus  du  contremaître  en  charge.  Dans  le  cas  de  ma- 
ladie, le  mécanicien  devra  avertir  imédiatement  le  contremaître  pour  que  celui-ci 
puisse  le  remplacer. 

PROMOTION. 

1.  La  promotion  se  fera  par  rang  d'ancienneté.  Elle  dépendra  de  la  conduite  en 
général  des  mécaniciens,  de  l'accomplissement  de  leurs  devoirs  et  de  leur  capacité  de 
prendre  une  plus  grande  responsabilité;  le  mécanicien  chef  sera  le  juge. 

2.  Les  vacances  pour  les  parcours  réguliers  seront  annoncées  dans  les  10  jours 
et  remplies  dans  les  20  jours,  si  cela  est  possible. 

3.  Les  promotions  de  station  et  de  division  prévaudront,  les  dernières  seulement 
pour  les  mécaniciens  des  trains  de  première  classe.  Le  premier  district  sera  considéré 
comme  une  division  pour  les  promotions. 

4.  Les  mécaniciens  qui  ne  réussissent  pas  aux  examens  de  la  traction  et  du  dé- 
partement des  transports  auront  l'opportunité  de  s'y  présenter  une  seconde  fois,  et 
s'ils  n'y  réussissent  pas  ils  seront  renvoyés. 

5.  Quand  il  sera  nécessaire  de  transférer  un  mécanicien  d'une  station  ou  d'une 
division  à  une  autre,  on  ne  transférera  qu'un  jeune  dans  le  service.  S'ils  est  néces- 
saire que  ces  mécaniciens  nouveaux  dans  le  service  restent  un  an  à  la  station  où  ils 
seront  transférés,  ils  seront  classés  comme  permanents  et  retiendront  leur  ancienneté. 

DISCIPLINE. 

1.  La  fréquentation  des  débits  de  boissons,  l'usage  des  spiritueux  ou  l'insubordi- 
nation seront  une  cause  suffisante  de  renvoi. 

2.  Les  mécaniciens  ne  seront  renvoyés  ou  suspendus  que  par  le  surintendant,  le 
mécanicien  chef,  le  sous-surintendant  ou  le  chef  de  la  traction.  Leur  plainte  devra 
être  écoutée  impartialement,  et  la  compagnie  fera  une  enquête  aussitôt  que  possible 
après  sa  réception.  Un  mécanicien  pourra  choisir  un  autre  mécanicien  de  sa  division 
pour  assister  à  l'enquête  et  parler  pour  lui,  s'il  le  désire.  S'il  n'est  pas  coupable  des 
accusations  portées  contre  lui,  il  sera  payé  pour  le  temps  perdu. 

3.  Quand  il  s'agira  des  mécaniciens,  un  représentant  du  département  de  la  trac- 
tion sera  présent  aux  enquêtes  faites  par  le  département  des  transports. 

DEVOIRS  EN  GÉNÉRAL. 

1.  Manipuler  et  employer  l'huile,  le  charbon,  le  sable,  l'eau,  les  déchets  de  coton, 
etc.,  avec  économie. 

2.  A  Eichmond,  Montréal,  Brockville,  York,  Ottawa,  Madawaska,  Depot-Harbour, 
Mimico,  Hamilton,  Niagara-Falls,  Fort-Erié,  London  et  Durand,  les  mécaniciens 
placeront  leurs  locomotives  pour  faire  du  charbon  et  les  conduiront  aussi  près  des 
fosses  à  piquer  que  le  permettront  les  circonstances. 

A  d'autres  têtes  de  lignes,  les  mécaniciens  placeront  leur  locomotive,  si  la  ligne 
est  débarrassée,  à  proximité  du  charbonnier,  alors  que  l'équipe,  du  dépôt  de  charbon 
s'en  chargera  et  lui  donnera  une  provision  de  combustible. 

3.  Se  présenter  au  travail  et  s'inscrire  45  minutes  avant  l'heure  de  partir,  être 
disponible  et  avoir  la  locomotive  prête  à  partir  avec  le  train  à  l'heure  désignée. 

4.  Examiner  les  bulletins  et  les  avis  avant  de  quitter  une  tête  de  ligne. 


312  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

5.  Inscrire  le  repos  requis  immédiatement  après  l'arrivée  à  une  tête'  de  ligne  dans 
un  livre  à  cet  effet.  Si  on  désire  une  permission  d'absence  pour  cause  de  maladie  ou 
pour  toute  autre  raison  que  celle  du  repos,  la  demander  personnellement  au  contre- 
maître ou  à  son  suppléant. 

6.  Fermer  à  clé  le  siège,  les  boîtes  d'outils  et  d'équipement  de  la  locomotive,  et 
rendre  les  clés  avant  de  sortir  de  la  gare,  et  faire  un  rapport  de  l'équipement  man- 
quant ou  brisé  pendant  le  parcours. 

7.  Aider  de  toute  manière  possible,  au  cas  où  une  locomotive  aurait  un  accident, 
à  éviter  un  retard  au  train  et  à  débarrasser  la  ligne  principale. 

8.  Faire  les  réparations  de  peu  d'importance  qui  peuvent  être  nécessaires  pour 
tenir  les  locomotives  en  bonne  conditions  de  service  pendant  la  période  de  temps  que 
les  locomotives  des  trains  circulent  sur  les  embranchements,  jusqu'à  ce  qu'elles  puis- 
sent être  conduites  aux  rotondes  de  tête  de  ligne. 

DEVOIRS  AUX  ROTONDES  DE  TETE  DE  LIGNE. 

1.  Faire  une  inspection  et  épreuve  complètes  de  la  locomotive  avec  un  marteau, 
après  l'arrivée  et  avant  de  quitter  une  tête  de  ligne;  les  mécaniciens  seront  responsa- 
bles de  tout  défaut  se  trouvant  à  l'intérieur  du  châssis  d'une  locomotive,  excepté 
quand  ils  auront  demandé  une  inspection,  ce  qui  ne  doit  se  faire  qu'à  des  points  et 
quand  il  n'y  a  aucun  moyen  de  faire  l'inspection. 

2.  Voir  à  ce  que  la  locomotive  ait  tout  son  équipement  et  sa  provision  entière 
d'huile,  de  sable  et  de  charbon  avant  de  quitter  la  rotonde  pour  faire  un  parcours. 
Quand  il  s'agira  de  locomotives  ayant  besoin  d'être  équipées  d'outils  avant  d'être 
mises  en  service,  le  personnel  des  ateliers  s'en  chargera. 

3.  Eprouver  les  pompes  à  air,  ainsi  que  les  injecteurs,  les  graisseurs  et  l'appareil 
de  chauffage  à  vapeur,  et  constater  qu'ils  sont  en  ordre  avant  de  quitter  la  rotonde 
pour  faire  un  parcours. 

4.  Eprouver  personnellement  les  freins  et  le  mécanisme  du  sifflet  à  signaux  en 
faisant  jouer  la  soupape  du  frein  du  mécanicien  et  les  robinets  placés  en  arrière  du 
tender,  et  voir  à  ce  que  ce  mécanisme  soit  en  ordre  avant  de  quitter  la  rotonde  pour 
un  parcours. 

5.  Ajuster  les  godets  alimentaires  de  graissage  et  les  fermer  immédiatement  après 
l'arrivée  à  une  tête  de  ligne. 

6.  Voir  à  ce  que  les  joints  de  l'attelage  automatique  soient  fermés  et  que  les 
boyaux  à  air  et  à  vapeur  soient  raccordés  à  leurs  attaches  respectives  avant  que  la  loco- 
motive soit  rendue  à  une  tête  de  ligne. 

7.  Voir  à  ce  que  les  conduites  de  chaleur  soient  raccordées,  pendant  une  tempé- 
rature rigoureuse,  à  tous  les  tuyaux  qui  en  ont  besoin,  et  avant  que  la  locomotive 
soit  rendue  à  une  tête  de  ligne. 

8.  Faire  écouler  l'eau  de  condensation  du  réservoir  principal  et  de  ses  auxiliaires, 
des  soupapes  à  trois  orifices,  des  égouttoirs  et  de  toutes  les  autres  parties  du  méca- 
nisme du  frein,  pour  empêcher  l'accumulation,  et  de  plus  voir  à  ce  que  toutes  les  par- 
ties de  la  locomotive  et  du  tender  et  du  Westinghouse,  qui  sont  susceptibles  de  s'en- 
dommager par  le  froid,  sont  proprement  égouttées  quand  une  locomotive  cesse  d'être 
en  service. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  313 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

9.  Constater  qu'une  quantité  suffisante  d'eau  reste  dans  la  chaudière  des  loco- 
motives avant  qu'elles  soient  rendues  à  la  rotonde  après  leur  arrivée  à  une  tête  de 
ligne. 

10.  S'inscrire  immédiatement  après  l'arrivée  à  une  tête  de  ligne,  et  préparer  les 
feuilles  de  route  et  les  formules  employées  à  rapporter  les  délais  des  trains,  les  acci- 
dents, les  blessures  personnelles,  les  dommages  au  matériel,  les  incendies,  etc.,  quand 
de  tels  rapports  sont  nécessaires,  avant  de  quitter  la  gare. 

11.  Faire  immédiatement  après  l'arrivée  un  rapport  écrit,  complet  et  clair  de 
tout  le  travail  nécessaire  à  faire,  par  l'équipe  de  la  rotonde,  à  une  locomotive  désignée. 

12.  Tenir  ajusté  le  jeu  des  pistons  moteurs  et  ceux  du  cylindre  du  frein  du  truck 
de  la  locomotive  quand  on  peut  les  atteindre  de  l'extérieur,  et  éprouver  le  mécanisme 
du  Westinghouse,  y  remédier  ou  faire  un  rapport  immédiat  de  toute  irrégularité. 

13.  Prendre  soin  de  la  garniture  du  collier  d'excentrique  ainsi  que  celle  des  cou- 
vercles des  cylindres  quand  l'on  peut  facilement  les  atteindre.  Quand  il  sera  fait 
rapport  de  ce  travail  à  faire,  l'équipe  de  l'atelier  s'en  chargera. 

14.  Garnir  le  réservoir  à  air  et  le  presse-étoupe  de  la  tête  de  la  chaudière  de  tout 
autre  registre  de  vapeur  quand  ce  sera  possible  avec  de  la  vapeur  dans  la  chaudière 
et  qu'on  pourra  facilement  y  arriver.  Quand  il  sera  fait  rapport  de  ce  travail  à 
faire  l'quipe  de  l'atelier  s'en  chargera. 

15.  Garnir  le  réservoir  à  air  et  le  presse-étoupe  de  la  tige  du  piston  de  la  pompe 
à  air. 

16.  Fauberter  la  tige  de  la  soupape,  la  collerette  du  piston  et  celle  de  la  pompe  à 
air. 

17.  Garnir  d'étoupes  la  tige  de  la  soupape  et  le  presse-étoupe  de  la  tige  du  piston 
des  locomotives  qui  n'ont  pas  de  garnitures  métalliques. 

18.  Nettoyer  et  prendre  soin  de  la  grande  lanterne,  du  réflecteur,  du  bec,  de  la 
cheminée  et  des  vitres. 

19.  Prendre  soin  de  l'équipement  de  la  locomotive. 

20.  Prendre  soin  de  la  pompe  à  air  et  surveiller  qu'elle  soit  toujours  propre  et 
bien  graissée. 

21.  Faire  un  rapport  intelligent  et  complet  du  travail  nécessaire  à  faire  aux  loco- 
motives allant  aux  ateliers  pour  réparations. 

DEVOIRS   LORSQUE   DE    SERVICE    SUR   LA   VOIE. 

2.  Kenouveler  les  tubes  indicateurs  du  niveau  d'eau  et  ceux  du  graisseur. 

3.  Serrer  les  écrous  de  tous  les  boulons  qui  se  trouveraient  déserrés. 

4.  Fermer  l'alimentation  de  tous  les  graisseurs,  et  les  godets  à  huile  quand  on 
attend  aux  stations  ou  sur  les  voies  d'évitement  plus  de  cinq  minutes. 

5.  Prendre  soin  de  bien  raccorder  les  conduites  de  chaleur  à  tous  les  injec- 
teurs,  à  la  vapeur,  au  nettoyeur  de  rail  et  aux  autres  tuyaux  qui  demandent  de  la 
chaleur  pendant  les  temps  froids. 

6.  Etre  responsable  de  la  pression  de  la  vapeur  et  de  l'eau  contenue  dans  la  chau- 
dière au  degré  de  la  température  de  la  vapeur,  et  que  la  pression  d'air  dans  le  train 
et  pour  les  signaux  soit  maintenue  et  non  augmentée. 


314  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

7.  Empêcher  tels  feux  dans  la  chaudière  qui  peuvent  produire  une  fumée  noire 
et  causer  que  la  vapeur  s'échappe  par  les  soupapes;  que  tout  le  surplus  de  vapeurs 
devra  être  chassé  dans  l'eau  d'alimentation  du  tender. 

8.  S'assurer  que  les  chauffeurs  fassent  bien  leur  service  et  qu'ils  suivent  leurs 
instructions. 

9.  Manœuvrer  la  locomotive  de  sorte  qu'elle  donne  les  meilleurs  résultats  quant 
à  l'économie  et  l'efficacité;  rattraper  le  temps  perdu  autant  que  possible  quand  les 
trains  sont  en  retard  ou  importants,  et  se  servir  du  frein  et  de  l'appareil  de  chauffage 
à  la  vapeur  selon  les  instructions;  enfin  rendre  le  meilleur  service  possible. 

10.  Faire  un  rapport  télégraphique  au  maître  mécanicien  de  la  condition  des 
roues  sous  la  locomotive,  et  des  accidents  qui  auraient  pu  endommager  le  mécanisme 
ou  causer  des  blessures  personnelles,  ainsi  que  des  causes  de  retards  extraordinaires 
qui  peuvent  être  imputées  au  département  de  la  traction. 

11.  Faire  savoir  immédiatement  au  conducteur  qu'une  locomotive  est  avariée, 
s'il  y  a  lieu.  L'informer  des  causes  de  l'accident  et  du  retard  qu'il  causera,  et  quand 
la  locomotive  sera  prête  à  partir  et  avec  quelle  partie  du  train,  de  sorte  que  le  chef 
de  la  traction  soit  avisé  et  donne  les  instructions  nécessaires. 

(Signé)        W.  D.  ROBB. 

Surintendant  de  la  traction. 

Approuvé  : 

(Signé)     CHARLES  HAYS, 

Second  vice-président  et  directeur  général.  • 

En  faveur  des  mécaniciens  du  réseau  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc,  nous  accep- 
tous  les  règlements  ci-dessus  pour  une  période  de  trois  ans  à  partir  du  1er  août  1907. 

D.  CAMERON, 
J.  BATTLEY, 
J.  S.  JOHNSON, 

ADAM  SHORTT,  président. 
J.   CARDELL. 


Membres  de  la  commission  d'arbitrage: 


ANNEXE  AL    RAPPORT  ANNUEL  315 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


X.— DEMANDE  DU  CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  DU  CANADA 
CONCERNANT  SES  EMPLOYES  DU  SERVICE  DES  MARCHANDISES 
A  HALIFAX,  N.-E.— COMMISSION  NOMMEE  ET  ARRANGEMENT 
CONCLU,  LEQUEL  S'APPLIQUE  AUX  EMPLOYES  DE  SAINT-JEAN, 
N.-B.,  EGALEMENT. 

Le  10  juillet,  le  ministère  reçut  une  demande  de  M.  D.  Pottinger,  directeur  géné- 
ral du  chemin  de  fer  Intercoloial  du  Canada  pour  la  nomination  d'une  commission 
d'arbitrage  dans  le  but  de  régler  un  différend  survenu  entre  le  chemin  de  fer  et  ses 
employés  au  service  des  marchandises  à  Halifax,  N.-E.  Ces  derniers  étaient  représen- 
tés par  l'union  des  Freight  Handlers  de  Halifax.  Le  nombre  des  employés  directement 
intéressés  se  montait  à  55,  et  à  150  celui  de  ceux  qui  l'étaient  indirectement,  outre 
tous  les  commis  employés  aux  expéditions  et  à  la  réception  des  marchandises.  La 
question  en  litige  était  le  taux  des  gages  et  la  classification  des  employés  affectés  au 
Service  des  marchandises  en  général.  Avant  qu'on  s'en  fût  référé  à  la  loi  sous  laquelle 
tombe  le  différend,  les  employés  s'étaient  mis  en  grève  pendant  quelques  jours,  parce 
qu'ils  doutaient  quf>  la  loi  fût  applicable  à  leur  industrie.  Us  reprirent  leur  travail 
après  s'en  être  rapportés  à  l'article  de  la  loi  Lemieux  de  1907,  qui  a  pourvu  que  dans 
le  cas  d'un  différend  une  compagnie  de  chemin  de  fer  et  ses  employés,  les  parties  pou- 
vaient soumettre  leur  différend,  soit  à  un  comité  de  conciliation,  de  médiation  et  d'en- 
quête établi  d'après  les  dispositions  de  la  loi  relative  aux  disputes  des  chemins  de  fer 
et  concernant  la  conciliation  et  le  travail  dont  on  parle  plus  haut,  et  dans  le  cas  où 
l'on  ne  s'entendrait  pas  devant  ce  comité,  à  une  commission  d'arbitrage  nommée  en 
vertu  des  mêmes  dispositions;  ou  encore  à  une  commission  de  conciliation  et  d'en- 
quête nommée  en  vertu  de  la  loi  Lemieux  de  1907.  Dans  ce  cas-ci  on  choisit  la  pro- 
cédure de  la  loi  de  conciliation  et  du  travail. 

Le  comité  de  conciliation,  de  médiation  et  d'enquête  établi  d'après  la  loi  se 
composait  du  professeur  Walter  Murray,  Halifax,  président,  de  M.  Henry  Holgate, 
ingénieur  civil,  Montréal,  recommandés  par  le  chemin  de  fer  Intercolonial  et  de  M. 
R.  E.  Finn,  M.P.P.,  Halifax,  recommandé  par  l'union  des  Freight  Handlers;  le 
président  du  comité  fut  nommé  d'un  commun  accord  par  les  représentants  des  deux 
parties.  Le  comité  se  réunit  à  Halifax  le  27  juillet  pour  tâcher  de  régler  la  dispute 
par  la  conciliation,  mais  le  30  juillet  le  ministre  du  Travail  reçut  un  télégramme  du 
président  lui  annonçant  qu'il  était  impossible  d'effectuer  un  règlement  par  ce  moyen, 
et  lui  suggérant  que  le  différend  devrait  être  soumis  à  une  commission  d'arbitrage. 
Les  parties  ayant  informé  le  ministre  que  les  membres  du  comité  pouvaient  devenir 
les  arbitres  de  la  commission,  celui-ci  forma  la  commission  de  ces  trois  messieurs,  et 
cette  commission  d'arbitrage  se  mit  immédiatement  à  l'œuvre  d'écouter  les  témoi- 
gnages rendus  sous  serment,  et  enfin  de  faire  une  enquête  sur  le  différend  qui  lui  était 
soumis. 

Le  comité  de  conciliation,  de  médiation  et  d'enquête  tint  ses  séances  le  27  et  le 
29  juillet,  et  la  commission  d'arbitrage  tint  les  siennes  journellement  à  partir  du  31 


316  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
juillet  jusqu'au  8  août.  Le  sujet  de  la  dispute,  quoique  d'origine  locale,  s'appliquait 
indirectement  non  seulement  à  toute  la  ligne,  mais  des  questions  de  direction  furent 
soulevées,  et  par  conséquent  l'enquête  de  la  commission  fut  plus  importante  qu'elle  ne 
Ta urait  été  autrement.  Cette  enquête  fut  faite  avec  le  plus  grand  soin,  et  ce  qu'elle 
découvrit  fut  accepté  par  l'administration  du  chemin  de  fer  comme  applicable  aussi 
bien  aux  employés  du  service  des  marchandises  de  Saint-Jean,  N.-B.,  qu'à  ceux  de 
Halifax,  N.-E. 

RAPPORT    DE    LA    COMMISSION. 

Voici  le  rapport  de  la  commission  d'arbitrage: — 

Halifax,  N.-E.,  8  août  1907. 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 
Ministre  du  Travail, 
Ottawa. 

Honorable  monsieur, — En  ce  qui  concerne  la  loi  de  conciliation  et  du  travail 
de  1906  et  la  soumission  d'un  certain  différend  entre  le  chemin  de  fer  Intercolo- 
nial du  Canada  et  certains  de  ses  employés,  membres  de  l'union  des  Freight 
Handlers'  de  Halifax,  aux  soussignés  comme  membres  de  la  commission  d'arbi- 
trage nommée  d'après  les  dispositions  de  la  dite  loi,  votre  commission  vous  fait 
respectueusement  le  rapport  suivant: — 

Le  5  juillet  1907,  la  résolution  suivante  fut  adoptée  par  l'union  des  Freight 
Handlers,  de  Halifax: — 

Proposé  par  M.  James  Clark  et  appuyé  par  M.  John  Burns,  que  les  membres 
de  l'union  des  Freight  Handlers,  de  Halifax,  N.-E.,  s'accordent  à  soumettre  leur 
cause,  qui  est  celle  de  leur  différend  avec  le  chemin  de  fer  Intercolonial,  telle 
qu'elle  est  représentée  dans  la  plainte  qu'ils  ont  faite  à  M.  G.  M.  Jarvis  le  18 
juin,  à  une  commission  d'arbitrage  qui  devra  se  réunir  dans  le  délai  de  15  jours 
après  la  réception  de  la  présente  résolution  par  l'administration  du  chemin  de 
fer  Intercolonial,  à  être  nommée  d'après  les  dispositions  de  la  loi  de  conciliation 
et  du  travail,  pourvu  que  la  question  du  taux  à  accorder  par  le  dit  chemin  de  fer 
Intercolonial,  et  la  date  à  partir  de  laquelle  ces  gages  seront  payables,  soient  dé- 
terminées définitivement  par  la  dite  commission  d'arbitrage. 

Adopté  à  l'unanimité. 
Halifax,  en  date  du  5  juillet  A.D.  1907. 

(Signé)     WILLIAM  ALLEN, 

Président. 

J.  W.  CLARK, 

Secrétaire. 

Par  l'intermédiaire  de  M-  Geo.  M.  Jarvis,  la  réponse  suivante  fut  donnée 
par  M.  D.  Pottinger,  directeur  général  du  chemin  de  fer  Intercolonial  :  "  Monc- 
ton,  le  5  juillet  1907.  Le  ministère  accepte  la  proposition  que  l'union  des  Freight 
Handlers  lui  a  soumise.  Les  employés  reprendront  leur  service  aux  gages  ordi- 
naires, et  le  sujet  de  la  dispute  sera  soumis  à  une  commission  d'arbitrage. 

"  D'accord  avec  les  dispositions  de  la  loi  de  conciliation  et  du  travail  de  1906, 
le  comité  de  conciliation  que  vous  avez  nommé  le  22  juillet  1907  s'efforça  d'effec- 
tuer un  règlement  à  l'amiable,  mais  malheureusement  il  n'y  réussit  pas,  et  le  29 
juillet,  il  vous  soumis  son  rapport." 

La  commission  d'arbitrage  à  laquelle  fut  alors  soumis  le  différend  se 
réunit  dans  l'édifice  provincial,  à  Halifax,  le  31  juillet,  et  acheva  ses  séances 
le  8  août. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  317 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

M.  George  M.  Jarvis  y  représenta  le  chemin  de  fer  Intercolonial  et  MM. 
William  Allen  et  Aaron  Mosher  y  représentèrent  ses  employés. 

La  commission  décida  de  procéder  privément,  et  de  ne  permettre  à  aucun 
avocat  de  se  présenter  pour  les  parties.  Plusieurs  témoins  furent  interrogés  et 
les  parties  furent  pleinement  entendues. 

Les  conclusions  de  la  commission  sont  unanimes  et  renferment  les  divers 
points  de  la  dispute. 

En  arrivant  à  ses  conclusions,  la  commission,  quoique  sachant  bien  les  effets 
indirects  d'une  décision  quelconque  à  laquelle  elle  pût  arriver,  s'en  tint  aux  prin- 
cipes que  suivent  les  autres  chemins  de  fer  et  que  reconnaît  le  ministère  du  Tra- 
vail dans  son  tableau  de  gages  raisonnables,  c'est-à-dire  que  les  gages  pour  des 
services  de  même  nature  doivent  varier  selon  les  localités  d'après  le  prix  du  travail 
de  ces  endroits  et  le  coû/t  de  la  vie. 

En  ce  qui  concerne  la  prétention  des  employés  préposés  aux  marchandises 
du  chemin  de  fer  Intercolonial  de  la  ville  de  Halifax,  la  commission  arrête: — 

1.  Que  les  contremaîtres  contrôleurs  en  charge  des  hangars  de  marchan- 
dises d'arrivée  et  de  départ  et  de  la  cour  doivent  être  payés  à  raison  de  $60  par 
mois. 

2.  Qu'un  contrôleur  des  marchandises  arrivantes  ou  partantes  des  wagons  au 
hangar  doit  être  payé  à  raison  de  $52.50  par  mois. 

3.  Qu'un  contrôleur  récemment  dans  le  service  livrant  les  marchandises  arri- 
vant doit  être  payé  à  raison  de  $47.50  par  mois. 

4.  Que  les  manœuvres,  pendant  qu'ils  font  temporairement  le  service  de  con- 
trôleurs doivent  être  payés  comme  tels,  et  qu'en  général  tous  les  employés  fai- 
sant la  même  sorte  de  travail  soient  payés  au  même  taux. 

5.  Que  les  manœuvres  soient  payés  par  journée  de  10  heures  aux  taux  sui- 
vants: pour  la  première  année  de  service,  $1.50  par  jour,  et  plus  tard  $1.60  par 
jour;  mais  après  5  ans  de  service  satisfaisant  ils  devront  être  payés  à  raison  de 
$1.65  par  jour.     Les  heures  supplémentaires  seront  payées  au  pro  rata. 

6.  Que  toutes  les  promotions  soient  basées  d'abord  sur  les  capacités  et  en- 
suite sur  le  temps  de  service. 

7.  Que  les  taux  ci-dessus  mentionnés  commencent  le  1er  avril  1907. 

Respectueusement  soumis, 

(Signé)         WALTER  C.  MURRAY, 

Président. 
HENRY  HOLGATE, 
R.  E.  FINK 

L'effet  complet  de  la  décision  de  la  commission  d'arbitrage  sera  peut-être  mieux 
compris  avec  une  explication  brève.  Le  chemin  de  fer  Intercolonial  a  augmenté  les 
gages  des  manœuvres  de  $1.40  à  $1.50  par  jour  à  partir  du  1er  avril  1907.  Ces  em- 
ployés prétendaient,  lorsqu'ils  se  mirent  en  grève,  qu'ils  devaient  recevoir  $1.75  par 
jour.  La  commission  décida  qu'ils  devaient  être  payés,  pour  la  première  année  de 
service,  à  raison  de  $1.50  par  jour,  et  ensuite,  de  $1.60  par  jour,  mais  qu'après  cinq 
années  de  service  satisfaisant  ils  devaient  être  payés  à  raison  de  $1.65  par  jour;  cette 
échelle  de  prix  devait  être  mise  en  vigueur  à  partir  du  1er  avril  1907.  Selon  l'adminis- 
tration du  chemin  de  fer  il  n'y  avait  à  Halifax  aucun  manœuvre  qui  eût  qu'une  année 
de  service,  le  plus  jeune  en  service  de  tous  les  manœuvres  était  entré  au  chemin  de 
fer  en  mars  1905;  donc,  l'effet  de  la  décision  devait  être  que  tous  ces  employés-là 
avaient  droit  à  une  augmentation  de  10  cents  par  jour  à  partir  du  1er  avril  1907. 

Il  y  avait  13  contrôleurs  à  Halifax.  Sur  ces  13  employés  il  y  avait  3  contre- 
maîtres qui  avaient,  au  moment  de  la  grève,  $57.50  par  mois,  ils  avaient  eu  une  aug- 


318  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
mentation  de  $2.50  par  mois  au  1er  avril  1907;  par  la  décision  de  la  commission  ces 
trois  contremaîtres  reçurent  une  nouvelle  augmentation  de  $2.50  chacun  à  partir  du 
1er  avril  1907,  cela  leur  faisait  un  salaire  de  $60  par  mois.  La  commission  décida 
que  les  contrôleurs  du  grade  au-dessous  devaient  toucher  $52.50  par  mois.  Huit  de 
ces  employés  qui  touchaient  $52.50  et  57.50  par  mois  reçurent  une  augmentation. 
Dix-huit  manœuvres  qui  avaient  plus  ou  moins  fait  le  service  de  contrôleurs  et  qui, 
selon  la  décision  de  la  commission,  devaient  toucher  les  gages  d'un  contrôleur,  reçu- 
rent aussi  une  augmentation. 

Les  employés  communiquèrent  subséquemment  au  ministère  qu'à  une  réunion  de 
l'union  des  Freight  Handlers,  où  la  décision  de  la  commission  d'arbitrage,  dont  on 
venait  de  recevoir  une  copie,  fut  lue  aux  membres,  les  résolutions  suivantes  furent 
adoptées  à  l'unanimité: — 

Proposé  par  Avon  Mosher  et  appuyé  par  H.  Mullaney: 

"Que  l'union  des  Freight  Handlers  d'Halifax  du  chemin  de  fer  Intercolo- 
nial, en  acceptant  la  décision  de  la  commission  d'arbitrage,  désire  exprimer  sa 
sincère  gratitude  pour  le  service  important  que  M.  R.  E.  Finn  lui  a  rendu  en  sa 
qualité  de  conseil  et  de  vrai  ami  des  ouvriers  avant  et  pendant  l'arbitrage,  ainsi 
que  ses  remerciements  au  professeur  Walter  Murray,  de  la  manière  équitable  et 
impartiale  avec  laquelle  il  a  présidé  la  commission  d'arbitrage  qui  a  si  bien  réglé 
son  dijférand." 

Proposé  par  John  Curren  et  appuyé  par  A.  Simmons  : 

"  Que  nous  remercions  sincèrement  nos  représentants,  le  président  William 
Allen  et  le  trésorier  Avon  Mosher  de  la  belle  façon  avec  laquelle  ils  ont  aidé  à 
préparer  notre  cause  et  exécuter  nos  désirs.  Ils  nous  ont  ainsi  aidés  à  obtenir  les 
grands  avantages  que  nous  avons  gagnés  par  la  décision  de  la  commission  d'ar- 
bitrage." 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  319 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XL— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  CUMBERLAND  RAILWAY  AND 
OOAL  COMPANY,  DE  SPRINGHILL,  N.-E.— NOMINATION  D'UNE 
COMMISSIIN— PROCEDURE  DE  LA  COMMISSION  INTERROMPUE 
PAR  UNE  GREVE— REPRISE  DES  TRAVAUX— RAPPORT  UNANIME 
DE  LA  COMMISSION. 

Le  12  juillet  le  ministère  reçut  des  représentants  de  la  Pioneer  Lodge  P.W.A. 
une  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  afin  de  régler  un  différend  surve- 
nu entre  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company  (à  resp.  limitée),  de  Springhill- 
N.-E.,  et  ses  employés.  Comme  on  le  verra  par  la  subsection  5  du  présent  article,  une 
commission  siégeait  déjà  à  propos  d'un  différend  qui  lui  avait  été  soumis  pour  le 
régler.     Ainsi  que  dans  le  cas  précédent,  1,700  ouvriers  se  trouvaient  affectés. 

La  présente  demande  était  tout  à  fait  distincte  des  autres  qu'on  avait  reçues 
précédemment,  elle  était  signée  pour  la  Pioneer  Lodge,  par  Thomas  Blenkorn,  et  par 
William  Watkins,  secrétaire. 

Voici  la  nature  du  différend:  il  s'agissait  premièrement  du  prix  par  boîte  à  payer 
pour  l'extraction  de  piliers  dans  la  mine  n°  3  et  dans  la  section  connue  sous  l'appella- 
tion de  3,800  côté  est  sous  filon;  secondement,  du  prix  par  mètre  à  payer  pour  boisage 
dans  la  section  connue  sous  l'appellation  de  3,200  côté  est  filon  du  sommet,  mine  n°  3. 
La  Pioneer  Lodge  n°  1  demandait  de  plus  que  l'on  pût  soumettre  à  la  commission, 
pour  la  nomination  de  laquelle  on  faisait  la  demande,  toute  dispute  qui  pût  se  sou- 
lever entre  les  parties  à  partir  de  la  date  de  la  demande  jusqu'à  et  y  compris  celle 
des  séances  de  la  dite  commission,  "le  but  de  la  loge  étant  sous  ce  rapport",  disait  la 
demande,  "d'obtenir  un  règlement  définitif  et  satisfaisant  de  toutes  les  questions  en 
litige  entre  ses  membres  et  la  dite  compagnie  qui  pourraient  exister  jusqu'à  la  dite 
séance  de  la  commission  proposée" 

Le  ministre  décida  de  nommer  une  commission,  et  MM.  P.  S.  Archibald,  de  Monc- 
ton,  N.-B.,  et  R.  B.  Murray,  de  Springhill,  N.-E.,  furent  nommés  membres  sur  la 
recommandation  de  la  compagnie  et  de  ses  employés.  MM.  Archibald  et  Murray 
étaient  les  personnes  qui  avait  été  nommées  par  le  ministre  pour  la  commission 
créée  sur  la  demande  de  la  Pioneer  Lodge  dans  le  but  de  régler  un  différend  anté- 
rieur. Ces  messieurs,  s'étant  réunis  afin  de  choisir  une  personne  et  la  recommander 
au  ministre  pour  troisième  membre,  n'arrivèrent  point  à  s'accorder  sur  ce  choix,  et  ils 
en  informèrent  le  ministère.  Là-dessus  le  ministre  nomma  monsieur  le  juge  Patteh- 
son,  de  New-Glasgow,  N.-E.  comme  troisième  membre,  et  la  commission  commença 
son  enquête  sur  la  dispute  vendredi  le  31  juillet. 

Cependant,  le  1er  août,  les  employés  en  question  cessèrent  leurs  travaux  en  consé- 
quence d'une  grève  résultant  du  différend  soumis  à  une  commission  antérieure.  La 
commission  nommée  pour  le  différend  actuel  suspendit  ses  séances  à  la  déclaration  de 
la  grève  et  essaya  de  concilier  les  parties,  et  n'y  réussissant  pas,  la  commission  fut 
ajournée,  mais  elles  se  tint  à  la  disposition  de  son  président.  Le  9  septembre  la  com- 
mission se  réunit  de  nouveau  à  l'appel  du  président  et  recommença  l'enquête.    Le  12 


320  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
septembre,  M.  P.  S.  Archibald,  membre  recommandé  par  la  compagnie,  notifia  le  pré- 
sident qu'à  son  avis  celui-ci  n'avait  aucun  droit  de  continuer  l'enquête,  et  que  lui, 
par  conséquent,  cessait  d'être  membre  de  la  commission.  Les  autres  membres  exa- 
minèrent plusieurs  témoins  et  ils  préparèrent  un  rapport  à  la  date  du  12  septembre 
et  l'envoyèrent  au  ministre  du  Travail.  Etant  donnée  la  continuation  de  la  grève  et 
la  possibilité  que  la  commission  fut  appelée  à  recommencer  ses  séances,  le  ministre 
crut  bon  de  ne  considérer  le  rapport  que  comme  rapport  intérimaire,  et  par  conséquent 
il  n'en  fut  point  envoyé  de  copies  aux  parties  intéressées. 

Le  31  octobre  la  grève  se  termina,  et  la  commission  ne  s'étant  pas  réunie  de  nou- 
veau, on  fit  parvenir  aux  intéressés  des  copies  du  rapport  du  12  septembre.  Les  em- 
ployés répondirent  à  la  date  du  25  novembre,  disant  qu'ils  voulaient  bien  accepter 
la  décision  de  la  commission.     On  ne  reçut  pas  de  réponse  de  la  compagnie. 

DÉCISION   DE  LA  COMMISSION. 

Voici  le  rapport  de  la  commission  : — 

La  commission,  composée  de  MM.  R.  B.  Murray  et  P.  S.  Archibald  et  de  M.  le 
juge  Patterson,  président,  conformément  à  un  avis  donné  par  le  président  aux  parties 
intéressées,  se  réunit  le  31  juillet  1907  à  10  heures  du  matin  dans  une  salle  publique 
à  Springhill,  lieu  de  la  dite  dispute,  et  ayant  dûment  prêté  serment,  se  mit  à  discuter 
le  différend  qui  lui  était  soumis. 

Les  employés  étaient  représentés  par  trois  d'entre  eux  désignés  par  la  Pioneer 
Lodge,  P.W.A.,  à  laquelle  appartiennent  les  employés  intéressés. 

Nous  devons  les  complimenter  sur  la  façon  juste  et  honorable  avec  laquelle  ils 
ont  plaidé  leur  cause. 

La  compagnie  était  représentée  par  trois  membres  de  son  personnel,  dont  les 
efforts  pour  prouver  la  prétention  de  la  compagnie  ne  donnèrent  lieu  à  aucun  sujet 
de  critique.  Malheureusement,  plus  tard  ces  représentants  cessèrent  d'assister  aux 
séances  de  la  commission.  Après  l'ouverture  ofiicielle,  on  procéda  à  l'audition  des 
témoins,  et  l'on  continua  jusque  vers  midi  alors  que  la  séance  fut  suspendue  pour  deux 
heures.  Pendant  cette  suspension,  le  président  s'efforça  de  régler,  non  seulement  les 
questions  particulièrement  soumises  à  la  commission,  mais  celles  qui  étaient  venues 
devant  une  commission  antérieure  et  à  cause  desquelles  une  grève  était  imminente. 
L'audition  des  témoins  fut  reprise  à  deux  heures  et  demie  et  continua  jusqu'à  quatre 
heures;  alors  une  autre  suspension  eut  lieu  et  le  président  recommença  ses  négocia- 
tions en  vue  d'un  règlement.  Il  eut  des  pourparlers  répétés  avec  les  employés  et  l'avo- 
cat de  la  compagnie;  il  fit  nombre  de  propositions  de  la  part  des  employés  à  la  com- 
pagnie par  l'intermédiaire  de  son  avocat,  mais  cette  dernière  ne  put  en  accepter  au- 
cune. Aucun  règlement  ne  s'étant  effectué,  l'imminence  de  la  grève  resta  la  même. 
Après  avoir  consulté  les  ouvriers  et  la  compagnie,  alors  que  la  commission  s'était 
réunie  le  matin  du  1er  août,  on  décida  que  dans  la  perspective  d'une  grève  la  com- 
mission serait  sage  de  suspendre  ses  séances  jusqu'à  ce  que  le  président  rappelât  ses 
membres. 

A  la  réception  de  votre  dépêche  du  6  courant,  le  président  convoqua  la  commis- 
sion à  Springhill  pour  3  heures  du  soir  le  lundi,  9  septembre.  Immédiatement  après 
la  réunion  de  la  commission,  l'avocat  de  la  compagnie  s'opposa  à  la  reprise  des 
séances.     Ses  objections  étaient  tout  simplement  que  les  ouvriers,  ayant  quitté  leur 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  321 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

travail,  d'accord  avec  l'avis  qu'ils  avaient  donné  à  la  compagnie,  n'étaient  plus  ses 
employés,  et  que  la  loi  Lemieux  ne  se  rapportait  qu'aux  disputes  existant  entre  des 
patrons  et  leurs  employés  encore  au  travail.  Pour  faire  face  à  cette  objection  la 
commission  fut  ajournée  jusqu'au  lendemain  matin,  afin  que  le  président  pût  vous 
consulter.  Il  vous  télégraphia  donc  pour  vous  demander  des  instructions.  Le  matin 
suivant,  n'ayant  pas  reçu  de  réponse,  la  séance  fut  encore  suspendue  jusqu'à  4  heures 
du  soir.  A  cette  heure-là  vous  n'aviez  point  encore  répondu;  alors  un  nouvel  ajour- 
nement eut  lieu  jusqu'à  mercredi  le  11  septembre  à  4  heures.  Dans  l'intervalle  on 
reçut  une  dépêche  du  sous-ministre  avisant  la  commission  de  faire,  vu  les  circons- 
tances, ce  qui  convenait  le  mieux.  Pour  qu'il  ne  fût  fait  aucune  injustice  à  la  com- 
pagnie, qui  n'était  pas  représentée  à  cette  séance,  on  suspendit  celle-ci  jusqu'au  len- 
demain matin  et  on  envoya  une  note  à  la  compagnie  lui  annonçant  l'intention  de  la 
commission  de  reprendre  l'audition  des  témoins. 

Quand  la  commission  se  réunit  de  nouveau,  conformément  à  l'ajournement,  M. 
Archibald,  le  membre  de  la  commission  qui  avait  été  recommandé  par  la  compagnie, 
n'était  pas  présent,  quoiqu'il  sût  bien  l'heure  et  la  place  auxquelles  la  commission 
avait  été  ajournée  et  qu'il  eût  consenti  à  l'ajournement  tel  qu'il  avait  été  fait.  A 
cette  séance  la  compagnie  n'eut  aucun  représentant,  ni  à  celles  qui  eurent  lieu  après 
le  9  courant.  Les  soussignés  continuèrent  l'audition  des  témoins,  et  ils  l'avaient 
presque  achevée  quand  le  président  reçut  de  M.  Archibald  la  communication  sui- 
vante : — 

Springhill,  N.-E.,  12  septembre. 
M.  le  juge  Patterson, 

Président  de  la  commission  d'arbitrage. 

Monsieur, — A  mon  avis,  ainsi  que  je  vous  l'ai  expliqué  personnellement,  la  com- 
mission n'a  aucun  droit  de  continuer  l'arbitrage.  C'est  pourquoi  je  dois,  avec  regret, 
refuser  d'être  membre  plus  longtemps  (article  48  (2)  de  la  loi). 

Le  ministère  reconnaît  évidemment  comme  juste  la  position  que  je  prends,  autre- 
ment nous  aurions  reçu  des  instructions  contraires. 

A  vous  sincèrement, 
(  Signé)         P.  S.  AKCHIBALD. 

L'audition  des  témoins  fut  donc  achevée;  vous  la  trouverez  ci-jointe  avec  divers 
documents. 

Pendant  les  périodes  d'ajournement,  le  président  s'occupa  activement  de  concilier 
les  parties,  mais  sans  résultat. 

Quand  la  compagnie  cessa  de  participer  à  la  discussion,  la  cause  des  employés 
n'était  point  finie.  Celle  de  la  compagnie  n'a  donc  pas  été  entendue,  et  l'aide  de  son 
arbitre  nous  manquait  pour  préparer  ce  rapport.  Nous  reconnaissons  que  la  valeur 
d'un  rapport  fait  dans  de  telles  circonstances  doit  être  nécessairement  beaucoup  aug- 
mentée. Néanmoins,  nous  croyons  de  notre  devoir  de  vous  donner  notre  appréciation 
des  témoignages  qui  nous  ont  été  faits.  Nous  allons  parler  des  plaintes  suivant  leur 
ordre  établi  dans  la  demande. 

Plainte   (a).     Voici  la  teneur  de  la  plainte  telle  qu'elle  paraît  dans  la  de- 
mande : — 

"  Il  y  a  une  convention  en  vigueur  depuis  quelques  années,  en  vertu  de  la- 
quelle l'extraction  ordinaire  et  le  boisage  dans  les  galeries  se  paie  tant  par  boîte 

3G— 21 


322  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

de  charbon  et  tant  par  mètre  de  longueur  de  mur,  et  quand  on  a  atteint  la  limite  d'une 
galerie  et  que  commence  l'extraction  des  piliers,  l'équivalent  du  mesurage  devrait 
être  ajouté  au  prix  par  boîte  de  charbon  extrait  dans  les  piliers,  moins  4  cents  par 
boîte  de  différence  entre  le  travail  de  galerie  et  celui  des  piliers." 

Voici  la  réponse  de  la  compagnie  à  cette  plainte-là  : — 

"Il  n'y  a  jamais  eu  de  convention  en  vigueur;  il  n'y  en  a  point  non  plus  actuelle- 
ment concernant  le  prix  par  boîte  pour  les  piliers  dans  tout  le  côté  est  de  la  n°  3, 
ainsi  qu'on  le  dit  dans  la  plainte.  Jamais  dans  cette  section  de  la  mine  l'équi- 
valent du  mesurage  n'a  été  ajouté  au  prix  des  boîtes  moins  4  cents  de  différence.  Au 
contraire,  dans  les  lifts  successifs,  des  prix  spéciaux  pour  les  travaux  de  piliers  ont 
été  payés  de  temps  en  temps  pour  convenir  aux  conditions  locales." 

Nous  n'hésitons  pas  à  dire  que  cet  arrangement,  tel  que  les  employés  le  préten- 
dent, a  été  en  vigueur  depuis  1894  et  qu'il  est  encore  en  force.  Une  convention  écrite 
entre  la  compagnie  et  ses  employés  en  date  du  18  mai  1894  fut  produite.  Cette  con- 
vention contient  cette  clause,  c'est  la  seule  qui  se  rapporte  à  la  question: — 

"  Il  est  mutuellement  convenu  et  compris  entre  les  parties  que  l'arrangement 
introduit  précédemment  par  le  dit  Christopher  Hargreaves  et  un  comité  de  la 
dite  loge  au  sujet  de  la  différence  de  prix  entre  l'extraction  ordinaire  et  la  façon 
des  piliers,  c'est-à-dire  quatre  cents,  n'est  pas  affectée  par  quoi  que  ce  soit  dans 
cette  convention." 

L'  "  arrangement  introduit  précédemment  "  dont  on  parle,  et,  en  quelque  sorte 
ratifié  par  cette  clause,  était  en  apparence  verbal,  mais  son  existence  est  suffisamment 
établie  en  dehors  de  la  convention  par  la  production  des  procès- verbaux  des  délibéra- 
tions de  la  Pioneer  Lodge,  P.W.A.,  où,  à  la  date  du  26  avril  1894,  il  y  a  un  rapport 
fait  par  un  comité  choisi  pour  discuter  cette  question-ci  et  d'autres,  et  qui  dit  qu'on 
s'est  entendu  sur  cette  différence  de  prix.  Ce  rapport  était  adopté  par  la  loge.  Le 
résultat  de  l'interrogatoire  que  les  représentants  de  la  compagnie  firent  subir  aux  té- 
moins des  employés  ainsi  que  les  réponses  de  ces  représentants,  prouvent  que  la  com- 
pagnie ne  nie  pas  absolument  qu'un  tel  arrangement  fut  fait.  Ce  qu'elle  dit,  c'est  qu'il 
ne  s'applique  pas  "au  côté  est  tout  entier  de  la  mine  n°  3" — c'est-à-dire  qu'il  n'avait 
qu'une  application  locale.  On  chercherait  en  vain  à  découvrir  que  cette  clause  s'ap- 
pliquât seulement  à  un  endroit  particulier  ou  à  la  mine  toute  entière.  Nous  n'osons 
pas  croire  que  la  compagnie  soit  sérieuse  quand  elle  nous  dit  que  cette  convention  ne 
s'applique  pas  au  côté  est  tout  entier  de  la  mine  n°  3.  Si  elle  l'était,  on  comprendrait 
facilement  qu'elle  dît  aussi  qu'elle  ne  s'applique  à  aucune  autre  section  où  il  pourrait 
avoir  un  différend.  L'interrogatoire,  ni  même  les  réponses,  ne  suggèrent  que  la 
convention  fut  changée  par  une  autre  convention  subséquente.  Ce  que  la  compagnie 
essaya  de  prouver,  fut  que  les  employés  avaient  été  payés  et  qu'ils  avaient  accepté 
moins,  d'après  la  convention,  qu'ils  n'avaient  droit  de  recevoir,  mais  nous  ne  croyons 
pas  qu'on  doive  nous  demander  ou  que  nous  soyons  tenus  de  soutenir  qu'une  coutume 
établie  depuis  longtemps  et  reconnue  universellement  par  les  ouvriers,  d'être  moins 
payés  qu'ils  ne  l'auraient  dû,  devrait  justifier  la  compagnie  en  disant  que  la  conven- 
tion était  prescrite.  Mais  loin  de  nous  prouver  que  c'était  une  coutume  établie  de- 
puis longtemps  et  universellement  reconnue,  tout  ce  qu'on  nous  prouva  fut  que,  à 
l'occasion,  un  ouvrier,  quelquefois  un  nouveau,  qui  ignorait  la  convention,  s'était  con- 
tenté d'un  salaire  moindre  que  celui  qu'il  aurait  dû  avoir. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  323 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Pour  conclure  concernant  la  plainte  (a)  nous  nous  apercevons  que  la  convention 
du  18  mai  1894  touchar^t  à  la  différence  de  prix  entre  l'extraction  ordinaire  et  la 
façon  des  piliers  n'a  jamais  été  changée  et  qu'elle  est  encore  en  force  dans  toute  la 
mine. 

En  ce  qui  concerne  la  plainte  (b)  dont  on  parle  dans  la  demande,  la  section  à 
propos  de  laquelle  elle  est  faite  pour  un  prix  plus  élevé,  est  connue  sous  l'appellation: 
le  plan  incliné  21  côté  est,  filon  du  sommet,  mine  n°  3. 

Il  paraît,  d'après  les  témoignages,  que  le  boisage  d'un  pilier  consiste  réellement  à 
pratiquer  une  nouvelle  galerie,  le  travail  étant  presque  indentique  pour  l'un  comme 
pour  l'autre,  excepté  que. dans  certains  cas  de  boisage  le  charbon  se  tasse  et  durcit,  et 
rend  le  travail  plus  difficile  que  lorsqu'on  fait  l'extraction  ordinaire. 

Il  paraît,  de  plus,  d'après  les  dépositions  des  témoins  examinés  sur  cette  question 
que  l'habitude  a  toujours  été  dans  cette  mine  de  payer  le  même  prix  par  boîte  pour 
le  charbon  et  la  même  somme  pour  la  verge  de  boisage  que  pour  celui  de  l'extraction 
ordinaire. 

Tous  les  témoignages  dans  cette  cause  furent  entendus  en  l'absence  des  repré- 
sentants de  la  compagnie,  et  à  l'exception  de  leur  réplique  on  ne  peut  pas  avoir  une 
idée  de  ce  que  leur  réponse  aurait  été.  Les  témoignages  des  employés  furent  nom- 
breux au  soutien  de  leur  prétention,  et  sans  aucune  contradiction,  par  conséquent 
que  dans  la  section  cause  de  la  dispute,  le  prix  de  la  verge  pour  le  prix  pour  boisage 
devrait  être  le  même  que  celui  pour  de  l'extracteur  ordinaire,  et  le  prix  qui  devrait 
être  payé  pour  le  boisage  dans  une  telle  section  est  de  43  cents  par  boîte  et  $1.25  par 
verge.  La  conduite  extraordinaire  d'une  des  parties  dans  cette  enquête  nous  a  fait 
hésiter  à  faire  maintenant  le  rapport  complet  exigé  par  l'article  25  de  la  loi.  Peut- 
être  qu'un  rapport  intérimaire  seulement  devrait  être  fait  pour  le  moment.  Après 
avoir  considéré  sérieusement  la  question,  nous  avons  décidé  que  la  partie  qui  a  fait 
tout  son  possible  pour  aider  la  commission  ne  devrait  pas  perdre  le  bénéfice  qu'elle 
peut  tirer  de  nos  conclusions  sur  les  témoignages  qui  nous  furent  soumis. 

Nous  vous  soumettons  respectueusement  le  présent  rapport. 

(Signé)     GEO.  PATTERSON, 

Président 

(Signé)     R  B.  MURRAY. 
Sprighill,  N.-E.,  18  septembre  1907. 


3C--2U 


DEPARTEMENT  DV  T RAYAI L 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XII.— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  COMPAGNIE  MONTREAL  COT- 
TON  DE  VALLEYFl'ELD,  QUE.— COMMISSION  NOMMEE— CONVEN- 
TION AFFECTEE— PREMIERE  APPLICATION  DE  LA  LOI  AU  SUJET 
DE  DISPUTES  EN  DEHORS  DE  LA  CLASSE  D'UTILITE  PUBLIQUE- 
INTERVENTION  DU  MINISTERE  A  LA  DEMANDE  CONCERNEES. 

Le  26  août  le  ministère  reçut  des  représentants  des  tisserands  de  Valleyfield,  Que., 
employés  de  la  Dominion  Cotton  Company  de  Montréal,  une  demande  pour  qu'il  nom- 
mât une  commission  d'arbitrage  dans  le  but  de  régler  un  différend  survenu  entre  les 
parties  nommées  ci-dessus. 

C'était  la  première  demande  de  nomination  d'une  commission  d'après  l'article 
63  de  la  loi  qui  accorde  la  soumission,  en  vertu  de  ses  provisions,  d'un  différend 
survenu  dans  toute  industrie  autre  que  l'industrie  minière  ou  que  celles  d'utilité  pu- 
blique, au  cas  où  les  deux  parties  au  dit  différend  y  consentent.  La  demande  était 
signés  de  Maurice  Neveu,  président  de  l'union  locale  n°  10  de  la  Fédération  des  tisse- 
rands du  Canada,  et  de  Joseph  Chasle,  secrétaire  général  de  la  même  organisation. 
Les  employés  étaient  désignés  comme  membres  des  unions  locales  numéros  8,  9  et  10 
de  la  Fédération  des  tisserands  du  Canada,  et  le  nombre  approximatif  des  employés 
affectés  était  2,200,  représenté  par  950  hommse,  dont  250  avaient,  dit-on,  moins  de  21 
ans,  et  1,250  femmes.  La  nature  du  différend  montrait  qu'il  était  principalement 
d'un  caractère  technique,  ou  qu'il  se  rapportait  à  l'économie  intérieure  de  la  fabrique. 
Les  causes  du  différend  étaient  comme  suit  : — 

1.  Que  tous  employés  travaillant  au  delà  du  temps  ordinaire  doivent  toucher 
20  pour  100  en  plus  de  leurs  gages  ordinaires. 

2.  Qu'une  liste  des  gages  convenus  soit  affichée  dans  toutes  les  salles,  à  la 
porte,  et  à  la  vue  des  employés. 

3.  Que  la  construction  de  toile  tissée  soit  une  partie  de  l'enveloppe  mise  sur 
les  métiers. 

4.  Qu'un  nouveau  système  soit  trouvé  par  lequel  le  tisserand  ait  le  bénéfice 
de  la  toile  tissée  sur  ses  métiers  à  l'expiration  de  15  jours. 

5.  Que  certains  contremaîtres  ou  autres  supérieurs  ont  traité  avec  partialité 
les  ouvriers  sous  leur  direction,  et  qu'ils  ont  injustement  renvoyé  des  employés. 

6.  Que  les  10  pour  100  d'augmentation  des  gages  promis  par  la  compagnie 
au  mois  de  mai  n'ont  pas  été  accordés  à  tous  les  employés  en  général,  et  que  dans 
nombre  de  cas  où  l'augmentation  a  été  accordée,  le  travail  a  été  changé  de  telle 
manière  qu'elle  n'a  été  qu'un  bienfait  en  partie  perdu. 

Il  faut  ajouter  qu'avant  la  décision  prise  de  soumettre  ces  griefs  à  une  commis- 
sion d'arbitrage,  il  y  avait  eu,  parmi  les  tisserands  de  Valleyfield,  une  grève  qui  avait 
duré  10  jours.  La  cause  ostensible  de  la  grève  avait  été  une  dispute  à  propos  des 
gages  donnés  aux  fileurs  à  la  mule-jenny.  La  dispute  aurait  éclaté,  paraît-il,  à  la 
veille  d'un  règlement,  où  apparemment,  grâce  à  un  malentendu  d'un  côté  ou  de  l'autre, 
les  employés  cessèrent  leur  travail  tous  à  la  fois.  Ceci  arriva  le  vendredi,  14  août. 
La  direction  demanda  l'aide  du  ministère  du  Travail  dans  le  but  de  régler  la  situa- 
tion, et  M.  F.  A.  Ackland,  secrétaire  du  ministère,  et  M.  V.  Dubreuil,  un  employé  supé- 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  325 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

rieur  du  ministère,  se  rendirent  à  Valleyfield  après  s'être  assurés  par  M.  Wilfrid  Pa- 
quette,  président  de  la  Fédération  des  tisserands  du  Canada,  que  les  ouvriers  vou- 
laient bien  accepter  les  bons  offices  du  ministère  comme  conciliateur. 

Lorsque  les  tisserands  de  Valleyfield  cessèrent  leur  travail,  ils  se  réunirent  tous 
ensemble  pour  discuter  leurs  griefs,  et  ils  adoptèrent  une  résolution  où  ils  exposaient 
divers  griefs  en  plus  de  celui  des  fileurs  à  la  mule-jenny,  et  ils  ajoutèrent  une  de- 
mande d'augmentation  de  gages  se  montant  à  10  pour  100  pour  tous  les  ouvriers 
autres  que  les  fileurs  à  la  mule-jenny. 

Pendant  les  négociations  qui  suivirent,  dirigées  par  les  fonctionnaires  du  minis- 
tère, on  s'entendit  au  sujet  des  fileurs  mule-jenny,  cause  originale  de  la  dispute. 
La  proposition  de  la  compagnie  fut  acceptée  des  ouvriers.  Quant  à  l'augmentation  de 
10  pour  100  demandée,  la  compagnie  dit  qu'elle  avait  accorddé  volontairement  5  pour 
100  au  mois  de  février  précédent,  et  qu'une  seconde  augmentation  de  10  pour  100  avait 
été  faite  en  réponse  à  la  demande  de  l'union  au  mois  de  mai  suivant,  et  que  par  con- 
séquent une  nouvelle  augmentation  était  impossible  au  moins  pour  le  présent.  Finale- 
ment, il  fut  convenu  entre  les  parties  de  soumettre  les  griefs  à  une  commission  d'ar- 
bitrage formée  d'après  l'article  63  de  la  loi  d'enquête  des  disputes  industrielles  de 
1907.  Cette  décision  fut  prise  à  l'unanimité  par  les  ouvriers  à  une  assemblée  géné- 
rale le  soir  du  samedi,  24  août,  et  ceux-ci  reprirent  tous  ensemble  leur  travail  le  lundi 
suivant  au  matin,  26  août. 

Le  ministre  du  Travail  créa  aussitôt  la  commission  et  fit  les  nominations 
suivantes:  M.  Duncan  McCormick,  CE.,  de  Montréal,  recommandé  par  la  compagnie, 
et  M.  Wilfrid  Paquette,  de  Montréal,  recommandé  par  les  tisserands.  Ces  messieurs 
ne  recommandant  point  une  tierce  personne,  le  ministre  nomma  M.  le  juge  Fortin, 
de  la  cour  suprême  de  justice,  comme  troisième  membre,  et  président  de  la  commis- 
sion. 

La  commission  se  réunit  à  Montréal  le  5  septembre,  et  décida  de  se  rendre  sur 
les  lieux,  et  de  visiter  la  filature  de  la  Montréal  Col  ton  Company  à  Valleyfield  avant 
de  commencer  l'enquête,  ce  qui  eut  lieu  le  lendemain.  L'enquête  fut  donc  commencée; 
elle  occupa  plusieurs  jours,  et  entraîna  l'examen  de  nombre  de  témoins.  La  procédure 
de  la  commission  provoqua  une  convention  entre  les  parties;  elle  se  produisit  le  17 
septembre,  et  trois  représentants  des  ouvriers  et  de  la  compagnie  la  signèrent  respec- 
tivement. Les  signataires  pour  la  compagnie  furent  MM.  S.  H.  Ewing,  H.  Markland 
Molson  et  Louis  Simpson,  le  président,  le  vice-président  et  le  gérant  de  la  Montréal 
Cotton  Company,  et  MM.  Maurice  Neveu,  George  Nightingale  et  Léandre  Levack 
pour  les  ouvriers. 

Le  rapport  de  la  commission  fut  daté  de  Montréal,  le  20  septembre,  et  fut  una- 
nime. MM.  Thomas  Fortin,  président,  Duncan  McCormick  et  Wilfrid  Paquette  le 
signèrent. 

Une  phase  remarquable  de  cette  convention  provoquée  par  la  commission,  ce  fut 
l'établissement  d'un  comité  permanent  de  conciliation  "pour  éviter  de  nouveaux 
désaccords  entre  les  ouvriers  et  la  compagnie  et  en  arriver  à  une  prompte  solution 
s'il  s'en  produisait."  A  ce  comité  on  devait  soumettre  de  temps  à  autre  tout  grief  qui 
pourrait  survenir  entre  les  ouvriers  et  la  compagnie  et  qui  n'avait  pas  été  résolu  avec 
satisfaction  par  le  contremaître,  le  surintendant  ou  le  directeur  général.  La  question 
de  gages  n'était  pas  de  son  ressort. 


326  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
On  fut  d'accord  que  la  convention  durerait  de  toute  façon  jusqu'au  4  mai  1908,  et 
continuerait  d'être  en  vigueur  jusqu'à  ce  qu'une  des  deux  parties  informât  l'autre  de 
son  désir  d'y  mettre  fin. 

La  convention  pourvoyait  que  "  en  cas  de  désaccord  pour  la  nomination  d'un 
troisième  membre,  les  deux  premiers  soumettraient  de  3  à  5  personnes  au 
ministre  du  Travail,  le  priant  d'en  nommer  une  qui  serait  ainsi  le  troisième  membre 
du  comité."  Le  comité  formé  par  la  commission  se  composait  de  M.  Maurice  Neveu, 
tisserand,  représentant  les  ouvriers,  de  M.  H.  Markland  Molson,  représentant  la  com- 
pagnie, et  de  M.  James  A.  Robb,  maire  de  Valleyfield.  En  cas  que  M.  Robb  serait 
empêché  de  siéger,  les  messieurs  suivants  seraient  successivement  priés  de  le  rem- 
placer :  M.  Allard,  curé  de  Valleyfield  et  M.  Solyme  Brodeur,  protonotaire,  de  la  même 
ville;  le  troisième  serait  le  président  du  comité. 

Cette  convention  faite  devant  la  commission  fut  soumise,  avant  d'être  signée,  à 
une  assemblée  générale  des  tisserands  de  Valleyfield  le  17  septembre,  et  fut  approuvée 
unanimement  par  la  résolution  suivante:  — 

Puisque  certaines  plaintes  ont  été  soumises  à  une  commission  d'arbitrage 
d'après  l'acte  Lemieux,  et 

Puisqu'un  comité  de  représentants  des  dits  ouvriers  a  suivi  la  procédure  de 
la  commission  et  que  nous  en  avons  reçu  des  explications  ainsi  que  du  membre 
de  la  commission  qui  représentait  nos  intérêts. 

Il  est  donc  résolu  à  l'unanimité  qu'un  comité  de  représentants  des  tisserands 
et  que  les  membres  de  la  commission  qui  ont  protégé  nos  intérêts  soient  autorisés 
à  signer  la  convention  conclue  entre  les  parties  intéressées  . 

ISIDORE  DION, 

Président. 
THOMAS  CROOK, 
JOS.  CHASLE, 

Secrétaires. 

On  considérait  comme  un  sujet  de  satisfaction  particulière,  qu'une  convention 
d'un  caractère  si  compréhensif,  établissant  un  mécanisme  pour  régler  la  plupart  des 
difficultés  qui  pourraient  survenir  dans  l'avenir,  fut  fait  à  l'occasion  d'une  demande 
pour  un  règlement  d'après  la  loi,  avec  le  consentement  mutuel  des  deux  parties  en 
question,  et  non  relativement  à  une  dispute  qui  tombe  directement  dans  les  limites  du 
mcanisme  de  la  loi.  On  espérait  que  cet  incident  pourrait  servir  de  précédent  pour 
la  solution,  par  la  même  méthode,  d'autres  différends  industriels  qui  peuvent  tomber 
sous  la  juridiction  de  la  loi,  par  le  concours  mutuel  des  parties  affectées,  cela  propa- 
geant ainsi  l'usage  et  l'utilité  de  la  loi. 

TEXTE  DU  RAPPORT  ET  DE  LA  CONVENTION. 

Voici  le  texte  complet  du  rapport  soumis  par  la  commission  et  celui  de  la  con- 
vention faite  : — 

Au  sujet  de  la  loi  d'enquête  sur  les  différends  industriels  de  1907,  et  l'employeur 
d'un  différend  entre  la  Montréal  Cotton  Company,  de  Valleyfield,  Que.  (l'em- 
ployeur), et  les  unions  locales  numéros  8,  9  et  10  de  la  Fédération  des  tisse- 
rands du  Canada  (les  employés). 
A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 
Ministre  du  Travail, 
Ottawa. 
Monsieur, — Nous,  soussignés,  membres  de  la  commission  d'arbitrage  du  dif- 
j        férend  ci-dessus,  vous  soumettons  avec  respect  le  rapport  suivant: — 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  327 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Conformément  à  leur  nomination,  les  membres  de  la  commission  se  réuni- 
rent d'abord  le  5  courant,  et  après  avoir  dûment  prêté  serment  et  échangé  leurs 
idées  sur  la  meilleure  méthode  à  suivre  pour  étudier  les  causes  du  différend,  ils 
décidèrent  de  se  rendre  sur  les  lieux  et  de  visiter  la  filature  de  la  compagnie  afin 
de  faciliter  la  compréhension  des  termes  techniques  qu'ils  pourraient  avoir  à  em- 
ployer dans  la  procédure  qui  allait  suivre. 

Le -lendemain  de  cette  visite,  on  convint  que  la  commission  se  réunirait  à 
Montréal,  le  10  courant,  afin  de  discuter  jusqu'à  quel  point  il  était  possible  de 
disposer  sans  enquête  préalable  des  diverses  difficultés  survenues  entre  les  par- 
ties. 

A  la  séance,  la  commission  repassa  tous  les  points  en  litige,  et  après  discus- 
sion, elle  s'aperçut  qu'il  était  presque  impossible  d'en  venir  à  une  entente  défini- 
tive sur  un  point  quelconque  sans  le  secours  de  représentants  des  deux  parties. 
Ainsi,  la  séance  fut  ajournée  jusqu'au  lendemain,  et  trois  représentants  des  ou- 
vriers furent  sommés  de  se  présenter. 

On  convint  de  plus  que  trois  représentants  de  la  compagnie  devaient  aussi 
comparaître  devant  la  commission. 

En  présence  de  ces  messieurs,  chaque  plainte  fut  successivement  examinée 
et  discutée,  et  une  proposition  de  règlement  de  chacune  fut  notée. 

On  continua  ainsi  cet  examen  toute  la  journée  du  lendemain,  où  l'on  en  vint 
à  la  6ième  des  plaintes.  Comme  sa  «teneur  renfermait  des  faits  non  admis,  on 
convint  que  des  témoins  seraient  examinés  le  lendemain  en  faveur  des  employés. 
Ce  jour-là  12  témoins  furent  examinés  par  la  commission  et  les  représentants  des 
parties. 

La  commission  ajourna  ses  séances  jusqu'au  16  courant,  date  à  laquelle  elle 
se  réunit  pour  entendre  d'autres  témoins  pour  les  ouvriers,  ainsi  que  ceux  que  la 
compagnie  désirait  faire  entendre  en  sa  faveur. 

Le  16  courant  les  représentants  des  parties  déclarèrent  qu'il  leur  semblait 
inutile  d'obtenir  des  témoignages  sur  des  points  déjà  fixés  par  les  témoins  précé- 
dents, et  après  quelque  discussion  on  arriva  à  s'entendre  sur  la  question  que  l'on 
examinait.     Ce  résultat  amena  conséquemment  l'enquête  à  une  fin  satisfaisante. 

Les  membres  de  la  commission  avaient  déjà  discuté  sans  formalité  la  sugges- 
tion contenue  dans  notre  lettre  du  4  septembre  au  président,  s'il  serait  à  propos 
de  nommer  une  commission  permanente  d'arbitrage,  et  la  discussion  en  fut  immé- 
diatement reprise  par  la  commission  avec  l'aide  des  représentants  des  parties. 

Vous  trouverez  le  résultat  des  débats  de  la  commission  dans  la  copie  de  la 
convention  sur  la  question  complète,  dûment  signée  des  parties,  et  que  je  vous 
transmets  en  même  temps  que  le  présent  rapport. 

Vous  verrez  dans  cette  convention  que  l'idée  d'un  comité  permanent  n'a  pas 
seulement  été  adoptée  par  les  parties,  mais  que  le  comité  a  été  établi  par  la  com- 
mission, avec  le  consentement  des  parties,  et  qu'il  est  à  ce  moment  préparé  pour 
agir,  s'il  y  avait  nécessité. 

Avant  d'être  signé,  cette  convention  fut  soumise  à  l'approbation  d'une  as- 
semblée générale  des  ouvriers,  par  M.  Paquette,  leur  représentant  à  la  commis- 
sion; elle  fut  acceptée  cordialement  et  à  l'unamité. 

Toutes  les  procédures  ont  de  consentement  été  conduites  à  huis  clos  et  sans 
que  les  parties  fussent  représentées  par  avocats,  ainsi  qu'il  avait  originairement 
été  proposé. 

Il  a  été  convenu  qu'aucun  renseignement  quelconque  ne  serait  transmis  au 
dehors  à  qui  que  ce  fût,  avant  la  fin  des  procédures  faites  devant  le  bureau,  et 
cette  entente  à  été  suivie  par  tout  le  monde. 

La  commission  ne  se  sent  pas  appelé  à  faire  des  recommandations,  sauf  peut- 
être  qu'elle  se  joint  à  la  prière  contenue  dans  l'acte  de  convention  et  par  laquelle 
on  demande  au  ministre  du  Travail  de  nommer  un  président  à  cette  commission 
permanente  quand  il  le  jugera  à  propos. 


328  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Avant  de  clore,  la  commission  désire  déclarer  que,  bien  que  les  procédures  se* 
soient  quelque  peu  prolongées,  elle  a  trouvé  que  toutes  les  parties  semblaient  ani- 
mées d'un  esprit  amical  et  ont  fait  preuve  d'une  grande  justice  à  traiter  les  sujets 
que  comprend  ce  différend. 

La  commission  se  croit  justifiable  d'espérer  que  le  règlement  atteint  puisse  se 
trouver  satisfaisant  non  seulement  pour  le  présent,  mais  aussi  pour  l'avenir. 
Nous  avons  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Vos  obéissants  serviteurs, 

(Signé)       THOMAS  FORTIN, 

Président. 
DUNCAN    McCORMICK, 
WILFRID  PAQUETTE. 
Montréal,  20  septembre  1907. 

In  re:  La  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  et  d'un 
différend  survenu  entre  la  Montréal  Cotton  Company,  Valleyfield,  P.Q. 
(employeur),  et  les  unions  locales  nos  8,  9  et  10  de  la  fédération  des  ouvriers 
textiles  du  Canada  (employés). 

CONVENTION  DES  PARTIES. 

Première  demande. — Que  tous  les  ouvriers  qui  travaillent  au  delà  des  heures 
régulières  reçoivent  20  pour  100  de  supplément  à  leurs  gages  réguliers. 

Convention  à  cet  égard. — Que  les  ouvriers  qui  suivent,  savoir:  ceux  qui  tra- 
vaillent à  la  chambre  de  tissage,  à  la  blanchisserie,  à  la  teinturerie,  au  finissage 
et  au  département  mécanique,  qui  comprend  les  forgerons,  poseurs  d'appareils  à 
vapeur,  ferblantiers,  artisans,  menuisiers,  monteurs  de  moulins  et  les  peintres  qui 
travaillent  au  delà  des  heures  régulières,  recevront  20  pour  100  en  sus  de  leurs 
gages  réguliers  à  partir  du  jour  de  la  deuxième  paye  qui  suivra  la  signature  de 
la  présente  convention. 

Tous  les  ouvriers  des  autres  départements  seront  soumis  à  des  arrangements 
spéciaux  à  conclure  avec  l'administration. 

Deuxième  demande. — Que  la  liste  des  prix  telle  que  déterminée  soit  affichée 
dans  tous  les  départements  à  la  porte  et  à  la  vue  des  ouvriers. 

Convention. — Que  la  liste  des  prix  pour  les  ouvrages  à  la  pièce  soit  affichée 
dans  tous  les  départements  à  la  vue  des  ouvriers. 

Que  la  fabrication  d'un  tissu  fera  partie  de  l'enveloppe  mise  dans  les  métiers. 

Convenu. — Que  le  prix  de  la  longueur,  de  la  largeur,  du  piquage,  du  comp- 
tage et  du  tissage  sera  inscrit  sur  le  billet  qui  accompagne  l'enveloppe  à  la  salle 
du  tissage. 

Quatrième  demande. — Qu'il  soit  établi  un  nouveau  système  grâce  auquel  le 
tisserand  ait  le  bénéfice  du  tissu  qui  se  trouve  sur  son  métier  à  la  fin  de  la  quin- 
zaine. 

Convenu. — Que  le  nouveau  système  tel  qu'expliqué  par  M.  Simpson  en  vertu 
duquel  le  tisserand  a  le  bénéfice  du  tissu  qui  se  trouve  sur  son  métier  à  l'expira- 
tion de  la  quinzaine  est  accepté. 

Cinquième  demande. — Que  certains  contremaîtres  et  autres  employés  secon- 
daires ont  traité  avec  partialité  les  ouvriers  dont  ils  étaient  chargés,  et  en  ont 
renvoyé  quelques-uns  injustement. 

Convenu. — Que  cette  plainte  ayant  été  renvoyée,  il  a  été  décidé  de  ne  plus  en 
parler. 

Sixième  demande. — Que  les  10  pour  100  d'augmentation  de  salaire  promis 
par  la  compagnie  en  mai  dernier  n'ont  pas  été  accordés  à  la  totalité  des  ouvriers, 
et  que  dans  nombre  de  cas  où  ils  ont  été  accordés  le  caractère  du  travail  a  été 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  329 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

subséquememnt  changé  de  telle  façon  que  le  bénéfice  de  l'augmentation  a  été  en 
partie  perdu. 

Convenu. — Les  parties  ayant  été  entendues  sur  le  point  de  cette  plainte, 
et  un  certain  nombre  de  témoins  ayant  été  entendus  de  la  part  des  ouvriers,  il  a 
été  convenu,  afin  d'éviter  d'autres  dépenses  et  de  perte  de  temps,  de  la  façon  qui 
suit: 

(1)  Que  les  différends  cas  mentionnés  par  les  témoins  relativement  à  l'appli- 
cation de  l'augmentation  de  mai  dernier  soient  considérés  par  M.  Paquette  de  la 
part  des  employés  et  par  M.  Simpson  de  la  part  de  la  compagnie,  et  soient  réglés 
par  eux. 

(2)  Que,  en  cas  de  désaccord  entre  M.  Paquette  et  M.  Simpson,  les  ques- 
tions en  désaccord  soient  soumises  à  la  commission  permanente  de  conciliation 
ci-après  établie. 

Et,  afin  d'éviter  d'autres  différends  entre  les  ouvriers  et  la  compagnie,  et 
d'en  venir  à  un  prompt  règlement  des  dits  dissentiments,  s'il  en  survient,  il  est 
convenu  qu'il  soit  nommée  une  commission  permanente  de  conciliation  composée 
de  trois  membres,  dont  l'un  représentera  la  compagnie  et  sera  membre  du  bureau 
des  directeurs  de  la  compagnie;  un  second,  à  être  choisi  par  les  ouvriers  par- 
mi eux,  et  le  troisième  a  être  choisi  par  les  deux  autres  membres  et  être  citoyen 
du  comté  de  Beauharnois. 

Au  cas  de  désaccord  quant  à  la  nomination  de  ce  troisième  membre,  alors  les 
deux  membres  soumettront  de  trois  à  cinq  noms  au  ministre  du  Travail,  en  lui 
demandant  de  nommer  ce  troisième  membre  sur  les  cinq  noms  soumis,  et  la  pér- 
il. James  A.  Robb,  maire  de  Valleyfield,  soit  nommé  troisième  membre  de  la 
commission. 

Et  il  est  présentement  convenu  que  M.  Maurice  Neveu,  tisserand,  soit  nom- 
mé membre  de  la  dite  commission  permanente  de  conciliation  pour  représenter 
les  ouvriers,  et  que  M.  H.  Markland  Molson,  l'un  des  directeurs  de  la  compagnie, 
soit  nommé  membre  de  la  dite  commission  pour  représenter  la  compagnie. 

Et  il  est  présentement  convenu  par  les  dits  messieurs  Neveu  et  Molson  que 
M.  James  A.  Robb,  maire  de  Valleyfield  soit  nommé  troisième  membre  de  la 
dite  commission,  et  soit  respectueusement  prié  de  remplir  les  fonctions  de  trois- 
ième membre. 

Et,  au  cas  où  M.  Robb  ne  pourrait  pas  faire  fonction  de  tel  membre  quand 
il  en  sera  requis,  alors  les  personnes  qui  suivent  sont  respectivement  priées 
d'agir:  Monseigneur  Allard,  curé  de  Valleyfield,  et  M.  Solyme  A.  Brodeur,  pro- 
tonotaire, du  même  lieu.  Le  troisième  membre  sera  le  président  de  la  commis- 
sion. 

A  cette  commission  seront  référés  de  temps  à  autre  tous  les  griefs  qui  peu- 
vent s'élever  entre  les  ouvriers  et  la  compagnie  dont  il  ne  sera  pas  disposé  de 
façon  à  leur  donner  satisfaction  par  l'arbitrage  du  contremaître,  du  surintendant 
ou  du  gérant  général,  sauf  les  cas  d'augmentation  ou  de  diminution  générale  des 
gages. 

Il  sera  du  devoir  de  la  commission  de  se  réunir  aussitôt  que  possible,  quand 
elle  sera  priée  de  le  faire,  pour  la  décision  de  toute  affaire  qui  viendra  devant  elle. 

Il  est  ausi  résolu  que  la  présente  convention  restera  en  pleine  vigueur  et 
effet  entre  les  parties  tant  que  l'une  ou  l'autre  d'entre  elle  n'aura  pas  donné  à' 
l'autre  un  avis  par  écrit  de  l'annulation  de  cette  commission,  mais  cet  avis  devra 
être  donné  avant  le  4  mai  1908. 

Montréal,  17  septembre  1907. 
Signé  de  la  part  des  ouvriers. 

(Signé)         MAURICE  NEVEU, 

GEORGE  NIGHTINGALE, 
LEANDRE  LEVACK. 


330 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Signé  de  la  part  de  la  compagnie. 

(Signé)         S.  H.  EWING, 


Président. 

H.  ARKLAND  MOLSON, 

Vice-présiderU. 

LOUIS  SIMPSON, 

Gérant. 


THOMAS  FORTIN, 

Président. 

DUNCAN  McCORMICK, 
WILFRID  PAQUETTE. 

Pour  copie  conforme. 

(Signé)     THOMAS  FORTIN, 

Président. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  331 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XIII.— DEMANDE  DES  TELEGRAPHISTES  DE  CHEMIN  DE  FER  EM- 
PLOYES PAR  LA  COMPAGNIE  DU  CHEMIN  DE  FER  PACIFIQUE- 
CANADIEN— ETABLISSEMENT  DU  BUREAU— ARRANGEMENT  CON- 
CLU. 

Une  demande  a  été  reçue  au  département  le  5  septembre  pour  l'établissement 
d'un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  pour  régler  des  différends  existants  entre  la 
Compagnie  de  chemin  de  fer  du  Pacifique  et  divers  employés  par  l'ordre  des  télégra- 
phistes de  chemin  de  fer.  La  demande  a  été  présentée  au  nom  des  télégraphistes  par 
M.  D.  Campbell,  de  Toronto,  troisième  vice-président  de  l'ordre  des  télégraphistes  de 
chemin  de  fer,  et  par  M.  Ed.  Goulet,  de  Montréal,  président  général  de  la  division 
du  réseau  n°  7,  de  l'ordre  des  télégraphises  de  chemin  de  fer.  Le  nombre  approxima- 
tif des  employés  intéressés  était  estimé  à  1,656  hommes,  y  compris  6  femmes.  Les 
différences  que  l'on  prétendait  avoir  été  appliquées  concernaient  les  expéditeurs  de 
trains,  les  agents,  les  télégraphistes,  etc.,  et  les  mebres  de  l'ordre  des  télégraphistes 
de  chemin  de  fer,  sur  toutes  les  lignes  du  chmin  de  fer  Pacifique-Canadien. 

Les  affaires  ainsi  en  conflit  étaient  nombreuses  et  importantes,  et  comprenaient 
non  seulement  la  question  des  taux  à  percevoir  sur  tout  le  réseau,  mais  des  points 
relativement  aux  classes  des  employés  à  être  inclus  dans  l'annexe  des  règlements  et 
des  taux  de  salaires  qui  s'appliquent  aux  télégraphistes,  le  caractère  des  services  à 
être  exécutés,  les  heures  de  travail,  la  commission  à  accorder  pour  les  dépêches  com- 
merciales, et  le  paiement  des  salaires  pendant  un  congé. 

Le  bureau  a  été  établi  de  la  manière  qui  suit  :  M.  D.  J.  O'Donoghue,  Toronto,  re- 
commandé par  les  employés;  M.  Wallace  Nesbitt,  C.R.,  de  Toronto,  recommandé  par 
la  compagnie  ;  et  le  professeur  Adam  Shortt,  de  Kingston,  recommandé  par  les  membres 
susmentionnés  du  bureau.  Les  séances  du  bureau  ont  commencé  le  vendredi,  27  sep- 
tembre, et  se  sont  continuées  jusqu'au  10  octobre;  elles  ont  eu  lieu  partie  à  Montréal 
et  partie  à  Toronto. 

La  Compagnie  du  Pacifique  était  représentée  devant  le  bureau  par  M.  D.  Mc- 
Nicholl,  premier  vice-président  du  chemin  de  fer;  par  M.  J.  W.  Léonard,  sous-gé- 
rant en  chef  des  lignes  de  l'est,  et  par  M.  A.  Price,  surintendant  en  chef  de  la  division 
centre  des  lignes  de  l'ouest.  Les  télégraphistes  étaient  représentés  par  MM.  D.  Camp- 
bell, troisième  vice-président  de  l'ordre  des  télégraphistes  de  chemin  de  fer;  par  M. 
E.  Goulet,  président  général  de  la  division  du  réseau  n°  7;  G.  D.  Robertson,  président 
des  lignes  de  l'est;  G.  S.  Morris,  président  des  lignes  de  l'ouest;  J.  E.  Trottier,  J.  C. 
Rooney,  A.  Houston,  J.  A.  Hawkins,  J.  Austin  et  P.  W.  Mooney,  membres  du  comité. 

Le  bureau  a  réussi  à  en  arriver  au  règlement  de  tous  les  différends,  et  un  arran- 
gement a  été  signé  le  10  octobre  1907,  pour  prendre  effet  le  1er  octobre,  par  des  repré- 
sentants des  deux  parties.  Le  rapport  du  bureau  a  été  reçu  au  département  le  1er 
octobre. 

Le  point  le  plus  vital  du  différend  soumis  au  bureau  a  été  l'article  salaire.  Les 
hommes  avaient  soumis  avec  leur  demande  du  bureau  une  annexe  énonçant  les  règles 


332  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
et  les  gages  qu'ils  demandaient  à  la  compagnie,  et  les  taux  de  gages  qu'ils  y  indi- 
quaient représentaient  une  augmentation  moyenne  de  20  pour  100  sur  ceux  qu'ils  ga- 
gnaient antérieurement. 

La  compagnie,  dans  sa  réponse  à  la  déclaration  qui  accompagnait  la  demande 
des  employés,  a  répondu,  relativement  à  la  question  des  gages: 

Quant  au  taux  de  gages  que  demandent  les  requérants,  la  compagnie  soumet 
qu'elle  ne  devrait  pas  être  appelée  à  accorder  une  augmentation,  pour  la  raison 
que,  vu  les  règles  et  règlements  qui  régissent  les  services  qui  sont  maintenant 
exécutés,  les  taux  actuellement  versés  aux  télégraphistes  à  l'emploi  de  la  compa- 
gnie de  chemin  de  fer  sont  dans  tous  les  cas  tout  aussi  élevés,  et  dans  la 
majorité  des  cas  beaucoup  plus  élevés  que  sur  les  chemins  de  fer  situés  en  ter- 
ritoire correspondant  et  qui  travaillent  sous  l'autorité  de  conditions  analogues. 

La  question  des  gages  a  finalement  été  réglée  par  une  entente  qu'une  augmenta- 
tion générale  de  14  pour  100  sur  la  base  des  gages  au  maximum,  comme  dans  l'an- 
nexe de  1905,  serait  accordée  aux  télégraphistes. 

Le  règlement  par  la  conciliation  et  l'enquête  de  différends  d'un  caractère  si 
vital  et  aux  conséquences  si  générales  que  ceux  qui  ont  été  soumis  à  ce  bureau,  et 
Févitement  d'une  grève  qui  eut  causé  le  plus  grand  tort  aux  intérêts  commerciaux 
du  pays,  est  un  exemple  frappant  des  grands  avantages  qui  peuvent  être  retirés  non 
seulement  par  les  parties  en  présence  ,  mais  par  le  pays  en  général,  de  l'application 
de  la  procédure  de  la  loi  concernant  les  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels. 

La  lettre  ci-jointe  du  président  du  bureau  adressée  au  ministre  du  Travail  et  im- 
primée ci-dessous,  indique  que  le  mode  de  règlement  a  entraîné  des  difficultés  inusi- 
tées et  toutes  particulières,  et  que  ce  n'est  après  tout  que  grâce  à  la  persévérance  la 
plus  sérieuse  et  à  un  travail  zélé  que  cette  œuvre  a  pu  devenir  pour  les  divers  mem- 
bres du  bureau  un  fait  accompli. 

Le  règlement  effectué  a  été  signé  par  les  trois  membres  du  bureau,  par  MM.  D. 
Campbell  et  Ed.  Goulet  pour  les  télégraphistes,  et  par  D.  McNicholl  pour  la  Compa- 
gnie du  chemin  de  fer  du  Pacifique-Canadien. 

Le  rapport  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête,  ainsi  que  la  lettre  y  jointe 
adressée  par  le  président,  le  professeur  Shortt,  au  ministre  du  Travail,  ont  été  ainsi 
qu'il  suit: 

LETTRE    DU    PRESIDENT    AU    MINISTRE. 

A  l'honorable  Rodolphe  Lemieux, 
Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont. 
Cher  monsieur., — Je  vous  envoie  ci-inclus  les  conditions  de  l'arrangement 
invenu  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  les  télégra- 
phistes employés  par  elle,  tel  qu'obtenues  par  le  bureau  de  conciliation  nommé 
pour  traiter  le  différend  survenu  entre  ces  gens-là.  Les  points  en  conflit  étaient 
bien  nombreux,  et  les  divergences  entre  les  demandes  étaient  très  considérables  sur 
plusieurs  questions  vitales,  tels  que  les  classes  des  employés  à  être  compris  dans 
la  liste  des  règles  et  des  taux  de  rémunération  qui  s'appliquent  aux  télégra- 
phistes; le  caractère  des  services  à  être  exécutés;  les  heures  du  travail;  les  condi- 
tions pour  le  travail  supplémentaire  et  pour  le  travail  du  dimanche;  la  commis- 
sion à  être  accordée  sur  les  dépêches  du  commerce;  la  question  de  la  rémunéra- 
ration  pendant  les  congés,  et  la  question  du  taux  des  gages.  Comme  résultat  de 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  333 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

discussions  si  nombreuses  et  si  étendues  les  parties  elles-mêmes  se  trouvèrent 
incapables  d'en  venir  à  un  règlement  mutuel,  mais  il  a  été  très  difficile  pour  le 
bureau  de  les  induire  à  modifier  suffisamment  leurs  demandes  pour  les  amener 
dans  le  rayon  d'un  arrangement  possible.  Ainsi  donc,  même  après  que  tout  le 
terrain  de  la  discussion  eut  été  soigneusement  exploré  par  le  bureau,  et  qu'une 
première  proposition  de  règlement  eût  été  soumise  aux  parties  intéressées,  il  s'est 
trouvé  que  les  dernières  conditions  des  contestants,  bien  qu'elles  eussent  atteint 
une  importance  considérable,  étaient  cependant  loin  d'être  réglées.  De  la  il  est 
survenu  bien  des  propositions  subséquentes,  et  des  négociations  ont  dû  être  entre- 
prises avant  d'en  arriver  à  aucune  espérance  de  règlement.  Il  a  été  difficile, 
même  pour  les  membres  du  bureau,  d'eu  arriver  sur  différents  points  à  une  déci- 
sion tout  à  fait  unanime. 

A  différentes  phases  de  la  procédure,  il  a  paru  très  douteux  si  l'on  pourrait 
éviter  une  grève  sur  tout  le  réseau  de  la  Compagnie  du  Pacifique.  Cependant, 
les  conséquences  désastreuses  d'un  pareil  événement  apparaissaient  avec  tant 
d'évidence  qu'il  a  toujours  été  fait  des  efforts  renouvelés  et  il  a  été  suggéré  diver- 
ses modifications  des  termes,  jusqu'à  ce  qu'enfin  les  parties  ont  été  amenées  suffi- 
samment ensemble  pour  justifier  le  bureau  de  leur  soumettre  une  proposition 
finale,  sur  laquelle  les  membres  du  bureau  avaient  fini  par  pouvoir  s'entendre. 

Cette  proposition  a  été  en  définitive  acceptée  par  les  deux  parties,  et  après 
avoir  été  signée  par  le  bureau  et  par  les  représentants  de  la  compagnie  et  des 
télégraphistes,  devint  l'arrangement  qui  est  ci-joint. 

Le  cours  entier  des  négociations  pour  ce  cas  difficile  a  amplement  démontré 
l'importance  des  services  de  gens  comme  M.  Nesbitt  et  M.  O'Donoghue  à  titre 
de  représentants  des  parties  respectives  au  bureau  de  conciliation.  Tout  en  pos- 
sédant l'entière  confiance  de  ceux  qui  les  avaient  nommés,  ils  ont  agi  non  pas 
comme  des  avocats  des  intérêts  respectifs,  mais  comme  des  arbitres  indépendants, 
considérant  les  questions  en  jeu  au  mérite,  tout  en  reconnaissant  en  même  temps 
que  l'esprit  de  compromis  était  essentiel  à  un  règlement  véritable. 

La  cause  des  télégraphistes  a  été  traitée  avec  une  habileté  exceptionnelle  par 
M.  D.  Campbell,  et  il  va  sans  dire  que  les  intérêts  du  chemin  de  fer  du  Pacifique 
ont  été  habilement  soutenus  par  des  hommes  de  l'éminence  et  de  l'expérience  en 
affaires  de  chemin  de  fer  de  messieurs  McNicholl  et  Léonard.  En  dépit  des  diffi- 
cultés du  travail  et  de  la  nature  fatigante  d'un  grand  nombre  de  points  en  dis- 
cussion, l'harmonie  et  les  bons  sentiments  ont  régné  dans  toutes  les  négociations. 
Très  sincèrement  à  vous, 

(Signé)     ADAM  SHORTT, 
Président  du  bureau  de  conciliation. 

RAPPORT  DU  BUREAU. 

En  notre  qualité  de  membres  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête,  nommés  pour 
nous  enquérir  du  différend  survenu  entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique- 
Canadien  et  les  télégraphistes,  expéditeurs  de  train,  agents,  employés  par  elle,  nous 
nous  permettons  de  faire  le  rapport  qui  suit: 

La  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  était  représentée  par  M. 
D.  McNicholl,  son  vice-président;  par  M.  J.  W.  Léonard,  aide-gérant  général  des 
lignes  de  l'est,  et  par  M.  A.  Price,  surintendant  général  de  la  division  centrale  des 
lignes  de  l'ouest. 

Les  télégraphistes  étaient  représentés  par  M.  D.  Campbell,  troisième  vice-prési- 
dent de  l'ordre  des  télégraphistes  de  chemin  de  fer  et  par  M.  E.  Goulet,  président 
général  de  la  division  du  réseau    n°    7,    aidé  de  M.  G.  D.  Robertson,    président    des 


334  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
lignes  de  l'ouest;  J.  E.  Trottier,  membre  du  comité;  J.  C.  Rooney,  membre  du  comité; 
A  Houston,  membre  du  comité;  J.  A.  Hawkins,  membre  du  comité;  J.  Austin,  mem- 
bre du  comité,  et  P.  W.  Mooney,  membre  du  comité. 

Les  séances  du  bureau  ont  été  commencées  le  vendredi,  27  septembre,  et  se  sont 
continuées  jusqu'au  dix  octobre. 

Les  premières  séances  ont  été  consacrées  à  la  discussion  des  divers  articles  des 
arrangements  proposés  respectivement  par  les  télégraphistes  et  par  la  compagnie  du 
chemin  de  fer. 

Copie  de  l'annexe  des  règles  des  taux  de  gages  existants  qui  s'appliquent  aux  télé- 
graphistes, etc.,  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  est  jointe 
aux  présentes;  copie  de  l'annexe  projetée  en  modification  est  aussi  jointe  aux  pré- 
sentes et  marquée  annexe  "A"  et  une  copie  des  contre-propositions  dans  l'annexe  mo- 
difiée de  la  compagnie  du  chemin  de  fer  est  incluse  et  marquée  pièce  "A".  Ces  deux 
annexes  proposées  en  modifications,  sauf  quant  aux  détails  des  gages,  sont  pour  les 
fins  de  la  commodité  de  la  référence  présentées  en  colonnes  parallèles  dans  la  pièce 
"B"  ci-incluse.  Les  points  sur  lesquels  elles  diffèrent  l'une  de  l'autre  sont  imprimés 
en  encre  rouge. 

Quant  aux  gages  la  compagnie  a  proposé  qu'il  ne  fût  apporté  aucun  changement 
aux  gages  existants.  Les  télégraphistes  ont  demandé  les  divers  taux  augmentés 
qu'énonce  leur  annexe. 

Les  différences  entre  les  propositions  des  télégraphistes  et  celles  de  la  compagnie 
ont  été  pleinement  débattues  sans  restriction  ni  quant  à  la  preuve  ni  quant  aux  pièces 
que  l'une  ou  l'autre  des  parties  a  jugées  pertinentes  aux  questions  soumises  à  la  dis- 
cussion. Pleine  liberté  a  été  donnée  à  chacune  des  parties  de  changer  ou  de  modifier 
ses  propositions  ainsi  qu'elles  l'ont  jugé  à  propos.  Des  concessions  mutuelles  ont 
été  faites  et  des  arrangements  provisoires  ont  été  conclus  relativement  à  diverses  ques- 
tions en  litige.  Les  points  sur  lesquels  on  n'a  pas  pu  en  venir  à  une  entente  de  part 
et  d'autre  au  cours  des  premières  auditions  devant  le  bureau,  ont  été  réservés  pour  la 
considération  du  bureau  après  que  toutes  les  questions  en  litige  ,  auront  été  parcou- 
rues. 

Les  questions  réservées  pour  la  considération  du  bureau  ayant  été  soigneusement 
considérées,  le  bureau  a  soumis  aux  deux  parties  certains  articles  projetés  de  règle- 
ment quant  aux  règles  et  au  chiffre  minimum  des  gages.  Comme  ces  gages  n'étaient 
cependant  pas  acceptables  ni  pour  l'une  ni  pour  l'autre  des  parties,  il  en  a  été  discuté 
diverses  modifications.  Comme  on  a  trouvé  impossible  d'amener  les  parties  à  une 
entente  de  part  et  d'autre,  le  bureau  a  fini  par  s'arrêter  au  mémoire  qui  suit,  des  règles 
et  des  taux  de  rémunération  comme  étant  suivant  lui  une  base  de  règlement  raison- 
nable et  équitable  des  points  en  litige  entre  la  compagnie  de  chemin  de  fer  et  les 
télégraphistes  : — 

CHEMIN  DE  FER  PACIFIQUE-CANADIEN. 

RÈGLES  ET  GAGES  POUR  LES  TÉLÉGRAPHISTES,  PRENANT  EFFET  LE  1ER  OCTOBRE  1907. 

Les  règles  et  les  gages  qui  suivent  régiront  les  télégraphistes  sur  le  chemin 
de  fer  du  Pacifique-Canadien: — 

Quand  de  nouveaux  emplois  de  télégraphistes  sont  créés,  la  rémunération  en 
sera  fixée  conformément  à  celle  des  emplois  de  la  même  classe  tels  qu'indiqués  en 
la  présente  annexe. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  335 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Article  1.  Tous  les  employés  assignés  par  l'autorité  qu'il  appartient  au  ser- 
vice de  télégraphie  sur  le  chemin  de  fer,  quelles  qu'en  soient  la  nature  et  la  durée, 
ainsi  que  les  agents  des  gares  inclus  dans  l'annexe  ci-jointe  des  gages,  sont  con- 
sidérés comme  des  télégraphistes  dans  le  sens  de  la  présente  annexe  et  y  sont 
ainsi  désignés. 

Article  2.  (a)  Le  droit  d'avancement  des  télégraphistes  (sauf  les  expéditeurs 
de  trains  et  les  préposés  à  la  ligne,  s'étend  sur  chaque  district  de  surintendance, 
et  est  régi  par  le  mérite,  les  aptitudes  et  l'habileté  ;  si  ces  qualités  sont  suffisantes, 
le  télégraphiste  aîné  (sauf  les  expéditeurs  de  trains  et  les  préposés  à  la  ligne,  de 
pas  moins  de  deux  ans  de  service,  sera,  sur  demande,  transféré  d'un  district 
de  surintendance  à  un  autre  dans  la  même  division  générale,  dans  les  trente 
jours  qui  suivront  la  date  de  cette  demande,  et,  quand  il  sera  ainsi  transféré,  il 
lui  sera  accordé  préséance  dans  le  nouveau  district  jusqu'à  concurrence  des  trois 
quarts  de  sa  durée  de  service  dans  la  division  générale.  En  pareil  cas,  le  télé- 
graphiste ainsi  transféré  prendra  place  sur  la  liste  extra,  et  aura  le  droit  de  pé- 
nétrer dans  les  positions  de  bulletin  aux  termes  du  paragraphe  (c)  des  présentes. 

Tout  télégraphiste  qui  demande  un  transfert  sera  gratifié  d'un  certificat  de 
transfert  indiquant  la  durée  de  son  service  et  les  services  auxquels  il  a  été  em- 
ployé dans  la  division  générale,  ce  qui  l'autorisera  à  réclamer  sa  préséance  dans 
le  district  auquel  il  a  été  transféré. 

La  présente  disposition  s'applique,  aussi  au  télégraphiste  d'au  moins  deux 
ans  de  service,  qui  désire  transférer  d'une  division  générale  à  une  autre,  sauf 
que,  en  ce  cas,  le  certificat  de  transfert  ne  comporte  avec  lui  aucuns  droits  de 
préséance,  mais  donne  droit  à  celui  qui  en  est  porteur  à  la  position  de  télégra- 
phiste cadet  extra  dans  le  district  du  surintendant  auquel  il  est  transféré. 

Les  certificats  de  transfert  ne  sont  valides  que  s'ils  sont  produits  dans  les 
trente  jours  qui  suivent  la  date  de  leur  émission  chez  le  surintendant  du  district 
auquel  le  transfert  se  fait. 

(b)  La  préséance  d'un  télégraphiste  date  du  moment  où  il  est  entré  au  ser- 
vice comme  télégraphiste  pour  la  dernière  fois.  I«a  préséance  des  télégraphistes 
employés  aux  lignes  en  voie  de  construction  ou  absorbées  par  la  compagnie  date 
de  leur  dernière  nomination  au  poste  de  télégraphiste  sur  les  lignes.  Quand  le 
département  de  l'exploitation  des  lignes  s'empare  de  lignes  nouvellement  cons- 
truites, toutes  les  positions  de  télégraphistes  sont  considérées  comme  vacantes,  et 
tout  télégraphiste  en  lieu  d'y  arriver  a  quinze  jours  pour  en  faire  la  demande. 

(c)  Toutes  les  vacances  et  les  nominations  en  permanence  sont  immédiate- 
ment portées  au  bulletin  par  un  message  "  23  "  par  tout  le  district  du  surinten- 
dant. Quand  des  vacances  dans  les  positions  sont  portées  au  bulletin,  le  bulletin 
doit  indiquer  le  taux  de  la  rémunération  qui  y  est  attachée.  Les  demandes  pour 
occuper  les  vacances  doivent  être  faites  dans  les  dix  jours  qui  suivent  la  date  du 
bulletin. 

Le  télégraphiste  qui  décline  d'acepter  une  promotion  quelconque  ne  perd  pas 
ses  droits  à  cette  promotion,  non  plus  qu'à  toute  autre  position  à  laquelle  il  peut 
avoir  droit  d'après  son  ancienneté  quand  il  se  présente  une  vacance.  Le  télégra- 
phiste en  congé  quand  une  vacance  se  présente  n'est  pas  empêché  de  posséder  la 
position  non  plus  que  de  recevoir  la  nomination  quand  il  reprend  le  service  s'il 
y  a  un  titre.  Toute  vacance  est  remplie  dans  les  trente  jours  subséquents  au  mo- 
ment où  elle  s'est  opérée   par  la  nomination  de  l'employé  qui  y  a  titre. 

Quand  une  vacance  se  présente,  le  surintendant  la  remplit  par  la  nomination 
du  télégraphiste  aîné  qui,  suivant  lui,  à  titre  à  la  position,  mais  ceci  n'empêche 
pas  un  télégraphiste  plus  ancien  que  le  télégraphiste  ainsi  nommé  de  réclamer  le 
droit  qu'il  peut  avoir  sous  le  régime  du  paragraphe  (a)  à  la  position,  pourvu  qu'il 
produise  sa  protestation  dans  les  dix  jours  après  que  la  nomination  a  été  portée 
au  bulletin  ainsi  qu'il  est  dit  plus  haut. 


336  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

(d)  Les  télégraphistes  qui  sont  sans  emploi  ont  la  préférence  pour  remplir 
les  vacances,  ou  les  ouvertures'  nouvelles  sur  les  prolongements  ou  sur  les  nou- 
velles lignes  de  la  division  générale;  leur  demande  devant  être  recommandée  au 
dos  par  la  signature  du  surintendant  du  district  où  le  postulant  est  employé. 

(e)  Au  cas  de  réduction  du  nombre  des  télégraphistes  employés,  on  se  dis- 
pense d'abord  des  télégraphistes  cadets  des  divers  districts  de  surintendance.  .  Si 
leurs  services  ont  été  satisfaisants,  il  leur  est,  sur  demande,  donné  un  certificat 
de  transfert,  qui  leur  donne  droit  à  la  préférence  pour  remplir  de  nouvelles  posi- 
tions ou  des  vacances  dans  d'autres  divisions  du  réseau,  pourvu  qu'ils  soient  dis- 
ponibles quand  ils  sont  requis. 

(/)  Si  une  position  comprise  dans  l'annexe  ci-jointe  est  abolie,  le  télégra- 
phiste a  droit  à  la  position  occupée  par  le  télégraphiste  cadet  permanemment  éta- 
bli dans  le  district  du  surintendant. 

(g)  Une  liste  complète  de  tous  les  télégraphistes  de  chaque  division  de  surin- 
tendance, indiquant  leur  rang  d'ancienneté,  est  tenue  en  liasse  dans  les  bureaux 
respectifs  de  l'expédition  des  trains,  accessible  à  l'inspection  de  tous  les  télégra- 
phistes qui  y  ont  intérêt.  Cette  liste  est  susceptible  de  corrections  sur  les  repré- 
sentations voulues  de  tout  télégraphiste,  et  une  copie  de  cette  liste,  corrigée  jus- 
qu'à date,  est  fournie  au  président  général  au  commencement  de  chaque  année. 

(h)  Les  télégraphistes  ont  le  droit  exclusif  à  toute  position  comprise  dans 
l'annexe  des  salaires  de  1905,  et  à  toute  position  de  télégraphiste  subséquemment 
accordée  conformément  au  préambule;  ainsi  qu'à  toute  nouvelle  position  de  télé- 
graphiste créée  par  l'absorption  d'autres  lignes  ou  par  la  construction  de  lignes 
nouvelles,  quand  il  se  présente  des  vacances  dans  ces  positions. 

(i)  Les  télégraphistes  sont  aussi  éligibles  et  considérés  en  lieu  d'être  rompus 
à  la  position  d'agent  de  toute  station  non  comprise  dans  l'annexe  des  gages  ci- 
jointe,  qui  a  été  omise  en  vue  de  conditions  qui  peuvent  rendre  impraticable  ou 
injuste  de  remplir  ces  positions  exclusivement  d'une  seule  branche  du  service. 

(;')  Le  droit  d'avancement  des  expéditeurs  de  trains  s'étend  à  la  division  du 
surintendant  général  et  est  régi  par  le  mérite  et  les  aptitudes;  si  ces  qualités  sont 
suffisantes,  l'expéditeur  ami  doit  avoir  la  préférence.  L'ordre  de  l'avancement 
des  préposés  au  mouvement  passe  de  l'expéditeur  de  relevé  aîné  à  l'expéditeur  à 
tour  de  rôle. 

La  préséance  d'un  préposé  au  mouvement  date  du  moment  qu'il  a  d'abord 
été  nommé  à  la  charge  de  préposé  à  tour  de  rôle,  à  moins  que,  à  sa  propre  de- 
mande il  ne  prenne  une  autre  position  au  service,  en  ce  cas  son  ancienneté  comme 
préposé  au  mouvement  des  trains  date  du  moment  où  il  a  été  dernièrement  nommé 
expéditeur  à  tour  "de  rôle.  Le  préposé  au  mouvement  des  trains  garde  sa  position 
et  son  rang  d'ancienneté  dans  les  rangs  des  agents  et  des  télégraphistes. 

Les  télégraphistes  préposés  au  mouvement  à  titre  de  relève  sont  nommés  des 
districts  de  leurs  surintendants  respectifs,  s'ils  sont  disponibles  conformément  au 
paragraphe  (c)  du  présent  article,  et  il  leur  est  accordé  un  temps  suffisant  sans 
rémunération  pour  apprendre  le  travail  de  l'expédition  des  trains,  sous  la  direc- 
tion d'un  préposé  à  tour  de  rôle  régulier,  ce  temps  ne  devant  pas  dépasser  deux 
semaines,  et  ils  restent  dans  ce  district  jusqu'à  ce  qu'ils  reçoivent  de  l'avancement 
à  un  tour  de  rôle  stable,  dont  demande  peut  être  faite  à  tout  bureau  de  la  divi- 
sion générale  où  il  se  produit  une  vacance. 

Au  cas  où  il  se  produit  une  vacance  pour  une  position  de  préposé  au  mouve- 
ment des  trains,  ou  il  se  crée  une  nouvelle  position  de  préposé  au  mouvement,  le 
préposé  aîné  au  mouvement  des  trains,  par  ordre  d'ancienneté,  a  droit  à  l'offre  de 
cette  position. 

(h)  Le  droit  d'avancement  des  cantonniers  s'étend  sur  chaque  division  de 
surintendance  générale  (de  chemin  de  fer),  et  est  régi  par  le  mérite  et  les  apti- 
tudes; quand  ces  qualités  sont  suffisantes,  les  cantonniers  plus  anciens  ont  droit 
à  la  préférence. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  337 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Les  cantonniers  sont  spécialement  considérés  en  lieu  d'avancement  à  la  posi- 
tion de  contremaître  dans  la  division  de  surintendance  générale  (de  chemin  de 
fer),  où  ils  sont  situés. 

Article  3.  Nul  télégraphiste  ne  peut  être  suspendu  (sauf  pour  enquête),  non 
plus  que  renvoyé,  avant  qu'il  n'ait  été  trouvé  coupable  de  la  contravention  dont 
il  est  accusé,  et  la  décision  devra,  en  pareil  cas,  être  atteinte  dans  les  dix  jours 
qui  suivent  la  date  de  la  suspension.  Si  un  télégraphiste  est  trouvé  innocent 
dans  l'affaire  soumise  à  l'examen,  il  est  rémunéré  aux  taux  du  supplément  pour 
le  temps  perdu,  et  pour  les  frais  additionnels  qu'il  encourt  pour  assister  à  cet 
examen,  s'il  se  passe  loin  de  chez  lui,  et  il  doit  être  réintégré.  S'il  est  retenu 
plus,  de  dix  jours  à  attendre  l'enquête  à  la  demande  de  la  compagnie,  il  est  payé 
le  salaire  énoncé  au  supplément  pour  le  temps  qui  excède  dix  jours,  quelle  que 
soit  la  décision.  Les  télégraphistes  peuvent  avoir  l'aide  d'un  télégraphiste  ad- 
joint s'ils  le  désirent. 

Une  déclaration  écrite  énonçant  le  résultat  d'une  enquête  et  les  raisons  qui  y 
ont  donné  lieu  est  fournie  par  la  compagnie  au  conseil  local  des  règlements,  si  ce 
dernier  la  demande. 

Article  4.  L'absence  de  commodités,  tel  que  le  voisinage  des  écoles,  etc.,  est 
pris  en  considération  quand  il  s'agit  de  localiser  les  télégraphistes,  mais  seule- 
ment quand  ceci  peut  se  faire  sans  empiétement  sur  les  droits  de  leurs  aînés  dans 
le  service. 

Article  5.  Les  télégraphistes  en  service  aux  conseils  de  règlements  qui  repré- 
sentent des  télégraphistes  sont  libérés  de  leur  service  sans  retard  superflu  (ne  dé- 
passant pas  dix  jours),  et  reçoivent  leur  transport  gratuitement  pour  cette  fin. 

Article  6.  Les  télégraphistes  reçoivent  leur  transport  gratuitement  et  leur 
congé  pour  assister  à  leurs  assemblées.  Ce  transport  gratuit  ne  saurait  se  pro- 
longer au  delà  de  la  section  prochaine  qui  avoisine  le  district  de  leur  surinten- 
dant, et  le  congé  ne  peut  dépasser  deux  jours,  et  ne  peut  être  accordé  que  s'il  ne 
contrecarre  pas  les  exigences  du  trafic  et  du  service,  et  pourvu  que  la  compagnie 
n'ait  pas,  de  ce  chef,  à  encourir  des  frais  additionnels. 

Article  7.  Quand  un  télégraphiste  est  transféré  par  ordre  du  fonctionnaire 
qu'il  appartient,  il  n'est  exposé  de  ce  chef  à  aucune  perte  de  salaire  du  supplé- 
ment, et  il  lui  est  accordé  un  temps  suffisant  (ne  dépassant  pas  quatre  jours  sans 
salaire)  pour  lui  permettre  de  prendre  des  dispositions  pour  l'expédition  de  ses 
effets  d'ameublement. 

Article  8.  Les  télégraphistes  présents  en  cour  ou  à  l'enquête  à  la  demande 
du  fonctionnaire  qu'il  appartient  de  la  compagnie  reçoit  ses  frais  surnuméraires 
de  la  compagnie  en  vertu  du  salaire  porté  au  tableau  supplémentaire. 

Article  9.  Les  télégraphistes  ne  sont  pas  requis  d'enseigner  la  télégraphie 
ni  d'admettre  des  élèves,  non  plus  que  des  membres  du  personnel  de  la  gare  à 
leur  bureau. 

Article  10.  Les  télégraphistes  requis  de  travailler  aux  accidents,  aux  affouil- 
lements  et  aux  éboulis  doivent,  en  cas  de  mauvais  temps,  être  pourvus  d'abris  et 
payés  des  frais  nécessaires  pour  le  temps  où  ils  sont  loin  de  chez  eux. 

Article  11.  Un  télégraphiste  qui  obtient  de  l'emploi  de  la  compagnie  doit, 
dans  les  trente  jours  qui  suivent  la  date  de  son  emploi,  recevoir  toutes  les  cartes 
de  service  et  les  lettres  de  recommandation  qui  ont  été  recueillies  par  la  compa- 
gnie, sauf  celles  antérieurement  émises  par  la  compagnie. 

Article  12.  Un  télégraphiste  qui  quitte  le  service  de  la  compagnie  doit,  sur 
-demande  dans  les  cinq  jours,  recevoir  du  fonctionnaire  qu'il  appartient  un  certi- 
ficat indiquant  le  terme  ou  les  termes  de  son  service,  l'état  dans  lequel  il  a  été 
employé,  et  s'il  a  été  renvoyé  ou  s'il  a  quitté  le  service  de  son  plein  gré.  S'il  a 
été  renvoyé'  la  cause  du  renvoi  est  indiquée. 

S'il  est  retenu  plus  de  cinq  jours  à  attendre  ce  certificat,  il  est  payé  le  sa- 
laire porté  au  tableau  de  supplément  pour  tout  le  temps  qui  dépasse  cinq  jours. 

36—22 


338  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

A  moins  qu'il  ne  soit  autrement  requis,  ce  certificat  est  adressé  par  la  poste 
au  télégraphiste  à  l'endroit  de  son  dernier  emploi. 

Article  13.  Les  télégraphistes  sont  exempts  de  pelleter  de  la  neige,  d'étique- 
ter les  wagons,  de  passer  au  tamis  les  cendres  de  charbon,  de  voir  aux  jardins  à 
fleurs,  de  nettoyer  les  gares,  et  de  couper  et  d'empiler  du  bois.  Le  déchargement 
des  marchandises  transportées  quotidiennement  par  les  wagons  et  le  remisage  en 
hangar  se  fait  conjointement  avec  les  employés  aux  trains. 

Article  14.  Aux  gares  où  il  est  fourni  du  logement,  du  chauffage  et  de  l'éclai- 
rage, le  logement  doit  autant  que  possible  être  exclusivement  réservé  pour  l'usage 
de  l'agent  et  de  sa  famille,  à  moins  qu'il  ne  choissise  d'habiter  ailleurs. 

Il  sera  fait  de  la  rémunération  établie  de  tous  les  télégraphistes  qui  occupent 
des  logements  de  la  compagnie  une  déduction  de  cinq  dollars  par  mois,  à  moins 
que  de  l'avis  du  surintendant  cette  somme  ne  doive  être  réduite. 

Quand  du  bois  est  employé  comme  combustible,  il  doit  être  coupé  en  lon- 
gueurs d'au  plus  seize  pouces. 

Un  télégraphiste  qui  occupe  un  logement  de  la  compagnie,  qui  est  renvoyé 
du  service,  a  droit  de  garder  la  possession  du  logement  jusqu'à  ce  qu'il  ait  été 
payé  de  toutes  les  sommes  que  lui  doit  la  compagnie. 

La  compagnie  doit  tenir  ses  logements  en  bon  état  de  réparation.  Les  occu- 
pants doivent  tenir  ces  logements  et  leurs  dépendances  propres,  et  ils  doivent 
payer  les  réparations  autres  que  celles  qui  proviennent  de  l'usure  naturelle. 

Article  15.  Les  télégraphistes  requis  de  travailler  le  dimanche  sont  rému- 
nérés additionnellement  aux  taux  du  salaire  établi  pour  ce  service  basé  sur  trente 
jours  par  mois  (toute  partie  d'une  heure  moindre  que  trente  minutes  n'étant  pas 
comptée;  et  toute  portion  d'une  heure  de  trente  minutes  ou  plus  étant  comptée 
pour  une  heure),  avec  une  rémunération  minimum  de  vingt-cinq  cents  pour 
chaque  appel,  pour  lequel  doit  être  rendu  s'il  en  est  fait  demande  un  service  d'une 
heure. 

Les  télégraphistes  sont  requis  de  traiter  les  dépêches  du  commerce  le  diman- 
che seulement  durant  les  heures  requises  pour  le  service  du  chemin  de  fer,  sauf 
sur  convention  à  cet  effet. 

Les  télégraphistes  requis  pour  service  le  dimanche  en  dehors  de  la  présence 
aux  convois  réguliers  de  voyageurs  en  sont  ainsi  avertis  le  jour  qui  précède. 

Article  16.  Si  des  télégraphistes  sont  requis  de  voir  aux  aiguillages  ou  aux 
lampes  de  signal,  ils  reçoivent  $4  par  mois  pous  six  de  ces  lampes  ou  moins,  et 
50  cents  par  mois  pour  chaque  aiguillage  ou  lampe  de  signal  additionnelle  à  cette 
gare.  Rien  au  présent  article  ne  libère  les  télégraphistes  de  leur  responsabilité 
sous  l'empire  des  règles.  Les  télégraphistes  doivent  tenir  les  lampes  de  signal 
des  trains  pripres  et  en  bon  état,  et  allumées  quand  elles  sont  requises,  sans  ré- 
munération additionnelle. 

Article  17.  Les  télégraphistes  qui  voient  aux  pompes  ou  aux  moulins  à  vent, 
travail  qui  pour  eux  est  optionnel,  sont  payés  dix  dollars  pour  voir  aux  pompes 
à  vapeur  et  aux  moulins  à  vent,  et  cinq  dollars  par  mois  pour  voir  aux  moulins  à 
vent  seulement. 

Les  télégraphistes  doivent,  dans  les  heures  de  bureau,  voir  aux  feux  allumés 
sous  les  réservoirs  d'eau  dans  un  rayon  d'un  quart  de  mille  de  leur  gare,  et  ils 
doivent  voir  que  le  feu  soit  en  bon  état  immédiatement  avant  de  quitter  le  ser- 
vice, sans  rémunération  additionnelle 

Article  18.  Un  télégraphiste  qui  est  requis  de  quitter  son  établissement  per- 
manent pour  faire  temporairement  du  travail  de  relève,  a  droit,  sans  changement 
de  salaire,  de  recevoir  toutes  les  dépenses  qui  lui  sont  nécessaires  sur  production 
d'une  pièce  justificative. 

Les  autres  télégraphistes  qui  font  du  travail  de  relève,  à  l'exception  des  télé- 
graphistes réguliers  de  relève,  sont  payés  le  même  salaire,  sans  dépenses,  que  les 
.  télégraphistes  qu'ils  relèvent,  pourvu  que  ce  salaire  ne  soit  pas  inférieur  au  leur 
propre.  (  I    ! 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  339 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Article  19.  Les  télégraphistes  de  chemin  de  fer  qui  font  les  affaires  de  com- 
merce du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  ont  droit  à  10  pour  100  de  com- 
mission sur  toutes  les  affaires  qui  circulent  entre  les  points  qu'atteignent  les 
lignes  de  télégraphe  du  Pacifique-Canadien,  et  les  lignes  de  télégraphe  rattachées 
avec  lesquelles  les  affaires  sont  vérifiées  directement,  et  sur  la  proportion  du  che- 
min de  fer  du  Pacifique  dans  les  câblogrammes. 

Le  revenu  provenant  pour  une  gare  de  commissions  de  télégraphe  sera  divisé 
équitablement  entre  les  télégraphistes  qui  font  le  service,  et  l'agent  aura  droit 
au  moins  au  tiers  de  la  somme  totale. 

Article  20  (a).  Aux  bureaux  ou  deux  ou  moins  de  deux  télégraphistes  sont 
employés,  douze  heures  consécutievs,  y  compris  l'heure  du  repas,  constituent  une 
journée  de  travail.  Aux  bureaux  où  plus  de  deux  télégraphistes  sont  employés, 
dix  heures  consécutives  au  plus,  y  compris  les  heures  des  repas,  ou,  au  choix  de 
la  compagnie,  huit  heures  consécutives,  sans  heure  de  repas,  constituent  une  jour- 
née de  travail.  Sauf  dans  les  cas  d'urgence,  les  télégraphistes  auront  par  jour 
huit  heures  consécutives  de  repos. 

Les  heures  de  service  de  tous  les  agents  de  lignes  principales  commencent 
entre  7  et  9  heures  du  matin. 

(b)  Les  télégraphistes  qui  travaillent  douze  heures  ou  plus  auront  soixante 
minutes  consécutives  pour  le  repas  entre  7  et  9  heures  du  matin,  ou  entre  midi 
et  2.30  heures  de  l'après-midi,  ou  entre  5  et  7  heures  du  soir,  ou  entre  mi- 
nuit et  deux  heures  et  demie  du  matin,  ou  recevront  au  lieu  de  ceci  une  heure 
de  temps  libre,  pourvu  que  le  télégraphiste  de  jour  qui  travaille  douze  heures 
ait  son  heure  de  repas  entre  midi  et  deux  heures  et  demi  de  l'après-midi.  Ceci 
ne  s'applique  pas  au  service  rendu  aux  affaires  de  messageries  ou  de  la  télégra- 
phie de  commerce. 

Rien  de  contenu  aux  présentes  n'empêche  un  chef  de  mouvement  d'accorder 
deux  heures  de  repos  aux  télégraphistes  qui  travaillent  douze  heures.  L'intention 
de  ces  règles  étant  d'accorder  des  heures  de  repas  régulières,  en  tant  que  le  per- 
mettent les  affaires  de  la  compagnie. 

(c)  Le  temps  supplémentaire  se  compte  en  proportion  aux  taux  de  salaire  éta- 
blis, basés  sur  trente  jours  par  mois,  mais  il  ne  se  compte  jamais  à  moins  de  25 
cents  de  l'heure,  un  espace  de  temps  de  moins  de  trente  minutes  ne  devant  pas 
compter,  trente  minutes  ou  plus  devant  compter  pour  une  heure,  sauf  que  les 
télégraphistes  qui  sont  tenus  de  rester  au  service  après  les  heures  régulières,  s'ils 
sont  retenus  quinze  minutes,  ont  droit  à  une  heure  de  temps  supplémentaire  pour 
la  première  heure,  ou  pour  toute  portion  de  cette  heure. 

(d)  Si  un  télégraphiste  est  appelé  au  service  avant  ou  après  les  heures  de 
bureau,  il  a  droit  à  cinquante  cents,  qui  couvrent  une  heure  de  service.  S'il  reste 
au  service  plus  d'une  heure  le  temps  supplémentaire  lui  est  accordé  après  ce  mo- 
ment aux  termes  du  paragraphe  (c),  sauf  quand  un  télégraphiste  qui  habite  un 
logement  de  la  compagnie  est  appelé  à  s'occuper  d'un  train  porté  au  bulletin,  at- 
tendu à  sa  gare  dans  les  trois  heures  qui  suivent  son  service  régulier  de  douze 
heures,  il  reçoit  alors  vingt-cinq  cents  pour  la  première  heure  du  service  ou  pour 
toute  partie  de  cette  heure;  s'il  reste  au  service  plus  de  soixante  minutes,  il  lui 
est  accordé  du  supplément  aux  termes  du  paragraphe  (c). 

(e)  Les  heures  régulières  du  service  sont  spécifiées  par  le  surintendant  des 
télégraphistes.  S'ils  sont  requis  pour  le  service  en  dehors  de  ces  heures,  les  télé- 
graphistes reçoivent  un  ordre  officiel  pour  leur  servir  d'autorité,  et  ils  sont  excu- 
sés de  la  même  manière. 

(f)  Le  supplément  n'est  accordé  que  si  des  billets  de  supplément  sont 
expédiés  par  la  poste  au  fonctionnaire  qu'il  appartient  dans  les  quarante-huit 
heures  du  moment  où  le  service  a  été  exécuté.  Si  le  supplément  demandé  n'est 
pas  accordé  les  -télégraphistes  en  sont  notifiés  par  écrit  dans  les  dix  jours  qui  sui- 
vent le  moment  où  ce  service  a  été  exécuté,  et  ils  sont  avisés  de  la  raison  qui  le 

36— 22è 


340  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

leur  fait  refuser.  Les  télégraphites  numérotent  leurs  billets  de  supplément  con- 
sécutivement pour  chaque  mois. 

Article  21.  Huit  heures  consécutives  d'expédition  des  trains  et  le  temps  qu'il 
faut  pour  faire  le  transfert  constituent  une  journée  de  travail  pour  un  préposé 
au  mouvement.  Les  préposés  au  mouvement  ne  sont  pas  requis  de  faire  du  tra- 
vail de  bureau  qui  gêne  la  bonne  distribution  de  leurs  trains. 

Article  22.  Si  un  télégraphiste  se  considère  surchargé  de  travail,  sa  déclara- 
tion en  ce  sens  au  fonctionnaire  qu'il  appartient  est  considérée  avec  soin,  et,  si 
elle  est  bien  fondée,  il  lui  est  fait  justice. 

Article  23.  Quand  du  travail  de  messageries  et  de  télégraphie  pour  lequel 
une  commission  est  accordée  est  retiré  à  un  télégraphiste,  son  salaire  est  régula- 
risé de  façon  à  devenir  conforme  à  celui  de  stations  similaires  dans  la  même  lo- 
calité où  ce  travail  n'est  pas  exécuté  par  eux. 

Article  24.  Quand  un  télégraphiste  est  assigné  à  une  position  et  se  trouve, 
après  un  stage  raisonnable,  incompétent  à  la  remplir,  il  prend  sa  place  sur  la 
liste  surnuméraire  et  garde  ses  droits  d'ancienneté. 

Article  25.  Les  préposés  au  mouvement  des  trains  reçoivent  trois  semaines 
de  vacances  chaque  année,  avec  pleine  rémunération. 

Les  autres  télégraphistes  qui  ont  été  à  l'emploi  de  la  compagnie  depuis  quatre 
années  ou  plus  auront  deux  semaines  de  vacance  par  année  avec  pleine  rémuné- 
ration. Si  la  compagnie  trouve  incommode  d'accorder  des  vacances  durant  quel- 
que année  à  un  télégraphiste,  qui  y  a  droit  en  vertu  de  la  présente  règle,  le  télé- 
graphiste, à  son  choix,  recevra  soit  une  indemnité  basée  sur  son  salaire  pour  la 
période  de  temps,  soit  l'année  suivante  une  période  additionnelle  de  vacances  pour 
un  terme  égal. 

Les  demandes  de  vacances  produites  en  janvier  de  chaque  année  seront  reçues 
de  préférence  suivant  l'ordre  d'ancienneté  du  requérant,  et  les  requérants  seront 
notifiés  en  février  des  dates  qui  leur  sont  assignées.  Les  requérants  de  janvier 
auront  la  préférence  sur  les  requérants  plus  tardifs,  et  les  requérants  subséquents 
au  30  septembre  n'auront  pas  droit  à  la  rémunération  de  salaire,  si  la  compagnie 
est  incapable  de  les  libérer  cette  année-là.  La  compagnie  devra,  autant  que  faire 
se  peut,  libérer  de  leur  emploi  tous  les  requérants  durant  l'été,  quand  ceux-ci  le 
désirent. 

Si  un  télégraphiste  est  congédié  ou  quitte  le  service  sur  avis  qui  convient, 
avant  d'avoir  obtenu  les  vacances  ajournées,  il  sera  payé  de  son  salaire  pour  ces 
vacances. 

Article  26.  Les  télégraphistes  ont  le  bénéfice  du  transport  de  leurs  effets  de 
ménage  ainsi  que  de  faveurs  de  circulation  ou  de  taux  réduits,  ainsi  qu'un  congé 
conformément  aux  règles  générales  de  la  compagnie  telles  qu'établies  de  temps  à 
autre. 

Article  27.  Un  cantonnier  requis  de  quitter  son  propre  district  a  droit  de 
recevoir  ses  dépenses  réelles,  ne  dépassant  pas  un  dollar  par  jour  et  une  indemnité 
additionnelle  proportionnée  à  la  responsabilité  qu'il  éprouve,  s'il  est  requis  de  se 
charger  d'un  nombre  quelconque  d'ouvriers. 

Les  cantonniers  de  district  reçoivent  leurs  dépenses  réelles,  ne  dépassant  pas 
un  dollar  par  jour,  quand  ils  font,  le  service  dans  leur  propre  circonscription 
loin  du  chef -lieu. 

Article  28.  Demande  peut  être  faite  directement  au  surintendant  général 
pour  revision  générale  du  tableau. 

Article  29.  Le  préambule  et  les  paragraphes  h,  c,  d,  f  et  g  de  l'article  2,  les 
articles  3,  4,  5,  6  et  7,  l'article  8,  et  les  articles  11,  12,  22,  24  et  26  dans  le  tableau 
des  règles  et  gages  des  télégraphistes,  s'appliquent  aussi  aux  cantonniers. 

Les  cantonniers  tombent  sous  les  règles  générales  comme  les  autres  employés 
de  la  compagnie  quant  aux  fêtes. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


341 


Relativement  aux  gages,  le  bureau  convient  qu'une  augmentation  générale 
de  14  pour  100  sur  la  base  du  présent  salaire  minimum  telle  que  dans  le  tableau 
de  1905,  soit  accordée  aux  télégraphistes. 

Toute  position  ajoutée  à  l'échelle  de  1905  ou  retranchée  de  cette  échelle  jus- 
qu'à date,  reste  en  cet  état,  à  moins  que  le  comité  local  et  le  surintendant  n'en 
conviennent  autrement. 

Le  présent  tableau  entrera  en  vigueur  à  compter  du  premier  octobre  1907. 

(Signé)        ADAM  SHORTT, 

WALLACE  NESBITT, 

J.  G.  O'DONOGHUE. 
10  octobre  1907. 

Nous  acceptons  ce  qui  précède. 

(Signé)        D.  CAMPBELL, 
ED.  GOULET, 

Pour  les  télégraphistes. 

(Signé)         D.  McNICHOLL,  V.P., 

Pour  la  compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien. 


342  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XIV.— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  COMPAGNIE  DE  HOUILLE  ET 
DE  COKE  DE  HILLCREST,  ALT  A— ETABLISSEMENT  DU  BUREAU- 
RAPPORT  DE  LA  MINORITE  PRESENTE  AVEC  LE  RAPPORT  DU  BU- 
REAU—ARRANGEMENT SUBSEQUEMMENT  CONCLU  ENTRE  LES 
PARTIES  COMME  RESULTAT  DE  L'ENQUETE. 

Le  11  septembre,  le  ministère  a  reçu  une  demande  de  la  Compagnie  de  houille  et 
de  coke  de  Hillcrest,  Alta.,  pour  l'établissement  d'un  bureau  de  conciliation  et  d'en- 
quête pour  le  règlement  de  différends  survenus  entre  la  compagnie  et  ses  employés. 
Le  nombre  approximatif  des  hommes  atteints  a  été  placé  à  70.  Le  différend  a  régler 
se  rapportait  aux  gages  et  aux  heures  de  travail  des  hommes  à  l'emploi  de  la  compa- 
gnie. Le  16  septembre,  le  ministère  a  aussi  reçu  une  demande  de  la  compagnie  pa- 
tronne pour  l'établissement  d'un  bureau  relativement  aux  mêmes  différends.  Le  mi- 
nistre a  considéré  les  deux  demandes  en  même  temps  et  a  établi  un  bureau  composé 
ainsi  qu'il  suit:  M.  Frank  H.  Sherman,  de  Taber,  xilta,  recommandé  par  les  em- 
ployés; M.  J.  R.  Macdonald,  de  Hillcrest,  Alta,  recommandé  par  la  compagnie  pa- 
tronne, et  l'honorable  C.  W.  Fraser,  orateur  de  l'Assemblée  législative  de  l'Alberta, 
président,  nommé  par  le  ministre  du  Travail,  les  membres  précités  du  bureau  n'ayant 
pu  s'entendre  sur  la  recommandation  d'un  troisième  membre.  Le  bureau  s'est  réuni 
le  lundi,  7  octobre,  à  Frank,  Alberta,  et  s'est  efforcé  d'en  arriver  à  une  entente  sans 
l'aide  de  témoins.  Comme  il  n'a  pu  y  parvenir,  les  séances  furent  ajournées  à 
Hillcrest,  Alta,  où  des  témoins  ont  été  examinés  sous  serment,  et  il  fut  fait  une  en- 
quête sur  le  différend  soumis  au  bureau,  enquête  qui  a  duré  plusieurs  jours.  Le  rap- 
port du  bureau  a  été  signé  par  le  président  et  par  M.  John  R.  Macdonald,  le  membre 
du  bureau  nommé  sur  la  recommandation  de  la  compagnie  intéressée  au  différend,  et  a 
été  reçu  au  ministère  le  4  novembre.  Un  rapport  de  la  minorité  signé  par  M.  Frank 
H.  Sherman,  le  membre  du  bureau  nommé  sur  la  recommandation  des  employés,  a  été 
reçu  le  8  novembre.  Chacun  des  rapports  faisait  des  recommandations  pour  le  règle- 
ment des  différends  soumis  au  bureau. 

Le  ministère  a  subséquemment  reçu  de  M.  Frank  H.  Sherman,  de  la  part  des  em- 
ployés, et  de  M.  C.  P.  Hill,  directeur  gérant  de  la  compagnie,  l'information  qu'on  en 
était  venu  à  un  règlement  sur  les  points  eu  litige.  Le  rapport  du  bureau,  et  le  rap- 
port de  la  minorité  sont  ceux  qui  suivent: 

RAPPORT   DE   LA  MAJORITR. 

A  l'honorable 

Ministre  du  Travail, 
Ottawa,  Ont. 
Monsieur, — Le  vingt-quatrième  jour  de  septembre  1907,  nous,  Charles  Welling- 
ton Fisher,  Frank  Henry  Sherman  et  John  Robert  Macdonald,  avons  été,  conformé- 
ment aux  dispositions  de  l'article  6  de  la  loi  concernant  les  enquêtes  en  matière  de 
différends  industriels,  1907,  constitués  en  bureau  de  conciliation  et  d'arbitrage,  afin 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  343 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

d'en  arriver  à  un  règlement  du  différend  existant  alors  entre  la  Compagnie  de  houille 
et  de  coke  de  Hillcrest,  à  responsabilité  limitée,  de  Hillcrest,  dans  la  province  d'Al- 
berta,  ci-après  dénommée  "  la  compagnie  "  et  certains  employés  de  cette  compagnie,  et 
chargés  pour  cette  fin  de  nous  enquérir  diligemment  et  soigneusement  du  différend 
et  de  toutes  les  affaires  qui  pourraient  toucher  le  mérite  et  le  droit  du  règlement  de  ce 
différend. 

Le  dit  Frank  Henry  Sherman  est  le  représentant  désigné  sur  la  recommandation 
des  employés,  John  Robert  Macdonnld  celui  désigné  sur  la  recommandation  de  la 
compagnie,  et  Charles  Wellington  Fisher  est  celui  qui  a  été  désigné  par  l'honorable 
ministre  du  Travail. 

Les  soussignés,  membres  de  votre  dit  bureau  de  conciliation  et  d'enquête,  ont  pré- 
sentement l'honneur  de  vous  présenter  le  rapport  qui  suit: — 

En  exécution  de  notre  convention,  nous,  le  dit  bureau,  nous  sommes  réunis  à 
Frank,  le  septième  jour  d'octobre  1907.  Nous  avons  passé  toute  la  journée  à  nous 
efforcer  d'en  venir  à  une  entente  et  à  un  règlement  du  différend,  sans  l'aide  de 
témoins.  Vu  que  nous  n'avons  pu  nous  entendre,  nous  avons  remis  les  séances  à 
Hillcrest,  où  nous  avons  assigné  un  certain  nombre  de  témoins  à  comparaître  devant 
nous,  en  leur  demandant  de  produire  les  livres,  papiers  et  autres  documents  néces- 
saires à  une  enquête  complète,  et  nous  avons  passé  le  reste  de  la  semaine  a  recueillir 
la  preuve  des  témoins  sous  serment. 

John  K.  Calvin,  Peter  Patterson  et  John  A.  McDonald  ont  tous  comparu  dans 
l'intérêt  des  employés,  et  Charles  P.  Hill  a  comparu  pour  la  compagnie.  Chacune 
des  parties  a  eu  toute  occasion  de  faire  valoir  sa  cause. 

Votre  bureau  a  soigneusement  pesé  les  affaires  qui  touchent  au  mérite  du  diffé- 
rend, et  nous  trouvons  que  la  compagnie  a  été  empêchée  bien  sérieusement  dans  ses 
efforts  pour  avoir  des  wagons  pour  le  transport  de  la  houille,  et  gênée  par  le  coût  addi- 
tionnel du  chargement  de  la  houille  dans  les  wagons. 

Nous,  soussignés,  membres  du  bureau,  faisons  les  recommandations  qui  suivent 
pour  le  règlement  du  différend. 

Les  chiffres  ci-dessous  devraient  être  les  taux  minimum  de  rémunération  payés 
pour  les  services  qui  suivent,  mais  rien  en  la  présente  recommandation  ne  peut  s'in- 
terpréter de  façon  a  empêcher  le  patron  de  payer  des  salaires  plus  élevés  à  n'importe 
quel  ouvrier,  s'il  le  désire. 

Creusage* — Le  taux  devra  être  de  50  cents  la  grosse  tonne. 

Mesurage  linéaire., — Les  niveaux  doivent  être  de  10  pieds  de  largeur,  de  7  pieds 
de  haut  sur  le  côté  le  moins  élevé  et  de  l'épaisseur  de  la  houille  du  côté  supérieur, 
$1.75  la  verge  linéaire. 

Voie  d'aérage  parallèle. — Doit  avoir  6  pieds  sur  10,  $1.75  la  verge  linéaire. 

Traverse  entre  galeries.     Doit  avoir  6  pieds  sur  8,  $1.50  la  verge  linéaire. 

Carrefour. — -Ne  doit  pas  avoir  moins  de  8  pieds  sur  8,  ni  être  construit  à  plus  de 
2<5  pieds  de  cette,  sans  voie,  $1.00  la  verge  linéaire. 

Bois  de  service.  Bois  de  soute,  le  maximum  devant  être  de  10  pouces  de  dia 
mètre  à  l'extrémité,  et  16  pieds  de  longueur,  $1.00  par  assortiment;  s'il  est  nécessaire 
de  placer  du  bois  de  plus  forte  dimension,  la  pose  doit  être  payée  en  proportion  ou 
faite  par  la  compagnie.  Le  bois  d'encadrement,  le  diamètre  maximum  devant  être 
de  douze  pouces  à  l'extrémité,  la  longueur  de  14  pieds,  $2.00  par  assortiment  avec  les 
retailles.  S'il  est  nécessaire  de  poser  du  bois  de  plus  forte  dimension,  la  pose  en  doit 
être  payée  en  proportion  ou  faite  par  la  compagnie. 


344 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Etançons. — Tous  étançons,  hors  ceux  employés  pour  poser  du  boisage  ou  des 
chutes.     Les  chutes,  5  cents  par  pied  linéaire. 

Posage  de  voies. — Toutes  les  voies  doivent  être"  posées  par  la  compagnie,  sauf  la 
paire  de  rails  temporaires  sur  l'avant,  qui  devrait  être  posée  par  le  mineur  sans 
charge. 

Chutes. — Trente  cents  par  pied  linéaire,  5  planches,  2  x  12,  2  poteaux  à  chaque 
intervalle  de  8  pieds,  avec  traverses.     Ceci  comprend  le  fer  en  feuille. 

Boisage. — Cinq  cents  du  pied  linéaire  pour  chaque  pied  de  hauteur. 

Balayage. — Six  pieds  de  largeur,  5  cents  du  pouce  par  verge  linéaire;  12  pieds, 
10  cents  du  pouce  par  verge  linéaire.  Tout  le  matériel  doit  être  délivré  à  la  traverse 
la  plus  rapprochée  de  façon  à  faire  face  aux  tailles  d'exploitation  aux  entrées  aussi 
près  du  front  que  possible.  La  compagnie  doit  prendre  toute  la  houille  dans  les 
chutes  des  traverses  les  plus  rapprochées  pour  faire,  face  aux  tailles. 

Gages  pour  les  hommes  d'équipe  sous  le  sol,  8  heures  de  travail: — 

Préposés  au  feu $3  50 

Boiseurs 3  00 

Aides-boiseurs 2  50 

Ouvriers  en  bois 3  00 

Chefs  d'attelage 2  75 

Aides  des  ouvriers  en  bois 2  50 

Chefs  d'attelage,  endroits  humides '.  3  00 

Ouvriers  de  la  voie 3  00 

Aides  des  ouvriers  de  la  voie 2  50 

Mineurs 3  00 

Mineurs  de  roc 3  50 

Chargeurs  aux  chutes.  .  .' 2  62£ 

Journaliers 2  50 

Manœuvres  du  bois 2  75 

Mineurs  au  rocher 3  50 

Préposés  à  la  tour  (pied) 2  62£  pour  10  heures. 

Préposés  à  la  tour  (sommet) 2  62£  " 

Trieurs    d'ardoise    (garçons,    $1.25) 2  25  " 

Graisseurs  de  wagons   (garçons,  $1.50) ....  2  25  " 

Garçons  pointeurs 1  25  " 

Chef  d'attelage  double 2  62£ 

Forgerons 3  67£  " 

Aides-forgerons 2  62£  " 

Menuisiers 3  67è  " 

Aides-menuisiers 2  62£  " 

Ingénieurs-mécaniciens.  ! 3  67£  pour  12  heures. 

Ingénieurs-mécaniciens 3  15     pour     8  heures. 

Préposé  au  ventilateur 2  62£  pour  12  heures. 

Préposé  à  l'élévateur 2  89     pour     8  heures. 

Mécanicien  chargeur  de  wagonnets 3  15     pour  10  heures. 

Mécanicien  au  frein 3  15  " 

Mécanicien  de  locomotive 3  15 

Aides-mécaniciens  de  locomotives 2  75  " 

Réparateurs  de  wagons 3  15  " 

Lampistes $2.25  à  3  15     pour  12  heures. 

Lampistes $2.25  à  2  62£  pour     8  heures. 

Chauffeurs 2  62£  pour     8  heures. 

Chargeurs  de  wagonnets 2  62£  pour  10  heures. 

Manœuvre  de  wagonnets 2  36  " 

Tout  autre  travail  du  dehors 2  25  " 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  345 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Nous  recommandons  de  plus  ce  qui  suit: — 

A  tout  mineur  qui  manque  de  gagner  le  taux  minimum  des  gages,  $3  par  jour,  à 
raison  des  conditions  anormales  de  l'endroit  de  son  travail,  la  compagnie  doit  payer 
une  somme  suffisante  pour  lui  assurer  le  même  minimum. 

Dans  tous  les  cas  où  il  peut  sembler  qu'un  membre  des  ouvriers  unis  des  mines 
de  l'Amérique  n'a  pas  été  équitablement  traité,  la  compagnie  devrait,  par  l'entremise 
de  ses  fonctionnaires,  rencontrer  une  délégation  de  mineurs  nommée  par  les  ouvriers 
unis  des  mines  de  l'Amérique. 

Cette  délégation  devrait  d'abord  rencontrer  le  chef  d'équipe  des  mineurs  du  chan- 
tier ou  le  directeur  de  la  mine,  et  s'efforcer  de  régler  la  difficulté,  mais  au  cas  de 
désaccord  le  conflit  devrait  être  référé  au  surintendant  de  la  compagnie  et  au  prési- 
dent de  l'union  locale;  s'ils  ne  peuvent  s'entendre  il  faudrait  en  référer  au  gérant 
général  et  au  président  du  district  des  mineurs  unis  d'Amérique  pour  qu'ils  en  opè- 
rent le  règlement. 

La  délégation  de  mineurs  dont  il  vient  d'être  question  devrait  avoir  accès  à  la 
mine  de  temps  en  temps  pour  faire  les  examens  qu'autorise  l'ordonnance  des  règle- 
ments des  houillères,  et  aux  fins  de  s'enquérir  des  différends  qui  peuvent  survenir 
entre  les  fonctionnaires  de  la  compagnie  et  les  hommes  employés  à  la  mine. 

La  compagnie  devrait  fournir  aux  ouvriers  de  la  houille  pour  leurs  besoins  domes- 
tiques à  $2.50  la  tonne. 

La  compagnie  devrait  permettre  aux  mineurs  d'employer  des  peseurs-contrôleurs 
et  accorder  à  ces  peseurs-contrôleurs  toutes  les  facilités  voulues  pour  qu'il  leur  soit 
permis  de  rendre  un  compte  exact  de  toute  la  houille  pesée;  et  elle  devrait  permettre 
que  les  wagons  soient  de  temps  à  autre  enduits  de  goudron,  et  que  le  mécanisme  soit 
convenablement  éprouvé  de  temps  à  autre;  et  devrait  déduire  des  appointements  des 
mineurs  à  l'entreprise  les  montants  à  être  déterminés  de  temps  à  autre,  et  devrait 
payer  ces  montants  au  secrétaire  de  l'union  locale,  pour  le  salaire  des  peseurs-contrô- 
leurs. 

Il  devrait  être  permis  aux  hommes  de  travailler  en  société,  mais  au  cas  où  il  de- 
vient nécessaire  pour  le  contremaître  de  demander  à  deux  ouvriers  quelconques  qui 
peuvent  travailler  en  société,  de  faire  une  catégorie  quelconque  de  travail,  autre  que 
leur  travail  ordinaire  à  la  taille  d'exploitation  rémunérée  d'un  salaire  journalier,  le 
minimum  d'un  salaire  d'un  mineur,  savoir  $3  par  jour  ne  devrait  être  payé  qu'à  un 
seul  des  dits  associés,  l'autre  devant  recevoir  ce  qui  est  désigné  sous  le  nom  de  salaire 
d'aide,  savoir:  $2.50  par  jour. 

Quand  un  endroit  est  anormal,  de  façon  à  empêcher  les  dits  associés  de  gagner 
le  minimum  du  salaire  des  mineurs  tel  que  déterminé  en  ce  contrat,  savoir:  $3  par 
jour,  un  seul  des  dits  associés  devrait  être  porté  au  dit  minimum,  l'autre  recevant  un 
minimum  de  salaire  journalier,  savoir:  $2.50  par  jour. 

La  compagnie  devrait  donner  aux  mineurs  unis  d'Amérique  sa  pleine  reconnais- 
sance et  leur  concéder  le  "système  du  contrôle",  c'est-à-dire,  à  la  demande  par  écrit 
de  l'un  quelconque  des  employés  de  la  compagnie,  déduire  chaque  mois  de  leur  salaire 
la  somme  qui  peut  être  déterminée  pour  droits,  cotisations  et  honoraires  d'initiation. 
En  d'autres  termes,  la  compagnie  devrait  retenir  sur  le  salaire  dû  aux  ouvriers  les 


346  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
sommes  pour  lesquelles  ils  auront  pu  donner  des  ordres  à  la  compagnie  par  écrit,  et 
qui  sont  payables  aux  personnes  ou  aux  associations  désignées  dans  ces  ordres. 

Nous  joignons  aux  présentes  les  dépositions  des  témoins  prises  devant  nous. 

Le  tout  très  respectueusement  soumis. 

(Signé)         C.  W.  FISHER, 

Président  du  bureau. 

(Signé)         JOHN  R.  McDONALD, 

Représentant  de  la  compagnie. 
Cochrane,  Alberta,  24  octobre  1907. 

RAPPORT  DE  LA  MINORITÉ. 

A  l'honorable 

Ministre  du  Travail, 

Ottawa,  Ont. 

Au  sujet  du  différend  survenu  aux  houillères  de  la  Compagnie  de  houille  et  de 
coke  de  Hillcrest,  entre  la  compagnie  et  ses  employés. 

Le  soussigné,  agissant  en  qualité  de  représentant  des  ouvriers  dans  le  bureau 
d'enquête  et  de  conciliation  nommé  par  vous,  à  l'honneur  de  faire  le  rapport  qui  suit: 

Votre  bureau  a  dépensé  beaucoup  de  temps  à  Frank,  à  Hillcrest  et  à  Cochrane, 
a  prendre  des  témoignages  et  à  délibérer  sur  la.  preuve  faite  devant  lui.  Diverses  ten- 
tatives ont  été  faites  au  cours  de  l'enquête  pour  régler  le  différend,  mais  sans  résultat. 

Je  n'ai  pu  m'entendre  avec  mes  collègues  sur  les  recommandations  qu'ils  vous 
cnt  faites,  et  je  vous  soumets  respectueusement  ma  décision  et  mes  recommandations 
pour  le  règlement  du  différend. 

COÛT  DE  LA  PRODUCTION  DE  LA  HOUILLE. 

Le  principal  argument  des  patrons  pour  ne  pas  avoir  acquiescé  aux  demandes 
des  ouvriers  a  été  le  coût  excessif  de  la  production  de  la  houille  comparativement  aux 
autres  mines  dans  la  même  région  houillère.  La  compagnie  a  présenté  tout  un  nom- 
bre de  pièces  et  cité  des  statistiques  pour  établir  ce  point.  Je  crois  que  ces  preuves 
sont  inexactes,  et  dans  tous  les  cas  où  les  patrons  se  servent  de  ces  arguments,  il  fau- 
drait employer  un  expert  compétent  pour  l'examen  de  tous  les  livres  et  de  tout  les 
comptes,  afin  d'en  arriver  aux  faits  réels.  J'ai  souvent  demandé  à  la  compagnie  de 
produire  ses  feuilles  de  prix  de  revient,  mais  elle  m'a  toujours  dit  qu'elle  n'en  avait 
pas.  Le  coût  de  la  production  de  la  houille  est  généralement  exprimé  au  moins  une 
fois  par  mois  par  le  directeur  de  la  mine  sur  une  feuille  de  prix  de  revient  qui  est 
soumise  aux  directeurs.  Il  est  démontré  que  ceci  a  été  fait  par  l'envoi  fait  au  prési- 
dent Fisher  à  Cochrane  de  la  feuille  quotidienne  du  prix  de  revient  qui  porte  la  date 
du  10  septembre.  Production  de  la  mine  de  Hillcrest  424  tonnes;  expédition  323  ton- 
tonnes.  Coût  total  de  la  main-d'œuvre  et  des  matériaux:  $394.65;  424  tonnes  au 
coût  de  $394.85,  soit  93-1  la  tonne.  Nombre  d'hommes  employés,  121.  Un  examen 
plus  approfondi  des  pièces  peut  faire  découvrir  d'autres  détails.  Il  ne  serait  pas  juste 
de  prendre  ce  qui  précède  et  d'en  dire  que  c'est  le  coût  de  la  production  de  la  houille 
où  que  ceci  n'est  que  le  rapport  d'un  seul  jour.  Suivant  moi,  ceci  donne  une  bonne 
idée  de  ce  qu'un  examen  convenable  des  livres  aurait  fait  découvrir. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  347 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Si  vous  en  référez  à  l'état  certifié  produit  en  preuve  par  le  gérant  général  C.  P. 
Hill,  vous  trouverez  qu'il  y  est  dit  qu'une  somme  de  $701,000  a  été  placée  dans  la 
compagnie.  Pour  quiconque  connaît  les  immeubles  de  la  compagnie,  ceci  est  ridi- 
cule, et  fait  penser  à  une  majoration  des  actions. 

PASSE-DROIT  PAR  LA   COMPAGNIE  DU    PACIFIQUE. 

On  a  dit  que  le  prix  payé  pour  la  houille  par  la  compagnie  du  chemin  de  fer 
Pacifique-Canadien  à  la  compagnie  était  de  $2  la  tonne  pour  le  tout-venant  de  la 
mine.  On  a  dit  que  pour  le  commerce,  le  prix  était  de  $2.40.  Ceci  donne  à  la  Com- 
pagnie du  Pacifique  un  avantage  de  40  cents  par  tonne  sur  les  autres  acheteurs.  Il 
a  aussi  été  démontré  que  toute  la  houille  pourrait  se  vendre  au  commerce  à  $2.40  la 
tonne,  mais  que  la  Compagnie  du  Pacifique  ne  voulait  pas  donner  les  facilités  de 
transport  pour  permettre  à  la  compagnie  de  mettre  convenablement  sur  le  marché  sa 
production.  Il  semblerait  qu'il  y  a  eu  une  concertation  d'efforts  de  la  part  des  em- 
ployés de  la  Compagnie  du  Pacifique  pour  paralyser  le  commerce  des  petites  mines  afin 
d'obtenir  de  la  houille  à  bon  marché.  La  rareté  des  wagons  aux  mines  de  Hillcrest 
est  aussi  cause  qu'il  y  a  eu  quelque  mécontentement  parmi  les  ouvriers,  parce  qu'elle 
leur  a  occasionné  une  perte  de  temps.  Je  vous  prierais  de  recommander  que  le  gou- 
vernement prenne  des  mesures  pour  protéger  les  petites  compagnies  de  la  Passe  du 
Nid-de-Corbeau  contre  la  rapacité  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Cana- 
dien. 

RECOMMANDATION    D'UN    ARRANGEMENT. 

Afin  que  les  mineurs  de  Hillcrest  puissent  être  mis  sur  un  pied  d'égalité  avec  les 
autres  mineurs  de  la  région  houillère  de  Frank,  je  recommande  qu'ils  reçoivent  les 
taux  d'entreprise  qui  suivent,  savoir:  55  cents  la  tonne  de  2,240  livres,  ainsi  que  les 
taux  pour  l'œuvre  morte  qui  ont  cours  aux  veines  n°  20,  Coleman. 

TAUX  À  LA  JOURNÉE. 

Pour  le  travail  sous  terre  et  à  ciel  ouvert,  le  même  qui  a  cours  dans  les  houillères 
avoisinantes  qui  appartiennent  à  l'Association  des  houilleurs  de  l'ouest,  les  conditions 
et  les  heures  du  travail  devraient  être  conformes  aux  conventions  générales  actuelle- 
ment en  vigueur  aux  mines  de  l'association  susnommée. 

La  compagnie  ayant  admis  qu'elle  paie  déjà  actuellement  à  un  grand  nombre  de 
ses  employés,  qu'elle  considère  des  hommes  d'une  qualité  exceptionnelle,  des  taux  plus 
élevés  que  les  taux  de  district,  il  devrait  être  inséré  une  stipulation  qui  protège  ces 
hommes  contre  toute  réduction  sous  l'empire  d'un  nouveau  contrat. 

Le  nouveau  engagement  devrait  dater  du  1er  septembre  1907  et  s'étendre  jus- 
qu'au 1er  septembre  1909. 

Si  la  compagnie  veut  faire  avec  ses  employés  un  arrangement  suivant  ces  lignes, 
je  ne  vois  pas  de  raison  pour  laquelle  la  paix  industrielle  ne  renaîtrait  pas  ni  pour- 
quoi il  n'en  résulterait  pas  pour  la  compagnie  une  ère  de  prospérité. 

Le  tout  respectueusement  soumis. 

(Signé)       F.  H.  SHERMAN, 

Membre  du  bureau. 


348  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
NOTE   DE   LA   COMPAGNIE. 

M.  C.  P.  Hill,  gérant  général  et  trésorier  de  la  Compagnie  de  houille  et  de  coke 
de  Hillcrest,  écrivant  en  date  du  18  novembre,  ou  accusant  réception  au  ministère  de 
copies  des  rapports  qui  précèdent,  a  dit: — 

u  J'ai  maintenant  le  plaisir  de  vous  faire  rapport  que  la  compagnie  en  est  venue 
avec  ses  hommes  à  un  règlement  qui  touche  de  près  les  lignes  de  la  recommandation 
du  bureau  de  conciliation,  et  je  désire  vous  adresser  pour  vos  bons  offices  mes  plus 
sincères  remerciements  pour  l'aide  que  vous  nous  avez  donnée  dans  l'affaire." 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  349 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XVI— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  MINE  DE  SAINT-EUGENE,  PRO- 
PRIETE CONTENANT  DU  PLOMB  ARGENTIFERE  A  MOYIE,  C.-B.— 
ETABLISSEMENT  D'UN  BUREAU— RAPPORT  UNANIME  DU  BU- 
REAU—PRINCIPE DE  L'ECHELLE  DESCENDANTE  RECOMMANDE- 
ARRANGEMENT  FINALEMENT  EFFECTUE  COMME  RESULTAT  DE 
L'ENQUETE. 

Le  11  septembre  le  ministère  a  reçu  une  demande  d'établissement  d'un  bureau 
pour  régler  les  différends  survenus  entre  la  Consolidated  Mining  and  Smelting  Com- 
pany et  certains  ouvriers  qui  travaillent  à  la  mine  de  Saint-Eugène,  mine  de  plomb 
argentifère  à  Moyie,  C.-B.     La  demande  est  venue  des  ouvriers. 

Le  différend  était,  disait-on,  celui  qui  suit  :  "  Que  la  compagnie  et  ses  employés 
n'ont  pas  pu  en  arriver  à  une  entente  relativement  à  l'échelle  des  gages  à  payer  pour 
les  différentes  descriptions  de  travaux  à  l'intérieur  et  en  dehors  de  la  mine  susmen- 
tionnée." Le  nombre  des  ouvriers  intéressés  au  différend  était  estimé  à  350  ou  400 
hommes.  Le  bureau  a  été  constitué  de  la  façon  qui  suit:  S.  S.  Taylor,  C.R.,  Nelson, 
C.-B.,  à  la  demande  des  employés;  J.  A.  Harvey,  Cranbrook,  C.-B.,  à  la  demande  de 
la  compagnie  patronne;  et  Son  Honneur  le  juge  Peter  Wilson,  Cranbrook,  C.-B.,  à  la 
demande  des  deux  autres  membres  du  bureau.  La  nomination  du  juge  Wilson  por- 
tait la  date  du  23  septembre.  Le  bureau  s'est  réuni  d'abord  le  7  octobre  à  Moyie, 
C.-B.,  et  depuis  à  diverses  époques  en  octobre,  en  novembre  et  en  décembre,  les  der- 
nières séances  ayant  eu  lieu  à  Nelson,  C.-B.  Le  rapport  du  bureau  a  été  reçu  au  mi- 
nistère le  28  décembre. 

L'enquête  du  bureau  a  démontré  que  la  réclamation  des  employés  se  réduisait  à 
une  demande  de  gages  identiques  à  ceux  payés  dans  la  région  de  la  ligne  frontière  de 
la  Colombie-Britannique,  tandis  que  d'autre  part  la  compagnie  prétendait  que  non 
seulement  il  ne  fallait  pas  concéder  une  augmentation  qui  aurait  porté  les  gages  à 
cette  échelle,  mais  que  l'échelle  des  gages  alors  existante  à  Saint-Eugène  était  exces- 
sive. Il  s'ensuivit  une  longue  enquête,  couvrant  un  vaste  champ  de  preuves,  et  se  rap- 
portant au  coût  actuel  de  la  vie  comparativement  à  celui  qui  existait  dans  les  années 
passées  antérieures  à  1900,  à  l'augmentation  des  gages  depuis  1900  dans  d'autres 
genres  d'industrie,  et  à  d'autres  échelles  de  gages  qui  existent  dans  d'autres  campe- 
ments miniers  de  l'Amérique  du  Nord.  Il  a  été  fait  de  la  preuve  pour  démontrer 
aussi  le  coût  de  la  vie  dans  un  grand  nombre  de  campements  miniers  exploités  dans 
les  mêmes  conditions,  et  aussi  les  gages  payés  dans  tous  les  camps  miniers  de  la  Co- 
lombie-Britannique, du  Yukon  et  de  l'Alaska  et  dans  divers  campements  importants 
des  Etats-Unis. 

Dans  tous  les  cas,  le  bureau  a  déterminé  une  échelle  de  gages  que  ses  membres 
ont  jugé  être  une  échelle  qui  pouvait  s'appliquer  à  un  grand  nombre  des  régions  de 
la  Colombie-Britannique  aussi  bien  qu'à  la  mine  de  Saint-Eugène.  Le  bureau  a  ce- 
pendant tenu  compte  des  conditions  variables  des  opérations  et  a  motivé  en  consé- 
quence trois  échelles  de  gages  respectivement  applicables  dans  des  conditions  norma- 
lement  défavorables,    dans    des    conditions    anormalement    défavorables,    et    dans    des 


350  DEPARTEMENT*  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

conditions  anormalement  favorables,  le  prix  du  marché  de  l'argent,  du  plomb  et  du 
cuivre,  suivant  le  cas,  devant  décider,  ainsi  qu'il  est  prévu,  quelle  échelle  doit  être 
applicable;  celle  des  conditions  "anormalement  défavorables",  étant  fixée  à  une  ré- 
duction moyenne  de  50  cents  par  jour,  a  été  recommandée  pour  adoption  relativement 
au  différend  actuellement  pendant  et  à  titre  de  règlement  de  ce  débat. 

La  sentence  du  bureau,  dans  de  telles  circonstances,  est  considérée  comme  étant 
d'une  grande  valeur  pour  tous  ceux  qui  sont  intéressés  dans  les  industries  minières  de 
l'ouest  du  Canada. 

Les  conclusions  du  bureau  n'ont  pas  été  formellement  acceptées  par  les  parties 
au  différend,  et  il  n'a  pas  été  conclu  d'arrangement  dans  le  moment,  mais  ainsi  que 
le  démontre  ce  qui  suit,  il  s'est  effectué  quelques  semaines,  plus  tard  un  règlement 
sur  une  base  qui  était  virtuellement  celle  recommandée  par  le  bureau. 

TEXTE  DU  RAPPORT  DU  BUREAU. 

Le  texte  de  la  sentence  du  bureau  est  ainsi  qu'il  suit: — 
Dans  l'affaire  de  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différensd  industriels,  1907,  et 
d'un  différend  survenu,  entre  la  Consolidated  Mining  and  Smelting  Company  of 
Canada,  à  responsabilité  limitée  (patronne),  et  certains  ouvriers  de  la  dite  com- 
pagnie qui  travaillent  à  l'intérieur  et  aux  alentours  de  la  mine  de  Saint-Eugène, 
à  Moyie,  C.-B.  (employés). 

Le  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  nommé  en  la  présente  affaire  à  l'honneur 
de  faire  rapport  ainsi  qu'il  suit: 

Dès  notre  nomination,  nous  nous  sommes  rendus  à  Moyie  le  premier  jour  dont 
nous  avons  pu  convenir,  et  nous  y  avons  tenu  notre  première  séance  le  7  octobre.  Les 
séances  tenues  le  7.  le  8  et  le  9  octobre  ont  été  consacrées  à  découvrir  la  cause  exacte 
du  différend  survenu  entre  les  parties,  et  nous  résolûmes  alors  de  procéder  autant  que 
possible  à  titre  de  bureau  de  conciliation  à  nous  bien  convaincre  de  la  base  réelle  du 
différend  entre  les  parties,  et,  si  possible,  a  restreindre  la  contestation  pour  les  fins 
de  toute  enquête  qu'il  pourrait  être  nécessaire  de  faire.  A  partir  de  cette  époque, 
nous  nous  trouvions  bien  au  courant  de  tous  les  faits  en  litige,  mais  à  ce  moment 
nous  nous  aperçûmes  que  nous  ne  pouvions  plus  agir  à  titre  de  bureau  de  conciliation, 
et  nous  fûmes  de  ce  moment  prêts  à  procéder  à  l'enquête.  La  compagnie  avait  toute* 
fois  donné  des  instructions  à  son  avocat  qui  était  pleinement  outillé,  et  leurs  fonc- 
tionnaires n'étaient  pas  en  état  de  procéder  sans  son  aide,  à  moins  qu'il  ne  leur  fut 
permis  de  se  mettre  plus  au  courant  quant  à  la  preuve  à  faire. 

Comme  les  hommes  s'opposaient  à  ce  que  des  avocats  comparaissent,  nous  avons 
été  priés  d'accorder  cet  ajournement,  et  l'affaire  fut  renvoyée  au  17ième  jour  d'octobre, 
date  à  laquelle  nous  nous  réunîmes  de  nouveau  à  Moyie,  et  où  nous  nous  efforçâmes 
de  nouveau  à  titre  de  bureau  de  conciliation  à  amener  les  parties  à  se  rencontrer. 

Nous  avons  siégé  pour  cette  fin  le  17  et  une  partie  du  18  octobre,  et  l'après-midi 
du  18  une  proposition  fut  couchée  par  écrit,  et  les  hommes  convinrent  alors  de  tenir 
une  assemblée  ce  soir-là  pour  discuter  la  proposition  faite,  et  pour  décider  si  oui  ou 
non  la  proposition  faite  par  la  compagnie  devrait  être  acceptée.  Le  lendemain  matin 
les  employés  ont  laissé  savoir  qu'ils  ne  pouvaient  pas  entendre  parler  d'une  proposi- 
tion de  réduction,  et  la  compagnie  de  son  côté,  refusa  de  se  conformer  à  une  référence 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  351 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

au  bureau  de  la  question  des  trois  classifications  du  travail  en  litige,  et  nous  avons 
en  conséquence  été  obligés  de  procéder  à  l'audition  de  toute  l'affaire. 

Dans  notre  enquête  a  titre  de  bureau  de  conciliation,  nous  avons  découvert  que  le 
différend  provenait  du  désir  des  hommes  de  voir  leurs  gages  avancés  à  la  classe  de  ce 
que  l'on  appelle  l'échelle  de  la  frontière.  Avant  le  premier  juin  les  hommes  avaient 
travaillé  sous  l'empire  de  ce  que  l'on  appelait  l'ancienne  échelle  de  Slocan,  établie  en 
1900.  Le  premier  jour,  ils  avaient  reçu  une  très  sensible  augmentation,  mais  ils  ne 
recevaient  pas  les  mêmes  gages  que  ceux  qui  étaient  alors  payés  dans  la  région  de  la 
frontière.  Les  hommes  prétendaient  que  le  taux  de  l'augmentation  telle  que  donnée 
ne  suffisait  pas,  qu'ils  devraient  recevoir  les  mêmes  taux  de  gages  que  ceux  payés  dans 
la  région  de  la  frontière,  et  que  l'augmentation  accordée  faisait  des  distinctions 
quant  à  certaines  classes  de  main-d'œuvre.  Ils  basaient  leur  demande  d'augmentation 
sur  le  fait  que  le  coût  de  la  vie  avait  sérieusement  augmenté  depuis  que  l'an- 
cienne échelle  avait  été  établie,  que  les  gages  dans  d'autres  établissements  industriels 
avaient  augmenté  depuis  dix  ans  de  25  à  100  pour  100;  qu'ils  avaient  droit  au  même 
taux  de  gages  que  celui  qui  était  payé  dans  la  région  de  la  frontière,  ou  les  conditions 
étaient  virtuellement  les  mêmes  qu'à  Moyie,  et  que,  plus  particulièrement,  dans  le 
cas  des  trieurs  de  minerai  à  Rossland  et  à  la  frontière,  l'augmentation  avait  été  de 
16|  à  30  pour  100,  tandis  qu'à  Moyie,  l'augmentation  n'avait  été  que  de  8J  pour  100. 
La  compagnie  a  rencontré  cette  prétention  et  a  soutenu  que  non  seulement  il  ne  de- 
vait pas  être  accordé  d'augmentation,  mais  que  l'échelle  actuelle  des  gages  était  exces- 
sive dans  les  conditions  existantes,  et  que  l'ancienne  échelle  Sloan  qui  prévalait  avant 
le  premier  juin  devrait  être  rétablie. 

Sur  la  contestation  ainsi  liée  nous  avons  procédé  le  19  et  le  20  octobre  à  recueillir 
de  la  preuve  à  Moyie,  et  nous  avons  traité  principalement  des  prix  de  l'approvision- 
nement et  du  coût  de  la  vie  à  l'heure  actuelle  comparativement  à  la  période  de  1900 
à  1904.  Le  20  nous  avons  ajourné  au  27,  date  à  laquelle  nous  avons  de  nouveau  siégé 
à  Moyie,  et  nous  avons  continué  à  recevoir  la  preuve  sur  le  coût  de  la  vie,  sur  les 
gages  payés  aux  autres  campements  miniers,  et  sur  les  conditions  de  la  main-d'œuvre 
à  Moyie  même.  Cette  session  s'est  prolongée  jusqu'au  30  octobre,  et  la  preuve  enten- 
due devant  nous  couvrait  un  très  vaste  champ  de  témoignages  sur  le  coût  de  la  vie 
actuellement,  comparativement  au  coût  de  la  vie  il  y  a  quelques  années  depuis  1900, 
sur  l'augmentation  des  gages  depuis  1900  dans  d'autres  genres  d'industrie,  et  sur  les 
échelles  de  gages  payés  dans  d'autres  campements  miniers  de  l'Amérique  du  Nord.  Il 
a  été  fait  de  la  preuve  pour  démontrer  le  coût  de  la  vie  dans  un  grand  nombre  d'au- 
tres campements  miniers  exploités  dans  les  mêmes  conditions,  et  aussi  au  sujet  de 
l'échelle  des  gages  payés  dans  chaque  campement  minier  de  la  Colombie-Britannique, 
du  Yukon  et  de  l'Alaska,  et  dans  tous  les  divers  campements  miniers  importants  des 
Etats-Unis,  y  compris  le  Michigan,  l'Utah,  le  Montana,  l'Idaho,  le  Colorado  et  la  Cali- 
fornie. 

Le  20  octobre,  nos  séances  de  Moyie  se  sont  ajournées  à  Nelson  pour  y  entendre 
d'autre  preuve  des  régions  de  Slocan  et  de  la  frontière.  L'échelle  de  la  frontière  étant 
celle  que  demandaient  les  hommes  et  l'échelle  de  Slocan  étant  l'ancien  taux  qui  était 
payé,  il  a  été  jugé  nécessaire  de  s'enquérir  des  conditions  sur  lesquelles  ces  échelles 
étaient  basées.  A  raison  de  certains  engagements  d'affaires  de  l'un  des  membres  du 
bureau,  et  par  suite  d'une  maladie  survenue  dans  la  famille  d'un  autre  de  nos  mem- 


352  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
bres,  la  séance  de  Nelson  a  du  être  remise  jusqu'au  29  novembre.  Les  hommes  ont  alors 
demandé  une  autre  remise  à  cause  de  l'absence  de  M.  Mills,  qui  avait  été  leur  prin- 
cipal représentant,  pour  soumettre  leur  cas  au  bureau.  Du  consentement  de  toutes  les 
parties  cette  remise  a  été  accordée,  et  le  bureau,  tout  en  désirant  expédier  les  affaires, 
ne  s'est  pas  senti  disposé  à  procéder  en  présence  de  l'assertion  des  hommes  que  de 
procéder  en  l'absence  de  M.  Mills  porterait  préjudice  à  leur  cause.  Une  autre  remise 
a  alors  été  convenue  pour  le  19  décembre,  date  à  laquelle  le  bureau  a  siégé  de  nou- 
veau à  Nelson  et  a  complété  le  travail  de  l'audition  de  la  preuve  sur  les  points  arrêtés 
à  notre  séance  de  Nelson. 

Depuis,  nous  nous  sommes  efforcés  de  régler  le  différend  soumis  à  notre  examen. 
Toutes  les  parties  au  différend  se  sont  attachées  à  nous  démontrer  qu'elles  comptaient 
que  nous  établissions  une  échelle  de  gages  qui  pratiquement  pourrait  s'appliquer  à  tous 
les  arrondissements  miniers  de  Kootenay  et  de  Yale,  et,  pour  cette  fin,  les  mineurs  ont 
fait  de  la  preuve  provenant  de  toutes  les  parties  de  ces  arrondissements;  la  compagnie 
a  suivi  le  même  cours,  et  de  plus  a  insisté  auprès  de  nous  sur  le  fait  qu'elle  exploitait 
une  grande  mine  dans  le  district  de  la  frontière,  deux  grandes  mines  à  Rossland,  un 
haut-fourneau  à  Trail,  en  sus  de  la  mine  de  Saint-Eugène  à  Moyie,  lesquels  établisse- 
ments seraient  tous  atteints  par  notre  décision.  Le  bureau  se  rendant  bien  compte 
de  cette  nouvelle  orientation  donnée  à  la  procédure  et  du  bénéfice  évident  qui  résul- 
terait pour  tous  les  intéressés  du  district  s'il  entrait  dans  notre  détermination  une 
conception  plus  large  de  la  question  d'une  échelle  de  salaire,  nous  avons  conclu  que 
notre  premier  devoir  était  d'établir  une  échelle  de  gages  raisonnables  applicables  aux 
circonscriptions  désignées,  y  compris  l'œuvre  particulière  intéressée,  savoir,  celle  de 
Saint-Eugène  à  Moyie.  Mais  nous  jugeons  également  équitable,  en  vue  des  condi- 
tions d'exploitation  anormalement  défavorables  actuellement  existantes  et  des  condi- 
tions d'exploitation  anormalement  favorables  qui  ont  existé,  qu'il  nous  faudrait 
établir  une  échelle  recommandable  qu'il  faudrait  suivre  dans  ces  conditions  normales, 
d'où  il  suit  que  nous  avons  décidé  que  l'échelle  plus  bas  indiquée  comme  "échelle  des 
justes  salaires  recommandables  dans  des  conditions  convenables  favorables"  est 
l'échelle  que  devraient  payer  toutes  les  mines,  y  compris  celle  particulièrement  visée 
par  des  procédures,  devrait  suivre  dans  des  conditions  normalement  favorables, 
Mais  comme  nous  trouvons  que  les  conditions  d'exploitation  actuelles  sont  anormale- 
ment défavorables,  nous  recommandons  que  l'échelle  plus  bas  indiquée  et  intitulée 
^'échelle  da  gages  recommandable  dans  des  conditions  d'exploitation  anormalement 
défavorables",  devrait  être  maintenant  acceptée  et  constituée  tant  que  ces  conditions 
se  continueront,  et  que  si  l'industrie,  soit  quant  au  plomb,  au  plomb  argentifère,  au 
cuivre  ou  au  cuivre  aurifère,  ou  les  autres  mines  du  même  genre,  venait  à  passer  de 
nouveau  à  des  conditions  d'exploitation  anormalement  favorables,  alors  la  catégorie 
d'industrie  ainsi  atteinte  d'une  manière  anormalement  favorable  devrait  adopter  im- 
médiatement l'échelle  prévue  plus  bas  sous  la  rubrique  "échelle  de  gages  recommanda- 
bles  pour  des  conditions  anormalement  favorables". 

Nous  trouvons  que  les  présentes  conditions  les  plus  notoires  qui  affectent  les 
mines  de  plomb  et  de  plomb-argentifères,  et  leur  donnent  le  droit  d'Ktre  considérées 
comme  opérant  dans  des  conditions  d'exploitation  anormalement  défavorables,  sont: — 
(a)  La  condition  de  gêne  du  marché  des  métaux; 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  335 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

(b)  La  difficulté  que  l'on  éprouve  a  placer  sur  le  marché  les  produits  métal- 
liques. 

(c)  La  perte  continuellement  éprouvée  par  suite  de  la  baisse  du  plomb  après 
sa  réception  par  les  hauts-fournaux,  auxquels  cas  la  prime  (qui  ne  se  paie  que  sur 
la  valeur  du  plomb  contenu  dans  le  minerai  au  moment  où  il  est  reçu  par  le  haut- 
fourneau)  ne  suffit  pas  pour  compenser  la  déperdition  soufferte. 

(d)  Le  bas  prix  exceptionnel  de  l'argent  que  contient  le  minerai. 

Nous  trouvons  aussi  que  les  mines  de  cuivre  qui  sont  en  question  s'exploitent 
actuellement  dans  des  conditions  anormalement  défavorables,  dont  voici  les  raisons 
les  plus  saillantes: — 

(a)  A  raison  de  conditions  analogues  à  celles  données  ci-dessus  relativement 
aux  mines  de  plomb  et  de  plomb  argentifère. 

(b)  Le  prix  actuel  du  cuivre  exceptionnellement  bas. 

Nous  trouvons  aussi  que  les  conditions  d'exploitation  anormalement  défavorables 
des  mines  de  plomb  et  de  plomb  argentifère  proviennent  du  fait  que  l'argent  est  coté 
pour  trente  jours  sur  le  marché  monétaire  à  soixante-dix  cents  et  plus,  et  le  plomb  est 
coté  pour  trente  jours  à  19  livres  la  grosse  tonne  et  plus.  Et  pour  les  mines  de  cuivre 
et  de  cuivre  aurifère  et  pour  les  autres  de  même  nature,  d'après  la  preuve  faite  de- 
vant nous,  nous  suggérons  que  les  conditions  anormalement  défavorables  sont  arrivées 
quand  le  cuivre  est  coté  sur  le  marché  du  métal  à  trente  jours  à  18  cents  et  plus  la 
livre. 

En  conséquence,  tout  en  recommandant  fortement  l'adoption  de  l'échelle  prévue 
et  intitulée  "Echelle  recommandable  de  gages  pour  des  conditions  anormalement  dé- 
favorables", nous  avons  décidé  que  jusqu'à  ce  que  ces  conditions  soient  devenues  nor- 
malement favorables,  les  échelles  qui  suivent  sont,  d'après  les  diverses  conditions  énon- 
cées, juste  et  équitables,  et  devraient  être  adoptées  au  fur  et  à  mesure  que  ces  con- 
ditions se  présentent. 


36—23 


354 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


ÉNUMÉRATION  DES    GAGES. 


Emploi. 


Préposés  au  puits 

Mécaniciens  (y  compris  ceux  opérant  dans 
des  exhaussements  de  plus  de  40  pieds) 

Marteleurs 

Pétardeurs 

Pétardeurs 

Boiseurs 

Charpentiers 

Aides-boiseurs 

Préposés  aux  pompes..     

Ajust.  de  tuyaux  (sons-terre  ou  ciel  ouv.). 

Ouvriers  de  la  voie 

Aide  de  ces  ouvriers 

Aides 

Essarteurs  et  wagonniers 

Chargeurs  de  wagons  pour  moteur 

Préposés  aux  wagons  à  la  surface 

Journaliers 

Conducteurs  d'attelage 

Gardiens 

Préposés  aux  cages 

Employés    des  monte-charges  de  toutes 

sortes 

Mécaniciens  brevetés 

Chauffeurs 

Préposés  aux  moteurs 

Electricien  préposé  au  générateur. .  . 

Autres  électriciens 

Machinistes 

Aides-machinistes 

Forgerons  et  aiguiseurs  d'outils 

Aides-forgerons 

Charpentie  s  à  l'établi 

Charpentiers  ordinaires 

Charpentiers,  aides 

Employés  de  moulins,  excepté  journaliers 
Journaliers 


Echelle  des  gages  re- 

commandés dans  des 

conditions  normale- 

ment favorables. 

$  c. 

4  25 

3  75 

3  65 

4  25 

3  50 

3  75 

3  75 

3  25 

•  3  75 

3  50 

3  75 

3  50 

3  25 

3  25 

3  50 

3  25 

3  00 

3  25 

3  00 

3  75 

4  00 

4  25 

3  50 

3  50 

4  25 

3  75 

4  25 

3  25 

4  25 

3  50 

4  25 

3  75 

3  25 

3  75 

3  25 

Echelle  des  gages  re- 
commandés dans  des 
conditions  d'exploita 
tion  anormalement 
défavorables. 


$  c. 
4.00 

3  50 

40 

Ou 

25 

50 

50 

00 

50 

25 

50 

25 

3  00 

3  00 

3  25 

3  00 

2  75 

3  00 
3  00 
3  50 

3  75 


00 

25 
25 
00 
50 
00 
00 
00 
25 
00 
50 
00 
3  50 
3  00 


Echelle  des  gages  re- 
commandés dans  des 
conditions  d'exploita- 
tion anormalement 
favorables. 


Se. 

4  50 

4  00 

3  90 

4  50 

3  75 

4  00 

4  00 

3  50 

4  00 

3  75 

4  00 

3  75 

3  50 

3  50 

3  75 

3  50 

3  25 

3  50 

3  25 

4  00 

4  25 

4  50 

3  75 

3  75 

4  50 

4  00 

4  50 

3  50 

4  50 

3  75 

4  50 

4  00 

3  50 

3  75 

3  50 

En  foi  de  quoi  nous  avons  apposé  aux  présentes  notre  signature  à  "Nelson,  C.-B., 
ce  21me  jour  de  décembre  1907. 

(Signé)        P.  E.  WILSON, 
•  J.  A.  HARVEY, 

S.  S.  TAYLOR, 
Bureau  de  conciliation  et  d'enquête. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  355 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

ARRANGEMENT    CONCLU. 

Subséquemment  le  ministère  a  été  informé  que  la  compagnie  et  les  fonctionnaires 
de  l'union  avaient  le  13  janvier  1908,  conclu  un  arrangement  basé  sur  l'échelle  de 
gages  qui  suit,  savoir  : — 

1 — Préposés  au  puits $4  00 

2 — Machinistes 3  50 

3 — Manœuvres 3  00 

4— Aides 3  25 

5 — Boiseurs 3  50 

6— Pétardeurs 4  00 

7 — Forgerons. 4  00 

8 — Forgerons,  aides 3  25 

9 — Préposés  aux  cages 3  50 

10 — Manœuvres  des  pompes 3  50 

11 — Journaliers. 2  75 

12— Charpentiers,  à  l'établi 4  00 

13 — Charpentiers,  ordinaires 3  50 

14 — Charpentiers,  aides 3  00 

15 — Machinistes 4  00 

16 — Machinistes,  aides 3  00 

17 — Mécaniciens  du  compresseur.  .. 4  00 

18 — Mécaniciens  brevetés 4  00 

19 — Mécaniciens  chargés  du  monte-charges  à  double  action.  .  4  00 

20 — Mécaniciens  chargés  du  monte-charges  à  simple  action.  .  3  50 

21 — Préposés  aux  moteurs 3  25 

22 — Electriciens,  aides 3  00 

23— Chauffeurs 3  25 

24 — 'Ajusteurs  de  tuyaux  sous  le  sol. 3  50 

25 — Ajusteurs  à  la  surface , 3  50 

26 — Ouvriers  de  voie 3  50 

27 — Ouvriers  de  voie,  aides 3  00 

28— iMarteleurs » 3  40 

29 — Ouvriers  à  la  surface 3  00 

30— Graisseurs 3  00 

31— Conducteurs  d'attelage .  3  00 

32 — Conducteurs,  palefreniers.  .    . 3  50 

33— Pétardeurs 3  25 

34^— Boiseurs,  charpentiers 3  50 

35 — Boiseurs,  charpentiers,  aides 3  00 

36 — Trieurs  de  minerai 3  00 

37 — Ajusteurs  de  tuyaux,  aides 3  25 

38— Broyeurs 3  25 

39— Artisans 3  50 

40 — Chargeurs  de  wagons  pour  moteur 3  25 

41 — Journaliers 3  00 

42— Gardiens . .  3  00 

43 — Electriciens  chargés  des  générateurs 4  00 

44 — Electriciens,  autres 3  50 

Si  l'on  compare  l'échelle  adoptée  avec  l'chelle  recommandée  par  le  bureau,  on  y 

trouve  quelques  variantes,  et  si  l'on  compare  plus  à  fond  les  demandes  de  l'union  on 

voit  que,  dans  divers  cas  où  l'union  avait  demandé  une  augmentation,  la  compagnie 
a  offert  la  somme  fixée  par  le  bureau.  Ceci  s'applique  aux  journaliers,  aux  préposés  aux 

36— 23è 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

moteurs,  aux  conducteurs  d'attelages,  aux  préposés  aux  soutes  aux  poudres,  aux  boi- 
seurs  équarrisseurs,  à  leurs  aides,  aux  aides-machinistes  et  aux  gardiens.  L'union  avait 
demandé  25  cents  de  plus  pour  les  broyeurs  et  pour  les  aides  des  électriciens.  Le  bu- 
reau n'avait  pas  fixé  de  salaire  pour  ces  emplois.  La  compagnie  a  augmenté  de  25 
cents  par  jour  le  taux  recommandé  par  le  bureau  dans  le  cas  des  journaliers,  des  mé- 
caniciens des  monte-charges  à  double  action  et  des  ajusteurs  de  tuyaux;  l'union  a  tout 
accepté.  La  compagnie  a  aussi  diminué  de  25  cents  par  jour  les  taux  recommandés 
par  le  bureau  pour  les  aides  des  ouvriers  de  voie  et  pour  les  mécaniciens  des  monte- 
charges  à  simple  action;  l'union  a  accepté  l'une  et  l'autre  diminutions. 

On  verra  donc  que  les  enquêtes  et  le  rapport  du  bureau  en  cette  affaire,  tout  en 
n'ayant  pas  pour  résultat  la  conclusion  d'un  arrangement  formel,  peuvent  assurément 
passer  pour  avoir  servi  de  base  au  règlement  quel  qu'il  soit  des  différends. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  357 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XVI.— DEMANDE  DES  OUVRIERS  DES  MINES  HOSMER,  C.-B.— FORMA- 
TION D'UN  BUREAU— RAPPORT  UNANIME  DU  BUREAU— REGLE- 
MENT DES  DIFFERENDS. 

Le  ministère  a  reçu  le  16  septembre  une  demande  des  ouvriers  des  mines  Hos- 
mer,  de  Iiosmer,  C.-B.,  pour  l'établissement  d'un  bureau  de  conciliation  et  d'enquête, 
pour  le  règlement  d'un  différend  survenu  entre  la  compagnie  et  ses  employés.  Le 
nombre  des  intéressés  a  été  estimé  à  environ  100,  et  les  questions  en  litige  concernaient 
les  gages  et  la  condition  de  la  main-d'œuvre  en  général  dans  les  mines  dénommées,  y 
compris  le  système  de  contrôle.  Le  ministre,  comme  question  de  droit,  a  établi  le 
bureau  ainsi  qu'il  suit,  savoir:  M.  Frank  H.  Sherman,  de  Taber,  Alta.,  recommandé 
par  les  ouvriers;  M.  Frank  B.  Smith,  d'Edmonton,  Alta.,  recommandé  par  la  compa- 
gnie patronne;  Son  Honneur  le  juge  Wilson,  de  Cranbrook,  C.-B.,  nommé  sur  la  re- 
commandation des  membres  qui  précèdent.  La  nomination  du  juge  Wilson  datait  du 
30  septembre. 

Le  ministère  a  reçu  la  sentence  du  bureau  le  31  octobre,  le  rapport  étant  una- 
nime. Le  point  principal  en  contestation  a  été  indiqué  être  à  l'égard  du  taux  des 
gages  payés  pour  le  forage  dans  le  roc,  les  hommes  demandant  le  même  prix  que  celui 
payé  aux  mines  métalliques  de  la  Colombie-Britannique,  et  le  bureau  a  convenu  qu'il 
fallait  payer  le  même  prix,  tout  en  tenant  compte  de  la  différence  du  couit  de  la  vie 
dans  les  localités  respectives.  Une  liste  de  gages  modifiée  et  basée  sur  ces  conditions 
a  été  jointe  au  rapport,  à  titre  d'indication  du  jugement  du  bureau  sur  ce  point.  Le 
bureau  a  aussi  recommandé  que  la  compagnie  concède  le  système  du  contrôle. 

La  décision  du  bureau  n'a  pas  été  formellement  acceptée  devant  le  bureau  des 
représentants  des  parties  au  différend,  mais  le  président  du  bureau,  dans  une  lettre 
accompagnant  le  rapport  et  adressée  au  ministre,  a  déclaré  qu'il  comptait  pouvoir 
bientôt  adresser  au  ministère  le  consentement  formel  des  parties  intéressées  à  s'en 
tenir  au  rapport  ainsi  qu'il  est  prévu  par  l'article. 

Le  ministère  fut  subséquemment  informé  qu'il  avait  été  conclu  un  arrangement 
dans  le  sens  du  rapport  relativement  à  toutes  les  discussions. 

Le  texte  du  rapport  est  ainsi  qu'il  suit: 

Dans  l'affaire  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  des  différends  industriels  1907,  et  d'un 

différend  entre 
Les  mines  Hosmer,  de  Hosmer,  C.-B., 

Patronnes. 
Les  employés  des  dites  mines, 

Employés. 

A  l'honorable  Ministre  du  Travail  : 

Votre  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  nommé  en  cette  affaire  a  l'honneur  de 
faire  rapport  ainsi  qu'il  suit  : 

Le  bureau  s'est  réuni  à  Fernie,  C.-B.,  le  14  octobre  1907,  et  s'est  enquis  de  la  cause 
du  différend  en  l'espèce,  et  après  avoir  fait  des  efforts  pour  régler  les  différends  entre 


358  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
les  parties  aux  présentes,  et  y  avoir  failli,  nous  avons  procédé  les  15ième,  16ième  et 
ITième  jours  d'octobre  à  recueillir  la  preuve  produite  par  les  parties  concernant  les 
affaires  en  question.  Les  séances  ont  été  tenues  à  Hosmer,  et  des  témoins  ont  été 
assignés  et  examinés  pour  le  compte  des  deux  parties.  La  principale  question  en  jeu 
était  concernant  les  prix  payés  pour  le  forage  dans  le  roc,  prix  qui  ne  semblaient  pas 
couverts  par  les  taux  convenus  entre  les  exploiteurs  de  l'ouest  et  leurs  employés.  Les 
hommes  désiraient  avoir  le  même  prix  que  celui  qui  est  payé  dans  les  mines  métalli- 
fères. Les  prix  pour  cette  catégorie  de  travail  suggérés  par  le  bureau  sont  ceux  qui 
sont  énumérés  en  l'annexe  ci-jointe,  et  votre  bureau  suggérerait  que  ces  prix  fussent 
établis  et  accordés.  Le  bureau  pense  que  l'on  devrait  payer  dans  les  régions  houillères 
les  même  prix  que  ceux  qui  sont  payés  dans  les  régions  métallifères  pour  la  même 
catégorie  de  travail.  Les  prix  payés  pour  forage  dans  le  roc  dans  la  région  métalli- 
fère du  sud  de  la  Colombie-Britannique  sont  ceux  que  demandaient  les  hommes,  et  le 
bureau  pense  qu'il  faudrait  accorder  ces  prix,  mais  le  coût  de  la  vie  est  moins  élevé 
dans  cette  région  houillère,  suivant  la  preuve  produite  devant  nous.  Nous  croyons 
pour  cette  raison  que  la  réduction  de  25  cents  par  jour  dans  les  gages  payés  dans  les 
régions  de  mines  de  quartz  pour  les  hommes  employés  aux  machines,  pour  leurs  aides 
et  pour  les  essarteurs  serait  une  réduction  raisonnable,  et  pour  cette  raison  nous  avons 
établi  les  gages  payés  pour  ces  emplois  au  taux  énoncé  dans  la  liste. 

Le  prix  payé  aux  mineurs  dans  le  roc  devrait,  croyons-nous,  être  accordé  ainsi 
que  le  demandent  les  hommes  et  ainsi  que  l'énonce  la  liste. 

Relativement  aux  déchargeurs,  nous  croyons  que  le  prix  devrait  être  de  25  cents 
de  l'heure  pour  les  déchargeurs  à  couvert  et  de  27£  cents  de  l'heure  pour  ceux  qui  ne 
sont  pas  à  couvert,  et  qui  en  conséquence  sont  exposés  aux  inclémences  de  la  tempé- 
rature. 

Quant  aux  autres  classes  de  main-d'œuvre,  nous  croyons  que  les  rémunérations 
devraient  rester  ainsi  qu'elles  sont  actuellement,  et  c'est  ce  que  nous  recommandons. 

La  compagnie  a  soulevé  la  question  que  les  taux  devraient  être  réduits  à  l'échelle 
payée  par  les  exploitants  de  l'ouest,  mais  nous  croyons  que  ce  n'est  pas  une  question 
qui  soit  réellement  bien  devant  nous,  attendu  que  nulle  demande  expresse  n'en  a  été 
produite  au  ministère. 

Pour  traiter,  cependant,  de  la  question  de  même  que  si  elle  eut  été  bien  devant 
nous,  nous  trouvons  que  les  prix,  tels  qu'ils  sont  payés,  devraient  demeurer  en  force, 
et  c'est  ce  que  nous  recommandons. 

Nous  recommandons  aussi  que  la  compagnie  concède  le  système  de  contrôle. 

En  foi  de  quoi  nous  avons  apposé  aux  présentes  notre  signature  ce  lîième  jour 
d'octobre  1907,  à  Hosmer,  C.-B. 

(Signé)        P.  E.  WILSON, 

FRANK  B.  SMITH, 
F.  H.  SHERMAN. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


359 


Préposés  au  puits . 

Préposés  aux  machines,  aides 

Manœuvres 

Conducteurs  d'attelage 

Mineurs  dans  le  roc 

Déchargeurs  (à  couvert) 

m  (à  découvert).  . . . 

Travail  au  dehors 

Forgerons 

Forgerons,  aides 

"Boiseurs  charpentiers 

Ouvriers  de  la  voie 

Boiseurs 

Préposés  aux  monte-charges  . . 
Chauffeurs 


$3.75  par  jour 
3.25 
2.75 
2.75 
3.50 
.25del 


8  heures, 
8   .. 
8    H 
8    H 
8   .. 


heure. 
27  £  de  l'heure. 
50  par  jour,  10  heures. 


,50-$4.00 
75  par  jour, 
50 
25 


3.25 

2.89 
2.75 


Ces  prix  devant  régir  les  emplois  jusqu'au  parachèvement  des  tunnels  dans  le 
roc  sur  l'immeuble. 


La  présente  liste  est  celle  à  laquelle  il  est  référé  dans  le  rapport  ci-annexé. 

P.  E.  WILSON,  président. 


360  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XVII.— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  CANADA  WEST  COAL  AND 
COKE  COMPANY  DE  TABER,  ALTA— ETABLISSEMENT  D'UN  BU- 
REAU—ARRANGEMENT EFFECTUE  SUR  TOUS  LES  POINTS. 

Le  5  novembre  le  ministère  a  reçu  une  demande  d'établissement  d'un  bureau  de 
conciliation  et  d'enquête  dans  le  cas  de  trois  différends  survenus  dans  les  houillères 
de  Taber,  Alta.,  savoir,  dans  les  houillères  respectivement  exploitées  par  la  Canada 
West  Coal  and  Coke  Company,  Duggan,  Huntrods  et  Cie  et  la  Domestic  Coal  Com- 
pany. Dans  chacun  des  cas,  la  demande  venait  des  employés.  Les  différends  qu'il 
s'agissait  de  régler  dans  chaque  cas  avaient  rapport  aux  gages,  aux  heures  et  aux 
conditions  de  la  main-d'œuvre,  et  on  avait  soumis  une  liste  énonçant  les  demandes  des 
hommes.  Les  demandes  comprenaient  la  reconnaissance  complète  de  l'union,  le  sys- 
tème du  contrôle,  huit  heures  de  travail  par  jour,  un  salaire  minimum  journalier  de 
$3  pour  les  mineurs,  le  paiement  hebdomadaire  des  gages,  etc.  En  outre  du  nombre 
des  employés  directement  intéressés,  les  demandes  respectivement  énoncent  que  les 
différends  intéressent  un  grand  nombre  de  personnes  qui  emploient  de  la  houille  chez 
eux  dans  les  prairies. 

La  demande  faite  au  nom  des  employés  de  la  Canada  West  Coal  and  Coke  Com- 
pany était  signée  par  Hopkin  Evans  et  Robert  Doodson,  respectivement  président  et 
secrétaire  de  l'union  locale  n°  1,959  des  United  Mine  Workers  of  America.  Le  nom- 
bre des  employés  intéressés  à  ce  différend  a  été  estimé  à  150.  Le  bureau  a  été  établi 
par  l'honorable  ministre  par  intérim  et  constitué  ainsi  qu'il  suit:  S.  A.  Jones,  de 
Taber,  Alta.,  recommandé  par  les  employés;  Frank  H.  Sherman,  de  Taber,  recom- 
mandé par  les  patrons,  et  l'honorable  juge  Stuart,  de  Calgary,  président.  Le  juge 
Stuart  a  été  nommé  à  défaut  d'une  recommandation  conjointe  de  MM.  Jones  et  Sher- 
man. Les  membres  nommés  aux  bureaux  établis  pour  le  règlement  des  différends, 
existant  dans  le  cas  des  autres  compagnies  houillères  dénommées  s'étant  aussi  dé- 
clarés incapables  dans  l'un  et  dans  l'autre  cas  de  s'entendre  sur  un  troisième  commis- 
saire, le  juge  Stuart  a  été  en  même  temps  constitué  président  de  ces  bureaux  égale- 
ment, de  telle  sorte  que  s'il  eût  été  jugé  à  propos  de  le  faire,  la  discussion  des  trois 
cas  auraient  pu  plus  ou  moins  se  faire  en  même  temps.  La  nomination  du  juge 
Stuart  porte  la  date  du  30  novembre,  relativement  à  tous  lès  trois  bureaux.  Le  rap- 
port du  bureau  établi  dans  le  cas  du  présent  différend  a  été  reçu  au  ministère  le  30 
décembre.  Il  était  unanime  dans  sa  teneur  et  était  accompagné  d'une  convention 
signée  des  représentants  des  deux  parties,  laquelle  restait  en  vigueur  jusqu'au  31  mars. 
1909.  Les  réunions  du  bureau  se  sont  tenues  le  5  et  le  6  décembre,  et  la  convention  a" 
été  signée  le  soir  du  second  jour. 

RAPPORT   DU   BUREAU. 

Le  texte  du  rapport  du  bureau  et  de  l'arrangement  qui  l'accompagnent  se  lisent 
comme  suit,  savoir: — 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  361 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Dans  l'affaire  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907. 

Entre 

La  Canada   Wedt  Coal  and  Coke  Company,  patronne,  et  ses  employés,  membres  de 
l'union  locale  n°  1,959  des  United  Mine  Workers  of  America,  employés. 

Jeudi,  5  décembre  1907. 

Séance  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête  dûment  constitué  le  20  novembre 
1907. 

Au  fauteuil,  Charles  A.  Stuart,  président;  Frank  H.  Sherman,  S.  A.  Jones. 

Les  membres  du  dit  bureau  ont  prêté  le  serment  d'office,  suivant  l'article  13  de 
la  loi,  devant  S.  J.  Layton,  J.P. 

MM.  J.  H* Taylor  et  Y.  S.  Kidd  ont  comparu  pour  les  patrons. 

MM.  Galvin,  Donnell  et  Doodson  pour  les  employés 

Avant  l'audition  de  la  preuve,  une  conférence  eut  lieu  pour  la  forme,  afin  de 
tâcher  d'effectuer  un  accord  sur  une  certaine  base  de  règlement;  le  dit  bureau  se  ren- 
dit à  cette  conférence,  qui  s'est  poursuivie  durant  toute  la  journée  jusqu'à  7.30,  p.m., 
après  une  visite  d'inspection  personnelle  de  la  mine  dans  l'après-midi  et  qui  dura  3 
heures. 

Vendredi,  6  décembre. 

La  conférence  a  repris  de  plus  belle  à  9.30  a.m.,  toujours  sous  l'assistance  du  bu- 
reau. A  11.30  un  projet  d'arrangement  était  pratiquement  avreté,  et  soumis  à  un 
sténographe  qui  en  délivrait  5  copies.  Dans  le  cours  de  l'après-midi  ce  projet  était 
soumis  aux  mineurs  réunis  en  comité,  pour  leur  approbation.  La  conférence  se  réu- 
nissait de  nouveau  à  7.30  p.m.,  et  après  quelques  vérifications  de  détail,  l'arrangement 
dont  copie  est  ci-jointe  était  contresigné  de  la  part  des  représentants  des  intéressés 
en  cause. 

(Signé)     CHAS  A.   STUART, 

Président. 

F.  H.  SHERMAN, 
S.  A.  JONES. 

ARRANGEMENT. 

Il  est  par  les  présentes  convenu  entre  la  Canada.  Weil  Coal  Company,  Limited. 
de  première  part,  et  les  employés  de  la  dite  compagnie  tels  que  représentés  par  VU. 
M.W.  of  A.,  district  n°  18,  de  seconde  part: — 

Que  l'arrangement  existant  antérieurement  au  9  décembre  1907,  touchant  les  dis- 
positions générales  et  l'échelle  des  contrats  et  le  taux  des  salaires,  régira  les  parties 
contractantes  pour  la  période  commençant  le  9  décembre  1907  et  finissant  le  31  mars 
1909,  en  autant  qu'icelui  ne  sera  pas  modifié  ou  atteint  par  les  nouvelles  dispositions 
du  présent  arrangement,  étant  bien  entendu  et  convenu  que  les  parties  contractantes 
se  réuniront  en  conférence  soixante  jours  avant  l'expiration  du  présent  arrangement 
afin  d'en  discuter  le  renouvellement. 

L'arrangement  actuel  couvre  les  mines  et  toute  l'installation  du  dehors  s'y  rap- 
portant et  appartenant  à  la  dite  compagnie,  et  toute  personne  désirant  s'embaucher 
au  service  de  la  compagnie  s'engage  à  être  régie  par  les  règles  et  règlements  qui  sui- 
vent : — 


362  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
RÈGLEMENTS   DES   DIFFERENDS    LOCAUX   ET   GENERAUX. 

(a)  Dans  le  cas  de  différends  ou  griefs  s'élevant  relativement  au  présent  arran- 
gement ou  à  'tout  autre  arrangement  local  s'y  rapportant,  soit  que  le  différend  ou  le 
grief  provienne  de  la  compagnie,  ou  de  toute  autre  personne  ou  personnes  en  service, 
ou  de  tous  les  employés  en  corps,  les  dites  parties  devront  alors  s'efforcer  de  régler  le 
différend  de  la  manière  ci-après  indiquée.  Mais  avant  la  soumission  d'aucun  grief 
au  comité  du  puits  de  mine  la  personne  ou  les  personnes  devront  s'efforcer  en  s'adres- 
sant  personnellement  au  contremaître  du  puits,  de  régler  la  dispute,  et  dans  le  cas 
d'un  accord  entre  elles,  leur  décision  sera  définitive. 

(b)  Dans  le  cas  d'un  différend  surgissant  dans  une  mine  locale,  et  d'impossibilité 
de  s'entendre  entre  le  contremaître  du  puits  et  les  employés,  le  dit  contremaître  de  la 
mine  et  le  surintendant  d'icelle  s'efforceront  de  régler  le  différend,  et,  dans  le  cas 
d'une  entente,  leur  décision  sera  définitive. 

(c)  Dans  le  cas  de  l'impossibilité  de  s'entendre  entre  le  contremaître  du  puits  et 
le  surintendant  de  la  mine,  pour  le  règlement  de  tel  différend  à  eux  soumis,  ainsi  que 
dans  le  cas  de  tout  autre  différend  venant  à  éclater,  la  matière  en  litige  sera  déférée 
au  surintendant  général  ou  au  gérant  général  de  la  compagnie  et  aux  officiers  du  dis- 
trict n°  18,  U.M.W.  of  A.,  pour  règlement,  et,  dans  le  cas  d'une  entente  entre  eux, 
leur  décision  sera  définitive.  Faute  d'entente,  la  question  sera  référée  à  un  comité 
conjoint,  tel  comité  devant  se  composer  de  trois  opérateurs  nommés  par  la  Canada 
West  Coal  Co.t  Limited,  et  de  trois  mineurs  choisis  par  le  district  n°  18  de  la  U.M.W. 
of  A.}  pour  règlement,  et,  au  cas  d'une  décision  de  leur  part,  cette  dernière  sera  obli- 
gatoire pour  toutes  les  parties.  Une  majorité  du  comité  au  complet  devra  voter  en 
faveur  de  toute  initiative  à  être  prise,  avant  de  faire  prévaloir  telle  ou  telle  décision. 
Faute  de  s'entendre,  le  comité  s'efforcera  de  choisir  un  président  indépendant,  et, 
faute  de  s'entendre  sur  tel  choix,  le  ministre  du  travail  sera  prié  de  nommer  tel 
président;  la  décision  du  comité  ainsi  nommé* sera  obligatoire  pour  tous  les  intéres- 
sés.    Le  comité  conjoint,  au  cas  d'urgence,  se  réunira  le  second  lundi  de  chaque  mois. 

(d)  Entretemps,  et  dans  tous  les  cas  durant  la  litispendance  du  différend  et  le 
progrès  de  l'enquête,  les  mineurs,  les  journaliers  mineurs  et  toutes  les  parties  concer- 
nées devront  continuer  à  travailler  durant  l'enquête  et  jusqu'après  décision  définitive 
rendue,  sauf  pour  le  cas  de  journalier  mineur  ou  de  journaliers  mineurs,  ouvrier  ou 
ouvriers  de  mine,  congédié  ou  congédiés  par  la  compagnie  de  la  dite  compagnie,  tant 
que  son  cas  ou  leurs  cas  n'auront  pas  été  définitivement  enquêtes  et  réglés.  Dans  le 
cas  d'une  réclamation  faite  dans  les  cinq  jours  de  la  démission  par  un  ou  des  em- 
ployés congédiés  injustement,  le  point  sera  décidé  suivant  les  règles  de  l'article  en 
question,  et,  si  la  preuve  démontre  que  telle  ou  telles  démissions  sont  injustes,  ils 
seront  réintégrés  dans  leur  position.  Si  la  réclamation  est  basée  pour  compensation 
de  perte  de  temps,  dans  le  cas  d'un  rajustement  effectué,  la  décision  en  sera  laissée  au 
comité  conjoint  qui  déterminera,  s'il  y  a  lieu. 

(e)  Une  contravention  à  cet  arrangement  par  l'une  quelconque  des  parties  con- 
tractantes n'invalidera  pas  le  dit  arrangement,  lequel  continuera  toujours  à  avoir  sa 
pleine  force  et  vigueur.  Il  n'est  pas,  cependant,  de  l'intention  des  parties,  par  cette 
sous-section  d'enlever  le  droit  aux  ouvriers  de  suspendre  tout  travail,  après  le  règle- 
ment final,  sous  les  conditions  ci-après  relatées,  au  cas  où  l'opérateur  ou  les  opérateurs 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  363 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

refuseraient  de  se  conformer  à  toute  sentence  rendue  contre  eux,   en  vertu   de  cet 
article. 

Article  n°  2.  Aucun  mineur  entrepreneur  en  vertu  d'un  contrat  de  houille  n'a  le 
droit  d'embaucher  des  journaliers. 

Article  n°  3.  La  compagnie  déclare  reconnaître  l'union  de  la  U.M.W.  of  A.,  et 
concède  le  système  du  contrôle,  c'est-à-dire,  que  sur  une  demande  personnelle  par 
écrit  de  l'un  quelconque  des  employés  de  la  compagnie,  la  compagnie  s'engage  à  dé- 
duire tels  argents  de  leurs  salaires  sous  la  rubrique  de  redevances  de  dûs,  d'amendes 
et  de  droits  d'initiation;  en  d'autres  termes,  la  compagnie  promet  de  déduire  des 
gages  revenant  aux  employés  tout  montant  ou  ordre  signé  par  ces  derniers  autorisant 
la  compagnie  à  payer  à  la  U.M.W.  of  A.  la  somme  y  mentionnée. 

Article  n°  4.  La  compagnie  s'engage  à  fournir  à  ses  ouvriers  la  houille  tamisée 
à  $2.50  la  tonne,  dans  un  rayon  d'un  mille  de  la  mine,  le  voiturage  étant  exigible  au- 
delà  de  cette  limite. 

Article  n°  5.  La  compagnie  fera  la  livraison  du  bois  de  construction  aussi  près 
que  possible  de  l'ouverture  du  puits  de  la  mine. 

Article  n°  6.  Les  heures  du  travail  restent  telles  qu'elles  le  sont  à  présent. 
à  $2.50  la  tonne,  dans  un  rayon  d'un  mille  de  la  mine,  le  voiturage  étant  exigible  au 
vrier,  et  les  salaires  seront  acquittés  par  chèque  semi-mensuellement. 

Article  n°  8.  La  compagnie  déduira  du  montant  revenant  aux  entrepreneurs  sur 
contrats,  les  gages  dus  aux  entrepreneurs  sur  contrats,  les  gages  dus  aux  peseurs-con- 
trôleurs. 

Article  n°  9.  Les  employés  auront  le  choix  de  leur  médecin  et  de  leurs  hôpitaux, 
la  compagnie  s'engageant  à  faire  les  déductions  à  cet  effet  à  même  les  salaires,  la  ma- 
jorité des  votants  l'emportant  sur  le  choix  d'un  médecin. 

LISTE  A. 

A  commencer  du  9  décembre  1907,  la  liste  des  salaires  suivants  sera  adoptée  par 
la  Canada  West  Coal  Company  s  Mines,  de  Taber,  Alberta  : — 
Piliers  dans  les  chambres  des  mineurs  à 

la  main $90  par  tonne  de  2,240  liv. 

Forage  dans  les  chambres  au  pic.  ..    .  .     90  "  2,240  " 
Piliers  dans  les  chambres  à  la  mécani- 
que      90            "              2,240    " 

Piliers  de  12  pds  à  20  pds 80  "  2,240    " 

Machine  mécanique  dans  les  chambres 

de  forage  mécanique 30  "  2,240    " 

Chargement  mécanique  dans  les  cham- 
bres      50  "  2,240    " 

Le  travail  d'entrée  et  celui  des  endroits  resserrés  entre  les  piliers  d'ouverture  et 
les  couloirs  des  chambres  sera  rémunéré  à  raison  de  $1.25  la  tonne  de  2,240  liv.,  se 
répartissant  comme  suit:  82£  cents  pour  les  chargeurs  et  42£  cents  pour  les  préposés 
aux  machines.  Il  est  parfaitement  bien  compris  que  ces  taux  ne  s'appliquent  pas 
aux  sections  transversales  dans  les  chambres,  et  que  l'opération  minière  doit  se  faire 
dans  une  veine  de  charbon  d'au  moins  9  pouces  d'épaisseur,  ce  dernier  prix  n'ayant 
trait  seulement  qu'au  forage  mécanique. 


364  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  préposés  aux  machines  électriques,  $3.50  pour  8  heures  de  travail  à  ciel  ou- 
vert. 

Curette  des  mineurs  préposés  aux  machines  électriques,  $3  pour  8  heures  à  ciel 
ouvert. 

La  compagnie  paiera  $3  par  8  heures  pour  tout  mineur  travaillant  sous  contrat 
s'embauchant  au  service  de  la  compagnie. 

Tous  les  autres  salaires  resteront  les  mêmes  que  ci-devant. 

Tout  travail  à  la  journée  non  compris  dans  l'ancien  contrat  suivra  le  prix  cou- 
rant du  district. 

Signé,  scellé  et  délivré  en  triple  expédition,  ce  sixième  jour  de  décembre  1907,  de 
la  part  de  la  Canada  West  Coal  Company,  Limited,  et  des  United  Mine  Workers  of 
America,  district  n°  18. 

(Signé)        JAMES  TAYLOK, 

Surintendant. 

F.  H    SHERMAN, 
Président  district  n°  18,  U.M.W.  of  A. 

JOHN  R.  GALWIN, 

Vice-président  district  n°  18,  U.M.W.  of  A. 

R.  DOODSON, 
J.  W.  TURNER, 
JAMES  WILSON, 

Comité  local. 

PETER  PATTERSON, 

Membre  du  conseil  international. 


Témoins  : 

CHARLES  A.  STUART, 
V.  S.  KIDD. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  365 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XIX.— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  MM.  DUGGAN,  HUNTRODS  ET 
CIE,  PROPRIETAIRES  DE  HOUILLERES  A  TABER  (ALBERTA)— 
REGLEMENT  DE  TOUT  DIFFEREND  ENTRE  EUX. 

La  demande  dans  cette  affaire  a  été  déposée  le  5  novembre,  en  même  temps  que 
celles  de  la  Canada  West  Coal  and  Coke  Company  et  de  la  Domestic  Coal  Company, 
desquelles  il  est  parlé  dans  les  deux  articles  qui  précèdent;  et  les  difficultés  soumises 
'  se  trouvaient  être  de  même  nature  que  celles  de  l'affaire  de  la  Canada  West  Coal  and 
Coke  Company.  Cette  demande  portait  la  signature  de  James  Boyle  et  de  William 
Murdock,  les  président  et  secrétaire  de  l'union  locale  n°  102  des  mineurs  unis  de 
l'Amérique.  On  estime  à  quarante  le  nombre  des  intéressés  du  côté  des  employés. 
Le  bureau  s'est  trouvé  constitué  comme  suit:  pour  les  employés,  M.  Joseph  Short- 
house,  de  Taber  (Alberta)  ;  pour  les  patrons,  M.  Frank  H.  Sherman,  aussi  de  Taber 
(Alberta),  sous  la  présidence  de  l'honorable  juge  Stuart,  de  Calgary.  C'est  faute 
d'entente  entre  M.  Shorthouse  et  M.  Sherman  que  M.  le  juge  Stuart  a  été 
nommé.  La  difficulté  ici  a  été  simultanément  étudiée  avec  celle  de  la  Domestic  Coal 
Company  dont  il  est  question  à  l'article  XVIII  du  présent  chapitre,  et  un  même 
règlement  est  intervenu  pour  l'une  et  l'autre  compagnie.  Ce  règlement,  déjà  publié 
à  l'article  XVIII  de  ce  chapitre,  n'est  pas  répété  ici. 

RAPPORT   DE   LA   COMMISSION. 

Le  rapport  de  la  commission  a  été  reçu  au  ministère  le  28  décembre,  et  le  voici: 
Dans  l'affaire  de  la  loi   de   1907   sur    l'enquête    des    différends    industriels,    et 
du  différend  qui  existe  entre  MM.  Duggan,  Huntrods  et  Cie,  d'une  part,  et  leurs  em- 
ployés, membres  de  l'union  locale  n°   102  des  Mineurs  Unis  de  l'Amérique,  d'autre 
part. 

Jeudi,  5  décembre  1906. 

Séance  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête,  constitué  par  décret  du  20 
novembre  1907. 

Présents:  MM.  Charles  A.  Stuart  (président),  Frank  H.  Sherman  et  J.  Short- 
house. 

Les  membres  du  bureau  prêtent  le  serment  d'office  que  prescrit  l'article  13  de  la 
loi. 

MM.  Duggan  et  Huntrods  comparaissent  pour  les  patrons;  MM.  Galvin,  Dood- 
son  et  Donnell,  pour  les  employés. 

Les  procédures  suivies  sont  absolument  les  mêmes  que  dans  l'affaire  de  la 
Domestic  Coal  and  Coke  Company,  les  deux  commissions  siégeant  simultanément  et 
écoutant  la  discussion  comme  dans  cette  affaire.  Les  parties  en  sont  venues  à  un 
règlement  conjoint,  comme  il  apparaîtra  dans  le  rapport  de  cette  cause. 

(Signé)        CHAS  A.  STUART, 

Président. 

F.  H.  SHERMAN, 
JOS.    SHORTHOUSE. 

Taber  (Alberta),  7  décembre  1907. 


366  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


XX.— DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  STRATHCONA  COAL  COM- 
PANY, DE  STRATHCONA  (ALBERTA)— BUREAU  CONSTITUE— RE- 
GLEMENT SUR  TOUS  LES  POINTS. 

Le  ministère  a,  le  12  novembre,  reçu  une  demande  de  constitution  d'un  bureau 
en  vue  de  régler  un  différend  existant  entre  la  Strathcona  Coal  Company,  de  Strath- 
cona  (Alberta)  et  ses  employés.  Cette  demande,  qui  venait  des  employés,  portait  la 
signature  de  MM.  John  W.  Saint  et  John  A.  Garvin.  Les  difficultés  soumises  à 
l'arbitrage  consistent  dans  des  demandes  que  font  les  employés,  savoir:  un  change- 
ment dans  les  heures  de  travail,  la  journée  de  huit  heures;  un  changement  dans  les 
salaires,  la  paye  toutes  les  semaines,  en  monnaie  légale;  et  une  modification  générale 
des  conditions  du  travail  dans  la  mine;  la  reconnaissance  des  Mineurs  Unis  d'Amé- 
rique. On  estime  à  quarante  le  nombre  des  employés  intéressés  dans  l'affaire.  Le 
bureau  s'est  trouvé  constitué  le  2  décembre  avec,  sur  proposition  des  employés,  M. 
Frank  H.  Sherman,  de  Taber  (Alberta)  ;  sur  proposition  de  la  compagnie,  M.  F.  L. 
Otter,  d'Edmonton  (Alberta)  ;  et  sur  proposition  de  ces  deux  messieurs,  le  ministre 
a  nommé  M.  George  Montgomery,  d'Edmonton  (Alberta).  Le  bureau  s'est  réuni  les 
18,  19  et  20  décembre  à  Edmonton,  où  un  arrangement  est  intervenu  réglant  toutes 
les  difficultés,  pour  avoir  son  effet  du  23  décembre  1907  au  31  mars  1909.  L'entente 
reconnaît  la  journée  de  huit  heures  sur  le  lieu  des  travaux;  les  salaires  seront  payés 
deux  fois  par  mois  par  chèque;  la  compagnie  fournit  à  ses  employés,  dans  les  limites 
de  la  ville  de  Strathcona,  le  charbon  criblé,  à  raison  de  $3.25  la  tonne;  elle  reconnaît 
les  Mineurs  Unis  de  l'Amérique;  elle  adopte  le  système  de  pointage.  Une  entente 
f.st  de  plus  effectuée  en  vue  du  règlement  futur  de  tout  différend  de  nature  locale  ou 
générale. 

Le  rapport  de  la  commission  a  été  reçu  au  ministère  le  28  décembre. 

OPINION  DU   PRÉSIDENT   SUR  LA  LOI. 

Dans  une  lettre  adressée  au  ministre,  datée  du  23  décembre  et  qui  accompagne 
le  rapport  de  la  commission,  M.  le  président  Geo.  S.  Montgomery  déclare  ce  qui  suit: 

"Bien  que  le  bureau  n'ait  pas  eu  occasion  de  s'enquérir  à  fond  des  difficultés  sou- 
levées par  les  parties,  il  n'est  pas  douteux  que  la  simple  nomination  par  le  gouverne- 
ment d'une  commission  qui  a  effectivement  siégé  n'ait  eu  pour  résultat  d'amener  les 
intéressés  à  transiger  sur  leur  différend  et  à  se  réconcilier.  De  l'avis  unanime  de  la 
commission,  la  loi  opère  avec  succès." 

Le  texte  du  rapport  de  la  commission  se  lit  comme  il  suit-: 

RAPPORT  DE  LA  COMMISSION. 

La  commission  chargée  de  faire  enquête  sur  le  cas  de  la  Strathcona  Coal  Com- 
pany, s'est  réuni  le  18  décembre  1907  dans  les  bureaux  de  la  Universal  Coal  Company, 
2me  rue,  Edmonton  (Alberta),  où  les  messieurs  dont  les  noms  suivent,  et  qui 
ont  constitué  le  bureau,  ont  déposé  leurs  titres  et  prêté  serment  d'office:  M.  G.  S. 
Montgomery,  président;  M.  Francis  Otter  et  F.  H.  Sherman. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  367 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Conformément  aux  dispositions  et  prescriptions  de  la  loi,  le  bureau  fut  dûment 
constitué  et  établi  avec  tous  les  pouvoirs  nécessaires  pour  s'enquérir  des  plaintes 
soumises,  et,  si  la  chose  se  pouvait,  pour  le  règlement  à  l'amiable  des  difficultés  exis- 
tant entre  les  partis. 

Un  exposé  des  prétentions  de  la  Strathcoha  Coal  Company  a  été  produit  devant 
le  bureau;  les  documents  en  question  étant  laissés  à  la  garde  du  secrétaire  de  la  com- 
mission. M.  Frank  Smith,  gérant  de  la  Strathcona  Coal  Company,  et  M.  J.  R.  Gal- 
win,  vice-président  pour  le  district  n°  18  des  mineurs  unis  de  l'Amérique,  s'étant 
abouchés  avec  les  membres  de  la  commission  dans  l'après-midi  du  18  courant  aux  bu- 
reaux susdits,  ont  demandé  que  la  commission  voulut  bien  siéger,  nonobstant  l'absence 
inévitable  de  M.  Sherman.  La  commission  a  pu  faire  rapport  qu'elle  avait  obtenu 
un  règlement  des  difficultés;  une  copie  des  contrats  dressés  entre  les  partis  a  été  pro- 
duite et  lue  dans  son  entier.  Il  fut  décidé  que  ces  conventions  seraient  mises  devant 
le  bureau  à  sa  séance  du  lendemain. 

A  cette  séance  du  19  courant,  M.  J.  R.  Galvin,  vice-président  pour  le  district  n° 
18  des  mineurs  unis  de  l'Amérique,  exposa  brièvement  les  raisons  qui  avaient  motivé 
là  formation  du  bureau,  et  il  s'est  déclaré  satisfait  du  travail  déjà  accompli,  ajoutant 
que,  s'il  n'avait  pas  obtenu  pour  les  ouvriers  tout  ce  qu'il  aurait  désiré,  les  choses,  ce- 
pendant, arrangées  ainsi  qu'elles  l'avaient  été,  ne  pouvaient  que  tendre  à  ramener  la 
paix  et  la  bonne  entente  entre  tous  les  intéressés.  M.  Galvin  demanda  alors  que  le 
directeur-gérant  de  la  Strathcona  Coal  Company  (M.  Ross)  fût  invité  à  se  présenter 
devant  la  commission,  pour  que  les  engagements  pris  fussent  signés  en  leur  présence, 
et  comme  officiellement.  La  commision  agréa  à  cette  demande,  et  dans  l'après-midi,  à 
quatre  heures,  sur  reprise  de  la  séance,  M.  Ross  se  présenta  devant  le  bureau,  et  après 
une  courte  discussion  entre  lui  et  des  membres  de  la  commission  sur  la  portée  des 
clauses  des  contrats,  ces  contrats  furent  dûment  signés,  en  la  présence  du  président 
de  la  commission,  par  M.  Ross.  Chacun  s'est  déclaré  satisfait  de  la  tournure  que  les 
choses  avaient  prise.  Les  contrats,  ainsi  signés  par  les  parties;  sont  annexés  au  pré- 
sent rapport. 

(Signé)     GEO.   S.  MONTGOMERY, 

Président. 

F.  H.  SHERMAN, 
FRANCIS  L.  OTTER. 

CONVENTION. 

Il  est  par  les  présentes  convenu,  entre  la  Strathcona  Coal  Company,  de  première 
part,  et  les  employés  de  la  dite  compagnie,  ici  représentés  par  les  mineurs  unis  de 
l'Amérique,  district  n°  18,  de  deuxième  part  : 

Que  la  convention  relative  aux  dispositions  générales  et  échelles  des  salaires  con- 
tractuels sera  gouvernée  par  l'échelle  qui  a  court  maintenant  pour  l'union  dans  le 
sous-district  n°  4  du  district  n°  18,  en  tant  que  cette  échelle  ne  sera  ni  modifiée  ni 
affectée  par  les  dispositions  de  cette  convention.  Il  est  d'ailleurs  entendu  et  convenu 
que  les  parties  aux  présentes  devront,  soixante  jours  avant  l'expiration  de  cette  con- 
vention, se  réunir  pour  en  discuter  le  renouvellement. 


368  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Cette  convention  s'applique  aux  mines  et  aux  terrains  avoisinants  occupés  par  la 
compagnie  pour  les  fins  de  son  exploitation,  et  toute  personne  qui  accepte  de  travailler 
à  ces  mines  s'engage  à  se  conformer  aux  règles  et  règlements  qui  suivent: — 

(a)  En  cas  de  disputes  ou  griefs  élevés  à  l'occasion  de  cette  convention,  comme 
de  "toute  convention  spéciale  qui  s'y  rattacherait,  les  parties  aux  présentes  devront 
s'efforcer  de  les  régler  comme  ci-après  prescrit,  soit  que  la  dispute  ou  le  grief  origine 
du  fait  de  la  compagnie  ou  des  personnes  qu'elle  emploie,  ou  encore  des  ouvriers  en 
général.  Au  reste,  avant  de  soumettre  la  difficulté  au  comité  de  la  mine,  le  plaignant 
devra  chercher  à  régler  la  chose  par  demande  personnelle  au  contremaître,  et,  en  cas 
d'accord  entre  eux,  cet  accord  sera  final. 

(b)  Si,  dans  le  cas  d'un  différend  qui  se  serait  élevé  dans  une  mine,  l'affaire  n'a- 
vait pas  pu  se  régler  entre  le  contremaître  et  l'employé,  le  comité  de  la  mine  et  le 
surintendant  tâcheront  de  régler  la  chose,  et  leur  décision,  s'ils  s'accordent,  sera  finale. 

(c)  Dans  le  cas  ou  le  comité  de  la  mine  et  le  surintendant  n'auraient  pas  pu 
réussir  à  régler  la  difficulté  à  eux  soumise,  comme  aussi  dans  le  cas  de  tout  autre  diffé- 
rend qui  pourrait  se  produire,  l'objet  de  la  difficulté  sera  renvoyé  au  surintendant 
général  ou  au  gérant  général  de  la  compagnie  et  aux  officiers  du  district  n°  18  des 
mineurs  unis  de  l'Amérique;  si  ces  derniers  arrivent  à  une  entente  leur  décision  sera 
finale.  Dans  le  cas  contraire,  l'affaire  sera  soumise  au  comité  conjoint,  formé  de 
trois  personnes  au  choix  de  la  Strathcona  Coal  Company,  et  de  trois  mineurs  choisis 
par  le  district  n°  18  des  mineurs  unis  de  l'Amérique.  Leur  décision,  s'ils  s'accordent, 
liera  l'une  et  l'autre  parties.  ■  Pour  qu'une  décision  du  comité  soit  jugée  valable,  il 
faudra  qu'elle  ait  réuni  le  vote  de  la  majorité  absolue  de  ses  membres.  Faute  de 
n'avoir  pu  arriver  à  une  entente,  le  comité  nommera,  s'il  le  peut,  un  président  non 
intéressé,  et,  s'il  ne  le  peut  pas,  il  sera  demandé  au  ministre  du  Travail  de  nommer 
ce  président;  la  décision  du  comité  ainsi  constitué  liera  l'une  et  l'autre  parties.  Le  co- 
mité conjoint  se  réunira,  s'il  est  besoin,  le  deuxième  lundi  de  chaque  mois. 

(d)  En  attendant  le  règlement  de  toute  difficulté  soumise  à  l'étude,  les  intéressés, 
mineurs,  ouvriers  des  mines  ou  autres,  devront  continuer  le  travail  jusqu'à  ce  que 
l'on  soit  arrivé  à  une  décision  finale;  et  si  un  mineur,  des  mineurs,  un  ouvrier  des 
mines  ou  des  ouvriers  des  mines  ont  été  renvoyés  par  la  compagnie,  ils  ne  pourront 
demeurer  à  l'emploi  de  la  compagnie  pendant  que  l'affaire  s'étudie  ou  que  l'on  pro- 
cède à  un  règlement.  En  cas  de  plainte  faite  dans  les  cinq  jours  qu'un  ouvrier  aura 
été  injustement  renvoyé,  sa  plainte  sera  traitée  conformément  à  cet  article,  et,  s'il 
est  prouvé  que  tel  renvoi  a  eu  lieu  injustement,  cet  ouvrier  devra  être  rétabli  dans  son 
emploi;  et,  s'il  est  fait,  pour  temps  perdu,  une  demande  d'indemnisation,  ce  sera  au 
comité  conjoint  de  décider  du  bien  fondé  de  cette  réclamation  et  du  chiffre  de  l'in- 
demnité.    Quant  aux  frais  du  règlement,  la  commission  en  devra  décider. 

(e)  Une  violation  des  termes  de  cette  convention  par  quelqu'une  des  parties  aux 
présentes  n'aura  pas  l'effet  de  l'annuler:  elle  demeurera  dans  toute  sa  force  et  conti- 
nuera de  produire  ses  pleins  effets.  Ce  paragraphe  toutefois  n'enlèvera  pas  aux  ou- 
vriers le  droit  de  suspendre  le  travail  après  qu'un  règlement  aura  été  effectué  dans 
les  formes  ici  prescrites,  si  quelque  propriétaire  refusait  de  se  soumettre  à  une  déci- 
sion rendue  contre  lui  en  vertu  de  cet  article. 

Article  2.  Nul  mineur,  travaillant  aux  mines,  n'aura  le  droit  d'engager  des  ou- 
vriers. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  369 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Article  3.  La  compagnie  reconnaît  l'Association  des  Mineurs  Unis  de  l'Amérique 
et  accède  au  système  de  pointage;  c'est-à-dire  que,  sur  demande  individuelle  par  écrit 
de  quelque  employé  de  la  compagnie,  celle-ci  déduira  de  son  salaire  les  sommes  fixées 
pour  droits,  cotisations,  amendes  et  droits  d'initiation;  en  d'autre  termes,  la  compa- 
gnie retiendra  sur  les  salaires  dus  aux  employés  toute  somme  que  ces  employés  auront 
mandé  par  écrit  à  la  compagnie  de  payer  à  des  officiers  de  l'Association  des  Mineurs 
Unis  de  l'Amérique  désignés  dans  l'écrit. 

Article  4.  La  compagnie  fournira  à  ses  employés,  dans  les  limites  de  la  ville  de 
Strathcona,  le  charbon  criblé,  à  raison  de  $3.25  la  tonne. 

Article  5.  Pour  le  bois,  l'eau  et  la  voie,  c'est  la  compagnie  qui  y  voit. 

Article  6.  Les  heures  de  travail  seront  de  huit  par  jour  sur  le  lieu  de  l'exploita- 
tion. Iltest  entendu  que  rien  de  ce  qui  est  exprimé  ici  ne  pourra  être  opposé  à  aucune 
mesure  législative  touchant  les  heures  de  travail  dans  la  province  d'Alberta. 

Article  7.  La  compagnie  payera  par  chèque  deux  fois  par  mois. 

Article  8.  La  compagnie  retiendra  aux  mineurs  engagés  par  contrat  de  quoi 
payer  le  salaire  des  peseurs-vérificateurs. 

Article  9.  Les  employés  auront  le  droit  de  faire  leurs  propres  arrangements  pour 
un  médecin  et  l'hôpital  de  leur  choix,  la  compagnie  s'engageant  à  faire,  pour  y  répon- 
dre, les  déductions  accoutumées. 

Le  charbon  miné  et  livré  à  la  cage  sera  de  33  cents  et  un  tiers  par  wagon  ;  c'est-à- 
dire  30  cents  pour  le  wagon  et  3  cents  et  un  tiers  pour  le  pousser 

Pour  pratiquer  et  ouvrir  la  place  depuis  les  entrées,  ce  sera  $3. 

Tout  ouvrage  exigu,  huit  pieds  ou  moins,  50  cents  par  verge  linéaire  et  char- 
bon. 

Cette  convention  prendra  effet  lundi  le  23  décembre  1907,  et  se  continuera  jus- 
qu'au 31  mars  1909,  sauf  que,  si  la  Strathcona  Coal  Company  vend  la  mine,  la  con- 
vention prendra  fin. 

(Signé) 

W.  E.  ROSS, 

Directeur-gérant. 

F.  H.  SHERMAN, 

Président,    etc.,    etc. 

JOHN  R.  GALVIN, 

Vice-président,  etc.,  etc. 

GEO.  S.  MONTGOMERY, 

Président. 

FRANCIS  L.  OTTER, 

Pour  les  signatures  de  MM.  W.  E.  Ross,  F.  H.  Sherman,  John  R.  Galvin. 


36—24 


370  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XXL— DEMANDE  DE  LA  COMPAGNIE  DU  CHEMIN  DE  FER  GRAND- 
TRONC  RELATIVE  AUX  TELEGRAPHISTES  A  SON  EMPLOI— RE- 
GLEMENT EFFECTUA  SUR  TOUS  LES  POINTS. 

Le  ministère  a,  le  19  novembre,  reçu  une  demande  de  constitution  d'un  bureau 
de  conciliation  et  d'enquête  en  vue  de  régler  un  différend  qui  existe  entre  la  compa- 
gnie de  chemin  de  fer  Grand-Tronc  du  Canada  et  les  télégraphistes  employés  sur 
son  réseau;  demande  signée  par  M.  W.  G.  Brownlee,  agent  général  des  transports  de 
la  compagnie.  La  difficulté  était  quant  aux  salaires,  aux  heures  et  aux  conditions  du 
travail,  le  tout  présenté  sous  formes  d'annexés,  donnant  les  prétentions  respectives  des 
hommes  et  de  la  compagnie.  La  commission  s'est  dûment  constituée  avec,  sur  propo- 
sition des  employés,  M.  G.  O'Donnoghue,  de  Toronto;  sur  proposition  de  la  compa- 
gnie, M.  Wallace  Nesbitt,  C.R.,  de  Toronto,  et,  sur  proposition  conjointe  de  ces  deux 
messieurs,  M.  le  professeur  Adams  Shortt,  de  Kingston,  pour  la  présidence.  La  com- 
mission commença  ses  séances  le  4  décembre  à  Toronto,  et  les 'continua  jusque  dans 
la  soirée  du  7  décembre.  Il  restait  encore  beaucoup  de  choses  à  régler  lorsque  la  com- 
mission s'est  ajournée,  surtout  pour  ce  qui  avait  trait  à  l'augmentation  des  salaires, 
surcroît  de  paye  pour  heures  supplémentaires  le  dimanche,  affichage  d'une  liste  d'an- 
cienneté et  déclaration  d'emplois  vacants  dans  le  district  à  mesure  que  la  chose  se 
présente.  La  commission  s'est  de  nouveau  réunie  les  11  et  12  décembre  à  Montréal, 
pour  étudier  ces  mêmes  questions  et  d'autres.  Au  cours  de  ces  dernières  séances,  une 
entente  est  intervenue  sur  le  principe  d'un  règlement  de  ces  difficultés;  mais  certains 
détails  furent  laissés  de  côté,  pour  être  réglés  entre  les  officiers  de  la  compagnie  et  le 
comité  des  télégraphistes.  On  s'est  vite  aperçu  que  ces  détails  étaient  d'un  règlement 
plus  difficile  qu'on  ne  l'avait  pensé,  et  la  commission  dut  se  réunir  de  nouveau  les  10 
et  13  janvier  1908.  A  la  séance  du  13  il  fut  définitivement  signé  une  convention.  Au 
cours  de  la  discussion  qui  s'est  faite  devant  la  commission,  certaines  considérations 
se  firent  jour  tendant  à  montrer  que  les  compagnies  de  chemin  de  fer  se  voyaient  dans 
l'impossibilité  d'élever  davantage  les  salaires,  et  ces  considérations,  la  commission  les 
a  jugées  d'un  intérêt  suffisant  pour  les  consigner  dans  son  rapport.  Elles  sont  rela- 
tées plus  bas,  car  elles  forment  un  précieux  élément  de  discussion  dans  l'étude  actuelle 
des  problèmes  industriels  et  sociaux. 

La  convention  ainsi  effectuée  portait  que  l'échelle  et  le  mode  de  paiement  des 
salaires  en  vigueur  pour  les  agents  et  télégraphistes  le  1er  juin  1905  devait  se  conti- 
nuer, avec  certains  changements  dans  les  prix  payés  pour  le  travail  fait  le  dimanche, 
et  aussi  les  modifications  qui  suivent:  "Augmentation  de  dix  pour  cent  dans  le  mini- 
mum des  salaires  inférieurs  à  $47  par  mois,  chaque  fois  que  d'autre  part  le  salaire 
de  l'employé  n'excède  pas  par  ailleurs  $60,  et  non  compris  dans  les  $10,000  affectés 
tous  les  ans  à  de  certains  bureaux  conformément  aux  recommandations  des  surinten- 
dants. Le  salaire  des  agents  de  relève  sera  de  $75  par  mois  à  partir  du  1er  janvier 
1908,  sujet  par  après  à  un  avis  de  changement  de  90  jours." 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  371 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

RAPPORT  DE  LA  COMMISSION. 

Le  rapport  de  la  commission  a  été  reçu  au  ministère  le  23  janvier  1908,  et  en 
voici  le  texte: — 

Mémoire  de  la  convention  arrêtée  entre  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  Grand- 
Tronc  et  le  comité  représentant  les  télégraphistes  pour  les  lignes  qui  sont  à  l'est  des 
rivières  Détroit  et  Saint-Clair. 

Les  modes  et  échelles  de  paiement  en  vigueur  le  1er  juin  1905  pour  les  agents  et 
télégraphistes  se  continuent,  avec  les  modifications  qui  suivent: — 

L'article  13  se  lira  comme  suit: — 

"  Les  télégraphistes  appelés  à  travailler  le  dimanche  ou  aux  jours  de  fête 
suivants,  savoir:  le  jour  de  l'an,  la  fête  de  la  Confédération,  la  fête  du  Travail  et 
le  jour  de  Noël,  sauf  pour  répondre  à  des  trains  réguliers  de  voyageurs,  recevront 
un  supplément  proportionnel  aux  salaires  de  série,  basé  sur  un  mois  de  30  jours 
(moins  de  trente  minutes  ne  devant  pas  être  compté  plus  de  trente  minutes,  et 
moins  de  soixante  minutes  devant  être  compté  comme  une  heure)  avec  indem- 
nisation d'au  moins  25  cents  pour  chaque  appel,  ou  l'employé  devra,  s'il  est  be- 
soin, donner  une  heure.  Cette  règle  ne  s'appliquera  pas  aux  télégraphistes  qui 
reçoivent  de  la  ligne  principale  au  moins  le  minimum,  et,  lorsque  l'indemnité 
pour  heures  supplémentaires  porte  le  salaire  du  mois  au  chiffre  minimum  de  la 
ligne  principale,  cette  gare  sera  considérée  comme  bureau  régulier  du  dimanche, 
et  le  minimum  de  la  ligne  principale  constituera  pour  cette  gare  la  solde  du  télé- 
graphiste. 

Une  augmentation  de  dix  pour  cent  dans  le  minimum  des  salaires  inférieurs  à 
$47  par  mois  chaque  fois  que  d'autre  part  le  salaire  de  l'employé  n'excède  pas  par  ail- 
leurs $60  par  mois,  et  non  compris  dans  les  $10,000  affectés  tous  les  ans  à  certains 
bureaux,  conformément  aux  recommandations  des  surintendants. 

Le  salaire  des  agents  de  relève  sera  de  $75  par  mois. 

Pour  prendre  effet  le  1er  janvier  1908,  sujet  par  après  à  un  avis  de  changement 
de  90  jours. 

(Signé)     W.  T.  BROWNLEE, 

Gérant  général  des  transports. 

Comité  des  télégraphistes: 

(Signé)     J.  WILLOUGHBY, 

Président. 
ADAM  SHORTT, 

Président. 

WALLACE  NESBITT, 
J.  C.  O'DONOGHUE. 

Le  13  janvier  1908. 

La  commission  s'était  d'abord  inquiétée  de  ce  qu'on  lui  avait  dit  qu'elle  avait 
recommandé  pour  les  télégraphi'tses  du  Pacifique-Canadien  des  salaires  plus  élevés 
qu'elle  n'était  prête  à  le  recommander  dans  le  cas  actuel,  et  nous  sommes  heureux  de 
pouvoir  dire  que  les  parties  ont  su  apprécier  les  raisons  qui  ont  empêché  les  membres 

36— 24i 


372  DEPARTE  M  EXT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
de  la  commission  de  suggérer  un  chiffre  de  salaire  plus  haut  qu'il  n'a  été  finalement 
convenu  entre  les  parties.  Ces  raisons,  nous  ne  pouvons  résister  au  désir  de  les  faire 
connaître  brièvement  ici. 

Dans  l'état  actuel  des  affaires,  l'offre  de  la  compagnie,  en  ce  qui  touche  à  cette 
question  des  salaires,  nous  a  paru  très  raisonnable.  Il  entre  bien  des  considérations 
dans  la  détermination  de  cette  difficulté.  Au  premier  chef,  il  y  a  pour  l'employé  le 
droit  d'obtenir  une  rémunération  qui  lui  permette  de  vivre.  Celui  qui  travaille  a 
droit  d'attendre  pour  une  journée  bien  remplie  une  juste  rétribution  quotidienne. 
Mais  il  est  une  chose  que  l'on  semble  trop  souvent  ignorer.  C'est  l'union  nécessaire 
du  capital  et  du  travail  dans  la  production  d'un  bénéfice,  qu'il  s'agisse  de  l'exploita- 
tion des  voies  ferrées,  d'une  manufacture  ou  de  toute  autre  branche  d'industrie.  Le 
but  du  'travailleur  doit  être  de  s'assurer  une  juste  part  de  ce  profit  ;  mais  il  y  a  aussi 
à  prendre  en  considération  la  position  de  ceux-là  qui  avancent  l'argent  nécessaire  à 
la  poursuite  de  l'entreprise,  condition  de  l'emploi  qui  va  être  donné;  eux  aussi  ont 
droit  d'obtenir  un  avantage  pour  l'argent  qu'ils  y  mettent  et  le  risque  qu'ils  courentt. 
Nul  dividende  n'a  encore  été  payé  pour  les  cent  millions  du  capital  du  Grand-Tronc. 
Si,  par  une  augmentation  des  bordereaux  de  paie,  les  dividendes  acquis  aujourd'hui 
aux  actions  privilégiées  se  voient  de  nouveau  diminuer,  que  va-t-il  s'en  suivre?  La 
compagnie  sera  incapable,  faute  d'argent,  d'étendre  ses  opérations,  puisque  cet  argent 
trouvera  à  s'employer  de  façon  plus  lucrative  dans  d'autres  entreprises,  et  ce  sera  au 
détriment  de  cette  foule  de  travailleurs  que  les  chemins  de  fer  occupent.  Il  y  a 
encore  que  le  public  ne  cesse  d'exiger  un  service  toujours  meilleur  des  commodités 
toujours  croissantes,  une  voie  sans  cesse  améliorée,  et  ainsi  de  suite.  Tout  cela  ne 
peut  s'obtenir  que  si  les  gens  à  qui  on  demande  d'avancer  leurs  capitaux  y  entrevoient 
la  possibilité  d'un  bénéfice  à  gagner.  L'expérience  acquise  au  cours  des  séances  de 
ces  sortes  de  commissions  nous  a  amené  à  conclure  qu'il  semble  y  avoir  de  la  part 
du  public  oubli  de  deux  choses;  cette  insistance  que  l'on  met  à  demander  que  la  com- 
pagnie augmente  sa  dépense  pour  accroître  les  commodités  du  service,  pendant  que, 
dans  le  même  temps,  on  veut  toujours  qu'elle  réduise  les  tarifs  qui  lui  procurent  l'ar- 
gent nécessaire  à  la  création  de  ces  mêmes  commodités.  Il  faut  bien  se  l'avouer,  la 
recette  n'augmente  point  du  même  pas  que  la  dépense.  Si,  comme  le  public  le  de- 
mande, il  faut  que  la  compagnie  augmente  sans  cesse  et  ses  frais  d'exploitation  et  les 
salaires  de  ses  employés,  il  faudra  y  penser  sérieusement  quand  sera  mise  à  l'étude  la 
question  de  réduire  les  prix  de  transport  et  pour  les  voyageurs  et  pour  les  marchan- 
dises, puisque  toute  diminution  en  ce  sens  a  directement  pour  effet  d'empêcher  que 
les  compagnies  ne  puissent  payer  à  leurs  employés  les  salaires  qu'ils  demandent.  Il 
n'y  a  pas  de  doute  que  le  coût  de  la  vie  a  beaucoup  augmenté,  et  que,  pour  y  répondre, 
les  employés  des  chemins  de  fer  n'aient  droit  à  une  rémunération  plus  élevée,  mais  il 
ne  faut  assurément  pas  que  cette  rémunération  se  donne  au  seul  détriment  de  ceux- 
là  qui  ont  placé  leur  argent  dans  l'entreprise  et  qui  à  leur  tour  pourraient  bien  se 
trouver  privés  de  leurs  moyens  de  subsistance.  Il  incombe  au  public  de  faire  sa  juste 
part.  L'employé  de  chemin  de  fer  dépense  un  argent  qui  profite  à  tous  les  autres 
membres  de  la  société,  depuis  le  cultivateur  jusqu'aux  manufacturiers,  et  si  l'on  veut 
que  l'employé  ait  de  quoi  faire  face  à  ses  besoins  toujours  croissants,  il  conviendrait 
que  d'autres  classes  de  la  société  qui  profitent  de  son  argent,  contribuassent  à  lui  faire 
obtenir  cet  argent  qu'il  dépense  ainsi.     Voilà  les  raisons  qui,  toutes  choses  considé- 


ANNEXE  A(    RAPPORT  ANNUEL  373 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

rées,  nous  ont  fait  croire  que  l'offre  de  la  compagnie  allait  aussi  loin  que  les  circons- 
tances pouvaient  le  lui  permettre,  bien  que  cette  offre  n'atteigne  peut-être  pas  le 
chiffre  auquel  les  télégraphistes,  dans  d'autres  circonstances,  auraient  droit  de  préten- 
dre. Décourager  le  capitaliste  de  mettre  ses  fonds  dans  des  entreprises  de  chemins 
de  fer  ne  serait  certainement  pas  avantageux  au  public  en  général,  et  si,  entre  les  de- 
mandes du  public  et  celles  des  employés,  l'intérêt  du  prêteur  doit  s'effondrer,  il  en  ré- 
sultera une  diminution  nécessaire  et  générale  du  chiffre  des  salaires  ou  de  celui  des 
employés;  ce  qui  serait  pour  le  -travail  un  recul  beaucoup  plus  grave. 

On  a  suggéré  que  pour  remédier  à  cette  difficulté  que  l'Etat  pourrait  devenir  seul 
propriétaire  des  voies  ferrées.  Pour  cela,  il  n'en  resterait  pas  moins  à  trouver  le  ca- 
pital nécessaire  à  l'établissement  des  chemins  de  fer  et  à  leur  mise  en  exploitation. 
La  propriété  par  l'Etat  ne  fera  pas  descendre  du  ciel  le  capital,  comme,  pour  les  Israé- 
lites dans  le  désert,  la  manne.  Emprunté  par  l'Etat,  le  capital  nécessitera  le  paie- 
ment d'un  intérêt,  à  un  taux  plus  élevé  peut-être  qu'on  est  obligé  de  payer  en  ce 
moment,  et  cela  pour  deux  raisons  :  à  cause  d'abord  d'une  accumulation  d'emprunts 
et  ensuite  à  cause  des  risques  inhérents  aux  entreprises  industrielles.  Si  cet  argent 
était  prélevé  au  moyen  de  taxe,  ce  ne  serait  ni  plus  ni  moins  que  l'obtenir  des  res- 
sources collectives  du  pays.  Les  salaires  payés  à  leurs  employés  par  les  compagnies 
de  chemin  de  fer  dépendent  donc  nécessairement  du  chiffre  de  leur  récolte,  une  fois 
l'intérêt  payé  sur  le  capital  mis  dans  l'entreprise.  Ceci  s'applique  également  à  toutes 
les  affaires  industrielles  ou  commerciales,  et  rien  ne  saurait  prévaloir  contre  cette  vé- 
rité que  ne  changeront  pas  tous  les  discours  vagues  et  philanthropiques  que  l'on  pour- 
rait faire. 

(Signé)     ADAM  SHOETT, 

WALLACE  NESBITT, 
J.  G.  O'DONOGHUE. 


374  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 


XXII.— NOUVELLE  DEMANDE  DES  EMPLOYES  DE  LA  CUMBERLAND 
RAIWAY  AND  COAL  COMPANY",  DE  SPRINGHILL  (N.-E.)— BUREAU 
CONSTITUE— RAPPORT  UNANIME  PRESENTE— PAS  DE  SUSPEN- 
SION DU  TRAVAIL. 

Le  21  novembre,  le  ministère  a  reçu  une  demande  de  constitution  d'un  bureau 
de  conciliation  et  d'enquête  en  vue  de  régler  de  nouvelles  difficultés  entre  la  Cumber- 
land  Railway  and  Coal  Company,  de  Springhill  (N.-E.),  et  ses  employés.  Le  nombre 
des  personnes  intéressés  dans  l'affaire  a  été  estimé  à  1,600,  c'est-à-dire  tous  les  em- 
ployés de  la  compagnie,  hommes  et  garçons;  sur  ce  nombre,  900,  a-t-on  dit,  appartien- 
nent à  l'union  qui  a  déposé  la  demande.  Les  causes  du  différend  sont  énoncées 
comme  suit: 

"La  première  difficulté  touche  à  l'accomplissement  des  termes  d'une  convention 
arrêtée  entre  les  parties  pour  le  paiement  de  la  pierre  dans  la  construction  des  piliers, 
à  raison  de  4  cents  par  pouce  par  verge  linéaire  pour  4  pouces  et  plus. 

"La  deuxième  difficulté  touche  à  l'adoption  d'une  échelle  générale  des  salaires 
pour  ceux  qui  taillent  la  houille  et  leurs  chargeurs. 

"La  troisième  difficulté  touche  au  changement  effectué  dans  le  mode  de  paiement 
du  minéral  extrait,  dont  le  prix  au  lieu  d'être  par  boîte  se  trouve  être  par  tonne. 

"  La  loge  des  pionniers,  n°  1,  de  l'association  des  ouvriers  de  la  province,  demande 
aussi  que  soient  référées  à  ce  même  bureau  de  conciliation  tous  les  différends  qui 
pourraient  s'élever  entre  les  parties  contendantes  depuis  la  date  où  cette  demande  est 
faite  jusqu'à  et  y  compris  la  date  des  séances  de  la  dite  commission;  le  but  de  la  loge 
étant  qu'il  intervienne  un  règlement  final  et  satisfaisant  de  toutes  les  questions  de- 
meurées en  suspens  entre  elle  et  la  compagnie  jusqu'au  jour  des  séances  de  la  dite 
commission." 

La  commission  s'est  dûment  constituée  comme  suit:  Son  Honneur  le  juge  Pat- 
terson,  de  New-Glasgow  (N.-E.),  président;  M.  Hiram  Donkin,  d'Halifax  (N.-E.), 
et  M.  R.  B.  Murray  de  Springhill  (N.-E.).  En  l'absence  de  proposition  de  la  part  de 
la  compagnie  intéressée,  et  conformément  à  l'article  8,  paragraphe  2,  de  la  loi  de 
1907  sur  l'enquête  des  différends  industriels,  le  ministre,  pour  la  compagnie,  a 
nommé  M.  Donkin.  C'est  sur  proposition  des  employés  que  M.  Murray  a  été  nommé. 
Pour  le  président,  il  a  été  nommé  en  l'absence  d'une  proposition  conjointe  des  deux 
autres  membres  de  la  commission. 

Le  rapport,  sans  discidense,  de  la  commission  a  été  reçu  au  ministère  le  22  jan- 
vier 1908.  Les  parties  n'ayant  pu  s'entendre  au  cours  des  procédures,  la  commission 
rapporte  qu'elle  a  d'abord  examiné  la  troisième  difficulté,  qui  est  celle  du  mode  de 
paiement  du  minéral,  et  qu'elle  a  décidé  qu'un  moyen  satisfaisant  de  vérifier  le  poids 
de  la  houille  était  d'en  prendre  la  densité;  et  elle  a  indiqué  ce  qu'elle  regardait 
comme  une  juste  détermination  de  la  pesanteur.  Quant  à  la  deuxième  difficulté,  celle 
qui  touche  à  l'adoption  d'une  échelle  générale  de  salaires  pour  ceux  qui  taillent  la 
houille  et  leurs  chargeurs,  la  commission  déclare  que  cette  question  a  souffert  peu  de 
difficulté,  sauf  pour  certains  détails  peu  nombreux.  On  avait  au  mois  de  mai  précédent 
discuté,  entre  les  hommes  et  la  direction,  une  série  de  prix,  au  principe  de  laquelle 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  375 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

l'une  et  l'autre  partie  avait  adhéré,  et  dont  presque  tout  les  détails  avaient  été  réglés 
à  la  suite  de  conférences  répétées.  La  commission  mit  à  l'étude  les  diverses  questions 
non  encore  réglées,  et  elle  donna  dans  chaque  cas  son  avis.  Des  copies  de  ce  docu- 
ment tel  que  d'abord  rédigé  et  tel  que  modifié  par  la  suite  accompagnent  le  rapport. 
Certaines  parties  de  cette  pièce  se  rapportent  à  la  question  du  paiement  de  la  pierre 
dans  la  taille  des  piliers,  et  la  commission,  en  discutant  ces  points,  a  fait  allusion  à  la 
question  générale  de  la  pierre  dans  les  piliers,  et  à  la  commission  antérieure  qui  avait 
quelque  peu  traité  cette  qustion  au  point  de  vue  de  la  loi.  Le  rapport  fait  observer 
que,  la  compagnie  n'ayant  produit  aucune  déclaration  en  réponse  à  la  demande  de  la 
loge,  la  commission  avait  dû  s'en  reposer  uniquement  sur  la  preuve  fournie  par  cette 
dernière;  mais  impossible  de  concevoir  que  la  compagnie  eût  pu  démontrer  que  le 
principe  n'en  avait  pas  été  agréé  par  les  parties  et  que  ces  dernières  ne  l'avaient  pas 
adopté  dans  une  très  large  mesure.  Sur  ce  point  le  rapport  dit:  "Il  paraît  évident  à 
la  commission  que,  si  l'on  avait  eu  aux  houillères  de  Springhill  une  échelle  de  salaires, 
jamais  il  ne  fut  survenu  entre  la  compagnie  et  ses  employés  autant  de  désagréments 
et  de  froissement".  La  commission  recommande  l'adoption,  pour  une  période  de 
trois  ans,  de  la  série  de  prix  telle  qu'amendée, 

Il  a  été  produit,  pour  faire  partie  du  rapport,  une  lettre  adressée  par  M.  Donkin, 
de  la  commission,  à  M.  H.  Mclnnes,  l'avocat  de  la  compagnie,  lequel  (M.  Donkin) 
demande,  de  la  part  de  la  commission,  que  la  compagnie  veuille  bien  entrer  en  pour- 
parlers avec  ses  employés  pour  une  échelle  de  salaires  qui  pourrait  être  convenue. 
M.  Donkin  fait  obsrver  que  les  employés  seraient  disposés  à  consentir  certaines  modi- 
fications si,  par  là,  ils  peuvent  espérer  de  contenter  la  compagnie.  La  réponse  de  la 
compagnie  a  été  aussi  insérée  au  rapport.  Dans  cette  communication,  envoyée  par  le 
télégraphe,  M.  Mclnnes  dit  qu'il  a  discuté  la  question  d'une  échelle  de  salaires  avec 
le  gérant  général,  lequel  soutient  qu'une  échelle  comme  on  la  voudrait  serait  imprati- 
cable dans  un  lieu  comme  Springhill.  M.  Mclnnes  s'est  quelque  peu  étendu  sur  ce 
point,  et  il  dit,  en  terminant,  qu'une  échelle  de  salaires,  pour  être  convenable  et  hon- 
nête, laisserait  encore  tant  de  choses  à  déterminer  par  les  conditions  locales  qu'elle 
serait  à  peu  près  sans  valeur. 

LA  COMPAGNIE  REFUSE  D'ACCEPTER   LA  DECISION  DU  BUREAU. 

Des  copies  du  rapport  de  la  commission  ont  été  envoyées  aux  intéressés,  et,  le  3 
février,  le  ministère  a  reçu  de  la  compagnie  la  communication  suivante: 

Springhill  (N.-E.),  27  janvier  1908 

M.  W.  L.  MACKENZIE  KING, 
Sous-ministre  du  Travail 

et  grenier  des  bureaux  de  conciliation  et  d'enquête, 
Ottawa,  Ont. 
Monsieur, — J'accuse  réception  de  votre  lettre  du  23  courant  et  de  la  copie  qui 
s'y  trouve  du  rapport  fait  le  18  janvier  au  ministre  du  Travail  par  le  bureau  de  con- 
ciliation et  d'enquête. 

J'ai  l'honneur  de  vous  faire  savoir  que  l'ultimatum  adressé  par  la  compagnie  à 
ses  employés,  en  grève  depuis  treize  semaines,  nonobstant  la  décision  rendue  par  une 


376  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

première  commission  sur  ce  que  Ton  appelle  la  question  de  la  pierre,  était  conçue  dans 
les  termes  qui  suivent: — 

"Les  hommes  pourront  reprendre  le  travail  sous  la  condition  impérative 
qu'ils  se  soumettent  à  la  décision  rendue  par  le  bureau  de  conciliation,  et  qu'il 
ne  saurait  être  question,  ni  maintenant  ni  plus  tard,  d'augmenter  les  salaires 
dans  le  district  dont  parle  la  décision.  Le  président  comme  les  directeurs  de 
cette  compagnie  ont  décidé  et  décident  que  les  hommes  devront,  en  reprenant 
l'ouvrage,  accepter  absolument  les  mêmes  conditions  qui  les  gouvernaient  lors- 
que, malgré  la  décision  du  bureau  de  conciliation,  ils  ont  cru  devoir  quitter  le 
travail  le  31  juillet.  La  compagnie  ne  peut  rien  ajouter  au  chiffre  déjà  surélevé 
des  salaires,  et  elle  n'entend  pas  le  faire.  Ce  serait  augmenter  le  coût  de  la  pro- 
duction, et  il  ne  le  faut  pas.  Que  ceci  soit  bien  compris  par  les  hommes,  et  qu'ils 
retournent  à  l'ouvrage."     , 

La  compagnie  n'est  pas  revenue  sur  cette  détermination  et  ce  n'est  pas  son  in- 
tention de  le  faire.  J'ai  l'honneur  donc  de  vous  faire  savoir  qu'elle  n'entendra  rien  à 
la  décision  de  cette  troisième  commission. 

Il  est  impossible  à  la  compagnie  de  songer  à  une  augmentation  quelconque  des 
salaires,  et  elle  ne  les  augmentera  pas. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

J.  K,  COWANS, 

Gérant  général. 

LES    EMPLOYÉS   ACCEPTENT    LA    DECISION    DU    BUREAU. 

Le  ministère  a,  le  5  février,  reçu  des  employés  la  communication  suivante,  où  ils 
acceptent  la  décision  du  bureau  : — 

Springhill,  (N.-E.),  2  février  1908. 

Dans  l'affaire  de  la  loi  de  1907  sur  l'enquête  dans  les  différends  industriels,  et  du 
différend  existant  entre  la  Cumberland  Railway  and  Coal  Company  et  la  loge  n°  1 
des  pionniers  de  l'association  provinciale  des  ouvriers. 

Monsieur, — Je  suis  chargé  d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  23  janvier  der- 
nier et  d'une  copie  du  rapport  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquêtee  nommé  pour 
examiner  le  susdit  différend. 

Je  suis  en  outre  chargé  de  vous  faire  savoir  que  la  loge  des  pionniers  a  reçue  le 
rapport  de  la  commission  et  accepte  de  se  conformer  à  la  décision  qui  s'y  trouve  re- 
latée. 

Votre  obéissant  serviteur, 

C.  N.  WARD, 
Secrétaire  de  la  loge  n°  1  des  pionniers,  A.P.O. 
Springhill  (N.-E.),  tiroir  573. 

M.  W.  L.  MACKENZIE  KING, 

Sous-ministre  du  Travail, 
Ottawa. 

Il  est  peut-être  bon  de  dire  que,  si  les  parties  contendantes  ont  refusé  d'accepter 
la  décision  du  bureau,  le  travail  n'en  a  pas  moins  continué  aux  mines  sans  interrup- 
tion. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  377 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

RAPPORT    DE    LA    COMMISSION. 

Le  rapport  de  la  commission  est  comme  suit  : — 

Dans  l'affaire  de  la  loi  de  1907  sur  l'enquête  dans  les  différends  industriels,  et  de  la 
Cumberïand  Railway  and  Coal  Company,  d'une  part,  et  la  loge  n°  1  des  pion- 
niers de  l'association  provinciale  des  ouvriers,  d'autre  part. 

Rapport  du  bureau  de  conciliation  et  d'enquête: — 

La  commission,  composée,  sur  proposition  de  la  loge,  pour  représenter  les  em- 
ployés, de  M.  R.  B.  Murray;  pour  représenter  la  compagnie,  de  M.  Iliram  Donkin, 
et,  pour  président,  M.  le  juge  Patterson, — s'est,  conformément  à  un  avis  donné  aux 
intéressés  par  le  président,  réunie  le  8  janvier  1908,  à  3  heures  de  l'après-midi,  dans 
la  salle  publique  de  Springhill,  qui  est  le  lieu  où  le  différend  a  pris  naissance;  et, 
après  avoir  prêté  le  serment  prescrit  pour  l'occasion,  la  commission  a  procédé  à  l'exa- 
men des  difficultés  à  elle  soumises. 

Il  a  été  produit  devant  le  bureau,  par  M.  William  Watkins,  secrétaire  de  la  loge 
n°  1  des  pionniers,  un  certificat  de  la  loge  nommant  MM.  Alexander  E.  McPherson, 
E.  B.  Paul  et  J.  B.  Moss,  chargés  de  présenter  l'affaire  pour  la  loge  devant  la  commis- 
sion.    Il  ne  s'est  trouvé  là  personne  pour  la  compagnie. 

Le  président  a  consacré  le  reste  de  l'après-midi  à  tenter  de  s'assurer  si  les  parties 
ne  pourraient  pas  entre  elles  régler  les  choses  en  dispute.  Les  représentants  de  la 
loge  lui  ont  assuré  qu'ils  avaient,  sans  succès,  épuisé  tous  les  moyens  d'obtenir  un 
règlement  de  la  compagnie.  L'insuccès  des  tentatives  de  la  commission  elle-même 
pour  engager  la  compagnie  à  entrer  en  pourparlers  avec  la  loge  en  vue  d'un  règlement 
amical  de  leur  querelle  ne  laisse  aucun  doute  à  la  commission  sur  la  vérité  des  dires 
des  représentants  de  la  loge. 

L'audition  des  témoignages  s'est  commencée  a  dix  heures  dans  la  matinée  du  9 
janvier  et  s'est  continuée  toute  la  journée,  sauf  l'interruption  du  midi.  Le  lende- 
main, séance  ouverte  à  dix  heures;  audition  reprise  et  continuée,  comme  la  veille, 
toute  la  journée,  sauf  la  même  suspension.  Le  lendemain,  à  dix  heures,  reprise  de 
l'audition,  terminée  sur  les  deux  heures.  Le  sténographe  étant  incapable  de  fournir 
sur-le-champ  des  copies  complètes  de  la  preuve,  la  commissoin  décida  d'avoir,  le  16 
du  courant,  une  séance  à  Truro  pour  dresser  son  rapport.  .M.  Donkin  étant  ce  jour- 
là  indisposé,  il  fut  entendu  que  la  séance  serait  tenue  à  Halifax.  Le  matin  du  9,  M. 
Donkin,  avec  l'agrément  de  la  loge,  s'était  rendu  au  bureau  de  la  compagnie  pour  y 
entamer  des  négociations  en  vue  d'un  règlement  de  la  difficulté.  Le  sous-gérant  gé- 
néral le  renvoya  à  M.  IL  Mclnnes,  C.R.,  l'avocat  de  la  compagnie.  M.  Donkin  s'a- 
boucha par  le  téléphone  avec  M.  Mclnnes  et  lui  dit  que,  pour  lui,  il  ne  voyait  que  bien 
peu  de  différences  dans  les  prétentions  respectives  de  la  compagnie  et  de  ses  employés, 
que  ces  derniers  étaient  tout  disposés  à  entrer  en  pourparlers  avec  des  représentants 
de  la  compagnie  pour  un  arrangement  qui  éliminerait  tous  les  autres  points  de  con- 
troverse. Il  lui  fit  observer  que  cela  serait  pour  tous  les  intéressés  plus  satisfaisant 
que  de  soumettre  ces  questions  à  des  personnes  du  dehors.  M.  Donkin,  à  la  demande 
de  M.  Mclnnes,  lui  adressa  une  lettre  relatant  ce  qu'il  lui  avait  dit  au  téléphone. 
Copie  de  cette  lettre  est  annexée  à  ce  rapport.  A  cette  lettre  M.  Donkin  reçut  une 
réponse,  par  dépêche  télégraphique,  lui  signifiant  l'impossibilité  d'établir  une  échelle 
de  salaires  fixe  pour  les  mines  de  Springhill.    Une  copie  de  cette  réponse  est  également 


378  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
annexée  aux  présentes.  Il  peut  être  bon  de  mentionner  tout  de  suite,  comme  il  appa- 
raîtra plus  clairement  ci-après,  qu'il  avait  été,  au  mois  de  mai  dernier,  adopté  une 
échelle  de  salaires,  que  l'on  avait  même  dressée  dans  les  formes,  et  qui  avait  reçu  l'ad- 
hésion et  des  employés  et  de  la  direction,  sauf  pour  certains  points  peu  nombreux,  et 
pour  la  plupart  de  peu  d'importance. 

La  demande  constate  trois  motifs  de  difficulté;  mais,  on  verra  à  la  dernière  page 
des  minutes  que  la  loge  n'a  produit  aucune  preuve  à  l'appui  du  premier  de  ces  motifs 
de  difficulté.  La  troisième  affaire,  celle  qui  touche  à  un  changement  dans  le  mode  du 
paiement  du  minéral  extrait,  a  été  entendue  la  première. 

La  preuve  semble  démontrer  que  depuis  au  moins  vingt-cinq  ans  on  a  accepté 
comme  base  de  pesage  le  poids  de  deux  pieds  cubes  de  houille  solide;  c'est  ce  que  l'on 
considérait  comme  étant  l'équivalent  d'une  boîte  de  houille  minée,  et  ce  que  l'on  présu- 
mait devoir  peser  1,650  livres.  Le  poids  de  la  boîte  de  houille  était  chose  arbitraire 
et  d'importance  secondaire:  c'étaient  les  22  pieds  cubes  de  houille  solide  qui  consti- 
tuaient la  base  de  la  pesée. 

Au  cours  des  temps,  il  s'est  élevé  entre  les  ouvriers  et  la  direction  une  question 
au  sujet  de  ce  que  devai't  être  une  boîte  de  houille.  Une  boîte  pleine  jusqu'aux  bords 
dans  la  galerie  n'arrivera  pas  à  la  tête  du  puits  dans  le  même  degré  de  plénitude.  Il 
avait  été  convenu  entre  la  direction  et  les  employés  que,  si  la  déperdition  n'allait  pas 
à  plus  de  six  pouces,  la  boîte  serait  considérée  comme  pleine.  Pour  plus  de  six  pouces 
de  déperdition,  la  boîte  était  en  défaut.  Nonobstant  cette  entente,  on  découvrit  que 
pendant  au  moins  six  ans  aucune  boîte  n'avait  passé  pour  être  en  défaut.  En  1906, 
les  employés  s'adressèrent  au  commissaire  des  mines  de  la  province  de  la  Nouvelle- 
Ecosse,  le  priant  d'ordonner  l'installation  de  pesées  aux  bords  du  puits,  de  façon  que 
l'ouvrier  fût  payé  pour  la  tonne  (2,240  liv.),  et  non  pour  la  boîte.  Ces  pesées  furent 
établies  pendant  la  grève  de  l'an  dernier. 

En  1907,  la  compagnie,  par  des  méthodes  qui,  en  raison  de  l'attitude  de  la  com- 
pagnie en  négligeant  de  comparaître  devant  le  tribunal,  sont  ignorées  de  la  commis- 
sion, a  fait  l'épreuve  du  poids  des  boîtes  en  vue  d'arriver  à  la  déterminatino  d'un  poids 
type.  Ce  poids  a  été,  pour  la  mine  n°  2,  de  1,843  livres,  et,  pour  la  mine  n°  3,  2,009 
livres.  Les  boîtes  pesant  aujourd'hui  moins  que  ces  chiffres  sont  retranchées  de  la 
différence;  mais,  au  cas  d'un  excès  de  poids,  cet  excès  est  compté  aux  hommes.  Comme 
il  a  déjà  été  dit,  le  poids  normal  d'une  boîte  de  houille  avait,  pendant  au  moins  vingt- 
cinq  ans,  par  suite  d'un  accord  avec  la  compagnie  (accord  dont  une  copie  est  annexée 
à  ce  rapport),  été  fixée  à  1,650  livres.  On  voit  par  conséquent  que  le  poids  normal  de 
la  boîte  de  houille  a  été  haussé  par  la  compagnie,  pour  la  mine  n°  3,  de  359  livres,  et, 
pour  la  mine  n°  2,  de  193  livres.  Il  est  bien  connu  que  la  houille  extraite  de  la  mine 
n°  3  est  plus  petite  que  celle  de  la  mine  n°  2.  Elle  doit  donc  peser  par  boîte  de  même 
capacité,  plus  que  la  grosse  houille  extraite  de  la  mine  n°  2 — c'est  ce  qui,  pour  la  plus 
grande  part,  explique  la  différence  de  poids  de  la  houille  extraite  de  ces  mines.  Cette 
différence  peut  encore  en  partie  s'expliquer  par  le  fait  que  les  boîtes  de  houille  mouil- 
lée de  la  mine  n°  3,  se  sont  trouvées,  au  cours  de  l'épreuve,  en  plus  grand  nombre  que 
celles  de  houille  mouillée  provenant  de  la  mine  n°  2.  Cette  énorme  différence,  toute- 
fois, ne  se  justifie  pas  à  la  lumière  des  calculs  scientifiques  basés  sur  le  poids  spéci- 
fique de  la  houille,  comme  il  apparaîtra  plus  évidemment  ci-après.  La  preuve  a  été 
faite  que  les  boîtes  chargées  à  pleins  bords  de  houille  sèche  dans  la  galerie,  conformé- 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  379 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

ment  à  l'ancien  accord  (aussi  annexé  à  ce  rapport),  ne  pouvaient  contenir  respective- 
ment 2,000  et  1,843  liv.;  que  pour  obtenir  ces  poids,  il  a  fallu  que  l'on  chargeât  les 
boîtes  d'une  autre  manière;  et  il  paraît  bien  que  c'est  là  ce  qui  s'est  fait  au  cours  de 
l'épreuve.  Dans  certains  cas,  les  boîtes,  après  avoir  fait  un  assez  long  trajet  et  s'être 
nécessairement  tassées,  étaient  renvoyées,  par  ordre  de  la  compagnie,  à  une  des  chutes 
de  cette  dernière  pour  y  ajouter  du  charbon.  Le  détail  des  déductions  et  des  amendes 
fait  voir  non  moins  clairement  que  l'on  a  dû  pendant  ce  temps-là  se  servir  d'un  sys- 
tème différent  d'amendes  et  de  déductions. 

Les  témoins  jurent  les  uns  après  les  autres,  qu'au  mois  de  décembre,  quand  la 
compagnie  eut  fixé  ce  type  dont  il  est  parlé  plus  haut,  des  boîtes  ont  été  rejetées,  qui 
cependant  étaient  chargées  de  manière  à  remplir  fidèlement  les  conditions  de  l'accord 
en  dernier  lieu  mentionné.  Une  conclusion  qui  s'impose,  c'est  que,  dans  le  cours  de 
l'épreuve,  il  se  trouvait  dans  les  boîtes  une  grande  quantité  de  roche.  Il  n'y  a  eu,  pen- 
dant ce  temps,  que  137  déductions  et  15  amendes  pour  de  la  roche  dans  toute  la  mine 
n°  3.  En  décembre,  pour  un  même  laps  de  temps,  alors  qu'il  a  été  extrait  moins  de 
houille  et  qu'il  se  trouvait  moins  d'ouvriers  à  l'ouvrage,  il  y  a  eu  pour  cette  même 
mine  430  déductions  et  129  amendes.  Pour  la  mine  n°  2,  les  chiffres  sont  non  moins 
frappants:  dans  le  temps  où  la  compagnie  cherchait  à  fixer  un  type  pour  le  poids,  les 
déductions  ont  été  de  44,  et  les  amendes  24;  tandis  que,  dans  la  période  correspon- 
dante du  mois  suivant,  l'on  a  compté  111  déductions  et  126  amendes. 

L'avis  de  la  commission  est  que  le  poids  spécifique  est  la  seule  base  raisonnable 
qu'il  conviendrait  d'adopter  dans  la  pesée  de  la  houille.  Par  une  pièce  produite  à 
l'enquête,  on  voit  que  pour  la  mine  n°  3  la  densité  de  la  houille  est  de  1-29,  et  pour 
la  mine  n°  2  de  1-2821  Dans  l'un  et  l'autre  cas  l'on  a  pris  le  pied  cube  d'eau  à 
62-335;  par  suite,  le  poids  d'un  pied  cube  de  houille  solide  serait  de  62-335  multiplié 
par  1-29  pour  la  mine  n°  3,  et  par  1-282  pour  la  mine  n°  2.  En  d'autres  termes,  80-41 
livres  pour  la  mine  n°  3  et  70-91  pour  la  mine  n°  2. 

Si  l'on  se  rappelle  que,  pendant  au  moins  vingt-cinq  ans,  le  type  de  pesée  a  été, 
pour  ces  mines,  les  22  pieds  cubes,  il  résulte  que,  multipliés  par  22,  les  chiffres  ci- 
dessus  donneront  1,769  liv.  par  boîte  pour  la  mine  n°  3,  et  1,758  liv.  pour  la  mine  n°  2. 
La  commission  a  ordonné  de  prendre  des  mesures  en  vue  de  déterminer  la  capa- 
cité cubique  des  boîtes  que  l'on  emploie,  et  l'on  a  trouvé  35-2  pieds  cubes.  En  con- 
sultant les  autorités  sur  ce  point,  on  voit  que  cette  houille  bitumineuse  pèse  50  liv. 
au  pied  cube.  D'après  cela  une  boîte  de  houille  pèserait  1,760  liv. — ce  qui  confirme 
l'exactitude  des  premiers  calculs. 

On  a  aussi  vérifié  le  contenu  de  la  boîte  rendue  au  bord  du  puits,  et  l'on  a  trouvé 
qu'il  y  manquait  quatre  pouces.  Ceci  a  été  regardé  comme  une  houille  assez  peu 
secouée — et  les  mêmes  autorités  portent  à  54  liv.  par  pied  cube  le  poids  de  telle  houille. 
La  boîte,  dans  ces  conditions,  pèserait  1,650  liv.;  ce  qui  montre  bien  que  l'ancien  type 
était  à  peu  près  exact.  Ce  calcul,  appliqué  à  une  boîte  arrivée  pleine  à  la  tête  du 
puits,  donnerait  un  poids  de  1,900  liv.;  mais  la  preuve  établie  hors  de  tout  doute 
qu'une  boîte  que  l'on  met  pleine  dans  la  galerie,  comme  le  veut  l'accord  dont  il  est 
parlé  ci-dessus,  n'arrive  pas  à  la  tête  du  puits  pleine  jusqu'aux  bords. 

Encore  qu'il  ne  soit  pas  douteux  que  la  densité  des  houilles  extraites  des  mine3 
n°  3  et  n°  2  soit  respectivement  de  1-29  et  de  1-282,  et  que  les  calculs  basés  sur  ces 
chiffres  soient  incontestablement  exacts,  la  commission  ne  voudrait  pas  dire  que  cette 


380  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
densité  a  été  finalement  déterminée  par  nue  seule  épreuve.  Ce  qu'elle  n'hésitera  pas 
à  dire,  toutefois,  c'est  que,  la  seule  base  convenable  pour  la  conversion  du  prix  par 
boîtes  en  prix  par  tonnes  est  cette  exacte  détermination  du  poids  spécifique  ;  et,  si  les 
22  pieds  cubes  de  houille  solide  ont  servi  de  base  au  prix  par  boîte — et  la  chose  est 
indéniable — il  est  possible  d'obtenir,  avec  une  rigoureuse  exactitude,  la  conversion  de 
ce  prix  en  son  équivalent  par  tonne  (de  2,240  liv.),  comme  il  est  indiqué  sur  les  balan- 
ces. La  loge,  à  maintes  reprises  au  cours  de  l'audition,  a  fait  savoir  qu'elle  était  dis- 
posée à  accepter  une  pesée  scientifiquement  déterminée,  encore  que  le  poids  de  la  boîte 
dépasse  indéniablement  celui  qu'a  donné  pendant  plus  de  25  ans  le  type  accepté.  La 
détermination  des  pesanteurs,  de  1,769  liv.  pour  la  mine  n°  3  et  de  1,758  liv.  pour  la 
mine  n°  2,  semble  avoir  un  tel  degré  d'exactitude  que  la  commission  proposerait 
d'adopter  comme  poids  normal  des  22  pieds  cubes  de  houille  solide  le  chiffre  de  1,770 
liv.  pour  l'une  et  l'autre  mine.  Les  employés  sont  disposés  à  accepter  ce  type.  On 
ne  devra  pas  penser  cependant  que  la  commission,  en  faisant  cette  proposition,  désire 
que  l'on  discontinue  le  mesurage  de  la  houille  extraite.  Ce  mesurage  doit  se  faire  en 
vue  d'une  juste  distribution  des  recettes  parmi  les  ouvriers. 

Le  deuxième  point  se  rattache  à  l'adoption  d'une  échelle  générale  des  salaires 
pour  les  mineurs  et  leurs  chargeurs.  Ici,  peu  de  difficulté,  sauf  pour  quelques  menus 
détails.  La  preuve  a  établi  d'une  manière  concluante  qu'au  mois  de  mai  dernier,  cette 
question  d'une  échelle  de  salaires  a  été  discutée  entre  la  direction  et  les  employés;  que 
Ton  est  tombé  d'accord  sur  le  principe  de  la  chose,  et,  bien  plus,  que  presque  tous  les 
détails  en  ont  été  convenus  à  la  suite  de  conférences  entre  la  direction  et  un  comité 
de  la  loge.  Pour  préciser,  nous  dirons  que  l'échelle  comprenait  deux  chapitres,  l'un 
pour  la  mine  n°  2  et  l'autre  pour  la  mine  n°  3.  Chacun  de  ces  chapitres  se  subdivi- 
sait en  63  articles  (les  notes  des  témoignages  disent  "item";  mais  le  mot  section 
convient  mieux,  et  c'est  celui  qu'adoptera  ce  rapport). 

La  commission  n'entend  pas  prendre  la  liberté  de  s'immiscer  dans  les  choses  sur 
lesquelles  il  y  a  eu  accord  entre  les  parties  ;  elle  confirmera,  sans  autre  discussion,  ces 
sections  ainsi  acceptées  de  part  et  d'autre,  et  elle  en  recommande  l'adoptino,  sous  les 
suivantes  :  1,  2,  3,  4,  5,  6,  7,  8,  9,  10,  11,  12,  14,  16,  17,  18,  19,  20,  21,  23,  24,  mais  deux 
paragraphes  dont  il  sera  parlé  en  même  temps  que  les  sections  25  et  27,  et  un  autre 
dont  il  sera  parlé  tantôt;  28,  29,  33,  34,  35,  36 — (le  deuxième  paragraphe  de  cette 
section  36,  le  boisage  n'a  pas  été  convenu,  la  direction  prétendant  qu'il  ne  se  ferait 
dans  cette  mine  aucun  travail  de  cette  sorte.  Les  prix  demandés  sont  ceux  qui  se 
donnent  pour  ce  genre  de  travaux  dans  la  mine;  et,  s'il  s'en  présentait,  il  faudra  les 
payer  d'après  le  prix  spécifié) — 37,  38,  39 — {même  remarque  pour  le  deuxième  para- 
graphe de  cette  section  39  que  pour  la  section  36) — 40 — (la  direction  s'est  opposée  au 
paragraphe  3  de  cette  section  40,  et  la  commission  n'ayant  pu  s'assurer  si  le  bois  de 
cette  mine  se  payait,  elle  a  maintenu  la  prétention  de  la  direction) — 41,  42,  44,  45, 
46,  47,  48,  49,  51 — (il  n'y  a  pas  eu  accord  pour  les  paragraphes  relatifs  aux  ouvertures 
pour  ventilateurs,  la  pose  des  ventilateurs,  déplacement  des  chèvres,  la  pierre  dans 
lee  piliers  pour  une  épaisseur  allant  à  4  pouces  ou  plus,  et  les  couronnements,  et  nous 
y  reviendront  plus  tard)— 52,  53,  54,  55,  56,  57,  59  et  60. 

Quant  aux  sections  qui  restent,  savoir,  les  sections  31,  32,  62  et  63,  elles  n'ont  pas 
de  place  dans  une  échelle  de  salaire,  et  les  pouvoirs  de  la  commission  ne  permettent 
pas  qu'elle  y  porte  son  attention. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  681 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Les  sections  30  et  61  semblent  être  absolument  superflues. 

Les  sections  13  et  43  ont  été  insérées,  à  ce  que  croit  la  commission,  dans  le  but  de 
parer  aux  éventualités  futures,  mais  comme  il  s'agit  surtout  de  répondre  aux  exigen- 
ces de  la  situation  actuelle,  la  commission  n'a  pas  cru  devoir  intercaler  ces  sections 
dans  la  liste  dont  elle  recommande  l'adoption. 

Sections  15  et  20.  Les  témoignages  rendus  relativement  à  ces  sections  montrent 
que  lorsque  les  vieilles  pièces  de  bois  étaient  enlevées  et  remplacées  par  des  neuves, 
les  ouvriers  recevaient  double  salaire.  La  commission  a  fait  une  modification  qui  lui 
paraissait  nécessaire,  et  avec  cette  modification,  elle  a  inséré  ces  sections  dans  la  liste. 

Dans  la  section  24,  il  y  a  deux  item  sur  lesquels  l'on  n'est  pas  tombé  d'accord, 
savoir:  "manœuvre  des  chèvres  et  déchargement"  et  "déplacement  des  chèvres".  Sans 
examiner  minutieusement  les  témoignages  rendus,  la  commission  recommande  que 
l'item  "  manœuvre  des  chèvres  et  déchargement  "  soit  biffé  et  que  l'item  "  déplace- 
ment des  chèvres  "  soit  divisé  en  3  parties  comme  suit  : — 

Déplacer  les  chèvres  d'un  côté  à  l'autre  de  la  chute $     50 

Déplacer  les  chèvres  en  descendant  la  chute 1  00 

Déplacer  les  chèvres  en  remontant  la  chute 1  50 

L'item  "  déplacement  des  chèvres  "  dans  la  section  51  devra  être  modifié  de  la 
même  manière. 

L'item  "  ocnstruction  de  couronnements  ",  dans  les  sections  27  et  51,  reste  tel 
quel. 

Quant  aux  item  "  pratiquer  des  ouvertures  pour  ventilateurs  "  et  "  pose  de 
ventilateurs  ",  le  gérant  de  la  compagnie  a  prétendu  qu'il  ne  se  faisait  aucun  travail 
de  ce  genre  dans  la  mine  n°  3.  Il  paraîtrait,  cependant,  que  depuis  que  des  négocia- 
tions ont  été  entamées,  il  a  été  établi  des  ventilateurs,  et  que  les  prix  demandés  sont 
ceux  actuellement  payés.     Nous  avons  par  conséquent  laissé  ces  item  tels  quels. 

Il  ne  nous  reste  plus  qu'à  parler  de  la  section  26  et  d'un  ifem  de  la  section  51  qui, 
se  rapportent  à  la  mine  n°  2  et  à  la  mine  n°  3,  respectivement.  Il  s'agit  de  la  pierre 
qui  se  rencontre  au  cours  de  l'abatage  des  piliers,  et  c'est  là  la  seule  question  que  la 
commission  ait  eu  quelque  difficulté  à  résoudre.  D'après  les  mineurs,  la  pierre  que 
renferment  les  piliers  devrait  être  payée,  dans  les  deux  mines,  aux  prix  demandés. 
Mais  la  commission  ne  peut  ignorer  le  fait  (qui  est  de  notoriété  générale)  qu'une 
commission  antérieure  nommée  sous  l'empire  de  la  loi  relative  aux  différends  indus- 
triels a  examiné  cette  question  et  a  rendu  une  décision  qui  a  soulevé  une  vive  discus- 
sion et  d'acerbes  critiques.  Si  l'on  avait  mieux  compris  cette  décision  et  si  on  l'avait 
étudiée  à  fond,  on  ne  l'aurait  pas  critiquée  comme  on  l'a  fait.  La  commission  en 
question  avait  à  examiner  deux  griefs,  au  premier  desquels  nous  n'avons  rien  à  voir. 
Le  second  grief  est  exposé  comme  suit  : — 

"  Le  second  différend  qui  s'est  élevé  entre  les  parties  porte  sur  la  question  de  la 
"  pierre  locale  ".  En  ces  dernières  années,  il  a  été  d'usage,  dans  cette  houillère,  de 
payer  les  mineurs  pour  toute  la  pierre  qui  se  rencontrait  dans  les  piliers  en  épaisseur 
de  4  pouces  ou  plus.  Or,  il  se  rencontre  actuellement  de  la  pierre  dans  les  piliers  de 
la  galerie  horizontale  2,600  de  la  mine  n°  3,  et  l'on  prétend  que  les  mineurs  devraient 
être  payés  pour  cette  pierre  lorsqu'elle  a  4  pouces  ou  plus  d'épaisseur." 

Comme  on  le  voit,  il  s'agissait  simplement  de  "  la  pierre  dans  la  galerie  hori- 
zontale de  2,600  pieds  de  la  mine  n°  3  ".     La  commission  qui  avait  été  chargée  de  dé- 


382  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
cider  ce  point  était  présidée  par  le  juge  Graham,  et  tous  ceux  qui  connaissent  ce  juge 
très  capable  et  très  consciencieux  savent  qu'il  ne  se  serait  pas  permis  d'outrepasser  sa 
commission  et  de  régler  des  questions  qui  n'étaient  pas  de  son  ressort. 

Nous  ne  voulons  pas  revenir  sur  une  affaire  qui  a  déjà  été  jugée  par  une  autre 
commission,  mais  il  nous  semble  évident  que  le  verdict  de  la  commission  dont  le  juge 
Graham  était  le  président  ne  s'appliquait  qu'à  la  galerie  horizontale  n°  2,600  de  la 
mine  n°  3.  Le  malentendu  qui  s'est  élevé  à  ce  sujet  est  dû  au  fait  que  le  juge  Graham, 
au  lieu  de  dire  que  la  pierre  "  dans  les  piliers  de  la  galerie  horizontale  n°  2,600  de  la 
mine  n°  3  "  ne  devait  pas  être  payée,  a  cru  devoir  faire  une  distinction  entre  les  en- 
droits de  cette  galerie  où  la  pierre  ne  devait  pas  être  payée  et  ceux  où  elle  devait 
l'être.  Cette  distinction  n'est  pas  clairement  établie  dans  le  rapport  de  la  commis- 
sion, mais  si  on  lit  attentivement  le  mémoire  qui  fut  subséquemment  soumis  par  le 
président,  l'on  verra  que  l'intention  des  membres  de  la  commission  était  que  la  pierre 
dans  les  piliers  de  la  galerie  horizontale  n°  2,600  de  la  mine  n°  3,  côté  ouest,  ne  de- 
vait pas  être  payée,  mais  que  rien  ne  fut  décidé  quant  à  la  pierre  qui  se  rencontrait 
ailleurs.  Comme  nous  l'avons  déjà  dit,  les  témoignages  rendus  nous  justifient  de 
croire  que  la  pierre  dans  les  piliers  autres  que  ceux  auxquels  s'applique  la  décision 
rendue  par  la  commission  antérieure  devrait  être  payée.  Nous  avons  par  conséquent 
inséré  telle  quelle  la  section  26  dans  la  liste  dont  nous  recommandons  l'ad- 
doption.  A  l'item  dans  la  section  51  se  rapportant  aux  piliers  pierreux,  nous  avons 
ajouté  les  mots  "  sauf  et  excepté  la  pierre  dans  les  piliers  de  la  galerie  horizontale 
2,600  de  la  mine  n°  3,  du  côté  ouest,  exploités  en  mai  1907  " — date  où  la  commission 
antérieure  a  été  constituée. 

M.  Murray  a  fortement  insisté  pour  que  cette  exception  ne  fût  pas  faite  et  pour 
qu'une  règle  générale  fût  établie  à  ce  sujet,  vu  que  la  compagnie  n'avait  donné  au- 
cunes explications  et  qu'elle  n'avait  pas  attiré  l'attention  de  la  commission  sur  le  fait 
qu'une  commission  antérieure  avait  partiellement  étudié  et  décidé  cette  question, 
mais,  dans  l'intérêt  de  la  paix  et  de  l'harmonie  et  parce  qu'une  décision  unanime 
aurait  beaucoup  plus  de  poids,  il  se  rallia  à  la  majorité. 

La  commission  a  annexé  au  présent  rapport,  pièce  "A",  la  liste  de  salaires 
approuvée  presque  entièrement  par  la  compagnie  et  ses  employés.  La  pièce  "  B  "  est 
la  liste  dont  la  commission  recommande  l'adoption. 

La  commission  n'a  pas  fixé  les  prix  par  tonne,  mais  a  maintenu  les  prix  par 
boîte  qui  étaient  payés  lorsque  la  chose  fut  discutée  entre  les  parties.  Une  fois  que 
le  poids  d'une  aura  été  établi,  il  sera  facile  de  déterminer  le  prix  à  payer  par  tonne. 

Il  a  été  prouvé  qu'au  mois  de  juin  dernier  et  lorsque  la  question  des  salaires  fut 
discutée  entre  le  comité  de  la  loge  et  la  compagnie,  M.  Cowans,  le  gérant  général  de 
la  compagnie,  exprima  le  désir  que  la  clause  suivante  fût  insérée  dans  la  conven- 
tion : — 

"Rien  de  contenu  dans  les  présentes  ne  devra  être  interprété  comme  empêchant 
l'une  ou  l'autre  des  parties  de  faire  une  demande  pour  la  nomination  d'une  commis- 
sion d'arbitres  sous  l'empire  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels, 
1907". 

La  commission  ne  croit  pas  que  cette  clause  soit  essentielle,  mais  elle  ne  voit  pas 
d'objection  à  ce  qu'elle  soit  insérée  dans  la  convention  annexée  à  la  liste  des  salaires, 
bi  la  compagnie  le  désire. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  383 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

La  compagnie  n'ayant  produit  aucun  mémoire  à  la  suite  de  la  demande  faite  pour 
la  nomination  d'une  commission  de  conciliation,  nous  n'avons  eu  pour  nous  guider 
que  les  témoignages  rendus  par  les  membres  de  la  loge.  D'après  la  preuve  qui  a  été 
faite  et  d'après  les  documents  qui  ont  été  déposés  devant  la  commisson,  il  est  impos- 
sible de  concevoir  que  la  compagnie  aurait  pu  démontrer  qu'il  était  faux — en  dépit 
de  ce  qu'affirmaient  les  mineurs — que  l'on  en  était  venu  à  une  entente  sur  la  plupart 
des  points  que  nous  avons  été  appelés  à  décider. 

Les  employés  se  plaignaient  depuis  longtemps  que  sans  une  échelle  de  salaires 
nul  ne  pouvait  dire  s'il  était  payé  aux  taux  courants  ou  non — que  souvent,  par  suite 
de  l'absence  d'une  échelle  de  salaires,  les  mineurs  travaillaient  à  des  prix  plus  bas 
que  ceux  établis  par  contrat  ou  autrement,  prix  que  la  compagnie  cherchait  ensuite  à 
faire  accepter  comme  salaires  réguliers.  D'un  autre  côté,  la  compagnie  (voir  le  télé- 
gramme de  son  avocat  à  M.  Donkin  dont  il  a  déjà  été  parlé)  se  plaint  que  les  mineurs 
demandaient  constamment  des  augmentations  de  salaires  et  des  gratifications  spéciales. 
Cette  attitude  des  parties  respectives  montre  clairement  qu'il  est  absolument  néces- 
saire d'établir  une  échelle  de  salaires.  Il  nous  paraît  évident  que  si,  par  le  passé,  une 
liste  indiquant  ce  qui  devait  être  payé  pour  tel  ou  tel  travail  dans  les  houillères  de 
Springhill  avait  été  adoptée,  les  différends  qui  se  sont  si  fréquemment  élevés  entre  la 
compagnie  et  ses  employés  auraient  été  presque  entièrement  évités. 

L'on  remarquera  qu'aucun  terme  n'est  mentionné  dans  la  convention  annexée  à 
la  liste  des  salaires.  C'est  le  désir  des  mineurs  (voir  déposition  de  Seaman  Terris, 
page  64)  que  la  convention  reste  en  vigueur  tant  que  l'on  continuera  à  travailler  aux 
mêmes  endroits,  c'est-à-dire,  d'après  les  calculs  de  Terris,  5  ans.  Il  nous  semble  que 
c'est  un  peu  trop  long,  et  nous  recommandons  que  le  terme  soit  fixé  à  3  ans. 

Les  dépositions  des  témoins  qui  ont  été  entendus  et  les  pièces  qui  ont  été  pro- 
duites accompagnent  le  présent  rapport. 

Le  tout  respectueusement  soumis. 

(Signé)        GEOEGE  PATTEESON, 

Président. 
E,  B.  MUEEAY, 
HIEAM  DONKIN. 

Halifax,  18  janvier  1908. 

DOCUMENTS  MENTIONNES  DANS  LE  RAPPORT. 

(Les  documents  dont  il  est  fait  mention  dans  le  rapport  et  qui  y  sont  annexés  sont 

reproduits  ci-dessous.) 

TELEGEAMME. 

10  janvier  1908. 
A  Hiram  Donkin, 

Springhill,  N.-E. 

J'ai  discuté  à  fond  la  question  des  salaires  avec  le  gérant  général.     Il  prétend 

que  la  liste  qui  nous  a  été  soumise  est  tout  à  fait  impraticable  dans  un  endroit  comme 

Springhill.     Si  les  veines  étaient  régulières  et  d'épaisseur  uniforme  partout,  comme,. 

par  exemple,  au  Cap-Breton  ou  aux  Etats-Unis,  il  ne  serait  pas  aussi  difficile  d'éta- 


384  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
blir  une  échelle  de  salaires.  Les  mineurs,  pour  diverses  causes,  demanderaient  cons- 
tamment des  augmentations  de  salaires,  de  sorte  que  la  convention  qui  aurait  été  faite 
ne  lierait  en  réalité  que  la  compagnie.  Nous  avons  toujours  été  disposés  à  rendre 
justice  à  nos  employés.  Le  salaire  de  chaque  ouvrier  est  indiqué  dans  son  compte 
mensuel.  Il  n'y  a  pas  de  conflit  entre  la  compagnie  et  ses  employés  excepté  lorsque 
ceux-ci  exigent  des  gratifications  additionnelles,  qui  ne  justifient  pas  les  conditions 
existantes.  Une  échelle  signifie  les  salaires  maximums  d'aujourd'hui  et  les  salaires 
minimums  de  demain.  Les  salaires  payés  à  Springhill  sont  ceux  qu  iont  été  fixés  le 
31  juillet  dernier;  ils  ne  peuvent  être  modifiés  sans  l'approbation  du  président  et  des 
directeurs  de  notre  compagnie.  Une  échelle  de  salaires  équitablement  et  honnêtement 
dressée  laisserait  indécises  tant  de  choses  qui  seraient  régies  par  les  conditions  locales 
qu'elle  n'aurait  pratiquement  aucune  valeur. 

HECTOK  McINNES. 
Springhill,  N.-E.,  9  janvier  1908. 

M.  H.  Mclnnes,  C.R, 

Avocat  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillères  de  Cumberland. 

Cher  Monsieur, — Permettez-moi  de  vous  répéter  ce  que  je  vous  ai  dit  aujour- 
d'hui au  cours  de  nos  conversations  par  le  téléphone,  à  savoir,  que  j'ai  discuté  à  fond 
avec  un  comité  des  mineurs  l'échelle  de  salaires  que  l'on  propose.  Les  mineurs  m'ont 
assuré  que  cette  échelle  est  basée  sur  les  salaires  actuellement  payés  à  Springhill; 
qu'ils  préféreraient  beaucoup  que  les  parties  en  vinssent  à  une  entente  sans  l'inter- 
vention d'une  commission  d'arbitres;  que  bien  que  l'on  soit  déjà  tombé  d'accord  sur 
presque  tous  les  points,  ils  sont  prêts  à  faire  certaines  concessions  à  la  compagnie. 
La  commission  croit  que  si  l'affaire  pouvait  être  réglée  entre  la  compagnie  et  ses  em- 
ployés sans  son  intervention,  ce  serait  bien  préférable.  Dans  le  cas  où  la  direction 
serait  disposée  à  accepter  le  principe  de  l'adoption  d'une  échelle  de  salaires  et  à  con- 
férer avec  les  mineurs  pour  tâcher  d'en  arriver  à  une  entente,  la  commission  s'ajour- 
nera et  ne  se  réunira  de  nouveau  que  si  un  arrangement  n'est  pas  conclu,  et  seulement 
pour  examiner  les  points  sur  lesquels  il  y  aura  désaccord. 

Veuillez  me  répondre  par  télégraphe  aussitôt  que  possible  demain  matin. 

Votre  tout  dévoué, 

(Signé)        HIRAM  DONKIN. 

Compte  rendu  de  la  conférence  tenue  à  Springhill  le  10  août  1890,  à  l'hôtel  Royal, 
entre  le  comité  de  la  Pioneer  Lodge  et  M.  H.  Swift,  représentant  la  Compagnie  de 
chemin  de  fer  et  de  houillères  de  Cumberland.  Présents:  l'honorable  W.  S. 
Pielding  et  E.  Gilpin,  fils. 

11  est  convenu  que  la  quantité  maximum  de  pierre  sera  de  24  livres  par  boîte. 
Lorsqu'il  y  en  aura  plus  que  24  livres,  une  amende  de  20  cents  sera  imposée;  s'il  y 
en  a  plus  de  45  livres,  la  boîte  sera  confisquée. 

Il  est  convenu  que  les  boîtes  dont  le  poids  sera  douteux  seront  pesées,  et  si  leur 
poids  est  de  moins  de  1,650  livres,  le  déficit  sera  déduit  en  proportion  du  prix  à  payer 
pour  la  boîte  complète. 

M.  Swift  s'engage  a  redresser  les  griefs  qui  lui  ont  été  soumis  lundi  soir. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  385 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Il  est  convenu  que  la  pierre  dans  les  piliers,  lorsqu'elle  excédera  4  pouces  d'épais- 
seur en  une,  deux  et  deux  ou  trois  et  une  couches,  sera  payée  au  taux  de  4  cents  le 
pouce. 

Il  est  convenu  que,  dans  les  endroits  fermés,  le  prix  pour  toute  pierre  sera  de  5 
cents  le  pouce. 

La  plainte  faite  par  Taylor  sera  considérée  comme  faisant  partie  des  griefs  qui 
ont  été  exposés  hier  soir. 

Le  comité  garantit  que,  après  qu'un  règlement  aura  été  effectué  sur  la  base  ci- 
dessus,  la  grève  prendra  fin,  et  que  tous  les  ouvriers  se  remettront  à  l'ouvrage,  pourvu 
qu'on  lui  permette  de  s'aboucher  immédiatement  avec  les  membres  de  la  loge  afin  de 
s'assurer  si  quelque  chose  n'a  pas  été  omis.  Dans  le  cas  où  il  existerait  d'autres 
griefs,  ceux-ci  seront  soumis  sans  retard  à  M.  Swift,  et  si  ce  dernier  considère  qu'ils 
ne  sont  pas  fondés,  il  pourra  retirer  l'offre  qu'il  a  faite  et  les  choses  en  resteront  au 
même  point  où  elles  en  étaient  auparavant. 

(Signé)     H.  SWIFT, 
Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillères  de  Cumberland. 

A.  D.  FERGUSON, 

Pioneer  Lodge. 

E.   GILPIN,  fils, 

Inspecteur  des  mines. 

POINTS    SUR   LESQUELS   PORTAIENT   LES   DIFFÉRENDS. 

Causes  du  renvoi  de  David  Conn. 

John  Larkin,  congédié  pour  avoir  refusé  de  travailler  10  jours  par  semaine;  a 
travaillé  9  jours. 

Aucun  ouvrier  ne  devrait  être  congédié  pour  avoir  passé  une  journée  seulement 
dans  la  geôle. 

Tous  les  chargeurs  devraient  recevoir  $1.25  par  jour,  sauf  ceux  qui  flânent. 

Robert  Fraser  et  James  Burns. 

Rails  croches,  dormants  et  pièces  de  couronnement. 

Réponses  impolies  reçues  de  fonctionnaires  subalternes  de  la  compagnie. 

L'échelle  des  salaires  devrait  être  modifiée. 

Tous  les  mineurs  devraient  travailler  pendant  le  temps  réglementaire. 

Le  vérificateur  des  pesées  devrait  être  suspendu. 

Le  corps  des  ouvriers  devrait  défendre  la  compagnie  en  cas  de  conflit. 

TEXTE  DU  PROJET  DE  CONVENTION. 

Contrat  passé  ce  jour  de  janvier  1893,  entre  la  Compagnie  de  chemin  de  fer 

et  de  houillères  de  Cumberland  et  les  ouvriers  de  la  dite  compagnie  employés 
dans  les  houillères  de  Springhill  relativement  au  remplissage  des  boîtes. 

1.  Toutes  les  boîtes  devront  être  remplies  à  leur  pleine  capacité. 

2.  Le  gérant  devra  voir  à  ce  que  -toutes  les  boîtes  soient  remplies  à  leur  capa- 
cité. 

3.  Le  contenu  de  toutes  boîtes  qui  sera  au-dessous  de  6  pouces  du  bord  sera 
considéré  comme  n'ayant  pas  la  mesure  voulue. 

36—25 


386  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

4.  Le  contremaître  et  le  vérificateur  des  pesées  détermineront  la  déduction 
à  faire  pour  insuffisance  de  mesure. 

5.  Le  présent  contrat  sera  enregistré  au  bureau  du  commissaire  des  mines,  à 
Halifax,  Nouvelle-Ecosse. 

Contrat  fait  et  passé  ce  jour  de  en  l'année  de  Notre- Seigneur 

1908  :— 

Entre  la  loge  Pioneer  n°  1,  A.P.O.,  représentée  par  le  comité  de  direction  de  la  dite 
loge,  d'une  part,  et  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillères  de  Cumber- 
land,  à  responsabilité  limitée,  d'autre  part: — 

Les  parties  aux  présentes,  croyant  qu'il  est  à  propos  de  fixer  les  prix  dans  les 
houillères  de  Springhill,  et  convaincues  qu'elles  sont  que  cela  tendrait  à  assurer  la 
paix  et  l'harmonie  entre  la  compagnie  et  ses  employés,  ont  accepté  et  agréé  l'échelle 
de  salaires  ci-jointe. 

Signé  et  scellé  en  présence  de 


Comité  de  direction  de  la  loge  Pioneer  n°  1,  A.P.O. 
(Sceau  de  la  loge) 


Gérant  général  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillères  de  Cumberland, 

à  responsabilité  limitée. 


COMPAGNIE  DE  CHEMIN  DE  FEE  ET  DE  HOUILLEKES  DE  CUM- 
BERLAND, A  RESP.  LIMITEE. 

PRIX  À  PAYER  POUR  ABATAGE  DE  LA  HOUILLE,  ETC. 

Mine  n°  2. 

1.  Galerie  horizontale,  2,400  pieds,  Aberdeen-est,  abatage  de  houille  com- 
pacte, 10  pieds  de  largeur,  32c.  par  boîte,  par  tonne  et  $1  la  verge. 

Boisage,  35c.  par  boîte  par  tonne,  et  75c.  la  verge. 

Extraction  de  la  houille  des  piliers  (y  compris  les  piliers  sur  lesquels  il  y 
aura  des  chemins  de  fer),  35c.  par  boîte,  par  tonne. 

2.  Galerie  horizontale  à  mi-chemin,  Aberdeen-est,  abatage  de  houille  com- 
pacte, 10  pieds  de  largeur  dans  la  galerie  principale,  32c.  par  boîte  par  tonne,  et 
$1  la  verge. 

Au-dessus  de  la  galerie  principale,  32c.  par  boîte,  par  tonne,  et  75c  la  verge. 
Extraction  de  la  houille  de  tous  pi<liers,  35c.  par  boîte    par  tonne. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  387 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

3.  A  mi-chemin,  veines  à  l'est  et  à  l'ouest  du  tunnel,  galerie  horizontale 
principale,  10  pieds  de  largeur,  35c.  par  boîte    par  tonne,  et  $1  la  verge. 

Au-dessus  de  la  galerie  principale,  32c.  par  boîte    par  tonne,  et  75c  la  verge. 
Extraction  de  la  houille  de  tous  piliers,  35c.  par  boîte    par  tonne. 

4.  A  mi-chemin,  veine  Minto,  est  et  ouest.  Abatage  de  houille  compacte,  10 
pieds  de  largeur  au-dessus  de  la  galerie  horizontale  principale,  35c.  par  boîte  par 
tonne,  et  75c.  la  verge. 

5.  Abatage  de  houille  compacte  dans  la  galerie  horizontale,  32c.  par  boîte 
par  tonne,  et  $1  la  verge. 

Extraction  de  la  houille  de  tous  piliers,  35c  par  boîte   par  tonne. 

6.  Aberdeen,  galerie  horizontale  inférieure,  à  l'est,  abatage  de  houille  com- 
pacte, 10  pieds  de  largeur,  32c.  par  boîte    par  tonne,  et  75c.  la  verge. 

Extraction  de  la  houille  de  tous  piliers,  35c.  par  boîte   par  tonne. 

7.  Aberdeen,  galerie  horizontale  inférieure,  à  l'ouest  de  la  faille,  houille  com- 
pacte, 10  pieds  de  largeur,  32c.  par  boîte   par  tonne  et  75c.  la  verge. 

Extraction  de  la  houille  de  tous  piliers,  35c.  par  boîte   par  tonne. 

8.  Puits  n°  5,  chute  34  à  descente  n°  2,  32c.  par  boîte  par  tonne,  et  75c.  la 
verge. 

9.  Puits  n°  2,  à  l'est  et  à  l'ouest  de  la  faille,  houille  compacte,  10  pieds  de 
largeur,  35c.  par  boîte  par  tonne,  et  $1  la  verge. 

10.  Puits  n°  2,  de  la  chute  34  à  la  faille,  35c.  par  boîte  par  tonne,  et  $1 
la  verge. 

11.  Galerie  horizontale  à  mi-chemin,  Aberdeen-ouest,  houille  compacte,  10 
pieds  de  largeur,  32c.  par  boîte   par  tonne,  et  75c.  la  verge. 

Extraction  de  la  houille  de  tous  piliers,  35c.  par  boîte    par  tonne. 

12.  Dans  toutes  les  sections,  lorsque  l'état  du  toit  nécessitera  l'établissement 
de  supports  et  d'étaiement  des  piliers,  tous  les  supports  et  tous  les  étais  seront 
payés  avec  l'autorisation  de  l'examinateur. 

13.  Dans  toutes  les  sections,  les  pièces  de  bois  servant  à  étançonner  les 
piliers,  au-dessus  de  40  pieds,  seront  payées. 

14.  Dans  toutes  les  sections,  pour  abatage  de  houille  compacte,  8  pieds  de 
largeur,  25c.  la  verge  en  sus  du  prix  fixé  pour  l'extraction  dans  galerie  horizon- 
tale, et  pour  abatage  de  houille  compacte,  6  pieds  de  largeur,  50c.  la  verge  en  sus 
du  prix  fixé  pour  l'extraction  dans  galerie  horizontale. 

15.  Dans  tous  les  cas  où  un  reboisage  sera  fait,  les  pièces  de  bois  neuves 
seront  payées.  Lorsque  de  vieilles  pièces  de  bois  seront  enlevées  et  remplacées 
par  des  neuves,  le  prix  sera  double. 

16.  Toutes  les  pièces  de  bois  nécessaires  pour  les  galeries  d'allongement  et 
les  piliers  devront  être  placées  par  la  compagnie  sur  la  plate-forme  la  plus  rap- 
prochée. 

17.  Toutes  les  pièces  de  bois  destinées  à  étançonner  les  piliers  à  houille  com- 
pacte seront  payées  lorsqu'il  faudra  les  transporter  sur  une  distance  de  plus  de 
40  pieds. 

18.  Les  premiers  blocs  de  charbon  qui  seront  extraits  des  piliers  à  houille 
compacte  seront  payés  à  la  verge. 

19.  Tous  les  madriers  servant  au  boisage  des  galeries  horizontales  et  des 
galeries  d'allongement  débouchant  des  galeries  horizontales  seront  payés. 

20.  Lorsque  la  compagnie  fournira  le  bois,  2  étais  et  un  seuil  seront  payés 
dans  chaque  section,  et  si  2  étais  seulement  sont  employés,  il  n'en  sera  payé  qu'un 
seul.    Tout  le  bois  sera  payé  lorsqu'il  sera  fourni  par  les  mineurs  eux-mêmes. 

36— 25J 


388  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

21.  Echelles,  n'excédant  pas  10  pieds  de  longueur.  .    .  .$1  00  chaque. 

Etais 10  " 

Estacades  fendues 15  " 

"           ordinaires 25  " 

"            de  descente 50  " 

"          en  fer 50  " 

Etais  (longs) 20  " 

"       (courts) 10  " 

Seuils   (longs) 15  " 

il         (courts) 15  la  paire. 

Pour  boisage  au  moyen  d'estacades  et  d'étais,  prix  double. 

22.  Veine  de  houille  dans  un  endroit  élevé — 

Batteries  en  phmches $1  50 

Batteries  d'estacades  fendues 1  50 

"                "                "       avec    régulateur.  .  2  00 

"                 "             ordinaires 3  00 

Boisage  de  chute  jusqu'au  bout 45  la  verge. 

Boisage,  3   ou  4  pieds  de  hauteur 25 

23.  Veine  de  houille  dans  un  endroit  bas — 

Batterie 50 

Boisage     de     chute     jusqu'au     toit 25  la  verge. 

"  "         1    pied    d3    hauteur.  ...  10         " 

"  "         2   pieds   de   hauteur.  ...  15         " 

24.  Marches 05  chaqu£. 

Pose  de  palplanches  de  6  pieds  de  longueur  (en 

n'importe  quel  endroit) 25 

Pratiquer    des    chemins    permanents    dans    les 

endroits   déclives 20  la  verge 

Pratiquer  des  chemins  dans  les  galeries  à 
étroites  (lorsque  les  mineurs  transporte- 
ront les  rails) ;   .  .         10 

Pratiquer  des  chemins  tout  en  faisant  le 
le  boisage  (lorsque  les  mineurs  trans- 
porteront les  rails) 10 

Refaire  un  chemin  dans  une  ancienne  gale- 
(lorsque      les      mineurs      transportent      les 

rails) 20 

Construction   d'embouchure    de    chute 2  00 

Plates-formes 1  45 

Chèvre  et  plate-forme < 3  00 

Déplacer  chèvres 1  50 

Orifices  pour  ventilateurs 50  et  $1  chacun. 

Pose  de  ventilateurs 1  00  chacun. 

Forage  de  trous  pour  l'eau  ou  le  gaz 20  le  pied. 

Reconstruction   de   chèvre   brisée   ou   usée.  ...         50 

25.  Pierre  dans  houille  compacte  et  dans  piliers  de  sûreté,  4  pouces  et  plus 
d'épaisseur,  5c.  par  pouce  linéaire. 

26.  Pierre  dans  piliers  ordinaires,  4  pouces  ou  plus  d'épaisseur,  4c.  par  pouce 
linéaire. 

27.  Couronnements,  50c,  $1  et  $1.50. 

Nettoyer  le  toit  ou  le  pavage  avec  de  la  dynamite,  60c.  par  pouce. 
Pousser  la  houille,  pour  chaque  100  pieds  ou  partie  de  100  pieds  après  les 
Premiers  350  pieds,  2c.  par  boîte. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  389 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

27.  Mineur  que  l'on  a  changé  de  place,  $2. 
Chargeurs,  $1.25  par  jour. 

Pierres  s'écroulant  : 

Prix  à  payer  devant  être  fixé  d'après  entente  avec  l'examinateur. 

Faire  descendre  la  houille: 

Les  mineurs  devront  faire  descendre  la  houille  sur  les  40  premiers  pieds; 
dans  les  endroits  exceptionnels  ou  lorsque  l'ouvrier  chargé  de  cette  tâche  sera 
absent,  le  prix  à  payer  sera  fixé  d'après  entente  avec  l'examinateur. 

Pour  tâches  diverses,  telles  que  réparation  ou  nettoyage  des  vieilles  galeries, 
construction  de  plates-formes,  boisage  des  piliers  de  sûreté,  etc.,  le  salaire  à  payer 
sera  de  $2  par  jour  ou  sera  fixé  d'après  entente  mutuelle. 

28.  Un  supplément  de  22  pour  100  sera  payé  sur  tous  les  prix  indiqués  dans 
cette  liste. 

29.  Il  sera  tenu  compte  des  changements  dans  l'état  de  la  houille,  dans  les 
failles,  etc.,  à  mesure  qu'ils  se  produiront. 

30.  Tous  les  contrats  existant  actuellement  resteront  en  vigueur. 

31.  Tous  ceux  qui  quitteront  les  mines  et  qui  y  reviendront  seront  considé- 
rés comme  des  ouvriers  nouveaux,  à  moins  qu'ils  n'aient  préalablement  obtenu  du 
gérant  la  permission  de  s'absenter  et  qu'ils  n'en  aient  averti  la  loge. 

32.  Ceux  qui,  après  être  entrés  dans  la  mine,  n'auront  pas  obtenu  d'ouvrage 
ou  ne  pourront  pas  travailler,  pourront  retourner  au  palier,  par  l'entrée,  entre  T 
et  10  heures  de  l'avant-midi. 

Mine  n°  3. 

33.  Galerie  2,600,  côté  ouest. 

Houille  compacte,  10  pieds  de  largeur,  33  cents  par  boîte  par  tonne,  et  $1  la 
verge. 

Piliers  de  sûreté,  38  cents  par  boîte   par  tonne,  et  50  cents  la  verge. 

Piliers  ordinaires,  38  cents  par  boîte   par  tonne. 

Piliers  sur  lesquels  il  y  aura  des  chemins  de  fer,  36  cents  par  boîte  par  tonne, 
et  allocation  pour  les  premiers  blocs  abattus. 

Les  prix  ci-dessus  seront  sujets  à  changement  à  mesure  que  l'on  approchera 
de  la  base  des  piliers. 

3.4.  Galerie  3,200,  côté  ouest. 

Houille  compacte,  10  pieds  de  largeur,  36  cents  par  boîte  par  tonne,  et  50 
cents  la  verge. 

Piliers  de  sûreté,  36  cents  par  boîte   par  tonne,  et  50  cents  la  verge. 

Piliers  de  sûreté,  36  cents  par  boîte    par  tonne,  et  50  cents  la  verge. 

Piliers  ordinaires,  36  cents  par  boîte   par  tonne. 

Piliers  sur  lesquels  il  y  aura  des  chemins  de  fer,  36  cents  par  boîte   par  tonne. 

Les  prix  ci-dessus  seront  sujets  à  changement  à  mesure  que  l'on  approchera 
de  la  base  des  piliers. 

35.  Galerie  3,800,  côté  ouest. 

De  la  pente  principale  à  200  pieds,  en  dedans. 

Déclivité  n°  8. 

Houille  compacte,  10  pieds  de  largeur,  43  cents  par  boîte  par  tonne,  et  $1  la 
verge. 

200  pieds  en  dedans  de  la  déclivité  n°  8,  38  cents  par  boîte  par  tonne,  et 
75  cents  la  verge. 

36.  Galerie  3,800,  côté  est,  veine  de  dessus. 

Veine  de  dessus,  43  cents  par  boîte   par  tonne,  et  $1.25  la  verge. 
Veine  de  dessus,  43  cents  par  boîte   par  tonne,  et  $1.25  la  verge. 


390  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

37.  Galerie  3,800,  côté  est,  au-dessous  de  la  veine,  en  montant  une  pente, 
40  cents  par  boîte  par  tonne,  et  50  cents  la  verge. 

Niveaux  et  galeries  horizontales,  40  cents  par  boîte  par  tonne,  et  75  cents  la 
verge. 

38.  Puits  n°  3. 

Galeries  d'allongement  transversales,  $2  la  verge. 

39.  Galerie  3,200,  côté  est,  veine  de  dessus. 

Houille  compacte,  10  pieds  de  largeur,  43  cents  par  boîte  par  tonne,  et  $1.25 
la  verge. 

Piliers  de  sûreté,  43  cents  par  boîte   par  tonne,  et  $1.25  la  verge. 

40.  Galerie  3,200,  côté  est,  au-dessous  de  la  veine. 

Houille  compacte,  10  pieds  de  largeur,  37  cents  par  boîte  par  tonne  (aucun 
mesurage  à  la  verge). 

Piliers  de  sûreté,  37  cents  par  boîte  par  tonne  (pas  de  mesurage  à  la  verge). 
Tout  le  bois  sera  payé. 

41.  Dans  toutes  les  sections,  pour  abatage  de  houille  compacte,  8  pieds  de 
largeur,  25  cents  la  verge  en  sus  du  prix  fixé  pour  l'extraction  dans  la  galerie 
horizontale,  et  pour  abatage  de  houille  compacte,  6  pieds  de  largeur,  50  cents  en 
sus  du  prix  fixé  pour  l'extraction  dans  galerie  horizontale. 

42.  Dans  toutes  les  sections,  lorsque  l'état  du  toit  exigera  l'établissement 
d'estacades  et  l'étayement  des  piliers,  les  estacades  et  les  étais  seront  payés  avec 
l'autorisation  de  l'examinateur. 

43.  Dans  toutes  les  sections,  les  pièces  de  bois  servant  à  étançonner  les  pi- 
liers, au-dessus  de  40  pieds,  seront  payées. 

44.  Toutes  les  pièces  de  bois  nécessaires  pour  les  boyaux,  les  galeries  d'allon- 
gement et  les  piliers  devront  être  placées,  par  la  compagnie,  sur  la  plate-forme. 

45.  Toutes  les  pièces  de  bois  nécessaires  pour  les  galeries  d'allongement  où 
la  houille  sera  compacte  et  en  pente  seront  payées  lorsqu'il  faudra  les  transporter 
sur  une  distance  de  plus  de  40  pieds. 

46.  Tous  les  madriers  nécessaires  pour  le  boisage  des  galeries  horizontales, 
des  galeries  d'allongement  et  des  gouttières  seront  payés. 

47.  Les  premiers  blocs  de  charbon  qui  seront  abattus  dans  les  piliers  à  houille 
compacte  seront  payés  à  la  verge. 

48.  Lorsque  la  compagnie  fournira  le  bois,  2  étais  et  un  seuil  seront  payés; 
lorsque  deux  étais  seulement  seront  employés,  il  n'en  sera  payé  qu'un  seul.  Tout 
le  bois  sera  payé  lorsqu'il  sera  fourni  par  les  mineurs. 

49.  Etançonnement  au  moyen  d'estacades  et  d'étais,  prix  double. 

50.  Dans  tous  les  cas  où  il  faudra  faire  un  reboisage,  les  pièces  de  bois  neuves 
seront  payées.  Lorsque  de  vieilles  pièces  de  bois  seront  enlevées  et  remplacées 
par  des  neuves,  le  prix  sera  double. 

51.  Etais,  10  cents  chaque.  Estacades  fendues,  15  cents  chaque.  Estacades 
ordinaires,  25  cents  chaque.  Estacades  déclives,  50  cents  chaque.  Estacades  en 
fer,  50  cents  chaque.  Longs  étais,  20  cents  chaque.  Etais  courts,  10  cents 
chaque.  Seuils,  longs,  15  cents  chaque.  Seuils,  courts,  15  cents  la  paire.  Lon- 
grines  pour  marches,  10  pieds  de  longueur,  15  cents  chaque.  Kepos,  5  cents 
chaque.  Orifice  pour  ventilateur,  50  cents  et  $1  chaque.  Installation  de  ventila- 
teur, $1.  Construction  d'embouchure  pour  chute,  $2.  Plates-formes,  $1.45. 
Déplacer  chèvre,  55  cents,  $1  et  $1.50.  Reconstruction  de  chèvre  brisée  ou  usée, 
50  cents.  Forage  de  trous  pour  gaz  ou  eau,  20  cents  le  pied.  Construction  d'é- 
chelles n'excédant  pas  10  pieds  de  longueur,  $1  chaque,  ou  excédant  cette  longueur, 
en  proportion.  Pierre  dans  houille  compacte  et  dans  piliers  de  sûreté,  4  pouces 
et  plus  d'épaisseur,  5  cents  par  pouce  linéaire.     Pierre  dans  piliers  ordinaires,  4 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  391 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

pouces  et  plus  d'épaisseur,  4  cents  par  pouce  linéaire.  Pratiquer  chemins  perma- 
nents dans  des  endroits  déclives,  20  cents  la  verge.  Refaire  un  chemin  dans  un 
ancienne  galerie  (lorsque  les  mineurs  transportent  les  rails),  20  cents  la  verge. 
Pratiquer  des  chemins  dans  galerie  à  houille  compacte  (lorsque  les  mineurs  trans- 
portent les  rails),  10  cents  la  verge.  Pratiquer  des  chemins  pour  atteindre  les 
piliers  de  sûreté  (lorsque  les  mineurs  transportent  les  rails),  10  cents  la  verge. 
Nettoyer  le  toit  ou  le  pavage  avec  de  la  dynamite,  7  cents  par  pouce  linéaire. 
Pose  de  palplanches  en  n'importe  quel  endroit,  6  pieds  delongueur,  25  cents 
chaque.  Pousser  la  houille,  pour  chaque  100  pieds  ou  fraction  de  100  pieds  après 
les  premiers  350  pieds,  2  cents  le  pied.  Construction  de  couronnements,  50  cents, 
$1  et  $1.50.  Mineur  qui  est  changé  de  place,  $2  par  jour.  Chargeurs,  $1.25  par 
jour. 

52.  Faire  descendre  la  houille. 

Les  mineurs  devront  faire  descendre  la  houille  sur  les  premiers  40  pieds. 

53.  Dans  les  endroits  exceptionnels  ou  lorsque  l'ouvrier  chargé  de  faire  des- 
cendre la  houille  sera  absent,  le  prix  à  payer  sera  fixé  d'après  entente  avec  l'exa- 
minateur. 

54.  Veine  de  houille  dans  un  endroit  élevé. 
Boisage  de  chute  jusqu'au  toit,  35  cents  la  verge. 

Boisage  sur  une  hauteur  de  3  ou  4  pieds  de  hauteur,  25  cents  la  verge. 
Etançonnement,  10  cents  la  verge. 

55.  Veine  de  houille  dans  un  endroit  bas. 
Boisage  de  chute  jusqu'au  toit,  25  cents  la  verge. 
Boisage  sur  1  pied  de  hauteur,  10  cents  la  verge. 
Boisage  sur  2  pieds  de  hauteur,  15  cents  la  verge. 

56.  Batteries,  $1  chaque. 

Batteries  avec  régulateur,  $1.50  chaque. 

57.  Pierres  s'écroulant. 

Prix  à  payer  devant  être  fixé  d'après  entente  avec  l'examinateur. 

58.  Pour  tâches  diverses,  telles  que  réparation  ou  nettoyage  des  vieux  ni- 
veaux, construction  de  plates-formes,  boisage  des  piliers  de  sûreté,  etc.,  le  salaire  à 
payer  sera  de  $2  par  jour  ou  sera  fixé  d'après  entente  mutuelle. 

59.  Un  supplément  de  22  pour  100  sera  payé  sur  tous  les  prix  indiqués  dans 
cette  liste. 

60.  Il  sera  tenu  compte  des  changements  dans  l'état  de  la  houille,  dans  les 
failles,  etc.,  à  mesure  qu'ils  se  produiront. 

61.  Tous  les  contrats  existant  actuellement  resteront  en  vigueur. 

62.  Tous  ceux  qui  quiteront  les  mines  et  qui  y  reviendront  seront  considé- 
rés comme  des  ouvriers  nouveaux,  à  moins  qu'ils  n'aient  préalablement  obtenu  du 
gérant  la  permission  de  s'absenter  et  qu'ils  n'en  aient  averti  la  loge. 

63.  Ceux  qui,  après  être  entrés  dans  la  mine,  n'auront  pas  obtenu  d'ouvrage 
ou  ne  pourront  pas  travailler,  pourront  retourner  au  palier,  par  l'entrée,  entre  7 
et  10  heures  de  l'avant-midi. 

Contrat  fait  et  passé  ce  jour  de  en  l'année  de  Notre- Seigneur 

1908  :— 

Entre  la  loge  Pioneer  n°  1,  O.P.O.,  représentée  par  le  comité  de  direction  de  la 
dite  loge,  d'une  part,  et  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillères  de  Cumber- 
land,  à  responsabilité  limitée,  d'autre  part. 

Les  parties  aux  présentes,  croyant  qu'il  est  à  propos  de  fixer  les  prix  à  payer  pour 
(les  différents  ouvrages  à  faire  dans  les  houillères  de  Springhill,  et  convaincues  qu'elles 


392 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

sont  que  cela  tendrait  à  assurer  la  paix  et  l'harmonie  entre  la  compagnie  et  ses  em- 
ployés, ont  accepté  et  agréé  l'échelle  de  salaires  ci-jointe. 

Signé  et  scellé  en  présence  de 


Comité  de  direction  de  la  loge  Pioneer  n°  1,  A.P.O. 


(Sceau  de  la  loge) 


Gérant  général  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillères  de 
Cumberland,  à  responsabilité  limitée. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  393 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XXIIL— DEMANDE  DE  LA  PART  DE  LA  COMPAGNIE  DU  CHEMIN  DE 
FER  PACIFIQUE-CANADIEN  POUR  LA  NOMINATION  D'UNE  COM- 
MISSION D'ARBITRES  POUR  REGLER  LES  DIFFERENDS  SURVENUS 
ENTE  ELLE  ET  LES  PREPOSES  A  LA  REPARATION,  ETC.,  DE  WA- 
GONS A  SON  SERVICE— COMMISSION  CONSTITUEE  ET  ARRANGE- 
MENT CONCLU. 

Le  22  novembre,  le  département  reçut  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Paci- 
fique-Canadien une  requête,  signée  par  Wm  Cross,  de  Winnipeg,  aide  du  2me 
vice-président,  pour  la  nomination  d'une  commission  de  conciliation  et  d'enquête  pour 
régler  les  différends  qui  s'étaient  élevés  entre  la  compagnie  et  les  préposés  aux  wa- 
gons sur  ses  lignes  de  l'Ouest,  faisant  partie  de  la  Confrérie  des  préposés  aux  wa- 
gons de  l'Amérique.  Le  nombre  des  employés  intéressés  dans  ce  conflit  était  de  1,215, 
dont  15  étaient,  paraît-il,  âgés  de  moins  de  21  ans.  La  principale  cause  des  difficul- 
tés était  le  refus  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  du  Pacifique  de  se  rendre  aux  de- 
mandes faites  par  les  employés:  (i)  pour  une  réduction  dans  le  nombre  des  heures  de 
travail  de  10  à  9  heures  par  jour,  et  (ii)  pour  une  augmentation  de  salaires  pour  com- 
penser cette  réduction  du  nombre  des  heures  de  travail,  augmentation  qui,  d'après  la 
requête  soumise,  variait  de  11  à  20  pour  100. 

Un  autre  sujet  de  désaccord  était  indiqué  comme  suit  :  "  La  compagnie  et  les  ré- 
parateurs de  wagons  désirent  que  la  commission  tienne  une  enquête  et  fasse  des  re- 
commandations concernant  la  situation  des  poseurs  de  tuyaux  par  rapport  à  celle  des 
préposés  aux  wagons." 

Le  département  reçut  aussi  des  employés  intéressés  une  communication,  à  laquelle 
était  annexée  une  copie  du  mémoire  où  étaient  indiqués  les  changements  que  l'on 
proposait  quant  aux  salaires  et  aux  heures  de  travail  et  qui  avait  été  présenté  par  les 
employés,  par  l'entremise  d'un  comité,  à  M.  C.  H.  Eaton,  aide-maître  constructeur  de 
wagons  et  chef  du  département  des  wragons,  lignes  de  l'ouest,  Compagnie  du  chemin 
de  fer  Pacifique- Canadien. 

Une  commission  fut  dûment  constituée.  Voici  quels  en  étaient  les  membres:  A. 
M.  Nanton,  de  Winnipeg,  Man.,  recommandé  par  la  compagnie;  J.  H.  McVeity,  de 
Vancouver,  C.-B.,  recommandé  par  les  employés,  "et  le  professeur  E.  Odlum,  de  Van- 
conver,  président,  nommé  sur  la  recommandation  conjointe  des  deux  autres  membres. 
La  commission  se  réunit  à  Winnipeg  le  2  décembre,  et  tint  sa  dernière  séance  le  19  de 
ce  mois,  ayant  siégé  tous  les  jours  dans  l'intervalle  (excepté  les  dimanches).  Au 
cours  de  l'enquête  plusieurs  témoins  furent  interrogés,  entre  autres  MM.  J.  ITillis,  de 
Winnipeg;  L.  L.  Hannah,  de  Vancouver-nord,  C.-B.;  D.  M.  O'Dwyer,  de  Vancouver, 
C.-B.,  et  Frank  McKenna,  de  Cranbrook,  C.-B.,  qui  furent  entendus  comme  experts. 
Le  rapport  de  la  commission  fut  reçu  au  département  le  23  décembre. 

La  commission  recommanda  que  le  nombre  d'heures  de  travail  pour  les  préposés 
à  la  réparation,  etc.,  des  wagons  fût  fixé  à  9  heures,  sauf  quant  aux  hommes  de  relève, 
et  que  le  taux  des  salaires,  par  heure,  pour  tous  les  préposés  aux  wagons,  restât  tel 


394  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

quel.  Aucun  changement  ne  fut  recommandé  quant  aux  poseurs  de  tuyaux.  Le 
changement  dans  le  nombre  d'heures  de  travail  pour  les  plombiers  devait  prendre 
effet  le  1er  janvier  1908  et  rester  en  vigueur  jusqu'au  1er  juillet  1908. 

Des  copies  du  rapport  furent  transmises  par  le  département  aux  parties  respec- 
tives, et  les  recommandations  de  la  commission  furent  acceptées  de  part  et  d'autre. 

TEXTE  DU   RAPPORT  DE  LA   COMMISSION. 

Suit  le  texte  du  rapport  de  la  commission: — 

A  l'honorable  Ministre  du  Travail, 
Ottawa,  Ontario. 
Monsieur  le  Ministre, — Relativement  aux  différends  survenus  entre  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  les  préposés  à  la  réparation,  etc.,  des  wa- 
gons sur  ses  lignes  de  l'ouest,  qui  furent  soumis,  le  26  novembre  1907,  par  le  dépar- 
tement du  Travail  à  une  commission  de  conciliation  et  d'enquête  composée  de  M.  A. 
M.  Nanton,  de  Winnipeg^,  Manitoba,  de  M.  J.  H.  McVeity,  de  Vancouver,  C.-B.,  et 
du  professeur  E.  Odlum,  président,  de  Vancouver,  C.-B.,  ladite  commission  a  l'hon- 
neur de  vous  faire  savoir  que  la  majorité  de  ses  membres  ont  rendu  la  sentence  sui- 
vante : — 

HEURES  DE  TRAVAIL. 

(a)  Tous  les  préposés  à  la  réparation,  etc.,  les  wagons,  sauf  les  hommes  de  relève, 
travailleront  9  heures  par  jour. 

(b)  Les  heures  seront  de  7  à  17K,  avec  une  heure  de  relâche  pour  le  diner,  de  12 
à  13K,  excepté  du  1er  avril  au  1er  octobre,  alors  que  les  heures  seront  de  7  à  17.30K 
les  5  premiers  jours  de  la  semaine,  avec  une  heure  de  relâche  pour  le  dîner  entre  12  et 
13K,  et  de  7  à  12K  le  samedi. 

SALAIRES. 

(c)  Le  taux  des  salaires,  par  heure,  restera  tel  qu'il  est  actuellement  pour  tous 
les  préposés  aux  wagons. 

(d)~Le  changement  dans  le  nombre  des  heures  de  travail  prendra  effet  le  1er  jan- 
vier 1908  et  restera  en  vigueur  au  moins  jusqu'au  1er  juillet  1908. 

(e)  En  ce  qui  concerne  les  poseurs  de  tuyaux,  la  commission  ne  voit  pas  de  rai- 
son pour  recommander  qu'un  changement  soit  fait. 

NOTE  EXPLICATIVE. 

Mangré  que  M.  Nanton  et  M.   McVeity  diffèrent  d'opinion,  ils  ont  consenti  à 
signer  le  rapport  ci-dessus. 
M.  Nanton  prétend: 

(1)  Que  le  nombre  des  heures  de  travail  pour  les  ouvriers  employés  dans  les  ate- 
liers devrait  être  fixé  à  9  heures,  comme  il  est  dit  dans  la  section  (b)  ci-dessus. 

(2)  Que  les  inspecteurs,  les  réparateurs  et  les  graisseurs  de  wagons,  les  éprouveurs 
de  freins,  les  nettoyeurs  de  wagons,  les  porteurs  de  glace,  les  chauffeurs  de  wagons,  les 
lampistes  et  les  réparateurs  des  voies  devraient  travailler  de  7  à  18K  heures,  six  jours 
de  la  semaine,  avec  une  heure  de  relâche  pour  le  dîner  entre  12  à  1  3K. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  395 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

(3)  Que  pour  les  hommes  de  relève,  les  heures  de  travail  devraient  être  de  7  à 
19K  le  jour,  avec  une  heure  de  relâche  pour  le  diner  entre  12  et  13K,  et  de  19  à  7K, 
la  nuit,  avec  une  heure  de  relâche  pour  le  diner  entre  24  et  1K. 

(4)  Que  le  travail  supplémentaire,  après  les  heures  ci-dessus,  pour  tous  les  pré- 
posés aux  wagons,  devrait  être  payé  sur  la  base  de  l'échelle  de  salaires  actuelle. 

(5)  Que  le  taux  des  salaires,  par  heure,  pour  tous  les  préposés  aux  wagons,  de- 
vrait rester  tel  qu'il  est  actuellement. 

(6)  Que  les  changements  recommandés  ci-dessus  devraient  prendre  effet  le  1er 
janvier  1908  et  rester  en  viguur  au  moins  jusqu'au  31  décmbre  1908. 

D'un  autre  côté,  M.  McVeity  prétend: — 

(1)  Que  les  heures  de  travail  pour  tous  les  préposés  aux  wagons  devraient  être 
raccourcies  dans  la  mesure  indiquée  dans  la  section  (b)-du  rapport  ci-dessus,  sauf 
quant  aux  hommes  de  relève,  qui  devraient  travailler  8  heures  par  jour. 

(2)  Que  le  taux  des  salaires,  par  heure,  devrait  être  augmenté  de  manière  que 
les  employés  puissent  gagner  autant  en  9  heures  qu'ils  gagnent  acuellement  en  10 
heures. 

(3)  Que  ces  changements  devraient  prendre  effet  le  1er  novembre  1907  et  rester 
en  vigueur  jusqu'au  1er  janvier  1908. 

(4)  Que  les  poseurs  de  tuyaux  devraient  être  divisés  en  deux  classes:  ceux  qui 
ajustent  les  tuyaux  aux  wagons  devant  recevoir  le  même  salaire  qu'à  l'heure  qu'il  est, 
et  une  nouvelle  échelle  de  salaires  devant  être  établie  pour  les  autres  poseurs  de 
tuyaux. 

Signé  par  tous  les  membres  de  la  commission,  à  Winnipeg,  ce  19e  jour  de  dé- 
cembre 1907. 

(Signé)        A.  M.  NANTON, 

JAS.    H.    McVEITY, 
E.  ODLUM, 

Président. 


396  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XXIV.— DEMANDE  DE  LA  PART  DES  EMPLOYES  DE  LA  COMPAGNIE 
MINIERE  McKINLEY-DARRAGH,  COBALT,  ONTARIO— COMMISSION 
CONSTITUEE  ET  RAPPORT  UNANIME  PRESENTE. 

Le  S  décembre,  le  département  reçut  une  demande  pour  la  nomination  d'une  com- 
mission de  conciliation  et  d'enquête  pour  le  règlement  des  différends  survenus  entre 
la  Compagnie  minière  McTCinley-Darragh,  à  responsabilité  limitée,  de  Cobalt,  Ont., 
et  certains  de  ses  employés  mineurs,  mécaniciens,  etc.,  appartenant  à  l'union  des 
mineurs  de  Cobalt,  n°  146,  Fédération  des  mineurs  de  l'Ouest,  département  des  Mines, 
Travailleurs  Industriels  du  Monde.  Ces  différends  portaient  sur  la  question  des  sa- 
laires. La  Compagnie  McKinley-Darragh  avait,  paraît-il,  affiché,  le  15  novembre 
1907,  une  nouvelle  liste  de  salaires  qui  devait  prendre  effet  le  15  décembre  1907,  et 
qui  comportait  une  réduction  moyenne  de  25  cents  par  jour  et  une  augmentation  de 
1  heure  de  travail  pour  tous  les  ouvriers.  Les  membres  de  l'union  affectés  par  ces 
remaniements  demandèrent  que  l'échelle  de  salaires  existant  au  moment  où  les  avis 
des  changements  que  l'on  se  proposait  de  faire  avaient  été  affichés  fût  maintenue,  et 
une  copie  de  cette  échelle  de  salaires  fut  soumise  avec  la  demande.  Celle-ci  était  si- 
gnée, au  nom  des  employés  intéressés,  par  James  McGuire,  président,  et  Arthur 
Lionel  Botly,  secrétaire-financier  de  l'union  des  mineurs  de  Cobalt.  Le  nombre  des 
employés  intéressés  dans  ce  conflit  était  d'environ  120. 

Une  commission  fut  dûment  constituée.  Voici  quels  en  étaient  les  membres:  E. 
C.  Kingswell,  de  Haileybury,  Ont.,  recommandé  par  la  compagnie;  John  A.  Welch, 
de  Cobalt,  Ont.,  recommandé  par  les  employés,  et  le  professeur  Adam  Shortt,  de 
Kingston,  président,  recommandé  par  les  deux  autres  membres. 

La  commission  siégea  à  Cobalt  le  1er  et  le  2  janvier  1908,  et  dans  la  soirée  du  2 
janvier  elle  en  arriva  à  une  décision  unanime  quant  à  la  sentence  à  rendre,  bien 
qu'aucun  arrangement  formel  n'eût  été  conclu  entre  les  parties  intéressées.  Le  rap- 
port de  la  commission  fut  reçu  au  département  le  22  janvier.  Le  président  de  la 
commission,  dans  une  lettre  au  ministre  accompagnant  le  rapport,  disait  qu'il  avait 
visité  les  principales  mines  de  Cobalt  et  qu'il  s'était  entretenu  avec  les  gérants  des 
conditions  dans  lesquelles  travaillaient  les  ouvriers,  afin  de  pouvoir  se  prononcer  en 
parfaite  connaissance  de  cause.  L'échelle  de  salaires  dont  la  commission  recomman- 
dait l'adoption  comportait  une  réduction  moyenne  de  25  pour  100  par  jour  compara- 
tivement aux  salaires  payés  avant  et  pendant  l'enquête,  mais  l'on  recommandait  en 
même  temps  que  les  employés  continuassent  à  travailler  9  heures  par  jour. 

Des  copies  du  rapport  furent  transmises  aux  parties  intéressées  immédiatement 
après  sa  réception,  avec  prière  de  dire  si  elles  acceptaient  ou  non  la  sentence  arbi- 
trale. Les  employés  déclarèrent  qu'ils  étaient  prêts  à  se  soumettre  au  verdict  des  ar- 
bitres, mais  aucune  réponse  ne  fut  reçue  de  la  compagnie.  Les  recommandations 
faites  par  la  commission  ont,  cependant,  servi  de  base  à  une  entente  entre  les  parties, 
et  une  grève  a  été  évitée. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  397 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

RAPPORT  DE  LA  COMMISSION. 

Suit  le  texte  du  rapport  de  la  commission  : — 

Cobalt,  Ont.,  2  janvier  1908. 

Dans  l'affaire  des  différends  survenus  entre  la  Compagnie  minière  McKinley- 
Darragh- Savage  de  Cobalt,  à  responsabilité  limitée,  et  certains  de  ses  employés,  et  qui 
furent  soumis,  en  vertu  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  à 
une  commission  de  conciliation  et  d'enquête  constituée  par  le  ministre  le  21  décem- 
bre 1907  et  composée  des  personnes  suivantes:  E.  C.  Kingswell,  de  Haileybury,  J.  A. 
Welsh,  de  Cobalt,  et  Adam  Shortt,  de  Kingston,  président. 

Nous,  les  membres  de  la  dite  commission,  après  avoir  tenu  plusieurs  séances  dans 
la  ville  de  Cobalt  et  avoir  entendu  les  parties  et  les  témoins  qu'elles  ont  produits  et 
après  avoir  mûrement  délibéré,  avons  unanimement  arrêté  l'échelle  de  salaires  sui- 
vante et  fixé  la  journée  de  travail  à  9  heures,  et  nous  recommandons  fortement  que 
notre  sentence  soit  acceptée  par  la  compagnie  et  ses  employés. 

ÉCHELLE    DE    SALAIRES. 

Charpentiers $3  25 

Artisans 3  25 

Poseurs  de  tuyaux 2  75 

Forgerons 3  25 

Aides 4 2  50 

Mécaniciens,  9  heures 3  00 

Au  delà  de  9  heures,  32 1  cents  de  l'heure. 

Chauffeurs,  neuf  heures 2  50 

Au  delà  de  neuf  heures,  27^  cents  de  l'heure. 

Trieurs  de  minerai . 2  50 

iMarteleurs 2  75 

Conducteurs  d'attelages 2  50 

Préposés  aux  monte-charges,  neuf  heures 2  50 

Au  delà  de  neuf  heures,  27^  cents  de  l'heure. 

Préposés  aux  cages 2  50 

Autres  employés  travaillant  à  la  surface 2  25 

Travaux  souterrains— 

Boiseurs 3  25 

Machinistes 3  25 

Aides 2  75 

Préposés  aux  cages 2  50 

Autres  ouvriers  travaillant  sous  terre 2  50 

Heures  de  travail: — 

La  journée  de  travail  régulière  sera  de  9  heures. 

Les  mineurs  qui  travailleront  dans  des  puits  humides  recevront  un  supplément 
de  25  cents  par  jour  et  seront  pourvus  d'habillements  en  toile  cirée. 
Salaire  minimum  des  cuisiniers,  $75  par  mois. 

(Signé)     ADAM  SHORTT, 

Président. 

J.  A.  WELSH, 

E.  C.  KINGSWELL. 


398  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


XXV.— DEMANDE  DE  LA  PART  DES  MECANICIENS,  DES  CHAUFFEURS 
ET  DES  PALEFRENIERS  EMPLOYES  PAR  LA  COMPAGNIE  DU  CHE- 
MIN DE  FER  CANADIAN-^  ORTHERN  POUR  LA  NOMINATION  D'UNE 
COMMISSION  D'ARBITRES— COMMISSION  INSTITUEE  ET  COMPRO- 
MIS EFFECTUE. 

Le  19  décembre,  le  ministère  reçut  une  demande  pour  la  nomination  d'une  com- 
mission de  conciliation  et  d'enquête  qui  serait  chargée  de  régler  les  différends  surve- 
nus entre  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  C anadian-N orthern  et  certains  de  ses  em- 
ployés (mécaniciens  et  chauffeurs  de  locomotives  et  palefreniers,  qui  appartenaient  à 
la  confrérie  des  chauffeurs  et  des  mécaniciens  de  locomotives). 

Ces  différends  portaient  (1)  sur  le  prétendu  favoritisme  dont  la  compagnie  fai- 
sait preuve  dans  l'engagement  de  mécaniciens  et  de  chauffeurs  pour  ses  locomotives, 
et  (2)  sur  la  prétendue  révocation,  contre  le  désir  de  la  confrérie  des  chauffeurs  et 
des  mécaniciens  de  locomotives,  d'un  arrangement  qui  avait  été  fait  entre  la  confré- 
rie des  mécaniciens  de  locomotives  et  la  confrérie  des  chauffeurs  mécaniciens  de  loco- 
motives d'une  part,  et  les  fonctionnaires  de  la  compagnie,  d'autre  part,  et  qui  avait 
été  mis  à  effet  le  1er  juin  1907.  Environ  359  employés  étaient  intéressés  dans  ce 
conflit. 

Une  commission  d'arbitres  fut  dûment  constituée.  Voici  quels  en  étaient  les 
membres:  M.  F.  H.  Richardson,  recommandé  par  la  compagnie;  M.  J.  G.  O'Donog- 
hue,  de  Toronto,  recommandé  par  les  employés,  et  le  professeur  Adam  Shortt,  de 
Kingston,  Ont.,  nommé  par  le  ministre  du  Travail  en  l'absence  d'une  recommanda- 
tion conjointe  de  MM.  O'Donoghue  et  Richardson. 

Le  ministère  reçut  le  rapport  de  la  commission  le  25  janvier.  Il  était  dit  dans 
ce  rapport  que  les  parties  en  étaient  venues  à  une  entente. 

NATURE  DU  CONFLIT. 

Le  président  de  la  commission,  dans  une  lettre  accompagnant  le  document  qui 
contenait  l'arrangement  qui  avait  été  fait,  expliqua  en  détail  la  nature  du  conflit. 
"Cette  difficulté",  écrivait  le  professeur  Shortt  au  ministère,  était  d'une  nature  toute 
particulière;  il  n'était  nullement  question  de  salaires,  de  travail  supplémentaire, 
d'heures  de  travail  ou  des  autres  sources  ordinaires  des  différends  entre  les  compa- 
gnies de  chemins  de  fer  et  leurs  employés.  Bien  que  ce  fût  apparemment  un  diffé- 
rend entre  la  compagnie  de  chemin  de  fer  Canadian  Northern  et  les  membres  de  la 
confrérie  des  chauffeurs  et  des  mécanicins  de  locomotives,  c'était  en  réalité  un  con- 
flit entre  deux  unions  ouvrières — la  confrérie  des  mécaniciens  de  locomotives  et  la 
confrérie  des  chauffeurs  et  des  mécaniciens  de  locomotives,  la  première  de  ces  asso- 
ciations étant  composée  entièrement  de  mécaniciens,  et  l'autre  de  mécaniciens  et  de 
chauffeurs.  Les  difficultés  existant  entre  ces  unions  sont  très  complexes  et  ne  peu- 
vent être  indiquées  au  long  ici.     La  cause  immédiate  du  différend  actuel  réside  dans 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  399 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

le  fait  que  la  confrérie  des  mécaniciens  de  locomotives  avait  fait  avec  la  compagnie 
du  chemin  de  fer  Canadian  Northern  un  arrangement  en  vertu  duquel  les  officiers  de 
cette  union  obtenaient  certains  privilèges  exclusifs  relativement  à  la  présentation  de3 
griefs  des  mécaniciens  aux  officiers  de  la  compagnie.  Les  officiers  de  la  confrérie  des 
chauffeurs  et  des  mécaniciens  de  locomotives  réclamèrent  le  même  privilège,  et  comme 
la  compagnie,  vu  l'arrangement  conclu  entre  elle  et  la  confrérie  des  mécaniciens  de 
locomotives,  avait  cru  devoir  refuser  de  se  rendre  à  leur  demande,  un  conflit  éclata, 
et  c'est  alors  que  l'on  demanda  qu'une  commission  de  conciliation  fût  nommée.  Etant 
donnée  la  vive  rivalité  existant  entre  les  deux  unions,  si  le  différend  entre  la  compa- 
gnie et  la  confrérie  des  chauffeurs  et  des  mécanicns  de  locomotives  avait  été  réglé  à 
la  satisfaction  de  celle-ci  sans  que  la  confrérie  des  mécaniciens  de  locomotives  eût 
été  consultée,  cette  dernière  aurait  sans  aucun  doute  cherché  noise  à  la  Compagnie. 
Afin  d'effectuer  un  règlement  satisfaisant,  il  était  donc  nécessaire  que  les  représentants 
de  la  confrérie  des  mécaniciens  de  locomotives  fussent  admis  à  se  présenter  devant 
la  commission  et  à  exposer  les  griefs  des  membres  de  leur  ordre". 

La  lettre  du  président  se  termine  par  les  observations  suivantes  au  sujet  de  l'at- 
titude des  parties  en  cause  à  l'endroit  les  unes  des  autres  et  vis-à-vis  de  la  commission  : 
"  Je  ne  puis  clore  cette  lettre  sans  exprimer  ma  haute  appréciation  de  l'esprit  de  mo- 
dération et  de  tolérance  qui  a  été  déployé,  dans  des  circonstances  difficiles,  par  les  di- 
verses parties  intéressées,  et  de  l'habileté  avec  laquelle  les  officiers,  canadiens  et  inter- 
nationaux, des  deux  unions  ont  fait  valoir  leurs  droits.  L'esprit  de  justice  et  de  con- 
ciliation dont  les  représentants  de  la  compagnie  de  chemin  de  fer  ont  fait  preuve  a 
aussi  beaucoup  contribué  à  amener  une  entente".  Il  est  à  propos  d'ajouter  que  ce 
différend  avait  été  depuis  longtemps  une  source  d'embarras  et  d'ennuis  pour  les  offi- 
ciers, qui  ont  écrit  au  président  de  la  commission  des  lettres  le  félicitant  de  la  manière 
dont  la  difficulté  avait  été  réglée. 

CONDITIONS  DE  ^ARRANGEMENT. 

Suit  le  texte  de  la  lettre  contenant  les  conditions  de  l'arrangement  qui  fut  ac- 
cepté par  la  commission  ainsi  que  par  la  compagnie  et  ses  employés: — 

Compagnie  de  chemin  de  fer  C anadian-N orthern : 

Toronto,  18  janvier  1908. 
M.  C.  A.  Boyd, 

Président  gêné  de  la  Confrérie  des  Chauffeurs 
et  des  Mécaniciens  de  Locomotives, 

Winnipeg,    Manitoba. 
Cher  monsieur, — Un   mécanicien   qui   considérera   qu'il   a   un   grief  pourra   sou- 
mettre ce  grief  à  qui  de  droit  de  deux  manières  : 

(1)  Il  pourra  venir  avec  un  comité  représentant  la  majorité  des  mécaniciens  em- 
ployés par  la  compagnie,  et  ce  comité  sera  recevable  à  faire  valoir  ses  droits  et  à  faire 
entendre  les  témoins  qui  seront  nécessaires  pour  jeter  de  la  lumière  sur  les  causes  du 
différend;  ou  bien 

(2)  Il  pourra  se  présenter  avec  les  mécaniciens  qu'il  aura  choisis  pour  faire  va- 
loir ses  droits  et  avec  les  témoins  qui  seront  en  mesure  de  jeter  de  la  lumière  sur  les 


400  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
causes  du  différend,  les  ingénieurs  ainsi  choisis  devant  être  considérés  par  la  compa- 
gnie comme  les  représentants  personnels  du  mécanicien  qui  a  un  grief. 

Dans  les  deux  cas  celui  qui  a  un  grief  aura  le  droit  d'appeler  aux  hauts  fonction- 
naires de  la  compagnie. 

Vos  tout  dévoués, 

(Signé)     W.  H.  MOORE, 

Secrétaire. 

A.  SHIELDS, 

Maître-mécanicien. 

(Accepté.) 

(Signé)     C.  A.  BOYD, 

Président  général. 

W.  F.  METCALFE, 

Secrétaire. 

(Signé)     ADAM  SHORTT, 

J.  C.  O'DONOGHUE, 
F.  H.  RICHARDSON, 

Membres  de  la  commission  de  conciliation. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  401 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XXVI.— DEMANDE  DE.  LA  PART  DES  REPARATEURS  DE  WAGONS  AU 
SERVICE  DE  LA  COMPAGNIE  DU  CHEMIN  DE  FER  GRAND- 
TRONC  POUR  LA  NOMINATION  D'UNE  COMMISSION  D'ARBITRES— 
COMMISSION  CONSTITUEE  ET  COMPROMIS  EFFECTUE. 

Le  ministère  du  Travail  reçut  le  8  janvier  1908,  une  demande  de  la  part  des  répa- 
rateurs de  wagons  au  service  de  la  Compagnie  d  uchemin  de  fer  Grand-Tronc,  qui 
appartenaient  à  la  Confrérie  des  réparateurs  de  wagons  des  Etats-Unis  et  du  Canada, 
par  laquelle  l'on  demandait  qu'une  commission  de  conciliation  et  d'enquête  fût  nom- 
mée pour  régler  les  différends  survenus  entre  eux  et  cette  compagnie. 

Cette  requête  était  signée  par  S.  M.  Nichols,  des  Chutes-Niagara,  Ont.,  prési- 
dent de  la  commission  protectrice  conjointe  de  la  comfrérie  en  question,  et  E.  Rogers, 
d'Ottawa,  président  de  la  branche  locale  de  la  même  confrérie.  Environ  800  em- 
ployés étaient  intéressés  dans  ce  conflit. 

Les  différends  portaient  sur  les  règles  et  règlements  relatif  aux  heures  de  travail 
et  aux  salaires.  Les  griefs  des  employés  étaient  énoncés  dans  un  mémoire  marqué 
"  A  ",  annexé  à  leur  requête.  L'on  demandait,  entre  autre  choses,  une  augmentation 
de  salaires. 

La  compagnie  déclara,  en  réponse,  qu'elle  ne  pouvait  pas  se  rendre  aux  demandes 
des  employés  telles  que  formulées  dans  le  mémoire  "  A  "  et,  comme  alternative,  elle 
soumit  une  brochure  contenant  "  les  règles  et  règlements  à  être  observés  par  tous  les 
ouvriers  dans  les  ateliers  pour  la  construction  et  la  réparation  des  locomotives  et  des 
wagons  "  ;  elle  prétendit  que  ces  règles  et  règlements  étaient  justes  et  raisonnables 
et  qu'on  devait  les  accepter.  Quant  aux  salaires,  la  compagnie  prétendit  qu'il  lui 
était  impossible  d'accéder  aux  demandes  de  ses  employés,  telles  que  formulées  dans 
leur  mémoire,  que  les  salaires  qui  étaient  alors  payés  étaient  justes  et  équitables,  et 
qu'il  n'y  avait  pas  lieu  de  les  augmenter  ou  de  les  modifier. 

Une  commission  de  conciliation  fut  dûment  constituée.  Voici  quels  en  étaient 
les  membres:  le  professeur  Short t,  de  Kingston,  Ontario,  président;  M.  Wallace  Nes- 
bile,  conseil  du  roi,  de  Toronto,  recommandé  par  la  compagnie,  et  M.  J.  G.  O'Do- 
noghue,  de  Toronto,  recommandé  par  les  employés.  Le  professeur  Shortt  fut  nommé 
sur  la  recommandation  de  MM.  Nesbitt  et  O'Donoghue. 

La  commission  siégea  à  Montréal  dans  la  matinée  du  25  février,  et  un  arrange- 
ment fut  conclu  et  signé  à  7  heures  du  soir,  le  même  jour.  Le  président  de  la  com- 
mission, dans  une  lettre  au  département  accompagnant  son  rapport,  faisait  remar- 
quer que  la  plupart  des  griefs  soumis  à  la  commission  se  rapportaient  à  des  questions 
d'administration  "et  que  l'on  ne  jugea  pas  à  propos  de  modifier  les  règles  et  règle- 
ments". "Cependant",  ajoutait  le  professeur  Shortt,  "M.  Fitzhugh  (le  3me  vice- 
président  de  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc)  m'a  écrit  une  lettre  où  il 
me  dit  qu'il  allait  examiner  les  griefs  des  employés  de  la  compagnie  et  qu'il  verrait  à 
ce  qu'on  leur  rende  justice."  Quant  à  l'attitude  prise  devant  la  commission  par  les 
parties  intéressées,  voici  ce  que  disait  le  président  :  "  Les  questions  sur  lesquelles  por- 

36—26 


402  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
taient  les  différends  ont  été  discutées  d'une  manière  franche  et  amicale.  La  plupart 
des  points  qui  ont  été  soulevés  ont  été  décidés  au  cours  de  la  discussion,  et  les  autres 
ont  été  réglés  par  un  arrangement  qui  a  été  conclu  à  la  clôture  de  l'enquête." 

TEXTE  DE  L'ARRANGEMENT. 

Voici  le  texte  même  de  l'arrangement: — 

Nous,  soussignés,  professeur  Adam  Shortt,  J.  G.  O'Donoghue  et  Wallace  Nes- 
bitt,  membres  de  la  commission  de  conciliation  nommée  sous  l'empire  de  la  loi  des 
enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  pour  régler  les  différends  survenus 
entre  la  compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  et  les  réparateurs  de  wagons  à 
son  service,  nous  sommes  réunis  le  25  février  1908,  dans  un  des  bureaux  de  la  Compa- 
gnie du  chemin  de  fer  Grand-Tronc,  en  la  ville  de  Montréal,  et  avons  entendu  les 
parties. 

Nous  avons  jugé  que  les  règles  appliquées  aux  ouvriers  qui  travaillent  dans  les 
ateliers  du  Grand-Tronc  (règles  qui  sont  ci-annexées)  étaient  justes  et  raisonnables. 
Nous  avons  aussi  considéré  que  les  salaires  payés  par  la  Compagnie  du  Grand-Tronc 
étaient  justes  et  équitables;  nous  sommes  par  conséquent  d'avis  qu'il  n'y  a  pas  lieu 
de  modifier  les  règles  et  l'échelle  de  salaires  existant  actuellement. 

ADAM  SHOKTT, 

Président. 
J.  G.  O'DONOGHUE, 
WALLACE  NESBITT. 

Nous  acceptons  la  sentence  ci-dessus. 

Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc,  par  E.  H.  Fitzhugh,  3e  vice-pré- 
sident. 

S.  M.  Nichols,  président  de  la  commission  protectrice  conjointe  de  la  confrérie 
des  réparateurs  de  wagons  d'Amérique,  chemin  de  fer  Grand-Tronc. 

LETTRE  DE  M.  FITZHUGH  AU   PRÉSIDENT. 

Suit  le  texte  de  la  lettre  que  M.  Fitzhugh  a  écrite  au  président  de  la  commission 
de  conciliation  : — 

Montréal,  Que.,  25  février  1908. 
Cher  professeur  Shortt, — Kelativement  à  la  discussion  qui  a  eu  lieu  avec 
les  réparateurs  de  wagons  cet  après-midi,  je  dois  vous  dire  que  je  vais  immédia- 
tement m'enquérir  des  raisons  pour  lesquelles  MM.  Firs  et  Plummer  ont  été  con- 
gédiés. Je  vais  donner  les  instructions  voulues  pour  que  l'on  s'assure  si  de  plus 
grandes  précautions  ne  pourraient  pas  être  prises  pour  protéger  les  réparateurs 
de  wagons  losqu'ils  travaillent  sur  les  voies  de  garage.  Je  ne  manquerai  pas  non 
plus  de  m'occuper  de  la  question  de  l'accouplement  des  locomotives.  Je  vais  voir 
aussi  jusqu'à  quel  point  il  sera  possible  de  garder  les  hommes  mariés  de  préfé- 
rence aux  jeunes  gens  lorsqu'il  faudra  réduire  le  personnel.  Nous  ne  vou- 
lons pas  nous  engager  à  donner  des  billets  gratuits,  mais  c'est  là  une  affaire  de 
courtoisie,  et  les  employés  de  tous  les  départements  sont  traités  de  la  même  ma- 
nière. 

Votre  tout  dévoué, 

E.  H.  FITZHUGH, 

3me  vice-président. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  40S 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


XXVII.— DEMANDE  DE  LA  PART  DES  EMPLOYES  DE  LA  COMPAGNIE 
MINIERE  DE  TEMISCAMINGUE  ET  DE  LA  BAIE-D'HUDSON,  A  CO- 
BALT, ONT.,  POUR  LA  NOMINATION  D'UNE  COMMISSION  D'ARBI- 
TRES. 

Le  11  janvier  1908,  le  département  reçut  de  la  part  des  mécaniciens,  mineurs  et 
manœuvres  au  service  de  la  Compagnie  minière  de  Témiscamingue  et  de  la  Baie- 
d'Hudson,  de  Cobalt,  Ont.,  qui  appartenaient  à  la  Fédération  des  mineurs  de  l'Ouest, 
branche  locale  n°  146,  département  minier  des  ouvriers  industriels  du  monde,  pour 
la  nomination  d'une  commission  de  conciliation  et  d'enquête,  qui  serait  chargée  de 
régler  les  différends  survenus  entre  eux  et  cette  compagnie.  La  demande  était  signée 
par  M.  James  McGuire  et  M.  A.  L.  Botly,  le  président  et  le  secrétaire,  respectivement, 
dt  la  branche  locale  n°  146  de  la  Fédération  des  mineurs  de  l'Ouest.  Le  nombre  des 
employés  dans  ce  conflit  était  d'environ  50  et  les  différends  portaient  sur  des  ques- 
tions de  salaires  et  d'heures  de  travail.  La  compagnie  susmentionnée  avait,  alléguait- 
on,  donné  avis,  le  16  décembre  1907,  à  ses  employés  que  le  salaire  de  chacun  d'eux 
serait  réduit  de  25  cents  par  jour.  Une  liste  des  salaires  payés  jusque-là  qui  avait  été 
adoptée  par  l'union  des  mineurs  de  Cobalt,  n°  146,  était  annexée  à  la  demande. 

Une  commission  fut  dûment  constituée  par  le  ministre.  Voici  quels  en  étaient 
les  membres:  M.  C.  B.  Duke,  de  Cobalt,  Ont.,  recommandé  par  les  employés;  M.  M. 
F.  Pumaville,  de  New-Liskeard,  Int.,  recommandé  par  la  compagnie;  et  le  profes- 
seur S.  J.  McLean,  de  Toronto,  Ont.,  nommé  par  le  ministre  en  l'absence  d'une  re- 
commandation conjointe  des  deux  autres  membres. 

Le  département  reçut  le  rapport  de  la  commission  le  31  janvier.  Les  arbitres,  qui 
étaient  unanimes,  recommandèrent  l'adoption  du  principe  d'une  échelle  de  salaires 
basée,  dans  une  certaine  mesure,  sur  le  prix  courant  de  l'argent.  C'est  ce  qu^  recom- 
manda également,  si  l'on  s'en  souvient,  la  commission  de  conciliation  à  laquelle 
avaient  été  soumis  les  griefs  des  ouvriers  employés  par  les  propriétaires  de  la  mine 
d'argent  et  de  plomb.  St-Eugène,  à  Moyie,  O.-B.  La  sentence  arbitrale,  dans  ce  cas- 
ci,  fut  acceptée  par  les  employés,  mais  non  par  la  compagnie.  La  cote  de  l'argent 
atteignit,  au  mois  de  février,  un  chiffre  qui,  sous  le  système  proposé  par  les  arbitres, 
aurait  porté  les  salaires  à  peu  près  aux  mêmes  taux  que  ceux  offerts  par  la  compagnie 
après  qu'elle  eût  signifié  son  intention  d'opérer  une  réduction. 


36— 26£ 


404  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
RAPPORT  DE  LA  COMMISSION. 

Voici  quelle  a  été  la  sentence  rendue  par  les  arbitres: — 

Loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907, 

Dans  l'affaire  des  différends  entre 

La  Compagnie  minière  de  Témiscamingue  et  la  Baie-d'Hudson  (à  resp.  limitée), 

(Patron)  et 

Les  mécaniciens,  mineurs  et  manœuvres  appartenant  à  l'union  des  mineurs  de 
Cobalt,  n°  146,  Fédération  des  mineurs  de  l'Ouest,  département  minier  des 
ouvriers  industriels  du  monde, 

(Employés.) 

Qui  ont  été  soumis,  sous  l'empire  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends 
industriels,  à  une  commission  de  conciliation  et  d'enquête  nommée  et  constituée  par 
le  ministre  du  Travail  le  31  janvier  1908,  et  dont  les  membres  étaient  MM.  C.  B. 
Duke,  de  Cobalt,  M.  F.  Pumaville,  de  New-Liskeard,  et  S.  J.  McLean,  de  Toronto, 
président. 

"Nous,  soussignés,  membres  de  la  dite  commission,  après  avoir  attentivement  lu 
les  dépositions  et  bien  pesé  les  arguments  des  deux  parties  aux  différends;  après  avoir 
mûrement  étudié  les  diverses  questions  se  rattachant  aux  griefs  qui  nous  ont  été  ex- 
posés, et  après  avoir  pris  comme  écart  probable  dans  le  prix  de  l'argent  pour  l'année 
courante  une  variation  de  50  à  60  cents  l'once,  avons  unanimement  décidé  de  rendre 
la  sentence  suivante,  que  nous  recommandons  fortement  aux  intéressés  d'accepter  : — 

"  L'échelle  des  salaires  adoptée  par  l'union  des  mineurs  de  Cobalt,  n°  146,  au 
mois  de  juillet  1907,  dont  une  copie  est  ci-annexée,  devrait  être  appliquée  lorsque  le 
prix  de  l'argent  excédera  55  cents  et  ira  jusqu'à  60  cents  l'once,  et  lorsque  le  prix  de 
l'argent  sera  entre  50  et  55  cents  (inclusivement)  l'once,  une  déduction  de  25  cents 
par  jour  devrait  être  faite  sur  les  salaires  tels  qu'établis  dans  la  susdite  échelle. 


Daté  à  Cobalt,  le  7me  jour  de  février  1908. 


(Signé)     S.  J.  McLEAN, 

Président. 

C.  B.  DUKE, 

M.  F.  PUMAVILLE. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  405 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

L'échelle  de  salaires  suivante  a  été  unanimement  adoptée  pour  toutes  les  mines 
dans  ce  district: — 

Menuisiers $3  50 

Artisans 3  50 

Poseurs  de  tuyaux 3  00 

Forgerons 3  50 

Aides 2  75 

Mécaniciens,  9  heures 3  25 

Plus  de  9  heures,  32^  cents  de  l'heure. 
Chauffeurs,  9  heures. 

Plus  de  9  heures,  27£  cents  de  l'heure. 

Trieurs  de  minerai 2  75 

Marteleurs , ,  .  .   .  .  3  00 

Conducteurs  d'attelages 2  75 

Préposés  aux  monte-charges,  9  heures 2  75 

Plus  de  9  heures,  27|  cents  de  l'heure. 

Préposés  aux  cages 2  75 

Autres  ouvriers  travaillant  à  la  surface 2  50 

Travaux  souterrains. 

Boiseurs 3  50 

Machinistes 3  50 

Aides 3  00 

Préposés  aux  cages 2  75 

Autres  ouvriers  travaillant  sous  terre 2  75 

Les  mineurs  demandent  que  l'on  n'exige  pas  plus  de  60  cents  par  jour  pour  la 
pension;  que  l'on  accorde  25  cents  additionnels  par  jour  aux  mineurs  qui  travaillent 
dans  les  puits;  que  l'on  fournisse  des  vêtements  en  toile  cirée  à  ceux  qui  travaillent 
dans  des  puits  humides;  que  les  ouvriers  ne  soient  pas  tenus  de  travailler  plus  de  9 
heures  par  jour  tant  à  la  surface  que  sous  terre,  et  que  le  salaire  minimum  des  cuisi- 
niers soit  fixé  à  $75  par  mois. 

(Signé)     WALTER  MORRISON,  JOHN  WARD, 

H.  A.  SMITH,  LOUIS  CLEMENTS, 

JAS  MAGUIRE,  ARTHUR  BOTLY. 

WILLIAM  HILL, 

Comité  des  grévistes,  union  des  mineurs  de  Cobalt,  n°  11+6,  Fédération  des 

ouvriers  mineurs  de  l'Ouest. 


406  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

XXVIII.— DEMANDE  DE  LA  PART  DES  EMPLOYES  DE  LA  COMPAGNIE 
DE  HOUILLERES  DOMINION,  C.-B.,  POUR  LA  NOMINATION  D'UNE 
COMMISSION  D'ARBITRES— COMMISSION  CONSTITUEE  ET  COM- 
PROMIS EFFECTUE. 

Le  29  janvier,  le  département  reçut  une  requête  signée  par  Stephen  B.  McNeil 
et  Sylvanus  K.  Nicholson,  grand  maître  et  grand  surveillant,  respectivement,  de  l'as- 
sociation provinciale  des  ouvriers  de  la  Nouvelle-Ecosse,  et  par  laquelle  l'on  deman- 
dait, au  nom  des  diverses  loges  de  cette  association,  qu'une  commission  de  conciliation 
et  d'enquête  fût  constituée  pour  régler  les  différends  survenus  entre  ces  loges  et  la 
Compagnie  des  houillères  Dominion,  à  responsabilité  limitée,  les  loges  en  question 
étant  les  suivantes:  Golden  Rule,  Kimberley,  Unity,  Steadfast,  Olive,  Equity,  Bay- 
View,  Wilson,  Independence,  Queen  Aberdeen,  Power,  Keystone,  Ironsides  et  Island. 
Environ  7,000  employés  étaient  intéressés  dans  ce  conflit. 

Voici  ce  que  disaient  les  employés  quant  à  la  nature  des  différends  qui  s'étaient 
élevés  :  "  La  Compagnie  de  houillères  Dominion  a  demandé  aux  membres  des  susdites 
loges  de  renouveler  le  contrat  de  3  ans  tel  quel  ou  de  passer  un  nouveau  contrat,  ce 
que  ces  loges  ont  refusé  de  faire  après  qu'elles  eurent  reçu  avis  que  le  salaire  des  mi- 
neurs travaillant  aux  piliers  seraient  réduits  de  46  à  41.5  cents  la  tonne;  que  des  res- 
trictions seraient  imposées  quant  aux  coupes  en  travers  des  piliers;  qu'il  faudrait 
fendre  avec  des  coins  le  charbon  des  piliers  là  où  la  présence  de  gaz  empêcherait  l'em- 
ploi de  poudre  pour  pétardement,  et  qu'aucune  rémunération  ne  serait  accordée  pour 
ce  travail  supplémentaire;  que  le  prix  de  la  houille  pour  usages  domestiques  serait 
augmenté  de  60  pour  100,  et  que  les  explosifs  seraient  vendus  au  prix  coûtant,  plus  10 
pour  100  pour  leur  manutention. 

"  L'association  prétend  que,  vu  les  hauts  prix  auxquels  se  vendent  actuellement  les 
choses  nécessaires  à  la  vie  et  les  conditions  favorables  dans  lesquelles  se  fait  le  com- 
merce de  la  houille,  tous  les  ouvriers  et  manœuvres  employés  dans  les  houillères  de 
la  Compagnie  Dominion  devraient  avoir  une  augmentation  de  15  pour  100;  que  les 
mineurs  à  qui  l'on  paie  actuellement  $1.65  par  jour  devraient  recevoir  un  salaire  uni- 
forme de  $2.44  par  jour;  que  les  mineurs  employés  dans  une  houillère  où  il  y  a  poste 
double  devraient  recevoir  une  augmentation  de  4  cents  par  tonne;  que  les  salaires  de 
ceux  qui  travaillent  aux  piliers  de  la  section  n°  9  (havre)  devraient  être  augmentés 
de  45,  46  et  48  cents  la  tonne  à  47.3,  50.8  et  52.6  la  tonne." 

Une  commission  de  conciliation  fut  dûment  constituée.  Voici  quels  en  étaient 
les  membres  :  M.  J.  Dixon  Fraser,  de  New- Glasgow,  N.-E.,  nommé  sur  la  recommanda- 
tion de  la  Compagnie  de  houillères  Dominion;  Dr  A.  S.  Kendall,  député  provincial, 
de  Sydney,  N.-E.,  nommé  sur  la  recommandation  des  employés;  et  le  professeur  Adam 
Shortt,  de  Kingston,  Ont.,  président,  nommé  par  le  ministre  en  l'absence  d'une  re- 
commandation conjointe  des  deux  autres  membres. 

ARRANGEMENT    CONCLU. 

Le  ministère  reçut  le  rapport  de  la  commission  le  23  mars  1908.  Ce  rapport  était 
sous  la  forme  d'un  arrangement  conclu  entre  les  parties,  qui  devait  prendre  effet  le 
16  mars  1908  et  expirer  le  31  décembre  1909. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  407 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

La  commission  siégea  à  Glace-Bay,  N.-E.,  dans  la  salle  du  eonseil  municipal.  La 
première  séance  eut  lieu  le  2  mars.  La  Compagnie  de  houillères  était  représentée 
par  M.  G.  IL  Duggan,  son  gérant  général,  aidé  de  M.  Charles  Fergie,  surintendant 
en  chef  des  mines.  Les  mineurs  étaient  représentés  par  M.  John  Moffat,  grand  secré- 
taire de  l'association  provinciale  des  ouvriers,  aidé  de  MM.  Stephen  B.  McNeil  et  .S. 
K.  Nicholson,  aussi  officiers  de  cette  association. 

Les  différends  portaient  principalement  sur  la  nouvelle  échelle  de  salaires  qui 
avait  été  établie  par  la  compagnie  au  commencement  de  cette  année  pour  différentes 
catégorie  de  travaux  miniers,  échelle  d'après  laquelle  les  salaires  des  mineurs  travail- 
lant aux  piliers  étaient  considérablement  réduits  et  ceux  des  mineurs  employés  à  cer- 
tains autres  genres  d'ouvrage  étaient  augmentés.  Les  antres  points  sur  lesquels  il  y 
avait  désaccord  étaient  les  suivants:  les  règlements  adoptés  relativement  à  la  désagré- 
gation de  la  houille  an  moyen  de  coins  lorsqu'on  ne  pouvait  pas  se  servir  d'explosifs, 
l'augmentation  dans  le  prix  de  la  houille  achetée  par  les  mineurs  pour  usages  domes- 
tiques, le  prix  à  payer  pour  les  explosifs,  et  la  période  de  temps  pour  laquelle  un  ar- 
rangement devait  être  fait. 

La  commission  consacra  sa  première  séance  (celle  du  2  mars)  à  entendre  les  par- 
ties afin  de  pouvoir  juger  exactement  de  la  nature  des  différends.  Le  2me  jour,  elle 
visita  deux  des  mines  les  plus  importantes.  Les  5  autres  jours  furent  consacrés  à 
entendre  des  témoins.  Plusieurs  mineurs  ainsi  que  le  surintendant  divisionnaire  des 
mines  et  les  gérants  des  différentes  houillères  furent  interrogés. 

Voici  ce  que  disait  le  président  de  la  commission  à  la  fin  de  la  lettre  qui  accom- 
pagnait son  rapport  :  "Comme  d'habitude,  on  a  laissé  la  plus  grande  latitude  à  ceux 
qui  ont  été  entendus.  Les  témoins  ont  été  interrogés  par  les  membres  de  la  commis- 
sion et  contre-interrogés  par  les  représentants  des  parties.  Il  y  a  peu  de  divergence 
dans  les  déclaratioins  qui  ont  été  faites  sur  des  questions  de  faits,  et  les  points  sur  les- 
quels il  y  avait  quelque  obscurité  ont  été  élucidés  au  cours  de  la  discussion.  M.  Dug- 
gan,  qui  représentait  la  compagnie,  et  M.  Moffat,  qui  défendait  les  intérêts  des  em- 
ployés, se  sont  montrés  très  conciliants  et  ont  beaucoup  contribué  à  préparer  la  voie 
à  un  règlement  des  différends  à  l'amiable". 

LETTRE  DE  FELICITATIONS  DU  MINISTRE. 

Le  ministre  écrivit  la  lettre  suivante  au  président  de  la  commission: 

Ottawa,  16  mars  1908. 

Mon  cher  professeur  Shortt, — Il  me  fait  grand  plaisir  d'avoir  encore  une  fois 
l'occasion  de  vous  féliciter  de  l'heureux  résultat  de  vos  efforts  pour  régler  le  différend 
qui  était  survenu  entre  la  Compagnie  de  houillères  Dominion  et  ses  employés.  Parmi 
les  nombreux  différends  qui  ont  été  soumis  à  des  commissions  de  conciliation  et  d'en* 
quête  au  cours  de  l'année  dernière  et  dont  plusieurs  ont  été  jugés  par  vous,  aucun, 
peut-être,  n'était  aussi  important  que  celui  qui  vient  d'être  réglé,  étant  donné  que  pas 
moins  de  7,000  mineurs  y  étaient  directement  intéressés,  sans  parler  des  milliers 
d'ouvriers  dans  la  province  de  la  Nouvelle-Ecosse  que  le  résultat  auquel  l'on  en  arri- 
verait devait  affecter.  D'un  autre  côté,  je  suis  porté  à  croire  que  ce  conflit  présentait 
des  difficultés  plus  sérieuses  que  l'on  avait  encore  rencontrées,  et  que  la  compagnie 
et  les  employés  doutaient  quelque  peu  qu'il  fût  possible  d'en  venir  à  une  entente.     Il 


408  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
y  a  donc  lieu  de  se  féliciter  de  l'arrangment  qui  a  été  conclu  par  votre  médiation  et 
celle  de  vos  collèges,  et  qui  a  fait  disparaître  tout  danger  sérieux  d'interruption  des 
opérations  dans  une  de  nos  plus  importantes  industries. 

Comme  je  le  dis  plus  haut,  vous  avez  présidé,  durant  l'année,  plusieurs  commis- 
sions de  conciliation  et  d'enquête  qui  avaient  été  nommées  sous  l'empire  de  la  loi  que 
le  parlement  a  récemment  adoptée  en  vue  de  faciliter  le  règlement  à  l'amiable  de 
certains  différends  industriels.  Vos  efforts  ont  été  invariablement  couronnés  de  suc- 
cès, et  votre  médiation  a  eu  dans  chaque  cas  un  résultat  des  plus  bienfaisants  pour  la 
population  industrielle  du  Canada.  Je  profite  donc  de  cette  occasion  pour  vous  dire 
combien  mon  département  vous  est  obligé.  Je  vous  félicite  d'avoir  saisi  dès  le  début 
le  principe  vital  de  la  mesure,  savoir,  celui  de  la  conciliation,  et  d'avoir  établi  au 
cours  de  vos  enquêtes  une  série  de  précédents  sur  lesquels  se  guideront  les  commis- 
sion d'arbitrage  qui  seront  nommées  à  l'avenir. 

Je  puis  vous  assurer  que  mes  collègues  dans  le  gouvernement  apprécient  haute- 
ment, comme  moi,  les  services  que  vous  avez  rendus  durant  l'année,  souvent,  je  le  sais, 
au  prix  de  grands  sacrifices.  Je  crois  pouvoir  ajouter  que  le  public  reconnaît  aussi 
combien  il  vous  est  redevable  pour  vos  bons  offices  comme  arbitre  dans  les  conflits 
entre  patrons  et  ouvriers. 

Vous  offrant  encore  une  fois  mes  félicitations  pour  votre  dernier  triomphe  dans- 
l'œuvre  de  la  conciliation, 

Je  vous  prie  de  me  croire, 

Votre  tout  dévoué,, 

RODOLPHE  LEMIEUX. 
Le  professeur  Adam  Shortt, 

Université  Queen, 

Kingston,  Ontario. 

CONDITIONS    DE    L* ARRANGEMENT    APPROUVEES    PAJl    LES    EMPLOYES. 

Le  13  mars,  le  sous-conseil  de  la  grande  loge  de  l'Association  provinciale  des  ou- 
vriers adopta  unanimement,  à  sa  séance  régulière,  l'adresse  suivante,  et  en  remit  des 
copies  aux  membres  de  la  commission  de  conciliation  et  d'enquête  qui  étaient  pré- 
sents : — 

Au  professeur  Adam  Shortt,  au  Dr  A.  S.  Kendall  et  à  J.  Dix  Fraser,  membres  de  la 
commission  de  conciliation. 

Messieurs, — Les  membres  du  sous-conseil  de  l'Association  provinciale  des  ou- 
vriers désirent  vous  exprimer  leur  haute  appréciation  de  vos  services  comme  arbitres 
chargés  de  régler  leurs  difffférends  avec  la  Compagnie  de  houillères  Dominion'..  Les 
délibérations  de  la  commission  ont  été  conduites  avec  une  grande  habileté,  les  arbi- 
tres ayant  montré  qu'ils  étaient  parfaitement  au  courant  de  tous  les  faits. 

Un  esprit  de  justice  et  d'impartialité  s'est  manifesté  pendant  tout  le  cours  de  nos 
griefs.  L'on  nous  a  donné  toute  la  latitude  voulue  pour  faire  entendre  les  témoins 
nécessaires,  ce  qui  a  causé  beaucoup  de  satisfaction  à  tous  nos  membres  et  à  tous- 
ceux  qui  étaient  intéressés  dans  cette  affaire. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  409 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

La  décision  de  la  commission  ne  nous  a  pas  été  aussi  favorable  que  nous  l'aurions 
désiré,  mais  nous  croyons  qu'elle  a  été  dictée  par  les  principes  de  la  justice  et  de 
l'équité. 

Nous  vous  remercions  pour  la  bonne  œuvre  que  vous  avez  accomplie  et  pour  le 
précieux  service  que  vous  avez  rendu  aux  habitants  de  notre  île,  de  notre  comté  et  de 
notre  province  en  assurant  le  maintien  d'une  industrie  qui  est  d'une  si  grande  impor- 
tance pour  nous.  Grâce  à  votre  médiation,  nous  ne  doutons  plus  que  la  prospérité  va 
continuer  à  régner  dans  nos  villages  miniers. 

Vous  souhaitant  beaucoup  de  succès  dans  vos  travaux  futurs  nous  demeurons, 

Vos  dévoués  serviteurs, 

STEPHEN  B.  McNEIL, 

Grand  maître  de  V Association  provinciale  des  ouvriers. 

JOHN  MOFFATT, 

Grand  secrétaire  de  V Association  provinciale  des  ouvriers. 

JOHN  DAVIS, 
DAN.  McDOUGALL, 
DAN.  CAKMICHAEL, 
RONALD  NICHOLSON. 

RÉSOLUTION   ADOPTÉE  PAR  LE  CONSEIL   MUNICIPAL  DE   GLACE-BAY. 

A  une  assemblée  régulière  ajournée  du  conseil  municipal  de  Glace-Bay,  tenue 
dans  la  soirée  du  13  mars,  la  résolution  suivante  a  été  unanimement  adoptée  : — 

Attendu  que  la  Compagnie  de  houillères  Dominion  et  ses  employés  ont  été  depuis 
longtemps  en  négociations  pour  reviser  l'échelle  des  salaires  payés  par  cette  compagnie 
aux  mineurs  à  son  service,  mais  que  l'on  n'a  pu  en  venir  à  une  entente; 

Et  attendu  que  les  employés  ont  demandé  au  gouvernement  de  nommer  une  com- 
mission de  conciliation  dans  le  but  de  tâcher  de  régler  cette  difficulté; 

Et  attendu  qu'une  commission  de  conciliation  a  été  constituée  à  cette  fin; 

Et  attendu  que  tous  les  différends  entre  la  Compagnie  Dominion  et  ses  employés 
ont  été  réglés  à  l'amiable; 

Qu'il  soit  résolu — 

Que  le  conseil  municipal  de  la  ville  de  Glace-Bay,  réuni  en  assemblée  régulière, 
ce  jour,  exprime  sa  haute  appréciation  du  service  que  la  dite  commission  de  concilia- 
tion, et  principalement  son  président,  le  professeur  Shortt,  a  rendu  à  notre  population 
en  réglant  les  différends  en  question  à  l'amiable  et  à  la  satisfaction  de  tous  les  inté- 
ressés, et  nous  croyons  devoir  féliciter  la  compagnie  et  ses  employés  pour  la  tolérance 
dont  ils  ont  fait  preuve  et  qui  a  pour  effet  de  faciliter  la  tâche  des  arbitres. 

TEXTE  DE  L'ARRANGEMENT   CONCLU. 

Suit  le  texte  de  l'arrangement  qui  fut  conclu  devant  la  commission: — 
"  Conformément  à  la  sentence  rendue  par  la  commission  de  conciliation  et  d'en- 
quête, les  changements  suivants  apportés  à  l'échelle  des  salaires  (échelle  n°  1)  qui  fut 
établie  le  5  décembre  1907  et  appliquée  le  6  janvier  1908,  ont  pris  effet  le  16  mars 
1908  :— 


410 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MINE  N°  1. 

Ancien  taux. 

Nouv.  Taux. 

39.5 
36.3 
36.3 

41. 

38 

Galeries  horizontales 

38. 

• 
MINE  N°  2. 

40.5 
38.5 
37.5 

41.7 

Galeries  d'allongement 
Galeries  horizontales.  .  . 

39  7 

38.7 

MINE  N°  3. 

Bures 

43.7 
39.4 
39.4 

44.5 

40  5 

Galeries  horizontales   

40.5 

N°  4  OUEST. 

40.5 
39.4 
39.4 

41.5 

Galeries  d'allongement 

Galeries  horizontales 

40.5 
40.5 

N°  4  EST. 

46. 

42.7 
42.7 

47. 

Galeries  d'allongement 

45. 
45. 

MINE  N°  5. 

39.5 
34.2 
34.2 

42. 

38. 

Galeries  horizontales 

38. 

MINE  N°  6. 

49.5 
47.5 
46.5 

50.5 

48.5 

47.5 

MINE  N*  7. 

39.5 
36.3 
36.3 

42. 

38.5 

Galeries  horizontales 

38.5 

DOMINION  N°  9. 

(5  pieds  à  5  pieds  6  pouces.) 

52.5 
50.5 
49.5 

53.5 

51.5 

50.5 

(5  pieds  7  pouces  à  6  pieds.) 

49.5 
47.5 
46.5 

50.5 

48.5 

47.5 

(6  pieds  1  pouce  et  plus). 

46.5 
44.5 
43.5 

47.5 

Galeries  d'allongement. 
Galeries  horizontales . . . 

45.5 

44.5 

PILIERS. 


Houillères  numéros  1,  3,  A,  côté  ouest,  et  5,  augmentation  de  1£  cent  à  4£ 
cents,  portant  le  salaire  à  une  somme  variant  entre  43  et  46  cents  la  tonne,  les 
taux  étant  différents  pour  chaque  district,  comme  le  fait  voir  le  plan  ci-joint. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  411 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

Houillère  n°  4,  côté  est,  augmentation  de  2£  cents  à  5è  cents,  portant  le  sa- 
laire, dans  les  différents  districts,  à  une  somme  variant  entre  45i  cents  et  48£ 
cents  la  tonne,  comme  le  fait  voir  le  plan  ci-joint. 

Houillère  n°  6,  sur  la  veine  Phalen,  augmentation  de  1  cent,  portant  le  sa- 
laire à  43  cents  la  tonne. 

Houillère  n°  6,  sur  la  veine  Phalen,  augmentation  de  1  cent,  portant  le  sa- 
laire à  46  cents  la  tonne. 

Houillère  n°  9,  sur  la  veine  du  Havre,  augmentation  de  3  cents  pour  désagré- 
gation de  masses  de  charbon  de  5  pieds  à  5  pieds  6  pouces  de  hauteur,  portant  le 
salaire  à  49  cents  la  tonne. 

Augmentation  de  2  cents  pour  désagrégation  de  masses  de  charbon  de  5 
pieds  7  pouces  à  6  pieds  de  hauteur,  portant  le  salaire  à  47  cents  la  tonne.  Aug- 
mentation de  2  cents  pour  désagrégation  de  masses  de  charbon  de  6  pieds  1  pouce 
et  plus  de  hauteur,  portant  le  salaire  à  46  cents  la  tonne. 

JOURNALIERS. 

Les  salaires  des  garçons,  des  charretiers,  des  chargeurs,  etc.,  sont  augmentés 
de  20  pour  100,  mais  cette  augmentation  ne  devra  être  dans  aucun  cas  de  moins 
de  3  cents  par  jour.  Par  exemple,  les  garçons  et  les  hommes  de  ces  catégories 
à  qui  Ton  payait  $1.38  par  jour  avant  le  6  janvier  1908  et  dont  le  salaire  fut  aug- 
menté à  $1.42  le  6  janvier  1908,  recevront,  le  et  après  le  16  mars,  $1.45  par  jour. 

Les  salaires  des  mineurs  qui  reçoivent  actuellement  $1.50  ou  plus  par  jour 
sont  augmentés  de  20  pour  100.  Cette  augmentation  ne  devra  dans  aucun  cas 
être  moindre  que  5  cents  par  jour.  Par  exemple,  ceux  a  qui  l'on  paie  à  l'heure 
qu'il  est  $1.70  recevront,  le  et  après  le  16  mars,  $1.75  par  jour. 

MINEURS    TRAVAILLANT    AUX    PILIERS. 

Les  clauses  1  et  2  de  la  liste  n°  1  des  salaires  sont  annulées  et  remplacées 
par  les  suivantes: — 

Clause  1.  Pour  coupes  en  travers  des  piliers  n'excédant  pas  12  pieds  de  lar- 
geur, les  mineurs  recevront  le  salaire  ordinaire. 

Clause  2.  Lorsque,  par  suite  de  la  présence  de  gaz,  il  sera  impossible  de  se 
servir  d'explosifs,  l'on  pourra  exiger  que  la  houille  soit  fendue  avec  des  coins. 
Les  mineurs  qui  ne  voudront  pas  fendre  le  charbon  pourront  sans  violer  au- 
cune règle  de  discipline  rester  oisifs  ou  travailler  à  autre  chose  jusqu'à  ce  que 
le  pétardement  puisse  se  faire  sans  aucun  danger.  Un  supplément  sera  payé 
aux  mineurs  qui  auront  été  occupés  à  fendre  la  houille  pendant  plus  de  12  jours 
en  une  année;  ce  supplément  sera  fixé  d'après  entente  entre  la  compagnie  et  ses 
employés. 

Note.' — Une  liste  des  salaires  qui  devront  être  payés  du  16  mars  1908  au  31 
décembre  1909    sera  publiée  aussitôt  que  possible. 

(Signé)     ADAM  SHORTT, 

Président. 
J.  DIX  FRASER, 
ARTHUR  S.  KENDALL, 
Membres  de  la  commission  de  conciliation. 
Nous  acceptons  la  sentence  ci-dessus. 


Dominion  Coal  Company,  Limited. 


S.  B.  McNEIL, 

G.M.A.P.O. 
JOHN  MOFFAT, 

G.  Sec.  A.P.O. 
S.  K.  NICHOLSON, 

S.A.P.O. 


G.  H.  DUGGAN, 

2me  vice-président. 


412  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


DEMANDES  POUR  LA  NOMINATION  DE  COMMISSION  D'ENQUETE  ET 
DE  CONCILIATION  QUI  ETAIENT  PENDANTES  A  LA  CLOTURE  DE 
L'EXERCICE. 

En  sus  des  demandes  pour  la  nomination  de  commissions  de  conciliation  et  d'en- 
quête qui  furent  reçues  l'année  dernière  et  auxquelles  l'on  fit  droit  avant  la  clôture 
de  l'exercice,  les  demandes  suivantes  dans  le  même  sens  faites  durant  l'année  étaient 
encore  pendantes  le  31  mars  1908:— 

1.  Demande  de  la  part  des  employés  de  la  Compagnie  des  tramways  de  Hamilton, 
le  nombre  de  ceux  qui  étaient  intéressés  dans  le  conflit  survenu  étant  d'environ  120. 

2.  Demande  de  la  part  des  ouvriers  employés  à  la  mine  King  Edward,  à  Cobalt, 
Ont.,  le  nombre  de  ceux  qui  étaient  intéressés  dans  le  conflit  survenu  étant  d'environ 
60. 

3.  Demande  de  la  part  des  membres  de  l'Union  des  matelots  des  lacs  employés 
par  les  compagnies  de  navigation  faisant  le  service  sur  les  grands  lacs,  le  nombre  de 
ceux  qui  étaient  intéressés  dans  le  conflit  survenu  étant  d'environ  450. 

.4.  Demande  de  la  part  des  employés  de  la  Compagnie  de  houillères  du  Manitoba 
et  de  la  Saskatchewan,  à  Bienfait,  Sask.,  le  nombre  de  ceux  qui  étaient  intéressés 
dans  le  conflit  survenu  étant  d'environ  50. 

5.  Demande  de  la  part  des  employés  de  la  Compagnie  Western  Dominion  Collie- 
ries,  à  Taylortown,  Sask.,  le  nombre  de  ceux  qui  étaient  intéressés  dans  le  conflit  sur- 
venu étant  d'environ  90. 

6.  Demande  de  la  part  des  membres  de  la  loge  n°  23  de  l'Association  provinciale 
des  ouvriers  de  la  Nouvelle-Ecosse  employés  par  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et 
de  houillère  de  Cumberland,  le  nombre  des  ouvriers  intéressés  dans  le  conflit  survenu 
étant  d'environ  1,600. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  413 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 


POUESUITES  INTENTEES  SOUS  L'EMPIRE  DE  LA  LOI  DES  ENQUETES 
EN  MATIERE  DE  DIFFERENDS  INDUSTRIELS. 

Plusieurs  poursuites  pour  infraction  à  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  diffé- 
rends industriels  furent  intentées  durant  l'année.  Des  rapports  officiels  de  ces  pour- 
suites furent  transmis  au  département,  conformément  à  la  section  67  du  statut,  par 
les  magistrats  qui  avaient  entendu  les  diverses  causes  ou  par  le  greffier  du  tribunal. 
Voici  quelles  sont  les  causes  dont  un  rapport  a  été  fait  au  département  : 

POURSUITES   INTENTÉES  À  MARBLE-BAY,   ILE   DE   TEXADA — POURSUITES   RETIREES    APRES    REGLE- 
MENT DE  L'AFFAIRE. 

Plusieurs  employés  de  la  Compagnie  d'aciéries  de  Tacoma  furent  poursuivis  pour 
avoir  enfreint  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  en  se 
mettant  en  grève  contrairement  à  ses  dispositions.  Le  siège  des  opérations  de  cette 
compagnie  est  à  Marble-Bay,  île  Texada,  C.-B.  Cette  poursuite  est  la  première 
qui  ait  été  intentée  sous  l'empire  du  statut  relatif  aux  différends  industriels.  Le  dé- 
partement reçut  un  rapport  du  procès  de  M.  H.  O.  Alexander,  le  magistrat  qui  avait 
entendu  la  cause,  et  un  factum  conjoint  de  MM.  C.  B.  McNeil,  avocat  de  la  compa- 
gnie, et  J.  Edward  Bird,  avocat  du  défendeur, — rapport  et  mémoire  qui  sont  repro- 
duits ci-dessous. 

Voici  le  texte  du  rapport  transmis  à  ce  sujet  par  le  magistrat  de  police: — 

Vancouver,  C.-B.,  19  juin  1907. 
Le  registraire, 

Commissions  de  conciliation  et  d'enquête, 
Ottawa,  Ont. 

Le  roi  contre  De  Greeh. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  mon  rapport  au  sujet  de  la  cause 
ci-dessus.  Il  s'agit  d'une  poursuite  intentée  contre  un  nommé  De  Greek,  sous 
l'empire  de  la  section  56  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  indus- 
triels, 1907,  parce  qu'il  s'était  mis  en  grève  avant  qu'une  enquête  eût  été  faite 
relativement  aux  différends  survenus  entre  la  Compagnie  d'aciéries  de  Tacoma  et 
ses  employés,  au  nombre  desquels  se  trouvait  le  défendeur.  Le  siège  des  opé- 
rations de  la  Compagnie  d'aciéries  de  Tacoma  est  à  Marble-Bay,  île  de  Texada. 
Des  accusations  pour  le  même  délit  furent  portées  contre  trois  autres  employés 
pés  à  abattre  la  houille  par  gradins  et  ceux  qui  extrayaient  le  minerai  furent 
suspendues;  ce  que  l'on  voulait  surtout,  c'était  d'obtenir  dans  la  cause  de  De 
Greek  une  décision  qui  servirait  de  précédent.  Une  fois  l'enquête  terminée,  il 
me  sembla  que  toute  la  difficulté  provenait  d'un  simple  malentendu.  Certaines 
demandes  avaient  été  faites  par  les  employés  et  l'on  avait  donné  à  la  compagnie 
jusqu'au  1er  avril  pour  les  examiner.  Le  25  mars,  les  mineurs  qui  étaient  occu- 
pés à  abattre  la  houille  par  gradins  et  ceux  qui  extrayaient  le  minerai  furent 
congédiés.  Les  employés  crurent  que  c'était  là  une  contre-grève  partielle  et  ils 
se  mirent  en  grève  ce  jour-là.  La  compagnie  expliqua  qu'elle  n'expédiait  plus  de 
minerai   à  la  fonderie   de   Tacoma   parce   qu'une  grève   avait   été   déclarée   à  cet 


414  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

endroit,  et  comme  ses  coffres  à  minerai  étaient  pleins,  elle  avait  été  forcée  de 
suspendre  les  opérations.  Il  y  avait  contradiction  dans  les  témoignages  quant 
à  la  question  de  savoir  si  cela  avait  été  expliqué  ou  non  aux  employés  le  25  mars, 
date  où  la  grève  eut  lieu.  Après  que  cette  explication  eût  été  donnée  par  les 
témoins  à  charge,  je  suspendis  la  cause  et  je  demandai  aux  parties  si  elles  étaient 
disposées  à  en  venir  à  une  entente,  vu  qu'il  y  avait  eu  évidemment  un  malenten- 
du et  que  la  question  sur  laquelle  portait  réellement  les  différends,  savoir,  celle 
des  salaires,  n'avait  pas  été  discutée  du  tout.  Après  quelques  pourparlers,  il  fut 
convenu  que  l'on  tâcherait  d'en  arriver  à  un  arrangement.  La  cour  s'ajourna  et 
un  comité  composé  d'employés  conféra  avec  le  directeur-gérant  et  le  gérant  local 
de  la  compagnie.  Il  me  fait  plaisir  de  vous  dire  que  tous  les  différends  ont  été 
réglés  à  l'amiable  et  que  les  grévistes  se  sont  remis  à  travailler.  Toutes  les  pour- 
suites ont  été  retirées. 

Je  vous  fais  ce  rapport  personnellement,  vu  qu'i  ln'y  a  à  l'heure  qu'il  est 
aucun  greffier  pour  la  cour  de  police  de  ce  comté. 
J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

HY.  O.  ALEXANDER, 

Magistrat  de  police. 

FACTUM  SOUMIS  PAR  LES  AVOCATS  DES  PARTIES. 

Les  avocats  des  deux  parties  ont  soumis  le  factum  suivant  au  département: — 

"L'enquête  dans  les  poursuites  intentées  sous  le  régime  de  la  loi  des  enquêtes 
en  matière  de  différends  industriels,  1907, — les  premières  qui  aient  été  prises 
sous  l'empire  de  cette  loi, — a  été  commencée  devant  M.  H.  C.  A.  Alexander,  hier, 
le  30  mai,  à  10  heures  de  l'avant-midi.  M.  C.  B.  McNeil,  conseil  du  roi,  repré- 
sentait la  plaignante,  la  Compagnie  d'aciéries  de  Texada,  propriétaire  des  mines 
de  cuivre  de  Marble-Bay,  et  M.  J.  Edward  Bird,  représentait  les  mineurs,  qui 
étaient  tous  membres  de  la  loge  Texada  n°  113  de  la  Fédération  des  mineurs  de 
l'Ouest. 

"Les  mineurs  étaient  tous  poursuivis  en  vertu  de  la  section  56  du  statut,  qui 
défend  aux  employés  de  se  mettre  en  grève  et  aux  patrons  de  déclarer  une  contre- 
grève  avant  que  les  différends  qui  sont  survenus  aient  été  jugés  pa'r  une  commis- 
sion de  conciliation. 

"La  première  poursuite  qui  figurait  au  rôle  était  celle  intentée  contre  un  mi- 
neur du  nom  de  De  Greek,  et  toute  la  matinée  fut  prise  par  M.  McNeil  à  faire 
entendre  les  témoins  à  charge. 

"Le  premier  témoin  que  l'on  a  entendu  à  été  M.  Grant,  le  gérant,  qui  a  expli- 
qué la  nature  des  différends  qui  s'étaient  élevés.  Le  directeur-gérant  pour  Taco- 
ma,  M.  Eastman,  a  été  aussi  interrogé,  et  au  cours  de  l'interrogatoire  et  du 
contre-interrogatoire  de  ces  deux  témoins  il  a  été  démontré  qu'il  y  avait  eu  un 
grave  malentendu  entre  le  gérant  et  les  mineurs. 

"Une  demande  pour  une  augmentation  de  salaire  avait  été  faite  à  la  compa- 
gnie le  18  mars.  Le  19  mars,  la  compagnie  télégraphia  à  son  gérant  de  disconti- 
nuer temporairement  les  expéditions  de  minerai  vu  que  les  ouvriers  employés  à 
la  fonderie  de  Tacoma  s'étaient  mis  en  grève.  Les  mineurs  qui  étaient  occupés 
à  abattre  la  houille  par  gradins  et  ceux  qui  extrayaient  le  minerai  furent  congé- 
diés. Le  25,  un  comité  composé  de  membres  de  l'union  des  mineurs  conféra 
avec  le  gérant,  et,  à  la  suite  de  cette  conférence,  les  mineurs,  par  suite  d'un  mal- 
entendu, furent  sous  l'impression  que  le  renvoi  de  leurs  confrères  était  une  ré- 
ponse à  leur  demande  pour  une  augmentation  de  salaire.  Les  deux  parties  ont 
admis  que  les  relations  tendues  qui  existaient  entre  elles  avaient  beaucoup  excité 
les  esprits,  et,  par  conséquent,  il  est  raisonnable  de  supposer  que  l'on  était  porté 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  415 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

à  mal  interpréter  les  choses,  à  leur  donner  une  signification  qu'elles  n'avaient  pas. 
Les  mineurs  ont  prétendu  (et  c'était  là  leur  principal  moyen  de  défense)  que  la 
loi  relative  aux  différends  industriels  ne  s'appliquait  qu'aux  industries  d'utilité 
publique,  et  que  l'exploitation  d'une  mine  de  cuivre  n'entrait  pas  dans  les  indus- 
tries de  cette  catégorie.  Il  a  été  aussi  admis  de  part  et  d'autre  que  les  deux  par- 
ties ignoraient,  à  la  date  de  la  grève  et  même  15  jours  après,  que  cette  loi  était 
en  vigueur.  La  loi  fut  sanctionnée  à  Ottawa  le  22  mars,  et  la  grève  fut  déclarée 
le  25? 

"Les  mineurs  essayèrent  de  plus  de  démontrer  qu'après  le  renvoi  des  em- 
ployés qui  furent  congédiés  le  25,  il  ne  restait  plus  à  la  mine  que  7  ouvriers  inté- 
ressés dans  la  demande  qui  avait  été  faite  pour  une  augmentation  de  salaire,  et 
ils  étaient  à  fortifier  leur  position,  qui  était  attaquée  de  tous  côtés,  lorsqu'une  vive 
discussion  s'éleva,  ce  qui  donna  au  magistrat  l'occasion  (qu'il  attendait  évidem- 
ment) de  faire  remarquer  qu'il  y  avait  eu  apparemment  un  malentendu  et  qu'il 
vaudrait  mieux  ajourner  afin  de  permettre  aux  parties  de  conférer  ensemble.  Les 
deux  avocats  déclarèrent  qu'ils  étaient  prêts  à  prêter  leurs  bons  offices  pour  ame- 
ner une  entente.  La  cour  s'ajourna  pour  une  demi-heure  et  ensuite  jusqu'à  8 
heures  du  soir. 

"  Fn  esprit  de  conciliation  se  manifesta  de  part  et  d'autre,  et  à  10.30  heures 
du  soir  tous  les  différents  «étaient  réglés.  Les  grévistes  seront  tous  rengagés. 
La  grève  a  pris  fin,  une  nouvelle  échelle  de  salaires,  approuvée  par  les  ouvriers,  a 
été  établie  pour  toutes  les  classes  d'employés,  et  tout  le  monde  est  content  et  sa- 
tisfait. M.  Alexander,  par  sa  patience,  son  ingénuité  et  son  tact,  s'est  montré  un 
très  habile  conciliateur.  Chacun  y  a  mis  du  sien,  et  les  différends  ont  été  réglés 
à  l'amiable. 

"  Les  mineurs  étaient  confiants  qu'on  ne  les  condamnerait  pas,  et  la  compa- 
gnie, de  son  côté,  comptait  bien  gagner  sa  cause,  mais  le  statut,  en  permettant 
aux  parties  de  s'expliquer  et  de  dissiper  tous  les  malentendus,  a  pleinement  at- 
teint dans  ce  cas-ci  le  but  pour  lequel  il  a  été  créé." 

MINEUR  CONDAMNÉ  À   COBALT. 

Le  6  et  le  7  septembre,  James  McGuire,  le  président  de  l'Union  des  mineurs  de 
Cobalt,  fut  traduit  devant  le  magistrat  de  police  de  Cobalt  sur  l'accusation  d'avoir 
incité  les  employés  de  la  Compagnie  minière  de  Nipissingue  à  se  mettre  en  grève  con- 
trairement à  la  section  60  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels. 
La  cause  fut  entendue  devant  M.  R.  H.  C.  Browne,  magistrat  de  police  de  Cobalt,  qui 
transmit  au  département  le  rapport  suivant  du  procès  : — 

"  McGuire  a  été  déclaré  coupable  et  condamné  à  une  amende  de  $500,  et  à  défaut 
de  paiement  de  cette  somme,  à  6  mois  d'emprisonnement  avec  travaux  forcés.  Le 
ministère  public  était  représenté  par  l'avocat  de  la  Couronne  Browing,  de  North-Bay. 
Il  y  avait  une  autre  plainte  contre  McGuire  l'accusant  d'avoir  incité  les  employés  de 
la  Compagnie  minière  du  lac  Cobalt  à  se  mettre  en  grève,  11  plaintes  contre  Robert 
Roadhouse  l'accusant  d'avoir  incité  les  employés  aux  différentes  mines  à  se  mettre 
en  grève  et  2  plaintes  contre  Wm  Ilewitt  l'accusant  de  s'être  mis  en  grève  illégale- 
ment. Dans  toutes  ces  causes,  j'ai  suspendu  les  procédures  en  attendant  que  la  haute 
cour,  à  laquelle  McGuire  a  interjeté  appel,  ait  rendu  son  jugement." 

JUGEMENT   DE   LA   COUR   D'APPEL   D'ONTARIO   DANS   LA   CAUSE   DU    ROI   CONTRE    MCGUIRE — 

SENTENCE  MODIFIÉE. 

Jugement  dans  la  cause  du  roi  contre  James  McGuire,  qui  avait  été  condamné 
par  le  magistrat  de  police  de  Cobalt  pour  infraction  à  la  loi  des  enquêtes  en  matière 


416  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
de  différends  industriels,  a  été  rendu  dans  la  cour  divisionnaire,  à  Osgoode-Hall,  To- 
ronto, le  13  février,  par  l'honorable  juge  McGee. 

Dans  cet  appel,  E.  E.  A.  DuVernet,  représentait  le  défendeur;  J.  R.  Cartwright, 
conseil  du  roi,  sous-procureur  général  de  la  province  d'Ontario,  représentait  la  Cou- 
ronne; et  J.  Lorne  McDougall,  de  Haileybury,  représentait  le  dénonciateur.  La  mo- 
tion pour  faire  casser  la  condamnation  était  basée  sur  les  moyens  suivants:  (1)  le 
magistrat  n'avait  pas  juridiction  dans  l'espèce  ;(2)  c'était  là  une  affaire  du  ressort 
des  tribunaux  civils  et  non  des  cours  criminelles;  (3)  l'on  aurait  dû  accorder  au  dé- 
fendeur un  procès  par  jury;  (4)  les  témoignages  n'étaient  pas  suffisants,  etc.  L'avo- 
cat du  défendeur  a  surtout  insisté  sur  le  premier  de  ces  points.  Il  a  prétendu  que  le 
magistrat  n'était  pas  compétent  pour  juger  la  cause  sous  l'empire  de  la  loi  des  en- 
quêtes en  matière  de  différends  industriels,  1907,  vu  que  cette  loi  n'était  invoquée  ni 
par  les  propriétaires  de  mines  ni  par  les  mineurs,  et  que,  par  conséquent,  elle  n'était 
pas  applicable.  La  cour  divisionnaire,  après  avoir  pris  l'affaire  en  délibéré,  rendit  juge- 
ment le  13  février,  réduisant  le  terme  d'emprisonnement  (à  défaut  du  paiement  de 
l'amende)  de  6  mois  à  3  mois,  et  comme  il  y  avait  eu  aussi  erreur  dans  le  jugement 
du  tribunal  de  première  instance,  la  cour  décida  que  .chaque  partie  payerait  ses  frais. 
La  sentence  fut  aussi  modifiée  quant  à  la  qualification  du  délit  pour  lequel  le  défen- 
deur avait  été  condamné. 

Au  cours  d'une  analyse  élaborée  du  statut,  le  juge  fait  les  observations  suivantes: 
c*  Cette  loi  est  large,  le  principe  sur  lequel  elle  est  basée  est  excellent,  mais  elle  ne 
fait  que  d'être  mise  à  l'épreuve,  et  l'on  ne  peut  s'attendre  qu'elle  couvre  toutes  les 
difficultés  de  peu  d'importance  qui  peuvent  s'élever.  Lorsqu'un  statut  est  adopté  pour 
obvier  ou  remédier  à  un  mal  particulier  ou  pour  amener  un  résultat  particulier,  les 
tribunaux  ont  soin  de  le  limiter  à  l'objet  que  le  législateur  avait  en  vue,  bien  que  sa 
phraséologie  justifie  une  plus  large  interprétation,  qui  pourrait  avoir  des  résultats 
que  l'on  n'avait  pas  prévus  et  qui  seraient  de  nature  à  léser  les  droits  ou  les  intérêts 
de  tel  ou  tel  individu." 

"  *  *  *  *  *  La  limitation  des  industries  auxquelles  s'applique 
le  statut  décèle  l'intention  du  législateur  d'empêcher  toute  interruption  de  travail. 
La  loi  adoptée  en  1907  s'applique  aux  "  exploitations  minières  "  et  aux  "  services  d'uti- 
lité publique  ".  En  ce  qui  concerne  les  services  d'utilité  publique,  l'intérêt  public 
exige  qu'ils  ne  soient  pas  interrompus,  et  dans  le  cas  des  chemins  de  fer  le  législateur 
a  énuméré,  dans  le  préambule  de  la  loi  concernant  les  différends  ouvriers  sur  les  che- 
mins de  fer,  adoptée  en  1903,  quelques-uns  des  inconvénients  résultant  des  grèves  et 
des  contre-grèves.  Le  code  criminel  avait  déjà  rangé  dans  la  catégorie  des  délits  les 
simples  violations  de  contrat  dans  le  cas  des  chemins  de  fer  et  des  autres  services 
d'utilité  publique  lorsque  le  public  en  souffrait.  En  ce  qui  concerne  les  houillères, 
outre  les  dommages  subis  par  leurs  propriétaires,  l'on  a  pu  juger  récemment  des 
pertes  et  des  privations  qui  peuvent  résulter  pour  les  manufacturiers  et  les  consomma- 
teurs en  général  d'une  interruption  générale  de  la  production  du  charbon.  Le  parle- 
ment a  jugé  à  propos,  sans  doute  pour  de  bonnes  raisons,  dont  quelques-unes  sautent 
aux  yeux,  d'appliquer  le  statut  aux  mines  d'argent  et  aux  autres  mines,  et  l'on  ne  peut 
pas  par  conséquent  les  soustraire  à  son  application. 

"  Le  droit  de  gêner  temporairement  la  liberté  d'action  de  l'individu  en  prohibant 
les  grèves  et  contre-grèves  pendant  que  des  enquêtes  sont  faites  par  des  commissions 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  417 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

de  conciliation  est  reconnu  par  le  parlement,  et  il  y  a  autant  de  raisons  pour  empê- 
cher, avant  une  enquête,  une  grève  qui,  tout  désastreuse  qu'elle  pût  être,  ne  durerait 
que  peu  de  temps,  vu  que  le  patron  pourrait  y  mettre  promptement  fin  en  demandant 
que  le  statut  fût  appliqué.  Au  point  de  vue  de  l'intérêt  public,  la  défense  de  décla- 
rer une  grève  a  un  résultat  plus  efficace  que  la  simple  interruption  d'une  grève  qui 
existe  déjà.  Je  suis,  par  conséquent,  d'avis  que  le  magistrat  de  police  était  justifiable 
de  condamner  le  défendeur." 

TEXTE   DU    JUGEMENT. 

Suit  le  texte  du  jugement  : — 

La  sentence  que  l'on  veut  faire  casser  porte  que  le  défendeur  "  a  illégalement  in- 
cité les  employés  de  la  Compagnie  minière  de  Nipissingue  à  se  mettre  en  grève".  Il 
n'y  est  fait  mention  d'aucun  statut,  et  il  est  admis  que  si  cela  n'est  pas  prévu  dans 
la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  le  défendeur  n'a  commis 
aucun  délit. 

La  section  60  de  cette  loi  dit  que  toute  personne  qui  incite  un  employé 
à  se  mettre  en  grève  ou  à  rester  en  grève  "  est  coupable  d'un  délit  et  pas- 
sible d'une  amende.  Puis,  pour  savoir  ce  que  l'on  veut  dire  par  "se  mettre  en  grève", 
il  faut  consulter  la  section  56,  qui  dit  "qu'il  est  illégal  pour  un  patron  de  déclarer 
une  contre-grève  ou  pour  un  employé  de  se  mettre  en  grève  au  sujet  d'un  différend 
avant  que  celui-ci  ait  été  soumis  à  un  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  ou  pendant 
que  se  poursuivent  les  travaux  du  conseil  de  conciliation  auquel  il  a  été  soumis".  Pour 
la  signification  des  mots  "patron",  "employé',  "différend",  "grève"  et  "contre-grève", 
il  faut  se  reporter  à  la  section  2. 

Sauf  lorsque  les  parties  conviennent  mutuellement  (sect.  63)  de  soumettre  le 
différend  survenu  entre  elles  à  un  conseil  de  conciliation,  le  statut  ne  s'applique  qu'à 
certaines  industries  qui  y  sont  spécifiées.  Lorsqu'il  s'élève  entre  un  patron  et  quel- 
qu'un de  ses  employés  un  différend  que  les  parties  sont  incapables  de  régler,  l'une  ou 
l'autre  des  parties  peut  demander  au  ministre  du  Travail  de  nommer  un  conseil  de 
conciliation  et  d'enquête  auquel  sera  soumis  ce  différend  (sect.  5  et  21).  Une  fois 
qu'un  conseil  de  conciliation  a  été  constitué,  il  est  du  devoir  des  membres  de  ce  con- 
seil de  faire  tout  en  leur  pouvoir  pour  amener  une  entente  entre  les  parties  (sect. 
23).  Si  les  parties  en  viennent  à  une  entente  (sect.  24)  ou  s'engagent  à  accepter  la 
sentence  qui  sera  rendue  par  le  conseil  de  conciliation  et  d'enquête  (sect.  62),  alors  le 
ièglement  à  l'amiable  qui  a  été  effectué  ou  la  sentence  arbitrale  devient  équivalent  à 
une  ordonnace  d'un  tribunal  et  est  exécutoire  comme  telle.  Dans  le  cas  où  un  règle- 
ment à  l'amiable  des  difficultés  n'est  pas  effectué  et  si  les  parties  n'acceptent  pas  la 
sentence  arbitrale,  il  ne  reste  au  conseil  de  conciliation  (sect.  25)  qu'à  présenter  au 
ministre  un  rapport  sur  les  faits  qui  ont  été  révélés  au  cours  de  l'enquête  qu'il  a 
tenue,  et  lui  faire  les  recommandations  et  les  suggestions  qu'il  juge  à  propos, — et 
ce  rapport  et  ces  recommandations  sont  publiés  (sect.  29).  Ensuite  c'est  à  l'opinion 
publique  à  juger  de  quel  côté  sont  les  torts,  et  le  statut  porte  (sect.  56)  que  "rien  de 
ce  qui  y  est  énoncé  n'est  censé  interdire  à  un  patron  de  déclarer  une  contre-grève  ou 
à  un  employé  de  se  mettre  en  grève  à  l'occasion  d'un  différend  dûment  soumis  à  un 
conseil  de  conciliation  et  d'enquête  et  relativement  auquel  ce  dernier  s'est  acquitté 

36—27 


418  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
de  ce  qu'il  avait  à  faire  en  vertu  de  la  section  24  ou  de  la  section  25  du  statut" — c'est- 
à-dire  après  qu'un  règlement  à  l'amiable  a  été  effectué  ou  après  qu'un  rapport  a  été 
fait  au  ministre  par  le  conseil  de  conciliation.  La  section  60  défend  d'inciter  un  em- 
ployé à  se  mettre  en  grève  contrairement  au  statut.  Or,  dit  le  défendeur,  si  la  grève 
n'est  pas  suscitée  contrairement  au  statut,  cette  section  ne  saurait  s'appliquer.  C'est 
surtout  sur  la  section  56  que  roule  cette  clause;  et  le  même  point  a  été  soulevé,  paraît- 
il,  dans  d'autres  causes  actuellement  pendantes.  Le  défendeur  prétend  que  la  clause  du 
statut  défendant  à  un  ouvrier  de  se  mettre  en  grève  avant  qu'une  commission  de  con- 
ciliation ait  été  nommée  ou  pendant  que  se  poursuivent  les  travaux  d'une  commission 
de  conciliation  ne  s'applique  qu'en  autant  que  l'une  ou  l'autre  des  parties  a  demandé 
la  création  d'une  telle  commission.  D'un  autre  côté,  l'on  dit  que  l'intention  évidente 
du  législateur  était  que  l'on  devait  recourir  à  la  conciliation  avant  qu'une  grève  ou 
une  contre-grève  eût  été  déclarée.  Examinons  la  section  56  et  voyons  comment  il 
faut  l'interpréter.  D'après  cette  section,  toute  grève  ou  contre-grève  "à  raison  d'un 
différend"  est  interdite  avant  qu'une  commission  de  conciliation  ait  été  constituée. 
Cela  paraît  assez  clair;  cette  prohibition  couvre  toute  la  période  comprise  entre  le 
moment  où  le  différend  s'est  élevé  et  le  moment  où  le  différend  a  été  soumis  à  une 
commission  de  conciliateurs,  l'intention  du  législateur  étant  d'assurer  la  paix  durant 
cet  intervalle.  D'après  le  défendeur,  il  faudrait  diviser  cette  période  en  deux  par- 
ties— l'une  comprise  entre  le  moment  où  le  différend  est  survenu  et  le  moment  où  la 
demande  pour  la  nomination  d'une  commission  de  conciliation  a  été  faite,  et  l'autre 
comprise  entre  le  moment  où  la  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  de 
conciliation  a  été  faite  et  le  moment  où  le  différend  a  été  soumis  à  telle  commission. 
Je  ne  vois  rien  dans  le  statut  justifiant  une  pareille  interprétation.  Si  l'on  me  de- 
mande comment  l'on  peut  dire  que  telle  ou  telle  chose  ne  pourra  se  faire  avant  que  se 
produise  une  autre  chose  qui  n'arrivera  peut-être  jamais,  je  répondrai  que  l'individu 
lui-même  peut  faire  surgir  cette  chose,  et  jusqu'à  ce  qu'il  le  fasse  ou  qu'un  autre  le 
fasse,  sa  conduite  est  contrôlée. 

"  Il  est  évident  que  la  section  56,  même  telle  qu'interprétée  d'après  la  section  2,  ne 
peut  être  prise  littéralement;  car  autrement  il  faudrait  dire  qu'une  grève  ne  pourrait 
être  déclarée  dans  le  cas  où  moins  de  10  employés  seraient  intéressés  dans  un  diffé- 
rend. Mais  comme  la  section  21  porte  que,  dans  ce  cas,  une  commission  de  concilia- 
tion ne  peut  être  nommée,  il  est  clair  que  l'on  n'avait  pas  l'intention  d'exiger  que  le 
différend  fût  soumis  à  une  commission  de  conciliation  avant  qu'une  grève  pût  être 
déclarée. 

"Il  est  vrai,  aussi,  que  l'interdiction  de  déclarer  une  grève  avant  qu'une  demande 
pour  la  nomination  d'une  commission  de  conciliation  ait  été  faite  peut  paraître  une 
atteinte  aux  droits  de  l'individu  dans  certains  cas.  Le  statut  ne  dit  pas  que  toutes 
les  grèves  sont  illégales.  Au  contraire,  il  reconnaît  leur  possibilité,  exige  (sect.  15) 
que  l'on  prouve  que  l'autorisation  nécessaire  pour  déclarer  une  grève  a  été  obtenue 
antérieurement  à  la  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  de  conciliation, 
permet  (sect.  56)  la  cessation  de  tout  travail  comme  dernière  ressource,  et  (sect.  57) 
frappe  d'une  amende  le  patron  qui  invoque  les  dispositions  du  statut  dans  le  but  de 
maintenir  injustement,  au  moyen  de  délais,  un  état  de  choses  préjudiciable  à  ses  em- 
ployés.    La  section  590  du  Code  Criminel  empêche  aussi  toute  poursuite  pour  cons- 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  419 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

piration  en  refusant  de  travailler.  Et  cependant,  dans  le  cas  où  un  patron  réduirait 
les  salaires  de  ses  ouvriers,  que  ces  derniers  désireraient  cesser  de  travailler  et  que  le  pa- 
tron serait  prêt  à  les  remplacer,  et  que  ni  l'une  ni  l'autre  des  parties  ne  voudrait  invo- 
quer le  statut,  une  grève  ne  pourrait  être  déclarée  si  la  section  56  s'appliquait  à  un 
pareil  cas,  et  les  employés  seraient  obligés  de  faire  une  demande  pour  la  nomination 
d'une  commission  de  conciliation,  bien  que  ce  ne  fussent  pas  eux  qui  auraient  trou- 
blé le  statu  quo  et  malgré  que,  d'après  la  section  5,  cette  demande  pût  être  refusée. 
Quant  à  la  question  de  savoir  si,  vu  la  définition  du  mot  "grève"  donnée  dans  la  sec- 
tion 2,  qui  dit  qu'une  grève  est  le  refus  de  travailler  dans  le  but  de  forcer  le  patron 
à  accepter  certaines  conditions  d'emploi"  (bien  que  son  sens  ne  soit  pas  limité),  la 
section  56  s'appliquerait,  et  si  le  refus  de  travailler  à  de  nouvelles  conditions  qui  ne 
seraient  pas  acceptables  constituerait  une  grève,  c'est  là  une  autre  chose.  «Mais,  dans 
tous  les  cas,  la  phraséologie  de  la  section  est  assez  large  pour  qu'il  n'y  ait  pas  lieu  de 
faire  une  distinction  entre  la  période  précédente  et  celle  suivant  la  demande  pour  la 
nomination  d'une  commission  de  conciliation.  De  plus,  d'après  la  section  16,  la  de- 
mande pour  la  création  d'une  pareille  commission,  lorsque  les  employés  appartiennent 
tous  à  une  union  ouvrière,  doit  être  signée  par  2  officiers  de  celle-ci  dû)ment  autori- 
sés par  un  vote  représentant  la  majorité  des  membres  de  l'union  à  une  assemblée  con- 
voquée dans  le  but  d'en  délibérer.  Or,  si  les  employés  intéressés  ne  peuvent  persua- 
der à  la  majorité  (qui  n'a  peut-être  aucun  intérêt  dans  l'affaire)  de  demander  au  mi- 
nistre du  Travail  d'intervenir,  que  doivent-ils  faire?  Vont-ils  être  privés  du  droit 
de  soumettre  leurs  griefs  à  une  commission  d'arbitres  et  devront-ils  travailler  indéfi- 
niment à  des  conditions  qu'ils  considèrent  injustes  pour  eux?  L'interprétation  que 
donne  au  sta'tut  l'avocat  du  défendeur  obvierait  à  cette  difficulté  en  faisant  de  la 
demande  pour  la  nomination  d'une  commission  de  conciliation  ou  de  l'avis  de  celle-ci 
l'élément  essentiel  qui  enlève  le  droit  de  déclarer  une  grève.  Un  cas  comme  celui 
dont  nous  venons  de  parler  ne  paraît  pas  être  prévu,  et  si  un  pareil  cas  se  présentait 
une  solution  serait  sans  aucun  doute  trouvée  en  dehors  du  texte  même  de  la  loi.  Le 
fait  de  cesser  de  travailler  n'est  pas  toujours  une  grève,  et  l'on  peut  fort  bien  se  désaf- 
filier  d'une  union  ouvrière. 

"Le  statut  est  large,  le  principe  sur  lequel  il  repose  est  excellent,  mais  il  ne  fait 
que  d'être  mis  à  l'épreuve,  et  l'on  ne  peut  s'attendre  qu'il  couvre  toutes  les  difficultés 
de  peu  d'importance  qui  peuvent  s'élever.  Lorsqu'une  loi  est  adoptée  pour  remédier  à 
un  mal  particulier  ou  pour  amener  un  résultat  particulier,  les  tribunaux  ont  soin  de 
lf.  limiter  à  l'objet  que  le  législateur  avait  en  vue,  bien  que  sa  phraséologie  justifie 
une  plus  large  interprétation,  qui  pourrait  avoir  des  résultats  que  l'on  n'avait  pas  pré- 
vus et  qui  seraient  de  nature  à  léser  les  droits  ou  les  intérêts  de  tel  ou  tel  individu. 
Mais  ici  peut-on  raisonnablement  prétendre  que  l'intention  du  législateur  était  de 
limiter  l'application  du  statut  à  une  période  de  temps  dépendant  de  l'une  des  parties 
au  différend?  Il  n'y  a  rien  dans  la  loi  indiquant  que  c'est  par  égard  pour  les  droits 
des  ouvriers  que  le  patron  est  empêché  de  déclarer  une  contre-grève  ou  que  c'est  par 
égard  pour  les  droits  de  celui-ci  que  les  employés  sont  empêchés  de  se  mettre  en  grève. 
Il  peut  se  faire  que  ni  l'une  ni  l'autre  des  parties  n'ait  violé  aucun  contrat,  il  peut  se 
faire  qu'il  ne  soit  nullement  question  de  droits  civils  entre  elles.  Pourquoi  alors  la 
liberté  d'action  d'une  des  parties  serait-elle  entravée  à  la  volonté  arbitraire  de  l'autre  ? 


420  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Nous  devons  aller  plus  au  fond  des  choses  pour  découvrir  Pobjet  que  le  législateur 
avait  réellement  en  vue. 

La  section  60  défend  d'inciter  des  employés  "  à  rester  "  en  grève,  ce  qui  fait  sup- 
poser qu'il  existe  déjà  une  grève,  et  la  section  63  dit  qu'une  grève  survenue  dans 
d'autres  industries  doit  cesser  sur  avis  de  la  décision  prise  par  le  ministre  de  créer 
une  commission  de  conciliation.  Le  titre  du  statut,  qui  a  été  invoqué  contre  le  dé- 
fendeur, ne  jette  aucune  lumière  sur  le  sujet,  car  l'on  y  voit  qu'il  s'agit  de  "  régler . 
les  différends"  aussi  bien  que  de  "prévenir  les  conflits",  et  c'est  dans  ce  double  but 
que  la  loi  en  question  a  été  adoptée. 

"  Je  ne  trouve  rien  dans  le  statut  indiquant  que  même  la  possibilité  d'une  grève 
avant  une  demande  pour  la  nomination  d'arbitres  a  été  considérée.  D'un  autre  côté, 
une  demande  pour  la  création  d'une  commission  de  conciliation  avant  une  grève  est 
manifestement  prévue  dans  la  section  15,  qui  exige  que  la  demande  soit  accompagnée 
d'une  preuve  que  la  grève  sera  déclarée.  Dans  les  industries  auxquelles  le  statut 
s'applique,  l'on  défend  de  se  mettre  en  grève;  dans  les  autres  (sectl  63)  l'on  défend  de 
rester  en  grève.  Afin  de  donner  suffisamment  de  temps  pour  que  les  différends  puis- 
sent être  arbitrés  et  réglés,  la  section  57  exige  30  jours  d'avis  de  tous  changements 
affectant  les  conditions  d'emploi,  et  bien  que  cette  section  tende  uniquement  à  main- 
tenir le  statu  quo  pendant  que  la  commission  de  conciliation  poursuit  son  enquête,  les 
mots  employés  sont  significatifs  :  "  les  relations  entre  le  patron  et  ses  employés  ne  de- 
vront pas  être  interrompues  par  le  différend  qui  sera  survenu". 

Outre  cela,  la  limitation  des  industries  auxquelles  s'applique  le  statut  décèle  l'in- 
tention du  législateur  d'empêcher  -toute  interruption  de  travail.  La  loi  adoptée  en 
1907  s'applique  aux  "exploitations  minières"  et  aux  "services  d'utilité  publique". 
En  ce  qui  concerne  les  services  d'utilité  publique,  l'intérêt  public  exige  qu'ils  ne 
soient  pas  interrompus,  et  dans  le  cas  des  chemins  de  fer  le  législateur  a  énuméré 
dans  le  préambule  de  la  loi  concernant  les  différends  ouvriers  sur  les  chemins  de  fer, 
adoptée  en  1903,  quelques-uns  des  inconvénients  résultant  des  grèves  et  des  contre- 
grèves.  Le  code  criminel  avait  déjà  rangé  dans  la  catégorie  des  délits  les  simples 
violations  de  contrat  dans  le  cas  des  chemins  de  fer  et  des  autres  services  d'utilité  pu- 
blique lorsque  le  public  en  souffrirait.  En  ce  qui  concernée  les  houillères,  outre  les 
dommages  subis  par  leurs  propriétaires,  l'on. a  pu  juger  récemment  des  pertes  et  des 
privations  qui  peuvent  résulter  pour  les  manufacturiers  et  les  consommateurs  en  gé- 
néral d'une  interruption  générale  de  la  production  du  charbon.  Le  parlement  a  jugé 
à  propos,  sans  doute  pour  le  bonnes  raisons,  dont  quelques-unes  sautent  aux  yeux, 
d'appliquer  le  statut  aux  mines  d'argent  et  aux  mines,  et  l'on  ne  peut  pas  par  con- 
séquent les  soustraire  à  son  application. 

Le  droit  de  gêner  temporairement  la  liberté  d'action  de  l'individu  en  prohibant 
les  grèves  et  contre-grèves  pendant  que  des  enquêtes  sont  faites  par  des  commissions 
de  conciliation  est  reconnu  par  le  parlement,  et  il  y  a  autant  de  raisons  pour  empê- 
cher, avant  une  enquête,  une  grève  qui,  tout  désastreuse  qu'elle  pût  être,  ne  durerait 
que  peu  de  temps,  vu  que  le  patron  pourrait  y  mettre  promptement  fin  en  demandant 
que  le  statut  fût  appliqué.  Au  point  de  vue  de  l'intérêt  public,  la  défense  de  déclarer 
une  grève  a  un  résultat  plus  efficace  que  la  simple  interruption  d'une  grève  qui  existe 
déjà.  Je  suis,  par  conséquent,  d'avis  que  le  magistrat  de  police  était  justifiable  de 
condamner  le  défendeur. 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  421 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

En  la  présente  cause,  comme  je  l'ai  fait  remarquer,  il  n'est  nullement  fait  men- 
tion, dans  la  sentence,  de  la  loi  relative  aux  différends  industriels.  Il  est  impossible 
de  constater,  par  les  considérants,  que  le  défendeur  a  commis  un  délit.  Dans  quel- 
ques circonstances,  il  est  illégal,  d'après  cette  loi,  d'inciter  certains  employés  à  se 
mettre  en  grève,  mais  non  pas  tous  les  employés  et  non  pas  dans  toutes  les  circons- 
tances. 

Indépendamment  de  ce  statut,  même  s'il  était  illégal  d'en  agir  ainsi,  ce  ne  serait 
peut-être  pas  un  délit  criminel,  ou  même  si  c'était  un  délit  criminel,  ce  ne  serait  pas 
une  contravention  pouvant  être  l'objet  d'un  procès  sommaire. 

Il  n'y  a  rien  dans  la  sentence  montrant  que  la  Compagnie  minière  de  Nipissingue 
est  un  patron  tombant  dans  la  catégorie  des  employeurs  auxquels  s'applique  le  statut, 
ni  que  les  ouvriers  qui  furent  incités  à  se  mettre  en  grève  étaient  des  employés  dans 
le  sens  du  statut,  ni  que  la  grève  que  l'on  voulait  provoquer  devait  être  déclarée  "  à 
cause  d'un  différend  ",  comme  il  est  dit  dans  la  section  56,  et  que  ce  différend  était  de 
la  nature  de  ceux  prévus  dans  le  statut,  ni  enfin  que  la  grève  devait  être  déclarée 
avant  qu'une  demande  pour  la  nomination  d'une  commission  de  conciliation  eût  été 
faite  ou  pendant  que  la  commission  de  conciliation  qui  aurait  été  constituée  poursui- 
vrait son  enquête. 

Ce  sont  là  des  choses  essentielles  qu'il  faut  prouver  avant  de  conclure  qu'un  délit 
a  été  commis.     Or,  la  sentence  est  muette  sur  tous  ces  points. 

Je  laisse  de  côté  la  question  de  savoir  quel  sens  spécial  peut  avoir  les  mots  "  se 
mettre  en  grève  ",  et  je  prends  pour  admis  que  le  statut  ne  limite  pas  le  sens  que  l'on 
donne  généralement  à  ces  mots,  une  grève  étant  ordinairement  une  cessation  de  tra- 
vail en  vue  d'obtenir  certaines  concessions  ou  le  redressement  de  certains  griefs.  L'on 
a  prétendu  que,  vu  qu'il  est  allégué  dans  la  sentence  que  le  défendeur  a  "  illégalement" 
incité  des  employés  à  se  mettre  en  grève,  cela  veut  évidemment  dire  que  la  grève 
qu'il  voulait  provoquer  était  illégale  et  par  conséquent  contraire  au  statut.  Une  pa- 
reille prétention  ne  saurait  être  admise.  Des  moyens  légaux  ou  illégaux,  ou  illégaux 
mais  non  criminels,  peuvent  être  employés  pour  inciter  quelqu'un  à  commettre  un 
acte  légal  ou  non  criminel.  Voir  K.  V.  Goodfellow,  C.  A.,  1906,  110  L.  E.,  359,  et 
Paley  ou  Conviction,  8me  édit.,  196  et  200,  quant  à  l'insuffisance  du  mot  "  illégale- 
ment "  pour  suppléer  à  l'absence  d'allégations  montrant  que  l'acte  commis  était  illégal. 

Dans  la  dénonciation  l'accusation  est  formulée  de  la  même  manière  que  dans  la 
sentence,  mais  l'on  y  a  ajouté  les  mots  "contrairement  au  statut  prohibant  les  actes 
de  cette  nature  ".  Ces  mots  se  rapportent,  selon  toute  probabilité,  comme  il  est 
d'usage,  au  délit  dont  le  défendeur  est  accusé,  c'est-à-dire  à  l'incitation  à  la  grève  et 
non  pas  à  l'acte  même  que  les  employés  avaient  été  incités  à  commettre.  Mais  ils 
ne  sont  pas  suffisants;  il  aurait  fallu  mentionner  les  circonstances  montrant  le  carac- 
tère délictueux  de  l'acte  commis. 

Le  roi  contre  James,  1902,  1  K.  B.,  540;  2  Haïe  Pleas  of  the  Crown,  170;  Paley, 
8me  édit.,  196;  ex  parte  Hopkins,  66,  L.  T.  N.  S.,  53;  le  roi  contre  Jukes,  8  T.  R,  563. 
Mais  comme  ces  mots  suivent  immédiatement  les  mots  "  se  mettre  en  grève  ",  il  est  à 
supposer  qu'ils  se  rapportent  à  la  grève  même.  Lors  du  procès  devant  le  magistrat, 
avant  qu'aucun  témoin  eût  été  entendu,  cette  obesrvation  a  été  faite  en  réponse  à 
l'objection  soulevée  par  l'avocat  du  défendeur,  de  sorte  que  celui-ci  fut  averti  qu'on 
l'accusait  d'avoir  cherché  à  provoquer  une  grève  que  défendait  le  statut.     Dans  tous 


422  DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
les  cas,  je  crois  que  l'on  aurait  dû  dire  en  quoi  cette  grève  aurait  été  contraire  au 
statut;  mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai  que  le  défendeur  savait  parfaitement  de  quoi 
il  était  accusé. 

Le  mot  "  employés  ",  qui  figure  dans  la  dénonciation  et  dans  la  sentence,  a  dans 
les  sections  56  et  60  du  statut  un  sens  précis  et  limité  que  n'a  peut-être  pas  le  mot 
"  grève  "  dans  la  section  2.  Il  ne  s'applique  qu'aux  personnes  qui  travaillent  dans 
certaines  industries  ou  certains  services  publics  et  dont  le  nombre  dépasse  un  certain 
chiffre.  Or,  ce  mot  "  employés  "  dans  un  document  quelconque  n'a  pas  nécessairement 
ce  sens  restreint,  mais  doit  être  pris  dans  son  sens  ordinaire,  sans  aucune  limitation. 
Il  peut  se  faire  que  des  employés,  comme  par  exemple  des  ingénieurs  civils  ou  des  ex- 
perts en  mines,  ne  fassent  aucun  travail  d'écritures  ni  aucun  travail  manuel,  et  ces 
employés  ne  tomberaient  pas  par  conséquent  sous  les  sections  56  et  60. 

Pleine  si  nous  pouvions  appliquer  à  ce  cas-ci  la  section  523  du  code  criminel,  1906, 
qui  dit  que  la  description  d'un  délit  dans  les  termes  du  statut  qui  le  crée,  et  en  d'autres 
termes  semblables,  est  suffisante,  il  y  aurait  encore  dans  la  sentence  un  grave  vice  de 
forme,  puisque  l'allégation  essentille  que  la  grève  que  l'on  voulait  provoquer  était 
contraire  au  statut  ne  s'y  trouve  pas. 

La  sentence  est  donc  vicieuse  à  sa  face  même,  puisqu'il  n'y  est  fait  mention  d'au- 
cun délit.  L'on  ne  peut  pas  dire  que  l'acte  incriminé  n'était  pas  une  contravention, 
mais  il  pouvait  en  être  ou  ne  pas  en  être  une,  et  par  conséquent  l'on  ne  peut  pas  dire 
si  le  défendeur  a  été  condamné  pour  avoir  réellement  commis  un  délit. 

Une  autre  objection  qui  a  été  soulevée  est  que  le  statut  n'autorise  pas  une  con- 
viction par  voie  sommaire  avec  emprisonnement  en  cas  de  non-paiement  de  l'amende, 
et  que  la  section  61  dit  simplement  que  la  procédure  à  suivre  pour  l'application  des 
peines  imposées  sera  celle  prescrite  par  la  partie  XV  du  code  criminel,  1906,  concer- 
nant les  convictions  par  voie  sommaire.  La  section  60  n'impose  pas  simplement  une 
peine,  mais  dit  que  l'incitation  à  la  grève  est  un  délit,  et  la  loi  d'interprétation  (sect. 
28)  dit  que  toutes  les  lois  doivent  se  lire  comme  si  une  contravention  punissable  par 
voie  sommaire  y  était  décrite  ou  mentionnée  comme  étant  une  contravention  et  que 
le  code  criminel  s'appliquera.     Cette  objection  n'est  pas  sérieuse. 

La  sentence  impose  une  amende  de  $500,  et  à  défaut  du  paiement  de  cette  somme 
6  mois  d'emprisonnement.  Le  sous-procureur  général  a  admis  que  le  terme  d'empri- 
sonnement n'aurait  pas  dû  être  de  plus  de  3  mois,  en  vertu  de  la  section  739  du  code 
criminel. 

La  sentence  étant  par  conséquent  vicieuse  sur  2  points,  que  devons-nous  fair,e? 
La  section  65  de  la  loi  des  enquêtes  en  matière  de  différends  industriels,  1907,  dit  que 
nulle  procédure  sous  le  régime  de  cette  loi  ne  sera  tenue  pour  invalide  pour  cause  de 
défaut  de  forme  ou  d'irrégularité  technique.  Le  code  criminel,  cependant  (sect.  723), 
dit  qu'aucune  dénonciation  ou  condamnation  sous  les  dispositions  de  la  partie  XV 
ne  sera  considérée  insuffisante  parce  qu'elle  ne  nomme  pas  ou  ne  désigne  pas  avec  pré- 
cision quelque  personne  ou  chose,  et  (sect.  724)  que  nulle  objection  ne  sera  reçue 
contre  une  dénonciation  pour  cause  d'irrégularité  dans  le  fond  ou  dans  la  forme.  Et 
par  l'article  1124,  aucune  condamnation  n'est  réputée  invalide  parce  qu'elle  présen- 
terait quelque  irrégularité,  vice  de  forme  ou  insuffisance,  pourvu  que  le  juge  devant 
qui  la  question  est  portée  soit  convaincu,  après  avoir  lu  les  dépositions,  que  l'infrac- 
tion commise  est  de  nature  de  celle  désignée  dans  la  condamnation  et  que  la  peine 


ANNEXE  AU  RAPPORT  ANNUEL  423 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  36 

infligée  n'excède  pas  celle  légalement  applicable  à  cette  infraction,  et  même  si  la 
peine  infligée  outrepasse  celle  qui  aurait  pu  être  légalement  infligée,  la  cour  a  les 
mêmes  pouvoirs,  pour  modifier  la  sentence,  que  ceux  qui  sont  conférés,  par  l'article 
754,  à  la  cour  à  laquelle  un  appel  de  la  condamnation  serait  interjeté.  La  section 
1125  ne  restreint  pas  la  généralité  des  termes  de  cet  article,  mais  fait  rentrer  dans  le 
cas  qui  y  est  prévu,  entre  autres  choses,  l'omission  de  négation  de  certaines  circons- 
tances dont  l'existence  rendrait  licite  l'acte  qui  a  fait  le  sujet  de  la  plainte.  D'après 
la  section  754,  la  cour  à  qui  un  appel  a  été  interjeté  peut,  nonobstant  toute  défec- 
tuosité dans  la  condamnation  et  malgré  que  la  peine  qui  a  été  infligée  outrepasse 
celle  qui  aurait  pu  être  légalement  infligée,  entendre  et  décider  l'accusation  sur  le 
fond  même  de  l'affaire  et  modifier  la  condamnation  prononcée  par  le  juge  de  paix,  et 
prononcer  telle  autre  condamnation  ou  décerner  telle  autre  ordonnance  qu'elle  croira 
juste,  et  peut  aussi,  par  cette  ordonnance,  exercer  tous  pouvoirs  que  le  juge  dont  la 
décision  est  portée  en  appel  aurait  pu  exercer. 

Maintenant,  quant  aux  dépositions  (sect.  1124),  le  défendeur  a  admis  que  la 
preuve  était  suffisante  pour  justifier  une  condamnation  sous  les  dispositions  de  la  sec- 
tion 60  de  la  loi  relative  aux  différends  industriels,  1907,  s'il  pouvait  y  avoir  une  con- 
damnation, en  vertu  de  la  section  56,  avant  qu'une  demande  pour  la  nomination  d'une 
commission  de  conciliation  eût  été  faite  aucune  demande  dans  ce  sens,  de  l'aveu 
même  du  défendeur,  n'ayant  été  faite. 

Dans  les  circonstances,  pouvons-nous  modifier  la  désignation  de  la  contravention 
et  le  terme  de  l'emprisonnement  ?  Dans  la  cause  du  roi  contre  Hayes,  1903,  5  O.  L.  R., 
198,  où  le  magistrat  n'avait  pas  allégué  dans  la  condamnation  (comme  il  aurait  du\  le 
faire)  que  le  défendeur  avait  "  sciemment  "  commis  l'acte  qu'on  lui  reprochait,  la 
cour  considéra  que  ce  n'était  pas  là  une  irrégularité,  un  vice  de  forme  ou  une  insuffi- 
sance dans  le  sens  de  la  section  1134  (qui  était  alors  la  section  889  du  code  criminel 
de  1892),  et  que  l'on  ne  pouvait  pas  par  conséquent  y  remédier;  du  reste,  la 
condamnation  n'était  nullement  justifiée  par  les  dépositions  et  elle  fut  cassée.  Dans 
les  causes  du  roi  contre  Boomer,  10  O.  W.  R.,  978;  du  roi  contre  Crandall,  27  O.  R., 
63;  du  roi  contre  Smith,  31  O.R.,  224,  et  dans  d'autres  causes,  la  condamnation  fut 
infirmée  en  l'absence  de  preuve  suffisante  pour  incriminer  l'accusé.  Dans  la  cause 
du  roi  contre  Meikleham,  11  O.L.R.,  366,  l'on  permit  de  modifier  la  désignation  du 
délit  tel  que  décrit  dans  la  condamnation,  le  défendeur  ayant  admis  des  faits  le  ren- 
dant coupable  d'une  contravention.  Dans  ce  cas-là,  tout  comme  dans  le  cas  actuel, 
l'acte  reproché  au  défendeur  dans  la  condamnation  ne  constituait  pas  nécessairement 
un  délit.  C'est  là  la  décision  qui  a  été  rendue  par  une  cour  divisionnaire.  Les  alléga- 
tions omises  dans  la  condamnation  dans  le  cas  dont  il  s'agit  ici  sont  tout  aussi  essen- 
tielles que  le  mot  "  sciemment  "  que  l'on  négligea  d'insérer  dans  la  sentence  pronon- 
cée dans  la  cause  du  roi  contre  Hayes  qui  a  aussi  été  jugée  par 
une  cour  divisionnaire,  mais  comme  la  condamnation,  dans  ce  dernier  cas,  fut  aussi 
infirmée  parce  que  la  preuve  ne  la  justifiait  pas,  je  crois  devoir  suivre  le  précédent 
établi  dans  la  cause  du  roi  contre  Meikleham  en  modifiant  la  condamnation  quant  à 
la  désignation  du  délit  et  au  terme  d'emprisonnement,  que  je  réduis  à  3  mois. 

Comme  la  condamnation  est  vicieuse,  chaque  partie  devra  payer  ses  propres 
frais. 


424 


DEPARTEMENT  DU  TRAVAIL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
COMPAGNIE   CONDAMNÉE,   DANS    LA    PROVINCE   D'ALBERTA,    SOUS   L'EMPIRE   DE    LA    LOI   RELATIVE 

AUX   DIFFÉRENTS   INDUSTRIELS. 

Une  poursuite  fut  intentée  contre  la  Hillcrest  Coal  and  Coke  Company,  dans  la 
province  d'Alberta,  au  cours  du  mois  d'octobre.  La  cause  fut  jugée  par  l'inspecteur 
P.  Belcher,  de  la  gendarmerie  à  cheval  du  Nord-Ouest,  magistrat  de  police  à  Pincher- 
Creek,  Alberta,  qui  transmit  au  département  le  rapport  officiel  suivant  du  procès: 
"  J'ai  l'honneur  de  vous  faire  savoir  que,  le  lOme  jour  d'octobre  1907,  pendant  que  la 
commission  de  conciliation  siégeait  à  Hillcrest  et  avant  qu'elle  eût  terminé  son  en- 
quête, la  Hillcrest  Coal  and  Coke  Company  fit  afficher  des  avis,  conformément  auxquels 
les  mineurs  cessèrent  de  travailler.  De  plus,  dans  la  soirée  du  10  l'on  fit  jouer  les 
sifflets,  par  ordre  de  la  compagnie,  ce  qui  voulait  dire  qu'il  n'y  aurait  pas  d'ouvrage 
pour  les  mineurs  le  lendemain.  La  mine  resta  ainsi  fermée  pendant  2  jours.  L'union 
des  mineurs  porta  une  plainte  contre  la  compagnie,  l'accusant  d'avoir  déclaré  une 
contre-grève,  et  la  cause  fut  jugée  par  moi.  Après  avoir  entendu  les  témoins  qui 
avaient  été  assignés,  je  déclarai  la  compagnie  coupable  du  délit  dont  on  l'avait  accusée 
et  la  condamnai  à  une  amende  de  $100  pour  chaque  jour  ,plus  les  frais,  qui  s'éle- 
vaient à  $6.25,  soit  $206.25  en  tout.  La  compagnie  a  appelé  de  cette  sentence  à  la 
cour  suprême  du  district  de  Macleod.  J'ai  transmis  au  greffier  de  la  cour,  à  Mac- 
leod,  les  avis  qui  avaient  été  affichés  et  que  l'on  avait  produits  comme  pièces  de  con- 
viction, ainsi  que  tous  les  documents  se  rapportant  à  cette  affaire.* 


*  La  condamnation   prononcée  dans   cette  cause  a  été  confirmée  par  la  cour  suprême  de 
TAlberta,  à  laquelle  la  compagnie  avait  interjeté  appel. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  38 


A.  1909 


ENQUETE 


SUR    LE 


MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PÊCHERIES 


RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 


IMPRIME  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 

IMPRIMÉ  PAR  C.  H.  PARMELEE,  IMPRIMEUR  DE  SA  TRES  EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 

1910 

[Ko  38—1909.] 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  38  A.  1909 


TABLE  DES  MATIERES 

PAGE 

Bureau  des  phares * 8 

Liste  de  patronage 10 

Bouées  à  gaz,  de  Willson 12 

Sirène  diaphonique 13 

Agence  de  Québec 15 

M.  Gregory 15 

Capitaine  McGough 24 

Charles  Koenig 24 

Joseph  H.  Fontaine 26 

Elie  Nolet 27 

Louis  P.  Gagné 27 

Narcisse  Dufour 28 

Paul  Bolduc 28 

Germain  Bélanger 28 

George  D.  O'Farrell 29 

Albert  Beauchemin 29' 

C.  Thomson- Schmidt 31 

Thomas  McConkey 33 

Joseph  Ferguson 34' 

Agence  de  Saint- Jean 36 

F.  J.  Harding 36 

Malcolm  Morris 3$ 

John  Kelly 4Cf 

Agence  d'Halifax 43 

Jonathan  L.  Parsons 42 

Capitaine  Jonhnston 44 

Agences  de  Montréal  et  Sorel 53> 

Ottawa 54 

Colonel  Gourdeau 54 

Le  King  Edward 58 

J.  B.  A.  Boudreau 68 

M.  Desbarats 70 

Col.  W.  P.  Anderson 70 

Commandant  Spain 71 

J.  F.  Fraser 74 

Louis  Richard : 77 

Conclusion 78 

Mémorandum 80 

Décret  du  Gouverneur  en  conseil 81 


i 


38— H 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  38  A.  1909 


ENQUETE 

RE 

LE  MINISTÈRE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PÊCHERIES 


RAPPORT 

A  l'honorable  L.  P.  Brodeur, 

Ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 

Conformément  aux  instructions  contenues  dans  la  commission,  en  date  du  6  avril 
1908,  expédiée  par  vous,  et  sous  l'autorité  d'un  arrêté  ministériel  daté  du  1er  avril  1908, 
j'ai  procédé  à  l'examen  des  questions  qui  m'ont  été  soumises. 

Le  texte  de  l'arrêté  ministériel  et  de  la  commission  est  annexé  au  présent  rapport. 

L'enquête  a  été  conduite  par  moi,  en  qualité  de  juge  de  la  cour  d'Echiquier  du 
Canada,  par  séances  publiques,  tous  les  témoignages  étant  donnés  sous  serment. 

Les  seules  agences  du  ministère  de  la  Marine  qui  n'ont  pas  été  examinées  sont 
celles  de  la  Colombie-Britannique  et  de  l'Ile-du-Prince-Edouard. 

Aucune  accusation  n'ayant  été  faite  d'une  manière  spécifique  contre  aucun  des 
employés  de  ces  deux  districts,  j'ai  considéré  que,  pour  éviter  une  grande  dépense  et  la 
perte  de  beaucoup  de  temps,  je  pouvais  me  dispenser  de  pousser  l'examen  jusqu'à  ces 
agences. 

Si,  néanmoins,  l'on  croit  qu'il  serait  à  propos  que  l'enquête  fût  faite  dans  la  Co- 
lombie-Britannique et  l'Ile-du-Prince-Edouard,  je  suis  prêt  à  m'y  rendre.  Je  ne  crois 
pas  que  la  chose  soit  nécessaire. 

Tous  les  journaux  du  pays  ont,  de  temps  à  autres,  donné  des  rapports  si  complets 
et  si  clairs  des  témoignages  qui  ont  été  rendus,  que  je  dois  m'excuser  d'avance  de  faire 
un  rapport  aussi  long. 

Les  points  soumis  à  l'examen  portant  sur  la  réputation  des  employés,  je  crois  que, 
malgré  l'exactitude  de  ces  rapports,  il  est  de  mon  devoir  de  traiter  d'une  manière  spé- 
cifique les  faits  qui  concernent  chacun  de  ces  employés. 

On  s'est  mépris  sur  les  pouvoirs  qui  m'étaient  conférés  par  la  commission  et  les 
devoirs  que  j'avais  à  accomplir.  C'est  pourquoi  je  crois  devoir  dire  un  mot  de  l'étendue 
de  ces  pouvoirs  et  de  l'objet  de  la  commission. 

Les  8  et  9  mai  1907,  MM.  Courtney,  Fyshe  et  Bazin  furent  nommés,  par  Son  Ex- 
cellence le  Gouverneur  général  du  Canada  en  conseil,  commissaires  pour  faire  une 
.enquête  et  un  rapport  sur  le  fonctionnement  de  l'Acte  concernant  le  service  civil  du 
Canada,  et  autres  matières. 


I 


6  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Dans  la  partie  du  rapport  qui  concerne  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries, 
M.  Courtney  ne  prit  aucune  part,  seuls  MM.  Fyshe  et  Bazin  l'ayant  préparée. 

Dans  leur  rapport,  MM.  Fyshe  et  Bazin  se  sont  servis  des  termes  suivants  : — 

"  Il  n'y  a  pas  seulement,'  dans  ce  département,  manque  d'organisation  efficace  et 
"  de  méthode.  Il  semblerait  aussi  que  le  sens  moral  fasse  défaut.  Dans  les  dépenses 
"  énormes  qui  sont  jugées  nécessaires,  le  mot  "  remise  "  ne  se  voit  jamais.  Il  est  tacite- 
"  ment  entendu  que  ce  mot  n'existe  pas  ;  mais,  dans  le  monde  du  commerce,  on  en  juge 
"  autrement.  Si  personne  autre  que  le  négociant  ne  tire  bénéfice  de  ses  rapports  avec 
"le  gouvernement,  alors  il  doit  être  évident  que,  pour  ces  achats  considérables  faits 
"  sans  escompte  pour  le  gouvernement,  les  fonctionnaires  doivent  aider  le  négociant  à 
"  obtenir  du  gouvernement  des  prix  plus  avantageux  qu'il  n'en  pourrait  avoir  nulle 
"  part  ailleurs.  Car,  partout  ailleurs,  il  lui  faudra  donner  un  escompte.  En  d'autres 
"  mots,  certains  fonctionnaires  du  gouvernement  sont  à  servir  deux  maîtres,  et  ils  pa- 
"  raissent  s'en  trouver  fort  bien — quoi  qu'en  puisse  dire  l'Ecriture  Sainte." 

Dans  le  mémoire  soumis  au  comité  du  Conseil  privé  et  approuvé  par  Son  Excel- 
lence l'administrateur,  le  ministre  trouve  que  le  langage  cité  plus  haut  renferme  l'accu- 
sation que  des  commissions  sont  reçues  illicitement  ou  que  des  prix  exagérés  sont  payés, 
et  que  cela  est  dû  à  la  malhonnêteté  des  fonctionnaires  du  ministère  de  la  Marine  et 
des  Pêcheries. 

Le  mémoire  dit  que — 

"  Malheureusement  il  n'est  fait,  dans  le  rapport,  aucune  mention  des  noms  des 
"  fonctionnaires  contre  lesquels  il  (le  ministre)  pourrait  prendre  une  attitude  définie. 
"  Il  est,  néanmoins,  de  l'intérêt  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  ainsi  que 
"du  pays  lui-même,  que  des  mesures  soient  immédiatement  prises  pour  déterminer 
"  quels  sont  ceux  des  fonctionnaires  (s'il  y  en  a)  qui  méritent  d'être  punis,  et  pour 
"  donner  à  tous  l'occasion  de  se  disculper  des  accusations  portées  contre  eux." 

En  conséquence  de  cela,  la  commission,  en  date  du  6  avril  1908,  m'a  créé  com- 
missaire : — 

"Pour  faire  enquête  et  rapport  sur  certaines  déclarations  contenues  dans  le  rap- 
"  port  de  la  Commission  du  Service  Civil  attaquant  l'intégrité  des  fonctionnaires  du 
"  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  ou  de  quelques-uns  d'entre  eux." 

Certaines  bornes  devant  être  assignées  à  cette  enquête,  et,  comme  les  accusations 
portées  dans  le  rapport  de  la  Commission  du  Service  Civil  concernaient  principalement 
les  exercices  1904-5,  1905-6  et  1906-7,  je  limitai  l'enquête  à  l'examen  de  ces  années-là. 

Le  point  suivant  qu'il  y  eut  à  considérer  est  quant  à  la  manière  de  procéder. 

Il  eût  été  facile  d'assigner  chaque  fonctionnaire  et  de  lui  demander  s'il  était  cou- 
pable ou  non  des  accusations  portées  contre  lui.  Je  n'ai  pas  cru  que  ce  fût  là  un  bon 
moyen  de  mettre  la  vérité  au  jour. 

J'ai  alors  résolu  de  conduire  l'enquête  de  la  manière  suivante  : — 

(1)  Que  tous  les  contrats  passés  pour  la  Couronne  ou  en  son  nom  par  des  fonc- 
tionnaires du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  durant  les  exercices  1904-5, 
1905-6  et  1906-7,  soit  pour  des  travaux  exécutés  sur  les  propriétés  fédérales,  ou  pour 
des  approvisionnements  et  des  fournitures  achetés  pour  le  compte  du  Canada  ou  en 
son  nom,  devaient  être  soumis  à  l'examen. 

(2)  Que  l'on  devait  s'assurer  des  prix  qui  ont  été  payés. 

(3)  Que  l'on  devait  découvrir  quels  étaient  les  prix  courants  du  marché,  pour  gages 
ou  marchandises,  à  l'époque  de  ces  contrats  ou  achats;  aussi  les  prix  demandés  pour 
ces  achats  faits  par  grandes  quantités,  et  l'escompte  ou  remise  (s'il  y  en  a)  accordé 
en  pareil  cas. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

S'il  appert  que  l'on  se  soit  engagé  à  payer  un  plus  fort  montant  en  aucun  cas  par- 
ticulier, il  devient  alors  nécessaire  d'en  chercher  les  raisons,  et  le  fonctionnaire  qui  a 
été  partie  au  contrat  devrait  avoir  l'occasion  de  se  justifier,  s'il  le  peut. 

Je  n'ai  fait  que  donner  d'une  manière  générale  mes  vues  sur  le  but  de  l'enquête. 
Je  n'ai  indiqué  que  certains  points  principaux  de  l'enquête. 

On  admettra  volontiers  qu'une  pareille  enquête  nécessitait  un  travail  très  ardu  et 
plein  de  difficultés. 

Il  me  fallait  l'aide  d'aviseurs  légaux  pour  obtenir  la  preuve  désirée. 

Le  gouvernement  nomma  G.  H.  Watson,  C.R.,  et  J.  L.  Perron,  C.R.,  pour  agir 
comme  avocats. 

J'ai,  dès  le  début,  exprimé  l'opinion  que  leur  travail  serait  fait  d'une  manière 
complète  et  parfaite.  A  la  clôture  de  l'enquête,  je  suis  heureux  de  dire  que  cette  opi- 
nion de  ma  part  était  bien  fondée. 

Les  personnes  qui  ne  sont  pas  au  fait  des  détails  de  l'enquête  ne  sauraient  se  faire 
une  idée  de  la  somme  de  travail  dévolue  aux  avocats,  la  difficulté  d'obtenir  la  preuve,  etc. 

Je  crois  que,  s'il  résulte  aucun  bien  de  l'enquête,  il  sera  dû  principalement  aux 
efforts  de  MM.  Watson  et  Perron. 

Je  désire  aussi  mentionner  combien  nous  sommes,  les  avocats  et  moi,  redevables 
envers  le  Dr  Morse  pour  la  manière  dont  il  a  accompli  ses  devoirs  de  secrétaire.  Il 
était  essentiel  que  j'eusse  les  services  d'un  secrétaire  en  qui  j'aurais  la  plus  entière 
confiance. 

Le  but  de  l'enquête  s'étendait  si  loin  et  nécessitait  la  recherche  d'une  telle  preuve 
qu'un  bon  nombre  de  gens  ont  naturellement  été  sous  l'impression  que  mes  pouvoirs 
et  mes  obligations  étaient  plus  grands  qu'ils  ne  le  sont. 

Je  désire,  néanmoins,  faire  remarquer  que  mes  instructions  étaient  de  me  borner 
à  établir  la  culpabilité  ou  l'innocence  de  tout  fonctionnaire  accusé  de  malhonnêteté, 
ou  de  s'être  directement  laissé  corrompre  d'une  façon  ou  d'une  autre. 

La  preuve,  toute  volumineuse  qu'elle  est,  n'a  été  dirigée  que  sur  ce  point.  Je  n'ai 
pas  été  nommé  pour  m'enquérir  de  tous  les  paiements  exagérés  qui  ont  pu  être  faits. 

Je  me  suis  efforcé  autant  que  possible  de  donner  à  tout  fonctionnaire  inculpé 
l'avantage  de  s'expliquer  et  de  se  faire  représenter  par  un  avocat,  s'il  le  voulait.  Mon 
désir  était  plutôt  d'excuser  que  d'accuser. 

Les  personnes  auxquelles  les  enquêtes  de  ce  genre  sont  familières  savent  quelles 
grandes  difficultés  il  devait  y  avoir  de  parvenir  à  la  vérité,  fait  que  démontre  ample- 
ment la  lecture  des  témoignages. 

Je  me  suis  efforcé  de  former  un  jugement  appuyé  sur  la  preuve,  et  non  sur  les 
rumeurs  qui  flottaient  un  peu  partout. 

J'aurai  à  m'occuper  plus  loin  de  chacun  des  fonctionnaires  contre  lesquels  des 
accusations  ont  été  faites  d'une  manière  spécifique. 

Avant  d'en  venir  aux  détails,  il  y  a  à  traiter  certains  points  d'un  intérêt  général. 

Je  désire  qu'il  soit  parfaitement  compris  que  je  ne  siège  nullement  en  qualité  de 
juge  d'appel  du  jugement  de  MM.  Fyshe  et  Bazin. 

Ces  messieurs  occupaient,  en  vertu  de  leur  commission,  une  position  aussi  élevée, 
sinon  plus  élevée  que  la  mienne. 

Je  ne  veux  en  aucune  façon  décrier  ou  amoindrir  la  valeur  de  leurs  services. 

Si,  en  certaines  circonstances,  auxquelles  je  m'arrêterai  plus  loin,  on  avait  fait 


8  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

devant  eux  la  preuve  qui  a  été  produite  devant  moi,  leur  rapport,  j'en  suis  persuadé, 
eût  été  différent. 

J'ai  fait  assigner  MM.  Fyshe  et  Bazin  comme  témoins,  non  pas  parce  que  j'avais 
aucun  x>ouvoir  ou  désir  de  les  contraindre  à  rendre  témoignage,  mais  dans  l'espoir  qu'ils 
pourraient  définir  et  préciser  leurs  accusations  contre  certains  fonctionnaires  afin 
d'abréger  les  travaux  de  l'enquête;  aussi  afin  de  savoir  s'ils  étaient  en  possession 
d'autres  faits  que  ceux  mentionnés  dans  leur  rappprt  et  ses  annexes  qui  eussent  pu 
m'éclairer. 

M.  Courtney  n'a  pas  été  assigné.  Il  n'était  pas  partie  au  rapport  concernant  les 
fonctionnaires  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 

Le  résultat  de  l'examen  de  MM.  Fyshe  et  Bazin  a  été  qu'ils  se  sont  tous  deux 
abstenus  d'accuser  ou  d'excuser  aucun  des  fonctionnaires. 

Leur  opinion,  telle  qu'exprimée  dans  leur  témoignage,  est  que  le  système  en  usage 
dans  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  était  entièrement  mauvais,  que,  par 
conséquent,  quelqu'un  devait  être  responsable  de  cet  état  de  chose,  et  qu'il  était  néces- 
saire de  découvrir  qui  l'était. 

Ils  ont  aussi  déclaré  que  tout  ce  qu'ils  connaissaient  concernant  ce  ministère  était 
mentionné  dans  leur  rapport  et  ses  annexer. 

LE  BLREAl    DES   PHARES. 

Dans  leur  rapport,  les  commissaires,  MM.  Fyshe  et  Bazin,  disent  ce  qui  suit: — 

"  Une  grande  partie  du  temps  dont  disposaient  les  commissaires  a  été  donnée  à 
"  l'examen  des  dossiers  relatifs  au  service  des  bouées,  qui  est  l'une  des  branches  les  plus 
"  importantes  du  ministère.  Il  y  a  environ  trois  ans,  le  ministère  parut  se  mettre  acti- 
"  vement  à  l'œuvre  pour  renouveler  ce  service,  en  faisant  des  efforts  pour  installer  par- 
"  tout  des  bouées  du  modèle  le  plus  nouveau  et  le  plus  perfectionné.  Ce  travail,  qui 
"  avait  été  jusqu'alors  confié  à  l'ingénieur  en  chef,  fut  divisé,  et  un  bureau  des  phares 
"  fut  établi,  apparemment  dans  le  dessein  d'en  arriver  à  de  meilleurs  résultats,  en  fai- 
"  sant  une  spécialité  de  cette  branche  du  ministère.  Un  nouveau  commissaire  fut  nom- 
"  mé,  portant  le  nom  de  commissaire  des  phares,  dont  tout  le  temps  est  maintenant 
"  donné  à  la  surveillance  des  phares,  et  à  la  gestion  d'un  dépôt  établi  à  Prescrott  où 
''  l'on  s'occupe  de  beaucoup  de  choses  se  rattachant  au  service  des  phares  et  bouées. 
"  Vos  commissaires  doivent  faire  rapport  que,  selon  eux,  cette  innovation  n'a  pas  été 
"  heureuse,  en  ce  qui  concerne  l'excellent  résultat  qu'on  en  attendait;  et  elle  n'a  certai- 
"  nement  rien  ajouté  à  l'efficacité  générale  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 

"  Le  bureau  des  phares  est  constitué  comme  suit  :  Lt-colonel  F.  Gourdeau,  sous- 
"  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  président  ;  lt-colonel  W.  P.  Anderson,  ingé- 
"  nieur  en  chef  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  ;  commandant  O.  G.  V.  Spain,  ministère 
"  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  ;  J.  F.  Fraser,  commissaire  des  phares,  ministère  de  la 
"  Marine  et  des  Pêcheries  ;  Hugh  A.  Allan,  Montréal,  ligne  de  steamers  Allan  ;  capi- 
taine J.  W.  Troupe,  Victoria,  C.-B.,  gérant  de  la  Compagnie  de  steamers  du  Pacifi- 
"  que-Canadien  dans  la  Colombie-Britannique. 

"  Quatre  de  ces  membres  sont  les  fonctionnaires  les  plus  importants  du  mi- 
kf  nistère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  et  les  deux  autres  représentent  les  intérêts  ma- 
ritimes. Ce  bureau  ne  paraît  avoir  été  constitué  que  pour  prendre  décision  au  sujet 
u  des  demandes  d'appareils  auxiliaires  nouveaux  et  perfectionnés  qui  viennent  de  toutes 
"  les  parties  du  pays,  depuis  Belle-Isle  et  Terre-Neuve  à  l'est  jusqu'à  la  Colombie-Bri- 
"  tannique  à  l'ouest.  Quelle  que  soit  l'importance  des  décisions  prises  par  ce  bureau — 
"  cette  importance,  figurée  en  dollars,  peut  être  considérable — la  chose  ne  le  concerne 
"  pas.    Agissant  comme  tribunal  impartial  et  expert,  et  prononçant  au  sujet  de  toutes 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  9 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  demandes  de  fonds  publics  faites  en  alléguant  le  besoin  d'appareils  auxiliaires,  il  peut 
"  le  faire  sans  encourir  la  moindre  responsabilité,  car  il  n'en  assume  aucune.  La  res- 
"  ponsabilité  des  conséquences  est  immédiatement  assumée  par  le  ministère  de  la  Ma- 
"  rine  et  des  Pêcheries,  bien  que  le  chef  de  ce  ministère  ne  fasse  pas  partie  de  ce  bureau, 
"  et  personnellement  ne  puisse  pas  être  considéré  responsable. 

"  De  juin  1905  à  juin  1907,  ce  bureau  a  approuvé  et  reçu  des  demandes  d'appareils 
"  auxiliaires  nouveaux  et  perfectionnés  pour  le  montant  de  $1,691,813.  Le  ministère 
"  n'a  eu  rien  à  faire  dans  la  distribution  de  ces  crédits  considérables.  Tout  ce  qu'on 
"  lui  demandait  était  de  parapher  les  minutes  des  différentes  assemblées  de  ce  corps  très 
"  puissant  mais  irresponsable.  L'effet  de  tout  cela  est  désastreux,  car  cela  enlève,  pour 
"  ainsi  dire,  toute  responsabilité  à  ceux  à  qui  l'on  accorde  des  pouvoirs  considérables 
"  d'administration  et  de  dépense. 

"  Quand  on  songe  à  la  pression  énorme  qui  est  constamment  exercée  sur  le  gouver- 
"  nement  en  faveur  d'octrois  et  de  primes  de  toutes  sortes,  d'un  bout  du  pays  à 
"  l'autre,  il  semblerait  assurément  que  c'est  une  grande  imprudence  de  créer  un  bureau 
"  jouissant  de  pouvoirs  considérables,  qui  peuvent  être  et  sont  employés  conformément 
"  aux  dictées  de  cette  pression  universelle  du  dehors,  sans  que  personne  soit  respon- 
"  sable  à  qui  que  ce  soit. 

"  Les  deux  membres  de  ce  bureau  qui  n'appartiennent  pas  à  l'administration  repré- 
"  sentent  simplement  les  intérêts  maritimes,  qui  sont  les  leurs.  Ils  ne  peuvent  pas  servir 
"  également  bien,  en  ces  matières,  leurs  propres  intérêts  et  les  intérêts  du  pays.  Les 
"  autres  membres  du  bureau  sont  des  fonctionnaires  de  l'Etat,  qui,  quel  que  soit  leur 
''  rang,  personnellement  ou  officiellement,  ne  sont  pas  indépendants  des  influences  poli- 
u  tiques  ou  de  la  pression  du  ministère.  Ce  ne  sont  pas  là,  en  aucun  sens,  les  hommes 
"  qu'il  faut  pour  occuper  une  position  de  confiance  dans  ce  bureau,  qui  exige  à  la  fois 
"  un  sens  absolu  de  justice  allié  à  une  complète  indépendance.  Il  y  faut  aussi  un  vif 
"  désir  de  gérer  les  fonds  publics  avec  la  plus  grande  économie,  un  bon  jugement,  et 
"  la  mise  de  côté  de  toutes  considérations  personnelles. 

"  Si  ce  bureau  est  destiné  à  devenir  une  institution  permanente,  il  faudra  le  réor- 
u  ganiser  ;  et  le  ministre  de  la  Marine  devra  en  faire  partie,  car  c'est  lui  qui  est  surtout 
"  responsable  de  ses  dépenses. 

"  Il  ne  saurait  y  avoir  aucun  doute  que  ce  bureau  a  beaucoup  contribué,  et  à  grande 
"  perte,  à  augmenter  les  dépenses  du  ministère." 

Dans  la  poursuite  du  but  de  la  preuve,  indiqué  à  l'ouverture  de  l'enquête,  il  devint 
de  mon  devoir  d'examiner  ce  point. 

Je  n'ai  pas  à  m'occuper  de  la  politique  suivie  par  le  gouvernement  quant  à  l'amé- 
lioration de  la  navigation  du  Saint-Laurent  et  des  Grands  lacs.  Tout  ce  que  j'ai  à 
faire  est  de  voir  si,  dans  le  cours  des  travaux  d'amélioration,  aucun  fonctionnaire  a  été 
coupable  de  malhonnêteté  ou  a  reçu  illégalement  des  sommes  d'argent  ou  autres  faveurs. 

Et  pour  arriver  à  connaître  les  faits,  une  enquête  complète  a  été  faite. 

Je  suis  tout  à  fait  convaincu  que  si  MM.  Fyshe  et  Bazin  avaient  entendu  la  preuve 
qui  a  été  faite  devant  moi,  ils  ne  se  seraient  pas  servi  du  langage  cité  plus  haut. 

L'amélioration  de  la  navigation  du  Saint-Laurent  et  des  Grands  lacs  a  été  le  sujet 
d'étude  des  différentes  administrations  qui  se  sont  succédé  depuis  la  confédération. 

En  1900,  une  politique  plus  énergique  a  été  adoptée,  et  elle  a  été  suivie  jusqu'à  ce 
jour. 

Pas  un  habitant  du  Canada,  qui  a  à  cœur  les  intérêts  de  son  pays,  ne  manquera 
d'apprécier  le  travail  qui  a  été  accompli  et  les  bienfaits  qui  en  sont  résultés  pour  le 
pays. 

Chacun  s'apercevra  que  ceci  est  vrai,  à  la  lecture  des  témoignages  de  MM.  Iïugh 
et  Andrew  Allan,  de  M.  Kobb  et  de  M.  Cowie. 


10  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Je  trouve  que,  dans  le  rapport  des  commissaires  du  service  civil,  une  injustice  a 
été  commise,  sans  le  vouloir,  envers  M.  Hugh  Allan  et  les  autres  membres  du  bureau 
des  phares,  relativement  à  leurs  travaux  en  qualité  de  membres  de  ce  bureau. 

Que  certains  fonctionnaires  du  ministère  soient  blâmables  pour  avoir  payé  des 
sommes  exagérées  à  l'occasion  de  ces  travaux,  c'est  là  une  autre  question  qui  doit  être 
traitée  séparément. 

Le  bureau  des  phares  n'est  simplement  qu'un  bureau  de  consultation. 

M.  Hugh  Allan  fait  partie  du  bureau  en  qualité  de  représentant  des  intérêts  mari- 
times. Il  est  très  vrai  que  toute  amélioration  faite  à  la  navigation  intéresse  la  ligne 
Allan,  mais  elle  intéresse*  également  la  Compagnie  de  steamers  du  chemin  de  fer  Paci- 
fique-Canadien et  plusieurs  autres  compagnies  de  steamers.  Il  n'y  a  pour  la  ligne  Allan 
aucun  bénéfice  particulier  dont  ne  profitent  pas  les  autres  compagnies.  Le  pays  tout 
entier  se  ressent  des  améliorations  faites  à  la  navigation. 

A  mesure  qu'il  se  développe,  le  Canada  doit  subvenir  aux  besoins  des  intérêts 
maritimes,  sinon  le  commerce  disparaîtra  des  ports  canadiens. 

Le  bureau  reçoit  des  rapports  de  diverses  sources,  indiquées  dans  le  témoignage  de 
M.  Allan,  et  il  examine  avec  soin  les  faits  contenus  dans  chaque  recommandation.  Si 
le  bureau  donne  son  approbation,  il  envoie  la  recommandation  au  ministre,  et  c'est  à 
ce  dernier  et  au  gouvernement  à  juger  si  l'état  des  finances  permet  de  faire  la  dépense, 
et  s'il  est  à  propos  d'exécuter  les  travaux  demandés. 

La  mention  que  le  ministre  responsable  n'a  pas  à  s'occuper  de  faire  voter  les  im- 
menses crédits  destinés  à  l'amélioration  de  la  navigation  et  n'a  qu'à  parapher  tout  bon- 
nement les  minutes  "  de  ce  corps  très  puissant  mais  irresponsable  "  n'est  pas  conforme 
aux  faits. 

Comme  il  est  dit  plus  haut,  le  bureau  ne  fait  simplement  que  des  recommanda- 
tions, que  le  gouvernement  peut,  à  son  gré,  adopter  ou  rejeter. 

Personne  n'est  plus  en  mesure  de  juger  de  ce  qui  est  nécessaire  pour  améliorer  la 
navigation,  que  les  compagnies  de  navigation  maritime  mêmes. 

Le  gouvernement  obtient  les  services  de  ces  compagnies  pratiquement  sans  faire 
aucune  dépense. 

Je  m'écarte  peut-être  de  mes  attributions  en  traitant  cette  question;  mais,  comme 
M.  Hugh  Allan  est  un  membre  du  bureau  des  phares  et  presque  un  fonctionnaire  du 
ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  et  qu'il  a  été  fait  devant  moi  une  preuve  con- 
sidérable qui  n'avait  pas  été  produite  devant  MM.  Fyshe  et  Bazin,  je  crois  de  mon 
devoir  de  déclarer  qu'aucune  accusation  d'avoir  mal  agi  ou  d'avoir  servi  ses  propres 
intérêts  ou  ceux  de  sa  compagnie  ne  peut  être  imputée  à  M.  Allan.  Nécessairement,  la 
Compagnie  Allan  bénéficie  des  amélioratoins  de  même  que  toutes  les  autres  compagnies 
maritimes. 


LA    LISTE   DE   PATRONAGE. 

Laissez-moi  citer,  du  témoignage  du  colonel  Gourdeau,  sous-ministre  de  la  Marine 
et  des  Pêcheries,  quelques  passages  où  est  démontrée,  suivant  lui,  la  perte,  en  dollars 
et  cents,  subie  par  le  gouvernement. 

(Page  766,  volume  3.) 

"  M.  Watson. — Q.  Mais  pourquoi  faut-il  que  le  ministère  fasse  ses  achats  au  prix 


ENQUETE.  SUR  LE  Ml  M  STERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"du  détail?  Ne  pouvez-vous  pas  toujours  acheter  au  prix  du  gros? — R.  Certainement; 
"  mais  jusqu'ici  ce  n'a  pas  été  la  coutume  suivie  par  le  gouvernement. 

"  Q.  Qu'entendez-vous  par  là  ? — E.  Parce  qu'il  y  a  une  liste  de  "  patronage  ".  Nous 
"  sommes  obligés  d'acheter  de  certaines  gens  ce  qu'il  nous  faut  de  marchandises. 

(Page  767,  volume  3.) 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Pourquoi  êtes-vous  forcés  d'acheter  au  détail  ? — R.  Je 
"  crois  que  nous  suivons  maintenant  un  bien  meilleur  système,  mais,  comme  je  l'ai  dit, 
"  Votre  Honneur,  jusqu'alors  il  y  avait  une  liste  de  personnes  desquelles  nous  devions 
"  faire  nos  achats. 

"  M.  Watson — Q.  Que  voulez-vous  dire  par  "  nous  devions  faire  nos  achats  "  ? — R. 
"  Si,  par  exemple,  les  noms  de  Jones,  Robinson  et  White  étaient  sur  la  liste  pour  la 
"farine,  il  nous  fallait  aller  chez  ces  gens  acheter  notre  farine. 

"L'hon.  M.  Cassels. — Q.  C'est-à-dire  que  vous  perdiez  la  différence  entre  le  prix 
"  du  gros  et  celui  du  détail,  en  suivant  la  liste  de  patronage  ? — R.  Oui. 

"L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Pouvez-vous  donner  une  idée  du  montant,  en  dollars  et 
"  cents,  que  le  pays  a  perdu  avec  ce  système  dans  le  cours  des  trois  dernières  années  ? — 
"  R.  Un  très  fort  montant,  mais  je  serais  très 

"  M.  Watson Q.  Voulez-vous  dire  en  prix  plus  élevés  2 — R.  Certainement. 

"L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Combien,  en  dollars  et  cents,  durant  les  trois  dernières 
*'  années  ?  Vous  dites  un  fort  montant.  Je  veux  avoir  une  idée  de  ce  que  vous  enten- 
"  dez  par  un  fort  montant  ? — R.  Oh  !  je  n'aimerais  pas  donner  mon  opinion.  Ce  serait 
"  un  très  fort  montant. 

"  Q.  Cela  irait-il  dans  les  millions  ? — R.  Oh  !  non,  non.  Ce  pourrait  être  une  cou- 
"  pie  de  cent  mille  dollars." 

Plus  loin  M.  Watson  demande: — 

"  Q.  Dois-je  comprendre  que  vous  dites  que,  durant  les  trois  dernières  années,  deux 
"cent  mille  dollars  ont  été  payés  en  sus  des  prix  réguliers  et  convenables,  grâce  à 
"  l'existence  d'un  système  de  patronage  ? 

"L'hon.  M.  Cassels. — Il  ne  dit  pas  cela.  Il  dit  que,  grâce  à  cette  liste  de  patronage. 
"  il  a  été  payé,  durant  les  trois  dernières  années,  deux  cent  mille  dollars  qui  auraient 
"pu  être  sauvés  si  l'on  avait  fait  ce  qui  pouvait  se  faire,  acheter  en  gros. 

"  M.  Watson. — Q.  Dites-vous  cela  ? — R.  Certainement." 

Le  14  mai  1908,  M.  Doutre  a  été  nommé  agent  des  achats  et  des  fournitures  pour 
le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 

La  liste  de  patronage  était  encore  suivie,  avec  certaines  modifications. 

Dans  son  témoignage,  page  526,  volume  2,  M.  Doutre,  en  parlant  de  sa  nomination 
d'agent  des  achats  et  fournitures,  dit  ce  qui  suit: — 

"L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Un  mot.  Avez-vous  eu,  dans  votre  nouvelle  position 
"  assez  d'expérience  pour  faire  un  estimé  de  ce  que  le  pays  pourra  à  l'avenir  sauver 
"  d'argent  par  mois,  grâce  au  nouveau  système  d'achats? — R.  Bien,  je  n'ai  jamais  prêté 

"  beaucoup  d'attention  à  cette  question.    Je  m'attends  à  ce  que ,  je  n'ai  aucun  doute 

"  que  l'épargne  sera  considérable. 

"  Q.  Qu'appelez-vous  considérable,  $100,000,  un  million  ? — R.  Difficilement. 

"  Q.  Cent  mille  dollars  ?— R.  Oui. 

"  Q.  Quelle  différence  croyez-vous  qu'il  y  aura  avec  le  nouveau  système  ? — R.  Je 
"dirais  $50,000,  sinon  le  double  de  cela,  par  année." 

Il  va  sans  dire  que  ces  chiffres  sont  probablement  en  deçà  de  la  vérité. 

Le  24  novembre  1908,  je  fus  officiellement  informé  que  le  ministre  actuel  avait 
aboli  le  système  de  patronage,  en  autant  que  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries 
est  concerné,  ayant  sans  doute  reconnu  les  mauvais  effets  qui  en  résultaient. 

Le  système  semble  avoir  été  transmis  d'une  administration  à  l'autre  depuis  la  con- 
fédération. 


12  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

A  mon  sens,  l'adoption  et  la  continuation  de  ce  système  sont  absolument  re- 
grettables. 

Il  est  apparemment  basé  sur  la  vieille  maxime  "aux  vainqueurs  les  dépouilles  !  ", 
en  dépit  du  fait  que  l'argent  à  être  dépensé  est  de  l'argent  fourni  par  tout  le  peuple  en 
général,  et  non  celui  des  partisans  politiques  dont  les  chefs  sont  alors  au  pouvoir. 

Les  revenus  du  Canada  sont  confiés  à  ceux  qui  sont  au  pouvoir  pour  être  em- 
ployés comme  tout  autre  montant  d'argent  en  fîdéicommis  doit  être  employé,  c'est-à- 
dire  pour  le  plus  grand  avantage  de  tous. 

On  peut,  à  la  lecture  des  témoignages  rendus  à  Québec,  à  Saint-Jean  et  à  Halifax, 
se  faire  une  idée  des  funestes  effets  de  ce  système,  non  seulement  dans  le  surcroît  de 
dépense  des  deniers  publics,  mais  dans  la  démoralisation  des  agences. 

Je  fais  ici  cette  remarque  générale  afin  d'éviter  les  répétitions  lorsque  j'aurai  à 
parler  des  cas  particuliers. 

Personne  ne  peut  raisonnablement  se  plaindre  si  des  amis  politiques  qui  fournis- 
sent des  marchandises  de  même  qualité  que  celles  offertes  par  des  adversaires,  et  à  des 
prix  aussi  bas,  obtiennent  la  préférence;  mais  chacun  devrait  pouvoir  faire  ses  offres, 
à  quelque  parti  politique  qu'il  appartienne. 


LES  BOUEES  A  GAZ  DE  WILSON. 

Un  nombre  considérable  de  témoignages  ont  été  rendus  au  sujet  de  ces  bouées. 

Un  montant  énorme  d'argent  a  été  dépensé  pour  l'achat  et  la  disposition  de  ces 
bouées. 

La  question  de  l'adoption  de  ces  bouées  n'est  pas  précisément  de  mon  ressort.  C'est 
une  question  de  la  politique  du  gouvernement  relative  à  l'amélioration  de  la  navigation 
du  Saint-Laurent  et  des  Grands  lacs. 

Cependant,  il  est  devenu  nécessaire  que  j'étudie  cette  question. 

Je  ne  trouve  aucune  preuve  de  dépense  illégale  faite  par  M.  "Wilson  ou  ses  employés 
dans  le  but  de  tranquilliser  les  fonctionnaires  du  gouvernement  et  promouvoir  les  inté- 
rêts de  la  compagnie  constituée  en  corporation  pour  manufacturer  et  vendre  ces  bouées. 

D'après  la  preuve  qui  a  été  faite  devant  moi,  ces  bouées  sont  inconstestablement 
d'une  grande  valeur  comme  auxiliaire  de  la  navigation. 

Cela  étant,  on  m'a  transmis  un  relevé  du  coût  de  la  production  des  bouées. 

J'ai  trouvé  que  les  raisons  apportées  au  soutien  de  la  prétention  que  le  coût  de  la 
fabrication  ne  devait  pas  être  rendu  public,  étaient  bonnes. 

Aucune  attaque  n'a  été  faite  jusqu'ici  au  sujet  des  brevets  d'invention  sous  prétexte 
que  le  prix  en  aurait  été  exorbitant,  ou  que  les  détenteurs  du  brevet  ne  vendaient  pas 
à  un  prix  raisonnable. 

Les  comptes  ont  été  appuyés  par  la  preuve  faite  sous  serment,  et  je  n'ai  pas  cru 
qu'il  était  juste  de  permettre  une  exposition  plus  complète  du  prix  coûtant  devant  le 
public. 

De  plus,  l'achat  des  premières  bouées  et  les  achats  subséquents  ont  été  de  temps  à 
autre  ratifiés  par  arrêté  du  cabinet. 

Il  peut  se  faire  que  les  profits  réalisés  par  la  compagnie  ne  soient  pas  raisonnables, 
d'autant  plus  que  la  compagnie  avait  eu  la  permission  d'importer,  sans  payer  de  droits 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

de  douane,  tous  les  matériaux  qui  servent  à  la  construction  des  bouées  et  des  phares 

pour  le  gouvernement. 

Ne  trouvant  aucune  preuve  que  la  compagnie  ait  fait  des  paiements  illégaux  à  des 
fonctionnaires,  je  n'ai  pas  à  m'occuper  plus  longtemps  de  cette  question. 

LA   SIRÈNE  DIAPHONIQUE. 

En  traitant  cette  question,  il  n'est  que  juste  envers  le  propriétaire  du  brevet  et  le 
détenteur  des  droits  d'invention,  qui  manufacturent  cette  sirène,  de  faire  remarquer 
que  je  n'ai  pas  à  m'occuper  de  la  validité  des  brevets  eux-mêmes. 

On  doit  aussi  prendre  en  considération  que  les  propriétaires  du  brevet  et  les  inté- 
ressés dans  la  manufacture  de  la  sirène  n'étaient  pas  représentés  par  des  avocats. 

Il  serait  impossible  de  conduire  convenablement  un  procès  si  l'on  permettait  aux 
témoins  de  se  faire  représenter  par  des  avocats. 

La  question  des  prix  payés  pour  la  sirène  a  pris  de  l'importance  lorsqu'elle  s'est 
trouvée  mêlée  à  des  accusations  de  malhonnêteté  portées  contre  certains  fonctionnaires. 

En  autant  ^que  l'établit  la  preuve,  la  sirène  diaphonique  est  d'une  grande  valeur 
comme  auxiliaire  de  la  navigation. 

Le  ministère  de  la  Marine  a  acheté  environ  quarante  sirènes  diaphoniques. 

Le  prix  demandé  pour  chaque  sirène  était  de  $4,600;  le  coût  réei  de  la  sirène  $230. 

Le  brevet  d'invention  de  la  sirène  était  la  propriété  d'une  compagnie  américaine. 

La  compagnie  canadienne  de  sirènes  d'alarme  manufacturait  ou  faisait  manufac- 
turer cette  sirène  diaphonique. 

En  vertu  des  lois  canadiennes  concernant  les  brevets  d'invention,  le  détenteur  de- 
vait manufacturer  ou  faire  manufacturer  en  Canada  l'article  sous  brevet. 

La  compagnie  fit,  par  conséquent,  avec  M.  Northey  un  arrangement  pour  la  manu- 
facture et  la  vente  en  Canada. 

La  loi  du  Canada  concernant  les  brevets  d'invention  en  vigueur  à  l'époque  de  la 
vente  de  ces  sirènes  se  lit  comme  suit  : — (Je  puis  dire  que,  depuis  ce  statut,  aucun  chan- 
gement n'a  été  fait  touchant  cette  question.) 

L'article  38  de  la  loi  concernant  les  brevets  d'invention  dit  : — 

"  Que,  à  moins  qu'il  ne  soit  autrement  ordonné  par  le  commissaire,  tel  qu'il  est  ci- 
"  après  pourvu,  tout  brevet  d'invention  sera  sujet  et  sera  reconnu  sujet  aux  conditions 
"  suivantes  :  (a)  Tel  brevet  d'invention  et  tous  les  droits  et  privilèges  y  attachés  cesse- 
"  ront  et  prendront  fin,  et  le  brevet  d'invention  sera  nul  et  de  nul  effet,  à  l'expiration 
"  de  deux  années  après  sa  date,  à  moins  que,  en  dedans  de  cette  période,  ou  d'un  délai 
"  autorisé,  le  détenteur  du  brevet  ou  ses  représentants  légaux  ne  commencent,  et,  après 
"  avoir  commencé,  ne  continuent  à  construire  ou  manufacturer  en  Canada  l'article  sous 
"  brevet,  de  telle  façon  que  toute  personne  désirant  en  faire  usage  puiwse  se  le  procurer, 
"  ou  le  faire  faire  pour  elle  à  un  prix  raisonnable  dans  quelque  manufacture  ou  établis- 
"  sèment  où  il  pourra  être  fait  ou  construit  en  Canada." 

A  l'article  52,  il  est  dit  : — 

"Le  gouvernement  pourra  en  aucun  temps  faire  usage  de  toute  invention  sous 
"  brevet,  en  payant  au  détenteur  du  brevet  d'invention  telle  somme  d'argent  que  le 
"  commissaire  jugera  être  une  compensation  raisonnable  pour  tel  usage." 

La  question  s'élève  :  qu'est-ce  qu'un  prix  raisonnable  ? 

Si  le  détenteur  du  brevet  exige  une  somme  exorbitante,  et  que  le  soi-disant  ache- 
teur offre  ce  que  le  tribunal  considère  un  prix  raisonnable,  et  que  le  détenteur  du  bre- 
vet refuse  de  vendre  à  ce  prix,  alors  le  brevt  devient  nul. 


14    ,  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  est  incontestable  qu'une  somme  libérale  devrait  être  accordée. 

Par  son  arrangement  avec  le  manufacturier,  le  détenteur  du  brevet  a  fixé  le  mon- 
tant auquel  il  a  droit,  comme  valeur  de  l'invention. 

l^out  au  plus,  ce  montant  est  de  $400  pour  chaque  sirène. 

La  plupart  des  sirènes  achetées  par  le  gouvernement  sont  des  sirènes  de  trois  pou- 
ces, sur  lesquels  le  droit  d'invention  est  fixé  à  la  somme  de  $200. 

Le  fabricant  ne  peut  pas  réclamer  une  somme  en  sus  du  prix  fixé  comme  étant  la 
valeur  de  l'invention. 

Si,  par  conséquent,  au  coût  de  la  production  l'on  ajoute  la  valeur  du  droit  d'inven- 
tion, disons,  $400,  le  montant  s'élève  à  $620. 

Que  considère-t-on  une  somme  raisonnable  à  ajouter  pour  le  profit  du  manufac- 
turier 2 

Si  l'on  ajoute  même  cent  pour  cent,  le  total  sera,  coût  $220,  droit  d'invention,  $400, 
profit  $220,  total  $840. 

Le  droit  de  manufacturer  le  matériel  pour  faire  fonctionner  la  sirène  appartient 
à  tout  le  monde. 

Dans  son  témoignage  du  mois  de  juin  dernier,  M.  Nearns,  le  secrétaire-trésorier 
de  la  compagnie,  a  '  déclaré  que  la  compagnie  ne  réalisait  aucun  profit  sur  le  matériel. 
Il  a  dit  que  la  sirène  coûtait  $400,  mais  que  la  compagnie  fournissait  aussi  le  matériel 
à  moins  que  le  prix  coûtant. 
Dans  son  témoignage  de  juin  dernier,  M.  Northey  déclare: — 

(Page  413,  volume  2.) 

"  M.  Watson — Q.  .  .  Combien  coûtait  la  sirène  que  vous  vendiez  $4,600  2 — R. 
"  $600  environ. 

"  Q.  M.  Nearns  dit  environ  $400  ou  $500  2 — R.  Bien,  avec  les  droits  d'invention, 
"  elle  coûterait  $600,  au  delà  de  $600  avec  les  droits  d'invention. 

"  Q.  De  sorte  que  sur  la  sirène  elle-même,  de  trois  pouces,  vous  réalisez  un  profit 
"  de  $4,000  2— R.  Environ." 

Puis,  à  la  page  117,  volume  2,  en  réponse  aux  questions  suivantes  posées  par  moi 
à  M.  Northey,  il  déclare  : — 

"  Q.  Nous  voulons  maintenant  avoir  les  faits,  et  le  plus  vite  nous  les  aurons  le 
"  mieux  ce  sera.  La  question  posée  par  M.  Watson  est  simplement  celle-ci  :  Vous  f  ai- 
"  siez  avec  le  gouvernement  un  profit  de  $4,000,  ou  environ,  sur  cette  sirène  qui  coûte 
"  $600  ;  vous  êtes  allé  chez  les  manufacturiers  du  dehors  et  vous  avez  acheté  d'eux  le 
"  matériel  pour  la  mettre  en  fonctionnement,  et  vous  avez  vendu  ce  matériel  au  gou- 
"  vernement  à  un  prix  sur  lequel  vous  vous  refaisiez  du  montant  que  vous  l'aviez  payé. 
"  Apparemment,  maintenant,  votre  profit  était  d'environ  $4,000  sur  une  machine  de 
"  $600.    C'est  ce  que  M.  Watson  veut  savoir. — R.  Parfaitement. 

"  M.  Watson. — C'est  là  la  position  2 — R.  C'est  cela. 

"L'hon.  M.  Cassels. — C'est  réellement  ce  qui  en  est. 

"  M.  Watson. — Ainsi,  sur  la  partie  du  matériel  vous  êtes  pratiquement  rémunéré, 
"  d'après  ce  que  vous  venez  de  déclarer  à  Sa  Seigneurie,  et  vos  profits  sont  sur  la  sirène? 
"  — R.  C'est  bien  cela. 

"  Q.  C'est  sur  la  sirène  que  vous  avez  le  brevet  d'invention  2 — R.  Oui.  Nous 
"  n'avons  pas  de  brevet  sur  le  matériel." 

La  lecture  des  témoignages  de  M.  Nearns  et  de  M.  Northey  montrera  quels  im- 
menses profits  ont  été  réalisés  par  la  compagnie  sans  aucune  mise  de  capital. 

Dans  le  cours  des  dernières  séances,  ces  messieurs  essayèrent  de  donner  une  autre 
version  à  leur  témoignage  précédent,  et  de  réduire  le  montant  des  profits,  mais  ils  n'y 
réussirent  pas  très  bien. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  15 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Le  gain  du  gouvernement  provenant  du  fait  qu'il  paie  maintenant  moins  pour  le 
matériel  et  la  sirène  qu'il  ne  le  faisait  en  premier  lieu  peut  être  un  point  à  considérer 
en  établissant  ce  qui  doit  être  un  prix  raisonnable;  mais  le  détenteur  du  brevet  ne 
tient  son  droit  que  sujet  aux  stipulations  du  statut,  et  il  doit  vendre  à  un  prix  raison- 
nable, et  il  ne  lui  est  pas  permis  d'ajouter  à  ce  prix  raisonnable  le  profit  qui  est  censé 
aller  à  l'acheteur. 

Je  ne  veux  pas  en  dire  plus  long  sur  ce  sujet,  désirant  ne  pas  nuire  au  détenteur 
du  brevet  dans  aucun  litige  qu'il  pourrait  avoir,  et  pour  la  raison  aussi  que  j'absous 
le  colonel  Anderson  et  M.  B.  H.  Fraser  de  toute  accusation  de  malhonnêteté  qui  a  pu 
exister  contre  eux,  quant  à  avoir,  l'un  et  l'autre,  reçu  quelque  profit  personnel  de  la 
part  des  personnes  engagées  dans  la  vente  de  la  sirène  au  ministère  de  la  Marine. 

Je  dois,  néanmoins,  ajouter  que,  si  le  colonel  Anderson  et  M.  B.  H.  Fraser  avaient 
fait  la  transaction  pour  leur  propre  compte,  ils  se  seraient  donné  la  peine  de  s'informer 
de  l'étendue  des  droits  que  leur  donnaient  les  stipulations  des  lois  concernant  les  bre- 
vets d'invention. 

Ils  savaient  que  le  prix  demandé  était  excessif.  Ils  comprenaient  que  le  prix  coû- 
tant était  d'environ  quatre  cents  dollars.  Ils  ignoraient,  toutefois,  les  stipulations  de 
la  loi  concernant  les  brevets  d'invention,  et  ils  semblent  avoir  cru  que,  la  sirène  en 
question  étant  sous  brevet,  le  propriétaire  pouvait  en  exiger  le  prix  qu'il  voulait. 

L'AGENCE  DE  QUÉBEC. 

Je  propose  de  traiter,  d'abord,  la  question  des  agences  du  dehors,  et  de  terminer 
avec  celle  des  fonctionnaires  d'Ottawa. 

Un  nombre  considérable  de  témoignages  ont  été  rendus  à  Québec,  Saint-Jean  et 
Halifax,  et  ils  demandent  quelques  explications  de  la  part  des  fonctionnaires  d'Ottawa. 

A  mon  avis,  on  peut  se  former  une  meilleure  idée  de  la  manière  dont  a  été  admi- 
nistré le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  en  voyant  d'abord  ce  qui  concerne 
ces  agences  du  dehors. 

Depuis  la  clôture  de  l'enquête,  j'ai  lu  très  attentivement  tous  les  témoignages  qui 
ont  été  rendus  devant  moi,  et  je  crains  d'être  obligé  de  faire  une  très  longue  analyse 
de  la  preuve. 

M.  GREGORY. 

M.  Gregory  a  été  nommé  agent  à  Québec  en  1870. 

A  l'époque  de  sa  suspension,  le  1er  avril  1908,  et  depuis  des  années  avant  cette 
époque,  il  recevait  un  salaire  de  $2,200  par  aimée. 

Durant  l'exercice  de  1904-5,  les  dépenses  de  son  agence  se  sont  élevées  à  $935,430; 
en  1905-6,  à  $962,577;  en  1906-7,  à  $874,540. 

Quelquefois  M.  Gregory  a  fait  des  avances  de  son  propre  argent  pour  payer  les 
gages,  etc. 

Il  a  apparemment  un  grief  contre  le  gouvernement  au  sujet  d'une  réclamation 
faite  par  lui  du  remboursement  d'intérêt  sur  des  montants  d'argent  qu'il  a  avancés 
pour  payer  des  entrepreneurs  et  autres  personnes. 

Il  était  représenté  devant  moi  par  conseil,  le  sénateur  Ohoquette,  et  la  plus  grande 
latitude  lui  a  été  donnée  pour  présenter  sa  cause. 


16  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Pour  expliquer  sa  manière  d'agir,  il  s'est  naïvement  exprimé  comme  suit: — 

(Page  3253,  volume  8.) 

"Le  sénateur  Choquette. — Q.  Lorsque  vous  avez  fait  des  avances  d'argent  à  toutes 
"  les  personnes  qui  sont  mentionnées,  vous  avez  exigé  5  pour  100  2 — K.  Oui,  et  le  gou- 
"  vernement  en  a  eu  plus  de  la  moitié  pour  payer — c'est  une  des  raisons  pour  lesquelles 
u  j'ai  fait  des  avances  d'argent  ;  il  spéculait  sur  moi  et  je  spéculais  sur  les  autres." 

Je  cite  mot  pour  mot  la  question  et  la  réponse. 

L'explication  donnée  en  sa  faveur  est  qu'il  agissait  personnellement  comme  ban- 
quier, avançant  à  ceux  qui  faisaient  affaires  avec  le  ministère  des  montants  d'argent 
reconnus  comme  leur  étant  dus,  et  sa  prétention  est  qu'il  n'y  a  rien  de  répréhensible 
dans  ce  genre  de  transactions. 

Si  les  faits  justifiaient  sa  prétention  je  serais  d'avis  qu'un  tel  genre  de  transac- 
tions, faites  par  un  agent  ayant  le  contrôle  de  l'octroi  des  contrats,  de  l'achat  des  ma- 
tériaux, etc.,  est  grandement  répréhensible;  et  je  suis  heureux  de  dire  que  son  avocat 
a  déclaré  qu'il  partageait  cet  avis. 

La  vérité  toute  nue  est  qu'il  prélevait  une  commission  de  5  pour  100  sur  les  som- 
mes d'argent  dues  par  le  ministère  aux  entrepreneurs  et  autres  personnes  qui  avaient 
le  privilège  de  faire  des  affaires  avec  le  ministère. 

Je  n'ai  aucun  doute  que,  dans  certaines  occasions,  il  était  porté  à  la  bienveillance 
et  voulait  rendre  service  aux  autres;  mais,  en  général,  sa  commissioin  a  été  comme  je 
viens  de  le  dire. 

On  peut  supposer  que  ceux  qui  versaient  cette  commission  ne  la  payaient  pas  de 
leurs  propres  deniers,  mais  qu'ils  faisaient  en  sorte  que  les  prix  qu'on  leur  payait  les 
dédommageaient  amplement  de  cette  dépense,  et  que  la  commission  était  payée  par  le 
pays. 

Dans  la  plupart  des  cas  où  des  avances  d'argent  étaient  faites,  les  comptes  avaient 
été  certifiés.  Ce  n'était  qu'une  simple  question  de  retard,  variant  de  30  à  60  jours, 
avant  que  les  comptes  fussent  payés;  parfois  le  délai  était  plus  court,  et  dans  certains 
cas,  lorsque  le  ministère  manquait  de  fonds,  il  était  beaucoup  plus  long. 

Quelquefois  l'entrepreneur  ou  le  fournisseur  de  marchandises  obtenait  un  endosse- 
ment par  l'agent,  mais  l'escompte  sur  les  billets  donnés  était  payé  par  le  détenteur,  et 
l'agent  recevait  5  pour  100. 

Je  cite  beaucoup  de  détails  contenus  dans  quelques-uns  des  témoignages,  afin  que 
les  faits  soient  mieux  mis  au  jour. 

James  Murphy,  marchand  d'une  assez  grande  importance,  a  fourni  du  bois  de 
construction  et  des  matériaux  pour  les  entrepreneurs,  de  la  brique  et  du  ciment.  Sa 
position  financière  est  bonne  et  se  suffit  à  elle-même. 

Ses  transactions  avec  le  ministère  de  la  Marine  se  sont  élevées,  durant  les  trois 
ans,  à  la  somme  de  $43,429.    Laissez-moi  donner  des  extraits  de  son  témoignage  : — 

(Page  2215,  volume  7.) 

"M.  Watson — Q.  De  qui  receviez-vous  les  commandes  ?— R.  De  M.  Gregory, 
"  l'agent  à  Québec. 

"  De  lui  personnellement  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Vendez-vous  en  détail  ? — R.  Oui,  monsieur,  quelquefois. 

"Le  plus  souvent? — R.  Non,  monsieur;  le  plus  souvent  c'est  en  gros." 

(Page  2216,  volume  7.) 

"  Pas  de  connaissance  personnelle  d'aucune  compétition.    Vous  receviez  un  message 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE   ET  DES   PECHERIES  17 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"téléphonique  vous  disant,  par  exemple,  qu'on  avait  besoin  d'une  certaine  quantité 
"  de  matériaux  pour  livraison  à  une  certaine  date  2 — R.  Oui,  monsieur." 

(Page  2217,  volume  7.) 

"  Q.  Le  ministère  de  la  Marine  est  un  des  meilleurs  clients  que  l'on  puisse  désirer, 
"  n'est-il  pas  vrai  2 — R.  Oui,  monsieur. 

"Q.  De  sorte  que,  dans  le  commerce,  la  clientèle  du  ministère  est  recherchée,  elle 
"  est  désirable  2 — R.  Naturellement  ;  on  n'y  court  aucun  risque  de  faire  une  mauvaise 
"  dette. 

"  Q.  Aucun  risque  possible  de  faire  une  mauvaise  dette,  c'est  vrai.  C'est  une 
"espèce  de  faveur,  peut-être,  que  d'avoir  des  commandes  du  ministère;  cela  appartient 
"aux  privilégiés?  Cela  y  est  pour  beaucoup? — R.  Pour  beaucoup." 

(Page  2218,  volume  7.) 

"  Q.  Bien,  cela  étant,  la  première  chose  qui  frappe  mon  attention  dans  cet  état 
"  de  compte,  M.  Murphy,  sont  les  mots  "par  traite"  ;  avez-vous  fait  traite  sur  le  minis- 
"  tère  à  Ottawa  pour  le  montant  ? — R.  Non,  monsieur  ;  j'ai  fait  traite  sur  M.  Gregory. 

"  Q.  Comment? — R.  J'ai  fait  traite  sur  M.  Gregory. 

"  Q.  Vous  avez  fait  traite  sur  M.  Gregory  2 — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Mais,  M.  Murphy,  vous  ne  vendiez  pas  les  marchandises  à  M.  Gregory  ? — R. 
"Non,  monsieur;  mais  je  faisais  traite  sur  lui,  et  cette  traite  était  escomptée  facile- 
ment dans  n'importe  quelle  banque." 

"  Q.  Vous  avez  fait  une  traite  sur  M.  Gregory  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Bien,  cela  me  surprend.  Etes-vous  sûr  que  vous  ne  faites  pas  erreur  2 — R. 
"  Non,  monsieur. 

"  Q.  Est-ce  le  système  que  vous  avez  suivi  2 — R.  Oui,  monsieur,  c'est  le  système 
"  qui  a  été  suivi. 

"  Q.  Depuis  quand  ? — R.  Bien,  je  crois,  durant  les  quatre  ou  cinq  dernières  années. 

"  Q.  Cela  se  faisait-il  avant  ce  temps-là  ? — R.  Non,  monsieur,  pas  avec  moi. 

"  Q.  Pas  avant  ce  temps-là  ? — R.  Non,  monsieur. 

"Q.  Qui  vous  a  d'abord  suggéré  cela — M.  Gregory? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  M.  Gregory  vous  a  fait  entendre  que  vous  devriez  faire  traite  sur  lui? — R. 
"  Bien,  il  m'a  fait  entendre  que,  naturellement,  je  fournirais  au  département  de  grandes 
"  quantités  de  matériaux,  que  j'aurais  à  payer  ces  matériaux,  et  que  j'avais  besoin  de 
"  mon  argent." 

(Page  2220,  volume  7.) 

"  Q.  Je  veux  dire  que  vous  avez  votre  crédit  d'affaires  à  la  banque,  comme  en  a 
"  généralement  toute  maison  de  l'importance  de  la  vôtre  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Parfaitement.  Vous  pouvez  toujours,  sans  doute,  obtenir  les  avances  qu'il 
"  vous  faut,  de  la  manière  ordinaire,  dans  vos  banques  2 — R.  Oui. 

"  Q.  Naturellement.  Je  voulais  seulement  m'assurer  de  la  chose.  Maintenant, 
"  M-.  Murphy,  cela  paraît  un  fait  très  étrange  que  cette  traite  ait  dû  être  faite  par  vous 
"  sur  M.  Gregory  et  acceptée  par  lui.  Qu'avez-vous  payé  à  M.  Gregory  pour  cela  2 — R. 
"  J'ai  payé  à  M.  Gregory  5  pour  100." 

Puis  il  finit  par  dire  qu'il  a  payé  5  pour  100  sur  toutes  les  traites. 

"  Q.  Vous  lui  avez  payé  5  pour  100  sur  toutes  les  commandes  que  vous  avez  reçues 
"  dans  le  cours  des  quatre  ou  cinq  dernières  années  2  Est-ce  le  cas  ? — R.  Pratiquement." 

Son  témoignage  se  poursuit,  montrant  les  sommes  d'argent  qui  ont  été  payées 
d'année  en  année. 

(Page  2226,  volume  7.) 

"  Q.  A  cette  époque,  vous  saviez  que  M.  Gregory  avait  son  mot  à  dire  sur  la  ques- 
"  tion  de  distribution  des  commandes  2 — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Oui,  c'est  cela,  que  la  chose  était  laissée  à  sa  discrétion? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  La  distribution  des  commandes  était  laissée  à  sa  discrétion  ? — R.  Oui,  mon- 
"  sieur. 

38—2 


18  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Et  vous  saviez  que  sa  discrétion  serait  probablement  beaucoup  mieux  disposée 
"  en  votre  faveur  si  vous  lui  donniez  une  commission,  n'est-il  pas  vrai,  pour  parler 
"  net  ? — R.  Oui,  monsieur." 

(Page  2240,  volume  7.) 

"  Q.  Maintenant,  vous  vendiez  au  département  au  prix  du  détail? — R.  Oui. 

"  Q.  Toujours  au  prix  du  détail  % — R.  Certainement. 

"  Q.  Mais  vous  êtes  marchand  en  gros  ? — R.  J'essaie  toujours  d'avoir  le  plus  qu'il 
"  est  possible. 

"  (J  Puis,  le  département  savait  et  M.  Gregory  savait  que  vous  étiez  un  marchand 
"  en  gros  \— R.  Oui." 

(Page  2241,  volume  7.) 

"  Q.  Et,  d'après  ce  que  vous  avez  dit,  je  comprends  que  vous  considériez  le  dépar- 
"  tement  un  client  très  facile  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Maintenant,  M.  Murphy,  veuillez  consulter  votre  mémoire,  direz-vous  que 
"  c'est  moins  que  25  pour  100  que  vous  avez  eu  du  département,  en  sus  de  vos  prix  de 
"  détail  ? — R.  En  sus  de  mes  prix  de  détail  ? 

"  Q.  En  sus  de  vos  plus  bas  prix  de  détail  ? — R.  Bien,  dans  certains  cas,  mais  pas 
"  toujours. 

"  Dans  certains  cas  vous  prenez  autant  que  25  pour  100  ? — R.  Mais  pas  toujours." 

(Page  2242,  volume  7.) 

"  Q.  N'est-ce  pas,  M.  Murphy,  un  fait  établi  que,  prenant  la  moyenne  sur  le  tout — 
"  veuillez  prêter  attention  à  ce  que  je  dis — que,  en  moyenne  sur  le  tout,  vous  ne  prenez 
"  pas  moins  que  15  pour  100  en  sus  de  vos  plus  bas  prix  de  détail,  en  moyenne  sur  le 
"tout? — R.  Non,  monsieur.  En  moyenne  sur  le  tout,  je  dirai  que  ce  n'est  pas  plus 
"  que  10  pour  100." 

(Page  2243,  volume  7.) 

"  Q.  Vous  lui  donniez  (à  Gregory)  5  pour  100,  et  c'est  la  raison  pour  laquelle  vous 
"  lui  donniez  5  pour  100  ? — R.  Quelle  raison,  M.  Watson  ? 

"  Q.  Parce  que  vous  aviez  un  prix  de  surplus  qui  comptait  pour  cela  2 — R.  Natu- 
"  Tellement,  en  homme  d'affaires  j'ajoutais  le  5  pour  100  au  coût  des  marchandises. 

"  Et  vous  dites  que,  naturellement,  le  5  pour  100  que  vous  donniez  à  M.  Gregory 
"  était  ajouté  au  prix  ï% — R.  Je  considérais  qu'il  devait  être  ajouté  au  prix." 

Une  lettre  avait  été  signée  par  M.  Murphy.  La  formule  en  était  rédigée  par  M. 
Gregory,  et  elle  était  signée  par  d'autres. 

Les  vues  de  M.  Murphy  sur  la  signification  de  cette  lettre  sont  données  à  la  page 
2245  :— 

"  M.  Watson — Q.  Jamais  aucune  espèce  de  lettre  qui  pût  être  donnée  en  explica- 
"  tion  ou  interprétation  de  la  chose  \ — R.  Comme  je  l'ai  dit  précédemment,  monsieur, 
"  j'ai  écrit  une  lettre,  peut-être  deux,  dans  le  bureau  et  sous  la  dictée  de  M.  Gregory, 
"  mais  je  n'en  ai  pas  de  copie. 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Quand  cela  a-t-il  été  écrit? 

"  M.  Watson. — Oui,  quand  ? — R.  Il  y  a  quatre  ou  cinq  ans.  M.  Gregory  a  sans 
"  doute  des  copies  de  ces  lettres. — Q.  Oui.  Il  y  a  quatre  ou  cinq  ans,  et  c'était  sous  sa 
"  dictée.  Comment  cela  s'est-il  fait  ? — R.  Sous  sa  dictée  ;  il  disait  tout  bonnement 
"  "asseyez-vous  et  écrivez  telle  lettre".  Je  m'asseyais  et  lui  donnais  cette  lettre. — Q. 
"  Ecrivez  telle  lettre.  C'était  pour  apparaître  comme  la  raison  de  la  commission  de  5 
"  pour  100,  n'est-ce  pas  % — R.  Oui,  c'était  pour  cela. — Q.  Naturellement  ;  c'était  pour 
"  voiler  la  chose,  en  un  mot  ? — R.  Bien,  c'était  peut-être  pour  cela." 

Puis,  au  bas  de  la  page  2263,  volume  7. 

"  Q.  Je  ne  désire  pas  avoir  une  répétition  de  cela  ce  matin,  mais  je  veux  vous  de- 
"  mander  si  vous  saviez  personnellement  que  M.  Gregory,  en  qualité  d'agent  principal, 
"  certifiait  toutes  les  factures  ainsi  :  je  certifie  que  ce  qui  précède — c'est-à-dire  la  com- 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA   MARINE  ET  DES  PECHERIES  19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"mande — a  été  duement  autorisée,  et  que  les  prix  marqués  sont  justes  et  raisonnables? 
"—  K.  Oui." 

(Page  2264,  volume  7.) 

"  Q.  Mais  vous  saviez  parfaitement  qu'il  aurait  à  certifier  que  les  prix  étaient 
"justes  et  raisonnables? — R.  Oui,  je  le  pensais." 

(Page  2336,  volume  7.) 

"  Q.  De  sorte  que  toute  question  de  crédit  raisonnable  ou  d'emprunt  raisonnable 
u  d'argent  dont  vous  pouviez  avoir  besoin  n'était  pas  difficile  à  arranger  avec  vos  ban- 
"  quiers,  dans  le  cours  ordinaire  de  vos  affaires  ? — R.  Pas  très  difficile. — Q.  Non,  pas 
"  très  difficile.  Ainsi,  M.  Murphy,  lorsque  vous  désiriez  avoir  une  somme  additionnelle 
"  de  $500  ou  $1,000,  vous  n'étiez  pas,  comme  certains  d'entre  nous,  en  peine  d'avoir 
"  l'argent  de  vos  banquiers,  vous  pouviez  leur  porter  votre  billet  et  faire  vos  arrange- 
"  ments  financiers? — R.  Ordinairement,  oui. — Q.  Vous  n'étiez  pas,  par  conséquent, 
"  dans  l'obligation  d'aller  par  les  rues  pour  avoir  l'argent  des  courtiers  à  des  taux  exor- 
bitants d'intérêt?— R.  Non." 

(Page  2337,  volume  7.) 

"  Q.  Ainsi,  comme  vous  l'avez  dit  hier,  il  existait  des  raisons  autres  que  votre 
"besoin  d'argent,  pour  parler  net? — R.  Suis-je  obligé  de  répondre? 

"  L'hon,  M.  Cassels. — Certainement. — R.  Oui. 

"  M.  Watson. — Et  les  autres  raisons,  c'était  de  vous  procurer  ces  commandes  du 
"  département  ?— R.  Oui." 

En  réponse  à  mes  questions  (page  2351,  volume  7)  il  dit: — 

"  Q.  Mais  vous  attendiez  d'autres  commandes  qui,  au  cas  où  vous  les  auriez,  vous 
"  fourniraient  des  fonds  pour  couvrir  votre  dette  2 — R.  Oui. 

"  Q.  C'est  là  la  position  ?— R,  Oui. 

"  Q.  Deux  positions  :  l'une,  commandes  données  pour  lesquelles  l'argent  venait  ; 
"  l'autre,  faveurs  à  venir,  qui,  selon  votre  attente,  devaient  tout  arranger  \ — R.  Exacte- 
"  ment." 

"  Q.  C'était  tout  bonnement  le  résultat  ? — R.  Exactement,  Votre  Honneur. 

"  M.  Watsox. — Vous  m'avez  dit  hier  et  aujourd'hui  que  ces  transactions  n'étaient 
"  pas  nécessitées  par  le  besoin  d'argent  chez  vous.  Vous  avez  dit  aussi  que  ce  n'était 
"  pas  une  question  de  paiement  d'intérêt  à  M.  Gregory.  Si  nous  nous  en  tenons  à  ces 
"  prémisses,  à  ces  faits,  c'était  donc  une  questoin  de  paiement  des  5  pour  100  à  titre 
"  de  commissions  ou  de  ce  que  vous  désignerez  sous  le  nom  que  vous  voudrez,  en  vue  de 
11  l'avenir,  n'est-il  pas  vrai  ? — R.  Oui." 

(Page  2352,  volume  7.) 

"L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Un  boni  pour  des  faveurs  ou  des  commandes? — R.  Oui, 
"  Votre  Honneur. 

"  Q.  Si  votre  témoignage  dit  vrai,  le  point  est  simplement  ceci,  vous  payiez  un 
"  bonus  à  M.  Gregory  afin  d'avoir  de  lui  des  commandes  de  marchandises  pour  le  gou- 
"  vernement  ? — R.  Exactement." 

Je  crois  que  ces  quelques  citations  s'expliquent  suffisamment. 

William  R.  Blackiston,  voilier,  de  Québec,  est  interrogé  : — 

(Page  2279,  volume  7.) 

u  M.  Watsox. — Et,  pour  en  venir  directement  à  la  question,  à  part  des  autres, 
"  combien  de  commission  avez-vous  payé  2 — R.  A  M. ,  j'ai  payé  5  pour  100. 

"  Q.  5  pour  100.  Et  à  qui  payiez-vous  la  commission  de  5  pour  100  ? — R.  Du 
"  temps  de  M.  Gregory,  dans  son  temps  je  lui  payais  les  5  pour  100." 

Puis,  parlant  du  système  (page  2291,  volume  7)  : — 

"  Q.  Avez-vous  appris  cela  de  M.  Gregory  ? — R.  Bien,  il  me  l'a  dit  lorsque  je  com- 
"  mençai  à  faire  des  affaires  pour  mon  propre  compte.  Il  a  dit,  "vous  savez  que  je  ne 
"  suis  pas  très  riche",  et  que,  si  j'avais  besoin  d'argent,  il  m'en  avancerait. 

38— 2* 


20  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  M.  Gregory  vous  a  dit  cela  \ — R.  Oui. 

"  Q.  Si  vous  aviez  besoin  d'argent  ? — R.  Il  m'a  dit  que  cela  ferait  mon  affaire, 
"  vous  comprenez. 

"  Q.  Qu'est-ce  qu'il  vous  a  dit  2 — R.  Il  m'a  dit  que  parfois  le  gouvernement  retar- 
"  dait  beaucoup  l'envoi  des  chèques,  3  ou  4  mois  à  la  fois." 

Plus  loin  (page  2297,  volume  7)  il  dit: — 

"  Q.  Il  (parlant  de  M.  Gregory)  avait  5  pour  100  sur  toutes  les  factures,  je  com- 
"  prends  ? — R.  Bien,  non,  pas  sur  toutes  les  factures,  je  ne  saurais  dire.  Cinq  pour 
"  cent  sur  le  montant  total  de  ce  que  j'avais  durant  l'année. 

"  Q.  Bien,  cela  était  représenté  par  le  montant  des  ventes  \ — R.  Oui,  par  le  mon- 
"  tant  des  ventes." 

Et  il  ajoute  que  sur  les  marchandises  vendues  par  lui  au  département  il  faisait 
environ  30  pour  100  de  profit. 

James  Ilolliday,  un  autre  marchand  important  de  Québec,  dit  qu'il  a  obtenu  par 
M.  Gregory  des  avances  d'argent  au  moyen  de  traites. 

(Page  3387,  volume  8.) 

"  M.  Watson. — Q.  Que  f  aisiez-vous  des  traites  % — R.  Je  crois  qu'elles  passaient 
"  par  la  banque. 

"  Q.  C'est-à-dire,  vous  escomptiez  les  traites  % — R.  Oui. 

"  Q.  Et  vous  payiez,  je  suppose,  le  taux  de  l'escompte  à  la  banque? — R.  Oui." 

(Page  3438,  volume  8.) 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Oui.  Il  est  dit  qu'une  commission  a  été  payée  sur  ces 
$24,831. 

"  Le  sénateur  Choquette. — Oui,  je  suis  prêt  à  admettre  5  pour  100  sur  la  valeur 
"  nominale  de  ces  traites." 

Allison  Davie,  marchand  important  de  Québec,  est  interrogé. 

(Page  2621,  volume  7.) 

"  M.  Watson — Combien  avez-vous  payé  à  M.  Gregory  pendant  ces  onze  ans,  com- 
"  bien  environ,  en  moyenne  ? — R.  $500  par  année. 

"  Q.  $500  par  année  à  M.  Gregory?  Est-ce  en- rapport  avec  les  affaires  du  départe- 
"  ment  ?— R.  Bien,  il 

"  Q.  Répondez.  Pouvez-vous  dire  si,  oui  ou  non,  c'était  en  rapport  avec  les  affaires 
"  du  département  ? — R.  Oui,  monsieur." 

M.  Davie  faisait  ses  chèques  payables  au  porteur,  et  il  en  retirait  l'argent,  qu'il 
transmettent.  On  lui  demande  pourquoi  il  faisait  cela,  et  la  question  suivante  lui 
est  posée.     (Page  2625,  volume  7)  : — 

"  Q.  Pourquoi  ne  donniez-vous  pas  tout  bonnement  un  chèque  payable  à  J.  U. 
"  Gregory  % — R.  Parce  que  j'essayais  de  le  couvrir." 

Je  me  dispense  de  faire  de  plus  amples  citations,  car  la  preuve  est  toute  devant 
vous.  Je  ne  donne  ces  quelques  extraits  que  pour  appuyer  ce  que  j'ai  écrit  au  sujet 
du  genre  de  transactions  faites  par  M.  Gregory. 

Parlant  de  M.  Gregory,  je  tiens  à  dire  que,  bien  que  le  devoir  m'oblige  de  placer 
devant  vous,  monsieur,  les  faits  tels  qu'ils  sont  prouvés,  on  ne  doit  pas,  néanmoins, 
oublier  que  M.  Gregory  a  consacré  la  plus  grande  partie  de  sa  vie  au  service  du  minis- 
tère de  la  Marine.  Il  est  maintenant  sur  le  bord  de  la  tombe.  Je  ne  doute  pas  que  ses 
services  aient  eu  de  la  valeur.  Il  a  souvent  été  placé  dans  une  position  difficile  au 
sujet  de  fonds. 

Plus  loin,  en  parlant  des  fonctionnaires  d'Ottawa,  j'aurai  à  m'occuper  de  certaine 
correspondance  qui  a  été  échangée  entre  lui  et  le  sous-ministre. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA   ^^^h'IXE  ET  DES  PECHERIES  21 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

.Mon  devoir  n'est  ni  de  pardonner  ni  de  punir;  mais,  en  tirant  ses  propres  conclu- 
sions des  faits  établis  par  la  preuve,  chacun  devrait  avoir  certaine  considération  pour 
M.  Gregory,  à  cause  des  services  qu'il  a  rendus. 

Je  continue  à  m'occuper  de  ceux  des  fonctionnaires  de  Québec,  qui,  dans  la  preuve, 
sont  accusés  d'avoir  reçu  des  présents  faits  dans  un  but  de  corruption. 

La  conduite  de  quelques-uns  de  ces  fonctionnaires  qui  ont  été  coupables  ne  mérite 
rien  moins  que  la  condamnation. 

Ils  occupaient  des  positions  de  confiance.  Leurs  devoirs  les  obligeaient  de  protéger 
les  intérêts  du  ministère  contre  les  exactions  des  entrepreneurs,  dont  ils  acceptèrent  les 
présents. 

Ils  semblent  avoir  ignoré  le  commandement  de  la  loi  mosaïque  contre  la  pratique 
de  recevoir  des  présents,  "car  les  présents  empêchent  le  sage  de  voir  et  dénaturent  les 
paroles  du  juste". 

Toutefois,  avant  d'examiner  les  cas  séparément,  il  est  à  propos  de  dire  que  les 
corrupteurs  sont  encore  plus  coupables  que  ceux  qui  se  laissent  corrompre. 

Aussi,  dans  l'examen  de  ces  cas,  chacun  devrait  être  jugé  séparément;  quelques- 
uns  sont  plus  coupables  que  d'autres.  Dans  certains  cas,  le  fonctionnaire  occupait  une 
position  et  appartenait  à  une  classe  où  il  s'imaginait  peut-être  ne  pas  mal  faire.  C'est 
mon  devoir  de  faire  ressortir  ces  faits. 

On  peut  supposer  que  ces  présents  n'étaient  pas  faits  aux  dépens  des  donateurs, 
mais  à  ceux  du  pays. 

James  J.  Murphy,  de  Québec,  déclare  qu'il  a  payé  à  Louis  Gagné,  contremaître  du 
quai,  qui  avait  à  faire  rapport  de  la  quantité  et  de  la  qualité  des  matériaux  reçus,  la 
somme  de  $645,  entre  janvier  1904  et  juillet  1908. 

Il  obtenait  généralement  le  prix  de  détail  pour  les  articles  qu'il  vendait  au  dépar- 
tement. 

Il  parle  du  fait  d'avoir  fait  des  présents  aux  contremaîtres.  L'explication  qu'il 
donne  de  ces  paiements  est  comme  suit  (page  2229,  volume  7)  : — 

"  M.  Watson.— Q.  De  petits  montants  payés  au  contremaître  '{ — R.  Sous  forme  de 
"  cadeaux  pour  les  tenir  en  belle  humeur. 

"  Q.  Je  vois,  pour  les  tenir  en  belle  humeur;  c'est  de  genre,  naturellement? — R. 
"  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Cela  signifie,  comme  on  dit  quelquefois  quand  on  n'est  pas  en  présence  du 
"  tribunal,  un  peu  de  graissage  de  temps  à  autre  \ — R.  Exactement,  monsieur. 

"Q.  Pour  huiler  la  machine,  je  suppose.  Et  à  qui  ces  présents  étaient-ils  faits? 
"  Quels  sont  les  noms  des  personnes  \ — R.  Suis-je  obligé  de  répondre? 

"Q.  Oui,  s'ils  appartiennent  au  département,  absolument? — R.  Bien,  le  seul  dont 
"  j'aie  gardé  une  note  est  un  homme  du  nom  de  Gagné,  et  les  autres 

"  Q.  Vous  avez  pris  note  des  paiements  qui  lui  ont  été  faits? — R.  Oui,  monsieur. 

"Q.  Et  combien  lui  avez-vous  payé? — R.  Depuis  janvier  1904  jusqu'à  juillet 
"  1908,  $645. 

"  Q.  A  M.  Gagné,  $645.  Et  quelle  position  occupait-il  ? — R.  Il  était  contremaître 
"  des  entrepôts,  je  crois. 

"  Q.  Contremaître  de  quoi  ? — R.  Contremaître  du  quai  du  département  de  la 
"  Marine. 

"  Q.  Ici  à  Québec,  contremaître  du  quai.  Qu'avait-il  à  faire  avec  les  matériaux, 
"  à  les  mesurer  \ — R.  Bien,  je  suppose  que  oui,  en  certains  cas. 

"  Q.  Je  vois.  Il  avait  à  faire  rapport  des  quantités  et  de  la  qualité  ? — R.  Oui.  Je 
"  ne  sais  s'il  avait  à  faire  rapport  sur  la  qualité,  si  quelque  chose  était  livré  qui  ne  fût 
"  pas  de  la  qualité  voulue. 


22  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Il  avait  à  y  voir  % — R.  Je  le  crois. 

"  Q.  Il  avait  à  rejeter  ce  qui  n'était  pas  de  la  qualité  voulue.  Je  suppose  que  c'est 
"  pour  cela  que  vous  le  payiez,  pour  parler  franchement  ? — R.  Comme  je  l'ai  dit  précé- 
"  demment,  pour  le  tenir  en  belle  humeur." 

Plus  loin  dans  son  témoignage,  il  dit,  au  sujet  des  paiements  faits  à  Gagné  (page 
2236,  volume  7)  :— 

"  Q.  Bien,  M.  Gagné,  $645,  comment  cela  est-il  arrivé  %  A-t-il  fait  quelque  sugges- 
"  tion  ? — R.  Non,  monsieur,  pas  à  moi-même. 

"  Q.  Pas  à  vous-même.  Alors,  comment  cette  suggestion  vous  est-elle  parvenue, 
"  par  l'entremise  de  qui  ? — R.  Je  crois,  monsieur,  qu'il  en  a  parlé  à  un  de  mes  em- 
"  ployés." 

L'employé  portait  le  nom  de  McNeil.  Interrogé  sur  la  substance  de  ce  que  lui  a 
rapporté  McNeil,  il  répond  : — 

"  La  substance  de  ce  qu'il  a  dit,  c'est  que  ce  serait  mieux  si  quelque  chose  allait  de 
son  côté." 

AUison  Davis  déclare  qu'il  a  payé  $200  à  McConkey.  McConkey  était  le  surinten- 
dant des  coques  de  navires. 

Davis  prétend  que  ce  paiement  a  été  fait  le  10  septembre  1907. 

Il  dit  aussi  que,  le  15  octobre  1905,  il  a  payé  $50  à  Albert  Beauchemin. 

On  demande  à  Davis  qui  est-ce  qui  certifiait  ses  comptes,  et  il  dit  (page  2638,  vo- 
lume 7)  : — 

"  R.  Généralement  celui  qui  avait  à  surveiller  l'ouvrage. 

"  Q.  Qui  était-ce  ? — R.  Celui  qui  se  trouvait  là. 

"  Q.  M.  McConkey  ? — R.  Oui,  monsieur,  je  crois." 

J.  B.  Côté,  plombier  et  marchand  de  ferblanterie,  faisant  affaires  avec  le  minis- 
tère, dit  qu'il  a  fait  certains  paiements  à  des  employés  du  département. 

Ces  paiements,  dit-il,  n'ont  pas  été  pris  en  note  dans  ses  livres. 

11  dit  que,  en  différents  temps,  il  a  payé  certaines  sommes  au  capitaine  O'Farrell, 
se  montant  en  tout  à  $100.  Il  explique,  à  la  page  2630,  qu'il  a  donné  cela  afin  d'être  en 
bons  termes  avec  lui. 

Ce  témoin  a  donné  son  témoignage  en  français,  et  il  a  expliqué  qu'il  avait  donné 
cela  pour  rester  en  bons  termes. 

Il  déclare  qu'il  a  payé  $140  au  capitaine  Koenig.  Il  travaillait  sur  le  Druid,  vais- 
seau dont  Koenig  était  le  capitaine. 

Il  dit  qu'il  a  payé  à  Fontaine  la  somme  de  $250.  Fontaine  était  le  mécanicien  en 
chef  du  Montcalm. 

La  manière  dont  ce  paiement  a  été  fait  consiste  en  certains  ouvrages  faits  par  Côté 
dans  la  maison  de  Fontaine,  le  compte  se  montant  à  environ  $450.  Fontaine  a  payé 
certaines  sommes  à  compte,  laissant  une  balance  due  de  $245.  Cette  somme  a  été 
biffée  du  compte. 

Le  capitaine  S.  Bélanger  a  reçu  de  Côté  la  somme  de  $100.  Le  capitaine  était  com- 
mandant du  Montcalm.  Côté  déclare  qu'il  recevait  des  commandes  et  qu'il  était  à 
propos  de  le  récompenser. 

Pettitt  a  reçu  la  somme  de  $75. 

Côté  déclare  qu'il  se  faisait  payer  par  le  gouvernement  un  plus  haut  prix  que 
d'habitude. 

F.  X.  Drolet  a  eu  du  ministre  de  fortes  sommes  d'argent  pour  des  travaux  de 
réparations  faits  aux  machines. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  23 

DCC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Ses  comptes  étaient  tenus  et  ses  paiements  étaient  faits  par  un  homme  de  confiance 
du  nom  de  Audibert. 

Je  crois  qu'il  est  permis  de  supposer  que  Drolet  avait  connaissance  des  paiements 
faits  par  Audibert. 

Lorsque  l'enquête  eut  lieu  à  Québec,  Audibert  était  malade,  et  son  témoignage  fut 
pris  à  son  logis  dans  Saint-Roch. 

Audibert  produisit  ses  livres  de  comptes,  ainsi  qu'une  liste  de  paiements  faits  à 
des  fonctionnaires  et  autres  personnes,  s'élevant  en  tout  à  $9,342. 

La  liste  est  comme  suit  : — 

Narc.  Dufour $  470 

Stewart 220 

Nolet 70 

Ouellet - 120 

Leblanc 146 

Capitaine  Bélanger 105 

Paul  Bolduc 1,502 

J.  Vankoeing 42 

Jos.  Lemieux 35 

G.  Bélanger 41 

Capitaine  Koenig 740 

O'Farrell 272 

J.  A.  Pettitt 697 

R,  Filteault 195 

Tasker 60 

Louis  Gagné 15 

Art.  Samson 25 

Leitch 25 

Jos.  Ferguson 30 

T.  Thériault - 464 

C.  T.  Schmidt 1,773 

Jos.  Fontaine 790 

Beauchemin 1,075 

Jos.  Bélanger 115 

A.  Roy 130 

J.  L.  Richard 25 

Capitaine  McGough 25 

Eug.  Bélanger 135 

Ces  paiements  n'ont  pas  été  faits  d'une  seule  fois,  mais  en  différents  temps  dans 
une  longue  période.    Les  détails  sont  donnés  dans  le  témoignage  d' Audibert. 

Je  n'ai  aucune  raison  de  mettre  en  doute  les  déclarations  d' Audibert. 

Les  entrées  apparaissent  dans  le  livre  et  ont  évidemment  été  faites  de  temps  à 
autre. 

Dans  la  plupart  des  cas  les  faits  racontés  par  Audibert  ont  été  admis  par  les  per- 
sonnes auxquelles  les  paiements  allégués  ont  été  faits. 

Il  déclare  que  ceux  à  qui  il  a  donné  l'argent  sont  les  hommes  qui  certifiaient  les 
comptes  ou  qui  surveillaient  les  travaux  de  réparations  faits  pour  le  ministère  de  la 
Marine  et  des  Pêcheries. 

Adolphe  Lluot,  plombier,  déclare  qu'il  a  prêté  au  capitaine  Koenig,  commandant  du 
Montcalm,  la  somme  de  $40.  Il  ne  se  rappelle  pas  exactement  à  quelle  date,  mais  il 
croit  que  c'est  depuis  trois  ans. 


24  h'APPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  dit  qu'il  a  prêté  $200  à  Albert  Beauchemin,  environ  deux  ans  ou  deux  ans  et 
demi  avant  de  rendre  son  témoignage. 

Il  allègue  de  plus  qu'il  a  prêté  à  Koenig,  le  fils  du  capitaine  Koenig,  et  employé 
à  bord  de  YArctic,  la  somme  de  $40. 

Tous  les  fonctionnaires  ainsi  accusés  ont  eu  toutes  les  chances  possibles  de  se  dis- 
culper.   Quelques-uns  se  sont  fait  représenter  par  un  avocat. 

A  les  prendre  en  détail: — 

Le  capitaine  McGough. — Etait  autrefois  capitaine  du  Champlain;  il  est  mainte- 
nant capitaine  de  La  Canadienne.  Sa  nomination  à  La  Canadienne  date  du  mois 
d'avril  1908. 

D'après  le  témoignage  d'Audibert,  le  capitaine  McGough  a  reçu  la  somme  de  $25. 

Il  a  comparu  devant  moi  et  a  admis  avoir  reçu  l'argent. 

Il  a  rendu  son  témoignage  d'une  manière  très  franche,  et  il  a  reconnu  avoir  reçu 
non  seulement  cette  somme,  mais  d'autres  aussi.  Interrogé  au  sujet  des  $25  (page  2660, 
volume  7)  : — 

"  M.  Watson. — Q.  Quand  avez-vous  reçu  la  somme  de  $25  dont  il  est  question? — 
"  R.  La  somme  de  $25  fut  envoyée  à  ma  maison  en  décembre  de  l'an  dernier,  1907, 
"  durant  mon  absence  vers  le  temps  de  Noël.  Elle  était  contenue  dans  cette  enveloppe, 
"  deux  billets  de  dix  dollars  et  un  de  cinq. 

"  Q.  Avez-vous  reçu  cette  somme  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Vous  l'avez  reçue  ? — R.  Et  davantage." 

(Page  2661,  volume  7.) 

"  Q.  Et  qu'avez-vous  voulu  dire  par  le  mot  "davantage"  % — R.  Un  an  avant  cela,  à 
"  peu  près  à  la  même  date,  $50  m'ont  été  envoyées  de  la  même  manière. 

"  Q.  Et  d'autres  sommes  encore  ? — R.  Un  an  avant  cela. 

"  Q.  Ceci  remonte  à  1906?— R,  A  1905,  je  crois. 

"  Q.  Oui. R.  $100  m'ont  été  donnés  par  M.  Drolet. 

"  Q.  Voulez-vous  dire  cent  dollars  en  billets?— R,  Un  billet  de  $100. 

"  Q.  Vous  a  été  donné  par  qui  ? — R.  Par  M.  Audibert,  teneur  de  livres  de  M. 
"  Drolet,  qui  m'a  dit  "Capitaine,  voici  un  présent  pour  vous".  J'étais  sur  le  point  de 
"  partir. 

"  Q.  Encore  d'autres  sommes  ? — R.  Pas  d'autres. 

"  Q.  $175  en  tout  ?— R.  Oui." 

Il  admet  qu'il  a  gardé  l'argent.     On  lui  demande  (page  2662,  volume  7)  : — 

"  Q.  Aviez-vous  reçu  des  marchandises  d'eux  vers  ce  temps-là,  ou  avaient-ils  fait 
"  quelque  ouvrage  ? — R.  Nous  avions — bien,  je  ne  suis  pas  tout  à  fait  certain,  de  l'ou- 
"  vrage  de  fait  pour  un  peu  plus  que  $10,000. 

"  Q.  Quelle  espèce  d'ouvrage  était-ce  ? — R.  Tout  dans  la  machinerie,  monsieur. 

"  Q.  Machinerie  pour  votre  vaisseau  ? — R.  Pour  le  vaisseau,  oui,  monsieur. 

"  Q.  En  sorte  que  des  paiements  vous  étaient  faits  lorsque  M.  Drolet  recevait  son 
"  argent  \ — R.  C'est  ce  que  je  comprends,  naturellement." 

S'il  doit  y  avoir  de  l'indulgence  pour  aucun  de  ces  cas,  je  crois  que  le  capitaine 
McGough,  à  cause  des  circonstances  qui  caractérisent  le  sien,  et  la  manière  dont  il  a 
rendu  son  témoignage,  devrait  y  avoir  droit.  Mais  cela  ne  me  regarde  pas  ;  je  n'ai  qu'à 
rapporter  les  faits. 

Charles  Koenig  a  été,  durant  les  quatre  dernières  années,  capitaine  du  steamer 
Druid  et  inspecteur  des  phares  dans  le  district  de  Québec,  et  surintendant  des  bouées. 

Audibert  déclare  qu'il  a  reçu,  en  différents  temps,  des  sommes  s'élevant  en  tout  à 
$740. 


E SQL ETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  25 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Davie  dit  aussi  que  Koenig  a  reçu  de  lui  la  somme  de  $140. 

Dans  le  cours  de  son  témoignage  on  lui  demande  (page  3021,  volume  8)  : — 

"  M.  Watson. — Q.  Maintenant,  il  est  dit  dans  une  déposition  que  vous  avez  été 
"  payé,  que  vous  avez  reçu"  de  M.  Drolet  ou  son  teneur  de  livres,  dans  les  trois  années 
"1904-5,  1905-C  et  1906-7,  la  somme  de  $740?— R  Non,  monsieur. 

"  Q.  Avez-vous  reçu  quelque  chose  ? — R.  Bien,  ceci,  je  ne  crois  pas  que  je  puisse 
"  le  jurer,  je  ne  me  souviens  pas  exactement. 

"  Q.  Combien,  environ,  capitaine  ? — R.  J'ai  reçu  une  fois  de  $65  à  $70,  et  une  autre 
"  fois  $40,  et  une  autre  somme  dont  je  me  rappelle  plus  la  valeur. 

"  Q.  Vous  ne  savez  pas  de  combien  elle  était? — R.  Non,  je  ne  me  rappelle  pas." 

On  l'interroge  au  sujet  de  Drolet  (page  3023,  volume  8)  : — 

"  Q.  Avaient-ils  fait  quelque  ouvrage  pour  vous  peu  de  temps  avant  cela  ? — R. 
"  Non,  pas  que  je  me  rappelle  ;  mais  ils  ont  beaucoup  de  travaux  à  faire  presque  tout 
le  temps. 

"  Q.  Et  vous  aviez  à  certifier  les  comptes  2 — R.  Après  qu'ils  avaient  été  certifiés 
"par  les  mécaniciens.    Jamais  avant  cela,  car  je  ne  suis  pas  un  mécanicien. 

"  Q.  Le  mécanicien  certifiait  le  compte,  d'abord,  et  vous  le  certifiiez  ensuite  % — R. 
"  Oui." 

Au  sujet  de  l'un  des  paiements,  de  $40  à  $45,  on  lui  demande  (page  3024,  volume 
8):- 

"  Q.  Vous  avez  pris  cela  simplement  comme  un  cadeau  ? — R.  J'ai  pris  cela  comme 
"  un  cadeau  pour  services  rendus  à  Drolet." 

Il  ne  peut  pas  jurer  positivement  quel  montant  il  a  reçu  de  Drolet  par  l'entremise 
d'Audibert. 

Il  avait  été  allégué  par  Côté  qu'il  avait  payé  au  capitaine  Koenig  i#  somme  de  $140. 

Koenig  dit  dans  son  témoignage  (page  3026,  volume  8)  : — 

"  Q.  Puis,  de  quelle  autre  personne  avez-vous  reçu  de  l'argent  2 — R.  J'ai  reçu  de 
"  l'argent  de  M.  Côté. 

"Q.  Combien?— R.  $140. 

"  Q.  $140  de  lui  ?— R.  Oui,  monsieur." 

Et  il  explique  la  manière  dont  ces  paiements  ont  été  faits.  Il  prétend  que  le  pre- 
mier montant  de  $40  était  de  l'argent  prêté  pour  l'aider  à  payer  ses  dépenses  de  voyage 
en  Angleterre. 

Le  deuxième  paiement  était  de  $100,  et  on  lui  demande  : — 

(Page  3027,  volume  8.) 

"  Q.  Que  s'est-il  passé,  alors  2 — R.  Qu'entendez-vous  par  "ce  qui  s'est  passé"  ? 

"  Q.  Qu'est-ce  qui  a  été  dit  ? — R.  Il  me  l'a  donné  et  il  m'a  dit  que  c'était  un 
"présent. 

"  Q.  Il  vous  a  dit  que  c'était  un  présent  2 — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Pourquoi  vous  faisait-il  un  présent? — R.  Bien,  je  suppose  que  c'est  parce  que 
"  j'étais  un  officier  du  département." 

Sa  défense  est  que  c'était  la  coutume  de  faire  des  cadeaux  aux  capitaines  et  aux 
mécaniciens  de  bateaux.    Il  explique  cela  ainsi. 

(Page  3030,  volume  8.) 

"  Q.  D'autres  personnes  vous  ont-elles  fait  des  cadeaux  ? — R.  Non. 

"  Q.  Y  a-t-il  une  coutume  de  ce  genre-là? — R.  Oui,  c'est  une  coutume,  cela  a  tou- 
"  jours  été  la  coutume. 

"  Q.  Une  coutume  de  donner  et  de  recevoir  des  cadeaux  ? — R.  Oui,  monsieur,  aux 
"  capitaines  et  aux  mécaniciens  de  bateaux." 

Au  sujet  des  $40,  partie  des  $140  qu'il  dit  lui  avoir  été  prêtées,  sous  explication  est 
comme  suit  (page  3031,  volume  8)  : — 


26  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  L'hon.  M.  Cassels — Un  moment,  capitaine.  Ces  $40  que  M.  Côté  vous  a  données 
"  lui  ont-elles  été  rendues  ? — R.  A  qui? 

"  Q.  A  M.  Côté? — R.  Non,  monsieur.  Quand  j'ai  vu  qu'il  était  assez  généreux 
i;  pour  me  donner  $100,  je  n'ai  pas  offert  de  lui  remettre  les  $40. 

"Q.  Maintenant,  au  sujet  de  M.  Drolet.  Comme  je  le  comprends,  vous  prétendez 
"  avoir  fait  certain  travail,  l'avoir  aidé  % — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Quelle  sorte  de  travail  était-ce  ? — R.  Il  m'a  demandé  plusieurs  fois. 

"  Q.  Vous  serviez-vous  de  quelque  machine  ou  appareil  appartenant  au  gouverne- 
"  ment  pour  faire  ce  travail  ? — R.  Oui." 

A  cette  époque,  il  était  à  l'emploi  du  gouvernement,  il  était  capitaine  du  vaisseau, 
aussi  inspecteur  des  phares  dans  le  district  de  Québec  et  surveillant  de  toutes  les  bouées. 

Il  admet  aussi  que  les  travaux  faits  par  Drolet  pour  le  département  étaient  certifiés 
et  approuvés  par  lui. 

La  question  est  (page  3034,  volume  8)  : — 

"  Q.  Ainsi  le  travail  fait  par  Drolet  pour  le  département  était  certifié  par  vous 
"  comme  étant  bien  fait  ? — R.  Après. 

"  Q.  Comme  étant  bien  fait  ?—  R.  Oui." 

Un  résumé  de  son  témoignage  se  trouve  dans  une  couple  de  questions  (page  3035, 
volume  8)  : — 

"  Q.  Je  suppose  que  si  vous  aviez  su  ce  que  vous  savez  maintenant,  vous  l'auriez 
u  remis  (c'est-à-dire  l'argent)  au  gouvernement? — R.  Si  j'avais  su  que  c'était  un  crime, 
"  comme  je  le  sais  maintenant,  je  l'aurais  remis  au  gouvernement. 

"  Q.  Je  n'ai  pas  dit  que  c'était  un  crime.  Si  votre  sens  moral  avait  été  éveillé, 
"  vous  auriez  remis  l'argent  au  gouvernement.    C'est  ce  que  cela  veut  dire  2 — R.  Oui." 

L'acceptation  de  ces  sommes  d'argent  n'est  pas  excusable.  Elles  ont,  sans  aucun 
doute,  été  données  pour  l'influencer  dans  l'accomplissement  de  ses  devoirs.  Il  semble 
les  avoir  prises  sans  beaucoup  réfléchir. 

Je  ne  puis  que  faire  rapport  sur  les  circonstances  de  ce  cas  en  disant  que  l'accep- 
tation de  ces  sommes  d'argent  était  absolument  injustifiable. 

Joseph  H.  Fontaine  a  désiré  être  entendu. 

U  est  accusé  d'avoir  reçu  de  Côté  la  somme  de  $250,  et  de  Drolet,  par  Audibert,  la 
somme  de  $790. 

Dans  son  témoignage  il  dit  (page  3700,  volume  8)  : — 

"  M.  Watson. — Q.  Vous  avez,  je  crois,  certaine  déclaration  que  vous  aimeriez 
"  faire  % — R.  Bien,  à  propos  des  accusations  portées  contre  moi  devant  cette  cour,  je 
"  dis  qu'elles  sont  vraies. 

"L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Vous  dites  qu'elles  sont  quoi? — R.  Je  dis  qu'elles  sont 
"  vraies.  J'ai  reçu  l'argent.  Mais  je  dois  dire  que  j'ai  voyagé  partout,  vous  savez,  et 
"  je  puis  prouver  que,  lorsque  j'étais  mécanicien  en  chef  pour  une  compagnie  de  Glas- 
"  gow,  Burrell  et  fils,  j'ai  navigué  pour  eux  entre  l'Autriche  et  les  Etats-Unis,  et  que 
"  durant  tout  le  temps  que  j'ai  été  chef  là  j'ai  reçu  des  commissions  dans  les  différents 
"  ports  d'escale;  ainsi  je  ne  vois  pas  que  j'aie  agi  plus  mal  ici,  c'est-à-dire,  je  n'y  ai  vu 
"  aucun  mal.  U  m'a  été  offert  et  je  l'ai  pris  comme  je  l'ai  pris  partout  ailleurs.  Je  ne 
"  savais  pas  qu'il  y  eût  aucun  mal  là-dedans. 

"  Q.  Bien,  croyez-vous  que  c'est  honnête,  M.  Fontaine  ?  Comme  je  comprends,  vous 
"  représentiez  le  gouvernement  pour  voir  à  ce  que  les  travaux  pour  le  gouvernement 
"  fussent  bien  faits  ? — R.  Oui,  monsieur." 

U  est  sous  l'impression  que,  lorsqu'il  a  été  nommé,  on  aurait  dû  l'avertir  de  ne  pas 
recevoir  de  commissions. 

Cette  question  lui  a  été  posée  (page  3703,  volume  8)  : — 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  27 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

11  M.  YVatsox. — Q.  Maintenant,  vous  avez  parlé  de  la  connaissance  d'autres  offi- 
"  ciers  supérieurs  dans  d'autres  pays.  Avez-vous  quelque  raison  de  croire  ou  de  savoir 
"  que  le  principal  agent  du  département  ou  tout  autre  officier  supérieur  ici  savait  que 
"  vous  receviez  ces  sommes? — R.  Non,  monsieur,  je  ne  puis  dire  cela,  je  ne  sais  pas. 

"  Q.  Vous  ne  savez  pas  du  tout  s'ils  étaient  au  courant  de  la  chose  ? — R.  Pas  du 
"  tout. 

"  Q.  Vous  n'eu  avez  jamais  parlé  2 — R.  Je  n'en  ai  jamais  parlé.  Naturellement, 
"  c'est  le  cours  ordinaire  des  choses. 

"  Q.  D'en  garder  le  secret  ? — R.  Oui,  monsieur." 

Ce  témoin  a  parlé  avec  franchise  de  l'acceptation  des  montants,  mais  je  crois  qu'il 
Bavait  joliment  qu'il  faisait  mal  en  les  acceptant. 

Elie  Nolet.    Audibert  déclare  que  Nolet  a  reçu  la  somme  de  $70. 

Il  s'est  présenté  pour  être  entendu  et  a  admis  qu'il  a  reçu  d' Audibert  la  somme 
de  $70  en  divers  montants. 

Il  était  mécanicien  à  bord  du  phare  flottant  de  l'Ile-Rouge.  A  cette  époque,  il  était 
payé  par  le  capitaine  du  phare  flottant,  le  capitaine  Erwin. 

Le  contrat,  au  sujet  de  ces  gardiens  de  phares,  semble  avoir  été  que  le  capitaine 
recevait  une  certaine  somme  et  que  l'équipage  était  payé  par  le  capitaine. 

Le  phare  flottant  devait  être  réparé  à  la  fin  de  la  saison  aux  frais  du  gouverne- 
ment.   C'est  Drolet  qui  faisait  les  réparations. 

Nolet  dit  que  les  officiers  du  ministère  de  la  Marine  le  consultaient  pour  savoir 
quelles  réparations  devaient  être  faites. 

Il  certifiait  de  temps  à  autre  le  montant  des  réparations,  et  à  mesure  qu'il  approu- 
vait les  comptes  il  recevait  d' Audibert  une  partie  des  sommes  qui  en  tout  forment  les 
$70. 

Dans  mon  opinion,  il  est  peu  douteux  que  ces  sommes  lui  étaient  versées  dans  le 
dessein  d'influencer  son  jugement. 

Louis  Philias  Gagné.    Il  était  contremaître  des  chantiers  à  Québec. 

J.  J.  Murphy  déclare  qu'il  lui  a  payé  la  somme  de  $645. 

Audibert  dit  qu'il  lui  à  payé  la  somme  de  $15. 

Il  admet  avoir  reçu  les  $15  d' Audibert. 

Il  prétend  que  cette  somme  d'argent  lui  a  été  donnée  en  paiement  de  certain  travail 
qu'il  avait  fait  pour  Drolet.  Il  répond  à  son  avocat  que  ce  travail  a  été  fait  après  ses 
heures  de  service  pour  le  département. 

On  lui  a  demandé  s'il  avait  jamais  demandé  de  l'argent  à  M.  James  Murphy,  et 
il  a  répondu  "jamais". 

On  lui  a  demandé  si  Murphy  lui  avait  donné  l'argent  à  lui-même  %  Sa  réponse  a 
été  que,  la  première  fois,  il  lui  a  donné  un  chèque.  Il  (Gagné)  lui  a  demandé  "Pour- 
quoi m' avez-vous  donné  ce  chèque"?  La  réponse  de  Murphy  a  été  "Ecoutez-moi.  Ce 
n'est  pas  pour  vous  compromettre  auprès  du  gouvernement,  de  Gregory  ou  d'autres; 
c'est  un  cadeau  que  je  vous  fais". — "J'ai  pris  l'argent  et  je  l'ai  mis  dans  ma  poche." 

Il  était  là  pour  recevoir,  comme  représentant  du  gouvernement,  le  bois  et  le  ciment, 
ou  la  plus  grande  partie,  que  Murphy  vendait  au  ministère  de  la  Marine.  Il  avait  à 
faire  rapport  à  l'agent  si  le  bois  était  tel  que  voulu,  de  même  que  pour  le  ciment. 

A  la  page  3200,  volume  8,  on  lui  demande  l'explication  du  paiement  de  $50  qui  lui 
a  été  fait;  lorsqu'il  l'a  reçu,  pourquoi  était-ce.  Sa  réponse  est  "Probablement,  comme 
il  dit,  pour  me  tenir  en  belle  humeur,  mais  ça  n'a  pas  eu  cet  effet-là".  Il  nie  que  cela 
ait  eu  quelque  influence  sur  sa  conduite. 


28  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1900 

Cet  argent  a  été  incontestablement  donné  clans  le  but  de  faciliter  les  affaires  et 
n'aurait  pas  dû  être  reçu  par  Gagné. 

Narcisse  Dufour.  Audibert  déclare  que  Du  four  a  reçu  de  lui  la  somme  de  $470 
pour  les  fins  et  de  la  manière  indiquées  par  Audibert. 

Il  était  représenté  par  un  avocat.  11  a  comparu  et  on  lui  a  demandé  s'il  avait  reçu 
$470.  Sa  réponse  a  été  qu'il  ne  pouvait  pas  dire  le  montant  exact,  mais  que,  en  cons- 
cience, il  avait  reçu  l'argent. 

Dans  le  cours  de  l'examen  de  ce  témoin,  et  aussi  dans  un  ou  deux  autres  endroits 
de  la  déposition,  il  est  dit  par  l'avocat  que  les  montants  ont  été  retournés  à  Audibert. 
Je  ne  trouve  aucune  déclaration  à  cet  effet  dans  le  témoignage  d' Audibert. 

Dufour  était  contremaître  de  la  forge  et  voyait  à  la  construction  des  chaudières  à 
vapeur. 

Interrogé  sur  ce  qu'il  pensait  être  la  raison  pour  laquelle  Drolet  lui  faisait  donner 
de  l'argent  par  Audibert,  sa  réponse  a  été  qu'il  ne  pouvait  pas  dire;  mais,  pressé  de 
répondre,  il  a  dit  qu'il  supposait  que  c'était  un  cadeau. 

On  lui  a  posé  la  question  suivante,  que  je  cite  en  français,  telle  qu'elle  a  été  faite  : — 

"  Q.  Vous  n'avez  pas  de  doute  qu'il  vous  donnait  cet  argent-là  pour  vous  rendre 
*:  plus  souple;  il  vous  payait  pour  vous  assouplir;  vous  n'avez  pas  de  doute  là-dessus, 
"  n'est-ce  pas  ? — R.  Je  n'ai  pas  de  doute,  si  c'était  pour  me  faire  assouplir,  j'ai  pas 
assoupli." 

Ce  témoin  a  reçu  et  gardé  l'argent. 

Paul  Bolduc.  Audibert  déclare  que  (représentant  Drolet)  il  lui  a  payé  des  som- 
mes en  différents  temps,  formant  un  total  de  $1,502. 

Bolduc  était  le  mécanicien  en  chef  à  bord  du  vapeur  Druid.  Il  était  représenté 
par  son  avocat,  M.  Lemieux.  Il  déclare  qu'il  est  entré  en  fonction  à  bord  du  Druid  le 
27  avril  1904;  que,  dans  le  cours  du  mois  de  juin,  Audibert  vint  à  bord  du  Druid  et 
lui  dit  (à  Bolduc)  que  c'était  la  coutume  de  la  maison  Drolet  de  donner  aux  mécani- 
ciens connus  par  la  maison  une  certaine  somme  d'argent,  et  qu'il  lui  donna  (à  Bolduc) 
$80  en  cadeau. 

Audibert  a  dit  que  cette  somme  avait  été  donnée  pour  des  services  qui  pourraient 
être  rendus  à  la  maison  Drolet  en  recommandant  l'ouvrage  à  faire  faire  par  cet  éta- 
blissement. 

Les  autres  sommes  ont  été  données  de  la  même  manière. 

Apparemment,  l'idée  était  qu'il  était  au  pouvoir  des  mécaniciens  de  recommander 
la  maison  Drolet  aux  propriétaires  de  navires  ou  aux  commandants  de  bateaux  autres 
que  ceux  du  ministère  de  la  Marine,  qui  avaient  des  réparations  à  faire  faire. 

Il  ne  nie  pas  avoir  reçu  l'argent. 

Il  semblerait  que  Bolduc  avait  pour  habitude  d'avertir  l'inspecteur  des  bateaux  à 
vapeur  que  les  machines  du  Druid  avaient  besoin  de  réparations.  Il  était  aussi  celui 
qui  certifiait  les  comptes  de  Drolet. 

Ces  grands  montants  ont  sans  doute  été  payés,  comme  l'a  dit  Audibert,  pour  faci- 
liter les  affaires,  et  ils  ont  été  reçus  par  le  fonctionnaire  en  question  illégalement,  selon 
moi. 

Germain  Bélanger.  Il  s'intitule  ingénieur  du  "gaz  dans  le  département  dé  la  Ma- 
rine.   Il  est  accusé  d'avoir  reçu  d' Audibert,  pour  Drolet,  la  somme  de  $41. 

Il  admet  le  fait  d'avoir  reçu  l'argent,  bien  qu'il  ne  puisse  pas  dire  exactement  à 
quelle  date. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  29 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Il  a  gardé  l'argent. 

Il  est  allé  chez  Drolet  examiner  l'ouvrage  et  voir  comment  il  avançait. 

Le  montant  n'est  pas  fort,  mais  il  a  été  reçu  illégalement. 

George  D.  O'Farrell.  Est  accusé  d'avoir  reçu  d'Audibert  ou  Drolet  la  somme  de 
$272.    Côté  dit  aussi  qu'il  a  donné  $100  au  capitaine  O'Farrell. 

O'Farrell  est  inspecteur  des  phares. 

11  contredit  Audibert  et  nie  avec  énergie  avoir  reçu  de  l'argent  de  lui,  comme  ce 
dernier  l'a  dit. 

Il  rapporte  qu'il  y  a  mésintelligence  entre  lui  et  Audibert,  évidemment  dans  le 
dessein  de  faire  croire  qu' Audibert  lui  en  veut. 

Si  la  question  avait  été  seulement  entre  Audibert  et  O'Farrell,  j'aurais  considéré 
le  cas  d'O'Farrell  non  prouvé. 

Néanmoins,  il  est  accusé  par  Côté  d'avoir  reçu  la  somme  de  100.  Il  a  été  question 
des  déclarations  de  Côté  dans  la  partie  précédente  du  rapport. 

O'Farrell  certifiait  la  plus  grande  partie  des  comptes  de  Côté. 

Il  jure  positivement  qu'il  a  payé  $100  à  O'Farrell  en  différents  temps.  Il  déclare 
qu'il  a  payé  ces  montants  afin  d'être  en  bons  termes  avec  O'Farrell,  et  ainsi  du  reste. 

La  question  est  posée  à  Côté  de  la  manière  suivante  : — 

"  Un  petit  peu  de  graisse  pour  faire  marcher  la  machine." 

Sa  réponse  est  : — 

"  Oui,  monsieur,  ça  ne  fait  pas  de  dommage." 

Dans  son  témoignage,  le  capitaine  O'Farrell,  tout  en  niant  avoir  reçu  quoi  que  ce 
soit  d'Audibert,  ne  nie  pas  avoir  reçu  l'argent  de  Côté. 

Je  lui  ai  possé  la  question  suivante  (page  3354,  volume  8)  : — 

"  Capitaine  O'Farrell,  avez-vous  reçu  de  l'argent  de  M.  Côté  ? — R.  Je  ne  puis  ad- 
"  mettre  cela,  Votre  Honneur. 

"  Q.  Je  ne  veux  rien  vous  faire  admettre.  Je  vous  pose  la  question  \ — R.  Je  ne 
"  puis  admettre  cela.  * 

"Q.  Pouvez-vous  le  nier  ? — R.  Je  ne  le  nierai  pas." 

Il  est  évident  que  le  capitaine  O'Farrell  a  reçu  cet  argent  de  Côté. 

Le  but  dans  lequel  il  a  été  donné  et  la  manière  dont  il  a  été  reçu  indiquent  claire- 
ment que  le  capitaine  O'Farrell  devait  savoir  que  c'était  pour  l'influencer  au  sujet  de 
l'acceptation  des  comptes. 

Le  témoignage  d'Audibert  repose  sur  les  entrées  qui  se  trouvent  dans  les  livres. 
En  aucun  autre  cas  la  véracité  de  son  témoignage  a-t-elle  été  contestée;  au  contraire, 
dans  chacun  des  cas  mentionnés  et  dans  un  ou  deux  autres  dont  je  parlerai  plus  loin, 
l'exactitude  de  son  témoignage  quant  aux  paiements  est  admise. 

Je  suis  obligé,  je  crois,  d'accepter  la  preuve  faite  par  Audibert,  plutôt  que  la  ver- 
sion d'O'Farrell,  d'autant  mieux  que,  comme  je  l'ai  dit  précédemment,  O'Farrell  admet 
avoir  reçu  de  Côté  des  montants  d'argent  qu'il  n'aurait  pas  dû  recevoir. 

Albert  Beauchemin. — Audibert  déclare  que  Beauchemin  a  reçu  la  somme  de  $1,075 
en  divers  paiements. 

Davie,  à  Québec,  dit  qu'il  lui  a  payé  la  somme  de  $200. 

Beauchemin  lui-même  a  rendu  témoignage.    Il  demeure  à  Sorel. 

Audibert  avait  dit  que,  en  août  1907,  Beauchemin,  qui  était  à  la  Malbaie  avec  sa 
femme,  lui  avait  écrit,  demandant  de  lui  prêter  $50,  montant  qui  lui  avait  été  envoyé 
Il  déclare  que  cette  somme  de  $50  a  été  retournée  par  lui  à  Audibert. 


30  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  admet  avoir  reçu  de  l'argent  d'Audibert.  Il  ne  sait  pas  au  juste  quel  montant, 
mais  il  déclare  apparemment  que  le  montant  total  est  de  $400. 

L'explication  qu'il  donne  de  cette  affaire  est  singulière.  Il  prétend  que  M.  Roy, 
qui  travaillait  pour  le  département,  lui  a  demandé  d'examiner  un  treuil  à  vapeur  qui 
se  trouvait  sur  le  quai  de  Murphy  à  Québec,  près  du  quai  des  Allan.  D'après  sa  version, 
il  semblerait  qu'on  a  supposé  que  le  treuil  appartenait  au  gouvernement  et  qu'on  l'a 
envoyé  chez  Drolet.  Drolet  devait  examiner  le  treuil  et  voir  quelles  réparations  il 
fallait  lui  faire  subir.  Il  dit  avoir  supposé  que  Drolet  pensait  que  c'était  pour  le  gou- 
vernement. Selon  l'avis  du  témoin,  la  valeur  du  treuil  pour  Drolet  aurait  été  de  $1,200, 
mais  que  pour  tout  autre  n'ayant  pas  besoin  de  treuil  à  vapeur  il  ne  vaudrait  rien. 

Il  appert  que  lorsque  le  compte  a  été  envoyé  au  gouvernement,  celui-ci  a  refusé 
de  le  payer. 

Beauchemin,  d'après  sa  déclaration,  se  rendit  chez  Drolet  et  voulut  savoir  ce  qu'il 
avait  fait  de  son  treuil.  Drolet  lui  dit  "Allez  voir  Audibert.  Revenez  samedi,  et  tout 
s'arrangera".    Il  revint  le  samedi  et  vit  Audibert,  qui  lui  donna  la  somme  de  $400. 

Le  treuil  à  vapeur  n'appartenait  pas  à  Beauchemin. 

Selon  la  preuve  produite  devant  moi,  si,  comme  fait  établi,  il  vendait  ce  treuil  à 
Rrolet  pour  la  somme  de  $400,  il  vendait  la  propriété  d'un  autre  et  mettait  dans  son 
propre  gousset  la  somme  de  $400. 

Il  admet  avoir  reçu  d'Audibert  d'autres  sommjes  d'argent.  La  raison  donnée  est 
qu'il  avait  envoyé  des  personnes  aux  ateliers  de  Drolet  pour  y  faire  faire  leurs  répa- 
rations. 

Je  crois  que  la  déclaration  d'Audibert  est  vraie. 

Beauchemin  était  là  pour  vérifier  l'ouvrage  fait  par  Drolet  pour  le  département.  Il 
avait  beaucoup  à  faire  avec  la  distribution  des  travaux  à  faire  sur  les  steamers  du 
gouvernement. 

On  lui  demande  s'il  peut  dire  contbien  il  a  reçu  d'Audibert  durant  l'année  1905.  Il 
répond  qu'il  ne  s'en  souvient  pas.  Il  pense,  bien  qu'il  ne  puisse  pas  se  souvenir,  qu'il 
n'a  rien  reçu  en  1905.  A  la  question  "Etes-vous  certain  de  n'avoir  rien  reçu  de  M. 
Audibert  en  1905"?  il  répond  "Je  ne  puis  pas  jurer,  mais  je  ne  m'en  souviens  pas". 
Et  il  est  incapable  de  dire. 

Il  croit  que  c'est  en  1905  qu'il  a  reçu  la  première  somme  d'argent  d'Audibert.  On 
lui  demande  s'il  se  souvient  du  montant,  et  il  répond  qu'il  croit  que  c'est  $175,  mais 
qu'il  ne  peut  l'affirmer  sous  serment. 

Il  semble  que  Drolet  faisait  des  réparations  à  certains  phares  flottants.  Il  y  avait 
pour  la  maison  Drolet  environ  $2,500  d'ouvrage  de  réparations  relativement  à  ces  phares 
flottants. 

Beauchemin  était  chargé  de  surveiller  ces  réparations.  Durant  ce  temps-là  il  a 
reçu  certains  montants  d'argent. 

Il  était  là  aussi  pour  certifier  les  comptes.  Il  raconte  qu'en  une  occasion  de  $175 
à  $200  lui  ont  été  données  avec  la  note  suivante:  "Tu  es  bon.  Tu  amènes  de  la  prati- 
que. Tu  es  bon  pour  la  boutique.  Tu  envoies  des  clients  en  dehors  du  département  de 
la  Marine." 

Il  a  pris  les  montants  d'argent  et  les  a  mis  dans  sa  poche. 

Il  admet  avoir  reçu  des  sommes  s'élevant  à  $800.    Il  cherche  à  rendre  compte  d'une 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  L.\   MARINE  ET  DES  PECHERIES  31 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

partie  de  cet  argent  au  moyen  du  paiement  des  $400  fait  par  Drolet,  prix  du  treuil  à 

vapeur  qui  ne  lui  appartenait  pas. 

Je  crois  que  l'accusation  contre  Beauchemin  est  prouvée. 

G.  Thomson-Schmidt.  Il  est  accusé  d'avoir  reçu  d'Audibert,  agissant  pour  Drolet, 
la  somme  de  $1,773  en  divers  montants. 

Ce  monsieur  a  comparu  à  Québec,  Saint-Jean  et  Halifax. 

Sa  juridiction,  apparemment,  est  étendue,  et  ses  gains  proportionnellement  grands. 

Sa  déclaration  est  à  l'effet  qu'il  est  inspecteur  de  tout  ce  qui  appartient  au  minis- 
tère de  la  Marine  et  des  Pêcheries.  Peu  de  temps  après  sa  nomination,  M.  McConkey 
fut  nommé  pour  aider  à  faire  l'inspection  des  coques  de  navire,  et,  comme  le  dit 
Schmidt,  bien  qu'il  n'ait  jamais  reçu  un  avis  officiel  de  le  faire,  il  a  cessé  de  remplir 
ce  devoir  particulier,  savoir,  l'inspection  des  coques  de  navires. 

Il  demeure  à  Rockingham,  comté  d'Halifax,  Nouvelle-Ecosse. 

Il  est  interrogé  au  sujet  de  la  réception  de  ces  montants  d'argent  de  la  part  de 
Drolet,  savoir,  la  somme  de  $1,773. 

Dans  sa  déposition  prise  à  Québec  il  a  admis  avoir  reçu  des  montants,  mais  il  a 
déclaré  que,  étant  venu  à  Québec  inopinément,  il  n'en  pouvait  pas  dire  la  valeur  avec 
certitude. 

La  question  qui  luji  fut  posée  est  (page  2731,  volume  7)  : — 

"  M.  Watson — Q.  Cela  ne  s'élève  peut-être  pas  à  plus  de  $500  par  année? — R.  Oh! 
"  non,  cela  ne  s'élève  pas,  je  ne  crois  pas,  à  plus  de  $1,000,  que  j'ai  reçus  du  commis 
"de  M.  Drolet,  comme  bonis." 

Je  fais  remarquer  plus  loin  que,  à  Halifax,  il  admet  l'exactitude  de  la  déclaration 
d'Audibert. 

Il  dit  qu'il  avait  à  certifier  l'exactitude  des  comptes  de  Drolet,  ou  de  la  plupart  de 
ses  comptes. 

On  lui  demande  (page  2732,  volume  7)  : — 

"  Q.  Je  vous  ai  demandé  si  vous  aviez  certifié  ces  comptes  de  Drolet  ? — R.  Oui, 
"  monsieur. 

"  Q.  Certifié  au  département  qu'ils  étaient  exacts  ? — R.  Qu'ils  étaient  exacts,  oui, 
"  monsieur." 

Son  explication  de  la  réception  de  cet  argent  est  donnée  de  la  manière  suivante 
(page  2732,  volume  7)  : — 

"  Q.  Pourquoi  vous  payait-on? — R.  Bien,  c'est  une  coutume  de  cette  maison  (par- 
"  lant  de  Drolet)  de  donner  un  bonus  à  tous  les  ingénieurs-surintendants,  qu'ils  soient 
"  Chinois,  Indous,  Canadiens,  Anglais,  quels  qu'ils  soient,  chaque  fois  que  vous  arrivez 
"  là  avec  de  l'ouvrage  ;  il  y  a  une  certaine  partie  de  leurs  profits  qui  sert  à  cela.  J'ima- 
"  gine  que  c'est  comme  un  microbe  dans  l'air  ;  c'est  quelque  part  dans  le  compte,  mais 
"  vous  ne  pouvez  le  découvrir  vous-même." 

On  lui  demande  encore  (page  2733,  volume  7)  : — 

"  Q.  Alors,  avez-vous  rendu  à  M.  Drolet  quelques  services  pour  lesquels  ces  paie- 
ments vous  ont  été  faits? — R.  Non,  monsieur." 

On  lui  demande  (page  2737,  volume  7)  : — 

"  Q.  En  avez-vous  fait  rapport  au  ministère  ou  au  sous-ministre,  ou  à  M.  Gregory, 
"  ou  à  un  autre  (de  la  réception  de  cet  argent)  ? — R.  Non,  monsieur. 

"  Q.  Vous  ne  l'avez  pas  fait  \ — R.  C'était  une  affaire,  ou  de  ces  transactions  au 
"  cours  desquelles  ni  le  donateur  ni  le  donataire  ne  doivent  laisser  la  main  gauche  con- 
"  naître  ce  que  fait  la  main  droite." 


32  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Tandis  que  j'en  suis  à  parler  de  M.  C.  Thomson-Schmidt,  il  est  aussi  bien  de  rap- 
porter ce  qui  s'est  passé  à  Saint-Jean  et  à  Halifax. 

Charles  McDonald  est  le  directeur-gérant  de  la  St.  John  Iron  Works  Co.  Cette 
compagnie  a  fait  des  affaires  considérables  avec  le  gouvernement  à  Saint- Jean. 

Il  dit  que  M.  Schmidt  recommandait  leur  maison  pour  les  ouvrages  à  faire.  11 
déclare  qu'il  lui  a  prêté  une  somme  d'argent. 

Apparemment  le  12  novembre  1907,  McDonald  reçut  de  Schmidt  un  télégramme 
ainsi  conçu: — 

"  Si  possible,  envoyez-moi  par  télégraphe  $100,  hôtel  Windsor,  Montréal.  Avec 
"  vous  vendredi  et  rembourserai.    Très  urgent." 

Il  répondit  à  ce  télégramme  en  faisant  remise  des  $100. 

Avant  cela  il  avait  prêté  à  Schmidt  la  somme  de  $50,  et  les  $100  et  les  $50  n'ont 
jamais  été  rendus.  Ces  montants  furent  classés  parmi  les  dépenses  courantes,  et  appa- 
remment mis  aux  profits  et  pertes. 

Justement  avant  que  l'enquête  fut  faite  à  Saint-Jean,  Schmidt  écrivit  à  McDo- 
nald la  lettre  suivante.  Elle  est  datée  de  la  station  Kockingham,  17  novembre  1908  : — 
"  Mon  cher  McDonald, 

"  Comme  vous  devez  l'avoir  vu  dans  les  journaux,  j'ai  passé  un  très  mauvais  quart 
u  d'heure  à  Québec,  mais  je  sais  que  vous  me  connaissez  assez  bien  pour  me  croire,  si 
"  je  vous  dis  que  la  grande  partie  de  ce  qu'on  a  rapporté  est  faux. 

"  Je  vous  envoie  ci-inclus  un  billet  à  90  jours  pour  les  $150,  ce  qui  vous  permettra 
"  de  déclarer  qu'il  n'y  a  rien  entre  nous. 

"  Je  suis  tellement  bouleversé  et  confus  que  je  ne  sais  comment  écrire  une  lettre. 

"  Espérant  avoir  de  vos  nouvelles  prochainement  à  l'adresse  ci-haut, 

Votre  ami  profondément  désolé, 

"  C.  T.  SCHMIDT." 

McDonald,  apparemment,  ne  voulut  pas  adopter  le  moyen  suggéré  dans  la  lettre. 
Schmidt  à  comparu  à  l'enquête  à  Halifax  et  il  a  essayé  de  donner  une  explication  de 
cette  lettre  et  de  la  réception  des  $150  de  McDonald. 

Il  dit  (page  4783,  volume  10)  :— 

"  M.  Watson — A  l'époque  où  vous  avez  reçu  l'argent  là,  vous  faisiez  faire  des  tra- 
"  vaux  à  son  usine  et  à  sa  manufacture,  vous  surveilliez  les  travaux  2 — R.  Bien. 

"Q.  Cela  apparaît  dans  la  preuve? — R.  Sans  doute  que  des  travaux  ont  été  faits; 
"  mais  je  crois  que  c'est  deux  ans  après  que  j'ai  vu  McDonald,  et  je  regrette  de  ne  pas 
"  avoir  conservé  une  note  que  je  reçus  de  lui  il  y  a  un  an  disant  "Ne  vous  pressez  pas 
"  et  ne  vous  inquiétez  pas". 

"  Q.  Dans  tous  les  cas,  à  une  époque  plus  ou  moins  reculée  avant  cela,  vous  faisiez 
"  faire  de  l'ouvrage  à  l'usine  de  la  Iron  Works  Co  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Et  c'est  de  cette  façon,  en  faisant  faire  des  travaux  pour  le  département,  que 
"  vous  êtes  venu  en  communication  avec  lui  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Et  les  travaux  faits  par  lui  ou  à  son  usine  devaient  être  certifiés  par  vous  ? — 
"  R.  Dans  certains  cas." 

On  lui  demande  ceci  (page  4785,  volume  10)  : — 

"  Q.  Et  vous  vous  rappelez  que  le  témoignage  rendu  par  le  teneur  de  livres  de  M. 
"  Drolet  est  à  l'effet— c'est-à-dire  M.  Audibert  ?— R.  Oui. 

"  Q.  Qu'il  vous  a  été  payé  par  lui  ou  sa  maison  la  somme  de  $1,770.  Vous  vous 
"  rappelez  que  ce  témoignage  a  été  rendu  ? — R.  C'est  cela  environ. 

"  Q.  Je  crois  me  souvenir  que  vous  avez  alors  dit  que  vous  ne  croyiez  pas  le  mon- 
"tant  tout  à  fait  aussi  élevé  que  $1,770? — R.  Non,  monsieur."  - 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  33 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Dans  sa  déposition  il  dit  aussi  que  des  travaux  considérables  ont  été  faits  à  Char- 
lottetown,  par  la  maison  Bruce,  Stewart  et  Oie.  Il  admet  avoir  fait  chez  eux  un  em- 
prunt de  $100. 

Il  est  inutile  de  dire  que  ces  $100  n'ont  jamais  été  rendus. 

Il  faisait  aussi  affaires  avec  cette  maison  à  Charlottetown  pour  des  réparations  aux 
steamers,  travaux  qu'il  avait  à  surveiller. 

Il  admet  aussi  avoir  fait  un  emprunt  personnel  de  $100  de  M.  Ferguson,  de  Pictou. 

On  lui  pose  cette  question  (page  4789,  volume  10)  : — 

"  Q.  Ce  sont  toutes  des  transactions  personnelles  ? — R.  C'est  cela,  toutes  person- 
nelles. 

"  Q.  La  même  chose  pour  les  $1,770  de  Drolet  ? — R.  Non,  monsieur  ;  une  transac- 
"  tion  tout  à  fait  différente,  monsieur. 

"  Q.  Je  vois.  Celle-ci  se  rapportait  directement  aux  affaires,  n'est-ce  pas  ? — R.  Cela 
"  m'a  été  donné.    Il  m'a  dit  que  cela  provenait  d'un  fonds. 

"  Q.  Je  vois.  D'un  fonds  pour  les  bonnes  œuvres  2 — R.  Je  ne  sais  pas.  Il  m'a  dit 
"  que  si  je  ne  l'avais  pas,  un  autre  l'aurait. 

"  Q.  Je  suppose  que  si  vous  ne  preniez  pas  l'argent,  il  lui  faudrait  le  garder.  Puis, 
"  vous  avez  eu  $100  de  M.  Ferguson,  n'est-ce  pas  % — R.  Oui. 

"Q.  Quand  avez-vous  eu  cet  argent  de  lui? — R.  Oh,  ce  doit  être  il  a  deux  ans 
"  environ." 

Il  admet  que  c'est  lui  qui  certifie  leurs  comptes. 

Il  n'y  a  qu'une  manière  d'expliquer  la  conduite  de  M.  Schmidt.  Il  a  reçu  l'argent, 
et  il  savait  qu'il  lui  était  donné  dans  le  but  de  le  corrompre.  Il  occupait  là  une  position 
de  confiance,  ayant  à  surveiller  les  travaux  de  réparations  faits  sur  les  steamers  du 
gouvernement. 

L'argent  lui  a  été  payé,  comme  il  a  été  dit  plus  haut,  et  a  été  accepté  par  lui  de 
la  manière  indiquée,  et  je  ne  trouve  absolument  rien  qui  justifie  sa  conduite. 

Thomas  McConkey  est  venu  à  Ottawa  et  a  demandé  la  permission  d'expliquer  cer- 
taine déclaration  faite  par  M.  Davie  dans  le  témoignage  qu'il  a  rendu  à  Québec. 

Davie  déclare  qu'il  a  payé  à  McConkey  la  somme  de  $200. 

McConkey  reconnaît  avoir  reçu  l'argent.    Il  croit  que  c'est  en  décembre  1907. 

Il  admet  que  c'est  pendant  que  Davie  faisait  certains  travaux  pour  le  gouverne- 
ment, et  qu'il  surveillait  pour  le  département  la  construction  de  la  coque  du  navire 
Il  surveillait  aussi  les  comptes  quant  à  ce  qui  regarde  la  qualité  du  travail. 

On  lui  demande  (page  6400,  volume  14)  : — 

"  Q.  Comment  le  montant  vous  a-t-il  été  payé,  en  argent? — R.  Il  était  contenu 
"  dans  une  enveloppe." 

Il  est  sûr  que  le  montant  était  de  $200. 

McConkey  déclare  que  cet  argent  lui  a  été  donné  pour  ouvrage  fait,  en  dessins  de 
steamers,  entièrement  en  dehors  du  département  de  la  Marine.  Il  dit  que  le  travail 
a  été  fait  principalement  dans  le  bureau  de  Davie,  à  Lévis,  et  pendant  la  nuit. 

Il  dit  que  c'est  pour  des  consultations  et  des  avis  au  sujet  d'un  steamer  particuliè- 
rement et  autres   qu'on  lui  a  payé  cette  somme  de  $200. 

On  lui  pose  la  question  (page  6404,  volume  14)  : — 

"  Q.  .  .  .  Puis,  je  veux  savoir  si,  lorsque  vous  avez  reçu  l'argent,  vous  en  avez 
"  fait  un  rapport  quelconque  ? — R.  Oh,  pas  du  tout.  Je  n'avais  aucune  idée  que  je 
"  faisais  mal." 

Les  questions  suivantes  sont  posées  par  moi-même  (page  6406,  volume  14)  : — 

38—3 


34  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Ce  travail  que  vous  avez  fait  pour  Davie,  c'était  après  les  heures  ordinaires 
"de  travail? — R.  Oui,  en  une  occasion  George  Davie  est  venu  me  chercher  pour  tra- 
"  vailler  sur  un  steamer. 

"  Q.  C'est  après  les  heures  ordinaires? — R.  Oui,  et  le  dimanche. 

"  Q.  Quelles  sont  les  heures  ordinaires,  avez-vous  des  heures  régulières  ? — R.  Pour 
"  moi,  depuis  que  j'ai  été  dans  le  département,  les  heures  ordinaires  sont  les  dimanches 
"  et  chaque  deuxième  jour  jusqu'à  10  heures. 

"  Q.  Quelles  sont  les  heures  ? — R.  Les  heures  de  bureau  depuis  9  heures  du  matin 
"  jusqu'à  5  heures  du  soir. 

"  Q.  Ce  travail  a  été  fait  après  les  heures  % — R.  Oui." 

Je  crois  que  McConkey  a  voulu  dire  la  vérité. 

C'est  la  seule  accusation  qu'il  y  a  contre  lui,  et  je  crois  que,  bien  qu'il  s'en  faille 
de  peu,  elle  devrait  être  considérée  non  prouvée. 

Joseph  Ferguson.    Audibert  déclare  que  Ferguson  a  reçu  la  somme  de  $30. 

Ferguson  est  le  mécanicien  en  chef  du  steamer  Minto. 

Il  s'est  présenté  devant  moi  à  Halifax  et  il  a  demandé  à  être  entendu. 

Il  a  reçu  avis  du  sous-ministre  suppléant  de  la  Marine  que  son  nom  avait  été  men- 
tionné devant  le  commissaire  à  Québec  comme  ayant  reçu  $30  de  Drolet. 

Il  reconnaît  avoir  reçu  l'argent  en  juillet  1907,  l'avoir  reçu  d' Audibert,  et  que  le 
montant  est  de  $30. 

Il  déclare  (page  4590,  volume  10)  : — 

"  M.  Watson. — Q.  Combien  vous  a-t-il  payé  ? — R.  Je  vais  vous  le  dire  exactement. 
"  Cette  fois-là,  il  a  laissé  sur  mon  pupitre  une  enveloppe  avec  $20. 

"Q.  Cette  fois-là?— R.  1907. 

"  Q.  1907  ?— R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Il  a  mis  cela  dans  une  enveloppe  cette  fois-là,  $20  ;  est-ce  cela  ? — R.  C'est  cela. 
*****  *  * 

"Q.  Vous  l'avez  vu  la  déposer  là? — R.  Bien  sûr. 

"  Q.  Lorsqu'il  l'a  déposé  là,  qu'a-t-il  dit  ? — R.  Il  a  dit  que  la  maison  avait  pour 
"  habitude  de  le  faire,  de  donner." 

Il  a  pris  l'argent  et  l'a  mis  dans  sa  poche. 

Il  admet  que,  en  1906,  vers  la  fin  de  l'année,  lorsqu'il  était  à  Charlottetown,  il  a 
reçu  de  la  maison  Drolet  un  mandat-poste  de  $20,  "et  ce  sont  toutes  les  transactions  qui 
se  sont  passées  entre  nous." 

On  lui  demande  (page  4592,  volume  10)  : — 

"  Q.  Ce  n'était  pas  une  chose  dont  il  était  à  propos  de  parler,  je  suppose  \ — R. 
"  Je  ne  connais  personne  qui  m'ait  jamais  dit  avoir  refusé  des  cadeaux.  Je  sais  que, 
"  là  d'où  je  viens,  c'est  une  coutume  régulière  dans  les  affaires  maritimes. 

"  Q.  Là  d'où  vous  venez? — R.  De  l'autre  côté,  où  j'ai  navigué  pendant  des  années." 

Il  admet  que,  de  temps  à  autre,  il  faisait  faire  des  travaux  de  mécanique,  de  répara- 
tions; aussi  qu'il  avait  à  signer  les  comptes. 

Il  dit  (page  4593,  volume  10)  :— 

"  Q.  Dans  tous  les  cas,  vous  comprenez,  vous  saviez  que  cela  se  rapportait  aux  tra- 
"  vaux  que  vous  faisiez  faire  là  ? — R.  Certainement. 

"  Q.  Que  c'était  à  cause  des  travaux  que  vous  faisiez  faire  là  pour  le  bâtiment, 
"  que  l'argent  vous  était  payé  ? — R.  Certainement." 

On  lui  demande  (page  4595,  volume  10)  : — 

"  Q.  Alors  je  suppose  que  vous  trouvez  que  c'est  la  coutume  de  donner  ces  petits 
"  pourboires,  ou  quel  que  soit  leur  nom  ? — R.  J'ai  toujours  trouvé  que  c'était  la  coutu- 
"  me  dans  ma  carrière  de  marin." 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  35 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Dans  son  témoignage,  Ferguson  admet  aussi  avoir  reçu  de  l'argent  de  la  maison 
Bruce,  Stewart  et  Cie,  de  Charlottetown. 

On  lui  demande  (page  4598,  volume  10)  : — 

"  Q-  •  •  •  Combien  vous  a-t-il  été  payé  là  ? — R.  C'est  une  question  à  laquelle 
"je  ne  puis  répondre.     Suis-je  obligé  de  répondre? 

"  Q.  Oui,  je  crois  que  vous  feriez  mieux  de  répondre. 

"L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Pourquoi  ne  pouvez-voua  pas  répondre? — R.  Je  ne  sau- 
"  rais  répondre  à  cette  question. 

"  Q.  Pourquoi? — R.  Pas  sans  avoir  quelques  données. 

"  M.  Watson. — Q.  Pas  sans  avoir  quelques  détails  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  C'est-à-dire,  vous  ne  savez  pas  à  combien  cela  se  monte? — R.  Non. 

"  Q.  Cela  se  monte  à  une  somme  considérable  ? — R.  Je  ne  crois  pas  que  cela  se- 
u  monte  à  beaucoup. 

"Q.  $200?— R.  Non,  monsieur. 

"  Q.  Disons  la  moitié,  $100?— R.  Cela  se  peut,  en  tout." 

(Page  4599,  volume  10.) 

"  Q.  Et  c'est  parce  que  vous  leur  faisiez  faire  de  l'ouvrage  que  vous  receviez  l'ar- 
gent?—R,  C'était  le  seul  moyen  de  l'avoir. 

"  Q.  C'était  votre  seul  moyen  de  l'avoir,  je  vois.  Le  montant  vous  a-t-il  été  tout 
"  payé  en  une  seule  fois  ou  en  différents  temps  ?— R.  Oh,  en  différents  temps. 

"  Q.  Une  fois,  $50  ?— R.  Bien,  c'est  tout  au  plus. 

"  Q.  Et  puis  une  autre  fois   $40  ?— R.  Bien,  je  ne  suis  pas  bien  sûr. 

"  Q.  Puis  une  autre  fois,  $25  %— R,  Cela  se  peut. 

"  Q.  Et  encore  une  autre  fois  $30  ou  $35  ? — R.  Non,  je  ne  crois  pas. 

"  Q.  Vous  ne  croyez  pas  ?— R.  Je  ne  crois  pas  qu'il  y  ait  tant  de  fois." 

Ce  témoin  reconnaît  aussi  avoir  reçu  de  l'argent  de  la  Pictou  Foundry  Co.,  dont 
les  membres  sont  Hanning  et  Ferguson. 

Des  travaux  étaient  à  se  faire  dans  la  coque  du  navire. 

On  lui  demande  (page  4501,  volume  10)  : — 

"Q.    .    .    .    Combien  avez  vous  eu   là,  vous  souvenez-vous  du  montant? — R.  $25." 

L'argent  lui  a  été  donné  par  M.  Hanning. 

On  lui  demande  (page  4602,  volume  10)  : — 

"  Q.  M.  Hanning  vous  l'a  donné.  Qu'a-t-il  dit  lorsqu'il  vous  l'a  donné  ? — R.  Bien, 
"  je  ne  crois  pas  qu'il  ait  rien  dit.    Je  crois  qu'il  l'a  glissé  dans  ma  poche." 

Cela  se  passait-il  y  a  environ  douze  mois. 

Il  me  semble  évident  que  ces  paiements  d'argent  à  la  plupart  des  témoins  étaient 
faits  et  reçus  dans  un  but  de  corruption. 

Ils  doivent  avoir  compris  qu'on  les  leur  faisait  parce  qu'ils  occupaient  des  postes 
de  confiance,  et  afin  de  faciliter  l'attestation  des  comptes  des  donateurs. 

Tous  les  fonctionnaires  qui  ont  été  accusés  par  Audibert  ou  autres  d'avoir  reçu 
des  sommes  d'argent  ont  été  informés  qu'ils  pouvaient,  s'ils  le  voulaient,  comparaître 
et  expliquer  les  transactions. 

J'ai  parlé  de  chaque  individu  désigné  comme  ayant  été  accusé  par  Davie,  Murphy, 
Drolet  ou  autres,  qui  ont  comparu  devant  moi. 

Pas  d'autres  n'ont  comparu  pour  expliquer  les  accusations  portées  contre  eux. 

Je  pense  qu'il  est  permis  de  croire  qu'aucune  explication  ne  pouvait  être  donnée, 
et  je  dois  faire  rapport  des  accusations  de  paiement  et  de  réception  d'argent  portées 
par  MM.  Murphy,  Davie,  Drolet  et  Audibert  comme  étant  prouvées  contre  les  indi- 
vidus qui  ont  fait  défaut  de  comparaître. 

38— 3* 


36  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
AGENCE  DE   SAINT- JEAN. 

M.  F.  J.  Harding  est  principal  agent,  sa  nomination  datant  de  mars  1895,  avec 
appointements  de  $1,800  par  année,  donnés  par  erreur  au  commencement  des  procédu- 
res comme  étant  de  $2,000. 

Les  dépenses  de  cette  agence  ont  été,  en  1904-5,  de  $275,782;  sans  compter  celles 
faites  directement  du. ministère  d'Ottawa;  en  1905-6,  de  $255,590;  en  1906-7,  de  $222,- 
498.  . 

A  l'enquête,  la  plupart  du  temps,  M.  Harding  était  représenté  par  un  avocat. 

M.  Harding  n'a  pas  été  appelé  à  rendre  témoignage.  Il  était  manifestement  en  si 
mauvaise  santé  que  son  avocat  a  eu  raison  de  refuser  de  le  faire  entendre. 

En* considérant  le  cas  de  M.  Harding,  je  voudrais  le  faire  avec  le  plus  d'indulgence 
qu'il  est  possible. 

C'est  évidemment  un  homme  respecté  et  possédant  de  sincères  amis  personnels.  Il 
a  été  pendant  des  années  très  gêné  dans  ses  affaires.  Ceci  a  sans  doute  été  en  grande 
partie  la  cause  des  transactions  que  j'ai  à  analyser. 

Ses  affaires  financières  avec  ceux  qui  avaient  des  contrats,  ou  autres  transactions 
avec  le  ministère,  sont  nombreuses. 

En  même  temps,  si  les  transactions  étaient  nombreuses,  elles  consistaient  princi- 
palement en  billets  de  faveur  obtenus  de  ses  amis,  argent  prêté,  son  chèque  étant  accep- 
té et  payé  selon  le  bon  plaisir  des  amis,  parfois  après  un  ou  deux  jours,  dans  d'autres 
cas  à  des  époques  plus  éloignées. 

A  l'époque  de  la  prise  des  témoignages  il  était  probablement  endetté  envers  ses 
amis  entrepreneurs  pour  un  montant  considérable. 

Je  n'ai  pas  l'intention  d'entrer  dans  beaucoup  de  détails  de  la  preuve. 

Dans  les  témoignages  il  n'y  a  aucune  preuve  spécifique  de  prix  excessifs,  comme  il 
y  en  eût  dans  ceux  rendus  à  Québec  et  ceux  rendus  subséquemment  à  Halifax. 

Il  a  été  prouvé  que  de  l'argent  avait  été  avancé  à  un  fonctionnaire,  C.  Thompson- 
Schmidt.    J'en  ai  parlé  dans  la  partie  précédente  du  rapport. 

Destruction  de  documents,  difficulté  d'obtenir  la  production  de  livres,  chèques, 
etc.,  nous  avons  eu  cela  à  Saint-Jean  comme  ailleurs.  On  a  aussi  trouvé  des  chèques 
faits  payables  au  porteur  afin  de  rendre  plus  difficile  la  mise  au  jour  des  transactions 
auxquelles  ils  se  rapportaient. 

Tout  en  voulant  traiter  M.  Harding  avec  indulgence,  il  est,  dans  mon  opinion, 
impossible  d'excuser  sa  conduite. 

Aucun  agent  ne  peut  fidèlement  accomplir  ses  devoirs  dans  la  distribution  des 
contrats,  la  surveillance  des  travaux  et  l'approbation  des  comptes,  etc.,  s'il  a  des  obliga- 
tions financières  envers  ceux  qui  font  affaires  avec  lui,  en  sa  qualité  de  représentant 
du  gouvernement,  de  la  manière  décrite  dans  les  témoignages. 

Charles  McDonald  est  le  directeur  gérant  de  la  St.  John  Iron  Works  Co.  Cette 
compagnie  a  fait  pour  le  département  des  travaux  considérables,  en  construction  de 
bouées,  de  bateaux,  en  réparations  de  steamers,  etc. 

(Page  3755,  volume  9.) 

"  Q.  Vous  connaissez  M.  Harding,  au  point  de  vue  des  affaires  2 — R.  Oui. 
"  Q.  Vos  relations  avec  lui  ont  été  très  nombreuses  au  sujet  d'affaires  pour  le  dé- 
u  partement,  toutes  ces  commandes  venant  par  son  entremise  ? — R.  Oui. 

"  Q.  C'est-à-dire,  pour  tout  ce  qui  a  rapport  à  vos  transactions,  cela  vient  par  l'en- 


ENQUETE  SUR  LE    MINISTERE  DE  LA    MARINE  ET  DES  PECHERIES  37 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

u  tremise  de  M.  Harding,  et  c'est  dans  le  cours  de  ces  affaires  que  vous  l'avez  connu  ? — 
"  K.  Oui. 

"  Q.  Pas  autrement  ? — R.  Personnellement  ? 

«Q.  Oui?— R  Oh!  oui. 

"  Q.  Oh!  oui,  vous  l'avez  connu  de  cette  façon,  mais  vos  relations  avec  lui  ont  été 
"  des  relations  d'affaires.  Vous  produisez  ce  document  :  19  mai  1908,  payez  à  caisse  ou 
"  porteur  $375.    C'est  un  chèque  ? — K.  C'est  un  chèque." 

(Marqué  pièce  240.) 

"  Q.  Avez-vous  cela  depuis  longtemps  ? — R.  Depuis  le  19  mai. 

"  Q.  C'est-à-dire  six  mois,  n'est-ce  pas  ? — R.  Oui. 

"  L'avez-vous  jamais  présenté  ? — R.  Non. 

"  Q.  Vous  êtes  en  parfaite  sécurité  au  sujet  de  ces  $375  ?  Lui  avez-vous  donné  le 
a  montant  de  ce  chèque  ? — R.  Oui." 

(Page  3762,  volume  9.) 

"  L'hon.  M.  Cassels.— M.  McDonald,  cette  transaction  a  eu  lieu  le  19  mai?— R.  Oui, 
"  monsieur. 

"  Q.  C'est  un  chèque  sur  la  banque,  payable  sur  présentation  % — R.  Oui. 

"  Q.  Et,  d'après  votre  déclaration,  il  devait  en  rembourser  le  montant.  Mainte- 
"  nant,  plus  de  six  mois  se  sont  écoulés,  et  vous  n'avez  jamais  demandé  le  rembourse- 
"  ment.  Vous  faites  des  affaires  avec  le  principal  fonctionnaire  du  ministère  de  la 
"  Marine  à  Saint-Jean.  M.  Watson  veut  savoir  s'il  n'est  pas  bien  raisonnable  de  pré- 
"  sumer  qu'il  n'a  été  fait  que  pour  faciliter  les  transactions  avec  le  département  ?  N'est- 
u  ce  pas  là  toute  l'histoire  ? — R.  Cela  se  peut,  j'imagine." 

(Page  3772,  volume  9.) 

"  Q.  Alors,  si  je  comprends  bien,  nous  pouvons  prendre  comme  fait  établi  que  si 
"  M.  Harding  n'avait  pas  été  l'agent  du  département  ici,  ce  long  délai  n'eût  pas  été 
"  accordé  par  vous  ? — R.  Oh,  je  crois  que  c'est  possible. 

"  Q.  Oui,  c'est  possible. 

"L'hon.  M.  Cassels. — Y  a-t-il  quelque  doute  là-dessus,  M.  McDonald? — R.  Biein, 
"  Votre  Honneur,  M.  Harding  était  un  homme  bien  connu  dans  la  localité,  et  je  l'ai 
"  très  bien  connu,  et  je  puis  avoir  fait  pour  lui  ce  que  je  n'aurais  pas  fait  pour  d'autres. 

"  Q.  La  vérité  toute  simple  n'est-elle  pas  ceci,  que  vous  faisiez  des  affaires  avec 
u  le  département,  vous  obteniez  des  contrats  importants,  M.  Harding  était  en  autorité  et 
"  vous  croyiez  faciliter  les  choses  en  lui  laissant  avoir  l'argent  ? — R.  M.  Harding  n'a 
"pas  eu  grand'chose  à  voir  dans  mon  obtention  des  commandes. 

"  Q.  Il  y  était  pour  quelque  chose  ? — R.  Je  ne  me  suis  jamais  beaucoup  occupé  de 
"  l'attention  ou  de  l'empêchement  qu'il  pouvait  y  mettre. 

"  M.  Watson. — Mais  écoutez,  M.  McDonald,  la  réponse  que  vous  m'avez  donnée 
"  était  la  réponse  exacte  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Très  bien.    De  sorte  que  nous  n'avons  pas  besoin  d'aller  plus  loin. 

''L'hon.  M.  Cassels. — Non,  le  chose  est  trop  claire. 

"  M.  Watson Oui,  parfaitement  claire.    Il  est  inutile  de  tourner  autour  du  pot, 

"  M.  McDonald  ?— R.  Non." 

Une  partie  considérable  du  témoignage  de  McDonald  consiste  en  explications  se 
rapportant  à  d'autres  prêts  et  billets  de  faveur  pour  M.  Harding. 

John  A.  Moore. — Il  est  marchand  de  bois  de  construction  et  il  prend  à  louage  des 
bateaux  remorqueurs. 

(Page  3801,  volume  9.) 

Un  billet  est  produit  par  M.  Moore. 

"  Q.  Vous  produisez  ici  un  billet  daté  de  Saint-Jean,  4  novembre  1908,  "à  quatre 
"  mois  de  cette  date  je  promets  de  payer  à  l'ordre  de  moi-même,  au  bureau  de  la  Marine 
"  et  des  Pêcheries,  la  somme  de  $1,800".  C'est  signé  par  M.  Harding  ? — R.  Oui,  mon- 
"  sieur." 


38  RAPPORT  m:  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  190-3 

(Billet  marqué  pièce  245.) 

Il  explique  (page  3808,  volume  9)  : — 

"  Q.  Et  cela  explique  ce  billet  de  $1,800  de  la  manière — les  affaires  sont  les  affaires  ? 
"  — R.  C'est  un  véritable  prêt. 

"  Q.  Bien,  c'est  une  transaction  d'affaires  ? — R.  Certainement. 

"Q.  Avec  l'agent  du  ministère  de  la  Marine? — R.  C'est  une  transaction  avec  lui 
u  personnellement. 

"  Q.  Vous  saviez,  à  cette  époque,  qu'il  était  agent  du  ministère  ? — R.  Certainement. 

"  Q.  Et  cela  est-il  entré  dans  vos  livres  ? — R.  Non,  monsieur. 

"  Q.  Ce  n'est  pas  entré  dans  vos  livres  ? — R.  Non,  monsieur. 

"  Q.  Comment  ? — R.  Non,  monsieur. 

"  Q.  Pas  du  tout?— R.  Pas  d'entrée." 

Plus  tard  on  lui  pose  la  question  suivante  (page  3810,  volume  9)  : — 

'•  Q.  Vous  croyiez  que  la  compagnie  faisait  une  ligne  régulière  d'affaires  ordinaires 
"  en  prêtant  de  l'argent  à  l'agent  du  département,  par  l'entremise  duquel  les  comman- 
"des  venaient  du  département  à  la  compagnie;  était-ce  votre  idée? — R.  Je  considérais 
"  cela  une  faveur  ordinaire  faite  à  l'agent." 

A  propos  de  prêts  à  M.  Harding  (page  3825,  volume  9)  : — 

"  Q.  Alors,  où  est  le  compte  de  dépense?  Est-il  possible  que  vous  ne  teniez  aucun 
''registre  de  transactions  de  ce  genre? — R.  Je  n'ai  tenu  aucun  registre  de  mes  tran- 
41  sactions  avec  M.  Harding. 

"  Q.  Ah!  vous  n'avez  tenu  aucun  registre  de  vos  transactions  avec  M.  Harding? 
'"■ — R.  Parce  que  c'était  des  prêts  de  courte  durée. 

"  Q.  Parce  que  c'était  des  prêts  de  courte  durée  ?  Il  y  en  a  qui  vont  à  six  mois? — 
""  R.  Oui,  monsieur." 

(Page  3827,  volume  9.) 

"  Q.  Et  vous  ne  pourriez  pas  estimer  le  nombre  des  transactions  en  1905  ? — R. 
"  ]S'on,  monsieur,  je  ne  le  pourrais  pas. 

"  Q.  Et  vous  ne  pourriez  pas  estimer  le  nombre  en  1906  ?— R.  Je  ne  le  pourrais  pas, 
'*  non,  monsieur. 

"  Q.  Et  la  même  chose  pour  1907,  et  la  même  chose  pour  1908  ? — R.  Bien,  je  crois 
"  que  pour  1908  je  pourrais c'est-à-dire   plus  approximativement. 

k'  Q.  Plus  approximativement  pour  1908  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Mais  c'est  comme  cela  que  les  choses  se  sont  faites  entre  vous  et  lui? — R.  Oui. 

"  Q.  Et  personne,  pas  même  un  comptable,  ne  pourrait  retracer  les  transactions 
-"  faites  avec  M.  Harding  ? — R.  C'est  vrai." 

William  J.  Vroom  parle,  dans  son  témoignage,  de  transactions  semblables. 

John  A.  McAvity,  membre  de  la  maison  McAvity  Brothers,  a  fait  des  transactions 
avec  M.  Harding. 

Cette  maison  fit  avec  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  durant  les  trois 
années,  des  affaires  au  montant  d'environ  $2,000. 

11  rend  témoignage  au  sujet  de  prêts  par  faveur,  et  le  reste.  Parlant  de  ces  prêts, 
on  lui  pose  la  question  suivante  (page  4031,  volume  9)  : — 

"  Q.  Et  vous  saviez  que  c'était  quelque  chose  en  dehors  du  cours  ordinaire  des 
"  affaires  de  la  compagnie? — R.  Oui,  monsieur." 

11  a  signé  un  chèque  de  $400  pour  obliger  M.  Harding.  Le  nom  de  M.  Harding 
n'apparaissait  pas  sur  le  chèque.    M.  Harding  ne  lui  a  pas  donné  de  reçu. 

A  la  page  4032,  volume  9,  les  questions  suivantes  lui  sont  posées  : — 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Avez-vous  eu  aucun  reçu  de  lui  ? — R.  Il  l'a  remplacé  par  un 

''autre  chèque. 

"  M.  Watson. Eh  bien,  tel  que  je  comprends,  et  je  crois  que  vous  admettrez  la 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  />/;  LA   MARINE  ET  DES  PECIIERIES  39 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  chose,  le  fait  est  que  le  mot  caisse  apparaît  là  pour  voiler  son  nom.  N'est-ce  pas  la 
"pure  vérité? — R.  Non. 

"  Q.  N'est-ce  pas  la  pure  vérité  \ — R.  Nous  avons  mis 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Témoin,  vous  pouvez  répondre  à  cette  question.  Réponde» 
"  simplement  oui  ou  non. 

"M.  Watson. — N'est-ce  pas  la  pure  vérité? — R.  Oui." 

(Page  4033,  volume  9.) 

"  Q.  .  .  .  Y  avait-il  d'autre  raison  que  celle-là  pour  vous  porter  à  cacher  son 
"  nom  ?   Vous  cachiez  son  nom  intentionnellement  ? — R.     Oui." 

Puis  on  lui  pose  ces  autres  questions  (page  4034,  volume  9)  : — 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Vous  avez  dit  que  vous  aviez  omis  son  nom  intentionnelle- 
"  ment  pour  le  cacher  ? — R.  Oui,  monsieur." 

(Page  4035,  volume  9.) 

"  M.  Watson — Et  parce  que  cela  pouvait  lui  faire  tort  comme  ami  personnel  ? — R. 
"  Je  le  suppose,  oui. 

"  Q.  Et  lui  faire  tort  de  quelle  manière?  Auprès  du  ministère  si  la  chose  était  con- 
"  nue,  n'est-ce  pas  9 — R.  J'admets  que  c'est  mal  de  le  faire. 

"  Q.  Je  ne  vous  ai  pas  demandé  cela.  Cet  ami  personnel  auquel  vous  ne  vouliez 
"  pas  faire  tort,  vous  craigniez  de  lui  faire  tort  auprès  du  ministère,  si  la  chose  était 
"  connue,  n'est-ce  pas  vrai  \ — R.  C'est  vrai." 

Je  n'ai  pas  l'intention  de  faire  plus  de  citations  de  la  preuve  au  sujet  des  prêts. 

Le  témoignage  de  M.  George  McAvity  démontre  que,  à  la  date  de  l'enquête,  M. 
Harding  était  endetté  envers  lui  de  la  somme  de  $1,300. 

Un  livre  dans  lequel  se  trouvait  le  compte  personnel  de  M.  George  McAvity,  y 
compris  l'entrée  d'une  ou  deux  transactions  avec  M.  Harding,  aussi  des  chèques  et  des 
mémoires,  ont  malheureusement  été  détruits  un  ou  deux  jours  avant  le  26  octobre  1908. 
Il  est  regrettable  que  d'aussi  excellentes  preuves  aient  été  jetées  au  feu. 

Malcolm  Morris — On  a  demandé  à  Charles  McDonald  s'il  avait  donné  des  mon- 
tants d'argent  à  McConkey.    Il  a  nié  de  la  façon  la  plus  énergique. 

(Page  3741,  volume  9.) 

"  Tout  à  fait  emphatique,  je  vois.    Et  que  dites-vous  de  M.  Morris  2 — R.  M.  Morris  ? 

"  Q.  Oui,  le  mécanicien  ? — R.  Je  lui  ai  fait  quelquefois  un  petit  cadeau. 

"L'hon.  M.  Cassels. — ((Parlant  des  paiements  faits  à  Morris.)  Ces  paiements  ont- 
"  ils  été  nombreux,  M.  McDonald,  ou  n'y  en  eût-il  qu'un  seul  pour  le  tout  ? — R.  Deux 

"  ou  trois  fois,  je  crois  que  c'est  deux Bien,  je  ne  sais  trop  si  je  pourrais  expliquer 

"  comment  j'en  suis  venu  à  lui  donner  quelque  chose." 

Il  finit  par  donner  l'explication  suivante  (page  3743,  volume  9)  : — 

"  R.  Bien,  M.  Morris  était  mécanicien  à  bord  du  Curlew,  et  il  stationnait  fréquem- 
"  ment  à  Eastport,  sur  la  frontière  américaine,  où  de  nombreux  steamers  vont  subir 
"  des  réparations.  Il  n'y  a  pas  là  d'atelier  de  machiniste  et  ils  allaient  souvent  à  Port- 
"land  ou  à  d'autres  de  ces  endroits;  et  il  pouvait  leur  dire  comme  notre  compagnie 
"  faisait  bien  les  réparations  de  steamers,  et,  en  deux  ou  trois  occasions,  ils  ont  en- 
"  voyé  des  steamers  ici,  nous  les  avons  réparés,  nous  avons  eu  l'entreprise,  et  je  lui  ai 

"  donné une  commission  sur  le  prix  de  l'entreprise.     Une  commission  sur  l'entre- 

"  prise,  mais  elle  ne  se  rapportait  nullement  à  sa  position  de  mécanicien  à  l'emploi  du 
"  gouvernement." 

Il  déclare  que  les  transactions  qu'il  a  eues  avec  Morris  sont  probablement  au  nom- 
bre de  trois  ou  quatre,  et  que  les  paiements  qu'il  lui  a  faits  se  montent  probablement  à 
$100. 

Il  appert  qu'il  se  faisait  des  réparations  pour  un  montant  considérable.  (Page 
3746,  volume  9.) 


40  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Vous  ne  pouvez  dire  combien  ?  Je  vois  qu'il  y  a  un  item  du  compte  pour  ré- 
parations, en  date  du  10  février  1905.  Vous  ne  pouvez  dire  quel  montant  a  alors  été 
"  payé.  Le  8  septembre  1904,  réparations  au  Curlew,  $762.30.  Pouvez-vous  dire  com- 
"  bien  il  lui  a  été  payé  cette  fois-là? — K.  Je  ne  saurais  dire. 

"  Puis,  encore,  18  juillet  1905,  réparations  au  Curlew,  $1,251.  Combien  lui  a-t-il 
été  payé  là-dessus,  pouvez-vous  le  dire  ? — R.  Je  ne  puis  pas  dire." 

Il  continue  à  dire  qu'aucun  compte  n'a  été  tenu  de  cela.     (Page  3747,  volume  9)  : 

"  Q.  Et  pas  de  compte  de  cela.  Quand  vous  a-t-il  demandé  de  l'argent,  la  dernière 
"  fois? — R.  Il  ne  m'a  jamais  de  sa  vie  demandé  d'argent. 

"  Q.  Vous  le  donniez  de  vous-même,  eh  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Donniez  de  vous-même,  je  vois.  C'était  votre  idée,  à  vous  personnellement,  M. 
"  McDonald  ? — R.  Je  crois  que  oui. 

"  Q.  Oui,  votre  idée,  à  vous  personnellement,  de  donner  à  ce  fonctionnaire  du  dé- 
"  partement  des  sommes  d'argent,  de  temps  en  temps,  comme  vous  lavez  dit.  Et,  de 
"  temps  en  temps,  M.  Morris,  comme  mécanicien  à  bord  du  Curlew,  recommandait  de 
"  faire  des  dépenses  sur  ce  vaisseau,  vous  saviez  cela  1m — R.  Oui. 

"  Q.  Oui,  vous  saviez  cela.  Et,  de  la  même  façon,  c'était  le  devoir  de  M.  Morris 
"  de  tenir  compte  des  matériaux  fournis  et  du  travail  fait  sur  le  vaisseau.  Je  suppose 
"  qu'il  était  là  lorsque  les  réparations  se  faisaient  ? — R.  11  était  là." 

Morris  s'est  présenté  à  Halifax  et  a  voulu  être  entendu. 

11  a  donné  sa  version  de  la  transaction  comme  suit  (page  4282,  volume  9)  : — 

"  Q.  Eh  bien,  d'après  le  témoignage  de  M.  McDonald,  il  vous  a  donné  de  l'argent 
"de  temps  en  temps  ? — R.  Oui,  monsieur,  il  m'en  a  donné. 

"  Q.  C'est  vrai  ? — R.  Oui,  monsieur,  c'est  vrai. 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Q.  Quand  était-ce,  la  première  fois? — R.  Il  y  a  cinq  ans 
"  environ.  * 

"  Q.  Etait-ce  la  première  fois  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Combien  vous  a-t-il  donné,  cette  fois-là  ? — R.  Il  m'a  donné  $30. 

"  Q.  Combien  vous  a-t:il  donné,  cette  fois-là  2 — R.  Il  m'a  donné  $30,  d'une  fois. 

"  Q.  $30  cette  fois-là,  la  première  fois  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  H  y  a  environ  cinq  ans  2 — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Et  cet  argent  n'a  jamais  été  remis? — R.  Non,  monsieur. 

"  Q.  C'est  un  cadeau  qui  vous  était  fait  ? — R.  Il  est  venu  une  fois  me  trouver  et 
"  il  a  dit  "Voici  un  cadeau".  J'ai  dit  "Je  n'en  veux  pas  ;  si  ça  regarde  les  affaires  du 
"  département  je  ne  veux  pas  avoir  un  sou  de  vous".  Il  dit  "Vous  avez  envoyé  un  lot 
"  d'ouvrage  de  différentes  places".  Il  dit  "Voici  un  cadeau."  J'ai  dit  "Je  ne  veux  pas 
"  de  cadeau".  Il  dit  "Prenez  ça".  Je  ne  voulais  prendre  rien  du  tout  de  lui  ;  et  en 
différents  temps " 

Morris  a  gardé  l'argent. 

Il  est  facile  de  dire  qu'il  envoyait  des  steamers  à  l'usine  de  Saint-Jean.  Le  fait 
est,  néanmoins,  que  Morris,  employé  du  gouvernement,  se  faisait  entremetteur  entre 
ce  dernier  et  McDonald. 

Lorsque  les  cadeaux  furent  offerts  et  acceptés,  il  se  faisait  des  travaux  sur  les 
vaisseaux  du  gouvernement. 

Le  but  dans  lequel  l'argent  a  été  donné  est  parfaitement  évident. 

Morris  n'avait  pas  droit  de  l'accepter. 

John  Kelly — Patrick  J.  Mooney,  entrepreneur  général,  déclare  qu'il  a  prêté  de 
l'argent  à  Kelly.    A  la  page  3954,  volume  9,  on  lui  demande  : — 

"  Q.  Lui  en  avez-vous  jamais  donné  (  à  Kelly)  % — R.  Il  m'a  une  fois  emprunté  $40. 

"  Q.  Je  vois.  C'est  le  même  vieux  système  d'emprunt  ? — R.  Non.  Il  m'a  emprunté 
"  $40  et  m'a  envoyé  une  tête  d'orignal. 

"  Q.  Quand  a-t-il  eu  de  vous  les  $40  ? — R.  Je  crois  que  c'est  vers  le  22  juin. 


EX  QUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  41 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  Q.  De  cette  année  ?— B.  1906." 

Il  dit  encore  (page  3957,  volume  9)  : — 

"  Q.  Avez-vous  jamais  rien  dit  au  sujet  des  $40  ? — E.  Non. 

"  Q.  Il  ne  vous  en  a  jamais  parlé  depuis  ce  temps-là? — B.  Oh  oui. 

"  Q.  Quand  ? — E.  Il  y  six  ou  huit  mois,  je  crois.  Il  dit  "Il  sera  bientôt  temps 
"  que  je  vous  rende  les  $40". 

(Page  3958,  volume  9.) 

"  L'hon.  M.  Cassels — Q.  Que  lui  avez-vous  répondu  lorsqu'il  vous  a  dit  qu'il  était 
"  temps  de  vous  rendre  les  $40? — E.  J'ai  dit  "Ça  ne  presse  pas  du  tout". 

"  Q.  N'avez-vous  pas  dit  que  c'était  réglé  avec  la  tête  d'orignal? — E.  Non. 

"  Q.  Ce  n'est  que  maintenant  que  vous  réglez  le  compte? — E.  Cela  ne  m'est  jamais 
"  venu  à  l'idée." 

On  lui  demande  plus  tard,  au  sujet  de  Kelly^  si  ce  dernier  a  reçu  autre  chose  que 
de  l'argent.    Sa  réponse  est  (page  3959,  volume  9)  : — 

"  E.  Bien,  rien. 

"  Q.  Quoi  ? — E.  Nous  avons  fait  certaines  réparations  à  sa  maison. 

"  Q.  Oui,  je  sais. — E.  Et  nous  avons  mis  cela  à  son  compte  dans  nos  livres. 

"  Q.  Et  ce  n'est  pas  payé  ? — E.  Et  ce  n'est  pas  payé. 

"  Q.  Et  cela  date  de  quelques  années  passées,  aussi  ? — E.  Oh,  c'est  peut-être  là 
"  depuis  deux  ou  trois  ans. 

"  Q.  Trois,  quatre  ou  cinq  ans,  je  vois.  Cela  se  montait-il  à  $150  ? — E.  Non,  mon- 
"  sieur. 

"  Q.  Bien,  combien,  diriez-vous  ? — E.  Bien,  pour  le  tout,  y  compris  les  $40  cela  se 
"  monterait  à  $135." 

Puis  il  explique  que  le  fils  de  Kelly  travaillait  avec  eux.  Il  dit  :  "Je  ne  savais  pas 
à  qui  faire  le  compte". 

Il  n'a  jamais  demandé  de  paiement,  et,  apparemment,  il  n'en  a  jamais  jeté  offert. 

John  Kelly  a  comparu  devant  moi  à  Saint-Jean. 

Il  dit  qu'il  occupe  l'emploi  d'inspecteur  des  phares. 

On  lui  demande  (page  4231,  volume  9)  : — 

"  Q.  De  sorte  que  vous  occupez  une  position  de  responsabilité,  liée  directement  au 
"  principal  bureau  de  l'administration  des  affaires  départementales  de  toute  cette  pro- 
"  vince  \ — E.  Oui.  Vous  pourriez  dire — si  Votre  Honneur  me  le  permet — je  puis  dire 
"  que  c'est  par  mon  entremise  que  tous  les  estimés  sont  faits  pour  le  fonctionnement 
"  du  système  de  phares,  avec  tous  les  devoirs  qui  s'y  rattachent,  et  que  les  commandes 
"  et  réquisitions  sont  toutes  faites  par  moi,  pour  ce  qui  est  nécessaire  dans  les  diffé- 
"  rentes  stations  dans  toute  cette  division." 

Il  dit  (page  4258,  volume  9)  :— 

"  Q.     .     .     .     Alors,  vous  connaissez  M.  Mooney  ? — E.  Je  le  connais. 

"  Q.  Il  a  fait  des  travaux  dans  votre  maison  ? — E.  Oui,  monsieur,  il  a  fait  un  pla- 
"  fond  pour  moi.     ...     Il  a  été  fait  il  y  a  environ  deux  ans." 

(Page  4258,  volume  9.) 

"  Q.  Et  vous  n'avez  jusqu'à  présent  jamais  rien  payé  pour  cela  ? — E.  Non,  mon- 
"  sieur." 

Il  dit  que  le  travail  a  été  fait  à  un  coût  d'environ  $95. 

"  Q.  Et  vous  avez  une  fois  eu  $40  de  lui  ? — E.  Oui." 

Puis  il  raconte  qu'il  a  envoyé  à  Mooney  une  tête  d'orignal  valant  de  $60  à  $100. 

On  lui  demande  (page  4259,  volume  9)  : — 

"  Q.  Etait-ce  envoyé  dans  l'intention  de  payer  les  $40  et  les  réparations  de  la  mai- 
"  son  \ — E.  Non,  monsieur. 


42  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Comme  acompte  ? — R.  'Non,  monsieur. 

"  Q.  Je  vois,  ce  n'était  qu'un  cadeau  ? — R.  C'était  de  l'amitié. 

"  Q.  Combien  la  tête  d'orignal  vous  a-t-elle  coûté,  combien  l'avez-vous  payée  ? — R. 
"  Je  suppose  qu'elle  m'a  coûté,  en  tout,  $30." 

Il  déclare  qu'il  avait  offert  de  remettre  $40  à  Mooney,  que,  à  cette  époque,  il  y 
avait  des  embarras  dans  sa  famille,  et  que,  lorsqu'il  a  offert  l'argent,  Mooney  lui  a 
répondu  : — 

"  Ne  vous  pressez  pas,  vous  êtes  dans  l'embarras."  "Je  vous  donnerai  cela",  lui  dis- 
je.  "Non",  dit-il,  "je  n'en  ai  pas  besoin,  ne  vous  pressez  pas.  Je  ne  me  suis  pas  occupé 
de  l'argent,  bon,  mauvais  ou  indifférent",  et  ainsi  de  suite. 

Je  crois  que  les  circonstances  qui  se  rapportant  au  cas  de  Kelly  sont  différentes  de 
celles  de  la  plupart  des  autres  cas,  et  je  trouve  qu'il  n'a  eu  aucune  intention  de  recevoir 
de  l'argent  ou  de  faire  faire  de  l'ouvrage  illégalement. 

Lui  et  Mooney  ont  semblé  être  des  amis  très  intimes.  Il  n'appert  pas  qu'il  ait  pu 
faire  obtenir  du  travail  par  Mooney. 

Je  ne  crois  pas  que  les  faits  puissent  justifier  un  jugement  contre  Kelly. 


AGENCE   D  HALIFAX. 

M.  Jonathan  E.  Parsons  a  été  nommé  agent  au  mois  d'août  1894,  avec  appointe- 
ments de  $1,600  par  année. 

M.  A.  DeB.  Tremaine  a  été  nommé  comptable  au  mois  d'août  1888,  avec  appointe- 
ments de  $1,200  par  année. 

Les  dépenses  à  l'agence  se  sont  élevées  durant  les  exercices  1904-5  à  $659,326  ;  1905- 
6,  $705,000*;  1906-7,  $668,000. 

Depuis  deux  ou  trois  ans,  M.  Parsons  n'a  pas  joui  d'une  bonne  santé. 

Les  témoignages  donnés  à  Halifax  sont  volumineux. 

Il  appert,  d'après  la  preuve,  que  je  citerai  en  partie,  que  le  patronage  à  Halifax 
comprenait  plus  que  de  nommer  les  marchands  et  autres  à  inscrire,  sur  la  liste  du  pa- 
tronage. Cela  allait  jusqu'à  la  nomination,  par  les  membres  du  parlement  représentant 
la  division,  des  individus  ou  de  l'individu  auquel  les  commandes  devaient  être  données. 

En  plusieurs  cas,  on  a  payé  des  prix  excessifs,  et  il  n'a  pas  été  exercé  de  surveillan- 
ce ou  de  contrôle  suffisant  sur  la  dépense. 

Dans  un  cas,  quand  les  députés  MM.  Roche  et  Carney  avaient  cessé  de  l'être  et 
se  trouvaient  candidats  pour  la  prochaine  élection,  quatre-vingts  travailleurs  addition- 
nels ont  été  employés  dans  les  chantiers  de  marine  d'Halifax.  Cela  s'est  fait  à  la  de- 
mande des  candidats,  les  anciens  députés,  et  la  plus  grande  partie  des  hommes  employés 
étaient  des  protégés  de  MM.  Roche  et  Carney. 

M.  Desbarats,  qui  remplit  actuellement  les  fonctions  de  sous-ministre,  est  respon- 
sable de  cela. 

Il  est  facile  de  dire  que  les  surnuméraires  étaient  nécessaires  à  part  les  soixante- 
dix  hommes  déjà  employés  pour  faire  les  ouvrages  à  exécuter  dans  les  chantiers,  mais 
je  crois  que  l'opinion  émise  par  M.  Tremaine  sur  la  cause  de  l'augmentation  du  per- 
sonnel  est  la  seule  que  l'on  peut  avoir  à  ce  sujet. 

M.  Tremaine  a  dit  qu'au  mois  de  septembre  1908  il  y  avait  soixante-dix-sept  em- 
ployés, en  octobre  1908,  cent  soixante-seize,  en  novembre  1908,  cent  cinquante-huit. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  /.  I    MARINE  ET  DES  PECHERIES  43 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

On  trouve  ce  qui  suit  dans  le  témoignage  de  M.  Tremaine  à  ce  sujet  (page  4846, 
volume  10)  : — 

"  M.  Watsox — Avez-vous  une  connaissance  suffisante  des  affaires  de  cette  agence 
*k  pour  pouvoir  dire  si,  oui  ou  non,  il  était  nécessaire,  comme  question  d'affaires,  dans 
"  le  département,  que  ces  cent  hommes  additionnels  fussent  employés  au  mois  d'octo- 
•;  bre? — R.  Non,  monsieur,  à  mon  avis,  cela  n'était  pas  nécessaire." 

(Page  4847,  volume  10.) 

"  Q.  Connaissez-vous  quelque  chose  qui  vous  amène  directement  ou  indirectement 
"  à  une  conclusion  sur  la  raison  pour  laquelle  ils  ont  été  employés? — R.  Oui,  je  crois. 

"  Q.  Qu'est-ce  que  c'est  ? — R.  Bien,  ça  été  la  coutume,  depuis  un  grand  nombre 
"  d'années,  depuis  que  je  suis  au  service,  d'employer  plus  d'hommes  en  temps  d'élection 
"  qu'en  d'autres  temps." 

M.  Parsons  dans  son  témoignage  a  donné  le  nombre  exact  d'employés.  Il  dit  que 
le  nombre  d'employés  en  octobre  1907  était  de  70,  en  octobre  1906,  de  145. 

Il  dit  (page  5053,  volume  11)  : — 

"  R.  Cela  s'est  fait  à  la  suggestion  de  M.  Desbarats,  le  sous-ministre. 

"  Q.  De  M.  Desbarats  seulement  ? — R.  Oui,  monsieur." 
*  #  *  *  *  *  * 

"  Q.  Vous  ne  pouvez  dire  ni  oui  ni  non? — R.  Oui,  M.  Roche,  alors  membre  du  par- 
élément,  m'a  demandé  s'il  y  aurait  quelque  moyen  de  placer  quelques  surnuméraires; 
"  je  lui  ai  dit  que  je  le  croyais,  mais  que  M.  Desbarats  venait  et  que  je  lui  en  parlerais. 

"  Q.  Je  vois.  Quelle  affaire  M.  Roche  avait-il  dans  l'administration  du  chantier 
u  du  département  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  2 — R.  Il  était  député  d'Halifax  au  par- 
*'  lement. 

"  Q.  Oui,  député  d'Halifax  au  parlement. — R.  Et  il  disposait  du  patronage. 

"  Q.  Il  disposait  du  patronage  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"Q.  Mais  je  vous  demande,  s'il  vous  plaît,  qu'est-ce  qu'il  avait  à  faire  dans  l'ad- 
"  niinistration  du  chantier  ? — R.  Il  avait  le  patronage.  Quand  il  y  avait  à  engager  des 
"  hommes,  il  pouvait  désigner  ceux  à  engager. 

"Q.  Il  le  pouvait? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Vous  preniez  des  employés,  des  surnuméraires  pour  le  travail  ordinaire,  et 

u  vous  voulez  dire  que  vous  vous  adressiez  à  lui  pour  qu'il  vous  désignât  ces  gens-là? — 

"R.  Oui." 

*****  *  * 

"  Q.  Les  80  hommes  additionnels  ont  été  choisis,  nommés  par  le  député  d'Halifax  % 
«  __R.  Rien 

"  Q.  Est-ce  cela  ?— R.  M.  Roche  et  M.  Carney 

"  Q.  Par  les  députés  d'Halifax  ? — R.  Les  deux  en  ont  recommandé,  mais  je  ne  puis 
'•  pas  dire  s'ils  les  ont  tous  recommandés." 

(Page  5056,  volume  11.) 

"  Q.  S'il  n'y  avait  pas  eu  d'intervention,  auriez- vous  employé  tous  ces  hommes 
a  surnuméraires  dans  le  temps? — R.  Non,  pas  sans  en  avoir  conféré  avec  M.  Desbarats." 

Plus  loin  (page  5144,  volume  11)  : — 

"  L'hon.  M.  Cassels Une  question.    Rejetez-vous  la  responsabilité  sur  M.  Desba- 

H  rats  pour  l'emploi  de  ces  surnuméraires  au  mois  d'octobre  1908  ? — R.  Oh,  je  ne  l'au- 
"  rais  pas  fait  si  M.  Desbarats  ne  l'avait  pas  dit. 

"  Q.  M.  Desbarats  est  votre  supérieur? — R.  Oui,  c'est  le  sous-ministre. 

"  Q.  Il  exerce  les  fonctions  de  sous-ministre.  Et  il  a  autorisé  cela  ? — R.  Il  est 
"  venu  en  cette  qualité. 

"  Q.  Ainsi  la  responsabilité  entre  vous  et  lui  retomberait  sur  lui? — R.  Je  le  crois." 

A  son  avocat,  il  a  dit  (page  5149,  volume  11)  :— 

"  Q.  Est-ce  que  tous  ces  employés  surnuméraires  sont  maintenant  congédiés? — R. 
"  Non. 


44  RAPPORT  IX    COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Il  y  en  a  quelques-uns  qui  travaillent  encore? — E.  Oui. 

"  Q.  Combien? — K.  Bien,  je  crois  qu'on  en  a  pris  80,  et  je  pense  que  40  ont  été 
"  destitués,  ou  plutôt  congédiés. 

"  Q.  Tous  ces  hommes  ont  été  engagés  sur  la  recommandation  de  M.  Boche  et  de 
"M.  Carney? — B.  Je  le  crois.  Nous  avons  peut-être  pris  un  ou  deux  autres  hommes, 
"  de  bons  hommes  qui  se  sont  présentés  d'eux  mêmes." 

M.  Desbarats  a  rendu  témoignage  à  Ottawa 

Il  appert  qu'il  est  allé  à  Halifax,  la  première  fois,  en  octobre  1908,  page  6385, 
volume  14)  : — 

"  Q.  M.  Parsons  a  dit  dans  son  témoignage,  à  Halifax,  que  vous  lui  aviez  donné 
"  instruction,  au  mois  d'octobre  de  cette  année,  d'engager  au  chantier  environ  100  em- 
"  ployés  additionnels — entre  80  et  100  Vous  rappelez-vous  cela  ? — B.  Je  me  rappelle 
"avoir  donné  instruction  à  11.  Parsons  de  faire  faire  certains  travaux  dans  le  chan- 

"  tier,  et  pour  faire  ces  travaux,  il  a  dû  engager  un  certain  nombre  d'hommes." 

*  *  #  #  *  * 

"  Q.  Je  veux  savoir  pourquoi  vous  avez  donné  des  ordres  alors  de  mettre  environ 
"  100  hommes  de  plus  à  l'ouvrage  au  chantier  de  marine  ? — B.  J'ai  donné  à  M.  Parsons 
"  instruction  de  prendre  le  nombre  d'hommes  nécessaire  pour  faire  l'ouvrage  que 
"  j'avais  autorisé. 

"  Q.  Saviez-vous  combien  cela  pouvait  en  prendre  ? — B.  J'imagine  qu'il  pouvait 
"  en  falloir  une  centaine  environ  dans  le  temps." 

"  Q.  Vous  avez  une  grande  expérience  dans  le  département  et  ailleurs  :  Supposons 
"  que  vous  connaissiez  les  conditions.  Vous  saviez  certainement  qu'il  y  avait  des  élec- 
"  tions  à  faire  ? — B.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Est-ce  qu'on  a  parlé  de  cela  dans  le  temps  ? — B.  Voulez-vous  demander  si  j'ai 
"  eu  quelque  conversation  au  sujet  des  élections.    Oh,  je  puis  dire  que  j'en  ai  eu." 

(Page  6387,  volume  14.) 

"  Q.  Est-ce  que  les  candidats  du  parti  dans  le  temps  ne  vous  en  ont  pas  parlé  ( — 
"  B.  Oui. 

"  Q.  De  l'emploi  d'hommes  additionnels  ? — B.  Oui." 

*  *  *•  ■*  •*  * 

"  L'hon.  M.  Cassels — Q.  Quels  candidats  ? — B.  B.  Boche  et  Carney." 

"M.  Watson. — Q.  Ce  sont  eux  qui  ont  commencé  à  en  parler? — B.  Oui.  Quand 
"  je  les  ai  vus,  ils  ont  dit  qu'ils  aimeraient  bien  à  faire  employer  des  gens  quand  je  le 
"  pourrais." 

Puis  il  continue  et  décrit  l'ouvrage  à  faire. 

(Page  6389,  volume  14.) 

"  L'hon.  M.  Cassels Q.  Savez-vous  si  les  hommes  ont  été  engagés  sur  la  recom- 

"  mandation  des  deux  députés  ? — B.  Je  ne  sais  pas. 

"  M.  Watson. — Q.  Dans  tous  les  cas,  la  question  a  été  soulevée  par  les  députés  qui 
"  étaient  alors  candidats  ? — B.  Ils  ont  dit  qu'ils  seraient  bien  contents  si  je  pouvais 
"  employer  des  gens  au  bassin  de  radoub. 

"  Q.  Pourquoi  ? — B.  Je  présume  que  cela  pouvait  leur  aider  dans  leur  élection. 

"  Q.  Et  cela  vous  a  été  demandé  en  votre  qualité  de  sous-ministre  intérimaire  ? — 
"B.  Oui." 

Je  ne  vois  pas  comment  l'on  peut  justifier  chose  semblable. 

On  a  dit  que  des  augmentations  semblables  avaient  eu  lieu  lors  des  élections  pré- 
cédentes.   Si  c'est  le  cas,  cela  n'est  pas  une  justification. 

On  doit  se  rappeler  aussi  que  les  chantiers  de  marine  d'Halifax  ont  passé  du  con- 
trôle des  autorités  impériales  sous  celui  du  gouvernement  fédéral  le  1er  janvier  1907. 
Avant  cela,  ils  étaient  la  propriété  du  gouvernement  impérial  et  sous  son  contrôle. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  45 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

On  verra  jusqu'à  quel  point  l'influence  des  membres  du  parlement  a  été  exercée 
d'après  les  témoignages  dont  je  vais  citer  quelques  parties. 

M.  Parsons  (page  5088,  volume  11)  : — 

"Q.  .  .  .  Plus  d'un  témoin  nous  a  dit  que  des  commandes  spéciales  avaient 
"  été  obtenues  *de  temps  à  autre  par  l'intervention  des  députés.  Que  dites-vous  de  cela  2 
" — R.  Des  commandes  spéciales? 

"  Q.  Oui.  C'est-à-dire,  quand  on  savait  d'une  manière  ou  de  l'autre  qu'un  ouvrage 
"  devait  se  faire  ou  qu'il  y  avait  des  matériaux  à  fournir  ou  des  approvisionnements, 
"  les  députés  vous  auraient  recommandé  de  donner  les  commandes  à  A  B  C  ou  D, 
'*  selon  le  cas  2 — P.  Cela  était  d'après  les  règlements  du  patronage. 

"  Q.  Et  cela  s'appliquait-il  d'année  en  année  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Et  de  mois  en  mois  dans  chaque  année  2 — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Et  teniez-vous  compte  de  ces  demandes  ? — R.  Généralement,  autant  que  pos- 
"  sible." 

(Page  5089,  volume  11.) 

"  M.  Watson Q.  Est-il  vrai  que  quelqu'un  vous  désignait  le  marchand,  le  fabri- 

"  cant  ou  le  fournisseur  particulier  auquel  les  commandes  devaient  être  données  de 
"  temps  en  temps  2 — R.  Oui. 

"  Q.  Cela  a  été  la  coutume? — R.  Oui. 
"    "  Q.  Chaque  fois,  oui.    Ainsi  ce  n'était  pas  votre  propre  jugement  indépendant  qui 
"  s'exerçait  de  temps  à  autre  quant  à  savoir  où  ou  par  qui  l'ouvrage  devait  être  fait, 
"  ou  par  qui  les  matériaux  devaient  être  fournis  ;  cela  se  faisait  sur  recommandation  2. 
" — R.  Par  le  député  du  parlement  disposant  du  patronage." 

(Page  5091,  volume  11.) 

"  Q.  Ou  dans  des  cas  particuliers,  quand  il  n'est  pas  demandé  de  soumissions,  on 

"  choisit  quelqu'un  sur  la  liste  du  patronage  ;  mais  dans  aucun  cas  jusqu'ici,  sauf  en 

"  ceci,  les  députés  ne  sont  intervenus  pour  régler  la  liste  du  patronage  ? — R.  Oui,  ils 

"  pouvaient  ôter  n'importe  quel  nom  de  la  liste  qu'ils  voulaient  et  pouvaient  en  faire 

"  ajouter  d'autres." 

****** 

"  Q.  Oui.  Mais  en  commençant  avec  la  liste  du  patronage,  vous  deviez  avoir  une 
"  vingtaine  de  noms  sur  la  liste.  Bien,  le  député  s'en  vient  et  désigne  celui  à  qui  donner 
"  la  commande  à  Halifax  2 — R.  Oui,  monsieur." 

M.  Tremaine  s'exprime  ainsi  (page  5130,  volume  11)  : — 

"  R.  J'expliquerai  cela  à  peu  près  comme  ceci  :  On  nous  donne  une  liste  de  patro- 
u  nage  d'après  laquelle  nous  devons  acheter  des  effets  ou  faire  faire  des  travaux  de 
"  temps  à  autre.  Nous  essayons  de  nous  en  tenir  à  la  liste,  de  nous  adresser  aux  gens 
"  que  nous  considérons  devoir  faire  le  meilleur  ouvrage  aux  prix  les  plus  raisonnables. 
"  De  temps  en  temps,  nous  avons  des  instructions  spéciales  de  donner  un  ouvrage  spé- 
"  cial  à  certaines  gens  en  particulier. 

"  Q.  De  qui  vous  viennent  ces  instructions  2 — R.  Des  députés.  Tout  cela  est  enre- 
"  gistré  dans  nos  papiers,  monsieur. 

"  Q.  Oui,  c'est  là  votre  réponse  \ — R.  C'est  ma  réponse. 

"  L'hon.  M.  Cassels — Obéissez-vous  aux  instructions  ? — R.  Certainement,  mon- 
"  sieur,  nous  les  suivons 

"  M.  Watson. — Vous  obéissez  aux  instructions  ? — R.  Ce  sont  les  ordres  du  dépar- 
"  tement." 

L'opinion  de  M.  Parsons  sur  la  manière  dont  le  gouvernement  devrait  payer  est 
exprimée  comme  suit  (page  5143,  volume  11)  : — 

"  Q.  Mais  j'ai  cru  que  vous  aviez  reconnu  que  l'ouvrage  pour  le  gouvernement  de- 
"  vait  être  évalué,  pourrait  être  évalué  à  des  prix  un  peu  plus  élevés  ? — R.  Un  peu  plus 
"  élevés,  oui. 

"  Q.  Et  devraient  être  acceptés  en  conséquence:  cela  va  de  soi,  n'est-ce  pas?— -R. 
"  Oui." 


46  RAPPORT  ni    COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.   1909 

Je  vais  vous  citer  d'autres  extraits  de  la  preuve. 

W.  G.  Kobertson  est  le  jeune  membre  de  la  société  William  Robertson  &  Co.  C'est 
une  maison  très  importante  d'Halifax. 

Les  ventes  durant  les  trois  années,  non  compris  1908,  au  département  de  la  Marine, 
se  sont  élevées  à  la  somme  de  $55,704. 

On  lui  demande  (page  4472,  volume  10)  : — 

"  Q.  Vous  êtes  marchand  en  gros  ? — R.  En  gros  et  en  détail.     Oui,  monsieur. 

"Q.  En  gros  et  détail.  Je  suppose  que  votre  commerce  se  fait  surtout  en  gros? 
"  — R.  Surtout  en  gros. 

"  Q.  De  sorte  que  vous  êtes  connus  pour  des  marchands  en  gros  { — R.  Oui,  mon- 
"  sieur. 

"  Q.  Et  dans  l'ensemble,  les  prix  imposés  par  votre  établissement  au  département 
"  sur  les  effets  et  matériaux  fournis,  si  je  comprends  bien,  ont  été  ainsi  fournis  à  un 
"prix  environ  10  pour  100  au-dessus  du  prix  de  détail  ordinaire1? — R.  Au-dessus  du 
"  prix  de  détail  ordinaire." 

Puis  il  fait  remarquer  que  cela  ne  s'applique  qu'aux  effets  fournis  sans  contrat. 

"  Q.  Prenons  les  effets  sans  contrat,  alors,  n'en  est-il  pas  ainsi  ? — R.  Je  crois  que 
"  c'est  à  peu  près  cela,  monsieur." 

Il  dit:— 

"  Q.  Alors  une  partie  considérable  des  effets  fourni"  par  vous  l'a  été  autrement 
"  que  par  soumissions  ? — R.  Un  tiers  environ,  je  crois,  monsieur." 

Il  nie  que  l'on  ait  payé  15  pour  100  au-dessus  des  prix  de  détail  ordinaires,  puis 
il  continue  (page  4473,  volume  10)  : — 

"  Q.  Vous  nierez  cela,  mais  vous  ne  nierez  pas  que  ça  peut  être  10  pour  100  de 
"plus  que  les  prix  de  détail  ordinaires? — R.  J'aime  mieux  ne  pas  me  prononcer. 

"  Q.  Vous  avez  dit  que  vous  ne  le  diriez  pas  ? 

"  L'hon.  M.  Cassels. — M.  Robertson,  vous  devez  savoir  d'une  manière  ou  de  l'autre, 
"  si  les  choses  sont  telles  que  M.  Watson  l'a  dit  ? — R.  Votre  Honneur,  je  trouve  que  M. 
"  Watson  en  sait  tout  autant,  sinon  plus  que  moi. 

"  Q.  Je  sais,  mais  il  doit  faire  dire  les  choses.     Voyez-vous,  il  est  ici  pour  faire 

"  faire  une  preuve,  et  c'est  ce  qu'il  ne  peut  faire    sans  en  avoir  une  notion  préalable. 

"  Ce  que  Ton  vous  demande,  c'est  ceci — et  vous  devriez  pouvoir  nous  le  dire —  est-ce  un 

"  fait,  en  prenant  les  effets  que  vous  avez  vendus  au  département  de  la  Marine  aux 

"prix  du  détail,  que  vous  avez  eu  10  pour  100  de  plus  que  les  prix  du  détail? — R.  Que 

"  nous  avons  vendus  aux  prix  du  détail  ? 

"  Q.  Oui. — R.  Oui,  monsieur." 

i 

On  lui  demande  (page  4474,  volume  10)  : — 

"  Q.  Est-il  difficile  de  connaître  les  prix  de  détail  ordinaires  des  marchandises  à 
"  Halifax  % — R.  Cela  ne  devrait  pas  être  difficile. 

"  Q.  Donc,  vous  avez  demandé  ces  hauts  prix,  je  suppose,  parce  que  vous  vendiez 

"  au  département  ou  au  gouvernement,  est-ce  cela  %    C'est  ce  que  cela  veut  dire  ? — R. 

"  Je  suppose  que  c'est  ce  que  cela  veut  dire.     Quelquefois  le  paiement  des  comptes 

"  se  faisait  longuement  attendre." 

****** 

"  Q.  Comment  pouvez-vous  expliquer  que  l'agent  ici — car  cette  enquête  que  fait 
"  Son  Honneur  se  rapporte  surtout  aux  officiers — comment  pouvez-vous  expliquer  que 
"l'agent.  M.  Parsons,  passe  ces  comptes  a  des  prix  excessifs? — R.  Je  ne  puis  pas  en 
"  donner  la  raison,  monsieur." 

(Page  4477,  volume  10.) 

"  Q.  Qui  a  eu  à  disposer  des  commandes  que  vous  avez  eues  du  département  de 
"temps  à  autre? — R.  Voulez-vous  savoir  qui  les  a  recommandées? 

"  Q.  Des  commandes  particulières,  oui  ? — R.  Personne,  sauf  les  députés,  je  suppose. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA   MAKI  NE  ET  DES  PECHERIES  47 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  Q.  Qui  ?— R.  Les  députés. 

"  Q.  Quels  sont  les  députés  2— R.  MM.  Roche  et  Carney." 

Il  dit:— 

"  R.  Nous  avons  eu  les  commandes,  pour  la  plus  grande  partie,  je  suppose,  parce 
"  que  nous  étions  sur  la  liste  du  patronage. 

"  Q.  Pour  la  plus  grande  partie,  mais  ensuite  ? — R.  Pour  des  commandes  spéciales, 
"  nous  demandions  au  député,  à  certains  moments,  d'user  de  son  influence  pour  nous 
"les  faire  avoir." 

****** 

"  Q.  Bien,  quand  vous  vouliez  avoir  des  commandes  et  fournir  des  effets,  vous  vous 
"  adressiez  aux  députés  ? — R.  Pas  du  tout.  Si  nous  apprenions  que  l'on  avait  besoin 
"  d'effets,  nous  y  allions." 

(Page  4478,  volume  10.) 

"  Q.  Maintenant,  donc,  est-ce  le  cas,  que  pour  la  plus  grande  partie  des  marchan- 
"  dises  commandées  et  fournies  cela  a  été,  dans  cette  agence,  sous  le  contrôle  des  dé- 

" pûtes? — R.  Je  ne  le  pense  pas Je  pense  que  le  contrôle  commandes — c'est-à-dire, 

"  après  que  le  département  avait  pris  une  décision  sur  ce  qu'il  voulait  avoir — la  discré- 
"  tion  quant  à  savoir  à  qui  donner  les  commandes  a  été  sous 

"  Q.  Quoi  ? — R.  La  discrétion  quant  à  savoir  où  placer  les  commandes  et  à  quel 
"  établissement  les  donner. 

"  Q.  Je  vois,  la  discrétion  quant  an  placement  des  commandes  était  laissée  aux 
"  députés  ? — R.  Je  le  pense." 

M.  Watson  lui  demande  si  oui  ou  non  le  contrôle  du  département  de  la  Marine  et 
des  Pêcheries  n'a  pas  été  enlevé  à  l'agent  et  réservé  aux  députés  : — 

(Page  4480,  volume  10.) 

"  R.  Je  dirai  que  non,  autant  que  je  le  sache." 

****** 

"  M.  Watson — Q.  N'est-ce  pas  le  cas  que  vous  avez  reconnu  qu'il  en  est  ainsi, 
"  que  M.  Parsons,  à  toutes  fins  pratiques,  ne  comptait  pas  dans  les  commandes  à  don- 
"  ner,  en  ce  qui  concernait  les  commandes  à  donner  ? — R.  Nous  n'avons  pas  été  en 
"  contact  avec  lui.    Je  suppose  que  c'est  la  conclusion  à  en  tirer." 

A.  N.  Melvin  est  dans  le  commerce  de  quincaillerie. 

On  le  questionne  sur  ces  prix.  Il  dit  qu'il  a  demandé  des  prix  justes  et  raisonna- 
bles. 

(Page  4495,  volume  10.) 

"  Q.  Qu'en  serait-il  en  comparaison  des  prix  de  MM.  Robertson  et  Cie,  savez-vous  ? 
"  — R.  Ils  soutiendraient  bien  la  comparaison. 

"  Q.  Vous  pensez?  A  peu  près  les  10  pour  100  ordinaires  en  sus  des  prix  de  détail  \ 
"  — R.  Oui,  monsieur." 

Son  compte  pour  les  trois  années  a  été  de  six  mille  dollars. 

(Page  4497,  volume  10.) 

"  Q.  Durant  cette  année  (1908),  qui  a  recommandé  de  vous  donner  des  commandes? 
"  — R.  Je  suppose  que  ce  sont  les  députés. 

"  Q.  Oh,  je  vois,  vous  supposez  que  ce  sont  les  députés.  C'est-à-dire,  cette  année, 
"  et  la  même  chose  l'année  dernière  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  Et  la  même  chose  l'année  d'avant  ? — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  C'est  de  cette  manière  que  vous  avez  eu  des  commandes? — R.  Je  le  crois." 

On  demande  à  C.  C.  Longard  (page  4680,  volume  10)  : — 

"  Q.  Aviez-vous  quelque  autre  personne  à  voir  en  dehors,  du  département  au  sujet 
"  des  commandes  que  vous  receviez  ou  que  vous  vouliez  avoir  du  département  ?— R. 
"  Des  fois,  oui. 


48  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Qui  voyiez-vous  ? — R.  Les  députés." 

G.  A.  Wooten,  à  propos  des  commandes,  est  questionné  pour  savoir  s'il  a  parlé  à 
quelque  autre  que  M.  Parsons  et  M.  Tremaine. 

(Page  4630,  volume  10.) 

"  Q.  Avez-vous  parlé  à  quelque  autre  ici  ? — R.  Je  ne  le  crois  pas.. 

"  Q.  Eh  ? — R.  Non,  je  ne  me  souviens  pas. 

"  Q.  Vous  ne  vous  en  souvenez  pas? — R.  Non,  je  ne  crois  pas  en  avoir  parlé. 

"  Q.  Vous  ne  pensez  pas  en  avoir  parlé  ? — R.  Oui,  je  pense  que  j'en  ai  parlé.  J'en 
ai  parlé  à  M.  Roche,  j'ai  reçu  une  lettre  de  M.  Roche. 

"  Q.  Oui. — R.  J'ai  reçu  une  lettre  de  M.  Roche.  Je  me  plaignais  de  la  manière 
"  dont  les  choses  se  faisaient,  il  se  faisait  beaucoup  d'affaires  et  je  n'avais  pas  de  pa- 
"  tronage  du  tout.  Je  croyais  que  cela  appartenait  au  public,  c'était  une  affaire  publique. 
"  J'ai  eu  une  lettre  et  je  lui  ai  dit  que  la  lettre  ne  me  faisait  pas  grand' chose  à  moins 
"  qu'il  ne  me  donnât  une  commande  pour  quelque  chose  en  particulier.  J'avais  déjà 
"  eu  des  lettres.  Pour  une  raison  ou  pour  une  autre  je  n'avais  rien  pu  avoir.  J'ai  eu 
"  une  commande  pour  faire  des  ventilateurs,  je  crois,  pour  cette  année-là  et 

"  Q.  Si  ee  comprends  bien,  vous  avez  obtenu  cela  de  M.  Roche  et  de  M.  Carney  ? 
"  — R.  M.  Roche,  je  crois. 

"  Q.  M.  Roche  ou  M.  Carney  vous  a  donné  cette  commande  en  particulier  2 — R. 
"  Oui. 

"  Q.  C'était  pour?— R.  Des  ventilateurs." 

(Page  4634,  volume  10.) 

"  Q.  (A  propos  de  sa  conversation  avec  M.  Parsons  au  sujet  de  la, commande  des 
"  ventilateurs.)  Alors,  quelle  a  été  la  conversation  qui  a  eu  lieu  entre  vous  et  lui? — R. 
"  M.  Parsons  a  dit  qu'il  serait  content  de  faire  tout  son  possible,  il  n'agissait  que  com- 
"  me  un  officier,  et  il  lui  ferait  plaisir  de  me  donner  tout  ce  qui  viendrait  ainsi  dans 
"  cette  ligne." 

H.  C.  Stevens  a  été  pratiquement  le  gérant  de  Howell  &  Co. 

Cet  établissement  faisait  des  réparations  aux  vaisseaux  du  gouvernement,  surtout 
le  Lady  Laurier  et  le  Aberdeen. 

Leur  compte  avec  le  département  s'est  élevé  à  environ  $28,000  durant  les  trois 
exercices. 

Il  n'y  avait  pas  de  contrat,  et  les  prix  n'étaient  pas  fixés  avant  que  l'ouvrage  fut 
fait. 

(Page  4776,  volume  10.) 

"  Q.  On  laissait  à  l'établissement  de  fixer  ses  prix? — R.  On  laissait  cela  à  moi, 
"  monsieur." 

On  lui  demande: — 

"  Q.  Ainsi  donc,  si  je  comprends  bien,  en  fixant  les  prix,  vous  ajoutiez  aux  profits 
"  dans  ces  comptes  au  montant  de  50  pour  100  ? — R.  Ajouter  à  ce  montant? 

"  Q.  Ajoutiez  au  coût  environ  50  pour  100  ?  N'est-ce  pas  à  peu  près  cela  ? — R. 
"  C'est  peut-être  un  peu  fort. — Q.  C'est  peut-être  un  peu  fort  ? — R.  Je  ne  voudrais  pas 
11  jurer  que  ce  n'est  pas  correct." 

A  la  (page  4778,  volume  10)  : — 

"  Q.  On  vous  laissait  cela,  je  suppose  ? — R.  Les  prix  sont  à  peu  près  ceux  du  port." 
On  lui  demande  combien  on  faisait  payer  de  plus  au  département  qu'aux  clients 
de  détail  ordinaires  (page  4778,  volume  10)  : — 

"  Q.  Combien  de  plus  qu'aux  clients  de  détail  ordinaires,  30  pour  100  % — R.  Peut- 
u  être  10  pour  100." 

(Page  4780,  volume  10.) 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  49 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  Q.  Aviez-vous  à  vous  adresser  à  quelque  autre  pour  avoir  la  commande,  une 
"  commande  spéciale  ? — R.  Non,  nous  demandions  quelquefois  à  M.  Roche  de  nous  re- 
"  commander. 

"  Q.  Je  vois,  parfois  vous  vous  adressiez  au  député  pour  des  commandes  spéciales, 
"  n'est-ce  pas  ? — R.  Oui,  nous  pensions  qu'il  pouvait  y  avoir  quelque  chose  à  venir." 

Il  raconte  très  au  long  sa  manière  d'interviewer  les  députés  et  d'obtenir  leur  aide. 

On  lui  demande  s'il  a  surfait  le  département  (page  4820,  volume  10)  : — 

"  Q.  Ainsi,  quand  vous  avez  une  bonne  commande,  vous  voyez  à  ce  qu'elle  com- 
"  pense  pour  les  mauvaises  ? — R.  Si  nous  ne  faisions  pas  cela,  nous  ne  pourrions  pas 
11  faire  de  profit  là-dessus. 

"  Q.  Je  vois.  C'est  un  assez  triste  état  de  choses,  n'est-ce  pas  ? — R.  Bien,  M.  Ho- 
"  well, — je  lui  ai  souvent  parlé  d'abandonner  l'entreprise  dans  l'atelier  et  de  prendre 
"  une  spécialité  ;  mais  vous  savez,  cela  vous  inquiète  de  songer  que  vous  avez  dû  sur- 
a  faire,  mais  vous  avez  dû  le  faire. 

"  Q.  Et  ce  sont  là  vos  raisons  pour  sur  faire  les  commandes  dont  vous  parlez  ? — R. 
"  C'est  la  raison." 

Le  capitaine  Johnston,  du  steamer  Lady  Laurier,  a  à  se  disculper  de  deux  choses 
mises  au  jour  dans  l'enquête  faite  à  Halifax. 

D'abord,  d'avoir  reçu  $1,550  à  lui  payés  apparemment  pour  prétendus  services  de 
sauvetage  par  le  Lady  Laurier  et  les  officiers  et  l'équipage  pour  le  steamship  Hestia. 

En  second  lieu,  à  propos  de  la  somme  de  $400  reçue  par  lui  pour  services  rendus 
par  le  Lady  Laurier  et  par  les  officiers  et  l'équipage,  d'une  nature  à  peu  près  semblable, 
pour  venir  en  aide  au  steamer  Mount  Temple. 

Le  Hestia,  qui  appartient  à  la  ligne  Donaldson,  a  été  secouru  quand  il  s'en  allait 
sombrer,  à  la  hauteur  du  Cap-Sable,  le  13  mai  1906,  par  le  Lady  Laurier,  le  steamer  du 
gouvernement. 

Il  a  été  remorqué  à  Shelburne-Roads,  et  échoué  sur  un  fond  de  sable. 

Grâce  aux  services  du  Lady  Laurier,  du  capitaine  et  de  l'équipage,  il  a  été  renfloué 
et  conduit  au  havre  de  Shelburne. 

Le  Lady  Laurier  a  été  occupé  durant  dix  jours  au  sauvetage  du  Hestia. 

Le  20  juin  1906,  le  capitaine  Johnston  a  écrit  une  lettre  au  colonel  Gourdeau,  sous- 
ministre,  lui  exposant  les  détails  de  son  travail,  et  dans  laquelle  il  dit: — 

"  Si  le  gouvernement  ne  veut  pas  faire  de  réclamation,  j'aimerais  en  faire  une  pour 
"  moi-même  et  pour  l'équipage,  car  les  meilleurs  avis  que  je  puis  avoir  à  Halifax  m'in- 
"  forment  que  l'équipage  a  le  même  droit  que  s'il  était  sur  un  steamer  privé." 

Avant  le  20  juin  et  le  22  mai  1906,  le  sous-ministre  avait  télégraphié  ce  qui  suit  à 
l'agent  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  à  Halifax  : — 

"  Re  Hestia,  s'il  n'y  a  pas  d'autre  steamer  disponible,  le  Lady  Laurier  doit  donner 
lc  toute  l'aide  possible  pour  le  rendre  à  Halifax.  Il  doit  être  bien  entendu  que  les  pro- 
"  priétaires  du  Hestia  paieront  l'ouvrage  fait,-  et  vous  ferez  des  arrangements  avec  eux 
u  à  cet  effet.    Communiquez  avec  Pickford  et  Black." 

Pickford  et  Black  étaient  les  agents  des  propriétaires  du  Hestia. 

Agissant  d'après  ce  télégramme,  M.  Tremaine  a  vu  Pickford  et  Black  et  leur  a  dit 
que  l'on  demanderait  $400  par  jour  pour  les  services  du  Lady  Laurier,  et  les  agents  ne 
s'y  sont  pas  opposés. 

Cette  entrevue  a  eu  lieu  immédiatement  après  la  réception  du  télégramme  du  22 
mai.    Le  Hestia  a  été  mis  en  bassin  à  sec  à  Halifax  vers  le  1er  juin. 

Cet  arrangement  n'a  pas  été  apparemment  communiqué  au  capitaine  Johnston. 

38—4 


50  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  appert  que  le  capitaine  Johnston  a  menacé  de  poursuivre  le  Hestia  si  sa  récla- 
mation n'était  pas  payée. 

Le  28  juillet  1906,  Pickford  et  Black  ont  télégraphié  ce  qui  suit  au  sous:ministre  : — 

"  F.  Gourdeau,  M.  et  P.  Ottawa.  Avocat  de  Johnston,  commandant  du  Lady  Lau- 
"  rier,  nous  donne  avis  comme  agents  du  steamer  Hestia,  qu'il  a  l'intention  de  faire 
"  saisir  le  Hestia  pour  services  rendus  en  lui  aidant  à  gagner  Shelburne  au  mois  de 
"  mai  dernier,  et  nous  fait  entendre  que  la  somme  réclamée  est  de  $20,000.  Les  assu- 
"  reurs  sont  bien  prêts  à  reconnaître  Johnston  et  le  traiteraient  sans  doute  avec  libé- 
"  ralité,  comme  ils  ont  coutume  de  faire  en  semblables  circonstances,  mais  assurément 
"  votre  département  ne  voudrait  pas  tolérer  semblable  action  de  la  part  de  ses  servi- 
"  teurs,  car  si  on  le  permettait  il  nous  semble  que  cela  serait  mal  vu  des  propriétaires, 
"  des  assureurs  et  des  autres  intéressés.    Pickford  et  Black." 

Le  29  juillet,  le  sous-ministre  télégraphiait  à  Pickford  et  Black  : — 

"  Ai  donné  instruction  agent  à  Halifax  que  Johnston  n'avait  pas  droit  prendre 
"  action  re  Hestia  sans  ordres  du  département  ici." 

Il  y  a  eu  aussi  un  télégramme  le  29  juillet  1906,  à  l'agent  à  Halifax  : — 

"  Département  a  été  informé  que  Johnston,  Lady  Laurier,  poursuit  le  Hestia  pour 
"  services  rendus.  Question  sous  considération,  et  il  n'a  aucun  droit  de  poursuivre 
"  sans  avoir  reçu  instruction  du  département." 

Il  appert  que  Pickford  et  Black  ont  payé  au  capitaine  Johnston  $1,550  avant  le  19 
novembre  1906. 

Le  28  novembre  1906,  des  ordres  précis  a  été  donnés  à  l'agent  à  Halifax  par  le 
sous-ministre  afin  que  les  $1,500  fussent  immédiatement  remboursés. 

Johnston  a  été  tout  de  suite  averti,  mais  il  a  refusé  de  rembourser  l'argent. 

Le  14  décembre  1906,  un  mémoire  a  été  signé  par  le  sous-ministre,  dans  lequel  il 
signale  l'erreur  du  capitaine  Johnston  quant  à  sa  position  et  à  l'étendue  de  ses  droits 
et  du  champ  d'action  de  ses  devoirs,  en  recommandant  d'instituer  des  procédures  pour 
recouvrer  des  propriétaires  du  Hestia  les  $400  par  jour  dont  le  paiement  avait  été  con- 
venu. 

Le  ministre  a  approuvé  cette  action.  En  conséquence,  une  lettre  a  été  écrite  à 
Pickford  et  Black,  le  8  janvier  1907  (datée  erronément  dans  la  copie  1906),  réclamant 
$3,600  pour  neuf  jours. 

Le  19  février  1907,  le  ministère  de  la  Marine  ayant  été  informé  par  celui  de"  la 
Justice  que  la  réclamation  devait  être  faite  contre  les  propriétaires,  une  demande  for- 
melle a  été  faite  à  A.  F.  Donaldson,  de  Glasgow,  lui  réclamant  $3,600. 

Puis,  la  question  a  été  référée  par  MM.  Donaldson  à  leurs  agents  de  Montréal,  et 
le  17  mai  1907  le  sous-ministre  recevait  de  la  compagnie  une  lettre  qui  se  lit  comme 
suit  : — 

"  Colonel  F.  Gourdeau,  sous-ministre,  Marine  et  des  Pêcheries.  A  propos  de  la  ré- 
"  clamation  de  S.  G.  C.  Lady  Laurier,  pour  services  rendus  au  ss.  Hestia,  nous  vous 
"  avons  écrit  à  ce  sujet  le  26  février  dernier,  et  il  ne  semble  pas  que  nous  ayons  reçu 
"  de  réponse  à  cette  lettre.  Cependant,  A.  F.  Donaldson,  de  Glasgow,  écrit  que  votre 
"  département  lui  a  écrit  à  ce  sujet,  et  comme  il  nous  a  déjà  remis  la  question  pour  que 
"  nous  la  réglions,  la  présente  est  pour  vous  informer  que  nous  serons  en  tout  temps  à 
u  votre  disposition  pour  discuter  cette  question,  ainsi  que  MM.  Donaldson  Bros,  nous 
"  en  ont  donné  instruction." 

Une  note  est  endossée  sur  cette  lettre  avec  les  initiales  "F.  G."  : — 

"  J'ai  vu  M.  Reford  à  propos  de  cette  réclamation  et  je  lui  ai  demandé  d'attendre 
"jusqu'à  ce  qu'il  puisse  la  discuter  avec  le  ministre.     Je  ne  vois  pas  comment  nous 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  51 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"pourrions  réclamer  le  montant  tant  que  l'on  n'aura  pas  disposé  de  l'action  extraor- 
"  dinaire  du  capitaine  Johnston,  qui  a  fait  une  réclamation,  et  qui  s'est  fait  payer  pour 
"lui  et  pour  l'équipage  la  somme  de  $1,500,  chose  sans  précédent  au  ministère. 
"  (Signé.)     F.  G.        22/5/'07." 

D'après  ce  qu'indiquent  la  preuve  qui  est  devant  moi  et  les  archives  du  départe- 
ment, il  n'a  été  fait  rien  de  plus  et  l'affaire  en  est  là. 

Le  capitaine  Johnston  était  représenté  par  un  avocat.    Il  n'a  pas  été  examiné. 

A  mon  avis,  il  n'avait  pas  droit  à  l'indemnité  de  sauvetage  sans  l'approbation  et  le 
consentement  du  département. 

De  plus,  les  faits  tels  que  relatés  par  M.  Tremaine  et  corroborés  font  voir  qu'il 
avait  été  fait  un  marché  en  vertu  duquel  les  services  du  Lady  Laurier,  en  comprenant 
les  officiers  et  l'équipage,  devaient  être  rendus  pour  la  somme  de  $400  par  jour. 

Je  pense  que  la  conduite  du  capitaine  Johnston  en  retenant  cet  argent  n'est  pas 
justifiable. 

Le  Mount  Temple  s'est  échoué,  au  mois  de  décembre  1907,  et  a  été  renfloué  en 
avril  1908. 

Le  Lady  Laurier  a  rendu  quelques  services  et  le  capitaine  Johnston  a  donné  des 
conseils,  étant  alors  inspecteur  des  phares  en  même  temps  que  capitaine  du  Lady 
Laurier,  et  la  somme  de  $400  lui  a  été  payée  et  il  l'a  gardée. 

Il  n'avait  pas  le  droit  de  garder  cet  argent. 

Il  y  a  encore  une  autre  chose  à  considérer  dans  cette  enquête  d'Halifax. 

Il  paraîtrait  que  les  vaisseaux  du  gouvernement  étaient  approvisionnés  avec  pro- 
digalité, de  choses  qui,  suivant  MM.  Parsons  et  Tremaine,  n'auraient  pas  dû  leur  être 
fournies. 

A  leur  avis,  apparemment,  il  ne  convenait  pas  que  la  nourriture  donnée  aux  offi- 
ciers de  ces  vaisseaux  fut  la  même  que  celle  que  l'on  trouve  sur  les  tables  des  paquebots 
de  ligne  de  première  classe,  des  steamers  de  la  ligne  Allan  ou  d'autres  transatlantiques. 

M.  Parsons  dit  qu'il  s'est  continuellement  opposé  à  l'extravagance  à  propos  des 
approvisionnements. 

Dans  son  témoignage,  il  dit  que  le  sous-ministre  était  venu  à  Halifax  accompagné 
du  commandant  Spain,  et  qu'il  a  fait  objection  à  la  qualité  des  articles  fournis. 

Il  s'exprime  comme  suit  (page  5082,  volume  11)  : — 

"  Q.  Non,  je  vous  demande  est-ce  que  l'on  fait  quelques  dépenses  inutiles  ici  2 — R. 
"  Je  ne  pense  pas,  cette  année. 

"  Q.  Cette  année,  oui.  Mais  pour  l'année  dernière  \ — R,  Oh,  il  peut  y  avoir  eu 
"  quelques  choses  de  luxe  à  bord  des  vaisseaux,  comme  on  en  voit  sur  les  tables  des  pa- 
"  quebots  de  ligne  océaniques,  et  ce  n'était  pas  avec — c'était  à  ma  connaissance  la  plu- 
"  part  du  temps,  mais  ce  n'était  pas  avec  mon  consentement. 

"  Q.  Contre  vos  protestations? — R.  Oui. 

"  Q.  Auprès  de  qui  avez-vous  protesté  ? — R.  J'ai  protesté  auprès  du  sous-ministre, 
"  M.  Gourdeau. 

"  Q.  Et  que  vous  a-t-il  dit? — R.  Qu'ils  iraient,  t}ue  l'équipage  irait  trouver  les  dé- 
"  pûtes,  et  que  les  députés  écriraient  à  Ottawa  et  feraient  de  l'embarras  à  ce  propos,  et 
"  qu'il  était  aussi  bien  de  laisser  faire. 

"  Q.  Et  quand  cela  se  passait-il? — R.  C'était  vers  1896. 

"  Q.  1896  :  il  y  a  longtemps  ? — R.  Dix  ans  seulement. 

"  Q.  Une  fois  dans  dix  ans,  c'est  assez  souvent  fermer  les  yeux  sur  un  abus  ? — R. 
"  Oui,  je  le  croirais. 

"  Q.  Cela  durait  au  moins  depuis  dix  ans  2 — R,  On  se  rappelle 

38— 4è 


52  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  On  se  rappelle  ? — R.  Parce  que  j'avais  essayé  de  réduire  les  comptes  et  d'ar- 
"  rêter  les  extravagances,  et  le  commandant  Spain  et  M.  Gourdeau  le  sous-ministre  sont 
"  venus  ici  et  je  leur  ai  soumis  l'affaire." 

Il  raconte  que  cette  dernière  année  (1908),  en  vertu  d'ordres  venus  d'Ottawa,  il  a 
encore  exercé  une  pression  (page  5084,  volume  11)  : — 

"  Q.  Quelle  pression  ? — R.  Faire  disparaître  sur  les  tables  les  fruits  deux  ou  trois 
u  fois  par  jour,  des  fruits  hors  de  saison,  des  fruits  des  tropiques. 

"  L'hon.  M.  Cassels — Qu'est-ce  que  le  sous-ministre  a  dit  à  propos  de  la  pression 
"  qu'exerceraient  à  Ottawa  les  députés,  et  le  reste? — R.  Il  a  dit  "Ils  iront  trouver  les  dé- 
"  pûtes,  et  les  députés  écriront  à  Ottawa  et  nous  ennuieront,  et  vous  feriez  mieux  de 
u  fermer  les  yeux  là-dessus." 

"  M.  Watson — Est-ce  qu'on  a  laissé  continuer  cela  depuis  1908  ? — R.  Je  crois 
u  que  oui. 

"  Q.  D'après  ces  instructions  du  sous-ministre  ? — R.  Oh,  oui  ;  j'y  étais  opposé. 

"  Q.  Je  comprends? — R.  Je  ne  l'ai  pas  permis. 

"  Q.  Néanmoins  vous  avez  laissé  faire  les  choses  à  cause  des  instructions. — R.  Je 
"  devais  me  soumettre,  bien  contre  mon  gré,  parce  que  j'avais  donné  une  décision  aupa- 
"  ravant  que  j'ai  dû  rappeler." 

M.  Tremaine  a  confirmé  dans  l'ensemble  l'entrevue  relatée  en  détail  par  M.  Par- 
sons. 

On  lui  demande  (page  5106,  volume  11)  : — 

"  Q.  Bien,  maintenant,  soyez  un  peu  plus  concis,  ffs'il  vous  plaît,  M.  Tremaine, 
"  voulez-vous  ?  Maintenant,  étiez-vous  présent  à  l'entrevue  lorsque  le  sous-ministre  est 
"  venu  ici  avec  le  commandant  Spain  ? — R.  J'étais  présent  à  une  entrevue. 

"Q.  A  l'entrevue ?— R,  Oui. 

"  Q.  C'est-à-dire  l'entrevue  dont  a  parlé  M.  Parsons  ? — R.  J'étais  présent  à  l'en- 
"  trevue. 

"  Q.  Voulez-vous  nous  dire  ce  qui  s'est  passé  à  cette  entrevue. — R.  Ce  que  M.  Par- 
"  sons  a  dit  est  correct. 

"  Q.  Que  s'est-il  passé  en  cette  occasion  ? — R.  Le  département  avait  protesté  d'Ot- 
"  tawa  contre  la  dépense  pour  l'approvisionnement  du  vaisseau.  Nous  avions  informé 
"le  département  par  lettre  et  dans  cette  occasion  qu'il  était  impossible  de  diminuer  les 
u  dépenses  si  nous  n'avions  pas  le  contrôle  des  approvisionnements.  Durant  un  certain 
"  nombre  d'années,  nous  avons  eu  ce  contrôle,  mais  on  a  donné  au  capitaine  du  vais- 
"  seau  plus  de  discrétion  quant  à  ce  qui  devait  lui  être  permis  de  commander.  Nous 
"  avions  essayé  ici 


"  Q.  Voyons,  je  vous  ai  demandé  ce  qui  s'était  passé  à  cette  entrevue.  Je  ne  veux 
"  pas  remonter  à  14  ans.  Je  parle  de  l'entrevue. — R.  C'est  ce  que  nous  avons  dit,  nous 
"  n'avions  pas  le  contrôle  des  approvisionnements  qui  étaient  achetés. 

"  Q.  C'est  ce  que  vous  avez  dit  au  colonel  Gourdeau  et  au  commandant  Spain  2 — 
"  R.  Oui.  Il  nous  a  dit  de  leur  donner  plus  de  latitude — je  ne  suis  pas  prêt  à  répéter, 
"  depuis  si  longtemps,  les  mots  exacts  dont  il  s'est  servi — mais  telle  fut  l'impression 
"  laissée  à  la  fois  sur  l'esprit  de  M.  Tremaine  et  le  mien,  que  nous  ne  devions  pas  re- 
"  trancher  certaines  choses." 

A  propos  de  l'expression  "laisser  faire"  : — 

"  Q.  M.  Parsons  a  dit  que  le  sous-ministre  s'était  alors  servi  de  l'expression  "lais- 
"  ser  faire"  ? — R.  Je  ne  suis  pas  prêt  à  dire  cela,  monsieur,  je  ne  me  rappelle  pas  cette 
"  expression. 

"  Q.  Voyons.  Etait-ce  à  cet  effet,  est-ce  que  cela  rend  l'idée? — R.  C'était  à  l'effet 
"  dont  j'ai  parlé. 

"  Q.  Quoi  ? — R.  Que  nous  devions  leur  donner  plus  de  latitude — parce  que 

"  Q.  Ecoutez.  Vous  vous  étiez  plaint  à  venir  jusque-là  que  la  latitude  était  trop 
"grande?— R.  Oui. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  53 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  Q.  Et  alors  on  vous  a  dit  que  vous  deviez  leur  donner  plus  de  latitude  ? — K.  Oui. 

"  Q.  L'augmenter  encore  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Je  vois.  Et  qu'est-ce  que  vous  avez  dit,  alors,  si  vous  avez  répondu  ? — R. 
"  Nous  avons  accepté  nos  instructions. 

"  Q.  Qu'est-ce  que  vous  avez  dit  % — R.  Nous  avons  protesté. 

"  Q.  Qu'avez-vous  dit? — R.  Nous  avons  dit  que  nous  avions  l'habitude  de  retrancher 
"  des  choses  que,  par  exemple,  M.  Parsons  et  moi  nous  ne  pouvions  pas  nous  payer 
-"  dans  nos  familles.  Nous  pensions  que  ce  qui  était  assez  bon  pour  nous  devait  être 
u  assez  bon  pour  les  officiers  du  vaisseau  ;  nous  ne  pouvions  pas  nous  donner  certaines 
"  choses  hors  de  saison. 

"  Q.  C'est  ce  que  vous  avez  à  dire  là  dessus.  Et  le  commandant  Spain,  qu'est-ce 
'*'  qu'il  a  dit  ? — R.  Il  a  dit  à  peu  près  la  même  chose. 

"  Q.  Que  M.  Gourdeau  ? — R.  Précisément. 

"  Q.  Est-ce  là  quelque  chose  que  vous  avez  ensuite  communiqué  au  ministre  ? — R. 
"  En  plusieurs  occasions." 

Il  y  a  une  divergence  entre  le  témoignage  de  M.  Parsons  et  celui  de  M.  Tremaine 
quant  aux  dates. 

M.  Parsons  dit  que  l'entrevue  a  eu  lieu  en  1898.  M.  Tremaine,  d'un  autre  côté, 
met  l'entrevue  environ  vers  le  7  octobre  1905. 

L'un  ou  l'autre,  M.  Parsons  ou  M.  Tremaine,  se  trompe  sur  ses  dates. 

Le  fait,  cependant,  reste  acquis  qu'une  entrevue  de  ce  genre  dans  un  temps  ou 
dans  un  autre  a  eu  lieu. 

Le  résultat  se  voit  dans  les  comptes. 

Depuis  que  M.  Desbarats  a  pris  la  direction  du  ministère,  les  choses  ont  changé. 

M.  Parsons  dit  que  les  papiers  du  département  feraient  connaître  les  faits. 

J'ai  fait  demander  tous  les  documents  et  M.  McClenaghan  m'a  fait  voir  chaque 
lettre  se  rapportant  à  cette  question  que  l'on  avait  dite  de  record  dans  le  département. 

Je  ne  puis  trouver  de  correspondance. 

AGENCES  DE   MONTREAL   ET   DE   SOREL. 

Un  grand  nombre  de  témoins  ont  été  examinés  devant  moi  à  Montréal.  Tous  les 
marchands  ou  autres  fournisseurs  du  département,  à  l'exception  de  ceux  dont  les  comp- 
tes n'étaient  que  pour  des  bagatelles,  ont  été  minutieusement  interrogés  par  l'avocat. 

Un  comptable  entendu  a  été  chargé  de  vérifier  les  livres  d'un  certain  nombre  de 
marchands. 

Une  partie  considérable  des  témoignages  se  rapportait  à  la  commissioin  des  phares 
et  à  l'amélioration  de  la  navigation.  J'ai  traité  cette  question  dans  une  partie  anté- 
rieure de  ce  rapport. 

On  a  fait  une  preuve  considérable  au  sujet  de  ce  que  l'on  peut  appeler  les  tran- 
sactions Merwin-Brooks.  Je  me  propose  d'en  parler  plus  tard  quand  j'en  viendrai  aux 
fonctionnaires  d'Ottawa. 

De  même  pour  l'achat  Coghlin,  l'argenterie  pour  le  steamer  Montcalm. 

Ces  sujets  seront  mieux  traités  plus  loin. 

M.  U.  P.  Boucher  était  l'agent  résidant  à  Montréal  ;  M.  Desbarats  était  le  premier 
au  contrôle  à  Sorel. 

Généralement,  à  l'exclusion  des  choses  réservées  pour  un  rapport  subséquent,  tout 
ce  qui  se  rapporte  aux  achats,  aux  contrats,  etc.,  offrait  un  contraste  plaisant  avec  c« 
que  j'ai  précédemment  inclus  dans  le  rapport. 


54  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  marchands  qui  ont  rendu  témoignage  à  Montréal  sont  des  gens  bien  posés,  et 
d'après  ce  qu'en  fait  connaître  l'enquête  il  n'y  a  pas  eu  d'abus  dans  leurs  transactions 
avec  le  département  de  la  Marine. 

Je  puis  dire  la  même  chose  des  messieurs  de  Sorel.  Ils  ont  donné  leurs  témoi- 
gnages franchement  et  honnêtement. 

Il  y  a  quelques  petites  choses  de  très  peu  d'importance  sur  lesquelles  on  a  peut- 
être  un  peu  surchargé. 

Quant  à  M.  Boucher,  il  a  quitté  le  service  du  département  de  la  Marine  et  des 
Pêcheries  au  mois  d'août  1908. 

Sa  manière  de  disposer  de  l'argent  du  gouvernement,  de  le  déposer  à  son  propre 
crédit  dans  un  grand  nombre  de  cas,  et  de  le  confondre  avec  ses  propres  deniers,  était 
incorrecte. 

Les  sommes  n'étaient  pas  considérables. 

Les  livres  semblent  avoir  été  vérifiés  périodiquement  par  les  inspecteurs  du  dépar- 
tement, et  la  manière  dont  il  disposait  de  l'argent  était  connue. 

Le  département  n'y  a  rien  perdu. 

La  manière  de  disposer  de  ces  sommes  d'argent,  de  les  envoyer  à  Montréal  et  à 
Sorel  pour  le  paiement  des  gages,  etc.,  a  été  changée  depuis  longtemps,  et  je  ne  pense 
pas  que  l'on  puisse  avoir  quelque  chose  de  bien  grave  à  reprocher  à  M.  Boucher. 

OTTAWA. 

Un  nombre  considérable  de  témoins  de  Toronto,  de  Kingston,  de  Prescott,  de  Sar- 
nia  et  de  Québec,  ainsi  que  d'Ottawa,  ont  été  interrogés  devant  moi,  à  Ottawa. 

Je  vais  parler  des  divers  fonctionnaires  dont  la  conduite  exige  une  mention 
spéciale. 

Le  colonel  Gourdeau.  Le  colonel  Gourdeau  était  sous-ministre  depuis  un  grand 
nombre  d'années.  Il  s'est  retiré  le  ou  vers  le  1er  avril  1908,  et  si  je  comprends  bien  on 
lui  a  accordé  un  congé  durant  cette  enquête. 

Les  commissaires  du  service  civil,  dans  leur  rapport,  disent  ce  qui  suit  : — 

"  Le  département  est  littéralement  inondé  par  la  correspondance,  c'est  une  moyenne 
M  de  100  à  120  lettres  par  jour.  Chaque  lettre  doit  être  mise  sur  la  liasse  à  laquelle  elle 
"  se  rapporte,  et  cela  représente  la  journée  d'ouvrage  du  personnel  des  archivistes  du 
"  département,  qui  comprend  six  employés.  Le  lendemain  matin,  les  liasses  sont  distri- 
''  buées  entre  les  différents  employés  pour  que  l'on  réponde  aux  lettres  nouvelles.  Cela 
"  implique  le  délai  obligatoire  d'au  moins  une  journée,  ce  qui  peut  être  souvent  sérieux 
"  dans  le  cas  d'une  affaire  importante.  Quand  les  réponses  aux  lettres  sont  préparées, 
"  elles  sont  présentées  au  sous-ministre  pour  qu'il  les  signe,  et  il  est  censé  connaître  tout 
"  ce  qu'elles  renferment,  ce  qui  est  pratiquement  impossible.  Dans  bien  des  cas  des 
"  lettres  sont  écrites,  signées  par  le  sous-ministre  et  expédiées,  bien  qu'elles  puissent 
"  venir  en  contradiction  avec  une  correspondance  ou  des  instructions  antérieures  sur 
"  le  même  sujet,  et  par  conséquent  cela  peut  être  une  cause  de  reproche  ou  jeter  du 
"  discrédit  sur  le  département." 

Dans  le  témoignage  du  colonel  Gourdeau  donné  devant  moi,  lors  des  premières 
séances  à  Ottawa,  parlant  de  cette  observation  des  commissaires  de  l'administration, 
il  dit  :— 

(Page  792,  volume  3.) 

"  Q.  Alors,  il  s'agit  des  bévues  de  la  correspondance  ? — R.  Oui.    Bien 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  55 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  Q.  Et  il  semble  extraordinaire  que  cela  puisse  exister? — R.  C'est  une  autre  chose, 
u  je  vous  assure,  s'il  nous  avait  été  donné  une  chance  d'expliquer  comment  se  fait  la 
"correspondance  dans  le  département  il  aurait  été  parfaitement  satisfait;  tout  homme 
"  intelligent  le  serait. 

"Q.  Que  dites-vous  du  système? — R.  Je  dis  que  le  système  est  aussi  parfait  qu'il 
"peut  l'être  dans  un  ministère  du  gouvernement.  Je  puis  dire  ceci  aussi,  qu'il  y  a 
u  deux  ans  un  monsieur  qui  avait  été  envoyé  à  Washington  par  le  département,  Votre 
"  Honneur,  vint  à  notre  département  par  affaire.  Il  visita  notre  bureau  de  correspon- 
"  dance  et  il  dit  à  M.  McClenaghan,  le  monsieur  qui  a  été  examiné  ici  hier,  que  s'il 
a  avait  su  que  notre  système  était  aussi  parfait  il  aurait  évité  son  voyage  à  Washing- 
ton. C'est  un  système  absolument  parfait.  Il  y  a  une  autre  chose  que  j'aimerais 
u  ajouter.  Il  a  dit  qu'il  était  impossible  pour  une  seule  personne  d'examiner  toute  la 
"  correspondance  et  de  signer  toutes  les  lettres  à  signer  en  connaissant  leur  teneur. 
"  Bien,  il  n'a  pas  réfléchi  un  moment  à  ce  qu'il  disait.  Prenons  un  cas.  Supposons  que 
"  l'agent  à  Québec  veuille  dépenser  $50  en  réparations  à  un  bateau  de  sauvetage  ou 
a  autre  chose  comme  cela  ;  cette  demande  est  envoyée  à  l'officier  du  département  qui  a 
"  le  contrôle  de  ces  choses-là,  qui  prépare  un  mémoire  dans  lequel  il  dit  au  ministre  : 
"  Je  recommande,  pour  telles  et  telles  raisons,  que  les  réparations  demandées  par  l'agent 
il  de  tel  et  tel  endroit  soient  accordées  pour  la  raison  suivante."  J'examine  cela,  j'y 
u  appose  mes  initiales.  S'il  s'agit  d'une  somme  considérable,  il  faut  aussi  que  cela  soit 
"  parafé  par  le  ministre.  Puis,  une  lettre  est  préparée.  Maintenant,  il  va  de  soi  que 
"  lorsque  cette  lettre  m'arrive  pour  que  je  la  signe,  je  n'ai  qu'à  y  jeter  un  coup  d'œil 
"  pour  voir  ce  dont  il  s'agit,  et  bien  qu'il  puisse  s'y  trouver  une  faute  d'orthographe 
"  que  je  n'aurais  pas  remarquée,  je  connaîtrais  la  teneur  de  la  lettre.  Je  puis  dire  que 
"  durant  les  deux  dernières  années  j'ai  travaillé  une  moyenne  de  douze  heures  par  jour; 
u  j'ai  rarement  pris  un  dimanche,  j'ai  rarement  pris  un  demi-congé  le  samedi.  Je  fai- 
*  sais  mon  ouvrage  le  mieux  que  je  pouvais.  Il  me  fallait  consacrer  une  heure  et  vingt 
"  minutes  et  une  heure  et  demie  chaque  jour  rien  qu'à  signer  les  lettres,  et  je  savais 
u  parfaitement  et  entièrement  ce  que  je  signais." 

Je  cite  ce  témoignage  parce  que  plus  loin,  je  parle  de  certains  cas  où  son  témoi- 
gnage, selon  moi,  est  en  contradiction  directe  avec  la  correspondance  dans  les  liasses 
du  département. 

Je  crois  qu'il  est  malheureux  que  le  sous-ministre,  après  l'institution  de  la  com- 
mission, ait  eu  accès  aux  liasses  du  département.  Il  appert  que  des  papiers  ont  été 
détruits.  Il  peut  se  faire  que  les  papiers  brûlés  n'aient  jeté  aucune  lumière  sur  les 
questions  soumises  à  l'enquête.  Néanmoins  j'aurais  préféré  la  lecture  des  papiers  dé- 
truits à  celle  de  ces  pleins  paniers  de  paperasses  d'un  caractère  semi-personnel  qui 
n'ont  pas  été  détruites. 

Dans  son  témoignage,  le  colonel  Gourdeau  dit  ce  qui  suit  (page  99,  volume  1)  : — 

"  L'hon.  M.  Cassels — Q.  Avez-vous  détruit  quelques-uns  de  vos  papiers  privés  de- 
"  puis  deux  mois  ? — R.  Oh,  oui,  des  lettres  personnelles  et  des  choses  comme  cela,  mais 
"  rien  se  rapportant  au  département. 

"  Q.  C'est  précisément  ce  que  je  vous  demande? — R.  Oui. 

"  Q.  Est-ce  que  ces  lettres  se  trouvaient  en  haut  dans  le  département  quand  elles 
R  ont  été  détruites  ? — R.  Mon  secrétaire  était  avec  moi  lorsque  j'ai  détruit 

"  Q.  Je  ne  vous  demande  pas  cela.  Je  vous  demande  seulement  si  c'étaient  des 
"  lettres  ou  des  papiers  dans  le  département  ? — R.  Rien  qui  se  rapportât  au  départe- 
"  ment. 

"  Q.  Je  ne  vous  demande  pas  cela.  Elles  étaient  là-haut,  comme  question  de  fait? 
tl  — R.  Oui,  avec  mes  papiers  personnels. 

"  Q.  Les  avez-vous  examinées  avec  votre  secrétaire? — R.  Oui. 

"  Q.  Et  est-ce  qu'il  y  a  eu  beaucoup  de  papiers  de  détruits  entre  vous  et  votre  se- 
crétaire?— R.  Non. 


56  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Des  papiers  personnels  ? — R.  Non. 

"  Q.  Quelle  quantité  en  a  été  détruite  ? — R.  Je  ne  puis  dire. 

"  Q.  Combien  de  temps  avez-vous  pris  pour  les  examiner  et  les  détruire  ? — R.  Oh, 
"  c'était  durant  les  heures  de  bureau  ;  je  vidais  précisément  mes  tiroirs. 

"  Q.  Je  voulais  savoir.  Il  devait  y  avoir  une  distinction  entre  les  papiers  officiels 
"  et  les  papiers  personnels." 

M.  Thomas,  un  employé  très  entendu,  très  utile,  et  évidemment  loyal  pour  le  sous- 
ministre,  dit  ce  qui  suit  (page  103,  volume  1)  : — 

"  Q.  Bien,  si  quelque  chose  avait  été  détruit  dans  le  département  du  sous-ministre, 
"  vous  le  sauriez  ? — R.  Vous  voulez  dire  des  documents  privés  2 

"  Q.  De  toute  sorte  ? — R.  Je  ne  sais  pas.  Je  ne  puis  rien  dire  des  documents 
"  officiels.    Des  documents  privés,  il  en  a  été  détruit  quelques-uns. 

"Q.  Que  voulez-vous  dire  par  documents  privés,  s'il  vous  plaît? — R.  Res  choses 
"  personnelles,  des  lettres  privées  du  sous-ministre,  des  choses  absolument  personnelles, 
"  que  nous  avions  là  en  liasse,  et  rien  autre  chose,  monsieur." 

(Page  106,  volume  1.) 

"  Q.  Permettez— je  n'ai  pas  laissé  entendre  cela — avez-vous  vu  dans  une  de  ces 
"  correspondances  d'une  nature  personnelle  quelque  chose  qui  se  rapportât  aux  affaires 
"  du  département  ? — R.  Du  département  ? 

"  Q.  Oui  ;  c'est-à-dire,  des  choses  officielles  ? — R.  Bien  ;  sous  ce  rapport,  je  puis 
'•'dire  ceci:  Un  député  peut  écrire  au  ministre  à  propos  d'une  affaire,  et  avant  de  ré- 
"  pondre  à  ce  député  il  peut  se  faire  que  le  ministre  demande  au  sous-ministre  de  vou- 
"  loir  bien  écrire  à  l'agent  et  de  s'assurer  si  ce  sont  bien  les  faits,  et  pour  savoir  quelle 
"  réponse  donner  au  député.  Dans  ce  cas,  le  sous-ministre  écrira  privément  à  l'agent. 
"  Quelque  chose  comme  cela.  Sans  doute,  cela  regarde  le  département  jusqu'à  un  cer- 
"  tain  point. 

"  Q.  Je  vois.  D'un  agent  ? — R.  Oui,  et  ainsi  de  suite.  Quelquefois  un  ministre 
"  veut  avoir  certain  renseignement  sur  une  affaire,  et  avant  que  rien  ne  se  fasse  officiel- 
"  lement,  quelquefois  le  ministre  peut  désirer  avoir  l'opinion  de  l'agent,  ou  du  capitaine 
"  d'un  vaisseau  sur  un  certain  voyage  que  l'on  veut  faire  pour  le  Gouverneur  général, 
"  et  ainsi  de  suite.  Quelquefois  ces  choses-là  ne  sont  pas  mises  dans  la  liasse  officielle, 
"  et  je  puis  dire  que  nous  avons  eu  des  monceaux  de  lettres  semblables.  Vous  pouvez 
"  peut-être  les  appeler  des  documents  semi-officiels,  mais  elles  sont  évidemment  écrites 
"  privément,  non  officiellement." 

Je  ne  comprends  pas  comment  la  manière  dont  les  affaires  du  département  de  la 
Marine  ont  été  conduites  à  Québec,  à  Saint-Jean  et  à  Halifax  ait  pu  être  inconnue  du 
sous-ministre. 

On  a  dit  que  les  inspecteurs  n'avaient  pas  fait  leur  devoir. 

Il  y  avait  des  plaintes  continuelles  sur  les  prix  excessifs  et  le  reste,  mais  apparem- 
ment il  n'y  avait  pas  d'intervention  pratique  de  la  part  du  sous-ministre  responsable 
de  la  bonne  administration  du  département. 

A  propos  de  l'agence  de  Québec  et  de  M.  Gregory,  j'ai  dit  :  "Plus  tard,  quand  j'en 
viendrai  aux  fonctionnaires  d'Ottawa,  j'aurai  à  parler  de  certaine  correspondance 
échangée  entre  lui  et  le  sous-ministre." 

Dans  le  cours  de  l'année  1905,  il  y  a  eu  une  série  de  lettres  contenant  des  plaintes 
sur  la  dépense  excessive.  Par  exemple,  le  13  juin  1905,  encore  le  13  juillet  1905  et  le 
10  août  1905,  le  13  septembre  1905,  le  14  décembre  1905  et  le  21  décembre  1905.  Ces 
lettres  sont  contenues  dans  la  pièce  205  produite  devant  moi. 

Le  27  décembre  1905,  le  colonel  Gourdeau  a  écrit  une  lettre  personnelle  à  M.  Gre- 
gory.   Elle  se  lit  comme  suit  : — 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  57 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

(Page  3294,  volume  8.) 
"(Personnelle.) 

"  Mon  cher  Gregory. — Quant  aux  lettres  qui  vous  ont  été  adressées  dernièrement, 
"  celles  qui  vous  seront  encore  probablement  écrites,  elles  sont  simplement  pour  justifier 
"  le  département  aux  yeux,  du  ministre  des  Finances,  ils  font  tout  ce  qu'ils  peuvent  pour 
"  diminuer  nos  dépenses,  mais  cela  ne  peut  se  f  aire." 

Comment  pouvait-on  s'attendre  à  ce  que  l'agent  à  Québec  obéit  aux  instructions 
qu'il  recevait  de  ceux  qui  étaient  responsables  des  dépenses,  en  présence  d'une  lettre 
semblable.    C'est  ce  que  je  ne  puis  comprendre. 

Voici  l'explication  qu'il  en  donne  (page  6308,  volume  14)  : — 

"  Q.  (Après  avoir  référé  à  la  lettre.)  Maintenant,  donc,  une  autre  lettre  a  été  pro- 
"  duite,  écrite  par  vous  le  même  jour  ou  le  jour  suivant  à  M.  Gregory,  dans  laquelle 
"  vous  lui  disiez  en  effet  que  c'était  une  question  de  formalité,  qu'il  n'avait  pas  à  en 
"  tenir  compte.    Comment  expliquez-vous  cela  ? — H.  Etait-ce  exactement  en  ces  termes  \ 

"  Q.  Oui,  en  effet  ?  Comment  pouvez-vous  expliquer  cela  ? — K.  A  propos  de  la 
"lettre  très  rude,  je  suis  allé  à  Québec  pour  voir  les  gens;  j'ai  vu  Samson  et  Filion, 
"  dont  nous  avions  refusé  de  payer  les  factures  durant  des  mois. 

"  Q.  Ne  vous  écartez  pas  ? — R.  Et  Gregory  était  très  mécontent  de  la  lettre  que  je 
"lui  avais  écrite.  Je  lui  ai  dit:  "Gregory,  si  j'ai  dit  quelque  chose  qui  soit  de  nature 
"  à  vous  offenser,  j'en  suis  chagrin,  et  si  cela  peut  vous  remettre,  je  vais  vous  écrire 
"  une  note,  mais  nous  sommes  ennuyés  à  propos  de  ces  comptes  qui  sont  payés  ici,  et  le 
"  ministre  est  furieux  à  cause  des  prix  demandés,  et  il  faut  un  changement  ici",  et  il 
"  m'a  dit  qu'il  ferait  tout  ce  qu'il  pourrait  pour  en  arriver  là.  Si  j'ai  écrit  une  lettre 
semblable,  ce  n'est  pas  du  tout  pour  contremander  une  lettre  sévère  qui  avait  été  écrite. 

"  L'hon.  M.  Cassels. — La  lettre  sévère  était  à  l'effet  qu'aucuns  paiements  ne  se- 
"  raient  faits  avant  qu'il  y  eût  de  l'argent  de  voté  pour  les  faire  ? — R.  Oui. 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Votre  lettre  personnelle  disait  "n^en  tenez  pas  compte". 
"  Cette  lettre  est  dans  le  dossier  ? 

"  M.  Watson. — La  voici  :  Ecoutez  ceci." 

On  lui  lit  la  lettre.    Voici  sa  réponse  : — 

"  R.  Bien.  Je  ne  vois  pas  rien  de  bien  mal  dans  cette  lettre,  pour  cette  raison-ci, 
"  que  cela  avait  rapport 

"  Q.  Bien ? — R.  Cela  avait  rapport  à  nos  crédits  votés,  monsieur." 

Ce  qui  voulait  dire,  je  suppose,  crédits  votés  pour  les  dépenses. 

Dans  son  témoignage  à  l'ouverture  de  la  commission,  l'auditeur  général  a  parlé 
de  certaine  argenterie  qui  a  été  importée  en  franchise  apparemment  pour  l'usage  du 
gouvernement  du  Canada.  Il  dit  que  le  gouvernement  n'a  jamais  eu  le  bénéfice  de  cette 
argenterie. 

Ce  certificat  dit: — 

"  Que  les  effets  importés  dans  le  port  de  Montréal  marqués  ou  adressés  comme  suit  : 
"  B.  J.  Coghlin  &  Co.,  Montréal",  comprenant  des  pièces  de  galvanoplastie  et  d'argente- 
"  rie  pour  les  steamers  du  Dominion,  évaluées  à  $79.08,  etc.,  ont  été  importés  par  le 
"  gouvernement  du  Dominion  ou  l'un  de  ses  ministères  et  à  son  usage." 

Ce  certificat  est  signé  par  le  colonel  Gourdeau,  donnant  son  titre  officiel  comme 
sous-ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 

A  ce  certificat  est  annexé  l'envoi,  et  à  la  marge  de  l'envoi  il  y  a  : — 

"  Ceci  est  l'envoi  mentionné  dans  mon  certificat,  daté  de  ce  jour  et  ci-annexé. 
"  Signé.)     F.  Gourdeau,  sous-ministre,  Marine  et  Pêcheries." 

On  a  dit  que  cette  argenterie  avait  été  importée  au  bénéfice  personnel  du  sous- 
ministre. 


58  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Lorsque  le  colonel  Gourdeau  a  donné  son  témoignage  devant  moi,  ce  certificat  lui 
a  été  lu,  et  les  questions  suivantes  lui  ont  été  posées  (page  6280,  volume  14)  : — 

"  Q Le  renseignement  que  j'ai,  c'est  que  ces  effets  n'étaient  pas  pour  le  gou- 

"  vernement  du  Dominion  ni  pour  un  ministère  du  gouvernement,  mais  pour  vous- 
"  même  ? — R.  Non,  je  ne  le  pense  pas. 

"  Q.  Etait-ce  le  cas  ? — R.  Je  ne  sais  pas  comment  cela  se  fait.  Un  commis  du  dé- 
"  partement  a  dû  me  l'apporter  pour  que  je  le  signe.  Je  ne  sais  pas. 

"  Q.  Est-ce  que  ces  effets  ne  sont  pas  allés  chez  vous? — R.  Je  ne  pense  pas,  non. 

"  Q.  Regardez  et  voyez  ;  voici  la  facture  ? — R.  Cela  est  préparé  par  un  officier  du 
"  département  en  quelque  endroit  ;  il  m'aura  demandé  de  le  signer  et  je  l'aurai  signé. 

"  Q.  Avez-vous  regardé  à  l'envoi  ? — K,  Je  ne  reconnais  pas  là  de  choses  que  j'aie 
"  achetées  d'eux. 

"Q.  Est-ce  que  ces  effets  sont  allés  chez  vous? — R.  Non,  je  n'ai  jamais  acheté 
"  d'effets  pour  ce  montant. 

"  Q.  Est-ce  qu'ils  vous  ont  été  donnés  en  présents? — R.  Non. 

"  Q.  Ou  à  chez  vous  ? — R.  Non. 

"  Q.  Ont-ils  été  admis  en  franchise  ? — R.  Cela,  je  ne  puis  vous  le  dire  ;  j'ai  acheté 
"  et  j'ai  eu  le  compte  pour  les  effets  de  M.  Coghlin,  et  j'ai  payé  pour  ces  effets." 

Depuis  l'enquête,  j'ai  reçu  une  lettre  du  colonel  Gourdeau,  et  en  justice  pour  lui  je 
la  citerai  en  entier.    Elle  est  datée  du  29  décembre  1908  :— 

"  Depuis  mon  examen  dans  l'enquête  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  j'ai  fait  des 
"  recherches  au  sujet  du  certificat  émis  à  propos  du  non-paiement  de  droits  sur  une  cer- 
"  taine  quantité  d'argenterie  achetée  par  moi.  Le  certificat  en  question  a  été  signé  par 
"  moi-même,  quand  j'étais  sous  l'impression  qu'il  avait  rapport  à  des  effets  achetés  pour 
"  le  département.  Comme  je  ne  puis  plus  être  sous  cette  impression,  j'ai  cru  qu'il  était 
"  de  mon  devoir  de  rembourser  aux  autorités  douanières  la  somme  de  $15.82,  qui  est  le 
"  montant  des  droits  sur  les  effets  en  question. 

"  Je  puis  ajouter  que  le  certificat  en  question  n'a  pas  été  préparé  par  moi,  et  a  été 
"  signé  avec  plusieurs  autres  documents  officiels,  préparés  de  la  même  manière  et  qui 
"  m'ont  été  présentés  pour  que  je  les  signe  comme  sous-ministre,  et  l'officier  qui  a  préparé 
"  le  certificat,  M.  Stumbles,  m'a  assuré  qu'il  l'avait  fait  en  croyant  que  les  articles 
"  étaient  pour  l'usage  du  gouvernement." 

J'aurais  cru  que  la  mémoire  d'un  témoin  en  1905  aurait  dû  être  aussi  bonne  qu'en 
1908. 


LE       KING  EDWARD     . 

Ce  vaisseau  a  été  nolisé  de  Holliday  Bros.,  par  contrat  contenu  dans  les  lettres  du 
31  mai  1904  et  du  2  juin  de  la  même  année,  pour  quatre  mois,  à  raison  de  $125  par  jour. 

A  l'époque  du  contrat,  Holliday  recevait  du  gouvernement,  en  sus,  la  somme  de  $50 
par  jour  pour  transporter  les  malles. 

A  part  cela,  les  propriétaires  avaient  le  droit  de  transporter  du  fret. 

Dans  son  témoignage,  Holliday  dit  ce  qui  suit  (page  5341,  volume  12).  Après 
avoir  référé  aux  lettres  du  8  et  du  11  août  : — 

"  Q.  Maintenant,  vous  nous  avez  déjà  dit  que  durant  ce  temps-là,  les  gains  en  plus 
"  du  vaisseau  quotidiennement  équivalaient  à  peu  près  à  $175  par  jour  sous  les  deux 
"  contrats  \ — R.  Oui,  monsieur." 

Je  pense  que  ce  montant  est  surfait,  et  dans  une  partie  subséquente  du  témoignage 
de  M.  Holliday,  il  dit  que  cela  ne  s'élèverait  pas  à  cette  somme.  Le  montant  exact 
n'est  pas  donné. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA   MARINE   ET  DES  PECHERIES  59 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Le  contrat  a  été  fait  délibérément.  La  raison  pour  laquelle  le  steamer  a  été  nolisé 
était  bien  connue  et  du  sous-ministre  et  de  Holliday.  Le  contrat  a  été  fait  par  le  sous- 
ministre.  C'était  un  contrat  pour  l'usage  du  steamer  durant  les  mois  de  juin,  juillet, 
août,  septembre,  inutile  de  le  dire,  les  mois  les  moins  exposés  aux  tempêtes  de  l'année. 

Holliday,  au  lieu  de  recevoir  le  prix  du  contrat,  .a  reçu  environ  $6,500  de  plus  que 
ce  à  quoi  il  avait  droit. 

On  l'a  payé  à  raison  de  $200  par  jour,  et,  apparemment,  dans  le  but  de  montrer  du 
zèle  pour  les  intérêts  du  pays,  on  lui  a  rogné  $20  par  jour  comme  compensation  pour 
l'usage  personnel  qu'il  faisait  du  steamer  en  transportant  du  fret,  etc. 

Il  a  reçu  $180  par  jour,  ou  environ  $6,600  de  plus  que  ce  à  quoi  il  avait  droit. 

A  moins  de  mettre  de  côté  tous  les  écrits  et  d'accepter  à  la  place  une  preuve  très 
disparate,  ont  doit  en  venir  à  la  conclusion  que  j'ai  indiquée  ci-dessus. 

On  cherche  à  faire  retomber  la  responsabilité  de  ce  mépris  des  termes  du  contrat 
et  du  paiement  majoré  sur  le  défunt  ministre,  l'honorable  M.  Préfontaine.  Je  crois  que 
cette  prétention  n'est  pas  justifiée. 

On  s'appuie  sur  un  mémoire  que  je  cite  : — 
"  (Mémoire  pour  le  sous-ministre)  : 

"  Les  travaux  de  construction  dans  le  golfe  Saint-Laurent,  l'année  dernière,  ont 
"  été  faits  avec  l'aide  du  steamer  King  Edward,  nolisé  à  raison  de  $180  par  jour,  et  qui 
"  en  même  temps  avait  à  travailler  pour  lui-même,  ce  qui  nuisait  grandement  au  dé- 
"  partement. 

"  Il  y  a  des  travaux  considérables  à  faire,  cette  saison,  dans  le  golfe,  et  il  est  dé- 
"  sirable  que  cette  divisioin  du  département  ait  un  bateau  absolument  à  sa  disposition 
u  pour  les  travaux  de  construction.  Je  recommanderais  fortement  qu'un  bateau  con- 
"  ques  années,  serait  beaucoup  moins  élevé  que  si  l'on  a  à  louer  un  bateau  chaque 
"année,  comme  il  fallu  le  faire  l'an  dernier." 

C'est  signé  :  "  B.  H.  Fraser.  Daté  d'Ottawa,  Ont.,  17-1-1904."  C'est  évidemment 
une  erreur  pour  1905. 

Plus  bas,  en  encre,  il  y  a  : — 

"  Je  concours.  Ce  bateau  pourrait  être  sous  nos  ordres,  et  à  notre  disposition, 
"  et  non  sous  le  contrôle  de  l'agent,  et  ce  devrait  être  avant  tout  un  bateau  de  trans- 
«  port.— W.P.A.,  17-l-'05." 

Au  bas:  "Mémorandum,  préparez  état  des  dépenses  pour  louer  bateau."  (Signé) 
R.  P. 

Il  n'y  a  pas  une  pièce  en  preuve  au  dossier  qui  fasse  voir  que  le  défunt  ministre 
connaissait  les  termes  du  contrat.  De  fait,  le  contrat  n'en  était  pas  un  à  raison  de 
$180  par  jour.  Le  contrat  était  à  raison  de  $200  par  jour,  l'entrepreneur,  Holliday, 
ayant  subséquemment  à  subir  une  diminution  de  $20  par  jour,  sous  prétexte  qu'il  avait 
utilisé  le  steamer  à  ses  propres  fins. 

Ce  mémoire  a  pu  évidemment  être  mis  devant  le  défunt  ministre,  mais  d'après 
moi  cela  ne  prouve  pas  que  celui-ci  ait  eu  connaissance  d'un  changement  de  $125  par 
jour  à  $200  par  jour  dans  le  contrat  fait  en  premier  lieu. 

Depuis  qu'il  a  été  entendu,  le  colonel  Gourdeau  m'a  fourni  un  autre  document, 
savoir,  un  rapport  à  Son  Excellence  le  Gouverneur  général  en  conseil,  daté  du  22  mars 
1905,  rapport  n°  12,  page  52. 

C'est  un  rapport  signé  par  feu  le  ministre  Préfontaine.  Il  comprend  un  grand 
nombre  d'affaires.    La  clause  dans  ce  rapport   sur  laquelle  on  s'appuie  pour  faire  voir 


60  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
que  le  défunt  ministre  connaissait  le  changement  de  $125  à  $200  par  jour  dans  le  con- 
trat, se  lit  comme  suit  : — 

"  Le  soussigné  à  l'honneur  de  déclarer,  pour  l'information  de  Votre  Excellence, 
"  que,  vu  la  grande  quantité  de  travaux  se  rattachant  aux  facilités  nouvelles  de  la  na- 
"  vigation,  sous  forme  de  nouveaux  phares  à  construire,  de  nouvelles  bouées  à  placer, 
"  et  d'installation  de  nouvelles  stations  Marconi  et  de  cloches  sous-marines,  il  est  abso- 
"  lument  nécessaire  que  le  département  ait  un  autre  steamer  de  construction.  La 
"  saison  dernière,  afin  de  faire  les  travaux  nécessaires,  le  département,  tout  en  se  ser- 
"  vant  de  ses  propres  bateaux,  a  été  obligé  de  noliser  le  steamer  King  Edward,  et 
"  aussi  de  louer  des  goélettes  pour  transporter  du  fret  et  des  matériaux  à  différentes 
"  parties  du  glofe,  louage  et  nolisement  qui  ont  coûté  au  département  la  somme  consi- 
"  dérable  de  $36,370,  et  le  travail  fait  n'a  pas  donné  satisfaction." 

Dans  ce  rapport,  le  ministre  parlait  sans  doute  des  comptes  et  de  la  dépense.  Cela 
ne  se  rapporte  pas  seulement  à  l'affrètement  du  King  Edward,  mais  aussi  au  louage  des 
goélettes  pour  le  transport  du  fret  et  des  matériaux  aux  différents  endroits  du  golfe. 

Une  lecture  attentive  de  la  correspondance  au  dossier  se  rapportant  à  cette  affaire, 
démontre  que  d'après  cette  correspondance  on  ne  peut  conclure  que  le  défunt  ministre 
ait  eu  quoi  que  ce  soit  à  faire  avec  ce  changement. 

A  plusieurs  reprises  durant  son  témoignage  le  colonel  Gourdeau  a  dit  qu'il  pouvait 
faire  corroborer  sa  déclaration  que  le  changement  s'est  fait  avec  le  consentement  du 
défunt  ministre.  Le  témoin  dont  il  s'agissait  était  M.  Power,  l'ex-député  de  Québec. 
J'ai  demandé  au  colonel  Gourdeau  de  faire  sa  preuve.  Il  ne  la  pas  faite,  et  je  dois 
juger  les  choses  d'après  les  témoignages  qui  ont  été  mis  devant  nous.  Dans  bien  des 
cas   le  témoignage  du  colonel  Gourdeau  a  été  insuffisant  et  contradictoire. 

Au  dossier,  il  y  a  un  document  qui  est  censé  être  une  charte-partie  faite  le  18e 
jour  de  juin  1904,  "entre  Sa  Majest^  le  roi  Edouard  VII,  représentée  à  cette  fin  par 
l'honorable  Raymond  Préfontaine,  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  de  la  Puis- 
sance du  Canada,  et  Holliday  Bros.,  propriétaires  du  steamer  King  Edward."  Cela  est 
censé  être  une  charte  d'affrètement  du  steamer  depuis  le  18  juin  1904  jusqu'au  30  sep- 
tembre 1904.    Elle  contient  la  stipulation  : — 

"  Le  dit  ministre  stipule  et  convient  de  payer  aux  dits  propriétaires  du  steamer 
'■'*  King  Edward  la  somme  de  $200  par  jour  de  24  heures,  pour  chaque  jour  que  le  dit 
"  steamer  King  Edward  sera  employé  à  distribuer  les  matériaux  pour  la  construction 
"  des  phares  aux  stations  mentionnées." 

Ce  contrat  n'est  pas  exécuté  de  la  part  de  la  Couronne.  La  preuve  fait  voir  qu'il 
n'a  pas  été  exécuté  par  Holliday  Bros,  jusque  tard  dans  l'automne  de  1905.  Le  paie- 
ment à  LIolliday  Brothers  a  été  fait  le  17  juin  1905. 

Le  16  novembre  1905,  l'auditeur  général  a  écrit  au  sous-ministre  de  la  Marine  une 
lettre  dans  laquelle  il  dit  : — 

"Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  demander  une  explication  du  paiement  de 
"  $20,792.50  fait  à  la  banque  du  Peuple  d'Halifax  pour  le  steamer  King  Edward  et  ses 
"  propriétaires,  par  le  chèque  n°  22145  de  l'exercice  1904-5.  Y  a-t-il  eu  un  arran- 
"  gement  avec  les  propriétaires  du  steamer  King  Edward  sur  le  prix  à  payer  pour  le 
"  steamer  quand  il  serait  à  l'usage  de  votre  département  ?  S'il  y  en  a  un,  ayez  donc  la 
"  complaisance  de  m'en  envoyer  une  copie  et  le  reste." 

En  réponse  à  cette  lettre,  le  sous-ministre  a  écrit  à  l'auditeur  général  une  lettre 
en  date  du  26  décembre  1905,  dans  laquelle  il  dit  : — 

"  Vous  remarquerez  que  d'après  le  contrat  les  propriétaires  du  King  Edward  ont 
"  droit  à  $200,  et  aussi  à  une  rémunération  raisonnable  pour  le  travail  additionnel 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE   I.  I    if  A  RI  NE   ET  DES  PECHERIES  61 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  quand  il  y  a  des  matériaux  à  livrer,  etc.,  mais  il  n'a  été  accordé  que  $180  par  jour 
"  parce  que  les  propriétaires  du  steamer  transportaient  de  leur  propre  fret.  Cette  ré- 
"  duction  de  $20  par  jour  a  été  considérée  comme  une  très  juste  compensation  au  dé- 
"  partement." 

On  doit  remarquer,  à  propos  de  cette  lettre,  qu'il  n'existait  pas  de  contrat  écrit, 
sauf  le  contrat  attesté  par  les  lettres  du  31  mai  et  du  2  juin  1904. 

Le  contrat  mentionné  dans  cette  lettre  à  l'auditeur  général  était  la  prétendue 
charte  partie  du  18  juin  1904,  signée  par  Holliday,  non  par  le  gouvernement. 

A  propos  de  ce  prétendu  changement  de  contrat,  Holliday  dit  ce  qui  suit  : — 

On  lui  p.arle  de  ses  lettres,  l'une  du  25  mai  1904,  adressée  à  William  Power,  député 
au  parlement  d'Ottawa,  dans  laquelle  il  est  dit  : — 

"  Nous  avons  été  invités  par  le  représentant  du  département  de  la  Marine  et  des 
"  Pêcheries  ici  à  soumissionner  pour  le  transport  des  approvisionnements  et  des  maté- 
"  riaux  de  construction  pour  les  phares,  à  aller  jusqu'au  détroit  de  Belle-Isle.  Nous 
"  avons  offert  nos  services  et  notre  steamer  le  King  Edward  à  raison  de  $200  par  jour, 
"  le  vaisseau  étant  disponible  au  mois  de  juillet." 

Cette  offre  n'a  pas  été  acceptée,  et  le  31  mai  1904  Holliday  écrivait  ce  qui  suit  au 
sous-ministre  : — 

"  Nous  avons  l'honneur  de  confirmer  notre  engagement  verbal  d'hier  re  charte  du 
"  steamer  susdit  pour  la  période  de  quatre  mois,  à  dater  du  "moment  qu'il  commencera 
"  à  prendre  de  la  cargaison,  le  ou  vers  le  20  juin,  au  taux  de  $125  pour  jour,  nous  en- 
"  gageant  à  fournir  tout  ce  qui  sera  nécessaire  pour  la  navigation  du  steamer.  Comme 
"  cela  a  été  convenu,  il  sera  évidemment  permis  au  steamer  de  laisser  ses  malles,  etc.,  à 
"  certains  temps,  en  arrivant  à  ou  en  partant  de  certains  endroits  auxquels  votre  dé- 
"  partement  peut  l'envoyer,  ce  qui  pourra  le  retarder  de  quelques  heures,  etc." 

Une  lettre  du  25  mai  1904  a  été  antérieurement  adressée  au  sous-ministre  lui 
offrant  le  steamer  à  raison  de  $200  par  jour. 

Cette  offre  a  été  acceptée  par  une  lettre  du  sous-ministre  le  2  juin  1904. 

Holliday  dit  dans  son  témoignage  (page  5318,  volume  12)  : — 

"  Q.  Maintenant,  d'après  cela  apparemment,  vous  n'étiez  pas  capables  de  faire  le 
"  contrat  à  ce  prix,  et  puis  vous  avez  consenti  à  prendre  $125  par  jour  au  lieu  de  $200 
"  que  vous  demandiez  auparavant  :  C'est  là  la  position,  d'après  cette  correspondance  ? 
"  — K.  Apparemment,  oui. 

(Page  5321,  volume  12.) 

"  Q.  Nous  avons  passé  pour  le  moment  ce  contrat  au  sujet  du  King  Edward.  Si 
"  je  vous  comprends  bien,  ce  que  vous  dites  c'est  qu'il  avait  été  fait  un  contrat  défini 
"  et  distinct  de  la  manière  régulière,  comme  question  d'affaires,  pour  l'affrètement  de 
"  ce  vaisseau  à  $125  par  jour  2 — R.  Oui,  monsieur. 

"  Q.  C'est  cela  ?— R.  Oui." 

On  lui  parle  du  contrat  pour  le  transport  des  malles  : — 

"  Q.  Maintenant,  vous  aviez  un  contrat  avec  le  département  du  Commerce  pour  le 
"transport  des  malles? — R.  Oui. 

"  Q.  En  même  temps? — R.  Oui. 

"  Q.  Et  d'après  ce  contrat   on  devait  vous  payer  combien  ? — R.  $8,000,  je  pense. 

"  Q.  Cela  ferait  $50  par  jour  ?— R.  Huit  mois. 

"L'hpn.  M.  Cassels. — Le  steamer  aurait  marché  depuis  le  20  juin? — R.  Environ 
"  $50  par  jour. 

"  M.  Watson — Ainsi,  il  n'y  a  pas  de  mystère  là-dedans.  C'est  cela  qu'il  avait,  $50 
"  par  jour.  Ce  contrat  courait  lorsque  celui  de  l'affrètement  du  King  Edward  a  été  fait 
à  $125  par  jour  ?— R.  Oui. 

"  Q.  Ainsi,  pour  l'usage  de  ce  steamer  d'une  double  manière,  vous  gagniez  $175 
"par  jour  pour  les  deux  contrats? — R.  Oui,  comme  vous  arrangez  cela." 


62  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Puis  il  arrange  cela  avec  le  droit  en  plus  de  transporter  du  fret  (page  5322,  vo- 
lume 12)  :— 

"  Q.  Sans  doute,  c'était  la  rémunération  que  vous  deviez  recevoir  pour  le  service 
"  spécialement  indiqué,  et  à  part  cela  vous  aviez  le  droit  de  transporter  du  fret  autre- 
"  ment,  comme  vous  le  pourriez  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Cela,  sans  doute,  est  une  affaire  personnelle  entre  vous  et  nos  gens,  mais  je 
"  veux  dire  que  vous  aviez  un  revenu  distinct  et  sûr  d'autres  sources  et  d'un  jour  à 
"l'autre?— R.  Oui. 

"  Q.  Un  revenu  probablement  égal  à  celui  que  vous  receviez  du  département,  pro- 
bablement, je  ne  veux  pas ? — R.  Oui,  probablement." 

A  propos  du  changement,  il  s'explique  comme  suit  au  pied  de  la  page  5323  : — 

"  Q.  Y  a-t-il  eu  quelque  changement-  à  ce  contrat  ?  Oui,  ou  non,  s'il  vous  plait  l 
"  — R.  Je  veux  dire, — il  doit  y  en  avoir  eu,  il  y  en  a  eu,  oui. 

"  Q.  Il  doit  y  en  avoir  eu  2 — R.  Oui. 

"  Q.  Nonobstant  ce  contrat  signé,  avez-vous  ensuite  réclamé  $200  par  jour  du  dé- 
"  partement  de  la  Marine,  au  lieu  de  $125  par  jour  ? — R.  Je  crois  que  oui. 

"  Q.  Voulez-vous  dire  que  vous  n'en  êtes  pas  absolument  certain — parlez,  M.  Hol- 
"  liday — sont-ce  là  des  chosees  incertaines  à  votre  esprit  ? — R.  Non,  elles  ne  sont  pas 
"  incertaines.     Ce  que  j'ai  vu  des  comptes  depuis,  nous  avons  eu  plus  que  cela. 

"  Q.  D'après  ce  que  vous  avez  vu  des  comptes  depuis,  vous  avez  eu  plus  que  cela  ? 
"  — R.  Oui,  depuis  l'enquête. 

"  Q.  Voulez-vous  dire,  alors,  que  c'est  à  peu  près  tout  ce  que  vous  en  savez,  que 
"  vous  avez  remarqué  depuis,  d'après  les  comptes,  que  vous  avez  eu  plus  \ — R.  Non.  Je 
"  savais  que  nous  étions  supposés  avoir  eu  $200. 

"  Q.  Vous  étiez  censés  avoir  reçu  $200  par  jour  % — R.  Oui. 

"  Q.  Nonobstant  ce  fait  que  vous  aviez  fait  ce  contrat  à  $125  par  jour,  est-ce  cela? 
"— R.  Oui. 

"  Q.  Voyons.    Et  vous  étiez  censés  recevoir  cela  depuis  le  commencement? — R.  Oui. 

"  Q.  Du  commencement,  en  dépit  du  contrat.  Et  cette  supposition  vous  venait  de 
"qui?— R.  M.  Spain." 

Plus  loin  (page  5325,  volume  12)  il  s'explique  comme  suit  : — 

"  Q.  De  sorte  que  vous  dites  maintenant  qu'un  peu  plus  tard  vous  avez  supposé 
"  que  vous  aviez  reçu  $200  par  jour  dès  le  commencement,  est-ce  cela  ? — R.  Bien,  oui. 

"  Ce  qui  est  vrai  ? — R.  Plus  tard. 

"  Q.  Dites-moi,  s'il  vous  plaît,  quand  était-ce  ? — R.  Bien,  je  ne  me  rappelle  pas 
"  tout  à  fait,  mais  je  me  rappelle  en  avoir  parlé  à  M.  Power,  et  M.  Power  s'en  est  occupé 
"  et  est  allé  voir  le  ministre  de  la  Marine. 

"  Q.  Comment  le  savez-vous  ? — R.  Il  me  l'a  dit." 

(Page  5326,  volume  12.) 

"  Q.  Vous  avez  dit  à  M.  Power,  je  suppose,  que  vous  aviez  signé  ce  contrat  à  $125 
"  par  jour,  n'est-ce  pas  ? — R.  Je  ne  le  sais  pas. 

"  Q.  Eh  % — R.  Je  ne  saurais  dire  cela. 

"  Q.  Vous  n'auriez  pas  trompé  M.  Power  ? — R.  Non.  Je  n'ai  pas  dit  que  je  l'avais 
"  trompé,  mais  je  ne  sais  pas  comment  la  question  s'est  présentée. 

"  Q.  Alors,  vous  n'êtes  pas  sûr  de  lui  avoir  dit  que  vous  aviez  passé  un  contrat  à 
"  $125  par  jour  ?— R.  Non. 

"  Q.  Alors,  d'après  ce  que  vous  dites,  M.  Power  vous  a  témoigné  de  la  sympathie 
"  et  il  devait  intervenir  pour  vous  ? — R.  Oui." 

C'est  ainsi  que  M.  Holliday  explique  comment  on  en  est  venu  au  soi-disant  nou- 
veau contrat. 

Le  colonel  Gourdeau,  dans  son  témoignage,  dit  ce  qui  suit  (page  5533,  volume  13)  : — 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  63 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  Q.  C'est  un  fait  qu'un  contrat  défini  a  été  fait  par  correspondance  avec  Holliday 
"Brothers  pour  l'affrètement  et  l'usage  du  King  Edward  à  $125  par  jour? — R.  La 
"  liasse 

"  Q.  Vous  rappelez- vous  cela  % — R.  Non.  La  liasse  des  lettres  ferait  connaître  cela. 
"Je  ne  m'en  souviens  pas;  je  n'ai  pas  été  en  relations  avec  le  département  depuis  le 
"  1er  avril  dernier. 

"  Q.  Vous  ne  pouvez  vous  rappeler  ce  fait  % — R.  Non. 

"  Q.  Je  vois  que  la  correspondance  s'est  faite  avec  vous  directement  ? — R.  Certai- 
"  nement,  mais  je  ne  puis  savoir  ce  qui  en  est  sans  consulter  la  liasse  et  vérifier  la 
"  chose  ;  sans  cela,  je  n'oserais  dire. 

"  Q.  Bien,  nous  voyons  qu'un  tel  contrat  a  été  fait.  Etait-ce  dans  le  cours  ordi- 
"  naire  et  régulier  des  affaires  du  département  ? — R.  Pour  le  contrat  à  faire  1 

«  Q.  Oui  ?— R.  Oui. 

"  Q.  Pourquoi  vouliez- vous  faire  un  contrat  ? — R.  Oh,  pour  régler  les  obligations 
"  de  part  et  d'autre. 

"  Q.  Maintenant,  je  vois  par  la  correspondance  qu'avant  que  ce  contrat  fut  fait 
"  Holliday  Brothers,  par  une  lettre,  ont  demandé  une  somme  plus  considérable,  c'est- 
"  à-dire  qu'ils  ont  demandé  $200  par  jour  ? — R.  Pour  le  King  Edward  'è 

"  Q.  Pour  le  King  Edward  2— R.  Oui. 

"  Q.  Et  après  que  cela  leur  eût  été  refusé,  on  a  fixé  $125  par  jour.  C'était  une 
"  chose  à  considérer  ? — R.  Oui,  certainement. 

"  Q.  Et  il  n'y  a  pas  de  doute  que  vous  avez  réfléchi  là-dessus  le  mieux  possible? — 
"R.  Oui." 

On  lui  demande  (page  5537,  volume  13)  : — 

"  Q.  Maintenant,  voulez-vous  expliquer,  colonel  Gourdeau,  comment  il  se  fait 
"  qu'ayant  fait  ce  contrat,  un  autre  contrat  a  été  fait  subséquemment,  et  qu'on  l'a 
"  exécuté  à  raison  de  $200  par  jour  ? — R.  Je  ne  puis  me  rappeler  cela.  Il  me  f  au- 
"  drait  lire  les  lettres. 

"  Q.  Attendez  un  peu,  s'il  vous  plaît.  Qu'une  demande  a  été  faite  subséquemment 
"  par  Holliday  Brothers  pour  une  augmentation,  et  que  vous  avez  alors  écrit  à  M. 
"  Gregory,  lui  parlant  de  cette  demande  d'augmentation  et  lui  demandant  d'y  songer? 
"  — R.  Et  de  faire  rapport. 

"  Q.  Et  de  faire  rapport  ;  et  que  s'il  croyait  cela  raisonnable,  d'approuver  les  comp- 
"  tes  pour  ces  augmentations? — R.  Oui. 

"  Q.  Est-ce  que  cela  était  dans  le  cours  ordinaire  des  affaires  ? — R.  Si  l'on  •  avait 
"  donné  des  raisons  pour  cette  augmentation,  l'agent  aurait  eu  certainement  à  faire 
"  un  rapport  là-dessus. 

"  Q.  Si  l'on  avait  donné  des  raisons  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Bien,  la  raison  donnée  était  que  l'homme  voulait  avoir  plus  ? — R.  Bien,  je  ne 
"  pourrais  pas  donner  aucune  opinion  ni  aucune  réponse  satisfaisante  sans  voir  les 
"  lettres." 

Son  témoignage  a  été  ajourné  afin  de  lui  permettre  d'examiner  la  correspondance. 

Il  appert  que  Holliday  a  proposé  de  rencontrer  le  sous-ministre  à  Ottawa,  et  que 
l'entrevue  a  eu  lieu  vers  le  27  ou  le  28  mai  1904,  et  l'offre  de  $125  a  été  faite. 

Parlant  de  la  lettre  (page  5779,  volume  13)  : — 

"  Q.  Il  y  a  une  offre  distincte  et  définie  pour  $3,750  par  mois  de  calendrier  ? — R 
"  Oui. 

"  Q.  Et  cette  offre  a  été  faite  apparemment  après  que  M.  Holliday  est  venu  à 
"Ottawa?— R,  Oui." 

Cette  somme  de  $3,750  par  mois  de  calendrier  est  au  taux  de  $125  par  jour. 

Il  explique  (page  5780,  volume  13)  : — 

"  R.  J'ai  pris  sur  moi  d'offrir  ce  prix,  mais  il  n'y  avait  pas  d'acceptation  de  sa  part. 
"  Il  a  dit  qu'il  irait  à  Québec  et  qu'il  prendrait  la  chose  en  considération.. 


64  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Il  n'y  avait  pas  d'acceptation  de  sa  part  ? — E.  Non. 

"  Q.  Il  ne  vous  a  pas  dit  qu'il  accepterait  ?— B.  Non.  Il  était  fort  ennuyé  de  ce 
"  que  je  lui  offrais  ce  montant. 

"  Q.  Oui.  Alors,  le  2  juin  il  écrit,  en  réponse  à  votre  lettre  du  21  mai,  qui  a  été 
"  écrite  le  même  jour   que  la  sienne,  vous  voyez  ? — E.  Oui. 

"  Q.  Vous  lui  avez  écrit  le  31  offrant  $3,750  ?— E.  Oui. 

"  Q.  Il  vous  a  écrit  à  la  même  date  cherchant  à  confirmer  ce  qu'il  avait  compris 
"  être  l'arrangement  verbal.  Puis,  le  2  juin,  il  vous  écrivait  :  "Nous  avons  l'honneur 
"d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  31  re  affrètement  du  steamer  King  Edward, 
"  proposition  que  nous  sommes  heureux  d'accepter."  Ainsi,  il  y  avait  une  acceptation 
"  bien  claire  ? — E.  Oui. 

"  Q.  Maintenant,  cela  constituait  un  contrat  entre  lui  et  le  département,  n'est-ce 
"pas?— E.  Oui,  jusque-là." 

(Page  5782,  volume  13.) 

"Q Bien,  maintenant,  après  on  a  apparemment  abandonné  le  contrat? — E. 

"  Oui. 

"  Q.  On  l'a  laissé  de  côté.  Et  après  cela,  et  le  18  juin,  c'est-à-dire  un  peu  plus  de 
"  quinze  jours  plus  tard  ? — E.  Oui. 

"  Q.  Un  document  est  produit  à  la  date  du  18  juin,  un  peu  plus  de  quinze  jours 
"  après  l'acceptation  et  la  passation  du  premier  contrat,  par  lequel  un  nouveau  contrat 
"  est  fait  à  raison  de  $200  par  jour  ?— E.  Oui." 

Comme  je  l'ai  déjà  dit,  ce  document  daté  du  18  juin,  n'a  été  préparé  ou  signé  que 
tard  dans  l'année  suivante  de  1905,  et  n'a  jamais  été  complété  par  la  signature  du 
ministre. 

Il  dit  que  le  contrat  a  été  modifié  avec  la  sanction  du  ministre  (page  5783,  volume 
13):- 

"  Q.  Oui.  Pouvez-vous  me  montrer  quelque  preuve  de  la  sanction  du  ministre  ? 
"— K.  Non. 

"  Q.  Vous  ne  le  pouvez  pas  ? — E.  Mais  M.  Power  peut  certifier  cela. 

"Q E.  Je  ne  mentionnerais  pas   cela   si  je  n'avais  pas  quelqu'un  pour 

"  corroborer  ce  que  je  vous  dis." 

Puis,  il  dit  qu'il  n'y  a  rien  dans  les  papiers  qui  indique  aucune  reconnaissance  de 
la  part  du  ministre  (page  5784,  volume  13)  : — 

""Q.  Il  n'y  a  aucune  inscription  indiquant  que  cela  a  été  endossé  par  lui  (M.  Pré- 
"  fontaine).  La  règle  est  que  tous  les  contrats  sont  approuvés  par  lui  par  écrit  sous 
"  une  forme  ou  sous  une  autre  :  n'est-ce  pas  là  la  règle  ? — E,  Un  mémoire. 

"  Q.  N'est-ce  pas  cela  ?— E.  Oui." 

Je  lui  ai  demandé  (page  5785,  volume  13)  : — 

"  Q.  Pouvez-vous  nous  donner  la  date?  (A  propos  du  changement) — E.  Je  ne  puis 
"  vous  donner  la  date. 

"  Q.  Pouvez-vous  dire  combien  de  temps  après  le  2  juin  ? — E.  Je  ne  pourrais  le 
"  dire,  Votre  Honneur." 

Un  mémoire  en  date  du  4  juillet  a  été  produit.  Il  est  signé  par  O.  G.  V.  Spain,  et 
est  intitulé  :  "Mémorandum  pour  le  sous-ministre."    Il  y  est  dit  : — 

"  A  propos  de  la  note  du  sous-ministre  au  sujet  de  l'affrètement  du  Saint-Lawrence 
"  etc.  Il  y  est  dit  que  deux  steamers  avaient  été  proposés  pour  le  travail,  l'un,  le  King 
"Edward;  l'autre,  le  Polino.  Puis,  vient  ce  qui  suit:  "Holliday  Brothers  ont  d'abord 
"  demandé  $200  par  jour  pour  l'affrètement  de  ce  steamer,  mais  le  département  a  réussi 
"à  le  noliser  pour  la  somme  de  $125  par  jour.".  Dans  ce  mémorandum  on  voit  en 
"  encre  rouge,  de  l'écriture  du  sous-ministre,  "ministre  satisfait  de  l'explication.  F.  G. 
"  6-7-'04." 

Il  est  référé  à  cela  pour  faire  voir  que  dans  tous  les  cas  à  venir  jusqu'à  cette  date 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  65 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

il  ne  pouvait  pas  y  avoir  eu  d'entente  sur  un  changement  du  contrat  comme  il  l'a  dit 

lui-même.    On  le  met  en  présence  de  son  mémorandum,  et  on  lui  demande,  en  référant 

au  mémorandum  (page  5789,  volume  13)  : — 

"  Q.  Est-ce  correct,  pensez-vous  ? — R.  Non,  je  ne  pense  pas  que  ce  soit  cela." 
*****  * 

"Vous  avez  mis  la  date  vous-même,  6  juillet? — R.  La  date  que  j'ai  mis  mes 
u  initiales. 

"  Q.  Oui  ? — R.  Oui,  j'aurais  pu  y  mettre  mes  initiales  bien  longtemps  après  que 
u  cela  eût  été  préparé." 

(Page  5790,  volume  13.) 

"  Q.  Mais  comment  cela  pouvait-il  se  faire  ?  C'est  signé  par  M.  Spain  et  signé 
"par  vous,  et  le  voici.  Maintenant,  vous  dites  que  le  ministre  a  consenti  à  $200  par 
"  jour  vers  le  temps  où  le  contrat  a  été  fait  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Et  votre  mémorandum  est  "  Ministre  satisfait  de  l'explication  ".  Signé  de 
"  vos  initiales  6-7-1904  ? — R.  Cela  a  rapport  à  tous  ces  différents  steamers. 

"  Q.  Cela  a  rapport  à  ce  qui  est  écrit  là,  je  suppose  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Oui.    Puis,  qu'est-ce  que  vous  avez  à  dire  du  ministre  en  présence  de  cela  ? — 

"  R.  J'ai  à  dire  que  le  ministre  a  décidé  de  lui  donner  $200  par  jour." 

****** 

"  Q.  Alors,  était-ce  là  une  entrée  correcte  ou  une  entrée  incorrecte  dans  les  livres? 
"  — R.  Je  ne  pense  pas  que  ce  soit  une  entrée  correcte. 

"  Q.  Oh,  vous  croyez  que  c'est  une  entrée  incorrecte  ? — R.  Oui. 

"Q.  Cela  est  dans  la  liasse? — R.  Oui. 

"  Q.  Numéroté  \— R.  Oui. 

"Q.  Daté?— R.  Oui. 

"  Q.  De  la  manière  régulière  ? — R.  Cela  ne  fait  aucune  différence. 

"  Q.  Signé  par  vous,  et  c'est  une  pièce  incorrecte  aux  archives  ? — R.  Oui,  pour  ce 
"  qui  a  rapport  au  King  Edward" 

Une  lettre  est  écrite  par  M.  Gregory,  l'agent  à  Québec,  au  sous-ministre.  Cette 
lettre  dit  : — 

"  J'ai  l'honneur  de  vous  demander  de  vouloir  bien  m'envoyer  une  copie  du  contrat 
"passé  avec  MM.  Holliday  Brothers  pour  le  service  du  steamer  King  Edward,  afin 
u  que  je  puisse  savoir  quelles  sont  réellement  les  obligations  qu'ils  se  sont  engagés  à 
"  exécuter." 

Il  y  a  un  mémorandum  là-dessus  par  M.  Stumbles  le  référant  au  commandant 
Spain  et  disant  :  "Le  contrat  n'a  pas  été  fait  par  moi  et  je  n'en  connais  rien.    W.W.S." 

Le  29  juillet  1904,  en  réponse  à  M.  Gregory,  le  colonel  Gourdeau  écrit: — 

"  En  réponse  à  votre  lettre  au  sujet  du  contrat  passé  avec  MM.  Holliday  Brothers 
"  pour  le  service  du  steamer  King  Edward,  j'ai  l'honneur  de  vous  adresser  une  copie  de 
"M'offre  du  département,  datée  du  31  mai  dernier,  et  de  leur  acceptation  à  la  date  du 
"  2  juin  1904." 

D'après  son  témoignage,  bien  longtemps  auparavant,  le  contrat  avait  été  changé 
et  l'on  avait  consenti  à  payer  la  somme  de  $200. 

On  lui  demande  d'expliquer  (page  5793,  volume  13)  : — 

"  Q.  Le  29  juillet.    Vous  avez  dit  qu'il  existait  bien  longtemps  avant  cela.    Est-ce 

"  que  cette  lettre  n'est  pas  correcte  ? — R.  Non.    Cela  avait  été  arrangé,  mais  nous  vou- 

"  lions  avoir  l'opinion  de  l'agent  avant  de  décider  définitivement." 

****** 

"  Q.  Est-ce  que  cette  lettre  expose  correctement  les  faits  ? — R.  Laissez-moi  voir  la 
"  lettre.    (Il  lit  la  lettre.)     Oui,  cette  lettre  a  été  préparée  par 

"  Q.  Je  ne  vous  ai  pas  demandé  par  qui  elle  avait  été  préparée.  Est-ce  un  exposé 
"  exact  des  faits  ? — R.  Non,  elle  ne  l'est  pas. 

38—5 


66  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
*  *  *  *  *  •# 

"  Q.  Montrez-la  moi  encore.  Nous  avons  sa  réponse  aujourd'hui.  Je  ne  veux 
"  aucun  malentendu  possible.  Le  29  juillet  1904,  à  la  date  de  cette  lettre,  y  avait-il  un 
"  arrangement  entre  le  département  et  Holliday  Brothers  à  l'effet  que  $200  par  jour 
"  seraient  payés  à  M.  Holliday  ?  C'est  une  question  bien  claire,  bien  simple  ? — K.  Je 
"  crois  que  oui. 

"  Q.  Vous  croyez  qu'il  y  en  avait  un  ? — R.  Oui. 

"  Q.  Cet  arrangement  était  représenté  par  le  contrat  qui  est  ici  signé  par  lui  2 — 
"  R.  Oui.  Cette  réponse  se  rapporte  au  document  écrit  du  18.  juin,  qui,  comme  ques- 
"  tion  de  fait,  n'a  pas  été  signé  avant  l'automne  suivant  et  longtemps  après  que  le  paie- 
"  ment  eut  été  fait." 

Parlant  encore  de  la  lettre  du  29  juillet,  on  demande  : — 

"  Q.  Evidemment,  cela  constitue  un  exposé  de  fait  clairement  inexact  dans  cette 
"lettre?— R.  Ça  en  a  l'air." 

Le  1er  août  une  lettre  a  été  écrite  par  Holliday  Brothers  à  l'ex-ministre,  dans  la- 
quelle ils  font  remarquer  : — 

"  Nous  désirons  appeler  votre  attention  sur  le  fait  que  depuis  que  nous  avons  passé 
"  le  contrat  avec  votre  département  pour  le  transport  des  matériaux  de  construction, 
"  etc.,  notre  steamer,  le  King  Edward,  a  été  constamment  en  course,  en  conséquence 
"  nos  frais  d'exploitation  ont  été  beaucoup  plus  considérables  que  nous  ne  l'avions 
"  d'abord  prévu." 

L'on  continue  à  signaler  les  dépenses  extraordinaires  que  l'on  a  encourues. 

"  Nous  avons  bonne  raison  de  croire  que  jusqu'à  présent  le  service  a  été  fait  à 
"  l'entière  satisfaction  de  votre  département,  et  nous  croyons  donc  avoir  droit  à  $200 
"  par  jour,  la  somme  que  nous  avions  demandée  en  premier  lieu." 

Cela  a  été  adressé  à  l'agent  à  Québec  dans  une  lettre  du  8  août  1904,  dans  la- 
quelle le  sous-ministre  dit: — 

"  Je  vous  envoie  aujourd'hui  copie  d'une  lettre  de  MM.  Holliday  Brothers,  Québec, 
"  à  propos  du  steamer  King  Edward.  Vous  serais  obligé  si  vous  vouliez  m'écrire  et  me 
"  faire  part  de  votre  opinion  sur  l'affaire  à  propos  de  laquelle  ils  nous  écrivent." 

On  a  fait  remarquer  au  colonel  Gourdeau,  durant  son  témoignage,  que  cette  lettre 
était  signée  par  M.  Magee  (page  5796,  volume  13)  : — 

"  Q Cela  est  signé  par  M.  Magee  pour  le  sous-ministre  de  la  Marine 

'•  et  des  Pêcheries  2 — R.  Oui. 

"  Q.  Avez-vous  vu  cette  lettre  ? — R.  Oui." 

Le  colonel  Gourdeau  est  parti  pour  la  Colombie-Britannique  le  10  août  1904,  et 
est  revenu  le  3  septembre. 

Le  11  octobre  1904,  le  sous-ministre  a  adressé  à  l'agent,  à  Québec,  une  lettre  qui 
se  lit  comme  suit  : — 

"  J'ai  à  inclure  quelques  comptes  de  Holliday  Brothers,  de  Québec,  etc.  Vous  re- 
"  marquerez  que  cette  société  se  fait  payer  à  raison  de  $200  par  jour.  Le  prix  convenu 
"  par  le  département  était  de  $125  par  jour.  Je  serais  bien  aise  si  vous  vouliez  me  faire 
"  savoir  si  vous  considérez  ce  supplément  juste  et  raisonnable,  vu  la  nature  et  les 
"  difficultés  particulières  du  service  et  la  détérioration  du  steamer,  et  si  vous  le  croyez, 
"  vous  approuverez  le  compte." 

L'agent  à  Québec  a  répondu  par  la  lettre  du  21  octobre  1904,  accusant  réception 
de  la  lettre  du  11  du  courant,  et  incluant  les  comptes  de  Holliday.    Il  dit: — 

"  Vous  remarquerez  d'après  ma  correspondance  antérieure  que  j'ai  protégé  les  inté- 
"  rets  de  MM.  Holliday  Brothers  autant  que  je  l'ai  pu  dans  la  mesure  de  mon  devoir. 
"  MM.  Holliday  Brothers  ont  évalué  le  service  de  leur  steamer  à  $200  par  jour.  Je 
"  considère  que  c'est  une  bonne  rémunération  pour  le  service  qu'il  avait  à  faire  si  on 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  67 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  l'avait  employé  uniquement  pour  le  département,  mais  comme  le  steamer  perdait  du 
"  temps  à  chaque  voyage  en  bas,  en  allant  et  en  revenant,  au  bénéfice  du  trafic  per- 
"  sonnel  de  MM.  Holliday  Brothers,  je  crois  qu'il  devrait  être  fait  une  déduction.  J'en 
"  ai  parlé  à  ces  messieurs,  mais  je  regrette  d'avoir  à  dire  qu'ils  semblent  attribuer  de 
"  mauvais  motifs  à  la  manière  dont  j'ai  essayé  de  régler  l'affaire." 

Le  27  octobre  1904,  le  sous-ministre  écrivit  à  l'agent  de  Québec,  accusant  réception 
de  la  lettre  du  21  octobre  : — 

"  Quant  au  paiement  de  $200  par  jour  à  ces  messieurs  pour  l'usage  de  leur  stea- 
"  mer,  vous  me  feriez  plaisir  si  vous  vouliez  avoir  la  bonté  de  suggérer  la  déduction 
"  que  vous  croirez  devoir  être  faite  sur  cette  allocation  quotidienne  pour  le  temps  que 
"  le  bateau  perd  à  chaque  voyage  dans  l'intérêt  personnel  du  propriétaire." 

On  lui  a  demandé  (page  5812,  volume  13)  : — 

"  Q.  Maintenant,  M.  Gourdeau,  dans  toute  cette  correspondance  après  le  mois  de 
"  juin,  on  ne  trouve  pas  un  seul  mot  qui  se  rapporte  à  ce  contrat  de  $200  par  jour, 
"daté  du  18  juin.  Comment  expliquez-vous  cela? — R.  C'est  bien  malheureux,  mais  la 
"  chose  ne  fait  pas  de  doute.  Il  a  été  convenu  qu'il  aurait  $200  par  jour,  et  les  con- 
"  ditions  n'étaient  pas  les  mêmes  que  lorsqu'il  avait  $125. 

"  Q.  Et  ces  déclarations  dans  la  lettre  % — R.  Sont  malheureusement  une  erreur. 

"  Q.  Elles  sont  fausses  ? — E.  Bien,  elles  ne  sont  pas  correctes. 

"  Q.  Je  vous  ferai  remarquer,  colonel  Gourdeau,  qu'il  ne  s'agit  pas  d'une  inexacti- 
"  tude  ou  d'une  erreur.  Ce  doit  être  nécessairement  u^e  question  de  fausse  représen- 
"  tation  délibérée,  n'est-ce  pas,  bien  claire  ? — R.  Oui,  cette  lettre  en  a  l'air." 

Le  11  novembre  1904,  une  lettre  a  été  écrite  apparemment  par  le  sous-ministre,, 
mais  il  semblerait  qu'elle  n'a  pas  été  signée  par  lui,  mais  par  M.  W.  L.  Magee. 

Apparemment,  une  lettre  a  été  écrite  le  20  novembre  à  l'agent  de  Québec,  et  le  4 
décembre  un  télégramme  a  été  adressé  : — 

"  J.  U.  Gregory,  agent,  département  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. — Le  départe- 
"ment  attend  renseignement  demandé  dans  lettre,  20  novembre,  au  sujet  du  King 
"  Edward." 

"  Signée  par  le  sous-ministre." 

Comme  on  avait  fait  remarquer  que  cela  était  incompatible  avec  l'histoire  racontée, 
le  sous-ministre  répond  (page  5830,  volume  13)  : — 

"  Q.  Bien,  la  lettre  et  le  télégramme  sont  absolument  incompatibles  avec  les  faits, 
"  n'est-ce  pas  ?— R.  Oui." 

Encore,  référant  à  la  correspondance  (page  5831,  volume  13)  : — 

"  Q Maintenant,  M.  Gourdeau,  cette  lettre  est  aussi  une  fausse  repré- 

"  sentation  manifeste  des  faits,  n'est-ce  pas  \ — R.  Je  le  crois." 

(Page  5834,  volume  13.) 

"  Q.  Puis,  il  y  a  une  lettre  de  M.  Gregory,  du  21  décembre,  adressée  à  vous.  (Il  lit 
"  la  lettre,  partie  de  la  pièce  416.)  C'était  la  première  fois  apparemment  que  Holliday 
"  Brothers  avaient  signé  ? — R.  Oui,  cela  a  été  négligé. 

"  Q.  Oui,  le  21  décembre  1905.  (Cette  lettre  se  rapporte  au  contrat  placé  dans  la 
"  liasse  et  portant  la  date  du  16  juin.)" 

A  propos  du  ministre  défunt  (page  5835,  volume  13)  : — 

"  L'hon.  M.  Cassels. — Quant  à  lui  (parlant  de  M.  Préfontaine),  il  n'y  a  aucune 
"  preuve  quelconque  d'un  contrat  passé  par  lui. 

"  M.  Watson. — Non.  Maintenant,  les  choses  en  sont  là  % — R.  Oui,  ainsi  qu'il  ap- 
"  pert  au  dossier. 

"  Q.  D'après  ce  qu'en  font  connaître  les  archives  du  bureau  \ — R.  Oui." 

Selon  moi,  il  est  impossible  de  lire  cette  preuve  et  la  correspondance  et  d'en  venir 
à  une  autre  conclusion  que  celle  que  j'ai  énoncée  ci-dessus. 

38— H 


68  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Je  passe  outre  l'achat  par  le  sous-ministre  d'une  chaloupe  à  gazoline  de  Beau- 
chemin,  et  sa  vente  ensuite  au  département  par  Cunningham.    N'importe  qui  peut  lire 
la  preuve. 

Le  témoignage  du  fils  de  M.  Coghlin,  donné  à  Montréal,  a  jeté  quelque  nouvel 
éclaircissement  sur  l'achat  d'argenterie  de  Coghlin  pour  le  Montcalm. 

J.  B.  A.  BOUDREAU. 

M.  Boudreau  est  l'aide  du  comptable  du  département  de  la  Marine. 

L'accusation  portée  contre  Boudreau  par  VanFelson,  qui  était  gérant  de  la  banque 
du  Peuple,  d'Halifax,  à  Québec,  est  d'avoir,  lui  Boudreau,  demandé  $3,000  comme  con- 
dition pour  que  la  somme  due  à  Holliday  pour  le  service  du  King  Edward  en  1904  fut 
payée.  J'ai  parlé  de  l'affaire  du  contrat  du  King  Edward  quand  il  s'est  agi  du  cas  du 
colonel  Gourdeau. 

La  somme  due  à  Holliday,  à  propos  de  ce  contrat  et  pour  autres  services,  était  de 
$30,400.    Elle  a  été  payée  le  17  juin  1905. 

Toute  l'histoire  telle  que  racontée  par  VanFelson  est  enveloppée  de  mystère.  Je 
crois  que  la  chose  viendra  devant  un  jury  à  Québec,  et  peut-être  pourra-t-on  la  dé- 
brouiller. 

Avant  d'examiner  les  témoignages  il  y  a  quelques  points  saillants  qui  devraient 
être  considérés. 

(1)  Le  témoignage  de  Holliday,  pour  le  moins,  est  loin  d'être  satisfaisant.  Dans 
son  premier  examen,  au  sujet  de  ses  chèques  (page  2606,  volume  7)  : — 

"  Q.  Avez-vous  eu  les  chèques  2 — R.  Non.  Ces  chèques  manquent  depuis  février, 
"  je  pense,  depuis  février  à  aller  jusqu'au  1er  juillet. 

"  Q.  Février  1905  ?— R.  Février  1905. 

"  Q.  Quelle  banque  ? — R.  La  banque  du  Peuple,  d'Halifax." 

Maintenant,  sachant  que  ses  chèques  étaient  détruits,  il  ne  veut  pas  jurer  qu'il  n'a 
pas  signé  trois  chèques  de  $1,000  chacun,  comme  l'a  dit  VanFelson.  Il  se  contente  de 
dire:  Produisez  les  chèques  et  je  les  admettrai. 

(2)  Dans  son  grand  livre,  il  y  avait  un  compte  spécial.  Cette  feuille,  contenant  le 
compte  trois  mois  ou  à  peu  près  avant  l'audition  à  Québec,  a  été  enlevée  du  grand  livre 
et  transportée  à  un  autre  grand  livre,  dit-on,  sans  l'autorisation  de  Holliday.  Le  com- 
mis jure  que  la  feuille  est  la  même.  Il  n'y  avait  pas  de  raison  pour  la  substitution  de 
cette  feuille  de  l'ancien  grand  livre  au  nouveau.  Il  peut  se  faire  que  la  feuille  trans- 
férée ne  donnât  aucune  information  utile  dans  cette  eriquête-ci.  J'aurais  aimé  pou- 
voir voir  cette  feuille  telle  qu'elle  était  à  sa  vraie  place. 

(3)  Holliday  a  reçu  une  somme  d'environ  $6,600  pour  les  services  du  King  Edward, 
qu'il  n'aurait  jamais  dû  recevoir. 

(4)  VanFelson  dit  qu'il  (Holliday)  a  signé  trois  chèques  de  $1,000  chacun.  Il 
pense  qu'il  les  a  escomptés,  l'un,  à  la  banque  Nationale,  un  à  la  banque  de  Québec  et 
un  à  la  banque  de  Montréal. 

Il  est  prouvé  qu'un  chèque  de  Holliday  Brothers,  tiré  sur  la  banque  du  Peuple,  a 
été  escompté  à  la  banque  de  Québec  le  19  juin.    Ce  chèque  était  pour  $1,000. 

Il  est  aussi  prouvé  que  deux  chèques  de  $1,000  chacun,  tirés  sur  la  banque  du  Peu- 
ple, ont  été  escomptés  à  la  banque  Nationale  le  16  juin.     Chacun  de  ces  chèques  était 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  69 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

pour  la  somme  de  $1,000.    Il  n'est  pas  prouvé  que  ces  deux  derniers  chèques  fussent  des 

chèques  de  Holliday  Brothers.    On  n'a  pas  prouvé  par  qui  ils  avaient  été  signés. 

Il  est  démontré,  cependant,  par  la  production  des  livres  de  la  banque  du  Peuple, 
qu'au  compte  du  steamer  de  Holliday  Brothers,  la  somme  de  $30,300  a  été  déposée  le 
17  juin.  (On  ne  rend  pas  compte  des  $100  additionnels.)  Le  17  juin,  il  a  été  porté 
$1,000  au  débit  du  compte  du  steamer  de  Holliday  Brothers.  Le  17  juin  était  un  sa- 
medi. Le  19  juin,  on  a  porté  au  débit  du  compte  de  steamer  de  Holliday  Brothers  la 
somme  de  $4,018.86. 

(5)  Il  est  difficile  de  savoir  quel  motif  VanFelson  peut  avoir  eu  pour  fabriquer 
cette  histoire. 

Maintenant,  d'un  autre  côté,  il  faut  prendre  en  considération  certains  faits  sail- 
lants. 

(1)  Il  est  difficile  de  comprendre  pourquoi  quelqu'un  aurait  avancé  $3,000,  ré- 
parties comme  l'a  dit  VanFelson,  avant  que  le  compte  fut  payé.  Si  l'on  disait  qu'un 
.marché  avait  été  fait  avant  le  paiement  et  exécuté  après,  quand  le  compte  fut  payé,  je 
comprendrais  cela. 

(2)  Comme  la  chose  m'a  été  présentée,  les  trois  chèques  doivent  avoir  été  escomptés 
avant  le  6  juin,  autrement,  la  preuve  corroborante  de  Lawrence  tombe  par  terre. 

(3)  On  ne  produit  aucune  preuve  qu'aucun  des  chèques  ait  été  escompté  avant  le 
16  juin. 

(4)  VanFelson,  dans  son  témoignage,  n'a  pas  été  précis. 

(5)  Boudreau  oppose  une  dénégation  absolue  à  toute  l'histoire.  De  plus,  il  dé- 
clare qu'il  n'a  jamais  été  à  Québec  au  mois  de  juin,  il  peut  y  avoir  été  en  mai.  Le  re- 
gistre d'assiduité  à  son  bureau  corrobore  ses  dires,  sauf  quant  aux  13  mai  et  17  juin, 
chacun  de  ces  jours  étant  un  samedi.  En  règle  générale,  je  n'accorderais  pas  trop 
d'importance  aux  dates,  et  je  ne  me  fierais  pas  trop  au  registre  d'assiduité.  Dans  ce 
cas,  cependant  comme  la  chose  m'a  été  présentée,  les  dates  sont  importantes.  Les 
paiements  prétendus  doivent  avoir  été  antérieurs  au  6  juin,  ou  bien  le  témoignage  de 
Lawrence  est  une  invention.  Il  est  parti  le  5  ou  le  6- juin,  et  n'a  pas  été  à  Québec  après 
cela. 

Dans  son  témoignage  au  procès,  VanFelson  a  déclaré  de  la  façon  la  plus  positive 
que  la  transaction  en  question  a  eu  lieu  à  une  date  quelconque  entre  le  5  et  le  12  juin. 

Lawrence,  le  comptable,  a  été  appelé  à  le  corroborer.  Il  a  témoigné  positivement  à 
l'effet  que  Boudreau  est  allé  à  Québec,  qu'il  lui  a  donné  la  main,  ayant  auparavant  fait 
'  sa  connaissance,  et  que  VanFelson  a  appelé  son  attention  sur  Boudreau  et  lui  a  de- 
mandé de  se  souvenir  de  lui.  Il  déclare  aussi  qu'il  a  vu  VanFelson  sortir  pour  avoir 
des  billets,  et  qu'il  a  vu  les  billets  dans  ses  mains  quand  il  est  revenu.  Il  a  témoigné 
de  la  façon  la  plus  positive  de  ces  faits.  Cependant,  il  a  fait  remarquer  qu'il  était 
parti  de  la  banque  de  bonne  heure  le  5  ou  le  6  juin  de  cette  année,  et  il  croit  que  la 
chose  a  eu  lieu  vers  la  dernière  partie  de  mai. 

C'est  la  déclaration  de  Lawrence,  et  VanFelson  disant  positivement  dans  son  témoi- 
gnage que  Lawrence  était  présent  à  l'occasion  dont  il  s'agit,  VanFelson  avait  à  retirer 
quelque  chose  de  ses  déclarations  et  à  mettre  la  date  de  l'affaire  quelque  jour  vers  la 
fin  de  mai  ou  le  commencement  de  juin. 

On  a  fait  tout  ce  qu'il  était  possible  de  faire  pour  retracer  les  chèques  en  question. 
On  s'est  informé  dans  toutes  les  banques.  Il  n'y  a  aucune  trace  d'aucun  chèque  de 
Holliday,  sauf  comme  je  l'ai  dit,  du  19  et  du  16  juin. 


70  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
J'en  suis  venu  à  la  conclusion  que  par  les  témoignages  donnés  devant  moi   l'accu- 
sation contre  M.  Boudreau  n'est  pas  prouvée. 

M.   DESBARATS. 

D'après  la  preuve  faite  devant  moi,  M.  Desbarats  semble  avoir  été  un  officier  des 
plus  entendus  et  des  plus  utiles. 

Je  n'ai  rien  autre  chose  à  dire  contre  lui  que  les  remarques  que  j'ai  eu  à  faire  à 
propos  de  l'enquête  d'Halifax 

LE  COLONEL  W.  P.  ANDERSON. 

A  propos  du  colonel  Anderson,  je  trouve  que  toute  accusation  de  mancfue  de  pro- 
bité et  d'avoir  reçu  des  gratifications  irrégulièrement  est  sans  fondement. 

En  parlant  du  service  des  signaux  d'alarme  diaphoniques,  j'ai  eu  occasion  de  faire 
certaines  remarques  sur  ce  qu'il  avait  eu  à  faire  avec  l'achat  de  ces  instruments. 

A  Québec,  M.  Parent  a  donné  son  témoignage.  Il  a  été  nommé  ingénieur  de  la 
construction.  Il  paraîtrait,  d'après  son  témoignage,  qu'il  était  sous  l'impression  que 
cela  comportait  le  droit  d'acheter  des  matériaux,  et  après  avoir  pris  des  renseignements 
il  constata  que  l'on  pouvait  acheter  la  brique  à  $1.50  par  mille  de  moins  que  ce  que 
payait  M.  Gregory  pour  de  la  brique  d'une  qualité  semblable. 

Le  17  mars  1906,  il  écrivit  au  colonel  Anderson  une  lettre  qui  se  lit  comme  suit  : — 

"  Pour  en  revenir  encore  à  votre  lettre  du  14  du  courant,  il  me  fait  peine  de  voir 
"  que  les  explications  données  dans  ma  lettre  du  5  du  courant  n'ont  pas  été  trouvées 
fi  satisfaisantes.  J'ai  signé  ce  compte  parce  que  je  savais  parfaitement  bien  que  tôt  ou 
"  tard  il  faudrait  payer  le  compte  sur  le  crédit  de  la  construction. 

"  Quand  je  suis  arrivé  à  Québec  la  première  fois,  on  m'a  remis  toutes  les  affaires 
"  de  la  construction,  et  je  m'attendais  à  contrôler  plus  ou  moins  l'émission  des  com- 
"  mandes  ainsi  que  le  coût  des  matériaux.  Plus  tard,  et  cela  en  présence  de  M.  B  H. 
"Fraser,  j'ai  été  sévèrement  repris  par  l'agent  pour  m'être  renseigné  auprès  des  étran- 
"  gers  de  la  valeur  marchande  de  certains  articles,  tels  que  la  brique,  etc.  On  m'a  tout 
"  simplement  défendu  d'en  agir  ainsi.  Après  discussion  entre  M.  Fraser  et  l'agent,  il 
"  a  été  décidé  qu'à  l'avenir  je  certifierais  les  articles  reçus  et  demandés.  Plus  tard 
"  encore,  quand  M.  Fraser  est  venu  à  Québec,  il  fut  convenu  en  outre  que  toutes  les 
"  commandes  pour  l'achat  de  matériel,  soit  pour  construction  ou  autres  fins,  devaient 
'*  être  signées  par  l'agent.  Vous  pouvez  juger  par  ce  qui  précède  dans  quelle  position  je 
u  me  trouve,  et  je  ne  vois  pas  bien  comment  je  puis  certifier  les  comptes  et  être  tenu 
'*  responsable  de  la  dépense  quand  je  ne  puis  contrôler  les  prix  ou  l'achat  des  matériaux 
"de  mon  chef.  Il  me  semble  que  ces  divers  ordres  ou  arrangements  devraient  être 
'*'  amendés  de  quelque  manière,  et  que  l'on  devrait  me  dire  exactement  ce  que  j'ai  à 
fl  faire,  car  actuellement  les  choses  me  semblent  assez  embrouillées. 

"  Je  me  suis  toujours  efforcé  de  rester  en  bons  termes  avec  les  officiers  de  l'agence, 
"  je  croyais  que  c'était  là  ce  que  désirait  le  département." 

Puis  il  dit: — 

"  Je  vous  donne  le  renseignement  ci-dessus  sous  le  sceau  du  secret,  M.  Fraser  con- 
u  naît  tout  cela,  et  pourrait  vous  donner  plus  de  détails." 

En  réponse  à  cette  lettre,  le  colonel  Anderson  écrit  la  lettre  suivante  : — 

"  23  mars  1906. 

"  Monsieur, — En  réponse  à  votre  lettre  personnelle  du  17  du  courant,  au  sujet  des 
u  comptes  de  construction  que  vous  avez  à  certifier,  j'ai  à  vous  faire  savoir  que  l'inten- 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  71 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

u  tion  de  M.  Fraser  était  de  vous  faire  certifier  seulement  l'exactitude  des  quantités 
"  et  le  montant  des  travaux,  en  laissant  M.  Gregory  responsable  des  prix.  M.  Fraser 
"  va  à  Québec  pour  vous  voir  et  M.  Gregory,  et  il  discutera  cela  ainsi  que  d'autres 
;"  choses  personnellement  avec  vous.  En  même  temps,  je  ne  saurais  trop  fortement  vous 
"  recommander  la  nécessité  de  voir  à  faire  des  économies  l'année  prochaine,  car  nous 
i"  n'avons  pas  eu  le  contrôle  suffisant  sur  notre  crédit  durant  cette  année." 

Cela  laissait  entendre  que  des  prix  excessifs  étaient  payés. 

Le  colonel  Anderson  n'a  pris  aucune  autre  mesure  pour  porter  la  question  à  l'atten- 
tion des  autorités  que,  comme  il  le  dit,  de  soumettre  au  sous-ministre  la  lettre  de  M. 
Parent  adressée  à  lui-même  ainsi  que  sa  réponse. 

B.  F.  Fraser  était  le  premier  commis  du  colonel  Anderson,  et  j'aurais  cru  que  l'on 
aurait  pris  de  lui  des  renseignements  sur  le  bien  fondé  des  déclarations  contenues  dans 
la  lettre  de  M.  Parent,  et  que  l'on  aurait  tenu  compte  de  ses  dires. 

Le  sous-ministre  nie  avoir  eu  aucune  connaissance  de  la  lettre.  Dans  tous  les  cas, 
le  seul  fait  de  mettre  la  lettre  devant  lui  et  de  sa  réponse  ne  remplirait  pas  les  fins  de 
la  plainte  de  Parent. 

Le  colonel  Anderson  explique  cela  de  la  manière  suivante  (page  6435,  volume  14)  : — 

"  Q.  Est-ce  que  M.  Fraser  vous  a  dit  que  tout  cela  s'était  passé  en  sa  présence  % — 
"  R.  Je  ne  me  rappelle  pas  la  substance  de  la  conversation  maintenant. 

"  Q.  Ce  n'est  pas  très  ancien;  c'est  au  mois  de  mars  1906? — R.  Mon  impression. 
w  à  ce  sujet,  c'est  que  je  n'y  pouvais  absolument  rien  avec  l'organisation  existante. 

"  Q.  Vous  êtes  l'ingénieur  en  chef  de  tout  le  département  % — R.  Je  puis  être  l'ingé- 
"  nieur  en  chef  de  tout  le  département,  mais  je  n'avais  pas  le  droit  d'acheter  rien  à 
"  Québec  ;  tout  devait  être  acheté  par  l'entremise  de  l'agent." 

Je  crois  que  dans  les  circonstances  on  aurait  dû  appeler  l'attention  du  sous-mi- 
nistre sur  ce  renseignement  donné  par  M.  Parent. 

Dans  le  rapport  des  commissaires  du  service  civil,  il  est  question  de  plusieurs 
choses  qui  se  rapportent  à  l'administration  du  département  du  colonel  Anderson. 

Je  n'ai  rien  à  voir  à  la  manière  dont  le  département  des  ingénieurs  a  été  admi- 
nistré. 

Je  puis  dire,  cependant,  en  justice  pour  le  colonel  Anderson,  que  la  plupart  des 
choses  dont  se  sont  plaints  les  commissaires  du  service  civil  ont  été  expliquées  d'une 
manière  satisfaisante  dans  le  témoignage  qu'il  a  donné  devant  moi.  Je  crois  qu'il  est 
malheureux  qu'il  n'ait  pas  été  appelé  par  les  commissaires  à  donner  des  explications 
personnelles. 


LE  COMMANDANT  SPAIN. 

Dans  le  témoignage  de  l'auditeur  général  donné  devant  moi,  on  a  produit  la  lettre 
suivante,  datée  du  24  juin  1907,  adressée  au  sous-ministre  (page  6011,  volume  14)  : — 

"  Je  crois  que  vous  m'avez  dit,  il  y  a  environ  un  an,  que  vous  aviez  fait  savoir  au 
''  commandant  Spain  qu'il  devrait  vous  donner  un  mémorandum,  ou  une  note,  chaque 
"  fois  qu'il  se  propose  de  quitter  Ottawa  pour  affaires  du  gouvernement,  etc.,  "afin  de 
"  pouvoir  vérifier  son  compte  de  dépenses  de  voyage.  Je  dois  vous  demander  de  me 
"  fournir  un  état  donnant  les  dates  de  son  départ  et  de  son  retour,  et  de  la  nature  des 
"  travaux  qu'il  a  été  appelé  à  faire  durant  les  neuf  mois  se  terminant  au  31  mars  1907." 

Le  7  novembre  1908,  l'auditeur  général  écrivit  ce  qui  suit  à  M.  Desbarats,  sous- 
ministre  intérimaire  : — 


72  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Je  désire  appeler  votre  attention  sur  les  comptes  du  commandant  Spam,  de  votre 
"  département,  pour  dépenses  de  voyage  durant  l'exercice  1907-8,  et  j'ai  à  vous  dire 
"  que  bien  que  ces  comptes  semblent  avoir  été  approuvés  par  le  colonel  Gourdeau,  sous- 
"  ministre,  je  ne  puis  les  accepter,  parce  qu'ils  accusent  à  leur  face  même  une  apparence 
"  trop  évidente  d'inexactitude.  Il  est  presque  impossible  à  notre  bureau  de  vérifier  plus 
"  que  l'exactitude  mathématique  d'un  compte  pour  dépenses  de  voyage,  à  moins  de  re- 
"  courir  à  des  moyens  inusités  et  désagréables  pour  obtenir  des  renseignements.  Il 
"  suffit,  en  vertu  de  la  loi  du  revenu  consolidé  et  de  la  vérification  des  comptes,  d'exiger 
"  pour  les  comptes  la  preuve  qu'ils  ont  été  examinés  par  le  département  qui  en  a  le 
"  contrôle  et  approuvés  par  l'un  des  officiers  ayant  une  connaissance  personnelle  de  la 
,"  dépense,  et  dans  la  plupart  des  cas  cela  est  suffisant.  Pour  plusieurs  raisons,  je  ne 
**  puis,  pour  le  compte  du  colonel  Spain,  accepter  ces  conditions. 

"  En  examinant  ses  comptes  pour  1904-5,  on  a  trouvé  qu'ils  accusaient  des  incor- 
"  rections  tellement  évidentes  que  l'on  a  dû  recourir  à  des  moyens  inusités,  avec  ce  ré- 
"  sultat  qu'environ  un  sixième  de  la  somme  totale  a  dû  être  remboursée,  et  les  circons- 
**  tances  étaient  telles  que  le  sous-ministre  a  pris  sur  lui  de  dire  qu'à  l'avenir  les  comp- 
"  tes  seraient  corrects. 

"  L'objection  actuelle  semble  avoir  pour  objet  la  continuation  de  la  pratique  dont 
"  on  se  plaignait  en  1904-5,  frais  de  chemins  de  fer,  etc.,  quand,  à  mon  avis,  il  n'a  pas 
"  été  fait  de  voyages  comme  l'on  demande  d'en  payer. 

"  Comme  confirmation  de  cette  opinion,  je  vous  envoie  ci-inclus  un  état  indiquant 
("  les  causes  dans  lesquelles  le  commandant  Spain  a  eu  à  siéger  comme  commissaire  des 
"  naufrages,  à  Montréal,  à  certains  jours,  tandis  que,  d'après  les  frais  de  chemins  de 
"  fer  dans  son  compte,  etc.,  il  semblerait  s'être  trouvé  dans  d'autres  parties  du  pays. 
"  Comme  les  dossiers  font  réellement  voir  qu'il  était  à  Montréal,  on  ne  peut  pas  avoir 
"  de  doute  sur  l'inexactitude  des  frais  de  voyage  à  Québec,  etc.,  et  comme  il  a  été  prouvé 
"  que  ses  comptes  étaient  erronés,  dans  ces  cas-là,  ils  peuvent  aussi  avoir  été  inexacts 
'"  dans  d'autres  cas  où  je  n'ai  pas  de  données,  etc. 

'  Je  suis  donc  obligé  de  rejeter  tout  le  montant,  et  de  vous  demander  de  prendre 
"  quelque  moyen  de  vérifier  l'exactitude  de  tout  le  compte,  et  de  faire  rembourser  les 
"  montants  qui  n'auraient  pas  été  payés  à  bon  escient  par  l'auditeur  général  et  le  sous- 
"  ministre  en  fonctions." 

Il  appert  que  l'on  accorde  au  commandant  Spain  ainsi  qu'à  d'autres  officiers  un 
certain  crédit  au  commencement  de  la  saison.  A  la  fin  de  l'exercice,  ils  doivent  rendre 
compte  de  leurs  dépenses,  et  l'on  rembourse  la  balance. 

Pour  les  années  dont  on  se  plaint,  1904-5,  on  a  objecté  aux  comptes  du  commandant 
Spain.  On  a  dit  qu'il  avait  demandé  pour  dépenses  de  voyage  et  autres  une  somme 
s'élevant  à  environ  $600. 

Le  registre  de  présence  des  employés  à  Ottawa  indiquait  qu'en  certains  cas,  lorsque 
ces  dépenses  étaient  inscrites,  le  commandant  Spain  était  à  Ottawa. 

L'explication  qu'il  a  donnée,  c'est  qu'il  avait  perdu  ses  livres.  Son  secrétaire,  M. 
Gordon,  était  mort.  Il  a  signé  un  affidavit,  dûment  assermenté,  attestant  l'exactitude 
de  ses  comptes. 

Je  ne  vois  pas  comment  l'on  peut  donner  un  semblable  affidavit  sans  prendre  d'abord 
tous  les  moyens  possibles  de  vérifier  l'exactitude  des  faits. 

Comme  on  faisait  objection,  le  commandant  Spain  remboursa  une  somme  de  $600 
environ. 

Je  crois  que  dans  une  question  aussi  grave — sa  réputation  se  trouvant  en  jeu — il 
aurait  dû  s'efforcer  de  prouver  l'exactitude  de  son  compte. 

Malgré  cela,  cependant,  la  faute  semble  avoir  été  pardonnée. 

Je  ne  doute  pas  que  le  commandant  Spain  soit  un  officier  entendu  et  utile. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  73 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Maintenant,  la  question  surgit  de  nouveau,  et  j'ai  lu  les  accusations  portées  par 
l'auditeur  général. 

On  a  laissé  au  commandant  Spain  la  plus  grande  latitude  pour  s'expliquer.  Aucune 
explication  satisfaisante  n'a  été  donnée  devant  moi  sur  les  accusations  portées  par 
l'auditeur  général. 

D'après  ce  que  laisse  voir  la  preuve  faite  devant  moi,  il  a  demandé  le  rembourse- 
ment de  frais  de  voyage  lorsque  les  registres  indiquent  qu'il  n'était  pas  possible  qu'il 
fut  aux  endroits  où  il  disait  être  allé,  voyage  dont  le  remboursement  des  frais  était  de- 
mandé. Par  exemple,  il  prétend  avoir  fait  un  voyage  à  Fort-William,  et  il  a  mis  les 
frais  de  ce  voyage  à  une  mauvaise  date.  Il  aurait  été  très  facile  de  faire  une  preuve 
de  l'exactitude  de  cette  prétention.  Il  n'a  été  fait  aucune  preuve  de  ce  genre,  bien  que 
J'on  ait  accordé  pour  cela  la  plus  grande  latitude. 

Il  m'est  impossible  de  l'absoude  des  accusations  portées  contre  lui  par  l'auditeur 
général  dans  l'état  de  choses  actuel  qui  m'est  soumis. 

Une  autre  question  s'est  présentée  à  propos  du  commandant  Spain. 

Une  grande  quantité  d'ouvrage  a  été  faite  pour  le  département  par  les  Poison 
Iron  Works,  de  Toronto.  Dans  une  très  grande  mesure,  le  commandant  Spain  a  eu  à 
certifier  l'exactitude  de  ces  prix. 

Il  appert  que  le  commandant  Spain  est  parti  pour  le  Nord-Ouest  avec  le  ministre 
et  le  sous-ministre,  le  ou  vers  le  10  août  1904,  revenant  vers  la  première  semaine  de 
septembre  de  la  même  année. 

Il  prétend  que  rendus  à  Toronto  on  pouvait  supposer  qu'ils  visiteraient  Port-Simp- 
son. Mais  on  allègue  que  M.  Poison  désirait  qu'il  fit  certain  placement  en  achat  de 
terrains  en  cet  endroit. 

Il  appert  qu'à  un  certain  moment,  au  mois  d'août,  le  commandant  Spain  télégra- 
phia de  Victoria  aux  Poison  d'avoir  à  lui  remettre  la  somme  de  $500.  Le  18  août  1904, 
la  société  Poison  Brothers  mit  par  télégraphe  un  crédit  de  $500  à  la  disposition  du  com- 
mandant Spain. 

La  société  Poison  Brothers  est  soutenue  financièrement  par  M.  Miller. 

Cette  entrée  de  $500  est  portée  au  débit  du  compte  spécial  de  M.  Miller,  et,  d'après 
les  faits,  passe  au  compte  des  profits  et  pertes.  M.  Poison  avait  un  intérêt  dans  les 
profits  et  a  supporté  sa  part  de  cette  perte. 

Le  commandant  Spain  dit  qu'il  est  allé  à  la  banque  à  la  Colombie-Britanniqu?, 
qu'il  a  eu  l'argent  en  billets,  qu'il  a  mis  l'argent  dans  une  enveloppe  et,  que  comme  le 
ministre  a  décidé  de  ne  pas  aller  à  Port-Simpson,  il  a  gardé  l'argent  comme  il  l'avait 
eu  de  la  banque,  et  qu'en  passant  à  Toronto  il  l'a  remis  à  M.  Poison. 

Il  n'y  a  aucune  entrée  dans  les  livres  de  Poison  &  Co.  indiquant  un  rembourse- 
ment de  cet  argent. 

Si,  comme  question  de  fait,  l'argent  a  été  remis,  il  était  du  devoir  de  M.  Poison  de 
le  faire  rembourser,  et  non  pas  d'en  faire  subir  l'avance  à  la  maison.  M.  Poison  est 
mort.  Il  n'y  a  pas  de  preuve,  si  ce  n'est  le  témoignage  du  commandant  Spain  et  les 
livres  de  la  société. 

L'explication  du  commandant  Spain  est  (page  5197,  volume  12)  : — 

"  Q.  Vous  le  favorisiez  d'un  placement  ? — B.  Certainement,  c'était  là  mon  inten- 
"  tion,  si  j'allais  à  Port-Simpson.    Heureusement  que  tout  cela  peut  être  corroboré. 


74  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

"  Q.  Que  voulez-vous  dire  par  là  ? — R.  Parce  que  mon  frère  se  trouvait  là  dans  le 
11  temps,  et  il  m'a  proposé  de  me  donner  de  l'argent  pour  la  même  chose. 

"  Q.  Ainsi,  votre  frère  vous  a  offert  de  l'argent  à  placer  2  Quand  l'avez-vous  vu, 
"  quand  vous  avez  rencontré  M.  Poison  chez  lui  ? — R.  Non.  Mon  frère  était  dans  la 
"Colombie-Britannique  quand  je  lui  ai  parlé  de  tout  cela. 

"  Q.  Eh  ?— R.  Je  lui  ai  tout  dit. 

"Q.  Vous  lui  avez  tout  dit,  oui  ? — R.  Et  il  m'a  proposé  de  faire  la  même  chose. 

"  Q.  Quoi  ? — R.  Il  a  proposé  de  faire  la  même  chose." 

Les  faits  corroborants  n'ont  pas  été  établis  devant  moi. 

Je  n'ai  fait  qu'exposer  les  choses  telles  qu'elles  se  sont  présentées  dans  l'enquête. 

Je  ne  puis  trouver  de  preuve  contre  le  commandant  Spain  à  propos  de  ces  $500. 

J.    F.    FRASER. 

J.  F.  Fraser  était  commissaire  des  phares.  Il  a  été  suspendu  le  ou  vers  le  1er 
avril  1908. 

Après  la  date  de  sa  suspension,  on  lui  a  donné  accès  aux  archives  du  département. 
D'après  le  témoignage  de  McClenaghan,  le  commis  en  charge  clés  dossiers,  il  a  été  fait 
des  additions  à  la  liasse  ou  aux  liasses  de  la  correspondance  qui  n'était  pas  placée  de 
la  manière  régulière. 

Il  paraîtrait  que  Fraser,  en  désobéissance  aux  ordres  du  ministre,  avait  fait  des 
achats  de  Merwin  et  Brooks,  bien  connus. 

Le  colonel  Gourdeau  en  dit  ce  qui  suit  (page  6294,  volume  14)  : — 

"  Q.  Vous  rappelez-vous  que  des  instructions  ont  été  données  par  le  ministre  à 
"  M.  J.  F.  Fraser,  à  l'effet  de  ne  plus  rien  acheter  de  Merwin  et  Cie  et  de  F.  L.  Brooks 
"  et  Cie  ? — R.  Oui,  je  me  rappelle  cet  ordre-là. 

"  Q.  Vous  vous  souvenez  de  cela  ? — R.  Oui. 

"Et  est-ce  que  ces  instructions  ont  été  communiquées  à  M.  Fraser  2 — R.  Elles  ont 
"  été  données  en  ma  présence. 

"  Q.  Est-ce  que  ces  instructions  ont  été,  oui  ou  non,  observées  ? — R.  Bien,  il  s'est 
"  trouvé  qu'elles  ne  l'ont  pas  été. 

"  Q.  Est-ce  que  des  achats  ont  été  faits  après  cela  par  M.  Fraser  des  MM.  Merwin, 
"  Brooks  et  Cie  contrairement  à  l'ordre  donné  par  le  ministre  en  votre  présence  ? — R. 
"  Oui.    C'est  ce  que  le  ministre  me  dit 

"  Q.  C'était  là  l'ordre  du  ministre,  et  cet  ordre  n'a  pas  été  obéi  2 — R.  Non. 

"Q.  Par  M.  Fraser?— R.  Qui. 

"  L'hon.  M.  Cassels. — C'était  vers  le  temps  de  l'enquête  devant  le  comité  des  comp- 
"  tes  publics,  la  première  enquête? — R.  Oui. 

"  M.  Watson C'était  dans  l'hiver  de  1905  et  de  1906  ?— R.  Oui." 

(Page  6295,  volume  14.) 

"  Q.  Cela  a  été  donné  en  1906,  et  d'après  mes  instructions,  après  ce  temps-là,  des 
"  achats  ont  été  faits  de  Merwin  s'élevant  à  environ  $50,000  en  1906,  et  en  1907  s'éle- 
"  vant  à  plus  de  $12,000  après  ce  temps-là? — R.  Oui,  c'est  le  cas. 

"  Q.  Et  d'après  vos  livres  c'étaient  aussi  de  fortes  sommes  2 — R,  Oui. 

"  Q.  Comment  pouvez-vous  rendre  compte — comme  sous-ministre  le  pouvez-vous — 
'"  d'un  tel  état  de  choses  ? — R.  Je  ne  sais  pas  quelle  excuse  M.  Fraser  a  donnée." 

Il  me  semble  impossible  d'acquitter  M.  Fraser  avant  que  les  transactions  avec 
Merwin  et  Brooks  aient  été  mises  au  clair. 

On  a  consacré  beaucoup  de  temps,  devant  le  comité  des  comptes  publics  en  1906, 
sà  l'examen  de  ces  comptes.  On  a  fait  voir  que  des  prix  excessifs  étaient  payés.  Mer- 
win a  été  examiné  très  longuement  devant  le  comité  des  comptes  publics.     M.  Charles 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  I.  I    MARINE  ET  DES  PECHERIES  75 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

N.  Dawson  a  été  appelé,  et  il  a  juré  que  G.  T.  Merwin  était  l'associé  de  Brooks. 
Merwin  a  été  appelé  le  9  mai  1906,  et  il  a  dit  qu'il  faisait  partie  de  la  société  F.  L. 
Brooks  et  Cie,  il  a  dit  que  la  société  se  composait  de  F.  L.  Brooks  et  de  lui-même.  Il 
a  fait  voir  que  des  contrats  avaient  été  faits  au  nom  de  F.  L.  Brooks,  et  quelques-uns 
d'entre  eux  en  son  nom,  comme  agent  de  la  Compagnie  de  Garantie  et  pour  la  Compa- 
gnie Sous-marine.  Une  grande  partie  de  la  preuve  a  été  au  sujet  des  agissements  per- 
sonnels de  Merwin  comme  membre  de  cette  société. 

Il  a  été  examiné  devant  moi  en  deux  ou  trois  occasions  à  Ottawa  et  à  Montréal. 
On  ne  peut  aucunement  s'appuyer  sur  son  témoignage. 

Devant  moi,  il  a  nié  être  associé  de  Brooks.  Il  a  dit  qu'il  avait  prêté  à  Brooks 
$2,500,  que  ces  $2,500  avaient  été  subséquemment  payés,  qu'il  n'avait  aucun  intérêt 
avec  Brooks  comme  associé,  qu'il  l'avait  simplement  présenté  au  ministre  ou  au  sous- 
ministre,  et  que  c'est  tout  ce  qu'il  en  avait  fait.  On  l'a  contre-interrogé  très  longue- 
ment, et  cela  peut  être  lu  par  tous  ceux  qui  veulent  connaître  la  nature  de  son  témoi- 
gnage. 

Les  livres  de  Brooks  et  Cie  n'ont  pas  été  produits  devant  le  comité  des  comptes 
publics. 

A  Montréal,  on  a  cru  qu'il  pourrait  être  jeté  beaucoup  de  lumière  sur  ces  tran- 
sactions si  l'on  pouvait  voir  les  livres  et  prendre  le  témoignage  de  Brooks. 

Merwin,  mis  en  présence  de  son  témoignage  devant  le  comité  des  comptes  publics, 
et  prié  d'expliquer  comment  il  pouvait  donner  un  tel  témoignage  après  celui  qu'il  avait 
rendu  devant  moi,  chercha  à  s'expliquer  en  disant  qu'il  parlait  pour  Brooks,  qu'il  n'était 
pas  facile  pour  Brooks  de  comparaître  à  Ottawa,  que  Brooks  lui  avait  fait  un  exposé, 
et  qu'en  donnant  son  témoignage  il  le  donnait  pour  Brooks. 

L'avocat  a  cru,  et  j'ai  partagé  cet  avis,  que  l'on  ne  pourrait  jamais  tout  découvrir 
.les  faits  tant  que  les  livres  de  Brooks  ne  seraient  pas  produits  et  Brooks  examiné. 

Une  lettre  a  alors  été  adressée  à  Brooks  pour  savoir  s'il  comparaîtrait  à  l'enquête. 
On  a  reçu  de  lui  le  télégramme  suivant  adressé  à  George  H.  Watson,  Montréal  : — 

"  Si  la  commission  vient  à  New-York,  donnerai  témoignage.  Faites-moi  savoir  où 
11  et  quand  comparaître." 

M.  Watson  a  télégraphié  ce  qui  suit  : — 

"  Télégramme  reçu.  Voudriez-vous  produire  tous  vos  livres  de  comptes  à  la  fois  % 
"  Réponse  immédiate  s'il  vous  plaît." 

Sa  réponse  a  été  : — 

"  Produirai  livres  de  comptes  indiquant  transactions  avec  le  département  de  la 
"  Marine." 

Il  a  télégraphié  ce  qui  suit  à  M.  Perron   le  8  octobre  1908  : — 

"  Afin  de  faire  disparaître  tout  soupçon  que  mes  transactions  avec  le  gouvernement 
"  n'ont  pas  été  parfaitement  correctes,  je  veux  bien  comparaître  avec  mes  livres  de- 
"  vant  une  commission  que  vous  pourrez  amener  à  New- York,  n'importe  quand,  la 
"  semaine  prochaine.     (Signé)  :    F.  L.  Brooks." 

Dans  ces  conditions,  je  suis  allé  à  New- York,  espérant  que  nous  pourrions  faire 
le  plus  grand  jour  sur  les  diverses  transactions  avec  Brooks,  et  aussi  avec  les  deux 
autres  compagnies  représentées  par  Merwin,  dont  il  a  été  ci-dessus  question.  Je  suis 
chagrin  d'avoir  à  dire  que  le  voyage  a  été  inutile. 

Brooks  a  comparu  devant  moi  avec  un  avocat.  Il  a  soumis  son  grand  livre,  dont 
une  partie  considérable  était  scellée.  Il  m'a  permis  ainsi  qu'à  M..  Waison  de  consulter 
les  comptes  privés  de  Merwin. 


76  RAPPORT  IW  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Parlant  d'une  manière  générale,  ils  ont  fait  voir  que  Merwin  avait  reçu  plus  de 
$40,000  comme  sa  part  des  profits. 

Le  lendemain,  Brooks  comparut,  et  quoique  son  avocat  lui  ait  conseillé  de  se  sou- 
mettre à  l'enquête  il  a  refusé,  disant  que  tout  en  étant  prêt  à  donner  tous  les  rensei- 
gnements il  ne  consentirait  pas  à  être  assermenté  comme  un  témoin.  Ces  renseigne- 
ments donnés  non  sous  serment  n'auraient  pas  été  utiles.  Je  ne  pouvais  pas  dans  cette 
procédure  le  forcer  de  rendre  témoignage. 

Le  grand  livre  auquel  il  m'a  donné  accès  avait  tout  l'air  d'avoir  été  écrit  tout 
d'une  fois. 

Il  semblerait  que  Fraser  est  allé  à  New- York  au  bureau  de  Brooks  et  Cie  une  ou 
deux  fois  avant  ma  visite  à  New- York.  Il  était  aussi  représenté  à  New-York  par  un 
avocat  qui  a  insisté  fortement  sur  un  examen  et  une  production  complète  de  documents. 

Si  les  comptes  de  Merwin  et  de  Brooks  avec  le  département  de  la  Marine  avaient 
été  bien  tenus,  ils  auraient  pu  être  vérifiés  à  Ottawa  d'après  les  papiers  conservés  en 
liasses. 

Je  ne  vois  pas  pourquoi  Fraser  aurait  eu  tant  d'intérêt  à  voir  les  livres. 

Je  suis  sous  l'impression  que  si  Fraser  n'était  pas  allé  à  New- York  les  choses  au- 
raient pu  tourner  autrement  et  la  vérité  aurait  pu  être  découverte.  Cependant,  les 
choses  en  sont  encore  où  elles  étaient. 

Une  autre  affaire  qui  n'a  pas  été  expliquée  à  propos  de  Fraser  se  trouve  exposée 
dans  le  témoignage  de  William  J.  Allan,  de  Prescott. 

Il  paraîtrait  qu'il  avait  un  compte  contre  Fraser.  M.  Allan  représentait  M. 
Willard. 

Il  paraîtrait  qu'il  était  en  affaires  avec  le  département  de  la  Marine  et  des  Pêche- 
ries et  qu'il  avait  un  compte  contre  le  département.  Fraser  a  certifié  que  les  prix  de 
ce  compte  étaient  justes  et  raisonnables. 

Il  paraîtrait  aussi  que  Fraser  faisait  affaires  avec  Willard,  obtenant  les  mêmes 
classes  d'articles  que  ceux  qui  avaient  été  fournis  au  département.  Dans  son  compte 
personnel,  les  effets  lui  étaient  fournis,  à  lui,  à  des  prix  d'environ  25  pour  100  moins 
élevés  que  ceux  de  la  même  classe  d'effets  fournis  au  département. 

Je  crois  que  cela  demandait  une  explication,  qui  n'a  pas  été  donnée. 

A  propos  d'un  item,  Fraser  a  parlé  d'une  dépense  de  $18,000  dans  laquelle  il  dit 
que  le  percentage  du  profit  s'élève  en  chiffres  ronds  à  50  pour  100.  Il  a  certifié  ces 
comptes. 

Il  s'explique  comme  suit  (page  829,  volume  3)  : — 

"  Q Il  y  a  eu  plainte  à  propos  de  vos  transactions  individuelles  comme 

"  employé  avec  ces  compagnies  ;  n'est-ce  pas  ? — K.  Je  le  suppose.   Si  j'en  juge  d'une  ma- 
"  nière  générale  d'après  la  preuve  qui  a  été  faite  ici. 

"  Q.  Maintenant,  cela  a  rapport,  si  je  comprends  bien,  aux  prix  excessifs  que  vous 
"  avez  payés  à  ces  maisons  et  à  ce  que  vous  avez  acheté  exclusivement  de  ces  gens-là 
"  à  ces  prix  excessifs. — H.  Cela  est  vague,  et  ce  n'est  pas  correct  en  tout.  Il  n'y  a  qu'un 
"  cas  de  ce  que  l'on  pourrait  appeler  des  prix  excessifs,  rien  de  plus. 

"  Q.  Quand  s'est  présenté  ce  cas  2 — K.  C'est  une  affaire  dont  il  a  été  question  au 
"  comité  des  comptes  publics,  en  1906,  cela  se  rapporte  à  une  affaire  de  certaines  ma- 
"  chines,  se  rapporte  à  l'achat  de  certaines  machines.  C'est  le  seul  cas  où  il  y  a  eu  ce 
"  que  l'on  pourrait  appeler  des  prix  excessifs. 

"  Q.  Et  dans  ce  cas   on  a  payé  un  prix  excessif  ? — H.  Cela  a  paru  ainsi. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  77 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

"  Q.  Comment  expliquez-vous  cela? — R.  J'explique  cela  simplement  comme  ceci: 
'"  que  lorsqu'il  devint  nécessaire  d'obtenir  ce  matériel  j'ai  reçu  instruction  du  ministre 
Y'  du  temps  de  l'avoir  d'une  telle  personne.  Quand  cet  envoi  est  arrivé  pour  ce  matériel, 
"  il  a  été  mis  devant  le  ministre.  Je  n'étais  pas  capable  de  lui  dire  le  percentage 
"  exact  de  l'augmentation  dans  le  coût,  mais  je  lui  ai  expliqué  que  c'était  très  élevé,  et 
"  il  m'a  virtuellement  donné  instruction  de  passer  les  comptes.  Je  puis  dire  ici  que 
"  je  n'ai  pas  donné  cette  explication  quand  la  question  s'est  présentée  devant  le  comité 
"  des  comptes  publics,  mais  je  n'ai  pas  l'intention  de  supporter  plus  longtemps  le  far- 
"  deau  de  la  responsabilité  dans  cette  affaire. 

"  Q.  A  qui  faites-vous  allusion  ? — R.  A  l'ancien  ministre  de  la  Marine. 

"  Q.  Bien,  vous  en  avez  pris  la  responsabilité  \ — R.  Virtuellement  parce  qu'on  me 
''l'avait  ordonné.  Comprenez-moi  bien.  Cela  peut  bien  ne  pas  m'excuser  dans  ce  cas 
"  particulier,  mais  c'est  l'explication.  Maintenant,  vous  ne  pouvez  pas,  que  je  sache, 
"  trouver  aucun  autre  cas  de  prix  excessifs  dans  les  comptes  que  j'ai  passés. 

"  Q.  Qu'est-ce  qu'on  achetait  dans  le  temps  % — R.  Certaines  machines  types.  Je 
"  veux  dire  des  tours,  des  raboteuses  et  des  choses  comme  cela. 

"  Q.  Pour  quel  déboursé,  quelle  dépense,  en  chiffres  ronds  ? — R.  Je  crois  que  le 
"  total  de  la  dépense  a  été  de  $18,000. 

"  Q.  $18,000  ?— R.  Oui. 

"  Q.  Quel  montant  y  avait-il  d'excessif  dans  ce  paiement  2 — R.  Je  comprends  que 
"  le  percentage  du  profit  s'élève  en  chiffres  ronds  à  50  pour  100  pour  l'homme  d'affai- 
"  res  ou  l'agent. 

"  Q.  Avez-vous  certifié  les  comptes  ? — R.  Certainement,  c'est  là  le  point. 

"  Q.  Quel  était  l'homme  d'affaires,  l'agent  ? — R.  La  maison  F.  S.  Brooks,  je  crois. 

"  Q.  Pratiquement  la  même  société  ? — R.  Que 

"  Q.  Que  Merwin  2 — R.  Je  ne  sais  pas." 

Je  n'accorderais  pas  beaucoup  de  crédit  à  sa  déclaration  faite  aussi  tard,  essayant 
de  rejeter  la  responsabilité  sur  un  homme  qui  n'est  pas  là  pour  se  défendre.  De  plus, 
comme  je  l'ai  fait  remarquer,  subséquemment  de  fortes  commandes  ont  été  données 
aux  mêmes  gens  en  désobéissance  flagrante  aux  ordres  du  ministre. 


LOUIS  RICHARD. 

Je  vois  que  j'ai  oublié  de  parler  du  cas  de  cet  homme. 

Audibert,  le  teneur  de  livres  de  Drolet,  a  dit  que  la  somme  de  $25  avait  été  payée 
•à  Richard. 

Lors  de  l'enquête  à  Québec,  Richard  était  absent  à  Belle-Ile  et  ne  pouvait  pas 
donner  son  témoignage.  Il  m'a  fait  tenir  le  plus  tôt  possible  une  déclaration  expliquant 
la  chose. 

Bien  que  sous  certains  rapports  l'explication  ne  soit  pas  tout  à  fait  aussi  claire 
qu'elle  pourrait  l'être,  je  pense  qu'elle  peut  être  acceptée,  et  je  l'absous  de  tout  blâme. 

Durant  l'enquête,  on  a  mentionné  les  noms  de  feu  l'honorable  James  Sutherland 
et  de  l'honorable  C.  A.  Sifton. 

Je  crois,  comme  simple  acte  de  justice  pour  la  mémoire  de  M.  Sutherland  et  pour 
M.  Sifton  aussi,  devoir  déclarer  qu'aucune  preuve  n'a  été  produite  devant  moi  pou- 
vant jeter  du  louche  sur  le  caractère  de  l'un  ou  de  l'autre  de  ces  messieurs. 

Le  nom  de  l'honorable  feu  Raymond  Préfontaine  a  aussi  été  mentionné. 

Je  ne  suis  pas  ici  pour  juger  M.  Préfontaine  ni  sa  politique,  ni  la  manière  dont 
son  département  a  été  administré. 

Il  n'y  a  que  deux  endroits  où,  selon  moi,  il  pourrait  peut-être  prêter  à  la  critique. 


78  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

L'un  de  ces  cas,  lorsque  j'ai  eu  à  parler  de  Fraser;  l'autre  est  une  déclaration  faite  par 
M.  Gregory  dans  son  témoignage  donné  à  Québec. 

Il  a  dit,  à  propos  de  Davie,  dont  il  a  été  question  dans  l'enquête  à  Québec,  et  qui  a 
donné  à  M.  Gregory  durant  une  période  d'environ  onze  ans  la  somme  de  $500  par  année, 
ce  qui  suit  (page  3256,  volume  8)  : — 

"  R.  J'étais  grand  ami  avec  M.  Davie,  et  lorsque  quelqu'un  venait  ici  cherchant  à 
(U  faire  faire  des  réparations,  je  l'envoyais  à  Davie.  C'est  ce  que  je  fais  encore.  Je  ne 
"  crois  pas  que  cela  me  donnât  raison  de  demander  quelque  chose  à  Davie,  mais  j'étais 
tl  certainement  dans  des  termes  tels  avec  Davie  que  lorsque  mon  ministre  me  disait  : 
"  Essayez-donc  d'avoir  quelque  argent  de  ceux  qui  sont  en  moyens  d'en  donner",  je  pou- 
"  vais  lui  dire  :  "Le  seul  homme  honorable  auquel  je  voudrais  me  fier  est  George  Davie. 
"  C'est  un  de  mes  vieux  amis.  Je  vais  aller  lui  dire  ce  qu'en  est,  et  s'il  veut  me  prêter 
n  l'argent  je  le  prendrai." 

On  doit  se  rappeler  que  pendant  des  années  avant  cette  prétendue  entrevue  et  bien 
avant  que  M.  Préfontaine  soit  devenu  ministre,  Gregory  avait  reçu  annuellement  des 
sommes  d'argent  de  Davie,  comme  cela  est  relevé  dans  l'enquête  de  Québec. 

Je  crois  qu'il  serait  bien  injuste  pour  la  mémoire  du  défunt  homme  d'Etat  d'accep- 
jter  un  témoignage  comme  celui  de  Gregory  ou  de  J.  F.  Fraser  pour  jeter  quelque  blâme 
sur  lui,  et  je  crois  de  mon  devoir  de  déclarer  que  je  ne  l'accepte  pas  ainsi. 

Presque  tous  les  officiers  du  département  ont  été  examinés  devant  moi.  Je  ne  les 
nomme  pas  individuellement,  mais  je  puis  dire  que  ceux  qui  ne  se  trouvent  pas  nommés 
sont  exempts  de  tout  soupçon  de  méfait.  Non  pas  que  je  veuille  faire  entendre  que 
ceux  qui  sont  nommés  sont  tous  coupables  de  méfaits.  J'ai  fait  un  rapport  pour  cha- 
cun et  j'ai  donné  mes  conclusions. 

Maintenant,  monsieur,  j'ai  terminé  ma  tâche.  Je  me  suis  efforcé  de  chercher  la 
vérité  dans  les  différentes  affaires  qui  m'ont  été  soumises  en  tqtal  et  en  particulier  et 
d'en  faire  rapport. 

J'ai,  peut-être,  trop  copieusement  cité  la  preuve.  D'un  autre  côté,  les  témoignages 
sont  si  volumineux  qu'il  peut  se  faire  que  j'aie  omis  de  parler  de  certaines  choses  qui 
auraient  dû  être  prises  en  considération. 

Avant  de  terminer,  on  me  pardonnera  si  je  me  permets  de  faire  quelques  observa- 
tions. 

Je  sais  bien  que  ce  que  je  vais  dire  n'entre  pas  dans  le  champ  de  mes  attributions 
telles  qu'on  les  a  définies.  Je  sais  aussi  que  je  n'ai  pas  la  connaissance  pratique  qui 
pourrait  m'éclairer  sur  la  possibilité  de  mettre  mes  idées  en  pratique.  Cependant,  mes 
observations  ne  sauraient  faire  de  mal. 

D'abord,  le  principal  remède  pour  l'amélioration  de  l'état  de  choses  que  j'ai  cher- 
ché à  peindre,  c'est  le  réveil  de  la  conscience  publique.  Si  le  public  en  général  pouvait 
apprendre  à  regarder  avec  répugnance  les  malversations  et  les  abus  de  confiance  chez 
ceux  qui  administrent  les  deniers  et  la  propriété  publics,  on  verrait  poindre  la  fin  de 
ces  abus  qui  ont  eu  lieu  dans  le  passé. 

Deuxièmement,  des  employés  entendus  et  utiles  devraient  être  rémunérés  d'une 
manière  suffisante. 

M.  Gregory,  qui  avait  à  contrôler  près  d'un  million  de  dollars  par  année,  recevait 
des  appointements  de  $2,200  par  année;  M.  Harding,  au  contrôle  d'environ  trois  cent 
mille  dollars  par  année,  des  appointements  de  $1,800  par  année;  M.  Parsons,  au  con- 
trôle d'environ  sept  cent  mille  dollars  par  année,  des  appointements  de  $1,600  par  année. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  79 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 

Il  est  bien  facile  pour  ceux  qui  vivent  dans  l'opulence  de  lever  les  mains  au  ciel 
et  de  crier  à  l'horreur;  ils  n'ont  pas  été  à  même  d'être  tentés. 

Troisièmement,  les  paiements  à  faire  à  ceux  qui  négocient  avec  les  départements  de- 
vraient se  faire  promptement.  On  ne  devrait  pas  laisser  de  chances  aux  abus  de  se  pro- 
duire, comme  il  y  en  a  eu  à  Québec. 

Quatrièmement,  l'abolition  du  système  de  patronage  au  département  de  la  Marine 
et  des  Pêcheries  est  un  grand  pas  de  fait  dans  la  bonne  direction. 

Néanmoins,  il  est  important,  bien  que  l'achat  des  approvisionnements,  etc.,  soit 
contrôlé  par  un  homme  habile  comme  M.  Doutre,  qu'une  inspection  complète  et  systé- 
matique des  agences  se  fasse  périodiquement,  afin  de  s'enquérir  de  la  nécessité  des 
choses  demandées,  et  aussi  afin  de  s'assurer  si  les  approvisionnements  atteignent  leur 
destination. 

D'après  la  preuve,  par  ce  changement  seul,  on  ferait  une  économie  d'environ  cent 
mille  dollars  par  année  dans  le  département  de  la  Marine  et  des  Pêcheries.  Est-ce  qu'il 
n'y  a  pas  d'autres  départements,  administrés  par  le  gouvernement,  où  l'on  pourrait  faire 
la  même  chose  ? 

Ne  serait-il  pas  possible  de  nommer  une  commission,  disons  de  trois  hommes  com- 
pétents, aidés  d'inspecteurs  connaisant  les  prix  réglementaires  du  marché,  qui  agiraient 
comme  agents  pourvoyeurs  pour  tous  les  départements? 

Le  bureau  de  l'auditeur  général  est  très  important  et  il  est  nécessaire;  mais  lui 
laisser  seul  toute  la  surveillance,  c'est  faire  comme  celui  qui  ferme  l'étable  à  clef  après 
que  son  cheval  a  été  volé. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

(Signé)  :    WALTER  G.  P.  CASSEES. 


80  RAPPORT  DU  COMMISSAIRE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


(Copie.) 
Ottawa,  9  janvier  1909. 

Sur  un  mémoire,  daté  du  1er  avril  1908,  du  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries, 
disant  qu'il  a  été  jugé  nécessaire  d'appeler  l'attention  sur  une  partie  du  rapport  de  la 
commission  du  service  civil  au  sujet  de  l'administration  du  département  de  la  Marine 
et  des  Pêcheries. 

Le  ministre  fait  observer  qu'il  est  dit  dans  ce  rapport  certaines  choses  qui  affectent 
l'intégrité  des  officiers  du  département  de  la  Marine  et  des  Pêcheries.  A  la  page  LXI 
du  rapport,  on  voit  le  paragraphe  suivant  : — 

"  Il  paraîtrait  aussi  qu'il  y  a  manque  de  conscience.  A  propos  des  dépenses  énor- 
cl  mes  qui  sont  jugées  nécessaires,  n'apparaît  jamais  le  mot  "escompte".  Il  est  tacite- 
"  ment  compris  que  cela  n'existe  pas  ;  mais  tout  le  monde  commercial  sait  autre  chose. 
"  Si  quelqu'un  retire  quelque  bénéfice  d'une  opération  commerciale  avec  le  gouverne- 
"  ment  à  part  le  trafiquant,  alors  il  doit  être  clair  que  dans  ces  grands  achats  faits  pour 
"  le  gouvernement,  sans  escompte,  ses  employés  doivent  aider  au  trafiquant  à  avoir  de 
"  plus  hauts  prix  du  gouvernement  qu'il  ne  peut  en  avoir  n'importe  où  ailleurs  ;  car 
"  partout  ailleurs  il  lui  faut  accorder  de  l'escompte.  En  d'autres  termes,  quelques-uns 
"  des  employés  du  gouvernement  servent  deux  maîtres,  et  apparemment  réussissent  au- 
"  près  des  deux — malgré  ce  qui  est  écrit." 

Le  ministre  fait  observer  plus  loin  que  cela  donne  à  supposer  que  des  commissions 
sont  indûment  reçues,  ou  que  l'on  paie  des  prix  majorés  grâce  à  la  malhonnêteté  d'em- 
ployés du  département  de  la  Marine  et  des  Pêcheries.  Mais,  malheureusement,  le  rap- 
port ne  mentionne  aucuns  noms,  ce  qui  lui  permettrait  de  prendre  une  décision  défini- 
tive quant  à  ces  employés.  Cependant,  il  est  de  l'intérêt  du  département  de  la  Marine 
et  des  Pêcheries  et  du  pays  que  des  mesures  immédiates  soient  prises  pour  que  l'on 
puisse  savoir  quels  employés  (s'il  y  en  a)  méritent  condamnation,  et  pour  que  les  autres 
puissent  avoir  l'occasion  de  se  défendre  des  accusations  implicitement  portées  contre 
eux. 

Par  conséquent,  le  ministre  recommande  qu'on  l'autorise. à  nommer  l'honorable 
Walter  Cassels  commissaire  en  vertu  de  la  partie  2  du  chapitre  104  des  statuts  revisés 
du  Canada,  1906,  chargé  de  faire  enquête  et  rapport  sur  les  déclarations  ci-dessus  con- 
tenues dans  le  dit  rapport  de  la  commission  du  service  civil,  et  qui  jettent  du  discrédit 
sur  l'intégrité  des  officiers  du  département  de  la  Marineet  des  Pêcheries,  ou  quelqu'un 
d'entre  eux. 

Le  comité  soumet  ce  mémoire  à  l'approbation. 

(Signé)  :     KODOLPHE  BOUDKEAU, 

Greffier  du  Conseil  privé. 
L'honorable 

Ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 


ENQUETE  SUR  LE  MINISTERE  DE  L.l  MARINE  ET  DES  PECHERIES  81 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38 


CANADA. 


L'honorable  Walter  Gibson  Pringle  Cassels,  juge  de  la  cour  de  l'Echiquier  du  Canada. 

Salut  : 

Sachez  que  par  et  en  vertu  de  la  partie  II  de  la  loi  des  enquêtes,  chapitre  104, 
statuts  revisés  1906,  et  en  vertu  de  l'autorité  d'un  ordre  de  Son  Excellence  l'administra- 
teur du  gouvernement  en  conseil,  fait  conformément  à  la  dite  partie  II  et  portant  la 
date  du  1er  jour  d'avril  de  l'année  de  Notre-Seigneur  mil  neuf  cent  huit  (dont  copie 
est  ci-annexée),  et  en  vertu  de  tous  autres  pouvoirs  à  cet  effet  à  moi  accordés,  je,  l'ho- 
norable Louis  Philippe  Brodeur,  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  du  Canada,  par 
les  présentes  nomme,  constitue  et  établis,  vous,  le  dit  Walter  Gibson  Pringle  Cassels, 
^commissaire  chargé  de  faire  une  enquête  et  un  rapport  sur  certains  avancés  faits  dans 
le  rapport  de  la  commission  du  service  civil,  et  jetant  du  soupçon  sur  l'intégrité  des 
officiers  du  département  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  ou  sur  quelques-uns  d'entre  eux. 

Pour,  vous,  le  dit  Walter  Gibson  Pringle  Cassels,  exercer  la  dite  charge  de  com- 
missaire et  en  jouir  comme  susdit,  avec  tous  les  pouvoirs,  droits,  autorité,  privilèges, 
'émoluments  et  avantages  en  vertu  de  la  dite  partie  II  et  autrement,  de  droit  et  en 
justice  à  la  dite  charge. 

Et  je  vous  requiers,  vous,  dit  commissaire,  de  me  faire  rapport  à  mon  bureau,  à 
Ottawa,  du  résultat  de  votre  investigation. 

Daté  au  département  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  à  Ottawa,  le  sixième  jour 
d'avril  de  l'année  de  Notre- Seigneur  mil  neuf  cent  huit. 


(Signé)  :    L.  P.  BRODEUR, 

Ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 


33—6 


8-9  EDOUARD  Vtl  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  38a  A.  1909 


RAPPORT 

(38a) 


DU  MINISTRE  DE  LA  MARINE  ET  DES  PECHERIES  RELATIVEMENT  A 
L'ENQUETE  FAITE  PAR  LE  JUGE  CASSEES. 

Mardi,  30  mars  1909. 

Copie  certifiée  d'un  rapport  du\  comité  du  Conseil  privé,  approuvé  par  Son  Excellence 
le  Gouverneur  général  le  29  mars  1909. 

Le  comité  du  Conseil  privé  a  pris  connaissance  du  rapport  ci-inclus,  daté  du  27 
mars  1909,  du  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  sur  l'enquête  faite  récemment 
par  l'honorable  Walter  Cassels  au  sujet  de  la  déclaration  contenue  dans  le  rapport  de 
3a  Commission  du  service  civil  mettant  en  doute  l'intégrité  de  certains  fonctionnaires 
du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  et  soumettant  certaines  recommandations 
relatives  aux  fonctionnaires  nommés  dans  le  dit  rapport. 

Votre  comité,  approuvant  le  dit  rapport  et  la  recommandation  qu'il  contient,  sou- 
met le  tout  à  l'approbation  de  Votre  Excellence. 

F.  K.  BENNETTS, 
Greffier-adjoint  du  Conseil  privé. 


MINISTERE  DE  I,A  MARINE  ET  DES  PECHERIES,  CANADA. 

Ottawa,  29  mars  1909 
A  Son  Excellence 

Le  Gouverneur  général  en  Conseil. 

Le  soussigné,  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  a  l'honneur  de  déclarer  que, 
conformément  à  un  décret  de  l'Exécutif  du  1er  avril  1908,  l'honorable  Walter  Cassels, 
juge  de  la  cour  d'Echiquier  du  Canada,  a  été  nommé  par  lui  commissaire,  en  vertu  de 
la  partie  2  du  chapitre  104  des  Statuts  Refondus  du  Canada,  1906,  pour  s'enquérir  et 
faire  rapport  sur  les  déclarations  contenues  dans  le  rapport  de  la  Commission^  du  ser- 
vice civil,  mettant  en  doute  l'intégrité  de  certains  fonctionnaires  du  ministère  de  la 
Marine  et  des  Pêcheries;  et  que  vers  la  fin  du  mois  de  janvier  dernier,  il  a  reçu  le 
rapport  du  commissaire  sur  l'enquête  faite  à  ce  sujet. 

Vu-  les  décisions  du  commissaire  au  sujet  de  certains  fonctionnaires  et  employés 
du  ministère,  le  soussigné  a  l'honneur  de  soumettre  à  la  considération  de  Votre  Excel- 
lence les  faits  suivants  : 

(1)  En  ce  qui  concerne  le  lieutenant-colonel  F.  Gourdeau,  sous-ministre  de  la 
Marine  et  des  Pêcheries — 

Que  le  colonel  Gourdeau  est  maintenant  dans  la  63ème  année  de  son  âge  et  qu'il 
a  été  plus  de  quarante-sept  ans  au  service  du  gouvernement  ; 

Que  ce  fonctionnaire,  après  une  conférence  avec  le  soussigné,  a  demandé,  au  cours 
du  mois  de  mars  1908,  un  congé  d'absence  devant  précéder  sa  mise  à  la  retraite,  pour 
la  raison  que,  s'il  continuait  à  exercer  les  fonctions  de  sous-chef  du  ministère,  cela 

38a— 1 


2  EX QUETE  CAS SELS 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

pourrait  être  considéré  comme  étant  de  nature  à  nuire  à  la  plénitude  de  l'enquête  sur 
les  affaires  ayant  trait  à  son  administration  du  ministère; 

Que  le  23  avril  1908,  un  congé  d'absence  de  six  mois,  à  dater  du  1er  avril,  lui  a 
été  accordé  par  décret  de  l'Exécutif,  la  question  de  sa  mise  à  la  retraite  étant  laissée 
en  suspens  jusqu'à  la  conclusion  de  la  dite  enquête; 

Que  le  commissaire  ne  déclare  pas  dans  son  rapport  que  le  colonel  Gourdeau  s'est 
rendu  coupable  d'actes  répréhensibles  ou  frauduleux,  mais  commente  assez  sévèrement 
le  fait  qu'il  a  été  mêlé  à  certaines  transactions  qui  ont  été  dévoilées  au  cours  de 
l'enquête  ; 

Que  dans  certains  cas  le  colonel  Gourdeau  a  fait  preuve  de  manque  de  discrétion, 
mais  qu'aucune  preuve  n'a  été  produite  pour  démontrer  qu'il  a  profité  directement  ou 
indirectement  des  actes  qu'il  a  pu  faire. 

(2)  En  ce  qui  concerne  le  commandant  O.  G.  V.  Spain,  commissaire  des  sauve- 
tages— 

Que  l'auditeur  général  a  fait  contre  cet  officier  une  déclaration  à  l'effet  qu'il  a 
exigé,  pour  frais  de  voyages  et  autres  dépenses,  des  sommes  auxquelles  il  n'avait  au- 
cun droit.  Le  commissaire  déclare  dans  son  rapport  que  l'on  a  donné  au  commandant 
Spain  toute  la  latitude  possible  pour  s'expliquer;  mais  qu'aucune  explication  satis- 
faisante n'a  été\  fournie  et  qu'il  lui  est  en  conséquence  impossible  d'absoudre  le  com- 
mandant Spain  des  accusations  qui  ont  été  portées  contre  lui. 

(3)  En  ce  qui  concerne  M.  J.  F.  Fraser,  commissaire  des  phares — ■ 

Que  M.  Fraser  a  été  suspendu  le  31  mars  1908,  et  est  resté  sous  le  coup  de  cette 
suspension  depuis  cette  date; 

Que  le  commissaire  constate  que  M.  Fraser  a  fait  certains  achats  en  contraven- 
tion flagrante  aux  ordres  du  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  ; 

Que  le  commissaire  décide  également  contre  lui  au  sujet  d'autres  affaires  qui  ont 
été  examinées  au  cours  de  l'enquête. 

(4)  En  ce  qui  concerne  M.  J.  IL  Gregory,  agent  du  ministère  de  la  Marine  et  des 
Pêcheries  à  Québec; 

Que  M.  Gregory  est  agent  du  ministère  à  Québec  depuis  1870; 

Qu'il  a  été  suspendu  le  31  mars  1908,  et  qu'il  est  resté  depuis  lors  sous  le  coup 
de  cette  suspension; 

Qu'il  a  été  représenté  par  un  avocat  durant  l'enquête  qui  vient  d'être  close; 

Qu'il  a  été  prouvé  qu'il  a  exigé  des  sommes  d'argent  sur  les  comptes  dus  par  le 
ministère  à  des  entrepreneurs  et  autres  qui  avaient  eu  des  affaires  avec  le  ministère; 

Qu'il  a  demandé  sa  retraite  vers  le  temps  où  la  dite  enquête  a  été  ouverte. 

(5)  En  ce  qui  concerne  M.  F.  J.  Harding,  agent  du  ministère  de  la  Marine  et  des 
Pêcheries  à  Saint- Jean,  N.-B.; 

.Qu'au  cours  de  l'enquête  il  a  été  établi  que  M.  Harding  avait  fait  des  transac- 
tions financières,  sous  forme  de  prêts,  avec  des  gens  qui  avaient  affaire  au  ministère 
soit  à  titre  d'entrepreneurs,  soit  à  d'autres  titres; 

Que  M.  Harding  a  été  suspendu  de  ses  fonctions  au  commencement  de  l'enquête 
sur  sa  conduite; 

Qu'il  a  aussi  été  établi  que  ces  prêts  lui  avaient  été  faits  par  ses  amis  personnels, 
même  avant  qu'ils  eussent  des  rapports  d'affaires  avec  le  ministère; 

Que  le  commissaire  constate  qu'il  n'y  a  aucune  preuve  que  ces  personnes  aient 
exigé  du  ministère  plus  qu'il  ne  leur  était  légitimement  dû; 

Que  M.  Harding  ayant  été  récemment  frappé  de  paralysie,  il  lui  a  été  impos- 
sible de  rendre  son  témoignage  lorsque  l'enquête  a  eu  lieu  à  Saint-Jean;  cependant, 
durant  une  partie  du  temps,  il  a  été  représenté  par  un  avocat; 

Que  le  soussigné  ayant  pris  en  considération  les  faits  ci-dessus,  et  certaines  décla- 


EX QUETE  CASSEES  3 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38a 

rations  qui,  depuis  lors,  sont  venues  à  sa  connaissance,  est  d'avis  que  M.  TIarding  ne 
s'est  pas  rendu  coupable  d'actes  frauduleux. 

(6)  En  ce  qui  concerne  M.  George  D.  O'Farrell,  inspecteur  des  phares,  Québec. 

On  prétend  que  M.  O'Farrell  a  reçu  des  entrepreneurs  du  gouvernement  certaines 
sommes  d'argent; 

Que  son  témoignage  et  ses  explications  relatives  à  ces  assertions  sont  loin  d'être 
satisfaisants; 

Que  le  commissaire  est  d'opinion  que  le  but  dans  lequel  l'une  de  ces  sommes  a  été 
donnée  et  la  manière  dont  elle  a  été  reçue  indiquant  clairement  que  M.  O'Farrell  a 
dû  savoir  que  c'était  dans  le  but  d'influer  sur  son  acceptation  des  comptes. 

Que  le  commissaire  accepte  la  preuve  quant  à  d'autres  paiements  de  même  nature, 
nonobstant  les  dénégations  de  M.  O'Farrell; 

Que  ce  fonctionnaire  est  maintenant  suspendu. 

(7)  En  ce  qui  concerne  M.  Thomson-Schmidt,  inspecteur  des  steamers  du  gouver- 
nement— 

Que  ce  fonctionnaire  est  accusé  d'avoir  reçu  certaines  sommes  d'argent  de  la  part 
de  gens  à  qui,  en  sa  qualité  officielle,  il  était  appelé  à  donner  certains  certificats; 

Que  le  commissaire  déclare  dans  son  rapport  que  ces  sommes  ont  été  données 
comme  pots-de-vin.  et  qu'il  n'a  pu  trouver  la  moindre  justification  de  la  conduite  de 
^f.  Thomson-Schmidt; 

Que  ce  fonctionnaire  est  maintenant  suspendu. 

(8)  En  ce  qui  concerne  M.  John  Kelly,  inspecteur  des  phares  pour  le  Nouveau- 
Brunswick — 

Que  M.  Kelly  a  été  accusé  d'avoir  reçu  des  faveurs  de  la  part  des  entrepreneurs 
du  gouvernement,  et  qu'en  conséquence  de  cela  il  a  été  suspendu  de  ses  fonctions  le 
26  novembre  1908,  sur  les  conseils  de  l'avocat  chargé  d"aider  le  commissaire  dans  son 
enquête  ; 

Que  le  commissaire  déclare  dans  son  rapport  que  les  faits  et  la  preuve  établis  ne 
justifieraient  pas  une  décision  contre  M.  Kelly; 

Que  peu  après  la  réception  du  rapport  du  commissaire,  M.  Kelly  a  été,  par  le 
soussigné,  relevé  de  sa  suspension. 

(9)  En  ce  qui  concerne  M.  Joseph  Louis  Kichard,  sous-inspecteur  des  sifflets  de 
brume,  agence  de  Québec — 

Que  M.  Kicharr  était  accusé  d'avoir  reçu  de  l'argent  d'un  nommé  Drolet,  et  qu'il 
a  été  suspendu  le  7  novembre  1908,  en  conséquence  de  cette  accusation  ; 

Que  le  commissaire  considère  que  l'explication  donnée  par  M.  Richard  pourrait 
être  acceptée,  et  qu'il  l'absout  de  tout  blâme; 

Que  peu  après  la  réception  du  rapport  du  commissaire  M.  Richard  a  été,  par  le 
soussigné,  relevé  de  sa  suspension. 

(10)  En  ce  qui  concerne  le  capitaine  Charles  Goenig,  patron  du  steamer  de  l'Etat 
Druid,  et  inspecteur  des  phares,  agence  de  Québec — 

Que  cet  officier  occupait  un  poste  de  confiance; 

Qu'il  a  été  prouvé  qu'il  avait  reçu  un  grand  nombre  de  gratifications  de  la  part 
des  entrepreneurs  du  gouvernement  avec  lesquels  il  avait  des  relations  d'affaires  en 
sa  qualité  officielle. 

Que  son  utilité  pour  le  ministère  et  son  autorité  sont  en  conséquence  de  beau- 
coup diminuées; 

Qu'il  a  été  suspendu  de  ses  fonctions  le  22  novembre  1908. 

(11)  En  ce  qui  concerne  M.  A.  E.  Beauchemin,  inspecteur  du  dragage  en  bas  de 
Québec — 


4  ENQUETE  CASSELS 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Qu'il  a  été  démontré  que  cet  employé  a  reçu  des  gratifications  de  la  part  d'entre- 
preneurs du  gouvernement  avec  lesquels  il  était  en  relations  officielles  lorsqu'il  exer- 
çait les  fonctions  de  sous-inspecteur  des  vapeurs  de  l'Etat; 

Qu'il  occupait  un  poste  de  confiance,  et  que  son  utilité  pour  le  ministère  et  son 
autorité  ont  été  de  beaucoup  diminuées  par  le  fait  qu'il  a  accepté  ces  cadeaux; 

Que  ses  explications  au  sujet  de  ces  cadeaux  n'ont  pas  été  jugées  satisfaisantes 
par  le  commissaire; 

Qu'il  a  été  suspendu  de  ses  fonctions  le  22  novembre  1908. 

(12)  En  ce  qui  concerne  le  capitaine  H.  G.  McGough,  commandant  du  navire  de 
l'Etat  La  Canadienne — 

Qu'il  a  été  démontré  que  le  capitaine  McGough  a  reçu  quelques  légères  gratifica- 
tions ; 

Que  le  commissaire  recommande  qu'il  soit  traité  avec  indulgence; 

Qu'il  a  été  suspendu  pendant  quatre  mois; 

Que  c'est  un  excellent  officier,  et  que  ses  supérieurs  parlent  de  lui  en  termes  très 
élogïeux. 

En  ce  qui  concerne  messieurs — 

(13)  Louis  Gagné,  contremaître  charpentier,  agence  de  Québec,  et 

(14)  Narcisse  Dufour,  contremaître  forgeron,  agence  de  Québec — 

Qu'ils  occupaient  des  postes  de  confiance; 

Qu'il  a  été  démontré  que  ces  employés  ont  reçu  des  gratifications  considérables 
de  la  part  des  entrepreneurs  au  gouvernement  avec  lesquels  ils  étaient  en  relations 
officielles  ; 

Que  leur  utilité  pour  le  ministre  et  leur  autorité  ont  été  en  conséquence  de 
beaucoup  diminuées; 

Qu'ils  sont  maintenant  suspendus; 

En  ce  qui  concerne  les  mécaniciens  et  autres  employés  surnuméraires  et  de  second 
ordre  du  ministère; 

Que  durant  l'enquête  et  après  l'enquête  les  employés  suivants  ont  été  suspendus — 

(15)  Paul  Bolduc,  mécanicien,  vapeur  de  l'Etat  Druid. 

I.  Thériault,  mécanicien,  vapeur  de  l'Etat  Champlain. 
A.  Roy,  mécanicien,  croiseur  de  protection  des  pêcheries  Princess. 
Joseph  Bélanger,  chef  mécanicien,  phare  flottant  Anticosti. 
Joseph  Fontaine,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Montcalm. 
Malcolm  Morris,  mécanicien  croiseur  de  protection  des  pêcheries  Curlew. 
H.  M.  Stewart,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Aberdeen. 
J.  Ferguson,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Minto. 
A.  Samson,  -chef  mécanicien,  dragueur  N    8. 
Eugène  Bélanger,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Christine. 
A.  Leitch,  aide-mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Aberdeen. 
E.  Filteau,  ci-devant  mécanicien  sur  des  steamers  de  l'Etat,  mais  maintenant 
mécanicien,  agence  de  Québec. 
Germain  Bélanger,  ingénieur  préposé  au  gaz,  agence  de  Québec. 
Que  ces  employés  sont  encore  suspendus. 

En  ce  qui  concerne  le  capitaine  J.  Von  Koenig,  chef  mécanicien  du  steamer  de 
l'Etat  Arctic— 

Que  cet  officier  était  à  bord  de  son  navire  dans  les  eaux  de  l'extrême  nord  du 
Canada,  lorsque  la  commission  a  siégé  à  Québec; 

Qu'en  conséquence  il  n'a  pu  rendre  témoignage  au  sujet  des  accusations  à  l'effet 
qu'on  lui  avait  donné  des  gratifications  relativement  à  ses  fonctions  officielles. 
En  ce  qui  concerne 


ENQUETE  CAS  SELS  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38a 

Le  capitaine  A.  Bélanger,  ci-devant  patron  du  steamer  de  l'Etat  Montcàlm. 
M.  Régis  Leblanc,  mécanicien  du  phare  flottant  de  l'île  Blanche. 

M.  J.  D.  Petitt,  mécanicien  gérant  du  steamer  de  l'Etat  Montcàlm 
M.  Tasker,  mécanicien  gérant  du  steamer  de  l'Etat  Champlain. 
M.  Joseph  Lemieux,  ci-devant  mécanicien  du  steamer  de  l'Etat  Bouville. 
M.  Eli  Nolet,  mécanicien  du  phare  flottant  de  l'île  Rouge. 

M.  Ouellette,  mécanicien  du  phare  flottant  du  haut-fond  Princess. 
Que  ces  gens  ne  sont  pas  au  service  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcherns 
quelques-uns  d'entre  eux  n'ayant  jamais  été  au  service  du  ministère,  et  les  autres  ayant 
quitté  le  service  avant  l'enquête. 

Eu  égard  aux  circonstances  de  chacun  des  cas  ci-dessus  mentionnés,  le  soussigné 
à  l'honneur  de  recommander  ce  qui  suit: — 

1.  Que  le  lieutenant-colonel  Gourdeau,  sous-ministre  de  la  Marine  et  des  Pêche- 
ries, soit  mis  en  non-activité,  avec  une  allocation  de  retraite  basée  sur  ses  appointe- 
ments le  31  mars  1908. 

2.  Que  le  commandant  Spain  soit  renvoyé  du  service. 

3.  Que  M.  J,  F.  Fraser  soit  renvoyé  du  service. 

4.  Que  M.  J.  U.  Gregory,  agent  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  soit 
renvoyé  du  service. 

5.  ;Que  M.  F.  J.  Harding,  agent  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  à 
Saint-Jean,  Nouveau-Brunswick,  soit  mis  en  non-activité,  avec  pension  de  retraite. 

6.  Que  M.  George  D.  O'Farrell,  inspecteur  des  phares,  agence  de  Québec,  soit 
renvoyé  du  service. 

7.  Que  M.  iC.  Thomson- Schmidt,  inspecteurs  des  vapeurs  de  l'Etat,  soit  renvoyé  du 
service. 

8.  Que  M.  John  Kelly,  inspecteur  des  phares  pour  le  Nouveau-Brunswick,  soit 
réinstallé  dans  sa  position,  et  que  le  paiement  de  ses  appointements  soit  autorisé  du- 
rant sa  suspension. 

9.  Que  M.  Joseph  Louis  Richard,  sous-inspecteur  des  sifflets  de  brume,  agence  de 
Québec,  soit  réinstallé  dans  sa  position  et  que  le  paiement  de  ses  appointements  soit 
autorisé  durant  sa  suspension. 

10.  Que  le  capitaine  Charles  Koening  soit  renvoyé  du  service. 

11.  Que  M.  A.  E.  Beauchemin  soit  renvoyé  du  service. 

12.  Qu'en  ce  qui  concerne  le  capitaine  McGough,  sa  suspension  soit  confirmée 
pour  une  période  de  quatre  mois,  après  laquelle,  il  pourra  être  réinstallé  en  vue  de 
l'excellence  de  ses  antécédents,  à  cette  accusation  près,  et  en  vue  de  la  recommanda- 
tion du  commissaire. 

Que  MM.  (13)  Louis  Gagné,  contremaître  charpentier,  agence  de  Québec,  et 
(14)  Narcisse  Dufour,  contremaître  forgeron,  agence  de  Québec,  soient  renvoyés  du 
service. 

15.  En  ce  qui  concerne  MM. 

Paul  Bolduc,  mécanicien,  steamer  Lruid. 

T.  Thériault,  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Champlain, 

A.  Roy,  mécanicien,  croiseur  de  protection  des  pêcheries  Princess, 

Joseph  Bélanger,  chef  mécanicien,  phare  flottant  Anticosti. 

Joseph  Fontaine,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Montcàlm. 

Malcolm  Morris,  mécanicien  croiseur  de  protection  des  pêcheries   Curlew. 

H.  M.  Stewart,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Aberdeen. 

J.  Ferguson,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Minto. 
A.  Samson,  chef  mécanicien,  dragueur  N    8. 
Eugène  Bélanger,  chef  mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Christine. 
A.  Leith,  aide-mécanicien,  steamer  de  l'Etat  Aberdeen. 

E.  Filteau,  ci-devant  mécanicien  sur  les  steamers  de  l'Etat,  mais  maintenant 
mécanicien,  agence  de  Québec, 


6  EXQUETE  CASSELS 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  38a 

Que  leur  suspension  soit  confirmée  et  qu'ils  cessent  d'être  employés  au  service  du 
ministère. 

Considérant,  cependant,  que  la  preuve  produite  devant  le  commissaire  a  établi 
le  fait  qu'il  est  d'usage  que  les  mécaniciens  acceptent  de  semblables  gratifications  de 
la  part  des  entrepreneurs,  que  le  soussigné  soit  autorisé  à  recevoir  de  la  part  de  cha- 
cun d'eux  une  demande  de  réinstallation  dans  leurs  anciennes  positions,  ou  de  nomi- 
nation à  d'autres  positions  dans  lé  ministère,  et  qufen  examinant  les  dites  demandes 
le  ministre  considère  les  points  suivants: — 

(a)  La  nature  de  l'offense. 

(b)  Le  montant  reçu. 

(c)  Les  circonstances  qui  ont  accompagné  le  cadeau. 

(d)  Les  antécédents  de  l'employé. 

(e)  L'ancienneté  du  service. 

(f (  S'il  a  comparu  devant  le  commissaire,  la  manière  dont  il  a  rendu  témoignage. 
(g)  S'il  n'a  pas  comparu,  la  raison  de  cette  abstention. 

Pourvu,  cependant,  que  nulle  réinstallation  de  ce  genre  ne  soit  autorisée  moins 
de  quatre  mois  après  la  date  de  la  suspension  de  l'employé. 

En  ce  qui  concerne  le  capitaine  Von  Koenig — 

Que  toute  action  relative  au  capitaine  Von  Koenig  soit  retardée  jusqu'à  son 
retour  de  l'extrême  nord  au  Canada,  et  qu'après  son  retour  il  ne  soit  retenu  dans  le 
service  qu'à  la  condition  qu'il  fournisse  au  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries 
une  explication  satisfaisante  des  accusations  portées  contre  lui  à  ce  sujet. 

L.  P.  BRODEUR. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39  A.   1909 


RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 


CHARGEE    DE    S  ENQUERIR    DES 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS 


SURVENUS    DANS    LES 


Industries  Textiles  de  Coton  de  la  Province  de  Oné 


Commissaire  : 
W.  L.  MACKENZIE  KLNG,  C.M.G. 

Sous-ministre   du  Travail. 


IMPRIME  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 

IMPRIMÉ  PAR  C.  H.  PARMELEE,  IMPRIMEUR  DE  SA  TRÈS  EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 

1909 
[No.  39—1909.] 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39 


A.    1909 


COMMISSION  '  ROYALE 


Commissaire  : 


Secrétaire  : 


W.  L.  Mackenzie  Kingj,  C.M.G.,  MA.,  LL.B., 

Sous-chef j  ministère  du  Travail. 

Francis  W.  Giddens, 

Ministère  du  Travail. 


Avocat  représentant  les  filateurs  de  coton: 

George  H.  Montgomery. 

Avocats  représentant  les  employés: 

P.  K.  DuTremblay. 
Victor  DuBreuil, 


Interprète 


Sténographe  : 


Victor  DuBreuil. 


J.  II.  Kenehax. 


Ministère  du  Travail. 


!9— 1£ 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39  A.   1909 


TABLE    DES    MATIERES. 

Page. 

Décret  de  l'Exécutif  constituant  la  Commission vii 

Commission ix 

Lettre  du   ministre  du   Travail   transmettant  le  rapport   à   Son   Excellence  le 

Gouverneur  général xi 

Lettre  du  commissaire  transmettant  le  rapport  au  ministre  du  Travail xii 

Rapport  du  commissaire 1 

Annexe,  relativement  aux  grèves  et  aux  chômages  depuis  1900  (avec  tableau), 

gages,  etc 23 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39  A.  1909 


COPIE  CERTIFIEE  D'UN  RAPPORT  DU  COMITE  DU  CONSEIL  PRIVE, 
APPROUVEE  PAR  SON  EXCELLENCE  LE  GOUVERNEUR  GENERAL  LE 
29  JUIN  1908. 

Vu  le  mémoire  du  ministre  du  Travail  en  date  du  27  mai  1908,  représentant  que 
depuis  quelques  années  il  est  survenu  dans  les  industries  textiles  de  la  province  de 
Québec  de  fréquents  différends  qui  ont  été  cause  de  pertes  sérieuses  tant  pour  les  pa- 
trons que  pour  les  employés,  et  ont  sérieusement  porté  atteinte  en  général  au  bien- 
être  des  localités  particulièrement  intéressées; 

Qu'un  grand  nombre  de  filateurs  de  coton  ont  récemment  réduit  les  gages  de 
leurs  employés,  et  qu'en  conséquence,  l'on  estime  qu'il  y  a  aujourd'hui  au  delà  de 
six  mille  ouvriers  sans  emploi,  soit  directement,  soit  indirectement,  par  suite  d'une 
grève  ou  par  suite  d'autres  causes; 

Que  dans  le  but  d'établir  entre  les  patrons  et  les  employés  de  cette  industrie  des 
rapports  plus  harmonieux  et  plus  satisfaisants  il  est  à  propos  de  faire  une  enquête 
sur  la  nature  et  sur  les  causes  de  ces  différends; 

Que  la  fabrication  du  coton  n'étant  pas  une  industrie  de  la  nature  d'un  service 
public,  il  n'est  pas  possible,  sans  le  consentement  commun  des  patrons  et  des  employés 
(consentement  qui  n'a  pas  été  obtenu),  d'y  faire  une  enquête  sous  le  régime  des  dis- 
positions de  la  loi  des  enquêtes  en  matières  de  différends  industriels,  1907  ; 

Le  ministre  en  conséquence  recommande  que  cette  enquête  soit  référée  à  Wil- 
liam Lyon  Mackenzie  King,  CM. G.,  sous-ministre  du  Travail,  en  qualité  de  com- 
missaire sous  l'autorité  des  dispositions  de  la  première  partie  du  chapitre  104  d^s 
Statuts  revisés  de  1906,  généralement  appelé  la  loi  des  enquêtes,  pour  le  dit  Macken- 
zie King,  tenir  et  conduire  la  dite  enquête,  avec  tous  les  pouvoirs  qui  y  sont  attri- 
bués aux  commissaires,  et  qu'il  soit  alloué  au  dit  William  Lyon  Mackenzie  King  la 
somme  de  ses  débours  réels  et  nécessaires  pour  l'exécution  de  la  dite  commission. 

Le  ministre  recommande  de  plus  que  le  commissaire  ait  le  droit  de  déterminer 
la  manière  de  conduire  les  procédures  relatives  à  cette  enquête,  et  de  faire  des  re- 
cherches et  des  investigations  touchant  les  rapports  entre  les  patrons  et  les  employés 
dans  cette  industrie  ou  dans  des  industries  de  même  genre  dans  des  centres  indus- 
triels autres  que  ceux  immédiatement  en  question,  dans  le  but  de  faire  les  recom- 
mandations qui  d'après  lui  peuvent  contribuer  à  avancer  les  rapports  à  l'amiable 
entre  les  patrons  et  les  employés,  et  à  atténuer  la  fréquence  et  l'importance  des  diffé- 
rends dans  cette  industrie. 

Le  ministre  recommande  de  plus  que  le  commissaire  soit  autorisé  à  employer  un 
sténographe  aux  fins  de  recueillir  et  d'enregistrer  la  preuve,  et  à  se  procurer  toute 
autre  aide  que  de  l'avis  du  ministre  du  Travail  il  peut  être  nécessaire  d'avoir 
peur  que  l'enquête  soit  faite  aussi  complètement  et  avec  autant  d'expédition  que  pos- 
sible, et  que  le  commissaire  fasse  rapport  au  ministre  du  Travail  de  la  preuve  et  des 
procédures  ainsi  que  des  opinions  qu'il  pourra  juger  à  propos  d'exprimer  à  cet  sujet. 

Le  comité  soumet  ce  mémoire  pour  qu'il  soit  approuvé. 

F.  K.  BENNETTS, 

Greffier  adjoint  du  Conseil  privé. 


vu 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39  A.   1909 


COMMISSION. 
CANADA. 

C.  Fitzpàtrick, 

Substitut  du  Gouverneur  général 
du  Canada. 

A.  Power, 

Sous-ministre  intérimaire 
de  la  Justice. 

Edouard  VII,  par  la  grâce  de  Dieu  roi  du  royaume-uni  de  la   Grande-Bretagne  et 
d'Irlande,  et  des  possessions    britanniques    au    delà    des  mers,   défenseur  de   la 
Foi,  empereur  des  Indes. 

A  tous  ceux  à  qui  les  présentes  lettres  parviendront,  ou  que  les  présentes  peu- 
vent en  quoi  que  ce  soit  concerner. 

Salut  : 

Attendu  que  par  les  termes  et  par  la  teneur  d'un  décret  de  Notre  Gouverneur 
général  en  Conseil  en  date  du  vingt-neuvième  jour  de  juin  de  l'année  de  Notre- Sei- 
gneur mil  neuf  cent  huit  (dont  copie  est  ci-jointe)  il  a  été  pourvu  à  ce  qu'une  en- 
quête soit  faite  par  notre  commissaire  y  dénommé  au  sujet  des  différends  survenus 
entre  les  patrons  et  les  employés  des  filatures  de  coton  de  la  province  de  Québec,  de 
la  nature  de  ces  différends,  et  des  rapports  qui  existent  entre  les  patrons  et  les  em- 
ployés de  ces  industries  et  d'autres  industries  analogues  dans  des  centres  industriels 
autres  que  ceux  qui  sont  immédiatement  en  question. 

Sachez  que,  de  l'avis  de  notre  Conseil  privé  pour  le  Canada,  nous  nommons, 
constituons  et  désignons  William  Lyon  Mackenzie  King,  écuier,  C.M.G.,  de  la  ville 
d'Ottawa,  dans  la  province  de  l'Ontario,  sous-ministre  du  Travail,  aux  fonctions  de 
commissaire  pour  Nous  aux  fins  de  faire  cette  enquête. 

Pour,  par  le  dit  William  Lyon  Mackenzie  King,  écuier,  CM. G.,  avoir,  posséder 
et  exercer  la  dite  charge,  position  et  le  dit  poste,  et  en  jouir  ainsi  que  des  droits,  pou- 
voirs, privilèges  et  émoluments  qui  en  relèvent  de  droit  et  en  vertu  de  la  loi,  durant 
Notre  bon  plaisir. 

Et,  par  les  présentes  lettres,  sous  l'autorité  des  Statuts  revisés  concernant  les 
enquêtes  relatives  aux  affaires  publiques,  Nous  conférons  à  Notre  dit  commissaire  le 
pouvoir  d'assigner  devant  lui  tous  témoins,  et  de  leur  demander  de  rendre  témoignage 
sous  serment,  ou  sous  affirmation  solennelle  si  ce  sont  des  gens  qui  ont  droit  d'affirmer 
dans  les  affaires  civiles,  et  verbalement  ou  par  écrit,  et  de  produire  les  documents  et  les 
choses  que  Notre  commissaire  peut  juger  être  requis  pour  l'enquête  complète  des  affaires 
sur  lesquelles  il  est  présentement  nommé  aux  fins  de  s'enquérir. 

Et  Nous  requérons  par  les  présentes  Notre  dit  commissaire  et  Nous  lui  ordonnons  de 
faire  rapport  au  ministre  du  Travail  du  résultat  de  son  enquête,  ainsi  que  de  la  preuve 
prise  devant  lui,  et  de  toute  opinion  qu'il  pourra  juger  à  propos  d'exprimer  à  ce  sujet. 

En  foi  de  quoi  Nous  avons  fait  émettre  Nos  présentes  lettres  patentes  et  Nous  y 
avons  fait  apposer  le  grand  sceau  du  Canada. 

Témoin: — L'honorable  sir  Charles  Fitzpàtrick,  C.C.M.G.,  substitut  de  Notre  très 
fidèle  et  bien-aimé  cousin,  le  Très  honorable  sir  Albert  Henry  George,  comte  Grey, 

ix 


h'A  r PORT  DE  LA  COMMISSIOX  ROYALE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

vicomte  Howick,  baron  Grey  de  Howick,  dans  le  comté  de  Northumberland,  dans  la 
pairie  du  Royaume-Uni,  et  baronnet;  chevalier  grand-croix  de  Notre  ordre  très  dis- 
tingué de  Saint-Michel  et  Saint-Georges,  etc.,  etc.,  Gouverneur  général  et  comman- 
dant en  chef  de  Notre  Dominion  du  Canada. 

En  Notre  hôtel  du  gouvernement,  en  Notre  cité  d'Ottawa,  ce  vingt-neuvième  jour 
de  juin,  en  l'année  de  Notre-Seigneur  mil  neuf  cent  huit,  et  la  huitième  année  de 
Notre  règne. 


Par  ordre: 


P.  PELLETIER, 

Par  intérim,  sous-secrétaire  d'Etat. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39  A.    1909 


Lettre  transmettant  le  rapport  de  l'honorable  Ministre  du  Travail,  à  Son  Ex- 
lence  le  Gouverneur  général. 

A  Son  Excellence  le  Très  honorable  sir  Albert  Henry  George,  comte  Grey,  vicomte 
Tlowich,  baron  Grey  de  HowicJc,  dans  le  comté  de  Northumberland,  dans  la  pairie 
du  Royaume-Uni,  et  baronnet;  chevalier  grand-croix  de  l'ordre  très  distingué  de 
Saint-Michel  et  Saint-Georges,  etc.,  etc.,  Gouverneur  général  et  commandant  en 
chef  du  Dominion  du  Canada. 

Plaise  à  Votre  Excellence: 

Le  soussigné  a  l'honneur  de  soumettre  à  Votre  Excellence  le  rapport  de  M.  W.  L. 
Mackènzie  King,  CM. G.,  sous-ministre  du  Travail,  commissaire  nommé  aux  fins  de 
s'enquérir  des  différends  survenus  entre  les  patrons  et  les  employés  des  filatures  de 
coton  de  la  province  de  Québec. 

Le  tout  respectueusement  soumis. 

KODOLPHE  LEMIEUX, 

Ministre  du  Travail. 

Ottawa,  25  septembre  1908. 


xi 


Lettre  transmettant  le  rapport  du  Commissaire  à  l'honorable  ministre  du  Travail. 

A  l'honorable 

Rodolphe  Lemieux,  M.S.R.C.,  LL.D.,  C.R.,  M.P., 
Ministre  du  Travail. 

Monsieur  le  Ministre, — Ayant  été  nommé  par  commission  royale  en  date  du  29 
juin  1908,  pour  nr enquérir  des  différends  survenus  entre  les  patrons  et  les  employés 
des  filatures  de  coton  de  la  province  de  Québec,  ainsi  que  de  la  nature  et  des 
causes  de  ces  différends,  j'ai  l'honneur,  en  obéissance  aux  instructions  de  la  commis- 
sion, de  vous  transmettre  ci-joint  un  rapport  sur  les  procédures  de  la  commission  et 
sur  le  résultat  de  mon  enquête,  ainsi  que  la  preuve  prise  devant  moi  et  les  opinions  que 
j'ai  jugé  à  propos  de  vous  exprimer  à  ce  sujet. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

W.  L.  MACKENZIE  KING, 

Commissaire. 
Ottawa,  15  septembre  1908. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39  A.   1909 


RAPPORT  DU  COMMISSAIRE. 

Si  l'on  se  reporte  au  procès-verbal  approuvé  du  conseil  qui  a  recommande  la 
nomination  de  la  présente  commission,  et  à  la  commission  elle-même,  on  y  verra  qu'un 
mémoire  sur  le  sujet  a  été  présenté  à  Son  Excellence  en  conseil  le  27  mai,  à  un  mo- 
ment où  l'on  a  estimé  qu'il  y  avait  environ  six  mille  ouvriers  sans  emploi  dans  la 
province  de  Québec,  soit  directement  soit  indirectement,  par  suite  d'une  grève  ou 
pour  d'autres  causes.  Le  rapport  du  comité  du  Conseil  privé  a  été  approuvé  le  29 
juin,  et  la  Commission  elle-même  n'a  été  signée  que  le  15  juillet.  Quand  a  été  faite  la 
recommandation  de  ma  nomination,  j'étais  absent  à  la  Colombie-Britannique,  occupé 
à  une  enquête  sous  commission  royale  sur  les  pertes  subies  par  les  résidents  chinois  de 
Vancouver  par  suite  des  émeutes  anti-asiatiques  du  mois  de  septembre  dernier.  Ce 
n'est  que  le  26  juin  qu'il  m'a  été  possible  de  terminer  cette  enquête,  de  revenir  à 
Ottawa  et  de  présenter  mon  rapport.  Des  affaires  du  ministère  m'ont  ersuite  empê- 
ché de  commencer  la  présente  enquête  avant  lundi,  le  13  juillet,  date  à  laquelle  je 
suis  parti  pour  Montréal. 

Après  des  conférences  avec  les  intéressés  et  avoir  pris  tous  les  arrangements  vou- 
lus, j'ai  ouvert  les  séances  de  la  commission  au  palais  de  justice  de  Montréal  le  matin 
du  mercredi,  15  juillet.     L'avis  qui  suit  avait  été  inséré  dans  la  presse  la  veille:— 

Avis  public. 

Le  soussigné,  nommé  commissaire  sous  l'autorité  de  la  première  partie  du  chapi- 
tre 104  des  Statuts  revisés,  1906,  généralement  connue  sous  le  nom  de  "Loi  des 
enquêtes",  pour  s'enquérir  des  causes  des  différends  industriels  dans  les  filatures 
de  coton  dans  la  province  de  Québec,  donne  par  les  présentes  avis  public  que  les 
séances  de  la  commission  commenceront  au  palais  de  justice  (chambre  21),  en  la  ville 
de  Montréal,  le  mercredi,  15  juillet,  à  dix  heures  et  demie  du  matin,  et  qu'il  sera  heu- 
reux d'entendre  les  représentants  de  toute  partie  qui  peut  désirer  comparaître  et 
rendre  témoignage  concernant  les  affaires  au  sujet  desquelles  il  a  été  chargé  de  s'en- 
quérir. 

W.  L.  MACKENZIE  KING, 

Commissaire. 

Montréal,  14  juillet  1908. 

Procédures  de  la  Commission. 

Des  séances  ininterrompues  de  la  commission  ont  été  tenues  à  Montréal  du  15 
juillet  au  18  juillet,  inclusivement,  et  du  3  au  6  août,  inclusivement.  Il  a  été  tenu 
des  séances  à  Valleyfleld,  P.Q.,  le  7  août,  et  à  Magog,  P.Q.,  le  8  août.  Les  filatures  de 
la  Dominion  Textile  Company,  à  Montmorency,  ont  aussi  été  visitées.  Cinquante-six 
(56)  témoins  en,  tout  ont  été  examinés,  y  compris  les  directeurs  et  les  principaux 
employés  de  la  Dominion  Textile  Company  et  de  la  Montréal  Cotton  Company. 
douze  surintendants  et  surveillants,  les  chefs  de  l'union,  vingt-trois  ouvriers  et  neuf 
ouvrières.  L'un  des  principaux  inspecteurs  de  fabriques  de  la  province  a  aussi  été 
examiné.  Les  travaux  ont  été  sensiblement  abrégés  par  le  fait  que  les  principaux 
employés  des  diverses  compagnies  ont  produit  à  la  commission  des  états  détaillés, 
dont  l'exactitude  a  été  dûment  vérifiée,  indiquant  les  gages  payés,  le  taux  des  gagés 
et  les  heures  de  travail,  et  les  changements  effectués  dans  les  gages  et  dans  les  heures 
depuis  quelques  années;  ainsi  que  des  états  indiquant  le  nombre  d'ouvrier  employés, 


2  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ainsi  que  les  causes  et  les  résultats  des  différends  industriels  survenus  durant  Tannée 
présentes  et  les  années  antérieures.  Il  y  a  eu  sur  les  traits  saillants  de  l'enquête  très 
peu  de  témoignages  contradictoires,  et  tout  en  admettant  qu'un  prolongement  de  l'en- 
quête aurait  nécessité  l'examen  d'un  nombre  beaucoup  plus  considérable  de  témoins, 
les  parties  ont  admis  que  le  témoignage  de  ces  témoins  n'aurait  tendu  qu'à  corroborer 
et  à  confirmer  les  témoignages  déjà  rendus,  et  n'était  probablement  pas  de  nature  à 
mettre  à  jour  des  faits  additionnels  de  quelque  importance.  Quarante-cinq  pièces  en 
tout  ont  été  produites  devant  la  commission,  et  un  grand  nombre  de  ces  pièces  étaient 
des  écrits  qui  contenaient  une  vaste  somme  de  renseignements,  et  n'ont  pas  moins 
de  valeur  que  les  divers  témoignages  sous  serment  dont  la  transcription  couvre  plus 
de  douze  cents  pages  de  papier  tellière  dactylographiées. 

Vu  qu'il  a  été  fréquemment  parlé,  tant  par  les  patrons  que  par  les  employés,  de 
l'industrie  textile  aux  Etats-Unis,  et  sur  son  influence  sur  ce  qui  arrive  en  Canada, 
j'ai  jugé  à  propos,  dans  le  but  d'obtenir  des  renseignements  exacts,  autant,  que  pour 
les  fins  de  la  comparaison,  de  visiter  quelques-unes  des  plus  grandes  filatures  de  coton 
de  ce  pays,  et  au  mois  d'août  j'ai  fait  la  visite  des  filatures  de  Lowell  et  de  Fall- 
River,  d'une  catégorie  analogue  à  celles  du  Canada.  Outre  qu'il  m'a  été  permis  de 
faire  l'inspection  personnelle  des  filatures,  j'ai  eu  avec  des  gens  autorisés  et  bien 
informés  plusieurs  entrevues  précieuses.  J'en  ai  aussi  profité  pour  conférer  avec  les 
chefs  des  bureaux  de  Travail  des  Etats  de  Massachusetts,  de  New- York  et  du  New- 
Hampshire,  au  sujet  des  lois  et  des  conditions  industrielles  qui  régissent  les  tisseurs 
de  ces  Etats.  Dans  le  présent  rapport,  j'ai  complété  les  renseignements  ainsi  obtenus 
en  référant  de  sources  autorisées  aux  conditions  qui  existent  dans  la  Grande-Bretagne, 
aux  Etats-Unis  et  ailleurs. 

Il  est  agréable  de  pouvoir  faire  rapport  que  les  parties  intéressées  ont  suivi  de 
près  les  travaux  de  la  commission  de  jour  en  jour,  et  qu'elles  étaient  représentées  par 
des  avocats  distingués. 

Comme  il  y  avait  une  malheureuse  division  dans  les  rangs  des  ouvriers,  chacun 
des  groupes  fut  trouvé  représenté  par  un  avocat  distinct,  M.  R.  DuTremblay  en 
représentait  un  et  M.  J.  C.  Bumbray  l'autre.  M.  George  H.  Montgomery  compa- 
raissait pour  la  Dominion  Textile  Company  et  pour  la  Montréal  Cotton  Company, 
les  deux  corporations  qui  contrôlent  les  filatures  de  coton  de  la  province  de  Québec. 
Ainsi  qu'il  était  énoncé  dans  l'avis  public,  les  personnes  qui  le  désiraient  ont  été 
invitées  à  comparaître  ou  à  rendre  témoignage  concernant  les  questions  au  sujet  des- 
quelles la  commission  était  chargée  de  s'enquérir,  et  quand  demande  a  été  faite  par 
qui  que  ce  fût,  qu'il  fut  avocat  ou  non,  d'interroger  les  témoins,  et  qu'il  a  paru  que 
cet  interrogatoire  nous  aiderait  à  révéler  des  faits  pertinents  à  l'enquête,  cette  per- 
mission a  été  accordée.  L'interrogatoire  des  témoins  a  été  fait  par  les  avocats  qui 
comparaissaient  pour  les  parties,  et  par  moi  à  titre  de  commissaire.  Beaucoup  de 
témoins  ont  aussi  été  interrogés  par  des  tiers  qui  en  ont  fait  la  demande  et  à  qui 
a  été  concédé  le  privilège  dont  il  a  été  parlé.  Grâce  à  l'adoption  de  cette  méthode 
de  procéder,  il  y  a  lieu  de  croire  que  l'enquête  a  été,  ainsi  que  j'avais  exprimé 
à  la  séance  d'ouverture  le  désir  qu'elle  le  fût,  et  minutieuse  et  complète,  et  aucun 
fait  ni  aucun  trait  de  quelque  réelle  importance  n'a  pu  échapper  à  la  publicité.  Sous 
ce  rapport  je  désire  rendre  publique  la  constatation  que  je  fais  de  l'aide  précieuse 
que  m'ont  fournie  les  avocats  pour  l'obtention  des  renseignements,  et  .de  l'habileté  et 
du  soin  avec  lesquels  ils  ont,  au  cours  de  l'interrogatoire,  insisté  sur  la  portée  et  la 
signification  des  témoignages  sur  les  intérêts  des  parties  qu'ils  représentaient.  Je 
désire  aussi  reconnaître  les  services  qu'ont  rendus  M.  Francis  W.  Giddens,  en  qualité 
de  secrétaire,  et  M.  Victor  DuBreuil,  à  titre  d'interprète.  La  manière  efficace  dont 
ces  fonctionnaires  du  ministère  du  Travail  se  sont  respectivement  acquittés  des  de- 
voirs à  eux  assignés  a  grandement  facilité  le  travail  de  la  commission. 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DA  NS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON  3 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

L'industrie  textile  de  la  province  de  Québec 

A  l'exception  de  la  Wabasso  Cotton  Company,  Ltd.,  des  Trois-Rivières,  et  de  la 
Mount  Royal  Spinning  Company,  de  Montréal,  toutes  deux  organisées  au  cours  de 
l'année  dernière,  mais  qui  n'ont  pas  encore  commencé  leurs  opérations  activas,  les 
filatures  de  coton  de  la  province  de  Québec  sont  possédées  et  contrôlées  soit  par  la 
Dominion  Textile  Company,  Ltd.,  ou  par  la  Montréal  Cotton  Company,  Ltd. 
Cette  dernière  corporation  est  la  plus  ancienne  des  deux,  ayant  été  organisée  en 
188S.  Son  siège  est  situé  à  Montréal,  et  ses  filatures,  quand  elles  sont  à  l'œuvre  dans 
des  conditions  normales,  emploient  environ  2,500  ouvriers,  dont  plus  de  1,500  hom- 
mes et  environ  1,000  femmes.  La  Dominion  Textile  Company  a  été  organisée  le  4 
janvier  1905,  et  a  subséquemment  assumé  la  direction  de  la  Dominion  Cotton  Milfe 
Company,  de  la  Merchants  Cotton  Company,  de  la  Montmorency  Cotton  Mills  Com- 
pany et  de  la  Colonial  Bleaching  and  Printing  Company.  Son  siège  est  aussi  à  Mont- 
réal, et  elle  a  des  filatures  à  Saint-Henri,  à  Hochelaga,  à  Sainte- Anne,  à  Magog  et  à 
Montmorency.  Dans  les  temps  ordinaires,  elle  donne  du  travail  à  plus  de  5,000 
ouvriers,  dont  2,500  à  3,000  hommes  et  2,000  à  2,500  femmes.  Au  cours  du  mois, 
de  mai  de  la  présente  année  ces  ouvriers  étaient  distribués  entre  les  différentes  fila- 
tures, ainsi  qu'il  suit:  filature  des  Marchands  à  Saint-Henri,  1,366;  filature  Colonial, 
Saint-Henri,  181;  Hochelaga,  1,098;  Sainte- Anne,  409;  Magog,  548;  Magog  Print 
Works  and  Mechanical,  377;  Montmorency,  1,055;  ce  qui  porte  le  nombre  total  des 
employés  à  5,044. 

Les  autres  compagnies  manuiacturières  de  coton  du  Canada  sont  la  Canada 
Coloured  Cotton  Co.,  avec  des  filatures  à  Cornwall,  à  Hamilton,  à  Marysville  et  à 
Sainte-Croix;  la  Cornwall  and  York  Cotton  Co.,  avec  des  filatures  à  Saint- Jean,  N.-B.  ; 
la  Hamilton  Cotton  Co.,  avec  des  filatures  à  Hamilton;  la  Cosmos  Cotton  Co., 
avec  des  filatures  à  Yarmouth,  N.-E.  ;  la  Mount  Royal  Spinning  Co.,  une  nouvelle  com- 
pagnie qui  vient  d'être  organisée  à  Saint-Henri  en  mars  1907  ;  -la  Wabasso  Cotton  Co., 
T  rois-Rivières  (qui  vient  de  s'organiser).  De  celles-ci  la  Dominion  Textile  Co.  con- 
trôle les  filatures  de  Moncton,  qui  employait,  en  mai  1908,  255  ouvriers;  les  filatures 
de  Windsor,  qui  emploient  195  ouvriers;  les  filatures  de  Kingston,  qui  emploient  107 
ouvriers,  et  les  filatures  d'Halifax,  qui  emploient  345  ouvriers. 

La  Dominion  Textile  Company  emploie  en  tout  plus  de  6,000  ouvriers,  dont  plus 
de  la  moitié  sont  des  hommes. 

D'après  le  dernier  recensement  fédéral  (1901V  le  nombre  total  des  gens  employée 
à  l'industrie  textile  du  coton  en  Canada  était  de  11,882,  sur  lequel  6,615,  soit  plus  de 
la  moitié,  sont  employés  dans  la  province  de  Québec. 

Organisation  chez  les  employés  des  filatures. 

L'histoire  de  l'organisation  chez  les  employés  des  filatures  de  coton  dans  la  pro- 
vince de  Québec  est  quelque  peu  incertaine  et  variée,  qu'on  l'envisage  au  point  de 
vue  de  son  développement  dans  le  passé  ou  qu'on  l'examine  au  point  de  vue  de  sa 
nature  et  de  son  étendue  au  moment  actuel.  Il  ne  peut  y  avoir  de  doute  que  se  re- 
lient à  elle  inséparablement  un  grand  nombre  des  conflits  industriels  qui  se  sont  pro- 
duits, parfois  pour  l'avantage  des  ouvriers,  parfois  à  leur  préjudice  et  au  préjudice 
de  l'industrie  elle-même.  S'il  faut  accepter  ce  qu'ont  dit  quelques-uns  des  té- 
moins, il  semblerait  que  le  motif  de  plusieurs  de  ceux  qui  ont  pris  part  au  travail 
de  l'organisation  n'a  pas  toujours  été  celui  qui  avait  poussé  ceux  qui  avaient 
le  plus  à  cœur  les  intérêts  d'une  union  de  métiers  éclairée.  D'autre  part,  la 
preuve  en  somme  porte  à  la  conviction  que  quelque  malheureux  et  quelque  superflus 
qu'aient  été  quelques-uns  des  conflits  industriels,  l'organisation  a  aidé,  au  moins  jus- 
qu'au moment  de  la  dernière  diminution  des  gages,  à  une  amélioration  des  conditions 
de  toutes  les  catégories  d'ouvriers  de  cette  industrie. 


4  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

La  mention  des  diverses  phases  de  l'organisation  parmi  les  ouvriers  dans 
l'espace  de  quelques  années  suffit  à  elle  seule  pour  démontrer  comment  tes  di- 
recteurs de  filatures  n'ont  pas  été  sans  raison  quand  ils  ont  hésité  à  donner  un  prompt 
acquiescement  à  la  demande  usuelle  de  reconnaissance,  et  pourquoi  la  sagesse  d'une 
telle  ligne  de  conduite  présente  encore  des  doutes  à  leurs  esprits.  Il  est  aussi  évi- 
dent, que  le  succès  qui  a  couronné  les  efforts  dans  le  sens  de  l'organisation,  dans  un 
marché  tendant  à  monter,  et  dans  des  conditions  favorables,  a  porté  quelques-uns  des 
esprits  dirigeants  du  mouvement  à  confondre  le  moyen  avec  la  cause,  et  à  croire  que 
vu  (jue  les  efforts  réunis  ont  précipité  ce  qui  était  économiquement  possible  sur  un 
marché  tendant  à  monter,  la  résistance  conjointe  pouvait  restreindre  un  mouvement 
qui  était  inévitable  à  un  moment  de  dépression. 

Dépouillé  des  traits  principaux  de  la  controverse,  un  tracé  du  développement 
semblerait  être  ainsi  qu'il  suit:  Jusqu'en  1905,  il  n'y  avait  à  proprement  parler  au- 
cune organisation  chez  les  ouvriers  des  filatures  de  la  province  de  Québec.  A  Valley- 
field,  où  sont  situées  les  filatures  de  la  Montréal  Cotton  Company,  l'union  ouvrière 
de  Valleyfield  n°  7387  A.  F.  of  L.,  a  été  organisée  le  15  juin  1899.  Appartenaient  à 
cette  organisation  non  seulement  les  ouvriers  des  filatures,  mais  des  gens  de  divers 
métiers  et  de  diverses  professions.  Ce  fut  une  affaire  de  peu  de  durée  ;  elle  ne  subsista 
que  partie  d'une  année.  Il  y  eut  à  Valleyfield,  dans  l'automne  de  1900,  une  grève 
sérieuse  ou  les  ouvriers  de  filature  se  trouvèrent  intéressés.  En  tant  qu'ils  y  furent 
intéressés,  ce  fut  une  grève  de  sympathie,  et  elle  n'avait  rien  à  faire  avec  les  condi- 
tions de  leur  emploi.  L'union  ouvrière  a  été  particulièrement  active  à  ce  moment-là. 
mais  elle  disparut  bientôt  après,  et  il  n'y  eut  pas  de  renouvellement  d'organisation 
dans  ce  centre  industriel  avant  que  la  fédération  des  tisserands  eut  été  formée 
et  y  eût  étendu  sa  juridiction  en  1906.  Non  seulement  n'y  eut-il  plus  d'organisation 
à  Valleyfield  avant  1906,  mais  ainsi  qu'on  l'a  dit,  il  n'y  eut,  sauf  l'organisation  loca^ 
de  Valleyfield  en  1900,  aucune  organisation  quelconque  dans  aucune  des  filatures  de 
la  province  de  Québec  avant  1905.  En  novembre  1905,  les  fileurs  à  la  mule-jenny 
d'Hochelaga,  au  nombre  de  21,  se  sont  organisés  en  une  union  locale  du  Congrès 
National  des  Métiers  et  du  Travail.  Le  congrès  national  des  métiers  et  du  travail 
s'est  formé  à  Berlin,  Ontario,  en  septembre  1902.  Il  fut  organisé  comme  société 
rival  du  Congrès  Fédéral  des  Métiers  et  du  Travail,  dont  il  se  distingue 
en  ce  qu'il  n'admet  au  titre  de  membres  que  les  unions  qui  sont  fermement  cana- 
diennes et  n'ont  pas  d'affiliations  internationales.  La  province  de  Québec  devint  pen- 
dant un  temps  le  principal  champ  d'opération  de  la  nouvelle  organisation,  et  l'union 
locale  des  tisseurs  à  la  mule-jenny  d'Hcchelaga,  organisée  en  novembre  1905,  a  été 
l'une  de  plusieurs  unions  locales,  détenant  une  charte  du  congrès  national,  formé  de 
divers  métiers  et  dans  différents  autres  à  cette  époque.  Les  autorités  des  filatures 
d'Hochelaga  étaient  adverses  à  l'organisation  des  ouvriers,  et  au  printemps  de  1900, 
le  président  de  l'union  locale  et  les  membres  de  sa  famille  furent  congédiés  de  la  fila- 
ture par  le  surintendant,  leurs  relations  avec  l'union  constituant  dans  l'esprit  des 
membres  la  seule  cause  de  leur  congédiement.  Les  principaux  officiers  du  congrès 
national  allèrent  en  conférer  avec  la  direction,  mais  leur  intervention  n'eût  pas  de 
succès,  et  ne  fut  pas  satisfaisante  pour  les  membres  de  l'union  locale,  et  leurs  rap- 
ports avec  le  Congrès  National  des  Métiers  et  du  Travail  cessèrent  de  ce  moment. 

Un  changement  fut  alors  vivement  opéré  du  congrès  national,  à  l'affiliation  inter- 
nationale. En  juin  de  la  même  année,  1906,  des  cours  locales  de  la  Fédération  Unie 
des  Tisserands  d'Amériqr.e  se  sont  formées  parmi  les  ouvriers  des  filatures  d'Ho- 
chelaga, de  Saint- Anne  et  de  Saint-Henri.  Il  y  avait  eu  en  mai,  aux  filatures  d'Ho- 
chelaga une  grande  grève,  dont  le  résultat  avait  été  d'obtenir  une  augmentation 
de  12  à  14  pour  100  dans  les  gages,  augmentation  qui  avait  été  accordée  aux  ou- 
vriers de  Sainte-Anne  et  de  Saint-Henri.  Il  n'y  avait  pas  d'organisateur,  mais  les 
avantages  de  l'organisation  avaient  été  fortement  discutés,  et  à  cet  égard  on  avait 
insisté  spécialement  sur    l'avantage  qu'il  y  a  à  s'associer  avec  les  ouvriers  déjà  orga- 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DANS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON         5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

nisés  aux  Etats-Unis.  Les  renseignements  requis  furent  obtenus  et  les  arrangements 
se  firent  par  correspondance,  et  en  peu  de  temps  au  moins  14  unions  locales  de  la 
fédération  unie  des  ouvriers  textiles  d'Amérique  étaient  établies.  Dans  quelques  cas 
il  y  avait  plusieurs  unions  dans  la  même  filature,  telles  que,  par  exemple,  les  unions 
distinctes  des  ajusteurs  de  métiers,  des  tisserands  et  des  fournisseurs  à  Montréal  qui 
ont  été  des  premières  établies.  Les  tentatives  de  former  à  Magog  une  union  locale 
de  la  Fédération  Fuie  des  Tisserands  d'Amérique  ont  abouti  à  une  grève  en  juillet 
parmi  les  ouvriers  de  cette  filature. 

La  compagnie  s'est  efforcé  d'empêcher  l'organisation  en  demandant  à  ses  em- 
ployés de  signer  un  contrat  par  lequel  ils  s'engageaient  à  ne  faire  partie  d'aucune 
union.  Trois  cents  ouvriers  ayant  refusé  de  signer  ce  contrat  se  virent  refuser  l'ad- 
mission à  la  filature,  ou  en  d'autres  termes,  cela  aboutit  à  un  chômage  forcé  en  tant 
qu'il  était  question  d'eux.  Aussitôt  que  ce  chômage  forcé  eut  été  effectué,  trois  cenl 
cinquante  autres  ouvriers  quittèrent  l'ouvrage,  et,  deux  jours  après,  les  ouvriers 
employés  aux  imprimeries  d'indiennes  à  Magog  avaient  aussi  quitté  leur  travail. 
Il  y  avait  en  tout  à  Magog  .environ  800  ouvriers  en  grève,  et  les  filatures 
ont  dû  fermer  leurs  portes,  mais  les  inconvénients  ne  se  bornèrent  pas  à  Magog;  les 
fileurs  à  la  mule-jenny  à  Hochelaga  et  à  Saint-Henri,  au  nombre  d'environ  75,  qui 
étaient  déjà  membres  de  la  fédération  unie,  qui  avait  donné  l'occasion  du  chômage 
forcé  de  Magog,  se  mirent  en  grève  par  sympathie.  Ils  restèrent  en  grève  pendant 
quatre  ou  cinq  jours,  mais  aucune  autre  catégorie  d'ouvriers  de  la  filature  ne  vint 
se  joindre  à  eux.  A  Magog,  la  lutte  pour  faire  reconnaître  l'union  se  fit  d'une  façon 
conjointe,  et  après  une  lutte  d'environ  trois  semaines,  période  durant  laquelle  les  gré- 
vistes avaient  ajouté  à  leurs  griefs  une  demande  d'augmentation  de  salaire,  la  grève 
fut  déclarée  close,  les  ouvriers  ayant  complètement  réussi.  Non  seulement  ils  furent 
réintégrés  dans  leurs  emplois  antérieurs  et  on  leur  permit  de  devenir  membres 
d'une  organisation,  mais  une  augmentation  de  salaire  de  12  à  14  pour  100  leur  fut 
accordée. 

Séparation  de  l'Internationale. 

Bien  que  la  tentative  d'organiser  l'union  locale  de  la  fédération  unie  n'ait  plei- 
nement réussi  qu'à  Magog  et  qu'il  s'y  soit  établi  non  moins  de  14  unions  locales  de 
cette  organisation  dans  peu  de  semaines,  il  n'a  pas  fallu  plus  de  trois  mois  pour  que  les 
organisations  canadiennes  eussent  rompu  leurs  rapports  avec  l'Internationale,  et  l'on 
revint  à  la  Nationale  comme  étant  opposée  à  l'organisation  internationale.  Diverses 
raisons  furent  données  pour  ce  changement.  Il  est,  par  exemple,  affirmé  d'une  façon 
très  plausible  que  ce  changement  était,  dans  l'esprit  des  membres,  de  l'intérêt  des 
ouvriers  et  de  l'industrie  canadienne,  et,  deuxièmement,  avantageux  pour  eux-mêmes. 
Il  y  avait  toujours  possibilité  de  conflit  d'intérêts  entre  les  filatures  de  coton  des 
Etats-Unis  et  celles  de  ce  pays,  et  le  souci  d'éviter  des  embarras  possibles  à  cet  égard 
est  donné  comme  un  des  motifs  pour  la  retraite  des  Canadiens.  D'autre  part,  il 
paraît  que  la  plupart  des  officiers  et  des  membres  de  la  Fédération  Unie  des  Tisserands 
d'Amérique  étaient  tous  de  langue  anglaise,  que  les  affaires  de  l'association  se  faisaient 
en  anglais,  et  que  la  constitution  et  les  règlements  et  les  autres  publications  n'étaient 
imprimées  qu'en  anglais.  Indubitablement,  durant  la  lutte  de  Magog,  où  la  plupart  des 
ouvriers  étaient  Canadiens  français,  on  a  dû  éprouver  des  inconvénients  à  ce  sujet,  et 
l'aide  donnée  par  l'organisation  internationale  n'atteignit  probablement  pas  le  point 
qu'avaient  espéré  les  soutiens  de  la  nouvelle  organisation.  Quoi  qu'il  en  soit,  après  la 
lutte  industrielle  de  Magog,  le  chef  s'est  rendu  à  Fall-River,  Mass.,  et  à  son  retour  a 
conseillé  qu'on  se  retirât  de  la  Fédération  Unie  des  Tisserands  d'Amérique  et  que  l'on 
établît  une  organisation  canadienne. 

L'association  conclue  avec  l'organisation  internationale,  avait  familiarisé  les 
ouvriers  avec  les  visées  et  les  méthodes  en  opération  dans  les  unions  ouvrières,  et  avait 

39—2 


6  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

suggéré  aux  chefs  un  nom  convenable  pour  une  union  canadienne.  Ils  avaient  été  mé- 
contents du  Congrès  National  des  Métiers  et  du  Travail,  parce  que,  bien  qu'il  fut  un 
corps  fédératif,  il  embrassait  des  organisations  de  toutes  catégories  d'ouvriers.  Ce 
que  l'on  désirait  maintenant  était  une  fédération  qui  n'admît  que  les  catégories 
d'ouvriers  qui  étaient  employés  dans  les  filatures.  En  supprimant  le  mot  "  unie  "  et 
en  remplaçant  par  "  Canada  "  le  mot  "  Amérique  ",  on  trouva  pour  la  nouvelle  orga- 
nisation un  nom  convenable,  et,  en  septembre,  il  fut  résolu  de  substituer  à  la  Fédéra- 
tion Unie  des  Tisserands  d'Amérique  la  Fédération  des  Tisserands  du  Canada. 
Au  bout  d'environ  six  semaines,  les  deux  tiers  des  tisserands  de  Montréal 
avaient  été  attirés  dans  la  nouvelle  fédération,  les  fileurs  à  la  mule-jenny  ayant  été 
les  premiers,  comme  dans  chaque  cas,  à  s'organiser.  Après  que  l'organisation  eût 
pris  du  développement  à  Montréal,  des  unions  locales  ont  été  formées  à  Magog,  à 
Montmorency,  à  Yalleyfield  et  à  Hochelaga.  L'organisation  ne  se  borna  pas  seule- 
ment aux  filatures  de  coton  ou  à  la  province  de  Québec,  mais  les  filatures  de  laine  y 
furent  aussi  comprises,  et  la  juridiction  de  la  fédération  s'étendit  à  des  parties  de 
l'Ontario.  Les  filatures  de  laine  de  Saint-Hyacinthe,  de  Québec  et  de  Paris,  Ont., 
furent  les  premières  à  s'organiser.  Il  se  forma  un  grand  nombre  d'unions  locales. 
La  fédération  commença  la  publication  d'un  organe  appelé  "Le  F  Heur"  ;  le  premier 
numéro  fut  publié  en  octobre  1906.  N'ayant  pas  eu  le  succès  financier  que  l'on 
en  attendait,  et  la  fédération  ayant  besoin  de  fonds  pour  d'autres  usages,  le  journal 
fut  discontinué  en  décembre  1907,  après  avoir  été  publié  neuf  fois  en  tout.  La  fédé- 
ration continue  à  l'heure  présente  à  être  l'organisation  à  laquelle  appartiennent  la 
plupart  des  unions  locales.  Les  fileurs  à  la  mule-jenny  de  Saint-Henry,  d'Hochelaga 
et  de  Montréal  ont  opéré  un  retour  à  l'unionisme  international  au  cours  du  printemps 
de  1907;  à  cette  époque  un  certain  nombre  des  fileurs  à  la  mule-jenny  de  ces  filatures 
se  rallièrent  à  l'Union  Internationale  des  Fileurs  d'Amérique,  dont  le  siège  est  à  New- 
Bedford,  Mass.  Cette  organisation  internationale  limite  le  nombre  de  ses  membres 
aux  fileurs  seulement,  sans  que  le  titre  de  membre  de  cette  organisation  empêche  le 
titre  de  membre  de  la  fédération  ;  les  deux  organisations  ont  sans  cesse  continué  depuis 
à  marcher  côte  à  côte,  et  réellement  tous  les  membres  de  l'union  internationale  des 
fileurs  sont  aussi  membres  de  la  fédération. 

Durant  toute  l'année  1907,  la  fédération  a  continué  à  grandir  et  à  étendre  sa  juri- 
diction et  son  influence.  Ses  membres  ont  été  intéressés  dans  un  grand  nombre  de 
grèves,  dont  quelques-unes  ont  réussi  et  d'autres  ont  sombré.  Les  directeurs  et  princi- 
paux employés  des  diverses  filatures  semblent  avoir  reconnu  ses  ofiîciers  et  avoir  traité 
avec  eux.  Ils  ont  déclaré  franchement  devant  la  commission  que  dans  quelques  cas 
les  chefs  des  unions  locales  de  la  fédération  avaient  servi  d'intermédiaires  pour  calmer 
des  mécontentements  chez  les  ouvriers,  et  pour  rétablir  l'ordre  en  refusant  de  suppor- 
ter des  demandes  injustes  de  la  part  de  quelques-uns  des  ouvriers.  D'autre  part,  les 
directeurs  de  filatures  n'ont  pas  mis  moins  d'emphase  à  déclarer  que  dans  d'autres 
circonstances  c'est  à  la  fédération  qu'est  dû,  tant  directement  qu'indirectement,  une 
grande  partie  du  conflit  qui  s'est  produit,  directement  à  cause  des  demandes  qu'elle 
avait  faites,  et  indirectement  en  donnant  aux  partis  un  sentiment  d'indépendance  qui, 
à  certains  moments,  les  avaient  portés  à  agir  d'une  façon  hâtive  et  arbitraire. 

Au  printemps  dfe  l'année  présente,  il  s'est  élevé  entre  les  chefs  de  la  fédération  un 
malheureux  conflit.  Des  accusations  d'une  nature  sérieuse  ont  été  portées  par  cer- 
taine officiers  contre  d'autres;  ces  accusations  furent  vivement  ressenties  et  suivies  de 
nouvelles  accusations.  Un  officier  important  de  la  fédération  donna  sa  démission,  et 
au  bout  de  quelques  semaines  lança  une  organisation  rivale  connue  sous  le  nom  de 
Union  Amicale.  Cette  société  se  forma  parmi  les  ouvriers  de  la  filature  d'Hochelaga,  et 
bien  que  son  personnel  de  membres  ne  fut  pas  nombreux,  elle  fut  vivement  attaquée 
par  la  fédération. 

Le  25  avril  de  l'année  courante,  les  compagnies  ont  annoncé  qu'elles  avaient  l'in- 
tention, le  et  après  le  4  mai,  d'opérer  une  réduction  de  10  pour  100  sur  les  gages  de 


DIFFERENDS  IND U STRIE LS  DANS  LES  IND USTRIES  TEXTILES  DE  COTON         7 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

tous  les  ouvriers.  Il  s'éleva  une  différence  d'opinion  considérable  entre  les  parties 
au  sujet  de  l'attitude  à  prendre  à  l'égard  de  la  réduction  proposée,  et  les  rangs  de  la 
fédération  devinrent  divisés  sur  cette  question.  Un  groupe  était  en  faveur  d'accepter 
la  réduction,  et  un  autre  groupe  s'y  opposait.  Les  discussions  auxquelles  ce  différend 
donna  lieu  élargit  considérablement  la  scission  dans  les  rangs  de  la  fédération,  et 
l'un  des  résultats  indirects  de  ces  discussions  fut  d'augmenter  pendant  un  temps  les 
forces  de  Y  "Union  Amicale",  nouvellement  organisée,  et  dont  les  membres  étaient 
entièrement  adverses  à  ce  qu'une  grève  se  produisît.  Ainsi  qu'on  le  verra  plus  tard, 
une  grève  se  produisit,  bien  que  l'un  des  groupes  de  la  fédération  eût  prétendu  que 
la  déclaration  de  la  grève  n'avait  pas  été  conforme  à  la  décision  de  la  majorité  et  était, 
au  point  de  vue  de  la  constitution  de  la  fédération,  inconstitutionnelle.  Aux  grévistes 
vinrent  se  joindre  les  membres  de  Y  "Union  Amicale",  et  un  nombre  considéra- 
ble des  ouvriers  de  quelques  filatures.  Ceci  fut  cause  de  beaucoup  d'amertune  entre 
les  parties  elles-mêmes,  et  il  en  est  résulté  que  ce  qui,  à  un  certain  point  de  vue, 
paraissait  être  un  conflit  entre  le  capital  et  le  travail,  ressembla,  quand  on  l'envisagea  à 
un  autre  point  de  vue,  à  une  dissension  dans  les  rangs  de  la  fédération  elle-même. 

Cette  division  dans  les  rangs  de  la  fédération  s'affirma  devant  la  commission  par 
la  comparution  d'avocats  distincts  représentant  chacune  des  factions  en  présence. 
Avec  Y  "  Union  Amicale  ",  comme  troisième  élément,  les  différends  surgis  entre  les 
ouvriers  furent  soumis  à  la  commission  à  trois  points  de  vue  différents,  avec  le  résul- 
tat que  la  majeure  partie  de  la  preuve  a  eu  trait  à  l'antagonisme  des  factions  en  pré- 
sence, provenant  des  rangs  des  ouvriers,  et  n'a  que  secondairement  touché  aux  griefs 
qui  étaient  d'intérêt  général,  ou  avaient  immédiatement  trait  aux  conditions  de  l'en- 
gagement. 

Pour  résumer  par  un  aperçu  l'histoire  des  unions  ouvrières  dans  l'industrie  du 
coton  en  Canada,  on  peut  voir  que  dans  une  période  de  moins  de  dix  ans  quelques-uns 
des  ouvriers  en  ont  appartenu  à: — 

1.  Une  organisation  locale,  comprenant  dans  son  sein  non  seulement  les  unions 
de  catégories  spéciales,  mais  des  personnes  de  divers  métiers  et  emplois. 

2.  Le  Congrès  National  des  Métiers  et  du  Travail,  à  l'inverse  des  Chevaliers  du 
Travail  et  du  Congrès  Fédéral  des  Métiers  et  du  Travail,  dont  les  membres  appartien- 
nent à  des  unions  locales  sans  affiliation  internationale;  à  l'inverse  des  Chevaliers 
du  Travail,  mais  conformémemnt  au  Congrès  Fédéral,  en  ce  que  les  membres  des 
diverses  unions  locales  sont  des  gens  qui  appartiennent  à  un  métier  particulier. 

(3)  La  Fédération  Unie  des  Tisserands  d'Amérique,  fédération  internationale, 
limitée  aux  ouvriers. 

(4)  La  Fédération  des  Tisserands  du  Canada,  organisation  dont  le  titre  de  membre 
est  limité  également  aux  ouvriers,  mais  dont  le  titre  de  membre  est  limité  aux  personnes 
qui  habitent  le  Canada. 

(5)  L'Union  Internationale  des  Fileurs  d'Amérique,  organisation  dont  le  personnel 
est  limité  à  une  catégorie  particulière  d'ouvriers,  mais  qui  est  internationale  au  point 
de  vue  de  sa  juridiction. 

(6)  L'  "  Union  Amicale  ",  organisation  qui  diffère  de  l'union  ouvrière  reconnue, 
en  ce  qu'elle  admet  comme  membres  certains  des  officiers  des  compagnies,  et  qui, 
d'après  sa  constitution,  semble  participer  plutôt  de  la  nature  d'une  société  de  bien- 
faisance que  d'une  régulière  union  ouvrière. 

La  question  de  savoir  ce  qu'a  été  le  nombre  des  membres  de  ces  diverses  organisa- 
tions, et  ce  qu'il  est  pour  celles  de  ces  organisations  qui  existent  encore,  est  une  affaire 
sur  laquelle  les  chiffres  présentés  à  la  commission  ont  tellement  varié  qu'il  serait 
dangereux  de  risquer  une  opinion.  On  a  admis  que  le  nombre  des  membres  des 
diverses  organisations  a  considérablement  diminué  par  suite  de  la  division  et  des  dis- 
sentions des  membres,  de  même  que  du  chômage  forcé  occasionné  par  la  grève,  et  de 
la  dépression  des  affaires.     Comme  les  parties  elles-mêmes  étaient  adverses  à  rendre 

89— 2i 


8  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

public  le  nombre  des  membres  tel  qu'énoncé  dans  les  pièces  produites  devant  la  com- 
mission, il  peut  valoir  autant  ne  pas  parler  des  chiffres  maintenant. 

Changements  dans  les  gages  et  dans  les  heures. 

On  a  attiré  l'attention  de  la  commission  sur  le  fait  ou  la  coïncidence  que  les 
périodes  de  l'organisation  ont  été  aussi  les  périodes  de  la  plus  grande  perturbation 
dans  l'industrie  du  coton.  Est  aussi  également  remarquable  le  fait  que  jusqu'au  prin- 
temps de  l'année  courante  il  y  a  eu  aussi  des  périodes  d'augmentation  des  salaires. 

11  a  été  dit  par  un  certain  nombre  de  témoins  qu'ils  n'étaient  pas  au  courant  d'au- 
cun mouvement  de  la  nature  d'une  augmentation  générale  des  salaires  des  ouvriers 
avant  1906,  époque  à  laquelle  ont  eu  lion  les  premiers  débuts  d'une  organisation 
efficace,  et  ceci  semble  vrai.  La  seule  exception  dont  il  ait  été  fait  mention  a  été 
celle  d'une  augmentation  générale  de  10  pour  100  accordée  aux  ouvriers  de  Magog, 
après  une  grève  de  deux  ou  trois  semaines  provenant  de  la  décision  de  la  compagnie 
de  changer  le  jour  de  paie. 

Tous  les  changements  qui  se  sont  opérés  en  1906  paraissent  avoir  été  de 
la  nature  d'augmentations  générales  de  10  à  14  pour  100,  amenées  par  des  grèves 
aux  succès  desquelles  l'organisation  parmi  les  ouvriers  a  au  moins  contribué.  Au 
cours  de  1907,  l'année  d'organisation  la  plus  efficace,  des  augmentations  générales 
s'élevant  à  10  pour  100  dans  toutes  les  filatures  de  la  Dominion  Textile  Co., 
et  de  15  pour  100  pour  les  filatures  de  la  Montréal  Cotton  Co.  ont  été  accordées. 
Ce's  augmentations  ont  été  suivies  de  légères  augmentations  additionnelles  allant  do 
2£  pour  100,  dans  le  cas  des  filatures  diverses  de  la  Dominion  Textile  Oo.}  comme  ré- 
sultats de  demandes  faites  par  la  fédération,  et  après  conférence  avec  ses  officiers. 
Dans  un  cas,  l'augmentation  pour  une  catégorie  particulière  s'est  élevée  à  8  pour  100, 
tandis  que  dans  le  cas  de  la  Montréal  Cotton  Co.,  où  il  avait  eu  résistance 
aux  demandes   de   la  fédération,   des   augmentations    additionnelles   allant   de   10   à 

12  pour  100  ont  été  obtenues  dans  le  cas  des  fileurs  à  la  mule-jenny,  et  des  augmenta- 
tions allant  de  2£  à  3  pour  100,  dans  le  cas  des  tisserands,  sont  provenues  des  grèves. 
Le  nombre  et  l'importance  des  diverses  augmentations,  ainsi  que  la  manière  dont  elles 
ont  été  obtenues,  se  retrouvent  au  tableau  qui  suit. 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DANS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 


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tation aux 
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tation aux 
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1906. 

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1907. 

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10  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

s  8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  n'y  a  pas  de  doute  que  la  grande  prospérité  de  l'industrie  duiant  cette  période 
a  rendu  ces  augmentations  possibles.  Il  a  été  admis  par  quelques-uns  des  directeurs 
de  filatures  qu'ils  ont  joui  d'une  telle  prospérité  qu'il  leur  a  été  impossible  de  remplir 
toutes  les  commandes  reçues,  et  que  dans  quelques  cas  il  leur  a  fallu  en  refuser.  Avec 
la  dépression  générale  de  l'industrie  et  du  commerce,  dont  les  effets  commencèrent 
à  se  faire  sentir  dans  l'industrie  du  coton  au  cours  de  l'automne  de  1907,  il  s'est  opéré 
un  changement  soudain.  Au  lieu  de  venir  aussi  rapidement  qu'elles  ne  pouvaient 
être  remplies  d'une  façon  satisfaisante,  les  commandes  commencèrent  à  tomber,  et  les 
fabricants  se  mirent  à  restreindre  leur  production.  Au  commencement  d'octobre,  les 
heures  de  travail  des  ouvriers  aux  filatures  de  la  Dominion  Textile  Company,  à  Hali- 
fax, à  Sainte-Anne,  à  Saint-Henry  et  à  Magog  furent  réduites  de  60  à  45  par  semaine, 
et  un  peu  plus  tard  à  40.  A  l'exception  des  fileurs  à  la  mule-jenny,  il  se  fit  aussi  une 
réduction  dans  les  heures  d'ouvrage  à  Montmorency  et  dans  quelques  filatures 
de  la  Montréal  Cotton  Company  à  Valleyfield.  Au  printemps  de  la  présente 
année  l'industrie  du  coton,  non  seulement  au  Canada,  mais  encore  aux  Etats-Unis 
et  en  Grande-Bretagne,  avait  été  saisie  dans  le  tourbillon  de  la  dépression.  Des 
directeurs  d'usines  des  Etats-Unis  m'ont  fait  savoir  qu'ils  n'avaient  pas  ressenti  de 
pareille  dépression  dans  leur  expérience  de  plusieurs  années.  Des  rapports  authenti- 
ques des  industries  de  coton  des  centres  de  la  Grande-Bretagne  avaient  le  même  ton. 
Un  témoin  qui  prétendait  être  bien  renseigné  a  déclaré  devant  la  commission  que  l'in- 
dustrie de  la  Grande-Bretagne  n'avait  vu  rien  de  semblable  depuis  les  jours  de  la 
guerre  civile  aux  Etats-Unis.  Quant  à  la  dépression  des  affaires  au  Canada,  il  ne 
peut  y  en  avoir  de  doute.  Les  livres  des  compagnies  l'indiquent  d'une  façon  con- 
cluante. Ce  qui  est  plus  significatif  c'est  que,  si  l'on  considère  combien  générale  a 
été  la  dépression  de  l'industrie  textile  dans  le  monde  entier,  les  fabricants  cana- 
diens n'aient  pas  souffert  plus  qu'ils  ne  l'ont  fait,  et  que  bien  que  la  situation 
ait  été  ce  qu'elle  a  été,  la  nature  anormale  n'ait  pas  été  ressentie  au  point  que  deux 
nouvelles  compagnies,  la  Wabasso  à  Trois-Rivières,  et  la  Mont-Royal,  de  Montréal, 
aient  choisi  ce  temps-là  pour  débuter  en  affaires,  et  aient,  pleines  de  foi  en  l'avenir, 
poussé  leurs  opérations  de  l'avant,  quand,  si  la  situation  avait  été  autre  que  tempo- 
raire ou  exceptionnelle,  une  pareille  démarche  eut  été  le  comble  de  la  témérité  com- 
merciale. 

La  grève  de  1908. 

Les  filatures  avaient  volontairement  accordé  en  mai  1907  une  augmentation 
de  gages  de  10  pour  100;  et,  ainsi  qu'il  a  été  vu,  ceci  avait  suivi  les  augmenta- 
tions de  l'année  précédente  et  était  accompagné  d'augmentations  additionnelles  un 
peu  plus  tard,  et,  en  certains  cas,  au  cours  de  la  même  année.  Les  patrons,  confiants, 
dans  la  prospérité  de  l'industrie,  avaient  trouvé  que  la  chose  était  économiquement 
possible,  et  sans  doute,  eu  égard  à  leurs  rapports  avec  leurs  ouvriers,  profitable  en 
même  temps.  Les  ouvriers,  animés  d'une  haute  considération  pour  la  nouvelle  orga- 
nisation à  laquelle  ils  appartenaient,  et  enthousiasmés  naturellement  des  succès  qui 
étaient  venus  couronner  un  grand  nombre  de  ses  efforts,  étaient  portés  à  attribuer 
l'augmentation  des  gages,  qu'elle  fût  volontaire  ou  simplement  accordée  à  la  suite 
de  négociations  ou  de  luttes,  comme  source  première,  à  leur  demande  et  à  leurs 
efforts  conjoints.  C'était  un  argument  qui  inconsciemment  leur  remplissait 
l'esprit.  Parce  qu'une  augmentation  de  salaire  était  arrivée  après  une  organi- 
sation, on  a  cru  en  conséquence  que  l'augmentation  était  provenue  de  l'organi- 
sation. Les  deux  parties  regardaient  des  deux  côtés  opposés  de  la  même  plaque.  Pour 
les  patrons  l'élévation  des  gages  était  une  espèce  d'indice  de  prospérité  industrielle 
pour  les  ouvriers,  cette  augmentation  indiquait  ce  que  peuvent  obtenir  des  efforts 
unis  et  conjoints.  Les  conditions  du  commerce  ont  changé  et  les  patrons  résolurent 
de  reprendre  en  main  l'augmentation  de  10  pour  100  qu'ils  avaient  volontairement 
accordée  l'année  précédente.     Les  ouvriers,  ou  pour  parler  plus  exactement,  un  cer- 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DANS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON        11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

tain  nombre  des  ouvriers,  ont  cru  que  ceci  constituait  un  abaissement  de  l'échelle  qui 
pourrait  empêcher  une  résistance  unie.  Quoi  qu'il  en  fût,  le  raccourcissement  des 
heures  de  travail  pour  tout  l'hiver  avait  grandement  réduit  le  montant  qu'il  était 
possible  de  gagner  dans  chaque  semaine.  La  réduction  du  taux  des  gages  parut  aux 
ouvriers  être  une  injustice  dont  le  ressentiment  aigu  ne  fut  pas  atténué  par  les  états 
publiés  par  la  compagnie,  où  des  dividendes  importants  et  des  comptes  rendus  d'agran- 
dissement d'affaires  reflétaient  la  prospérité  de  l'année  précédente.  La  grève  se 
déclara  donc  dans  quelques-unes  des  filatures  et  le  chômage  dans  d'autres.  La  ferme- 
ture de  six  établissements  pour  une  période  de  trois  ou  quatre  semaines  eut  pour 
résultat  de  mettre  hors  d'emploi  la  totalité  ou  la  plus  forte  partie  des  ouvriers 
d'alors,  comptant  en  tout  de  5,296  à  6,000  individus,  qui  ont  perdu  de  ce  chef  de 
133,600  à  134,800  journées  de  travail.  Quand  les  filatures  rouvrirent  leurs  portes,  ce 
fut  aux  conditions  des  patrons.  C'est  cette  grève  qui  a  donné  lieu  à  la  nomination  de 
cette  commission. 

A  cette  date,  il  ne  peut  être  d'aucune  utilité  de  rappeler  les  divers  incidents  qui 
ont  précédé  et  accompagné  la  suspension  du  travail,  plus  spécialement  attendu  que  les 
préjugés  ou  les  jalousies  personnelles  des  ouvriers  entre  eux,  dont  la  plupart  ont 
heureusement  disparus  depuis  et  sont  maintenant  oubliés,  y  ont  joué  une  large  part. 
Four  l'industriel  comme  pour  chaque  famille  en  particulier,  le  moins  on  peut  dire  des 
incidents  désagréables  quand  ils  sont  passés,  le  mieux  c'est  pour  tous  les  intéressés. 
On  s'attend  cependant  à  ce  que  l'on  se  prononce  sur  le  mérite  de  la  dispute  et  sur  l'at- 
titude des  parties,  et  cette  manière  d'agir,  en  tant  qu'elle  peut  servir  à  empêcher  ces 
scissions  de  se  reproduire,  n'est  pas  seulement  opportune,  mais  encore  désirable. 

Les  faits  et  la  preuve  s'accordent  à  démontrer  que  la  grève  était  en  temps  inop- 
portun et  injudicieuse.  La  maniérée  dont  elle  a  été  amenée  jette  peu  de  crédit  sur 
ceux  qui  en  ont  été  les  principaux  promoteurs,  et  les  représentants  du  travail  qui  s'y 
sont  , opposés  dès  le  début  ont  montré  plus  de  sagesse.  La  même  loi  économique 
qui  se  trouve  au  fond  des  premiers  succès  avait  voué  à  l'insuccès  une  révolte 
contre  les  conditions  existantes.  Quant  à  la  responsabilité  de  la  grève,  elle  de- 
vrait, je  crois,  être  partagée  tant  par  les  patrons  et  par  ceux  qui  se  sont  mis  à  la 
tête  des  ouvriers,  mais  surtout  par  ceux-ci.  Par  les  patrons  à  cause  de  la  manière 
dont  a  été  donné  l'avis  de  la  réduction  projetée,  et  de  l'omission  de  reconnaître  que 
les  circonstances  étaient  de  nature  à  exiger  d'eux  plus  qu'une  considération  ordi- 
naire; par  les  meneurs  pour  n'avoir  pas  suivi  l'esprit  et  la  lettre  de  la  constitution 
de  leur  organisation,  et  pour  avoir  permis  aux  dissensions  intimes,  aux  jalousies 
et  aux  antipathies  personnelles  de  prendre  le  dessus  sur  le  bien  commun. 

Les  ouvriers  ont  été  avertis  de  la  réduction  projetée  des  gages  par  un  avis,  de  la 
nature  de  celui  qui  suit  qui  fut  mis  à  la  poste  le  samedi  25  avril,  et  adressé  aux  di- 
verses filatures  de  la  Dominion  Textile  Company  et  de  la  Montréal  Cotton  Company. 

DOMINION  TEXTILE   COMPANY,  BRANCHE  DES  MARCHANDS. 

Une  réduction  de  10  pour  100  des  gages  de  tous  les  employés  entrera  en  vigueur 
le  &  mai  1908. 

"  Dominion  Textile  Co."   (à  resp.  limitée), 
Branche  des  Marchands. 

Aucun  avis  n'avait  été  donné  de  l'intention  de  cette  décision,  et  aucune  confé- 
rence n'avait  eu  lieu  avant  cette  date  entre  les  parties  ou  quelques-unes  d'entre 
elles.  Le  4  mai  était  un  lundi.  On  a  prétendu  devant  la  commission,  de  la 
part  des  compagnies,  que  ceci  constituait  un  avis  de  9  jours;  on  aurait  pu  dire  avec 
plus  de  justice  pour  la  situation  réelle  que  ceci  signifiait  un  avis  de  six  jours  ou- 
vrables. Une  députation  de  l'organisation  se  rendit  chez  le  directeur  général  de  la 
Dominion  Textile  Company  le  lendemain  du  jour  où  l'avis  de    réduction    avait    été 


12  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

mis  à  la  poste.  On  leur  donna  à  entendre  qu'on  ne  pouvait  revenir  sur  la  décision 
prise,  mais  qu'advenant  une  amélioration  des  conditions  de  l'industrie,  les  gages  "se- 
raient rétablis.  Il  ne  paraît  pas  y  avoir  eu  d'autre  conférence  entre  les  parties. 
Un  grand  nombre  des  témoins  ont  cru  que  si  la  durée  du  délai  de  l'avis  avait  été 
plus  longue,  elle  aurait  donné  plus  d'occasion  de  s'entendre,  et  pour  discuter  et  com- 
prendre la  situation  parmi  les  ouvriers  eux-mêmes.  D'autre  part,  on  a  fait  remar- 
quer qu'une  fraction  des  ouvriers  avait  résolu  de  se  mettre  en  grève  dans  les  trois 
jours  qui  suivirent  la  mise  à  la  poste  de  l'avis,  mais  que  les  ouvriers  en  général 
étaient  d'opinion  différente,  et  que  si  les  prescriptions  de  la  constitution  avaient  été 
strictement  suivies,  la  manière  de  voir  des  oppositionnistes  à  la  grève  auraient  triom- 
phé. Ces  faits  peuvnt,  je  crois,  être  admis  sans  que  soit  atténuée  la  force  de  la  pré- 
tention qu'un  avis  plus  long  donnant  des  occasions  plus  amples  de  conférences  et  d'ex- 
plications, aurait  pu  empêcher  la  grève.  La  manière  sommaire  dont  l'avis  a  été  donné 
a  provoqué  une  conduite  analogue  chez  les  ouvriers,  et  la  limitation  du  délai  dans  le- 
quel il  fallait  agir  nécessitait  des  jugements  précipités,  et  donnant  lieu  à  des  manœu- 
vres qu'un  temps  plus  long  de  réflexion  aurait  rendu  impossible.  Il  semble  aussi  que 
les  circonstances  étaient  telles  qu'on  aurait  pu  donner  un  peu  de  considération  spé- 
ciale au  sujet  des  ouvriers  vu  la  position  dans  laquelle  ils  se  trouvaient.  Ainsi  qu'il 
a  été  dit,  leurs  heures  de  travail  avaient  été  réduites  en  octobre  de  60  à  45  par  semaine, 
et  plus  tard  à  40.  Les  gages  des  ouvriers  des  filatures  de  coton  ne  sont  jamais  élevés, 
si  on  les  compare,  par  exemple,  à  ceux  des  employés  de  quelques  autres  métiers  qui 
exigent  beaucoup  d'habileté.  Il  y  a  lieu  de  douter  si  des  augmentations  antérieures 
de  gages  avaient  plus  que  compensé  l'augmentation  très  considérable  qui  s'est  pro- 
duite dans  le  coût  de  la  vie  depuis  quelques  années,  et  dont  se  sont  senti  les  ouvriers 
des  filatures  comme  tous  les  autres. 

L'hiver  s'était  passé  avec  les  heures  réduites  du  travail.  Pour  voir  où  la  manière 
d'agir  était  nécessaire  à  un  moment  où  la  compagnie  rendait  publics  ses  dividendes, 
et  pour  s'y  conformer  avec  patience,  il  fallait  un  peu  plus  que  des  avis  sommaires. 
C'est  justement  dans  des  circonstances  de  ce  genre  qu'un  peu  de  considération  pour 
la  nature  humaine,  telle  qu'elle  est,  et  le  fait  de  se  rendre  compte  que  des  ouvriers 
et  des  ouvrières,  qu'ils  soient  classés  comme  des  travailleurs,  des  manœuvres  ou  ce  que 
l'on  voudra,  sont  après  tout  des  êtres  humains,  peuvent  empêcher  que  des  misères 
nécessaires  deviennent  de  l'amertume,  et  détourner  des  crises  sérieuses.  Un  peu 
de  conférences  et  d'explications,  une  attitude  au  moins  qui  indique  que  l'on 
comprend,  pour  ne  rien  dire  des  concessions  ou  des  alternatives  qui  sont  possibles, 
auraient  fait  un  long  chemin  dans  le  sens  d'éviter  la  rupture  qui  s'est  produite. 
D'autre  part,  les  circonstances  mêmes  qui  demandaient  de  la  considération  de  la  part 
des  patrons  chargeaient  d'une  double  responsabilité  les  meneurs  du  côté  des  ouvriers. 
Il  ne  peut  y  avoir  de  doute  que  des  ouvriers  de  la  classe  de  ceux  qui  appartiennent 
aux  filatures  sont  facilement  conduits.  Près  de  la  moitié  se  compose  de  femmes  et 
de  jeunes  filles,  et  dans  les  filatures  de  la  province  de  Québec  plus  de  vingt-cinq  pour 
cent  sont  âgées  de  moins  de  dix-huit  ans.  L'œuvre  de  chercher  à  protéger  les  intérêts 
d'une  pareille  classe  ne  peut  être  que  noble  et  méritoire  au  plus  haut  degré,  mais  une 
conduite  sage  exige  l'exercice  du  jugement  le  plus  sain.  Si  une  raison  plus  calme 
avait  prévalu  dans  les  conseils  de  la  fédération,  des  centaines  d'hommes,  de  femmes 
et  de  jeunes  gens  se  seraient  épargné  les  privations  additionnelles  auxquelles  a  donné 
lieu  la  fermeture  temporaire  des  filatures,  après  un  hiver  de  travail  restreint.  Per- 
sonne ne  peut  nier  que  le  sort  des  ouvriers  à  cette  époque  n'ait  été  pénible  et  peu 
enviable.  Les  personnes  chargées  de  l'autorité  et  préposées  aux  affaires  de  la  com- 
pagnie l'adinircnl  librement.  C'est  une  question  de  morale  que  de  se  demander  si, 
en  considérant  tous  les  faits,  les  compagnies  avaient  raison  de  charger  les  ouvirers,  à 
l'exclusion  des  autres  individus  rattachés  aux  compagnies,  et  sans  autre  alternative, 
de  la  réduction  qu'il  était  nécessaire  d'opérer  pour  sauver  les  dividendes.  Un  regard 
jeté  sur  les  salaires  <!<■<  surveillants,  des  surintendants  et  des  autres  employés  des  com- 


DIFFERENDS  IX D TJSTRIEL&  DA  Y 8  L ES  I NDU8  TRIES  TEXTILES  DE  COTON       13 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

pagnîes  révèle  que  ces  salaires  étaient  assez  généreux.  On  prétend  qu'ils  n'ont  pas 
été  augmentés  quand  l'augmentation  de  15  pour  100  dans  les  gages  avait  été 
accordée  l'année  précédente,  et  que,  par  conséquent,  ils  n'étaient  pas  assu- 
jétis  à  participer  à  la  réduction.  Ils  sont,  cependant,  si  différents  d'espèce 
et  si  éloignés  de  la  normale,  qui  se  chiffre  par  le  prix  minimum  de 
l'existence,  vers  lequel  le  travail  de  métiers  experts  ou  des  métiers  moins  experts 
tend  de  tomber  dans  les  moments  de  dépression,  qu'une  telle  comparaison  ne  saurait 
réellement  s'appliquer.  De  plus,  il  n'apparaît  pas  que  ces  classes  aient  souffert  de 
pertes  de  revenu  par  suite  de  l'abrègement  des  heures  du  travail.  Il  ne  peut  y  avoir 
de  doute  qu'une  admission  du  fait  que  la  dépression  n'était  que  temporaire,  que  la 
cause  n'en  était  pas  de  celles  pour  lesquelles  les  ouvriers  fussent  plus  responsables 
que  les  autres  individus  rattachés  à  l'industrie,  et  le  bon  vouloir  de  partager  sur 
toute  la  ligne  dans  le  malheur  temporaire  qui  avait  eu  raison  de  l'industrie,  aurait 
tout  de  suite  changé  la  situation,  et  aurait  été  équitable  au  plus  haut  degré. 
Ceci  est  une  espèce  de  morale  d'affaires  qui  ne  peut  pas  toujours  se  pratiquer.  Il  y 
en  a  pourtant,  assez  heureusement,  un  certain  nombre  d'exemples  en  ce  pays.  M. 
Samuel  M.  Kobbins,  directeur  de  la  New-Vancouver  Coal  and  Mining  and  Land  Co., 
Uni.,  clans  le  témoignage  rendu  devant  la  commission  royale  sur  les  différends  ouvriers 
de  la  Colombie-Britannique  en  1903,  a  rendu  témoignage  en  ces  termes: — 

Q.  Dans  ces  discussions  que  vous  avez  eues  avec  les  hommes,  ont-ils  jamais  con- 
senti à  une  réduction  des  gages? — R.  Très  assurément  non.  Dans  un  cas  spécial,  je 
puis  dire  que  les  affaires  de  notre  principal  marché  étaient  si  complètement  démorali- 
sées qu'il  était  pour  ainsi  dire  impossible  d'y  vendre  un  morceau  de  charbon.  Quand 
cette  situation  eut  été  clairement  expliquée  aux  hommes  à  une  grande  assemblée  de 
l'union,  ils  ont  volontairement  consenti  à  accepter  une  réduction  de  vingt  pour  cent 
sans  qu'il  se  soit  produit  un  seul  dissentiment. 

Q.  Avaient-ils  de  vous  une  promesse  quelconque  quant  au  temps  que  cela  devait 
durer? — R.  Non.  Une  condition  volontairement  posée  de  notre  part  a  été  que  les 
officiers  se  soumettraient  à  la  même  réduction  tant  que  les  hommes  se  soumettraient 
à  la  leur.  Un  mois  après  nous  avons  revisé  la  situation,  revisé  les  chiffres,  devrais- je 
dire,  et  les  vingt  pour  cent  devinrent  dix  pour  cent,  et  on  a  continué  à  ce  faire  pen- 
dant six  ou  sept  ans,  jusqu'à  ce  que  le  marché  nous  eût  permis  de  revenir  à  l'ancien 
chiffre. 

M.  Robins  n'a  pas  eu  de  grève  pendant  les  vingt  et  un  ans  qu'il  a  administré  ces 
mines. 

Effets  des  impositions  sur  l'industrie. 

Pour  revenir  à  l'industrie  du  coton,  on  verra  du  témoignage  qui  suit  du  secrétaire- 
trésorier  de  la  Dominion  Textile  Company  dans  quelle  mesure  les  charges  imposées  à 
l'industrie  du  coton  soit  d'une  espèce  ou  d'une  autre  peuvent  avoir  directement  ou 
indirectement  contribué  à  la  réduction  de  l'échelle  des  salaires,  de  façon  à  ce  que  les 
effets  de  la  dépression  ne  puissent  pas  s'être  fait  sentir  aussi  vivement  dans  d'autres 
endroits. 

Q.  ^Comment  la  compagnie  a-t-elle  été  formée  ? — R.  Elle  s'est  formée  de  la  Domi- 
nion Cotton  Mills  Company,  de  la  Merchants'  Cotton  Company,  de  la  Montmorency 
Cotton  Company,  de  la  -Colonial  Bleaching  and  Printing  Company. 

Q.  Ont-elles  été  fusionnées  en  une  seule  compagnie? — R.  Oui. 

******** 

Q.  Quelle  est  la  somme  totale  du  capital  privilégié  et  de  l'émission  d'obligations 
de  la  Dominion  Textile  Company  ? — R.  Le  capital  privilégié  s'élève  à  $1,858,088.33. 
Les  obligations  de  la  compagnie  atteignent  $3,011.916.67. 


14  RAPPORT  DE  LA  C0MMI88I0N  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Q.  Savez-vous  comment  cela  figure  à  côté  de  rémission  totale  du  capital  des  quatre 
compagnies  qui  ont  formé  la  compagnie  fusionnée? — R.  Le  capital  des  quatre  compa- 
gnies a  été  acheté  à  différents  prix.  Nous  avons  payé  $120  pour  la  Montmorency. 
Nous  avons  payé  $167§  pour  la  Colonial  Bleaching  and  Printing  Company.  Nous 
avons  payé  $85  pour  la  Merchants  et  $50  pour  la  Dominion. 

Q.  Le  capital  privilégié  et  l'émission  des  obligations  s'élèvent-ils  à  près  d'un 
demi-million  de  l'émission  totale  des  quatfe  corporations  qui  ont  formé  la  fusion? — 
R.  Cela  se  monterait  à  un  demi-million  près  du  prix  d'achat. 

Q.  Y  a-t-il  des  obligations  de  ces  vieilles  compagnies  qui  soient  encore  en  cours? 
— R.  Oui. 

Q.  Et  qui  portent  intérêt? — R.  Oui. 

Q.  Cet  intérêt  se  paie-t-il  à  même  les  gains  de  la  Dominion  Textile  Company 
actuelle? — R.  Relativement  à  la  Merchants  Cotton  Company  et  à  la  Dominion  Cotton 
Company,  il  y  a  certains  actionnaires  qui  ne  sont  pas  entrés.  Tant  que  le  capital 
reste  en  cours,  ils  doivent  être  traités  comme  une  compagnie  distincte,  conformément 
aux  lois  du  gouvernement.  Nous  payons  à  la  Compagnie  des  Marchands  quatre 
pour  cent  d'intérêt  sur  l'argent  placé,  et  quatre  pour  cent  à  la  Dominion.  Elles 
ont  à  payer  leur  propre  intérêt,  c'est-à-dire  quatre  pour  cent  et  l'intérêt  sur  les  obliga- 
tions. 

Q.  Quelle  est  la  capitalisation  intégrale  en  actions  de  la  Dommion  Textile  Com- 
pany?— R.  Cinq  millions  de  dollars. 

Q.  Combien  le  capital  fusionné  a-t-il  coûté  aux  possesseurs  originaires? — R.  Il  a 
coûté  aux  possesseurs  originaires  dix  cents  par  dollar. 

Q.  Combien  d'intérêt  ce  capital-là  paie-t-il? — R.  Cinquante  pour  cent  sur  le  coût. 

Q.  Cinq  pour  cent  par  année? — R.  Oui. 

Q.  Combien  paie  le  capital  privilégié? — R.  Sept  pour  cent. 

Q.  Quel  est  le  taux  de  l'intérêt  sur  les  obligations? — R.  Six  pour  cent. 

Q.  Croyez-vous  que  ceci  scit  une  assez  bonne  charge  financière  à  porter? — R.  Oui. 

Q.  Croyez-vous  que  le  fait  qu'il  y  a  une  charge  financière  à  porter  rend  plus  diffi- 
cile la  dépense  de  plus  d'argent  pour  les  gages? — R.  C'est  la  dépression  du  commerce 
qui  en  est  responsable. 

Q.  Si  cette  charge  financière  était  moins  lourde,  y  aurait-il  plus  de  revenu  pour  les 
gages  ? — R.  Certainement. 

Q.  Combien  la  Dominion  Textile  Company  a-t-elle  gagné  en  1907? — R.  Je  n'ai 
pas  les  chiffres  ici;  les  profits  nets  ont  été  justement  les  mêmes,  je  crois,  que  cette 
année,  ou  à  quelques  milliers  de  dollars  près. 

Q.  A  combien  cela  s'élèverait-il  ?— R.  $970,000. 

Q.  Est-ce  déduction  faite  de  ce  qu'il  faut  pour  les  réparations  et  les  améliora- 
tions?— R.  Nous  déduisons  toujours  quelque  chose  pour  les  réparations  et  les  amélio- 
rations. 

Q.  Combien? — R.  Cela  varie.     Quelquefois  une  couple  de  cent  mille  dollars. 

Q.  Est-ce  que  cela  a  été  à  deux  cent  mille  dollars  pour  la  première  année? — R. 
Oui.  Nous  avons  déduit  plus  que  cela.  Nous  avons  déduit  $218,186  pour  réparations 
et  améliorations,  et  $235,340  pour  nouvel  outillage  et  pour  des  machines  qui  devaient 
remplacer  les  vieilles  machines. 

Q.  Ce  nouvel  outillage  et  ces  nouvelles  machines  sont-ils  de  la  nature  d'un  place- 
ment?— R.  Non;  c'est  pour  remplacer  les  vieilles  machines,  pour  faire  des  améliora- 
tions aux  filatures. 

Q.  Y  a-t-il  une  partie  des  gains  de  la  compagnie  qui  a  été  employée  pour  l'instal- 
lation de  nouvel  outillage? — R.  Il  n'y  a  réellement  pas  eu  d'installation  de  nouvel 
outillage  à  part  une  construction  que  nous  avons  érigée  à  Magog  et  qui  a  coûté 
environ  trente  mille  dollars. 

Q.  Cette  somme  a-t-elle  été  tirée  des  profits? — R.  Oui. 


DIFFERENTS  INDUSTRIELS  DANS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON  15 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

Q.  Ainsi  l'argent  employé  pour  cette  fin  a  laissé  moins  de  fonds  disponibles  pour 
le  paiement  des  gages? — R.  Il  était  impossible  de  faire  les  affaires  de  la  compagnie 
sans  cela. 

Q.  Etait-ce  nécessaire  à  cause  de  l'extension  des  affaires? — R.  Oui. 

Q.  C'était  réellement  du  nouvel  outillage? — R.  C'est  ce  que  nous  appelons  une 
amélioration. 

Q.  La  compagnie  a-t-elle  comme  article  de  son  programme  d'étendre  ses  affaires 
à  même  ses  profits  bruts  ? — R.  Si  elle  le  peut. 

Q.  Et  elle  a  trouvé  qu'elle  le  pouvait? — R.  Oui;  à  même  les  profits  de  l'année 
dernière.  Naturellement,  moins  une  compagnie  est  capitalisée  mieux  cela  vaut. 

Q.  Savez-vous  quelle  proportion  se  paie*  en  gages  comparativement  aux  profits 
bruts? — R.  Les  gages  ont  été  environ  du  double  des  profits  bruts, — deux  cent  pour 
cent  des  profits  bruts.  Naturellement,  ceci  ne  comprend  pas  le  personnel  du  bureau 
et  ainsi  de  suite.  Les  profits  bruts  ont  été  de  $970,000.  Les  gages  seraient  presque 
du  double  de  cette  somme. 

Q.  Combien  d'employés  avez-vous  en  tout? — R.  Ils  comptent  près  de  six  mille. 
Cela  varie  passablement. 

Q.  Savez-vous  à  combien  s'élève  la  moyenne  des  gages  journaliers  des  ouvriers? 
R.  Elle  s'élève  à  plus  de  trois  mille  dollars. 

Q.  C'est-à-dire  pour  ceux  qui  travaillent  dans  les  filatures? — R.  Oui. 

Q.  Ceci  ne  comprend  pas  les  officiers? — R.  Non,  cela  comprend  les  enfants  et 
tout. 

Q.  Savez-vous  s'il  y  a  eu  augmentation  dans  les  appointements  des  dignitaires 
depuis  que  la  Dominion  Textile  Company  est  formée? — R.  Il  y  a  eu  une  légère  aug- 
mentation. Je  vais  vous  donner  les  chiffres,  si  vous  les  voulez.  Pour  l'année  close 
le  31  mars  1906,  les  frais  totaux  pour  appointements  des  directeurs,  des  officiers 
et  ainsi  de  suite,  ont  été  de  $97,027.  Pour  l'année  close  le  31  mars  1907,  ils  ont  été 
de  $102,447.  Pour  Tannée  close  le  31  mars  1908,  ils  ont  été  de  $102,578,  de  sorte  que. 
en  réalité,  depuis  trois  ans  il  n'y  a  eu  que  cinq  mille  dollars  d'augmentation. 

Q.  Ceci  signifie-t-il  une  augmentation  dans  le  nombre  des  officiers? — R.  Non. 
il  y  a  eu  une  augmentation  de  donnée  en  1906.  Il  y  a  eu  une  légère  augmentation  de 
donnée  aux  différents  dignitaires  de  la  compagnie. 

Q.  Y  a-t-il  eu  réduction  pour  l'un  quelconque  de  ces  traitements  au  moment  ou 
la  réduction  a  été  opérée  d'ans  les  gages  des  ouvriers? — R.  Aucune. 

Effet  du  tarif. 

Dans  une  circulaire  adressée  aux  ouvriers  au  moment  de  la  grève,  et  qui  était 
signée  par  A.  Gignac,  président  général,  il  était  dit: — 

"  Malheureusement,  l'industrie  du  coton  en  ce  pays  ne  reçoit  pas  assez 
de  protection,  et  il  est  possible  aux  fabricants  de  l'Angleterre  et  des  Etats- 
Unis  de  vendre  leurs  produits  à  meilleur  marché  que  nous,  et  ceci  signifie  que 
nous  ne  pouvons  obtenir  toutes  les  affaires  auxquelles  nous  avons  droit. 

"Avec  plus  de  protection,  nos  filatures  fonctionneraient  tout  le  temps, 
et  les  compagnies  seraient  en  état  de  donner  de  meilleurs  gages. 

Au  cours  de  l'enquête,  il  a  été  démontré  que  cette  circulaire,  bien  que  signée  par 
le  président  général  de  la  fédération,  était  de  fait  due  à  la  plume  d'un  employé  de  la 
Dominion  Textile  Company,  à  qui  on  avait  permis  de  s'absenter  de  son  emploi  aux 
filatures  et  qui  recevait  en  outre  de  ses  appointements  réguliers  ou  de  son  salaire,  un 
supplément  de  $65  à  titre  de  frais  de  voyage,  pour  la  période  durant  laquelle  il  était 
occupé  à  élaborer  la  circulaire  et  aidait  autrement  d'après  son  dire  à  amener  la  ter- 
minaison de  la  grève.  Tout  en  n'étant  pas  prêt  à  admettre  que  ses  rapports  avec  loa 
principaux  employés   de  la   compagnie   étaient  d'une   nature   confidentielle,   il   a   ad- 


16  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

mis  qu'il  avait  été  envoyé  en  Angleterre  par  la  compagnie  pour  y  raccoler  de  l'aide 
pour  la  filature  quand  elle  en  vint  à  court,  et  qu'il  avait  emmené  environ  deux 
cents  hommes.  Ce  témoin  a  dit  dans  son  témoignage  que  quelques-uns  des  ouvriers 
lui  avaient  demandé  si  au  cas  où  ils  envoyaient  une  délégation  à  Ottawa  pour  de- 
mander au  gouvernement  de  hausser  le  tarif,  la  compagnie  paierait  leurs  dépenses, 
et  qu'il  avait  répondu:  "Je  ne  puis  rien  promettre,  mais  je  vais  voir  M.  Gordon." 
Quand  on  lui  demanda  pourquoi,  dans  la  circulaire  qui  avait  été  lancée  il  n'avait  pas 
dit  aux  ouvriers  que  ses  dépenses  avaient  été  payées  par  la  compagnie  pendant  qu'il 
était  occupé  à  se  consulter  avec  M.  Gignac  et  à  écrire  la  circulaire,  il  répondit  qu'il 
avait  cru  que  cela  "  gâterait  son  effet  ". 

Le  fait  que  le  tarif,  en  dehors  de  la  dépression  temporaire  actuelle,  avec  laquelle 
on  a  admis  qu'il  n'avait  rien  à  faire,  n'était  en  aucune  façon  responsable  de  l'abaisse- 
ment des  affaires  de  l'industrie  textile  de  la  province  de  Québec,  ou  de  la  réduction 
récente  des  gages  qui  en  est  résultée,  est  surabondamment  prouvé  par  les  déclarations 
des  principaux  officiers  des  compagnies  et  par  les  rapports  annuels  des  directeurs. 

Le  dernier  rapport  annuel  des  directeurs  de  la  Dominion  Textile  Company  pour 
Tannée  close  le  31  mars  1908,  énonce  que  "  La  compagnie  a  joui  de  plusieurs  années 
de  prospérité  depuis  qu'elle  s'est  formée,  sans  avoir  ressenti  l'effet  de  la  concurrence 
étrangère  ". 

Quant  aux  affaires  de  l'année,  le  rapport  dit: — 

"  Les  profits  bruts  de  l'année  après  le  paiement  de  l'intérêt  courant  sur 
les  emprunts,  de  toutes  les  charges  des  filatures,  et  la  déduction  des  grosses 
sommes  de  $218,186.96  pour  réparations  et  améliorations,  et  de  $235,340.40 
pour  nouvel  outillage  et  nouvelles  machines,  s'élèvent  à  $900,805.89;  à  ces 
profits  il  convient  d'ajouter  $68,635,  qui  représentent  un  dividende  de  2i 
pour  100  sur  27,454  actions  du  capital  de  la  Dominion  Coton  Mills  Co.,  et 
$51,705.50,  dividende  de  3£  pour  100  sur  14,773  actions  du  capital  de  la  Mer- 
chants  Cotton  Co.,  ce  qui  fait  $1,021,146.39.  A  même  cette  somme  nous 
avons  acquitté  ce  qui  suit: — 

Intérêt  sur  les  obligations $204,895  00 

Dividende  sur  le  capital  privilégié 130,067  00 

"                     -                 ordinaire 250,000  00 

Loyer  à  la  Dom.  Cotton  Mills  Co 322,678  77 

"          Merchants  Cotton  Mills  Co 65,277  74 

Et,  après  avoir  tenu  compte  des  mauvaises  dettes,  il  reste  pour 
l'année  un  surplus  de  $44,493.36.  Ceci  amène  le  montant  qui  est  au 
crédit  du  compte  des  profits  et  pertes  à  $568,335.41,  contre  $523,- 
482.05  l'année  dernière.  Ceci  est,  de  l'avis  de  vos  directeurs, 
très  satisfaisant,  si  l'on  considère  la  grande  dépression  qu'il  y  a  eu 
d'ans  l'industrie  depuis  l'automne  dernier  ". 

Dans  son  témoignage  devant  la  commission,  le  secrétaire-trésorier  de  la  Dominion 
Textile  Company  dit  :  "  Les  affaires  dans  le  monde  entier  ont  été  si  bonnes  depuis 
trois  ans  que  nous  n'avons  pas  ressenti  les  effets  de  la  concurrence.  L'année  dernière, 
nous  avons  atteint  le  minimum  de  notre  production,  et  nous  n'aurions  pas  pu  prendre 
plus  de  commandes  à  moins  de  construire  d'autres  filatures. 

Le  directeur  de  la  Montréal  Cotton  Co.  a  dit:  "En  septembre  de  l'année  der- 
nière la  Montréal  Cotton  Co.  avait  d'ans  ses  livres  des  commandes  pour  tout  ce 
qu'elle  pouvait  produire  jusqu'à  la  fin  de  juin  de  cette  année".  Quand  il  lui  fut  de- 
mandé: Savez-vous  si  les  consommateurs  du  Canada  avaient  absolument  dépendu  des 
filatures  du  Canada  pour  leur  fourniture  de  coton,  qu'ils  auraient  pu  se  procurer  tout 
le  coton  dont  ils  auraient  pu  avoir  besoin  ?    Le  directeur  a  répondu  "  non  ". 

Q.  Pas  sans  importation? — R.  Non. 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DANS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON       17 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

La  circulaire  qui  énonçait  que  l'insuffisance  du  tarif  était  cause  des  conditions 
actuelles,  contenait  l'énoncé  parallèle  qui  suit:  "Il  y  a  un  an  la  demande  du  coton 
étail  si  grande  que  les  fabricants  étaient  en  état  de  demander  et  d'obtenir  presque 
n'importe  quel  prix  pour  leurs  marchandises.  L'auteur,  quand  on  le  questionna  sur 
la  vérité  de  cette  assertion,  répondit:  "Oui,  c'est  vrai".  S'il  en  fallait  davantage 
pour  démontrer  que  la  dépression  de  l'industrie  et  qiie  toute  réduction  conséquente 
des  gages  étaient  dues  à  des  causes  autres  que  le  tarif,  il  suffit  d'indiquer  que  le  tarif 
actuel  sur  les  cotonnades  est  entré  en  vigueur  en  1897,  époque  à  laquelle 
ii  été  introduite  la  préférence,  et  qu'il  n'a  pas  été  changé  depuis,  et  qu'une  dépression 
encore  plus  grande  dans  l'industrie  du  coton  s'est  produite  aux  Etats-Unis,  où  les 
droits  sont  de  40  à  50  pour  100,  et  en  Angleterre,  où  il  n'y  a  pas  de  tarif  du  tout.  Il 
y  a  le  fait  additionnel,  ainsi  qu'il  est  dit  plus  haut,  que  l'année  dernière  a  été  témoin 
de  la  formation  de  deux  nouvelles  compagnies*  manufacturières  de  coton  dans  la  pro- 
vince de  Québec,  addition  qui  ne  se  serait  peut-être  pas  produite  si  les  conditions 
avaient  été  adverses. 

En  somme,  la  preuve  démontre  d'une  façon  concluante  que  sous  le  tarif  qui  existe 
les  compagnies  manufacturières  de  coton  de  la  province  de  Québec  ont  jusqu'au  mo- 
ment où  la  présente  dépression  est  survenue,  joui  d'années  prospères,  que  le  tarif  n'a 
en  aucune  façon  été  cause  de  la  dépression,  qui  s'est  étendue  par  tout  le  monde,  et  a 
été  plus  grande  en  Angleterre- et  aux  Etats-Unis  qu'au  Canada  ;  que  jusqu'au  moment 
où  la  dépression  est  arrivée,  les  conditions  étaient  si  prospères  que  l'effet  de  la  con- 
currence étrangère  ne  s'est  pas  fait  sentir. 

Tout  ce  qui  peut  se  dire,  au  plus,  de  l'abaissement  du  tarif,  en  tant  qu'il 
s'agit  de  l'expérience  réelle  des  filatures  de  coton  de  la  province  de  Québec,  c'est  que 
durant  cette  période  de  dépression  temporaire  il  a  fait  ressentir  les  effets  de  la  con- 
currence plus  tôt  qu'ils  ne  se  seraient  faits  sentir  autrement,  tandis  qu'à  d'autres 
moments  il  n'est  pas  allé  jusqu'à  occasionner  à  ceux  engagés  dans  cette  industrie 
de  ressentir  les  effets  de  la  concurrence  étrangère,  et  qu'il  a  apporté  un  bénéfice  indis- 
cutable au  consommateur. 

Le  rapport  des  directeurs  de  la  Dominion  Textile  Company  se  termine  par  l'expres- 
sion d'une  espérance  qu'avec  la  perspective  de  bonnes  moissons  pour  cette  année  les 
affaires  vont  bientôt  reprendre  leur  condition  normale.  A  l'époque  où  la  commis- 
sion a  siégé  à  Montréal,  le  secrétaire-trésorier  de  la  compagnie  a  déclaré  qu'au  cours 
du  mois  de  juin  il  y  avait  eu  une  "  légère  augmentation  dans  les  affaires  ". 

L'emploi  des  femmes  et  des  enfants. 

Au  cours  de  l'enquête  une  somme  considérable  de  preuve  s'est  faite  relativement 
à  l'emploi  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  filatures  de  la  province  de  Québec.  Bien 
qu'il  n'apparaisse  pas  que  l'emploi  des  femmes  et  des  enfants  ait  occasionné,  autre- 
ment que  d'une  façon  indirecte,  des  différends  industriels  de  quelque  importance,  la 
considération  de  cette  espèce  d'emploi  me  semble  tomber  dans  la  sphère  d'une  enquête 
qui  a  à  s'occuper  des  conditions  de  l'emploi  des  ouvriers,  et  de  l'importante  question 
des  gages  et  des  heures  qui  a  été  la  cause  de  la  plupart  des  différends. 

Les  échelles  de  gages  qui  existent  sont  le  résultat  de  la  concurrence  entre  les 
ouvriers,  et  les  éléments  les  plus  importants  de  cette  concurrence  sont  le  travail  des 
femmes  et  celui  des  enfants.  Il  a  été  démontré  que  sur  les  ouvriers  employés  dans  les 
filatures  de  coton  de  la  province  de  Québec  42.3  pour  100  sont  des  femmes,  et  Z6.6  pour 
100  sont  des  individus  âgés  de  moins  de  dix-huit  ans.  Quant  aux  heures  de  travail  de 
ces  deux  classes,  on  a  affirmé  que  dans  les  temps  ordinaires,  dans  des  conditions  nor- 
males, le  travail  devait  commencer  les  jours  de  semaines  à  6.15  heures  du  matin  et  se 
continuer  jusqu'à  midi  ;  reprendre  à  une  heure  moins  le  quart  et  se  continuer  jusqu'à 
six  heures,  à  l'exception  du  samedi,  où  il  n'y  a  du  travail  que  le  matin.  Il  a  été  déclaré 
par  plusieurs  témoins,  et  l'exactitude  de  cette  assertion  n'a  pas  été  mise  en  question, 


18  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

que  les  ouvriers  sont  obligés  d'être  à  leurs  places  de  travail  un  peu  avant  l'heure 
fixée,  bien  que  la  même  habitude  n'existe  pas  pour  la  suspension  du  travail.  Voici  une 
semaine  d'ouvrage  de  60  heures  et  plus.  Dans  le  Massachusetts,  où  sont  situées  les 
grandes  filatures  de  Lowell  et  de  Fall-River,  les  heures  de  travail  des  femmes  et  des 
mineurs  sont  de  58  par  semaines,  et  par  une  loi  modificatrice  approuvée  le  13  juin 
1908,  pour  entrer  en  vigueur  le  1er  janvier  1910,  le  nombre  des  heures  pour  les  femmes 
et  les  mineurs  du  Massachusetts  a  été  réduit  à  56  heures  par  semaine,  sauf  dans  cer- 
tains établissements  et  dans  certaines  conditions,  mais  elles  ne  devront  jamais  dépas- 
ser 58.  Dans  l'état  du  New-Hampshire  aussi,  les  heures  du  travail  pour  les  femmes  et 
les  mineurs  sont  fixées  à  58  par  semaine.  Une  réduction  des  heures  de  travail  à  cette 
limite  maxima  pour  les  classes  analogues  d'ouvriers  au  Canada  me  semble  désirable 
tant  au  point  de  vue  économique  qu'au  point  de  vue  humanitaire,  et  sous  ce  rapport 
il  me  semble  important  que  la  loi  ne  laisse  subsister  aucun  doute  quant  au  nombre 
total  des  heures  de  travail  qu'il  peut  y  avoir  dans  le  même  jour.  L'article  des  statuts 
de  Québec  qui  a  trait  aux  heures  de  travail  se  lit  ainsi  qu'il  suit: — 

3025.  "  Sauf  dans  le  cas  mentionné  en  l'article  2026,  nul  garçon  âgé  de 
moins  de  dix-huit  ans  et  nul  enfant  et  nulle  fille  ni  femme  ne  peuvent  être 
employés  dans  aucun  des  établissements  énumérées  en  l'article  3020  pendant 
plus  de  dix  heures  dans  la  même  journée,  non  plus  que  pour  plus  de  soixante 
heures  dans  la  même  semaine.  Tout  patron  peut  répartir  les  heures  de  tra- 
vail par  jour  pour  la  seule  fin  de  donner  une  journée  de  travail  plus  courte  le 
samedi. 

"  Une  heuie  est  accordée  le  midi  de  chaque  jour  pour  les  repas,  si  l'ins- 
pecteur l'ordonne,  mais  cette  heure  ne  peut  être  comptée  comme  partie  du 
temps  présentement  restreint  relativement  à  leur  emploi. 

"  La  journée  de  dix  heures  mentionnée  au  présent  article  ne  saurait 
commencer  avant  six  heures  du  matin  ni  se  terminer  après  neuf  heures  du 
soir. 

3026.  "  L'inspecteur,  pour  des  raisons  suffisantes  à  lui  transmises  et  afin 
de  compenser  le  temps  perdu  ou  pour  satisfaire  aux  exigences  de 
l'industrie,  peut  pour  une  période  qui  ne  dépasse  pas  six  semaines  prolonger 
le  temps  de  l'emploi  des  enfants,  des  filles  et  des  femmes  à  douze  heures  par 
jour,  ou  à  soixante  et  douze  heures  par  semaine,  pourvu  que  le  jour  ne  com- 
mence pas  avant  six  heures  du  matin  et  ne  se  prolonge  pas  au  delà  de  neuf 
heures  du  soir,  dans  les  cas  qui  suivent: — 

(a)  Quand  un  accident,  qui  entrave  les  opérations  d'un  établissement 
industriel,  arrive  à  la  force  motrice  des  machines;  ou 

(b)  Quand  par  un  événement  qui  échappe  au  contrôle  du  patron,  les 
machines  ou  une  partie  des  machines  d'un  établissement  industriel  ne  peu- 
vent pas  être  régulièrement  remises  en  mouvement;  ou 

(c)  Quand  il  se  produit  un  arrêt  pour  une  cause  quelconque  ". 

Il  a  été  soutenu  par  les  compagnies  et  leur  opinion  a  été  partagée  par  l'inspec- 
teur des  fabriques  qui  a  comparu  devant  la  commission,  que  ceci  donnait  à  la  com- 
pagnie le  droit  de  répartir  les  heures  de  travail  de  chaque  jour  de  façon  à  ce  que  la 
totalité  des  heures  de  travail  d'une  semaine  ne  dépassât  pas  soixante  heures.  Evi- 
demment cette  interprétation  donne  le  droit,  si  le  patron  résout  de  ne  travailler  que 
cinq  jours  par  semaine,  de  mettre  les  heures  à  12  par  jour,  et  à  15  par  jour  s'il  résout 
de  ne  travailler  que  quatre  jours,  possibilité  dont  il  n'a  jamais  du  être  question. 
Les  heures  de  travail  maxima  de  toute  journée  devraient  être  définitivement  énoncées, 
et  le  statut  devrait  être  rédigé  de  façon  à  ne  laisser  aucun  doute  quant  à  son  inten- 
tion. 


DIFFERENDS  IND USTRIELS  DANS  LES  IND USTR1ES  TEXTILES  DE  COTON        19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

Pour  déterminer  ce  que  devrait  être  le  nombre  maximum  des  heures  de  travail, 
les  considérations  économiques  seules  exigent  qu'il  soit  tenu  bon  compte  des  effets 
que  peut  avoir  un  emploi  long  et  continu,  quelle  que  soit  sa  nature,  sur  la  constitution 
des  femmes  et  de  leur  position  dans  l'économie  sociale  d'une  nation.  Le  surcroît 
de  travail  laisse  un  legs  de  faiblesse  ou  d'impuissance  à  ceux  qui  de  près  ou  de  loin 
en  sont  frappés.  Voici  un  facteur  dans  la  création  d'une  nation  que  l'on  ne  saurait 
trop  se  rappeler. 

Egalement  l'emploi  des  jeunes  gens,  soit  garçons  ou  filles,  ne  peut  être  entouré 
de  trop  de  sauvegardes.  Il  est  désolant  d'être  obligé  de  noter  que,  bien  que  le  mini- 
mum de  l'âge  auquel  les  enfants  peuvent  être  employés  soit  fixé  à  14  ans  par  la  loi  de 
la  province  de  Québec,  plusieurs  enfants  ont  été  amenés  devant  la  commission,  du 
d  ombre  de  ceux  qui  travaillent  aux  filatures,  lesquels  ont  admis  qu'ils  étaient  entrés 
au  service  avant  l'âge  légal.  Quelques-uns  de  ces  enfants  étaient  si  peu  développés 
et  tellement  ignorants  qu'ils  étaient  incapables  de  dire  l'année  de  leur  naissance 
non  plus  que  leur  âge.  Une  petite  fille  ne  savait  pas  ce  que  veut  dire  le  mot  "  fête  ", 
et  quand  on  lui  eut  expliqué  la  chose  elle  déclara  que  les  seules  fêtes  qu'elle  connais- 
sait étaient  Noël  et  l'Epiphanie.     Elle  n'avait  jamais  eu  une  semaine  de  vacance. 

Un  ou  deux  de  ces  enfants  ont  admis  qu'ils  savaient  que  leurs  parents  avaient 
fait,  quant  à  leur  âge,  une  fausse  déclaration,  et  que  leurs  parents  leur  avaient  dit 
de  déclarer  ce  qui  n'était  pas  si  on  leur  faisait  des  questions  sur  ce  point. 

Il  ne  peut  y  avoir  deux  manières  de  voir  quant  à  l'attitude  que  l'on  doit  prendre 
à  l'égard  de  ces  conditions,  non  plus  qu'à  l'égard  de  l'espèce  de  législation  qu'elle 
exige.  L'emploi  dans  les  filatures  d'enfants  âgés  de  moins  de  quatorze  ans  devrait 
être  rendu  absolument  impossible,  et  il  conviendrait  d'édicter  une  loi  tout  aussi 
impérative  requérant  leur  fréquentation  des  écoles  entre  les  âges  de  10  et  14  ans. 
Au  Massachusetts  la  loi  exige  qu'un  enfant,  avant  d'être  engagé,  ait  au  moins  qua- 
torze ans  d'âge,  et  fournisse  un  certificat  du  secrétaire  de  la  ville  attestant  qu'il  sait 
lire  et  écrire.  S'il  est  sans  instruction,  il  doit  avoir  seize  ans  avant  de  pouvoir  être 
engagé, — et  les  enfants  qui  veulent  entrer  dans  une  filature  doivent  d'abord  obtenir  du 
surintendant  des  écoles  ou  d'un  membre  de  la  commission  d'écoles  un  certificat 
attestant  leur  âge  et  leur  aptitude  d'écrire  et  de  lire  la  langue  anglaise.  Un  arran- 
gement de  cette  naiture  qui  enlèverait  aux  intéressés  au  contrat,  qu'ils  soient  parents 
ou  employés,  la  possibilité  de  faire  une  fausse  déclaration,  et  qui  placerait  la  res- 
ponsabilité quant  aux  certificats  d'âge  sur  les  épaules  des  représentants  choisis  du 
peuple,  ou  de  fonctionnaires  dont  c'est  le  devoir  de  sauvegarder  le  bien-être  de  la 
société,  semble  devoir  être  la  manière  la  plus  efiîcace  de  faire  face  à  cette  situation. 
Il  est  agréable  de  pouvoir  dire  que  les  chefs  des  compagnies  intéressées  se  sont 
déclarés  très  surpris  du  fait  que  de  la  main-d'œuvre  d'enfants  avait  été  employée 
contrairement  à  la  loi,  et  qu'elles  ont  immédiatement  fait  des  démarches  pour  en- 
rayer cet  abus.  M.  S.  H.  Hewing,  président  de  la  Montréal  Cotton  Company,  a  dit 
qu'il  s'était  particulièrement  informé  pour  découvrir  si  de  la  main-d'œuvre  d'enfants 
était  employée  dans  les  filatures,  et  qu'il  avait  été  bien  surpris  d'apprendre  qu'il  y 
en  avait,  que  si  pareille  chose  se  produisait  c'était  bien  contre  son  gré  et  contre  le 
gré  du  bureau  des  directeurs.  M.  Simpson  a  dit  que  sa  compagnie  prenait  le  soin 
de  voir  à  ce  que  chaque  enfant  fût  tenu  d'apporter  un  certificat  de  ses  parents  ou  de 
Bon  tuteur,  déclarant  qu'il  avait  au  moins  14  ans,  et  qu'il  n'y  avait  que  deux  cas 
qu'il  connaissait  d'enfants  qui  avaient  moins  que  cet  âge,  bien  qu'il  put  y  en  avoir 
d'autres  où  les  parents  avaient  donné  de  faux  certificats  et  que  dans  les  deux  cas 
il  y  avait  des  circonstances  justificatives.  Il  n'est  pas  raisonnable  de  supposer  que 
qui  que  ce  soit,  en  dehors  des  plus  égoïstes  et  des  plus  endurcis  de  cœur,  put  sciem- 
ment permettre  à  un  abus  semblable  de  se  continuer,  et  ne  pas  voir  venir  de  bon 
gré  l'action  de  l'Etat  dans  le  sens  de  la  suppression  de  ce  mal  au  point  de  le  rendre 
impossible.     Si  le   Canada  doit  avoir  un   corps  vigoureux  et  intelligent  de  produc- 


20  RAPPORT  DE  LA    COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

teurs,  dont  doit  primitivement  dépendre  sa  position  industrielle  parmi  les  nations 
du  monde,  il  ne  peut  pas  envisager  avec  trop  de  précaution  tous  ces  facteurs  qui 
contribuent  à  établir  la  vitalité  d'une  nation,  et  de  ces  facteurs  il  n'en  est  pas  de  plus 
important  pour  le  bien-être  et  pour  la  santé  de  la  mère  et  de  l'enfant.  Le  moins 
que  la  société  puisse  assurer  à  ceux  qui  aident  à  porter  le  fardeau  industriel  sont  les 
occasions  de  repos  et  de  récréation,  et  ceci  exige  la  limitation  des  heures  totales  de 
travail,  par  jour  et  par  semaine,  la  prohibition  absolue  des  suppléments  de  temps,  et 
une  période  de  vacances  chaque  année. 


Rapports  entre  les  patrons  et  les  employés. 

Quant  au  plan  qui  pourrait  améliorer  les  rapports  entre  les  patrons  et  les  ouvriers 
de  cette  industrie,  et  détourner  les  différends  industriels  entre  eux,  je  désire  attirer 
l'attention  sur  la  considération  d'un  arrangement  un  peu  de  cette  nature  que  j'ai 
observé  au  cours  de  la  recherche  des  conditions  existantes  aux  Etats-Unis,  et  dont 
l'efficacité  a  bien  été  mise  à  l'épreuve  dans  l'époque  de  sérieuse  tension  qui  a  marqué 
cette  année,  et  qui  a  reçu  l'appui  cordial  tant  des  patrons  que  des  employés.  Je  veux 
parler  du  système  de  réglementation  automatique  des  gages,  basé  sur  une  convention 
commune  entre  les  patrons  et  les  employés  tel  qu'il  existe  à  Fall-River  entre  l'associa- 
tion des  patrons  et  le  conseil  des  ouvriers  textiles,  association  que  représente  les  di- 
verses unions  auxquelles  les  ouvriers  appartiennent.  Ce  plan  a  été  organisé  comme 
conséquence  d'une  grande  grève  qui  se  produisit  il  y  a  quatre  ans,  et  fut  le  résultat, 
d'une  connaissance  de  part  et  d'autre  de  l'inanité  de  la  guerre  industrielle  comme 
moyen  d'assurer  la  paix  industrielle.  Je  ne  puis  faire  mieux  que  de  citer  le 
Massachusetts  Labour  Bulletin  de  juin  et  juillet,  qui  en  énonce  la  nature  et  le  mode 
d'opérer,  dans  un  article  qui  traite  de  la  diminution  des  gages  de  la  présente  année. 
Incidemment,  l'article  a  aussi  une  grande  valeur  en  ce  qu'il  démontre  le  parallélisme 
qu'il  y  a  entre  les  conditions  qui  existent  aux  Etats-Unis  et  celles  du  Canada,  et  en 
ce  qu'il  démontre  que  la  diminution  récente  des  gages  au  Canada,  qui  a  donné  nais- 
sance à  la  grève  de  mai  dernier,  ne  provient  pas  d'une  exigence  particulière  des  ou- 
vriers canadiens  ou  du  tarif  ou  de  conditions  spéciales,  mais  fait  partie  d'une  dépres- 
sion générale  à  laquelle  ce  pays,  pour  des  raisons  évidentes,  a  dû  prendre  part. 

A  une  conférence  tenue  le  dix-neuf  mai,  entre  des  comités  du  conseil  des  ouvriers 
textiles  de  Fall-River  et  l'association  des  fabricants  de  coton,  pour  déterminer  l'échelle 
des  gages  qu'il  fallait  payer  pour  les  six  mois  à  courir  du  26  mai  1908  au  26  novembre 
1908,  on  repassa  les  chiffres  marginaux  des  six  mois  qui  ont  précédé,  et  la  réduction 
des  gages  qui  en  est  résultée  fut  calculée  à  17-94  pour  100.  Ceci  est  la  plus  forte 
diminution  qui  ait  jamais  été  opérée  en  une  seule  fois  dans  l'histoire  de  Fall-River. 
celle  qui  s'en  est  rapprochée  le  plus  près  a  été  une  diminution  opérée  le  11  septembre 
1893  et  qui  s'est  élevée  à  14-28  pour  100. 

Cependant,  le  20  mai,  le  conseil  des  ouvriers  textiles,  représentant  officiellement 
et  non  officiellement  environ  25,000  ouvriers,  a  démontré  que  ce  grand  corps  d'ouvriers 
était  capable  de  s'en  tenir  à  son  contrat,  en  acceptant,  sans  une  voix  dissidente,  le 
rapport  du  comité,  qui  recommandait  que  la  diminution  des  gages,  résultat  de  l'opéra- 
tion de  la  convention  en  vigueur  entre  l'organisation  des  employés  d'usine  et  leurs 
patrons,  fut  adoptée. 

La  convention  des  gages  adoptée  le  3  mai  1907  et  maintenant  en  vigueur  décrète  : 

Article  1.  Que  21-78  cts  la  coupe  sur  le  prix  étalon  reconnu  pour  une  verge  de  95 
points  basée  sur  le  coût  de  huit  livres  de  coton  moyen  des  hautes  terres,  et  le  prix 
vendant  de  45  verges  de  tissu  imprimé  de  28  pouces  64  x  64  et  de  33-11  de  tissu  de  38| 
pouces  64-X-64.  Les  cotes  du  Journal  of  Commerce,  de  New- York,  seront  considérées 
comme  autorités. 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DANS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON       21 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

Article  2.  Les  conventions  de  gages  seront  obligatoires  pour  six  mois,  commen- 
çant le  premier  lundi  de  mai  et  de  novembre  de  chaque  année,  basées  sur  la  marge 
moyenne  des  six  mois  antérieurs. 

Les  prix  pour  le  tissage  seront  ainsi  qu'il  suit  : — 

Avec  une  marge  de  115  points,  23-96  cents;  110  points,  23-42  cents;  105  points, 
22-87  cents;  95  points,  21-78  cents;  85  points,  20-69  cents;  80  points,  19-66  cents; 
75  points,  18-68  cents;  72£  points,  18  cents. 

Les  gages  dans  tous  les  départements  autres  que  le  tissage  seront  déterminés  sur 
la  même  base:  23-96  cents,  avec  une  marge  de  115,  seront  le  maximum;  et  18  cents 
avec  une  marge  de  72£,  seront  le  taux  minimum  payé  pour  le  tissage. 

Article  3.  Si  à  quelque  moment  l'une  ou  l'autre  des  parties  à  cette  convention 
désire  faire  un  changement,  il  doit  être  donné,  par  la  partie  qui  désire  le  changement, 
un  avis  d'au  moins  trois  mois  avant  l'expiration  du  contrat  de  six  mois  existant. 

L'on  peut  dire  que  la  convention  des  gages  a  fait  face  à  sa  première  épreuve 
réelle  et  qu'elle  l'a  passée  avec  succès,  car  \es  ouvriers  ont  fait  preuve  de  confiance  en 
l'équité  du  système,  bien  que  les  résultats  leur  en  aient  été  bien  défavorables,  comme 
dans  le  cas  présentement  soumis. 

Ce  système  de  dét élimination  automatique  des  gages  avait  été  soigneusement 
élaboré  comme  résultat  d'expériences  antérieures,  dans  le  but  de  donner  aux  ouvriers 
un  taux  de  gages  aussi  élevé  que  les  conditions  des  affaires  le  permettraient,  et  le 
succès  qu'a  obtenu  ce  système  dès  sa  première  crise  donne  à  augurer  des  résultats  spé- 
ciaux du  règlement  à  l'amiable  des  échelles  de  gages  à  Fail:River,  et  il  est  à  espérer 
qu'il  va  finir  par  abolir  les  demandes  souvent  répétées  des  ouvriers  à  leurs  patrons  et 
les  controverses  interminables  qui  en  résultent. 

L'esprit  recommandable  dont  les  ouvriers  ont  fait  preuve  en  tenant  à  leur  enga- 
gement et  en  se  soumettant  à  cete  grande  réduction  opérée  dans  leurs  gages,  se  re- 
trouve dans  l'extrait  qui  suit  du  rapport  soumis  aux  ouvriers  par  James  Tansey, 
président  du  conseil  des  ouvriers  textiles  de  Fall-River: 

"Nous,  membres  du  conseil  des  ouvriers  textiles,  regrettons  qu'il  se  soit  produit 
des  conditions  qui  aient  nécessité  la  diminution  des  gages,  ainsi  qu'il  est  dit  dans  la 
convention;  et,  tout  en  admettant  que  la  diminution  est  forte,  nous  espérons  et 
nous  savons  que  vous  ne  perdrez  pas  de  vue  le  fait  qu'elle  se  fait  du  taux  le  plus 
élevé  de  gages  qui  aient  jamais  existé  au  cours  de  l'existence  du  conseil  des  ouvriers 
textiles  et  pendant  plusieurs  années  antérieures  à  sa  création.  Il  est  certain  que  nous 
pouvons  remonter  au  moins  à  35  ans  en  arrière,  et  alors  ce  n'est  que  dans  les  condi- 
tions les  plus  exceptionnelles  que  peut  se  faire  la  comparaison. 

"  Il  n'est  pas  besoin  de  vous  rappeler  que  le  taux  des  gagnes  payés  au  cours  des 
derniers  douze  mois  est  de  dix  pour  cent  plus  élevé  que  celui  qui  a  jamais  été  payé 
dans  la  ville  au  cours  de  notre  existence  d'unions  combinées,  et  que  de  plus  il  est  de 
vingt  pour  cent  plus  élevé,  à  l'exception  d'une  période .  d'environ  neuf  mois  il  y  a 
quelques  années. 

"Relativement  à  la  présente  convention,  nous  ne  prenons  pas  et  nous  ne  déclarons 
pas  non  plus  que  nous  l'ayons  jamais  prise  et  déclarée  pour  une  panacée  de  toutes  lès- 
difficultés  qui  existent  entre  le  patron  et  les  ouvriers  dans  notre  industrie,  nous  vous 
déclarons  avec  emphase  et  sans  réserve  qu'il  y  a  là  un  arrangement  qui  s'est  démontré 
être  le  meilleur  arrangement  pour  les  ouvriers  qui  ait  jamais  été  accepté  par  les 
patrons  pour  le  contrôle  et  la  réglementation  de  la  hausse  et  de  la  baisse  des  salaires, 
et  nous  affirmons  de  plus,  pour  les  raisons  ci-dessus  énoncées,  qu'il  est  bien  digne  de 
l'épreuve  de  l'expérience,  et  de  nous  servir  de  guide  dans  l'examen  de  pareilles  ques- 
tions pour  l'avenir. 

"  Jusqu'au  moment  où  nous  verrons  qu'il  est  nécessaire  d'opérer  un  changement 
dans  l'échelle  des  marges,  nous  disons  à  nos  membres  que  l'on  devrait  se  conformer 

39—3 


22  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

honorablement  à  cette  convention,  vu  qu'elle  a  été  conclue  honorablement  par  un  vote 
d'acceptation  et  endossée  par  la  totalité  des  unions  à  leurs  assemblées  générales, 
avant  d'être  signée  par  les  représentants  des  diverses  associations  intéressées. 

"  Bien  que  la  réduction  des  gages  soit  plus  forte  sous  le  régime  de  la  convention 
que  ne  s'y  étaient  attendus  ses  plus  ardents  partisans,  ce  que  nous  regrettons,  nous  ne 
sommes  pas  prêts  à  déclarer  qu'il  y  a  un  désastre,  parce  que,  vu  les  malheureuses 
conditions  de  l'industrie  dont  il  a  été  parlé  plus  haut,  qui  subitement  et  d'une  façon 
inattendue  ont  mis  le  désarroi  dans  notre  industrie,  nous  ne  croyons  pas  qu'il  y  ait 
eu  épreuve  équitable,  et  jusqu'à  ce  que  cette  épreuve  se  présente,  le  moins  que  l'on 
puisse  attendre  c'est  que  le  jugement  soit  suspendu  et  que  les  actions  précipitées  de 
notre  part  soient  laissées  de  côté. 

"  La  seule  comparaison  que  nous  puissions  établir  à  l'encontre  des  conditions  ac- 
tuelles est  celle  de  ce  qui  s'est  présenté  en  1898,  il  y  a  dix  ans,  quand  le  marché  est 
baissé  d'environ  50  cents  et  que  nous  avons  été  obligés  d'accepter  des  réductions  de 
gages  qui  ont  abaissé  le  tisserand  à  16  par  coupe  et  tous  les  autres  départements  pro- 
portionnellement. La  marge  aujourd'hui  n'est  que  de  51-61  cents,  et  elle  a  été  entre  50 
et  60  pendant  près  de  deux  mois,  et  le  prix  de  la  coupe  sous  le  régime  du  taux  réduit 
est  de  19.66  cents  la  coupe,  avec  les  ouvriers  de  tous  les  autres  départements  en  pro- 
portion, une  affaire  d'environ  20  pour  100,  taux  plus  élevé  que  celui  qui  existait  en 
1898  dans  des  conditions  analogues,  pour  ne  rien  dire  d'autres  conditions  amélio- 
rées. 

■  "  Vous  répétant  encore  mon  regret  de  la  réduction  des  gages  qui  entre  en  vigueur 
lundi  matin,  et  qui  a  été  provoquée  par  des  circonstances  que  ne  pouvaient  contrôler 
ni  le  patron  ni  les  ouvriers,  nous  portons  cette  affaire  à  votre  attention,  afin  que  vous 
puissiez  délibérer  sur  les  conditions  et  la  situation  avec  plus  d'intelligence,  et  Iteur 
donner  la  considération  de  justice,  de  dignité  et  de  conversatisme  que  méritent  tous 
les  sujets  importants  de  cette  espèce  ". 

A  la  suite  de  l'annonce  de  la  nouvelle  échelle  de  gages,  il  a  été  affiché  à  l'établisse- 
ment un  avis  d'une  réduction  de  17.94  pour  100  dans  les  gages  des  5,000  ouvriers  des 
filatures  à  Fall-River  Iron  Woks  Company.  D'autres  filatures  de  la  Nouvelle-An- 
gleterre ont  réduit  les  gages  en  avril,  la  réduction  moyenne  étant  d'environ  10  p.  100. 

Pendant  peu  de  temps  après  que  la  réduction  fût  entrée  en  vigueur,  la  demande 
des  tissus  de  coton  a  justifié  les  fabricants  à  tenir  leurs  filatures  en  mouvement  tout 
le  temps,  et  comme  résultat  les  gains  réels  hebdomadaires  des  ouvriers  ont  été  plus 
forts  que  sous  l'échelle  antérieure  des  salaires.  Ces  conditions  favorables  ne  seront 
cependant  pas  continuées,  et  les  filatures  ont  été  forcées  de  se  restreindre,  ce  qui  a  en 
conséquence  considérablement  'réduit  les  gains  des  ouvriers. 

La  convention  de 'l'échelle  mobile  existe  entre  le  conseil  des  ouvriers  textiles  et 
l'association  des  fabricants  de  coton,  qui  représente  les  patrons,  de  sorte  que  la  con- 
vention peut  être  mise  à  néant  par  un  avis  de  l'une  ou  de  l'autre  des  parties  contrac- 
tantes. 

A  Fall-River,  où  s'est  effectuée  la  réduction  de  18  pour  100,  il  y  a  au  delà  de  50 
filatures  qui  emploient  environ  30,000  ouvriers  en  tout.  A  Lowell,  où  la  réduction 
a  été  comme  celle  de  la  province  de  Québec,  10  pour  100,  il  y  a  sept  grandes  fila- 
tures qui  emploient  environ  15,000  ouvriers. 

Aux  filatures  Bourne,  qui  sont  au  nombre  des  plus  grandes  de  Fall-River,  un 
système  de  partage  des  profits  est  en  vigueur,  et  j'ai  été  informé  par  le  directeur  que 
ce  système  avait  fonctionné  pour  le  grand  avantage  des  patrons  et  des  ouvriers  en 
même  temps.  Vu  que  c'est  l'un  des  systèmes  divers  que  l'on  pourrait  adopter  pour 
rendre  plus  tangibles  l'union  et  l'intérêt  qui  existent  entre  le  patron  et  les  ouvriers;  il 
peut  aussi,  je  crois,  être  recommandé  comme  méritant  d'être  adopté  par  les  patrons 
d'ans  ce  pays,  car  il  servirait  de  moyen  d'harmoniser  les  rapports  qui  existent  entre 
les  deux  grandes  classes  industrielles.  La  circulaire  lancée  par  le  trésorier  des  fila- 
tures Bourne  en  décembre  1906,  montre  un  esprit  de  considération  pour  le  bien-être 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DANS  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON  23 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

des  ouvriers,  qui,  s'il  était  généralement  adopté,  ferait  plus  que  n'importe  quel  autre 
élément  pour  éviter  les  possibilités  de  friction  et  pour  avancer  les  intérêts  com- 
muns aux  deux  classes.    Cette  circulaire  est  dans  les  termes  qui  suivent: 

Fall-Eiver,  Massachusetts,  24  décembre  1907. 

Aux  ouvriers  des  filatures  Bourne: 

Vous  recevrez  ci-inclus  le  trente-quatrième  dividende  semi-annuel  sur 
les  gages.  Le  partage  des  profits  se  continuera  encore  six  mois.  Je  me  juge 
heureux  de  pouvoir  vous  féliciter  sur  l'augmentation  qui  vient  de  se  produire 
dans  les  gages,  qui  ont  mis  Fall-River  en  évidence,  et  comme  étant  la  ville 
qui  paie  les  gages  les  plus  élevés  qui  soient  connus  de  l'industrie  cotonnière 
du  monde  entier.  J'espère  sincèrement  qu'il  puisse  n'y  avoir  jamais  d'autre 
réduction  de  gages  à  cet  endroit-ci.  Il  ne  devrait  pas  y  en  avoir.  Les  affaires 
devraient  être  conformes  à  ce  mémoire.  J'ai  confiance  que  le  prochain  Noël 
sera  le  Noël  le  plus  gai  dont  on  ait  encore  entendu  parler  ici.  Que  tous 
s'efforcent  de  concert,  tant  les  fabricants  que  les  ouvriers,  à  faire  de  Fall- 
River  le  point  le  plus  attrayant  de  la  terre  pour  les  salaires  de  l'industrie 
textile.  Avec  cette  idée  en  vue,  le  bureau  de  direction  des  filatures  Bourne 
m'a  unanimement  autorisé  à  vous  annoncer  que  nous  allons  essayer  l'expé- 
rience d'une  vacance  en  août  1907.  Bien  que  je  n'ai  pas  pris  l'habitude  de 
prendre  une  vacance  moi-même,  (sauf  pour  un  court  voyage  en  Europe  en 
1900),  je  puis  voir  que  par  ce  temps  d'efforts  généraux  la  vacance  devient 
de  plus  en  plus  une  affaire  salutaire. 

Les  filatures  fermeront  samedi  à  midi  le  24  août,  pour  se  rouvrir  le  mardi 
matin  le  3  septembre,  ce  qui  vous  assurera  dix  jours  de  repos  et  de  récréa- 
tion. 

Au  lieu  de  la  paye  régulière,  les  directeurs  m'ont  aussi  unanimement 
autorisé  à  vous  offrir  un  dividende  surnuméraire  sur  vos  gages,  payable 
justement  avant  la  vacance,  au  montant  de  50  pour  100  de  la  moyenne  heb- 
domadaire des  gages  gagnés  par  chacun  de  vous  et  calculé  d'après  l'inscrip- 
tion de  vos  gages  durant  le  terme  actuel  de  partage  des  profits  qui  se  termi- 
nera en  juin  prochain. 

Ainsi  que  tous  les  dividendes  sur  les  gages,  le  dividende  de  la  vacance 
d'août  vous  sera  payé  à  la  condition  unique  d'un  service  efficace  et  continue. 
Il  vous  sera  donné  en  outre  du  dividende  régulier  du  4  juillet. 

Sincèrement  à  vous, 

(Signé)         GEO.  A.  CHACE,  trésorier. 

Conclusions. 

Brièvement  résumées,  les  conclusions  du  présent  rapport  sont  ainsi  qu'il  suit: — 

1.  La  réduction  de  10  p.  100  des  gages  des  filatures  de  la  province  de  Québec  qui 
a  donné  naissance  à  la  grève  et  au  chômage  de  mai  de  la  présente  année  n'était  pas 
due  aux  exigences  des  ouvriers  canadiens,  non  plus  qu'au  tarif  ni  à  d'autres  condi- 
tions spéciales,  mais  était  une  conséquence  économique  de  la  dépression  industrielle 
et  financière  dont  le  Canada  s'est  senti  en  commun  avec  les  Etats-Unis  et  la  Grande- 
Bretagne,  et  qui  a  atteint  l'industrie  cotonnière  de  toutes  les  parties  du  monde. 

2.  Que  des  réductions  de  gages  analogues  et  même  supérieures  se  sont  opérées 
dans  les  filatures  des  Etats-Unis,  et  une  plus  grande  restriction  de  la  somme  du  tra- 
vail s'est  fait  sentir  chez  les  ouvriers  de  ce  pays  aussi  bien  que  de  la  Grande-Bretagne. 

3.  Que  le  sort  d'un  grand  nombre  des  ouvriers  textiles  des  filatures  durant  la  pré- 
sente année  a  été  particulièrement  rigoureux  dans  les  deux  pays  par  suite  d'une  réduo- 

39— 3i 


24  RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

tion  considérable  du  travail  et  d'une  réduction  considérable  dans  le  taux  des  gages 
payés. 

4.  Que  la  dépression  actuelle  n'est  que  temporaire,  et  que  les  patrons  ont  promis 
de  rétablir  l'ancien  taux  des  gages  si  l'industrie  s'améliore. 

5.  Que  la  grève  des  filatures  de  la  province  de  Québec  était  mal  avisée  et  inop- 
portune, et  ne  se  serait  pas  produite  si  la  constitution  de  l'organisation  du  travail  avait 
été  strictement  suivie. 

6.  Que  la  manière  dont  a  été  donné  l'avis  de  la  réduction  projetée  des  gages  était 
une  circonstance  aggravante  dans  les  conditions  alors  existantes — un  délai  plus  consi- 
dérable, et  une  plus  grande  occasion  d'en  conférer  entre  les  intéressés  auraient  pu 
l'empêcher. 

7.  Que  les  inimitiés  et  les  ambitions  personnelles  de  la  part  de  certains  des 
mineurs,  sont  la  cause  de  dissensions  survenues  parmi  les  ouvriers,  lesquelles  dissen- 
sions ont  été  préjudiciables  à  leurs  intérêts  communs. 

8.  Que  l'industrie  en  somme  et  les  intérêts  tant  des  patrons  que  des  ouvriers  ont 
subi  bien  des  pertes  non  nécessaires  par  suite  du  nombre  exceptionnellement  grand  de 
grèves  qui  se  sont  produites  depuis  quelques  années. 

9.  Que  quelques-unes  des  grèves  ne  se  seraient  pas  produites  n'eût  été  l'organi- 
sation qui  existait  parmi  les  ouvriers,  et  n'eussent  été  la  ligne  de  conduite  adoptée 
par  un  certain  nombre  de  mineurs,  mais  que,  dans  d'autres  cas,  l'organisation  a  servi 
de  moyen  d'éviter  les  différends,  et  envisagée  d'une  façon  large,  a  eu  pour  résultat  (au 
moins  jusqu'au  printemps  de  la  présente  année)  d'améliorer  les  conditions  économi- 
ques des  ouvriers  en  général. 

10.  Que  l'attitude  des  patrons  n'a  pas,  en  somme,  été  adverse  à  l'organisation  parmi, 
les  ouvriers,  bien  que  des  individus  se  soient  évertués  à  l'entraver;  que  pour  se  donner 
droit  à  la  confiance  des  patrons  qui  leur  assure  le  bon  vouloir  de  coopérer  avec  elles, 
les  unions  doivent  s'assurer  de  l'harmonie  dans  leurs  propres  rangs  et  adopter  une 
manière  d'agir  plus  conservatrice  envers  ceux  avec  lesquels  elles  ont  des  relations 
d'affaires. 

11.  Que  les  heures  de  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  filatures  de 
coton  sont  trop  longues  et  devraient  être  abrégées. 

12.  Que  la  loi  actuelle  qui  réglemente  les  heures  de  travail  devrait  être  modifiée 
de  façon  à  ne  plus  laisser  subsister  de  doute  quant  à  ses  intentions,  et  de  façon  à 
garantir  contre  les  injustices  possibles  ceux  pour  le  compte  desquels  elle  a  été  rendue. 

13.  Que  la  loi  qui  concerne  le  travail  des  enfants  a  été  éludée  et  devrait  être 
modifiée  de  façon  à  pourvoir  aux  contraventions  possibles  pour  l'avenir,  et  que  sous 
ce  rapport  il  retombe  sur  les  épaules  des  actionnaires  une  responsabilité  spéciale  et 
sur  toutes  les  autres  personnes  qui  bénéficient  du  résultat  de  ce  travail. 

14.  Que  l'on  pourrait  conserver  la  paix  industrielle  et  avancer  les  rapports  ami- 
caux des  patrons  avec  leurs  employés, — 

(a)  Par  l'adoption  de  conventions  conjointes  entre  les  patrons  et  les  ouvriers, 
avec  un  système  quelconque  de  détermination  automatique  des  gages. 

(b)  En  requérant  que  chacune  des  parties  donne  au  moins  un  mois  d'avis  avant 
de  tenter  de  mettre  en  vigueur  un  changement  projeté  des  gages,  des  heures  ou 
d'autres  conditions  importantes  de  l'emploi  des  hommes. 

(c)  Par  l'adoption  de  conseils  permanents  de  conciliation,  composés  de  repré- 
sentants de  patrons  et  d'ouvriers,  auxquels  conseils  toutes  les  affaires  en  discussion 
soient  référées  pour  conférence  et  règlement,  avant  qu'il  y  ait  recours  à  un  chômage 
ou  à  la  grève;  et 


DIFFERENDS  IND USTRIELS  DANS  LES  IND  USTRIES  TEXTILES  DE  COTON        25 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 

(d)  Par  l'adoption  d'une  fornfe  quelconque  d'association  de  travail,  où  les  inté- 
rêts communs  des  patrons  et  des  ouvriers  soient  mis  en  évidence  pour  l'une  et  pour 
l'autre  des  parties. 

Le  tout  respectueusement  soumis. 

W.  L.  MACKENZIE  KING, 

Commissaire. 
Daté  à  Ottawa,  ce  15e  jour  de  septembre  1908. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  39  A.  1909 


ANNEXE  STATISTIQUE  CONCERNANT  LES  GREVES,  LES  CHOMAGES,  LES 

GAGES,  Etc. 

Grèves  et  chômages  depuis  1900. 

Si  l'on  considère  comme  grèves  distinctes  la  série  des  différends  qui  ont  com- 
mencé le  4  mai  1900,  il  y  a  eu  dans  l'industrie  cotonnière  de  la  province  de  Québec 
quarante  grèves  de  chômage,  de  février  1900  à  juin  1908  inclusivement.  Sur  ce 
nombre,  neuf  se  sont  produites  à  Valleyfield,  huit  à  Magog,  sept  à  Hochelaga,  six 
aux  Chutes-Montmorency,  cinq  à  Saint-Henri,  trois  à  Sainte-Anne,  une  à  Montréal, 
et  une  à  Hochelaga  et  à  Sainte-Anne. 

Pans  trente-deux  de  ces  différends  la  perte  de  temps  pour  les  ouvriers  s'est  élevée 
approximativement  à  201,090  jours  de  travail.  Dans  les  huit  différends  qui  restent 
les  données  n'ont  pas  été  suffisantes  pour  permettre  d'évaluer  le  temps  perdu. 

L'analyse  des  causes  qui  ont  amené  les  grèves  et  les  chômages  démontre  que  dans 
vingt  et  un  cas,  dans  plus  de  la  moitié  des  cas,  il  était  question  des  gages.  Dans  dix 
cas  les  ouvriers  avaient  demandé  une  augmentation  de  salaire,  alliée  à  d'autres  de- 
mandes dans  deux  cas,  et  dans  neuf  cas  ils  s'opposaient  à  une  réduction  des  gages. 
Dans  cinq  cas  la  grève  a  été  déclarée  pour  protester  contre  le  congédiement  d'ouvriers, 
et  dans  deux  cas  les  ouvriers  de  langue  française  se  sont  opposés  à  l'emploi  de  gens 
de  langue  anglaise.  Il  y  a  eu  quatre  grèves  de  sympathie  et  deux  chômages  depuis 
huit  ans. 

Relativement  aux  résultats  de  ces  différends  industriels,  les  patrons  l'ont  emporté 
dans  vingt-six  cas  sur  quarante,  et  les  employés  l'ont  emporté  dans  neuf  cas  seule- 
ment, et  l'on  est  venu  à  un  compromis  dans  les  cinq  cas  qui  restent.  Les  archives 
du  ministère  du  Travail  démontrent  que  dans  les  différends  concernant  toutes  les 
industries,  de  1901  à  1906  inclusivement,  les  patrons  l'ont  emporté  dans  244  cas  sur 
un  total  de  692,  tandis  que  les  employés  ont  réussi  dans  214  cas.  Ceci  indique  qu'une 
plus  grande  proportion  de  grèves  ont  manqué  d'atteindre  leur  but  dans  l'industrie 
cotonnière  que  dans  toutes  les  industries  réunies  du  Canada. 

Les  tableaux  statistiques  qui  suivent  concernant  les  grèves  et  les  chômages 
de  l'industrie  cotonnière  de  la  province  de  Québec  de  février  1900  à  juin  1908,  inclu- 
sivement, indiquent,  dans  le  cas  de  chaque  différend,  la  localité  où  il  a  surgi,  les 
classes  et  le  nombre  des  employés  qui  ont  été  atteints,  la  date  du  commencement  et 
celle  de  la  fin  du  conflit,  le  nombre  approximatif  de  jours  de  travail  perdus,  et  la 
cause  et  le  résultat  du  conflit. 

Tabeau  indiquant  les  causes  des  différends  industriels  dans  l'industrie  cotonnière  de 
la  province  de  Québec,  de  février  1900  à  juin  1908,  inclusivement. 

Cause.  Nombre  des 

différends. 

Pour  des  gages  plus  élevés 8 

Pour  des  gages  plus  élevés  et  des  changements  dans  les  condi- 
tions de  l'emploi 1 

Pour  des  gages  plus  élevés  et  contre  le  changement  du  jour  de 

paye 1 

Pour  des  changements  dans  le  mode  du  paiement 2 

Contre  une  réduction  des  gages 9 

Contre  le  congédiement  d'employés 5 

27 


RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Nombre  des 
Cause.  Différends. 

Contre  l'emploi   de   personnes   de  langue   anglaise,   les  grévistes 

étant  de  langue  française 2 

Contre  l'emploi  d'apprentis 1 

Contre  l'emploi  d'un  aide-contremaître 1 

Contre  la  suspension  d'un  employé 1 

Contre  un  chômage  à  cause  de  la  restriction  du  travail 1 

Refus  des  patrons  de  transférer  un  ouvrier  d'une  autre  branche 

pour  remplir  une  vacance 1 

Différend  à  cause  de  l'ouverture  des  châssis 1 

Sympathie 4 

Chômage  à  la  suite  du  refus  des  employés  d'abandonner  l'union.  1 

Chômage  à  la  suite  d'une  grève  de  certains  ouvriers  contre  la 

réduction  des  gages 1 

Total 40 


Tableau  indiquant  le  résultat  des  différends  industriels  dans  l'industrie  cotonnière  de 
la  province  de  Québec,  de  février  1900  à  juin  1908,  inclusivement. 

Résultat.  Nombre  des 

différends. 

En  faveur  des  patrons 26 

En  faveur  des  employés 9 

Compromis ~ 5 

Total 40 


DIFFERENDS  INDUSTRIELS  DA  A  S  LES  INDUSTRIES  TEXTILES  DE  COTON        29 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 


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8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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DOC.  PARLEMENTAIRE  No  39 


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RAPPORT  DE  LA  COMMISSION  ROYALE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  46 


A.  1909 


RAPPORT 


DE    LA 


UNI 


POUR 


L'EXERCICE    TERMINÉ    LE    31   MARS 


1908 


IMPRIME  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 

IMPRIME  PAR  C.  H.  PARMELEE,  IMPRIMEUR  DE  SA  TRÈS  EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 

N°  46—1909].  1909 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  46  A.  1909 


TABLE    DES    MATIERES. 

Page 

Rapport  du  Président 5 

Rapport  de  l'ingénieur  du  district  «  A  » 9 

Rapport  de  l'ingénieur  du  district  «  B  » 12 

Rapport  de  l'ingénieur  du  district  «  C  )) 15 

Rapport  de  l'ingénieur  du  district  «D» 17 

Rapport  de  l'ingénieur  du  district  «E  » 21 

Rapport  de  l'ingénieur  du  district  «  F» 23 

Rapport  de  l'ingénieur  en  chef 25 

Rapport  de  l'ingénieur  des  ponts 27 

Rapport  du  comptable  chef 30 

Rapport  du  préposé  général  aux  achats 45 


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8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  46  A.  1909 


LES  COMMISSAIRES  DU  CHEMIN   DE  FER  TRANSCONTINENTAL. 

Ottawa,  décembre  1908. 

L'honorable  George  P.  Graham,  C.P., 

Ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  Ottawa. 

Monsieur, — Nous  avons  l'honneur  de  transmettre,  par  votre  intermédiaire,  à  Son 
Excellence  le  Gouverneur  général  en  conseil,  notre  quatrième  rapport  annuel  pour  l'exer- 
cice expiré  le  31  mars  1908,  concernant  les  recettes  et  les  dépenses  de  la  division  est  du 
chemin  de  fer  Transcontinental,  et  autres  matières  touchant  le  dit  chemin  de  fer  qui  nous 
paraissent  être  d'intérêt  public. 

Dans  le  rapport  de  l'ingénieur  en  chef  et  ceux  des  ingénieurs  de  district,  lesquels  sont 
annexés  au  présent,  se  trouvent  des  renseignements  détaillés  sur  l'avancement  des  travaux. 

ÉTUDES. 

Les  études  et  le  tracé  définitif  de  la  ligne  entière  peuvent  être  considérés  comme  com- 
plétés, à  l'exception  de  quelques  légères  révisions  qui  restent  à  faire,  et  le  tracé  d'environ 
2j  milles  de  l'entrée  dans  Winnipeg. 

La  distance  totale  de  Moncton,  N.-B.,  à  Winnipeg,  Man.,  a  été  réduite  par  les  ingé- 
nieurs de  plus  de  treize  milles  depuis  la  clôture  du  dernier  exercice.  La  distance  exacte  est 
maintenant  de  1804.47  milles. 

CONSTRUCTION. 

Les  dépenses  totales  du  dernier  exercice  s'élèvent  à  $18,910,449.41,  et  les  dépenses 
totales  depuis  l'organisation  de  la  Commission  jusqu'au  31  mars  1908  sont  de  $27,057,944.04. 

Les  entreprises  pour  la  construction,  après  avoir  été  dûment  publiées  et  sanctionnées 
par  le  Gouverneur  en  conseil,  ainsi  que  requis  par  la  loi  concernant  le  chemin  de  fer  Trans- 
continental National,  ont  été,  dans  chaque  cas,  adjugées  comme  ci-dessous,  au  plus  bas 
soumissionnaire,  savoir: 

John  W .  McManus  Co.,  Ltd.,  Memramcook,  N.-B. 

District  «A».— A  partir  d'un  point  désigné  sur  les  plans  de  la  Commission  en  la  ville 
de  Chipman  ou  à  proximité,  dans  la  province  du  Nouveau-Brunswick,  vers  l'est,  sur  une 
distance  d'environ  8  milles. 

Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand- Tronc-Pacifique,  Montréal. 

District  «A». — A  partir  d'un  point  désigné  sur  les  plans  de  la  Commission  au  58me 
mille  environ  à  l'ouest  de  Moncton  jusqu'au  croisement  de  l'Intercolonial,  au  mille  97.7 
ou  environ,  une  distance  d'environ  39.7  milles. 

Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand- Tronc- Pacifique,  Montréal. 

District  «A». — A  partir  d'un  point  au  croisement  de  l'Intercolonial  ou  à  proximité, 
au  mille  97.7,  à  l'ouest  de  Moncton,  jusqu'à  la  rivière  Tobique,  au  mille  165.7  ou  à  proxi- 
mité, moins  un  mille,  une  distance  d'environ  67  milles. 


6  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FEU  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Willard  Kitchen  Co.,  Ltd.,  Grand-Faite,  N.-B. 

District  «A». — A  partir  d'un  point  situé  à  un  mille  environ  à  l'est  de  la  rivière  Tobique 
jusqu'à  2j  milles  à  l'ouest  de  Grand-Falls,  N.-B.,  une  distance  d'environ  31.5  milles. 


M.  P.   &  J.  T.  Davis,  Québec,  P.Q. 

District  «B». — A  partir  d'un  point  sur  la  ligne  frontière  entre  les  provinces  du  Nou- 
veau-Brunswick  et  de  Québec  ou  à  proximité,  vers  l'ouest,  une  distance  d'environ  52.4 
milles. 

E.  F.   &  G.  E.  Fauquier,  Ottawa. 

District  «D». — A  partir  d'un  point  environ  huit  milles  à  l'ouest  du  croisement  de  la 
rivière  Abitibi,  dans  une  direction  ouest  environ  100  milles. 


PONTS   EN   ACIER. 

District  «F». — La  Canadian  Bridge  Company,  Limited,  pour  les  superstructures  en 
acier  des  ponts  sur  les  rivières  Wabigoon,  Winnipeg,  Whitemouth,  Brokenhead  (bras  est 
et  ouest),  et  au  croisement  du  C.P.C.,  Station  Rennie,  Manitoba. 

Prix  de  l'acier:  rivière  Wabigoon,  croisement  du  C.P.C.,  Whitemouth,  Brokenhead 
(est),  Brokenhead  (ouest),  5.7  cents  la  livre.  Rivière  Winnipeg,  une  travée  à  armature  de 
300'  entre  les  chevilles  de  chaque  extrémité,  6 . 9  cents  la  livre.  Une  travée  de  poutres  de 
100',  5.7  cents  la  livre.  Prix  pour  le  bois  de  service  et  le  système  de  tabliers  adopté  pour 
tous  les  ponts,  $50.00  les  mille  pds  M.P. 

District  «B». — Dominion  Bridge  Company,  Limited.  Quatres  uperstructures  de  pont 
en  acier  et  un  pont  de  chemin  public  aux  milles  2.45,  13.84,  26.55,  39.36  et  2.17,  à  l'est 
du  pont  de  Québec.  Prix,  acier,  4.72  cents  la  livre;  bois  de  service,  $55.00  par  les  mille 
pds  M.P. 

District  «B». — Dominion  Bridge  Company,  Limited.  Superstructures  en  acier  pour 
dix-neuf  ponts,  entre  le  mille  38  et  le  mille  130,  à  l'ouest  du  pont  de  Québec. 

Prix,  acier: — 

Grand  Bras  d'Arme 4 .  44c.  la  livre 

Rivière  Lachevrotière 4 .  84c. 

Rivière  Nigerette 4 .  44c. 

Rivière  Tawachiche 4 .  84c. 

Ruisseau  Roberge 4 .  84c. 

Rivière  des  Eaux-Mortes 5 .  12c. 

Rivière  du  Milieu 3.94c. 

Rivière  au  Brochet  (5) 4 .  44c. 

Ruisseau  à  Beauce 4 .  44c. 

Croisement  élevé,  chemin  de  fer  Q.  et  Lac  St-Jean 4.84c. 

Rivière  Petit  Bostonnais 4 .  84c. 

Rivière  Grand  Bostonnais 4 .  84c. 

Rivière  Croche 4 .  84c. 

Rivière  St-Maurice 4 .  98c. 

Rivière  au  Lait 4 .  84c. 

Bois  de  service,  $52.50  les  mille  pds  M.P. 


RAPPORT  ANNUEL  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

RAILS    D'ACIER. 

The  Dominion  Iron  &  Steel  Co.,  Ltd.,  44,000.2  grosses  tonnes  de  rails  d'acier  de  80 
livres,  comme  suit:— 

3771 .4  grosses  tonnes,  livrées  sur  wagons  à  Moncton,  N.-B à  $35  85  par  grosse  tonne. 

3771 .4  grosses  tonnes,  livrées  sur  wagons  à  Edmundston,  N.-B..  37  60 

1885.7  grosses  tonnes,  livrées  sur  les  quais  à  Québec,  P.Q 35  00 

10685.7  grosses  tonnes,  livrées  sur  les  quais  à  Lévis,  P.Q 35  00 

4023  grosses  tonnes,  livrées  sur  wagons  à  Moncton.  N.-B 35  85 

4777  grosses  tonnes,  livrées  sur  wagons  à  Edmundston.  N.-B..  .  37  60 

8800  grosses  tonnes,  livrées  sur  les  quais  à  Lévis.  P.Q 35  00 

6286  grosses  tonnes,  livrées  sur  les  quais  à  Québec.  P.Q 35  00 

The  Algoma.  Steel  Co.,  Ltd.,  21,371  grosses  tonnes  de  rails  d'acier  de  80  livres  à  $40.00 
la  grosse  tonne,  livrées  sur  wagons  au  raccordement  avec  le  chemin  de  fer  T.  &  N.-O. 

ATTACHES    DE   RAIL. 

The  Montréal  Rolling  Mills  Company,  1370.5  grosses  tonnes  de  barres  d'attache  en 
acier  à  $52.64  par  grosse  tonne, — 1036.5  grosses  tonnes  à  être  livrées  au  dock  de  l'Inter- 
colonial,  à  Lévis,  P.Q.,  et  334  grosses  tonnes  à  être  livrées  au  dock  du  chemin  de  fer  Q.  et 
L.-St-J..  P.Q. 

The  Nova  Scotia  Steel  &  Coal  Company,  869 . 2  grosses  tonnes  de  barres  d'attache  en 
acier  à  $48.16,  livraisons  comme  suit* — ■ 

200.6  grosses  tonnes,  livrées  sur  wagons  à  Moncton,  N.-B. 
200 . 6  "  Edmundston,  N.-B. 

214  "  "  Moncton,  N.-B. 

254  "  "  Edmundston,  N.-B. 

The  Hamilton  Steel  &  Iron  Co.,  Ltd.,  1137  grosses  tonnes  de  barres  d'attache  en  acier, 
à  être  livrées  sur  wagons,  au  prix  de  $52.64  par  grosse  tonne,  au  raccordement  avec  le 
chemin  de  fer  T.  &  N.-O. 

27  tonnes  livrées  sur  wagons.  Intercolonial.  Moncton.  N.-B..  à  $3.60  par  100  livres. 
27  tonnes  livrées  sur  wagons.  Edmundston.  N.-B..  à  $3.68  par  100  livres. 
75.5  tonnes  livrées  au  dock  de  l'Intercolonial,  Lévis,  P.Q.,  à  $3.56  par  100  livres. 
29  tonnes  livrées  sur  wagons,-  Intercolonial,  Moncton,  N.-B.,  à  $3.59  par  100  livres. 
34  tonnes  livrées  sur  wagons,  Edmundston,  N.-B.,  à  $3.73  par  100  livres. 
77  tonnes  livrées  sur  wagons,  au  raccordement  avec  le  ch.  de  fer  T.  &  N.-O..  à  $3.70 
par  100  livres. 

76  tonnes  livrées  sur  wagons,  au  raccordement  avec  le  ch.  de  fer  T.  &  N.-O.,  à  $3.75, 
par  100  livres. 

The  Montréal  Rolling  Mills  Company,  108  tonnes  de  boulons  et  écrous,  comme  suit: — 
63  tonnes  livrées  au  dock,  Lévis,  P.Q.,  à  $3.68  par  100  livres. 
45  tonnes  livrées  au  dock,  Québec,  P.Q.,  à  $3.68  par  100  livres. 

The  Montréal  Rolling  Mills  Company,  1093.2  tonnes  de  crampons  de  rails  en  acier, 
comme  suit: — 

97.9  tonnes  livrées  sur  wagons,  Moncton,  N.-B.,  à  82.44^  par  100  livres. 
97.9  tonnes  livrées  sur  wagons,  Edmundston,  N.-B.,  à  $2.48  parOlOO  livres. 

277.4  tonnes  livrées  au  dock,  Lévis,  P.Q.,  à  $2.34  par  100  livres. 

104.5  tonnes  livrées  sur  wagons,  Moncton.  N.-B.,  à  $2.44j  par  100  livres. 
124  tonnes  livrées  sur  wagons.  Edmundston.  N.-B.,  à  $2.48  par  100  livres. 
228.5  tonnes  livrées  au  dock,  Lévis,  P.Q.,  à  $2.34  par  100  livres. 

163  tonnes  livrées  au  dock,  Québec,  P.Q.,  à  $2.34  par  100  livres. 


8  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

The  Hamilion  Sied  &  Iron  Co..  Ltd..  555  tonnes  de  erampons  de  rails  en  aeier,  à  $2.73 
par  100  livres,  livrées  sur  wagons,  an  raccordement  avec  le  eh.  de  fer  T.  &  N.  O. 

TRAVERSES    DE   CHEMIN    DE    FER. 

District  «F». — David  L.  Mather,  Kenora,  Ont.,  157,200  traverses  de  chemin  de  fer 
livrées  à  partir  de  trois  milles  à  Test  de  la  frontière  est  de  la  province  du  Manitoba,  et  de  là 
vers  l'est  en  quantités  suffisantes  pour  fournir  3,000  traverses  de  première  qualité  par  mille 
de  chemin.  Prix.  65c.  par  traverse.  Les  traverses  de  2e  qualité  ne  devront  pas  excéder 
un  cinquième  du  tout. 

District  «F». — Porter  Preston  Elliott,  Fort-Frances,  Ont.,  50.000  traverses  de  chemin 
de  fer,  65  p.  100  de  Ire  qualité.  Prix,  70c.  Ire  qualité  et  64.3c.  2e  qualité,  livrées  sur  wa- 
gons, St-Boniface,  Man. 

District  «F». — Edouard  Guilbault,  St-Boniface,  Man.,  25,000  traverses  de  chemin  de 
rer,  à  75c.  chacune,  livrées  sur  wagons,  St-Boniface,  Man. 

District  «F». — Eastem  Construction  Company,  Ottawa,  Ont.,  300,000  traverses  de 
chemin  de  4er,  60  p.  100  Ire  qualité,  40  p.  100  2e  qualité,  livrées  entre  le  raccordement  de 
l'embranchement  de  la  Baie-du-Tonnerre  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Pacifique  avec  le 
fournir  3,000  de  Ire  qualité  par  mille.     Prix,  60c,  Ire  qualité,  et  55c.  2e  qualité. 

Après  publication  de  demandes  de  soumissions  pour  fournitures  de  traverses  de  che- 
min de  fer  en  trois  difïérentesecirconstances,  comme  on  ne  réussissait  pas  à  obtenir  de  sou- 
missions remplissant  pleinement  les  conditions  exigées,  on  constata  qu'il  était  nécessaire 
d'envoyer  un  agent  sur  les  chemins  de  fer  Canadian-Northern  et  Pacifique-Canadien,  entre 
Fort- William  et  Winnipeg,  avec  instruction  de  s'enquérir  des  prix  les  plus  avantageux 
auxquels  les  traverses  pouvaient  être  achetées,  et  faire  rapport  des  résultats  de  sa  mission 
au  bureau  général.  De  cette  manière,  on  a  pu  passer  des  contrats,  avec  la  sanction  du 
Gouverneur  général  en  conseil,  pour  125,000  à  150.000  traverses  de  chemin  de  fer,  comme 
suit  : — 

John  Thomas  Horne,  Fort- William,  Ont.,  50,000  traverses  de  chemin  de  rer,  65  p.  100 
de  Ire  qualité.  Prix.  78c.  Ire  qualité  et  67c.  2e  qualité,  livrées  sur  wagons,  Saint-Boniface, 
Man. 

John  E.  Tempest,  25,000  traverses.  70  p.  100  Ire  qualité.  Prix.  75c.  Ire  qualité  et  67c. 
2e  qualité,  livrées  sur  wagons,  St-Boniface,  Man. 

The  Bat  Portage  Lumber  Co.,  50,000  à  75,000  traverses,  Ire  qualité  80c.  et  2e  qualité 
70c,  livrées  sur  wagons,  St-Boniface;  ou  Ire  qualité  78c  et  2e  qualité  68c.  livrées  sur  wa- 
gons à  Rennie-Station,  Man. 

Les  entreprises  d'inspection,  au  moulin  et  à  l'usine,  des  matériaux  et  des  travaux  d'art 
pour  les  ponts  ont  été  adjugées  à  la  Canadian  Inspection  Company,  Montréal,  pour  le  prix 
de  45c,  la  tonne  de  2,000  livres.  Cette  compagnie  a  également  eu  l'adjudication  des  entre- 
prises d'inspection  des  attaches  de  rails  en  acier  pour  le  prix  de  20c  la  tonne. 

Les  entreprises  d'inspection  des  rails  d'acier  ont  été  adjugées  au  Standard  Inspection 
Bureau.  Limited,  Toronto,  pour  le  prix  de  5c  la  tonne. 

On  attire  l'attention  sur  les  états  annexés  à  ce  rapport  et  montrant  les  détails  des  dé- 
penses pendant  cet  exercice. 

Le  tout  respectueusement  soumis. 

Président. 
(Signé)  C.  F.  McISAAC, 

ROBT.  REID, 
C.  A.  YOUNG, 
S.  N.  PARENT, 


RAPPORT  AX.M  EL 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 


Les  Commissaires  du  chemin  de  fer  Transcontinental, 
Ottawa,  Ont. 

Messieurs. — J'ai  l'honneur  de  vous  soumettre  le  rapport  suivant  sur  l'avancement  des 
travaux  dont  j'ai  la  direction,  pour  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908: — 

DISTRICT   «A». 

Etudes. — Cinq  équipes  ont  été  employées  à  la  révision  et  au  tracé,  ou  à  l'épreuve  des 
fondations  des  constructions,  pendant  les  premiers  sept  ou  huit  mois,  alors  que  la  plus 
grande  partie  du  personnel  de  ces  équipes  a  été  transférée  à  la  construction  ou  utilisée  à 
faire  des  études  du  tracé  de  la  voie  entre  Grand-Falls  et  Chipman.  N.-B. 

Construction. — Un  contrat  pour  la  construction  de  huit  milles  environ,  du  mille  50  au 
mille  58  à  l'ouest  de  Moncton,  a  été  adjugé  à  la  John  W .  McManus  Company,  Ltd,.  le  23 
août  1907,  et,  le  28  mars  1908,  les  contrats  suivants  ont  été  aussi  adjugés: 

Du  mille  58  au  mille  97.7,  à  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Pacifique. 

Du  mille  165.7  à  un  point  situé  à  2\  milles  à  l'ouest  de  Grand-Falls,  distance  de  31.5 
milles  environ,  à  la  W  illard  Kitchen  Company,  Ltd. 

Ces  contrats,  avec  ceux  que  j'ai  mentionnés  dans  mon  précédent  rapport,  couvrent 
tous  les  travaux  au  Nouveâu-Brunswick. 

On  trouvera  dans  le  rapport  ci- joint  de  M.  Guy  C.  Dunn,  ingénieur  de  district,  les 
renseignements  concernant  la  distribution  du  personnel  des  travaux  d'art,  l'avancement  des 
travaux  et  les  conditions  climatériques. 

DISTRICT   «A». 

M.    HUGH    D.    LUMSDEN, 

Ingénieur  en  chef,  chemin  de  fer  Transcontinental, 
Ottawa,  Ont. 

Cher  monsieur. — Conformément  à  vos  instructions,  j'ai  l'honneur  de  vous  soumettre 
le  rapport  général  suivant  des  travaux  exécutés  dans  ce  district,  du  31  mars  1907  à  la  fin  de 
l'exercice,  le  31  mars  1908. 

études. 

Description  des  travaux. 

Le  1er  avril  1909,  l'équipe  7,  sous  la  direction  de  M.  Archibald  Foster,  a  été  employée 
à  étudier  le  tracé  de  la  voie,  de  Grand-Falls  à  Edmundston,  et  à  faire  des  forages  d'épreuve 
dans  la  même  région.  Le  1er  mai,  elle  a  commencé  un  tracé  revisé  à  partir  du  sommet  de 
West-Brook.  à  l'est  de  la  rivière  Tobique,  jusqu'au  chemin  de  fer  Intercolonial,  au  nord 
de  Frédéricton,  parvenant  à  ce  dernier  endroit  dans  les  derniers  jours  d'août,  alors  qu'elle 
rebroussa  chemin  sur  sa  ligne,  en  effectuant  un  tracé  définitif  et  complétant  les  levées  des 
plans  le  5  décembre.  M.  Foster  et  son  personnel  se  sont  ensuite  livrés  au  travail  des  plans, 
des  estimations  et  des  travaux  en  général,  dans  le  bureau  du  district,  jusqu'au  1er  février; 
cet  ingénieur  se  traça  ensuite  un  itinéraire  et  alla  surveiller  la  construction  de  toutes  les 
bâtisses  devant  servir  d'habitation  aux  ingénieurs  locaux  entre  Chipman  et  Grand-Falls. 

L'équipe  12,  sous  la  direction  de  M.  M.  D.  Finlayson,  a  été  employée  aux  forages 
d'épreuve  sur  les  divisions  1  et  5  jusqu'au  1er  novembre,  alors  que  ce  dernier  prit  charge 
de  la  résidence  5,  division  1. 


10 


COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

L'équipe  8,  sous  la  direction  de  M.  D.  F.  Maxwell,  fut  ralliée  le  20  mai  et  commença 
le  tracé  revisé  à  partir  du  chemin  de  fer  Intercolonial,  au  nord  de  Frédéricton,  se  dirigeant 
vers  Chipman;  parvenue  à  ce  dernier  endroit,  elle  fît  un  tracé  définitif  jusqu'au  point  de 
départ,  qu'elle  compléta  le  9  janvier,  alors  que  M.  Maxwell  se  livra,  dans  le  bureau  du  dis- 
trict, au  travail  des  plans,  profils,  etc.,  jusqu'au  1er  mars,  époque  à  laquelle  il  prit  la  direc- 
tion d'une  petite  équipe  travaillant  de  Chipman,  vers  l'ouest,  direction  qu'il  conserva  jus- 
qu'à la  fin  de  l'exercice. 

L'équipe  2,  sous  M.  Hector  McNeil,  fut  ralliée  vers  le  20  mai  et  commença  le  tracé 
revisé  depuis  un  point  près  de  Grand-Falls,  vers  l'est,  jusqu'à  un  autre  point  à  quelques 
milles  à  l'ouest  de  la  rivière  Tobique.  Parvenue  à  ce  dernier  endroit,  elle  fit  un  tracé  défi- 
nitif jusqu'au  point  de  départ,  qu'elle  termina  le  12  décembre.  Cette  équipe  fut  alors 
réduite  en  nombre,  les  membres  restant  étant  employés  aux  forages  d'épreuve  et  M.  McNeil 
se  rapportant  sur  la  division  5,  comme  sous-ingénieur  divisionnaire,  jusqu'au  milieu  de  mars, 
époque  à  laquelle  il  prit  direction  de  l'équipe  4  et  fit  une  révision  du  tracé  définitif  à  l'est 
de  Chipman,  et  fut  ainsi  employé  jusqu'à  la  fin  de  l'exercice. 

L'équipe  ô,  sous  M.  A.  J.  MacDonald,  s'est  ralliée  le  26  juin;  elle  eommença  un  tracé 
revisé  à  partir  d'un  point  à  l'ouest  de  la  rivière  Tobique  et  se  prolongeant  vers  l'est  jus- 
qu'au sommet  de  West-Brook.  Parvenue  à  cet  endroit,  elle  rebroussa  chemin  jusqu'au 
point  de  départ,  en  faisant  le  tracé  définitif  de  la  ligne,  qui  fut  complété  le  3  novemhre. 
M.  MacDonald  se  livra  alors,  dans  le  bureau  du  district,  au  travail  des  plans  et  des  estima- 
tions jusqu'au  18  février,  époque  à  laquelle  il  prit  la  direction  d'une  petite  équipe,  travail- 
lant de  Grand-Falls  vers  l'est,  direction  qu'il  conserva  jusqu'à  la  fin  de  l'exercice. 


NOMBRE   TOTAL  DES   MILLES  RELEVÉS  PAR   LES   ÉQUIPES. 

31  mars  1907—31  mars  1908. 


Total 

au  31  mars 

1907. 


Total 

du  31  mars  1907 

au 

31  mars  1908. 


Total 

au  31  mars 

1908. 


Explorations 

Lignes  prél 

Lignes  prél.  abancl. 

Tracé  prél 

Tracé  prél.  abancl. . 

Tracé  revisé 

Tracé  revisé  abancl 
Tracé  définitif 


1936.50 
1836.87 
332.80 
587.81 
106.04 
130.64 
48.69 
117.513 


43.44 


10.558 
i3Ô.9ii' 


1936.50 

188031 
332.86 
598.368 
106.04 
293.37 
48.69 
256.427 


Distance  totale  à  travers  le  district,  de  Moncton  à  la  frontière  de  Québec,  256.427. 

Comme  pour  les  entreprises  adjugées,  ainsi  que  je  l'ai  mentionné  dans  mon  dernier 
rapport  annuel,  un  contrat  a  été  passé,  le  23  août,  avec  la  Compagnie  John  W.  McManus 
Ltée,  pour  une  distance  d'environ  huit  milles,  vers  l'ouest,  à  partir  du  point  terminal  du 
contrat  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Pacifique. 

MM.  Lyons  &  White  ont  donné  à  l'entreprise  la  plus  grande  partie  de  leurs  soixante 
et  un  milles  à  différents  sous-entrepreneurs. 

La  Compagnie  de  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Pacifique,  qui  a  donné  à  l'entreprise  ses 
travaux  à  MM.  Corbett,  Flœsch  &  Company,  en  octobre  1907,  a  fait  rapport  des  chiffres 
suivants,  dans  ses  estimations  jusqu'au  31  mars,  savoir: — 

Cie  G.-T.-P $110,707  72 

Lyons  &  White 363,419  98 

John  W.  McManus  Company 25,609  92 

Moins  10  p.  100  à  déduire  au  bureau  principal. 


RAPPORT  ANNUEL  11 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 


Le  1er  mai  1907,  M.  Horace  Longley  a  été  nommé  ingénieur  divisionnaire,  division  5. 
pour  cette  section  du  chemin  de  Grand-Falls  à  la  frontière  de  Québec,  et  le  1er  juin  M.  N, 
M.  Balkam  a  été  nommé  à  un  emploi  semblable  pour  la  direction  des  travaux,  vers  l'est, 
sur  cinquante-huit  milles,  à  prendre  sur  l'entreprise  adjugée  au  chemin  de  fer  Grand-Tronc- 
Pacifique  et  à  la  Compagnie  John  W.  McManus,  et  des  ingénieurs  locaux  furent  aussi 
nommés,  comme  suit: 


Division  1. 

II.  M.  Balkam,  ingénieur  divisionnaire. 

H.  E.  Corao,  ingénieur 

local,  résidence  1 . 

J.  R.  Freeman, 

2. 

L.'  B.  Ellitt, 

3. 

P.  H.  Smith, 

4. 

M.  D.  Finlayson, 

5. 

H.  A.  Ryan, 

6. 

Division  2. 

Horace  Longley,  ingéni 

eur  divisionnaire. 

H.  F.  Davy,  ingénieur 

ocal,  résidence  20. 

A.  R.  Crookshanks, 

21. 

J.  M.  Millar, 

22. 

W.  J.  DeWolfe, 

23. 

A.  B.  Blanchard, 

24. 

P.  B.  Duff, 

25. 

Le  29  juin  1907,  M.  Alfred  W.  Fraser  a  été  nommé  inspecteur  en  chef  du  béton  pour 
le  district,  et  les  commissaires  des  terres  suivants  ont  aussi  été  nommés  parla  Commission, 
pour  acheter  l'emplacement  de  la  voie  sur  le  territoire  requis  pour  la  construction,  savoir: 

David  Allan,  nommé  le  25  mai  1907;  démissionné  le  15  octobre  1907. 
John  Mullaly,  nommé  le  10  avril  1907;  démissionné  le  17  juillet  1907. 

D.  J.  Buckley,  nommé  le  10  avril  1907;  démissionné  le  20  mai  1907. 

E.  Lapointe,  nommé  le  10  juillet  1907. 
Bélonis  Nadeau,  nommé  le  10  avril  1907. 
Nath.  McLaren,  nommé  le  20  juillet  1907. 
O.  L.  Price,  nommé  le  10  avril  1907. 

Z.  E.  Sloat,  nommé  le  10  avril  1907. 
Victor  Breau,  nommé  le  21  octobre  1907. 

Les  travaux  sur  les  différentes  entreprises  ont  commencé  dans  l'ordre  suivant: 

Chemin  de  fer  Grand-Tronc-Pacifique Octobre  1907. 

Lyons  &  White : Mai  1907. 

John  W.  McManus Septembre  1907. 


TEMPERATURE. 

La  température,  pendant  l'été  de  1907,  particulièrement  entre  Grand-Falls  et  Edmund- 
ston,  a  été  exceptionnellement  humide,  la  pluie  tombant  six  jours  sur  dix  pendant  la  majeure 
partie  de  l'été,  et  pendant  vingt-six  jours  consécutifs  en  juillet.  L'avancement  des  travaux 
a  été  ainsi  retardé  considérablement,  et  la  somme  de  travail  qui  eut  dû  être  exécuté  n'a  pas 
été  atteinte. 


12  COMMISSION  DV  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
FEUX    DE    FORÊTS. 

Malgré  que  de  grandes  étendues  de  terres  à  bois  aient  été  détruites  par  les  feux,  au 
Nouveau-Brunswick,  chaque  été  depuis  trois  ans,  exception  faite  pour  l'été  de  1907,  aucun 
de  ces  feux  n'a  été  causé  ou  allumé  par  les  ingénieurs,  entrepreneurs  ou  autres  personnes 
attachés  au  travail  du  chemin  de  fer  Transcontinental. 

TRANSPORTS. 

Les  conditions  dans  lesquelles  se  fait  le  service  des  transports  dans  le  district  sont  les 
mêmes  que  celles  indiquées  dans  mon  dernier  rapport.  C'est  M.  Frank  W.  West,  le  préposé 
aux  achats  du  district,  à  qui,  outre  ses  devoirs  comme  tel,  incombe  la  surveillance  de  tous 
les  transports  ordonnés  par  le  bureau  du  district. 

ACCIDENTS. 

Aucun  accident  fatal  ni  aucune  mortalité  d'aucune  sorte  ne  sont  jusqu'ici  survenus 
dans  ce  district,  et  la  santé  des  hommes  employés  aux  travaux  a  été  bonne  la  plupart  du 
temps. 

(Signé)     GUY  C.  DUNN, 

Ingénieur  du  district  ((Ay>. 

DISTRICT   «B». 

Etudes. — Différentes  petites  équipes  ont  été  employées,  pendant  l'année,  à  la  révision 
du  tracé,  et  à  recueillir  des  renseignements  sur  les  crues  des  divers  cours  d'eau,  les  assises 
propres  aux  constructions  et  tous  autres  renseignements  nécessaires  à  des  structures  con- 
venables. 

Construction. — L'avancement  des  travaux  a  été  satisfaisant,  particulièrement  vers  la 
fin  de  l'exercice,  alors  que  les  travailleurs  se  trouvèrent  en  plus  grand  nombre  et  que  les 
gages  devinrent  moins  élevés  qu'auparavant. 

Le  29  mars  1908,  une  entreprise  a  été  adjugée  à  MM.  M.  P.  et  J.  T.  Davis  pour  la 
construction  d'environ  52 . 4  milles  à  partir  de  ou  près  de  la  frontière  du  Nouveau-Brunswick 
et  de  Québec,  vers  l'ouest.  Cette  entreprise  compléta  les  travaux  en  général  donnés  à  l'en- 
treprise dans  le  district  «B»,  à  l'exception  de  ceux  de  l'entrée  dans  Québec  à  partir  du 
pont  de  Québec. 

Le  rapport  qui  suit  est  de  M.  A.  E.  Doucet,  ingénieur  de  district. 

DISTRICT   «B». 

M.    HUGH    D.    LUMSDEN, 

Ingénieur  en  chef,  chemin  de  fer  Transcontinental, 

Ottawa,  Ont.  « 

Monsieur, — Je  soumets  ci-dessous,  pour  votre  information,  un  court  rapport  annuel 
sur  les  travaux  exécutés  dans  mon  district  du  31  mars  1907  au  31  mars  1908. 

Depuis  le  31  mars  1907,  les  équipes  du  tracé  ont  parfait  leur  travail,  et  la  révision  a 
été  poursuivie  à  partir  de  la  frontière  du  Nouveau-Brunswick  jusqu'à  Weymontachene, 
distance  de  403  milles.  Nous  n'avons  qu'une  seule  petite  équipe  sur  le  terrain  occupée  à 
reviser  le  tracé  définitif  près  de  ce  dernier  endroit,  et  à  recueillir  de  nouveaux  renseigne- 
ments sur  les  niveaux  des  hautes  eaux  et  les  variations  des  montées  des  glaces,  en  vue  de 
pourvoir  à  des  débouchés  suffisants  en  dressant  les  plans  des  ponts  sur  les  grandes  rivières, 
et  des  ponceaux  sur  les  cours  d'eau  plus  petits. 

Les  distances  relevées  dans  mon  district  sont  maintenant  comme  suit: — 
De  la  frontière  du  Nouveau-Brunswick  à  la  culée  nord  du  pont 

de  Québec 203 .  37  milles 

De  la  culée  nord  du  pont  de  Québec  à  Weymontachene 198. 77 


402.14 


RAPPORT  .1  A  \(  Kl,  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

ARPENTAGE    DES    TERRES. 

Une  équipe  d'arpentage  des  terres  est  encore  au  travail  pour  compléter  les  plans  et 
livres  de  référence  près  de  la  frontière  du  Nouveau-Brunswick.  Une  deuxième  est  employée 
à  la  correction  des  erreurs  dans  les  arpentages  originaux  des  terres  et  à  la  confection  des 
plans  des  terrains  additionnels  requis  pour  les  fins  du  chemin  de  fer. 

ORGANISATION   DU   PERSONNEL    DE    LA   CONSTRUCTION. 

La  partie  de  la  ligne  actuellement  sous  construction  est  divisée  en  huit  divisions,  sub- 
divisées en  vingt-sept  résidences.  En  comprenant  le  personnel  du  bureau  principal,  les 
ingénieurs  divisionnaires  et  locaux  et  leurs  employés,  les  inspecteurs  de  béton,  des  traverses 
et  du  bois  de  service,  les  équipes  d'arpentage  et  de  ponts,  les  commis  des  fournitures,  etc., 
nous  employons  maintenant  297  hommes. 

ACHAT    DE    L'EMPLACEMENT    DE    LA   VOIE. 

L'achat  du  terrain  nécessaire  à  l'emplacement  de  notre  voie  se  poursuit  d'une  manière 
très  satisfaisante,  la  plupart  des  propriétaires  de  terrains  acceptant  nos  offres. 

TRANSPORTS. 

Vu  l'état  avancé  des  travaux,  la  question  des  transports  en  est  une  comparativement 
facile  à  résoudre.  De  la  frontière  du  Nouveau-Brunswick  à  La  Tuque,  des  routes  sont 
ouvertes  sur  lesquelles  les  provisions  peuvent  être  facilement  voiturées  pendant  l'hiver. 
Sur  cette  partie  de  la  ligne,  à  l'ouest  de  La  Tuque,  où  les  chemins  d'été  ne  peuvent  servir, 
nous  avons  mis  en  caches  assez  de  provisions  pour  nos  ingénieurs  jusqu'à  ce  que  les  chemins 
l'hiver  soient  rouverts  en  1908-09. 

1         ACCIDENTS   AU   PERSONNEL    DES   TRAVAUX    d'aRT. 

Je  suis  heureux  de  noter  qu'il  n'y  a  pas  eu  d'accident  mortel  parmi  les  employés  de 
notre  district  pendant  cet  exercice.  Quelques  cas  de  fièvre  typhoïde  se  sont  déclarés,  mais 
les  malades  se  sont  rétablis  et  les  cas  ne  sont  pas  assez  importants  pour  en  faire  une  men- 
tion particulière. 

ACCIDENTS   AU   COURS    DE    LA   CONSTRUCTION. 

Parmi  les  employés  des  entrepreneurs,  cependant,  plusieurs  accidents  ont  eu  lieu,  je 
regrette  de  le  dire;  mais  à  considérer  le  grand  nombre  d'hommes  à  l'ouvrage  et  la  négligence 
bien  connue  des  ouvriers  parfaitement  habitués  à  la  manipulation  de  la  dynamite,  il  y  a 
lieu  de  s'étonner  que  les  mortalités  aient  été  si  peu  nombreuses.  La  liste  suivante  com- 
prend les  noms  de  ceux  qui  ont  trouvé  la  mort  en  minant  ou  par  suite  d'accidents  au  cours 
de  la  construction  pendant  l'exercice: — 

sur  l'entreprise  de  mm.  macdonell  &  o'brien. 

26  mars  1907 C.  Helgerson Explosion. 

20  août  1907 O.  Philippe Explosion. 

19  sept.  1907 F.  Doherty A  la  manœuvre  de  la  pelle  à  vapeur! 

9  novembre  1907 N.  Beaton A  la  manœuvre  d'un  train  de  constr. 

11  février  1908 A.  Simione Explosion. 


14  COMMISSION  IX    CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
SUR   L'ENTREPRISE    DE   MM.  M.   P.   &  J.  T.   DAVIS. 

17  octobre  1907 J.  Lachance Séchant  de  la  dynamite 

25  janvier  1908 Jas.  Groves Ecrasé  par  éboulement  de  pierres. 

20  décembre  1907 Ignatio  Pugliano Ecrasé   contre   un   wagon,   par   une 

masse  de  terre  gelée  le  frappant. 

CONSTRUCTION. 

Toute  la  distance  relevée  à  travers  Je  district  «B»  est  maintenant  donnée  à  l'entre- 
prise, les  derniers  53  milles,  de  la  frontière  du  Nouveau-Brunswick  vers  l'ouest,  ayant  été 
adjugés  en  mars  dernier.  Des  349  milles  restant,  les  travaux  sont  poursuivis  activement 
sur  312  milles.  Les  entrepreneurs  du  G. -T. -P.  ont  constaté  qu'il  était  impossible  de  trans- 
porter des  provisions  en  quantité  suffisante  pour  commencer  le  travail  sur  les  derniers  37 
milles,  près  de  Weymontachene,  à  l'extrémité  ouest  du  district. 

Il  y  a  actuellement  au  travail  dans  mon  district  les  nombres  suivants  d'hommes  et 
d'attelages: — 

Milles.  Hommes.  Chevaux. 

Sur  l'entreprise  M.  P.  &  J.  T.  Davis 200  2,447             522 

Sur  l'entreprise  Macdonell  &  O'Brien 100  2,010             278 

Sur  l'entreprise  chemin  de  fer  G.-T.-P 48  751               72 

Totaux '. . . .       5,208  872 

Le  travail  de  la  construction  a  progressé  régulièrement  pendant  tout  l'exercice.  Depuis 
l'automne  de  1907  la  main-d-œvre  est  plus  abondante,  de  qualité  supérieure,  et  les  gages 
payés  sont  maintenant  établis  sur  des  bases  plus  raisonnables  qu'auparavant.  Le  ciment 
devant  servir  pendant  la  saison  a  été  mis  en  sûreté  à  différents  endroits,  de  sorte  que  nos 
constructions  en  béton  ne  seront  pas  la  cause  de  retard  dans  le  regalage  et  la  pose  de  la 
voie.  Le  seul  travail  en  béton  exécuté  cet  hiver  est  celui  du  pont  de  la  rivière  St- Maurice, 
au  delà  de  La  Tuque,  où  l'on  a  jugé  opportun  de  construire  les  caissons  et  faire  le  béton- 
nage  jusqu'au  niveau  de  l'eau  pendant  que  la  rivière  était  prise.  Toutes  les  précautions 
ont  été  prises  pour  assurer  la  stabilité  et  la  sûreté  de  ces  importants  travaux. 

SUPERSTRUCTURE   DE   PONTS. 

Les  seuls  ponts  en  acier  actuellement  construits  sont  ceux  de  la  rivière  Batiscan,  65  J 
milles  à  l'ouest  de  Québec,  et  un  petit  pont  de  chemin  public  71f  milles  à  l'ouest  aussi  du 
pont  de  Québec.  Le  bétonnage  de  plusieurs  autres  grands  ponts,  y  compris  ceux  des  rivi- 
ères Etchemin,  Ste-Anne,  Charest,  Grand-Bostonnais,  Croche  et  Au-Lait,  est  maintenant 
complété,  et  lesecompagnies  de  ponts  seront  activement  occupées  au  travail  de  l'érection 
des  superstructures  à  ces  divers  endroits  pendant  le  présent  exercice. 

POSE   DE   LA  VOIE. 

A  partir  du  pont  de  Québec  en  gagnant  vers  l'ouest  on  a  posé,  sur  l'entreprise  Davis,  6 
milles  de  la  voie  principale,  de  la  Jonction  Hervey,  vers  l'est,  7  milles,  et  de  la  Jonction 
Hervey,  vers  l'ouest,  18  milles.  On  a  aussi  débuté  à  La-Tuque,  où  l'on  a  posé  un  mille  de 
voie.  Aussitôt  que  la  neige  aura  disparu,  les  entrepreneurs  continueront  sans  retard  les 
opérations  de  la  pose  de  la  voie,  et  vers  l'automne,  pendant  le  présent  exercice,  nous  verrons, 
sur  une  distance  considérable,  la  voie  posée  et  ballastée. 

Sur  la  rive  sud  du  Saint- Laurent  la  pose  de  la  voie  se  fera  à  partir  de  Saint-Anselme, 
à  la  fois  à  l'est  et  à  l'ouest.  MM.  M.  P.  &  J.  T.  Davis  auront  quatre  et  Macdonell  et  O'Brien 
six  pelles  à  vapeur  en  activité  pendant  l'exercice. 


RAPPORT  ANNUEL  15 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

Nous  avons  livré  jusqu'ici  des  rails  et  attaches  comme  suit: — 

St-Anselme,  comté  de  Dorchester,  102  mil.  rails  et  attaches. 

Bélair,  "        Portneuf,  25 

St-Basile,  "        Portneuf,  22 

Je.  Hervey,       "        Portneuf,  90 

La-Tuque,        "        Champlain,  37 


Total 276 

CLÔTTJRAGE. 

On  est  à  ériger  une  clôture  convenable  partout  où  cela  est  nécessaire,  et  on-  en  a  jus- 
qu'ici terminé  53  milles. 

LIGNE   TÉLÉGRAPHIQUE. 

La  construction  de  notre  ligne  télégraphique  est  poursuivie  de  pair  avec  la  pose  de  la 
voie.  Cette  ligne  sert  aux  entrepreneurs  pour  la  mise  en  service  de  leurs  trains  de  cons- 
truction. 

En  terminant,  je  désire  reconnaître  ce  que  je  dois  à  mes  aides  et  à  mon  personnel  pour 
les  services  rendus  pour  mener  à  bien  cet  important  travail. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 


(Signé)        A.  E.  DOUCET, 

Ingénieur  du  district  «Z?». 


DISTRICT   «C». 

Etudes. — Il  y  a  eu  six  équipes  en  campagne  pendant  les  mois  d'été  sur  le  tracé  préli- 
minaire, le  tracé  revisé  et  le  tracé  définitif.  Elles  ont  toutes  été  licenciées  en  décembre  et 
janvier.  Au  milieu  de  janvier,  une  équipe  a  été  envoyée  à  l'extrémité  ouest  du  district 
pour  faire  des  sondages  et  des  forages  pour  les  assiettes  des  constructions,  ainsi  que  pour 
s'assurer  des  profondeurs  des  fondrières,  et  elle  est  encore  à  l'œuvre.  Aussitôt  que  la  glace 
sera  disparue,  plusieurs  équipes  seront  employées  pour  compléter  les  études. 

Construction. — Aucun  travail  n'a  encore  été  fait  sur  les  46  milles  à  l'ouest  entrepris 
par  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Paciiique,  et  aucune  autre  entreprise  n'a 
encore  été  donnée  adjugée  dans  ce  district. 

Le  rapport  suivant  est  de  A.  N.  Molesworth,  ingénieur  de  district: 


DISTRICT   «C». 

M.    HUGH    D.    LUMSDEN, 

Ingénieur  en  chef,  chemin  de  fer  Transcontinental, 
Ottawa,  Ont. 

Cher  monsieur, — Conformément  aux  instructions  que  j'ai  reçues,  j'ai  l'honneur  de 
soumettre  le  rapport  suivant  du  travail  exécuté  dans  le  district  ((C)),  du  31  mars  1907  au 
31  mars  1908. 

Le  31  mars  1907,  la  plus  grande  partie  des  études  préliminaires  avait  été  terminée, 
à  l'exception  de  51.20  milles,  mais  92.19  milles  du  tracé  revisé  et  15  milles  du  tracé  dé- 
finitif avaient  été  complétés.  Depuis  cette  époque,  les  tracés  préliminaire  et  revisé  ont 
été  parachevés,  ainsi  que  le  tracé  définitif  tout  entier,  à  l'exception  de  106  milles.     Nous 


16  COMMISSION  hl    <  Hi:)fl\  DE  FEU  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

avons  maintenant  une  excellente  ligne,  tracée  sur  tout  le  district,  et  nous  avons  raccourci 
la  distance  de  plusieurs  milles.  Sur  les  106  milles  qui  n'ont  pas  été  définitivement  tracés 
se  trouve  le  travail  le  plus  rude  du  district,  le  pays  y  étant  difficile  et  accidenté.  En  faisant 
le  tracé  définitif  pendant  cette  saison,  nous  espérons  améliorer  substantiellement  cette 
partie  de  la  ligne. 

L'équipe  la,  sous  la  direction  de  S.  G.  Smith,  a  revisé  le  tracé  à  partir  de  Weymon- 
tachene,  vers  l'ouest,  sur  une  distance  de  40.44  milles,  jusqu'au  lac  Menjobagus,  et  a  com- 
plété son  travail  vers  le  1er  janvier  1908,  époque  à  laquelle  elle  fut  rappelée  et  licenciée. 
Au  cours  de  cette  revision,  M.  Smith  a  fait  quelques  changements  très  importants  à  la 
ligne,  dont  le  coût  a  ainsi  été  considérablement  réduit. 

Vers  le  1er  février  j'ai  renvoyée  M.  Smith  à  Weymontachene  avec  une  petite  équipe 
pour  faire  des  forages  et  des  sondages  dans  tous  les  cours  d'eau  et  les  fondrières  profondes, 
et  il  est  encore  à  l'œuvre. 

L'équipe  2,  sous  la  direction  de  E.  B.  Haycock,  a  commencé  le  tracé  à  partir  du  lac 
Menjobagus,  vers  l'ouest,  vers  le  1er  avril  1907,  et  l'a  continué  jusqu'à  ce  qu'elle  eut  atteint 
la  rivière  Susie,  à  une  distance  de  65  milles.  A  la  fin  d'août  M.  Haycock  a  démissionné 
et  M.  I.  J.  Steel  l'a  remplacé,  terminant  le  tracé  jusqu'à  la  rivière  Susie  à  la  mi-décembre 
1907,  alors  que  l'équipe  fut  rappelée  et  licenciée. 

L'équipe  3a,  sous  la  direction  de  A.  L.  McDougall,  a  fait  le  tracé  revisé,  dans  e  même 
territoire  où  M.  Steel  était  au  travail,  du  tracé  préliminaire,  savoir:  du  lac  Menjobagus  à* la 
rivière  Susie.  Il  a  beaucoup  amélioré  le  tracé  en  établissant  une  ligne  alternative,  sur  une 
distance  de  33.6  milles,  au  moyen  de  laquelle  il  obtient  la  plus  haute  altitude  à  150  pieds 
plus  bas,  une  réduction  de  645  pieds  de  courbure,  et  une  épargne  de  plus  de  $300,000  dans 
le  coût.  M.  McDougall  a  complété  sa  révision  le  25  janvier  1908,  alors  qu'il  ramena  son 
équipe,  dont  les  salaires  furent  payés. 

L'équipe  4,  sous  la  direction  de  I.  J.  Steel,  a  commencé  le  tracé  définitif  à  la  rivière 
Susie  au  printemps  de  1907,  se  dirigeant  à  l'ouest  jusqu'à  un  point  près  du  lac  Millie.  A 
la  fin  d'août  il  fut  transféré  à  la  direction  de  l'équipe  2,  succédant  ainsi  à  M.  Haycock. 
démissionnaire,  et  M.  A.  H.  Greenless  a  terminé  le  tracé  définitif  jusqu'au  lac  Millie,  en 
décembre  1907,  alors  que  l'équipe  fut  rappelée  et  licenciée. 

L'équipe  6,  sous  la  direction  de  W.  D.  Robertson,  a  continué  le  tracé  définitif  vers 
l'ouest  à  partir  du  lac  Millie,  atteignant  l'extrémité  ouest  du  district  vers  le  1er  décembre 
1907,  époque  à  laquelle  l'équipe  a  été  rappelée  et  licenciée.  M.  Robertson  a  grandement 
amélioré  la  ligne  en  certains  endroits,  particulièrement  dans  le  voisinage  de  la  rivière  Bell. 

L'équipe  8,  sous  la  direction  de  N.  Tooker,  a  commencé  à  reviser  le  tracé  à  partir  de 
la  limite  ouest  du  district  jusqu'à  la  rivière  Hurricanaw  le  1er  avril  1907,  et  a  terminé  ce 
travail  le  12  juin  1907.  M.  Tooker  transporta  alors  son  équipe  au  lac  Millie  et  revisa  la 
ligne  dont  M.  Robertson  avait  fait  le  tracé  définitif  pendant  l'hiver  jusqu'au  creek  des 
Cèdres,  une  distance  de  32  milles.  Comme  ce  qui  restait  du  tracé  de  M.  Robertson  a  été 
fait  pendant  l'été,  M.  Tooker  n'avait  pas  à  poursuivre  le  travail  plus  loin,  et  son  équipe 
fut  licenciée  dans  la  dernière  semaine  de  septembre. 

Le  15  janvier  1908,  M.  Tooker  fut  envoyé  à  la  limite  ouest  du  district  avec  une  petite 
équipe,  pour  pratiquer  des  forages  et  des  sondages  dans  tous  les  cours  d'eau  et  les  fondrières, 
et  il  est  encore  occupé  à  ce  travail. 

L'entreprise  qui  a  été  adjugée  à  la  Compagnie  du  Grand-Tronc-Pacifique,  en  mars  1907, 
couvre  une  distance  de  46.32  milles  dans  ce  district,  au  lieu  de  42,  tel  que  mentionné  dans 
mon  dernier  rapport,  comme  résultat  du  racourcissement  de  la  ligne  dans  le  district  «D». 
Aucun  travail  n'a  été  commencé  en  exécution  de  cette  entreprise. 

SERVICE    DES   TRANSPORTS. 

Le  service  des  transports  dans  le  district  «C»  a  été  bien  exécuté  pendant  le  cours  du 
dernier  exercice,  tous  les  travailleurs  à  l'œuvre  sur  le  terrain  ayant  été  abondamment  ap- 
provisionnés en  tout  temps.  Sur  les  46  milles  de  l'ouest  du  district,  dont  l'entreprise  a  été 
adjugée,  M.  B.  R.  McDougall,  le  préposé  aux  transports,  a  érigé  des  maisons  pour  les 
ingénieurs  qui  seront  chargés  de  la  surveillance  de  la  construction. 


RAPPORT  ANNUEL 


17 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 


ACCIDENTS. 


Je  regrette  d'avoir  à  faire  rapport  de  trois  mortalités  par  noyade  et  de  deux  autres  par 
maladie,  au  cours  du  dernier  exercice. 

John  W.  McDonald,  Joseph  et  Rod.  McDonald,  bûcherons  de  l'équipe  6,  ont  été 
noyés  par  suite  du  chavirement  d'un  canot,  le  28  mai  1907,  sur  la  rivière  Bell;  les  corps  ont 
été  retrouvés  trois  semaines  plus  tard,  et  ramenés  pour  être  enterrés  pendant  l'hiver  de  1908. 

Frank  Foote,  cuisinier,  équipe  2,  est  décédé  à  la  cache  de  l'Est,  sur  la  division  Gati- 
neau,  le  3  juin  1907,  à  la  suite  d'une  grave  attaque  de  méningite  causée  par  une  maladie  de 
l'oreille.  Son  corps  a  été  enseveli  au  campement  2,  à  la  fourche  ouest  de  la  rivière  Gati- 
neau,  et  plus  tard  transporté  à  Ottawa  pour  y  être  enterré  pendant  l'hiver  de  1908. 

Frank  Canoë,  sauvage  de  Caughnawaga,  employé  au  service  des  transports,  est  mort  à 
la  cache  Kenojevis,  après  une  courte  maladie.  Notre  médecin  à  cet  endroit  l'a  traité. 
Son  corps  est  enterré  près  de  la  cache. 

RAPPORT   ET    DESCRIPTION   DES   LIGNES   TRACEES,    DU    1ER   AVRIL    1907 
AU   31    MARS    1908. 


Equipe. 

Essai. 

Préliminaire. 

1er  tracé. 

Tracé  revisé. 

Tracé  définitif. 

la 

21.00 

17.10 

19.10 

6.00 

110  00    . 

26.50 
77.95 
42.50 
49.00 

44.50 

2 

51.20 

3a 

65.71 
24.60 
19.80 
53.65 

4 

59.35 

6 

72.51 

S 

28.28 

18.03 

Total 



173.20 

224.03 

51.20 

208.20 

149.89 

Votre  obéissant  serviteur, 

A.  N.  MOLESWORTH, 

Ingénieur  du  district  <(C». 

DISTRICT   «D». 

Etudes. — Quatre  équipes  ont  été  employées,  pendant  l'été,  aux  études  et  à  la  revision 
des  tracés.  Elles  furent  cependant  licenciées  avant  la  iîn  de  1907,  la  plupart  de  leurs  unités 
étant  transférées  à  la  construction  ou  à  des  travaux  s'y  rattachant. 

Construction. — Par  suite  du  raccourcissement  de  la  ligne  dans  ce  district  par  le  tracé 
définitif,  la  distance  actuelle  en  construction  dans  le  district  a  été  abrégée  de  plus  de  deux 
milles,  mais  il  en  résulte  un  accroissement  correspondant  de  la  distance  dans  le  district 
«C». 

Il  a  été  fait  très  peu  de  travail  sur  les  103 .  65  milles  de  l'entreprise  adjugée  à  la  Com- 
pagnie du  chemin  de  fer  Grand-Tronc-Pacifique  en  mars  1907. 

Le  28  mars  1908,  un  contrat  a  été  passé  avec  MM.  E.  F.  &  G.  E.  Fauquier  pour  la 
construction  de  100  milles,  à  partir  des  103.65  milles,  à  l'ouest,  jusqu'au  mille  203.65. 

Le  rapport  suivant  est  de  M.  John  Aylen,  ingénieur  suppléant  de  district. 

M.    HUGH    D.    LUMSDEN, 

Ingénieur  en  chef, 
Ottawa,  Ont. 
Cher  monsieur, — J'ai  l'honneur  de  soumettre  le  rapport  suivant  sur  le  travail  exécuté 
dans  le  district  «D»,  du  1er  avril  1907  au  31  mars  1908. 


ETUDES. 


Quatre  équipes  portant  les  numéros  2,  4,  5  et  6,  suivant  leur  position  dans  le  district 
ont  été  occupées  à  étudier  le  tracé  à  partir  de  la  limite  est  en  gagnant  l'ouest. 

46—2 


18  COMMISSION  ni    CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

L'équipe  n°  2,  sous  la  direction  de  M.  Frank  Moberly,  ingénieur,  ayant  été  licenciée 
en  mars  1907,  a  été  réorganisée  en  mai  1907  et  fut  chargée  de  faire  le  tracé  définitif  à  partir 
du  mille  de  district  .'>2,  qui  est  un  point  situé  sur  la  rive  nord  du  lac  Abitibi,  jusqu'à  l'est  du 
district  «D».  L'équipe  a  complété  le  tracé  sur  cette  distance  vers  la  lin  de  septembre,  puis  a 
été  licenciée.  Ce  tracé  suit  de  "près  celui  revisé  de  l'équipe  5,  au  sud  du  lac  Makimik, 
exécuté  pendant  l'hiver  de  1906-07,  et  offre,  par  endroits,  un  proiil  amélioré. 

L'équipe  n°  4,  sous  la  direction  de  M.  E.  P.  Goodwin,  a  fait,  au  commencement  d'avril 
1907,  un  tracé  d'essai  d'environ  7  milles  à  partir  de  la  rivière  Abitibi,  vers  l'est,  pour  con- 
stater l'à-propos  de  traverser  cette  rivière  à  environ  f  de  mille  au  sud  de  la  traverse  fixée 
par  le  tracé  de  1906.  Ce  tracé  d'essai,  ainsi  que  les  niveaux  relevés  par  l'équipe  5,  le  long 
des  lignes  de  concession,  du  côté  ouest  de  la  rivière  Abitibi,  a  établi  qu'il  était  possible 
d'effectuer  une  amélioration  de  la  ligne  en  abandonnant  le  tracé  de  1906  à  ou  près  la  rivière 
Mistongo,  au  mille  78,  croisant  la  rivière  Abitibi  à  f  de  mille  au  sud  de  la  traverse  établie 
par  le  tracé  de  1906,  et  gardant  une  direction  ouest,  au  sud  du  lac  Commando.  L'équipe 
a  commencé  le  tracé  définitif  de  cette  ligne  à  la  rivière  Abitibi,  mille  95,  et  continué  vers 
l'est  jusqu'au  mille  42,  revisant  le  tracé  de  l'équipe  2  de  1907  sur  environ  10  milles  à  partir 
de  la  distance  relevée  du  mille  52  au  mille  42.  Ce  travail  a  été  complété  à  bonne  heure  en 
octobre.  L'équipe  a  retourné  à  la  rvière  Low-Bush  et  a  revisé  son  tracé  sur  environ  5 
milles,  en  améliorant  le  croisement  des  rivières  Circle  et  Low-Bush,  et  évitant  le  croisement 
d'une  baie  du  lac  Abitibi.  Le  18  novembre  l'équipe  fut  envoyée  à  la  rivière  Whitefish  et 
commença  une  revision  du  tracé  de  l'équipe  2  à  partir  du  mille  17  au  district  zéro.  Ce 
travail  terminé,  elle  a  été  licenciée  en  décembre  1907.  Les  bûcherons  ont  été  formés  en 
équipe  pour  la  construction  de  maisons  destinées  aux  ingénieurs  locaux.  Le  tracé  défini- 
tivement adopté  et  sur  lequel  on  poursuit  le  travail  de  la  construction,  de  zéro  au  mille  95, 
à  la  rivière  Abitibi,  est  le  tracé  revisé  par  l'équipe  4  de  zéro  au  mille  17  à  42;  le  tracé  défi- 
nitif fait  par  l'équipe,  du  mille  17  au  mille  42,  est  le  tracé  définitif  ci-dessus  de  l'équipe  4, 
du  mille  42  au  mille  95. 

L'équipe  n°  5,  sous  la  direction  de  G.  F.  Hanning,  ingénieur,  a  fait,  en  avril  et  mai» 
un  tracé  d'essai  à  partir  du  croisement  adopté  de  la  rivière  Abitibi,  vers  le  sud,  sur  la  rive 
sud  du  lac  Commando.  Elle  est  revenue  à  la  rivière  Abitibi  et  a  commencé,  en  juin,  un 
tracé  définitif  à  partir  de  cette  rivière  jusqu'à  la  rivière  Mettagami.  Ce  tracé  a  été  adopté 
du  mille  95  au  mille  135,  et  le  travail  de  la  construction  s'y  poursuit  sur  une  partie.  L'é- 
quipe a  continué  un  tracé,  du  mille  135,  vers  l'ouest,  au  mille  141,  à  la  rivière  Poplar-Rapids, 
où  l'équipe  6  avait  commencé  un  tracé  se  prolongeant  vers  l'ouest  et  côtoyant  la  rive  nord 
du  lac  du  Départ.  L'équipe  5  s'est  portée  sur  cette  ligne,  à  l'ouest  de  l'équipe  6,  au  mille 
147,  et  a  commencé  un  tracé  alternatif  s'étendant  vers  l'est  du  mille  147  au  mille  135,  croi- 
sant la  rivière  Poplar-Rapids  à  1.5  mille  au  nord  dn  croisement  établi  par  l'équipe  6.  Le 
tracé  alternatif  constitue  une  amélioration  de  la  ligne.  Il  fléchit  au  nord  pour  éviter  un 
massif  de  rochers  à  l'extrémité  nord  du  lac  du  Départ;  l'autre  tracé  évite  ce  massif  de  rochers 
en  déviant  au  sud.  Le  tracé  alternatif  est  plus  long,  mais  la  différence  dans  le  travail  fait 
plus  que  compenser  pour  la  distance  additionnelle.  Le  travail  a  été  complété  vers  la  fin 
de  septembre.  L'équipe  s'est  alors  portée  à  l'est  de  la  rfvière  Mettagami  et  a  revisé  11^ 
milles  de  son  tracé,  du  mille  123^  au  mille  135,  plaçant  la  ligne  dans  une  meilleure  position 
sur  l'escarpement  conduisant  de  l'est  à  la  rivière  Mettagami.  Ce  travail  terminé,  l'équipe 
a  été  licenciée  en  novembre.  Quelques-uns  des  hommes  ont  été  gardés  pour  la  manœuvre 
d'une  machine  à  forer  employée  à  l'étude  de  la  nature  des  couches  du  sol,  sur  l'emplace- 
ment de  la  construction  qui  doit  y  être  érigée. 

L'équipe  n°  6,  sous  la  direction  de  M.  A.  F.  Cotton,  ingénieur,  a  été  organisée  en  juin 
et  s'est  transportée  au  nord  vers  la  ligne  du  chemin  de  fer  Transcontinental,  à  partir  de  Bisco, 
sur  le  C.P.C.,  en  suivant  la  route  de  Mettagami.  Elle  commença  son  travail  à  la  rivière 
Poplar-Rapids,  mille  141,  en  juillet,  et  revisa  le  tracé  vers  l'ouest  jusqu'à  la  rivière  Kapus- 
kasing,  au  mille  173.  Plusieurs  tracés  d'essai  furent  faits  à  travers  la  rivière  Ground-Hog, 
mais  on  a  trouvé  que  le  croisement  tel  qu'établi  par  M.  Robert  Laird,  en  février  1907,  était 
jusqu'ici  le  plus  praticable.  L'équipe  a  été  licenciée  en  novembre.  Le  tracé  suit  de  près 
celui  de  l'année  précédente,  mais  offre  un  profil  généralement  plus  élevé.     M.  Cotton  et 


RAPPORT  A  VNUEL  19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

une  partie  de  son  personnel  ont  été  employés  dans  le  bureau,  à  North-Bay,  pendant  le  reste 
du  terme  que  couvre  ce  rapport. 

Ci-annexé  est  un  état  tabulaire  des  distances  relevées  par  les  tracés  de  ces  équipes 
pendant  l'année,  ainsi  que  de  la  classification  de  ces  tracés. 

Equipe  de  forage. — Du  20  mai  à  la  lin  d'août  1907,  une  équipe  sous  la  direction  de  M. 
C.  H.  Morse  a  été  occupée  à  l'étude  du  sol  aux  emplacements  des  ponts,  à  partir  de  la  ri- 
vière Abitibi,  vers  Test,  jusqu'à  la  limite  du  district.  Cette  étude  a  été  faite  en  plongeant 
un  tube  poussé  par  une  machine  à  forer  aidée  d'un  courant  d'eau.  De  la  rivière  Abitibi, 
vers  l'ouest,  à  la  rivière  Mettagami,  du  mille  195  au  mille  135,  un  travail  de  même  nature 
a  été  exécuté  du  commencement  de  novembre  1907  au  28  février,  sous  la  direction  de  M. 
S.  A.  Desmeules. 

Equipe  de  construction. — Une  équipe  de  construction  a  été  organisée  le  1er  janvier  1908 
pour  ériger  des  bâtiments  pour  les  ingénieurs  sur  la  division  2,  et  travailler  sur  les  résidences 
4  et  G  jusqu'au  31  mars.  Une  semblable  équipe  a  été  employée  depuis  le  10  août  1907  à 
ériger  des  bâtiments  pour  les  ingénieurs,  sur  les  résidences  9,  8  et  7.  Deux  autres  équipes 
de  construction  ont  été  organisées  le  1er  mars  1908,  et  sont  à  ériger  des  bâtiments  pour  les 
ingénieurs  à  l'ouest  de  la  jonction  avec  le  chemin  de  fer  T.  &  N.O.  Elles  travaillent  à  la 
rivière  Frederickhouse  et  à  la  rivière  Mettagami,  du  mille  109  au  mille  125.  Ces  équipes 
se  composent  d'une  moyenne  de  8  hommes  chacune. 

Tracé. — La  nature  favorable  du  terrain  a  permis  de  faire  un  tracé  exceptionnellement 
bon.  Il  n'y  a  pas  de  courbe  d'un  plus  petit  rayon  que  3  et  il  n'y  a  que  six  courbes  de  3 
sur  les  247  milles.  La  rampe  la  plus  raide  opposée  au  trafic  vers  l'est  est  de  3/  10  de  un 
pour  cent,  et  opposée  au  trafic  vers  l'ouest  de  6/10  de  un  pour  cent;  sur  les  courbes,  les 
rampes  dominantes  sont  aplanies,  pour  compenser  la  résistance  additionnelle  offerte  par  la 
courbure.  La  rampe  atteint  son  plus  haut  point  à  la  limite  est  du  district,  où  elle  se  trouve 
à  999  pieds  au-dessus  du  niveau  de  la  mer,  et  son  point  le  plus  bas  à  la  rivière  Lost,  où 
elle  se  trouve  à  726  pieds;  entre  ces  deux  hauteurs  elle  ondule  à  travers  le  district. 

Les  ponts  constituent  une  partie  considérable  de  la  construction.  La  ligne  traverse 
le  pays  dans  une  direction  presque  à  angle  droit  avec  la  direction  générale  du  cours  des 
rivières.  Sur  les  70  premiers  milles,  l'égouttement  se  fait  vers  le  sud,  jusqu'au  lac  Abitibi, 
qui  a  une  longueur  de  44  milles  et  une  largeur  moyenne  de  18  milles.  La  ligne  touche  à 
la  rive  nord  du  lac  au  mille  50,  et  aussi  au  mille  60.  Elle  traverse  plusieurs  tributaires  de 
ce  lac,  dont  trois  peuvent  être  remontés,  à  partir  du  lac  jusqu'à  la  ligne,  par  des  bateaux 
tirant  3  pieds,  et  au  moyen  de  barrages  à  l'embouchure  de  ces  rivières  le  tirant  peut  être 
augmenté.  Au  mille  78,  elle  traverse  un  petit  tributaire  de  la  rivière  Abitibi  coulant  dans 
une  vallée  profonde  qui  requiert  un  viaduc  de  1,065  pieds  de  long.  Du  mille  94  au  mille 
215  elle  traverse,  outre  de  petits  cours  d'eau,  sept  rivières  considérables  ayant  de  250  à  800 
pieds  de  largeur,  et  éloignées  l'une  de  l'autre  de  14  à  25  milles,  coulant  toutes  vers  le  nord, 
dans  une  direction  presque  à  angle  droit  avec  la  ligne.  Il  y  aura  environ  8,400  pieds  liné- 
aires de  ponts  permanents  et  de  viaducs  sur  ces  247  milles. 


TERRES    ET    BOIS. 

La  ligne  traverse  une  région  formée  de  bonne  terre  arable,  le  sol  étant,  pour  la  plus 
grande  partie,  composé  de  glaise  et  d'argile  marneuse,  quoique  l'on  y  rencontre  des  bancs 
de  gravier  et  de  sable,  avec  parfois  un  banc  de  roche.  Il  s'y  trouve  des  marais  et  des  fon- 
drières d'une  étendue  considérable,  qui  exigent  un  égouttement  additionnel,  mais  il  y  a  peu 
de  ce  qu'on  peut  appeler  des  fondrières  dans  l'acception  ordinaire  du  mot.  La  substance 
molle  saturée  des  marais  n'est  pas  de  grande  épaisseur  et  repose  sur  de  la  glaise.  Le  bois 
de  haute  futaie  se  rencontre  le  long  des  cours  d'eau  et  à  l'intérieur  sur  les  hauteurs.  Il 
consiste  surtout  en  épinette  blanche,  peuplier,  baume  de  Giléad  et  bouleau.  Ce  bois  me- 
sure depuis  la  grosseur  du  bois  de  pulpe  jusqu'à  30  pouces  de  diamètre,  plusieurs  des  épi- 
nettes  blanches  atteignant  une  hauteur  de  90  à  100  pieds.  Sur  les  bancs  de  gravier  et  de 
sable,  le  bois  qui  domine  est  le  pin  gris,  dont  une  forte  proportion  convient  à  la  confectian 

46— 2\ 


20  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

6061  -v  'ma  aavnoa3  6-8 

des  traverses.  Le  bois  des  marais  consiste  en  épinettes  noires,  blanches,  rouges  et  cèdres' 
la  plus  grande  partie  des  épinettes  servant  comme  bois  de  pulpe.  L'épinette  rouge  est 
morte,  ayant  été  tuée  par  la  mouche  du  mélèze.  Le  cèdre  atteint  une  assez  grande  taille, 
par  endroits,  mais  il  n'y  en  a  pas  beaucoup. 

CONSTRUCTION. 

Le  14  mars  1907,  un  contrat  a  été  passé  avec  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Grand- 
Tronc-Pacifique  pour  la  construction  de  150  milles  du  chemin,  dont  103.65  se  trouvent  dans 
ce  district  et  le  reste  dans  le  district  adjacent,  à  l'est.  La  compagnie  contractante  a  donné 
a  l'entreprise:  le  déblaiement  à  MM.  Rogers  &  O'Brien,  et  le  reste  du  travail  stipulé  par 
le  contrat  à  la  J .  H.  Reynolds  Construction  Company.  Les  représentants  de  cette  com- 
pagnie de  construction  sont  arrivés  en  octobre,  et  après  avoir  étudié  l'ouvrage  à  exécuter 
ont  commencé  la  construction  de  campements  et  l'ouverture  de  chemins.  Ils  ont  établi 
leur  place  d'affaires  aux  chutes  McDougall,  sur  le  chemin  de  fer  Témiscamingue  et  On- 
tario-Nord, qui  est  aussi  sur  le  bord  de  la  rivière  Noire,  un  tributaire  de  l'Abitibi.  Ils  ont 
établi  un  campement  à  la  rivière  Mistongo,  mille  78,  et  un  au  croisement  de  la  rivière  Abitibi, 
mille  95.  Ils  ont  un  chemin  d'hiver,  du  mille  62  au  mille  103,  le  long  de  l'emplacement  de 
la  voie,  et  un  autre  chemin  d'hiver  de  la  chute  McDougall  au  lac  Abitibi,  environ  27  milles, 
suivant  de  près,  sur  16  milles,  le  chemin  établi  par  la  Commission,  mais  ayant  été  amélioré. 

Les  représentants  de  la  compagnie  de  construction  m'informent  qu'ils  ont  l'intention 
de  transporter  des  provisions  par  bateaux  et  par  bacs,  et  qu'ils  n'en  font  venir  cet  hiver 
qu'une  quantité  déterminée,  suffisante  pour  poursuivre  le  travail  jusqu'à  ce  qu'une  quantité 
plus  considérable  puisse  être  apportée  par  eau;  que  leur  compagnie  a  passé  contrat  avec 
MM.  R.  &  T.  Walsh  pour  le  transport  des  provisions  à  partir  des  chutes  McDougall  jus- 
qu'au croisement  de  la  rivière  Abitibi  et  au  lac  Abitibi,  ainsi  qu'à  tous  les  points  de  la  ligne 
qui  peuvent  être  atteints  par  les  bateaux  à  vapeur.  MM.  R.  &  T.  Walsh  sont  à  construire 
des  bateaux  à  vapeur  et  des  bacs  au  lac  Abitibi  pour  ce  service.  La  navigation  sur  une 
partie  de  la  rivière  Abitibi  sera  difficile,  mais  la  compagnie  de  construction  a  confiance 
qu'elle  pourra  établir  avec  succès  une  ligne  de  bateaux  des  chutes  McDougall  à  la  traversée 
de  la  rivière  Abitibi  et  au  lac  Abitibi  en  installant  des  tramways  pour  le  transfert  des  mar- 
chandises aux  trois  chutes. 

La  valeur  du  travail  exécuté  en  vertu  de  ce  contrat  avec  la  Compagnie  de  chemin  de 
fer  Grand-Tronc-Pacifique,  au  31  mars  1908,  était  de  $19,234.00,  la  plus  grande  partie 
consistant  en  déblai  de  la  voie. 

Le  28  mars,  quelques  jours  avant  la  fin  de  l'année  que  couvre  ce  rapport,  un  contrat 
a  été  passé  avec  MM.  E.  T.  &  G.  E.  Fauquier  pour  la  construction  de  100  milles  de  chemin 
de  fer,  du  mille  103.65  au  mille  203.65. 


TRANSPORT. 

La  compagnie  dite  The  Northern  Transfer  Company,  en  exécution  de  son  contrat  du 
19  décembre  1906,  pour  le  transport  en  voiture  d'une  quantité  approximative  de  130,000 
livres  de  provisions  de  l'extrémité  de  la  voie  sur  le  chemin  de  fer  T.  &  N.O.  à  différentes 
caches  de  la  Commission,  avait  délivré  ces  provisions  aux  endroits  où  elles  avaient  été  trans- 
portées en  mai  1907.  Les  chemins  étant  défoncés,  une  partie  des  provisions  a  été  trans- 
portée par  eau. 

Deux  contrats  ont  été  passés  avec  A.  Devine,  de  North-Bay,  pour  le  transport  de  pro- 
visions en  voiture  à  partir  du  chemin  de  fer  T.  &  N.O.  aux  chutes  McDougall,  jusqu'aux 
caches  de  la  Commission.  Le  contrat  du  20  décembre  1907,  pour  le  transport  d'une  quan- 
tité approximative  de  92  tonnes  de  provisions  a  été  exécuté  d'une  manière  satisfaisante. 
Le  contrat  du  17  février  1908,  pour  le  transport  d'une  quantité  approximative  de  66  tonnes 
n'a  pas  été  exécuté  de  manière  à  assurer  la  livraison  des  provisions,  et  cette  entreprise  fut 
retirée  des  entrepreneurs  le  21  mars;  le  travail  est  actuellement  fait  par  la  Commission. 


RÂ  l'J'ORT  ANNUEL 


21 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

Il  a  été  transporté  en  canots,  durant  l'été  de  1907,  à  partir  de  la  ligne  du  chemin  de  fer 
P.C.  jusqu'aux  caches  de  la  limite  ouest  du  district,  une  distance  moyenne  de  180  milles, 
54,000  livres  de  provisions. 

Environ  14,000  livres  ont  été  transportées  durant  l'automne  et  l'hiver  derniers,  en  plus 
grande  partie  au  moyen  d'attelages  de  chiens,  pour  compléter  les  approvisionnements  dans 
les  caches  et  en  emmagasiner  à  des  endroits  inaccessibles  au  canot,  pour  l'usage  des  équipes 
pendant  l'été.  Ce  travail  a  été  fait  par  les  employés  de  la  Commission,  sous  la  direction 
du  préposé  aux  transports. 

Il  y  a  dans  le  district  huit  caches  qui  servent  de  centres  de  distribution.  Le  31  mars 
1908,  il  y  avait  dans  ces  caches  environ  175  tonnes  de  provisions.  De  très  bons  légumes 
sont  cultivés  par  les  gardiens  de  ces  caches.  A  la  cache  des  chutes  McDougall  on  a  ense- 
mencé, le  29  août  1907,  une  pièce  de  terre  en  blé  et  seigle  d'hiver.  Trois  variétés  de  blé 
et  une  de  seigle  furent  semées.  Nous  sommes  redevables,  pour  la  semence,  au  Dr  Saunders, 
de  la  ferme  expérimentale  centrale.     Quand  vint  l'hiver  le  grain  paraissait  de  bonne  venue. 

Jusqu'au  31  mars,  six  résidences  ont  été  organisées;  elles  portent  les  numéros  3,  4,  6, 
7,  8  et  9,  et  les  ingénieurs  en  sont  MM.  E.  Irvine,  V.  E.  A.  Bélanger,  C.  H.  Morse,  H.  R. 
Wade,  C.  H.  Cummings  et  Geo.  Butler. 

En  décembre  1907,  M.  G.  F.  Hanning  fut  nommé  ingénieur  de  la  division  3,  et  en 
janvier  1908  M.  E.  P.  Goodwin  fut  nommé  ingénieur  de  la  division  2,  qui  comprend  les 
résidences  4,  5,  6  et  7,  et  la  division  1  lui  fut  temporairement  confiée. 

M.  S.  R.  Poulin  avait  été  ingénieur  de  district  depuis  juin  1905  jusqu'au  commence- 
ment d'octobre  1909,  et  le  soussigné  sous-ingénieur.  A  cette  dernière  date  M.  Poulin  a  été 
transféré  au  district  «F»,  et  le  soussigné  nommé  ingénieur  suppléant  du  district  «D». 

M.  W.  A.  Nelles  fut  adjoint  au  personnel  permanent  du  bureau,  en  décembre  1907, 
à  titre  de  sous-comptable. 


ACCIDENTS. 

Au  cours  de  l'exercice  nous  avons  perdu  un  homme,  Geo.  Lecours,  canotier  du  ser- 
vice des  transports,  qui  s'est  noyé  dans  les  rapides  Buck-Deer,  de  la  rivière  Abitibi,  le 
21  octobre.  Deux  canots  descendaient  la  rivière,  sous  la  direction  de  M.  S.  F.  McGrath, 
contremaître  du  service  des  transports,  et,  en  atteignant  les  rapides  Buck-Deer,  le  canot 
du  contremaître  prit  les  devants;  l'autre  canot,  portant  Geo.  Lecours  et  Robert  Mustard, 
le  suivit,  mais  tournant  dans  les  rapides,  frappa  de  flanc  une  bille  de  bois  qui  projetait  et 
sombra.  Lecours  sauta  sur  la  bille  de  bois,  mais  pendant  que  l'on  retirait  Mustard  de  la 
rivière,  Lecours  avait  disparu.  On  a  fait  d'activés  recherches  pour  retrouver  le  cadavre, 
mais  il  y  a  peu  d'espoir  qu'on  y  parvienne  avant  la  débâcle. 

Ci-suit  un  tableau  donnant  les  distances  relevées  et  les  descriptions  des  lignes  tracées 
par  les  différentes  équipes  du  1er  avril  1907  au  31  mars  1908: — - 


Equipe. 

Explora- 
tion, 
lignes  d'essai. 

Lignes 
pré- 
liminaires. 

1er  tracé. 

1er  tracé, 
lignes  altéra. 

Tracé  revisé. 

Tracé 
définitif. 

2 

39.0 
11.00 
25.7 
32.0 

23.0 

4 

32.5 
24.9 
54.7 

7.0 
8.0 
5.2 

70.0 

5 

33.7 

42.0 

6 

112.1 

33.7 

20.2 

107.7 

135.0 

JOHN  AYLEN, 

Ingénieur-suppléant,  district  «D». 


22  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  T li A  VSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
DISTRICT   «E». 

Tracés. — On  verra  par  le  rapport  suivant  de  M.  T.  S.  Armstrong,  ingénieur  de  district, 
que  trois  équipes  ont  été  employées  aux  tracés  dans  ce  district,  et  que  le  tracé  définitif  a  été 
pratiquement  complété  vers  le  mois  d'octobre,  alors  que  ces  équipes  ont  été  licenciées;  mais 
ou  a  depuis  suggéré  une  ou  deux  lignes  alternatives,  dont  l'essai  sera  fait  aussitôt  l'ouverture 
du  printemps. 

Construction. — Le  28  mars  1908  une  entreprise  était  adjugée  à  MM.  E.  T.  &  G.  E. 
Fauquier,  pour  la  construction  de  la  voie  à  partir  d'un  point  situé  à  envrion  19j  milles  à 
l'ouest  de  la  traverse  de  la  rivière  à  la  Vase,  vers  l'est,  distance  de  75  milles. 

M.  HUGH    D.  LuMSDEN, 

Ingénieur  en  chef,  Ottawa,  Ont. 

Cher  monsieur, — J'ai  l'honneur  de  soumettre  le  rapport  suivant  sur  le  travail  exécuté 
dans  le  district  E,  du  1er  avril  1907  au  31  mars  1908. 

Les  distances  relevées  que  couvre  ce  rapport  sont  calculées  à  partir  du  mille  0,  limite 
est  du  district,  5  milles  à  l'est  de  la  rivière  Kébinagagami,  jusqu'au  mille  258,  limite  ouest 
du  district,  sur  la  hauteur  des  terres  qui  sépare  les  eaux  coulant  dans  le  lac  Nipigon  de  celles 
qui  se  jettent  dans  la  baie  d'Hudson. 

Le  tracé  définitif  à  travers  le  district  a  été  complété  le  5  octobre  1907. 

Le  1er  avril  1907,  il  y  avait  trois  équipes  sur  le  terrain.  L'équipe  n°  1,  sous  la  direc- 
tion de  M.  A.  McLellan,  était  à  la  traverse  de  la  rivière  Pegutchewan,  mille  60,  le  1er  avril 
1907,  et  travaillait  au  tracé  définitif  vers  l'ouest;  une  amélioration  considérable  ayant  été 
obtenue  sur  le  tracé  revisé  à  cette  traverse,  et  la  rampe  ayant  été  réduite  de  27  pieds,  la 
longueur  s'en  est  trouvée  raccourcie  de  4,000  pieds,  et  80  pieds  ont  été  supprimés  des  courbes. 

Après  avoir  effectué  une  amélioration  considérable  le  long  de  la  ligne,  l'équipe  est 
arrivée  au  lac  Robinson,  en  passant  par  le  mille  176.45,  le  5  octobre,  et  a  rejoint  le  tracé 
définitif  commencé  par  l'équipe  4.     Elle  fut  alors  rappelée  et  licenciée. 

Le  23  janvier,  l'équipe  fut  réorganisée  et  chargée  de  faire  quelques  révisions  de  tracés; 
elle  était  encore  au  travail  le  31  mars. 

L'équipe  n°  3,  sous  la  direction  de  M.  A.  V.  Redmond,  était  au  lac  Mountain  le  1er 
avril  1907  et  travaillait  au  tracé  définitif  vers  l'ouest.  Le  1er  juillet,  M.  W.  P.  Wilgar,  qui 
avait  été  en  congé,  revint  et  en  prit  la  direction.  L'équipe  termina  le  tracé  revisé  jusqu'à 
la  limite  ouest  du  district,  à  travers  le  mille  258,  à  la  fin  de  juillet,  et  commença  le  tracé 
définitif  vers  l'est  rejoignant  celui  de  l'équipe  4  le  30  septembre  1907.  L'équipe  fut  alors 
rappelée  et  licenciée. 

L'équipe  n°  4,  sous  la  direction  de  M.  J.  S.  Tempest,  travaillait  à  l'est,  le  1er  avril 
1907,  sur  le  tracé  revisé,  et  était  à  11  milles  à  l'est  du  lac  Robinson.  Elle  s'est  d'abord 
dirigée  vers  l'est  jusqu'à  la  rivière  Kawakashagma,  une  distance  de  24.45  milles,  et  après 
la  débâcle  elle  s'est  rendue  au  lac  Robinson  et  a  commencé,  en  se  dirigeant  vers  l'ouest,  le 
tracé  définitif,  qu'elle  termina  le  21  septembre  jusqu'au  mille  223,  inclusivement.  Elle 
revint  alors  et  fut  licenciée. 

Travail  exécuté  par  les  différentes  équipes: — 


Equipe. 

Exploration. 
Tracés 
d'essai. 

Tracés 
•pré- 
liminaires. 

Tracés 
re  visés. 

Tracés 
définitifs. 

Tracés 
alternatifs. 

1 

4.00 
101.70 

£0.18 
64.10 
31.99 

7.00 
65.30 
24.45 

116.45 
35.00 
46.44 

19  00 

3 

1  50 

4 

105.70 

156.27 

97.35 

197.89 

20.50 

RAPPORT  A.NNUBL  23 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

Je  puis  dire  que  des  réductions  considérables  sur  les  quantités  ont  été  faites  par  tout 
le  district,  et  que  la  ligne  a  été  améliorée. 

Les  rampes  n'excédant  pas  4/  10,  direction  est,  et  6/10,  direction  ouest. 

Il  n'y  a  pas  de  courbe  qui  a  plus  de  4  ou  1433'  de  rayon. 

Il  y  a  actuellement  12  caches  dans  le  district,  une  ayant  été  abandonnée  l'automne 
dernier  et  son  approvisionnement  transporté  dans  d'autres  caches.  En  juin,  elles  étaient 
approvisionnées  pour  une  année.  Le  transport  de  ces  approvisionnements  a  été  donné  à 
l'entreprise  et  le  travail  exécuté  d'une  manière  très  satisfaisante.  Les  provisions  requises 
pour  l'année  prochaine  ont  été  reçues  et  transportées  par  traîneau  au  lac  Nipigon;  elles  sont 
prêtes  à  être  distribuées  à  l'ouverture  de  la  navigation. 

Un  service  hebdomadaire  de  la  malle  a  été  établi,  l'été  dernier,  pour  les  équipes  et  les 
caches,  de  manière  à  atteindre  le  lac  Nipigon,  et  il  a  donné  pleine  satisfaction.  Pendant 
les  mois  d'hiver  la  malle  a  été  transportée  aux  caches  au  moyen  d'attelages  de  chiens. 

Je  suis  heureux  de  constater  qu'il  n'y  a  pas  eu  de  mortalité  ou  de  graves  accidents 
au  cours  du  dernier  exercice.  En  novembre,  les  services  du  médecin,  le  Dr  Bryan,  n'ont 
pas  été  requis,  toutes  les  équipes  ayant  été  licenciées. 

On  n'a  fait  rapport  que  d'un  seul  feu  de  forêt  dans  le  district  l'an  dernier,  au  nord-est 
du  lac  Nipigon.  On  suppose  qu'il  a  été  allumé  par  les  sauvages,  mais  il  n'a  pas  commencé 
près  de  notre  tracé.  La  température  a  été  exceptionnelle  l'an  dernier,  la  débâcle  ne  surve- 
nant pas  avant  le  16  juin  sur  le  lac  Nipigon.  Le  3Lmai,  au  lac  au  Brochet,  la  neige  était 
d'une  épaisseur  de  deux  pieds  et  n'a  pas  disparu  avant  le  5  juin.  L'été  a  été  exceptionnel- 
lement humide  et  froid,  ce  qui  a,  dans  une  certaine  mesure,  retardé  le  travail  des  équipes. 

T.  S.  ARMSTRONG, 

Ingénieur  du  district  «£». 

DISTRICT   «F». 

Tracés. — On  verra  par  le  rapport  annexé  de  M.  S.  R.  Poulin,  ingénieur  de  district, 
que  trois  équipes  ont  été  envoyées  pour  reviser  des  parties  de  tracé  et  compléter  le  tracé 
définitif,  entre  la  limite  est  du  district  et  la  jonction  du  Lac-Supérieur  près  des  chutes  du 
Pélican. 

L'équipe  n°  2,  sous  la  direction  de  M.  H.  J.  Mackenzie,  a  été  licenciée  en  janvier;  les 
deux  autres  équipes  sont  encore  sur  le  terrain. 

Vers  la  lin  de  septembre,  on  a  jugé  opportun  de  transférer  certains  ingénieurs  d'un 
district  à  un  autre,  et  M.  R.  S.  Pdulin  a  été  appelé  à  succéder  au  major  A.  E.  Hodgins  (M. 
C.  O.  Foss  agissant  conjointement  avec  M.  Poulin  durant  les  deux  premières  semaines). 

Construction. — Depuis  le  mois  de  novembre,  la  construction  a  été  poursuivie  d'une 
manière  beaucoup  plus  satisfaisante,  grâce  à  la  plus  grande  abondance  des  ouvriers  et  à 
la  baisse  des  gages. 

M.  HUGH    D.   LlJMSDEN, 

Ingénieur  en  chef,  Ottawa,  Ont. 

Cher  monsieur, — J'ai  l'honneur  de  présenter  le  rapport  suivant  sur  les  tracés  et  la 
construction  dans  le  district  «F»,  à  compter  du  1er  avril  1907  jusqu'au  31  mars  1908. 

CONSTRUCTION. 

Le  travail  poursuivi  en  exécution  du  contrat  adjugé  à  la  J.  D.  McArthur  Company,  de 
Winnipeg,  à  l'est  de  la  jonction  du  Lac-Supérieur,  a  fait  d'excellents  progrès,  particulière- 
ment pendant  les  derniers  six  mois.  Pendant  les  six  premiers  mois  de  l'année,  il  a  été  retardé 
par  les  pluies  exceptionnelles  de  l'été  et  la  difficulté  de  se  procurer  des  travailleurs.  Le 
travail  ouvrier  était  dans  une  phase  de  pertubation  et  les  gages  les  plus  élevés  ne  paraissaient 
pas  attirer  les  ouvriers.     En  octobre  et  novembre,  cependant,  un  grand  changement  se  pro- 


24  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

duisit.  La  cessation  du  travail  d'été  dans  l'Ouest  et  dans  les  Etats  de  l'Ouest  a  déterminé 
la  venue  d'une  grande  abondance  de  travailleurs  à  Winnipeg,  et  les  entrepreneurs  et  sous- 
entrepreneurs  ont  pu  se  procurer  des  équipes  suffisantes  pour  suffire  à  leurs  travaux,  en 
même  temps  que  les  gages  s'abaissaient  à  l'échelle  normale  de  17c.  et  20c.  l'heure,  pour  le 
travail  du  journalier.  Cette  circonstance,  jointe  à  l'exceptionnelle  clémence  de  l'hiver  que 
nous  avons  eu,  a  paru  apporter  une  nouvelle  vie  au  travail,  dont  les  progrès  ont  été  plus 
satisfaisants,  les  estimations  mensuelles  grandissant  graduellement  depuis  octobre  jusqu'à  la 
fin  de  mars,  alors  qu'elles  étaient  portées  à  près  du  double  de  celles  de  septembre  1907. 

Le  travail  de  la  construction  ayant  été  partagé  en  cinq  divisions,  je  prendrai  chacune 
de  ces  divisions  séparément,  en  commençant  à  Winnipeg: 

Division  n°  9. — La  première  division  à  l'est  de  Winnipeg,  étant  une  section  de  prairie, 
est  la  plus  longue  :  75  milles.  Le  régalage  y  est'pratiquement  complété  et  sera  terminé  vers 
le  1er  juin. 

Les  rails  sont  posés  à  partir  de  Winnipeg,  vers  l'est,  jusqu'à  la  rivière  Whitemouth, 
distance  de  53  milles  environ,  et  la  Canadian  Bridge  Company  est  maintenant  à  construire 
les  ponts  en  acier  sur  le  croisement  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien.  Aussitôt  qu'elle 
aura  terminé  ce  travail,  elle  érigera  le  pont  sur  la  rivière  Whitemouth,  et  je  compte  que  la 
pose  des  rails  sera  reprise  vers  le  1er  juin.  La  maçonnerie  de  ce  pont  est  entièrement  com- 
plétée. Le  ballastage  est  commencé  sur  une  partie  considérable  de  la  voie.  On  travaillera 
bientôt  à  deux  fosses  à  gravier,  de  sorte  que  le  ballastage  marchera  de  pair  avec  la  pose  de 
la  voie  cet  été. 

Division  n°  8. — La  deuxième  division  a  une  longueur  de  33  miiles.  Le  travail  y  est 
rude  sur  toute  cette  étendue,  particulièrement  à  la  limite  est;  le  nombre  nécessaire  d'hommes 
y  est  partout  employé,  et  sur  quelques-unes  des  coupes  les  plus  considérables  il  se  poursuit 
nuit  et  jour.  Je  compte  que  les  rails  seront  posés  sur  toute  l'étendue  de  cette  division  vers 
la  fin  d'août  ou  de  septembre.  Il  ne  restera  plus  alors  que  cinq  milles  sur  la  troisième 
division  pour  atteindre  la  traverse  de  la  rivière  Winnipeg.  Le  régalage  de  cette  dernière 
partie  du  chemin  sera  terminé  et  ne  causera  aucun  retard. 

Division  n°  7. — A  la  traverse  de  la  rivière  Winnipeg  les  culées  du  pont  sont  complétées, 
et  les  fondations  pour  les  piles  simples  sont  construites.  La  maçonnerie  sera  terminée  le 
1er  juillet.  Cette  division  a  une  longueur  de  50  milles  et  comporte  le  plus  rude  travail, 
mais  elle  est  aussi  bien  pourvue  de  travailleurs  et  les  rails  seront  posés  dans  toute  son  éten- 
due en  douze  mois. 

Division  n°  6. — Le  travail  sur  cette  division  est  aussi  très  dur,  mais  est  bien  avancé. 
Les  sous-entrepreneurs  ont  fait  venir  trois  pelles  à  vapeur  pour  les  installer  aux  tranchées 
les  plus  profondes,  et  sur  toute  l'étendue  des  46  milles  le  régalage  devrait  être  prêt  pour  la 
pose  des  rails  d'ici  à  douze  mois. 

Division  n°  5. — Le  travail  de  régalage  se  poursuit  sur  toute  l'étendue  des  derniers  43 
milles  jusqu'au  croisement  avec  l'embranchement  de  la  Baie-du-Tonnerre  du  Grand- 
Tronc-Pacifique.  Ce  travail,  quoique  difficile  à  certains  endroits,  devient  beaucoup  plus 
facile  en  approchant  du  croisement.  Des  pelles  à  vapeur  ont  aussi  été  apportées  ici  cet 
hiver  pour  remplir  quelques-unes  des  tranchées  les  plus  profondes.  Au  moins  25  milles  à 
partir  de  la  jonction  du  lac  Supérieur,  vers  l'ouest,  seront  prêts  pour  la  pose  de  la  voie  au 
mois  d'octobre,  et  le  reste  de  la  division  vers  la  fin  de  l'année. 

Les  entrepreneurs  le  long  de  la  ligne  ont  fait  apporter  assez  de  provisions  pour  durer 
tout  l'été,  particulièrement  dans  les  parties  où  l'ouvrage  est  plus  difficile  et  plus  considérable 
de  même  qu'une  quantité  suffisante  d'explosifs,  de  sorte  que  je  ne  prévois  aucune  difficulté 
à  tenir  l'entreprise  bien  pourvue  de  travailleurs. 

Je  regrette  de  faire  rapport  qu'il  s'est  produit  un  grand  nombre  d'accidents  au  cours 
de  la  construction.  On  m'a  informé  de  quarante-trois  mortalités  et  de  quarante-sept  cas 
de  blessures  survenus  dans  trente-neuf  accidents  différents.  La  majeure  partie  de  ces 
accidents  s'est  produite  pendant  les  mois  d'hiver,  et  il  semblerait  que  la  méthode  de  dégeler 
la  dynamite  et  de  s'en  servir  à  demi  gelée  est  la  cause  du  plus  grand  nombre  des  accidents. 
De  plus,  les  travailleurs,  quoique  prévenus  à  plusieurs  reprises  d'être  prudents,  deviennent 
très  peu  soigneux,  et  ne  paraissent  pas  se  rendre  compte  que  leur  négligence  met  en  péril 
la  vie  de  leurs  compagnons  de  travail  aussi  bien  que  la  leur  propre. 


RAPPORT  ANNUEL 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 


Le  service  des  médecins,  sur  tout  le  théâtre  de  la  construction,  a  été  très  bon,  et  je  n'ai 
entendu  parler  d'aucune  plainte  sur  toute  la  ligne  à  ce  sujet. 


ETUDES. 

Les  quatre  équipes  sur  le  terrain  ont  été  licenciées  en  mars  1907,  et  trois  équipes,  les 
numéros  2,  5  et  9,  ont  été  réorganisées  en  juin,  pour  tracer  des  lignes  alternatives,  reviser 
des  parties  de  tracé  et  compléter  le  tracé  définitif,  à  partir  de  la  limite  nord- est  du  lac  au 
Chien,  mille  18,  à  l'est  de  la  jonction  du  lac  Supérieur,  jusqu'à  l'entrée  du  district  «E». 

L'équipe  n°  6,  sous  la  direction  de  M.  Bucke,  a  tiré  une  nouvelle  ligne,  au  sud  du  lac 
au  Chien,  jusqu'au  mille  55  à  l'est,  l'a  tracée  et  revisée.  Comme  on  a  établi  que  cette  ligne 
était  préférable  à  celle  du  nord,  on  l'a  adoptée,  et  la  même  équipe  est  maintenant  à  compléter 
le  tracé  définitif,  sous  la  direction  de  M.  H.  J.  McKenzie. 

L'équipe  n°  10,  sous  la  direction  de  M.  McKenzie,  a  revisé  le  tracé  à  partir  du  mille 
55,  vers  l'est,  jusqu'au  mille  75,  et  a  tiré  les  lignes  à  partir  du  croisement  Peninsula  jusqu'au 
lac  au  Chien,  vers  l'est.     Cette  équipe  a  été  licenciée  en  janvier. 

L'équipe  n°  2,  sous  la  direction  de  M.  Moffat,  a  fait  des  lignes  alternatives  à  partir  du 
mille  118  vers  l'est,  se  raccordant  au  tracé  du  district  «E»,  à  douze  milles  à  l'est  de  son 
entrée  dans  ce  dernier  district.  On  essayait  ainsi  un  raccourcissement  à  travers  un  pays 
difficile,  en  se  portant  à  quelques  milles  au  nord.  Cette  ligne,  quoique  plus  courte  de  1  § 
mille,  n'a  pas  été  trouvée  aussi  avantageuse  que  la  ligne  du  sud,  et  elle  est  abandonnée. 
L'équipe  est  actuellement  à  compléter  le  tracé  définitif  de  Allan  Water,  vers  l'ouest,  au  lac 
Huit-Milles.     Je  compte  que  ces  deux  équipes  compléteront  leur  travail  vers  la  fin  de  juillet. 

La  santé  du  personnel  des  équipes  et  des  hommes  à  leur  service  a  été  bonne,  et  je  suis 
heureux  de  faire  rapport  qu'il  ne  s'est  produit  d'accident  plus  grave  que  quelques  chavire- 
ments de  canots  qui  n'ont  pas  eu  de  résultat  fatal. 

Le  transport  des  provisions  a  été  satisfaisant,  et  nos  caches  ont  été  assez  abondamment 
approvisionnées  pour  les  besoins  des  deux  équipes  sur  le  terrain  jusqu'au  parachèvement  de 
leur  travail,  mon  intention  étant  d'envoyer  des  provisions  fraîches,  en  août  et  septembre 
prochains,  qui  suffiront  aux  besoins  des  ingénieurs  sur  la  construction.  Je  vous  donne  ci- 
après  un  tableau  des  distances  relevées,  par  les  différentes  équipes,  au  cours  du  dernier 
exercice  : — 


Equipe. 

Exploration. 
Tracés 
d'essai. 

Tracés 
pré- 
liminaires. 

1er  tracé. 

1er  tracé 
alternatif. 

Tracé 
revisé. 

Tracé 

définitif 

alter. 

Tracé 
définitif. 

2 

44.10 
54.60 
52.35 

1.50 
18.40 
36.38 

4.20 

14.30 

6.50 

15.26 
59.50 

30.00 

5 

11.00 

38.00 

18.00 

10 

4.26 

49.00 

151.05 

56.28 

4.26 

25.00 

74.76 

51.00 

S.  R 
Ingénieur 

POULIE 

du  district 

r, 

«F». 

études. 


Les  études  peuvent  être  considérées  comme  complétées  et  le  tracé  définitif  fait  sur 
toute  la  ligne,  à  l'exception  de  quelques  révisions  de  tracé  dans  les  districts  «C»  et  «E», 
et  du  tracé  d'environ  deux  milles  et  demi  de  la  voie  d'entrée  dans  Winnipeg. 


26  COMMISSION  IX    CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ci-après  sont  les  distances  relevées,  à  partir  de  Moncton,  N.-B.,  jusqu'à  quelques-uns 
<lo  principaux  points,  d'après  les  renseignements  les  plus  récents: 

A  la  limite  entre  le  Nouveau-Brunswick  et  Québec 256.61  milles 

la  culée  nord  du  pont  de  Québec 460.45 

Waymontachene 656. 83 

la  limite  entre  Québec  et  Ontario 956 .  74 

la  traverse  de  la  rivière  Abitibi 1,020. 15 

la  traverse  de  la  rivière  Messanabie 1,138.46      " 

la  rivière  à  la  Vase  (lac  Nipigon) 1,388 .  00      " 

la  jonction  du  Lac-Supérieur  (chutes  du  Pélican..  .  .  1,557.80 

la  traverse  de  la  rivière  Winnipeg 1,689 .  79 

la  limite  entre  Ontario  et  le  Manitoba 1,715.03 

la  branche  ouest  de  la  rivière  Winnipeg 1,804.47 

D'après  ce  qui  précède,  on  constatera  que  la  distance  réelle  de  Moncton  à  Winnipeg  a 
été  réduite  de  plus  de  treize  milles  sur  celle  mentionnée  dans  mon  dernier  rapport,  et  de 
plus  de  85^  milles  sur  celle  originairement  calculée. 


TRAVERSES. 

Dans  les  deux  premières  entreprises  adjugées,  savoir:  à  MM.  Hogan  et  Macdonell,  dis- 
trict «B»,  et  MM.  J.  D.  McArthur  et  Cie,  district  «F»,  les  traverses  de  la  voie  principale 
ou  des  voies  d'évitement  n'étaient  pas  incluses,  mais  elles  l'ont  été  dans  toutes  les  autres 
entreprises. 

J'annexe  un  état  indiquant  les  quantités  de  traverses  entreprises  et  livrées  au  cours  de 
l'exercice. 

RAILS    ET   ATTACHES. 

J'annexe  un  état  donnant  les  noms  des  entrepreneurs,  les  taux,  le  poids,  les  lieux  de 
livraison,  et  les  quantités  et  la  valeur  de  tous  les  rails  et  attaches  reçus  jusqu'à  la  fin  de 
mars  1908. 


PONTS. 

Les  substructures  de  tous  les  ponts  sont  en  préparation  sous  le  contrôle  des  entrepre- 
neurs généraux,  mais  les  superstructures  en  acier  et  les  tabliers  sont  fournis  et  posés  en 
exécution  de  contrats  passés  avec  les  compagnies  de  ponts. 

J'annexe  un  rapport  de  notre  ingénieur  de  ponts,  M.  R.  F.  Uniacke,  qui  indique  l'avan- 
cement du  travail  sous  sa  direction,  de  même  qu'un  état  indiquant  l'emplacement  des  struc- 
tures, les  distances,  l'entrepreneur,  les  quantités  évaluées,  les  prix,  le  coût  total  évalué,  et 
les  sommes  payées  à  compte  jusqu'au  31  mars. 


POSE    DE   LA   VOIE. 

Dans  le  district  «B»,  la  voie  a  été  posée  sur  32  milles  en  tout,  sans  compter  les  em- 
branchements et  voies  d'évitement,  savoir: 

Six  milles  sur  les  sections  entre  le  pont  de  Québec  et  Saint-Basile;  sept  milles  à  partir 
de  la  jonction  Hervey,  vers  l'est;  dix-huit  milles  à  partir  du  même  endroit,  vers  l'ouest,  et 
environ  un  mille  dans  le  voisinage  de  La-Tuque. 

Dans  le  district  «F»,  environ  53  milles  de  la  voie  principale  ont  été  posés,  à  partir  de 
notre  jonction  avec  le  chemin  de  fer  Canadian-Northern  à  Saint-Boniface,  vers  l'est,  et  en- 


RAPPORT  A  \  VUEL  27 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

viron  un  demi-mille  à  notre  croisement  avec  le  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  près  de 
Rennie.  On  a  aussi  posé  environ  vingt  milles  de  rails  sur  les  embranchements,  dans  les 
cours  de  garage  et  sur  les  voies  d'évitement  dans  ce  district. 


CLASSIFICATION. 

Par  lettres  en  date  du  7  octobre  1907,  du  1er  novembre  1907,  du  14  février  1908,  du 

20  février  1908  et  du  24  mars  1908,  le  sous-ingénieur  en  chef  de  la  Compagnie  du  chemin 
de  fer  Grand-Tronc-Pacifique  soulève  des  objections  au  sujet  de  la  classification  que  nous 
avons  permise  dans  diverses  sections,  dans  les  districts  «B»  et  «F».  Ces  objections  ne 
spécifient  aucun  endroit  et  aucune  coupe  en  particulier,  mais  sont  générales,  et  dès  que  la 
température  le  permettra  et  que  les  endroits  seront  indiqués,  je  me  propose  de  procéder  à 
un  règlement  de  toutes  contestations  de  cette  nature,  suivant  les  dispositions  des  articles  7 
et  4,  III  Ed.  VII,  chap.  71. 

ACCIDENTS. 

La  seule  mortalité  survenue  parmi  les  hommes  employés  dans  le  personnel  des  travaux 
d'art  est  celle  de  M.  Geo.  Lecours,  noyé  dans  les  rapides  Buckdeer  de  la  rivière  Abitibi,  le 

21  octobre  1907. 

Pour  ce  qui  concerne  la  construction,  cependant,  on  a  reçu  rapport  d'un  grand  nombre 
d'accidents  survenus  parmi  les  travailleurs  au  service  des  entrepreneurs,  comprenant  au 
total  huit  hommes  tués  dans  le  district  «B»,  et  quarante-trois  hommes  tués  et  quarante- 
sept  autres  blessés  dans  le  district  «F»,  presque  tous  causés  par  les  explosifs. 

Il  paraît  que  ces  accidents  ont  eu  pour  causes  principales  la  méthode  de  dégeler  la 
dynamite  ou  de  la  manier  avec  négligence,  et  il  semble  qu'en  dépit  de  tous  les  avertisse- 
ments et  de  toutes  les  instructions,  les  hommes  qui  ont  manié  les  explosifs  pendant  plu- 
sieurs années  sont  souvent  ceux  qui  inconsciemment  se  livrent  à  des  pratiques  imprudentes 
ayant  pour  résultat  leur  propre  mort  et  souvent  celle  de  leurs  compagnons  de  travail. 


LE    PONT    DE    QUEBEC 

Le  déplorable  écroulement  du  pont  de  Québec,  en  août  dernier,  a  porté  un  coup  dé- 
sastreux aux  sections  de  ce  chemin  actuellement  en  construction  au  sud  et  au  nord  du 
fleuve  St-Laurent,  mais  il  est  à  espérer  que  l'on  reprendra  bientôt  l'édification  de  cette 
immense  structure,  et  qu'elle  sera  complétée  sous  le  plus  court  délai  possible,  attendu  qu'elle 
est  le  chaînon  essentiel  qui  rattache  Moncton  et  Winnipeg. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

HUGH  D.   LUMSDEN, 

Ingénieur  en  chef. 


Ottawa,  14  juillet  1908. 

M.  HUGH    D.    LUMSDEN, 

Ingénieur  en  chef,  chemin  de  fer  Transcontinental, 
Ottawa. 

Cher  monsieur, — J'ai  l'honneur  de  soumettre  le  rapport  suivant  sur  le  travail  exécuté 
sous  la  surveillance  de  la  division  des  ponts,  jusqu'au  31  mars  1908. 

Les  entreprises  pour  l'érection  des  superstructures  des  ponts  en  acier  ont  été  mises  à 
exécution  dans  les  districts  «B»  et  «F»,  et  je  donne  ici  un  état  tabulaire  indiquant  le  nom 


28  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

et  remplacement  de  chaque  pont,  ainsi  que  le  nom  de  l'entrepreneur  et  les  sommes  payées 
à-compte  des  entreprises. 

Dans  le  district  «B»  le  travail  d'atelier  a  été  poursuivi  sur  les  ponts  suivants: 

Mille. 

Rivière  Etchemin 420.38 

Rivière  Le-Bras 446.54 

Rivière  aux  Pommes _ 479 .  24 

Rivière  Portneuf 488 .  64 

Rivière  Sainte- Anne 503 .  24 

Rivière  Charest 510 .  44 

Rivière  Batiscan 524 .  74 

Croisement  à  haut  niveau  (chemin  public) 530.54 

Rivière  Tawachiche - 542 .  74 

Ruisseau  Roberge 544 .  74 

Rivière  des  Eaux-Mortes 544 .  74 

et  le  pont  de  Batiscan,  mille  524.74,  ainsi  que  le  croisement  à  haut  niveau,  au  mille  530.54, 
sont  érigés  et  pratiquement  complétés  en  ce  moment. 

Le  viaduc  du  Cap-Rouge,  mille  462  34,  quoique  se  trouvant  dans  les  limites  du  dis- 
trict «B»,  dans  la  province  de  Québec,  en  a  été  distrait,  et  l'érection  en  a  été  confiée,  de 
même  que  les  opérations  sur  le  terrain,  à  la  surveillance  directe  de  M.  E.  A.  Hoare,  ingé- 
nieur divisionnaire.  C'est  là  la  plus  considérable  structure  que  nous  ayons  donnée  à  l'en- 
treprise; elle  consiste  en  un  viaduc  en  acier  de  3,335  pieds  de  long  et  de  153  pieds  à  partir 
de  la  base  du  rail  jusqu'à  la  ligne  des  hautes  eaux;  la  superstructure  est  supportée  par  des 
tours  à  armatures  en  acier  de  40  pds  longitudinalement  avec  fruit  de  deux  pouces  au  pied 
transversalement,  la  base  de  chaque  poteau  reposant  sur  des  piliers  en  béton  et  y  attachée 
par  deux  tirants  de  2}  pces  noyés  dans  le  béton;  les  poutres  en  tôle  du  tablier  entre  les  tours 
ont  60  pds,  à  l'exception  des  ouvertures  sur  la  rivière,  qui  comportent  des  travées  de  160  et 
de  150  pds,  les  tours  qui  les  supportent  reposant  sur  des  piles  massives  en  béton  construites 
par  le  procédé  pneumatique.  L'ouverture  d'approche  est  faite  d'une  travée  de  125  pds, 
pour  éviter  d'ériger  des  piliers  sur  le  flanc  de  la  falaise.  Toute  la  substruction  était  termi- 
née avant  la  fin  de  1907.  L'érection  de  la  superstructure  fut  commencée  le  8  juin  1907,  et 
continuée  jusqu'au  5  décembre  de  la  même  année,  le  travail  cessant  pendant  l'hiver;  on 
avait  alors  assemblé  et  boulonné  environ  2,300  pieds  de  la  structure.  On  se  remit  à  l'œuvre 
en  avril  et  l'on  se  hâte  de  tout  terminer. 

Dans  le  district  «F»,  la  partie  en  acier  pour  le  croisement  au-dessus  du  chemin  de 
fer  Pacifique-Canadien,  près  de  Rennie,  mille  1736.61,  a  été  complétée,  de  même  que  pour 
le  pont  Whitemouth,  mille  1749.27,  et  l'équipe  de  construction  a  été  rappelée  pour  tra- 
vailler aux  préparatifs  de  l'érection  des  ponts  de  la  Brokenhead,  branches  est  et  ouest, 
milles  1767.4  et  1774. 

La  traverse  de  la  rivière  Winnipeg,  mille  1693,  consistant  en  un  pont  en  treillis,  d'une 
seule  travée  de  300  pieds,  avec  une  travée  d'approche  de  100  pieds,  est  maintenant  prête 
pour  l'érection  des  pièces  en  acier,  ce  qui  pourra  se  faire  lorsque  la  voie  sera  posée  jusqu'à 
l'emplacement  du  pont.  Les  matériaux  de  ce  pont  sont  dans  les  ateliers  de  la  Canadian 
Bridge  Co.y  à  Walkerville,  Ont.,  et  les  dessins  en  ont  été  vérifiés  et  acceptés. 

Quant  à  ce  qui  concerne  le  travail  général  du  personnel  de  la  division  des  ponts,  dès 
que  nous  recevons  de  l'ingénieur  de  district,  dans  le  territoire  duquel  se  trouve  un  croise- 
ment de  pont,  un  plan  et  un  profil  sur  grande  échelle  de  ce  croisement,  la  pratique  est  de 
préparer,  de  l'un  et  de  l'autre,  un  dessin  général  et  un  dessin  détaillé.  Les  données  qui 
doivent  nous  être  fournies,  sur  les  plans  préliminaires,  doivent  être  complètes  et  sont  indi- 
quées dans  le  livre  des  instructions  générales  publié  par  l'ingénieur  en  chef.  On  pratique 
des  forages  pour  déterminer  la  nature  du  sol  et  à  quels  endroits  des  pilotis  sont  nécessaires; 
des  pilots  d'essai  sont  enfoncés,  au  moyen  desquels  nous  constatons  la  limite  possible  de 
charge  que  chaque  pilot  peut  supporter,  et,  de  là,  le  nombre  de  pilots  requis  pour  supporter 
le  poids  à  distribuer,  et  ce  bureau  peut  ainsi  fournir  aux  entrepreneurs  un  plan  complet  du 


RAPPORT  ANNUEL  29 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

travail  à  faire,  tant  pour  la  fondation  que  pour  la  superstructure  dans  chaque  cas.  Lorsque 
les  soumissions  sont  demandées,  nous  fournissons  aux  compagnies  de  ponts  des  dessins 
généraux  et  les  dessins  pour  les  ponts  en  acier  types  qui  doivent  être  suivis  dans  chaque  cas. 
Après  que  l'entreprise  est  adjugée,  la  compagnie  de  pont  prépare  les  dessins  détaillés  d'ate- 
lier, que  nous  vérifions  et  approuvons  quand  ils  sont  satisfaisants. 


INSPECTION. 

Tout  l'acier  partant  de  l'usine  pour  le  lieu  d'emploi  est  soumis  à  une  inspection  sévère 
et  systématique.  Ce  travail  a  jusqu'ici  été  confié  à  la  Canadian  Inspection  Co.,  de  Mont- 
réal, qui  dépêche  des  inspecteurs  compétents  aux  usines  et  à  l'atelier  du  pont.  La  compa- 
gnie d'inspection  fait  des  rapports  réguliers  sur  des  blancs  qu'on  lui  fournit  dans  ce  but, 
donnant  d'abord  un  rapport  détaillé  sur  chaque  cornière,  barre  ou  pièce  laminée;  ceci  com- 
prend une  analyse  chimique  d'un  fragment  cueilli  dans  chaque  fonte,  et  les  épreuve  méca- 
niques prescrites  par  les  devis.  L'inspection  à  l'atelier  est  faite  par  l'inspecteur  en  suivant 
chaque  pièce  de  l'ouvrage  et  la  comparant  avec  les  dessins  de  l'atelier;  tous  les  boulons 
défectueux  sont  enlevés  et  remplacés,  et  chaque  articulation  doit  quitter  l'atelier  en  bon 
état  et  prête  à  l'ajustement  sur  le  terrain.  Nous  sommes  chaque  semaine  informés,  par  les 
rapports  de  l'atelier,  de  l'état  de  chacune  des  pièces  fabriquées  destinées  au  pont.  La 
même  compagnie  place  aussi,  sur  le  lieu  d'emploi,  un  inspecteur  qui  surveille  avec  le  même 
soin  l'assemblage,  la  rivure  et  le  peinturage,  et  son  rapport  hebdomadaire  nous  dit  exacte- 
ment dans  quel  état  se  trouve  alors  chaque  structure.  Tout  ce  travail  a  été  conduit  d'une 
manière  très  satisfaisante. 


EPREUVE   DU   CIMENT. 

Pour  s'assurer  de  l'imploi  de  ciment  de  la  meilleure  qualité  seulement,  un  laboratoire 
d'épreuve  de  ciment  a  été  établi  à  Ottawa,  sous  la  direction  d'un  inspecteur  en  chef  du 
ciment.  Comme  le  béton  est  le  matériel  que  l'on  emploie  maintenant  dans  nos  construc- 
tions, au  lieu  de  maçonnerie,  l'importance  de  l'épreuve  du  ciment  est  reconnue,  et  notre  ex- 
périence, s'étendant  sur  une  période  de  deux  années,  pendant  laquelle  plus  de  1,500  wagons 
de  ciment  ont  été  soumis  à  une  épreuve  complète,  nous  prouve  la  sagesse  de  cette  méthode,  et 
je  considère  que  la  dépense  occasionnée  est  pleinement  justifiée.  Lorsqu'un  wagon  de  ciment 
arrive  à  la  commande  de  nos  entrepreneurs,  notre  inspecteur  sur  le  terrain  l'échantillonne, 
en  en  prenant  une  petite  quantité  dans  un  baril  sur  dix,  ou  dans  un  sac  sur  quarante,  et 
expédiant  le  produit  ainsi  recueilli  dans  une  petite  boîte  en  fer-blanc  au  laboratoire;  nous 
avons  toujours  plusieurs  centaines  de  ces  boîtes  sur  le  chemin.  Un  blanc  de  l'échantillon- 
nage est  rempli  et  placé  dans  la  boîte;  il  donne  le  numéro  du  wagon  et  tous  autres  rensei- 
gnements nécessaires  sur  la  qualité  et  la  destination  du  ciment.  Chaque  échantillon  est 
soumis,  à  son  arrivée,  aux  épreuves  régulières,  et  à  l'expiration  des  28  jours  de  l'épreuve 
faite  sur  le  produit  pur  et  mêlé  au  sable,  un  rapport  définitif  est  envoyé  à  l'ingénieur  de 
district,  donnant  les  détails  au  complet  de  toutes  les  épreuves,  et  indiquant  quel  wagon  en 
particulier  doit  être  accepté  ou  refusé.  Notre  laboratoire  est  bien  équipé,  possédant  tous 
les  appareils  nécessaires,  et  un  système  complet  de  registres  a  été  introduit,  innovation  très 
nécessaire,  vu  que  les  échantillons  sont  envoyés  de  localités  éloignées,  et  que  les  qualités 
en  usage  sont  très  nombreuses.  Quand  une  analyse  chimique  est  requise,  ou  qu'une  épreuve 
de  vérification  est  opportune  pour  faire  cesser  les  disputes,  nous  envoyons  un  échantillon  à 
un  chimiste  désintéressé  pour  en  faire  l'épreuve,  et  le  cas  en  litige  se  trouve  ainsi  finalement 
réglé. 

Respectueusement  soumis, 

R.  T.  UNIACKE, 

Ingénieur  de  ponts. 


30 


COMMISSION  in    r// /•;.!// Y   DE  FIAI  TRANSCONTINENTAL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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RAPPORT  A\M  EL 


31 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 


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32 


COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


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RAPPORT    INNVEL 


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DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 


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34 


COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VU.  A.  1909 


LES   COMMISSAIRES   DV   CHEMIN    F)K    FER   TRANSCONTINENTAL. 

RELEVÉ  du  poids  approximatif  et  de  la  valeur  des  matériaux  pour  la  voie,  livrés  jusqu'au 

31   mars  1908. 


Dis! 


Entrepreneur. 


Nombre 

'taux.  de 

tonnes. 


Rails— 

Dominion  1. 


E.  S  Co. 


Algorna  Steel  Co 

(En  entrepôt  à  l'usine  sou 
assurance) 

Algoma  Steel  Co 

Dominion  I.  &  S.  Co 


Barres  cornières — 

Nova  ScotiaS.  &  C.  Co 


Montréal  Rolling  Mills. 
HamiltonS.  &  I.  Co... 


Chevilles — 

Montréal  Rolling  Mills. 


Peck  R.  M.  Co 

Montréal  R.  M.  Co.. 

Peck  R.  M.  Co 

Montréal  R.  M.  Co. . 
Toronto  B.  &  F.  Co. 
Hamilton  S.  &  I.  Co. 


Boulons  et  écrous — 
Gan.  Boit  Co. . . . 


Montréal  R.  M.  Co. 
Gan.  Boit  Co 


Montréal  R.  M.  Co 

Gan.  Boit  Co 

Montréal  R.  M.  Co 

Toronto  Boit  E  F.  Co.  .  . 


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35  00 
35  00 
35  00 
34  00 
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34  00 
34  50 


48  16 
48  16 
47  04 
47  04 
46  58 
43  68 


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2  48 
2  50 
2  34 
2  50 
2  55 
2  55 
2  55 


3  60 
3  60 
3.57v 
3  41' 
3  56 
3  76 
3  44 
3  65 
3  60 


3,771 

4,023 
3,771 
4,777 

23,000 
1,886 

10,686 
8,800 
Livré 

10,686 


32,000 
10,000 


200 
200 

1,217 
100 
568 

2,241 


98 
98 
594 
277 
Livré 
364 
365 
365 


27 

112 

53 

76 

14 

103 

102 

103 


Lieu 

de 

la  livraison. 


de  Québec 

T.  &  N.-O.  Jcn. 


Pt  .-Arthur. 


Moncton 

Edmundst  on . 

Québec 

Lévis 


Port -Arthur. 


Moncton 

Edmundst  on 

Québec 

Lévis 

de  Québec.  .  . 
Port -Arthur. 


Moncton 

Edmundst  on 
Québec 


Lévis 

Port-Arthur. 


Tonnes 
livrées. 


Morxton | 

Edmundst  on 

Québec j 

Lévis....'..!  ....  . 


Valeur 
approxima- 
tive. 


3,771 

:î,391 

3,771 

3,043 

21,111 

810 

10,686 

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230,313  61 
44,247  11 
355,240  92 


31,463 

5,478 


201 
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1,219 
103 
569 

2,250 


98 
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544 
247 
50 
364 
365 
365 


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112 

53 

76 

14 

103 

102 

103 


1,044,747  92 
188,529  89 


$3,204,148  84 


19,375  09 

57,367  89 

4,861  04 

26,500  68 

98,305  36 


$206,410  06 

9,653  01 

27,244  00 

12,983  44 
18,592  56 
18,592  56 
18,592  56 


$105,658  13 


4 

090 

03 

4 

526  54 

7 

991 

96 

3 

655 

52 

5,469  07 

1 

019 

11 

7 

105 

65 

7 

,489  22 

7 

,401 

60 

$  48,748  70 

Bureau  de  l'ingénieur  en  chef, 

Ottawa,  13  juillet  1908. 


RAPPORT  ANNUEL 


35 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

LES  COMMISSAIRES  DU   CHEMIN  DE   FEU  TRANSCONTINENTAL. 


RELEVÉ  des  sommes  payées  au  cours  des  douze  mois  expirés  le  31  mars  1908. 


Entreprises. 


Bordereaux  d( 
paie 


Comptes  à  payer. 


1907— Avril 

Mai 

Juin 

Juillet 

Août 

Septembre. 

Octobre. . . 

Novembre. 

Décembre. 
190S— Janvier 

Février. . . . 

Mars 

Avril 

Mai 


699 

938 

911 

,313 

,566 

,309 

,310 

,614 

,769 

,399 

,446 

,355 

2 

,635 


,473  62 
,440  46 
,269  24 
,019  70 
,498  18 
,816  32 
,969  49 
,310  91 
,304  45 
,810  73 
,904  92 
,073  03 
,700  00 
,591  05 


10 

55 
75 
87 
93 
89 
97 
84 
89 
80 
80 
84 
65 
6 
1,002 


,559  15 
,904  38 
,951  87 
,425  20 
,187  88 
,292  21 
,989  70 
,406  51 
,732  03 
,792  89 
,353,67 
,980  18 
,444  10 
,516  05 
,535  82 


38 

48 

59 

103 

138 

88 

192 

203 

107 

101 

82 

173 

977 

31 

2,346 


,814  29 
,327  50 
,515  65 
,386  89 
,615  85 
,584  56 
,533  93 
,085  94 
,386  71 
,181  48 
,756  79 
,007  81 
,590  33 
,799  04 
,786  77 


RESUME. 


I 


Chèques  émis  à  compte  des  entreprises $15,635,591  05 

Chèques  émis  pour  les  bordereaux  de  paie 1,002,535  82 

Chèques  émis  pour  les  comptes  à  payer 2,346,786  77 

'  18,986,913  64 

Moins   somme   déposée   au    crédit   du    Receveur 

général 76,464  23 


$18,910,449  41 


1).  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


I 


46— 3i 


36  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FEU  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
LES  COMMISSAIRES  DU  CHEMIN  DE   FEU  TRANSCONTINENTAL, 

Relevé  des  dépenses  pour  les  douze  mois  expirés  le  31  murs  1908. 

Résumé — Etats  détaillés  annexés. 

Bureau  principal,  Ottawa $339,958  87 

$339,958  87 

Tracé- 
District  «A» 57,359  45 

«B» 81,902  15 

«C» 97,860  75 

«D» 64,588  09 

«E» 40,189  51 

«F» 57,739  97 

399,645  92 

Service  des  transports — 

District  «A» 000  00 

«B» 10,563  95 

«C» 95,663  88 

«D» 96,063  13 

«E» 44,319  60 

«F» 23,630  94 

270,241  50 
Construction — 

District  «A» 1,178,605  70 

«B» 8,167,554  53 

«C» '. 5,105    12 

«D» 388,056  81                   ^ 

«E» 5,415  76 

«F» 8,155,864  90 

17,900,603  12 

Dépenses  totales 18,910,449  41 


D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


RAPPORT  ANNUEL  37 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

LES  COMMISSAIRES  DU  CHEMIN   DE  FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  du  passif  le  31  mars  1908. 

Dix  pour  cent  réservés  sur  entreprises — 

District   «A» $50,31 1  40 

«H» 522,569  3G 

«D» 1,923  49 

«F» 394,748  15 

$909,552  40 

Chèques  impayés,  heures  d'ouvrage 858  67 

858  67 

Gages  avancés  aux  employés,  perçus  des  bordereaux  de 
paie  et  non  encore  réclamés  par  les  fonctionnaires 

qui  ont  fait  ces  avances 140  80 

140  80 

PASSIF   ÉVENTUEL. 

Montant  des  chèques  non  réclamés  déposés  au  crédit  du  Re- 
ceveur général,  savoir: — 

Tour  l'année  1904-5 170  35 

1905-6 168  85 

1906-7 2  10 

341  30 

$970.893  17 


I).  HOCTOR, 
Comptable-chef. 


38  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
LES  COMMISSAIRES   DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  les  douze  mois  terminés  le  31  mars  1908. 

Bureau  principal,  Ottawa — 

(  ommissaires  et  personnel $  31 ,499  70 

Division  de  la  comptabilité i 14,155  00 

des  achats 11 ,754  85 

des  travaux  d'art 49,139  71 

du  service  des  transports 1,(550  00 

Vrais  de  voyages 4,086  82 

1  .oyers 4,759  60 

Frais  généraux 36,477  46 

Fournitures 1 6,073  47 

Meubles  et  aménagements 1 ,678  54 

Services  des  marchandises  et  messageries 1 ,464  40 

Télégraphe  et  téléphone 2,624  27 

Assurance — Feu  et  Fidélité 757  04 

Frais  de  justice 4,944  22 

Compte  des  avances 158,293  73 

$339,958  87 


I).  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


LES  COMMISSAIRES  DU  CHEMIN  DE   FER  TRANSCONTINENTAL, 

Relevé  des  dépenses  pour  le  tracé  durant  l'exercice  clos  le  31  mars  1908. 

District  «A» — 

Travaux  d'art $  40,533  25 

Fournitures 7,870  1 4 

Frais  généraux 3,492  54 

Service  des  marchandises  et  messageries 848  35 

Attirail  de  campement 1 ,895  78 

Mobilier 375  44 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 93  80 

Machines  et  outils  pour  l'atelier 721  05 

1  nstruments 1 ,743  80 

Diverses  constructions 85  91 


$  57,359  45 


D.  IÎOCTOR, 

CoWptabJc-rhcj. 


RAPPORT  ANNUEL  39 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

LES  COMMISSAIRES  DU  CHEMIN   DE   FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  la  construction  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District  a  A  » 

Travaux  d'art $  77,00.")  67 

Fournitures 11 ,070  03 

Frais  généraux 28,123  07 

Service  des  marchandises  et  messageries 1 ,72  4  69 

Attirail  de  campement 2,934  84 

Mobilier 494  07 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 94   15 

Instruments 6  00 

Emplacement  de  la  voie 66,71 1   86 

Régalage 363,794  8  i 

Déblaiement 34,230  82 

Essartage 2,961  39 

Ponts,  chevalets  et  ponceaux 79,839  89 

Traverses 13,489  63 

Rails 502,191  02 

Croisements,  garde-bestiaux  et  écriteaux 47  68 

Attaches  de  rails 33,803  77 

Pose  de  la  voie  et  confection  de  plateforme J  ,371   95 

Coeurs  et  aiguilles  de  croisement 6,262  63 

Appareils  d'enclenchement  ou  sémaphores 120  80 

Clôture  de  l'emplacement  de  la  voie 2,077    10 

$1,228,917   10 

Moins  le  pourcentage  réservé  sur  les  entreprises 50,31  L  40 

$1,178,605  70 


I).  HOCTOR, 

Coii/ptablc-cJwf. 


40  COMMISSION  DL   CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII.  A.  1909 
LES  COMMISSAIRES  DU  CHEMIN   DE  FER  TRANSCONTINENTAL. 

RELEVÉ  des  dépenses  pour  le  tracé  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District  aliy) — 

Travaux  d'art $  50,284  22 

Fournitures 14,133  44 

Erais  généraux 4  ,G39  94 

Service  des  marchandises  et.  messageries 3,632  07 

Attirail  de  campement 2,652  01 

Mobilier 595  75 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 940  98 

Instruments 443  74 

Machines  et  outils  (râtelier 660  00 

$  81,902  15 

Service  des  transports 

Transport $      8,601  75 

Fournitures 61  44 

Frais  généraux 210  70 

Service  des  marchandises  et  messageries 1,407  67 

Frais  de  voyage 267  35 

Attirail  de  campement 15  04 

$    10,563  95 


D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


RAPPORT  AXNI  KL  41 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

LES  COMMISSAIRES  DU  CHEMIN  DE  FER   TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  la  construction  durant  l'exercice  terminé  le.  31  mars  1908. 

District    «#» — 

Travaux  d'art $  202,024  57 

Fournitures 44,846  38 

Frais  généraux 42,380  1 3 

Service  des  marchandises  et  messageries 6,058  97 

Attirail  de  campement 10,504  33 

Mobilier 2,287  43 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 424  45 

Instruments 182  00 

Constructions  diverses 548   15 

Frais  de  justice 120  25 

Emplacement  de  la  voie  et  terrains  des  stations 287,639  93 

Régalage 4,525,504  79 

Déblaiement 110,209  40 

Essartage 22,4#2  95 

Ponts,  chevalets  et  ponceaux 1 ,712,340  40 

Rails 809,897  91 

Attaches  de  rails 72.47 1   52 

Cœurs  et  aiguilles  de  croisement 8,330  24 

Traverses 276,869  25 

1*086  de  la  voie  et  confection  de  plate-forme 235,550  48 

Clôturage  de  l'emplacement  de  la  voie 13,783  99 

Croisements,  garde-bestiaux  et  écriteaux 8,600  08 

Tunnels 40,728  95 

Ligne  télégraphique 2.025  00 

Appareils  d'enclenchement  ou  sémaphores 700  00 

$  8,467,124  21 

Moins  le  pourcentage  réservé  sur  l'entreprise 299,509  08 

$  8,167,554  53 


D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


42  COMMISSION  OU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

LES  COMMISSAIRES   DU  CHEMIN  DE   FER  TRANSCONTINENTAL. 
RELEVÉ  dos  dépenses  pour  le  trace  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District  «C» 

Travaux  d'art $  $0,232  35 

Fournitures 3,214  00 

Frais  généraux 4,G84  88 

Service  des  marchandises  et  messageries 1,137  68 

Attirail  de  campement 5,949  24 

Mobilier 281  25 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 1,308  67 

Instruments 1,058  62 

$     07,866  75 

Service  des  transports— 

Transport $  39,127  59 

Fournitures 10,542  58 

Frais  généraux 4,003  67 

Service  des  marchandises  et  messageries 35,779  79 

Frais  de  voyages 2,406  75 

Attirail  de  campement 2,780  08 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 1,023  42 

$      95,663  88 


1).  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


LES  COMMISSAIRES  DU   CHEMIN   DE  FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pous  la  construction  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District   «C»  — 

Travaux  d'art 29  35 

Fournitures 4,220   12 

Frais  généraux 121  93 

Attirail  de  campement 118  34 

Service  des  marchandises  et  messageries •  5  00 

Machines  et  outils  d'atelier 576  38 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 34  30 

$        5,105  42 


1).  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


RAPPORT  ANNUEL  43 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

LES  COMMISSAIRES   DU  CHEMIN    DE   FER   TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  le  tracé  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  L908. 

District  «/)» — 

Travaux  d'art $  18,080  08 

Fournitures 69  61 

Frais  généraux 5, 1  ^7  i»1.» 

Attirail  de  campement 5,657  51 

Service  des  marchandises  et  messageries 862  84 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 2,346  56 

Instruments 1  ,-V.»7  85 

Mobilier 485  63 

$      04,588  09 

Service  des  transports — 

Transport $  25,679  08 

Fournitures 38,675  94 

Attirail  de  campement 3,175  68 

Frais  généraux 4,307  30 

Service  des  marchandises  et  messageries 22,103  72 

Frais  de  voyages 1 ,767  20 

Mobilier 88  20 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 266  01 

$     96,063  13 

D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 

LES  COMMISSAIRES   DU   CHEMIN    DE   FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  la  construction  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  L908. 

District  ((/)» — 

Travaux  d'art $  20,845  70 

Fournitures 2,322  88 

Frais  généraux 6,132  63 

Attirail  de  campement 2,068  10 

Service  des  marchandises  et  messageries 362  35 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 20   1". 

Machines  et  outils  d'atelier 12  60 

Mobilier 253  21 

Emplacement  de  la  voie 825  65 

Déblaiement 1 8,68  I  50 

Essartage 44  80 

Régalage 307  20 

Ponts,  chevalets  et  ponceaux 2,857    1 9 

Rails 335,183  2S 

$   389,980  3Q 
Moins  pourcentage  réservé  sur  l'entreprise 1 ,923    I  I 

$    388,050  Kl 

D.  HOCTOR. 

Comptable-chef. 


44  COMMISSION  Dl    CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
LES   COMMISSAIRES  DU   CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  le  tracé  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District  «A1» — 

Travaux  d  art $  33,054  81 

Fournitures 740  13 

Frais  généraux 2,662  12 

Attirail  de  campement 2,151  50 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 074  95 


Service  des  transports — 

Transport 

Fournitures 

Attirail  de  campement 

Frais  généraux 

Service  des  marchandises  et  messageries 23,238  36 

Frais  de  voyages 1 ,301  95 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 119  75 


$ 

40,189  51 

$ 

15,742  65 

2,808  72 

333  92 

774  25 

$     44,319  00 


D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


LES   COMMISSAIRES  DU  CHEMIN   DE   FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  la  construction  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District  «A» — 

Travaux  d'art $  730  98 

Fournitures 3,071  50 

Attirail  de  campement 570  58 

Frais  généraux : 967  70 

Mobilier 56  00 

Traverses 7  00 

$       5,415  70 


D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


RAPPORT  ANNUEL  45 

OOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

LES  COMMISSAIRES   \)\:  CHEMIN   DE   FER  TRANSCONTINENTAL. 

RELEVÉ  des  dépenses  pour  le  tracé  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District  t< Fa- 
Travaux  d'art $  40,989  72 

Fournitures 10,028  99 

Frais  généraux 2,300   1 7 

Attirail  de  campement 3,997  49 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 2  11  60 

Mobilier 1 79  00 


s     57,739  97 


Service  des  transports — 

Transport $  8,500  55 

Fournitures 3,154  26 

Attirail  de  campement 376  58 

Frais  généraux 1 ,007  38 

Service  des  marchandises  et  messageries 9,685  12 

Frais  de  voyage 635  30 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 271  75 

$  23,630  94 


D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


46  COMMISSION  DU  CHEMIN  DE  FER  TRANSCONTINENTAL 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  190» 
LES   COMMISSAIRES   DU   CHEMIN   I>E   FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  pour  la  construction  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

District  «F»— 

Travaux  d'art $  157,871  01 

Fournitures 36,000  77 

Frais  généraux 37,283  51 

Attirail  de  campement 3,421  82 

Frais  de  justice 104  00 

Honoraires  de  médecin  et  médicaments 412  38 

Mobilier 487  18 

Emplacement  de  la  voie 105,926  83 

RégaJage 0,027,799  95 

Déblaiement 54,350  60 

Essartage 12,290  84 

Ponts,  chevalets  et  ponceaux 363,189  29 

Rails 1,008,220  17 

Attaches  de  rail 126,793  56 

Traverses .  335,149  42 

Pose  de  la  voie  et  confection  de  plate-forme 36,646  03 

Cœurs  et  aiguilles  de  croisement 11 ,282  12 

Tunnels 69,300  00 

Ballast  et  ballastage 19,280  00 

Clôturage  d'emplacement  de  la  voie, 14,274  90 

Croisements,  garde-bestiaux  et  écriteaux 997  85 

Ligne  télégraphique 337  75 

$  8,421,419  99 

Moins  pourcentage  réservé  sur  entreprises 265,555  09 

$  8,155,864  90 


D.  HOCTOR, 

Copmlable-cheJ. 


RAPPORT  ANNUEL  47 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  46 

LES   COMMISSAIRES   DU   CHEMIN   DE    FER  TRANSCONTINENTAL. 

Relevé  des  dépenses  totales  pour  le  travail  exécuté  sous  la  direction  (le  cette  Commis- 
sion, jusqu'au  31  mars  1908. 

Dépenses  de  septembre  1904  au  30  juin  1905 $        778,303  63 

Dépenses  pendant  Tannée  terminée  le  30  juin  1900,  y  compris  les 
sommes  payées  par  le  ministre  des  Finances  à  la  Compagnie 
du  chemin  de  fer  Gnind-Tronc-Pacifique  pour  les  études  à 
l'est  de  Winnipeg,  entreprises  par  la  Commission,  savoir:— 

$352,191  .73. 1,831,263  50 

Dépenses  durant  les  neuf  mois  terminés  le  31  mars  1907 5,535,807  50 

Dépenses  durant  l'exercice  terminé  le  31  mars  1908 18,910,449  41 

Dépenses  totales  au  31   mars  1908 $  27,057,944  01 


D.  HOCTOR, 

Comptable-chef. 


Aux  Commissaires  du  chemin  de  fer  TranscontincnioL 

Messieurs, — J'ai  l'honneur  de  soumettre  le  relevé  suivant  des  achats  faits  durant 
l'exercice  terminé  le  31  mars  1908. 

Province  de  l'Alberta $  248  70 

Province  de  la  Colombie-Britannique 479  75 

Grande-Bretagne 3,947  73 

Province  du  Manitoba 34,200  10 

Province  du  Nouveau-Bru nswick 22,771  39 

Province  de  la  Nouvelle-Ecosse 5,003  00 

Province  d'Ontario 140,979  60 

Province  de  l'Ile-du-Prince-Edouard 130  50 

Province  de  Québec 178,859  85 

Province  de  Saskatchewan 183  50 

Etats-Unis 4,280  43 

Total $   391,703  21 

J*ai  l'honneur  d'être 

Votre  obéissant  serviteur, 

A.  L.  O'GILVIE, 

Préposé  général  aux  achats  du  Transcontinental. 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  67 


A.  1909 


RÉPONSE 


Copie  du  rapport  des  commissaires  nommés  par  le  gouvernement  pour  faire  une  en- 
quête sur  les  lignes  d'embranchement  reliées  au  chemin  de  fer  Intercolonial  ;  aussi, 
copie  du  rapport  des  commissaires  nommés  par  le  gouvernement  de  la  province  du 
Nouveau-Brunswick  pour  faire  une  enquête  sur  les  lignes  d'embranchement  situées 
à  l'intérieur  de  cette  province  et  reliées  au  chemin  de  fer  Intercolonial. 


Bathurst,  N.-B.,  18  décembre  1907. 

A  Son  Honneur  l'honorable  Lemuel  J.  Tweedie, 
Lieutenant-gouverneur  en  conseil. 

Plaise  à  Votre  Honneur, — 

Les  commissaires  que  vous  avez  nommés  pour  examiner  l'état  actuel  des  embran- 
chements de  chemin  de  fer  de  la  province  du  Nouveau-Brunswick  et  pour  vous  présen- 
ter un  rapport  sur  ce  sujet,  et  que  vous  avez  chargés  en  même  temps  d'obtenir  des  pro- 
messes de  vente  ou  d'affermage  de  ces  lignes,  demandent  la  permission  de  vous  sou- 
mettre les  rapports  en  détail  ci-joints,  qui  montrent  l'état  actuel  de  chacun  de  ces  em- 
branchements, en  même  temps  qu'un  état  de  leur  capitalisation  totale,  de  leur  dette 
garantie  par  des  obligations,  de  leur  coût,  de  l'importance  de  leur  trafic,  de  leurs  re- 
cettes brutes,  bénéfices  nets  et  dépenses  d'exploitation. 

Nous  soumettons  également,  ci-joint,  quatre  états  sous  forme  de  tableaux  mon- 
trant : — 

1°  Un  état  sommaire  du  capital. 
2°  L'accroissement  du  trafic  de  1901  à  1906. 
3°  L'accroissement  des  recettes  brutes  de  1901  à  1906. 

4°  Une  comparaison  entre  les  frais  d'exploitation  et  les  bénéfices  nets,  de  1901 
â  1906. 

Ces  tableaux  ont  été  compilés  d'après  les  statistiques  fédérales  des  chemins  de  fer 
du  Canada. 

Il  y  a,  dans  le  Nouveau-Brunswick,  neuf  embranchements  qui  se  relient  de  la 
manière  suivante  au  réseau  de  l'Intercolonial  : — 

Gulf-Shore — de  Gloucester-Junction  à  Shippegan  et  à  Tracadie     84& 

Kent-Northern — de  Kent-Junction  à  Richibouctou 27 

Beersville — d'Adamsville  à  Beersville 8r% 

Bouctouche  et  Moncton — de  Moncton  à  Bouctouche 32 

N.-B.  et  I.-P.-E.— de  Sackville  à  Tormentine 36 

Salisbury  et  Harvey — de  Salisbury  à  Albert 45 

Elgin  et  Havelock— d'Elgin  à  Havelock 28 

Saint-Martin — de  Hampton  à  Saint-Martin 30 

York  et  Càrleton — de  Cross-Creek  à  4£  milles  au  delà  de  Stanley    10 

Total  des  milles  de  parcours 301fV 

Nous  avons  parcouru  chacune  de  ces  lignes,  inspectant  avec  soin  la  voie  et  le  tracé. 
Nous  nous  sommes  arrêtés  à  chaque  pont  ainsi  qu'à  tous  les  ponceaux  importants,  et 

67—1 


2  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

nous  les  avons  examinés  à  fond.  Nous  avons  inspecté  tous  les  bâtiments  des  gares 
ainsi  que  le  matériel  roulant.  D'une  manière  générale,  nous  nous  sommes  livrés  à  un 
examen  approfondi  de  l'état  actuel  de  chacune  de  ces  lignes. 

Nous  avons  constaté  que  toutes  ces  lignes,  sans  exception,  ont  été  beaucoup 
améliorées  au  cours  des  dernières  années.  Des  sommes  considérables  ont  été  consa- 
crées à  la  voie  et  aux  ponts.  Le  matériel  roulant,  particulièrement  les  locomotives,  est 
en  meilleur  état,  et  bien  qu'il  reste  encore  pas  mal  d'améliorations  à  faire,  ces  embran- 
chements ont  été  en  somme  portés  à  un  plus  haut  degré  de  perfection. 

Les  ponts  et  viaducs  sont  le  fléau  de  la  plupart  de  ces  embranchements.  Sur  la 
plupart  de  ces  voies,  en  effet,  les  constructions  de  ce  genre  sont  en  très  grand  nombre, 
et  quelques-unes  atteignent  de  grandes  longueurs  ;  elles  sont  une  cause  permanente  d'en- 
nuis, de  dépenses  et  de  dangers.  La  ligne  du  Kent-Northern,  celle  de  Beersville  et  celle 
de  York  et  Carleton  n'ont  pas  de  ponts  :  les  deux  dernières  ne  sont  que  de  courtes  lignes, 
d'une  longueur  d'environ  huit  ou  dix  milles  chacune,  mais  le  Kent-Northern  atteint 
une  longueur  de  vingt-sept  milles,  en  sorte  que  le  fait  de  n'avoir  pas  de  pont  d'un  en- 
tretien coûteux  contribue  beaucoup  à  son  excellente  situation  financière. 

Sur  ces  différentes  lignes,  de  nombreux  ponts  à  armature  Howe  sont  vieux  et  pres- 
que hors  d'usage;  il  sera  absolument  nécessaire  de  les  reconstruire  à  bref  délai  si  l'on 
veut  éviter  des  accidents. 

Presque  tous  ces  embranchements  sont  médiocrement  équipés  quant  aux  moyens 
de  combattre  la  neige,  et  par  conséquent  quelques-unes  de  ces  lignes  cessent  de  fonc- 
tionner quand  viennent  les  fortes  chutes  de  neige.  A  ce  point  de  vue,  la  ligne  du 
Kent-Northern  est  une  exception.  Elle  possède  des  chasse-neige  et  des  flangers  de  pre- 
mière classe,  en  sorte  qu'elle  est  en  mesure  de  maintenir  la  voie  libre  tout  l'hiver. 
Elle  manque  rarement  un  voyage,  si  même  il  lui  arrive  d'en  manquer  un  seul. 

Sur  tous  ces  embranchements  le  ballast  est  rare.  C'est  excusable  pour  des  lignes 
comme  celle  de  Bouctouche  et  Moncton,  par  exemple,  où  il  est  absolument  impossible 
de  se  procurer  du  ballast.  D'autres  lignes,  pourtant,  ont  de  bonnes  fosses  à  gravier 
dans  le  voisinage  de  leur  tracé,  mais  n'en  ont  pas  profité.  La  Compagnie  du  chemin  de 
fer  Kent-Northern,  par  exemple,  possède  une  splendide  fosse  à  gravier  et  vend 
une  quantité  de  ballast  au  chemin  de  fer  Intercolonial,  tandis  que  sa  propre  voie  en 
a  grand  besoin  et  qu'elle  pourrait  être  ballastée  à  très  bon  marché.  Rien  n'est  plus 
important  que  le  ballast  pour  l'entretien  d'une  bonne  voie,  et  dans  les  endroits  où  l'on 
peut  s'en  procurer  facilement  et  à  bon  marché  il  nous  semble  que  l'on  a  grand  tort  de 
ne  pas  s'en  servir. 

Un  autre  facteur  qui  contribue  puissamment  à  l'entretien  d'une  bonne  voie,  c'est 
l'abondance  des  traverses.  Avec  une  quantité  suffisante  de  bonnes  traverses  et  de 
ballast,  on  peut  construire  et  entretenir  une  excellente  voie,  même  avec  un  rail  infé- 
rieur et  léger,  surtout  sur  ces  embranchements,  où  le  matériel  et  le  trafic  sont  lé|gers; 
mais  le  meilleur  des  rails  ne  fera  jamais  qu'une  voie  soit  bonne,  si  les  traverses  sont 
médiocres  et  s'il  n'y  a  pas  de  ballast.  Bien  que  sur  la  plupart  de  ces  embranchements 
on  ait  placé  une  certaine  quantité  de  nouvelles  traverses  au  cours  des  deux  dernières 
années,  il  est  nécessaire  d'en  placer  encore  davantage.  Dans  ce  pays  boisé,  où  les  tra- 
verses peuvent  être  acquises  relativement  à  bon  marché,  il  est  inexcusable  de  n'en  être 
pas  mieux  fourni. 

Sur  ces  embranchements,  un  fort  percentage  des  rails  est  en  acier  Barrow  pesant 
cinquante-sept  livres  à  la  verge.  Ils  ont  été  utilisés  d'abord  sur  l'Intercolonial,  puis 
enlevés  de  cette  ligne  pour  y  être  remplacés  par  des  rails  plus  lourds.  Ces  rails  Barrow 
sont  faits  d'une  excellente  qualité  d'acier,  de  beaucoup  supérieur  à  celui  utilisé  pour 
les  rails  que  l'on  fabrique  aujourd'hui.  Ces  rails  sont  suffisamment  lourds  pour  le 
léger  trafic  de  ces  embranchements,  et,  règle  générale,  en  bon  état  et  très  peu  usés. 

Les  locomotives  dont  on  se  sert  actuellement  sont  en  général  en  bon  état  de  fonc- 
tionnement. Ce  sont  des  machines  légères,  mais  elles  s'adaptent  bien  à  un  trafic  léger. 
Le  reste  du  matériel  roulant  est  dans  un  état  passable.  Le  chemin  de  fer  de  Saint- 
Martin,  cependant,  possède  deux   splendides   voitures   à   voyageurs,  en   parfait   état, 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  3 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

propres  et  spacieuses.  En  pratique,  toutes  les  marchandises  qui  sont  transportées  par 
pleins  chargements  sont  transportées  dans  des  wagons  appartenant  à  la  ligne  principale. 

Sur  ces  embranchements,  le  trafic  des  voyageurs  et  celui  des  marchandises  s  est 
accru  au  cours  des  cinq  dernières  années,  et  l'année  actuelle  accusera  probablement  une 
nouvelle  augmentation.  Un  coup  d'œil  jeté  sur  le  tableau  que  l'on  trouvera  plus  loin 
fera  voir  que  le  nombre  des  voyageurs  transportés  a  augmenté  au  cours  des  cinq  der- 
nières années  dans  une  proportion  de  22  pour  100  sur  la  ligne  où  l'augmentation  a  été 
la  moins  importante,  et  qui  va  jusqu'à  158  pour  100  sur  la  ligne  où  l'augmentation  a 
été  la  plus  sensible.  Quant  au  nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées,  il  a 
augmenté,  à  une  exception  près,  dans  une  proportion  qui  varie,  suivant  les  lignes,  de 
18  à  56  pour  100. 

Les  chemins  de  fer  Kent-Northern  et  York  et  Carleton  accusent  une  proportion 
anormale  d'augmentation  dans  le  trafic  des  marchandises;  mais  il  est  à  remarquer  que 
dans  le  cas  du  Kent-Northern  l'année  1906  fut  une  année  exceptionnelle.  Quant  au 
York  et  Carleton,  nous  inclinons  à  croire  que  quelque  erreur  se  sera  glissée  dans  son 
compte  rendu. 

L'accroissement  des  recettes  brutes  a  aussi  été  très  grand  ;  l'année  1906  accuse  une 
augmentation  sur  l'année  1901  de  21  pour  100  sur  la  ligne  où  cette  augmentation  a  été 
la  moins  sensible,  et  de  94  pour  100  sur  la  ligne  où  elle  l'a  été  le  plus. 

Les  frais  d'exploitation,  sur  tous  les  embranchements  à  l'exception  de  deux,  se  sont 
considérablement  accrus  en  cinq  ans.  La  moyenne  de  cette  augmentation  est  de  30 
pour  100.  Toutefois,  sur  deux  des  lignes,  il  y  a  eu  diminution  dans  les  frais  d'exploi- 
tation, soit  9  pour  100  sur  l'une  et  10  pour  100  sur  l'autre. 

Cette  augmentation  des  frais  d'exploitation  a  quelque  peu  ralenti  l'augmenta- 
tion des  recettes  nettes,  mais  les  recettes  nettes  accusent  malgré  cela  une  augmenta- 
tion suffisante.  De  ces  neuf  embranchements,  six  montraient  un  déficit  en  1901,  et 
trois  seulement  un  surplus.  En  1906,  cette  proportion  s'est  trouvée  exactement  ren- 
versée, c'est-à-dire  que  sur  les  neuf  lignes  six  ont  accusé  un  surplus,  et  trois  seulement 
un  déficit.  En  1901,  l'ensemble  de  l'exploitation  des  neuf  embranchements  accusait 
un  déficit  total  de  $3,764.  En  1906  ce  déficit  avait  disparu  et  se  trouvait  remplacé  par 
un  excédent  de  recettes  de  $10,650,  ce  qui  est  certainement  un  résultat  satisfaisant  et 
témoigne  d'une  situation  d'affaires  prospère.  Nous  ne  doutons  pas  que  le  résultat  des 
opérations  pour  l'année  courante  ne  soit  encore  meilleur. 

De  1901  à  1906,  inclusivement,  ces  neuf  embranchements  ont  transporté  419,893 
voyageurs.  Aucun  de  ces  voyageurs  n'a  été  tué  et  deux  seulement  ont  été  blessés. 
Deux  personnes  ont  été  tuées,  l'une  était  un  employé  et  l'autre  n'était  ni  voyageur  ni 
employé.  Ces  deux  accidents  se  sont  produits  sur  la  ligne  de  Moncton  et  Bouctouche. 
Sur  ces  neuf  embranchements,  six,  au  cours  de  ces  six  années,  n'ont  pas  eu  un  seul 
accident  qui  ait  coûté  la  vie  à  personne,  ou  blessé  qui  que  ce  soit.  C'est  là  un  fait 
digne  de  remarque  en  même  temps  qu'une  éloquente  démonstration  de  la  sécurité  des 
voyages  sur  ces  lignes.  De  1901  à  1906,  inclusivement,  1,097,218  tonnes  de  marchan- 
dises ont  été  transportées  sur  ces  embranchements. 

Quand  on  considère  que  presque  toute  cette  marchandise — qui  représente  plus  d'un 
million  de  tonnes  en  six  ans — et  un  fort  percentage  de  ces  419,893  voyageurs,  qui  ve- 
naient de  ces  embranchements  ou  qui  s'y  rendaient,  ont  été  transportés  par  l'Interco- 
lonial,  et  quand  on  considère  en  outre  que,  dans  presque  tous  les  cas,  l'Intercolonial 
transporte  tout  ce  trafic  sur  un  très  long  trajet,  on  commence  à  se  rendre  compte  de 
la  valeur  des  affaires  qui,  grâce  à  ces  embranchements,  alimentent  l'Intercolonial. 

En  outre  de  leur  valeur  comme  pourvoyeurs  de  l'Intercolonial,  ces  chemins  de  fer 
ont  été  d'un  profit  incalculable  pour  les  localités  qu'ils  desservent  et,  d'une  manière  plus 
générale,  pour  la  province  toute  entière. 

Ce  que  deviendrait  le  pays  sans  ces  lignes  ne  saurait  être  mieux  démontré  que 
par  la  consternation  qui  y  règne  quand  l'une  d'elles  vient  à  suspendre  son  trafic 
pendant  un  ou  deux  jours.  La  prospérité  de  leur  exploitation  est  très  profitable  aux 
gens  de  la  province,  et  quelque  somme  d'argent  que  le  gouvernement  ait  consacrée  à 

67— le 


4  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ces  lignes  par  voie  de  subventions,  cette  somme  s'est  trouvé  remboursée,  et  bien  au 
delà,  par  l'augmentation  de  la  valeur  des  propriétés  dans  les  districts  que  desservent 
ces  lignes,  et,  d'une  manière  plus  générale,  par  le  développement  des  affaires  et  de  la 
prospérité  dans  le  pays.  Ces  bienfaits  sont  dus  en  grande  partie  à  l'existence  de  ces 
chemins  de  fer. 

T.  M.  BURNS, 
GILLMOR  BROWN, 

Commissaires. 


CHEMIN  DE  FER  DE  CARAQUET  ET  GULE-SHORE. 

SITUATION. 

Le  chemin  de  fer  Caraquet  et  Gulf-Shore  est  situé  dans  le  comté  de  Glou- 
cester.  Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Gloucester- Junction,  qui  est  située 
à  cinq  milles  au  sud  de  la  station  de  Bathurst.  De  Glouchester-Junction,  le  chemin  de 
fer  prend  une  direction  générale  vers  l'est,  en  suivant  la  rive  sud  de  la  rivière  Népisi- 
guit  jusqu'à  un  pont  qui  se  trouve  à  environ  un  demi-mille  de  la  ville  de  Bathurst.  A 
ce  point-là  la  voie  forme  un  "Y",  et  un  petit  embranchement  descend  la  rive  de  la 
Népisiguit  jusqu'à  un  point  tout  proche  de  l'endroit  où  la  route  publique  traverse  la 
rivière  Népisiguit.  C'est  là  qu'est  située  la  gare  de  Bathurst.  A  partir  de  l'"Y"  sus- 
mentionné, la  ligne  principale  continue  dans  la  direction  de  l'est,  suivant  de  près  le 
rivage  de  la  baie  jusqu'à  ce  qu'elle  atteigne  la  Grande- Anse. 

A  la  Grande- Anse,  qui  se  trouve  à  3i  milles  de  Gloucester-Junetion,  la  ligne  se 
dirige  vers  le  sud,  elle  quitte  le  rivage  de  la  baie,  passe  par  Burnsville,  et  rejoint  de  nou»- 
veau  le  rivage  de  la  baie  à  Caraquet  en  haut.  A  partir  de  là  la  ligne  sur  de  près  la 
route  jusqu'au  village  de  Caraquet,  à  50  milles  de  Gloucester-Junetion.  Continuant 
dans  la  direction  de  l'est,  à  travers  la  paroisse  de  Caraquet,  le  chemin  de  fer  atteint 
Pokemouche-Junction,  à  soixante  milles  de  Gloucester-Junetion.  De  Pokemouche- 
Junction  le  chemin  de  fer  de  Caraquet  continue  jusqu'à  Shippegan,  qui  est  sa  tête  de 
ligne  de  l'est. 

H  y  a  environ  une  dizaine  d'années,  on  a  construit  un  embranchement  qui,  de 
Pokemouche-Junction,  se  dirige  vers  le  sud  jusqu'à  Tracadie.  Cet  embranchement 
est  désigné  sous  le  nom  de  chemin  de  fer  Gulf-Shore.  La  longueur  du  chemin  de 
fer  primitif  de  Caraquet,  calculée  de  Gloucester-Junetion  à  Shippegan,  est  de  70  milles. 
La  longueur  du  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore,  de  Pokemouche-Junction  à  Tracadie- 
Mills,  est  de  18  milles;  ces  deux  chemins  de  fer  représentent  donc  une  longueur  totale 
de  80  milles. 

HISTORIQUE. 

La  Compagnie  du  chemin  de  fer  de  Caraquet  a  été  légalement  constituée  par  acte 
de  la  législature  provinciale  en  l'année  1874. 

L'acte  étant  devenu  caduc,  il  a  été  renouvelé  le  18  avril  1878.  Les  noms  de  K.  F. 
Burns,  M.P.P.,  P.  G.  Ryan,  M.P.P.,  et  d'autres,  figurent  au  nombre  des  fondateurs. 
Plus  tard,  en  1882,  l'acte  fut  de  nouveau  renouvelé  et  le  nom  de  la  compagnie  figure 
dans  la  liste  des  chemins  de  fer  auxquels  l'acte  du  6  avril  1882  accordait  une  subven- 
tion jusqu'à  concurrence  de  $3,000  par  mille.  La  construction  en  a  été  commencée  en 
1882  et  la  ligne  a  été  ouverte  au  trafic  jusqu'à  Shippegan,  sa  tête  de  ligne  de  l'est,  en 
1886. 

Le  chemin  de  fer  du  Gulf  Shore  a  été  légalement  constitué  par  l'acte  du  6  avril 
1885.  K.  F.  Burns,  M.P.P.,  Robert  Yung,  M.P.P.,  John  Yung,  et  d'autres,  étaient  au 
nombre  des  fondateurs.  Etant  devenu  caduc,  cet  acte  a  été  renouvelé  le  21  avril  1894, 
et  une  subvention  de  $2,500  par  mille  a  été  accordée  au  chemin  de  fer  par  la  législa- 
ture provinciale. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

La  construction  du  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore  fut  commencée  en  1894  et  elle 
fut  ouverte  jusqu'à  Tracadie,  sa  tête  de  ligne,  en  l'année  1896. 

Le  chemin  de  fer  de  Caraquet  et  du  Gulf-Shore  ont  tous  deux  reçu  du  gouverne- 
ment du  Dominion  une  subvention  de  $3,200  par  mille. 

La  construction  de  l'un  et  l'autre  de  ces  chemins  de  fer  est  due  presque  entière- 
ment aux  efforts  du  défunt  sénateur  K.  F.  Burns. 

Le  chemin  de  fer  de  Caraquet  et  celui  du  Gulf-Shore  étaient  la  propriété  de  la 
succession  Burns  et  furent  exploités  par  elle  jusqu'à  il  y  a  environ  trois  ans,  alors  que 
des  gens  de  Toronto  en  acquirent,  le  contrôle.  Ils  sont  aujourd'hui  exploités  par  ces 
gens  sous  la  direction  générale  de  Jas.  Webster. 

LE   TRACÉ. 

Le  tracé  est  excellent,  beaucoup  meilleur  assurément  que  ne  le  sont,  en  moyenne, 
les  lignes  d'embranchement.  Il  y  a  de  nombreuses  lignes  droites  de  deux  et  trois  milles 
de  longueur,  et  le  nombre  moyen  des  courbes  est  inférieur  à  une  courbe  par  mille.  Nous 
estimons  que  le  percentage  des  courbes  n'est  pas  supérieur  à  15  pour  100  de  la  longueur 
totale.    C'est  un  percentage  extrêmement  bas  pour  un  embranchement. 

RAMPES. 

Les  rampes  sont  peu  accentuées.  Il  n'y  a  pas  de  forte  rampe  d'une  grande  lon- 
gueur. Le  pays  que  traverse  le  chemin  de  fer  est  très  uni  et  plat.  Nous  croyons  que 
la  plus  forte  rampe  est  de  11.2  pour  100,  et  sur  un  très  court  trajet  seulement. 

EMPLACEMENT    DE    LA    VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  est  en  général  d'une  largeur  de  soixante-six  pieds,  ou 
quatre  perches,  excepté  aux  gares,  où  l'on  s'est  procuré  l'espace  supplémentaire  dont  on 
avait  besoin.  A  travers  les  districts  boisés,  en  quantité  d'endroits,  le  chemin  est  recou- 
vert d'une  nouvelle  pousse  d'arbrisseaux,  et  de  buissons.  Ces  arbrisseaux  et  buissons 
devraient  être  coupés  et  brûlés.  L'emplacement  de  la  voie  devrait  être  déblayé  et 
nettoyé. 

RAILS. 

Sur  le  chemin  de  fer  de  Caraquet,  entre  Gloucester-Junction  et  Shippegan,  les  rails 
sont  en  acier  Barrow,  pesant  cinquante  livres  à  la  verge.  Ils  étaient  neufs  quand  ils 
ont  été  placés  sur  cette  ligne.  Bien  qu'ils  soient  très  légers,  ils  sont  en  excellent  état. 
Il  y  a  très  peu  d'exemples,  si  même  il  y  en  a,  de  rails  dont  les  extrémités  soient  défor- 
mées ou  aplaties.  La  qualité  de  l'acier  de  ces  rails  est  bien  supérieure  à  celle  des 
rails  que  l'on  fabrique  aujourd'hui.  Ils  sont  assujétis  au  moyen  d'éclisses  retenues  par 
quatre  chevilles  à  chaque  joint.  Sur  le  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore,  de  Pokemouche- 
Junction  à  Tracadie-Mills,  les  rails  sont  également  en  acier  Barrow,  pesant  cinquante- 
six  livres  à  la  verge.  Ils  ont  été  primitivement  employés  sur  l'Intercolonial  et  ont  été 
achetés  de  cette  ligne.  S'ils  ont  été  enlevés  de  la  voie  de  l'Intercolonial,  ce  n'est  pas 
qu'ils  fussent  de  qualité  inférieure,  ni  qu'ils  aient  été  fortement  usés,  c'est  simplement 
parce  que  le  lourd  trafic,  la  grandeur  et  le  poids  du  matériel  roulant  de  l'Intercolonial 
exigeaient  des  rails  plus  lourds.  Ces  rails  sont  en  bon  état,  très  peu  usés,  et  en  réalité 
aussi  bons  qu'au  moment  où  ils  ont  été  posés.    Ils  sont  aussi  fixés  au  moyen  d'éclisses. 

TRAVERSES. 

Les  traverses  sont  faites  de  différentes  espèces  de  bois  tendre,  bois  de  construction 
commun  dans  le  pays  en  grande  partie  du  cèdre  et  du  pin  princesse.  Elles  sont  séparées 
d'un  espace  de  deux  pieds  d'axe  et  axe,  soit  à  raison  de  2,650  traverses  par  mille. 
Un  certain  nombre  de  traverses  nouvelles  ont  été  posées  au  cours  des  deux  dernières 
saisons,  mais  nous  estimons  qu'il  serait  nécessaire  de  poser  encore,  en  moyenne,  1,000 
nouvelles  traverses  par  mille. 


6  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
BALLAST. 

Il  y  a  une  bonne  sablonnière  sur  la  ligne  du  chemin  de  fer  Gulf-Shore, 
à  peu  de  distance  de  Pokemouche-Junction.  Il  y  a  aussi  de  splendide  ballast,  très 
propre  à  la  ligne  du  chemin  de  fer,  dans  un  endroit  situé  près  de  Gloucester-Junction. 
Une  quantité  considérable  de  nouveau  ballast  a  été  mise  sur  la  voie  au  cours  de  la  der- 
nière saison,  mais  il  est  nécessaire  d'en  mettre  encore  un  peu  plus.  Nous  estimons 
qu'il  est  nécessaire  d'en  mettre  encore  en  moyenne  1,000  verges  cubes  par  mille  pour 
que  la  voie  soit  en  bon  état. 

DRAINAGE. 

Le  drainage  est  excellent  et  la  voie  bien  située  pour  l'écoulement  des  eaux.  Il  est 
nécessaire  de  faire  un  fossoyage  considérable  pour  maintenir  la  voie  sèche. 

PONCEAUX. 

La  plupart  des  ponceaux  sont  du  type  ouvert  ou  à  solive,  avec  quelques  ponceaux 
fermés  sous  les  forts  talus.  Ils  sont  construits  en  bois  de  cèdre,  avec  un  peu  de  rem- 
plage  en  pierre.  Il  y  a,  en  moyenne,  un  ponceau  ouvert  par  mille  de  longueur,  et  la 
plupart  de  ces  ponceaux  ont  besoin  de  légères  réparations.  Un  petit  nombre  devraient 
(être  entièrement  reconstruits. 

PONTS. 

Les  ponts  sont  tous  en  bois.  Leur  description  va  suivre.  En  voici  la  liste  dans 
l'ordre  où  ils  se  trouvent  situés  à  partir  de  Gloucester-Junction  : — 

i  Longueur  en  pieds. 

Pont  de  la  rivière  à  l'Achigan 120 

Pont  du  ruisseau  Miller 30 

Pont  de  Janeville 35 

Pont  du  ruisseau  Scott 120 

Pont  de  Pokeshaw 125 

Pont  de  Burnsville 100 

Pont  du  ruisseau  Placide 200 

Pont  viaduc 400 

Pont  de  Bertrand 400 

Pont  de  l'anse  Mclntosh 425 

Pont  de  Saint-Simon 60 

Pont  de  Pokemouche ». 1,750 

Pont  de  Tracadie 160 

Pont  de  la  rivière  à  l'Achigan. 

La  construction  de  ce  pont  consiste  en  deux  travées  de  60  pieds,  système  Howe, 
reposant  sur  des  culées  et  sur  une  pile  en  maçonnerie  de  pierre.  La  maçonnerie  est  en 
très  bon  état.  Les  poutres  ont  été  renforcées  au  moyen  de  quelques  moises  supplé- 
mentaires. Bien  que  ce  pont  soit  actuellement  sûr,  il  sera,  bientôt  usé  et  devra  être 
remis  à  neuf  dans  un  ou  deux  ans  au  plus  tard. 

Le  pont  de  Miller's-Brook  a  deux  culées  en  cèdre  en  grume  qui  sont  en  bon  état. 
Les  tréteaux  de  chevalets  sont  en  bon  état,  mais  ceux-ci  devraient  être  munis  de  moises 
longitudinales.  Le  tablier  de  ce  pont,  comme  ceux  de  tous  les  autres,  consiste  en  deux 
longerons  principaux,  un  sous  chaque  rail,  et  deux  sous-longerons,  mesurant  les  uns  et 
les  autres  12  pouces  sur  14.  Les  traverses  ont  16  pieds  de  long.  Il  y  a  des  contre-rails 
à  l'extérieur,  et  dans  quelques  cas  à  l'intérieur.    Ce  pont  est  sûr  et  en  bon  état. 


CHEMIN  DE  FEU  IXTERCOLOXIAL  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Pont  de  Janeville. 

Le  pont  de  Janeville  est  du  même  type  que  celui  de  Miller's-Brook,  et  il  est  en  assez 
bon  état. 

Pont  de  Scott' 's-Brook. 

Le  pont  de  Scott's-Brook  a  deux  culées  et  deux  grandes  piles  carrées,  entièrement 
construites  en  cèdre  en  grume.  Entre  chaque  pile  il  y  a  des  chevalets  en  cèdre  qui 
sont  en  bon  état. 

Pont  de  Pokeshaw. 
Encoffrements  en  bois  de  cèdre;  en  bon  état. 

Pont  de  Burnsville. 

Culées  en  cèdre  méplat,  avec  un  revêtement  extérieur  en  planche,  et  cinq  tréteaux 
de  chevalets  en  charpentes.  Ces  tréteaux  sont  bien  entretoisés  et  en  bon  état.  Ce  pont 
est  situé  sur  une  courbe  et  a  des  rails  supplémentaires,  par  mesure  de  précaution,  à 
l'intérieur  de  la  courbe.    Le  pont  est  en  bon  état. 

Pont  de  Placid' s-Brook. 

Tréteaux  de  chevalets  en  charpente  de  cèdre  rond.  Les  tréteaux  ont  environ  30 
pieds  de  hauteur.  Il  n'y  a  pas  de  contreventement  longitudinal.  Le  pont  est  en  bon 
état,  mais  devrait  être  contreventé. 

Pont  Viaduc. 
Quatre  tréteaux  de  chevalets  en  charpente.    En  bon  état. 

Pont  de  Bertrand. 

Tréteaux  de  chevalets  doubles  en  charpente  de  cèdre  rond.  Les  tréteaux,  de  35  à  40 
pieds  de  hauteur,  sont  entretoisés  et  en  excellent  état.  Les  semelles  reposent,  à  une 
bonne  hauteur  au-dessus  du  fond,  sur  un  massif  bien  fait  et  solide.  Ce  viaduc  a  été 
reconstruit  il  y  a  peu  d'années. 

Pont  Mclntosh-Cove. 

Tréteaux  de  chevalets  en  charpente  sur  une  longueur  d'environ  150  pieds  à  l'extré- 
mité ouest,  et  des  coffrages  de  cèdre,  avec  remplage  en  pierre,  sur  une  longueur  d'envi- 
ron 300  pieds  à  l'extrémité  est.  Les  coffrages  de  cèdre  ont  entre  eux  des  ouvertures 
d'environ  20  pieds  de  large,  à  tous  les  50  pieds.  La  partie  de  ce  pont  qui  est  en  cheva- 
lets devrait  être  reconstruite.    Les  coffrages  de  cèdre  sont  forts  et  en  très  bon  état. 

Pont  de  Saint-Simon. 

Deux  culées  et  un  pile  en  charpente  de  cèdre  remplie  de  pierre.  Ce  pont  est  en 
bon  état. 

Pont  de  Pokemouche. 

Ce  pont  est  la  construction  la  plus  importante  de  la  ligne,  attendu  qu'il  mesure 
environ  1,750  pieds  de  longueur  à  travers  la  rivière  Pokemouche.  La  substruction  est 
en  coffrages  de  bois  de  cèdre  bien  remplis  de  pierres.  Sept  de  ces  coffrages,  près  du  cen- 
tre, ont  des  brise-glace.  Il  y  a  deux  travées  de  50  pieds,  système  Iiowe,  près  de  l'extré- 
mité est.  La  substructure  de  ce  pont  est  saine  et  solide.  Le  tablier  est  irrégulier  et 
pas  de  niveau.     Une  grande  quantité  de  traverses  sont  détériorées,  et  la  plupart  des 


8  LIGNES  D'EMBRANCHE  MENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

contre- rails  sont  en  mauvais  état.  Ce  pont  est  sûr,  mais  le  tablier  devrait  être  refait  et 
remis  de  niveau.  Il  faudrait  poser  de  nouveaux  contre-rails,  quelques  nouvelles  longri- 
nes  et  des  traverses  supplémentaires. 

Les  tabliers  de  presque  tous  les  ponts  et  ponceaux  ouverts  ont  besoin  de  réparations. 

BÂTIMENTS  DES  GARES. 

Il  y  a  des  gares  avec  des  bureaux  pour  la  vente  des  billets,  des  salles  d'attente  et 
des  hangars  à  marchandises  aux  stations  suivantes:  Gloucester- Jonction,  Bathurst, 
Grande- Anse,  Burnsville,  Caraquet,  Tracadie,  Inkerman  et  Shippegan.  Tous  ces  bâti-' 
ments  de  gares  sont  en  très  bon  état.  Il  y  a  des  voies  d'évitement  à  toutes  ces  gares. 
Il  y  a  des  haltes  avec  voie  de  service  aux  endroits  suivants:  Salmon-Beach,  Millers- 
Brook,  Janeville,  Clifton,  Stonehaven,  New-Bandon,  Pokeshaw,  Saint-Joseph,  Cara- 
quet en  haut,  Boute  de  la  Baie-Ferguson  et  Saint-Isidore.  Il  y  a  une  remise  à  locomo- 
tive à  trois  places  à  la  gare  de  Bathurst,  une  plaque  tournante  à  Tracadie  et  un  "  Y  " 
à  Shippegan,  à  Pokemouche-Junction  et  à  la  jonction  qui  est  près  de  la  gare  de  Ba- 
thurst. 


MATERIEL   ROULANT. 

Il  y  a  trois  locomotives,  deux  voitures  de  voyageurs,  cinq  wagons  fermés,  22  wagons 
plats  ou  à  plate-forme,  et  un  chasse-neige.  Deux  des  locomotives  sont  de  bonne  dimen- 
sion et  en  bon  état  de  fonctionnement.  La  troisième,  qui  est  une  petite  machine,  est 
actuellement  à  l'usine,  où  elle  subit  de  légères  réparations.  Il  y  a  une  voiture  de  pre- 
mière classe  pour  les  voyageurs,  et  une  voiture  combinée  de  seconde  classe  avec  compar- 
timent de  fumeurs.  Les  wagons  fermés  et  les  wagons  à  plate-forme  sont  en  très  bon 
état.  Une  grande  partie  des  marchandises  sont  transportées  sur  les  wagons  à  mar- 
chandises de  Flntercolonial. 

Le  pays  que  traverse  le  chemin  de  fer  est,  en  général,  très  peuplé.  Il  est  dans  un 
état  prospère  et  va  constamment  s'améliorant.  La  population  du  comté  de  Gloucester 
s'accroît  rapidement. 

Il  y  a  à  Stonehaven  une  carrière  de  pierre  meulière  et  un  moulin  pour  la  manufac- 
ture de  meules.  C'est  une  industrie  prospère  qui  emploie  environ  80  employés. 

Grand- Anse  est  un  village  prospère  sur  le  bord  de  la  baie,  à  trente  et  un  milles 
de  Gloucester-Junction. 

Caraquet  s'est  amélioré  et  agrandi  rapidement  au  cours  de  ces  dernières  années.  La 
population  est  nombreuse  dans  ce  district  et  les  constructions  y  sont  très  denses.  Il  y 
a  trois  bons  hôtels  à  Caraquet,  et  c'est  un  endroit  qui  ferait  une  villégiature  d'été  idéale, 
par  le  fait  de  sa  situation  magnifique  sur  le  rivage  de  la  baie.  La  pêche  est  ici  la  prin- 
cipale industrie.  Chaque  année  on  expédie  de  grandes  quantités  de  morue  et  d'autres 
poissons.    Une  grande  partie  est  expédiée  par  chemin  de  fer. 

A  Caraquet  en  bas,  près  de  l'église  Saint-Paul,  le  chemin  de  fer  se  trouve  à 
environ  deux  milles  et  demi  du  rivage.  Dans  le  voisinage  de  l'église  Saint-Paul  la 
population  est  nombreuse  et  le  commerce  en  voie  de  grand  développement.  Cette  po- 
pulation aurait  grand  avantage  à  être  desservie  par  une  petite  ligne  d'embranchement, 
avec  une  gare,  dans  le  voisinage  de  l'église  Saint-Paul.  Dans  l'état  actuel,  toutes 
les  marchandises  doivent  être  transportées  jusqu'à  la  station  de  Caraquet,  qui  se  trouve 
à  six  milles  de  là.  La  région  que  traverserait  cette  ligne  est  très  plane,  en  sorte  que 
l'établissement  en  serait  facile.  Caraquet  se  trouve  dans  des  conditions  tout  particu- 
lièrement favorables  au  développement  d'industries  manufacturières:  bonnes  commu- 
nications, tant  par  chemin  de  fer  que  par  eau;  climat  splendide,  et,  par  dessus  tout: 
abondance  de  main-d'œuvre.  Il  y  a  une  quantité  de  jeunes  gens,  nés  dans  ce  coin  de 
pays,  qui  ne  demanderaient  pas  mieux  que  de  rester  au  pays  s'ils  y  avaient  du  travail. 
Nous  ne  connaissons  pas  de  localité  où  un  aussi  grand  nombre  de  travailleurs  pour- 
raient être  aussi  facilement  assurés  en  tout  temps.  Caraquet  a  une  population  de  près 
de  5,000  âmes,  et  elle  se  développe  rapidement. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  9 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Les  frères  Walker  ont  une  scierie  pour  le  bois  de  construction  à  Burnsville.  La 
scierie  de  Snowball  est  située  sur  le  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore,  et  le  grand  moulin 
d'Adam  Burn  et  Cie  est  à  la  tête  de  ligne,  à  Bathurst.  Une  grande  partie  du  bois  de 
construction  de  la  scierie  de  Walker  frères  et  de  celle  de  Snowball  est  transportée  par  le 
chemin  de  fer. 

Shippegan  possède  un  joli  port  et  est  le  centre  d'une  grande  industrie  de  pêche. 
L'île  de  Shippegan  et  celle  de  Miscou  font  partie  du  comté  de  Gloucester.  A 
Lemèque,  dans  l'île  de  Shippegan,  se  trouvent  les  grands  établisements  de  salage  de 
poissons  de  Wm  Fruing  et  Oie,  qui  fournissent  du  travail  à  environ  200  personnes. 
Presque  tout  le  poisson  est  transporté  à  Shippegan  et  expédié  de  là  par  chemin  de  fer. 
L'île  de  Miscou  a  aussi  un  important  commerce  de  poisson  qui  occupe  un  grand 
nombre  de  gens.    Cette  île  a  une  population  très  dense  et  a  de  bonnes  fermes. 

Un  service  de  bateaux  à  vapeur  est  établi  entre  ces  îles  et  les  ports  de  Caraquet  et 
de  Shippegan. 

Il  y  a  à  Caraquet  un  beau  quai  qui  a  coûté  environ  $700,000  et  où  l'eau  a  une  pro- 
fondeur de  20  pieds  à  marée  basse.  Il  devrait  y  avoir  une  ligne  reliant  le  chemin  de 
fer  de  Caraquet  à  ce  quai.  Il  y  a  aussi  un  bon  quai  à  Shippegan.  La  ligne  du  chemin 
de  fer  aboutit  à  ce  quai,  mais  seulement  à  l'extrémité  du  quai  qui  touche  à  la  côte, 
alors  qu'il  devrait  être  prolongé  sur  toute  la  longueur  du  quai,  jusqu'à  l'extrémité  du 
quai  où  l'eau  a  sa  plus  grande  profondeur. 

La  région  que  traverse  le  chemin  de  fer  a  été  considérablement  améliorée,  et  la 
population  s'est  fortement  accrue  par  suite  de  sa  construction.  En  général  le  pays 
paraît  être  dans  un  état  de  prospérité  et  de  progrès.  Les  jolies  maisons  agréablement 
peintes,  ainsi  que  les  bâtiments  de  fermes,  donnent  à  la  région  en  général  un  air  d'ai- 
sance et  de  prospérité. 

La  gare  de  Bathurst  du  chemin  de  fer  de  Caraquet  a  l'inconvénient  d'être  située 
sur  le  côté  est  de  la  rivière  Nepisiguit  à  un  bon  mille  du  centre  d'affaires  de  la  ville. 
S'il  y  avait  un  pont  sur  la  Nepisiguit,  plus  près  du  centre  d'affaires,  cela  faciliterait 
considérablement  la  manutention  des  marchandises  ainsi  que  la  circulation  des  voya- 
geurs, et  supprimerait  le  transport  onéreux  des  marchandises  sur  une  longueur  de 
près  d'un  mille.  En  même  temps  cela  augmenterait  considérablement  le  trafic  du  che- 
min de  fer  de  Caraquet,  car  toute  la  marchandise  qui  est  actuellement  véhiculée  vers 
la  station  ou  à  partir  de  la  station  de  l'Intercolonial  à  Bathurst  serait  directement 
transportée  en  plein  centre  des  affaires  du  chemin  de  fer  de  Caraquet. 

Il  devrait  y  avoir  aussi,  à  partir  de  Stonehaven,  une  ligne  d'environ  un  mille  de 
longueur,  pour  faciliter  en  cet  endroit  le  commerce  important  des  carrières  de  pierre 
meulière. 

Le  service  des  trains,  tel  qu'il  est  actuellement  organisé,  fournit  un  train  par 
jour,  dans  chaque  sens,  vers  Caraquet;  quatre  trains  par  semaine  pour  Pokemouche- 
Junction  ;  deux  trains  par  semaine  pour  Tracadie  et  deux  trains  par  semaine  pour  Ship- 
pegan. En  général  ce  chemin  de  fer  est  en  bon  état,  et  en  y  dépensant  une  petite  som- 
me d'argent  on  en  ferait  une  ligne  de  premier  ordre. 

Longueur  du  chemin  de  fer  de  Caraquet 68  milles. 

Longueur  du  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore 17  milles. 

Capital  total  versé,  chemin  de  fer  de  Caraquet $1,854,000 

Capital  total  y,ersé,  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore 101,899 

Obligations  autorisées,  chemin  de  fer  de  Caraquet 500,000 

Obligations  émises,  chemin  de  fer  de  Caraquet 500,000 

Obligations  vendues,  chemin  de  fer  de  Caraquet 300,000 

Obligations  autorisées,  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore.  .    .  .        250,000 

Obligations  émises,  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore Néant. 

Obligations  vendues,  chemin  de  fer  du  Gulf-Shore Néant. 

Coût,  y  compris  le  matériel  roulant,  ch.  de  fer  de  Caraquet     1,013,500 

Coût  par  mille,  chemin  de  fer  de  Caraquet 14,904 

Coût,  y  compris  le  matériel  roulant,  c.  de  f.  du  Gulf-Shore        101,899 


10  LIGNES  D'EMBÊANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Coût,  par  mille 6,065 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1901 5,610 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1906 10,629 

Augmentation  en  cinq  ans 89% 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1901 18,904 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1906 22,655 

Augmentation  en  cinq  ans fc 20% 

Kecettes  brutes  en  1901 $      26,173 

Kecettes  brutes  en  1906 44,988 

Augmentation  en  cinq  ans 72% 

Frais  d'exploitation  en  1901 27,219 

Frais  d'exploitation  en  1906 \  .  48,650 

Augmentation  en  cinq  ans 79% 

Kecettes  nettes  en  1901 1,406    Déficit. 

Kecettes  nettes  en  1906 3,663   Déficit. 

Le  chemin  de  fer  de  Caraquet  et  celui   du  Gulf-Shore  sont   exploités  comme  une 
seule  et  même  ligne. 

T.  M.  BUKNS, 
GILLMOK  BKOWN, 

Commissaires. 
Bathurst,  N.-B.,  18  décembre  1907. 


CHEMIN  DE  FEK  DE  BEERSVILLE. 

Ce  chemin  de  fer  est  situé  dans  le  comté  de  Kent.  Il  se  relie  à  l'Intercolonial  à  la 
station  d'Adamsville,  à  31  milles  au  nord  de  Moncton,  et  se  dirige  presque  directement 
à  l'est,  vers  Beersville,  sur  le  côté  ouest  de  la  rivière  Coal-Branch.  La  tête  de  ligne 
de  l'est  est  au  débouché  de  la  Compagnie  houillère  Impériale.  La  longueur  de  la  ligne, 
d'Adamsville  à  Beersville,  est  d'environ  6£  milles.  A  environ  £  de  mille  à  l'est  de 
Beersville,  un  petit  embranchement  quitte  la  ligne  principale  pour  se  diriger  vers  le 
sud  jusqu'à  la  mine  de  la  Compagnie  houillère  Canadienne.  Cet  embranchement  a 
une  longueur  d'environ  21  milles,  ce  qui  porte  la  longueur  totale  de  la  ligne  à  8§-  milles. 

HISTORIQUE. 

La  Compagnie  du  chemin  de  fer  de  Beersville  a  été  légalement  constituée  par  acte 
de  la  législature  provinciale  en  1902.  Au  nombre  des  fondateurs  figurent  Hugo  Van 
Hagan  de  New- York,  M.  F.  Keith  et  C.  W.  Polleys,  de  Moncton.  Un  contrat  fut  passé 
en  septembre  1903  avec  les  frères  Brown.  La  construction  a  été  commencée  le  25  sep- 
tembre 1903.  Le  24  décembre  de  la  même  année  le  premier  wagon  de  charbon  prove- 
nant des  mines  de  la  Compagnie  Impériale  était  transporté  sur  le  parcours  de  la  ligne. 
La  petite  ligne  d'embranchement  fut  construite  pendant  la  saison  de  1904,  et  la  ligne 
entière  fut  ouverte  au  trafic  durant  cette  même  année.  Ce  chemin  de  fer  a  reçu  la 
subvention  provinciale  habituelle  de  $2,500  par  mille  et  la  subvention  fédérale  de 
$3,200  par  mille. 

TRACÉ. 

Le  tracé  est  excellent;  il  n'y  a  que  deux  courbes  sur  la  ligne  principale  et  trois 
sur  le  petit  embranchement.  Toutes  ces  courbes  sont  faciles.  Les  deux  qui  sont  sur  la 
ligne  principale  mesurent  respectivement  un  et  trois  degrés.  Il  n'y  a  que  10  pour  100 
environ  de  la  longueur  totale  qui  soient  en  courbes,  tandis  que#0  pour  100  sont  en  ligne 
droite.  Sur  la  ligne  principale  les  rampes  sont  modérées;  la  rampe  maxima  est  de 
un  et  demi  pour  cent,  et  sur  une  courte  distance  seulement.    La  ligne  descend  graduelle- 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLOXIAL  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

ment  d'Adamsville  à  Beersville.  La  base  des  rails,  à  Beersville,  se  trouve  exactement  à 
100  pieds  pins  bas  qu'à  Adamsville.  Sur  le  petit  embranchement  il  y  a  une  rampe  d'en- 
viron un  et  neuf  dixièmes  pour  cent  sur  une  longueur  d'environ  un  quart  de  mille.  Le 
reste  de  l'embranchement  n'a  que  de  très  faibles  rampes. 

EMPLACEMENT    DE    LA    VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a,  en  général,  une  largeur  de  66  pieds.  Il  a  été  bien 
nettoyé  et  brûlé;  il  est  d'un  aspect  très  propre.  A  l'exception  d'une  très  courte  dis- 
tance à  travers  les  bois  épais,  l'emplacement  de  la  voie  est  enclos  d'une  solide  clôture 
en  fil  métallique  Page  qui  est  en  bon  état. 

RAILS. 

Les  rails  sont  en  acier  Barrow  pesant  56  livres  à  la  verge.  Ils  ont  été  achetés  du 
cnemin  de  fer  Intercolonial.  Ils  sont  en  très  bon  état  et  très  peu  usés.  Ils  sont  assu- 
jétis  au  moyen  d'éclisses  retenues  par  quatre  chevilles  à  chaque  joint. 

TRAVERSES. 

Les  traverses  sont  presque  toutes  en  cèdre,  en  pruche  ou  en  épinette  blanche,  et 
sont  posées  de  deux  pieds  en  deux  pieds.  A  de  très  rares  exceptions  près,  les  traverses 
sont  toutes  solides  et  en  bon  état. 

BALLAST. 

Cette  ligne  est  bien  ballastée  avec  une  excellente  qualité  de  gravier.  Comme  il  n'y 
a  pas  de  sablonnière  d'aucune  sorte  dans  le  voisinage  de  la  ligne,  le  ballast  a  dû  être 
acheté  du  chemin  de  fer  Kent-Northern.  Il  a  été  transporté  par  cette  compagnie,  de 
sa  sablonnière  à  Mill-Creek  à  Kent- Junction,  c'est-à-dire  sur  un  parcours  de  vingt 
milles.  De  là  ce  ballast  a  été  transporté  par  l'Intercolonial,  de  Kent- Junction  à 
Adamsville,  c'est-à-dire  une  distance  de  dix-huit  milles,  et  c'est  à  Adamsville  qu'il  a 
été  livré  à  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  de  Beersville.  A  peu  près  13,000  wagons 
de  ballast  ont  été  livrés  de  cette  manière;  il  en  résulte  que  le  ballastage  a  été  un  item 
onéreux  dans  la  construction  de  la  voie. 

DRAINAGE. 

La  ligne  est  parfaitement  bien  drainée  d'un  bout  à  l'autre,  et  par  conséquent,  la 
chaussée  est  maintenue  sèche. 

PONCEAUX. 

Il  n'y  a  pas  de  ponceau  ouvert  sur  cette  ligne.  Tous  les  aqueducs  sont  faits  de 
tuyaux  vitrifiés  de  double  épaisseur,  et  de  8  à  24  pouces  de  diamètre. 

PONTS. 

Il  n'y  a  pas  de  pont  sur  cette  ligne;  de  fait,  il  n'y  a  pas  d'ouverture  d'aucune  es- 
pèce le  long  de  la  ligne,  à  l'exception  de  trois  fosses-bestiaux  aux  passages  à  niveau  des 
voies  publiques. 

BÂTIMENTS  DES  GARES. 

Il  y  a  un  nouveau  et  joli  bâtiment  de  gare  au  terminus  de  Beersville.  Il  a  deux 
étages;  la  salle  d'attente,  le  bureau  des  billets  et  la  salle  des  employés  sont  à  l'étage 
inférieur  ;  les  chambres  d'habitation  sont  à  l'étage  supérieur.  Ce  bâtiment  est  agréable- 
ment peint  à  l'extérieur.  Il  a  des  planchers  en  bois  dur,  et  les  murs  sont  revêtus  de 
planches  embouvetées  en  bois  de  pin.  Il  y  a  aussi  un  hangar  à  marchandises,  joli,  com- 
mode et  situé  près  du  bâtiment  de  la  gare.  Il  y  a,  près  de  la  jonction  du  petit  embran- 
chement, une  remise  à  locomotives  de  deux  places.  Ce  petit  embranchement  n'est 
exploité  que  sur  une  faible  échelle.  La  mine  de  la  Northern  Co.  a  été  ouverte,  et 
nous  avons  entendu  dire  que  cette  compagnie  avait  l'intention  d'en  pousser  très  active- 
ment l'exploitation.  Les  veines  de  cette  mine  ont  une  épaisseur  de  18  à  33  pouces,  c'est- 


12  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

à-dire  à  peu  près  la  même  épaisseur  que  celles  du  gisement  de  Minto,  dans  le  comté  de 
Queen.  Le  charbon  est  d'excellente  qualité  et  l'extraction  en  est  très  facile.  Il  n'est 
pas  nécessaire  de  creuser  des  puits,  pour  la  raison  que  l'affleurement  de  la  veine  de 
charbon  aboutit  sur  la  façade  de  l'escarpement  de  rochers,  qui  a  environ  deux  cents 
pieds  de  haut  sur  le  bord  ouest  de  la  rivière  Coal-Branch.  Le  charbon  est  extrait  au 
moyen  d'une  galerie  pratiquée  dans  la  façade  de  l'escarpement,  sur  un  plan  presque 
horizontal,  en  sorte  que  le  drainage  se  fait,  dans  la  direction  de  l'entrée,  par  le  seul 
effet  de  la  gravité,  sans  qu'il  soit  nécessaire  de  pomper. 

La  galerie  de  la  Compagnie  houillère  Impériale  a  été  pratiquée  sur  une  longueur 
d'environ  1,000  pieds  dans  la  façade  de  l'escarpement,  en  sorte  qu'il  eest  très  facile  d'y 
employer  un  grand  nombre  d'hommes.  Les  compagnies  de  charbon  et  la  compagnie  du 
chemin  de  fer  n'ayant  jamais  travaillé  en  bonne  harmonie,  ces  mines  n'ont  jamais  été 
exploitées  comme  elles  auraient  dû  l'être.  Après  une  étude  personnelle,  il  nous  a  sem- 
blé qu'avec  une  organisation  et  une  administration  convenables,  ces  propriétés  et  ce 
chemin  de  fer  auraient  un  grand  avenir,  et  que  de  grosses  affaires  pourraient  être  éven- 
tuellement faites,  qui  seraient  d'un  grand  profit  et  pour  le  comté  de  Kent  et  pour  la 
province  entière.  Le  pays,  à  partir  d'Adamsville  et  sur  le  parcours  des  trois  premiers 
milles,  est  stérile.  Il  y  a  peu  de  valeur  à  en  tirer  de  quelque  façon  que  ce  soit.  Les 
bois  ont  été  détruits  par  le  feu  et  la  contrée  se  prête  mal  à  la  culture.  A  partir  d'une 
distance  d'environ  trois  milles  d'Adamsville,  presque  au  terminus  de  Beersville,  le  che- 
min de  fer  traverse  un  district  boisé,  caractérisé  par  une  épaisse  croissance  de  pruche, 
d'épinette  blanche  et  de  bois  durs  pour  la  construction.  Quand  le  bois  aura  été  coupé, 
il  y  aura  là  une  belle  région  propre  à  la  culture  et  dont  la  population  sera  probable- 
ment très  dense.  A  l'extrémité  de  la  ligne,  à  Beersville,  il  y  a,  du  haut  en  bas  de  la 
rivière  Coal-Branch,  un  très  beau  district  cultivé  dont  la  population  est  très  dense  et 
qui  est  dans  un  état  très  prospère.  . 

Longueur  du  chemin  de  fer 8  tu  milles. 

Capital  total  versé $  184,136  00 

Obligations  autorisées 35,000  00 

Obligations  émises 35,000  00 

Obligations  vendues 20,000  00 

Coût,  y  compris  le  matériel  roulant . .  .  pas  de  rapport. 

Coût  par  mille pas  de  rapport. 

Nombre  des  voyageurs   transportés  en 

1905 850 

Nombre   des   voyageurs  transportés  en 

1906 1,156 

Augmentation  en  une  année 36% 

Tonnes    de   marchandises    transportées 

en  1905 3,727 

Tonnes    de   marchandises    transportées 

en  1906 5,257 

Augmentation  en  une  année 41% 

Kecettes  brutes  en  1905 1,084  00 

Recettes  brutes  en  1906 1,651  00 

Augmentation  en  une  année 52% 

Frais  d'exploitation  en  1905 2,660  00 

Frais  d'exploitation  en  1906 4,509  00 

Augmentation  en   une   année 69% 

Recettes  nettes  en  1905 1,575  00 

Recettes  nettes  en  1906 2,859  00 

T.  M.  BURNS, 
GILLMOR  BRpWN, 

Commissaires. 
Bathurst,  N.-B.,  18  décembre  1907. 


CHEMIN  DE  FER  IXTERCOLOXIAL  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

CHEMIN  DE  FER  DE  BOUCTOTJCHE  ET  MONCTON. 

SITUATION. 

Ce  chemin  de  fer  est  situé  dans  les  comtés  de  Westmoreland  et  de  Kent.  Il  est 
relié  à  l'Intercolonial  à  Moncton  et  se  dirige  vers  le  nord  jusqu'à  Bouctouche,  où  se 
trouve  l'embouchure  de  la  rivière  Bouctouche,  dans  le  comté  de  Kent.  Cette  ligne  est 
parellèle  à  celle  de  l'Intercolonial  jusqu'à  l'endroit  où  elle  en  traverse  la  voie,  à  à  peu 
près  deux  milles  de  Moncton.    La  longueur  totale  de  la  ligne  principale  est  de  32  milles. 

TRACÉ. 

Le  tracé  est  assez  bon.  Il  y  a  quelques  lignes  droites  d'environ  un  mille  de  lon- 
gueur et  il  n'y  a  pas  de  fortes  courbes.  Nous  estimons  que  sur  la  longueur  totale  de 
la  ligne  il  y  a  environ  50  pour  100  de  courbes  et  50  pour  100  de  lignes  droites. 

RAMPES. 

Les  rampes  sont  assez  bonnes  Nous  estimons  que  la  rampe  la  plus  forte  est  de 
l£  pour  100,  mais  il  n'y  a  pas  de  bien  longues  rampes  de  ce  degré-là. 

EMPLACEMENT    DE    LA    VOIE. 

La  largeur  de  l'emplacement  de  la  voie  est  de  soixante-six  pieds.  Par  endroits  il 
se  trouve  recouvert  par  de  petits  buissons  qui  y  ont  cru,  mais  en  général  il  est  assez 
bien  déblayé  et  nettoyé.  Sur  une  grande  partie  du  parcours  de  l'emplacement  de  la 
voie  traverse  des  champs  défrichés  et  cultivés. 

RAILS. 

Les  rails  sont  en  acier  Barrow  pesant  56  livres  à  la  verge.  Ils  ont  été  achetés  de 
l'Intercolonial.  Ils  sont  en  bon  état,  les  extrémités  n'en  sont  pas  déformées  ni  aplaties. 
Ils  sont  assujétis  au  moyen  d'éclisses  et  à  raison  de  six  chevilles  par  éclisse. 

TRAVERSES. 

Ce  chemin  de  fer  a  un  nombre  de  traverses  supérieur  au  nombre  habituel,  et  elles 
sont  dans  un  bon  état  de  conservation.  En  raison  de  la  rareté  du  ballast,  c'est  là  une 
excellente  façon  de  procéder.  Un  grand  nombre  de  nouvelles  traverses  ont  été  posées 
sur  la  voie  au  cours  des  deux  dernières  années,  mais  il  est  encore  nécessaire  d'en  poser 
quelques  nouvelles  de  plus.  Les  rails  sont  bien  assujétis  aux  traverses  et  la  voie  est 
solide  et  sûre. 

BALLAST. 

Il  n'y  a  que  de  très  rares  occasions  de  se  procurer  du  ballast  sur  le  parcours  de  ce 
chemin  de  fer.  Il  y  en  a  un  peu,  mais  il  est  d'une  qualité  inférieure,  aussi  la  voie  est- 
elle  établie  et  entretenue  surtout  avec  les  matériaux  pris  aux  fossés  et  aux  côtés  de  la 
ligne.  Nous  avons  été  surpris  de  constater  que,  malgré  cela,  la  voie  est  bien  nivelée  et 
bien  alignée.  La  direction  a  certainement  du  mérite  a  avoir  maintenu  la  voie  en 
bon  état  dans  des  conditions  aussi  désavantageuses. 

DRAINAGE. 

La  chaussée  est  bien  drainée  et  les  fossés  sont  tenus  libres.  Cela  maintient  la  voie 
sèche  et  contribue  beaucoup  à  l'entretenir  en  bon  état. 


14  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
PONCEAUX. 

Les  ponceaùx  fermés  sont  généralement  construits  en  bois  de  cèdre  avec  des  cou- 
vertures de  cèdre.  Les  ponceaùx  ouverts  sont  en  coffrages  de  bois  de  cèdre  remplis  de 
pierres.     Quelques-uns  commencent  à  s'user,  mais  ils  sont  presque  tous  en  bon  état. 

PONTS. 

Viaduc  au  terminus  de  Bouctouche. 

Ce  viaduc  a  environ  1,000  pieds  de  long;  il  s'étend  jusqu'à  l'extrémité  du  quai  qui 
est  en  eau  profonde.  'Le  viaduc,  à  l'exception  d'une  longueur  d'environ  150  pieds,  a 
été  remis  à  neuf  ces  deux  dernières  années;  il  est  en  excellent  état. 

Pont  de  Bouctouche. 

Ce  pont  est  la  construction  la  plus  importante  de  cette  ligne.  Il  consiste  en  une 
pile  en  chevalets  à  chaque  extrémité,  en  une  travée  mobile  système  Howe  de  150 
pieds,  deux  travées  système  Howe  de  70  pieds,  et  une  de  45  pieds.  Les  travées  repo- 
sent sur  des  piles  faites  en  pilots  de  fer  forgé.  Ces  pilots  sont  des  cylindres  de  fer 
forgé  d'environ  14  pouces  de  diamètre,  à  l'intérieur  desquels  on  a  mis  des  poutres  de 
bois  de  pin  dur  ;  l'espace  qui  se  trouve  entre  le  bois  et  la  surface  intérieure  du  cylindre 
a  été  solidement  rempli  de  ciment.  Quelques-uns  de  ces  pilots  sont  eni'oncés  à 
une  grande  profondeur,  75  pieds  et  plus.  Les  fermes  sont  vieilles  de  19  ans,  et  bien 
qu'elles  soient  en  bon  état  et  sûres,  ces  travées  devront  être  remises  à  neuf  dans  deux 
ou  trois  ans  au  plus.  L'accès  au  viaduc,  du  côté  sud,  a  été  remis  à  neuf.  La  plus 
grande  partie  en  a  été  reconstruite  il  y  a  trois  ans,  une  partie  en  a  été  reconstruite  l'an 
dernier,  et  le  reste  avait  été  reconstruit  il  y  a  six  ans.  Primitivement,  c'était  un 
viaduc  sur  pilotis,  mais  quand  l'ouvrage  a  été  refait,  ces  pilotis  ont  été  sciés  à  ras  dï 
lit  de  la  rivière,  et  l'on  a  chevillé  sur  le  sommet  des  pilotis  une  semelle,  sur  laquelle  le 
tréteau  de  chevalets  a  été  construit.  Autour  du  pied  de  chaque  tréteau  de  chevalets 
on  a  construit  un  solide  encaissement  rempli  de  pierres.  On  se  sert  beaucoup  de  ces 
encaissements  pour  maintenir  la  stabilité  des  chevalets,  et  particulièrement  pour  les 
empêcher  d'être  ébranlés  par  la  glace  au  printemps.  Les  tréteaux  sont  séparés  les  uns 
des  autres  par  un  espace  de  vingt  pieds  d'axe  en  axe.  Les  fermes  sont  continues  et 
consistent  en  trois  poutres  de  pin  dur  au-dessous  de  chaque  rail,  deux  de  ces  poutres 
mesurent  8  x  12  et  la  troisième  10  x  12.  La  partie  du  pont  qui  est  sur  chevalets,  à  son 
extrémité  nord,  a  été  construite  d'une  façon  semblable  et  a  été  en  partie  remise  à  neuf. 
La  direction  se  propose  de  reconstruire  les  chevalets  et  d'améliorer  encore  J 'année  pro- 
chaine la  partie  nord. 

Pont  de  McKee. 

Cette  construction  a  trois  travées,  système  Howe,  de  61  pieds  chacune.  Les 
semelles  inférieures  et  supérieures  sont  en  pin  dur,  les  inférieures  sont  triples,  celles 
qui  sont  extérieures  mesurent  6  x  14  et  celle  du  centre  8  x  14  ;  la  semelle  supérieure  est 
de  la  même  épaisseur  mais  a  une  hauteur  de  12  pouces.  Les  entretoisements  et  la 
charpente  du  tablier  sont  en  épinette  du  pays.  Le  pont  prinmitif  a  été  démoli  et  ses 
armatures  ont  été  construites  à  nouveau  il  y  a  quatre  ans.  Elles  sont  en  parfait  état 
et  absolument  sûres.  Les  piles  du  pont  sont  faites  de  caissons  en  bois  méplat  remplis 
de  pierres.  Ils  ont  été  construits  il  y  a  dix-neuf  ans,  mais  ils  sont  encore  en  bon  état. 
On  a  renforcé  la  culée  sud  du  pont  en  faisant  reposer  l'extrémité  du  longeron  sur  un 
tréteau  indépendant  construit  contre  la  culée. 

Pont  de  Cocagne. 

Ce  pont  a  trois  travées,  système  Howe,  de  61  pieds,  du  même  dessin  et  de  mêmes 
dimensions  que  les  travées  du  pont  McKee.     Ces  trois  travées  ont  été  entièrement  re- 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  15 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

construites,  il  y  a  trois  ans,  pour  remplacer  les  anciennes,  qui  avaient  été  démolies. 
Elles  sont  tout  entières  en  bois  de  pin  dur.  A  l'extrémité  nord  du  pont  il  y  a  une 
courte  travée  de  35  pieds  qui  a  été  construite  il  y  a  environ  huit  ans.  Il  y  a  une 
approche  sur  chevalet  à  l'extrémité  nord  du  pont  et  une  autre  à  l'extrémité  sud. 
Les  travées  reposent  sur  des  piles  construites  en  caissons  de  cèdre  méplat  remplis  de 
pierres.  Ces  piles  sont  solides  et  en  bon  état.  Les  nouvelles  travées  sont  en  parfait 
iêtat,  mais  il  deviendra  probablement,  dans  très  peu  de  temps,  nécessaire  de  placer  une 
nouvelle  travée  de  mêmes  dimensions  à  l'extrémité  nord,  pour  y  remplacer  la  courte 
travée  et  le  tréteau  de  chevalets  qui  s'y  trouvent  actuellement. 

Viaduc  de  Foulkner. 

Ce  viaduc  a  environ  200  pieds  de  long.  Les  tréteaux  sont  à  14  pieds  les  uns  des 
autres  d'axe  en  axe.  Les  poteaux  sont  en  épinette  en  grume  et  les  seuils  en  pruche 
équarrie.  Les  entretoisements  et  les  chapeaux  sont  en  épinette  du  pays.  Le  viaduc  a  été 
reconstruit  il  y  a  environ  six  ans.  Il  est  en  bon  état  et  parfaitement  sûr.  Ce  pont  est 
situé  sur  une  courbe,  et  comme  il  se  trouve  aussi  sur  une  forte  rampe,  la  voie  a  une 
tendance  à  glisser  vers  le  bas  de  la  côte,  entraînant  avec  elle  le  sommet  dees  tréteaux. 
Pour  parer  à  cela,  on  a  ajouté  de  grosses  entretoises  qui  vont  de  la  base  d'un  tréteau, 
jusqu'au  sommet  du  tréteau  voisin.  Depuis  que  ces  entretoises  ont  été  placées,  le  glis- 
sement a  cessé. 

Viaduc  MacDougall. 

Environ  225  pieds  de  long.  Ce  viaduc  n'a  pas  été  entièrement  reconstruit,  mais  il 
a  subi  une  grande  quantité  de  réparations,  de  telle  sorte  qu'il  n'y  a  pas  plus  que  la  moitié 
de  la  charpente  primitive  qui  soit  demeurée.  Les  chevalets  sont  séparés  les  uns  des 
autres  par  un  espace  de  12  pieds,  d'axe  en  axe,  et  sont  pour  la  plupart  en  poteaux 
équarris  de  pruche,  à  l'exception  de  quelques-uns  des  nouveaux  qui  sont  d'épinette  en 
grume.  Les  longerons  sont  en  bois  d'épinette,  ainsi  que  les  traverses  et  les  contre-rails. 
Ce  viaduc  parait  solide  et  en  bon  état.  Avec  quelques  réparations  supplémentaires  il 
devrait  durer  un  grand  nombre  d'années.  Il  serait  bon  d'ajouter  à  ce  viaduc,  ainsi  qu'à 
celui  de  Eoulkner,  quelques  entretoises  longitudinales,  car  les  chevalets  sont  très  hauts. 

Pont  de  Scott's-Settlement. 

C'est  un  pont  de  chevalets  d'environ  250  pieds.  Il  a  subi,  à  diverses  époques,  un 
grand  nombre  de  réparations,  et  paraît  être  solide  et  en  assez  bon  état.  Un  bon  nombre 
de  nouvelles  poutres  ont  été  mises,  et  c'est  un  pont  très  bien  entretoisé  longitudinale- 
ment.  La  culée  de  l'extrémité  sud  s'est  pourrie,  et  le  viaduc  a  été  prolongé  au  delà  de 
la  culée  au  moyen  de  quelques  nouveaux  chevalets  et  par  le  prolongement  du  tablier 
fort  avant  sur  la  berge. 

Pont  du  Cap-Breton. 

C'est  un  pont,  système  Howe,  de  50  pieds,  qui  reposait  autrefois  sur  des  culées 
en  pruche.  Les  culées  se  sont  entièrement  pourries.  Le  pont  repose  maintenant  sur 
des  chevalets,  et  plusieurs  nouveaux  tréteaux  de  chevalets  ont  été  construits  à  chaque 
extrémité  pour  porter  le  tablier  par-delà  les  vieilles  culées  jusqu'aux  nouvelles.  L'arma- 
ture a  à  peu  près  dix  neuf  ans  d'existence  et  est  à  peu  près  complètement  usée.  On  a 
l'intention  de  remplacer  cet  ouvrage  l'an  prochain  par  un  pont  d'acier  reposant  sur 
des  piles  de  pierre.  Ce  pont  est  probablement  le  plus  faible  de  cette  ligne.  Les  semel- 
les sont  en  bois  de  pin  dur  et  les  entretoises  en  épinette  du  pays. 

Pont  du  Réservoir. 

C'est  un  viaduc  sur  pilotis,  de  300  pieds  de  long,  qui  traverse  le  réservoir  de  la 
ville.    La  profondeur  de  l'eau,  près  du  centre,  est  à  peu  près  de  25  pieds,  et  dans  ce  mo- 


16  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ment  l'eau  est  à  peu  près  à  la  même  hauteur  que  la  base  des  semelles.  A  l'exception 
du  tablier,  toute  la  charpente  de  ce  pont  est  presque  constamment  sous  l'eau,  de  sorte 
qu'il  n'est  pas  à  redouter  qu'elle  se  détériore.  Le  nivellement  et  l'alignement  sont 
bons,  et  ce  que  l'on  peut  apercevoir  du  pont  est  en  bon  état. 

Pont  du  ruisseau  de  Hall. 

Environ  40  pieds  de  long  ;  était  primitivement  un  viaduc  sur  pilotis.  On  a  renou- 
velé une  bonne  partie  des  tréteaux  en  coupant  les  pilots  près  de  la  surface  de  l'eau  et 
en  construisant  des  tréteaux  en  charpente  sur  les  têtes  des  pilots.  Les  tréteaux,  dans 
le  lit  du  creek,  ont  été  bâtis  de  biais.     Ce  pont  est  en  assez  bon  état.  * 

MATÉRIEL  ROULANT. 

Il  y  a  deux  locomotives  en  bon  état  de  fonctionnement;  une  voiture  de  voyageurs 
de  première  classe  et  une  voiture  où  se  trouvent  réunis  un  compartiment  de  seconde 
classe,  un  compartiment  de  fumeurs  et  un  fourgon  à  bagages.  Il  y  a  38  wagons  plats 
ou  à  plate-forme,  cinq  wagons  fermés  et  un  chasse-neige.  Le  matériel  roulant  est  en 
bon  état  et  la  compagnie  fait  d'elle-même  une  bonne  quantité  de  réparations. 

GARES. 

Il  y  a  des  gares  à  Moncton,  Bouctouche  et  St-Anthony.  Il  y  a  des  haltes 
à  Louisville,  Notre-Dame,  Tankville,  Irishtown,  Cap-Breton,  Scotch-Settlement, 
MacDougall,  Notre-Dame,  Cocagne  et  à  McKee's-Mills.  Il  y  a  beaucoup  de  place 
réservée  aux  voies  au  terminus  de  Bouctouche  ;  le  chargement  et  le  déchargement  des 
marchandises  des  wagons  sur  les  voiliers  et  les  bateaux  à  vapeur  se  fait  très  facilement 
sur  le  quai  de  J.  D.  Irving.  Il  y  a  une  remise  pour  les  locomotives  et  une  plaque  tour- 
nante à  Bouctouche  ainsi  qu'à  Moncton.  Il  y  a  aussi  d'importants  hangars  à  charbon 
à  ces  deux  endroits.  Les  bâtiments  de  la  gare,  à  Moncton  comme  à  Bouctouche,  ont 
chacun  deux  salles  d'attente  et  un  bureau  de  billets.  Il  y  a  un  très  grand  hangar  à 
marchandises  dans  ces  deux  gares.    Ces  bâtiments  sont  dans  un  bon  état  d'entretien. 


SERVICE   DES    TRAINS. 


Il  y  a  chaque  jour  un  train  dans  chaque  sens.  Le  train  quitte  Bouctouche  à 
heures  du  matin  et  arrive  à  Moncton  à  10  heures  du  matin.  Il  quitte  Moncton  à  3 
heures  de  l'après-midi  et  arrive  à  Bouctouche  à  5  heures  du  soir.  Moncton,  terminus  sud 
de  ce  chemin  de  fer  est  une  ville  en  voie  de  développement  qui  compte  11,000  âmes. 
C'est  le  quartier  général  de  l'Intercolonial,  et  c'est  en  même  temps  le  terminus  est  du 
nouveau  chemin  de  fer  Transcontinental.  Bouctouche,  le  terminus  nord,  est  une  ville 
florissante  d'environ  1,000  habitants  et  qui  a  un  bon  port  sur  le  détroit  de  Northum- 
berland.  La  région  que  traverse  le  chemin  de  fer  entre  ces  deux  villes  est  très  bien 
établie  et  c'est  un  bon  district  agricole.  Il  y  a  un  bon  nombre  de  scieries  le  long  de  la 
ligne  du  chemin  de  fer  et  une  grande  quantité  de  bois  de  sciaige  est  expédiée  par 
cette  ligne.  Environ  7,000,000  de  pieds  de  bois  de  sciage  ont  été  expédiés  la  saison 
dernière. 

Le  chemin  de  fer  fait  d'importantes  affaires  en  transportant  le  charbon  provenant 
de  Bouctouche.  Un  fort  pourcentage  du  charbon  utilisé  à  Moncton  est  apporté  par 
voiliers  de  Sydney  à  Bouctouche,  et  de  là  est  transporté  par  le  chemin  de  fer 
Bouctouche  et  Moncton  jusqu'à  Moncton.  Il  y  a  un  important  commerce  de  poisson, 
et  principalement  de  moules.  Environ  150  wagons  chargés  de  moules  ont  été  expédiés 
l'an  dernier  par  cette  ligne.  C'est  à  Bouctouche  que  se  trouve  le  beau  moulin  à  farine 
de  M.  J.  D.  Irving,  qui  est,  nous  a-t-on  dit,  le  meilleur  de  la  province.  La  culture  du 
froment  est  importante  dans  le  comté  de  Kent,  et  l'on  en  fait  de  grandes  moissons. 
C'est,  à  cet  égard,  l'un  des  meilleurs  comtés  de  la  province. 


8 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  17 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Les  affaires  de  ce  chemin  de  fer  ont  rapidement  augmenté  au  cours  des  cinq  der- 
nières années.  Ses  recettes  brutes  sont  assez  élevées,  comparativement  à  celles  d'autres 
embranchements,  mais  ses  frais  d'exploitation  sont  lourds,  et  en  pratique  les  recettes 
sont  entièrement  absorbées  par  les  frais  d'entretien. 

Longueur  du  chemin  de  fer 32  milles. 

Capital  total  versé $750,100 

Obligations  autorisées 310,000 

Obligations  émises 310,000 

Obligations  vendues 310,000 

Coût,  y  compris  le  matériel  roulant 291,999 

Coût  par  mille 9,125 

Voyageurs  transportés  en  1901 . %9,443 

Voyageurs  transportés  en  1906 15,667 

Augmentation  en  cinq  ans 66% 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1901.  .  20,615 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1906.  .  24,225 

Augmentation  en  cinq  ans 18% 

Recettes  brutes  en  1901 15,969 

Recettes  brutes  en  1906 22,365 

Augmentation  en  cinq  ans 40% 

Frais  d'exploitation  en  1901 18,733 

Frais  d'exploitation  en  1906 22,237 

Augmentation  en  cinq  ans 19% 

Recettes  nettes  1901 2,764      Déficit. 

Recettes  nettes  en  1906 37     Surplus. 

T.  M.  BURNS, 
GILLMOR  BROWN, 

Commissaires. 
Bathurst,  N.-B.,  18  décembre  1907. 


CHEMIN  DE  FER  KENT-NORTHERN. 

SITUATION. 

Ce  chemin  de  fer  est  situé  dans  le  comté  de  Kent.  Il  est  relié  à  l'Intercolonial  à 
Kent-Junction,  à  45  milles  au  nord  de  Moncton.  De  Kent-Junction  le  chemin  de  fér 
va  directement  à  l'est,  en  suivant  le  faîte  de  partage  entre  la  rivière  Richibouctou  et  la 
rivière  Kouchibouguacis,  et  en  traversant  la  rivière  Richibouctou  à  Rexton,  à  24  milles 
deKent-Junction.  A  partir  de  Rexton  le  chemin  de  fer  suit  le  côté  nord  de  la  rivière 
Richibouctou  jusqu'à  Richibouctou,  son  terminus  de  l'est.  La  longueur  totale  de  cette 
ligne  est  de  27  milles.  Au  terminus  de  Richibouctou,  une  ligne  d'embranchement  a 
été  construite  il  y  a  environ  15  ans  sous  le  nom  de  chemin  de  fer  de  Richibouctou  et 
Saint-Louis.  Cette  ligne  se  dirigeait  vers  le  nord  jusqu'au  village  de  Saint-Louis,  sur 
la  rivière  Kouchibouguac.  Ce  chemin  de  fer  a  été  exploité  pendant  plusieurs  années, 
mais  il  est  maintenant  abandonné. 

historique. 

Le  chemin  de  fer  Kent-Northern  fut  légalement  constitué  par  acte  de  la  légis- 
lature locale  en  1874.  Au  nombre  des  fondateurs  figuraient  Henry  O'Leary,  M.P.P., 
Owen  Mclnerney,  M.  L.  C,  Martin  Flannagan,  et  d'autres.  Le  chemin  de  fer  reçut 
une  subvention  du  gouvernement  local  jusqu'à  concurrence  de  $5,000  par  mille,  en 
vertu  d'un  acte  de  la  législature  en  1874.  La  construction  fut  commencée  en  1876; 
l'entreprise  de  la  construction  du  chemin  de  fer  fut  adjugée  à  John  C.  Brown.  Le  che- 
min de  fer  fut  ouvert  au  trafic  en  novembre  1883.    Le  chemin  de  fer  de  Richibouctou  et 

67—2 


18  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Saint-Louis  fut  constitué  en  corporation  par  acte  du  parlement  en  1884.  Il  reçut  du 
gouvernement  local  une  subvention  de  $3,000  par  mille.  Les  travaux  de  construction 
de  ce  chemin  de  fer  commencèrent  en  1884  et  il  fut  ouvert  au  trafic  en  1885.  Ce  che- 
min de  fer  fut  exploité  conjointement  avec  le  Kent-Northern  jusqu'en  1890,  alors 
que  son  trafic  fut  arrêté.  Il  n'a  pas  été  exploité  depuis  cette  époque.  L'un  et 
l'autre  de  ces  chemins  de  fer  ont  reçu  une  subvention  du  gouvernement  du  Dominion, 
jusqu'à  concurrence  de  $3,200  par  mille.  Le  chemin  de  fer  Kent-Northern  était  la 
propriété  de  John  O.  et  Wilmot  Brown,  et  fut  exploité  par  eux  jusqu'en  1903.  A  cette 
(époque  il  se  forma  un  syndicat  composé  de  John  Jardine,  Robert  Finney,  Thomas 
Murray,  W.  C.  Carter  et  George  Robertson.  Ce  syndicat  fut  légalement  constitué 
comme  Compagnie  du  chemin  de  fer  Kent-Northern  et  acheta  le  chemin  de  fer  de 
MM.  Brown.  Depuis  cette  époque  il  a  été  exploité  par  ce  syndicat,  dont  John  Jardine 
est  le  président  et  W.  C.  Carter  le  secrétaire. 

TRACÉ. 

Ce  tracé  est  excellent;  il  n'a  que  21  courbes  sur  une  longueur  totale  de  27  milles. 
Il  y  a  deux  lignes  droites  de  quatre  milles  chacune  et  plusieurs  autres  dont  la  lon- 
gueur varie  de  un  à  trois  milles.  Aucune  des  courbes  n'est  forte;  elles  sont  pour  la 
plupart  inférieures  à  4  degrés. 

RAMPES. 

Les  rampes  sont  bonnes.  Le  chemin  de  fer  va  en  descendant  graduellement  depuis 
Kent-Junction  jusqu'à  Richibouctou.  Il  n'y  a  pas  de  fortes  rampes,'  et  leur  maximum 
est  de  1  à  l£  pour  100. 

EMPLACEMENT    DE    LA    VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a  en  général  60  pieds  de  large.  Dans  les  endroits  où 
il  traverse  des  districts  boisés  il  est  couvert  d'une  seconde  pousse  de  petits  buissons. 
Il  y  a  aussi  une  assez  grande  quantité  de  traveres  gisant  çà  et  là  qui  ont  été  enlevées 
de  la  voie,  en  sorte  que  l'emplacement  de  la  voie  n'a  rien  moins  que  bonne  apparences 
Les  buissons  devraient  être  coupés  et  brûlés  et  l'emplacement  de  la  voie  dans  son 
entier  devrait  être  nettoyé. 

RAILS. 

Les  rails  sont  en  acier  Barrow  pesant  57  livres.  Ils  ont  été  achetés  du  chemin  de 
fer  Intercolonial,  d'où  ils  ont  été  enlevés  pour  être  remplacés  par  des  rails  plus  lourds. 
Ils  sont  en  assez  bon  état,  mais  sont  quelque  peu  déformés  à  leurs  extrémités.  Ils  sont 
assujétis  au  moyen  d'une  éclisse,  retenue  par  quatre  chevilles  à  chaque  joint.  Nous 
avons  remarqué  que  dans  un  grand  nombre  de  cas  il  n'y  avait  que  trois  chevilles  par 
joint  et  dans  quelques  cas  seulement  deux.  Nous  avons  aussi  remarqué  que  dans  quel- 
ques cas  les  rails  n'ont  pas  été  bien  assujétis  aux  traverses. 

TRAVERSES. 

Les  traverses  sont  de  différentes  espèces  de  bois,  principalement  en  cèdre,  en  pin 
princesse,  en  épinette  blanche  et  en  sapin.  Elles  sont  un  peu  petites,  et  ne  sont  pas  | (la- 
cées assez  près  les  unes  des  autres.  Un  assez  grand  nombre  de  nouvelles  traverses  a  été 
placé  sur  la  voie  au  cours  des  deux  ou  trois  dernières  années,  mais  nous  estimons 
qu'il  serait  nécessaire  d'y  ajouter  une  moyenne  d'au  moins  800  traverses  par  mille  de 
longueur. 

BALLAST. 

Il  y  a  une  superbe  sablonnière  à  Mill-Creek,  sur  la  ligne,  à  sept  milles  de  Ri- 
chibouctou  et  à  vingt  milles  de  Kent-Junction.  Il  y  a  une  provision  illimitée  de 
ballast   dans   cette   sablonnière,   et   la   compagnie   en    a   vendu    de   grandes    quantités 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLOXIAL  19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

a  l'Intercolonial.  On  a  mis  beaucoup  de  ballast  sur  la  voie  au  cours  de  ces  dernières 
années,  mais  elle  a  besoin  d'en  être  encore  un  peu  plus  garnie.  Il  est  regrettable  que 
cette  voie  ne  soit  pas  mieux  ballastée,  vu  qu'il  y  a  une  si  belle  occasion  de  se  procurer 
du  ballast  et  qu'il  pourrait  être  mis  sur  la  voie  à  très  peu  de  frais.  Il  faudrait  ajouter 
encore  au  moins  cent  wagons  de  ballast  par  mille  à  celui  qui  se  trouve  déjà  sur  la  voie. 
Cela  représenterait,  par  mille  de  longueur,  une  moyenne  d'environ  1,000  verges  cubes 
de  ballast  supplémentaire. 

DRAINAGE. 

On  a  fait  très  peu  de  drainage  depuis  que  le  chemin  de  fer  a  été  construit.  Dans 
un  grand  nombre  de  cas  les  fossés  sont  obstrués.  Le  drainage  pourrait  se  faire  facile- 
ment et  dans  de  bonnes  conditions,  et  la  voie  devrait  être  d'un  bout  à  l'autre  pourvue 
de  fossés  sur  les  côtés  afin  d'assécher  la  chaussée. 

ponceaux. 

Tous  les  ponceaux,  les  ponceaux  ouverts  comme  les  ponceaux  fermés,  ont  été  cons- 
truits en  maçonnerie  de  pierre.  Le  principal  ponceau  ouvert  est  à  Weldon's-Creek,  à 
environ  un  mille  de  Richibouctou.  Ce  ponceau  a  une  ouverture  de  16  pieds,  et  est 
traversé  par  des  poutres  en  acier  faites  avec  de  vieux  rails  en  T.  Les  culées  de 
ce  ponceau  sont  en  maçonnerie  de  pierre  de  bonne  qualité  et  en  bon  état  ;  il  a  besoin 
toutefois  d'être  rejointoyé  en  ciment.  Il  y  a  d'autres  ponceaux  ouverts  à  la  rivière  à 
l'Achigan,  à  la  rivière  Molus  et  à  divers  autres  endroits,  sur  la  ligne.  Ils  sont  tous 
petits,  avec  des  ouvertures  variant  de  8  à  12  pieds.  La  maçonnerie  des  culées  de  ces 
ponceaux  est  en  bon  état,  mais  le  tablier,  les  poutres,  les  traverses,  les  sablières  et  les 
contre-rails  devraient  être,  partout,  entièrement  remis  à  neuf.  Quelques-uns  des  pon- 
ceaux fermés  ont  besoin  d'être  réparés,  et  deux  d'entre  eux  ont  besoin  d'être  entière- 
ment reconstruits.  Les  murs  s'étant  écroulés,  une  petite  somme  d'argent  dépensée 
judicieusement  remettrait  tous  ces  ponceaux  en  bon  état. 

PONTS. 

Il  n'y  a  pas  un  seul  pont  sur  la  ligne  de  ce  chemin  de  fer.  C'est  un  cas  qui  n'a 
probablement  pas  son  pareil  dans  la  province.  La  plus  large  ouverture  dans  la  voie 
est  le  ponceau  ouvert  de  Weldon's-Creek,  décrit  ci-dessus. 

GARES. 

Il  y  a  des  gares  à  Kent-Junction,  Rexton  et  Richibouctou.  Les)  gares  de  Rexton 
et  de  Richibouctou  ont  des  salles  d'attente,  un  bureau  de  billets  et  une  salle  commode 
pour  les  marchandises.  Ces  bâtiments  sont  dans  un  bon  état  d'entretien.  Il  y  a  des 
haltes  à  Mill-Creek,  Grumble-Road,  à  la  Rivière-Molus  et  à  McMinn's-Mills.  Il 
y  a  des  voies  de  garage  en  différents  endroits.  Il  y  a  une  remise  à  locomotives  à 
trois  places,  à  Richibouctou,  ainsi  qu'une  plaque  tournante  qui  est  entourée.  La 
remise  à  locomotives  est  pourvue  d'un  petit  atelier  de  réparations  et  d'une  pompe  à 
vapeur  pour  remplir  les  réservoirs.  Il  y  a  des  réservoirs  d'eau  à  Kent-Junction  et  à 
Grumble-Road.     Il  y  a  une  plaque  tournante  à  Richibouctou  et  un  Y  à  Kent-Junction. 

MATÉRIEL  ROULANT. 

Il  y  a  deux  locomotives  en  très  bon  ordre;  ce  sont  de  bonnes  machines,  et  de 
servi-ce  tous  les  jours.  Ces  locomotives  sont  toujours  entretenues  en  bon  état  et  leur 
apparence  indique  qu'elles  reçoivent  les  meilleurs  soins.  Il  y  a  une  voiture  de  voya- 
gvu-s  en  bon  état,  un  wagon  à  marchandises  et  à  messagerie  pour  le  transport  des 
nie  ans  colis  en  grande  vitesse,  et  plusieurs  wagons  plateformes.  Toute  la  marchan- 
da qui  va  et  vient  par  chargements  de  wagons  est  transportée  dans  les  wagons  da 

67— 2* 


20 


LIGXES  D'EMBRA.XCHEMEXT  RELIEES  AU 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1903 

rintercoloiiial.  Il  y  a  deux;  chasse-neige,  l'un  chasse  la  neige  en  la  poussant,  l'autre 
est  un  chasse-neige  à  ailerons.  Ces  chasse-neige  sont  des  modèles  d'une  excellente 
construction,  durables  et  bien  entretenus.  Il  n'y  a  pas,  dans  toute  la  province,  de  ligne 
d'embranchement  mieux  équipée  que  le  Kent-Northern  pour  chasser  la  neige,  et  grâce 
à  cela,  cette  compagnie  est  en  mesure  de  maintenir  la  voie  libre  pendant  toute  la 
saison  d'hiver,  alors  que  beaucoup  d'autres  embranchements  suspendent  leur  circulation. 


SERVICE    DES   TRAINS. 

Il  y  a  un  train  par  jour  dans  chaque  sens.  L'un  quitte  Richibouctou  à  10  heures 
du  matin  pour  arriver  à  11.30  à  la  jonction,  où  il  correspond  avec  les  trains  express 
nord  et  sud  de  l'Intercolonial.  L'autre  quitte  Kent-Junction  à  1.05  heures  après-midi 
pour  arriver  à  Richibouctou  à  2.35  heures. 

Richibouctou  est  une  ville  prospère  d'environ  1,500  habitants.  Rexton  a  environ 
1,000  habitants,  et  le  pays  dans  les  environs  immédiats  est  très  bien  établi.  Ces 
monse  commerce  de  poisson  qui  se  fait  par  trois  grandes  maisons  consacrées  à  ce  com- 
merce, à  savoir  :  Richard  O'Leary,  A.  et  S.  Loggie  et  William  Eorbes.  Chacune  de  ces 
maisons  possède  de  grandes  glacières,  et  d'immenses  quantités  de  toutes  espèces  de 
poissons  sont  paquetées  dans  ces  glacières  jusqu'au  moment  où  elles  sont  expédiées  sur 
les  marchés  des  Etats-Unis.  De  grandes  quantités  d'éperlans  sont  pêchées  dans  la 
rivière  Richibouctou  pendant  les  mois  de  décembre,  janvier  et  février;  dans  le  cours 
d'une  seule  saison  on  n'en  a  pas  expédié  moins  de  150  wagons  de  Richibouctou  à  Rex- 
ton. A  Rexton  se  trouve  la  grande  scierie  de  Jardines.  C'est  une  scierie  à  lame  sans 
fin  du  modèle  le  plus  moderne,  et  qui  coupe  une  grande  quantité  de  bois.  Richard 
O'Leary  possède  une  grande  scierie  à  vapeur  à  Richibouctou,  et  une  très  grande  partie 
du  bois  débité  dans  cette  scierie  est  expédiée  par  le  chemin  de  fer.  Tout  le  commerce 
local  de  Richibouctou  et  de  Rexton  est  transporté  sur  ce  chemin  de  fer.  Richibouctou 
et  Rexton  sont  toutes  deux  éclairées  à  l'électricité,  et  il  y  a  quelques  importants  établis- 
sements commerciaux  dans  l'une  et  l'autre  ville.  La  vallée  de  la  principale  rivière,  la 
Richibouctou,  ainsi  que  les  vallées  de  Kouchigouguac  et  de  Kouchigouguacis,  sont  très 
fertiles;  la  population  y  est  très  nombreuse  et  le  pays  est  dans  un  état  très  prospère. 
Ce  chemin  de  fer  est  dans  une  excellente  situation  financière.  En  jetant  un  coup 
d'œil  sur  les  états  ci-joints,  qui  montrent  l'augmentation  et  l'importance  du  trafic, 
ainsi  que  l'accroissement  des  recettes  brutes  et  des  bénéfices  nets,  on  verra  que  le 
chemin  de  fer  Kent-Northern  est  en  tête  de  la  liste  des  embranchements  de  cette  pro- 
vince en  tant  que  moyen  de  gagner  de  l'argent.  Ce  résultat  est  dû,  en  grande  partie, 
au  fait  que  les  frais  d'entretien  de  la  voie  sont  minimes,  et  parce  qu'il  n'y  a  pas  de 
ponts  de  bois,  dont  l'entretien  est  si  coûteux.  Richibouctou  n'est  qu'à  une  courte 
distance  de  l'Ile-du-Prince-Edouard,  et  si  l'on  établissait  un  service  de  steamers  entre 
Richibouctou  et  le  Cap-Ouest,  dans  l'Ile-du-Prince-Edouard,  cette  route  via  Kent- 
Northern,  serait  la  route  la  plus  courte  et  la  plus  directe  pour  tous  les  points  du 
réseau  de  l'Intercolonial  au  nord  de  Kent-Junction. 

Longueur  du  chemin  de  fer 27  milles. 

Capital  total  versé $268,334 

Obligations  autorisées .   .  .       Néant. 

Obligations  émises Néant. 

Obligations  vendues Néant. 

Coût,  y  compris  le  matériel  roulant.  .    .  .    .  .    .  .       275,000 

Coût  par  mille 10,185 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1901 5,795 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1906 8,775 

Augmentation  en  cinq  ans 51% 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1901 4,070 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1906 95,504 


CHEMIN  DE  FER  IXTERCOLONIAL  21 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Augmentation  en  cinq  ans 2,246% 

Recettes  brutes  en  1901 11,387 

Recettes  brutes  en  1906 22,088 

Augmentation  en  cinq  ans 94%     (94) 

Frais  d'exploitation  en  1901 9,680 

Frais  d'exploitation  en  1906 14,012 

Augmentation  en  cinq  ans 45% 

Recettes  nettes  en  1901 1,707 

Recettes  nettes  en  1906 8,075 

Augmentation  en  cinq  ans 373% 

T.  M.  BURNS, 
G1LLMOR  BROWN, 

Commissaires. 
Bathurst,  N.-B.,  18  décembre  1907. 


CHEMIN  DE  FER  DE  SALISBURY  ET  HARVEY. 

Ce  chemin  de  fer  est  situé  dans  les  comtés  de  Westmoreland  et  d'Albert.  Il  se  relie 
à  l'Intercolonial  à  Salisbury,  à  environ  15  milles  de  Moncton,  et  se  dirige  générale- 
ment vers  le  sud  jusqu'à  la  ville  d'Alber,  son  terminus  est.  La  longueur  totale  de 
la  ligne  principale  de  Salisbury  à  Albert  est  de  45  milles.  A  partir  d'Albert,  un  chemin 
de  fer  fut  projeté  et  construit  jusqu'à  Aima,  environ  16  milles.  Ce  chemin  de  fer 
était  appelé  Y  Albert- Southern.  On  a  cessé  l'exploitation  de  ce  chemin  de  fer  il  y  a 
environ  cinq  ans,  et  depuis  on  n'y  a  plus  fait  d'affaires.  On  a  aussi  construit  l'embran- 
chement d'Harvey,  qui  a  trois  milles  de  longueur,  d'Albert  à  Harvey-Bank,  mais  il  n'est 
pas  exploité  actuellement. 

HISTORIQUE. 

Le  Salisbury  et  Harvey  est  le  plus  ancien  de  ces  embranchements.  Il  fut  constitué 
en  corporation  par  acte  de  la  législature  provinciale  en  l'année  1864,  sous  le  nom  de 
Compagnie  du  chemin  de  fer  d'Albert.  L'acte  a  été  plusieurs  fois  modifié  et  renouvelé, 
et  le  chemin  de  fer  n'a  été  entièrement  construit  que  vers  l'année  1878.  Il  est  dirigé 
aujourd'hui  par  M.  A.  Sherwood.  Ce  chemin  de  fer  reçut  du  gouvernement  provincial 
une  subvention  de  $10,000  par  mille,  et  le  gouvernement  fédéral  lui  a  cédé  de  vieux 
rails.     En  outre,  le  chemin  de  fer  a  reçu  un  don  de  $70,000  de  la  municipalité. 

TRACÉ. 

Le  tracé  et  assez  bon,  mais  nous  estimons  que  les  courbes  représentent  au  moins 
50  pour  100  de  la  longueur. 

RAMPES. 

Les  rampes  sont  aussi  bonnes  que  sur  la  moyenne  des  lignes  d'embranchement. 
La  rampe  maxima  est  d'environ  l£  pour  100.  La  région  que  traverse  le  chemin  de  fer 
est  tout  à  fait  plate,  et  il  n'y  a  pas  de  très  longues  rampes. 

RAILS. 

Les  rails  entre  Albert  et  Hillsboro  sont  en  fer  et  ont  été  fabriqués  il  y  a  environ 
40  ans.  Ce  rail  est  en  assez  bon  état,  mais  quelque  peu  usé.  Sur  le  restant  de  la 
ligne  les  rails  sont  en  acier  Barrow  pesant  56  livres  à  la  verge.  Ils  sont  en  très  bon 
état  et  sont  assujétis  au  moyen  d'une  éclisse  retenue  par  4  chevilles  à  chaque  joint. 


22  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

TRAVERSES. 

Les  traverses  sont  en  bois  tendre,  lequel  est  commun  dans  la  région.  Elles  sont 
posées  plus  près  les  unes  des  autres  qu'elles  ne  le  sont  en  général  sur  des  lignes  d'em- 
branchement, ce  qui  est  un  excellent  procédé  en  raison  de  la  rareté  du  ballast.  Quel- 
ques traverses  nouvelles  sont  posées  chaque  année,  mais  il  serait  nécessaire  d'en  poser 
beaucoup  plus. 

BALLAST. 

Il  y  a  très  peu  de  ballast  sur  la  voie,  et  il  n'y  a  pas  de  sablonnière  dans  le 
voisinage  de  la  ligne.  Malgré  cela,  la  voie  est  en  bon  état,  elle  est  très  bien  tracée 
et  très  bien  nivelée.  La  voie  a  été  bien  drainée  et  est  relativement  sèche.  S'il  y  avait 
environ  8  pouces  de  ballast,  la  voie  serait  excellente. 

ponceaux. 

La  plupart  des  rivières  sont  exposées  aux  marées  et  il  y  a  plusieurs  "  aboiteaux  " 
en  bois;  ils  sont  tous  en  assez  bon  état.  Quelques-uns  des  ponceaux  fermés  sont  en 
pierre  et  quelques-uns  des  ponceaux  ouverts  sont  en  coffrage,  ils  sont  tous  en  assez 
bon  état. 

PONTS. 

Pont  du  ruisseau  Palmer. 

Construction  d'environ  300  pieds  de  long  consistant  en  chevalets  sur  pilotis  à 
l'extrémité  ouest,  en  une  charpente  de  pruche  à  l'extrémité  est,  et  en  une  travée,  sys- 
tème Howe,  de  50  pieds  à  travers  le  canal.  L'armature  Howe  repose  sur  des  culées 
en  pilotis.  Le  coffrage  de  ce  pont  est  fortement  chargé  de  pierres.  La  structure  des 
piles  est  en  bon  état  ainsi  que  celle  des  encoffrements.  L'armature  Howe  est  en  quel- 
ques endroits  en  mauvais  état.  Une  nouvelle  semelle  supérieure  a  été  placée  sur  cette 
armature  au  cours  des  deux  dernières  années,  mais  il  sera  nécessaire  de  renouveler* ce 
pont  dans  un  an  ou  deux. 

Pont  du  ruisseau  de  la  Scierie. 

Environ  300  pieds  de  long.  Un  viaduc  sur  pilotis  à  chaque  extrémité  et  une 
travée,  système  Howe,  de  50  pieds  à  travers  le  canal.  La  travée  Howe  repose 
sur  des  culées  en  pilotis.  Les  pilotis  sont  en  bon  état  et  paraissent  solides  et  sûrs.  Les 
viaducs  sont  à  certains  endroits  en  mauvais  état,  et  il  sera  nécessaire  de  les  remettre  à 
neuf  au  cours  de  la  saison  prochaine.  Bien  que  le  pont  soit  actuellement  sûr,  il  est 
presque  complètement  usé,  et  il  sera  absolument  nécessaire  de  le  renouveler  dans 
très  peu  de  temps. 

Pont  du  ruisseau  Chipman. 

Une  charpente  de  chevalets  d'environ  160  pieds  de  long,  en  tréteaux  séparés 
îes  uns  des  autres  par  un  espace  de  12  pieds  d'axe  en  axe.  Les  tréteaux  sont  en  bon 
état,  solides  et  sûrs,  et  reposent  sur  de  bonnes  fondations.  Le  tablier  a  probablement 
besoin  d'être  restauré,  il  devrait  y  avoir  en  particulier  de  nouvelles  longrines  et  quel- 
ques nouvelles  traverses.  La  structure  dans  son  état  actuel  est  sûre,  mais  le  tablier 
devra  être  remis  à  neuf  à  bref  délai.  Quant  aux  tréteaux  eux-mêmes  ils  sont  solides 
et  en  bon  état. 

Pont  du  ruisseau  Sodom. 

Construction  sur  pilotis  d'environ  150  pieds  de  longueur.  Les  tréteaux  sont  sépa- 
rés les  uns  des  autres  par  un  espace  de  12  pieds  d'axe  en  axe  et  les  pilotis  sont  en  bon 


CHEMIN  DE  FER  IXTEKCOLOXIAL  23 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

étaa.  Quelques-uns  des  longerons  du  tablier  ont  besoin  d'être  renouvelés  et  la  direc- 
tion a  l'intention  d'en  poser  de  nouveaux  cette  année.  La  structure  sera  alors  sûre. 
Un  viaduc  de  150  pieds  qui  autrefois  était  un  solide  remblai,  mais  qui  a  été 
aiïouillé  il  y  a  quelques  années  par  une  forte  crue  de  la  rivière.  C'est  aujourd'hui 
une  construction  sur  pilotis  avec  des  tréteaux  séparés  les  uns  des  autres  par  un  espace 
de  12  pieds  d'axe  en  axe.  Les  pilotis  sont  en  bon  état,  ainsi  que  la  construction  dans 
son  entier,  à  l'exception  du  tablier  qui  a  besoin  de  quelques  nouvelles  traverses  et  de 
quelques  nouveaux  longerons.  Ce  viaduc,  de  même  que  tous  les  viaducs  de  cette 
ligne,  serait  grandement  amélioré  s'il  était  mieux  contreventé. 

Viaduc  de  Curryville. 

Environ  350  pieds  de  long  et  une  hauteur  d'environ  30  pieds  au  centre.  Ce  viaduc 
a  été  reconstruit  au  cours  des  deux  dernières  années;  de  nouveaux  tréteaux  de  pin  dur 
y  ont  été  placés  à  des  intervalles  de  20  pieds  d'axe  en  axe.  Les  poteaux  verticaux  des 
anciens  tréteaux  ont  été  exhaussés  pour  supporter  le  centre  de  la  travée.  Les  longue- 
rines  mesurent  12  x  12  avec  un  encorbellement  sur  chaque  chapeau.  Les  seuils  sont 
bâtis  sur  des  piédestaux  en  maçonnerie  de  pierre,  et  sont  par  conséquent  hors  d'at- 
teinte de  l'humidité.  Le  viaduc  serait  meilleur  si  l'on  ajoutait  dans  toute  sa  longueur 
une  série  d'entretoises  longitudinales  chevillées  aux  poteaux  verticaux  de  chaque  tréteau. 
La  structure  est  en  excellent  état  et  parfaitement  sûre. 

Pont  du  ruisseau  Demoiselle. 

Ponceau  ouvert,  avec  une  travée  d'environ  20  pieds;  culées  de  pierre  d'une  hau- 
teur d'environ  25  pieds.  Le  tablier  consiste  en  longerons  avec  une  poutraison  en 
forme  d'A  s'élevant  à  partir  des  culées  et  supportant  les  longerons  au  centre.  La 
structure  de  ce  ponceau  est  tout  à  fait  en  bon  état.  Il  y  a  un  ponceau  pareil  à  celui-là 
à  environ  un  demi-mille  en  amont. 

Pont  de  Hillsboro. 

Est  en  bon  état  et  durera  plusieurs  années.  Le  tablier  est  de  première  classe. 
Les  fondations  sont  en  excellent  état,  et  dans  son  entier  le  pont  peut  être  considéré 
comme  parfaitement  sûr. 

Pont  de  Weldon. 

Travée  de  50  pieds  sur  des  culées  en  bois.  La  poutraison  est  en  assez  bon  état. 
Les  culées  sont  bien  conservées  et  soides.  I  sera  nécessaire  de  reconstruire  la  pou- 
traison dans  quelques  années. 

Pont  du  ruisseau  du  Moulin. 

Viaduc  d'environ  300  pieds  de  longueur  et  d'une  hauteur  de  35  pieds  au  centre. 
Entièrement  construit  en  pin  dur  il  y  a  trois  ans.  Cette  construction  est  en  excellent 
état,  solide  et  sûre. 

Pont  du  ruisseau  de  la  Tortue. 

La  structure  la  plus  importante  qu'il  y  ait  sur  la  ligne.  Environ  535  pieds  de  lon- 
gueur, consistant  en  abords  en  charpente  à  chaque  extrémité  et  en  une  travée  Howe 
de  108  pieds  au  centre.  L'abord  de  l'est  a  été  reconstruit  au  cours  de  l'année  der- 
nière, et  la  direction  se  propose  de  reconstruire  l'abord  de  l'ouest  l'année  prochaine. 
La  travée  Howe  a  été  entièrement  reconstruite  en  neuf  il  y  a  deux  ans.  La  structure 
Ht  entièrement  construite  en  pin  dur  et  est  en  excellent  état,  surtout  la  partie  neuve. 
L'extrémité  orientale,  que  la  direction  s'engage  à  reconstruire  l'année  prochaine,  est 


24  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  M 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

en  assez  bon  état  maintenant,  à  l'exception  de  quelques-unes  des  semelles  qui  sont 
pourries.  Les  fondations  des  tréteaux  en  charpente  sont  en  maçonnerie  de  pierre.  Le 
viaduc  est  exceptionnellement  bien  entretoisé  et  la  structure  est  solide  et  sûre. 

BÂTIMENTS  DES  GARES. 

Il  y  a  des  gares  à  Salisbury,  Hillsboro  et  Albert;  il  y  a  des  haltes  à  Price, 
Weldon,  Albert-Mines,  Woodsworth,  Wilson,  Mcïlenry,  curryville,  Cape,  Daniel's- 
Hill  et  Riverside.  Il  y  a  une  voie  de  garage  à  travers  la  gare  terminus  d'Albert  et  une 
autre  à  Salisbury.  A  chacune  des  haltes  il  y  a  des  voies  d'évitement.  Le  bâtiment 
est  à  deux  étages.  Il  y  a  aussi,  à  Albert,  un  commode  hangar  à  marchandises  ainsi 
qu'un  charbonnier.  Il  y  a  à  Hillsboro  un  bâtiment  de  gare  et  un  hangar  à  marchan- 
dises qui  sont  bien  entretenus.!  A  Albert  il  y  a  une  remise  à  locomotive  de  deux  pla- 
ces.   Il  y  a  une  plaque  tournante  à  Albert  et  une  à  Salisbury. 

MATÉRIEL   ROULANT. 

Il  y  a  quatre  locomotives,  une  voiture  de  voyageurs  de  première  classe,  deux  voi- 
tures combinées  et  un  fourgon  de  conducteur,  28  wagons  plats,  un  chasse-neige  et  un 
flanger.  Les  ocomotives  sont  légères,  mais  en  bon  état  de  fonctionnement,  et  tout  le 
matériel  roulant  est  en  très  bon  état. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Il  y  a  un  train  par  jour  dans  chaque  sens.  Le  train  quitte  Albert  dans  la  matinée 
et  arrive  à  Salisbury  à  9  heures  du  matin.  Il  quitte  Salisbury  à  midi  et  arrive  à  Albert 
■&  3  heures  de  l'après-midi.  L'exploitation  de  ce  chemin  de  fer  est  très  irrégulière  en 
hiver,  et  pendant  quelques  hivers  elle  a  été  entièrement  interrompue. 

LIGNES    TÉLÉGRAPHIQUES. 

Le  chemin  de  fer  a  une  ligne  télégraphique  exploitée  par  la  Western  Union;  mais 
les  fils  et  les  poteaux  appartiennent  à  la  compagnie  du  chemin  de  fer. 

Le  chemin  de  fer  a  une  ligne  télégraphique  exploitée  par  la  Western  Union;  mais 
très  prospère.  C'est  un  district  agricole,  et  l'on  y  fait  de  grandes  récoltes  de  foin. 
Albert,  le  terminus  sud,  est  un  village  prospère  d'environ  1,000  habitants,  et  vc'est  le 
centre  d'un  vaste  territoire  bien  établi.  Hillsboro  est  aussi  une  ville  prospère  d'envi- 
ron 1,200  habitants.  Il  s'y  fait  beaucoup  d'aiïaires.  C'est  à  Hillsboro  que  se  trou- 
vent les  célèbres  plâtrières  de  Y  Albert  Manufacturing  Co  .  C'est  une  très  grande  entre- 
prise qui  emploie  en  tout  environ  300  hommes.  De  grandes  quantités  de  pierre  à 
plâtre  sont  expédiées  par  eau.  Le  plâtre  manufacturé  est  expédié  en  grandes  quan- 
tités par  chemin  de  fer.  La  production  est  d'environ  400  barrils  par  jour.  Cette 
importante  industrie  est  dirigée  par  l'honorable  C.  J.  Osman,  et  son  expoitation  pres- 
père  est  d'un  grand  profit  au  comté  d'Albert.  De  grandes  quantités  de  bois  de  cons- 
truction sont  expédiées  par  la  ligne  du  chemin  de  fer.  Elles  sont  transportées,  par 
rail,  jusqu'à  Hillsboro  et  expédiées  de  là  par  eau.  Environ  5,000,000  de  pieds  ont  été 
transportés  la  saison  dernière. 

Longueur  du  chemin  de  fer 45  milles. 

Capital  total  versé $704,391 

Obligations  autorisées 250,000 

Obligations  émises 250,000 

Obligations  vendues.  . 

Coût,  y  compris  le  matériel  roulant 1,802,440 

Coût  par  mille 40,054 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1901 10,895 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1906 13,324 

Augmentation  en  cinq  ans 22% 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  25 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1901 35,170 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1906 54,828 

Augmentation  en  cinq  ans 56% 

Recettes  brutes  en  1901 25,325 

Recettes  brutes  en  1906 30,707 

Augmentation  en  cinq  ans 21% 

Frais  d'exploitation  en  1907 24,634 

Frais  d'exploitation  en  1906 29,745 

Augmentation  en  cinq  ans 21% 

Recettes  nettes  en  1901 691 

Recettes  nettes  en  1906 962 

Augmentation  en  cinq  ans 39% 

T.  M.  BURNS, 
GILLMOR  BROWN, 

Commissaires. 

Batiiurst,  N.-B.,  18  décembre  1907. 


CHEMIN  DE  FER  DU  N.-B.  ET  DE  LTLE-DU-P.-E. 

SITUATION. 

Ce  chemin  de  fer  est  situé  dans  le  comté  de  Westmoreland.  Il  est  relié  à  l'Interco- 
lonial  à  Sackville,  à  37  kilomètres  à  l'est  de  Moncton,  et  se  dirige  presque  directement 
à  Test  jusqu'au  Cap-Tormentine.  La  longueur  totale  de  la  ligne  principale  est  de  36 
milles. 

historique. 

Ce  chemin  de  fer  a  été  constitué  en  corporation  par  acte  de  la  législature  en  Tan- 
née 1874,  les  noms  de  Jas.  L.  Black,  Jossah  Wood,  et  d'autres,  figurent  au  nombre  des 
fondateurs.  La  charte  en  a  été  renouvelée  en  1878,  et  le  terme  d'expiration  porté  à 
1884.  Il  a  été  ouvert  au  trafic  en  1887,  et  c'est  encore  la  compagnie  primitive-,  dont 
M.  Fred  Harris  est  l'administrateur,  qui  en  est  propriétaire  et  qui  l'exploite.  Elle 
a  reçu  de  la  province  une  subvention  de  $3,000  par  mille,  et  du  Dominion,  une  sub- 
vention de  $3,200  par  mille. 

TRACÉ. 

Le  tracé  est  excellent,  et  il  y  a  un  grand  nombre  de  lignes  droites  très  longues; 
quelques-unes  ont  jusqu'à  quatre  et  cinq  milles  de  longueur.  Ilya  peu  de  courbes  et 
aucune  d'elles  n'est  forte.  Il  est  probable  qu'il  n'y  a  sur  cette  ligne  que  20  pour  100 
de  courbes  et  qu'il  y  a  80  pour  100  de  lignes  droites. 

RAMPES. 

Les  rampes  sont  également  très  modérées.  La  région  que  traverse  le  chemin  de 
fer  est  très  plane;  il  n'y  a  pas  de  forte  rampe;  le  maximum  est  probabement  de  1 
pour  100. 

rails. 

Les  rails  sont  en  acier  Barrow  pesant  56  livres  à  la  verge.  Ils  ont  été  achetés  de 
l'Intercolonial,  au  moment  où  cette  ligne  a  adopté  un  rail  plus  lourd.  Ils  sont  en  très 
bon  état  et  nous  n'avons  pas  remarqué  d'extrémités  déformées  ou  aplaties. 


26  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
TRAVERSES. 

Ces  traverses  ont  entre  elles  un  espace  de  deux  pieds  ;  nous  croyons  qu'il  n'y  en  a 
pas  plus  de  2,000  par  mille  de  longueur,  tandis  qu'il  devrait  y  en  avoir  3,000,  en  raison 
de  la  rareté  du  ballast.  Plusieurs  traverses  commencent  à  se  détériorer,  et  il  faudrait 
en  poser  un  grand  nombre  de  nouvelles. 

BALLAST. 

De  Sackville  à  la  Baie- Verte,  on  n'a  à  peine  mis  de  ballast  sur  la  voie.  De  la  Baie- 
Verte  à  Tormentine,  la  voie  a  été  primitivement  ballastée  avec  du  gravier  provenant  de 
la  plage.  Il  n'y  a  pas  de  sablonnière  dans  le  voisinage  de  la  ligne  du  chemin  de  fer, 
et  la  voie  doit  êtfe  nivelée  et  entretenue  avec  les  matériaux  que  l'on  peut  trouver  dans 
les  fossés  latéraux.  Par  le  fait  qu'il  n'y  a  en  réalité  pas  de  ballast,  la  voie  devrait  avoir 
un  nombre  de  traverses  supérieur  à  la  quantité  habituelle. 

ponceaux. 

Il  y  a  un  certain  nombre  d'"aboiteaux"  en  bois  à  travers  les  marais,  et  dans  les 
autres  parties  de  la  ligne  les  ponceaux  ouverts  ont  des  culées  de  pierre  avec  un  tablier 
en  charpente.  Les  culées  sont  en  général  en  bon  état  et  parfaitement  sûres.  Quelques- 
uns  des  ponceaux  fermés  commencent  à  se  détériorer. 

PONTS. 

Pont  du  ruisseau  Morris. 

Ce  fut  primitivement  une  construction  sur  pilotis.  Au  cours  de  l'année  dernière 
les  pilotis  ont  été  coupés  au  niveau  de  l'eau  et  des  charpentes  de  chevalets  ont  été  éle- 
vées sur  la  tête  des  pilotis.  Ce  pont  a  environ  50  pieds  de  long,  il  est  en  bon  état  et 
parfaitement  sûr. 

Pont  du  canal  de  Flottaison. 

Cette  construction  a  environ  400  pieds  de  long  ;  c'est  un  viaduc  sur  pilotis  à  l'extré- 
mité ouest,  et,  à  l'extrémité  est,  un  assemblage  de  chevalets  sur  des  fondations  en  pilo- 
tis. Cette  construction  est  en  biais,  et  pour  en  assurer  la  stabilité  il  y  a  plusieurs  longs 
tirants  en  fer  assujétis  aux  tréteaux  par  l'une  de  leurs  extrémités  et  dont  l'autre  extré- 
mité est  ancrée,  à  30  ou  40  pieds  en  amont,  à  des  corps  morts  dans  le  lit  du  canal.  Les 
pilotis  sont  bien  conservés,  mais  il  y  a  sur  le  tablier  du  pont  quelques  traverses  qui  de- 
vraient être  remplacées.    Ce  pont  est  bien  contreventé  et  sûr. 

Pont  de  la  route  de  Midgic-Marsh. 

C'est  un  pont  de  chevalets  de  150  pieds  de  long.  Les  chevalets  sont  en  bon  état, 
résistants  et  solides.  Le  tablier,  et  en  particulier  les  traverses  et  les  contre-rails,  ont 
besoin  d'être  renouvelés.  Ce  pont  est  en  assez  bon  état  d'entretien  et  sûr,  mais  il  aurait 
besoin  d'un  nouveau  tablier. 

Pont  de  la  Baie-Verte. 

Cette  construction  a  environ  60  pieds  de  long,  et  consiste  en  cinq  tréteaux  sur 
pilotis.  Les  pilotis  et  les  chapeaux  sont  résistants  et  solides.  Le  tablier,  y  compris  les 
longrines,  les  traverses  et  les  contre-rails  sont  sérieusement  détériorés  et  doivent  être 
renouvelés.  La  direction  nous  assure  que  le  tablier  de  ce  pont  sera  reconstruit  cette 
année. 

C'est  la  construction  la  plus  importante  de  la  ligne;  elle  consiste  en  cinq  travées 
Howe  et  une  travée  mobile  sur  pivot;  la  travée  mobile  est  très  usée  et  doit  être  rem- 
placée la  saison  prochaine.    Les  travées  à  armature  sont  en  assez  bon  état,  à  l'exception 


CHEMIN  DE  FER  IXTERCOLOXIAL  27 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

du  tablier,  qui  a  besoin  d'être  reconstruit.  Avec  une  exploitation  prudente,  ce  pont  est 
encore  sûr  pour  quelque  temps,  mais  il  sera  absolument  nécessaire  de  remplacer  la 
travée  mobile,  très  prochainement. 

Pont  de  Mahoney. 

Cette  construction  a  environ  75  pieds  de  long;  elle  se  compose  de  4  tréteaux  de  che- 
valets en  charpente,  reposant  sur  des  fondations  en  maçonnerie  de  pierre.  Le  pont  est  en 
excellent  état,  parfaitement  résistant  et  solide,  à  l'exception  de  quelques  traverses  et 
d'une  partie  des  contre-rails.  Les  tréteaux  de  chevalets  étant  fixés  sur  des  piédestaux 
en  maçonnerie  de  pierre,  les  seuils  sont  bien  au-dessus  du  niveau  de  la  rivière,  en  sorte 
qu'il  n'y  a  pas  a  redouter  qu'ils  se  détériorent. 

Pont  de  la  rivière  Timber. 

C'est  une  travée  système  Howe,  de  75  pieds.  Il  est  couvert  et  est  très  bien  con- 
conservé.  Il  n'y  a  que  très  peu  de  détérioration  à  signaler.  Le  pont  repose  sur  des 
culées  en  maçonnerie  de  pierre  qui  sont  en  parfait  état. 

Pont  de  Brooklyn. 

Ce  pont  a  environ  25  pieds  de  long  et  a  deux  longrines  sous  chaque  rail,  l'une 
sur  l'autre;  chaque  longrine  mesure  12  x  12  pouces.  Elles  sont  renforcées  par  des 
moises  qui  montent  de  chacune  des  culées  jusqu'au  centre  des  longrines.  Les  culées 
sont  en  maçonnerie  de  pierre,  bien  bâties  et  parfaitement  solides.  Le  pont  dans  son 
ensemble  est  sûr. 

EMPLACEMENT    DE    LA    VOIE. 

L''emplacement  de  la  voie,  là  où  il  traverse  des  districts  boisés,  est  recouvert  par  la 
croissance  de  nouvelles  pousses  de  petits  buissons.  Il  est  nécessaire  de  le  déblayer  et  de 
brûler  ces  petits  buissons.  Les  clôtures  sont  en  assez  bon  état,  surtout  à  travers  les 
champs  déblayés;  à  vrai  dire,  elles  semblent  meilleures  que  dans  beaucoup  d'autres 
lignes  d'embranchement. 

GARES. 

Il  y  a  cinq  gares  et  six  haltes.  Les  gares  ont  toutes  un  bureau  de  billets,  une  salle 
d'attente,  une  salle  à  marchandises  ou  un  bâtiment  spécial  pour  les  marchandises.  Les 
bâtiments  des  gares  sont  bien  construits  et  dans  un  bon  état  d'entretien. 

MATÉRIEL   ROULANT. 

Il  y  a  trois  locomotives,  deux  voitures  de  voyageurs,  41  wagons  plats,  quatre  wa- 
gons fermés  et  deux  chasse-neige.  Les  locomotives  sont  légères,  mais  sont  maintenues 
en  bon  état  de  fonctionnement.    Toutje  reste  du  matériel  roulant  est  en  bon  état. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Il  y  a  un  train  par  jour  dans  chaque  sens.  Le  train  quitte  Sackville  après  l'arrivée 
de  l'express  du  Pacifique-Canadien  et  va  jusqu'à  Cap-Tormentine  ;  dans  l'autre  sens, 
le  train  arrive  à  Sackville  pour  correspondre  avec  l'express  maritime  venant  de  Mont- 
réal. 

Sackville,  le  terminus  ouest  de  ce  chemin  de  fer,  est  une  ville  d'une  certaine  impor- 
tance, car  elle  a  une  population  d'environ  2,000  âmes.  C'est  un  célèbre  centre  d'éduca- 
tion, par  le  fait  qu'elle  est  le  siège  du  collège  de  Sackville,  de  l'Académie  et  de  l'école 
des  jeunes  filles.  Il  y  a  un  grand  nombre  de  magasins,  car  Sackville  est  le  centre 
d'un  territoire  bien  peuplé.  De  Sackville  à  la  Baie-Verte,  le  chemin  de  fer 
traverse  les  marais  de  Westmoreland,   où  l'on   récolte  d'immenses   quantités  de  foin. 


28 


LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

C'est  un  beau  coin  de  pays  où  l'on  fait  de  grandes  récoltes,  de  foin  particulièrement. 
La  Baie-Verte  est  un  village  prospère,  au  centre  d'un  vaste  district  agricoles.  Toute 
une  partie  du  trafic  du  chemin  de  fer  provient  de  la  Baie-Verte.  Au  terminus  de  l'est, 
à  Cap-Tormentine,  il  y  a  un  magnifique  quai  construit  par  le  gouvernement  fédéral. 
La  voie  va  jusqu'à  l'extrémité  du  large  de  ce  quai,  rendant  ainsi  les  expéditions  très 
faciles.  Du  Cap-Tormentine  au  Cap-Traverse  dans  l'Ile-du-Prince-Edouard,  il  n'y  a 
qu'une  distance  de  neuf  milles,  et  l'agitation  qui  s'est  produite  récemment  en  faveur 
d'un  tunnel  entre  ces  deux  points  semblerait  indiquer  que  dans  un  avenir  peu  éloigné 
l'Ile-du-Prince-Edouard  sera  reliée  au  continent  au  moyen  de  ce  tunnel.  Dans  ce  cas, 
le  chemin  de  fer  du  Nouveau-Brunswick  et  de  l'Ile-du-Prince-Edouard  feraient  d'énor- 
mes affaires.  De  grandes  quantités  de  foin  sont  expédiées  par  ce  chemin  de  fer  ainsi 
qu'une  quantité  de  bétail  engraissé  et  de  grandes  quantités  de  grain.  Le  bois  de  cons- 
truction représente  une  grande  proportion  du  trafic  de  ce  chemin  de  fer.  Près  de  8 
millions  de  pieds  de  bois  de  construction  ont  été  expédiés  l'an  dernier  par  ce  chemin 
de  fer.  Le  trafic  sur  cette  ligne  a  toujours  été  très  bon  dès  le  moment  où  il  a  été  livré 
à  l'exploitation,  et  un  coup  d'œil  jeté  sur  le  tableau  suivant  montrera  qu'au  point  de 
vue  financier  cette  ligne  est  dans  une  excellente  situation. 

Longueur  du  chemin  de  fer 36  milles. 

Capital  total  versé $528,999 

Obligations  autorisées 400,000 

Obligations  émises 100,000 

Obligations  vendues 100,000 

Coût,  y  compris  le  matériel  roulant 307,744 

Coût  par  mille 8,548 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1901 14,046 

Nombre  des  voyageurs  transportés  en  1906 19,221 

Augmentation  en  cinq  ans 28% 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1901 47,076 

Tonnes  de  marchandises  transportées  en  1906 36,100 

Augmentation  en  cinq  ans Diminution.  23% 

Kecettes  brutes  en  1901 23,600 

Kecettes  brutes  en  1906 26,747 

Augmentation  en  cinq  ans 13% 

Frais  d'exploitation  en  1901 17,816 

Frais  d'exploitation  en  1906 19,760 

Augmentation  en  cinq  ans 11% 

Recettes  nettes  en  1901 5,785 

Recettes  nettes  en  1906 6,988 

T.  M.  BURNS, 
GILLMOR  BROWN, 

Commissaires* 
Bathurst,  N.-B.,  18  décembre  1907. 


CHEMIN  DE  FER  IXTERCOLOXIAL 


29 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 


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LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 


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CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL 


31 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 


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LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Comparaison  entre  les  frais  d'exploitation  et  les  recet 


Nom  du  chemin  de  fer. 

Entretien  du  chemin  de  fer,  de  la  voie 
des  ponts  et  des  bâtiments 

Coût  de  la  force  motrice. 

Année  1901. 

Année  1906. 

Augmenta- 
tion  ou 
diminution. 

Année  1901. 

Année  1906. 

Augmenta- 
tion ou 
diminution. 

$ 

950 
6,542 
8,323 
4,276 

S 

975 

9,400 

16,792 

4,358 

p.c. 

3  aug. 

44  aug. 

102  aug. 

2  aug. 

1,025 

5.9G7 

10,960 

3,603 

1,703 

5,369 

17,976 

3,287 

p.c. 
66  aug. 

Bouctouche  et  Moncton.... 
Caraquet 

10  aug. 
64  aug. 

Elgin  et  Havelock 

Gulf-Shore 

9  dim. 

3,170 

6,697 

4,188 

11,572 

25 

7,275 
7,378 
3,391 
13,445 
1,060 

129  aug. 
10  aug. 
19  dim. 
16  aug. 

3,010 
•      7,136 
3,012 
7,928 
1  .fiRO 

3,865 
6,637 
3,314 
10,524 
1,963 

28  aug. 

N.-B.  et  Ile-du-P.-Edouard 

7  dim. 
10  aug. 

33  aug. 

17  aug. 

Totaux 

45,743 

64,074 

1 
40  aug.                  44.321 

54 , 638 

22  Inc. 

Bathurst,  N.-B. 

18  décembre  1907. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL 


33 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

tes  nettes,  pour  les  années  1901  et  1906. 


Autres  frais  d'exploitation. 

Total  des  frais  d'exploitation. 

Recettes 

nettes. 

Observations. 

Année 
1901. 

Année 
1906. 

Augmenta- 
tion ou 
diminution 

Année 
1901. 

Année 
1906. 

Augmenta- 
tion ou 
diminution. 

Année 
1901. 

Année 
1906. 

S 

S 

p.c. 

$ 

S 

p.c. 

S 

S 

685 

1,831 

167  aug. 

2,660 

4,509 

69  aug. 

1,575 

2,859 

Déficit  les  deux  années. 

6224 

7,558 

21  aug. 

18,733 

22,327 

19  aug. 

2,764 

37 

Déficit   en    1901,    surplus   en 

1906. 
Déficit  les  deux  années. 

7,936 

13,882 

74  aug. 

27,219 

48,650 

79  aug. 

1,046 

3,663 

3,092 

2,380 

23  dim. 

10,971 

• 

10,025 

9  dim. 

3,969 

957 

Déficit   en  1901,    surplus   en 
1906. 

Exploité  comme  faisant  partie 
du  ch.  de  fer  de  Caraquet. 

Surplus  les  deux  années,  aug- 
tation  de  373  p.  100. 

Surplus  les  deux  années,  aug- 
mentation de  21  p.  100 

Déficit  en  1901,  surplus  en 
1906. 

Surplus  les  deux  années,  aug- 
mentation de  39  p.  100. 

Déficit  les  deux  années. 

3,500 
3,983 
2,639 

2,872 
5,745 
2,118 

18  dim. 
44  aug. 
20  dim. 

9,680 

17,816 

9,839 

14,012 

19,760 

8,823 

45  aug. 
11  aug. 
10  dim. 

1,707 
5,785 
2,562 

8,075 
6,988 
1,253 

6,134 
866 

5,776 
992 

12  aug. 
14  aug. 

24,634 
2,571 

29,745 
4,015 

21  aug. 
56  aug. 

691 
31 

962 
1,100 

34,059 

43,154 

26  aug. 

124,123 

161,866 

30  aug. 

3,764 

10,650 

(Signé)     T.  M.  BURNS, 

GILLMOR  BROWN, 

Commissaires. 


67—3 


34 


LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  190» 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  DU  CANADA. 

Bureau  du  Directeur  Général  du  Trafic 
Moncton,  N.-B. 

Cher  monsieur, — Comme  suite  aux  instructions  contenues  dans  votre  lettre  du  3 
septembre  1908,  relatives  à  l'inspection  des  lignes  d'embranchement,  veuillez  trouver 
ci-inclus  mon  rapport  et  celui  de  M.  D.  A.  S  tory  au  sujet  des  lignes  suivantes: — 

Chemin  de  fer  de  Kent-Northern. 

Caraquet  et  Gulf-Shore, 

Chemin  de  fer  de  North-Shore  (route  de  Beersville), 

Hampton  et  Saint-Martin, 

Salisbury  et  Harvey,  et  Albert- Southern, 

Elgin  et  Havelock, 

Moncton  et  Bouctouche,  » 

Nouveaeu-Brunswick  et  Ile-du-Prince-Edouard, 

Chemin  de  fer  de  TémiscoUta., 

York  et  Carleton, 

Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  charbonnage  de  Vale, 

Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  charbonnage  de  Cumberland, 

Chemin  de  fer  de  la  Compagnie  d'aciérie  et  de  charbonnages  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  (de  Ferrona-Junction  à  Sunny-Brae). 

En  préparant  ces  rapports  nous  nous  sommes  conformés  le  plus  possible  aux  ins- 
tructions contenues  dans  votre  lettre,  en  donnant  notre  opinion  tant  sur  le  trafic 
actuel  que  sur  les  circonstances  favorables  au  trafic,  et  sur  les  probabilités  de  trafic  de 
ces  diverses  lignes  d'embranchement.  Nous  pensons  que  ces  rapports  vous  donneront 
satisfaction. 

Quand  bien  même  les  instructions  que  nous  avons  reçues  ne  comportaient  pas  de 
remarques  en  dehors  du  programme  qui  nous  a  été  imposé,  nous  avons  cru  néanmoins 
qu'il  était  de  notre  devoir  de  compléter  ces  rapports  en  portant  à  votre  connaissance 
que  nos  entrevues  avec  les  divers  commerçants  et  habitants  des  environs  des  lignes 
d'embranchements  nous  ont  montré  que  leur  opinion  est  unanime  quant  aux  grands 
avantages  qui  résulteraient  de  la  fusion  de  ces  lignes  avec  l'Intercolonial. 

L'absence  de  conditions  favorables  porte  préjudice  aux  affaires  des  districts  des- 
servis par  ces  embranchements,  même  pour  le  trafic  déjà  existant,  et  met  un  obstacle 
au  développement  des  industries,  à  la  plus-value  des  propriétés,  et  aux  améliorations 
générales  qui  résulteraient  sans  aucun  doute  d'un  service  meilleur. 

Les  embranchements  actuels  sont  gênés  par  le  manque  de  capital  et  par  un  matériel 
insuffisant  ;  ils  ne  sont  pas  dans  une  situation  financière  qui  leur  permette  d'améliorer 
les  conditions  défectueuses  de  leur  trafic,  et  l'absorption  de  ces  lignes  par  le  réseau  de 
Flntercolonial,  cela  ne  fait  pas  de  doute,  aurait  pour  résultat  une  situation  d'affaires 
beaucoup  meilleure. 

C'est  un  fait  bien  établi  que,  dans  presque  tous  les  cas  où  des  lignes  d'embranche- 
ments ont  été  absorbées  par  la  ligne  principale,  et  où  un  marché  plus  étendu  a  été 
ouvert  de  cette  manière  aux  affaires  de  la  ligne  principale,  non  seulement  cette  façon 
de  procéder  a  été  très  profitable  aux  embranchements  même,  mais  elle  a  procuré  un 
supplément  de  ressource  à  la  ligne  principale,  par  le  fait  que  ces  embranchements  sont 
devenus  des  affluents  précieux  qui  augmentent  le  trafic  et  les  recettes  de  la  ligne  mère. 

Les  habitants  des  localités  desservies  par  ses  embranchements  pauvrement  équipés 
mettent  en  avant  un  argument  d'un  très  grand  poids,  en  disant  qu'en  considération  de 
l'importante  somme  d'argent  et  des  autres  subventions  accordées  au  Nord-Ouest  cana- 
dien dans  le  but  d'aider  au  développement  de  la  région,  les  Provinces  maritimes  ont 
quelque  droit  à  être  généreusement  traitées  dans  un  but  semblable. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  36 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Vou   recevrez,   sans  doute,  les   rapports   des   ingénieurs   touchant   les   conditions 
physiques  de  ces  diverses  lignes,  leur  matériel  roulant,  bâtiments  des  gares,  etc. 

Il  y  a  deux  ou  trois  lignes  d'embranchements  auxquelles  les  remarques  qui  précè- 
dent ne  se  rapportent  pas;  elles  sont  spécialement  notées  dans  les  rapports  ci-joints. 

E.  TIFFIN, 
Directeur  général  du  trafic. 


CHEMIN  DE*FER  KENT-NORTIIERN. 

Le  chemin  de  fer  Kent-Northern  est  relié  à  Hntercolonial  à  Kent-Junction,  à 
quarante-cinq  milles  au  nord  de  Moncton,  et  va  dans  la  direction  de  l'est,  à  tra- 
vers le  comté  de  Kent,  jusqu'à  Richibouctou,  sur  le  détroit  de  Northumberland,  une 
distance  d'environ  27  milles. 

Sur  à  peu  près  la  moitié  de  ce  parcours  et  à  une  certaine  distance,  des  deux  côtés 
de  la  ligne,  le  pays  est  peu  boisé  et  ne  se  prête  guère  à  la  culture  ni  à  l'exploitation  du 
bois  de  construction.  Toutefois,  en  approchant  de  Rexton,  le  pays  s'améliore,  on  y 
coupe  une  grande  quantité  de  traverses  et  de  bois  de  chauffage,  ce  dernier  pour  être 
expédié  à  Richibouctou,  ainsi  qu'un  peu  d'écorce  de  pruche,  qui  est  en  général  expédié 
par  rail  à  Millerton. 

A  Rexton,  à  trois  milles  de  Richibouctou,  il  y  a  plusieurs  grandes  scieries  qui, 
avec  celles  qui  sont  situées  à  Richibouctou,  débitent  quelque  dix  ou  douze  millions 
de  pieds  de  bois,  chaque  année,  provenant  des  billes  flottées  en  radeaux  sur  la 
rivière.  En  outre  ou  en  coupe  aux  scieries  de  Up-River  une  quantité  à  peu  près 
égale  qui  est  descendue  par  eau  à  Rexton  et  à  Richibouctou  pour  être  expédiée  via 
Tourmentine,  ce  qui  fait  que  la  quantité  totale  passant  par  ces  endroits  est  d'en- 
viron vingt  millions  par  an.  Presque  tout  ce  bois  est  transporté  par  bateaux  jusqu'à 
Cap-Tourrnentine,  sur  le  détroit  de  Northumberland,  c'est-à-dire  à  une  distance  de  90 
ou  100  milles,  pour  le  prix  de  $1.25  le  mille.  Ce  prix  comprend  le  coût  de  l'embarque- 
ment sur  les  bateaux  à  Tourmentine,  vu  que  le  fait  du  transport  sur  l'océan  est  plus 
bas  à  partir  de  ce  point  qu'à  partir  de  Richibouctou  ou  de  Rexton,  à  cause  de  l'avantage 
des  plus  grands  bateaux.  La  profondeur  de  l'eau  au  delà  de  la  barre  de  Richibouctou 
limite  les  expéditions  directes  qui  y  sont  faites  aux  bateaux  d'environ  500  tonnes. 

Le  trafic  principal  frété  sur  cette  voie  maritime  consiste  en  poisson,  bois  de  char- 
pente et  autres  produits  de  la  forêt,  tandis  que  tout  le  commerce  local  de  Rexton,  de 
Richibouctou  et  du  pays  environnant  est  transporté  par  chemin  de  fer. 

La  quantité  de  bois  actuellement  transportée  par  rail  via  Kent-Junction  est  peu 
importante  en  comparaison  de  celle  qui  est  transportée  de  Rexton  et  de  Richibouctou 
à  Tourmentine;  l'expédition  totale  via  Kent-Jniction  n'est  que  de  1,770  tonnes  pour 
l'année  1907.  L'une  des  raisons  de  cela  est  que  les  deux  transports  par  rail  s'opposent 
à  une  expédition  économique  via  Saint-Jean,  et  une  autre  raison  est  que,  par  le  fait  de 
l'incertitude  où  l'on  est  actuellement  quant  au  nombre  de  wagons  disponibles,  l'exploi- 
tation hésite  à  accepter  un  contrat  pour  l'expédition  par  rail  de  toute  quantité  spécifiée, 
et  beaucoup  d'affaires  se  trouvent  ainsi  perdues.  Notre  opinion  est  que  tous  ces  fac- 
teurs nuisent  considérablement  au  transport  "exclusivement  par  rail",  et  nous  considé- 
rons que  si  l'on  assurait  une  quantité  suffisante  de  wagons  et  un  tarif  unique  de  che- 
min de  fer,  les  marchands  de  bois  tourneraient  davantage  leur  attention  vers  l'expédi- 
tion a  exclusivement  par  rail  ",  non  seulement  pour  les  exportations  via  Saint-Jean,  mais 
aussi  pour  les  expéditions  à  différents  points  du  chemin  de  fer  Intercolonial  (notam- 
ment Moncton  et  Amherst,  deux  centres  de  grande  consommation),  et  aussi  pour  les 
expéditions  vers  des  endroits  de  l'intérieur  dans  les  Etats  de  l'Est  et  sur  le  marché 
d'Ontario,  dont  la  demande,  spécialement  pour  l'épinette  du  Nouveau-Brunswick, 
va  toujours  en  augmentant. 

67-^ 


36  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  tarifs  de  l'ccéan  pour  le  madrier  sont  plus  bas  à  partir  de  Saint-Jean 
tni'à  partir  de  Tourmentine,  et  par  conséquent  beaucoup  plus  bas  (par  le  fait  de 
l'allégement  à  Kichibouctou  déjà  mentionné)  que  de  cette  dernière  localité,  en  sorte 
que,  avec  le  prix  meilleur  que  les  expéditions  par  Saint- Jean  commandent  sur  le  marché 
européen,  et  avec  un  tarif  à  Saint-Jean  qui  serait  beaucoup  plus  rémunérateur  pour  une 
ligne  unique  de  chemin  de  fer,  nous  croyons  qu'il  serait  possible  d'attirer  sur  le  chemin 
de  fer  la  majeure  partie  de  ce  trafic  d'exportation,  même  pendant  la  saison  d'été;  et 
(par  le  fait  des  plus  bas  prix  des  lignes  de  l'océan  par  Saint-Jean  durant  la  saison 
d'hiver,  nous  croyons  qu'il  serait  possible  de  créer  un  trafic  considérable  de  cette  mar- 
chandise en  donnant  aux  marchands  de  bois  les  moyens  d'expédier  sur  les  marchés  une 
partie  de  leur  coupe  pendant  l'hiver  au  lieu  de  la  garder  toute  entière  pour  l'expédition 
d'été,  ainsi  qu'ils  le  font  actuellement. 

On  expédie  par  eau  une  grande  quantité  de  bois  de  construction  de  Kichibouctou 
et  de  Kexton  à  New- York  ainsi  qu'à  Sydney,  mais  nous  croyons  qu'une  bonne  partie 
de  ce  trafic  pourrait  être  détournée  au  profit  de  la  voie  ferrée.  Ce  serait  de  toute 
manière  plus  satisfaisant  et  plus  profitable.  Le  principal  avantage,  en  effet,  serait 
que  les  rentrées  se  feraient  beaucoup  plus  vite  en  même  temps  que  les  occasions 
de  discussions  au  sujet  de  la  qualité  deviendraient  plus  rares.  Nous  sommes  convain- 
cus qu'en  procédant  aux  diverses  améliorations  que  nous  venons  d'indiquer  cette  ligne 
d'embranchement  deviendrait  en  peu  de  temps  pour  l'Intercolonial  un  affluent  précieux. 

PROVENANCE  DE  LA  PROVISION  DE  BOIS. 

Les  scieries  font  venir  leur  provision  de  billes  surtout  par  eau,  du  territoire  d'Up- 
Kiver,  qui  a  une  étendue  d'environ  500  milles  et  dont  les  coupes  sont  protégées 
en  sorte  que  l'on  a  l'assurance  que  la  provision  restera  indéfiniment  semblable  à 
la  quantité  actuelle.  Dans  les  bonnes  années  on  en  coupera  probablement  un  peu  plus, 
mais  dans  les  mauvaises  années  on  en  coupera  un  peu  moins. 

BOIS  DE  CHAUFFAGE,  ÉCORCE,  BOIS  DE  PULPE. 

Le  trafic  du  bois  de  chauffage,  à  partir  du  troisième  mille  jusqu'au  huitième,  se 
fait  surtout  à  Kichibouctou,  le  seul  marché  avantageux,  et  comme  le  marché  de  Monc- 
ton,  qui  est  le  seul  autre  marché  d'un  accès  facile,  est  approvisionné  par  la  région 
adjacente  au  chemin  de  fer  Intercolonial  et  au  chemin  de  fer  de  Bouctouche  et  Monc- 
ton,  on  ne  peut  pas  espérer  une  augmentation  marquée  de  ce  trafic. 

L'écorce  à  tan  trouve  actuellement  son  marché  à  Millerton,  et  le  trafic  n'en  est 
limité  que  parce  que  la  région  où  croît  la  pruche  est  trop  éloignée  de  la  ligne  du  che- 
min de  fer  pour  en  rendre  l'écorçage  profitable,  surtout  quand  il  faut  compter  avec 
deux  tarifs  de  transport  avant  que  la  marchandise  n'atteigne  sa  destination. 

Les  ressources  de  bois  de  pulpe  sont  presque  illimitées  dans  cette  région,  bien  que 
l'on  n'en  coupe  pas,  par  le  fait  que  les  exploitations  ne  veulent  pas  favoriser  le 
déboisement  du  pays  qui  ne  manquerait  pas  d'en  résulter. 

CHARBON. 

Quelque  500  ou  700  tonnes  de  charbon  sont  transportées  chaque  année  à  Kichi- 
bouctou par  des  voiliers  qui  reviennent  de  Sydney  et  de  Pictou,  où  ils  ont  transporté 
des  cargaisons  de  bois.  Une  partie  de  ces  transports  de  charbon  pourrait  être  probable- 
ment détournée  au  profit  du  chemin  de  fer  ou  remplacée  par  un  autre  charbon  trans- 
porté par  chemin  de  fer.  Cela  réduirait  le  nombre  des  voiliers  qui  transportent 
avantageusement  du  bois  de  construction  sur  des  points  concurrents. 

SEL. 

Un  peu  de  sel  est  aussi  apporté  ici  par  des  navires  venus  d'Europe  pour  y  pren- 
dre des  cargaisons.    Une  petite  partie  en  peut  être  distribuée  par  le  chemin  de  fer. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLOXIAL 


37 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 


POISSON. 


Il  y  a  à  Kichibouctou  trois  grandes  glacières  appartenant  respectivement  à  MM. 
O'Leary,  Loggie  et  Forbes.  Toutes  développent  graduellement  leur  exploitation  même 
dans  les  conditions  actuelles  du  transport  par  chemin  de  fer,  alors  que  leur  profit  est 
très  faible.  Les  pêcheries,  qui  sont  pour  ainsi  dire  inépuisables,  sont  d'un(accès  facile, 
et  Ton  nous  assure  que  si  les  incapacités  actuelles  du  chemin  de  fer  faisaient  place  à 
quelque  amélioration,  la  pêche  se  poursuivrait  avec  beaucoup  plus  de  vigueur  et  il  en 
résulterait  une  augmentation  de  trafic  pour  le  chemin  de  fer. 

Il  ne  serait  pas  très  dispendieux,  d'autre  part,  de  joindre  les  diverses  glacières  et 
la  scierie  O'Leary  au  moyen  d'une  ligne  qui  s'étendrait  le  long  de  la  côte.  La  dimi- 
nution des  dépenses  de  transport  n'aurait  qu'un  résultat  :  celui  d'augmenter  le  trafic. 

INDUSTRIE    LAITIÈRE,   ETC. 

L'industrie  laitière  est  considérable.  Il  y  a  une  grande  fromagerie  près  de  Rexton, 
et  il  y  existe  des  conditions  favorables  au  développement  d'un  commerce  d'algues 
marines. 

Il  y  aussi  un  trafic  considérable  de  petits  fruits,  surtout  à  Dalhousie,  où  ils  sont 
mis  en  conserves;  de  laine  à  Truro  et  en  d'autres  endroits;  et  de  peaux  vertes,  surtout 
à  Portland,  Me. 

TARIF  DE  TRANSPORT. 

Le  tarif  local  de  transport  est  un  peu  plus  élevé  que  sur  la  ligne  de  l'Intercolonial, 
quoiqu'il  y  ait  des  exceptions,  car  le  tarif  pour  le  transport  du  bois  de  corde  et  du  bois 
de  construction  à  Kichibouctou  est  établi  sur  une  base  inférieure  à  celui  de  l'Inter- 
colonial pour  une  distance  égale. 

TONNAGE. 

Il  y  a  eu  sur  cette  ligne  une  augmentation  sensible  du  transport  des  marchandises 
au  cours  des  quelques  dernières  années. 

En  1901  le  tonnage  transporté  se  montait  à 4,070 

En  1906  le  tonnage  transporté  se  montait  à 95,504 

La  grande  augmentation  du  tonnage  en  1905  et  1906  s'explique  par  le  fait  que  le 
Kent-Northern  a  vendu  de  grandes  quantités  de  ballast  (dont  cette  compagnie  a  une 
abondante  provision)  à  l'Intercolonial  et  au  chemin  de  fer  de  Beersville.  Les  tableaux 
suivants  ont  été  fournis  par  le  chemin  de  fer  Kent-Northern,  comme  montrant  les  re- 
cettes et  les  dépenses  pour  les  exercices  1904-5,  1905-6  et  1906-7. 


Nombre  de  voyageurs  transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

Recettes  provenant  des  marchandises 

Recettes  diverses 

Recettes  brutes 

Frais  d'exploitation 

Tonnage    transféré  à   l'Intercolonial   à   Kent-Junction,    1907,     0,028 

tonnes,  recettes,  Intercolonial 

Tonnage  reçu  de   l'Intercolonial  à  Kent-Junction,  1907.  3,557  tonnes) 

recettes,  Intercolonial.. . 


1904-5. 


7.2S5 

75 , 792 

S  5.956  72 

16,282  20 

1,066  86 

23,305  78 

20,647  54 


1905-6. 


8,775 

95,504 

S  6,167  66 

14,929  92 

990  18 

22.087  56 

14,012  50 


1906-7. 


9.100 

7,691 

5  6,629  01 

9,753  34 

1,112  75 

17,495   10 

10,831  00 

10,047  32 

10.835  20 


La  population  le  long  de  la  ligne  est  insignifiante  jusqu'à  ce  que  l'on  ait  atteint 
Rexton.  La  population  de  Rexton  est  d'environ  1,000  habitants;  celle  de  Kichibouctou 
d'environ  1,500,  et  la  contrée  dans  le  voisinage  immédiat  est  très  densément  peuplée. 
Le  district  de  Saint-Louis,  qui  est  adjacent  à  Richibouctou,  a  une  population  d'environ 


38  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

2,000  habitants.  La  vallée  de  la  principale  rivière,  la  Richibouctou,  et  aussi  celles  de 
la  Kouchibouguac  et  de  la  Kouchibouguacis,  sont  bien  peuplées  et  dans  un  état  très 
prospère. 

Le  service  des  trains  consiste  en  un  train  mixte  chaque  jour  dans  chaque  sens  et  en 
correspondance  toute  l'année  avec  les  express  locaux  de  l'Intercolonial. 

• 

TRANSPORT  DES  VOYAGEURS. 

Le  transport  des  voyageurs  accuse  aussi  une  augmentation  sensible  au  cours  des 
quelques  dernières  années. 

En  1901,  5,795  voyageurs  ont  été  transportés,  recettes $3,598 

En  1906,  8,755  "  "  6,168 

En  1907,  9,010  "  "  6,629 

Et  nous  avons  l'assurance  que  de  meilleures  conditions  auront  pour  résultat  une 
nouvelle  augmentation,  car  dans  l'état  actuel  du  service  des  trains  il  est  impossible  aux 
gens  de  ce  district  d'aller  et  de  revenir  le  même  jour,  même  jusqu'à  Moncton  ;  en  arran- 
geant les  choses  autrement  on  ferait  beaucoup  plus  de  transport  des  voyageurs. 

Le  tarif  des  voyageurs  de  première  classe  est  de  3  cents  le  mille,  4£  cents  pour 
l'aller  et  retour,  et  2  cents  pour  la  seconde  classe. 

Il  n'y  a  pas  de  train  express  correspondant  avec  cette  ligne,  les  colis  des  messa- 
geries qui  lui  sont  remis  à  Kent-Junction  par  la  Canadian  Express  Company  sont 
transportés  comme  marchandise. 

0|n  fait  aussi  le  transport  de  la  malle-poste,  pour  lequel  le  ministère  des  Postes 
paye  4  cents  le  mille. 

Le  Kent-Northern  a  des  bâtiments  de  gares  à  Rexton  et  à  Richibouctou,  et  son 
matériel  roulant  consiste  en  deux  locomotives,  une  voiture  combinée  de  première  et 
seconde  classes,  un  wagon  fermé,  un  wagon-plateforme  et  deux  chasse-neige.  Le  bu- 
reau principal  de  la  ligne  est  à  Richibouctou,  où,  bien  qu'elle  ne  possède  pas  de  quai, 
elle  a  accès  à  la  mer  grâce  au  quai  du  gouvernement. 

CHEMIN  DE  FER  DE  RICHIBOUCTOU  ET  SAINT-LOUIS. 

Le  chemin  de  fer  de  Richibouctou  et  Saint-Louis  s'étend  au  nord  sur  une  longueur 
de  7  milles.  Il  est  maintenant  abandonné  en  raison  de  l'état  d'insécurité  d'un  pont  sur 
la  rivière  Kouchibouguacis,  non  loin  de  Richibouctou.  Ce  chemin  de  fer  traverse  dans 
toute  sa  longueur  une  belle  région  agricole  dont  la  population  est  estimée  à  environ 
2,000  habitants,  dont  les  fermes  et  les  bâtiments  divers  démontrent  des  progrès  et  du 
bien-être.  L'industrie  laitière  y  a  une  certaine  importance;  il  y  a  dans  le  district  une 
laiterie  dont  les  produits  sont  livrés  soit  à  Saint-Jean  soit  à  Halifax.  L'élevage  du 
bétail  et  des  moutons  a  aussi  une  importance  considérable,  mais  la  majeure  partie  du 
bétail  est  conduite  par  la  route  jusqu'à  Chatham,  où  elle  trouve  un  marché. 

Le  pays  est  très  propre  à  la  culture  de  la  pomme  de  terre,  et  l'on  dit  qu'à  l'époque  où 
le  chemin  de  fer  était  exploité  60  à  70  wagons  de  pommes  de  terre  ont  été  transportés 
dans  une  seule  saison.  Depuis  lors,  surtout  à  cause  du  long  trajet  à  parcourir  pour 
atteindre  Richibouctou,  les  fermiers  ont  réduit  leur  culture,  et  la  récolte  actuelle  est 
de  très  peu  d'importance.  Il  y  a  sur  cette  ligne  des  régions  bien  boisées  où  l'on  peut 
se  procurer  de  grandes  quantités  de  planches  de  chêne,  d'épinette  et  de  pruche  ainsi 
que  des  traverses  de  cette  dernière  essence.  On  y  obtient  aussi  de  l'écorce  de  pruche 
qui  est  transportée  par  la  route  jusqu'à  la  Baie-du-Vin,  d'où  elle  est  dirigée  sur  Miller- 
ton.  Immédiatement  au  delà  de  Saint-Louis  il  y  a  une  bonne  région  de  cèdres  où  l'on 
peut  se  procurer  des  traverses  en  grandes  quantités  dans  un  rayon  de  2  à  5  milles  et  où 
des  scieries  à  bardeaux  pourraient  y  être  exploitées  avec  succès.  Même  dans  les  condi- 
tions présentes,  on  est  sur  le  point  de  faire  une  expérience  de  ce  genre  d'affaire  à  Saint- 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  39 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Louis,  et  comme  preuve  de  la  condition  avantageuse  du  pays,  nous  signalerons  qu'un 
fabricant  d'instruments  aratoires  en  transporte  des  chargements  de  wagons  jusqu'à 
Richibouctou,  puis  les  charrie  ensuite,  par  la  route,  jusqu'à  Saint-Louis,  où  il  les  en- 
magasine  dans  la  vieille  gare  de  Saint-Louis  pour  la  distribution. 

Le  chemin  de  fer  n'avait  qu'une  seule  gare  à  Saint-Louis  et  pas  de  matériel  rou- 
lant en  propre.  Il  était  exploité  par  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Kent-Northern, 
et  notre  opinion  est  que  si  la  ligne  était  rouverte  il  en  résulterait  un  grand  trafic  de 
marchandises,  au  grand  avantage  de  la  Compagnie  actuelle  du  Kent-Northern,  de 
rintercolonial  et  du  district  lui-même. 

Il  y  a  à  Saint-Louis  une  grotte  d'une  certaine  célébrité  où  l'on  fait  des  pèlerinages, 
et  l'on  y  transporte  parfois  un  très  grand  nombre  de  personnes.  Cela  développerait 
sans  aucun  doute  un  transport  considérable  de  voyageurs.  Le  pays  environnant  est  de 
toute  beauté,  et  la  localité  elle-même  se  prête  admirablement  aux  bains  de  mer.  Il  en 
est  de  même  à  Richibouctou  et  à  Rexton,  en  sorte  que,  en  améliorant  les  conditions  pour 
voyager,  le  transport  des  voyageurs  en  serait  beaucoup  augmenté.  Cette  ligne  pourrait 
être  exploitée  à  peu  de  frais  en  même  temps  que  le  Kent-Northern,  et  procurerait  des 
facilités  de  transport  à  une  population  qui   actuellement  en  est  privée. 

Notre  opinion  est,  en  outre,  qu'avec  les  moyens  de  transport  actuels  ce  district  ne 
peut  pas  se  développer  davantage,  et  l'opinion  générale  est  que  si  le  gouvernement  était 
propriétaire  de  ce  chemin  de  fer  et  l'exploitait  lui-même  cela  donnerait  un  grand  élan 
à  cet  embranchement;  il  en  résulterait  un  profit  très  grand  pour  les  habitants  de  cette 
partie  du  pays,  et  cela  amènerait  un  état  de  choses  qui  ne  saurait  être  atteint  par 
aucun  autre  moyen. 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY. 

CHEMIN  DE  FER  DE  KENT-NORTHERN. 

Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Kent -Junct ion  et  se  dirige  à  l'est  vers 
Richibouctou,  sur  le  détroit  de  Northumberland. 

TRACÉ. 

Il  y  a  peu  de  courbes  et  elles  sont  d'un  grand  rayon.  Il  y  a  plusieurs  longues  tan- 
gentes et  l'on  peut  dire  que  le  tracé  est  excellent. 

RAMPES. 

Le  pays  que  traverse  le  chemin  de  fer  est  plat,  la  pente  en  général  de  Kent-Junc- 
tion  à  Richibouctou  était  à  peu  près  uniforme.  Il  n'y  a  pas  de  longues  rampes,  et  la 
moyenne  la  plus  forte  ne  dépasse  pas  1^  pour  100,  à  l'exception  d'un  petit  nombre,  par 
endroits,  qui  n'ont  que  quelques  centaines  de  pieds  de  longueur. 

EMPLACEMENT   DE   LA   VOIE. 

Il  a  généralement  une  largeur  de  66  pieds.  Sur  plus  des  trois  quarts  de  son  par- 
cours, la  ligne  traverse  un  pays  boisé;  dans  ces  endroits-là  l'emplacement  de  la  voie 
est  couvert  de  regrettables  pousses  d'arbustes;  dans  quelques  cas  même,  les  buissons 
s'étendent  au-dessus  de  la  voie.  L'emplacement  de  la  voie  est  en  outre  rétréci  par  la 
présence  de  vieilles  traverses  au  milieu  des  buissons.    Il  a  une  apparence  très  négligée. 

Il  y  a  très  peu  de  clôtures  le  long  de  la  ligne.  La  nature  du  pays  qu'elle  traverse 
rend  les  clôtures  inutiles  sur  de  longues  étendues. 

RAILS. 

Ce  sont  des  rails  de  seconde  main  en  acier  Barrow  de  56  livres  achetés  de  l'Inter- 
colonial. Ils  ne  sont  pas  trop  usés,  mais  quelques-uns  sont  un  peu  brisés  aux  bouts. 
Environ  5  pour  100  sont  endommagés  de  cette  manière. 


40  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 


TRAVERSES. 


Elles  sont  surtout  en  épinette  et  en  pin  princesse  entremêlés  d'une  petite  quantité 
de  cèdre.  Elles  sont  presque  toutes  de  petites  dimensions,  et,  en  conséquence  l'espace 
adopté  entre  ells  st  trop  grand.  Il  faudrait  nviron  900  traverses  par  mille  pour  mettre 
la  voie  en  bon  état. 


BALLAST. 

On  a  répandu  un  peu  de  ballast  sur  la  voie  à  différentes  reprises,  mais  il  a  été  tout 
à  fait  perdu,  et  actuellement  il  n'est  guère  visible.  Il  est  douteux  qu'il  puisse  servir 
comme  une  base  capable  de  réduire  le  montant  du  travail  qu'il  sera  nécessaire  de  faire 
dans  l'avenir. 

DRAINAGE. 

La  chaussée  est  très  peu  élevée  au-dessus  du  niveau  du  terrain  adjacent.  Il  en 
résulte  qu'un  bon  drainage  est  la  condition  indispensable  d'une  bonne  voie.  Il  n'appa- 
raît pas  que  l'on  ait  beaucoup  travaillé  aux  fossés  au  cours  des  dernières  années. 
La  plupart  d'entre  eux  sont  gravement  obstrués  par  la  croissance  des  plantes  et  par 
l'accumulation  de  vieux  matériaux  provenant  de  la  voie. 

PONCEAUX. 

Il  y  a  environ  trente  ouvertures  dans  la  voie,  dont  la  moitié  environ  sont  des  cons- 
tructions en  bois;  le  reste  consiste  en  superstructures  de  bois  reposant  sur  des  culées 
de  maçonnerie.  Les  longerons  sont  vieux,  mais  forts  et  en  assez  bon  état.  Le  reste 
des  tabliers  devrait  être  remplacé  et  quelques-uns  des  ponceaux  de  bois  nécessitent  de 
plus  complètes  réparations. 

Les  ponceaux  fermés  sont  en  pierre.  Plusieurs  se  sont  affaissés  et  devront  être 
reconstruits. 

PONTS. 

La  seule  construction  de  cette  ligne  qui  puisse  être  classée  comme  pont  est  celui 
qui  franchit  le  creek  Weldon  et  n'a  que  16  pieds  de  travée.  La  poutraison  se  compose 
de  vieux  rails  en  T  qui  forment  une  armature.  Les  culées  sont  en  maçonnerie,  mais 
ne  sont  pas  très  bien  adaptées  aux  hauts  remblais  des  approches,  lesquels  sont  étroits 
et  ne  sont  pas  bien  protégés.     La  culée  de  l'est  a  besoin  de  quelques  réparations. 

Cette  construction  se  trouve  sur  une  forte  échancrure  de  terrain. 

BÂTIMENTS  ET  VOIES  DE  GARAGE. 

Il  y  a  des  gares  à  Kent- Junction,  à  Rexton  et  à  Richibouctou  ;  il  y  a  des  haltes  à 
Mill-Creek,  Grumble-Road,  Molus-River  et  McMinns.  Aux  stations  principales  il  y 
a  des  bâtiments  qui  contiennent  des  salles  d'attente,  des  bureaux  pour  billets  et  des 
salles  pour  les  marchandises.     Aux  haltes  on  a  aménagé  de  petites  plates-formes. 

Il  y  a  une  remise  à  locomotives  à  trois  places  à  Richibouctou,  avec  un  petit  ate- 
lier de  réparations  contigu.  Il  y  a  des  réservoirs  à  eau  à  Kent-Junction  et  à  Grumble- 
Road.  Il  y  a  une  plaque  tournante  abritée  à  Richibouctou  et  un  Y  à  Kent-Junction. 
Des  voies  de  garage  traversent  les  stations  de  Richibouctou,  Rexton  et  Grumble-Road  ; 
et  il  y  a  des  voies  de  service  en  divers  endroits. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ils  sont  joints  par  des  éclisses  à  quatre  chevilles.  Une  ou  deux  chevilles  ont,  en 
général,  été  omises.  Les  rails  dans  leur  ensemble  ne  sont  qu'à  moitié  chevillés.  On 
a  pris  un  peu  plus  de  soin  aux  courbes,  mais  en  général  le  chevillage  des  rails  est  réduit 
au  minimum,  et  ne  doit  sa  sécurité  qu'aux  vitesses  modérées. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  41 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

MATÉRIEL  ROULANT. 

La  compagnie  possède  deux  locomotives  en  bon  état,  une  voiture  à  voyageurs,  un 
wagon  combiné  pour  marchandises  et  messageries  et  deux  chasse-neige — le  tout  bien 
conditionné  et  en  bon  état  d'entretien. 

W.  A.  BOWDEN. 

CHEMIN  DE  FER  CARAQUET  ET  GULF-SHORE. 

Le  chemin  de  fer  de  Caraquet  s'étend  dans  la  direction  de  l'est  à  partir  de  la  rive 
sud  de  la  Nepisiguit,  en  face  de  Bathurst,  et  à  une  distance  d'environ  un  demi- 
mille  de  cette  ville,  jusqu'à  Shippigan,  à  69  milles  de  là,  avec  un  embranchement  de 
cinq  milles  de  longueur  à  partir  de  la  ligne  principale,  près  de  Bathurst,  jusqu'à  Glou- 
cester-Junction,  où  il  rejoint  le  chemin  de  fer  Intercolonial,  et  où  toute  la  marchan- 
dise est  transbordée  et  où  il  exploite  à  bail,  le  chemin  de  fer  Gulft-Shore  à  partir  de 
Pokemouche-Junction  jusqu'à  Tracadie,  c'est-à-dire  sur  une  longueur  de  quatorze  mil- 
les, soit  une  distance  totale  de  quatre-vingt-huit  milles. 

Le  chemin  de  fer  Gulf-Shore  va  jusqu'à  Tracadie-Mills,  à  trois  milles  au-delà  de 
cette  localité,  mais  cette  partie  de  la  ligne  n'a  pas  jusqu'à  ce  jour  encore  été  exploitée, 
par  le  fait  que  les  moulins  ont  brûlé  il  y  a  environ  trois  ans  et  parce  que  le  reste  du 
trafic  n'est  pas  assez  important  actuellement  pour  en  garantir  l'exploitation.  Le  che- 
min de  fer  Caraquet  et  celui  du  Gulf-Shore  sont  tous  deux  entièrement  situés  dans  le 
comté  de  Gloucester,  N.-B. 

La  partie  de  la  ligne  qui  se  trouve  entre  la  jonction  et  l'Y  près  de  la  station  de 
Bathurst  de  ce  chemin  de  fer  et  la  rotonde  est  la  propriété  de  M.  Adams,  de  New- York, 
ainsi  que  la  partie  qui  s'étend  jusqu'au  quai  de  la  rivière.  La  première  section  est 
exploitée  à  bail  pour  une  somme  nominale  de  $5  par  an;  quant  à  la  seconde  section, 
elle  est  exploitée  d'après  un  arrangement  pour  la  traction  qui  ne  parait  donner  satis- 
faction ni  à  l'une  ni  à  l'autre  partie. 

La  ligne  du  Gulf-Shore,  de  Pokemouche-Junction  à  Tracadie-Mills,  16.78  milles, 
est  également  la  propriété  de  M.  Sam.  Adams  de  New- York,  et  est  louée  au  chemin  de 
fer  de  Caraquet  pour  $2,500  par  an,  à  charge  par  le  chemin  de  fer  de  Caraquet  d'entre- 
tenir la  voie.    Ce  bail  expirera  le  30  juin  1909. 

Il  y  a  un  certain  nombre  de  très  belles  scieries  le  long  de  la  ligne.  On  dit  qu'elles 
détiennent  six  cents  et  sept  cents  milles  carrés  de  districts  bien  boisés,  et  qu'il  y  a 
d'autre  part  de  grande  quantités  de  bois  sur  des  terres  privées.  La  coupe  actuelle  de 
ces  scieries  est  évaluée  à  dix  ou  quinze  millions  de  pieds  par  an,  dont  une  partie  est 
transportée  par  rail,  via  Gloucester-Junction,  tandis  que  l'autre  moitié  est  envoyée  aux 
ports  européens,  d'abord  par  rail  jusqu'à  Bathurst,  et  de  là  par  eau  et  via  Chatham. 
Cependant  la  partie  de  la  coupe  qui  est  transportée  via  Gloucester-Junction  augmente 
beaucoup  par  le  fait  de  l'accroissement  des  marchés  des  Etats-Unis  et  de  l'Ouest  cana- 
dien, et  aussi  par  le  fait  que  l'on  a  peu  à  peu  reconnu  que  l'expédition  par  rail  constitue 
l'exploitation  de  beaucoup  la  plus  profitable. 

Il  n'y  a  qu'une  seule  scierie  portative  le  long  de  la  ligne  ;  elle  se  trouve  au  bord  de 
l'eau  à  Tracadie,  où  elle  aide  une  scierie  dans  la  coupe  du  bois  flotté.  Pourtant  il  sem- 
ble qu'il  y  ait  le  long  de  la  ligne  entre  Bathurst  et  Caraquet  des  conditions  très  favo- 
rables à  l'exploitation  de  scieries  portatives.  Il  y  a  en  effet  des  quantités  considérables 
de  bois  de  belles  dimensions  dans  un  rayon  facile  à  exploiter,  de  telle  sorte  que  nous 
sommes  persuadés  que  grâce  au  marché  étendu  que  nous  pourrions  trouver,  plusieurs 
scieries  portatives  seraient  mises  en  exploitation  et  les  recettes  de  la  ligne  en  seraient 
considérablement  augmentées. 

Actuellement  Fépinette  et  le  pin  sont  à  peu  près  le  seul  bois  que  l'on  coupe.  Il  y 
a  cependant  de  grandes  quantités  de  pruche  et  de  bois  dur.  On  estime  qu'il  y  en  a 
10  millions  de  pieds- dans  le  district,  et  la  quantité  de  bois  de  pulpe  est  estimée  à  cent 
ou  cent  cinquante  millions  de  pieds. 


42  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

On  coupe  le  long  de  la  ligne  une  quantité  relativement  faible  de  traverses.  La 
totalité  de  ce  qui  en  a  été  coupé  au  cours  de  la  dernière  saison  est  d'environ  30,000, 
alors  que  de  beaucoup  plus  grandes  quantités  en  pourraient  être  coupées  et  trouveraient 
un  marché  facile. 

Le  débit  de  la  scierie  Adams  Burns  Co.  à  Bathurst  est  de  dix  à  quinze  millions 
par  an.  On  en  transporte  actuellement,  par  rail,  pas  plus  de  deux  millions,  et  cette 
compagnie  déclare  que  sans  le  tarif  arbitraire  de  $7.50  par  wagon  imposé  par  le  che- 
min de  fer  de  Caraquet  pour  le  transport  de  la  scierie  à  la  jonction  avec  l'Intercolonial 
à  Gloucester-Junction  on  transporterait  par  cette  voie  une  quantité  de  bois  beaucoup 
plus  grande. 

Les  propriétaires  de  scieries  conviennent  tous,  sans  exception,  que  le  marché  du 
bois  transporté  par  rail  augmente,  et  ils  comptent  pour  l'avenir  sur  de  beaucoup  plus 
grandes  expéditions  par  cette  voie. 

Il  y  a  des  scieries  à  Pokemouche,  Tracadie,  Baie-Shippegan,  Bathurst,  à  l'"Y"  de 
Bathurst,  à  Janesville,  Beardons,  Burnsville,  Caraquet  en  haut,  et  on  dit  que  la  char- 
pente d'une  scierie  nouvelle  à  Tracadie-Mills  a  été  commandée  et  qu'on  est  à  la  cons- 
truire en  ce  moment,  mais  qu'elle  sera  petite  en  comparaison  de  celle  qui  a  brûlé  en 
cet  endroit  il  y  a  trois  ans. 

POISSON. 

La  prise  du  poisson  augmente  d'année  en  année,  et  n'est  limitée,  vraisemblable- 
ment, que  par  le  nombre  d'hommes  que  l'on  peut  avoir  pour  servir  les  bateaux  de  pêche, 
de  sorte  qu'avec  l'augmentation  de  la  population  il  est  permis  d'espérer  que  pen- 
dant de  nombreuses  années  la  pêche  augmentera  considérablement.  La  morue  que  l'on 
pêche  sur  cette  côte  a  son  marché  principal  dans  la  Méditerranée,  et  tandis  qu'il  y  a 
peu  d'années  elle  était  transportée  entièrement  par  eau  à  partir  de  Caraquet  directe- 
ment, ou  par  les  ports  de  Gaspé,  d'où  elle  téait  expédiée  dans  de  petits  bateaux  puis 
transbordée,  ce  trafic  a  été  graduellement  détourné  sur  la  route  de  New-York,  et  pen- 
dant l'année  1907  on  y  a  envoyé  pas  moins  de  80  chargements  de  wagon  par  le  chemin 
de  fer  de  Caraquet,  par  le  chemin  de  fer  Intercolonial  et  par  les  lignes  en  correspon- 
dance avec  New- York,  où  il  est  dirigé  par  un  vapeur  sur  divers  points  de  la  Méditer- 
ranée. Le  temps  consacré  au  transit  de  Caraquet  à  sa  destination  est  de  24  ou  25 
jours,  tandis  que  les  bateaux  à  voile  pourraient  de  30  à  50  jours  et  même  jusqu'à  60 
jours  pour  faire  le  voyage.  Toutefois,  le  principal  facteur  qui  a  contribué  a  détourner 
ce  trafic  sur  la  route  de  New- York  n'est  pas  tant  dans  la  différence  du  temps  consacré 
au  transport  que  dans  le  fait  que  les  banques  consentent  à  une  avance  sur  les  expédi- 
tions faites  par  rail,  via  New- York,  tandis  qu'elles  n'en  consentent  pas  pour  les  expé- 
ditions faites  par  bateaux  à  voile.  Par  conséquent  le  transport  par  rail,  facilité  de 
cette  façon,  continuera  sûrement  à  s'accroître  et  à  suivre  la  voie  de  New- York  jusqu'à 
ce  que  des  communications  directes  et  fréquentes  soient  établies  entre  les  ports  du  Ca- 
nada et  les  ports  de  laMéditerranée,  alors  nous  pouvons  raisonnablement  espérer  de  le 
détourner  au  profit  des  voies  navigables  du  Canada. 

Il  y  a  aussi  un  trafic  considérable  de  poisson  frais.  Du  saumon  pour  le  marché 
anglais  (environ  6  chargements  de  wagons  en  ont  été  expédiés  au  cours  de  cette  saison), 
de  l'éperlan  et  du  maquereau  pour  le  marché  américain,  chacun  pendant  sa  Saison  res- 
pective, et  tout  cela  est  transporté  par  rail;  il  n'y  a  donc  pas  de  raison  de  croire  que 
l'augmentation  graduelle  qui  s'est  produite  dans  ce  commerce  pendant  les  quatre  ou 
cinq  dernières  années  ne  continuera  pas. 

En  outre,  il  se  fait  là  un  grand  commerce  de  moules  en  conserves  qui  sont  dépo- 
sées dans  un  entrepôt  à  Pokemouche-Junction.  La  plupart  de  ces  conserves  sont 
maintenant  transportées  par  eau  à  Chatham,  d'où  elles  sont  expédiées  par  rail. 

Caraquet  est  le  siège  principal  du  commerce  de  la  pêche  sur  la  côte  sud  de  la  baie 
des  Chaleurs.  Des  représentants  de  toutes  les  principaux  commerçants  de  poisson 
sont  installés  là. 


CHEMIN  DE  FER  IXTERCOLONIAL  43 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Shippigan  a  un  beau  port  et  est  également  le  siège  d'un  commerce  de  poisson 
considérable.  Il  y  a  là  une  fabrique  d'engrais  de  chien  de  mer  qui  en  produit  quelques 
100  tonnes  par  année.  On  l'expédie  par  rail  à  New- York.  Cette  fabrique  expédie 
aussi  quelque  2,500  gallons  d'huile  qui  trouvent  leur  marché  à  Halifax  et  sont  égale- 
ment expédiés  par  rail. 

En  face  de  Shippigan  se  trouve  l'île  de  Shippigan,  et  en  aval  de  celle-ci  l'île  de 
Miscou.  Pendant  la  saison  d'été  un  petit  vapeur  met  ses  deux  îles  en  communica- 
toin  avec  Shippigan.  Ces  deux  îles  sont  bien  peuplées,  et  leurs  habitants  sont  surtout 
des  pêcheurs.  Une  seule  maison  emploie  environ  deux  cents  hommes.  Malgré  cela 
la  culture  y  a  une  importance  considérable. 

Il  y  a  environ  40  fabriques  de  conserves  de  homard  sur  ces  îles.  Leur  rendement, 
ainsi  que  le  paquage  du  poisson  séché,  estimés  à  environ  25,000  quintaux  par  an,  est 
expédié  via  Caraquet. 

PIERRE. 

A  Stonehaven,  à  environ  17  milles  de  Bathurst,  il  y  a  une  carrière  dont  on  extrait 
environ  2,000  tonnes  de  pierre  par  année.  Son  principal  marché  est  à  Connellsville, 
Penn.  Le  tiers  seulement  de  ce  trafic  est  actuellement  transporté  par  rail,  alors  qu'il 
paraît  possible  de  détourner  les  deux  autres  tiers  au  profit  de  ce  même  moyen  de  trans- 
port. En  effet,  les  tarifs  combinés  du  transport  par  eau  et  du  transport  par  rail,  via 
New-Haven  (c'est  la  route  suivie),  ne  sont  pas  très  sensiblement  inférieurs  au  trans- 
port actuel  exclusivement  par  rail.  L'avenir  de  cette  industrie  paraît  très  bon.  Elle 
est  entre  les  mains  d'hommes  qui  ont  une  longue  expérience  de  ce  genre  d'affaires,  et 
le  développement  qui  est  donné  à  cette  carrière  indique  une  préparation  soignée  pour  un 
commerce  durable.  Les  ventes  qui  sont  faites  à  Connellsville  consistent  surtout  en 
pierres  de  60  pouces  sur  8.  Pour  donner  à  l'exploitation  son  maximum  de  réussite  et 
pour  la  mettre  en  état  d'augmenter  son  extraction,  il  a  fallu  trouver  un  marché  pour 
des  pierres  plus  petites,  qui  sont  des  déchets  des  gros  blocs;  c'est  ce  que  l'on  a  trouvé 
sur  une  assez  grande  échelle  à  Montréal,  Winnipeg  et  en  d'autres  localités  du  Nord- 
Ouest.  Cette  dernière  industrie  accuse  une  augmentation  assez  satisfaisante  d'année 
en  année,  en  sorte  que  les  perspectives  d'augmentation  de  l'extraction  des  plus  grosses 
pierres  sont  assez  bonnes. 

BOIS  DE  CHAUFFAGE,  ETC. 

Il  y  a  un  certain  trafic  local  de  bois  de  chauffage,  d'écorce  de  tan  et  de  peaux 
vertes,  mais  rien  n'indique  que  ce  trafic  puisse  augmenter  dans  un  avenir  prochain. 
Les  taux  de  transport  sont  à  peu  près  les  mêmes  que  ceux  du  chemin  de  fer  Inter- 
colonial. 

On  transporte  une  quantité  considérable  de  pommes  de  terre;  on  en  a  expédié  jus- 
qu'à 100  wagons  par  an,  mais  en  1907,  en  raison  du  temps  très  humide,  la  récolte  a  été 
maigre,  et  cette  année  la  surface  de  culture  n'a  pas  été  aussi  grande  que  de  coutume. 
Le  territoire  sur  lequel  se  font  les  récoltes  commence  à  environ  deux  milles  de  Bathurst 
et  s'étend  vers  l'est  sur  une  distance  d'environ  50  ou  60  milles.  Il  n'y  a,  cependant, 
qu'un  petit  trafic  de  foin,  de  grain,  de  bétail  et  de  volaille;  la  quantité  produite  suffit 
tout  juste  à  la  population  du  district,  et  l'on  n'y  exploite  pas  de  laiteries. 

On  consomme  annuellement  à  Caraquet  environ  700  tonnes  de  charbon  mou  de 
la  Nouvelle-Ecosse.  Jusqu'ici  ce  charbon  a  été  apporté  par  eau  de  Sydney  et  de  Pic- 
tou.  La  plus  forte  proportion  vient  de  Sydney,  et  une  partie  de  ces  expéditions  pour- 
rait être  réservée  au  trajet  par  rail. 

TRANSPORT  DES  VOYAGEURS. 

Le  rendement  de  ces  quelques  dernières  années  accuse  une  forte  augmentation  dans 
les  recettes  provenant  du  transport  des  voyageurs.     Elles  ont  presque  doublé  dans  les 


44  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

cinq  dernières  années,  bien  que  les  conditions  du  transport  soient  médiocres  et  que  le 
seul  tarif  appliqué  soit  celui  de  première  classe,  (3  cents  le  mille  où  4£  cents  le 
mille  pour  les  billets  d'aller  et  retour).  Par  conséquent,  avec  l'augmentation  de  la 
population,  l'amélioration  évidente  dans  la  situation  des  gens,  l'établissement  de  tarifs 
de  première  et  de  seconde  classes,  et  de  meilleures  conditions  de  transport,  y  compris 
une  correspondance  plus  étroite  avec  les  trains  de  l'Intercolonial  à  Bathurst,  ou  à 
Gloucester-Junction,  une  très  notable  augmentations  devrait  se  produire. 

Il  faut  aussi  mentionner  que  les  deux  îles,  assez  peuplées,  de  Shippigan  et  de 
Miscou,  sont  tributaires  de  cette  ligne;  en  améliorant  les  conditions  de  transport  on 
'augmenterait  beaucoup  le  trafic  des  voyageurs,  car  la  population  de  ces  deux  îles  est 
d'environ  2,500  âmes  et  les  communications,  comme  il  a  été  dit,  se  font  par  bateau- 
poste. 

POSTE. 

Les  malles  sont  transpotées  pour  le  service  des  postes  au  taux  de  quatre  cents  le 
mille.  Les  recettes  provenant  de  cette  source  augmenteraient  avec  toute  augmentation 
de  la  longueur  de  la  ligne.  Toutefois,  en  vertu  d'un  contrat  avec  le  service  des  postes, 
le  chemin  de  fer  de  Caraquet  s'est  engagé  à  transporter  les  malles  à  forfait  entre  les 
différentes  stations  et  bureaux  de  poste  pour  une  somme  de  $905  par  an,  alors  que  l'on 
paye  pour  ce  service  environ  $1,115,  soit  une  perte  apparente  de  $210;  mais  cette  façon 
de  calculer  a  été  arrêtée  pour  cette  raison  que  tandis  que  le  tarif  est  de  4  cents  par 
mille  et  doit  être  calculé  sur  la  longueur  totale  du  chemin  de  fer  et  pour  chaque  jour, 
les  trains  ne  vont  pas  tous  les  jours  à  Shippigan  ni  à  Tracadie,  et  les  jours  où  le  train 
ne  fonctionne  pas  le  service  des  postes  doit  payer  pour  le  transport  en  voiture  ordi- 
naire. 

EXPRESS. 

Il  n'y  a  pas  de  compagnie  d'express  en  exploitation  sur  le  chemin  de  fer  de  Cara- 
quet, mais  il  semble  que  les  conditions  s'y  prêteraient  et  qu'un  service  semblable  four- 
nirait de  plus  importantes  recettes  à  la  ligne,  et  pourrait  être  exploité  avec  de  très 
petites  dépenses  supplémentaires. 

Nous  croyons  qu'il  n'est  que  juste  d'ajouter  qu'à  notre  avis  cette  ligne  a  atteint  la 
limite  de  ce  qu'elle  peut  faire  pour  le  développement  de  la  région  qu'elle  a  pour  mission 
de  desservir,  car  elle  n'a  ni  le  matériel  ni  les  moyens  nécessaires  pour  faire  face  à  des 
exigences  croissantes;  à  dire  vrai,  nous  croyons,  au  contraire,  qu'elle  a  presque  atteint 
le  point  ou  elle  deviendra  un  obstacle  plutôt  qu'une  aide  et  que,  dans  les  conditions 
actuelles  il  ne  faut  pas  s'attendre  à  un  plus  grand  développement.  Les  ressources  du 
commerce  de  la  pêche  sont  presque  illimitées,  et  les  affaires  à  développer  dépendent 
beaucoup  ou  presque  entièrement  de  la  science  et  du  soin  que  l'on  apporte  à  l'utilisation 
de  ces  ressources.  Il  y  a  également  de  bonnes  ressources  dans  le  transport  des  voya- 
geurs; avec  un  service  de  trains  convenable,  en  assurant  un  matériel  approprié  aux 
voyageurs  et  en  adoptant  en  même  temps  des  tarifs  de  première  classe,  de  seconde 
classe  et  d'aller  et  retour,  comme  on  le  fait  sur  le  chemin  de  fer  Intercolonial,  nous 
estimons  que  le  transport  des  voyageurs  augmenterait  beaucoup.  Mais  dans  les  cir- 
constances actuelles,  cela  ne  peut  pas  être.  Pour,  cette  raison,  la  question  se  pose  de 
savoir  si  les  intérêts  du  pays  desservi  par  cette  ligne  ne  devraient  pas  être  soutenus, 
encouragés  et  développés.  Notre  opinion  est  que  cela  ne  peut  être  fait  que  par  des 
mains  plus  puissantes  que  celles  des  propriétaires  actuels. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL 


45 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 


1904-5. 


Nombre  de  voyageur  transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

Recettes  provenant  des  marchandises 

Recettes  diverses 

Recettes  brutes 

Frais  d'exploitation 

Tonnage  transféré  à  l'Intencolonial  à  Gloucester-Junc- 

tion,  1907,  13,800  tonnes,  recettes,  Intercolonial...  . 
Tonnage  reçu  de  l' Intercolonial  à  Gloucester-Junction, 

1907,  7,337  tonnes,  recettes  Intercolonial 


8,055 

28,813 

$  8,193  94 

35,958  74 

2,041   25 

46,193  93 

52,230  32 


1905-6. 


10,629 

22,655 

$10,822  04 

31,718  94 

2,447  00 

44,987  98 

48,650  88 


1906-7. 


11,074 

25,099 

$11,200  51 

36,667  72 

2,447  40 

50 '315  63 

51,193  43 


1907-8. 


13,326 

24,178 

$12  894  81 

36,030  27 

2,494  49 

51.419  57 


37,845  44 
20,727  34 


E.  TIFFIN, 
D.  A.  STOKY. 


CHEMINS  DE  FER  DE  CARAQUET  ET  DU  GULF-SHORE. 

Le  chemin  de  fer  de  Caraquet  est  embranché  sur  l'Intercolonial  à  Gloucester- 
Junction,  et  se  dirige  dans  la  direction  de  l'est  le  long  de  la  côte  sud  de  la  baie  des 
Chaleurs  jusqu'à  Shippigan.  A  environ  quatre  milles  de  Gloucester-Junction  on  ren- 
contre un  "Y"  dont  la  queue  s'étend  à  environ  un  quart  de  mille  vers  le  bas  de  la  rive 
de  la  Népisiguit  jusqu'au  passage  à  niveau  de  la  chaussée  qui  conduit  dans  la  ville 
de  Bathurst.  C'est  là  qu'est  située  la  station  de  Bathurst.  La  longueur  totale  du  che- 
min de  fer  est  d'environ  68  milles. 

Le  chemin  de  fer  de  Gulf-Shore  s'embranche  sur  le  chemin  de  fer  de  Caraquet  à 
Pokemouche-Junction,  à  60  milles  de  Gloucester,  et  s'étend  dans  la  direction  du  sud  le 
long  de  la  côte  de  la  baie  de  Tracadie-Mills,  sur  une  longueur  de  18  milles. 

TRACÉ. 

Le  tracé  des  deux  chemins  de  fer  est  très  bon.  Le  total  des  courbes  est  peu  im- 
portant. Il  y  a  toutefois  quelques  courbes  de  plus  de  8°  sur  chacune  de  ces  lignes, 
et  près  de  Tracadie  il  y  a  une  courbe  d'environ  12°. 

RAMPES 

Le  pays  que  traversent  ces  chemins  de  fer  est  assez  plat,  et  les  rampes  sont  très 
bonnes.  Sur  le  Gulf-Shore  la  plus  forte  rampe  est  de  un  pour  cent.  Ce  chiffre  est  à 
peu  près  le  maximum  de  ce  que  l'on  rencontre  sur  le  Caraquet,  à  l'exception  de  quel- 
ques pentes  qui  pourraient  être  supprimées. 

EMPLACEMENT    DE   LA   VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a  une  largeur  de  66  pieds.  Bien  qu'il  y  ait  une  assez 
grande  quantité  de  territoire  cultivé  le  long  de  la  ligne,  la  voie  traverse  beaucoup  de 
régions  boisées.  Là  on  a  laissé  croître  les  buissons.  Sur  la  ligne  de  Caraquet  et  sur 
un  parcours  d'environ  15  milles  l'emplacement  de  la  voie  demande  à  être  nettoyé. 
Sur  le  Gulf-Shore  la  situation  est  meilleure,  mais  il  y  a,  là  aussi,  quelque  travail  à 
faire.  A  peu  près  un  huitième  de  l'emplacement  de  la  voie  de  Caraquet  et  un  quart 
de  celui  du  Gulf-Shore  sont  clôturés. 


RAILS. 


Les  rails  du  Caraquet  sont  d'acier  Barrow,  pesant;  50  livres  à  la  verge.    Ils  étaient 
neufs  lorsqu'ils  ont  été  posés  et  ils  sont  très  peu  usés.     Quelques-uns  sont  tordus  par 


46  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 


TRAVERSES. 


Elles  sont  en  cèdre,  pin,  épinette  et  pruehe.  Pour  mettre  la  ligne  en  bon  état 
il  faut  renouveler  une  moyenne  de  70  traverses  par  mille  sur  le  Caraquet  et  1,000  par 
mille  sur  le  Gulf-Shore. 


BALLAST. 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

suite  du  mauvais  état  de  la  surface  de  la  voie.     En  somme,  les  rails  sont  beaucoup 
plus  serviables  qu'on  ne  s'y  attendais,  vu  leur  légèreté. 

Les  rails  de  l'embranchement  du  Gulf-Shore  sont  des  rails  Barrow  de  seconde 
main  pesant  56  livres.  Ils  ont  été  achetés  de  l'Intercolonial.  Ces  rails  sont  en  bon 
état.  Un  petit  nombre  seulement  ont  besoin  d'être  renouvelés,  si  même  cela  est  néces- 
saire. 


Sur  diverses  parties  de  la  ligne,  soit  une  longueur  totale  de  10  milles,  la  voie  du 
Caraquet  est  assez  bien  ballastée.  Environ  10  autres  milles  le  sont  partiellement,  et 
le  reste  ne  l'est  presque  pas.  On  a  mis  un  peu  de  ballast  sur  la  voie  du  Gulf-Shore, 
mais  la  ligne  entière  a  besoin  d'être  exhaussée. 

Il  y  a  une  assez  bonne  fosse  à  gravier  à  environ  un  mille  de  Gloucester-Junction, 
sur  le  chemin  de  fer  de  Caraquet,  et  une  autre  sur  le  chemin  de  fer  Gulf-Shore,  a  en- 
viron quatre  milles  de  Pokemouche-Junction.  Le  gravier  de  cette  dernière  n'est  pas 
assez  gros. 

La  chaussée  sur  les  deux  lignes  est  d'une  bonne  largeur,  et  sur  la  plus  grande 
partie  du  parcours  elle  est  bien  au-dessus  du  niveau  du  terrain  adjacent.  Il  y  a  toute- 
fois sur  les  deux  lignes  des  parties  d'environ  un  demi-mille  de  long  qui  sont  submer- 
gées lors  des  grandes  marées.  La  ligne  en  ces  endroits  est  protégée  par  des  palissades, 
mais  il  semble  qu'il  serait  désirable  d'exhausser  la  voie  à  ces  endroits,  car  elle  est  en 
ce  moment  exposée  à  des  dommages  considérables. 

DRAINAGE. 

En  général  la  chaussée  relativement  élevée  a  diminué  l'importance  de  ce  travail. 
Il  n'a  pas  été  l'objet  d'autant  d'attention  qu'en  demande  son  importance.  On  y  a  bien 
travaillé  un  peu,  mais  il  y  faudra  travailler  davantage  avant  d'obtenir  une  bonne  voie. 

PONCEAUX. 

Le  type  prédominant  est  celui  dans  lequel  les  rails  reposent  directement  sur  les 
longerons,  servant  ainsi  de  traverses.  On  s'est  en  général  servi  de  gros  bois.  Des  lon- 
gerons de  14  pouces  sont  communs,  et  ceux  de  16  pouces  sont  fréquemment  employés. 
Les  murs  latéraux  sont  presque  tous  en  cèdre. 

Il  y  a  environ  70  ponceaux  ouverts  sur  les  deux  lignes.  Environ  dix  d'entre  eux 
devraient  être  reconstruits.  La  moitié  des  autres  a  besoin  de  réparations.  Il  y  a  envi- 
ron 16  ponceaux  formés  en  bois,  dont  quelques-uns  ont  besoin  d'être  reconstruits.  Il  y 
q  environ  70  fosses  à  bestiaux  aux  passages  à  niveau  des  routes,  et  ces  constructions 
sont  presque  toutes  en  assez  bon  état. 

PONTS   ET   PONCEAUX. 

Le  genre  de  construction  qui  caractérise  cette  ligne  est  un  pont  composé  de  cais- 
sons de  cçdre  placés  à  environ  quinze  pieds  les  uns  des  autres,  et  réunis  par  des  tra- 
vées formées  de  poutres.  Là  où  cela  a  été  particulièrement  nécessaire,  les  caissons 
ont  été  remplis  de  pierre.  On  fait  sur  ces  ponts  un  usage  excessif  de  bois.  Quelques 
ponts  de  ce  genre  où  passent  les  routes  existent  depuis  cinquante  ans,  et  n'ont  eu  à 
subir  que  des  réparations  occasionnelles  au  tablier,  mais  ils  ne  conviendraient  pas  à 


CHEMIN  DE  FER  1NTERC0L0MAL  47 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

une  ligne  de  chemin  de  fer.  Pour  le  trafic  d'un  chemin  de  fer  on  ne  peut  obtenir  un 
bon  nivellement  et  un  bon  tracé  qu'avec  de  très  grands  frais  d'entretien. 

La  totalité  des  ponts  sur  le  Caraquet  représente  un  ensemble  de  peu  d'importance, 
mais- il  y  a  quelques  constructions  formidables  sur  le  chemin  de  fer  Gulf-Shore. 

On  se  rendra  mieux  compte  de  la  grandeur  de  ces  constructions  en  consultant  les 
dessins  ci-joints. 

BÂTIMENTS  ET  CONTREVOIES. 

Il  y  a  des  gares  principales  avec  salles  d'attente,  bureaux  et  hangars  à  marchandi- 
ses à  Gloucester-Junction,  Bathurst,  Grande-Anse,  Burnsville,  Caraquet  et  Shippégan, 
sur  le  chemin  de  fer  de  Caraquet.  Il  y  en  a  à  Inkerman  et  à  Tracadie,  sur  le  chemin 
de  fer  Gulf-Shore.  Ces  bâtiments  répondent  bien  à  leur  destination  et  sont  assez  bien 
entretenus.  Il  y  a  des  haltes  pourvues  de  petites  plates-formes  en  d'autres  endroits, 
ainsi  que  l'indique  le  dessin  ci-joint. 

Il  y  a  une  remise  pour  trois  locomotives  à  Bathurst,  avec  de  petits  bâtiments 
adjacents  où  sont  les  ateliers  de  Adams,  Bruns  et  Oie,  qui  sont  voisins  de  la  gare.  Il 
y  a  beaucoup  de  place  dans  la  cour  de  la  gare,  et  des  voies  de  garage  le  long  de  la 
ligne  et  nombre  de  voies  de  service  conduisant  aux  moulins. 

MATÉRIEL   ROULANT. 

La  compagnie  possède  trois  locomotives,  dont  deux  sont  en  assez  bon  état,  une 
voiture  de  première  classe  en  bon  état,  une  voiture  pour  secondes  classes  et  marchan- 
dises en  grande  vitesse,  25  wagons-plateformes  pouvant  transporter  30,000  livres,  cinq 
wagons  fermés  pouvant  contenir  40,000  livres,  et  un  chasse-neige. 

On  a  étudié  la  question  de  construire  un  embranchement  jusqu'au  quai  du  port 
de  Caraquet.  Cet  embranchement  aurait  environ  un  mille  de  longueur.  Il  nécessite- 
rait sur  une  longueur  d'environ  un  quart  de  mille  une  tranchée  dans  de  la  pierre  ten- 
dre, ensuite  la  rampe  serait  assez  faible.  Le  prix  des  terrains  serait  bas,  car  la  voie 
pour  la  plus  grande  partie  longerait  la  côte.  On  pourrait  avoir  une  rampe  d'environ 
l  pour  100. 


CHEMIN  DE  FER  ELGIN  ET  HAVELOCK. 

Le  chemin  de  fer  Elgin  et  Havelock  va  d'Elgin,  dans  le  comté  d'Albert,  village 
qui  se  trouve  à  environ  14  milles  au  sud  de  l'Intercolonial,  à  Havelock,  dans  le  comté 
de  King,  à  environ  14  milles  au  nord  de  l'Intercolonial,  soit  une  longueur  totale  de 
28  milles.  Il  traverse  l'Intercolonial  à  Petitcodiac,  qui  est  à  24  milles  au  sud  de 
Moncton,  sur  l'embranchement  de  Saint-Jean. 

De  Petitcodiac  à  un  mille  ou  deux  avant  d'atteindre  Elgin,  le  pays  est  légère- 
ment boisé  le  long  de  la  ligne  du  chemin  de  fer,  et  devient  un  beau  pays  agricole 
dans  la  partie  voisine  du  village.  Le  long  de  la  rivière  Pollet,  que  longe  la  route 
sur  environ  10  milles,  le  pays  est  colonisé  et  bien  cultivé.  Une  bonne  partie  de  ce 
territoire  est,  toutefois,  dépendante  de  l'Intercolonial.  Entre  Petitcodiac  et  Havelock 
le  pays  est  également  un  pays  agricole.  L'industrie  laitière  et  l'élevage  du  bétail  y  ont 
pris  un  grand  développement.  C'est  à  Havelock  que  sont  situées  les  sources  minérales 
de  Havelock.  Il  y  a  là  un  appareil  pour  la  mise  en  bouteille  qui  assure  à  chaque  saison 
l'expédition  d'environ  400  tonnes  d'eau  minérale. 

Il  y  a  une  laiterie  à  Elgin  et  deux  autres  à  Havelock.  Il  y  a  près  d'Havelock  une 
iromagerie  dont  la  production  totale  varie  entre  70  et  100  tonnes  par  an. 

Sur  l'embranchement  d'Elgin,  la  principale  industrie  est  celle  du  bois  de  construc- 
tion. On  en  coupe  de  4,500,000  à  5,000,000  de  pieds.  La  moyenne  de  ce  que  l'on 
coupe  est  conservé  avec  grand  soin.    Une  partie,  en  revanche,  est  presque  entièrement 


48  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

débitée,  car  il  y  a  des  scieries  portatives  qui  sont  exploitées  en  plusieurs  endroits.  On 
estime,  toutefois,  que  Ton  peut  compter  sur  4,000,000  à  5,000,000  de  pieds  pendant  de 
nombreuses  années. 

Sur  l'embranchement  de  Havelock,  l'exploitation  du  bois  de  construction  n'a  pas 
la  même  importance.  Le  total  de  ce  que  l'on  coupe  chaque  saison  ne  se  chiffre  qu'à 
2  ou  2£  millions  de  pieds,  et  l'on  prétend  que  l'on  peut  compter  sur  une  semblable 
coupe  pendant  de  nombreuses  années.  La  presque  totalité  de  ce  trafic  est  transportée 
par  le  chemin  de  fer,  via  Petitcodiac,  jusqu'à  Saint-Jean,  N.-B.,  où  elle  est  exportée. 

Avant  la  mauvaise  récolte  de  foin  de  1905,  on  élevait  dans  ce  district  une  quantité 
considérable  de  bétail.  La  plus  grande  partie  de  ce  bétail  était  vendue  à  Saint-Jean, 
mais  cette  année-là  les  fermiers  furent  obligés  de  tuer  une  grande  partie  de  leurs  trou- 
peaux. Ils  les  remplacent  assez  lentement;  pourtant,  on  a  expédié  au  cours  de  cette 
saison  des  quantités  considérables  de  veau  et  de  bœuf.  Un  seul  marchand  a  vendu 
plus  de  200  carcasses  de  veau. 

Les  pommes  de  terre  ne  sont  pas  beaucoup  cultivées  dans  cette  région.  On  en 
expédie  à  peu  près  15  ou  20  wagons. 

On  se  plaint  généralement  du  fait  que  le  matériel  de  la  compagnie  ne  suffit  pas 
au  transport  du  bois  qui  provient  de  la  région,  et  que  par  conséquent  les  marchands  de 
bois  ne  peuvent  livrer  promptement  leur  production. 

On  estime  que,  la  population  d'Elgin  est  de  trois  à  quatre  cents  habitants,  tandis 
que  la  région  desservie  par  ce  chemin  de  fer  et  située  au  sud  de  l'Intercolonial  est 
considérée  comme  ayant  une  population  de  deux  mille  à  deux  mille  cinq  cents  habi- 
tants. La  population  de  Havelock  est  de  400  à  500  habitants,  mais  la  région  environ- 
nant Canaan  est  peu  peuplée,  n'ayant  guère  plus  de  deux  ou  trois  cents  habitants. 

Dans  la  région  qui  est  au  nord  de  Havelock,  dans  les  environs  de  Canaan,  on 
coupe  de  grandes  quantités  de  traverses  de  pruche,  dont  il  paraît  que  la  plus  grande 
partie  est  charriée  le  long  de  la  rivière  Canaan  jusqu'à  la  rivière  Saint-Jean,  et  trans- 
portée de  là  par  eau  jusqu'à  Saint-Jean.  On  éprouve  de  grandes  difficultés  à  les  trans- 
porter jusqu'à  la  rivière  Saint-Jean,  et  l'on  en  perd  un  grand  nombre.  Il  semble  que 
si  Ton  pouvait  réduire  quelque  peu  le  tarif  entre  Havelock  et  Saint-Jean,  le  chemin 
de  fer  en  pourrait  transporter  beaucoup  plus  que  dans  les  circonstances  actuelles. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Le  service  consiste  en  un  train  par  jour  dans  chaque  sens.  Il  quitte  Havelock 
pour  Petitcodiac  le  matin,  et  va  jusqu'à  Elgin,  puis  il  revient  en  quittant  Elgin  un 
peu  après-midi  pour  Petitcodiac  et  Havelock. 

Ce  service  convient  assez  bien  aux  gens  qui  vivent  du  côté  de  Havelock,  parce 
qu'ils  peuvent  aller  à  Saint-Jean  ou  à  Moncton  et  en  revenir  dans  la  même  journée, 
mais  il  convient  très  peu  à  ceux  qui  vivent  du  côté  d'Elgin,  qui  sont  obligés,  pour 
aller  à  n'importe  lequel  des  deux  endroits,  de  coucher  deux  nuits  loin  de  chez  eux. 

Le  tarif  de  transport  des  voyageurs  est  de  3  cents  par  mille  en  première  classe  et  de 
4£  cents  pour  l'aller  et  retour.    Il  n'y  a  pas  de  seconde  classe. 

Il  semble  qu'il  y  ait  peu  d'espoir  de  développer  davantage  sur  cette  ligne  le  trafic 
des  marchandises.  On  ne  peut  pas  augmenter  sensiblement  les  coupes  de  bois,  la  four- 
niture des  traverses  est  limitée,  et,  à  l'exception  de  ce  qui  pourrait  provenir  de  la  ré- 
gion qui  est  en  arrière  de  Havelock,  on  ne  doit  pas  compter  sur  une  grande  augmen- 
tation. Les  progrès  de  l'élevage  du  bétail,  de  l'industrie  laitière  et  de  la  culture 
des  pommes  de  terre  seront  lents  de  toute  façon;  mais  si  l'on  organisait  un  meilleur 
service  des  trains  vers  et  à  partir  d'Elgin,  nous  avons  la  certitude  que  le  trafic  des 
voyageurs  augmenterait  sensiblement. 

POSTES. 

Le  service  de  la  poste  est  fait  sur  la  ligne.  Le  ministère  des  Postes  paye  pour 
cela  à  raison  de  quatre  cents  par  mille.  La  recette  provenant  de  cette  source  a  été  de 
$673.92  en  1906-1907. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  49 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

MARCHANDISES  EN  GRANDE  VITESSE. 

Le  service  des  marchandises  en  grande  vitesse  est  fait  par  la  Dominion  Express 
Company  sur  la  base  d'un  pour-cent;  les  recettes  de  ce  fait  ont  été  de  $63.52  en 
1906-7. 

TÉLÉGRAPHE. 

Il  n'y  a  pas  de  ligne  télégraphique. 


EQUIPEMENT. 

Il  y  a  des  bâtiments  de  gare  à  Elgin  et  Havelock,  et  le  matériel  roulant  consiste 
en  deux  locomotives,  une  voiture  de  voyageurs,  un  wagon  fermé,  un  wagon  à  bestiaux, 
six  wagons-plateformes,  et  un  chasse-neige. 

Il  n'y  a  pas  de  charrue  à  neige,  et  cela  gêne  le  service  pendant  les  mois  d'hiver. 


1904-5. 


1905-6. 


1906-7. 


Nombre  de  voyageurs  transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

Recettes  provenant  des  marchandises 

Recettes  diverses 

Recettes  brutes 

Frais  d'exploitation 

Tonnage  transféré  à   l'Interc.   à    Petitcodiac,    1906-7,  8,983  tonnes  ; 

recette  de  l'Interc \ 

Tonnage  reçu  de  l'Interc. à  Petitcodiac,  1906-7,  3,247  tonnes  ;  recette 

de  l'Interc 


8,159 
8,292 
$  2,323  07 
5,758  07 
1,148  73 
9,229  87 
7,879  76 


8,811 

11,737 

$  2,555  60 

7,647  72 

776  31 

10,979  63 

10,025  47 


8,913 

Pas  de  rapp. 

S  3,030  35 

8,863  82 

737  44 

12,631  61 

10,713  68 

8.678  15 

5,449  83 


E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY. 


CHEMIN  DE  FER  ELGIN  ET  HAVELOCK. 

Ce  chemin  de  fer  croise  l'Intercolonial  à  Petitcodiac.  Une  partie  se  dirige  dans 
la  direction  du  nord  jusqu'à  Havelock  et  l'autre  vers  le  sud  jusqu'à  Elgin.  Chacune 
de  ces  parties  a  environ  14  milles  de  long,  soit  au  total  28  milles  à  peu  près. 

TRACÉ. 

Il  y  a  beaucoup  de  courbes  sur  cette  ligne,  et  elles  sont  en  général  d'un  assez  petit 
rayon,  mais  nulle  part  cependant  le  degré  de  courbure  est  excessif. 

RAMPES. 

Peitcodiac  est  situé  dans  une  vallée,  tandis  que  des  deux  côtés  le  pays  est  couvert 
de  collines.  Il  en  résulte  qu'il  y  a  de  fortes  rampes  dans  les  deux  sens,  ainsi  qu'on  peut 
le  voir  sur  le  profil  ci-joint.  Le  profil  de  la  partie  qui  est  du  côté  d'Elgin  est  approxi- 
matif. Il  y  a  de  chaque  côté  des  rampes  de  l£  pour  100  qui  ont  une  longueur  d'un 
mille  et  plus. 


EMPLACEMENT    DE    LA   VOIE. 

Il  a  66  pieds  de  large.  Il  est  en  très  bon  état,  à  l'exception  de  quelques  courts 
espaces.  Il  semble  qu'en  plusieurs  endroits  les  routes  ont  empiété  sur  l'emplacement 
de  la  voie.  H  y  a  très  peu  de  clôtures  le  long  de  la  ligne,  elles  ne  représentent  pas 
plus  de  un  huitième  de  la  longueur  totale.  Plusieurs  endroits  sont  protégés  par  des 
paraneiges. 

67—4 


50  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
RAILS. 

Ce  sont  surtout  des  rails  de  56  livres  en  acier  Barrow.  Il  y  en  a  aussi  quelques- 
uns  de  52  livres,  de  58  livres  et  de  60  livres.  Les  rails  ne  sont  pas  beaucoup  usés,  il  y 
en  a  très  peu  de  détériorés.  Les  joints  sont  faits  au  moyen  d'une  éclisse  à  quatre 
trous  bien  boulonnés.    Les  rails  sont  bien  chevillés. 

TRAVERSES. 

les  traverses  sont  d'épinette,  de  pruche  et  de  cèdre.  On  en  emploie  environ  2,000 
par  mille,  ce  qui  n'est  pas  assez,  en  raison  des  petites  dimensions  de  la  plupart  d'entre 
elles,  et  même  en  tenant  compte  des  bons  matériaux  dont  est  formée  la  chaussée.  Sur  la 
partie  d'Elgin  les  traverses  sont  en  assez  bon  état,  mais  il  en  faudra  remplacer  un  grand 
nombre  du  côté  de  Havelock.  Avec  une  moyenne  de  750  traverses  nouvelles  par  mille 
la  voie  serait  remise  en  bon  état. 

BALLASTAGE. 

Il  est  en  général  en  bon  état,  les  matériaux  formant  la  chaussée  sont  de  bonne 
qualité  et  en  rapport  avec  la  qualité  de  gravier  dont  on  s'est  servi. 

Il  y  a  une  petite  fosse  à  gravier  près  de  Killams-Mills,  et  on  devrait  en  utiliser 
une  partie  pour  l'embranchement  d'Havelock  et  pour  certains  endroits  de  l'autre  em- 
branchement. 

DRAINAGE. 

Sur  l'embranchement  d'Elgin  il  y  a  beaucoup  de  tranchées  dans  les  côtes,  et 
les  travaux  de  drainage  sont  divisés  en  petites  portions.  On  n'a  pas  fait  beaucoup  de 
fossés  sur  cette  partie-là,  parce  que  l'eau  filtre  facilement  à  travers  les  remblais  for- 
més de  roches  et  s'écoule  par  la  pente  de  la  côte. 

On  a  fait  quelques  travaux  sur  l'embranchement  de  Havelock,  et  dans  son  ensem- 
ble la  voie  est  bien  drainée. 

Il  y  a  à  peu  près  quarante-cinq  ouvertures  sur  la  voie,  sans  compter  les  fosses- 
bestiaux  aux  passages  à  niveau,  qui  sont  presque  toutes  de  petites  dimensions. 

Quelques-unes  ont  des  trottoirs  en  maçonnerie,  mais  toutes  les  autres  sont  entiè- 
rement en  bois.  Environ  10  d'entre  elles  ont  besoin  de  réparations;  les  autres  sont  en 
assez  bon  état.    Il  y  a  quatre  ponceaux  fermés,  en  pierre,  qui  sont  en  bon  état. 

PONTS   ET  VIADUCS. 

Un  examen  du  dessin  ci-joint  permettra  d'apprécier  plus  facilement  l'ensemble  des 
travaux  du  genre  de  ceux  que  l'on  rencontre  sur  ce  chemin  de  fer.  Les  constructions 
ne  sont  pas  considérables,  et  l'on  pourrait  en  faire  disparaître  plusieurs  en  les  com- 
blant. 

Pour  ce  qui  est  des  réparations  on  a  agi  avec  beaucoup  d'économie,  et  bien  que  les 
constructions  soient  actuellement  sûres  elles  auront  besoin  d'importantes  réparations 
dans  un  avenir  prochain. 

BÂTIMENTS  ET  VOIES  d'ÉVITEMENT. 

Il  y  a  des  gares  à  Elgin,  Petitcodiac  et  Havelock;  il  y  a  des  haltes  à  Steeves, 
Killams-Mills,  Fawcett's-Mill,  Intervale  et  Eastman.  A  Elgin  et  à  Havelock  les  bâti- 
ments se  composent  d'une  salle  d'attente,  d'un  bureau  de  billets,  d'un  bureau  de  mar- 
chandises et  d'un  logement  pour  les  agents.  A  Eastman  il  y  a  un  hangar  et  une  plate- 
forme, et,  en  d'autres  endroits  il  y  a  de  petites  plates-formes. 

Il  y  a  à  Havelock  une  remise  pour  deux  locomotives.  Il  y  a  des  plaques  tournantes 
à  Havelock  et  à  Elgin. 

Il  y  a  des  voies  d'évitement  à  travers  les  stations  d'Elgin,  d'Eastman  et  d'Havelock; 
et  en  divers  endroits  le  long  de  la  ligne  il  y  a  des  voies  de  garage. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  51 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

MATÉRIEL    ROULANT. 

La  compagnie  possède  deux  locomotives,  dont  l'une  a  besoin  d'être  réparée;  1  voi- 
ture de  voyageurs;  1  wagon  combiné  pour  marchandises,  à  messageries  et  fumoir;  1 
wagon  à  bestiaux,  6  wagons-plateformes  d'une  capacité  de  20,000  livres  ;  1  flanger. 

Le  matériel  destiné  aux  voyageurs  n'est  pas  assez  bon  pour  pouvoir  être  raisonna- 
blement utilisé  si  le  chemin  était  exploité  par  le  gouvernement. 

W.  A.  BOWDEN. 

CHEMIN  DE  FER  DE  SAINT-MARTIN. 

Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Hampton,  comté  de  King,  vingt- 
deux  milles  à  l'est  de  Saint-Jean,  et  se  dirige  vers  le  sud  dans  la  direction  de  Saint- 
Martin,  comté  de  Saint-Jean,  soit  à  une  distance  de  trente  milles. 

Sur  une  longueur  d'environ  12  milles  à  partir  de  Hampton  la  ligne  suit  la  vallée 
de  la  rivière  Hammond,  après  quoi  elle  passe  à  travers  le  pays  jusqu'à  Saint-Martin, 
ville  d'environ  1,500  habitants  admirablement  .située  sur  la  baie  de  Fundy  et  qui  a  une 
très  belle  plage  en  forme  de  croissant.  C'est  une  des  rares  plages  dignes  de  remarque 
qui  soit  à  signaler  sur  la  côte  nord  de  la  baie. 

Le  pays  que  traverse  cette  ligne  est  tout  à  la  fois  un  pays  boisé  et  agricole  jusqu'à. 
Upham.  A  quatorze  milles  en  haut  de  ce  dernier  endroit  et  à  une  courte  distance- 
de  Saint-Martin,  l'exploitation  du  bois  est  à  peu  près  la  seule  industrie.  Dans  toute 
cette  région  un  bon  nombre  de  scieries  fonctionnent,  et  l'on  estime  à  environ  5  à  6 
millions  de  pieds  leur  coupe  annuelle.  Les  limites  à  bois  sont  conservées  avec  beaucoup- 
de  soin.  Une  partie  du  bois  est  coupée  à  4  ou  5  milles  du  chemin  de  fer  et  transportée? 
jusqu'à  la  ligne. 

On  prétend  que  la  coupe  est  plus  limitée  qu'elle  ne  devrait  l'être,  par  le  fait  de 
l'insuffisance  du  matériel  roulant  et  par  le  fait  aussi  que  les  exploitants  ne  se  soucient 
pas  d'accepter  des  contrats  qu'ils  pourraient  n'être  pas  en  mesure  de  remplir.  Pour 
cette  même  raison  d'insuffisance  du  matériel  de  transport  la  moitié  environ  du  bois 
s'en  va  par  voie  d'eau  de  Saint-Martin  à  Saint-Jean.  Les  exploitants  préfèrent  se  servir 
des  quelques  wagons  existants  pour  les  transports  locaux,  afin  de  les  avoir  sous  leur 
contrôle  et  être  assurés  d'en  retirer  le  meilleur  usage  possible. 

Il  n'y  a  pas  de  voie  ferrée  conduisant  au  quai  de  Saint-Martin,  en  sorte  que 
le  bois  qui  arrive  à  cette  station  par  le  chemin  de  fer  doit  être  transporté  par  chevaux 
sur  une  longueur  d'environ  un  tiers  de  mille  puis  descendu  à  Saint- Jean  pour  y  être 
chargé  sur  des  bateaux  au  prix  d'environ  $1.25  par  mille  pieds,  à  quoi  il  faut  ajouter  un 
léger  droit  de  quaiage  à  Saint-Martin.  Nous  sommes  assurés  que  tout  ce  transport 
pourrait  être  fait  entièrement  par  rail  jusqu'à  Saint-Jean  si  le  nombre  de  wagons  était 
suffisant  et  si  des  taux  au  mille  calculés  sur  la  base  d'un  transport  direct  pouvaient  être 
appliqués. 

Dans  le  cours  de  l'année  1907  on  a  transporté  par  voie  ferrée,  via  Hampton,  4,927 
tonnes  de  bois. 

En  prolongeant  la  voie  ferrée  jusqu'au  quai,  c'est-à-dire  d'une  longueur  d'environ 
on  tiers  de  mille,  au  coût  d'environ  $5,000,  il  en  résulterait  qu'une  autre  scierie  ferait 
par  cette  voie  de  grosses  expéditions,  et  que  l'expédition  du  bois  de  pulpe  serait  beau- 
coup plus  importante  qu'elle  ne  l'est  actuellement.  Une  seule  maison  importante  offre 
de  faire  transporter  10,000  cordes  de  bois  de  pulpe  par  an  pendant  dix  ans  si  ce  prolon- 
gement est  réalisé. 

On  peut  couper  le  long  de  la  ligne  un  grand  nombre  de  traverses  de  pruche  et 
de  cèdre,  et  l'on  y  peut  trouver  un  approvisionnement  presque  illimité  de  bois  de  pulpe. 

Il  y  a  de  très  grands  gisements  de  plâtre  le  long  de  la  ligne,  et  des  négociations  sont 
actuellement  en  cours  dans  le  but  d'entreprendre  l'exploitation  de  quelques-unes  de 
ces  carrières.     La  proximité  où  elles  sont  de  bons  points  d'expédition  fait  qu'il  est  à 

m— 4£ 


52  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

peu  près  certain  que  le  prolongement  des  rails  jusqu'au  quai  de  Saint-Martin  aura 
pour  résultat  un  développement  sensible  du  trafic.  Une  maison,  la  Rockplaster  Com- 
pany, de  New-Jersey,  garantit  30,000  tonnes  par  année  sous  certaines  conditions. 

On  ne  récolte  que  très  peu  de  foin  dans  ce  district,  et  on  n'y  élève  que  très  peu 
de  bétail,  mais  l'industrie  laitière  a  une  certaine  importance  aux  environs  de  Saint- 
Martin. 

Les  perspectives  de  développement  pour  le  trafic  du  bois  de  construction,  du  bois 
■de  chauffage,  du  bois  pour  traverses  et  du  plâtre  sont  excellentes.  Une  augmentation 
s'ensuivra  inévitablement  dans  d'autres  branches  d'industrie. 

La  population  est  peu  nombreuse  le  long  de  la  ligne,  mais  cette  ligne  dessert  dans 
le  voisinage  de  Saint-Martin  une  population  d'environ  1,000  âmes  qu'il  faut  ajouter 
aux  1,500  déjà  mentionnées  comme  habitant  Saint-Martin.  Il  y  a  plusieurs  bons  hôtels 
dans  la  ville,  et  une  compagnie  s'est  formée  pour  aménager  en  hôtel  d'été  pour  150  ou 
200  hôtes,  le  grand  séminaire  baptiste  actuellement  abandonné.  Cela  ajoutera  sans  au- 
cun doute  aux  grands  attraits  naturels  de  cette  localité,  et  il  devrait  en  résulter  une 
augmentation  considérable  du  nombre  des  voyageurs  pendant  la  saison  d'été. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Le  service  des  trains  consiste  en  un  train  par  jour  dans  chaque  sens  entre  Hamp- 
ton  et  Saint-Martin.  Ils  correspondent  exactement  avec  les  trains  de  l'Intercolonial 
venant  de  Saint- Jean  où  s'y  rendant.  Pendant  la  saison  d'été  il  y  a  un  service  direct 
entre  Saint-Jean  et  Saint-Martin. 

Le  matériel  pour  le  transport  des  voyageurs  est  excellent. 

Le  tarif  est  de  trois  cents  en  première  classe  et  quatre  et  demi  cents  pour  l'aller 
et  retour.    C'est  le  même  tarif  que  sur  l'Intercolonial.    Il  n'y  a  pas  de  seconde  classe. 

POSTES. 

Le  département  des  Postes  ne  paye  qu'un  taux  de  deux  cents  le  mille,  ce  qui 
correspond  à  la  moitié  du  tarif  payé  pour  un  semblable  service  partout  ailleurs  dans 
la  province. 

MESSAGERIES. 

Un  service  de  messagerie  en  correspondance  avec  la  Canadian  Express  Co.  fonc- 
tionne sur  la  base  d'un  pour  cent. 


TÉLÉGRAPHES  ET  TÉLÉPHONES. 

Il  n'y  a  pas  encore  de  téléphone  en  exploitation,  mais  le  chemin  de  fer  possède  en 
propre  une  ligne  téléphonique  de  Saint-Martin  à  Hampton. 

EXERCICE. 


1904-5. 

1905-6. 

1906-7. 

6,770 

4.716 

$  3,153  59 

3,009  47 

108  05 

6,271    11 

10,030  02 

6,723 

11,374 

$  3,547  62 

6,513  33 

16  25 

10,077  20 

8,823  07 

7  296 

Pas  de  rapp. 

$  3,933  71 

7,921  90 

244  51 

12  100  12 

Recettes  brutes 

Frais  d 'exploitation 

5  757  49 

Tonnage  transféré  à  l'Interc.  à  Hampton.  1907,  5,169  tonnes,  recettes 
de  l'Interc 47 

3  094  89 

Tonnage  reçu   de  l'Interc.  à  Hampton,  1907,   1,470  tonnes,    recettes 
de  l'Interc 

1  876  39 

CHEMIN  DE  FER  INTERCOLOXIAL  53 

DOC.  PARLEMENTAIRE. No  67 

MATÉRIEL  ROULANT. 

Il  y  a  des  bâtiments  de  gares  à  Saint-Martin,  à  Upham  et  à  Saint-Bernard,  et  le 
matériel  roulant  consiste  en  une  locomotive,  une  voiture  de  première  classe,  une  voiture 
combinée,  un  wagon  fermé  et  six  wagons  à  plate-forme. 

Ce  chemin  de  fer  n'a  pas  de  chasse-neige  aussi  est-il  obligé  en  général  de  suspen- 
dre son  exploitation  pendant  l'hiver. 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STONY. 

CHEMIN  DE  FER  DE  SAINT-MARTIN. 

Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Hampton,  et  se  dirige  de  là  dans  la 
direction  du  sud-est  vers  Saint-Martin,  sur  la  baie  de  Fundy. 

TRACÉ. 

Il  y  a  un  grand  nombre  de  courbes  sur  cette  ligne,  mais  aucune  n'est  extrêmement 
accentuée. 

RAMPES. 

De  tous  les  embranchements  que  nous  avons  inspectés  dans  le  Nouveau-Bruns- 
wick,  cette  ligne  est  celle  qui  franchit  les  hauteurs  les  plus  élevées.  Comme  ces  hau- 
teurs se  trouvent  dans  le  trajet  compris  dans  les  neuf  premiers  milles  à  partir  de  Saint- 
Martin,  il  s'ensuit  nécessairement  qu'il  y  a  de  fortes  rampes  sur  cette  partie  de  la 
ligne.  Le  croquis  ci-joint  du  profil  de  la  ligne  a  été  fait  d'après  des  données  de  quel- 
ques hauteurs,  et  servira  à  donner  une  idée  du  caractère  général  des  rampes.  Bien  que 
ce  croquis  ne  montre  qu'une  moyenne  de  rampes  dont  le  maximum  est  de  l£  pour  100, 
il  est  probable  que  sur  certaines  parties  des  pentes  sur  le  côté  de  la  baie  les  rampes  dé- 
passent 1|  pour  100. 

DROIT   DE   PASSAGE. 

Le  droit  de  passage  est,  en  théorie,  de  100  pieds  de  large,  mais  en  réalité  l'espace 
enclos  est  souvent  d'une  largeur  moins  grande.  Il  est  visible  qu'en  un  certain  nombre 
d'endroits  on  a  empiété  sur  le  droit  de  passage.  A  Upham  et  ailleurs  des  bâtiments 
ont  été  élevés  par  des  particuliers  sur  les  terrains  appartenant  au  chemin  de  fer.  Dans 
quelques  cas  où  l'on  rencontrait  des  marécages  la  compagnie  semble  avoir  détourné  son 
tracé  sans  grand  souci  des  limites. 

Sur  un  grand  nombre  d'endroits  des  buissons  de  quelques  années  ont  crû  sur  le 
droit  de  passage  et  l'ont  recouvert.  La  voie  étant  surtout  construite  sur  des  flans  de 
collines  cette  croissance  n'a  pas  autant  d'inconvénients  qu'elle  en  aurait  en  d'autres 
endroits  ;  malgré  cela  il  faudrait  faire  pas  mal  de  nettoyage. 

Quelques  parties  de  la  ligne,  à  travers  les  parties  défrichées,  sont  très  bien  établies, 
et  en  plusieurs  endroits  le  droit  de  passage  à  pour  limite  un  cours  d'eau  sur  un  côté; 
mais  il  sera  nécessaire  d'ajouter  une  beaucoup  plus  grande  quantité  de  clôtures.  Un 
dixième  environ  de  la  ligne  est  clôturée.  En  clôturant  vingt  milles  de  plus  on  donne- 
rait satisfaction  aux  plus  exigeants. 

RAILS. 

A  l'origine,  la  voie  a  été  pourvue  de  rails  de  fer  qui  ont  été  plus  tard  enlevés  et 
remplacés  par  des  rails  neufs  en  acier.  Ces  derniers  sont  en  acier  Barrow  pesant  67 
livres,  avec  des  joints  d'éclisses  retenues  par  quatre  boulons.  Ces  rails  sont  en  excel- 
lent état  et  parfaitement  assujétis.  La  seule  critique  que  l'on  pourrait  faire  s'adres- 
serait au  type  des  joints. 


64  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
TRAVERSES. 

Elles  sont  principalement  en  épinette,  car  l'épinette  noire  de  la  côte  de  la  baie 
donne  d'excellentes  traverses.  Quelques  parties  de  la  ligne  sont  en  assez  bon 
état,  et  la  direction  semble  avoir  apporté  une  très  grande  attention  à  cet  objet.  Sur 
17,000  traverses  achetées  en  1908,  11,000  ont  été  placées  sur  la  voie.  Il  faudra  faire 
encore  davantage,  car  une  moyenne  de  000  traverses  par  mille  a  besoin  d'être  renouvelée. 

BALLAST. 

La  chaussée  se  compose  en  général  d'argile  graveleuse.  On  a  fait  un  peu  de 
ballastage,  mais  il  serait  nécessaire  d'en  faire  sur  toute  la  longueur  de  la  ligne.  La 
compagnie  possède  une  sablonnière  de  trois  acres  près  de  Smithtown;  elle  en  pourrait 
extraire  un  excellent  ballast.  On  trouve  aussi  des  matériaux  convenables  sur  d'autres 
parties  de  la  ligne. 

La  chaussée  est  étroite  à  sa  base,  et  il  faudrait  travailler  à  l'élargir  un  peu  avant 
d'entreprendre  de  la  ballaster  sur  une  plus  grande  échelle.  En  plusieurs  endroits  la 
voie  repose  sur  une  berme  étroite,  avec  des  pentes  escarpées  au-dessus  et  au-dessous. 
A  plusieurs  de  ces  mêmes  endroits  le  pieds  du  remblai  est  protégé  contre  les  crues  par 
des  enrochements. 

DRAINAGE. 

On  n'a  pas  fait  beaucoup  de  drainage.  Dans  quelques  cas  on  a  laissé  se  boucher 
les  fossés,  et  c'est  à  cela  qu'il  faut  attribuer  une  grande  partie  des  dégâts  causés  par 
l'eau. 

PONCEAUX. 

Il  y  a  environ  40  ouvertures  dans  la  voie,  en  outre  de  celles  qui  figurent  sur  le  plan 
ci-joint.  Ce  sont  des  constructions  de  bois,  à  part  quelques  exceptions.  La  plupart  sont 
de  petites  dimensions.  Quelques-unes  ont  besoin  d'être  reconstruites;  d'autres  ont  be- 
soin d'être  partiellement  réparées.  Un  bon  nombre  de  ces  constructions  n'auraient 
besoin  ni  d'être  renouvelées  ni  même  d'être  réparées  si  l'on  y  établissait  un  drainage 
convenable.  Malgré  tout,  la  généralité  des  ponceaux  est  en  assez  bon  état.  Il  y  a  6 
ponceaux  de  pierre  et  deux  en  bois  qui  sont  tous  en  bon  état. 

PONTS  ET  VIADUCS. 

On  aura  une  idée  de  ce  que  représente  sur  cette  ligne  cette  catégorie  de  travaux 
en  jetant  un  regard  sur  le  plan  ci-joint. 

Il  y  a  un  grand  nombre  de  constructions  dont  plusieurs  sont  petites  et  dont  aucune 
n'atteint  de  grandes  proportions  .  Plusieurs  sont  surtout  des  constructions  tempo- 
raires traversant1  des  ruisseaux  ou  de  petites  dépressions  de  terrain.  On  les  a  renou- 
velées de  temps  en  temps  au  lieu  de  les  construire  d'une  manière  définitive.  Les 
constructions  plus  importantes  n'ont  besoin  que  de  petites  réparations.  Quelques 
réparations  seront  nécessaires  surtout  aux  tabliers.  La  direction  a  entrepris  des 
reconstructions  et  réparations  coûteuses.  Lorsqu'elles  seront  terminées,  toutes  ces 
constructions  seront  en  bon  état. 

BÂTIMENTS  ET  VOIES  DE  GARAGE. 

Il  y  a  des  gares  à  Hampton,  Upham  et  Quacco;  il  y  a  des  haltes  à  Smithtown, 
Robertson,  Saltspring,  Barnesville,  Titus-Mill,  Handford-Brook,  Porter-Road  et  Henry- 
Lake.  Les  bâtiments  des  gares  sont  petits  mais  bien  entretenus.  Les.  haltes  sont 
pourvues  d'une  plate-forme  et  d'un  petit  kiosque  d'attente.  Il  y  a  un  hangar  pour 
deux  locomotives  à  Saint-Martin;  un  hangar  à  charbon  et  une  plaque  tournante  à 
Hampton  et  à  Saint-Martin.     Il  y  a  des  voies  de  garage  qui  traversent  les  gares  de 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  55 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Hampton,  Barnesville,  Upham,  Hanford,  Brook  et  Saint-Martin;  aux  autres  stations 
il  y!  a  de  courtes  voies  d'évitement. 

MATÉRIEL  ROULANT. 

La  compagnie  possède  une  locomotive,  une  voiture  de  voyageurs  de  première  classe 
en  excellent  état,  une  voiture  combinée  pour  secondes  classes  et  bagage;  un  wagon 
fermé,  six  wagons  plates-formes  d'une  capacité  de  40,000  livres. 

W.  A.  BOWDEN. 

CHEMIN  DE  FER  DE  MONCTON  ET  BOUCTO UCHE. 

Le  chemin  de  fer  de  Moncton  et  Bouctouche  va  de  Moncton,  dans  le  comté  de 
Westmoreland,  à  Bouctouche,  ville  d'environ  1,000  habitants  située  dans  le  comté  de 
Kent,  sur  le  détroit  de  Northumberland.     Longueur  totale:  environ  30  milles. 

A  Moncton  les  voyageurs  de  cette  ligne  ne  peuvent  pas  correspondre  directement 
avec  la  ligne  de  l'Intercolonial  par  le  fait  que  la  gare  des  voyageurs  se  trouve  à  envi- 
ron un  mille.  Les  voyageurs  et  le  bagage  doivent  être  transportés  sur  des  voitures  de 
l'une  à  l'autre  gare.  Il  y  a  pourtant  correspondance  pour  les  marchandises  entre  cette 
ligne  et  celle  de  l'Intercolonial  par  le  moyen  du  quai  de  l'Intercolonial.  Et,  par  ce 
même  moyen  la  compagnie  atteint  le  quartier  des  affaires  de  Moncton;  elle  est  donc 
en  mesure  d'y  transporter  des  marchandises,  et  l'Intercolonial  ne  demande  pour  ce 
trajet  qu'une  petite  redevance. 

La  ligne  est  parallèle  à  celle  de  l'Intercolonial  sur  une  longueur  d'environ  deux 
milles  en  sortant  de  Moncton.  Elle  traverse  la  ligne  de  l'Intercolonial  près  de  Hum- 
phrey's-Mills,  et  à  partir  de  cet  endroit  prend  la  direction  du  nord. 

A  partir  de  l'endroit  où  elle  traverse  la  voie  de  l'Intercolonial  jusqu'à  Irishtown,  la 
ligne  traverse  un  pays  légèrement  boisé  où  la  plupart  des  gros  arbres  ont  été  coupés. 
De  là  à  Cocaigne  le  pays  est  bien  boisé  dans  les  environs  immédiats  de  la  ligne, 
et  la  voie  traverse  une  bonne  contrée  agricole.  La  récolte  des  pommes  de  terre  atteint 
de  grandes  proportions  dans  cette  région,  et  l'élevage  du  mouton  y  a  pris  une  certaine 
importance. 

Le  trafic  principal  de  la  ligne  consiste  en  bois  de  construction,  bois  de  chauffage, 
bois  pour  tonneaux,  écorce  de  pruche,  charbon,  pierre,  pommes  de  terre  et  moutons. 
En  1907,  le  trafic  de  bois  de  construction  a  atteint  environ  8,337  tonnes,  dont  la  plus 
grande  partie  a  été  expédiée  à  Saint-Jean  via  Moncton,  à  destination  du  marché  d'An- 
gleterre. Mais  il  y  a  aussi  à  Moncton  un  trafic  considérable  par  steamers  à  destina- 
tion des  marchés  de  la  Nouvelle- Angleterre  et  de  New- York.  Nous  pensons  que  le 
transport  en  pourrait  -être  fait  entièrement  par  rail.  L'Intercolonial  y  trouve  une  source 
de  recettes.  On  pourrait  aussi  à  partir  de  Bouctouche  expédier  cette  marchandise  par 
eau  vers  les  marchés  de  Sydney,  sur  des  bateaux  qui  y  retournent  après  avoir  apporté 
des  cargaisons  de  charbon  du  Cap-Breton.  Ces  charbons  sont  surtout  destinés  à  la 
consommation  de  Moncton.  Environ  4,300  tonnes  ont  été  transportées  sur  la  ligne  au 
cours  de  la  saison  dernière,  à  destination  de  cette  ville,  au  prix  de  40  cents  la  tonne. 
Grâce  à  ce  prix,  combiné  avec  le  tarif  peu  élevé  du  transport  de  Sydney  par  eau,  il 
serait  possible  d'attirer  une  partie  de  ce  trafic  et  de  faire  ainsi  concurrence  au  charbon 
provenant  de  Springhill  et  des  autres  mines  sur  l'Intercolonial,  lequel  est  transporté  par 
rail,  et  au  charbon  transporté  par  eau  sur  la  rivière  Petitcodiac.  Beaucoup  de  gens 
en  effet  préfèrent  le  charbon  de  Sydney  pour  les  usages  domestiques.  Il  y  a  aussi  un 
trafic  considérable  de  bois  de  chauffage  qui  est  consommé  à  Moncton,  et  de  bois  pour 
tonneaux  destinés  aux  fabriques  de  Moncton.  On  transporte  aussi  de  l'écorce  de 
pruche  à  destination  de  divers  endroits  de  la  ligne  de  l'Intercolonial.  Il  y  a  le 
long  de  la  ligne  une  grande  quantité  de  pruche.  On  peut  s'y  procurer  des  quantités 
considérables  de  traverses.    On  en  a  expédié  de  12  à  15  mille  au  cours  de  l'année  1907. 


56  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  y  a  à  Bouctouche  un  moulin  qui  moud  environ  60  wagons  de  froment  par  an, 
mais  en  raison  de  la  taxe  double  qui  doit  être  payée  au  moment  où  le  blé  est  apporté 
et  au  moment  où  la  farine  est  expédiée  sur  divers  points  en  dehors  de  la  ligne  de 
Moncton  et  Bouctouche,  le  marché  est  sérieusement  entravé. 

Il  y  a  deux  carrières  de  pierres  sur  la  ligne,  l'une  près  de-Notre-Lame,  l'autre  près 
de  Cocagne.  Cette  dernière  n'est  pas  exploitée  en  ce  moment,  bien  que  la  pierre  que 
l'on  y  trouve — une  excellente  qualité  de  pierre  à  sablon — ait  servi  pendant  un  temps 
à  construire  divers  édifices  à  Moncton,  notamment  l'édifice  de  l'Association  chrétienne 
des  jeunes  gens.  La  carrière  de  Notre-Dame  n'a  pas  encore  été  exploitée  d'une  ma- 
nière complète,  mais  on  a  expédié  à  Moncton  en  1907  environ  70  wagons  de  pierre  de 
taille,  et  cette  année  une  quantité  plus  grande  encore  de  pierres  de  moins  bonne  qua- 
lité, prise  dans  les  couches  supérieures,  a  été  expédiée  pour  être  utilisée  sur  la  double 
voie  de  l'Intercolonial  entre  Moncton  et  Painsec-Junction.  Cela  a  permis  aux  pro- 
priétaires de  se  débarrasser  des  pierres  de  moins  bonne  qualité  des  couches  supérieures 
et  de  préparer  ainsi  pour  la  saison  prochaine  une  exploitation  plus  étendue  de  la  pierre 
de  construction. 

On  récolte  le  long  de  la  ligne,  entre  Cocagne  et  Bouctouche,  des  quantités  consi- 
iidérables  de  pommes  de  terre.  Elles  sont  en  général  vendues  pour  l'exportation  via 
Halifax  ou  Saint-Jean. 

Ce  district  expédie  aussi  15  ou  20  chargements  de  wagons  de  moutons  par  saison. 
La  plupart  sont  expédiés  à  Sussex,  mais  un  certain  nombre  sont  à  Saint-Jean.  On 
livre  aussi  un  peu  à  la  laiterie,  et  chaque  année  cette  industrie  y  prend  une  impor- 
tance plus  grande.     Il  y  a  près!  de  Saint-Anthony  une  petite  fromagerie. 

Les  quahogs  et  les  éperlans  expédiés  aux  Etats-Unis  pendant  leurs  saisons  de  pêche 
respectives  donnent  aussi  lieu  à  un  certain  trafic.  On  expédie  au  cours  d'une  seule 
saison  environ  140  wagons  de  quahogs.  Le  produit  de  la  pêche  de  la  côte,  pas  plus  que 
le  produit  de  la  pêche  du  large,  n'est  expédié  de  Bouctouche,  quand  bien  même  les  cir- 
constances paraissent  s'y  prêter  tout  particulièrement. 

La  coupe  du  bois  de  construction,  en  autant  qu'on  peut  l'affirmer,  a  atteint  son 
maximum.  Les  exploitants  sont  propriétaires  de  leurs  limites  et  ne  coupent  pas  de 
bois  au-dessous  d'un  certain  diamètre,  afin  d'en  avoir  une  provision  de  bonne  gros- 
seur pour  l'avenir. 

Le  trafic  du  charbon  n'est  pas  susceptible  d'augmenter. 

Pour  la  pierre,  il  n'y  a  actuellement  qu'un  marché  limité.  La  récolte  des  pom- 
mes de  terre  et  l'élevage  des  moutons  n'augmentent  pas  sensiblement.  Ainsi  donc,  si 
l'on  excepte  le  trafic  du  bois  de  chauffage  (qui  augmentera  sans  aucun  doute  en  raison 
même  de  l'augmentation  de  la  population  de  Moncton),  celui  du  bois  à  futailles  (dont 
la  consommation  augmente  constamment)  et  celui  des  produits  de  la  pêche  (qui  n'a 
certainement  pas  encore  atteint  son  maximum),  le  chemin  de  fer  de  Moncton  et  Bouc- 
touche paraît  avoir  fait  tout  ce  qui  pouvait  être  fait,  avec  les  moyens  qui  sont  à  sa 
disposition,  pour  développer  la  région  que  traverse  la  ligne. 

Nous  sommes  néanmoins  d'opinion  qu'en  adoptant  un  tarif  de  plein  parcours  pour 
le  transport  du  bois  entre  Bouctouche  et  Saint-Jean,  on  pourrait  détourner  au  profit 
du  chemin  de  fer  une  grande  partie  du  produit  de  la  scierie  de  J.  D.  Irving,  située  à 
Bouctouche.  Cela  représente  environ  trois  millions  de  pieds  par  an,  qui  sont  aujour- 
d'hui directement  expédiées  par  eau  vers  l'Europe.  Nous  croyons  aussi  que  l'absorp- 
tion de  la  ligne  par  l'Intercolonial  et  la  réduction  de  tarif  en  résultant,  donneraient 
une  grande  impulsion  au  développement  des  industries  situées  le  long  de  cette  ligne, 
notamment  celles  de  la  pêche  et  la  culture  des  pommes  de  terre.  Le  tarif  pour  le 
transport  des  marchandises  sur  le  chemin  de  fer  Moncton  et  Bouctouche,  quoiqu'un 
peu  plus  élevé  que  celui  de  l'Intercolonial  pour  les  expéditions  moindre  qu'un  char- 
gement de  wagon,  n'est  certainement  pas  plus  élevé  pour  les  expéditions  de  pleins 
wagons. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLOMAL  57 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

TRANSPORT     DES    MARCHANDISES. 

Le  transport  des  marchandises  sur  cette  ligne  accuse  une  augmentation  constante 
pour  les  quelques  dernières  années.     Les  chiffres  officiels  sont  les  suivants: — 

1900-1901 20,615  tonnes. 

1905-1906 24,225 

La  région  est  prospère  et  il  y  a  de  la  demande  sur  tout  ce  qu'elle  produit. 
On  estime  à  environ  15,000  âmes  la  population  desservie  par  cette  ligne. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Le  service  consiste  en  un  train  omnibus,  chaque  jour,  dans  chaque  sens.  Le  par- 
cours, qui  est  de  32  milles,  se  fait  en  deux  heures.  Mais  pendant  l'été  de  1908  (juil- 
et  août)  il  y  eut  deux  trains  par  jour,  les  lundis  et  samedis,  et  les  résultats  ont  satis- 
fait la  direction. 

Les  tarifs  de  transport  des  voyageurs  sont:  pour  la  première  classe,  3  cents  par 
mille  ;  pour  la  première  classe  aller  et  retour,  4|  cents  par  mille  ;  pour  la  seconde  classe, 
2  cents  par  mille,  c'est-à-dire  que  c'est  le  même  tarif  que  sur  l'Intercolonial,  avec  cette 
exception  que  le  tarif  est  le  même  pour  les  chiffres  de  milles  se  terminant  par  un  0  que 
pour  les  chiffres  se  terminant  par  un  5.  Le  transport  de  Moncton  à  Bouctouche  coûte 
donc  96  cents,  et  non  pas  $1  comme  il  le  serait  sur  l'Intercolonial.  Les  recettes  des 
secondes  classes  constituent  à  peu  près  75  pour  100  de  la  recette  totale,  et  cela  n'a 
rien  d'étonnant,  en  raison  du  matériel,  vraiment  misérable,  des  premières  classes.  Notre 
opinion  est  qu'avec  un  matériel  meilleur,  avec  des  correspondances  meilleures  à  Monc- 
ton, et  avec  un  meilleur  service  de  trains,  le  transport  des  voyageurs  subirait  une  sen- 
sible augmentation,  surtout  pendant  la  saison  d'été.  Il  conviendrait  aussi  de  dire  que 
si  la  ligne  était  administrée  par  le  gouvernement,  et  si  on  la  reliait  à  celle  de  l'Interco- 
lonial à  Humphrey's-Mills  c'est-à-dire  à  l'endroit  où  ces  deux  lignes  se  croisent,  après 
avoir  été  parallèles,  il  deviendrait  inutile  de  maintenir  la  partie  de  la  ligne  qui  est 
entre  Humphrey's  et  Moncton,  c'est-à-dire  une  longueur  d'à  peu  près  2£  milles.  On 
économiserait  les  frais  d'entretien  de  cette  ligne  ;  on  économiserait  aussi  l'entretien  d'un 
viaduc  et  de  ce  que  l'on  appelle  le  pont  de  Hall-Creek  ;  enfin,  par  ce  même  moyen,  tout 
le  transport  des  marchandises  et  des  voyageurs  se  ferait  par  la  gare  actuelle  de  Monc- 
ton, et  économiserait  aux  expéditeurs  et  aux  voyageurs  la  longue  distance  qui  sépare 
actuellement  la  gare  de  l'Intercolonial  du  terminus  du  chemin  de  fer  de  Bouctouche. 

POSTES. 

Le  service  est  fait  aux  frais  du  ministère  des  Postes,  sur  la  base  du  tarif  usuel  de 
4  cents  par  mille  pour  la  malle-poste  fermée.  Les  recettes  de  cette  source  ne  peuvent 
pas  augmnter  avant  que  le  service  des  trains  n'ait  lui-même  pris  une  plus  grande  impor- 
tance et  que  le  ministère  des  Postes  soit  en  mesure  de  fournir  un  service  bi-quotidien 
aux  différents  points  situés  le  long  de  la  ligne. 

MARCHANDISES   EN  GRANDE  VITESSE. 

Les  affaires  concernant  les  expéditions  en  grande  vitesse  se  font  de  concert  avec 
la  Canadian  Express  Co.  en  vertu  d'arrangements  privés.  Sous  une  direction  diffé- 
rente, les  recettes  provenant  de  ce  service  pourraient  probablement  être  augmentées. 

TÉLÉGRAPHE. 

Il  n'y  a  pas  de  ligne  télégraphique  en  exploitation  sur  cette  ligne. 


58  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
ÉQUIPEMENT. 

Il  y  a  des  bâtiments  de  gares  à  Moncton,  à  Bouctouche  et  à  Saint-Anthony.  Le 
matériel  roulant  consiste  en  2  locomotives,  1  voiture  de  première  classe,  1  voiture 
combinée  de  seconde  classe  et  à  bagages,  5  wagons  fermés,  38  wagons,  1  plate-forme, 
et  1  chasse-neige. 


Nombre  des  voyageurs   transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

ltecettes  provenant  des  marchandises 

Recettes  diverses 

Recettes  brutes 

Dépenses  d'exploration 

Tonnage  transféré  à  l'interc.  à  Moncton,  1907,  3,498  tonnes,  recettes 

de  l'interc 

Tonnage    reçu   de    l'interc.    à    Moncton,    1907,  756  tonnes,  recettes 

de  l'interc 


13,018 

23,692 

S  5,611   24 

13,961   36 

668  31 

20,240  85 

23,173  92 


15,667 

4.225 

$  6,679  17 

15,190  47 

495  45 

22,365  09 

22,327  68 


17,837 

23,757 

$  8,151   13 

16,067  85 

441  01 

24,659  99 

19,821  40 

5,442  75 

2,831  43 


CHEMIN  DE  FER  DE  BOUCTOUCHE  ET  MONCTON. 


Ce  chemin  de  fer,  comme  son  nom  l'indique,  relie  le  village  de  Bouctouche  à  la 
ville  de  Moncton. 

Il  croise  la  ligne  de  l'Intercolonial  à  un  endroit  proche  de  Humphrey,  et  rejoint 
la  voie  de  l'Intercolonial  le  long  du  bord  de  l'eau,  à  Moncton.  En  tant  qu'embranche- 
ment de  l'Intercolonial,  l'exploitation  de  la  partie  de  la  ligne  qui  se  trouve  entre 
Humphrey  et  Moncton  pourrait  être  supprimée. 

TRACÉ. 

Le  tracé  est  assez  bon.  Il  n'y  a  pas  de  très  fortes  courbes.  Le  maximum  est  pro- 
bablement de  10  pour  100,  et}  cela  ne  se  rencontre  pas  souvent.  Le  total  des  courbes 
se  maintient  dans  une  limite  raisonnable. 


RAMPES. 

Il  y  a  trois  hauteurs  distinctes  à  franchir,  ce  qui  fait  que  la  ligne  a  d'assez  fortes 
rampes,  avec  un  fort  total  j  de  montées  et  de  descentes.  Les  rampes  de  l£  pour  100 
se  rencontrent  fréquemment,  et  atteignent  des  longueurs  considérables.  La  rampe 
maxima  est  d'environ  1|  pour  100,  et  elle  s'aggrave  encore  du  fait  d'une  courbe 
de  8°  sur  une  partie  de  sa  longueur. 

EMPLACEMENT    DE    LA  (VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a  une  largeur  de  66  pieds.  En  général  il  est  en  assez 
bon  état.  Il  y  a  toutefois  certaines  parties  sur  lesquelles  on  a  laissé  les  buissons 
pousser,  mais  il  n'y  aurait  pas  grand  travail  à  faire  pour  le  nettoyer.  Là  moitié  de 
la  ligne,  ou  à  peu  près,  (traverse  une  région  défrichée.  Cette  partie  est  assez  bien 
clôturée.  On  y  a  construit  récemment  environ  dix  milles  de  clôture  en  fil  métallique 
Page.     Un  peu  plus  de  la  moitié  de  la  ligne  n'est  pas  clôturée. 


RAILS. 


Ce  sont  des  rails  d'acier  Barrow  pesant  56  livres;  ils  ont  été  achetés  de  l'Interco- 
lonial. Les  joints  sont  faits  avec  des  éclisses  à  quatre  boulons.  Dans  leur  ensemble, 
ces  rails  sont  en  assez  bon  état  ;  l'usure  totale  n'est  pas  excessive.     Il  y  en  a  toutefois 


CHEMIN  DE  FER  IXTERCOLOXIAL  59 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

un  certain  nombre  dont  les  têtes  sont  brisées  sur  une  longueur  de  trois  ou  quatre 
pouces  aux  extrémités.  Cela  peut  représenter  à  peu  près  5  pour  100  du  nombre  total 
des  rails.  Il  y  a  aussi  un. certain  nombre  de  rails  qui  commencent  à  être  tordus  à 
cause  du  mauvais  nivellement.     Les  rails  sont  parfaitement  chevillés. 

TRAVERSES. 

Pour  ce  qui  est  des  traverses,  certaines  parties  de  la  ligne  sont  en  très  bon  état, 
mais  il  y  a  des  espaces  considérables  sur  lesquels  non  moins  de  50  pour  100  des  tra- 
verses ont  fait  leur  temps  et  devraient  être  remplacées.  Il  faudrait  une  moyenne  d'en- 
viron 650  traverses  par  mille  pour  mettre  la  voie  en  bon  état. 

BALLAST. 

Le  sol  naturel  est  principalement  de  l'argile  et  constitue  le  support  de  la  plus 
grande  partie  de  la  voie.  Près  de  Bouctouche  il  y  a  une  sablonnière  dont  on  peut 
retirer  un  ;  ballast  de  qualité  inférieure.  Cette  sablonnière  permet  de  charger  12 
wagons  le  long  d'un  espace  mesurant  8  pieds  de  large.  Il  n'apparaît  guère  que  l'on 
se  soit  servi  de  ce  ballast  pour  l'établissement  de  la  ligne,  mais,  à  défaut  d'un  ballast 
meilleur  il,  paraîtrait  sage  d'utiliser  celui-ci.  Il  ne  semble  pas  que  l'on  ait  entrepris 
un  ballastage  méthodique,  et  l'on  peut  dire  que,  dans  son  ensemble,  la  voie  n'est  pas 
ballastée. 

DRAINAGE. 

L'inconvénient  du  manque  de  ballast  se  trouve  dans  une  certaine  mesure  compensé 
par  un  assez  bon  drainage.  On  pourrait  en  faire  beaucoup  plus  avec  avantage,  mais 
ce  qui  existe  est  assez  efficace. 

ponceaux. 

Il  y  a  cinq  ponceaux  fermés  en  bois  de  cèdre.  Ils  sont  tous  en  mauvais  état.  Il  y 
a  six  ponceaux  fermés  en  pierre.  Ils  sont  en  assez  bon  état.  Il  y  a  enfin  46  ponceaux 
ouverts,  en  bois,  qui  sont  généralement  en  bon  état. 

Il  y  a  seize  fosses  à  bestiaux  aux  passages  des  routes,  mais  il  en  faudrait  12  de  plus. 

PASSAGES   DE   FERMES. 

On  en  entretient  environ  36. 

PONTS  ET  VIADUCS. 

L'importance  de  ces  travaux  sera  mieux  appréciée  en  jetant  un  regard  aux  plans 
ci-joints. 

Si  la  ligne  était  la  propriété  du  gouvernement  on  pourrait  supprimer  les  ponts  de 
Halls-Creek  et  de  Humphrey's-Creek.  Les  viaducs  de  Scoth-Settlement,  de  McDougall 
et  de  Falkner  doivent  être  considérés  à  un  point  de  vue  économique  comme  des  cons- 
tructions temporaires  qui  devront  être  tôt  ou  tard  remplacées  en  entier  ou  en  partie.  Il 
restera  cinq  ponts  permanents  dont  il  faudra  s'occuper,  et  au  nombre  desquels  le  pont 
sur  la  rivière  Bouctouche  est  une  construction  si  formidable  qu'à  côté  d'elle  toutes  les 
autres  paraissent  insignifiantes.  De  nouvelles  fermes  étaient  assemblées  par  le  pont  de 
Bouctouche  à  l'époque  de  notre  inspection.  Quand  ce  travail  sera  terminé  on  pourra 
dire  que  l'ensembîe  des  fermes  de  la  ligne  est  en  bon  état,  à  l'exception  de  la  courte 
travée  du  pont  du  Cap-Breton.  Cette  travée  devrait  être  immédiatement  remplacée 
par  une  ferme  plus  forte.  Deux  culées,  l'une  au  pont  de  la  rivière  Cocagne  et  l'autre 
au  pont  de  la  Petite-Bouctouche,  devraient  être  reconstruites.  Au  pont  de  McDougall 
d'importantes  réparations  devraient  être  faites  aux  seuils  et  aux  pilots.  A  part  cela 
le  travail  à  faire  est  de  peu  d'importance,  et,  consisterait  à  remplacer  ici  et  là  quelques 
chapeaux  et  quelques  longerons. 


60  LIGNES  D'EMBRAXCHEMEXT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
BÂTIMENTS  ET  VOIES  DE  GARAGE. 

Il  y  a  des  bâtiments  de  deux  étages  à  Moncton.  A  Saint- Anthony  et  à  Bouctouche 
il  y  a  des  gares;  il  y  a  des  plates-formes  et  des  kiosques  à  Irishtown,  Cap-Breton, 
Scoth- Seulement,  McDougall,   Notre-Dame  et  McKees-Mills. 

Il  y  a  des  voies  d'évitement  à  Moncton,  Notre-Dame,  Saint-Anthony  et  Bouctou- 
che; des  voies  de  service  à  Irishtown,  Cap-Breton,  McDougall,  au  moulin  à  Notre- 
Dame,  à  Cocagne  et  à  l'extrémité  de  la  carrière  de  McKees-Mills. 

La  compagnie  possède  aussi  un  hangar  à  charbon  à  Bouctouche  et  à  Moncton, 
ainsi  que  des  plaques  tournantes  et  des  remises  pour  deux  locomotives. 

MATÉRIEL  ROULANT. 

La  compagnie  possède  deux  locomotives,  1  voiture  à  voyageurs,  1  voiture  combinée 
de  seconde  classe,  5  wagons  fermés,  38  wagons  plate-formes,  et  un  chasse-neige.  L'un 
des  wagons  plate-formes  est  disposé  de  façon  à  pouvoir  servir  de  chasse-neige  en  hiver. 

W.  A.  BOWDEN. 


CHEMIN  DE  FER  DU  NOUVEAU-BRUN  S  WICK  ET  DE  L'ILE-DU-PRINCE- 

EDOUARD. 

Le  chemin  de  fer  du  Nouveau-Brunswick  et  de  Hle-du-Prince-Edouard  se  relie  à 
FIntercolonial  à  Sackville,  N.-B.,  et  se  dirige  vers  l'est  jusqu'à  Cap-Tourmentine,  sur 
le  détroit  de  Northumberland,  soit  une  longueur  de  36  milles. 

De  Sackville  à  Midgic,  sur  une  longueur  de  huit  milles,  le  pays  est  richement  agri- 
cole, avec  de  grandes  étendues  de  marais  où  l'on  fait  d'abondantes  récoltes  de  foin.  On 
en  expédie  environ  2,000  tonnes  par  chemin  de  fer,  surtout  à  Halifax  et  à  Sydney. 
D'année  en  année  la  région  cultivée  couvre  une  plus  grande  étendue.  Au  delà  de 
Midgic  on  rencontre  une  région  fertile,  avec  de  grandes  étendues  boisées  à  proximité 
de  la  ligne. 

On  récolte,  dans  le  voisinage  de  Sackville  en  haut,  des  quantités  considérables  de 
fraises  et  d'autres  fruits  qui  sont  expédiés  surtout  en  grande  vitesse  aux  provinces  du 
nord. 

L'élevage  du  bétail  est  considérable,  mais  l'industrie  laitière  a  très  peu  d'impor- 
tance dans  ce  district. 

A  Port-Elgin  il  y  a  une -meunerie,  et  l'industrie  de  la  pêche  y  a  une  certaine  im- 
portance. 

Sur  la  côte  dans  le  voisinage  de  la  ligne  il  y  a  plusieurs  établissements  de  con- 
serves d'huîtres.  La  plupart  de  leurs  expéditions  sont  faites  via  Port-Elgin.  On  en 
a  expédié  environ  5,000  caisses  au  cours  de  la  dernière  saison. 

Pendant  la  saison,  l'éperlan  s'expédie  aussi  en  grandes  quantités  par  chemin  de 
fer  vers  le  marché  américain. 

La  pêche  du  hareng  se  fait  aussi  sur  une  grande  échelle  dans  cet  endroit.  Les 
maisons  de  Grand-Manan  les  fument  et  les  préparent  pour  l'expédition. 

C'est  le  bois  de  construction  qui  constitue  le  principal  trafic  de  la  ligne.  On  en 
a  transporte  25,750  tonnes  en  1907-1908  contre  18,560  tonnes  en  1905-1906  et  14,000 
en  1904-1905.  Comme  les  coupes  sont  réglées  avec  beaucoup  de  soin,  il  est  pro- 
bable que  cette  production  se  maintiendra  pendant  un  grand  nombre  d'années. 

Près  de  soixante-quinze  pour  cent  de  ce  bois  de  construction  est  envoyé  en  Europe 
via  Cap-Tourmentine,  où  la  compagnie  a  sa  voie  sur  le  quai  du  gouvernement.  Une 
bonne  partie  du  reste  de  la  production  s'en  va  vers  les  Etats-Unis,  en  passant  par 
Sackville,  où  la  compagnie  possède  un  quai.  Enfin,  le  reste,  c'est-à-dire  peut-être  * 
du  total,  est  envoyé  sur  divers  points   de   l'Intercolonial.     Jusqu'ici  on  en  a   dirigé 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  61 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

qu'une  très  petite  partie  vers  l'intérieur  des  Etats  de  la  Nouvelle-Angleterre  ou  le 
marché  d'Ontario,  et  c'est  un  débouché  qui  pourrait  certainement  être  développé. 

Une  grande  partie  du  bois  d'exportation  actuellement  expédié  via  Cap-Tourmentine 
pourrait  sans  aucun  doute  être  transporté  via  Saint-Jean  si  l'on  établissait  un  tarif 
uniforme.  Il  y  aurait  grand  avantage  pour  les  transporteurs  aussi  bien  que  pour  les 
marchands  de  bois.  Ces  derniers,  en  raison  de  l'ouverture  tardive  de  la  navigation  dans 
le  détroit,  ne  peuvent  pas  faire  leurs  expéditions  avant  le  mois  de  moi,  et  les  recettes 
provenant  de  ces  expéditions  ne  leur  parviennent  guère  avant  septembre. 

C'est  dans  ce  trafic,  et  dans  l'accroissement  de  la  production  du  foin  et  de  l'éle- 
vage du  bétail  que  se  trouvent  les  chances  de  développement  de  la  ligne. 

La  population  desservie  par  cette  ligne,  non  comprise  la  paroisse  de  Sackville,  est 
de  6,000  à  7,000  habitants. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Le  service  consiste  en  un  train  par  jour  dans  chaque  sens. 

Le  tarif  du  transport  des  voyageurs  est  de  trois  cents  et  un  tiers  par  mille  pour  la 
première  classe,  et  de  deux  cents  et  demi  pour'  la  seconde  classe.  On  ne  vend  pas  de 
billets  de  retour. 

POSTES. 

Un  service  de  wagon  postal  fonctionne,  pour  lequel  le  département  des  Postes  paye 
une  redevance  de  8  cents  par  mille. 

EXPRESS. 

Le  service  par  express  est  fait  de  concert  avec  la  Dominion  Express  Company 
sur  la  base  d'un  percentage. 

TÉLÉGRAPHE. 

La  ligne  télégraphique  appartient  à  Y Anglo- American  Teïegraph  Company,  et  fait 
partie  de  son  réseau  entre  Sackville  et  l'Ile-du-Prince-Edouard. 

MATÉRIEL  ROULANT. 

Il  y  a  des  bâtiments  de  gares  à  Sackville  en  haut,  Port-Elgin,  Baie-Verte  et  Cap- 
Tourmentine. 

Le  matériel  roulant  se  compose  de  deux  locomotives,  une  voiture  de  voyageurs  de 
première  classe,  une  voiture  combinée  de  deuxième  classe,  quatre  wagons  fermés,  qua- 
rante et  un  wagon  plate-forme  et  deux  chasse-neige. 

SERVICE  D'HIVER. 

Le  détroit  de  Northumberland,  à  Tourmentine,  n'a  qu'une  largeur  de  neuf  milles, 
et  c'est  entre  Tourmentine  et  le  Cap-Traverse  (Ile-du-P.-E.)  que  les  voyageurs  sont 
transportés  sur  des  bateaux  à  glace  pendant  la  période  où  les  bateaux  d'hiver  ne  sont 
pas  en  état  de  maintenir  la  correspondance  entre  Pictou  et  Georgetown. 

Une  autre  circonstance  qui  ajoutera  quelque  importance  au  chemin  de  fer  c'est  la 
possibilité  d'établir  une  correspondance  avec  l'Ile-du-Prince-Edouard  entre  Cap-Tour- 
mentine et  Cap-Traverse.  Le  trajet  entre  ces  deux  points  se  trouve  être  le  plus  court 
entre  la  ligne  principale  et  l'Ile.  Et  si  l'on  tient  compte  de  l'agitation  incessante  de 
la  part  des  habitants  de  l'Ile  dans  1©  but  d'améliorer  les  moyens  de  transport;  si  l'on 
tient  compte  aussi  du  développement  de  l'Ile,  de  l'accroissement  de  sa  population  et  de 
sa  production,  on  conviendra  que  cette  ligne  jouera  quelque  jour  un  rôle  important, 
soit  que  la  correspondance  s'établisse  par  le  moyen  d'un  tunnel,  d'un  bateau  traversier, 
ou  par  un  service  de  bateaux  à  vapeur  fonctionnant  toute  l'année.    Un  regard  jeté  sur 


62  LIGXES  D'EMBRAXCHEMEXT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

la  catre  suffit  à  convaincre  que  les  points  les  plus  importants  du  chemin  de  fer  de  File 
peuvent  être  plus  facilement  desservis  par  Cap-  Traverse  que  par  le  port  d'hiver  actuel 
de  Georgetown,  en  tous  cas  en  hiver.  Nous  entendons  par  là  qu'en  hiver  la  distance 
est  la  suivante  : — 

De  Georgetown,  Tandis  que  de  Cap-Traverse 

~a  le  trajet  est  de: 

A  Summerside. 94 A  28& 

Charlottetown 46  A  42  A 

Alberton 149&  83 

Tignish 162  96A 

Murray-Harbour 94  A  90  h 

Il  va  sans  dire  que  pendant  l'été,  avec  le  bateau  à  vapeur  qui  dessert  tout 
à  la  fois  Summerside  et  Charlottetown,  ces  deux  villes  sont  peut-être  mieux  des- 
servies, mais  avec  un  trajet  plus  court,  en  faisant  un  plus  grand  nombre  de  voyages 
par  jour,  et  en  rendant  plus  faciles  les  moyens  de  se  rendre  à  l'Ile  et  d'en  venir,  on 
correspondance  établie  comme  il  a  été  suggéré  plus  haut,  que  par  la  Pointe-du-Chêne 
ou  par  Pictou. 

En  prenant  Charlottetown  pour  point  de  départ,  la  distance  de — 

Milles. 

Moncton  à  Pictou  est  de 147 

Pictou  à  Charlottetown  est  de.  .  • 50 

Total 197 

Moncton  à  Cap-Tourmentine  via  Sackville  est  de 74 

Cap-Tourmentine  à  Cap-Traverse  est  de 9 

Cap-Traverse  à  Charlottetown  est  de 42 

Total 125 

La  distance  entre  Amherst  et  Halifax,  y  compris  Charlottetown,  pendant  la  sai- 
son de  navigation  d'été,  via  Pictou,  est  naturellement  plus  courte  qu'elle  ne  le  serait 
via  Sackville  et  Cap-Tourmentine  et  il  en  serait  de  même  de  la  distance  entre  Moncton 
et  Summerside,  via  Pointe-du-Chêne,  qui  pendant  la  saison  d'été  serait  plus  courte 
que  via  Sackville  et  Cap-Tourmentine;  mais  en  prenant  l'Ile  dans  son  ensemble,  nous 
inclinons  à  croire  qu'elle  serait  mieux  servie,  si  cela  est  faisable,  par  une  route  ouverte 
toute  l'année  via  Cap-Tourmentine  et  Cap-Traverse. 


1904-5. 

1905-6. 

1906-7. 

7.2S5 

75,792 

$  5,956  72 

16,282  20 

1,066  86 

23,305  78 

20,647  54 

8,775 

95,504 

$  6,167  66 

14,929  92 

990  18 

22,087  56 

14,012  50 

9,100 

7,691 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

$6,629  01 

9,753  34 

1,112  75 

Recett  s  brutes 

17,495  10 

10  831  00 

Tonnage  transporté  à  l'Interc.    à    Kent-Jonction,   1907, 

6,034  tonnes 

10,047  32 
10,835  20 

Tonnage    reçu  de  l'Interc.  à  Kent-Jonction,  3,557  tonnes,  paiement 

j 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORW, 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  63 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

CHEMIN  DE  FER  DU  NOUVEAU-BRUNSWICK  ET  DE  L'ILE   DU 

PRINCE-EDOUARD. 

Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  PIntercolonial  à  Sackville-Junction,  et  se  dirige  vers 
l'est  jusqu'à  Cap-Tourmentine  sur  le  détroit  de  Northumberland.  Sa  longueur  est 
d'environ  36  milles.  Une  ligne  télégraphique  est  exploitée  le  long  de  ce  chemin  par 
Y  Anglo- American  Cable  Company. 

tracé. 

Le  tracé  est  excellent.  Il  n'y  a  que  très  peu  de  courbes,  dont  aucun  n'est  très 
accentuée.     Le  maximum  est  d'environ  8°. 

RAMPES. 

La  voie  franchit  un  pont  bas  entre  Sackville  et  la  Baie-Verte,  puis  elle  gravit  une 
seconde  hauteur  des  terres  entre  Port-Elgin  et  Cap-Tourmentine.  Ainsi  qu'on  peut  le 
voir  sur  le  profil  ci-joint,  ces  hauteurs  sont  modérées  et  leur  situation  est  telle  que  la 
ligne  peut  se  développer  amplement  pour  les  gravir,  sans  avoir  recours  à  des  rampes 
excessives.  La  rampe  maxima  est  d'environ  1J  pour  100.  Le  total  des  rampes  et  des 
pentes  n'est  pas  considérable. 

EMPLACEMENT    DE    LA    VOIE. 

Il  a  généralement  66  pieds  de  large.  A  travers  la  région  de  Sackville,  le  tracé 
enfermé  par  des  clôtures  est  souvent  réduit  à  une  largeur  de  33  pieds. 

En  général,  l'emplacement  de  la  voie  est  en  assez  bon  état.  Il  y  a  plusieurs  par- 
ties du  parcours  sur  lesquelles  on  a  laissé  les  buissons  grandir,  mais  la  somme  de 
travail  qu'il  serait  nécessaire  de  faire  pour  nettoyer  la  voie  n'est  pas  grande. 

La  partie  ouest  de  la  ligne  est  presque  entièrement  dépourvue  de  clôtures,  à  l'ex- 
ception de  celle  à  travers  la  région  de  Sackville.  La  partie  est,  entre  la  Baie-Verte 
et  Cap-Tourmentine  est  en  général  bien  clôturée.  On  est  à  faire  beaucoup  de  clôtures 
en  fil  métallique;  les  poteaux,  qui  consistent  en  angles  d'acier,  sont  fixés  dans  des 
blocs  de  pierre.  La  voie  est  protégée  par  34  paraneiges  dont  la  longueur  varie  de  300 
à  1,600  pieds  chacun,  formant  dans  leur  ensemble  une  longueur  totale  d'environ  2 
milles.  Beaucoup  de  ces  paraneiges  sont  vieux,  mais  ils  peuvent  encore  rendre  de 
bons  services. 

RAILS. 

Ce  sont  des  rails  d'acier  Barrow  pesant  56  livres.  Us  ont  été  achetés  de  l'Interco- 
lonial.  Us  ne  sont  pas  trop  usés,  mais  le  dessus  de  quelques-uns  sont  brisés  aux  bouts. 
5  pour  100  environ  sont  endommagés  de  cette  façon.  Les  rails  sont  très  bien  assu- 
jétis  aux  traverses. 

TRAVERSES. 

Presque  toutes  les  traverses  sont  en  pruche.  L'espace  qui  les  sépare  est  un  peu 
plus  large  que  d'habitude,  et  il  sera  nécessaire  d'en  renouveler  un  grand  nombre.  Il 
faudrait  poser  1,000  nouvelles  traverses  par  mille  pour  que  la  voie  soit  en  bon  état. 

BALLAST. 

La  moitié  ouest  de  la  ligne  n'a  pas  été  ballastée.  Entre  Sackville  en  haut,  et 
Midgïc,  la  ligne  franchit  un  marais  qui  a  une  profondeur  de  20  à  25  pieds.  Sur  cette 
partie  du  tracé,  dont  la  longueur  est  d'environ  deux  milles,  la  ligne  repose  sur  une 


MATERIEL  ROULANT. 


La  compagnie  possède  deux  locomotives,  légères  mais  bien  entretenues,  une  voiture 
de  voyageurs  de  première  classe,  une  voiture  de  seconde  classe,  une  voiture  combinée, 
quatre  wagons  fermés  d'une  capacité  de  20,000  et  de  40,000  livres,  quarante  et  un  wa- 
gons plate-formes  d'une  capacité  de  20,000  livres,  un  chasse-neige,  un  "  flanger  ". 

W.  A.  BOWDEN. 


64  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

plate-forme  flottante  en  planches.  La  partie  est  de  la  ligne  a  été  exhaussée  avec  un 
peu  de  sable.  Bien  que  le  sable  ne  puisse  pas  êtr  comparé  au  ballast,  son  mélange 
avec  le  terrain  naturel  du  remblai  a  donné  des  résultats  assez  satisfaisants. 

DRAINAGE. 

Quelques  parties  sont  assez  bien  drainées,  mais  il  en  faudrait  faire  beaucoup  plus. 
Les  conséquences  déplorables  du  manque  de  ballast  seraient  par  là  très  atténuées. 

PONCEAUX. 

Il  y  a,  à  travers  le  marais,  plusieurs  aboideaux  qui  paraissent  en  assez  bon  état. 
Il  y  a  quatre  ponceaux  fermés  en  bois  et  cinq  en  pierre.  Tous  sont  en  assez  bon 
état.  Il  y  a  23  ponceaux  ouverts  en  bois  et  14  sur  des  longerons  supportés  par 
des  culées  de  pierre.  Presque  tous  ont  besoin  de  réparations  très  prochaines.  Il  y  a 
aussi  12  ponceaux  sur  pilotis  qui  sont  généralement  en  parfait  état. 

PONTS  ET   VIADUCS. 

Il  n'y  a  pas  beaucoup  de  ponts  sur  cette  ligne,  ainsi  qu'on  le  verra  en  se  rapportant 
au  plan  ci -joint.  Une  particularité  de  la  construction  de  ces  ponts  consiste  dans  l'em- 
ploi d'un  plancher  solide.  Entre  les  traverses  de  8  x  8  l'espace  est  entièrement  plan- 
chéié,  et  l'ensemble  est  fait  de  manière  à  laisser  couler  l'eau  et  à  rester  étanche.  Ces 
planchers  sont  peinturés.     On  ne  se  sert  pas  de  contre-rails. 

Les  fermes  sont  de  construction  légère,  mais  dans  un  excellent  état  de  conserva- 
tion (à  l'exception  de  ce  que  nous  notons  plus  loin),  grâce  au  tablier  solide  et  sur- 
tout aux  enveloppes  de  tôle  qui  les  protègent  sur  les  côtés. 

La  travée  tournante  du  pont  de  la  rivière  Gaspereau  devrait  être  immédiatement 
reconstruite.  Les  contrefiches  qui  ont  été  enlevées  aux  deux  panneaux  de  l'extrémité 
des  autres  fermes  devraient  être  remplacées,  et  le  tablier  a  besoin  d'importantes  répa- 
tions. 

BÂTIMENTS   ET   VOIES    d'ÉVITEMENT. 

Il  y  a  cinq  stations  et  six  haltes.  La  Baie- Verte,  Port-Elgin,  et  Cap-Tourmen- 
tine sont  pourvus  de  bâtiments  distincts  pour  les  voyageurs  et  pour  les  marchandises. 

I  •  s  h  ai  tes  sont  pourvues  d'un  hangar  et  d'une  plate-forme.  Tous  les  bâtiments  sont 
en  z  s*  e.    bon  état  d'entretien. 

I'  v  a  des  remises  pour  deux  locomotives,  des  hangars  à  charbon  et  des  plaques 
tournantes  à  Sackville  et  à  Cap-Tourmentine. 

I)  y  a  des  voies  de  garage  à  travers  les  stations  de  Sackville,  Brooklyn,  Baie- Verte 
et  Po)  t  Flgin,  et  il  y  a  de  courtes  voies  d'évitement  pouvant  recevoir  de  7  à  10  wagons 
à  Sackville,  Middle-Sackville,  Upper-Sackville,  Hardy,  Melrose,  et  à  Cap-Tourmentine. 

II  y  a  aussi  un  ou  deux  petits  embranchements  desservant  les  moulins. 


-  CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  65 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

CHEMIN  DE  FER  DE  SALISBURY  ET  HARVEY. 

Le  chemin  de  fer  de  Salisbury  et  Harvey  va  de  Salisbury  (dans  le  comté  de  West- 
moreland,  sur  la  ligne  de  l'Intercolonial,  à  14  milles  au  sud  de  Moncton,  à  Albert 
(dans  le  comté  d'Albert),  c'est-à-dire  qu'il  a  une  longueur  totale  de  45  milles.  Aux 
environs  d'Hillsboro  et  à  .partir  de  là  jusqu'à  Albert,  c'est  un  pays  essentiellement 
agricole. 

On  coupe  cependant  une  grande  quantité  de  bois  dans  ce  district,  et  il  est  presque 
tout  expédié,  en  été,  par  chemin  de  fer  à  Hillsboro  pour  y  être  exporté.  Les  expédi- 
tions de  1907  ont  atteint  environ  5  millions  de  pieds.  Une  partie  de  ce  bois  est  expédié, 
également  par  chemin  de  fer,  via  Salisbury  mais  la  proportion  en  est  peu  importante. 

On  peut  se  procurer  une  quantité  considérable  de  traverses,  surtout  près  de  Salis- 
bury. Il  y  a  deux  petits  établissements  à  Hillsboro  où  l'on  manufacture  des  planchers 
de  bois  dur,  mais  ils  ont  le  désavantage  du  double  tarif  de  transport  et  de  la  concur- 
rence des  établissements  similaires  situés  sur  la  ligne  de  l'Intercolonial. 

Il  se  fait  un  peu  de  trafic  del  bois  à  brûler.  On  en  apporte  de  diverses  distances 
environ  un  millier  de  cordes  par  an  à  Y  Albert  Manufacturing  Company,  à  Hillsboro. 

On  fait  des  récoltes  considérables  de  foin  entre  Hillsboro  et  Albert.  Il  y  a  là 
environ  3,000  acres  qui  sont  cultivées  et  qui  produisaient,  il  y  a  peu  d'années,  environ 
deux  tonnes  par  acre.  La  récolte  est  très  inférieure  actuellement  et  représente  proba- 
blement une  moyenne  de  une  tonne  par  acre.  La  plus  grande  partie  de  cette  récolte 
est  envoyée  par  chemin  de  fer  aux  ports  de  la  baie  de  Fundy,  et  l'on  dit  que  sans  les 
frais  élevés, du  transport,  qui  sont  la  conséquence  de  deux  tarifs  arbitraires,  la  plus 
grande  partie  de  ces  expéditions  serait  faite  par  chemin  de  fer  à  Halifax  ou  à  Sydney. 

On  élève  aussi  un  peu  de  bétail  qui,  règle  générale,  est  expédié  par  rail  à  Saint- 
Jean  ou  à  Halifax. 

Il  y  a  de  grands  gisements  de  plâtre  le  long  de  la  ligne.  Ceux  d'Hillsboro  sont 
exploités  par  Y  Albert  Manufacturing  Co.,  qui,  tout  en  expédiant  par  eau  quelques  cen- 
taines de  mille  tonnes  de  gypse  directement  de  son  quai  aux  Etats-Unis  pendant  la 
saison,  fabrique  en  même  temps  du  plâtre  calciné  qu'elle  envoie  par  chemin  de  fer  à 
différents  point  du  Canada.  Cette  dernire  industrie  s'accroît  peu  à  peu.  Pendant 
l'année  1907  on  en  a  expédié  de  cette  manière  environ  un  millier  de  tonnes. 

La  quantité  de  gypse  expédiée  par  eau,  d'Hillsboro,  varie  de  80,000  à  102,000  tonnes 
pendant  la  saison  de  la  navigation,  soit  une  moyenne  de  10,000  par  mois,  de  sorte  que 
si  l'on  pouvait  assurer  un  tarif  satisfaisant  pour  diriger  le  trafic  via  Saint- Jean  ou  via 
Aima  cela  aurait  probablement  pour  résultat  d'augmenter  le  tonnage  transporté  de 
40,000  tonnes.  Quand  nous  avons  séjourné  à  Hillsboro  nous  avons  discuté  la  question 
de  l'expédition  par  eau  avec  Y  Albert  Manufacturing  Company,  et  cette  compagnie 
estimait  que  si  la  ligne  appartenait  au  Gouvernement  il  serait  possible  d'exploiter  les 
carrières  pendant  l'année  entière,  et  que  cela  procurerait  un  accroissement  de  trafic 
qu'il  n'est  pas  possible  -d'obtenir  actuellement. 

Un  autre  gisement  de  plâtre  à  environ  8  milles  d'Hillsboro  est  exploité  par  une 
maison  de  New- York.  Environ  quatre  ou  cinq  mille  tonnes  sont  transportées  chaque 
année  par  rail  jusqu'à  l'île  de  Grey,  près  de  Hillsboro  ;  de  là  elles  sont  expédiées  par 
eau.  Il  y  a  encore  un  autre  gisement  au  même  endroit  et  qui  a  été  récemment  dé- 
couvert. 

Les  tarifs  de  transport  <par  bateaux  sont  aussi  bas  à  Hillsboro  qu'à  Saint-Jean,  par 
le  fait  de  Pabsence  de  droits  de  port,  etc.,  à  Hillsboro.  Pour  cette  raison  il  serait 
impossible  de  détourner  une  partie  quelconque  de  ce  trafic  au  profit  du  chemin  de  fer, 
pendant  la  saison  d'été.  Même  s'il  ne  pouvait  pas  être  transporté  avec  économie  via 
Saint-Jean,  il  serait  possible  de  le  transporter  via  Aima  si  le  chemin  de  fer  d'Albert- 
Southern  était  exploité  et  si  l'on  assurait  des  facilités  de  transport.  Aima,  en  effet, 
à  ce  que  l'on  dit,  est  ouvert  toute  l'année,  et  peut  recevoir  facilement  des  bateaux  trans- 
portant des  cargaisons  de  1,500  tonnes. 

67—5 


66  -        LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  y  a  aussi  deux  gisements  de  schiste  pétrolifère;  de  récentes  expertises  faites  par 
le  professeur  Elis,  d'Ottawa,  semblent  démontrer  qu'ils  ont  une  valeur  économique. 
S'il  en  est  ainsi  et  que  ce  schiste  puisse  être  expédié,  il  y  en  a  des  millions  de  tonnes. 
Nous  citons  le  rapport  suivant  fait  par  le  professeur  Elis  et  qui  a  paru  dans  celui  de 
la  Commission  Géologique  pour  l'année  1906: — 

"  Les  schistes  d'Albert,  toutefois,  sont  fortement  chargés  de  bitume  d'un  bout  à 
l'autre,  et  contiennent  des  bandes  variant  de  trois  ,à  près  'de  vingt  pieds  d'épaisseur 
qui  sont  particulièrement  riches  en  pétrole.  Comme  tels,  ils  permettraient  avec  avan- 
tage la  fabrication  de  l'huile  par  distilation,  d'après  la  méthode  employée  dans  les 
puite  de  pétrole  en  Ecosse  et  dans  d'autres  pays.  On  fait  en  ce  moment  des  expé- 
riences pour  s'assurer  que  ces  schistes  se  prêteraient  à  la  fabrication  de  l'huile  et  de 
se  5  dérivés  par  la  distillation  en  grand.  Si  ces  expériences  réussissent,  les  schistes 
dY.  lbfrt  seront  au  nombre  des  gisements  minéraux  les  plus  importants  de  la  province." 

Il  faut  citer  aussi  le  rapport  fait  par  le  professeur  Bailey  sur  les  ressources  miné- 
rales de  la  province  du  Nouveau-Brunswick  en  1899  ;  parlant  des  schistes  bitumineux, 
il  dit  :— 

"  Parmi  ces  schistes,  les  seuls  qui  aient  une  importance  économique  sont  ceux  dont 
il  a  déjà  été  question  et  qui  se  trouvent  dans  les  comtés  de  King,  d'Albert  et  de  West- 
moreland,  et  qui  contiennent  des  veines  d'albertite.  Toutefois,  ce  fait  mis  à  part,  ces 
schistes  peuvent  fournir  des  produits  qui,  même  s'ils  ne  sont  pas  d'une  valeur  immé- 
diate, sont  susceptibles  de  prendre  dans  l'avenir  une  valeur  considérable." 

POPULATION. 

Sur  une  longueur  d'environ  vingt  milles  à  partir  de  Salisbury  la  population  le 
long  de  la  ligne  est  clairsemée,  puis  elle  va  en  augmentant  rapidement.  Hills- 
boro  a  environ  1,000  habitants,  Riverside  environ  400,  Albert  environ  700,  Hopewell- 
Hills  environ  400,  et  Aima  400.  Au  delà  d'Alma,  il  n'y  a  pas  de  colonisation  du  tout. 
On  estime  à  6,000  ou  7,000  la  population  desservie  par  le  chemin  de  fer  de  Salisbury 
et  Harvey,  mais  en  y  comprenant  le  territoire  qui  se  trouve  le  long  de  Y  Albert- Southern, 
ce  chiffre  s'élève  à  1,000  ou  1,700  habitants  de  plus. 

SERVICE    DES    TRAINS.       , 

Pendant  la  saison  d'été,  il  y  a  deux  trains  par  jour,  un  entre  Hillsboro  et  Salis- 
bury et  un  entre  Albert,  Hillsboro  et  Salisbury.  Le  reste  de  l'année,  le  service  con- 
siste en  un  train  par  jour  dans  chaque  sens.  Le  tarif  est  le  même  que  sur  l'Interco- 
lonial,  c'est-à-dire  trois  cents  par  mille  en  première  classe  et  deux  cents  en. seconde. 

POSTES. 

Un  service  de  wagon  postal  fonctionne  sur  toute  la  ligne.  Le  département  des 
Postes  paye  pour  cela  8  cents  par  mille.  Le  revenu  encaissé  de  ce  fait  en  1907-190S 
a  été  de1  $2,240.80. 

EXPRESS. 

Le  service  des  marchandises  par  express  est  fait  par  la  Canadian  Express  Com- 
pany à  tant  pour  cent.    La  recette  pour  1907-08  a  été  de  $279.73. 

TÉLÉGRAPHE. 

La  ligne  télégraphique  est  exploitée  de  concert  avec  la  Western  Union  Telegraph 
Company. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL 


67 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 


STATIONS    ET    MATERIEL. 


Il  y  a  des  bâtiments  de  gares  à  Salisbury,  Hillsboro  et  Albert.  Le  matériel  rou- 
lant de  compose ,  de  4  locomotives,  1  voiture  de  première  classe,  2  voitures  combi- 
nées, un  fourgon  de  conducteur,  28  wagons  plateformes,  1  chasse-neige,  un  flanger  et 
3  wagons  fermés. 

Le  matériel  de  transport  des  marchandises  ne  suffit  ni  au  transport  du  plâtre  ni 
aux  expéditions  de  bois.     Il  en  résulte  que  la  ligne  perd  ainsi  un  trafic  considérable. 

On  peut  dire  que  le  chemin  de  fer  Salisbury  et  Harvey  a  fait  tout  ce  qu'il  pouvait 
faire,  avec  les  moyens  qu'il  a  à  sa  disposition,  pour  développer  la  région  qu'il  tra- 
verse.   Son  tarif  de  transport  des  marchandises  est  aussi  bas  que  possible. 

Il  ne  faut  pas  s'attendre  à  un  développement  beaucoup  plus  grand  du  trafic  du 
bois,  même  avec  de  meilleures  conditions  de  transport.  Mais  il  y  a  quelque  avenir 
du  côté  du  gypse,  du  plâtre  calciné,  du  bois  dur  à  plancher,  du  foin  et  du  pétrole. 
Toutes/ ces  branches  d'industrie  seraient  stimulées  par  l'abaissement  du  tarif,  qui 
serait  la  conséquence  de  l'absorption  de  cette  ligne  dans  le  réseau  du  gouvernement. 
Par  réduction  de  tarif  nous  voulons  dire  l'adoption  d'un  tarif  uniforme,  au  mille,  à  la 
place  des  deux  tarifs  actuellement  appliqués. 

EXERCICES. 


Nombre  de  voyageurs  transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

Recettes  provenant  des  marchandises 

Recettes  diverses 

Recettes   brutes 

Dépenses  d'exploration 

Tonnage  transféré  à  l'Intercolonial   à  Gloucester-Junc- 

tion,  1907,  13,800  tonnes,  recettes  Intercolonial.  . 
Tonnage  reçu  de  l'I.C.R.  à  Gloucester-Jonction,  1907, 

7,337  tonnes,  recettes  Intercolonial 


1904-5. 


8,055 
28,813 
$8,193  94 
35,958  74 
2,041  25 
46,193  93 
52,230  32 


1905-6. 


10,629 

22,655 

$10,822  04 

31,718  94 

2,447  00 

44,987  98 

48,650  88 


1906-7. 


11,074 

25,099 

$11,200  51 

36,667  72 

2,447  40 

50,315  63 

51,193  43 


1907-8. 


13,326 

24,178 

$12,894  81 

36,030  27 

2,494  49 

51,419  57 


36,845.44 
20,727.34 


CHEMIN  DE  FER  ALBERT-SOUTHERN. 


Le  chemin  de  fer  Albert-Southern  s'étend  sur  une  longueur  d'environ  16  milles 
entre  Albert  et  Aima  avec  un  embranchement  d'une  longueur  d'environ  3  milles  entre 
Aima  et  Harvey.  Il  n'a  pas  été  exploité  depuis  quelques  années  à  cause  de  l'écroulement 
du  pont  qui  traverse  la  rivière  Shepody  près  d'Albert.  Il  est  dans  une  situation  indé- 
pendante du  chemin  de  fer  de  Salisbury  et  Harvey. 

Le  chemin  de  fer  Albert-Southern  traverse  une  contrée  riche  en  foin  sur  une 
-longueur  de  plusieurs  milles,  après  quoi  il  pénètre  dans  une  région  assez  densément 
boisée,  puis  il  atteint  le  bord  de  la  mer  à  Aima,  qui  est  un  port  ouvert  toute  l'année. 

Il  y  a  à  Aima  une  scierie  qui  débite  environ  trois  millions  de  pieds  par  an,  mais 
en  raison  du  voisinage  de  l'eau  la  plus  grande  partie  de  cette  production  est  transportée 
par  bateau.  Il  serait  toutefois  possible  de  faire  des  expéditions  considérables  de  tra- 
verses et  peut-être  quelques  expéditions  de  bois  de  construction  à  différents  points  de 
l'intérieur  aux  Etats-Unis  et  dans  l'Ontario. 

On  fait  de  grandes  récoltes  de  foin  le  long  de  la  ligne;  peut-être  deux  ou  trois 
mille  tonnes.  Cette  production  presque  entière  est  actuellement  expédiée  par  eau  à 
Saint- Jean  et  aux  autres  ports  de  la  baie  de  Fundy.  Une  partie  considérable  de  ce 
trafic  pourrait  sans  aucun  doute  être  détournée  au  profit  du  chemin  de  fer. 

On  élève  du  bétail  en  petit  nombre,  et  comme  on  n'en  a  pas  besoin  de  la  plus 
grande  partie  pour  la  consommation  on  la  dirige  sur  Albert,  d'où  elle  est  expédiée  par 
chemin  de  fer  à  Halifax  ou  à  Saint- Jean. 

67— 5£  -    t 


68  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

La  population  de  cette  région  est  assez  forte  entre  Albert  et  Aima,  mais  il  n'y  a 
pas  d'établissement  même  de  peu  d'importance  au  dehors  d'Alma. 

Nous  avons  parcouru  la  ligne  d'Albert  à  Aima.  Dans  le  voisinage  d'Albert  le 
pays  est  une  bonne  région  agricole,  mais  le  trafic  qui  en  pourrait  provenir  consisterait 
exclusivement  en  bois  de  construction  et  autres  produits  de  la  forêt.  Il  y  a  une  grande 
région  boisée  qui  est  tributaire  du  chemin  de  fer,  et  nous  ne  doutons  pas  qu'un  jour  ou 
l'autre  il  n'y  ait  là  une  occasion  de  trafic  assez  important,  mais  il  faudrait  un  court 
trajet  en  chemin  de  fer  et  des  tarifs  bas  pour  transporter  ce  bois  à. la  mer.  Actuelle- 
ment, cette  région  est  entièrement  dépourvue  de  toute  communication  par  chemin  de 
fer.  Si  l'on  en  établissait  il  n'est  pas  douteux  que  cela  serait  très  avantageux  au  pays 
et  à  ses  habitants,  dont  le  nombre  est  évalué  à  environ  16,000  ou  17,000. 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY. 


CHEMIN  DE  FER  DE  SALISBURY  ET  HARVEY. 

Ce  chemin  de  fer  s'embranche  sur  l'Intercolonial  à  Salisbury-Junction  et  se  dirige 
dans  la  direction  du  sud-est  jusqu'à  la  ville  d'Albert.  La  longueur  indiquée  par  la 
carte  de  l'indicateur  du  chemin  de  fer  est  de  42  milles,  mais  dans  les  rapports  du  dé- 
partement elle  est  indiquée  comme  étant  de  45  milles. 

Un  prolongement  de  ce  chemin  de  fer,  d'une  longueur  de  16  milles  qui  va  jusqu'à 
Aima  et  qui  est  connu  sous  le  nom  de  chemin  de  fer  Albert-Southern,  a  été  construit 
et  exploité  pendant  environ  deux  ans,  mais  il  a  été  abandonné  à  la  suite  de  l'écroule- 
ment de  l'un  de  ses  ponts.  Cet  écroulement  a  fait  aussi  abandonner  l'embranchement 
de  Harvey,  long  de  trois,  milles,  qui  reliait  Albert  à  Harvey. 

TRACÉ. 

Les  courbes  de  cette  ligne  sont  nombreuses,  bien  que  la  configuration  naturelle  du 
terrain  ne  les  rendent  pas  nécessaires.  La  partie  de  la  ligne  située  dans  la  région 
marécageuse  entre  le  Cap  et  Albert  n'échappe  pas  à  cela.  Ces  courbes  sont  en  général 
d'un  grand  rayon,  et  aucune  d'elles  n'est  très  accentuée. 


RAMPES. 


Le  pays  que  traverse  la  ligne  est  assez  plat,  mais  il  y  a  dans  chaque  sens  des  rampes 
qui  sont  approximativement  de  l£  pour  100.  Le  profil  qui  accompagne  ce  rapport  est 
approximatif.  Il  n'a  pour  but  que  de  donner  une  idée  du  caractère  général  du  chemin 
de  fer.  Il  y  a  des  trains  chargés  de  200  à  300  tonnes  qui  vont  de  Hillsboro  à  Salis- 
bury,  mais  les  machines  légères  transportent  environ  140  tonnes  seulement  sur  la  par- 
tie qui  est  du  côté  d'Albert. 

EMPLACEMENT    DE    LA  VOIE. 

Il  a  une  largeur  de  Q6  pieds  et  est  en  général  assez  déblayé.  Il  y  a  quelques  par- 
ties dont  l'ensemble  représente  une  longueur  de  9  milles  qui  auraient  besoin  d'être 
un  peu  nettoyées. 

RAILS. 

Entre  Hillsboro  et  Albert  les  rails  sont  en  fer.  Ils  sont  également  en  fer  sur 
une  longueur  de  plusieurs  milles  entre  Hillsboro  et  Salisbury.  Ils  sont  en  très  mau- 
vais état,  et  ne  pourraient  pas  servir  plus  longtemps. 

Sur  la  section  Salisbury-Hillsboro  il  y  a  19  milles  d'acier  sur  lesquels  cinq  milles 
sont  en  rails  pesant  67  livres  et  60  livres  joints  par  des  éclisses  à  cornières.     Ils  sont 


CHEMIN  DE  FER  INTERVOLUMAL  69 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

en  excellent  état.     Le  reste  consiste  en  rails  de  56  livres  qni  ont  été  achetés  de  l'Inter- 
colonial.     Ces  rails  de  seconde  main  sont  quelque  peu  usés,  mais  en  assez  bon  état. 

TRAVERSES. 

Elles  sont  de  bonnes  dimension^  et  placées  plus  près  les  unes  des  autres  que  l'on 
a  coutume  de  le  faire  sur  les  embranchements.  Elles  sont  en  général  en  bon  état; 
il  n'en  faudrait  que  500  environ  par  mille  pour  mettre  la  voie  en  bon  état. 

BALLAST. 

On  a  mis  un  peu  de  ballast  en  différents  endroits,  mais  on  peut  dire  que  la  ligne 
dans  son  ensemble  n'est  pas  ballastée.  Il  y  a  près  de  Riverside  une  petite  sablonnière 
où  l'on  pourrait  se  procurer  un  assez  bon  ballast.  La  voie  aurait  besoin  d'être  élargie 
en  plusieurs  en  droits,  surtout*  aux  remblais  qui  donnent  accès  aux  ponts. 

DRAINAGE. 

Cette  partie  des  travaux  a  été  l'objet  d'un  soin  particulier,  et  il  reste  très  peu  de 
chose  à  faire.     Dans  son  ensemble  la  ligne  est  bien  '  drainée. 

PONCEAUX. 

Il  y  a  environ  cinquante  ponceaux  ouverts  qui  sont  presque  tous  en  bois.  Quel- 
ques-uns ont  besoin  d'être  réparés,  mais  en  général  ils  sont  en  assez  bon  état.  On 
peut  faire  la  même  remarque  au  sujet  d'une  douzaine  de  fosses  à  bestiaux  aux  passages 
à  niveau  des  routes  ;  il  n'en  a  été  construit  que  la  moitié  du  nombre  qui  serait  néces- 
saire. 

Il  y  a  vingt  ponceaux  fermés  en  pierre  qui  sont  tous  en  bon  état  à  l'exception 
d'un  seul,  lequel  a  besoin  d'être  reconstruit.  Il  y  a  dix  ponceaux  fermés  en  bois  qui 
sont  en  assez  bon  état. 

En  raison  de  la  grandeur  du  profil  on  a  pu  y  faire  figurer  un  grand  nombre  de 
ruisseaux  que  l'on  franchit  au  moyen  d'un  chevalet  ou  en  exhaussant  la  voie  au  moyen 
d'une  construction  en  maçonnerie,  mais  il  y  en  a  en  outre  une  douzaine  de  moindre 
importance  qui  n'ont  pas  été  indiqués. 

PONTS  ET  VIADUCS. 

Les  plans  ci-joints  montrent  l'importance  et  le  caractère  de  cette  catégorie  de 
travaux.  Entre  Hillsboro  et  Salisbury  les  constructions  principales  sont  en  bon,  état. 
Au  delà  de  Hillsboro  elles  ne  sont  pas  dans  un  état  aussi  satisfaisant,  aussi  la  ligne 
n'est-elle  exploitée  que  par  des  locomotives  de  35  à  45  tonnes,  alors  que  sur  l'autre 
partie  de  la  ligne  on  utilise  des  machines  de  55  tonnes.  Pour  toutes  ces  construc- 
tions on  sje  sert  beaucoup  de  pin  dur,  mais  on  a  une  tendance  à  se  servir  d'un  bois 
trop  léger  pour  les  tabliers.  Huit  des  constructions  qui  figurent  sur  le  profil  ci-joint 
servaient  à  franchir  des  affouillements.  La  plupart  de  ces  affouillements  se  sont  pro- 
duits il  y -a  18  ou  20  ans.  Les  ouvertures  qui  leur  avaient  été  réservées  devraient  être 
bouchées,  et  l'on  pourrait  se  dispenser  de  l'entretien  coûteux  des  constructions  ac- 
tuelles. On  pourrait  avantageusement  aussi  boucher  d'autres  constructions,  en  tout 
ou  en  partie. 

BÂTIMENTS    ET    VOIES    DE    GARAGE. 

A  Hillsboro  et  à  Albert  il  y  a  des  bâtiments  de  gare  avec  bureau  des  billets  et  des 
salles  d'attente;  il  y  a  aussi  des  hangars  à  marchandises.  Il  y  a  aussi  à  Hillsboro  une 
remise  pour  deux  locomotives,  et  une  remise  pour  une  locomotive  à  Albert.  La  remise 
de  Hillsboro  mesure  environ  30  x  100  pieds  de  surface  et  comprend  des  ateliers  pour 
les  petites  réparations.     Il  y  a  des  hangars  à  charbon  à  Salisbury  et  à  Hillsboro.     Il 


70  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

y  a  des  quais  aux  haltes  et  en  différents  autres  endroits.  Le  télégraphe  et  le  téléphone 
ont  leurs  fils  le  long  de  la  ligne.  La  ligne  du  télégraphe  appartient  au  chemin  de  fer 
et  est  exploitée  par  la  Western  Union  Company. 


MATERIEL    ROULANT. 

La  compagnie  possède  5  locomotives,  dont  3  en  bon  état,  1  voiture  de  première 
oln -se,  2  voitures  de  seconde  classe,  29  wagons  plates-formes  d'une  capacité  de  20,000 
livres,  4  wagons  fermés,  1  chasse-neige,  1  fourgon. 

W.  A.  BOWDEN. 


Chemin  de  fer  Intercolonial  du  Canada, 

Bureaux  du  directeur  général  du  trafic, 

Moncton,  N.-B.,  20  janvier  1909. 

Cher  M.  Butler, — Comme  suite  aux  instructions  contenues  dans  votre  lettre  du 
24  décembre  relative  à  une  enquête  sur  le  chemin  de  fer  du  Cap-Breton,  ses  avantages 
et  sa  valeur  comme  affluent  de  l'Intercolonial,  j'ai  l'honneur  de  vous  dire  que  le  13 
courant,  en  compagnie  de  M.  Story,  agent  général  des  marchandises,  et  de  M.  Burpee, 
ingénieur  préposé  à  l'entretien  de  la  voie,  j'ai  fait  une  inspection  de  la  ligne  que  j'ai 
complétée  le  14  courant.     Je  me  permets  de  vous  soumettre  le  rapport  suivant: — 

Le  chemin  de  fer  du  Cap-Breton  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Point-Tupper,  et 
s'étend  sur  une  longueur  de  31  milles  jusqu'à  Saint-Pierre,  à  l'entrée  de  la  baie  de  ce 
nom  sur  la  côte  de  l'Atlantique. 

La  ligne  entière  se  trouve  dans  le  comté  de  Kichmond,  et  passe  à  peu  près  à  moitié 
chemin  entre  les  régions  cultivées  du  détroit  de  Canso  et  celles  de  la  vallée  de  la  rivière 
des  Habitants.  Sur  une'  longueur  de  quelques  milles  au  delà  de  Point-Tupper  la 
ligne  est  presque  parallèle  à  celle  de  l'Intercolonial. 

Il  n'y  a  pas  d'habitations  le  long  de  la  ligne,  à  l'exception  d'une  petite  aggloméra- 
tion qui  se  trouve  au  passage  de  la  rivière  des  Habitants,  en  sorte  que  le  trafic  des 
voyageurs  se  fait  entièrement  entre  Point-Tupper  et  la  station  de  la  Grande-Anse, 
qui  est  à  environ  2£  milles  de  la  Grande-Anse  où  fonctionne  un  bateau  passeur  qui  va 
à  l'île  Madame.  Il  y  a  là  un  certain  trafic,  surtout  pendant  la  saison  d'hiver,  avec 
Arichat,  Poulemond  et  autres  établissements  de  cette  île 

Le  nombre  total  des  voyageurs  transportés  pendant  l'année  1907  a  été  de  7,933,  en 
augmentation  de  1,000,  environ,  sur  l'année  1905.  Toutefois,  la  population  du  dis- 
trict que  traverse  la  ligne  et  celle!  de  l'île  Madame  n'augmentent  pas,  et  il  n'y  a  rien 
qui  fasse  espérir  une  augmentation  du  transport  des  voyageurs. 

La  région  que  parcourt  la  ligne  est  légèrement  boisée.  On  y  coupe  un  nombre 
considérable  d'étançons  et  de  traverses.  Les  étançons  trouvent  un  marché  à  Sydney. 
Il  n'y  a  pas  de  gros  bois,  et  en  autant  qu'on  peut  l'affirmer  il  n'y  a  pas  de  minéraux,  à 
l'exception  d'un  gisement  de  charbon  à  la  rivière  des  Habitants,  mais  on  dit  que  ce 
gisement  ne  peut  pas  être  exploité  avec  succès  en  raison  du  fort  plongement  du  filon, 
et  le  peu  de  charbon  qui  en  a  été  jusqu'ici  extrait  est  de  qualité  inférieure. 

Le  transport  des  marchandises  a  atteint  3,394  tonnes  en  1907,  contre  4,022  tonnes 
en  1905,  et  il  n'y  a  pas  de  probabilité  d'une  augmentation  de  ce  chiffre.  Ce  trafic 
consiste  principalement  en  étançons,  en  traverses  et  en  quelques  wagons  de  farine. 
Le  transport  général  des  marchandises  se  borne  à  ce  qui  peut  être  vendu  à  Saint-Pierre, 
et  bien  qu'il  ait  là  une  industrie  de  pêche  assez  florissante,  il  ne  faut  pas  s'attendre  à 
une  rapide  augmentation  de  cette  branche  de  trafic  dans  un  avenir  rapproché. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  71 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Les  recettes  totales  de  la  ligne  pour  1907  ont  été  de  $8,144.89,  contre  $7,821.51  en 
1905.     En  voici  d'ailleurs  le  détail: — 

1907.  1905. 

Voyageurs $5,098  62  $4,956  88 

Marchandises  en  grande  vitesse 246  24  32  36 

Divers 64  51  100  11 

Marchandises 2,696  60  2,732  16 

Wagon-mille 38  92  * 

*  Pas  de  recettes  de  ce  chef. 

Les  frais  d'exploitation  se  sont  élevés  en  1907  à  $15,899.53,  contre  $15,547.50 
en  1905,  laissant  un  déficit  de  $7,754.44,  contre  un  autre  de  $7,725.99  en  1905.  Les 
frais  d'exploitation  augmenteront  dans  une  certaine  mesure,  à  cause  de  la  nécessité 
de  remplacer  les  traverses,  qui  ont  servi  depuis  plusieurs  années.  Or,  comme  on  ne 
s'attend  pas  à  ce~que  les  recettes  subissent  une  amélioration  immédiate,  il  est  possible 
que  les  déficits  continuent.  Dans  ces  conditions,  il  n'est  pas  probable  que  les  pro- 
priétaires de  la  ligne  l'exploitent  beaucoup  plus  longtemps.  Toutefois,  la  fermeture 
de  cette  ligne  serait  une  grave  affaire  pour  le  comté  de  Richmond,  et  non  pas  seule- 
ment pour  la  partie  que  traverse  la  ligne,  mais  pour  tous  les  établissements  de  l'île 
Madame,  pour  la  partie  assez  peuplée  qui  est  à  l'est  de  Saint-Pierre,  et  pour  la  partie 
du  comté  de  Cap-Breton  qui  se  trouve  entre  les  lacs  Bras-d'Or  et  la  côte  de  l'Atlantique. 
Naturellement,  pendant  la  saison  d'été  la  plus  grande  partie  de  ce  territoire  peut  être 
atteinte  par  eau,  et  c'est  un  des  grands  éléments  de  l'insuccès  de  l'exploitation  de  cette 
ligne;  mais  pendant  l'hiver  les  lacs  Bras-d'Or  sont  gelés  et  il  n'y  a  pas  de  communica- 
tion régulière  le  long  de  la  côte  sud.  Le  service  des  bateaux  entre  Arichat  et  Mulgrave 
est  mal  assuré,  et  les  routes  de  la  poste  sont  dans  un  état  très  peu  favorable  aux  voi- 
tures. Le  commerce  du  poisson  frais  a  pris  graduellement  une  certaine  importance  à 
Saint-Pierre.  On  apporte  là  des  quantités  considérables  de  maquereaux  frais,  et  pen- 
dant la  saison  on  les  expédie  dans  de  la  glace  par  chargements  de  wagons  à  Boston  et 
dans  d'autres  villes  américaines. 

L'intention  primitive  des  constructeurs  était  d'étendre  la  ligne  jusqu'à  Louisbourg 
et  Sydney.  Trois  tracés  avaient  été  étudiés:  l'un  le  long  de  la  côte  sud  des  lacs 
Bras-d'Or  atteignant  Sydney  par  l'entrée  de  la  baie  de  l'Est;  un  autre  le  long  de  la 
côte  sud  jusqu'à  Louisbourg,  et  un  autre,  enfin,  à  travers  le  centre  de  cette  partie  du 
pays,  avec  une  jonction  à  douze  milles  de  Sydney  et  douze  milles  de  Louisbourg.  La 
distance  entre  Saint-Pierre  et  Louisbourg  est  évaluée  à  environ  50  milles,  et  l'on  dit 
qu'il  y  a  là  de  grands  gisements  de  pierre  calcaire,  de  charbon  et  de  fer.  Si  l'on  avait 
prolongé  la  ligne  jusqu'à  Louisbourg  comme  on  en  avait  fait  le  projet,  c'aurait  été, 
sans  aucun  doute,  le  moyen  d'exploiter  quelques-uns  de  ces  gisements.  En  même  temps 
cela  aurait  attiré  de  la  côte  des  environs  de  Saint-Pierre  des  quantités  considérables 
de  poisson.  Enfin  cela  aurait  ouvert  un  marché  à  Louisbourg  et  à  Sydney  pour  les  pro- 
duits agricoles  de  la  région. 

Le  chemin  de  fer  du  Cap-Breton,  dans  sa  situation  actuelle,  ne  peut  pas  être  une 
ligne  d'un  rendement  profitable,  ni  en  aucune  manière  un  affluent  avantageux  de 
rintercolonial.  Le  prolongement  du  chemin  de  fer  du  Cap-Breton  à  l'est  de 
Saint-Pierre  rendrait-il  cette  ligne  plus  avantageuse?  C'est  là  une  question  que 
nous  ne  pourrions  pas  examiner  en  ce  moment. 

Nous  pourrions  ajouter  que,  bien  que  le  chemin  de  fer  du  Cap-Breton  assure  un 
service  postal  aux  divers  villages  et  haltes  qui  se  trouvent  entre  Point-Tupper  et  Saint - 
Pierre,  il  n'en  retire  ancore  aucun  bénéfice,  parce  que  l'une  des  conditions  auxquelles 
des  subventions  ont  été  votées  à  ce  chemin  de  fer  était  que  le  service  des  postes  serait 
fait  sans  frais  pour  le  département  des  Postes  jusqu'au  moment  où  la  ligne  aurait 
un  bénéfice  de  3  pour  100  sur  l'argent  payé  par  le  gouvernement. 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY. 


72  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
CHEMIN    DE    FER    DU    CAP-BRETON. 

Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Point- Tupper.  11  a  une  longueur 
de  31  milles,  et  s'étend  le  long  de  la  côte  sud  de  l'île  du  Cap-Breton  jusqu'à  Saint- 
Pierre.  Il  a  été  construit  en  1903.  On  a  étudié  un  projet  de  prolongement  de  ce 
chemin  de  fer  le  long  de  la  côte  jusqu'à  Louisbourg,  qui  se  trouve  à  environ  58  milles 
de  Saint-Pierre.  Ce  prolongement  comporterait  d'assez  gros  travaux,  avec  seulement 
quelques  petits  ponts  et  des  rampes  ne  dépassant  pas  1  pour  cent. 

TRACÉ. 

Il  y  a  une  assez  forte  proportion  de  courbes  sur  cette  ligne,  mais  elles  sont  d'un 
large  rayon.     Le  maximum  est  de  6°. 

RAMPES. 

La  ligne  ne  franchit  pas  de  grandes  hauteurs,  mais  ainsi  que  l'indique  le  profil 
ci-annexée,  elle  en  franchit  plusieurs  petites.  Le  nombre  des  rampes  et  des  pentes  est 
considérable.  On  a  réussi  à  maintenir  la  moyenne  des  rampes  à  1  par  100,  mais  de 
temps  en  temps  et  sur  de  courts  trajets  on  en  rencontre  de  l£  pour  100. 

EMPLACEMENT   DE   LA  VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a  une  largeur  de  99  pieds  excepté  aux  stations,  où  il 
est  beaucoup  plus  large.  Il  a  été  bien  nettoyé  au  moment  de  la  construction  de  la 
ligne,  mais  n'a  pas  été  essouché.  Depuis  lors  la  végétation  a  été  insignifiante,  et  en 
conséquence  le  chemin  est  aussi  propre  qu'il  est  possible  de  l'espérer  sans  essouchement. 

CLÔTURES. 

La  moitié  de  la  ligne,  à  peu  près,  a  été  clôturée  à  l'époque  de  sa  construction  en 
1903,  avec  du  fil  de  fer  Page  et  des  poteaux  de  cèdre.  Quelques-uns  des  poteaux  sont 
en  épinette  et  en  sapin.  Les  poteaux  sont  fortement  déplacés  par  la  gelée  et  le  fil  de 
fer  est  fortement  rouillé.  Il  en  résulte  que  les  clôtures  auront  besoin  d'être  remplacées 
dans  un  avenir  rapproché. 

RAILS 

Les  rails,  sur  une  longueur  de  6  milles,  pèsent  72  livres  à  la  verge;  les  autres 
pèsent  60  livres  à  la  verge  et  sont  en  parfait  état  à  tous  les  points  de  vue.  Les  joints 
sont  enj  bon  état  et  pas  du  tout  usés.  Les  éclisses  sont  du  modèle  d^s  éclisses  à  cor- 
nière, avec  six  trous  pour  une  éclisse  embrassant  trois  traverses.  Elles  sont  en  par- 
fait état. 

TRAVERSES. 

Sur  une  longueur  d'environ  10  milles  les  traverses  sont  en  cèdre.  Elles  sont  du 
modèle  américain,  et  suffiront  quelques  années  encore  dans  les  conditions  actuelles 
du  trafic.  Les  autres  traverses  sont  en  épinette  et  en  bois  dur,  et  elles  commencent 
►à  se  détériorer  assez  rapidement.  6,000  environ  ont  été  renouvelées  l'été  dernier. 
Les  traverses  de  bois  dur  et  d'épinette  ont  à  peu  près  fini  leur  temps,  et  il  faudra 
bientôt  les  remplacer,  à  l'exception,  naturellement,  de  celles  qui  l'ont  déjà  été.  La 
moyenne  de  l'espace  qui  sépare  les  traverse^  d'axe  en  axe  est  de  24  pouces. 

VOIE. 

Les  travaux  de  terrassement  ont  été  bien  faits,  les  tranchées  ont  été  maintenues 
à  une  largeur  de  20  pieds.     Les  gros  remblais  se  sont  considérablement  tassés,  mais  pas 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  73 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

assez  pour  gêner  en  aucune  manière  le  trafic  pour  le  moment.  Quelques-uns  des  forts 
remblais  se  sont  aussi  éboulés  sur  le  côtés,  mais  pas  assez  pour  mettre  le  trafic  en  dan- 
ger. Quant  à  la  chaussée  et  à  la  voie,  elles  sont  excellentes.  Le  nivellement  a  été 
bien  fait,  et  on  a  pris  assez  de  soin  du  drainage  pendant  la  construction. 

PONCEAUX. 

Il  y  a,  sur  la  ligne,  85  ponceaux  fermés,  dont  27  sont  construits  en  béton  et  les 
autres  presque  tous  en  cèdre.  Il  y  a  aussi  17  drains  de  pierre  qui  traversent  le  rem- 
blai. Toutes  ces  constructions  sont  en  bon  état.  Tous  les  ponceaux  ont  un  tablier  en 
béton,  et  ce  béton  est  en  excellent  état. 

PONTS  ET  VIADUCS. 

Il  n'y  a  que  quatre  ponts  sur  la  ligne.  Tous  sont  des  constructions  permanentes 
consistant  en  .poutres  d'acier  reposant  sur  des  substructures  en  béton,  à  l'exception 
des  approches  en  charpente  du  pont  de  la  rivière  des  Habitants,  lesquelles  sont  en  bois. 
Le  béton  des  piles  et  des  culées  est  excellent. 

BÂTIMENTS. 

A  Saint-Pierre  le  bâtiment  de  la  gare  comprend  des  salles  d'attente,  des  bureaux 
et  un  hangar  à  marchandises.  Il  y  a  de  plus  petits  bâtiments  consistant  en  une  combi- 
naison de  gare  et  de  hangar  à  marchandises  à  Whitefish,  à  Grande-Anse  et  à  Sporting- 
Mountain.    Les  autres  stations  sont  pourvues  de  kiosques. 

TÉLÉPHONES. 

La  compagnie  possède  une  ligne  de  téléphone.  Un  appareil  est  installé  dans  cha- 
que station,  et  la  compagnie  dirige  la  circulation  des  trains  par  ce  moyen.  Les  po- 
teaux du  téléphone  sont  en  cèdre  mais  ont  besoin  d'être  redressés. 

VOIES    DE    GARAGE. 

Il  y  a  des  "  Y  "  à  Point-Tupper  et  à  Saint-Pierre  ;  il  y  a  une  voie  de  garage  à 
toutes  les  stations,  excepté  à  Basin-Road  qui  a  une  courte  voie  de  service.  A  Point- 
Tupper  les  rails  de  la  voie  de  garage  pèsent  72  livres;  ailleurs  on  s'est  servi  de  rails 
de  56  livres. 

MATÉRIEL  ROULANT. 

La  compagnie  possède  deux  locomotives,  dont  une  seulement  est  actuellement  en 
service;  deux  voitures  de  première  classe,  deux  voitures  combinées  et  vingt  wagons 
plates-formes. 

T.  C.  BURPEE. 


CHEMIN  DE  EER  DE  LA  COMPAGNIE  D'ACIER  ET  DE  HOUILLE  DE 

LA  NOUVELLE-ECOSSE. 

De  Ferona-Jiinction  à  Sunny-Brae. 

Ce  chemin  de  fer  se  relie  à  l'Intercolonial  à  Ferona-Junction,  et  se  dirige  de  là 
vers  Sunny-Brae,  une  distance  de  13  milles.  Il  a  été  primitivement  construit  par  la 
Nova  Scotia  Steel  &  Coal  Co.  pour  tronsporter  le  minerai  de  fer  de  la  mine  qui  est 
le  long  de  la  ligne  jusqu'au  haut-fourneau  qui  appartient  à  cette  même  compagnie  et 
qui  se  trouve  à  Ferona.     On  a  découvert  dans  la  suite  que  le  minerai  n'existait  qu'en 


74  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

poches,  et  finalement  la  mine  s'épuisa.  Il  y  a  quelques  années  le  haut-fourneau  a  été 
démonté  et  on  en  a  transporté  certaines  parties  aux  mines  de  Sydney. 

Actuellement  il  n'y  a  pas  de  trafic  qui  mérite  d'être  mentionné,  à  l'exception  du 
transport  du  bois,  qui  lui-même  est  assez  limité. 

Durant  l'année  finissant  le  30  juin  1908  on  a  transporté  sur  cette  ligne  un  total 
de  8,837  tonnes. 

Kecettes  provenant  des  marchandises $2,856  34 

Voyageurs  transportés,  8,729;  recettes.^ 1,863  45 

Postes,  etc 314  00 


Au  total $5,033  79 

Frais  d'exploitation,  $11,841.— 

Durant  l'année  finissant  le  30  juin  1907,  on  avait  transporté  un  total  de  8,593 
tonnes. 

Recettes  provenant  des  marchandises $3,665  08 

Voyageurs  transportés,  7,408;  recettes 1,708  50 

Postes,  etc 339  00 

Au  total $5,712  58 

Soit  une  diminution  de  $678.79  en  1908  sur  1907.     Frais  d'exploitation,  $13,383. 

On  coupe  peut-être  une  moyenne  de  3  à  5  millions  de  pieds  de  bois  de  construction 
chaque  année.  Cela  dépend  entièrement  de  la  situation  du  marché,  et  tout  cela  est 
expédié  par  l'Intercolonial  à  Halifax  et  à  Pugwash,  où  on  l'exporte.  On  l'expédie  aussi 
à  Sydney  ou  à  d'autres  endroits  de  l'Intercolonial,  et  nous  n'entrevoyons  pas  grande 
perspective  d'amélioration  pour  ce  trafic  dans  l'avenir. 

Les  expéditions  de  bois  pour  l'année  1908  représentent  environ  4,396  tonnes  dans 
le  tonnage  total  indiqué  plus  haut.  En  1907  ces  expéditions  avaient  atteint  6,800  ton- 
nes environ.  Il  y  faut  ajouter  des  transports  de  scories  qui  ont  été  faits  pour  les  rues 
de  New-Glasgow  à  raison  de  3,000  tonnes  en  1908  et  353  tonnes  en  1907.  Toutefois  il 
ne  faut  pas  considérer  cela  comme  un  trafic  établi,  et  par  conséquent  le  seul  trafic  qui 
compte  est  celui  du  bois  de  construction. 

On  ne  peut  pas  compter  sur  l'expédition  d'aucun  produit  agricole,  vu  que  les  pro- 
duits de  cette  région  sont  transportés  sur  les  marchés  avec  des  voitures. 

Le  service  des  voyageurs  consiste*  en  deux  trains  par  jour.  Cela  suffit  aux  besoins 
des  habitants,  et  l'on  ne  peut  pas  compter  sur  un  accroissement  sensible  de  ce  côté. 

On  dit  que  lorsque  le  Halifax  Eastern  Railway  sera  construit  (et  un  projet  dans 
ce  but  est  actuellement  à  l'étude  entre  un  syndicat  de  capitalistes  et  le  gouverne- 
ment de  la  Nouvelle-Ecosse)  le  chemin  de  fer  de  la  Nova  Scotia  Steel  and  Coal  Co. 
fera  partie  de  la  ligne  projetée  entre  Halifax  et  Country-Harbour.  De  cette  manière 
cette  ligne  prendra  quelque  valeur,  et  l'on  pense  que  c'est  à  cela  qu'elle  est  destinée  en 
;fin  de  compte. 

Il  est  parfaitement  vrai  que  si  cette  ligne  se  trouve  absorbée,  l'application  d'un 
.tarif  au  mille  tel  qu'il  est  appliqué  sur  l'Intercolonial  aura,  selon  toute  probabilité, 
pour  conséquence  une  augmentation  dans  la  quantité  de  bois  coupée  chaque  année. 
Mais  nous  ne  croyons  pas  qu'une  augmentation  de  ce  tonnage  aurait  à  elle  seule  assez 
d'attrait  et  entraînerait  un  accroissement  de  trafic  assez  important  pour  faire  de  cette 
ligne  une  bonne  affaire. 

Notons,  par  exemple,  que  le  tarif  actuel  au  mille  sur  le  bois  de  construction  trans- 
porté de  Ferrona-Junction  à  Halifax,  sur  une  distance  de  99  milles,  est  de  5  cents  par 
100  livres,  et  que  de  Ferrona-Junction  à  Halifax,  sur  une  longueur  de  77  milles,  il  est  de 
4£  cents  par  100  livres,  tandis  que  le  prix  du  transport  de  Sunny-Brae  (extrémité  de  la 
ligne)  à  Halifax,  avec  un  tarif  au  mille,  serait  le  même  que  celui  que  l'on  paye  actuelle- 
ment, pour  le  même  trafic,  de  Ferrona-Junction  à  Halifax.     Il  va  sans  dire  que  si  cette 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  75 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67  é 

ligne  est  jointe  au  chemin  de  fer  Halifax  Eastern,  le  chemin  de  fer  Intercolonial  per- 
drait probablement  tout  le  bois  qu'il  reçoit  actuellement  de  cette  ligne.  La  diminution 
gui  en  résulterait  dans  nos  recettes  provenant  du  trafic  du  bois  atteindrait  6,000  tonnes, 
disons  $6,000  par  an,  en  prenant  pour  base  les  expéditions  moyennes  de  1907  et  1908. 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY, 


CHEMIN  DE  FER  DE  SUNNY-BRAE  DE  LA  NOVA  SCOTIA  STEEL  &  GOAL 

COMPANY. 

Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  Ferrona-Junction  avec  l'embranchement  de  Mulgrava 
de  l'Intercolonial.  Il  se  dirige  vers  le  sud  jusqu'à  Sunny-Brae,  qui  est  à  une  dis- 
tance de  12£  milles. 

TRACÉ. 

Il  est  assez  bon.  Le  nombre  des  courbes  est  considérable,  mais  le  degré  max- 
imum des  courbes  reste  inférieur  à  6°. 

RAMPES. 

Ainsi  qu'on  peut  le  voir  sur  le  profil  ci-an  nexé,  la  ligne  a  une  pente  générale 
ascendante  entre  Ferrona  et  Sunny-Brae,  avec  de  nombreuses  coupures  formées  par 
de  plus  petites  pentes  et  de  petites  hauteurs.  Il  y  a  dans  chaque  direction  de  courts 
espaces  sur  lesquels  les  rampes  atteignent  1£  pour  100,  mais  il  n'y  a  pas  de  forte  rampe 
d'une  longueur  supérieure  à  un  demi-mille. 

EMPLACEMENT  DE  LA   VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a  une  largeur  de  80  pieds.  Il  pourrait  être  facilement 
nettoyé.    Une  dépense  moyenne  de  $25  par  mille  suffirait  probablement. 

Les  clôtures  sont  médiocres  et  auront  besoin  d'être  remplacées  dans  un  avenir 
prochain. 

RAILS. 

Ce  sont  des  rails  de  56  livres  à  la  verge,  dont  la  section  mesure  4  pouces  x  4  pouces 
et  qui  sont  en  très  bon  état.  Un  très  (petit  nombre  ont,  pour  le  moment,  besoin  d'être 
renouvelés.  Avec  le  trafic  actuel  les  rails  dureront  de  nombreuses  années.  Les  joints 
sont  faits  avec  des  éclisses  à  cornières  à  quatre  trous. 

TRAVERSES. 

Environ  50  pour  cent  des  traverses  devraient  être  renouvelées  avant  un  an.  Cela 
représenterait  un  total  de  15,000  traverses.  Elles  sont  séparées  par  un  espace  de  24 
pouces  d'axe  en  axe,  ce  qui  est  suffisamment  rapproché  pour  cet  embranchement. 

CHAUSSÉE. 

La  chaussée  est  très  bonne  et  est  très  bien  drainée.  Cela  permet  d'entretenir  la 
voie  à  peu  de  frais.  Elle  est  ballastée  avec  des  scories  de  charbon,  et  par  conséquent 
les  mauvaises  herbes  n'y  peuvent  pas  pousser. 

Il  y  a,  le  long  de  la  ligne  de  bonnes  occasions  de  se  procurer  du  ballast. 

PONCEAUX. 

Il  y  a  47  ponceaux  fermés  en  pierre,  8  ponceaux  ouverts  avec  des  culées  de  pierre, 
3  ponceaux  ouverts  en  bois  et  8  ponceaux  construits  en  tuyaux  d'argile  mesurant  de 


76  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

12  à  18  pouces  de  diamètre.  Quelques-uns  des  ponceaux  fermés  en  pierre  ont  besoin 
de  quelques  réparations,  et  les  ponceaux  ouverts  ont  besoin  de  nouvelles  longrines  et 
de  nouvelles  traverses.  Tous  les  autres  sont  en  bon  état.  Les  6  fosses-bestiaux  qui 
se  trouvent  aux  passages  à  niveau  des  routes  devraient  toutes  être  reconstruites. 

PONTS. 

Il  n'y  a  que  deux  ponts  sur  cette  ligne.     Ce  sont  des  constructions  métalliques 


supportées  par  une  bonne  maçonnerie  qui  repose  sur  le  roc. 
pruche. 


Les  tabliers  sont  en 


BATIMENTS  ET  VOIES  D  EVITEMENT. 


Il  y  a  un  bâtiment  de  gare  et  un  hangar  à  marchandises  combinés  à  Sunny-Brae, 
une  gare  avec  logement  à  Bridgeville,  et  un  petit  bâtiment  pour  bureau  à  Ferrona. 
Il  y  a  de  petits  kiosques  et  des  plates-formes  à  Island,  Springville  et  Glencoe.  Il  y  a 
une  remise  à  locomotives  à  deux  places  à  Ferrona. 

Il  y  a  à  Sunny-Brae  une  voie  de  garage  de  700  pieds  de  long.  Springville,  Bridge- 
ville  et  Glencoe  ont  de  courtes  voies  d'évitement.  La  voie  de  service  qui  conduit  à 
la  carrière  de  la  compagnie  a  une  longueur  d'environ  un  demi-mille. 

La  compagnie  possède  à  Ferrona  une  grue  pouvant  soulever  50  tonnes. 

MATÉRIEL   ROULANT. 

La  compagnie  possède  1  locomotive,  1  voiture  à  voyageurs  combinée,  1  wagon 
fermé. 

T.  C.  BUKPEE, 

COMPAGNIE  DE  CHEMIN  DE  FER  ET  DE  HOUILLERE  DE  CUMBERLAND. 

La  ligne  de  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  houillère  de  Cumberland  va 
de  Springhill-Junction,  où  elle  rejoint  l'Intercolonial,  à  Parrsboro.  Sa  longueur  est 
de  32  milles.  Les  chiffres  et  les  tonnages  suivants  ont  été  fournis  par  la  Compagnie 
de  chemin  de  fer  et  de  houillère  de  Cumberland  comme  représentant  les  affaires  faites 
par  ce  chemin  de  fer,  non  compris  le  transport  de  la  houille,  pendant  les  années  1906 
et  1907.    L'exercice  de  chaque  année  est  clos  au  30  juin. 


Recettes. 


1906. 

Tonnage  des  marchandises  (houille  non  comprise)  36,703  tonnes. 

Voyageurs  transportés,    33 ,  907 

Postes 

Marchandises  à  grande  vitesse. 

Bagage 


Total 

Frais  d'exploitation. 

Soit  un  déficit  de.  . . 


1907. 

Tonnage  des  marchandises  (houille  non  comprise)  31 ,381   tonnes. 

Voyageurs  transportés,  32 ,  584 

Postes 


Marchandises  en  grande  vitesse. 
Bagage 


Total 

Frais  d'exploitation- 

Soit  un  déficit  de.  . . 


$       cts 

22,722  20 

14,991   12 

1,116  64 

2,369  06 

796  73 


41,995  75 
74,236  08 


32,240  33 


20,779  00 

14,335  56 

1,114  28 

2,172  60 

777  66 


39,179  10 
67,902  01 


28,722  91 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  77 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

D'après  les  chiffres  fournis  par  la  compagnie,  le  charbon  qu'elle  a  transporté  pen- 
dant les  années  1906  et  1907  est  représenté  comme  suit  : — 

1906.                                           Tonnes.                              1907.                                          Tonnes. 
Charbon  transporté  à  Parrsboro..    ..  208,282         Charbon  transporté  à  Parrsboro..    ..  138,79. 
Charbon      transporté     à      Springhill-                      Charbon      transporto     à      Springhill- 
Junction 167,708  Junction 131,709 

Total 375,990  Total 270,500 

La  diminution  de  1907  par  rapport  à  1906  s'explique  par  le  fait  qu'il  y  a  eu  en 
1907  une  grève  dans  les  mines  qui  a  duré  3  mois. 

Maintenant,  en  outre  du  charbon  mentionné  ci-dessus  et  pour  lequel  le  chemin 
de  fer  de  Cumberland  n'a  pas  pas  à  porter  de  recettes  à  son  crédit,  il  faut  mentionner 
le  tonnage  des  marchandises  que  le  chemin  de  fer  transporte  pour  sa  propre 
consommation  ainsi  que  pour  la  consommation  des  mines.  Il  n'y  a  pas  de  recettes  à 
enregistrer  de  ce  chef.  Cela  représente,  pour  1906,  68955  tonnes,  et  pour  1907,  58090 
tonnes.  Ce  tonnage  consiste  en  pierre  provenant  des  mines  et  en  déchets  de  charbon 
pour  le  ballast,  etc.,  en  traverses  de  chemin  de  fer  et  en  poutres  pour  les  puits.  Ces 
dernières  sont  utilisées  dans  les  mines.  On  m'informe  d'autre  part  que  la  Compagnie 
de  chemin  de  fer  et  de  houillère  de  Cumberland  exploite  des  coupes  de  bois,  et  vend  et 
expédie  du  bois  de  construction.  Jusqu'ici  la  compagnie  n'a  pas  été  crédité  de  recettes 
de  ce  chef,  mais  on  fait  maintenant  figurer  ces  recettes  d'après  les  prix  réguliers. 

D'autre  part  on  nous  a  fait  savoir  que,  tandis  que  les  états  de  compte  qui  nous  ont 
été  fournis  mentionnaient  pas  les  recettes  provenant  du  transport  du  charbon,  les 
bureaux  de  direction  de  la  compagnie  à  Montréal  ont  alloué  au  chemin  de  fer  20  cents 
par  tonne  de  charbon  transporté,  en  sorte  que,  s'il  en  est  ainsi  l'exploitation  de  la  ligne 
se  solderait  par  un  bénéfice  au  lieu  d'un  déficit. 

Nous  pensons  que  l'on  considérera  toutefois  que  si  l'Intercolonial  exploitait  la 
ligne,  la  compagnie  de  charbon  ne  serait  nas  disposée  à  payer  un  tarif  aussi  élevé  pour 
le  transport  du  charbon.  D'autre  part,  il  se  pourrait  que  pour  le  charbon  fourni  à  l'In- 
tercolonial nous  ayons  à  payer  aux  mines  le  même  prix  que  celui  que  nous  payons  ac- 
tuellement le  charbon  livré  à  la  jonction,  et  pourtant  nous  aurions  à  transporter  le  char- 
bon sur  le  trajet  supplémentaire  entre  la  mine  et  la  jonction. 

En  raison  de  la  manière  dont  cette  comptabilité  est  tenue,  il  est  difficile  de  se  faire 
une  idée  exacte  des  recettes  actuelles  de  la  ligne.  Avant  tout  il  s'agit  d'un  commerce 
de  charbon,  et  les  perspectives  d'avenir  dépendent  de  la  quantité  de  charbon  qui  pourra 
être  extraite  et  utilisée,  et  nous  ne  voudrions  pas  prendre  sur  nous  de  prédire  quelle  en 
serait,  pour  l'Intercolonial,  la  valeur  contributive. 

Si  l'on  pouvait  détourner  au  profit  du  chemin  de  fer  via  Springhill-Junction  le 
charbon  que  l'on  expédie  actuellement  au  Pacifique-Canadien  via  Parrsboro',  le  tonnage 
dont  on  bénéficierait  de  ce  fait  atteindrait  un  chiffre  important.  En  1906,  en  effet,  le 
charbon  transporté  à  Saint-Jean  par  eau  pour  le  Pacifique-Canadien  a  atteint  un  total 
de  62,504  tonnes,  et  un  total  de  69,348  tonnes  en  1907. 

La  valeur  de  cette  ligne  pour  l'Intercolonial  dépendrait  des  arrangements  qui  pour- 
ront être  faits  avec  la  compagnie  houillère  pour  le  transport  du  charbon  à  Springhill- 
Junction  et  à  Parrsboro'.  On  verra  par  les  chiffres  donnés  plus  haut  que  le  chiffre 
d'affaires  actuel  \  rovient  des  mines,  et  que  toute  la  question  est  dé  savoir  ce  qu'il  faudra 
faire  payer  aux  mines,  non  seulement  pour  le  charbon,  mais  encore  pour  les  déchets  de 
la  mine,  pour  les  poutres  et  pour  tous  les  autres  matériaux  qu'elles  consomment  en  si 
grande  quantité. 

A  notre  passage  à  Springhill  nous  avons  interrogé  le  secrétaire  et  le  président  de  la 
chambre  de  commerce  sur  les  reproches  qu'ils  ont  à  adresser  à  la  ligne.  Nous  avons 
constaté  que  leur  principal  grief  se  rapporte  au  fait  qu'il  y  a  deux  tarifs  de  marchan- 
dises, au  lieu  du  tarif  unique  au  mille  qui  serait  appliqué  si  la  ligne  était  administrée 
par  l'Intercolonial.  Ils  déclarent  qu'aussi  longtemps  qu'il  en  sera  ainsi,  il  ne  sera  pas 
possible  de  provoquer  l'établissement  d'industries  quelconques  à  Springhill.     En  effet, 


78  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

lia  seule  industrie  manufacturière  qui  se  trouve  en  cet  endroit  (une  manufacture  d'ou- 
vrages de  bois)  est  fermée  en  raison  de  l'impossibilité  où  elle  est  de  lutter  sur  les  mar- 
chés d'extérieurs  contre  les  industries  qui  sont  situées  sur  la  ligne  de  l'Intercolonial, 
parce  que  ces  dernières  n'ont  à  payer  qu'un  seul  tarif  au  mille. 

Il  est  intéressant  de  noter  qu'antérieurement  à  1875  l'embranchement  qui  relie 
Springhill-Junction  à  Springhill  fut  construit  et  exploité  par  le  gouvernement,  et  qu'à 
cette  époque,  ou  à  peu  près,  un  arrangement  fut  conclu  entre  le  chemin  de  fer  Interco- 
lonial et  la  Compagnie  minière  de  Springhill,  en  vertu  duquel  il  fut  décidé  que  la  Com- 
pagnie minière  de  Springhill  s'engageait  à  établir  l'embranchement  qui  va  de  la  jonc- 
tion avec  l'Intercolonial  jusqu'à  la  mine,  à  l'exploiter  à  ses  risques  et  périls,  et  à  diver- 
ses autres  conditions.  Cet  arrangement  ne  dit  pas  que  la  compagnie  ait  eu  quoi  que  ce 
soit  à  payer  à  l'Intercolonial  pour  cet  embranchement,  mais  qu'au  contraire  cet  em- 
branche.nent  fut  livré  à  la  Compagnie  minière  sans  qu'elle  ait  rien  payé  pour  cela. 
Nous  joignons  ici  une  copie  de  l'arrangement  entre  l'Intercolonial  et  la  Compagnie 
minière  de  Springhill.    Vous  remarquerez  que  cet  acte  n'est  pas  daté. 

(Copie.) 

Mémorandum  de  l 'arrangement  entre  le  chemin  de  fer  Intercolonial  et  la  Compagnie  ' 

minière  de  Springhill. 

La  Compagnie  de  Springhill  s'engage  à  prendre  à  sa  charge  l'embranchement  qui 
va  de  la  jonction  avec  l'Intercolonial  jusqu'à  la  mine,  et  de  l'exploiter  à  ses  propres 
risques  et  périls  aux  conditions  suivantes,  savoir  : — 

1.  Que  le  chemin  de  fer  livrera  à  la  jonction  avec  l'embranchement  qui  conduit  à 
la  mine  les  wagons  vides  nécessaires  au  trafic. 

2.  Que  la  Compagnie  de  Springhill  les  retournera  chargés  à  la  jonction  avec  le 
chemin  de  fer. 

3.  Que  le  chemin  de  fer  permettra  à  la  Compagnie  de  Springhill  l'usage  de  la  re- 
mise à  locomotive  et  de  la  plaque  tournante  à  la  jonction. 

4.  Que  la  Compagnie  de  Springhill  sera  responsable  vis-à-vis  du  chemin  de  fer  de 
tout  dommage  ou  dégât  survenu  aux  wagons  pendant  leur  emploi  sur  l'embranchement. 

5.  Dans  le  cas  où  la  largeur  de  voie  serait  changée  avant  cinq  ans,  les  frais  de  ce 
changement  seront  à  la  charge  du  chemin  de  fer. 

6.  Que  la  Compagnie  de  Springhill  supportera  la  dépense  du  changement  de  lar- 
geur de  voie  sur  l'embranchement. 

7.  Que  le  chemin  de  fer  donnera  à  la  Compagnie  de  Springhill,  cette  année,  deux 
cents  tonnes  de  nouveaux  rails  de  fer  et  leurs  attaches,  deux  cents  en  1815  et  le 
restant  nécessaire  pour  renouveler  la  ligne  dans  le  courant  de  l'année  1876.  Que  le 
chemin  de  fer  permettra  en  même  temps  à  la  compagnie  de  Springhill  de  garder  50 
tonnes  de  vieux  rails  pour  établir  des  lignes  de  service  à  la  mine  même.  Mais 
à  l'exception  de  ces  50  tonnes,  le  restant  des  vieux  rails  et  de  leurs  attaches,  après 
avoir  été  enlevés  de  la  ligne,  seront  rendus  au  chemin  de  fer  et  seront  livrés  à  la  jonc- 
tion de  l'embranchement  avec  la  ligne  principale. 

8.  Que  le  chemin  de  fer  accordera  à  la  Compagnie  de  Springhill  l'usage  d'une 
locomotive,  sans  frais,  jusqu'au  1er  juillet  1875,  étant  entendu  que  la  Compagnie  de 
Springhill  sera  responsable  de  cette  machine  pendant  le  temps  où  elle  l'aura  en  sa 
possession,  et  qu'elle  en  payera  toutes  les  dépenses  d'exploitation.  Si  la  locomotive 
devient  hors  de  service  pendant  qu'elle  sera  en  la  possession  de  la  Compagnie  de  Sprin- 
hill,  le  chemin  de  fer  devra  lui  en  envoyer  une  autre  pour  le  temps  pendant  lequel  la 
locomotive  sera  réparée  aux  frais  de  la  Compagnie  de  Springhill.  La  Compagnie  de 
Springhill  payera  sept  dollars  et  cinquante  cents  par  jour  pour  le  louage  de  cette 
locomotive. 

9.  La  Compagnie  de  Springhill  payera  au  chemin  de  fer  la  somme  de  soixante  cents 
par  tonne  nette  pour  le  transport   du  charbon  de  la  jonction   au  point  d'expédition 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  79 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

du  quai  de  Dorchester.  Ce  prix  sera  de  soixante-dix  cents  par  tonne  nette  pour  le 
transport  à  partir  de  l'entrée  de  la  mine  jusqu'au  quai  de  Dorchester,  jusqu'au  mo- 
ment où  la  Compagnie  de  Springhill  commencera  à  se  servir  de  l'embranchement. 

10.  Le  prix  de  la  jonction  à  Saint-Jean  ou  à  Moosepath  sera  de  deux  dollars  et  cin- 
quante cents  par  tonne  de  deux  mille  livres. 

11.  Des  arrangements  seront  pris  par  le  chemin  de  fer  pour  la  perception  de  n'im- 
porte quels  frais  de  transport  dus  à  la  Compagnie  de  Springhill  sur  le  trafic  local  poul- 
ie transport  du  charbon  sur  l'embranchement.    Ce  compte  sera  réglé  de  temps  à  autre. 

12.  Le  chemin  de  fer  n'aura  rien  à  payer  à  la  Compagnie  de  Springhill  pour  le 
transport,  sur  l'embranchement,  du  charbon  dont  il  aura  besoin.  Le  chemin  de  fer 
aura  naturellement  à  fournir  les  wagons. 

Pour  le  chemin  de  fer  Intercolonial, 

(Signé)  C.  J.  BRYDGES, 

Sur.  gén.,  chemins  de  fer  du  gouv. 

Pour  la  Compagnie  minière  de  Springhill, 

(Signé)  S.  S.  HILL. 

TÉMOINS — 

(Signé)         L.  Munroe, 
(Signé)         W.  Gilchrist. 

Pour  conclure,  nous  pouvons  dire  que  ne  sachant  pas  a  quelle  valeur  les  proprié- 
taires évaluent  ce  chemin  de  fer,  ni  quelles  concessions  ils  seraient  disposés  à  faire 
quant  aux  prix  de  transport  de  leur  charbon  et  autres  matériaux,  il  est  impossible  de 
donner  une  opinion  quelconque  sur  la  valeur  de  cette  ligne  comme  chemin  de  fer 
privé  ou  que  comme  affluent  de  l'Intercolonial. 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY. 


COMPAGNIE  DE  CHEMIN  DE  FER  ET  DE  HOUILLERE  DE  CUMBERLAND. 

Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Springhill-  Junction;  il  va  delà  aux 
mines  de  Springhill  et  à  Parrsboro.  Sa  longueur  d'un  terminus  à  l'autre  est  de  31 
milles. 

TRACÉ. 

Il  est  assez  bon,  la  courbe  maxima  entre  les  mines  et  la  jonction  est  de  6°  envi- 
ron. On  redresse  actuellement  la  ligne  au  moyen  d'un  détournement  d'une  longueur 
d'un  mille  et  quart  entre  Springhill-Junction  et  Springhill  qui  en  améliorera  le  tracé  et 
les  rampes.    Ces  travaux  sont  faits  peu  à  peu  avec  les  déchets  de  la  mine. 

RAMPES. 

Les  profils  ci-annexés  montrent  la  rampe  abrupte  qui  va  de  Springhill-Junction 
aux  mines  et  la  pente  sur  le  côté  sud.  Les  rampes  de  2  pour  100  sont  fréquentes,  et  il 
y  a  une  partie,  de  la  ligne  d'une  longueur  de  plus  d'un  mille  où  la  rampe  atteint  2.5 
pour  100. 

EMPLACEMENT   DE    LA  VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a  une  largeur  de  quatre-vingts  pieds.    Il  est  en  bon  état. 
Les  clôtures  ont  été  convenablement  faites  et  sont  en  assez  bonne  condition. 


80  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
RAILS. 

Ce  sont  des  rails  de  67  et  de  80  livres  à  la  verge.  Il  y  a  un  mille  et  demi  de  rails 
de  80  livres  entre  Springhill-Junction  et  Springhill,  et  22  milles  entre  Springhill  et 
Parrsboro.  Le  reste  de  la  ligne  est  fait  avec  des  rails  de  67  livres.  Tous  sont  en 
bon  état. 

Les  rails  de  67  livres  sont  des  retenues  par  éclisses  ordinaires  à  cornières  avec  4 
trous.  Celles  des  rails  de  S0  livres  sont  des  éclisses  à  cornières  avec  6  trous.  Les  joints 
sont  en  bon  état. 

BALLAST. 

La  voie  est  en  excellent  état.  Elle  est  ballastée  avec  des  déchets  de  charbon  pro- 
venant de  la  mine.     Cela  a  pour  résultat  d'empêcher  la  croissance  de  la  mauvaise  herbe. 

TRAVERSES. 

La  voie  est  bien  pourvue  de  traverses.  On  peut  la  comparer,  sous  ce  rapport,  à 
l'Intercolonial,  excepté  que  l'espace  entre  les  traverses  est  de  deux  pieds  d'axe  en  axe; 
c'est-à-dire  que  cela  représente  un  espace  de  6  pouces  de  plus  que  l'espace  normal  de 
l'Intercolonial. 

PONCEAUX. 

Il  y  a  26  aqueducs  formés  par  des  tuyaux  de  fonte  dont  le  diamètre  varie  de  12 
pouces  à  24  pouces.     5  ponceaux  fermés  sont  en  pierre  et  16  en  bois. 

Parmi  les  39  ponceaux  ouverts  qui  restent,  y  compris  les  fosses-bestiaux,  neuf 
«sont  construits  sur  des  culées  de  pierre,  les  autres  sont  entièrement  en  bois.  Tous  sont 
en  bon  état. 

PONTS. 

Toutes  les  ouvertures  de  20  pieds  ou  plus  sont  indiquées  sur  le  plan  ci-annexé.  On 
y  verra  que  la  totalité  des  travaux  de  pont  est  de  peu  d'importance.  Les  culées  sont 
tontes  en  pierre  ou  en  béton.  Les  constructions  sont  en.  bon  état,  à  l'exception  de  celle 
qui  franchit  le  ruisseau  Leak. 

BÂTIMENTS 

Il  y  a  à  Springhill-Junction  une  remise  à  outils  de  220  par  16  pieds.  A  Springhill 
il  y  a  un  atelier  de  réparation  des  wagons  mesurant  175  par  30  pieds;  un  atelier  pour 
les  modèles  mesurant  80  par  21  pieds;  une  gare  mesurant  75  par  24  pieds;  un  hangar 
à  marchandises,  130  par  24  pieds  ;  deux  remises  à  outils,  22  par  16  pieds  ;  une  boutique 
de  forgeron  mesurant  160  par  24  pieds,  et  une  remise  à  locomotives  avec  atelier  de  ré- 
paration mesurant  175  par  30  pieds. 

A  Southampton  il  y  a  une  gare,  16  par  24  pieds  ;  un  hangar  à  marchandises,  12  par 
12  pieds,  et  une  remise  à  outils,  de  22  par  16  pieds. 

A  Parrsboro  il  y  a  une  remise  à  locomotives  à  deux  voies,  30  par  65  pieds;  une 
gare,  24  pieds  sur  60,  et  sur  le  quai  un  système  perfectionné  pour  la  manutention 
du  charbon. 

VOIES  AUXILIAIRES. 

Il  y  a  un  "Y"  à  Springhill-Junction  avec  un  jambage  de  300  pieds;  voie  de  garage 
de  Titus,  700  pieds;  voie  de  garage  du  camp  n°  4,  1,800  pieds;  voie  de  garage  de  la  pente 
n°  5,  2,600  pieds;  voie  de  garage  de  la  Compagnie  manufacturière  de  Springhill,  1,000 
pieds;  voie  d'évitement,  1,000  pieds;  la  gare  de  Springhill  contient  environ  52,800  pieds; 
le  passage  de  la  route  de  Maccan,  850  pieds;  garage  de  Southampton,  1,200  pieds;  voie 
de  garage  de  Westbrook,  1,700  pieds;  Compagnie  de  bois  de  construction  de  Newville, 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  81 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

1,800  pieds;  rivière  Mi-Chemin,  1,200  pieds;  gare  de  Parrsboro,  15,840  pieds;  il  y  a 
enfin  des  voies  de  Bervice.de  250  à  700  pieds  à  Southbrook  à  Lawrence,  Sand-Pit, 
Brown's-Crossing,  Jeffreys,  Jafïers,  et  au  passage  des  routes  Electric  et  Etter. 

GRUES. 

A  Springhill,  une  grue  Fairbanks  de  70  tonnes.  A  Parrsboro,  une  grue  Gurney 
de  70  tonnes. 

MATÉRIEL  ROULANT. 

La  compagnie  possède  6  locomotives  ;  2  voitures  de  première  classe  ;  3  voitures  pour 
voyageurs  et  bagages  ;  1  voiture  pour  bagage,  fumeurs,  et  la  poste  ;  1  wagon  fermé  pour 
les  marchandises;  1  wagon  fermé  pour  les  marchandises  en  grande  vitesse;  1  fourgon 
de  conducteur;  1  wagon  auxiliaire;  10  wagons  à  bascule;  34  wagons-plateformes;  210 
wagons  à  clapet  de  8  tonnes  et  175  de  15  tonnes  ;  2  charrues  à  neige  ;  1  flanger. 

T.  C.  BUKPEE. 


CHEMIN  DE  FER  DE  LA  COMPAGNIE  HOUILLERE  DE  VALE. 

La  longueur  de  cette  ligne  à  partir  de  l'aiguille  de  jonction  dans  la  gare  de  New- 
Glasgow  jusqu'aux  mines  de  charbon  de  Vale  près  de  Thorburn  est  de  six  milles,  et, 
à  partir  de  la  ligne  principale  il  y  a  deux  voies  secondaires,  dont  l'une  va  jusqu'aux 
braiments  de  la  Compagnie  des  tuyaux  de  drainage  Standard  et  l'autre  jusqu'aux  mine  à 
de  Marsh.  Toute  la  voie  qui  va  aux  bâtiments  de  la  Compagnie  des  tuyaux  d(  drainage 
Standard  appartient  à  la  Compagnie  houillère  de  Vale  et  a  été  construite  par  elle,  tand;:-> 
que  l'embranchement  des  mines  de  Marsh  a  été  construit  par  la  Nova  Scotia  Steel  and 
Coal  Company,  mais  est  exploité  par  la  Compagnie  de  Vale. 

Les  industries  situées  sur  la  ligne  sont:  La  Compagnie  des  tuyaux  de  drainage 
Standard,  dont  la  production  est  de  trois  wagons  par  jour.  Les  usines  emploient  75 
hommes,  et  elles  ont  des  ressources  illimitées  d'argile  pour  la  fabrication  de  tuyaux.  On 
dit  que  l'argile  y  est  de  qualité  supérieure. 

Il  y  a  aussi  une  briqueterie  sur  la  ligne,  mais  elle  n'expédie  pas  de  briques,  elle  se 
borne  au  commerce  local,  bien  que  rien  ne  s'oppose  au  développement  de  ce  commerce. 
Il  y  a  aussi  deux  autres  petits  établissements  situés  sur  le  branchement  qui  conduit 
aux  bâtiments  de  la  Compagnie  des  tuyaux  de  drainage  Standard.  L'un  fabrique  des 
tuiles  d'argile  pour  les  fermes  mais  uniquement  pour  la  consommation  locale.  Il  y  a 
aussi  une  briqueterie,  mais  elle  ne  produit  que  pour  la  consommation  locale  et  ne  fait 
pas  d'expédition. 

La  Compagnie  houillère  de  Vale  fait  payer  $2  par  wagon  à  la  briqueterie  plus  haut 
mentionnée  pour  le  petit  trafic  transporté  par  le  chemin  de  fer,  tandis  qu'elle  ne  fait 
payer  que  $1  par  wagon  aux  expéditions  de  la  Compagnie  des  tuyaux  de  drainage  Stan- 
dard. Ce  prix  a  été  consenti  par  la  Compagnie  de  houillère  de  Vale  dans  le  but  de  dé- 
cider la  Compagnie  des  tuyaux  de  drainage  Standard  à  s'établir  sur  la  ligne  et  pour 
obtenir  la  fourniture  du  charbon  que  consomme  cette  compagnie. 

L'embranchement  des  mines  de  Marsh  a  une  longueur  d'un  quart  de  mille.  Il  a 
été  construit  par  la  Nova  Scotia  Steel  and  Coal  Co.,  à  qui  il  appartient  et  qui  l'en- 
itretient. 

La  Compagnie  houillère  de  Vale  fait  payer  8  cents  la  tonne  pour  transporter 
le  charbon  des  mines  de  Marsh  à  New-Glasgow.  J'ai  entendu  dire  que  cet  accord  ré- 
sulte d'un  contrat  qui  doit  durer  encore  quelques  années,  mais  dont  il  sera  parlé  plus 
complètement  dans  une  autre  partie  de  ce  rapport. 

67—6 


82  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEE S  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  y  a  aussi  de  New-Glasgow  à  Thorburn  des  transports  plus  ou  moins  importants 
de  marchandises  comme  de  la  farine,  de  la  nourriture  pour  animaux,  etc.  On  fait 
payer  pour  cela  $6.50  pour  le  transport  sur  6  milles.  Là  où  ce  trafic  est  transporté 
individuellement  à  New-Glasgow  et  dirigé  de  notre  gare  de  New-Glasgow  à  la  voie 
correspondante  de  la  Compagnie  houillère  de  Vale,  le  chemin  de  fer  Intercolonial  fait 
payer  $2.50  par  wagon,  et  la  Compagnie  houillère  de  Vale  $4  pour  le  transport  sur  sa 
voie  jusqu'à  Thornburn. 

Ce  chemin  de  fer  a  été  construit  dans  le  but  d'atteindre  les  mines  de  charbon  de 
Vale,  et  on  n'y  a  pasi  fait  d'autres  affaires  jusqu'au  moment  où  l'on  a  entrepris  l'ex- 
ploitation des  mines  de  Marsh  et  où  la  Compagnie  des  tuyaux  de  drainage  Standard 
s'est  installée  sur  la  ligne. 

La  Compagnie  houillère  d'Acadie  n'a  pas  tenu  de  compte  établissant  que  la  Com- 
pagnie du  chemin  de  fer  de  Vale  ait  reçu  une  somme  quelconque  pour  le  transport  du 
charbon  des  mines  de  Vale  à  sa  jonction  avec  notre  voie. 

Le  nombre  de  tonnes  de  charbon  provenant  des  mines  de  Vale  transportées  en 

1906  a  été  de  54,533,  et  de  85,927  en  1907. 

La  quantité  de  charbon  provenant  des  mines  de  Marsh  de  la  Nova  Scotia  Steel 
and  Coal  Company  transportée  en  1906  a  été  de  30,389  tonnes,  et  de  30,164  tonnes  en 

1907  et  le  chemin  de  fer  en  a  été  payé  8  cents  la  tonne,  soit,  au  total,  $4,844.24. 
En  outre  du  charbon,  on  a  aussi  transporté: — 

1906.  1907. 

Wagons.  Wagons. 

Compagnie  des  tuyaux  de  drainage  Standard 509  497 

Bois  de  construction 49  77 

Marchandises 9  22 

Briques 24 

Dans  le  village  de  Thorburn,  dont  la  population  est  de  800  à  1,000  habitants,  il  a 
a  un  fort  mouvement  opposé  à  la  continuation  de  l'exploitation  de  la  ligne  dans  les 
conditions  actuelles  et  l'opinion  générale.,  est  qu'elle  devrait  être  exploitée  par  le  gou- 
vernement. On  dit  qu'aussi  longtemps  qu'elle  sera  exploitée  par  la  Compagnie  de 
Vale  il  ne  sera  pas  possible  d'exploiter  d'autres  industries  dans  le  genre  des  mines  de 
charbon,  par  le  fait  que  la  Compagnie  de  Vale  ne  construira  pas  d'embranchements  et 
ne  procurera  aucune  facilité  de  transport  qui  aurait  pour  but  de  favoriser  des  exploi- 
tations de  charbon  qui  feraient  concurrence  à  ses  propres  mines.  On  dit  qu'il  y  a  des 
gisements  de  charbon  considérables  tout  près  de  ceux  de  Vale,  et  qu'ils  ne  peuvent 
être  exploités  parce  que  la  Compagnie  de  Vale  refuse  de  procurer  les  facilités  né- 
cessaires. L'un  de  ces  gisements  consiste  en  13  milles  carrés,  et  l'on  estime  qu'il 
contient  une  très  grande  quantité  de  charbon.  On  a  l'assurance  que  si  cet  embran- 
chement était  administré  et  exploité  par  le  gouvernement,  ce  que  l'on  appelle  les 
gisements  de  charbon  de  Barton  seraient  exploités  à  fond.  Dans  une  conversation 
que  nous  avons  eue  avec  M.  Bood,  de  la  Compagnie  Bood  et  McGregor,  qui,  avec 
M.  Grant,  le  Dr  McKay,  et  d'autres,  sont  propriétaires  des  gisements  de  Barton, 
M.  Rood  nous  a  appris  que  le  charbon  du  gisement  de  Barton  consiste  en  une  veine  de 
8  pieds  d'épaisseur  qui  a  été  reconnue  comme  étant  un  charbon  aussi  bon  que  celui 
qui  est  extrait  des  mines  de  Marsh  ou  de  Vale.  Il  a  été  calculé  aussi  que  la  quantité 
de  charbon  que  contient  le  gisement  de  Barton  est  estimée  à  deux  millions  de  tonnes. 

En  outre  des  13  milles  carrés  de  la  Compagnie  Bood,  Grant,  il  y  a  aussi  de  grands 
gisements  qui  appartiennent  à  la  succession  Victor  G.  Gray,  et  d'autres  gisements  en- 
core appartenant  à  la  Compagnie  houillère  d'Acadie  ainsi  qu'à  la,' Nova  Scotia  Steel  and 
Coal  Co.  M.  Bood  nous  a  appris  que  leur  intention  était  d'exploiter  les  gisements  con- 
nus sous  le  nom  de  gisements  Barton,  qu'ils  avaient  acquis  déjà  des  machines  dans  ce 
but,  qu'ils  ont  déjà  fait  fonctionner  une  petite  machine  et  extrait  800  à  1,000  tonnes 
de  charbon,  mais  que  lorsqu'ils  s'adressèrent  à  la  Compagnie  houillère  de  Vale  pour 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  83 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

faire  avec  elle  un  arrangement  ou  passer  un  contrat  pour  le  transport  de  leur  charbon, 
elle  refusa  de  le  transporter,  et  que  par  conséquent  le  charbon  qu'ils  avaient  déjà 
extrait  a  dû  rester  là  jusqu'à  ce  qu'il  fut  enlevé  par  des  attelages.  Il  a  été  enlevé 
par  des  fermiers  des  environs,  mais  en  raison  du  refus  de  la  Compagnie  de  Vale 
de  transporter  leur  charbon  ils  ont  été  obligés  d'interrompre  l'exploitation,  car  il 
ne  leur  était  pas  possible  d'entreprendre  la  construction  d'un  chemin  de  fer  qui 
leur  serait  propre.  M.  Rood  nous  a  dit  que  quelques  capitalistes  de  Toronto  ont 
maintenant  l'offre  d'acheter  les  gisements  de  charbon  qui  sont  sa  propriété  et  celle 
de  ses  associés.  Il  est  permis  de  penser  que  si  cette  ligne  était  la  propriété  du  gou- 
vernement cela  aurait  pour  conséquence  l'exploitation  d'un  immense  gisement  de  char- 
bon qui  est  actuellement  improductif.  Il  en  résulterait  probablement  une  augmenta- 
tion de  trafic  au  profit  de  l'Intercolonial,  et  cela  aurait  une  influence  heureuse  sur 
à  l'extrémité  de  la  ligne.  Il  y  a  aussi  du  bois  qui  se  trouve  actuellement  à  moins  de 
partir  de  Thorburn  qu'à  partir  de  Sunny-Brae,  où  on  le  prend  actuellement. 

En  outre  de  cela  il  y  a  une  région  bien  habitée  et  tributaire  de  Thorburn  qui  est 
à  l'extrémité  de  la  ligne.  H  y  a  aussi  du  bois  qui  se  trouve  actuellement  a  moins  de 
5  ou  6  milles  de  Thorburn  et  qui  pourrait  être  beaucoup  plus  facilement  transporté  à 
partir  de  Thorburn  qu'à  partir  de  Sunny-Brae  où  on  le  prend  actuellement. 

La  Compagnie  houillère  de  Vale  ne  fait  pas  de  service  des  voyageurs  entre  New- 
GL-isgcw  et  Thorburn,  elle  ne  pourvoit  pas  au  transport  des  voyageurs  sur  cette  ligne 
et  ne  procure  aucune  facilité  à  ce  genre  de  trafic;  mais  si  l'on  organisait  un  service 
de  voyrgeurs,  il  n'est  pas  douteux  que  la  circulation  entre  Thorburn  et  New-Glasgow 
et  celle  des  voyageurs  qui  viendraient  de  la  région  environnante  pour  prendre  le  train 
et  ci  sont  actuellement  obligés  de  se  sevirr  de  voitures  pour  aller  à  New-Glasgow, 
suffiraient  au  moins  à  en  payer  les  frais. 

Pour  ce  qui  concerne  le  contrat  intervenu  entre  la  Nova  Scotia  Steel  and  Coal  Co. 
et  la  Compagnie  houillère  de  Vale  au  sujet  de  l'utilisation  des  mines  de  Marsh,  on 
nous  a  appris  que  ce  contrat  a  été  fait  pour  un  terme  de  douze  années,  et  qu'il  doit 
durer  encore  environ  4^  ans.  La  Nova  Scotia  Steel  and  Coal  Co.  confirme  que 
d'après  ce  contrat  elle  n'est  pas  autorisée  à  extraire  du  charbon  dans  un  autre  but  que 
pour  ses  propres  usines  à  Thorburn,  et  qu'elle  ne  peut  en  vendre  une  quantité  quel- 
conque dnns  un  autre  but.  La  Nova  Scotia  Steel  and  Coal  Co.  déclare  que  tout  le 
charbon  qu'elle  extrait  des  mines  de  Marsh  peut  être  consommé  à  ses  usines  de  Trenton, 
et  que,  puisqu'il  en  est  ainsi,  les  termes  de  l'accord  en  vertu  duquel  elle  travaille  de 
concert  avec  la  Compagnie  houillère  de  Vale  lui  donnent  toute  satisfaction. 

Il  y  a  une  autre  phase  qui  ne  doit  pas  être  passée  sous  silence,  et  est  que  dans  le 
cas  où  le  gouvernement  se  chargerait  de  l'administration  de  cet  embranchement,  même 
si  les  gens  de  Vale  se  montraient  disposés  à  le  céder,  notre  opinion  est  que  le  prix  que 
la  Compagnie  de  Vale  aurait  à  payer  pour  le  transport  de  son  charbon,  ne  pourrait 
pas  dépasser  le  tarif  que  l'on  paye  à  partir  de  New-Glasgow  et  d'autres  endroits  d'où 
l'on  expédie  du  charbon  dans  le  voisinage  immédiat.  Cela  veut  dire  que  nous  aurions 
à  transporter  le  charbon  de  la  mine  à  New-Glasgow,  où  il  nous  est  actuellement  livré, 
sans  réclamer  pour  cela  rien  de  plus  que  ce  que  nous  recevons  actuellement.  En 
outre,  pour  ce  qui  concerne  le  charbon  que  l'Intercolonial  reçoit  actuellement  de  la 
mine  de  Vale,  nous  aurions  sans  aucun  doute  à  payer  à  la  mine  le  même  prix  que  celui 
que  nous  payons  actuellement  à  New-Glasgow,  et  à  le  transporter  sur  une  longueur 
de  6  milles  de  plus,  c'est-à-dire  la  longueur  du  chemin  de  fer  de  Vale. 

E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY. 


84  LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

CHEMIN  DE  FER  DE  VALE  DE  LA  COMPAGNIE  HOUILLERE  D'AOADIE. 

Ce  chemin  de  fer  relie  à  Thornburn  la  mine  de  charbon  de  la  compagnie  avec  la 
ligne  de  l'Intercolonial.     Le  point  de  jonction  est  New-Glasgow. 

TRACÉ. 

H  est  assez  bon.     La  courbe  maximum  est  de  7  degrés. 

RAMPES. 

La  différence  de  niveau,  d'environ  230  pieds,  entre  New-Glasgow  et  Thornburn, 
est  franchie  au  moyen  de  rampes  discontinues,  ainsi  que  l'indique  le  profil  ci-annexé. 
Il  y  a,  dans  ce  sens,  diverses  parties  du  projet  où  les  rampes  sont  de  1J  pour  100,  et 
dont  l'une  a  plus  d'un  mille  de  longueur.  Le  trafic  principal  se  fait  dans  l'autre  sens, 
alors  que  les  pentes  sont  si  courtes  qu'elles  permettent  une  exploitation  de  voie  des- 
cendante. 

EMPLACEMENT   DE    LA   VOIE. 

L'emplacement  de  la  voie  a  une  largeur  de  100  pieds.  De  petits  bouleaux  et 
quelques  autres  arbrisseaux  y  ont  quelque  peu  poussé.  Mais  cela  pourra  être  facile- 
ment nettoyé.    Cela  ne  devrait  pas  coûter  plus  de  $35  par  mille. 

La  moitié,  environ,  de  la  ligne  n'est  pas  clôturée.  Le  reste  de  la  ligne  est  clôturé 
au  moyen  de  trois  rangs  de  ronce  artificielle  fixés  à  des  poteaux  d'épinette,  et  ce  genre 
de  clôture  a  très  peu  de  valeur. 

RAILS. 

Ce  sont  des  rails  de  <56  livres  à  la  verge,  dont  la  section  mesure  4  pouces  par  4 
pouces  et  qui  sont  en  assez  bon  état.  Bien  que  ce  soient  de  vieux  rails  qui  ont  été 
fournis  par  l'Intercolonial,  ils  étaient  de  si  bonne  qualité  qu'ils  sont  très  peu  usés. 
80  pour  100  au  moins  de  ces  rails  sont  encore  en  excellent  état. 

Les  éclisses  dont  on  se  sert  ont  quatre  trous,  et  ne  peuvent  faire  de  bons  joints. 

TRAVERSES. 

Environ  la  moitié  de  la  ligne  est  bien  pourvue  de  traverses,  l'espace  maximum 
entre  chacune  étant  de  26  pouces  d'axe  en  axe.  Sur  l'autre  moitié  de  la  ligne  les  tra- 
verses n'ont  pas  encore  été  convenablement  espacées.  Il  faudrait  une  moyenne  de 
1,200  traverses  par  mille  pour  mettre  la  ligne  en  bon  état.  Les  traverses  sont  en 
épinette  et  en  .pruche. 

VOIE. 

La  chaussée  est  en  très  bon  état,  et  la  voie  peut  être  entretenue  à  très  peu  de  frais, 
car  elle  est  à  un  bon  niveau  et  bien  drainée.  Les  tranchées  sont  peu  profondes.  La 
voie  est  très  bien  ballastée  avec  du  gravier  et  des  déchets  de  charbon  provenant  des 
mines. 

PONCEAUX. 

Il  y  a  10  tuyaux  de  fonte  mesurant  de  18  à  26  pouces  de  diamètre  et  deux  tuyaux 
d'argile  de  15  et  de  30  pouces  de  diamètre  respectivement.  Ils  sont  en  bon  était,  à  l'ex- 
ception des  murs  de  l'extrémité  de  l'un  des  ponceaux.  Il  y  a  quatre  ponceaux  fermés 
en  pierre,  dont  deux  ont  besoin  de  réparations.  Sur  six  ponceaux  fermés  en  bois, 
quatre  ont  besoin  d'être  remplacés,  ainsi  que  quatre  fosses-bestiaux. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  85 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

PONTS   ET   VIADUCS. 

Il  n'y  a  pas  de  ponts  sur  cette  ligne.  Il  y  a  un  petit  pont  temporaire  sur  chevalets 
et  une  traverse  de  chemin  public  au-dessus  de  la  voie,  ainsi  qu'indiqué  sur  le  plan. 

T.  C.  BURPEE. 

CHEMIN  DE  EER  DE  LA  COTE  NORD. 

Ce  chemin  de  fer,  connu  primitivement  sous  le  nom  de  chemin  de  fer  de  Beersville, 
et  exploité  par  la  Compagnie  de  chemin  de  fer  et  de  charbonnage  de  Beersville,  est  relié 
à  rintercolonial  à  Adamsville,  à  30  milles  au  nord  de  Moncton.  Il  va  dans  la  direc- 
tion de  l'est,  à  travers  le  comté  de  Kent,  N.-B.;  après  un  parcours  d'environ  six  milles 
et  demi  il  atteint  la  mine  de  charbon  de  Beersville,  sur  les  bords  de  la  rivière  Coal- 
Branch  qui  est  un  affluent  de  la  rivière  Richibouctou.  Il  y  a  aussi  un  embranchement 
qui  va  du  voisinage  de  Beersville  à  la  mine  de  la  Canadian  Coal  Company,  à  environ 
deux  milles  et  demi  dans  la  direction  du  sud,  ce  qui  fait  une  longueur  totale  d'environ 
huit  milles  et  trois  quarts. 

La  région  que  traverse  la  ligne  est  une  région  agricole  très  peu  peuplée,  avec  très 
peu  de  bois  de  n'importe  quelle  taille  dans  le  voisinage  de  la  ligne,  à  l'exception  d'un 
endroit  qui  se  trouve  à  trois  milles  d' Adamsville.  On  y  trouve  un  peu  de  pruche  et 
de  bois  dur,  qui  sont  tous  deux  coupés  en  quantités  limitées  et  expédiés  à  diverses  lo- 
calités sur  la  ligne  de  l'Intercolonial.  Du  haut  des  collines  de  Beersville  on  peut  voir 
une  étendue  considérable  du  pays,  et  il  paraît  être  semblable  à  la  région  qui  avoisine 
le  chemin  de  fer. 

La  mine  de  Y  Impérial  Coal  Company  est  à  Beersville,  et  la  galerie  n°  1  de  la 
Northern  Coal  Company  est  à  une  petite  distance  de  là.  Ces  deux  mines  sont  consi- 
dérées comme  rapportant  30  tonnes  par  jour.  A  l'extrémité  de  l'embranchement  dont 
il  a  été  question  se  trouve  la  mine  de- la  Canadian  Coal  Company,  actuellement  aban- 
donnée, ainsi  que  la  galerie  n°  2  de  la  Northern  Coal  Company,  dont  on  vient  d'entre- 
prendre l'exploitation,  mais  il  n'y  a  aux  deux  endroits  qu'un  très  petit  nombre  de 
maisons,  et  celles  qui  sont  dans  le  voisinage  de  la  Canadian  Coal  Company  semblent 
être  pour  la  plupart  inoccupées. 

Durant  l'année  1907  la  ligne  a  eu  à  transporter  de  différents  points  jusqu'à  sa 
jonction  avec  l'Intercolonial  52  wagons  de  traverses,  15  de  bois  à  brûler  et  14  d'écorce 
de  pruche,  mais  elle  avait  été  construite  dans  le  but  de  pourvoir  au  transport  pour  l'In- 
tercolonial du  charbon  extrait  des  mines.  C'est  là  son  principal  trafic,  et  elle  en  tire 
ses  plus  importants  moyens  d'existence,  car  il  n'y  a  sur  cette  ligne  qu'une  très  faible 
circulation  soit  de  voyageurs  soit  de  marchandises. 

La  plus  grande  partie  du  charbon  extrait  des  diverses  mines  est  vendue  au  chemin 
de  fer  Intercolonial.  Quelques  wagons  sont  vendus  aux  fournisseurs  du  Transconti- 
nental et  de  l'International  et,  un  petit  nombre  à  des  particuliers,  mais  il  ne  semble  pas 
que  les  compagnies  aient  fait  des  efforts  quelconques  pour  s'assurer  des  commandes  de 
particuliers,  en  sorte  qu'elle  dépend  maintenant  presque  entièrement  des  commandes  de 
l'Intercolonial. 

Le  prix  payé  pour  le  transport  du  charbon  à  partir  dos  mines  jusqu'à  la  jonction 
est  de  quarante  cents  par  tonne  brute,  et  c'était  déjà  le  tarif  appliqué  au  chemin  de 
fer  à  l'époque  où  il  faisait  partie  de  la  Compagnie  de  charbonnages. 

MATÉRIEL. 

Il  y  a  un  bâtiment  de  gare  à  Beersville  et  l'équipement  se  compose  de  1  locomotive, 
1  voiture  de  première  classe,  1  wagon  fermé,  1  wagon  plat. 

L'existence  de  cette  ligne  dépend  entièrement  du  succès  de  l'exploitation  des  mines 
de  charbon,  et  si  elles  devaient  à  un  moment  quelconque  être  abandonnées,  il  n'y  aurait 


LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AU 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

plus  besoin  d'un  service  de  transport  quelconque.  Cela  étant,  nous  ne  pouvons  faire  de 
.prédiction  quelconque  relativement  à  l'importance  du  trafic  dans  l'avenir.  Il  nous  sem- 
ble en  effet  que  tout  dépend  de  l'étendue  possible  des  gisements  de  charbon,  et  ce  serait 
l'affaire  des  ingénieurs  des  mines  de  déterminer  si  l'exploitation  de  ces  mines  est  suscep- 
tible d'atteindre  avec  avantage  un  grand  développement.  Si  ces  mines  venaient  à  man- 
quer ou  s'il  était  reconnu  que  leur  rendement  n'est  plus  profitable,  il  en  résulterait 
que  si  le  chemin  de  fer  appartenait  au  gouvernement  ce  dernier  se  trouverait  avoir 
sur  les  bras  un  chemin  de  fer  qui,  à  notre  avis,  serait  improductif. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Le  service  consiste  en  deux  trains  par  jour,  dans  chaque  sens,  entre  Beersville  et 
Adamsville.    Le  prix  est  de  25  cents  dans  chaque  sens. 

EXERCICE. 


Nombre  de  voyageurs  transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées. 

Recettes  pro\  enant  des  voyageurs 

Recettes  provenant  des  marchandises 

Recettes  diverses 

Recettes  brutes. 

Frais  d'exploitation 

Tonnage  transféré  â  l'Interc.  â  Adamsville 

Tonnage  reçu  de  l'Interc.  â  Adamsville 


1904-5. 


850 

3,727 

170  00 

914  50 


1,084  50 
2,660  00 


1905-6. 


1,158 

5,257 

$     160  00 

1,490  60 


1,650  60 
4,509   14 


1906-7 


591 

5,673 

$     147  87 

2,239  00 


2.416  87 
4,395  38 


E.  TIFFIN, 
D.  A.  STOKY. 


CHEMIN  DE  FER  DE  YORK  ET  CARLETON 

Le  chemin  de  fer  de  York  et  Carleton  est  relié  à  l'Intercolonial  à  Cross-Creek,  lo- 
calité située  à  26  milles  à  l'est  de  Frédéricton,  sur  l'embranchement  de  Frédéricton.  Il 
se  dirige  vers  le  nord  à  travers  le  comté  d'York,  N.-B.,  en  suivant  la  rive  est  de  la 
Nashwaak  jusuqu'au  ruisseau  Ryan,  qui  est  à  une  distance  d'environ  10  milles.  La 
principale  localité  de  cette  ligne  est  Stanley,  qui  se  trouve  à  cinq  milles  et  demi  de 
Cross-Creek. 

La  ligne  traverse  une  région  qui  fut  jadis  très  boisée.  On  y  rencontrait  de  l'épi- 
nette,  de  la  pruche,  du  bouleau  et  de  l'érable  ;  mais  l'épinette  a  été  presque  toute  coupée 
et  flottée  sur  la  rivière.  Là  où  le  pays  n'a  pas  été  tout  dépouillé  de  ses  bois,  et  où  l'on 
a  fait  de  la  culture,  les  bois  francs  et  la  pruche  ont  continué  à  croître  et  constituent 
actuellement  le  principal  trafic  de  la  ligne.  Les  premiers  s'expédient  sous  forme 
de  bois  à  brûler  et  servent  à  la  consommation  domestique  à  Frédéricton. 
merces.  Les  autres  bois  s'expédient  sous  forme  de  planches,  traverses  et  bois  de  char- 
pente en  différents  endroits.  On  expédie  aussi  de  l'écorce  pour  la  fabrique  d'extraits 
de  Millerton.    Le  trafic  total  pour  1907-1908  atteint  7,284  tonnes. 

On  construit  actuellement  au  confluent  du  ruisseau  Ryan  et  de  la  rivière  Nash- 
waak  une  scierie  qui  débitera  non  seulement  la  pruche  et  le  bois  franc,  mais  aussi 
l'épinette.  On  dit  qu'une  grande  partie  des  3  à  5  millions  de  pieds  de  billes  de  bois  qui 
sont  flottés  chaque  année  sur  le  ruisseau  Ryan  sera  débité  à  cette  scierie. 

D  y  a  de  bon  terrain  propre  à  la  culture  le  long  de  la  ligne,  et  dans  les  régions 
plus  éloignées  qui  dépendent  également  du  chemin  de  fer  on  fait  de  belles  récoltes  de 
foin.  On  en  expédie  chaque  saison  environ  3,500  ou  4,000  tonnes.  On  exploite  aussi 
une  petite  laiterie. 

On  élève  de  bon  bétail  et  la  région  semble  très  favorable  à  cette  industrie. 


CHEMIN  DE  FER  INTERCOLONIAL  87 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

RECETTES   PROVENANT  DES    MARCHANDISES. 

Les  recettes  provenant  des  marchandises  ont  été  de  $1,707.31  en  1907,  contre  $3,- 
V350.19  en  1907-1908  pour  10,228  tonnes. 

SERVICE  DES  TRAINS. 

Ce  service  consiste  en  deux  trains  mixtes  chaque  jour  dans  chaque  sens. 
D'assez  bonnes  correspondances  sont  établies  avec  l'Intercolonial  à  Cross-Creek,  mais 
le  matériel  fourni  (qui  consiste  en  une  voiture  combinée  de  première  classe  à  voyageurs 
et  à  bagage)  est  plutôt  médiocre  et  pas  du  tout  de  nature  à  encourager  aux  voyages. 
Le  tarif  de  transport,  de  Stanley  à  Cross-Creek,  c'est-à-dire  sur  une  longueur  de  cinq 
milles  et  de  demi,  est  de  25  cents,  ou  de  40  cents  aller  et  retour. 

RECETTES  PROVENANT  DES  VOYAGEURS. 

Les  recettes  provenant  des  voyageurs  ont  atteint,  en  1906-1907,  $816.79,  et  se  sont 
élevées,  en  1907-1908,  à  $1,119.60,  pour  4,700  voyageurs. 

POSTES. 

Bien  que  le  service  de  la  poste  soit  fait  sur  cette  ligne,  le  chemin  de  fer  n'enregis- 
tre pas  de  recettes  de  ce  fait  ;  il  paraît  que  le  transport  gratuit  de  la  poste  est  une  des 
conditions  de  la  charte. 

MARCHANDISES    EN    GRANDE    VITESSE. 

La  Canadian  Express  Co.  fonctionne  sur  la  ligne,  mais  les  recettes  de  cette  source 
n'ont  atteint  en  1906-1907  que  la  somme  de  $30. 

MATÉRffiL. 

Il  y  a  des  maisons  de  gare  à  Stanley  et  à  Eyan's-Brook,  et  la  ligne  dispose  du  ma- 
tériel suivant  :  2  locomotives,  1  voiture  combinée  pour  voyageurs,  marchandises  et  mar- 
chandises en  grande  vitesse,  1  wagon  fermé,  6  wagons-plateformes,  1  chasse-neige.  Mais 
jpas  un  de  ces  véhicules  ne  pourrait  être  utilisé  sur  la  ligne  de  l'Intercolonial. 

RECETTES. 

Les  recettes  totales  pour  1906-7  ont  été  de $2,854  10 

Frais  d'exploitation 3,780  75 

Soit  un  déficit  de 1,196  15 

Les  recettes  totales  pour  1907-8  ont  été  de $4,642  79 

Frais  d'exploitation 

Soit  un 

Le  prolongement  de  cette  ligne  jusqu'à  Ryan's-Brook,  qui  vient  de  se  terminer, 
donnera  sans  doute  un  certain  développement  au  trafic  du  bois  de  construction,  et  nous 
pensons  que  si  l'Intercolonial  se  chargeait  de  l'administration  de  ce  chemin  de  fer  un 
développement  plus  grand  encore  s'ensuivrait,  non  seulement  dans  le  trafic  du  bois  de 
construction,  mais  dans  tous  les  autres  produits  de  la  forêt  et  notamment  les  bois  à 
brûler,  les  traverses  et  l'écorce. 

Quand  il  s'agit  d'un  pays  boisé  abondamment  pourvu  de  bois  franc,  il  est  difficile 
de  prédire  l'avenir.  Dans  l'Ontario  le  bois  franc  devient  chaque  année  plus  rare  et 
plus  cher.  Nous  croyons  que  le  bois  de  charpente  que  l'on  trouve  ici,  étant  de  taille 
superbe,  de  belle  qualité,  sera  l'objet  d'une  demande  croissante  d'année  en  année.    En 


LIGNES  D'EMBRANCHEMENT  RE  LIEES  AU 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

outre  ou  pourrait  avantageusement  le  manufacturer  sur  place  et  en  faire  du  bois  à 
plancher,  des  manches  d'outils,  des  sièges,  etc.  Au  point  de  vue  du  trafic,  il  faudrait 
considérer  cela  comme  une  ressource  avantageuse. 

Nous  estimons  aussi  qu'avec  un  meilleur  service  de  train,  un  matériel  moderne 
et  une  meilleure  voie,  les  recettes  provenant  des  voyageurs  s'accroîtraient  sensible- 
ment. Enfin,  sous  l'administration  du  gouvernement  il  y  aurait  encore  à  tenir  compte 
d'un  petit  revenu  provenant  du  service  de  la  poste. 

Une  bonne  partie  de  ces  augmentations  de  recettes,  que  nous  prévoyons  par  anti- 
cipation, pourrait  résulter  immédiatement  de  la  réduction  des  tarifs  qui  résulterait 
elle-même  de  la  fusion  de  cette  ligne  au  réseau  de  l'Intercolonial.  Le  montant  des 
recettes  provenant  d'un  même  tonnage  pour  le  transport  à  une  même  distance  serait 
assurément  moindre,  mais  nous  estimons  que  le  développement  et  l'augmentation  du 
trafic  feraient  plus  que  combler  la  différence. 

Les  bois  francs  de  ces  forêts  sont  la  pluâ  grande  source  de  revenu  de  toute  cette 
région.  Il  s'ensuit  que  tout  ce  qui  contribuera  à  agrandir  le  marché  de  ces  produits 
sous  n'importe  quelle  forme  sera  hautement  profitable  à  la  région. 


1904-5. 

1905-6. 

190  -7. 

Nombre  de  passagers  transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

Recettes  provenant  des  marchandises 

4,400 

2,569 

$    1,008  34 

1,879  57 

75  00 

2,962  91 

3,901  00 

4,650 

4,101 

$    1,095  66 

1,785  00 

35  00 

2,915  00 

4,015  43 

$       816  79 

1,708  31 

60  00 

Recettes  brutes 

2,584   10 

Dépenses  d'exploitation 

3,780  75 

Tonnage    transféré  à    l'Interc.  à  Cross-Creek    1906-7, 
recettes  de  l'Intercolonial .   ... 

3,799    tonnes, 

3,965  20 

Tonnage  reçu  de  l'Interc.  à  Cross-Creek,  1906-7,  1,449  tonnes,  recettes 
de  l'Intercolonial .... 

3,423  95 

• 

E.   TIFFIN, 
D.  A.   STOEY. 

CHEMIN  DE  FEE  DE  TEMISCOUATA. 


Ce  chemin  de  fer  est  relié  à  l'Intercolonial  à  la  Eivière-du-Loup,  Québec,  ville 
prospère  d'environ  8,000  habitants  située  sur  les  rives  du  Saint-Laurent.  Le  chemin 
de  fer  va  dans  la  direction  du  sud  jusqu'à  Edmundston,  N.-B.,  ville  grandissante  qui 
compte  quelque  1,500  à  1,800  habitants  et  qui  est  située  au  confluent  des  rivières 
Madawaska  et  Saint-Jean.  Edmundston  est  aussi  le  point  de  jonction  du  Pacifique- 
Canadien  et  du  Transcontinental;  elle  est  à  81  milles  de  la  Eivière-du-Loup.  Ensuite 
la  ligne  se  dirige  vers  l'ouest  le  long  de  la  rivière  Saint- Jean  jusqu'à  Connors,  qui 
est  une  distance  de  32  milles.  La  longueur  totale  de  la  ligne  est  donc  de  113  milles. 
Cabano,  située  à  43  milles  de  la  Eivière-du-Loup,  est  la  principale  localité  intermé- 
diaire.    On  y  trouve  la  plus  grande  scierie  de  la  ligne. 

A  partir  de  trois  milles  de  la  Eivière-du-Loup  jusqu'à  Saint-Honoré,  c'est-à-dire 
sur  une  longueur  de  27  milles,  la  ligne  monte  continuellement,  puis  elle  redescend 
jusqu'à  Edmundston.  Il  y  a  48  ponts  sur  la  ligne,  sans  compter  un  certain  nombre 
de  ponceaux. 

Dans  toute  sa  longueur  entre  la  Eivière-du-Loup  et  Edmundston  la  ligne  traverse 
une  région  fortement  boisée,  avec  de  grands  espaces  propres  à  la  culture  surtout  dans 
la  vallée  de  la  Madawaska. 

Entre  Edmamdston  et  Connors,  le  long  de  la  vallée  de  la  Saint-Jean,  qui  sépare  le 
Nouveau-Brunswick  de  l'Etat  du  Maine,  la  ligne  traverse  une  bonne  région  agricole 
le  long  de  la  rivière.     Il  y  a  aussi  de  vastes  régions  boisées  sur  les  collines  au  nord. 


fioi; 


CREMIH  DE  FER  INTERCOLOMAL  89 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

Dans  certaines  parties  du  pa^s  on  élève  un  nombre  considérable  de  bestiaux  et  de 
moutons,  et  le  nombre  en  augmente  insensiblement  d'année  en  anée. 

Le  bois  de  charpente  est  (et  restera  vraisemblablement  pendant  longtemps)  le 
principal  trafic  de  la  ligne. 

Les  coupes  de  bois  ont  une  très  grande  étendue.  Les  circonstances  nautrelles  se 
prêtent  au  flottage  du  bois  jusqu'aux  scieries  dans  des  conditions  qui  ne  sauraient  être 
plus  favorables.  Avec  des  soins  convenables  la  provision  de  cèdre  et  d'épinette  est  à 
peu  près  inépuisable.     Il  n'y  a  pas  de  pruche  dans  cette  région. 

On  a  expédié  en  1907  vingt  et  un  millions  de  pieds  d'épinette.  La  plus  grande  partie 
était  destinée  à  l'exportation.  Les  expéditions  de  l'été  se  font  via  Rivière-duLoup  et 
le  Saint-Laurent;  les  expéditions  de  l'hiver  sont  dirigées  sur  Saint- Jean  par  le  Pacifi- 
que-Canadien. On  en  expédie  toutefois  une  quantité  qui  va  en  augmentant  aux  mar- 
chés de  l'Ontario  et  des  Etats-Unis.  Une  partie  de  ces  expéditions-là  sont  faites  par 
la  Rivière-du-Loup  et  l'Intercolonial,  et  l'autre  par  le  chemin  de  fer  Pacifique-Cana- 
dien et  ses  embranchements. 

Le  cèdre  s'expédie  soit  en  poteaux  soit  en  traverses,  ou  scié  en  bardeaux  qui  se 
vendent  immédiatement.  On  les  coupe  et  les  expédie  en  grandes  quantités.  On  a 
écoulé  l'an  dernier  environ  quatre-vingt  mille  traverses. 

Les  coupes  de  bois  à  brûler  sont  très  étendues.  On  l'expédie  à  la  Rivière-du-Loup, 
où  il  est  consommé  sur  place.  Dans  plusieurs  parties  du  pays  on  coupe  le  bois  de 
pulpe  et  on  le  dégrossit,  puis  on  l'expédie  aux  pulperies  des  Etats-Unis.  D'un  seul 
endroit  on  en  a  expédié,  en  1907,  4,000  cordes. 

En  outre  de  la  scierie  de  Cabano,  dont  la  coupe  varie  entre  15  et  25  millions  par 
année,  il  y  a  d'autres  scieries  qui  coupent  de  un  demi-million  jusqu'à  trois  millions 
par  année.  Il  y  en  a  à  Whitworth,  Saint-Honoré,  Saint-Louis,  Notre-Dame-du-Lac, 
Sainte-Rose,  Eglise  Saint-Jacques;  toutes  possèdent  des  coupes  de  bois  d'une  étendue 
considérable. 

Sur  la  ligne  entre  Edmundston  et  Connors  on  prépare  du  bois  de  charpente  et  des 
ibardeaux.  A  Baker-Brook  il  y  a  une  scierie  mue  par  l'eau  qui  coupe  pendant  la  saison 
environ  un  million  et  demi  de  pieds  de  bois. 

On  transporte  à  différents  endroits  sur  la  rivière  des  quantités  considérables  de 
pommes  de  terre  qui  ont  été  récoltées  dans  l'Etat  du  Maine  et  que  l'on  expédie  par  che- 
min de  fer  sur  les  marchés  de  la  Nouvelle- Angleterre.  La  quantité  expédiée  varie  entre 
G0  et  300  wagons  par  an,  selon  la  récolte  et  les  conditions  du  marché. 

Ce  commerce  est  dans  son  ensemble  très  profitable,  et  le  trafic  qui  en  résulte  est 
susceptible  d'augmenter  d'année  en  année. 

On  fait  aussi  sur  la  rivière  un  trafic  considérable  de  bardeaux  coupés  dans  l'Etat 
du  Maine.  On  les  expédie  à  divers  points  de  la  Nouvelle- Angleterre.  Le  chemin  de 
fier  de  Témiscouata  est  jusqu'à  présent  le  seul  moyen  de  transport  par  rail. 

Le  total  des  marchandises  transportées  pendant  l'exercice  finissant  au  30  juin 
1907  a  été  de  113,845  tonnes. 

Les  recettes  provenant  des  marchandises  ont  été  de  $110,707.58  ;  pour  l'année  finis- 
sant en  juin  1908  le  tonnage  a  été  de  148,569  tonnes,  et  la  recette  de  $141,475.95.  Ce 
tonnage  se  décomposait  comme  suit  :  bois  scié,  2,061  wagons  ;  bois  à  lambris,  22  wagons  ; 
bois  à  brûler,  391  wagons;  poteaux  pour  clôtures,  6  wagons;  lattes,  173  wagons;  billes, 
334  wagons;  poteaux,  203  wagons;  bois  à  pulpe,  800  wagons;  bardeaux,  1,059  wagons; 
douves,  6  wagons;  bois  carré,  51  wagons;  traverses,  698  wagons;  déchets  de  scierie, 
4  wagons,  bois  à  bobines,  6  wagons. 

La  population  desservie  par  cette  ligne  de  chemin  de  fer  (non  compris  Rivière-du- 
Loup  et  Edmundston)  est  estimée  à  environ  15,000  habitants.  Le  nombre  de  construc- 
tions qui  s'élèvent  semblerait  inidquer  que  cette  population  s'accroît  dans  une  propor- 
tion satisfaisante. 

Durant  l'année  finissant  le  30  juin  1907  les  recettes  provenant  des  voyageur-  - 
sont  montées  à  $49,281.55. 

67—7 


90 


L!<;\i:s  D'EMBRANCHEMENT  RELIEES  AL 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Le  nombre  des  voyageurs  transportés  a  été  de  62,197.  Pour  l'année  finissant  le  30 
juin  1908  le  chiffre  des  recettes  a  été  de  $58,541.99  et  le  nombre  de  voyageurs  transpor- 
tés de  74,071. 

Le  service  des  trains  de  voyageurs  est  excellent.  11  y  a  un  train  express  et  un 
train  mixte  chaque  jour,  dans  chaque  sens.  Les  voitures  sont  à  tous  égards  du  dernier 
modèle,  et  la  direction  a  auprès  du  public  la  réputation  d'assurer  le  service  des  trains 
selon  l'heure  de  l'indicateur.  En  effet,  les  commerçants  et  les  autres  personnes  avec  les- 
quelles nous  avons  été  en  rapport  font  partout  un  très  grand  cas  de  ce  service. 

A  toutes  les  stations  les  salles  d'attente,  bien  que  petites,  sont  bien  meublées,  bien 
entretenues  et  chauffées.  Les  bureaux  des  gares  ainsi  que  les  hangars  à  marchandises 
sont  maintenus  en  excellent  état. 

POSTE. 

Deux  wagons-poste  circulent  chaque  jour  d'un  bout  à  l'autre  de  la  ligne.  Le 
ministère  des  Postes  paye  pour  ce  service  le  prix  normal  de  8  cents  par  mille.  Les 
recettes  de  ce  chef,  pour  1906-1907,  ont  été  de  $5,800.84. 

MARCHANDISES    EN    GRANDE    VITESSE. 

Le  service  des  marchandises  en  grande  vitesse  est  fait  de  concert  avec  la  Canadian 
Express  Company,  à  tant  pour  cent,  et  les  recettes  de  ce  chef  pour  l'année  1906-1907 
ont  été  de  $1,137.12. 

Les  recettes  provenant  de  la  poste,  des  marchandises  en  grande  vitesse  et  divers, 
pour  l'année  finissant  le  30  juin  1908,  ont  atteint  $8,083.13. 

RECETTES. 

Les  recettes  totales  pour  1906-1907  ont  été  de $172,195  15 

Les  frais  d'exploitation 135,645  16 

Kecettes  totales  pour  1907-1908 208,101  07 

Frais  d'exploitation 153,625  63 

Recettes  nettes 54,475  44 

Pour-cent  des  recettes  brutes  sur  les  frais  d'exploitation,  73.82  pour  100. 

SERVICE    DES    VOYAGEURS. 

Le  service  actuel  des  voyageurs  suffit  pleinement  aux  besoins  du  pays,  et  il  n'est 
pas  probable  que  ce  transport  puisse  augmenter  autrement  que  par  l'accroissement 
naturel  de  la  population. 

TÉLÉGRAPHE,  ETC. 

La  Western  Union  Telegraph  Company  fait  le  service  de  la  ligne,  et  deux  compa- 
gnie de  téléphone  ont  des  appareils  dans  chaque  station. 


MATERIEL  ROULANT. 

Le  matériel  roulant  se  compose  de  7  locomotives,  2  voitures  de  première  classe,  2 
en  grande  vitesse  et  service  de  la  poste;  39  wagons  fermés,  96  wagons  plates-formes 
en  grande  vitesse  et  service  de  la  poste;  39  wagons  fermés,  96  wagons  plate-formes 
(dont  35  sont  nouveaux  de  cette  année),  1  fourgon  de  payeur,  1  wagon  auxiliaire,  2 
wagons-cuisines,  4  wagons  de  chargement  et  1  chasse-neige. 

Cette  ligne  est  actuellement  pour  l'Intercolonial  un  affluent  avantageux  aussi  bien 
pour  ce  qui  concerne  les  voyageurs  que  pour  ce  qui  concerne  les  marchandises.  Et  elle 
n'est  pas  seulement  avantageuse  au  trafic  local  de  l'Intercolonial,  mais  aussi  aux  loca- 
lités qui  sont  en  concurrence  directe  avec  le  Pacifique-Canadien. 


CHEMIN  DE  FER  I XTERCOLOXIAL 


Ôl 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  67 

L'acquisition  de  cette  ligne  aurait  sans  aucun  doute  pour  résultat  un  accroissement 
du  chiffre  des  transports  via  Rivière-du-Loup  au  bénéfice  de  la  ligne  principale  de  l'In- 
tercolonial.  D'autre  part,  si  cette  ligne  venait  à  passer  entre  les  mains  d'une  autre 
compagnie,  l'Intercolonial  y  perdrait  certainement  une  grande  partie  du  trafic  qui  lui 
arrive  maintenant  de  la  Rivière-du-Loup.  Il  serait  bon  de  noter  ici  que  les  chemins  de 
fer  Témiscouata  et  Québec-Central  sont  la  propriété  des  mêmes  personnes.  Le  Québec- 
Central  a  actuellement  en  vue  le  prolongement  de  sa  ligne  de,  à,  ou  près  de  Saint- 
Henri  à  travers  la  région  jusqu'à  la  ligne  du  chemin  de  fer  de  Témis- 
couata.  Le  but  à  atteindre  est  Cabano  ou  près  de  Cabano.  En  l'atteignant  on  met- 
trait ces  deux  lignes  en  communication  et  cela  en  ferait  un  seul  réseau.  Si  cela  se 
produit,  il  en  résultera  une  sérieuse  diminution  dans  le  trafic  qui  passe  par  la  Rivière- 
du-Loup.  En  effet,  tout  le  trafic  que  nous  recevons  actuellement  du  chemin  de  fer  de 
Témiscouata  à  la  Rivière-du-Loup  et  que  nous  envoyons  aux  Etats  de  la  Nouvelle- An- 
gleterre, à  l'Etat  de  New-York,  à  Montréal  et  dans  l'Ouest,  serait  nécessairement  dé- 
tourné au  profit  du  Québec-Central  et  transporté  à  Sherbrooke,  à  Chaudière  et  autres 
points  de  jonction. 

Le  trafic  livré  à  l'Intercolonial  à  la  Rivière-du-Loup,  à  destination  des  endroits  plus 
haut  mentionnés,  pendant  l'année  1907,  s'est  élevé  à  46,992  tonnes,  qui  représentent 
(pour  l'Intercolonial  une  recette  de,  $54,765.97.  On  peut  voir  par  là  que  la  perte  que 
ferait  l'Intercolonial  serait  des  plus  sérieuses.  D'autre  part  encore,  si  le  gouvernement 
avait  l'administration  de  ce  chemin  de  fer,  une  grande  partie  des  marchandises  à  des- 
tination de  la  Nouvelle- Angleterre  aussi  bien  que  celles  à  destination  de  l'Ouest  et  qui 
sont  actuellement  livrées  au  Pacifique-Canadien  à  Edmunston,  pourraient  être  détour- 
nées au  profit  de  notre  ligne  principale  à  la  Rivière-du-Loup. 

Le  total  de  ce  trafic  rival  livré  au  Pacifique-Canadien  à  Edmunston  en 
1908  a  été  de  1,082  wagons,  soit  un  tonnage  approximatif  de  plus  de  16,000  tonnes. 
Nous  pourrions  en  expédier  la  totalité  via  Rivière-du-Loup,  ce  qui  porterait  le  tonnage 
total  du  trafic  assuré  à  l'Intercolonial  à  62,992  tonnes. 

M.  Grundy,  le  président  du  chemin  de  fer  de  Témiscouata,  m'informe  que  ce  che- 
min de  fer  a  réalisé  un  bénéfice  de  1  pour  100  sur  ses  obligations  hypothécaires  pendant 
l'année  finissant  en  juin  1908;  et,  ainsi  qu'il  a  déjà  été  établi,  il  y  a  tout  un  monde  de 
bonnes  limites  à  bois  qui  dépendent  de  ce  chemin  de  fer,  ce  qui  fait  que  selon  toute 
probabilité  cette  ligne  est  appelée  à  devenir  une  source  de  bénéfices. 


EXERCICES. 


Nombre  des  voyageurs  transportés 

Nombre  de  tonnes  de  marchandises  transportées 

Recettes  provenant  des  voyageurs 

Recettes  provenant  des  marchandises 

Recettes  diverses 

Recettes  brutes 

Dépenses  d'exploitation 

Tonnage  transféré  à  l'Interc.  pour  Montréal  et  l'ouest,  année  1907, 
8,999  tonnes,  recettes  de  l'Interc. 

Tonnage  transféré  à  l'Interc.  pour  des  localités  de  la  Nouvelle  An- 
gleterre, année  1907,  37,993  tonnes,  recettes  de  l'Interc 

Tonimge  reçu  de  l'Interc.  à  Rivière-du-Loup,  année  1805,  18,054 
bonne?,  recettes  de  l'Interc 


1904-5. 


48775 

100,851 

$43,688  03 

90,836  34 

10,796  94 

145,321  31 

130,377  61 


L905-6- 


$46 

99 

11 

157 

131 


56,413 
104,943 
,725  56' 
,176  51 
.182  69 
,084  76 
'461  37 


1906-7. 


62,197 
113,845 
$49,281  55 
110,707  b8 
12,206  02 
172,195  15 
135,645  16 

10,963  29 

43,802  68 

41,721  17 


E.  TIFFIN, 
D.  A.  STORY. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  87 


A.  1909 


RAPPORT 


SUR 


SU 


PAR 


THOMAS    COSTELLO 


OFFICIER  SPECIAL  DES  DOUANES 


IMPRIMÉ  PAR  ORDRE  DU  PARLEMENT 


OTTAWA 
IMPRIMÉ  PAR  C.  H.  PARMELEE,  IMPRIMEUR  DE  SA  TRES  EXCELLENTE 

MAJESTÉ  LE  ROI 
1909 
[N°  87-1909] 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  87  A.  1909 


RAPPORT 


SUR 

L'INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 


Bradford,  Yorkshire,  20  octobre  1908". 

M.  John  McDougald, 

Commissaire  des  Douanes, 
Ottawa,  Canada. 

Monsieur, — Ci-inclus  vous  trouverez  une  liste  complète  des  gages  actuellement 
payés  aux  ouvriers  employés  à*la  journée  ou  à  la  semaine  dans  les  manufactures  de  tissus 
de  laine  et  de  lainages  des  districts  de  Bradford,  Leeds  et  Huddersfield.  Vous  trouverez 
en  outre  des  listes  de  prix  pour  les  différentes  opérations  lorsqu'elles  sont  faites  à  com- 
mission par  des  peigneurs  et  fileurs,  ou  par  des  ouvriers  à  la  pièce.  Le  tout  avec  plusieurs 
estimations  montrant  le  rapport  du  coût  de  la  main-d'œuvre  à  celui  de  la  matière  pre- 
mière, etc.,  d'après  des  états  obtenus  de  différents  manufacturiers. 

LAINAGES. 

Dégraissage  et  teinture  de  la  laine  — 

Chefs  teinturiers       £2  10s.  et  au-dessus. 

Ouvriers £1  ls.  3d. 

Département  des  chiffons — 

Contremaître £1  15s. 

Alimentateurs  de  machines £1 

Emballeurs £1   ls. 

Surveillant  des  machines  14s.  à  16s. 

Scriblage  et  cordage — 

Chef  cardeur  (10  cardes) £3  à  £3  10s. 

Nettoyeurs  . .  . £1  5s. 

Ouvreurs £1  5s. 

T1  rameurs  (deux  machines) 16s.  à  18s. 

Apprentis  trameurs   15s. 

Femmes  et  jeunes  filles   13s.  à  15s. 

Manœuvres £1  à  £1  5s. 

Filage — 

Surveillant £2 

Ouvriers £1  à  £1  10s. 

Jeunes  gens,  rattacheurs 12s.  à  14s. 

Jeunes  tilles  m  10s.  à  Ils. 

LAINES   FILÉES.      OPÉRATIONS   DU   PKIGNAGE  ET  DU    FILAGE. 

Laines  anglaises  longues— 

Contremaître  du  peignage £3  10s. 

Laveurs  de  laine £1  3s. 

Finisseurs ...    £1  ?s. 

Peigneurs   16s.  6d. 

Préposés  aux  préparateurs 1.4s.  à  17s. 

m         aux  peignes  et  finisseurs 14s.  à  15s. 

de  nuit £1  à  £1  2s. 

h  aux  étireurs 13s. 

Peigneurs  à  la  tâche £L  ls. 

87-1J 


Par  semaine. 

£  12  16 

5  16 

8  81 

4  87 

5  11 

3  40  à  $3  89 

14  60  à 

$17  04 

6  09 

6  09 

3  90  à 

U  30 

3  65 

3  16  à 

$3  65 

4  87  à 

$6  08 

9  73 

6  08  à  $7  39 

2  92  à  $3  40 

2  43  à 

$2  68 

$17  03 

5  58 

5  34 

4  00 

3  33  à 

$4  05 

3  40  à 

$3  65 

4  86  à 

§5  34 

3  16 

5  10 

INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


Laines  Mérinos  ou  d'Australie 

Contremaître  du  peignage £3  10s. 

Surveillant  du  cardage   £3 

Alimentateurs  de  machiner .     . .  16s.  7d.  à  17s. 

Nettoyeurs 19s.  à  £1 

Déchargeurs 15s. 

Peigneurs 16s.  6d. 

Finisseurs 14s.  to  15s. 


Par  semaine. 
17  03 
14  60 

3  89  à  $4  13 

4  62  à  $4  86 

3  65 

4  01 

3  40  à  $3  65 


LAINES   D'AUSTRALIE   ET   DE  MÉRINOS. 

Filage— 

Surveillant £2 

Aides-fileurs £1  2s.  à  £1  4< 

Déchargeurs  (jeunes  garçons) Ss.  6d.  à  10s. 

ii  (jeunes  filles) % 8s.  6d.  a  10s. 

Occupés  une  demi-journée  (garçons  ou  filles) .  '. 4s.  à  5s. 


$9  73 

5  34  à  $5  83 
2  19  à  $2  43 
2  06  à  $2  43 
0  97  à  $1  22 


TISSUS   DE   LAINES  ORDINAIRES   ET   DE   LAINES   FILÉES. 

Parage  et  tordage  de  la  chaîne— 

Chef  chaîneur £1  14s.  à  £1 16s. 

Ouvriers £1 10s. 

Ouvrières 12s.  à  17s. 

Garçons  (occupés  \  journée) 5s. 

Chaîneurs  (femmes) 15s . 

m        (jeunes  filles) 9s .  6d . 

Piquage  en  peigne  13s.  à  17s . 

Rattacheuses  (jeunes  filles) 10s. 

Monteurs  de  la  chaîne . v £1  8s . 

lissage. 

Surveillant £2  10s.  à  £2  15s. 

Tourneurs  ou  arrêteurs £1  10s . 

Aides-tourneurs £1  à  £1  6s. 

Femmes  et  jeunes  filles 13s.  à  18s . 

Hommes £1  6s.  9d . 

Epinçage. 

Fpinceurs £1  ls. 

.Jeunes  femmes  et  filles   13s.  6.  à  14s.  6d. 

Raccommodage  (femmes) Ils.  à  15s. 

Foulage  et  ramage. 

Cheffouleur £1  15s. 

Dégraisseurs £1  5s.  ld. 

Etendeurs  et  aides . .  £1  2s.  à  £1  4s . 

Jeunes  garçons 10s . 

Finissage. 

Cheflaineur £1  15s. 

Ouvriers  laineurs £1  5s . 

Autres  ouvriers 18s. 

Séchage. 

Surveillant £1 15s.  à  £2. 

Coupeurs  (hommes)  ou  tondeurs £1  5s.  ld . 

Jeunes  garçons 10s.  à  12s. 

Presseurs  (nommes) £1  10s.  à  £1  15s . 

Machinerie  . 

Mécaniciens £1  14s. 

Ouvriers  de  filature,  en  général. 

Hommes 18s.  à  20s. 

Femmes 13s.  à  17s. 

ÉTOFFES   À   ROBES   DE   BRADFORD. 

Apprêteurs  £1 10s.  à  £1 14s. 

Chaîneurs  et  monteurs £1  8s.  à  £1  10s. 

Surveillants £1  ]  6s . 

Tisseuses  (femmes  et  filles) 14s.  à  17s. 

Epinceurs      n  ■>     . 13s.  6d.  à  14s.  6d. 


$8  27  à  $8  77 
7  39 

2  92  à  $4  13 

1  21 

3  65 

2  31 

3  16  à  $4  13 
2  43 
6  81 

12  16  à  $13  38 
7  30 

4  87  à  $6  33 
3  16  à  $4  38 
6  50 

5  11 

3  28  à  $3  52 

2  68  à  $3  65 

8  52 
6  09 

5  36  à  $5  84 
2  43 

8  52 
4  96 
4  38 

8  52  à  $9  73 

6  09 

2  43  à  $2  92 

7  30  à  $8  52 

8  26 


4  38  à  $4  87 
3  16  à  $4  13 


$7  39  à  $8  26 
6  81  à  $7  39 
8  75 

3  40  à  $4  13 
3  28  à  $3  52 


INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  87 

FABRICATION   DES  COUVERTURES. 

Par  semaine. 

Hommes £1  2s.  à  £1  6s.  $5  3G  à  $6  33 

Femmes 12s.  à  15s.  2  92  à  $3  «5 

Jeunes  gens  (au-dessus  de  15  ans) 9s.  à  12s.  2  19  à  $2  92 

TRAVAIL  À  LA  PIÈCE 

TRIAGE  DE  LA  LAINE  A  BRADFORD. 

Mérinos,  ce  qui  dans  la  plupart  des  cas  signifie  seulement  manipuler  la  marchandise — ls.  par  ballot  de  240  liv. 
Laines  pour  vêtements  ou  de  races  croisées  triées  pour  32s,  36s,  40s,  46s.  et  50s,  ls.  3d.  à  ls.  6d.  par  ballot 

de  240  liv. 
Laine  anglaise,  3s.  à  5s.  6d.  par  240  liv. 
Mohair  (de  Turquie),  9s.  6d.  par  ballot  de  240  liv. 
Mohair  (du  Cap),  5s.  6d.  par  ballot  de  240  liv. 

Les  hommes  travaillant  au  prix  ci-dessus  gagnent  de  28s.  à  30s.  par  semaine. 

LAINES   DE  TOUTES  CATÉGORIES. 

Travail  des  apprentis,  pour  la  première  année  à  10s.  par  semaine. 

h  ii  deuxième  année  au  prix  ci-dessus,  moins  de  \.     Ils  gagnent  ainsi  en 

moyenne  18s.  par  semaine. 

conversion  en  drap  renaissance.    (Travail  à  forfait). 

Effilage  et  transformation  des  chiffons  (par  ballot  de  240  liv.     5s. 
Exigeant  4  gallons  d'huile  à  ls.  par  gallon 4s. 

240  liv.  coûtent  lOSd.  ou  moins  de  \à.  par  livre .     9s. 

peignage  et  filage.     (Travail  à  forfait). 

6  écheveaux  de  fil  de  16  verges  chacun  =  96  verges  par  once  de  trame,  coûtent  ld.  par  livre. 

7£  écheveaux  =  120  verges  par  once  de  trame,  coûtent  l£d.  par  livre. 

2  à  3  écheveaux  de  trame  coûtent  §  de  d.  par  livre. 

8  écheveaux  coûtent  8d.  par  peloton  de  6  livres  ou  l£d.  par  livre. 

De  8  à  16  échevaux  et  au-dessus  coûtent  ld.  par  peloton  de  6  livres. 

De  16  écheveaux  et  au-dessus,  ^d.  par  peloton  de  6  livres. 

Le  peignage  peut  être  estimé  coûter  §  des  prix  ci-dessus. 

Le  filage  £  des  prix  ci-dessus. 

La  chaîne,  ld.  par  chaque  6  livres  en  plus. 

TARIF  PUBLIC   DE  PEIGNAGE  ET  DE  FILAGE   A  HUDDKRSFIELD,  OCTOBRE   1903. 
FILS   DE  LAINE. 

Base  de  calcul  :  1  écheveau  =  16  verges  par  once  ou  256  verges  par  livre. 

6  à    8  écheveaux,  lhd.  par  livre. 

9  à  11  „  1| 

12  à  13  m  2  h  éd.  pour  chaque  2  écheveaux  plus  fins. 

14  à  15  m  2i  i!  4d.  extra  pour  filage  sur  bobines. 

16  à  17  h  2*  ..  Jd.  ..         chaînes. 

18  à  19  „  2| 

20  à  21  .1  3  .1  Ces  prix  ne  comprennent  pas  la  préparation  de  la  matière  avant  le 

22  à  23  h  34;  .t  peignage,  le  mélange,  le  triage,  etc. 

24  à  25  .,  M 

26  à  27  ..  3§ 

28  à  29  „  4 

30  à  31  „  \\ 

FILAGE  SUR   FUSEAUX. 

Filage  à  la  pièce,  seul  comme  il  est  quelquefois  pratiqué  dans  les  district  de  Batley  et  de  Dewsbery. 
Laines  de  basses  qualités. 

Trame,  lAd.  pour  1  peloton  de  6  livres. 

Chaîne,  lfd.  m  h 

Le  tarif  ci-dessus  est  basé  sur  96  verges  à  l'once,  et  pour  chaque^lO  verges  au-dessus,  par  exemple  106 
verges  à  l'once,  \à.  par  peloton. 


6  IXhl  STRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1 

LAINES   FILÉES. 

Commission,  peignage  et  filage. 

Peignage  60s.     Australie  et  qualités  supérieures — 

6  liv.  de  traits  pour  1  liv.  peignons  et  qualités  supérieures,  2d.  par  trait. 

5  ii  1  »  qualités  inférieures,    2£d.        « 

3  In  h  2£d. 

Pour  préparer  les  laines — 

32s.,  36s.  et  40s.  :  pour  la  laine  traversant  les  peignes,  ld.  par  trait. 
44s.  n  i,  l£d.       h 

Cardage  des  laines  pour  peignage — 

44s.,  46s.  et  50s.  :—  l|d.  par  trait. 
56s.       lgd.  n 

Laines  mortes  et  avalies  £d.  en  sus. 
Laines  rudes  et  grenues,  jd.  en  sus. 

Les  prix  ci-dessus  sont  à  majorer  de  7£%. 


909 


PRIX   POUR  LE   FILAGE   ET   AUTRES   RENSEIGNEMENTS  SUR  LES  TYPES   DE   LAINE  SUIVANTS 


Type  de  laine. 


Anglaise  de  Leicester 

n  Kent 

n  Shropshire 

Races  croisées  B.  A 

m  m        Nouvelle-Zélande. 

Laines  mortes 

Mérinos  d'Australie 

,.       B.  A 

..       du  Cap 


Qualité. 


40s 

50s 
50s 
50s  à  56s 
40s 
64s 
60s 
60s 
64s 


Rétrécisse- 
ment 
habituel. 


% 
20 
24 
25 
38 
30 
Clo:  5 
50 
50 
62 


Tarage 

de  peignons 

par  trait. 


11  à  1 
10  à  1 

12  à  1 

10  à  1 

11  à  1 
Cardés. 

8*  à  1 
5|  à  1 
54  à  1 


Coût  du 
peignage. 


d. 


Coût  du 

filage 
par  livre. 


4 
5 
5 
5  à  6 
4 
7 
8j 
6| 
7 


Les  prix  ci-dessus  de  filage  s'appliquent  seulement  aux  laines  grises. 
Suppl.  : — Pour  les  laines  en  couleurs  :  5d.  par  livre  pour  le  noir  ;  6d.  pour  les  nuances  solides  et  vives  ; 
7d.  pour  les  couleurs  mélangées.    La  laine  filée  coûte  ld.  de  plus  que  les  mélanges  ;  les  laines 
torses  2d.  de  plus  que  les  mélanges. 

TISSUS   DE  LAINES   ORDINAIRES   ET  DE  LAINES  FILÉES. 

Moyenne  des  gages  pour  Vapprêtage  de  70  verges,  de  chaîne,  bout  à  bout. 

Nombre  de  bouts  dans  la  chaîne — 

1801  à  2200 2s.  6d.  par  70  verges  de  chaîne 

2201  à  2600 3s.  Od.                   n 

2601  à  3000 3s.  6d. 

3001  à  3400 4s.  ld. 

3401  à  3800 ....4s.  8d. 

3801  à  4200 5s.  3d. 

4201  à  4600 5s.  lOd. 

4601  à  5000 6s.  7d. 

5001  à  5400 7s.  2d. 

5401  à  5800 7s.  lOd. 

5801  à  6200 8s.  6d. 

En  plus — Pour  chacune  des  deux  couleurs  ci-dessus,  3^d.  par  couleur. 
Travail  à  Vheure  — 6gd.  par  heure. 

LISTE   DE  PRIX   POUR  LE  TORDAGE  DU   FIL  ET   LE   MONTAGE   DE   LA   CHAINE. 

Tordage  du  fil — 

A  la  machine  à  retordre 5d.  par  1000  bouts. 

m  n        (rayures) 5£J.  n 

Au  métier 6d.  n 

Piquage  en  peigne— 4ol.  par  1000  bouts. 

Montage  de  la  chaîne — (Remettage  et  piquage  en  peigne) — 

Remettages  simples  jusqu'à  14  mailles ls.  Od.  per  1000  bouts. 

n  n       de  14  à  20  mailles ls.  3d.  n 

n  n       au-dessus  de  20  mailles 1  s.  6d.  n 

Remettages  de  tous  genres ls.  6d.  n 

Jacquards ls.  3d.  m 

Ro  idéaux  ou  ensouples  supplémentaires  — ls.  par  ensouple  ou  rouleau. 
Travail  à  Vheu?'e—6d.  par  heure. 


INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  87 

TISSUS  DE  LAINES  ORDINAIRES  ET  LAINAGES  DE  LAINE  FILÉE. 

LISTE  TYPE   DES   GAGES   POUR  TISSEURS. 

District  de  Bradford. 

Draps. 

Jusqu'à  24  pouces  de  largeur  de  peigne.     Vitesse  ;  120  à  130  duites  par  minute.     70  verges  par  chaîne. 

CJn  tisseur  pour 
1  métier.    2  métiers. 

Tous  tissages  jusqu'à  8  mailles 3f d.  par  duite  par  \  de  pce. 

h  h  12     h      5^d.  ti  h 

Supplément.  Supplémentaire. 

1.  Rayures  unies  jusqu'à  3  couleurs id.      £d.  par  duite  par  \  de  pce. 

2.  h  h  4  couleurs  et  plus ld.  |d.  n 

3.  h       croisées  jusqu'à  3  couleurs |d.  |d.  n 

4.  n  n        4  couleurs  et  plus ld.  ld.  i, 

5.  Trames  de  couleurs,  excepté  quand  la  couleur  est  payée  par  la  chaî- 

ne comme  supp.  de  1  à  4 £d.  |d.  n 

G.  Boîtes  tournantes ld.  ld.  »' 

7.  Boîtes  tombantes lld.  lld.  n 

8.  Jacquards |d.  f  d.  h 

9.  Métiers  faisant  de  110  à  119  duites  par  minute ld.  ld.  n 

Par  pièce. 

10.  Au-dessus  de    8  mailles ljd.  par  maille. 

11.  ,.  12 l£d. 

12.  n  80  lisses ld.  ld.  pr.  chaque  5  lisses . 

13.  n  2  navettes 9d.  9d.  par  navette. 

14.  Une  seconde  ensouple ls.  9d.  par  pièce. 

15.  Au-dessous  de  9  duites. .    9d.  9d.         n 

16.  Chaînes  plus  courtes  que  140  verges ls.    6d.    ls.  pr.  la  chaîne  entière. 

ÉTOFFES  A  ROBES,  DOUBLURES,  ETC.— CHAÎNE  DE  70  VERGES. 

Jusqu'à  et  y  compris  38  pouces  de  largeur  dépeigne  2d.  par  duite  par  \  de  pouce. 

Tous  tissages  jusqu'à  et  y  compris  8  mailles,  tissés  d'une  couleur  pour  la  chaîne  et  la  trame — 

Au-dessus  de  38  pouces,  n'excédant  pas  47  pouces  de  largeur  de  peigne.. . .  2|d.  par  duite  par  £  de  pce. 

.1  47       n  ..  57       ..  .. 2Ad.  m 

,,  57       n  ..  66       ..  n 2|d.  .. 

66       .,  „  76       n  n  3Ïd. 


ASSOCIATION   DES  FILEURS  ET  TISSEURS   DE   LAINE   DE 

HUDDERSFIELD. 

TARIF    POUR    TISSEURS. 

Le  tarif  ci-après,  pour  18  pièces  de  10  pieds  chacune,  a  été  compilé  par  l'Associa- 
tion ci-dessus. 
;    Dans  les  cachemires  il  ne  sera  pas  payé  plus  de  3  navettes. 

6d.  en  sus  sont  accordés  pour  chaînes  d'une  seule  coupe  de  longueur,  jusqu'à  30  duites. 

9d  m  h  m  de  30  à  60  d. 

ls  ii  ii  n  au-dessus  de  60  d. 

Dans  tous  les  cas  \  penny  par  pièce  doit  être  ajouté  pour  chaque  2  mailles  au-dessus 
de  16  mailles. 

Les  tisseurs  conduisant  2  métiers  seront  payés   35  pour  100  ou  7s  dans  la  £,  au- 
dessous  du  tarif. 

Tous  dommages  imputables  à  la  négligence  seront  déduits. 

Aucune  discussion  ne  sera  admise  avec  les  apprentis  agréés  par  le  maître. 


INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
HOMMES-MÉTIERS  FAISANT  DE  70  À  80  DUITES  PAR  MINUTE. 


LAINAGE8  FILÉS  BLANCS, 

TOUS  AUTRES  TISSUS  DE  LAINE,  MÉLANGES,  OU  LAINAGES  FILÉS  EN 

COULEURS  GRAND  TEINT. 

Duitee. 

Une  ensouple. 

Deux  ensouples. 

Navettes. 

Navettes. 

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33  44 

35  3 

INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  87 

HOMMES-MÉTIERS  FAISANT  DE  70  À  80  DUITES  PAR  MINUTE-Fm. 


Duites. 


Lainages  filés  en  couleur. 


Une  ensouple. 


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Navettes. 


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Deux  ensouples. 


Navettes. 


s.  d. 

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13  9 

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26  6 

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29  10 

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37  6 

s.  d. 

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18  9 
20  3 

20  10é 

21  4é 

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22  7 
24  0 

24  6é 

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26  3 

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30  0 

31  6 

32  04 

32  7é 

33  2 
33  9 
35  3 

35  10 

36  4é 

36  114 

37  64 

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39  6é 


Lainages  filés 
seulement 

EN  BLANC. 


Une  ensouple. 


Navettes. 
1      1 


s.  d. 


15  1 


20  44 

20  104 

21  4| 

21  9 

22  3 

22  9 

23  3 
23  9 


s.  d. 

9  0 
9  6 

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10  6 

11  0 

11  6 
11  104 


13  6 

14  0 
14  44 

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15  6 

16  0 

16  6 

16  104 

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18  6 

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19  10é 

20  6 

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21  4é 

21  104 

22  4| 

23  0 
23  6 


23  10 

24  4 

24  1 

25  6 

26  0 


ASSOCIATION  DES  FILEURS  ET  TISSEURS  DE  LAINE  DE 
HUDDERSFIELD. 


TARIF    POUR    TISSEURS. 

Le  tarif  ci-après,  pour  18  pièces  de  10  pieds  chacune,  a  été  compilé  par  l'Associa- 
tion ci-dessus. 

Dans  les  cachemires  il  ne  sera  pas  payé  plus  de  3  navettes. 

6d.  en  sus  sont  accordés  pr.  chaînes  d'une  seule  coupe  de  longueur,  jusqu'à  30  duites. 

9d.  „  „  „  de  30  à  60  d. 

ls.  it  ii  m  au-dessus  de  60  d. 

Dans  tous  les  cas  J  penny  par  pièce  doit  être  ajouté  pour  chaque  2  mailles  au-dessus 
de  16  mailles. 


10  IX  DU  STRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  tisseurs  conduisant  2  métiers  seront  payés  35  pour  100  ou  7s  dans  la  £  au- 
dessous  du  tarif. 

Tous  dommages  causés  par  négligence  seront  déduits. 

Aucune  discussion  ne  sera  admise*  avec  les  apprentis  agréés  par  les  maîtres. 

FEMMES-MÉTIERS  FAISANT  DE  70  A  80  DUITES  PAR  MINUTE. 


Lainages 

PILES  BLANCS, 

TOUS  AUTRES  TISSUS  DK  LAINE,  MÉLANGES  OU  LAINAGES  FILÉS  EN 

COULEURS  GRAND  TEINT. 

Duites 

Une  ensouple. 

Deux  ensouples. 

Navettes. 

Navettes. 

1 

2 

3 

s.  d. 

4 

2 

3 

4 

s.  d. 

s.  d. 

s.  d. 

s.  d. 

s.  d. 

s.  d. 

9  et 

10 

3  1 

3  6 

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12 

3  6 

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4  5 

4  10 

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5  11 

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5  3 

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19  .. 

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6  10 

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22 

5  9 

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10  0 

9  104 

10  114 

11  6 

12  0 

12  9 

40 

9  3 

îo  14 

11  0 

11  84 

12  0 

12  6 

13  3 

f41  „ 

42 

10  0 

10  94 

11  H 

12  54 

12  6 

13  0 

13  9 

|  43  h 

44 

10  3 

11  3 

11  74 

13  l| 

13  3 

13  104 

14  94 

50  <!  45  i, 
1  47  .. 

46 

11  0 

11  44 

12  4 

13  3 

13  9 

14  44 

15  3| 

48 

11  H 

12  14 

13  il 

14  0 

14  3 

14  loi 

15  94 

149  h 

50 

11  4| 

12  6 

13  3 

14  84 

14  9 

15  44 

16  3| 

f51  ,. 

52 

-  12  14 

12  74 

13  9 

14  10 

15  3 

15  104 

16  94 

53  t. 

54 

12  104 

13  44 

14  6 

15  74 

16  0 

16  9 

17  104 

r<0\  55  h 

56 

13  0 

14  l| 

14  74 

16  4 

16  6 

17  3 

18  44 

|57  ,. 

58 

13  3 

14  6 

15  2* 

17  0 

17  0 

17  9 

18  loi 

159  „ 

50 

14  0 

14  74 

15  10£ 

17  14 

17  6 

18  3 

19  44 

f61  „ 

62 

14  9 

15  44 

16  7A 

17  104 

18  0 

18  9 

19  104 

20  44 

|  63  ., 

64 

15  0 

15  9 

16  10| 

18  7 

18  6 

19  3 

70^  65  „ 

66 

15  H 

16  6 

17  3 

18  84 

19  3 

20  14 

21  5 

167  .. 

68 

15  ÎOJ 

16  74 

18  0 

1J  54 

19  9 

20  74 

21  11 

169  ,, 

70 

16  l£ 

17  0 

18  6 

20  14 

20  3 

21  14 

22  5 

f71  M 

72 

16  104 

17  9 

18  74 

20  3 

20  9 

*21  74 
22  l| 

22  11 

173  » 

74 

17  0 

18  6 

19  44 

21  0 

21  3 

23  5 

80-i  75  n 

76 

17  9 

18  74 

20  14 

21  9 

22  0 

23  0 

24  6 

77.. 

78 

18  0 

19  0 

20  74 

22  54 

22  6 

23  6 

25  0 

179  „ 

80 

18  9 

19  94 

20  9 

22  7 

23  0 

24  0 

25  6 

f81  i, 

82 

18  104 

20  6 

21  6 

23  4 

23  6 

24  6 

26  0 

|  83  „ 

84 

19  il 

20  9 

22  0 

24  0 

24  0 

25  0 

26  6 

90-î  85  n 

86 

19  lOf 

21  0 

22  14 

24  H 
24  104 

24  6 

25  6 

27  0 

187  n 

88 

20  7* 

21  9 

22  104 

25  3 

26  44 
26  IO4 

28  04 
28  6| 

189  „ 

90 

20  104 

22  04 

23  44 

25  7 

25  9 

(91  „ 

92 

21  0 

22  3 

24  14 

25  84 

26  3 

27  4i 

29  Oh 

I  93  ,, 
100-1  95  - 

94 

21  9 

23  0 

24  3 

26  54 

26  9 

27  ÎOJ 

29  6Î 

96 

22  6 

23  9 

25  0 

27  2$ 

27  3 

28  4 

30  0| 

|  97  ., 

98 

22  7* 

24  14 

25  6 

27  104 

28  0 

29  3 

31  il 

199  „ 

100 

22  10| 

24  3 

26  3 

28  0 

28  6 

29  9 

31  74 

INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 


11 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  87 

FEMMES— MÉTIERS  FAISANT  DE  70  À  80  DUITES  PAR  MINUTE-  Suite. 


Duites 

f31et 

32 

|  33  „ 

34 

40  ■{  35  .. 

36 

137  „ 

38 

139  h 

40 

f41  H 

42 

|  43  » 

44 

50  ■{  45  „ 

46 

|47  .. 

48 

U9  „ 

50 

(51  „ 

52 

!  53  „ 

54 

60  -{  55  „ 

56 

157  t. 

58 

159  ,. 

60 

[61     M 

62 

1  63  „ 
70  J  65  i. 

64 

66 

167  .. 

68 

169  .. 

70 

rn  .. 

72 

173  „ 

74 

80  i  75  ,i 

177  ., 

76 

78 

179  „ 

80 

rsi  „ 

82 

|83  i. 

84 

90  ■{  85  ,. 

86 

|  87  „ 

88 

189  „ 

90 

,91  „ 

92 

|  93  » 

94 

100  ■{  95  ,. 

96 

|97  ., 
199  h 

98 

100 

Lainages  filés  en  couleur. 


Deux  ensouples. 


Navettes. 


s.     d. 


Lainages    fili 
seulement 

EN   BLANC. 


Une  ensouple. 


11 

3 

H  9^ 

12 

6 

13  3 

13 

0 

13  9 

13 

6 

14  3 

14 

0 

14  9 

14 

6 

15  3 

15 

9 

16  8 

16 

3 

17  2 

16 

9 

17  8 

17 

3 

18  2 

17 

9 

18  8 

19 

0 

20  H 
20  7| 

19 

6 

20 

0 

21  il 

20 

6 

21  7J 

21 

0 

22  H 

21 

6 

22  n 

22 

9 

24  0$ 

23 

3 

24  6£ 

23 

9 

25  Ofc 

24 

3 

25  6£ 

26  0£ 

24 

9 

26 

0 

27  6 

26 

6 

28  0 

27 

0 

28  6 

27 

6 

29  0 

28 

0 

29  6 

28 

6 

30  0 

29 

9 

31  5 

30 

3 

31  11 

30 

9 

32  5 

31 

3 

32  11 

31 

9 

33  5 

33 

0 

34  10£ 

33 

6 

35  4{ 

s.  d. 


11  0 

11  9 

12  6 

12  7è 

12  9 


14  7è 


11  4i 


16  10 

17  0 

17  9 

18  0 
18  9 

18  104 

19  11 

19  10* 

2o  ri 

20  10$ 

21  0 


22  10£ 


12 


INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
FEMMES-MÉTIERS  FAISANT  DE  70  A  80  DUITES  PAR  MINUTE-.Pm. 


Duites. 


Skrgk. 


Une  ensouple. 


Navettes. 


1 

.  d. 

6  0 
6  4è 
6  9 

6  104 

7  3 

7  7* 

8  0 
8  44 

8  9 

9  14 

9  6 

9  104 

10  3 
10  4 

10  84 

11  1 

11  3 

11  74 

12  0 

12  44 

12  9 

13  14 
13  6 

13  74 

14  0 

14  44 

14  9 

15  14 
15  6 
15  74 

16  0 
16  44 

16  9 

17  14 
17  6 

Métiers, 

110  à  120 

duites. 


'31  et  32 

33„  34 

40-(35„  36 

37..  38 

.39.,  40 

'41  ii  42 

43.,  44 

50^45,,  46 

47  ..  48 

^49  „  50 

'51  „  52 

53  „  54 

X55..  56 

57,.  58 

,59.,  60 

161,,  62 

63  „  64 

65  „  66 

67..  68 

69  ..  70 


d. 

6    44 


8 

8 

8  104 

9  3 
9    6 

9  104 

10    3 

10  74 

11  0 

il   14 


12    44 

12  9 

13  14 


10 
10 


8  3 

8  6 

8  9 

9  0 
9  3 

9  6 

9  9 


10  6 

10  9 

11  0 
11  3 
11  6 

11  9 

12  0 
12  S 

12  6 

12  9 

13  0 


Prix  moyens  concernant 


TOUS  TISSUS  DE  LAINE,    LAINAGES   FILÉS,    MOHAIR  ET  ÉTOFFES   À   ROBES. 

Liste  de  prix. 
Teinture  et  finissage. 


Au-dessous  de  9  onces  par  verge  (complètement  terminée). 
9  i, 


Finissage  seulement. 

Tout  laine  (complètement  finie)  14  d.  par  livre  (gris). 

Laine  moulinée  ou  vigogne  finie,  2s.  6d.  par  pièce  (en  sus). 

"  Pirle  "  finie,  ld.  par  verge  (en  sus). 

"  Proofing",  I4d.  par  verge  (en  sus). 

"  Stove  White  ",  3s.  par  pièce  en  sus  du  prix  de  la  couleur. 


Noir.     Couleurs. 
3|d.        44d.  p.  livre  (gris). 
4d.        54d. 


INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 


13 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  87 

Mohairs  façonnés — Pas  au-dessus  de  50  pouces  de  largeur,  50  vgs  de  longueur,  et  20  livres,  teint  en  noir,  5s. 

6d.  par  pièce. 
Doublures  et  Italiennes— Pas  au-dessus  de  60  pouces  de  large,  50  verges  de  longueur,  et  28  livres  (gris),  teint 

en  noir,  7s.  par  pièce. 

Dégommage  et  finissage  des  soies  unies — 

27  pouces  de  large  =  lid.  par  vge. 
28  à  36      „  n  =  l|d. 

Dégommage  et  finissage  des  étoffes  brochées — 
27  pouces  de  large  =  |d.  par  vge. 
28  à  36      .i  h  =  ld. 

ESTIMATIONS   MONTRANT  LA   PROPORTION   DK   LA   MAIN-D'ŒUVRE  AUX   MATIERES  PREMIERES  ET  AUTRES  FRAIS 
DANS   DIFFÉRENTS   CENTRES   MANUFACTURIERS  DU   YORKSHIRE. 

Estimations  n°  1,  manufacture  de  tissus  de  castor  et  molletons. 


Echantillon  n°      2,  Ind.  laine  teinte  castor 26  onces  54  pcs. 

n°    53,  Ind.  ..  molleton 31  ..  56  i. 

n°    46,  Ind.  t.  drap  pour  voiture 20  ,.  56  m 

n°  109,  Ind.         .,  pilote 32  .,  56  .. 

n°  103,  S.  i.  36  i,  36  „ 

n°    78,  teint  à  la  pièce  (couleur  quelconque) 19  ..  56  n 

n°  141,  Ind.  laine  filée 20  "  56  „ 

n°    38,  chaîne  de  laine  filée  et  trame  de  laine  cordée.  10  h  30  n 


M.-d 


œuvre  25% 

2b7? 

30% 
25% 
25% 

33£ 


Estimation  n° 


De  M.  B.  D.  manufacturier . 


Coût  total. 


28  pelotes  de  6  liv.  chacune  à  ls.  10^d 2       12 

Cardage  et  filage  à  8d 18 

Montage  de  la  chaîne 3 

Tissage  85  verges  24  duites.     . .     8 

Frais  de  machine 6 

Foulage  et  pressage 4 

Echantillons,  transport,  emballage,  escompte,  etc 4 


4       16       2 

Coût  de  la  main-d'œuvre,  disons  35  pour  100 1       13       8 

Mat.  premières  et  autres  frais,  65  pour  100  3         2       6 


Coût  de  la 
m. -d'oeuvre. 


13       8 


Estimation  n°  3.     De  W.,  manufacturiers. 


80  verges  de  marchandises  coûtant  ls.  6d.  par  verge.     Coût  total  £6. 


Matières 
premières. 

Coût  moyen  : £2  10s.   . . 

41.60% 


Dven  : 
Soit. 


Main-  Charges 

d 'œuvre,      fixes,    etc.         Total. 
£2.  5s.      ..  £1.  5s.    ..  £8. 

37.50%  20.84%. 


Estimation  n°  If,  M.  B.,  manufacturier. 

Lorsque  la  chaîne  et  la  trame  sont  achetées,  et  la  teinture  et  le  finissage  faits  au  dehors. 


Chaîne  . 
Trame .  . . 
Teinture . 


Charges  fixes. 


Coût  total . 


s.  d. 

14  8 

17  6 

5  . . 

6  4 
3  6 

£2  7 


Estimation  n°  5,  De  M.B.  ileur,  T.  A.  et  S. 


Coût  actuel  du  peignage  et  du  filage. 

1.  Laines  anglaises  blanches,  disons  de  ^s  à  ^s 5d.  à  8d. 

2.  Laines  blanches  d'Australie,  disons  de  5^s  à  4%s 6d.  à  9d . 

La  main-d'œuvre  représente  49%  du  coût  total 


14 


INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE 


E8TIMATI0N  DU  COUT  DE  MATIERE  PREMIERE  ET  DE  LA  MAIN-D'ŒUVRE  DANS  UNE  PIÈCE  DE  TISSU 

D'AUSTRALIE  (PRODUIT  TYPE). 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

DE  LAINE 


Détails  : — Chaîne  &  s    laine  d'Australie,  qualité  60's,  64  fils,  au  pouce. 
Trame  5V8  ■■  m  m  h 

Long,  de  chaîne,  70  vgs  ;  étoffe  finie,  GO  vgs. 
Largeur  de  la  pièce,  66  pouces  ;  largeur  de  la  pièce  finie,  56  pouces. 

Valeur  de  la  pièce  une  fois  finie  : £9.     10s.     1  Od. 

A  déduire,  le  bénéfice  60  vgs  à  2  d 10s.      Od. 


Coût  actuel  de  la  pièce  finie £0.      i)s.     lOd. 


{a).     Coût  du  finissage,  main-d'œuvre  50%. 
machines  50% 


(b).     Coût  du  montage  de  la  chaîne,  de  l'apprêtage,  du  tissage,  etc.  : 

Main-d'œuvre  66^% 

Machines  33£% 

(c).     Quantité  et  coût  du  fil  gris  en  pièce  : 

Total  53  liv.—  26|  liv.  à  2s.  lld.  (Chaîne)   

26^  liv.  à  2s.  6d.  (Trame) 


:$46.19. 

£    s.  d. 

8  4 

8  4 

15  4 

7  8 


3    12 


lof 


9      9  10 


Valeur  du  il  rendu  chez  le  manufacturier  : 

53  liv.,  prix  moyen  2s.  lOd 

A  déduire,  bénéfice  ci-après,  53  liv.  à  9s.  lOd.     (approximativement). 


Coût  actuel  du  fil 


£    s.  d. 

7  Vj  2 

4  2 

7    6  0 


(a).     Coût  du  filage— 53  liv.  à  4d 

Main-d'œuvre  7l%. 
Machines  30% 


(b).     Quantité  et  coût  de  la  laine  pour  le  filage 
55  liv.  (5%  tolérance  de  perte)  à  28d 


£    s.     d. 
12    4 
5    4 


6  8    4 

7  6    0 


3.     Valeur  de  la  laine  délivrée  aufileur 

A  déduire,  bénéfice  ci-après— 53  liv.  à  4s.  5d 


£    s.     d. 
6    8    4 
3  lié 

6     4    4| 


(a).     Coût  du  peignage— 55  liv.  à  2£d. 

Main-d'œuvre  66% 
Machines  33% 


(b).     Quantité  et  coût  de  la  laine  pour  peignage— 

137  liv.  de  laine  grasse  (nécessaires  pour  obtenir  55  liv.  de  laine  dégraissée)  au  prix 
delOd 


£  s.  d. 
6  9À 
3    5i 


5  14    2 

6  4    41 


Coût  total  de  la  main-d'oeuvre. 


Travail  de  finissage 

n         apprêta^ e,  etc. 

m         filage  

n  peignage 


£    s.  d. 

0    8  4 

0  15  4 

0  12  4 

0    6  9£ 

£2    2    9£  =  $10.41 


Coût  total  de  60  vgs.  d'étofe  finie,  £9  9s.  lOd.  =$41.19. 

Main-d'œuvre =  22 . 5%  du  prix  total. 

Laine =60.1%        n        m 

Autres  frais. =17.4%        n        n 


INDUSTRIE  DE  LA  LAINE  DANS  LA  GRANDE-BRETAGNE  15 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  87 

Pour  faire  une  comparaison  entre  le  prix  de  la  fabrication  au  Canada  et  dans  la 
Grande-Bretagne  il  serait,  à  mon  avis,  nécessaire  de  tenir  compte  des  item  ci-après  : 

I0.— Gages: 

2°. — Manufactures  plus  coûteuses  en  raison  du  climat  rigoureux  ; 

3°. — Dépense  supplémentaire  pour  le  cnauffage  des  manufactures  ; 

4°. — Bâtiments  additionnels  nécessités  par  le  magasinage  de  plus  grandes  quantités 
de  matières  premières  ; 

5°. — Capital  supplémentaire  employé  à  maintenir  de  plus  forts  stocks,  dû  au  fait 
que  la  fabrique  est  très  éloignée  de  sa  base  d'approvisionnement  et  qu'elle  est 
forcée  par  les  conditions  locales  du  marché  d'acheter  en  laines  canadiennes  la 
fourniture  de  12  mois,  après  la  saison  de  tonte  ; 

6°. — Taux  d'intérêt  plus  élevé  sur  le  capital  placé  : 

7°. — Coût  plus  élevé  des  machines  ; 

8°. — Pouvoir  moteur  plus  cher  dû  au  prix  plus  élevé  du  combustible  ; 

9°. — Les  fabriques  canadiennes  n'ayant  qu'un  marché  limité,  elles  sont  forcées  de 
montrer  un  grand  nombre  de  dessins  chaque  saison,  et  de  les  manufacturer 
fc'ur  une  longueur  de  chaîne  relativement  courte,  ce  qui  ralentit  la  production 
et  en  augmente  le  coût  ; 
10°. — La  spécialisation  du  travail  qui  est  si  générale  dans  le  Yorkshire  a  de 
nombreux  avantages,  tout  en  abaissant  le  coût  de  la  production.  En  outre, 
elle  rend  les  manufacturiers  anglais  capables  d'obtenir  un  grand  volume 
d'affaires  avec  un  capital  comparativement  petit,  ce  qui  n'est  pas  possible 
au  Canada. 

Votre  obéissant  serviteur, 

THOMAS  COSTELLO. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  90  A.  1909 


(N°  90.) 

CONFÉRENCE  NORD-AMÉRICAINE 


EN  VUE  DE   LA 


CONSERVATION  DES  RICHESSES  NATURELLES 


DECLARATION  DE  PRINCIPES. 

Nous  reconnaissons  les  intérêts  mutuels  des  nations  qui  occupent  le  continent 
de  l'Amérique  du  Nord  et  la  dépendance  du  bien-être  de  chacune  d'elles  sur  ses  res- 
sources naturelles.  Nous  convenons  que  la  conservation  de  ces  ressources  est  indispen- 
sable pour  la  continuation  de  la  prospérité  de  chaque  nation. 

Nous  reconnaissons  que  des  avantages  réciproques  découleront  de  la  protection, 
par  une  action  commune,  des  intérêts  mutuels  se  rapportant  aux  ressources  natu- 
relles, sans  intervenir  en  rien  dans  la  sphère  d'autorité  de  chaque  nation,  et  qu'il  en 
résultera  un  rapprochement  encore  plus  intime  basé  sur  le  bon  vouloir,  la  confiance 
et  le  respect.  Les  ressources  naturelles  ne  s'arrêtent  pas  aux  frontières  qui  séparent 
les  nations.  Nous  sommes  d'avis  qu'aucune  nation,  agissant  isolément,  ne  peut  les 
conserver  suffisamment,  et  nous  recommandons  l'adoption  de  mesures  unanimes  pour 
conserver  les  fondations  matérielles  de  la  prospérité  de  toutes  les  nations  intéressées, 
et  pour  en  déterminer  la  situation  et  l'étendue. 

Nous  reconnaissons  comme  ressources  naturelles  toutes  les  matières  dévolues  à 
l'homme  pour  assurer  son  existence  et  son  bien-être,  y  compris  celles  existant  à  la 
surface  de  la  terre,  comme  le  sol  et  les  eaux;  celles  existant  sous  terre,  comme  les 
minéraux;  et  celles  au-dessus  de  la  surface,  comme  les  forêts.  Nous  convenons  qu'il 
importe  que  ces  ressources  soient  à  l'avenir  développées,  employées  et  conservées  dans 
l'intérêt  de  l'humanité,  dont  les  droits  et  devoirs  touchant  la  garde  et  le  contrôle  des 
sources  naturelles  de  la  vie  et  du  bien-être  sont  inhérents,  perpétuels  et  irrévocables. 
Nous  convenons  que  ces  ressources  qui  sont  nécessaires  à  la  vie  devraient  être  consi- 
dérées comme  étant  d'utilité  publique,  que  leur  possession  entraîne  des  devoirs  spéci- 
fiques à  l'égard  du  public,  et  qu'autant  que  possible  des  mesures  effectives  devraient 
être  adoptées  pour  se  protéger  contre  les  monopoles. 

SANTE    PUBLIQUE. 

Croyant  que  le  mouvement  pour  la  conservation  des  richesses  naturelles  tend 
fortement  à  développer,  au  plus  haut  degré,  l'efficacité  nationale  dans  nos  pays  respec- 
tifs, nous  reconnaissons  que  pour  réussir  à  accomplir  cet  objet  la  première  condition 
essentielle  est  le  maintien  et  l'amélioration  de  la  santé  publique. 

Dans  toutes  les  mesures  prises  pour  l'utilisation  des  ressources  naturelles,  la  consi- 
dération de  la  santé  publique  ne  devrait  jamais  être  perdue  de  vue. 

Des  faits  indéniables  démontrent  qu'il  faut  agir  immédiatement  si  on  veut  arrêter 
la  pollution,  en  grande  partie,  par  les  égouts,  des  lacs,  rivières  et  cours  d'eau  de  l'Amé- 
rique du  Nord.     Sans  parler  des  pertes  énormes  en  éléments  fertilisants,  cette  pollu- 

90—1 


2  CONFERENCE  NORD-AMERICAINE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909» 

tion  constitue  un  danger  immédiat  et  continu  pour  la  santé  publique,  pour  la  santé 
des  animaux,  et — quand  on  se  trouve  en  présence  d'agents  chimiques — pour  l'agricul- 
ture.   Par  conséquent,  nous  recommandons  que  des  mesures  législatives  soient  édictées. 

FORÊTS. 

Nous  reconnaissons  que  les  forêts  sont  indispensables  à  la  civilisation  et  à  la 
prospérité  publiques.  Elles  fournissent  les  matériaux  nécessaires  à  la  construction  et 
à  l'industrie,  et  par  là  même  rendent  notre  globe  encore  plus  habitable.  Nous  considé- 
rons comme  une  nécessité  publique  l'utilisation  des  forêts  dans  une  sage  mesure,  ainsi 
que  leur  protection  efficace,  surtout  contre  le  feu.  La  même  remarque  s'applique  aussi 
au  prompt  reboisement  des  terres  les  mieux  adaptées  aux  essences  forestières.  De  là 
découle  le  même  devoir  public  pour  tous  les  possesseurs  de  forêts,  soit  nations,  corpo- 
rations ou  individus. 

Nous  considérons  la  création  de  nombreuses  et  considérables  réserves  forestières, 
et  le  maintien  de  ces  réserves  sous  le  contrôle  de  l'Etat,  comme  étant  choses  essen- 
tielles à  la  prospérité  publique. 

Nous  serions  heureux  que  l'inventaire  des  ressources  forestières  Jût  terminé  pro- 
chainement, afin  de  connaître  l'étendue  disponible  de  ces  richesses  et  d'être  fixés  sur 
le  chiffre  de  la  consommation  et  du  reboisement. 

Nous  recommandons  le  développement  de  l'éducation  technique,  et  de  l'instruc- 
tion pratique,  sur  les  lieux  mêmes,  en  matière  de  conservation  des  forêts,  de  conver- 
sion en  forêts  et  de  reboisement,  afin  d'obtenir  d'excellents  experts  forestiers  dont  les 
connaissances  seront  à  la  disposition  du  public  sur  ces  sujets. 

Croyant  que  les  impôts  excessifs  sur  le  bois  non  coupé  et  possédé  par  des  particu- 
liers sont  en  grande  partie  la  cause  de  la  destruction  des  forêts  en  augmentant  le 
coût  de  l'entretien  des  forêts  en  voie  de  croissance,  nous  sommes  d'avis  qu'il  serait 
sage  et  juste  d'établir  une  distinction  entre  les  impôts  sur  les  terres  forestières  et 
ceux  sur  le  bois  croissant  sur  ces  terres,  et  d'ajuster  ces  deux  impôts  de  façon  à 
encourager  la  conservation  des  forêts  et  la  sylviculture. 

Nous  sommes  d'avis  que  la  possession  de  terres  forestières,  soit  aux  sources  des 
cours  d'eau  ou  en  des  régions  qui  sont  surtout  propres  à  la  sylviculture,  entraîne  des 
devoirs  vis-à-vis  du  public,  et  que  ces  terres  devraient  être  protégées  avec  la  même 
efTectivité,  qu'elles  soient  domaine  de  l'Etat  ou  propriété  de  particuliers. 

Les  forêts  sont  nécessaires  pour  protéger  les  sources  des  cours  d'eau,  modérer  les 
inondations,  égaliser  le  cours  des  eaux,  tempérer  le  climat  et  protéger  le  sol,  et  nous 
sommes  d'avis  que  toutes  les  forêts  nécessaires  à  ces  fins  devraient  être  amplement 
sauvegardées.  Nous  affirmons  l'absolue  nécessité  de  détenir  pour  des  fins  forestières, 
ou  de  reboiser  toutes  les  terres  alimentant  les  sources  des  cours  d'eau,  et  par  consé- 
quent nous  recommandons  le  contrôle  ou  l'acquisition  de  ces  terres  pour  le  public. 

Les  particuliers  possédant  des  terres  impropres  à  l'agriculture,  autrefois  couvertes 
de  forêts  mais  maintenant  appauvries  ou  dénudées,  devraient  être  encouragés  à  en 
entreprendre  le  reboisement,  par  des  instructions  pratiques,  une  meilleure  assiette  des 
impôts  et  de  toute  autre  façon  qui  pourra  sembler  désirable. 

Bien  que  l'intérêt  public  en  matière  de  sylviculture  soit  de  plus  en  plus  manifeste, 
la  destruction  des  forêts  par  le  feu  se  poursuit  toujours  de  façon  désastreuse  et  éten- 
due, et  ces  ravages  exigent  une  intervention  immédiate  et  décisive.  Nous  croyons  que 
le  meilleur  moyen  de  combattre  les  incendies  qui  9e  produisent,  soit  par  des  causes 
naturelles  comme  la  foudre,  ou  de  quelque  façon  que  ce  soit,  consiste  en  l'établisse- 
ment d'un  système  de  gardes  et  de  surveillants  forestiers;  mais  nous  affirmons  aussi 
qu'il  faudra  en  outre,  et  au  plus  tôt,  édicter  des  lois  effectives  pour  diminuer  les  dom- 
mages considérables  dus  à  des  causes  pouvant  être  empêchées. 

A  part  des  incendies,  la  principale  cause  de  la  destruction  des  forêts  est  le  peu  de 
discernement  et  de  prudence  apporté  à  la  coupe  du  bois,  d'où  sont  résultés  des  dom- 


CONSERVATION  DES  RICHESSES  NATURELLES  3 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  90 

mages  très  étendus  pour  le  climat  et  les  cours  d'eau.  Il  est  donc  de  la  plus  grande 
importance  que  toutes  les  opérations  forestières  soient  soumises  à  un  ensemble  de 
règlements  rigoureux. 

EAUX. 

Nous  reconnaissons  que.  les  eaux  constituent  une  ressource  primaire,  et  nous  con- 
sidérons leur  emploi  pour  des  besoins  domestiques  et  municipaux,  l'irrigation,  la 
navigation  et  l'énergie  hydraulique,  comme  étant  chose  publique  d'ordre  corrélatif 
et  naturellement  sujette  au  contrôle  public.  Nous  recommandons  donc  le  développe- 
ment complet  et  concurrent  des  cours  d'eau  et  de  leurs  sources  pour  toutes  les  fins 
utiles  auxquels  ils  peuvent  contribuer. 

L'emploi  principal  et  le  plus  nécessaire  de  l'eau  est  pour  des  fins  domestiques  et 
municipales.  Par  conséquent,  nous  recommandons  la  reconnaissance  de  ce  principe 
dans  la  législation,  et,  au  besoin,  la  subordination  à  ce  principe  des  autres  emplois 
de  l'eau. 

La  grande  économie  des  transports  par  eau  au  regard  des  transports  par  terre, 
ainsi  que  leurs  avantages  en  limitant  la  consommation  des  ressources  non  renouve- 
lables, telles  que  le  charbon  et  le  fer,  et  l'essor  efficace  qu'ils  apportent  au  développe- 
ment du  commerce,  sont  des  choses  qui  sont  généralement  reconnues.  Nous  recom- 
mandons donc  le  développement  de  la  navigation  fluviale  d'après  un  plan  général 
assurant  l'avancement  uniforme  des  travaux  et  l'emploi  le  plus  complet,  pour  toutes 
fins  quelconques,  qu'on  pourra  tirer  des  cours  d'eau.  Nous  exprimons  en  outre  l'avis 
que  tous  les  cours  d'eau  ainsi  développés  devront  rester  en  la  possession  exclusive  du 
public  et  soumis  au  même  contrôle  exclusif. 

Nous  considérons  le  monopole  des  eaux,  et  surtout  le  monopole  des  pouvoirs  hy- 
drauliques, comme  étant  une  chose  particulièrement  menaçante.  Aucuns  droits  à 
perpétuité  ne  devraient  être  à  l'avenir  accordés  pour  l'emploi  de  l'énergie  hydraulique 
sur  les  cours  d'eau.  Chaque  concession  devrait  être  sujette  aux  conditions  suivantes: 
développement  rapide,  exploitation  profitable  ininterrompue,  et  paiement  au  public 
d'une  compensation  raisonnable  pour  les  droits  concédés.  Les  concessions  ne  devraient 
aussi  être  émises  que  pour  des  périodes  définies,  lesquelles  périodes  ne  devront  pas 
dépasser  la  longueur  de  temps  requis  pour  assurer  raisonnablement  le  succès  de  l'en- 
treprise. L'autorité  publique  devrait  garder  le  droit  de  fixer  à  nouveau  à  des  périodes 
déterminées  la  compensation  au  public  et  de  régulariser  les  tarifs  en  vigueur,  afin 
d'empêcher  tout  profit   illégitime  ou  extorsion. 

Là  où  des  travaux  pour  l'utilisation  de  l'eau  ont  été  autorisés  par  l'autorité  publi- 
que et  sont  nécessaires  au  bien  public,  des  dispositions  devraient  être  prises  pour 
l'expropriation  de  toutes  terres  et  droits  d'eau  détenus  par  des  particuliers  et  requis 
pour  ces  travaux. 

L'intérêt  du  public  est  manifetse  pour  tout  ce  qui  touche  à  l'accroissement  de 
productivité  des  terres  arides  par  l'irrigation,  et  des  terres  humides  par  le  drainage. 
Nous  recommandons,  par  conséquent,  la  participation  du  public  afin  d'assurer  le 
développement  et  l'emploi  complet  et  économique  de  toutes  les  eaux  pouvant  servir 
à  l'irrigation  et  de  toutes  les  terres  pouvant  être  avantageusement  drainées,  afin  de 
retirer  le  plus  de  bénéfices  possibles.  Des  projets  spéciaux  devraient  être  considérés 
et  développées  en  rapport  avec  un  plan  général  pour  la  même  ligne  de  partage  des 
eaux.  En  ce  qui  concerne  l'irrigation,  l'autorité  publique  devrait  contrôler  les  sources 
des  eaux  et  pourvoir  à  la  construction  de  réservoirs  et  à  la  distribution  et  à  l'emploi 
équitable  des  eaux  réservées. 

TERRES. 

Nous  reconnaissons  que  la  terre  est  une  ressource  fondamentale,  donnant  les 
substances  nécessaires  à  la  vie  de  la  population,  et  formant  la  base  de  l'organisation 
sociale.     L'augmentation  de  la  productivité  du  sol  est  un  besoin  croissant,  et  la  pos- 


4  CONFERENCE  NORD-AMERICAINE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

session  de  la  terre  par  ceux  qui  en  tirent  leur  subsistance  non  seulement  favorise 
cette  productivité,  mais  est  aussi  la  meilleure  garantie  que  ces  hommes  seront  de  bons 
citoyens.  Dans  l'intérêt  de  ceux  qui  se  constituent  un  foyer,  nous  recommandons  la 
réglementation  de  l'élevage  sur  les  terres  publiques,  la  répartition  des  terres  publiques 
aux  vrais  colons  en  étendues  dont  chacune  sera  suffisante  pour  la  subsistance  d'une 
famille,  et  la  subdivision  des  tenures  excessives  des  terres  agricoles  ou  des  pâturages, 
ce  qui  empêchera  les  monopoles. 

Le  maintien  de  la  productivité  du  sol  dépend  de  la  rotation  des  récoltes,  des 
engrais  naturels  ou  artificiels,  et  de  l'amélioration  des  méthodes  pour  l'exploitation 
des  fermes.  La  quantité  et  la  qualité  des  récoltes  dépendent  aussi  du  choix  judi- 
cieux des  grains  de  semence.  Nous  recommandons,  par  conséquent,  la  distribu- 
tion par  voie  officielle  de  renseignements  scientifiques  et  pratiques  sur  tous  ces  points, 
et  nous  attirons  instamment  l'attention  des  cultivateurs  sur  tout  cela. 

L'importance  nationale,  pour  l'élevage  du  bétail,  des  terres  publiques  non  irriga- 
bles trop  sèches  pour  être  mises  en  culture,  et  les  pertes  publiques  occasionnées  par 
l'élevage  à  outrance,  sont  des  choses  qui  sont  généralement  reconnues.  Nous  recom- 
mandons, par  conséquent,  le  contrôle  de  ces  terres  par  l'Etat,  afin  d'en  restaurer  la 
valeur,  de  favoriser  la  colonisation  et  d'augmenter  les  resssources  publiques. 

La  première  condition,  pour  les  forêts  ou  autres  végétations  qui  ont  pour  effet 
de  conserver  les  eaux  de  pluie  et  de  favoriser  la  régularité  du  cours  des  eaux,  est 
d'empêcher  le  glissement  du  sol  aux  lignes  de  partage  des  eaux.  Nous  recommandons 
par  conséquent  de  faire  tels  travaux  artificiels  qui  pourront  accomplir  cet  objet,  et 
d'encourager  ces  travaux  par  la  remise  d'impôts,  la  coopération  des  gouvernements  ou 
autres  moyens  qu'on  trouvera  bons. 

MINÉRAUX. 

Nous  reconnaissons  que  les  ressources  minérales  forment  la  base  principale  du 
progrès  industriel,  et  nous  considérons  leur  emploi  et  leur  conservation  comme  étant 
choses  essentielles  au  bien  public.  Les  combustibles  minéraux  tiennent  un  rôle  impor- 
tant dans  notre  civilisation  moderne.  Nous  recommandons  à  chaque  gouvernement 
d'agir,  en  vue  de  réduire  les  pertes  énormes  dans  l'exploitation  de  ces  combustibles, 
et  nous  attirons  l'attention  sur  la  nécessité  d'en  dresser  l'inventaire.  Ces  combusti- 
bles ne  devraient  à  l'avenir  être  concédés  qu'à  bail,  et  sujets  aux  restrictions  ou  règle- 
ments nécessaires  pour  empêcher  les  pertes  et  les  monopoles  ou  spéculations,  et  appro- 
visionner le  public  à  des  prix  raisonnables. 

Nous  croyons  que  les  droits  de  surface  et  les  droits  minéraux  de  sous-sol  devraient 
être  considérés  séparément,  afin  de  permettre  l'utilisation  de  la  surface  jusqu'au  plus 
haut  degré  possible,  tout  en  maintenant  le  contrôle  de  l'Etat  sur  les  minéraux. 

Des  règlements  devraient  être  adoptés  en  vue  d'obtenir  la  production  la  plus 
économique  de  la  houille  et  des  autres  combustibles  minéraux,  et  d'en  faire  durer 
l'approvisionnement  le  plus  longtemps  possible.  Nous  recommandons  aussi  la  substi- 
tution de  l'énergie  hydraulique  à  la  vapeur  ou  autre  pouvoir  moteur  produit  par  la 
consommation  de  combustible. 

L'application  des  inventions  scientifiques  et  l'emploi  de  machines  améliorées  ont 
amené,  depuis  peu,  de  grandes  économies  dans  l'emploi  du  combustible,  et  on  peut 
encore  faire  davantage  en  ce  sens.  Nous  recommandons,  par  conséquent,  de  donner 
tout  l'encouragement  et  toute  l'aide  possible  au  développement  et  au  perfectionnement 
des  moyens  tendant  à  réduire  les  pertes  dans  la  consommation  du  combustible. 

On  sait  combien  sont  excessives  les  pertes  de  vies  humaines  par  suite  d'accidents 
pouvant  être  empêchés  et  survenus  dans  les  mines  de  l'Amérique  du  Nord.  Il  en 
résulte  sans  nécessité  beaucoup  de  souffrances  et  de  deuils.  Ajoutons  à  cela  la  grande 
destruction  de  riches  exploitations  minières  et  la  surélévation  dans  le  coût  de  la  pro- 
duction. Le  meilleur  moyen  d'éliminer  ces  maux  connus  et  admis  serait  d'édicter  et 
d'appliquer  rigoureusement  les  règlements  nécessaires  pour  assurer  le  plus  haut  degré 
de  sécurité  possible  pour  les  mines  et  les  mineurs.     Nous  recommandons,  par  consé- 


CONSERVATION  DES  RICHESSES  NATURELLES  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  90 

quent,  aux  gouvernements  participant  à  la  présente  conférence,  de  faire  des  recherches 
scientifiques  complètes  au  sujet  des  accidents  de  mines,  d'échanger  mutuellement  leurs 
renseignements  et  les  résultats  de  leur  expérience,  et  d'édicter  et  mettre  en  vigueur 
les  meilleurs  règlements  possibles. 

Les  engrais  minéraux  ne  devraient  pas  être  monopolisés  par  des  particuliers,  mais 
plutôt  contrôlés  par  l'autorité  publique  afin  d'empêcher  les  pertes  et  favoriser  leur 
production  en  de  telles  quantités  et  à  de  tels  prix  qui  pourront  les  rendre  facilement 
accessibles. 

PROTECTION    DU    GIBIER. 

Nous  reconnaissons  que.  la  conservation  du  gibier  et  la  protection  des  oiseaux 
sont  choses  qui  se  rattachent  intimement  à  la  conservation  des  ressources  naturelles. 
Nous  recommandons,  par  conséquent,  la  protection  du  gibier  en  vertu  de  règlements, 
la  création  de  grandes  réserves  de  gibier,  et  des  mesures  de  protection  pour  les  oiseaux 
utiles  à  l'agriculture. 

COMMISSIONS   DE   CONSERVATION. 

L'initiative  prise  par  le  président  des  Etats-Unis  en  convoquant  cette  première 
conférence,  pour  considérer  la  conservation  des  ressources  naturelles  de  l'Amérique 
du  Nord,  a  été  opportune  au  plus  haut  degré;  et  les  délibérations  qui  ont  suivi,  ainsi 
que  les  renseignements  que  se  sont  communiqués  mutuellement  les  représentants 
assemblés,  ont  eu,  croyons-nous,  des  conséquences  heureuses  pour  les  meilleurs  inté- 
rêts des  pays  participants.  Afin  de  retirer  le  plus  de  bénéfice  possible  du  travail  qui 
a  déjà  été  fait,  et  afin  d'organiser  le  mécanisme  le  plus  effectif  et  le  mieux  adapté  à 
ses  fins  pour  la  tâche  qui  reste  à  faire,  chaque  pays  devait  établir  une  commission  de 
conservation. 

Quand  ces  commissions  auront  été  établies,  un  système  d'échange  de  communi- 
cations devrait  être  inauguré  permettant  à  chaque  commission  de  transmettre  aux 
autres,  à  des  intervalles  stipulés,  et  aux  fins  d'adaptation  et  d'utilisation  les  plus  éten- 
dues possibles,  toutes  découvertes  et  inventions,  et  tous  procédés  et  inventaires  de  res- 
sources naturelles,  renseignements  d'un  caractère  nouveau  et  spécialement  importants, 
grains  de  semence,  plants,  variétés  nouvelles  ou  améliorées,  et  autres  productions  pré- 
sentant de  la  valeur  pour  la  conservation  ou  l'amélioration  de  toute  ressource  natu- 
relle quelconque. 

CONFÉRENCE    MONDIALE    EN    VUE    DE    LA    CONSERVATION    DES    RICHESSES    NATURELLES. 

La  conférence  des  délégués,  représentants  des  Etats-Unis,  du  Mexique,  du  Canada 
et  de  Terre-Neuve,  après  échange  de  vues  et  considérations  des  renseignements  com- 
muniqués par  ces  pays  respectifs,  est  convaincue  de  l'importance  du  mouvement  pour 
la  conservation  des  ressources  naturelles  du  continent  de  l'Amérique  du  Nord,  et  croit 
que  ce  mouvement  est  d'une  telle  nature  et  d'une  telle  importance  qu'il  devrait  com- 
prendre le  monde  entier  dans  sa  sphère  d'action.  Par  conséquent,  la  conférence  croit 
devoir  conseiller  au  président  des  Etats-Unis  d'Amérique  d'inviter  toutes  les  nations 
à  se  réunir  pour  délibérer  au  sujet  des  ressources  de  l'univers,  de  leur  inventaire,  de 
leur  conservation  et  de  leur  utilisation  la  mieux  entendue. 

GIFFORD  PINCHOT, 
SYDNEY  FISIIER, 
CLIFFORD  SIFTON, 
ROBERT  BACON, 
ROMULO  ESCOBAR, 
MIGUEL  A.  DE  QUEVEDO, 
HENRI  S.  BELAND, 
JAMES   RUDOLPH   GARFIELD, 
CARLOS  SELLERIER, 
E.  H.  OUTERBRIDGE. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  99  A.  1909 


RÉPONSE 


A  une  adresse  à  Son  Excellence  le  gouverneur-général,  en  date  du  22  février  1900, 
demandant  copie  des  décrets  du  conseil,  correspondance,  lettres,  dépêches,  mémoi- 
res, communications  échangés  entre  le  gouvernement  impérial  et  le  gouvernement 
canadien,  touchant  l'organisation  d'un  état-major  général  impérial. 

CHAKLES  MUKPHY, 

Secrétaire  d'Etat. 


COPIES  DES  DECHETS  DU  CONSEIL,  CORRESPONDANCE,  Etc.,  ECHAN- 
GES ENTRE  LE  GOUVERNEMENT  IMPERIAL  ET  LE  GOUVERNE- 
MENT CANADIEN  TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT- 
MAJOR  GENERAL  IMPERIAL. 


CONFERENCE    COLONIALE,  1907 


RESOLUTIONS. 

Les  résolutions  suivantes  ont  été  unanimement  adoptées,  excepté  en  ce  qu'autre- 
ment énoncé. 


III. 

ETAT-MAJOR  GENERAL  POUR  LE  SERVICE  DE  L'EMPIRE. 

Que  cette  conférence  accueille  bien  et  approuve  cordialement  l'exposé  des  prin- 
cipes résumés  dans  cet  énoncé  dp  secrétaire  de  la  guerre,  et  que  ne  désirant  engager 
aucun  des  gouvernements  représentés,  elle  reconnaît  et  affirme  le  besoin  de  dévelop- 
per pour  le  service  de  l'empire,  un  état-major  général  choisis  dans  les  forces  de  tout 
l'empire;  lequel  état-major  étudiera  la  science  militaire  sous  toutes  ses  faces,  recueil- 
lera et  communiquera  dans  les  différents  gouvernements  des  renseignements  militaires, 
se  chargera  de  la  préparation  des  plans  de  défense  d'après  un  principe  commun,  et 
sans  le  moindrement  s'immiscer  dans  les  questions  qui  se  rapportent  au  commande- 
ment et  à  l'administration,  donnera  à  la  demande  des  gouvernements  respectifs,  des 
renseignements  sur  l'entraînement,  l'éducation  et  l'organisation  de  guerre  des  forces 
militaires  de  la  Couronne,  dans  toutes  les  parties  de  l'empire. 

99—1 


2  CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

IV. 

******* 

DEFENSE  MILITAIRE. 

Voir  document  parlementaire  n°  58,  page  94  à  28,  1908. 

War  Office,  Londres,  S.W.,  15  décembre  1908. 

Au  sous-secrétaire  d'Etat, 

Ministère  des  Colonies,  Londres,  S.W. 

Monsieur, — Pour  faire  suite  à  une  précédente  correspondance  et  conformément 
aux  résolutions  adoptées  à  la  conférence  impériale,  tenue  l'année  dernière  à  propos  de 
la  formation  d'un  état-major  général  impérial,  et  qui  approuvait  les  principes  géné- 
raux soumis  à  la  conférence  par  le  secrétaire  de  la  guerre  pour  la  défense  militaire  de 
l'empire,  j'ai  été  chargé  par  le  conseil  de  l'armée  de  transmettre  pour  l'instruction  du 
comte  de  Crewe,  l'énoncé  ci-joint  de  ses  vues,  sur  l'état-major  général  impérial,  et  de 
demander  que  cet  énoncé  soit  soumis — si  Sa  Seigneurie  le  juge  convenable — aux  minis- 
tres des  différentes  possessions  autonomes. 

Le  mémoire  ci-inclus  est  basé  sur  les  principes  généraux  résumé  dans  l'énoncé 
fait  par  le  secrétaire  d'Etat  de  la  guerre,  qui  a  reçu  l'approbation  cordiale  de  la  con- 
férence. On  peut  résumer  les  principaux  points  de  cet  énoncé  en  tant  que  cela  con- 
cerne le  sujet  que  l'on  discute  actuellement,  comme  il  suit: — 

(1.)  La  nécessité  du  maintien  de  la  suprématie  de  la  mer,  qui  peut  seule 
assurer  quelque  coopération  militaire. 

(2.)  L'opportunité  d'un  certain  vaste  plan  d'organisation  militaire  pour  l'em- 
pire, mais  non  pas  un  modèle  rigide  qui  ne  se  prête  pas  aux  difficultés 
locales. 

(3.)  Une  conception  d'une  combinaison  dans  laquelle  les  forces  armées  de 
l'empire  seraient  organisées  en  deux  parties;  la  première  ayant  pour 
fonction  la  défense  locale,  la  seconde  étant  destinée  au  service  de  l'em- 
pire dans  son  ensemble. 

Le  conseil  de  l'armée  sait  bien  que  les  possessions  autonomes  ne  peuvent  donner 
aucune  garantie,  qu'ils  enverront  pour  le  service  au  cas  d'une  grande  guerre,  des  con- 
tingents d'une  force  ou  d'une  composition  déterminée.  En  même  temps,  il  comprend 
parfaitement  que  les  sentiments  de  loyauté  et  d'attachement  qu'ont  les  Etats  d'outre- 
mer pour  la  mère-patrie,  agiront  aussi  fortement  à  l'heure  de  l'épreuve  qu'ils  l'ont  fait 
durant  la  récente  guerre  du  Sud- Africain.  Mais  manquer  de  se  préparer  à  temps  pour 
les  circonstances  critiques  qui  peuvent  surgir,  c'est  priver  les  forces  militaires  d'une 
grande  partie  de  leur  valeur  potentielle,  tandis  qu'il  a  été  prouvé  dans  les  récentes 
campagnes,  qu'une  préparation  parfaite  a  été  le  plus  grand  facteur  qui  ait  contribué  à 
obtenir  une  rapide  et  heureuse  issue.  Pour  ces  raisons,  bien  que  les  possessions  d'outre- 
mer ne  puissent  assumer  une  responsabilité  déterminée  que  pour  la  défense  locale,  il 
serait  bon  aussi  de  considérer  dans  l'organisation  d'une  pareille  défense,  les  exigences 
inhérentes  à  une  situation  dans  laquelle  les  Etats  d'outre-mer  ont  désiré  donner  un  ser- 
vice militaire  effectif,  de  concert  avec  les  troupes  de  la  mère-patrie. 

Je  n'ai  pas  dans  ce  mémoire  perdu  de  vue  ces  exigences.  Pour  clore,  le  conseil  de 
l'armée  désire  insister  sur  l'importance  d'appliquer  les  principes  généraux  d'une  orga- 
nisation supérieure  d'unités,  dont  a  convenu  la  conférence  de  1907. 

E.  D.  WARD. 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  8 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

L'ETAT-MAJOR    GENERAL    IMPERIAL. 

OBSERVATIONS  PRELIMINAIRES. 

La  conférence  impériale  tenue  à  Londres  en  avril  1907,  a  affirmé  le  besoin  d'un 
état-major  général  "  choisi  dans  les  forces  de  tout  l'empire  ",  et  elle  a  ainsi  défini  les  ' 
devoirs  qu'il  doit  remplir: — 

"  Etudier  la  science  militaire  sous  toutes  ses  faces  ;  recueillir  et  communi- 
quer aux  différents  gouvernements  des  renseignements  militaires;  se  charger  de 
la  préparation  des  plans  de  défense  d'après  un  principe  commun,  et  (sans  le 
moindrement  s'immiscer  dans  les  questions  relatives  au  commandement  et  à  l'ad- 
ministration), donner  à  la  demande  des  gouvernements  respectifs,  des  conseils 
sur  l'entraînement,  l'éducation  et  l'organisation  de  guerre  des  forces  militaires 
de  la  Couronne  dans  toutes  les  parties  de  l'empire." 

Il  fut  de  plus  décidé  que  le  chef  de  l'état-major  général  avancerait  des  proposi- 
tions déterminées,  afin  de  donner  effet  aux  résolutions  de  la  conférence  à  ce  sujet. 
C'est  le  but  de  ce  mémoire  de  le  faire. 

Cependant,  avant  d'avancer  des  propositions  déterminées,  il  est  nécessaire  de  faire 
un  certain  examen  général  sur  lequel  on  doit  se  baser  pour  prendre  des  dispositions, 
D'abord,  il  faut  reconnaître  qu'actuellement  nous  ne  faisons  virtuellement  que  com- 
mencer dans  les  Etats  d'outre-mer,  à  créer  des  forces  militaires  sur  une  importante 
échelle.  L'empire  a  maintenant  atteint  une  phase  où  ses  fils  des  possessions  d'outre- 
mer ont  commencé  à  se  sentir  suffisamment  forts,  pour  assurer  plus  de  responsabilité 
dans  la  défense  de  leurs  propres  foyers,  et  à  considérer  cette  tâche  non  seulement 
comme  un  devoir  qu'ils  veulent  bien  accomplir,  mais  comme  un  droit.  Le  vrai  pro- 
blème qui  se  pose  aux  différents  gouvernements,  c'est  la  direction  de  ces  sentiments 
dans  la  bonne  voie  dès  ce  début.  C'est  pour  fournir  cette  direction  que  la  création 
d'un  état-major  général  impérial  est  nécessaire. 

Examinant  la  question  à  ce  point  de  vue,  il  semble  que  nous  devrions — 

(i)  Nous  former 'une  idée  nette  des  principes  généraux  d'après  lesquels  nous 
devrions  créer  et  perfectionner  notre  système  de  défense  nationale,  et 
des   relations   qui   devraient   exister   entre   les   différentes   parties   du 
tout, 
(ii)  Ebaucher  l'organisation  la  plus  convenable  et  la  plus  efficace  pour  l'état- 
major  général  impérial,  afin  de  développer  et  de  perfectionner  ce  sys- 
tème, 
(iii)  Examiner,   ayant   cette   organisation  en   vue,   les   meilleurs   moyens   à 
employer  dans  le  choix  et  l'entraînement  des  officiers  qui  doivent  la 
constituer, 
(iv)  Examiner  quels  sont  à  présent  les  moyens  utilisables,  et  comment  on 
peut  les  employer  de  la  meilleure  manière  et  le  plus  tôt  possible,  pour 
la  formation  de  l'état-major  général  impérial. 
Dans  le  présent  mémoire,  par  conséquent,  je  traite  le  sujet  contenu  dans  le  titre 
ti-dessus,  et  je  m'efforce  de  présenter  sous  chaque  rubrique  un  idéal  que  l'on  ne  doit 
pas  perdre  de  vue,  et  de  suggérer  la  meilleure  méthode  à  employer,  afin  de  faire  appro- 
cher nos  moyens  d'existence  de  cet  idéal. 

Ire   PARTIE. 

Principes  généraux  sur  la  défense  nationale. 

On  manifeste  présentement  dans  tout  l'empire  une  grande  inquiétude  au  sujet 
de  la  défense  locale  et  impériale,  et  nulle  part  ailleurs  on  ne  remarque  un  tel  désir 
d'examiner  de  semblables  problèmes,  comme  dans  nos  grandes  possessions  autonomes. 

99— 1* 


4  CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ce  n'est  pas  seulement  en  Angleterre,  mais  aussi  dans  ses  possessions  et  aux  Indes 
que  l'on  fait  de  pareilles  démarches,  afin  de  développer  les  ressources  militaires  locales, 
en  vue  d'organiser  une  défense  locale  sur  une  base  plus  solide  et  plus  pratique;  et  l'on 
peut  présumer  sans  trop  de  risque,  qu'il  y  aura  un  grand  développement  dans  les  res- 
sources militaires  potentielles  de  l'empire  dans  un  avenir  prochain. 

Ce  serait  dépasser  le  but  de  ce  mémoire,  que  d'analyser  au  long  les  causes  qui 
nous  ont  amenés  à  ce  mouvement.  Quelles  que  puissent  être  ces  causes,  il  est  certain 
qu'avec  le  développement  des  grandes  possessions  autonomes,  il  est  aussi  évident  qu'el- 
les désirent  de  plus  en  plus  des  institutions  militaires  indépendantes,  efficaces  et  pro- 
gressives; en  même  temps  qu'avec  le  développement  des  idéals  impériaux,  le  besoin 
se  fait  sentir  d'unir  plus  étroitement;  ensemble  les  forces  militaires  de  l'empire.  On 
ne  doit  pas  perdre  de  vue  ces  faits  dans  toutes  les  entreprises  actuelles,  afin  que  dès  le 
début  on  progresse  dans  la  bonne  voie. 

En  ce  qui  concerne  l'empire  britannique  la  défense  impériale  se  divise  naturelle- 
ment en — 

(i.)  Défense  locale, 
(ii.)  Défense  impériale. 

En  ce  qui  concerne  la  défense  locale  dans  chaque  cas,  l'objet  à  ne  pas  perdre  de 
vue — lequel  devrait  gouverner  le  '  standard  '  à  atteindre — est  de  trouver,  organiser  et 
rendre  efficaces  les  moyens  de  défense  qui,  par  leur  existence,  constitueront  un  sérieux 
empêchement  aux  formes  d'attaque  les  plus  probables  et  les  plus  praticables.  En  d'au- 
tres termes,  ces  moyens  devraient  être  suffisants  pour  permettre  à  chaque  division  par- 
ticulière de  l'empire,  de  se  protéger  raisonnablement  contre  tout  événement  soudain; 
tandis  qu'au  cas  d'entreprises  hostiles  plus  graves,  l'organisation  et  les  moyens  de  dé- 
fense préparés  devraient  suffire  à  retarder  l'issue,  jusqu'à  ce  que  l'on  puisse  concentrer 
sur  ce  point  ou  sur  ces  points  décisifs  les  ressources  navales  et  militaires  de  l'Empire. 

Quant  à  la  défense  impériale,  la  première  chose  à  remarquer  est  que  c'est  une  ma- 
rine militaire  fondamentale,  qu'on  ne  considère  comme  suffisante  ou  complète  aucune 
organisation  de  défense  qui  n'envisage  pas  l'offensive.  La  défense  passive  obtient 
rarement,  si  toutefois  elle  en  obtient,  des  résultats  décisifs.  Ainsi  qu'il  a  déjà  été  dit, 
la  conférence  impériale  a  admis  la  nécessité  possible  de  la  concentration  des  forces 
impériales  pour  cette  défense  de  l'empire.  L'échelle  sur  laquelle  il  pourrait  falloir 
concentrer  ces  forces,  doit  dépendre  des  intérêts  impériaux  en  jeu;  la  probabilité  étant 
qu'on  en  aurait  besoin  pour  aider  les  forces  maintenues  pour,  la  défense  locale  dans 
un  droit  particuliers  de  l'Empire,  et  pour  agir  de  concert  avec  elles. 

Il  est  aussi  évident  combien  étroitement  on  peut  associer  en  temps  de  guerre  les 
forces  maintenues  dans  les  différentes  parties  de  l'Empire.  Afin  que  les  diverses  par- 
ties d'une  pareille  armée  puissent  agir  dans  une  étroite  coalition,  elles  doivent  être 
organisés  d'après  les  mêmes  principes  généraux,  particulièrement  en  ce  qui  concerne 
le  système  de  commandement  et  les  services  d'état-major.  Le  chef  de  l'état-major  gé- 
néral a  traité  à  fond  ce  besoin  dans  un  '  Mémoire  sur  la  possibilité  d'assimiler  l'orga- 
nisation guerrière  de  tout  l'Empire,  qui  a  été  soumis  à  la  conférence  impériale  le  14 
mars  1907.  Il  a  été  annexé  une  copie  de  ce  mémoire  au  présent,  pour  prévenir  la  né- 
cessité de  toute  nouvelle  discussion  sur  ce  sujet. 

Le  proverbe  '  l'union  fait  la  force  '  s'applique  encore  à  la  guerre  et  à  sa  prépara-, 
tion,  plus  fortement  qu'à  presque  toute  autre  sphère  d'activité  humaine.  La  combi- 
naison d'efforts  est  un  principe  fondamental  de  la  guerre,  et  l'existence  d'écoles  d'idées 
différentes  dans  une  armée  est  funeste  à  cette  combinaison.  L'idéal  qu'il  faut  attein- 
dre, c'est  que  toutes  les  divisions  d'une  force  militaire  devraient  être  capables  d'agir 
en  guerre  comme  parties  d'un  tout. 

On  ne  peut  parfaitement  réaliser  l'idéal,  que  quand  toutes  les  parties  sont  orga- 
nisées et  instruites  par  une  seule  tête  et  dans  l'armée  moderne,  cette  tête  c'est  l'état- 
major  général.  Létat-major  général  doit  donc  être  une  entité  par  tout  l'Empire,  et 
pour  qu'il  en  soit  ainsi,  tous  ses  membres  doivent  être  uniformément  instruits  en  prin- 
cipes et  pratiques  enseignés  dans  une  école  sous  un  seul  chef. 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

Ile  PARTIE. 

L'ORGANISATION  LA  PLUS  CONVENABLE  ET  LA  PLUS  EFFICACE  POUR 
UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL. 

Avant  d'essayer  de  donner  un  aperçu  de  nos  besoins  pour  un  état-major  général 
impérial,  tel  que  commandé  par  la  conférence  impériale,  ou  de  suggérer  les  moyens  à 
employer  dans  le  choix  de  l'instruction  des  officiers  nécessaires  à  sa  formation,  il  faut 
examiner  quelles  seraient  ses  fonctions.   En  essayant  de  le  faire,  il  ne  faut  pas  oublier 
cette  condition  essentielle,  que  les  seules  et  vraies  fins  à  atteindre  sont  : — 
(i.)  Une  préparation  efficace  à  la  guerre  en  temps  de  paix, 
(ii.)  Une  habile  conduite  de  la  guerre  en  temps  de  guerre. 
Aucune  solution  du  problème  ne  peut  être  effective,  à  moins  qu'elle  ne  soit  gou- 
vernée par  ces  agents. 

La  conférence  impériale  a  défini  les  fonctions  de  l'état-major  général  'choisi  dans 
les  forces  de  tout  l'Empire  '  relativement  à  la  préparation  de  la  guerre. 

Il  nous  faut  encore  examiner  les  fonctions  de  l'état-major  général  pendant  la 
guerre.     On  peut  les  indiquer  comme  suit: — 

'  Aider  l'officier  général  ou  les  officiers  dans  le  commandement  des  forces  locales 
en — 

'  (i.)  Préparant  des  plans;  avisant;  surveillant  l'ennemi;  en  obtenant,  compi- 
lant et  distribuant  tous  les  renseignements  concernant  le  théâtre  de  la 
guerre,  les  forces  de  l'ennemi,  et  leur  disposition. 
'  (ii.)  En  effectuant  tous  les  préparatifs  nécessaires  à  la  sécurité,  à  la  marche 

et  à  la  bataille,  conformément  aux  plans  du  général. 
'  (iii.)  En  communiquant  les  ordres  nécessaires  en  temps  et  lieux  voulus. 
1  (iv.)  En  surveillant  la  condition  de  combat  des  troupes,  et  tenant  le  général 
renseigné  à  tous  égards  sur  la  valeur  de  ses  troupes. 
Il  s'en  suit  que  nous  avons  besoin  d'abord  d'un  corps  directeur  central,  afin  d'exa- 
miner et  de  dresser  des  plans  pour  la  défense  de  l'Empire  dans  son  ensemble,  d'étudier 
et  de  formuler  de  grands  principes  d'application  générale,  ainsi  que  de  recueillir  et  de 
fournir  des   renseignements  généraux.     Puis,  nous   avons  besoin  de  divisions  locales 
pour  étudier  les  besoins  locaux  et  les  possibilités  locales,  et  surveiller  l'application  des 
grands  principes  généraux  dans  des  conditions  locales.     Mais,  ainsi  qu'il  a  déjà  été 
dît,  l'état-major  général  impérial  doit  être  une  entité;  par  conséquent,  ces  divisions 
doivent  former  des  parties  d'un  tout,  procédant  d'un  corps  central. 

Ainsi,  et  en  temps  de  paix  et  en  temps  de  guerre,  l'état-major  général  doit  être 
regardé  comme  une  grande  organisation,  consistant  en  un  corps  central  avec  des  bran- 
ches s'étendant  à  toutes  les  diverses  unités  d'une  armée.  Si  l'état-major  général  doit 
accomplir  efficacement  les  fonctions  qui  lui  sont  départies,  et  agir  comme  l'esprit  diri- 
geant— comme  le  "  cerveau  "  ('  brain  ')  de  l'armée  entière,  il  est  évident  qu'il  faut  non 
seulement  instruire  et  entraîner  supérieurement  ses  membres,  mais  qu'il  accomplisse 
son  travail  d'après  les  principes  communs  dans  toutes  les  parties  de  l'Empire.  Il  est 
donc  nécessaire  que  l'état-major  général  impérial  ait  un  chef  reconnu,  pour  assurer  une 
uniformité  de  méthodes  et  de  but.  Ce  chef  ne  peut  être  que  le  chef  de  l'état-major 
général  impérial  à  Londres,  qui  doit  devenir  le  chef  de  l'état-major  général  impérial,  si 
nous  voulons  avoir  une  organisation  réellement  efficace. 

Sous  la  surveillance  plus  ou  moins  directe  du  chef  de  l'état-major  général  impé- 
rial, il  faudrait  graduellement  constituer  l'organisation  de  l'état-major  général  d'après 
le  plan  suivant: — 

I.  Le  corps  central  ayant  son  quartier  général  à  Londres,  et  fonctionnant  sous 

la  direction  immédiate  du  chef  de  l'état-major  général  impérial. 
IL  Des  sections  locales  dans  le  Royaume-Uni,  dans  chacune  de  nos  garnisons 
régulières  dans  chaque  possession  autonome,  et  dans  l'Inde.     Excepté 


6     CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

dans  le  cas  des  garnisons  étrangères  de  moindre  importance,  ces  sec- 
tions locales  pourraient  être  subdivisées  dans  les  quartiers  généra 
locaux,  et  l'état-major  avec  les  troupes  locales. 

Chaque  section  devrait  avoir  un  chef  à  sa  tête,  et  elle  s'occuperai 
des  questions  relatives  (1)  à  la  défense  locale,  et  (2)  à  l'instruction 
des  troupes  sur  un  système  semblable  à  celui  que  pratique  pour  le 
Royaume-Uni  le  Training  Directorate  au  War  Office. 
Dans  cette  organisation,  telle  qu'elle  s'applique  aux  Etats  à  gouvernement  auto- 
nome, chaque  chef  d'une  section  locale  de  l'état-major  général  serait  l'aviseur  de  son 
propre  gouvernement,  ainsi  que  le  chef  des  officiers  d'état-major  général,  soit  au 
quartier  général  soit  parmi  les  troupes.  Une  difficulté  qui  peut  se  présenter  et  qu'il 
faut  résoudre  relativement  à  cette  organisation,  c'est  l'établissement  de  rapports  vou- 
lus entre  le  chef  de  l'état-major  général  impérial,  et  les  chefs  des  sections  locales  de 
l'état-major  général  dans  les  différentes  possessions.  J'ai  déjà  fait  remarquer  que 
dans  toute  question  purement  militaire,  c'est  le  premier  qui  doit  diriger.  Mais  on 
pourrait  considérer  l'incompatibilité  d'une  telle  direction  avec  le  contrôle  absolu  exercé 
par  son  propre  gouvernement  sur  le  chef  local;  et  il  faut  que  dès  le  début  ce  contrôle 
absolu  soit  accepté.  Il  semblerait  que  la  solution  de  cette  difficulté  serait  que,  en 
même  temps  que  les  chefs  des  sections  locales  de  l'état-major  général  se  tiendraient 
en  étroite  communication  avec  le  chef  de  l'état-major  général  impérial,  ils  ne  pour- 
raient recevoir  d'ordres  de  lui.  Ce  dernier  les  tiendra  au  courant  de  ce  que  l'on  con- 
sidère comme  les  vrais  principes  généraux,  et  ils  renseigneront  leurs  gouvernements 
sur  les  meilleures  méthodes  à  employer  pour  l'application  de  ces  principes  aux  condi- 
tions locales,  et  des  risques  qu'il  y  aurait  de  s'en  écarter.  Ce  sera  leur  devoir,  quand 
leur  avis  sera  rejeté,  d'accomplir  tout  ce  que  peuvent  leur  commander  leurs  gouver 
nements  respectifs. 

Dans  de  pareilles  conditions,  la  meilleure  méthode  à  suivre  afin  de  mainten 
dans  une  relation  étroite,  le  corps  central  de  l'état-major  général,  demande  un  examen 
plus  approfondi.  On  peut  beaucoup  faire  pour  assurer  l'uniformité,  en  employant 
un  système  judicieux  dans  le  choix,  l'éducation  et  l'instruction  préliminaire  des 
ciers  de  l'état-major  général,  en  faisant  des  permutations  périodiques  entre  ceux  qui 
servent  dans  l'état-major  dans  les  différentes  parties  de  l'empire;  et  en  donnant  par- 
fois des  conférences  générales.  Ces  questions  sont  résolues  aux  pages  suivantes,  et  il 
sera  nécessaire  de  se  reposer  considérablement  sur  ces  méthodes.  Mais  de  nos  jours, 
l'art  mlitaire  progresse.  Il  faut  continuellement  examiner  les  idées  et  les  inventions 
nouvelles,  et  il  est  nécessaire  qu'il  y  ait  une  communication  étroite  et  souvent  per- 
sonnelle entre  le  centre  et  les  divisions,  afin  d'empêcher  que  ne  naisse  et  ne  grandisse 
une  divergence  d'opinion  qui  pourrait  être  funeste  à  l'union. 

Il  est  possible  de  maintenir  ce  contact  personnel  soit  en  déléguant  à  chacune  des 
divisions  locales  des  officiers  choisis  dans  le  corps  central,  et  en  les  changeant  à  des 
intervalles  fréquents;  soit  par  le  procédé  contraire.  La  première  de  ces  méthodes 
serait  d'une  certaine  manière  plus  efficace,  mais  les  autorités  locales  ne  l'accepteraient 
pas  toujours.  Mais  en  toute  probabilité,  une  combinaison  de  ces  deux  méthodes  serait 
en  somme  ce  qui  fonctionnerait  le  mieux.  Dans  le  premier  cas,  les  gouvernements 
respectifs  pourraient  attacher  au  War  Office,  à  Londres,  des  officiers  choisis  dans  les 
divisions  locales,  et  les  changer  périodiquement.  Les  devoirs  de  ces  officiers  seraient 
d'étudier  les  méthodes  d'éducation  et  d'instruction,  les  services  d'état-major  général 
en  vogue  sous  la  surveillance  immédiate  du  chef  de  l'état-major  général,  ainsi  que  le 
plus  récent  développement  des  idées  sur  l'organisation,  la  stratégie  et  la  tactique;  de 
donner  au  chef  de  l'état-major  général  "impérial  des  renseignements  sur  les  prépara- 
tifs de  la  défense  locale  et  sur  les  autres  affaires  locales  dans  leurs  pays  respectifs  ; 
d'étudier  le  rôle  que  doivent  jouer  les  forces  locales  dans  la  défense  impériale,  de  cor- 
respondre avec  ces  chefs  sur  ces  questions;  et  enfin,  une  fois  relevés  de  leur  service, 
de  s'en  retourner  dans  leur  pays  pour  expliquer  et  mettre  eux-mêmes  en  pratique  ce 
qu'ils  ont  appris. 


: 

it 

a- 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

Dans  une  grande  guerre,  les  officiers  de  l'état-major  avec  les  troupes,  seraient 
principalement  pris  parmi  ceux  servant  dans  les  divisions  locales  d'où  seraient  tirées 
les  troupes,  tandis  que  ceux  qui  sont  attachés  au  commandement  suprême  en  cam- 
pagne, seraient  principalement  tirés  d'entre  les  officiers  qui  auraient  démontré  leur 
capacité  dans  le  corps  central. 

Il  est  amplement  évident  que  les  officiers  nommés  à  l'état-major  général,  devront 
posséder  et  en  temps  de  paix  et  en  temps  de  guerre,  non  seulement  la  confiance  de 
l'opinion  militaire,  mais  aussi  celle  du  gouvernement  impérial  et  des  autres  gouverne- 
ments de  l'empire;  ce  qu'on  ne  peut  obtenir  que  si  l'état-major  général  comprend  des 
officiers  possédant  des  connaissances  spéciales,  personnelles  et  pratiques  des  condi- 
tions locales  particulières,  et  militaires  et  politiques,  dans  toutes  les  parties  de  l'Em- 
pire. 

III  PARTIE. 

LES  PRINCIPES  A  APPLIQUER  DANS  LE  CHOIX  ET  INSTRUCTION  DES 
OFFICIERS  POUR  LE  SERVICE  L'ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL. 

L'organisation  de  l'état-major  général  impérial  ayant  été  ébauchée,  il  est  main- 
tenant nécessaire  d'examiner  les  principes  généraux  d'après  lesquels  il  faudrait  choisir 
et  instruire  les  officiers  pour  qu'ils  en  fassent  partie  sous  cette  rubrique  le  premier 
point  à  observer,  c'est  qu'afin  d'être  aptes  au  service  de  l'état-major  général,  les  offi- 
ciers doivent  auparavant  avoir  étudié  l'art  militaire  jusqu'à  un  certain  degré  com- 
mun, et  d'être  pénétrés  de  l'uniformité  d'idée  et  de  pratique  requise. 

On  ne  peut  obtenir  cette  uniformité  d'instruction  et  d'idée,  qu'en  faisant  passer 
par  une  école  d'état-major  les  officiers  que  l'on  destine  au  service  de  l'état-major  géné- 
ral. 

On  doit  pour  les  quelques  années  à  venir,  reconnaître  l'école  d'état-major  de 
Cainberley,  comme  l'école  centrale  d'éducation  militaire  supérieure  pour  tout  l'empire. 
Mais  comme  nos  institutions  militaires  se  développent  par  tout  l'Empire  cette  institu- 
tion ne  pourra  répondre  aux  besoins  impériaux  en  dehors  des  parties  de  l'Empire,  y 
compris  les  Indes,  qui  sont  défendues  par  l'armée  régulière.  L'essence  d'une  instruc- 
tion efficace  réside  dans  une  attention  et  une  instruction  individuelle.  Si  l'on  rassem- 
ble un  trop  grand  nombre  d'officiers  dans  un  centre  afin  de  leur  donner  une  pareille 
instruction,  cette  institution  deviendra  encombrée,  et  certainement  que  l'instruction 
individuelle  en  souffrira.  C'est  pourquoi  avec  le  développement  de  l'état-major  général 
de  l'armée  en  général,  le  besoin  se  fera  sentir  d'une  décentralisation;  et  si  les  posses- 
sions d'outre-mer  autonomes  veulent  jamais  avoir  des  institutions  militaires  indépen- 
dantes, elles  reconnaîtront  tôt  ou  tard  cette  nécessité.  Une  pareille  décentralisation 
devrait  prendre  la  forme  d'une  institution  qui  opérerait  d'après  un  système  semmlable 
à  celui  de  l'école  d'état-major  de  Camberley,  et  fonctionnerait  dans  des  relations 
étroites  avec  elle,  pour  chaque  grande  division  de  l'Empire.  Il  est  cependant  reconnu 
que  ce  besoin  peut  ne  pas  se  faire  sentir  pour  une  grande  période  de  temps,  et  en 
attendant  l'institution  d'un  plus  grand  nombre  de  semblables  écoles  qu'il  n'en  existe 
actuellement,  on  devrait  encourager  les  officiers  des  forces  des  posessions  d'outre-mer, 
à  se  servir  le  plus  possible  des  institutions  existantes. 

L'école  d'état-major  de  Quetta,.qui  fonctionne  dans  une  relation  et  une  unifor- 
mité intime  avec  l'école  d'état-major  de  Camberley,  excepté  quant  à  ce  qui  se  rapporte 
aux  examens  d'entrée,  constitue  déjà  pour  les  Indes  une  partie  précieuse  de  notre 
mécanisme  éducationnel. 

Ainsi,  sans  exclure  des  officiers  d'une  habileté  réelle  qui  ne  sont  pas  des  gradués 
d'école  d'état-major,  on  doit  prendre  pour  principe,  que  les  recrues  pour  l'état-major 
général  impérial  devraient  normalement  passer  par  une  des  périodes  d'état-major.  Le 
choix  de  ces  recrues  pour  cette  institution  et  le  fait  d'y  être  entré,  marquerait  officiel- 
lement le  premier  pas  dans  leur  instruction. 


8     CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Il  faudrait  rendre  aussi  uniforme  que  possible,  le  Standard  de  connaissances  mili- 
taires à  exiger  des  officiers  qui  entrent  dans  les  écoles  d'état-major;  ce  qu'on  pourrait 
obtenir  en  ayant  des  examens  simultanés,  pour  lesquels  on  se  servirait  des  mêmes  séries 
de  questions  dans  les  différentes  écoles. 

Il  faudrait  obtenir  l'uniformité  d'instruction  dans  les  écoles.  La  meilleure  ma- 
nière de  le  faire  serait  de  se  servir  d'un  programme  et  cours  d'étude  le  même  pour 
toutes  les  écoles,  et  d'être  scrupuleux  dans  le  choix  des  instructeurs.  Dans  toutes  ces 
écoles  il  faudrait  choisir  le  directeur  parmi  les  officiers  qui  auraient  servi  dans  le 
corps  central  de  l'état-major  général  impérial;  et  ce  directeur  ainsi  qu'un  certain 
nombre  des  instructeurs  (disons,  le  tiers,  comme  c'est  maintenant  le  cas  dans  l'école 
de  Quetta)  devraient  être  des  gradués  de  Camberley. 

Une  fois  gradué  dans  une  école  d'état-major,  un  officier  devrait  retourner  au  ser- 
vice de  corps  pour  les  troupes  pour  une  durée  qui  ne  doit  pas  être  moindre  d'un  an, 
afin  de  se  rendre  compte  à  la  lumière  de  sa  plus  grande  expérience,  des  besoins  et  des 
sentiments  de  ces  troupes. 

Puis,  les  officiers  choisis  comme  devant  vraisemblablement  être  aptes  au  service 
d'état-major  général,  devraient  sous  la  surveillance  du  chef  de  la  section  locale  de 
l'état-major  général,  faire  un  cours  d'épreuve  d'instruction  d'état-major  pratique  avec 
les  troupes  et  au  quartier  général;  pendant  lequel  il  serait  fait  rapport  de  leur  apti- 
tude à  servir  dans  l'état-major  général  impérial.  Dans  les  conditions  présentes,  il 
faudrait  effectuer  ce  cours  d'instruction  d'état-major  sous  la  surveillance  du  chef  de 
l'état-major  général  impérial  à  Londres,  ou  aux  Indes  sous  celle  du  commandant  en 
chef  des  forces  de  ce  pays-là. 

Après  avoir  terminé  le  cours  entier  d'instruction  d'après  les  méthodes  ci-dessus 
mentionnées,  un  officier  pourrait  ordinairement  servir  avec  les  troupes  pendant  une 
période  de  temps  ultérieure  dans  son  propre  pays. 

Mais  il  faudrait  considérer  comme  aptes  au  service  de  l'état-major  général  impé- 
rial, lorsque  la  nécessité  s'en  présenterait,  tous  les  officiers  qui  auraient  terminé  le 
cours  entier,  et  qu'on  aurait  jugés  posséder  les  qualités  requises. 

Il  a  été  inauguré  et  on  emploie  en  Angleterre  un  système  d'instruction  d'après  les 
méthodes  décrites,  qu'il  faudrait  aussitôt  que  possible  introduire  dans  d'autres  parties 
de  l'Empire. 

La  suivante  étape  dans  la  carrière  de  l'officier  de  l'état-major  général,  serait  sa 
nomination  à  une  section  locale  de  l'état-major  général.  Cette  nomination  serait  ordi- 
nairement faite  d'abord  dans  son  propre  pays;  mais  il  faudrait  que  les  gouvernements 
intéressés,  sur  l'avis  des  chefs  des  sections  locales  de  l'état-major  général,  arrange- 
ments des  permutations  pour  le  service  entre  les  officiers  dans  différente  parties  de 
l'Empire.  Il  sera  peut-être  trouvé  à  propos  que  ces  permutations  soient  opérées  confor- 
mément à  l'avis  du  chef  de  l'état-major  général  impérial.  De  plus,  le  système  proposé 
paraît  à  peine  praticable,  si  l'on  n'emploie  pas  un  système  général,  en  tant  que  le  per- 
mettent les  conditions  locales,  dans  l'organisation  des  différentes  divisions  de  l'état- 
major  général  impérial  et  dans  l'attribution  de  fonctions  aux  particuliers. 

Outre  les  permutations  périodiques  suggérées  plus  haut,  de  grands  avantages  ré- 
sulteraient de  conférences  données  de  temps  à  autre,  et  auxquelles  assisteraient  des 
représentants  de  l'état-major  général  impérial  de  toutes  les  parties  de  l'Empire,  dans 
le  but  de  comparer  leurs  notes  et  de  discuter  des  questions  militaires,  sous  la  prési- 
dence du  chef  d'état-major  général  impérial.  Ces  conférences  serviraient  à  maintenir 
en  contact  les  différents  membres  de  l'état-major  entre  eux,  et  à  empêcher  qu'il  ne  se 
produise  des  divergences  d'opinion  sur  des  questions  de  principe  importants.  Il  fau- 
drait encourager  les  chefs  des  sections  locales  de  l'état-major  général  dans  les  diffé- 
rentes parties  de  l'Empire,  à  correspondre  avec  le  chef  de  l'état-major  général  impérial, 
ou  avec  ses  subalternes  immédiats  à  Londres. 

Il  faut  que  les  officiers  composant  le  corps  central  de  l'état-major  général  impérial 
soient  l'élite  des  officiers  de  tout  l'Empire,  qui  sont  dignes  de  servir  dans  l'état-major 
général.     Il  faudrait  les  maintenir  dans  ces  fonctions  aussi  longtemps  qu'ils  s'y  mon- 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  9 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

treront  aptes.  Il  faudrait  autant  que  possible,  qu'avant  leur  nomination  au  corps  cen- 
tral, ils  aient  servi  dans  les  états-majors  locaux  dans  leur  pays  et  à  l'étranger.  Il  fau- 
drait les  nommer  sur  l'avis  des  chefs  des  états-majors  locaux,  ou  par  le  commandant 
en  chef  des  Indes  quant  aux  officiers  qui  y  font  leur  service,  sous  réserve  de  l'assenti- 
ment du  chef  de  l'état-major  général  impérial. 

L'idéal  qu'il  faudrait  viser  dans  l'emploi  du  système  général  ébauché  ci-dessus, 
c'est  que  les  possessions  autonomes  et  les  Indes  doivent  fournir  des  officiers  bien  aptes 
à  servir  dans  leurs  sections  respectives  de  l'état-major  général;  elles  doivent  de  plus 
fournir  un  nombre  convenable  d'officiers  pour  servir  dans  le  corps  central  de  l'état- 
major  général  impérial. 

Leur  tour  de  service  fait  dans  l'état-major  général,  soit  dans  le  corps  central  ou 
une  section  locale,  il  faudrait  que  les  o.  .ciers  reprissent  leurs  fonctions  dans  les  trou- 
pes avant  d'être  de  nouveau  nommés  au  service  de  l'état-major. 

Ce  qui  précède  est  soumis  comme  aperçu  de  l'objectif  à  viser.  Une  organisation 
efficace  d'état-major  général  ne  peut  se  développer  que  peu  à  peu,  et,  ainsi  qu'il  a  déjà 
été  dit,  il  est  nécessaire  pour  que  son  développement  soit  couronné  de  succès,  que  le 
but  à  atteindre  soit  dès  le  commencement  bien  en  vue. 

C'est  la  seule  manière  d'assurer  que  le  progrès  s'effectue  d'une  manière  soutenue 
et  dans  la  bonne  voie. 

IV  PARTIE. 

PRESENTS  MOYENS  DE  CREER  UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPER  CAL, 
ET  COMMENT  LES  UTILISER  LE  MIEUX. 

Il  faut  d'abord  examiner  quel  personnel  nous  est  réellement  utilisable,  et  quels 
moyens  existent  déjà  pour  l'instruction  des  officiers  pour  l'état-major  général,  en  indi- 
quant jusqu'à  quel  point  il  serait  possible  de  faire  en  sorte  que  ce  personnel  réponde 
aux  besoins  impériaux  actuels.  Nous  pourrons  ensuite  procéder  à  l'examen  des  chan- 
gements les  plus  opportuns  à  effectuer  dans  le  système.  Dans  cette  considération,  nous 
nous  apercevons  que  les  occasions  d'étudier  et  de  pratiquer  l'art  de  la  guerre  varient 
grandement  dans  les  différentes  parties  de  l'Empire. 

Quant  à  ses  forces  militaires,  on  peut  considérer  l'Empire  britannique  comme  com- 
posé de  trois  grandes  divisions,  à  savoir  : — 

(I.)  Le  Royaume-Uni  et  les  différentes  possessions,  dont  la  défense  et  l'orga- 
nisation militaires  sont  sous  la  direction  des  autorités  du  pays. 
(IL)  L'Inde  qui  est  défendue  par  les  forces  anglaises  et  indiennes  dont  le 
contrôle   appartient  principalement   au   gouvernement   de  l'Inde  et   au 
bureau  du  ministère  de  l'Inde,  bien  que  le  War  Office  conserve  un  cer- 
tain pouvoir  d'expédier  des  instructions  aux  troupes  anglaises  qui  s'y 
trouvent. 
(III.)  Les  possessions  d'outre-mer  où  le  service  et  l'organisation  militaires  sont 
entièrement  réglementés  par  les  gouvernement  locaux,  et  qui  peuvent 
être  subdivisées  de  nouveau   "»n  dominions  du  Canada,  d'Australie,  de 
la  Nouvelle-Zélande  et  du  Sud-Africain. 
Considérant  l'Empire  comme  composé  des  trois  principales  divisions  ci-dessus  dé- 
terminées, nous  possédons  déjà  un  grand  nombre  d'officiers  instruits  et  expérimentés, 
qui  ont  appris  dans  une  école  centrale,  (l'école  d'état-major  de  Camberley,  l'art  supé- 
rieur de  la  guerre  et  les  services  d'état-rnajor.     Il  a  été  organisé  un  état-major  général 
qui  a  acquis  l'expérience  de  plusieurs  années  de  son  fonctionnement.       Nous  pouvons 
faire  notre  choix  parmi  quelques  milliers  d'officiers  de  corps  tous  instruits  jusqu'à  un 
certain  "degré"  (standard),  d'après  un  système  régulier  qui  a  fonctionné  pendant  des 
années.     Nous  employons  un  procédé  organisé  et  basé  sur  l'expérience  dans  le  choix 
de  l'élite  de  ces  officiers  afin  de  leur  donner  une  éducation  et  une  instruction  supé- 
rieures, et  nous  avons  les  moyens  nécesaires  de  leur  procurer  les  deux. 


10  CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Aux  Indes,  les  conditions  sont  en  grande  partie  les  mêmes.  Nous  y  maintenons 
une  armée  grande  et  effective,  comprenant  beaucoup  d'officiers  expérimentés  qui  ont 
reçu  une  instruction  supérieure.  On  instruit  les  officiers  de  corps,  sur  un  système  qui 
est  virtuellement  le  même  que  celui  qui  existe  actuellement  ailleurs  dans  le  service 
de  l'armée  régulière.  Il  a  été  ouvert  une  école  d'état-major  aux  Indes  en  1905;  son 
programme  d'études  est  à  peu  près  le  même  que  celui  de  Camberley;  et  l'on  espère  qu'en 
choisissant  le  commandant  et  le  tiers  du  personnel  enseignant  parmi  les  gradués  du 
Camberley,  l'uniformité  de  l'instruction  sera  assurée. 

D'autre  part,  les  possessions  d'outre-mer  autonomes  présentent  un  problème  diffé- 
rent. Actuellement,  ce  n'est  qu'au  Canada  qu'il  existe  une  institution  nationale  sem- 
blable à  celle  de  Woolwich  et  de  Sandhurst,  où  les  jeunes  gens  peuvent  apprendre  les 
premiers  éléments  des  détails  les  plus  techniques  avant  d'entrer  comme  officiers  au  ser- 
vice militair-3  de  leur  pays. 

Il  est  cependant  nécessaire  d'inaugurer  le  plus  tôt  possible  l'état-major  impérial, 
vu  que,  comme  les  états  d'outre-mer  projettent  d.e  développer  considérablement  leurs 
forces  militaires  d'après  des  principes  nouveaux,  le  besoin  se  fait  sentir  de  l'institu- 
tion de  sections  locales  de  Pétat-major  convenables  et  efficaces  pour  les  fins  d'organisa- 
tion et  d'instruction.  Il  est  évident  que  là  où  cette  reconstruction  des  éléments  mili- 
taires est  en  voie  de  développement,  il  faudrait  dès  le  début  utiliser  le  profit  d'une 
expérience  passée  et  pratique. 

Il  est  si  important  de  ne  pas  laisser  se  développer  les  forces  militaires  de  l'Empire 
sur  un  plan  différent  et  indépendant,  mais  de  le  faire  se  développer  sur  des  principes 
communs  et  approuvés  sur  l'organisation,  et  l'instruction  qu'on  devrait  s'efforcer  de 
jeter  les  bases  de  l'organisation  de  l'état-major  avec  les  moyens  disponibles. 

Un  nombre  restreint  d'officiers  des  possessions  d'outre-mer,  gradués  d'école  d'état- 
major,  servent  dans  le  Royaume-Uni  ou  aux  Indes,  ou  bien  sont  actuellement  à  l'em- 
ploi de  leurs  gouvernements  respectifs.  Il  est  aussi  reconnu  que  l'on  trouvera  dans 
les  forces  permanentes  ou  les  autres  possessions  d'outre-mer,  des  officiers  expérimentés 
de  capacité  reconnue,  et  dont  on  pourrait  faire  des  officiers  de  l'état-major  général. 
Je  ne  prétends  pas  que  les  officiers  ainsi  choisis  seront  en  nombre  suffisant,  ou  qu'ils 
seront  tous  aptes  quant  à  ce  qui  regarde  l'instruction,  l'expérience  pratique  et  l'âge 
à  répondre  aux  besoins  d'état-major  général.  Mais  dans  ces  cas,  les  possessions  d'ou- 
tre-mer n'éprouveraient  aucune  difficulté  à  emprunter  de  l'armée  anglaise  ou  de  celle 
des  Indes,  les  officiers  nécessaires  pour  compléter  et  créer  les  organisations  d'état-ma- 
jor général  voulues.  On  remplacerait  les  services  es  officiers  ainsi  empruntés  par 
ceux  des  officiers  des  possessions  intéressées,  aussitôt  que  ces  officiers  auraient  terminé 
leur  cours  d'instruction  requis,  ou  qu'ils  seraient  en  d'autres  termes  jugés  aptes  à 
remplir  les  différents  emplois.  Je  suggère  donc  que  chaque  possession  autonome 
devrait  prendre  des  mesures  afin  de  préparer  le  plus  tôt  possible,  et  d'envoyer  un  nom- 
bre suffisant  d'officier?  pour  leur  faire  suivre  un  cours  dans  une  école  d'état-major  à 
Camberley,  Quetta,  ou  aux  écoles  d'état-major  locales  qui,  comme  nous  l'espérons, 
seront  bientôt  établies. 

CONCLUSION 

En  résumé,  les  principaux  points  sur  lesquels  il  faut  diriger  l'attention,  afin  de 
jeter  les  bases  d'un  état-major  général  impérial,  paraissent  être  les  suivants: — 

(i.)  Toutes  les  forces  de  l'Empire  qu'il  faut  organiser  pour  la  guerre  d'après 
les  mêmes  principes  généraux,  spécialement  quant  à  ce  qui  regarde 
le  système  de  commandement  et  les  services  d'état-major,  dans  ce  but, 
il  faudrait  procéder  à  la  formation  de  l'état-major  général  impérial, 
en  tant  que  nous  le  permettent  les  moyens  disponibles  présents. 
(tV.)  L'uniformité  du  système  d'instruction  des  officiers  qui  doivent  servir 
dans  l'état-major  général,  à  être. assurés  en  prenant  des  mesures  pour — 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  11 

.DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

(a.)  L'uniformité  du  système  d'instruction  pour  les  officiers  de  corps, 
d'entre  lesquels  on  choisit  ceux  qui  doivent  être  envoyé  aux  écoles 
d'état-major.  On  obtiendrait  ce  résultat  en  reconnaissant  l'école 
d'état-major  de  Camberley  comme  l'école  centrale  d'éducation  pour 
l'Empire,  et  en  confiant  dès  le  début  à  des  gradués  de  Camberley, 
les  plus  importantes  charges  d'enseignement,  dans  la  mesure  que 
les  gouvernements  respectifs  des  possessions  d'outre-mer  le  jugeront 
convenable. 
(b.)  L'uniformité   de  système   de   choix   des   officiers   de  corps   pour   les 

cours  d'écoles  d'état-major. 
(c.)  Uniformité  dans  les  examens   d'entrée  cours  d'études,  programmes 
d'études,  et  l'enseignement  aux  différentes  écoles  d'état-major, 
(m.)  Obtenir  l'uniformité  dans  l'accomplissement  des  services  d'état-major, 
en  encourageant  les  gradués  d'écoles  d'état-major  qui  aspirent  aux  plus 
importants  emplois  d'état-major  général,  à  suivre,  un  cours  d'instruc- 
tion plus  ample  en  Angleterre  ou  aux  Indes;  et  en  voyant  à  ce  qu'il 
soit   établi   un   système  de   permutations   entre   les   officiers    de   l'état- 
major  général  impérial. 
On  ne  pourrait  appliquer  le  système  proposé  plus  haut  sans  une  certaine  dépense 
d'argent.     Entre  autres  sujets   de  dépenses,  il  faudrait  reconnaître  que  les  officiers 
envoyés  loin  de  leur  pays  dans  l'intérêt  de  l'Empire,  ne  devraient  pas  en  souffrir  pécu- 
niairement, autrement  nous  ne  pouvons  être  assurés  d'obtenir  les  services  d'hommes 
du  bon  calibre.     Mais  le  coût  total  du  système  serait  peu  considérable  en  proportion 
des  intérêts  en  jeu,  et  s'il  en  résultait  un  grand  surcroît  de  suffisance — comme  on  le 
croit — ce  sera  une  sage  dépense  d'argent. 

On  reconnaît  parfaitement  que  le  système  proposé  ne  produirait  pas  immédiate- 
ment un  état-major  idéal.  C'est  le  travail  des  années  qui  nous  le  procurera;  c'est 
pourquoi,  nous  devons  souhaiter  qu'on  en  commence  immédiatement  la  formation. 

Ainsi  qu'il  a  déjà  été  dit,  l'état-major  général  impérial  doit  posséder  la  confiance 
de  toutes  les  forces  de  l'Empire,  afin  d'exercer  l'influence  nécessaire  sur  leurs  instruc- 
tion et  leur  éducation  en  temps  de  paix,  et  sur  la  conduite  des  opérations  en  temps  de 
guerre;  et  seuls  peuvent  l'obtenir  les  officiers  qui  en  sont  jugés  dignes,  par  leur  capa- 
cité naturelle  et  parce  qu'ils  possèdent  des  connaissances  et  un  jugement  supérieurs. 
Avant  donc  qu'un  état-major  général  impérial  tel  que  nous  le  voulons  puisse  être 
formé,  il  faut  que  ses  membres  soient  parfaitement  et  soigneusement  instruits,  et  que 
l'organisation  complète  soit  graduellement  et  lentement  édifiée,  au  fur  et  à  mesure 
qu'il  y  aura  des  officiers  compétents  pour  y  servir.  Il  est  donc  de  toute  importance 
de  persévérer  dans  nos  méthodes,  et  bien  que  le  personnel  de  l'état-major  général  im- 
périal puisse  changer  chaque  année,  l'esprit  dans  lequel  il  a  été  conçu  et  qui  anime 
tous  les  membres  doit  rester  le  même,  c'est-à-dire,  la  fidélité  envers  l'Empire  et  mu- 
tuelle en  tout  temps  et  en  tous  lieux. 

W.  G.  NICHOLSON, 

Chef  de   Vétahmajor  général. 
7  décembre  1908. 


12    CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

APPENDICE. 

L'EDUCATION   ET  L'INSTRUCTION  DES  OFFICIERS  PREALABLEMENT 
A  LEUR  ADMISSION   A  L'ECOLE  D'ETAT-MAJOR. 

1.  Nous  avons  expliqué  la  nécessité  qu'il  y  avait  pour  les  officiers  de  passer  par 
une  des  écoles  d'état-major,  avant  de  servir  dans  l'état-major  général  à  quelque  titre 
que  ce  soit.  Mais  pour  que  les  officiers  retirent  les  plus  grands  avantages  d'un  tel 
cours,  leur  éducation  militaire  comme  officiers  de  corps  doit  avoir  atteint  un  certain 
"  standard  ",  avant  qu'ils  puissent  être  admis  aux  écoles.  Il  est  nécessaire  de  rappeler, 
dans  la  procuration  aux  officiers  des  moyens  à  atteindre  ce  standard,  la  nécessité  qu'il 
y  a  d'inculquer  l'uniformité  d'idée  sur  toutes  questions  de  principe,  dans  la  théorie 
et  la  pratique  de  la  guerre. 

2.  Il  a  déjà  été  fait  allusion  à  l'opportunité  qu'il  y  a  que  les  officiers  entrant  au 
service  militaire  permanent  de  leur  pays,  comme  officiers  de  corps,  avec  un  certain 
standard  d'éducation  générale,  et  ayant  été  uniformément  instruits  dans  les  rudi- 
ments de  leur  profession.  Ce  serait  dépasser  le  but  de  ce  mémoire  que  d'entrer  dans 
aucuns  détails  concernant  cette  partie  de  l'éducation  d'un  officier,  mais  elle  doit  cons- 
tituer la  base  de  son  instruction  subséquente;  elle  doit  exercer  une  très  importante  et 
universelle  influence  sur  l'esprit  d'armée,  et  sur  l'état  de  suffisance  de  chaque  unité 
comprise  dans  les  forces  militaires  de  l'E-mpire.  Il  est  particulièrement  nécessaire  de 
bien  se  graver  ceci  dans  l'esprit,  à  un  moment  où  l'expansion  et  la  réorganisation  de 
ces  forces  est  à  l'étude. 

3.  Cette  éducation  pour  les  aspirants  aux  emplois  dans  les  armées  britanniques  et 
indiennes  dans  le  Royaume-Uni,  est  donnée  par  nos  grandes  écoles  publiques  et  uni- 
versités, et  par  l'école  royale  militaire  de  Sandhurst  et  l'Académie  royale  militaire 
de  Woolwich.  Ce  système  peut  ne  pas  être  parfait,  mais  il  a,  généralement  parlant, 
répondu  d'une  manière  satisfaisante  à  ses  fins. 

4.  Je  suggère  qu'une  semblable  manière  d'agir  devrait  être  suivie  autant  que  pos- 
sible, et  que  leurs  gouvernements  devraient  être  invités  à  considérer  la  possibilité 
d'établir  des  institutions  d'éducation,  faites  pour  répondre  à  leurs  propres  besoins 
militaires,  et  que  dans  l'estimation  de  ces  besoins,  ils  ne  devraient  pas  tenir  compte 
de  leurs  seules  forces  permanentes. 

5.  Cependant  le  système  d'éducation  de  corps,  est  actuellement  le  sujet  le  plus 
pressant  sur  lequel  nous  devons  diriger  notre  attention,  afin  d'amener  les  connais- 
sances militaires  des  officiers  parmi  lesquels  se  fera  le  choix  de  ceux  qui  formeront 
l'état-major  général,  au  "standard"  exigé  pour  étudier  l'art  militaire  supérieur.  Il  a 
déjà  été  fait  quelques  progrès  dans  cette  voie,  mais  il  reste  encore  beaucoup  à  faire. 
En  suggérant  quels  seraient  les  meilleurs  procédés  à  employer,  il  faudrait  se  rappeler 
que,  quand  l'on  se  propose  d'augmenter  considérablement  les  forces  d'un  pays  on  a 
en  dernière  analyse  besoin  d'un  plus  grand  nombre  d'officiers  compétents  'd'état- 
major  général,  afin  de  veiller  à  l'instruction  des  unités  ainsi  qu'à  l'éducation  des  offi- 
ciers, et  de  réparer  les  pertes  qu'on  peut  subir  en  guerre. 

6.  La  première  difficulté  qui  se  présente  semble  être  de  trouver  des  instructeurs 
compétents.  Les  gouvernements  en  question  peuvent  assurément  en  trouver  dans 
leur  propre  pays  ;  mais  il  faut  insister  sur  le  fait  qu'une  des  particularités  importantes 
de  tout  système  d'éducation  militaire,  consiste  en  ce  que  les  instructeurs  eux-mêmes 
devraient  avoir  été  uniformément  instruits  dans  les  principes  de  l'art  militaire. 

7.  Dans  le  cas  où  il  serait  à  propos,  on  pourrait  dans  la  période  transitoire  atta- 
cher spécialement  à  l'école  d'état-major  de  Camberley,  un  nombre  restreint  d'officiers 
(disons,  deux  ou  trois),  pris  dans  les  forces  de  chacun  des  états  d'outre-mer,  afin  de 
leur   faire   suivre   une    instruction   spéciale    comme   instructeurs,   plutôt    que   comme 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

officiers  d'état-major  général.  Ce  serait  toutefois  un  simple  expédient  temporaire,  et 
qui  ne  donnerait  pas  une  complète  satisfaction.  Si  les  gouvernements  intéressés  le 
préféraient  au  système  d'emprunter  des  officiers  de  l'armée  du  pays,  il  faudrait  traiter 
dans  un  mémoire  séparé  les  détails  des  conditions  d'attachement. 

8.  Après  avoir  préparé  des  officiers  aptes  à  recevoir  une  éducation  militaire  supé- 
rieure, il  faudrait  ensuite  les  envoyer  suivre  un  cours  à  l'une  des  écoles  d'état-major, 
où  Ton  réglerait  leur  entrée  conformément  aux  dispositions  du  paragraphe  720,  des 
King's  Régulations. 

W.  G.  N. 


CONFERENCE  IMPERIALE,  1907. 

Deuxième  sujet  dont  la  discussion  est  proposée  par  le  conseil  de  l'armée. 

POSSIBILITE  D'ASSIMILATION  DE  L'ORGANISATION  DE  GUERRE 
DANS  tOUT  L'EMPIRE. 

(Mémoire  préparé  par  l 'état-major  général.) 

1.  Le  but  de  l'organisation  de  guerre  est  de  faciliter  et  de  simplifier  la  tâche 
difficile  d'un  commandant  en  campagnne,  afin  qu'ils  puissent  autant  que  possible  con- 
sacrer ses  soins  au  problème  pratique  de  vaincre  l'ennemi. 

2.  Une  armée  bien  organisée  est  une  machine  de  combat  conçue  en  temps  de  paix 
pour  accomplir,  avec  le  minimum  de  frottement  et  le  maximum  de  suffisance  l'œuvre 
à  laquelle  elle  est  destinée  en  temps  de  guerre.  Plus  elle  a  été  préparée  à  fond  en 
temps  de  paix,  moins  il  est  nécessaire  de  s'occuper  de  sa  conception  en  temps  de 
guerre,  et  plus  son  commandant  aura  de  temps  à  consacrer  à  son  utilisation. 

3.  Il  y  a  relativement  à  l'organisation  beaucoup  de  choses,  du  fardeau  desquelles 
aucun  commandant  en  campagne  ne  peut  se  décharger,  quelque  bonne  que  puisse 
être  l'organisation  de  son  armée;  des  choses  telles  que,  par  exemple,  la  position  relative 
de  jour  en  jour  des  grandes  subdivisions  de  son  commandement,  la  formation  d'avant 
et  d'arrière-gardes,  la  répartition  de  ses  forces  pour  le  combat  et  la  mise  en  réserve 
d'une  partie  de  ces  forces. 

4.  La  direction  de  ces  sujets  et  de  semblables,  combinée  avec  l'effort  qu'ils  font 
pour  se  tenir  constamment  au  courant  des  plans  et  des  mouvements  de  l'ennemi,  suffi- 
sent pour  mettre  à  l'épreuve  toute  l'habileté  d'un  commandant  en  campagne,  aussi  bien 
que  celle  de  son  état-major. 

Il  est  donc  essentiel  d'empêcher,  par  une  organisation  antérieure  et  bien  préparée, 
que  le  temps  du  commandant  ne  soit  pris  pour  l'étude  de  questions  qui  auraient  dû 
être  résolues  avant  le  commencement  de  la  campagne. 

5.  Pour  que  l'organisation  d'une  armée  fonctionne  aisément,  tous  ceux  qui  la 
comprend  doivent  la  comprendre,  et  pour  qu'elle  soit  comprise,  elle  doit  être  simple. 
On  ne  peut  obtenir  cette  simplicité  que  par  une  subdivision  symétrique  de  parties,  et 
en  faisant  convenir  chaque  partie  à  l'endroit  qu'elle  doit  occuper.  Ainsi,  si  une  armée 
est  partagée,  comme  dans  le  cas  de  l'armée  britannique,  en  divisions,  chaque  division 
devrait  comprendre  le  même  nombre  de  brigades  d'infanterie  et  être  pourvue  de  la 
même  proportion  d'artilleurs  et  d'hommes  montés,  chaque  brigade  d'infanterie  devrait 
comprendre  le  même  nombre  de  bataillons,  chaque  brigade  d'artillerie  montée  le  même 
nombre  de  batteries,  et  chaque  batterie  le  même  nombre  de  canons. 

6.  Pour  obtenir  cette  simplicité,  il  est  important  de  plus  que  la  nomenclature  em- 
ployée pour  toute  armée  devrait  être  uniforme  et  logique;  il  faudrait  se  servir  du  plus 
petits  nombres  de  termes  possibles,  et  il  faudrait  toujours  appliquer  le  même  terme  à 


14    CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
la  même  portion  déterminée  de  l'organisation.  Ainsi,  elle  pourrait  prêter  à  confusion, 
si  une  brigade  d'infanterie  devait  être  composée  de  "  régiments  d'infanterie  et  une  autre 
brigade  d'infanterie  de  "  bataillons  "  d'infanterie,  ou  si  une  brigade  de  services  d'artil- 
lerie et  de  services  administratifs,  tandis  qu'une  autre  serait  seulement  composée  d'in- 
fanterie. 

7.  Tout  sacrifice  d'uniformité  dans  l'organisation  augmente  aussitôt  la  difficulté 
des  calculs  dont  dépend  l'heureuse  conduite  d'une  campagne;  par  exemple,  si  certaines 
unités  d'une  troupe  étaient  de  composition  différente  des  autres  unités,  il  y  aurait 
une  part  spéciale  à  faire  dans  l'établissement  de  la  somme  de  place  qu'elles  prendraient 
en  marche  ou  en  bataille.  Si  les  portions  hors  rangs  d'une  armée  variaient  en  volume 
et  en  composition,  l'élasticité  de  l'armée  serait  sacrifiée,  parce  qu'il  ne  serait  plus  pos- 
sible d'employer  avec  un  égal  avantage  tout  ce  qt  i  se  trouverait  situé  le  plus  commo- 
dément pour  une  tâche  particulière.  Quand  plus  d'une  organisation  est  employée,  les 
ordres  deviennent  difficiles  et  à  rédiger  et  à  comprendre,  à  cause  de  la  plus  grande  va- 
riété de  noms  qu'il  faut  employer,  tandis  que  les  officiers  qui  répondent  de  l'expédition 
des  ordres,  sont  obligés  de  se  rappeler  constamment  un  grand  surcroît  de  détails. 

8.  Chaque  écart  de  l'uniformité  nous  entraîne  à  de  nouvelles  complications  dans 
le  système  nécessairement  élaboré  d'administration  en  campagne;  les  quantités  de 
munitions  et  d'approvisionnements  varient  avec  les  nombres  d'hommes  et  d'animaux 
pour  lesquels  il  faut  les  transporter,  et  il  faut  modifier  en  conséquence  les  différentes 
colonnes  de  munitions  et  d'approvisionnements,  en  même  temps  qu'il  faut  prendre 
des  dispositions  spéciales  aux  dépôts  sur  les  lignes  de  communication;  tout  cela  signi- 
fie un  travail  supplémentaire  pour  les  différents  services  administratifs  eux-mêmes, 
qui  sont  d'ordinaire  déjà  surchargés  d'ouvrage.  La  difficulté  s'accroît  beaucoup,  si 
quelque  partie  des  services  administratifs  a  une  organisation  différente  du  reste,  parce 
qu'alors  les  officiers  de  chaque  service  doivent  étudier  ces  deux  différentes  organisa- 
tions en  même  temps,  et  s'en  occuper;  ou  bien  il  faut  qu'il  y  ait  deux  séries  de  ser* 
vices  administratifs  en  campagne;  chacune  de  ces  deux  alternatives  présente  des  diffi- 
cultés presque  insurmontables.  Il  a  été  éprouvé  de  grands  inconvénients  au  Natal, 
parce  que  le  transport  des  troupes  envoyées  des  Indes,  était  organisé  sur  un  système 
différent  de  celui  des  troupes  envoyées  d'Angleterre. 

9.  La  base  de  toute  organisation  de  guerre  est  la  composition  des  différentes  uni- 
tés qui  forment  une  armée;  cette  composition  est  donnée,  pour  l'armée  britannique, 
dans  plusieurs  tableaux  publiés  chaque  année  dans  un  volume  connu  sous  le  nom  de 
"  War  Establishments  "  (Effectifs  du  temps  de  guerre.)  Après  que  le  nombre  d'hom- 
mes et  d'animaux  et  la  somme  de  matériel  qu'il  faut  pour  les  différentes  unités  ont 
été  déterminés,  le  suivant  perfectionnement  à  faire  dans  l'organisation,  consiste  à 
les  grouper  en  plus  grands  corps.  Ce  procédé  est  répété  jusqu'à  ce  que  toute  l'armée 
soit  groupée  en  un  petit  nombre  de  grandes  formations,  dont  les  commandants  sont 
directement  sous  les  ordres  du  commandant  en  chef  en  campagne.  En  procédant  à 
déterminer  la  composition  et  le  groupement  des  unités,  il  y  a  à  s'occuper  d'un  grand 
nombre  de  questions,  dont  on  peut  prendre  les  suivantes  pour  exemples: — 

(a)  La  proportion  voulue  de  cavalerie  et  d'artillerie  et  le  plus  efficace  volume 

d'une  unité  de  chacune. 

(b)  Le  meilleur  système  de  renouveler  les  munitions  et  de  fournir  des  vivres, 

du  fourrage  et  d'autres  articles  aux  troupes. 

(c)  Les  dispositions  les  plus  efficaces  pour  prendre  soin  des  malades  et  des  bles- 

sés et  les  transporter  à  l'hôpital  à  l'arrière. 

(d)  Le  minimum  de  voitures  qui  transporteront  les  choses  nécessaires  aux  trou- 

pes en  campagne,  sans  gêner  leur  marche. 

(e)  Le  nombre  de  charges  par  canon  et  fusil,  et  le  nombre  de  jours  de  ration 

par  homme  et  par  cheval,  que  doivent  transporter  les  différentes  colonnes. 

10.  Toutes  ces  questions  sont  de  la  nature  de  celles  dont  il  est  fait  mention  à  la 
fin  du  4e  paragraphe,  et  dont  le  commandant  ne  devrait  pas  avoir  à  s'occuper  en  cam- 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  15 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

pagne.  On  comprendra  sans  peine  que  s'il  devait  le  faire,  il  faudrait  nécessairement 
qu'il  y  consacre  une  grande  partie  de  son  temps. 

On  se  souviendra  que,  lorsque  Lord  Roberts  débarqua  au  Sud- Africain,  au  com- 
mencement de  1900,  à  cause  de  la  nature  hétérogène  des  troupes  placées  sous  son  com- 
mandement, il  dut  perdre  plus  d'un  mois  d'un  temps  précieux  à  développer  une  nou- 
velle organisation  de  transport  pour  l'armée,  avant  qu'il  pût  entreprendre  aucune  me- 
sure stratégique. 

Pour  prévenir  cette  perte  d'un  temps  et  d'une  énergie  précieuse,  il  est  essentiel 
que  les  troupes  placées  sous  le  commandement  d'un  général  en  campagne,  soient  orga- 
nisées sur  un  seul  système,  et  que  ce  système  devrait  être  intimement  connu  du  com- 
mandant, et  sur  lequel  le  gros  de  l'armée  aurait  été  instruit. 

11.  On  a  déjà  reconnu  ce  principe  à  l'égard,  des  troupes  auxiliaires  du  Royaume- 
Uni;  il  a  été  décidé  de  les  former  en  une  "force  territoriale"  (Territorial  Force)  qui 
aura  une  organisation  de  guerre  identiquement  la  même  que  celle  de  l'armée  régulière. 
A  l'égard  des  Indes  aussi,  le  sujet  a  été  entamé,  et  des  communications  se  font  actuelle- 
ment entre  les  autorités  militaires  dans  le  Royaume-Uni  et  l'Inde,  relativement  k\  la 
possibilité  d'assimiler  davantage  l'organisation  de  guerre  des  deux  pays.  Il  a  déjà  été 
fait  quelque  progrès,  par  la  substitution  de  la  division  de  trois  brigades  au  corps  d'ar- 
mée (army-corps),  comme  étant  la  principale  particularité  dans  l'organisation  de 
guerre  du  Royaume-Uni. 

12.  Comme  il  est  probable  que  les  colonies  participeront  davantage  aux  guerres 
futures  dans  lesquelles  le  bien-être  de  l'Empire  sera  en  jeu,  il  a  été  pour  les  mêmes 
raisons  jugé  à  propos  de  soumettre  à  la  considération  de  la  conférence  coloniale,  le 
sujet  de  la  possibilité  d'assimiler  l'organisation  de  guerre  des  colonies  plus  intimement 
à  celle  du  Royaume-Uni.  Il  a  déjà  été  pris  des  mesures  dans  ce  sens  à  l'égard  de  quel- 
ques-unes des  colonies;  des  officiers  envoyés  par  elles  ont,  de  temps  à  autre  étudié  la 
question,  de  concert  avec  des  officiers  de  l' état-major  général  de  Londres,  dans  le  but 
de  se  rendre  compte  jusqu'à  quel  point  il  y  aurait  possibilité  pour  eux  d'adopter  les 
effectifs  du  temps  de  guerre,  dont  il  a  déjà  été  fait  mention. 

13.  Il  reste,  toutefois,  beaucoup  à  faire  avant  que  l'on  puisse  dire  que  l'organisa- 
tion de  guerre  soit  la  même  pour  tout  l'Empire  ;  par  exemple,  en  même  temps  que  dans 
le  "  War  Establishment  ",  l'unité  d'infanterie  est  le  bataillon,  en  Canada,  c'est  le  régi- 
ment. L'unité  montée  varie  considérablement  et  en  nom  et  en  force,  et  la  division 
montée  est  tour  à  tour  connue  sous  le  nom  de  cavalerie,  d'infanterie  montée,  de  chas- 
seurs à  cheval,  de  cavalerie  légère  et  de  carabiniers.  Dans  le  "  War  Establishments  ", 
l'unité  d'artillerie  montée  est  la  brigade  qui  consiste  en  trois  batteries  en  une  colonne 
de  munitions  ;  à  l'égard  de  quelques  colonies,  les  batteries  ne  sont  pas  groupées,  tandis 
que  dans  d'autres  où  elles  sont  groupées,  il  n'y  a  aucunes  dispositions  de  prises  pour 
la  formation  des  colonnes  de  munitions.  La  situation  est  la  même  quant  aux  unités 
administratives;  dans  plusieurs  cas,  il  semble  qu'il  n'a  été  pris  aucunes  mesures  pour 
ces  unités,  tandis  que  dans  le  cas  où  ces  mesures  existent,  les  unités  varient  en  nom  et 
en  comparaison  e.g.  l'unité  du  service  de  santé  de  campagne  dans  le  "  War  Establish- 
ments" est  l'hôpital  de  campagne;  en  Australie,  il  y  a  encore  deux  unités,  l'hôpital  de 
campagne  et  la  compagnie  des  brancardiers  ;  il  en  est  de  même  en  Nouvelle-Zélande. 

14.  Ce  qui  suit  est  une  reproduction  des  pages  21  et  22  du  "  War  Establishments  " 
de  1907-1908,  et  montre  les  grandes  lignes  de  l'organisation  de  l'armée  de  campagne 
qu'il  faut  maintenir  dans  le  Royaume-Uni  pour  le  service  à  l'étranger. 


16    CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
COMPOSITION  DES  BRIGADES,  DES  DIVISIONS  ET  DES  TROUPES  D'ARMEE.* 

A. — Composition  d'une  brigade  de  cavalerie. 

Quartier  général. 

3  régiments  de  cavalerie. 

E. — Composition  d'une  division  de   cavalerie. 

Quartier  général. 

4  brigades  de  cavalerie. 
Troupes  divisionnaires  de  cavalerie — 

Artillerie  divisionnaire  de  cavalerie. 
Quartier  général. 

2  brigades  d'artillerie  montée. 
Génie  divisionnaire  de  cavalerie — 
Quartier  général. 
4  compagnies  de  campagne. 
1  compagnie  de  télégraphie  sans  fil. 

1  colonne  divisionnaire  de  transport  et  d'approvisionnement  de  cavalerie. 
4  ambulances  de  cavalerie. 

C. — Composition  d'une  brigade  d'infanterie. 

Quartier  général. 

4  bataillons  d'infanterie. 

D. — Composition  d'une  division. 

Quartier  général. 
3  brigades  d'infanterie. 
Troupes  divisionnaires — 

Troupes  divisionnaires  montées — 

2  compagnies  d'infanterie  montée. 
Artillerie  divisionnaire. — 
Quartier  général. 

3  brigades  d'artillerie  montée. 

1  brigade  d'artillerie  montée  (obusier). 

1  colonne  d'artillerie  de  gros  calibre  et  de  munitions. 

1  colonne  divisionnaire  de  munitions. 
Génie  divisionnaire — 

Quartier  général. 

2  compagnies  de  campagne. 

1  compagnie  de  télégraphie  divisionnaire. 

1  colonne  divisionnaire  de  transport  et  d'approvisionnements. 

1  parc  divisionnaire  de  transport  et  d'approvisionnement. 

3  ambulances. 


E. — Composition   d'une   brigade   montée. 

Quartier  général. 

1  régiment  de  cavalerie. 

1  batterie  à  cheval  et  une  colonne  à  munition  de  brigade  montée. 

2  bataillons  d'infanterie  montée. 

1  colonne  transport  et  d'approvisionnement  de  brigade  montée. 
1  ambulance  de  cavalerie. 

*I1  a  été  fait  quelques  légers  changements  dans  la  composition  de  ces  formations  depui 
que  ce  mémoire  a  été  rédigé.    Les  corrections    nécessaires  ont  été  faites  plus  loin. — 25  novem- 
bre 1908. 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  17 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

F. — Composition  des  troupes  d'armée  pour  une  force  d'une  division  de  cavalerie  et  de 

divisions. 

Quartier  général  d'armée. 

2  brigades  montées. 

2  escadrons  d'yeomanry  impériale. 

1  bataillon  d'infanterie. 

1  compagnie  de  télégraphie  sans  fil. 

2  compagnies  de  télégraphie  par  câble. 
2  compagnies  de  télégraphie  aérienne. 
2  compagnies  d'aérostatiers. 

2  équipe  de  ponts. 

1  colonne  à  transport  et  à  approvisionnement  de  troupes  d'armée. 

2  ambulances. 

Afin  de  comprendre  plus  à  fond  l'organisation  dont  il  s'agit,  il  est  nécessaire  de 
faire  une  étude  du  reste  du  livre. 

15.  Venant  maintenant  aux  propositions  pratiques,  il  est  soumis  à  la  considéra- 
tion de  la  conférence  que — 

(I.)  Il  faudrait  adopter  dans  tout  l'Empire  les  mêmes  termes  militaires,  parti- 
culièrement en  ce  qui  concerne  les  noms  appliqués  aux  mêmes  corps  de 
troupes,  e.g.  "  régiment  de  cavalerie  ",  "  compagnie  de  campagne  ",  ba- 
taillon d'infanterie  ". 
(II.)  Toute  unité  qui  peut  être  envoyée  en  guerre  comme  partie  d'un  contin- 
gent colonial,  devrait  être  composée  en  tant  que  les  circonstances  le 
permettent,  des  nombres  indiqués  dans  le  "  War  Establishments  ". 
(III.)  Quand  un  nombre  d'unités  sont  envoyées,  elles  devraient  être  groupées 
de  la  manière  indiquée  dans  le  "  War  Establishments  "  : 

(a)   Quand  des  troupes  montées  sont  envoyées,  elles  devraient,   s'il 
y  a  possibilité,  être  organisées  en  brigades  montées,  mais  il  n'y  aura 
pas  nécessité  d'établir  une  différence  entre  cavalerie  et  infanterie 
montée  dans  la  brigade,  et  toutes  ces  unités  pourraient  avec  avan- 
tage se  trouver  dans  "  les  effectifs  de  guerre  "  de  cavalerie. 
(h)  Quand  des  fantassins  "  à  pied  "  sont  envoyés,  ils  devraient  être 
organisés   en   divisions,   s'ils  sont  en   nombre   suffisant;   sinon,   en 
brigades  d'inianterie  avec  la  proportion  voulue  des    troupes    divi- 
sionnaires. 
(IV.)   Quelle  que  soit  le  volume  du  contingent  envoyé  par  une  colonie,  il  de- 
vrait  être   accompagné   du   nombre   voulu   d'unités   administratives  de 
campagne;  ces  unités  sont  nécessaires  dans  la  proportion  établie  dans 
le  "  War  Establishments  ",  pour  répondre  à  ses  besoins  sous  le  rapport 
des  munitions  et  des  approvisionnements,  et  pour  les  soins  à  donner 
aux  malades  et  aux  blessés.     Les  unités  administratives  tenues  prêtes 
dans  le  Royaume- uni,  ne  suffisent  qu'à  répondre  aux  besoins  des  forces 
qui  en  sont  envoyées;  en  conséquence,  à  moins  que  de  pareilles  unités 
ne  soient  envoyées  avec  les  contingents  coloniaux,  les  troupes  de  com- 
bat de  l'une  ou  de  l'autre  forces  auraient  à  s'en  passer. 
(V.)  Le  Royaume-Uni  devrait  entièrement  fournir  les  unités  administratives 
sous  les  lignes  de  communication. 

16.  On  pourra  peut-être  demander  pourquoi  il  faut  adopter  l'organisation  de 
guerre  du  Royaume-Uni  comme  l'organisation  de  guerre  universelle  de  l'Empire.  La 
raison  en  est,  que  pour  plusieurs  années  à  venir,  l'armée  expédiée  du  Royaume-Uni 
formera  vraisemblablement  la  plus  grande  portie  des  forces  engagées  dans  toute  cam- 
pagne impériale,  et  qu'il  est  par  conséquent  plus  simple  pour  les  forces  envoyées  des 
différentes  colonies  de  se  conformer  à  son  organisation  que  pour  elle,  et  il  est  plus 
facile  aux  troupes  des  autres  colonies  de  se  conformer  à  l'organisationj  d'une  colonie 

99—2 


18    CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

quelconque.  De  plus,  l'état-major  général  à  Londres  a  des  moyens  qui  ne  sont  pas 
encore  disponibles  à  l'égard  des  autres  colonies  pour  étudier  l'organisation  de  guerre. 
L'organisation  de  guerre  à  l'étude,  a  été  effectuée  après  qu'il  eut  été  consacré  beaucoup 
de  soins  à  la  question,  et  après  une  étude  sérieuse  de  l'organisation  des  principales 
armées  étrangères: 

L'œuvre  de  l'état-major  général  progresse  d'une  façon  soutenue,  et  l'on  a  espérance 
qu'il  y  aura  possibilité  de  constamment  se  perfectionner,  et  que  l'organisation  mar- 
chera de  pair  avec  la  science  militaire. 

17.  On  peut  aussi  alléguer  que,  bien  que  l'organisation  de  guerre  effectuée  par 
l'état-major  général,  puisse  être  celle  qui  convienne  le  mieux  pour  une  grande  guerre, 
elle  peut  aussi  ne  pas  convenir  pour  les  autres  services  auxquels  les  forces  militaires 
de  certaines  colonies  sont  principalement  destinées.  C'est  naturellement  une  question 
que  doivent  peser  les  autorités  des  colonies  intéressés,  mais  le  plus  sage  principe  à  adop- 
ter dans  ces  cas,  c'est  que  toute  organisation  devrait  être  basée  sur  les  beoins  le  plus 
importants  auxquels  elle  doit  répondre;  de  plus,  il  sera  généralement  possible  d'adopter 
une  organisation  telle  qu'elle  servira  dans  plus  d'une  série  de  circonstances. 

18.  Il  est  espéré,  que  les  représentants  des  différentes  colonies  à  leur  retour  dans 
leur  pays,  se  serviront  de  leur  influence  pour  pénétrer  leurs  gouvernements  de  la 
grande  force  additionnelle  qui  en  résulterait  pour  l'Empire,  si  l'organisation  uniforme 
était  établie.  Les  grands  services  rendus  dans  le  passé  par  les  colonies,  montrent  l'im- 
portance de  toute  aide  qu'elles  sont  prêtes  à  donner  dans  les  circonstances  critiques, 
même  sans  les  avantages  d'une  pareille  organisation.  A  l'avenir,  l'importance  de 
cette  aide  serait  encore  augmentée,  si  elle  pouvait  être  donnée  sous  une  forme  qui  lui 
permettrait  de  s'adapter  immédiatement  à  son  placement  dans  l'organisation  de  l'ar- 
mée en  campagne.  Chaque  colonie  qui  aurait  envoyé  un  contingent  pour  combattre 
aux  côtés  des  forces  du  Royaume-Uni  et  de  celles  des  autres  colonies,  aurait  alors  la 
satisfaction  de  savoir  qu'elle  prêterait  son  aide  de  la  manière  qui  serait  la  plus  effec- 
tive, et  à  l'endroit  ou.  l'on  en  aurait  le  plus  besoin. 

M.  G.  LITTLETON, 

Chef  d'état-major  général. 
14  mars  1907. 

De  Lord  Crewe  à  Lord  Grey. 

Downing  Street,  15  janvier  1909. 
Milord, 

J'ai  l'honneur  de  transmettre,  afin  que  les  ministres  de  Votre  Excellence  en  déli- 
bèrent, copie  d'une  lettre  du  War  Office,  transmettant  et  expliquant  un  mémoire  prépa- 
ré par  l'état-major  général  au  sujet  de  la  création  d'un  état-major  général  impérial 
pour  le  service  de  l'empire  dans  son  ensemble 

2.  Ce  mémoire  a  été  donné  conformément  à  la  troisième  résolution  de  la  conféren- 
ce impériale  de  1907,  et  le  gouvernement  de  Sa  Majesté  a  confiance  que  les  principes 
et  les  procédures  y  expliqués,  recevront  l'approbation  de  votre  gouvernement;  j'epsère 
qu'il  sera  bien  accueilli  comme  indiquant  les  méthodes  d'après  lesquelles  il  faudrait 
agir,  dans  le  développement  et  l'amélioration  de  l'organisation  existante  des  "  forces 
défensives  "  du  Dominion. 

3.  Je  serais  heureux  de  recevoir  les  observations  de  vos  ministres  aussitôt  que  pos- 
sible, et  s'ils  acceptent  les  principes  du  mémoire,  cela  m'accommoderait  s'il  était  possi- 
ble que  j'en  fusse  informé  par  télégramme.  Je  projette  de  déposer  cette  dépêche  et  son 
contenu  au  parlement,  vu  que  le  sujet  a  beaucoup  attiré  l'attention  du  public  dans  ce 
pays,  et  que  la  conférence  de  1907  l'a  considéré  comme  un  sujet  dont  la  discussion  et 
la  solution  intéressent  profondément  l'Empire  tout  entier. 

CREWE. 


TOUCnANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

-    MÉMOIRE  DES  MINISTRES  CANADIENS  SUR  LA  DÉFENSE. 

(Publié  comme  appendice  VI  des  pièces  relatives  à  une  conférence  entre  le  minis- 
tre des  Colonies  et  les  premiers  ministres  des  colonies  autonomes,  1902.) 

Les  ministres  canadiens  regrettent  de  n'avoir  pas  pu  se  rendre  aux  propositions 
faites  par  Lord  Shelborne  au  sujet  de  la  marine  et  par  M.  St.  John  Broderick  au  sujet 
de  l'armée.  Les  ministres  désirent  indiquer  que  leurs  objections  viennent  non  pas  tant 
des  dépenses  impliquées  que  de  ce  qu'ils  croient  que  l'acceptation  de  ces  propositions 
serait  grandement  s'écarter  du  principe  d'autonomie  coloniale.  Le  Canada  apprécie 
iortement  la  somme  d'indépendance  locale  que  nous  ont  de  temps  à  autre  octroyée  les 
autorités  impériales,  et  qui  nous  a  produit  de  si  bienfaisants  résultats,  et  sous  le  rap- 
port du  progrès  matériel  du  pays  et  en  resserrant  les  liens  qui  nous  attachent  à  la  mère 
patrie.  Mais  en  même  temps  que,  pour  ces  raisons,  les  ministres  canadiens  sont  forcés 
de  ne  pas  se  rendre  aux  propositions  de  l'amirauté  et  du  War  Office,  ils  comprennent 
parfaitement  qu'il  est  du  devoir  du'  Dominion  de  faire,  selon  l'accroissement  de  sa 
population  et  l'augmentation  de  ses  richesses,  de  plus  fortes  dépenses  pour  faire  ces 
préparatifs  nécessaires  de  sa  propre  défense,  que  chaque  pays  doit  assumer  et  supporter. 

Il  est  tout  à  fait  équitable  que  les  contribuables  du  Royaume-Uni  soient  soulagés 
de  quelques  -uns  des  fardeaux  qu'ils  supportent  relativement  aux  dépenses  militaires. 
Dans  le  développement  de  son  propre  système  de  milice,  on  trouvra  le  Canada  prêt  à 
répondre  à  ce  désir,  en  se  chargeant  des  services  dans  le  Dominion  qui  ont  jusqu'à 
présent  été  à  la  charge  du  gouvernement  impérial.  Ce  qui  a  déjà  été  fait  par  le  Ca- 
nada, doit  donner  assurance  de  la  disposition  du  peuple  canadien  à  reconnaître  les 
obligations  qui  lui  incombent  à  juste  titre. 

Dans  les  premières  années  de  la  Confédération,  le  gouvernement  impérial  et  le 
gouvernement  canadien  en  sont  venus  à  une  entente,  que  le  Canada  devrait  dépenser 
environ  $1,000,000  chaque  année  pour  son  système  de  milice.  De  temps  à  autre,  cette 
dépense  a  été  volontairement  augmentée,  et  actuellement,  à  part  les  dépenses  spéciales 
faites  pour  le  maintien  de  la  garnison  d'Halifax,  le  Dominion  dépense  à  peu  près 
$2,000,000  chaque  année  pour  sa  milice. 

La  suffisance)  du  service  militaire  canadien  ayant  été  mis  en  doute,  il  peut  être 
intéressant  de  remarquer  qu'il  a  été  fait  beaucoup  de  perfectionnements  au  cours  des 
quelques  dernières  années;  notamment  l'organisation  d'un  personnel  du  service  de 
santé  d'armée  et  la  création  d'une  intendance  militaire,  le  renforcissement  des  états- 
major  de  quartier  général  et  de  district,  l'exercice  de  plus  grands  soins  dans  le  choix 
des  officiers  de  la  troupe  permanente,  et  la  procuration*  de  plus  grands  moyens  pour 
l'instruction  des  officiers  de  la  milice  active.  Il  a  été  rendue  une  loi  des  pensions  de 
la  milice  pour  l'état-major  et  la  troupe  permanente. 

Tous  les  ans  au  cours  des  six  dernières  années,  il  a  été  effectué  des  exercices 
annuels  en  camp  d'instruction  pour  les  corps  ruraux  et  aux  dépôts  de  bataillon  pour 
les  corps  urbains.  Il  a  été  établi  à  Ottawa  une  école  de  tir  dont  les  résultats  sont  des 
plus  encourageants  ;  il  a  été  établi  et  l'on  est  à  établir  aux  frais  du  trésor,  des  champs 
de  tir  dans  les  centres  importants  par  tout  le  Dominion,  et  l'on  aide  financièrement 
dans  le  même  but  les  corps  locaux  dans  les  endroits  de  moindre  importance.  Des  so- 
ciétés de  tir  du  fusil,  dont  les  membres  sont  tenus  au  service  militaire  en  cas  de  besoin, 
sont  en  cours  d'organisation,  et  l'on  encourage  leur  formation  en  leur  prêtant  des  fusils 
et  en  leur  fournissant  gratuitement  des  munitions.  Une  réserve  d'officiers  a  été  éta- 
blie et  des  améliorations  ont  aussi  été  faites  sous  plusieurs  autres  importants  rapports. 

On  peut  citer  comme  preuve  de  suffisance  raisonnable  l'envoie  de  contingents  au 
Sud- Africain  par  le  ministère  de  la  Milice.  Sans  faire  allusion  à  rien  de  ce  qui  a  été 
fait  en  dehors  des  contingents  purement  canadiens,  il  est  digne  de  remarquer  que  le 
premier  contingent,  sous  le  commandement  du  colonel  Otter,  composé  de  1,000  hommes 
tirés  de  toutes  les  parties  du  Canada,  comprise  dans  les  limites  d'un  territoire  de  4,000 
milles,  s'étendant  de  l'Atlantique  au  Pacifique,  a  été  organisé,  complètement  équipé  et 


20 


CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

embarqué  en  moins  de  14  jours,  et  qu'un  second  contingent  de  1,200  hommes,  composés 
d'artillerie  montée  et  de  chasseurs  à  cheval,  a  été  peu  de  temps  après  semblablement 
organisé,  équipé  et  embarqué  dans  l'espace  de  trois  semaiens. 

Mais  tout  en  attirant  ainsi  l'attention  sur  le  progrès  qu'a  déjà  fait  le  Canada  dans 
son  organisation  de  milice,  les  ministres  sont  loin  de  prétendre  que  la  perfection  a  été 
atteinte.  S'il  y  a  des  défauts,  c'est  le  désir  absolu  de  la  part  du  gouvernement  cana- 
dien de  les  faire  disparaître,  et  à  cette  fin  les  conseils  et  l'aide  d'officiers  impériaux 
d'expérience  seront  bien  accueillis,  et  tous  les  efforts  possibles  seront  faits  pour  obtenir 
un  système  efficace. 

Actuellement,  les  dépenses  du  Canada  pour  les  services  de  défense  sont  limitées 
au  côté  militaire.  Le  gouvernement  canadien  est  prêt  à  examiner  aussi  le  côté  naval. 
Il  y  a  sur  les  côtes  du  Canada  un  grand  nombre  d'hommes  tout  à  fait  aptes  à  former 
une  réserve  navale,  et  l'on  espère  qu'il  sera  bientôt  imaginé  un  système  qui  conduira 
à  l'instruction  de  ces  hommes,  et  à  rendre  leurs  services  utiles  à  la  défense  en  cas  de 
besoin. 

Pour  clore,  les  ministres  répètent  que,  bien  que  le  gouvernement  canadien  soit 
forcé  de  différer  d'opinion  sur  les  mesures  proposées,  ils  comprennent  parfaitement 
l'obligation  du  Dominion  de  faire  les  déboursés  pour  les  fins  de  défense,  proportion- 
nellement, à  l'accroissement  de  sa  population  et  à  l'augmentation  de  ses  richesses.  Ils 
veulent  bien  que  ces  dépenses  soient  gouvernées  de  manière  à  soulager  le  contribuable 
de  la  mère-patrie  de  quelques-uns  des  fardeaux  qu'il  supporte  actuellement,  et  ils  ont 
le  plus  ferme  désir  d'exécuter  les  plans  de  défense  en  coopération  avec  les  autorités 
impériales,  et  d'après  les  conseils  d'officiers  impériaux  d'expérience,  en  tant  que  cela 
est  compatible  avec  le  principe  d'autonomie  locale,  lequel  a  tant  contribué  à  avancer 
l'unité  de  l'empire. 

Londres,  11  août  1902. 


L  honorable 

Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Copie  certifiée  d'un  rapport  du  comité  du  Conseil  privé,  approuvé  par  Son  Excel- 
lence le  Gouverneur  général  le  10  février  1909. 

Le  comité  du  Conseil  privé  a  pris  en  considération  une  dépêche,  en  date  du  15 
janvier  1909,  du  très  honorable  ministre  des  Colonies,  transmettant  une  lettre  du  War 
Office,  en  date  du  15  décembre  1908,  laquelle  transmettait  et  recommandait  à  l'atten- 
tion du  gouvernement  de  Votre  Excellence,  un  mémoire  préparé  par  l'état-major  géné- 
ral impérial  pour  le  service  de  l'empire  dans  son  ensemble. 

Le  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense  à  qui  la  dite  dépêche  et  son  contenu  ont 
été  envoyés,  soumet  là-dessus  un  rapport  (ci-joint),  dans  lequel  il  exprime  l'opinion, 
que  le  gouvernement  de  Votre  Excellence  peut  en  toute  sûreté  donner  son  assentiment 
aux  principes  généraux  dont  l'adoption  est  proposée  dans  le  mémoire  de  l'état-major 
général,  et  recommande  que,  ainsi  que  le  demande  la  lettre  précitée  du  ministère  des 
Colonies,  un  cablôgramine  transmettant  cet  assentiment  soit  adressé  au  ministère  des 
Colonies. 

Le  comité,  en  approuvant  le  dit  rapport  du  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 
soumet  ce  qui  suit  comme  le  texte  du  cablôgramme  à  être  envoyé  par  Votre  Excellence 
au  très  honorable  ministre  des  Colonies  : — 

"  Votre  dépêche,  Canada  30,  du  15  janvier.  Mes  ministres  acceptent  entièrement 
les  principes  énoncés  dans  le  mémoire  par  état-major  général  .  Suivra  dépêche  expli- 
quant la  situation  exacte  du  gouvernement  fédéral." 

Le  comité  recommande  de  plus  qu'il  plaise  à  Votre  Excellence  de  transmettre  copie 
de  cette  minute  et  du  rapport  ci-joint  au  très  honorable  ministre  des  Colonies. 

Le  tout  respectueusement  soumis  à  votre  approbation. 

F.  K  BENNETTS, 

Greffier  adjoint  du  Conseil  privé. 
Ottawa,  9  février  1909. 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  21 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

A  Son  Excellence 

Le  Gouverneur  général  en  conseil. 

1.  Le  soussigné  a  l'honneur  de  rapporter  pour  l'instruction  de  Votre  Excellence 
en  conseil,  qu'il  a  pris  en  considération  une  lettre  du  ministère  des  Colonies  (Canada 
n°  30),  en  date  du  15  janvier  1909,  dans  laquelle  le  ministère  des  Colonies  transmet 
une  lettre  du  War  Office,  en  date  du  15  décembre  1908,  transemttant  et  recomman- 
dant à  l'attention  du  gouvernement  de  Votre  Excellence,  un  mémoire  préparé  par  l'état- 
major  général,  au  sujet  de  la  création  d'un  état-major  impérial  pour  le  service  de 
l'empire  dans  son  ensemble. 

2.  Le  soussigné,  après  complet  et  soigneux  examen  de  l'importante  question  à  lui 
renvoyée,  est  d'avis  que  le  gouvernement  de  Votre  Excellence  peut  en  toute  sûreté 
donner  son  assentiment  aux  principes  généraux,  dont  l'adoption  est  proposée  dans  le 
mémoire  de  l'état-major  général;  il  recommande  que,  ainsi  que  le  demande  la  lettre 
précitée  du  ministère  des  Colonies,  un  cablôgramme  transmettant  cet  assentiment,  soit 
adressé  au  ministère  des  Colonies. 

3.  En  même  temps,  il  est  d'avis  qu'il  est  à  propos  que,  simultanément  avec  une 
acceptation  générale  des  principes  énoncés  dans  le  mémoire  dont  il  est  fait  mention, 
la  position  du  gouvernement  de  Votre  Excellence  sur  certains  points  y  énoncés,  qui 
paraissent  particulièrement  exiger  attention,  soit  déterminée  d'une  manière  précise, 
et  il  recommande  par  conséquent  que  le  cablôgramme  en  question,  devrait  dire  qu'une 
dépêclie  expliquant  cette  position  suivra  par  le  prochain  courrier.  Il  soumet  ce  qui 
suit  comme  le  texte  du  cablôgramme: — 

"Votre  dépêche,  Canada  30,  du  15  janvier.  Mes  ministres  acceptent  entièrement 
les  principes  énoncés  dans  le  mémoire  par  état-major  général.  Suivra  dépêche  expli- 
quant la  situation  exacte  du  gouvernement  fédéral." 

4.  Quant  à  la  dépêche  elle-même,  le  ministre  de  la  Milice  recommande  qu'elle 
devrait  dire  que  le  gouvernement  de  Votre  Excellence  est  prêt  à  donner  son  plein 
assentiment  aux  principes  généraux  énoncés,  tant  dans  la  lettre  -du  War  Office  que 
dans  le  mémoire  préparé  par  l'état-major  général,  et  qu'il  le  fait  le  plus  cordialement 
en  ce  qu'il  observe  que,  dans  le  corps  même  du  mémoire,  le  grand  principe  du  contrôle 
local  complet  sur  les  officiers  d'une  section  locale  de  l'état-major  général  impérial  par 
les  ministres  responsables  intéressés,  est  entièrement  sauvegardé. 

5.  Votre  Excellence  se  souviendra  probablement  que  dans  le  "  mémoire  des  mi- 
nistres canadiens  sur  la  défense  ",  lequel  a  été  rédigé  à  la  Conférence  coloniale  de  1902, 
il  a  été  allégué  que  les  raisons  données  pour  différer  d'opinion  sur  certaines  des  propo- 
sitions énoncées  devant  cette  conférence  par  le  War  Office  et  l'amirauté,  étaient  "qu'ac- 
cepter les  propositions  serait  s'écarter  du  principe  d'autonomie  coloniale.  Cette  impor- 
tante question  paraît  avoir  été  prévue  dans  la  dernière  partie  de  l'avant-dernier  para- 
graphe de  la  page  8e  du  présent  mémoire,  où  il  est  déclaré  qu'il  faut  accepter  dès  le 
début  le  plein  contrôle  exercé  par  son  propre  gouvernement  sur  le  chef  de  la  section 
locale  de  l'état-major  général." 

H  est  de  plus  clairement  établi  qu'en  même  temps  que  les  chefs  des  sections  locales 
de  l'état-major  général  doivent  "  se  tenir  en  étroite  communication  avec  le  chef  de 
l'état-major  général  impérial,  ils  ne  peuvent  recevoir  d'ordres  de  lui.  Ce  dernier  les 
tiendra  au  courant  de  ce  que  l'on  considère  au  point  de  vue  impérial,  comme  les  vrais 
principes  généraux,  et  ils  renseigneront  leurs  gouvernements  sur  les  meilleures  mé- 
thodes à  employer  pour  l'application  de  ces  principes  aux  conditions  locales,  et  des 
risques  qu'il  y  aurait  à  s'en  écarter.  Ce  sera  leur  devoir,  quand  leur  avis  sera  rejeté, 
d'accomplir  tout  ce  que  peuvent  leur  commander  leurs  gouvernements  respectifs." 

6.  Quant  à  cette  partie  du  paragraphe  cité  qui  dit  que  "  les  chefs  des  sections 
locales  de  l'état -major  général  se  tiendront  en  communication  étroite  avec  le  chef  de 
l'état-major  général  impérial",  le  soussigné  est  cordialement  d'accord  sur  cette  propo- 
sition, mais  il  est  d'avis  que,  pour  éviter  un  malentendu  possible  par  le  chef  de  la  sec- 
tion canadienne,  des  visées  ou  des  intentions  du  gouvernement  fédéral,  e1  le  faux 
exposé  de  ces  visées  aux  chefs  de  l'état-major  général  impérial,  il  serait  à  propos  de 


22  CORRESPONDANCE,  ETC.,  GOUVERNEMENTS  IMPERIAL  ET  CANADIEN 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

poser  définitivement  qu'il  faudrait  que  toutes  les  communications  qui  s'échangent 
entre  le  chef  de  la  section  et  le  chef  de  l'état-major  général  impérial,  autres  que  ces 
questions  de  simple  routine  et  futiles,  soient  soumises  au  ministre  de  la  Milice  pour 
qu'il  les  approuve  avant  d'être  envoyées. 

7.  De  plus  le  ministre  de  la  milice  sent  qu'il  est  désirable  que  l'on  approuve 
définitivement  l'axiome  (premier  paragraphe  de  la  3e  partie,  p.  9)  que  pour  être  aptes 
au  service  de  l'état-major,  les  officiers  doivent  auparavant  avoir  étudié  l'art  militaire 
jusqu'à  un  certain  standard,  et  s'être  pénétrés  de  l'uniformité  d'idée  et  de  pratique 
requise. 

On  ne  peut  obtenir  cette  uniformité  d'instruction  et  d'idée,  qu'en  faisant  passer 
par  une  école  d'état-major,  les  officiers  que  Ton  destine  au  service  d'état-major  géné- 
ral. 

8.  Le  mémoire  semble  envisager  la  possibilité  que  l'école  d'état-major  général  de 
Camberley  (Angleterre),  qui  doit  être,  pour  quelques  années,  l'école  centrale  d'édu- 
cation militaire  supérieure  pour  tout  l'empire,  devienne  encombrée,  si  un  grand  nom- 
bre d'officiers  d'outremer  y  étaient  rassemblés,  et  suggère  comme  remède  possible,  la  dé- 
centralisation par  l'établissement  de  semblables  écoles  dans  les  possessions  d'outre-mer. 

9.  Le  ministre  de  la  milice  est  d'avis  qu'il  est  improbable  que  les  forces  perma- 
nentes canadiennes  augmentent  beaucoup  d'ici  quelques  années,  il  est  invraisemblable 
que  pour  une  période  considérable,  le  Dominion  puisse  en  aucun  temps  se  passer  de 
plus  de  quatre  officiers  de  cette  force  pour  qu'ils  soient  instruits  dans  une  école  d'état- 
major.  S'il  en  est  ainsi,  cela  ne  vaudrait  pas  alors  la  peine  que  le  Dominion  établisse 
une  école  d'état-major  sienne,  et  il  serait  préférable  de  continuer  à  envoyer  ces  officiers 
à  l'école  d'état-major  général  de  Camberley,  sauf  l'approbation  du  War  office,  suivant 
l'arrangement  existant.  Si  en  agissant  ainsi,  il  forçait  le  War  Office  à  agrandir 
l'école  ou  à  augmenter  le  nombre  des  instructeurs,  le  gouvernement  fédéral  serait  na- 
turellement prêt  à  supporter  sa  part  de  la  dépense,  calculée  sur  une  base  équitable. 

10.  Intimement  liée  à  cette  partie  du  sujet  est  la  question,  aussi  examinée  dans 
le  mémoire,  de  l'éducation  militaire  préliminaire  des  officiers  de  corps,  pour  assurer 
que  les  officiers  entrant  aux  écoles  d'état-major  devraient  avoir  atteint  un  standard 
de  connaissance  militaire  aussi  uniforme  que  possible,  afin  qu'ils  puissent  au  plus 
haut  degré  profiter  de  l'instruction  donnée  à  ces  écoles.  Cette  question  peut  présen- 
ter de  légères  difficultés  en  Canada,  que  laisse  jusqu'à  un  certain  point  entrevoir  le 
mémoire.  A  l'avis  du  ministre,  ces  questions  peuvent  être  résolues  par  une  extension 
des  fonctions  du  collège  militaire  royal  de  Kingston,  et  en  comprenant  dans  son  per- 
sonnel enseignant  des  officiers  spécialement  choisis  dans  la  division  édueationneïïe  de 
l'état-major  général  impérial. 

11.  Enfin,  le  mémoire  insiste  sur  les  avantages  qu'on  obtiendrait,  en  faisant  de 
nombreuses  permutations  d'officiers  entre  les  différentes  divisions  de  l'état-major 
impérial  dans  les  diverses  parties  de  l'Empire,  et  particulièrement  sur  le  grand  avan- 
tage qui  résulterait  de  conférences  périodiques  de  l'état-major  général  impérial,  aux- 
quelles assisteraient  des  représentants  de  toutes  les  parties  de  l'empire,  et  données 
sous  la  présidence  du  chef  de  l'état-major  général  à  Londres.  Les  avantages  sont  en 
effet  évidents. 

L'acceptation  de  ces  propositions  et  de  ces  autres  dont  il  a  déjà  été  fait  mention 
entraînerait  de  la  dépense,  mais  les  avantages  qui  en  résulteraient,  sont,  à  l'avis 
du  ministre,  si  considérables,  qu'ils  l'emportent  excessivement  sur  la  dépense  compara- 
tivement petite  impliquée. 

12.  L'extrait  suivant  du  mémoire  des  ministres  canadiens  sur  la  défense  en  date 
du  mois  d'août,  1902,  dont  il  à  déjà  été  fait  mention,  énonce  entièrement  la  politique 
qui  s'imposait  non  seulement  au  gouvernement  fédéral,  mais  au  Dominion  en  général. 
Pour  clore,  les  ministres  répètent  qu'en  même  temps  que  le  gouvernement  canadien 
soit  forcé  de  différer  d'opinion  sur  les  mesures  proposées  (en  1902),  ils  apprécient  par- 
faitement l'obligation  du  Dominion  de  faire  des  déboursés  pour  les  fins  de  défense, 


TOUCHANT  L'ORGANISATION  D'UN  ETAT-MAJOR  GENERAL  IMPERIAL  23 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  99 

proportionnellement  à  l'accroissement  de  sa  population  et  à  l'accroissement  de  ses 
richesses.  Ils  veulent  bien  que  ces  dépenses  soient  gouvernées  de  manières  à  soulager 
le  contribuable  de  la  mère-patrie  de  quelques-uns  des  fardeaux  qu'il  supporte  actuelle- 
ment, et  ils  ont  le  plus  ferme  désir  d'exécuter  les  plans  de  défense  en  coopération 
avec  les  autorités  impériales,  et  d'après  les  conseils  d'officiers  impériaux  d'expérience, 
en  tant  que  cela  est  compatible  avec  le  principe  d'autonomie  locale,  lequel  a  tant 
contribué  à  avancer  l'unité  de  l'Empire. 

Cet  extrait  d'un  mémoire  écrit  il  y  a  six  ans,  semblerait  représenter  exactement 
l'attitude  du  gouvernement  de  votre  excellence  actuellement. 

F.  W.  BORDEN, 

Ministre  de  la  milice  et  de  la  défense. 


8-9  EDWARD  VII.  SESSIONAL  PAPER  No.  101  A.  1909 

SUPPLEMENTARY  CONVENTION 


RESPECTING    THE 


COMMERCIAL  RELATIONS  BETWEEN 
CANADA  AND  FRANCE 


CONVENTION  COMPLEMENTAIRE  DE  COMMERCE 


ENTRE 


LE  CANADA  ET  LA  FRANCE 


PRINTED  BY  ORDER  OF  PARLIAMENT 


OTTAWA 

PRINTED  BY  C.  H.  PARMELEE,  PRINTER  TO  THE  KING'S  MOST 

EXCELLENT  MAJESTY 

1909 
[No.  101—1909.] 


Ô-9  EDWARD  VII. 


SESSIONAL  PAPER  No.  101 


A.  1909 


SUPPLEMENTARY   CONVENTION  RE-   CONVENTION  COMPLEMENTAIRE  DE 


SPECTING  THE  COMMERCIAL 
RELATIONS  BETWEEN  CANADA 
AND  FRANCE. 

HlS  MAJESTY  THE  KlNG  OF  THE  UNITED 
KlNGDOM  OF  GREAT  BrITAIN  AND  IRELAND  AND 
OF  THE  BRITISH  DOMINIONS  BEYOND  THE  SEAS, 
EMPEROR    OF    INDIA,    AND    THE    PRESIDENT    OF 

the  French  Republic,  being  desirous  of 
further  improving  and  extending  the  com- 
mercial relations  between  Canada  and 
France,  hâve  resolved  to  conclude  with 
that  object  a  Convention  supplementary 
to  the  Convention  of  September  19th,  1907, 
and  hâve  named  as  their  représentative 
Plenipotentiaries,  that  is  to  say: 

hls  majesty  the  klng  of  the  united 
klngdom  of  great  britain  and  ireland  and 
of  the  british  dominions  beyond  the 
Seas,  Emperor  of  India: 

His  Excellency  the  Kight  ïïonourable 
Francis  Leveson  Bertie,  Knight  Grand 
Cross  of  the  Most  Honourable  Order  of  the 
Bath,  Knight  Grand  Cross  of  the  Most 
Distinguished  Order  of  Saint-Michael  and 
Saint- George,  Knight  Grand  Cross  of  the 
Royal  Victorian  Order,  His  Majesty's  Am- 
bassador  Extraordinary  and  Plenipotentiary 
to  the  Government  of  the  French  Republic  ; 

The  Honourable  William  Stevens  Field- 
ing,  a  Member  of  His  Majesty's  Honour- 
able Privy  Council  of  Canada,  a  Member 
of  the  Parliament  of  Canada,  Minister  of 
Finance  and  Beceiver  General  of  Canada; 

and  tjhe  Presddent  of  the  French  Repub- 
lic: 

Mr.  Stephen  Pichon,  Senator,  Minister 
of  Foreign  Affairs  ; 

Mr.  Joseph  Caillaux,  Deputy,  Minister 
of  Finance; 

Mr.  Jean  Cruppi,  Deputy,  Minister  of 
Commerce  and  Industry; 

Mr.  Joseph  Ruau,  Deputy,  Minister  of 
Agriculture. 

Who,  after  communicating  to  each  other 
their  respective  full  powers  found  in  good 
and  due  f orm,  hâve  agreed  upon  the  follow- 
ing  articles: 


COMMERCE  ENTRE  LE  CANADA 
ET  LA  FRANCE. 

Sa  Majesté  le  Roi  du  Royaume-Uni  de 
la  Grande-Bretagne  et  d'Irelande  et  des 
Territoires  Britanniques  au  delà  des  Mers, 
Empereur  des  Indes,  et  le  Président  de  la 
République  Française,  également  animés 
du  désir  d'améliorer  et  d'étendre  les  rela- 
tions commerciales  entre  le  Canada  et  la 
France,  ont  résolu  de  conclure  une  Con- 
vention complémentaire  de  la  Convention 
du  19  septembre  1907,  et  ont  nommé  pour 
leurs  Plénipotentiaires  respectifs,   savoir  : 

Sa  Majesté  le  Roi  du  Royaume-Uni  de 
la  Grande-Bretagne  et  d'Irlande  et  des 
Territoires  Britanniques  au  delà  des 
Mers,  Empereur  des  Indes: 

Son  Excellence  le  Très  Honorable  Sir 
Francis  Leveson  Bertie,  Chevalier  Grand' 
Croix  du  Très  Honorable  Ordre  du  Bain, 
Chevalier  Grand' Croix  du  Très  Honorable 
Ordre  de  Saint-Michel  et  Saint-Georges, 
Chevalier  Grand'Croix  de  l'Ordre  Royal 
Victoria,  Son  Ambassadeur  Extraordinaire 
et  Plénipotentiaire  près  le  Gouvernement 
de  la  République  Française: 

L'honorable  William  Stevens  Fielding, 
Membre  de  l'Honorable  Conseil  Privé  de 
Sa  Majesté  pour  le  Canada,  Membre  du 
Parlement  du  Canada,  Ministre  des  Finan- 
ces et  Receveur  Général  du  Canada; 
Et  le  Président  de  la  République  Fran- 
çaise : 

M.  Stéphen  Pichon,  Sénateur,  Ministre 
des  Affaires  Etrangères; 

M.  Joseph  Caillaux,  Député,  Ministre 
des  Finances; 

M.  Jean  Cruppi,  Député,  Ministre  du 
Commerce  et  de  l'Industrie; 

M.  Joseph  Ruau,  Député,  Ministre  de 
l'Agriculture. 

Lesquels,  après  s'être  communiqué  leurs 
pleins  pouvoirs  respectifs  trouvés  en  bon- 
ne et  due  forme  sont  convenus  des  articles 
suivants  : 


SUPPLEMENTARY  CONTENTION 


Article  1. 

The  schedule  A  annexed  to  the  Commer- 
cial Convention  of  September  19th,  1907, 
between  Canada  and  France  is  modified  as 
f  ollows  : 

Canadian  products  enjoying  the  mini- 
mum tarif!  : 


^J3     . 

dis 


Products. 


Observations. 


Oxen 

Cows 
Bulla 

Bullocks,  Steers  and 
Heifers. 


To  the  exclusion  of 
animais  in  fat  con- 
dition for  butcher- 
ing. 


Article  2. 

The  state  of  the  animais  included  in 
Article  I  shall,  under  the  conditions  of  the 
déclarations  contained  in  the  notes  attached 
to  this  Convention,  be  determined  by 
sworn  spécial  Agents  of  the  Ministry  of 
Agriculture,  whose  findings  shall  be  final. 

Arrticle  3. 

This  Convention,  after  being  approved 
by  the  Parliament  of  Canada  and  by  the 
French  Chambers,  shall  be  ratified  and  the 
ratifications  shall  be  exchanged  at  Paris  as 
soon  as  practicable. 

It  shall  corne  into  force  immediately  after 
the  completion  of  that  formality  and  shall 
remain  in  force  for  a  peiiod  of  ten  years, 
unless,  however,  one  of  the  contracting 
Parties  shall  within  such  period  signify  to 
the  other  Party  its  intention  to  terminate 
this  Convention,  in  which  case  this  Con- 
vention shall  cease  to  hâve  effect  twelve 
months  after  the  réception  by  the  other 
Party  of  the  notification  as  above. 

In  case  neither  of  the  Contracting  Parties 
shall  hâve  signified  before  the  expiry  of 
such  term  the  intention  of  terminating  this 
Bupplementary  Convention,  it  shall  remain 
binding  until  expiry  of  twelve  months 
from  the  day  on  which  either  of  the  two 
Parties  shall  hâve  denounced  it. 


8-9  EDWARD  VIL,  A.  1909 
Article  1. 

Le  tableau  A  annexé  à  la  Convention  de 
commerce  du  19  septembre  1907,  entre  le 
Canada  et  la  France  est  modifié  ainsi  qu'il 
suit: 

Produits  canadiens  bénéficiant  du  tarif 
minimum  : 


•§.•=1 


Désignation  des 
produits. 


Observations. 


Boeufs 
Vaches 
Taureaux 

Bouvillons,  Taurillons 
et  Génisses. 


à  1'  exclusion  des  ani- 
maux en  état  d'en- 
graissement pour 
la  boucherie. 


Article  2. 

L'état  des  animaux  compris  à  l'article 
premier  sera,  dans  les  conditions  préci- 
sées par  les  lettres  ci-après  annexées,  dé- 
terminé par  les  Agents  spéciaux  assermen- 
tés du  Ministère  de  l'Agriculture,  dont  les 
constatations  seront  définitives. 

Article  3. 

La  présente  Convention,  après  avoir  été 
approuvé  par  le  Parlement  du  Canada  et 
par  les  Chambres  Françaises,  sera  ratifiée 
et  les  ratifications  en  seront  échangées  à 
Paris  aussitôt  que  faire  se  pourra. 

Elle  entrera  en  vigueur  immédiatement 
après  l'accomplissement  de  cette  formalité 
et  demeurera  exécutoire  pendant  une  pé- 
riode de  dix  années,  à  moins  cependant 
que  l'une  des  parties  contractantes  ne 
vienne,  au  cours  de  cette  période,  à  noti- 
fier à  l'autre  partie  son  intention  de  met- 
tre fin  à  la  Convention,  auquel  cas  la  pré- 
sente Convention  cessera  ses  effets  douze 
mois  après  la  réception  par  l'autre  partie 
de  la  notification  en  question. 

Dans  le  cas  où  aucune  des  Parties  con- 
tractantes n'aurait  notifié  avant  l'expira- 
tion du  terme  ainsi  fixé  son  intention  de 
faire  cesser  les  effets  de  la  présente  Con- 
vention complémentaire,  celle-ci  restera  en 
vigueur  jusqu'à  l'expiration  de  douze  mois, 
à  partir  du  jour  où  l'une  ou  l'autre  des 
Parties  l'aura  dénoncée. 


CANADA  AND  FRANCE 


SESSIONAL  PAPER  No.  101 

In  Witness  Whereof  the  respective 
Plénipotentiaires  hâve  signed  this  Con- 
vention supplementary  and  hâve  affixed 
thereto  their  seals. 

Done  in  duplicate  at  Paris,  on  the  23rd 
January,  1909. 


[L.S.] 

Signed 

[L.S.] 


r  FRANCIS  BEKTIE, 
\W.  S.  FIELDING. 


En  foi  de  quoi,  les  soussignés  ont  dressé 
la  présente  Convention  complémentaire  et 
y  ont  apposé  leurs  cachets. 

Fait  à  Paris,  en  double  exemplaire,  le  23 
janvier  1909. 

[L.S.]  rS.  PICHON, 

[l.s.]  Q.     A  J.  CAILLAUX, 

[l.s.]  bl£ne1  JEAN  CRUPPI, 
[l.s.]  t  J.  RUAU. 


SUPPLEMENT 'ARY  CONVENTION 


8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 


ANNEXES. 


Paris,  le  8  janvier  1909. 


Monsieur  Fielding,  ministre  des  Finances  du   Gouvernement  canadien,  à  monsieur 
RuaUj  minisire  de   V Agriculture  de  la  République  Française.  ^ 

Monsieur  le  Ministre, — A  la  suite  des  négociations  poursuivies  depuis  quelques 
jours  entre  le  Gouvernement  français  et  moi-même  tendant  à  la  modification  du 
tableau  A  de  la  Convention  commerciale  franco-canadienne  du  19  septembre  1907 
par  l'exclusion,  de  la  liste  des  produits  canadiens  jouissant  du  bénéfice  du  tarif  mini- 
mum, des  animaux  en  état  d'engraissement  pour  la  boucherie,  j'ai  examiné  votre 
suggestion  d'adopter  un  pourcentage  de  viande  nette  comme  ligne  de  démarcation 
entre  les  animaux  bénéficiant  du  tarif  minimum  et  ceux  qui  en  sont  exclus.  Je 
suis  d'opinion  qu'il  ne  serait  pas  opportun  d'inclure  ce  modus  operandi  dans  la 
Convention  elle-même,  car  cette  suggestion  ne  touche  qu'au  mode  d'exécution. 

Je  préférerais  que  la  rédaction  projetée  fût  inscrite  dans  notre  accord  en  termes 
généraux  qui  indiqueraient  bien  notre  pensée  commune,  et  je  laisserais  au  Gouverne- 
ment français  le  soin  de  donner  à  cette  clause  complémentaire  une  interprétation 
juste  et  équitable  au  moyen  de  règlements  de  douane.  Si  les  autorités  françaises 
croient  devoir  adopter  cette  méthode  de  pourcentage,  nous  n'y  objectons  aucunement 
car  elle  pourrait  être  changée  ou  modifiée  au  cas  où  l'expérience  démontrerait  que 
cette  méthode  ne  donne  pas  satisfaction,  et  le  Gouvernement  canadien  se  réserverait 
alors  le  droit  de  faire  les  représentations  voulues  à  votre  Gouvernement. 

Veuillez  accepter,  Monsieur  le  Ministre,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

Signé        W.  S.  FIELDING. 


Paris,  le  8  janvier  1909. 

Monsieur  Ruau,  Ministre  de  l'Agriculture  de  la  République  Française,  à  Monsieur 
Fielding,   Ministre   des   Finances   du    Gouvernement   canadien. 

Excellence, — Les  négociations  qui  se  sont  poursuivies  ces  jours  derniers  entre 
vous  et  le  Gouvernement  français  avaient  pour  effet,  en  ce  qui  concerne  mon  Dépar- 
tement de  modifier  le  tableau  A  de  la  Convention  franco-canadienne  du  19  septem- 
bre 1907,  par  l'exclusion,  aux  articles  4,  5,  6,  7  de  la  liste  des  produits  canadiens 
devant  jouir  du  tarif  minimum,  des  animaux  en  état  d'engraissement  pour  la  bou- 
cherie. Vous  avez  bien  voulu  me  faire  savoir,  par  votre  lettre  en  date  du  8  janvier 
1909  que,  sans  repousser  le  système  de  la  fixation  d'un  pourcentage  de  viande  nette 
comme  moyen  d'établir  une  ligne  de  démarcation  entre  les  animaux  qui  ne  devront 
acquitter  que  les  droits  du  tarif  minimum  et  ceux  soumis  aux  droits  du  tarif  général, 
vous  préfériez  que  la  rédaction  projetée  fût  inscrite  d'ans  notre  accord  en  termes 
généraux.  Vous  avez  ajouté  que  vous  laissiez  au  Gouvernement  français,  le  soin  de 
donner  à  cette  clause  une  interprétation  juste  et  équitable,  au  moyen  de  règlements 
de  douane.  Dans  le  cas  où  les  autorités  françaises  adopteraient  la  méthode  de 
pourcentage  dont  il  est  parlé j)lus  haut,  le  Gouvernement  canadien  n'y  ferait  aucune 
objection,  étant  entendu  que  si  l'expérience  démontrait  qu'elle  ne  donne  pas  satisfac- 
tion, votre  Gouvernement  se  réservait  alors  le  droit  de  faire  les  représentations  vou- 
lues au  gouvernement  français. 

J'ai  l'honneur,  en  réponse  à  votre  communication,  de  vous  informer  que  nous 
sommes  pleinement  d'accord  sur  la  rédaction  suivante  à  inscrire  au  Tableau  A  de  la 


CANADA  AND  FRANCE  7 

SÊSSIONAL  PAPER  No.  101 

Convention   du   19   septembre   1907   intéressant  les   produits   canadiens  jouissant   du 
tarif  minimum. 

N°  du  tarif  français.  Produits. 

4 Bœufs  (1) 

5 Vaches  (1) 

6 Taureaux  (1) 

7 Bouvillons,  taurillons  et  génisses  (1) 

(1)  A    l'exclusion    des    animaux    en    état   d'engraissement   pour   la  boucherie. 

En  ce  qui  concerne  le  système  à  appliquer  pour  apprécier  quels  seront  les  ani- 
maux à  soumettre  soit  au  régime  du  tarif  minimum,  soit  au  régime  du  tarif  général, 
le  Gouvernement  français  se  réserve  la  faculté  de  suivre  la  méthode  du  pourcentage 
de  viande  nette  ou  tout  autre  juste  et  équitable.  Etant  bien  entendu  d'ailleurs,  et 
pour  éviter  toute  contestaion  entre  les  importateurs  et  le  Gouvernement  français, 
que  l'état  des  animaux  au  point  de  vue  qui  nous  occupe  sera  déterminé  par  des  agents 
spéciaux  assermentés,  du  ministère  de  l'Agriculture,  dont  les  constatations  seront 
définitives. 

J'ajouterai  que,  dans  le  cas  improbable  où  l'expérience  démontrerait  à  nos 
deux  Gouvernements,  et  en  se  basant  sur  une  série  de  faits  -bien  constatés,  que  la 
méthode  appliquée  par  l'Administration  française  est  défectueuse,  le  Gouvernement 
canadien  et  le  Gouvernement  français  rechercheraient  d'un  commun  accord,  un  autre 
modus  operandi. 

Veuillez  agréer,  Excellence,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

Le  ministre  de  l'Agriculture. 

(Signé)        J.  RUAU. 


TRANSLATION  OF  LETTERS  ANNEXED  TO  THE  CONVENTION. 

Paris,  January  8,  1909. 

Mr.  Fielding,  Minister  of  Finance  of  the  Canadian  government,  to  Mr.  Buau,  Minister 
of  Agriculture  of  the  French  Republic. 

Sir, — As  a  resuit  of  the  récent  negotiations  between  members  of  the  French  Gov- 
ernment and  myself  with  a  view  to  the  re-casting  of  Schedule  '  A  '  of  the  Franco- 
Canadian  Commercial  Convention  of  the  19th  September,  1907,  by  the  exclusion,  from 
the  list  of  the  Canadian  products  enjoying  the  benefit  of  the  minimum  tarifï,  of 
animais  in  fat  condition  for  butchering,  I  hâve  considered  your  suggestion  to  adopt 
a  percentage  of  neat  méat  as  a  line  of  démarcation  between  animais  to  be  admitted 
under  the  minimum  tariff  and  those  excluded  therefrom.  I  am  of  opinion  that  it 
would  not  be  expédient  to  include  this  modus  operandi  in  the  Convention  itself  as 
it  touches  only  the  methods  of  earrying  ont  what  is  proposed. 

I  would  prefer  that  the  proposed  formula  be  inscribed  in  our  agreement  in  gênerai 
terms  indicating  our  mutual  understanding,  and  I  would  leave  with  the  French 
Government  the  duty  of  giving  to  this  complementary  clause  a  fair  and  reasonable 
interprétation  by  means  of  Customs  régulations.  We  would  hâve  no  objection  what- 
ever  to  the  adoption  by  the  French  authorities  of  the  percentage  method,  should  they 
prefer  that  method,  as  it  could  be  changed  or  modified  in  case  the  working  out  of  said 
method  would  demonstrate  that  it  does  not  give  satisfaction,  and  the  Canadian 
Government  would  reserve  then  to  itself  the  right  of  making  necessary  représentations 
to  your  Government. 

I  am,  sir,  with  the  highest  regard, 
Yours  very  truly, 

(Signed.)         W.    S.    FIELDING. 


8  SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

Paris,  January  8,  1909. 

Mr.  Ruau,  Minister  of  Agriculture  of  the  French  Republic,  to  Mr.  Fielding,  Minister 
of  Finance  of  the  Canadian  Government. 

Excellency, — The  object  of  the  negotiations  which  hâve  been  proceeded  with  for 
thèse  last  few  days  between  yourself  and  the  French  Government,  was,  as  far  as  my 
own  Department  is  concerned,  to  modify  Schedule  '  A  *  of  the  Franco-Canadian  Con- 
vention of  September  19,  1907,  by  the  exclusion  from  items  4,  5,  6,  7  of  the  list  of  the 
Canadian  products  admitted  to  the  benefits  of  the  minimum  tariff,  of  animais  in  fat 
condition  for  butchering.  By  your  letter  dated  January  8,  1909,  you  were  good  enough 
to  let  me  know  that,  without  rejecting  the  suggested  System  of  a  fixed  percentage  of 
neat  méat  as  a  fair  line  of  démarcation  between  animais  enjoying  the  minimum 
tariff  and  those  submitted  to  the  gênerai  tariff,  you  would  prefer  that  the  proposed 
change  should  be  inscribed  in  our  agreement  in  gênerai  terms;  and  you  add  to  this 
that  you  would  leave  to  the  French  Government  the  duty  of  interpreting  this  clause 
as  fairly  and  reasonably  as  possible  by  means  of  Customs  régulations  In  case  of  the 
adoption  by  the  French  authorities  of  the  percentage  System  above  mentioned,  the 
Canadian  Government  would  make  no  objection  to  said  adoption,  it  being  understood 
that  should  the  experiment  be  found  unsatisfactory,  your  Government  would  reserve 
to  itself  the  right  of  making  the  necessary  représentations  to  the  French  Govern- 
ment. 

In  answer  to  your  communication,  I  hâve  the  honour  to  inform  you  that  we  are 
fully  in  accord  as  to  the  following  formula  to  be  used  in  Schedule  '  A  '  of  the  Conven- 
tion of  September  19 th,  1907,  as  to  the  Canadian  products  enjoying  the  minimum 
tariff:— 

No.  of  the  French  tariff.  Products. 

4 Oxen  (I) 

5 Cowa  (I) 

6 Bulls  (I) 

7 Bullocks,  steers,  and  heifers  (I) 

(I)  To  the  exclusion  of  animais  in  fat  condition  for  butchering. 

With  regard  to  the  System  to  be  applied  in  order  to  ascertain  what  animais  are 
to  be  subject  to  the  minimum  tariff  and  what  to  the  gênerai  tariff,  the  French 
Government  reserves  to  itself  the  -right  to  f  ollow  the  method  of  the  percentage  of  neat 
méat  or  any  other  fair  and  équitable  method,  it  being  well  understood,  that,  in  order 
to  avoid  any  dispute  between  the  importers  and  the  French  Government,  the  condi- 
tion of  the  animais,  as  to  the  matter  in  hand,  shall  be  determined  by  duly  sworn 
spécial  agents  of  the  Ministry  of  Agriculture,  whose  findings  shall  be  final. 

I  beg  to  add  that  in  the  unlikely  event  of  expérience  founded  on  a  séries  of 
well  authenticated  instances  demonstrating  to  our  two  governments  that  the  method 
adopted  by  the  French  Government  is  defective  the  Governments  of  Canada  and 
France  would  jointly  seek  another  modus  operandi. 

May  I  beg  you  will  kindly  accept,  Excellency,  the  assurance  of  my  high  esteem. 

The  Minister  of  Agriculture, 

(Signed.)        J.  RUAU. 


8-9  EDWARD  VII.  SESSIONAL  PAPER  No.  102  A.  1909 


CORRESPONDENOE 


RELATING    TO 


SUPPLEMENTARY  CONFERENCE 


RESPECTING 


COMMERCIAL  RELATIONS  BETWEEN  CANADA 

AND  FRANCE 


CORRESPONDANCE 


RELATIVE    A    LA 


CONVENTION  COMPLEMENTAIRE  DE  COMMERCE 


ENTRE 


LE! CANADA  ET  LA  FRANCE 


PRINTED  BY  ORDER  OF  PARLIAMENT 


OTTAWA 

PRINTED  BY  C.  H.  PARMELEE,  PRINTER  TO  THE  KING'S  MOST 
EXCELLENT  MAJESTY. 

1909 
[No.  102— 1909.] 


8-9  EDWARD  VII. 


SESSIONAL  PAPER  No.  102 


A.  1909 


CORRESPONDENCE    RELATING   TO    SUPPLEMENTARY    CONVENTION 

RESPECTING   COMMERCIAL   RELATIONS   BETWEEN 

CANADA   AND    FRANCE. 


Monsieur  Fielding,  ministre  des  Finances  du   Gouvernement   canadien,  à  monsieur 
Pichon,  ministre  des  Affaires  Etrangères  de  la  République  Française. 

Paris,  le  7  janvier  1909. 

Monsieur  le  Ministre, — Après  de  nombreux  pourparlers  entre  quelques-uns  des 
membres  du  Gouvernement  français  et  moi-même  concernant  la  Convention 
commerciale  franco-canadienne  signée  à  Paris  le  19  septembre  1907,  j'ai  l'honneur  de 
vous  informer  que,  sous  réserve  de  l'approbation  du  Parlement  du  Canada,  je  con- 
sens, au  nom  du  Gouvernement  canadien,  à  la  rédaction  suivante  du  tableau  A  de  la 
Convention  qui  comprend  la  liste  des  produits  canadiens  jouissant  des  avantages  du 
tarif  minimum, — tous  et  chacun  des  articles  suivants  devant  apparaître  désormais 
ainsi  au  dit  tableau  A: — 

"  Nos  du  tarif  français.  Produits. 

4 Bœufs, 

5 Vaches, 

6 Taureaux, 

7 Bouvillons,  taurillons  et  génisses, 

à  l'exclusion  des  animaux  en  état  d'engraissement  pour  la  boucherie  ". 

Je  vais  en  conférer  avec  le  Très  Honorable  Sir  Edward  Grey,  ministre  des 
Affaires  Etrangères  de  Sa  Majesté  le  Roi,  et  le  prier  de  confirmer  cette  entente  par 
une  note  adressée  à  l'Ambassadeur  de  France  à  Londres,  ou  de  telle  autre  manière 
qui  sera  jugée  convenable  par  le  Gouvernement  de  Sa  Majesté  et  le  Gouvernement 
français. 

Je  serais  heureux  de  recevoir  de  votre  part  l'assurance  que  cette  rédaction  du 
tnbleau  A  de  la  Convention  du  19  septembre  1907  est  agréable  au  Gouvernement 
français. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Ministre,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

(Signé)         W.  S.  FIELDING. 

M.    PlCHON, 

Ministre  des  Affaires  Etrangères, 
Paris. 


(Translation.) 

Mr.  Fielding,  Minister  of  Finance  of  the  Canadian  Government,  to  Mr.  Pichon,  Min- 
ister  of  Foreign  Affairs  of  the  French  Republic. 

Paris,  January  7,  1909. 

Mr.  Minister. — As  a  resuit  of  the  negotiations  between  members  of  the  French  gov- 
ernment  and  the  undersigned  concerning  the  convention  respecting  the  commercial 
relations  between  France  and  Canada,  signed  at  Paris,  the  19th  September,  1907,  I  hâve 

102— li 


4  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  190» 

the  honour  to  inform  you  that,  subject  to  the  approval  of  the  Canadian  Parliament,  I 
hereby  consent,  on  behalf  of  the  Canadian  government,  to  the  following  re-casting  of 
Schedule  A  of  the  Convention,  being  a  '  List  of  Canadian  produets  enjoying  the  benefit 
of  the  Minimum  TarifiV 

Each  and  every  one  of  the  following  items  shall  appear  henceforth  in  the  said 
Schedule  A  as  f ollows  : — 

"  Nos.  of  the  French  Tariff.  Products. 

4 Oxen, 

5 Cows, 

6 Bulls, 

7 Steers,  bullocks  and  heif ers. 

excluding  animais  in  fat  condition  for  butchering." 

I  shall  communicate  with  the  Right  Honourable  Sir  Edward  Grey,  His  Majesty's 
Principal  Secretary  of  State  for  Foreign  Affairs,  and  ask  him  to  confirai  this  arrange- 
ment by  a  note  addressed  to  the  French  Ambassador  in  London,  or  in  such  other  man- 
ner  as  may  be  deemed  convenient  by  His  Majesty's  government  and  the  French  govern- 
ment. 

I  should  be  happy  to  receive  the  assurance  that  this  recasting  of  Schedule  A  of  the 
Convention  of  the  19th  September,  1907,  is  agreeable  to  the  French  government. 

Accept,  Mr.  Minister,  the  assurance  of  my  high  esteem. 

(Signed)        W.    S.   FIELDING. 
Mr.  Piciion, 

Minister  of  Foreign  Afîairs, 

Paris.  ...... 


Le   ministre   des   Affaires  Etrangères     à   l'honorable    W.   8.   Fielding,   ministre   des 

Finances  du  Canada. 

Paris,  le  7  janvier  1909. 

Monsieur  le  Ministre, — Vous  avez  bien  voulu  me  faire  savoir  que  V.E.  a  con- 
senti, au  nom  du  gouvernement  du  Dominion  et  sous  réserve  de  l'approbation  du 
Parlement  canadien,  à  modifier  la  rédaction  du  tableau  A  annexé  à  la  Convention  de 
commerce  du  19  septembre  1907.  Ce  tableau  comprend  la  liste  des  produits  cana- 
diens appelés  à  bénéficier  des  avantages  du  tarif  minimum  français:  Une  accolade 
serait  ajoutée  aux  N03  4,  5,  6,  7  qui  apparaîtraient  désormais  de  la  façon  suivante: — 


Nos  du  tarif 
français. 

4 

5 


Désignation 
des  produits. 

.  .  .  Bœufs ] 

.  .  .Vaches |  à  l'exclusion  des  animaux 

en  état  d'en  g  rai  s  s  e- 


6 Taureaux )■ 

7 Bouvillons,    taurillons    et  | 

génisses  J 


ment   pour  la   bouche- 
rie. 


J.«  puis  vous  donner  l'assurance,  au  nom  du  Gouvernement  de  la  République, 
qu'il  accepte  bien  volontiers  cette  modification  au  texte  primitif  du  tableau  A. 

D'autre  part,  en  ce  qui  concerne  l'application  de  cette  convention  nouvelle,  il 
serait  stipulé  que  l'état  des  animaux  compris  à  l'article  ci-dessus  sera  dans  les  con- 
ditions précisées  par  les  lettres  ci-après  annexées,  déterminé  par  des  agents  spéciaux 
.assermentés,  du  ministère  de  l'Agriculture,  dont  les  constatations  seront  définitives. 


CANADA  AND  FRANCE  5 

"SESSIONAL  PAPER  No.  102 

Je  serais  heureux  d'apprendre  que  le  Gouvernement  de  Sa  Majesté  a  bien  voulu 
adopter  ces  nouvelles  rédactions  et  dès  que  j'en  en  aurai  reçu  l'assurance,  je  m'em- 
presserais de  les  soumettre  à  l'approbation  du  Parlement  français. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Ministre,  les  assurances  de  ma  haute  considération. 


(Signé)         S.  PICHOK 


(Translation.) 


The  Minister  of  Foreign  Affairs  of  the  French  Republic  to  the  Ilonourdble  W.  S. 
Fielding,  Minister  of  Finance  of  Canada. 

Paris,  January  7,  1909. 

Sir, — You  hâve  been  so  good  as  to  inform  me  that  Y.E.  has  consented,  in  the  name 
of  the  government  of  the  Dominion,  and  under  reserve  of  the  Canadian  Parliament's 
approval,  to  modify  the  formula  of  Schedule  A  annexed  to  the  Commercial  Convention 
of  September  19,  1907.  This  schedule  includes  the  list  of  Canadian  products  which  are 
intended  to  enjoy  the  privilèges  of  the  French  minimum  tariff;  a  bracket  would  be 
added  to  Nos.  4,  5,  6,  7,  which  would  appear  hencef orth  as  f ollows  : — 

Nos.  of  the  Désignation  of 

French  Tariff.  Products. 

4 Oxen "] 

5 Cows !  to  the  exclusion  of  ani- 


! 

I 

7 Bullocks,  steers  and  heifers  J       for  butchering. 


6 Bulls. ....   f       mais  'in  fat  condition 


This  modification  of  the  first  text  of  Schedule  A  is  most  willingly  accepted  by  the 
government  of  the  Republic;  I  can  give  you  this  assurance  in  its  name. 

On  the  other  hand,  as  to  the  application  of  this  new  Convention,  it  would  be 
stipulated  that  the  state  of  the  animais  included  in  the  above  article  shall  be,  under 
the  conditions  specified  in  the  annexed  letters,  determined  by  duly  sworn  spécial 
agents  of  the  Ministry  of  Agriculture,  whose  décision  shall  be  final. 

I  would  be  happy  to  learn  that  the  government  of  H.M.  has  consented  to  adopt  this 
new  drafting  and,  as  soon  as  I  hâve  received  assurance  that  it  has  been  so  adopted,  I 
will  hasten  to  submit  the  same  to  the  French  parliament's  approval. 

Kindly  accept,  Sir,  the  assurance  of  my  highest  regard. 

(Signed)       S.   PICHON. 


Monsieur  Fielding,  ministre  des  Finances  du   Gouvernement  canadien,  à  monsieur 
Ruau,  ministre  de  V Agriculture  de  la  République  Française. 

Paris,  le  8  janvier  1909. 

Monsieur  le  Ministre, — A  la  suite  des  négociations  poursuivies  depuis  quelques 
jours  entre  le  Gouvernement  français  et  moi-même,  tendant  à  la  modification  du 
tableau  A  de  la  Convention  commerciale  franco-canadienne  du  19  septembre  1907, 
par  l'exclusion  de  la  liste  des  produits  canadiens  jouissant  du  bénéfice  du  tarif  mini- 
mum, des  animaux  en  état  d'engraissement  pour  la  boucherie,  j'ai  examiné  votre 
suggestion  d'adopter  un  pourcentage  de  viande  nette  comme  ligne  de  démarcation 
entre  les  animaux  bénéficiant  du  tarif  minimum  et  ceux  qui  en  sont  exclus.  Je  suis 
d'opinion  qu'il  ne  serait  pas  opportun  d'inclure  ce  modus  operandi  dans  la  Conven- 
tion elle-même,  car  cette  suggestion  ne  touche  qu'au  mode  d'exécution. 


6  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

Je  préférerais  que  la  rédaction  projetée  fût  inscrite  dans  notre  accord  en 
termes  généraux  qui  indiqueraient  bien  notre  pensée  commune,  et  je  laisserais  au 
Gouvernement  français  le  sofin  de  donner  à  cette  clause  complémentaire  une  inter- 
prétation juste  et  équitable  au  moyen  de  règlements  de  douane.  Si  les  autorités 
françaises  croient  devoir  adopter  cette  méthode  de  pourcentage,  nous  n'y  objectons 
aucunement,,  car  elle  pourrait  être  changée  ou  modifiée  au  cas  où  l'expérience  démon- 
trerait que  cette  méthode  ne  donne  pas  satisfaction,  et  le  Gouvernement  canadien  se 
réserverait  alors  le  droit  de  faire  les  représentations  voulues  à  votre  Gouvernement. 

Veuillez  accepter,  Monsieur  le  Ministre,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

(Signé)        W.  S.  FIELDING. 


(Translation.) 

Mr.  Fielding,  Minister  of  Finance  of  the  Canadian  Government,  to  Mr.  Ruau,  Minister 
of  Agriculture  of  the  French  Republic. 

Paris,  January  8,  1909. 

Sir, — As  a  resuit  of  the  récent  negotiations  between  members  of  the  French  govern- 
ment  and  myself  with  a  view  to  the  re-casting  of  Schedule  A  of  the  Franco-Canadian 
Commercial  Convention  of  the  19th  September,  1907,  by  the  exclusion,  from  the  list  of 
the  Canadian  products  enjoying  the  benefit  of  the  minimum  tariff,  of  animais  in  fat 
condition  for  butchering,  I  hâve  considered  your  suggestion  to  adopt  a  percentage  of 
neat  méat  as  a  line  of  démarcation  between  animais  to  be  admitted  under  the  minimum 
tariff  and  those  exclud'ed  therefrom.  I  am  of  opinion  that  it  would  not  be  expédient 
to  include  this  modus  operandi  in  the  convention  itself,  as  it  touches  only  the  methods 
of  carrying  out  what  is  proposed. 

I  would  prefer  that  the  proposed  formula  be  inscribed  in  our  agreement  in  gênerai 
terms  indicating  our  mutual  understanding,  and  I  would  leave  with  the  French  govern- 
ment  the  duty  of  giving  to  this  complementary  clause  a  fair  and  reasonable  inter- 
prétation by  means  of  customs  régulations.  We  would  hâve  no  objection  whatever  to 
the  adoption  by  the  French  authorities  of  the  percentage  method,  should  they  prefer 
that  method,  as  it  could  be  changed  or  modified  in  case  a  trial  of  it  were  to  demonstrate 
that  it  did  not  give  satisfaction,  and  the  Canadian  government  would  reserve  then  to 
itself  the  right  of  making  necessary  représentations  to  your  government. 

I  am,  Sir,  with  the  highest  regard, 

Yours  very  truly, 

(Signed)        W.    S.   FIELDING. 


Monsieur  Ruau,  ministre  de  l'Agriculture  de  la  République  Française,  à  monsieur 
Fielding,  ministre  des  Finances  du  Gouvernement  canadien. 

Paris,  le  8  janvier  1909. 

Excellence, — Les  négociations  qui  se  sont  poursuivies  ces  jours  derniers  entre 
vous  et  le  gouvernement  français  avaient  pour  effet,  en  ce  qui  concerne  mon  départe- 
ment, de  modifier  le  tableau  A  de  la  convention  franco-canadienne  du  19  septembre 
1907,  par  l'exclusion,  aux  articles  4,  5,  6,  7  de  la  liste  des  produits  canadiens  devant 
jouir  du  tarif  minimum,  des  animaux  en  état  d'engraissement  pour  la  boucherie. 
Vous  avez  bien  voulu  me  faire  savoir,  par  votre  lettre  en  date  du  8  janvier  1909  que, 


CANADA  AND  FRANCE  7 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

sans  repousser  le  système  de  la  fixation  d'un  pourcentage  de  viande  nette  comme 
moyen  d'établir  une  ligne  de  démarcation  entre  les  animaux  qui  ne  devront  acquitter 
que  les  droits  du  tarif  minimum  et  ceux  soumis  aux  droits  du  tarif  général,  vous  pré- 
fériez que  la  rédaction  projetée  fut  inscrite  dans  notre  accord  en  termes  généraux. 
Vous  avez  ajouté  que  vous  laissiez  au  gouvernement  français,  le  soin  de  donner  à  cette 
clause  une  interprétation  juste  et  équitable,  au  moyen  de  règlements  de  douane.  Dans 
le  cas  où  les  autorités  françaises  adopteraient  la  méthode  de  pourcentage  dont  il 
est  parlé  plus  haut,  le  gouvernement  canadien  n'y  ferait  aucune  objection,  étant 
entendu  que  si  l'expérience  démontrait  qu'elle  ne  donne  pas  satisfaction,  votre  gou- 
vernement se  réserverait  alors  le  droit  de  faire  les  représentations  voulues  au  gouver^ 
nement  français. 

J'ai  l'honneur,  en  réponse  à  votre  communication,  de  vous  informer  que  nous 
sommes  pleinement  d'accord  sur  la  rédaction  suivante  à  inscrire  au  tableau  A  de  la 
convention  du  19  septembre  1907,  intéressant  les  produits  canadiens  jouissant  du  tarif 
minimum  : — 

Nos  du  tarif  français.  Produits. 

4 Bœufs   (1) 

5 Vaches   (1) 

6 Taureaux   (1) 

7 Bouvillons,  taurillons  et  génisses   (1) 

(1)  A  l'exclusion  des  animaux  en  état  d'engraissement  pour  la  boucherie. 

En  ce  qui  concerne  le  système  à  appliquer  pour  apprécier  quels  seront  les  ani- 
maux à  soumettre  soit  au  régime  du  tarif  minimum,  soit  au  régime  du  tarif  général, 
le  gouvernement  français  se  réserve  la  faculté  de  suivre  la  méthode  du  pourcentage 
de  viande  nette  ou  tout  autre  juste  et  équitable.  Etant  bien  entendu  d^ailleurs,  et 
pour  éviter  toute  contestation  entre  les  importateurs  et  le  gouvernement  français,  que 
l'état  des  animaux  au  point  de  vue  qui  nous  occupe  sera  déterminé  par  des  agents 
spéciaux  assermentés,  du  ministère  de  l'Agriculture,  dont  les  constatations  seront 
définitives. 

J'ajouterai  que,  dans  le  cas  improbable  où  l'expérience  démontrerait  à  nos  deux 
gouvernements,  et  en  se  basant  sur  une  série  de  faits  bien  constatés,  que  la  méthode 
appliquée  par  l'administration  française  est  défectueuse,  le  gouvernement  canadien 
et  le  gouvernement  français  rechercheraient,  d'un  commun  accord,  un  autre  modus 
operandi. 

Veuillez  agréer,  Excellence,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

Le  ministre  de  l'Agriculture. 

(Signé)         J.  KUAU. 


(Translation.) 

Mr.  Ruau,  Minister  of  Agriculture  of  the  French  Republic,  to  Mr.  Fielding,  Minister 
of  Finance  of  the  Canadian  Government. 

Paris,  January  8,  1909. 

Excellency. — The  object  of  the  negotiations  which  hâve  been  proceeded  with  for 
thèse  last  few  days  between  yourself  and  the  French  government,  was,  as  far  as  my 
own  department  is  concerned,  to  modify  Schedule  A  of  the  Franco-Canadian  Conven- 
tion of  September  19,  1907,  by  the  exclusion  from  items  4,  5,  6,  7,  of  the  list  of  the 
Canadian  products  admitted  to  the  benefits  of  the  minimum  tarin0,  of  animais  in  fat 
condition  for  butchering.  By  your  letter  dated  January  8,  1909,  you  were  good  enough 
to  let  me  know  that,  without  rejecting  the  suggested  System  of  a  fixed  percentage  of 
neat  méat  as  a  fair  line  of  démarcation  between  animais  enjoying  the  minimum  tariff 
and  those  submitted  to  the  gênerai  tarifï,  you  would  prefer  that  the  proposed  change 


8  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

should  be  inscribed  in  our  agreement  in  gênerai  terms;  and  you  add  to  this  that  you 
would  leave  to  the  French  government  the  duty  of  interpreting  this  clause  as  fairly  and 
reasonably  as  possible  by  means  of  customs  régulations.  In  case  of  the  adoption  by  the 
French  authorities  of  the  percentage  system  above  mentioned,  the  Canadian  govern- 
ment would  make  no  objection  to  said  adoption,  it  being  understood  that  should  the 
experiment  be  found  unsatisfactory,  your  government  would  reserve  to  itself  the  right 
of  making  the  necessary  représentations  to  the  French  governnient. 

In  answer  to  your  communication,  I  hâve  the  honour  to  inform  you  that  we  are 
fully  in  accord  as  to  the  folio wing  formula  to  be  used  in  Schedule  A  of  the  Convention 
of  September  19,  1907,  #as  to  the  Canadian  products  enjoying  the  minimum  tariff. 

No.  of  the  French  Tariff.  3Products. 

4 Oxen  (I) 

5 Cows  (I) 

6 Bulls  (I) 

7 Bullocks,  steers  and  heifers   (I) 

(I)  To  the  exclusion  of  animais  in  fat  condition  for  butchering. 

With  regard  to  the  System  to  be  applied  in  order  to  ascertain  what  animais  are  to 
be  subject  to  the  minimum  tariff  and  what  to  the  gênerai,  the  French  government 
reserves  to  itself  the  right  to  f ollow  the  method  of  the  percentage  of  neat  méat  or  any 
other  fair  and  équitable  method,  it  being  well  understood,  that,  in  order  to  avoid  any 
dispute  between  the  importers  and  the  French  government,  the  condition  of  the  animais, 
as  to  the  matter  in  hand,  shall  be  determined  by  duly  sworn  spécial  agents  of  the 
Ministry  of  Agriculture,  whose  findings  shall  be  final. 

I  beg  to  add  that  in  the  unlikely  event  of  expérience,  founded  on  a  séries  of  well 
authenticated  instances,  demonstrating  to  our  two  governments  that  the  method  adopted 
by  the  French  government  is  defective,  the  governments  of.  Canada  and  France  would 
jointly  seek  another  modus  operandi. 

May  I  beg  you  will  kindly  accept,  Excellency,  the  assurance  of  my  high  esteem. 

The  Minister  of  the  Agriculture, 

(Signed)       J.  KUAU. 


KEPUBLIQUE  FKANÇAISE. 

Monsieur  Cruppi,  Ministre  du  Commerce   de   la  République  Française   à  Monsieur 
Fielding,  Ministre  des  Finances  du  Gouvernement  canadien. 

0  Paris,  le  7. janvier  1909. 

Monsieur  le  Ministre, — A  la  suite  de  nos  divers  entretiens  relatifs  à  la  conven- 
tion intervenue  entre  le  Canada  et  la  France,  à  la  date  du  19  septembre  1907,  j'ai 
l'honneur  de  vous  prier  de  vouloir  bien  répondre  aux  questions  ci-après  : 

I.  Comme  il  résulte  de  l'interprétation  donnée  par  le  Gouvernement  britannique 
au  mois  d'avril  1908  à  la  Convention  anglo-suisse  de  1855,  que  la  Suisse  doit  être 
comprise  au  nombre  des  pays  susceptibles  de  jouir  au  Canada  du  traitement  de  la 
nation  la  plus  favorisée,  l'attention  du  Gouvernement  français  a  été  appelée  sur  ce 
fait  que  la  publication  officielle  du  Ministère  des  Douanes  du  Canada  ayant  servi 
aux  négociations  ne  mentionnait  pas  la  Suisse  parmi  les  nations  bénéficiant  de  ce 
traitement.  Une  question  a  été  posée  au  Gouvernement  du  Dominion  et  il  résulte 
des  explications  données  ,par  Sir  Wilfrid  Laurier  au  Consul  général  de  France  à 
Montréal,  que  l'omission  de  la  Suisse  sur  la  dite  liste  provient  d'une  erreur  qui  se 
serait  glissée  dans  un  document  officiel  publié  bien  antérieurement? 


CANADA  AND  FRANGE  9 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

II.  En  ce  qui  concerne  l'interprétation  à  donner  à  l'article  8  de  la  Convention 
franco-canadienne  stipulant  que,  pour  bénéficier  des  conditions  tarifaires  les  produits 
originaires  de  France,  d'Algérie,  des  possessions  et  Colonies  françaises,  devront  être 
transportés  sans  transbordement  d'un  port  français,  algérien  ou  colonial  ou  d'un  port 
d'un  territoire  jouissant  du  tarif  préférentiel  ou  du  tarif  intermédiaire  dans  un  port 
maritime  ou  fluvial  du  Canada,  le  Gouvernement  français  désirerait  recevoir  des 
réponses  aux  questions  ci-après: 

1.  D'après  l'article  5  de  la  loi  douanière  canadienne  cette  prescription  n'est  pas 
applicable,  quant  à  présent,  aux  produits  originaires  de  la  Grande-Bretagne;  cet 
article  prévoit,  en  effet,  que  le  tarif  de  préférence  britannique  ne  s'appliquera  aux 
produits  apportés  au  Canada  par  voie  directe  d'un  port  canadien  qu'à  partir  de  la 
date  qui  doit  être  fixée  par  le  Gouverneur  en  Conseil,  dans  une  proclamation  publiée 
dans  la  Gazette  du  Canada.  La  proclamation  visée  dans  cet  article  n'a  pas  encore 
été  rendue. 

2.  En  hiver  les  marchandises  ne  peuvent  parvenir  directement  à  Montréal  en 
raison  des  glaces  qui  couvrent  et  obstruent  le  Saint-Laurent;  elles  doivent  donc  être 
débarquées  dans  l'un  des  ports  de  St-John  ou  Halifax. 

Ces  ports  sont-ils  en  état  de  faire  face  à  un  trafic  tel  que  celui  qui  est  susceptible 
de  s'effectuer  entre  la  France  et  le  Canada  et  les  moyens  de  transport  de  St-John  ou 
Halifax  à  Montréal  sont-ils  établis  de  telle  façon  que  les  marchandises  n'aient  pas 
à  supporter  des  frais  de  transport  plus  considérables  que  ceux  qu'elles  supporteraient 
si  elles  étaint  expédiées  à  Montréal  via  New- York? 

3.  Le  fret  que  devront  payer  les  marchandises  françaises  pour  aller  directement 
d'un  port  français  dans  un  port  canadien  va-t-il  subir  une  majoration  du  fait  de 
l'obligation  de  transport  direct  qui  lui  est  imposée? 

Le  Gouvernement  canadien  en  attribuant  une  subvention  à  une  ligne  de  naviga- 
tion directe  entre  la  France  et  le  Canada  s'est-il  réservé  un  pouvoir  de  contrôle  sur 
la  compagnie  qui  exploitera  cette  ligne,  particulièrement  au  sujet  du  taux  du  fret 
afin  d'empêcher  un  écart  injustifié  entre  le  fret  réclamé  par  cette  compagnie  et  celui 
fixé  j)ar  les  autres  compagnies  transatlantiques,  notamment  par  celles  allant  à  New- 
York? 

4.  Sera-t-il  possible  de  communiquer  régulièrement  aux  intéressés  le  taux  de 
frets  afin  de  pouvoir  le  faire  afficher  à  la  Bourse  de  Commerce  du  Havre? 

5.  Les  exportateurs  français  pourront-ils  avoir  des  connaissements  directs  pour 
Montréal,  via  Halifax  ou  un  autre  port  canadien,  avec  tarifs  combinés  pour  parcours 
en  chemin  de  fer,  et  peut-on,  dès  à  présent,  donner  connaissance  des  frets  et  des  tarifs 
de  transport  en  vigueur  pour  les  marchandises  à  destination  de  la  province  de  Mont- 
réal? 

6.  Les  lignes  directes  de  navigation  qui  existent  actuellement  entre  l'Angleterre 
et  le  Canada  ont-elles  des  départs  réguliers  plus  nombreux  que  ceux  qui  vont  être 
établis  par  la  ligne  subventionnée?  Peut-on  déclarer  que  ces  départs  vont  se  combi- 
ner avec  les  services  de  la  ligne  subventionnée  de  telle  façon  que  les  marchandises 
françaises  ne  subissent  pas  de  retard  préjudiciable  faute  de  départ? 

7.  L'article  8  permet  de  dire  que  lorsqu'un  navire  fait  simplement  escale  dans  un 
port  d'un  pays  ne  jouissant  ni  du  tarif  préférentiel,  ni  du  tarif  intermédiaire,  New- 
York,  par  exemple,  sans  qu'il  y  ait  transbordement  de  la  marchandise,  cette  marchan- 
dise conserve  le  bénéfice  des  réductions  de  droits  de  douane,  à  l'entrée  au  Canada,  pré- 
vues par  la  Convention.  Le  gouvernement  canadien  peut-il  déclarer  d'une  façon  for- 
melle qu'il  n'y  a  aucun  doute  sur  cette  manière  d'interpréter  cette  disposition? 

III.  Dans  quelles  conditions  est  assuré  le  service  de  la  surveillance  sur  la  frontière 
du  Canada  et  des  Etats-Unis,  notamment  dans  la  région  des  lacs  et  la  région  de  l'ouest, 
et  cette  surveillance  peut-elle  empêcher  la  pénétration  en  fraude  de  marchandises  des 
Etats-Unis  sur  le  territoire  canadien  d'où  elles  seraient  ensuite  expédiées  en  réclamant 


10  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

le  bénéfice  des  avantages  douaniers  exclusivement  accordés  par  la   Convention  aux 
marchandises  d'origine  canadienne? 

IV.  Dans  quelles  conditions  de  surveillance  spéciale  (plombage,  etc. . .)  s'effectue  le 
transit  des  marchandises  étrangères  à  travers  le  Canada,  et  le  gouvernement  français 
peut-il  être  assuré  que  les  dispositions  des  règlements  douaniers  canadiens  offrent  des 
garanties  suffisantes  pour  qu'il  n'y  ait  pas  à  redouter  que  des  marchandises  origi- 
naires des  Etats-Unis  soient  expédiées  en  France  comme  étant  d'origine  canadienne 
et  susceptibles,  dès  lors,  de  bénéficier  des  avantages  de  la  Convention? 

V.  L'article  12  de  la  Convention  dispose  expressément  que  les  produits  origi- 
naires de  France,  d'Algérie,  des  colonies  et  possessions  françaises  ne  peuvent  être 
assujettis  au  Canada  à  des  droits  d'accise,  de  consommation  intérieure  ou  d'octroi 
autres  ou  plus  élevés  que  ceux  qui  grèvent  les  produits  similaires  canadiens. 

Les  Français,  négociants  ou  commis  voyageurs,  sont-ils  assujettis,  dans  certaines 
provinces  du  Canada  à  des  taxes  ou  licences  plus  élevées  que  celles  exigées  des 
nationaux? 

J'espère  que  les  éclaircissements  que  vous  voudrez  bien  me  fournir  sur  les  points 
que  je  vous  signale  me  permettront  de  répondre  à  certaines  objections  et,  correspon- 
dant ainsi  au  sentiment  amical  dans  lequel  nous  les  avons  ensemble  examinés,  facili- 
teront la  ratification  définitive  de  la  Convention. 

Veuillez  agréer,  monsieur  le  Ministre,  l'expression  de  ma  haute  considération. 

(Signé)        JEAN  CRUPPI. 


(Translation.) 

Mr.  Cruppi,  Minister  of  Commerce  of  the  French  Republic,  to  Mr.  Fielding,  Minister 
of  Finance  of  the  Government  of  Canada. 

Paris,  January  7,  1909. 

Mr.  Minister. — As  a  resuit  of  our  several  interviews  relative  to  the  convention 
between  Canada  and  France,  dated  the  19th  September,  1909,  I  hâve  the  honour  to  beg 
you  to  be  good  enough  to  reply  to  the  questions  hereaf  ter  : — 

I.  As  it  follows  from  the  interprétation  given  by  the  British  government  in  the 
month  of  April,  1908,  to  the  Anglo-Swiss  Convention  of  1855,  that  Switzerland  should 
be  included  in  the  number  of  countries  which  might  enjoy  in  Canada  the  most  favxmred 
nation  treatment,  the  attention  of  the  French  government  has  been  called  to  this  fact 
that  the  officiai  publication  of  the  Department  of  Canadian  Customs  which  served  in 
the  negotiations  did  not  mention  Switzerland  among  the  nations  benefiting  by  this 
treatment.  A  question  was  put  to  the  Dominion  government,  and  it  appears  from  the 
explanations  given  by  Sir  Wilfrid  Laurier  to  the  Consul  General  of  France  at  Montréal, 
that  the  omission  of  Switzerland  from  the  said  list  arises  from  an  error  which  crept 
into  an  officiai  document  published  previously. 

IL  As  regards  the  interprétation  to  be  given  to  article  VIII.  of  the  Franco-Canadian 
Convention  stipulating  that,  in  order  to  benefit  by  the  tariff  conditions,  products 
originating  from  France,  Algeria,  the  French  possessions  and  Colonies,  must  be  trans- 
ported  without  transhipment  from  a  French,  Algerian  or  colonial  port  or  from  a  port 
of  a  territory  enjoying  the  preferential  tariff  or  the  intermediate  tariff,  to  a  sea  or 
river  port  of  Canada,  the  French  government  would  désire  to  receive  replies  to  the  fol- 
lowing  questions  : — 

1.  According  to  article  5  of  the  Canadian  Customs  Law,  this  prescription  is  not 
applicable,  at  présent,  to  products  originating  from  Great  Britain  :  this  article  provides, 
in  fact,  that  the  British  Preferential  Tariff  shall  only  apply  to  products  brought  to 
Canada  by  direct  route  to  a  Canadian  port  from  a  date  to  be  fixed  by  the  Governor  in 


CANADA  AND  FRANCE  11 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

Council  in  a  proclamation  to  be  published  in  the  Canada  Gazette.     The  proclamation 
in  view  in  this  article  has  not  yet  been  given. 

2.  In  winter,  goods  cannot  reach  Montréal  direct  by  reason  of  the  ice  which  covers 
and  obstructs  the  St.  Lawrence:  they  must  be  unloaded  therefore  at  one  or  other  of 
the  ports  of  St.  John  or  Halifax. 

Are  thèse  ports  in  a  position  to  cope  with  a  traffic  such  as  is  liable  to  pass  between 
France  and  Canada,  and  are  the  means  of  transport  from  St.  John  and  Halifax  to 
Montréal  organized  in  such  a  way  that  goods  hâve  not  to  support  transport  charges 
higher  than  those  which  they  would  bear  if  they  were  sent  to  Montréal  via  New  York  ? 

3.  Is  the  freight  rate  on  French  goods  going  directly  from  a  French  port  to  a 
Canadian  port  likely  to  be  increased  by  reason  of  the  obligation  of  direct  shipmeut 
which  is  imposed  thereon? 

Has  the  Canadian  government,  in  allowing  a  subsbidy  to  a  direct  steamship  line 
between  France  and  Canada,  reserved  to  itself  a  power  of  control  on  the  Company  which 
will  control  this  line,  particularly  in  regard  to  rates  of  freight,  in  order  to  prevent  an 
unwarrantable  différence  between  the  freight  charged  by  this  company  and  that  fixed 
by  the  other  transatlantic  companies,  notably  by  those  running  to  New  York? 

4.  Will  it  be  possible  to  communicate  regularly  to  interested  parties  the  rates  of 
freight  in  order  to  be  able  to  post  the  same  at  the  Commercial  Exchange  at  Havre? 

5.  Will  French  exporters  be  able  to  get  through  bills  of  lading  for  Montréal,  via 
Halifax  or  any  other  Canadian  port,  with  combined  tariffs  for  sea  and  railway  transit, 
and  can  freights  and  rates  for  transport  now  in  force  be  given  for  goods  intended  for 
Montréal  ? 

6.  Hâve  the  direct  lines  in  existence  between  England  and  Canada  regular  sailings 
more  numerous  than  those  which  are  to  be  established  by  the  subsidized  line?  Can 
it  be  stated  that  thèse  sailings  will  be  combined  with  the  services  of  the  subsidized  line 
in  such  a  way  that  French  goods  do  not  sufïer  prejudicial  delay  for  lack  of  shipping 
dates? 

7.  Article  VIII.  enables  one  to  say  that  when  a  steamer  simply  calls  at  a  port  of  a 
country  not  enjoying  either  the  preferential  tarifï  or  the  intermediate  tarifî — New  York 
for  example — without  there  being  transhipment  of  the  goods,  thèse  goods  retain  the 
benefît  of  réductions  on  Customs  duties  on  entering  Canada  as  provided  by  the  Con- 
vention. Can  the  Canadian  government  déclare  in  a  formai  manner  that  there  is  no 
doubt  whatever  respecting  this  mode  of  interpreting  this  provision? 

III.  In  what  way  is  the  préventive  service  assured  on  the  Canadian-American 
frontier,  particularly  as  regards  the  Lake  région  and  the  West,  and  can  this  service 
prevent  the  fraudulent  entry  of  American  goods  into  Canadian  territory  whence  they 
could  be  sent  forward  with  claim  for  the  benefît  of  the  Customs  advantages  exclusively 
accorded  by  the  Convention  to  goods  of  Canadian  origin? 

IV.  Under  what  spécial  conditions  of  guarding  (sealing,  &c.)  is  the  transit  of 
foreign  goods  across  Canada  accomplished,  and  can  the  French  government  be  assured 
that  the  provisions  of  the  Canadian  Customs  Régulations  offer  sufficient  guarantees  so 
that  there  be  no  reason  to  fear  that  goods  of  American  origin  be  sent  to  France  as  being 
of  Canadian  origin  and  therefore  claiming  to  benefît  by  the  advantages  of  the  Con- 
vention ? 

V.  Article  12  of  the  Convention  provides  expressly  that  products  of  France, 
Algeria,  the  French  Colonies  and  possessions  cannot  be  subject  in  Canada  to  any  other 
or  higher  duties  of  excise,  interior  consumption  or  octroi  than  those  which  are  charged 
upon  products  of  Canadian  origin. 

Are  French  business  men  or  commercial  travellers  subjected,  in  certain  provinces 
of  Canada,  to  taxes  or  licenses  higher  than  those  imposed  on  native  subjects? 

I  hope  that  the  explanations  which  you  will  be  so  good  as  to  furnish  me  on  the 
points  which  I  hâve  raised  will  enable  me  to  reply  to  certain  objections,  and  corres- 


12  CORRESPONDENCE— SUPPLEMENT  ARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

ponding  thus  to  the  friendly  sentiments  in  which  we  hâve  examined  them  together,  will 
facilitate  the  definite  ratification  of  the  Convention. 

Please  accept,  Mr.  Minister,  the  assurance  of  my  high  esteem. 

(Signed)         JEAN  CRUPPI. 


Monsieur  Fieîding,  ministre  des  Finances  du   Gouvernement   canadien,  à  monsieur 
Cruppi,  ministre  du  Commerce  de  la  République  Française. 

Paris,  le  8  janvier  1909. 

Monsieur  le  ministre, — En  réponse  à  votre  lettre  du  7  janvier  courant,  je  suis 
heureux  de  pouvoir  vous  fournir  les  renseignements  suivants  qui,  je  l'espère,  couvrent 
tous  les  points  que  vous  avez  touchés: — 

LE  TRAITÉ   SUISSE. 

L'omission  de  la  Suisse  dans  la  liste  qui  apparaît  dans  la  brochure  publiée  par  la 
Douane  canadienne  est  le  résultat  d'une  erreur  regrettable.  Il  est  nécessaire  de  remar- 
quer qu'un  important  changement  s'est  produit  dans  la  situation  du  Canada,  relative- 
ment aux  traités  impériaux.  Dans  ces  derniers  temps,  aucun  traité  commercial  conclu 
par  les  autorités  impériales  ne  peut  être  applicable  au  Canada  avant  d'avoir  reçu 
l'approbation  du  gouvernement  canadien.  Dans  le  cas  des  traités  ainsi  faits,  il  n'y  a 
plus  de  doute  quant  à  leur  application,  mais  autrefois  la  pratique  était  différente. 
Avant  que  les  provinces  qui  forment  maintenant  le  Dominion  du  Canada  atteignis- 
sent leur  présent  développement,  les  traités  impériaux  étaient  conclus  sans  en  référer 
aux  autorités  coloniales.  Dans  quelle  mesure  ces  traités  lient  maintenant  le  Canada 
est  une  question  parfois  difficile  à  déterminer.  Le  traité  suisse  de  1855  est  dans  ce 
dernier  cas,  et  un  doute  a  été  exprimé  quant  au  droit  de  la  Suisse  de  réclamer  le  trai- 
tement de  la  nation  la  plus  favorisée  au  Canada.  Si  la  Suisse,  en  vertu  de  ce  vieux 
traité,  a  droit  à  ce  traitement  de  faveur,  elle  avait  également  ce  droit  quand  le  traité 
franco-canadien  de  1893  entra  en  vigueur,  mais  il  n'apparaît  pas  que  la  Suisse  ait 
réclamé  ce  privilège.  D'après  les  renseignements  obtenus  des  autorités  douanières, 
je  puis  dire  qu'aucune  marchandise  suisse  ne  fut  jamais  admise  aux  douanes  cana- 
diennes dans  les  conditions  portées  au  traité  franco-canadien  de  1893.  Quand  il 
fallut  introduire  dans  le  Parlement  canadien  la  législation  nécessaire  à  la  ratification 
du  nouveau  traité  franco-canadien,  et  autoriser  la  concession  de  ses  privilèges  à  tels 
pays  qui  se  trouveraient  y  avoir  droit,  il  fut  jugé  opportun  de  demander  de  nouveau 
au  gouvernement  impérial  à  Londres,  une  liste  officielle  des  pays  qui  avaient  un  traite- 
ment de  faveur  en  vertu  des  vieux  traités.  Le  traité  suisse  fut  alors  soigneusement 
examiné  et  les  deux  gouvernements,  impérial  et  canadien,  furent  d'avis  que  bien  que 
cette  question  ne  fût  pas  exempte  de  tout  doute,  la  Suisse  avait  droit  à  un  traitement 
de  faveur  au  Canada. 

Tout  en  n'ignorant  pas  que  la  participation  de  la  Suisse  dans  les  avantages  du 
nouveau  traité  a  été  le  sujet  de  commentaires  hostiles  dans  certains  milieux  français, 
notre  gouvernement  n'a  pas  regardé  ce  point  comme  très  important,  car  si  ce  traité 
avec  la  Suisse  n'existait  pas,  nous  serions  toujours  libres  de  conclure  un  accord  avec 
ce  pays. 

LA  QUESTION  DE  DROITURE  ET  LES  RELATIONS  DE  LA  FRANCE  ET  DU  CANADA. 

Il  est  important  de  rappeler  que  les  accords  qui  interviennent  entre  la  Grande- 
Bretagne  et  le  Canada  sont  considérés  d'ordre  intérieur,  tout  comme  les  arrangements 
qui  peuvent  intervenir  entre  la  Erance  et  ses  colonies.     Les  relations  de  la  métropole 


CANADA  AND  FRANCE  13 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

avec  ses  colonies  ne  peuvent,  en  conséquence,  servir  de  précédent  pour  la  discussion 
d'accords  avec  des  pays  tiers.  La  législation  canadienne  en  question  (section  5  du 
tarif  des  douanes)  prévoit  l'obligation  de  l'importation  directe  à  une  date  non  encore 
déterminée,  pour  tous  produits  jouissant  du  tarif  préférentiel.  Cette  obligation  n'a 
pas  encore  été  imposée.  Il  est  bon  de  se  rappeler  que  le  Canada  n'a  pas  insisté  pour 
l'importation  directe  qu'à  l'exemple  de  la  France  qui  l'avait  insérée  dans  la  conven- 
tion de  1893.  La  Grande-Bretagne  n'a  aucune  législation  semblable.  Le  Canada  peut 
lui  envoyer  ses  produits  par  n'importe  quelle  voie.  Il  n'y  a  donc  pas  lieu  de  comparer 
le  traitement  accordé  à  la  Grande-Bretagne  avec  celui  qui  est  concédé  à  la  France. 

INTERPRÉTATION    DE   L'ARTICLE   VIII. 

On  demande  si  la  marchandise  française  expédiée  au  Canada  dans  un  bateau  qui 
ferait  escale  dans  un  port  américain,  perdrait  par  ce  fait  l'avantage  des  taux  réduits 
portés  au  traité.  La  règle  applicable  sera  exactement  celle  qu'applique  la  France  elle- 
même  dans  le  même  cas.  La  marchandise  française  ne  pourra  être  déchargée  dans 
un  port  américain,  ni  transbordée;  mais  si  elle  reste  à  bord  du  bateau,  elle  sera  censée 
être  venue  en  droiture  et  elle  jouira  des  avantages  du  traité. 

EXPÉDITIONS    MARITIMES    D'HIVER    ET    FACILITES    DE    TRANSPORT. 

Il  est  exact  que  les  ports  canadiens  sur  le  Saint-Laurent  sont  fermés  l'hiver,  et 
que  les  marchandises  doivent  être  débarquées  à  St.  John  ou  Halifax.  On  désire 
savoir  si  ces  ports  sont  suffisamment  outillés,  et  si  les  moyens  de  transport  sont  suffi- 
sants. Je  dois  dire  les  ports  de  St.  John  et  de  Halifax  sont  en  état  de  recevoir 
toute  la  marchandise  qui  y  est  apportée.  Il  se  fait  dans  ces  ports  un  fort  volume 
d'affaires,  des  chargements  et  des  déchargements  nombreux  avec  célérité  durant  l'hi- 
ver. Le  Gouvernement  canadien  a  pour  politique  de  donner  toutes  les  facilités  possi- 
bles pour  le  développement  de  son  commerce  maritime,  et  il  entend  faire  tout  le  né- 
cessaire à  mesure  que  les  besoins  du  commerce  l'exigeront. 

Le  Canada  possède  plusieurs  lignes  de  chemin  de  fer,  et  son  réseau  se  développe 
rapidement.  Nous  avons  une  ligne  qui  va  de  St.  John  à  la  côte  du  Pacifique.  Cette 
ligne  transcontinentale  traverse,  sur  une  très  petite  étendue,  le  territoire  américain, 
dans  l'Etat  du  Maine.  Nous  avons  une  autre  ligne  sous  le  contrôle  du  Gouvernement 
canadien,  qui  va  de  Montréal  à  St.  John  et  à  Halifax,  exclusivement  sur  territoire 
canadien,  ce  qui  nous  rend  parfaitement  indépendants  de  nos  voisins  américains. 
Nous  sommes  en  train  de  construire  une  autre  ligne  transcontinentale,  et  l'Ouest 
canadien  possède  une  troisième  ligne  qui  est  rapidement  destinée  à  traverser  tout  le 
continent.  Nous  avons  une  concurrence  assez  active  entre  toutes  ces  lignes  jusqu'à 
St.  John.  Il  n'y  a  qu'une  ligne  de  chemin  de  fer  reliant  Halifax  à  St.  John,  mais 
cette  ligne  est  celle  du  Gouvernement  canadien,  dont  les  taux  de  fret  sont  des  plus 
raisonnables.  Nous  croyons  qu'il  y  a  là  une  garantie  suffisante  de  taux  de  transport 
satisfaisants. 

LIGNE  DE  NAVIGATION  DIRECTE. 

Le  Gouvernement  canadien  a  établi  un  service  de  steamers  entre  la  France  et  le 
Canada,  qui  fonctionne  depuis  quelques  années,  et  dans  le  but  de  pourvoir  à  l'exten- 
sion de  ce  service,  il  a  obtenu  que  la  subvention  pût  être  portée  à  $200,000  (Frs. 
1,000,000)  pour  une  période  de  dix  années.  Le  présent  contrat  oblige  la  compagnie  de 
navigation  à  ne  pas  imposer  de  taux  de  fret  plus  élevés  que  ceux  réclamés  par  les 
compagnies  régulières  de  steamers  allant  du  Havre  aux  ports  américains.  Les  termes 
de  ce  contrat  maintiennent  l'égalité  des  taux  pour  tous  les  expéditeurs.  Il  n'y  a  aucun 
doute  que  lorsqu'un  nouveau  contrat  sera  fait,  ces  mêmes  conditions  et  toutes  autres 
jugées  utiles  seront  imposées  pour  garantir  le  maintien  de  taux  raisonnables.  Je  vous 
réfère  à  une  copie  d'une  lettre  que  j'annexe  à  ce  mémoire  de  messieurs  Pitt  &  Scott, 
de  Paris,  agents  de  la  ligne  "  Allan  ",  qui  ont,  à  ma  demande,  préparé  un  état  com- 


14  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

paré  des  taux  de  fret  sur  les  marchandises  expédiées  directement  dans  un  port  cana- 
dien et  sur  celles  expédiées  via  New- York. 

Nous  n'avons  pas  obligé  la  compagnie  de  navigation  qui  a  notre  subvention,  d'affi- 
cher ses  taux  de  fret  à  la  Bourse  de  Commerce  du  Havre,  mais  il  devrait  être  facile 
d'obtenir  que  les  administrateurs  de  cette  compagnie  fournissent  au  public  et  au 
commerce  toutes  les  informations  nécessaires,  et  ce,  dans  leur  propre  intérêt. 

Il  ne  peut  y  avoir  aucune  difficulté  à  obtenir  des  taux  de  fret  combinés  pour 
toutes  les  marchandises  débarquées  dans  un  port  canadien  et  destinées  à  un  point  quel- 
conque du  Canada. 

Comme  le  commerce  entre  le  Canada  et  la  Grande-Bretagne  est  fort  considé- 
rable, il  est  tout  naturel  que  les  départs  des  bateaux  des  ports  anglais  pour  le  Canada 
soient  plus  nombreux  que  des  ports  de  France.  Le  gouvernement  s'est  assuré  un  ser- 
vice hebdomadaire  avec  l'Angleterre  pour  le  transport  des  malles,  et  ce  service  comprend 
aussi  celui  des  passagers  et  du  fret.  Ce  sont  les  bateaux  de  la  ligne  "  Allan  "  et  du 
chemin  de  fer  du  Pacifique  Canadien,  qui  remplissent  ce  contrat.  Plusieurs  autres 
lignes  de  navigation  desservent  aussi  les  ports  anglais  et  canadiens,  et  quelques-unes 
d'entre  elles  reçoivent  des  subventions  du  gouvernement  canadien. 

Nous  n'avons  aucun  uoute  que  la  ligne  "  Allan  "  augmentera  le  nombre  de  ses 
départs  du  Havre  pour  le  Canada  afin  de  faire  face  aux  exigences  nouvelles  que  le 
nouveau  traité  créera.  Il  est  assez  raisonnable  de  croire  que  le  développement  du 
commerce  franco-canadien  provoquera  l'établissement  de  nouvelles  lignes  de  steamers. 
Les  journaux  annoncent  déjà  que  la  Compagnie  Générale  Transatlantique  aurait 
l'intention  d'établir  une  semblable  ligne.  Nous  ne  savons  si  cette  nouvelle  est  préma- 
turée, mais  nous  avons  le  ferme  espoir  que  l'aide  donnée  par  le  gouvernement  cana- 
dien et  l'augmentation  des  échanges  entre  les  deux  pays  vont  assurer  aux  expéditeurs 
français  des  communications  de  plus  en  plus  rapides. 

PROTECTION    DOUANIÈRE    À    LA    FRONTIÈRE    CANADIENNE. 

Le  ministère  des  Douanes  au  Canada  a  une  organisation  complète  et  effective  pour 
la  protection  de  sa  frontière  contre  toute  importation  frauduleuse.  Dans  les  régions 
de  l'ouest,  ce  service  est  fortifié  par  la  coopération  efficace  d'un  excellent  corps  de 
Police  Montée.  Les  tarifs  des  Etats-Unis  et  du  Canada  exigent  une  surveillance 
sérieuse  de  la  ligne  frontière  pour  la  protection  du  commerce  et  du  revenu  des  deux 
pays.  Le  Canada  est  intéressé  à  protéger  sa  frontière,  et  s'il  lui  fallait  être  incité 
davantage  à  le  faire,  il  trouverait  cet  aiguillon  dans  le  désir  de  garder  dans  le  marché 
français  des  avantages  que  n'ont  pas  ses  voisins. 

MARCHANDISE    AMERICAINE    EN    TRANSIT. 

Quant  à  la  question  IV  concernant  les  marchandises  américaines  en  transit,  je 
puis  affirmer  que  la  Douane  canadienne  a  des  règlements  qui  la  protègent  absolu- 
ment.    Les  wagons  sont  sous  clé  et  sous  sceau  plombé. 

TAXE    IMPOSÉE    AUX    VOYAGEURS    DE    COMMERCE. 

Comme  préface  à  la  réponse  à  faire  à  la  question  posée  sur  ce  sujet,  il  est  bon 
de  faire  observer  que  la  constitution  canadienne  a  donné  certains  pouvoirs  définis 
aux  législatures  provinciales  qui  légifèrent  en  toute  indépendance  sur  les  questions 
qui  sont  de  leur  ressort.  Il  est  vrai  que  le  pouvoir  fédéral  peut  exercer  un  certain 
contrôle  ou  opposer  même  son  veto  à  certaines  législations  provinciales.  Ce  pouvoir 
n'est  cependant  exercé  que  fort  rarement  et  dans  des  circonstances  exceptionnelles. 
Si  les  provinces  empiètent  sur  In  juridiction  fédérale,  leurs  actes  sont  désavoués, 
mais  si  la  législation  provinciale  est  intra  vires  elle  est  respectée  par  le  pouvoir 
fédéral  lors  même  que  ce  dernier  ne  l'approuverait  pas.  Les  taxes  qui  ont  parfois 
été  imposées  par  les  provinces  sur  les  voyageurs  de  commerce  peuvent  être  mention- 
nées à  l'appui  de  ce  que  nous  venons  de  dire  sur  le  fonctionnement  de  notre  consti- 
tution.    Il  est  bon  tout  d'abord,  de  faire  observer  que  ces  taxes  frappent  impartiale- 


CANADA  AND  FRANCE  15 

SËSSIONAL  PAPER  No.  102 

ment  toute  une  catégorie  d'individus:  les  voyageurs  de  commerce,  y  compris  ceux 
venant  de  la  Grande-Bretagne  et  les  voyageurs  de  commerce  canadiens  demeurant  dans 
les  autres  provinces.  Il  ne  peut  être  aucunement  question  de  frapper  un  voyageur  de 
commerce  venant  de  France,  par  exemple,  d'une  taxe  spéciale  qui  le  placerait  dans 
une  position  d'infériorité  vis-à-vis  un  voyageur  de  commerce  d'un  autre  pays. 

Le  gouvernement  canadien,  tout  en  reconnaissant  aux  provinces  le  droit  d'im- 
poser ces  taxes  pour  les  fins  du  revenu  provincial,  ne  les  a  jnmais  vues  d'un  bon  œil, 
et  il  a  fait  des  efforts  pour  amener  les  gouvernements  provinciaux  à  abandonner  ce 
genre  d'impôt.  Je  suis  heureux  de  dire  qu'il  a  réussi  dans  une  large  mesure.  La 
plupart  des  provinces  ont  abandonné  les  taxes  qu'elles  avaient  ainsi  imposées  aux 
voyageurs  de  commerce.  Il  n'y  a  plus  qu'une  province  qui  les  retienne  et  c'est  la 
plus  petite  en  étendue  et  en  population,  l'Ile  du  Prince-Edouard.  Tous  les  voyageurs 
de  commerce  y  sont  frappés  d'un  impôt  annuel  de  $20.  La  plupart  des  provinces  pré- 
lèvent encore  cependant  un  impôt  spécial  sur  les  voyageurs  de  commerce  qui  vendent 
des  boissons  alcooliques,  et  dans  la  province  de  la  Colombie- Anglaise,  on  y  ajoute  le 
tabac.  Dans  ces  cas,  cependant,  tous  les  voyageurs  de  commerce  sont  sur  un  pied 
d'égalité.  Les  taxes  de  ce  genre  sont  en  somme,  maintenant,  fort  restreintes  :  elles  ne 
paraissent  pas,  du  reste,  aller  à  l'encontre  d'aucune  disposition  du  traité.  Ce  point 
fut  discuté  lors  des  négociations,  et  il  fut  alors  très  bien  compris  que  le  Gouverne- 
ment canadien  ne  pouvait  empêcher  les  provinces  d'exercer  leurs  droits  constitu- 
tionne's  touchant  le  prélèvement  de  leurs  revenus. 

Le  gouvernement  fédéral  a  réussi,  par  une  intervention  amicale,  à  faire  réduire 
ces  taxes  à  un  minimum,  lesquelles  frappent  impartialement  nationaux  comme 
étrangers. 

Je  ne  puis  clore  cette  lettre  sans  vous  dire  à  quel  point  j'apprécie  votre  très 
grande  courtoisie  et  votre  cordiale  amabilité  à  mon  endroit. 

Veuillez  agréer,  monsieur  le  ministre,  l'expression  de  ma  haute  considération. 

(Signé)         W.  S.  FIELDING. 
M.  Cruppi, 

Ministre  du  Commerce  et  de  l'Industrie, 
Paris. 


(Translation.) 

Mr.  Fieldingx,  Minister  of  Fincùnce  of  Canada,  to  Mr.  Crwpvi,  Minister  of  Commerce  of 

the  French  Republic. 

Paris,  January  8,  1909. 
Mr.  Jean  Cruppi, 

Minister  of  Commerce  and  Industry, 
Paris. 

Sir, — In  answer  to  your  letter  of  the  7th  instant,  I  hâve  pleasure  in  supplying  you 
with  the  following  information  which  will  cover,  I  hope,  ail  the  points  raised  by  you. 

THE   SWISS   TREATY. 

The  omission  of  Switzerland  from  the  list  in  the  Canadian  Customs  publication 
referred  to  is  a  regrettable  error.  It  is  necessary  to  observe  an  important  change  which 
has  occurred  in  the  position  of  Canada  in  relation  to  Impérial  treaties.  In  récent  times 
no  commercial  treaty  concluded  by  the  Impérial  authorities  is  made  applicable  to 
Canada  until  it  has  received  the  approval  of  the  Canadian  government.  In  the  case  of 
treaties  so  made  there  is  no  room  for  doubt  as  to  their  application.  But  in  former  times 
the  practice  was  différent.  Before  the  provinces  which  now  form  the  Dominion  of 
Canada  reached  their  présent  status,  Impérial  treaties  were  made  without  référence  to 


16  correspondence—supplementary  convention 

8-9  edward  vii.,  a.  1909 

the  colonial  authority.  Just  how  far  thèse  old  treaties  are  now  binding  on  Canada  is 
sometimes  a  difficult  question  to  détermine.  The  Swiss  Treaty  of  1855  is  one  of  this 
class,  and  there  has  been  some  doubt  as  to  the  right  of  Switzerland  by  virtue  of  that 
treaty  to  claim  f avoured  nation  treatment  in  Canada.  If  Switzerland,  by  virtue  of  the 
old  treaty  in  question,  is  now  entitled  to  the  favoured  nation  treatment,  she  was 
similarly  entitled  when  the  Franco-Canadian  Treaty  of  1893  came  into  efïect,  but  it 
does  not  appear  that  Switzerland  claimed  any  such  right  at  that  time.  On  inquiry  of 
the  Customs  authorities,  I  hâve  been  informed  that  no  Swiss  goods  were  ever  entered 
at  the  Canadian  Customs  at  the  reduced  rates  of  duty  established  by  the  Franco-Cana- 
dian Treaty  of  1893.  When  it  became  necessary  to  introduce  in  the  Canadian  parlia- 
ment  the  législation  required  to  approve  of  the  new  Franco-Canadian  Treaty,  and  to 
authorize  the  granting  of  its  privilèges  to  such  countries  as  might  be  f  ound  entitled  to 
them,  it  was  deemed  expédient  to  apply  to  the  Impérial  government  in  London  for  an 
authoritative  list  of  the  countries  which  were  so  entitled  by  virtue  of  the  old  treaties. 
The  Swiss  Treaty  was  then  carefully  examined,  and  both  the  Impérial  and  Canadian 
governments  reached  the  conclusion  that,  while  the  question  was  not  entirely  free  from 
doubt,  Switzerland  was  entitled  to  favoured  nation  treatment  in  Canada. 

While  aware  that  the  participation  of  Switzerland  in  the  privilèges  of  the  new 
treaty  has  been  the  subject  of  adverse  comment  in  some  quarters  in  France,  our  govern- 
ment has  not  regarded  the  point  as  a  material  one,  inasmuch  as  if  that  treaty  with 
Switzerland  did  not  exist,  we  should  be  entirely  free  to  make  one  with  that  country  at 
any  moment. 

THE   QUESTION   OF   DIRECT   SHIPMENT  IN   RELATION   TO   FRANCE  AND  CANADA. 

It  is  important  to  bear  in  mind  that  the  arrangements  between  Great  Britain  and 
Canada  are  regarded  as  a  domestic  afïair,  just  as  arrangements  between  France  and 
lier  colonies  would  be  regarded,  and  what  may  be  done  in  the  making  of  such  arrange- 
ments would  not  necessarily  form  a  précèdent  for  arrangements  by  either  France  or 
Great  Britain  with  a  foreign  power.  The  Canadian  législation  "referred  to — section  5 
of  the  Customs  Tarifï  Act — contemplâtes  the  limiting,  at  a  date  to  be  fixed,  of  the 
privilèges  of  the  Preferential  Tarifï  to  goods  sent  to  Canada  by  direct  ship  to  a  Cana- 
dian seaport.  This  limitation  has  not  yet  been  imposed.  Note  should  be  taken  also  of 
the  fact  that  Canada  has  only  insisted  on  direct  shipment,  following  the  example  of 
France,  which  had  it  inserted  in  the  Convention  of  1893.  Great  Britain  imposes  no 
limitation  of  this  kind  whatever.  Canada  may  send  her  products  into  Great  Britain 
by  any  available  means  of  transportation.  For  thèse  reasons  no  comparison  can  fairly 
be  made  between  treatment  accorded  to  Great  Britain  and  that  accorded  to  France. 

INTERPRETATION   OF   ARTICLE   VIII. 

The  question  is  asked,  in  efïect,  whether  goods  going  from  France  to  Canada  by 
a  ship  which  calls  at  a  port  in  the  United  States  would  lose  the  benefît  of  the  re- 
duced rates  provided  by  the  treaty.  The  rule  to  be  applied  in  this  case  will  be  pre- 
cisely  the  same  as  is  applied  by  France  herself  in  a  similar  case.  French  goods  could 
not  be  discharged  at  the  American  port,  either  for  warehousing  or  transhipment  ;  but 
if  the  goods  remain  on  the  ship,  they  would  certainly  be  deemed  as  coming  by 
direct  shipment,  and  would  be  entitled  to  the  reduced  rates. 

WINTER  SHIPMENTS   AND  TRANSPORTATION   FACILITŒS 

It  is  correctly  stated  that  Canadian  ports  on  the  St.  Lawrence  are  closed  in 
winter,  and  that  shipments  are  then  unloaded  at  St.  John  or  Halifax.  Inquiry  is 
made  as  to  whether  thèse  ports  are  sufficiently  equipped  and  whether  the  transporta- 
tion facilities  are  adéquate.  In  reply  I  beg  to  say  that  there  are  at  St.  John  and 
Halifax  ample  facilities  for  the  handling  of  ail  the  trade  that  is  ofïering,  and  that  a 
large  volume  of  business  is  constantly  done  with  dispatch  during  the  winter.     It  is 


CANADA  AND  FRANGE  17 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

the  declared  policy  of  the  Canadian  government  to  encourage  the  handling  of  Cana- 
dian  traffic  through  Canadian  channels  and  to  provide  whatever  accommodation  is 
necessary  for  that  purpose. 

Canada  is  already  well  supplied  with  railways  and  they  are  rapidly  increasing. 
One  great  railway  traverses  the  country  from  the  Pacific  océan  to  St.  John.  A  part 
of  the  road  between  Montréal  and  St.  John  crosses  a  corner  of  the  United  States. 
There  is  also  another  line,  controlled  by  the  Canadian  government,  from  Montréal 
to  St.  John  and  Halifax,  exclusively  on  Canadian  soil,  so  the  country  is  in  no  way 
dépendent  upon  her  neighbour  for  railway  communication.  Another  great  trans- 
continental line  is  now  under  contract.  A  third  line  is  operating  throughout  the 
whole  prairie  région  of  the  west  and  will  in  ail  probability  soon  become  a  transconti- 
nental line.  There  is  railway  compétition  as  far  east  as  St.  John,  at  which  point  con- 
nection is  made  with  the  Canadian  government  railway  System  into  Halifax,  the 
rates  of  freight  on  which  are  known  to  be  most  reasonable.  Thèse  railway  facilities 
I  think  give  abundant  assurance  of  reasonable  railway  rates. 

DIRECT    STEAMSHIP   LINE. 

The  Canadian  government  has  established  a  direct  steamship  service  between 
France  and  Canada  which  has  been  in  successful  opération  for  several  years.  With 
a  view  of  providing  for  more  extensive  service,  the  government  has  recently  taken 
power  to  pay  an  increased  subsidy  up  to  $200,000  (frs.  1,000,000)  for  a  period  of  ten 
years.  The  présent  contract  provides  that  the  freight  rates  shall  not  exceed  the  rates 
charged  by  regular  passenger  steamers  plying  between  Havre  and  United  States 
ports,  and  that  there  shall  be  no  discrimination  in  charges  as  between  shippers.  No 
doubt  in  the  making  of  a  new  contract,  this  or  other  conditions  of  a  similar  character 
will  be  made  so  that  there  will  be  ail  reasonable  assurance  against  excessive  freight 
charges.  As  bearing  on  this  point,  I  beg  to  refer  to  a  copy  of  a  letter  hereto  attachée! 
from  Messrs.  Pitt  &  Scott,  of  Paris,  agents  of  the  Allan  line,  who  in  reply  to  my 
request  hâve  furnished  a  comparative  statement  of  the  rates  charged  on  French 
goods  via  the  direct  Canadian  line  and  via  New  York. 

With  regard  to  the  question  of  posting  freight  rates  in  the  Commercial  Exchange 
of  Havre,  while  there  is  no  express  stipulation  for  that,  it  is  a  reasonable  suggestion 
and  I  am  quite  sure  that  the  managers  of  the  steamship  line  will,  in  their  own  in- 
terest,  be  prepared  to  see  that  ail  necessary  information  is  furnished  both  to  commer- 
cial bodies  and  to  individual  shippers  who  may  be  interested  in  the  trade. 

There  will  be  no  dimeulty  in  obtaining  through  bills  of  lading  to  any  part  of 
Canada  for  goods  to  be  landed  at  any  Canadian  seaport. 

Inasmuch  as  the  trade  between  Canada  and  Great  Britain  is  very  large,  it 
naturally  follows  that  there  are  more  numerous  sailings  between  English  ports  and 
Canada  than  between  French  ports  and  Canada.  There  is  a  contract  with  the 
Canadian  government  for  a  weekly  mail  service,  including,  however,  freight  and 
passengers,  to  and  from  England,  which  is  performed  at  présent  jointly  by  the  Allan 
line  and  the  Canadian  Pacific  Railway  steamships.  Anumberof  other  steamship  Unes 
hâve  sailings  of  more  or  less  regularity,  and  some  of  them  are  aided  by  subsidies 
from  the  Canadian  government. 

The  Canadian  government  has  every  confidence  that  the  Allan  line  will  increase 
its  sailings  from  Havre  to  Canada  to  provide  for  the  increased  trade  which  is 
anticipated  in  the  event  of  the  Treaty  being  approved.  There  is  also  good  reason  to 
believe  that  with  the  development  of  trade  other  lines  will  be  established.  It  is 
already  announced  in  the  public  press,  with  what  warrant  I  do  not  know,  that  the 
Compagnie  Générale  Transatlantique  is  about  to  provide  a  séries  of  sailings  between 
France  and  Canada.  It  is  quite  safe  to  assume  that,  with  the  subsidies  already  pro- 
vided  by  the  government  of  Canada,  and  the  prospect  of  increased  trade,  there  will 

102—2 


18  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

be   ample  means   of   communication  which  will   assure  to  French  shippers   prompt 
despatch. 

CUSTOMS    PROTECTION   OF   THE   CANADIAN   FRONTIER. 

The  Customs  Department  of  Canada  has  an  efficient  organization  for  the  pro- 
tection of  its  frontier  against  the  unlawful  importation  of  goods.  In  the  western 
districts  this  service  is  assisted  by  the  very  efficient  corps  of  Mounted  Police.  The 
tariff  conditions  between  the  United  States  and  Canada  render  an  efficient  protection 
of  the  frontier  line  necessary  in  the  interests  of  Canadian  revnue  and  trade.  Canada 
would  in  any  case  see  that  this  protection  is  efficient,  and  if  any  additional  incentive 
were  needed,  it  would  be  found  in  a  condition  whereby  Canada  would  be  entitled  to 
customs  advantages  in  the  French  market  to  which  the  neighbouring  country  might 
not  be  entitled. 

AMERICAN   GOODS   IN   TRANSIT. 

As  to  question  IV.  concerning  American  goods  in  transit,  I  can  say  that  the 
Canadian  Customs  Department  has  established  régulations  which  prove  efficient  for 
the  protection  of  public  interests.     The  cars  are  locked  and  sealed. 

TAXATION   OF   COMMERCIAL  TRAVELLERS. 

With  référence  to  the  question  touching  this  subject,  it  is  necessary  to  observe 
that  the  Canadian  constitution  al  System  provides  législatures  for  the  respective  pro- 
vinces, which  are,  within  the  limits  of  the  subjects  assigned  to  them,  independent 
bodies.  It  is  true  that  there  is  a  certain  control  over  them  which  may  be  exercised  by 
the  central  government  in  the  way  of  disallowance  or  veto  of  provincial  législation. 
But  while  this  control  exists  it  is  one  which  should  be  exercised  but  rarely,  and  only 
under  exceptional  circumstances.  Sometimes  the  provinces  pass  législation  which  is 
held  to  infringe  upon  the  powers  of  the  Fédéral  Parliament,  and  such  législation  is 
disallowed,  but  where  législation  is  passed  which  is  clearly  within  the  authority  of  the 
provincial  législature,  it  is  not  disallowed,  even  though  it  might  not  hâve  the  approval 
of  the  fédéral  government.  The  taxation  that  has  sometimes  been  imposed  by  the 
provinces  upon  commercial  travellers  is  a  good  illustration  of  this  feature  of  the  Cana- 
dian constitution.  Such  taxes,  it  should  be  observed,  are  not  of  a  discriminating 
character;  any  province  which  imposes  such  taxes  levies  them  not  only  upon  for- 
eigners,  but  upon  travellers  from  Great  Britain  and  upon  travellers  from  ail  the  other 
provinces  in  the  Dominion.  In  no  case  has  there  been  any  question  of  discrimina- 
tion which  would  place  a  commercial  traveller  from  France  at  a  disadvantage  as  corn- 
pared  with  a  commercial  traveller  from  any  other  country.  The  Canadian  govem* 
ment,  while  obliged  to  recognize  the  constitutional  right  of  the  provincial  authoritiea 
to  levy  taxes  of  this  kind  for  the  raising  of  provincial  revenues,  hâve  regarded  them 
as  very  undesirable,  and  hâve  endeavoured  by  negotiation  with  the  provincial  govern- 
ments  to  secure  the  abolition  of  such  taxation.  In  this  they  hâve  been  largely  success- 
ful.  Most  of  the  provinces  hâve  abolished  taxation  of  this  character.  The  one  pro- 
virfce  which  still  retains  the  System  is  Prince  Edward  Island,  which  is  the  smallest 
province  of  the  Dominion.  In  that  province  an  annual  license  fee  of  $20  is  charged  to 
ail  commercial  travellers.  Most  of  the  provinces  still  impose  a  license  tax  on  travellers 
selling  intoxicating  liquors,  and  in  the  province  of  British  Columbia  tobacco  is 
included.     In  thèse  cases,  however,  there  is  no  discrimination  as  between  the  parties. 

The  taxation  of  this  character  is  therefore  of  a  very  limited  extent.  It  would  be 
regarded  as  in  no  way  at  variance  with  any  article  of  the  treaty.  It  was  fully  under- 
stood  when  the  treaty  was  in  negotiation  that  the  Canadian  government  could  not 
interfère  with  the  constitutional  rights  of  the  respective  provinces  as  regards  the  rais- 


CANADA  AND  FRANCE  19 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

ing  of  revenues,  but  through  friendly  negotiation  with  the  provinces  this  System  of 
taxation  has  been  reduced  to  very  small  limite. 

I  will  not  end  this  letter  without  expressing  how  deeply  I  appreciate  your  great 
courtesy  and  cordial  kindness  towards  me. 

Please  accept,  sir,  the  assurance  of  my  higli  esteem. 

(Signed)         W.  S.  FIELDING. 


Mr.  Fletcher,  of  the  Paris  agency  of  the  Allan  Line,  to  Mr.  Fielding,  Minister  oj 

Finance  of  Canada. 

Ligne  Franco-Canadienne  'Allan/ 

Paris,  December  30,  1908. 
Honourable  W.  S.  Fielding, 

Elysée  Palace  Hôtel,  Paris. 

Dear  Mr.  Fielding, — I  inclose  you  herewith  tabulated  list  of  rates  for  Montréal 
and  Toronto,  summer  and  winter  services,  via  New  York  and  by  the  direct  service. 

I  hâve  put  it  in  French,  being  under  the  impression  that  you  would  need  it  for  the 
French  authorities.  You  will  notice  that  the  différences  in  the  rates  are  very  much  in 
favour  of  the  direct  service,  and  as  regards  the  winter  rates,  for  Toronto,  which  is  the 
great  bone  of  contention,  the  advantage  is  still  in  favour  of  the  direct  service. 

Trusting  that  this  information  may  be  of  use  lo  you, 

Yours  faithfully, 

H.  F.  FLETCHER 


(Traduction.) 

Ligne  franco-canadienne  "Allan". 

Paris,  le  30  décembre  1908. 
A  l'honorable  W.  S.  Fielding, 

Elysée  Palace  Hôtel,  Paris. 

Cher  monsieur  Fielding, — Je  vous  envoie  ci-inclus  une  liste,  disposée  en  forme 
de  table,  de  prix  de  transport  pour  Montréal  et  Toronto,  par  les  services  d'été  et  d'hi- 
ver, par  voie  de  New-York,  ainsi  que  par  le  service  direct. 

Je  l'ai  traduit  en  français,  étant  sous  l'impression  que  vous  en  auriez  besoin  pour 
l'autorité  française.  Vous  remarquerez  que  les  différences  entre  ces  taux  sont  très 
en  faveur  du  service  direct,  et  qu'en  ce  qui  concerne  les  prix  d'hiver  pour  Toronto, 
lesquels  sont  la  cause  de  discorde,  l'avantage  est  toujours  en  faveur  du  service  direct. 

Espérant  que  ces  renseignements  vous  seront  utiles, 

Je  reste,  votre  bien  dévoué, 

H.  F.  FLETCHER 


102— 2i 


20  CORRESPONDENCESUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

Prix  de  fret  du  Havre  à  Montréal. 

Service  direct.        Via  New-York. 

Hiver.  Eté.        Toute  Tannée. 

Fcs.  Fcs.  Fcs. 

Librairie 36  25  62 

Tissus,  laine  et  coton 28  25  46 

Porcelaine  en  fûts 17  13  38 

Bimbloterie 28  25  46 

Verreries 23  19  40 

Jouets 26  12.50  40 

Ornements  d'église 28  25  62 

Fleurs   artificielles 23  19  33 


Ces 


Prix  de  fret  du  Havre  à  Toronto. 

Service  d'hiver. 

Fcs.  Fcs. 

Librairie 40  62 

Tissus,  laine,  coton 32  46 

Bimbloterie 32  46 

Porcelaine  en  fûts 18  38 

Verreries 27  40 

Jouets 29  40 

Ornements  d'église 32  62 

Fleurs  artificielles 27  33 

prix  s'entendent  par  mètre  cube,  et  sauf  erreur  ou  changement. 


REPUBLIQUE  FRANÇAISE. 


Monsieur   Cruppi,  ministre  du   Commerce   de   la  République  Française,  à  monsieur 
Fielding,  ministre  des  Finances  du  Gouvernement  canadien. 

Ministère  du  Commerce,  de  l'Industrie  et  du  Travail, 

Cabinet  du  Ministre, 

Paris,  le  8  janvier  1909. 

Monsieur  le  Ministre, — Pour  faire  suite  aux  questions  que  j'ai  eu  l'honneur  de 
vous  poser  relativement  à  l'interprétation  de  l'article  8  de  la  Convention  du  19  sep- 
tembre 1907,  je  me  permets  de  vous  adresser  la  question  suivante: — 

En  ce  qui  touche  les  marchandises  françaises  expédiées  au  Canada  par  la  voie 
d'un  pays  tiers  jouissant  partiellement  du  tarif  intermédiaire  ou  de  la  clause  de  la 
nation  la  plus  favorisée,  perdront-elles  le  bénéfice  du  tarif  concédé  par  la  Convention? 
De  même  les  marchandises  originaires  d'un  pays  tiers  bénéficiant  partiellement  du 
tarif  intermédiaire  ou  de  la  clause  de  la  nation  la  plus  favorisée  pourront-elles  passer 
par  la  France  sans  perdre  ce  bénéfice? 

La  section  2,  de  l'article  8,  de  la  Convention  dispose  que,  pour  bénéficier  des  avan- 
tages tarifaires  stipulés  dans  la  dite  convention,  les  produits  canadiens  devront  être 
transportés  sans  transbordement  d'un  port  du  Canada  jouissant  du  tarif  minimum 
français  d'ans  un  port  de  France,  d'Algérie  ou  des  colonies,  possessions  ou  pays  de  pro- 


CANADA  AND  FRANCE  21 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

tectorat  français.  Ce  paragraphe  2  doit  être  interprété  en  ce  sens  :  un  produit  canadien 
admis  par  la  Convention  au  bénéfice  du  tarif  minimum  ne  perd  pas  ce  bénéfice,  toutes 
les  fois  qu'il  est  importé  en  France,  par  la  voie  d'un  pays  qui  est  admis  également  à 
bénéficier  du  tarif  minimum  pour  ce  même  article.  Cette  interprétation  résulte  du 
texte  de  nos  obesrvations  préliminaires  du  tarif  des  douanes  (N°  65,  page  41,  de  l'édi- 
tion de  1908)  ainsi  conçu  :  "  En  vertu  des  dispositions  de  l'article  23  de  la  loi  du  16 
mai  1863  rappelée  au  n°  55  ci-dessus  et  des  stipulations  des  traités  de  commerce,  le 
bénéfice  des  taxes  réduites  inscrites  dans  le  tarif  minimum  est,  en  principe,  subordonné 
à  l'importation  directe.  On  admet,  d'ailleurs,  que  les  produits  peuvent,  sans  perdre 
leur  droit  au  tarif  minimum,  emprunter  la  voie  d'un  pays  tiers,  pourvu  qu'il  s'agisse 
d'un  pays  ayant  droit  lui-même  au  tarif  minimum  la  surtaxe  d'entrepôt  ou  d'origine 
restant  due,  suivant  le  cas  ". 

En  raison  de  la  similitude  absolue  des  paragraphes  1  et  2  de  l'article  8  de  la  Con- 
vention, il  serait  difficile  d'admettre  qu'ils  ne  soient  pas  interprétés  de  la  même  manière 
par  le  Canada  et  par  la  France.  Or,  l'interprétation  donnée  par  la  France  au  para- 
graphe 2  est  depuis  longtemps  en  vigueur  et  consacrée  par  la  pratique.  Elle  est  d'ail- 
leurs conforme  à  la  logique,  car  il  est  évident  que  lorsqu'un  produit  bénéficiant  du 
tarif  minimum  est  importé  par  la  voie  d'un  pays  tiers  ayant  droit  également  au  tarif 
minimum  pour  le  même  produit,  il  devient  sans  intérêt  de  faire  de  son  origine  la- 
condition  de  son  admission  au  bénéfice  du  tarif  minimum.  Au  contraire,  la  stipula- 
tion du  paragraphe  1er  est  absolument  chose  nouvelle  pour  le  Canada  et  n'a  pu  encore 
faire  l'objet  d'une  interprétation  raisonnée  et  pratique. 

Il  semblerait  donc  désirable  que  le  gouvernement  canadien  donnât  au  1er  para- 
graphe la  même  interprétation  qui  est  donnée  par  le  gouvernement  français  au  para- 
graphe 2,  et  qu'il  admît,  d'une  part,  que  les  marchandises  françaises  inscrites  aux 
tableaux  annexés  à  la  convention  lorsqu'elles  seront  expédiées  par  la  voie  d'un  pays 
tiers  jouissant  du  régime  de  la  nation  la  plus  favorisée  ne  perdront  pas  le  bénéfice  du 
tarif  intermédiaire  ou  du  tarif  réduit,  et,  d'autre  part,  que  les  marchandises  originaires 
d'un  pays  tiers  jouissant  du  régime  de  la  nation  la  plus  favorisée,  pourront  passer  par 
la  France  sans  perdre  le  bénéfice  du  tarif  intermédiaire  ou  du  tarif  réduit. 

Ainsi  cette  interprétation  des  deux  premiers  paragraphes  de  l'article  8  assurerait 
une  réciprocité  de  traitement  pour  les  deux  parties  contractantes. 

Veuillez  agréer,  monsieur  le  ministre,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

(Signé)        JEAN  CKUPPI, 

Le  ministre  du  Commerce  et  de  l'Industrie. 


(Translation.) 

Mr.  Cruppi,  Minister  of  Commerce  of  the  Frenich  Republic,  to  Mr.  Fielding,  Minister 

of  Finance  of  Canada. 

Paris,  January  8,  1909. 

Mr.  Minister, — Following  on  the  questions  which  I  hâve  had  the  honour  to  put 
to  you,  relative  to  the  interprétation  of  Article  VIII.  of  the  Convention  of  the  19th 
September,  1907,  I  beg  to  address  to  you  the  following  question  :  As  regards  French 
goods  sent  to  Canada  via  a  third  country  enjoying  in  part  the  benefit  of  the  inter- 
mediate  tarifï  or  of  the  most  favoured-nation  clause,  will  they  lose  the  benefit  of  the 
tarifr  conceded  by  the  Convention?  Likewise  will  goods  emanating  from  a  third 
country  enjoying  in  part  the  intermediate  tarifï  or  the  most  favoured-nation  clause, 
be  permitted  to  pass  through  France  without  losing  this  benefit? 

Paragraph  2  of  Article  VIII.  of  the  Convention  provides  that,  in  order  to  benefit 
by  the  tariff  advantages  stipulated  in  the  said  convention  Canadian  products  must  be 


22  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

transportée!  without  transhipment  from  a  Canadian  port  enjoying  the  French  mini- 
mum tariff  to  a  port  in  France,  Algeria  or  in  the  colonies,  possessions  or  countries 
under  French  protectorate.  This  paragraph  2  should  be  interpreted  in  this  sensé:  a 
Canadian  product  admitted  by  the  Convention  to  the  benefit  of  the  minimum  tariff 
does  not  lose  this  benefit,  so  long  as  it  is  imported  into  France  via  a  country  which 
also  enjoys  the  benefit  of  the  minimum  tariff  for  the  same  article. 

This  interprétation  results  from  the  text  of  our  preliminary  observations  of  the 
customs  tariff  (No.  65,  page  41  of  the  1908  édition)  which  reads  thus  :  '  By  virtue 
of  the  provisos  of  Art.  23  of  the  law  of  the  16th  May,  1863,  recalled  in  No.  55  above 
and  of  the  stipulations  of  the  treaties  of  commerce,  the  benefit  of  the  reduced  duties 
given  in  the  minimum  tariff  is,  in  principle,  subordinate  to  direct  importation.  It 
is  admitted,  moreover,  that  the  products  can,  without  losing  their  right  to  the  mini- 
mum tariff,  borrow  the  route  of  a  third  country,  provided  that  such  country  has  itself 
the  right  to  the  minimum  tariff,  the  additional  tax  for  bonding  or  of  origin  remaining 
due,  as  the  case  may  be.' 

In  view  of  the  absolute  similitude  of  paragraphs  1  and  2  of  Article  VIII.  of  the 
Convention,  it  would  be  difficult  to  admit  that  they  should  not  be  interpreted  in  the 
same  manner  by  Canada  and  by  France.  Now,  the  interprétation  given  by  France 
to  paragraph  2  has  been  in  force  for  some  time  and  is  established  by  custom.  It  is, 
besides,  logical,  for  it  is  évident  that  when  a  product  benefiting  by  the  minimum 
tariff  is  imported  by  way  of  a  third  country  which  also  has  right  to  the  minimum 
tariff  for  the  corresponding  product,  there  is  no  object  in  making  its  origin  the  con- 
dition of  its  admission  to  the  benefit  of  the  minimum  tariff.  On  the  contrary,  the 
stipulation  of  paragraph  1  is  quite  new  for  Canada,  and  has  not  yet  been  the  subject 
of  a  methodical  and  practical  interprétation. 

It  would,  therefore,  seem  désirable  that  the  Canadian  government  should  give  to 
this  first  paragraph  the  same  interprétation  which  is  given  by  the  French  govern- 
ment to  the  2nd  paragraph,  and  should  admit,  firstly,  that  the  French  goods  mentioned 
in  the  schedules  annexed  to  the  Convention  when  they  are  transported  by  the  way 
of  a  third  country  enjoying  the  most  favoured-nation  treatment  shall  not  lose  the 
benefit  of  the  intermediate  tariff  or  of  the  reduced  tariff;  and,  secondly,  that  goods 
emanating  from  a  third  country  enjoying  the  most  favoured-nation  treatment,  shall 
be  able  to  pass  by  way  of  France  without  losing  the  benefit  of  the  intermediate  tariff 
or  of  the  reduced  tariff.  m       ^^ 

In  this  way  this  interprétation  of  the  two  first  paragraphs  of  Article  Vlll.  would 
assure  reciprocity  of  treatment  for  the  two  contracting  parties. 

Accept,  Mr.  Minister,  thè  assurance  of  my  high  esteem, 

(Signed)        JEAN   CKUPPI. 


BEPUBLIQUE  FKANÇAISE. 

Monsieur   Cruppi,  ministre  du   Commerce  de   la  République  Française  à  Monsieuf 
Fielding,  ministre  des  Finances  du  Gouvernement  du  Canada. 

Ministère  du  Commerce  et  de  l'Industrie, 

Cabinet  du  Ministre, 

Paris,  le  27  janvier  1909. 

Monsieur  le  Ministre, — Vous  avez  bien  voulu,  à  la  question  que  je  vous  posais 
au  sujet  dies   taxes   provinciales   frappant   1/3S   voyageurs   de   commerce   au    Canada, 


CANADA  AND  FRANCE  23 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

m'adresser  une  réponse  où  vous  m'indiquez  les  pouvoirs  appartenant  respectivement 
en  cette  matière  au  gouvernement  fédéral  et  aux  autorités  provinciales. 

Depuis  votre  départ  de  nouveaux  points  m'ayant  été  signalés  au  sujet  des  droits 
d'accise  ou  de  consommation  intérieure  qui  seraient  plus  élevés  pour  les  produits 
français  que  pour  Les  similaires  canadiens,  je  crois  devoir  vous  demander  de  vouloir 
bien  me  fournir  quelques  précisions  sur  ces  droits.  Existe-t-il  pour  les  marchandises 
françaises,  soit  en  vertu  de  la  législation  fédérale,  soit  en  vertu  de  la  législation 
provinciale  des  tax.es  qui  seraient  autres  que  celles  qui  grèvent  les  produits  similaires 
canadiens? 

Je  vous  serais  reconnaissant  de  vouloir  bien  me  faire  parvenir  votre  réponse  à 
cette  question  sur  l'importance  de  laquelle  on  a  insisté  auprès  de  moi. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Ministre,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 


(Signé)         JEAN  CEUPPI. 


(Translation.) 


Mr.  Cruppi,  Minister  of  Commerce  of  the  French  Republic,  to  Mr.  Fielding,  Minister 

of  Finance  of  Canada. 

Paris,  January  27,  1909. 

Mr.  Minister, — In  regard  to  the  question  which  I  put  to  you  on  the  subject  of  the 
provincial  taxes  laid  upon  commercial  travellers  in  Canada,  you  hâve  been  so  good  aa 
to  send  me  a  reply  in  which  you  indicate  the  powers  belonging  respectively  in  this 
matter  to  the  Pederal  government  and  to  the  provincial  authorities. 

Some  f  resh  points  having  been  brought  to  my  notice  since  your  departure  in  regard 
to  the  excise  or  internai  consumption  duties  which  would  be  higher  for  French  products 
than  for  similar  Canadian  goods,  I  think  it  my  duty  to  ask  you  to  be  good  enough  to 
furnish  me  with  some  particulars  concerning  thèse  duties.  Do  there  exist  for  French 
goods,  either  by  virtue  of  the  fédéral  législation,  or  by  virtue  of  the  provincial  légis- 
lation, taxes  which  would  be  différent  from  those  which  fall  upon  the  similar  Canadian 
products  ? 

I  should  be  grateful  if  you  would  be  so  good  as  to  send  me  a  reply  to  this  question, 
as  its  importance  has  been  urged  on  me. 

Accept,  Mr.  Minister,  the  assurance  of  my  high  considération. 

(Signed)       JEAN  CRUPPI. 


Mr.  Fielding,  Minister  of  Finance  of  Canada,  to  Mr.  Cambon,  French  Ambassador  in 

London. 

London,  February  4,  1909. 
His  Excellency  Paul  Cambon, 
Ambassador  of  France, 
London. 

Sir, — Referring  to  the  interview  with  which  you  kindly  favoured  me  on  Saturday, 
respecting  certain  negotiations  which  I  hâve  been  conducting  with  the  French  govern- 
ment, I  hâve  the  honour  to  send  you  herewith  two  letters  addressed  to  His  Excellency 
the  French  Minister  of  Commerce,  and  beg  that  you  will  be  good  enough  to  transmit 
them  to  him  in  due  course. 

I  hâve  the  honour  to  be,  sir, 

Your  obedient  servant, 

W.    S.    FIELDING. 


24  CORRESPONDENCE—SVPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 
(Traduction.) 

Monsieur  Fielding,  ministre  des  Finances  du   Gouvernement   canadien,   à  monsieur 
Cambon,  ambassadeur  de  France  à  Londres. 

Londres,  le  4  février  1909. 
Son  Excellence  Paul  Cambon, 

Ambassadeur  de  France, 
Londres. 

Monsieur, — En  vous  référant  à  l'entrevue  dont  vous  m'avez  favorisé  samedi 
dernier,  au  sujet  des  négociations  en  cours  auprès  du  Gouvernement  français,  j'ai 
l'honneur  de  vous  inclure  deux  lettres  adressées  à  Son  Excellence  le  ministre  du 
Commerce  de  France,  en  vous  priant  de  vouloir  bien  les  lui  transmettre  à  votre 
convenance. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

Votre  obéissant  serviteur, 

(Signé)        W.  S.  FIELDING. 


Mr.  Fielding,  Minuter  of  Finance  of  Canada,  to  Mr.  Cruppi,  Minister  of  Commerce 

of  the  French  Republic. 

Londont,   February  4,   1909. 
Ilis  Excellency  Jean  Cruppi, 

Minister  of  Commerce  and  Industry, 
Paris. 

Your  Excellency, — I  hâve  the  honour  to  acknowledge  receipt  of  your  letter  of 
the  27th  ultimo,  which  was  forwarded  to  me  through  His  Excellency  the  French 
Ambassador  in  London,  and  in  which  you  ask  for  information  concerning  Excise 
duties  and  other  forms  of  taxation  in  Canada. 

I  note  your  question,  as  follows  * — 

Do  there  exist  for  French  goods,  either  by  virtue  of  the  Fédéral  législation,  or 
by  virtue  of  the  provincial  législation,  taxes  which  would  be  différent  from  those 
which  fall  upon  the  similar  Canadian  products? 

In  reply  I  hâve  the  pleasure  in  submitting  to  you  the  following  information: — 

(1)  The  taxes  ordinarily  called  in  Canada  Excise  duties  are  imposed  by  the 
Fédéral  government,  and  apply  only  to  articles  (chiefly  spirits,  tobacco,  &c.)  manufac- 
tured  in  Canada.  There  are  no  such  duties  applicable  to  articles  imported  either 
from  France  or  from  another  country.  The  Fédéral  government  levies  no  internai 
taxes  of  the  character  you  mention. 

(2)  As  to  the  provinces,  it  is  the  constitutional  right  of  the  provincial  législa- 
tures to  impose  direct  taxation  for  provincial  purposes.  The  laws  of  the  différent 
provinces  are  not  in  this  respect  always  the  same.  The  taxation  that  is  levied  under 
this  authority  is  usually  of  a  municipal  character,  and  is  imposed  on  personal  and 
real  estate  and  incomes.  Any  tax  which  would  be  likely  to  interfère  with  the  trade 
and  commerce  of  the  country  would  be  beyond  the  power  of  the  provincial  législa- 
ture. So  far  as  I  am  aware,  no  sueE  discrimination  has  ever  been  made  or  attempted. 
Goods  once  landed  in  Canada  would  beeome  subject  as  regards  taxation  to  the  laws 
of  any  province  and  of  any  municipality  within  which  the  merchandise  might  be 
found,  but  no  national  discrimination  takes  place.     Any  municipal  tax  levied  would 


CANADA  AND  FRANGE  25 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

apply  equally  to  ail  importée!  goods,  without  regard  to  the  country  of  origin,  and  to 
Canadian  goods  as  well. 

I  trust  that  the  foregoing  may  furnish  the  information  which  you  désire. 

Accept,  Your  Excellency,  the  assurance  of  my  hîgh  considération. 

(Sgd.)        W.    S.    FTELDING. 


(Traduction.) 

Monsieur  Fielding,  Ministre  des  Finances  du  Gouvernement  canadien,  à  Monsieur 
Cruppi,  Minisire  du  Commerce  de  la  République  Française. 


Son  Excellence  Jean  Cruppi, 

Ministre  du  Commerce  et  de  l'Industrie, 
Paris. 


Londres,  le  4  février  1909. 


Excellence, — J'ai  honneur  d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  27  écoulé, 
laquelle  m'a  été  transmise  par  Son  Excellence  l'Ambassadeur  de  France  à  Londres,  et 
où  vous  demandez  des  renseignements  concernant  les  droits  d'accise  et  tes  autres 
genres  d'impôt  au  Canada. 

Je  prends  note  de  votre  question,  qui  suit: — 

Existe-t-il  pour  les  marchandises  françaises,  soit  en  vertu  de  la  législation  fédé- 
rale, soit  en  vertu  de  la  législation  provinciale,  des  taxes  qui  seraient  autres  que 
celles  qui  grèvent  les  produits  similaires  canadiens? 

En  réponse,  j'ai  le  plaisir  de  vous  soumettre  les  informations  suivantes: — 

(1)  Les  taxes  ordinairement  appelées  au  Canada  droits  d'accise  sont  imposées 
par  le  gouvernement  fédéral,  et  frappent  seulement  les  articles  (principalement  les 
liqueurs  spiritueuses,  le  tabac,  et  caetera)  fabriqués  au  Canada.  Il  n'y  a  pas  de  tels 
impôts  qui  grèvent  les  articles  importés  soit  de  la  France  soit  d'aucun  autre  pays.  Le 
gouvernement  fédéral  n'impose  aucun  droit  de  consommation  intérieure  du  genre 
distinctif  dont  Votre  Excellence  fait  mention. 

(2)  Quant  aux  provinces,  les  législatures  provinciales  ont  droit  en  vertu  de  la 
constitution  d'imposer  des  taxes  directes  pour  les  fins  provinciales.  Les  lois  des  pro- 
vinces ne  sont  pas  à  cet  égard  les  mêmes.  Les  taxes  imposées  en  vertu  de  ce  pouvoir 
sont  dans  la  plupart  des  cas  d'une  nature  municipale,  et  frappent  les  biens-meubles  et 
immeubles  et  les  rentes.  Tout  impôt  de  nature  à  affecter  le  commerce  du  pays  serait 
ultra  vires  des  pouvoirs  de  la  législature  provinciale. 

D'après  mon  expérience,  on  n'a  fait  ni  tenté  aucune  distinction  de  cette  nature 
entre  les  marchandises  françaises  et  d'autres.  Dès  que  les  marchandises  sont  débar- 
quées au  Canada,  elles  deviennent  soumises,  quant  à  l'impôt,  aux  lois  de  toute  pro- 
vince et  de  toute  municipalité  dans  les  limites  de  laquelle  elles  se  trouvent.  Cepen- 
dant, il  n'y  a  point  de  distinction  nationale.  Tout  impôt  municipal  grève  également 
toutes  le3  marchandises  importées,  sans  égard  au  pays  d'origine  de  même  que  toutes 
les  marchandises  canadiennes. 

J'espère  que  vous  trouverez  dans  la  réponse  ci-dessus  les  informations  que  vous 
désirez  obtenir. 

Veuillez  agréer,  Excellence,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

(Signé)        W.  S.  FIELDING. 


26  CORRESPONDENCE—SUPPLEMENTARY  CONVENTION 

8-9  EDWARD  VII.,  A.  1909 

Mr.  Fielding,  Minister  of  Finance  of  Canada,  to  Mr.  Cruppi,  Minister  of  Commerc 

of  the  French  Republic. 

London,  February  4,  1909. 

Excellency, — I  hâve  the  honour  to  acknowledge  receipt  of  your  letter  of  the  8th 
January,  concerning  the  interprétation  of  Article  VIII.  of  the  Convention  signed  at 
Paris  on  the  19th  September,  1907,  respecting  the  commercial  relations  between 
France  and  Canada. 

The  question  of  the  interprétation  of  the  Article  referred  to  was  raised  in  the 
parliament  of  Canada,  and  the  Canadian  government  stated  their  view  to  be  that  the 
expressions  '  Preferential  Tariff,'  '  Intermediate  Tariff/  and'  French  Minimum  Tariff/ 
wkerever  they  occurred  in  the  said  Article,  meant  the  whole  of  the  tariff  referred  to. 
You  will  readily  understand  that  under  such  circumstances  I  am  not  free  to  concur 
without  reserve  in  the  opposite  view  which  you  hâve  presented  to  me. 

I  do  not  think,  however,  that  the  point  is  of  sufficient  importance  to  remain  one 
of  différence  between  us.  Therefore,  with  a  view  to  meeting  the  désire  of  your  gov- 
ernment, I  now  on  behalf  of  the  Canadian  government,  subject  to  the  réservation 
hereinafter  mentioned,  agrée  that  the  expressions  in  Article  VIII.  : — 

'  A  port  of  a  territory  enjoying  the  preferential  or  intermediate  tariff/ 
1  A  port  of  a  country  enjoying  the  French  minimum  tariff/ 

shall  in  each  case  be  understood  to  mean  a  territory  or  country  enjoying  the  benefit) 
of  such  tariff  as  respects  the  particular  article  of  merchandise  to  be  transported. 

I  understand  that,  regarding  this  in  the  light  of  the  French  customs  laws  as  a 
reasonable  interprétation  of  the  existing  Convention,  you  do  not  deem  any  further 
action  on  the  part  of  the  French  authorities  necessary  to  give  it  effect.  From  the 
Canadian  point  of  view,  however,  it  is  possible  that  this  engagement  may  be  regarded, 
as  to  some  extent  a  variation  of  the  terms  of  the  Convention,  and  therefore  I  give  you 
this  assurance  subject  to  the  approval  of  the  parliament  of  Canada,  if  on  further 
considération  such  be  deemed  necessary. 

Accept  the  assurance  of  my  high  regard. 

(Signed)      W.  S.  FIELDING. 
His  Excellency, 

Jean  Cruppi, 

Minister  of  Commerce  and  Industry, 
Paris. 


(Traduction.) 

Monsieur  Fielding,  ministre  des  Finances  du   Gouvernement   canadien,  à  monsieur 
Cruppi,  ministre  du  Commerce  de  la  République  Française. 

Londres,  le  4  février  1909. 
A  Son  Excellence  Jean  Cruppi, 

Ministre  du  Commerce  et  de  l'Industrie, 
Paris. 

Excellence, — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  8  janvier,  au 
sujet  de  l'interprétation  de  l'article  VIII  de  la  Convention  signée  à  Paris  le  19  sep- 
tembre 1907,  concernant  les  relations  commerciales  entre  la  France  et  le  Canada. 

L'interprétation  à  donner  à  l'article  auquel  j'ai  fait  allusion,  fut  discutée  au  Par- 
lement du  Canada,  et  le  Gouvernement  canadien  décréta  que  les  expressions  "  Tarif 
préférentiel  ",  "  Tarif  intermédiaire  "  et  "  Tarif  minimum  français  ",  partout  où  elles 
se  trouvent  dans  le  dit  article,  signifient  le  tarif  entier  en  question.  Votre  Excellence 
comprendra  sans  peine  que  dans  de  telles  circonstances  je  ne  saurais  concourir  sans 


CANADA  AND  FRANCE  27 

SESSIONAL  PAPER  No.  102 

réserve  à  l'opinion  contraire  qu'elle  m'a  présentée. 

Je  ne  crois  pas,  cependant,  que  la  question  soit  d'une  importance  telle  qu'elle  soit 
une  cause  de  désaccord  entre  nous.  Aussi,  afin  de  me  rendre  au  désire  de  votre  gouver- 
nement, accepté-je  maintenant,  au  nom  du  Gouvernement  canadien,  sujet  à  la  réserve 
dont  je  fais  mention  ci-dessous,  que  les  expressions  de  l'article  VIII: — 

"  Un  port  d'un  territoire  jouissant  du  tarif  préférentiel  ou  du  tarif  intermé- 
diaire ", 

"  Un  port  d'un  pays  jouissant  du  tarif  minimum  français  ", 
soient,  en  tout  cas,  entendues  signifier  un  territoire  ou  pays  bénéficiant  d'un  tel  tarif, 
à  l'égard  de  l'article  particulier  de  marchandise  qui  doit  être  transportée. 

Je  présume  que,  en  considérant  ceci  à  l'égard  des  lois  douanières  françaises  comme 
une  interprétation  raisonnable  de  la  Convention  existante,  Votre  Excellence  ne  jugera 
pas  qu'il  faille  de  votre  part  aucune  législation  supplémentaire  pour  la  valider.  Au 
point  de  vue  canadien,  cependant,  il  est  possible  que  cet  engagement  soit  regardé 
comme  variant  jusqu'à  un  certain  point  les  termes  de  la  Convention,  et  pour  ce  motif 
je  donne  à  Votre  Excellence  cette  assurance,  sujet  à  l'approbation  du  Parlement  cana- 
dien, dans  l'éventualité  où  après  mure  considération  elle  serait  jugée  nécessaire. 

Veuillez  agréer,  Excellence,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

(Signé)        W.  S.  EIELDING. 


8-9  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  141a 


A.   1909 


RÉPONSE 


(141a) 

un  ordre  de  la  Chambre  des  Communes  en  date  du  17  février  1909  donnant  une 
liste  des  chartes  de  chemins  de  fer  accordées  depuis  le  1er  janvier  1900  aux  com- 
pagnies de  chemins  de  fer  autres  que  celles  du  Grand-Tronc,  du  Grand-Tronc- 
Pacifique,  du  Canadian-Northern  et  du  Pacifique-Canadien,  et  indiquant  celles  dont 
les  pouvoirs  sont  tombés  en  déchéance,  la  longueur  de  chacune  des  lignes  et  em- 
branchements projetés,  les  dates  des  chartes  et  des  renouvellements,  s'il  en  est,  la 
longueur  totale  en  milles  construite  et  le  capital  social  autorisé,  souscrit  et  versé. 

CHAS.  MURPHY, 

Secrétaire  d'Etat. 


Liste  des  chartes  de  chemins  de  fer  accordées  depuis  le  1er  janvier  1900  aux  compa- 
gnies de  chemins  de  fer  autres  que  celles  du  Grand-Tronc,  du  Grand-Tronc-Paci- 
fique, du  Canadian-Northern  et  du  Pacifique-Canadien,  et  indiquant  celles  dont 
les  pouvoirs  sont  tombés  en  déchéance,  la  longueur  de  chacune  des  lignes  et  embran- 
chements projetés,  les  dates  des  chartes  et  des  renouvellements,  s'il  en  est,  la  lon- 
gueur totale  en  milles  construite  et  le  capital  social  autorisé,  souscrit  et  versé. 


Lake  Superior  and  Hudson  Bay 

De  la  baie  Batchewana,  lac  Supérieur,  jusqu'à  la 
baie  James,  à  l'embouchure  de  la  rivière  Alba- 
ny  et  à  Fort-Churchill. 

Manitoulin  and  North  Shore 

Depuis  Little-Current,  vers  le  nord  et  vers  l'est 
sur  une  distance  de  100  milles.  Croisement 
avec  le  C.  P.  R.  soit  à  Onaping  soit  à  Cartier, 
également  depuis  sa  ligne  dans  le  township  de 
Drury  ou  de  Hyman  jusqu'à  Sudbury,  et  de 
Little-Current  à  un  point  sur  la  rive  de  l'île 
Manitoulin  ;  enfin  de  Tobermoray,  comté  de 
Bruce,  jusqu'à  la  ville  de  Meaford  en  passant 
par  Wiarton  et  Owen  Sound. 

Morris  and  Portage . . 

Depuis  Morris  jusqu'à  Portage-la-Prairie. 

Ottawa,  Brockville  and  St.  Lawrence 

D'Ottawa  à  Brockville. 

Port  Dover,  Brantford,  Berlin  and  Goderich 

Nom  changé  en  1902  pour  celui  de  Grand  Valley. 
Depuis  Port  Dover  jusqu'à  Simcoe,  Waterford, 
Brantford,  Berlin  et  Goderich. 

Québec  et  Lac  Huron 

De  Québec  à  l'embouchure  de  la  rivière  des  Fran- 
çais, sur  la  baie  Géorgienne. 

Québec  et  Nouveau-Brunswick ,    ... 

De  la  gare  Connor,  comté  de  Madawaska,  à  St- 
Charles  Jet.  sur  l'I.  C.  R.  soit  à  St- Anselme, 
sur  la  ligne  du  Québec  Central  Ry.,  soit  encore 
jusqu'à  Chaudière  Junction. 

141a— 


Date 

de  la 

charte. 

Milles. 

Longueur  en 
nulles     de 
voies  cons- 
truites. 

1900 

1400 

0 

1900 

250 

19 

1900 

65 

0 

1900 

60 

0 

1900 

200 

0 

1900 

500 

0 

1900 

130    • 

0 

1901 
1903 
1905 
1906 
1907 
1908 


1901-1906 
1908 

1902 


1904 
1906 

1903 
11:08 


To  m  bé 
en  dé- 
chéan- 
ce. 


Tombé 
en  dé- 
chéan- 
ce. 

To  m  b  é 
en  dé- 
chéan- 
ce. 


CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 


8-9  EDOUARD.VII,  A.  1909 
Chartes  accordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier  1900,  etc. — Suite. 


Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 

Date 
•delà 

Milles. 

^ueur  en 
lies   des 
ies  cons- 
aites. 

•ogation 
s  délais 
:és  pour 
oons- 
uction. 

charte. 

ce  O  û 

e  <u  «  «»  L^ 

fi 

8 .  St.  ïvlarys  River 

1900 

65 

65 

1903 

To  m  h  é 

D'un  point  situé  entre  Lethbridge  et  Stirling  jus- 

X '  '    111    '  '    t  ■ 

en  dé- 

qu'à la  frontière  internationale  entre  les  rangs 

chéan- 

24 et  30,  à  l'ouest  du  4e  méridien,  longueur  das 

ce. 

embranchements  limitée  à  15  milles  chacun. 

9.  Albei  ta  Central 

1901 

100 

0 

1903 
1905 

D'un  point  dans  le  township  38,   R.  23,  à  l'ouest 

du  4e  méridien,  district  de  l'Alberta,  jusqu'au 

1907 

village  du  Daim-Rouge  ;  de  là  vers  l'ouest  jus- 

qu'à un  point  quelconque  dans  le  township  39, 

rang  7,  à  l'ouest  du  5e  méridien. 

10.   Arnprior  and  Pontiac 

1901 

20 

0 

Tombé 

A  partir  de  Galetta,  comté  de  Carleton,  jusqu'à 

en  dé- 

la çare  de  Quyon,  comté  de  Pontiac,  avec  au- 

chéan- 

torisation d'en  prolonger  le  parcours  jusqu'à 

ce. 

Arnprior. 

1 1 .   Canada  National  Ry .  and  Transport   

1901 

100 

0 

1903 

Tombé 

Depuis  Toronto  jusqu'à  Collingwood   ou  autre 

en  dé- 

port  sur  la  baie  Géorgienne. 

chéan- 

12.  Fort  Qu'Appelle 

De  McLean,  ou  de  Qu'Appelle  soit  encore  de  la 

1901 

25 

0 

Tombé 

en  dé- 

station delndian  Head  sur  la  ligne  du  P.-C. 

chéan- 

jusqu'au Fort  Qu'Appelle. 

1903 

ce. 

13.   Interprovincial  and  James  Bay 

1901 

1905 

De  Lumsden's  Mill  sur  la  ligne  du  P.-C.  jusqu'à 

la  rivière  des  Quinze. 

14 .  Kamloops  and  Atlin 

1901 

200 

o 

Tombé 

D'un  point  situé   sur  la   ligne   du   P.-C.    entre 

en  dé- 

Ashcroft et  le  lac  Kamloops  jusqu'au  plateau 

chéan- 

de la  rivière  Bonaparte  ;  delà  à  un  point  sur  la 

ce. 

route  charretière  du  Caribou,  près  de  100  Mile- 

House.     De  là  jusqu'aux  sources  de  la  rivière 

au  Castor  pour  se  prolonger  jusqu'au  confluent 
des  rivières  Quesnel  et  Fraser,   avec  embran- 

chement jusqu'à  Williams  ou  Antler-Creek. 

15.  Kettle  River  Valley   . .    . . 

1901 

200 

16 

1904 

De  la  frontière  internationale  près  de  Cascade- 

1906 

City,  district  de  Yale,  dans  une  direction  ouest 

jusqu'à  Carson-City,  avec  embranchement  par- 

tant de  Grand-Forks  p.  se  terminer  à  50  milles 

en  amont  du  bras  nord  de  la  riv.  Kettle  ;  éga- 

lement de  Grand-Forks  par  voie  de  Greenwood 

jusqu'à  la  frontière  internationale  à  Midway, 

et  de  Midway  (1906)  à  Hedley,  de  Hedley  en 

allant  vers  le  nord  sur  une  longueur  de  vingt 

milles.  D'un  point  sur  la  ligne  Midway-Hedley 

jusqu'à  Penticton. 

16 .  Kootenay  Central   

1901 

200 

0 

1903 

De  Fort-Steele  à  Elko,  et  à  la  frontière  interna- 

1904 

tionale,  aussi   de  Fort-Steele   à   Windermere, 

pour  se  prolonger  de  là  jusqu'au  village  de  Gol- 

den.     Embranchements  limités  à  dix  milles 

chacun. 

17 .  Québec  Terminal  and  Railway 

1901 

12 

3 

Tombé 

Du  point  terminus  nord  du  pont  de  Québec,  à 

en  dé- 

Québec, et  du  terminus  sud  du  pont,  à  l'inter- 

chéan- 

section de  l'I.  C.  R.  avec  le  G.  T.  R.   à  la 

ce. 

courbe  de  la  Chaudière. 

18.  Similkameen  and  Keremeos , 

1901 

120 

0 

1904 

Tombé 

De  Penticton  par  voie  de  la  passe  du  lac-au-Pois- 

en  dé- 

son jusqu'au    lac-au  Poisson.     De   là  jusqu'à 

chéan- 

Keremeos, pour  se  prolonger  jusqu'à  la  frontière 

ce. 

internationale  au  croisement  delà  rivière  Simil- 

kameen ;  embranchement  du  lac-au-Poisson  au 

Nickel  Plate  Camp  et  Creek  Twenty  Mile,  et 

et  vers  l'ouest  jusqu'à  Princeton. 

CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  141a 

Chartes  ascordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier,  1900,  etc. — Suite. 


Date 

eur  en 
;s   des 
$  cous- 
es. 

;ation 
délais 
pour 
cons- 
tion. 

Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 

de 

Milles. 

oc       m        73 

g  »*2      s 

— 

la  charte. 

a  a  P  *- 
g  a  >  ** 

fe     ©    X    rk    H 

Ph 

19.  Vancouver,  Westminster  and  Yukon 

1901. 

2,000 

0 

1905 

De  Vancouver  à  New-Westminster,  de  Vancoti- 

1900 

ver  à  la  vallée  Squamish,  à  Lillooet,  Quesnel 

et  Hazleton  ou  autre  point  sur  la  riv.  Skeena. 

De  là  à  Dawson  et  à  la  limite  internationale 

du  territoire  du  Yukon.  Embranchement  éga- 

lement vers  Test  jusqu'à  la  Cache  de  la  Tête- 

Jaune  et  Edmonton. 

20.  Battleford  and  Lake  Lenore 

1902 

G00 

0 

1905 

De  la  station  de  Hobbema  sur  la  ligne  Calgary- 
Edmonton,  vers  l'est  jusqu'au  lac  Lenore,  pour 

se  prolonger  jusqu'à  un  point  sur  la  ligne  Can. 

Nor.  près  de  la  rivière    Croche.     Embranch. 

depuis  le  Tp.  40  jusqu'au  41,  R.  24  ouest  et  2e 

mér.  jusqu'à  Yorkton. 

21 .  Canada  Central 

1902 

2,500 

0 

1903 

De  l'embouchure  de  la  rivière  des  Français  au 
lac  Wahnapitae,  pour  se  prolonger  de  là  jus- 

1905 

1906 

qu'aux  sources  de  la  rivière  Montréal  et  suivre 

1907 

ensuite  une  direction  nord-ouest  jusqu'à  un 

point  sur  la  rivière  Albany  ;  de  là  jusqu'à  l'ex- 

trémité nord  du  lac  Winnipeg,   pour  se  pro- 

longer sur  une  distance  de  50  milles  au  moins 

au  nord  de  Prince- Albert  et  d'Edmonton  et  se 

terminera  à  la  Cache  de  la  Tète- Jaune  ,  C.-B., 

avec  un  embranchement  vers  Port- Arthur  et 

Fort-William. 

22 .  Essex  Terminai 

1902 

18 

0 

1904 

De  Walkerville  à  Windsor,  Sandwich  et  Amherst- 
burg. 
23 .   Indian  River 

1900 

1902 

20 

0 

1907 

D'un  point  sur  les  lignes  actuelles  à  l'extrémité 

nord  du  lac  Mégantic  jusqu'à  la  frontière  in 
ternationale  à  Rivière  Morte. 

24 .  Manitoba  et  Keewatin 

1902 

1,200 

0 

1904 

De  Winnipeg  ou  de  Selkirk  jusqu'à  la  côte  ouest 

1P06 

de  la  baie  d'Hudson  ou  de  la  baie  James  à 

l'embouch.  de  la  riv.  Severn,   avec  embranch. 

partant  de  la  ligne  principale  à  l'ouest  du  lac 

Chat  jusqu'au  P.C.  à  Ignace  ou  àlariv.  Noire.. 

25.  Medicine  Hat  and  Northern  Alberta 

1902 

350 

0 

1903 

De  Medicine  Hat  à  un  point  sur  la   riv.  Saskat- 

1905 

cheuan  du  nord,  à  Victoria,  au  nord  de  l'Al- 

berta. 

26 .  Nipigon 

1902 

500 

0 

1901 

De    la    baie    de    Nipigon,   sur  la  rive  est  du  lac 

Nipigon,  jusqu'à  la  rivière  Albany  et  la  baie 

James,  puis  d'un  point  sur  la  dite  ligne  au  bout 

du  lac  Nipigon  jusqu'à  Port-Arthur  et  Fort- 

William. 

27 .   Nipissing  et  Ottawa .    

De  la  baie  sud-est,  sur  le  lac  Nipissing,  jusqu'au 

1902 

30 

0 

Tombé 

en  dé- 

lac-à-la-Truite  et    Opemican,    sur    la    rivière 

chéan- 

Ottawa. 

ce. 

28.   Pacific  Northern  et  Omenica 

1902 

900 

0 

1904 

A  partir  de  l'anse  Kitimac  jusqu'à   Hazleton  et 

1906 

Teslin  au  lac  Atlin  ou  les  deux,   également   de 

Hazleton  à  la  passe  de  la  rivière  La-Paix,  et  de 

de  là  à  Edmonton. 

20.   St.  Lawrence  and  Northern 

1902 

100 

0 

Tombé 

De  Trois-Rivières  à  La-luque,  avec  embranche- 

en dé- 

ment de  Grand-Mère  à  un    point  dans  la  pa- 

chéan- 

roisse de  St-Michel-des-Saints. 

ce. 

30.  Velvet  (Rossland)  Mine 

1902 

10 

0 

Tombé 

De  Ro-sland,  C.-B.,  vers  le  sud-ouest,  jusqu'aux 

en  dé- 

mines Velvet.  sur  le  versant  ouest  de  la  mon- 

chéan- 

tagne Sophia  et  de  là  jusqu'à  la  frontière  in- 

ce. 

ternationale. 

CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Chartes  accordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier,  1900,  etc. — Suite. 


Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 

Date 

de 

la  charte. 

Milles. 

100 
160 

450 
550 

70 

Longueur  en 
milles   des 
voies  cons- 
truites. 

Prorogation 
des  délais 
fixés  pour 
la      cons- 
truction. 

— 

31     Yukon  Pacific  ; 

1902 
1903 

1903 
1903 

1903 

0 
0 

70 
45 

Tombé 

De  White  Horse,  territoire  du  Yukon,  vers  le 
sud-ouest,  entre  le  Yukon  et  la  Colombie-Bri- 
tannique, entre  le  136e  et  le  137e  méridien. 

32.   Berlin,  Waterloo,  Wellsley  and  Lake  Huron 

De  Berlin  à  Waterloo,  village  de  Wellsley,  Glen- 

Allan,  Listowel  et  Godench,  également  (1904) 

de  Wellsley  à  Stratford,  St.  Mary's  Clinton 

et  Bayfield. 

33    Brandon,  Saskatchewan  et  Hudson's  Bay 

1904 

en  dé- 
chéan- 
ce. 

Tombé 

D'un  point  sur  la  limite  internationale  entre  les 
rangs  23  et  25  à  l'ouest  du  principal  méridien, 
jusqu'à  Brandon,  et  de  là  à  Pas- Mission. 

34.   Brockville,  Westport  et  Northwestern 

Pour  acquérir  les  lignes  de  Brockville,  Westport 
et  Saulf  Sainte-Marie,  et  construire  de  West- 
port à  Sault  Sainte-Marie  et  North  Bay,  em- 
branchement jusqu'à   Barry's  Bay,   ou   autre 
point  sur  le  chemin  de  fer  Canada  Atlantique. 

1905 
1907 

en  dé- 
chéan- 
ce. 

Tombé 

jusqu'à  la  frontière  internationale. 

en  dé- 
chéan- 

36     Cardiff                                     

1903 
1903 

1903 

1903 

1903 
1903 

1903 

10 
75 

1,000 

150 

40 
1,800 

200 

0 
35 

0 

0 

0 
0 

0 

Tombé 

De  la  section  31,  township  6,  ouest  du  5ème  mé- 
ridien, à  un  point  sur  la  ligne  latérale  de  Nid-de- 
Corbeau,  de  la  Cie.  du  ch.  de  fer  Canadien  du 
Pacifique,  soit  à  Frank  ou  à  Livingston. 

1905 
1905 

en  dé- 
chéan- 
ce. 

Chatham,  Ont.,  jusqu'à  Wallaceburg  et  Petrolia, 
aussi  de  Chatham  à  Rondeau,  avec  embran- 
chements entre  Chatham  et  Wallaceburg  jus- 
qu'à Dresden,  et  entre  Chatham  et  le  lac  Erié 
jusqu'à  Blenheim. 

38.  Coast  Yukon 

De  l'anse  Kitimat  au  lac  Atlin,  de  là  à  la  rivière 
Yukon,  pour  se  prolonger  jusqu'à  la  frontière 
internationale,  par  voie  de  Dawson. 

39 .  Guelph  et  Georgian  Bay 

Tombé 
en  dé- 
chéan- 
ce. 

De  Guelph  à  Elora,  Fergus  Arthur,  Mount-For- 
rest  à  Owen  Sound. 

De  Hamilton  à  Galt  et  Berlin. 

Tombé 

De  Fort  Churchill  à  la  rive  sud  du  lac  Athabasca, 
de  là  à  Fort  Simpson  par  le  passage    de    la 
rivière  La-Paix. 
42 .   Huron,  Erié  et  Buffalo 

en  dé- 
chéan- 

Tombé 

De  Saint  Thomas  à,  ou  près  Fort  Erié,  de  Saint 
Thomas  à  Sarnia. 

en  dé- 
chéan- 

1903 
1903 
1903 

1903 

140 
400 
100 

30 

0 
0 
0 

0 

Tombé 

De  Joliette  à  Ste.    Emelie   de   L'Energie,   St. 
Michel-des-Saints  et  Lac  Mannan. 
1  \ .   Kootenay,  Cariboo  et  Pacific 

1905 

1905 
1908 

1906 

en  dé- 
chéan- 
ce. 

De  Golden,  C.-B.,  à  Tête  Jaune  Cache  ;   de  là  à 
Baskerville  et  Fort  George. 
45.   McLeod,  Cardston  et  Montana 

De   McLeod   par  voie  de  Cardston   jusqu'à  la 
frontière  internationale,  à  l'ouest  du   rang  21, 
et  embranchement  d'un  point  entre  McLeod 
et  Cardston  à  un  autre  point  dans  le  township 
1,  rang  30,  à  l'ouest  du  nième  méridien. 
1(>.  Niagara,  Queenston  et  St.  Catharines 

De  St.  Catharines  à  Niagara,  Queenston  et  St. 
Catharines. 

CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  141a 

Chartes  accordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier  1900,  etc. — Suite. 


17 


43 


48 


60 


51 


Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 


Nipissing  et  Ponfeiac 

De  New  Liskeard  au  pied  du  lac  des  Quinze. 
North  West  Coal  and  Coke  (changé  en  1905  en  Great 

West  Ry.) 

De  Bull  Park,  sur  la  rivière  North  Fork,  Alberta, 
jusqu'à  Cowley  ou  Livingston,  sur  l'embran- 
chement de  Nid-de-Corbeau,  P.-C. 
Ottawa  River,  changé  en  1905  en  Central  of  Canada 
De  Grenville  à  Montréal,  avec  embranchement 
St.  Andrews  à  St-Come,  en  remontant  la 
rivière  Rouge  au  lac  Rouge,  et  relier  cette 
ligne  à  celle  du  Canada  Atlantic  à  Hawkesbury. 

Québec,  Saguenay  et  St.  Laurent 

De  la  baie  des  Sept-Iles  à  un  point  sur  la  rivière 
Saguenay,  entre  le  lac  St-  Jean  et  Tadousac  ; 
de  là  jusqu'à  Québec,  avec  embranchements 
sur  St-Alphonse,  la  Malbaie  et  la  baie  St- 
Paul. 

Regina  and  Hudson's  Bay   

De  la  frontière  internationale  entre  le  2ème  et  le 
3ème  méridien  principal,  jusqu'à  Régina  ;  de 
là  vers  le  nord,  etc.,  jusqu'à  Graven,  Longlake- 
ton,  Strassburg.  rivière  aux  Carottes  et  Le  Pas, 
avec  embranch.  de  Craven  au  lac  Grosse-Plume. 

52.  St.  Chrysostome 

Pour  relier  la  paroisse  de  Saint-Chrysostôme  à  la 
Montréal  et  Champlain  Jet.,  le  Grand-Tronc 
et  le  Township  de  Hinchinbrook. 

53 .  Southern  Central  Pacific 

De  Vancouver  par  voie  de  la  Passe  Kootenay  à  un 
point  sur  la  rivière  du  vieux,  Alberta  ;  De  là 
jusqu'à  la  baie  d'Hudson  à  100  milles  au  moins 
au  nord  de  Fort-Churchill,  avec  un  embranche- 
ment (1906)  depuis  la  ligne-mère  près  de  la  ri- 
vière Skaist,  C.-B.,  par  voie  de  Kamloopset  de 
la  Passe  Tête-Jaune  en  passant  par  l'Alberta 
jusqu'à  Cold  Lake  sur  la  ligne-mère. 
Toronto  et  Hamilton  (changé  en  1906  en  Toronto, 

Niagara  et  Western)  (Electrique) 

De  Toronto  à  Hamilton,  à  travers  les  comtés  de 
York,  de  Peel,  de  Halton  et  de  Wentworth. 

Alberta  Ry.  and  Irrigation 

Fusionné  avec  Alberta  Ry.  and  Coal  Co.,  la 
Canadian  North  West  Irrigation  Co.  et  la 
St.  Mary's  River  Ry.  Co. 

56 .  Bessemer  and  Barry's  Bay 

De  L'Amable  Station,  Central  Ontario  Ry.  à 
Barry's  Bay. 

Frontière,  Kamloops  et  Cariboo 

De  Midway,  C.-B.,  à  Kamloops,  et  de  là  à  un 
point  sur  la  rivière  Nechaco  par  voie  de  la 
rivière  North  Thompson,  de  là  à  Hazleton  pour 
se  prolonger  jusqu'au  lac  Teslin  et  aboutir  au 
confluent  des  rivières  Hootalinqua  et  Yukon. 

Brantford  et  Hamilton  (Electrique). 

De  Brantford  par  le  Township  de  East  Brant- 
ford, Ancaster,  etc.,  jusqu'à  Hamilton. 

Campbellford,  Lake  Ontario  and  Western 

D'un  point  situé  entre  Blairton  et  Ivanhoe 
jusqu'à  Cobourg.  Port  Hope,  Newcastle,  Bow- 
manville,  Oshawa  et  Whitby. 

Chicoutimi  and  North  Eastern 

De  Chicoutimi  à  la  baie  Rigolet  sur  l'anse  Ha- 
milton. 

Crawford  Bay  and  St.  Mary's 

De  Crawford  Bay,  lac  Kootenay  à  Fort  Steelo, 
parvoiedeCrawford-Creeket  lariv.  St.  Mary. 


51 


55 


57 


58. 


59. 


60 


61 


Date  de 

la 

charte. 


1903 

1903 

1903 
1903 

1903 

1903 


1903 
1906 


1903 
1904 

1904 
1904 

191  >4 
1904 

1904 
1904 


Milles. 

Longueur  en 
milles   des 
voies  cons- 
truites. 

35 

0 

0 

100 

0 

450 

0 

600 

0 

15 

0 

2,000 

0 

40 

0 

* 

40 

5 

1,600 

0 

23 

23 

120 

0 

800 

0 

80 

0 

g  'fi  t- 

2'S  3 


?  «su 


y 


190." 


1904 

L905 


1906 


1905 


1906 


1904 
1906 


1906 


1906 
1908 


1906 
L908 


1906 

1907 


T  oui  h  é 
en  dé- 
chéan- 
ce. 


Tombé 
en  dé- 
chéan- 
ce. 


Tom  b 
en  dé- 
chéan- 
ce. 


'Longueur  en  milles  indiquée  sous  le  nom  d'autres  compagnies. 


CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Chartes  accordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier  1900,  etc. — Suite. 


Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 


(52.   Kingston  and  Dominion  Central 

De  Kingston,  à  un  point  sur  la  baie  Géorgienne 
entre  Parry-Sound  et  Midland,  par  voie  de 
Newboro  et  Westport.  Changé  en  1905,  en 
Dominion  Central. 

03.  Montréal,  Nipissing  et  baie  Géorgienne 

De  la  baie  du  sud-est,  lac  Nipissing  à  Arnprior, 
Ottawa  et  Montréal  et  de  la  baie  du  sud-est  à 
l'embouchure  de  la  rivière  des  Français. 

04 .  Pontiac  et  Interprovincial 

De  Waltham,  comté  de  Pontiac  à  Ferguson's- 
Point,  de  là  jusqu'au  point  sur  la  ligne  P.C. 
entre  Petewavva  et  Chalk  River,  embranche- 
ment d'un  point  situé  en  face  de  Chapleau  à 
Desjardinville,  en  face  de  Pembroke. 

05 .  Vallée  du  Saint-Maurice 

De  Trois-Rivières  aux  Chutes  Shawenegan  et 
Grand-Mère,  de  là  à  la  jonction  avec  le  ch.  de 
fer  National-Transcontinental. 

00.   Thorold  and  Lake  Erie  (Electrique) 

De  Thorold  à  Port-Coîborne,  allant  vers  l'est  jus- 
qu'à Fort-Eiïé,  et  ensuite  vert  l'ouest  de  Port- 
Col  borne  à  Brantford. 

07 .  Walkerton  and  Lucknow 

De  Walkerton  à  Lucknow,  par  voie  de  Teeswater, 
et  de  Walkerton  à  Hanover. 

08.  White  Horse  et  Alsek 

De  White-Horse,  Ter.-du-Yukon  vers  l'ouest  jus- 
qu'à la  frontière  internationale. 
01) .   Algoma  Copper  Range . 

De  la  baie  de  Batchewana  aux  mines  Superior 
Copper,  de  là  vers  l'est  sur  environ  120  milles  à 
un  point  sur  la  ligne  du  P.C.,  entre  Cartier 
et  Biscotasing. 

70 .  Anthracite  Coal 

Des  dépôts  de  charbon,  townships  18  et  19,  rangs 
7  et  8,  à  l'ouest  du  5ème  méridien  jusqu'à  Leth- 
bridge. 

71 .  Athabaska  Northern 

D'Edmonton  à  Athabaska-Landing. 

72 .  Athabaska 

D'Edmonton,  le  long  de  la  rive  nord  de  la  rivière 
Saskatchewan  du  nord  jusqu'au  township  59, 
rang  12,  à  l'ouest  du  4e  méridien,  de  là  par  l'ex- 
trémité nord-ouest  du  lac  Smoky  jusqu'à  l'ex 
trémité  ouest  du  lac  Labiche  ;  de  là  à  la  rivière 
Athabaska  à  la  jonc,  de  la  rivière  Clearwater. 

73.  Brantford  et  Woodstock 

De  Brantford  à  Woodstock. 

74 .  Calgary  et  Battleford 

De  Calgary  à  Battleford  et  Prince- Albert. 

75 .  Calgary,  Red  Deer  et  Battleford 

De  Calgary  à  Battleford. 
7G .  Georgian  et  Seaboard 

D  un  point  sur  la  baie  Géorgienne  entre  Port 
Severn  et  Penetanguishene  jusqu'à  la  ligne  de 
l'Ontario  et  Québec  Ry.,  entre  Cavanville  et 
Maberly. 

77 .  Lebonk  and  Thunder  Bay 

D'un  point  sur  la  baie  du  Tonnerre  en  suivant  la 
rivière  Blende  jusqu'à  la  mine  Lebonk  sur  le 
lot  No.  1  du  township  de  McTavish,  arpentage 
Herrick,  pour  se  prolonger  vers  l'ouest  jusqu'au 
lac  Loon. 

78 .  London  and  St.  Clair 

D'un  point  sur  l'Ontario  et  Québec  Ry.,  entre 
London  et  Komoka  jusqu'à  un  point  sur  la 
rivière  St  Clair  entre  Sarnia  et  le  lac  St-Clair. 


1904 


1904 


1904 


1904 

1905 


1904 

1904 
1904 

1905 

1905 

1905 
1905 

1905 
1905 
1905 
1905 

1905 
1905 


Milles. 


210 


350 


35 


250 


35 
150 

150 

120 

100 

300 


30 

450 
300 

180 

10 

70 


5    1>    «!  -5 

S  s  5  *■• 
o  G  >  -u 


8-2 


1905 
1907 


22 


T  o  m  b  é 
en  dé- 
chéan- 
ce. 

Tombé 
en  dé- 
chéan- 
ce. 


19CG 

1S05 
1900 


1907 
1907 


1907 


1907 


CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  141a 

Chartes  accordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier  1900,  etc. — Suite. 


Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 


79. 

80. 

81. 
82. 

83. 


89. 
90. 

91. 
92. 
93. 


94 


Montréal,  Québec  et  Southern ...    

De  la  station  de  St-Guillaume  sur  le  Montréal 
and  Atlantic  Railway  jusqu'à  Sorel. 

Moose  Jaw  and  Edmonton  

De  Moose  Jaw  au  coude  de  la  rivière  Saskatche- 
wan  du  sud,  et  de  là  à  Edmonton. 

Owen  Sound  and  Meaford 

De  Owen-Sound  et  Meaford. 

St.  Mary's  and  Western  Ontario 

D'un   point  sur  la  ligne  du  P.-C,  entre  Wood- 
stock   et  London  jusqu'à  St.  Mary  ;   de  là   à 
Exeter  puis  à  Sarnia. 
Trois  Rivières,  St.  Maurice,  Maskinongé  et  Cham- 

plain  (Electrique) - 

De  Trois-Rivières,  vers  l'ouest  en  passant  par 
Pointe-du-Lac,  Yamachiche,  etc.,  jusqu'à  la 
paroisse  de  Maskinongé  également  vers  l'est 
des  Trois-Rivières  jusqu'à  la  paroisse  de  Ste- 
Anne-de-la-Pérade. 

Ashcroft,  Barkerville,  and  Fort  George   . 

D'Ashcroft  ou  Kamloops  jusqu'à  Fort-George 
aux  embranchements  de  Quesnel  à  Barkerville 

Buffalo,  Niagara  and  Toronto  (Electrique) 

De  Niagara-on-the-Lake  jusqu'à  Fort-Erié,  avec 
embranchement  partant  de  St.  David  et  allant 
à  St.  Catharines,  Fort-Erié  à  Port-Colborne  et 
de  la  ligne-mère  au  croisement  de  la  rivière 
Welland  jusqu'à  Welland. 

Burk's  Falls  and  French  River 

Des  chutes  Bark  à  la  rivière  des  Français,  à  l'en- 
droit où  celle-ci  croise  la  ligne  du  P.-C. 

Calgary  and  Fernie 

De  Calgary  jusqu'à  la  rivière  Elk  et  Fernie  en 
passant  par  Kananaskis  Pass. 

Cobalt  Range 

De  Haileybury  à  un  point  en  face  du  Fort-Te- 
miscamingue  à  Ville-Marie  et  à  Kippawa-Sta- 
tion  sur  la  ligne  du  Temiskaming  and  North- 
ern Ontario  Ry. 

Erie,  London  and  Tilsonburg 

De  Port-Burwell  à  London  et  d'un  point  entre 
Port-Burwell  et  Aylmer  jusqu'à  Tilsonburg. 

Fording  Valley .... 

D'un  point  sur  la  ligne  du  British  Columbia 
Southern,  entre  la  rivière  Elk  et  Michel  Creek 
jusqu'à  Fording  River  Valley  ;  le  long  de  Hen- 
rietta  Creek  jusqu'à  la  frontière  de  l'Alberta  et 
jusqu'à  Okotoks  :  avec  embranchement  remon- 
tant cinq  creeks,  limités  à  15  milles  chacun. 

Fort  William  Terminal  and  Bridge 

Contournant  les  lies  n°  1  et  2  à  l'embouchure  de 
la  rivière  Kaministiquia,  etc. 

Hamilton,  Waterloo  and  Guelph 

De  Hamilton  à  Elmira  et  de  Hamilton  à  Elora 
et  Fergus. 

Hillcrest  Ry.  Coal  &  Coke  Co 

De  Morrissey,  C.-B.  à  la  jonction  Hillcrest  ou  à 
l'embranchement  de  Nid-de-Corbeau,  P.-C, 
là  à  Cardston,  Alberta,  avec  embranchement 
partant  de  Mill-Creek  pour  aboutir  à  Pincher- 
Creek  et  aux  dépôts  de  charbon  qui  se  trouvent 
sur  le  tDwnship  5,  R.  1,  à  l'ouest  du  5e  méré- 
dien,  etc. 

Kamloops  and  Yellow  Head  Pass 

De  Kamloops  à  Tête  Jaune  Cache,  par  voie  de 
North-Thompson, Canoë  River  et  McLellan's 
Creek. 


Date 

de  la 

charte. 


1905 

1905 

1905 
1905 

1905 

1906 
1906 

1906 
1906 
1906 

1906 
1906 

1906 
1906 
1906 


1906 


Milles. 

Etendue    eu 
milles  des 
voies  cons- 
truites. 

25 

0 

450 

0 

20 

0 

100 

15 

CO 

0 

300 

0 

40 

0 

70 

0 

150 

0 

70 

0 

50 

0 

175 

0 

0 

90 

0 

150 

15 

200 

0 

5  H  S 


eS, 

g  »*£ 

5;  a*  *  j 

2  *o  «a  * 


1908 
1907 


1908 


1908 


1908 


1908 


1908 


CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Chartes  accordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier  1900,  etc. — Suite. 


Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 


100. 
101. 


102. 


95 .  Prince  Albert  and  North  Saskatchewan 

De  Prince- Albert  à  Pas-Mission. 

96.  Québec  Midland 

De  la  frontière  entre  l'Ontario  et  Québec,  au  lac 
Abitibi,  jusqu'à  un  point  de  la  rive  ouest  du  lac 
Mattagami. 

97.  Québec,  Montréal  and  Southern 

Acquérir  les  lignes  de  chemin  de  fer  de  la  rive 
sud  des  Comtés-Unis  et  de  la  Vallée  du  Riche- 
lieu-Est pour  compléter  les  voies  et  les  prolon- 
ger depuis  Noyan  Junction  jusqu'à  la  frontière 
internationale. 

98.  Temagami,  Cobalt  and  Temiskaming 

D'un  point  sur  le  lac  Temagami  jusqu'aux  Rapi- 
des des  Quinze,  rivière  Ottawa. 

99.  Vancouver,  Fraser  Valley  and  Southern 

De  Vancouver  à  New-Westminster,  et  de  là  à 
Douglass  sur  la  frontière  internationale,  du 
pont  de  New-Westininster  à  Chilliwhack,  et  à 
Ladner's  Landing. 

Windsor,  Chatham  and  London  (Electrique) 

De  Windsor  à  Chatham  et  London. 

Abitibi  and  Hudson  Bay 

De  la  ligne  du  chemin  de  fer  National  Trans- 
continental entre  la  rivière  de  Frederick  Hou- 
se  et  le  lac  Abitibi  jusqu'à  la  baie  James  entre 
les  rivières  Albany  et  Main. 

Alsek  and  Yukon 

D'un  point  sur  la  frontière  Internationale  au  croi- 
sement de  la  rivière  Klihini,  de  là  vers  le  nord- 
Ouest  le  long  des  rivières  Klihini,  Fatsenshini, 
Shakwak  et  Alsek,  de  là  sur  la  rive  du  lac 
Kluane,  des  rivières  Darjek  et  White  jusqu'à 
la  frontière  internationale  entre  les  62ème  et 
64ème  parallèle  de  latitude. 

103.  Burrard,  Westminster  and  Boundary  Railway  and 

Navigation 

Ligne  de  ceinture,  de  Vancouver  par  New- West- 
minster, Port  Moody,  etc.,  au  point  de  départ. 
Depuis  le  pont  projeté  à  Second  Narrows  jus- 
qu'à la  limite  nord  de  Vancouver-nord  ;  De  là 
jusqu'à  North  Arm  et  Home  Sound,  etc. 

104 .  Collingwood  Southern     

De  Collingwood  à  Baxter  sur  l'embranchement 
de  Sudbury,  P.  C.    De  Collingwood  à  Orillia. 

105 .  Eastern  Townships 

D'un  point  sur  l'Jntercolonial  Ry,    paroisse  de 

St-Léonard,  jusqu'à  la  jonction  du  chemin  de 

fer  Québec  Central  et  Main  Central,  dans  le 

comté  de  Wolfe. 

108.  Edmonton,  Dunvegan  and  British  Columbia 

D'Edinonton  à  Dunvegan,  de  là  sur  le  long  de  la 
rivière  de  La-Paix,  jusqu'à  son  confluent  avec 
la  rivière  Parsnip  et  jusqu'à  Fort-George. 

107 .  Malone  and  Hopkins  Point 

Du  village  de  Dundee  à  Hopkins  Point,  comté 
de  Huntingdon. 

108 .  Manitoba  Radial 

De  Winnipeg  à  Clandeboye,  Lac  Manitoba,  et  à 
un  point  près  des  Grands  Rapides  sur  le  lac 
Winnipeg  avec  embranchement  de  Winnipeg  à 
Stonewall  et  au  lac  Francis. 


Date 

de  la 

charte. 


1906 
1906 

1906 

1906 
1906 

1906 
1907 

1907 


1907 

1907 
1907 

1907 

1907 
1907 


Milles. 

230 
140 

264 

100 
100 


120 
200 


300 


100 


7-r> 


650 


160 


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144 


C    »    h 


il 


1908 


1908 


CHARTES  DE  CHEMINS  DE  FER 
DOC.  PARLEMENTAIRE  No  141a 

Chartes  accordées  aux  chemins  de  fer  depuis  le  1er  janvier  1900,  etc. — Fin. 


S  v  52 

S  «  s 

l'ai 


Nom  et  parcours  de  la  compagnie. 


109 .  Nipissing  Central 

De  Latchford  à  la  rivière  Blanche,  Windigo  et  à 
un  point  sur  la  ligneduGrand-Tronc-Pacifique  à 
la  rivière  Matagami,  également  de  Latchford, 
le  long  de  la  rivière  Montréal  par  les  town- 
ships  Barr  jusqu'à  Willison  ;  De  là  vers  le  nord  à 
un  point  sur  la  ligne  du  Grand-Tronc-Pacifique  ; 
aussi  de  Latchford  à  Temagami-Station,  etc. 

110.  Quinze  and  Blanche  River  

D'un  point  dans  le  township  de  Dymond  sur  la 
ligne  du  T.  &  N.  O.  jusqu'au  lac  des  Quinze. 

111.  St.  Léon   . . . .'....    .    

De  Louiseville,  comté  de  Maskinongé,  en  allant 
vers  le  nord  jusqu'à  Alexis  avec  embranche- 
ment de  St-Léon  à  Trois-Rivières  et  au  lac 
Maskinongé. 

112.  Saskatchewan  Valley  and  Hudson  Bay.  .......    . 

*  D'Edmonton  au  lac  Smoky,  Prince-Albert,  lac 
du  Pélican  et  Fort-Churchill,  également  du  lac 
Smoky  au  lac  de  l'Ile  à  la  Crosse  et  au  lac  du 
Pélican. 

1  13 .  Winnipeg  and  North  Western 

De  Winnipeg  par  voie  de  Stonewall  et  Mossy- 
Portage  jusqu'à  la  vallée  de  la  rivière-aux-Ca- 
rottes  ;  De  là  vers  l'Est  par  Fort-la-Corne  jus- 
qu'à la  rivière  Lobstiek  avec  embranchement 
de  Prince-  Albert  à  Battleford,  du  lac  La-Selle 
au  lac  La-Biche,  de  Fort- Victoria  à  Athabaska- 
Landing  et  vers  le  sud-ouest  jusqu'à  Edmon- 
ton,  etc. 

114 .  Alberta  and  British  Columbia 

De  la  frontière  internalionale  au  croisement  de 
la  rivière  Kootenay  jusqu'à  Elko  ;  De  là  à 
Cowley,  Alberta,  et  à  Calgary. 

115 .  Alberta  and  Brazeau  River 

D'un  point  sur  la  ligne  de  Calgary  à  Edmonton, 
entre  Olds  et  Innisfails  jusqu'à  Rocky  Moun- 
tain House.  De  là  vers  l'Ouest  à  un  point  dans 
les  plaines  de  Kootenay  dans  les  montagnes 
Rocheuses.  D'un  point  entre  les  rivières  Big 
Horn  et  Sheep,  rivière  Saskatchewan-Nord 
jusqu'à  la  rivière  Brazeau.  De  là  le  long  de  la 
rivière  McLeod  à  un  point  sur  le  G. T. P. 

116 .  Northern  Empire 

D'un  point  sur  la  frontière  internationale  à  l'Est 
de  Cardston,  dans  le  township  1,  rangs  20,  21, 
22,  ou  23,  à  l'ouest  du  4ème  méridien  par  Leth- 
bridge  jusqu'à  Fort-Murray  ;  De  là  vers  le 
nord-ouest  par  voie  de  Fort-  Vermillion,  à  tra- 
vers le  territoire  du  Yukon,  par  voie  de  Davv- 
son-City  jusqu'à  la  frontière  entre  le  Yukon  et 
l'Alaska  avec  embranchement  d'un  point  à  l'est 
de  Victoria,  Alberta,  sur  Edmonton. 

117 .  Vancouver  Island  and  Eastern 

De  Victoria  à  Seymour  Narrows  et  de  Bute-Inlet 
à  Edmonton. 


Date 

de  la 

charte. 


1907 


1907 
1907 

1907 

1907 


Milles. 


500 


30 
50 

1,500 

1,800 


1908 


1908 


1908 


1908 


200 


250 


2,000 


900 


G   w   *■> 

fc    V    M 


*2 


1908 


1er  Avril  1909. 


E.   V.  JOHNSON. 


141a— 2 


I 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  145  A.  1909 


RÉPONSE 


A  une  adresse  de  la  Chambre  des  Communes,  en  date  du  22  mars  1909,  priant  Son 
Excellence  le  Gouverneur  général  de  soumettre  à  la  Chambre  copie  de  toute  cor- 
respondance, rapports,  documents,  arrêtés  de  l'exécutif,  en  la  possession  du  gouver- 
nement concernant  l'établissement  d'un  Bureau  de  service  d'études  géodésiques  et 
l'origine  de  ce  service  en  Canada. 

CHAS  MURPHY, 

Secrétaire  d'Etat. 


145—1 


Kl 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  145  A.  1909 


TABLE  DES  MATIERES. 


Document  'parlementaire  n°  lJfô. 

Page. 

1.  Mémoire  de  l'Association  des  arpenteurs  fédéraux  au  ministre  de  l'Intérieur, 

mars  1886 9 

2.  Mémoire  présenté  au  gouvernement  par  l'Association  des  arpenteurs  fédéraux, 

en  1888 12 

3.  L'astronome  en  chef  au  sous-ministre  de  l'Intérieur,  3  mai  1907 16 

4.  L'astronome  en  chef  à  l'hon.  Clifford  Sifton,  ministre  de  l'Intérieur,  14  juin 

1899 17 

5.  Mémoire  de  la  Société  Royale  du  Canada  en  mai  1903 20 

6.  L'astronome  en  chef  au  ministre  de  l'Intérieur,  5  mai  1904 22 

7.  L'astronome  en  chef  et  le  géographe  fédéral  au  ministre  de  l'Intérieur,  25  juillet 

1904 24 

8.  L'astronome  en  chef  et  le  géographe  fédéral  au  ministre  de  l'Intérieur,  25  juillet 

1904 25 

9.  Le  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  de 

l'Intérieur,  15  avril  1905 , 29 

10.  Le  général  de  brigade  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  14  avril 

1905 3Q 

11.  L'astronome  en  chef  au  sous-ministre  de  l'Intérieur,  2  mai  1905 31 

12.  Mémoire  du  major  général  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense.  ...  31 

13.  Mémoire  de  l'arpenteur  général  au  sujet  du  lever  d'un  plan  topographique  du 

Canada,  20  février  1906 35 

14.  L'arpenteur  général  au  sous-ministre  de  l'Intérieur,  17  avril  1906 36 

15.  Mémoire  de  l'arpenteur  général  au  sujet  d'un  lever  tri  gon  omet  ri  que,  29  décem- 

bre 1903 38 

16.  Le  sous-ministre  de  l'Intérieur  à  l'astronome  en  chef,  24  avril  1906 40 

17.  Le  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  au  sous-ministre  de  l'Intérieur, 

6  avril  1906 .' 40 

18.  Mémoire  de  la  Société  canadienne  des  Ingénieurs  civils,  2  avril  1906 41 

19.  L'astronome  en  chef  au  sous-ministre  de  l'Intérieur,  18  mai  1906 42 

20.  Rapport  de  la  Commission  d'études  géodésiques  au  ministre  de  la  Milice  et  de 

la  Défense,  15  février  1907 46 

21.  Extraits  des  rapports  montrant  les  avantages  pratiques  que  l'on  retire  des  levés 

topographiques 50 

22.  Arrêté  de  l'exécutif  constituant  la  Commission  d'études  géodésiques 53 

145— Il 


4  TABLE  DES  MATIERES 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Page. 

23.  Mémoire  soumis  au  Très  honorable  sir  Wilfrid  Laurier  par  la  Société  cana- 

dienne des  Ingénieurs  civils,  2  avril  1906 55 

24.  Objections  de  l'arpenteur  général  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la 

Commission  d'études  géodésiques 56 

25.  Objections  de  M.  Steckel  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la  Com- 

mission d'études  géodésiques 59 

26.  Rapport  de  M.  A.  C.  Bigger  à  l'astronome  en  chef,  5  août  1908 62 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  145a  A.  1909 


TABLE  DES  MATIERES. 


Document  parlementaire  n°  lJ^5a. 


Page. 

1.  Le  général  de  brigade  Lake  au  colonel  Reade,  commandant  du  Collège  mili- 

taire royal 1 

2.  Le  général  de  brigade  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  14  avril 

1905.. 1 

3.  Le  sous-miuistre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  de 

l'Intérieur,  15  avril  1905 1 

4.  Le  général  de  brigade  Lake  au  scus-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la 

Défense,  15  avril  1905 1 

5.  Le  sous-ministre  intérimaire  de  l'Intérieur  au  sous-ministre  intérimaire  de  la 

Milice  et  de  la  Défense,  20  avril  1905 2. 

6.  Le  colonel  Reade  au  général  de  brigade  Lake,  22  avril  1905 2: 

7.  Le  sous-directeur  du  service  des  renseignements  au  géographe  fédéral,  25  novem- 

bre 1905 2 

8.  Le  géographe  fédéral  au  général  de  brigade  Lake,  16  décembre  1905 3 

10.  L'arpenteur  général  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  20  janvier 

1906 3 

11.  Le  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  des  Chemins  de 

fer  et  Canaux,  8  mars  1906.  .   .  .  « 4 

12.  Mémoire  du  major  général  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense  rela- 

tivement au  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada 4 

13.  Notes  au  sujet  du  mémoire  concernant  le  lever  d'un  plan  topographique  du 

Canada 4 

14.  Le  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  au  sous-ministre  de  la  Milice 

et  de  la  Défense,  9  mars  1906 5 

15.  Le  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  directeur  de  la  Commission 

géologique,  10  mars  1906 5 

16.  Le  directeur  de  la  Commission  géologique  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la 

Défense,  20  avril  1906 6 

17.  La  Société  canadienne  des  Ingénieurs  civils  au  Très  honorable  sir  Wilfrid  Lau- 

rier, 2  avril  1906 6 

18.  Le  major  général  Lake  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  20  avril 

1906 6 

19.  Le  major  général  Lake  au  Conseil  de  la  Milice,  11  mai  1906 7 

20.  Arrêté  de  l'exécutif  constituant  la  Commission  d'études  géodésiques 8 


6  TABLE  DES  M  LTIERE8 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Page. 

21.  Major  général  Lake  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  20  novem- 

bre 190(3 8 

22.  Le  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  des 

Travaux  publics,  28  novembre  190G 9 

23.  Le  directeur  de  la  Commission  géologique  au  sous-ministre  intérimaire  de  la 

Milice  et  de  la  Défense,  30  novembre  1906 10 

24.  Le  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  au  sous-ministre  intérimaire 

de  la  Milice  et  de  la  Défense,  30  novembre  1906 10 

25.  Le  sous-ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  au  secrétaire  du  Conseil  de  la 

milice,  3  décembre  1906 11 

26.  Le  sous-ministre  des  Travaux  publics  au  ministre  intérimaire  de  la  Milice  et 

de  la  Défense,  10  décembre  1906 11 

27.  Le  major  général  Lake  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  13  décem- 

bre 1906 11 

28.  Le  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  de 

l'Intérieur,  13  décembre  1906 11 

29.  Le  sous-ministre  des  Travaux  publics  au  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

20  décembre  1906 12 

30.  Le  sous-ministre  de  l'Intérieur  au  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de 

la  Défense,  20  décembre  1906 12 

31.  Le  major  général  Lake  aux  membres  de  la  Commission  d'études  géodésiques, 

26  décembre  1906 12 

32.  Rapport  de  la  Commission  d'études  géodésiques  au  ministre  de  la  Milice  et  de 

la  D5fense,  15  février  1907 13 

33.  Extraits  d3  rapports  ou  autres  documents  montrant  l'utilité  des  levers  topogra- 

phiques      13 

34.  L'astronome  en  chef  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  2  mars  1907.  .     13 

36.  Objections  de  l'arpenteur  général  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la 

Commission  d'études  géodésiques 16 

37.  Objections  de  M.  Steckel  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la  Com- 

mission d'études  géodésiques 16 

38.  Arrêté  de  l'exécutif  du  23  février  1909 16 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  145b  A.  1909 


TABLE  DES  MATIERES. 


Document  'parlementaire  n°  ll^Sb. 

Page. 

1.  Mémoire  de  la  Société  canadienne  des  Ingénieurs  civils  au  Très  honorable  sir 

Wilfrid  Laurier,  2  avril  1906 1 

2.  Arrêté  de  l'exécutif  constituant  la  Commission  d'études  géodésiques 1 

3.  Le  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  des 

Travaux  publics,  28  novembre  1906 * 1 

4.  -M.  Steckel  au  président  de  la  Commission  d'études  géodésiques  au  sujet  des 

levers  faits  par  le  ministère  des  Travaux  publics 1 

5.  Rapport  de  la  Commission  d'études  géodésiques  au  ministre  de  la  Milice  et  de 

la  Défense,  15  février  1907 4 

6.  Extraits  de  rapports,  etc.,  montrant  les  avantages  pratiques  que  l'on  retire  des 

levers  topographiques 4 

7.  Objections  de  M.  Steckel  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la  Com- 

mission d'études  géodésiques 4 

8.  M.  Steckel  au  secrétaire  du  ministère  des  Travaux  publics,  12  mars  1907.  ...       4 

9.  M.  Steckel  au  secrétaire  du  ministère  des  Travaux  publics,  28  décembre  1907. .       4 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  145  A.   1909 


MEMOIRE  SOUMIS  PAR  L'ASSOCIATION  DES  ARPENTEURS  FEDERAUX 
AU  MINISTRE  DE  L'INTERIEUR  EN  MARS  1886. 

L'honorableU  ministre  de  l'Intérieur  : 

Monsieur, — Le  présent  mémoire  vous  est  respectueusement  soumis  par  l'Associa- 
tion des  Arpenteurs  fédéraux. 

Le  Canada  a  atteint  la  phase  où  les  besoins  du  pays  exigent  un  système  d'arpen- 
tage plus  exact  que  celui  qui  a  été  suivi  jusqu'ici.  A  mesure  qu'augmente  la  valeur 
des  terres — dont  les  bornes,  dans  les  vieilles  provinces,  sont,  dans  la  plupart  des  cas, 
déterminées  par  un  morceau  de  bois,  par  des  marques  sur  des  arbres  ou  par  le  témoi- 
gnage de  quelques-uns  des  plus  vieux  habitants,  ce  qui  donne  souvent  lieu  à  des  procès 
coûteux,  dont  le  résultat  dépend  principalement  de  la  prépondérance  de  la  preuve  de 
part  ou  d'autre  (preuve  qui  peut  être  et  qui  est  souvent  erronée) — se  fait  de  plus  en 
plus  sentir  le  besoin  d'un  meilleur  mode  d'arpentage.  Or,  si  les  bornes,  surtout  des 
grandes  étendues  de  territoire,  comme,  par  exemple,  les  concessions,  les  townships  et 
les  comtés,  étaient  rattachées  à  un  lever  géodésique,  semblable  à  celui  qui  a  été  fait 
dans  les  pays  mentionnés  plus  bas,  tout  doute  quant  à  leur  vraie  position  serait  à 
jamais  dissipé.  De  plus,  les  demandes  qui  sont  si  souvent  faites  pour  des  cartes  plus 
exactes  de  notre  littoral  et  de  nos  eaux  montrent  qu'un  lever  hydrographique  et  géo- 
désique plus  précis  du  pays  est  absolument  nécessaire. 

La  valeur  et  l'utilité  d'un  lever  topographique  exact  ont  été  si  clairement  démon- 
trées chez  les  autres  nations  civilisées  qu'il  n'est  guère  nécessaire  que  nous  indiquions 
les  avantages  que  nous  en  retirerions.  Nous  croyons  devoir,  cependant,  citer  les 
opinions  de  quelques-uns  de  ceux  qui  font  autorité  en  la  matière.  Un  ingénieur  amé- 
ricain éminent  dit  que  "si  l'Etat  du  Massachusetts  avait  eu  une  bonne  carte  topogra- 
phique en  1836,  $20,000,000  auraient  probablement  été  épargnés  dans  ses  dépenses 
publiques  pour  chemins  de  fer". 

M.  Sandford  Eleming,  dans  son  rapport  présenté  au  ministre  des  Travaux  publics, 
en  date  du  5  avril  1879,  dit:  "  Si  l'on  décidait  de  reconstruire  les  chemins  de  fer  de  la 
province  d'Ontario,  une  étude  attentive  des  besoins  de  cette  province  permettrait  à 
n'importe  quel  ingénieur  intelligent  d'une  expérience  ordinaire  d'adopter  un  nouveau 
système  qui,  à  moitié  moins  de  frais,  donnerait  au  public  de  bien  meilleures  facilités 
de  transport,  et  qui  n'aurait  pas  pour  résultat  des  pertes  comme  celles  subies  par  les 
capitalistes  qui  avaient  été  induits  à  placer  leurs  fonds  dans  une  entreprise  qui  a 
été  peu  profitable  pour  plusieurs".  Les  chemins  de  fer  d'Ontario  ont  coûté,  d'après 
les  relevés  officiels,  près  de  $180,000,000.  S'ils  pouvaient  être  construits  pour  la  moitié 
de  cette  somme,  l'autre  moitié  de  cette  énorme  dépense  doit  être  considérée  comme 
tout  à  fait  inutile,  en  supposant  qu'un  autre  système  eût  répondu  tout  aussi  bien  aux 
besoins  de  cette  province.  L'argent  qui  a  été  inutilement  dépensé  ne  rapporte  rien, 
est  une  perte  sèche.  Si  ce  sont  les  deniers  publics  qui  ont  été  ainsi  gaspillés,  la  dette 
publique  aurait  pu  être  réduite  d'autant,  ou  bien  d'autres  intérêts  auraient  pu  être 
servis,  d'autres  entreprises  auraient  pu  être  subventionnées  dans  la  mesure  de  l'excé- 
dent des  dépenses.  Si  les  fonds  ont  été  obtenus  de  capitalistes  étrangers  sur  des  pro- 
messes alléchantes  ou  sur  des  perspectives  représentées  comme  brillantes,  ces  capi- 
talistes se  trouvent  à  perdre  une  grande  partie  de  l'argent  qu'ils  ont  versé. 

Aujourd'hui,  lorsqu'on  décide  de  construire  un  chemin  de  fer  en  Angleterre,  des 
études  préliminaires  comme  celles  que  nous  sommes  obligés  de  faire  ne  sont  pas  néces- 
saires. D'après  les  plans  qui  sont  fournis  par  le  gouvernement,  les  longueurs  et  les 
pentes  de  n'importe  quelle  ligne  peuvent  être  établies  avec  assez  d'exactitude  pour 
permettre  de  faire  immédiatement  un  tracé  final  et  définitif. 


10  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Ces  plans  sont  aussi  très  utiles  lorsqu'il  s'agit  de  déterminer  les  étendues  de  ter- 
rain à  drainer,  de  se  procurer  un  approvisionnement  d'eau,  de  fixer  les  bornes  entre 
les  propriétés,  de  dessécher  les  terres  exposées  aux  marées  et  de  répartir  équitablement 
les  impôts  fonciers. 

Voici,  en  résumé,  quels  sont  les  levers  de  plans  de  ce  genre  qui  ont  été  faits  par 
lea  autres  pays: — 

Vient  en  premier  lieu  le  lever  topographique  de  la  Grande-Bretagne  et  de  l'Ir- 
lande, couvrant  près  de  110,000  milles  carrés,  qui  a  été  commencé  en  1784  et  qui  est 
presque  terminé.  L'échelle  primitive  était  de  1  pouce  au  mille,  mais  une  échelle  de 
6  pouces  au  mille  a  été  par  la  suite  adoptée.  Vient  ensuite  le  lever  trigonométrique 
de  l'Inde,  qui  a  été  entrepris  au  commencement  de  ce  siècle  par  le  colonel  Lambton, 
qui  se  poursuit  encore  actuellement  et  dont  l'utilité  est  inestimable.  La  Belgique, 
avec  une  superficie  de  10,000  milles  carrés,  aura  450  planches  lorsque  le  lever  géodé- 
sique  que  l'on  y  fait  dans  le  moment  sera  terminé.  L'échelle  adoptée  est  de  1/20000, 
et  les  lignes  de  contours  sont  espacées  de  1  mètre. 

Dans  la  Saxe,  le  lever  topographique  primitif  a  été  commencé  en  1780  et  terminé 
en  1806,  sur  une  échelle  de  1/12000,  et  une  nouvelle  carte  a  été  dressée  en  1870. 

Dans  la  Prusse,  depuis  1849,  des  méthodes  nouvelles  et  plus  parfaites  ont  été  sui- 
vies pour  les  levers  topographiques  faits  par  le  gouvernement. 

Dans  le  grand  duché  de  Bade,  l'on  a  commencé  à  dresser  une  nouvelle  carte  en 
1874  sur  une  échelle  de  1/25000,  avec  lignes  de  contour  espacées  de  10  mètres. 

La  Kussie,  avec  son  immense  territoire,  à  peu  près  deux  fois  plus  grand  que  les 
Etats-Unis,  y  compris  l'Alaska,  est  depuis  plusieurs  années  activement  occupée  à  faire 
des  levers  géographiques. 

La  Norvège,  bien  que  ce  soit  un  pays  relativement  pauvre,  a  décidé  d'avoir  une 
bonne  carte  topographique,  sur  une  échelle  de  1/100000,  et  son  travail  mérite  des 
louanges. 

La  Suède,  aussi,  est  à  dresser  une  carte  et  a  déjà  la  moitié  du  travail  de  fini. 

La  Bavière  a  terminé,  en  1868,  sa  carte  topographique,  qui  comprend  112  plan- 
ches. 

La  Wurtemberg  a  aussi  une  carte,  sur  une  échelle  de  1/50000,  dont  une  nouvelle 
édition  est  actuellement  en  cours  de  publication. 

L'Autriche  vient  de  terminer  une  nouvelle  carte,  qui  comprend  715  planches. 

En  Suisse,  l'on  est  à  publier  une  nouvelle  carte,  comprenant  546  planches. 

Au  Danemark,  l'on  est  à  faire  actuellement  un  lever  géodésique. 

La  grande  carte  de  la  France  comprend  276  planches. 

En  Italie,  une  carte,  sur  une  échelle  de  1/50000,  est  presque  terminée. 

L'Espagne  est  à  faire  un  nouveau  lever  tojpographique  depuis  1838,  et  le  Portugal 
depuis  1856. 

Sur  ce  continent,  des  levers  de  plans  d'un  haut  degré  de  précision  ont  été  faits 
par  le  gouvernement  de  la  république  voisine  le  long  du  littoral  des  Etats-Unis  et  le 
long  des  grands  lacs.  Il  en  a  aussi  été  fait  dans  plusieurs  des  Etats  et  des  territoires 
de  l'extrême  ouest,  notamment  dans  le  Nevada,  le  Colorado,  l'Utah,  le  Nouveau-Mexi- 
que, le  Montana,  l'Idaho  et  une  partie  de  l' Arizona. 

Plusieurs  Etats  ont  fait  des  levers  topographiques  de  leur  territoire,  entre  autres 
le  Massachusetts,  la  Californie,  le  New-Jersey  et  le  New-Hampshire,  et  dans  d'autres 
Etats  des  études  géodésiques  se  poursuivent  actuellement. 

Tous  les  levers  de  plans  dont  il  est  parlé  plus  haut,  tant  en  Europe  qu'en  Améri- 
que, sont  basés  sur  une  triangulation.  L'importance  et  l'utilité  de  la  chose  ont  été  si 
clairement  démontrées  que  personne  ne  saurait  en  contester  la  nécessité. 

Un  lever  topographique  du  Canada,  surtout  de  la  partie  la  plus  peuplée  de  son 
littoral,  devrait  être  fait  comme  conséquence  naturelle  de  son  constant  développement. 

La  perte  d'un  seul  navire  avec  sa  cargaison  parce  que  des  rochers  ou  des  récifs 
sont  mal  indiqués,  ou  à  raison  du  fait  que  les  cartes  seraient  inexactes  ou  incomplètes, 


comnssiox  geodesique  au  canada  .  n 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No   145 

représenterait  une  somme  suffisante  pour  faire  le  lever  d'un  territoire  de  plusieurs 
milliers  de  milles  carrés. 

La  Commission  géodésique  et  hydrographique  dea  Etats-Unis  a  déjà  établi  plu- 
sieurs points  de  raccordement  avec  le  Canada  pour  notre  usage  futur. 

Des  levers  de  plans  plus  ou  moins  précis  sont  actuellement  à  se  faire,  et  Le  lever 
d'un  plan  topographique  et  hydrographique  général  du  Canada  est  incontestablement 
une  entreprise  du  ressort  du  gouvernement  fédéral. 

Pour  un  travail  compliqué  comme  celui  que  nécessitera  un  lever  de  plans  «le  ce 
genre,  il  est  essentiel  que  l'on  adopte,  après  mûre  étude,  une  méthode  pratique,  qui 
serait  uniformément  et  invariablement  suivie,  et  si  l'on  doit  se  guider  d'après  L'expé- 
rience des  autres  pays,  il  est  évident  qu'une  triangulation  primaire  est  nécessaire 
comme  base  sur  laquelle  seront  faits  tous  les  levers  topographiques  détaillés. 

Voici  le  projet  que  nous  soumettons  respectueusement  pour  l'exécution  de  cette 
importante  entreprise  : — 

Le  travail  devrait  se  faire  sous  la  direction  du  ministère  de  l'Intérieur,  qui  est 
pourvu  des  intruments  coûteux  nécessaires  pour  les  opérations  de  cette  nature,  et  qui 
a  à  son  service  plusieurs  arpenteurs  qui  ont  subi  l'examen  prescrit  par  le  statut  con- 
cernant les  terres  fédérales,  et  qui  ont  toutes  les  connaissances  voulues  pour  pouvoir 
s'acquitter  d'une  manière  satisfaisante  de  cette  tâche,  de  sorte  que  l'on  n'aurait  pas 
besoin  de  s'adresser  au  gouvernement  impérial  pour  avoir  des  hommes  compétents. 
De  plus,  des  levers  de  plans  très  exacts  ont  déjà  été  faits  par  ce  ministère  clans  les 
territoires  du  Nord-Ouest. 

Un  lever  géodésique  de  ce  genre  est  absolument  nécessaire  dans  les  vieilles  pro- 
vinces, et  comme  l'on  a  promis  de  faire  sous  peu  un  lever  du  golfe  Saint-Laurent,  l'on 
pourrait  commencer  là  par  un  lever  trigonométrique  et  hydrographique,  avec  toutes 
les  observations  des  marées  nécessaires;  cela  serait  évidemment  très  utile  comme  aide 
à  la  navigation.  Le  ministère  de  l'Intérieur  étant  en  possession  des  instruments 
requis  pour  faire  des  levers  de  plans,  une  somme  d'argent  relativement  peu  élevée 
suffirait  chaque  année. 

Une  chaîne  de  triangulation  primaire  le  long  du  fleuve  et  du  golfe  Saint-Laurent 
et  des  grands  lacs  fournirait  une  base  pour  faire  des  levers  géodésiques  dans  l'intérieur 
des  différentes  provinces  à  mesure  que  cela  deviendrait  nécessaire,  et  pourrait  facile- 
ment être  reliée  au  lever  trigonométrique  des  lacs  qui  a  été  fait  par  le  gouvernement 
des  Etats-Unis. 

Vu  les  faits  ci-dessus  exposés,  nous  croyons  qu'il  est  de  l'intérêt  du  pays  en  gène» 
rai  qu'un  lever  topographique  du  Canada  soit  commencé  sans  plus  de  retard. 

Et,  comme  il  est  de  notre  devoir,  nous  ne  cesserons  de  prier. 

Signé  au  nom  de  l'Association  des  Arpenteurs  fédéraux. 

THOMAS  FAWCETT, 

Président. 
Gravenhurst,  25  mars  1886. 


12  *  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


MEMOIRE  PRESENTE  AU  GOUVERNEMENT  PAR  L'ASSOCIATION  DES 
ARPENTEURS  FEDERAUX,  EN  1888. 

A  la  5me  convention  annuelle  de  l'Association  des  Arpenteurs  fédéraux,  tenue  à 
Ottawa,  le  14  et  le  15  de  mars  dernier  (1888),  un  comité  a  été  nommé  pour 
étudier  la  question  du  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada,  pour  indiquer 
la  meilleure  méthode  à  suivre  pour  mener  à  bonne  fin  une  entreprise  de  ce 
genre,  et  pour  signaler  la  chose  à  l'attention  du  gouvernement  et  de  tous 
ceux  qui  s'intéressent  à  ce  projet  dont  l'immédiate  exécution  s'impose. 

Le  comité  a  l'honneur  de  faire  le  rapport  suivant  : — 

Le  Canada  a  atteint  la  phase  où  les  besoins  du  pays  exigent  un  système  d'arpentage 
plus  exact  que  celui  qui  a  été  suivi  jusqu'ici. 

La  valeur  et  l'utilité  d'un  lever  trigonométrique  ont  été  si  clairement  démontrées 
chez  les  autres  nations  civilisées  qu'il  n'est  guère  nécessaire  que  nous  indiquions  les 
avantages  que  nous  en  retirerions. 

Voici,  en  résumé,  quels  sont  les  levers  de  plans  de  ce  genre  qui  ont  été  faits  par 
les  autres  pays: 

Vient  en  premier  lieu  le  lever  topographique  de  la  Grande-Bretagne  et  de  l'Ir- 
lande, couvrant  près  de  110,000  milles  carrés,  qui  a  été  commencé  en  1784  et  qui  est 
presque  terminé.  L'échelle  primitive  était  de  1  pouce  au  mille,  mais  une  échelle  de 
6  pouces  au  mille  a  été  par  la  suite  adoptée.  Vient  ensuite  le  lever  trigonométrique 
de  l'Inde,  qui  a  été  entrepris  au  commencement  de  ce  siècle  par  le  colonel  Lambton, 
qui  se  poursuit  encore  actuellement,  et  dont  l'utilité  est  inestimable.  La  Belgique, 
avec  une  superficie  d'environ  10,000  mille  carrés,  aura  450  planches  lorsque  le  lever 
géodésique  que  l'on  y  fait  dans  le  moment  sera  terminé.  L'échelle  adoptée  est  de 
1/20000,  et  les  lignes  de  contour  sont  espacées  de  1  mètre. 

Dans  la  Prusse,  depuis  1849,  des  méthodes  nouvelles  et  plus  parfaites  ont  été  sui- 
vies pour  les  levers  topographiques  faits  par  le  gouvernement. 

La  Russie,  avec  son  immense  territoire,  à  peu  près  deux  fois  plus  grand  que  les 
Etats-Unis,  y  compris  l'Alaska,  est  depuis  plusieurs  années  activement  occupée  à  faire 
des  levers  trigonométriques. 

La  Norvège,  bien  que  ce  soit  un  pays  relativement  pauvre,  a  décidé  d'avoir  une 
bonne  carte  topographique,  sur  une  échelle  de  1/100,000,  basée  sur  des  levers  trigono- 
métriques. 

L'Autriche  vient  de  terminer  une  nouvelle  carte  de  l'empire,  qui  comprend  715 
planches  et  qui  a  été  aussi  compilée  d'après  les  données  fournies  par  des  levers  trigo- 
nométriques. 

Le  Danemark,  la  Suisse,  l'Espagne,  le  Portugal  et  l'Italie  sont  tous  à  faire  des 
levers  trigonométriques  afin  de  pouvoir  tracer  une  carte  exacte  de  leurs  territoires  res- 
pectifs. 

La  France  a  terminé  son  lever  géodésique,  qui  comprend  276  planches. 

Sur  ce  continent,  des  levers  de  plans  d'un  haut  degré  de  précision  ont  été  faits 
par  le  gouvernement  des  Etats-Unis.  La  Commission  hydrographique  et  géodésique 
de  ce  pays  poursuit  son  travail  le  long  du  littoral  maritime  et  des  grands  lacs,  et  plu- 
sieurs Etats  et  territoires  ont  été  triangulés,  parmi  lesquels  se  trouvent  quelques-uns 
de  l'extrême  ouest,  savoir,  le  Nevada,  le  Colorado,  l'Utah,  le  Nouveau-Mexique,  le 
Montana,  l'Idaho  et  une  partie  de  l' Arizona. 

Plusieurs  Etats  ont  fait  des  levers  trigonométriques  indépendants  de  leur  propre 
territoire,  entre  autres  le  Massachusetts,  la  Californie,  le  New- Jersey  et  le  New- 
Hampshire,  et  dans  d'autres  Etats  des  études  géodésiques  se  poursuivent  actuellement. 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Tous  les  levers  de  plans  dont  il  est  parlé  plus  haut  sont  basés  sur  une  triangula- 
tion. 

L'on  demandera  peut-être  quels  sont  les  avantages  à  retirer  d'un  lever  trigonomé- 
trique,  et  quelles  sont  les  raisons  qui  justifient  la  forte  dépense  qu'entraînerait  un  lever 
de  ce  genre.  Afin  de  bien  faire  comprendre  la  chose,  nous  citerons  les  opinions  de 
quelques-uns  de  ceux  qui  font  autorité  en  la  matière. 

"  Si  l'Etat  du  Massachusetts  ",  dit  un  éminent  ingénieur  américain,  "  avait  eu 
une  bonne  carte  topographique,  en  1836,  à  peu  près  $20,000,000  auraient  été  épargnés 
dans  ses  dépenses  publiques  pour  chemins  de  fer." 

M.  Sandford  Fleming,  dans  son  rapport  présenté  au  ministre  des  Travaux  publics, 
en  date  du  5  avril  1879,  dit  :  "  Si  l'on  décidait  de  reconstruire  les  chemins  de  fer  de  la 
province  d'Ontario,  une  étude  attentive  des  besoins  de  cette  province  permettrait  à 
n'importe  quel  ingénieur  intelligent  d'une  expérience  ordinaire  d'adopter  un  nouveau 
système  qui,  à  moitié  moins  de  frais,  donnerait  au  public  de  bien  meilleures  facilités 
de  transport,  et  qui  n'aurait  pas  pour  résultat  des  pertes  comme  celles  subies  par  les 
capitalistes  qui  avaient  été  induits  à  placer  leurs  fonds  dans  une  entreprise  qui  a  été 
peu  profitable  pour  plusieurs". 

Aujourd'hui,  lorsqu'on  décide  de  construire  un  chemin  de  fer  en  Angleterre  ou 
dans  un  autre  pays  possédant  une  bonne  carte  topographique,  des  études  préliminaires 
comme  celles  que  nous  sommes  obligés  de  faire  ne  sont  pas  nécessaires,  vu  que  d'après 
les  plans  qui  existent  les  longueurs  et  les  pentes  de  toute  ligne  que  l'on  veut  établir 
peuvent  être  déterminées  avec  assez  d'exactitude  pour  permettre  de  faire  un  tracé  final 
et  définitif. 

Pour  faire  un  lever  de  plans  comme  celui  dont  on  a  besoin,  il  fau- 
drait tirer  des  lignes  de  niveaux  exacts  d'une  station  à  l'autre,  afin  d'avoir  les  éléva- 
tions des  différends  endroits  dans  toutes  les  parties  habitées  du  pays,  et  dans  les  opéra- 
tions futures,  où  le  nivellement  serait  un  élément  important,  tous  les  niveaux  pour- 
raient être  rapportés  à  une  ligne  horizontale  commune  (le  niveau  de  la  mer,  par  exem- 
ple), et  lorsque  des  lignes  de  chemins  de  fer  seraient  poussées  dans  l'intérieur  des 
régions  boisées,  dont  le  caractère  physique  est  peu  connu,  l'on  aurait  une  juste  idée 
des  principaux  bassins  et  des  principales  vallées,  et  l'on  pourrait  se  guider  sur  des  don- 
nées précises  au  lieu  de  se  baser,  comme  on  le  fait  aujourd'hui,  sur  des  probabilités  et 
des  ouï-dire. 

Entre  autres  avantages  que  l'on  retirerait  d'un  lever  topographique  du  pays  sont 
les  suivants  : — 

Notre  immense  litttoral  tant  sur  le  golfe  Saint-Laurent  que  sur  le  Pacifique  et 
l'Atlantique  et  sur  nos  eaux  intérieures  a  été  relevé  en  plusieurs  endroits,  mais  d'une 
manière  incomplète,  et  comme  conséquence  de  cela,  un  grand  nombre  de  navires  font 
naufrage  et  plusieurs  vies  précieuses  sont  perdues  tous  les  ans,  ce  qui  serait  évité  dans 
une  large  mesure  si  nous  avions  des  cartes  exactes  de  nos  eaux  ;  et  l'une  des  choses  les 
plus  essentielles  dans  les  levers  hydrographiques  nécessaires  pour  obtenir  des  cartes 
marines  indiquant  d'une  manière  claire  et  précise  les  parages  dangereux  est  que  cer- 
tains points  sur  le  rivage  soient  exactement  fixés.  Nous  ferons  remarquer  ici  que  le 
commandant  Boulton,  de  la  marine  royale,  a  déclaré  devant  l'Association  des  Arpen- 
teurs fédéraux,  à  sa  dernière  convention  annuelle,  qu'il  n'avait  pu  trouver,  comme 
base  d'opérations,  aucun  point  exactement  déterminé  par  les  autorités  canadiennes,  et 
qu'il  avait  été  obligé  de  se  servir  des  points  établis  par  la  Commission  hydrographique 
et  géodésique  des  Etats-Unis. 

Sur  nos  lacs  et  nos  autres  eaux  intérieures,  de  fortes  sommes  d'argent  sont  dépen- 
sées tous  les  ans  à  améliorer  les  ports,  et  cependant  les  positions  géographiques  de  ces 
ports  et  des  eaux  qui  les  environnent  ne  sont  indiquées  d'une  manière  exacte  sur  au- 
cune carte. 

Une  somme  considérable  a  été  dépensée  pour  la  construction  du  canal  Murray, 
entre  le  lac  Ontario  et  la  baie  de  Quinte,  mais  il  n'y  a  aucune  carte  exacte  de  cette 


14  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

baie,  et  un  étranger  qui  essayerait  d'y  faire  passer  un  navire  lourdement  chargé  subi- 
rait probablement  un  désastre.  Cela  est  arrivé  plusieurs  fois,  et  il  en  sera  ainsi  jus- 
qu'à ce  que  nous  ayons  une  carte  exacte  de  la  baie,  et,  comme  nous  venons  de  le  dire, 
le  travail  à  faire  serait  beaucoup  facilité  et  les  cartes  pourraient  être  dressées  plus  vite 
si  des  points  étaient  établis  le  long  des  rivages  par  un  lever  trigonométrique  sur  lequel 
serait  basé  le  lever  hydrographique. 

Des  levers  de  plans  isolés  ont  été  faits  sous  la  direction  des  divers  ministères  à 
plusieurs  endroits  de  la  côte  de  l'Atlantique,  du  golfe  Saint-Laurent  et  des  grands 
lacs;  le  ministère  de  la  Milice  se  propose  aussi  de  faire  une  série  de  levers  de  recon- 
naissances à  différents  points;  mais  tous  ces  levers  de  plans,  qui  ont  été  faits  ou  qui 
seront  faits,  ne  pourront  être  considérés  comme  complets  qu'après  qu'ils  auront  été" 
reliés  les  uns  aux  autres.  Pour  cela  une  triangulation  d'une  rigoureuse  exactitude 
est  nécessaire. 

De  plus,  avec  l'augmentation  dans  la  valeur  des  biens-fonds,  il  est  évident  que  le 
marquage  permanent  de  points  qui  fixeraient  définitivement  les  positions  des  bornes 
des  terres  serait  dans  l'intérêt  public.  Dans  plusieurs  des  provinces,  les  bornes  des 
propriétés  de  valeur  sont,  dans  la  plupart  des  cas,  déterminées  par  des  poteaux  de  bois, 
par  des  marques  sur  des  arbres,  ou  par  le  témoignage  de  quelques-uns  des  plus  vieux 
habitants,  ce  qui  donne  souvent  lieu  à  des  procès  coûteux;  le  fait  est  que  le  montant 
dépensé  annuellement  en  litiges  au  sujet  des  délimitations  des  terres  couvrirait  une 
grande  partie  de  la  dépense  que  nécessiterait  un  lever  trigonométrique  du  pays. 

Si  les  bornes,  surtout  celles  des  grandes  étendues  de  territoire,  comme,  par  exem- 
ple, les  comtés,  les  townships  et  les  concessions,  étaient  exactement  définies  par  un 
lever  trigonométrique,  semblable  à  celui  qu'ont  fait  les  pays  mentionnés  plus  haut, 
tout  doute  quant  à  leur  position  serait  à  jamais  dissipé. 

A  l'heure  qu'il  est,  toutes  les  villes  et  plusieurs  des  villages  du  Canada  cherchent 
le  moyen  d'obtenir  un  bon  approvisionnement  d'eau  ou  d'améliorer  le  service  d'eau 
qu'ils  ont  déjà. 

La  gravité  étant  la  meilleure  méthode  pour  amener  l'eau,  c'est  à  cela  que  l'on 
songe  généralement  tout  d'abord,  mais  les  données  nécessaires  pour  s'assurer  si  cette 
méthode  serait  praticable  ne  peuvent  actuellement  être  obtenues  que  par  la  dépense 
de  fortes  sommes  d'argent  en  levers  de  plans,  comme  cela  s'est  vu  tout  dernièrement 
à  Toronto. 

S'il  y  avait  eu  une  bonne  carte  topographique,  cette  dépense  aurait  été  évitée. 

Dans  les  travaux  de  drainage  les  données  que  fournirait  un  lever  géodésique 
seraient  très  précieuses,  et  comme  notre  population  agricole  se  rend  maintenant  compte 
des  avantages  qu'offre  un  bon  système  de  drainage,  l'on  ne  devrait  pas  priver  plus 
longtemps  les  cultivateurs  du  moyen  d'en  établir  un.  Les  cartes  permettraient  à  un 
ingénieur  de  déterminer  par  un  simple  calcul  l'étendue  du  bassin  à  drainer,  et  de  con- 
naître exactement  la  dimension  du  drain  nécessaire  et  le  parcours  qu'il  devrait  suivre, 
et  l'on  ne  verrait  plus  de  gens  prétendre  à  tort  que  leurs  terres  ne  se -trouvent  pas  dans 
le  bassin  à  drainer,  vu  qu'en  jetant  un  simple  coup  d'œil  sur  la  carte  l'on  saurait  quelle 
est  l'issue  naturelle  des  eaux  pour  n'importe  quelle  pièce  de  terrain. 

Ces  cartes  seraient  aussi  très  utiles  pour  répartir  équitablement  les  impôts  fonciers, 
et  pour  tracer  et  construire  des  chemins  publics,  et  permettraient  d'épargner  des 
sommes  considérables  que  l'on  dépense  aujourd'hui  pour  savoir  où  des  routes  devraient 
être  établies;  et  les  sommes  ainsi  épargnées  pourraient  être  employées  à  rendre  les 
chemins  plus  solides  et  plus  durables. 

Les  données  que  fourniraient  les  cartes  qui  auraient  été  dressées  à  la  suite  du 
lever  trigonométrique  que  l'on  aurait  fait  permettraient,  de  plus,  de  faciliter  la  naviga- 
tion dans  nos  eaux  intérieures,  où  il  circule  un  nombre  toujours  croissant  de  navires. 

D'importants  travaux  publics  sont  actuellement  à  l'étude  et  seront  sans  doute  exé- 
cutés dans  un  avenir  rapproché,  comme,  par  exemple,  le  canal  d'Ottawa,  le  canal  de 
la  Vallée  de  la  Trent,  etc.;  la  possession  de  bonnes  cartes  topographiques  aiderait  natu- 


COMMISSION  OEODESIQUE  AU  CANADA  15 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Tellement  à  régler  la  question  de  la  practicabilité  de  ces  entreprises  e1  de  nombre  d'au- 
tres projets  tendant  à  faciliter  la  navigation,  etc. 

Nous  pourrions  citer  de  nombreux  exemples  pour  prouver  de  quelle  valeur  serait, 
non  seulement  pour  le  gouvernement,  mais  pour  le  public  en  général;  un  lever  trigono- 
métrique,  suivi  de  levers  topographiques  détaillés,  mais  nous  croyons  avoir  suffisam- 
ment démontré  les  avantages  que  l'on  en  retirerait. 

C'est  là  une  entreprise  qui  est  essentiellement  du  ressort  du  gouvernement  fédé- 
ral, et  nous  en  venons  maintenant  à  la  question  de  l'établissemnt  d'un  base  d'opéra- 
tions, qui  est  un  point  très  important. 

Pour  un  travail  compliqué  comme  celui  que  nécessitera  un  lever  de  plans  de  ce 
genre,  il  est  esesntiel  que  l'on  adopte,  après  mûre  étude,  une  méthode  pratique,  qui 
serait  uniformément  et  invariablement  suivie,  et  si  l'on  doit  se  guider  d'après  l'expé- 
rience des  autres  pays,  il  est  évident  qu'une  triangulation  primaire  est  nécessaire 
comme  base  sur  laquelle  seront  faits  tous  les  levers  topographiques  détaillés. 

L'on  devrait,  d'après  nous,  commencer  les  opérations  sur  le  fleuve  Saint-Laurent, 
près  de  Cornwall,  à  l'endroit  où  s'est  terminé  le  lever  de  plans  fait  par  la  Commission 
géodésique  et  hydrographique  des  Etats-Unis,  et  les  poursuivre  en  descendant  ce  fleuve 
jusqu'au  golfe.  Il  faudrait  faire  tout  d'abord  une  triangulation  primaire,  avec  côtés 
de  10  à  30  milles  de  longueur,  selon  que  les  circonstances  le  permettraient,  après  quoi 
l'on  ferait  des  levers  topographiques  dans  l'intérieur,  des  nivellements,  etc. 


CE   QUE  COUTERAIT   UN   LEVER  TRIGONOMETRIQUE. 

La  dépense  à  faire  varierait,  naturellement,  suivant  l'étendue  des  opérations,  mais 
nous  croyons  qu'une  somme  de  $15,000  suffirait  pour  commencer  la  triangulation  pri- 
maire, sur  laquelle  serait  basé  le  lever  topographique.  Cette  somme  couvrirait  les 
salaires  et  les  frais  de  déplacemnt  de  deux  observateurs — un  de  chaque  côté  de  la 
chaîne  de  triangulation  principale — et  de  leurs  aides. 

Naturellement,  une  somme  beaucoup  plus  considérable  pourrait  être  avantageuse- 
ment employée,  mais  la  dépense  annuelle  de  cette  faible  somme  permettrait  d'obtenir 
de  précieuses  données,  qui  serviraient  de  base  pour  la  poursuite  des  opérations  sur  une 
plus  grande  échelle  lorsque  les  circonstances  les  justifieraient. 

.  L'avantage  que  l'on  retirerait  d'un  lever  géodésique  ne  serait  pas  limité  à  une 
connaissance  plus  parfaite  de  la  configuration  de  notre  pays  et  des  caractères  physiques 
de  ses  côtes. 

Un  autre  avantage  qui  n'est  pas  à  dédaigner  est  le  stimulant  qui  serait  donné  aux 
recherches  scientifiques.  Dans  les  autres  pays,  les  hommes  chargés  de  faire  des  levers 
géodésiques  et  dont  l'attention  était  constamment  attirée  sur  les  nombreuses  branches 
de  la  science  qui  sont  connexes  aux  études  topographiques  ont,  par  leurs  inventions 
scientifiques  et  mécaniques,  contribué  à  augmenter  considérablement  la  somme  des 
connaissances  dans  différents  arts,  et  ainsi  accru  indirectement  la  richesse 
de  ces  pays. 

Il  y  a  longtemps  que  l'Association  des  Arpenteurs  fédéraux  croyait  que  le  temps 
était  venu  de  faire  un  lever  trigonométrique  du  pays,  et  la  question  a  été  discutée  à 
ses  cinventions  annuelles.  En  1886,  elle  présenta  un  mémoire  à  ce  sujet  à  l'honorable 
ministre  de  l'Intérieur,  et  cette  année  elle  nomma  un  comité  pour  remettre  le  projet 
à  l'étude. 

En  vous  soumettant  le  présent  mémoire,  nous  croyons  devoir  vous  faire  remarquer 
qu'il  s'agit  d'une  entreprise  qui  s'impose  à  l'attention  de  tous  ceux  qui  désirent  voir 
le  Canada  se  développer  et  prospérer,  et  nous  croyons  que  les  faits  ci-dessus  exposés 
suffisent  pour  montrer  qu'un  lever  géodésique  de  notre  paya  est  nécessaire. 


16 


CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Nous  vous  prions  de  faire  tout  en  votre  pouvoir  pour  aider  l'Association  à  porter 
la  chose  à  la  connaissance  de  ceux  qui  sont  intéressés  à  ce  que  le  lever  d'un  plan  topo- 
graphique du  Canada  soit  fait  sans  plus  de  retard. 


Le  tout  respectueusement  soumis. 


Ottawa,  13  avril  1888. 


W.  F.  King,  ] 
O.  J.  Klotz, 
W.  S.  Drewry, 
E.  J.  Rainboth,  I 
J.  S.  Dennis. 


\Membres  du  comité. 


L'Astronome  en  chef  au  Sous-ministîre  de  l'Intérieur: 


3  mai  1897. 


Cher  monsieur  Smart, — Je  vous  transmets  sous  ce  pli  un  mémoire  qui  a  été. 
rédigé  il  y  a  quelques  années  par  l'Association  des  Arpenteurs  fédéraux  concernant  la 
question  d'un  lever  trigonométrique  du  Canada.  C'est  une  question  qui  a  été  sou- 
vent discutée  entre  les  fonctionnaires  du  ministère  et  qui  a  été  signalée  plusieurs  fois 
à  l'attention  du  ministre  de  l'Intérieur  sans  qu'aucune  décision  n'ait  été  prise.  Je 
me  permets  d'attirer  de  nouveau  votre  attention  sur  la  chose,  vu  qu'il  s'agit  d'une 
affaire  qui  est  d'une  grande  importance  pour  le  pays. 

Les  avantages  que  l'on  retirerait  d'un  lever  topographique  du  Canada  sont  claire- 
ment indiqués  dans  le  mémoire  ci-joint.  En  premier  lieu,  le  fait  que  des  levers  de 
plans  de  cette  nature  ont  été  faits  et  sont  encore  faits  chez  presque  toutes  les  nations 
civilisées  est  déjà  une  preuve  évidente  de  leur  utilité.  Sans  doute,  le  Canada  ne  se 
trouve  pas  dans  une  position  aussi  favorable  que  les  autres  pays  pour  l'exécution  d'un 
projet  de  ce  genre,  en  ce  sens  que  sa  population  n'est  pas  aussi  dense,  et  l'on  peut  rai- 
sonnablement prétendre  que  la  dépense  à  faire  serait  trop  élevée  pour  que  le  gouverne- 
ment fût  justiable  de  se  lancer  dans  cette  entreprise.  Cependant,  le  commencement 
d'un  lever  géodésique  et  sa  pleine  exécution  sont  deux  choses  différentes.  L'on  pourrait 
facilement,  sans  avoir  à  débourser  une  forte  somme,  faire  la  triangulation  des  parties 
les  plus  peuplées  du  pays  le  long  des  principaux  cours  d'eau. 

En  deuxième  lieu,  ce  n'est  pas  simplement  parce  que  les  autres  pays  ont  fait  des 
levers  trigonométriques  que  nous  devrions  en  faire,  nous  aussi.  Ces  levers  présentent 
des  avantages  très  évidents,  qui  sont  indiqués  dans  le  mémoire  et  qu'il  n'est  pas  néces- 
saire que  j'expose  ici  au  long. 

Qu'il  me  suffise  de  dire  qu'un  lever  trigonométrique  sert  à  établir  avec  exactitude 
les  positions  absolues  de  plusieurs  points  dispersés  par  tout  le  pays,  et  à  former  ainsi 
une  base  pour  les  levers  de  plans  détaillés  que  l'on  fait  ensuite,  indiquant  les  collines, 
les  vallées,  les  rivières,  les  îles,  etc.,  dans  leurs  vraies  positions  relatives. 

Des  levers  de  plans  détaillés  ont  été  faits  au  Canada  en  plusieurs  endroits,  tant 
sur  terre  que  sur  eau,  mais  en  l'absence  d'une  base  d'opérations  ils  perdent  beaucoup 
de  leur  valeur  au  double  point  de  vue  de  la  permanence  et  de  l'exactitude.  Comme 
un  exemple  de  l'avantage  qu'il  y  a  à  procéder  avec  méthode,  nous  citerons  les  arpen- 
tages des  terres  fédérales  qui  ont  été  faits  dans  le  Nord-Ouest.  Les  contours  des 
townships  furent  tout  d'abord  tracés  avec  exactitude,  comme  lignes  fondamentales,  à 
raison  de  15  à  20  dollars  le  mille.  Puis  les  lignes  intérieures  des  sections  furent  me- 
surées à  raison  de  7  dollars  le  mille.  La  forte  dépense  faite  pour  tracer  les  contours  a 
permis  de  mesurer  les  lignes  intérieures  à  peu  de  frais.  Si  les  contours  n'avaient  pas 
été  tracés  tout  d'abord,  il  aurait  fallu,  soit  mesurer  les  lignes  des  sections  avec  exacti- 
tude, ce  qui  aurait  coûté  autant  que  le  tracement  des  contours,  ou  laisser  accumuler 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  17 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

les  erreurs,  ce  qui  aurait  vite  déformé  complètement  la  forme  rectangulaire  des  terres 
et  amené  de  la  confusion  dans  les  bornes. 

Je  suggérerais  que  les  opérations  soient  commencées  dans  le  bas  du  fleuve  Saint- 
Laurent.  Le  travail  que  Ton  ferait  là  serait  le  complément  des  levers  hydrographi- 
ques du  ministère  de  la  Marine.  Ce  fleuve  est  devenu  un  cours  d'eau  très  important, 
et  il  paraît  désirable  que  Ton  en  fasse  un  lever  exact.  Ce  serait  là  une  entreprise 
essentiellement  du  ressort  du  ministère  de  l'Intérieur,  vu  qu'il  s'agirait  de  faire  des 
levers  de  plans  et  non  pas  d'exécuter  des  travaux  de  génie  civil. 

Le  travail  à  faire  comprendrait  une  triangulation  principale  le  long  des  collines, 
parallèlement  au  fleuve,  une  triangulation  secondaire  pour  établir  des  points  de  repère 
sur  la  rive  et  partout  ailleurs  où  ce  serait  nécessaire,  et  la  détermination  astronomique 
des  longitudes  des  endroits  importants,  comme,  par  exemple,  la  Pointe-au-Père.  Des 
observations  magnétiques  seraient  aussi  faites  pour  déterminer  la  variation  du  compas, 
et  de  précieuses  données  concernant  la  météorologie,  les  marées  et  les  courants  seraient 
également  obtenues.  La  somme  que  l'on  dépenserait  la  première  année  serait  approxi- 
mativement de  $20,000. 

La  triangulation  qui  serait  faite  du  fleuve  Saint-Laurent  ne  servirait  pas  seule- 
ment pour  les  levers  hydrographiques,  mais  aurait  aussi  son  utilité  pour  les  levers  de 
plans  sur  terre. 


M.  Jas  A.  Smart, 

Sous-ministre  de  l'Intérieur. 


W.  F.  KING, 

Astronome  en  chef. 


L'Astronome  en  chef  au  Ministre  de  l'Intérieur. 

14  juin  1899. 
L'honorable  Clifford  Sifton, 
Ministre  de  l'Intérieur. 

Monsieur, — Conformément  à  vos  instructions,  j'ai  l'honneur  de  vous  présenter  le 
rapport  suivant,  où  je  fais  connaître  la  nature  et  l'objet  des  levers  géodésiques. 

La  question  est  venue  sur  le  tapis  à  la  suite  de  l'invitation  qui  nous  a  été  faite 
par  le  gouvernement  des  Etats-Unis  de  nous  joindre  à  lui  pour  mesurer  le  98me  méri- 
dien. La  Société  Royale  du  Canada  a  aussi  présenté  à  Son  Excellence  le  Gouverneur 
général  en  conseil  un  mémoire  à  ce  sujet. 

Je  ferai  remarquer  que  la  question  d'un  lever  trigonométrique  du  Canada  n'est 
pas  nouvelle.  Elle  a  été  discutée,  il  y  a  plusieurs  années,  par  l'Association  des  Arpen- 
teurs fédéraux,  qui,  en  1888,  soumit  au  ministre  de  l'Intérieur  un  mémoire  à  ce 
sujet.     Une  copie  de  ce  mémoire  est  ci-jointe. 

L'Association  des  Arpenteurs  d'Ontario,  à  Toronto,  a  aussi  attiré  deernièrement 
l'attention  du  gouvernement  d'Ontario  sur  l'importance  qu'il  y  avait  à  faire  un  lever 
trigonométrique  de  cette  province. 

Un  lever  géodésique  peut  être  défini  comme  étant  simplement  un  lever  de  plans 
fait  avec  une  grande  exactitude.  L'on  atteint  ce  degré  d'exactitude  en  limitant  les 
mesurages  linéaires  à  une  ou  plusieurs  lignes  de  base,  d'où  l'on  tire  une  série  de  trian- 
gles couvrant  le  pays  dont  on  veut  faire  le  lever.  Les  angles  des  triangles  sont  me- 
surés au  moyen  du  théodolithe,  et  les  longueurs  et  les  directions  des  côtés  sont  ensuite 
calculées.  Aussi  un  lever  géodésique  est-il  souvent  appelé  une  triangulation  ou  un 
lever  trigonométrique.  Les  niveaux  exacts  des  stations  de  triangulation  sont  aussi 
déterminés.  Tous  les  mesurages  que  l'on  fait  sont  basés  sur  des  observations  astrono- 
miques. Ainsi,  plusieurs  points  espacés  de  20  ou  30  milles  sont  exactement  déterminés 
quant  à  leur  position  et  à  leur  élévation. 

145—2 


18  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Lorsque  l'objet  du  lever  de  plans  est  (comme  c'est  généralement  le  cas)  d'avoir 
une  carte  exacte,  l'on  tire  une  série  de  triangles  secondaires  à  l'intérieur,  en  prenant 
comme  base  le  système  primaire,  et  les  détails  de  la  topographie  sont  obtenus  au  moyen 
de  la  planchette  ou  autrement. 

Un  lever  géodésique  complet  fournit  par  conséquent  des  données  exactes  : — 

Pour  le  dressement  de  cartes  de  la  côte  et  des  eaux  intérieures; 

Pour  des  travaux  de  génie  civil  de  tous  genres,  tels  que  la  construction  de 
routes,  de  chemins  de  fer,  de  canaux  et  de  drains,  l'établissement  de  ser- 
vices d'eau,  etc.; 

Pour  des  fins  militaires;  pour  des  investigations  géologiques  et  autres,  pour 
la  délimitation  des  propriétés,  des  municipalités,  etc.,  ou  peur  le  cadas- 
trage des  terres. 

Et  il  donne,  en  général,  à  ceux  qui  veulent  établir  des  industries  tous  les  rensei- 
gnements dont  ils  ont  besoin  quant  à  la  topographie  de  telle  ou  telle  partie  du  pays 
sans  qu'ils  aient  à  faire  la  dépense  qu'entraînerait  une  tournée  d'inspection. 

Le  mémoire  de  la  Société  Royale,  cependant,  ne  comporte  pas  un  lever  topogra- 
phique complet,  mais  simplement  une  chaîne  primaire  le  long  du  98me  méridien,  sans 
détails  topographiques  (pour  le  moment),  et  l'estimation  des  dépenses  est  faite  en 
conséquence. 

En  ce  qui  concerne  les  avantages  que  présente  une  simple  triangulation  primaire, 
je  ferai  remarquer  qu'elle  offre  une  base  exacte  pour  les  investigations  et  les  travaux  ci- 
dessus  indiqués.  L'ingénieur  et  l'arpenteur  peuvent  alors  procéder  sur  un  plan  fixe, 
et  il  n'est  plus  besoin  de  refaire  constamment  le  même  travail.  La  triangulation,  une 
fois  faite  avec  le  soin  voulu,  répondra  pour  toujours  aux  exigences  de  tout  projet  où 
des  données  exactes  quant  à  la  position,  à  la  distance  et  à  l'élévation  sont  nécessaires. 

Que  des  levers  géodésiques  soient  réellement  utiles,  c'est  ce  que  démontre  le  fait 
qu'il  en  a  été  fait  et  qu'il  en  est  encore  fait  par  presque  tous  les  pays  civilisés, — par 
toutes  les  nations  de  l'Europe,  par  la  Colonie  du  Cap,  le  Natal,  la  Nouvelle-Galles  du 
Sud,  l'Inde,  la  Nouvelle-Zélande  et  les  Etats-Unis  (et  quelques-uns  des  Etats  indivi- 
duels). De  plus,  dans  l'Inde  et  la  Nouvelle-Zélande,  un  lever  trigonométrique  a  même 
précédé  l'arpentage  des  terres. 

Outre  l'application  utilitaire  des  lever  géodésiques,  des  résultats  d'une  haute 
valeur  scientifique  découlent  des  triangulations.  Le  mesurage  d'un  arc  est  la  compa- 
raison d'une  distance  mesurée  (par  triangulation)  sur  la  surface  de  la  terre  avec  la 
différence  observée  de  la  latitude  ou  de  la  longitude  astronomique  de  ses  extrémités, 
donnant  ainsi  la  courbure  de  la  terre  en  direction  et,  par  une  combinaison  de  ces  me- 
sures, les  dimensions  et  la  figure  de  la  terre  prise  dans  son  ensemble. 

La  détermination  des  dimensions  de  la  terre  est  utile  dans  l'astronomie,  car  le 
diamètre  de  la  terre  est  la  "  verge  "  avec  laquelle  les  distances  astronomiques  sont 
mesurées.  La  forme  de  la  surface  de  la  terre  trouve  aussi  une  application  très  pra- 
tique dans  l'arpentage.  Par  exemple,  les  arpentages  des  terres  fédérales  dans  le  Mani- 
toba  et  les  Territoires  du  Nord-Ouest  ont  été  systématisés  par  des  tables  (publiées 
dans  le  Manuel  d'instructions  aux  arpenteurs)  donnant  les  longueurs  et  les  directions, 
les  latitudes,  les  longitudes,  etc.,  de  toutes  les  lignes  de  sections.  A  ce  système  est 
due  l'exactitude  (qui  n'est  pas  égalée  pour  des  levers  de  plans  de  ce  genre)  avec  laquelle 
ces  arpentages  ont  été  faits.  Nous  avons  compilé  ces  tables  d'après  les  "  Eléments  de 
la  figure  de  la  terre  ",  déduits  par  le  colonel  Clarke,  officier  du  génie,  à  la  suite  d'une 
étude  attentive  des  données  fournies  par  un  grand  nombre  de  levers  géodésiques. 

La  trigonométrie  a  une  application  indirecte  à  d'autres  sciences.  Ainsi,  la  terre 
était  probablement,  à  l'origine,  une  masse  de  fluide,  ayant,  à  cause  de  sa  rotation,  une 
forme  sphéroïdale  symétrique.  Au  cours  de  sa  solidification  et  de  sa  contraction,  elle 
a  été  déformée  par  les  marées  et  d'autres  forces  à  tel  point  qu'elle  a  fini  par  perdre  sa 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CAXADA  19 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

symétrie.  L'exacte  détermination  de  sa  forme  actuelle  aiderait  à  nous  faire  connaître 
les  forces  qui  ont  agi  et  celles  qui  agissent  actuellement  sur  elle,  et  jetterait  ainsi  de 
la  lumière  sur  plusieurs  branches  de  la  science,  telles  que  la  géologie,  Le  magnétisme 
terrestre  et  la  météorologie.  Jusqu'ici  l'on  a  fait  des  mesurages  presque  exclusive- 
ment dans  l'hémisphère  oriental;  Ton  a  besoin  de  plus  de  données  concernant  l'hémis- 
phère occidental. 

Le  98me  méridien  passe  par  la  plus  grande  étendue  de  terre  (au  nord  et  au  sud) 
qu'il  y  ait  dans  l'Amérique  du  Nord.  De  là  l'importance  du  projet  dont  on  demande 
la  mise  à  exécution.  De  plus,  il  y  a  un  avantage  spécial  dans  les  mesurages  en  de 
hautes  latitudes  comme  celles  où  se  trouve  la  partie  canadienne  de  cet  arc. 

En  examinant  la  question  de  savoir  s'il  serait  à  propos  ou  non  de  faire  un  leven 
géodésique  du  Canada,  l'on  ne  doit  pas  oublier  que  notre  pays  est  peu  peuplé  et  que 
la  richesse  nationale  est  nécessaire  pour  le  développement  de  ses  ressources.  C'est 
donc  au  point  de  vue  pratique  et  non  au  point  de  vue  scientifique  qu'il  faut  envisager 
la  chose,  comme  l'ont  fait  du  reste  les  nations  de  l'Europe,  les  Etats-Unis  et  les  autres 
pays.  Partout  il  s'agissait  d'atteindre  un  but  pratique;  il  a  été  fait  très  peu  de  chose 
uniquement  pour  la  science,  bien  que  la  généralité  des  levers  trigonométriques  aient 
été  très  utiles  au  point  de  vue  scientifique,  tout  en  donnant  des  résultats  pratiques. 

Si  l'on  considère  le  mesurage  du  98me  méridien  à  ce  point  de  vue,  il  faut  admet- 
tre que  sa  valeur  pratique  ne  serait  pas  égale  à  sa  valeur  scientifique.  Au  nord  du 
49me  parallèle,  ce  méridien  passe  sur  une  distance  d'à  peu  près  100  milles  par  les 
plaines  du  Manitoba,  qui  ont  déjà  été  arpentées  par  le  gouvernement  fédéral  avec  asse? 
d'exactitude  pour  les  besoins  actuels  de  la  population.  Ensuite  il  passe  entre  le  lac 
Manitoba  et  le  lac  Winnipeg  et  à  travers  l'extrémité  nord  de  ce  dernier  lac.  Là  une 
triangulation  serait  utile  comme  base  pour  un  lever  exact  du  lac,  qu'il  faudra  sans 
doute  faire  tôt  ou  tard  afin  de  permettre  aux  vaisseaux  de  naviguer  en  toute  sûreté 
dans  ces  eaux.  Mais  au  nord  du  lac  Winnipeg  se  rencontre  un  pays  où  l'utilité  d'un 
lever  trigonométrique  est  très  douteuse. 

Cela  coûterait  entre  $100  et  $150  par  mille,  ou  de  $35,000  à  $52,500  pour  la  partie 
du  pays  au  sud  de  l'extrémité  du  lac  Winnipeg,  et  le  minimum  de  dépense,  pour  pou- 
voir recueillir  des  données  précises  et  exactes,  serait  d'à  peu  près  $10,000  par  année. 
Les  résultats  à  obtenir  ne  justifieraient  guère  une  pareille  dépense,  alors  qu'une  si 
grande  étendue  de  la  côte  et  que  tant  de  nos  régions  bien  peuplées  n'ont  pas  encore 
été  triangulées. 

Il  y  a  un  autre  projet  de  triangulation  qui,  tout  important  qu'il  soit  au  point  de 
vue  scientifique,  l'est  encore  plus  au  point  de  vue  utilitaire,  et  qui,  par  conséquent, 
mérite  d'être  mis  à  l'étude.  La  chose  a  été  suggérée  par  le  Dr  Pritchett,  surintendant 
de  la  Commission  hydrographique  et  géodésique  des  Etats-Unis.  Cette  Commission 
a  fait  le  mesurage  d'un  arc  de  plus  de  1,500  milles  de  longueur,  à  partir  de  Mobile, 
dans  PAlabama,  jusqu'à  Calais,  dans  le  Maine.  L'on  voudrait  maintenant  que  le 
Canada  étende  cet  arc  sur  une  autre  distance  d'environ  350  milles,  jusqu'à  l'extrémité 
du  Cap-Breton.  Cette  triangulation  s'étendrait  le  long'  de  la  baie  de  Fundy  et  ser- 
virait de  base  pour  des  levers  topographiques  dans  le  Nouveau-Brunswick,  la  Nouvelle- 
Ecosse  et  l'Ile-du-Prince-Edouard,  ainsi  que  pour  des  levers  hydrographiques  des  côtes 
de  ces  provinces. 

L'on  croit  que  cela  démontrerait  tellement  la  valeur  pratique  des  levers  géodési- 
ques  que  la  triangulation  serait  ensuite  continuée  au  delà  de  l'Ile-du-Prince-Edouard 
le  long  de  la  rive  sud  du  golfe  Saint-Laurent,  pour  se  raccorder  finalement  avec  le 
lever  topographique  qui  sera  fait,  un  jour  ou  l'autre,  le  long  du  fleuve  Saint-Laurent 
et  au  nord  du  lac  Ontario  jusqu'à  et  à  travers  la  péninsule  occidentale  de  la  province 
d'Ontario. 

A  l'appui  du  projet  ainsi  exposé -dans  ses  grandes  lignes,  je  dirai  que  lu  dépens* 
annuelle  ne  serait  pas  considérable,  que  les  avantages  à  retirer  sont  nombreux,  et  que 

145— 1\ 


20  CORRESPOND  \XGE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

le  développement  du  système  suivrait  une  marche  normale.  Les  levers  de  plans  faits 
par  la  Commission  hydrographique  et  géodésique  des  Etats-Unis  ont  été  développés 
de  cette  manière.  Commencés  sur  la  côte  de  l'Atlantique,  ils  ont  été  graduellement 
étendus  sur  toutes  les  côtes  des  Etats-Unis  et  dans  l'intérieur  à  mesure  que  le  besoin 
de  levers  topographiques  exacts  se  faisait  sentir.  Outre  les  levers  géodosiques  faits  par 
le  gouvernement  central,  dont  les  principaux  sont  ceux  de  la  côte  et  des  lacs,  des  levers 
topographiques  ont  été  faits  par  divers  Etats,  basés  toujours  sur  la  triangulation  pri- 
maire des  côtes.  Ainsi,  par  exemple,  toute  la  Nouvelle-Angleterre  (excepté  la  partie, 
nord  du  Maine)  et  une  grande  partie  de  l'Etat  de  New- York  ont  été  couvertes  d'un 
réseau  de  triangulations.  Les  Etats  du  New-Jersey,  du  Maryland,  de  l'Ohio,  de  l'Illi- 
nois  et  plusieurs  autres,  ont  fait  ou  sont  à  faire  des  levers  trigonométriques. 

Il  n'y  a  pas  de  doute  que  les  provinces  jugeraient  qu'il  serait  à  leur  avantage  de 
coopérer  avec  les  autorités  fédérales  dans  cette  entreprise.  Par  exemple,  le  gouverne- 
ment fédéral  établirait  une  base  d'opérations  sous  forme  de  triangulation  primaire,  et 
les  gouvernements  provinciaux  se  chargeraient  de  faire  des  levers  topographiques  par- 
tout où  ce  serait  nécessaire.  Plusieurs  des  applications  utiles  d'un  lever  trigonomé- 
trique,  telles  que  les  travaux  de  génie  civil,  la  délimitation  des  terres,  etc.,  sont  du 
domaine  des  provinces,  tandis  que  d'autres,  comme,  par  exemple,  les  levers  hydrogra- 
phiques, sont  du  ressort  du  ministère  de  la  Marine  et  d'autres  départements  de  l'ad- 
ministration fédérale. 

ILa  dépense  à  faire  pour  étendre  "  l'arc  oblique  "  de  Calais  à  l'extrémité  du  Cap- 
Breton  par  une  chaîne  de  triangulations  de  25  milles  de  largeur,  est  estimée  à  $35,000, 
soit  environ  $100  le  mille  courant  ou  $4  le  mille  carré.  Sur  cette  somme,  $5,000 
seraient  affectés  à  l'achat  de  théodolithes  et  d'autres  instruments,  qui  pourraient  servir 
pour  d'autres  levers  de  plans.  Le  reste  de  ce  montant  serait  réparti  sur  une  période 
de  trois  ans. 

W.  F.  KING, 

Astronome  en  chef. 


MEMOIRE  SOUMIS  PAR  LA  SOCIETE  ROYALE  DU  CANADA,  EN  MAI  1903. 

Le  comité  nommé,  à  la  dernière  réunion  de  la  Société  Royale,  pour  s'assurer  si  le 
gouvernement  du  Canada  était  disposé  à  étendre  dans  notre  pays  le  système  de  trian- 
gulation de  la  Commission  hydrographique  et  géodésique  des  Etats-Unis,  comme 
l'avait  demandé  la  Société  Royale  dans  un  mémoire  présenté  au  gouverneur  général 
en  conseil  en  l'année  1898,  et  pour  insister  de  nouveau  sur  l'importance  de  la  chose,  a 
l'honneur  de  soumettre  le  rapport  suivant: — 

Au  mois  de  décembre  1898,  la  Société  Royale  attira  l'attention  de  Son  Excellence 
i(  (iouverneur  général  en  conseil  sur  le  projet  soumis  par  le  Dr  Pritchett,  qui  faisait 
alors  partie  de  la  Commission  hydrographique  et  géodésique  des  Etats-Unis.  Le  Dr 
Pritchett  avait  proposé  que  l'on  mesurât  un  arc  le  long  du  98me  méridien  à  partir 
d'Acapulco,  dans  le  Mexique,  jusqu'au  rivage  de  la  mer  Arctique,  en  Canada.  Lo 
mesurage  du  méridien  avait  déjà  été  fait  sur  une  certaine  distance  comme  partie  du 
lever  géodésique  général  des  Etats-Unis.  L'objet  que  le  Dr  Pritchett  avait  en  vue  en 
insistant  pour  que  la  triangulation  fût  continuée  à  travers  le  Canada  et  le  Mexique 
était  d'obtenir  des  données  pour  la  détermination  de  la  figure  et  des  dimensions  de  la 
terre,  et  bien  que,  à  ce  point  de  vue,  le  travail  à  faire  n'offrît  qu'un  intérêt  purement 
scientifique,  il  ne  pouvait  manquer  d'être  pour  nous  d'une  grande  utilité  pratique  en 
formant  la  base  d'un  lever  géographique  complet  du  Canada.  Le  gouvernement  du 
Mexique  était  prêt  à  faire  sa  part  du  travail;  l'exécution  du  projet,  en  son  entier,  ne 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  21 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

dépendait  par  conséquent  que  de  la  coopération  du  Canada.  La  Société  Royale  du 
Canada  faisait  remarquer  qu'une  somme  d'argent  limitée  votée  pour  cette  tin  serait 
considérée  comme  une  contribution  pour  aider  aux  recherches  générales  des  nations 
du  monde,  tout  en  servant  à  jeter  le  fondement  d'un  plan  topo-graphique  du  pays, 
dont  le  besoin  se  faisait  vivement  sentir,  et  qui  était  d'une  grande  importance  pratique 
pour  l'avenir  du  Canada. 

Le  gouvernement  répondit  qu'il  appréciait  pleinement  l'importance  de  la  chose, 
au  double  point  de  vue  scientifique  et  pratique,  mais  qu'il  n'était  pas  encore  en  position 
de  recommander  que  le  Canada  coopérât  à  l'exécution  de  ce  projet. 

Durant  les  5  ans  qui  se  sont  écoulés  depuis  que  le  mémoire  en  question  a  été  pré- 
senté à  Son  Excellence  le  Gouverneur  en  conseil,  le  travail  a  été  plus  qu'à  moitié  com- 
plété aux  Etats-Unis,  et  les  frais  ont  été  réduits  à  un  peu  plus  de  $50  par  mille  de 
relèvements  le  long  de  l'axe  de  la  triangulation,  la  diminution  des  dépenses  étant  due 
aux  conditions  exceptionnellement  favorables  qui  existaient.  Au  Mexique,  le  travail 
a  été  poussé  avec  toute  la  rapidité  possible  par  la  Commission  géodésique  de  ce  pays. 
La  partie  la  plus  difficile  de  la  triangulation,  à  travers  les  deux  chaînes  principales  des 
grandes  Cordillères,  a  été  complétée  et  raccordée  avec  l'observatoire  national  de  Tacu- 
baya.  Un  lever  trigonométrique  préliminaire  a  été  fait  jusqu'à  Acapulco,  sur  la  côte 
du  Pacifique,  vers  le  sud,  et  jusqu'à  Tampico,  sur  le  golfe  du  Mexique,  vers  le  nord. 
M.  Angel  Aguiano,  qui  dirige  les  opérations  avec  beaucoup  d'habileté,  espère  pouvoir 
terminer  la  triangulation  entre  Acapulco  et  Tampico  d'ici  à  une  année,  et  il  ne  restera 
ensuite  qu'une  petite  étendue  du  pays  (l'espace  entre  Tampico  et  un  point  près  de 
Matamoros)  à  trianguler  pour  compléter  tout  le  travail  au  Mexique. 

Tout  en  étant  d'opinion  qu'il  est  à  propos  d'attirer  de  nouveau  l'attention  du  gou- 
vernement sur  cette  question,  votre  comité  croit  que  le  temps  est  arrivé  où  l'on  devrait 
faire  un  lever  géodésique  qui  servirait  de  base  pour  des  levers  de  plans  systématiques 
en  Canada.  Dans  notre  mémoire  de  1898,  nous  faisions  remarquer  que  sans  une 
pareille  base  d'opérations  il  faudrait  refaire  continuellement  le  même  travail.  Au- 
jourd'hui, des  levers  de  plans  sont  constamment  faits  aux  mêmes  endroits  par  l'arpen- 
teur, le  géologue,  l'ingénieur,  l'hydrographe,  etc.  Pour  toute  nouvelle  entreprise  qui 
se  présente,  un  nouveau  lever  de  plans  est  nécessaire.  Les  dépenses  que  cela  entraîne 
seraient  de  beaucoup  diminuées  et  seraient  souvent  complètement  évitées  si,  imitant 
l'exemple  des  autres  pays,  nous  faisions  faire  une  triangulation  systématique. 

C'est  là  un  fait  qui  est  depuis  longtemps  reconnu  en  Europe,  où  une  carte  exacte 
de  tous  les  pays  a  été  dressée.  En  dehors  de  l'Europe,  nous  pouvons  citer  les  Etats- 
Unis,  dont  la  triangulation  est  très  avancée,  l'Inde,  qui  offre  un  exemple  frappant  de 
levers  de  plans  couvrant  un  vaste  territoire  et  très  bien  faits,  le  Cap  de  Bonne-Espé- 
rance et  le  Natal,  qui  ont  fait  conjointement  une  triangulation  de  l'Afrique  australe, 
la  Nouvelle-Zélande,  où  une  triangulation  a  précédé  tous  les  autres  levers  de  plans. 
Il  ne  faut  pas  supposer  qu'aucune  objection  n'a  été  soulevée,  dans  ces  pays,  à  l'éxecu- 
tion de  ces  entreprises;  au  contraire,  ceux  qui  ne  comprenaient  pas  la  valeur  pratique 
de  la  chose  s'y  sont  fortement  opposés,  mais  leur  opinion  a  changé  après  qu"ils  eurent 
été  en  position  d'apprécier  l'utilité  d'un  lever  trigonométrique.  Voici  ce  que  dit  .M. 
David  Gill,  l'astronome  de  Sa  Majesté  au  Cap,  au  sujet  du  lever  géodésique  de  TA  tri- 
que Australe  : — 

"  L'influence  du  lever  géodésique  s'est  fait  sentir  en  permettant  d'apporter  plus  de 
précision  aux  arpentages  qui  sont  faits  dans  l'Afrique  australe.  L'on  prétendit  tout 
d'abord  que  ce  lever  était  inutile;  l'on  n'en  voulait  pas  du  tout,  mais  aujourd'hui  l'- 
avantages qu'il  offre  sont  pleinement  reconnus,  surtout  par  les  arpenteurs  généraux 
de  la  Colonie  du  Cap,  du  Natal  et  du  Bechuanalaixl.'' 

Il  y  a  peu  de  pays  (s'il  en  est)  où  la  dépense  pour  levers  de  plans,  par  tête  de  la 
population,  est  ausi  considérable  qu'au  Canada.  Le  ministère  de  l'Intérieur  est  à 
subdiviser  les  terres  dans  le  Manitoba,  les  territoires  du  Nord-Ouest  et  la  Colombii  - 
Britannique;  la  Commisison  Géologique  est  à  faire  des  levers  de  plans  et  des  explora- 


22  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

tions  dans  toutes  les  parties  du  Canada;  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries 
est  à  faire  un  lever  hydrographique  de  nos  eaux  navigables;  un  lever  de  plans  mili- 
taires est  à  se  faire  sous  la  direction  du  ministère  de  la  Milice;  le  ministère  des  Tra- 
vaux publics  et  le  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  sont  aussi  à  faire  d'impor- 
tants levers  de  plans.  Dans  ces  opérations,  le  travail  déjà  fait  par  un  département 
est  souvent  refait  par  un  autre  département.  Il  en  est  de  même  dans  chaque  province, 
où  presque  tous  les  départements  de  l'administration  locale  et  plusieurs  grandes  corpo- 
rations font  des  levers  de  plans  pour  un  objet  ou  pour  un  autre.  Si  la  masse  des 
données  ainsi  recueillies  étaient  reliées  et  raccordées  ensemble  par  une  triangulation, 
il  serait  possible  de  se  faire  une  idée  juste  et  précise  des  importantes  questions  qui 
intéressent  le  pays  et  qui  ne  seraient  plus  alors  envisagées  seulement  sous  les  quelques 
aspects  que  présentent  les  levers  de  plans  locaux.  Pour  montrer  que  la  valeur  pratique 
de  cartes  topographiques  précises  n'est  pas  surestimée  par  votre  comité,  nous  n'avons 
qu'à  rappeler  les  difficultés  que  rencontra  l'armée  britannique  dans  l'Afrique  australe, 
Des  millions  de  dollars  et  plusieurs  vies  précieuses  auraient  été  épargnés  si  l'on  avait 
eu  des  cartes  exactes  du  pays.  Une  des  premières  choses  que  le  gouvernement  bri- 
tannique a  faites  après  la  guerre  et  même  pendant  qu'elle  se  poursuivait,  a  été  de  com- 
mencer le  lever  d'un  plan  topographique  de  cette  colonie. 

Le  Canada,  dont  la  superficie  n'est  dépassée  que  par  celle  de  la  Russie,  mais  qui 
n'a  encore  été  triangulé  que  par-ci  par-là,  retirerait  un  grand  avantage  d'un  lever 
trigonométrique,  qui  servirait  de  base  pour  les  levers  de  plans  secondaires  que  l'on» 
jugerait  à  propos  de  faire.  Les  explorations  inhérentes  à  une  triangulation  permet- 
traient d'obtenir  les  données  dont  on  aurait  besoin,  par  exemple  pour  établir  les  hau- 
teurs des  chutes  d'eau  et  leur  volume,  et  déterminer  ainsi  leur  valeur  commerciale. 

Votre  comité  admet,  cependant,  que,  vu  l'immense  étendue  du  Canada  et  l'épar-. 
pillement  de  sa  population,  la  question  présente  de  sérieuses  difficultés.  S'il  s'agissait 
de  faire  un  lever  géodésique  d'après  la  même  méthode  que  celle  suivie  dans  les  petit3 
Etats  européens,  où  la  population  est  compacte,  la  dépense  que  cela  entraînerait  serait 
probablement  hors  de  proportion  avec  les  ressources  du  Canada,  et  le  gouvernement 
serait  justifiable  d'hésiter  avant  de  se  lancer  dans  une  pareille  entreprise.  Nous 
croyons,  cependant,  qu'il  serait  possible  de  trouver  un  système  qui,  tout  en  étant  peij 
coûteux,  assurerait  au  pays  ou  du  moins  à  ses  régions  les  plus  peuplées  les  avantagea 
qu'offre  un  lever  géodésique.  A  cette  fin,  nous  recommandons  respectueusement  que 
le  gouvernement  soit  prié  de  nommer  une  Commission  pour  prendre  des  renseigne- 
ments et  faire  un  rapport  à  ce  sujet.  Avec  les  données  qui  seraient  fournies  par  cette 
Commission,  le  gouvernement  serait  en  position  de  juger  de  ce  qu'il  faudrait  faire 
dans  l'intérêt  du  pays  et  pour  le  développement  de  ses  ressources. 


L'Astronome  en  chef  au  ministre  de  l'Intérieur. 

L'honorable  Clifford  Sifton, 
Ministre  de  l'Intérieur. 


5  mai  1904. 


Cher  monsieur  Sifton, — En  vous  renvoyant  le  mémoire  du  comité  de  la  Société 
Royale  et  les  autres  documents  concernant  le  lever  d'un  plan  topographique  du  Cana- 
da, je  me  permettrai  de  faire  quelques  observations  à  ce  sujet. 

La  Société  Royale  demande  qu'une  Commission  soit  nommée  pour  s'enquérir  du 
mode  d'organisation  adopté  et  des  méthodes  employées  dans  les  autres  pays,  et  pour 
formuler  un  système  de  lever  de  plans  qui  se  prêterait  aux  conditions  qui  existent  au 
Canada. 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  23 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

D'après  moi,  ce  n'est  pa  là  la  meilleure  manière  d'obtenir  les  renseignements 
dont  le  gouvernement  a  besoin  pour  pouvoir  prendre  une  décision  en  parfaite  connais- 
sance de  cause. 

L'organisation  et  les  méthodes  ne  sont  que  d'une  importance  secondaire  dans  une 
affaire  comme  celle-là.  Les  méthodes  de  trigonométrie  et  de  topographie  sont  bien 
connues.  Elles  sont  indiquées  au  long  dans  les  rapports  des  géomètres  qui  ont  fait 
des  levers  de  plans  et  dans  les  manuels.  Les  principes  posés  sont  simples  et  doivent 
être  suivis  invariablement,  sauf  de  légères  variations  dans  certains  cas,  et  c'est  seule- 
ment pendant  que  le  lever  de  plans  est  à  se  faire  que  l'on  peut  découvrir  quelle-  sonl 
les  variations  qu'il  est  nécessaire  d'apporter.  Ce  ne  sont  pas  les  conditions  qui  exis- 
tent ailleurs  qu'il  faut  connaître,  mais  bien  celles  qui  régnent  dans  notre  pays. 

Le  choix  de  la  méthode  à  adopter  devrait  être  laissé  à  celui  qui  serait  chargé  de 
diriger  les  opérations,  et  ce  n'est  dans  tous  les  cas  qu'une  question  d'intérêt  secondaire 
pour  le  gouvernement. 

Ce  que  je  viens  de  dire  s'applique  également  à  l'organisation. 

Quant  à  l'étendue  du  champ  des  opérations  au  Canada,  l'on  est  unanime  à  dire 
que  la  triangulation  devrait  couvrir  toutes  les  parties  habitées  du  pays.  (Voir  le 
mémoire  ainsi  que  le  rapport  du  major  Hills.)  La  seule  question  à  considérer  est  de 
savoir  où  l'on  devrait  commencer,  quelle  somme  de  travail  il  faudrait  faire  chaque 
année,  et  combien  cela  coûterait. 

La  question  des  frais  paraît  être  le  point  le  plus  pratique  et  le  plus  important. 
Une  fois  que  l'on  sera  fixé  sur  ce  point,  les  études  à  faire  pour  déterminer  l'étendue 
des  opérations  et  en  fixer  le  siège  seront  beaucoup  simplifiées. 

Si  l'on  veut  savoir  cobien  cela  coûterait,  l'on  devrait  non  pas  s'enquérir  de  ce 
qu'ont  dépensé  les  autres  pays,  dans  des  conditions  différentes,  mais  faire  de  suite  ici, 
au  Canada,  un  lever  de  plans  peu  considérable,  devant  servir  de  base  pour  déterminer 
la  somme  qu'aurait  à  débourser  le  gouvernement. 

Le  meilleur  moyen  de  se  renseigner  est  de  faire  des 'expériences. 

Il  est  nécessaire  de  faire  un  lever  de  plans  exact  pour  raccorder  le  nouvel  obser- 
vatoire avec  l'ancien,  sur  la  rue  Cliff.  Cela  est  prévu  dans  mon  plan  d'opérations,  et 
je  me  propose  de  commencer  ce  travail  immédiatement.  Ce  lever  de  plans  devra  être 
fait  au  moyen  d'une  triangulation  qui  s'étendra  jusqu'aux  collines  de  la  Gatineau. 
Il  y  aura  une  "  expansion  "  à  partir  d'une  base  jusqu'à  des  côtés  d'une  longueur  eonsi* 
dérable,  à  peu  près  égale  aux  longueurs  des  côtés  d'une  triangulation  primaire. 

Il  sera  facile  et  peu  coûteux  de  continuer  la  triangulation,  à  partir  de  ces  côtés, 
le  long  de  la  vallée  de  l'Ottawa  sur  une  distance  suffisante  pour  permettre  de  juger 
quelle  serait  la  meilleure  méthode  à  suivre  et  quelle  serait  la  dépense  à  faire. 

Le  coût  des  levers  de  plans  détaillés,  qui  constituent  une  opération  séparée,  pour- 
rait, si  on  le  désirait,  être  déterminé  de  la  même  manière. 

Rien  de  ce  qui  aurait  été  ainsi  fait  ne  serait  perdu,  vu  que  tout  système  généra1 
de  triangulation  devra  passer  par  Ottawa.  Le  major  Hills,  dans  son  projet,  fait 
d'Ottawa  le  point  central  pour  les  levers  géodésiques  dans  l'Est. 

J'ajouterai  qu'une  autre  partie  du  projet  du  major  Hills  est  déjà  en  voie  d'exécu- 
tion. Le  major  Hills  recommande,  entre  autres  choses,  que  l'on  tire  une  ligne  de 
triangulation  près  du  49me  parallèle,  à  l'est  de  l'océan  Pacifique.  Or,  c'est  ce  que  font 
actuellement  ceux  qui  ont  été  chargés  de  déterminer  la  frontière,  le  long  du  49me 
parallèle,  dans  le  but  pratique  d'effectuer  les  mesurages  le  long  de  la  ligne,  ce  qui,  danc 
cette  contrée  montagneuse,  ne  peut  guère  se  faire  d'une  autre  manière.  Environ  100 
milles  ont  déjà  été  complétés  avec  un  degré  d'exactitude  presque  égal  à  celui  que  1""'.' 
atteint  avec  une  triangulation  primaire  ou  géodésique.  Comme  la  moitié  du  travail 
est  faite  par  les  Etats-Unis,  le  Canada  va  ainsi  obtenir,  à  peu  de  frais,  une  base  pour 
de  futurs  levers  de  plans  exacts. 

Le  major  Hills  dit  que  le  lever  trigonométrique  devrait  être  fait  sous  la  direction 
des  autorités  militaires.     Je  ne  suis  pas  de  cet  avis.     Il  base  son  opinion  sur  la  mé- 


24  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

thode  suivie  dans  les  autres  pays  et  sur  la  supposition  qu'une  "  discipline  rigoureuse 
et  méthodique  "  est  nécessaire  pour  que  l'entreprise  puisse  être  menée  à  bonne  fin. 

Nous  avons  peu  de  difficulté  à  nous  faire  obéir  par  les  civils  qui  sont  chargés  de 
diriger  les  opérations  dans  les  levers  de  plans.  Si  la  discipline  n'est  pas  "  rigoureuse  " 
dans  le  sens  militaire,  c'est  un  bien  plutôt  qu'un  mal,  car  un  homme  peut  ainsi  suivre 
l'esprit  au  lieu  de  la  lettre  de  ses  instructions. 

Quant  au  précédent  qu'offrent  les  autres  pays,  il  ne  faut  pas  oublier  qu'en  Europe 
il  y  a  un  grand  nombre  d'officiers  du  génie  qui  reçoivent  une  solde.  L'exécution  de 
levers  de  plans  leur  donne  de  l'occupation  en  temps  de  paix,  et  la  dépense  est  partant 
moindre  au  chapitre  des  salaires. 

Cette  condition  n'existe  pas  au  Canada,  et  le  major  Hills  ne  prévoit  aucune  épar- 
gne en  fait  de  salaires,  car  il  estime  à  $7,000  les  traitements  du  surintendant  et  du 
sous-surintendant.  Je  suppose  que  cela  veut  dire  $4,000  pour  l'un  et  $3,000  pour 
l'autre.  Cela,  je  n'ai  pas  besoin  de  le  dire,  est  plus  que  ce  que  paie  le  gouvernemnt 
à  ceux  qu'il  charge  de  faire  des  relèvements. 

Comme  les  conditions  qui  existent  au  Canada  se  rapprochent  plus  de  celles  qui 
régnent  aux  Etats-Unis  que  de  celles  qui  existent  en  Europe,  la  comparaison  devrait 
être  faite  avec  les  Etats-Unis.  Le  major  Hills  dit  que  là  un  "  système  mixte  "  de  con- 
trôle a  été  adopté.  Cela  n'est  guère  exact.  Des  triangulations  importantes  sont 
actuellement  à  se  faire,  aux  Etats-Unis,  sous  la  direction  de  la  Commission  hydrogra- 
phique et  géodésique  et  de  la  Commission  géologique,  qui  sont  toutes  deux  des  corps 
civils.  Des  triangulations  ont  aussi  été  faites  par  le  ministère  de  la  Guerre,  mais 
d'une  moindre  étendue  et  d'une  moindre  importance,  à  l'exeception  du  lever  des  lacs, 
qui  a  été  fait  il  y  a  plusieurs  années  et  qui  a  été,  je  crois,  exécuté  presque  exclusive- 
ment sous  la  direction  de  civils. 

W.  E.  KING, 

Astronome  en  chef. 


L'Astronome  en  chef  et  le  Géographe  fédéral  au  Ministre  de  l'Intérieur. 

25  juillet  1904. 
L'honorable  Clifford  Sifton, 
Ministre  de  l'Intérieur. 

Monsieur,  Nous  avons  l'honneur  de  vous  faire  connaître  les  conclusions  aux- 
quelles nous  en  sommes  arrivés  après  avoir  discuté  ensemble  le  rapport  du  major  Hills 
au  sujet  du  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada. 

Ces  conclusions,  basées  sur  les  raisons  exposées  au  long  dans  le  rapport  ci-joint, 
peuvent  se  résumer  comme  suit  : — 

1.  Des  cartes  exactes  sont  d'une  très  grande  importance  pour  des  fins  administra- 
tives, militaires  et  économiques  et  pour  l'exécution  des  travaux  publics. 

2.  Bien  qu'une  masse  de  données  aient  été  recueillies,  au  Canada,  à  la  suite  des 
divers  levers  de  plans  qui  ont  été  faits,  les  cartes  n'ont  pas  le  degré  d'exactitude  voulu 
à  cause  du  manque  de  contrôle  systématique  par  triangulation. 

3.  Le  projet  du  major  Hills  ne  pourvoit  pas  à  une  triangulation  suffisante  pour 
permettre  d'établir  une  base  d'opérations  permanente,  et  les  données  qui  seraient  ainsi 
obtenues  ne  seraient  pas  assez  exactes  pour  répondre  aux  besoins  futurs. 

4.  D'après  son  système  de  relèvements  détaillés,  il  faudrait  refaire  les  levers  de 
plans  qui  ont  déjà  été  faits. 


COMMISSION  GEODESIQVE  AU  CANADA  25 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

5.  L'on  obtiendrait  un  meilleur  résultat  en  faisant  une  triangulation  sur  une  plus 
grande  échelle  et  en  s'abstenant,  pour  le  moment,  d'exécuter  aucun  lever  de  plans 
détaillé. 

6.  Les  opérations  devraient  être  dirigées  par  les  autorités  civiles  et  non  par  les 
autorités  militaires. 

W.  F.  KING, 

Astronome  en  chef. 

JAS  WHITE, 

Géographe  fédéral. 


V Astronome  en  chef  et  le  Géographe  fédéral  au  Ministre  de  l'Intérieur. 

25  juillet  1904. 

Monsieur, — Nous,  soussignés,  avons  l'honneur  de  vous  présenter  notre  rapport 
au  sujet  du  "  Rapport  relatif  au  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada  ",  qui  a  été 
soumis  par  le  major  Hills,  chevalier  de  l'ordre  de  Saint-Michel  et  de  Saint-Georges. 

Nous  sommes  parfaitement  d'accord  avec  le  major  Hills  quant  à  l'importance  et 
à  la  nécessité  de  bonnes  cartes  pour  des  fins  administratives,  militaires  et  économiques, 
et  pour  l'exécution  des  travaux  publics.  Ce  qu'il  dit  à  ce  sujet  peut  être  considéré 
comme  axiomatique,  de  même  que  le  principe  qu'il  pose,  à  savoir,  que  des  cartes 
exactes  ne  peuvent  être  obtenues  que  par  des  levers  de  plans  basés  sur  une  triangula- 
tion primaire. 

Qu'un  lever  trigonométrique,  comme  base  d'opérations,  soit  nécessaire,  c'est  ce 
que  démontre  la  méthode  suivie  par  presque  toutes  les  nations  civilisées  qui  ont  fait 
tracer  des  cartes  de  leurs  pays.  L'on  trouve  aussi  une  preuve  de  cela  dans  la  tentative 
faite,  au  Canada,  de  dresser  des  cartes  sur  des  données  incomplètes  tirées  de  levers  de 
plans  non  systématiquement  reliés  les  uns  aux  autres. 

Le  major  Hills,  dans  son  2me  chapitre,  "  Levers  de  plans  faits  jusqu'ici  au  Ca- 
nada", attire  l'attention  sur  les  difficultés  que  rencontre  le  cartographe  sous  le  sys- 
tème actuel. 

Ces  difficultés  sont  bien  telles  qu'il  les  représente,  sauf  quelques  inexactitudes  de 
peu  d'importance.  Cependant,  dans  un  cas,  qui  sera  indiqué  plus  loin,  des  renseigne- 
ments inexacts  lui  ont  fait  commettre  une  erreur  qui  rend  défectueux  son  projet  de 
levers  de  plans.  Nous  croyons,  aussi,  qu'il  s'appesantit  trop  sur  le  mémoire  de  la 
Société  Royale  du  Canada,  qu'il  cite,  surtout  sur  la  partie  de  ce  mémoire  où  l'on  pré- 
tend que  les  levers  topographiques  faits  par  les  divers  départements  du  service  public 
sont  constamment  refaits. 

Nous  sommes,  comme  lui,  d'avis  que  le  meilleur  moyen  de  remédier  à  l'état  de 
choses  actuel  est  de  faire  sans  retard  un  lever  géodésique  systématique,  bien  que  nous 
ne  soyons  pas  d'accord  avec  lui  quant  à  la  nature  précise  de  ce  lever  systématique,  et 
que  nous  ne  partagions  pas  son  opinion  lorsqu'il  dit  que  les  opérations  devraient  êttre 
dirigées  par  les  autorités  militaires. 

Nous  allons  maintenant  examiner  ses  recommandations  sur  les  deux  points  sui- 
vants : — 

(1).  Organisation  et  plan  d'opérations. 
(2).  Question  du  contrôle  militaire  ou  civil. 

ORGANISATION  ET   PLAN   D'OPERATIONS. 

Le  major  Hills  pourvoit  dans  son  projet  à  l'établissement  d'une  base  d'opérations 
sous  forme  d'une  "triangulation  secondaire,  où  convergeraient  des  triangulations  ter- 
tiaires".      Tout  indique  qu'il  entend  limiter  la  triangulation  à  d'étroites  bandes  ou 


26  CORRESPOXDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

chaînes  (10  à  30  milles  de  largeur,  dit-il,  dans  la  note  au  bas  de  la  page  13).  Ses 
cartes,  à  la  fin  du  rapport,  montrent  que  c'est  bien  là  ce  qu'il  a  dans  l'idée. 

Or,  cela  est,  d'après  nous,  tout  à  fait  insuffisant.  Un  "  réseau  "  couvrant  approxi- 
mativement l'étendue  de  pays  dont  on  désire  faire  un  lever  topographique  détaillé  est 
nécessaire. 

Sur  sa  carte,  n°  1,  il  indique  des  levers  de  plans  détaillés  d'une  étendue  considé- 
rable appuyés  sur  une  étroite  lisière  de  triangulation  "  secondaire."  Dans  quelques 
cas,  comme,  par  exemple,  sur  la  frontière  du  Vermont,  ces  levers  de  plans  détaillés 
s'étendent  sur  une  distance  de  60  milles  ou  plus  au  delà  des  limites  de  la  triangulation. 

Les  levers  topographiques  détaillés  échappent  ainsi  à  tout  contrôle.  L'avantage 
qu'offre  une  triangulation  est  perdu,  et  si  l'on  adoptait  ce  projet,  ce  serait  ni  plus  ni 
moins  continuer  la  méthode  suivie  jusqu'ici  et  ajouter  un  lever  de  plan  défectueux  de 
plus  à  ceux  que  le  major  Hills  considère  comme  inutiles  parce  qu'ils  ne  permettent  pas 
le  dresser  des  cartes  exactes. 

Qu'il  ait  bien  dans  l'idée  de  restreindre  la  triangulation  à  certaines  étendues  de 
pays  étroites,  entre  Détroit  et  le  golfe  Saint-Laurent,  entre  Ottawa  et  le  Saut-Sainte- 
Marie,  etc.,  c'est  ce  que  montre  sa  carte  n°  2,  qui  indique  le  "final  développement  de 
la  triangulation",  et  qui  n'élargit  pas  le  champ  de  la  triangulation  secondaire  décrit 
sur  la  carte  n°  1. 

D'après  nous,  l'on  devrait  établir  une  chaîne  de  triangulation  qui  servirait  de 
ase  d'opérations.  Cette  chaîne  suivrait,  dans  les  provinces  d'Ontario  et  de  Québec, 
le  même  cours  que  sa  chaîne.  Les  mesurages  devraient,  cependant,  être  faits  avec  un 
plus  haut  degré  d'exactitude  que  ne  le  comporte  son  projet.  Il  faudrait  que  la  trian- 
gulation, au  lieu  d'être  "secondaire",  fût  d'un  caractère  "primaire",  bien  qu'il  ne 
fût  pas  nécessaire  qu'elle  eût  toute  la  précision  d'un  lever  géodésique  parfait. 

Ensuite  serait  greffé  sur  cette  chaîne,  lorsque  ce  serait  nécessaire,  un  réseau  de 
triangles  "  secondaires  ",  couvrant  le  territoire  dont  on  voudrait  dresser  une  carte 
exacte. 

Cette  méthode,  croyons-nous,  est  la  seule  qui  donnerait  satisfaction  si  l'on  tient 
compte  non  seulement  des  besoins  présents,  mais  encore  des  besoins  futurs.  -Si  l'on 
casait  les  levers  de  plans  d'une  région  aussi  vaste  sur  une  triangulation  d'un  ordre 
inférieur,  sans  établir  une  base  permanente  d'opérations  que  seule  une  triangulation 
pourrait  offrir,  il  s'en  suivrait,  lorsque  les  relèvements  seraient  poursuivis  sur  une 
distance  tant  soit  peu  considérable  de  l'un  ou  l'autre  côté,  une  foule  d'erreurs  très 
graves.  Il  faudrait  donc,  un  jour  ou  l'autre,  refaire  le  même  travail.  Il  vaut  assuré- 
ment mieux  faire  les  choses  bien  une  fois  pour  toutes. 

Le  projet  du  major  Hills  est  défectueux  : — 

(1).  En  ce  sens  qu'il  comporte  trop  de  levers  de  plans  détaillés  en  proportion  de 
la  triangulation  qui  serait  faite; 

(2).  En  ce  sens,  aussi,  que  la  triangulation  ne  serait  pas  assez  exacte  pour  pouvoir 
servir  de  base  d'opérations  dans  l'avenir. 

Nous  ajouterons  que,  à  notre  avis,  aucun  lever  topographique  détaillé  n'est  néces- 
saire pour  le  moment.     L'on  devrait  se  borner  à  faire  une  triangulation. 

Les  données  tirées  des  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  par  le  gouvernement  fédé- 
ral et  les  gouvernements  provinciaux  suffisent  amplement  pour  le  dressement  de  cartes. 
Ce  dont  on  a  le  plus  besoin  est  un  moyen  de  vérifier  les  erreurs. 

Le  seul  moyen  de  vérification,  à  l'heure  qu'il  est,  consiste  dans  les  latitudes  et  les 
longitudes  qui  ont  été  astronomiquement  déterminées  à  certains  points.  Ces  point  î 
sont  trop  espacés,  et  si  on  les  multipliait  afin  d'atteindre  le  degré  d'exactitude  qu'offre 
une  triangulation  cela  coûterait  très  cher. 

Pour  tirer  pleinement  parti  des  données  topographiques  qui  ont  été  accumulées, 
des  points  de  vérification  espacés  de  20  milles  ou  à  peu  près  sont  nécessaires.       Cei 


COMMISSION  GEODESIQUE  AJJ  CANADA  27 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

points  devraient  être  établis  par  triangulation.  Les  lèvera  de  plans  détaillés  qui  ont 
été  faits  jusqu'ici  y  seraient  raccordés. 

Ensuite,  lorsque  les  levers  topographiques  que  L'on  a  actuellement  seraient  trouvés 
insuffisants  ou  inexacts,  il  serait  facile  «le  les  remplacer  par  d'autres  plus  complets  et 
plus  exacts,  mais  cela  devrait  être  retardé  jusqu'à  ce  que  la  nécessité  de  la  chose  eûï 
été  démontrée.  Si  Ton  agissait  autrement,  il  faudrait  refaire  le  travail  qui  a  déjà  été- 
fait  sans  peut-être  rien  n'y  gagner,  ce  qui  serait  certainement  un  mode  de  procéder 
inexcusable.  Avec  ses  immenses  régions  dont  des  levers  de  plans  n'ont  pas  encore  été- 
faits,  le  Canada  ne  peut  pas  risquer  cela. 

Nous  ferons  de  plus  remarquer  qu'une  triangulation  exacte  esl  nécessaire  pour 
un  des  principaux  objets  du  lever  géodésique,  savoir,  le  recueillement  de  données  utile-. 
indispensables  même,  pour  le  tracement  de  lignes  de  chemins  de  fer,  l'établissemeni 
de  services  d'eau,  l'exécution  de  travaux  de  drainage,  etc.  Cela  demande  un  plus  liant 
degré  d'exactitude  que  ne  le  comporte  le  projet  du  major  Hills. 

Nous  croyons,  par  conséquent,  que  l'on  devrait  tout  d'abord  faire  une  triangula- 
tion aussi  rapidement  que  possible  par  tout  le  pays.  Aucun  lever  topographique  «lé- 
taillé  ne  devrait  être  fait  avant  que  les  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  jusqu'ici  aient 
été  jugés  insuffisants  après  avoir  été  vérifiés  à  l'aide  de  la  triangulation.  Le  major 
Hills  propose  que  l'on  dépense,  tous  les  ans,  un  montant  de  $75,000,  dont  $15,000  à 
$16,000  seraient  pour  la  triangulation.  Si  nous  ne  nous  trompons,  cette  dernière 
somme  est  la  seule  qui  serait  dépensée  utilement.  Nous  omettons  les  traitements  des 
membres  du  personnel  du  bureau  central,  vu  que  nous  croyons  que  les  opérations  pour- 
raient être  dirigées  par  les  départements  actuels. 

Le  major  Hills  calcule  que  l'on  pourrait  faire  avec  cette  somme  250  milles  linéaires 
de  triangulation  par  année.  Cela  fait  $60  à  $64  par  mille  linéaire,  ou  $3  à  $3.2o  par 
mille  carré,  si  la  triangulation  avait  20  milles  de  largeur. 

Nous  croyons  que  ces  chiffres  sont  trop  hauts,  et  qu'ils  pourraient  être  réduits  de 
20  pour  100.  La  somme  de  travail  faite  chaque  année  varierait,  naturellement,  sui- 
vant les  caractères  physiques  du  pays  que  l'on  triangulerait,  et  ne  peut  par  conséquent 
être  exactement  déterminée. 

En  ce  qui  concerne  le  choix  des  routes  pour  les  chaînes  principales  de  triangula- 
tion, nous  suggérerions  que  l'on  suive  le  tracé  indiqué  par  le  major  Hills  quant  aux 
provinces  d'Ontario  et  de  Québec,  c'est-à-dire  que  l'on  fasse  tout  d'abord  un  lever  tri- 
gonométrique  à  partir  de  Détroit  jusqu'au  golfe  Saint-Laurent,  et  ensuite  un  autre  à 
partir  d'Ottawa  jusqu'au  Saut-Sainte-Marie,  avec  peut-être  une  chaîne  de  raccorde- 
ment le  long  de  la  face  occidentale  de  la  province  d'Ontario  (à  l'est  du  lac  Huron). 

Dans  les  provinces  maritimes,  il  devrait  y  avoir  le  long  de  la  baie  de  Fundy  une 
chaîne  qui  serait  la  continuation  de  "l'arc  oblique"  qui  a  été  mesuré  par  la  Commis- 
sion hydrographique  et  géodésique  des  Etats-Unis  à  partir  du  golfe  du  Mexique  jus- 
qu'à la  frontière  du  Nouveau-Brunswick.  Le  major  Hills,  qui  est  évidemment  sous 
l'impression  que  le  travail  qui  a  été  fait  là  par  la  Commission  Géologique  est  d'une 
parfaite  exactitude,  ne  pourvoit  à  aucune  triangulation  dans  les  province-  maritimes. 
Il  a  été  mal  renseigné  sur  ce  point;  les  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  dans  ces  pro- 
vinces ne  sont  pas  plus  exacts  que  ceux  que  l'on  a  faits  dans  les  autres  provinces. 

La  ligne  transcontinentale  de  triangulation  le  long  du  4<.)ine  parallèle,  mu.-  com- 
prend le  projet  du  major  Hills,  fait  partie  du  plan  d'opérations  de  la  Commission  qui 
a  été  chargée  de  faire  le  lever  de  la  frontière  internationale.  L'on  n'aurait  donc  pas 
à  s'occuper  de  cela. 

La  triangulation  du  98me  méridien  (à  travers  le  Manitoba)  est  d'un  grand  inté- 
rêt au  point  de  vue  scientique  comme  partie  de  l'important  travail  «pie  font  actuelle- 
ment les  Etats-LTnis  et  le  Mexique,  mais  comme  c'est  là  une  chose  qui  a  peu  d'impor- 
tance au  point  de  vue  topographique,  comparée  au  travail  plus  pressant  qu'il  y  a  à 
faire  dans  les  provinces  orientales,  on  peut  l'éliminer  pour  le  moment. 


28  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
LA  QUESTION  DU   CONTROLE  MILITAIRE  OU   CIVIL. 

Les  arguments  que  le  major  Hills  avance  pour  démontrer  que  le  lever  géodésique 
du  Canada  devrait  être  fait  sous  la  direction  des  autorités  militaires  sont  basés  (1) 
sur  les  précédents  et  (2)  sur  la  supériorité  d'organisation. 

1.  Quant  aux  précédents,  il  dit  que  "  presque  tons  les  importants  levers  de  plans 
nationaux  ont  été  faits  sous  la  direction  des  autorités  militaires".  Il  cite  la  Grande- 
Bretagne,  la  France,  l'Italie,  l'Inde,  l'Afrique  du  Sud  et  plusieurs  autres  pays. 

Pour  pouvoir  apprécier  ces  précédents  à  leur  juste  valeur,  il  faut  examiner  les 
cas  où  la  méthode  contraire  est  suivie.  Sans  entrer  dans  une  longue  discussion  sur 
ce  point,  nous  attirerons  l'attention  sur  le  travail  de  l'Institut  Géodésique,  fondé  en 
Prusse  en  1869,  qui  est  sous  la  direction  de  civils.  Cet  institut  est  chargé  de  faire 
les  triangulations  primaires  ainsi  que  les  triangulations  internationales  pour  l'Europe. 
11  occupe,  dans  le  monde,  le  premier  rang  dans  la  géodésie.  D'autres  Etats  allemands 
pourraient  être  cités,  comme,  par  exemple,  le  Hanovre,  la  Bavière,  Nassau,  Baden  et 
Wurtemburg. 

Ainsi,  même  en  Europe,  le  contrôle  militaire  n'est  pas  sans  ses  exceptions.  Lors- 
qu'on discute  un  sujet  scientifique  ou  intimement  lié  à  la  science,  l'Allemagne  est  une 
nation  qui  n'est  certainement  pas  à  dédaigner. 

Que  l'on  juge  à  propos,  en  Europe,  de  recourir  aux  autorités  militaires,  cela  s'ex- 
plique facilement.  En  effet,  dans  les  pays  où  il  existe  une  grande  armée  permanente, 
une  foule  d'officiers  du  génie  sont  inoccupés  en  temps  de  paix  et  leurs  services  peuvent 
être  utilisés  dans  les  entreprises  nationales  à  peu  de  frais.  La  valeur  qu'ont  les  cartes 
pour  des  fins  militaires  est,  d'un  autre  côté,  ce  qui  frappe  tout  d'abord,  et  c'est  pour- 
quoi l'on  confie  aux  officiers  du  génie  la  tâche  de  lever  les  plans  topographiques.  Mais 
lorsque  les  exigences  modernes  montrent  la  nécessité  de  levers  de  plans  exacts  pour 
des  fins  économiques,  pour  l'exécution  de  divers  travaux,  etc.,  nous  trouvons  une  ten- 
dance à  remplacer  les  militaires  par  des  civils.  Il  est  de  plus  en  plus  reconnu  qu'un 
lever  de  plans  est  une  opération  scientifique  et  l'application  d'une  science — la  géodésie 
— et  doit  être  fait  par  des  spécialistes,  par  des  experts,  travaillant  sous  la  direction 
d'hommes  de  science.  Ce  n'est  pas  une  chose  du  domaine  d'hommes  dont  l'éducation 
et  les  ambitions  les  poussent  dans  une  autre  direction. 

Le  major  Hills  excepte  les  Etats-Unis  de  sa  liste  de  précédents.  Cette  exception 
ôte  toute  force  à  son  argument,  car  les  conditions  qui  existent  aux  Etats-Unis  res- 
semblent beaucoup  à  celles  qui  régnent  au  Canada. 

Les  raisons  données  pour  l'emploi  de  militaires  dans  les  levers  de  plans,  en  Eu- 
rope, ne  s'appliquent  pas  aux  Etats-Unis.  Aussi,  les  levers  géodésiques  sont-ils  faits, 
dans  ce  pays,  sous  la  direction  de  fonctionnaires  civils.  Ces  raisons  ne  s'appliquent 
Pls  non  plus  au  Canada.  Nous  n'avons  donc  contre  la  pratique  suivie  aux  Etats-Unis 
et  au  Canada  rien  que  la  citation  de  précédents,  qui  ne  sont  pas  même  universels. 

Le  major  Hills  dit,  cependant,  qu'aux  Etats-Unis  un  "  système  mixte  "  de  contrôla 
a  été  adopté.     Cela  est  inexact. 

Les  levers  topographiques  des  Etats-Unis  sont  faits  par  la  Commission  Géologique 
et  sous  la  direction  exclusive  de  civils.  Le  travail  de  cette  Commission  est  de  la 
nature  de  celui  que  l'on  demande  au  gouvernement  de  faire  pour  le  Canada. 

La  Commission  hydrographique  et  géodésique  des  Etats-Unis  fait  des  levers  tri- 
gonométriques  et  hydrographiques  le  long  de  la  côte  et  exécute  aussi  d'importants 
levers  géodésiques  dans  l'intérieur.  L'exactitude  et  le  caractère  scientifique  de  son 
travail  sont  reconnus  dans  tout  l'univers,  et  cependant  ses  opérations  sont  dirigées 
par  des  géomètres  civils. 

Ces  deux  institutions  comptent  parmi  les  plus  importantes  qu'il  y  ait  dans  le 
monde;  elles  dépensent  chacune  au  delà  de  $1,000,000  par  année. 

Le  ministère  de  la  Guerre,  aux  Etats-Unis,  ne  fait  plus  de  levers  de  plans  depuis 
longtemps. 


COMMISSION  GEODE SIQUE  AU  CANADA  29 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Le  major  Hills  dit  que  le  lever  géodosique  de  l'Afrique  australe  (qui  a  été  fait 
par  sir  David  Grill,  astronome  de  Sa  Majesté)  a  été  une  "entreprise  désastreuse".  Cela 
doit  être  attribué  non  pas  à  l'inefficacité  du  contrôle  civil,  mais  aux  difficultés  finan- 
cières que  provoqua  l'arrangement  singulier  qui  avait  été  fait  entre  le  Natal  et  la 
Colonie  du  Cap,  en  vertu  duquel  ces  deux  colonies,  qui  devaient  payer  les  dépenses 
par  parts  égales,  demandèrent  qu'il  y  eût  aussi  division  égale  du  travail  entre  elles, 
sans  égard  au  parcours  que  devait  nécessairement  suivre  le  lever  pour  que  l'on  pût  en 
retirer  un  avantage  appréciable. 

2.  Le  major  Hills  ajoute  que  "  pour  mener  un  lever  de  plans  à  bonne  fin,  une  rou- 
tine rigoureuse  et  méthodique,  jointe  à  une  discipline  quasi-militaire,  est  absolument 
nécessaire." 

Nous  ne  sommes  pas  du  tout  de  cet  avis.  Ce  en  quoi  la  discipline  militaire  diffère 
essentiellement  de  ce  que  l'on  peut  appeler  la  discipline  "civile"  est  l'obéissance  aveu- 
gle aux  ordres,  quels  que  puissent  être  les  résultats. 

Nous  n'avons  aucune  hésitation  à  dire  que  moins  ce  principe  est  appliqué  dans 
les  relations  entre  les  autorités  centrales  et  le  chef  d'une  brigade  d'arpenteurs  ou  entre 
celui-ci  et  les  hommes  sous  ses  ordres,  le  mieux  c'est.  Dans  notre  pays — cela  est-il 
dû  à  l'éducation  ou  à  une  autre  cause,  nous  ne  saurions  le  dire — ce  n'est  pas  de  cette 
manière  que  l'on  obtient  le  meilleur  travail  d'un  homme. 

La  discipline  "  civile  "  ordinaire  a  été  suffisante,  au  Canada,  pour  l'exécution  de 
très  importants  levers  de  plans,  pour  la  délimitation  des  terres  fédérales  et  provin- 
ciales, pour  la  poursuite  des  études  géologiques,  pour  le  tracement  des  lignes  de  che- 
mins de  fer,  etc.,  etc.  Si  la  discipline  militaire  est  "  absolument  nécessaire  "  pour  le 
lever  géodésique  que  l'on  se  propose  de  faire  au  Canada,  elle  est  également  nécessaire 
pour  tous  les  autres  levers  de  plans,  et  alors  elle  devrait  leur  être  appliquée.  Cepen- 
dant, des  levers  de  plans  ont  été  faits  par  le  passé  et  sont  encore  à  se  faire  avec  succès 
sans  cela.  Ici,  au  Canada,  est  un  précédent  contre  le  contrôle  militaire  beaucoup  plus 
fort  que  tous  les  précédents  que  le  major  Hills  peut  puiser  dans  le  vieux  monde. 

W.  F.  KING, 

Astronome  en  chef. 

JAS  WHITE,  * 

Géographe. 


Le  Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  açu,  Sous-ministre  de  Vlnté- 


Le  Sous-ministre  de  l'Intérieur. 

Monsieur, — J'ai  reçu  instruction  de  l'honorable  Ministre  de  la  Milice  et  de  la 
Défense  de  vous  transmettre,  pour  l'instruction  de  l'honorable  Ministre  de  l'Intérieur, 
le  mémoire  ci-joint  qui  a  été  soumis  à  sir  Frederick  Borden  par  le  chef  de  l'état-major 
général. 

Le  Ministre  de  la  Milice  considère  que  le  sujet  traité  dans  ce  mémoire  est  d'une 
grande  importance,  et  il  serait  très  obligé  au  Ministre  de  l'Intérieur  si  celui-ci  voulait 
bien  agir  dans  le  sens  indiqué  par  le  général  de  brigade  Lake  dans  le  dernier  paragra- 
phe de  son  mémoire. 

E.  F.  JAKVIS, 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 


30  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Ottawa,  14  avril  1905. 


L'HONORABLE  MINISTRE  DE  LA  MlLICE  ET  DE  LA  DÉFENSE, 

Ottawa. 


1.  J'ai  déjà  attiré  votre  attention  sur  la  position  critique  dans  laquelle  se  trouve- 
raient les  troupes  du  Canada,  par  suite  du  manque  de  cartes  exactes  du  pays,  si  elles 
étaient  malheureusement  apelées  à  repousser  une  invasion. 

2.  Le  fait  qu'une  armée  est  privée  de  bonnes  cartes  de  son  propre  pays  non  seule- 
ment jette  du  discrédit  sur  une  nation,  mais  de  plus  tend  à  amener  la  défaite,  surtout 
dans  un  cas  comme  le  nôtre,  où  les  soldats  canadiens  auraient  à  lutter  contre  des  adver- 
saires supérieurs  en  nombre  et  où  ils  auraient  besoin  de  tous  les  avantages  que  pour- 
rait leur  procurer  la  science  pour  être  en  mesure  de  tenir  tête  à  l'ennemi. 

3.  Cependant,  sauf  un  lever  topographique  d'une  partie  de  la  péninsule  de  Nia- 
gara et  d'une  ou  deux  autres  petites  étendues  de  pays,  il  n'existe  aucune  carte  d'une 
partie  quelconque  du  Canada  assez  parfaite  pour  des  fins  militaires. 

4.  Le  Canada  est  probablement  le  seul  pays  civilisé  du  monde  qui  ne  possède  pas 
ou  qui  ne  s'efforce  pas  de  s'assurer  une  carte  exacte  indiquant  les  caractères  topogra- 
phiques des  routes  principales,  au  moins  dans  ses  régions  habitées. 

5.  Il  n'existe,  que  je  sache,  aucune  carte  du  Canada  indiquant  les  contours  du  ter- 
rain, suivant  la  méthode  adoptée  par  les  Commissions  géodésiques  des  pays  européens 
et  des  Etats-Unis. 

6.  Il  est  reconnu  que  tout  lever  de  plans,  pour  être  précis,  doit  être  basé  sur 
l'exacte  détermination — par  des  observations  astronomiques  et  une  triangulation — de 
certains  point  donnés,  sur  lesquels  les  arpenteurs  puissent  vérifier  leurs  mesurages. 
Il  n'existe  guère  de  ces  bases  d'opérations  au  Canada. 

7.  Conformément  à  vos  instructions,  les  fonctionnaires  attachés  au  ministère  de 
la  Milice  se  sont  efforcés,  en  ces  dernières  années,  de  mettre  le  Canada  en  état  de  se 
défendre  en  levant  les  plans  des  parties  du  pays  qui  ont  le  plus  d'importance  au  point 
de  vue  militaire.  Mais  l'on  a  pas  fait  grand'chose  jusqu'ici,  non  seulement  parce 
que  l'on  manquait  d'arpenteurs,  mais  surtout  à  cause  de  l'absence  de  points  exactement 
déterminés  d'après  la  méthode  indiquée  dans  le  paragraphe  précédent. 

8.  Si  un  nombre  suffisant  de  ces  points  avaient  été  déterminés  par  le  passé,  l'on 
aurait  marché  beaucoup  plus  vite  et  l'on  aurait  atteint  un  bien  plus  haut  degré  d'exac- 
titude. 

9.  Les  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  jusqu'ici  ne  pourront  être  guère  utilisés 
avant  d'avoir  été  vérifiés  à  l'aide  de  ces  points  de  repère. 

10.  De  fait,  une  triangulation  est  absolument  nécessaire  lorsqu'on  veut  faire  un 
lever  géodésique.  C'est  là  une  condition  essentielle  sans  laquelle  aucun  lever  de  plans 
ne  saurait  être  exact. 

11.  Qu'un  lever  topographique  exact  des  régions  habitées  du  Canada,  indiquant 
les  caractères  physiques  du  pays,  les  contours  du  terrain  et  les  routes  principales,  don- 
nerait, en  peu  d'années,  l'équivalent  de  ce  qu'il  aurait  coûté,  c'est  là  une  chose  incon- 
testable. Et  ce  n'est  pas  seulement  au  point  de  vue  militaire  que  le  gouvernement 
devrait  envisager  cette  question. 

12.  Mais,  en  attendant,  les  arpenteurs  militaires  ont  grandement  besoin  de  plus 
de  points  de  repère,  comme  ceux  dont  il  est  parlé  dans  le  paragraphe  6. 

13.  L'astronome  en  chef  du  ministère  de  l'Intérieur  a  déjà  fixé  la  position  d'un 
petit  nombre  de  ces  points.  Il  a  bien  voulu  mettre  le  résultat  de  son  travail  à  la  dis- 
position de  la  division  des  renseignements. 

14.  Je  conclus  de  cela  qu'il  a  les  instruments  nécessaires  et  le  nombre  voulu  de 
géomètres  expérimentés  sous  ses  ordres,  et  qu'il  pourrait,  si  on  l'autorisait  à  le  faire, 
effectuer  une  triangulation  primaire,  comme  celle  dont  il  est  parlé  plus  haut,  à  peu  de 
frais  et  en  peu  de  temps. 


COMMISSION  (JEODESIQUE  AU  CANADA  31 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

15.  Je  me  permettrai  de  demander  que  l'on  fasse  savoir  au  Ministre  de  l'Intérieur 
que  le  département  de  la  Milice  attache  beaucoup  d'importance  à  cette  question,  et 
qu'on  le  prie  de  prêter  son  concours  pour  l'exécution  du  projet  que  je  viens  d'exposer 
en  donnant  à  son  astronome  en  chef  l'autorisation  de  commencer  le  travail. 

P.  LAKE, 

Général  de  brigade,  chef  de  V état-major  général. 

L'Astronome  en  chef  au  Sous-ministre  de  l'Intérieur. 

2  mai  1905. 
M.  W.  W.  Cory, 

Sous-ministre  de  l'Intérieur. 

Monsieur,— Le  sujet  que  le  général  Lake  traite  dans  son  mémoire  est,  d'après  moi, 
d'une  haute  importance.  Un  lever  trigonométrique  du  Canada,  au  moins  de  ses  par- 
ties les  plus  peuplées,  serait  d'une  très  grande  valeur  pour  des  fins  administratives  et 
militaires  et  pour  l'exécution  de  divers  travaux,  vu  que  cela  fournirait,  pour  les  levers 
de  plans  détaillés,  une  base  exacte,  sans  laquelle  l'on  ne  pourrait  atteindre  le  degré 
de  précision  voulu. 

Je  ne  crois  pas  devoir  insister  sur  la  nécessité  d'un  tel  lever,  étant  donné  que  j'ai 
déjà  présenté  plusieurs  rapports  à  ce  sujet  au  ministre  et  au  sous-ministre.  Le  géné- 
ral Lake  envisage,  naturellement,  la  question  au  point  de  vue  militaire;  à  d'autres 
points  de  vue,  cependant,  surtout  pour  des  fins  militaires  et  pour  l'exécution  de  diffé- 
rents travaux,  l'importance  de  la  chose  est  tout  aussi  évidente. 

Il  faudra  faire  un  lever  trigonométrique  du  pays  un  jour  ou  l'autre,  et  je  ne  vois 
pas  pourquoi  l'on  attendrait  plus  longtemps.  Je  demande  par  conséquent  que  l'on 
m'autorise  à  commencer  les  opérations  dans  les  environs  d'Ottawa,  en  partant  de  la 
triangulation  que  je  suis  actuellement  à  faire  et  qui  reliera  le  nouvel  observatoire  à 
l'ancien,  sur  la  rue  Cliff. 

Les  dépenses  se  rattachant  à  cette  triangulation  sont  payées  à  même  le  crédit  voté 
pour  la  poursuite  des  études  astronomiques,  mais  ce  crédit  ne  serait  pas  suffisant.  Je 
calcule  qu'une  somme  de  $15,000  pourrait  être  dépensée  avec  avantage  à  ce  travail  pen- 
dant le  prochain  exercice.  Je  recommande  donc  qu'un  crédit  pour  ce  montant  soit 
inséré  dans  le  budget  supplémentaire  pour  l'exercice  1905-1906. 

W.  F.  KING, 

Astronome  en  chef. 

Mémoire  soumis  par  le  major  général  Lake  au  Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 
A  l'honorable  Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 
Lever  topographique  du  Canada. 

1.  J'ai  l'honneur  d'attirer  votre  attention  sur  le  fait  que  le  temps  est  arrivé  où 
un  lever  topographique  uniforme  et  systématique  du   Canada  devrait  être  fait  et  où, 

aussi,  les  départements  de  l'administration  fédérale  qui  sont  intéressés  dans  la  chose, 
devraient  s'entendre  pour  coopérer  à  l'exécution  de  cette  entreprise. 

2.  A  l'heure  qu'il  est,  les  ministères  suivants  de  l'administration  fédérale  sont 
intéressés  dans  cette  question  : — 

(a)  Le  ministère  de  l'Intérieur,  auquel,  outre  les  arpentages  qui  sont  faits  sous 
la  direction  de  l'arpenteur  général,  ressortent  les  études  géologiques; 

(b)  Le  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense; 

(c)  Le  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux; 

(d)  Le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries;   et,  dans  un  certaine  mesure, 

(e)  Le  ministère  des  Postes. 


32  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

A  cette  liste  doivent  être  ajoutés  plusieurs  départements  des  administrations 
provinciales.  Cependant,  il  n'existe  aucun  système  général  de  levers  de  plans,  commun 
à  tous  les  départements.  Il  n'y  a  non  plus,  à  une  ou  deux  exceptions  près  dans  l'Ouest, 
aucune  carte  topographique  exacte  du  Canada. 

3.  Comme  vous  le  savez,  une  carte  topographique  est  une  carte  qui  indique  exacte- 
ment les  caractères  naturels  et  artificiels  constituant  la  conformation  physique  d'un 
pays,  c"est-à-dire  qui  indique  la  hauteur  et  la  forme  des  montagnes  et  des  collines,  la 
situation  et  la  largeur  des  rivières  et  des  lacs,  la  nature  et  l'étendue  des  forêts  et  des 
marais,  et  qui  donne  des  renseignements  concernant  les  villages,  les  routes,  les  che- 
mins de  fer,  les  canaux,  les  ponts,  les  fermes,  les  docks,  etc. 

4.  Pour  des  fins  militaires,  une  carte  topographique  exacte  est  absolument  essen- 
tielle. Un  général  commandant  des  troupes  en  campagne  qui  n'aurait  pas  une  carte 
sur  laquelle  il  pourrait  baser  son  plan  d'opérations  marcherait  sûrement  à  la  défaite. 
Aussi  le  département  de  la  Milice  est-il  un  de  ceux  qui  ont  le  plus  besoin  d'un  lever 
topographique  exact.  Mais  il  doit  être  bien  compris  qu'il  n'y  a  aucune  différence 
essentielle  entre  une  bonne  carte  faite  pour  des  fins  civiles  et  une  carte  faite  pour  des 
fins  militaires. 

5.  Les  officiers  préposés  à  la  division  géodésique  du  département  de  la  Milice  ont 
fait  des  levers  de  plans  des  parties  les  plus  importantes  du  pays  au  point  de  vue  mili- 
taire, et  ils  sont  reconnaissants  aux  géomètres  des  autres  départements  pour  l'aide 
qu'ils  leur  ont  prêtée.  Et  je  suis  certain  que  ces  géomètres  seront  les  premiers  à 
reconnaître  que  les  différents  départements  ne  suivent  pas  une  méthode  uniforme 
s'ils  ne  coopèrent  pas  ensemble.  Or,  il  doit  nécessairement  s'ensuivre  qu'une  grande 
partie  de  l'argent  que  l'on  dépense  de  ce  chef  est  gaspillé. 

6.  Comme  vous  le  savez,  les  départements  de  l'administration  fédérale  et  des 
administrations  provinciales  (sans  parler  du  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries, 
qui  a  ses  propres  cartes  spéciales)  consacrent  des  sommes  considérables,  tous  les  ans, 
à  des  levers  de  plans  géologiques,  à  des  arpentages  et  à  des  cadastrages  d'après  lesquels 

sont  dressées  des  cartes  indiquant  les  formations  géologiques  de  diverses  régions,  les 
bornes  des  terres,  les  superficies  des  townships,  les  routes,  etc. 

7.  Il  est  impossible  de  dresser  des  cartes  topographiques  exactes  sur  les  levers  de 
plans  géologiques,  géodésiques  ou  cadastraux,  vu  qu'ils  ne  sont  pas  censés  indiquer 

exactement  les  caractères  physiques  de  telle  ou  telle  étendue  de  pays   (généralement 
ils  n'indiquent  pas  les  collines  du  tout),  et  qu'ils  ne  sont  pas  basés  sur  une  "triangu- 
lation "  précise,  dont  la  nature  et  la  nécessité  sont  expliquées  dans  le  document  ci- 
joint. 

8.  Un  lever  topographique  systématique  de  tout  le  pays  permettrait  de  coordonner 
tous  les  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  jusqu'ici,  car  il  faudrait  tout  d'abord  faire 

une  "  triangulation  "  afin  de  fixer  exactement  la  position  de  plusieurs  points  bien  mar- 
qués. Ces  points  sont  ce  que  l'on  appelle  des  "  stations  trig*onométriques".  Ils  se 
trouvent  généralement  au  sommet  de  collines  ou  de  coteaux  et  sont  espacés  de  1  à  5 
milles  par  tout  le  pays.  La  position  et  la  hauteur  exactes  de  ces  stations  trigonométri- 
ques  seraient  connues  et  elles  serviraient  de  points  de  repère,  auxquels  les  levers  de 
plans  faits  par  le  gouvernement  fédéral,  par  les  gouvernements  provinciaux  ou  par  des 
particuliers  seraient  rattachés  ou  "  reliés  ".  C'est  à  cause  de  l'absence  de  ces  bases 
d'opérations  que  les  levers  de  plans  qui  sont  faits  par  tout  le  pays  ne  peuvent  être 
coordonnés  et  qu'il  faut  souvent  refaire  le  travail  qui  a  déjà  été  fait. 

9.  L'importance,  au  point  de  vue  commercial,  d'un  lever  topographique  systémati- 
que est  évidente  lorsqu'on  considère  que  c'est  la  conformation  physique  du  pays  qui 
règle  le  tracé  des  chemins  de  fer,  des  canaux  et  des  routes,  et  que,  sous  le  système 
actuel,  presque  tous  ceux  qui  veulent  construire  un  chemin  de  fer  ou  un  canal  ou 
ouvrir  des  terres  à  la  colonisation  sont  obligés  de  faire  leurs  propres  levers  de  plans, 
qu'ils  gardent  généralement  pour  eux-mêmes,  et  qui  ne  peuvent  par  conséquent  servir 
à  d'autres. 


COMMISSION  OEODESIQUE  AU  CANADA  33 

ÛOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Je  ne  prétends  pas  que  l'on  pourrait  se  dispenser  de  faire  des  levers  de  plans  spé- 
ciaux lorsqu'il  s'agirait  de  construire  un  chemin  de  fer  ou  un  canal,  mais  la  dépensé 
à  faire  de  ce  chef  serait  certainement  beaucoup  moins  élevée  s'il  existait  des  cartes 
topographiques  du  pays. 

10.  Il  ne  peut  donc  y  avoir  aucun  doute  quant  au  besoin  et  à  la  valeur  d'un  lever 
topographique  systématique  du  pays. 

Il  reste  à  examiner  comment  l'on  devrait  procéder. 

11.  Le  meilleur  moyen  d'assurer  l'économie  dans  les  dépenses  et  l'uniformité  dans 
les  opérations  est  évidememnt  de  créer  un  département  central  qui  aurait  pour  mission 
de  dresser  une  carte  topographique  du  pays. 

12.  Ce  département  ne  contrecarrerait  nullement  le  travail  des  autres  départe- 
ments où  se  font  actuellement  des  levers  de  plans,  mais  au  contraire  il  le  développe- 
rait considérablement.  Le  succès  de  l'entreprise  dépendrait,  cependant,  dans  une 
large  mesure  de  la  coopération  de  ces  départements,  car  il  faudrait  avoir  les  services 
des  meilleurs  géomètres  du  pays. 

13.  Quant  à  la  méthode  que  l'on  devrait  suivre  pour  le  lever  d'un  plan  topographi- 
que du  pays,  c'est  là  une  question  technique,  qui  doit  être  réglée  par  des  experts. 

14.  Si  j'étais  appelé  à  donner  mon  opinion,  je  dirais  que  l'on  devrait  tout  d'abord 
demander  aux  chefs  des  départements  où  se  font  des  levers  de  plans  d'exprimer  leurs 
vues  quant  au  besoin  d'un  lever  topographique  du  Canada  et  à  la  manière  de  le  faire  ; 
puis,  s'ils  étaient  en  faveur  de  la  chose,  des  représentants  des  départements  pourraient 
se  réunir,  sous  la  présidence  d'un  expert  désintéressé,  pour  formuler  un  projet  con- 
forme aux  vues  de  tous  les  intéressés  et  faire  un  rapport  où  ils  indiqueraient  le  meil- 
leur moyen  de  former  un  département  de  géodésie  central,  qui  serait  chargé  de  dresser 
une  carte  de  tout  le  pays. 

15.  Si  cela  n'est  pas  praticable  pour  le  moment,  je  suggérerais  que  l'on  adopte  le 
mode  de  procéder  suivant,  qui  n'empêcherait  pas  l'établissement,  plus  tard,  d'un  dépar- 
tement central  comme  celui  dont  je  viens  de  parler. 

L'exécution  de  la  triangulation  "  primaire  "  et  de  la  triangulation  "  secondaire  " 
(telles  qu'expliquées  dans  le  document  ci-joint)  devrait  être  confiée  au  ministère  de 
l'Intérieur,  qui  a  déjà  à  son  service  des  géomètres  experts,  capables  de  faire  ce  travail 
avec  l'exactitude  voulue.  Ces  géomètres  pourraient  tout  d'abord  faire  la  triangulation 
de  la  partie  du  pays  où  leur  travail  pourrait  le  mieux  répondre  aux  besoins  des  dépar- 
tements intéressés.  Ils  "  souderaient  "  leurs  points  de  triangulation  à  ceux  fixés  par 
la  Commission  hydrographique  et  géodésique  des  Etats-Unis. 

Les  points  ainsi  fixés  par  le  ministère  de  l'Intérieur  seraient  d'une  grande  valeur 
pour  coordonner  les  levers  de  plans  faits  par  les  autres  départements  dans  les  environs 
de  ces  points. 

16.  Le  département  de  la  Milice  est  probablement  le  seul  qui  fait,  à  l'heure  qu'il 
est,  des  levers  de  plans  topographiques  réguliers  sur  le  terrain,  avec  tracement  des 
contours,  d'après  une  méthode  qui  diffère  de  la  méthode  photographique  employée,  par 
exemple,  dans  la  Colombie-Britannique. 

Il  pourrait,  par  conséquent,  se  servir  immédiatement  des  triangulations  "  pri- 
maires "  et  "  secondaires  "  faites  par  le  ministère  de  l'Intérieur  et  les  diviser  en  trian- 
gulations "  tertiaires  ",  d'après  lesquelles  seraient  dressées  des  cartes  topographiques 
des  étendues  de  pays  que  couvrirait  la  triangulation,  et  ces  cartes  seraient  naturelle- 
ment à  la  disposition  des  autres  départements  s'ils  en  avaient  besoin  en  sus  de  leurs 
propres  levers  de  plans. 

17.  Les  autres  départements  adopteraient  le  même  mode  de  procéder  ou  suivraient 
une  méthode  différente,  selon  qu'ils  le  jugeraient  à  propos,  mais  ils  seraient  mis  en 
possession  des  résultats  du  travail  du  ministère  de  l'Intérieur  et  du  ministère  de  la 
Milice,  et  continueraient  à  faire,  comme  aujourd'hui,  les  levers  de  plans  spéciaux  dont 
ils  auraient  besoin. 

145—3 


34  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.   1909 

L8.  Enfin,  afin  d'assurer  la  coopération  entre  les  départements  intéressés  et  d'éviter 
toute  confusion,  il  faudrait  nommer  un  comité  qui  serait  composé  des  chefs  des  diver- 
ses divisions  du  service  où  se  font  des  levers  de  plans.  Les  membres  de  ce  comité  se 
réuniraient  à  des  époques  fixes  et  se  communiqueraient  les  uns  aux  autres  tous  les 
détails  voulus  quant  au  travail  en  marche  et  au  travail  que  l'on  se  propose  de  faire, 
et  pourraient  ainsi  s'arranger  pour  se  prêter  mutuellement  aide  et  pour  partager  la 
tesogne  entre  eux.  Une  question  très  importante  qu'ils  auraient  à  régler  serait 
l'adoption  d'un  système  uniforme  pour  tous  les  levers  de  plans  topographiques. 

19.  Il  est  impossible  de  donner,  dans  une  lettre,  plus  qu'un  aperçu  général  d'une 
au^>i  vaste  entreprise,  dont  les  détails  ne  peuvent  être  arrêtés  qu'après  mûre  discussion. 

Dans  le  document  ci-joint  sont  brièvement  indiqués  les  principes  d'après  lesquels 
le  lever  topographique  d'un  grand  pays  est  généralement  fait. 

ANNEXE. 

Aperçu   du  système  généralement  suivi  pour  faire   le  lever  topographique  d'un  pays 

peuplé. 

1.  Les  méthodes  adoptées  pour  faire  le  lever  topographique  d'un  pays  sont  à  peu 
près  les  mêmes,  en  ce  qui  concerne  les  arrangements  généraux,  chez  toutes  les  nations 
qui  tiennent  à  avoir  des  cartes  exactes  de  leur  territoire.     Il  existe  de  ces  cartes  dans 

tous  les  pays  civilisés,  à  l'exception  de  la  Turquie,  des  Etats  de  l'Amérique  du  Sud  et 

du  Canada. 

2.  La  première  chose  que  l'on  fait  est  de  couvrir  la  face  de  tout  le  pays  ou  de  la 
région  dont  on  veut  faire  un  lever  de  plans  exact,  de  points  soigneusement  déterminés, 
dont  les  positions  exactes  sont  fixées  avec  la  plus  rigoureuse  précision.  Ces  points  sont 
destinés  à  fournir  un  certain  nombre  de  stations  fixes,  auxquelles  l'arpenteur  puisse 
rattacher  son  travail,  et  par  lesquelles  il  puisse  le  vérifier,  de  sorte  que  les  chances  d'er- 
reurs sérieuses  et  surtout  d'erreurs  accumulées  sont  virtuellement  éliminées.  Ils 
forment  ainsi  une  base  d'opérations  dont  dépend  l'exactitude  des  levers  de  plans  dé- 
taillés. 

3.  L'exacte  position  de  ces  points  fixes  est  déterminée  {a)  par  une  triangulation 
ou  (b)  par  des  observations  astronomiques,  ou  (c)  par  une  combinaison  de  ces  deux 
procédés. 

La  triangulation  est  la  méthode  la  plus  sûre  et  doit  être  préférée,  bien  que  les 
observations  astronomiques  soient  souvent  employées  avec  avantage,  dans  certaines 
descriptions  de  pays,  au  lieu  ou  comme  complément  de  cette  méthode. 

La  triangulation  est  simplement  l'application  du  principe  que  lorsque  la  lon- 
gueur d'un  côté  d'un  triangle  et  les  angles  aux  deux  bouts  sont  connus,  la  longueur  et 
la  position  des  autres  côtés  et  de  leur  point  d'intersection  peuvent  être  exactement 
déterminées. 

4.  Ainsi,  la  première  chose  à  faire  est  de  mesurer  avec  tout  le  soin  et  toute  l'exac- 
titude possibles,  sur  un  terrain  convenable,  une  ligne  qui  servira  de  base  pour  le  pre- 
mier triangle.  Une  fois  que  cette  base  a  été  mesurée  et  que  la  position  de  ses  extré- 
mités a  été  fixée,  l'on  mesure,  à  chaque  extrémité,  l'angle  entre  la  base  et  un  troisième 
point  que  l'on  choisit  et  qui  doit  former  le  sommet  du  triangle.  Le  premier  triangle 
est  ainsi  exactement  déterminé. 

5.  Les  trois  côtés  du  triangle  ainsi  fixés  servent  de  bases  à  leur  tour  et  d'autres 
triangles  sont  construits  dessus  et  d'autres  encore  sur  ceux-ci  jusqu'à  ce  que  tout  le 
pays  soit  couvert  d'un  réseau  de  triangles  imaginaires,  les  points  d'intersection  des 
côtés  de  ces  triangles  étant  ainsi  minutieusement  déterminés. 

Le  résultat  est  ce  que  l'on  appelle  la  triangulation  primaire  ou  principale. 

Son  exactitude  est  généralement  vérifiée,  une  fois  l'opération  terminée,  par  le 
mesurage  d'un  côté  d'un  des  triangles  finals  et  par  la  comparaison  de  ce  mesurage 
avec  sa  longueur  calculée. 


COMMISSION  (ŒODESIQVE  AU  CANADA  35 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

En  faisant  cette  triangulation  primaire  Ton  prend  toutes  les  précautions  possii  - 
et  les  calculs  sont  très  exacts  et  très  minutieux.  Les  côtés  des  différents  triangles  pri- 
maires varient  suivant  les  circonstances;  dans  le  Royaume-Uni  et  dans  l'Inde  ils  ont 
en  moyenne  un  peu  plus  de  30  milles. 

6.  Lorsque  la  triangulation  primaire  est  terminée,  l'on  divise  les  grands  triangle* 
en  triangles  plus  petits,  avec  côtés  d'à  peu  près  la  moitié  de  leur  longueur.  C'est  ce 
que  l'on  appelle  la  triangulation  secondaire.  Celle-ci  est  généralement  suivie  d'une 
triangulation  tertiaire,  c'est-à-dire  de  la  division  de  ces  triangles  secondaires  en  trian- 
gles plus  petits  encore,  avec  côtés  ayant  une  longueur  de  1  à  5  milles.  C'est  dans  ces 
derniers  triangles  que  travaillent  les  arpenteurs. 

7.  Il  n'est  pas  nécessaire  que  l'on  procède  rigoureusement  de  la  manière  qui  vient 
d'être  indiquée,  du  moment  que  la  méthode  suivie  permettra  d'obtenir  un  réseau  de 
petits  triangles  (triangles  tertiaires)  sur  lesquels  l'arpenteur  pourra  baser  son  travail. 

Il  est  souvent  avantageux  de  fixer  quelques-uns  des  points  importants  par  des 
observations  astronomiques,  dont  on  peut  aussi  se  servir  concurremment  avec  une 
triangulation,  mais  le  résultat  est  pratiquement  le  même. 

Les  extrémités  de  la  base  et  tous  les  autres  points  qui  ont  été  déterminés  sont 
soigneusement  marqués  sur  le  terrain  par  des  poteaux  en  pierre  ou  d'une  autre  ma- 
nière. 

8.  Le  nombre  voulu  de  points  d'intersection  ("stations")  ayant  été  ainsi  finale- 
ment déterminé,  l'arpenteur  marque  sur  la  feuille  de  papier  étendue  sur  sa  plan- 
chette la  position  correspondante  de  ceux  de  ces  points  qu'embrasse  son  champ  d'opé- 
rations, suivant  l'échelle  de  sa  carte,  et  procède  à  faire  les  levers  de  plans  détaillés, 
sachant  que  l'existence  de  ces  points  fixes  empêchera  l'accumulation  d'erreurs  sérieu- 
ses. 

9.  Il  est  à  remarquer  qu'il  n'est  pas  nécessaire,  en  pratique,  que  tout  le  réseau  de 
la  triangulation  soit  complété  avant  que  les  études  topographiques  puissent  être  com- 
mencées. Il  suffit  qu'un  ou  deux  des  triangles  principaux,  près  de  l'étendue  de  pays 
dont  on  veut  faire  un  lever  de  plans,  puissent  être  fixés.  L'on  peut  ensuite  procéder 
à  la  triangulation  secondaire  ou  tertiaire  sans  le  retard  qui  s'ensuivrait  autrement, 
tandis  que  le  travail  topographique  sera  probablement  assez  exact  pour  que  l'on  n'ait 
pas  besoin  de  faire  un  nouveau  lever  de  plans  après  que  la  triangulation  sera  terminée, 
jusqu'à  ce  que,  à  un  moment  donné,  le  développement  du  pays  rende  une  révision  du 
tout  nécessaire. 

20  février  1906. 

MÉMOIRE  AU    SUJET  DU   LEVER  D'UN   PLAN   TOPOGRAPHIQUE   DU   CANADA. 

Le  major  général  Lake,  dans  son  rapport  transmis  par  sir  Frederick  Borden, 
attire  l'attention  sur  le  besoin  d'un  lever  topographique  du  Canada  et  demande  la 
coopération  des  autres  départements.  Il  propose  que  le  lever  trigonométrique  soit  fait 
par  le  ministère  de  l'Intérieur  et  le  lever  topographique  par  le  ministère  de  la  Milice 
et  de  la  Défense.  Sir  Frederick  croit  que  c'est  là  une  question  très  importante,  qui 
devrait  être  mise  à  l'étude  sans  plus  de  retard. 

L'objet  d'un  lever  trigonométrique  ou  géodésique  est  d'établir  sur  la  surface  d'un 
pays  plusieurs  points  de  repère,  fixés  avec  beaucoup  de  précision,  et  auxquels  tous  les 
levers  de  plans  locaux  puissent  être  rattachés.  Le  besoin  d'un  lever  géodésique  et  topo- 
graphique du  Canada  a  souvent  été  signalé  à  l'attention  du  gouvernement.  Les  avan- 
tages que  l'on  en  retirerait  sont  exposés  au  long  dans  le  mémoire  du  major  général 
Lake  et  sont  évidents  pour  tous  ceux  qui  sont  au  courant  du  sujet.  Jusqu'ici  le  gou- 
vernement n'a  rien  fait  pour  mettre  à  exécution  les  nombreux  projets  qui  lui  ont  été 
soumis,  la  question  des  frais  étant  le  principal  obstacle.  Cette  question  et  celle  d 
genre  de  lever  de  plan  qui  devrait  être  fait  demandent  une  sérieuse  étude. 

145— Si 


36  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Le  projet  le  plus  récent  est  celui  qu'a  soumis  le  major  E.  H.  Hills,  C.M.G.,  un 
expert,  que  le  ministère  de  la  Guerre  a  envoyé  ici  pour  étudier  la  question  et  faire  un 
rapport.  Son  estimation  des  dépenses  varie  de  10  à  23  millions.  Le  major  Hills 
n'était  pas  au  courant  des  conditions  qui  existent  au  Canada,  et  ses  chiffres  sont  par 
conséquent  trop  bas.  Les  levers  de  plans  que  comporte  son  projet  coûteraient  plusieurs 
fois  les  sommes  qu'il  donne.  Le  gouvernement  sera  probablement  d'opinion  que  le 
temps  n'est  pas  arrivé  où  le  Canada  devrait  se  lancer  dans  une  pareille  entreprise  et 
qu'il  y  a  des  choses  plus  pressantes  dont  il  faut  s'occuper. 

Le  major  général  Lake  propose  que  les  chefs  des  diverses  divisions  du  service 
public  soient  priés  d'exprimer  leurs  vues  sur  la  question  de  savoir  s'il  serait  à  propos 
ou  non  de  faire  un  lever  topographique  du  Canada;  s'ils  sont  en  faveur  de  la  chose, 
il  suggère  que  des  représentants  des  différents  départements  se  réunissent  en  confé- 
rence sous  la  présidence  d'un  expert  désintéressé  pour  formuler  un  projet  conforme 
aux  vues  de  tous  les  intéressés. 

Ceux  qui  sont  compétents  pour  faire  partie  d'une  conférence  interdépartementale 
sont  tous  des  hommes  très  occupés,  et  la  nature  absorbante  de  leurs  devoirs  leur  laisse 
très  peu  de  temps  pour  se  reposer.  D'après  ce  que  j'ai  pu  constater  par  le  passé,  un 
délégué — à  moins  qu'il  n'ait  une  chance  d'être  promu  par  suite  des  recommandations 
de  la  conférence — montre  très  peu  de  disposition  à  consacrer  ses  loisirs  à  travailler 
pour  la  conférence.  Comme  il  ne  reçoit  aucune  rémunération  pour  ce  travail,  son 
attitude  n'a  pas  lieu  de  surprendre. 

Les  questions  à  soumettre  à  la  conférence  ne  sont  pas  de  celles  que  l'on  peut  régler 
dans  un  court  entretien  ;  elles  demandent  une  étude  sérieuse  et  approfondie.  Il  faudrait 
recueillir  des  statistiques,  s'enquérir  des  méthodes  suivies  dans  les  autres  pays  et  des 
résultats  qui  y  ont  été  obtenus.  Cela  dépasse  la  sphère  d'action  d'une  conférence 
interdépartementale.  Une  proposition  beaucoup  plus  pratique  a  été  faite  par  la  So- 
ciété Royale  du  Canada;  c'est  de  nommer  une  Commission  qui  serait  chargée  de  faire 
une  enquête  et  de  s'assurer  quel  serait  le  mode  de  procéder  le  mieux  adapté  aux  besoins 
et  aux  resources  du  Canada.  Les  membres  de  cette  Commission  devraient  être  choisis 
parmi  les  ingénieurs  les  plus  éminents  du  Canada,  et  la  majorité  d'entre  eux  devraient 
être  pris  en  dehors  du  service  civil.  Lorsque  les  renseignements  voulus  auraient  été 
obtenus  et  qu'un  projet  dénitif  aurait  été  soumis  par  la  Commission,  le  gouvernement 
serait  en  position  d'agir. 

Je  recommande  donc  que  l'on  fasse  savoir  à  sir  Frederick,  en  réponse  à  sa  lettre, 
que  le  ministre,  tout  en  partageant  son  opinion  sur  ce  sujet  et  tout  en  étant  prêt  à 
coopérer  avec  lui  aussitôt  qu'un  projet  praticable  aura  été  trouvé,  ne  voit  pas  comment 
les  longues  investigations  et  recherches  nécessaires  pour  que  l'on  puisse  en  arriver  à 
une  conclusion  définitive  pourraient  être  faites  par  une  conférence  interdépartementale, 
et  qu'il  est  porté  à  croire  que  l'institution  d'une  Commission  spéciale,  composée  des 
ingénieurs  les  plus  éminents  du  Canada,  serait  préférable.  Naturellement,  cette  Com- 
mission coûtera  quelque  chose,  tandis  qu'une  conférence  ne  coûterait  rien,  mais  dans 
une  affaire  impliquant  la  dépense  de  millions  de  dollars,  le  meilleur  avis  est  le  moins 
cher,  quel  que  soit  le  prix  qu'il  coûte. 

E.  DEVILLE, 

Arpenteur  général. 


L'Arpenteur  général  au  sous-ministre  de  l'Intérieur. 


Ottawa,  17  avril  1906. 


La  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils  recommande  que  le  gouvernement 
nomme  une  Commission  composée  d'experts,  dont  la  majorité  au  moins  ne  devraient 
être  attachés  à  aucun  des  départements  où  se  font  actuellement  des  levers  de  plans, 
pour  recueillir,  tant  au   Canada  qu'à  l'étranger,  les  renseignements  nécessaires  pour 


COMMISSION  GEODES IQI  E    U    <  WADA  37 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

lui  permettre  d'indiquer  le  meilleur  moyen  à  prendre  pour  coordonner  les  divers  levers 
de  plans  qui  ont  été  faits  jusqu'ici  et  la  méthode  à  suivre  pour  que  l'on  puisse  avoir 
des  données  fixes  et  immuables  au  bureau  et  des  points  de  repère  permanents  sur  le 
terrain.  L'on  voudrait  de  plus  que  cette  Commission  soit  chargée  de  faire  savoir  au 
gouvernement  comment  il  devrait  procéder  dans  le  cas  où  il  déciderait  de  faire  faire 
un  lever  géodésique  du  Canada. 

La  Société  Royale  du  Canada  a  déjà  demandé  qu'une  Commission  de  ce  genre 
fût  nommée,  et  j'ai  fait  un  rapport  à  ce  sujet  au  ministre  le  29  décembre  1903.  Dans 
ce  rapport  (dont  une  copie  est  ci-jointe)  je  faisais  remarquer  que  les  levers  de  plans 
dont  on  recommandait  l'exécution  coûterait  une  somme  énorme,  et  qu'avant  de  prendre 
une  décision  il  serait  bon  de  faire  une  enquête  minutieuse;  j'ajoutais  que  la  proposi- 
tion faite  par  la  Société  Royale  me  paraissait  la  plus  pratique  et  la  plus  rationnelle. 

Le  major  général  Lake  ramena  la  question  sur  le  tapis  dans  un  rapport  qui  fut 
transmis  au  ministère  de  l'Intérieur  par  sir  Frederick  Borden  le  24  janvier  1906.  Sa 
solution  du  problème  consiste  "à  s'en  remettre  à  ce  que  déciderait  une  conférence  inter- 
départementale. Dans  le  mémoire  que  je  présentai  au  ministre  après  avoir  pris  com- 
munication de  ce  rapport,  je  disais  que  cette  question  ne  pourrait  être  réglée  dans  un 
entretien  entre  quelques  fonctionnaires  de  l'Etat,  vu  qu'elle  demandait  une  étude 
sérieuse  et  approfondie.  Il  faudrait  recueillir  des  statistiques  et  s'enquérir  des  mé- 
thodes suivies  dans  les  autres  pays  et  des  résultats  qui  y  ont  été  obtenus.  Les  plus 
basses  estimations  de  la  dépense  qu'il  faudrait  faire  se  chiffrent  par  $10,000,000  et 
$23,000,000,  mais  l'on  dépenserait  en  réalité  beaucoup  plus  que  cela.  Avant  qu'on  se 
lance  dans  une  pareille  entreprise,  toute  la  question  devrait  être  étudiée  à  fond.  Cela 
ne  pourrait  être  fait  que  par  une  Commission  indépendante,  composée  des  ingénieurs 
les  plus  éminents  du  Canada,  et  à  laquelle  devraient  être  données  toutes  les  facilités 
voulues  pour  recueillir  des  renseignements.     Une  copie  de  mon  rapport  est  ci-jointe. 

Ce  que  propose  la  Société  Canadienne  des  ingénieurs  civils — l'institution  d'une 
Commission — est  pratiquement  ce  que  je  recommandais  au  mois  de  décembre  1903, 
mais  l'on  précise  plus  que  je  ne  le  faisais  quelques-unes  des  questions  à  étudier.  L'on 
veut  que  soit  adoptée  une  méthode  qui  rende  accessibles  toutes  les  données  recueillies 
au  cours  des  divers  levers  de  plans,  et  que  tous  les  monuments  géodosiques  soient  cons- 
truits et  coordonnés  de  manière  à  être  permanemment  utilisables.  Dans  l'application 
de  cette  méthode,  il  faudrait  ne  pas  perdre  de  vue,  dit-on,  la  nécessité  d'un  lever  topo- 
graphique et  géodésique  général  de  tout  le  Canada,  que  le  gouvernement  sera  forcé 
de  faire  un  jour  ou  l'autre  afin  d'unifier  les  divers  levers  de  plans  du  pays. 

Les  questions  qu'étudierait  la  Commission  sont  d'un  grand  intérêt  public.  Si  un 
système  pratique  était  trouvé  pour  mettre  à  effet  les  recommandatigns  qui  ont  été 
faites,  son  adoption  aurait  pour  résultat  de  rendre  plus  exacts  et  plus  utiles  les  levers  de 
plans  et  serait  d'un  grand  avantage  pour  le  Canada.  Si,  d'un  autre  côté,  il  était  cons- 
taté que  la  pleine  réalisation  du  projet  que  l'on  a  soumis  est  impossible  ou  entraînerait 
une  dépense  hors  de  proportion  avec  les  resources  du  Canada,  l'enquête  qui  aurait  été 
faite  servirait  au  moins  à  empêcher  le  gaspillage  des  deniers  publics.  Dans  tous  les 
cas,  le  travail  de  la  Commission  aurait  une  valeur  pratique  et  n'aurait  pas  été  infruc- 
tueux. 

Je  vous  renvoie  sous  ce  pli  le  mémoire  qui  a  été  soumis  par  le  secrétaire  de  la 
Société. 

E.  DEVILLE, 

Arpenteur  général. 


38  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
29  décembre  1903. 


LEVER   TRIGONOMETRIQ.UE. 


Un  lever  trigonoinétrique  est  un  lever  de  plans  fait  dans  le  but  d'établir  un  cer- 
tain nombre  de  points  de  repère  sur  la  surface  d'un  pays  et  de  déterminer  leurs  posi- 
tions relatives  avec  beaucoup  de  précision.  On  l'appelle  "  trigonométrique  "  parce 
qu'il  est  exécuté  par  l'application  des  règles  de  la  trigonométrie. 

En  faisant  des  levers  de  plans  locaux,  il  est  impossible  d'éviter  de  légères  erreurs, 
qui,  bien  qu'elles  soient  individuellement  de  peu  d'importance,  peuvent,  en  s'accumu- 
lant,  devenir  graves.  Il  s'ensuit  que,  toutes  les  fois  que  l'on  tente  de  joindre  deux  de 
ces  levers  de  plans,  l'on  constate  presque  invariablement  qu'ils  ne  s'adaptent  pas  l'un  à 
L'autre;  l'un  déborde  l'autre  ou  bien  il  y  a  des  lacunes  entre  eux,  ou  encore  leurs  direc- 
te ons  ne  s"accordent  pas.  Les  discordances  sont  peu  sensibles  ou  très  marquées,  suivant 
l'habileté  de  l'arpenteur  et  l'attention  qu'il  a  apportée  à  son  travail,  mais  dans  tous  les 
cas  il  faut  distordre  les  levers  de  plans;  il  faut  les  comprimer  dans  une  direction  et 
les  étendre  dans  une  autre  direction  afin  de  les  adapter  l'un  à  l'autre.  Au  cours  de 
cette  opération,  de  nouvelles  erreurs  se  glissent,,  au  point  que  le  lever  de  plans  collectif 
est  plus  inexact  que  chacun  des  deux  levers  de  plans  locaux  que  l'on  joint  ensemble, 
pire  devient  le  résultat,  et  les  erreurs  accumulées  peuvent  finir  par  être  très  sérieuses. 
Les  points  de  repère  du  lever  trigonométrique  sont  destinés  à  empêcher  cette  accumu- 
lation d'erreurs.  Chaque  lever  de  plans  local  est  ajusté  sur  les  points  de  repère  situés 
dans  les  limites  de  l'étendue  de  pays  qui  est  arpenté;  ses  dimensions,  ses  directions 
et  sa  position  deviennent  ainsi  exactes,  et  il  se  trouve  à  s'adapter  parfaitement  à  tout 
autre  lever  de  plan  local  semblablement  ajusté  sur  d'autres  points  de  repère. 

Les  positions  relatives  des  points  de  repère  sont  déterminées  par  la  formation,  au 
moyen  de  lignes  imaginaires  tirées  entre  les  points,  d'un  réseau  de  triangles;  de  là  le 
nom  de  "triangulation"  employé  comme  synonyme  de  "lever  trigonométrique".  (Voir 
la  planche  14,  qui  indique  la  manière  dont  se  fait  le  lever  trigonométrique  de  l'Inde, 
actuellement  en  cours  d'exécution.)  Les  trois  angles  de  chaque  triangle  et  un  côté 
d'un  des  triangles,  appelé  "base",  sont  mesurés  avec  soin;  c'est  d'après  ces  mesurages 
que  tous  les  côtés  de  tous  les  triangles  sont  calculés.  Les  hauteurs  au-dessus  du 
uiveau  de  la  mer  sont  déduites  d'angles  d'élévation  et  de  dépression,  et  les  directions 
des  côtés  sont  déterminées  par  des  observations  astronomiques  faites  à  quelques-uns  des 
points.  Les  points  de  repère,  qui  constituent  les  sommets  des  triangles  où  les  angles 
sont  observés,  s'appellent,  "stations  ou  points  de  triangulation".  Chacune  de  ces 
stations  est  perpétuée  au  moyen  d'une  grosse  pierre  de  taille  enfoncée  dans  la  terre, 
et  le  point  exact  est  indiqué  par  des  lignes  transversales  gravées  sur  un  boulon  en 
bronze  ou  en  cuivre  encastré  dans  la  pierre.  Les  stations  de  triangulation  sont  espa- 
cées autant  que  possible;  dans  un  pays  plat,  la  distance  intermédiaire  ne  dépasse  pas 
20  milles,  tandis  que  dans  un  pays  montagneux  elle  est  souvent  de  plus  de  100  milles. 

La  base  est  établie  sur  un  terrain  plat  ;  sa  longueur  varie  de  2  à  10  milles,  suivant 
les  conditions  qui  régnent  dans  la  localité  où  l'on  opère.  La  distance  entre  les  extré- 
mités de  la  base  est  mesurée  au  moyen  d'une  barre  d'acier,  que  l'on  entoure  de  glace 
fondante,  afin  que  sa  longueur  reste  constante,  (voir  planches  1  et  2),  ou  à  l'aide  de 
2  barres,  en  acier  et  en  bronze,  combinées  (planches  3,  4  et  5),  ou  d'une  autre  manière 
Ces  mesurages  ont  été  faits  avec  une  erreur  n'excédant  pas  1  pouce  par  100  milles, 
mais  l'on  est  généralement  d'opinion  que  ce  degré  de  précision  n'est  pas  nécessaire,  vù- 
qu'il  est  perdu  dans  l'autre  partie  des  opérations,  c'est-à-dire  dans  le  mesurage  des 
angles.  Du  moment  que  Terreur  ne  dépasse  pas  1  pied  par  100  milles,  les  mesurages 
doivent  être  considérés  comme  suffisamment  exacts,  et  ce  degré  d'exactitude  a  récem- 
ment été  atteint  par  l'emploi  de  longs  rubans  faits  avec  un  nouvel  alliage  de  nickel  et 
("acier  (planche  6)  ;  cela  coûte  moins  cher  que  lorsqu'on  se  sert  d'un  autre  procédé. 
La  petite  base  est  reliée  aux  triangles  principaux  par  une  série  de  triangles  de  dimen- 
sions croissantes  (voir  planche  13),  qui  indique  comment  un  côté  d'un  triangle  de  150 
milles  de  longueur  est  déduit  d'une  base  de  7  milles;. 


COMMISSION  OEODESIQUE  AU  CANADA  39 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145, 

Les  angles,  à  une  station  de  triangulation,  sont  observés  à  l'aide  d'un  théodolithe 
spécial  (planche  12)  placé  exactement  au-dessus  de  la  croix  du  boulon  de  bronze  indi- 
quant la  station.  Dans  un  pays  plat,  il  faut  que  le  théodolithe  soit  élevé  au-dessus  des 
bois  environnants  et  des  autres  obstacles,  afin  que  les  autres  stations  puissent  être  vues. 
Dans  l'Inde,  on  plaçait  l'instrument  sur  des  tours  de  maçonnerie  de  50  pieds  ou  plus 
de  hauteur.  Dans  l'Amérique  on  se  sert  d'échafauds,  vu  que  cela  coûte  moins  cher 
(planches  7  et  8).  Dans  une  région  montagneuse,  les  stations  sont  établies  sur  de 
hautes  montagnes,  dominant  le  pays  (planches  9,  10  et  11).  Il  n'est  pas  besoin  de 
tours  ou  d'échafauds,  et  les  stations  peuvent  être  établies  à  d'énormes  distances,  dépas- 
sant souvent  150  milles.  Le  plus  long  côté  de  triangle  qui  ait  jamais  été  mesuré  est 
dans  les  Etats-Unis,  entre  le  pic  Uncompahgre,  dans  le  Colorado  (planche  10),  et  le 
mont  Ellen,  dans  l'Utah;  sa  longueur  est  de  183  milles.  A  de  pareilles  distances,  il 
faut  recourir  à  des  moyens  spéciaux  pour  rendre  les  stations  visibles.  L'appareil  le 
plus  fréquemment  employé  est  l'héliotrope,  un  miroir  de  4  ou  5  pouces  carrés,  qui 
réfléchit  les  rayons  du  soleil  vers  l'observateur.  (Voir  planche  11,  côté  gauche.)  De 
puissantes  lumières  sont  aussi  employées  la  nuit,  comme  cela  s'est  fait,  par  exemple, 
pour  le  mesurage  des  triangles  reliant  l'Espagne  à  l'Algérie,  au-dessus  de  la  Méditer- 
ranée. Une  des  stations  espagnoles  était  sur  le  Muhhacen,  le  pic  le  plus  raide  de  la 
Sierra  Nevada,  qui  a  11,420  pieds  de  hauteur.  Après  d'incroyables  difficultés,  une 
machine  à  vapeur  avec  de  l'eau  et  du  combustible  et  une  dynamo  furent  hissées  sur 
le  3ommet  du  pic,  et  une  lampe  électrique  y  fut  installée  le  20  août  1879.  A  partir 
de  ce  moment  les  observateurs  algériens  passèrent  toutes  les  nuits  à  examiner  attenti- 
vement l'horizon  pour  voir  s'ils  n'apercevraient  pas  la  lumière  de  Mulhacen;  ce  n'est, 
cependant,  que  le  10  septembre  qu'ils  la  découvrirent,  sous  forme  d'un  disque  rouvre 
étoile,  à  170  milles  de  l'endroit  où  ils  se  trouvaient. 

C'est  là  la  triangulation  primaire.  Les  grands  triangles  sont  ensuite  subdivisés 
en  triangles  plus  petits,  de  manière  à  établir  des  stations  à  une  distance  moyenne  de 
20  milles.  Les  opérations  de  la  triangulation  secondaire  ne  demandent  pas  autant  de 
précision  que  celles  de  la  triangulation  primaire,  et  sont  par  conséquent  moins  coûteu- 
ses. La  triangulation  secondaire  est  quelquefois  suivie  d'une  triangulation  tertiaire, 
cù  les  stations  sont  encore  plus  rapprochées  les  unes  des  autres. 

Le  coût  des  triangulations  primaires  aux  Etats-Unis  varie  de  $598  par  station 
dans  le  Maryland  et  le  Delaware — pays  ondulé — à  $9,031  dans  la  Californie.  Une 
triangulation  secondaire  coûte  beaucoup  moins  que  cela.  Dans  les  parties  les  plus 
peuplées  du  Canada,  où  l'on  se  propose  de  commencer  les  opérations,  les  dépenses  ne 
seraient  pas  moindres  que  $1.000  par  station. 

NOTES  AU   SUJET  DU    MEMOIRE  SOUMIS   PAR   LA  SOCIETE  ROYALE   DU   CANADA. 

La  Société  Royale  du  Canada,  en  disant  qu'une  triangulation  est  désirable  comme 
base  pour  les  autres  levers  de  plans,  a  parfaitement  raison;  cela  donnerait  à  ces  levers 
de  plans  un  degré  d'exactitude  qu'ils  n'ont  pas  à  l'heure  qu'il  est.  L'avantage  qui  en 
résulterait  ne  serait  pas  limité  à  tel  ou  tel  genre  de  levers  de  plans;  il  s'appliquerait 
à  tous.  Mais  si  les  opérations  étaient  restreintes  aux  parties  les  plus  peuplées  du 
pays,  la  triangulation  couvrirait  les  provinces  maritimes,  toute  la  largeur  de  Québec 
et  la  péninsule  d'Ontario;  c'est  là  une  gigantesque  entreprise.  Il  ne  faut  pas  oublier 
qu'en  Europe,  dans  l'Inde  et  dans  les  autres  pays  où  il  y  a  des  armées  permanentes, 
les  triangulations  sont  faites  par  les  officiers  du  génie,  dont  les  traitements  et  les  frais 
de  subsistance  doivent  être  payés,  qu'ils  restent  oisifs  ou  qu'ils  soient  occupés  à  exé- 
cuter des  levers  géodésiques.  La  dépense  additionnelle  se  réduit  au  coût  des  instru- 
ments et  aux  frais  de  transport,  ce  qui  représente  peu  de  chose.  Il  n'en  est  pas  de 
irême  au  Canada;  les  traitements  et  les  frais  de  subsistance  de  tous  ceux  qui  seraient 
employés  à  faire  un  lever  trigonométrique  grèveraient  d'autant  le  budget  du  pays. 
Je  crois,  par  conséquent,  qu'il  serait  sage  d'étudier  la  question  à  fond  avant  de  prendre 


40  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909' 

une  décision,  et  la  proposition  faite  par  la  Société  Royale,  à  savoir,  qu'une  Commission 
soit  nommée  pour  cette  fin,  me  paraît  très  pratique  et  très  rationnelle. 

Un  lever  trigonométrique  n'est  peut-être  pas  le  seul  moyen  d'améliorer  les  levers 
de  plans  du  Canada.  Les  arpentages,  les  levers  de  plans  géologiques,  les  levers  de 
plans  militaires,  etc.,  ont  tous  été  faits  jusqu'ici  indépendamment  les  uns  des  autres, 
sans  aucune  coordination.  Est-ce  qu'un  lever  militaire,  par  exemple,  ne  pourrait  pas 
être  fait  de  manière  à  répondre  aux  besoins  du  géologue?  Est-ce  que  les  divers  dépar- 
tements ne  pourraient  pas  procéder  d'après  un  plan  d'ensemble?  Si  une  Commission 
était  nommée,  il  serait  peut-être  à  propos  de  ne  pas  limiter  son  travail  à  l'étude  des 
méthodes  adoptées  ailleurs  pour  l'exécution  de  levers  trigonométriques,  mais  de  la 
charger  aussi  d'indiquer  le  moyen  à  prendre  pour  assurer  une  meilleure  coordination 
des  levers  de  plans  que  fait  faire  le  gouvernement  féJéral.  Après  qu'une  enquête 
minutieuse  aurait  été  faite,  la  Commission  serait  sans  doute  en  mesure  de  dire  quelles 
sont  les  réformes  qui  devraient  être  opérées  pour  rendre  les  levers  de  plans  en  général 
plus  complets  et  plus  exacts,  et  plus  utiles  au  public,  sans  une  augmentation  sensible 
dans  les  dépenses. 

Avec  une  Commission  composée  d'hommes  comme  sir  Sandford  Fleming,  M.  Tho- 
mas Keefer,  le  professeur  McLeod,  le  principal  Galbraith  ou  d'autres  ingénieurs  émi- 
nents,  le  résultat  de  l'enquête  qui  serait  faite  vaudrait  beaucoup  plus  que  la  somme 
que  l'on  aurait  dépensée  en  procédant  de  cette  manière. 

E.  DEVILLE, 

Arpenteur  général. 

N.B. — Je  n'ai  pu  me  procurer  des  copies  des  planches  dont  il  est  parlé  dans  le 
mémoire  en  question. 


Sous-ministre  de  l'Intérieur  à  V 'Astronome  en  chef. 

Ottawa,  24  avril  1906. 

Dr.  King. — Je  vous  transmets  sous  ce  pli  une  lettre  que  j'ai  reçue  il  y  a  quelques 
jours  de  M.  Butler,  le  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  relativement 
au  mémoire  qui  a  été  soumis  au  premier  ministre  par  la  Société  Canadienne  des  Ingé- 
nieurs civils,  et  où  l'on  demande  que  des  mesures  soient  prises  pour  assurer  une  meil- 
leure coordination  des  levers  de  plans  que  font  les  divers  départements.  L'arpenteur 
général  m'a  fait  connaître  son  opinion  à  ce  sujet,  et  je  vous  serais  obligé  si  vous  vou- 
liez bien,  vous  aussi,  me  faire  part  de  vos  vues. 


W.  W.  CORY, 

Sous-ministre. 


Le  S o-us- ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  au  Sous-miniètre  de  l'Intérieur. 

Ottawa,  6  avril  1906. 
M.  W.  W.  Cory, 

Sous-ministre  de  l'Intérieur, 
Ottawa. 

Cher  monsieur  Cory, — Vous  vous  rappelerez  que  je  vous  ai  parlé,  il  y  a  quelque 
temps,  des  mesures  qui  devraient  être  prises  pour  assurer  une  meilleure  coordination 
des  levers  de  plans  que  font  les  divers  départements.  La  Société  Canadienne  des  Ingé- 
nieurs civils  a  depuis  soumis  au  premier  ministre  un  mémoire  à  ce  sujet. 

Comme  c'est  votre  département  qui  devra  nécessairement  arrêter  les  détails,  je 
vous  envoie  ci-inclus  une  copie  de  ce  mémoire,  et  vous  prie  d'y  donner  toute  votre 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  41 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

attention.  Cette  question  est  d'un  très  grand  intérêt  public,  et  tous  les  départements 
y  sont  plus  ou  moins  intéressés.  Sir  Wilfrid  Laurier  va,  sans  doute,  saisir  le  Conseil 
de  l'affaire,  et  il  est  important  que  votre  ministre  soit  bien  renseigné;  et  je  prends  ce 
moyen  de  l'atteindre  par  votre  entremise,  convaincu  que  je  suis  que  voua  saurez  bien 
trouver  une  occasion  d'attirer  son  attention  sur  la  chose. 

Votre  tout  dévoué, 

M.  J.  BUTLER 

MEMOIRE   DE   LA   SOCIETE   CANADIENNE   DES   INGENIEURS    CIVILS. 

Montréal,  2  avril  1906. 

Mémoire  soumis  au  très  honorable  sir  Wilfrid  Laurier,  premier  ministre  du  Canada, 
par  le  conseil  de  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils. 

Comme  nous  vous  l'avons  déjà  fait  savoir,  la  résolution  suivante  a  été  unanime- 
ment adoptée  à  la  convention  annuelle  de  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils 
tenue  à  Toronto  le  1er  février  dernier: — 

"  Résolu — Que  le  conseil  reçoive  instruction  d'attirer  l'attention  du  gouvernement 
fédéral  sur  l'importance  qu'il  y  a  à  mieux  coordonner  les  levés  de  plans  que  font  les 
divers  départements  et  à  adopter  un  système  qui  permette  d'obtenir  des  données  géodé- 
siques  permanentes.  D'après  l'opinion  des  membres  de  cette  société,  il  faudrait  non 
seulement  examiner  à  fond  le  précieux  travail  qui  se  fait  actuellement,  mais  encore 
s'enquérir  des  méthodes  suivies  par  les  gouvernements  des  autres  pays,  et  organiser 
ensuite  un  système  général  de  géodésie  et  de  topographie  pour  tout  le  Canada." 

En  vous  communiquant  la  résolution  ci-dessus,  nous  désirons  qu'il  soit  bien  com- 
pris que  l'excellence  du  travail  qui  se  fait  dans  les  différents  départements  où  Ton  exé- 
cute des  levers  de  plans  n'est  nullement  mise  en  doute. 

La  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils  désire: — 

(a)  Que  l'on  organise  un  système  d'après  lequel  les  levers  de  plans  (pie  font  les 
divers  départements  de  l'administration  fédérale  pourront  être  coordonnés  de  manière 
à  donner  au  travail  de  chacun  de  ces  départements  un  caractère  de  permanence  et  une 
plus  grande  valeur,  et  elle  croit  que  ce  résultat  pourrait  être  obtenu  sans  qu'il  soit 
nécessaire  de  porter  atteinte  à  l'indépendance  des  diverses  branches  du  service  adminis- 
tratif. 

(b)  Que  l'on  adopte  une  méthode  qui  rende  accessibles  toutes  les  données  recueil- 
lies au  cours  des  divers  levers  de  plans,  et  que  tous  les  monuments  géodésiques  soient 
construits  et  coordonnés  de  manière  à  être  permanemment  utilisables. 

(c)  Que,  dans  l'application  de  cette  méthode,  l'on  ne  perde  pas  de  vue  la  nécessité 
d'un  lever  topographique  et  géodésique  général  de  tout  le  Canada,  que  le  gouvernement 
sera  forcé  de  faire  un  jour  ou  l'autre  afin  d'unifier  les  divers  levers  de  plans  du  pays. 

Il  y  a  actuellement  huit  départements  où  l'on  fait  des  levers  de  plans  et  qui  procè- 
dent d'après  des  méthodes  différentes,  sans  plan  d'ensemble.  Ces  méthodes  étant  con- 
çues séparément  et  dans  chaque  cas  pour  des  objets  spéciaux,  il  s'ensuit  qu'elles  ne  s'ac- 
cordent pas  et  que  les  résultats  obtenus  ne  présentent  pas  le  caractère  d'uniformité 
qu'ils  devraient  avoir.  La  représentation  des  données  géodésiques  sur  des  plans  ou 
des  cartes  se  fait  aussi  d'après  des  systèmes  différents  de  projection  et  sur  une  grande 
variété  d'échelles.  Cette  absence  d'unité  de  méthode,  ce  manque  de  liaison  entre  les 
divers  levers  de  plans,  tend  à  diminuer  considérablement  leur  valeur  et  leur  utilité,  et 
il  semblerait  que  l'on  n'en  a  pas  pour  son  argent. 


42  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Au  cours  de  ces  dernières  années,  un  grand  nombre  de  levers  de  plans  ont  été 
faits,  mais  en  ce  qui  concerne  quelques-uns  d'entre  eux,  il  est  difficile  de  se  procurer 
les  renseignements  dont  on  a  besoin  à  cause- du  manque  de  méthode  dans  la  compila- 
tion et  l'enregistrement  des  données  recueillies,  et  lorsque  les  plans  ou  les  notes  qui 
ont  été  pris  peuvent  êtres  obtenus,  l'on  constate  que  les  monuments  marquant  les 
points  de  repère  n'ont  pas  été  établis  de  manière  à  présenter  ce  caractère  de  perma- 
nence qui  est  essentiel  dans  tous  les  travaux  géodésiques. 

Il  semble  que  la  première  chose  à  faire  serait  de  créer  un  bureau  d'archives,  dont 
un  noyau  est  tout  trouvé,  paraît-il,  dans  le  département  du  géographe  fédéral. 

La  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils  n'est  pas  sans  savoir  que  la  Société 
Royale  du  Canada  et  d'autres  corps  ont  insisté  auprès  du  gouvernement  fédéral  pour 
qu'il  fasse  faire  sans  plus  de  retard  un  lever  géodésique  du  Canada.  La  Société  ne 
demande  pas  mieux  que  cette  entreprise  soit  mise  à  exécution  aussitôt  que  les  condi- 
tions seront  favorables.  Elle  est  d'opinion,  cependant,  qu'avant  de  se  lancer  dans 
l'énorme  dépense  que  cela  entraînerait,  l'on  devrait  réorganiser  les  départements  où 
se  font  des  levers  de  plans  de  manière  qu'ils  procèdent  à  l'avenir  sur  un  plan  d'en- 
semble. Il  n'y  a  pas  de  doute  qu'il  faudra  faire  un  lever  géodésique  du  Canada  dans 
un  avenir  rapproché;  mais  le  moment  d'agir  ne  semble  pas  être  venu;  c'est  un  projet 
qui  se  réalisera  dans  le  cours  naturel  des  choses.  L'on  ne  devra  pas  trop  se  hâter,  non 
seulement  parce  qu'il  y  aura  des  choses  plus  pressantes,  mais  encore  parce  qu'il  faudra 
donner  à  nos  arpenteurs-géomètres  le  temps  de  se  rompre  au  travail  qu'ils  seraient 
appelés  à  faire. 

La  Société  recommande  respectueusement  que  le  gouvernement  nomme  une  Com- 
mission composée  d'experts,  dont  la  majorité  au  moins  ne  devraient  être  attachés  à 
aucun  des  départements  où  se  font  actuellement  des  levers  de  plans,  pour  recueillir, 
tant  au  Canada  qu'à  l'étranger,  les  renseignements  nécessaires  pour  lui  permettre 
d'indiquer  le  meilleur  moyen  à  prendre  pour  coordonner  les  divers  levers  de  plans  qui 
ont  été  faits  jusqui'ci  et  la  méthode  à  suivre  pour  que  l'on  puisse  avoir  des  données 
fixes  et  immuables  au  bureau  et  des  points  de  repère  permanents  sur  le  terrain.  Cette 
Commission  devrait  aussi  être  chargée  de  faire  savoir  au  gouvernement  comment  il 
devrait  procéder  dans  le  cas  où  il  déciderait  de  faire  faire  un  lever  géodésique  du 
Canada. 

H.  D.  LUMSDEN, 

Président. 

C.  H.  McLEOD, 

Secrétaire. 


L'Astronome  en  chef  au  Sous-ministre  de  V Intérieur. 

18  mai  1906. 
M.  W.  W.  Cory, 

Sous-ministre  de  l'Intérieur. 

La  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils  recommande  qu'une  Commission 
composée  d'experts,  soit  nommée  pour  recueillir,  tant  au  Canada  qu'à  l'étranger,  les 
renseignements  nécessaires  pour  lui  permettre  d'indiquer  la  meilleure  méthode  à  sui- 
vre : — 

1.  Pour  coordonner  les  levers  de  plans  faits  par  les  divers  départements; 

2.  Pour  en  arriver  à  avoir  des  données  fixes  et  immuables  au  bureau  et  des  points 
de  repère  permanents  sur  le  terrain; 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  4.3 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

3.  Pour  faire  un  lever  géodésique  et  topographique  général  du  Canada  après  que 
les  levers  de  plans  locaux  auront  été  coordonnés. 

La  Société  voudrait  que  Ton  remette  à  plus  tard  le  lever  d'un  plan  géodésique  du 
pays;  elle  diffère  d'opinion  sur  ce  point  avec  la  Société  Royale,  qui,  dans  le  mémoire 
qu'elle  a  soumis  au  gouvernement  (décembre  1903),  insiste  pour  que  cette  entreprise 
soit  exécutée  immédiatement. 

Les  ingénieurs  disent: — 

La  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils  n'est  pas  sans  savoir  que  la  Société 
Royale  du  Canada  et  d'autres  corps  ont  insisté  auprès  du  gouvernement  fédéral  pour 
qu'il  fasse  faire  sans  plus  de  retard  un  lever  géodésique  du  Canada.  La  Société  ne 
demande  pas  mieux  que  cette  entreprise  soit  mise  à  exécution  aussitôt  que  les  condi- 
tions seront  favorables.  Elle  est  d'opinion,  cependant,  qu'avant  de  se  lancer  dans 
l'énorme  dépense  que  cela  entraînerait,  l'on  devrait  réorganiser  les  départements  où 
se  font  des  levers  de  plans  de  manière  qu'ils  procèdent  à  l'avenir  sur  un  plan  d'en- 
semble. 

Or,  le  mot  "  coordination  ",  dans  son  sens  mathématique,  signifie  la  rattachement, 
au  moyen  de  "  coordonnées  ",  à  un  système  servant  de  base.  Ainsi,  l'on  coordonne 
différents  levers  de  plans  en  les  reliant,  par  des  mesurages  exacts,  de  manière  que, 
sur  les  cartes  qui  seront  dressées,  ils  ne  débordent  pas  les  uns  sur  les  autres  ou  qu'il 
n'y  ait  pas  de  lacunes  entre  eux. 

Une  "  coordination  ",  dans  ce  sens,  implique  un  lever  géodésique,  dont  les  ingé- 
nieurs ne  veulent  pas  pour  le  moment. 

Il  faut  donc  en  conclure  que,  en  parlant  de  "  coordination  ",  l'on  veut  dire  que  les 
différents  levers  de  plans  devraient  être  "  harmonisés  ",  établis  sur  la  même  base. 

Cela  pourrait  comporter  l'unification  de  direction,  l'adoption  de  méthodes  unifor- 
mes, l'établissement  d'étalons  de  précision  semblables,  ou  bien  l'exécution  de  chaque 
lever  de  plans  individuel — que  ce  fût  un  arpentage,  un  lever  topographique  ou  un  lever 
de  plans  pour  des  travaux  de  génie  civil — d'après  un  système  qui  permettrait  de 
recueillir  d'un  coup  toutes  les  données  qui  sont  l'objet  des  levers  de  plans  de  tous 
genres.  L'on  ne  veut  pas  d'unification  de  direction  puisqu'on  déclare  que  l'on  n'a 
nullement  l'intention  de  porter  atteinte  à  l'indépendance  des  divers  départements  où 
se  font  des  études  géodésiques. 

Pour  juger  de  la  valeur  de  la  proposition  qui  est  faite  quant  aux  autres  points, 
examinons  les  différents  levers  de  plans  que  fait  actuellement  le  gouvernement  fédéral. 
Les  principaux  sont: — 

1.  Arpentages  des  terres  fédérales. 

2.  Levers  de  plans  des  frontières  internationales. 

3.  Levers  hydrographiques  (département  de  la  Marine). 

4.  Levers  topographiques  par  la  Commission  Géologique. 

5.  Levers  topographiques  par  le  département  de  la  Milice. 

6.  Levers  de  plans  du  chemin  de  fer  Transcontinental,  lever  de  plans  du  canal  de 
la  baie  Géorgienne,  et  généralement  levers  de  plans  pour  travaux  de  génie  civil  faits 
par  le  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  et  le  ministère  des  Travaux  publics 
et  sous  leur  direction. 

Comme  on  va  le  voir,  ceux  qui  disent  que  les  différents  départements  font  les 
uns  après  les  autres  des  levers  de  plans  aux  mêmes  endroits  se  trompent.  Les  arpen- 
tages des  terres  fédérales  sont  limités  à  l'Ouest,  et  les  levers  de  plans  de  la  frontière 
internationale  se  font  le  long  de  la  frontière  et  ne  touchent  que  le  bord  des  terre*  fédé- 
rales, et  dans  la  région  des  prairies  seulement.  Les  levers  hydrographiques  sont  néces- 
sairement restreints  à  l'eau.  La  Commission  Géologique  et  le  ministère  de  la  Milice 
font,  il  est  vrai,  des  levers  de  plans  identiques  dans  leur  objet  général,  mais  ce  minis- 
tère est  surtout  intéressé  dans  le  pays  contigu  à  la  frontière,  tandis  que  la  Commi--ion 


44  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Géologique  est  obligée  de  faire  des  levers  topographiques  afin  de  tracer  les  formations 
rocheuses  partout  où  s'étend  son  champ  d'action,  c'est-à-dire  par  tout  le  Canada. 

Les  levers  de  plans  pour  travaux  de  génie  civil  ont  un  caractère  spécial  et  deman- 
dent une  foule  de  détails  qui  ne  sont  pas  nécessaires  dans  les  autres  levers  de  plans. 
D'un  autre  côté  ils  fournissent  d'excellentes  données  topographiques  surtout  quant 
aux  niveaux  dans  la  région  qu'ils  couvrent,  et  aideraient  par  conséquent  à  un  lever 
topographique.  Il  est  évident,  cependant,  qu'ils  ne  pourraient  être  amalgamés  avec 
un  lever  topographique  général. 

Les  levers  de  plans  de  la  frontière  internationale  sont  faits  de  concert  avec  les 
Etats-Unis  en  vertu  d'un  traité  ou  d'une  convention.  Les  méthodes,  l'étalon  de  préci- 
sion, etc.,  des  arpenteurs  canadiens  et  des  arpenteurs  américains  doivent  être  et  sont 
"  coordonnés  ".  Ces  méthodes  et  cet  étalon  de  précision  ne  sont  pas  nécessairement 
les  meilleurs  pour  usage  général  au  Canada.  Il  semble  par  conséquent  nécessaire  de 
laisser  ces  levers  de  plans  en  dehors  d'un  système  général  de  coordination. 

La  coordination  sur  laquelle  Ton  insiste  est  donc  restreinte  aux  arpentages  des 
terres  fédérales  et  aux  levers  de  plans  de  la  Commission  Géologique  et  du  ministère 
de  la  Milice. 

L'objet  des  arpentages  des  terres  fédérales  est  de  subdiviser  les  terres  pour  la  colo- 
nisation en  tirant  et  en  marquant  les  lignes  des  townships  et  des  sections,  etc.  Ces 
lignes  peuvent  sans  doute  servir  de  base  pour  des  levers  topographiques,  avec  un  degré 
d'exactitude  suffisant  pour  les  besoins  actuels  dans  l'Ouest.  Mais  le  fait  d'imposer  à 
l'arpenteur  la  tâche  additionnelle  de  faire  un  lever  topographique  nécessiterait  tout 
probablement  une  dépense  plus  considérable  que  si  le  lever  topographique  était  fait 
indépendamment  de  l'arpentage.  De  même  il  est  impossible  pour  l'arpenteur  qui  fait 
un  lever  topographique  de  l'appliquer  profitablement  au  tracement  des  limites  des 
townships  et  des  sections. 

Donc,  après  tout,  la  question  se  réduit  à  la  coordination  des  levers  de  plans  de 
deux  départements — ceux  de  la  Commission  Géologique  et  ceux  du  ministère  de  la 
Milice.  Il  serait  sans  doute  très  avantageux  pour  ces  deux  départements  d'avoir  un 
étalon  de  précision  commun  et  un  plan  d'opérations  commun  qui  leur  permettraient  de 
s'aider  l'un  l'autre. 

Mais  ils  ont  de  la  difficulté  à  atteindre  un  degré  d'exactitude  uniforme  à  cause  du 
manque  de  points  de  repère  bien  déterminés. 

Comme  l'ont  fait  remarquer  la  Société  Royale,  dans  son  mémoire,  le  major  géné- 
ral Lake,  dans  son  rapport,  et  d'autres,  l'on  ne  peut  remédier  à  cela  que  par  une  trian- 
gulation. 

Lorsqu'on  aura  des  points  de  repère,  il  sera  facile  de  faire  des  levers  topographi- 
ques avec  le  degré  d'exactitude  voulu. 

Ainsi,  la  "  coordination  "  suivra  naturellement  la  triangulation,  et  la  nomination 
d'une  "  Commission  composée  d'experts  "  pour  tenter  de  faire  quoi  que  ce  soit  avant 
qu'une  triangulation  ait  été  effectuée  est  une  absurdité.  De  plus,  l'idée  de  demander 
que  "  la  majorité  au  moins  des  membres  de  cette  Commission  ne  soient  attachés  à 
aucun  des  départements  où  se  font  des  levers  de  plans  "  est  pour  le  moins  étrange. 

Si  on  lit  entre  les  lignes,  il  est  évident  que  l'on  voudrait  exclure  complètement 
ceux  qui  sont  le  mieux  en  état  de  dire  quelles  réformes  il  faudrait  opérer  dans  le  sys- 
tème des  levers  de  plans.  De  plus,  il  serait  inutile  d'envoyer  cette  Commission  "  à 
l'étranger  "  pour  étudier  une  question  qui  ne  concerne  que  le  Canada. 

Il  est  à  remarquer  que  les  vues  du  soussigné  ne  diffèrent  pas  de  celles  du  major 
général  Lake.  Ce  dernier  recommande  que  la  triangulation,  au  cours  de  laquelle 
seraient  déterminés  les  points  de  repère,  soit  faite  par  le  ministère  de  l'Intérieur,  et 
qu'une  conférence  ait  lieu  entre  les  chefs  des  départements  où  se  font  des  levers  de 
plans,  en  vue  de  s'assurer  leur  coopération  dans  l'exécution  d'un  lever  topographique 
qui  serait  basé  sur  la  triangulation.     Sa  proposition  est  pratique  et  définie. 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  45 

DOC.   PARLEMENTAIRE  No  145 

Il  reste  à  examiner  la  deuxième  recommandation  faite  par  la  Société  des  Ingé- 
nieurs civils,  savoir,  "l'adoption  d'une  méthode  qui  permette  d'avoir  des  données  fixes 
et  immuables  au  bureau  et  des  points  de  repère  permanents  sur  le  terrain".  L'on  vou- 
drait que  "les  données,  une  fois  obtenues,  puissent  être  facilement  accessibles,  et  que 
les  monuments  géodésiques  soient  établis  et  repérés  de  manière  à  les  rendre  permanem- 
ment  utilisables". 

Il  est  sans  doute  à  désirer  que  les  points  déterminés  au  cours  d'une  triangulation 
soient  marqués  d'une  manière  permanente,  et  il  est  aussi  très  important  qu'ils  soient 
repérés  exactement. 

En  ce  qui  concerne  les  levers  de  plans  faits  par  le  ministère  de  l'Intérieur,  les 
points  trigonométriques  ont  été  marqués  d'une  manière  aussi  permanente  que  possible, 
en  restant  dans  les  limites  d'une  dépense  raisonnable.  Les  données  recueillies  sur  le 
terrain  sont  aussi  compilées  et  coordonnées  d'une  manière  très  complète.  Le  plan  de 
n'importe  quel  township  ou  section  qui  a  été  cadestré  depuis  que  se  font  des  arpen- 
tages dans  l'Ouest,  c'est-à-dire  depuis  35  ans,  ainsi  que  les  notes  sur  lesquelles  il  a  été 
dressé,  pourraient  être  facilement  obtenus  si  on  désirait  les  avoir. 

Il  en  est  probablement  de  même  dans  les  autres  départements,  et  la  seule  difficulté 
que  le  public  puisse  avoir  à  se  procurer  les  renseignements  désirés  est  de  savoir  à  quel 
département  il  faut  s'adresser.  Par  conséquent,  il  y  a  lieu  de  se  demander  si,  comme 
le  demandent  les  ingénieurs,  il  ne  serait  pas  à  propos  que  les  originaux  ou  des  copies 
de  tous  les  plans,  cartes,  etc.,  fussent  déposés  dans  un  bureau  central,  par  exemple 
dans  le  bureau  du  géographe  du  ministère  de  l'Intérieur.  C'est  une  conférence  inter- 
départementale (et  non  pas  une  Commission  dont  les  membres  seraient  '  choisis  au 
dehors)  qui  devrait  être  chargée  d'étudier  cette  question.  La  systématisation  du 
travail  sur  le  terrain  au  moyen  d'un  lever  géodésique  aiderait  aussi  à  la  tenue  systé- 
matique des  archives. 

Il  y  en  a  qui  prétendent  qu'un  lever  géodésique  coûterait  très  cher  et  que,  par 
conséquent,  le  gouvernement  ne  devrait  prendre  aucune  décision  avant  d'avoir  étudié 
la  question  à  fond. 

Le  coût  de  cette  entreprise  a  été  estimé  à  des  sommes  variant  de  10  à  23  millions 
de  dollars,  et  l'bn  a  fait  remarquer  que  c'était  là  le  minimum,  et  qu'il  serait  tout  pro- 
1  ablement  dépensé  beaucoup  plus  que  cela.  Par  conséquent,  l'on  conseille  au  gouver- 
nement de  ne  pas  trop  se  hâter. 

Ce  n'est  pas  ainsi  que  doit  être  envisagée  la  question.  LTn  lever  géodésique  n'est 
pas  comme  un  chemin  de  fer,  qui,  une  fois  commencé,  doit  être  nécessairement  com- 
plété d'un  bout  à  l'autre,  sous  peine  de  perdre  le  capital  déjà  placé.  D'un  autre  côté, 
un  lever  géodésique  peut  couvrir  n'importe  quelle  étendue  de  pays  que  l'on  veut,  à 
partir  de  quelques  centaines  de  milles  carrés  en  montant.  Si  à  un  moment  donné  l'on 
constate  qu'il  coûte  plus  qu'il  ne  vaut,  on  peut  le  discontinuer  sans  la  perte  des  avan- 
tages qu'en  retire  la  contrée  où  des  relèvements  ont  déjà  été  faits. 

Il  semblerait  que  la  meilleure  chose  à  faire  pour  le  gouvernement  serait  de  com- 
mencer le  lever  géodosique  sur  une  petite  échelle,  en  se  servant  autant  que  possible  de 
l'organisation  départementale  actuelle.  Si  au  bout  de  quelque  temps  l'on  trouve  qu'il 
coûte  trop  cher,  ce  sera  alors  le  temps  de  nommer  une  "Commission  d'experts",  qui 
aura  à  se  prononcer  "sur  la  question  de  savoir  si  un  système  moins  coûteux  pourrait 
être  adopté  ou  s'il  vaudrait  mieux  discontinuer  tout  à  fait  les  opérations. 

Quant  à  la  question  des  frais,  le  major  Hills,  dans  son  rapport  au  sujet  du  lever 
d'un  plan  topographique  du  Canada,  estime  la  dépense  qu'il  y  aurait  à  faire  à  $75,000 
par  année.  Cela,  capitalisé  à  3  pour  100,  donne  $2,500,000  comme  chiffre  de  la  dépense 
maximum  totale.  Il  est  vrai  qu'il  dit  que  cette  dépense  augmenterait  probablement 
au  bout  de  quelques  années,  mais  il  y  a  une  marge  considérable  entre  2\  millions  et 
les  autres  sommes  qui  ont  été  mentionnées,  et  l'on  doit  présumer  que  si,  après  quelques 
années,  l'on  décidait  d'augmenter  la  dépense,  ce  serait  parce  que  les  avantages  que  le 
lever  géodésique  aurait  présentés  jusque-là  seraient  suffisants  pour  justifier  le  gouver- 
nement de  l'étendre  à  d'autres  parties  du  pays. 


46  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Les  énormes  sommes  auxquelles  l'on  porte  le  coût  probable  de  l'entreprise  ont  pro- 
bablement été  établies  en  multiplant  la  superficie  totale  du  Canada  en  milles  carrés 
(3.000,000)  par  tant  par  mille  carré,  comme,  par  exemple,  $10  dans  l'estimation  faite 
par  le  major  Hills.  Cette  superficie  embrasse  toutes  les  régions  septentrionales  inha- 
bitées, y  compris  les  îles  arctiques.  Or,  il  s'agit  simplement  pour  le  moment  de  faire 
un  lever  topographique  des  parties  les  plus  peuplées  du  Canada. 

La  dépense  ne  serait  pas  très  forte  si  l'on  s'en  tient  à  une  triangulation  graduelle 
des  légions  où  le  besoin  d'un  lever  géodésique  se  fait  le  plus  sentir,  et  c'est  ce  système 
que,  avec  l'autorisation  du  ministre,  j'ai  commencé  moi-même  à  mettre  en  pratique 
l'été  dernier,  à  titre  d'essai.  Dix  dollars  par  mille  carré  représentent  moins  de  2  sous 
par  acre,  ce  qui  ne  doit  pas  être  considéré  comme  un  fardeau  trop  lourd  pour  les 
riches  terres  des  régions  méridionale  et  orientale  du  Canada. 

Respectueusement  soumis, 

W.  F.  KING, 

Astronome  en  chef. 


Rapport  soumis  par  la  Commission  d'études  géôdésiques  au  Ministre  de  la  Milice  et 

de  la  Défense. 

Ottawa,  15  février  1907. 
L'honorable 

Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Monsieur, — Nous,  soussignés,  membres  de  la  Commission  d'études  géodésiques, 
constituée  en  vertu  de  l'arifêté  de  l'exécutif  en  date  du  13  novembre  dernier,  avons 
l'honneur  de  vous  présenter  le  rapport  suivant: — 

Les  représentants  des  départements  nommés  dans  l'arrêté  de  l'exécutif  se  réuni- 
î  ent  le  20  décembre  pour  s'organiser.  Des  assemblées  de  la  Commission  plénière  furent 
tenues  le  7  et  le  17  janvier,  et  toutes  les  semaines  par  la  suite.  A  la  Commission,  telle 
que  constituée  par  l'arrêté  de  l'exécutif,  fut  adjoint  un  représentant  de  l'université 
Laval. 

Voici  les  conclusions  auxquelles  nous  en  sommes  arrivés  après  mûre  délibération  : 

1.  La  Commission  est  d'opinion  qu'un  lever  trigonométrique  complet  et  précis  du 
Canada  pour  le  dressement  d'une  carte  topographique  exacte,  basée  sur  un  réseau  de 
triangulations  et  indiquant  les  caractères  naturels  et  artificiels  du  pays,  est  d'une 
nécessité  urgente  pour  l'épargne  des  deniers  publics,  pour  l'extension  des  entreprises 
d'un  intérêt  général,  et  pour  le  développement  des  ressources  naturelles  du  pays. 

Le  dressement  de  cartes  exactes  et  la  compilation  de  données  précises  et  complètes, 
dont  pourraient  se  servir  le  gouvernement,  les  compagnies  et  les  particuliers,  amène- 
raient  une  économie  dans  les  dépenses  publiques,  car  il  ne  serait  plus  alors  néessaire 
de  faire  plusieurs  levers  de  plans  au  même  endroit  pour  des  fins  différentes. 

Cela  favoriserait  aussi  le  développement  des  entreprises  publiques  de  tous  genres, 
ét;mt  donné  que  ces  cartes  topographiques  seraient  d'un  grand  secours  lorsqu'il  s'agi- 
rait de  faire  le  tracé  d'une  route,  d'un  chemin  de  fer,  d'un  canal  ou  d'un  système  de 
drainage  ou  d'irrigation.  C'est  ce  qui  est  arrivé  dans  tous  les  pays  où  des  cartes  de 
cette  nature  ont  été  dressées. 

Le  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada  aurait  pour  effet  d'activer  la  mise 
en  œuvre  de  nos  ressources  naturelles,  en  ce  sens  qu'il  permettrait  de  juger  de  la 


COMMISSION  GEODE SIQUE  AU  CANADA  47 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

richesse  et  de  la  nature  des  gisements  métallifères,  de  connaître  la  situation  des  terres 
arables  et  des  terres  à  bois,  et  d'obtenir  tous  les  renseignements  nécessaires  concernant 
les  pouvoirs  hydrauliques,  les  cours  d'eau  et  les  autres  aides  naturelles  aux  entreprises 
industrielles. 

Une  carte  topographique  exacte  du  Canada  est  essentielle  pour  des  fins  militaires, 
car  il  est  très  important,  au  point  de  vue  stratégique,  d'avoir  tous  les  renseignements 
possibles  quant  à  la  configuration  du  pays  et  à  ses  caractères  naturels  et  artificiels. 

Ce  serait  une  base  pour  des  cartes  illustrant  graphiquement  tout  ce  qui  est'l'objet 
de  la  statistique,  comme,  par  exemple,  la  population,  les  industries,  les  produits  du 
pays,  les  superficies  des  gisements  métallifères  et  des  forêts,  les  qualités  du  sol,  les 
l  assins  alimentant  les  rivières  et  autres  cours  d'eau,  la  situation  des  pouvoirs  hydrau- 
liques, etc. 

Un  avantage  important  à  retirer  d'un  lever  topographique  et  hydrographique  se- 
rait la  délinéation  exacte  de  la  ligne  côtière  de  l'Atlantique  et  du  Pacifique  et  des 
cours  d'eau  intérieurs.  Tant  que  cette  délinéation  n'aura  pas  été  faite,  il  surviendra 
inévitablement  des  désastres,  qui  pourraient  être  évités  dans  une  large  mesure  s'il 
existait  des  cartes  indiquant  les  écueils  d'une  manière  claire  et  précise.  Une  des 
choses  les  plus  essentielles  pour  avoir  de  bonnes  cartes  hydrographiques,  est  d'établir 
sur  le  rivage  des  points  sur  lesquels  les  relèvements  puissent  être  vérifiés.  De  fortes 
sommes  d'argent  sont  dépensées  tous  les  ans  à  améliorer  les  ports,  à  construire  des 
phares,  etc.;  cependant,  dans  beaucoup  de  cas,  les  positions  géographiques  de  ces  ports, 
de  ces  phares,  etc.,  n'ont  pas  été  exactement  déterminées. 

Dans  les  affaires  politiques  et  législatives,  une  carte  topographique  fournirait  de 
précieux  renseignements  quant  aux  bornes  des  villages,  des  villes,  des  municipalités, 
etc.,  et  serait  aussi  d'une  grande  utilité  pour  l'administration  de  tous  les  services 
publics. 

Il  est  possible,  avec  une  bonne  carte  topographique,  de  faire  le  plan  et  le  tracé 
('es  travaux  de  génie  civil  avec  plus  d'avantage  qu'au  moyen  d'un  lever  géodésique 
préliminaire.  Une  carte  topographique  permettrait  non  seulement  d'épargner  les 
fortes  sommes  d'argent  qui  sont  aujourd'hui  dépensées  tous  les  ans  par  le  gouverne- 
ment et  par  des  compagnies  en  levers  de  plans  pour  diverses  entreprises,  mais  de  plus 
diminuerait  considérablement  les  frais  de  construction,  puisqu'un  meilleur  emplace- 
ment pourrait  être  obtenu,  dans  beaucoup  de  cas,  avec  une  carte  de  ce  genre  qu'avec  un 
lever  de  plans  préliminaire. 

Bref,  l'on  peut  dire  qu'un  bon  lever  topographique  général  présente  de  grands 
avantages  aux  points  de  vue  pratique,  politique,  administratif,  militaire,  statistique 
et  économique. 

2.  L'adoption  d'un  système  qui  permettrait  de  coordonner  les  levers  de  plans  qui 
ont  été  faits  jusqu'ici,  soit  par  les  départements  ou  par  des  particuliers,  est  aussi  une 
chose  d'une  importance  nationale  et  d'une  grande  utilité  pratique  pour  les  habitants 
du  Canada. 

Afin  d'assurer  la  coordination  des  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  par  le  passé  et 
de  ceux  qui  seront  faits  à  l'avenir,  il  serait  nécessaire  d'établir  une  série  de  points  de 
repère,  convenablement  espacés,  dont  les  positions  géographiques  et  les  altitudes  abso- 
lues auraient  été  parfaitement  déterminées  par  des  observations  astronomiques,  des 
chaînes  de  triangulations  géodésiques  d'une  grande  exactitude  et  des  nivellements  très 
précis. 

3.  Des  mesures  devraient  être  prises  pour  perpétuer,  par  des  monuments  perma- 
nents, les  points  de  repère,  les  points  de  vérification  et  les  points  importants  dans  les 
levers  de  plans  locaux.  Cette  règle  devrait  être  appliquée  à  tous  les  levers  de  plans 
de  l'exactitude  voulue  faits  pour  des  entreprises  relevant  des  autorités  fédérales. 

4.  Afin  d'assurer  la  conservation  des  archives,  il  devrait  y  avoir,  dans  un  édifice 
à  l'épreuve  du  feu.  un  bureau  central  où  seraient  gardées  les  notes  prises  sur  le  terrain 


48  CORRESPONDANCE,  ETC..  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

ainsi  que  des  copies  exactes  des  plans  et  profils,  avec  de  brèves  descriptions.  Ces 
documents,  lorsqu'ils  n'y  aurait  pas  de  raison  de  les  considérer  comme  confidentiels, 
devraient  être  facilement  accessibles,  pour  consultation,  à  tous  les  départements  et  au 
public. 

Les  départements  de  l'administration  fédérale  et  les  compagnies  de  chemins  de 
fer  ainsi  que  les  autres  compagnies  exécutant  des  travaux  en  vertu  d'une  charte  oc- 
troyée  par  le  gouvernement  ou  par  le  parlement  devraient  être  tenus  de  déposer  dans 
ce  bureau  les  profils,  les  notes  et  tous  les  autres  documents  se  rattachant  aux  levers 
de  plans  qu'ils  auraient  faits. 

5.  Il  est  beaucoup  à  désirer  que  toutes  les  cartes  soient  dressées  d'après  une  mé- 
thode uniforme  quant  à  l'échelle,  à  la  projection  et  à  l'exécution. 

La  création  d'un  bureau  central  où  les  cartes  se  rattachant  au  lever  topographique 
général  seraient  compilées,  dressées  et  gravées  présenterait  de  grands  avantages.  Ces 
cartes  seraient  fournies  aux  départements  qui  en  auraient  besoin  sur  paiement  de  ce 
qu'elles  auraient  coûté.  L'établissement  de  ce  bureau  n'empêcherait  aucun  départe- 
ment qui  aurait  ce  qu'il  faudrait  pour  cela  de  dresser  ses  propres  plans  ou  cartes. 

6.  Afin  d'assurer  l'unité,  la  coordination  et  l'utilisation  systématique  de  toutes  les 
d<  nnées  géodésiques,  et  de  permettre  de  dresser,  en  feuilles,  une  carte  topographique 
exacte  du  Canada,  il  est  désirable  que  les  divisions  de  l'administration  où  se  font  des 
levers  de  plans  fondamentaux  et  topographiques  et  des  triangulations  sur  terre  devant 
servir  de  base  pour  les  levers  hydrographiques,  ainsi  que  le  bureau  des  archives  et  le 
bureau  de  cartographie,  forment  les  branches  d'un  seul  département  du  service  public. 

Il  est  aussi  à  désirer  que  ces  branches  de  l'administration  soient  fusionnées  avec 
la  Commission  Géologique  et  avec  les  autres  divisions  du  service  public  où  l'on  fait 
des  investigations  sur  les  ressources  naturelles  du  pays,  et  dont  le  travail  n'a  de  valeur . 
qu'en  autant  qu'il  existe  des  cartes  exactes  des  régions  explorées. 

7.  L'exécution  des  levers  de  plans  pour  des  fins  spéciales,  comme,  par  exemple,  la 
construction  de  canaux  ou  de  chemins  de  fer,  le  creusage  des  rivières  et  des  ports,  etc., 
serait  laissée  aux  départements  auxquels  ces  choses  assortissent  actuellement,  mais 
les  départements  intéressés  dans  ces  levers  de  plans  seraient  invités  à  les  faire,  autant 
que  possible,  d'après  un  système  propre  à  donner  des  résultats  d'une  valeur  perma- 
nente pour  les  fins  topographiques. 

8.  La  coopération  des  départements  des  administrations  provinciales  où  se  font 
«les  levers  de  plans  devrait  être  sollicitée. 

!>.  Nous  ne  demandons  pas  que  des  levers  de  plans  couvrant  tout  le  pays  soient 
exécutés  immédiatement.  L'on  se  bornerait  à  trianguler  les  localités  où  le  besoin 
d'une  carte  topographique  se  fait  le  plus  sentir,  et  le  lever  de  plans  fondamental  serait 
restreint,  pour  commencer,  aux  parties  du  pays  les  plus  peuplées  et  aux  régions  où  les 
recherches  géologiques  et  les  autres  investigations  sur  les  ressources  naturelles  du 
pays  demandent  des  cartes  exactes  comme  base  d'opérations. 

Voici  quels  sont  les  crédits  inscrits  dans  le  budget  actuellement  devant  le  parle- 
ment pour  les  divisions  du  service  public  dont  nous  recommandons  le  fusionnement  : — 

l  Traitements 

et  dépenses. 

Commission  Géologique,  surintendant  de  la  di vison  des  Mines.  .$242,475 

Division  de  l'Astronomie,  levers  de  plans  des  frontières 269,067 

Division  de  l'Hydrographie,  y  compris  nouveau  steamer.     Obser- 
vations des  marées 349,500 

Division  de  la  Géographie 58,890 

Total $919,932 


COMMISSION  GF.ODESIQUK  AU  CANADA  49 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Si  l'administration  est  concentrée  dans  un  département,  cela  sera  suffisant — sauf 
le  développement  naturel  des  opérations  dans  l'avenir — pour  le  lever  d'un  plan  topo- 
graphique systématique,  et  le  parlement  n'aura  pas  à  voter  d'autres  fonds. 

Sur  ce  montant  de  $919,932,  les  sommes  suivantes  seront  disponibles  pour  études 
sur  le  terrain: — 

Commission  Géologique $  25,000 

Division  de  l'Astronomie,  y  compris  levers  de  plans  des  fron- 
tières et  lever  trigonométrique 204,000 

Division  de  l'Hydrographie 150,000 

Total $379,000 

Sur  le  montant  demandé  pour  l'astronome  en  chef,  une  somme  de  $50,000  figure 
dans  le  budget  pour  le  lever  trigonométrique,  qui  a  déjà  été  commencé  dans  les  envi- 
Tons  d'Ottawa  en  1905  et  1906,  et  une  triangulation  entre  dans  le  plan  d'opérations 
de  la  Commission  qui  a  été  chargée  de  faire  le  lever  de  plans  de  la  frontière  interna- 
tionale. Une  partie  de  la  dépense  pour  ce  lever  de  plans,  disons  $10,000,  pourrait  par 
conséquent  être  créditée  aux  études  préliminaires,  ce  qui,  avec  les  $50,000  susmention- 
nés, ferait  un  total  de  $60,000  disponible  pour  cela. 

Cette  somme  suffirait  pour  poursuivre  la  triangulation  à  l'est  d'Ottawa  en  allant 
vers  Montréal  et  la  rivière  Richelieu,  pour  faire  une  triangulation  sur  le  fleuve  Saint- 
Laurent  afin  d'aider  à  l'hydrographe,  qui  pourrait  ainsi  consacrer  les  fonds  à  sa  dis- 
position plus  directement  aux  sondages,  etc.,  et  pour  continuer  vers  l'est,  le  long  du 
49me  parallèle,  la  triangulation  de  la  frontière  (dans  l'Ouest).  Tout  ce  travail  serait 
nécessairement  incorporé  dans  le  lever  géodésique  dès  que  les  méthodes  à  suivre  pour 
son  exécution  et  l'étendue  de  pays  qu'il  doit  embrasser  auraient  été  déterminées. 

En  attendant,  le  pays  serait  couvert  d'un  réseau  de  triangulations  qui  servirait  à 
relier  les  uns  aux  autres  les  nouveaux  levers  de  plans  et  à  corriger  ceux  qui  ont  été 
faits  par  le  passé.  Une  fois  que  les  départements  auraient  été  fusionnés,  il  serait  pos- 
sible, croyons-nous,  de  distribuer  les  fonds  consacrés  aux  études  géodésiques  parmi  les 
diverses  branches  du  service  de  manière  à  développer  la  carte  topographique  systéma- 
tiquement. 

Le  lever  d'un  plan  topographique  systématique  du  Canada  ne  demanderait  par 
conséquent  aucune  augmentation  des  dépenses  pour  le  moment.  Plus  tard,  ce  serait 
au  gouvernement  et  au  parlement  à  décider  si  les  résultats  obtenus  justifient  ou  non 
une  plus  forte  dépense. 

10.  Une  Commission  Géodésique  permanente  devrait  être  nommée  pour  arrêter 
tous  les  détails  et  surtout  afin  d'assurer  cet  accord  qui  est  nécessaire  dans  les  opéra- 
tions des  divers  départements  où  se  font  des  levers  de  plans. 

Cette  Commission  serait  semblable  dans  sa  composition  à  la  Commission  d'étude- 
géodésiques  actuelle  et  aurait  le  droit  de  consulter  tous  ceux  dont  elle  désirerait,  de 
temps  à  autre,  avoir  l'avis. 

Elle  indiquerait  la  méthode  et  la  marche  à  suivre  pour  les  divers  travaux  géodési- 
ques. Elle  établirait  les  règlements  qu'elle  jugerait  nécessaires  ou  désirables  concer- 
nant les  levers  de  plans  et  le  dressement  des  cartes  et  solliciterait  la  coopération  de 
tous  les  intéressés  afin  d'en  assurer  l'observation.  Elle  constituerait  un  corps  con- 
sultatif pour  les  diverses  divisions  du  service  public  où  se  feraient  des  levers  de  plans. 

Un  crédit  raisonnable,  disons  $8,000  par  année,  devrait  être  voté  pour  les  dépenses 
nécessaires  de  la  Commission. 

Dans  le  cas  où  les  recommandations  ci-dessus  recevraient  l'approbation  du  gou- 
vernement, cette  Commisison  devrait  être  instituée  immédiatement  afin  qu'elle  puisse 
se  mettre  à  l'œuvre  sans  retard. 

145—4 


50  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A   UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Nous  annexons  aux  présentes: — 

1.  Plusieurs  extraits  des  rapports,  etc.,  faits  par  des  experts,  montrant  les  avan- 
tages pratiques  que  l'on  retire  des  levers  topographiques. 

2.  Une  copie  de  l'arrêté  de  l'exécutif,   en  date  du   13  novembre  1906,  en   vertu 
duquel  nous  avons  agi. 

3.  Une  copie  du  mémoire  soumis  par  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils, 

W.  F.  King,  président, 
Astronome  en  chef,  ministère  de  l'Intérieur. 

M.  J.  Butler, 
Sous-ministre  et  ingénieur  en  chef  du  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux. 

P.  Lake, 
Chef  de  l 'état-major  général,  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

*E.  De  ville. 
Arpenteur  général,  ministère  de  l'Intérieur. 

*R.  Steckel, 
Commis  en  chef  de  la  division  des  travaux  de  génie  civil,  ministère  des  Travaux 
publics. 

W.  J.  Stewart, 
Hydrographe  en  chef,  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 

C.  H.  McLeod, 

Professeur  d'arpentage  et  de  géodésie  à  l'université  de  Montréal. 

L.  B.  Stewart, 
Professeur  d'arpentage  et  de  géodésie  à  l'université  de  Toronto. 

E.  Marceau, 

Principal  de  l'école  polytechnique,  université  Laval. 
(Certifié)  : 
J.  Mac  ara. 
Secrétaire. 


ANNEXE   1  DU   RAPPORT  DE   LA  COMMISSION  D'ÉTUDES  GÉODÉSIQUES. 

Extraits  des  rapports,  etc.,  faits  par  des  experts,  montrant  les  avantages  pratiques  que 
l'on  retire  des  levers  topographiques. 

M.  Van  Hise,  président  de  l'université  du  Wiseonsin,  dit  : — "  Une  compagnie  de 
chemin  de  fer  possédait,  dans  la  région  septentrionale  du  Michigan  et  le  Wiscon- 
sin, deux  lignes  de  chemins  de  fer  qu'elle  désirait  souder  ensemble  par  un  embranche- 
ment de  40  milles  de  longueur.  Le  pays  entre  les  deux  lignes  était  inconnu.  Sous 
ma  direction,  furent  dressées  des  cartes  topographiques,  géologiques  et  forestières, 
couvrant  une  superficie  d'environ  1,200  milles  carrés.  Cela  coûta  à  peu  près  $25,000. 
Après  que  ces  cartes  eurent  été  dessinées,  la  ligne  de  raccordement  fut  tracée  au 
bureau  avec  une  magnifique  pente  et  avec  le  meilleur  parcours  possible  par  rapport 
au  minerai  de  fer  et  au  bois.     Une  des  choses  les  plus  remarquables  dans  cette  ligne 

*  Ce  rapport  a  été  signé  par  M.  Deville  et  M.  Steckel  sous  la  réserve  des  objections 
énoncées  dans  leurs  rapports  ci-joints,  où  ils  indiquent  les  points  sur  lesquels  ils  sont  dis- 
sidents. 


COMMISSION  GEODESIQl  E  AU  CANADA  51 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

était  qu'elle  traversait  une  montagne  de  trapp  escarpée,  qui  n'était  supposée  être  fran- 
chissable qu'à  grands  frais,  par  les  trouées  qui  pouvaient  y  exister.  La  ligne  croisait 
l'embranchement  d'un  autre  chemin  de  fer  qui  avait  environ  12  milles  de  longueur 
et  qui,  à  raison  du  fait  qu'il  contournait  la  montagne  en  question  au  lieu  de  passer 
à  travers  les  trouées  qui  s'y  présentaient,  avait  au  moins  deux  milles  de  longueur  de 
plus  qu'il  n'était  nécessaire.  Ces  deux  milles  additionnels  de  voie  ferrée  coûtaient 
autant  sinon  plus  que  le  lever  de  plans  des  1,200  milles  carrés. 

"  Je  suis  convaincu  que  si  l'on  faisait  des  levers  de  plans  des  zones  forestières  où 
des  chemins  de  fer  devront  être  construits  un  jour  ou  l'autre,  la  dépense  que  cela 
nécessiterait  serait  beaucoup  plus  que  compensée  par  l'économie  qui  en  résulterait 
dans  la  construction  de  ces  chemins  de  fer,  outre  que  l'on  pourrait  fixer  leur  parcours 
juus  avantageusement,  quant  à  la  pente  et  aux  ressources  naturelles  qui  existeraient, 
qu'en  suivant  les  méthodes  actuellement  employées  pour  faire  le  tracé  des  chemins  de 
fer  à  travers  les  régions  fortement  boisées." 

Le  général  Francis  A.  Walker  prétend  que  "  si  l'Etat  du  Massachusetts  avait  eu 
une  bonne  carte  topographique  en  1836,  il  aurait  économisé  à  peu  près  $20,000,000 
dans  ses  dépenses  publiques  pour  chemins  de  fer". 

Comme  la  superficie  du  Massachusetts  est  de  8,315  milles  carrés,  cette  économie 
aurait  été  de  plus  de  $2,400  par  mille  carré.  Le  lever  topographique  de  l'Etat  a  coûté 
$13  par  mille  carré. 

Dans  son  rapport  annuel  pour  1902,  le  géographe,  M.  White,  après  avoir  parlé  de 
la  difficulté  qu'il  avait  à  faire  la  carte  du  Canada  sur  une  échelle  de  35  milles  au 
pouce,  dit  :  "  Le  manque  d'un  lever  topographique  exact,  les  nombreuses  sources  où  les 
renseignements  voulus  doivent  être  puisés,  la  difiiculté  d'obtenir  accès  aux  vieux 
levers  de  plans  presque  oubliés,  la  nécessité  d'incorporer  les  levers  de  plans  qui  sont 
faits  concurremment  avec  le  dressement  de  la  carte, — ce  qui  nous  oblige  souvent  de 
recommencer  notre  travail  presque  aussitôt  qu'il  est  terminé, — tout  cela  tend  à  faire 
du  tracement  d'une  carte  une  opération  longue  et  fastidieuse." 

Plus  loin,  dans  le  même  rapport,  il  ajoute  :  "  La  difiiculté  que  l'on  a  à  dresser  la 
nouvelle  carte  du  Canada  montre  la  nécessité  d'un  bon  lever  topographique,  au  moins 
des  régions  les  plus  peuplées. 

"  Il  y  a  quelques  années,  je  fis  un  lever  de  plans  entre  deux  points  bien  déterminés, 
dont  l'un  était  sur  la  baie  Géorgienne  et  l'autre  à  l'extrémité  occidentale  du  lac  On- 
tario, et  d'après  ce  lever  de  plans,  il  y  avait  sur  la  meilleure  carte  qui  existait  alors, 
pour  cette  partie  de  la  région  centrale  d'Ontario,  une  erreur  de  plus  de  2  milles  en 
longitude  et  d'au  delà  de  1  mille  en  latitude.  Bien  que  nos  cartes  indiquent  les 
rivières,  les  lacs,  etc.,  même  à  l'extrême  nord,  presque  toutes  les  données  sur  lesquelles 
e'.les  sont  basées  sont  très  vagues." 

Le  major  C.  P.  Close,  C.M.G.,  officier  du  génie,  professeur  de  géodésie  à  l'école 
de  génie  militaire,  à  Chatham,  disait  au  cours  d'une  conférence  qu'il  fit  au  collège  de 
l'état-major  le  13  juillet  1903, — "  Aucun  assemblage  de  croquis  ne  fera  jamais  une 
carte  topographique.  Les  cartes  de  l'Inde,  avant  1802  (année  où  le  département  de 
géodésie  fut  constitué),  avaient  été  dressées  d'après  des  croquis.  Ces  cartes,  sur  la 
courte  distance  à  travers  l'Inde  comprise  dans  la  latitude  de  Mysore,  présentaient  une 
erreur  de  40  milles,  ce  qui  montre  combien  il  est  futile  de  baser  des  cartes  sur  des 
croquis." 

Puis,  parlant  de  ce  qui  a  été  fait  récemment  dans  l'Afrique  Australe,  il  ajoutait  : 
u  Des  cas  ont  été  cités  pour  montrer  qu'il  était  impossible  de  faire  une  carte  satisfai- 
sante avec  des  croquis.  L'Afrique  Australe  offre  un  exemple  de  l'impossibilité  de 
dresser  une  carte  d'après  des  plans  sur  une  grande  échelle,  tels  que  les  arpentages  des 
fermes  de  l'Etat  Libre." 

Le  Dr  Frank  D.  Adams,  dans  un  mémoire  lu  récemment  devant  l'Institut  Cana- 
dien, citait  une  lettre  qu'il  avait  reçue  du  Dr  C.  D.  Walcott,  ex-directeur  de  la  Com- 

145— 4^ 


52  "'.         F      CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.   1909 

mission  Géologique  des  Etats-Unis,  et  où  on  lit  ce  qui  suit: — "Ces  cartes  (celles  de 
la  Commission  Géologique  des  Etats-Unis)  sont  essentielles  au  développement  rai- 
sonné des  ressources  d'un  Etat.  Aujourd'hui,  les  fonctionnaires  des  compagnies  de 
chemins  de  fer  et  de  tramways,  ceux  qui  sont  chargés  d'améliorer  les  routes,  d'agrandir 
les  aqueducs  des  villes,  de  construire  des  égouts  ou  de  faire  d'autres  travaux  de  génie 
civil,  ne  voudraient  pas  dépenser  un  seul  dollar  en  levers  de  plans  avant  de  s'être  pro- 
curé, à  notre  bureau,  des  cartes  topographiques  et  les  niveaux.  Nous  recevons  tous 
les  jours  des  lettres  montrant  les  sommes  d'argent  et  le  temps  qui  ont  été  ainsi  épar- 
gnés. Cependant,  la  carte  topographique  est  surtout  essentielle  à  l'étude  des  ressour- 
ces minérales  d'une  région.  Les  anciennes  méthodes  descriptives  pour  déterminer  la 
•géologie  d'un  district  ont  été  depuis  longtemps  abandonnées  dans  ce  pays.  Il  a  été 
constaté  que  chaque  dollar  dépensé  à  dresser  une  carte  mathématiquement  exacte, 
pouvant  servir  de  base  pour  le  tracement  d'une  carte  indiquant  la  direction  et  l'incli- 
naison des  différentes  couches  et  pour  la  construction  de  sections  structurales,  est 
rendu  au  centuple  dans  le  haut  degré  de  précision  que  présentent  les  études  subsé- 
quentes des  formations  géologiques  et  de  leur  valeur  économique.  Une  bonne  carte 
topographique  est  une  charpente  aussi  essentielle  pour  reproduire  un  fac-similé  de  la 
géologie  sous-jacente  que  l'est  la  charpente  d'acier  que  les  architectes  modernes  em- 
ploient pour  former  et  supporter  un  édifice." 

En  1898,  le  Dr  Pritchett,  surintendant  de  la  Commission  hydrographique  et  géo- 
logique des  Etats-Unis,  exposa  devant  la  Société  Royale  du  Canada  le  projet  qu'il 
avait  conçu  pour  le  mesurage  international  d'un  arc  çlu  98me  méridien,  et  sollicita  la 
coopération  du  Canada. 

La  Société  Royale,  dans  le  mémoire  qu'elle  présenta  au  gouverneur  en  conseil  à 
l'appui  de  la  proposition  faite  par  le  Dr  Pritchett,  tout  en  appuyant  sur  l'importance 
de  la  chose  au  point  de  vue  scientifique,  demandait  au  gouvernement  du  Canada  de 
coopérer  avec  celui  des  Etats-Unis,  pour  la  raison  que  "  la  partie  canadienne  de  cette 
entreprise  serait  d'une  grande  utilité  pratique,  en  ce  sens  qu'elle  formerait  la  hase 
d'un  lever  géographique  complet  du  pays." 

Elle  ajoutait: — 

"  Des  triangulations  tant  soit  peu  importantes  ont  rarement  été  faites  dans  un 
but  purement  scientifique;  l'objet  de  ces  opérations  géodésiques  est  avant  tout  utili- 
taire, et  elles  servent  surtout  à  fournir  une  base  pour  des  levers  de  plans  systématiques. 
Sans  cette  base  il  faut  recommencer  constamment  le  même  travail,  des  levers  de  plans 
sont  faits  continuellement  aux  mêmes  endroits  (comme  cela  arrive  au  Canada)  par 
l'arpenteur,  le  géologue,  l'ingénieur  de  chemins  de  fer  ou  de  canaux,  l'hydrographe. 
Pour  chaque  nouvelle  entreprise  qui  se  présente  un  nouveau  lever  de  plans  est  néces- 
saire. Les  dépenses  que  cela  entraîne  seraient  considérablement  diminuées  et  souvent 
complètement  évitées  si,  imitant  l'exemple  des  autres  pays,  nous  faisions  faire  une 
triangulation  systématique. 

C'est  là  un  fait  qui  est  depuis  longtemps  reconnu  en  Europe,  où  une  carte  exacte 
de  tous  les  pays  a  été  dressée.  En  dehors  de  l'Europe,  nous  pouvons  citer  les  Etats- 
LTnis,  dont  la  triangulation  est  très  avancée,  l'Inde,  qui  offre  un  exemple  frappant  de 
levers  de  plans  couvrant  un  vaste  territoire  et  très  bien  faits,  le  Cap  de  Bonne-Espé- 
rance et  le  Natal,  qui  ont  fait  conjointement  une  triangulation  de  l'Afrique  australe, 
la  Nouvelle-Zélande,  où  une  triangulation  a  précédé  tous  les  autres  levers  de  plans. 
11  ne  faut  pas  supposer  qu'aucune  objection  n'a  été  soulevée,  dans  ces  pays,  à  l'exécu- 
tion de  ces  entreprises;  au  contraire,  ceux  qui  ne  comprenaient  pas  la  valeur  pratique 
de  la  chose  s'y  sont  fortement  opposés,  mais  leur  opinion  a  changé  après  qu'ils  eurent 
été  en  position  d'apprécier  l'utilité  d'un  lever  trigonométrique. 

Le  besoin  d'un  lever  trigonométrique  du  Canada  fut  signalé  à  l'attention  du  gou- 
vernement, en  1888,  par  un  comité  nommé  à  cette  fin  par  l'Association  des  arpenteurs 
fédéraux.     Suit  un  extrait  du  mémoire  que  présenta  ce  comité: — 


COMMISSION  <;E0L>EIS1QUE  AU  CANADA  53 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145  -*»-••    i 

De  plus,  avec  l'augmentation  dans  la  valeur  des  biens-fonds,  il,  est  évident  que  le 
marquage  permanent  de  points  qui  fixeraient  définitivement  les  positions  des  bornée! 
des  terres  serait  dans  l'intérêt  public.  Dans  plusieurs  des  provinces,  les  bornes  dr*-. 
propriétés  de  valeur  sont,  dans  la  plupart  des  cas,  déterminées  par  des  poteaux  de  bois. 
pas  des  marques  sur  des  arbres,  ou  par  le  témoignage  de  quelques-uns  des  plus  vieux 
habitnas,  ce  qui  donne  souvent  lieu  à  des  procès  coûteux;  le  fait  est  que  le  monta//4* 
dépensé  annuellement  en  litiges  au  sujet  des  délimitations  des  terres  couvrirait  une 
grande  partie  de  la  dépense  que  nécessiterait  un  lever  trigonométrique  du  pays. 

Si  les  bornes,  surtout  celles  des  grandes  étendues  de  territoire,  comme,  par  exem- 
ple, les  comtée,  les  townships  et  les  concessions,  étaient  exactement  définies  par  un 
lever  trigonométrique,  semblable  à  celui  qu'ont  fait  les  pays  mentionnés  plus  haut. 
tout  doute  quant  à  leur  position  serait  à  jamais  dissipé. 

A  l'heure  qu'il  est,  toutes  les  villes  et  plusieurs  des  villages  du  Canada  cherchent 
le  moyen  d'obtenir  un  bon  approvisionnement  d'eau  ou  d'améliorer  le  service  d'eau 
qu'ils  ont  déjà. 

La  gravité  étant  la  meilleure  méthode  pour  amener  l'eau,  c'est  à  cela  que  l'on 
songe  généralement  tout  d'abord,  mais  les  données  nécessaires  pour  s'assurer  si  cette 
méthode  serait  praticable  ne  peuvent  actuellement  être  obtenues  que  par  la  dépense 
de  fortes  sommes  d'argent  en  levers  de  plans,  comme  cela  s'est  vu  tout  dernièrement 
à  Toronto. 

S'il  |y  avait  eu  une  bonne  carte  topographique,  cette  dépense  aurait  été  évitée. 

Dans  les  travaux  de  drainage  les  données  que  fournirait  un  lever  géodésique 
seraient  très  précieuses,  et  comme  notre  population  agricole  se  rend  maintenant  compte 
des  avantages  qu'offre  un  bon  système  de  drainage,  l'on  ne  devrait  pas  priver  plus 
longtemps  les  cultivateurs  du  moyen  d'en  établir  un.  Les  cartes  permettraient  à  un 
ingénieur  de  déterminer  par  un  simple  calcul  l'étendue  du  bassin  à  drainer,  et  de  con- 
naître exactement  la  dimension  du  drain  nécessaire  et  le  parcours  qu'il  devrait  suivre, 
et  l'on  ne  verrait  plus  de  gens  prétendre  à  tort  que  leurs  terres  ne  se  trouvent  pas  dans 
le  bassin  à  drainer  vu  qu'en  jetant  un  simple  coup  d'œil  sur  la  carte  l'on  saurait  quelle 
est  l'issue  nanturelle  des  eaux  pour  n'importe  quelle  pièce  de  terrain. 

Ces  cartes  seraient  aussi  très  utiles  pour  répartir  équitablement  les  impôts  fonciers 
et- pour  tracer  et  construire  des  chemins  publics,  et  permettraient  d'épargner  des 
sommes  considérables  que  l'on  dépense  aujourd'hui  pour  savoir  où  des  routes  devraient 
être  établies;  et  les  sommes  ainsi  épargnées  pourraient  être  employées  à  rendre  les- 
chemins  plus  solides  et  plus  durables. 

Les  données  que  fourniraient  les  cartes  qui  auraient  été  dressées  à  la  suite  du- 
lever  trigonométrique  que  l'on  aurait  fait  permettraient,  de  plus,  de  faciliter  la  naviga- 
tion dans  nos  eaux  intérieures,  où  il  circule  un  nombre  toujours  croissant  de  navires- 

D'importants  travaux  publics  sont  actuellement  à  l'étude  et  seront  sans  doute  exé- 
cutés dans  un  avenir  rapproché,  comme,  par  exemple,  le  canal  d'Ottawa,  le  canal  de 
la  Vallée  de  la  Trent,  etc.;  la  possession  de  bonnes  cartes  topographiques  aiderait  natu- 
rellement à  régler  la  question  de  la  praticabilité  de  ces  entreprises  et  de  nombre  d'au- 
tres projets  tendant,  à  faciliter  la  navigation,  etc. 

ANNEXE    II.    DU    RAPPORT    DE    LA    COMMISSION    D'ÉTUDES    GEODÉSIQUEs. 
ARRÊTÉ   DE   L'EXECUTIF   CONSTITUANT   LA   COMMISSION. 

Extrait  d'un  rapport  du  comité  du  Conseil  privé,  approuvé  par  le  Gouverneur  général' 

le  13  novembre  1906. 

Vu  un  rapport,  en  date  du  19  juillet  1906,  du  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Dé- 
fense, où  ce  dernier  dit  qu'il  a  pris  communication  d'un  mémoire  soumis  par  le  con- 
seil de  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils,  en  date  du  2  avril  1906,  contenant 
une  résolution  adoptée  à  la  convention  annuelle  de  cette  société  tenue  le  1er  février- 
1906,      dans      laquelle     l'on      insiste    sur     la     nécessité    de     mieux    coordonner    les- 


54  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

levers  de  plans  que  font  les  divers  départements  de  l'administration  fédérale  en  vue 
du  levé,  dans  un  avenir  prochain,  d'un  plan  topographique  et  géodésique  de  tout  le 
-Canada. 

Le  ministre  fait  remarquer  que  l'immense  importance,  au  point  de  vue  militaire, 
d'un  levé  topgraphique  exact  du  Canada  a  déjà  été  signalée  à  son  attention  par  le  chef 
de  Pétat-major  général  dans  un  rapport  qui  a  reçu  son  approbation. 

Le  ministre  ajoute  qu'il  approuve,  dans  leur  ensemble,  les  idées  émises  par  le 
conseil  de  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils,  et  qu'il  est  fortement  en  faveur 
t'e  la  coordination  du  travail  des  divers  départements  où  se  font  des  levers  de  plans 
comme  premier  pas  vers  l'exécution  d'un  levé  géodésique  du  Canada. 

Le  ministre  fait  aussi  remarquer  que  le  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense 
n'est  pas  d'accord  avec  le  conseil  de  la  société  sur  un  point  seulement.  Dans  Pavant- 
dernier  paragraphe  de  son  mémoire,  le  conseil  exprime  l'opinion  qu'il  ne  serait  pas 
sage  de  se  lancer  immédiatement  dans  la  dépense  que  nécessiterait  un  levé  géodésique, 
bien  qu'il  admette  qu'il  faudra  en  faire  un  dans  un  avenir  rapproché.  L'on  prétend 
que  le  moment  d'agir  n'est  pas  venu  et  qu'il  vaut  mieux  attendre  encore  quelque 
temps.  Il  peut  se  faire  que  le  sens  que  le  conseil  de  la  société  attache  aux  mots  "levé 
géodésique"  diffère  de  celui  que  l'on  y  donne  généralement,  mais,  d'après  le  ministre 
de  la  Milice  et  de  la  Défense,  un  "levé  géodésique"  est  surtout  utile,  au  point  de  vue 
pratique,  en  ce  qu'il  fournit,  dans  sa  triangulation,  le  fondement  sur  lequel  tous  les 
autres  levers  de  plans  doivent  être  basés  si  l'on  veut  qu'ils  soient  exacts.  Si  l'on  tarde 
davantage  à  établir  ce  fondement,  tout  ce  qui  se  fera  dans  l'intervalle  ne  pourra  avoir 
guère  de  valeur. 

Le  ministre  fait  de  plus  remarquer  que  le  conseil  de  la  société  admet  que  les 
divers  départements  de  l'administration  opèrent  dans  des  conditions  différentes,  d'après 
des  méthodes  dissemblables  et  sans  plan  d'ensemble.  Il  est  difficile  de  comprendre 
comment  les  résultats  pourraient  être  coordonnés  sans  la  base  générale  que  fournirait 
un  levé  géodésique.  Et  comme  les  différents  départements  procèdent  nécessairement 
sur  des  données  imparfaites,  en  retardant  davantage  la  triangulation  sur  laquelle  une 
carte  exacte  du  pays  devra  tôt  ou  tard  être  basée,  l'on  mettrait  ces  départements  dans 
l'impossibilité  d'atteindre,  pendant  un  temps  plus  ou  moins  long,  le  degré  de  précision 
voulu  dans  leurs  opérations  géodésiques,  et  l'on  réduirait  à  néant  le  travail  des  arpen- 
teurs. 

Le  ministre,  tout  en  donnant  cordialement  son  adhésion  aux  propositions  for- 
mulées par  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils  dans  le  dernier  paragraphe  de 
son  mémoire,  n'est  pas  d'avis  que  la  majorité  des  membres  de  la  Commission  d'experts 
«lue  l'on  demande  au  gouvernement  de  nommer  devraient  être  choisis  en  dehors  des 
départements  où  se  font  des  levers  de  plans. 

Le  ministre  est  d'opinion  que  cette  Commission  devrait  être  composée,  en  majeure 
partie,  de  fonctionnaires  représentant  les  divers  départements  où  l'on  fait  des  études 
.  géodésiques,  d'autant  plus  que  cela  coûterait  moins  cher. 

Le  ministre  recommande,  par  conséquent,  que  le  ministère  de  l'Intérieur,  qui  est 
peut-être  le  plus  intéressé  dans  la  chose,  ait  deux  membres  dans  la  Commission,  dont 
l'un  (disons  l'astronome  fédéral)  pourrait  agir  comme  président,  et  que  la  Commission 
Géologique,  le  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  le  ministère  des  Chemins  de 
fer  et  Canaux,  le  ministère  des  Travaux  publics  et  le  ministère  de  la  Milice  et  de  la 
Défense  nomment  chacun  un  membre  pour  les  représenter.  Il  serait  peut-être  à  pro- 
pos d'adjoindre  à  la  Commission  des  représentants  des  facultés  des  sciences  de  l'univer- 
sité McGill  et  de  l'université  de  Toronto,  disons  un  membre  du  corps  enseignant  de 
chacune  de  ces  institutions. 

Le  comité  souscrit  au  rapport  ci-dessus  et  recommande  qu'il  soit  approuvé. 

JOHN  J.  McGEE, 

Greffier  du  Conseil  privé. 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CAS  AD  A  55 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

ANNEXE    III     DU    RAPPORT    DE    LA  COMMISSION    d' ÉTUDES   GÉODÉSIQUES. 

Mémoire  soumis  au  Très  honorable  sir  Wilfrid  Laurier,  premier  ministre  du  Canada,, 
par  le  Conseil  de  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils. 

Comme  nous  vous  l'avons  déjà  fait  savoir,  la  résolution  suivante  a  été  unanime- 
ment adoptée  à  la  convention  annuelle  de  la  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils, 
tenue  à  Toronto  le  1er  février  dernier  : — 

"  Résolu — Que  le  conseil  reçoive  instruction  d'attirer  l'attention  du  gouverne 
ment  fédéral  sur  l'importance  qu'il  y  a  à  mieux  coordonner  les  levés  de  plans  que  font 
les  divers  départements  et  à  adopter  un  système  qui  permette  d'obtenir  des  données 
géodésiques  permanentes.  D'après  l'opinion  des  membres  de  cette  société,  il  faudrait 
non  seulement  examiner  à  fond  le  précieux  travail  qui  se  fait  actuellement,  mais  en- 
core s'enquérir  des  méthodes  suivies  par  les  gouvernements  des  autres  pays,  et  orga- 
niser ensuite  un  système  général  de  géodésie  et  de  topographie  pour  tout  le  Canada." 

En  vous  communiquant  la  résolution  ci-dessus,  nous  désirons  qu'il  soit  bien  com- 
pris que  l'excellence  du  travail  qui  se  fait  dans  les  différents  départements  où  l'on 
exécute  des  levers  de  plans  n'est  nullement  mise  en  doute. 

La  Société  Canadienne  des  ingénieurs  civils  désire: — 

(a)  Que  l'on  organise  un  système  d'après  lequel  les  levers  de  plans  que  font  les 
divers  départements  de  l'administration  fédérale  pourront  être  coordonnés  de  manière 
à  donner  au  travail  de  chacun  de  ces  départements  un  caractère  de  permanence  et  une 
plus  grande  valeur,  et  elle  croit  que  ce  résultat  pourrait  être  obtenu  sans  qu'il  soit 
nécesaire  de  porter  atteinte  à  l'indépendance  des  diverses  branches  du  service  admi- 
nistratif. 

(b)  Que  l'on  adopte  une  méthode  qui  rende  accessibles  toutes  les  données  recueil- 
lies au  cours  des  divers  levers  de  plans,  et  que  tous  les  monuments  géodésiques  soient 
construits  et  coordonnés  de  manière  à  être  permanemment  utilisables. 

(c)  Que,  dans  l'application  de  cette  méthode,  l'on  ne  perde  pas  de  vue  la  nécessité 
d'un  lever  topographique  et  géodésique  général  de  tout  le  Canada,  que  le  gouverne- 
ment sera  forcé  de  faire  un  jour  .ou  l'autre  afin  d'unifier  les  divers  levers  de  plans  du 
pays. 

Il  y  a  actuellement  huit  départements  où  l'on  fait  des  levers  de  plans  et  qui  procè- 
dent d'après  des  méthodes  différentes,  sans  plan  d'ensemble.  Ces  méthodes  étant  con- 
çues séparément  et  dans  chaque  cas  pour  des  objets  spéciaux,  il  s'en  suit  qu'elles  ne 
s'accordent  pas  et  que  les  résultats  obtenus  ne  présentent  pas  le  caractère  d'uniformité 
qu'ils  devraient  avoir.  La  représentation  des  données  géodésiques  sur  des  plans  ou  des 
cartes  se  fait  aussi  d'après  des  systèmes  différents  de  projection  et  sur  une  grande 
variété  d'échelles.  Cette  absence  d'unité  de  méthode,  ce  manque  de  liaison  entre  les 
divers  levers  de  plans,  tend  à  diminuer  considérablement  leur  valeur  et  leur  utilité,  et 
il  semblerait  que  l'on  n'en  a  pas  pour  son  argent. 

Au  cours  de  ces  dernières  années,  un  grand  nombre  de  levers  de  plans  ont  été 
faits,  mais  en  ce  qui  concerne  quelques-uns  d'entre  eux,  il  est  difficile  de  se  procurer 
les  renseignements  dont  on  a  besoin  à  cause  du  manque  de  méthode  dans  la  compila- 
tion et  l'enregistrement  des  données  recueillies,  et  lorsque  les  plans  ou  les  notes  qui  ont 
été  pris  peuvent  être  obtenus,  l'on  constate  que  les  monuments  marquant  les  points  de 
repère  n'ont  pas  été  établis  de  manière  à  présenter  ce  caractère  de  permanence  qui  est 
essentiel  dans  tous  les  travaux  géodésiques. 

Il  semble  que  la  première  chose  à  faire  serait  de  créer  un  bureau  d'archivé*,  dont 
un  noyau  est  tout  trouvé,  paraît-il.  dans  le  département  du  géographe  fédéral. 

La  Société  Canadienne  des  Ingénieurs  civils  n'est  pas  sans  savoir  que  la  Société 
Royale  du  Canada  et  d'autres  corps  ont  insisté  auprès  du  gouvernement  fédéral  pour 
qu'il  fasse  faire  sans  plus  de  retard  un  lever  géodésique  du   Canada.     La   Société  ne 


56  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.   19031 

demande  pas  mieux  que  cette  entreprise  soit  mise  à  exécution  aussitôt  que  les  condi- 
tions  Beroni  favorables.  Klle  est  d'opinion,  cependant,  qu'avant  de  se  lancer  dans 
l'énorme  dépense  que  cela  entraînerait,  l'on  devrait  réorganiser  les  départements  où 
se  font  des  levers  de  plans  de  manière  qu'ils  procèdent  à  l'avenir  sur  un  plan  d'en- 
semble. Il  n'y  a  pas  de  doute  qu'il  faudra  faire  un  lever  géodésique  du  Canada  dans 
un  avenir  rapproché;  mais  le  moment  d'agir  ne  semble  pas  être  venu;  c'est  un  projet 
qui  se  réalisera  dans  le  cours  naturel  des  choses.  L'on  ne  devra  pas  trop  se  hâter,  non 
seule. nent  parce  qu'il  y  a  des  choses  plus  pressantes,  mais  encore  parce  qu'il  faudra 
donner  à  nos  arpenteurs-géomètres  le  temps  de  se  rompre  au  travail  qu'ils  seraient 
•appelés  à  faire. 

La  société  recommande  respectueusement  que  le  gouvernement  nomme  une  Com- 
misison  composée  d'experts,  dont  la  majorité  au  moins  ne  devraient  être  attachés  à 
aucun  des  départements  où  se  font  actuellement  des  levers  de  plans,  pour  recueillir, 
tant  au  Canada  qu'à  l'étranger,  les  renseignements  nécessaires  pour  lui  permettre 
d'indiquer  le  meilleur  moyen  à  prendre  pour  coordonner  les  divers  levers  de  plans  qui 
ont  été  faits  jusqu'ici  et  la  méthode  à  suivre  pour  que  l'on  puisse  avoir  des  données 
fixes  et  immuables  au  bureau  et  des  points  de  repère  permanents  sur  le  terrain.  Cette 
Commission  devrait  aussi  être  chargée  de  faire  savoir  au  gouvernement  comment  il 
devrait  procéder  dans  le  cas  où  il  déciderait  de  faire  faire  un  lever  géodésique  du 
Canada. 

H.  D.  LUMSDEN, 

Président. 

C.  H.  McLEOD, 

Secrétaire. 


Commission  d'Etudes  Géodésiques. 
rapport  de  l'arpenteur  general. 

Exposé  des  objections  de  l 'Arpenteur  général  au  rapport  de  la  majorité  des  membres 
de  la  Commission  d'études  géodésiques. 

(  Jause  1.  L'on  fait  remarquer  que  le  levé  d'un  plan  géodésique  complet  du  Ca- 
nada permettrait  de  faire  des  économies.  Cela  ne  veut  pas  dire  qu'il  y  aurait  une 
économie  dans  le  coût  total  des  levers  de  plans  pris  dans  leur  ensemble. 

L'on  prétend  que  presque  tous  les  désastres  maritimes  qui  surviennent  seraient 
évités  s'il  existait  une  carte  exacte  de  nos  eaux  intérieures  et  côtières,  et  l'on  semble 
vouloir  insinuer  qu'il  n'y  a  actuellement  aucune  carte  sur  laquelle  les  navigateurs 
puissent  se  guider  en  toute  sécurité  et  qu'une  carte  exacte  ne  peut  être  dressée  sans  un 
levé  géodésique  et  topographique.     Rien  de  tel  n'a  été  prouvé  devant  la  Commission. 

Clause  2.  D'après  les  recommandations  de  la  Société  des  ingénieurs  civils, 
approuvées  par  l'arrêté  de  l'exécutif  du  13  novembre  1906,  la  Commission  qui  a  été 
nommée  devait  être  autorisée  à  recueillir,  tant  au  Canada  qu'à  l'étranger,  les  rensei- 
gnements nécessaires  pour  lui  permettre  d'indiquer  le  meilleur  moyen  de  coordonner 

les  levers  de  plans  que  fait  faire  le  gouvernement ainsi  que  la  méthode  à 

-uivre  pour  effectuer  un  levé  géodésique  du  Canada. 

Ces  renseignements  n'ont  pas  été  obtenus  et  aucune  méthode  pour  la  coordination 
des  divers  levers  de  plans  ou  pour  le  levé  d'un  plan  géodésique  du  Canada  n'a  été  indi- 
quée. La  clause  2  dit  simplement  qu'un  meilleur  système  devrait  être  adopté,  mais 
elle  ne  définit  pas  ce  que  devrait  être  ce  système  ni  comment  il  devrait  être  appliqué. 


COMMISSION    GEODESIQUE  M    CANADA  57 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Bien  que  les  avantages  à  retirer  de  bonnes  cartes  soient  pleinement  appréciés,  des 

considérations  financières  nous  ont  jusqu'ici  empêchés  de  faire  un  levé  topographique 
du  pays.  Le  coût  d'un  levé  géodésique  est  en  proportion  directe  de  la  superficie,  tau- 
dis que  le  revenu  sur  lequel  les  dépenses  que  nécessitent  ces  entreprises  doivent  néces- 
sairement être  payées  varie  avec  la  population.  Les  conditions  qui  existent  au  Ca- 
nada sont  uniques;  avec  une  superficie  de  4,000,000  de  milles  carrés,  c'est-à-dirr  plus 
grande  que  celle  de  toute  l'Europe,  le  revenu  (1905)  n'est  que  de  $71,180,626,  soit  $17.80 
par  mille  carré.  Prenons,  par  exemple,  la  Grande-Bretagne  pour  établir  une  compa- 
raison. La  superficie  de  ce  pays  est  de  121,000  milles  carrés,  et  son  revenu  es1  <Jc 
£143,370,404,  soit  $5,770  par  mille  carré.  La  Grande-Bretagne  est  ainsi  en  position 
de  dépenser  324  fois  autant  que  le  Canada  pour  faire  le  levé  d'un  mille  carré.  En 
d'autres  termes,  lorsque  la  Grande-Bretagne  dépense  $32.40  pour  faire  le  levé  «l'un 
mille  carré,  le  Canada  ne  peut  proportionnellement  dépenser  que  10  sous.  Cela  inou- 
tre que  le  Canada  ne  doit  pas  suivre  à  l'aveugle  l'exemple  des  autres  pays  à  cet  égard, 
car  si  l'argent  dépensé  à  faire  un  levé  géodésique  de  tel  ou  tel  genre  a  constitué  un 
placement  profitable  ailleurs,  il  ne  s'ensuit  pas  qu'il  en  serait  nécessairement  de  même 
ici. 

En  Europe,  les  levés  géodésiques  sont  généralement  faits  par  des  officiers  et  des 
soldats,  pour  lesquels  il  faut  trouver  de  ^occupation  en  temps  de  paix.  Comme  leurs 
soldes  et  leurs  frais  de  subsistance  doivent  être  payés,  qu'ils  soient  occupés  ou  qu'ils 
restent  oisifs,  la  dépense  additionnelle  se  réduit  au  coût  des  instruments  et  aux  frais 
de  transport,  ce  qui  se  monte  à  peu  de  chose.  Dans  les  chiffres  qui  sont  publiés,  indi- 
quant le  coût  des  levers  topographiques,  les  salaires  ne  sont  pas  toujours  compris,  et 
c'est  ce  qui  explique  qu'ils  soient  ordinairement  peu  élevés. 

Si,  pour  calculer  ce  que  coûterait  un  lever  géodésique  du  Canada,  l'on  se  basait 
sur  ces  chiffres,  l'on  n'aurait  certainement  pas  une  juste  idée  de  la  dépense  à  faire, 
car  les  salaires  forment  les  deux  tiers  du  coût  des  levers  de  plans  qui  sont  faits  dans 
notre  pays. 

Il  ne  faut  pas  non  plus  oublier  que  presque  tous  les  pays  dont  un  levé  topogra- 
phique a  été  fait  sont  densément  peuplés  et  peu  boisés,  que  les  communications  y  sont 
faciles^  et  que  l'on  peut  s'y  transporter  d'un  endroit  à  l'autre  à  peu  de  frais.  Il  n'en 
est  pas  ainsi  au  Canada;  la  forêt  primitive  est  encore  à  quelques  milles  seulement  de 
plusieurs  de  nos  grandes  villes,  et  les  levers  de  plans  sont  par  conséquent  plus  coûteux 
qu'ailleurs. 

Le  major  Hills,  C.M.G.,  a  soumis  un  projet  pour  le  lever  d'un  plan  géodésique 
d'une  partie  du  Canada.  Il  calcule  que  la  dépense  à  faire  s'élèverait  à  10  millions  de 
dollars  pour  une  carte  sur  une  échelle  de  2  milles  au  pouce,  et  à  23  millions  pour  une 
carte  de  1  mille  au  pouce.  Il  serait  important  de  s'assurer  tout  d'abord  si  le  levé 
topographique  que  comporte  son  projet  pourrait  être  fait  pour  les  sommes  qu'il  men- 
tionne, et  s'il  est  adapté  aux  besoins  du  pays.  Une  carte  de  2  milles  au  pouce  suffirait 
sans  doute  pour  des  fins  militaires,  mais  ne  pourrait  guère  servir  pour  le  tracé  de 
routes,  de  chemins  de  fer,  de  canaux,  d'aqueducs,  de  systèmes  de  drainage  ou  d'irrign- 
tion,  etc. 

Comme  on  le  voit,  le  lever  d'un  plan  géodésique  et  topographique  du  Canada 
serait  une  gigantesque  et  dispendieuse  entreprise,  dans  laquelle  l'on  ne  devrait  pas  se 
lancer  avant  d'avoir  étudié  la  question  à  fond. 

Clause  5.  La  création  d'un  bureau  central  où  seraient  compilées,  dressées  et  gra- 
vées toutes  les  cartes  dont  les  autres  départements  auraient  besoin,  tout  en  présentant 
quelques  avantages,  n'est  guère  désirable  à  cause  des  retards  qui  seraient  inévitable- 
ment apportés  dans  la  confection  des  cartes,  sans  compter  que  les  divers  départements 
seraient  ainsi  privés  du  droit  de  gérer  directement  leurs  propres  affaires. 

Clause  6.  Il  n'y  a  rien  pour  prouver  que  la  centralisation  des  levers  de  plans  dans 
un  département  serait  dans  l'intérêt  public.  Que  les  divers  levers  de  plans  peuvent 
être  faits  indépendamment  avec  la  précision  voulue  pourvu  qu'ils  soient  basés  sur  des 


58  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

points  de  repère  permanents  et  communs,  c'est  ce  que  démontre  l'expérience  des  autres 
pays  où  les  levés  géodésiques,  bien  qu'ils  soient  ainsi  exécutés,  ont  atteint  un  haut 
degré  de  perfection.  Il  est  absolument  nécessaire  que  les  divisions  des  départements 
k  ù  se  font  des  levers  de  plans  soient  directement  dirigées  par  les  ministres  respectifs 
si  l'on  veut  que  les  affaires  soient  administrées  promptement  et  efficacement.  Un 
ministre  doit  avoir  les  mains  libres  dans  l'administration  de  son  département,  et  on  ne 
doit  pas  l'obliger  de  recourir  à  d'autres  départements  pour  régler  des  choses  qui  sont 
de  son  ressort.  Le  développement  matériel  du  Canada  dépend  dans  une  large  mesure 
de  la  bonne  administration  des  affaires  publiques;  comme  le  pays  est  jeune,  ses  inté- 
rêts matériels  doivent  passer  avant  tout  le  reste,  et  l'on  ne  doit  rien  faire  qui  soit  de 
nature  à  retarder  sa  marche  dans  la  voie  du  progrès. 

Clause  7.  L'on  voudrait  que  les  divers  départements  où  se  font  des  études  géo- 
désiques  soient  invités  à  faire  leurs  levers  de  plans  d'après  le  système  qui  paraîtra  le 
plus  propre  à  donner  des  résultats  d'une  valeur  permanente  pour  des  fins  topographi- 
ques. Une  surveillance  générale  de  tous  les  levers  de  plans  mettrait  ces  départements 
dans  un  état  de  sujétion. 

Clause  9.  Si  l'on  veut  dire  par  cette  clause  que  le  levé  d'un  plan  topographique 
complet  du  Canada  peut  être  fait  sans  une  augmentation  considérable  des  crédits,  les 
faits  sont  là  pour  démontrer  qu'il  ne  saurait  en  être  ainsi.  L'on  demande  simplement 
qu'une  certaine  somme  soit  dépensée  annuellement  pour  faire  un  levé  géodésique  et 
topographique  du  pays;  le  nombre  d'arpenteurs,  etc.,  à  employer,  la  composition  du 
personnel,  la  nature  du  travail  à  faire,  les  méthodes  à  suivre  et  la  question  de  savoir 
si  le  levé  serait  ou  non  poussé  jusqu'au  bout — tout  cela  est  laissé  pour  étude  future. 
C'est  ainsi  que  procéda  la  Conférence  qui  siégea  à  Cape-Town,  en  1904,  et  qui  était 
composée  de  l'astronome  du  Cap,  d'un  représentant  du  ministère  de  la  Guerre  et  des 
iirpenteurs  généraux  de  toutes  les  colonies  de  l'Afrique  australe,  y  compris  la  Rhodé- 
sie.  Comme  notre  Commission,  la  Conférence  devait  formuler  un  projet  pour  le  levé 
u'un  plan  topographique  systématique  de  toute  l'Afrique  australe.  Le  résultat  des 
délibérations  est  donné  comme  suit  dans  le  rapport  annuel  du  comité  géodésique  colo- 
nial, qui  fut  présenté  au  parlement  en  octobre  1906: — 

"  Un  rapport  unanime  fut  rédigé,  mais  à  en  juger  par  les  événements  subséquents, 
la  Conférence  avait  évidemment  ouvert  la  bouche  trop  grande.  Quelques-uns  des  gou- 
vernements coloniaux  en  vinrent  à  la  conclusion  que  la  situation  financière  ne  leur 
permettait  pas  de  fournir  l'argent  nécessaire,  et,  au  mois  de  mai  1905,  le  Haut-Commis- 
saire fit  savoir  au  ministre  des  Colonies  que  l'exécution  de  cette  entreprise  devait  être 
considérée  comme  indéfiniment  ajournée." 

La  manière  logique  de  procéder  est  de  déterminer  tout  d'abord  quel  est  le  travail 
qui  sera  fait,  comment  il  sera  exécuté  et  ce  qu'il  coûtera;  le  levé  géodésique  pourra 
ensuite  être  commencé  si  la  dépense  qu'il  nécessiterait  n'est  pas  hors  de  proportion 
avec  les  ressources  financières  du  pays. 

Les  crédits  actuellement  accordés  ne  sont  pas  assez  élevés  pour  permettre  de  faire 
un  levé  géodésique  et  topographique  du  Canada;  s'ils  n'étaient  pas  notablement  aug- 
mentés, l'argent  pourrait  être  plus  avantageusement  employé  à  améliorer  les  cartes. 

Clause  10.  La  Commission  Géodésique  dont  on  recommande  la  nomination  dans 
cette  clause  serait  autorisée  à  établir  les  règlements  qu'elle  jugerait  nécessaires  ou 
désirables  concernant  tous  les  levers  de  plans  et  le  dressement  des  cartes.  Si  cette 
recommandation  était  mise  à  effet,  les  ministres  respectifs  se  trouveraient  par  le  fait 
même  privés  du  contrôle  des  levers  de  plans.  Il  s'ensuit  que,  lorsqu'un  ministre  aurait 
besoin  d'une  certaine  carte  ou  d'un  certain  levé  de  plans  pour  la  bonne  administration 
de  son  département,  il  lui  faudrait  bon  gré  mal  gré  accepter  ce  qu'on  lui  donnerait, 
quand  même  cela  ne  ferait  pas  aussi  bien  son  affaire  que  la  carte  ou  le  lever  de  plans 
qu'il  aurait  demandé,  mais  qui  ne  serait  pas  conforme  aux  règlements  de  la  Commis- 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  59 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

sion.       Une  pareille  proposition  est  impraticable;   elle   a   très   peu  de  chance   d'être 
agréée  par  les  départements,  car  cela  ne  pourrait  que  créer  des  difficultés. 


E.  DEVILLE, 

Arpenteur  général. 


Ottawa,  1er  mars  1907. 


Commission  d'Etudes  Géodésiques. 
rapport  de  m.  steckel,  représentant  le  ministère  des  travaux  publics. 

Ottawa,  19  février  190  7. 

Le  soussigné,  représentant  du  ministère  des  Travaux  publics,  ne  peut,  pour  les 
raisons  suivantes,  souscrire  au  rapport  de  la  Commission  d'études  géodésiques  consti- 
tuée par  l'arrêté  de  l'exécutif  du  15  novembre  1906,  tel  que  finalement  adopté  par  la 
majorité  des  membres  de  la  Commission  le  15  février  1907,  et  qui  doit  être  soumis  à 
l'honorable  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

H  est  convaincu  que  l'on  aurait  tort  de  détacher,  comme  il  est  recommandé  dans 
les  clauses  6  et  9,  des  départements  où  se  font  des  levers  de  plans  les  divisions  où 
ont  été  dirigées  jusqu'ici  les  opérations  topographiques,  hydrographiques  et  de  nivelle- 
ment et  de  les  grouper  dans  un  département  entièrement  nouveau.  Dans  un  jeune 
pays  comme  le  Canada,  l'on  doit  s'appliquer  à  consolider  plutôt  qu'à  démembrer  les 
différents  services  publics.  Dans  aucun  autre  pays  les  opérations  géodésiques  n'ont 
été  centralisées,  et  nulle  part  cela  n'a  été  jugé  nécessaire.  L'adoption  du  système  que 
préconise  la  Commission  aurait  pour  effet  de  diminuer  l'importance  des  levers  de  plans 
spéciaux,  qui  seraient  laissés  entre  les  mains  des  départements  affectés,  et  créerait  ainsi, 
parmi  un  grand  nombre  des  fonctionnaires  de  ceux-ci,  l'impression  qu'il  importerait 
I  eu  que  ces  levers  de  plans  fussent  exécutés  avec  soin  ou  négligemment.  De  plus, 
dans  les  conditions  actuelles,  beaucoup  de  renseignements  utiles  pour  des  travaux  de 
génie  civil  peuvent  fréquemment  être  obtenus,  dans  ce  jeune  pays,  à  peu  de  frais  addi- 
tionnels par  ceux  qui  font  des  triangulations  et  qui  sont  aussi  nécessairement  inté- 
ressés dans  les  travaux  ou  les  entreprises  qu'exécutent  ordinairement  les  départements 
auxquels  ils  sont  attachés.  Or,  ces  renseignements  seraient  complètement  perdus  pour 
le  gouvernement  si  les  levers  de  plans  spéciaux  étaient  séparés  des  levés  géodésiques 
généraux. 

Au  lieu  de  razzier  les  départements  où  des  divisions  administratives  spéciales  pour 
le  lever  de  plans  trigonométriques  et  topographiques  ont  surgi  comme  conséquence 
du  développement  graduel  de  ce  jeune  pays  au  cours  du  dernier  demi-siècle,  et  de 
courir  le  risque  de  perdre  le  bénéfice  de  l'expérience  acquise  dans  ces  départements  pen- 
dant cette  longue  période  de  temps  en  combinant  ensemble  les  diverses  branches  de 
l'administration  où  l'on  fait  des  études  géodésiques  et  en  les  grqupant  dans  un  dépar- 
tement séparé,  dont  les  préposés  seraient  ainsi  invités  à  poser  comme  des  hommes  plus 
capables  et  plus  importants  que  les  autres,  dans  quelques  cas  au  détriment  des  vieux 
fonctionnaires  qui  ont  créé  et  organisé  les  services  de  géodésie  et  qui  ont  consacré  la 
plus  grande  partie  de  leur  vie  à  les  mettre  sur  un  pied  d'efficacité, — le  soussigné  est 
d'opinion  que  le  gouvernement  ferait  mieux  de  nommer  une  Commission  composée  de 
fonctionnaires  experts  (comme  la  Commission  qui  vient  de  terminer  son  travail),  qui 
auraient  à  cœur  de  voir  opérer,  dans  cette  branche  du  service  public,  les  réformes  pro- 
pres à  donner  les  meilleurs  résultats  au  double  point  de  vue  national  et  économique, 
et  qui  seraient  chargés  de  coordonner,  unifier  et  rectifier  les  divers  levers  de  plans  faits 


60  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

par  les  différents  départements, — l'exécution  de  tous  les  levers  de  plans  nécessaires 
pour  des  fins  générales  ou  spéciales  étant  laissée,  comme  par  le  passé,  aux  départements 
(  ù  ce  travail  se  fait  actuellement. 

Le  représentant  du  ministère  des  Travaux  publics  croit  devoir  aussi  attirer  l'at- 
tention sur  le  fait  que,  si  un  département  central,  comme  celui  dont  on  recommande 
la  création,  était  établi,  et  si  les  méthodes  administratives  économiques  que  l'on  pré- 
ci  nise  étaient  strictement  suivies,  il  s'ensuivrait -inévitablement  des  retards  vexatoires 
dans  l'exécution  des  levés  hydrographiques  qu'il  faudra  faire  dans  différentes  parties 
du  pays,  principalement  aux  endroits  où  un  relèvement  des  côtes  est  absolument  néces- 
saire pour  la  sécurité  de  la  navigation. 

Le  soussigné,  qui  est  parfaitement  d'accord  avec  la  majorité  des  membres  de  la 
(  'ommission  sur  plusieurs  points — en  laisant  complètement  de  côté  les  clauses  6  et  9 
de  leur  rapport — remarque  que  ce  rapport  contient  des  suggestions  qui  diffèrent  sensi- 
I  U*  nent  de  celles  formulées  dans  le  projet  de  rapport  où  étaient  exprimées  les  vues  du 
ministère  des  Travaux  publics,  et  qu'il  communiqua  aux  membres  de  la  Commission 
d'après  la  décision  à  laquelle  l'on  en  était  arrivé  à  la  séance  tenue  dans  la  soirée  du 
24  janvier, — le  projet  de  rapport  en  question  se  lisant  comme  suit: — 

"  Nous,  les  membres  de  la  Commission  d'études  géodésiques,  instituée  par  un 
arrêté  de  l'exécutif  en  date  du  15  novembre  1906,  afin  d'asurer  une  coordination  plus 
parfaite  et  plus  complète  du  travail  des  départements  où  se  font  des  levers  de  plans,, 
en  vue  du  levé,  aussitôt  que  possible,  d'un  plan  géodésique  du  Canada,  avons  l'honneur 
de  soumettre  les  recommandations  et  conclusions  suivantes: — 

L'adoption  d'un  système  qui  permette  de  coordonner  les  levers  de  plans  exécuvés 
par  les  divers  départements  de  l'administration  fédérale,  surtout  ceux  qui  ont  été  faits 
dans  les  parties  les  plus  peuplées  du  pays, — en  les  complétant,  au  besoin,  par  des  don- 
nées supplémentaires — et  de  les  étendre  graduellement,  le  tout  en  vue  de  dresser  plus 
tard  des  cartes  exactes  couvrant  tout  le  Canada,  est  une  chose  d'une  importance 
nationale  et  d'une  grande  utilité  pratique  pour  les  habitants  du  pays. 

Avec  de  bonnes  cartes  topographiques,  l'on  pourrait  effectuer  une  économie  con- 
sidérable dans  le  tracé  des  routes,  des  chemins  de  fer,  des  canaux,  des  aqueducs,  des. 
systèmes  de  drainage  et  d'irrigation,  etc.,  comme  cela  a  été  clairement  démontré  aux 
Etats-Unis,  dans  les  pays  d'Europe  et  dans  les  autres  pays  où  des  cartes  de  ce  genre 
ont  été  dressées  et  publiées.  Ces  cartes  permettraient  aussi  aux  divers  départements 
publics  où  l'on  fait  des  levers  de  plans  des  ressources  économiques  naturelles  du  pays 
de  réduire  leurs  dépenses,  car  il  ne  serait  plus  nécessaire  de  refaire  plusieurs  fois  le 
même  travail  afin  d'obtenir  une  base  pour  la  représentation  graphique  de  l'étendue  et 
de  l'importance  de  ces  ressources. 

Afin  d'assurer  la  coordination  des  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  par  le  passé  et 
de  ceux  qui  seront  faits  à  l'avenir,  il  serait  nécessaire  d'établir  une  série  de  points  de 
repère,  convenablement  espacés,  dont  les  positions  géographiques  et  les  altitudes  abso- 
lues auraient  été  parfaitement  déterminées  par  des  observations  astronomiques,  des 
chaînes  de  triangulations  géodésiques  d'une  grande  exactitude  et  des  nivellements 
très  précis. 

Lorsqu'il  serait  impossible  de  faire  des  triangulations  régulières  sans  dépenser 
une  somme  d'argent  très  considérable,  à  cause  de  la  nature  accidentée,  de  la  configu- 
ration irrégulière  ou  d'autres  conditions  défavorables  du  pays,  l'on  pourrait  se  con- 
tenter de  tirer  des  transversales,  en  ayant  soin  de  les  orienter,  de  les  mesurer  et  de 
les  niveler  avec  précision,  ce  qui  suffirait  à  la  rigueur. 

La  règle  ci-dessus  posée,  pour  la  perpétuation,  par  des  monuments  permanents, 
des  principaux  points  de  repère,  des  points  de  triangulation  primaire  et  des  autres 
points  importants  dans  les  levers  de  plans  faits  par  les  différents  départements,  devrait 
être  appliquée  à  tous  les  levés  géodésiques  se  rattachant  à  des  travaux  ou  à  des  entre- 
prises relevant  des  autorités  fédérales. 


COMMISSION  QEODESIQUE  AU  CANADA  61 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Il  devrait  être  établi  à  Ottawa,  dans  un  édifice  à  l'épreuve  du  feu,  un  bureau 
d'archives  central,  où  seraient  gardées  toutes  les  notes  relatives  aux  levers  de  plans, 
ainsi  que  des  copies  exactes  des  plans,  profils  et  sections  transversales,  accompagnées 
de  courtes  descriptions. 

Il  faudrait  faire  en  sorte  que  ces  notes,  plans,  etc.,  fussent  facilement  accessibles 
au  public,  pour  consultation,  ainsi  qu'aux  divers  départements. 

Tous  les  départements  publics  ainsi  que  les  compagnies  de  chemins  de  fer,  de 
.ponts  et  toutes  les  autres  compagnies  exécutant  des  travaux  en  vertu  d'une  charte 
octroyée  par  le  gouvernement  fédéral  ou  par  le  parlement  seraient  tenus  de  déposer 
dans  ce  bureau  des  copies  de  tous  les  plans  qu'ils  auraient  levés. 

Afin  que  les  recommandations  ci-dessus  pussent  être  mises  à  effet  de  manière  à 
ne  pas  dépasser  les  limites  d'une  dépense  raisonnable  et  de  façon  à  répondre  aux 
Lesoins  présents  et  futurs  du  pays,  les  membres  de  la  Commission  d'études  géodésiques 
actuelle  devraient  être  constitués  en  une  Commission  d'experts,  qui  serait  présidée  par 
l'honorable  ministre  de  l'Intérieur  ou  par  un  des  autres  ministres  de  la  Couronne  qui 
sont  à  la  tête  des  départements  où  se  font  des  levers  de  plans,  et  qui  aurait  deux  vice- 
\  résidents  et  un  secrétaire. 

Cette  Commission  serait  chargée  d'établir  une  base  pour  le  lever  de  plans  géodési- 
ques et  topographiques,  y  compris  le  tracement  de  réseaux  de  nivellements  précis,  et 
de  nommer  un  comité  d'experts,  composé,  disons  de  5  ou  6  de  ses  -membres,  qui  arrête- 
rait les  détails  du  programme  qu'elle  aurait  élaboré,  désignerait  les  instruments  ai 
employer,  indiquerait  les  méthodes  à  suivre,  et  ferait  les  règlements  nécessaires  pour 
assurer  le  succès  des  opérations  sur  le  terrain  et  pour  permettre  d'obtenir  des  cartes 
exactes  et  complètes  couvrant  tout  le  Canada — l'exécution  de  tous  les  levers  de  plans 
dont  on  aurait  besoin  pour  des  fins  générales  ou  spéciales  étant  laissée,  comme  par  le 
passé,  aux  départements  où  ce  -travail  se  fait  actuellement. 

Les  crédits  demandés  par  le  gouvernement  au  parlement  à  sa  session  actuelle 
pour  couvrir  les  dépenses  des  différents  services  de  géodésie  pendant  l'exercice  expirant 
le  31  mars  1908,  suffiront  sans  doute  jusqu'à  ce  que  le  travail  de  coordination,  d'unifi- 
cation et  de  rectification  des  divers  levers  de  plans  soit  bien  en  marche,  mais  il  fau- 
drait obtenir  un  crédit  spécial,  disons  de  $10,000,  pour  permettre  à  la  Commission 
d'accomplir  sa  tâche  et  pour  rémunérer  (nonobstant  les  dispositions  de  la  loi  du  ser- 
vice civil)  les  fonctionnaires  de  l'Etat  qui  seront  appelés  à  consacrer  leurs  loisirs  aux 
travaux  de  la  Commission  et  à  mettre  à  la  disposition  de  celle-ci  les  précieuses  con- 
naissances qu'ils  ont  acquises  au  cours  de  leurs  longs  états  de  service. 

En  supposant  que  les  autorités  fédérales  soient  fermement  résolues  à  faire  dresser 
des  cartes  topographiques  de  toutes  les  parties  des  provinces  et  des  territoires  du  Ca- 
nada qui  sont  propres  à  la  colonisation,  entre  la  côte  de  l'Atlantique  et  la  côte  du 
Pacifique  (ce  qui  est  certainement  beaucoup  à  désirer),  ainsi  que  des  cartes  semblables 
mais  moins  parfaites  des  régions  moins  favorisées  par  la  nature,  et  qu'elles  soient  dis- 
posées à  adopter  une  méthode  qui  permette  de  poursuivre  les  'Cpénti-ri-  sypta  nati- 
quement  et  sur  une  échelle  proportionnée  à  l'importance  et  à  l'utilité  de  cette  entre- 
prise vraiment  gigantesque,  il  est  évident  que  le  parlement  devra  accorder,  pour  les 
divers  services  qui  seront  affectés  par  l'expansion  des  levers  géodésiques,  des  sommes 
beaucoup  plus  élevées  que  celles  qu'il  a  votées  jusqu'ici,  car  la  dépense  à  faire  de  co 
chef  se  chiffrera  par  plusieurs  millions  de  dollars. 

R.  STECKEL. 


62  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


M.  G.  A.  Bigger  à  Y  Astronome  en  chef. 

Ottawa,  5  août  1908. 
M.  W.  F  King,  docteur  en  droit, 
Astronome  en  ckef. 

Monsieur, — Comme  introduction  à  la  description  des  travaux  géodésiques  accom- 
plis au  Canada,  je  dirai  quelques  mots  sur  l'origine  de  la  géodésie  et  sur  les  progrès 
qui  ont  été  faits  dans  cette  science. 

Des  levés  géodésiques,  pour  des  fins  géographiques,  ont  été  faits  dans  plusieurs 
pays  depuis  plus  d'un  siècle,  à  mesure  de  l'avancement  et  du  développement  des 
recherches  scientifiques.  Des  données  plus  précises  et  plus  complètes  que  celles  que 
l'on  avait  relativement  à  la  figure  et  à  la  dimension  de  la  terre  étaient  devenues  néces- 
saires afin  que  les  disputes  entre  les  différentes  sociétés  scientifiques,  dans  les  pays 
européens,  pussent  être  réglées  une  fois  pour  toutes.  L'histoire  de  la  géodésie — sur- 
tout pour  l'époque  qui  a  précédé  le  19me  siècle — est  intéressante,  mais  il  suffira  d'en 
donner  ici  un  court  résumé. 

L'étude  de  la  dimension  et  de  la  figure  de  la  terre  se  fait  par  des  triangulations 
le  long  d'arcs  des  méridiens  sur  différentes  parties  de  la  sphère  de  la  terre,  et  comprend 
nécessairement  des  observations  astronomiques  pour  déterminer  la  latitude  et  l'azimut 
et  permettre  d'obtenir  ainsi  une  des  deux  coordonnées  pour  le  dressement  des  cartes. 

Afin  d'avoir  des  données  plus  précises,  l'on  relia  les  triangulations  les  unes  au 
autres,   transversalement,    et   cela,   avec    la    fixation    d'un    méridien    principal,   donna 
l'autre  coordonnée  qu'on  appelle  longitude. 

Le  progrès  de  la  civilisation  créa  une  demande  pour  des  cartes  exactes,  et  \ei 
triangulations  permirent  d'établir  des  stations  d'une  latitude  et  d'une  longitude  con- 
nues et  de  retirer  ainsi  des  avantages  pratiques  de  ces  études. 

Les  triangulations  géodésiques  qui  ont  été  faites  dans  les  premiers  temps  man- 
quaient de  précision,  et  aucunes  données  définies  quant  à  la  courbure  de  la  surface  de 
la  terre  n'en  purent  être  tirées,  mais  les  connaissances  obtenues  incitèrent  les  géo- 
mètres à  poursuivre  leur  travail  avec  de  plus  en  plus  d'ardeur,  et  la  rivalité  entre  les 
pays  les  plus  avancés  dans  les  sciences  devint  intense,  surtout  dans  la  4me  décade  d\ 
18me  siècle.  En  1735  et  1736,  des  expéditions  furent  organisées  par  l'Académie  Fran- 
çaise des  Sciences,  et  les  études  qui  furent  faites  au  Pérou  et  dans  la  Laponie  démon- 
trèrent que  le  degré  polaire  était  plus  long  que  le  degré  équatorial  de  latitude. 

Vers  la  fin  du  18me  siècle,  des  triangulations  furent  faites  à  plusieurs  endroits 
de  la  Grande-Bretagne  et  sur  le  continent  d'Europe,  et  c'est  pendant  la  Ire  décade  d. 
19me  siècle  que  furent  commencés  le  fameux  levé  trigonométrique  de  l'Inde  et  le  lev( 
géodésique  des  Etats-Unis  d'Amérique.  Les  méthodes  suivies  pour  l'exécution  de  cec 
levés  sont  reconnues  comme  étant  les  meilleures  qui  puissent  être  employées. 

Commencement  du  levé  géodésique. 

Par  le  passé,  des  cartes  ont  été  dressées  d'après  les  plans  d'arpentages  des  town- 
ships,  coordonnés,  dans  quelques  cas,  par  des  levers  de  plans  de  chemins  de  fer.  Lors- 
qu'on voulait  avoir  un  plus  haut  degré  d'exactitude,  des  observations  de  longitude  et 
de  latitude  étaient  faites  à  des  stations  isolées. 

Les  demandes  pour  ces  stations  astronomiques  devinrent  si  fréquentes  que  l'on 
jugea  qu'il  ne  serait  pas  sage  de  retarder  davantage  le  commencement  d'un  levé  géodé- 
sique, vu  que  les  sections  géographiques,  déterminées  par  des  observations  astronomi- 
ques, sont  sujettes  à  l'influence  de  la  distribution  inégale  de  la  gravité  et.  à  cause  de 
cela,  peuvent  se  déplacer  de  plusieurs  centaines  de  pieds. 


COMMISSION  GEODESIQVE  AU  U.WADA 


63 


DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 


Travail  fait  en  1905. 


En  1905,  l'astronome  en  chef  fut  autorisé  par  le  ministre  de  l'Intérieur  à  com- 
mencer une  triangulation  dans  les  environs  d'Ottawa,  et  le  soussigné  fut  chargé  de 
diriger  les  opérations.  Le  23  juillet  le  premier  signal  fut  étabH  sur  la  montagne 
King,  à  à  peu  près  9  milles  au  nord-ouest  d'Ottawa  (planche  1).  Une  tour  pour 
observations,  de  87  pieds  de  hauteur,  fut  construite,  au  cours  de  la  même  saison,  près 
de  Bowesville,  au  sud  d'Ottawa  (planche  2),  et  une  partie  du  pays  entre  la  rivière 
Ottawa  et  le  fleuve  Saint-Laurent  fut  exploré  dans  le  but  de  choisir  des  points  angu- 
laires pour  la  triangulation. 

Travail  fait  en  1906. 

En  1906,  9  tours,  d'une  hauteur  moyenne  de  75  pieds,  furent  construites,  et  des 
reconnaissances  furent  faites  à  l'est  et  à  l'ouest  d'Ottawa.  Le  travail  qui  a  été  fait 
jusqu'à  la  fin  de  l'année  1906  's'est  réduit  à  peu  de  choses,  à  cause  de  la  faible  somme 
d'argent  disponible  pour  ces  études. 

Pendant  l'hiver  de  1906  et  1907,  le  soussigné  et  un  arpenteur  continuèrent  à  faire 
des  reconnaissances  à  l'est  de  la  ville  d'Ottawa,  à  travers  la  partie  méridionale  de  la 
province  de  Québec  jusqu'à  la  frontière  sud-est  de  cette  province. 

Travail  fait  en  1907. 

En  1907,  le  champ  d'opérations  pour  le  levé  géodésique  du  Canada  a  été  quelque 
peu  élargi  et  il  a  été  fait  beaucoup  de  travail  pendant  cette  année-là. 

Dès  le  début,  il  fut  décidé  que  la  triangulation  aurait  le  plus  haut  point  de  préci- 
sion possible,  et  le  degré  d'exactitude  que  comportait  l'étalon  qui  a  été  adopté  et 
d'après  lequel  la  sommation  moyenne  des  3  angles  observés  de  chaque  triangle  devait 
être  en  deçà  de  180  — |—  c  =+=  1",  a  été  atteint,  comme  on  le  verra  par  le  tableau  ci-des- 
sous. 


Stations. 


Bowesville 

Montague  King.    . . 
Carp 

Bowesville 

Montague 

Montagne  du  Nord 

Bowesville 

Montagne  du  Nord. 
Orniond 

Bowesville 

Navan 

Ormond 


Angles 
observés. 


43°  18'  54 -"42 

79  14  47"  36 

57  26  18-  96 

48°  25'  00  "52 

47  30  57'  00 

84  04  03-  92 

30°  31'  48 '"89 

71  05  28    88 

78  22  43"  43 

74°  29'  29  "25 

59  41  56-  67 

45  48  34'  87 


Excès 
spheriqe. 


— 0"41 
— 0"41 
— 0"41 

— 0-"75 
— 0-  75 
— 0-  75 


-0"55 
-0-  55 
-0-  55 


Angles 
planes. 


54  "01 
46'  95 
18-  55 


59' 

"77 

f»6- 

25 

03' 

17 

48 

"53 

28  • 

52 

43 

07 

28' 

"70 

B6- 

12 

34 

32 

Somme. 


59  "51 


59  "19 


00 -"12 


59  "14 


Erreur. 


0-"49 


0"81 


0"12 


0"86 


Le  fait  qu'un  degré  de  précision  pour  le  moins  égal  à  celui  des  principaux  levés 
géodésiques  a  été  atteint  est  très  encourageant,  surtout  si  l'on  considère  que  l'opinion 
a  été  souvent  exprimée,  notamment  par  des  personnes  paraissant  s'y  connaître,  que 
c'était  là  une  entreprise  qui  ne  pouvait  être  exécutée  par  des  Canadiens,  à  cause  du 
manque  d'expérience,  et  que,  pour  faire  un  levé  géodésique  parfait  du  Canada,  il  fau- 
drait recourir  aux  autres  pays  pour  savoir  comment  procéder,  et  même  pour  s'assurer 


64  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.   1909 

rvices   de   géomètres   expérimentés.     Tous  les   géomètres   actuellement   employés 
à  ce  travail  sont  des  gradués  des  universités  canadiennes. 

Observations  générales. 

Comme  l'on  avait  l'expérience  des  autres  pays  pour  se  guider,  Ton  s'attendait 
que  tout  marcherait  bien.  En  ce  qui  concerne  la  perfection  des  instruments  angu- 
laires, cette  attente  s'est  réalisée.  Les  angles  des  triangles  ont  été  mesurés  avec  un 
théodolithe  Troughton  &  Simms  de  12  pouces,  à  deux  microscopes,  indiquant  directe- 
ment les  secondes  d'arc,  comme  celui  dont  on  s'est  servi  pour  faire  le  levé  trigonomé- 
trique  de  l'Inde.  Malheureusement,  l'emploi,  pour  faire  les  signaux,  d'appareils  du 
genre  de  ceux  qui  ont,  paraît-il,  donné  entière  satisfaction  dans  d'autres  pays,  a  été 
désastreux,  ces  appareils  ne  convenaient  pas  du  tout  aux  conditions  atmosphériques 
qui  régnent  dans  la  région  orientale  du  Canada.  Le  levé  géodésique  du  Canada  a  été 
entrepris  dans  un  but  pratique,  c'est-à-dire  en  vue  de  déterminer  la  position  géogra- 
phique de  certains  endroits  pour  le  dressement  de  cartes,  et  est,  pour  le  moment,  res- 
treint aux  régions  les  plus  anciennes  et  les  plus  peuplées  du  pays,  qu'elles  se  prêtent  ou 
non  à  une  triangulation  primaire.  Dans  les  autres  pays,  ces  travaux  sont  presque 
exclusivement  faits  dans  un  but  scientifique,  et  les  localités  pour  le  mesurage  d'arcs 
du  méridien  et  de  parallèles  de  latitude  sont  choisies  après  que  l'on  s'est  bien  rendu 
compte  des  conditions  physiques  et  atmosphériques  qui  y  existent. 

Bien  que  le  côté  pratique  de  la  chose  l'emporte  pour  le  moment,  il  n'y  a  pas  de 
doute  que  le  levé  que  l'on  est  actuellement  à  faire  servira  à  mieux  nous  faire  connaître 
i:  la  figure  et  la  dimension  de  la  terre",  et  que,  à  cet  égard,  les  études  scientifiques,  au 
Canada,  ne  resteront  pas  en  arrière  de  celles  que  l'on  fait  dans  les  autres  pays. 

Description  des  méthodes  adoptées. 

Ll  triangulation,  qui  sert  de  base  au  levé  géodésique  d'un  pays,  est  effectuée  par 
le  tracement  de  figures  à  3,  4,  5  et  même  6  côtés,  en  partant  d'une  ligne  de  base  qui 
est  prolongée  à  travers  les  figures  au  moyen  des  triangles  en  lesquels  elles  sont  subdi- 
tisées.  La  computation  se  fait  en  distribuant  égalemnt  les  erreurs  quant  aux  sta- 
tions et  en  réparlissant  les  erreurs  trigonométriques  à  l'aide  d'une  opération  compli- 
quée qui  a  pour  objet  la  détermination  des  valeurs  les  plus  probables  des  angles  mesu- 
rés. A  ce  sujet,  l'extrait  suivant  des  "  Instructions  "  données  aux  observateurs  sera 
intéressant  à  lire. 

Extraits  des  instructions  données  aux  observateurs. 

"  Les  observations  géodésiques  les  plus  importantes  sont  celles  déterminant  les 
angles  entre  les  lignes  rayonnant  de  la  station  occupée.  L'habileté,  la  patience  et 
l'attention  constante  de  l'observateur  sont  le  gage  du  succès  des  opérations.  Les  com- 
putations  qui  sont  faites  au  bureau,  quel  que  soit  le  soin  qu'on  y  apporte,  ne  peuvent 
suppléer  à  l'imprécision  ou  à  l'insuffisance  des  observations,  vu  que  les  erreurs  qui  sont 
introduites  sont  en  grande  partie  locales,  surtout  lorsque  les  observations  sont  faites 
dans  des  conditions  atmosphériques  défavorables." 

Voici  ce  qui  est  dit,  dans  les  "  Instructions  aux  observateurs  ",  relativement  aux 
conditions  atmosphériques  : — 

"  Les  observations  relatives  à  la  triangulation  primaire  pour  déterminer  les  posi- 
tions géographiques  ne  doivent  pas  être  faites  lorsqu'il  existe  des  conditions  atmosphé- 
riques défavorables.  Lorsque  les  moyens  de  vérification  indiqués  dans  les  présentes 
instructions  montreront  qu'elles  peuvent  être  faites  avec  confiance,  les  observateurs 
et  leurs  aides  devront  poursuivre  leur  travail  jusqu'à  la  limite  de  l'endurance  physi- 
que, c'est-à-dire  jusqu'à  ce  que  le  degré  d'exactitude  de  l'équation  devienne  variable 
par  suite  de  la  fatigue  de  l'observateur.     Un  faisceau  de  rayons  de  lumière  de  plu- 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  65 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

sieurs  milles  de  longueur  près  de  la  surface  de  la  terre  est  soumis  à  des  influencée 
atmosphériques  locales,  qui  causent  des  déflexions  incertaines  en  magnitude  et  en 
direction,  et,  par  suite  de  la  diversité  des  conditions  qui  existent  le  long  des  rayons 
visuels  divergeant  d'une  station  trigonométrique,  ces  perturbations  locales  ne  peuvent 
être  déterminées.  Une  étude  attentive  des  caractères  physiques  le  long  des  rayons 
visuels  permettra  à  l'observateur  d'en  arriver  à  des  conclusions  assez  exactes  quant 
aux  endroits  où  ces  déflexions  se  produiront  probablement.  Le  faisceau  de  rayons  de 
lumière,  dans  son  passage  d'un  héliotrope  ou  d'une  lampe  éloigné  du  télescope  de 
l'observateur,  rencontre  une  atmosphère  qui  varie  en  température  et  en  densité  et  qui 
est  réglée  par  les  collines,  les  forêts  et  les  basses  terres  cultivées  qu'il  y  a  dans  les 
environs.  Lorsque  le  rayon  visuel  est  du  sommet  d'une  colline  au  sommet  d'une  autre 
colline  et  à  une  grande  hauteur  au-dessus  du  pays  intermédiaire,  les  conditions  sont 
des  plus  favorables,  mais  s'il  y  a  une  colline  sur  un  côté  de  la  ligne  de  vision,  il  se 
produira  très  probablement  un  déplacement  latéral,  surtout  si  le  vent  souffle  de  la  -col- 
line à  travers  la  ligne.  Lorsque  le  vent  souffle  vers  la  colline,  les  pointages  peuvent 
être  faits  avec  confiance." 

"  Il  faut  éviter  autant  que  possible  de  faire  des  observations  des  directions  pri- 
maires le  jour,  sauf  pendant  l'automne,  lorsque  les  conditions  paraissent  favorables. 
Dans  tous  les  cas,  vous  devrez  procéder  comme  suit  quant  à  la  triangulation  primaire  : 

"  Dirigez  votre  télescope  vers  un  héliotrope  ou  une  lampe  éloigné — de  préférence 
le  long  de  la  ligne  la  moins  favorable — et  observez  attentivement  pendant  au  moins 
10  minutes  l'action  de  l'image.  Si  la  vibration  est  rapide  et  incertaine  quant  à  la 
direction,  mais  symétrique  en  magnitude  et  restreinte  à  une  faible  superficie,  des  bis- 
sections  de  cette  superficie  pourront  être  faites  avec  confiance,  mais  si  vous  remarquez 
que  l'image  se  meut  lentement  vers  un  côté  et  revient  avec  la  même  lenteur, — quand 
même  le  mouvement  paraîtrait  uniforme, — vos  pointages  n'auraient  aucune  valeur 
pour  la  triangulation  primaire." 

Des  instructions  où  sont  énoncés  les  principes  d'après  lesquels  devra  être  fait  le 
levé  géodésique  du  Canada  sont  entre  les  mains  de  tous  les  observateurs.  Ces  instruc- 
tions ont  pour  objet  d'assurer  le  degré  de  précision  que  comporte  l'étalon  qui  a  été 
adopté,  en  tenant  compte  des  conditions  qui  régnent  dans  notre  pays.  Des  extraits  en 
sont  cités  afin  de  donner  une  juste  idée  des  méthodes  suivies  et  de  faire  mieux  com- 
prendre le  présent  rapport. 

Description  sommaire  des  méthodes  adoptées. 

Pour  revenir  à  la  discription  de  la  forme  de  la  triangulation,  les  figures  sont  dis- 
posées de  manière  que  l'on  puisse  computer  les  côtés  à  travers  au  moins  deux  séries  de 
triangles.  C'est  ce  que  permet  de  faire  l'établissement  de  stations  centrales  dans  les 
triangles  et  les  figures  à  5  et  à  6  côtés.  Les  diagonales  des  quadrilatères  formant  deux 
triangles  sur  la  même  base  sont  observées.  La  force  des  figures  est  mesurée  d'après 
le  rapport  entre  les  angles  vis-à-vis  les  côtés  des  triangles  qui  les  composent. 

En  supposant  que  l'erreur  probale  d'un  angle  soit  d'une  seconde  d'arc,  l'inexacti- 
tude dans  la  longueur,  due  à  cette  erreur,  telle  qu'indiquée  dans  la  6me  décimale  des 
sinus  logarithmiques  des  angles  servant  de  base  à  la  computation  peut  être  facilement 
rectifiée.  Au  Canada,  nous  avons  choisi  les  meilleures  figures  possible,  ayant  toujours 
en  vue  l'utilité  pratique  du  levé  géodésique.  Les  caractères  physiques  du  pays  ne  se 
prêtent  pas  à  la  formation  de  figures  géodésiques  sur  des  principes  mathématiques 
rigides,  mais  jusqu'ici  aucune  difficulté  n'a  été  rencontrée,  probablement  grâce  au  soin 
avec  lequel  ont  été  faites  les  études  préliminaires. 

Ceux  qui  ont  été  employés  au  levé  géodésique  durant  l'année  1907  étaient  distri- 
bués en  quatre  brigades,  savoir: — 

Une  brigade  pour  établir  des  signaux,  composée  d'un  contremaître,  d'un  sous- 
contremaître  et  de  5  hommes  pour  construire  les  tours  à  signaux; 

145—5 


C6  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A   UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.   1909 

Une  brigade  pour  faire  des  observations,  composée  d'un  observateur,  d'un  enregis- 
treur, d'un  cuisinier  et  de  S  lampistes  pour  observer  les  angles  des  triangles; 

Deux  brigades  pour  faire  des  nivellements,  composées  d'un  observateur,  d'un  cui- 
sinier et  de  4  manœuvres  chacune. 

De  plus,  deux  arpenteurs  ont  été  occupés  à  faire  des  reconnaisances  dans  le  but 
dît  ndre  la  triangulation  au  sud-ouest  vers  Toronto. 

TotRs   À   SIGNAUX. 

La  construction  de  hautes  tours  aux  points  angulaires  pour  dominer  les  forêts 
est  un  travail  très  ardu  et  très  ennuyeux.  Le  plan  adopté  pour  ces  structures  est  une 
modification  de  celui  qui  a  été  imaginé  par  le  sergent  Beaton,  officier  du  génie,  en 
Angleterre  (voir  Géodésie  du  colonel  Clarke,  p.  181).  Aujourd'hui,  les  tours  sont 
faites  de  pièces  de  bois  beaucoup  plus  petites,  mais  elles  sont  plus  rigides  et  moins 
coûteuses  que  celles  que  l'on  construisait  autrefois.  Elles  consistent  en  un  trépied 
sui  lequel  est  monté  le  théodolithe,  et  un  échafaud  isolant  le  poids  de  l'observateur  de 
l'instrument. 

Les  principaux  inconvénients  que  présentent  les  hauts  trépieds  sont  (1)  leur  ins- 
tabilité lorsqu'il  vente  et  (2)  leur  susceptibilité  à  se  tordre  par  suite  du  réchauffement 
inégal  des  membres  durant  le  jour,  suivi  d'un  refroidissement  la  nuit.  L'on  a  remédié 
dans  une  large  mesure  au  premier  de  ces  inconvénients  en  se  servant  d'entretoises  et 
de  moïses  pour  empêcher  la  vibration,  et  au  deuxième,  en  employant  uniquement  du 
bois  sec,  le  bois  étant  coupé  et  emmagasiné  à  un  endroit  central  un  an  d'avance. 

Ceux  qui  avaient  été  chargés  des  travaux  de  construction,  en  1907,  ont  poussé 
activement  les  choses,  et  à  la  fin  de  l'été  de  cette  année-là,  toutes  les  tours  entre  une 
ligne  joignant  Covey-Hill  à  Montréal,  à  l'est,  et  Pakenham  à  Edwardsburg,  à  l'ouest 
{voir  carte  annexée  au  présent  rapport)  étaient  terminées.  Six  tours  ont  aussi  été 
construites  dans  le  but  d'étendre  du  lac  Erié  à  Toronto,  en  passant  par  l'escarpement 
de  Niagara  et  le  lac  Ontario,  le  levé  des  grands  lacs  fait  par  la  Commission  Géodé- 
sique  des  Etats-LTnis,  afin  d'établir  des  positions  géographiques  pour  les  cartes  que  le 
ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense  est  actuellement  à  dresser. 

La  manière  de  construire  ces  tours  est  indiquée  en  détail  dans  des  planches  basées 
sur  des  photographies  prises  à  différentes  phases  de  la  construction.  Ce  système  est 
suivi  pour  les  tours  allant  jusqu'à  87  pieds  de  hauteur.  Les  sections  au-dessus  de 
cette  hauteur  sont  élevées  du  sol  par  des  poulies  et  des  palans.  La  plus  haute  tour 
qui  ait  été  construite  jusqu'ici  a  102  pieds  à  partir  du  sol  jusqu'au  support  de  la 
lampe.  Il  y  a  des  tours  de  cette  hauteur  à  Maxville,  à  Westport,  à  Binbrook  et  à 
Grande-Rivière.  Les  plus  grosses  pièces  de  bois  dans  leurs  sections  inférieures  ont 
7x7  pouces,  dans  leurs  sections  centrales,  6x6  pouces,  et  dans  leurs  sections  supé- 
rieures, 5x5  pouces.  Elles  sont  apparemment  aussi  rigides  que  les  tours  plus  basses 
et  donnent  entière  satisfaction  sous  tous  les  rapports.  Aucune  pièce  de  bois  de  plus 
de  6  x  6  pouces  n'est  employée  dans  la  construction  des  tours  de  87  pieds  de  hauteur. 
Le  tableau  suivant  indique  le  nombre  de  pieds  de  bois,  mesure  de  planche,  qu'il  faut 
pour  les  tours  de  différentes  hauteurs  : — 

Tour  de  102  pieds,  6,200  pieds,  mesure  de  planche. 

87      "       4,600      "  " 

77   "   4,200   " 
"    67   "   3,300   "        " 
"    47   "   2,200   "        " 

COMMENT   SONT    FAITES   LES    OBSERVATIONS. 

Pendant  l'année  1W)7.  un  théodolithe  Troughton  &  Simms  de  12  pouces,  avec  deux 
micromètres  marquant  les  secondes   simples,   a  été   employé  pour   mesurer  les   angles 


COMMISSION   GEODESIQl  K  AU  CANADA  67 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

(voir  planches  8  et  9  et  ce  que  l'on  appelle  la  méthode  de  direction,  a  été  adoptée^ 
Voici  comment  l'on  procède.  La  station  la  plus  proéminente  visible  de  la  tour  de 
l'observateur  est  choisie  pour  servir  d'initiale.  Le  télescope  est  point.'  sur  cette  sta- 
tion puis  sur  toutes  les  autres  stations  en  rotation  autour  de  l'horizon  dans  la  direction 
des  aiguilles  de  l'horloge  jusqu'à  ce  que  la  station  précédant  l'initiale  -oit  atteinte. 
L'instrument  est  dirigé  sur  cette  station  et  des  pointages  -ont  t'ait-  dans  l'ordre  inverse 
jusqu'à  l'initiale.  Les  indications  données  par  les  micromètres  -ont  notées  à  chaque 
pointage.  En  supposant  que  la  torsion  des  hauts  tripodes  soit  régulière  et  que  les 
pointages  soient  faits  à  des  intervalles  de  temps  égaux,  la  moyenne  des  observations 
sera  exempte  de  toute  erreur  de  ce  chef. 

Pour  déterminer  les  angles  à  une  station  il  faut  16  paires  de  pointages  sur  chaque 
signal.  Le  zéro  sur  le  cercle  de  l'azimut  pour  les  pointages  sur  l'initiale  est  mû  de  11 
degrés  ou  à  peu  près  au  commencement  de  chaque  série  d'observations.  Les  pointages 
sont  faits,  le  jour,  sur  des  héliotropes,  et,  la  nuit,  sur  des  réflecteurs  à  acétylène  de  8 
pouces,  confiés  à  des  hommes  expérimentés.  L'observateur  donne  ses  instructions  aux 
lampistes  au  moyen  du  télégraphe  Morse  et  d'un  code  de  signaux  dont  on  a  convenu 
d'avance. 

La  détermination  de  la  direction  de  chaque  ligne  nécessite  32  pointages  du  téles- 
cope et  128  pointages  des  micromètres.  Des  précautions  spéciales  ont  été  prises  pour 
éviter  les  erreurs  dans  les  pointages  des  micromètres  qu'aurait  pu  causer  le  remplissage 
imparfait  des  graduations.  Voici  les  instructions  qui  sont  données  à  ce  sujet  aux 
observateurs  : — 

"L'illumination  des  graduations  sur  le  cercle  de  l'azimut  doit  être  suffisante  pour 
contre-balancer  les  réflexions  latérales.  Vous  devrez  vous  servir  d'une  lumière  artifi- 
cielle en  tout  temps  et  disposer  le  réflecteur  de  manière  que  la  lampe  électrique  porta- 
tive puisse  être  tenue  parallèlement  aux  graduations  et  que  la  lumière  s'y  réfléchisse 
de  façon  à  illuminer  ses  deux  bords  également.  Vous  devrez  ajuster  les  réflecteurs  et 
les  mettre  en  place  avant  de  commencer  votre  travail,  et  vous  ne  devrez  pas  les  mouvoir 
au  cours  des  pointages  qui  se  feront  dans  une  soirée." 

Par  suite  des  nombreuses  forêts  de  bois  de  haute  futaie  qui  se  rencontrent  sur  les 
coteaux,  dans  la  province  d'Ontario,  les  lignes  de  vision  passent  invariablement  près 
des  cimes  des  arbres,  de  sorte  que  les  conditions  atmosphériques  sont  extrêmement 
défavorables  pour  des  études  géodésiques. 

NIVEAUX  PRÉCIS. 

Deux  brigades  ont  été  occupées  à  faire  des  nivellement-  précis  pendant  l'année 
1907.  Les  lignes  nivelées  suivaient  la  ligne  principale  du  chemin  de  fer 
Pacifique-Canadien  à  partir  de  Sherbrooke  jusqu'à  Saint- Jean,  avec  des 
lignes  d'embranchement  le  long  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  à  partir 
de  Lennoxville  et  de  Saint-Jean,  sur  le  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien 
à  partir  de  Poster",  et  sur  le  chemin  de  fer  Vermont-Central  à  partir 
de  Farnham,  au  sud  de  la  frontière  internationale,  et  le  long  du  chemin  de  fer 
Grand-Tronc  à  partir  de  la  jonction  de  Lacolle  jusqu'à  la  jonction  du  Coteau. 
Les  méthodes  adoptées  sont  semblables  à  celles  qui  sont  employées  par  la  Commission 
Géodésique  et  Hydrographique  des  Etats-Unis  et  n'offrent  aucun  intérêt  spécial.  I 
points  de  repère  permanents  sont  marqués  par  des  boulon-  en  cuivre  encastrés  dan-  la 
maçonnerie  des  ponceaux  et  des  ponts  des  chemins  de  fer.  Ils  seront  décrits  dans 
notre  prochain  rapport,  qui  indiquera  les  résultats  obtenus  pendant  les  années  L907 
et  1908.  La  marche  des  opérations  a  été  retardée  par  l'insuffisance  des  parties  opti- 
ques des  instruments  en  usage.  Il  nous  a  fallu  faire  les  observations  par  courte-  dis- 
tances  afin  de  pouvoir  obtenir  une  vue  parfaite  de-  objets.  La  limite  d'erreur  permise 
est  O'.OITVM,  "M"  représentant  la  distance  en  milles.  De  nouveaux  instru- 
ments ont  été   commandés    à    MM.  Cooke   &    Sons,  de   York,  Angleterre.       Beaucoup 


68  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

de  retard  dans  leur  fabrication  a  été  causé  par  le  fait  que  le  cahier  des  charges  exige 
l'emploi  d'un  alliage  de  30  parties  de  nickel  et  64  parties  de  fer  pour  les  tubes  des 
télescopes  et  pour  leurs  bases,  et  un  alliage  des  mêmes  proportions  de  nickel  et  d'acier 
— appelé  invar — pour  les  parties  les  plus  importantes,  telles  que  les  tubes  et  les  mon- 
tures des  niveaux,  les  tubes  à  coulisse  des  télescopes  et  les  diaphragmes  portant  les 
réticules  et  leurs  vis  d'ajustement.  Les  nouveaux  instruments  seront  en  usage  sous 
peu,  et  comme  nous  aurons  de  meilleurs  appareils  optiques,  les  opérations  pourront 
être  poursuivies  plus  vite,  vu  que  la  rapidité  dans  les  nivellements  dépend  dans  une 
large  mesure  de  la  longueur  des  champs  de  vision. 

Pendant  l'hiver  de  1907  et  1908,  des  levés  de  reconnaissance  ont  été  faits  dans  la 
région  occidentale  et  la  région  centrale  d'Ontario,  ainsi  que  dans  la  province  de  Québec. 
La  carte  ci-annexée  permettra  de  juger  du  travail  qui  a  été  accompli  jusqu'ici.  Les 
lignes  solides  indiquent  les  tours  qui  ont  été  occupées  par  les  observateurs,  les  lignes 
formées  de  traits  et  de  points,  les  tours  construites  mais  non  occupées,  et  les  lignes 
pointillées,  les  emplacemnts  choisis  pour  les  tours  qui  seront  construites  cette  année. 
Ces  emplacements  sont,  naturellement,  sujets  à  être  changés  à  mesure  que  le  travail 
avancera. 

Un  plan  d'opérations  beaucoup  plus  vaste  et  plus  complet  a  été  dressé  pour  l'année 
1908.  Deux  brigades  sont  actuellement  à  poursuivre  les  observations  à  l'est  et  à 
l'ouest;  en  jetant  un  coup  d'œil  sur  la  carte,  l'on  pourra  se  rendre  compte  du  travail 
qui  a  été  fait  jusqu'à  ce  jour — travail  qui  est  indiqué  par  les  lignes  solides.  Cette 
année,  les  conditions  atmosphériques  ont  été  des  plus  défavorables  pour  faire  des  obser- 
vations. La  faible  pression  de  l'atmosphère  a  permis  à  la  fumée  des  villes  de  se  répan- 
dre sur  la  surface,  ce  qui  nous  a  empêchés  de  nous  servir  des  instruments  sur  les  lon- 
gues lignes  de  la  triangulation. 

D'après  les  instructions  qui  ont  été  données  aux  observateurs  pour  l'année  1908, 
ceux-ci  devront  fermer  le  cercle,  c'est-à-dire  qu'ils  devront  aller  jusqu'à  la  station 
initiale  au  lieu  de  commencer  à  faire  les  pointages  en  ordre  inverse  à  la  station  qui 
la  précède.  Cela  leur  permettra  de  mieux  juger  de  leur  travail  à  mesure  qu'ils  avan- 
ceront et  de  constater  s'il  y  a  torsion  des  trépieds.  Jusqu'à  présent,  il  n'y  a  eu  aucun 
indice  de  torsion,  l'ereur  à  la  fermeture  du  cercle  sur  la  station  initiale  dépassant  rare- 
ment 1/10  d'une  seconde  de  plus  ou  de  moins  que  360°. 

Voici  comment  sont  marquées  les  stations  :  un  tuyau  d'égout  vernissé,  de  6  pouces 
de  diamètre  et  24  pouces  de  longueur,  est  placé  d'aplomb,  la  bride  en  bas,  dans  une 
excavation  de  2  pieds  carrés  et  6  pieds  de  profondeur,  au-dessous  du  point  de  l'instru- 
ment. Ce  tuyau  et  l'espace  environnant  sont  remplis  de  béton  jusqu'au  sommet  du 
tuyau,  et  dans  celui-ci  est.  introduit  un  boulon  de  cuivre  de  6  pouces  de  longueur  et 
^  de  pouce  de  diamètre,  émoussé  à  son  extrémité  supérieure,  avec  centre  au-dessous 
du  point  de  l'instrument.  Au-dessus  de  ce  boulon  et  séparé  de  ce  dernier  par  une 
couche  de  sable  de  6  pouces  d'épaisseur,  une  marque  de  surface  de  la  même  nature  est 
fixée  dans  la  terre.  Le  sommet  de  cette  dernière  marque  se  trouve  à  18  pouces  au-des- 
sous de  la  surface.  En  sus  des  marques  souterraines,  un  monument  artificiel  en  pierre 
est  construit,  généralement  sur  la  limite  la  plus  proche  entre  les  lots  de  township. 
Sur  la  base  de  ce  monument  sera  placé  une  plaque  de  cuivre  indiquant  sa  latitude  et 
sa  longitude.  L'azimut  et  la  distance  entre  la  marque  de  la  station  et  le  monument 
seront  publiés  comme  partie  de  la  description  de  la  station. 

Sur  les  cimes  des  montagnes  ou  aux  endroits  où  il  se  rencontre  du  roc  solide,  le 
point  géodésique  est  marqué  par  un  boulon  de  cuivre  rond,  de  |  de  pouce  de  diamètre, 
à  contre-clavette,  soudé  dans  le  roc  et  entouré  d'un  triangle  équilatéral  avec  côtés  de 
ft  Douee>,  gravé  avec  un  ciseau. 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  6 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145 

Sur  la  tête  du  boulon,  le  sceau  officiel  de  la  Commission  Géodésique  du  Canadi 
est  étampé  comme  suit: — 


Trois  autres  boulons  de  cuivre  de  la  même  dimension,  indiquant  par  des  flèches 
le  point  central,  sont  posés  autour  de  la  station  comme  points  de  repère. 

La  construction  des  tours  se  fait  aussi  plus  rapidement  cette  année.  Deux  bri- 
gades— composées  en  tout  de  11  hommes — sont  actuellement  à  l'œuvre  dans  la  région 
centrale  d'Ontario,  et  l'on  s'attend  que  toutes  les  tours  comprises  sur  la  ligne  de  trian- 
gulation tracée  sur  la  carte  ci -jointe  seront  terminées  d'ici  au  15  novembre.  Une 
brigade  de  3  hommes  est  à  faire  les  travaux  préparatoires  voulus  aux  stations  à  l'est 
de  la  ligne  joignant  Montréal  à  Covey-Hill.  Le  travail  que  ces  hommes  ont  à  faire 
consiste  à  mettre  les  boulons  de  cuivre  en  place,  à  ériger  des  lampadaires  et  à  faire  des 
blocs  de  béton  pour  supporter  le  trépied  sur  lequel  reposera  l'instrument  de  12  pouces. 
Il  sera  peut-être  nécessaire  de  construire  des  tours  à  quelques-unes  des  stations.  Un 
des  membres  de  la  brigade  a  été  dressé  à  ce  genre  de  travail,  et,  avec  l'aide  de  2  hommes 
additionnels  engagés  temporairement,  l'on  pourra  ériger  des  tours  de  n'importe  quelle 
hauteur.  Celui  qui  dirige  les  opérations  dans  les  districts  montagneux  a  reçu  ins- 
truction d'éviter  autant  que  possible  de  construire  des  tours,  vu  qu'il  est  plus  écono- 
mique d'abattre  les  arbres. 

Outre  l'exécution  des  travaux  préparatoires  aux  stations  primaires,  la  brigade 
dont  je  viens  de  parler  est  à  établir  plusieurs  stations  secondaires  aux  endroits  anté- 
rieurement occupés  par  les  géomètres  du  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense.  Ces 
stations  seront  d'une  grande  utilité,  vu  leur  relation  avec  les  stations  primaires,* et 
aussi  parce  qu'elles  permettront  de  déterminer  exactement  les  positions  des  clochers 
d'églises,  des  cheminées  de  fabriques  et  des  autres  objets  proéminents  d'une  nature 
semi-permanente.  Il  n'est  pas  construit  de  tours  aux  stations  secondaires;  un  trépied 
comme  ceux  dont  on  se  sert  pour  faire  les  signaux  le  jour  est  érigé  au  lieu  d'un  lam- 
padaire.    Cette  brigade  est  aussi  chargée  de  vérifier  les  levés  de  reconnaissance. 

NIVEAUX    PRÉCIS. 

Deux  brigades  sont  actuellement  à  faire  des  nivellements, — l'une  à  partir  de  Sher- 
brooke, le  long  de  la  ligne  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien,  jusqu'à  la  fron- 
tière internationale,  et  l'autre  le  long  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  à  partir  de 
Coteau  jusqu'à  la  jonction  de  Saint-Polycarpe,  de  là,  le  long  du  chemin  de  fer  Paci- 
fique-Canadien via  la  jonction  de  Kemptville  jusqu'à  Prescott,  et  de  là  vers  l'ouest 
le  long  de  la  ligne  principale  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc.  L'on  avance  assez 
vite,  mais  l'on  pourra  travailler  avec  beaucoup  plus  de  rapidité  lorsqu'on  aura  les 
nouveaux  niveaux  anglais  dont  il  est  parlé  plus  haut.  La  Compagnie  du  chemin  de 
fer  Boston  &  Maine,  la  Compagnie  du  chemin  de  fer  Pacifique-Canadien  et  la  Com- 
pagnie du  chemin  de  fer  Grand-Tronc  ont  eu  l'obligeance  de  nous  permettre  de  circu- 
ler en  wagons  à  bras  sur  leurs  voies. 


70 


CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 


LIGNES  DE  BASE. 


Une  ligne  de  base  a  été  choisie  à  la  jonction  du  Coteau.  Elle  suit  la  ligne  cen- 
trale de  la  voie  sur  la  ligne  principale  du  chemin  de  fer  Grand-Tronc.  Sa  lon- 
gueur est  d'environ  8  milles;  son  extrémité  nord-est  est  à  2  milles  à  peu  près  à  l'est 
de  la  jonction  du  Coteau,  et  son  extrémité  nord-ouest  se  trouve  à  une  courte  distance  à 
L'ouest  de  lactation  de  la  Rivière-Beaudette.  Le  mesurage  de  labase  ne  sera  fait  que 
lorsque  le  bâtiment  d'étalonnage,  à  l'observatoire,  sera  terminé,  alors  que  l'on  pourra 
se  servir  de  l'appareil  à  barre  réfrigérée  pour  cette  opération.  Des  rubans  d'invar  de 
50  mètres  de  longueur  seront  employés  et  leur  longueur  sera  rapportée  à  un  compara- 
teur mesuré  avec  l'appareil  à  barre  réfrigérée  dans  le  bâtiment  d'étalonnage.  Le 
nouvel  alliage  invar  de  64  parties  d'acier  et  36  parties  de  nickel  est  très  précieux  pour 
les  études  géodésiques.  Son  coefficient  de  température  est  si  faible  que  l'on  peut  s'en 
servir  sans  l'incertitude  de  résultats  due  à  la  difficulté  de  déterminer  la  température 
moyenne  des  sections  d'un  long  ruban  d'acier.  Des  lignes  de  base,  d'où  les  triangula- 
tions géodésiques  sont  développées,  sont  (maintenant  que  l'on  a  de  plus  grandes  facili- 
tés pour  les  mesurer)  introduites  à  des  intervalles  plus  fréquents,  de  préférence  au 
point  de  jonction  de  figures  relativement  faibles  avec  des  figures  très  fortes.  L'on 
considère  qu'il  vaut  mieux  choisir  les  emplacements  pour  les  lignes  de  base  après  que 
les  tours  d'observations  pour  les  figures  principales  ont  été  construites,  afin  que  l'ex- 
pansion soit  aussi  directe  et  parfaite  que  possible  dans  tout  le  système.  La  longueur 
absolue  d'une  ligne  de  base  est  de  peu  d'importance  lorsqu'on  la  compare  à  la  force 
des  figures  géométriques  à  travers  lesquelles  ce  mesurage  se  fait  et  à  la  détermination 
de  leurs  angles;  une  erreur  dans  la  longueur  d'une  ligne  de  base  ne  produit  aucune 
distortion.  Des  instructions  claires  et  précises  sont  données  à  ce  sujet  aux  observa- 
teurs. A  mesure  que  le  mesurage  des  angles  avance,  les  positions  des  clochers  d'égli- 
ses, des  cheminées  de  manufactures  et  des  autres  structures  d'une  nature  semi-perma- 
nente sont  déterminées  avec  une  précision  suffisante  pour  des  fins  géographiques.  Les 
distances  zénithales  sont  mesurées  jusqu'aux  sommets  des  tours,  afin  que  leurs  éléva- 
tions relatives  puisent  être  connues.  Des  lignes  de  niveaux  précis  seront  reliées  aux 
tours  à  différents  endroits  afin  que,  avec  l'aide  des  distances  zénithales  qui  auront 
été  mesurées,  la  hauteur  des  stations  géodésiques  au-dessus  du  niveau  de  la  mer  puisse 
être  computée. 

Je  dirai,  en  terminant,  que  mes  aides  ont  déployé  beaucoup  de  zèle  et  de  dévoue- 
ment. Ceux  qui  étaient  chargés  de  diriger  les  différentes  branches  du  travail  ont  mis 
de  l'orgueil  à  bien  faire  les  choses.  Le  levé  géodésique  du  Canada  est  une  entreprise 
vraiment  nationale  et  nous  y  apportons  tous  le  plus  grand  soin,  afin  que,  une  fois 
terminé,  il  fasse  honneur  au  pays. 

C.  A.  BIGGER. 


R* 


3: 


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ïfisf^sy^pis 


ÎDcpartment  o(  rhc  Snt« 


PROGRESS    MAP 

GEODETIC  STJRVEYOP  CANADA 


: 


BlGGER— ETl  DES  GÉ0nÉ8IQUES. 


FlG.  1. — Signal  à  la  montagne  King. 
145-6 


Biggkr— Etudes  géodésiques, 


Fig.  2. — Tour  d'observation,  87  pieds  de  hauteur,  près  BoweB>  ill< 
145-6*. 


BlGGEB      Kl  i  DES   i.i  0DÉ81QUE8. 


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FlG.  4 — Emploi  du  trépied  comme  chèvre  mécanique  pour  lever  le  1er  côte  de  la  charpente. 


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Biggeb — Etudes  qéodésiqc 


Fig.  8. 


■Vue  de  côté  du  théodolite  altazimutal  de  12  pieds 
horizontaux  et  verticaux. 


m  ployé  pour  mesurer  les  angles 


Biggek— Etudes  oéodésiqi  es. 


Fig.  9. — Demi-vue  de  côté  montrant  les  accessoires  du  théodolite  altazimutal  de  12  pieds. 

145—7 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  145a  A.  1909 


REPONSE  SUPPLEMENTAIRE. 

(145a.) 

RÉPONSE   SUPPLÉMENTAIRE   À  UNE  ADRESSE  DE  LA   CHAMBRE   DES   COMMUNES,  en  date  (lu   22 

mars  1909,  pour  copie  de  toute  correspondance  et  de  tous  rapports,  documents  et 
arrêtés  de  l'exécutif  en  la  possession  du  gouvernement  relativement  à  la  création 
d'une  Commission  géodésique  pour  faire  un  levé  topographique  du  Canada. 

CHAS  MURPHY, 

Secrétaire  d'Etat. 


Général  de  brigade  Lake  au  Colonel  Reade,  commandant  du  Collège  militaire  royal. 

Ottawa,  13  avril  1905. 
Colonel  R.  H.  N.  Reade, 

Commandant  du  Collège  militaire  royal, 
Kingston,  Ontario. 

Mon  cher  Reade, — Le  ministère  de  l'Intérieur  (division  de  l'astronomie)  doit 
établir  sous  peu  à  Kingston,  Ontario,  une  station  pour  triangulations  primaires,  etc., 
Jont  on  se  servira  pour  le  dressement  de  cartes  militaires,  et  nous  vous  serions  obligés 
si  vous  vouliez  bien  aider  autant  que  possible  l'astronome  fédéral  à  choisir  un  empla- 
cement et  à  fixer  la  station. 

Si  vous  avez  quelques  suggestions  à  faire,  veuillez  me  les  communiquer  et  je  con- 
fèt^rai  ensuite  de  la  chose  avec  l'astronome. 

L'on  veut  établir  la  station  dans  les  limites  de  vos  terrains.  Comme  c'est  pour 
îiv  tre  avantage  que  l'on  fait  cela,  je  vous  demanderais  de  nous  prêter  votre  aide  et 
votre^oncours. 

P.  LAKE. 


Général  de  brigade  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense,  11/.  avril  1905. 
(Voir  page  30  du  document  parlementaire  n°  11+5.) 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  de  l'Inté- 
rieur,  15  avril  1005.     (Voir  page  29  du  document  parlementaire  n°  11+5.) 

Général  de  brigade  Lake  au  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Quartier  général,  Ottawa,  15  avril  1905. 
Le  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Comme  c'était  là  une  affaire  urgente,  j'ai  écrit  directement  au  commandant  du 
collège  militaire  royal  (voir  copie  de  lettre  ci-jointe.) 

Afin  de  faciliter  les  levés  de  plans  militaires  que  nous  sommes  actuellement  à 
faire  en*  Ottawa  et  le  Saint-Laurent,  l'astronome  en  chef  avait  décidé  d'établir  à 
Kingstoi     me  base  fixe  pour  triangulations  et  devait  envoyer  incessamment  des  mein- 

145a— 1 


2  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

bres  de  son  personnel  pour  choisir  un  emplacement.  Il  fallait  donc  mettre  immédiate- 
ment le  colonel  Reade  au  courant  de  ce  que  l'on  se  proposait  de  faire,  et  c'est  pourquoi 
je  lui  ai  écrit  directement.     J'aime  à  croire  que  vous  approuverez  ce  que  j'ai  fait. 

P.  LAKE. 

Approuvé, 

E.  F.  Jaryis, 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ministère  de  l'Intérieur,  Ottawa,  20  avril  1905. 

Monsieur  E.  F.  Jarvis, 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

Ottawa. 

Cher  monsieur, — J'ai  reçu  votre  lettre  du  15  courant,  à  laquelle  était  annexée 
une  copie  d'un  mémoire  qui  a  été  soumis  à  sir  Frederick  Borden  par  le  chef  de  l'état- 
major  général  relativement  au  dressement  d'une  carte  du  Canada  indiquant  les  carac- 
tères topographiques  du  pays. 

En  réponse,  je  vous  dirai  que  cette  question  sera  incessamment  mise  à  l'étude. 

Votre  tout  dévoué, 

T.  G.  ROTHWELL, 

Sous-ministre  intérimaire. 


Colonel  Reade  au  général  de  brigade  Lake. 

Collège  militaire  royal  du  Canada,  Kingston,  22  avril  1905. 

Mon  cher  général  Lake, — Nous  ferons  tout  en  notre  pouvoir  pour  aider  l'astro- 
nome à  fixer  les  points  pour  sa  triangulation,  et  si  les  points  sont  sur  nos  terrains, 
nous  verrons  à  ce  qu'ils  ne  soient  pas  dérangés.  J'ai  parlé  de  la  chose  à  notre  profes- 
seur de  géométrie,  et  il  m'a  dit  qu'il  n'avait  aucune  suggestion  à  faire  pour  le  moment. 

Votre  bien  dévoué, 

R.  READE. 

Sous-directeur  du  service  des  renseignements  au  géographe  fédéral. 

Ottawa,  25  novembre  1905. 
Monsieur  James  White, 

Membre  de  la  Société  royale  de  géographie, 
Géographe  au  ministère  de  l'Intérieur, 
Ottawa,  Ontario. 

MONSIEUR, — Conformément  aux  instructions  que  m'a  données  le  major  général 
Lake,  chef  de  l'état-major  général,  j'ai  l'honneur  de  vous  transmettre  sous  ce  pli  des 
copies  des  lettres  dont  il  vous  a  parlé  au  cours  de  la  conversation  qu'il  a  eue  avec  vous 
l'autre  jour. 

Le  major  général  Lake  vous  serait  obligé  si  vous  vouliez  bien  lui  communiquer 
les  suggestions  que  vous  avez  à  faire. 

Votre  bien  dévoué, 

A.  CLYDE  CALDWELL,  capitaine. 
Sous-directeur  du  service  des  renseignements* 


COMMISSION  OEODESIQUE  AU  CANADA  3 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

Géographe  fédéral  au  général  de  brigade  Lake. 

Ministère  de  l'Intérikik.. 

Ottawa,  16  décembre  1905. 
Général  de  brigade  Lake., 

Chef  de  l'état-major  général, 

Ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  la  communication  du  capitaine 
Caldwell,  en  date  du  25  novembre  dernier,  à  laquelle  était  annexée  copie  d'un  mémoire 
attirant  l'attention  sur  l'importance  qu'il  y  aurait  à  faire  une  triangulation  primaire 
des  parties  habitées  du  Canada. 

En  réponse,  je  dois  vous  dire  que  si  j'ai  tardé  à  vous  écrire,  c'est  parce  que  le  Dr 
King,  l'astronome  en  chef,  était  absent  de  la  ville  et  que  je  n'ai  pu  le  voir  avant  mer- 
credi dernier.  Le  Dr  King  m'a  alors  fait  savoir  que  les  membres  de  son  personnel 
avaient  été  occupés,  l'été  dernier,  à  établir  des  signaux,  etc.,  et  qu'il  se  proposait  de 
trianguler  le  pays  entre  Ottawa  et  Montréal  dans  le  cours  de  l'été  prochain. 

Comme  il  s'est  abouché  avec  vous  depuis  et  qu'il  vous  a,  si  j'ai  bien  compris,  expli- 
qué ses  projets,  il  est  inutile  pour  moi  de  m'étendre  sur  ce  sujet. 

Le  Dr  King  m'a  dit  que  si  on  lui  accorde  un  crédit  tous  les  ans,  il  poursuivra  les 
opérations  aussi  diligemment  que  le  permettra  la  somme  qui  aura  été  votée.  On  lui  a 
vote  une  faible  somme  pour  commencer,  mais  il-  verra  à  faire  augmenterle  crédit  gra- 
duellement jusqu'à,  ce  qu'il  ait  atteint  un  chiffre  raisonnable.  Il  ne  veut  pas  faire 
trop  grand  en  commençant  et  il  évite  ainsi  l'écueil  sur  lequel  sont  allés  s'échouer  ceux 
qui  avant  lui  avaient  entrepris  de  faire  un  lever  topographique  du  Canada. 

Si  plus  tard  il  y  a  quelque  chose  que  je  pourrais  faire  pour  faciliter  les  opérations, 
je  vous  prêterai  mon  concours  avec  plaisir. 

JAMES  WHITE, 

Géographe. 

Sous-directeur  du  service  des  renseignements  au  géographe  fédéral. 

Ottawa,  18  décembre  1905. 

Monsieur  James  White,  membre  de  la  Société  royale  de  géographie, 
Géographe  au  ministère  de  l'Intérieur, 
Ottawa,  Ontario. 

Monsieur, — J'ai  reçu  instruction  du  major  général  Lake,  chef  de  l'état-major 
général,  d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  16  courant,  concernant  le  lever  topogra- 
phique que  l'on  se  propose  de  faire  et  de  vous  remercier  d'avoir  bien  voulu  lui  offrir 
potre  concours. 

Le  général  Lake  m'a  demandé  de  vous  dire  que  s'il  y  a  dans  cette  division  du  ser- 
vice quelque  chose  pouvant  vous  être  utile,  il  vous  permettra  avec  plaisir  de  vous  en 
servir. 

A.  CLYDE  CALDWELL,  capitaine. 

Sous-directeur  du  service  des  renseignements. 

Arpenteur  général  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ministère  de  l'Intérieur, 

Ottawa,  20  janvier  1906. 
Colonel  L.  F.  Pinault,  C.M.G., 

Député-ministre  de  la  Milice,  Ottawa. 
Cher  colonel  Pinault, — Ci-inclus  je  vous  transmets  quelques  notes  au  sujet  du 
rapport  sur  le  lever  topographique  du  Canada.     En  raison  de  l'immense  étendue  du 
Canada,  de  ses  forêts  et  du  coût  des  communications  dès  qu'on  s'éloigne  des  endroits 

145a— li 


4  CORRESPONDANCE,  ETC..  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

habités,  on  ne  peut  se  guider  sur  l'expérience  des  autres  nations.  C'est  une  étude  à 
faire;  elle  demande  du  temps  et  des  recherches  approfondies  et  le  gouvernement  ne 
pourrait  mieux  faire  que  de  la  confier  à  des  experts  convenablement  choisis.  TaVt 
que  cela  n'aura  pas  été  fait,  il  est  impossible  de  décider  quel  est  le  projet  qui  convient 
le  mieux  pour  le  pays  et  toute  opinion  qui  pourrait  être  exprimée  à  ce  sujet  n'aurait 
qu'une  valeur  bien  restreinte. 

E.  DEVILLE. 
Sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et 
Canaux. 

Ottawa,  8  mars  1906. 
M.  M.  J.  Butler,  ingénieur  civil, 

Sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  des  Canaux, 
Ottawa,  Ontario. 

Cher  monsieur  Butler, — Vous  trouverez  sous  ce  pli  une  copie  du  rapport  du 
major  général  Lake  relativement  au  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada,  ainsi 
qu'une  copie  des  observations  de  M.  Deville,  arpenteur  général,  à  ce  sujet. 

Votre  tout  dévoué, 

L.  F.  PINAULT. 


Mémoire  soumis  par  le  major  général  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense 
relativement  au  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada.  (Voir  page  SI  du 
document  parlementaire  n°  i-4-5. 

NOTES   AU    SUJET    DU    MEMOIRE    CONCERNANT    LE    LEVER    D'UN    PLAN    TOPOGRAPHIQUE    DU 

CANADA. 

Par  monsieur  Deville,  arpenteur  général. 

1.  L'attention  du  gouvernement  a  souvent  été  attirée  sur  le  besoin  d'un  bon  lever 
topographique  du  Canada.  L'utilité  de  la  chose  et  les  avantages  qui  en  découleraient 
sont  parfaitement  démontrés  dans  le  mémoire  et  sautent  aux  yeux  de  tous  ceux  qui 
sont  au  courant  du  sujet.  Jusqu'ici  le  gouvernement  n'a  rien  fait  pour  mettre  à  effet 
les  nombreuses  suggestions  qui  ont  été  faites  à  cet  égard,  la  question  des  frais  étant 
le  principal  obstacle.  Il  faudrait  étudier  à  fond  cette  question  ainsi  que  le  genre  de 
lever  de  plans  à  faire  avant  de  lancer  le  pays  dans  une  dépense  aussi  considérable. 

2.  Diverses  estimations  des  dépenses  ont  été  faites  de  temps  à  autre.  La  plus 
récente  est  celle  du  major  Hill  pour  un  lever  topographique  de  la  partie  habitée  du 
Canada,  qui  serait  publié  sur  une  échelle  de  £  mille  au  pouce;  le  major  Hill  a  calculé 
que  cela  coûterait  $10,000,000.  Pour  une  carte  de  1  mille  au  pouce,  la  dépense,  d'après 
lui,  serait  se  $23,000,000.  Les  sommes  qu'il  alloue  pour  les  salaires  et  les  autres  dé- 
penses sont  trop  basses  pour  un  pays  comme  le  nôtre.  Il  n'y  a  pas  de  doute  que  les 
frais  réels  excéderaient  de  beaucoup  les  chiffres  qu'il  donne. 

3.  Le  genre  de  lever  de  plans  à  faire  n'est  pas  indiqué  dans  le  mémoire;  l'on  pro- 
pose que  cela  soit  réglé  par  une  conférence  interdépartementale.  Comme  le  chiffre 
des  dépenses  et  l'utilité  du  lever  topographique  dépendent  du  projet  qui  serait  adopté, 
il  semble  nécessaire  que  ce  point  soit  tout  d'abord  réglé  afin  que  le  gouvernement 
puisse  en  venir  à  une  décision.  D'après  le  projet  du  major  Hill,  pour  une  carte  à 
l'échelle  de  £  pouce,  un  topographe,  travaillant  seul,  sans  même  un  manœuvre  pour 
l'aider,  est  supposé  trianguler  3  milles  carrés,  chaque  jour  de  la  semaine,  pendant  9 
mois  de  l'année;  cela  représente  à  peu  près  4£  milles  carrés  par  jour  ouvrable.  Les 
données  que  l'on  recueillerait  ainsi  seraient  très  incomplètes  et  l'utilité  de  la  carte 
serait  très  restreinte.  D'un  autre  côté,  un  lever  topographique  complet,  avec  nivelle- 
ment et  tracé  des  profils,  coûterait  fort  cher.     Devrait-on  faire  un  lever  topographique 


COMMISSION  GEODESIQVE  AU  CANADA  5 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

peu  coûteux,  couvrant  toute  la  partie  habitable  du  Canada,  ou  serait-il  préférable  de 
tracer  la  carte  des  régions  les  plus  peuplées  seulement  en  procédant  de  manière  qu'il 
ne  soit  pas  nécessaire  de  refaire  ce  qui  aura  été  fait?  C'est  là  une  question  qui  ne 
peut  être  décidée  sans  étude.  Les  conditions  qui  régnent  au  Canada  sont  uniques  ; 
notre  pays  a  une  énorme  étendue  et  est  presque  partout  boisé.  Il  est  par  conséquent 
impossible,  dans  une  affaire  de  ce  genre,  de  se  guider  sur  ce  qu'ont  fait  les  autres  pays. 

4.  L'on  propose  dans  le  mémoire  que  des  représentants  des  divers  départements 
se  réunissent,  sous  la  présidence  d'experts  désintéressés,  pour  formuler  un  projet  con- 
forme aux  vues  de  tous  les  intéressés  et  pour  faire  un  rapport  quant  à  la  meilleure 
méthode  de  former  un  département  central  d'études  topographiques,  qui  serait  chargé 
de  tracer  la  carte  de  tout  le  pays. 

Le  gouvernement  ne  pourra  rien  faire  avant  d'avoir  un  rapport  qui  lui  serve  de 
base  pour  la  ligne  de  conduite  à  suivre.  Le  moyen  que  l'on  suggère  pour  obtenir  les 
données  voulues  est  peu  coûteux,  mais  ce  n'est  peut-être  pas  le  meilleur  que  l'on 
puisse  prendre.  La  Société  Royale  du  Canada  étudie  ce  sujet  depuis  plusieurs  années. 
Elle  reconnaît  que  c'est  une  question  très  complexe,  et  elle  s'est  abstenue  de  dire  ce 
que  l'on  devrait  faire;  elle  s'est  contentée  de  demander  qu'une  enquête  minutieuse 
soit  faite  avant  que  l'on  adopte  un  projet  définitif  et  elle  a  proposé  la  nomination 
d'une  Commission  pour  s'enquérir  de  la  chose,  pour  prendre  des  renseignements  et 
recueillir  des  données  et  pour  soumettre  un  projet  pratique.  Comme  il  s'agit  d'une 
entreprise  qui  entraînera  la  dépense  de  plusieurs  millions  de  dollars,  il  vaut  certaine- 
ment la  peine  d'instituer  une  Commission  spéciale  pour  faire  les  études  nécessaires, 
quand  même  cela  coûterait  un  peu  plus  cher  qu'une  conférence  interdépartementale. 

Sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la 
Défense. 

Ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux, 

Ottawa,  Ontario,  9  mars  1906. 
Lieutenant-colonel  L.  F.  Pinault, 

Sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

Ottawa. 
Mon  cher  colonel  Pinault, — J'ai  reçu  la  vôtre  du  8  courant,  à  laquelle  était  an- 
nexée une  copie  du  mémoire  du  major  général  Lake  relativement  au  lever  d'un  plan 
topographique  du  Canada. 

Je  dois  vous  dire  que  je  suis  entièrement  de  l'avis  du  major  général  Lake. 
La  Société  Canadienne    des    ingénieurs   civils  doit  demander  sous  peu  à  l'honora- 
ble premier  ministre  de  lui  accorder  une  entrevue  pour  discuter  la  question;  et  j'es- 
père que  vous  pourrez  nous  prêter  votre  aide  et  votre  concours  lorsque  nous  en  aurons 
besoin. 

Votre  tout  dévoué, 

M.  J.  BUTLER. 
Sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  directeur  de  la  Commission  géologique. 

Ottawa,  10  mars  1906. 

M.  Robert  Bell,  docteur  en  médecine,  docteur  en  droit,  etc., 
Directeur  de  la  Commission  géologique, 
Ottawa,  Ontario. 

Cher  docteur, — Je  vous  transmets  sous  ce  pli  une  copie  du  rapport  du  major 
général  Lake,  chef  de  l'état-major,  relativement  au  lever  d'un  plan  topographique  du 
Canada,  ainsi  qu'une  copie  des  observations  de  monsieur  Deville,  arpenteur  général, 
à  ce  sujet. 

Votre  tout  dévoué, 

L.  F.  PINAULT. 


6  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
Directeur  de  la  Commisison  géologique  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Commission  Géologique  du  Canada, 

Ottawa,  12  mars  1906. 
Colonel  L.  F.  Pinault.  C.M.G., 
Sous-ministre  de  la  Milice, 
Ottawa. 

Cher  colonel  Pinault, — Je  viens  de  recevoir  votre  lettre  du  10  courant,  à 
laquelle  était  annexée  une  copie  du  rapport  du  major  général  Lake  relativement  au 
lever  d'un  plan  topographique  du  Canada  et  des  observations  de  l'arpenteur  général 
Deville  à  ce  sujet.  Je  vous  remercie  de  m'avoir  envoyé  ce  document,  qui  est  d'un  très 
grand  intérêt  pour  moi  vu  sa  connexité  avec  nos  propres  études  topographiques  et  géo- 
logiques. 

ROBERT  BELL. 

Mémoire  soumis  par  le  Conseil  de  la  Société  Canadiene  des  ingénieurs  civils  au  très 
honorable  Sir  Wilfrid  Laurier,  le  2  avril  1906.  (Voir  page  55  du  document  par- 
lementaire n°  1U5.) 

Major  général  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

20  avril  1906. 
L'honorable  ministre  de  la  Milice  et  • 

de  ia  Défense. 

lever  géodésique  du  canada. 

J'approuve  fortement  la  proposition  faite  par  la  Société  Canadienne  des  ingé- 
nieurs civils  dans  le  mémoire  soumis  par  le  Conseil  de  cette  société,  portant  la  date 
du  2  avril  1906  et  qui  est  ci-joint.  Dans  ce  mémoire  l'on  insiste  sur  une  chose  dont  j'ai 
souvent  signalé  l'importance,  savoir  la  coordination  du  travail  des  diverses  branches 
de  l'administration  où  se  font  des  levers  de  plans  en  vue  d'entreprendre  un  lever  topo- 
graphique général  du  Canada. 

Ce  n'est  que  sur  un  point  que  je  ne  suis  pas  complètement  d'accord  avec  le  Con- 
seil de  la  société.  Dans  l'avant-dernier  paragraphe  de  son  mémoire,  le  Conseil  s'oppose 
à  ce  que  l'on  se  lance  de  suite  dans  la  dépense  que  nécessiterait  le  lever  d'un  plan 
géodésique  du  Canada  bien  qu'il  admette  que  la  chose  devra  se  faire  dans  un  avenir 
rapproché.  L'on  prétend  qu'un  lever  géodésique  se  fera  "  dans  le  cours  naturel  des 
choses  "  et  qu'il  n'y  a  pas  lieu  "  d'anticiper  sur  les  événements."  Peut-être  le  Con- 
seil attache-t-il  aux  mots  "  lever  géodésique  "  un  sens  différent  de  celui  que  je  leur 
donne,  mais  d'après  ma  manière  d'envisager  la  chose,  le  grand  avantage  qu'offre  un 
lever  "  géodésique  "  au  point  de  vue  pratique,  c'est  qu'il  fournit,  par  sa  triangulation 
un  fondement  sur  lequel  sont  basés  tous  les  autres  levers  de  plans.  Si,  comme  le  veut 
le  Conseil,  on  laisse  les  choses  suivre  leur  cours  naturel  au  lieu  d'agir  immédiatement, 
il  est  fort  à  craindre  que  l'on  n'attende  longtemps  et  que  le  travail  que  l'on  fera  dans 
l'intervalle  ne  soit  inutile.  Le  Conseil  admet  que  les  diverses  divisions  du  service  où 
se  font  des  études  topographiques  opèrent  dans  des  conditions  différentes,  d'après  des 
méthodes  différentes  et  sans  plan  d'ensemble.  Je  ne  vois  pas  comment  les  résultats 
de  leur  travail  pourront  être  coordonnés  en  l'absence  d'un  lever  géodésique.  Et 
comme  les  différents  départements  procèdent  nécessairement  sur  des  données  impar- 
faites, il  me  semble  que  retarder  davantage  la  triangulation  sur  laquelle  le  lever  topo- 
graphique du  pays  devra  être  basé  tôt  ou  tard,  c'est  condamner  ces  départements  à 
travailler  pendant  une  plus  ou  moins  longue  période  de  temps  dans  des  conditions  où 
il  sera  impossible  d'atteindre  le  degré  d'exactitude  voulu  et  c'est  gaspiller  une  grande 
partie  du  travail  méritoire  des  habiles  géomètres  qui  y  sont  attachés. 


COMMISSION  GEODESIQUE  M    CANADA  7 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

Je  recommande  donc  encore  fortement  que  soit  commencée  le  plus  tôt  possible  la 
triangulation  préliminaire  d'un  lever  géodésique,  pourvu  que  l'on  puisse  trouver  le 
nombre  voulu  de  géomètres  expérimentés,  ce  qui,  pour  moi,  est  hors  de  doute. 

Indépendamment  de  cela,  cependant,  j'aime  à  croire  que  vous  voudrez  bien 
appuyer  la  proposition  qui  est  formulée  dans  le  dernier  paragraphe  du  mémoire  qui  a 
été  soumis  par  le  Conseil  de  la  société.  Dans  mon  mémoire  du  8  janvier,  je  proposai 
la  nomination  d'une  Commission  composée  des  chefs  des  divisions  de  l'administration 
où  l'on  fait  des  levés  de  plans.  Que  ce  soit  une  Commission  formée  de  fonctionnaires 
ou  une  Commission  composée  d'experts  (comme  le  demande  la  Société  Canadienne 
des  ingénieurs  civils)  que  l'on  nomme,  je  crois  que  cela  est  peu  important,  mais  dan- 
tous  les  cas,  les  divers  départements  où  se  font  des  études  topographiqu<-  devraient 
y  être  tous  représentés  si  l'on  veut  assurer  une  parfaite  coordination  du  travail  qu'ils 
sont  respectivement  chargés  de  faire. 

P.  LAKE, 
Chef  de  V état-major  général. 

Ne,  serait-il  pas  bon  de  soumettre  cette  question  au  Conseil  de  la  Milice  afin 
qu'une  politique  puisse  être  adoptée  en  ce  qui  concerne  notre  ministère. 

E.  F.  JARVIS, 

Pour  le  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 


Major  général  LaJce  au  Conseil  de  la  Milice. 

LEVER   GÉODÉSIQUE  DU    CANADA. 

11  mai  1906. 

1.  En  vue  de  déterminer  la  politique  future  qui  devrait  être  adoptée  par  le  minis- 
tère de  la  Milice  et  de  la  Défense  relativement  au  lever  d'un  plan  topographique  géné- 
ral du  Canada,  j'ai  l'honneur,  comme  chef  de  l'état-major  général  de  soumettre  au 
Conseil  de  la  Milice  les  observations  suivantes. 

2.  J'approuve  fortement  la  proposition  faite  par  la  Société  Canadienne  des  ingé- 
nieurs civils  dans  le  mémoire  soumis  par  le  Conseil  de  cette  société,  qui  porte  la  date 
du  2  avril  1906  et  qui  est  ci-joint.  Dans  ce  mémoire  l'on  insiste  sur  une  chose  dont  j'ai 
souvent  signalé  l'importance,  savoir  la  coordination  du  travail  des  diverses  branches 
de  l'administration  où  se  font  des  levers  de  plans  en  vue  d'entreprendre  un  lever  topo- 
graphique général  du  Canada. 

Ce  n'est  que  sur  un  point  que  je  ne  suis  pas  complètement  d'accord  avec  le  Con- 
seil de  la  société.  Dans  l'avant-dernier  paragraphe  de  son  mémoire,  le  Conseil  s'oppose 
à  ce  que  l'on  se  lance  de  suite  dans  la  dépense  que  nécessiterait  le  lever  d'un  plan 
géodésique  du  Canada  bien  qu'il  admette  que  la  chose  devra  se  faire  dans  un  avenir 
rapproché.  L'on  prétend  qu'un  lever  géodésique  se  fera  "  dans  le  cours  naturel  des 
choses  "  et  qu'il  n'y  a  pas  lieu  "  d'anticiper  sur  les  événements."  Peut-être  le  Con- 
seil attache-t-il  aux  mots  "lever  géodésique"  un  sens  différent  de  celui  (pie  je  leur 
donne,  mais  d'après  ma  manière  d'envisager  la  chose,  le  grand  avantage  qu'offre  un 
lever  "géodésique"  au  point  de  vue  pratique,  c'est  qu'il  fournit,  par  sa  triangulation, 
un  fondement  sur  lequel  sont  basés  tous  les  autres  levers  de  plans.  Si,  comme  le  veut 
le  Conseil,  on  laisse  les  choses  suivre  leur  cours  naturel  au  lieu  d'agir  immédiatement, 
il  est  fort  à  craindre  que  l'on  n'attende  longtemps  et  que  le  travail  que  l'on  fera  dans 
l'intervalle  ne  soit  inutile.  Le  Conseil  admet  que  les  diverses  divisions  du  service  où 
se  font  des  études  topographiques  opèrent  dans  des  conditions  différentes,  d'après  des 
méthodes  différentes  et  sans  plan  d'ensemble.  Je  ne  vois  pas  comment  les  résultats 
de  leur  travail  pourront  être  coordonnés  en  l'absence  d'un  lever  géodésique.  Et 
comme  les  différents  départements  procèdent  nécessairement  sur  des  données  impar- 


8  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 
faites,  il  me  semble  que  retarder  davantage  la  triangulation  sur  laquelle  le  lever  topo- 
graphique  du  pays  devra  être  basé  tôt  ou  tard,  c'est  condamner  ces  départements  à 
travailler  pendant  une  plus  ou  moins  longue  période  de  temps  dans  des  conditions  où 
il  sera  impossible  d'atteindre  le  degré  d'exactitude  voulu  et  c'est  gaspiller  une  grande 
partie  du  travail  méritoire  des  habiles  géomètres  qui  y  sont  attachés. 

Je  recommande  donc  encore  fortement  que  soit  commencée  le  plus  tôt  possible  la 
triangulation  préliminaire  d'un  lever  géodésique,  pourvu  que  l'on  puisse  trouver  le 
nombre  voulu  de  géomètres  expérimentés,  ce  qui,  pour  moi,  est  hors  de  doute. 

Indépendamment  de  cela,  cependant,  j'aime  à  croire  que  vous  voudrez  bien 
appuyer  la  proposition  qui  est  formulée  dans  le  dernier  paragraphe  du  mémoire  qui  a 
été  soumis  par  le  Conseil  de  la  société.  Bans  mon  mémoire  du  8  janvier,,  le  proposais 
la  nomination  d'une  Commission  composée  des  chefs  des  divisions  de  l'administration 
où  l'on  fait  des  levés  de  plans.  Que  ce  soit  une  Commission  formée  de  fonctionnaires 
ou  une  Commission  composée  d'experts  (comme  le  demande  la  Société  Canadienne 
des  ingénieurs  civils)  que  l'on  nomme,  je  crois  que  cela  est  peu  important,  mais  dans 
tous  les  cas,  les  divers  départements  où  se  font  des  études  topographiques  devraient 
y  être  tous  représentés  si  l'on  veut  asurer  une  parfaite  coordination  du  travail  qu'ils 
sont  respectivement  chargés  de  faire. 

8.  Dans  la  Commission,  quelle  qu'elle  soit,  qui  sera  instituée,  la  section  de  carto- 
graphie du  Bureau  central  du  service  des  renseignements  devrait  être  représentée  par 
un  officier  spécialement  choisi.  Il  est  trop  tôt  pour  préciser  la  part  que  le  ministère 
de  la  Milice  devrait  prendre  aux  études  qui  seront  faites,  mais  je  dirai  qu'il  devrait 
s'efforcer  de  coopérer  par  tous  les  moyens  possibles  avec  les  autres  départements  inté- 
ressés de  manière  qu'un  lever  topographique  du  pays  puisse  être  fait  sans  plus  de 
retard.  En  même  temps,  il  ne  faut  pas  oublier  qu'il  est  important  que  nous  ayons 
aussitôt  que  possible  une  carte  topographique  des  parties  du  Canada  (surtout  de  celles 
qui  confinent  à  la  frontière  méridionale)  où  les  troupes  canadiennes  pourraient  être 
appelées,  à  un  moment  donné,  à  se  concentrer  pour  la  défense  du  pays.  Si  le  repré- 
sentant du  ministère  de  la  Milice  recevait  instruction  de  se  tenir  en  communication 
constante  avec  le  chef  de  l'état-major  général,  il  serait  facile  pour  le  ministre  de 
constater  en  tout  temps,  dans  quelle  mesure  son  département  coopère  avec  les  autres. 

9.  Je  demanderais  que  le  présent  mémoire  soit  inséré  dans  le  registre  des  délibé- 
rations du  Conseil  de  la  Milice  comme  énoncé  de  politique. 

P.  LAKE, 

Chef  de  V état-major  général. 


Arrêté  de  l'exécutif  instituant  une  Commission  d'études  géodésiques,  approuvé  le  18 
novembre  1906.     (Voir  page  53  du  document  parlementaire  n°  11+5.) 

Major  général  Lalce  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

20  novembre  1906. 
Le  sous-ministre  de  la  Milice 
et  de  la  Défense. 

LEVER  GÉODÉSIQUE   DU   CANADA. 

Le  rapport  en  date  du  19  juillet  1906,  soumis  par  le  ministre  au  Conseil  Privé 
relativement  au  lever  d'un  plan  topographique  du  Canada  a  été  approuvé. 

La  proposition  qui  a  été  agréée  par  le  gouverneur  général  est  celle  qui  est  for- 
mulée dans  le  dernier  paragraphe  du  mémoire  de  la  Société  Canadienne  des  ingénieurs 
civils,  en  date  du  2  avril  1906,  telle  que  modifiée  par  les  recommandations  du  ministre. 

L'arrêté  de  l'exécutif  qui  a  été  ratifié  par  Son  Excellence  autorise  la  création 
d'une  Commission  composée  d'experts,  qui  sera  chargée  de  recueillir,  tant  au  Canada 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  9 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

qu'à  l'étranger,  les  renseignements  voulus  pour  lui  permettre  de  faire  un  rapport  indi- 
quant le  meilleur  système  à  suivre  pour  assurer  la  coordination  des  divers  levers  de 
plans  qui  se  font  dans  les  divers  services  de  l'administration  et  les  méthodes  à  adopter 
pour  établir  des  données  permanentes, — ces  méthodes  devant  être  susceptibles  de 
s'adapter  au  lever  futur  d'un  plan  trigonométrique  du  pays.  Cette  Commission  devra 
indiquer  aussi  quel  serait  le  meilleur  moyen  de  faire  un  lever  géodésique  du  Canada. 

La  partie  du  mémoire  de  la  Société  Canadienne  des  ingénieurs  civils  qui  a  été 
modifiée  selon  les  vues  du  ministre  se  lit  comme  suit: — 

"  La  société  recommande  que  la  majorité  au  moins  des  membres  de  la  Commission 
soient  choisis  en  dehors  des  personnels  des  départements  où  l'on  fait  actuellement  des 
levers  de  plans." 

D'après  la  proposition  qui  a  été  faite  par  le  ministre  et  qui  a  été  approuvée  par 
Son  Excellence,  voici  quelle  sera  la  composition  de  la  Commission  : — 

Ministère  de  l'Intérieur,  2  membres;  Commission  Géologique,  ministère  de  la  Ma- 
rine et  des  Pêcheries,  ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  ministère  des  Travaux 
publics  et  ministère  de  la  Milice,  1  membre  chacun. 

Le  ministre  a  aussi  proposé  qu'un  représentant  de  chacune  des  facultés  des  scien- 
ces des  universités  McGill  et  de  Toronto  fût  adjoint  à  la  Commission.  Cela,  si  j'ai 
bien  compris,  a  été  approuvé  par  le  Conseil  Privé. 

D'après  moi,  ce  qu'il  faut  faire  maintenant,  c'est  d'envoyer  des  copies  du  rapport 
approuvé  aux  divers  départements  intéressés  et  de  leur  demander  de  désigner  ceux  qui 
devront  les  représenter  dans  la  Commission  qui  a  été  instituée  afin  que  les  mesures 
préliminaires  nécessaires  pour  mettre  à  effet  les  recommandations  du  ministre  soient 
adoptées  le  plus  tôt  possible.  Il  semblerait  que  c'est  le  ministère  de  l'Intérieur  qui 
devrait  faire  cela,  mais  comme  l'initiative  en  cette  affaire  a  été  prise  par  le  ministère 
de  la  Milice,  je  proposerais — pourvu  que  les  autres  départements  n'y  voient  pas  d'ob- 
jection— que  la  première  réunion  ait  lieu  dans  mon  bureau  à  la  date  qui  conviendra 
à  tous. 

Le  ministre  aimerait  probablement  que  je  représente  son  département  à  la  confé- 
rence préliminaire;  dans  tous  les  cas  je  suis  d'opinion  que  le  capitaine  Anderson  de- 
vrait être  notre  représentant  officiel  aux  réunions  subséquentes. 

P.  LAKE, 

Chef  de  F  état-major  général. 


Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  des  Travaux 
publics. 

Ottawa,  28  novembre  1906. 
Le  sous-ministre  des  Travaux  publics, 
Ottawa. 

Monsieur, — J'ai  reçu  instruction  de  l'honorable  ministre  de  la  Milice  et  de  la 
Défense  d'attirer  votre  attention  sur  un  rapport  d'un  comité  du  Conseil  Privé,  ap- 
prouvé par  Son  Excellence  le  gouverneur  général  le  13  novembre  1906,  relativement 
au  lever  d'un  plan  topographique  et  géodésique  du  Canada.  Une  copie  de  ce  rapport 
est  ci-jointe. 

Vous  remarquerez,  en  lisant  ce  rapport,  que  les  propositions  faites  par  Sir  F. 
Eorden  ont  été  agréées  après  consultation  avec  l'honorable  M.  Oliver,  et  il  s'agit  main- 
tenant pour  les  divers  départements  intéressés  de*  prendre  les  mesures  préliminaires 
nécessaires.  Je  crois  que  la  première  chose  que  votre  département  doit  faire  est  de  choi- 
sir celui  qui  devra  le  représenter  dans  la  Commission  qui  a  été  instituée.  Le  ministre 
de  la  Milice  suggère  que — une  fois  que  les  différents  départements  où  se  font  des 
levers  de  plans  auront  nommé  leurs  représentants — il  soit  tenu  une  assemblée  préli- 


10  CORRESPOXDAXCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

minaire,   où   ces   derniers   arrêteront   la  procédure   à   suivre  et   désigneront  ceux   qui 
devront  représenter  les  universités  McÇrill  et  de  Toronto  dans  la  Commission. 

Le  ministre  suggère  de  plus  que  cette  réunion  préliminaire  ait  lieu  au  bureau  du 
major  général  Lake,  le  chef  de  l'état-major  général,  au  ministère  de  la  Milice.  Les 
assemblées  subséquentes  pourraient  être  tenues  à  l'endroit  qui  conviendrait  le  mieux 
aux  membres  de  la  Commission. 

Vous  admettrez  sans  doute,  avec  Sir  F.  Borden,  qu'il  est  à  désirer  qu'une  réunion 
lit  lieu  aussitôt  que  possible. 

E.  F.  JARVIS, 
Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Lettre  semblable  envoyée  au  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux,  au  sous- 
ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries,  au  sous-ministre  de  l'Intérieur  et  au  directeur 
de  la  Commission  Géologique. 

Directeur  de  la  Commission  Géologique  au  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et 
de  la  Défense. 

Commission  Géologique, 

Ottawa,  30  novembre  1906. 
M.  E.  F.  Jaryis, 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

Ottawa. 

Cher  monsieur  Jaryis, — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  28 
courant,  à  laquelle  était  annexée  une  copie  de  l'arrêté  de  l'exécutif  du  13  novembre 
1906,  instituant  une  Commission  d'études  géodésiques. 

J'approuve  fortement  la  nomination  de  cette  Commission  et  je  suis  convaincu 
que  les  résultats  de  ses  délibérations  seront  d'un  grand  avantage  pour  les  diverses  divi- 
sions de  l'administration  où  l'on  fait  des  levers  de  plans. 

Avec  l'approbation  du  ministre,  c'est  moi  qui  représenterai  la  Commission  géo- 
logique dans  la  Commission  d'études  qui  a  été  créée. 

Je  suis  certainement  d'opinion  qu'une  réunion  de  cette  Commission  devrait  avoir 
lieu  sans  retard  dans  le  bureau  du  major  général  Lake  et  j'attendrai  un  avis  de  lui. 

Votre  tout  dévoué, 

A.  P.  LOW. 

Sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux  au  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice 
et  de  la  Défense. 

Ministère  des  Chemins  de  fer  et  Canaux, 
Cabinet  du  sous-ministre  et  ingénieur  en  chef, 

Ottawa,  30  novembre  1906. 
M.  E.  F.  Jaryis. 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

Ottawa. 
Monsieur, — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  27  courant  à 
laquelle  était  annexée  une  copie  du  rapport  du  Conseil  Privé  relatif  au  lever  d'un 
plan  topographique  et  géodésique  du  Canada.  Je  me  joindrai  avec  plaisir  aux  repré- 
sentants des  autres  départements  à  la  date  qui  sera  fixée  par  le  convocateur,  qui,  je  le 
présume,  sera  le  major  général  Lake. 

Votre  tout  dévoué, 

M.  J.  BUTLER. 
Sous-ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  au  secrétaire  du  Conseil  de  la  Milice. 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  11 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

Ottawa,  3  décembre  1906. 
Le  secrétaire  du  Conseil  de  la  Milice, 
Ottawa. 

Monsieur, — En  réponse  à  la  lettre  du  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de 
la  Défense,  en  date  du  28  novembre  dernier  (N°  C  308),  relativement  au  lever  d'un 
plan  topographique  et  géodésique  du  Canada,  j'ai  l'honneur  de  vous  taire  Bavoir  qu'il 
a  plu  au  ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries  de  choisir  M.  W.  J.  Stewart,  hydro- 
graphe en  chef  du  Canada,  comme  le  représentant  de  son  ministère  dans  la  Commis- 
sion d'études  géodésiques  qui  a  été  instituée. 

F.  GOURDEAU, 

Sous-ministre  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 


Sous-ministre  des  Travaux  publics  au  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et   de 
la  Défense. 

Ministère  des  Travaux  publics, 

Ottawa,  10  décembre  1906 

Le  ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

Ottawa. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  votre  lettre  du  20  novembre, 
m'annonçant  qu'une  Commission  départementale  a  été  instituée  pour  faire  les  études 
préliminaires  nécessaires  pour  un  lever  topographique  et  géodésique  du  Canada. 

J'enverrai  avec  plaisir  quelqu'un  pour  représenter  notre  ministère  dans  cette 
Commission  aussitôt  que  j'aurai  reçu  avis  de  la  date  où  elle  s'assemblera. 

A.  GOBEIL, 

Sous-ministre. 


Major  général  Lalce  au  sous-ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

13  décembre  1906. 
Sous-ministre. 

J'aimerais  à  rafraîchir  la  mémoire  du  sous-ministre  de  l'Intérieur.  Vous  voudrez 
bien  signer  la  lettre  ci-incluse  si  vous  l'approuvez. 

P.  LAKE, 

Chef  de  V état-major. 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-ministre  de  l'Intérieur. 

Ottawa,  13  décembre  11)06. 
Sous-ministre  de  l'Intérieur, 
Ottawa. 

Monsieur, — Auriez-vous  l'obligeance  de  répondre  aussitôt  que  possible  à  ma  lettre 
du  28  novembre  dernier  au  sujet  du  lever  d'un  plan  topographique  et  géodésique  du 
Canada. 

Il  nous  faudra  bientôt  fixer  les  crédits  dont  nous  aurons  besoin  pour  les  levers 
de  plans  que  nous  ferons  l'été  prochain,  et  ce  serait  une  bonne  chose  si  la  conférence 


12  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VU,  A.  1909 

des  représentants  des  divers  départements  où  se  font  des  levers  de  plans,  dont  je  vous 
parlais  dans  ma  lettre  antérieure,  pouvait  avoir  lieu  avant  que  cette  question  soit  mise 
à  l'étude. 

E.  F.  JARVIS 
Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Sous-ministre  des  Travaux  publics  au  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ministère  des  Travaux  publics, 

Ottawa,  20  décembre  1906. 
Major  Charles  F.  Winter, 

Ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défense, 

Ottawa. 

Monsieur, — En  réponse  à  votre  lettre  du  17  courant,  j'ai  l'honneur  de  vous  faire 
savoir  que  M.  René  Steckel,  qui  est  actuellement  chargé  de  faire  les  levers  de  plans 
géodésiques  pour  notre  ministère,  se  rendra  comme  représentant  des  Travaux  publics, 
au  bureau  du  major  général  Lake,  chevalier  du  Bain,  chevalier  de  l'ordre  de  Saint- 
Michel  et  de  Saint-Georges,  cet  après-midi,  le  20  courant,  à  3  heures,  pour  conférer 
avec  les  représentants  des  autres  départements  de  la  question  dont  vous  parlez. 

A.  GOBEIL, 

Sous-ministre. 

Sous-ministre  de  l'Intérieur  au  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ottawa,  20  décembre  1906. 
M.  E.  F.  Jarvis. 

Sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ottawa. 

Cher  monsieur, — J'ai  reçu  vos  lettres  du  28  novembre  dernier  et  du  13  courant, 
concernant  la  Commission  qui  a  été  instituée  pour  faire  les  études  préparatoires  au 
lever  d'un  plan  topographique  et  géodésique  du  Canada,  et,  conformément  à  la  deman- 
de contenue  dans  votre  lettre  du  28  novembre,  j'ai  l'honneur  de  désigner  le  Dr  E.  De- 
ville,  arpenteur  général,  et  le  Dr  W.  F.  King,  astronome  en  chef,  comme  représentants 
de  notre  ministère. 

W.  W.  CORY. 

Major  général  LaJce  aux  membres  de  la  Commission  d'études  géodésiques. 

Ottawa,  26  décembre  1906. 

Cher  , — Conformément  à  la  demande  qui  a  été  faite  lors  de  notre  confé- 
rence du  20  décembre,  je  vous  transmets  sous  ce  pli  une  copie  de  l'arrêté  de  l'exécutif 
en  vertu  duquel  des  représentants  de  divers  départements  ont  été  convoqués  pour  dis- 
cuter la  question  du  lever  d'un  plan  géodésique  du  Canada. 

P.  LAKE. 

Cette  lettre  a  été  envoyée  aux  personnes  suivantes  : 

M.  W.  F.  King,  astronome  fédéral. 

M.  A.  P.  Low,  Commission  Géologique. 

M.  M.  J.  Butler,  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux. 

M.  René  Steckel,  ministère  des  Travaux  publics. 

Capitaine  Deville,  arpenteur  général. 

M.  W.  J.  Stewart,  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 


COMMISSION  GEODESIQUE  AU  CANADA  13 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

Rapport  présenté  par  la  Commission  d'études  géodésiques  au  ministre  de  la  Milice  et 
de  la  Défense,  le  15  février  1901.  (Voir  page  Jf6  du  document  i»irl<>menlaire 
?i°  U5.) 

Extraits  de  rapports  et  d'autres  documents  montrant  l'utilité  des  levers  topograpkiques. 
(Voir  page  50  du  document  parlementaire  n°  11+5.) 

Astronome  en  chef  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ministère  de  l'Intérieur, 

Observatoire  astronomique  fédéral, 

Ottawa,  2  mars  1907. 

L'honorable  Su  F.  W.  Borden,  C.C.M.G., 
Ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Monsieur,— J'ai  l'honneur  de  vous  transmettre  sous  ce  pli  le  rapport,  dûment 
signé,  de  la  Commission  d'études  géodésiques  qui  a  été  instituée  par  l'arrêté  de  l'exé- 
cutif du  13  r.ovembre  dernier. 

Je  regrette  que  M.  Low,  directeur  de  la  Commission  Géologique,  ait  été  empêché 
par  la  maladie  de  signer  le  rapport,  mais  l'on  m'a  assuré  que  les  recommandations  qui 
y  sont  faites  sont  parfaitement  conformes  à  ses  vues.  Il  a  pris  une  part  active  à  la 
rédaction  du  rapport. 

Vous  remarquerez  que  le  Dr  Deville  et  M.  Steckel  ont  signé  sous  la  réserve  des 
objections  formulées  dans  leurs  mémoires,  que  vous  trouverez  aussi  ci-inclus. 

W.  F.  KING, 

Astronome  en  chef,  président  de  la  Commission. 

Major  général  Lake  au  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Ottawa,  28  mars  1907. 
L'honorable  ministre  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Le  document  ci-inclus  est  le  rapport  que  la  Commission  d'études  géodésiques,  qui 
a  été  instituée  en  vertu  de  l'arrêté  de  l'exécutif  du  13  novembre  1906,  a  décidé  de  vous 
soumettre. 

Le  résumé  suivant  du  travail  fait  par  la  Commission  vous  donnera  une  idée  de 
ce  que  contient  le  rapport: 

D'abord,  voici  quels  étaient  les  membres  de  la  Commision: — 
Dr  W.  F.  King,  astronome  fédéral,  président. 
M.  M.  J.  Butler,  sous-ministre  des  Chemins  de  fer  et  Canaux. 
M.  A.  P.  Low,  Commission  Géologique. 
Dr  E.  Deville,  arpenteur  général,  ministère  de  l'Intérieur. 
M.  R.  Steckel,  ministère  des  Travaux  publics. 
M.  W.  J.  Stewart,  ministère  de  la  Marine  et  des  Pêcheries. 
Professeur  C.  H.  McLeod,  université  McGill. 
Professeur  L.  B.  Stewart,  université  de  Toronto. 
Professeur  E.  Marceau,  université  Laval. 

Major  général  P.  H.  N.  Lake,  ministère  de  la  Milice  et  de  la  Défen-c 
2.  La  Commission  commence  par  dire  que  "  le  lever  d'un  plan  topographique  com- 
plet et  exact  du  Canada,  basé  sur  une  série  de  triangulations  et  indiquant  les  carac- 
tères naturels  et  artificiels  du  pays,  est  absolument  nécessaire  au  point  de  vue  de 
l'économie  et  pour  l'extension  des  entreprises  publiques  et  le  développement  des  res- 
sources naturelles  du  Canada." 

C'est  là  sa  première  recommandation,  qu'elle  appuie  sur  des  raisons  très  fortes. 


14 


CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 


8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

3.  Deuxièmement,  la  Commission  insiste  sur  l'importance  qu'il  y  a  à  coordonner 
tous  les  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  jusqu'ici  et  quand  même  ce  ne  serait  que  pour 
en  arriver  là,  un  lever  topographique  complet,  comme  celui  dont  elle  parle  dans  sa 
première  recommandation,  serait  nécessaire. 

4.  Troisièmement,  la  Commission  recommande  qu'il  soit  établi  un  bureau  d'archi- 
ves central,  où  seraient  déposés  tous  les  plans  et  cartes  géodésiques. 

5.  Quatrièmement,  la  Commission  propose  qu'un  bureau  de  cartographie  soit  créé 
pour  la  compilation  et  la  gravure  de  toutes  les  cartes,  de  manière  à  assurer,  autant 
que  possible,  une  uniformité  de  système  et  une  économie  dans  les  dépenses. 

6.  Cinquièmement,  la  Commission  considère  que  u  les  divisions  de  l'administration 
où  se  font  des  levers  topographiques  ou  fondamentaux  ou  des  triangulations  sur  le 
terrain  pour  les  levers  hydrographiques  ainsi  que  le  bureau  des  archives  et  le  bureau 
de  cartographie,  dont  on  recommande  la  création,  devraient  former  des  branches  d'un 
seul  et  unique  département  du  service  public  "  et  "  devraient  être  fusionnés  avec  la 
Commission  Géologique." 

7.  La  Commission  propose  qu'on  laisse  aux  divers  départements  le  soin  de  faire 
les  levers  de  plans  pour  des  fins  spéciales,  qui  exigeraient  un  genre  de  travail  différent 
de  celui  que  comportent  les  levers  topographiques  ordinaires,  mais  qu'on  les  invite  sim- 
plement à  faire  en  sorte  que  leur  travail  puisse  être  utile  pour  le  dressement  de  cartes 
géodésiques  permanentes. 

8.  La  coopération  des  divisions  des  différentes  administrations  provinciales  où 
se  font  des  levers  de  plans  devrait  être  sollicitée. 

9.  Un  calcul  des  sommes  actuellement  votées  pour  levers  de  plans  montre  que, 
seulement  dans  les  branches  du  service  public  dont  on  recommande  le  fusionnement 
(voir  paragraphe  6),  un  peu  plus  de  $900,000  sont  dépensés  annuellement. 

La  Commission  croit  que,  sous  une  administration  unifiée,  l'on  pourrait  prendre 
sur  les  crédits  votés  une  somme  suffisante  pour  permettre  de  commencer  la  triangula- 
tion générale. 

Même  dans  les  conditions  existantes,  à  peu  près  $60,000  seraient  immédiatement 
disponibles  pour  commencer  la  triangulation  fondamentale.  L'on  ne  pourrait  guère 
dépenser  profitablement  plus  que  cela  la  première  année  ou  les  deux  premières  années, 
c'est-à-dire  jusqu'à  ce  que  le  nouveau  département  soit  parfaitement  organisé,  et  par 
la  suite  le  montant  des  crédits  à  voter  dépendrait  du  travail  qu'il  y  aurait  à  faire. 

10.  Finalement,  comme  le  gouvernement  aurait  besoin  d'avoir  devant  lui  un  projet 
défini  quant  à  la  manière  dont  devrait  être  faits  la  triangulation  générale  et  le  lever 
topographique,  la  Commission  recommande  qu'une  Commission  permanente  d'études 
géodésiques  soit  nommée  pour  arrêter  les  détails.  Cette  Commission  serait-  semblable 
dans  sa  composition  à  la  Commission  actuelle,  en  ce  sens  que  les  mêmes  départements 
et  les  mêmes  intérêts  y  seraient  représentés,  mais  elle  ne  serait  pas  nécessairement 
formée  des  mêmes  personnes. 

Elle  serait  chargée  d'indiquer  le  mode  de  procéder  pour  la  triangulation  fonda- 
mentale, de  formuler  les  règlements  qu'il  serait  à  propos  d'établir  et  de  constituer  une 
Commission  consultative  pour  les  divers  départements  où  se  font  des  levers  de  plans. 

Un  crédit  n'excédant  pas  $8,000  serait  nécessaire  pour  les  dépenses  courantes. 
Ce  serait  là  la  seule  dépense  additionnelle  pour  les  deux  premières  années. 

11.  Le  rapport  de  la  Commission  est  endossé  par  8  sur  les  10  membres  dont  elle 
se  compose.  Ceux  qui  ne  partagent  pas  entièrement  les  vus  de  la  majorité  sont  le 
Dr  Deville  et  M.  Steckel. 

12.  La  lecture  du  mémoire  du  Dr  Deville  m'a  laissé  sous  l'impression  qu'il  est 
opposé  à  tout  changement  au  régime  actuel,  bien  qu'il  admette  qu'un  lever  topogra- 
phique complet  du  Canada  serait  d'une  grande  valeur  pour  le  pays. 


COMMISSION  (JEODESIQLE  AU  CANADA  15 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145a 

13.  C'est  ce  que  semble  dénoter  l'objection  qu'il  soulève  à  la  page  2  de  Bon  mé- 
moire. Il  dit  que  la  superficie  du  Canada  est  de  4,000,000  de  milles  carrés,  puis  il 
divise  ce  nombre  par  71,180,626, — le  revenu  total  en  dollars  de  l'année.  Cela  donne 
un  revenu  trop  faible  pour  justifier  la  forte  dépense  qu'exigerait  le  lever  d'un  bon  plan 
topographique. 

Indépendamment  du  fait  que  l'on  pourrait  dire  la  même  chose  pour  prouver  que 
le  gouvernement  du  Canada  ne  pourrait  faire  un  lever  topographique,  disons,  de  la 
péninsule  de  Niagara,  le  Dr  Deville  paraît  nuire  à  sa  cause  en  exagérant  les  choses. 

D'après  la  dernière  carte  officielle  du  Canada  dressée  par  le  ministère  de  l'Inté- 
rieur (1906),  la  superficie  de  notre  pays  serait  de  3,729,665  milles  carrés  et  non  pas 
4,000,000.  Dans  cette  superficie  les  îles  Arctiques  et  les  territoires  du  Nord-Ouest 
entrent  pour  1,992,733  milles  carrés,  ce  qui  laisse  1,806,932  milles  carrés  pour  les  pro- 
vinces organisées  et  le  Yukon. 

14.  Si  l'on  jette  un  coup  d'œil  sur  la  carte  du  Canada,  l'on  verra  qu'un  lever  topo- 
graphique du  territoire  qui  reste,  bien  que  désirable,  n'est  pas  réellement  néces-ain- 
pour  plusieurs  années  à  venir.  Par  conséquent,  la  superficie  de  la  partie  du  pays  dont 
un  lever  topographique  exact  devrait  être  fait  dans  un  avenir  rapproché  est  à  peine  de 
3,000,000  de  milles  carrés,  c'est-à-dire  moins  du  quart  du  chiffre  que  donne  le  Dr 
Deville,  tandis  que  le  revenu  toujours  croissant  du  Canada  est  aujourd'hui  de  40  pour 
100  plus  considérable  qu'en  1905. 

Bref,  je  ne  puis  que  croire  que  le  Dr  Deville  s'alarme  inutilement.  Sans  doute, 
lorsqu'une  carte  complète  des  territoires  du  nord  et  des  îles  polaires  aura  été  tracée, 
après,  peut-être,  un  siècle  de  travail,  les  sommes  dépensées  annuellement  formeraient 
un  fort  total;  mais  le  montant  nécessaire  pour  lever  un  plan  topographique  des  parties 
habitées  les  plus  importantes  du  Canada  en  premier  lieu  serait  peu  considérable  et  ne 
grèverait  guère  le  budget  annuel.  Le  Dr  Deville  considérerait,  sans  doute,  $50,000,000 
comme  un  énorme  total,  mais  cela  représenterait  simplement  le  chiffre  de  la  dépense 
qui  serait  faite  sous  le  système  actuel,  sans  plan  d'ensemble,  en  moins  de  50  ans. 

15.  La  principale  raison  pour  laquelle  M.  Steckel  ne  partage  pas  les  vues  de  ses 
collègues,  c'est  que  la  création  d'un  département  de  géodésie  central,  où  tout  conver- 
gerait, (clauses  6  et  9  du  rapport)  aurait  probablement  pour  effet  de  bouleverser  les 
levés  de  plans  qui  ont  été  faits  jusqu'ici. 

Son  état  d'esprit  se  trahit  dans  les  5  premiers  mots  de  son  rapport,  paragraphe  3, 
où  il  dit  en  parlant  des  propositions  faites  par  la  Commission  :  "  Au  lieu  de  piller  les 
départements,"  etc. 

A  cela  près,  il  n'est  guère  en  dissentiment  avec  les  autres  membres  de  la  Commis- 
sion, mais  lui  aussi,  il  exagère  la  dépense  qu'il  faudrait  faire,  il  s'alarme  sans  raison. 

16.  J'avoue  que  je  ne  partage  pas  les  appréhensions  du  Dr  Deville  et  de  M.  Steckel. 
Je  ne  crois  pas  que  la  dépense  à  faire  serait  énorme.  Je  suis  convaincu  que,  si  un 
département  de  géodésie  central  était  établi,  la  somme  actuellement  affectée,  chaque 
année,  aux  levers  de  plans  serait  suffisante  pour  les  10  années  à  venir.  D'ailleurs,  le 
parlement  ne  vote  pas  les  crédits  à  l'aveugle.  Le  montant  du  crédit  qui  serait  voté 
chaque  année  pour  le  lever  d'un  plan  topographique  général  dépendrait  de  l'importance 
que  le  ministre  préposé  à  cette  division  du  service  et  le  gouvernement  attacherait  à 
ce  plan  topographique. 

17.  Je  présume  que  vous  allez  présenter  un  rapport  au  Conseil  et  lui  demander 
de  mettre  à  effet  les  recommandations  de  la  Commission.  Vu  l'état  actuel  dos  affaires 
publiques,  je  suggérerais  que  cela  soit  différé  jusqu'à  votre  retour  d'Angleterre. 

P.  LAKE, 

Chef  de  V étal-major  général. 


16  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Objections  de  V arpenteur  général  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la  Com- 
mission d'études  géodésiques.     (Voir  page  56  du  document  parlementaire  n°  11+5.) 

Objections  de  M.  Steckel  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la  Commission 
d'études  géodésiques.     (Voir  page  59  du  document  parlementaire  n    lî+5.) 

Copie  certifiée  d'un  rapport  du  comité  du  Conseil  Privé  approuvé  par  Son  Excel- 
lence le  gouverneur  général  le  23  février  1909. 

L'honorable  ministres  de  la  Milice  et  de  la  Défense. 

Vu  un  mémorandum,  en  date  du  19  février  1909,  du  ministre  de  la  Milice  et  de  la 
Défense,  soumettant  le  rapport  de  la  Commission  d'études  géodésiques,  qui  a  été  cons- 
tituée en  vertu  de  l'arrêté  de  l'exécutif  en  date  du  13  novembre  1906  ainsi  qu'un  mé- 
moire, en  date  du  28  mars  1907,  du  chef  de  l'état-major  général  d'alors,  au  sujet  de 
ce  rapport. 

Le  ministre  fait  remarquer  que  le  rapport  susdit,  comme  on  le  verra  par  les  dates, 
lui  a  été  soumis  il  y  a  près  de  deux  ans  et  il  croit  devoir  donner  les  raisons  expliquant 
le  retard  apporté  à  sa  présentation.  Ce  retard  est  dû  à  deux  causes  :  (1)  au  fait  que, 
une  semaine  après  que  le  rapport  lui  eut  été  remis,  le  ministre  fut  appelé  à  accompa- 
gner le  premier  ministre  en  Angleterre  pour  prendre  part  à  la  conférence  impériale 
de  1907,  et  (2)  à  la  longue  maladie  de  M.  A.  P.  Low,  de  la  Commission  Géologique, 
qui  devait  être  chargé  d'établir  le  département  de  géodésie  central,  dont  la  Commis- 
sion demandait  la  création.  Lorsque  M.  Low  fut  assez  bien  pour  reprendre  son  poste, 
les  élections  fédérales  étaient  si  proches  qu'il  était  pratiquement  impossible  de  prendre, 
dans  le  moment,  une  décision  sur  une  question  aussi  importante,  et  la  présentation 
du  rapport  fut,  pour  cette  raison,  retardée  encore. 

Le  ministre  recommande  que  le  rapport  qui  a  été  soumis  par  la  majorité  des 
membres  de  la  Commission  soit  approuvé  par  Votre  Excellence.  Ce  que  recommande 
le  rapport  de  la  majorité  est  brièvement  indiqué  dans  les  10  premiers  paragraphes  du 
mémoire  soumis  par  le  chef  de  l'état-major  général  de  la  Milice.  Le  rapport  de  la 
minorité  est  signé  par  deux  membres  de  la  Commission,  le  Dr  Deville  et  M.  Steckel, 
dont  les  opinions,  bien  qu'elles  ne  soient  pas  sans  avoir  quelque  valeur,  n'ont  pas, 
d'après  le  ministre,  assez  de  poids  pour  contrebalancer  les  très  fortes  et  très  impor- 
tantes recommandations  faites  par  la  majorité  des  membres  de  la  Commisison. 

Le  ministre  recommande,  par  conséquent,  que  des  mesures  soient  prises  par  le 
gouvernement  de  Son  Excellence,  aussitôt  que  possible,  pour  mettre  à  effet  les  princi- 
pales recommandations  de  la  Commission. 

Le  comité  soumet  le  présent  rapport  à  l'approbation  de  Son  Excellence. 

E.  K.  BENNETS, 

Sous-greffier  du  Conseil  Privé. 


8-9  EDOUARD  VII  DOCUMENT  PARLEMENTAIRE  No  145b  A.   1909 

AUTRE  RÉPONSE  SUPPLÉMENTAIRE 

(1465). 

Autre  réponse  supplémentaire  à  i  m.  adresse  de  la  Chambre  des  Commi  nés,  en  date 
du  22  mars   1909,  pour   nue   copie  de  toute  correspondance  et  de  t  orts, 

documents  e1  arrêtés  de  l'exécutif  en  la  possession  du  gouvernement,  3i  ratta- 
chant à  L'établissement  d'un  Bureau  de  Géodésie  et  au  levé  d'un  plan  topographi- 
que du  Canada. 

CHAS  MUKPHY, 

Secrétaire  d'Etat. 

Mémoire  soumis  par  le  Conseil  de  la  Société  Canadienne  des  ingénieurs  civils  au  Très 
Honorable  Sir  Wilfrid  Laurier,  en  date  du  i  avril  1906.  (Voir  page  %1  du  docu- 
ment parlementaire  n°  115.) 

Arrêté  de  l'exécutif  constituant  la  Commission  d'études  géodésiques,  approuvé  le  13 
novembre  1906.     (Voir  page  58  du  document  parlementaire  n°  llfî.) 

Lettre  du  sous-ministre  intérimaire  de  la  Milice  et  de  la  Défense  au  sous-mini  tire 
des  Travaux  publics,  en  date  du  28  novembre  1906.  (Voir  page  9  du  document 
parlementaire  n°  ll+5a.) 

M.  Steckel  au  président  de  la  Commission  d'études  géodésiques. 

Bureau  du  commis  en  chef,  chargé  de 

fixer  les  crédits  à  demander  au  parlement, 

Ottawa,  27  décembre  1907. 
Dr  W.  F.  King.  astronome  en  chef,  etc., 

Président  de  la  Commission  d'études  géodésiques 
et  topographiques  du  Canada. 

MÉMOIRE    AU    SUJET    DES    LEVERS    DE    PIANS    FAITS    l'AR    LE    AL1MSTHRE   DES    TRAVAUX    PUBLICS 

DU    CANADA. 

De?  examens  préliminaires  et  des  levés  géométriques  et  trigonométriques  régu- 
la y  compris  des  nivellements,  des  sondages  et  des  jaugeages,  sonl  faits  soit  per- 
sonnellement par  Les  géomètres  du  ministère  e1  Leurs  aides  permanents  ou  par  des 
arpenteurs  du  dehors  (qui  travaillent  sous  la  direction  des  géomètres  en  chef),  relati- 
vement aux  travaux  et  aux  Lui  sonl  sous  Le  contrôle  du  ministère  el  qui  sont 
énumérés  ci-dessous  : 

!   y  ublics.— Il  faut  examiner,  évaluer  e1  arpenter  Les  emplacements  n< 

saires'pour  La  construction  .le  bureaux  do  poste,  de  douanes,  d'édifices  pour  1; 
de  bâtiments  pour  les  immigrants,  de  magasina  militaires,  etc.,  y  compris  ,  -  . 
publics  et  privés  e1  Les  adjacents,  et  déterminer  Les  droits  ^  passage  que  Lon 

doit  s'assurer  pour  la  ;  «stinés  à  amener  Peau  aux  -  taran- 

taine. 

9    Ports.— Des  levé-  hydrographiques,  nécessitant   invariablement  des  etud 
gonométriques  et  topographiques,  doivenl   être  tait,  à  plusieurs  endroits  Le    oi  j 
Qaritimese1       _  au  intérieurs,  principalement  en  répons 

noueuses  requêtes  rt  reçues,  tous  les  ans,  des  pêcheurs ,  des  colons .àmmm 

marchanda,  des  municipalités,  etc.,  demandant  que  des  brise-lames,  .1,  - 

145b— 1 


2  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

dères,   des  ouvrages  pour  la   protection   des  grèves,   etc.,  soient   construits  et  que   les 
rivières,  les  chenaux  dans  les  ports,  les  mouillages,  etc.,  soient  approfondi-. 

3.  Rivières. — Il  faut  faire  des  levés  de  plans  sur  les  rivières  et  les  lacs  où  Ton  veut 
établir  des  barrages,  des  écluses,  des  jetées,  tics  murs  de  revêtement,  des  glissoires  et 
des  estacades  OU  faire  du  dragage  (a)  afin  de  rendre  la  navigation  plus  sûre,  (b)  afin 
d'empêcher  les  rives  d'êtres  minées  et  de  protéger  les  terres  adjacentes  contre  les  inon- 
dations et  contre  les  glaces,  (c)  afin  de  faciliter  la  descente  des  billes,  du  bois  équarri, 
du  boi>  de  pulpe,  des  traverses  de  chemins  de  ter,  etc.,  et  le  triage  de  ces  produits  des 
forêtSj  (d)  afin  de  régler  le  débit  des  rivières  pour  les  fins  de  la  navigation  ou  pour 
des  fins  industrielles,  domestiques,  agricoles  et  hygiénique-. 

4.  Ponts  interprovinciaux. — Il  est  nécessaire  de  lever  des  plans  des  emplacements 
projetés  des  ponts  que  les  gouvernements  locaux,  les  municipalités  ou  des  particuliers 
désirent  construire  entre  une  province  et  une  autre,  y  compris  les  abords  de  ces  ponts, 

5.  Chemins  de  colonisation  dans  les  territoires  non  organisés. — Il  faut  faire  des 
levés  de  reconnaissance  et  des  arpentages  avant  de  construire  des  chemins  dans  ces 
territoires  pour  le  transport  des  malles  et  des  provisions  pour  les  colons,  les  Sauvages, 
etc. 

6.  Lignes  de  télégraphe  et  de  cribles  de  l'Etat. — Lorsque  des  lignes  de  télégraphe 
doivent  être  construites  à  travers  des  districts  inexplorés  ou  inhabités  et  lorsque  des 
câbles  sont  posés  hors  de  vue  de  terre,  il  est  à  désirer  que  des  mesurages  linéaire-  et 
angulaires  soient  faits  pour  déterminer  approximativement  la  longueur  et  la  position 
de  ces  lignes  et  câbles. 

T.  Voie  de  navigation  à  eaux  profondes  à  partir  de  la  baie  Géorgienne,  lac  Huron, 
jusqu'aux  eaux  de  marée  sur  le  fleuve  Saint-Laurent  via  la  vallée  de  l'Ottawa. — Le 
levé  géodésique  de  cette  importante  voie  de  navigation,  que  l'on  se  propose  de  créer, 
est  presque  terminé,  et,  si  je  ne  me  trompe,  tous  les  points  de  triangulation  et  repères 
principaux  ont  été  établis  d'une  manière  permanente.  De  plus,  tous  les  plans  dressés 
sur  le  terrain  seront  encrés  afin  qu'ils  soient  parfaitement  lisibles  lorsqu'on  voudra 
les  consulter  plus  tard,  et  le  soussigné  a  recommandé  que  des  copies  de  tous  les  livres 
de  notes  originaux  soient  faites  'et  déposées  dans  une  voûte  séparée. 

8.  Nivellement  géodésique. — Ce  nivellement,  que  le  soussigné  réussit,  avec  quelque 
difficulté,  à  commencer  en  1883,  c'est-à-dire  il  y  a  à  peu  près  23  ans,  sur  les  bords  de 
la  rivière  Richelieu,  a  été  continué  depuis  sous  sa  direction,  mais  par  intervalles  et 
sans  fixité  de  méthode,  suivant  que  les  fonds  mis  à  sa  disposition  pour  cet  objet  et  les 
autres  devoirs  qu'il  avait  à  remplir  dans  le  département  le  permettaient. 

L'objet  que  l'on  a  en  vue  est  d'établir  un  réseau  de  niveaux  précis  par  tout  le 
Canada,  autant  que  possible  le  long  des  rivières,  des  chemins  de  fer  et  des  routes  prin- 
cipales, avec  des  repères  métalliques  permanents  à  des  intervalles  n'excédant  pas  4 
milles  et  des  repères  temporaires  espacés  d'environ  1  mille,  tous  numérotés  d'une  ma- 
nière uniforme,  distinctive  et  continue. 

Du  côté  est  de  la  grande  ligne  de  partage  des  montagnes  Rocheuses,  l'on  se  pro- 
pose de  rapporter  toutes  les  élévations  géodésiques  qui  seront  déterminées  d'un,  plan 
de  niveau  national,  correspondant  au  niveau  moyen  de  l'océan  Atlantique  déduit 
d'observations  des  fluctuations  des  marées  faites  à  une  station  sur  le  territoire  cana- 
dien, aussi  près  que  possible  de  l'embouchure  du  golfe  Saint-Laurent. 

Du  côté  ouest  de  la  grande  ligne  de  partage  des  montagnes  Rocheuses,  il  sera 
peut-être  à  propos  d'adopter,  comme  plan  de  niveau  canadien  auquel  toutes  les  éléva- 
tions déterminées  sur  le  versant  du  Pacifique  seront  rapportées,  le  niveau  moyen  de 
l'océan  Pacifique  tel  que  déduit  d'une  série  ininterrompue  de  courbes  des  marées  enre- 
gistrées soit  à  Steveston,  près  de  l'embouchure  de  la  rivière  Fraser,  à  Vancouver,  à 
Prince-Rupert  ou  à  un  autre  endroit  sur  la  terre  ferme  le  long  de  la  côte  du  Pacifique, 
au  nord  de  la  frontière  entre  les  Etats-Unis  d'Amérique  et  le  Canada. 

Un  résumé  des  opérations  de  nivellement  qui  ont  été  exécutées  jusqu'ici  au  Ca- 
nada, contenant  une  description  sommaire  des  instruments  employés  et  des  méthodes 


COM  UISSIOfl  QE0DE8IQUE  AU  CANADA  3 

DOC.  PARLEMENTAIRE  No  145b 

d'observation  suivies  et  indiquant  les  améliorations  apportées  tant  aux  instruments 
qu'aux  méthodes,  sera  publié  connue  annexe  «lu  rapport  annuel  du  ministre  des  Tra- 
vaux publics  pour  l'exercice  expiré  le  30  juin  L906,  qui  sera  déposé  devant  le  parlement 
à  sa  présent*    session. 

Ce  résumé  a  été  préparé  par  le  soussigné  à  la  demande  du  Dr  Deville,  arpenteur 
général,  pour  être  transmis  au  directeur  du  Levé  Géodésiqui  de  la  Grande-Bretagne, 
à  Southampton.  qui  a  exprimé  le  désir  d'avoir  ces  renseignements  pour  M.  Charles 
Lallemand,  le  directeur  du  Nivellement  Général  de  France. 

Dan-  tous  les  levers  de  plans  exécutés  par  le-  géomètres  du  ministère  des  Travaux 
publics,  lés  mesurages  linéaires  sont  généralement  fait-  eu  pieds  e1  décimales  anglais; 
dans  quelques  cas,  cepandant,  ils  ont  été  faits  ou  pieds  e1  ou  pouces.  Pour  les  mesu- 
rages angulaires  l'on  a  invariablement  pris  comme  base  la  division  sexagésimale  du 
cercle.  Les  règlements  sont  presque  toujours  donnés  par  rapport  au  méridien-  magné- 
tique, qui  change  constamment,  sans  que  la  position  du  méridien  vrai  -oit  aussi  indi- 
quée. Des  repères  d'une  nature  plus  ou  moins  permanente  ont  été  établi-  pour  la 
plupart  des  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  par  le  ministère  des  Travaux  publics 
depuis  sa  création,  en  1879,  mais  leurs  altitudes  au-dessus  d'un  certain  plan  de  niveau 
rationnel  ne  sont  données  que  dan-  quelques  cas,  indépendamment  <\e<  repères  géodé- 
siques. 

En  ce  qui  concerne  les  échelles  sur  lesquelles  sont  tracés  les  cartes,  les  plans,  les 
profils  et  les  sections  transversales  dans  les  diverses  divisions  du  ministère,  aucune 
règle  ne  paraît  avoir  été  établie  pour  la  gouverne  des  dessinateur--  une  grande  variété 
d'échelles  sont  en  usage;  cependant,  les  pieds  mesurés  sur  le  terrain  sont  généralement 
représentés  en  pouces  sur  le  papier. 

Dans  presque  tous  levers  de  plans  qui  ont  été  faits  par  le  département,  les  parties 
du  globe  terrestre  mesurées  ont  été  considérées  comme  étant  des  surfaces  planes. 

Le  seul  mode  de  projection  qui  ait  jamais  été  employé  dans  le  département,  à  la 
connaissance  du  soussigné,  est  la  projection  polyconique  rectangulaire,  usitée  aux 
Etats-Unis  pour  le-  cartes  de  grandes  sections  de  ce  pays. 

Tous  les  rapports  faits  par  les  principaux  fonctionnaires  du  département,  avec 
les  dessins  qui  les  accompagnent,  sont  envoyés  au  secrétaire  et  remis  par  lui  aux  pré- 
posés de  la  division  des  archives,  où  ils  sont  enveloppés  dans  une  chemise,  classifiés 
sous  à  l'eu  lue-  36  -ujets  différents  et  numérotés  consécutivement.  De  brefs  sommaires 
de  leur  contenu  sont  écrits  sur  les  chemises  puis  transcrits  dan-  des  registres  portant 
des  numéros  correspondant  aux  divers  sujets  dont  il  s'agit.  Les  édifices  publics  sous 
le  contrôle  du  département  dans  une  province  forment  un  sujet;  de  même  pour  les 
ports,  les  rivières,  les  glissoires,  les  télégraphes,  etc.  Les  documents,  une  fois  enve- 
loppés dans  une  chemise  et  numéroté-,  sont  placés  dans  des  cases,  et  les  plan-  qu'il  est 
impossible  de  plier  en  un  format  assez  petit  pour  qu'ils  puissent  être  casés  avec  les 
documents,  sont  déposés  dan-  de-  tiroirs  spéciaux  soit  au  bureau  des  archives  ou  dans 
la  division  à  laquelle  ils  appartiennent. 

Il  n'y  a  aucun  système  régulier  suivi  au  bureau  central  pour  la  conservation 
des  livres  de  notes  des  arpenteurs,  des  registres,  des  jaugeages,  de-  état-  estimatifs, 
etc.,  etc.;  règle  générale,  cependant,  les  cartes,  profils,  sections  transversales,  etc..  en- 
voyés au  département  ou  préparés  au  bureau  central  sont  numérotés,  classifi 
placés  dans  des  coffres  à  tiroirs  ou  sur  de-  tablettes  avec  des  fiches  distinctives.  qui 
permettent  de  trouver  facilement  ce  que  l'on  veut  avoir.  La  plupart  des  documents 
de  ce  genre  conservés  dans  la  division  des  travaux  de  génie  civil  jusqu'en  1897  furent 
détruits  lors  de  l'incendie  qui  éclata  dans  l'édifice  de  l'Ouest  le  11  février  de  cette 
année-là.  Plusieurs  dessins  sont  aussi  déposés  au  bureau  de  l'agent  du  contentieux 
pour  être  annexés  aux  contrats  passés  par  le  département. 

Les  ingénieurs  préposés  aux  différents  districts  gardent,  naturellement,  pour  leur 
propre  usage,  des  copies  de  tous  les  levers  de  plan-,  rapport-,  états  estimatifs,  d< 
dessins  qu'ils  sont  appelés  à  faire. 

R.  STECKEL, 
Représentant  du  ministère  des  Travaux  public* 


4  CORRESPONDANCE,  ETC.,  RELATIVE  A  UNE 

8-9  EDOUARD  VII,  A.  1909 

Rapport  soumis  par  la  Commission  d'études  géodésiques  au   ministre  de  la  Milice  et 
la   Défense,  en   date  du   15  février  1907.     (  Voir  page  1^6  du  document  parle- 
mentaire n°  1L5.) 

Extraits  de  rapports,  etc.,  montrant  les  avantages  pratiques  que  l'on  retire  des  levés 
topographiques.     (Voir  page  50  du  document  parlementaire  n°  llfô.) 

Objections  de  M.  Stechel  au  rapport  de  la  majorité  des  membres  de  la  Commission 
d'études  géodésiques.     (Voir  page  59  du  document  parlementaire  n°  Vf-").) 


M.  Steckel  au  secrétaire  du  ministère  des  Travaux  publics. 

Bureau  du  commis  ex  chef  chargé  de  fixer 

les  crédits  à  demander  au  parlement. 

Ottawa,  2  mars  1907. 

M.  Fred  Gélinas,  . 

Secrétaire  du  ministère  des  Travaux  publics. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  transmettre  sous  ce  pli,  pour  l'instruction  du 
ministère,  une  copie  du  rapport  qui  a  été  adopté  le  15  février  dernier  par  la  majo- 
rité des  membres  de  la  Commission  d'études  géodésiques,  constituée  par  un  arrêté  de 
l'exécutif  en  date  du  13  novembre  1906,  et  qui  doit  être  présenté  à  l'honorable  ministre 
de  la  Milice  et  de  la  Défense  après  qu'il  aura  été  signé  par  tous  les  membres  de  la 
Commission,  sous  la  réserve  des  objections  soulevées  par  les  membres  dissidents. 

Une  copie  de  l'exposé  des  raisons  pour  lesquelles  le  soussigné  s'est  opposé,  au  nom 
du  ministère  des  Travaux  publics,  à  l'adoption  du  rapport  de  la  Commission  d'études 
géodésiques,  sous  sa  forme  actuelle,  est  aussi  annexée  à  la  présente  lettre. 

K.  STECKEI 


M    Steckel  au  secrétaire  du  ministère  des  Travaux  publics. 

Bureau  du  commis  ex  chef  chargé  de  fixer 

les  crédits  à  demander  au  parlement. 

Ottawa.  28  décembre  1908. 

M.  Fred  Gélinas, 

Secrétaire  du  ministère  des   Travaux  publics. 

Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  transmettre  sous  ce  pli,  pour  l'instruction  du 
ministère,  copie  d'un  rapport  où  j'indique  la  nature  des  levés  de  plans  qu'exécute 
le  ministère  des  Travaux  publics  et  la  manière  dont  ils  sont  faits,  rapport  que  j'ai 
préparé  conformément  à  la  demande  qui  m'a  été  faite  à  la  première  séance  de  la  Com- 
mission d'études  géodésiques  et  topographiques  du  Canada,  tenue  le  20  décembre  1906, 
— les  représentants  des  autres  départements  ayant  également  été  prié-  de  faire  des 
rapports  semblabL 

K.  STECKEL 
Représentant  du  ministère  des  Travaux  publics  dans  la 

Commission  d'études  géodésiques  cl  topographiques  du  Canada.